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23 novembre 2013 6 23 /11 /novembre /2013 18:34

 

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/11/22/l-espagne-se-prepare-a-faire-le-proces-des-ex-dirigeants-de-ses-banques_3518638_3234.html

 

L’Espagne se prépare à faire le procès des anciens dirigeants de ses banques

 

Par Sandrine Morel

 

La nouvelle est passée presqu’inaperçue tant les procédures judiciaires visant des banquiers se sont multipliées en Espagne ces derniers mois.

 

Jeudi 21 Novembre 2013, treize membres du conseil d’administration de Banco de Valencia ainsi qu’un employé du cabinet d’audit Deloitte ont été mis en examen pour « falsification comptable ». Le juge leur reproche d’avoir validé les comptes de 2009 de cette banque régionale, malgré des « déficiences dans la gestion du risque de crédit et dans la prise de décision sur les refinancements ».

 

Banco de Valencia, établissement nationalisé par Madrid il y a deux ans, a touché cinq milliards cinq cent millions d’euros d’argent public avant d’être revendu à Caixa Bank pour un euro symbolique. Elle n’est qu’une des nombreuses banques qui s’est enrichie pendant le boom immobilier avant de succomber aux faillites des promoteurs et des constructeurs, sur lesquelles se penche aujourd’hui la justice.

 

Au total, l’Espagne a injecté près de soixante et un milliards d’euros d’argent public dans le système bancaire, dont quarante et un milliards débloqués par Bruxelles en 2012.

 

Parallèlement, les plaintes se sont multipliées contre la gestion désastreuse, les millions d’indemnités touchées par les dirigeants, la fraude ou l’escroquerie qui ont conduit à des faillites. Elles concernent quasiment toutes les banques, une douzaine au total dont plusieurs anciennes caisses d’épargne, fortement politisées et contrôlées par les régions autonomes, que l’état a dû recapitaliser.

 

Falsifications comptables

 

Mercredi 20 Novembre 2013, quatre anciens directeurs de l’ancienne caisse d’épargne Caja Castilla la Mancha (CCM) passaient ainsi devant le juge pour des « opérations singulières ayant porté préjudice » à la banque. Premier établissement financier à avoir fait faillite en Espagne, en 2009, la CCM avait un trou (entre ses actifs et son passif) de deux cent soixante sept millions d’euros selon la banque d’Espagne.

 

Mercredi 13 Novembre 2013, l’ancien directeur général de la caisse d’épargne de la Méditerranée (CAM) quittait, après avoir payé une caution d’un million cinq cent mille euros, la prison où il avait été incarcéré, six jours plus tôt, avec quatre autres dirigeants de la CAM.

 

Mis en examen pour falsification comptable, administration déloyale et détournement de fonds, il aurait poussé la CAM à concéder des prêts à une société hôtelière dont elle détenait soixante dix pour cent du capital et qui détourna près de deux cent cinquante millions d’euros de bénéfices vers Curaçao, paradis fiscal situé au large des côtes du Venezuela.

 

La CAM, que l’ancien président de la banque d’Espagne, Miguel Angel Ordoñez, qualifia en son temps de « pire du pire », a reçu plus de cinq milliards d’euros d’aide publique.

 

A Nova Caixa Galicia, société née de la fusion de deux caisses d’épargne de Galice, quatre anciens dirigeants se sont répartis près de trente millions d’euros d’indemnités peu avant sa faillite, l’injection par l’état de neuf milliards d’euros et sa nationalisation.

 

Ces dernières années, la banque avait vendu des milliers d’actions préférentielles, produits financiers complexes et risqués, à des petits épargnants qui pensaient faire un placement sûr. Le cas d’une personne âgée, analphabète, qui avait signé d’une simple croix, avait fait scandale.

 

Tourner la page

 

Autre faillite retentissante, celle de Catalunya Caixa, qui a reçu plus de douze milliards d’euros d’aide publique et reste l’un des points noirs du système bancaire espagnol. Sa délicate situation financière empêche pour l’heure de trouver des acheteurs potentiels et donc d’espérer récupérer à court terme les sommes injectées.

 

Enfin, il y a Bankia et la perspective d’un procès géant de la crise financière. En 2012, trente-trois anciens dirigeants et membres du conseil d’administration de la banque née de la fusion de sept caisses d’épargne ont été mis en examen, dont Rodrigo Rato, l’ancien président, ancien directeur général du Fonds Monétaire International, pour escroquerie, falsification des comptes et détournement de fonds.

 

Au menu, des pertes colossales, une entrée en bourse désastreuse en 2011 après la fusion des caisses, une commercialisation d’actions préférentielles abusive, des crédits suspects et une aide publique de vingt deux milliards d’euros. Le cocktail d’une crise financière sur laquelle l’Espagne espère tourner la page.

 

Alors que Bruxelles vient de clore le plan d’aide au secteur bancaire du pays, jugé comme un succès, les espagnols, eux, estiment avoir payé pour les banques.

Selon le fonds de restructuration bancaire, trente cinq milliards d’euros d’aide sont considérés comme perdus.

 

Samedi 23 novembre 2013, sous le slogan « procès à la banque, sauvons le public, sauvons les pensions, sauvons les gens », les « indignés » devaient arpenter les rues de Madrid.

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