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2 août 2008 6 02 /08 /août /2008 15:03

http://www.bakchich.info/article4581.html

Philippe Val, à son propre jeu…

Bonneteau | mardi, 29 juillet 2008 | par Sébastien Fontenelle

Laurent Joffrin, directeur de Libération, revient sur l’affaire Siné, pour la deuxième fois en quatre jours - et après avoir tranquillement considéré, vendredi, qu’« on peut choisir sa religion mais pas sa race ». (Avant de concéder que « l’apparition du mot "race" dans un article antiraciste » n’était « pas heureuse » : on ne le lui fait pas dire).

Laurent Joffrin déplore cette fois-ci que son teupo Philippe Val, directeur de Charlie Hebdo, qui a viré Siné, soit, depuis : « Attaqué avec une violence haineuse qui en dit long sur la mentalité de ses adversaires ». Laurent Joffrin, scandalisé, observe ainsi que Philippe Val « a même été caricaturé en nazi dans L’Express ! » (Point d’exclamation !)

Et en effet : ce n’est pas spécialement délicat, mais il est vrai aussi que le propre de la caricature est de forcer le trait, au risque de blesser - comme le sait fort bien Philippe Val. Surtout : le boss de Libé ne peut évidemment pas ignorer que pour ce qui serait de caricaturer autrui en nazi, le boss de Charlie est un champion qui régulièrement bat de nouveaux records.

Pour Philippe Val, en effet, nombre de ceux qui ne sont pas de l’avis de Philippe Val (et ça finit quand même par faire pas mal de monde) sont des antisémites, éventuellement nostalgiques de l’hitlérisme.

Par exemple, si des salauds ont le front, en 1999, de ne pas se pâmer au bruit des bombardements OTANiques dans la nuit yougoslave ? Philippe Val, très posément, énonce qu’« au sinistre "plutôt Hitler que Blum" répond, toutes proportions gardées, le non moins sinistre "plutôt Milosevic que Clinton" », et que ces mauvais crevards sont mus par « la haine de la démocratie et l’antisémitisme ». [1]

Si Daniel Mermet ose, à la même époque, de tendre son micro à une journaliste serbe ? Charlie Hebdo publie, très posément, un courrier le comparant aux speakers des années 30 qui ménageaient « trois minutes pour Hitler, trois minutes pour les Juifs ». [2]

Si des sagouins ont l’audace de fonder un Observatoire des médias français ? Philippe Val, très posément, énonce que ces gens-là sont des « admirateurs » de « Staline, Hitler, Pol Pot (…) »… [3]

Si un éditeur, le camarade Guy Birenbaum, a le toupet, sur son blog, de relever qu’Alain Duhamel vote pour François Bayrou ? Philippe Val, très posément, énonce que : « Guy Birenbaum a fait jouer à l’Internet un de ses rôles favoris : la Kommandantur pour tous ». [4] (Et qu’importe, si le père de Guy Birenbaum a combattu les nazis au sein la MOI, et si le boss de Charlie Hebdo joue ici, toute vergogne bue, avec une réalité qui le dépasse de très (très, très) loin…)

Si un (authentique) intellectuel étatsunien, du nom de Chomsky, prétend suggérer par ses travaux, (très) solidement documentés, que le gouvernement de son pays peut se montrer parfois rugueux, dans sa gestion militaire des affaires du monde ? Philippe Val, très posément, développe quant à lui, et au prix d’une minuscule torsion de la vérité (qui n’offusquera que ceux qui ont vraiment lu Chomsky), ce raisonnement dont la rigueur époustoufle : « Hitler par deux fois fait allusion au génocide arménien, afin d’y adosser son action. Noam Chomsky, qui a préfacé (un) ouvrage de Faurisson, est également un négateur du génocide cambodgien. Les génocides sont liés entre eux par leurs négateurs »… [5]

Si des militants de « France Palestine » témoignent lâchement de la sensibilité au sort des Palestiniens ? Philippe Val, très posément, les montre comme des « gros connards qui, en réalité, dépensent toute leur énergie (…) en haine des Juifs (…) et de la démocratie en général » [6] - et pourquoi se gênerait-il, puisque Laurent Joffrin se tait ?

Si, pour finir, une journaliste de Télérama, Weronika Zarachowicz, a l’outrecuidance de rappeler dans un article de soutien à Denis Robert que l’avocat de Charlie Hebdo est aussi l’avocat d’une société financière luxembourgeoise - et d’oublier de mentionner qu’elle a cosigné un livre d’entretiens avec Denis Robert et (justement) Noam Chomsky ? Philippe Val, très posément, énonce que « c’est comme "Les Protocoles des Sages de Sion" », immonde libelle antisémite.

Et caetera : l’insinuation, odieuse, que ceux qui ne pensent pas comme lui sont des antisémites et/ou des admirateurs d’Hitler est devenue, au fil des années, l’un des socles où se construit la philosophie de Philippe Val (sans que jamais Laurent Joffrin ne s’émeuve, par exemple).

Le directeur de la publication et de la rédaction est, en cela, bien de son temps - bien d’une époque où, comme l’a récemment souligné Alain Badiou, les gardiens vigilants de la pensée dominante « ont inventé depuis quelques années un truc contre quiconque leur déplaît : insinuer qu’il est antisémite ». Un peu comme si, à bout d’arguments rationnels pour défendre leur passion libérale, ces nouveaux « sycophantes » n’avaient plus guère le choix que de se réfugier, comme naguère les staliniens, dans une insupportable caricature de leurs contradicteurs (« qui en dit long sur (leur) mentalité »).

Fort bien, mais qu’ils ne s’étonnent pas, quand un dessinateur de presse leur applique le procédé même dont ils n’ont que trop abusé : quand Philippe Val se retrouve caricaturé, il est pris à son propre jeu.

[1] Charlie Hebdo, 28 avril 1999.

[2] « Val-t-en guerre », par Pierre Rimbert, La Vache folle, juin 1999. Retenir que Philippe Val « dut publier un rectificatif ».

[3] France Inter, 26 janvier 2004.

[4] Charlie Hebdo, 21 février 2007.

[5] Charlie Hebdo, 21 mars 2007.

[6] Charlie Hebdo, 1er août 2007.

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1 août 2008 5 01 /08 /août /2008 19:38

George Bush lance le plan de sauvetage de l'immobilier américain Etats-Unis

LE MONDE | 31.07.08 | 10h55  •  Mis à jour le 31.07.08 | 11h25

WASHINGTON CORRESPONDANTE


  Sans publicité, le président George Bush a signé, mercredi 30 juillet, le plan de sauvetage de l'immobilier le plus ambitieux jamais mis en place depuis plusieurs dizaines d'années aux Etats-Unis. La cérémonie a eu lieu à 7 heures du matin, en présence de quelques membres de l'administration seulement.


Le président n'avait pas caché qu'il n'approuvait pas les aides financières de 3,9 milliards de dollars (2,5 milliards d'euros) contenues dans le plan et visant à permettre aux collectivités locales d'acheter les propriétés saisies, pour éviter de laisser péricliter des quartiers entiers. Mais il avait décidé de ne pas mettre son veto, estimant qu'il faut d'urgence aider les familles endettées. Il ne voulait pas non plus, probablement, apparaître aux côtés des principaux artisans de la loi, deux sénateurs démocrates, alors qu'une majorité de républicains ont voté contre ce qu'ils estiment être un cadeau fait à des emprunteurs et à des organismes de prêts imprudents.

"FRANKENSTEIN FINANCIERS"

En discussion depuis des mois, la loi, qui relève le plafond des prêts immobiliers susceptibles d'obtenir une garantie publique, va permettre à 400 000 propriétaires, étranglés par le remboursement de leurs dettes, de refinancer leurs emprunts. Elle crée un fonds de l'administration fédérale du logement (Federal Housing Administration Fund), doté de 300 milliards, pour aider les particuliers. Ceux-ci pourront annuler leur emprunt et le remplacer par un prêt à taux fixe sur trente ans, pour 90% de la valeur de la maison. La décision d'accorder ces refinancements reviendra aux banques, qui devront faire quelques sacrifices.

Surtout, la loi vient au secours des organismes de refinancement hypothécaire Fannie Mae et Freddie Mac qui ont perdu 50% de leur valeur en l'espace d'une semaine au début du mois. Ces deux institutions sont placées sous l'autorité d'un nouvel organisme de contrôle, aux pouvoirs renforcés. La loi autorise le Trésor à acheter leurs actions ou à leur prêter de l'argent jusqu'à fin 2009.

Le sénateur démocrate du Connecticut, Christopher Dodd, l'un des principaux artisans de la loi, a indiqué qu'il s'agit surtout d'une mesure de sécurité, destinée à rassurer les créditeurs étrangers. "La garantie implicite n'était pas assez forte pour nombre de ces créditeurs. Une grande partie de cette dette est détenue par des pays dans l'ensemble du monde, et ils devenaient nerveux", a-t-il expliqué.

L'office budgétaire du Congrès a estimé que le plan pourrait coûter jusqu'à 25 milliards de dollars aux contribuables. Trois quarts des républicains, à la Chambre, ont voté contre le projet, dénonçant pareille intervention fédérale pour sauver des entités du secteur privé. L'un d'eux a qualifié Fannie Mae et Freddie Mac de "Frankenstein financiers", menaçant d'engloutir leurs créateurs. Après la signature de la loi, les actions de ces deux établissements de refinancement hypothécaire ont augmenté respectivement de 5,3% et 3,3%.

M.Dodd a indiqué que 8400 nouvelles familles sont chaque jour dans l'incapacité de rembourser leur emprunt. Il a envisagé un déclin de 30% dans les prix de l'immobilier, soit la plus forte baisse depuis la Grande Dépression. Le nombre d'Américains qui pourraient perdre leur maison d'ici à fin 2009 est estimé à 2,8 millions.



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1 août 2008 5 01 /08 /août /2008 19:33

Hommage à Jean-Jacques de Félice
 

Tribunal Correctionnel de Millau le 2 Juillet 1976. Jean Jacques de Félice défend un groupe de Paysans du Larzac poursuivis en flagrant délit pour avoir pénétré dans le Camp Militaire et avoir « emprunté » les documents qu’ils cherchaient. Ils ont trouvé les preuves que l’Armée, tout en faisant mine de négocier, rachète en secret les fermes de gros propriétaires fonciers spéculateurs, pour pouvoir agrandir le camp militaire dont les Paysans bloquent depuis 4 ans l’extension par des actions non violentes inspirées de Gandhi et de Lanza del vasto. Il y a parmi le groupe des prévenus un certain José Bové. J’ai 25 ans, jeune avocat, je suis venu de Montpellier écouter plaider Jean-Jacques de Félice. Il a presque le double de mon âge. Nous ne nous quitterons plus.

Je découvre ce jour là que l’on peut exercer notre profession en cohérence avec ses convictions, que l’on peut vivre notre profession comme un engagement au service des droits de l’Homme, concrets et effectifs.
 
Jean-Jacques m’engage dans la défense des Paysans du Larzac, comme il m’engagera plus tard dans celle des indépendantistes polynésiens, puis des kanaks en Nouvelle Calédonie. Nourris à la même culture protestante du service et de l’engagement, il m’enseignera jusqu’au bout la simplicité, l’humilité mais aussi l’intransigeance dans le combat lorsqu’on sait la cause juste, lorsqu’il s’agit de défendre les faibles contre les puissants.

Nous nous retrouverons ensemble à défendre les objecteurs de conscience, José Bové et ses compagnons « démonteurs » du Mac Do de Millau, les désobéissants civils et lorsque j’ai commencé à intervenir devant les juridictions pénales Internationales j’ai toujours partagé avec Jean-Jacques cette aventure judiciaire et humaine bouleversante.
 
Je l’avais appelé il y a quelques semaines pour lui demander conseil dans la défense du premier Khmer Rouge poursuivi devant le Tribunal Spécial au Cambodge. Comment retrouver l’Homme au-delà du crime terrible dont on l’accuse ? Nous devions nous voir prochainement pour en parler. Jean-Jacques est parti avant. Il s’amusait de ce que je le considérais comme mon Maître, mon père spirituel. Mais aujourd’hui nous sommes nombreux à nous sentir orphelins, proches, si proches de Irène Terrel et Claire leur fille.

Jean-Jacques n’était pas un homme des médias. Son regard, sa voix portaient trop loin pour être enfermés en une formule de 15 secondes pour le JT ! Son regard embrassait le Causse du Larzac où il aimait tant retrouver ses amis. Sa voix savait aussi faire silence … comme cette plaidoirie qu’il commença… en se taisant pendant de longues minutes sous le regard incrédule du Tribunal. « Je voulais vous faire comprendre le silence dans lequel est enfermé mon client dans sa prison… C’est long n’est-ce pas ? » Et encore s’adressant aux jurés de la Cour d’Assises de Tahiti dans l’affaire de l’Ile de Faïté (30 accusés suite à un délire mystique ayant entrainé la mort par exorcisme de 6 personnes ) : « je vous ai regardé… les regarder, ces accusés qui sont aussi vos frères, vos enfants de Polynésie… » Une autre fois il plaidait en leur présentant un coquillage et dissertait sur les hommes du grand Océan du Pacifique.

Jean Jacques était un poète humaniste, intransigeant, en état permanent de légitime révolte contre l’injustice, notamment coloniale. Ne se laissant jamais enfermer dans le dossier pénal, Jean Jacques lisait à livre ouvert dans le cœur, l’histoire, les révoltes de ceux qu’il défendait.

Voilà, Jean Jacques nous quitte et fait mentir le dicton selon lequel l’élève doit un jour dépasser le Maître. On ne peut se hisser à la hauteur d’un Avocat humaniste comme Jean Jacques de Félice. On ne peut que tenter de mettre ses pas dans les siens, pour s’approcher de soi même. « Esprit qui les fit vivre / Anime leurs enfants/ Pour qu’ils sachent les suivre » chantent les Cévenols en hommage aux révoltés Camisards…

A Dieu Jean Jacques. Repose en Paix. La terre des Cévennes, du Larzac, de Polynésie, de Kanaky, te pleure et te chante à la fois.

Au moment de ton départ je serai en prison en Afrique, debout aux côtés d’un détenu, là où tu m’a appris qu’est la place de l’Avocat. C’est l’hommage que je te dois. Merci.

Arusha TPIR le 29 Juillet 2008


François ROUX Avocat. Montpellier


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1 août 2008 5 01 /08 /août /2008 17:25

« Chavez n’est pas là où on l’attend


LA NATIONALISATION DE SANTANDER Au VENEZUELA ET SON CONTEXTE POLITICO-JUDICIAIRE- FINANCIER

 

http://socio13.wordpress.com/2008/08/01/la-nationalisation-de-santander-au-venezuela-et-son-contexte-financier/

 



La crise des subprimes, les turbulences financières sont aussi l’occasion de vastes opérations de concentration, ainsi la Santander Central Hispano (SCH) qui est déjà la première banque d’Espagne devient  la première banque européenne en rachetant Abbey la 6 e banque britannique. Ce qui nous permet de découvrir Emilio Botin , le descendant d’une dynastie bancaire qui s’est épanouie durant le franquisme, il a eu Aznar pour poulain mais a actuellement d’excellente relation avec Zapatero.  Il est actuellement poursuivi par un scandale financier qui risque de le conduire en prison et il a sollicité l’appui du roi qui ne saurait rien lui refuser tant tous ces gens ont des intérêts économiques, politiques imbriqués. La banque Santander n’a bien sur jamais renoncé à soutenir la fondation Aznar dont le roi et l’héritier de la couronne s’occupent également.

 

UNE PREMIERE BANQUE EUROPEENE


-La Santander Central Hispano (SCH, 1ère banque d’Espagne) paiera entre 12,8 et 13,4 milliards d’euros pour le rachat de l’Abbey National, 6e banque britannique. L’offre d’actions SCH aux actionnaires de l’Abbey couvrira 96% du paiement. Une nouvelle action SCH sera remise pour chaque action d’Abbey. Si elle faisait marche arrière, Abbey devrait verser au groupe Santander un dédommagement de 81,7 millions de livres.

 

-La somme des actifs des deux banques est supérieure à 615 milliards d’euros. Leur capitalisation boursière conjointe actuelle, 51 milliards d’euros, ferait de la nouvelle entité -si elle se matérialisait- le premier groupe bancaire de la zone euro, le 4e d’Europe et le 10e mondial.

 

-Le nouveau groupe résultant du rachat compterait près de 130.000 employés et 56 millions de clients. Ses activités seraient réparties à raison de 47% dans la zone euro de l’Union européenne, 31% en Amérique latine et 21% au Royaume-Uni, pays dans lequel Abbey sert 18 millions de clients avec un réseau de 741 succursales.

 

Les conditions de cette opération sont “exemplaires” , on voit comment la crise financière peut offrir des opportunités dans le cercle trés étroit des milieux d’affaire, des banques centrales et de l’argent de nos impôts, sans parler des faillites dans la construction.

 

Quand il achète Abbey, Santander promet qu’il ne fera pas d’autres acquisitions. il est un des rares banquiers à s’en sortir sans perte grâce à l’Amérique latine. Mais les Etats-Unis sont venus assombrir le tableau. Le groupe en effet annoncé une dépréciation de 737 millions d’euros sur sa participation dans la banque américaine Sovereign Bancopr, dont elle a acquis 24,9 %. L’organisme de prêt américain a notamment annoncé une perte de 1,35 milliard de dollars pour 2007 en raison d’une lourde dépréciation de 1,6 milliard de dollars au quatrième trimestre. Le titre de la banque américaine, détenue à 24,9 % par le groupe espagnol, a déjà perdu la moitié de sa valeur depuis un an, à mois de 13 dollars. Dans ces conditions, Santander n’est plus sûre d’exercer en 2010 son option d’achat à 40 dollars par titre sur le reste du capital. « Les circonstances ont changé » admet Emilio Botin, patron du géant espagnol, en citant « les incertitudes qui existent sur le marché américain ».

 

Santander a par ailleurs précisé que l’un de ses objectifs pour 2008 était de porter une « attention particulière sur les risques ». Les tensions sur le marché de l’immobilier espagnol, avec les risques de défaut inhérents, ne semblent pas affecter sa confiance. Le groupe s’attend encore à une croissance de 10 à 12 % de son volume de prêts en Espagne cette année. Dans ces conditions, Emilio Botin a précisé que la banque, qui a racheté le britannique Abbey en 2004, n’avait aucun projet d’acquisition pour l’instant, et a totalement exclu une offre sur Alliance & Leicester. « Nous ne sommes pas intéressés » par la Société Générale, a-t-il également précisé.

 

Souvenez-vous le vendredi 11 juillet, les actions des deux géants américains du crédit hypothécaire Freddie Mac et Fannie Mae perdaient près de 50% de leur valeur. Henri Paulson, le secrétaire américain au Trésor, annonça une série de mesures désespérées garantissant le soutien inconditionnel de l’Etat américain pour renflouer les deux entités.Plus discrétement mais parallèlement le système bancaire était menacé d’un nouvel effondrement après la nationalisation en catastrophe de Northern Rock. C’est alors que le tapis rouge a été étendu devant le PDG de banco Santander Emilio Botin, premier groupe espagnol, qui dans l’orbite de  dans l’orbite de la Royal Bank of Scotland de sa majesté,a rapidement conclu le rachat d’Alliance and Leicester (A&L), une banque hypothécaire anglaise en grande difficulté.Selon l’analyse du Daily Mail, l’offre de Santander, même avant d’être formalisée le 18 juillet, « bénéficiait d’avance de l’appui de la Financial Services Authority (FSA) et même de la Banque d’Angleterre ». tandis que l’on parlait beaucoup des géants nord-américains du crédit hypothécaire, Freddie Mac et Fannie Mae, gagner les régulateurs et la Banque d’Angleterre. « Les efforts effrénés de la FSA démontrent le caractère fragile du secteur bancaire et celui du bâtiment où d’autres faillites du type Northern Rock auraient des conséquences imprévisibles » écrit le Daily Mail. Le quotidien cite un banquier expérimenté : « Nous n’avons jamais vu de semblable choses auparavant…c’est la pire crise financière à laquelle la plupart d’entre nous aient dû se confronter »La FSA britannique aurait d’ailleurs tordu le bras à AL afin que le groupe anglais accepte la proposition. La FSA craint des « retraits massifs de dépôts bancaires semblables à ceux qui forcèrent à la nationalisation de la banque Northern Rock fin 2007 », commente The Guardian.


Pas surprenant, écrit The Guardian. Emilio Botin, le PDG de Santander est « un proche ami de Sir Fred Goodwin, le PDG de la Royal Bank of Scotland ». Détail révélateur sur les moeurs de pirana de ce monde : c’est la vente des actions du promoteur espagnol Martinsa-Fadesa qui aurait permis à Santander de trouver les 1,57 milliards d’euros nécessaires au rachat de l’anglais A&L, impliquant que Banco Santander, pour sauver les banques anglaises, a provoqué la chute de Martinsa-Fadesa, acculé à la faillite trois jour plus tard.Et on voit comment le cancer financier continue à accumuler, opérer des concentrations, quitte à entraîner un peu plus de faillites dans la construction.

 

En vue de cette acquisition, outre l’apport la banque a vendu un certain nombre d’immeubles dont elle reste locataire, outre les actions du promoteur immobilier acculé à la faillite. Chavez a dit qu’il avait eu par ses services de renseignement l’avis que Botin  cherchait à vendre la banque du Venezuela. Il a souligné malicieusement le fait que tout cela n’était pas clair, on faisait pression sur lui pour qu’il accepte la transaction, après Santander ne voulait plus vendre… Le banquier vénézuélien dont Chavez n’a pas révélé le nom était déjà acquéreur, mais comme il devait selon la loi demander l’accord au gouvernement, Chavez a dit NON et a proposé de racheter au nom de ce gouvernement. Et pas dans les conditions d’opacité qui sont celles qui existent en Angleterre et que l’on vient de voir.

 

LE CONQUISTADOR DE LA BANQUE : Emilio BOTIN

 

Troisième de la dynastie Botin, le président de Santander poursuit son rêve de faire de sa banque l’une des premières mondiales à coup d’acquisitions. L’opération a en outre le mérite de faire oublier momentanément ses démêlés judiciaires.  
 

Depuis bientôt un siècle, le nom de la famille Botin, dont la fortune est estimée à plus de 3 milliards d’euros, est associé au monde de la finance. Emilio Botin, troisième du nom, a une fois de plus prouvé, avec l’opération Abbey, qu’il en est le digne héritier.


C’est le grand-père de l’actuel président homonyme de Santander qui a fondé la dynastie, en 1909, reprenant une petite banque de province pour en faire Banco Santander (BS). Mais c’est sous le « règne » du père de Botin, Emilio Botin Sanz de Sautuola, qui est resté trente-six ans à la tête de l’entité, que la banque s’est imposée au niveau national, avec l’achat d’une série de petites banques. En 1986, à la mort du patriarche, Emilio prend à 51 ans les rênes de la banque. Dès son accession au pouvoir, il prend des initiatives révolutionnaires, comme la rémunération des dépôts à vue. Mais surtout, il s’illustre en raflant le Banesto en 1987 pour près de 2 milliards d’euros, après que celui-ci avait été placé sous la tutelle de la Banque d’Espagne, avec un « trou » de plus de 3 milliards d’euros attribué à la désastreuse gestion de Mario Conde. Le pari s’avère payant. Avec cette opération à hauts risques, Santander double d’un seul coup ses actifs, à environ 111 milliards d’euros. Douze ans plus tard, en 1999, il frappe encore plus fort, avec la fusion-absorption de Banco Central Hispano, qui donne naissance au premier groupe bancaire hispanique, SCH.


Emilio Botin passe pour un conservateur « libéral », lié au franquisme, Aznar a été son poulain, mais il ne s’acharne pas sur l’idéologique officiellement et noue d’excellentes relations y compris avec Zapatero.

 

DANS LA TOURMENTE FINANCIERE

 

C’est encore Botin, dit-on, qui a dicté l’ambitieuse stratégie d’expansion en Amérique latine (25 % environ des quelque 348 milliards d’euros d’actifs du groupe). Les activités de la banque espagnole en Amérique latine lui ont permis de compenser le repli sur son marché domestique. Le produit net bancaire a gagné près de 15% au premier semestre, dépassant 8 milliards d’euros, et le bénéfice 6%, à 4,7 milliards d’euros.   

 
Après avoir osé narguer la tourmente du crédit immobilier en lançant à la mi-juillet l’acquisition du britannique Alliance & Leicester pour 1,3 milliard de livres, Santander a fait état mardi de résultats semestriels de bonne facture, portés notamment par ses activités en Amérique latine qui ont compensé le repli en Espagne. Au cours des six premiers mois de l’année, le groupe bancaire espagnol a ainsi enregistré 14,7% de hausse de son produit net bancaire, à 8,175 milliards d’euros, tandis que le bénéfice net gagnait, lui, 6,1%, à 4,73 milliards d’euros.


Seul bémol : la rentabilité du groupe s’est réduite au deuxième trimestre, où le bénéfice net a baissé de 5%, à 2,52 milliards d’euros. Le repli résulte, en partie, d’une base de comparaison défavorable, un gain exceptionnel de 566 millions d’euros lié à la vente de sa participation dans Intesa Sanpaolo ayant été comptabilisé au deuxième trimestre l’an passé. Il reflète également le ralentissement économique en Espagne, auquel le groupe, malgré sa gestion prudente qui lui permet d’être relativement épargné par la crise du “subprime”, ne peut échapper. Mais, même en baisse, ce résultat est bien supérieur aux attentes des analystes.

C’est enfin lui également qui a ouvert la voie aux grandes opérations transfrontières en Europe, d’abord au Portugal, et aujourd’hui au Royaume-Uni.

 

ENNUIS JUDICIAIRES


Toutefois, selon certains analystes, cette dernière opération aurait aussi une « dimension personnelle ». Outre son intérêt financier et stratégique, l’opération a le mérite de détourner l’attention des problèmes qu’Emilio Botin entretient avec la justice, pour recentrer l’actualité sur ses qualités de redoutable banquier. Pourtant, à la rentrée, il devra comparaître devant le tribunal Audiencia Nacional, où il risque une lourde peine de prison pour les sommes versées afin d’écarter les anciens dirigeants de Central Hispano, José María Amusátegui et Ángel Corcóstegui, en 2002. Ceux-ci ont en effet reçu respectivement 43,7 et 108 millions d’euros, après avoir renoncé à la co-présidence et à la direction exécutive de Santander.

 

Du coup, le froid, autoritaire, austère et secret Emilio Botin travaille à paraître sous un jour plus favorable. Récemment, il a ouvert les portes de sa famille aux cameras de la télévision espagnole et lors de la dernière assemblée de la banque, a accepté, pour la première fois, de donner des explications sur ses démêlés avec la justice.

 

Selon l’hebdomadaire « Tiempo », Emilio Botin est tellement préoccupé qu’il se serait rendu en avril au palais de la Zarzuela, pour demander l’intervention du roi…

 

Je me permets également de vous renvoyer à l’article sur ce blog de la Fondation d’Aznar, un organisme qui mène une lutte idéologique intense en Europe comme en Amérique latine, je signalais qu’au titre des activités d’Aznar en Amérique latine il arrivait de Colombie où il avait été reçu par Uribe mais lisons plutôt la suite: présentéé par la Fondation elle-même.

 

José María Aznar, presidente de FAES, ha asistido hoy martes, 27 de noviembre, en la Universidad Georgetown, en Washington, a la presentación de la nueva revista digital Globalización, Competitividad y Gobernabilidad (gcg.universia.net), cuyo consejo consultivo preside su Alteza Real el Príncipe de Asturias, antiguo alumno de esta universidad. El acto ha sido presidido por Emilio Botín, presidente de Banco de Santander y Universia; y por John DeGioia, presidente de la Universidad de Georgetown.

 

José maria Aznar, président de FAES, a assisté aujourd’hui mardi 27 novembre à l’Université Georgetown, à Washington, à la présentation de la nouvelle revue digitale Globalización, Competitividad y Gobernabilidad (gcg.universia.net), dont le Conseil royal est présidé par son altesse royale le Prince des Asturies, ancien élève de cette université. La séance a été présidée par   Emilio Botín, président  de la Banque de Santander y Universia; et par John DeGioia, président de l’Université de Georgetown.

 

( note de la traductrice) J’espère que vous mesurez qui est ce beau monde et comme son rassemblement éclaire un certain nombre d’événement. La banque de Santander domine Caracas de toute sa puissance et on la retrouve dans toute l’Amérique latine, la présence du Prince des Asturies n’est pas non plus sans intérêt.

 

Cela donne tout son sens à ce qui s’est passé à Santiago du Chili lors du sommet iberoaméricain, la crise du roi quand Chavez a dénoncé le rôle d’intérêts comme la banque de santander , la fascisme d’Aznar. On peut même estimer  que le sommet iberoaméricain avait été concoté pour faire passer les thèses du type de la FAES sur les problèmes de la jeunesse. Chavez intervient relayé par Ortega et Lage pour dénoncer le rôle réel d’Aznar et de son gouvernement dans le coup d’Etat contre son gouvernement. L’amériqua latine résiste… Aujourd’hui Chavez accorde des facilités pétrolières à Respol et nationalise la banque d’Emilio Botin en profitant de ses ambitions européennes et de ses ennuis judiciaires…

 

Quand on veut manger avec le diable il faut une trés trés longue cuillère…

 

Danielle bleitrach

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1 août 2008 5 01 /08 /août /2008 17:09

Revers historique des liquidateurs de Rifondazione Comunista en Italie

http://reveilcommuniste.over-blog.fr/article-21607705.html

Ces réflexions s'appuie sur la lecture des articles de Gael De sanctis, dans l'Huma, qui couvrait le congrès de Chianciano Terme (et qui a une manifeste préférence pour l'option 2 qui a perdu, celle d'une "constituante de gauche, menée par Niki Vendola, gouverneur des Pouilles lire ici), et l'info glanée sur les sites de "l'Ernesto ici" et de "Rezistenze ici". Voir aussi sur "Vive le PCF"la défaite des liquidateurs au congrès du PRC

La situation des communistes en Italie est à bien des égards instructive pour nous, communistes français. Sans sous-estimer les différences, nous assistons dans les deux pays au même processus postcommuniste de dilution-liquidation- adaptation au capitalisme des appareils issus des anciens PCI et PCF. En Italie, il est allé plus vite et plus loin, puisque l'essentiel de l'appareil historique du PCI a évolué à tel point qu'il est devenu le Parti démocrate de Veltroni, qui n'est même pas de gauche, et dont le nom qu'il s'est choisi montre l'alignement sur la tradition politique libérale américaine. Sur ce processus, voir l'étude historique de Pierre Laroche ici. Les communistes italiens qui ont refusé à l'époque le reniement postcommuniste du marxisme et de la classe ouvrière se sont regroupé dans le PRC, où les ont rejoints les militants légalistes les mieux organisés de l'extrême gauche, dont le nouveau secrétaire du parti, Paolo Ferrero, qui vient d'être élu, est issu. En Italie la liquidation du PCI a été rondement menée, par son groupe dirigeant opérant par surprise, et profitant du désarroi qui a suivi l'effondrement de l'URSS, au congrès dit de la "Bolognina" en 1991. Il faut remarquer que le PCI avant cette date était complètement indépendant de l'URSS, et que son appareil lui était même carrément hostile, mais que la base restait sentimentalement attachée aux pays socialistes. Le PRC est donc constitué à l'origine d' un mélange instable de groupes gauchistes et du courant pro-soviétique du PCI. Son leader historique, qui a bien failli dernièrement l'amener à la ruine, Bertinotti, vient quant à lui du parti socialiste. Depuis 1991, le PRC a beaucoup investi dans les luttes antiglobalisations, aux dépens sans doute de son enracinement dans la classe ouvrière en Italie. Mais il faut constater quand même qu'il arrive à trouver dans ses rangs comme dirigeant un ancien ouvrier de 48 ans. Au PCF, il faudra choisir un dirigeant de la génération précédente pour obtenir le même résultat. Enfin, dernière singularité, le PRC était organisé en tendance : il n'y avait pas au congrès du PRC de "base commune" officielle approuvée par la direction sortante, comme ce sera le cas en décembre 2008 au PCF, mais des motions qui se présentent sur un pied (théorique) d'égalité.

En 1998, une scission a eu lieu entre les partisans de Bertinotti, qui dirigeaient le parti et qui avaient retiré leur soutien au gouvernement de centre gauche de D'Alema, et indirectement favorisé ce faisant le retour de Berlusconi au pouvoir, et ceux de Cossuta, dirigeant historique du PCI, qui voulait rester dans la coalition à n'importe quel prix. Il semble que les deux formations aient inversé aujourd'hui leur positions sur ce plan. Il faut noter que le PDCI qui vient de tenir aussi son congrès a choisi à 75% une "constituante communiste", c'est à dire un congrès de réunification avec le PRC et les milliers de communistes sans carte qui s'organisent autour de l'appel lancé sur Internet  "Communistes, commençons par nous mêmes".  Seul l'Ernesto (motion 3) a répondu favorablement à cette main tendue. Elle semble avoir été mise entre parenthèse pour gagner le congrès. En termes électoral, l'influence du PRC représente deux à trois fois celle du PDCI.

Les élections qui viennent d'avoir lieu en avril et qui ont vu le retour au pouvoir de Berlusconi avec un programme de droite dure et décomplexée ont été un désastre pour les deux partis, qui avaient formé avec les Verts, et un sous groupe de l'ex PCI-ex PDS- ex DS qui refusait la mutation définitive en parti démocrate, la coalition "Arc en ciel" qui préfigurait  la "chose rouge", le nouveau parti de "gauche", la "nouvelle formation" que l'ont voulait nous proposer ici aussi à l'issue du score calamiteux de Marie George en 2007. Le résultat est sans équivoque ; les trois formations qui existaient en 2006 avaient obtenues 11%, l'Arc en Ciel est tombé à 3%. Les deux partis communistes avaient environ 150 parlementaires à la chambre et au sénat, ils n'en ont plus aucun, faute de passer le seuil qui est, je crois, de 4%.

Après cette claque historique, le groupe dirigeant du PRC ne pouvait pas gagner du temps pour noyer le poisson et esquiver ses responsabilités comme le groupe dirigeant français l'a fait avec son "double congrès", déqualifié en ANE suite aux protestations de la base, parce qu'il avait ajourné illégalement le congrès statutaire du PRC dans la phase de préparation des élections pour lancer la "chose arc en ciel", et mis en place une structure parallèle, sous la forme d'un collectif informel de fans rameutés par les médias, censés appeler à grand cri à la grande fusion de la "Gauche". Il ne pouvait pas se dérober davantage, à moins de faire exploser le parti.

Au congrès de  Chianciano Terme qui vient de se tenir du 24 au 27 juillet en Toscane, il y avait 5 motions : la 1 : celle qu'appuyait Ferrero, qui était pourtant ministre du gouvernement Prodi, coalition de la tendance marxiste "être communiste" et d'une partie du groupe dirigeant qui a compris l'évidence : même en termes purement électoraliste ou opportuniste, l'option postcommuniste est suicidaire. Elle l'est, parce que cette option a été préemptée par les liquidateurs de 1991, qui en ont tiré tous le profit possible, et ils ont abouti à la déchéance totale en formant le parti démocrate qui participe avec Berlusconi à la chasse aux Roms. Une grande partie de la rhétorique des refondateurs français, les développements à la Martelli ou à la Lucien Sève, oublient tout simplement ce fait : c'est trop tard pour jouer la partition de Gorbatchev ! l'orange a été mangée, il ne reste que la peau.

Cette motion critique ou autocritique explicite de la tentative de "dépassement" du communisme dans "l'Arc en ciel" a réuni 40% des mandats.

La motion 2 , que soutenait Bertinotti (grand notable européen, ancien président de la chambre en Italie, et du PGE) Vendola (gouveneur des Pouilles, poste obtenu sur le tapis vert en négociant avec le centre gauche, et non en renforçant l'influence électorale du parti dans cette région historiquement peu communiste), est constituée par les "refondateurs" gauchistes associatifs postmodernes à la française, et par la partie obstinée dans l'erreur, ou crypto-anticommuniste, du groupe dirigeant qui considère que l'échec de "l'Arc En Ciel" ne s'explique que par la conjoncture, et qui persistent dans leur projet de "constituante de gauche". Il faut noter que la partie a été serrée (et l'est encore, du coup, car les perdants sont tentés de refuser la défaite) car la motion 2 a frisé la victoire, avec 47%, même s'il y a des soupçons de fraude en leur faveur (cf l'Ernesto). Ils refusent de participer au nouvel exécutif et reprochent maintenant à la nouvelle direction de manquer d'esprit unitaire en ayant formé un coalition à 51% alors qu'ils auraient pu avec eux former une majorité à 87%. Rossana Rossanda, dirigeante historique du PCI puis du groupe maoiste "Il Manifesto" qui est devenue depuis un cas d'école de ce mal du siècle que Losurdo a diagnostiqué, l'autophobie des communistes, s'est démenée pour essayer cette fusion du communisme et du postcommunisme. Les perdants du congrès déblatèrent maintenant tout dépités dans la presse bourgeoise et tentent de stigmatiser la victoire du communisme au PRC comme une "régression culturelle", pas moins! Paolo Ferrari, le nouveau secrétaire, loin d'être un extrémiste pourtant (il appartient à l'Eglise protestante vaudoise!), répond que les stratégies des motions 2 et de la coalition des quatre autres motions étaient incompatibles, ce qui clôt la question. Mais il est très net que ce sont ceux qui veulent faire disparaitre le communisme ou le réduire à un courant culturel qui s'accrochent en désespoir de cause à l'aspect le plus dégénéré du centralisme démocratique, c'est à dire aux tentatives de faire pression pour produire l''unanimité, au détriment du contenu des déclarations et de la clarté de la stratégie. Le comble, c'est que l'injonction à noyer le poisson, et à passer sous silence les divergences se fait au non de "la différence " ou "des différences"! En Italie, comme en France, les "staliniens" ne sont donc pas les porteurs d'une idéologie stigmatisée par l'ignorance et la mauvaise foi comme "stalinienne", mais ceux pour qui les chefs ont toujours raison, surtout quand ils se trompent ou quand ils vous payent.

La motion 3, avec 8 %, est celle proposée par nos camarades de l'Ernesto, qui sont en contact avec les diverses composantes de l'opposition communiste du PCF. Ce résultat décevant qui s'explique par le vote utile pour une direction alternative pour appliquer une ligne communiste, est compensé par l'accord politique qu'elle a obtenu avec la motion 1, qui se fait dans un sens très net de relance du communisme en Italie, et pas seulement symbolique (les communistes italiens sont très attaché à la faucille).  L'Ernesto produit des analyses politiques claires et très valables et utilisables en France aussi. La newsletter du groupement considère le résultat du congrès dans sa déclaration finale qui désavoue la stratégie "Arc en Ciel" et la participation au gouvernement Prodi, mais aussi l'élection du nouveau secrétaire contre le poulain de Bertinotti comme de grands succès dans le sens de la reconstruction d'une organisation communiste en Italie.

Je n'ai pas d'info précise sur les motions 4 et 5 qui ont regroupé en tout 5% des mandats mais je crois qu'une d'elle au moins était animée par un groupe trotskysant. Les quatre motions (1, 3, 4, 5) ayant conclut un accord, la déclaration finale a été votée par le congrès par 342 voix sur 642, et le nouveau secrétaire a été élu dans un scrutin serré mais non contesté.

Le réaction scandalisée et négative de la presse de gauche italienne montre a contrario le succès réel des antiliquidateurs en Italie (jusqu'à un certain point, l'indignation de la presse bourgeoise peut servir de critère pour repérer une bonne inflexion de la ligne!).

Enfin, dernière remarque : la victoire de la coalition 1-3-4-5 n'est pas définitive, les partisans de la constituante de gauche ayant décidé de poursuivre leur projet en septembre. Nikki Vendola présente l'affaire comme un retour à l'âge de pierre, et la "constituante communiste" proposée par l'Ernesto, l'appel unitaire, et le PDCI comme un "projet délirant". Ce langage arrogant fait penser aux OUIOUIstes du PS, et aussi aux "personnalités" du collectif national censé désigner un candidat antilibéral, en 2006. Si ces mauvaises intentions se concrétisent, il devra y avoir une scission (oh! quelle violence! halte au retour des gardes rouges de Réveil Communiste!), et une recomposition avec les communistes du PDCI et de l'appel "commençons par nous même" devra avoir lieu.

Le point important à mes yeux, c'est que ce changement de ligne a été acté par un changement de direction clairement identifiable, et qui s'est communiqué, en particulier grâce à l'indignation des journalistes sociaux libéraux, qui ont fait caisse de résonance. Le public italinien ne peut donc pas ignorer qu'il s'est passé quelque chose au PRC! Paolo Ferrero ayant fait partie de l'ancien groupe dirigeant (il est ministre sortant dans le gouvernement Prodi) on peut penser que ce changement de direction n'est pas suffisant, mais le nouveau secrétaire a accepté de faire une autocritique (ce qui semble au dessus des forces des dirigeants français), d'endosser un texte ferme sur les orientations politiques même s'il reste encore verbeux dans certains développements, et surtout de se faire élire contre le favori des médias et de la classe politique, à la manière de Braouezec chez nous, Nicchi Vendola, qui depuis qu'il a perdu se lâche dans la presse en désignant ses adversaires à la vindicte publique comme "les communistes"!

Détail qui n'en est pas un : Bertinotti malgré ses échecs et ses coups fourrés a conservé une remarquable popularité. Elle témoigne de l'amour de transfert des militants aux dirigeants, qui s'en servent pour les mener n'importe où comme le joueur de flûte les enfants de Hamelin, amour qui qu'on le veuille ou non est un invariant du vécu collectif dans les organisations politiques, surtout à ambition révolutionnaire. Amour inévitable, qui prend parfois des aspect ridicules, et qu'il faut savoir déplacer à temps! (ceci à l'intention de ceux qui ne voient pas le coté révolutionnaire de Freud) . Il ne sert à rien de déblatérer contre Staline ou contre Hue si du temps de leur splendeur on leur donnait du "Jo" ou du "Bob" affectueux.

Mais les communistes italiens ont peut être aussi exprimé par leur standing ovation leur soulagement de le voir partir, et leur reconnaissance pour sa démission! Et Fausto vieux Renard, sait qu'il pourra revenir, si la nouvelle équipe se prend les pieds dans le tapis. Tandis que Bob qui s'est accroché tant qu'il a pu peut toujours essayer, au PCF.

GQ, 30 juin 2008, revu 1er août

 

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31 juillet 2008 4 31 /07 /juillet /2008 20:51
«Si tu plantes un arbre, il faut l’arroser : on a déposé les dossiers, il faut manifester»

AMÉLIA BLANCHOT

QUOTIDIEN : jeudi 31 juillet 2008

Ils étaient presque tombés aux oubliettes. Pourtant, cela fait déjà trois mois que des travailleurs sans papiers occupent la Bourse du travail, rue Charlot (troisième arrondissement de Paris), luttant pour leur régularisation. Regroupés au sein de la Coordination 75, leur situation est en passe d’évoluer. Le 15 juillet, ils ont déposé 597 dossiers à la préfecture et sont en attente des convocations. Hier, histoire de rafraîchir les mémoires, les occupants ont défilé dans Paris. «Si tu plantes un arbre, il faut l’arroser. On a déposé les dossiers, maintenant, il faut manifester», ironise Asse, l’un des occupants. Ils sont environ 600 à vivre dans les locaux, nuit et jour pour certains.

De prime abord, l’endroit peut paraître sympathique. Dans la cour, des petits cercles se forment. Des personnes discutent, rigolent, débattent. A leurs côtés, de sommaires matelas sont abrités par des bâches, loin de filtrer la pluie. Au milieu de ce décor, des femmes en boubous africains versent du riz dans d’imposants récipients. «Nous n’achetons plus d’assiettes, ni de couverts, on mange à l’africaine, avec les mains», explique Mankama, mauritanien de 33 ans. Les conditions de vie sont drastiques, un repas par jour, pas de douche et seulement quelques toilettes.

Carton.

A l’intérieur des bâtiments, c’est l’entassement. La plus grande pièce est emplie de matelas, une autre est réservée aux femmes et aux enfants. Dans les escaliers, chaque palier fait office de lieu de prière, sur un mince bout de carton. D’autres dorment à trois entre deux portes, comme Mankama. Arrivé en France il y a six ans, il travaille à plein-temps dans une entreprise de nettoyage, avec les papiers de son frère, qui a la nationalité française. Si sa supercherie est débusquée, Mankama sera au chômage. Peu importe, il garde le sourire et affiche la même détermination que tous les autres : «Je me battrai jusqu’au bout de mes forces.»

Les années de galère ne découragent pas, obtenir des papiers reste prédominant. Ces travailleurs sont installés à la Bourse du travail, le fief des syndicats, depuis le 2 mai. Cette initiative serait due à une discorde avec la CGT. Au départ, la Coordination 75 menait le combat de front avec le syndicat. Puis le collectif n’aurait «pas été informé par la CGT d’un dépôt de dossiers à la préfecture», affirme Dramé, l’un des porte-parole. Se sentant trahis, les travailleurs isolés se sont alors rassemblés rue Charlot. Raymond Chauveau, secrétaire général de l’UL-CGT Massy (Essonne), a une autre explication : «Ils n’ont pas accepté le postulat de départ, ne trouvant pas logique de soutenir uniquement les travailleurs», et non pas tous les sans-papiers.

«Jurisprudence».

Aujourd’hui, la situation s’est un peu apaisée. Si la CGT a apporté son aide pour les dépôts de dossiers, elle souhaite que les occupants quittent les lieux. «C’est une entrave au bon fonctionnement des organisations syndicales. Et puis, ils gênent qui ?» s’interroge le syndicaliste. Mais pour la Coordination 75, hors de question de partir avant l’obtention des régularisations.

Du côté des autres travailleurs sans papiers soutenus par la CGT, 750 ont été régularisés sur les 1 500 dossiers déposés. Il reste entre 300 et 400 salariés encore en grève, certains depuis avril. «Mais c’est parce que leurs dossiers n’ont pas encore été examinés», note Raymond Chauveau. Pour lui, la victoire se situe surtout dans cette «jurisprudence où il devient possible d’obtenir la régularisation par le travail. L’objectif est que les choses se passent sans avoir à planter le drapeau systématiquement».



http://www.liberation.fr/actualite/societe/342235.FR.php
© Libération



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31 juillet 2008 4 31 /07 /juillet /2008 19:40
Edito du Monde

Ehoud Olmert, et après ?

LE MONDE | 31.07.08 | 10h38  •  Mis à jour le 31.07.08 | 19h00


e mandat d'Ehoud Olmert à la tête du gouvernement israélien se termine comme il avait commencé : sur un parfum de scandale. Porté au pouvoir en mars 2006, dans la foulée de l'accident cérébral d'Ariel Sharon, l'ancien maire de Jérusalem avait été mis en cause quelques mois plus tard pour sa conduite jugée calamiteuse de la guerre au Liban. Vilipendé par l'opinion et les médias, il n'avait dû sa survie qu'à l'épouvantail Benyamin Netanyahou, le leader du Likoud donné à tous les coups gagnant en cas de démission forcée et d'élections anticipées. Dès lors, M. Olmert n'a plus été lâché par les critiques et les allégations de corruption. Abus de pouvoir, favoritisme, pots de vin : les accusations se sont multipliées. Du coup, chacune de ses initiatives politiques, en particulier la relance du processus de paix avec les Palestiniens et l'ouverture de négociations indirectes avec la Syrie, a été interprétée comme une diversion destinée à ralentir son inéluctable sortie de scène.

 


La direction palestinienne n'est pas loin de partager cette sévérité. A ses yeux, Ehoud Olmert, volontiers modéré dans ses discours, est resté dans les faits un homme de droite incapable d'enrayer la mécanique infernale de la colonisation. Son départ, pourtant, ne fait pas l'affaire des autorités de Ramallah. Les trois ou quatre mois qui seront nécessaires pour désigner et installer un nouveau gouvernement sont d'ores et déjà perdus pour les négociations.


A supposer qu'il se révèle sur le tard un homme de paix, Ehoud Olmert, qui assurera l'intérim, n'aura pas la marge de manœuvre indispensable pour réaliser une percée. Les Palestiniens en sont ainsi réduits à méditer sur les caprices du système politique israélien.


Depuis le mandat d'Yitzhak Shamir, pas un seul premier ministre de l'Etat juif n'est allé au bout d'une législature. A la fragilité congénitale des coalitions, tributaires trop souvent de petits partis aux intérêts volatils, s'est ajouté l'assassinat d'Yitzhak Rabin en 1995. Même si la ministre des affaires étrangères, Tzipi Livni, favorite des militants de Kadima, parvient à se hisser au pouvoir, ses belles intentions diplomatiques risquent encore une fois d'achopper sur l'émiettement des forces au sein de la Knesset.


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31 juillet 2008 4 31 /07 /juillet /2008 19:03
Pour Philippe Val, "Charlie Hebdo" et quelques principes


LE MONDE | 31.07.08 | 14h00  •  Mis à jour le 31.07.08 | 16h23


e Siné, nous voudrions rappeler quelques fulgurances passées, que ni ses menaces, ni ses rodomontades, ni son agitation médiatique ne parviendront à effacer. En 1982, quelques jours après l'attentat de la rue des Rosiers, Siné déclarait sur les ondes de la radio Carbone 14 : "Je suis antisémite et je n'ai plus peur de l'avouer, je vais faire dorénavant des croix gammées sur tous les murs... je veux que chaque juif vive dans la peur, sauf s'il est propalestinien. Qu'ils meurent !"

 


Le 2 juillet 1997, Siné écrivait à propos de la GayPride : "Loin d'être un empêcheur d'enculer en rond, je dois avouer que les gousses et les fiottes qui clament à tue-tête leur fierté d'en être me hérissent un peu les poils du cul... Libé nous révèle leurs chanteuses favorites : Madonna, Sheila et Dalida... On ne peut que tirer la chasse devant un tel goût de chiottes probablement dû au fait que c'est l'un de leur lieu de plaisir préféré."


Le 8 octobre 1997, Siné écrivait à propos de la communauté harkie : "Traîtres à leur patrie, ils ne méritent que le mépris !... Quant aux enfants de ces harkis, les pauvres, ils n'ont guère le choix ! Soit 1) ils en sont fiers ou 2) ils en ont honte. Dans le premier cas, qu'ils crèvent ! Dans le second, qu'ils patientent jusqu'à ce qu'ils deviennent orphelins !"


Le 2 juillet 2008, enfin, il y eut cette fameuse phrase sur la prétendue conversion de Jean Sarkozy au judaïsme afin d'épouser "sa fiancée juive", cela étant supposé lui permettre de "faire du chemin dans la vie".


Las de ces dérapages, Philippe Val et sa rédaction ont condamné ces propos, comme ils avaient condamné les précédents, et ont réclamé à leur auteur des excuses. Celui-ci s'y est refusé et le voilà, au terme d'un invraisemblable retournement de situation, métamorphosé en martyr d'une liberté d'expression qui, si les mots ont un sens, consisterait donc à pouvoir librement tenir des propos homophobes, antisémites et racistes.


Certains ont pétitionné et pris position en faveur d'un homme qui n'en est pas à son coup d'essai en matière de dérapage. Une partie de la presse, en particulier sur Internet, a préféré imaginer que ce sont de sombres complots qui ont conduit à l'éviction de Siné. Entre autres outrances, nous avons été attristés de voir Plantu dans L'Express se distinguer en croquant Philippe Val en nazi. Pourquoi ne pas admettre l'évidence - à savoir qu'une fois de trop, Siné venait de franchir la barrière qui sépare l'humour de l'insulte et la caricature de la haine ?


Pour notre part, nous ne pouvons supporter de voir le démocrate, le défenseur et le garant des principes traité comme s'il était l'agresseur et le coupable. C'est pourquoi nous entendons apporter notre entier soutien à Philippe Val et à la rédaction de Charlie Hebdo pour la constance de leur engagement contre le racisme, l'antisémitisme et toutes les formes de discrimination. Lorsque la raison aura repris ses droits, quand on acceptera de lire et entendre, vraiment lire et entendre, ce qu'a écrit et dit Siné depuis trente ans, alors chacun pourra constater que le seul tort de Philippe Val aura été de ne plus supporter ce qui, en réalité, n'était plus supportable depuis longtemps.


 

Alexandre Adler (historien) ;
Elisabeth Badinter (philosophe) ;
Robert Badinter (sénateur) ;
Pascal Bruckner (écrivain et philosophe) ;
Hélène Cixous ;
Bertrand Delanoë (maire de Paris) ;
Jean-Claude Gayssot (vice-président de la région Languedoc-Roussillon) ;
Blandine Kriegel (philosophe) ;
Claude Lanzmann (cinéaste) ;
Daniel Leconte ;
Pierre Lescure (directeur du Théâtre Marigny) ;
Bernard-Henri Lévy ;
Daniel Mesguich (directeur du Conservatoire national supérieur d'art dramatique) ;
Ariane Mnouchkine (metteur en scène) ;
Elisabeth Roudinesco (historienne) ;
Joann Sfar (dessinateur) ;
Dominique Sopo (président de SOS-racisme) ;
Fred Vargas (écrivain) ;
Dominique Voynet (sénatrice) ;
Elie Wiesel (Prix Nobel de la paix).

 

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31 juillet 2008 4 31 /07 /juillet /2008 18:53
Devant l'inertie du pouvoir belge, les sans-papiers durcissent leur action


LE MONDE | 28.07.08 | 14h17  •  Mis à jour le 29.07.08 | 09h21


BRUXELLES CORRESPONDANT


es dizaines de sans-papiers sont engagés, en Belgique, dans des actions dures en vue d'obtenir la régularisation promise, depuis le mois de mars, par le gouvernement d'Yves Leterme.

 


Les ministres des cinq partis au pouvoir ne sont toutefois pas parvenus à s'entendre. Ils viennent de renvoyer le dossier à la rentrée politique, espérant que la crise institutionnelle, toujours non résolue, ne les sollicitera pas d'ici là.


"Le découragement s'ajoute désormais à l'incertitude", explique au Monde Ali Guissé, l'un des porte-parole du mouvement des sans-papiers. Grèves de la faim, de la soif, occupations d'églises et de locaux universitaires : les clandestins ont multiplié les actions. Certains se sont hissés sur des grues de chantier.


Face à ces opérations, les autorités ont réagi au cas par cas. Lors d'une longue grève de faim dans une église de Bruxelles, ils ont accordé des titres de séjour provisoire assortis d'un permis de travail. La décision n'a fait qu'ajouter à la confusion, et encouragé la radicalisation d'autres personnes, qui séjournent pour certaines depuis de nombreuses années dans le pays.


Ce traitement différencié de situations identiques s'est poursuivi au cours des derniers jours. Des grévistes de la faim ont obtenu des permis de séjour provisoires pour des raisons médicales, tandis que d'autres ne décrochaient aucune promesse.


La détermination de critères de régularisation clairs était censée mettre un terme à la confusion. La ministre libérale flamande de la politique de migration et d'asile, Annemie Turtelboom, avait suggéré un système de points prenant notamment en compte "l'ancrage local durable" des demandeurs, le moment de leur arrivée dans le pays, leur situation familiale, le fait qu'ils travaillent, etc.

 


DÉSACCORDS

 


Les partis francophones réclamaient la prise en compte des illégaux qui n'ont jamais eu aucun statut en Belgique ou n'ont formulé aucune demande d'asile, mais pourraient prouver qu'ils sont, de fait, installés dans le pays.


Les partis flamands étaient plus prudents, craignant la réaction de l'extrême droite xénophobe et des populistes, qui n'auraient pas manqué de dénoncer leur "laxisme".


Devant ces désaccords, l'idée d'un vaste plan de régularisation des clandestins a été d'emblée écartée. En revanche, un plan général, portant sur la migration économique pour les emplois à "valeur ajoutée" ou de l'acquisition de la nationalité, paraissait envisageable.


Sans cesse reporté, l'accord sur les critères n'a toutefois pas pu être conclu. Le gouvernement s'est contenté d'examiner la semaine dernière une note "déterminant la responsabilité des différents acteurs", a expliqué Mme Turtelboom. Le moratoire sur les expulsions réclamé par les mouvements de sans-papiers n'a pas été entériné. Les autorités fédérales craignent une radicalisation des illégaux, et tentent de rejeter la responsabilité sur les municipalités, associations ou églises qui, selon elles, ne font rien pour empêcher leurs actions.


Le premier ministre, Yves Leterme, est désigné par les partis francophones du gouvernement comme le responsable de cet échec. Le Centre démocrate humaniste (CDH) s'est dit "profondément déçu". Marie Arena, ministre PS de l'intégration sociale, estime que le premier ministre n'a pas pris ses "responsabilités". La presse francophone a réagi à l'unisson : "Imagination, volonté, courage politique : de tout cela, il aura manqué (une fois de plus) à Yves Leterme", juge Le Soir.


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30 juillet 2008 3 30 /07 /juillet /2008 19:34
A Bamako, on rêve d'une maison pour les expulsés venus de France


LE MONDE | 30.07.08 | 12h55  •  Mis à jour le 30.07.08 | 15h04


BAMAKO ENVOYÉ SPÉCIAL

 
  Le bruit court, parmi les Maliens sans papiers de France, qu'il existe désormais à Bamako une "maison des expulsés", susceptible d'amortir le choc si d'aventure ils devaient se retrouver dans un vol Air France, entravés et entourés de quatre policiers. Pourtant, sur place, on peut la chercher longtemps. Car cette maison n'est que le rêve d'une association qui ne dispose, pour l'instant, que de deux petites pièces au premier étage d'un bâtiment, en face des marchands de fruits et de charbon du marché de Fadjiguila.

 


Dans la première pièce, ce matin, un bénévole suisse de l'Association malienne des expulsés (AME) recueille le témoignage de Babacar, blessé et expulsé la veille. Il est arrivé en France à l'âge de 10 ans, en a passé seize sur place. Il avait un appartement, un emploi, mais plus de papiers. Babacar a été arrêté un jour qu'il venait d'acheter une trottinette pour son fils.


Au centre de rétention de Roissy, il épuise tous les recours. Le dernier consiste à faire parvenir 600 euros au consul du Mali pour qu'il ne délivre pas le fameux laissez-passer dont les Français ont besoin pour procéder à l'expulsion. Malgré cela, on vient le chercher pour le conduire dans l'avion. Il exige de voir le laissez-passer, les policiers s'énervent, le frappent et l'insultent. Une hôtesse de l'air filme la scène avec son téléphone portable. L'expulsion est remise à plus tard.


Babacar pleure en racontant la suite. "Ils m'ont dit "merci de nous permettre de rentrer plus tôt chez nous, on pourra baiser notre femme. Toi, c'est la douleur qui va te baiser"." L'hôpital constatera une entorse à la cheville et une autre au poignet. Il dépose plainte mais sera mis dans l'avion cinq jours plus tard, menotté, bâillonné, les jambes attachées avec de l'adhésif.


Babacar a parlé plus d'une heure. Clément, le bénévole, et Inna Touré, la secrétaire, sont ébranlés, même si l'histoire se répète presque chaque jour. En 2007, l'AME a recensé 576 expulsions de France. Avant de transcrire ce témoignage dans l'unique ordinateur que possède l'association, Inna Touré va proposer à Babacar une carte de membre de l'association, qui en compte plus de 200, lui expliquer comment récupérer l'argent laissé sur son compte bancaire en France et tenter d'encadrer son arrivée brutale à Bamako. "Les expulsés ne sont pas forcément bienvenus dans leur famille, qu'ils faisaient vivre de l'étranger, explique Clément. Et ils ne sont plus adaptés aux conditions de survie économique de Bamako, sans parler de celles du reste du pays. Ils perdent toute valeur à leurs propres yeux. Les dépressions sont fréquentes."


Assis dans la minuscule pièce d'à côté, qui sert aussi de chambre de passage pour les expulsés les premières nuits, Ousmane Diarra, le président de l'AME, se souvient de la création de l'association en octobre 1996. "L'AME est un bébé qui a vu le jour dans le feu, dit-il. Il y avait tant d'expulsés à Bamako. Et nous étions là comme des déchets. En France, c'était l'époque des charters et de l'église Saint-Bernard. Le même mois, 2 000 Maliens ont été expulsés d'Angola, dont moi." Une des premières actions significatives de l'AME fut d'organiser, en 1997, une marche de soutien dans Bamako pour faire libérer 77 Maliens expulsés de France par le "36e charter Debré" et emprisonnés par le gouvernement malien de l'époque.


Après ce premier succès (les expulsés ont été libérés deux semaines plus tard), l'association sombre lentement dans la léthargie, faute de moyens. Elle ne peut même plus payer le transport pour aller attendre chaque soir à l'aéroport : il faut parfois plusieurs taxis pour coller aux horaires d'Air France, de Royal Air Maroc et d'Air Sénégal. Surtout, elle n'a rien à leur proposer. C'est la tenue du Forum social à Bamako, en janvier 2006, qui va la remettre d'aplomb grâce au soutien d'ONG "du Nord" comme la Cimade, le Réseau éducations sans frontières, Droits devant !!, No vox ou Migreurop.


Or, à mesure que l'AME s'organise (quelques permanents, un véhicule), la tâche devient plus lourde. Elle doit se concentrer sur les cas les plus dramatiques. "On craint une vague d'expulsions massives de France si le Mali cède et signe l'accord sur la gestion concertée des flux migratoires", s'inquiète Ousmane Diarra. Le 17 juin, peu après cet entretien, l'association a manifesté devant l'Assemblée nationale pendant que le gouvernement négociait avec Patrick Stefanini, adjoint de Brice Hortefeux, au "ministère des expulsions", comme on dit à Bamako. Quelque 200 policiers ont chargé les manifestants : plusieurs membres de l'AME ont été blessés ou arrêtés.


"Tout serait tellement plus simple si la France régularisait d'un côté les sans-papiers et investissait vraiment de l'autre, pour créer des emplois au Mali"
, soupire Ousmane Diarra. Tant que ce n'est pas le cas, il se refuse à "jouer au gendarme" : "A ceux qui veulent recommencer, on peut leur dire que le désert tue, et que la mer tue aussi. Mais comment leur dire de ne pas partir ; vous avez vu les conditions de vie ici ?"


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