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15 janvier 2008 2 15 /01 /janvier /2008 22:16
Nicolas Sarkozy et Carla Bruni se seraient mariés jeudi
 
PARIS (Reuters)
 
  Nicolas Sarkozy et Carla Bruni se seraient mariés jeudi dernier à l'Elysée, écrit L'Est Républicain sur son site internet tandis que l'Elysée ne fait aucun commentaire.
Le quotidien cite une "source proche d'un témoin ayant assisté à leur union."
Interrogé par Reuters, Franck Louvrier, conseiller en communication du président de la République, a répondu : "Nous n'avons aucun commentaire à faire."
Cécilia Sarkozy, l'ex-femme du chef de l'Etat, avait accordé une interview à L'Est Républicain le jour de l'annonce officielle de son divorce, en octobre dernier. Ce même journal avait auparavant annoncé la séparation du couple.
Selon le quotidien, l'article 169 du code civil stipule qu'en cas de causes graves la publication des bans n'est pas obligatoire.
"Il suffit pour cela que le procureur de la République du ressort de la ville ou de l'arrondissement dans lequel se déroule le mariage opte pour une dispense de la publication des bans ou de l'affichage de cette publication", écrit-il.
 
 
Carla Bruni : rumeur de grossesse
 
 
Par www.actualite-de-stars.com Actualité de star - Samedi 12 janvier, 12h34
 
Carla Bruni serait enceinte de Nicolas Sarkozy ! Cette rumeur agite la blogosphère francophone et est sur le point de contaminer les blogs américains « Gossip », qui commencent à relayer l’hypothétique grossesse de Carla Bruni.
Des témoins auraient aperçu la nouvelle compagne du président de la république à l'hôpital américain de Neuilly. Il n’en fallait pas plus pour que les blogs parlent de « suivi de grossesse ». Cette « rumeur » se propage à une vitesse hallucinante. Certains blogs, peut-être pour être plus crédible, donne la paternité de cette « information » au site 20minutes.fr, citant même le site internet en tant que source.
L’affaire prend une telle ampleur que le site internet de 20minutes a du publier un démenti officiel : « Nous n'avons jamais écrit que ‘Carla Bruni serait enceinte’ », titre le site internet du quotidien français, démentant ainsi la publication réalisée par le site suisse Romandie News : « L’information provient à la base du site français 20minutes.fr et aurait été reprise par l’agence de presse italienne Ansa puis par le site du Journal Du Dimanche »
« La rédaction de 20minutes.fr ou de «20 Minutes» n'a jamais écrit cette soi-disant information. Elle n'a même jamais écrit sur la rumeur qui circule. En revanche, il est vrai qu'un blogueur a fait part de cette rumeur sur son blog, un des 3.000 hébergés par le site. »
 
 
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15 janvier 2008 2 15 /01 /janvier /2008 22:09
La « solution à deux États » sera bien celle de l’apartheid
 

par Thierry Meyssan*
 
 
 
 
Le sort des Palestiniens est devenu un enjeu de plus dans le conflit qui fait rage à Washington entre le clan Bush-Cheney et la mouvance Baker-Hamilton. Le groupe de généraux qui a coupé court au projet de guerre contre l’Iran a cru pouvoir résoudre le conflit israélo-palestinien en poussant la « solution à deux États ». Mais George W. Bush a dénaturé cet engagement pour promouvoir un strict système d’apartheid dans lequel l’État palestinien ne sera qu’un bantoustan.
 
 
Comment pourrait-on bouder son plaisir en apprenant que, après de longues années de désintérêt, le président Bush a relancé le « processus de paix en Palestine » en convoquant une conférence à Annapolis (27 novembre 2007) ; qu’il y a pris l’engagement d’édifier l’État palestinien avant la fin de son mandat présidentiel ; que cette bonne résolution a été immédiatement suivie d’une Conférence internationale de donateurs à Paris au cours de laquelle la communauté internationale prise d’un irrésistible élan de générosité a fait don de bien plus de milliards que les Palestiniens n’en espéraient (17 décembre 2007) ; et qu’il s’est lui-même rendu en Palestine mettre la main à la pâte (9-11 janvier 2008) ? Tout est si beau dans le monde de la communication.
 
Cependant, à moins de croire aux bonnes fées se penchant sur le berceau de l’État palestinien souverain, cette version médiatique est bien surprenante pour qui se souvient que cela fait 60 ans que l’on promet aux Palestiniens leur État qui ressemble à l’Arlésienne, ce personnage de théâtre dont on annonce toujours la venue et que l’on ne voit jamais.
 
Annapolis
 
La Conférence d’Annapolis marque la reprise en main par Washington de la situation en Palestine, laissée depuis sept ans à la discrétion des gouvernements israéliens successifs.
 
C’est une réaffirmation de la primauté des États-Unis sur Israël, donc une défaite du mouvement sioniste qui prétend que les intérêts de Washington et de Tel-Aviv se confondent, mais une défaite de courte durée.
 
Le fait que George W. Bush en ait été le maître de cérémonie et qu’il ait pu poser pour quelques photographies destinées à la postérité lui a permis de conserver la tête haute. Mais cela ne change en rien le fait qu’à cette conférence, les 48 délégations étrangères ont pris acte que le pouvoir avait changé de mains à Washington, ainsi que je l’ai expliqué une semaine plus tard dans ces colonnes [1].
 
Le clan Bush-Cheney, adossé aux multinationales de l’armement, du pétrole et de la pharmacie, a été mis au pas par les anciens membres de l’état-major militaire du président Bush père (Robert Gates, William Fallon, Michael Hayden, Mike McConnell, etc.), soutenus par la mouvance Baker-Hamilton [2]. Ceux-ci ont imposé à la Maison-Blanche l’arrêt immédiat du projet de « remodelage du Grand Moyen-Orient » et le passage à un « impérialisme intelligent » (Smart Imperialism) dans lequel les conflits seront gérés en « basse intensité » et le devant de la scène occupé par de séduisantes opérations de communication.
Et, pour consolider ce changement, les militaires ont rendu public le 3 décembre le rapport des agences de renseignement attestant qu’il n’y avait pas pour les États-Unis de motif de guerre contre l’Iran [3].
 
Ehud Olmert s’est rendu à Annapolis en traînant les pieds et son ministre de la Défense, Ehud Barak, a tenté de saboter la réunion en présentant une exigence nouvelle : la communauté internationale devrait reconnaître « Israël comme patrie du peuple juif et la Palestine comme patrie du peuple palestinien ». En d’autres termes, non seulement la communauté internationale aurait dû bafouer le droit inaliénable des réfugiés palestiniens à retourner dans leur pays, mais elle aurait dû aussi imposer à l’État palestinien de recevoir les arabes israéliens qui n’auraient plus leur place dans l’État des seuls juifs.
Cette exigence ahurissante a été écartée d’un revers de main par les nouveaux maîtres de Washington, et —pour la première fois— la délégation israélienne a été priée d’abandonner sa sempiternelle condition préalable de ne négocier la paix qu’une fois les milices palestiniennes désarmées (c’est-à-dire une fois la Résistance palestinienne vaincue). Pour une raison encore inconnue, elle s’est soumise au diktat de Washington et, abandonnant « la mère de tous les oxymores », elle a plié le genou en terre devant son suzerain.
 
D’une manière quelque peu originale, la Conférence ne s’est pas conclue par une déclaration commune, mais elle a commencé par la lecture du document final ! [4] En le lisant devant les caméras, le président Bush s’est affirmé comme l’arbitre du conflit. Mais aux yeux des diplomates présents, il montrait que le pouvoir lui avait été retiré et qu’il n’avait pas la capacité de négocier quoi que ce soit durant la conférence. De fait, il ne s’agissait plus d’une conférence diplomatique, mais d’un show, et il n’y avait donc plus d’obstacle à ce que toute la journée soit retransmise en direct par les chaînes de télévision.
 
Ce document « final » est extrêmement laconique. Outre la reconnaissance de la primauté des États-Unis par les deux parties au conflit, il comprend l’annonce d’un calendrier de négociations qui s’achèvera avant la fin du mandat présidentiel par la reconnaissance d’un État palestinien, et une mention de la « Feuille de route » de manière à préciser ce que l’on doit entendre par « État ».
C’est en effet, un sujet de quiproquo. Pour les Nations Unies, le terme d’État fait référence au plan de partage de la Palestine de 1947. C’est également dans ce sens que l’interprètent la Russie et l’Union européenne, autres auteurs de la « Feuille de route ». Dans ce cas, il s’agit d’un État au sens plein du terme. Au contraire, pour le mouvement sioniste, « État palestinien » fait référence au modèle mis en œuvre dans l’Afrique du Sud de l’apartheid et dans le Guatemala d’Efraim Rios Montt. Dans ce cas, il s’agirait d’une ou de plusieurs réserves de Palestiniens n’ayant aucun des attributs régaliens, mais permettant à Israël de se défausser de ses responsabilités d’occupant [5].
Les militaires US ont imposé que la supervision du calendrier d’Annapolis soit assurée par le général James L. Jones, qui joua un rôle dans la campagne contre le clan Bush-Cheney en rendant un rapport sévère sur le désastre irakien [6]
 
Les bonnes nouvelles s’arrêtent là. Certes, George W. Bush a avalé une grosse couleuvre, mais il n’a pas cédé ce qui paraît essentiel au mouvement sioniste et qu’il s’était engagé par écrit à faire respecter, le 14 avril 2004 : si État palestinien il doit y avoir, en premier lieu il devra tenir compte des « nouvelle réalité sur le terrain » et ne peut donc espérer exister sur le territoire que les grandes puissances lui ont attribué en 1947, secondement il sera dirigé par des fantoches.
En outre, les objectifs que le général Brent Scowcroft (ancien conseiller national de sécurité) avait publiquement fixé à l’administration Bush n’ont pas été atteints [7]. Si l’on peut se féliciter que la Syrie ait —enfin— été invitée, comme le préconisait la Commission Baker-Hamilton, la conférence était dépourvue de crédibilité car elle ne s’est pas accompagnée du gel de la colonisation.
 
Surtout, la Conférence aurait dû être suivie du vote d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU donnant force de loi à la déclaration d’Annapolis. Mais, au dernier moment, George W. Bush la fit retirer de l’ordre du jour du Conseil, tandis qu’Ehud Olmert déclarait que le calendrier d’Annapolis n’avait pas de valeur contraignante pour Israël. Le rapport de force à Washington entre sionistes et américanistes restait instable. De Tel-Aviv, on annonçait que le président des États-Unis était attendu début janvier en Israël, ce que la Maison-Blanche confirmait.
 
Paris
 
Selon la version médiatique, la Conférence internationale des donateurs pour l’État palestinien a été décidée à Annapolis. Mais, fait étrange, le haut-fonctionnaire français chargé de la préparer —Pierre Duquesne, ancien conseiller financier de Lionel Jospin et fils du directeur de presse Jacques Duquesne— a été désigné, cinq semaines auparavant, le 17 octobre, lors d’une réunion à Paris à laquelle participaient Tony Blair (envoyé spécial du Quartet) et Jonas Gahr Støre (ministre norvégien des Affaires étrangères). Il semble que le choix de Pierre Duquesne s’explique par les bonnes relations qu’il entretient avec Salam Fayyad, Premier ministre de l’Autorité palestinienne, depuis que l’un et l’autre représentaient leurs pays respectifs au Fonds monétaire international.
 
Quoi qu’il en soit, cette conférence a en réalité été préparée par Brent Scowcroft en même temps que celle d’Annapolis. Il s’agissait initialement de financer la création d’un État palestinien souverain avant la fin 2008 selon les modalités du plan du roi Abdallah d’Arabie saoudite adopté par la Ligue arabe (c’est-à-dire avec retour aux frontières de 1967 et reconnaissance des droit des réfugiés). Le Groupe stratégique de l’Institut Aspen [8] avait servi de cadre à l’élaboration du compromis d’autant plus facilement que Condoleezza Rice en avait jadis assumé le secrétariat. Une commission ad hoc avait été constituée sous le nom de « Groupe stratégique Moyen-Orient », elle avait été présentée à la presse le 3 décembre 2007, mais le bruit fait par la publication du rapport des agences de renseignement sur l’Iran avait recouvert cette annonce, de sorte que personne n’y avait prêté garde.
Lors du discours prononcé ce jour-là au bureau washingtonien de l’Aspen Institute, la secrétaire d’État indiqua que pour financer l’Autorité palestinienne les États-Unis lui donneraient 400 millions de dollars à l’occasion de la conférence de Paris auxquels s’ajouteraient des « contributions privées ».
Toute l’astuce est là : l’usage de la donation de Paris sera contrôlée par le Quartet, tandis que les « contributions privées » ne seront contrôlées par personne.
 
Mais l’administration Bush ayant saboté la résolution de l’ONU post-Annapolis allait s’employer à détourner la Conférence de Paris vers un autre objectif. Et ce n’est pas son homologue français, Nicolas Sarkozy, qui allait s’y opposer.
 
À en croire les déclarations dithyrambiques de fin de conférence, le Père Noël s’était déplacé en avance pour donner à l’Autorité palestinienne plus encore que ce qu’elle espérait dans ses rêves les plus fous : 7,4 milliards de dollars !
Curieuse philanthropie : les dons précédents ont été pour la plupart réduits en poussières par les missiles de l’État hébreu (destruction du port et de l’aéroport de Gaza fraîchement reconstruits, entre autres), tandis que 10 % en moyenne des sommes allouées ont été systématiquement détournées par des ministres de l’Autorité palestinienne pour leur enrichissement personnel.
Surtout, pour faire la quête, l’Autorité palestinienne avait rédigé un dossier présentant toutes sortes de projets à financer : bâtir une ville nouvelle entre Naplouse et Jénine, construire des milliers de logements sociaux, établir un système de sécurité sociale à l’occidentale, par exemple. Mais, même en cumulant sur le papier les idées les moins réalisables, il n’était pas parvenu à trouver comment dépenser plus de 5,6 milliards.
Alors comment interpréter cette pluie de dollars ? Il s’agit surtout de soutenir l’Autorité palestinienne contre le Hamas, au point qu’une partie des fonds sera officiellement utilisée à verser des salaires aux fonctionnaires de Gaza qui resteront chez eux et refuseront de servir le Hamas. Ainsi, la Conférence internationale des donateurs pour l’État palestinien se résume à une vaste entreprise de corruption.
Dans cet état d’esprit, David de Rothschild —dans le rôle du protecteur de l’État d’Israël— était intervenu personnellement auprès des donateurs pour les inciter à la générosité. Et l’un de ses ex-associés, François Pérol, devenu secrétaire-général adjoint de l’Élysée, veillait au grain. Reste à savoir comment des États ont pu être convaincus de verser de fortes sommes pour engraisser les Collaborateurs de l’occupation israélienne sans que cela satisfasse leurs intérêts nationaux.
 
Mais à peine les flashs des photographes avaient cessé de crépiter à Paris que Tsahal assassinait à Gaza le chef des brigades d’al-Qods (la branche armée du Jihad islamique en Palestine) et son adjoint. Une manière cruelle d’exprimer que, vu de Tel-Aviv, le « processus de paix » n’est qu’une manière de gagner du temps.
 
Jérusalem
 
En sept ans de mandat présidentiel, George W. Bush ne s’était jamais rendu en Israël. Son grand-père avait été un collaborateur des nazis, son père avait été ferme avec l’État hébreu et avait durement payé d’avoir organisé la conférence de Madrid, tandis que lui-même était devenu la figure de proue des sionistes chrétiens. Sa lettre de 2004 reconnaissant les annexions de territoire par Israël [9] est considérée par le Congrés juif mondial comme plus importante que la Déclaration Balfour de 1917 annonçant la création du « foyer national juif ».
 
Dans la presse internationale, la visite de George W. Bush en Israël (9 au 11 janvier 2008) a été annoncée comme un investissement personnel du président des États-Unis pour faire aboutir le « processus d’Annapolis » avant de quitter la Maison-Blanche et pour entrer dans l’Histoire comme le père de l’État palestinien. C’est recopier sans réfléchir les notes des attachés de communication. D’ailleurs la même presse internationale a rapporté le voyage avec une tonalité différente. Elle évoqua aussi le désarroi de Tel-Aviv face au changement brutal de la politique iranienne de Washington et les mièvreries du tourisme religieux dans la basilique de la Navité ou au lac de Tibériade. En fait, George W. Bush était venu à la fois soutenir ses hôtes et leur demander de l’aide.
 
Le 10 janvier 2008, le président des États-Unis déclarait à l’hôtel King David de Jérusalem : « l’occupation qui a commencé en 1967 doit s’achever. L’accord [de paix] doit établir la Palestine comme patrie du peuple palestinien, de même qu’Israël est la terre du peuple juif » [10]. Il apportait ainsi son soutien à un système d’apartheid dans lequel l’État palestinien ne serait qu’un bantoustan, et il réduisait à néant tout espoir de paix globale au Proche-Orient.
 
Dans la foulée, il a évoqué la nécessité d’un mecanisme d’indemnisation pour les réfugiés palestiniens qui seraient privés de leurs droits. C’est une idée qui fait son chemin depuis quelques années et a déjà donné lieu à de savants calculs par un groupe d’universitaires israélo-palestino-européens se réunissant à l’université d’Aix-en-Provence. Avec une étonnante candeur, ce Groupe d’Aix a imaginé de créer une Agence internationale dotée de fonds astronomiques pour racheter le droit au retour —pourtant inaliénable selon les traités internationaux— des 9 millions de Palestiniens.
 
George W. Bush poursuivait en versant des larmes indécentes au mémorial Yad Vashem et en exprimant ses regrets que l’US Air Force n’ait pas stoppé en son temps « la solution finale de la question juive » en bombardant Auschwitz. L’émotion qu’il manifestait devant les caméras de télévision ne l’a pas pour autant conduit à restituer aux familles des victimes les 1,5 millions de dollars de la Consolidated Silesian Steel Company dont il a hérité au début des années 80 [11]. Cet héritage (qu’il avait accepté alors que son père l’avait refusé) provenait du travail forcé des détenus d’Auschwitz II-Birkenau. Mais ses hôtes, trop heureux de ses déclarations, ne lui firent pas griefs de cette hypocrisie.
Prenant la parole quelques jours plus tard lors d’un meeting à Gaza, Ismael Haniyeh, Premier ministre du gouvernement non-reconnu du Hamas, déclara : « Nous rejetons la vision de Bush d’un État croupion (…) Nous rejetons son déni au droit au retour des réfugiés, sa position sur Jérusalem. Nous n’acceptons pas que les 11 000 prisonniers restent en prison et que des colonies puissent être maintenues en territoire palestinien ».
 
Qu’attendait le président des États-Unis en retour de son grand show ? Qu’Israël prenne une initiative qui renforce le pouvoir du clan Bush-Cheney à Washington et place la mouvance Baker-Hamilton dans une situation où elle ne puisse plus faire obstruction. Des réunions ont eu lieu avec les responsables des services de sécurité dont pour le moment rien n’a filtré.
 
À Washington, comme dans de nombreuses chancelleries, on se demande avec inquiètude quelle sera la surprise.
 
 
 

[1] « Washington décrète un an de trêve globale », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 3 décembre 2007.
[2] « Pourquoi McConnell a-t-il publié le rapport sur l’Iran ? », Horizons et débats, 17 décembre 2007.
[3] « Iran : intentions et possibilités nucléaires », extraits du NIE, Horizons et débats, 17 décembre 2007.
[5] Sur Israël et le modèle de l’apartheid, voir L’Effroyable imposture 2, par Thierry Meyssan, Jean-Paul Bertrand éd., 2007.
[6] Le général Jones est aussi en charge de la campagne visant à obtenir par la propagande ce que les États-Unis ne sont pas parvenus à obtenir par la force : la limitation volontaire par les autres États de leurs dépenses en pétrole au nom de la lutte contre le réchauffement climatique.
[8] « L’Institut Aspen élève les requins du business », Réseau Voltaire, 2 septembre 2004.
[9] « Lettre de George W. Bush à Ariel Sharon », Réseau Voltaire, 14 avril 2004.
[11] « Les Bush et Auschwitz, une longue histoire », Réseau Voltaire, 3 juin 2003.
 
 
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15 janvier 2008 2 15 /01 /janvier /2008 21:56
Oprah Winfrey : "Nous sommes l'Amérique"
 
 
 
LE MONDE | 14.01.08 | 13h53  •  Mis à jour le 14.01.08 | 13h54
 
 

 S'agissant d'Oprah Winfrey, la reine du talk-show au féminin, on est tenté de mettre en garde le lecteur. Attention ; portrait à l'eau de rose. Difficile d'y échapper. Déjà, l'intéressée ne craint pas de porter du rose. Ou une robe lilas, comme lors de l'inauguration, il y a un an, de son école de filles en Afrique du Sud, la Oprah Winfrey Leadership Academy for Girls, un établissement ouvert aux enfants qui ont été victimes de sévices ou qui ont perdu leurs parents à cause de la violence ou du sida.
 
 
Sa vie, aussi, est en rose et noir. Oprah est née dans le Mississippi, d'une serveuse qui n'avait que 16 ans et ne l'attendait pas vraiment. Elle a reproduit le destin de sa mère, sauf qu'elle a perdu le bébé et qu'elle n'avait que 14 ans. On n'en parlerait pas si elle ne mettait elle-même sa vie sur la table. Le viol, à 9 ans, les fugues. Depuis trente ans, Oprah partage tout avec les téléspectatrices. Son passé, son régime, ce qui la fait souffrir, ce qu'elle aime. Elle n'a rien à cacher. Nul besoin de la harceler de questions sur sa vie privée. "Si j'étais homosexuelle, je vous le dirais."
 
Huit millions de téléspectateurs, principalement des femmes, suivent son émission, "The Oprah Winfrey Show", tous les après-midi. Adeptes de ce que le chroniqueur Franck Rich, du New York Times, appelle "l'Eglise d'Oprah". Pour son public, Oprah est une amie, une soeur, une voisine qui a réussi. Toujours de bon conseil, toujours positive ("grossir n'est pas une fatalité"). Quand tout va mal, elle vous offre un "kit" qui " répare la confiance en soi". Son dernier conseil : votez Barack Obama, le sénateur noir de l'Illinois à qui elle a offert son soutien pour la course à l'investiture démocrate.
 
Chez Oprah, on s'épanche. C'est un divan. Le royaume du bon sentiment. Elle vous dit tout mais vous devez, vous aussi, lui parler, cela vous fera le plus grand bien. Maureen Dowd, du New York Times, l'a qualifiée d'"Impératrice de l'Empathie". Après avoir été Miss Black Tennessee, à 17 ans, Oprah a été recrutée par une télévision de Baltimore. Elle a failli être journaliste. Mais il lui arrivait de pleurer quand les nouvelles étaient trop tristes. On l'a versée dans la section divertissement.
 
Oprah Winfrey, 54 ans, est milliardaire, ce qui ne gâte rien (Forbes en a même fait la "première milliardaire noire" du monde). Millionnaire à 32 ans, elle "pèse" aujourd'hui 1,5 milliard de dollars, ce qui la place au premier rang des femmes les plus riches du monde, devant J. K Rowling, l'auteur de Harry Potter. De temps en temps, elle arrose son public de cadeaux. Fin octobre, elle a décidé de distribuer des enveloppes aux 314 personnes présentes sur le plateau de son émission. Chacune a reçu 1 000 dollars et une caméra. Mission : donner et se filmer en train de donner. Les clips ont été montrés à l'antenne. C'est le système Oprah : donner alimente de nouvelles émissions sur le don.
 
En 2004, pour fêter le dix-neuvième anniversaire de l'émission, elle a fait une surprise au public. Elle a offert une voiture Pontiac à 11 membres de l'assistance. Devant la déconvenue des autres, elle a fait circuler des boîtes, en annonçant qu'une 12e clef se trouvait à l'intérieur. Retenant leur souffle, les participants ont ouvert leur boîte. Tous y ont vu une clef. Pleurs, cris, cela a été l'explosion. Suivis par la caméra, les spectateurs sont descendus dans le parking. Ils y ont trouvé 276 Pontiac ornées d'un noeud rouge sous la pancarte : "Félicitations. Vos rêves sont devenus réalité !"
 
Oprah est une sainte. "Une icône de la spiritualité", selon le magazine évangélique Christianity Today. Jusqu'en 1996, son talk-show faisait dans le scandale "people" et la télé "trash". Un jour, elle s'est dit qu'elle n'allait pas tenir sur ce registre jusqu'en l'an 2000, et elle s'est convertie. Le "Oprah Winfrey Show" est devenu l'empire du Bien. L'animatrice s'est souvenue qu'elle lisait la Bible à l'âge de 3 ans, et que, plus tard, elle se réfugiait dans les livres pour échapper à sa vie d'enfant ballottée entre le Mississippi de sa grand-mère, le ghetto de Milwaukee, où s'était installée sa mère, et le Tennessee, où son père était barbier coiffeur. Elle a créé un club de lecture, qui a rapidement gagné l'influence d'un Goncourt puissance 10. Elle a fait lire Toni Morrison, mais aussi Anna Karénine à plusieurs millions d'Américains.
 
En 2006, elle a sélectionné le livre d'Elie Wiesel La Nuit. L'écrivain est retourné à Auschwitz avec elle, et il lui a dit que c'était probablement la dernière fois. Sur 5 000 candidats, elle a sélectionné 50 étudiants, victimes de discrimination, dont un rescapé du Rwanda. Les "lauréats" ont eu droit à une bourse d'études de 10 000 dollars. Et le survivant du génocide rwandais à des retrouvailles avec sa famille organisées sur le plateau.
 
Début mars, l'animatrice se lance dans un nouveau concept : le reality-show philanthropique. "Oprah's Big Give". Une version peace and love de "Survivor". Au lieu de se détruire, les 10 candidats s'affronteront sur le terrain du don. Le gagnant sera le "Biggest giver" (le plus grand donateur).
 
L'empire d'Oprah est entièrement bâti sur le culte d'Oprah. Son magazine s'appelle O, the Oprah magazine. Seule sa maison de production échappe à la règle : Harpo. C'est Oprah à l'envers. Inconnu à l'état civil, le prénom lui serait venu d'une erreur de prononciation ou d'orthographe, alors que sa mère voulait l'appeler Orpah, une référence biblique.
 
Le magazine est un mensuel. Les graphistes n'ont pas à se casser la tête pour chercher des illustrations. De janvier à décembre, Oprah est en couverture. En robe de soirée, en tenue de jogging. En pyjama de satin. Deux millions d'Américaines l'achètent, alors qu'il "présente chaque mois la même femme noire de plus de 50 ans en couverture". Dans le numéro de janvier, elle évoque son grand "mal au coeur" et comment elle "essaye d'aller de l'avant". Oprah a été "dévastée" par les incidents qui se sont produits en octobre dans son Académie d'Afrique du Sud. Alors que l'école devait être un refuge, plusieurs fillettes ont été molestées par les adultes qui étaient censés les protéger.
 
Oprah Winfrey est la femme la plus riche d'Amérique, et elle soutient Barack Obama. Elle ne s'était jamais engagée en politique mais, pour le candidat à l'investiture démocrate, elle a fait exception. En décembre, elle est montée sur scène avec lui dans l'Iowa, le New Hampshire et en Caroline du Sud, deux Etats à forte majorité blanche, le dernier, plus mélangé. Sa voix n'était pas très assurée. Elle a invoqué le "rêve" de Martin Luther King. "Nous pouvons aller au-delà du rêve. En votant, nous allons faire de ce rêve une réalité." Elle qui a l'habitude des plateaux de télévision avait l'air intimidée par le podium, ou par l'occasion. "Au plus profond, nous sommes Américains. Nous sommes l'Amérique. Nous sommes l'Amérique avec nos espérances et nos rêves."
 
Le jour de Noël est sorti un film qu'elle a produit : The Great Debaters, interprété et réalisé par Denzel Washington. Le film raconte une histoire vraie : le débat historique de 1935 entre l'université noire de Wiley, au Texas, et une faculté blanche. C'était la première fois qu'une équipe d'étudiants noirs était invitée à un concours de rhétorique dans une université blanche. Denzel Washington, qui joue le professeur de rhétorique, mobilise les étudiants avec la phrase de Langston Hughes, le poète de la Renaissance de Harlem. "Moi aussi, je suis l'Amérique." Les jeunes de Wiley sont mêlés à des événements emblématiques : la révolte des ouvriers agricoles du Sud, l'irruption du shérif blanc à la tête d'une escouade punitive, et une scène de lynchage, dont ils s'échappent de justesse.
 
Le jour du débat, l'autre Amérique, la leur, est tout entière devant son poste de TSF et écoute la retransmission à la radio nationale. Le jury accorde la victoire à l'équipe de Wiley. Tout le public - blanc - de l'université explose de joie, et partage la même fierté de voir une injustice réparée.
 
Oprah Winfrey possédait les droits du livre depuis dix ans. Le film est sorti en pleine période électorale (et il est en lice pour les nominations aux Oscars le 22 janvier). Difficile de ne pas y voir un hymne à la candidature de Barack Obama. Le siège de sa maison de production est à Chicago, la ville du sénateur démocrate. Elle le connaît depuis longtemps. Il apparaît régulièrement dans les pages de son magazine. "Quand j'ai décidé de parler avec vous, Barack, les gens autour de moi m'ont dit : mais qu'est-ce qui t'arrive ? Je leur ai dit : c'est quelque chose qui est au-delà et au-dessus de la politique. Quelque chose de neuf."
 
Pour Howard Kurz, du Washington Post, "Oprah transcende les races. Comme Obama". Tous les deux attirent un public mélangé. Dans un pays où les Africains-Américains ont leurs circuits à part, leurs films, leur télévision (Black Entertainment TV), Oprah est tous publics. Son audience est composée de gens modestes, à 80 % blancs.
 
Oprah est née en 1954, l'année où la Cour suprême rendait sa décision historique sur la fin de la ségrégation dans les écoles. Elle n'en finit pas de mesurer le chemin parcouru. En mai, dans un discours de fin d'année à Howard University, l'université noire de Washington, elle racontait comment sa grand-mère, qui était femme de ménage, lui souhaitait souvent de réussir à travailler "pour des Blancs qui seraient gentils avec toi". Sa grand-mère est morte en 1963. "Je regrette qu'elle n'ait pas pu voir que j'ai grandi et que j'ai réussi à trouver des Blancs très bien qui travaillent pour moi..."
 
Corine Lesnes
Article paru dans l'édition du 15.01.08
 
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15 janvier 2008 2 15 /01 /janvier /2008 21:41
Banlieue d'essai
 
LE MONDE | 15.01.08 | 14h42  •  Mis à jour le 15.01.08 | 14h42
 

 Morad Aggoun avait 19 ans quand la ville s'est embrasée. Il faisait partie de ceux qui s'étaient improvisés porte-parole d'une cité et d'une génération en révolte quand le quartier du Mas-du-Taureau, à Vaulx-en-Velin, dans la banlieue lyonnaise, avait connu trois nuits d'émeutes. Il a aujourd'hui 36 ans, et il est cadre dans une fédération associative, père de trois enfants, bientôt quatre. Dans les rues rénovées du centre-ville, il désigne du doigt les nouvelles constructions, avec la résignation de ceux qui ont déjà connu de nombreux "plans banlieue" : "Ils construisent, ils démolissent, ils reconstruisent. Mais les habitants sont toujours en galère."
 
Adel Hanachi, 21 ans au moment des émeutes, 38 ans aujourd'hui, et Morad Aggoun sont sans illusions sur la portée du prochain plan, dont les grandes lignes devraient être présentées à Vaulx-en-Velin le 22 janvier par la secrétaire d'Etat à la ville, Fadela Amara. En octobre 1990, ils étaient des "jeunes de banlieue" qui criaient leur colère au milieu des décombres et des carcasses de voitures calcinées, à la suite du décès d'un homme, Thomas Claudio, percuté par une voiture de police. Dix-sept ans plus tard, ils sont moins jeunes, toujours de banlieue, encore en colère et largement désenchantés par des décennies de politique de la ville.
 
Le discours est un copier-coller de celui des années 1990 sur les questions de discrimination, d'intégration ou d'ouverture des partis politiques aux candidats issus des minorités. Comme si rien n'avait fondamentalement changé dans la société française.
 
Morad Aggoun, qui fut candidat d'extrême gauche aux municipales, aux cantonales et aux législatives (17 % des voix au Mas-du-Taureau), s'interroge : "On nous traite encore de gens issus de l'immigration. Je suis de la troisième génération. On va dire que mon fils est de la quatrième ? Jusqu'à quand ?" Adel Hanachi acquiesce avec la sagesse de celui qui a obtenu un bac + 5 et la gravité de celui qui a multiplié les "galères" professionnelles : "Quoi qu'on fasse, on a toujours l'impression de rester des citoyens à part."
 
Pourtant, eux-mêmes reconnaissent que leur ville s'est profondément transformée. Depuis les émeutes de 1990, qui avaient conduit à la création du ministère de la ville par François Mitterrand, Vaulx-en-Velin (42 000 habitants) n'a cessé d'être en chantier. La commune a bénéficié d'une incroyable liste d'opérations, dont l'énumération laisse rêveur : zones urbaines sensibles, zones franches urbaines, grands projets urbains, grands projets de ville, rénovation urbaine, etc. "On a toujours été un laboratoire,sourit un des nombreux jeunes qui tuent le temps dans un kebab au milieu du Mas-du-Taureau. Ils testent ici et, si ça marche, ils l'exportent dans d'autres banlieues."
 
A coups de dizaines de millions d'euros, les pouvoirs publics ont rasé des barres d'immeubles délabrés, construit des bâtiments neufs, réhabilité ceux qui n'étaient pas trop abîmés, aménagé des jardins et des parcs laissés à l'abandon, redessiné les rues et les avenues, renouvelé le mobilier urbain... "Quelqu'un parti il y a quinze ans et qui reviendrait aujourd'hui ne reconnaîtrait pas le centre-ville. Tout a changé", assure Jean-Luc Vessot, âgé de 20 ans en 1990, 37 ans aujourd'hui, responsable de la pépinière d'entreprises de la ville. "On aurait pu donner le nom de Thomas Claudio à une école ou un gymnase, tellement les émeutes nous ont apporté", rigole un ancien militant communiste.
 
Paradoxalement, la transformation la plus spectaculaire n'est pas le fait des pouvoirs publics. Vaulx-en-Velin, qui avait été habituée aux acronymes de la politique de la ville (ZUP, ZEP, ZFU) et aux noms de rue hérités de décennies de communisme municipal (avenue Thorez, Ho-Chi-Minh, etc.), voit désormais fleurir les panneaux de célèbres promoteurs immobiliers (Kaufman & Broad, Nexity, Icade, etc.) vantant des résidences aux noms exotiques (Central Park, Cap vert, Terre-Neuve). Des photos du bonheur futur "non contractuelles", comme le précisent les publicités, mais qui attirent : Nexity, par exemple, a réussi à vendre 133 de ses 159 logements neufs en trois jours en octobre 2007.
 
Le marché réussira-t-il à favoriser la mixité sociale là où les pouvoirs publics ont échoué pendant des décennies ? La hausse continue des prix de l'immobilier pousse les familles des classes moyennes à migrer vers les villes plus populaires, nettement moins chères. Par un curieux pied de nez, les meilleurs ambassadeurs de Vaulx-en-Velin ne sont plus les militants communistes ou les agents de la politique de la ville mais les commerciaux qui peuplent les espaces de vente d'appartements.
 
Dans les baraquements installés par les promoteurs au bord des terrains vagues où vont bientôt démarrer des chantiers, on a réponse à tout. Surtout aux inquiétudes que pourrait soulever la mauvaise image de la ville, héritée des années 1990. Le chargé de clientèle ne ment qu'à moitié : "Il n'y a plus de problèmes ici, il n'y a plus de quartiers. Ils vont raser les barres HLM et tout rénover. Et puis la plupart de nos acheteurs ne viennent pas de Vaulx mais des villes voisines." Dans le même mouvement, il vous glisse sa carte de visite, des brochures et le plan des "derniers appartements" encore disponibles.
 
La mairie se frotte les mains. "Il y a dix ou quinze ans, aucun promoteur privé ne voulait venir. Aujourd'hui, non seulement ils viennent mais on peut même leur demander de participer au financement d'équipements publics", note Maurice Charrier, jeune maire (communiste) en 1990, à nouveau candidat (divers gauche) en mars, après vingt-trois années de mandat. Rien que sur les six prochaines années, quelque 5 000 nouveaux appartements devraient voir le jour dans la commune, participant à la lente diminution de la proportion des logements sociaux (70 % du total des logements en 1990, 60 % aujourd'hui, 40 % dans l'avenir).
 
Mais les anciens de 1990 restent sceptiques. Ils n'ont pas oublié qu'une semaine avant le déclenchement des émeutes, la ville était déjà présentée comme un modèle de réhabilitation. "A l'époque, on venait d'inaugurer le nouveau Mas-du-Taureau. Ça fait relativiser", se souvient Morad Aggoun. Le souvenir des nuits de violences, de l'odeur du brûlé, des flammes embrasant le centre commercial, des affrontements avec la police appelle donc à une certaine prudence au moment où la ville est à nouveau mise en avant pour sa politique d'urbanisme. "On nous vend aujourd'hui ce qu'on nous avait vendu hier,souligne Pierre-Didier Tchétché-Apéa, 40 ans, contractuel au conseil général de l'Isère, qui fut le porte-parole du comité Thomas-Claudio et de l'association Agora. Depuis les années 1970, on pense que c'est en refaisant le bâti qu'on va changer les choses."
 
Sur le plan social, la situation est loin de s'améliorer. Malgré une légère diminution, le taux de chômage demeure deux fois plus élevé que la moyenne nationale. Ceux qui travaillent ont souvent un emploi précaire. Le centre communal d'action sociale accueille toujours autant d'usagers, mais leur profil a changé. "Avant, c'étaient surtout des accidentés de la vie, des personnes qui avaient rencontré des difficultés sociales ou professionnelles. Aujourd'hui, on voit beaucoup de salariés pauvres. Des gens à temps partiel qui gagnent 500 à 800 euros par mois", s'alarme le maire.
 
La situation demeure préoccupante, en particulier dans le quartier du Mas-du-Taureau. L'après-midi, sur la place principale, qui n'a pas encore été rénovée, entre les salons de coiffure, les marchands de kebabs et le hard discount, de nombreux jeunes "tiennent les murs". On discute, on plaisante, on chahute, on s'interpelle, on s'ennuie ferme. Les garçons sont les plus concernés. "Moins qualifiés, plus souvent déscolarisés, ils ont plus de difficultés que les filles", relève Anne Dufaud, la directrice de la mission locale.
 
L'accès à l'emploi est toujours aussi problématique pour les jeunes issus de l'immigration. Malgré la présence de quelque 2 000 entreprises à Vaulx-en-Velin. Malgré les innombrables dispositifs mis en place au fil des ans. "Vous êtes maghrébin, vous avez entre 18 et 30 ans, vous venez de Vaulx, vous êtes pas idiot - eh bien, à diplôme égal, vous passez derrière le Français qui vient de Lyon", témoigne Mehdi, 29 ans, abonné aux contrats précaires. Les propos des jeunes ressemblent à ceux de leurs aînés dans les années 1990. Comme si, sur le front de l'emploi, rien n'avait vraiment évolué.
 
Ces quelques centaines de jeunes hommes en situation de rupture professionnelle et sociale inquiètent. "Le dialogue avec eux est très compliqué. Ils sont facilement dans la fuite ou la provocation. On a parfois envie de leur coller une taloche et en même temps on sent une très grande souffrance", témoigne le maire. Ces "glandouilleurs", comme dirait Fadela Amara, continuent de se confronter durement avec les forces de l'ordre. Et si demain un jeune devait trouver la mort dans un accident avec une voiture de police ? "S'il arrivait la même chose qu'à Clichy-sous-Bois ou Villiers-le-Bel, on pourrait avoir les mêmes conséquences", avoue Maurice Charrier. En matière de politique de la ville, rien n'est jamais gagné.
 
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15 janvier 2008 2 15 /01 /janvier /2008 21:30
Denis Gautier-Sauvagnac mis
 
en examen dans l'affaire de l'UIMM
 
 
 
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 15.01.08 | 19h47  •  Mis à jour le 15.01.08 | 19h55
 

 Denis Gautier-Sauvagnac, ancien président de l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM), a été mis en examen, mardi 15 janvier, pour "abus de confiance, recel d'abus de confiance et travail dissimulé" dans l'affaire des retraits suspects des caisses de l'organisation patronale, selon des sources judiciaires. Le juge d'instruction Roger Le Loire a informé M. Gautier-Sauvagnac de ces poursuites durant une audition d'une heure et demie au pôle financier du palais de justice de Paris.
 
Le chef d'accusation d'abus de confiance vise l'ensemble des retraits en liquide effectués entre 2000 et 2007 sur les comptes de l'UIMM pour un montant total d'une vingtaine de millions d'euros. Celui de recel d'abus de confiance porte sur les 15 000 euros annuels que Denis Gautier-Sauvagnac touchait en espèces. Enfin, l'accusation de travail dissimulé concerne le versement de primes en espèces à des collaborateurs du syndicat patronal, dont le montant est estimé à 3 millions d'euros par le parquet et à 1 million d'euros par l'entourage du syndicaliste. La mise en examen n'est pas assortie d'une mesure de contrôle judiciaire. Le parquet n'avait pas requis de mesure coercitive, étant donné l'absence d'enrichissement personnel.

"COMME MON PRÉDÉCESSEUR"
 
Avant son audition, l'entourage de Denis Gautier-Sauvagnac avait indiqué que celui-ci resterait muet devant le juge sur l'utilisation des sommes retirées, comme cela avait été le cas lors de sa garde à vue en novembre. "J'ai procédé, comme mon prédécesseur, à des remises de fonds aux représentants des organismes participant à la vie sociale de notre pays", s'était-il alors contenté de déclarer. S'il a reconnu être à l'origine des retraits, M. Gautier-Sauvagnac a toujours rejeté les accusations pénales à son encontre.
Le juge Le Loire doit maintenant auditionner Dominique Renaud, chef comptable de l'UIMM chargée des retraits en liquide, qui pourrait également être mise en examen pour "complicité d'abus de confiance, recel et destruction de preuves".
 
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13 janvier 2008 7 13 /01 /janvier /2008 21:36
Communiqué des FARC sur la libération de Clara et Consuelo
 
 
vendredi 11 janvier 2008, par COMAGUER
 
 
 
 
1 - Respectant leur parole et l’accord conclu, les Forces Armées révolutionnaires de Colombie, remettent aujourd’hui au Président de la République Bolivarienne du Venezuela, Hugo Chávez, à la sénatrice Piedad Cordoba et à la Communauté internationale, Clara Rojas et Consuelo González de Perdomo.
Si l’enfant Emmanuel n’est pas dans des bras de sa mère, c’est parce que le Président Uribe Vélez le séquestre à Bogota. Qu’il le libère pour que nous puissions tous célébrer cette réussite.
 
2. Cette libération humanitaire et unilatérale, s’est faite malgré les bâtons mis dans les roues par le Président Uribe lui-même, ennemi juré de l’échange de prisonniers et ennemi de la paix et de la justice sociale, suivant en cela les orientations de Washington. Par delà les opérations intenses de guerre du Plan Patriote, par delà la saisie des preuves de survie, de la capture des messagers humanitaires qui les portaient, par delà le kidnapping du petit Emmanuel à Bogota, et par delà la prétention absurde d’exclure la commission humanitaire internationale de la facilitation (NDT : de l’accord), nous avons fait ce premier pas prometteur qui invite à penser à la possibilité de la paix en Colombie.
 
3. Les efforts doivent porter maintenant sur l’obtention du dégagement militaire de Prairie et de Floride comme objet du dialogue gouvernement- FARC pour l’accord et la matérialisation de l’échange qui rendrait possible la libération de tous les prisonniers au pouvoir des forces adverses, des captifs dans la montagne et des guérilleros emprisonnés dans les prisons du régime, y compris Sonia et Simón. Notre volonté est indiscutable. Sans oublier que dans le passé récent nous avons libéré unilatéralement 304 militaires et policiers, capturés au combat, la livraison que nous faisons aujourd’hui de Clara et Consuelo, réaffirme notre disposition.
 
4. En réalité, nous sommes une force combattante dans l’attente d’être reconnue par les gouvernements du monde. Ce pas aplanirait le chemin tortueux du peuple de la Colombie à la recherche de la paix. Notre lutte est légitime. Elle trouve sa source dans le droit universel qui reconnu à tous les peuples du monde à se soulever contre l’oppression. Notre père, le Libérateur Simón Bolivar nous enseigne que, quand le pouvoir est oppresseur la vertu a le droit de l’abattre, et que l’homme vertueux se lève contre l’autorité oppressive et insupportable pour la remplacer par une autre respectée et douce. Et ce c’est, précisément, la tâche acharnée des FARC.
 
5. Président Chávez merci beaucoup. Le monde ne doute pas que ton immense coeur, bat sincèrement, pour la paix de la Colombie et pour la rédemption des peuples. Nous remercions aussi les gouvernements et les personnalités du monde qu’ils l’ont entouré sans réserve dans ce noble effort. Et surtout, grâce au courageux peuple du Venezuelapar son appui et fraternité. Nous appelons les parents des prisonniers et les amis de l’échange humanitaire à persister. Nous obtiendrons l’échange.
Secrétariat de l’État Plus grand Central du FARC Montagnes de la Colombie, 10 janvier de 2008
11 JANVIER 2008
TRADUCTION COMAGUER
COMMENTAIRES COMAGUER
Nous publions ce texte parce qu’il rend un hommage justifié à CHAVEZ dont l’honnêteté et la persévérance ont rendu possible cette libération.
 
Que ceux qui en France se laissent convaincre par la propagande gouvernementale que notre diplomatie aurait joué un rôle important veuillent bien ouvrir les yeux. Ce qui est en jeu, ce n’est pas la libération d’une prisonnière franco-colombienne, mais un changement de régime en Colombie pour chasser du pouvoir un gouvernement narcoterroriste, un peu des plus sanglants du monde.
 
En niant l’aspect principal du combat en cours, l’équipe de l’Elysée poursuit un simple objectif tactique de politique intérieure : celui de rallier les courants humanitaires de l’opinion en pleine déshérence devant l’effondrement politique et théorique de la gauche.
 
SARKOZY et son gouvernement sont farouchement opposés, ils en administrent quotidiennement la preuve, à la révolution bolivarienne en cours au Venezuelaet à son extension à la Colombie et à tout ce qui peut représenter l’espoir d’un Socialisme du XXI° siècle et d’un terme à la domination impérialiste europeo-etasunienne.
 
Il convient également de souligner que la fourberie d’URIBE tout au long de cette opération a eu un coût militaire important pour les FARC. Les émissaires apportant les preuves de la vie des prisonniers ont été capturés avec leur matériel. Ils ont probablement été soumis à la question ordinaire et extraordinaire par les militaires colombiens. Le matériel vidéo qu’ils apportaient a pu être trafiqué avant d’être livré par URIBE aux médiasinternationaux.
 
L’armée colombienne au lieu de desserrer son étreinte sur les zones tenues par les FARC pour permettre la libre circulation - à pied dans la jungle - des prisonniers libérés a multiplié les interventions et les FARC ont perdu des combattants, dont un commandant dans ces combats. C’est cette intense activité militaire qui a fait capoter la première tentative de libération en Décembre
 
Source : COMAGUER
 
 
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13 janvier 2008 7 13 /01 /janvier /2008 21:24
Traité européen : Fabius se rendra au congrès
 
NOUVELOBS.COM | 11.01.2008 | 16:56
 
 
 
 
"Si nous n'y allons pas" cela
 
signifie "que nous approuvons
 
le fait qu'il n'y ait pas de référendum",
 
indique le socialiste,
 
la révision de la Constitution étant nécessaire
 
 à la ratification
 
 
 
 
Laurent Fabius a déclaré vendredi 11 janvier que la non-participation au congrès de Versailles prôné par la direction du PS était "une erreur", "une esquive", indiquant que lui s'y rendrait pour voter contre l'adoption du traité européen par la voie parlementaire.
Le Congrès de Versailles du 4 février doit approuver la révision de la Constitution, nécessaire à la ratification du traité européen de Lisbonne.
"Je ne comprends pas cette position (de la direction du PS)", a déclaré Laurent Fabius sur RMC/BFM TV rappelant que le parti avait toujours réclamé un référendum sur le traité européen. "C'est la position qu'on a pris de tout temps, c'est la position d'ailleurs qu'avait notre candidate (Ségolène Royal) pendant l'élection présidentielle et ça reste notre position", a-t-il dit.

"Il ne faut pas se déjuger"


"Nicolas Sarkozy est d'un autre avis, il veut que ce soit le Parlement qui décide et non pas le peuple (...). La seule façon de faire en sorte que ce soit le peuple qui décide, pour voter oui ou pour voter non, c'est de dire à Versailles, nous ne sommes pas d'accord avec sa position", a plaidé l'ancien Premier ministre.
"Si nous n'y allons pas, comme on ne prend en compte que ceux qui sont présents, ça veut dire en fait que nous approuvons le fait qu'il n'y ait pas de référendum", a-t-il ajouté.
"Je pense que c'est une erreur, enfin c'est plutôt une esquive et moi je pense qu'il vaut mieux affronter les questions", a jugé le député de Seine-Maritime. "Je crois qu'il ne faut pas se déjuger", a-t-il insisté.

"Hypocrisie"

L'ancien ministre Paul Quilès s'est dit atterré jeudi par "l'annonce que les parlementaires socialistes boycotteront la réunion du congrès de Versailles", lors de laquelle doit être votée la révision constitutionnelle préalable à la ratification du traité de Lisbonne.
"Cette décision, si c'en est une, relève de l'hypocrisie la plus totale", a déclaré l'ancien ministre, animateur du collectif "Gauche avenir".
"Boycotter ce congrès, c'est accepter que le référendum n'ait pas lieu", ajoute Paul Quilès, estimant possible de réunir une minorité de 2/5e de parlementaires s'opposant à la révision constitutionnelle.

"Liberté de conscience"

François Hollande, le premier secrétaire du PS, a invoqué jeudi "la liberté de conscience" des parlementaires socialistes à ce sujet pour qu'ils décident eux-mêmes de leur attitude.
François Hollande estime au contraire qu'il n'est pas possible de réunir "une minorité des 2/5emes" des suffrages, et que "le mieux, c'est de ne pas participer au vote" pour exprimer le désaccord des socialistes avec le choix par le président Sarkozy de la voie parlementaire pour faire ratifier le traité
De son côté, le président du groupe PS à l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, a déclaré mercredi que les députés socialistes ne se participeront pas au congrès.
"Le groupe socialiste à l'Assemblée n'a rien décidé du tout", a aussitôt réagi le député Benoit Hamon, opposé au Traité de Lisbonne.
Henri Emmanuelli, député PS des Landes, a appelé mercredi les parlementaires socialistes à se rendre au congrès pour voter contre le texte.
En revanche, Jack Lang, député PS du Pas-de-Calais, annoncé qu'il votera "deux fois oui".

Etapes

Plusieurs étapes sont nécessaires pour la ratification du traité de Lisbonne. Tout d'abord, un projet de loi constitutionnelle doit être adopté afin de réviser la Constitution: ce texte doit être examiné dans chaque chambre (le 15 janvier à l'Assemblée, le 29 janvier au Sénat) puis voté par au moins trois cinquièmes des parlementaires présents, le 4 février, en Congrès.
Seuls les votes exprimés sont pris en compte. L'absence des députés socialiste à Versailles ne compromettrait donc en rien la révision constitutionnelle.
Ensuite, pourra intervenir la ratification proprement dite, avec l'examen, le 7 février, d'un projet de loi spécifique dans les deux chambres.
 
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13 janvier 2008 7 13 /01 /janvier /2008 21:15
Durban 2001 : un événement exceptionnel
qui annonce des bouleversements
 
La Conférence Mondiale Contre le Racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y
est associée s’est tenue à Durban en République d’Afrique du Sud (RSA) du 28 août au 8 septembre 2001.
 
Elle s’est déroulée en deux temps :
 
1° Le Forum des ONGs du 28 août au 1er septembre-
 
2° La Conférence des États du 31 août au 8 septembre.
 
Les temps changent !
 
 (“ The time they are a changin’ ” chanson de Bob Dylan durant les années 60
lors de la montée de l’opposition à la guerre du Viet-Nam à l’intérieur même des Étast-Unis))
 
Depuis que l’ONU existe il n’y a eu que deux conférences contre le racisme.
 
Les précédentes (1978 et 1983), qui ont eu lieu au temps de “ la guerre froide”, ont été mises en échec par
le sabotage des États-Unis et d’Israël aidés en sous-main par les états européens.
 
Durban s’est imposé à l’ONU après les génocides Bosniaque et Rwandais dans un pays (la RSA), où le
gouvernement de l’apartheid fut un symbole du fascisme imposé par l’Occident à l’Afrique après la défaite
du nazisme en Allemagne…
 
Cette conférence précédée depuis deux ans par de nombreuses conférences préparatoires nationales, régionales
et continentales (Strasbourg, Dakar, Vienne, Genève, Téhéran, Vienne....) a fait l’objet de chantage au
boycott pour la question “ du classement de l’esclavage des noirs comme crime contre l’humanité et des
Réparations qui en découlent ”, de l’occultation de groupes victimes directes des discriminations raciales,
de tentatives d’élimination des femmes, de refus de traiter du racisme institutionnel des états, de manipulations
des thèmes et de l’ordre du jour....
 
Depuis de nombreuses années, souvent dans le silence et d’une manière souterraine un important travail de
fourmi s’est développé dans plusieurs pays et continents (Amériques du Nord et du Sud, Afrique, Asie,
Europe).
 
Il y avait pourtant eu un faisceau de signes avant-coureurs dans différents pays (USA, RSA, Zimbabwe,
France…) qui constituaient autant d’indicateurs du fait que la coupe était pleine et débordait, bref qu’il y en
avait assez d’une occultation de la négrophobie et du colonialisme persistants, assez des violences racistes
permanentes vis-à-vis de groupes victimes d’un traitement à géométrie variable des droits civiques dans “
les pays se réclamant des droits de l’homme ”.
 
Durban 2001 a été une magnifique occasion :
 
- De conjuguer les efforts de tous ceux et toutes celles qui souffrent partout dans le monde,
et dont les cris sont étouffés par leurs oppresseurs, notamment par l’initiative et la maîtrise
de l’ordre du jour.
 
- D’expliquer que le combat contre la mondialisation libérale fait partie d’un combat plus
ancien contre la globalisation qui avait commencé dès le 15e siècle lors de la colonisation des
deux Amériques et de l’Afrique accompagnée des génocides et déportations massives des
amérindiens et des Africains
 
- D’indiquer aux états et aux institutions qui les soutiennent que «la société civile mondiale»
avait décidé de faire entendre durablement sa voix pour que les choses changent.
 
Le Forum des ONGs du 28/08 au 1er septembre 2001
 
Un rassemblement de 12000 ONG soit 20000 personnes fortement marqué par la présence de nombreuses
femmes, de jeunes, de noirs, d’asiatiques, de gitans, d’arabes, etc., qui avaient préparé méthodiquement et
démocratiquement de longues listes de doléances mettant en cause des institutions, des multinationales, des
religions, des États, des systèmes politiques et «la civilisation de la barbarie»...
 
Dès le matin du premier jour, les affaires démarrent très fort. C’est Mercia Andrews, Présidente de
SANGOCO (coordination des ONG Sud Africaines) qui donne le ton en demandant à tout le monde un
moment de silence en hommage à toutes les victimes historiques du racisme trop souvent occultées.
“ Il faut réécrire l’histoire de l’humanité pour y redonner toute sa place à la lutte des victimes (traite
transatlantique, apartheid, colonisation)…Il faut briser les silences, corriger les crimes, casser les protocoles,
mettre en pratique concrètement la solidarité. ”
 
Mercia donne un panorama des multiples formes d’oppression et de discrimination à l’ordre du jour: le
système des castes dont souffrent 300 millions de DALITS en Inde, la politique d’écrasement du peuple
Palestinien, le blocage de Cuba, la pauvreté… “ Les réparations pour les maux endurés durant plusieurs
siècles dans le passé ne représentent pas une histoire à laisser derrière nous…” “ Non , ils doivent être
justement inscrits au coeur de la lutte pour un futur meilleur…” “ C’est dans ce contexte que l’on doit situer
la question de la dette du tiers-monde, des ajustements structurels et de la globalisation… ” Mercia Andrews
termine son intervention en annonçant les objectifs de SANGOCO pour le Forum des ONG : une
déclaration finale qui doit inclure un plan d’action contre “ les perpétrateurs d’injustice ”…
 
Les équipes des ONGs, dans leur majorité indépendantes des états et systèmes, ont travaillé sans relâche
nuit et jour pour l’adoption de textes par groupes de travail, en atelier, puis par caucus, ensuite entre caucus
pour finir par un travail collectif coordonnant l’ensemble des travaux des caucus et ONGs de la planète.
 
C’est ainsi que la souffrance du monde entier a pu être consignée dans le document final qui a tant irrité les
représentants occidentaux.
 
Hawaï, les DALITS, le Tibet, les latinos, les Amérindiens, l’Asie du Sud Est, l’Afrique, les ROMS, le
Proche Orient, la situation particulière des femmes et des enfants des pays du sud, les discriminations sexuelles,
les discriminations vis-à-vis des handicapés, tout a été abordé sans exception... et généralement assorti de
propositions pour changer les choses concrètement....
 
Bien sûr la scandaleuse occultation de la souffrance pluriséculaire du peuple noir a souvent été mise en
avant mais ce n’était pas pour masquer les autres détresses mais au contraire leur servir de locomotive...
«Un peuple victime de déportations, réduction en esclavage, colonisation, discriminations, à l’échelle de
plusieurs siècles et dont les membres ont, du seul fait de leur appartenance raciale, été l’objet d’une
expulsion formelle hors humanité, juridiquement et spirituellement codifiée par les États occidentaux !»
 
De Durban on retiendra ce forum des ONGs riche, combatif, volontaire, autonome malgré la trahison de
certaines «ONG gouvernementales» minoritaires (appelées «GONGOs» Governemental NGOs) appartenant
à l’Europe et à d’autres continents…Et la déclaration finale qui restera en l’état malgré la campagne de
calomnies orchestrée par l’occident et ses médias…
 
La diaspora noire de France a joué un rôle important, mais cela ne s’est pas
fait tout seul !
 
Si un grand bond a pu être franchi en France par l’adoption de la loi Taubira-Delanon, c’est grâce à un
combat au long cours de plusieurs générations de militants dans un pays rappelons-le toujours colonial.
 
Pour la dernière décennie du XXème siècle, rappelons quelques “ évènements phares ” :
Fruit d’un travail titanesque de toute une vie, «Le Code Noir ou le calvaire de Canaan» du Pr Louis Salamolins,
arrive en 1987 comme un coup de tonnerre sur la société française héritière du premier État européen
à avoir codifié juridiquement, spirituellement et étatiquement la bestialisation de l’homme et de la
femme noire.
 
Peu de temps après «Misère des lumières» viendra apporter le coup décisif contre la complicité active et
scandaleuse des intellectuels français dans la négrophobie actuelle héritière «des philosophes du siècle des
lumières»...
 
-1992 lors du 500ème anniversaire de l’arrivée de Christobal Colon en Amérique commémoré en grande
pompes par les nations occidentales, contre-célébration en février par «la chaîne des militants noirs sur le
parvis des droits de l’homme au Trocadéro» : chacun portant une lettre formant la phrase CRIME CONTRE
L’HUMANITE - en octobre Place de la Bastille la «Manifestation Symbolique des Peuples Noirs» deman
dant «la reconnaissance par l’Occident du crime contre l’humanité, la réhabilitation de l’homme noir dans
sa dignité, la fin de l’apartheid en Afrique du Sud et des réparations morales et matérielles au peuple noir.»
 
-1993 10,11 et 12 en décembre, le procès de Christobal Colon à Fort-de-France sous l’impulsion de feu
Maître Marcel Manville et du Conseil Mondial de la Diaspora Panafricaine.
 
-1994 année du bicentenaire de la 1er abolition de l’esclavage dans les colonies françaises, quarante militants
et militantes de la fédération SUD PTT s’enchaînent aux grilles du ministère des DOM TOM, le 26 mai, afin
d’indiquer la persistance de leur situation de colonisés victimes du racisme et de la migration forçée en
France. L’événement, filmé et commenté par la radio fera du bruit dans tout l’outre mer .
 
-1997 lancement du “ Manifeste du cent-cinquantenaire pour le classement de l’esclavage des noirs
comme crime contre l’humanité» par CERFOM et SUD PTT. Premier argumentaire sérieux sur la question
qui sera diffusé, à partir de la France, dans le monde entier.
 
-6 et 7 avril 1998, “ hommage aux combattants de la liberté ”,en l’occurence le général haïtien Toussaint
Louverture et les habitants de Champagney par un pélérinage de cent personnes en Franche Comté orga -
nisé par CERFOM,EMERAUDE et SUD PTT.
 
-23 mai 1998, l’organisation par un collectif de plus de 300 associations de la Marche silencieuse de République
à Nation, aboutissement du travail de plusieurs générations, rassemblera 40000 personnes en hommage
aux ancêtres victimes de «la plus longue et la plus masive déportation de l’histoire de l’humanité».
Silence assourdissant des médias français…
 
-juin 1998, marche défilé organisé par le TAN (Théatre de l’Air Nouveau) pour l’édification d’un mémorial
du Peuple Noir des dizaines de milliers de participants dont beaucoup de jeunes ont occupé le pavé parisien
durant plusieurs heures. L’initiative, puissante, symbolique vient d’artistes noirs comme Luc St
Eloy depuis longtemps sur le terrain aau service de toute la communauté...
 
-1998 à Genève Contre-célébration des célébrations officielles françaises (articulées autour de l’apologie de
Schoelcher) qui s’achève par une «Déclaration sur le Double Holocauste Noir»
 
-Les années quatre-vingt dix vont également être marquées dans la communauté noire en France par : -la
création d’un «mouvement des sans-papiers» qui va servir à la fois de révélateur des limites des «démocra
ies» et de catalyseur de la mobilisation des exclus à l’échelon national et international - la mise en place d’un
Collectif de Lutte Contre les Violences Racistes et Sexistes qui avec le MIB va notamment contribuer à
mettre en lumière l’existence en France d’une justice de type colonial, à plusieurs vitesses selon l’origine
des protagonistes - la création d’un Collectif Panafricain de Soutien à Mumia Abu-Jamal qui va jouer un rôle
clef dans la maîtrise de l’information diffusée sur ce dossier - la mise en place d’un Collectif Egalité,
traitant des discriminations au quotidien (institutionnelles ou non) dont sont victimes les non-Blancs, et les
Noirs en particulier. Dans cette montée en puissance de l’organisation de la mobilisation, certains artistes de
la communauté noire vont résolument s’engager et apporter leur contribution à l’impulsion de la dynamique.
 
-2000 coup de théatre à la cérémonie des Césars, un couple d’artistes noirs membres du Collectif Égalité
vient dénoncer publiquement la négrophobie du monde du spectacle français...
 
-2001 en ce début du 21e siècle, un livre document, résultat d’un patient travail de 20 ans de recherche,
véritable plaidoyer pour tous les damnés de la terre réquisitoire implacable contre la civilisation de la barbarie,
va bousculer les certitudes et contre-vérités officielles occidentales. L’ouvrage de Rosa Amélia Plumelle
Uribe, «La Férocité blanche», paru chez Albin Michel en février 2001 va devenir progressivement une
référence mondiale du témoignage de tous ceux et celles qui ont subi et subissent toujours de 1492 à nos
jours des génocides occultés....
 
Ces mobilisations déboucheront sur le dépôt en décembre 1998 du projet de loi Taubira-Delannon qui après
remaniements sera adopté en mai 2001.
 
C’est le travail de terrain ingrat, permanent, tenace, de longue durée, d’organisations CERFOM, CIFORDOM,
COFFAD, CONSEIL MONDIAL de la DIASPORA PANAFRICAINE, CLVRS, DIASPO’AFRIQUE 2000,
EMERAUDE, RDC, TAN, SUD PTT, de personnalités (Marcel Manville, Louis Sala-Molins, Joby
Valente,Marie-Georges Péria, Luc St Eloy, Rosa Amélia Plumelle Uribe,Dieudonné, Pr Kapet de Bana,
Christiane Taubira Delanon, Brima Conteh, Assani Fassassi, Joss Rovélas, entres autres..) qui a permis la
constitution de ce mouvement de fond pour la réhabilitation de l’homme et de la femme noire...
 
Même amputée des indispensables réparations, la loi du 21 mai 2001 a été jugée, par les caucus des descendants
africains (USA, Canada, Amérique Latine, Caraïbes) des Africains (Afrique noire et maghrébins) ainsi
que de la diaspora noire européenne (GB, Allemagne, Suisse, Norvège, Italie, Suède, Russie, Belgique...)
comme le résultat d’un rapport de force imposé par la lutte par «le mouvement français pour les réparations»
sur lequel il fallait s’appuyer pour aller plus loin tous et toutes ensemble... .
 
Conférence des États du 31 août au 8 septembre
 
La conférence des États commençant dès le vendredi 31 août, alors que le Forum des ONG n’était pas
terminé, a subi une aggravation des manoeuvres du clan des nations colonialistes nanties du G 8.
 
Les USA et l’UE se servant du prétexte du différent du Moyen-Orient entre le peuple palestinien et l’État
d’Israël ont mené une campagne de dénigrement du texte final des ONG avant même que celui-ci ne soit
définitivement adopté et diffusé.
 
Depuis plusieurs mois, les USA soutenus par l’UE avaient fait de la question «des Réparations» une cause
de boycott de la conférence mondiale. Pour ces gens cyniques : il n’y a pas de reconnaissance de l’esclavage
des noirs comme crime contre l’humanité à faire, pas de demande de pardon, pas de réparations évidemment
car ils ne sont pas responsables et, de toutes façons, les noirs ne sont pas dans leur échelle de valeur humaine...
 
Tout cela incluant qu’il n’y avait pas eu de génocide, encore moins d’holocaustes aux pluriels avant
celui contemporain exercé par des européens sur d’autres européens durant la guerre de 1939-1945.
 
La longue tragédie barbare pluriséculaire infligée par l’Europe aux non-blancs amérindiens et africains ne
compte pas même si d’ailleurs elle continue sous les formes modernes du colonialisme et du néo-colonialisme...
 
Nous connaissons la solidarité indéfectible de la France et de l’Europe aux USA (ce “ leader du monde libre
” pratiquant depuis toujours le racisme institutionnel…) Par contre des organisations françaises prétendant
défendre les droits de l’homme n’étaient jamais allés aussi loin dans l’allégeance à la politique discriminatoire
des états. Ce fut chose faite à Durban avec par ordre alphabétique la FIDH, la LICRA, le MRAP, SOS
RACISME, qui menèrent une campagne de soutien inconditionnel aux thèmes et positions défendues par les
États européens.
 
Afin que toutes les positions puissent se faire entendre publiquement, à égalité, les organisations françaises
présentes à Durban qui font partie du mouvement international pour «le classement de l’esclavage des noirs
comme crime contre l’humanité et les Réparations» le CIFORDOM, le C.L.C.V.R.S, le COFFAD,
Diaspo’Afrique2000, le RDC, SUD PTT) ont obtenu deux réunions avec la délégation française conduite
par M. Hénault Ambassadeur des Droits de l’Homme pour le ministère des Affaires Etrangères.
 
Aucune des organisations sponsorisées par le gouvernement Jospin n’ont abordé les problèmes de racisme
en France , dans l’Outre-mer français, en Europe et ailleurs dans le monde leur intervention étant circonscrite
à la question du Proche-Orient mis en cause dans le document de 76 pages des ONG. Ces organisations
n’ont pas hésité dans une manoeuvre grossière à exiger que les mots race et racial soient enlevés des
textes…Reconnaissons que SOS RACISME a du moins eu le mérite de la clarté, en rédigeant un tract
vilipendant l’ouverture même par les représentants des sociétés civiles d’un débat sur les Réparations....
 
Présent jusqu’au bout à ces deux réunions nous avons exigé de la délégation française :
 
1°) Qu’elle nous indique les mesures concrètes qu’elle allait prendre pour régulariser la situation de tous les
sans papiers victimes de la politique de racisme institutionnel de certains états de l’UE, notamment de la
France où le gouvernement actuel a eu une attitude scandaleuse, et où l’égalité des droits civiques reste un
bastion à conquérir principalement pour les étrangers ressortissants des pays du sud.
 
2°) Des sanctions pénales sévères contre les auteurs d’actes de violences racistes vis à vis des
communautés noire et maghrébine notamment lorsqu’ils émanent des services d’état (police, justice, administration)
 
3°) le respect des dispositions de la loi Taubira-Delanon qui prévoient que le classement de l’esclavage des
noirs comme crime contre l’Humanité soit défendu devant l’UE et l’ONU pour extension mondiale et le
positionnement clair du gouvernement Jospin en faveur du “ processus de Réparations ”.
 
4°) Qu’une réunion rassemblant toutes les organisations (associations, syndicats, ONG) s’occupant des
victimes des violences racistes ait lieu à Paris après Durban afin de mettre en oeuvre des décisions concrètes
pour combattre le racisme institutionnel.
 
Visiblement nous ne sommes pas en phase avec les organisations sponsorisées par le gouvernement français.
 
Ces organisations qui combattent aujourd’hui “ la reconnaissance de l’esclavage comme crime contre
l’humanité avec les réparations ” sont les mêmes qui n’ont pris aucune part dans le combat que des associations
et des syndicats mènent depuis de nombreuses années. Ces organisations n’ont pas hésité à torpiller les
actions conduites en France par des groupes victimes du racisme parce que ces mobilisations mettaient en
évidence le traitement “ à géométrie variable des droits de l’homme ” dans ce pays…
 
Compte tenu de la caducité de cette voie contraire aux intérêts des victimes du monde entier ces organisations
minoritaires se sont coupées de la grande majorité des ONG combatives du monde. Des synergies
nouvelles se sont faites à travers les continents entre courants de même sensibilité,proches du “ mouvement
français pour les Réparations ”.
 
Les femmes ont dominé à Durban, dans les ONG, les Caucus, les groupes de
travail, les comités de rédaction, la direction même de la conférence !
 
Mme Taubira-Delanon, fortement ovationnée, a pris position très fermement pour la mise en route «d’un
processus de réparations» en opposition très nette avec le gouvernement Jospin, l’U.E. et les “ GONGOs ”
(organisations pro-gouvernementales). La plupart des caucus du monde entier lui ont demandé d’établir des
relations de coopération et d’action avec eux afin de bénéficier du bond en avant réalisé par la société civile
française.... Même la délégation de l’état brésilien (pays fortement mis en cause pour sa négrophobie institutionnelle)
a demandé à rencontrer la députée de la Guyane, c’est dire le bouleversement...
 
Malgré la très forte pression des nations occidentales (les mêmes appartenant au G8 que l’on retrouve dans
le clivage pays riches/pays pauvres de la mondialisation), un travail de pression à rebours a été conduit sur
les délégations des états des pays africains, latinos, asiatiques et du moyen-Orient avec succès à tel point que
certains chefs d’états ont été contraints de rallier le camp “ des damnés de la terre ” alors qu’ils avaient pris
des positions premières diamétralement opposées au côté des occidentaux.
 
C’est ainsi que de belles leçons, pour une défense inconditionnelle des droits humains, ont été administrées
durant cette conférence des États jusqu’au dernier jour par des femmes courageuses qui ont choisi très
clairement le camp de tous (tes) les opprimés (es) de la domination coloniale et impérialiste occidentale…
 
Ce fut le cas de l’ambassadrice du Kenya, Mme Amina Mohamed, le samedi 8 septembre qui a administré
une volée de bois vert à l’UE, au Canada, à l’Australie, aux USA et à Israël dans une intervention de 10
minutes sur “ le traitement à géométrie variable des drames de l’humanité ” (Intervention méritoire d’une
anglophone intégralement en français…).
 
Hommage à Mme Mercia Andrews présidente de SANGOCO ( 400 ONGs Sud Africaine) qui a su avec
fermeté lier lutte anticolonialiste, anti-raciste et anti-globalisation avec lutte pour le droit des femmes y
compris dans les pays du sud.
 
Hommage à Angela Davis restée fidèle à son engagement passé aux côtés des Panthères Noires qui a su à
partir de la dénonciation de l’industrie carcérale des USA expliquer comment se perpétuent à l’infini les
discriminations négrophobes commencées voici plusieurs siècles avec le système esclavagiste occidental....
 
Hommage à Mary Robinson qui a dénoncé les manipulations médiatiques tendant à fausser la teneur réelle
des débats de la conférence…
 
Hommage à la présidente de la CMCR (WCAR) Mme Zuma ministre des Affaires Étrangères de RSA qui a
su contre vents et marées conduire cette difficile conférence jusqu’à son terme.
Hommage à Mme Christiane Taubira-Delanon, députée de la Guyane, pour être la première parlementaire à
avoir relevé le défi de la nécessaire dignité que devaient les élus à la terrible tragédie que l’État français avait
infligé au peuple noir et à ses descendants ceci afin de rétablir l’Honneur et le Respect de ces humains trop
longtemps bestialisés….
 
Hommage à toutes ces militantes des pays du sud qui ont joué un rôle déterminant dans les caucus USA,
Canada, Afrique, Latinos et diaspora noire européenne ainsi que dans les comités de rédaction du Forum
lieux décisifs des avancées de Durban.
 
Autres personnalités remarquables Hommage à l’équipe de l’UNESCO conduite par Doudou Diene, hommage
enfin à l’ancien président Ben Bella véritable anti-colonialiste (défendu durant la guerre d’Algérie par
l’avocat martiniquais Marcel Manville et qui ne l’a pas oublié) pour son rôle déterminant dans l’approfondissement
des liens entre le Maghreb, l’Afrique noire, les Caraïbes et les descendants d’africains vivant aux
USA, au Canada et en Amérique du sud et pour sa dénonciation courageuse de l’esclavage transsaharien....
 
1° Le texte adopté par les ONGs le 1 er septembre est un texte complet sur les souffrances du monde entier,
un véritable outil pour s’attaquer aux causes profondes du racisme en lien avec la globalisation. C’est ce
document qui sera dorénavant la base de l’action revendicative mondiale sur les problèmes de racisme, de
discrimination raciale, de xénophobie, d’intolérance qui y est associée et de toutes les formes d’inégalités et
d’injustice qui en découlent.
 
2° Le rôle partial des états dominants l’ONU est désormais connu au grand jour et c’est “ la société civile
mondiale ” qui va conduire cette dénonciation
 
3° Il n’y a plus d’États ni de sujets tabous dès lors qu’ils sont à l’origine de faits démontrant la pratique de
systèmes discriminatoires
 
4° Désormais les ONGs sont prêtes à aller très loin en s’organisant au sein et hors de l’ONU pour placer au
centre des préoccupations de l’humanité la réelle souffrance de tous et de toutes
 
5° Les conséquences de l’adoption d’un certain nombre de points capitaux sur les causes profondes des
discriminations raciales en lien avec le passé et le présent colonial des pays européens et des USA interpellent
certains pays plus que d’autres. C’est le cas de la France qui a colonisé en Afrique et en Asie du sud-est
et qui colonise toujours dans la Caraïbe et en Amérique du Sud, dans l’Océan Indien et dans le Pacifique,
dans ce qu’elle dénomme “ l’outre mer ” (DOM-TOM).
 
La prise en compte au niveau international (ONU) de l’esclavage des noirs comme crime contre l’humanité
entraîne obligatoirement de grands changements dans la stratégie et le contenu des revendications sur la
situation des populations victimes de l’esclavage et de la colonisation.
 
Ces revendications sont désormais partie intégrante du processus de Réparations que nous avons mis en
route et qui vient de connaître un retentissement mondial à Durban.
 
Le mouvement social français est directement concerné du fait des obligations qui vont dorénavant s’imposer
au gouvernement et à toute la société française.
 
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13 janvier 2008 7 13 /01 /janvier /2008 21:06
France : Un dirigeant syndical ayant négocié les retraites obtient une promotion lucrative
 
Par Kumaran Rahul et Alex Lantier
 
 
Jean-Christophe Le Duigou, 59 ans, secrétaire confédéral de la CGT (Confédération générale du travail) en charge des retraites et spécialiste des questions économiques, réintégrera bientôt le ministère des Finances pour profiter d’une belle hausse de salaire et d’une retraite confortable.
 
Cette nouvelle a particulièrement choqué et indigné les travailleurs car Le Duigou avait récemment supervisé les négociations sur les retraites avec l’Etat, lesquelles avaient imposé des réductions massives aux travailleurs de la fonction publique bénéficiant des régimes spéciaux de retraite. Le Duigou a aussi exprimé publiquement un soutien équivoque au projet de supprimer la durée légale de 35 heures hebdomadaires de travail, ce qui permettrait aux employeurs d’allonger jusqu’à 48 heures la durée légale de travail hebdomadaire.
 
Selon des révélations faites par le quotidien de centre gauche Le Monde et le magazine l’Express, Le Duigou reprendra son ancien poste de directeur divisionnaire des impôts. Il percevra aussi un salaire de conservateur des hypothèques. Pour ces deux postes, il recevra un salaire de 9000 euros nets par mois, « l'un des mieux payés de Bercy », selon un commentaire du Monde.
 
Interviewé par L’Express, Le Duigou a dit qu’il était « depuis 37 ans fonctionnaire des impôts et syndicaliste ». Il a expliqué que « des accords conclus dans la Fonction publique au début des années 80 prévoient que l'administration puisse mettre des syndicalistes à disposition de leurs organisations, et que leur carrière n'en soit ni avantagée, ni désavantagée. C'est exactement mon cas, qui suis au même grade depuis 15 ans. »
 
Comme si cela ne suffisait pas, Le Duigou prendra sa retraite juste avant le changement de la loi sur les retraites qu’il a contribué à négocier et qui augmente au-delà des 40 ans actuels le nombre d’annuités nécessaires pour avoir droit à une retraite à taux plein. Comme il l’a dit au Monde, « J'aurai alors 61 ans et les quarante annuités qui me permettront de bénéficier d'une retraite à taux plein. » Sa retraite sera calculée sur les six derniers mois de salaire.
 
Le Duigou est l’exemple même de toute une couche de dirigeants syndicaux qui mènent une vie qui s’intègre sans accroc aux échelons élevés de l’Etat français. D’après le quotidien économique Les échos, « Jean-Christophe Le Duigou est considéré comme le numéro 2 de la centrale. Il en est l'ambassadeur en titre auprès des pouvoirs publics, des patrons, voire des médias. Membre du bureau confédéral, l'organe de direction de la CGT. » Il a également siégé à une grande variété de conseils, dont le Conseil économique et social et le Conseil d'orientation des retraites.
 
Sa récente analyse de la réforme de la durée légale du travail hebdomadaire a montré qu’il est en accord avec le programme d’attaques des acquis sociaux, du gouvernement. Il ne s’y est pas opposé, mais a critiqué le gouvernement pour l’avoir introduit de façon brutale, ce qui pourrait provoquer la classe ouvrière à réagir : « Il faut laisser le temps au débat social de se développer, que les gens s'approprient le contenu des réformes. Sinon, il va y avoir une réaction du type "on veut passer en force d'en haut" et ce qui est au crédit du président, son volontarisme politique, peut facilement se retourner. On irait alors sans doute à des formes de confrontation sociale. »
 
Le Duigou fait partie de toute une communauté de permanents à la direction de la CGT qui sont devenus des membres accrédités des groupes de réflexion et des institutions sociales de l’Etat français, travaillant en étroite collaboration avec les hauts fonctionnaires. Par exemple, en 2006, le dirigeant de CGT-Textile, Christian Larose avait participé à la formulation du rapport de l’ancien directeur du Fonds monétaire international (FMI) Michel Camdessus, qui avait été utilisé par le gouvernement pour préparer la législation du Contrat première embauche (CPE.)
 
Tandis que les révélations concernant Le Duigou sortaient au grand jour, la CGT publiait ses comptes officiels pour 2006, soulignant ses liens avec l’Etat français et la bureaucratie para-étatique. C’était une première pour la CGT, qui selon la loi Waldeck-Rousseau de 1884 concernant le financement des syndicats, n’est pas tenue de publier ses comptes. D’après la CGT, sur un budget total de 111 millions d’euros en 2006, plus de 25 millions provenaient des caisses de l’Etat et de la sécurité sociale.
 
Il faut considérer ces chiffres avec beaucoup de précautions, car de nombreux éléments donnent à penser qu’ils sont fortement sous-estimés. D’après un rapport gouvernemental de 2006 par le conseiller d’Etat Raphaël Hadas-Lebel, compilé avec la participation des principaux syndicats, le budget 2003 de la CGT tournait autour de 220 millions d’euros, dont 75 millions (34 pour cent) seulement provenaient des cotisations des syndiqués. Le rapport estime la proportion des cotisations des syndiqués dans le budget des autres principales fédérations-  CFDT, FO, CFTC et CGC - à respectivement 57, 50, 20 et 40 pour cent. Certaines estimations d’universitaires placent ces pourcentages encore plus bas.
 
Apparemment la CGT n’a pas estimé nécessaire de faire correspondre sa déclaration du budget de 2006 d’un montant de 111 millions d’euros avec les estimations de Hadas-Lebel. Mais comme la CGT elle-même l’a reconnu, la publication de ces chiffres est avant tout une tentative d’étouffer les soupçons croissants de l’opinion publique selon lesquels ce budget est directement financé par divers fondsillicites ou quasi illicites.
 
Ceci avait été souligné en octobre dernier par le scandale Gautier-Sauvagnac, où il avait été révélé que l’Union des industries et métiers de la métallurgie (l’UIMM, un composant majeur de la fédération des employeurs, le MEDEF) supervisait un vaste réseau de fonds secrets. Des représentants de l’UIMM avaient suggéré que ces fondsétaient versés aux syndicats, alors que des enquêtes criminelles au sein du MEDEF étaient promptement étouffées par le gouvernement.
 
En rendant ses chiffres publics, la CGT écrit : « Le scandale des fonds secrets de l'UIMM a même été avancé comme prétexte à une clarification du financement des organisations syndicales ce qui est un comble... Il n'y a rien à cacher et la CGT a décidé de publier ses ressources. » La CGT n’a pas expliqué pourquoi elle a attendu trois mois avant de publier son budget 2006, ni n’a dit quand (ou si) le budget 2007 serait rendu public.
 
A en croire la CGT, elle reçoit 10,4 millions d’euros de subventions directes de l’Etat, 9,9 millions d’euros pour superviser les projets de sécurité sociale et d’assurance, 4,9 millions pour sa participation dans des conseils de travaux, 2,5 millions pour sa participation au Conseil économique et social et 3,8 millions d’euros pour la publicité dans ses tracts et ses publications.
 
Quelle que soit la fiabilité de ces chiffres, la CGT elle-même reconnaît recevoir un soutien massif de l’Etat. Ce soutien n’est pas fortuit, mais profondément ancré dans des processus historiques, notamment, comme le montrent les livres de la CGT, dans les institutions, au niveau de l’entreprise et au niveau de l’Etat, crées au moment de la libération de la France du joug de l’Allemagne nazie, à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. A l’époque, l’autorité de l’Etat s’était effondrée dans une bonne partie du pays. Des insurrections libéraient les villes françaises du régime nazi avant même l’arrivée des armées alliées, tandis que s’organisaient de façon spontanée et à grande échelle des comités ouvriers dans les usines, notamment dans celles où les patrons avaient ouvertement collaboré avec les nazis.
 
A l’époque, le Parti communiste français stalinien (PC) désarmait politiquement les travailleurs. En accord avec la politique du Kremlin consistant à diviser le monde entre blocs capitaliste et soviétique, il présentait aux travailleurs le slogan « Produisez ! Produisez ! Produisez ! », les encourageant à retourner au travail et à laisser la politique entre les mains des dirigeants du PC et de la bourgeoisie.
 
Si la bourgeoisie française, sous la conduite politique du général de Gaulle, tolérait ces institutions sociales, ce n’était pas par charité ou par compassion. Le but était de stabiliser le capitalisme français — déchiré par la réalisation d’énormes bénéfices engendrés par le marché noir qui sévissait sous le régime nazi, le bas niveau de vie des masses et la tension qu’exerçait sur l’infrastructure dévastée du pays l’approvisionnement des immenses armées alliées — et de lui fournir une base sur laquelle planifier une reprise économique. Le but ultime était de détourner la menace d’une révolution socialiste qui se serait basée sur les comités d’usines et les groupes armés de résistance.
 
Le gouvernement légiféra sur la création de la Sécurité sociale en 1945, centralisant une grande variété de systèmes d’assurance et d’auto-assistance qui s’étaient développés dans des industries particulières pendant la grande dépression et l’occupation nazie. Ces systèmes sont financés par les impôts collectés par l’Etat, mais continuent d’être supervisés par les représentants des syndicats et de la direction, les soi-disant « partenaires sociaux. » Les représentants syndicaux sont payés pour participer à ces organisations.
 
Les comités d’entreprise furent juridiquement créés en février 1945, pour remplacer les comités ouvriers qui avaient vu le jour dans les usines de nombreuses régions de France. Ils représentaient en fait un recul significatif pour les travailleurs, car ils n’avaient de pouvoirs que purement consultatifs, et non pas une autorité exécutive.
 
Le Conseil économique et social fut crée par la Constitution de la Quatrième République en 1946, pour étudier et superviser l’administration des institutions de la Sécurité sociale. Il fut tout d’abord présidé par Léon Jouhaux, ancien représentant de la CGT qui avait contribué à fonder le syndicat Force ouvrière (FO), une scission d’avec la CGT et en partie financé par le gouvernement américain.
 
Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis, néanmoins la CGT, de par ses trahisons répétées des luttes de la classe ouvrière, a vu le nombre de ses syndiqués passer de 4 millions à la Libération à 560 000 aujourd’hui. Ces institutions jouent à présent un rôle essentiel dans son financement, l’aidant à surmonter l’effondrement des cotisations.
 
Les lois fondamentales du marxisme, comme l’impossibilité absolue de défendre le niveau de vie des travailleurs sur la base d’une collaboration avec la bourgeoisie, s’expriment à nouveau dans le programme politique du président Nicolas Sarkozy, soutenu par la bourgeoisie française toute entière. Dans une telle situation, cette récompense reçue par Le Duigou illustre, on ne peut plus clairement, les objectifs et les attitudes des dirigeants syndicaux. 
 
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12 janvier 2008 6 12 /01 /janvier /2008 22:40
Le tribunal refuse d'interdire l'un des trois livres sur Mme
Sarkozy
 
LE MONDE | 11.01.08 | 12h57  •  Mis à jour le 11.01.08 | 14h06

 Les trois livres sortis sur elle, jeudi 10 et vendredi 11 janvier, ce n'est pas le plus dur que Cécilia Sarkozy a choisi d'attaquer en justice. Mais le plus intime. Objet d'un référé en vue de son interdiction, le livre Cécilia (Flammarion, 175 pages, 16 euros) de la journaliste du Point, Anna Bitton, a finalement été autorisé à la vente, vendredi matin, par le tribunal de grande instance de Paris. Celui-ci a opposé "le caractère notoire des faits" à la demande de la requérante qui estimait que l'ouvrage portait atteinte à son intimité.
 
Ce n'est pas la première fois que Cécilia Sarkozy tente de s'opposer à la sortie d'un livre, inspiré de ses confidences. A l'automne, lors de sa première rupture avec Nicolas Sarkozy, elle demande au ministre de l'intérieur d'intervenir pour dissuader la journaliste Valérie Domain, chef d'information au magazine Gala, de sortir une biographie, au départ "autorisée".
M. Sarkozy convoque alors l'éditeur, Vincent Barbare, patron de First Editions, qu'il menace d'une enquête fiscale et de pressions sur son actionnaire. Les 25 000 exemplaires déjà imprimés partent aussitôt au pilon. L'ouvrage, réécrit pour en faire un roman à clef, sortira quelques mois plus tard. Cette fois-ci, Cécilia Sarkozy n'a pas obtenu la censure d'un livre largement inspiré de ses confidences. De fait, le livre d'Anna Bitton est le plus dérangeant des trois nouvelles parutions. C'est une belle oeuvre littéraire, marquée par la plume riche et solide de la journaliste du Point Anna Bitton.
Mais c'est aussi l'ouvrage qui franchit le plus les barrières de l'intime, parce que la journaliste est la plus proche de sa source. Sans jamais avoir été une amie de Cécilia Sarkozy, elle avait peu à peu gagné sa confiance, jusqu'à être une des rares journalistes à avoir son numéro de portable et à pouvoir échanger de nombreux SMS avec elle, au plus fort de la crise du couple Sarkozy, ou à être autorisée à voir couler les larmes de la première dame, dans son bureau de l'Elysée.
Soit Cécilia Sarkozy avait choisi la journaliste Anna Bitton pour être le témoin de ses états d'âme. Soit la journaliste politique a fait d'une amitié naissante un objet d'étude journalistique, sans se départir d'une empathie qui fait de son portrait le plus indulgent des trois.
Nourri de l'intime de Cécilia Sarkozy, le livre éclaire selon Anna Bitton les conséquences politiques de cet épisode privé. Savoir que Cécilia est revenue en 2006 "par devoir" puis qu'elle a définitivement quitté Nicolas pour faire pardonner de ses hésitations à l'homme qu'elle "a le plus aimé dans (sa) vie", Richard Attias, est-ce une information ?
Les deux autres ouvrages consacrés à l'ex-première dame plongent moins dans l'intimité mais versent tout autant dans la "peopolisation" d'un personnage public. Chaque ouvrage a choisi une focale d'enquête différente : Denis Demompion et Laurent Léger (Cécilia, la face cachée de l'ex-Première dame, 296 pages, Pygmalion, 20 euros) s'attaquent à la biographie complète de Cécilia quand Michaël Darmont et Yves Derai (Ruptures, 191 pages, Editions du moment, 16,50 euros) se consacrent aux dernières années de la conquête du pouvoir, aux côtés de son mari.
Dans le premier cas, elle apparaît comme une ambitieuse, élevée par sa mère dans le goût du luxe de l'argent et du pouvoir, faisant le tri parmi les collaborateurs de son mari selon des critères d'amitié et d'allégeance. Le second s'attarde plus sur la vie de cour et les luttes d'influence entre le "canal historique" des collaborateurs du président, bannis par Cécilia, et la jeune garde entrée à l'Elysée.
Chacun des deux livres apporte son lot de révélations : une intervention chirurgicale à la gorge pour le président, le 21 octobre 2007 ; le coup de force de Cécilia en Libye, qui, confrontée à la mauvaise volonté des ministres et de la police de Kadhafi, malgré l'accord du "Guide", envoie les policiers français qui l'accompagnent faire sauter les verrous des cellules avec leurs armes de poing... Un récit démenti, jeudi, par Claude Guéant, le secrétaire général de l'Elysée et par deux des infirmières bulgares.
 
Christophe Jakubyszyn
Article paru dans l'édition du 12.01.08
 
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