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25 juillet 2008 5 25 /07 /juillet /2008 19:48

Nouvelles preuves sur la torture et les mauvais traitements infligés à un enfant


Le Canada réitère son appui à la détention de Khadr à Guantanamo Bay


Par Graham Beverley et Keith Jones
22 juillet 2008


www.wsws.org


Des documents et une vidéo du gouvernement canadien récemment rendus publics ont fourni de nouvelles preuves que le citoyen canadien Omar Khadr a été maltraité et torturé par l’armée américaine durant sa détention dans le camp de concentration du gouvernement des Etats-Unis à Guantanamo Bay.


Ces nouvelles révélations montrent à quel point le gouvernement canadien est complice dans la persécution de Khadr, qui est détenu par l’armée américaine depuis 2002, ayant été appréhendé alors qu’il avait 15 ans.


La vidéo, qui date de février 2003, montre un interrogateur du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) ignorant et ridiculisant les plaintes de Khadr qui soutient être maltraité. A un certain moment, on peut entendre un agent du SCRS menaçant Khadr de représailles contre sa famille, qui vit en majorité au Canada.


Le gouvernement canadien a toujours insisté qu’il n’avait aucune raison de penser que Khadr était torturé. Mais les documents, comme la vidéo, rendus publics malgré les objections du gouvernement et sous ordonnance de la cour, montrent que les autorités canadiennes étaient savaient en 2004 que Khadr avait été soumis à un programme de privation de sommeil.


La vidéo et les documents ont alimenté le tollé dans la population face à la complicité du gouvernement canadien dans les mauvais traitements infligés à Khadr, le seul citoyen occidental encore détenu dans le camp manifestement illégal de Guantanamo Bay et accusé sous le tribunal irrégulier des commissions militaires de l’administration Bush.


Malgré tout, le gouvernement conservateur de Stephen Harper demeure intransigeant en réitérant son appui pour la détention de Khadr et son procès par l’armée américaine.


De nouvelles preuves de la complicité du Canada


En tout, sept heures d’extraits vidéo ont été rendues publiques mardi dernier. Elles documentent l’interrogatoire que les agents du SCRS ont mené durant quatre jours en février 2003 avec Khadr, alors âgé de 16 ans.


La vidéo a été fortement éditée pour empêcher que ne soient identifiés les trois agents du SCRS et pour se conformer aux clauses de « sécurité nationale » de la Loi sur la preuve au Canada.


Au début de la première séance, Khadr est soulagé de constater que ses interrogateurs, qui lui ont apporté du fast-food et des boissons gazeuses pour gagner sa collaboration, sont canadiens. Manifestement soulagé, il dit : « Ça fait longtemps que je demande l’aide du gouvernement canadien. »


Mais l’humeur de Khadr changera complètement au fur et à mesure qu’il se rendra compte que les agents du SCRS sont totalement indifférents à ses plaintes et qu’ils ne veulent que lui soutirer de l’information.


Khadr affirme aux agents du SCRS que les révélations qu’il avait faites aux responsables américains ont été extraites en raison d’une longue période de torture et de mauvais traitements. Mais l’interrogateur du SCRS rejette les assertions de Khadr.


A un certain moment, Khadr retire sa chemise pour montrer aux agents du SCRS que ses blessures par balle survenues l’été précédent, lorsque les forces spéciales américaines prirent d’assaut des bâtiments afghans dans lesquels il vivait, n’étaient pas encore complètement guéries. On peut voir du sang suinter d’une de ses blessures. Khadr affirme de plus que les autorités de Guantanamo Bay lui refusent depuis longtemps des soins médicaux adéquats.


Mais l’interrogateur du SCRS demeure insensible. Il affirme que, « Tes blessures me semblent bien guérir... Je crois que tu reçois de bons soins. »


Lorsque Khadr se plaint qu’il a perdu l’usage normal de ses yeux et de ses pieds en raison des blessures et des mauvais traitements infligés aux mains des militaires américains, l’agent du SCRS se moque de lui : « Tu as encore tes yeux et tes pieds sont toujours au bout de tes jambes. »


Les agents du SCRS deviennent ensuite plus agressifs et accusent Khadr de mentir et d’utiliser ses blessures et son état d’esprit pour éviter de répondre à leurs questions.


Khadr, traumatisé, lance : « Vous ne vous souciez pas de moi », et s’effondre en larmes. Les agents du SCRS quitte la salle d’interrogation. Khadr continue de pleurer. A un certain moment, on peut l’entendre gémir en appelant sa mère en arabe.


À un autre moment de la vidéo, un agent du SCRS dit à Khadr que s’il aime vraiment sa famille, il parlera, c’est-à-dire qu’il avouera sa culpabilité afin que « d’autres membres de ta famille… ne finissent pas dans la même situation que toi. »


Les Etats-Unis prétendent que Khadr a tué un sergent des Forces spéciales américaines pendant un combat de quatre heures dans lequel il fut arrêté. Lorsqu’il fut questionné là-dessus, Khadr a nié toute implication, disant qu’il était trop jeune pour se sauver de l’abri à Ayoub Kheyl, en Afghanistan, où son père, un sympathisant et un prétendu membre d’al-Qaïda, l’avait laissé.


L’interrogateur du SCRS lui a ensuite mis de la pression, disant : « Ton père t’a laissé là pour une raison… tu penses que c’est bien ce que tu as fait. »


« Je n’ai rien fait, a répliqué Khadr. Qu’est-ce que j’ai fait ? J’étais dans une maison. »


La vidéo de la séance finale montre les interrogateurs du SCRS de plus en plus frustrés. L’interrogateur en chef se lève de sa chaise et dit : « Merci beaucoup pour ton temps… mais nous avons autre chose à faire. » Khadr réplique : « Vous voulez juste entendre ce que vous voulez bien entendre… Je ne sais pas ce que vous pensez que je suis. Vous me posez des questions comme si j’étais quelqu’un d’al-Qaïda ou je ne sais quoi d’autre. »


La scène finale montre les interrogateurs canadiens quittant la pièce et Khadr s’enfouissant la tête dans ses mains en pleurant.


Le 9 juillet, six jours avant la sortie de la vidéo, des documents du gouvernement canadien furent rendus publics, sous ordre de la Cour, qui montrent qu’un haut responsable des Affaires étrangères canadiennes fut informé en 2004, avant l’interrogatoire de Khadr, que lors des trois semaines précédentes, le jeune captif avait été déplacé toutes les trois heures vers une cellule différente, afin de l’empêcher de dormir de façon ininterrompue. Le gouvernement canadien fut aussi informé que, après son départ, Khadr « sera bientôt placé en isolement pour une période allant jusqu’à trois semaines et il sera ensuite interrogé à nouveau. »


Les séances de 21 jours de privation de sommeil, une pratique spécifiquement prohibée par le droit internationale et les Conventions de Genève, étaient réalisées selon le document afin de rendre Khadr « … plus maniable et plus enclin à parler ».


Le document canadien critique la pratique, mais seulement du point de vue qu’elle était inefficace.


Le rôle soutenu de l’État canadien dans la persécution de Khadr


La sortie de la vidéo de l’interrogatoire par le SCRS du jeune Khadr de 16 ans a, avec raison, provoqué un vent de protestation au Canada et internationalement. Mais, l’agence principale de renseignements du Canada a vigoureusement défendu les gestes de ses agents.


Le porte-parole du SCRS, Manon Bérubé, a dit que les agents qui avaient interrogé Khadr avaient agi « de manière appropriée » et « de bonne foi » et que l’agence n’avait « pas d’information avant sa rencontre initiale avec Omar Khadr qu’il avait reçu des mauvais traitements ».


Bérubé a gaiement ignoré ce que tout le monde peut voir dans la vidéo : les agents du SCRS réagissent avec hostilité aux accusations de mauvais traitements provenant de Khadr. De plus, elle a affirmé que le SCRS n’a pas d’obligation légale à défendre les droits des Canadiens à l’étranger.


Encore plus importante et révélatrice que le soutien continu de l’État canadien pour l’administration Bush et la persécution de Khadr par l’armée américaine a été la réponse du gouvernement conservateur de Harper.


« Le point essentiel est que le gouvernement n’a pas changé sa position » a dit Kory Teneycke, le porte-parole du premier ministre Stephen Harper. « Ce fut très conséquent, pas seulement lors de la durée de ce gouvernement, mais aussi du gouvernement précédent,… Il y a un processus judiciaire pour s’occuper des accusations sérieuses qui ont été portées contre M. Khadr et ce processus, qui n’est pas politique, doit déterminer son sort. »


Harper a dit à peu près la même chose lors de la conférence de presse qu’il a tenue le 10 juillet lors de la conclusion du sommet du G8 à Tokyo. Lorsqu’on lui demanda directement s’il chercherait maintenant l’extradition de Khadr, Harper a répondu : « Ma réponse est non. M. Khadr est accusé de crimes très sérieux… Il y a un processus légal en cours aux Etats-Unis et il pourra présenter les arguments de sa défense pendant ce processus. »


Harper a aussi mis l’accent sur la continuité entre la position des gouvernements libéraux précédents et celle du présent gouvernement conservateur concernant Khadr en disant : « … nous agissons toujours en tant que gouvernement en fonction de nos avis juridiques et de nos obligations légales. Le gouvernement [libéral] précédent a pris toute l’information en compte lorsqu’ils ont pris leurs décisions sur la manière de procéder avec le cas Khadr. »


Affirmer que Khadr est dans « un processus légal », comme le fait Harper, est une supercherie. Les détenus de Guantanamo ont été désignés de façon arbitraire comme étant des « combattants ennemis », détenus indéfiniment sans accusation et sans procès et soumis à la torture, y compris la privation du sommeil et le supplice de la noyade. Même la Cour suprême américaine a été forcée de reconnaître que le gouvernement et l’armée des Etats-Unis ont systématiquement violé la loi américaine et internationale avec leur camp de concentration de Guantanamo.


Dans un affidavit qu’il a fait sous serment en février dernier, Khadr a décrit le traitement brutal auquel il a été soumis aux mains de ses gardiens, y compris de longues périodes dans des positions de stress en étant enchaîné sur le plancher, l’abus physique alors qu’il récupérait de ses blessures et la menace de viol.


Les commissions militaires de l’administration Bush nient les principes juridiques les plus élémentaires, y compris l’admissibilité de la preuve obtenue sous la torture.


De plus, il y a des faits indiquant fortement que le gouvernement et l’armée des Etats-Unis ont l’intention de piéger Khadr, se vengeant sur lui des activités de son père et de la mort d’un soldat américain lors de l’assaut sur le bâtiment d’Ayoub Kheyl. Les autorités américaines ont supprimé et même altéré la preuve qui établissait que Khadr n’était pas la seule personne toujours vivante dans le bâtiment lorsque la grenade qui a tué le sergent Christopher Speer a été lancée. A la fin du mois de mai, le Pentagone a remplacé le juge militaire entendant la cause de Khadr après qu’il ait critiqué le gouvernement pour ne pas avoir transmis les documents liés aux traitements qu’a subis Khadr à Guantanamo.


Pour finir, mais non le moindre, même si Khadr était directement impliqué dans un combat armé avec les forces américaines, ce qu’il nie vigoureusement, il l’a fait dans des conditions où les forces américaines menaient un assaut sur le bâtiment dans lequel il vivait comme partie de leur invasion et leur occupation de l’Afghanistan. Il a donc, selon les lois de la guerre, agi en légitime défense et, de plus, en tant qu’« enfant-soldat », il n’est pas légalement responsable de ses actes.


Le Parti libéral et Khadr


Reconnaissant que la population canadienne est de plus en plus en colère du soutien du gouvernement canadien pour la détention de Khadr à Guantanamo, les libéraux, qui étaient au pouvoir lors des premiers trois ans et demi de sa détention par l’armée américaine, n’ont que tout récemment appelé en faveur de son rapatriement au Canada. Une fois de retour dans son pays de naissance, se sont empressés d’ajouter les libéraux, il devra faire face au système judiciaire canadien.


En expliquant la position libérale, le responsable des affaires étrangères du parti, Bob Rae, a noté que les deux candidats présidentiels aux élections américaines, Barack Obama et John McCain, avaient déclaré qu’ils souhaitaient la fermeture du camp de prisonniers de Guantanamo. « Stephen Harper est aujourd’hui presque la seule personne en Occident défendant encore le processus juridique à Guantanamo. »


Les libéraux et les autres partis de l’opposition ont insinué que le gouvernement conservateur défend le système des commissions militaires et la détention d’Omar Khadr à Guantanamo parce qu’il est loyal à l’administration Bush. Il ne fait pas de doute qu’il y a du vrai là-dedans : Harper est un idéologue néo-conservateur et son gouvernement est un proche allié du président américain en diplomatie internationale et dans la « lutte mondiale contre le terrorisme ».


Toutefois, il est clair que les gestes de l’élite dirigeante canadienne en ce qui concerne Omar Khadr font partie d’un ensemble plus large, y compris la complicité du gouvernement canadien, tant sous les gouvernements libéraux que conservateur, dans la torture de citoyens canadiens tels Maher Arar, Abousfian Abdelrazik et d’autres.


Les libéraux tentent maintenant de se présenter comme des opposants du camp de détention de Guantanamo détesté internationalement et de la persécution d’un homme de 21 ans qui fut appréhendé lorsqu’il était enfant et qui y a vécu presque le tiers de sa vie. Mais pas plus les libéraux que les autres partis d’opposition ne sont prêts à mener une lutte sérieuse pour exposer la complicité du Canada dans la torture et à alerter la classe ouvrière sur la façon  dont cela est une partie d’un assaut plus large de la classe dirigeante sur les droits démocratiques fondamentaux.

(Article original anglais paru le 19 juillet 2008)

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25 juillet 2008 5 25 /07 /juillet /2008 19:08

SINÉ : SA VIE, SON OEUVRE, SON CUL ET... PHILIPPE VAL.



Le mardi 8 juillet, sur les ondes de RTL, Claude Askolovitch, journaliste au Nouvel Observateur, dénonçait « un article antisémite dans un journal qui ne l'est pas ». Il faisait allusion à une chronique de Siné dans Charlie hebdo, dont nous reproduisons le texte ici :


« Jean Sarkozy, digne fils de son paternel et déjà conseiller général de l'UMP, est sorti presque sous les applaudissements de son procès en correctionnelle pour délit de fuite en scooter. Le Parquet a même demandé sa relaxe ! Il faut dire que le plaignant est arabe ! Ce n'est pas tout : il vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d'épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit !


»Prétextant l'éventualité d'un procès pour antisémitisme, Philippe Val, directeur de publication, a enjoint Siné de signer une lettre d'excuse dans Charlie hebdo, ce que le dessinateur a refusé de faire.


Philippe Val l'a aussitôt renvoyé du journal avec l'assentiment de la direction (Bernard Maris, Gérard Biard et Charb).


Où est l'antisémitisme dans le texte de Siné ? Il y dénonce seulement, avec le ton fleuri qui est sa marque de fabrique, l'opportunisme du fils du président de la République.


Philippe Val et la direction de Charlie hebdo se sont couchés devant Jean Sarkozy. Grand bien leur fasse, leurs lecteurs apprécieront. À la radio, d'autres continuent de faire des procès en antisémitisme comme certains, naguère, en sorcellerie.


Nous connaissons bien Siné : sa grande gueule, sa violence intellectuelle, son humour et surtout sa maison ouverte à tous : Juifs, Arabes, Français, Noirs, Auvergnats, Bretons, pédés, communistes (liste non exhaustive), tous unis pour conchier, autour d'un verre (ou de plusieurs), une société de plus en plus bien pensante et moraliste.


C'est pourquoi nous apportons notre soutien inconditionnel à Siné. Siné n'aime pas les cons. Siné est un anar. Vive Siné !


Cette pétition a été lancée à l'initiative des dessinateurs Lefred Thouron et Rémi Malingrey, de l'écrivain cinéaste Jean-Pierre Bouyxou et des Grolandais Benoît Delépine et Eric Martin.

http://www.soutenir-sine.org

http://www.gloupgloup.be/


 

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25 juillet 2008 5 25 /07 /juillet /2008 19:05

Tout antisarkozyste est-il un chien ?, par Alain Badiou


LE MONDE | 24.07.08 | 13h31  •  Mis à jour le 24.07.08 | 13h31


  Les ennemis de toute politique autre que celle qu'ils nomment très à tort "démocratie", vu qu'elle est, de notoriété publique, le pouvoir d'une maigre oligarchie de dirigeants d'entreprise, de détenteurs de capitaux, de politiciens consensuels et de stars médiatiques, ont inventé depuis quelques années un truc dont ils usent maintenant contre quiconque leur déplaît : insinuer qu'il est antisémite. J'ai l'honneur d'être flanqué de vrais professionnels de cette insinuation.


S'agissant de mon avant-dernier livre, De quoi Sarkozy est-il le nom ?, qui a plu a pas mal de monde, et qu'il fallait de ce fait même stigmatiser le plus vite possible, il était dur d'y trouver, même en mentant comme un arracheur de dents, de quoi alimenter le truc de l'antisémitisme. Pas la moindre allusion au mot "juif". Eh bien, les professionnels de la délation, les sycophantes, en ont trouvé quand même ! M. Assouline a remarqué, sur son blog, que je traitais de "rats" les socialistes entrés au gouvernement Sarkozy, et, par voie de conséquence, Sarkozy lui-même, d'"homme aux rats".


Quelqu'un de très modérément cultivé sait aussitôt que j'entrelace ici, non sans une subtilité rhétorique qui mériterait des éloges, la métaphore des rats qui quittent le navire, la légende du joueur de flûte qui entraîne les rats hors de la ville, et le cas, décrit par Freud, de "l'homme aux rats" comme exemple type de l'obsession. M. Assouline est-il cultivé ? Il sait en tout cas où il veut en venir. Depuis la dernière guerre et les nazis (suivez mon regard), proclame-t-il, personne n'a plus traité qui que ce soit de rat. Par ailleurs, il y a des juifs dans la généalogie de Sarkozy. Donc... Vous voyez ? Hein ? Vous voyez bien ?


Le plus drôle est que le chef de file des intellectuels médiatiques commis à la Restauration, Bernard-Henri Lévy, saute sur l'occasion, sans citer du reste sa source, M. Assouline. Citons, nous, BHL (dans Le Monde du 22 juillet) : "Dans un livre récent, De quoi Sarkozy est-il le nom ?, Alain Badiou s'autorisait de sa juste lutte contre l'"immonde" pour réintroduire dans le lexique politique des métaphores zoologiques ("les rats"... "l'homme aux rats") dont le Sartre de la préface aux Damnés de la terre avait pourtant démontré, sans appel, qu'elles sont toujours la marque du fascisme."


Alors là ! Sartre ! Tout du long de l'essai fondamental Les Communistes et la paix, écrit au début des années 1950 (Les Temps modernes, 1952), il appelle "rats" les anticommunistes. Il le fait certainement avec d'autant plus de bonne humeur qu'il a été lui-même traité de "hyène dactylographe", non par les fascistes, mais par ses alliés communistes. Le même Sartre avait du reste prononcé la sentence fameuse : "Tout anticommuniste est un chien." Comme quoi, bien après la guerre, les animaux étaient mis à contribution de toutes parts...


Pendant la campagne électorale, Nicolas Sarkozy comme Ségolène Royal ont fait l'éloge de Tony Blair. Utilisant une comparaison chinoise, je les ai appelés des "blaireaux de la même colline". Blair, blaireaux... Que les délateurs prennent note : j'ai ajouté aux "métaphores zoologiques" l'ignominie des jeux de mots sur les noms propres. Aucun respect de la personne humaine.


Eh bien, finalement, je plaide coupable. J'utilise en effet sans remords les "métaphores zoologiques". Ce qui caractérise la politique, même si le capitalo-parlementarisme pousse sa domination jusqu'à vouloir nous le faire oublier, c'est qu'il y a des ennemis. Et pourquoi diable, si ce sont de vrais ennemis, me serait-il interdit de les injurier ? De les comparer à des vautours, à des chacals, à des butors, à des linottes sans tête, et même à des rats, à des vipères, lubriques ou pas, voire à des hyènes, dactylographes ou pas ? On ne peut pas toujours comparer les gens à des aigles, comme on l'a fait pour Bossuet, ni même à des boeufs, comme ce fut le cas pour le président du conseil Joseph Laniel, ou encore à des renards, comme c'était courant s'agissant de Mitterrand.


Et puis, mesdames, messieurs, un peu d'humour. A supposer que Ségolène Royal me fasse penser à une chèvre peinte et le premier ministre Fillon à une fouine endormie, ne croyez pas, quel que soit votre animal favori, qu'il faille grimper au plafond !


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Alain Badiou est philosophe.



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24 juillet 2008 4 24 /07 /juillet /2008 20:32

Un discours à Berlin, cinq petites heures à Paris, et un engouement qui ne se dément pas


LE MONDE | 24.07.08 - Services International et France

 


Source :
http://www.lemonde.fr/elections-americaines/article/2008/07/24/un-discours-a-berlin-cinq-petites-heures-a-paris-et-un-engouement-qui-ne-se-dement-pas_1076605_829254.html

 


B
arack Obama, candidat démocrate pour l'élection présidentielle américaine du 4 novembre, débute, jeudi 24 juillet, à Berlin, le volet européen d'une tournée internationale commencée en Afghanistan. C'est dans la capitale allemande, où il doit rencontrer la chancelière Angela Merkel (Union chrétienne-démocrate, CDU) et des membres du Parti social-démocrate (SPD), qu'il devait prononcer dans la journée l'unique discours de cette tournée, inspiré sans doute par le précédent de John Fitzgerald Kennedy, en 1963, dans une ville alors divisée.

 


Faute de pouvoir s'exprimer devant la porte de Brandebourg, un privilège réservé aux chefs d'Etat en exercice, M. Obama devait s'exprimer devant la colonne de la Victoire, à partir d'une tribune orientée vers la porte. L'endroit, qui sert habituellement de lieu de rassemblement pour les fans de football ou les manifestations syndicales, peut accueillir jusqu'à un million de personnes. Les représentants des démocrates à Berlin ont invité la population à venir assister à l'événement, qui sera retransmis en direct par trois chaînes de télévision allemandes. Plus de 700 policiers seront mobilisés.

 


L'importance accordée à Berlin tranche avec le peu de temps consacré à l'étape française puisque M.  Obama ne passera que quelques heures à Paris, vendredi, avant de partir pour Londres où il rencontrera, samedi, le premier ministre travailliste, Gordon Brown, son prédécesseur, Tony Blair, et David Cameron, chef d'une opposition conservatrice pourtant historiquement liée au Parti républicain. M. Brown souhaite en savoir plus sur les projets de retrait d'Irak de M. Obama.

 


A Paris, le candidat démocrate ne sera reçu que par le président de la République, Nicolas Sarkozy. Aucune rencontre n'est prévue avec des représentants de l'opposition française, en dépit des demandes qui auraient été formulées en ce sens auprès de son quartier général de Chicago.

 


ESPOIR ET FIERTÉ EN BANLIEUE

 


La brièveté de cette étape tranche avec l'engouement que continue de susciter en France la candidature du sénateur de l'Illinois, notamment auprès des Noirs, représentés depuis novembre 2005 par le Conseil représentatif des associations noires (CRAN). "Nous sommes le premier comité de soutien à Barack Obama", va jusqu'à dire Patrick Lozes, son président, qui, mardi 22 juillet, s'est envolé pour les Etats-Unis pour rencontrer les conseillers du candidat démocrate. "L'explosion de Barack Obama témoigne de la légitimité de notre combat en France et peut avoir une influence sur la situation française", assure le président du CRAN, qui espère que M.Obama ne se laissera pas "instrumentaliser" par M. Sarkozy. Il attend beaucoup de cette visite. "Le témoignage de la percée d'un Noir pourrait lever les inhibitions de tous ceux qui ne tentent plus rien du fait des discriminations, en leur montrant que tout est possible", juge Patrick Lozes.

 


Même s'il ne partage pas les revendications liées à la couleur de la peau, Yvan Castanou, pasteur d'une Eglise évangélique qui accueille principalement des Afro-Antillais, dans le Val-de-Marne, en convient : "Le fait qu'Obama soit un Noir suscite des espoirs ici et en Afrique."
En banlieue, à la fierté de voir un membre issu d'une minorité s'imposer s'est ajoutée, dans une partie de la communauté musulmane, la conviction que Barack Hussein Obama est musulman. "Chacun de ses gestes est interprété dans ce sens", explique Mohammed Henniche, secrétaire général de l'Union des associations musulmanes, de Seine-Saint-denis (UAM 93). "Certains sont persuadés que s'il ne met pas les pieds dans une mosquée, alors qu'il va dans les églises et les synagogues, c'est pour ne pas montrer qu'il est musulman", raconte-t-il.

 


M. Obama a assuré à plusieurs reprises qu'il était chrétien, membre d'une Eglise protestante de Chicago, qu'il a récemment quittée après les déclarations controversées de son ancien pasteur et d'un prêtre de la ville.



Musulman ou pas, "mieux vaut ne pas mettre l'accent là-dessus, car ce n'est toujours pas bien vu auprès de l'opinion publique américaine", juge Abdellali Mamoun, imam en région parisienne.

 

 

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24 juillet 2008 4 24 /07 /juillet /2008 16:34

L'UIMM a financé CGT et PS, assure un ancien responsable


 

PARIS (Reuters)

 

 


L'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) a financé de manière occulte le Medef, la CGT et des partis politiques, dont le PS, dans les années 80 et 90, a dit à un juge d'instruction un dirigeant patronal mis en examen

 

Dans sa déposition du 16 juillet publiée en partie dans Le Monde, Jacques Gagliardi, ancien bras droit de Pierre Guillen, délégué général de l'UIMM de 1985 à 1995, n'apporte pas de preuves directes et ne fournit pas de noms.


La présidente du Medef, Laurence Parisot, s'est dite satisfaite "de voir la justice et l'enquête progresser". Dans un communiqué, elle dit que les déclarations de Jacques Gagliardi la confortent "dans la démarche de transparence qu'elle a initiée il y a plusieurs mois."


Tout en regrettant que le secret de l'instruction n'ait pas été respecté, l'UIMM a pour sa part réaffirmé sa volonté de continuer à coopérer avec la justice. "Elle n'a pas de commentaire particulier à faire sur les éléments cités dans cet article qui concernant des faits passés", dit son président, Frédéric Saint-Geours, dans un communiqué.


Daniel Sanchez, secrétaire de la CGT, a quant à lui qualifié de "profondément scandaleuses" des affirmations qu'il voit comme une "opération de diversion". Jacques Gagliardi rapporte le plus souvent des propos de son ancien patron, mort le 2 juillet. "On fait parler un type que personne ne connait et cite quelqu'un qui est mort deux semaines avant", relève Daniel Sanchez.


COMITÉ DES FORGES


Selon l'extrait de sa déposition publié dans Le Monde, Jacques Gagliardi a dit "qu'un représentant du CNPF (l'ancien nom du Medef) venait régulièrement s'alimenter en munitions. Cette personne repartait avec sous le bras un paquet de la dimension d'une boite de chaussures".


Sur le financement supposé de la CGT, il explique : "(Pierre Guillen) m'en avait parlé en me disant qu'il donnait des sommes en liquide à des syndicats. Il m'en avait parlé du reste à propos de la CGT parce que c'était une première, car à ma connaissance et à la sienne aussi, la CGT ne recevait pas d'argent de l'UIMM avant lui".


"Concernant la CGT, il m'avait dit qu'il leur donnait quelques centaines de milliers de francs tous les ans", ajoute-t-il.


Prié de dire si les syndicats CFDT et FO étaient financés de la même manière, Jacques Gagliardi répond : "vraisemblablement. M. Guillen m'en a peut-être parlé de façon épisodique".


Il dit aussi croire que l'UIMM et son prédécesseur, le Comité des forges, finançaient les partis politiques depuis toujours, sauf le Parti communiste : "cela consistait en de la distribution d'argent en espèces à des hommes politiques de tous bords, hormis le parti communiste".


"A l'époque, il n'y avait pas d'extrême droite, mais des membres du Parti socialiste y participaient pleinement comme bénéficiaires, y compris Mitterrand", assure Jacques Gagliardi.


L'instruction conduite par le juge Roger Le Loire concerne des retraits en espèces d'une vingtaine de millions d'euros des comptes de l'organisation de 2000 à 2007.


L'ancien patron de l'UIMM Denis Gautier-Sauvagnac est mis en examen pour "abus de confiance, recel d'abus de confiance et travail dissimulé", ainsi que plusieurs autres dirigeants patronaux. Tous ont refusé de nommer les bénéficiaires de l'argent retiré, tout en expliquant qu'il s'agissait d'organisations "participant à la vie sociale" du pays.

 

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23 juillet 2008 3 23 /07 /juillet /2008 17:34
Wangari Maathaï : "Je rêve qu'en replantant des millions d'arbres, on oriente l'Afrique vers la paix"



LE MONDE | 22.07.08 | 14h14  •  Mis à jour le 22.07.08 | 14h35


 
  J'ai longtemps cru que le monde était une vallée de terre riche, dominée par les contreforts des monts Aberdore et au nord par le mont Kenya. Je pensais que les acacias au feuillage mince et dur, les torrents vivaces et purs où nous allions chercher l'eau étaient éternels. Et j'imaginais que les champs où ma mère me déposait, enfant, pour mieux ramasser le managu, ce légume vert sauvage qui accompagnait nos gâteaux de maïs, seraient toujours fertiles. A mes yeux, cette vallée du Rift où mon père travaillait dans la ferme d'un colon britannique était l'univers tout entier. Et cet univers avait la couleur des forêts. Il avait l'odeur des épices et du pyrèthre. Il avait aussi ses lois.

 

Après la seconde guerre mondiale, de nombreux soldats de l'armée britannique avaient été récompensés en recevant des terres dans les lointaines colonies. Les peuples indigènes, systématiquement évincés, avaient cependant droit à un petit lopin pour faire vivre leur famille lorsqu'ils acceptaient de travailler pour les Blancs. C'était le cas de mon père, venu des montagnes, et issu d'un peuple robuste, travailleur et, du fait du climat en altitude, insensible à la malaria. Toute sa vie, il a travaillé à Nakuru pour le même propriétaire blanc, M. Neylan, au point de le considérer avec déférence comme un ami. Je ne suis hélas pas certaine que M. Neylan pensait à mon père dans les mêmes termes...


De chez moi, on pouvait apercevoir les neiges du mont Kenya, à 5 000 mètres d'altitude. Il y en avait encore beaucoup à cette époque. Et mon peuple, les Kikuyu, respectueux de cette majesté qui émergeait parfois des nuages, considérait la montagne comme sacrée. Dieu, "Wanenaga", y habitait, disait-on avec respect. Mais la montagne n'abritait pas seulement "Wanenaga". Elle apportait aussi l'eau. Trois cents sources en jaillissaient, alimentant la plus large rivière du Kenya, la Gura. Il faut que vous imaginiez la puissance tumultueuse de ces flots, alors ! Le fracas des pierres qui roulaient ! La largeur impressionnante de la rivière ! Nous prenions l'eau aux sources. La nourriture était abondante, à portée de main, dans la nature si généreuse qui nous environnait. Je n'avais qu'une ou deux robes, nous n'avions pas l'électricité dans notre case, mais jamais nous ne nous sommes sentis pauvres.


Si je vous décris ces paysages, c'est parce qu'ils ont aujourd'hui disparu et que cette perte est une menace mortelle pour le Kenya, l'Afrique et peut-être le monde.


Un peu avant l'indépendance, en 1963, la classe politique kényane s'est attachée à former une nouvelle élite et a décidé, en association avec la fondation américaine Kennedy, l'envoi d'étudiants africains aux Etats-Unis. Ce fut ma chance. Très bonne élève d'une institution catholique de Nairobi, j'ai été sélectionnée et me suis envolée pour New York en 1960. J'en suis revenue six ans plus tard, bardée d'un diplôme de sciences et de biologie, et métamorphosée. J'avais acquis de l'assurance et la force de soulever des montagnes. Cela tombait bien. A mon retour, mon Kenya tant aimé était méconnaissable.


Les terres où vivaient mes parents avaient été réunies par le remembrement. Les talus et les buissons coupés. Les arbres avaient disparu. Les forêts de bambous épaisses et profondes, peuplées autrefois de singes columbus superbes avec leurs longs poils noir et blanc, avaient été brûlées pour dégager des terres cultivables.


A Nairobi, où j'enseignais à l'université, je fréquentais les mouvements féministes qui essaimaient en Afrique dans les années 1970. On y trouvait des femmes très éduquées comme moi, mais aussi des analphabètes venues de la campagne. Lorsque ces dernières m'ont dit qu'elles n'avaient plus assez d'eau potable, ni de petit bois pour le feu, ni de nourriture pour leurs enfants, lorsqu'elles ont parlé de l'abattage des arbres et des champs de thé, j'ai compris que quelque chose de grave s'était produit. Ces paysannes, qui venaient parfois des régions mêmes de mon enfance, se plaignaient toutes de la pauvreté. De la dureté du quotidien. De l'assèchement des terres. La rivière Gura, si pure et si tumultueuse autrefois ? L'eau y était désormais noire, les pierres figées, le débit faible.


Jusque-là, les Britanniques avaient remplacé une partie de la forêt indigène par des plantations d'espèces plus lucratives comme le pin, importé de l'hémisphère Nord, ou l'eucalyptus, venu d'Australie. Mais, depuis l'indépendance, les paysans étaient libres de planter des cultures qui leur avaient été autrefois interdites, comme le thé et le café, bien plus rentables à l'exportation. Et la déforestation s'était donc intensifiée, accentuant encore l'érosion.


Lorsque les destructions ont progressé vers la montagne, personne n'a protesté. Cela faisait tant d'années que les missionnaires, complices de tous les pouvoirs successifs, raillaient le mysticisme africain, que nos mythes les plus sacrés s'étaient effondrés. A quoi bon protéger une montagne dont personne ne croit plus qu'elle abrite Dieu ? Notez pourtant ce chiffre stupéfiant : à l'époque de la colonisation britannique, 30 % du territoire étaient couverts par la forêt. Aujourd'hui, la forêt représente à peine 2 % des terres. Mon rêve s'est donc dessiné peu à peu avec la disparition des arbres et la fonte des neiges du mont Kenya. Oh, il a commencé modestement, et sur une idée toute simple : à ces femmes qui décrivaient leurs champs devenus infertiles, j'ai proposé de replanter des arbres. C'était en 1974, et je n'avais alors pas de stratégie très élaborée. Mais je suis allée voir un forestier et j'ai réclamé des plants. Quinze millions. Il a ri. "Quinze millions ?" "Nous sommes 15 millions de Kenyans. Un Kenyan, un arbre."


Et nous avons monté une organisation avec les femmes. Nous avons organisé les pépinières. Et puis le transport des arbres, des pépinières jusqu'aux bordures des champs où ils devaient "habiller" les terres en formant une "ceinture verte" qui permettrait de limiter l'érosion, de faire revivre la faune et peu à peu de reconstituer la forêt. Il a fallu encore convaincre les fermiers de planter un arbre qu'ils ne verraient peut-être jamais adulte, leur donner un petit pécule et transformer ainsi cet acte écologique en moyen de subsistance. Mais notre mouvement, La ceinture verte, était né.


Comment planter sans mobiliser des groupes de fermiers, sans éduquer les femmes, sans parler de la destruction de l'environnement ? J'avais considéré le problème sous son aspect pratique. Il est vite devenu politique et, sans même que nous le voulions, passablement subversif. Car les questions plus sensibles sont vite arrivées : "Quand avons-nous perdu nos valeurs et la connaissance de la nature ? Qui nous a poussés à détruire ce qui pourtant nous nourrit ? Et dans quel but ?"


Beaucoup de terres avaient été privatisées dans les années 1980, et les forêts rasées. Chaque année, une partie des biens nationaux continuait d'être ainsi dilapidée dans un système où la corruption était maîtresse. Il a donc fallu dénoncer le pillage de notre terre par ceux-là mêmes qui étaient censés la protéger. Désigner les bénéficiaires et les responsables, c'est-à-dire essentiellement le gouvernement. Cela fit de nous des gens dangereux. Et nous avons commencé à être persécutés.


Nous avons été arrêtés plusieurs fois. Nos manifestations ont été interdites. Des procès nous ont été intentés. Mais La ceinture verte était devenue si populaire que j'ai dû organiser la récolte des fonds nécessaires à des plantations plus massives encore. Rien ne pouvait m'arrêter.


Quand on m'appela, un matin d'octobre 2004, pour m'annoncer qu'on m'attribuait le prix Nobel de la paix, je suis tombée des nues ! La paix ?... Oui, la paix. Et c'est bien de cela, au fond, qu'il s'agit. Détruire l'environnement affecte les conditions de survie des hommes et fournit le cadre de conflits potentiels. Paix, gestion durable des ressources et bonne gouvernance sont indissociablement liées. Y a-t-il meilleur symbole de paix et d'espoir qu'un arbre vivant ?


Alors je rêve que les Africains comprennent que la protection de la nature préservera d'abord leur autonomie et leur capacité à se nourrir. Je rêve que l'Afrique se dote de dirigeants compétents et en finisse avec ces corrompus qui privatisent, détruisent les territoires et sèment la guerre. Je rêve que le pouvoir, si clairvoyant sur l'intérêt des bûcherons, des promoteurs immobiliers et des compagnies de téléphone, cesse d'être aveugle devant ces étendues de cèdres et d'eucalyptus asséchées. Je rêve que l'Eglise nous offre, de mission en mission, de prêtre en prêtre, un précieux réseau d'éducation populaire. Je rêve enfin que l'on continue de replanter des arbres, par milliers, par millions, et qu'en retrouvant ses forêts, ses couleurs, l'Afrique découvre la démocratie et la paix.

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23 juillet 2008 3 23 /07 /juillet /2008 17:21

La « justice internationale » à deux vitesses

La tête d’El Bechir sous l’épée de Damoclès !

 

 Par Chérif BOUDELAL


 Le « Tribunal pénal international » a accouché d’une petite souris et ce, après des « contractions douloureuses » dont l’accoucheur a une histoire pas très heureuse. Le maître « chanteur » qui tire les ficelles manipule le procureur pour lui trouver une sortie quelque peu « victorieuse » après s’être empêtré dans un bourbier en Irak et en Afghanistan qui lui rend la vie malheureuse ! Pauvre Bush qui n’arrive pas à sortir du gouffre avant le son des cloches !


 Moreno Campo a demandé aux juges d’inculper le président soudanais en personne, Omar El-Bechir, soupçonné d’avoir commis des « crimes contre l'humanité » et « crimes de guerre » au Darfour. Dans le même temps ce même procureur ferme les yeux sur les criminels américains et israéliens contre lesquels pèsent pourtant, non pas des soupçons mais des charges, avec des preuves incontestables de crimes de guerre et crimes contre l’humanité, en Irak, en Afghanistan, au Liban et en Palestine.


 Les USA ont détruit tout un pays, l’Irak. Ils ont tué ou provoqué la mort de plus d’un million de personnes et poussé à l’exil quatre millions irakiens. Ils ont assassiné ou fait assassiner plus de 1.000 savants et universitaire irakiens : George W. Bush n’avait pas menacé l’Irak de le faire revenir à l’Âge de pierre ? Ou encore le viol et l’assassinat de jeunes filles que les soldats américains pratiquent systématiquement en Irak. Mais aussi les enlèvements et tortures d’innocents par les services secrets US, dans les prisons secrètes, pour la simple raison qu’ils soient Arabes ou Musulman, en pratiquant le piratage d’un autre âge de la barbarie ! Mais tout cela n’a pas dérangé la conscience de Mr Moreno-Campo et de ces collègues de ce Tribunal dit international.


 Israël ! Pas vu par Mr Moreno Campo non plus !


 Israël, quant à lui, commet tous les jours des crimes contre les Palestiniens au vu et au su de tous : les assassinats,
la décimation de familles entières par des bombardements aveugles, les tirs sur les journalistes et les ambulanciers, les tentatives d’affamer un million et demi de Palestiniens à Gaza ; la destruction de maisons, voire de quartiers entiers ; la destruction d’infrastructures, des récoltes, l’implantation des colonies sur les terres des Palestiniens pour les pousser à quitter leur pays, etc. Ou encore la construction du mur de la honte, condamné
pourtant par l’ONU et par sa Cour de Justice de La Hayes (entre autres). Mais Mr Moreno-Campo, apparemment, n’en a jamais entendu parler !


 Ou encore les millions de bombes déversées par l’aviation israélienne sur les populations civiles au Liban en 2006 dont la majorité d’entre elles prohibées par les conventions internationales (telles les bombes à fragmentation) livrées par les USA qui prétendent être le modèle de la justice et de la démocratie sur la planète !) Des quartiers et villages libanais entiers ont été rasés, les infrastructures détruites de ce pays souverain. Les bombes à fragmentation tuent et blessent des libanais et leurs bêtes tous les jours depuis deux ans. Tous ces crimes de guerre et crimes contre l’humanité n’ont pas attiré l’attention de Mr Moreno-Campo, mais il est allé chercher le président soudanais à Khartoum pour l’inculper afin de faire plaisir à George Bush !


Les USA, qui n’ont pas signé les conventions de ce tribunal comme le Soudan d’ailleurs, refusent que leurs soldats qui ont commis des crimes soient traduits en justice devant ce tribunal réservé aux seuls « dissidents » du tiers-monde. Cependant, les USA se permettent d’« étudier » le cas de Omar El Bechir ! Même si nous sommes d’accord pour condamner tous les criminels, quel que soit leur statut et leurs origines, nous ne pouvons pas accepter que ce soit ceux qui ont commis de pires crimes contre des peuples qui en soient les juges.


 De quel droit les criminels et leurs valets qui travaillent au sein de ces instances dites internationales peuvent condamner d’autres personnes pour leurs actes ? De quel droit les assassins des peuples innocents et leurs complices se permettent de parler de la justice ? De quel droit ceux qui ont affamé le peuple palestinien pour avoir choisi ses dirigeants ou ceux qui ont observé le mutisme sur la tentative de son extermination par la famine et les maladies peuvent parler de la démocratie ? Les uns comme les autres ne sont pas autorisés moralement à parler de ces vertus universelles dont seuls ceux qui les honorent ont le droit d’en parler. Et combien y a-t-il d’hommes et de femmes dans ce monde qui méritent d’être honorés pour leur opposition aux politiques criminelles des nouveaux barbares qui veulent répandre leurs tentacules sur tous les pays de la planète pour mieux dominer leurs peuples ?


 Nous pouvons affirmer aisément, et avec conviction, si Omar El Bechir a effectivement commis des crimes contre son peuple il doit être poursuivi, non pas par ceux qui ont les mains immaculées de sang ou leurs complices notoires, mais par une vraie Justice qui doit être neutre et ne fait aucune exception entre les criminels ; mais il faut d’abord que cette Justice existe. Ensuite, celle-ci doit commencer par juger les criminels par ordre d’ancienneté et d’importance. Et dans ce cas précis, les premiers criminels qui doivent être jugés sont les dirigeants des USA et d’Israël pour les crimes de guerre et crimes contre l’humanité, aussi bien en Palestine, en Irak qu’en Afghanistan.


 Mr Moreno Campo a déclaré, dans la foulée, que «Le crime de génocide est un crime d'intention ». Si Campo était sincère et impartial, il aurait déclaré les dirigeants des gouvernements américain et Israélien comme des génocidaires pour leurs crimes et leurs déclarations publiques visant à exterminer une partie des peuples palestinien et irakien. George Bush avait émis son intention de faire reculer l’Irak à l’âge de pierre, et le résultat est palpable sur le terrain. Israël fabrique des armes biologiques qui peuvent exterminer des millions de personnes en quelques heures ! Le ministre de la guerre israélien (mais aussi d’autres dirigeants israéliens) avait menacé de commettre un holocauste contre les habitants de Gaza. Et sa déclaration avait été suivie par des actes : bombardement des populations civiles et leur enfermement pour les laisser mourir de faim, de soif et de blessures et de maladies.


Il est évident que cette mascarade de Campo est orchestrée par Israël et les Etats-Unis d’Amérique. Ce sont eux qui tirent les ficelles, alors qu’ils refusent eux-mêmes que leurs soldats criminels ou leurs dirigeants instigateurs des crimes pratiqués par leurs armées, comparaissent devant cette juridiction dont ils ne sont pas signataires des conventions. Ce n’est pas par hasard que ce tribunal ne s’attaque qu’à ceux qui sont opposés à la politique impérialiste des USA et d’Israël.


 Imagine-t-on une attaque US contre le Soudan ?


Va-t-il y avoir une attaque de la « coalition internationale », à la manière de celle de l’Irak, contre le Soudan ?

C’est possible puisque George Bush, faute de pouvoir réaliser son rêve contre l’Iran, par peur de subir une défait humiliante, il aimerait bien substituer son humiliation en Irak par « une victoire » contre le Soudan aux yeux de son peuple - ou du moins de ceux qui le soutiennent dans ses crimes en son sein. Souvenons-nous, à chaque fois que l’ONU évacue son personnel d’un pays en conflit avec les USA, l’attaque de ces derniers vient juste après.


Et l’ONU a annoncé, ce lundi 14 juillet, l'évacuation de son personnel « non essentiel » qui opère conjointement avec l’Union Africaine au Soudan. Doit-on considérer cette évacuation comme un « flaire » de Ban Ki-Moon ou bien une simple manœuvre de dissuasion ? L’avenir nous le dira mais, quel que soit le résultat, l’Administration américaine ne sera plus jamais vainqueur nulle part dans le tiers-monde car George Bush a réussi à lui attirer la haine des peuples et de quelques uns de leurs dirigeants.


 Le test d’abord et l’exécution après


Pour mettre à genou le dernier front du refus de l’impérialisme du camp socialiste en Europe, la Yougoslavie , « la coalition internationale » s’est employée pour disloquer la structure sociale et politique de ce pays. Puis elle a créé le TPI pour juger ses dirigeants et donner l’impression au monde que son but était de défendre les musulmans bosniaques et kosovars.


Après cette « victoire », le TPI s’est manifesté à nouveau au Soudan pour « défendre » les habitants de Darfour, alors que c’est le pétrole qui irrite le plus les narines de Bush et ses bouchers.


 Pour se faire une virginité auprès de ses maîtres, le procureur de ce TPI, Luis Moreno Campo, veut augmenter ses honoraires en cherchant un bouc émissaire pour le sacrifier avant la fin du mandat présidentiel de G.W. Bush. Alors il commence par prendre la température auprès des régimes arabes, en commençant par analyser l’« ADN » du président soudanais. Si la mission réussit, il passera, ensuite, à la casserole tous les dirigeants du tiers-monde qui ne rampent pas à plat ventre devant les impérialistes Yankees.


 Dans l’hypothèse d’une victoire sur El Bechir du Soudan, viendra certainement le tour d’Evo Chavez du Venezuela, d’Ahmadi Najed d’Iran (l’ennemi numéro un des USA et d’Israël) en passa par les Castro de Cuba et Evo Morales de Bolivie, pour « pacifier » le tiers-monde. Et pourquoi pas, plus tard, les Poutine de Russie qui s’opposent à l’installation des missiles US à leurs frontières - là aussi c’est un test de haute importance pour l’impérialisme américain qui prétend vouloir « protéger » ses amis européens du « géant » iranien !


Jusqu’à quand les moutons resteront aussi naïfs et suivront le « guide » qui les mène à l’abîme ?

 

Pour lire mes articles, il suffit de taper "chérif BOUDELAL Blog"

 

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23 juillet 2008 3 23 /07 /juillet /2008 17:11

Entouré de quatre avocats, Jérôme Kerviel change de stratégie


 

PARIS (Reuters)

 


 
L'ancien trader de la Société générale Jérôme Kerviel, confronté mercredi à un de ses supérieurs hiérarchiques, entend changer de stratégie et mettre en cause d'autres personnes, a dit sa conseillère.

 

Signe de sa détermination, le trader que la banque rend responsable de la perte historique de 4,9 milliards d'euros est arrivé au pôle financier de Paris entouré de quatre avocats.


Alors que l'enquête se dirigeait vers son terme, il veut désormais demander de nouvelles investigations et l'extension des poursuites à certains de ses ex-responsables, a expliqué sa nouvelle conseillère en communication Patricia Chapelotte.


"Jérôme Kerviel a souhaité changer de stratégie de défense. Il souhaite que la lumière soit faite sur cette affaire, il ne souhaite pas être le bouc émissaire d'une affaire qui le dépasse totalement", a-t-elle dit aux journalistes.


"Il souhaite que l'on sache comment fonctionnent les salles de marchés, qu'on puisse connaître la vérité et montrer qu'il n'était pas forcément le seul responsable de cette affaire", a-t-elle ajouté.


Jérôme Kerviel devait être confronté toute l'après-midi à Christophe Mianné, patron du pôle "actions et dérivés" de la banque à l'époque des faits, un de ses supérieurs hiérarchiques.


Aux quatre avocats présents - Francis Tissot, Bernard Benaiem, Caroline Wassermann, Guillaume Selnet - s'ajoutent Eric Dupond-Moretti et Eric Hemmerdinger, absents ce mercredi.


"SITUATION PARADOXALE"


Christophe Mianné est arrivé également entouré de quatre avocats qui se sont étonnés de la stratégie de Kerviel.


"On est surpris, quand quelqu'un affirme qu'il est innocent, de penser qu'il puisse avoir envie que la procédure dure. En général, quand on est dans cette situation, surtout quand on est jeune, on a plutôt envie que la procédure soit brève, pour pouvoir retravailler", a dit Me Jean Veil, l'un d'entre eux.


"C'est une situation relativement paradoxale (...) Je pense que ses avocats se trompent", a-t-il ajouté.


Libéré le 18 mars dernier de prison après 38 jours de détention, Jérôme Kerviel est le seul mis en examen de cette affaire pour "faux, abus de confiance" et intrusion informatique.


Il a reconnu lors de l'instruction avoir pris des engagements de 50 milliards d'euros, donc bien au-dessus des 125 millions d'euros théoriquement autorisés, tout en les dissimulant par des faux, mais a assuré que cette pratique était courante et que sa hiérarchie fermait les yeux.


Des investigations à la banque et des témoignages, notamment d'employés du "gendarme" financier du marché de produits dérivés Eurex, ont montré que les procédures de contrôles avaient été défaillantes.


La Société générale a ignoré ou omis de tenir compte d'avertissements répétés - un rapport interne à la banque a parlé de 74 alertes - sur les engagements de son trader.


C'est la banque qui a provoqué directement la perte de 4,9 milliards d'euros en liquidant entre le 21 et 23 janvier, en plein "krach" boursier mondial, les engagements. L'enquête a montré que les agissements de Jérôme Kerviel duraient depuis plusieurs années et avaient rapporté à la banque 1,4 milliard d'euros le 31 décembre 2007.


Une expertise psychiatrique a conclu que Jérôme Kerviel était sain d'esprit et avait agi par pur intérêt professionnel. Le parquet a demandé dernièrement la mise en examen de son assistant, qui aurait participé à ses manoeuvres, mais il n'envisage pas d'autre mise en cause pénale.

 

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23 juillet 2008 3 23 /07 /juillet /2008 17:06

Quelques nouvelles de la lutte de MAN BTP. Toujours pas trop d'avancées dans les revendications.

 

Trois camarades ont été arrêtés alors qu'ils sortaient du local SOLIDAIRES.

 

TRAORE Oumar et DION Dieudonné sont toujours en Centre de rétention à Cité, ou on peut dire qu'ils vont mal. D'autant que l'un d'entre eux a appris un décès d'un proche familial au pays.

 

Adama FOFANA est 'libéré' mais toujours sous la menace d'un IQT. Le Tribunal Administratif ayant rejeté son appel du 35 ter.

 

Lors de l'entretien fait au sein du Consulat du Mali, l'un des frères était questionné en Bambara uniquement. Il a exigé d'être interrogé en Français pour éviter qu'on dise qu'il mente. Une fois de plus, il faut en finir avec la complicité des états africains dans le traitement inhumain réservé aux sans papiers.

 

La lutte continue de plus, en plus.

 

Un appel spécial aux Camarades de Paris : VENEZ TOUS LES JOURS ET SOIRS SOUTENIR VOS FRERES DE MAN BTP - 5 rue Saint Vincent de Paul - Paris 10ème - métro Gare du Nord.

 

POUR CEUX DE PROVINCE : Vous pouvez soutenir ceux qui luttent auprès de chez vous.

 

Mariam SERI SIDIBE

 

 

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22 juillet 2008 2 22 /07 /juillet /2008 19:21

Collectif Contre l'Islamophobie en France

Arrêt du Conseil d'Etat concernant le refus d'octroi de la nationalité :
Entretien du CCIF avec les membres de la famille



Après que le Conseil d'Etat ait décidé à travers son arrêt en date du 27
juin2008 de confirmer la décision du ministère des affaires sociales de
refuser  la nationalité française à l'épouse d'un ressortissant français au
motif « d'une pratique radicale de sa religion », le CCIF a souhaité en savoir
plus sur cette affaire en prenant contact avec la famille. Le CCIF n'a pas
pour vocation de faire l'apologie d'une tenue ni de la dénigrer d'ailleurs. Il
s'inscrit uniquement sur le plan du droit et des libertés.

En l'espèce, il s'agissait de comprendre quelles informations ont été
retenues par le Conseil d'Etat pour motiver sa décision.

Nous nous sommes rendus au domicile de la famille. Nous avons tout de
suite été touchés par l'accueil, la gentillesse, la générosité,  la modestie et
la simplicité de chacun. La discussion était intéressante, diverse voir
contradictoire dans le respect des opinions de chacun.

La première question qui nous venait à l'esprit était de savoir les raisons
pour lesquelles ils ne voulaient pas rencontrer les journalistes ? Cela aurait
pu constituer une opportunité pour s'exprimer devant l'opinion publique. Ils
en reçurent certains nous précisent ils mais ils ne voulaient pas accorder
leur confiance à d'autres parce qu'ils « déforment les propos et nous
n'avons aucune possibilité de vérifier ce qui va être dit sur notre compte
par la suite».

Trois heures de discussion ne nous ont pas permis de déplorer des propos
ou des attitudes que l'on pouvait qualifié objectivement de radicales. Nous
avons alors demandé ce qui avait pu selon eux motiver la décision du
Conseil d'Etat.
La réponse ne semblait souffrir d'aucun doute. Les conclusions des rapports
de polices et sociaux indiquent que le comportement en société de madame 
est considéré comme incompatible avec les valeurs essentielles de la
communauté française.

Madame F. s'exprime très bien en français. Elle est mariée à un français.
Elle vit depuis huit ans  en France et elle n'a pas revu son pays d'origine
depuis six ans.  « J'aime ce pays » dit-elle. On peut le croire aisément
puisqu'elle a fait le choix de venir y vivre. Elle y a d'ailleurs toutes ses
attaches. Ses parents vivent également en France depuis trente six ans et
ses frères et soeurs ont eux-mêmes  la nationalité française. Cette
situation permettrait presque à elle seule de comprendre qu'elle veuille
rejoindre le destin commun d'une famille qui a choisi de faire de la France
son pays d'adoption et de coeur.

Elle portait le voile avant de se marier et de venir en France contrairement
à ce qui a été dit et surtout souligné dans le rapport d'enquête.
L'apprentissage en commun de la religion musulmane l'a amené ainsi que
son mari à plus d d'orthodoxie dans leur pratique personnelle mais cela n'a
eu aucune incidence dans leurs rapports avec les autres. Nous avons dit
orthodoxie et pas radicalité car ce dernier  suppose que cette femme vit
recluse, sans contacts extérieurs.
C'est d'ailleurs ce que le rapport de la Direction Départementale des
Affaires Sanitaire et Sociale (DDASS) avance.

La tenue : élément central d'appréciation

Madame F porte désormais le niqab et non pas la burqa comme l'affirme la
DDASS.
Mais cette dernière ne pouvait pas le savoir étant donné que l'entretien que
ses agents ont eu avec Madame F s'est déroulé à son domicile et qu'elle
était alors « habillée à l'européenne » (sic). Elle leur a sûrement expliqué
comment elle s'habillait à l'extérieur mais ils ont imaginé un « visage
grillagé »(sic). Leur imagination les a-t-elle mené consciemment ou non à
faire un lien avec les femmes d'Afghanistan que l'on voit dans les médias ?
La responsable du bureau de la nationalité qui rencontre Madame F dans
son bureau ne fait pas cette erreur et ne relève donc pas ce « grillage ».
Mais elle décrit avec minutie (longueur, couleur etc) la tenue avec laquelle
Madame F s'est présentée. L'importance qui est donnée dans les différents
rapports à la tenue vestimentaire non seulement de Madame mais
également de Monsieur (totalité du rapport des services de police, plusieurs
paragraphes dans les rapports des services sociaux et administratifs)
suppose que pour être français il est préférable d'être habillé à la
convenance des autorités administratives que de
savoir s'exprimer dans la langue du pays dont on souhaite acquérir la
nationalité. A tel point que le rapport tient à préciser que Monsieur est vêtu
d'un pantacourt resserré au dessus des chevilles mais surtout que sa barbe
est « d'une largeur approximative de deux mains » !!!! A partir de quelle
taille la barbe serait acceptable pour qu'une conjointe puisse obtenir la
nationalité française ?

Pourquoi tant d'insistance sur la tenue de ce couple ? Ce sont des
informations qui n'auraient pas suffit à fonder une décision de refus mais
les rapporteurs devaient être convaincus que les préjugés entourant cette
tenue ne pouvaient laisser insensible l'opinion voir les juges de
l'administration.

Le mode de vie du couple

C'est le point crucial de cette enquête qui aurait motivé le refus. L'enquête
sociale semble avoir été faite en plusieurs temps. Une première enquête
avec un rapport succinct indique que Madame F  communique aisément, lit
et écrit le français. Elle est même considérée comme suffisamment
assimilée pour accomplir seule les démarches de la vie courante !! Dans le
paragraphe consacré à l'insertion dans la communauté française il est
indiqué que Madame F vit dans un milieu composé de nationalités
différentes et que les échanges se font en français.

Cependant, l'enquêtrice ne semble pas apprécier que Madame F ne soit pas
inscrite dans un club sportif !! En effet, Madame F explique que de
s'occuper de ses trois enfants en bas âge ne lui laisse pas beaucoup de
temps pour se consacrer au sport dans un club même si elle en  fait chez
elle. D'ailleurs, cette impossibilité n'est pas seulement appliquée au sport
puisqu'elle précise que pour les mêmes raisons elle n'a pas d'engagement
religieux non plus. A l'heure où l'on considère que certains parents ne sont
pas assez sensibles à l'éducation de leurs enfants, cette qualité essentielle
ne semble pas servir Madame F.

Dans le rapport faisant suite à une enquête complémentaire, nous
apprenons que le couple prend ses décisions ensemble, que madame sort
souvent seule ou avec ses enfants, qu'elle conduit le véhicule de la famille,
qu'elle fait les achats seule et utilise la carte bancaire et qu'elle n'a pas de
problèmes de couple. Le couple indique voir des films de cinéma en famille.
Madame maîtrise l'outil informatique et est à l'aise avec internet.

Elle ne travaille pas parce qu'elle s'occupe de ses enfants mais aimerait un
jour avoir une activité professionnelle.

Mais l'enquêtrice ne semble pas se satisfaire des réponses de Madame F
qui était selon elle « à l'aise pendant l'entretien ». Elle souhaite interroger
le mari seul.  L'entretien avec le mari allait il avoir une incidence sur le
jugement de l'enquêtrice ? En tout état de cause les réponses du mari qui
lui précise se rendre régulièrement à la prière, considérer que l'égalité
entre les hommes et les femmes et le droit de vote sont des points positifs,
que l'islam lui semble mal compris en France, ne semblent pas convenir à
l'enquêtrice. Elle n'a pas ressenti la même chose pour Monsieur. Elle
considère qu'elle a été obligée d'insister pour obtenir des réponses précises
puis conclut son rapport en indiquant que « compte tenu du doute ressenti,
je maintiens l'avis défavorable ».

Provocation ?

Mais le plus choquant d'un point de vue déontologique est la demande de
l'enquêtrice qui, après avoir invité le couple à s'asseoir, demande à
Madame F de bien vouloir retirer son voile. Madame F  s'est exécutée et à
ce moment est entré dans le bureau un homme prétextant la recherche
d'un dossier !
Visiblement cette manoeuvre était destinée à observer  la réaction du
couple. Ne semblant  pas convaincue par la réaction du couple, l'enquêtrice
s'est alors permis de demander une fois seule avec Madame F, si cela ne l'a
pas gêné. En tout état de cause, ce genre de provocation est indigne d'une
administration qui se dit respectueuse de tous.

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tel + 33 6 09 18 58 71

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