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18 juin 2008 3 18 /06 /juin /2008 18:58
Une filière nucléaire secrète nord-coréenne en Syrie

LE MONDE | 18.06.08 | 11h41  •  Mis à jour le 18.06.08 | 12h37

VIENNE, ENVOYÉE SPÉCIALE


ue se tramait-il à Al-Kibar? Détruit le 6 septembre 2007 par un raid de l'aviation israélienne, ce site au milieu du désert, dans l'est de la Syrie, doit être pour la première fois visité, du 22 au 24 juin, par des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Ayant la forme d'un bâtiment cubique de 21mètres de haut, il abritait, selon une présentation faite le 24 avril par les agences de renseignement américaines, un réacteur nucléaire clandestin construit selon le modèle du réacteur nord-coréen de Yongbyon.

 


D'après nos informations, l'AIEA détient des données, provenant de plusieurs sources non américaines, qui appuient cette analyse.


Certaines de ces informations sont des photographies satellite fournies par différents pays. D'autres sont tirées des investigations que l'AIEA a effectuées par le passé sur les activités nucléaires de la Corée du Nord. D'autres encore viennent des recherches menées par l'AIEA sur les réseaux clandestins d'acquisition d'équipements nucléaires dans le monde.


Après la Libye et l'Iran, la Syrie, dont le président Bachar Al-Assad est invité à Paris en juillet, est le troisième cas de prolifération au Proche et au Moyen-Orient.



Le dossier Al-Kibar – qui s'annonce comme l'une des grandes énigmes nucléaires de ces dernières années – survient à un moment particulièrement délicat dans les enjeux diplomatiques au Proche-Orient. La Syrie est engagée dans des pourparlers indirects avec Israël. Son président, Bachar Al-Assad, a récemment envoyé des signaux aux Occidentaux suggérant qu'il cherche à rompre son isolement international.

 


Le cas syrien a une particularité : alors que la Libye et l'Iran s'étaient adressés, pour leurs fournitures secrètes en technologie nucléaire, au réseau clandestin du Pakistanais Abdul Qadeer (A.Q.) Khan (le "père" de la bombe atomique pakistanaise), c'est à la Corée du Nord que la Syrie a fait appel pour se doter clandestinement de ses équipements. L'enquête de l'AIEA sur la Syrie pose ainsi la question de l'existence d'un "marché noir" nord-coréen du nucléaire. Le périmètre exact de la coopération nord-coréenne avec la Syrie et la possibilité que d'autres pays aient pu bénéficier de ce genre d'assistance fournie par Pyongyang sont au centre des inquiétudes.


Deux questions centrales vont occuper les inspecteurs de l'AIEA : d'où le combustible pour le réacteur d'Al-Kibar était-il censé venir? Et y a-t-il en Syrie une installation secrète de retraitement du combustible usé? Le retraitement est une technologie qui permet de produire du plutonium utilisable dans la fabrication d'une arme nucléaire. C'est par cette méthode que les Nord-Coréens se sont dotés de l'arme atomique qu'ils ont testée en 2006.


L'enquête sera d'autant plus compliquée que les puissantes bombes israéliennes qui se sont abattues sur le site d'Al-Kibar ont laissé une montagne de débris que les Syriens ont, par la suite, partiellement évacués. Un nouveau bâtiment a été construit à cet endroit, rendant difficile tout travail d'excavation. L'AIEA pourrait, dans un premier temps, prélever des échantillons dans le sol, à la recherche de traces de graphite semblable à celui utilisé dans le réacteur de Yongbyon.


Les liens entre la Syrie et la Corée du Nord sont intenses depuis des années. Le régime nord-coréen a joué un rôle central dans l'acquisition par la Syrie de missiles balistiques. Or les méandres du trafic du nucléaire suivent souvent ceux de la prolifération en matière balistique, observent des experts.


Une photographie diffusée par la CIA en avril montre le chef de l'Agence syrienne de l'énergie atomique, Ibrahim Othman, aux côtés d'un des responsables du programme nucléaire nord-coréen, Chon Chibu. Le cliché aurait été pris en Syrie. Selon nos informations, Chon Chibu – avec lequel l'AIEA a été en contact dans les années 1990 – a subitement disparu de Corée du Nord à cette époque. L'une des hypothèses retenues aujourd'hui est qu'il a pu travailler en Syrie, aux côtés d'autres ingénieurs nucléaires et techniciens nord-coréens.


La construction d'Al-Kibar, sur les rives de l'Euphrate, a commencé vers 2001. Elle semble avoir été décidée par Hafez Al-Assad, le père et prédécesseur de l'actuel président syrien. Pour tenter de se doter d'une filière nucléaire, la Syrie s'était adressée, dans les années 1990, à des groupes en Russie, et aussi en Chine. Ces tentatives n'ont pas abouti. De l'aveu même de Damas, le Pakistanais A. Q.Khan s'est rendu en Syrie à la même époque, mais l'offre qu'il formula fut rejetée.


C'est par la suite seulement que la Syrie s'est tournée vers la Corée du Nord. Les motivations de cette dernière auraient été de deux ordres : d'une part l'attrait du gain financier lié à la vente d'un réacteur nucléaire; d'autre part, la perspective d'accroître sa marge de manœuvre au moment où l'accord de 1994 passé avec les Etats-Unis – dans lequel Pyongyang renonçait à son programme nucléaire militaire en échange d'aides – semblait vaciller.


Alors qu'Israël a observé un grand silence sur les circonstances et les raisons de la frappe aérienne de septembre 2007, la Syrie a varié dans ses déclarations au fil du temps. Elle a d'abord affirmé que des avions israéliens avaient lâché, au-dessus du désert, des munitions qui avaient explosé. Puis reconnu qu'Al-Kibar avait bel et bien été bombardé, mais qu'il ne s'agissait que d'une simple installation militaire. Fin avril, elle qualifiait de "ridicules" les données présentées par le renseignement américain.


Mais lors de la réunion du Conseil des gouverneurs de l'AIEA à Vienne, début juin, le représentant syrien, Ibrahim Othman, s'est gardé de dire qu'Al-Kibar n'était pas un site nucléaire. Cette omission a beaucoup attiré l'attention des diplomates occidentaux et des experts de l'Agence, qui pensent que Damas se ménage une position de repli au cas où de nouveaux indices de travaux nucléaires seraient découverts.


M.Othman a dit espérer que l'AIEA travaillerait "sans préjugés", assurant qu'il n'y aurait pas d'entraves à sa mission. Toutefois, selon des diplomates, l'AIEA n'a pas été autorisée à se rendre sur trois autres sites, en Syrie, qui éveillent des soupçons. Al-Kibar a été soigneusement dissimulé par la Syrie pendant des années. Une partie importante de l'installation était souterraine. Un toit et des murs de camouflage avaient été dressés, lui conférant un aspect cubique qui le banalisait. Les révélations sur Al-Kibar placent la Syrie en violation de ses obligations au regard du traité de non-prolifération nucléaire (TNP) qu'elle a ratifié en 1969, et des textes qui s'y rattachent : tout début de construction d'un site nucléaire civil doit en effet être déclaré à l'AIEA.


L'AIEA est elle-même placée dans une position délicate car l'affaire Al-Kibar peut être perçue comme une nouvelle illustration – après les cas libyen et iranien – d'une incapacité de l'Agence à détecter à temps des programmes nucléaires clandestins dans le monde. Signe des tensions que ce dossier suscite, le directeur de l'AIEA, Mohamed ElBaradei, a vivement protesté contre le bombardement israélien et contre la lenteur de la transmission de certains renseignements à l'Agence. Il a aussi déclaré, mardi 17 juin, que la Syrie n'avait pas "les ressources humaines qui lui permettraient de mener un programme nucléaire d'envergure".

 


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17 juin 2008 2 17 /06 /juin /2008 19:28
Fraudes en Irak : 23 milliards de dollars ont disparu


LE MONDE | 17.06.08 | 14h44  •  Mis à jour le 17.06.08 | 16h38


ndémique sous Saddam Hussein, au moins pour son entourage et ses alliés, la corruption en Irak s'est généralisée depuis l'invasion anglo-américaine du pays en mars 2003. Selon Transparency International, l'organisation indépendante qui dresse, chaque année, un panorama de la corruption dans le monde, sur 180 pays, seules la Birmanie et la Somalie sont aujourd'hui plus corrompues que l'Irak.

 

De toutes les enquêtes successives diligentées par les différentes agences américaines de surveillance et de contrôle budgétaire ces dernières années, on savait que "plusieurs milliards de dollars" investis par l'administration Bush dans l'expédition d'Irak avaient "disparu" dans le désordre ambiant. Pour la première fois, un chiffre global est cité dans une enquête approfondie diffusée la semaine passée par la BBC, et il est astronomique : 23 milliards de dollars, soit 14,8 milliards d'euros, auraient été "perdus, volés", à tout le moins "non justifiés" depuis cinq ans auprès du Trésor américain.


Dans la ligne de mire des enquêteurs du magazine Panorama, les contractants, américains et autres, qui fournissent en principe aux 151 000 soldats de l'armée américaine tout ce dont ils ont besoin au quotidien : de l'eau minérale, acheminée chaque jour des Etats-Unis vers l'Irak via le Koweït, aux hamburgers et aux frites en passant par les laitues, les fruits, le lait, les chocolats, les armes, les munitions et tout le reste. Les contractuels civils, qui sont plus nombreux que les soldats - 163 000 au dernier comptage -, s'occupent aussi de reconstruction, de pétrole, de justice, de police et sont présents dans à peu près tous les ministères irakiens.


Selon la BBC, des procès pour corruption, surcharge de factures adressées au Pentagone ou au département d'Etat, non-livraison de biens payés et autres coups tordus, visent 70 entreprises américaines contractantes, en tête desquelles se trouve le groupe Halliburton, dirigé, jusqu'à sa nomination à la vice-présidence des Etats-Unis en 2000, par Dick Cheney. Halliburton avait obtenu, sans aucun appel d'offres, le plus gros contrat de reconstruction en Irak, mais ni la BBC ni aucun autre média ne peut publier quoi que ce soit sur les enquêtes et les procès en cours : "L'administration Bush a imposé le silence (gagging order) sur toutes ces affaires", déplore Panorama.


Un audit, forcément partiel puisque les contrats commerciaux conclus en Irak par les militaires ou les diplomates américains totalisent plus de 165 000 documents depuis mars 2003, a été réalisé par l'Inspection générale de la défense. Diffusé en mai à Washington, il estimait à 8,2 milliards de dollars la somme payée à des contractants sans avoir été régulièrement justifiée. Pas de facture afférente, ou alors totalement inadéquate. Comme cette entreprise américaine non identifiée qui s'est fait verser 320,8 millions de dollars avec une simple mention sur sa facture : "Paiement de salaires irakiens". A qui, pourquoi, comment ? Mystère.


Mystère aussi que ce chèque du Trésor d'un montant de 5 674 075 dollars au profit d'une société irakienne, intitulée Al-Kasid Specialized Vehicles Trading Company, pour la livraison d'équipements non spécifiés à un corps non précisé. Ou cet autre chèque de 6 268 320,07 dollars encaissé par une entreprise de sécurité mal connue, nommée Combat Support Associates, pour un service non indiqué.


Côté irakien, la comptabilité des dépenses publiques est encore plus mystérieuse et nul ne peut plus faire la lumière sur la corruption ambiante puisque la Commission pour l'intégrité publique, qui avait été mise en place fin 2003, a été virtuellement démantelée, l'été 2007, par le premier ministre, Nouri Al-Maliki, après que son président, le juge Radhi Al-Radhi, eût été publiquement désavoué. M. Maliki a désormais interdit qu'une enquête pour corruption puisse être ouverte contre lui, ses 33 ministres, ex-ministres ou hauts fonctionnaires, sans son propre feu vert. Selon un mémo daté de mars 2007 et rédigé par le défunt organe anticorruption mis en place en 2004 à l'ambassade américaine de Bagdad et fermé depuis, M. Maliki a utilisé ce pouvoir pour stopper 48 enquêtes en six mois. Stuart Bowen Junior, le patron de l'Office du procureur spécial pour la reconstruction en Irak, a dit au New York Times ce que cela lui inspirait. "Ma préoccupation quant à la corruption en Irak grandit."


Agé de 63 ans, le juge Radhi, qui fut emprisonné et torturé sous la dictature baassiste, a vu 31 de ses enquêteurs assassinés ces dernières années après avoir mis leur nez dans certaines sales affaires. Entendu en octobre 2007 par le Congrès, il estimait alors à 18 milliards de dollars le montant des fonds publics irakiens détournés. C'est lui qui avait notamment mis au jour le fabuleux "coup" de 1,2 milliard de dollars perpétré par l'ancien ministre de la défense (2004-2005) Hazem Al-Shaalane aux dépens de son pays. Le ministre, aujourd'hui en fuite avec un mandat d'arrêt d'Interpol émis contre lui, avait prétendu avoir acheté des armements modernes à la Pologne. Lorsque la commande arriva, il s'agissait de matériels usagés datant du pacte de Varsovie d'une valeur maximale - encore n'y avait-il pas tous les équipements prétendument payés - de 200 millions de dollars.


Bizarrement, un nouveau contrat d'équipements militaires, secrètement conclu avec la Serbie en septembre par le même ministère, aujourd'hui dirigé par Abdul Qadir, est d'abord estimé à 833 millions de dollars. Des parlementaires sonnent l'alarme, s'indignent que l'affaire se soit faite de gré à gré sans contrôle. Le contrat, finalement signé en mars, est réduit à 236 millions.


A Bagdad, chacun le sait, pour entrer dans la police, il faut verser 500 dollars de bakchich. Pour monter en grade, c'est 1 000. Besoin de médicaments rares ? Quelqu'un, au ministère de la santé, indiquera où trouver le pharmacien à qui il a vendu ses propres stocks, au noir. Toutes les guerres ont leurs profiteurs. "Mais en Irak, dit Munther Abdul Razzaq, un élu sunnite du Parlement, l'ampleur de la corruption défie l'imagination."


Patrice Claude
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17 juin 2008 2 17 /06 /juin /2008 19:19
Des villages maliens au bord de la Seine

LE MONDE | 17.06.08 | 15h20  •  Mis à jour le 17.06.08 | 15h20


on jour de gloire est arrivé. C'était le mercredi 28 mai. Ce jour-là, Mody Soukana est régularisé. Dans les couloirs crasseux de "sa maison" - le foyer des travailleurs migrants, Les Alouettes, à Alfortville (Val-de-Marne) -, ce jeune Malien de 26 ans serre des mains. "Vas-y, fais voir, fais voir", lui demande-t-on. L'ex-sans-papiers montre triomphalement son récépissé de carte de séjour. "Hiiiiii, félicitations !, lâche son ami Bakary. Hamdoullah ("Dieu merci", en arabe), c'est mérité."

 

Mody Soukana est chanceux, il le sait. Dans la chambre de 10 mètres carrés désolante qu'il partage avec cinq autres membres de sa famille, certains n'ont toujours pas de papiers en règle. Il les regarde : "Je n'aurais jamais pu réussir en France sans l'aide des miens." "Le vieux", son oncle Moussa, 61 ans, hoche la tête. Il peut aussi remercier un cousin qui lui a prêté, en 2005, son passeport français pour qu'il vienne à Paris. "C'est plus facile qu'obtenir un visa", sourit le jeune Mody.


A partir du 15 avril, Mody Soukana a fait grève, comme des centaines d'autres travailleurs en situation irrégulière, en occupant jour et nuit son lieu de travail. Lui, a investi son entreprise de nettoyage de l'Essonne : 33 salariés sur 47 ont obtenu des papiers. "Et je reste sur le piquet de grève tant que les autres n'auront pas été régularisés", lâche-t-il. A ce jour, 400 personnes ont été régularisées sur les quelque 1 400 dossiers déposés depuis dans les préfectures d'Ile-de-France par la CGT et l'association Droits devant !!, les initiateurs du mouvement. Et selon le syndicat, sur ces centaines de grévistes, près de 70 % sont maliens.


Au foyer, Mody Soukana dort sous l'un des trois lits. Il y a tout juste la place : le sommier en ferraille a été relevé, les pieds reposent sur d'énormes boîtes de conserve d'olives noires. Son oncle, lui, vit dans cette chambre depuis 1971. "Tous les deux ou trois ans, je retourne voir le village au pays", explique-t-il, nostalgique. A côté de lui, son neveu Manady, la trentaine, ne lâche pas des yeux une photo scotchée sur une porte d'armoire : c'est sa maison au Mali, construite grâce à son travail, le tri de déchets. Manady ne peut pas en profiter, il n'est toujours pas en règle, condamné à rester encore des années dans l'ombre de la France et dans cette chambre du foyer délabrée.


Mody Soukana ne participe pas aux quelque 200 euros de loyer. En contrepartie, c'est à lui de faire le ménage dans cette pièce vétuste, "car je suis le plus jeune", sourit-il. "Chez nous, la solidarité, c'est obligé, sinon, au pays on est critiqués", explique l'oncle en caressant son chapelet.


Tous les sans-papiers maliens le savent : s'ils veulent survivre en France, ils doivent se rapprocher d'un ami, d'un cousin, d'un parent... "Même si un compatriote ne connaît personne, il reste un frère qu'il faut épauler", explique Brahima Koné, président de l'Association malienne des droits de l'homme (AMDH). "Et c'est dans les foyers qu'ils vont trouver une aide précieuse, précise Gregory Mann, professeur à l'université Columbia de New York, spécialiste de l'histoire de l'Afrique occidentale francophone. Ils vont être complètement pris en charge."


Le foyer est en quelque sorte une annexe du Mali. "C'est la famille, assure Mamadou Camara, 34 ans. C'est une protection." Quand il est arrivé à Paris en 1999, il ne connaissait pas grand monde. Il savait vaguement que des amis de son village natal devaient vivre dans le foyer Bellièvre, dans le 13e arrondissement.


Là-bas, il rencontre des proches de son père : Moussa Sissoko, 63 ans, et Simbella Diombera, 56 ans. "Tu peux rester jusqu'à ce que tu trouves du travail", disent-ils. Pendant des années, ils lui donnent 30 euros par semaine : de l'argent de poche pour s'acheter notamment des tickets de métro. "Je l'ai aidé parce que c'était mon devoir, assure Moussa Sissoko. Quand on donne de l'argent, ce n'est pas du crédit. On ne rembourse pas."


"Cette solidarité est séculaire"
, ajoute Brahima Koné de l'AMDH. Pour Mohamed Salia Sokona, ambassadeur du Mali à Paris, "elle s'apprend dès l'enfance". "Nous sommes un peuple qui voyage énormément, ajoute le représentant de ce pays aux 13 millions d'habitants. Il faut que l'on puisse se serrer les coudes à l'extérieur du Mali." Quelque 4 millions de Maliens vivent à l'étranger, dont la moitié en Côte d'Ivoire. Officiellement, 100 000 Maliens sont en France. Officieusement, ils seraient près du double en comptant aussi les Franco-Maliens.


Dans le fond, cette "solidarité" est une arme qui ne dit pas son nom au service de l'économie de leur pays. "Ces Maliens consacrent pratiquement tout leur revenu à leur famille restée au pays", rappelle Benjamin Masure, président de Taf et Maffé, une association en lien avec les foyers migrants. Les sommes envoyées au Mali par la diaspora sont supérieures à l'aide internationale : le Fonds monétaire international (FMI) les a estimées à plus de 122 millions d'euros en 2007. La survie des villages repose sur cette solidarité.


Alors, dans les foyers, les plus anciens - les sages - distillent leurs conseils aux nouveaux arrivants pour éviter un contrôle de police, présentent des amis pour du travail... Si un jeune cherche une fausse carte de séjour pour décrocher un emploi, des Maliens du foyer l'emmènent à "la préfecture de Barbès", le quartier populaire de la capitale où l'on peut se procurer des faux papiers. A moins qu'un compatriote ne lui prête volontiers son titre de séjour.


"On peut vivre dans un foyer sans jamais en sortir"
, explique Moussa Diagouraga, 31 ans, en France depuis quelques semaines. Besoin d'une photocopie ? Certaines chambres sont équipées du matériel nécessaire. Appeler sa femme, ses enfants, ses parents au pays ? Des Maliens jouent les Taxiphone, pour quelques centimes seulement. Un problème de couture ? Il y a des ateliers de retouches mais aussi des coiffeurs, des bijoutiers, des cours de français ou d'arabe... Des Africains passent de chambre en chambre proposant des vêtements ou des ceintures de marques contrefaites. Des Chinois viennent aussi dans les foyers écouler des piles, des films pornos ou de karaté avec Chuck Norris...


Une petite faim ? A l'entrée des foyers, de 7 heures à 22 heures, des vieillards en boubou proposent des barres chocolatées, des cacahouètes, des boissons, des cigarettes... "Personne ne meurt de faim chez nous", raconte Coulibaly Gaharo, un habitant du foyer Bellièvre. Dans les cuisines, autour de gigantesques marmites, des femmes en nage s'occupent du maffé, plat traditionnel : 1,50 euro l'assiette de riz copieuse, 1 euro de plus avec le poisson ou le poulet.


Des voisins blancs ou maghrébins du quartier ainsi que des SDF affamés en profitent. "Notre aide est ouverte à tous", insiste Hamidou Traoré, président des jeunes du foyer Bara à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Ouvertes à tous, aussi, les portes de la mosquée, située dans les caves.


Mais cette solidarité a sa part d'ombre. Le plus souvent, cette entraide concerne essentiellement les Soninké, qu'ils soient du Mali, du Sénégal ou de Mauritanie. Pour les autres ethnies, c'est plus difficile. Certains racontent qu'ils doivent monnayer leur logement ou les papiers empruntés... Et ceux qui n'ont pas un sou doivent récurer les cuisines ou la chambre pour espérer avoir un toit. Les femmes - qui ne vivent pas dans les foyers et qui oeuvrent dans les cuisines - font de temps en temps l'objet de chantage : accepter les avances d'hommes éloignés des années durant de leurs épouses ou trouver un autre endroit où travailler.


"Ce sont des exceptions
, reconnaît Brahima Koné. Mais il y a, en effet, toujours un revers à cette solidarité. C'est le devoir de reconnaissance." Mody Soukana en sait quelque chose. Maintenant que sa situation est réglée, "je vais devoir prendre en charge quelqu'un". Chacun son tour...


Mustapha Kessous
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17 juin 2008 2 17 /06 /juin /2008 19:05

PRINCIPES ET VOTES BIDONS AU PS

www.jean-luc-melenchon.fr

Vendredi qui rit. Irlande en tête. Samedi : grisailles et dépit. Car samedi, c’était la convention du PS sur la déclaration de principe. Plus que jamais il y  avait la réunion réelle d’un côté et le récit médiatique de la réunion de l’autre. Deux scènes, deux enjeux. Certains dirigeants socialistes ne sont jamais allés plus loin que le couloir où campaient les médias. Ils n’ont pas mis un instant les pieds dans la salle. De leur côté certains journalistes ne sont pas entrés une seconde dans la salle. Pour la plupart nous naviguions de l’un à l’autre front. En ce qui nous concerne, je veux dire "nous" la gauche du parti et mes amis en particulier (au PS notre groupe s’appelle « trait d’union »), nous avons bien dominé le match dans la salle pendant une longue phase, avec discours applaudis et bonne mobilisation de vote. Mais nous avons fini par perdre la partie lors du  comptage du vote final bidonné au-delà du
raisonnable.

Hollande le sournois, dans le style calembour et facéties qui font son charme, a encore battu un record de foutage de gueule en entendant les protestations de la salle. Comme ça protestait de tous côtés contre le scandale des 580 votes de délégués qu’il s’était arrogé dans une salle qui n’a jamais contenu plus de quatre cent personnes (délégués invités et journalistes compris) et les 17 voix attribuées à l’abstention alors que le quart de la salle avait levé la main à ce moment, il déclare goguenard: « quoi, qu’est ce qui se passe ? Des camarades ne sont pas contents ? Qu’on leur donne deux ou trois voix de plus ». Et comme tout le monde rit de la calembredaine, Hollande peut passer à la suite de son discours et aux sornettes creuses qu’il contient. Il aurait tort de se gêner. Il parle pour les copains copines qui servent le récit type dans la presse et qui se fichent comme d’une guigne de ce qui se dit réellement,
  se fait, se compte. Aucun ne s’étonne de ce qu’aucun décompte de vote des fédérations socialistes départementales n’ait été publié, ni du sens du petit chiffre de participation affiché (40%) ni du fait qu’il ne correspond à rien des constatations faites partout. Car sur le terrain c’est à peine 25% qui ont participé à la mascarade qui consiste à voter un texte encore en cours d’amendement. Tout cela n’existe pas. Palme d’or du récit standard composé depuis la planète mars au 13 heures de France 2, le prétendu service public : « le PS unanime adopte sa nouvelle déclaration de principe et renonce à toute référence marxiste ». La veille cette télé de connivence étalait la rage des oui-ouistes  fanatisés avec une  grosse manipulation sur le vote en Irlande en donnant la parole au seul Front national pour commenter le résultat. Cette manipulation n’a pas de prétexte. Car cette magnifique rédaction « éthique
et indépendante », après m’avoir fait réserver un moment pour une réaction sur ce sujet s’était ensuite décommandée : « nous avons déjà trop de réactions enregistrées ». Comme je n’avais rien demandé et que j’avais déjà eu pas mal de moyens de m’exprimer ça ne m’avait pas décoiffé. Mais quand j’ai vu le résultat je me suis dit que la défense de la liberté d’une telle engeance et de leur soit disant service public de l’information était une belle foutaise. L’autre rigolade c’est de voir Ségolène Royal sortir dans un nuage de caméras et déclarer qu’elle a « gagné idéologiquement sur tous les points » : les enregistreurs automatiques médiatiques prennent aussitôt  l’air inspiré que l’on connaît. Problème : maman n’a pas mis les pieds une seule fois à la commission de rédaction et aucun de ses amis qui y a fait de brefs passages n’y a dit un mot sur quoi que ce soit. Quand au texte final
qui établit sa « victoire idéologique totale » il nous permet d’apprendre qu’elle approuve la transformation sociale "radicale" et le "système" de "l’économie mixte", grande revenante de feu le programme commun, que contient la déclaration de principe. Mais lequel de ces répondeurs automatiques a lu le texte et l’a comparé au précédent ? Hélas, ils ne sauront rien du décryptage que j’ai fait du texte. Ni de sa portée notamment lorsqu’il renonce à la reconnaissance des « lois du marché » contenue dans le précédent texte. Ni de ses manques insupportables sur l’Europe et l’union de la gauche. En effet la madame est sortie au moment où je prenais la parole entrainant avec elle toutes les lumières que la litanie des congratulations de tribune commençaient à saouler. Mais ce pauvre Gaêtan Gorce, lui, a bien compris. Du coup, il vote contre le texte de la déclaration de principe puisque "Mélenchon peut s’y
retrouver".

Et Hollande le rusé de se donner le luxe de dire que ceux qui n’approuvent pas la déclaration de principe peuvent aller ailleurs l’essentiel étant que le parti reste capable de rassembler tous ceux qui le veulent au moment des éléctions. Rires gras dans la salle. Gorce est prévenu!

Voila comment on peut dire que Hollande et ses compères ont gagné une superbe bataille médiatique en faisant avaler à la même bande de gogos pour la quatrième fois depuis 1995 la rénovation, la modernisation, le Bad Godesberg du Parti socialiste.

Cerise sur le gâteau : s’exprime à la tribune une représentante du SPD le parti qui gouverne avec la droite et qui vient traiter le Linke de « parti populiste ». La prochaine fois, tant qu’à inviter un socialiste qui gouverne avec la droite,  il faudrait faire venir Jean-Marie Bockel, car lui au moins n’insultait pas ses camarades. Mais qui se souvient qu’au congrès du Mans c’est Romano Prodi que l’on acclamait la bouche ouverte ?  Ma semaine est finie. Je suis épuisé par trois réunions publiques et par ce sketch, sans parler du reste. Je vais m’acheter des fleurs fraîches car ça me détend de le faire et que j’adore mettre un beau bouquet sur ma cheminée. Je vais oublier tout ça jusqu’à lundi.

Si ca vous dit, voyez mon débat sur le site du "Figaro Magazine" à propos des langues régionales …


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16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 20:11

World Socialist Web Site

www.wsws.org

Il Déclaration du World Socialist Web Site, le 17 juin 2008

 

La journée d’action et de manifestation à l’appel de la CGT et de la CFDT le 17 juin porte sur des questions fondamentales concernant la vie des travailleurs : les retraites et la durée légale du temps de travail. Ces confédérations syndicales mobilisent les travailleurs pour chercher à

dissimuler la trahison de la classe ouvrière qu’elles ont perpétrée en signant avec le patronat le document de « position commune » le 9 avril dernier.

 

Ce document était conçu comme base de la législation gouvernementale sur la représentativité syndicale ainsi que sur la durée du temps de travail. Il propose la possibilité, « à titre expérimental, » d’une déréglementation des heures de travail, qui libère les employeurs des contraintes légales régissant les conditions de travail à échelle nationale et par secteur industriel.

 

Ceci a ouvert la voie au projet de loi sur la représentativité syndicale et la durée du temps de travail, publié le 27 mai, et contre lequel sont organisées ces protestations.

 

L’imposture c’est que la CGT (Confédération générale du travail, proche du Parti communiste stalinien) et la CFDT (Confédération française démocratique du travail, proche du Parti socialiste) mobilisent les travailleurs contre une politique qu’ils ont eux mêmes initiée et qu’ils soutiennent.

 

La mobilisation du 17 juin est la dernière en date d’une série de grèves et de manifestations appelées par les syndicats en réponse à la colère massive ressentie contre le programme

concerté d’attaque du président Sarkozy sur les retraites, les emplois et la sécurité d’emploi, les services sociaux, l’Education, la santé, les allocations chômage et autres droits démocratiques.

 

Les syndicats ne remettent pas sérieusement en question ce programme de régression sociale et séparent, les unes des autres, chaque section de travailleurs et de jeunes ainsi que chaque revendication.

 

Ce projet de loi donne aux employeurs le droit de négocier et d’imposer l’abolition de la semaine de 35 heures au niveau de chaque entreprise locale. Il annonce la destruction implacable des conditions de travail avec l’abandon du précédent cadre d’accords nationaux et par branches

d’industrie et toutes les garanties encore fournies par le code du travail. Le « principe de faveur » du code du travail français, selon lequel des accords locaux ne peuvent remettre en question des accords nationaux, sinon pour les améliorer, a été abandonné par la « Position commune. »

 

Le peu de protection qu’offraient le code du travail et les inspecteurs du travail, est en train  d’être détruit. A présent, les travailleurs seront mis dans une situation où ils rivaliseront les uns avec les autres dans la même industrie ou usine de production. La concurrence portera sur la

question de savoir quelle main d’oeuvre travaillera plus pour un moindre salaire, processus qui est systématiquement imposé dans les usines automobile américaines et de par le monde.

 

Ces changements sont en droite ligne avec des propositions pour une directive sur le temps de travail, actuellement débattues dans les instances gouvernantes de l’Union européenne (UE.)

 

Un document rédigé à Luxembourg par des représentants des 27 Etats membres de l’UE autoriserait une durée hebdomadaire de travail de 60 heures et plus.

 

L’accord sur la durée du temps de travail entre les employeurs et la CGT et la CFDT a été conclu en échange de conditions de représentativité syndicale qui leur sont favorables.

 

Un seuil de dix pour cent des voix lors d’élections pour les instances représentatives confère à ces deux confédérations des avantages significatifs par rapport à des syndicats rivaux plus petits et rend quasiment impossible la création de nouvelles organisations reconnues, représentant les intérêts des travailleurs. Cet accord garantit aux permanents de la CGT et de la CFDT la part du lion des places de négociateurs et de participants dans les comités d’entreprise ainsi que des postes lucratifs dans les instances où siègent employeurs, syndicats et gouvernement pour réglementer les relations du travail, les retraites, les allocations chômage entre autres. Il ne faut pas non plus oublier la « fluidification des relations sociales » sous le manteau, et qui est généralisée.

 

L’opposition à cet accord de la part de plus petits syndicats n’est pas fondée sur des principes mais ressemble plutôt à une bagarre de voleurs pour le partage du butin. La préoccupation la plus grande des dirigeants de ces organisations nanties, jouissant de QG somptueux et du nombre d’adhérents le plus petit (8 pour cent) d’Europe de l’ouest, est la défense de leurs privilèges et de leur style de vie bourgeois.

 

Partant d’une perspective nationaliste, les syndicats considèrent qu’il est de leur devoir d’aider à mettre en place le vaste programme du capitalisme français et européen, programme de réduction des salaires, des conditions de travail et des droits démocratiques et sociaux de la classe ouvrière afin d’augmenter sa compétitivité sur le marché mondialisé.

 

Ce programme est devenu d’une extrême urgence dans le contexte de la flambée du prix des carburants et des produits alimentaires ainsi que la crise mondiale du crédit.

 

Cette dernière trahison n’est qu’un aspect de toute une stratégie consistant à empêcher une offensive politique unie de la classe ouvrière, en organisant des protestations éparpillées et des actions d’une journée sur des revendications séparées. L’objectif est d’user et d’isoler la résistance combative de la classe ouvrière et des jeunes qui s’exprime dans les luttes massives, et pour beaucoup tenaces, depuis l’élection de Sarkozy il y a tout juste un peu plus d’un an.

 

Depuis le début des années 1990, le WSWS insiste pour dire que les syndicats ne sont plus, en aucune façon, des organisations qui défendent la classe ouvrière. Ce sont des organisations réactionnaires contrôlées par des petits bourgeois qui participent à l’exploitation de la classe ouvrière et qui agissent comme une force de police interne pour discipliner les travailleurs et leur imposer les attaques de la direction. Les trahisons de toutes les luttes, retraites, emplois et salaires, en 1995, 2003 et 2007 démontrent l’exactitude de cette analyse.

 

Les mobilisations qu’ils organisent font partie intégrante de leur tactique de gestion des tensions sociales visant à faire retomber la pression de manière à ne pas menacer le système mais afin de provoquer la démoralisation et un sentiment d’impuissance.

 

Les liens historiques que les syndicats entretiennent avec les partis socialiste et communiste sont du même ordre que leur complicité avec le gouvernement et le gaullisme, une

collaboration qui a atteint un nouveau degré avec la venue au pouvoir de Sarkozy. La CGT et d’autres directions syndicales sont en contact permanent, hebdomadaire voire même quotidien, avec le gouvernement de Sarkozy, pour mettre au point la meilleure façon d’imposer ce programme de régression sociale.

 

Les organisations d’« extrême gauche » telle la LCR (Ligue communiste révolutionnaire) d’Olivier Besancenot acclament chaque conflit pour ensuite, quand ils ne couvrent pas la direction syndicale comme ils l’ont fait lors de la trahison par la CGT et les autres syndicats de

cheminots et du transport en octobre et novembre derniers, en dénoncer la trahison inévitable.

 

Cela signifie tout simplement d’autres défaites qui se préparent. La LCR suggère sur son site web que la signature de la « position commune » n’a rien à voir avec la relation fondamentale

que la CGT entretient avec les employeurs et l’Etat mais l’explique en disant que le syndicat a été « dupe. »

 

La LCR et Lutte ouvrière (LO) jouent un rôle absolument essentiel pour le compte de la bureaucratie syndicale, cherchant à encourager l’illusion qu’il est possible de réformer les syndicats et de gagner les luttes en faisant pression sur les directions syndicales pour qu’elles se battent. Depuis le début des années 1980, nous assistons à une série innombrable de grèves trahies année après année. Mais pour de tels groupes il n’est jamais nécessaire de tirer de conclusion.

 

Ils insistent tous pour dire que le syndicalisme, avec sa perspective de réformer le capitalisme, est toujours une perspective viable pour la classe ouvrière. Pour eux, la nécessité pour les travailleurs de construire un mouvement politique afin de lutter pour une alternative socialiste au

système capitaliste est, au mieux, de la rhétorique.

 

Mais c’est précisément ce qui est requis. Les luttes pour défendre les retraites, les emplois, les conditions de travail et les salaires font partie d’un combat plus large de la classe ouvrière de par l’Europe et internationalement, combat qui est en train de se produire dans le contexte

d’une crise sans précédent du système capitaliste mondial.

 

La CGT et la CFDT ont démontré leur complète inaptitude du point de vue de la défense des intérêts de la classe ouvrière.

 

Ce ne sont pas des organisations ouvrières, mais des organisations contrôlées par une couche de gens des classes moyennes supérieures dont les intérêts sont hostiles aux membres qu’ils sont supposés représenter.

 

La prétention de la LCR de construire un parti anticapitaliste est une imposture totale parce qu’ils couvrent les syndicats et prétendent que le réformisme est possible dans un contexte où toute la perspective réformiste du syndicalisme a échoué et qu’il est absolument impossible de réconcilier les besoins de la classe ouvrière avec les intérêts du grand patronat.

 

Les travailleurs doivent rompre d’avec ces organisations pro capitalistes et construire de nouveaux organes de lutte.

 

Avant tout, les travailleurs doivent s’organiser, pas uniquement au niveau de leur lieu de travail mais en tant que classe internationale dont l’intérêt commun est de réorganiser la vie politique et économique pour répondre aux besoins de la majorité de la société et non de la minorité riche.

 

Pour que la classe ouvrière s’unisse et lutte pour ses intérêts communs, elle doit se regrouper dans un mouvement politique visant à réorganiser de façon fondamentale les priorités de la société. Le principe conducteur doit être le combat pour l’égalité sociale, l’élimination de la pauvreté et l’augmentation du niveau de vie des personnes du monde entier par l’utilisation consciente et rationnelle des ressources productives de l’humanité.

 

La classe ouvrière a besoin de son propre parti politique, fondé sur des perspectives socialistes et internationalistes.

 

Cela signifie la construction d’une section du Comité international de la Quatrième Internationale en France (CIQI).

 

Nous encourageons fortement les travailleurs à étudier l’histoire et le programme du mouvement trotskyste tels que le représentent le CIQI et son site Internet, le World Socialist Web Site et à prendre la décision de contribuer à sa construction comme nouvelle direction révolutionnaire de

la classe ouvrière.

©World Socialist Web Site http://www.wsws.org

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15 juin 2008 7 15 /06 /juin /2008 20:19

  Vous trouverez ci dessous un échange de messages entre Bruno Drweski et moi relatif à la classe ouvrière chinoise. Cet échange de messages date de la polémique relative à l’organisation des jeux olympiques en Chine, la cause immédiate de cet échange est le message du site www.wsws.org relatif à cette question. Vous trouverez trois messages dans l’ordre électronique, donc dans le désordre chronologique. Vous trouverez d’abord la deuxième réponse de Bruno Drweski. Vous trouverez ensuite ma première réponse et enfin la première réponse de Bruno Drweski

 

DEUXIEME REPONSE DE BRUNO DRWESKI

 

Ton problème est que tu ne "vois", comme tu dis, que ce que les capitalistes occidentaux écrivent et pas ce que les Chinois écrivent. Que 30% des entreprises chinoises soient privés, c'est un fait. Un point c'est tout. A moins de considérer que les statistiques chinoises mentent. Mais dans l'intérêt de qui. Que les capitalistes de l'ouest aient intérêt à présenter la Chine comme un pays totalement capitaliste rien de plus normal. Il faut pouvoir prétendre que le capitalisme a définitivement vaincu partout sur la terre et que "...même les Chinois voyez"

C'est la guerre idéologique et les Chinois ont aussi intérêts à cette propagande à l'extérieur pour ne pas heurter de front l'Occident. Mais il faut un peu de rigueur dans l'analyse des faits car les faits sont têtus. Les Chinois eux mêmes disent que le PC est divisé en tendances, c'est OFFICIEL, qu'il y a des dirigeants qui défendent la propriété collective, d'autre la propriété privée. Cela ce sont des faits.

Les Chinois disent aussi, tous, que la question de savoir si le capitalisme ou le socialisme vaincra n'est pas encore définitivement réglée. Certains membres du parti disent que le capitalisme vaincra et que c'est bien et d'autres disent que c'est le socialisme et que c'est bien. Il y en a aussi qui disent que c'est le capitalisme et que c'est mal et d'autres qui disent que c'est le socialisme et que c'est mal.

A la rigueur tout cela n'a pas d'importance pour nous. C'est une affaire intérieure chinoise. Ce qui compte c'est le fait que les Chinois pour des raisons à la fois d'affaire et d'idéologie (selon les tendances), aident pour une raison ou pour une autre les pays qui résistent (dans une certaine mesure) à l'impérialisme : organisation de shanghai, adhésion au groupe ASEAN + 3, coopération avec le MNA, aide aux pays d'Afrique comme le Soudan, à la Syrie, à l'Iran, au Vénézuela et surtout à Cuba.

Ils le font prudemment car ils se sentent encore trop faibles. On souhaiterait mieux, mais ils se sont opposés à l'invasion de l'Irak et ont poussé la France à prendre la tête de la coalition anti-US. Ils ont été déçus que Chirac refuse. Ils n'ont pas osé prendre la tête d'une telle coalition. Ils avancent à la chinoise, subrepticement.

En Asie du Sud-est, les Vietnamiens qui ne portent pas la Chine dans leur coeur déclare que les relations Chine ASEA sont équilibrées grosso modo, sans arrogance chinoise.

Que 75% des fonctionnaires au Tibet soient Tibétains, personne ne le nie ! Tout au plus oublie-t-on de le rappeler.

pour le Népal, ce que je voulais dire, c'est que si les Népalais votent pour un parti maoiste (anti PCC) et en troisième position pour un PC pro-chinois, c'est que ce qui se passe au Tibet ne leur apparaissait pas ni à l'époque maoiste et ne leur apparait pas comme une tragédie. On imagine difficilement les Népalais voter pour des partis se réclamant d'un enfer dans leur voisinage immédiat. Ce ne sont pas des cons. Et sur le Tibet ils en savent évidemment plus que tous les Occidentaux réunis.

Je dis bien que les maoistes népalais sont opposés au gouvernement de Pékin car, eux, ils veulent le socialisme et estiment que le PC chinois n'a pas une ligne socialiste radicale. Et ils ont raison sur ce point. Car ils soutiennent la politique de Mao de l'époque de la "bande des quatre". ce n'est pas à moi de décider ce qui est meilleur pour la Chine et comment on peut aller plus vite vers le socialisme, ni d'ailleurs pour le Népal.

tu sembles confondre "han" et "chinois". Chinois c'est un Etat multinational et le chauvinisme chinois peut venir d'un Tibétain. L'ambassadrice de Chine à Londres par exemple est une Mongole. Est-elle chauvine grand-han ? ou Grand chinoise ?

Les musulmans chinois sont de plusieurs nationalités. Il y a les Houei qui sont en fait des Hans convertis depuis des siècles à l'islam (ils ont le statut de nationalité comme les "Musulmans" dans la Yougoslavie de Tito de langue serbo-croate) et les Ouighours, Kazakhs, Kirghiz, Tadjiks, etc qui sont musulmans de religion mais parlent des langues d'origine turque ou persane. ET là aussi, dans les régions autonomes, les minorités sont gouvernées par des cadres de la même nationalité. Les régions minoritaires, historiquement plus pauvres ont quelques privilèges aussi : éducation gratuite jusqu'au supérieur, droit à plusieurs enfants, pas d'impots; C'est pas très colonial cela comme comportement, mais compréhensible pour assurer le rattrapage des régions retardataires.


En Chine effectivement, on se retrouve comme au début du bolcho-menchevisme. Donc rien n'est joué. Par rapport à cela, rien ne se joue aux USA. D'où l'obligation de soutenir la Chine même si c'est sans illusions. Comme il fallait soutenir la Russie, qu'elle soit bolcho ou mencho, c'était mieux de toute façon que le capitalisme pur et dur soumis totalement à l'impérialisme.

En conclusion tu me donnes en fait raison contre les puristes de salons qui ont écrit le texte. Et qui en fait en refaisant le coup du "ni-ni" ne sont que des petits bourgeois objectivement à la remorque de l'impérialisme au nom d'un purisme socialiste qui n'a jamais existé dans l'histoire. Car si entre Chine et USA on renvoie dos a dos, on sert les USA, comme si entre Soudan et USA on renvoie dos à dos. Et pourtant le Soudan n'est pas du tout socialiste !!! L'ennemi principal camarade, l'ennemi principal !!! Qui est l'ennemi principal ? Dans l'affrontement sino-US (lire Brzezinski le grand échiquier !) qui est le pire et qui est le moins pire ?

 

PREMIERE REPONSE DE BERNARD FISCHER

 

  La question de la Chine provoque donc toujours des réactions radicales.

  De mon point de vue, la caractéristique la plus importante de ton message et de tes critiques contre le message du site www.wsws.org , c’est l’extraordinaire réversibilité de tes arguments. De ton point de vue, il y a beaucoup de contradictions dans le message d’origine, mais il y a aussi beaucoup de contradictions dans ta position.

  Premièrement, l’économie chinoise serait donc finalement une économie mixte, dans laquelle il y aurait un secteur public, 70 % des entreprises seraient publiques, et un secteur capitaliste, la privatisation et l’ouverture capitaliste de la Chine concernerait 30 % des entreprises chinoises.

  De mon point de vue, la première contradiction est la suivante. Il y aurait une résistance gouvernementale contre les ingérences néo coloniales. Cette résistance, je ne la vois pas, je ne vois pas de politique de limitation des investissements des multinationales et de protestation des multinationales contre ces limitations, je vois plutôt une politique d’ouverture totale du marché chinois aux investissements des multinationales. D ‘autre part, la situation régionale de la Chine en Asie du Sud Est n’est pas une politique d’égalité entre la Chine par rapport aux autres pays, c’est plutôt une situation de domination expansionniste et de grande puissance, en particulier à travers la question du commerce, c’est un peu comme la situation de l’Argentine en Amérique latine par rapport aux autres pays d’Amérique latine.

  Il y aurait une tibétisation massive de l’état chinois, 75 % des fonctionnaires de la région autonome du Tibet seraient tibétains.

  Le message du site www.wsws.org faisait lui même la comparaison entre le Tibet, le Népal et le Bouthan. L’indépendance du Népal et du Bouthan est le résultat d’un découpage des frontières coloniales, c’est le résultat d’un accord entre la Chine et l’Inde du temps de l’empire britannique des Indes du point de vue des intérêts de l’impérialisme britannique, la Chine ne conteste pas ces indépendances et elles n’apportent rien de positif en plus aux peuples du Népal et du Bouthan. La Chine de Hu Jintao n’est pas l’Irak de Saddam Hussein.
Les maoïstes sont actuellement majoritaires au Népal. Si demain ils perdent les élections au Népal, ils ne demanderont pas une intervention militaire chinoise, le gouvernement chinois ne demandera pas l’autorisation de l’ambassade des Etats Unis à Pékin, l’ambassade des Etats Unis ne donnera pas cette autorisation et les Etats Unis ne feront pas la guerre à la Chine pour la libération du Népal.

  Le bouddhisme tibétain serait la forme la plus réactionnaire du bouddhisme, il y a certainement plusieurs écoles hindoues, et certaines écoles sont certainement plus ou moins réactionnaires ou bien progressistes, mais excuses moi ces considérations dépassent totalement mes connaissances religieuses.

  Il y aurait une solidarité des pays musulmans par rapport à la Chine en raison du racisme anti musulman des tibétains. Par contre, il n’y aurait pas de chauvinisme grand chinois contre les musulmans chinois, ou bien les pays musulmans ne soutiendraient pas les musulmans chinois. Et si par exemple l’ Arabie Séoudite soutenait la Chine, je ne vois en quoi ce soutien serait progressiste. Excuses moi, mais de mon point de vue ce sont autant de spéculations et si ces spéculations étaient vraies, elles seraient autant d’accusations contre le gouvernement chinois.

  Il y a une phrase du message du site www.wsws.org relatif au Sri Lanka, de cette phrase tu aboutis immédiatement  à la conclusion selon laquelle le gouvernement du Sri Lanka serait progressiste, l’opposition tamoule serait réactionnaire et le site www.wsws.org soutiendrait l’opposition tamoule. Je ne connais pas la position du site www.wsws.org par rapport au Sri Lanka, je n’ai pas de position par rapport au Sri Lanka et je ne vois pas le rapport entre le Sri Lanka et le Tibet.

  D’une manière générale, mes deux principales critiques par rapport à ton message sont les suivantes.

  Premièrement, je me souviens d’une époque ou j’étais militant d’un parti, ce parti était une section française d’une organisation internationale et ce parti avait des positions idéologiques par rapport à la totalité des questions internationales. Je faisais depuis longtemps mon deuil des certitudes totalitaires.

  Deuxièmement, il y a tellement de points communs entre la Chine du début du vingt et unième siècle et la Russie du début du vingtième siècle dans une situation de transition rapide et de coexistence entre certaines formes d’économie féodale, capitaliste et socialiste.

  Dans la Russie du début du vingtième siècle, il y avait un parti, le parti ouvrier social démocrate de Russie dans lequel il y avait la fraction bolchévique majoritaire de Lénine et la fraction menchévique minoritaire de Martov et de Trotsky. Le projet de société comme on dirait aujourd’hui  de Lénine était la dictature démocratique du prolétariat et de la paysannerie à laquelle Trotsky opposait le passage direct à la dictature du prolétariat. L’union soviétique appliquait pendant plusieurs dizaines d’années successivement, alternativement et simultanément le programme de l’un et le programme de l’autre et l’histoire leur donnait finalement tort à tous les deux soixante dix ans plus tard.

 

PREMIERE REPONSE DE BRUNO DRWESKI

 

voilà encore une resucée du vieux "ni-ni" moralisateur de la gauche impuissante, que dis-je, émasculée ! Qui met tout le sur le même plan, ne sait pas placer les différents faits à leur niveau respectif, et qui, parce qu'elle moralise, se croit de gauche et progressiste. Alors qu'elle ne fait que singer les bourgeois dans leur morale côté salon.

Et elle ne fait évidemment pas l'effort de remettre en cause les informations des grands médias "moralisateurs". Ainsi, - qu'il y ait une exploitation capitaliste en Chine, il suffit de lire les journaux de l'aile gauche du PC chinois (et même le Quotidien du peuple) pour le savoir mieux que tout ce que ces explorateurs croient avoir découvert. Mais ces mêmes explorateurs oublient qu'il existe aussi en Chine des entreprises qui concurrencent les entreprises capitalistes en utilisant les "vieilles" méthodes socialistes. Il existe "encore" des communes populaires en Chine (considérées comme "pilotes" selon leurs promoteurs) où le salaire est unique de haut en bas. Le choix s'est effectué lors de la politique de réforme et les communes qui le voulaient se sont maintenues. Que 2/3 des entreprises chinoises sont publiques (nationales ou communales). On ne nous parle partout que du 1/3 privé. Pourquoi ? Il y a plusieurs Chines et plusieurs lignes politiques au sein du PC chinois, qui n'est pas, qui n'a jamais été d'ailleurs, un monolithe.

- qu'il y ait une volonté de la nation chinoise de résister à l'impérialisme US, c'est aussi une évidence, qualifiée tout au plus de "xénophobie"à l'Ouest, mais qui explique l'alliance de la grande majorité des classes populaires chinoises avec la bourgeoisie nationale chinoise (y compris semble-t-il aujourd'hui une partie au moins du Kou-min-Tang taiwanais par rapport aux "indépendantistes" du PD) sur les questions de la fierté nationale et contre les ingérences néo-coloniales. On n'y peut rien, le même Chinois qui fait grève ou manifeste contre un grand ponte capitaliste, soutient en général avec exaltation les jeux olympiques, le gouvernement chinois contre le bombardement de l'ambassade de Chine à Belgrade, la prise de l'avion espion US, la lutte contre le Dalai-Lama et ses suppots, etc.
 
- Et donc, le fait que la masse du peuple chinois ("chinois", pas "han", mais aussi houei, ouighour, mongol, tibétain, etc.) lutte d'un côté sur le plan intérieur contre l'exploitation capitaliste et sur le plan extérieur avec le PCC et la bourgeoisie nationale chinoise contre la bourgeoisie compradore en même temps, devrait sauter aux yeux de personnes se présentant comme rationalistes.
 
- Que les séparatistes tibétains ne représentent qu'une minorité des Tibétains est aussi une évidence. Il suffit de compter le nombre de Tibétains employés dans l'administration, la police, l'armée, les instituts d'Etat, l'appareil du Parti, le système scolaire, par rapport aux moines et aux émeutiers. Sans parler des Tibétains qui émigrent chaque année vers Pékin, Shanghaï et la Chine orientale. La répression au Tibet n'est pas "chinoise" (si par "chinoise" on entend "Han"), car les 3/4 de la police de la région autonome du Tibet sont Tibétains et non pas Han.
 
- Que le lamaisme représente une idéologie archaïque et esclavagiste résistant à la modernité, capitaliste et/ou socialiste, est aussi une évidence. On peut ensuite regretter si l'on veut le vieux Tibet, comme on peut regretter la vieille France, la Russie éternelle, l'Afghanistan du roi ou des féodaux, l'empire ottoman ou les Etats-Unis de George Washington le propriétaire d'esclaves, ou que sais-je encore. Mais qu'on ne nous demande pas de croire que les Tibétains dans leur masse souhaiteraient se soustraire aux mêmes évolutions pour lesquelles leurs voisins népalais ou bhoutanais viennent de voter ?
 
- Que le lamaisme représente l'aile la plus anti-démocratique du bouddhisme, la plus anti-rationaliste aussi du boudhisme, et la plus anti-musulmane depuis ses origines (conflit entre lamaisme et islam au Cachemire et au Népal), tout cela devrait être connu, ce qui explique que les émeutiers aient dirigé leurs violences contre les Hans, certes, mais aussi contre les Huei (musulmans chinois), et contre la mosquée de Lhassa qu'ils ont tenté d'incendier, qui en parle ? Et pourquoi personne n'en parle dans les grands médias ? Et dans le document ci-bas? Ce qui explique évidemment pourquoi les pays voisins de la Chine et les pays musulmans ont manifesté leur solidarité, non pas avec le Lama, mais avec la Chine.
 
- Quant au Soudan, il ne faut pas se contenter de reprendre les poncifs de la propagande. Le Soudan n'a rien à voir avec la Birmanie. Dans un pays on a un gouvernement fédéral de coalition de 14 partis, dans l'autre une dictature militaire. D'ailleurs si la Chine a tant d'appuis en Afrique, c'est en grande partie parce qu'elle a commencé à partir du Soudan à introduire une politique qui est, de l'avis des intéressés, en général, perçue comme moins arrogante et plus adaptée aux besoins locaux des Africains que celle des métropoles coloniales de l'Ouest. Le Soudan est impopulaire à l'Ouest, mais en Afrique il est assez bien vu ...c'est d'ailleurs pour cela que Khartoum accepte les forces de l'Union africaine mais pas celle de l'OTAN.
 
- Et sur Sri-Lanka, voila ces moralisateurs qui soutiennent les "Tigres" qui sont soutenus par ...Louise Armstrong, les USA, le gouvernement suisse, Bernard Kouchner, etc , etc. Sri Lanka, lui, est soutenu par le Mouvement des non alignés.  Cuba, la Malaisie, l'Inde, la Chine, l'Algérie, le Venezuela, etc. Pourquoi ?

 
Donc n'idéalisons pas, regardons les contradictions, mais on devrait refuser de diaboliser aussi. Et 7% de Han au Tibet, c'est quand même pas des millions de colons comme il est dit. En plus ces 7% sont dans leur majorité des gens qui ont des diplômes nécessaires pour gérer et développer le Tibet mais pour le moment on ne trouve pas ces diplômés sur place (2/3 des Tibétains ont été alphabétisés contre 2% sous le Lama avant 1959, mais le niveau de Tibétains ayant une éducation supérieure commence seulement à rejoindre la moyenne chinoise).   80% des jeunes Tibétains sans emplois ??? D'où ces chiffres ? La majorité des jeunes Tibétains vit encore dans les campagnes éloignées où, par principe, il n'y a pas de chômage au sens moderne du terme, mais une sous-exploitation (oui "sous") de la main-d'oeuvre par rapport aux conditions de l'économie urbaine capitaliste. On ne peut pas se plaindre d'un côté que 1/3 des Tibétains n'est pas encore alphabétisé, et en même temps exiger des pouvoirs qu'ils forcent les nomades, pasteurs de lamas (avec un petit "l") à se regrouper dans les villages ou les centres urbains ...où ils seraient certes alphabétisés rapidement, mais où ils deviendraient soit chômeurs (en attendant une formation qualifiante plus poussée), soit émigreraient encore plus massivement vers les grands pôles industriels de la Chine orientale, selon la bonne vieille recette capitaliste. Cette tibétomanie, Ca me rappelle la nostalgie tsiganophile européenne hypocrite. On aime beaucoup les tsiganes romantiques et nomades mythique, mais on regrette qu'ils aient été alphabétisés si tardivement ...et qu'ils occupent des emplois bas de gamme depuis que les communistes les ont forcés à se sédentariser à la va vite, et plus d'emplois du tout depuis que les communistes ont cédé au capitalistes. Mais on les trouve en Occident nettement plus "sales" quand ils viennent hanter "nos" villes occidentales ...poursuivant par eux-mêmes le processus de modernisation incomplète dans lequel le capitalisme les a fourrés.
 
Autrement dit, nos moralisateurs en herbe accusent ici la Chine de faire trop de capitalisme et là de ne pas en faire assez ! Faut savoir ce qu'on veut !
 
Evidemment, si on attend le premier succès dans l'histoire de notre planète du trotskysme, ce sera sans doute la paradis sur terre, mais qu'on nous explique pourquoi, il n'y a jamais eu pas un seul puissant mouvement trotskyste sur terre, jamais un seul Etat où les larges masses les auraient poussés au pouvoir. Pourquoi restent-ils partout groupusculaires ? Peut-être parce que leur philosophie semble trop stériles pour ces masses, ...dont ils se veulent les seuls défenseurs purs et sans taches ? Pourquoi ?

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15 juin 2008 7 15 /06 /juin /2008 19:46

France : La LCR laisse entendre qu’elle accepterait de faire alliance avec le Parti socialiste

Par Alex Lantier

www.wsws.org

Le 31 mai, le magazine d’actualités Marianne a publié un débat entre la candidate du Parti socialiste (PS) aux élections présidentielles de 2007, Ségolène Royal et Olivier Besancenot, porte-parole de la LCR (Ligue communiste révolutionnaire) et ancien candidat à la présidentielle. Répondant à une série de questions durant l’interview, Besancenot a laissé entendre qu’il envisagerait de participer à un gouvernement PS.


Ce débat arrive à un moment où le PS cherche à la fois à tirer parti et à contenir l’amertume populaire croissante envers l’establishment politique et la colère envers le président gaulliste conservateur Nicolas Sarkozy.


Les promesses électorales de Sarkozy d’augmenter le pouvoir d’achat des travailleurs ont volé en éclats avec la flambée du prix des carburants et des produits alimentaires qui ont provoqué une vague de grèves des marins-pêcheurs, des routiers et des fermiers. Dans le même temps, le président gaulliste poursuit sa politique d’austérité, provoquant grèves et manifestations dans divers secteurs économiques, dont le transport maritime, les transports et les services publics.


Royal a dit clairement dans Marianne qu’elle était tout à fait consciente des risques sérieux que le discrédit de Sarkozy posait à tous les partis bourgeois. Elle a dit : « Les gens ont été trompés par l'énergie de la parole de Nicolas Sarkozy qui disait : "Vous allez voir, votez pour moi et je vais tout résoudre parce que je suis un surhomme !". Aujourd'hui, le désespoir par rapport à ces promesses risque de décrédibiliser, si l'on n'y prend garde, toutes les formes d'exercice du pouvoir. »


Royal et Besancenot se sont donné beaucoup de mal pour mettre l’accent sur le fait qu’ils étaient prêts à travailler ensemble. Quand Marianne a demandé à Besancenot s’il considérait qu’un débat avec Royal avait quelque chose d’un « combat », Besancenot a répondu : « Non, non, je suis venu dans l'idée de débattre. » Royal a immédiatement ajouté, « Il est des confrontations créatrices. »


Besancenot a dit clairement qu’il cherchait à travailler avec le PS: « Parlons concrètement : comment faire là où on est, avec nos divergences, pour aider à ce qu'un front solide, massif, majoritaire réponde aux attaques d'un gouvernement qui cherche à opposer les uns aux autres. [...] Nous pouvons avoir des propositions différentes, mais il faut d'abord résister aux 55 contre-réformes libérales de Sarkozy. Pour cela, on devrait être soudés et unis dans les mobilisations. »


Royal a cherché à démontrer la compatibilité de sa politique avec la rhétorique de Besancenot. En réponse aux éloges de l’anarchisme et du contrôle local des recettes de l’Etat, exprimés par Besancenot, Royal a maintenu, de façon absurde, que son initiative, en tant que présidente de la région Poitou-Charente, d’accorder aux lycées un contrôle partiel sur les fonds accordés par la région, prouvait qu’elle était une « révolutionnaire. » Néanmoins, Royal a ajouté qu’il était possible de « bâtir une opposition cohérente à Nicolas Sarkozy sans être d'accord sur toutes les solutions alternatives. »


A la fin de l’interview, Marianne a demandé à Besancenot : « Pour que la gauche gagne en 2012, la LCR est-elle prête à appeler à voter socialiste, voire à participer, au lendemain d'une victoire, à un gouvernement de gauche ? »


Besancenot a répondu : « Moi, je ne suis pas obsédé par 2012. Nous contestons l'hégémonie du PS sur la gauche et nous revendiquons notre indépendance. [...] Mais aller dans un gouvernement de gauche anticapitaliste, qui remette en cause l'économie de marché, je ne suis pas contre. »


Commentant les possibilités d’une gauche unie, Royal a dit : « Il faut un Parti socialiste très attractif. Je ne me satisfais pas d'un parti qui ait si peu d'adhérents. Tout le monde sera le bienvenu pour construire un autre monde. Mais si, plutôt que d'assumer les responsabilités du pouvoir, d'autres veulent rester dans les luttes, c'est leur choix et je le respecte. »


Besancenot a répondu: « Rassurez-vous, nous ne nous résignons pas à n'être que dans les luttes. [...] Si vous aviez été élue présidente, votre gouvernement aurait eu une opposition politique à sa gauche qui aurait appuyée ce qui serait allé dans le bon sens et, qui, sur le restant, aurait agi suffisamment pour le faire avancer à coups de pied dans le derrière. »


Ces paroles de Besancenot révèlent clairement le caractère collaborationniste de classes de la politique du « faire pression » adoptée par la direction de la LCR. Ces commentaires mettent aussi en lumière la nature de ce projet d’une « gauche anticapitaliste », dont le manque de référence à Trotsky ou au socialisme révolutionnaire a pour objectif de permettre des compromis avec toutes sortes de forces politiques.


La LCR se prépare en ce moment à se dissoudre dans un nouveau parti anticapitaliste (NPA), dont le but est de rassembler tous les déçus à la gauche du PS -  dans la soi-disant « extrême-gauche », parmi des sections du Parti communiste français (PCF), dans les cercles universitaires, etc – dans un grand parti politiquement informe qui cherchera à intervenir dans la politique bourgeoise française. La perspective des fondateurs du NPA au sein de la LCR, en totale opposition avec le marxisme révolutionnaire, est la perspective d’un parti qui fasse pression sur les politiciens bourgeois pour qu’ils gouvernent d’une manière qui semble acceptable aux classes opprimées de la société capitaliste.


Il est significatif que la campagne de la LCR pour fonder le NPA s’accompagne de l’adoption de Che Guevara comme symbole du mouvement et la mise au rencard des anciennes prétentions trotskystes de la LCR. En mars de l’année dernière, Besancenot avait déclaré publiquement qu’il n’avait jamais été trotskyste.


La campagne de la LCR a été accueillie par un battage de la part des grands médias, ce qui accorde à Besancenot un temps d’antenne substantiel. En conséquence, sa cote de popularité dans les sondages bourgeois a grimpé en flèche. Un sondage ifop de mai dernier a révélé qu’il était le troisième politicien de gauche le plus populaire, devant Royal elle-même. Pour le PS, qui cherche à tout prix à rétablir une certaine crédibilité politique, une alliance avec la LCR lui accorde un moyen de se refaire une crédibilité auprès des électeurs de gauche.


Bien qu’il soit le parti de gouvernement « de la gauche » que la bourgeoisie française préfère, le PS ne s’est jamais vraiment remis de sa défaite humiliante du premier tour de l’élection présidentielle de 2002, qui a fortement ébranlé l’illusion que le PS représente une alternative politique à la droite bourgeoise.


Hostile à la politique sociale droitière et aux nombreuses privatisations effectuées par le gouvernement PS du premier ministre Lionel Jospin, les voix de la gauche s’étaient partagées entre le PS, l’« extrême-gauche » soi-disant trotskyste, le Mouvement citoyen, maintenant disparu, de Jean-Pierre Chevènement, les Verts et le Parti communiste. Le président sortant de droite Jacques Chirac ainsi que le candidat néofasciste Jean-Marie Le Pen avaient tous deux battu Jospin, le candidat PS, qui n’avait donc pas pu rester au second tour de l’élection.


A l’époque, le World Socialist Web Site avait publié une lettre ouverte à la LCR et aux autres partis qui se disent trotskystes, Lutte ouvrière et le Parti des travailleurs, appelant à un boycott ouvrier du second tour de l’élection présidentielle, qui proposait aux électeurs le choix entre deux candidats bourgeois de droite, Chirac et Le Pen.


La LCR avait rejeté cette ligne politique basée sur des principes et avait préféré adopter la position de l’establishment français consistant à appeler à voter pour Chirac. Cette action, et la couverture politique que la LCR a fournies à la bureaucratie syndicale au moment où elle trahissait les mouvements massifs de grève contre la politique d’austérité du gouvernement en 2003, 2006 et 2007, ont conduit une section du PS à envisager la possibilité que la LCR pourrait leur être utile.


Tout spécialement depuis l’élection de Sarkozy l’année dernière, le PS sonde activement la direction de la LCR et les contacts entre le PS et la LCR se font de plus en plus ouvertement. En décembre dernier, Henri Weber, responsable haut placé du PS et ex- membre de la LCR rencontrait le dirigeant de la LCR Alain Krivine tandis que des éloges publics de Besancenot émanaient de plusieurs ténors du PS.


A l’époque, Le Monde avait écrit un article intitulé « La question des alliances est posée » faisant remarquer que le PS ne pouvait espérer revenir au pouvoir sans l’aide supplémentaire d’un parti à sa gauche.


Faisant référence au Congrès d’Epinay de 1971, où le PS avait été formé sur la base d’une alliance avec le PCF, Le Monde écrivait : « Le PC n'existe plus électoralement (1,3 pour cent pour Mme Buffet en 2007 contre 15,3 pour cent pour Georges Marchais en 1981). Il en est de même pour les Verts. [...] La gauche ne peut plus prétendre revenir au pouvoir avec les alliances qui étaient celles du "cycle d'Epinay". »


L’idée de s’allier à la LCR pour essayer de revenir au pouvoir est quelque peu controversée dans les cercles PS. Les sympathisants du maire de Paris, Bertrand Delanoë, principal rival de Royal pour la direction du PS, se sont mis à appeler Royal « Che’golène Royal », pour se moquer des efforts qu’elle déploie pour se faire passer pour plus à gauche qu’elle n’est. Ces sections du PS préfèrent une alliance avec le politicien bourgeois de droite, François Bayrou et son Mouvement démocratique (Mo-Dem.)


Néanmoins, certains éléments du PS envisagent clairement cette idée. Selon Le Monde, après la prestation télévisée de Besancenot le 11 mai, sur le plateau de l’émission « Vivement dimanche » sur France 2, le secrétaire national du PS François Hollande a demandé au représentant parisien  du PS, Daniel Vaillant d’étudier « l'impact que pourrait avoir la constitution d'un pôle de radicalité » sur la politique française. Vaillant a dit qu’il allait « observer de près » les efforts de la LCR pour former le NPA.


Vaillant a dit au Monde : « En 1974, François Mitterrand avait confié à Lionel Jospin une mission d'observation sur les relations avec le parti communiste. Ses travaux avaient été très utiles. » En fait, ils avaient été tellement utiles que cela avait conduit à l’alliance électorale entre le PS et le PCF qui avait permis à Mitterrand de gagner la présidence en 1981.

(Article original anglais paru le 10 juin 2008)

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14 juin 2008 6 14 /06 /juin /2008 19:20
Barack Obama est le candidat que préfère le reste du monde


LE MONDE | 14.06.08 | 14h19  •  Mis à jour le 14.06.08 | 14h31


arack Obama, candidat global ? "L'"obamania" est devenue un phénomène planétaire d'une ampleur peut-être plus grande que celle de la "dianamania"", a écrit Timothy Garton Ash, professeur d'études européennes à Oxford. C'est dire.

 


Vu de l'étranger, l'homme séduit. D'abord, le sénateur de l'Illinois se distingue par son opposition résolue à la guerre en Irak. M. Obama l'a répété : une fois élu, il retirera les troupes américaines. Il marque les consciences collectives en nourrissant l'idée d'un véritable changement au Moyen-Orient.


Ensuite, ses origines familiales et son parcours, de sa naissance à l'âge adulte, renvoient l'image d'un personnage politique nouveau. C'est un Américain du tiers-monde, un candidat avec une relation personnelle et intime avec d'autres continents. Multiracial, M. Obama - père kényan et mère américaine, né à Hawaï, élevé en Indonésie et diplômé de Harvard - possède un parcours inhabituel qui le rend apte à transcender les barrières culturelles. "Chacun sent chez Obama que l'expérience vécue, le tempérament et les idées ne font qu'un", souligne le New York Times Magazine. N'a-t-il pas dit que le principe fondamental de sa vision internationale est que "la sécurité du peuple américain est inextricablement liée à la sécurité de tous les peuples" ?


D'après une enquête du Pew Research Center réalisée dans vingt-quatre pays et publiée le 12 juin, la candidature de Barack Obama à la présidentielle américaine suscite non seulement de grands espoirs, mais améliore l'image des Etats-Unis dans le monde. Avec lui, l'élection du 4 novembre est perçue un peu partout comme une occasion de tourner la page des années Bush. Comme si M. Obama était capable de remettre un peu d'ordre sur cette planète tourmentée depuis les attaques du 11-Septembre et réconcilier les Etats-Unis avec le reste du monde.


Selon ce sondage, M. Obama inspire confiance et caracole en tête face à son rival M. McCain dans pratiquement tous les pays. Grand favori des européens (84 % des Français lui accorderaient leur vote, 82 % des Allemands, 74 % des Anglais, 72 % des Espagnols), il est également plébiscité en Australie, au Japon, au Brésil, ou encore en Corée du Sud. Au Kenya, un vrai culte est voué "au fils de la nation" comme l'appelle la presse et de nombreux pays africains estiment, comme Le Soleil de Dakar que sa victoire serait "une revanche sur l'histoire".


Certaines déclarations de M. Obama ont pu étonner ou susciter de vives critiques. Des commentateurs voient en lui un candidat difficile à cerner, trop jeune ou manquant d'expérience. Toutefois, en cinq mois de campagne, il a su se forger une stature d'homme d'Etat avec une capacité instinctive à bâtir des ponts et a créer des relations nouvelles. En Israël, par exemple, alors que la majorité de l'opinion publique affichait ouvertement une préférence pour M. McCain, l'engagement et le ton de M. Obama lors de son passage à l'Aipac (American Israël Public Affairs Council), le 4 juin, a surpris. L'alignement du candidat démocrate sur les positions de l'administration Bush concernant le statut de Jérusalem qui doit, selon M. Obama, rester la capitale "unifiée et indivisible" d'Israël a fait reculer les craintes que pourrait provoquer son élection. Ehoud Olmert, premier ministre israélien, s'est même déclaré "impressionné".


Dans le camp palestinien et au sein du monde arabe, les propos de M. Obama ont, d'abord jeté la consternation d'autant qu'ils ont été prononcés par un candidat d'origine musulmane. Certains chroniqueurs arabes ont toutefois décidé de prendre du recul. Dans son billet hebdomadaire publié par le quotidien libanais Al-Safir, l'écrivain libanais Abbas Beïdoune, peu suspect de sympathies pro américaines, a ainsi épinglé ceux qui ont délibérément occulté la singularité du cas Obama, "un homme de race noir et fils d'un musulman". Editorialiste au quotidien saoudien Al-Hayat, Mohammed Salah s'est, lui, interrogé : "Etions-nous en droit de nous attendre à des déclarations différentes d'un candidat à la présidence américaine devant la plus puissante association américaine de soutien à Israël dont il sollicitait le soutien ?"


Dans le cas de Cuba, les déclarations de M. Obama sont également révélateurs de sa capacité à jouer sur différents tableaux à la fois. Lors de son discours de Miami, le 23 mai, dans lequel il a rappelé vouloir dialoguer avec le président Raul Castro et lever les restrictions de voyage, "Obama a proposé des initiatives positives, visant à faciliter les contacts et l'aide économique entre les familles cubaines divisées des deux côtés du détroit de Floride", a estimé Miriam Leiva, une des fondatrices des Dames en blanc, l'association des épouses de prisonniers politiques cubains. Plus étonnant, Fidel Castro partage l'opinion des dissidents : M. Obama est "sans aucun doute le candidat le plus avancé du point de vue social et humain", a écrit l'ancien président cubain le 26 mai.


Les médias russes misent eux aussi en nombre sur la victoire de Barack Obama, "la chance noire de l'Amérique" selon le quotidien Vremia Novosteï du 5 juin. La veille, la radio Echo de Moscou recueillait des impressions sur M. Obama. "Il est frais, pur, jeune et n'a aucun lien avec le complexe militaro-industriel ou le lobby américain du pétrole", s'est réjouit le politicien ultranationaliste Vladimir Jirinovski, le qualifiant de "jeune Gorbatchev de l'Amérique".


En revanche, le Canada et le Mexique, deux pays frontaliers des Etats-Unis s'inquiètent, eux, du vent de protectionnisme qui souffle chez les démocrates, aux Etats-Unis. Au Mexique, certains secteurs libéraux ont peu apprécié les déclarations d'Obama critiquant l'Alena, l'Accord de libre-échange entre le Canada, le Mexique et les Etats-Unis, "en usant les vieux prétextes de la protection de l'environnement et de la défense des droits de l'homme", comme le souligne Antonio Rosas-Landa, dans El Universal. A Ottawa, le sénateur de l'Illinois a été accusé de ne pas prendre la question de l'Alena au sérieux. Son conseiller économique Austan Goolsbee, aurait assuré aux Canadiens que sa position n'était qu'une rhétorique de campagne pour calmer les craintes des "cols bleus" américains. M. Obama ne laisse personne indifférent. Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad s'est inquiété dans un entretien à El Pais, le 5 mars, disant qu'une victoire de M. Obama était impossible "à cause des forces cachées qui sévissent aux États-Unis". Même le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a mis en garde le candidat démocrate, mercredi 11 juin : "Nous lui demandons d'être fier de lui en tant que Noir et d'être conscient que toute l'Afrique est derrière lui, parce que s'il ne se débarrasse pas de ce complexe d'infériorité, sa politique étrangère sera pire que celle des Blancs qui l'auront précédé". Obama une révolution ?

 

Nicolas Bourcier (avec nos correspondants)
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13 juin 2008 5 13 /06 /juin /2008 19:53
Guantanamo : Bush et le Congrès désavoués par la Cour suprême

LE MONDE | 13.06.08 | 10h03  •  Mis à jour le 13.06.08 | 10h03

Washington, correspondante


ans une affirmation retentissante du rôle des juges dans le système institutionnel américain, la Cour suprême a remis en cause, jeudi 12 juin, le fondement des décisions du président George Bush et du Congrès sur la conduite de la "guerre antiterroriste". "Les lois et la Constitution sont conçues pour survivre et rester en vigueur même en des circonstances extraordinaires", a rappelé la Cour.

 


Saisie pour la troisième fois depuis 2004 de la question de la légalité des détentions à Guantanamo, la Cour a décidé que les prisonniers ne pouvaient pas être privés de leur droit à contester leur captivité devant un juge civil. Sous la pression de l'administration, le Congrès avait passé deux lois en 2005 et 2006 privant les détenus de recours en habeas corpus, un droit qui existe en Angleterre depuis 1215.


La décision a divisé la Cour. Dans l'opinion rédigée au nom de la majorité, le juge Anthony Kennedy a récusé l'idée que la protection de la Constitution américaine ne s'applique pas sur la base navale de Guantanamo, louée depuis 1903 à Cuba, les Etats-Unis n'en ayant pas la souveraineté. "La Charte fondamentale de la nation ne peut pas être ainsi sous-traitée", écrit-il.


La Cour a aussi déterminé que la procédure de révision du statut des détenus par la justice militaire, prévue dans la loi sur le traitement des détenus de 2005 et la loi sur les commissions militaires de 2006, ne fournissait en aucun cas un substitut "adéquat" à l'habeas corpus. Le risque d'erreur est trop grand, a souligné le juge Kennedy. "Et sachant que les conséquences peuvent être la détention pour la durée des hostilités, lesquelles pourraient durer une génération ou plus, ce risque est trop significatif pour être ignoré." Les avocats des détenus et les défenseurs des droits de l'homme se sont félicités d'une décision qui "rétablit l'Etat de droit", estime le professeur Jamin Raskin, et pourrait "sonner le glas" de la prison de Guantanamo, selon Kenneth Roth, le directeur de Human Rights Watch. Pour Charles Swift, l'ancien avocat militaire qui a obtenu le premier jugement en faveur de Salim Ahmed Hamdan en 2004, l'administration Bush avait choisi Guantanamo en 2001 dans l'idée que les "garanties constitutionnelles ne s'y appliquent pas". "Or la Cour dit que la Constitution s'applique. Ils ont un gros problème", souligne-t-il.


A Rome, où il poursuit sa tournée européenne, le président Bush a indiqué que son administration allait respecter l'opinion de la Cour mais il s'est déclaré "en plein accord" avec les quatre juges conservateurs qui ont cosigné deux opinions dissidentes. Il n'a pas exclu de proposer une nouvelle législation mais à cinq mois de l'élection de son successeur, et avec un Congrès démocrate, cette possibilité paraît largement hypothétique.


Dans leurs opinions dissidentes, le président de la Cour, John Roberts, et le juge Antonin Scalia s'en prennent violemment à leurs collègues. Pour M. Roberts, la majorité de la Cour a décidé d'invalider "un système soigneusement étudié par les représentants du peuple" sans avancer de procédure de remplacement. Il en déduit que ses collègues cherchent à donner au judiciaire "le contrôle de la politique fédérale sur les ennemis combattants".


A son habitude, le juge Scalia est cinglant. Lui aussi reproche aux magistrats de vouloir se substituer, en temps de guerre, à la volonté populaire. "Quelle compétence a la Cour pour mettre en cause le jugement du Congrès et du président? Aucune. Au bout du compte, le traitement des prisonniers ennemis dans cette guerre va être confié à la branchequi en sait le moins sur les préoccupations de sécurité nationale."


"ARROGANCE JUDICIAIRE"


Le juge Scalia regrette que l'on demande aux militaires "l'impossible tâche de montrer à un tribunal civil qu'il existe des preuves justifiant le confinement de chacun des prisonniers". Dressant la liste des 30 anciens de Guantanamo qui "sont retournés au combat" après leur libération, il affirme que la décision de ses collègues va entraîner "la mort d'un plus grand nombre d'Américains".


Le sénateur Lindsey Graham, l'un des artisans, avec le futur candidat John McCain, de la loi de 2005 cassée par la Cour, s'est insurgé, lui aussi, contre l'ingérence de la justice dans les affaires antiterroristes. "La Cour a donné à des juges civils le droit de prendre des décisions sur le plan militaire, a-t-il réagi. Des juges, dans les districts les plus progressistes du pays, vont avoir la faculté de déterminer qui constitue une menace pour les Etats-Unis." David Rifkin, un ancien conseiller de George Bush père, a dénoncé "l'arrogance judiciaire" : "Ce que les juges ont signifié, c'est : nous aussi, nous avons notre mot à dire ." Sur le plan concret, les conséquences de la décision sont encore difficiles à évaluer; 270 suspects se trouvent à Guantanamo, dont 80 seulement sont en attente de poursuites. Quelque 200 requêtes en habeas corpus, déposées depuis plusieurs années au tribunal du District of Columbia, vont être ranimées. "Le chaos", a prédit un chroniqueur. La décision de la Cour n'exclut pas que le juge fédéral puisse ordonner des remises en liberté.


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13 juin 2008 5 13 /06 /juin /2008 19:42

Les Irlandais ont rejeté le traité européen de Lisbonne

 

DUBLIN (AFP)

 

  Les Irlandais ont nettement rejeté le traité européen de Lisbonne, avec 53,4% de "non" contre 46,6 % de "oui", plongeant l'Europe dans une nouvelle crise institutionnelle, selon les résultats définitifs rendus publics vendredi par la radio-télévision irlandaise RTE.

 

Trente-trois circonscriptions sur un total de 43 se sont prononcées pour le "non". Le taux de participation s'établit à 53,13%, selon les chiffres officiels du gouvernement.


La Commission européenne et de nombreux dirigeants européens ont appelé vendredi à la poursuite des ratifications du traité de Lisbonne dans les pays de l'UE malgré le rejet du texte en Irlande, qui plonge les 27 dans une nouvelle crise majeure.


"Tout indique que l'Irlande a voté non au traité de Lisbonne", a déclaré le président de la Commission européenne José Manuel Barroso avant même la confirmation officielle du résultat à Dublin, au cours d'une conférence de presse à Bruxelles, en soulignant que la Commission "respectait" le choix des électeurs irlandais.


Malgré tout, "la Commission européenne pense que les ratifications qui restent à faire devraient continuer à suivre leur cours", a-t-il ajouté. "Nous devons continuer afin d'avoir une image d'ensemble de (l'opinion de) tous les Etats membres", a-t-il ajouté.


La plupart des dirigeants européens ont adopté une position identique, qu'il s'agisse du chef de l'Etat français Nicolas Sarkozy, de la chancelière allemande Angela Merkel, du Premier ministre slovène Janez Jansa, dont le pays préside l'UE ou du chef de la diplomatie belge Karel De Gucht.


Les dirigeants européens vont avoir l'occasion dès la semaine prochaine, lors de leur sommet les 19 et 20 juin à Bruxelles, de voir comment sortir de l'impasse, puisque le traité de Lisbonne, censé faire mieux fonctionner l'UE à 27 pays, ne peut entrer en vigueur s'il n'est pas ratifié par l'intégralité des Etats membres.


Le traité a déjà été approuvé dans 18 sur les 27 pays de l'Union européenne et il est "nécessaire pour rendre l'Europe plus efficace, plus démocratique et transparente", a fait valoir M. Jansa.

 

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