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2 mai 2008 5 02 /05 /mai /2008 21:28

RASSEMBLEMENT MERCREDI 7 MAI À 14H,


 

À LA GRANDE ARCHE DE LA DÉFENSE (PARIS)


JUSTICE COLONIALE ET


RÉPRESSION ANTISYNDICALE


 

23 syndicalistes de l'USTKE (Union Syndicale des Travailleurs Kanaks et des Exploités) viennent d'être condamnés, le 21 avril 2008, par le
tribunal de Nouméa, à des peines de prison allant de 1 mois à 1 an ferme, associées à une privation des droits civiques pendant 3 ans pour les responsables syndicaux.

Au départ du procès, une manifestation syndicale de soutien aux salariés de l'entreprise Carsud (filiale de Véolia Transport) en lutte depuis des mois contre le licenciement d'un délégué syndical.

L'intervention violente des forces de l'ordre avait entraîné des
affrontements pendant 12 heures le 17 janvier dernier.

La direction de Véolia, sollicitée par le collectif « Solidarité Kanaky »
pour négocier avec l'USTKE afin de régler le conflit Carsud, n'a pas donné de suite et laisse « pourrir » la situation.

Répression antisyndicale dans l'entreprise; répression antisyndicale à
l'extérieur par les pouvoirs publics. La conjugaison est trop
spectaculaire pour ne pas suggérer une action concertée.

L'acharnement du gouvernement contre les syndicalistes de l'USTKE,
première organisation syndicale du territoire, ne s'explique que par la
volonté de casser toute résistance sociale dans cette colonie. Les profits y sont énormes pour les entrepreneurs et les industriels au prix d'une exploitation sauvage et de la destruction de la nature. Les richesses locales – le nickel – allèchent les firmes transnationales. Et l'existence d'un syndicalisme combatif énerve. D'autant plus lorsqu'il se mêle aussi de défendre l'écologie en soutenant les luttes contre les formes les plus polluantes de l'exploitation minière.

Nous appelons tous les syndicalistes à la solidarité et à protester contre ces condamnations qui sont de graves atteintes au droit syndical en Nouvelle-Calédonie.

RASSEMBLEMENT MERCREDI 7 MAI à 14h à la Grande Arche de la Défense, pendant l'assemblée générale des actionnaires de Véolia.

Nous protestons contre l'attitude de cette entreprise en Nouvelle-Calédonie, réclamons des négociations et l'arrêt des poursuites
judiciaires.
 

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2 mai 2008 5 02 /05 /mai /2008 21:22

HALTE A LA MANIPULATION: SORTEZ DE VOS OFFICINES!


www.mboangila.afrikblog.com


"Elles sont lourdes, lourdes les chaînes que le nègre met au cou du Nègre pour complaire aux maîtres du jour".

Cette réflexion ou devrais-je dire cette peine ressentie est de Bernard Dadié et c'est cette même lourdeur des chaines, cette peine qu'aujourd'hui de nombreux africains et afro-descendants ressentent à l'aube de la 160 ème célébration de l'abolition de l'esclavage et au lendemain de la disparition de celui qui a toujours prôné la dignité du Nègre et qui, dans un ultime cri, rappelait "Nègre je suis, Nègre je resterai"; en d'autres nous rappelait l'exigence de fidélité à ce que nous sommes.

Une polémique légère, inutile, stérile et injustifiée et ponctuée de calomnie, comme on sait la créer hélas que chez les noirs, fait rage autour de ce qui en principe est un Outil dont devrait se servir tous les Nègres, pour s'unifier, pour fédérer car ainsi le rappelait encore Aimé Césaire: "Il n'y a pas de noir antillais, africain, américain, indo-européen, asiatique. Il y a des noirs d'une même appartenance qui sont éparpillés dans le  monde".

Polémique stérile et légère, que des acteurs de l'ombre [des Nègres, il faut pas se leurrer]dans les officines sataniques qui combattent les Noirs orchestrent en calomniant un individu qui a prouvé par le passé, son intégrité, l'amour pour son peuple et le combat qu'il mène, le respect des siens. Il ne fait pas que dire qu'il est tigre, il saute sur sa proie et la dévore.

Le CRAN n'a pas la faveur des noirs ce n'est qu'une lapalissade que de le dire, mais seulement il est "officiellement" l'organe choisi pour parler au nom de ceux-ci. Il a commis des erreurs dans le passé pour le même événement, mais si aujourd'hui, il fait le pas en arrière pour s'associer aux idées et idéaux de liberté des noirs et du discours et de l'initiative de Claudy Siar, alors, on doit lui ouvrir les portes et lui accorder le bénéfice du doute. On ne peut pas chercher à rassembler et en même temps exclure; c'est d'un contre-sens criard. Le minimum de logique voudrait donc de prendre au mot et le CRAN et ceux qui l'ont désigné comme représentatif des noirs en l'investissant, en lui impulsant notre vision des choses et non celle que les autres voudraient.

C'est la raison pour laquelle, calomnier, combattre Claudy Siar pour avoir ouvert sa porte au CRAN est tout simplement contre-productif, injustifié et malsain, surtout que ceux et celles qui s'y collent portent des bourdes. Ce n'est pas le citoyen X ou Y qui ignorent les dessous de toutes ces manipulations qui est ici visé, mais ceux et celles qui parlent au nom des noirs et se positionnent comme des parangons de vertu en pointant du doigt le CRAN, alors qu'ils/qu'elles font pire. Ceux et celles que nous nommons les président(e)s des officines (ignorées du grand public) et associations pour faire beau et semblant.

DAMAN ABDELRAMAN, ce nom ne dit pas grande chose à beaucoup, mais ceux qui combattent Claudy Siar le connaissent très bien. Le président d'une de ces officines de nuit et association le jour a été interpellé par ce monsieur, car ne comprenant pas que ledit président d'officine et d'association qui rencontrait tous les jours l'ancien ministre de l'intérieur et aujourd'hui président, n'ait à aucun moment plaider la cause des Noirs. N'est-ce pas ce même individu qui a négocié les chiffres pour le comptage des Noirs ? Nous pourrons ainsi multiplier les exemples et mettre à nu, ceux qui, pour ne pas pouvoir contrôler Claudy Siar, lancent une campagne de dénigrement à son endroit.

Tropiques FM ne sera pas contrôlé ou ne sera l'antichambre de quelques gourous comme l'était Media Tropical avec Valminos, le pion dont se servaient celles et ceux qui ont des officines de nuit et des associations le jour et il faudrait s'en persuader une fois pour toutes. Calomnier, traquer Claudy Siar parce qu'on estime qu'il ne se soumet pas comme on le voudrait et comme il a été dit, relève de la mesquinerie, de la goujaterie morbide. Sont-ce pas ces mêmes personnes qui sont les travailleurs et travailleuses de l'ombre de l'UMP, alors que derrière, elles vous en disent le plus grand mal, la main dans le cœur ?

Il faudrait rappeler aujourd'hui l'exigence, la grande nécessité de fédérer, de s'unir, de faire corps ensemble, de faire UN et le 160 émé anniversaire de l'abolition de l'esclavage devrait servir d'outil, de socle, de base pour cela et ceci d'autant plus avec le départ d'Aimé Césaire. Nous n'avons plus aujourd'hui le choix de faire autrement que de faire bloc face à la négrophobie aveugle qui balaie tout sur son passage. Nous n'avons plus aujourd'hui le choix de faire autrement que de s'unir, face à la volonté grandissante de l'adversaire de régenter qui nous sommes et ce que nous devons faire. C'est la raison pour laquelle, une fois de plus, nous devons mettre le CRAN face à ses responsabilités, c'est-à-dire lui donner le bénéfice du doute et l'investir en le sommant de parler notre langage, de dire nos souffrances, sinon ce sont les autres qui le feront à notre place. Nous n'avons d'autre choix que de faire cette union, car
1848-2008, ce sont des chiffres hautement symboliques, pour qui sait les lire. De plus, le CRAN n'est pas la "chose" de Lozes, c'est aux noirs et ils doivent en prendre le contrôle et non le laisser aux mains des autres comme c'est le cas aujourd'hui.

Refuser de s'unir, de fédérer, c'est rallonger le bâton de l'adversaire pour mieux se faire taper. Nous avons plus de choses en commun que des différences qui pour la plupart sont des fruits de manipulation et par l'adversaire que hélas par certains dans la communauté.

Est-il utile de rappeler que contrairement à ceux et à celles qui le traquent, Claudy Siar n'est pas président ou présidente d'une officine ? Qu'il ne s'est jamais fourvoyé dans des basses manœuvres, qu'il est contrairement à eux et elles, intègre? Par souci de cette unité, cette démarche fédératrice, nous ne les nommerons pas. Mais il faudrait, avant d'aller balayer la cour de l'autre, s'assurer que la sienne est propre.

Le 10 mai se fera grâce à nous ou sans nous, c'est à nous de décider.
Prendre le CRAN comme alibi, pour ne pas se mobiliser ou accuser Claudy Siar n'est que volonté de l'adversaire de nous faire passer à côté de l'essentiel. Pour paraphraser Frantz Fanon, avertissons: " Ne payons pas de tribut à l'adversaire en créant des polémiques qui s'inspirent de leurs aspirations."

Et pour ces noirs présidents et présidentes des officines la nuit et d'associations le jour ainsi que les laboureurs à la solde des adversaires, rappelons simplement ceci: "Nous ne connaissons pas avec certitude la clé du succès. Mais la clé de l'échec est d'essayer de plaire à l'oppresseur." Et nombreux sont parmi les Noirs qui parlent du combat de la dignité alors que leur cœur et leur esprit ne pensent qu'à la trahison et aux subsides que celle-ci rapporte. En effet rien; comparée à la dignité qu'ils/qu'elles donnent en pâture à l'adversaire.

D'aucuns peuvent penser que nous apportons notre soutien au CRAN, non et non ! Nous dénonçons les contradictions de certaines personnes qui, devant celui-ci crient au scandale et derrière jouent au même jeu sinon pire. Et ceci est un test grandeur nature pour juger de la crédibilité du "changement" de stratégie du CRAN et de son président dont les actes de traitrise ne sont plus à démontrer. Il est évident que Claudy Siar a pris en compte cette dimension, sinon c'est lui qui joue son capital confiance engrangé par les différents actes qu'il a posés et qui plaident en sa faveur.


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2 mai 2008 5 02 /05 /mai /2008 21:17

Accusé d'injures racistes, un fonctionnaire du ministère de l'Immigration dément

PARIS (AFP)

  Un agent de sécurité d'un supermarché aux portes de Paris a porté plainte contre un fonctionnaire du ministère de l'Immigration pour de graves insultes racistes, une accusation que l'intéressé a vigoureusement démentie vendredi en invoquant des témoignages en sa faveur.

La plainte a été déposée samedi 26 avril par Pierre-Damien Kitenge dans un commissariat du XIIe arrondissement de Paris et transmise au parquet de Créteil, les faits visés ayant eu pour cadre le centre commercial Bercy 2 de Charenton-le-Pont (Val-de-Marne).

Cette procédure pour "diffamation et injure à caractère racial" vise nommément Gautier Béranger, adjoint du secrétaire général du ministère de l'Immigration, en charge de la communication interne. Les peines encourues sont respectivement d'un an d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende, et de 6 mois de prison et 22.500 euros d'amende.

M. Kitenge, de nationalité française, a raconté à l'AFP s'être fait traiter de "sale noir" et de "sans-papiers" par M. Béranger au moment où il avait demandé à celui-ci ses papiers d'identité afin de procéder à des vérifications lors d'un paiement par chèque, s'agissant d'une somme supérieure à 250 euros.

M. Kitenge affirme que M. Béranger a tenté de l'intimider en faisant état de sa qualité de fonctionnaire du ministère de l'Immigration et a proféré des menaces visant son emploi.

"Choqué" par ces propos tenus devant témoins, M. Kitenge a porté plainte samedi à la fin de son service. Il exige "des excuses publiques" pour retirer sa plainte.

Dans un communiqué rendu public par son avocat vendredi, M. Béranger "dément formellement et en tout point avoir prononcé une quelconque injure, de surcroît à caractère raciste, à l'encontre de ce monsieur, comme tout propos relatif à son état civil".

"Particulièrement affecté" par ce qu'il considère "être une pure dénonciation calomnieuse", M. Béranger est "sous le coup de l'émotion", a assuré à l'AFP Me Mathieu Davy.

Lors de son audition vendredi matin par la brigade de répression de la délinquance à la personne, M. Béranger a produit des témoignages écrits confirmant sa version : celui du "supérieur hiérarchique d'origine tunisienne" de M. Kitenge et du "caissier, d'origine africaine", qui a servi M. Béranger, a précisé Me Davy.

Pierre-Damien Kitenge a fait état d'un climat tendu autour de cette affaire, évoquant des pressions de la direction du magasin pour qu'il retire sa plainte et que des employés présents ne témoignent pas en sa faveur. Il a aussi fait état de "trois ou quatre" appels anonymes de menaces et d'un courrier en recommandé de son employeur.

Chez Carrefour, on a assuré à l'AFP que "la direction du magasin n'a jamais demandé à l'agent de retirer sa plainte et n'a jamais exercé de pression sur qui que ce soit".

Au cabinet du ministre de l'Immigration, on se refuse à tout commentaire "tant que la plainte est à l'instruction". Pour l'entourage du ministre, qui a eu connaissance de la version de M. Béranger, il s'agit d'"un différend d'ordre privé". Gautier Béranger "n'appartient pas au cabinet du ministre" Brice Hortefeux, a-t-on ajouté, il "est un fonctionnaire des services administratifs".

SOS Racisme a demandé, si les faits étaient avérés, le départ de M. Béranger dont le comportement serait "contraire à l'éthique de la fonction publique" tandis que le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap) a proposé la "suspension immédiate" du fonctionnaire le temps que "toute la lumière soit faite sur cette grave dérive".

Enfin le Conseil représentatif des associations noires (CRAN) a estimé que les accusations portées contre M. Gautier "sont incompatibles" avec ses fonctions.



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1 mai 2008 4 01 /05 /mai /2008 16:56

LE LOBBY PRO-ISRAÉLIEN

La force injuste contre les droits de l´homme

Pr Chems Eddine Chitour

 

28 avril 2008

«Ce que Israël fait aux Palestiniens est une abomination» Jimmy Carter, président des Etats-Unis (1977-1981)

Jimmy Carter a fait une intervention à l´Université américaine du Caire le jeudi 17 avril, où il a été accueilli par un public très nombreux et tout aussi chaleureux. Pour lui, il est impossible d´aboutir à un accord dans la région sans impliquer le Hamas, qui a gagné les élections, et la Syrie, dont le territoire du plateau du Golan est occupé par Israël. "Le mot apartheid a choqué, mais avant la parution de mon livre, il n´y avait jamais eu de débat public sur cela aux Etats-Unis; apartheid est pourtant l´exacte description de ce qui se passe aujourd´hui en Palestine", a commencé par dire l´ex-président américain. "En sept ans, il y a eu 13 personnes tuées par les roquettes, et je considère que tuer des civils innocents est du terrorisme, mais ces roquettes sont rudimentaires, et si tu vivais toi à Ghaza, tu verrais que pour un Israélien tombé sous les roquettes palestiniennes, 30 à 40 Palestiniens sont tués par les militaires israéliens, ce qui, selon moi, relève aussi du terrorisme."

Pour rappel, le livre de l´ancien président Jimmy Carter, "Palestine: La Paix et non pas l´Apartheid", avait provoqué un tapage avant même sa publication. Ainsi, la critique du président Carter est remarquable seulement parce qu´elle révèle l´ignorance de l´establishment politique américain, les Démocrates comme les Républicains, sur le conflit israélo-palestinien. Je défierais le nouveau président démocrate du Comité aux relations internationales de la chambre, Tom Lantos, d´identifier l´auteur du commentaire suivant, fait au moment où le Premier ministre Yitzhak Shamir était sur le point de nommer dans son gouvernement Rehavam Ze´evi, le chef du parti Moledet d´Israël. Ze´evi et son parti étaient des partisans du "transfert", un euphémisme pour le nettoyage ethnique des Palestiniens en Cisjordanie et dans d´autres régions du "Grand Israël" " L´entrée dans le gouvernement du parti du transfert est une profonde souillure politique, morale et sociale, une dangereuse infection qui pénètre le gouvernement (d´Israël).

«L’agent du mal»

Toute personne qui inclut le (parti du) transfert parmi les partis de la coalition sioniste confirme, en effet, la résolution des Nations unies qui dit que le Sionisme c´est du racisme ". Si un Américain avait fait une telle déclaration, il aurait été, sans aucun conteste, accusé d´hostilité envers l´état d´Israël, si ce n´est d´antisémitisme. Si la personne avait été juive, elle aurait été stigmatisée comme un juif qui s´autodéteste. En fait, l´auteur de cette déclaration était Benny Begin, le fils de l´ancien Premier ministre de Droite, Menahem Begin, un "prince" du Likud. Il y a plusieurs mois, Olmert qui s´était inquiété publiquement des stigmates de l´Apartheid a nommé Avigdor Lieberman, un homme avec des convictions racistes et antidémocratiques, au poste de Premier ministre-adjoint. Lieberman préconise non seulement le nettoyage ethnique de tous les Palestiniens des territoires occupés mais de se débarrasser des Arabes qui sont des citoyens israéliens.(1)
La puissance du lobby pro-Israël aux Etats-unis est telle, qu´on comprend qu´un candidat ne veuille pas risquer de s´aliéner des voix d´électeurs. Les plus navrants ont été les commentaires de Barack Obama. Parlant devant un groupe de leaders de la communauté juive, dans une synagogue de Philadephie, Obama a critiqué l´initiative de Carter, déclarant que, "Hamas n´est pas un Etat, Hamas est une organisation terroriste". Obama a également sacrifié à l´obligation de se présenter comme un ami inconditionnel d´Israël, déclarant que, s´il était élu, "il ferait le nécessaire pour qu´Israël puisse se défendre contre toute attaque," - même si, ici encore, son choix des mots était intéressant, étant donné qu´il ne s´est pas explicitement engagé à aller en guerre pour le compte d´Israël, comme l´ont fait John McCain et Hillary Clinton. Carter a également été lacéré par les médias états-uniens qui n´ont parlé de son voyage que pour le critiquer. La page éditoriale du Washington Post s´est surpassée en accusant Carter d´aller embrasser des brutes sanguinaires. Pour Benjamin Shapiro, éditorialiste réputé dans plusieurs quotidiens U.S., c´est carrément la civilisation occidentale qui est en danger: " Jimmy Carter est un agent du mal. C´est douloureux de devoir traiter un ancien président U.S. de partisan des ténèbres. Mais il est dangereux de laisser un homme comme Jimmy Carter hanter la planète, drapé dans la cape de la réputation américaine et plantant les graines de la destruction de la Civilisation occidentale".(2)

L´ancien président américain Jimmy Carter, très critique de la politique israélienne dans son dernier ouvrage, a maintenu, vendredi 8 décembre 2007, que l´Etat hébreu se rendait coupable à ses yeux d´"apartheid" à l´égard des Palestiniens. Jimmy Carter a expliqué qu´il souhaitait susciter un débat sur la politique d´Israël inexistant ou étouffé dans les médias d´information américains qui, "presque tous restent silencieux" sur ce problème. "Le silence est quasi universel dès lors qu´il s´agit d´une possible critique des politiques que mène actuellement le gouvernement israélien". Les accusations de l´ancien président démocrate ont suscité la colère des organisations juives qui ont lancé des pétitions dénonçant l´usage du mot "apartheid" pour décrire le traitement réservé aux Palestiniens par Israël. Jimmy Carter affirme pourtant que ce terme se justifie par les barrières grillagées, les détecteurs électriques et les blocs de béton installés par Israël le long de la frontière avec la Cisjordanie. "Je pense même que la situation est pire, dans bien des cas, que l´apartheid en Afrique du Sud". "Il y a dans ce pays une formidable intimidation qui réduit nos concitoyens au silence", a-t-il souligné, notant que ce silence est observé non seulement par "des individus ou des personnes candidates à des fonctions électives mais aussi par les médias d´information".(3)

"On comprend dans ces conditions l´hystérie collective" Comment est-il possible que cet homme ait pu devenir président des Etats-Unis? ", s´interroge le New York Post dans un éditorial du 15 janvier dernier. Qu´a donc fait l´ancien président (1977-1981) pour mériter pareil traitement? Il a écrit un livre - Palestine: Peace not Apartheid. Et, dans celui-ci, il affirme: si la répression se poursuit à Ghaza et en Cisjordanie, si Israël ne consent pas à négocier l´existence d´un Etat palestinien, on pourrait arriver à une situation similaire à celle de l´apartheid sud-africain. En réponse, l´Anti-Defamation League fait publier des annonces dans divers journaux accusant l´auteur d´être antisémite.(4)

Les critiques de M.Carter à l´égard d´Israël et des Etats-Unis se retrouvent, en plus, détaillées dans le récent ouvrage de l´Américain d´origine palestinienne, Rashid Khalidi, également victime d´attaques systématiques depuis que l´université Columbia lui a attribué en 2003 la chaire Edward-Saïd. Khalidi décrit la relation existant entre la conception impérialiste des relations américaines avec les Etats du Proche-Orient et la façon dont Tel-Aviv et Washington empêchent la formation d´un Etat palestinien. Le New York Post, qui l´a accusé d´antisémitisme en 2004, a également prétendu que la chaire d’Edward-Saïd était financée par certains gouvernements arabes. Le harcèlement dont Khalidi est victime est devenu une pratique de plus en plus fréquente sur les campus universitaires des Etats-Unis....La tension autour des enseignants critiques à l´égard de Tel-Aviv a augmenté l´an dernier, lorsque deux prestigieux universitaires spécialistes des relations internationales ont publié un essai soulignant que les "groupes de pression juifs" aux Etats-Unis dominaient la politique extérieure américaine au Proche-Orient et que la guerre en Irak n´aurait pas pu avoir lieu sans le climat qu´ils ont créé (18). La réaction fut très dure. Quelques mois plus tard, l´universitaire britannique Tony Judt, directeur du Remarque Institute (université de New York), a également été victime d´une campagne lui prêtant des idées antisémites: il avait soutenu que la seule solution au conflit du Proche-Orient était l´existence d´un Etat israélo-palestinien intégrant les deux nations ".

S´agissant de la dénonciation de l´apartheid, Carter n´est pas seul à le faire. L´une des personnalités les plus autorisées à le faire, pour l´avoir vécu dans sa chair est sans conteste, Nelson Mandela. Ecoutons-le "L´Apartheid est un crime contre l´humanité. Israël a privé des millions de Palestiniens de leur liberté et de leur propriété. Il perpétue un système de discrimination raciale et d´inégalité. Il a systématiquement incarcéré et torturé des milliers de Palestiniens, en violation du droit international. Il a déclenché une guerre contre une population civile et en particulier contre des enfants." Ces paroles sont de Nelson Mandela, ainsi que les autres remarques faites par lui, en mars 2001, et qui restent malheureusement totalement d´actualité. (5).

Dans le même ordre d´idée, Bruno Guigue, normalien, sous-préfet en France, a été limogé brutalement pour avoir publié une tribune sur le site Oumma.com. Ecoutons-le nous décrire les pressions et la force du lobby pro-israélien qui a eu raison de lui: " Dans les jours qui ont suivi mon "limogeage", les éditorialistes Jean Daniel, Bernard-Henri Lévy et quelques autres se sont empressés de me prendre pour cible. Sans toujours réitérer l´accusation grotesque d´antisémitisme proférée par Luc Rosenzweig, ils insinuent que je me serais condamné moi-même par l´outrance de mes propos. Et au lieu de réfuter mes affirmations de manière factuelle, mes détracteurs préfèrent ainsi jeter l´anathème. Deux phrases inlassablement reprises en boucle, tirées de leur contexte, en effet, ont alimenté mon lynchage médiatique. "L´Etat d´Israël est le seul où des snipers abattent des fillettes à la sortie des écoles". Une phrase choquante? Sans nul doute. Mais les tirs de soldats israéliens contre des enfants, hélas, sont des faits avérés, évoqués par le quotidien israélien Haaretz depuis 2000. Des tirs délibérés, dont le journaliste britannique Chris MacGreal, pour l´hebdomadaire The Guardian, a notamment fait le récit détaillé dans un article paru le 29 juin 2005. Livrée en pâture à l´opinion comme une énormité, la phrase que j´ai écrite avait quelque chose de monstrueux, en effet: elle était vraie. Et parce qu´elle disait la vérité, elle heurtait le formidable déni de réalité qui entoure, dans les médias dominants, la politique israélienne.(6)

La deuxième phrase litigieuse est celle où j´évoque "les geôles israéliennes, où, grâce à la loi religieuse, on interrompt la torture durant le shabbat". Choquant, là encore? Le propos renvoyait à leur propre contradiction ces fervents partisans de l´Etat d´Israël qu´indigne, curieusement, l´inclination de certains pays à la défense de la religion. Mais le fait mentionné, lui, ne fait pas l´ombre d´un doute: il suffit de consulter le dossier établi par l´association israélienne de défense des droits de l´homme Bet´Selem. Lorsque la Cour suprême israélienne tenta de limiter l´usage de la torture pratiquée sur les prisonniers palestiniens, en 1999, les services secrets ont argué de l´urgence pour la justifier. Les plaignants ont alors fait observer que du vendredi midi au samedi soir, cette pratique était interrompue, ce qui relativisait singulièrement l´argument de l´urgence. Cette affaire est parfaitement résumée par Sylvain Cypel, ex-rédacteur en chef du quotidien Le Monde, dans son livre Les emmurés, paru aux éditions La Découverte en 2005, p.94, note 17. Chacun peut s´y référer et vérifier la véracité de mes propos. Mea culpa: j´avais oublié que les comparaisons les plus désobligeantes, aux yeux de l´establishment hexagonal, sont interdites à propos d´Israël mais vivement recommandées à l´égard des pays du "tiers-monde". Mon principal tort, plus que d´avoir enfreint le devoir de réserve, n´est-il pas d´avoir heurté de plein fouet la doxa occidentale? Après avoir mis en lumière le déni de réalité dont le discours dominant entoure les exactions israéliennes, il faut croire que c´en était trop? A mes dépens, j´ai fait la démonstration que la frontière entre ce qu´il est licite de dire et ce qui ne l´est pas, dans notre pays, n´a rien à voir avec le vrai et le faux".(6)

Lynchage médiatique

La prise de position courageuse de Jimmy Carter et le lynchage médiatique, le plaidoyer de Bruno Guigue me rappellent curieusement l´hystérie médiatique contre l´abbé Pierre coupable d´avoir interprété "dans le mauvais sens" le Livre de Josué concernant l´extermination et d´avoir entretenu une amitié avec Roger Garaudy qui sent le soufre...C´est le cas aussi de Pascal Boniface mis à l´index pour avoir parlé de l´impunité d´Israël. Les intellectuels pro-israéliens voire, pour certains, pro-sionistes même sur le tard, tirent sur tout ce qui bouge! Ils ont pour cela une arme redoutable, le monopole de l´antisémitisme et la singularité de la Shoah. Il faut aussi dire que ces intellectuels n´ont pas le recul nécessaire pour juger en toute impartialité les faits. Ils se veulent des donneurs de leçons empêchant toute critique réelle et suivie de l´Etat théocratique d´Israël. Il est vrai, et il faut saluer cela, que beaucoup d´intellectuels israéliens ont su se démarquer de la politique de leur pays pour des idéaux qui les honorent.

Bruno Guigue est sanctionné, Carter est insulté mais les Palestiniens sont toujours en train de souffrir. Curieusement, les BHL, Alain Finkielkraut, Jean Daniel et j´en passe, sont discrets quand il s´agit de parler des Palestiniens d´une façon franche et objective Dans les situations gênantes, entendons par là quand Israël dépasse la mesure... ils donnent des conseils aux Israéliens naturellement sans lendemain, mais ils auront assuré de leur point de vue "le minimum" en tant que gardiens de l´orthodoxie des droits de l´Homme... Ces intellectuels qui dictent la norme en France devraient nous dire leur sentiment quand un bébé meurt dans le ventre de sa mère, tué par une balle en plein front. Il ne peut y avoir de vérités, il y a la vérité. Les Palestiniens continueront d´être la cible des snipers israéliens. Un peuple se clochardise. Qui s´en soucie?

(*) Ecole nationale polytechnique
(*) Ecole d´ingénieurs Toulouse

1.Henry Siegman - L´Ouragan Carter USA - 06-01-2007 http://www.thenation.com/
2.Hystérie aux USA contre Jimmy Carter 23 Avril 2008 http://libertesinternets.wordpress.com/
3.Jimmy Carter accuse Israël d´"apartheid" NouvelObs.com. 7 02 2008
4.Mariano Aguirre, Le Monde Diplomatique. Le président Jimmy Carter victime de la censure du lobby pro-Israël - Septembre 2007
5.Lettre de Nelson Mandela à Thomas L. Friedman, New York Times. 27.03.2001
6.Bruno Guigue: Ma faute? Avoir heurté de plein fouet la doxa occidentale, http://oumma.com/Ma-faute-Avoir-heurte-de-plein

Droits de reproduction et de diffusion réservés © L'Expression
Publié le 29 avril 2008 avec l'aimable autorisation de l'Expression

 


Source : L'Expression
http://www.lexpressiondz.com/...
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1 mai 2008 4 01 /05 /mai /2008 16:41

Réponse de Denis Colin à Jacques Antony

 

[DC] Oui je suis bien Denis Collin, le même qui a travaillé avec la NES dans les années 80 et beaucoup écrit dans « Données et arguments », le bulletin du « groupe Mélenchon » à l’époque. Pour compléter l’historique peut-être nécessaire ici, j’ai quitté le PS en 1991 car je pensais que la guerre du Golfe était une affaire majeure et qu’il fallait une rupture nette. Je me suis retrouvé en opposition avec Dray et Mélenchon l’année d’après sur la question de Maastricht. J’ai voté et fait campagne pour le « non ». Les bons camarades de la direction de SOS racisme et du groupe Dray m’ont reproché de « faire le jeu du FN » et je n’ai pu avoir aucune discussion avec Mélenchon sur ce sujet. Du reste, quand on n’est pas un « chef », il est difficile de discuter avec Jean-Luc dès lors que surgit un désaccord sérieux…

                       

J’ai donc rejoint Chevènement et le MDC jusqu’à la campagne de 2002, incluse. J’ai écrit plusieurs papiers pour essayer de comprendre les raisons de l’explosion en plein vol du MRC (il y en a des traces sur «  La Sociale  » (www.la-sociale.net ). Je suis revenu au PS en 2004 quand il m’a semblé que la prise de position de Fabius en faveur du « non » au TCE ouvrait à nouveau le jeu. Soit cette ouverture n’était qu’une illusion, soit nous avons mal agi, soit les deux à la fois. Mais force est de reconnaître que de l’appel au OUI contre les électeurs de gauche jusqu’à la nouvelle déclaration de principes, nous avons une nouvelle étape de l’évolution du PS et, loin d’être le moment d’une vraie réforme intérieure, c’est la confirmation du tournant radical du PS sur les traces de Blair, Schröder and Co, c’est-à-dire de la transformation d’un vieux parti « ouvrier » bien décati en « parti démocrate » du type américain.

 

Il faudrait écrire l’histoire de tout cette évolution, c’est-à-dire l’histoire des années 80 à aujourd’hui. Avec mon ami Jacques Cotta nous avons donné en 2001 une première contribution à cette histoire à travers L’illusion plurielle. Pourquoi la gauche n’est plus la gauche. (JC Lattès, 2001) J’ai eu l’espoir en 2004 que notre pronostic pessimiste de 2001 allait être fort heureusement invalidé. Je regrette sincèrement que nous ne nous soyons pas trompé.

 

Tu me demandes un recette. Je n’en ai pas. Mais je vais me permettre une comparaison. On peut réparer ou restaurer une vieille bicoque, mais encore faut-il que les murs soient bons, ou que la charpente tienne ou qu’elle ait quelque beauté vénérable à respecter. Mais si elle n’a rien de tout cela et qu’on veut construire un maison sur ce terrain, le mieux est de faire passer le bulldozer et de rebâtir sur des bases saines quelque chose de neuf. Je crois que nous en sommes-là. La social-démocratie s’est couvert de honte à toutes les occasions importantes depuis près d’un siècle. De 14 à la première guerre du Golfe en passant par les guerres coloniales. Donc ce n’est pas un monument historique à préserver. Elle pourrait être malgré tout le parti qui organise les ouvriers ou les prolétaires. Ce n’est pas le cas. Ses succès à Lyon et à Paris dans la « upper middle class » démontrent à l’envi qu’elle a déplacé son centre de gravité vers les classes dominantes mondialisées. Quant à l’appareil, il est entièrement verrouillé par des personnages falots, des minables genre Hollande, sans envergure, sans pensée, sans talent, sinon d’être de bons bureaucrates, des médiocrités éminentes sélectionnées selon les méthodes par lesquels les capitalistes sélectionnent leur petit personnel.

 

La solitude de Marc Dolez est emblématique. Il fut le seul socialiste à voter « non » à Versailles en 2005. Il se retrouve à nouveau tout seul. Voilà le vrai rapport de forces. Au lieu de parler des choses sérieuses JLM est occupé depuis plusieurs semaines à faire l’amuseur public sur cette affaire tibétaine montée de toutes pièces pour détourner l’attention. Évidemment ça évite de se prononcer sur ce qui est au centre des questions politiques aujourd’hui.

 

Je ne rejoins pas Besancenot, parce que cette opération est la énième opération du même genre et elle est vouée au même sort. Ces gens sont des boutiquiers, préoccupés uniquement de leur boutique. Besancenot est d’ailleurs fort soutenu par la presse et les médias dominants, car là aussi, c’est l’opposant idéal et pas dangereux du tout. Il est un produit du marketing politique. Si je fais le tour de ce qu’il y a en magasin, c’est partout la même chose.

 

Tu me demandes si rien n’a changé depuis la NES. Je te réponds « si ! beaucoup de choses » mais pour l’essentiel en pire. Mais je commence au moins à savoir ce qu’il ne faut pas faire et quelles sont les causes du marasme présent.

 

La première de ces causes est l’abandon de la réflexion théorique. Les gens de mon âge ont une longue histoire politique et ils sont les héritiers d’une longue histoire politique que nous avons été incapables de comprendre et d’analyser. Du fait qu’historiquement le communisme a été identifié au stalinisme ou au trotskysme, nous croyons que nous devons oublier d’où vient le communisme et de quoi il est porteur. Nous avons cherché à faire un nouveau réformisme à l’heure où le réformisme perdait toute base objective dans la réalité des rapports de forces et dans la conscience ouvrière. Nous tenons pour une sorte de modèle, le dernier qui nous reste, l’État keynésien et le salariat de « l’économie mixte ». Nous reconstruisons le passé en espérant qu’il reviendra et comme nous le rêvons. J’ai pas mal écrit sur ces sujets aussi. J’ai même écrit un livre, Revive la République (A. Colin, 2005) pour tenter de définir quelques perspectives nouvelles. Mais j’ai souvent l’impression d’être bien seul, au moins dans le milieu politique de la gauche socialiste.

 

La deuxième cause me semble être un certain genre de rapports politiques. La gauche est structurée autour de chefs qui sont des parrains. Je n’en fais pas la liste mais tu les connais tous. Tous ou presque sont foncièrement incapables de concevoir les rapports avec les militants qui les soutiennent sur le mode d’un rapport d’égal à égal. Et tous ces groupes, organisations, courants, fractions, sont soumis aux dernières élucubrations et dernières ambitions du chef. Les rapports à l’intérieur de ces groupes sont de type féodal. Et le plus souvent quand on n’est pas d’accord il ne reste qu’à se faire soi-même seigneur ou trouver un nouveau suzerain à qui prêter hommage. Ce n’est évidemment pas propre à la social-démocratie. Le trotskysme est mort de cela. Il nous faut un caudillo ! (entre nous, c’est peut-être cela qui explique le goût invétéré d’une certaine gauche française pour le modèle latino-américain du caudillo).

 

Je sais bien qu’on ne peut être spontanéiste. Il nous faut un prince (au sens de Machiavel). Mais d’une part aucun des chefs de la gauche (de gauche) n’a la vertu princière machiavélienne (pour comprendre ce que je veux dire, on se reportera à l’interview de JLM au club de la presse d’internet ou Schneidermann dit à JLM : « j’entends un brillant analyste politique. Mais faire de la politique, c’est prendre ses responsabilités » et suit une réponse de JLM qui vaut son pesant de cacahuètes et permet de comprendre ce qui va se passer). Et d’autre part, comme Gramsci le faisait déjà remarquer, le prince, c’était bien pour un monde encore féodal, aujourd’hui il faut un prince pour notre temps qui ne peut être qu’un organisme collectif (voir les pages de Gramsci que j’ai traduites sur http://denis-collin.viabloga.com )

 

Donc si on peut faire quelque chose sans trancher dans le vif des choix partisans ou organisationnels des uns ou des autres, c’est essayer de créer un organisme collectif de réflexion qui ne soit pas une machine de guerre pour les ambitions, au PS ou ailleurs, de tel ou tel. Un organisme collectif avec une réflexion collective capable de reprendre les choses à la racine, de confronter l’analyse théorique à la réalité empirique… On pourrait même, histoire de rire, appeler cela « Nouvelle école socialiste »…

 

Salut et fraternité

 

Denis COLLIN

http://denis-collin.viabloga.com

 

 

 

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1 mai 2008 4 01 /05 /mai /2008 16:31
 
Biocarburants et crise alimentaire
Salim Lamrani
lamranisalim@yahoo.fr
 
Les émeutes de la faim se sont multipliées à travers le monde suite à la flambée des prix des matières premières alimentaires et se sont révélées particulièrement meurtrières. Les populations du Tiers-monde, écrasées par un système économique irrationnel et insoutenable, ont exprimé leur colère sur tous les continents, que ce soit à Haïti où le Premier ministre a été démis de ses fonctions, aux Philippines ou en Egypte. Plus de 37 pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine représentant un total de 89 millions de personnes sont directement affectés par la crise alimentaire1. Mais il ne s’agit malheureusement que du début.
 
22 avril 2008

Jacques Diouf, directeur général du Programme alimentaire mondiale des Nations unies, a mis en avant les facteurs qui ont conduit à cette hausse subite des prix, à savoir une baisse de la production due au changement climatique, des niveaux de stocks extrêmement bas, une consommation plus grande dans les économies émergentes telles que la Chine et l’Inde, le coût très élevé de l’énergie et du transport et surtout la demande accrue pour la production de biocarburants2.
 
Les Etats-Unis ont été les principaux promoteurs, avec le Brésil, de la politique des biocarburants pour faire face à la montée du prix du pétrole, négligeant les conséquences dramatiques et prévisibles d’une telle production. Ainsi, pour satisfaire ses besoins en énergie, Washington promeut une stratégie qui va conduire une grande partie de l’humanité au désastre. Il n’y a aucun doute là-dessus et les grandes institutions internationales sont unanimes à ce sujet, y compris le Fonds monétaire international (FMI)3.
 
La FAO, l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, a souligné que l’augmentation mondiale de la production de biocarburants menaçait l’accès aux denrées alimentaires pour les populations pauvres du Tiers-monde. « A court terme, il est très probable que la rapide expansion des carburants verts, au niveau mondial, aura des effets importants sur l'agriculture d'Amérique latine », a affirmé la FAO4.
 
En effet, la production de biocarburants s’effectue aux dépens des cultures vivrières en puisant dans les réserves d’eau, et en détournant les terres et les capitaux, ce qui entraîne une augmentation des prix des denrées alimentaires et « mettra en péril l'accès aux vivres pour les éléments les plus défavorisés », conclut l’Organisation dans un rapport présenté au Brésil5. Les conséquences sociales désastreuses de cette politique sont aisément prévisibles alors que l’insécurité alimentaire frappe déjà 854 millions de personnes6.
 
Le Brésil, qui s’efforce de propager la production des biocarburants en Amérique latine et en Afrique, a nié le fait que cette politique était responsable de la hausse des prix des des denrées alimentaires à travers le monde. Le ministre des Finances Guido Mantega a fait part de son désaccord : « Cela met en péril la production alimentaire […] aux Etats-Unis, mais pas au Brésil, pas dans les pays d'Afrique, pas dans les pays d'Amérique latine, qui ont assez de terres pour produire les deux7 ».
 
Le président brésilien Luis Inacio Lula da Silva a également récusé cette thèse. « Ne me dites pas, pour l'amour de Dieu, que la nourriture est chère à cause du biodiesel. La nourriture est chère parce que le monde n'était pas préparé à voir des millions de Chinois, d'Indiens, d'Africains, de Brésiliens et de Latino-américains manger », a-t-il affirmé. Lula a plaidé en faveur des biocarburants car le Brésil en est le deuxième producteur mondial derrière les Etats-Unis8.
 
Mais les cours des matières premières contredisent de manière cinglante les propos de Mantega et du président brésilien. La production de biocarburants se substitue aux cultures alimentaires et encourage fortement la hausse des prix. Ainsi, le prix du riz a augmenté de 75% entre février 2008 et avril 2008 alors que le prix du blé s’est envolé de 120% sur la même période9. Il en est de même pour les produits de base tels que le soja, le maïs, l’huile mais également le lait, la viande et autres10.
 
Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a réclamé des mesures d’urgence pour mettre fin à la crise alimentaire11. La Banque mondiale a appelé les gouvernements des pays membres à intervenir rapidement pour éviter la propagation du cataclysme alimentaire et a souligné que le doublement du prix des produits de base au cours des trois dernières années « pourrait pousser plus profondément dans la misère 100 millions d'individus vivant dans les pays pauvres ». Le prix du blé, par exemple, a augmenté de 181% en trois ans. Le FMI a mis en garde contre une hécatombe annoncée : « Les prix de l'alimentation, s'ils continuent comme ils le font maintenant, [...] les conséquences seront terribles. Comme nous l'avons appris dans le passé, ce genre de situations se finit parfois en guerre12 ».
 
Jean Ziegler, rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation, a qualifié la production massive de biocarburants de « crime contre l’humanité » et a averti que le monde se dirigeait « vers une très longue période d’émeutes ». Il a clairement désigné les coupables en fustigeant la politique désastreuse du FMI, le dumping agricole de l’Union européenne en Afrique, la spéculation boursière internationale sur les matières premières engendrée par les biocarburants, le gouvernement des Etats-Unis et l’Organisation mondiale du commerce13.
 
La mise en garde de Fidel Castro
 
Il y a plus d’un an, le 28 mars 2007 pour être précis, l’ancien président cubain Fidel Castro avait mis en garde le monde contre le danger représenté par les biocarburants. Dans une longue réflexion intitulée « Plus de 3 milliards d’êtres humains dans le monde condamnés à une mort de faim et de soif prématurée », il avait dénoncé « l’idée sinistre de convertir les aliments en combustible » élaborée par le président Bush comme ligne économique de la politique étrangère des Etats-Unis. Le locataire de la Maison-blanche a fait part de sa volonté de produire 132 milliards de litres de biocarburant d’ici 201714.
 
« Aujourd’hui, nous savons précisément qu’une tonne de maïs peut produire seulement 413 litres d’éthanol en moyenne […]. Le prix moyen du maïs dans les ports étasuniens s’élève à 167 dollars la tonne. Il faut donc 320 millions de tonnes de maïs pour produire [132 milliards de litres] d’éthanol. Selon les données de la FAO, la récolte de maïs aux Etats-Unis pour l’année 2005 s’est élevée à 280,2 millions de tonnes. Même si le Président parle de produire du combustible à partir de gazon ou de copeaux de bois, n’importe qui comprend qu’il s’agit de phrases absolument dénuées de réalisme15 ».
 
Pour Fidel Castro, si une telle recette était appliquée aux pays du Tiers-monde, le nombre de personnes qui seraient atteintes par la famine et le manque d’eau prendrait des proportions vertigineuses, sans parler des conséquences écologiques. « Il ne restera plus un seul arbre pour défendre l’humanité du changement climatique16 ».
 
L’ancien président cubain avait également fustigé l’intention de l’Europe d’utiliser non seulement le maïs mais également le blé, les graines de tournesol, de colza et d’autres aliments pour la production de biocarburants. Cela entraînerait – écrivait-il – un essor de la demande, une hausse colossale des prix de ces matières premières alimentaires et une crise humanitaire aux conséquences tragiques. Les prévisions de Fidel Castro se sont malheureusement avérées exactes17.
 
Le leader révolutionnaire cubain a proposé une solution simple pour effectuer des économies d’énergie :
 
« Tous les pays du monde, riches ou pauvres, sans aucune exception, pourraient économiser des millions de dollars en investissement et en combustible en changeant simplement toutes les ampoules incandescentes par des ampoules fluorescentes, chose que Cuba a faite dans toutes les demeures du pays. Cela représenterait un répit pour résister au changement climatique sans laisser mourir de faim les masses pauvres du monde18 ».
 
Un moratoire immédiat sur les biocarburants est indispensable
 
Loin de tirer les leçons du drame social et humain qui traverse la planète, les Etats-Unis ont réaffirmé leur volonté de multiplier par deux les énormes surfaces qu’ils consacrent déjà aux biocarburants. L’Europe a également affiché son intention de développer ces produits de substitution19. Les conséquences seront tragiques car le pire est à venir.
 
La souveraineté alimentaire est un droit inaliénable des peuples. Il n’en est point de plus important. La pauvreté et la famine ne sont pas des fatalités mais les conséquences directes d’un système économique inhumain et destructeur qui viole le droit à la vie des déshérités de la planète. Pour cette raison, il est impératif de lancer un moratoire immédiat sur les biocarburants sous peine de faire face un véritable génocide. Cette production est insoutenable d’un point de vue moral, politique et social. L’espèce humaine est en passe de s’autodétruire. Il est plus que jamais urgent de mettre un terme à cette course folle vers l’apocalypse.
 

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 Notes


 
1 The Associated Press, « La communauté internationale confrontée à une sérieuse crise alimentaire », 14 avril 2008.
 
2 Ibid.
 
3 Reuters, « Face aux émeutes de la faim, DSK s’interroge sur les biocarburants », 18 avril 2008.
 
4 Reuters, « La FAO met en garde contre les biocarburants », 15 avril 2008.
 
5 Ibid.
 
6 Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde 2006 (Rome : FAO, 2006), p. 8.
 
7 Reuters, « La FAO met en garde contre les biocarburants », op. cit.
 
8 Le Monde, « Le président brésilien, Lula, plaide en faveur des biocarburants », 17 avril 2008 ; Marco Sibaja, « Brazil: Biofuels are not at the root of hunger crisis », The Associated Press, 17 avril 2008.
 
9 Lesley Wroughton, « La crise alimentaire reconnue comme une priorité mondiale », Reuters, 14 avril 2008
 
10 Ibid.
 
11 The Associated Press, « Crise alimentaire : Ban Ki-moon réclame des mesures d’urgence », 14 avril 2008.
 
12 Veronica Smith, « Crise alimentaire : la Banque mondiale sonne l’alarme », 14 avril 2008.
 
13 Agence France Presse, « Les biocarburants, ‘un crime contre l’humanité’ d’après le rapporteur de l’Onu », 14 avril 2008.
 
14 Fidel Castro Ruz, « Condenados a muerte prematura por hambre y sed más de 3 mil millones de personas en el mundo », Granma, 29 mars 2007.
 
15 Ibid.
 
16 Ibid.
 
17 Ibid.
 
18 Ibid.
 
19 Le Monde, « Les tartuffes de la faim », 17 avril 2008.
 
 
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30 avril 2008 3 30 /04 /avril /2008 21:16

Où va PRS ?

 

Contribution de Robert Duguet

 

Nous venons de recevoir la circulaire 83 de PRS : je dois dire que je suis assez consterné par l’ensemble de son contenu.

 

Tout d’abord reprenons l’analyse de la situation politique à propos de la gauche italienne après la victoire de Berlusconi, citons :

 

« Une semaine après les élections législatives les dégâts provoqués à gauche par l’incapacité de celle-ci à s’unir autour d’un projet de société commun s’étendent inévitablement. La constitution du parti « Arc en ciel », force politique composée essentiellement de

communistes, verts et socialistes n’ayant pas suivi le parti social-démocrate après la fusion avec les chrétien-démocrates de Prodi, se voit désormais remise en cause. Affaiblie pendant une campagne électorale dominée par les deux grands partis selon le modèle de bipartisme à l’américaine qui a vu le candidat de centre-gauche Veltroni lui-même se déclarer « ni de gauche ni de droite », la gauche radicale a été incapable de donner une lisibilité politique à ses propositions après sa participation à la grande coalition de Romano Prodi. Elle n’a donné aucune visibilité à son aile socialiste, les partenaires de Rifondazione Communista apparaissant comme un simple décor autour de ce parti. A l’issue du scrutin elle n’a réussi à garder aucun député dans le nouveau parlement alors qu’elle comptait 72 parlementaires sortants. En amont du congrès prévu au mois de juin, la composante communiste (Rifondazione) vient de décider cette semaine, mettant en minorité Fausto Bertinotti, que la meilleure perspective pour l’avenir de la gauche en Italie dans la période était de réaffirmer l’identité propre de Rifondazione Communista. De fait tout passage à une nouvelle force politique à gauche en Italie est pour l’instant mis entre parenthèses… Nous avions noté que le nouveau Parti Démocrate (les sociaux-démocrates ayant fait le choix de suivre une ligne centriste après la chute de Prodi) accuse un retard de dix points sur la droite de Silvio Berlusconi. Mais il faut ajouter que le parti du centre italien maintient son score habituel. La course au centre menée par Veltroni aura donc réussi à écraser la gauche sans réduire

le centre. »

 

C’est précisément l’entrée de la gauche italienne, du moins ce qu’il en reste (Rifondazione Communista, socialistes et verts) dans la grande coalition construite autour du projet démocrate qui a conduit l’électorat de gauche à l’abstention et les organisations dans l’incapacité de définir un projet anticapitaliste de résistance à Berlusconi, fer de lance de la mondialisation en Italie. Veltroni a écrasé la gauche au profit du centre, parce que la gauche a joué le jeu de la grande coalition. La ligne politique qui est contenue dans ces quelques lignes s’oppose à l’orientation allemande de construction d’une force socialiste, à l’image des Linke, même minoritaire dans le pays, en capacité de s’opposer sur des points précis aux conséquences de la mondialisation. Par rapport à la ligne définie par Jean Luc Mélenchon dans le livre qu’il avait publié à la fin de l’été « En quête de gauche », il y a là un tournant à 180°.

 

Lisons plus loin, encore une cuiller de goudron sur le Tibet !

Je condamne la position prise par Jean Luc Mélenchon sur cette question. Il semble avoir oublié que le régime chinois issu du stalinisme accompagne aujourd’hui des formes de développement d’un capitalisme sauvage et mafieux, à l’image de ce qui s’est passé dans les pays d’Europe de l’Est et en Russie depuis l’effondrement du système soviétique. A cette différence que c’est le système bureaucratique lui-même contrôlé par le PCC qui continue à imposer cette nouvelle domination : le régime chinois est pour les capitalistes le régime idéal, ils achètent la force de travail à vil prix, envahissent le marché mondial en permettant aux capitalismes des pays économiquement avancés de casser les statuts de leurs travailleurs et de délocaliser et surtout, lorsqu’ils rencontrent des difficultés sociales, le système est là pour réprimer durement. Il y a toujours eu une oppression du régime maoïste contre le peuple tibétain. Cela n’est jamais que la continuité. Rien ne justifie, d’un point de vue socialiste, l’intervention militaire. La bureaucratie maoïste règle les questions d’identité nationale avec les mêmes méthodes que Staline utilisait pour régler ces questions au sein de l’URSS. L’intervention armée ne fait rien avancer. Que va dire Jean Luc Mélenchon lorsque le Dalaï Lama et la bureaucratie chinoise vont passer un accord, ce qu’ils sont en train de commencer à faire, pour maintenir l’ordre social contre le peuple tibétain? Les travailleurs sous-employés et sur-exploités, cela existe au Tibet comme en Chine. Mais oser utiliser la question de la laïcité pour justifier l’intervention militaire au Tibet, c’est vraiment trop fort de café ! Je cite :

« Peut-on se dire laïque et soutenir un projet et une organisation théocratique ? La laïcité est-elle une idée universelle ou réservée aux seuls français ? »

Laïcité que de crimes on commet en ton nom !

La liberté pour un peuple c’est de choisir librement son destin !

 

Le dernier point concerne le congrès socialiste, citons :

 

« Comme vous le savez déjà, le Parti Socialiste rentre en période de préparation de son congrès qui aura lieu au mois de novembre 2008. Lors d’une première phase en amont de la convocation du congrès, les militants seront appelés à se prononcer sur une nouvelle déclaration de principe du parti. Les socialistes membres de PRS qui agissent dans le PS dans le cadre de la sensibilité Trait d’Union ont été représentés à la commission d’élaboration de ce texte par Jean-Luc Mélenchon et Pascale le Néouannic. La version finale du texte adopté n’a plus rien à voir avec la proposition initiale qui aurait acté l’alignement du PS sur les positions démocrates. Elle insiste au contraire sur la nécessité du rassemblement des différentes cultures de la gauche. C’est une bonne nouvelle pour la gauche du Parti socialiste car du coup le Congrès socialiste n’est pas fini avant même d’avoir commencé. On notera également que cette déclaration de principes accorde pour la première fois une place importante aux principes républicains. »

 

Deux remarques sur cet extrait 

 

Les représentants de Trait d’Union, Jean Luc Mélenchon et  Pascale le Néouannic, entérinent le fait, comme Gérard Filoche, Emmanuelli, Benoit  Hamon… que les militants seront amenés à avaler une nouvelle déclaration de principes du parti lors d’une simple convention et non d’un congrès souverain. Avec en plus une modification des statuts portant sur la représentation des courants minoritaires au sein des instances locales, fédérales et nationales : on peut observer qu’il n’est nullement question de cette affaire ni dans cette circulaire PRS, ni dans la circulaire 14 de Trait d’Union d’avril 2008. On est en train de nous garrotter, nous les militants du non à l’Europe libérale, de nous dessaisir des futures décisions de congrès et les représentants officiels de la gauche du parti,  sauf  Marc Dolez et Forces Militantes, tranquillement sont complices de cette violation intolérable de la démocratie.

 

Voici le texte de la commission Bergougnioux bâti autour de la notion démocrate d’ « économie sociale de marché », ralliement au blairisme et à la social-démocratie allemande, qui était à juste titre épinglé dans le livre de Jean Luc Mélenchon « En quête de gauche », forme actuelle de l’association capital-travail et qui donne les fruits pourris que l’on sait dans les pays concernés, considéré comme un texte d’ouverture, qui permettrait au PS de se maintenir comme parti de transformation sociale. Telle est la nouvelle ligne défendue par Jean Luc Mélenchon et Pascale le Néouannic !

 

Ce congrès est un marché de dupes et les Filoche, Mélenchon, Hamon, Emmanuelli se dispose pour en accepter le cadre, c’est aussi préparer de nouvelles déroutes pour la gauche et les salariés à l’image de l’Italie. Il est temps de réagir.

 

Jacques Cotta a raison lorsqu’il écrit :

 

« Ne faudrait-il pas mettre sur pied de façon publique et formelle un organisme collectif qui respecte les différences, les parcours, les engagements immédiats, mais qui décide de tout faire pour unifier les forces éparses qui dés maintenant devraient affirmer la condamnation de la transformation programmatique dans ses principes du parti socialiste et s’affirmer comme les continuateurs fidèles aux principes qui fondent le socialisme. Pour reprendre les vieilles méthodes qui n’ont pas toutes failli, un tel organisme ne devrait-il pas se doter d’un outil, Internet ou écrit, qui permette d’échanger, de réfléchir, et de regrouper ?  »

 

 

 

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30 avril 2008 3 30 /04 /avril /2008 21:06

AMITIÉS FRANCO – IRAKIENNES

 

Création d’un Comité pour la défense de Tarek Aziz

et des prisonniers politiques irakiens

 

Maître Vergès confirme qu’il ira à Bagdad défendre Tarek Aziz

 

Le procès de  Tarek Aziz a été renvoyé au mardi 20 mai après la courte audience tenue le 28 avril dernier, au cours de laquelle le Vice-Premier ministre irakien a nié toute implication dans les charges retenues contre lui et réclamé un nouvel avocat irakien. Le sien - Maître Badie Aref - étant réfugié à Amman pour des « raisons de sécurité » : les Américains ne voulaient plus assurer sa protection après qu’il ait reçu des menaces de mort et qu’un mandat d’arrêt ait été lancé contre lui…

 

Maître Jacques Vergès nous a déclaré qu’il assurera la défense internationale de Tarek Aziz comme le lui a demandé le Vice-Premier ministre il y a deux ans, demande confirmée le 29 avril 2008, par télécopie, par Ziad Aziz - fils du dirigeant irakien - et par Maître Badie.

 

Maître Vergès va demander un visa à l’ambassade d’Irak à Paris pour se rendre à Bagdad défendre son client.

 

Un Comité pour la défense de Tarek Aziz et des prisonniers politiques irakiens est créé à l’initiative de Gilles Munier qui contactera les signataires de l’appel qu’il a lancé en mai 2003 pour qu’ils manifestent à nouveau leur soutien au Vice-Premier ministre irakien. Le Comité se réunira pour élire son président.

 

L’appel pour la libération de Tarek Aziz, reprenant les premiers signataires, a été ensuite relancé et élargi au niveau international par le parlementaire britannique George Galloway .

 

Pour la France, parmi plus d’une centaine de signatures, on notait celles de :

Jean-Pierre Chevènement (ancien ministre) - Michel Debray ( Vice-amiral en deuxième section) - Michel Lelong (prêtre) – Général Pierre Gallois (CR) -  Thierry Mariani (député)  - Philippe de Saint Robert (écrivain) – Andrée Michel (directrice honoraire de recherche au CNRS) – Didier Julia (député) - Maurice Buttin (avocat) - Claude Gaucherand (Contre amiral en deuxième section) - Michel Grimard (président du Mouvement Chrétien Vème République) - Maurice Cannet (général – CR ) -  Jacques Gaillot (évêque) - Jean-Pierre Bastid (romancier) – Paul-Marie Couteaux (député européen) - Charles Saint Prot (écrivain) – ) – Pierre Levy (journaliste) -  Bruno Drweski (maître de conférence) – Alain Corvez (colonel) - Edmond Jouve (professeur aux universités) – Robert Vial (journaliste) - Georges Labica (professeur émérite des universités) – Amaury Couderc (ex-élu régional et maire) - Paul Balta (écrivain) – Sliman Doggui (neurologue) – Gérard Godfroy (ancien directeur de la Foire de Rennes) – Jean Picollec (éditeur) – Roland Lafitte (écrivain) – Patricia Latour (écrivain) – Xavière Jardez (juriste)…. etc  

 

Pour communiquer avec ses membres et informer l’opinion publique, le Comité pour la défense de Tarek Aziz et des prisonniers politiques irakiens a ouvert :

-         une adresse courriel : libertarek@yahoo.fr

-         et un blog : http://www.libertarek.blogspot.com,

 

Rennes, le 30 avril 2008

 

Contact pour la France - Gilles Munier : 06 19 74 45 99

 

 

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28 avril 2008 1 28 /04 /avril /2008 21:41

Serge Goudard (Lyon)


A Gérard filoche et la revue Démocratie et Socialisme, à propos de la convention du 14 juin 2008 du Parti socialiste


Un silence intenable


Depuis les élections municipales et dans la perspective du prochain congrès national, réapparaissent les projets de rassemblement de « la gauche » du Parti socialiste, …Mais où est cette « gauche » ?

Les positions adoptées face à la question de la Convention prévue en juin conduisent à s’interroger.

1 ) Première échéance : ce fut l’adoption d’un calendrier décidant la tenue d’une convention nationale le 14 juin et d’un congrès en novembre.

Ce que doit décider cette convention n’est pas secondaire, puisqu’il s’agit d’une nouvelle « /déclaration de principes/ », véritable carte d’identité du parti. Cette convention devra aussi modifier les statuts. Est-ce la crainte d’un débat de congrès ? Ces deux textes seront adoptés
par une simple convention, quasi sans débats, les textes étant envoyés vers les fédérations le 6 mai et votés le 29 mai. Il n’y aura ni amendement national ni texte alternatif.

Or, face à ce projet, ce fut un accord quasi général. Benoît Hamon déclare : /« nous approuvons ce calendrier et cette méthode/ ». Jean –Luc Mélenchon l’accepte et son courant PRS n’en parle pas. Une seule voix s’est opposée, celle de Marc Dolez et du courant FM : « /Forces Militantes refuse de cautionner une telle atteinte à la démocratie interne et appelle les militants à s’opposer résolument à toute remise en cause des valeurs fondamentales et de la nature même du Parti socialiste/ ».

2) Le Monde a publié le 21 avril le projet de « déclaration de principes » à la veille de son adoption par les instances nationales du PS. Un article complémentaire montrait l’évolution par rapport aux motions antérieures. Ainsi, la déclaration de 1990 faisait déjà allégeance à la
propriété privée des moyens de production en se déclarant « /favorable à une société d’économie mixte » /et en ne/ /méconnaissant pas/ « les règles du marché/ ». Mais on y évoquait encore les « /espérances révolutionnaires/ »…et précisait que « /la faillite des sociétés bureaucratiques ne lui fait pas oublier que le capitalisme développe les inégalités/ ». On constatait que « /les oppositions de classes et groupes sociaux n’ont pas disparu»/ et affirmait que « /les socialistes estiment qu’il ne peut exister de démocratie réelle dans la société capitaliste. C’est en ce sens que le Pari socialiste est un parti révolutionnaire/». C’est l’abandon de ces éléments qui caractérise cette nouvelle déclaration, laquelle prône une économie « /mixte /» avec un «/secteur privé dynamique/ » (sic).

Et ce projet se réclame de /« l’économie sociale de marché/ » (en y rajoutant l’écologie). C'est une référence explicite au traité européen de Lisbonne (signé malgré la majorité de Non au référendum de 2005) qui a comme objectif « l’économie sociale de marché », c’est à dire le
capitalisme version allemande. Ce n’est pas rien. Or, ce texte, que les adhérents devront ratifier, a été adopté de manière quasi unanime. Emmanuelli et Hamon l’ont ratifié, et leurs sites sont pour l’instant silencieux. Mélenchon n’a critiqué que le point européen, avalisant tout le reste.

Un seul, de nouveau, a rejeté ce texte quant au fond et à la forme : Marc Dolez qui, le 22 avril, constate qu’avec ce texte, /« le Parti Socialiste renonce à la socialisation, même progressive, des moyens de production et d’échanges, et donc à tout autre mode d’organisation sociale » et officialise « la dérive social-libérale/ ».

A l’évidence, s’il n’y a pas de réaction organisée de militants, cette affaire va passer comme une lettre à la poste. Or c’est de l’alignement ouvert et explicite du PS sur le blairisme et l’actuelle social-démocratie allemande dont il s’agit. Et tout le prochain congrès sera « cadré » par l’adoption de cette nouvelle « déclaration de principes ».

Dans cette affaire, que dit et que fait DS ? La résolution du 5 avril adoptée par le comité de rédaction de Démocratie et Socialisme informe qu’il sera présenté une résolution pour le Conseil national du premier juillet, mais ne dit pas un mot de la Convention et de ses enjeux.

Le dernier numéro de la revue DS affirme, page 16 et sous ta plume, « qu’il existe une gauche du parti socialiste, hélas morcelée,…Mais cette gauche peut retravailler ensemble »…Ce même article, critique les projets de modifications de statuts mais ne dit pas un seul mot de la
déclaration de principe ! Ce silence a-t-il un rapport avec le fait que figurent, parmi ceux que tu voudrais mettre « autour d’une table » pour rassembler « nos forces » des dirigeants tels que « Henri, Benoît, Laurent… » ? Si telle est la raison, si DS se tait sur la Déclaration de
principes parce celle-ci est soutenue par « Henri, Benoît, Laurent.. », alors il faut dire que la gauche dont tu rêves est morte avant sa première tétée.

Ne vaudrait-il donc pas mieux que DS, sans attendre le 6 mai, engage le combat contre ce projet de déclaration ? Certains combats, faute d’avoir été menés à temps, ne se rattrapent jamais.

Cordialement

Serge Goudard

Le 25 avril

 

 

 

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28 avril 2008 1 28 /04 /avril /2008 21:33

La lettre d’Aimé Césaire à Maurice Thorez

lundi 21 avril 2008, par Reprise d’article.

www.oulala.net

Quelques mois après le percutant rapport Khrouchtchev qui révéla les crimes de Staline, Aimé Césaire a adressé cette lettre de démission à Maurice Thorez alors secrétaire général du Parti communiste Français. "Je crois en avoir assez dit pour faire comprendre que ce n’est ni le marxisme ni le communisme que je renie, que c’est l’usage que certains ont fait du marxisme et du communisme que je réprouve."

le 24 octobre 1956

Aimé Césaire, Député de la Martinique, à Maurice Thorez, Secrétaire Général du Parti Communiste Français.

Maurice Thorez,

Il me serait facile d’articuler tant à l’égard du Parti Communiste Français qu’à l’égard du Communisme International tel qu’il est patronné par l’Union Soviétique, une longue liste de griefs ou de désaccords. La moisson a été particulièrement riche ces derniers temps et les révélations de Khrouchtchev sur Staline sont telles qu’elles ont plongé, ou du moins, je l’espère, tous ceux qui ont, à quelque degré que ce soit, participé à l’action communiste dans un abîme de stupeur, de douleur et de honte.
Oui, ces morts, ces torturés, ces suppliciés, ni les réhabilitations posthumes, ni les funérailles nationales, ni les discours officiels ne prévaudront contre eux. Ils ne sont pas de ceux dont on conjure le spectre par quelque phrase mécanique.

Désormais leur visage apparaît en filigrane dans la pâte même du système, comme l’obsession de notre échec et de notre humiliation. Et bien entendu, ce n’est pas l’attitude du Parti Communiste Français, telle qu’elle a été définie en son XIVe Congrès, attitude qui semble avant tout avoir été dictée par le dérisoire souci des dirigeants de ne pas perdre la face, qui aura permis de dissiper le malaise et obtenu que cesse de s’ulcérer et de saigner au plus vif de nos consciences une blessure.

Les faits sont là, massifs.

Je cite pêle-mêle : les précisions données par Khrouchtchev sur les méthodes de Staline ; la vraie nature des rapports entre le pouvoir de l’Etat et la classe ouvrière dans trop de démocraties populaires, rapports qui nous font croire à l’existence dans ces pays d’un véritable capitalisme d’Etat exploitant la classe ouvrière de manière pas très différente de la manière dont on en use avec la classe ouvrière dans les pays capitalistes ; la conception généralement admise dans les partis communistes de type stalinien des relations entre états et partis frères, témoin le tombereau d’injures déversées pendant cinq ans sur la Yougoslavie coupable d’avoir affirmé sa volonté d’indépendance ; le manque de signes positifs indiquant la volonté du Parti Communiste Russe et de l’Etat soviétique d’accorder leur indépendance aux autres partis communistes et aux autres états socialistes ; ou alors le manque de hâte des
partis non russes et singulièrement du Parti Communiste Français à s’emparer de cette offre et à affirmer leur indépendance à l’égard de la Russie ; tout cela nous autorise à dire que - exception faite pour la Yougoslavie - dans de nombreux pays d’Europe , et au nom du Socialisme, des bureaucraties coupées du peuple, des bureaucraties usurpatrices et dont il est maintenant prouvé qu’il n’y a rien à attendre, ont réussi la piteuse merveille de transformer en cauchemar ce que l’humanité a pendant longtemps caressé comme un rêve : le Socialisme. Quant au Parti Communiste Français, on n’a pas pu ne pas être frappé par sa répugnance à s’engager dans les voies de la déstalinisation ; sa mauvaise volonté à condamner Staline et les méthodes qui l’ont conduit au crime ; son inaltérable satisfaction de soi ; son refus de renoncer pour sa part et en ce qui le concerne aux méthodes antidémocratiques chères à Staline ;
bref par tout cela qui nous autorise à parler d’un stalinisme français qui a la vie plus dure que Staline lui,même et qui, on peut le conjecturer, aurait produit en France les mêmes catastrophiques effets qu’en Russie, si le hasard avait permis qu’en France il s’installât au pouvoir.

Ici comment taire notre déception ? Il est très vrai de dire qu’au lendemain du rapport Khrouchtchev nous avons tressailli d’espérance.
On attendait du Parti Communiste Français une autocritique probe ; une désolidarisation d’avec le crime qui le disculpât ; pas un reniement, mais un nouveau et solennel départ ; quelque chose comme le Parti Communiste fondé une seconde fois... Au lieu qu’au Havre, nous n’avons vu qu’entêtement dans l’erreur ; persévérance dans le mensonge ; absurde prétention de ne s’être jamais trompé ; bref chez des pontifes plus que jamais pontifiant, une incapacité sénile à se déprendre de soi même pour se hausser au niveau de l’événement et toutes les ruses puériles d’un orgueil sacerdotal aux abois.

Quoi ! Tous les partis communistes bougent. Italie. Pologne. Hongrie. Chine. Et le parti français, au milieu du tourbillon général, se contemple lui, même et se dit satisfait. Jamais je n’ai eu autant conscience d’un tel retard historique affligeant un grand peuple...

Mais, quelque grave que soit ce grief - et à lui seul très suffisant car faillite d’un idéal et illustration pathétique de l’échec de toute une génération - je veux ajouter un certain nombre de considérations se rapportant à ma qualité d’homme de couleur.

Disons d’un mot : qu’à la lumière des événements (et réflexion faite sur les pratiques honteuses de l’antisémitisme qui ont eu cours et continuent encore semble-t-il à avoir cours dans des pays qui se réclament du socialisme), j’ai acquis la conviction que nos voies et celles du communisme tel qu’il est mis en pratique, ne se confondent pas purement et simplement ; qu’elles ne peuvent pas se confondre purement et simplement.

Un fait à mes yeux capital est celui-ci : que nous, hommes de couleur, en ce moment précis de l’évolution historique, avons, dans notre conscience, pris possession de tout le champ de notre singularité et que nous sommes prêts à assumer sur tous les plans et dans tous les domaines les responsabilités qui découlent de cette prise de conscience.

Singularité de notre « situation dans le monde » qui ne se confond avec nulle autre.

Singularité de nos problèmes qui ne se ramènent à nul autre problème.
Singularité de notre histoire coupée de terribles avatars qui n’appartiennent qu’à elle. Singularité de notre culture que nous voulons vivre de manière de plus en plus réelle.

Qu’en résulte-t-il, sinon que nos voies vers l’avenir, je dis toutes nos voies, la voie politique comme la voie culturelle, ne sont pas toutes faites ; qu’elles sont à découvrir, et que les soins de cette découverte ne regardent que nous ? C’est assez dire que nous sommes convaincus que nos questions, ou si l’on veut la question coloniale, ne peut pas être traitée comme une partie d’un ensemble plus important, une partie sur laquelle d’autres pourront transiger ou passer tel compromis qu’il leur semblera juste de passer eu égard à une situation générale qu’ils auront seuls à apprécier.

Ici il est clair que je fais allusion au vote du Parti Communiste Français sur l’Algérie, vote par lequel le parti accordait au gouvernement Guy Mollet Lacoste les pleins pouvoirs pour sa politique en Afrique du Nord - éventualité dont nous n’avons aucune garantie qu’elle ne puisse se renouveler. En tout cas, il est constant que notre lutte, la lutte des peuples coloniaux contre le colonialisme, la lutte des peuples de couleur contre le racisme est beaucoup plus complexe - que dis-je, d’une tout autre nature que la lutte de l’ouvrier français contre le capitalisme français et ne saurait en aucune manière, être considérée comme une partie, un fragment de cette lutte.

Je me suis souvent posé la question de savoir si dans des sociétés comme les nôtres, rurales comme elles sont, les sociétés de paysannerie, où la classe ouvrière est infime et où par contre, les classes moyennes ont une importance politique sans rapport avec leur importance numérique réelle, les conditions politiques et sociales permettaient dans le contexte actuel, une action efficace d’organisations communistes agissant isolément (à plus forte raison d’organisations communistes fédérées ou inféodées au parti communiste de la métropole) et si, au lieu de rejeter à priori et au nom d’une idéologie exclusive, des hommes pourtant honnêtes et foncièrement anticolonialistes, il n’y avait pas plutôt lieu de rechercher une forme d’organisation aussi large et souple que possible, une forme d’organisation susceptible de donner élan au plus grand nombre, plutôt qu’à caporaliser un petit nombre. Une forme d’organisation
où les marxistes seraient non pas noyés, mais où ils joueraient leur rôle de levain, d’inspirateur, d’orienteur et non celui qu’à présent ils jouent objectivement, de diviseurs des forces populaires.

L’impasse où nous sommes aujourd’hui aux Antilles, malgré nos succès électoraux, me paraît trancher la question : j’opte pour le plus large contre le plus étroit ; pour le mouvement qui nous met au coude à coude avec les autres et contre celui qui nous laisse entre nous ; pour celui qui rassemble les énergies contre celui qui les divise en chapelles, en sectes, en églises ; pour celui qui libère l’énergie créatrice des masses contre celui qui la canalise et finalement la stérilise.

En Europe , l’unité des forces de gauche est à l’ordre du jour ; les morceaux disjoints du mouvement progressiste tendent à se ressouder, et nul doute que ce mouvement d’unité deviendrait irrésistible si du côté des partis communistes staliniens, on se décidait à jeter par dessus bord tout l’impedimenta des préjugés, des habitudes et des méthodes hérités de Staline.

Nul doute que dans ce cas, toute raison, mieux, tout prétexte de bouder l’unité serait enlevé à ceux qui dans les autres partis de gauche ne veulent pas de l’unité, et que de ce fait les adversaires de l’unité se trouveraient isolés et réduits à l’impuissance.

Et alors, comment dans notre pays, où le plus souvent, la division est artificielle, venue du dehors, branchée qu’elle est sur les divisions européennes abusivement transplantées dans nos politiques locales, comment ne serions-nous pas décidés à sacrifier tout, je dis tout le secondaire, pour retrouver l’essentiel ; cette unité avec des frères, avec des camarades qui est le rempart de notre force et le gage de notre confiance en l’avenir.

D’ailleurs, ici, c’est la vie elle-même qui tranche. Voyez donc le grand souffle d’unité qui passe sur tous les pays noirs ! Voyez comme, çà et là, se remaille le tissu rompu ! C’est que l’expérience, une expérience durement acquise, nous a enseigné qu’il n’y a à notre disposition qu’une arme, une seule efficace, une seule non ébréchée : l’arme de l’unité, l’arme du rassemblement anticolonialiste de toutes les volontés, et que le temps de notre dispersion au gré du clivage des partis métropolitains est aussi le temps de notre faiblesse et de nos défaites.

Pour ma part, je crois que les peuples noirs sont riches d’énergie, de passion qu’il ne leur manque ni vigueur, ni imagination mais que ces forces ne peuvent que s’étioler dans des organisations qui ne leur sont pas propres, faites pour eux, faites par eux et adaptées à des fins qu’eux seuls peuvent déterminer.

Ce n’est pas volonté de se battre seul et dédain de toute alliance. C’est volonté de ne pas confondre alliance et subordination. Solidarité et démission. Or c’est là très exactement de quoi nous menacent quelques uns des défauts très apparents que nous constatons chez les membres du Parti Communiste Français : leur assimilationisme invétéré ; leur chauvinisme inconscient ; leur conviction passablement primaire  - qu’ils partagent avec les bourgeois européens - de la supériorité omnilatérale de l’Occident ; leur croyance que l’évolution telle qu’elle s’est opérée en Europe  est la seule possible ; la seule désirable ; qu’elle est celle par laquelle le monde entier devra passer ; pour tout dire, leur croyance rarement avouée, mais réelle, à la civilisation avec un grand C ; au progrès avec un grand P (témoin leur hostilité à ce qu’ils appellent avec dédain le « relativisme culturel », tous défauts qui
bien entendu culminent dans la gent littéraire qui à propos de tout et de rien dogmatise au nom du parti).

Il faut dire en passant que les communistes français ont été à bonne école. Celle de Staline. Et Staline est bel et bien celui qui a ré introduit dans la pensée socialiste, la notion de peuples « avancés » et de peuples « attardés ». Et s’il parle du devoir du peuple avancé (en l’espèce les Grands Russes) d’aider les peuples arriérés à rattraper leur retard, je ne sache pas que le paternalisme colonialiste proclame une autre prétention.

Dans le cas de Staline et de ses sectateurs, ce n’est peut-être pas de paternalisme qu’il s’agit. Mais c’est à coup sûr de quelque chose qui lui ressemble à s’y méprendre.

Inventons le mot : c’est du « fraternalisme ».

Car il s’agit bel et bien d’un frère, d’un grand frère qui, imbu de sa supériorité et sûr de son expérience, vous prend la main (d’une main hélas ! parfois rude) pour vous conduire sur la route où il sait se trouver la Raison et le Progrès.

Or c’est très exactement ce dont nous ne voulons pas. Ce dont nous ne voulons plus.

Nous voulons que nos sociétés s’élèvent à un degré supérieur de développement, mais d’ elles-mêmes, par croissance interne, par nécessité intérieure, par progrès organique, sans que rien d’extérieur vienne gauchir cette croissance, ou l’altérer ou la compromettre. Dans ces conditions on comprend que nous ne puissions donner à personne délégation pour penser pour nous ; délégation pour chercher pour nous ; que nous ne puissions désormais accepter que qui que ce soit, fût-ce le meilleur de nos amis, se porte fort pour nous. Si le but de toute politique progressiste est de rendre un jour leur liberté aux peuples colonisés, au moins faut-il que l’action quotidienne des partis progressistes n’entre pas en contradiction avec la fin recherchée et ne détruise pas tous les jours les bases mêmes, les bases organisationnelles comme les bases psychologiques de cette future liberté, lesquelles se ramènent à un seul postulat :
le droit à l’initiative.

Je crois en avoir assez dit pour faire comprendre que ce n’est ni le marxisme ni le communisme que je renie, que c’est l’usage que certains ont fait du marxisme et du communisme que je réprouve. Que ce que je veux, c’est que marxisme et communisme soient mis au service des peuples noirs, et non les peuples noirs au service du marxisme et du communisme. Que la doctrine et le mouvement soient faits pour les hommes, non les hommes pour la doctrine ou pour le mouvement. Et bien entendu cela n’est pas valable pour les seuls communistes. Et si j’étais chrétien ou musulman, je dirais la même chose. Qu’aucune doctrine ne vaut que repensée par nous, que repensée pour nous, que convertie à nous. Cela a l’air d’aller de soi. Et pourtant dans les faits cela ne va pas de soi.

Et c’est ici une véritable révolution copernicienne qu’il faut imposer, tant est enracinée en Europe , et dans tous les partis, et dans tous les domaines, de l’extrême droite à l’extrême gauche, l’habitude de faire pour nous, l’habitude de disposer pour nous, l’habitude de penser pour nous, bref l’habitude de nous contester ce droit à l’initiative dont je parlais tout à l’heure et qui est, en définitive, le droit à la personnalité. C’est sans doute là l’essentiel de l’affaire.

Il existe un communisme chinois. Sans très bien le connaître, j’ai à son égard un préjugé des plus favorables. Et j’attends de lui qu’il ne verse pas dans les monstrueuses erreurs qui ont défiguré le communisme européen. Mais il m’intéresserait aussi et plus encore, de voir éclore et s’épanouir la variété africaine du communisme. Il nous proposerait sans doute des variantes utiles, précieuses, originales et nos vieilles sagesses nuanceraient, j’en suis sûr, ou compléteraient bien des points de la doctrine.

Mais je dis qu’il n’y aura jamais de variante africaine, ou malgache, ou antillaise du communisme, parce que le communisme français trouve plus commode de nous imposer la sienne. Qu’il n’y aura jamais de communisme africain, malgache ou antillais, parce que le Parti Communiste Français pense ses devoirs envers les peuples coloniaux en termes de magistère à exercer, et que l’anticolonialisme même des communistes français porte encore les stigmates de ce colonialisme qu’il combat. Ou encore, ce qui revient au même, qu’il n’y aura pas de communisme propre à chacun des pays coloniaux qui dépendent de la France, tant que les bureaux de la rue Saint- Georges, les bureaux de la section coloniale du Parti Communiste Français, ce parfait pendant du Ministère de la rue Oudinot, persisteront à penser à nos pays comme à terres de missions ou pays sous mandat. Pour revenir à notre propos, l’époque que nous vivons est sous le signe
d’un double échec : l’un évident, depuis longtemps, celui du capitalisme. Mais aussi l’autre, celui, effroyable, de ce que pendant trop longtemps nous avons pris pour du socialisme ce qui n’était que du stalinisme. Le résultat est qu’à l’heure actuelle le monde est dans l’impasse.

Cela ne peut signifier qu’une chose : non pas qu’il n’y a pas de route pour en sortir, mais que l’heure est venue d’abandonner toutes les vieilles routes. Celles qui ont mené à l’imposture, à la tyrannie, au crime. C’est assez dire que pour notre part, nous ne voulons plus nous contenter d’assister à la politique des autres. Au piétinement des autres.
Aux combinaisons des autres. Aux rafistolages de consciences ou a la casuistique des autres.

L’heure de nous mêmes a sonné.

Et ce que je viens de dire des nègres n’est pas valable que pour les nègres. Oui tout peut encore être sauvé, tout, même le pseudo socialisme installé çà et là en Europe  par Staline, à condition que l’initiative soit rendue aux peuples qui jusqu’id n’ont fait que la subir ; à condition que le pouvoir descende et s’enracine dans le peuple, et je ne cache pas que la fermentation qui se produit à l’heure actuelle en Pologne, par exemple, me remplit de joie et d’espoir.

Ici que l’on me permette de penser plus particulièrement à mon malheureux pays : la Martinique.

J’y pense pour constater que le Parti Communiste Français est dans l’incapacité absolue de lui offrir une quelconque perspective qui soit autre chose qu’utopique ; que le Parti Communiste Français ne s’est jamais soucié de lui en offrir ; qu’il n’a jamais pensé à nous qu’en fonction d’une stratégie mondiale au demeurant déroutante.

J’y pense pour constater que le communisme a achevé de lui passer autour du cou le noeud coulant de l’assimilation ; que le communisme a achevé de l’isoler dans le bassin caraïbe ; qu’il a achevé de le plonger dans une manière de ghetto insulaire ; qu’il a achevé de le couper des autres pays antillais dont l’expérience pourrait lui être à la fois instructive et fructueuse (car ils ont les mêmes problèmes que nous et leur évolution démocratique est impétueuse) : que le communisme enfin, a achevé de nous couper de l’Afrique Noire dont l’évolution se dessine désormais à contre-sens de la nôtre. Et pourtant cette Afrique Noire, la mère de notre culture et de notre civilisation antillaise, c’est d’elle que j’attends la régénération des Antilles, pas de l’Europe  qui ne peut que parfaire notre aliénation, mais de l’Afrique qui seule peut revitaliser, repersonnaliser les Antilles.

Je sais bien. On nous offre en échange la solidarité avec le peuple français ; avec le prolétariat français, et à travers le communisme, avec les prolétariats mondiaux. Je ne nie pas ces réalités. Mais je ne veux pas ériger ces solidarités en métaphysique. Il n’y a pas d’alliés de droit divin. Il y a des alliés que nous impose le lieu, le moment et la nature des choses. Et si l’alliance avec le prolétariat français est exclusive, si elle tend à nous faire oublier ou contrarier d’autres alliances nécessaires et naturelles, légitimes et fécondantes, si le communisme saccage nos amitiés les plus vivifiantes, celle qui nous unit à l’Afrique, alors je dis que le communisme nous a rendu un bien mauvais service en nous faisant troquer la Fraternité vivante contre ce qui risque d’apparaître comme la plus froide des abstractions. Je préviens une objection. _ Provincialisme ? Non pas. Je ne m’enterre pas dans un
particularisme étroit. Mais je ne veux pas non plus me perdre dans un universalisme décharné.

Il y a deux manières de se perde : par ségrégation murée dans le particulier ou par dilution dans l’ « universel ».

Ma conception de l’universel est celle d’un universel riche de tout le particulier, riche de tous les particuliers, approfondissement et coexistence de tous les particuliers. Alors ? Alors il nous faudra avoir la patience de reprendre l’ouvrage, la force de refaire ce qui a été défait ; la force d’inventer au lieu de suivre ; la force « d’inventer » notre route et de la débarrasser des formes toutes faites, des formes pétrifiées qui l’obstruent. En bref, nous considérons désormais comme notre devoir de conjuguer nos efforts à ceux de tous les hommes épris de justice et de vérité pour bâtir des organisations susceptibles d’aider de manière probe et efficace les peuples noirs dans leur lutte pour aujourd’hui et pour demain : lutte pour la justice ; lutte pour la culture ; lutte pour la dignité et la liberté ; des organisations capables en un mot de les préparer dans tous les domaines à assumer de manière autonome les
lourdes responsabilités que l’histoire en ce moment même fait peser si lourdement sur leurs épaules.

Dans ces conditions, je vous prie de recevoir ma démission de membre du Parti Communiste Français.

Aimé Césaire, Paris, le 24 octobre 1956

source : l’Humanité

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