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12 juin 2008 4 12 /06 /juin /2008 19:34
L’EUROPE
DE DUBLIN À TRIPOLI



Par Jean-Michel Vernochet
le 10 juin 2008

Alors que le sort de la ratification du Traité de Lisbonne se joue le 12 juin en Irlande à l’occasion d’une consultation référendaire, le Président américain, sous couvert d’une visite d’adieu en Europe, s’est employé ces derniers  jours à « faire avancer le dossier iranien » en Europe… Autrement dit et en clair, M. Bush en fin de parcours s’est essayé  à « vendre la guerre » à ses satellites du Vieux Continent, de Ljubljana à Belfast via Berlin, Rome, Paris, Londres…

Est-ce tout à fait un hasard d’ailleurs si c’est à Belfast que s’achèvera la tournée européenne du président américain ? Que motive cet intérêt pour la verte Erin ? Bien sûr Belfast n’est pas Dublin, mais que l’on se rassure : si d’aventure les Irlandais se montrent réticents à s’engouffrer dans la construction européenne telle qu’imposée par les oligarchies européistes (une construction qui n’est pas autre chose que le mince cache-sexe d’une fusion euratlantique à venir), le  dérisoire obstacle d’un vote négatif de la part des irlandais sera aussitôt contourné… Et si un vote de refus est craint, il ne s’agit que d’une hypothèse de travail et d’un obstacle qui sera a priori balayé… Il en va ainsi de la volonté populaire dont il n’est tenu compte que lorsqu’elle ne se cabre pas, c’est-à-dire lorsqu’elle coïncide exactement avec les desiderata et les agendas des nomenklaturas néo-libérales.

Une telle visite du maître américain - sur le départ certes -– ne doit cependant pas être interprétée trop vite comme l’une des dernières pirouettes d’un pouvoir déliquescent…   Ce ne sont pas les hommes qui s’agitent sur la scène médiatique qui conçoivent et décident des politiques. Surtout aux É-U où les mêmes intérêts, les mêmes groupes de pression, continueront d’être actif après le départ de leur catastrophique homme de paille. Le destin des peuples se joue en effet dans la coulisse. Ainsi, pendant que leurs médias nationaux distraient l’attention des Français avec des fadaises style « mariage cassé pour non-virginité de l’épouse », le rouleau compresseur des grands desseins géostratégiques continue de progresser sans que l’opinion en soit alertée… l’opinion étant la foule des  anonymes, le vulgum pecus, la masse ignorante, vous et moi, tous ceux en un mot que les gouvernements français et
hollandais ont eu l’imprudence de consulter en 2005 quant à l’adoption du Traité constitutionnel…

Citons par exemple the Greater Middle East Initiative, le « Projet Grand Orient » de l’Atlantique à l’Indus, dont « l’Union pour la Méditerranée » n’est à l’évidence qu’un sous-ensemble… Qui en parle vraiment ? Qui en explique les tenants et aboutissants ?

L’intégration de l’espace maritime méditerranéen et le projet d’Union des pays riverains nous concernent au premier chef, or ils participent de toute évidence à l’avancée de l’Initiative grand Orient. Celle-ci étant déjà largement engagée grâce à un étroit maillage sécuritaire de l’espace maritime méditerranéen, d’abord par les bâtiments de guerre de la VIe Flotte américaine et en second lieu au moyen d’accords stratégiques croisés passés entre la plupart des États arabes riverains de la Méditerranée, la Turquie et Israël dans le cadre du dispositif Otan Active Endeavour mis en place dès octobre 2001… Dispositif que vient compléter le Dialogue méditerranéen – on appréciera la dénomination de « Dialogue » pour des partenariats en matière de sécurité ! – dont les missions de contrôle et de coercition ont été redéfinies en juin 2004 à Istanbul avec l’Algérie, l’Égypte, Israël, la
Jordanie, le Maroc, la Mauritanie et la Tunisie… enfin,  l’UE depuis 1995, avec le Processus de Barcelone, s’est attachée, avec le peu de succès que l’on sait, à tenter d’en organiser la co-surveillance….

Accessoirement, on mesurera à l’aune des liens diplomatiques déjà établis et de l’importante et active - pas seulement sur le papier - coopération Otan-UE-Maghreb-Machrek, les réticences affichées par MM. Bouteflika et Khadafi à participer au côté de M. Olmert, Premier Ministre israélien, au lancement officiel de l’Union pour la Méditerranée à Paris le 13 juillet. Que penser en effet de la vertueuse sortie de M. Khadafi refusant de s’asseoir à la même table que le Premier ministre de l’État hébreu lorsqu’on sait que l’Algérie et la Libye ont, sous l’égide de l’Otan et avec la VIe Flotte, participé début avril à l'opération Phoenix Express 2008 ?

Ainsi l’unification sous la houlette de l’Amérique-monde, de l’espace euroméditerranéen, puis par la suite sans doute eurafricain – un autre projet de la Présidence française - sont des constructions ou des utopies dont les conséquences prévisibles ne sont guère a priori enthousiasmantes pour quiconque : ni pour les Européens ni pour les Africains du nord et du Sud… Il est clair que l’Union pour la Méditerranée  viendra marcher sur les brisées d’organisations du Sud telles la Ligue arabe ou l'Union africaine, ce dont M. Khadafi semble avoir pris tardivement  conscience et ce, avec une certaine tartufferie  lorsque le 10 juin au cours d’un sommet arabe restreint à Tripoli, il dénonça vertement le projet d’Union pour la Méditerranée. Un sommet « éclair » au demeurant puisqu’il fut bouclé en trois heures seulement ! Le cheval arabe renâcle devant l’obstacle… Reste donc à savoir si l’UPM est maintenant un
projet mort-né - en tout état de cause il est d’un irréalisme qui saute aux yeux – ou s’il aboutira  aux forceps et avec de juteuses compensations industrielles et commerciales ?

Il faudrait ajouter à ce propos que  peu nombreux sont les observateurs accrédités qui ont souligné combien la précipitation de M. Sarkozy à mettre en branle son projet d’Union méditerranéenne, cela sans aucune apparence de nécessité prioritaire. L’Euromed et l’Eurafrique – cette dernière étant repartie dans les cartons – tombaient dès les premiers jours de la nouvelle présidence comme des cheveux sur la soupe alors même qu’en matière de consolidation européenne proprement dite (sécurité intérieure et extérieure, sécurité énergétique, sanitaire et alimentaire) tout restait encore à faire ! Et en particulier en matière de défense collective au moment où les tensions avec la République islamique d’Iran se ravivent tandis que les armées des états membres de l’UE ont été dissoutes ou réduites a quia… Cela signifie que la défense européenne repose presque exclusivement sur le bon vouloir de
l’Organisation du Pacte atlantique, l’Otan, sous haut commandement américain… Faut-il une autre preuve de la vassalisation, voire de la servitude, d’une Europe combattant aujourd’hui en Afghanistan au service de Washington dans un conflit à l’issue et à l’intérêt plus que douteux ?

Last but not least, quatre jour après la ratification irlandaise, le 12 juin - si importante pour M. Bush et sa grande stratégie - doit intervenir un autre fait d’une importance capitale qui éclaire d’un jour singulier les grandes manœuvres dont la zone Europe-Méditerranée est actuellement le théâtre : le 16 juin à Luxembourg, le conseil des ministres des affaires étrangères des Vingt-Sept doit entériner un partenariat avancé avec Israël. Cela signifie une intégration quasi complète au sein du marché unique, dans les institutions européennes avec la participation des ministres israéliens dans les conseils européens et des experts dans  tous les  programmes et groupes de travail ! « Ce qui équivaudrait à conférer à l'Etat juif un statut de quasi-membre de l'UE » comme le souligne le journal Le Monde dans son édition du 7 juin.

La chose  a été évidemment préparée dans le silence feutré des chancelleries car rien n’a filtré dans la grande presse jusqu’à ce jour : ainsi, sur l’année 2007, les archives du quotidien Le Monde sont muettes sur cette question. Il s’agissait apparemment de mettre l’opinion devant le fait accompli. Et nous avons ici encore  une preuve supplémentaire que les vraies décisions, celles qui engagent le destin des nations, ne sont pas connues du public, qu’elles sont soigneusement tues… Comme fut caché, dès l’origine, au début des années 40, les finalités réelles de la construction européenne… des objectifs en vérité pas très éloignés de ceux qui président aujourd’hui à la Greater Middle East Initiative : démembrer des États souverains et créer des entités fédérales sur des bases communautaristes… un prolongement et une amélioration substantielles en quelque sorte de l’accord Sykes-Picot passé le 16 mai
1916 entre la France, la Grande-Bretagne et la Russie, accord secret organisant le partage des dépouilles de l’Empire ottoman...

Enfin, est-ce là encore pure coïncidence si la tournée de M. Bush a démarré par la Slovénie où justement, en avril dernier, se tint la commission chargée de finaliser cette discrète entrée de l’État hébreu dans la communauté des Vingt Sept ? On comprends mieux alors la hâte de M. Sarkozy à réaliser cette Union pour la Méditerranée si l’on considère avec un peu de recul, et dans son ensemble, l’échiquier géostratégique proche-oriental…

Au final, ce ne sont vraisemblablement pas les objurgations du Premier ministre palestinien, M. Salam Fayyad, qui pèseront dans la balance… Celui-ci  s’est en effet efforcé, mais en vain, de détourner ses homologues européens de prendre une décision si lourde de conséquence pour l’Union, laquelle deviendra de facto partie prenante des conflits présents et à venir dans l’une région les plus chaude, politiquement et militairement parlant, de la planète. Très modéré, parce que tributaire de l’aide Européenne, le Premier ministre palestinien demande que cette entrée soit au moins soumise à une condition, à savoir « qu'Israël se conforme aux lois internationales et aux droits de l'homme, y compris par le gel de la colonisation »… En vérité l’intégration à marche forcée de l’espace géopolitique euroméditerranéen qui s’opère actuellement sous nos yeux, en raison de sa dimension volontariste, se fera volens nolens
au nez et à la barbe de tous, Européens et Musulmans qui, même avertis, n’en pourront mais !

JMV - 10 juin 2008

Dernier ouvrage publié : « Manifeste pour une Europe des Peuples »
Éd. du Rouvre. Paris.

: l’unification par la démocratie de l’aire civilisationnelle islamique.



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11 juin 2008 3 11 /06 /juin /2008 19:53

www.cadtm.org


crise alimentaire : le sommet de la fao à rome est "un échec total"


par Jean Ziegler

Jean Ziegler est l’ancien rapporteur de l’ONU sur le droit à l’alimentation. Il est aujourd’hui membre du comité consultatif du conseil des droits de l’homme des Nations unies et auteur du livre L’Empire de la honte (édition Le Livre de poche).

Le sommet de la FAO, à Rome, sur la crise alimentaire mondiale s’est clôturé, jeudi 5 juin. Que faut-il retenir de ce congrès ?

Jean Ziegler : C’est un échec total, c’est extraordinairement décevant, et très inquiétant pour l’avenir des Nations unies. Le sommet est assez unique dans l’histoire de cette organisation : plus de 50 chefs d’Etat et de gouvernement se sont réunis pour discuter de solutions concrètes à apporter à l’effroyable massacre quotidien de la faim, qui s’aggrave encore avec l’explosion des prix mondiaux des matières premières agricoles depuis cinq ou six mois. Mais le résultat de cette conférence est totalement scandaleux : l’intérêt privé s’est imposé, au lieu de l’intérêt collectif. Les décisions prises à Rome risquent d’aggraver la faim dans le monde, au lieu de la combattre.

Quels engagements des membres de la FAO auriez-vous souhaité ?

Je souhaitais trois décisions. Tout d’abord, l’interdiction totale de brûler de la nourriture pour en faire des biocarburants. Ensuite, retirer de la Bourse la fixation des prix des aliments de base, et instaurer un système où le pays producteur négocie directement avec le pays consommateur pour exclure le gain spéculatif. Troisièmement, que les institutions de Bretton Woods, notamment le Fonds monétaire international, donnent la priorité absolue dans les pays les plus pauvres aux investissements dans l’agriculture vivrière, familiale et de subsistance.

La déclaration finale du sommet, difficilement adoptée jeudi soir, engage les pays membres de la FAO à réduire de moitié le nombre de personnes qui ont faim d’ici à 2015. Est-ce un objectif crédible ?

Non, c’est de l’hypocrisie la plus totale. D’ailleurs, ce but est celui du millénaire. C’est en septembre 2000, au seuil du nouveau millénaire, que Kofi Annan, secrétaire général des Nations Unies à l’époque, avait réuni les pays membres des Nations unies à New York et avait fixé neufs buts du millénaire pour éradiquer la misère, la faim, etc. Le premier, qui a été adopté, était déjà de réduire de moitié les affamés d’ici à 2015. Mais entre 2000 et 2008, la faim n’a pas reculé, elle a massivement augmenté. Selon la FAO, il y avait l’année dernière 854 millions de personnes gravement et en permanence sous-alimentées. Sans compter les 6 millions d’enfants morts de faim. Et il pourrait y avoir 100 millions de personnes de plus à tomber dans la sous-alimentation grave et permanente à partir de maintenant à cause de l’explosion des prix.

Qui sont, selon vous, les responsables de cet "échec" du sommet de Rome ?

Il y en a trois principaux. D’une part, les Etats-Unis et leurs alliés canadiens et australiens qui ont saboté le sommet en faisant pratiquement la politique de la chaise vide. D’autre part, les grandes sociétés multinationales. Dix sociétes multinationales contrôlent actuellement 80 % du commerce mondial des aliments de base mais elles ne sont pas la Croix-Rouge et ne sont pas en charge de l’intérêt collectif. Troisième responsable, et je le dis avec beaucoup d’inquiétude, c’est le secrétaire général des Nations unies, qui est chargé de faire des propositions. Or, il ne le fait que d’une façon très insuffisante.

Propos recueillis par Laura Marzouk LEMONDE.FR | 06.06.08 | 15h17




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11 juin 2008 3 11 /06 /juin /2008 19:48

http://www.bakchich.info/article4012.html

Jacques Vergès : « on veut empêcher Tarek Aziz de révéler les crimes de l’Occident »

Bakchich TV | jeudi, 5 juin 2008 | par Michel Despratx , Pat Ethic video

« L’avocat de la terreur », Jacques Vergès, s’est trouvé un nouveau « salaud » à défendre, l’ancien ministre de Saddam Tarek Aziz. En allant plaider son cas à Bagdad, il espère retourner le procès fait à l’homme en procès contre l’Occident. Mais le gouvernement irakien voit venir l’animal ! Pour éviter le désastre d’un procès de rupture, il fait traîner le visa de Vergès pour l’Irak

Il a défendu le tortionnaire Klaus Barbie, il rêvait du même rôle de méchant auprès du dictateur Saddam Hussein, qui n’a pourtant pas voulu de lui, et le voici aujourd’hui avocat officiel de l’homme qui dirigeait la diplomatie irakienne sous Saddam, le « huit de pique » du jeu de cartes du Pentagone, Tarek Aziz.

Mais cela ne va pas être facile. Le procès a démarré le 20 mai dernier et Jacques Vergès n’a pas encore réussi à plaider la cause de son illustre client ! Le visa qu’il attend pour se rendre au pays des mille et une nuits est curieusement bloqué par une longue attente, laissant l’ancien dignitaire baasiste seul face au juge, qui l’accuse d’avoir participé, en 1992, à la décision d’exécuter 42 commerçants qui spéculaient sur le prix des aliments. Sans visa délivré à Vergès pour Bagdad, le "huit de pique" risque de devoir se passer de son joker. Et il encourt la pendaison.

Selon Vergès, qui ce 3 juin a tenu une conférence de presse à Paris pour demander un peu de soutien à la diplomatie française, Bagdad et Washington feront tout pour l’empêcher d’aller défendre son client. On les comprend : les deux alliés n’ont aucun intérêt à organiser un procès équitable, où l’accusé Tarek Aziz pourrait, épaulé par l’éloquence de son avocat, renverser toute l’accusation. C’est le coup préféré de « l’avocat de la terreur » : le sort de l’accusé est joué d’avance, l’homme s’en va droit vers la potence, la seule issue qu’il reste est d’occuper tout l’espace au procès pour en instruire un autre : celui de ses accusateurs.

Les secrets de Chirac et de Bush

Et sur ses accusateurs, Tarek Aziz aurait long à dire ! Quand Saddam achetait de l’anthrax, du gaz sarin ou des composants nucléaires à la France, à l’Allemagne ou aux Etats-Unis, Tarek Aziz dialoguait très amicalement avec un Français qui se nomme Jacques Chirac ou avec un certain Donald Rumsfeld, deux grands anciens soutiens de Saddam sur lesquels il pourrait aujourd’hui révéler quelques méchants secrets qui ne sont pas encore connus. Les mots qu’ils lui ont dit, les promesses qu’ils ont faites dans la discrète intimité d’une rencontre à huis-clos, par exemple.

Imaginons… Si le procès avait porté sur les crimes du régime baasiste contre les Kurdes, Tarek Aziz aurait pu, peut-être, rappeler une triste histoire que l’ancien chef des opérations de l’armée irakienne, Subhi Abdelhamid, nous a dévoilée en 2005 à Bagdad. En 1963, l’attaché militaire américain à Bagdad avait offert aux dirigeants baasistes de l’époque mille bombes au napalm pour incendier les villages kurdes en rébellion dans le nord du pays. Abdelhamid lui-même avait mené la négociation. Et le napalm yankee était livré gratis, pour soutenir un régime sur lequel le président Johnson comptait dans sa guerre froide contre le communisme.

On imagine alors Vergès, dans sa robe d’avocat, rebondissant sur l’anecdote pour balancer que cette même année 1963, quand les baasistes prennent le pouvoir par les armes et se mettent aussitôt à torturer et à tuer des communistes par milliers, les Américains sont aussi très actifs.

Eh oui, de vieux organisateurs du coup d’Etat et d’anciens diplomates américains ont parlé : la CIA a joué un rôle actif dans la tuerie en fournissant aux baasistes des listes de communistes… L’aveu fut fait en 2003 à l’agence de presse américaine UPI par un ancien dirigeant de la diplomatie américaine qui a requis l’anonymat. Et côté irakien, l’un des auteurs de ce massacre, Abdallah Hatef, qui dirige aujourd’hui d’une école primaire à Bagdad, nous racontait que la consigne de ses chefs du parti baas était "d’exterminer les communistes". Mais ce rôle joué par Washington dans des massacres de civils irakiens, aucun risque que Tarek Aziz en parle sans cette grande gueule de Vergès.

Juger une affaire irako-irakienne pour éviter le procès de l’Occident
Que pourraient révéler encore ces cochons de Vergès et Aziz s’ils disposaient de la tribune d’un procès équitable ? Tiens : le vrai contenu des fameuses discussions de Tarek et Saddam avec l’ambassadrice américaine April Glaspie, huit jours avant l’invasion du Koweït. Les ventes secrètes de bombes à fragmentation à l’Irak par la CIA entre 1984 et 1988 : qu’ont reçu les Américains en échange ?… La liste des people du monde économique ou politique, en bonne partie français, qui ont bénéficié de la générosité de Tarek et Saddam à l’époque de l’embargo (1991-2003) durant lequel périrent des centaines de milliers d’Irakiens, sous forme de bons de pétrole très rémunérateurs… Derrière Charles Pasqua, y en avait-il d’autres ?

Et pour finir, Tarek connaîtrait-il le secret de l’incroyable amitié puis du soudain désamour Saddam-Chirac, sur lequel un ancien collaborateur diplomatique de Saddam nous a raconté, en mai 2005, que le dictateur se demandait à chaque élection présidentielle française quel candidat il allait bien pouvoir financer ?

Bref, le Tarek Aziz aurait de quoi donner des sueurs froides à un mezze de dirigeants occidentaux ! Mais ses sales souvenirs resteront dans les cartons des historiens. Pour empêcher le vieil homme de dévoiler les secrets des crimes de Saddam dont l’Occident a été co-responsable, les organisateurs irakiens et américains du procès ont joué un joli tour. Ils ont simplement fait porter l’accusation sur une affaire cent pour cent irakienne, la pendaison de 42 personnes pour crime de droit commun. Et pour bien contrôler les débats, ils font mariner Vergès aux portes de Roissy, sans visa. Le procès de rupture est mal barré. Il risque de se jouer dans le velours des salons parisiens.

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11 juin 2008 3 11 /06 /juin /2008 19:41

Lobbying et conséquences

Cet article est paru dans l'édition du 21 février 2008 du Jerusalem Post. L'auteur est co-président de l'association Republicans Abroad in Israel.


Par Marc Zell

Moins de deux semaines avant les primaires cruciales de l'Ohio et du Texas, les électeurs démocrates ont parfaitement compris : Barack Hussein Obama existe ; c'est sérieux. A la tête des pronostics électoraux, tant chez les électeurs normaux que chez les délégués et les délégués totaux (c'est-à-dire principalement les tireurs de ficelles dans les coulisses, dénommés par euphémisme les « super-délégués »), Obama a une réelle chance de devenir le candidat démocrate de 2008 au poste de président des Etats-Unis. Obama est devenu un point de ralliement pour des millions d'électeurs désorientés, qui aspirent à un nouveau style de politique, dans la plus grande démocratie (sic) du monde.



La compétition chez les Républicains étant loin de terminée, le Sénateur John McCain remportera vraisemblablement la nomination par son parti à Minneapolis, au début septembre, il n'est pas totalement oiseux d'envisager une compétition Obama-McCain lors des élections générales, au mois de novembre. Une telle compétition a nécessairement des conséquences énormes, tant pour Israël que pour les Djouzes.

Ce n'est pas un secret : la candidature d'Obama a été soutenue, financièrement et politiquement par de nombreux membres éminents de la communauté juive américaine. Même des porte-parole de l'association Democrats Abroad [les Démocrates à l'Etranger, ndt], ici en Israël, qui soutenaient encore hier ouvertement Hillary Clinton, ont fait monter leurs enchères, récemment, dans des articles et des interviews, suggérant qu'une Administration Obama serait tout bénef pour Israël. Chose incroyable, ces sycophantes démocrates grand-teint, citant des déclarations de campagne en boîte, totalement dépourvues d'enthousiasme, n'hésitent plus à exhorter les électeurs juifs à lier leur sort et celui d'Israël à Obama, plutôt qu'au candidat républicain McCain.

Avec toute la déférence due aux célébrités soutenant Obama, comme Steven Spielberg et George Soros, les Juifs, ici en Israël, et là-bas, en Amérique, ainsi que d'autres amis d'Israël, peuvent-ils risquer de voter Obama, en novembre ? Un rapide examen des réalités devrait allumer un gros signal rouge dans l'esprit de la plupart des gens…

Avant toutes choses, parmi les considérations qui devraient interpeller les amis d'Israël, il y a l'équipe de spécialistes de la politique étrangère qu'Obama a choisi pour qu'ils le conseillent. La composition d'un panel de conseillers d'un président est habituellement un excellent indicateur de la position qu'adoptera le candidat, sur les problèmes de l'heure, s'il est élu.

C'est un tel test que l'auteur de ces lignes a appliqué à George W. Bush, en 2000, en des temps où la plupart des mandarins, en Israël et au sein de la communauté juive, prédisaient que sa politique moyen-orientale serait une copie au papier carbone de celle de son père, c'est-à-dire des problèmes, pour Israël. Mais Bush-fils avait choisi une équipe de conseillers conservateurs et avisés, dont les avis sur le Moyen-Orient étaient très marqués pro-israéliens et pro-démocratie. Par conséquent, l'Ere de George W. Bush est à classer parmi les plus favorables à Israël, de l'ensemble des soixante années d'existence de ce pays.

Avec l'équipe d'Obama, c'est le contraire, qui est vrai. Dirigée comme elle l'est par le conseiller ès-sécurité nationale de Jimmy Carter (qui a dit : « Israël est un pays d'apartheid »), Zbigniew Brzezinski, l'équipe d'Obama comporte des personnages problématiques comme Anthony Lake, Robert O. Malley et Susan Rice.

Un commentateur, citant un article du quotidien israélien résolument de gauche Haaretz, a relevé qu'une présidence Obama comportant une équipe de politique étrangère qui inclurait les personnes citées et leurs confrères idéologiques « aurait vraisemblablement une approche d'Israël radicalement opposée à celle des conseillers de présidents précédents (tant démocrates que républicains) ». On peut donc se demander si le candidat sera apte, c'est bien le moins qu'on puisse faire, à « soutenir » Israël.

Brzezinski diffuse, depuis trente ans, du vitriol au sujet d'Israël, et il a défendu publiquement, récemment, le rapport Walt & Mearsheimer, qui conclut que la politique américaine envers Israël était le résultat de pressions juives, et qu'elle n'avait rien à voir avec les intérêts américains. Plus récemment, Brzezinski a exhorté Israël à entamer un dialogue avec le Hamas ; il a décrit l'action israélienne durant la Seconde guerre du Liban de campagne de massacres contre des civils pris en otages, et il a effectué, au début du mois, un voyage afin de conférer avec le président syrien Assad, à l'insu, ostensiblement, de la campagne d'Obama.

Robert O. Malley, un autre diplomate de l'Administration Carter et conseiller spécial de Clinton sur les affaires arabo-israéliennes, est un autre avocat intarissable des Palestiniens ; il est l'un des coauteurs de toute une campagne anti-israélienne avec un ancien conseiller d'Arafat, Hussein Agha, qui comporte un tract condamnant l'administration Bush au motif qu'elle serait la cause de la continuation du conflit israélo-palestinien.

Et puis, enfin, il y a Susan Rice, ancienne conseillère ès-politique étrangère de la campagne présidentielle malheureuse de John Kerry, en 2004, durant laquelle elle avait concocté l'idée de résoudre le problème du Moyen-Orient en nommant conseillers nuls autres que Jimmy Carter et James Baker, une idée qui avait été par la suite repoussée par son propre boss en raison de son déséquilibre défavorable à Israël. Mais ce n'est pas là non plus les seules « pommes pourries » dans le panier de la politique étrangère d'Obama…

Autre indicateur problématique : l'association étroite du candidat Obama avec Jeremiah Wright Junior, pasteur de l'Eglise de la Communauté Unie de Trinity (membre de l'Eglise Unie du Christ, laquelle a été vilipendée pour son préjugé anti-israélien), qui est bien connu pour ses virulentes remarques anti-israéliennes, dont, notamment, un appel à lancer une campagne de désinvestissement en Israël, en raison des « injustices et du racisme que subissent les Palestiniens, à cause du sionisme. »

Le fait que le Révérend Wright compte parmi ses amis l'odieux antisémite Louis Farrakhan, qui considère que le judaïsme et une « religion de caniveau » et que les juifs sont des « sangsues » ne devrait pas non plus apporter beaucoup de consolation aux électeurs juifs et aux amis d'Israël. Obama aurait pu choisir une des centaines d'églises de la banlieue Sud de Chicago ; non : il a choisi le personnage Jeremiah Wright, qui a distingué Farrakhan du Prix Jeremiah Wright 2007 du meilleur prédicateur pour l'ensemble de sa carrière. De plus, l'église de Wright est le plus gros bénéficiaire des dons charitables d'Obama.
Même l'éditorialiste juif Richard Cohen, du Washington Post, s'est senti obligé de demander à Obama de clarifier ses relations avec ces dirigeants communautaires anti-juifs et anti-israéliens, en se demandant pour quelle raison Obama est resté fidèle mordicus, dans son allégeance au Pasteur Wright, durant toutes ces années ?

Obama n'est sénateur que pour la première fois, c'est la raison pour laquelle il n'a participé qu'à quelques votes portant sur Israël et le Moyen-Orient. Il a aussi une certaine tendance à s'absenter de votes controversés, où il aurait été amené à inscrire sa politique personnelle dans les archives publiques. Toutefois, ses déclarations publiques sur un certain nombre de questions comportent un nombre non négligeable de problèmes pour les juifs et les amis d'Israël. En voici quelques exemples :

1) Obama prône ouvertement des initiatives allant dans le sens d'un dialogue diplomatique avec l'Iran, bien que l'Iran ait récemment qualifié Israël de « sale bactérie » et bien qu'il ait appelé, de manière réitérée, à l'annihilation de l'Etat d'Israël, ce, notamment, au moyen d'une attaque nucléaire, selon des allusions récentes :

2) Sa phrase : « Personne n'a souffert davantage que le peuple palestinien » [alors que la citation complète est une critique des Palestiniens pro-sionistes, puisqu'Obama a dit : « Personne n'a davantage souffert que les Palestiniens en raison de la non-reconnaissance d'Israël par le leadership palestinien » !
(‘Nobody has suffered more than the Palestinian people from the failure of the Palestinian leadership to recognize Israel') ndt.

3) « La construction d'un mur [allusion à la barrière de sécurité d'Israël] séparant les deux peuples n'est qu'un énième exemple de la négligence de cette Administration (Bush) à assurer une médiation de paix… » ;

4) « Je suis opposé à la tentative cynique de Richard Perle et de Paul Wolfowitz, ainsi que d'autres guerriers du week-end en fauteuil au sein de l'administration, de nous faire ingurgiter leur agenda idéologique » (noter que seuls des Juifs sont nommés et fustigés, en dépit du fait que la politique en question était promue par l'Administration (Bush) dans son ensemble…] ;

5) « Le Révérend Al Sharpton est une voix pour les sans-voix, et une voix pour les dépossédés. Ce que le National Action Netword [du Révérend Sharpton] a fait est extrêmement important, pour ceux qui veulent changer l'Amérique, et l'Amérique doit être changée, de la tête aux pieds ! » [Nation Action conduit une protestation contre le propriétaire juif des magasins de prêt-à-porter Freddy's Fashion Mart, à New York, où des manifestants l'occupant, auxquels Sharpton se joignait parfois lui-même, criaient des injures au sujet des « Juifs suceurs de sang » et des « ces bâtards de Juifs ».]

Obama était le seul candidat démocrate à avoir dit que c'était Israël qui devait changer de politique vis-à-vis des Palestiniens s'il voulait réaliser la paix.

Les déclarations publiques et les accointances problématiques et non-démenties d'Obama soulèvent suffisamment de questions sérieuses qui devraient amener les électeurs juifs et amis d'Israël à y penser à deux fois avant de le soutenir, en novembre.

Mais il y a un autre facteur problématique que les électeurs aux primaires démocrates n'ont jusqu'ici jamais sérieusement pris en compte : Obama aspire à devenir président de la plus grande démocratie (au monde), qui est toujours l'unique superpuissance encore existante sur la planète, tout en n'ayant été sénateur que moins de cinq ans, et tout en n'ayant aucune expérience, tant administrative, qu'au niveau national.

Même si les électeurs démocrates peuvent être tentés de voter Obama au cours des primaires, en protestation contre l'establishment politique démocrate (exactement comme ils le firent en 2006 afin de dénier au Sénateur Joseph Lieberman (aujourd'hui Indépendant) la nomination de son parti au poste de Sénateur du Connecticut), on aimerait pouvoir penser que l'électorat américain va, une fois encore, administrer la preuve de sa maturité et de son sérieux au cours des élections générales, en novembre de cette année, c'est-à-dire au moment où leurs votes compteront réellement.

Par les temps qui courent, à l'époque qui est la nôtre, la présidence des Etats-Unis n'est pas un poste pour un néophyte, aussi charismatique soit-il. Ceux des Américains qui vivent dans l'Etat juif comprennent très clairement quel est l'enjeu, et quel genre de risque représente Obama pour cette région du monde (le Moyen-Orient, ndt) et le monde. Il y a toutes les raisons d'espérer que nos compatriotes, aux Etats-Unis, et que, de manière générale, les amis d'Israël et de la liberté n'en disconviennent nullement.


Source : The Jerusalem Post
Traduction : Marcel Charbonnier


Dimanche 08 Juin 2008




Source :
http://www.alterinfo.net

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11 juin 2008 3 11 /06 /juin /2008 19:34

France : Les sans-papiers continuent l’occupation des locaux de la CGT

Par Antoine Lerougetel

www.wsws.org

L’occupation par des sans-papiers des locaux de la CGT (Confédération générale du travail) à la Bourse du travail dans le 3e arrondissement de Paris dure depuis plus d’un mois. Elle est organisée par la Coordination de sans-papiers 75 (CSP75), et les locaux sont occupés jour et nuit depuis le 2 mai. Les occupants exigent que le syndicat, proche du Parti communiste stalinien, s’occupe de leur dossier comprenant un millier de demandes de régularisation de travailleurs immigrés.

Lundi 2 juin, des représentants de la CSP75 se sont réunis en intersyndicale avec la CGT et des représentants d’autres syndicats impliqués. Le porte-parole de la CSP75 Anzoumane Sissoko a dit au WSWS que la réunion avait mis en place une commission qui travaillera sur les revendications de la Coordination. Il a dit que l’occupation se poursuivrait jusqu’à la satisfaction de leurs demandes, c'est-à-dire une réunion entre représentants de la CSP75 et le gouvernement, avec le soutien des syndicats, et la régularisation de l’ensemble des 1000 sans-papiers.

Le 15 avril, la CGT avait lancé une série de grèves et d’occupations de lieux de travail pour obtenir la régularisation des sans-papiers syndiqués à la CGT et dont beaucoup sont employés dans l’hôtellerie, la restauration, le bâtiment et les entreprises de nettoyage, avec dans la plupart des cas la collaboration des employeurs qui ont besoin de ces travailleurs. En même temps, le syndicat déposait à la préfecture de Paris un dossier de 900 demandes de régularisation de ses membres.

La CSP75, qui compte quelque 2000 membres à Paris, a ensuite essayé de déposer son propre dossier de demandes et la préfecture de Paris lui a signifié qu’il leur fallait passer par la CGT. Lorsque la CSP75 a demandé à la CGT de s’occuper de leur cas, le syndicat n’a pas voulu le faire. Le représentant de la CGT en région parisienne, Christian Khalifa a dit à la chaîne télévisée LCI le 8 mai : « La CGT ne peut pas prendre en charge toutes les demandes de régularisation des sans-papiers. On est une organisation syndicale, pas une association de sans-papiers. »

Mamoudou Dialo, membre en vue de la CSP75 a dit au journal La Croix le 22 mai: « Mais on demande au gouvernement de pouvoir au moins déposer nos dossiers en préfecture. Il n’est pas juste que les syndicats puissent le faire et que nous, qui représentons les travailleurs les plus isolés, en soyons exclus. S’il le faut, nous resterons des mois, des années ici. »

La CSP75 a rejeté l’accord conclu entre la CGT et l’Etat français, qui exclut la masse des sans-papiers et fait de la CGT le seul intermédiaire reconnu pour les sans-papiers. La déclaration du 15 mai de la CSP75 dit : « La CSP75 ne peut se satisfaire de l'exclusivité qui aurait été accordée à la CGT à déposer les dossiers collectivement dans les préfectures d'Ile de France » et insiste sur le fait que leur mouvement représente une lutte contre la « casse du droit du travail et du droit salarial » en général.

La déclaration poursuit : « Nous exigeons la régularisation de tous les travailleurs et travailleuses sans papiers, les réfugiés et sans emploi, et à cette fin d'être reçus avec l'appui de la CGT, par Mrs Hortefeux (ministre de l'Immigration) et Gaudin (préfet de police de Paris) la fermeture des centres de rétention, le retrait des lois xénophobes de l'immigration ! L'arrêt des rafles et des contrôles au faciès, le retrait de la taxe ANAEM, discriminative et illégale, versée pour tout emploi d'un étranger ! »

Interviewé à la Bourse du travail la semaine dernière, le représentant de la CSP75 Djibril Diaby a dit au WSWS : « Actuellement on a beaucoup de soutien. Nuit et jour, on a des soutiens qui nous défendent, qui défendent la cause des sans-papiers et la régularisation des sans-papiers. Nous survivons par les dons des associations et par les gens de bonne volonté, et avec la quête des sans-papiers. »

Il a ajouté qu’il y avait d’autres coordinations de sans-papiers menant les mêmes luttes : « Le 92, ils ont occupé une église... Hier à Montreuil, les collectifs de sans-papiers ont occupé d’autres endroits, donc il y a d’autres initiatives qui sont en cours. »

Diaby a aussi fait remarquer que des sans-papiers d’autres départements venaient là avec leurs demandes de régularisation : « Ici, nous avons des sans-papiers de toute l’Île-de-France. Donc nous avons des sans-papiers de 92, 93, 91. Depuis qu’on a occupé le 2 mai, chaque jour on a des nouveaux qui viennent nous voir. Nous sommes au 25e jour de l’occupation. Donc le combat, cela vient de commencer. Parce que tant que nous n’avons pas satisfaction de notre revendication, on restera toujours ici. »

Il a insisté pour dire : « Pour nous tous les sans-papiers travaillent. Tous ceux qui ne travaillent pas avec les papiers d’un cousin, ils travaillent au noir pour survivre, même s’ils travaillent pour des salaires médiocres. La CGT et la CFDT, eux, ils sont des syndicats, et ce sont leurs revendications syndicales. Nous, on est des défenseurs des sans-papiers. »

A la question de savoir pourquoi la CGT ne s’occupait pas de leur dossier, il a répondu : « Quand ils ont monté leur piquet de grève le 15 avril, la CGT nous a dit d’attendre. Mais, les sans-papiers, vous avez vu, ils sont impatients, ils ne peuvent plus attendre, ceux dont les patrons acceptent de faire les contrats de travail avec des promesses d’embauche. Nous aussi nous avons ramassé leur dossier pour aller faire un dépôt au niveau de la préfecture. Alors nous on ne peut plus attendre parce que nous avons la pression de ces gens là. » Djibril a montré le groupe de sans-papiers qui écoutaient l’interview. « C’est ça la raison pour laquelle nous voulons prendre notre destin en main. »

Il a affirmé que le cas par cas n’était pas la solution. « La seule solution, la bonne solution actuellement, c’est la régularisation massive. » Générale ? « Générale, globale de tous les sans-papiers qui sont intégrés dans la société française et qui veulent rester là. Ces gens-là, ils ont le droit d’être régularisés parce qu’ils veulent vivre dignement, comme les autres citoyens français. »

Lorsqu’on lui a demandé s’il était possible de gagner par des méthodes syndicales, Diaby a dit: « Nous, notre lutte et la méthode syndicale sont différentes. Car nous, ça fait 11 ans que nous sommes dans cette lutte. La CGT est dans cette lutte seulement depuis 5 ou 6 mois. »

Le WSWS a fait remarquer : « Il semble que les syndicats et les associations acceptent le cas par cas, et Sarkozy et Hortefeux [Brice Hortefeux, ministre de l’Immigration] ont fermé la porte car ils ont dit "il faut avoir un certificat de travail, et donc il faut être accepté par un patron". Et cela, c’est une limite énorme. »

Diaby a répondu: « Nous on connaît très bien la position du gouvernement. Le cas par cas c’est entre les mains du patron et du gouvernement. Le gouvernement dit que régulariser tous les sans-papiers, c’est un appel d’air, alors que les patrons disent qu’il faut régulariser pour garder la main-d'œuvre. Car sinon il y a certaines entreprises, certaines usines, qui risquent d’être fermées, parce qu’il y a manque de main-d'œuvre. La nouvelle loi de monsieur Hortefeux de juin 2007 dit que tout patron doit envoyer maintenant la photocopie du titre de séjour de quelqu’un qu’il veut employer à la préfecture. Maintenant, c’est les policiers qui vont se charger de vérifier si le titre de séjour est bon ou pas. Raison pourquoi les patrons ont dit "il faut régulariser ces gens massivement", sinon si on dit qu’on va licencier tous ces gens là, certaines entreprises vont être fermées en France, alors que cela n’est pas
l’intérêt de l’économie française. »

Il nous faut exprimer ici notre désaccord avec Diaby quand il en appelle au gouvernement, utilisant l’argument que les travailleurs sans-papiers sont nécessaires à l’économie nationale. Ils ne sont nécessaires que dans la mesure où ils sont exploitables, et c’est bien là tout le sens de « l’immigration choisie ». A part cela, le gouvernement peut tout à fait s’en passer et ne leur reconnaît aucun droit.

La pression de la concurrence mondiale entre grandes puissances sur le marché mondial, exacerbée par la crise actuelle du crédit et l’inflation galopante des prix de l’alimentation et de l’énergie, poussent les patrons à procéder à la destruction des droits et du niveau de vie de tous les travailleurs. La relation entre l’Etat et les travailleurs devient de plus en plus brutale et ceux qui le ressentent le plus sont les sections les plus vulnérables de la classe ouvrière, notamment les sans-papiers.

L’impérialisme français et européen, représenté par des gouvernements conservateurs comme de « gauche », a besoin, en matière d’immigration d’une main-d’œuvre bon marché, soumise et sans droit. La politique de Sarkozy consistant à limiter l’immigration aux travailleurs dont les capitalistes français ont besoin et connue sous le nom « d’immigration choisie », contrairement à « l’immigration subie, » représente une intensification des restrictions toujours plus strictes d’année en année et qui sont à l’origine de l’existence de centaines de milliers de sans-papiers.

Prise entre la concurrence mondiale et la résistance de la classe ouvrière et des jeunes à sa politique d’austérité, la bourgeoisie française renonce à tout semblant d’adhésion aux traditions de la reconnaissance universelle des droits de l’Homme, qui remontent à la Révolution française de 1789. La bourgeoisie française est en train de mener la charge en Europe contre ces droits.

Le président Nicolas Sarkozy est à présent en train de démarcher les 27 Etats membres de l’Union européenne (UE) pour qu’ils adoptent le « Pacte européen pour l’immigration » qui accroîtrait massivement le déploiement de forces militarisées visant à faire barrage aux immigrés aux frontières de la « Forteresse Europe » ainsi que dans les pays de transit. Le pacte renforcerait les conditions déjà draconiennes requises pour obtenir des titres de séjour de par l’UE et intensifierait les rafles policières massives et permanentes et les déportations d’immigrés. Ce pacte a le soutien de toute la classe politique européenne, des partis conservateurs et de la gauche politique et syndicale.

Des organisations de soutien aux sans-papiers, tel RESF (Réseau éducation sans frontière) se rendent compte que face aux appels humanitaires à la clémence pour les immigrés malades, les femmes enceintes, les parents de bébés ou de jeunes enfants, les autorités font la sourde oreille tandis que l’Etat prive de fonds les services sociaux qui portent assistance aux réfugiés et autres immigrés en difficulté.

Le WSWS soutient sans réserve l’action des sans-papiers et leur demande que les syndicats s’occupent de leur cas. Nous appelons tous les travailleurs et les jeunes français à venir en aide aux sans-papiers.

Cependant, il nous faut lancer une mise en garde: la perspective exprimée par Djibril Diaby dans l’interview qu’il a accordée au WSWS est très mal fondée. Il a dit qu’« Il faut l’unité pour pousser le gouvernement et le patronat à régulariser les sans-papiers.» Il a dit aussi au WSWS : « Pour essayer d’obliger ce gouvernement à reculer, nous demandons à tous les syndicats, tous les collectifs de sans-papiers de s’unir et de mettre la pression au gouvernement et au patronat.. »

Il ne faut absolument pas compter sur les syndicats pour qu’ils mènent le combat contre le gouvernement. Le fait que la CGT a accepté de ne déposer que les demandes de régularisation de ses propres membres sert à diviser et à contenir le mouvement des sans-papiers. Hortefeux a maintes fois affirmé que seulement « quelques centaines seraient régularisés, » donc nous pouvons supposer que les demandes de régularisation de nombreux membres de la CGT seront rejetées.

Les syndicats ne sont plus en aucune façon des défenseurs de la classe ouvrière, mais des agents directs de la classe capitaliste, des organisations pro-capitalistes comme leurs alliés politiques du Parti socialiste (PS) et du Parti communiste (PC). Ils ne font pas pression sur le gouvernement et les patrons, ils font pression sur la classe ouvrière pour qu’elle accepte les « réformes » nécessaires permettant au grand patronat d’être compétitif. Leur préoccupation principale consiste à défendre l’économie nationale, c'est-à-dire le capitalisme français, contre ses concurrents et par extension contre la classe ouvrière de ses concurrents. C’est pour cela que la CGT et la CFDT ont isolé et étouffé la lutte des cheminots, des enseignants, des fonctionnaires, des étudiants et des lycéens. Ils ont récemment signé un accord avec les patrons et le gouvernement, accord qui détruit la semaine de 35 heures et déréglemente les
conditions de travail.

C’est pour cela que les syndicats sont incapables de défendre les droits démocratiques des travailleurs immigrés.

Dans l’interview avec Diaby, le WSWS lui a rappelé que dès le début de l’occupation par la CSP75 des locaux de la CGT, la LCR (Ligue communiste révolutionnaire) d’Olivier Besancenot avait condamné cette action. Son hebdomadaire Rouge avait ainsi attaqué « la dommageable occupation de la Bourse du travail de Paris par la coordination 75 » l’accusant d’être responsable du « poison de la division. » Une déclaration affichée sur le site Internet de la LCR intitulée « Mouvement des sans-papiers : Une prise de position de la LCR » laisse entendre que l’action de la Coordination 75 fait le jeu du gouvernement : « Le gouvernement a peut-être trouvé le moyen par lequel il souhaite diviser et neutraliser le mouvement en cours des travailleurs sans-papiers. »

La réponse de Diaby, bien qu’elle exprime une certaine amertume, et peut-être même une certaine ironie, n’a pas vraiment remis en question l’opportunisme cynique de la CGT et de la LCR : « Mais je peux vous dire que maintenant on a une bonne entente avec la CGT. Demain nous avons une réunion avec les responsables de la CGT. Donc leurs piquets de grève, la coordination 75, on va faire le tour pour soutenir les sans-papiers grévistes. Donc, pour nous, sans-papiers est égal à sans-papiers. Nous on soutient tout le monde. »

Ce qu’il est nécessaire de comprendre, c’est que ce n’est pas par hasard que la LCR a déclaré de façon aussi brutale son soutien à la CGT contre l’occupation de la CSP75. Le rôle de la LCR durant les 40 années de son existence a consisté à dire aux travailleurs qu’il n’est pas nécessaire de construire un parti indépendant de tous les soutiens du capitalisme tels le PS, le PC et les syndicats. La crise de la gauche officielle en France signifie qu’Olivier Besancenot et la LCR sont apprêtés par les médias pour prendre la place du PS et du PC et pour oeuvrer avec la CGT à la construction de leur soi-disant nouveau « parti anticapitaliste ».

L’unité de ces organisations est une unité bureaucratique contre les travailleurs en lutte et visant à empêcher ces derniers de s’unir. On ne peut défendre les droits démocratiques et sociaux de tous qu’en rompant complètement avec ces organisations et en se fondant sur l’unité de la classe ouvrière elle-même. Cela implique la construction de comités d’action de travailleurs de tous les secteurs qui viennent en aide à tous ceux qui sont attaqués et le développement d’un programme visant à mettre l’économie sous contrôle social et démocratique.

Cela signifie renverser le régime bourgeois actuel et établir un gouvernement ouvrier fondé sur le mouvement de masse de la classe ouvrière et établir une unité politique avec les travailleurs de tous les pays contre les attaques internationales de leurs moyens d’existence, qu’elles soient d’ordre économique et social ou néocolonial comme en Irak et en Afghanistan.

A cette fin, il est nécessaire de construire un nouveau mouvement socialiste international, tâche à laquelle se consacre le WSWS. Nous encourageons tous les travailleurs et tous les jeunes à rejoindre ce combat.

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10 juin 2008 2 10 /06 /juin /2008 20:48

Un collaborateur du Réseau Voltaire incarcéré à Berlin

www.voltairenet.org

La répression contre le Réseau Voltaire se poursuit. Jürgen Cain Külbel, vient d’être incarcéré à Berlin. Les arguties juridiques employées pour le condamner ne masquent pas l’intention politique de cette décision : notre collaborateur avait démontré que le chef de la mission d’enquête de l’ONU sur l’assassinat de Rafic Hariri avait des liens financiers avec les assassins, et que son principal assistant est un agent de la CIA impliqué dans des enlèvements en Europe.

Jürgen Cain Külbel, collaborateur du Réseau Voltaire, a été incarcéré à Berlin. Il lui est reproché d’avoir violé une décision du Tribunal des référés en maintenant un lien actif sur son site Internet vers un article de Voltairenet.org [1]

Cette affaire rocambolesque est une machination de plus de la CIA pour intimider Jürgen Cain Külbel et les collaborateurs du Réseau Voltaire.

Voici le mécanisme de cette opération :

Ancien enquêteur de la police est-allemande, Jürgen Cain Külbel a conduit, en tant que journaliste, une enquête indépendante sur l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais, Rafic Hariri. Il a publié ses conclusions dans un livre édité en allemand et en arabe : Le Dossier Hariri [2] . Il y reprend et approfondi des éléments déjà présentés par le Réseau Voltaire [3]. Thierry Meyssan avait montré qu’une association d’opposants libanais en exil, l’U.S. Committee for a Free Lebanon (USCFL), avait connaissance à l’avance du crime et avait immédiatement lancé une campagne de communication visant à détourner les soupçons vers la Syrie [4]. L’USCFL, que la CIA destinait à former un gouvernement fantôche au Liban en cas d’intervention militaire US, est donc complice, au moins passivement, du meurtre. Talaat Ramih avait montré que l’ancien procureur allemand Detlev Mehlis, devenu chef de la mission d’enquête des
Nations Unies, avait été employé par le Washington Institute for Near East Policy (WINEP) [5]. En relevant que l’USCFL est une émanation du WINEP, Jürgen Cain Külbel a montré que le chef de la mission de l’ONU était un ancien employé de personnes impliquées dans le meurtre sur lequel il était chargé d’enquêter. Continuant sur sa lancée, il a établi le rôle de l’assistant principal de Detlev Mehlis, le commissaire principal Gerhard Lehmann, dans les enlèvements perpétrés par la CIA en Europe depuis 2001. M. Lehmann a ainsi été formellement reconnu par une des victimes, Khaled El-Masri [6].

Plusieurs éléments laissent à penser que M. Lehmann pourrait également être impliqué dans la « disparition » à Paris du témoin clé de l’affaire Hariri, Zuhair As-Siddik, le 13 mars dernier [7]

Dès la publication de son livre en allemand, Jürgen Cain Külbel a été approché par un militant palestinien connu résidant en Allemagne, Said Dudin, qui s’est proposé d’éditer l’ouvrage en arabe et d’en assurer la promotion. Mais lorsque M. Külbel est venu à Damas, donner une conférence à la Bibliothèque nationale syrienne, à l’invitation de Syria Alghad (institut de recherche politique membre du Réseau Voltaire), M. Dudin a fait son possible pour discréditer son auteur. L’éditeur a exhorté l’assistance à attaquer les ambassades occidentales et a multiplié les déclarations incendiaires pour déplacer l’attention des médias.

De retour en Allemagne, Jürgen Cain Külbel a tenté d’en savoir plus sur ce saboteur. Il a alors découvert que le prétendu militant de la cause palestinienne était le fils de Mustafa Dudin, un agent secret israélien placé directement sous le commandement du général Ariel Sharon. Découvert, Mutafa Dudin avait été exécuté par la Résistance. Poursuivant ses recherches, Jürgen Cain Külbel découvrit dans les archives de la Stasi, l’ancienne police politique est-allemande, des documents attestant que Said Dudin lui-même était de longue date un agent de la CIA infiltré dans la gauche radicale allemande. Ces documents ont été publiés sur Voltairenet.org [8].

Introduisant une action juidiciaire en référé, Said Dudin a obtenu que le Tribunal de Berlin enjoigne M. Külbel de ne plus faire mention d’aucune manière que ce soit de l’incident survenu à Damas, des fonctions de son père dans les services israéliens et de ses fonctions personnelles à la CIA. Obéissant à la Raison d’État, le Tribunal n’a retenu que les témoignages produits par M. Dudin et a écarté ceux produits M. Külbel, y compris celui du prince Issa El-Ayoubi, vice-président du Réseau Voltaire et petit-neveu du fondateur de la République arabe syrienne, qui avait assisté à l’incident de Damas où il s’était opposé à M. Dudin. En outre, le Tribunal a écarté les documents de la Stasi en vertu d’une loi allemande d’amnistie qui fait interdiction de leur mention.

Or, Jürgen Cain Külbel ayant ultérieurement maintenu sur son site Internet personnel un lien actif vers celui du Réseau Voltaire qui contient les documents illégalement rendus publics de la Stasi, le Tribunal l’a condamné à 15 jours de prison ferme pour violation de son injonction.
   


[1] Page incriminée : « Le journaliste d’investigation face aux manipulations des services secrets », entretien de Jürgen Cain Külbel avec Silvia Cattori, Réseau Voltaire, 30 juillet 2007.

[2] Mordakte Hariri, Unterdrückte Spuren im Libanon par Jügen Cain Külbel, édition Zeitgeschichte Band 34, 2006 (ISBN 3-89706-860-5).

[3] « Attentat contre Rafic Hariri : Une enquête biaisée ? », par Silvia Cattori, Réseau Voltaire, 15 septembre 2006.

[4] « Les plans de l’US Committee for a Free Lebanon », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 8 mars 2005.

[5] « La commission Mehlis discréditée », par Talaat Ramih, Réseau Voltaire, 9 décembre 2005.

[6] Allégations de détentions secrètes et de transferts illégaux de détenus concernant des États membres du Conseil de l’Europe, rapport de Dick Marty au Conseil de l’Europe, 12 juin 2006, § 99 et 130.

[7] « Kouchner a "perdu" le témoin-clé de l’enquête Hariri », par Jürgen Cain Külbel, Réseau Voltaire, 21 avril 2008.

[8] Ibid.


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9 juin 2008 1 09 /06 /juin /2008 20:31
Edito du Monde


L'enjeu irlandais


LE MONDE | 07.06.08 | 13h26  •  Mis à jour le 07.06.08 | 13h26


'Union européenne retient son souffle à quelques jours du référendum irlandais sur le traité de Lisbonne. Si l'Irlande dit oui, la laborieuse réforme des institutions européennes, lancée en décembre 2001 au sommet de Laeken, interrompue en mai-juin 2005 par le rejet franco-néerlandais du projet de Constitution, remise en chantier ensuite par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy sous la forme d'un traité "simplifié", parviendra enfin, selon toute vraisemblance, à son terme. On imagine mal, en effet, que les Parlements des autres Etats membres, dont quinze ont déjà ratifié le texte, mettent en échec le nouveau traité.

 


En revanche, si l'Irlande dit non, tout l'édifice s'effondrera. Des années de négociations, dans lesquelles l'Europe a investi beaucoup de temps et d'énergie, seront réduites à néant. Le coup sera rude, comme l'a été il y a trois ans le double non de la France et des Pays-Bas. La crise, dont l'Europe avait cru se sortir, sera de retour. Les progrès attendus du nouveau traité, qui devait, selon ses promoteurs, renforcer le rôle de l'Union européenne dans le monde, seront à remiser au rayon des illusions perdues. Ceux qui ne veulent pas de cette Europe-là s'en réjouiront, ceux qui jugent positifs les changements promis s'en désoleront.


Ce ne serait pas la première fois que l'Irlande choisirait de faire cavalier seul. En juin 2001, les Irlandais avaient rejeté, à 54 %, le traité de Nice. En octobre 2002, consultés une seconde fois, ils l'approuvaient par 62,89 % des voix. Entre-temps, les Européens, dans une déclaration solennelle, les avaient assurés que leur neutralité serait garantie. Grâce à une forte participation, le oui l'emportait au second essai. De cette adoption ou non du traité dépendait l'élargissement de l'Union aux anciens pays communistes.


Un tel scénario peut-il se répéter ? C'est l'une des hypothèses envisagées au cas où les Irlandais voteraient non le 12 juin. A supposer qu'ils disent oui dans un second temps, moyennant de nouvelles garanties, le calendrier des réformes serait retardé, mais non abandonné. Mais il n'est pas sûr que les Européens puissent demander deux fois de suite aux Irlandais de se dédire. En attendant, si le seul pays appelé à se prononcer par référendum sur le traité de Lisbonne le rejette, c'est mauvais signe pour l'Europe.


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9 juin 2008 1 09 /06 /juin /2008 20:24
Le prix du pétrole bat un nouveau record et s'approche des 140 dollars


LEMONDE.FR avec AFP | 06.06.08 | 18h01  •  Mis à jour le 06.06.08 | 20h52


  Le prix du pétrole brut a dépassé le seuil de 139 dollars le baril pour la première fois vendredi 6 juin, réalisant un envol jamais vu en une séance. A 20 h 45 (heure de Paris), sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" pour livraison en juillet a touché le niveau sans précédent de 139,01 dollars, tandis que sur l'Intercontinental Exchange de Londres, le baril de brent de la mer du Nord est monté jusqu'à 138,12 dollars. Des tarifs qui effacent largement les précédents records du 22 mai où le baril avait atteint 135,14 dollars à Londres et 135,09 dollars à New York.



Dans un contexte de baisse du dollar, d'offre stagnante et de demande vigoureuse, les cours ont gagné plus de dix dollars durant la seule séance de vendredi. En dépit de nombreux signes de rationnement chez les consommateurs, qui semblent avoir atteint un seuil d'intolérance, le pétrole est donc reparti à la hausse.



LE DOLLAR EN REPLI



Ce bond s'additionne au gain de cinq dollars du jeudi 5 juin, qui avait mis fin à un éphémère mouvement de correction, le baril étant redescendu à 122 dollars en début de semaine. La pause fut de courte durée en raison d'un repli du dollar. En effet, à la suite des déclarations de Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne qui a évoqué une future hausse des taux d'intérêts européens, le billet vert est retombé entraînant une reprise à la hausse du cours du brut.


La glissade du dollar s'est encore accentuée, vendredi, après les mauvais chiffres de l'emploi américain, qui ont révélé une remontée du chômage en mai, à son plus haut niveau en près de quatre ans, à 5,5 % ."Il semble que beaucoup d'investisseurs aient utilisé la baisse du dollar comme un prétexte pour retourner sur le marché, après quelques prises de bénéfices. Cette nouvelle envolée du pétrole confirme que les tendances à long terme sont toujours intactes", a estimé Andrey Kryuchenkov de la maison de courtage Sucden.



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9 juin 2008 1 09 /06 /juin /2008 20:21
Les Palestiniens critiquent les liens renforcés UE-Israël


LE MONDE | 07.06.08 | 14h19  •  Mis à jour le 07.06.08 | 14h19


JÉRUSALEM CORRESPONDANCE


  Le projet de renforcement des relations entre l'Union européenne (UE) et l'Etat d'Israël, qui doit être débattu lors du prochain conseil des ministres des affaires étrangères des Vingt-Sept, prévu le 16 juin à Luxembourg, se heurte à l'opposition résolue de l'Autorité palestinienne. Dans une lettre envoyée en mai, le premier ministre palestinien, Salam Fayyad, exhorte ses homologues européens à rejeter cette initiative "jusqu'à ce qu'Israël se conforme aux lois internationales et aux droits de l'homme, y compris par le gel de la colonisation".


Initié en mars 2007, à la demande de la ministre des affaires étrangères israélienne Tzipi Livni, ce projet s'intègre dans la politique dite "de voisinage" de l'UE. Il vise à aboutir à une révision à la hausse de l'accord d'association signé en 2000, qui définit le cadre de la coopération entre les deux partenaires. Cette ambition pourrait se traduire par une intégration renforcée d'Israël dans le marché unique et les institutions européennes (présence des ministres israéliens dans les conseils européens, participation d'experts israéliens dans l'ensemble des programmes et des groupes de travail européens), ce qui équivaudrait à conférer à l'Etat juif un statut de quasi-membre de l'UE.


Toujours au stade de la réflexion, ce projet pourrait être, sinon adopté, du moins conforté lors de la réunion du Conseil d'association Israël-UE du 16 juin. Tzipi Livni, qui a fait de ce dossier son cheval de bataille, table sur l'impact conjugué des soixante ans d'Israël et de la présidence française de l'Union européenne, effective à partir du 1er juillet, pour conclure les négociations d'ici à la fin de l'année. Soutien déclaré de l'Etat hébreu, le président français, Nicolas Sarkozy, doit d'ailleurs effectuer une visite dans ce pays entre le 22 et le 24 juin prochain.


Or pour les responsables palestiniens, cette promesse de relations renforcées s'apparente à une récompense indue. Après avoir rappelé que l'un des principes de la politique de voisinage est d'inciter ses bénéficiaires à respecter les droits de l'homme, Salam Fayyad dresse dans sa lettre un rapide relevé des violations israéliennes dans ce domaine, depuis la conférence d'Annapolis, en novembre 2007, qui était censée relancer le processus de paix au Proche-Orient : lancement d'appel d'offres pour 847 nouvelles habitations dans les colonies ; hausse du nombre des barrages routiers en Cisjordanie, qui dépasse désormais 600 ; démolition de 185 bâtiments... "Si l'UE renforçait ses relations avec Israël, écrit le premier ministre palestinien, (...) elle se priverait d'un outil important pour pousser le processus de paix en avant et elle mettrait en péril sa capacité à jouer le rôle politique actif dont la région a besoin."



UN RETARD "TECHNIQUE"



Le lobbying de l'Autorité palestinienne a déclenché les foudres des autorités israéliennes. "Un tel comportement ne fait de bien à personne et mine la confiance dans le processus de paix", a déclaré Mark Regev, le porte-parole du premier ministre Ehoud Olmert. Le gouvernement israélien aurait-il été tenté d'utiliser l'arme financière pour faire taire les critiques ? C'est ce que sous-entendent des responsables palestiniens, alertés par le fait qu'au début de ce mois, contrairement aux précédents, Israël n'avait pas reversé dans les coffres de l'Autorité palestinienne le produit des taxes d'importations qu'il collecte en son nom.


De février 2006 à juillet 2007, le gouvernement israélien avait gelé le transfert de ces sommes qui financent une large partie du budget palestinien, afin de faire pression sur le gouvernement contrôlé par le Hamas après sa victoire aux élections législatives. Aujourd'hui, le cabinet d'Ehoud Olmert évoque un simple retard "technique" et promet que l'argent sera rapidement disponible. De sources concordantes, il semblerait que Bruxelles soit intervenu à ce sujet auprès des autorités israéliennes. "Si un problème technique se résout par une intervention politique, cela tendrait à prouver que le problème en question n'était pas si technique que cela", sourit un diplomate étranger.



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9 juin 2008 1 09 /06 /juin /2008 20:14
Conflit Israéliens-Palestiniens: Wade demande un cessez-le-feu dès ce lundi


AFP 09.06.08 | 11h47 


  Le président sénégalais Abdoulaye Wade, ayant entamé une médiation entre les Israéliens et les Palestiniens, a appelé les deux parties à "un cessez-le-feu immédiat à partir de lundi à 12H00 GMT", dans une déclaration publiée par le quotidien national Le Soleil.


"D'ores et déjà, je demande à Israël et au Hamas (mouvement islamiste qui contrôle la bande de Gaza depuis juin 2007) un cessez-le-feu immédiat à partir de lundi 9 juin 2008 à 12H00 GMT: plus d'attaque ou incursion israélienne dans la bande de Gaza et plus de tirs du Hamas en direction d'Israël", affirme le président Wade dans cette déclaration, précisant que cela "n'engage que (lui)".


"En cas de violation du cessez-le-feu par une des parties, je demande à l'autre de m'en informer par la voie la plus rapide", ajoute M. Wade, qui avait reçu la semaine dernière à Dakar des délégations du Hamas et de son mouvement rival du Fatah, pour des discussions interpalestiniennes dans le cadre de cette médiation.


Ces entretiens, qui ont duré deux jours, étaient le premier round sur une série de sept, a indiqué Abdoulaye Wade, également président en exercice de l'Organisation de la conférence islamique (OCI), en précisant avoir entamé sa médiation "à la demande expresse d'Israël et (à) l'acceptation des Palestiniens".


Il a annoncé qu'il se rendra "dès que cela sera possible (...) en Cisjordanie, à Gaza et en Israël pour mieux (s')imprégner des réalités et écouter les parties sur place".


Le président Wade a également demandé à la Croix-Rouge sénégalaise "d'envoyer des camions de vivres, d'eau, de médicaments et d'effets aux populations de Gaza avec l'aide et l'assistance de l'Egypte", frontalière de la bande de Gaza par le point de passage de Rafah.


Il a invité les autorités égyptiennes à "faciliter la libre circulation des citoyens palestiniens et des biens pour contribuer à mettre fin à l'enfermement du peuple palestinien".


Israël a imposé un blocus depuis le 17 janvier à la bande de Gaza, affirmant répondre à des tirs palestiniens de roquettes de Gaza sur le sud de son territoire.


Abdoulaye Wade a par ailleurs exhorté la Ligue arabe à s'associer à lui "à partir de maintenant, et d'éviter tout acte ou propos unilatéral".


Il a aussi prié les pays arabes et ceux de la communauté islamique "d'éviter de multiplier les initiatives personnelles, presque toujours précipitées et désordonnées qui ne feront que brouiller inutilement la médiation". Il a requis la même choses des "grandes puissances et ONG".


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