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28 août 2008 4 28 /08 /août /2008 19:34

Le Honduras devient le sixième membre de l’ALBA

http://www.cubainfo.ain.cu/2008/0826hondurasalba.htm

La Havane, 26.08.08 (acn)

Le président du Honduras, M. Manuel Zelaya, a signé à Tegucigalpa le document d’adhésion à l’ALBA (l’Initiative bolivarienne pour les Amériques) en présence des présidents de la Bolivie, du Nicaragua, du Venezuela et de Carlos Lage, vice-président du Conseil d’Etat de Cuba.     
   

« Nous adhérons aujourd'hui à l’ALBA, à la culture et à la dignité, pour faire des Honduriens un peuple libre », a déclaré le président Manuel Zelaya au cours de la cérémonie d’adhésion, qui s’est déroulée sur la Place de la Liberté de Tegucigalpa, la capitale hondurienne, en présence des délégations des Etats membres de l’ALBA et de plusieurs milliers de travailleurs, de syndicalistes, d’étudiants, de paysans et d’Amérindiens.

Le président du Honduras a indiqué que dans l’adhésion de son pays à l’ALBA les seuls perdants sont ceux qui avaient peur de lutter pour aller de l’avant.

« Nous luttons pour aller de l’avant. Si vous aviez peur de cette lutte, chers amis, adversaires et critiques, vous avez déjà perdu », a souligné le président Manuel Zelaya.

Il a dénoncé ensuite la campagne de désinformation que les médias privés de son pays ont déclenchée au sujet de l’ALBA, l’initiative d’intégration régionale lancée par le Venezuela et Cuba en 2004 à laquelle ont adhéré successivement, la Bolivie, le Nicaragua et le Commonwealth de la Dominique.

Le président du Venezuela, Hugo Chavez, a déclaré pour sa part que l’ALBA constitue « l’alternative à l’hégémonie néolibérale ».

« Les pays du Sud nous rassemblons pour être indépendants et pour assurer à nos peuples le développement. L’ALBA est le mécanisme dont disposent les peuples et les gouvernements de l’Amérique latine pour faire face aux crises qui ravagent le monde », a expliqué le président Hugo Chavez.

Il a ajouté que la souveraineté en matière d’énergie étant un des piliers de l’ALBA, l’adhésion à cet organisme d’intégration régionale garantit aux Honduriens la sécurité en matière d’énergie « pour cent ans au moins ».

Le président du Venezuela a annoncé que, dans le cadre de la coopération entre les membres de l’ALBA, le gouvernement du Honduras va recevoir prochainement 100 tracteurs munis de tout l’équipement nécessaire pour le travail agricole, comme première contribution de l’ALBA au renforcement de la capacité de production des agriculteurs honduriens.

Toujours dans le cadre de la cérémonie de signature de l’adhésion du Honduras à l’ALBA, Carlos Lage [A gauche, en compagnie du président bolivien Evo Morales], vice-président du Conseil d’Etat de Cuba, a souligné que cette initiative d’intégration latino-américaine est basée avant tout sur la solidarité entre ses membres.

« Dans 3 centres ophtalmologiques, 24 541 Honduriens ont déjà été opérés et ont récupéré la vue », a annoncé Carlos Lage avant de signaler que 332 médecins et travailleurs cubains de la santé travaillent actuellement dans les régions les plus éloignées de tous les départements du Honduras.

« Pour le médecin de l’ALBA, le malade n’est pas un client mais un patient ; le malade n’est pas son gagne-pain, mais sa raison d’être. Ce nouveau médecin ne gagne de l’argent, il gagne des vies », a précisé le dirigeant cubain.

« L’ALBA a été d’abord une inspiration et ensuite un projet. Aujourd'hui, c’est un espoir », a relevé Carlos Lage avant d’ajouter que « l’ALBA constitue le véritable modèle d’intégration latino-américaine ».

Le dirigeant cubain a énuméré ensuite plusieurs des succès de l’ALBA.

« Plus de 1,3 millions de Latino-américains ont été opérés et ont récupéré la vue. Le libre marché les avait condamnés à la cécité. 3,25 millions de Latino-américains ont appris à lire et à écrire. 6 693 médecins ont été formés et on est en train d’en former plus de 40 000 autres. Treize pays reçoivent 125 000 barils de pétrole par jour avec des conditions [de paiement] hautement avantageuses », a précisé le Carlos Lage.

Il a rappelé aussi que les Etats membres de l’ALBA travaillent en ce moment sur la constitution de la Banque de l’ALBA et la mise en place d’ALBA-aliments, organisme qui sera chargé de coordonner la lutte contre la crise provoquée par la hausse des prix des aliments. 

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28 août 2008 4 28 /08 /août /2008 19:29


Quand la reine Christine passe RFI au Kärcher

Article rédigé par Chamizam le mercredi 27 août 2008

www.agoravox.fr  

Dans la moiteur de l’été finissant, la nouvelle est quasiment passée inaperçue: Richard Labévière, journaliste spécialisé sur les questions proche-orientales, a été viré manu militari de la station RFI. Le prétexte: une interview exclusive de Bachar El Assad, à la veille de la conférence de l’Union pour la Méditerranée. L’intéressé contre-attaque, en justice et en vidéo. Décryptage d’une affaire politico-médiatique.

Depuis sa nomination à la tête de l’Audiovisuel extérieur, regroupant France 24, RFI et TV5 Monde, le tandem Alain de Pouzhilac/Christine Ockrent se voulait rassurant. La synergie des rédactions était l’objectif affiché, mais les licenciements collectifs seraient évités. Ils ont tenu parole: pas de charrette de salariés sur la passerelle du paquebot France. Mais juste une victime expiatoire pour donner l’exemple: Richard Labévière. Essayiste, auteur de plusieurs ouvrages consacrés à l’islamisme, à la question palestinienne ou à la politique arabe de la France, l’homme a été licencié le 12 août dernier, sans susciter trop d’émois de la part de ses collègues en exercice. Certes, il ne s’agit pas là de "l’icône de la ménagère" PPDA dont la sortie précipitée a déclenché des dizaines d’éditos et de commentaires à travers le pays.

Ici, rien de tel: dans le vacarme des jeux Olympiques et de la guerre en Ossétie, la nouvelle n’a pas eu d’écho, si ce n’est au travers du web militant et de la presse arabe, globalement outrée par la décision. Que s’est-il passé au juste? Labévière, connu pour ses sympathies pro-palestiniennes, avait réussi à décrocher, en exclusivité, une interview du président syrien, Bachar El Assad. Le contexte n’est pas anodin: dans quelques jours devait se tenir à Paris le grand barnum des chefs d’Etat impliqués dans la création de l’UPM, vaste confédération embryonnaire autour de la Méditerranée. La direction de RFI fait la moue au sujet de l’entretien, déplorant qu’Assad puisse agréer un seul journaliste pour l’interroger. Il est vrai qu’en France, il serait insensé d’imaginer un seul instant que les journalistes questionnant le chef de l’Etat au soir du 14 juillet aient été désignés par le staff de
l’Elysée... Labévière passe outre l’avis négatif de la direction et part à Damas enregistrer l’entretien le 8 juillet. Celui-ci sera diffusé sur TV5 Monde puis, finalement, le lendemain sur RFI, dans Géopolitique, son magazine hebdomadaire.

Du rififi à RFI

Il est reproché à Labévière de ne pas avoir prévenu la direction de la station suffisamment à l’avance de son projet d’entretien avec le leader syrien. Abasourdi par la futilité du motif officiel de son licenciement, Labévière réplique et plutôt radicalement: il dénonce à la fois l’attitude de la Société des journalistes de RFI, instrumentalisée selon lui par une faction pro-israélienne, et la direction du holding de l’Audiovisuel extérieur, coupable de "néo-conservatisme ". En clair, Labévière estime être la victime d’une cabale politique en raison de ses positions notoirement pro-arabes. Il est avéré que l’homme a connu, au sein de RFI, une succession de disgrâces depuis 2003, se voyant systématiquement rétrograder dans ses fonctions journalistiques. Sa critique régulière de la politique d’Israël et des Etats-Unis, sa relative indulgence envers certains gouvernants arabes, son soutien à un autre journaliste,
licencié de RFI et critique radical d’Israël, Alain Ménargues, l’ont fait vite fait taxer de "partisan de l’axe syro-iranien et grand ami du Hezbollah", selon les mots doux affectionnés par les groupuscules ultra-sionistes. S’ils savaient que le personnage avait, en outre, "commis" l’an dernier un ouvrage, La Règle du Je, tournant en dérision notre baudruche littéraire nationale, BHL, une pétition pour dénoncer un quelconque antisémitisme aurait déjà circulé...

Richard Labévière, demeuré publiquement silencieux, a décidé, la semaine dernière, de faire une sortie fracassante: le journaliste excommunié vide son sac dans une vidéo bientôt culte de 5 minutes, au contenu déjà polémique. Il y détaille, cigarillo à la main et colère froide, les griefs à l’encontre de sa hiérarchie: harcèlement professionnel, pensée unique, parti pris pro-israélien et américain, "orwellisation" rampante sur toutes les questions relatives au Moyen-Orient, intimidations, "mise au pas éditoriale", terrorisme intellectuel, "criminalisation des journalistes déviants", etc.


Nul doute que le buzz qui va surgir autour du J’accuse d’un journaliste reconnu promet de relancer le débat très franco-français des "risques de l’anti-sionisme dans l’expression médiatique". Fin août, Richard Labévière pourrait s’exprimer davantage dans une conférence de presse qui se tiendrait à Beyrouth. Et en parallèle de l’action médiatique et d’une pétition en ligne, l’offensive judiciaire a déjà commencé: un référé prud’homal aura lieu le 22 septembre. D’ici là, la prochaine visite de Sarkozy en Syrie promet d’être piquante: que pourront bien se dire en aparté El Assad, "responsable" malgré lui de l’expulsion de Labévière, et Kouchner, compagnon d’Ockrent mais aussi garant, en tant que ministre des Affaires étrangères, de la tutelle de RFI? Le monde de la politique, des médias et de la diplomatie est décidément bien petit pour de si grands hommes...


NDLR: à lire sur AgoraVox TV: Richard Labévière dénonce l’orwellisation de la presse française

Crédit photo: Sipa


Cet article vous a été présenté par AgoraVox. Nous vous remercions de votre visite.


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27 août 2008 3 27 /08 /août /2008 14:52

 

 

Ce message est un message de présentation d’un livre de Jean Baumgarten dont le titre est « La Servitude Volontaire ». Vous trouverez bien sûr dans ce livre une biographie de Jean Baumgarten. C’est un livre relatif à l’histoire du capitalisme et des révolutions démocratiques et socialistes anticapitalistes.

  Vous trouverez dans ce livre une dizaine de chapitres d’une dizaine de pages. Dans le premier chapitre, vous trouverez des citations du célèbre livre de Friedrich Engels relatif à la guerre des paysans dans l’Allemagne médiévale de la Réforme protestante de Calvin et de Luther. Le deuxième chapitre est relatif à la révolution française de 1789 et en particulier au premier théoricien du communisme moderne, Gracchus Babeuf.

  Le troisième chapitre est relatif à la Commune de Paris en 1870. Dans le quatrième chapitre relatif à l’histoire de la première guerre mondiale, vous trouverez le texte intégral des manifestes des conférences de Zimmerwald et de Kienthal.

  Le cinquième chapitre est relatif à la révolution russe d’octobre 1917. Le sixième chapitre est relatif à l’histoire de la première grande crise économique capitaliste dans les années 1930 entre les deux guerres mondiales, en particulier l’histoire des Fronts Populaires en Espagne et en France.

  Dans le septième chapitre, vous trouverez l’histoire de la révolution anticoloniale, en particulier l’histoire des guerres d’ Algérie et du Vietnam. Le huitième chapitre, c’est l’histoire de la grève générale et de la révolution de mai 1968.

  Dans le neuvième chapitre, vous trouverez l’histoire de cent cinquante ans de guerres impérialistes. Dans le dixième chapitre, vous trouverez l’histoire de la révolution latino américaine.

  Vous trouverez bientôt des bonnes feuilles de ce livre si vous consultez mon blog personnel, c’est le blog  www.fischer02003.over-blog.com

  Jean Baumgarten cherche un éditeur. Si vous avez des propositions, envoyez un message à Bernard Fischer à fischer02003@yahoo.fr ou bien à Jean Baumgarten à jean.baumgarten0412@orange.fr


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27 août 2008 3 27 /08 /août /2008 14:45

4 soldats français "exécutés" en Afghanistan: pas de commentaire officiel

 

PARIS (AFP)

 

  Quatre des dix militaires français tués le 18 août en Afghanistan ont été "faits prisonniers et exécutés", a indiqué mercredi un hebdomadaire français, une information que le gouvernement a refusé de commenter.

 

L'hebdomadaire satirique Le Canard Enchaîné a rapporté que "quatre militaires français avaient été faits prisonniers et exécutés par les insurgés" lors de l'embuscade à l'est de Kaboul.


Le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, s'est refusé à confirmer ou démentir ces informations. Le ministre de la Défense, Hervé Morin, n'a pas fait de commentaires.


"Je n'ai pas de commentaire à faire", a déclaré M. Chatel, qui rendait compte des travaux du Conseil des ministres, en réponse à une question.


"Une procédure d'enquête est en cours, et c'est ce qu'on appelle le retour d'expérience, qui nous permettra d'y voir plus clair sur les circonstances de cette embuscade, sur ce drame pour nos soldats. A ce stade, je n'ai pas d'éléments à vous communiquer", a-t-il insisté.


M. Morin et l'état-major ont déjà démenti cette affirmation, rapportée précédemment par des médias anglo-saxons.


L'hebdomadaire assure aussi que "quelques heures avant le départ en opération" de la patrouille, "l'interprète qui devait accompagner cette petite troupe avait disparu". "Le simple bon sens aurait dû conduire ses chefs à craindre qu'il n'ait alerté les insurgés de l'arrivée de cette +patrouille+", selon le journal.


D'après le gouvernement, rien ne permettait de prévoir l'embuscade.


Selon le Canard enchaîné, un officier français avait d'autre part alerté début mai sur le risque "d'affrontements aussi violents que nombreux" dans la région de l'Afghanistan où a eu lieu l'embuscade, selon des extraits d'un rapport que publie l'hebdomadaire.


Un débat, suivi d'un vote, est prévu le 22 septembre au Parlement, réuni en session extraordinaire, sur la présence militaire française (3.000 hommes) en Afghanistan.

 

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27 août 2008 3 27 /08 /août /2008 14:39

Richard Labévière à Beyrouth : la liberté de la presse est plus grande au Hezbollahland qu’en France

mardi 26 août 2008 - 19h26, par Mediarabe.info

 

La télévision "Al Manar", du Hezbollah, a diffusé dans son journal du soir, des extraits de la conférence de presse tenue aujourd’hui à Beyrouth par Richard Labévière, le rédacteur licencié de RFI. Selon "Al Manar", Labévière, victime du lobby juif en France, a préféré organiser sa conférence de presse à Beyrouth et non à Paris, car la liberté d’expression y est plus grande.

 

Parmi les quelques personnalités présentes à la conférence - moins d’une petite dizaine au total - figure, en premier rang, Thierry Meyssan, très amusé par les propos de Labévière. Celui-ci a organisé sa riposte en lançant une virulente attaque contre les responsables de l’audiovisuel français, notamment de l’audiovisuel extérieur comme « RFI », « TV5 monde » et « France 24 », placés sous la houlette d’Alain de Pouzilhac et de Christine Okrent Kouchner.

 

Selon Labévière, « l’épouse du ministre des Affaires étrangères s’emploie à imposer une pensée unique favorable à Israël, et qui travestit la réalité ». Selon le conférencier, « les responsables médiatiques français imposent aux agences de presses et aux médias l’utilisation d’un vocabulaire favorable à Israël, avec lequel l’Etat hébreu devient un pays de paix, et qui tend à défendre son armée qui respecte les valeurs humaines et qui ne tue jamais les femmes, les enfants et les vieillards palestiniens ». Pour Okrent et Pouzilhac, « le mur de séparation raciste devient une clôture de sécurité... », regrette Labévière.

 

La surmédiatisation du licenciement de Labévière par le Hezbollah et par ses organes, et la présence de certaines personnalités qui ne cachent pas leur hostilité à la France et à l’Occident en général, et connues pour leurs dénonciations des complots présumés et des conspirations des sionistes et néoconservateurs, pourraient être contreproductives pour notre confrère. Fort de leur soutien, Labévière serait tentés par une fuite en avant, et perdrait tout discernement. Il semble avoir oublié que celui qui se savonne la planche ne doit pas accuser les autres de l’avoir poussé.

 

Lire à ce sujet nos éditoriaux du 14 mai 2008 et du 19 août 2008

MediArabe.info

 

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27 août 2008 3 27 /08 /août /2008 14:31

Israël arrête un militant pacifiste pour avoir accosté à Gaza

SDEROT, Israël (Reuters)

  La police israélienne a arrêté mardi l'un des militants pacifistes qui avaient accosté samedi dans la bande de Gaza, en l'accusant d'avoir enfreint une interdiction d'entrer dans ce territoire palestinien.

Jeff Halper, ressortissant israélien qui possède aussi la nationalité américaine, était au nombre de 44 militants de l'association "Gaza libre" originaires de 17 pays qui avaient fait avec succès la traversée de Chypre à Gaza par bateau en dépit du blocus israélien.

"Il est interrogé au poste de police de Sderot pour être entré dans la bande de Gaza en infraction à un décret militaire qui interdit aux citoyens israéliens de le faire", a déclaré un porte-parole de la police.

Halper, qui est juif, a passé trois jours dans la bande de Gaza avant d'entrer en Israël par le point de passage d'Erez, où il a été interpellé pour interrogatoire.

Les militants pacifistes pensent reprendre en bateau la direction de Chypre jeudi et ont promis d'emmener avec eux plusieurs Palestiniens, dont des étudiants qui n'ont pas été autorisés par Israël à quitter la bande de Gaza pour aller étudier à l'étranger.

Un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères a déclaré qu'aucune décision n'avait encore été prise concernant les Palestiniens qui chercheraient à quitter ainsi Gaza.

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26 août 2008 2 26 /08 /août /2008 19:50

La démarche et les objectifs de La Riposte - Réponse aux camarades du blog « Vive le PCF »   


www.lariposte.com



Les responsables du blog Vive le PCF – c’est-à-dire les dirigeants de la section du PCF Paris 15e, qui en sont les principaux animateurs – ne sont pas contents de la publication de notre projet de texte alternatif : Renforcer le PCF, renouer avec le marxisme. Le 22 juillet dernier, ils ont publié sur leur blog un article qui vise manifestement à discréditer et à marginaliser les camarades qui soutiennent les idées de La Riposte (voir ici). Au moyen d’un tissu d’affirmations fausses et d’insinuations malveillantes, les camarades et sympathisants de La Riposte sont présentés par Vive le PCF comme des éléments « extérieurs » au parti.

Il n’est jamais très agréable de se trouver dans l’obligation de répondre à une attaque de ce type, d’autant qu’elle ne concerne pas les idées et la politique de La Riposte. Mais, d’une part, nous ne pouvons pas laisser ce genre d’article sans réponse – et, d’autre part, cela nous fournit l’occasion de mieux expliquer, à l’intention de tous les communistes, quels sont les objectifs et la démarche de La Riposte.

Les rédacteurs de Renforcer le PCF, renouer avec le marxisme accueilleraient à bras ouverts toute tentative d’engager une discussion entre communistes sur les idées défendues dans ce texte. Une confrontation d’idées fraternelle et constructive ne peut qu’enrichir les discussions préalables au congrès. Cependant, les camarades de Vive le PCF ne traitent pas le contenu de notre document. Ils préfèrent combattre La Riposte d’une toute autre façon. Pour eux, les communistes qui se reconnaissent dans les idées marxistes de La Riposte, qui rédigent ses articles, qui participent à ses activités, qui assurent son financement, etc., deviennent de ce fait des camarades n’ayant « rien à voir avec le PCF, sa structure et son histoire. » Cette affirmation stupéfiante nous met dans l’obligation de rappeler que le PCF est un parti démocratique ouvert à tous ceux qui veulent lutter contre le capitalisme, et que chaque camarade, quelles que soient ses opinions, a le droit de s’exprimer et de participer démocratiquement à tous les aspects de la vie du parti.

De quel droit les camarades de Vive le PCF se permettent-ils de stigmatiser ainsi les animateurs et sympathisants de notre journal ? Les communistes proches des idées de La Riposte ne sont pas différents de tous les autres. Ils paient une cotisation au PCF. Ils participent aux activités et aux campagnes électorales du parti. Certains d’entre eux sont membres du PCF depuis des décennies. D’autres, plus jeunes, sont pour ainsi dire des communistes de troisième ou quatrième génération. Loin de n’avoir « rien à voir » avec l’histoire du PCF, ces camarades font partie intégrante de cette histoire. Ceci n’oblige personne à partager leurs opinions en ce qui concerne la théorie marxiste, le programme du parti ou les questions internationales. Mais personne n’a le droit de remettre en cause la valeur de ces camarades et leur appartenance au PCF.

« Organisés en groupe extérieur, écrit notre détracteur anonyme, [les militants de La Riposte] se définissent, ouvertement, comme l’antenne en France d’un groupe international se revendiquant "trotskiste", basé dans le monde anglo-saxon. » Ceci n’est que pur fantasme. Les camarades qui soutiennent les idées de La Riposte ne sont « l’antenne » de personne, ni dans le « monde anglo-saxon », ni ailleurs. L’association, déclarée sous la loi de 1901, détermine sa politique démocratiquement et en toute liberté, lors de ses congrès nationaux, auxquels tous les adhérents de l’association peuvent participer.

Il est vrai que les idées de La Riposte coïncident, sur toutes les questions essentielles, avec celles que défend le regroupement d’organisations marxistes connu sous le nom de Tendance Marxiste Internationale (TMI). De notre point de vue, communisme et internationalisme sont absolument indissociables. Nous sommes fiers de notre association à ce mouvement international, qui est pour nous une source de réflexions, de discussions et d’informations d’une valeur inestimable. Les échanges d’idées avec nos camarades en lutte à travers le monde – au Venezuela, en Bolivie, au Brésil, en Italie, en Espagne, au Pakistan, etc. – contribuent grandement à l’éducation politique de nos propres camarades, ainsi qu’à la richesse de notre journal et de notre site internet, que nous mettons à la disposition de tous les communistes.

Soit dit en passant, contrairement à ce que prétend Vive le PCF, la TMI n’est pas « basée dans le monde anglo-saxon ». Comme son nom l’indique, il s’agit d’un mouvement internationaliste et véritablement international. Au total, la TMI est présente dans une quarantaine de pays. Mais son centre de gravité, pour ainsi dire, ne se trouve pas en Europe, malgré une présence forte en Italie et en Espagne. Sa plus grande section est au Pakistan (voir ici). Mais au cours de ces dernières années, c’est en Amérique latine qu’elle a connu sa plus forte croissance. La section vénézuélienne, en particulier, occupe une place importante dans le mouvement révolutionnaire bolivarien. Les sections de la TMI au Mexique et au Brésil ont été, elles aussi, au cœur des grandes luttes sociales et politiques qu’ont connu ces pays au cours de la dernière période. Quoi qu’il en soit, La Riposte n’est en aucun cas une « antenne » de nos camarades du Venezuela ou du Pakistan, pas plus que ces derniers ne sont des « antennes » de La Riposte.

Vive le PCF qualifie La Riposte de « trotskiste » et l’accuse de pratiquer de l’« entrisme » dans le PCF. Pense-t-on sérieusement arrêter ainsi la progression de nos idées dans le parti ? Le but de notre journal, de notre site web, de nos brochures, de nos livres, des nombreuses réunions publiques que nous organisons et de toute notre activité en général est d’expliquer et de défendre les idées du marxisme. Quant à Léon Trotsky, nous considérons qu’il était l’un des plus grands révolutionnaires du XXe siècle. Pour nous, marxisme et « trotskisme » sont une seule et même chose. Nous invitons tous ceux qui ne sont pas d’accord à nous expliquer pourquoi. Au demeurant, l’époque est heureusement révolue où la simple évocation du nom de Trotsky suscitait un réflexe d’hostilité, au sein du PCF. Les animateurs de Vive le PCF peuvent le regretter, mais c’est ainsi – et ce n’est pas un hasard. De l’eau a coulé sous les ponts. Conformément aux prédictions de Trotsky, le capitalisme a été restauré, en Russie et en Europe de l’Est, par ceux-là mêmes qui accusaient Trotsky d’avoir été un agent de la bourgeoisie. Par ailleurs, il faudrait que les détracteurs de Trotsky expliquent exactement ce qu’ils reprochent à celui qui, après avoir dirigé la révolution de 1917, aux côtés de Lénine, puis fondé et dirigé l’Armée Rouge, a finalement payé de sa vie sa lutte implacable contre la dégénérescence stalinienne de l’Etat Soviétique et de l’Internationale Communiste.

Venons-en maintenant à l’« entrisme ». Ce n’est pas pour rien que ce terme a une connotation extrêmement péjorative, dans le mouvement ouvrier français. A plusieurs reprises, des groupements d’extrême gauche ont pratiqué ce qu’ils appelaient une tactique « entriste » dans le Parti Socialiste, le Parti Communiste ou les structures syndicales. Il s’agissait d’envoyer dans l’organisation ciblée des individus qui n’affichaient ni leurs véritables idées, ni leur appartenance à une même organisation, avec pour mission de s’emparer de positions clés. La plus connue de ces opérations a été menée dans le PS par les « Lambertistes ». Comme on le sait, Lionel Jospin était l’un de ces « pions ». Lorsqu’on demande à des soi-disant « trotskistes » de se comporter pendant de longues années comme des réformistes, ils finissent par le devenir, comme ce fut le cas de Jospin.

Il est parfaitement évident que la démarche de La Riposte n’a strictement rien à voir avec ce type d’opération. Elle ne mène aucune activité subversive ou sournoise. Ses idées sont affichées et expliquées au grand jour, lors de réunions publiques, dans son journal et sur son site internet. Loin de vouloir cacher ses idées, La Riposte s’efforce par tous les moyens de les porter à la connaissance d’un public aussi large que possible. Son approche envers l’ensemble des communistes est fraternelle et constructive. Elle contribue ainsi au débat démocratique au sein du PCF, sans le moindre sectarisme. Indépendamment des divergences qui existent entre La Riposte et la direction actuelle du parti, nous encourageons tous nos lecteurs et sympathisants à participer pleinement et loyalement aux campagnes publiques et à la vie interne du PCF.

Nous ne céderons pas un pouce de nos idées marxistes. Mais en même temps, le PCF pourra toujours et en toutes circonstances compter sur le soutien de La Riposte. Le communiqué de presse que nous avons publié, lors des dernières élections municipales, résume assez bien notre approche :

«  La Riposte appelle les électeurs à voter massivement, aux élections municipales, pour infliger une défaite cinglante aux partis de droite. Au premier comme au deuxième tour, il faut se mobiliser autour des listes du PCF ou soutenues par le PCF. A l’heure où le capitalisme et ses représentants politiques nous imposent la démolition des conquêtes sociales sur toute la ligne, une progression électorale des partis de gauche encouragera tous ceux qui luttent contre Sarkozy et son gouvernement.

«  La Riposte milite pour que le PCF tourne le dos au réformisme vaguement "anti-libéral" qui caractérise son programme actuel. Les compromis et renoncements successifs de ces dernières années l’ont considérablement affaibli sur les plans organisationnel et électoral. Nous voulons que le parti renoue avec des idées authentiquement communistes. C’est la seule façon, pour le parti, d’inverser son déclin. La Riposte s’est catégoriquement et publiquement opposée, par exemple, à la présence de candidats du PCF sur des listes communes avec le MoDem, au premier comme au deuxième tour.

« Cependant, malgré ces divergences importantes, et conformément à nos engagements lors des élections précédentes, nous considérons qu’il est indispensable que tous les adhérents et sympathisants du PCF se mobilisent pour renforcer le parti et son assise électorale. »

Ceci est assez clair, non ? Et pourtant, au lieu de combattre les véritables idées de La Riposte, l’article de Vive le PCF préfère nous présenter comme le prolongement, en France, d’un vaste complot international dirigé par d’obscurs personnages ! Ainsi se poursuit l’accusation de notre Inquisiteur : « Selon la doctrine de leurs inspirateurs directs affichés, les obscurs Ted Grant et Alan Woods, ils font de l’entrisme le fondement de leur pratique politique. Cette doctrine les a amenés à adhérer au Parti Travailliste en Grande-Bretagne et au Parti Socialiste en France. Depuis quelques années, dans la situation de crise traversée par le PCF, ils décident de changer de parti, de passer du PS au PCF. Si l’on suit leur principe entriste, ce ne peut être qu’en espérant influencer des militants communistes en déshérence. »

Ce passage est le fruit soit de l’ignorance, soit de la malveillance – et sans doute des deux à la fois. Essayons d’y répondre aussi succinctement que possible. Premièrement, Alan Woods est un militant et un théoricien marxiste assez connu. Il n’a certainement rien d’« obscur ». Il est l’auteur de nombreux livres sur le marxisme. En 2004, une centaine de militants est venue l’écouter, au siège fédéral du PCF de Paris, lors d’une réunion publique sur la révolution vénézuélienne. Alan reviendra animer une série de réunions publiques en France, l’année prochaine. Au Venezuela, il est très connu pour ses idées marxistes et comme fondateur de la campagne Pas touche au Venezuela ! Il y a quelques semaines, il a fait une tournée de réunions publiques très réussie, dans ce pays (voir ici). Chavez cite souvent ses livres, à la télévision. Bref, on peut affirmer sans l’ombre d’un doute qu’au Venezuela (et dans d’autres pays), Alan Woods est beaucoup plus connu – ou beaucoup moins « obscur » – que ne le sont les responsables de Vive le PCF dans le seul quinzième arrondissement de Paris.

Quant à Ted Grant, il faut reconnaître qu’il est beaucoup moins en vue qu’Alan Woods, ces derniers temps. Ce n’est pas vraiment de sa faute, d’ailleurs, puisqu’il est mort en 2006. Mais de son vivant, il n’avait, lui non plus, absolument rien d’« obscur » ! Notons enfin que l’auteur de cette attaque contre La Riposte, qui affiche une grande méfiance à l’égard tout ce qui lui semble « obscur », n’a pas lui-même souhaité apparaître au grand jour : il n’a pas signé son texte.

Il est totalement faux de dire que Ted Grant et Alan Woods « font de l’entrisme le fondement de leur pratique politique. » Par contre, ce qu’ils ont toujours défendu, c’est l’idée que les marxistes ne doivent pas s’isoler du mouvement ouvrier, à la manière des sectes ultra-gauchistes, et qu’ils doivent au contraire participer activement aux luttes et aux organisations traditionnelles des travailleurs. Nous sommes tout à fait d’accord avec cette idée, qui était aussi celle de Marx et de Lénine. Quant au Parti Travailliste, en Grande-Bretagne, il a toujours eu une aile marxiste – depuis sa création, en 1900, jusqu’à nos jours. L’activité des marxistes du journal Socialist Appeal s’inscrit dans cette tradition. Pour l’information des « léninistes » de Vive le PCF, Lénine lui-même insistait fortement, lors de la formation de l’Internationale Communiste, pour que les communistes britanniques participent activement au Parti Travailliste. Aujourd’hui, malgré tout ce que l’on peut reprocher aux dirigeants pro-capitalistes de ce parti, le fait est que le Parti Travailliste est le seul parti de la classe ouvrière britannique. Dès lors, les marxistes britanniques ont parfaitement raison d’y participer et d’y livrer une bataille politique contre Gordon Brown et ses amis.

Vive le PCF présente d’une façon complètement inexacte l’attitude de La Riposte, en France, vis-à-vis du Parti Socialiste et du Parti Communiste. Lorsque La Riposte a été lancée, dans les années 90, elle n’avait aucune influence et aucune « base » proprement dite – ni au PS, ni au PCF, ni nulle part ailleurs, pour être tout à fait franc. L’association était ouverte à tous ceux qui s’intéressaient aux idées du marxisme – qu’ils soient ou non membres du PCF, du PS ou d’un syndicat. Ce qui nous importait, c’était de regrouper ceux qui voulaient se battre pour nos idées révolutionnaires. Cette approche générale n’a pas changé, depuis. La Riposte est ouverte à tous ceux qui veulent militer pour les idées du marxisme. Si des militants du PS adhèrent à ces idées et veulent nous rejoindre, ils seront les bienvenus. Cependant, dans la pratique, il s’est avéré qu’une large majorité des militants qui
exprimaient un intérêt pour nos idées venait du PCF, du MJCF et de la CGT – ce qui ne devrait surprendre personne. Ainsi, La Riposte n’est pas « passée du PS au PCF », comme l’affirme Vive le PCF. Ce sont plutôt des militants du PCF qui sont « passés » à La Riposte – tout en restant au PCF.

Ceci dit, il est vrai qu’à partir de 2002, alors que la majorité de nos membres étaient au PCF, notre association a décidé qu’elle soutiendrait désormais le PCF électoralement et encouragerait la jeunesse et les travailleurs à adhérer au parti, afin de le renforcer face à la droite et au capitalisme. Cette décision répondait d’ailleurs aux appels de Marie-George Buffet pour que les associations de gauche se rassemblent autour du parti. Depuis, l’influence de La Riposte n’a cessé de grandir, à l’intérieur comme à l’extérieur du PCF, grâce à notre travail patient et systématique d’explication des idées du marxisme. Et c’est bien évidemment cela qui pose problème à Vive le PCF. L’histoire de « l’entrisme » et du « passage au PCF » n’est qu’une tentative – parmi d’autres – de discréditer La Riposte à peu de frais, sans prendre la peine de répondre à ses idées.

Enfin, rappelons qu’au cours des 30 dernières années, le problème du PCF fut beaucoup moins l’« entrisme » que le « sortisme », pour ainsi dire. Le parti a perdu des centaines de milliers d’adhérents. Comme nous l’expliquons dans notre projet de texte alternatif, cette hémorragie de militants fut la conséquence du caractère de plus en plus ouvertement réformiste du programme du parti et, surtout, du comportement de sa direction sous les gouvernements Mitterrand et Jospin. Ce n’est pas La Riposte qui a affaibli le PCF. Au contraire, elle est là pour aider les communistes à redresser la barre.

La Riposte conserve, bien évidemment, sa structure propre. Ce que les responsables de Vive le PCF appellent un « groupe extérieur » est tout simplement une organisation distincte et indépendante par rapport aux structures du PCF. Ceci est parfaitement sain et normal. Il ne faut pas tout mélanger. Tous les aspects de l’activité militante de La Riposte – la publication du journal, l’organisation de réunions publiques, l’impression de livres, de tracts et d’affiches, les déplacements, les frais postaux, etc. – coûtent de l’argent. Ces mêmes activités doivent être gérées collectivement et démocratiquement par les adhérents de l’association. Tous les communistes comprendront que ceci implique un minimum d’organisation, dont un système de cotisations. Ce n’est pas au PCF de financer les activités de La Riposte. Reprocher à La Riposte d’être « organisée », c’est lui reprocher son existence même. L’un ne va pas sans l’autre. Le journal et toutes les activités de La Riposte sont entièrement financés par les communistes qui sont adhérents ou sympathisants de l’association. C’est-à-dire qu’en plus de leur cotisation au parti, ils versent une cotisation mensuelle à La Riposte. Les finances de La Riposte doivent être totalement séparées de celles du parti.

Les communistes comprendront aisément que le fait de nous doter de structures propres n’implique nullement que nous « complotons » contre le PCF. La tentative de dénigrer les camarades du parti qui soutiennent les idées de La Riposte en les présentant comme autant d’« antennes » d’obscures forces extérieures et « anglo-saxonnes » – n’aboutira à rien. Si La Riposte progresse, c’est parce que les idées qu’elle défend correspondent aux convictions profondes de nombreux communistes. Parmi ces camarades, il y a des jeunes – heureusement ! –, mais il y en a aussi beaucoup qui sont membres du PCF depuis 20, 30 ou 40 ans. Certains sont des secrétaires de section ou de cellule. D’autres ont représenté le parti aux élections municipales, cantonales ou législatives. D’autres encore ont d’importantes responsabilités syndicales. Traiter ces camarades d’éléments « extérieurs » au parti, comme le fait Vive le PCF, est parfaitement grotesque. Nous pouvons comprendre que les animateurs de Vive le PCF veuillent empêcher la progression de La Riposte. Mais ils n’y parviendront pas en cherchant à dénigrer et marginaliser nos militants. La seule façon de lutter contre La Riposte serait de démontrer en quoi ses idées ne sont pas valables. Si les animateurs de Vive le PCF sont incapables d’affronter La Riposte sur le terrain des idées, ils finiront tout simplement par se discréditer.

Mais revenons au brûlot de notre détracteur anonyme, qui n’a pas tout à fait fini de vider son sac, ou plutôt sa poubelle : « Depuis qu’ils sont au PCF, [les militants de La Riposte] tentent de propager, principalement par internet, indépendamment de toute base militante, des textes susceptibles de convenir aux communistes restés marxistes. Leurs écrits, par exemple sur Cuba, se sont adaptés à leur nouveau parti. »

Passons sur l’idée selon laquelle les membres et les sympathisants de La Riposte n’auraient « aucune base militante » : nous y avons déjà répondu plus haut. Ce qui nous intéresse, ici, c’est la spectaculaire découverte de notre critique : La Riposte aurait changé de position sur la révolution cubaine, de façon à « s’adapter » au PCF ! Si c’est exact, notre anonyme enquêteur doit – comme tout bon policier – avoir à sa disposition des documents de La Riposte qui établissent clairement ce changement de position. Hélas ! De tels documents n’existent pas, pour une raison simple : la position de La Riposte sur Cuba, telle que nous l’avons développée dans de nombreux textes, n’a jamais varié (voir ici). Comme sur tant d’autres points, l’insinuation de Vive le PCF ne correspond à aucune réalité.

Entraîné par le flot irrésistible de ses erreurs, notre ami enchaîne : « [La Riposte] bénéficie d’une complaisance certaine de la part des directions les plus réformistes du PCF, notamment à Paris qui peuvent y trouver un dérivatif, un repoussoir, une entrave à l’union des communistes opposés à la liquidation du PCF. » Voilà une nouvelle tout à fait stupéfiante ! Ainsi, les dirigeants nationaux du PCF soutiendraient La Riposte ou faciliteraient son travail dans le but de diviser les communistes opposés à la liquidation du parti. Ce soutien serait particulièrement appuyé – Dieu sait pourquoi – dans le cas des dirigeants de la Fédération du PCF de Paris. Vraiment, quelle absurdité ! Les relations entre les animateurs parisiens de La Riposte, d’une part, et les responsables fédéraux du PCF Paris, de l’autre, sont tout à fait cordiales et fraternelles, malgré nos désaccords sur le plan politique. Mais La Riposte n’a jamais rien demandé aux dirigeants fédéraux parisiens – et inversement. Par exemple, aucun militant de La Riposte ne siège au Conseil Fédéral. Là encore, soit les responsables de Vive le PCF précisent de quelles « complaisances » ils parlent, soit les militants du PCF devront tirer la conclusion qu’ils ont affaire à une pure invention, dont l’objectif est de discréditer à bon compte à la fois La Riposte et la direction fédérale du PCF Paris.

Les lignes que nous venons de citer sont immédiatement suivies de celles-ci : « C’est ce que constatent aussi nos camarades italiens de la Refondation Communiste dans la préparation de leur congrès où une motion parasitaire de l’antenne italienne du même groupe essaie de faire diversion avec la bénédiction des directions sortantes désavouées depuis les dernières élections. » En résumé, en plus d’être les acteurs d’un complot orchestré de l’extérieur – quelque part chez les « anglo-saxons » –, les militants de La Riposte sont en fait à la solde des « liquidateurs » du parti, avec pour mission de diviser les adversaires de la liquidation. Et, pour preuve, Vive le PCF évoque le comportement supposé de nos camarades italiens de Falce Martello – qui, comme « antenne » de la même conspiration internationale, seraient évidemment à la solde du liquidateur Bertinotti… Vraiment, si tout ceci est vrai, les travailleurs du monde entier devront une éternelle reconnaissance à Vive le PCF pour avoir démasqué une aussi monstrueuse cabale internationale !

Malheureusement pour Vive le PCF, les faits ont clairement démenti ces accusations absurdes. Quelques jours après la publication de l’article de Vive le PCF, le congrès du Parti de la Refondation Communiste (PRC) s’est tenu, où la réalité des alliances est apparue au grand jour. Nos camarades de Falce Martello se sont toujours vigoureusement opposés à la liquidation du PRC, tout comme La Riposte s’oppose à la liquidation du PCF. Au congrès du PRC, nos camarades italiens détenaient un pourcentage des voix susceptible de donner une majorité aux adversaires des « liquidateurs ». Et c’est évidemment ce qu’ils ont fait (voir ici). Sans l’apport de Falce Martello, les liquidateurs Bertinotti et Vendola seraient toujours à la tête du PRC – et la résolution finale du congrès, qui exclut toute dissolution du parti, n’aurait pas été majoritaire. Nous laissons à Vive le PCF le soin de nous expliquer pourquoi des camarades qu’ils décrivent comme des « parasites » et des agents des liquidateurs ont contribué à leur infliger une cinglante défaite.

Cette accumulation d’erreurs grossières, de mensonges et d’insinuations malveillantes ne fait pas honneur aux animateurs de Vive le PCF. On n’ose pas imaginer l’ambiance qui régnerait dans le parti s’ils en prenaient la direction ! Nous sommes persuadés que des attaques de ce genre ne font pas l’unanimité parmi les sympathisants de Vive le PCF, dont plusieurs nous ont d’ailleurs fait part de leur sympathie et de leur soutien. L’affrontement nécessaire entre les différents programmes et orientations, au sein du parti, doit se faire dans la clarté et la fraternité. Certes, chaque « courant » peut défendre ses idées vigoureusement, avec fermeté. Mais des textes comme celui qu’a publié Vive le PCF ne sont pas constructifs. Ils ne font qu’ajouter à la confusion.

Quelle était la principale motivation de Vive le PCF, en publiant cet article contre La Riposte ? C’est assez simple. Les responsables de Vive le PCF préparent un texte alternatif pour le congrès du PCF de décembre prochain. De ce point de vue, ils voient la publication de notre projet de texte alternatif – Renforcer le PCF, renouer avec le marxisme – comme une initiative « parasitaire », pour reprendre leur terminologie. En d’autres termes, nous leur faisons de l’ombre. Mais encore une fois, nous leur conseillons de répondre au contenu politique de notre texte, plutôt que de chercher, par de basses attaques, à provoquer la méfiance des militants communistes – qui sont moins bêtes que semble le penser Vive le PCF. Pour notre part, nous dirons ce que nous pensons du texte alternatif de Vive le PCF, lorsqu’il sera publié. Et nous restons ouverts à une discussion sérieuse et fraternelle avec tous les camarades qui le souhaitent, dans le but de confronter nos idées et d’enrichir le débat interne au parti. C’est la seule méthode de discussion correcte, entre militants communistes.

Greg Oxley et Jérôme Métellus (PCF Paris)



Publication : jeudi 14 août 2008


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26 août 2008 2 26 /08 /août /2008 19:36

Enorme succès de la tournée d’Alan Woods au Venezuela   


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Du 17 juin au 7 juillet, le militant et théoricien marxiste Alan Woods, dirigeant de la Tendance Marxiste Internationale, a fait une tournée de réunions publiques, au Venezuela, pour y présenter son dernier livre : Réformisme ou révolution. Le marxisme et le socialisme du XXIe siècle (Réponse à Heinz Dieterich). Dans cet ouvrage, Alan critique impitoyablement les idées de Dieterich, qui, sous couvert de réviser le marxisme et de réinventer le socialisme, développe une position vulgairement réformiste – et s’aligne sur tous ceux qui, au Venezuela, implorent que la révolution ne sorte pas du cadre du capitalisme. Comme l’a dit Hugo Chavez, qui a lu le livre, Alan a définitivement « pulvérisé » les idées de Dieterich. En même temps, il en a profité pour exposer les idées fondamentales du marxisme sur une large variété de thèmes : la philosophie, l’économie, le matérialisme historique, l’Etat, le stalinisme, l’internationalisme, les révolutions cubaine et vénézuélienne, etc.


Organisée par des camarades et des sympathisants du Courant Marxiste Révolutionnaire (CMR), au Venezuela, la tournée d’Alan Woods a reçu un accueil extrêmement enthousiaste. Sur une douzaine de réunions publiques, elle a réuni, au total, plus de 4000 jeunes et travailleurs vénézuéliens.

La tournée a commencé à Monaga, le 17 juin. Alan y a présenté son livre devant plus de 200 travailleurs de PDVSA, l’industrie pétrolière du pays. Dans son intervention, Alan a rappelé comment le peuple avait sauvé la révolution, lors du coup d’Etat d’avril 2002. Il a également souligné qu’en se prononçant pour le socialisme, Chavez avait eu le grand mérite de placer cette question au centre des débats. En même temps, Alan a expliqué qu’il désapprouvait la réunion du 11 juin, au cours de laquelle Chavez s’est adressé à un parterre de patrons vénézuéliens et leur a proposé une série d’« avantages », à condition qu’ils investissent et développent l’économie du pays. Alan a rappelé comment, après la déroute du coup d’Etat de 2002, les réformistes avaient fait pression sur Chavez pour qu’il négocie avec l’oligarchie. Mais au lieu de négocier, l’oligarchie avait organisé un lock-out patronal. «Ces appels au dialogue ne permettront pas de se concilier l’opposition, les capitalistes et l’impérialisme », a dit Alan. « Au contraire : ils les convaincront de la fragilité du gouvernement et les encourageront à tenter de le renverser. La faiblesse invite à l’agression. »


Le 19 juin, Alan s’est adressé à 200 étudiants et professeurs de la magnifique université de Maturin. Puis, le soir même, il est allé présenter son livre à une centaine de travailleurs du champ pétrolier de Morichal, non loin de Maturin. Il a expliqué la nécessité d’étendre le contrôle ouvrier à toutes les industries et d’exproprier l’oligarchie. Alan a également appelé les travailleurs à s’organiser dans la lutte contre la bureaucratie et les éléments réformistes du mouvement bolivarien : « nous sommes beaucoup plus nombreux qu’eux », a-t-il insisté. Le lendemain, une réunion publique s’est également tenue à San Tomé, l’une des zones pétrolières les plus importantes du pays. 250 travailleurs y ont accueilli avec enthousiasme les idées du marxisme.

Le 21 juin, Alan était invité à prendre la parole à une Assemblée de salariés du secteur automobile, à laquelle ont assisté 600 travailleurs de Mitsubishi, Macusa, Vivex, Toyota, Ford et Chrysler. Alan a insisté sur l’énorme pouvoir de la classe ouvrière : « Pas une roue ne tourne, pas une lumière ne brille sans la permission de la classe ouvrière. C’est cet énorme pouvoir qu’il faut mobiliser pour transformer la société. Lors du coup d’Etat d’avril 2002, qui a sauvé la révolution ? » – « Le peuple ! Les travailleurs ! », a répondu l’assistance.


La tournée s’est poursuivie jusqu’au 7 juillet, volant de succès en succès : 90 militants et travailleurs à Barcelona, 350 à Ciudad Guyana, 550 à Puerto Ordaz, 180 à Zulia, 250 à San Cristobal, 400 à Merida, 100 à Caracas, et enfin 800 dans l’Etat de Barinas. Les deux dernières réunions publiques, à Barinas, ont été organisées et présidées par le candidat du PSUV au poste de gouverneur régional, Adam Chavez, le frère du Président (photo ci-contre).

Sidor

La réunion publique à Puerto Ordaz était particulièrement impressionnante. Elle s’est tenue dans la grande salle de conférence de l’entreprise Sidor, la plus grande aciérie d’Amérique latine. Après 13 mois de lutte des salariés pour des conditions de travail et des salaires dignes, Chavez a fini par nationaliser l’aciérie. Les 550 travailleurs de Sidor venus écouter Alan étaient parfaitement en phase avec ses idées. Sur la question des expropriations, Alan a demandé : « Les réformistes insistent pour que la propriété privée ne soit pas touchée. Ils veulent planifier le capitalisme. Mais comment planifier ce qu’on ne possède pas ? ». Il a ajouté qu’il n’était pas nécessaire de toucher à la propriété privée de 98% des Vénézuéliens – c’est-à-dire des travailleurs, des paysans et des classes moyennes –, mais qu’il était indispensable d’exproprier les 2% restant, à savoir la classe capitaliste. Cette
idée a provoqué les applaudissements nourris des travailleurs de Sidor.


A la fin de son discours, Alan a déclaré : « il faut gagner les élections locales de novembre prochain en votant pour les candidats du PSUV. » Mais il a ajouté que la défaite du référendum constitutionnel de décembre dernier était un avertissement pour tous les révolutionnaires, « car cela a montré que le peuple et les travailleurs commencent à se fatiguer de voir que leurs problèmes ne sont pas résolus. Ils sont fatigués des discours et des élections, alors que la révolution n’a pas été menée à son terme, c’est-à-dire jusqu’à l’expropriation des capitalistes. » Cette idée, elle aussi, a été accueillie par une ovation de l’assistance.

Chavez et Alan à Nueva Esparta

La tournée d’Alan Woods a fait l’objet de plusieurs articles et interviews dans les médias vénézuéliens. Par exemple, le 2 juillet, Alan était l’invité de ContraGolpe, l’émission politique la plus appréciée des révolutionnaires vénézuéliens. C’est en regardant cette émission que Chavez a appris la présence d’Alan Woods – dont il cite souvent les livres – au Venezuela. Chavez a immédiatement demandé qu’Alan l’accompagne, le lendemain, à un sommet du « Mouvement des non-alignés », à Nueva Esparta, sur l’île Margarita (photo ci-dessous).


Lors du sommet, Chavez a fait un discours de deux heures et demie, au cours duquel il a attaqué le capitalisme, l’impérialisme, et présenté le socialisme comme la seule voie possible pour l’humanité. Il a mentionné notre camarade Alan Woods à cinq reprises, c’est-à-dire chaque fois qu’il parlait du marxisme et des nationalisations. Il a notamment commenté l’interview de la veille, sur ContraGolpe, en disant : « Alan a formulé quelques critiques, dont j’ai pris note. Des critiques d’un point de vue marxiste – et j’ai un grand respect pour les opinions marxistes ».

De fait, Chavez semble beaucoup apprécier le dernier livre d’Alan Woods. Lors des deux dernières éditions d’Allo Presidente, une émission TV que Chavez anime lui-même, tous les dimanches, il a recommandé le livre d’Alan.

Le succès spectaculaire de la tournée d’Alan Woods a évidemment renforcé l’enthousiasme et l’optimisme de nos camarades vénézuéliens du Courant Marxiste Révolutionnaire (CMR). Au total, plus de 900 exemplaires du livre ont été vendus lors des réunions publiques, et il est prévu d’en imprimer plusieurs milliers pour faire face à la demande. Par ailleurs, des centaines de jeunes et de travailleurs ont laissé leurs coordonnées à nos camarades du CMR, qui constituent la tendance marxiste du PSUV.


Mais surtout, ce que cette tournée a très clairement démontré, c’est que les idées et le programme du marxisme correspondent parfaitement aux aspirations des travailleurs révolutionnaires vénézuéliens. Comme l’a dit un militant, à Tachira : « Alan donne une voix à ce que pensent les travailleurs et les paysans ». Cela seul suffit à prouver que, contrairement à ce que disent les réformistes du type de Dieterich, les masses vénézuéliennes sont prêtes pour le socialisme. Et que le problème de la révolution, ce n’est pas le « faible niveau de conscience des masses », comme on l’entend trop souvent, mais la position prépondérante qu’occupent les bureaucrates et les Heinz Dieterich à la tête du mouvement bolivarien et dans l’appareil d’Etat. Il est grand temps de les écarter du chemin et d’aller jusqu’au socialisme !

* Pour commander le livre en anglais : ICI



La Riposte
Publication : mercredi 6 août 2008


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26 août 2008 2 26 /08 /août /2008 19:28
Henri Emmanuelli, député (PS) des Landes : "Il faut changer de stratégie et mettre fin à notre participation"


LEMONDE.FR | 25.08.08 | 12h27  •  Mis à jour le 25.08.08 | 12h35


"Le retrait non, la révision stratégique oui", a déclaré Pierre Moscovici à propos de l' Afghanistan. Partagez-vous cette position ? 
 

La position de M.Moscovici n'est pas celle du PS. Pourquoi dire non au retrait? La question est d'abord de savoir ce que l'on va faire en Afghanistan. Notre présence militaire est un non-sens en l'absence d'objectifs identifiés. La logique actuelle conduit à un renforcement inéluctable des effectifs. Il faut changer de stratégie et mettre fin à notre participation.


Que nous soyons engagés au côté des forces de l'ONU afin d'aider l'Afghanistan à recouvrer les moyens de sa souveraineté n'est pas criticable. Mais que nous soyons engagés dans une opération de maintien de l'ordre définie par les Américains dans le cadre de l'OTAN, ça, non. Je demande que l'on respecte la position que nous avions exprimée en présentant une motion de censure contre le gouvernement en avril.


Souhaitez-vous que le PS prenne position en faveur du retrait des troupes françaises en Afghanistan ?


Il y a le PS et il y a l'opinion publique. Déjà, le PS n'a pas tenu compte de l'opinion publique au moment du référendum européen. On a vu les conséquences. Si l'opinion publique ne comprend pas la présence militaire française en Afghanistan, ce n'est pas par lâcheté, c'est parce qu'elle fait preuve de bon sens. J'ose espérer que le PS ne restera pas en deçà du bon sens.


Un retrait ne signifierait-il pas, comme l'a dit Nicolas Sarkozy, "renoncer à défendre nos valeurs, laisser les barbares triompher" ?


C'est une erreur grave de croire qu'on peut imposer la démocratie par la force. Le propre d'une démocratie est d'être l'expression d'une volonté majoritaire. La "lutte contre le terrorisme" est un concept idéologique inventé par George Bush, dont l'objectif est indéterminé et qui relève de l'esprit des croisades. L'axe du bien contre le mal, qu'est-ce que ça veut dire? Je suis affligé de voir que la France verse dans cette aventure. Il semblerait que le néoconservatisme américain ait réussi à franchir l'Atlantique.


Je crois que l'on nous cache beaucoup de choses sur la réalité en Afghanistan. Que représente le pouvoir central? Qui est M.Karzaï \[le président afghan\], une marionnette installée au pouvoir par ses puissants parrains? Personne n'a jamais gagné une guerre en Afghanistan. Les forces étrangères sont vécues, de plus en plus, comme une armée d'occupation et l'on voit s'organiser les premières manifestations de la population contre leur présence. Quand on nous agite la menace des risques d'attentats sur le territoire français si les talibans reprenaient le pouvoir, c'est hélas l'inverse qui est vraisemblable. La présence militaire française en Afghanistan risque de susciter des vocations.


Propos recueillis par Patrick Roger

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26 août 2008 2 26 /08 /août /2008 19:20
Après 31 ans et 26 jours de captivité en Israël, Saïd Al-Atabeh a retrouvé Ramallah


LE MONDE | 26.08.08 | 14h35  •  Mis à jour le 26.08.08 | 14h35


RAMALLAH ENVOYÉ SPÉCIAL


'est en homme libre que Saïd Al-Atabeh a traversé, lundi 25 août, le point de passage de Betunya, en lisière de Ramallah. Libre après trente et un ans et vingt-six jours derrière les barreaux israéliens. Ce quinquagénaire moustachu originaire de Naplouse, qui était le doyen des prisonniers palestiniens, a été relâché par l'Etat juif en compagnie de 197 autres détenus, dans l'espoir de redorer le blason du président palestinien, Mahmoud Abbas, face à son rival du Hamas.

 

L'idée de cet élargissement avait surgi il y a un mois, dans la foulée de l'échange de prisonniers entre Israël et le mouvement chiite libanais Hezbollah. Les dirigeants palestiniens avaient été fragilisés par cet événement très médiatisé, qui confortait le radicalisme des mouvements de résistance armée comme le Hamas et le Hezbollah, au détriment de la ligne modérée qu'ils défendent.


Lundi, comme en écho au spectacle orchestré par le Hezbollah, l'Autorité palestinienne a donc organisé une cérémonie en grande pompe en l'honneur des 198 "combattants de la liberté" qui sont pratiquement tous membres du Fatah.


Arrivé au check-point de Betunya dans une berline noire officielle, Saïd Al-Atabeh a traversé en héros les faubourgs et le centre de Ramallah. "Je suis joyeuse et triste à la fois, bredouille sa soeur, Sana, bouleversée par l'émotion. Parce que Saïd est libre et parce que tellement de Palestiniens restent prisonniers."


Son grand frère avait été arrêté par l'armée israélienne le 29 juillet 1977, à l'âge de 26 ans. A l'issue d'un procès expédié en une journée, ce militant du Front démocratique de libération de la Palestine (FDLP, gauche) avait été condamné à la prison à vie en tant que cerveau d'une série d'attentats à la bombe qui avait fait un mort et quelques dizaines de blessés dans la région de Tel-Aviv.


A la Moqataa, le quartier général de l'Autorité palestinienne, les anciens prisonniers remontent une haie d'honneur, s'inclinent sur la tombe de Yasser Arafat avant d'être accueillis par le président Abbas et une foule en liesse. "La libération de ce groupe nous comble de joie mais nous ne serons pas tranquilles avant la libération de tous les prisonniers, les 11 000 qui attendent toujours", déclare M. Abbas.


Propulsé au milieu de ces réjouissances obligées, une casquette blanche vissée sur la tête et une écharpe à damier noir et blanc plaquée sur les épaules, l'ancien doyen des prisonniers semble hébété. " C'est un jour de joie pour tous les combattants de la liberté et de l'indépendance", déclare-t-il dans une allocution couverte par des chants pro-Fatah.


Dans la foule, Qadura Farès, le président du club des prisonniers, a du mal à s'enthousiasmer. "Le président Abbas avait transmis à Ehoud Olmert (le premier ministre israélien) une liste de cent vingt noms qu'il voulait voir libérer, explique-t-il. Israël n'en a accepté que trois. La moitié des détenus relâchés aujourd'hui devaient finir leur peine l'année prochaine."


Dans une maisonnette, à cinq cents mètres en contrebas de la Moqataa, Awdeh Rantissi, un menuisier à la retraite, éprouve la même amertume. A 5 heures du matin, des soldats israéliens sont venus embarquer son fils, Sam, âgé de 27 ans, sans fournir la moindre explication. "Cette cérémonie c'est de la blague, dit-il. Comment Abbas peut-il espérer négocier un accord de paix avec Olmert quand il n'est pas capable d'arrêter les incursions israéliennes ?"


Chaque nuit, quel que soit le climat politique, l'armée israélienne arrête une dizaine de Palestiniens dans les villes et villages de Cisjordanie.


Benjamin Barthe
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