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28 avril 2008 1 28 /04 /avril /2008 21:23

Besancenot rattrapé par la «pipolisation»

Extrême gauche. Le prochain passage du leader de la LCR sur le plateau de Drucker attise les divisions au sein de son parti.

MATTHIEU ÉCOIFFIER

QUOTIDIEN : lundi 28 avril 2008

Olivier Besancenot, «trotsko-star» chez Michel Drucker. Certes pendant la présidentielle, une des affiches de la LCR proclamait : «Nos mamies valent mieux que leurs profits !» Mais la participation du postier anticapitaliste à l’émission Vivement dimanche, le 11 mai sur France 2, provoque quelques remous au sein de son parti. Lors de l’émission, on verra notamment celui que Paris Match qualifiait récemment de «Che sans les poils», filmé en train de jouer au foot, une de ses passions, et l’on rencontrera le prof d’allemand qui l’a initié à la révolution, et ses amis de la Poste.

Bras de fer.

Christian Picquet, tête de file de la minorité «unitaire», y voit, lui, une étape de plus dans la personnalisation du mouvement autour de l’ex-candidat : «Même si Besancenot invite une infirmière et un prolo, cela va concourir à la dépolitisation de la vie publique puisqu’ils ne seront là que pour contribuer à son édification. Je n’ai rien contre Drucker. Mais le principe même de l’émission est de valoriser la personne au détriment des idées. Il en sortira conforté dans son image, mais politiquement quel message passera ?», s’insurge Picquet, en plein bras de fer avec la majorité de la Ligue qui l’a écarté de son poste de permanent (Libération du 28 mars). A l’heure du «story-telling» en politique, d’autres considèrent le passage à Vivement Dimanche comme inéluctable : «L’important est pour Besancenot de raconter la fable du jeune postier aux côtés des salariés en lutte», explique une figure de la gauche
radicale. Et pour ce faire, quoi de mieux que Drucker ? Vivement Dimanche entre 13 et 15 heures est suivi par quelque 3 millions de téléspectateurs et Vivement dimanche prochain, par plus de 4.

Alain Krivine juge la polémique «grotesque et mesquine. On ne méprise personne, Drucker, c’est le public du dimanche.» Mais le leader historique de la LCR concède que cette émission «n’est pas [son] genre et [qu’il ne l’a] jamais regardée».

Pas question de cracher sur un programme «énorme et populaire» au moment où Besancenot, après ses 4,08 % à la présidentielle, met sur orbite son Nouveau parti anticapitaliste (NPA) que certains surnomment le «parti d’Olivier» justement en raison du flou de son contour politique.

«Boycotter la télévision bourgeoise ? Si on fait ça, notre message ne passe nulle part. Olivier s’adresse à des millions de gens», reprend Krivine.
«Olivier chez Drucker ? Ça va être très politique. Il dira ce qu’il veut dire et va imposer ses thèmes : l’immigration, le syndicalisme... Ce ne sera pas comme Rocard à qui Ardisson avait demandé si "sucer c’est tromper" On ne verra ni sa copine, ni son gamin», assure Krivine qui apparaîtra lui-même dans une vignette sur Mai 68. «On va "dépipoliser" Drucker !» trompette Pierre-François Gron, chargé à la LCR de négocier le conducteur de l’émission.

Le présentateur, joint hier par Libération à Munich «où [il] enregistre justement un message d’amitié de Frank Ribéry pour Besancenot», ne comprend pas la polémique. «Chaque invité choisit ses invités, c’est le principe. Besancenot était partant et il a joué le jeu. L’émission va lui ressembler, comme celles de Rachida Dati ou Ségolène Royal étaient à leur image.» Et Michel Drucker de rappeler son passé «gauchiste» : «Il y a dix ans Dany Cohn-Bendit avait essuyé les plâtres de mon émission et Arlette Laguiller fut ma seconde invitée.» Certes, Olivier Besancenot est déjà passé dans les talk-shows de Fogiel, Ardisson ou Ruquier. Mais être l’un des six invités politiques annuel de Vivement Dimanche constitue une reconnaissance médiatique incontestable, fait valoir Michel Drucker : «Et je ne pense pas que ses amis de la LCR s’en plaindront !»

«Surdoué». Olivier Besancenot est connu pour protéger jalousement sa vie privée. «Il a récemment exigé la destruction» d’images le montrant avec son fils, à Canal +, lors du concert de reformation du groupe de rap NTM, raconte un proche. Le 11 mai, on ne verra pas non plus sa mère, Geneviève, psychologue scolaire retraitée et candidate sur la liste de la Ligue aux municipales à Louviers (Eure). «Besancenot parlera politique avec Claude Sérillon, mais tout le reste c’est lui. Les gens vont découvrir une personnalité beaucoup plus rassembleuse qu’on ne l’imagine. A 33 ans, c’est un surdoué de cette nouvelle génération politique, d’une dextérité et d’une précocité intellectuelle étonnante. Il va nous raconter d’où il vient, ceux qu’il aime, ce qui le fait rire», confie le présentateur. Qui a été visiblement conquis par ce jeune homme «très pointu sur le cinéma, la littérature et la musique
d’aujourd’hui».

En matière de chanson, Besancenot semble avoir fait quelques concessions au public du dimanche : son ami, le rappeur sulfureux Monsieur R n’en sera pas. Mais Jean Ferrat et Charles Aznavour chanteront, selon Michel Drucker, Ma France et La jungle et le zoo. Pour l’invité, en attendant le grand soir.



http://www.liberation.fr/actualite/politiques/323527.FR.php
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28 avril 2008 1 28 /04 /avril /2008 21:01

Aimé Césaire : l’hommage que ne lui rendra pas Sarkozy

www.gauchealternative.org

 
Aimé Césaire : Hommage militant à sa vie, sa pensée

À l’heure où le petit Bush français est bien obligé, par sa fonction présidentielle, à lui rendre un hommage hypocrite, nous publions un extrait d’un texte d’Aimé Césaire, publié par les éditions Présence africaine en 1955.

Cette contribution au débat sur le passé colonial de notre pays mérite qu’on s’y arrête et la fasse connaître.

Parmi tous ces censeurs à l’affût des « outrances » de ceux et celles qui dénoncent le passé post-colonial toujours présent, qui osera accuser le "grand poète" de « propos excessifs » ?

Pierre Cours-Salies

« Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral, et montrer que, chaque fois qu’il y a au Viêt-nam une tête coupée et un œil crevé et qu’en France on accepte, une fillette violée et qu’en France on accepte, un malgache supplicié et qu’en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe, un foyer d’infection qui s’étend et qu’au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées, de tous ces prisonniers ficelés et « interrogés », de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a
le poison instillé dans les veines de l’Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent .

Et alors, un beau jour, la bourgeoisie est réveillée par un formidable choc en retour : les gestapos s’affairent, les prisons s’emplissent, les tortionnaires inventent, raffinent, discutent autour des chevalets.

On s’étonne, on s’indigne. On dit : « Comme c’est curieux ! Mais, bah ! C’est le nazisme, ça passera ! » Et on attend, et on espère ; et on se tait à soi-même la vérité, que c’est une barbarie, mais la barbarie suprême, celle qui couronne, celle qui résume la quotidienneté des barbaries ; que c’est du nazisme ; oui, mais qu’avant d’en être la victime, on en a été le complice ; que ce nazisme-là, on l’a supporté avant de le subir, on l’a absous, on a fermé l’œil là-dessus, on l’a légitimé, parce que, jusque-là, il ne s’était appliqué qu’à des peuples non européens ; que ce nazisme-là, on l’a cultivé, on en est responsable, et qu’il sourd, qu’il perce, qu’il goutte, avant de l’engloutir dans ses eaux rougies de toutes les fissures de la civilisation occidentale et chrétienne.

Oui, il vaudrait la peine d’étudier, cliniquement, dans le détail, les démarches d’Hitler et de l’hitlérisme et de révéler au très distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du XXe siècle qu’il porte en lui un Hitler qui s’ignore, qu’Hitler l’habite, qu’Hitler est son démon, que s’il le vitupère, c’est par manque de logique, et qu’au fond, ce qu’il ne pardonne pas à Hitler, ce n’est pas le crime en soi, le crime contre l’homme, ce n’est pas l’humiliation de l’homme en soi, c’est le crime contre l’homme blanc, c’est l’humiliation de l’homme blanc, et d’avoir appliqué à l’Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu’ici que les Arabes d’Algérie, les coolies de l’Inde et les nègres d’Afrique ».

Tout le reste est à lire : Discours sur le colonialisme, éd. Présence Africaine


Publié le jeudi 17 avril 2008
Mis à jour le mardi 22 avril 2008
par COURS-SALIES Pierre

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27 avril 2008 7 27 /04 /avril /2008 20:44

Les Américains démocrates vivant en France préfèrent Barack Obama à Hillary Clinton. Mais les Français ne sont pas en reste. Le Comité français de soutien à Obama a des recrues très distinguées

 

L'"obamania" gagne la France

 

LE MONDE | 26.04.08 | 13h12  •  Mis à jour le 26.04.08 | 13h12


  Dans un immeuble cossu du boulevard Saint-Germain, une quarantaine d'Américains de Paris, un verre de vin à la main, écoutent avec attention la voix masculine sortant d'un haut-parleur téléphonique posé sur la table basse du salon. Elle leur parvient de Chicago, plus exactement du quartier général du candidat à l'investiture démocrate Barack Obama. C'est Michael Robertson, chargé des relations avec le Congrès, qui décortique savamment, ce 23 avril, les résultats des primaires de Pennsylvanie, gagnées quelques heures auparavant par Hillary Clinton. Même si c'était assez prévisible, son discours triomphal a semé la consternation chez les partisans du sénateur de l'Illinois.

"Avez-vous des questions ?", demande le commentateur lointain à l'issue de son exposé. L'assistance s'ébroue. Bien sûr qu'elle a des questions ! C'était même l'objectif de cette petite réunion du groupe de soutien à Barack Obama (289 membres référencés à Paris, contre 64 dans celui d'Hillary Clinton). Constance Borde, l'hôtesse de la soirée, vice-présidente de Democrats Abroad, se lance : "Nous savons tous qu'Hillary ne peut pas rattraper son retard. Mais j'ai peur que ses attaques fielleuses n'affaiblissent Obama dans le combat qu'il devra livrer contre le candidat républicain. Croyez-vous que des dégâts irréparables aient été commis ? Que des électeurs se tourneront vers McCain ?"


Les visages se tendent vers le haut-parleur. C'est bien là la question. Et la franchise de Constance Borde paraît soudain libérer l'anxiété, voire la colère, qui imprègne les esprits. "C'est terrible ! reprend une femme aux cheveux blancs. Hillary a fait une campagne odieuse, négative, typiquement républicaine." Un homme enchaîne : "Pendant huit années, on a eu affaire à un président américain borné et sourd. Je crains qu'Hillary ne lui ressemble ! Le pays est en feu, et elle n'écoute rien, n'entend rien, s'accroche au-delà de toute raison !"


Certains sourient, la plupart hochent la tête. "C'est incroyable qu'on parle encore d'elle ! Elle a perdu !", dit une femme ulcérée. "Ce n'est pas seulement son ambition ou son ego qui la propulse, renchérit son voisin. Ce sont les gros groupes et lobbies qui tiennent Washington. Ils ne pensent qu'à leurs contrats et tremblent de voir arriver un homme neuf." Elle mise sur les super-délégués, explique Constance Borde : "C'est eux qu'elle entend séduire et convaincre. Elle était la candidate du parti, celle qui contrôlait la machine, et elle veut leur montrer qu'elle est la mieux à même de l'emporter dans les grands Etats généralement attirés par les républicains." Une voix s'élève : "Mais à quel prix ? Elle joue la carte Bush et la politique de la peur. C'est à elle que nous devons le biais racial honteux introduit dans la campagne ! Ça me rend dingue !"


Tous, en tout cas, se réjouissent que leur candidat résiste à la tentation des attaques personnelles et continue de se comporter en gentleman. "Hillary nous fait perdre de vue l'essentiel quand Obama porte haut notre idéal, affirme un professeur. Mais quand donc se décidera-t-on à travailler sérieusement le dossier McCain ? C'est un type dangereux, proche de certains fascistes de Washington, qui ne se plaisent que dans la guerre et le conflit. Or voilà qu'il finit par apparaître comme un modéré..."


Un homme jeune, né en France mais fraîchement débarqué de Los Angeles, avoue ignorer pour qui ont voté les démocrates de l'étranger. "Pour Obama !", répond d'un même élan l'assistance. Sur 25 000 Américains démocrates répartis dans le monde, 65,6 % se sont prononcés pour Obama contre 32,7 % pour la sénatrice Clinton. Seuls deux pays sur soixante-dix (Israël et la République dominicaine) ont résisté à la déferlante Obama. En France, le score de ce dernier a même atteint 71,8 %. "Et qu'en pensent les Français ?", poursuit l'Américain. Cette fois, l'assistance éclate de rire. Là-dessus, aucun doute : les Français votent Obama.


"Regardez mon tee-shirt !
sourit Constance Borde, la poitrine moulée dans l'effigie du jeune sénateur. Je me le suis procuré sur un site Internet français pro-Obama." Jeannette Demeestere, professeur à Sciences Po, renchérit : "Mes étudiants français sont fascinés par le phénomène. Ils n'arrêtent pas de me dire : "Quelle chance d'avoir un homme politique de cette trempe !" Ils sont jaloux."


D'après Zachary Miller, qui anime en France la campagne du sénateur métis, les sondages montrent que le coeur des Français penche nettement vers son protégé. Pas une semaine sans que tel ou tel ne lui demande de venir parler de lui ou, à l'inverse, ne propose son aide. Une Américaine arborant l'autre jour un pin's à l'effigie d'Obama a été saluée joyeusement par un chauffeur de bus noir qui l'a transportée gratuitement. Une autre s'est vu offrir des fruits sur un marché de Pigalle.
"Sympathique !
glisse Anna Marie Mattson, elle aussi responsable des Democrats Abroad. Mais franchement, ce n'est pas le genre d'information à ébruiter : le soutien de l'opinion française constitue plus un handicap qu'un atout pour un candidat américain !"


Samuel Solvit, 22 ans, le président du Comité français de soutien à Barack Obama, met pourtant tout en oeuvre pour "ébruiter" l'affaire. Il veut, lui, élargir le mouvement qu'il a lancé en y associant dès l'origine quelques noms célèbres : Pierre Bergé, Sonia Rykiel, Bernard-Henri Lévy, Jack Lang, Bertrand Delanoë et... Axel Poniatowski, président UMP de la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale. Incollable sur le parcours, les discours et le programme du sénateur de l'Illinois, l'étudiant en école de commerce rêve de susciter une dynamique autour du candidat Obama.


D'abord, dit-il, "pour stimuler un débat : l'Amérique, la mondialisation, le renouvellement nécessaire de la classe politique, l'engagement des jeunes..." Et puis pour faire savoir aux Etats-Unis que "cette élection concerne la planète, qu'elle nous importe et que nous sommes attentifs à l'émergence de ce candidat porteur d'espoir et ouvert sur le monde".


Créé fin janvier, son site www.pour-obama.fr n'a cessé de se perfectionner, suivant au jour le jour l'actualité de l'élection américaine, multipliant les témoignages, et renvoyant sur une multitude de sites, blogs, et réseaux de soutien (une douzaine sur Facebook rassemblant près de 2 000 personnes).


Le politologue Olivier Duhamel, inscrit parmi les premiers au comité français, n'est évidemment pas dupe de l'influence d'une telle initiative, mais espère favoriser une réflexion du monde politique, économique et institutionnel sur le retard de la France en matière d'ouverture à la diversité. "La simple observation de l'émergence d'Obama devrait faire bouger les esprits, dit-il, surtout à un moment où les idéologies se brouillent et où la haine de l'émigré agit comme un ressort démagogique venimeux."


Et puis, ajoute le professeur, "comment bouder le plaisir que donne le sentiment d'assister à un tournant de l'histoire ?" Axel Poniatowski est pour sa part convaincu qu'Obama apportera une vision beaucoup plus multilatérale du monde, favorisera un rapprochement France-Amérique, et abordera avec "plus d'ouverture et d'équilibre" le dossier du Moyen-Orient. "C'est une opportunité magnifique", dit-il. Enthousiaste, mais sans illusion. Dans la campagne pour la présidentielle américaine, la sympathie du reste du monde compte, hélas !, pour... peanuts !

 

Annick Cojean

 

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27 avril 2008 7 27 /04 /avril /2008 20:29
En Colombie, le cousin du Président à l’ombre des paramilitaires

MICHEL TAILLE

QUOTIDIEN : samedi 26 avril 2008

Le sénateur colombien Mario Uribe, cousin du président Alvaro Uribe, n’a pas si mal dormi lors de sa première nuit en prison. Le cacique, arrêté mardi soir par la justice pour ses liens présumés avec des milices mafieuses d’extrême droite, «a été reçu solidairement par ses compagnons du Parlement», selon un de ses avocats. Il a retrouvé derrière les barreaux 31 collègues, détenus pour la même accusation.

C’est le plus fort coup de semonce pour le Président depuis le début du scandale de la «parapolitique», il y a un an et demi quand la justice a dévoilé les liens entre politiciens de la coalition présidentielle et paramilitaires. Ces groupes antiguérilla formés à partir des années 1980 par de grands propriétaires et des cartels de la drogue avec la complicité d’autorités civiles et militaires ont fait des dizaines de milliers de victimes. Les parlementaires mis en cause sont accusés d’avoir reçu l’appui des escadrons pour se faire élire, en échange du pillage des fonds publics. Ce dernier rebondissement a détourné l’attention des médias colombiens du dossier des otages de la guérilla.

Voiture blindée.

Plus qu’un cousin, Mario Uribe a été l’allié le plus fidèle du président pendant vingt ans. C’est en faisant campagne ensemble qu’ils sont arrivés au Parlement pour la première fois en 1986, l’un au Sénat et l’autre au Congrès. Ils ont fondé ensuite un petit parti, Colombia Democrática, aujourd’hui frappé par le scandale. Quand Alvaro a été élu gouverneur de leur fief de l’Antioquia, la région de Medellín, en 1995, c’est Mario qui a hérité de son siège de sénateur. De là, il a défendu, après l’arrivée de son cousin à la présidence, en 2002, ses projets les plus polémiques ; il a notamment participé à la rédaction de la loi dite de «justice et paix» qui a servi de cadre à la démobilisation controversée des paramilitaires. Mais l’opposition de ses collègues a durci les peines prévues pour les chefs des milices, et certains d’entre eux, se sentant trahis par le pouvoir, ont commencé un grand
déballage.

C’est en partie le témoignage d’un de leurs principaux dirigeants, Salvatore Mancuso, qui a provoqué la chute de Mario Uribe. Il a affirmé que le «premier cousin», comme il est surnommé, lui avait demandé de lui apporter des voix aux législatives. Un autre paramilitaire l’accuse d’avoir concerté avec les milices l’expulsion de paysans pour acquérir des terres à prix bradé.

Le notable rondouillard, rongé par la peur de la prison, a démissionné de son mandat en espérant plus de clémence de la justice. Peine perdue.
Mardi, il a repoussé l’échéance une dernière fois en se réfugiant à l’ambassade du Costa Rica pour demander l’asile politique, en vain. Une voiture blindée est venue chercher le fugitif en soirée, sous les cris d’«assassin» lancés à la sortie par des proches de victimes de paramilitaires.

Parti U.

Le coup a couronné une succession de mauvaises nouvelles pour Alvaro Uribe. Une enquête vient d’être ouverte contre deux de ses principaux alliés : Nancy Patricia Gutierrez, présidente du Sénat, et Carlos García, président du parti U - comme Uribe. «Ça affecte le gouvernement du président parce que nous sommes ses amis», a lancé García. Le sénateur Rubén Dario Quintero, qui fut son secrétaire personnel lorsqu’il était gouverneur de l’Antioquia, a de plus été arrêté le mois dernier. Ce cas réveille de mauvais souvenirs : à cette époque, Uribe encourageait le développement de milices au départ légales, mais qui ont vite plongé dans les massacres et le trafic de drogue.

Toujours crédité d’une popularité de plus de 80 % dans les sondages, Alvaro Uribe accuse à demi-mot les juges de menacer «la stabilité institutionnelle» en utilisant les témoignages de «bandits».

Mais une affaire de clientélisme s’est ajoutée au «parascandale» : Yidis Medina, une congressiste dont le retournement a permis l’approbation d’une réforme constitutionnelle ouvrant les portes à la réélection d’Uribe, en 2006, accuse le Président de lui avoir proposé des postes en échange de son vote décisif.

Pendant les scandales, les narcomilices d’extrême droite sont toujours à l’œuvre : 23 syndicalistes ont été assassinés depuis le début de l’année, et des escadrons réarmés ensanglantent plusieurs régions pour s’assurer le contrôle des routes de sortie de la cocaïne. L’arrestation du premier cousin n’y aura rien changé.




http://www.liberation.fr/actualite/monde/323333.FR.php
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27 avril 2008 7 27 /04 /avril /2008 20:16
 
http://www.cubainfo.ain.cu/2008/0425llamamientobolivia.htm

Appel « Tous avec la Bolivie », déjà plus de 2 600 signataires

La Havane, 24.04.08 (ACN)

Plus de 2 600 intellectuels de différentes nations latino-américaines, d'Europe et des États Unis, se sont joints à l'appel « Tous avec la Bolivie » mis en ligne sur le site www.todosconbolivia.org pour dénoncer « les actions subversives et anticonstitutionnelles par lesquelles les groupes oligarchiques prétendent diviser la nation bolivienne ».   

Parmi les premiers signataires de cet appel, qui dénonce aussi « la mentalité raciste et élitiste » des secteurs qui cherchent déstabiliser le gouvernement du président bolivien Evo Morales, se trouvent notamment les prix Nobel de la Paix Adolfo Perez Esquivel, de l'Argentine, et Rigoberta Menchu, du Guatemala ; la Mexicaine Elena Poniatowska ; les Etats-uniens Ramsey Clark, ex-procureur général, Noam Chomsky et Howard Zinn ; l'architecte brésilien Oscar Niemeyer ; l'intellectuel belge Armand Mattelard et les Français Ignacio Ramonet, Ramon Chao, Manu Chao, Jean-Marie Binoche et Salim Lamrani.

Parmi les signataires cubains se trouvent notamment les écrivains Cintio Vitier et Miguel Barnet, le dramaturge Anton Arrufat, les poètes Roberto Fernandez Retamar et Nancy Morejon ainsi que le chanteur et compositeur Silvio Rodriguez.

Le document, intitulé « Dénonçons la conspiration visant à diviser la Bolivie », met l'accent sur le fait que la manoeuvre séparatiste en cours dans cette nation sud-américaine constitue « un très dangereux précédent, non seulement pour l'intégrité de ce pays, mais aussi pour celle des autres pays » de l'Amérique latine.

L'appel rejette le dénomme « Statut autonome de Santa Cruz », avancé dans ce département bolivien  considéré comme le plus riche du pays et souligne qu'il s'agit en fait d'une manoeuvre inconstitutionnelle qui porte atteinte à l'unité de la nation bolivienne.

« L'histoire montre avec éloquence les terribles conséquences que les processus divisionnistes et séparatistes promus et approuvés par des puissants intérêts étrangers ont eu pour l¹humanité », rappelle le document.

« Nous appelons toutes les personnes de bonne volonté pour qu¹elles rassemblent leurs voix afin de dénoncer, par tous les moyens à leur disposition, cette manoeuvre divisionniste et déstabilisatrice en cette heure historique pour l'Amérique latine », conclut l'appel.

Vous pouvez confirmer votre appui sur le site http://www.todosconbolivia.org/index.php?lang=3
Ou en écrivant à : solidaridad@todosconbolivia.org ,
ou a : cabohorquez@gmail.com ,
ou a : yamp@min.cult.cu
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27 avril 2008 7 27 /04 /avril /2008 20:05

Raoul Marc Jennar <mailto:raoul.jennar@wanadoo.fr> / raoul.jennar@wanadoo.fr <mailto:raoul.jennar@wanadoo.fr>

Le Tibet, la démocratie

et les droits fondamentaux


Les réactions suscitées par la révolte des Tibétains offrent un spectacle qui pourrait prêter à bien des sarcasmes s’il ne s’agissait de questions aussi graves.
Je suis de ceux qui pensent que le droit à l’insurrection contre l’injustice et l’oppression est un droit fondamental. Il était d’ailleurs inscrit dans la Constitution de la Ière République française. Il a été réduit, dans le droit international, au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. C’est mieux que rien.

A partir de ce principe, force est de constater à la fois son application facultative et les réactions contradictoires qu’il suscite.

Il y a ceux qui dénoncent les Tibétains.

Je suis étonné de lire sous la plume de gens qui se disent appartenir à la gauche radicale le rappel du caractère féodal de la société tibétaine avant que la République Populaire de Chine en prenne le contrôle. Personne ne conteste cela. Mais comment un tel rappel historique peut-il justifier qu’on refuse aujourd’hui à ce peuple le droit d’être respecté dans sa spécificité culturelle et religieuse ? Et de s’insurger contre ce qu’il ressent, lui, comme une oppression ? Au motif qu’avant 1789 la France était une société féodale où régnait le servage devrait-on se priver de critiquer la République qui l’a aboli ?

On lit même que l’écho donné aux revendications tibétaines ne serait que le résultat d’une formidable manipulation des services secrets américains et que tout ce tapage ne serait que le fruit de la propagande impérialiste des USA. Cela me rappelle ce que disaient certains intellectuels de gauche en réponse aux informations qui parvenaient sur la barbarie des Khmers rouges. Eux aussi niaient la réalité des crimes contre l’humanité commis au Cambodge au motif que tout cela était le « produit de la propagande impérialiste ».

On vit décidément un monde qui a perdu ses repères. Voici donc des gens de la gauche radicale venir au secours des capitalistes occidentaux toujours soucieux de ménager les régimes qui leur garantissent la stabilité. Quel qu’en soit le prix. Les marxistes appelleraient ça une « alliance objective » entre intellectuels dénonçant l’agitation tibétaine et firmes multinationales soucieuses de bénéficier du marché chinois pour investir, c’est-à-dire très souvent délocaliser leurs activités devenues à leurs yeux moins rentables dans les pays qui pratiquent encore quelques restes de l’État providence.

Il y a ceux qui défendent les Tibétains.

Je suis enclin à me ranger à leurs côtés comme aux côtés de celles et ceux qui défendent les droits fondamentaux sous toutes les latitudes et quels que soient les régimes et les situations. Je rappelle que la Chine est un pays où il n’y a pas de liberté politique, pas de liberté syndicale, pas de liberté d’expression, pas de liberté de la presse, pas de liberté religieuse.

Même s’il faut prendre en compte, quand elle existe, la volonté d’avancer, de progresser vers le respect de ces libertés. Mon expérience personnelle au Cambodge m’a appris que la démocratie, cela ne se décrète pas et qu’il ne suffit pas d’organiser des élections pour instaurer l’égalité de tous devant la loi. Il y a une phase d’évolution qu’il faut accepter si, et seulement si, la volonté d’évoluer est manifeste. Surtout dans des pays qui ne s’inscrivent pas dans un processus séculaire d’avancée vers l’Etat de droit et n’ont jamais connu un début de démocratie.

La Chine évolue certes, mais les manquements aux libertés citées plus haut sont tels qu’elle ne peut bénéficier d’aucune complaisance de notre part.

Cela étant, me ranger aux côtés de ceux qui réclament les droits humains en Chine et au Tibet en particulier me force à côtoyer de biens étranges partenaires. Au point de me demander s’ils sont tous d’authentiques défenseurs des droits fondamentaux et des libertés essentielles.

Quand j’observe des socialistes réclamer les droits humains au Tibet, eux qui ne disent jamais un mot des violations massives des mêmes droits humains dont sont victimes les Palestiniens, eux qui restent muets devant les crimes contre l’humanité perpétrés par l’armée israélienne au Liban, quand je vois des gens de droite exiger, aujourd’hui - pas hier, quand leur président se rendait en Chine - le respect des droits humains qu’ils se sont bien gardés de réclamer des États-Unis qui, par exemple, pratiquent la torture à Guantanamo, je me dis que cette exigence à la carte des droits humains fondamentaux a quelque chose d’hypocrite.

On ne peut instrumentaliser l’aspiration légitime de tout être humain à la liberté et à la justice. On ne peut l’invoquer uniquement quand cela arrange les partis pris, quand cela aide les combines partisanes, selon qu’on est au pouvoir ou dans l’opposition. Chacun sait que M. Ayrault la bouclerait si le PS était au gouvernement et que M. Kouchner serait au premier rang (bien évidemment) des manifestants s’il n’était pas au gouvernement.

La lucidité, décidément, s’impose.

Raoul Marc JENNAR
rmjennar.free.fr
<http://rmjennar.free.fr/index.php/le-tibet-la-democratie-et-les-droits-fondamentaux-152>

 

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27 avril 2008 7 27 /04 /avril /2008 19:44

Une élection locale à portée internationale

Les Musulmans londoniens se mobilisent pour Ken le rouge

 

 

Le jeudi premier mai, les Londoniens, britanniques ou ressortissants de l’UE, vont élire leur maire pour quatre ans. Dix candidats sont en lice, mais comme les sondages le confirment, le poste semble dédié à l’un des candidats des deux partis principaux en Grande Bretagne :

 

-         Ken Livingstone : actuel maire de Londres, élu deux fois ; en 2000 à la création du poste du maire, puis en 2004. Il est le candidat du parti travailliste.

 

 

-         Boris Johnson : journaliste et membre du parlement. Il est le candidat du parti conservateur.

 

 

Cette élection se déroule en un seul tour selon le système de « vote supplémentaire ». L’électeur doit exprimer un premier choix pour son candidat favori et, optionnellement, il exprime un second choix pour un autre candidat. Le gagnant est celui qui obtient plus de 50% des voix en premier choix, mais si aucun candidat n’atteint ce pourcentage, on garde les deux candidats en tête et on additionne les seconds choix pour déterminer le gagnant.

 

On ne parle pas beaucoup de cette élection en France, sans doute parce qu’on la considère comme un événement local. Certes, mais ce n’est peut-être pas la seule raison. En vérité, le débat que suscite cette élection outre manche, est l’occasion d’aborder des sujets qui dérangent et qu’on ne souhaite nécessairement pas ébruiter à la une de nos médias.

 

Alors en quoi cette élection est intéressante à suivre ?

 

Elle l’est d’abord à cause du caractère, des déclarations et de la politique de Ken Livingstone, l’actuel maire de Londres, qui ont une portée qui dépasse de loin les frontières de la capitale anglaise. En effet, Ken Livingstone, surnommé Ken le rouge pour ses positions de gauche, en dérange plus d’un, et ce pas uniquement dans les partis adverses, ni qu’en Grande Bretagne.

 

De plus, les Musulmans londoniens se mobilisent publiquement pour soutenir Livingstone. Leur nombre étant estimé entre 450 et 500 milles votants sur 5,5 millions d’électeurs enregistrés à Londres, soit de 8 à 9% des voix, ces citoyens peuvent peser lourd sur le résultat final. Ceci est d’autant plus vrai que les sondages donnent Boris Johnson en tête, mais montrent aussi que l’écart entre les deux candidats principaux s’amoindrit de plus en plus.

 

Pourquoi Livingstone dérange et pourquoi lui tire-t-on à boulets rouges ?

 

Il y a évidemment des aspects locaux liés à la politique de gestion du Grand Londres et des rivalités entre partis et orientations politiques diverses. Mais en dehors de tout cela, il y a surtout des points à portée plus globale et plus internationale, qui font partie du domaine réservé des grands maîtres de « l’axe du bien », des maîtres qui ne supportent pas qu’une personnalité médiatique les contrarie.

 

Ken Livingstone dérange les fidèles alliés, les caniches de Monsieur Bush dans l’île britannique, et à leur tête l’ex premier ministre Tony Blair. Dès le départ Ken Livingstone a été un farouche opposant à la guerre contre l’Irak. En janvier 2003, il signe avec les maires d’autres grandes capitales européennes un appel contre la guerre, et incite les Londoniens à participer à la grande manifestation contre la guerre en février 2003. Par la suite, il qualifie le président étatsunien de « la plus grande menace à la vie sur cette planète » ou encore du « président américain le plus corrompu depuis Harding (29e président des Etats-Unis de 1921 à 1923, Ndt) dans les années vingt ».

 

Après les attentats de Londres de juillet 2005, alors que des regards de soupçons sont dirigés vers la communauté musulmane, Livingstone déclare que « c’est un acte criminel, d’une poignée d’hommes », et signe un article dans le Guardian en affirmant qu’il y a trois conditions pour que tout le monde soit en sécurité : « Soutenir la police, traiter les Musulmans avec respect et se retirer de l'Irak ».

 

Il accorde aussi une interview à la BBC où il critique la politique britannique et étatsunienne au Moyen Orient. Il y affirme, tout en les condamnant fermement, que « les attentats n’auraient pas eu lieu si les puissances occidentales avaient laissé les nations arabes libres de décider de leurs propres affaires depuis la première guerre mondiale ». Il dit que ces attentats sont les résultats de « 80 ans d’intervention occidentale sur les terres arabes à cause du besoin occidental pour le pétrole ». Et il ajoute : « Nous avons mis en place des gouvernements peu recommandables et nous avons renversé ceux que nous ne considérions pas comme sympathiques ».

 

En 2007 il conseille le nouveau premier ministre Gordon Brown qui se rendait aux Etats-Unis : « Gordon Brown doit expliquer que les gouvernements US ont besoin de revenir à une vue réaliste du monde. Les Etats-Unis sont l’unique pays le plus puissant du monde, mais sont bien plus faibles que le reste du monde réuni ensemble. La tentative d’un seul pays d’imposer sa volonté unilatéralement sur le reste du monde est non seulement indésirable, mais ne peut tout simplement pas fonctionner. L’ignorance de ceci a conduit à l’invasion désastreuse de l’Irak ».

 

Livingstone dérange aussi beaucoup les Sionistes, et ce pas uniquement en raison de ses critiques contre la politique de l’administration Bush et ses caniches, tous amis de connivence avec les Sionistes.

 

En 2005 Livingstone écrit dans le Guardian un article intitulé « Ceci est à propos d'Israël, pas d'antisémitisme » dans lequel il accuse l’état d’Israël de « nettoyage ethnique », il qualifie Ariel Sharon de « criminel de guerre qui doit être en prison et non pas au bureau », il accuse l’état d’Israël d’œuvrer à « promouvoir une image déformée du racisme et de la discrimination religieuse en Europe, induisant que la recrudescence la plus importante de la haine et de la discrimination est contre les Juifs » alors que « la réalité est que la grande majorité des attaques en Europe aujourd’hui sont contre les Noirs, les Asiatiques et les Musulmans – et ils sont les premières cibles de l’extrême droite ». Il termine son article en affirmant que c’est cette politique israélienne de « nettoyage ethnique, de discrimination et de terreur » qui « alimente la colère et la violence à travers le monde ».

 

Dans l’interview accordée à la BBC citée précédemment, il critique « ces gouvernements qui tuent indistinctement pour faire progresser leur politique étrangère, comme nous l’avons occasionnellement constaté avec le gouvernement israélien bombardant des régions d’où des groupes terroristes pourraient provenir, sans tenir compte des victimes qu’il cause, des femmes, des enfants et des hommes ». Et il ajoute : « Sous occupation étrangère, dénié le droit de vote, dénié le droit de gérer ses propres affaires, et souvent dénié le droit de travailler pendant trois générations, je pense que si cela était arrivé en Angleterre, nous aurions produit beaucoup de candidats aux attentats suicides, nous-mêmes ».

 

Livingstone dérange aussi par sa politique courageuse en faveur du multiculturalisme et de minorités ethniques et religieuses.

 

En septembre 2005, il se bat pour installer une statue de Nelson Mandela dans la place de Trafalgar Square en déclarant : « Il ne peut y avoir de meilleur emplacement que notre plus grande place, pour installer une statue de Nelson Mandela, afin que chaque génération rappelle la suivante du combat contre le racisme ».

 

 

A l’inverse de certains hommes politiques qui refusent toute idée de repentance des crimes contre l’humanité et des génocides commis par les précédentes générations, en dehors bien entendu de ceux commis envers les Juifs en Europe, ou contre les Arméniens, auxquels on commence à s’intéresser tout particulièrement ces dernières années, car cela implique la Turquie ; Ken Livingstone fait un discours émouvant en août 2007, où il présente des excuses officielles pour le rôle joué par la ville de Londres dans le commerce d'esclaves transatlantique, et demande que le jour du 23 août soit désigné comme journée nationale de mémoire en Grande Bretagne pour « l’horrible crime contre l’humanité ou le commerce d’esclave transatlantique ».

 

On n’oserait peut-être pas critiquer ouvertement Livingstone envers cette position courageuse contre le racisme anti-noir. Ce qui a provoqué un tollé, et pas seulement qu’outre manche, c’est surtout ses positions touchant les Musulmans.

 

En juillet 2004, Ken Livingstone invite le cheikh Youssof Al-Qaradawi, un imminent savant très respecté et mondialement reconnu par les Musulmans, à une conférence concernant le port du foulard par les femmes musulmanes, et le reçoit à la mairie de Londres, comme invité d’honneur. Or Al-Qaradawi est la bête noire des Néocons et des Sionistes, en effet tout en condamnant les attentats revendiqués ou attribués à ce qu’on appelle Al-Qaïda, il apporte un soutien franc à la résistance palestinienne, libanaise et irakienne, et il approuve les opérations martyres dans le contexte palestinien. Par conséquent, ses propos sont systématiquement et volontairement sortis de leurs contextes, déformés, mal traduits et diabolisés avant d’être présentés devant l’opinion publique occidentale. C’est d’ailleurs la fonction du fournisseur principal des traductions et des analyses concernant le Moyen Orient arabe ou musulman, l’institut MEMRI, maître dans la « désinformation à l'israélienne ». Ken Livingstone avait d’ailleurs constaté cette volonté de désinformation dans le cadre d’une étude visant à l’informer sur Al-Qaradawi, basée sur les traductions de cet institut.

 

Malgré la campagne orchestrée dans les médias pour présenter le cheikh comme le mal absolu, Livingstone reçoit Al-Qaradawi et le défend comme «l’un des érudits musulmans qui a fait le plus pour combattre les interprétations régressives de l’Islam, sur des sujets comme les droits des femmes et les relations avec les autres religions ».  Il affirme sa volonté de s’engager dans son sens : « Quand se présente une figure progressiste qui fait avancer cette religion dans la bonne direction, vous engagez et vous aidez à développer ».

 

 

D’autre part, Ken Livingstone n’hésite pas à critiquer des Musulmans amis de la famille Bush et fidèles alliés de l’administration étatsunienne. En avril 2004 dans une interview au Guardian (interview qu’on ne trouve plus en ligne sur le site du journal, mais dont la citation a été largement diffusée), il s’attaque à la famille royale saoudienne en causant beaucoup d’embarras à Tony Blair : « J’attends avec envie le jour où je vais me réveiller pour trouver la famille royale saoudienne se balançant [pendue] sur des réverbères, et qu’ils [les Saoudiens] aient leur propre gouvernement qui représente le peuple de l’Arabie Saoudite ». 

 

En revanche, Boris Johnson semble le candidat idéal des prêcheurs de haine, les partisans du « choc des civilisations », de la « résistance » à la présence islamique en Occident, et de la « supériorité » des Blancs.

 

Dans le magazine hebdomadaire conservateur « The Spectator » dont il était rédacteur en chef, il signe un article en mai 2005 où il affirme que « L’Islam est le problème » et que « pour tout lecteur non-Musulman du Coran, l’Islamophobie … semble être une réaction naturelle » et il ajoute que l’Islam « est le plus vicieusement sectaire de toutes les religions ».

 

 

Avec l’approche de l’élection, Johnson s’emploie à corriger le tir. En ce mois de janvier 2008, ayant un arrière grand-père musulman turc, il déclare sa fierté d’avoir cette origine : « Mon grand-père était musulman et ainsi fut mon arrière grand-père. Je suis fier d’avoir une ascendance musulmane ». Dans un récent débat télévisé avec ces principaux concurrents, il tente d’atténuer ces déclarations contre l'Islam en 2005, en affirmant que l’Islam est une « religion de paix », et que le problème n’est pas avec la majorité des Musulmans mais avec « des gens qui sortent des citations du livre saint de l’Islam, le Coran, de leur contexte, et les utilisent pour inspirer le mal dans les cœurs des gens ».

 

Johnson s’efforce aussi de redorer son blason auprès des Noirs, en déclarant qu’il est désolé à propos d’un article affirmant que les Noirs ont le QI le plus petit, publié dans « The Spectator » à l’époque où il était son rédacteur en chef. Il déclare : « Je suis désolé pour ce qui a été écrit précédemment, car ça ne reflète pas ce qui est dans mon cœur ».

 

Dans ce contexte, les Musulmans londoniens se mobilisent massivement, ce qui est une première d’une telle ampleur pour les Musulmans d’Europe, afin d’appeler à voter en faveur de Ken Livingstone.

 

Au mois de janvier de cette année, 63 personnalités et organisations musulmanes, parmi les plus influentes à Londres, signent un appel « Donner à Ken un troisième mandat », publié dans le Guardian où, après un bref rappel du bilan positif de l’actuel maire et de son combat pour la justice, elles affirment que « c’est dans le meilleur intérêt des communautés musulmanes de Londres, et aussi de tous les Londoniens, de soutenir M. Livingstone dans l’élection du Maire cette année ».

 

D’autres Musulmans se mobilisent sur le terrain en formant des équipes pour s’impliquer dans la campagne de Ken Livingstone. Sur leur site web « Muslims 4 Ken », on peut lire en entête ce qui est peut-être le plus important, ce qui pourrait, dans un proche avenir, changer les jeux et les enjeux politiques en Europe et peut-être dans le monde :

« Ta voix. Fais en sorte que rien ne t’empêche de voter le premier mai ».

 

I.A.

 

Sources : Wikipédia et d’autres sites web de journaux et d’information indiqués dans le texte.

 

 

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26 avril 2008 6 26 /04 /avril /2008 21:55

L'image très dégradée de la France en Afrique

 

LE MONDE | 26.04.08 | 14h03  •  Mis à jour le 26.04.08 | 14h03


  Comme deux vieilles connaissances fatiguées l'une de l'autre, l'Afrique et la France ne se comprennent plus. Non seulement Paris perd pied sur le continent noir, mais son image se dégrade. Objet de débat depuis quelques années, cette réalité est désormais officiellement reconnue et préoccupe le sommet de l'Etat. Multiforme, le constat est dressé dans un ensemble de télégrammes rédigés à la demande du Quai d'Orsay à l'automne 2007 par 42 ambassadeurs en poste en Afrique, et dont Le Monde a pris connaissance. Pareil état des lieux tend à plaider en faveur de la "rupture" dans la politique de la France en Afrique promise par Nicolas Sarkozy. "Rupture" que des proches du président français semblent remettre en cause.

L'image de la France "oscille entre attirance et répulsion dans nos anciennes colonies, au gré du soutien politique ou des interventions, militaires notamment, dont ont fait l'objet ces pays", constate un télégramme de synthèse. "La France n'est plus la référence unique ni même primordiale en Afrique. Les Français ont du mal à l'admettre", ajoute un diplomate qui a participé à ce travail. A l'entendre, tout se passe comme si le temps s'était arrêté : les Africains "jugent la France à l'aune des travers du passé alors que Elf, c'est fini".


De leur côté, les Français ignorent que les Africains entrent dans la mondialisation "plus vite qu'on ne le croit" et sont désormais courtisés par tous les pays émergents (Chine, Inde, Brésil) et par les Etats-Unis. "Loin de la pensée misérabiliste, (...) les progrès accomplis par l'Afrique sont importants et largement sous-estimés par l'opinion et les observateurs", estime le document, élaboré pour tenter de remédier à l'effet désastreux produit par le discours de Nicolas Sarkozy à Dakar en juillet 2007.


Le soutien apporté par Paris à des potentats africains est l'une des composantes de ce désamour. La présence de bases militaires "alimente le fantasme d'une France qui n'agit qu'au profit de gouvernements iniques et pour des causes opaques", alors que la situation dans les pays en question (Gabon, Cameroun, Tchad et Congo) est plutôt meilleure que dans d'anciennes colonies britanniques, estiment les responsables français, qui citent le Zimbabwe. "On nous reproche à la fois de trop intervenir et de lâcher l'Afrique. Quoi qu'on fasse, on a tort", résume l'un d'eux. La voracité prêtée à la France en matière d'exploitation des ressources naturelles pèse aussi. Là encore, l'idée selon laquelle Paris tire toutes les ficelles dans ses ex- colonies relève du leurre, assurent les diplomates, puisque les principaux intérêts français se situent en Afrique anglophone. Le Nigeria et l'Afrique du Sud concentrent la moitié des échanges français avec le continent. L'Afrique ne pèse d'ailleurs que pour 0,5 % dans le commerce extérieur de la France, contre 40 % en 1957.


Les Africains francophones ont "l'impression d'être délaissés, voire de ne pas être payés en retour par une France en repli (immigration, visas, réduction de l'aide, traitement des anciens combattants)", assènent encore les télégrammes, pointant "le risque réel que les jeunes générations se détournent de la France". L'ennui est que la France n'a plus les moyens de ses ambitions. Son immense réseau de coopérants a presque disparu et elle ne maîtrise qu'un tiers du volume de son aide, le reste se partageant entre la réduction de la dette et l'aide distribuée via l'Union européenne.
En conséquence, les réalisations françaises sont mal identifiées et moins visibles que les immenses stades ou palais des congrès construits par les Chinois. Certaines ambassades vont jusqu'à plaider pour une dé-communautarisation des budgets.


Le dépit africain se nourrit aussi du rejet d'une France "donneuse de leçons", insistent les diplomates, qui constatent aujourd'hui les "dégâts durables" produits par l'affaire de L'Arche de Zoé.


Un fossé s'est ainsi creusé entre Français et Africains. Les premiers voient les seconds comme "des gens pauvres parce que corrompus, à qui la France doit dire ce qu'ils doivent faire". En miroir, domine en Afrique la vision d'"une France frileuse, doutant de ses intérêts, méfiante à l'égard de la jeunesse africaine". Ce décalage se double d'une identification nouvelle facilitée par Internet, le portable et le satellite : "Quand les banlieues françaises flambent, la jeunesse d'Afrique se sent maltraitée."


Confrontée à cet inquiétant tableau, la France dispose d'atouts, notamment de sa langue, qui fait l'objet d'une "terrible demande", et d'une "connaissance irremplaçable du terrain". Paris doit "avouer ses intérêts en Afrique", liés aux enjeux du développement, de la sécurité et de l'économie, et négocier avec "des partenaires à part entière". "Nous devons cesser de traiter les pays francophones comme "nos Africains"", résume un diplomate.


La modestie et la sobriété nouvelles du discours prononcé par le président Sarkozy au Cap (Afrique du Sud), le 28 février, résulte directement du constat dressé par les diplomates. Là où, à Dakar, M. Sarkozy avait multiplié les mises en garde péremptoires, il a affirmé au Cap que "les Africains en ont assez de recevoir des leçons de morale" et annoncé la révision des accords de défense avec les Etats africains. Ce nouveau discours a été largement inspiré par la cellule diplomatique de l'Elysée et le Quai d'Orsay, alors que celui de Dakar était né de la plume d'Henri Guaino, conseiller spécial de M. Sarkozy.


Mais la querelle d'influence à propos du bien-fondé d'un aggiornamento de la politique française en Afrique n'est pas close pour autant. Le remplacement de Jean-Marie Bockel, secrétaire d'Etat à la coopération, coupable d'avoir mis en cause la gouvernance du Gabon et du Congo, pays "amis de la France", avait déjà reflété un retour aux vieux réflexes. Le choix de Libreville (Gabon), le 10 avril, comme première destination africaine par son successeur, Alain Joyandet, le confirme. Le chef de cette délégation venue clore en grande pompe la fâcherie franco-gabonaise dans le bureau du président Bongo n'était autre que Claude Guéant. Le secrétaire général de l'Elysée a ainsi confirmé sa préférence pour une gestion nettement plus classique des affaires africaines.

 

Philippe Bernard

 

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26 avril 2008 6 26 /04 /avril /2008 21:43

Nos papiers s'il vous plaît

 

LE MONDE | 26.04.08 | 13h19  •  Mis à jour le 26.04.08 | 16h27


  Depuis le 15 avril, ils dorment sur des palettes. Ils mangent et ils se lavent au milieu de bennes, de chariots élévateurs ou de bonbonnes de gaz. Des voisins, des élus, des profs viennent les soutenir et les soulagent en apportant couvertures et nourriture. Et aussi un peu d'argent, près de 1 000 euros en quelques jours. Ils sont 46, des Maliens pour la plupart, à "lutter" ainsi, jour et nuit, dans ce drôle de décorum de 1 000 m2 : le siège de Millenium, leur entreprise de nettoyage industriel basée à Igny, dans l'Essonne.

 

La musique de Youssou N'Dour, échappée d'un vieux poste radio, a beau distiller une onde de chaleur, les visages sont marqués par l'inquiétude. Une seule chose obsède ces hommes : la régularisation. Leur combat, c'est obtenir une carte de séjour, des papiers en règle et continuer de vivre en France sans l'angoisse quotidienne "d'un retour direct pour Bamako". Pour parvenir à leurs fins, ils se sont lancés dans une grève illimitée. Ce mouvement social leur offre une tribune inespérée pour dénoncer leurs conditions de travail. Eux qui n'ont jamais signé de contrat d'embauche et qui sont payés à la tâche.


Ils ne sont pas seuls dans leur lutte. La grève est également suivie par plus de 600 autres Africains répartis dans cinq départements d'Ile-de-France. Mais de toutes les entreprises occupées, Millenium est la plus touchée par ce mouvement qui a été initié par la CGT et l'association Droits devant ! Cyril Jagoury, le jeune directeur général de Millenium (300 employés, 4,5 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2007), se dit "extrêmement surpris" par cette occupation des locaux. "C'est psychologiquement difficile, ce qui nous arrive", lance-t-il.


Comme n'importe quel salarié, ces étrangers en situation irrégulière - comme les caractérise le vocabulaire administratif - possèdent des fiches de paie, des feuilles d'imposition, cotisent pour leur retraite... C'est le cas de Kabba Mansa, 28 ans. Originaire de Sierra Leone, il est arrivé en France le 7 décembre 2001, chez Millenium le 20 mars 2002. "Je cherchais du travail, raconte ce gaillard haut de 2 mètres. Des gens m'avaient dit que Millenium embauchait facilement les étrangers." Facilement ? "Oui, j'ai donné la photocopie de la carte Vitale et de la carte d'identité française d'un ami", assure ce cariste. Ressemblant ? "Pas vraiment, rigole-t-il. J'ai juste tenté ma chance." Sa "chance" résiste une année.


Chez Millenium, les salariés sont payés par chèque. Le libellé de l'ordre doit forcément correspondre au titulaire du compte en banque. Mais quand l'"ami" quitte la France et ferme son compte, Kabba Mansa doit prendre une autre identité. Il décide de faire une demande d'asile auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra). Refusée.


Cette demande lui permet toutefois d'obtenir un numéro de Sécurité sociale, d'ouvrir un compte en banque et d'obtenir une autorisation provisoire de séjour (APS) de trois mois renouvelable - mais sans autorisation de travailler. "J'ai scanné mon APS, effacé la mention "sans autorisation de travailler". Je l'ai remplacée par "avec autorisation de travailler" et j'ai donné mon titre de séjour à mon chef d'équipe", poursuit-il. Le 1er octobre 2003, cet ouvrier, payé 10 euros brut de l'heure, reçoit sa fiche de paie avec, cette fois-ci, son nom et un nouveau numéro de Sécu.


Les exemples de ces petits arrangements administratifs se multiplient. Konaté Birama, 33 ans, surnommé "l'homme aux trois visages", a travaillé pour Millenium avec plusieurs identités différentes. "J'ai pas changé de tête, sourit-il. J'ai toujours donné une photocopie d'une carte de séjour et de la carte Vitale. Mon chef d'équipe me les a toujours prises."


D'autres employés, au contraire, se sont toujours refusés à emprunter l'identité d'un autre. Question d'honneur ! Comme Hamet, Ibrahima Traoré II - il a un homonyme dans l'entreprise -, qui a préféré acheter une fausse carte de séjour à 300 euros.


Il lui arrive de jouer au traducteur soninké-français pour un de ses collègues, Dodo Coulibaly. A 32 ans, celui-ci est surnommé "le robot", car il a souvent travaillé plus de 300 heures par mois, à 8,27 euros brut de l'heure. M. Coulibaly assure qu'il a été déclaré seulement 151 heures, et que le reste est "soi-disant" reporté à plus tard, pour combler des mois plus creux. "Mais jamais la direction ne m'a payé mes heures", assure-t-il.


"Pour nous, la grève est notre dernier espoir"
, lâchent les employés de Millenium. Une phrase convenue, mais qui symbolise leur état d'esprit. "Avant nous, on avait vu des gens avoir des papiers après une grève, explique Mamoudou Sissoko. Pourquoi pas nous ?"


Cette question les tourmente depuis juin 2007. A cette époque, 150 employés de l'entreprise sont chargés, entre autres, du nettoyage du Salon international aéronautique du Bourget. Un matin, la police de Seine-Saint-Denis contrôle deux d'entre eux et constate que, malgré leur badge, ils n'ont pas de papiers en règle. Or le badge a été émis par les organisateurs de l'événement "sur les informations déclarées par l'employeur", précise Gilles Fournier, directeur du salon.


Ces deux employés sont placés en garde à vue et le siège de Millenium est perquisitionné. Le PDG, Alexis Guigaz, ainsi qu'un des six chefs d'équipe, Kanou Makassi, sont mis en examen par un juge d'instruction de Bobigny pour "travail dissimulé". "Notre directeur général nous a demandé de partir car la police allait venir nous contrôler", assure Mamoudou Sissoko, présent au Salon du Bourget. Une quarantaine d'employés - tous sans papiers - décident alors de ne plus mettre les pieds dans l'entreprise. Et se retrouvent, par la même occasion, sans un sou.


Au même moment, ces employés-là découvrent "à la télé" le combat de 68 salariés sans papiers de Buffalo Grill. Pendant cinq semaines, ces Africains ont occupé le restaurant de Viry-Châtillon, dans l'Essonne, pour réclamer une régularisation et dénoncer leurs conditions de travail. Après plusieurs jours de lutte, 22 d'entre eux seront régularisés.


"On a vu qu'ils étaient comme nous"
, raconte M. Sissoko. Alors, une petite délégation de Millenium prend contact avec le meneur : le cégétiste Raymond Chauveau. Secrétaire général de l'union locale de Massy, il est l'initiateur du mouvement des "Buffalo Grill", tout comme il avait été à l'origine de celui de la blanchisserie Modeluxe, en octobre 2006 (22 régularisations).


La CGT
estime qu'il faut porter l'affaire Millenium aux prud'hommes. "C'est un licenciement abusif", explique Raymond Chauveau. "Nous sommes dans le droit du travail où, même s'il n'y a pas de contrat, les fiches de paie font foi", précise un autre syndicaliste, René-Marc Jilet. Quarante-huit dossiers sont alors constitués. Chacun de ces employés - préalablement syndiqué - réclame des indemnités de plusieurs milliers d'euros. La CGT promet de ne pas faire de vague médiatique si la direction s'engage à réintégrer ces salariés dans la société. La préfecture de l'Essonne étudie les dossiers en vue d'éventuelles régularisations. "On a quand même décidé de faire grève parce que les choses n'avançaient pas", souligne Kabba Mansa.


Le directeur général de Millenium, Cyril Jagoury, réfute point par point les accusations des grévistes. Au risque d'être qualifié d'hypocrite, il plaide l'ignorance : " Je découvre cette situation et c'est démoralisant, assure-t-il. Ce n'est pas moi qui m'occupe des embauches. D'un côté, on fait travailler ces gens. Nous cotisons pour eux. De l'autre, l'Etat vient nous dire que nous ne pouvons pas les garder."


Selon lui, parmi les 46 grévistes, la moitié a en réalité arrêté de travailler depuis juin 2007 car "ils ont eu vent de l'arrestation de leurs camarades". Faux, assurent les employés. Ils estiment qu'ils n'ont pas reçu de lettre de licenciement et donc qu'ils appartiennent toujours à Millenium. L'autre moitié des grévistes, selon la direction, ne travaille plus depuis des années pour l'entreprise. Pour M. Jagoury, ces employés "profitent" du mouvement de grève pour tenter d'arracher une régularisation.


Naïma Moukrin, déléguée syndicale FO, est catégorique : "Chaque nouvel employé fait l'objet d'une déclaration unique d'embauche auprès de l'Urssaf." Elle rejette donc la responsabilité sur cet organisme et la Sécurité sociale qui, regrette-t-elle, ne "détectent pas" les faux papiers présentés. Elle se dit même "trahie" par ces employés : "Ils ont triché."


Tout à sa volonté de trouver les vrais responsables, M. Jagoury se demande si certains de ses chefs d'équipe ne se seraient pas montrés "peu regardants" sur les documents fournis par les étrangers. Kanou Makassi, le chef d'équipe mis en examen, réfute ces sous-entendus. "Ce n'est pas à moi de contrôler les papiers, assène-t-il. Je mets les papiers des étrangers dans une enveloppe, puis je la donne à la secrétaire. Je ne les regarde même pas !"


Quant au PDG, Alexis Guigaz, il dit soutenir ses employés dans "cette épreuve" et dit "espérer" une régularisation. "Nous les reprendrons car ils sont très bons, assure même M. Jagoury. Nous ne sommes pas des voyous. Nous comprenons leur situation et leur désarroi."

 

Mustapha Kessous

 

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25 avril 2008 5 25 /04 /avril /2008 21:11

PETITE HISTOIRE D’UN DRAPEAU MARTINIQUAIS

 

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PETITE HISTOIRE D’UN DRAPEAU MARTINIQUAIS DEPLOYE LORS DES FUNERAILLES DU PLUS GRAND DES MARTINIQUAIS !


Ce grand drapeau martiniquais qui a accompagné la dépouille d’ Aimé CESAIRE lors de ses funérailles nationales le dimanche 20 avril 2008 a été cousu en septembre 1994 à Sainte Anne, pour être brandi et déployé en cette même année lors de manifestations en riposte à l’attaque des installations de TV Moun Matinik et l’agression physique par l’armée française de Garcin MALSA, maire de Sainte-Anne et conseiller général de la Martinique.


Il a été cousu avec du tissu de coton par Monique M. M. WILLIAM, petite fille d’Aimée ROUSSI et Farnéus WILLIAM de Desmarinières à Rivière Sallée, nièce de Flore WILLIAM (épouse ROUSSI et mère de Suzanne ROUSSI épouse Aimé CESAIRE). Suzanne CESAIRE est donc la cousine germaine de celle qui a fabriqué de ses mains ce grand drapeau aux couleurs nationales martiniquaises, forte des expériences de couturières qu’elle détient de sa mère Armande, de sa tante Yvonne et de sa marraine Flore auprès desquelles elle a vécu en famille de longues années.


Ce même drapeau a été déployé à Trinité, auprès du drapeau algérien, en présence d’Aimé CESAIRE et de nombreuses personnalités politiques martiniquaises et étrangères, lors des funérailles de Marcel MANVILE, puis lors de celle de Guy CABORT MASSON à Case Pilote.


Il est déployé spécialement à Sainte-Anne, géologiquement terre et presqu’île de l’arc volcanique ancien caraïbe, qui détient alors la pointe la plus à l’est de l’arc et de la Martinique, le cap indiquant la direction de Gorée, donc le plus proche de la terre mère d’Afrique ; Déployé chaque année lors de notre commémoration de la révolution antiesclavagiste du 22 mé 1848, et de l’insurrection de septembre 1870, en l’honneur et au respect des ancêtres, de l’épopée du peuple martiniquais essentiellement africaine, qui fonde notre nation martiniquaise ; et depuis 2001 lors des Konvwa pou la Réparasyon qui traverse le pays Martinique, de Sainte-Anne au Prêcheur.


Pour la petite histoire, en 2001, à la veille du 22 mé, lors d’une visite de Garcin MALSA à Aimé CESAIRE, dans son bureau à l’ancienne Mairie de notre ville capitale dénommée Foyal, en présence de feu DARSIERES Camille, du Docteur Pierre ALIKER, et de l’auteur du présent petit mot ; à la présentation d’un petit livret sur le drapeau intitulé « Trois couleurs pour un drapeau, Rouge Vert Noir, la vérité historique ... » qu’offrait ce jour là Garcin MALSA à Aimé CESAIRE, qui s’est écrié avec un grand sourire à la vue du drapeau :
« Alors ça, ça c’est mon drapeau ! »


Médju MKBA


Auteur de « L’Ethiopie Martinique » paru en 1999


(Ouvrage rendant hommage à Suzanne CESAIRE)

 

 



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