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24 août 2008 7 24 /08 /août /2008 21:05

 

http://www.legrandsoir.info/spip.php?article7014



La nouvelle inquisition : sionisme en France


RICHAUD Jacques


Une nouvelle victime des réseaux d’influence sioniste qui tentent imposer leurs lois dans notre République vient de tomber, Richard LABEVIERE et vous n’en avez rien su. Certains voudraient constituer le corps ‘vertueux’ des défenseurs de la ‘Liberté d’expression’ mais représentent en réalité la nouvelle ‘Pravda’ qui décide quelle ‘vérité’ EST vérité et qui a droit d’exprimer opinion dans ce pays sans risquer dénonciation infamante, menace ou sanction. Ce réseau d’intrigue ne défend qu’une seule cause qui est celle des intérêts du sionisme le plus radical.



Les journalistes, comme Richard Labévière qui vient d’être licencié de RFI, sont les premières victimes de cette nouvelle inquisition qui frappe aussi d’autres intellectuels dés lors qu’ils critiquent la politique de l’Etat d’Israël ou même seulement apportent des informations qui permettent de mieux comprendre la vraie nature du sionisme.


Malédiction sur ceux-là immédiatement taxés d’antisémitisme comme d’autres furent jadis taxés d’apostasie ou d’hérésie jusqu’à mériter la mise au bûcher après la torture dont la forme moderne est représentée par la mise au ban de l’infamie, les procédures judiciaires abusives et le harcèlement éternel de ceux dont on attend qu’ils fassent leur autocritique ou renoncent à la vie publique pour prix d’une tranquillité qui leur serait sinon refusée avec un acharnement sans limite.


Que ces nouveaux inquisiteurs soient tolérés par les plus hautes autorités du pouvoir exécutif, législatif et judiciaire peut nous inquiéter sur l’indépendance même de ce pays et sur l’influence qu’il peut subir dans ses choix en politique étrangère
. Que ces nouveaux inquisiteurs au service du sionisme ne soient pas tous d’une origine communautaire que d’autres revendiquent ouvertement peut aussi nous inquiéter sur la présence, sur notre propre sol, d’un courant qui outre atlantique forme la frange néoconservatrice-sioniste dont nul ne songe à nier l’existence ni le rôle qu’elle a pu jouer dans les orientations politiques guerrières de l’Empire US !


Il est permis de penser que, au-delà de la solidarité indispensable avec les personnes victimes de cette nouvelle inquisition, nous ne devrions pas ignorer dans quel contexte politique se passent ces actes : Il ne s’agit pas seulement de ‘règlements de compte’ qui devraient se résoudre devant la justice en faveur des victimes stigmatisées. Il s’agit d’une stratégie politique globale visant à préparer l’opinion à une adhésion sans limite aux théories du ‘choc des civilisations’ et au ralliement avec la frange la plus belliqueuse de cette idéologie qui nous prépare un siècle de sang et de terreur, pas seulement au moyen orient, en réplique à des actes issus de minorités le plus souvent non-étatiques dont la violence insupportable ne peut-être niée, mais il nous est demandé d’accréditer les confusions, les amalgames et les mensonges qui désignent déjà comme ‘terroriste’ tous ceux sur la planète qui songent seulement ‘à se défendre’ contre nos prétentions dominatrices.


1 / L’AFFAIRE RICHARD LABEVIERE :


Cet écrivain et journaliste de réputation internationale, a été licencié le 12 août 2008 de Radio France Internationale, dans des conditions de brutalité inouïe, qui témoignent des nouvelles méthodes de gestion sous la présidence de Nicolas Sarkozy et du triomphe néo-conservateur de l’équipe atlantiste gravitant dans la sphère directoriale du pôle audiovisuel extérieur français (1)


La raison invoquée pour ce licenciement ?
Richard Labévière est accusé de ne pas avoir informé la direction de la radio de l’interview du président syrien Bachar El Assad qu’il avait réalisée à Damas et qui a été diffusée le 9 juillet par TV5 et le 10 juillet par RFI, à la veille de la venue officielle d’El Assad à Paris, sur invitation du président Sarkozy. En réalité ce prétexte solde définitivement un contentieux plus ancien : Richard Labévière avait déjà été évincé du poste de rédacteur en chef de RFI pour avoir apporté son soutien à Alain Ménargues, lui-même contraint à la démission pour « antisémitisme » sur demande de l’ambassadeur d’Israël en France, Nissim Zvili ! Il fut ensuite responsable de l’émission matinale « propose ? », qui lui a été retirée en 2005, sur demande du même ambassadeur. Il ne lui restait plus que l’émission « géopolitique, le débat », 40 minutes le samedi. Il ne l’a plus…Il est vrai qu’il avait aussi écrit avec Bruno Jeanmart un livre. ‘, Bernard-Henri Lévy ou la règle du Je’ sans complaisance envers le médiatique BHL. Il est vrai aussi qu’il persistait à dire que Tel Aviv (et non pas Jérusalem) était la capitale d’Israël, parler comme l’ONU devient suspect désormais…Quatre jours après le licenciement cette information n’est paru que dans la presse étrangère, bizarre non ? La peur régnerait-elle dans les cercles médiatiques ? Il est vrai que Richard Labévière avait ‘aussi’ écrit des articles soutenant la cause palestinienne et un livre avec Pierre Péan « Bethléhem en Palestine » qui lui avait valu des menaces …


2 / UNE AFFAIRE PARMI D’AUTRES…


On se souvient comment en 2003 fut stigmatisé Pascal Boniface directeur de l’IRIS (Institut des Relations Internationales et Stratégiques) pour avoir osé écrire un essai « Est-il permis de critiquer Israël ? »
(2) succédant à une note sur le même sujet rédigée en interne pour le parti socialiste en 2001 (3). Il n’est pas inutile de rappeler que cet épisode déboucha sur son éviction du Parti Socialiste dont la bienveillance entretenue des représentants de la communauté juive se proclamant eux-mêmes soutien inconditionnel d’Israël semblait électoralement stratégique, même si cette allégeance devait trouver plus tard une sanction cinglante… Pascal Boniface avait eu l’occasion de dire qu’il ne croyait pas à l’existence d’un ‘lobby juif’ mais à celle d’un lobby pro-israelien dépassant la communauté juive (4), En effet nous pouvons le constater au travers de chacune de ces affaires, comme a pu être observée la manière singulière dont la presse fait état des conflits de cette nature, analysée par exemple par Acrimed au sujet de la démission du PS résultant de ce profond désaccord (5). Dominique Vidal du Monde Diplomatique avait en 2002 déjà explicité ‘les alliances douteuses des inconditionnels d’Israël…au nom du combat contre l’antisémitisme’ (6).


Cette affaire exemplaire car les données du problème y étaient explicites n’a pas été la seule.
Chacun se souvient des procédures, menaces et invectives qui ont souillé les personnes comme Edgar Morin (7-8-9 ), Daniel Mermet (10-11)ou Charles Enderlin (12)pour n’évoquer que les plus médiatisés. Mais il y eut aussi Bruno Guigue (13) et le dernier en date des victimes de cette nouvelle inquisition est le dessinateur Siné.(14) Il n’est pas même utile de rappeler que ces mêmes vertueux défenseurs de ‘vérité’ font presque tous corps défensifs autour des islamophobes déclarés comme Robert Redeker (15), démontrant si cela était encore nécessaire que leur combat n’est pas mené au nom des libertés mais au nom du choc des civilisations.


3 / UN CONTEXTE EVIDENT :


Ces événements qui peuvent sembler d’une importance factuelle dérisoire représentent en réalité des faits d’une importance majeure. Ils nous révèlent un glissement de nos perceptions qui nous fait banaliser l’intolérance
. La crainte de l’inquisiteur contribue à faire accepter l’inquisition. On peut y voir en effet l’effet de « la peur » qui a saisi nos sociétés depuis le 11 septembre 2001. On peut aussi y voir l’impact d’une sournoise propagande au quotidien qui travaille pour banaliser aussi bien le découpage du monde en un axe du bien et un axe du mal, légitimant toutes les lois sécuritaires et les guerres préventives. Il est dans ce contexte attendu que les intellectuels ne soient au service que d’une seule cause qui sert les intérêts de l’occident ; ceux d’entre eux qui tenteraient de garder une pensée « universaliste » sont suspects et discrédités, assimilés au camp déjà désigné ennemi ! Robert Redeker, dans sa sincérité délirante et sa phobie voyait partout une « islamisation des esprits » En réalité ce que ‘son affaire’ avait révélé c’est tout le contraire, c’est une ‘islamophobisation massive des esprits’. Ce que révèlent les excès de ceux qui croient défendre la lutte contre l’antisémitisme, c’est une sionisation massive des esprits.


Parce que les mots « tuent » il ne faut banaliser aucun discours excessif. Le tribunal de Nuremberg n’a pas jugé des combattants de terrain qui auraient survécu à leurs crimes, il a jugé les penseurs et les instigateurs de ces crimes qui avaient élaboré une idéologie faisant de l’intolérance un dogme.


Il est fait par certains de nos inquisiteurs permanents et autoproclamés souvent appel à Voltaire, en omettant de dire qu’il n’a jamais préconisé de taire la critique, mais seulement de la fonder sur la raison et non sur la force. Qui peut imaginer qu’un Voltaire aurait signé un soutien inconditionnel à une thèse dont il aurait détesté le contenu, sans engager toute son énergie d’abord pour la combattre ? C’est ce que semblent avoir collectivement oublié nombre de ceux qui croient devoir donner leur bénédiction laïque à des propos islamophobes détestables, ou tolérer que l’exigence d’une communauté puisse dicter sa loi dans nos institutions républicaines comme dans nos médias... Tous ceux la, qui ne perçoivent pas le danger ou acceptent en connaissance de cause les conséquences prévisibles, sont déjà formatés à une pensée de l’intolérance qui pourrait bien mener le XXI me siècle vers la tragédie.


Rares sont ceux qui s’interrogent
, comme Mohammed Arkoun (16) dans « Histoire de l’Islam en France » (Albin Michel 2006) sur l’émergence de l’islamisme mais aussi sur la construction médiatique de l’islamophobie. Assurément un ouvrage tel que celui là doit paraître insupportable à tous les annonciateurs du « Choc des civilisations ». Il se pourrait que la survie même de notre société dépende de notre capacité à reconquérir une pensée obscurcie, non par l’islam, mais notre peur de voir s’ébranler nos dogmes hégémoniques et nos certitudes intellectuelles.


Plus rares encore sont ceux qui savent la pénétration de l’entreprise sioniste qui prétend infléchir les politiques de l’Occident tout entier dans le sens de ses intérêts ressentis. Ils existent pourtant ces ‘lanceurs d’alerte’ ou ‘avertisseurs d’incendie’ pour évoquer Walter Benjamin, qui interrogent l’opinion et souvent leur communauté sur les conséquences prévisibles d’une telle déraison
 : Dans ’Actualité juive’ Jean Robin peut s’interroger sur la ’judéomanie’ et le rôle des lobbies communautaires, mais cette même interrogation relève de l’antisémitisme en dehors de ces cercles autorisés (17). Pierre Stambul peut alarmer sa communauté sur les périls que représente l’assimilation de l’antisionisme à l’antisémitisme. (18). Tony Judt argumente "Trop de Shoah tue la Shoah" (19). Enzo Traverso, auteur de "Interpréter le fascisme" "Allemagne nazie et Espagne inquisitoriale. Le comparatisme historique de Christiane Stallaert", nous propose : "Messianisme, orientalisme et holocauste. Un bilan historique du sionisme" (20) .Ailleurs l’inquiétude peut s’exprimer plus clairement et Hassan Nafaa écrire ‘ : Sauvegarder les Etats-Unis de l’emprise d’Israël. Le rôle hégémonique d’Israël dans la formulation de la politique étrangère étasunienne est la plus grande menace pour la paix mondiale ’ (21) Jonathan Cook peut dénoncer dans une conférence tenue à Haïfa « l’impasse du Sionisme : La séparation ou le nettoyage ethnique ? L’enfermement par Israël de Gaza vise à accomplir les deux » (22). Le groupe religieux YECHOUROUN produit de multiples textes sur la thématique " Judaïsme contre sionisme" (23)


Autant d’auteurs que nos inquisiteurs nationaux doivent classer déjà du côté du diable... La critique de la politique israélienne reste un sujet tabou en France, sauf à prendre des risques d’une convocation pas toujours symbolique devant le grand tribunal inquisitorial de "la" cause au-dessus de toutes les causes, qui prétend même asservir les services de la République à ses exigences.


CONCLUSION :


Nous n’échapperons pas, même au péril de notre confort intellectuel tenté par la simplification de toute pensée et voyant que nombre de ces inquisiteurs se parent de la toge des philosophes à la réouverture du vieux questionnement « Misère de la philosophie ? » ouvert par Proudhon.


Sauf à consentir au pire qui serait de laisser les ennemis de la pensée diriger le monde, nous n’échapperons pas non plus à l’exigence d’un retour vers une réflexion qui ne soit pas asservie par l’opinion dominante, (actuellement politico-médiatique plus qu’académique).


Il est urgent de dire que la pensée peut et doit être véritablement mise au service de la recherche d’une émancipation humaine universelle
. Si par aveuglement ou paresse nous en restions là, les listes de pétitionnaires « pour Redeker, ou contre Charles Enderlin, ou contre Siné » pourraient bien désigner déjà ceux qui démissionnent dans ce combat, car ils ont revêtu déjà l’armure des croisés qui prêchent pour nous entraîner vers l’abîme de nouvelles guerres préventives aux conséquences incalculables sur de longues décennies....


L’enjeu n’est pas seulement de défendre des hommes, comme Richard Labévière, dernier blacklisté du nouveau Mac-Carthisme Sarko-sioniste, il est d’empêcher une perversion profonde de la démocratie ‘embedded’ dans une guerre de civilisation qui n’aurait jamais du être la sienne mais que certains cultivent comme une croisade existentielle.

JACQUES RICHAUD

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24 août 2008 7 24 /08 /août /2008 20:55

RETRAIT IMMEDIAT DES TROUPES FRANÇAISES
                      ET DE TOUTES LES TROUPES D’OCCUPATION !

            À BAS LE REGIME D’OPPRESSION DE KARZAÏ À LA BOTTE DE L’OTAN !

                 VIVE LA RESISTANCE DU PEUPLE AFGHAN À L’OCCUPATION,
                         JUSQU’À LA DÉFAITE DES IMPÉRIALISTES !

 

www.groupecri.free.fr

Dix soldats français ont été tués lundi 18 et mardi 19 août en Afghanistan. Ils
faisaient partie des 70 000 soldats de la coalition impérialiste qui occupe
l’Afghanistan. La propagande impérialiste tente de faire croire que les troupes
sont sur place pour défendre les " droits de l’homme " et aider le régime
démocratique de Karzaï contre des hordes barbares et terroristes. En réalité,
l’occupation de l’Afghanistan est dictée par la défense des intérêts du capital
monopoliste qui a besoin d’envoyer toujours plus de soldats pour maintenir en
place le régime fantoche qu’il a installé. Régime qui torture, massacre,
condamne à mort les libres penseurs (cf. le communiqué CRI sur la campagne pour
la libération de Parviz Kambakhsh, jeune étudiant afghan en journalisme
condamné à mort par lapidation pour " blasphème " :
http://groupecri.free.fr/article.php?id=484 ; cf. aussi la traduction de
l’appel envoyé par la Left Radicals of Afghanistan à ce sujet :
http://groupecri.free.fr/article.php?id=485), promeut la culture de l’opium au
détriment de la production alimentaire pour enrichir les caïds du pouvoir, mais
qui a l’immense " qualité " de servir au mieux les intérêts impérialistes.

Alors que la résistance afghane marque de plus en plus de points contre les
troupes impérialistes et que la démoralisation gagne les troupes impérialistes,
Sarkozy persiste et signe. Alors que, pendant la campagne électorale, Sarkozy
avait promis qu’il rapatrierait progressivement les soldats français (cf. la
vidéo de l’extrait de l’émission " À vous de juger " du 26 avril 2007 :
http://kalachnikov.org/ag/1294/Afghanistan_le_26-avril-2007_Sarko_promet_de_retirer_les_troupes_francaises.avi), Sarkozy
déclare aujourd’hui : " Si c’était à refaire, je le referais ", à propos de
l’envoi de troupes supplémentaires en avril 2008. Et il ordonne aux
soldats français de "relever la tête" : "Ici se joue une part de la liberté du
monde", ose-t-il affirmer des trémolos dans la voix ! Ce cynisme écoeurant est
celui qui accompagne toutes les expéditions impérialistes : avec l’aide des
médias aux ordres, il faut abreuver les travailleurs de beaux discours
faussement humanistes pour qu’ils soutiennent une cause (et les morts qui vont
avec) qui défend des intérêts opposés aux leurs.

Sarkozy peut compter sur le soutien du parti " socialiste " qui, au delà de
gesticulations politiciennes pitoyables, ne réclame aucun retrait des troupes
françaises, pas même celles qui ont été envoyées en supplément en avril
dernier ! Rappelons-nous que la décision d’envoyer des troupes en Afghanistan a
été prise conjointement, en 2001, par Jospin et Chirac. Aujourd’hui, Hollande
prône simplement une redéfinition des missions des troupes : " nous sommes
maintenant dans le maintien de l’ordre ", a-t-il estimé, en jugeant que le rôle
du contingent français devrait se limiter à celui d’" encadrement " de l’armée
afghane. Autrement dit, il faut laisser en première ligne les troupes de Karzaï
et se placer derrière pour éviter les pertes ! En bon " patriote ", Hollande
préfère que ce soit des Afghans qui se fassent massacrer pour la défense du
capital monopoliste français !

Quant au parti "communiste", il exige le retrait des troupes françaises (et
uniquement françaises...), mais il veut en fait, comme le PS, une redéfinition
des missions des troupes d’occupation et réclame " une mise à plat urgente des
opérations de maintien de la paix, en particulier concernant l’Afghanistan,
pour en redéfinir les principes, les moyens et les finalités ". Le PCF veut un
impérialisme "à visage humain" qui apporterait le pain, l’amour et la
démocratie au peuple afghan...

Face au déferlement de la barbarie impérialiste, les communistes
révolutionnaires ne sont pas " neutres " : nous sommes pour la défaite de
l’impérialisme, et notamment de l’impérialisme français qui participe à la
coalition impérialiste. Même si la résistance du peuple afghan face aux troupes
impérialistes est dirigée par des ennemis des travailleurs (les Talibans), nous
soutenons inconditionnellement la résistance. Car le retrait des troupes
impérialistes est une condition nécessaire, mais évidemment pas suffisante, de
l’émancipation des travailleurs afghans.

Sarkozy a décrété un hommage national jeudi 21 août : " Aujourd’hui, c’est un
jour de deuil pour la nation française. " Il a pu notamment compter sur la
présence aux cérémonies d’union sacrée de Delanoë, Giscard, Hollande, ou encore
Le Pen. Ce deuil national n’est pas le nôtre.

Il est de la responsabilité des organisations du mouvement ouvrier de ne
participer d’aucune manière à l’union sacrée autour de Sarkozy, et de s’unir
pour imposer le retrait immédiat des troupes.

Retrait immédiat des troupes françaises et de toutes les troupes d’occupation !

À bas le régime d’oppression de Karzaï à la botte de l’OTAN !

Vive la résistance du peuple afghan à l’occupation, jusqu’à la défaite des
impérialistes !

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24 août 2008 7 24 /08 /août /2008 20:45

BHL n'a pas vu toutes ses "choses vues" en Géorgie
 
 

www.rue89.com
 
 
Contrairement à ce qu’il a écrit dans Le Monde, le philosophe n’a pu se rendre dans la ville de Gori. Ce n’est pas la seule affabulation.

Qu’on l’apprécie ou non, il faut reconnaître que Bernard-Henri Lévy, qui s’est rendu la semaine dernière en Géorgie, ne manque ni de courage, ni de convictions. Mais BHL n’est pas un journaliste, et le récit qu’il a rapporté pour Le Monde <http://www.lemonde.fr/europe/article/2008/08/19/choses-vues-dans-la-georgie-en-guerre-par-bernard-henri-levy_1085547_3214_1.html> , titré « Choses vues dans la Géorgie en guerre », est à prendre avec des pincettes. Ainsi, lorsque BHL déclare qu’il est arrivé à Gori mercredi 13 août et qu’il a vu une ville « brûlée », il affabule. Il n’a pas réussi à entrer dans la ville.

Rue89 a entrepris de faire ce que les confrères anglo-saxons appellent un « fact-checking », une vérification des informations livrées par un reporter. Ce que BHL n’est pas : il est présenté dans le quotidien comme « philosophe et essayiste » et son récit a été prudemment rangé sous l’étiquette de « témoignage ». Il n’en reste pas moins que ce récit occupe deux pages au centre d’un journal jouissant d’une autorité certaine en matière d’information internationale.

Deux jours et demi de balade, dans la confusion de la guerre

Commençons par ce que ne raconte pas le « témoignage » de BHL : les conditions de la balade. Mercredi 13 août, rendez-vous est pris à l’aéroport du Bourget devant l’aérogare de Darta, une compagnie d’aviation privée. Le philosophe a loué un jet pour rallier Tbilissi, qui n’est plus desservie.

Il est accompagné par son vieux complice, l’éditeur Gilles Hertzog, le documentariste Raphaël Glucksmann et un journaliste de France Culture, Omar Ouamane. Plus un garde du corps. Le jet se pose vers midi en Géorgie, « juste pour le déjeuner », précise Raphaël Glucksmann. Prévenue par son ambassadeur à Paris, la présidence géorgienne a dépêché l’un de ses traducteurs pour accompagner BHL durant tout son séjour.

Celui-ci sera court, puisque Bernard-Henri Lévy repartira samedi matin, à 8 heures, de Tbilissi. Il aura donc passé deux jours et demi en Géorgie. L’équipage descend au Marriot Tbilissi, un hôtel cinq étoiles fréquenté par les journalistes et les diplomates.

Plusieurs journalistes français, surpris par sa présence, interrogent dès son arrivée l’intellectuel qui ne cache pas les motifs de son voyage : défendre la liberté en Géorgie contre l’ogre russe. Plusieurs radios, comme France Inter, France Info ou RFI,  diffuseront des extraits de ces interviews.

La multiplication des chars

Dans un minibus blanc climatisé, direction Gori, l’une des villes occupées par les troupes russes. Première « chose vue », sur la route :


« Le fait est que la première présence militaire significative à laquelle nous nous heurtons est un long convoi russe, cent véhicules au moins, venu tranquillement faire de l’essence en direction de Tbilissi. »


L’envoyé spécial du Nouvel Observateur, Christophe Boltanski, qui emprunte la même route, le même jour, a compté les véhicules de cette colonne. Il en a recensé trente: six camions de troupes, six camions citernes, sept blindés APC, trois camions essence, six chars, deux ambulances.

Encore quelques kilomètres et l’équipage retrouve un groupe de journalistes, bloqués à un barrage tenu par la police géorgienne. Les journalistes ont suivi Alexandre Lomaia, le conseiller géorgien pour la sécurité nationale, qui avait décidé courageusement de se rendre à Gori, accompagné de l’ambassadeur d’Estonie. Le convoi est bloqué à quelques kilomètres au sud de la ville. BHL descend alors de sa camionnette blanche.

Vincent Hugeux, grand reporter à L’Express <http://www.lexpress.fr/actualite/monde/gori-ville-fantome-et-cite-interdite_550120.html> , s’étonne :


« J’ai reconnu sa silhouette. Il était accompagné de Gilles Hertzog et Raphaël Glucksmann. BHL a même lancé à un journaliste français : ‘Ah, mais nous sommes confrères !’ »


Ne pas voir Gori, mais en parler quand même

BHL franchit le barrage, dans des conditions sur lesquelles nous reviendrons, et racontera dans Le Monde la scène suivante :


« Nous arrivons à Gori. Nous ne sommes pas au centre-ville. Mais, du point où Lomaia nous a laissés avant de repartir, seul, dans l’Audi, récupérer ses blessés, de ce carrefour que contrôle un char énorme et haut comme un bunker roulant, nous pouvons constater les incendies à perte de vue. Les fusées éclairantes qui, à intervalles réguliers, illuminent le ciel et sont suivies de détonations brèves. Le vide encore. L’odeur, légère, de putréfaction et de mort.

« Et puis, surtout, le bourdonnement incessant des véhicules blindés et, une fois sur deux à peu près, des voitures banalisées remplies de miliciens reconnaissables à leurs brassards blancs et à leurs cheveux retenus par des bandanas.

« Gori n’appartient pas à cette Ossétie que les Russes prétendent être venus « libérer ». C’est une ville géorgienne. Or ils l’ont brûlée. Pillée. Réduite à l’état de ville fantôme. Vidée. »


Problème : BHL n’est jamais « arrivé à Gori », et les Russes n’ont pas « brûlé » la ville.  

Que s’est-il passé ? Avec son équipe, il s’est débrouillé pour passer ce premier barrage en compagnie d’Alexander Lomaia et de quelques autres personnes (l’ambassadeur estonien, la députée européenne Marie-Anne Isler-Béguin et la journaliste du Washington Post Tara Bahrampour).

Deux heures plus tard, vers 22h30, dans la nuit noire, BHL est de retour au premier barrage où attend la presse. Il sort du véhicule, le visage grave, et avec sa voix de Malraux, il témoigne devant les journalistes:


« La ville est nettoyée, Gori est une ville fantôme, il y a des flammes partout ; apparemment pas âme qui vive, Gori a été vidée de sa population. C’est ce que les Russes appellent la pacification. »


L’eurodéputée Marie-Anne Isler-Béguin intervient alors pour démentir : « mais non, on n’était pas à Gori », dit-elle aux journalistes, « on a été bloqués à un barrage à 1,5 kilomètre de la ville ». Elle connaît cette région depuis huit ans. Seuls les champs brûlaient, ajoute-t-elle. Les armées brûlent parfois les champs pour éviter le risque des snipers embusqués.

Plusieurs témoins confirment : BHL n’était pas à Gori

Déléguée du Parlement européen pour le Caucase Sud, Marie-Anne Isler-Béguin revient sur l’épisode pour Rue89:


« Je viens de découvrir son témoignage. Je suis un peu surprise qu’il n’ait pas tout à fait dit comment ça c’était réellement passé. Mais il a peut-être oublié… J’ai vu Bernard-Henri Lévy pour la première fois lors de ce voyage au check-point où étaient bloqué tous les journalistes, à cinq kilomètres de Gori.

« Si Bernard-Henri Lévy est monté avec Lomaia et moi, c’est parce que j’ai intercédé en sa faveur. C’est lui qui m’a demandé : « Madame la députée, je voudrais me joindre à la délégation. » Et c’est moi qui ait obtenu l’accord de l’ambassadeur d’Estonie. Dommage qu’il ait oublié ce petit détail… En plus, c’est le seul qui soit monté dans la voiture avec son garde du corps.

« Et il y a d’autres approximations. S’il arrive à distinguer les militaires des paramilitaires, il est plus doué que moi. S’il a senti une odeur de putréfaction, moi pas. Il écrit aussi que Gori a été brûlée, pillée et réduite à l’état de ville fantôme, mais à ce moment-là, on ne pouvait pas le dire, tout simplement parce que personne n’y était encore allé. Enfin, nous nous sommes arrêtés à 1,5 kilomètre de Gori. »


Gilles Hertzog, fidèle compagnon de route de BHL, confirme lui aussi la version de l’élue :


« Non, on n’est pas rentrés dans la ville, on est resté à l’orée de la ville, je ne sais pas à combien de kilomètres de Gori. Il faisait nuit, on apercevait vaguement des bâtiments quand il y avait des fusées éclairantes, mais on n’était que sur le bas-côté d’une route. Il y avait des champs qui brûlaient autour de nous, on nous a dit que c’était du ‘farming’ [des feux allumés par des cultivateurs, ndlr], mais je ne l’ai pas cru. »


Et même divergence avec BHL sur l’odeur de putréfaction :


« Personnellement, je n’ai rien ressenti, mais peut-être que mon ami Bernard-Henri Lévy lui l’a ressentie. »


Dans son reportage, la journaliste du Washington Post raconte elle aussi cette virée <http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2008/08/13/AR2008081303759.html> , mais en précisant bien clairement, en début de l’article, qu’elle n’a pas vu la ville. Le « byline », l’indication du lieu et de la date du reportage placée au début du texte, est très clair :  « OUTSIDE GORI, Georgia, Aug. 13 » [« En dehors de Gori, en Géorgie, le 13 août »].

Vendredi 15 : un « braquage » qu’il n’a pas vu

Et que penser de la seconde tentative pour se rendre à Gori le vendredi ? BHL écrit dans Le Monde :


« Vendredi matin. Nous décidons, avec Raphaël Glucksmann, Gilles Hertzog et la députée européenne, de revenir à Gori que, suite à l’accord de cessez-le-feu rédigé par Sarkozy et Medvedev, les Russes auraient commencé d’évacuer et où nous sommes censés rejoindre le patriarche orthodoxe de Tbilissi en partance, lui-même, pour Shrinvali, où des cadavres géorgiens seraient livrés aux porcs et aux chiens.

« Mais le patriarche est introuvable. Les Russes n’ont rien évacué. Et nous sommes même, cette fois, bloqués vingt kilomètres avant Gori quand une voiture, devant nous, se fait braquer par un escadron d’irréguliers qui, sous l’œil placide d’un officier russe, fait descendre les journalistes et leur arrache caméras, argent, objets personnels et, finalement, leur véhicule.

« Fausse nouvelle, donc. L’habituel ballet des fausses nouvelles dans l’art duquel les artisans de la propagande russe semblent décidément passés maîtres. Alors, direction Kaspi, à mi-chemin entre Gori et Tbilissi, où l’interprète de la députée a de la famille et où la situation est, en principe, plus calme. »


Le documentariste Raphaël Glucksmann conserve un souvenir différent de ce « braquage ». Le convoi de trois voitures est stoppé au dernier barrage de la police géorgienne où on leur déconseille fortement de continuer :


« Les policiers nous ont raconté qu’une voiture de l’UNHCR [le Haut commissariat aux réfugiés des Nations unies, ndlr] venait de se faire dépouiller au barrage russe. Nous avons donc rebroussé chemin. Je n’ai pas vu cette scène. C’est simple, la route fait un coude et juste après, à 500 mètres environ de là où nous sommes, il y a le barrage russe, mais on ne le voit pas. »


La version de l’eurodéputée sonne, elle aussi, bien différemment de celle de BHL. Contrairement à ce qu’affirme l’intellectuel, elle n’était pas à ses côtés à ce moment précis :


« Le jeudi, les autorités géorgiennes m’ont assuré que je pourrais aller le lendemain à Gori avec un convoi humanitaire. Mais, le vendredi, on attend une heure, deux heures, et on n’obtient toujours pas d’accord des Russes pour faire partir le convoi humanitaire.

« Je n’ai donc pas pris de voiture en direction de Gori avec Bernard-Henri Lévy. Je n’ai pas non plus cherché le patriarche, qui a eu l’autorisation de se rendre à Shrinvali pour aller récupérer des corps de Géorgiens, car je savais où il était, mais j’ai seulement regretté de ne pas l’avoir contacté avant.

« Je n’avais toujours pas bougé de Tbilissi quand, avec mon assistante géorgienne, on décide alors de se rendre au village de Kaspi, qui n’est pas en zone occupée. Et c’est là que Bernard-Henri Lévy revient vers moi et me dit : « On a fait équipe hier, est-ce qu’on continue à faire équipe ? »


Gilles Hertzog, n’était pas non plus avec BHL :


« Moi, je ne sais pas, je n’étais pas dans la même voiture que lui. Je ne sais plus exactement… Vous savez, on laisse faire nos chauffeurs, ce sont eux qui décident, qui savent où on peut aller. »


Les autos partent en fait à Kaspi pour constater la destruction d’une usine électrique que filmera Glucksmann.

Dernière soirée à Tbilissi, Sartre et la pureté dangereuse

Vendredi, seconde rencontre du philosophe avec le président géorgien Mikheïl Saakachvili. Bloqué depuis plusieurs jours dans sa résidence, le chef d’Etat interroge BHL et Raphaël Glucksmann :


« Il nous a demandé comment c’était à Gori et Kaspi. Puis, ils ont un échange sur le thème : « Pourquoi l’Occident ne répond pas ? »


Dans le récit qu’il a rapporté pour VSD, Hertzog raconte :


« Bernard-Henri Lévy tente de leur remonter le moral. Pourquoi ne pas inciter les pays de l’Otan qui ont appuyé la demande de la Géorgie à se prononcer solennellement ? Pourquoi ne pas tenir vos conseils des ministres dans une ville menacée ? Saakachvili retrouve un instant le sourire. ‘Très bonnes idées !’, lance-t-il. »


Ensuite, selon Glucksmann, les deux hommes parlent philosophie :


« Saakachvili a lu ‘La Pureté dangereuse’ et puis il a eu une prof de philo, ancienne correspondante de Sartre, et comme BHL a écrit sur Sartre… »


Retour à l’hôtel à l’aube, fin de l’escapade, tout le monde reprend l’avion vers 8h du matin. Direction Nice, où BHL a un rendez-vous. La folle vie continue.

Le journal britannique The Independant <http://www.independent.co.uk/opinion/columnists/pandora/pandora-bernardhenri-lvy-french-gift-to-georgia-900650.html>  ne s’est pas trompé sur la leçon à tirer de toute l’histoire. Dès lundi 18 août, ils écrivait:


« Les Américains ont envoyé des couvertures, les Estoniens des médecins, mais ce sont les Français qui, assurément, sont venus au secours des gens de l’Ossétie du Sud en proposant d’envoyer leur ‘nouveau philosophe’ [en français dans le texte, ndlr] Bernard-Henri Lévy. »


Julien Martin, Pascal Riché et David Servenay


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24 août 2008 7 24 /08 /août /2008 20:25

12 ans après l'église Saint-Bernard, les sans-papiers réclament leur régularisation

PARIS (AFP)

Plus d'un millier de personnes selon la police, plus de 2.000, selon les organisateurs, ont manifesté samedi à Paris à l'occasion du douzième anniversaire de l'évacuation des sans-papiers de l'église Saint-Bernard pour réclamer "la régularisation de tous les sans-papiers".

La manifestation, un cortège bon enfant formé de divers collectifs de sans-papiers d'Ile-de-France, de militants de la CGT, de Droits devant! et de RESF, est partie de la place de la République en direction de l'église Saint-Bernard derrière une banderole où était inscrit "Saint-Bernard 1996, sans-papiers 2008! Régularisation de toutes et de tous".

"L'occupation de l'église Saint-Bernard est historique pour le mouvement des sans-papiers en France. Tous les sans-papiers sont unis pour la même cause: la régularisation de tous les sans-papiers, qu'ils soient travailleurs grévistes ou occupant (de la Bourse du Travail à Paris, ndlr)", a déclaré Djibril Diaby, responsable de la Coordination de sans-papiers 75.

Des dizaines de manifestants, dont certains sont parties prenantes des grèves de travailleurs sans-papiers en cours actuellement, portaient des t-shirts portant l'inscription "Régularisez les travailleurs sans-papiers isolés en lutte".

Pour Jean-Claude Amara, le porte-parole de Droits devant!, la date de cette manifestation, où la situation des travailleurs sans-papiers est mise en avant, est "symbolique". Il souligne que le nombre de régularisations de travailleurs en situation irrégulière suite au mouvement de grève lancé le 15 avril en Ile-de-France "frôle 900".

"Ces 900 régularisations arrachées ont fait sauter des verrous et il y a des centaines d'autres régularisations qui sont faites parallèlement au mouvement via des fédérations patronales et des entreprises", a-t-il assuré, en ajoutant que son association "s'attaque maintenant à l'énorme chantier de l'intérim, qui concerne des dizaines de milliers de travailleurs sans-papiers".


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23 août 2008 6 23 /08 /août /2008 18:39

Marx et Engels avec 150 ans d'avance

 
Six textes anticolonialistes de Marx Engels sur l'Afghanistan, l'Inde, la Perse, la Chine ont été réédités dés janvier 2001 par "Mille et une nuits" (Ed. Arthéme Fayard, 37 rue du Four, 75006 Paris). Gérard Filoche avait été chargé de rédiger une postface à ces écrits d'une actualité étonnante (en librairie au prix modeste de 10 F). Voici la postface :


Il n'est pas surprenant qu'un général soviétique, cent cinquante ans après, lisant l'article d'Engels, alors que ses troupes étaient enlisées (entre 1979 et 1989) dans le bourbier afghan, conseille aux autorités américaines, après l'attentat de 2001 à New York, contre les Twin Towers, de ne pas chercher... à occuper le pays ni à conquérir Kaboul.
 
L'actualité de la "ligne Durand" :
 
Dans son article paru le 10 août 1857 dans la "Nouvelle encyclopédie américaine", Engels souligne déjà des traits fondamentaux permettant de décrire l'Afghanistan. Ce pays est un "terme purement poétique pour désigner diverses tribus et états, comme s'il s'agissait d'un pays réel. L'état afghan n'existe pas..." juge déjà Marx.

La tribu majoritaire, les pachtouns, (41 % de la population en l'an 2000) a particulièrement été victime de toutes les attaques des puissances qui entourent ou cherchent à occuper, ou à neutraliser son territoire : Marx et Engels montrent l'intérêt qu'avaient les colonisateurs britanniques à dominer l'Afghanistan en tant que "possession indispensable pour repousser toute force d'invasion venue d'Asie centrale et indispensable contre la Russie".

La suprématie britannique s'est établie en opposant Mahométans contre Hindous, tribu contre tribu, caste contre caste", et tandis que "tous luttaient contre tous" les soldats et les hommes d'affaires britanniques progressaient. Le plus symbolique de cette politique coloniale de division est sans doute l'existence de la frontière artificielle, ligne droite qui sépare encore l'Afghanistan du Pakistan, et du même coup, divise les pachtounes entre eux : elle s'appelle la "ligne Durand" du nom de l'officier britannique Mortimer Durand qui fut chargé de délimiter, après bien des péripéties, en 1892, l'Empire des Indes de son "garde-frontière", l'Afghanistan. La question pachtoune est depuis, devenue récurrente...
 
Les méfaits de la colonisation :
 
Marx décrit le pillage de l'Inde avec les mots qu'aurait aujourd'hui un militant d'Attac contre la mondialisation libérale. Il vante cependant l'apport des chemins de fer, encore une fois, avec un langage étonnant d'actualité. "Le jour n'est pas bien loin ou par une combinaison de chemins de fer et de bateaux à vapeur, la distance entre l'Angleterre et l'Inde, mesurée par le temps, sera réduite à huit jours, et où cette contrée jadis fabuleuse sera pratiquement annexée au monde occidental". L'avion et l'informatique, en 2001 ont réduit encore les distances... sauf en Afghanistan où il n'y a toujours pas de voies ferrées. Mais, écrit Marx le 22 juillet 1853, tout cela "n'émancipera pas la masse du peuple ni n'améliorera substantiellement sa condition sociale car ceci dépend non seulement du développement des forces productives mais de leur appropriation par le peuple"

De l'arsenic dans la farine du pain des colons :
 
Comment les Britanniques seront-ils vaincus en 1842 ? "les moyens employés par la nation insurgée ne peuvent être mesuré selon les règles reconnues de conduite d'une guerre régulière ni d'après nul autre étalon abstrait mais d'après le degré de civilisation de la nation insurgée." Marx décrit alors, non pas la prise d'un avion avec des cutters, ni l'envoi d'anthrax par la poste, mais les chinois qui incorporent de l'arsenic dans la farine du pain de la colonie européenne d'Hongkong, ou embarquent des armes cachées dans les vapeurs de commerce, enlèvent ou séquestrent les passagers européens, "se mutinent et plutôt que de se rendre, coulent ou périssent dans les flammes".

"Que peut une armée contre un peuple recourant à des tels moyens de guerre ? Où jusqu'à quel point, peut-elle pénétrer en pays ennemi et comment s'y maintenir ?"
Engels écrit un article qui raconte la déroute totale d'une armée de 12 000 soldats anglais et de 40 000 suivants devant Kaboul, Kandahar, et Djalalabad. Alors qu'ils pensaient avoir accompli la conquête du territoire afghan et avoir poussé les armées afghanes à la déroute, les troupes anglo-indiennes ont vu se dresser contre eux, le 2 novembre 1841, les forces insurrectionnelles coalisées de toutes les tribus et clans afghans.

Tous les régiments, toutes les garnisons, tous les soldats de l'empire de l'époque furent alors vaincus, poursuivis, tués, jusqu'à ce que la capitulation soit totale : les Britanniques ne gagnèrent qu'en 1898, lors d'une autre guerre... Avant que ne viennent les Russes de 1979 à 1989 et les Américains en 2001... nouvelle odyssée de l'histoire.

On retiendra en conclusion, une autre phrase étonnante de Marx : 
"Il s'agit de savoir si l'humanité peut accomplir sa destinée sans une révolution fondamentale dans l'état social de l'Asie"


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23 août 2008 6 23 /08 /août /2008 18:31

Devoir de vacances : révision des fondamentaux des Réparations.

Paris le 21 août 2008, Le Bureau de ARMADA

Origine : http://www.potomitan.info/articles/esclavage.html

Esclavage et engagisme :

Peut-on juridiquement envisager de ne pas réparer ?

un texte de Louis Sala-Molins

«Il conviendra d'aligner les dizaines, centaines d'événements de l'histoire d'Afrique, d'Asie, d'Amérique, d'Océanie...»

le 23 mars 2002.



Dans le débat sur les réparations, trois préalables à l'approche de l'esclavage afro-américain de la grande époque, de signe exclusivement chrétien.

Le premier est de nature juridique.

Si les textes juridiques internationaux en vigueur aujourd'hui disent «imprescriptibilité» lorsqu'ils disent «crime contre l'humanité» et s'ils qualifient la traite et l'esclavage de crimes contre l'humanité, les effets criminels de l'une et l'autre, hier et aujourd'hui, sont imprescriptibles.

Le deuxième est d'ordre idéologique.

La licéité juridique pluriséculaire de l'esclavage ne signifiait pas sa bonté morale, parce que si le droit et la morale convergent parfois dans la pratique, leurs domaines théoriques ne se recouvrent pas.

Le troisième concerne l'histoire.

Qu'au nom de la raison Aristote ait brocardé en son temps les quelques illustres inconnus qui niaient l'existence d'un «esclavage naturel»; que Las Casas ait condamné dans le sien ceux qui légitimaient au nom du droit, de la morale et de le religion l'asservissement des Indiens chez eux et celui des Noirs déportés prouve que le consensus historique ne vaut pas forcément raison. Une fois rappelés ces trois préalables imposés par l'histoire, la question de la légitimité d'une exigence de réparation juridique pour l'esclavage de la grande époque de la traite négrière et de ses conséquences néfastes jusqu'à nos jours est superflue. Seule question juridiquement nécessaire : comment réparer ?

L'imprescriptibilité est de droit. Nombreux, les ayants-droit sont là. Il est donc urgent d'argumenter ce « comment ». On y parvient en toute rigueur en formulant deux autres questions et en leur apportant des réponses en harmonie avec le droit et l'histoire, dont l'accord avec l'idéologie permet de lire le droit dans l'histoire et le présent, l'histoire dans le présent du droit.

Deux questions. Que doit-on réparer? Qui doit réparer? Les réponses commandent l‘opportunité de la troisième : comment réparer?

QUE DOIT-ON REPARER ?

On doit réparer tout ce qui, dans le crime en question, est juridiquement pondérable, mesurable, quantifiable.

Non la valeur infinie des vies interrompues. Non l'immensité inénarrable de la tragédie sur la vastitude du sol africain, tout le long de l'interminable traversée de l'océan, sur chaque pied et chaque coudée des mouroirs insulaires et continentaux. Non la sauvagerie au quotidien des siècles durant. Non l'asservissement sexuel. Le vécu viscéral, existentiel, psychique, charnel de cette tragédie déborde la grammaire du droit et n'est aujourd'hui pondérable que dans le trouble effaré des consciences. L'infinitude dépasse le droit et convoque la morale. Sont quantifiables les heures et les jours, les mois et les années, les décennies et les siècles d'esclavage. Est quantifiable en terres d'esclavage l'écart en nombre d'années entre l'espérance moyenne de vie des colons esclavagistes d'une part, des esclaves d'autre part. Est pondérable la quantité de travail fournie par l'esclave. Est mesurable la part (la part?) qui lui revient du
«miracle économique» de l'industrie sucrière et de quelques autres. A combien la journée de travail sera-t-elle chiffrée? Combien de millions d'esclaves? Combien de journées ouvrables pour l'esclave dans l'année? Combien d'années volées? Tout cela fait combien de millions de journées, une fois additionnées les durées de vie de chaque esclave avant de mourir d'épuisement ou sous les coups et les châtiments les plus cruels, les tortures les plus raffinées? Et si, comme il est scientifiquement acquis, l'espérance de vie des esclaves est brutalement inférieure à celle des colons et des «petits blancs», chiffrera-t-on les années volées, celles qui témoignent le plus fort de la nature indiscutablement génocidaire de toute l'entreprise, au même prix que les années de labeur? Des Etats, qui choyaient les compagnies négrières, versaient aux négriers une prime par tête de nègre –en France, la prime atteignit sa valeur maximale
aux années glorieuses de début de la Révolution- : cela fait combien, toutes ces primes, du début à la fin de l'infâme commerce? Sont quantifiables les bouleversements des économies intra-africaines, dont la traite de signe chrétien (il ne sera pas question ici de la traite de signe musulman et arabe aussi féroce, aussi brutale, aussi massive que celle dont la croix est l'étendard) est responsable. Combien, ces bouleversements?

Toutes ces données - et il en est d'autres - sont quantifiables. Il faut et il suffit que des historiens de l'économie nourrissent de données leurs ordinateurs. Qui cracheront des chiffres. Dont le gigantisme des plus hauts épouvantera.. Dont les plus bas seront encore monstrueux. Au beau milieu de cette fourchette, le chiffre moyen, cruellement spectaculaire, s'affichera comme l'approximation la moins aberrante du vrai. Qu'on s'y tienne. Que le droit s'en empare. Qu'il impose réparation à sa hauteur, sachant qu'il ne gommera pas pour autant la crapulerie de ce génocide utilitariste, dont les descendants actuels et à venir des victimes garderont inentamé le droit (parce qu'ils l'ont) de gérer la mémoire comme bon leur semblera…ou comme ils pourront. On n'aura quantifié que le quantifiable, pondéré que le pondérable. Et on aura fourni au droit les données économiques dont il a besoin pour s'imposer avec force, comme il se doit. Il
suffit de vouloir et de clairement faire savoir à qui doit réparer l'irrévocable de cette volonté.

QUI DOIT REPARER ?

Doivent réparer les nations de chrétienté, à proportion exacte des légitimations qu'elles ont produites de ce commerce et de cette lente extermination génocidaire. Et à la mesure exacte des débordements de ces légitimations qu'elles ont tolérés, qu'elles n'ont pas poursuivis, dont elles se sont charitablement arrangées. Personne n'aura le front d'invoquer là contre une prescription quelconque résultant «logiquement» d'un changement d'ère et de régime ou de code, opérant une rupture totale avec un passé historique  : le crime dont nous parlons est imprescriptible. Les Etats y sont impliqués: cette imprescriptibilité suppose, c'est une évidence, leur continuité.

A titre d'exemple, la France. Ancien régime, révolution, empires, restaurations, une quasi demi-douzaine de républiques, la continuité de l'Etat est, ici, un principe administratif, théorique, fiscal, juridique, esthétique, culturel incontournable, dont les incidences sont de tous les jours et de tous les instants. Dans cette continuité à l'harmonie ou à la dialectique souvent vantées, la cinquième république évoque les fastes historiques de «  la France éternelle  », s'émeut du baptême de Clovis, célèbre le fantastique allant du juridisme de Colbert et la belle rigueur du code Napoléon. Le très chrétien Code noir naît avec Colbert et Louis XIV, triomphe sous la Révolution et périclite avec elle, renaît avec Bonaparte, expire aux aurores de la II République. Belle continuité de l'Etat. Et cet Etat chercherait , à grands frais de ténors des prétoires, ailleurs qu'en lui-même le criminel de ce crime contre l'humanité?
Ailleurs qu'en lui-même l'assassin devant réparation? Irait-il, pour se dédouaner, fouiller dans les archives, fureter dans les livres de comptes des armateurs, des colons, des négriers, des moines, des archevêques, des békés, de tous ces parfaits serviteurs de sa politique de mort et poursuivre leurs descendants, même ceux des prélats et des jésuites?

Dans ces grandes lignes, ce qui vaut pour la France vaut pour chacune des autres nations de chrétienté ayant peu ou prou pratiqué l'ignoble commerce.

COMMENT REPARER ?

Restons encore en France, bien que l'argumentaire qui suit vaille, mutatis mutandis, comme au paragraphe précédent, pour l'Angleterre, le Portugal, la Hollande etc.

La proposition de loi Taubira, devenue «loi Taubira», comprenait un article qui tomba à la poubelle de l'histoire, au sens strict du terme, dès l'analyse du texte en Commission des lois, sans même franchir le seuil de l'hémicycle.

Que disait-il? Voici : «Article 5.- Il est instauré un comité de personnalités qualifiées chargées de déterminer le préjudice subi et d'examiner les conditions de réparation due au titre de ce crime. Les compétences et les missions de ce comité seront fixées par décret du Conseil d'Etat ».

Que pourrait-il jumeler ce comité, à titre de «réparation due», au désastre pluriséculaire et intercontinental, même abstraction faite de l'intensité du négoce avant codification franche et royale en 1685 et de sa continuation républicaine et chafouine après 1848 ? La rémission de la dette de tel et tel pays africains ci-devant razziés pour faire pousser la canne à sucre et le coton français ? La restitution à Haïti des cent cinquante millions or dont la France républicaine aussi bien qu'impériale lui exigea le payement en dédommagement de sa perte? La levée de l'obstacle financier aux projets indépendantistes antillais? La corrections des inégalités scandaleuses, abyssales sur les « terres d'esclavage» entre les fortunes des héritiers des colons et les gagne-pain des descendants d'esclaves? La constitution d'un fonds de solidarité géré par l'ONU, destiné au développement, l'éducation et la santé des groupes de
populations civiles descendant d'esclaves déportés ? Tout cela à la fois sans préjuger de tant d'autres projets que suggéreraient à coup sûr les ayants-droit si le comité daignait, la moindre des choses, demander leur avis? Le comité aurait de quoi faire et l'Etat devrait favoriser le débat, qui déborderait évidemment le cercle des «personnalités qualifiées» dont il devrait seconder les efforts et s'approprier les décisions.

Aussi simple que cela, aussi lourd que cela pour une approximation crédible des réparations à l'immensité du pondérable dans le crime, à distance nécessairement infinie de l'impondérable substance du crime lui-même.

L'alternative est claire. Ou bien cela, ou bien le droit international s'efface et les « repentants » marmonnent entre deux sanglots la forte parole de Tocqueville lors de l'abolition de 1848 : « Si les nègres ont le droit de devenir libres, il est incontestable que les colons ont droit à ne pas être ruinés par la liberté des nègres ».

Il est fréquent d'entendre ici et là des argumentations pour ou contre les réparations mélangeant, contre tout bon sens, la traite des Noirs réduits à l'esclavage et déportés outre-mer, les pratiques de capture et d'asservissement intra-africaines d'avant-hier, d'hier et résiduellement d'aujourd'hui, les traites transsahariennes de signe arabo-musulman, les brigandages des nations de chrétienté sur toute l'étendue de l'Afrique et en quelques autres quartiers de la planète pendant toute la durée des colonialismes modernes etc. Ce qu'étant fait, côté partisans des réparations on en exige l'effectivité et on en suggère le moyen le premier et le plus simple : l'effacement de la dette des nations historiquement victimes. Comme ça, d'un coup, sans autre analyse… Côté opposition aux réparations et résignation discrète ou tapageuse à quelque repentance, on allègue les complicités historiques de tel ou tel peuple africain avec les
prédateurs, les envahisseurs, les exterminateurs, on invoque des pactes entre colonisateurs et colonisés, on parle « progrès », nouvel ordre, voire abolition de l'esclavage, on regrette l'impossibilité de faire « la part des choses », on exige enfin qu'on tourne la page, avec d'autant plus de sérénité que les bilans sont globalement positifs…

Nul ne prétendra qu'il ne soit commode chez les «pour» et chez les «contre» de céder à la tentation de crier la conclusion sans avoir médité les prémisses. Mais chacun conviendra que pareille méthode se joue de la raison et du droit, lesquels exigent tout simplement de disposer de ce qui est à portée de la recherche : il faut vouloir savoir, et cela suffit.

Les archives existent et chacun peut y aller voir. L'historiographie n'est pas le jeu de l'oie. La notion de « peuple coupable » est une chimère. L'Afrique a une histoire, elle n'est ni de la seule géographie ni, n'en déplaise à Hegel, de la pure durée.

Que les «pour» l'ouvrent, cette histoire; qu'ils s'en saisissent.

Qu'ils comparent, en les distinguant mais en les articulant, aux désastres afro-américains des temps des «codes noirs» les désastres africains des temps des «codes de l'indigénat». A chaque crime son «instruction» et, conformément à l'adage, «nul crime sans punition, nul crime sans loi».Il conviendra d'aligner les dizaines, centaines d'événements de l'histoire d'Afrique, d'Asie, d'Amérique, d'Océanie, dont les traces archivistiques, monumentales et autres dénonceront à l'esprit de ceux qui les approcheront sans parti pris le caractère de génocide ou d'autres crimes contre l'humanité, juridiquement imprescriptibles. Les mêmes pesées historiques mettront en évidence non la culpabilité de peuples agresseurs et des complicités de peuples agressés, mais la culpabilité des Etats agresseurs et des compromissions ponctuelles de puissants complices chez les agressés. 

Que les «contre» en fassent autant.

La constitution de chaque dossier sera longue. La tâche sera lourde. Mais l'enjeu est de taille : s'installer dans le droit ou le vider totalement de son sens en évacuant dans l'indécence de quelque remords moral le devoir indépassable de la réparation d'une kyrielle cauchemardesque de «crimes contre l'humanité».

Ne nous voilons pas la face: si les généreux révolutionnaires du siècle des Lumières demeuraient dans leur grande majorité d'affreux conservateurs vis-à-vis des hommes de couleur, c'est tout simplement parce qu'ils étaient les dignes représentants d'un pays qui avait fait de la traite des nègres et de l'esclavagisme dans ses colonies deux des principaux piliers de sa prospérité commerciale sous l'Ancien Régime. - Alain Rollat Les droits de l'homme noir, Le Monde 14 juillet 1989.

On dit, pour excuser l'esclavage des Nègres achetés en Afrique, que ces malheureux sont des criminels, condamnés au dernier supplice, ou des prisonniers de guerre, qui seraient mis à mort s'ils n'étaient pas achetés par les Européens. D'après ce raisonnement quelques écrivains nous présentent la traite des Nègres comme étant presque un acte d'humanité.
Condorcet, Réflexions sur l'esclavage des Nègres, (1781).

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23 août 2008 6 23 /08 /août /2008 18:26

La France doit retirer ses troupes d’Afghanistan

par Réseau Voltaire

www.voltairenet.org

Les obsèques nationales, présidées par M. Sarkozy, des parachutistes français morts en Afghanistan ne sauraient valoir approbation de la mission qu’il leur a confiée. Il est nécessaire de s’interroger sur les raisons de cette guerre et sur sa légitimité. Il est nécessaire de sortir d’un engagement auquel le président de la République n’aurait pas dû souscrire, seul, au nom de la France.

Dix soldats français sont tombés au champ d’honneur, le 18 août en Afghanistan. Cette nouvelle glace le sang, car nous, Français, sommes tous responsables de leur mort. Ils avaient accepté de prendre le risque ultime lorsque, en notre nom collectif, le président de la République les avaient envoyés en mission. Ils pensaient nous défendre face à un danger, certes lointain, mais bien réel. Ils pensaient servir notre patrie.

Or, nous savons tous qu’il n’en est rien. Nicolas Sarkozy lui-même admettait lors de sa campagne électorale que la présence française en Afghanistan n’était pas essentielle pour nos intérêts. Pourtant, une fois élu, il a pris la décision, contre l’avis de l’état-major interarmes et contre celui de la majorité des Français, d’envoyer 700 hommes supplémentaires sur ce front. C’est une lourde responsabilité.

Aucune analyse nouvelle ne motive ce revirement. Le président Sarkozy a toutefois considéré que s’il n’y a aucun intérêt vital pour la France à combattre en Afghanistan, il y en a un à développer l’OTAN. C’est pour faire vivre l’Alliance que nos concitoyens sont morts.

Une guerre illégale

Pour comprendre les enjeux de ce conflit et le rôle de l’OTAN, souvenons-nous des événements précédents. En janvier 2001, le président George W. Bush entre à la Maison-Blanche. Le vice-président Dick Cheney consacre toute son énergie à la mise en place du Groupe de développement de la politique énergétique nationale (NEPD), dont il préside les débats à huis-clos. Il y est décidé d’exclure autant que faire ce peut la Russie et l’Iran de l’exploitation des hydrocarbures de la Mer Caspienne. À cette fin, un premier pipe-line transportera le pétrole jusqu’à la Méditerranée via la Géorgie (le « BTC ») et un second jusqu’à l’Océan indien via l’Afghanistan.

Au printemps 2001, l’Allemagne, en tant que présidente du Groupe de suivi de l’Afghanistan, organise des négociations multipartites à Berlin. Outre l’Émirat taliban non reconnu par la communauté internationale, les États-Unis, le Royaume-Uni, la Russie et le Pakistan y sont conviés. Autour de la table, on discute de l’avenir du pays, mais dans les couloirs on ne parle que du pipe-line que souhaite construire la firme californienne Unocal. En définitive, selon le rapport du négociateur pakistanais Naiz Naik, les Anglo-Saxons, furieux de l’intransigeance talibane, mettent fin à la réunion et annoncent que ce sera la guerre.

En août 2001, l’OTAN achemine 40 000 hommes en Égypte, tandis que la marine britannique se déploie en mer d’Oman. Le 9 septembre, le leader du Front islamique (pro-russe) [1], Shah Massoud, est assassiné, de sorte que Moscou n’ait pas de relais locaux pour s’opposer à l’invasion anglo-saxonne.

Le 11 septembre des attentats spectaculaires frappent New York et Washington. L’administration Bush les attribue à Oussama Ben Laden, lequel vit dans l’émirat taliban. Ils exigent qu’il leur soit livré pour être jugé, ce que Kaboul accepte de faire. Mais il est trop tard, l’armada états-unienne, positionnée sur zone depuis août, est déjà en mouvement.

Les ambassadeurs états-unien et britannique à l’ONU remettent chacun une lettre au président du Conseil de sécurité pour évoquer la légitime défense. Le secrétaire d’État Colin Powell, assure que les preuves de la responsabilité afghane dans les attentats seront présentées incessamment sous peu au Conseil de sécurité. Elle ne viendront jamais.

Étrangement, les États-Unis qui ont invoqué la clause 5 du Traité de l’Atlantique Nord pour mobiliser leurs alliés contre les terroristes dont ils se disent victimes, n’associent que le Royaume-Uni (puis l’Australie) à leur expédition militaire. Mais c’est bien ainsi qu’elle était planifiée avant le 11 septembre. Des groupes locaux sont enrôlés comme mercenaires pour mener les combats au sol, les Anglo-Saxons se limitant à leur fournir un appui aérien, puis liquidant sous un tapis de bombes les poches de résistance.

Après la déroute des talibans, Washington installe des institutions fantoches présidées par Hamid Karzaï (ressortissant états-unien, ex-agent de la CIA devenu cadre d’Unilocal en charge de la construction du pipe-line). La communauté internationale prend acte du fait accompli, tandis que la Russie, qui n’a toujours pas digéré l’agression de l’OTAN contre le Kosovo, avale cette nouvelle couleuvre. Toutefois, prenant date avec l’Histoire, le président Poutine observe que la légitime défense n’est pas établie et que l’invasion de l’Afghanistan est illégale.

L’engrenage

Une coalition de pays se porte volontaire, lors de la conférence de Bonn sur la reconstruction, pour assurer la sécurité en Afghanistan d’abord en lien avec l’Autorité de transition, puis avec les nouvelles institutions dans le cadre de l’ONU. Tous les volontaires sont des satellites des États-Unis qui adoptent les thèses de Washington. La Russie et ses alliés, qui dénoncent une grave violation du droit international, refusent d’envoyer des hommes.

Progressivement, il s’avère que la population afghane, même opposée aux talibans, n’approuve ni le gouvernement Karzai —dont l’œuvre se limite à avoir fait du pays le premier producteur mondial de pavot—, ni la présence anglo-saxonne. En août 2003, face à l’instabilité grandissante, Washington (qui concentre alors son effort en Irak) souhaite que l’OTAN prenne le commandement de la Coalition des volontaires et lance une offensive contre-insurrectionnelle. Il ne s’agit plus de lutter contre le régime taliban, mais contre la population afghane.

Certains des États volontaires, dont la France, se sentant piégés, tentent de s’en tenir au mandat de l’ONU visant à sécuriser le pays et à le reconstruire. À l’inverse de son prédécesseur, le choix de Nicolas Sarkozy aura été de faire basculer la mission des forces françaises du mandat onusien initial vers la stratégie atlantiste de contre-inusurrection. De facto, les forces françaises se retrouvent supplétives des états-uniennes dans une guerre coloniale. Ce n’est pas pour cela que nos soldats se sont rangés sous notre drapeau.

Les forces US étant déjà surdéployées en Irak, l’OTAN ne peut augmenter ses troupes en Afghanistan qu’en mobilisant des contingents alliés.

Washington espère d’abord une aide canadienne, mais le rapport Manley met en garde Ottawa : le fardeau est trop lourd et ne doit être accepté que si un autre membre de l’OTAN en partage le poids. Washington sollicite alors Paris qui prend le temps de la réflexion. En France, rien ou presque ne filtre dans la presse des analyses en cours à l’Élysée et rue Saint-Dominique, tandis qu’au Canada, le Premier ministre Stephen Harper et les leaders politiques les plus en vue rapportent leurs contacts avec le président Sarkozy et donnent des détails sur ce que sera l’engagement français. En définitive, celui-ci est annoncé par Condoleezza Rice lors d’une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre britannique aux Chequers. La nouvelle est confirmée par Nicolas Sarkozy, non pas au peuple français ou à ses représentants, mais aux députés britanniques lors de son discours de Westminster.

La mise des troupes françaises au service du projet colonial anglo-saxon et leur renforcement préfigurent la réintégration de la France dans le commandement intégré de l’OTAN, prévue pour avril 2009. Le président Sarkozy a souhaité qu’elle aille le plus loin possible. C’est l’obstination du général Bruno Cuche, chef d’état-major de l’armée de terre, qui y a posé une limite, empêchant notamment le déploiement des chars Leclerc. On sait que celui-ci a refusé de se couvrir du même déshonneur que Nicolas Sarkozy et qu’il lui a présenté sa démission lorsque l’occasion s’est présentée.

Nous ignorons quelles menaces ou quelles gratifications les États-Unis ont promis au Canada et à la France pour les convaincre d’envoyer des troupes pour le seul bénéfice de l’Oncle Sam. Par contre, nous observons que les décisions de Stephen Harper et de Nicolas Sarkozy correspondent à la réintroduction par le département d’État US du pétrolier franco-canadien Total en Irak. Un accord a été signé entre Chevron (la société dont Condoleezza Rice était administratrice) et Total (dont le Canadien de Neuilly-sur-Seine Paul Desmarais, mécène des campagnes électorales d’Harper et de Sarkozy, est l’actionnaire de référence).

Ceci étant posé, nous devons songer à nos soldats morts. Ils ont fait leur devoir. Le nôtre, c’est d’éviter que d’autres jeunes gens ne soient sacrifiés comme eux à des intérêts étrangers ou privés. La France doit immédiatement retirer toutes ses troupes d’Afghanistan.


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23 août 2008 6 23 /08 /août /2008 18:19

Les deux bateaux "briseurs de blocus" accueillis dans l'euphorie par les Gazaouis


 

GAZA, Bande de Gaza (AP)


 

  Après deux jours en mer depuis Chypre et nombre d'incertitudes sur le devenir de leur mission, les deux bateaux affrétés par les militants du mouvement Free Gaza pour briser le blocus israélien du territoire palestinien ont accosté samedi à Gaza, après avoir reçu d'Israël l'autorisation de débarquer.

 

Le "Free Gaza" et le "Liberty", arborant le drapeau palestinien et le slogan "Halte à l'occupation", ont accosté dans le petit port de pêche de la ville de Gaza, accueillis par cinq bateaux petits bateaux venus à leur rencontre, en musique, et les applaudissements et les youyous de milliers de Palestiniens sur le quai. Des enfants fous de joie ont sauté à l'eau pour monter à bord.


"Nous avions tous mal au coeur, nous étions tous épuisés. Mais cette dernière heure nous a totalement remis sur pied", a déclaré Ayash Daraj, journaliste de la chaîne satellitaire panarabe al-Jazira, qui a fait la traversée avec les militants.


"Ils sont très courageux, ils sont très forts, je suis fière d'eux", a déclaré Samira Ayash, maîtresse d'école à la retraite venue saluer les militants.


Auparavant, Angela Godfrey-Goldstein, une des porte-parole de ce groupe de militants des droits de l'Homme originaire des Etats-Unis, avait accusé Israël de saboter cette mission en brouillant les systèmes de communication des bateaux. "Je ne vois pas d'autre raison, ni d'autre partie y ayant un intérêt", a-t-elle ajoutant, estimant que l'Etat hébreu mettait en danger la sécurité du groupe.


L'Etat hébreu avait mis en garde Free Gaza contre cette mission, qualifiée de provocation inacceptable. "Nous suivons l'évolution de la situation, et s'ils cherchent à faire de la provocation, nous saurons comment l'éviter", a déclaré Arye Mekel, porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Il a dit ne pas être au courant d'un éventuel brouillage des communications des bateaux.


Mais un autre porte-parole du ministère, Aviv Shiron, a ensuite affirmé samedi après-midi que les bateaux pourraient débarquer.


Dans leur communiqué, les membres de "Free Gaza" on jugé qu'ils étaient "victimes de piratage électronique" et, notant qu'ils ne sont pas "des marins expérimentés", disent s'inquiéter "pour la santé et la sécurité des personnes à bord".


Dans la matinée, par gros temps, les bateaux, battant pavillon grec, étaient restés dans les eaux internationales. A Gaza, une armada de petits bateaux avait pris la mer, transportant militants, journalistes et même une fanfare pour aller à leur rencontre, avant de faire demi-tour en raison de l'état de la mer.


Le "Free Gaza" et le "Liberty" avaient quitté Chypre vendredi pour la traversé, estimée à 30 heures, cherchant à briser le blocus de Gaza imposé par Israël depuis 14 mois et la prise de contrôle du territoire par le Mouvement de la Résistance islamique (Hamas) en juin 2007.


S'il a été parfois été allégé, le blocus n'a jamais été levé, Israël autorisant le passage d'aide humanitaire, un siège qui provoque d'importantes pénuries dans le territoire où s'entassent 1,4 millions d'habitants.


Parmi les 46 militants venus de 14 pays, on trouve notamment une religieuse catholique de 81 ans et la belle-soeur de l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair, aujourd'hui émissaire du Quartette pour la paix au Proche-Orient.


Cette dernière, Lauren Booth, a expliqué à son arrivée que "dans cette guerre médiatique, il était impossible pour (Israël) de gagner, car ils ne peuvent justifier ce qu'ils font à votre port et à vos frontières".


Les 46 militants, devenus ainsi les premiers étrangers à briser le blocus de Gaza, apportent 200 prothèses auditives pour enfants destinées à une ONG (organisation non gouvernementale) palestinienne, et veulent aussi distribuer 5.000 ballons.


Ils devraient rester à Gaza 24 heures, et leur mission a été saluée par le Premier ministre Hamas du territoire, Ismaïl Haniyeh. "Nous appelons à ce que d'autres activités viennent briser le siège injuste imposé à notre peuple, a-t-il lancé.


"L'Occident est ignorant, l'Amérique est ignorante, c'est pourquoi nous sommes ici", a expliqué Tom Nelson, avocat de 64 ans, venu de l'Oregon. Et d'appeler à la "justice", estimant que le gouvernement israélien "doit traiter les Palestiniens comme il traite les Israéliens".


"Personne ne pense que ces bateaux vont vraiment briser le siège, mais c'est un message moral: ce qui se passe (à Gaza) est illégal et inhumain, et doit cesser", a jugé le militant des droits de l'Homme Raji Sourani. AP

 

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21 août 2008 4 21 /08 /août /2008 19:34
Vers une nationalisation de Freddie Mac et Fannie Mae


LE MONDE | 21.08.08 | 13h55  •  Mis à jour le 21.08.08 | 13h58


NEW YORK CORRESPONDANT


ue va-t-il advenir de Fannie Mae et Freddie Mac, les deux pivots du crédit immobilier américain depuis près de quatre décennies, dont la capitalisation boursière s'est effondrée de manière accélérée depuis le début de la semaine ? A eux deux, ils détiennent ou garantissent quelque 5 300 milliards de l'encours actuel du crédit immobilier américain, soit 45 % de son montant total. Le premier a encore vu son titre reculer de 26,8 % mercredi 20 août à Wall Street, le second de 22 %. En un an, la valeur boursière des deux organismes s'est écroulée de respectivement 93,7 % et 95,3 %.

 


Autant dire qu'en termes de capitalisation ils ne valent "plus rien". Et ils doivent, d'ici à fin septembre, refinancer une grande part de leur dette, évaluée à 223 milliards de dollars - un montant dont, à vrai dire, personne ne sait précisément aujourd'hui quelle est sa validité tant, mois après mois, il a augmenté.


Or l'effondrement du marché immobilier américain, qui s'accompagne mécaniquement d'une forte réduction du nombre des demandes de prêt, compromet lourdement la capacité des deux organismes à rembourser leurs propres dettes. Ils se financent en effet prioritairement en bénéficiant d'une autorisation d'emprunter à des taux préférentiels, pour prêter eux-mêmes aux organismes de crédit privés américains ou garantir leurs prêts. Plus le volume de ces prêts diminue, plus leurs recettes baissent.


Fannie et Freddie sont sans doute loin d'avoir touché le fond, car la détérioration du remboursement du crédit immobilier aux Etats-Unis se poursuit elle aussi, malgré le plan de sauvetage signé le 30 juillet par le président Bush pour permettre à un demi-million d'Américains - sur les 2,5 millions aujourd'hui insolvables - de refinancer leur emprunt à des conditions avantageuses. Selon une étude du site spécialisé Zillow.com, la dette en cours de quelque 14 % des emprunteurs immobiliers américains est désormais supérieure à la valeur du bien qu'ils ont acquis.


Le PDG de Fannie Mae, Daniel Mudd, a cherché mercredi à rassurer une fois encore les marchés : " Nous avons, a-t-il juré, plus de capitaux que nous n'en avons jamais eu", et son organisme n'a aucunement besoin d'être secouru par le Trésor américain. D'ailleurs, il ne le lui a "jamais demandé". Peine perdue : les marchés sont persuadés que le plan de sauvetage des deux sociétés, adopté le 14 juillet dernier par le Trésor américain et la Réserve fédérale (Fed), ne sera pas suffisant.


Ce plan autorisait une hausse illimitée du crédit auquel ils ont droit, un achat "provisoire" par l'Etat de leurs actions et la possibilité, pour la Fed, de leur allouer un prêt le cas échéant. Mais Wall Street, toute la journée de mercredi, bruissait d'une rumeur perçue comme de moins en moins hypothétique : celle d'une inéluctable "nationalisation" de Fannie et Freddie. Dès la veille, un ancien économiste en chef du FMI, Kenneth Rogoff, a déclaré à l'AFP qu'ils "doivent être nationalisés". L'ancien président de la Fed, Alan Greenspan, avait déjà émis la même idée dans un entretien au Wall Street Journal du 13 août.


De fait, la seule option qui permettrait d'éviter la nationalisation consiste à trouver des moyens de recapitalisation par les marchés. Mais, à la différence du sauvetage, en mars, de la banque d'affaires Bear Stearns, orchestré par la Fed par le biais du financement d'une reprise par la banque JP Morgan, aucun organisme du secteur financier américain (dont les pertes dépassent les 300 milliards de dollars depuis le début de la crise des subprimes, à l'été 2007) n'a aujourd'hui les moyens d'assumer une reprise de cet ordre, dans l'état de récession lourde dans lequel se trouve l'immobilier aux Etats-Unis. Quant aux marchés, tant que la rumeur de possible nationalisation perdurera, ils hésiteront à investir dans ces deux organismes, de crainte de perdre leur mise.


Une recapitalisation par des fonds souverains étrangers, chinois, russes ou arabes, qui ont récemment beaucoup oeuvré au renflouement des banques américaines, semble dans ce cas exclue pour des motifs politiques, alors que le sentiment protectionniste croît aux Etats-Unis à quelques semaines de l'élection présidentielle. Comme est a priori exclue une hausse du taux d'emprunt accordé par Fannie et Freddie aux organismes de crédit pour se renflouer partiellement, laquelle aurait des conséquences catastrophiques sur les taux accordés par ces derniers aux emprunteurs privés, risquant d'accélérer plus encore l'effondrement du marché immobilier.


La chaîne financière CNBC et le site du Wall Street Journal annonçaient, mercredi, que les dirigeants des deux organismes devaient être reçus en soirée par le secrétaire au Trésor, Henry Paulson. Selon le Wall Street Journal, le ministre a demandé à ses services de préparer un "plan" de renflouement de Fannie Mae et Freddie Mac susceptible d'être appliqué d'urgence à tout moment.


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21 août 2008 4 21 /08 /août /2008 19:26
Le Pakistan à l'heure du choix du successeur de M. Musharraf


LE MONDE | 21.08.08 | 13h59


i le peuple pakistanais a manifesté sa joie après l'annonce, lundi 18 août, de la démission du chef de l'Etat, Pervez Musharraf, et si les marchés financiers ont grimpé de 4 %, le pays doit encore conjurer ses vieux démons : l'instabilité politique.

 


Pour l'heure, c'est le président du Sénat qui assure l'intérim à la tête du pays. Les textes prévoient qu'il faut que les assemblées provinciales et nationales désignent, dans les trente jours, un nouveau chef de l'Etat. A cet égard, les chefs de la coalition au pouvoir depuis les élections législatives de février se sont réunis, lundi et mardi, afin de redistribuer les cartes.





Asif Ali Zardari, le veuf de l'ex-premier ministre Benazir Bhutto, assassinée fin 2007, qui dirige le Parti du peuple pakistanais (PPP), principal mouvement politique du pays, n'a pas fait mystère de son souhait d'accéder aux plus hautes fonctions du pays.

 


CONTESTATION POPULAIRE

 


L'autre pilier de la coalition est l'ex-premier ministre Nawaz Sharif, dirigeant de la Ligue musulmane du Pakistan (PML-N), qui a été chassé du pouvoir par M. Musharraf lors d'un coup d'Etat, en 1999. Il n'avait eu de cesse, depuis mars, d'obtenir sa vengeance en exigeant son départ. Il n'a pas fourni d'éléments sur son avenir, mais son parti juge peu probable que Zardari soit désigné chef de l'Etat.


La coalition évoquait, mardi, comme candidats potentiels à la présidence, Mehmud Khan Achakzaï, de la province du Baloutchistan (sud-ouest), et Aftab Shoban Mirani, de la province méridionale du Sind. Le choix pourrait aussi se porter sur des femmes, comme Fehmida Mirza, présidente de l'Assemblée nationale, ou la soeur de M. Zardari, Faryal Talpur. Enfin, le nom de M. Asfandar Wali Khan, leader du Parti libéral, membre de la coalition, est également cité. Le fils de Benazir Bhutto, âgé de 19 ans, nommé coprésident du PPP à la mort de sa mère, a assuré, lundi, que le prochain président serait issu de son parti.


La démission de M. Musharraf a mis fin à dix-huit mois de crise politique et paraît entériner l'avancée du pouvoir civil dans un pays que l'armée a dirigé plus de la moitié de son histoire. Ces dernières années, la population a commencé à se manifester dans la rue réclamant des conditions de vie décentes (30 % de la population vit sous le seuil de pauvreté).


Au mois de juin, les avocats ont pris la parole et défilé dans la rue pour dénoncer les atteintes du régime aux libertés. Cette profession, traditionnellement muselée et parfois décriée, s'exprimait de façon inédite. De même, la contestation du régime Musharraf a vu émerger une magistrature en mal d'émancipation par rapport au pouvoir politique. A sa tête figure l'ex-chef de la justice, Iftikhar Chaudry, radié par M. Musharraf en 2007 pour avoir contesté les conditions de sa réélection. M. Sharif a indiqué, mardi, "croire que les juges" de la Cour suprême, limogés par l'ex-chef de l'Etat, "devraient être rétablis dans leurs fonctions mercredi 20 août".

 


UN LONG CALCUL

 


Enfin, si le choix de la procédure de destitution visant M. Musharraf était le fruit d'un long calcul politique de MM. Zardari et Sharif, il symbolisait aussi le recours à un outil juridique institutionnel qui renforçait la fragile démocratie pakistanaise.


En dépit des spéculations qui prêtaient à M. Musharraf l'intention de s'engager dans une longue épreuve de force, avec le soutien implicite de l'armée pakistanaise, lui qui était encore chef des armées en novembre 2007, les militaires sont, pour l'instant, restés dans leur caserne.


Le successeur de M. Musharraf à la tête des armées, le général Kayani, pourtant décrit comme l'un de ses fidèles, n'a pas montré, à ce jour, de volonté de mêler l'institution militaire à la vie politique et à la société civile pakistanaise. Il a retiré de nombreux officiers de postes civils dans l'administration, mais aussi dans certains ministères. Ce personnage discret s'est fait remarquer par son intention de restaurer l'image d'une armée qui incarne les privilèges et la force. Lors des législatives de février, qui virent la coalition du PPP et du PML-N l'emporter face au parti présidentiel du PML-Q, il avait fait savoir qu'il n'admettrait aucun coup de force, entérinant l'affaiblissement de M. Musharraf.


Si les partis de la coalition parviennent à gouverner ensemble, le pouvoir civil pourra s'implanter plus profondément. Mais les rivalités politiques restent fortes, et M. Zardari est toujours visé par des procédures judiciaires en suspens.


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