Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
2 février 2008 6 02 /02 /février /2008 19:52
Georges Ibrahim Abdallah, un otage des Etats-Unis, en France.
 
Youssef Boussoumah
 
 
 
 
 
Georges Ibrahim Abdallah est libanais. Détenu depuis 1984 à la prison centrale de Lannemezan dans les landes, il aurait dû être libéré depuis longtemps. Il est sans doute le plus ancien prisonnier politique de France mais comme il n’a pas écrit sur les dangers que représente l’Islam pour son pays, ni appelé les armées occidentale à intervenir aux côtés d’Israël contre le Hezbollah, et a encore moins justifié l’invasion de l’Irak par les armées de Bush et Blair, il ne risque pas d’intéresser la plupart des journalistes et intellectuels français. En fait Cet hôte forcé du pays des droits de l’homme blanc, subit une triple injustice.
 
La 1ere, c’est qu’il a été arrêté il y a 24 ans pour sa complicité supposée avec des attentats commis à Paris en avril 1982, juste avant l’invasion israélienne du Liban, contre le colonel Charles Ray, attaché militaire à l’ambassade américaine en France ainsi que contre Yakov Barsimantov, second secrétaire et responsable du Mossad à l’ambassade d’Israël à Paris. Ces attentats avaient alors été revendiqués par un groupe, les Fractions Armées Révolutionnaires Libanaises, FARL. A l’étonnement de tous les observateurs et en l’absence de toute preuve matérielle, il est condamné en juillet 1986 à quatre ans de détention pour une prétendue responsabilité politique.
 
La seconde injustice, c’est qu’en mars 1987, en dépit de charges aussi faibles mais à la suite de pressions des Etats-Unis sur le gouvernement français, Georges Ibrahim Abdallah est à nouveau jugé et condamné alors qu’il est déjà incarcéré depuis 3 ans : à la réclusion criminelle à perpétuité, cette fois, assortie d’une peine incompressible de 15 ans. Non seulement ses droits à une défense équitable ont été bafoués de façon inouïe mais en même temps, depuis son arrestation, il connaît des conditions de détention plus que draconiennes : isolement total en quartier de sécurité pendant des années, refus de se voir accorder des visites, rendues de toute façon encore plus difficiles par l’éloignement de son pays, le Liban, mais aussi précarité matérielle.
 
Troisième injustice et véritable comble, Georges Ibrahim est depuis 8 ans victime d’une autre discrimination. Un acharnement judiciaire inouï. En effet, alors qu’il a fini depuis longtemps de purger sa peine de « sûreté » de 15 ans, depuis 1999, il est malgré tout maintenu en détention. Du fait encore une fois des pressions Etats-uniennes et des craintes françaises de déplaire à Israël. Plus grave, alors que toute la classe politique libanaise, musulmans comme chrétiens, droite comme gauche, gouvernement comme opposition est unanime à réclamer la libération de celui qu’elle considère comme un enfant du pays, il existe en France un consensus significatif tel qu’aucune organisation politique ou de défense des droits de l’homme, en dehors du comité « Ne laissons pas faire » et de quelques autres groupes militants, aucun parti ni organisation, n’a jamais cru bon dénoncer ou si peu cet incroyable déni de justice, sans doute l’un des plus grands scandales politico-judiciaires des trente dernières années. Et pourtant, son avocat, maître Jacques Vergés, vient de déposer la 7eme demande de libération conditionnelle depuis 1999, demande dont le verdict sera connu le 31 janvier 2008 et dont tout porte à craindre qu’elle sera rejetée comme les précédentes. Il est clair que Georges Ibrahim paie aujourd’hui sa fidélité à la cause palestinienne et libanaise ainsi que la forfaiture d’une France qui poursuit son alignement systématique sur Washington. En effet soit ce prisonnier est considéré par l’Etat français comme un prisonnier banal, aussi, ayant déjà subi sa peine et répondant aux critères de libération conditionnelle habituellement exigés, il devrait être remis en liberté sans plus tarder, soit la France reconnaît officiellement qu’il s’agit d’un prisonnier spécial, un otage de la guerre que les Etats unis et Israël mènent contre les peuples arabes et qu’elle collabore à ce lynchage carcéral. Mais dans ce cas on ne comprends pas très bien à quoi rime cette comédie judiciaire depuis 24 ans. Autant annoncer la couleur : un prisonnier révolutionnaire arabe en France relève d’une justice spéciale. On s’interroge tout de même sur ce que ce pays a à gagner à se faire collaborateur d’Etats hors droit.
 
Le sort que la France lui fait subir est connu. Il est du même type que celui réservé aux militants anti-colonialistes : ni droit commun, ni droit de la guerre mais justice d’exception. Ainsi ce pays qui, on l’a vu il y a peu dans le cadre de l’affaire de l’Arche de Zoé, sait imposer sa volonté au Tchad, fort de son statut d’ancienne et d’actuelle puissance coloniale, se fait le vassal d’une justice Etats-unienne partiale, raciste et expéditive. Cependant notre propos s’il est courroucé ne l’est pas seulement à l’encontre des ennemis de la cause palestinienne, les partisans de l’impérialisme et du sionisme, mais il l’est sans doute autant contre nous mêmes. En effet, qu’avons nous fait depuis 1984, pour dénoncer l’incarcération « hors normes » de ce militant révolutionnaire arabe dont les sionistes ont juré d’avoir la peau s’il sort un jour de prison et que les Etats-Unis rêvent de faire mourir en détention à défaut de pouvoir le transférer à Guantanamo ou de lui appliquer la peine de mort comme elle est à craindre pour Mumia Abu Jamal. Même les soldats et sous officiers de l’armée israélienne, détenus depuis août 2006 par la guérilla libanaise et qui sont pourtant collectivement responsables de crimes de guerre, voient se mobiliser en leur faveur, ici même, de puissants comités de soutien qui vont jusqu’à associer à leur campagne la Mairie de Paris. Cette dernière ne leur a t-elle pas consacré, parc Ytzak Rabin dans le XIIeme, des panneaux géants d’information ? Alors je le répète, où sont les délégations d’associations issues de l’immigration, indignées par tant d’arbitraire et protestant devant le ministère de la justice contre un tel deux poids deux mesures ? Où sont les réunions publiques pour soutenir celui qui s’est mobilisé aussi pour la dignité d’Al Qods, aujourd’hui meurtrie et occupée ? Où sont les associations de juristes et de défense des libertés ? A moins que la prison à vie soit le tarif normal pour un militant pro palestinien même accusé sans preuve. Bob Denard mercenaire de la république française dont le parcours en Afrique est jonché de cadavres est mort libre et dans son lit, Maurice Papon, ancien fonctionnaire vichyste et chasseur de bougnoules ne paiera jamais pour ses forfaits, quant à Marcel Bigeard, le roi de la torture, la terreur des « fatmas » ainsi qu’Aussaresse assassin du dirigeant algérien Larbi Ben M’Hidi, pendant la guerre d’Algérie, ils coulent une retraite paisible, merci pour eux. Mais Georges Ibrahim Abdallah lui demeure en prison et c’est un peu par notre faute. Nous sommes tous responsables collectivement de la chape de plomb qui pèse sur sa situation. Le châtiment politique dicté par les Etats-unis qu’il subit depuis 24 ans est une opération de basse vengeance qu’il nous importe à tous de dénoncer. Sa libération dépend de notre mobilisation. Chaque jour de détention de Georges Ibrahim, c’est un peu de notre façade de dignité qui s’érode, c’est aussi un peu notre prétention à l’égalité des droits qui s’en va, au fil de la Seine…
 
 
Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
2 février 2008 6 02 /02 /février /2008 19:38

Georges Habache et la Résistance palestinienne
 

par Thierry Meyssan*
 
 
 
 
Georges Habache, figure charismatique de la Résistance palestinienne est mort en exil, le 26 janvier 2008, à l’âge de 81 ans. Malgré une vie de combat, il n’aura pas assisté à la libération de la Palestine et à la création d’un État unique, laïque et socialiste, qu’il appelait de ses vœux, dans lequel Palestiniens et colons juifs seraient enfin égaux. Devant l’émotion populaire, ses adversaires de l’Autorité palestinienne ont décrété un deuil national de trois jours.
 
 
Georges Habache est né le 2 août 1926, à Lydda en Palestine (renommé « Lod » par l’État d’Israël), dans une famille de commerçants grecs orthodoxes. En 1948, alors qu’il suit des études de médecine à l’université américaine de Beyrouth, la Hagannah (une milice sioniste) et l’Agence juive (c’est-à-dire l’exécutif sioniste clandestin dans la Palestine sous mandat britannique) adoptent le « Plan Dalet » [1]. Les événements qui suivront décideront de son destin.
 
 
Les historiens divergent sur l’objectif de ce plan. Pour Benny Morris, il visait à sécuriser les zones de colonisation juive, au besoin en expulsant les populations autochtones. Mais, pour Ilan Pappe, se réfèrant aux mémoires de David Ben Gourion, son but était de nettoyer ethniquement la Palestine. Selon le Plan lui-même, il s’agit d’« opérations contre les centres de population ennemie situés au sein de notre système de défense ou à proximité, afin d’empêcher qu’ils soient utilisés comme bases par une force armée active. Ces opérations peuvent être menées de la manière suivante : ou bien en détruisant les villages (en y mettant le feu, en les dynamitant et en déposant des mines dans leurs débris), et spécialement dans le cas de centres de population difficiles à maîtriser ; ou en montant des opérations de ratissage et de contrôle selon les lignes directrices suivantes : encerclement du village et enquête à l’intérieur. En cas de résistance, la force armée doit être anéantie et la population expulsée hors des frontières de l’État »
 
À l’époque Lydda était une ville de 30 000 habitants. Du 7 au 18 juillet 1948, la Hagannah lance l’opération Danny contre les villes de Lydda et Ramle, et les 75 villages de l’agglomération, sur la route conduisant de Tel-Aviv à Jérusalem. Les miliciens ordonnent aux civils de quitter leurs maisons dans l’heure sous peine de mort. Pour se faire obéir, ils abattent ici et là ceux qui protestent. Sous une chaleur exténuante, la population fuit à pied, tandis que les miliciens les harcèlent. Des centaines de femmes et d’enfants sont tués. L’épisode est resté dans les mémoires sous le nom de « la marche de la mort de Lydda ». Georges Habache assiste aux massacres et à l’exode.
 
 
Au total, en six mois d’opérations terroristes, ce sont 800 000 Palestiniens qui prennent le chemin de l’exil. Ultérieurement, l’État sioniste constatera leur absence de leurs maisons et confisquera leurs biens « abandonnés » pour les attribuer à des colons juifs.
 
 
Georges Habache retourne terminer ses études de médecine à Beyrouth, où il fonde avec un autre étudiant palestinien grec orthodoxe, Waddie Haddad, les Jeunesses de la vengeance, un groupe armé clandestin laïque visant à faire pression sur les dirigeants arabes en éliminant ceux qui collaborent avec l’occupant sioniste. Il prend alors le nom de guerre d’Al-Hakim (« le médecin », mais aussi « le sage »).
 
 
Ayant obtenu brillamment son doctorat et sa spécialisation en pédiatrie, il part avec son ami Waddie Haddad soigner les réfugiés dans un camp en Jordanie, avant d’ouvrir ensemble le « Dispensaire du peuple » à Amman. Ils y créent le Mouvement des nationalistes arabes, d’obédience nassérienne, en vue de la libération de leur patrie. En 1957, il est impliqué dans la tentative de coup d’État contre le jeune roi Hussein de Jordanie. Il s’enfuit, d’abord en Syrie, puis au Liban, tandis qu’il est condamné en Jordanie par contumace à 33 ans de prison, que la loi martiale est proclamée et que les partis politiques sont interdits.
 
 
À l’issue de la Guerre des Six jours, en 1964, et de l’effondrement politique du nassérisme qui s’en suivit, Georges Habache réussit à fédérer de nombreux groupes de résistants laïques, sur une base à la fois nationaliste arabe et marxiste, au sein du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), dont il devient le premier secrétaire général. Progressivement l’organisation interprète le conflit israélo-arabe comme un avatar de l’impérialisme et du colonialisme. Cependant, à son extrême gauche, une aile exclusivement marxiste-lénisiste rompt avec le nationalisme arabe. Elle fait scission autour de Naif Hawatme sous le nom de Front démocratique de libération de la Palestine (FDPLP).
 
 
Le FPLP s’impose face au Fatah de Yasser Arafat comme la plus radicale des grandes organisations de la résistance palestinienne. Il conduit des opérations spectaculaires de détournement d’avions de la compagnie El-Al. Pour sensibiliser l’opinion publique mondiale à la cause palestinienne, Waddie Haddad —peut être sous l’influence de l’URSS dont il est proche— étend ces opérations hors de Palestine, créant pour cela le FPLP-Opérations extérieurs (FLPL-OE). Haddad fait appel à un ancien compagnon d’Arafat, Abou Nidal, et à des groupes étrangers comme la Fraction armée rouge (Allemagne). Surtout, il recrute un agent hors pair : le Vénézuélien Ilich Ramirez Sanchez (alias « Carlos »).
 
 
Le 6 septembre 1970, le FPLP-OE détourne simultanément quatre avions suisse, israélien, états-unien et bahreini et les pose sur la piste désaffectée de la base militaire britannique de Dawson, dans le désert jordanien. Il convoque la presse internationale dans ce qui est devenu « l’Aéroport de la Révolution » et réclame la libération de tous les résistants palestiniens incarcérés dans les différents pays concernés en échange de la libération des otages. Aux États-Unis ; le président Nixon renonce à intervenir militairement, tandis qu’au Royaume-Uni Edward Heath accepte de négocier. Les forces jordaniennes, quant à elles, s’avérent incapables de maîtriser la situation. La population du royaume, qui et à 80 % palestinienne, est sur le point de se soulever. Partout les liens de la monarchie hachémite avec les Anglo-Saxons et les sionistes sont contestés. Le régime vacille. Le 16 septembre, le roi Hussein décide d’écraser la révolution : il décrète la loi martiale, attaque le quartier général des organisations palestiniennes à Amman et prend d’assaut des camps de réfugiés qui viennent de proclamer leur indépendance. Le monarque reçoit le soutien militaire du général pakistanais Muhammad Zia-ul-Haq (qui prendra le pouvoir sept ans plus tard à Islamabad) et du président irakien Ahmad Hassan al-Bakr. Les Révolutionnaires palestiniens reçoivent l’aide du président syrien Salah Jadid, qui arme lourdement les combattants de l’Armée de libération de la Palestine (la branche militaire de l’organisation d’Arafat), leur attribuant notamment 250 tanks T-55. Le 27 septembre, un cessez-le-feu est négocié par le président égyptien Gamal Abdel Nasser, et signé au Caire par Yasser Arafat et par le roi Hussein. Mais, le lendemain, Nasser décède d’une « crise cardiaque » et les combats reprennent. En définitive, l’armée royale jordanienne triomphe dans le sang : ce « septembre noir » aura probablement coûté la vie à 20 000 personnes. La dynastie hachémite retrouve le contrôle de la Jordanie, les combattants palestiniens reprennent le chemin de l’exil et se regroupent dans les camps de réfugiés libanais. En Syrie, le président Salah Jadid, qui a échoué, est renversé par le général Hafez el-Assad. Considéré comme responsable du déclenchement de cette guerre arabo-arabe, Waddie Haddad s’éloigne du FPLP et créé sa propre organisation. Il planifie alors de nouvelles opérations, dont la prise en otage des ministres de l’OPEP afin de contraindre les pays exportateurs de pétrole à utiliser une partie de leurs revenus pour aider le peuple palestinien et le développement du tiers monde [2].
 
 
Habache devient la bête noire des Israéliens. Au point qu’en 1973, le Mossad détourne un avion de ligne Beyrouth-Bagdad croyant qu’il est à son bord, mais ne l’y trouve pas.
 
 
Dans les années qui suivent, Georges Habache s’oppose à Yasser Arafat. Le FPLP quitte le Parlement national palestinien. Légaliste, Arafat croit en l’application du plan de partage onusien de la Palestine de 1948 (la « solution à deux États ») : il espère la création d’un État palestinien souverain aux côté de l’État d’Israël. Cette logique le conduira à l’accord d’Oslo avant de trouver sa limite avec l’assassinat d’Yitzhak Rabin, le plan d’apartheid d’Ariel Sharon et la construction du Mur. De son côté, Georges Habache croit en une solution démocratique : un seul État dans lequel chaque citoyen, juif ou arabe, aura une voix égale.
 
Lors de la signature de l’accord d’Oslo, en 1993, Georges Habache constitue un front du refus à Damas et l’élargit aux groupes islamistes, tels que le Hamas et le Jihad. Son état de santé l’oblige à quitter progressivement la scène politique. Bien qu’il refuse à titre personnel de se rendre en Palestine occupée pour ne pas légitimer l’Autorité palestinienne, le FPLP particpe aux élections législatives de 2006. Il est décédé le 26 janvier 2008 à l’âge de 81 ans. Ses amis du Réseau Voltaire rendent hommage à ce patriote palestinien, combattant intransigeant de la liberté
 
 
Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
2 février 2008 6 02 /02 /février /2008 19:08
Le patrimoine des chefs d'Etat africains en France
 
LE MONDE | 31.01.08 | 13h28  •  Mis à jour le 31.01.08 | 13h34
 
  C'est un monde enchanté où l'on vogue d'une villa de 9 pièces avec piscine à Nice à un hôtel particulier de l'Ouest parisien. Un univers surréaliste peuplé de Bugatti payées cash plus de 1 million d'euros. Un microcosme constellé d'une myriade de comptes bancaires. Oligarques russes? Rois du pétrole saoudiens? Stars d'Hollywood ? Non : chefs d'Etat africains producteurs de pétrole pour la plupart, mais dont les populations comptent parmi les plus pauvres de la planète.
 
Le fait que des dirigeants du continent noir investissent dans l'immobilier en France, qu'ils séjournent à Paris dans un luxe inouï, que leurs familles bénéficient de largesses financées dans la plus grande opacité n'est pas une révélation. Mais, cette fois, l'inventaire de ce patrimoine vertigineux n'est pas dressé par des militants tiers-mondistes en lutte contre la "Françafrique". Il se lit dans les 34 procès-verbaux rédigés entre juin et novembre 2007 par les policiers de l'Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF).
 
Cette enquête policière, dont Le Monde a pu prendre connaissance, a été ouverte par le parquet de Paris en juin 2007. Elle faisait suite à une plainte pour "recel de détournement d'argent public" déposée en mars par trois associations françaises, visant cinq chefs d'Etat : le Gabonais Omar Bongo Ondimba, le Congolais Denis Sassou Nguesso, le Burkinabé Blaise Compaoré, l'Angolais Eduardo Dos Santos, et le Guinéen Teodoro Obiang.
 
Au fil des centaines de pages du dossier se dessine
une singulière carte du Paris africain, sorte
de Monopoly où les présidents auraient jeté leur
dévolu sur les artères les plus huppées.
 
Foisonnant et cossu, le patrimoine immobilier est
surtout localisé "dans des quartiers à forte
valeur marchande, soulignent les policiers. Paris
16e, 8e et 7e arrondissements pour Omar
Bongo et son épouse, Paris 16e et Neuilly-sur-
Seine pour Jeff Bongo [un des fils d'Omar
Bongo], Le Vésinet pour le frère de Denis Sassou
Nguesso, Courbevoie pour Wilfrid Nguesso
[neveu du président du Congo] ou Paris 16e pour
Chantal Compaoré [épouse du président
burkinabé]".
 
La découverte la plus spectaculaire se situe entre les Champs-Elysées et la plaine Monceau, dans le 8earrondissement de la capitale. Là, un hôtel particulier a été acquis le 15 juin 2007 pour la somme de 18,875 millions d'euros par une société civile immobilière (SCI). Celle-ci associe deux enfants du président gabonais, Omar Denis, 13 ans, et Yacine Queenie, 16ans, son épouse Edith, qui se trouve être la fille du président congolais Denis Sassou Nguesso, et un neveu de ce dernier, Edgar Nguesso, 40 ans.
 
Au total, sont répertoriés 33 biens (appartements,
hôtel particulier et maisons) appartenant au
Gabonais Omar Bongo ou à sa famille, et 18 autres
dont le président congolais et ses proches
sont propriétaires.
 
Le patrimoine de loin le plus imposant concerne
M.Bongo lui-même. Son nom est associé à pas
moins de 17 propriétés immobilières, dont deux
appartements avenue Foch (88 m2 et 210 m2) et
un de 219 m2 lui aussi situé dans le 16e
arrondissement.
 
A Nice, une propriété "est constituée de deux
appartements (170 m2 et 100 m2), trois maisons
(67,215 m2 et 176 m2) et d'une piscine", précise le
procès-verbal. "Un chef d'Etat, en fonctions
depuis quarante ans dans un pays pétrolier et qui
a des revenus officiels importants, peut
économiser suffisamment d'argent pour acheter
plusieurs appartements à Paris, explique Me
François Meyer, avocat d'Omar Bongo et de sa
famille. Surtout avec les prix très bas de
l'immobilier pratiqués il y a vingt ou trente ans."
 
Selon les policiers, le président Bongo dispose de
quatre adresses distinctes à Paris. Ali Bongo,
qui est son fils et aussi son ministre de la défense
depuis 1999, est également propriétaire
avenue Foch tandis que son épouse Edith possède
deux immenses logements dans le
7e arrondissement, non loin de la tour Eiffel.
 
 De Nice à Neuilly-sur-Seine en passant  souvent
par le 16e arrondissement parisien, l'enquête
recense aussi les propriétés de Jean Ping, ex-
gendre d'Omar Bongo et actuel ministre des
affaires étrangères, et d'autres fils du président 
gabonais comme Omar-Denis junior et Jeff,
ainsi que de filles comme Audrey, Yacine Queenie,
ou petite-fille comme Nesta Shakita.
 
En comparaison de ce petit empire immobilier, les
autres chefs d'Etat visés apparaissent
comme de petits propriétaires. Discret, le
président congolais Denis Sassou Nguesso ne fait
qu'"utiliser",  selon les policiers, la Villa Suzette du
Vésinet (Yvelines).
 
Cette coquette demeure de 485 m2 était
juridiquement la propriété de son frère Valentin,
jusqu'à ce que, quelques semaines avant le décès
de ce dernier à la fin 2004, elle soit cédée à une
société de droit luxembourgeois aux actionnaires
anonymes.
 
Les enquêteurs ont également répertorié un
appartement de 9 pièces acheté à Paris (17e) en
2007 pour 2470000 euros par l'épouse du
président congolais Antoinette Sassou Nguesso.
 
Ils mentionnent aussi le logement de 10 pièces à   
1 600 000 euros acquis en 2005 à Paris par
leur fils Denis Christel, ainsi que l'hôtel particulier
de 7 pièces avec piscine intérieure à Neuilly-
sur-Seine acheté 3,15 millions d'euros en 2006 par
Julienne, leur fille cadette.
 
Les mêmes policiers n'ont découvert aucun bien
immobilier appartenant au président angolais
Dos Santos ni au Burkinabé Blaise Compaoré.
Seule la déclaration d'impôt sur la fortune de
Chantal, l'épouse de ce dernier, a montré qu'elle
possède deux biens immobiliers à titre
personnel dans le 16e arrondissement.
 
Dans le même quartier, le président guinéen
Teodoro Obiang est propriétaire d'un
appartement. Epluchant les fichiers fiscaux et
bancaires, les enquêteurs de l'OCRGDF ont non
seulement dressé la liste des biens immobiliers,
mais aussi des comptes bancaires accueillant
en France les avoirs de dirigeants africains et de
leur famille.
 
Ainsi, Edgar Nguesso ne possède pas moins de 12 comptes dont 7 courants. Mais aucun n'apparaît au nom de son oncle, le président du Congo. Son homologue gabonais, lui, est titulaire de 11 comptes ouverts à Paris, Nice ou Créteil dont 6 comptes courants.
 
Dans leur élan, visiblement ébahis par leurs découvertes, les policiers ont étendu leurs investigations au domaine des voitures de luxe, qui n'était pas explicitement visé par la plainte. Chez les concessionnaires Mercedes, Bugatti ou Aston Martin, ils ont retrouvé ce qu'ils n'avaient pas obtenu pour les appartements : les chèques et les virements ayant servi aux paiements.
 
"Le financement de certains véhicules apparaît pour le moins atypique", notent les enquêteurs, maniant l'euphémisme à propos de "ce parc automobile conséquent". Les deux Ferrari acquises pour près de 400 000 euros par Ali Bongo, la Maybach à 424 477 euros d'Edith Bongo, les trois Bugatti à 1 million d'euros pièce fabriquées spécialement pour Teodoro Nguema Obiang, le fils du président de Guinée équatoriale, ont été payés au moyen de chèques tirés par des sociétés au profil opaque.
 
De même, notent les policiers, Wilfrid Nguesso, neveu du président congolais, "règle le solde d'achat d'un véhicule Aston Martin type DB9 par un virement émis par Matsip Consulting", une société de droit luxembourgeois aux associés inconnus qui apparaît également comme propriétaire de la Villa Suzette du Vésinet.
 
Le fils du président de la Guinée équatoriale a, lui, acheté au total en France "une quinzaine de véhicules pour un montant estimé de plus de 5,7 millions d'euros", acquittés là encore par des virements de sociétés intermédiaires. Son nom, Teodoro Nguema Obiang, a été cité en 2004 dans un rapport du Sénat américain sur les transactions suspectes couvertes par la Riggs Bank qui, à Washington, gérait alors plus de 60comptes au nom des responsables de ce petit Etat pétrolier et de leur famille.
 
En fait de "financement atypique", les enquêteurs français se sont vivement intéressés au chèque de 390 795 euros tiré en février 2004 par la "paierie du Gabon en France" pour régler la "Maybach 57" (une marque allemande concurrente de Rolls-Royce) de couleur "bleu Côte d'Azur" destinée à "Madame la Présidente Edith-Lucie Bongo-Ondimba". A en croire ce chèque, dont la copie figure au dossier, l'argent public gabonais financerait le véhicule de grand luxe de la première dame du pays, qui n'a pourtant aucune fonction officielle.
 
Le même compte de la "paierie du Gabon" ouvert
à la Banque de France et utilisé pour régler
les frais de fonctionnement de l'ambassade à Paris
a servi à financer la moitié d'une Mercedes à
75858euros dotée d'un "toit ouvrant
panoramique" achetée en septembre 2006 à Paris
par Pascaline Bongo, la fille du président, qui est
aussi sa directrice de cabinet.
 

 


"Cela peut étonner
, admet Me Meyer. Mais je peux faire des

cadeaux à la fille du président Bongo, que je connais depuis vingt ans."

 Curieusement, le reliquat de 41 370 euros a été
acquitté par un chèque signé de
Me François Meyer, avocat du président Bongo.
  
 D'où vient l'argent? Au vu de ce somptueux état
des patrimoines, la question de l'origine des
fonds s'impose. L'apparente disproportion entre la
richesse immobilière accumulée et les
revenus publics des propriétaires aurait pu
suggérer de poursuivre des investigations dans les
comptes bancaires ayant permis pareilles
transactions.
 
Le salaire mensuel officiellement versé par l'Etat gabonais au président Bongo ne se limite-t-il pas à 14 940 euros, selon l'hebdomadaire Jeune Afrique? Celui du président Sassou Nguesso n'est-il pas de 30 000 euros, comme l'indiquent d'autres sources? Quant à Teodoro Obiang, ministre de l'agriculture et des forêts de son père, ne perçoit-il pas officiellement 5 000 dollars (3 400euros) par mois, d'après des sources américaines? Des investigations plus approfondies auraient dépassé le cadre de l'enquête préliminaire de police. Elles supposeraient l'ouverture d'une information judiciaire et la désignation d'un juge d'instruction. Une telle perspective a été écartée par la décision de classement, notifiée le 15 novembre par le parquet de Paris. Mais le dossier pourrait être rouvert si les associations parvenaient à déposer une nouvelle plainte, assortie cette fois d'une constitution de partie civile, comme elles en nourrissent le projet. Cette formule conduit automatiquement à la désignation d'un juge d'instruction, à condition que les plaignants prouvent leur "intérêt à agir".
 
Même si un juge d'instruction était désigné, de sérieux obstacles surgiraient immédiatement sur sa route. Outre l'immunité dont peuvent se prévaloir des chefs d'Etat en exercice – mais pas leurs familles –, la difficulté résiderait dans la mise au jour des opérations à l'origine d'éventuels détournements. Il faudrait enquêter en Afrique, où des infractions auraient été commises, notamment dans les comptes publics. "La preuve que l'argent public a financé des dépenses privées se trouve dans le pays que contrôle précisément… le bénéficiaire", résume un spécialiste du dossier.
 
Trois des cinq régimes concernés bénéficient du soutien indéfectible de Paris. Cet appui, renouvelé récemment par Nicolas Sarkozy, ne devrait pas fondamentalement être remis en cause par la récente sortie de Jean-Marie Bockel, secrétaire d'Etat à la coopération, contre le "gaspillage des fonds publics" par certains Etats africains. Or une enquête destinée à faire la lumière sur d'éventuels "biens mal acquis" déborde rapidement les normes policières ou judiciaires. Elle suppose une véritable mise à nu de la relation franco-africaine.
 
Philippe Bernard
 
 
 
 
Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
31 janvier 2008 4 31 /01 /janvier /2008 22:59
Mais qui est Robert Addison Day ?
 
Comme l’a révélé l’Autorité des Marchés financiers, Robert Day, administrateur de la Société générale, a vendu pour 85 millions d’euros d’actions Soc Générale le 9 janvier, puis 10 millions d’euros le 10 janvier, puis 40 millions d’euros le 18 janvier, soit très exactement pendant les jours précédant l’effondrement des cours.
 
Bien que la banque le démente, le soupçon de délit d’initié est donc extrêmement fort.
 
Les medias ont relayé cette information. Mais ils restent en revanche muets sur un aspect très intéressant : qui est Robert A. Day ? Selon le site de l’Union Populaire Républicaine que préside le Conseiller de Paris François Asselineau, il suffit de chercher sur internet.
 
On y découvre que Robert Day, de nationalité américaine, est un multimilliardaire très proche de George W. Bush et l’un des principaux financiers de ses deux campagnes présidentielles. En remerciement, le même président Bush l’a nommé en 2001 dans le sein des seins des services de renseignements américains : le "Presidential Intelligence Advisory Board" de la Maison Blanche?
 
Robert Day est en outre membre de plusieurs lobbys euro-atlantistes, tels le CSIS ou la Brookings Institution, qui militent ardemment pour la "Constitution européenne" recyclée dans le traité de Lisbonne, et qui sont par ailleurs fortement soupçonnés d’être des couvertures de la CIA.
 
Et le site de l’UPR de conclure qu’une fois de plus, les journalistes français ne font pas vraiment  "leur métier, qui est d’informer le public en menant quand même quelques investigations". Encore faut-il en effet savoir se servir de Google...
 
http://www.observatoiredeleurope.com/index.php
----------
Collectif Bellaciao
http://bellaciao.org/fr/spip.php?article60345
 
Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
31 janvier 2008 4 31 /01 /janvier /2008 22:42
Roland Diagne, porte parole du
 
CSP59, placé en garde à vue !
 
Après les attaques de M.
 
Canepa, Mme Alliot-Marie,
 
Ministre de l’Intérieur,  tente
 
de liquider le
 
mouvement des Sans
 
Papiers.
 
Cette nouvelle tentative échouera !
 
 
 
Ce mercredi 30 janvier 2008 à 10h48, Roland Diagne,  porte parole du CSP59, qui répondait à une convocation de la police a été placé en garde à vue. A 11h, il est conduit, accompagné de huit policiers de la police judiciaire, au local du CSP59 pour une perquisition sur commission rogatoire. D’'après les policiers, le juge répondait à une plainte de Madame la Ministre de l'’Intérieur pour atteinte à l’'intégrité de la police dans les tracts des 13 et 17 août dernier. Les huit policiers se sont ensuite rendus au domicile personnel de Roland Diagne pour les mêmes motifs. Cette interpellation intervient quelques semaines après la mise en garde à vue d’'un des membres de la Commission juridique du CSP59, alors interpellé dans le cadre d’'une enquête pour « trafic d’'influence » n’'ayant pas  donnée lieu une mise en examen. Roland Diagne avait dans les mêmes temps été auditionné à deux reprises, la troisième convocation ayant été annulée par les services de police eux-mêmes.
 
Les personnes présentes ce matin lors de la perquisition au local du CSP59 ont questionné les policiers sur le déploiement d’'une telle force (8 agents) pour rechercher deux tracts qui par ailleurs sont systématiquement rendus publics. Les policiers ont répondu que « c’était pour sa protection ». Ainsi, « çà lui éviterait des va et vient pour raisons d’'enquête et en même temps cela lui permettrait d'’entrer en contact avec son avocat et son médecin s'’il en avait besoin » (sic).
Cette mise en garde à vue est une nouvelle attaque contre le mouvement des Sans Papiers après les tentatives infructueuses et vaines de cet été contre les grévistes de la faim.
 
La liquidation des accords Delarue n’'est pas du seul fait du Préfet Canepa mais aussi une volonté politique au plus haut niveau de l'’Etat. Ceci explique qu'’après la mise en garde à vue de M. Nwatsock à la demande du Préfet du Nord, Monsieur Canepa, on assiste à une nouvelle plainte de Mme Alliot-Marie, Ministre de l’'Intérieur pour « atteinte à l’intégrité de la police »(selon les dires des policiers présents à la perquisition de ce matin).
 
Les Sans Papiers ne sont pas dupes, cette nouvelle judiciarisation est le nouveau cheval de Troie d’'une politique répressive qui vise principalement les militants du mouvement démocratique. Les Sans Papiers , en première ligne de cette attaque et leurs nombreux soutiens sauront une fois de plus résister à cette nouvelle offensive policière, vaine et inutile, et ne perdront pas de vue leur objectif principal : la régularisation de tous les Sans Papiers et en premier lieu la régularisation des 56 grévistes de la faim, conformément au respect de la parole donnée en septembre dernier, par Monsieur Canepa lui-même.
 
Loin de décapiter le mouvement, l’'arrestation d'’un des porte parole du CSP59 renforce la détermination de tous les Sans Papiers et de leurs soutiens. Le CSP59 en appelle, comme il l’'avait déjà fait, à la mise sous surveillance du Préfet du Nord contre les pratiques liberticides auxquelles nous sommes confrontés depuis ces derniers mois.
 
Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
31 janvier 2008 4 31 /01 /janvier /2008 22:33
L'UIMM, l'enquête qui va à droite
 
 
"Des preuves existent de l'implication de l'UIMM dans certaines campagnes politiques. C'est un fait historique, explique Joseph Pinard, agrégé d'histoire, ancien député (PS), qui rappelle le soutien des industriels de la métallurgie aux réseaux de l'Institut d'histoire sociale et leurs connexions politiques. La prudence et la lenteur de l'enquête sur les fonds en liquide de  l’Union des industries métallurgiques et minières s'explique aussi par ces arrière-plans politiques. Comme le rappelle Joseph Pinard, Hervé Novelli, l'actuel secrétaire d'état aux entreprises, était lui même chargé de mission à la chambre syndicale de la sidérurgie de 1976 à 1986.
 
«Des dizaines de millions d’euros en liquide sortis de l’UIMM, on sait encore peu de choses. Mais le doute a été bien vite jeté sur les syndicats. Je m’étonne que rien n’ait été signalé par les médias sur les largesses passées du syndicat patronal. Des preuves existent pourtant de son implication dans certaines campagnes politiques. C’est un fait historique. Une tradition ancienne. L’ancien président de l’UIMM, Pierre Guillen a évoqué les “dépenses de rayonnement” destinées à des bureaux d’études. En 1973, le journal l’Unité avait révélé qu’à l’occasion des élections législatives, deux millions d’affiches et trois millions d’autocollants “anti-programme commun” de la gauche avaient été financés par le syndicat patronal de la métallurgie. En 1974, c’est un faux numéro de France Matin imprimé à trois millions d’exemplaires qui annonce le rationnement qu’appliquera François Mitterrand s’il arrive au pouvoir. A l’époque, ces publications sont pour certaines conçues au siège de l’UIMM. Leur directeur de publication, Claude Harmel, n’est pas un inconnu des historiens. Il est l’un des piliers de l’Institut d’Histoire Sociale, aujourd’hui à Nanterre.
 
Une véritable enquête sur l’UIMM ne saurait faire l’impasse sur cet institut – par ailleurs détenteur d’importants fonds d’archives sur l’histoire syndicale. Dès l’après-guerre, la fraction dure du patronat en particulier dans la métallurgie y joue un rôle en soutenant à sa tête d’anciens collaborateurs, condamnés à la libération : Georges Albertini, ex-bras droit de Marcel Déat au Rassemblement national Populaire, et Claude Harmel, ancien cadre de ce parti pro-nazi. »
 
«Alors qu’en 1943, il s’en prenait par écrit aux “cervelles talmudiques”, Harmel se reconvertit dans le combat anticommuniste de la guerre froide dès 1949. Il fonde l’Association pour la liberté économique et le progrès social (Aleps), grâce à des fonds patronaux, et l’institut supérieur du travail (Ist) pour former les cadres d’entreprise à l’action antisyndicale. Le 12 décembre 2006, l’anniversaire des quarante ans de l’Aleps a été célébré dans les locaux de l’UIMM à Neuilly, en présence d’Alain Madelin, ancien ministre, et d’Hervé Novelli, alors député, mais aujourd’hui secrétaire d’Etat chargé des entreprises. Dans le compte rendu officiel de cet événement, l’on apprend que MM Madelin et Novelli, heureux de leur “long compagnonnage” avec l’Aleps ont été conquis par Claude Harmel qu’ils considèrent comme “leur père spirituel”. Il est vrai qu’Harmel, l’ancien pro-nazi, avait été choisi par les Presses Universitaires de France pour rédiger leur Que sais-je sur la CGT!
 
Ce compagnonnage de Novelli avec l’Institut d’histoire sociale, que la lettre de Magazine Hebdo appelait “la principale centrale anticommuniste”, remonte aux années soixante dix, lorsque ces anciens collaborateurs ont attiré et recyclé des militants du groupuscule Occident.
 
C’était un sas, une pouponnière. Le ministre, lui, s’est seulement souvenu d’avoir assuré la permanence de la bibliothèque de l’organisme. Il en avait aussi animé la commission “nationalisations” en 1983. De 1976 à 1986, Novelli était surtout chargé de mission à la chambre syndicale de la sidérurgie. Loin de financer les syndicats, ces réseaux les combattent. Il faut souligner le poids de leur lobbying en faveur du détricotage du droit du travail. A l’anniversaire de l’Aleps, un élu a prétendu représenter cent cinquante députés.
 
“Pourquoi les syndicalistes français, ces nabots du monde occidental, peuvent-ils terroriser nos élus au point de mettre la France à leur merci” s’indignait Bernard Zimmern, le président de l’Aleps, auteur de la dictature des syndicats (2003). Tandis qu’Hervé Novelli le félicitait “d’oser briser la loi du silence”. Zimmern est aussi trésorier fondateur de Contribuables et associés, un mouvement prompt à dénoncer “la mafia des syndicats”. Espérons que l’enquête révélera celle de l’UIMM. »
 
Recueilli par KARL LASKE
 
Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
30 janvier 2008 3 30 /01 /janvier /2008 20:37
Marielle de Sarnez (MoDem) salue le "signe d'ouverture" de M. Delanoë
 
LE MONDE | 29.01.08 | 14h43  •  Mis à jour le 29.01.08 | 14h43

 L'éventualité d'une alliance entre le PS et le MoDem au second tour des municipales se confirme à Paris. La candidate du parti centriste, Marielle de Sarnez, a présenté, lundi 28 janvier, un programme qui comporte de nombreux points communs avec celui de Bertrand Delanoë. Dimanche, sur Europe 1, le maire de Paris n'avait pas exclu un accord avec le MoDem, à condition que ce soit "sur des idées et pas sur des combinaisons". Estimant qu'il y avait une "grande évolution" dans ce parti, M. Delanoë avait salué des "idées intéressantes" dans son projet.
 
Mme de Sarnez a accueilli les propos de M.
Delanoë comme un "signe d'ouverture". "Il y a des
choses où nous allons à peu près dans la même
direction", a-t-elle reconnu. Parmi les points de
convergence entre le programme du PS et celui du
MoDem, les plus importants concernent la
politique du logement.
 
Comme M. Delanoë, Mme de Sarnez propose de
"produire" 40 000 logements sociaux pendant la prochaine mandature avec le même objectif : atteindre, dès 2014, 20 % de logements sociaux, le seuil prévu par la loi SRU en 2020. Pour répondre aux besoins des "classes moyennes" qui sont "poussées peu à peu hors de Paris", Mme de
Sarnez veut réserver un tiers du parc social à des logements intermédiaires. Le maire de Paris a pris le même engagement. Les projets du PS et du MoDem prévoient, l'un comme l'autre, la construction de 4 500 logements neufs par an. M. Delanoë s'engage à créer 4 500 places de crèches. Mme de Sarnez en promet 4 000, en y ajoutant
des "microcrèches d'appartements".
 
44 % POUR M. DELANOË
 

Dans le domaine des transports, Mme de Sarnez est favorable au prolongement du 

tramway des

Maréchaux jusqu'à la porte d'Asnières, comme le propose le PS. La "tonalité" écologiste du

programme de Mme de Sarnez le rend aussi compatible avec celui de M. Delanoë. Même si, 

sur
certains points, elle rivalise plutôt avec le projet des Verts. La candidate du MoDem 

propose
ainsi de rendre les arrondissements du centre "semi-piétons, d'abord le week-

end"
; et de
créer, sur les berges de la Seine, une "promenade en continu destinée aux 

piétons et aux vélos"
.

 

Un sondage IFOP pour Paris Match, réalisé les 25 et 26 janvier auprès de 806 personnes, crédite M. Delanoë de 44 % des voix au premier tour. L'UMP recueillerait 32 % des suffrages, le MoDem 10 % et les Verts, 7 %.

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
30 janvier 2008 3 30 /01 /janvier /2008 20:26
Anciens marines et réfugiés au générique
 
LE MONDE | 29.01.08 | 18h40  •  Mis à jour le 29.01.08 | 18h40

 On se souviendra de l'Irak à travers Haditha et Abou Ghraib, comme on se souvient du Vietnam à travers le massacre de My Lai et l'offensive du Têt", explique Nick Broomfield. Né en 1948, documentariste depuis presque quarante ans, le cinéaste britannique est récemment passé à la fiction.
 
Après un film tourné avec des acteurs non professionnels sur l'immigration chinoise clandestine au Royaume-Uni (Ghosts, en 2005), Battle for Haditha est sa seconde incursion dans ce domaine. Mais il n'a rien abandonné de son souci d'exactitude.
Il s'est mis au travail immédiatement après que l'hebdomadaire Time a révélé, en juin 2006, que des marines avaient tué 24 civils irakiens dans la ville d'Haditha, place forte sunnite, le 25 novembre 2005. Les soldats américains s'étaient livrés à ces représailles après que l'explosion d'une bombe placée par les insurgés eut tué l'un d'entre eux.
Bromfield a entrepris d'interroger les marines, qui faisaient l'objet d'une enquête du Naval Criminal Investigative Service, la police du Marine Corps : "Nous avons lu les 6 000 pages de leur rapport. Nous avons visionné les images enregistrées par les caméras des drones ce jour-là. En Jordanie, nous avons interviewé les survivants de cette journée."
La question de tirer un documentaire de ce matériau ne s'est jamais vraiment posée : "Les marines refusaient de témoigner autrement qu'off the record. Les insurgés voulaient rester cachés. Seuls quelques survivants étaient prêts à se laisser filmer", explique Broomfield. La distribution des rôles a répondu à ce même souci de coller à la réalité des événements. A Los Angeles, les producteurs ont lancé des annonces à travers les associations d'anciens marines sur les bases militaires. Parmi ceux qui ont répondu à l'appel, Elliot Ruiz et Eric Mehalacopoulos avaient quitté le Corps respectivement en 2004 et 2005.
 
A LEURS CAMARADES
 
Le premier, aujourd'hui âgé de 23 ans, avait déjà fait de la figuration dans un film sur la première guerre d'Irak, Jarhead, après avoir participé à l'invasion du pays en 2003. Le second est canadien, québécois. Il était caporal au moment du déclenchement des opérations. Tous deux avaient entendu parler de la tuerie d'Haditha.
"Le responsable des hommes a laissé ses émotions prendre le pas sur son entraînement, estime Mehalacopoulos. On était en 2005, les problèmes de recrutement commençaient à se faire sentir et on mettait à la tête de combattants expérimentés des gens qui n'étaient jamais allés au feu."
Après avoir été retenus par Broomfield, les deux hommes ont demandé leur avis à leurs camarades de combat qui les ont encouragés. Ils sont partis pour la Jordanie, où le film a été tourné début 2007.
"C'était la première grosse production réalisée dans le royaume depuis Lawrence d'Arabie", raconte le réalisateur, qui a bénéficié du soutien de la commission royale du film, présidée par un membre de la famille royale, le prince Ali. C'est grâce à lui que l'armée jordanienne a accepté de prêter ses transports de troupes Humvee, les mêmes que ceux des marines.
 
DANS LA MÊME MAISON
 
Dans les quartiers d'Amman où vivent les réfugiés irakiens, l'équipe a trouvé ses comédiens. Certains étaient proches de l'insurrection, d'autres avaient perdu des parents pendant les opérations. "Un soir, après une journée de tournage dans le désert, raconte Eric Mehalacopoulos, nous avons parlé avec les Irakiens. L'un d'eux m'a dit qu'il était de Fallouja, je lui ai répondu que j'y avais combattu. Il avait perdu quatre frères dans la bataille." Elliott Ruiz n'en revient pas d'avoir trinqué avec un autre Irakien de l'équipe, un interprète, qui portait sur lui une photo de sa famille en compagnie des fils de Saddam Hussein.
Pendant le tournage, les marines vivaient dans une caserne, et les Irakiens tous ensemble dans la même maison. "Certains anciens combattants se sont remis à rêver de la guerre pendant le tournage", se souvient le réalisateur.
Aujourd'hui, comme en témoigne la campagne présidentielle, les Américains n'ont plus très envie d'entendre parler d'Irak. Battle for Haditha n'est toujours pas sorti aux Etats-Unis. Nick Bromfield ne regrette pas de s'être lancé dans cette entreprise : "La fiction est un moyen de poser des questions pour lesquelles nous n'avons pas de réponse."
 
 
 
Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
30 janvier 2008 3 30 /01 /janvier /2008 20:16
La meilleure banque du monde, par Dominique Dhombres
 
LE MONDE | 29.01.08 | 15h12

 L'affaire de la Société générale prenait un tour nouveau lundi 28 janvier. Certes, Jérôme Kerviel était conduit au pôle financier du tribunal de Paris avec une escorte policière digne d'un terroriste international, comme on pouvait le voir dans les journaux télévisés du soir. Mais les deux juges d'instruction décidaient de remettre en liberté, sous contrôle judiciaire, le jeune courtier accusé d'avoir fait perdre près de 5 milliards d'euros à sa banque. Il était mis en examen, notamment pour faux et usage de faux, mais pas pour escroquerie. Le grand résultat de la journée était que le courtier, qui avait été traité de tous les noms par le PDG de la Générale, Daniel Bouton, paraissait un peu moins coupable, et ce dernier un peu moins innocent. Pour couronner le tout, on voyait Nicolas Sarkozy suggérer, en termes à peine voilés, la démission du PDG. Tard dans la soirée, sur France 2, le magazine"Mots croisés" était consacré aux déboires de la Générale. Et, là encore, les oreilles de M. Bouton ont dû siffler.
 
"Cinq milliards d'euros, c'est ce que l'Etat doit réduire en dépenses publiques, chaque année, pour être au rendez-vous de l'équilibre en 2012. Il faudra bien que M. Bouton en tire les conséquences", disait Frédéric Lefebvre, secrétaire national de l'UMP chargé de l'économie. "Aux Etats-Unis, il aurait déjà démissionné", renchérissait Emmanuel Lechypre, rédacteur en chef de L'Expansion. Il était beaucoup question du revenu annuel, 11 millions d'euros stock-options comprises, de l'intéressé. Son offre de renoncer à la moitié de son salaire, qui ne constitue qu'une fraction de ce total, faisait petit bras. Et dire que la Société générale a été jugée en 2006 meilleure banque du monde ! Que penser, dans ces conditions, des autres ? Il y avait de la dérision dans l'air sur le plateau de"Mots croisés", ce qui n'est pas fréquent avec un sujet de ce genre. "M. Bouton a dit ce matin qu'il ne spéculait pas. Il spécule sans arrêt !", s'exclamait l'économiste Bernard Maris.
 
"Mme Lagarde, avec son Tout va très bien
madame la marquise , est exaspérante. Ce n'est pas vrai. Il y a des conséquences sur l'économie française. Il y a des conséquences sur les finances publiques", s'écriait le député socialiste Pierre Moscovici. C'était un peu un jeu de massacre. Yves Calvi arbitrait habilement ces échanges en jouant au Huron avide d'explications. L'exercice avait cependant ses limites. Les économistes présents ce soir-là n'étaient manifestement pas d'accord entre eux, ni sur les moyens d'éviter la répétition d'événements de cette nature, ni même sur l'idée que la banque aurait dû avertir aussitôt les pouvoirs publics au lieu d'attendre, pour le faire, d'avoir liquidé les positions aventureuses prises par le jeune courtier.
 
Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
30 janvier 2008 3 30 /01 /janvier /2008 20:00

Manifestation à Paris

Samedi 2 Février 2008

Rendez-vous à 16 Heures Place Stalingrad

 
LES SANS-PAPIERS ONT UN VISAGE
 
NON AUX RAFLES ET AUX EXPULSIONS !
 
RÉGULARISATION !
 
MANIFESTATION le Samedi 2 FÉVRIER à Paris.
 
 
Rafles : la chasse aux sans-papiers bat son plein dans nos quartiers. Tous les jours des contrôles d’identité au faciès illégaux. Des contrôles dans les restaurants, cafés, épiceries pour traquer les sans-papiers. Des rafles dans les quartiers Stalingrad-Flandres, Belleville, devant les écoles où les gens font la preuve de leur intégration.
 
Une politique du chiffre qui broie. En 2007, la France a expulsé 24 000 sans-papiers… À quel prix ? Des familles arrêtées au petit matin à leur domicile… Des enfants nés en France et fréquentant l’école du quartier ou du village envoyés dans un pays qui n’est pas le leur… Des familles broyées dont un des parents se retrouve expédié à l’autre bout du monde sans avoir revu les siens… Personne n’a oublié Chulan, Chinoise sans-papiers, qui s’est défenestrée par peur d’un contrôle et en est morte le 21 septembre dernier.
 
Des lois qui fabriquent des sans-papiers. Le gouvernement Sarkozy ne s’attaque pas à la misère et l’oppression de centaines de millions de personnes dans le monde. Il préfère pourchasser les 400 000 sans-papiers sur notre sol via des lois qui empêchent leur régularisation, leur intégration et leur droit à une vie familiale digne. Cette politique entretient la clandestinité et son cortège de passeurs mafieux, d’hôteliers et employeurs sans scrupules.
 
Ne laissons pas faire ! Nous sommes de plus en plus nombreux à dire non. Quand une directrice d’école et des parents d’élèves s’opposent pacifiquement à l’arrestation d’un sans-papiers devant leur école, ils ont raison ! Quand les habitants d’un quartier se mobilisent pour obtenir la libération d’un sans-papiers, ils ont raison ! Nos enfants et les enfants des sans-papiers jouent et étudient ensemble : comment expliquer à nos enfants la violence faite à leurs copains ?
 
Faisons respecter l’État de droit ! Les rafles au faciès ne sont pas légales. Les étrangers en situation irrégulière ont des droits, notamment à une vie privée et familiale, garantie par la Convention européenne des Droits de l’homme ! L’administration refuse de reconnaître l’ancienneté de la présence de sans-papiers. Elle complique chaque année les démarches à accomplir pour être en règle. Elle n’applique pas ses propres circulaires (circulaire Sarkozy du 13 juin 2006).
 
Tous ensemble pour la régularisation ! Le gouvernement tente de réprimer tout sentiment de fraternité en pénalisant le « délit de solidarité ». L’opposition est un droit, parfois un devoir ! Pour nous qui vivons dans les quartiers populaires, immigrés et sans-papiers ne constituent pas une menace pour la « cohésion nationale ». Alexis, 3 ans, Rania, 8 ans, Aïcha, 12 ans, Keila, 17 ans, et leurs parents, sans-papiers, ne sont pas dangereux, ils sont en danger ! La diversité n’est pas la misère du monde mais sa richesse !
 
 
 
Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article

Présentation

  • : fischer02003
  • fischer02003
  • : actualité politique nationale et internationale
  • Contact

Recherche

Pages

Liens