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22 avril 2008 2 22 /04 /avril /2008 21:46
www.jean-luc-melenchon.fr


Ma note précédente, concernant les Jeux Olympique, le Tibet et la Chine, aura été un évènement pour moi, compte tenu du nombres des réactions qu'elle a provoqué. Ce n'est surement pas la note la mieux écrite depuis que je tiens ce blog. J'ai rédigé un peu vite et la forme s'en ressent. Pas le fond, heureusement. Il est sans ambigüité. Bien sur, je persiste et signe. Depuis, l'onde de choc des dégâts provoqués par les manifestations anti-chinoises à Paris se propage. Petit à petit nombreux sont ceux qui réalisent qu'ils ont été manipulés. Dans cette note aujourd'hui je commence par parler de mon texte précédent et des réactions qu'il m'a permis de connaître. Puis je reviens sur les faits en cause. Et j'ajoute un mot plus général à propos de la Chine.

Ma surprise.

Mon texte a suscité 2440 commentaires en ligne à l'heure à laquelle je rédige ces mots. En même temps je recevais 1500 mails sur ma boite aux lettres du sénat. Ce sont des chiffres considérables pour moi. D'ailleurs, je ne crois pas qu'une intervention politique en France en déclenche souvent autant hors contexte éléctoral. Avec cela les vidéos de chacune de mes interventions sur le sujet ont été regardées plusieurs centaines de fois et celle de mon passage à la matinale de France 2, sous-titrée en chinois je ne sais par qui, produit un buzz de première grandeur. En soi c'est un sujet de réflexion sur la puissance d'un blog en tant que média singulier. D'autre part le contenu de ces réactions m'a beaucoup étonné. Disons d'abord que je m'attendais à être totalement isolé et incompris. Ce n'est pas du tout ce qui s'est passé. Dès les premières heures après l'édition de ma note, puis surtout après mon passage à Europe 1 en face de Jean-Pierre El kabbach qui le premier m'a donné la parole, et ensuite à la télé, les témoignages d'approbations dans la rue et par courriers ont été très nombreux. Je crois que beaucoup de français sont devenus très méfiants à l'égard des déferlantes médiatiques. Les guerres du golfe, Timisoara, et le référendum français sur la Constitution européenne sont passés par là créant une salutaire méfiance à l'égard du pouvoir d'injonction médiatique. Ensuite je m'attendais à bien des simplifications, transpositions, bétifications de mon point de vue. Elles n'ont pas manqué dans le petit cercle des milieux politiques. J'ai été au contraire impressionné par le fait que ceux qui ont décidé de me donner la parole ont respecté mon avis et traité ma singularité avec sérieux alors que continuait tout autour le déluge irresponsable en faveur du Tibet des moines. El kabbach, Françoise Laborde, Laurent Ruquier, et Paul Amar m'ont accueilli sur des émissions de grandes écoutes. Parfois le contact fut rude. Mais ce n'était pour m'offrir en pâture. Selon moi cela n'empéchera pas la pente venimeuse d'être très fréquentée. Au niveau inférieur de la profession on continue à gagner ses galons à la force de l'aboiement. Je vous en livre un exemple, certes très secondaire, le sourire aux lèvres. Il s'agit de ce pauvre Sylvain Attal, journaliste-répondeur-automatique-libéral de chez libéral qui, selon ses termes emplis de modestie « se lance dans l'aventure du blog en espérant qu'elle contribuera à régénérer le journalisme français, » rien de moins. On appréciera sa contribution personnelle à cette vaste entreprise en lisant cette ligne de commentaire qu'il fait sur les élections italiennes : « Reste que l'idéologie socialiste, la tendance pro-chinoise à la Mélenchon, jadis très forte en Italie a été complètement laminée lors de ces législatives ». C'est fin, non ? Du moins apprenons-nous de cette façon quel genre de régérescence propose Sylvain Attal.

UN OUTIL HORS DU COMMUN

Un mot sur le blog en général. Je milite depuis assez longtemps, j'ai utilisé tant de vecteurs d'expression, que je peux mesure l'apport de ce nouvel outil. Quelle merveille ! Il produit une capacité de propagation, et de mise en lien des protagonistes d'une discussion, sans précédent et sans équivalent. Il ne faut pas voir que le seul impact d'une pierre lancée à point nommée par ce moyen. L'interactivité entre l'auteur et ses commentateurs, et les uns avec les autres, est un fait essentiel. Ainsi quand j'examine la liasse imprimée des mails et des commentaires, j'absorbe une grande richesse de points de vue et d'informations. Bien sur il y a aussi des injures et des louanges sans arguments. Mais elles rendent comptent d'un état de réactivité et elles sont donc intéressantes de ce fait même dans leur forme comme dans leur angle d'accroche. Un grand nombre de commentaires exposent une analyse. C'est cela le plus précieux. Bon nombre d'entre elles m'ont permis de corriger ou d'adapter mes arguments à l'occasion des passages audiovisuels. Je ne pense pas seulement aux informations qu'ils m'ont apportées. J'ai en vue le moyen qu'ils m'ont donné de corriger les erreurs que j'ai pu commettre ou les malentendus que mon expression a pu soulever. Par exemple j'ai noté que le fait d'avoir évoqué le racisme anti-chinois, qui fait toile de fond de nombre des attitudes pro-tibétaines, bloquait toute reflexion pour des gens qui se sentaient personnellement visés. Ma façon de dire provoquait une confusion entre l'arrière plan d'une opération de propagande et le point de vue des personnes qui se sont engagées de bonne foi dans ce qu'elles croient être un combat pour la liberté. J'ai donc eu, à partir de là, une plus grande pédagogie dans le maniement de ma remarque.

LE DEVOIR DE MISE A DISTANCE

Le but d'une discussion comme celle que je veux déclencher dans ce type de circonstances n'est pas de stigmatiser ceux qui contredisent mon point de vue. Mon objectif est d'ouvrir une fenêtre dans le mur des certitudes et de placer la discussion sur le terrain de l'argumentation. C'est le chemin le plus sur vers la raison. Dans la confrontation d'arguments rationnels on peu se convaincre sans déchoir. On peut en rester à son appréciation, mais alors c'est en connaissance de cause. La discussion, la contradiction rend fort. Notre ennemi, à l'âge des déferlantes médiatiques, c'est l'aveuglement. La conscience aveuglée, maladie civique de notre temps. Une conscience aveuglée est une conscience qui se met en action rationnelle au nom de faits non avérés ou tronqués. Mais au fond est-ce si nouveau ? Je me souviens de cet encyclopédiste qui disait au dix huitième siècle « il n'y a pas effort plus vain que de débattre des effets d'un cause qui n'existe pas » Le premier soin d'une conscience d'honnête homme dans le siècle de la saturation médiatique doit être de se mettre, par principe, à distance de l'information qui lui parvient. Parfois on est ramené à cette règle de prudence par des indices qui ouvrent un doute, même restreint. Ces indices fonctionnent comme des mises en garde. Il y a alors alerte. Ici mes alertes étaient de trois niveaux. Evidemment il y avait ce que je sais de l'histoire de la Chine, ce que je sais du Dalaï Lama qui ne collait pas avec la répétition en boucle de ce que j'entendais. Mais pour être franc, le déclencheur qui m'assurait du bien fondé de ma méfiance à l' égard de cette campagne, c'est ce que je sais des héros médiatiques essentiels de la manipulation antichinoise à Paris, Robert Mesnard de « Reporter sans frontières », Lionel Lucca, député UMP, président du groupe France-Tibet à l'assemblée nationale. L'un et l'autre rendent suspectes, par a priori, les causes qu'ils mettent en avant puisqu'ils le font au nom d'exigences qu'eux-mêmes ne respectent pas.

Deux héros disqualifiants

Le premier, Robert Menard, est connu de tous ceux qui s'intéressent à l'Amérique latine. Menard y est un porte parole univoque mais maladroit et cafouilleur des campagnes du gouvernement des USA. Pour le reste sa défense des journalistes dans le monde est exclusivement centrée sur les pays qui déplaisent à ce gouvernement. Aux USA même, la seule journaliste qu'il ait jamais défendu est celle qui a été en prison pour avoir révélé le nom d'un agent de la CIA qui protestait contre les mensonges sur la présence d'arme de destruction massive en Irak. La suite a établi qu'elle l'avait fait sur ordre du président Busch et de son bras droit en la matière le sieur Dick Cheney. Cette manipulatrice avait été auparavant virée du « New York Time » précisément pour avoir inondé ce journal d'infos mensongères sur les armes de destructions massives. Si je cite brièvement cet épisode, parmi tant d'autres très accablants, c'est parce qu'il signale bien le degré de proximité de Robert Ménard avec la fine pointe des avatars de la politique des néo conservateurs américain et de l'équipe Busch. Robert Menard ne mène donc pas une campagne comme celle qu'il mène contre la Chine hors du cadre politique correspondant aux objectifs de ses amis politiques américains, c'est impossible. Ni ses sources de financements, ni l'agence américaine qui réalise « gratuitement » toutes ses campagnes ne le supporteraient. Ceux qui veulent découvrir qui est ce héros très spécial et sa relation non moins spéciale à la liberté de la presse liront avec consternation le livre très documenté de Maxime Vivas « La Face cachée de reporters sans frontières » aux éditions Aden.

Le second, Lionel Lucca, député UMP des alpes maritimes est d'une totale sincérité dans son anti communisme de principe. Moyennant quoi, qui boit la mer avec lui doit aussi avaler les poissons. Bon appétit aux amateurs ! Lionel Lucca est l'auteur d'une proposition de loi visant à rétablir la peine de mort en France. Il est aussi signataires du célèbre amendement établissant le caractère positif de la colonisation française. Il est enfin l'auteur en 2007 d'une proposition de loi visant à « reconnaître le génocide Vendéen ». Je pense que je peux faire l'économie de la démonstration sur le lien qui doit être établi entre ces initiatives législatives d'inspiration d'extrême droite et la vindicte anti chinoise du personnage.

A propos de la Chine

J'admets que mon intérêt et mon amitié pour ce pays me fait voir souvent ce qu'il fait avec plus de faveur qu'un examen plus froid l'exigerait peut-être. Dire que l'on a de l'amitié pour un pays cela signifie quelque chose d'autre qui dépasse le moment politique. J'aime la Chine pour son histoire, son esthétique, ses cultures, ses paysages, ses continuités et ses ruptures. Pour autant que j'en connaisse de tout cela par mes lectures d'un grosse centaine de romans et de quelques autres livres assez divers. Soit. D'aucuns en déduisent que j'agis de cette façon parce que je suis un homme de gauche et que le gouvernement chinois aurait donc ma faveur automatiquement. Ceux-là ne font pas preuve d'un grand discernement politique. Confondre un socialiste républicain français avec un communiste chinois n'est pas très subtil sauf s'il s'agit de nuire à la réputation politique de l'un ou de l'autre dans son milieu. Par-dessus tout il faudrait aussi se demander si toutes ces étiquettes politiques correspondent bien au produit d'origine que la propagande veut disqualifier. L'évolution politique du Parti communiste chinois n'est un secret pour personne. Doit-on continuer à le traiter comme si sa doctrine était celle des années cinquante ? Cela se fait beaucoup pourtant. Mais je ne pense pas que qui que ce soit y croit sérieusement. Pourquoi avoir un double langage permanent à ce sujet ? Au Congrès de l'internationale socialiste de Sao Paolo, le Parti communiste Chinois était présent en tant qu'invité. Personne n'a trouvé à redire à cette invitation. J'étais membre de la délégation socialiste française, dirigée par Pierre Moscovici, qui rencontra la puissante délégation des invités communistes chinois. Personne n'évoqua l'idée de boycotter cette rencontre. Elle fut aussi normale et détendue que n'importe quelle autre rencontre. Quand le président Sarkozy est allé en Chine il y a quelques mois a-t-il une seule fois soulevé le problème du Tibet au nom duquel à présent il « n'exclut rien », y compris de boycotter la cérémonie d'ouverture ? Non, bien sur. Heureusement. Les gesticulations d'aujourd'hui sont de pures hypocrisies. Mais en agissant de cette façon irresponsable on exprime une incompréhension de ce qu'est la Chine actuelle réelle et un grand mépris pour la sensibilité culturelle de son peuple. Ceux qui croient qu'un gouvernement tient et dirige un pays de plus d'un milliard d'habitants par des mesures de police se trompent absolument et ne comprennent rien à ce qui se passe. L'ancrage nationaliste de la politique gouvernementale rencontre un écho dans la masse du peuple chinois. La peur du chaos politique est un argument central de la culture politique des chinois pour la raison de bon sens que tout le monde peut comprendre s'il réfléchit rationnellement aux problèmes d'un tel pays si vaste, si peuplé et tant de fois affreusement martyrisé par le démembrement politique. Dans ce contexte, seule la prétention sans borne des dirigeants occidentaux peut leur faire croire que nos pays seraient une référence rassurante pour les chinois. Le souvenir mortifiant des humiliations imposées dans le passé par l'occident à la Chine, le spectacle de l'acharnement contre la Russie vingt ans après la chute du mur, la volonté brutale de mettre en place l'OTAN tout autour d'elle pays par pays limitrophe, les coups de boutoirs partout contre l'unité des Etats qui sont dans la cible des Etats-Unis, comme l'a montré l'exemple du Kosovo, tout cela permet à n'importe quel chinois qui aime son pays de comprendre quel est le sens réel dangereux de l'affection que les tireurs de ficelles occidentaux portent à intervalle utile au Tibet ou aux droits de l'homme.

Les chinois du commun ont toutes les raisons de se méfier. Ils ont raison de le faire. Dans cet épisode lamentable à Paris, notre pays a reçu un très rude coup dans l'esprit des chinois. Je dis bien les chinois. C'est à dire les gens du peuple, les intellectuels, les dirigeants de tous niveaux. C'est à nous, français, qu'on en veut, davantage qu'aux autres, d'avoir permis l'humiliant traquenard contre le passage de la flamme olympique à Paris. Les chinois savent qu'en France, si bavarde sur la liberté de la presse, ont été censurées les images ou l'on voyait un agresseur atteindre la jeune sportive handicapée et son accompagnateur aveugle. Peu importe que l'agresseur ai été un anglais comme un certain nombre des manifestants les plus agressifs venus avec ces centaines de drapeaux tibétains pourtant introuvables dans le commerce. C'est à nous qu'on en veut car c'est de nous qu'on attend le plus en Chine. C'est de nous dont on attend la meilleure compréhension parce que dans la culture et la connaissance des chinois nous sommes toujours le peuple de la grande révolution de 1789 et celui de la reconnaissance par le général de Gaulle de la Chine populaire en 1964. Pour eux nous sommes ceux qui ont refusé la deuxième guerre du golfe et ainsi de suite. Donc ils nous pensent comme un peuple qui leur ressemble par son exigence d'indépendance et par conséquent son autonomie par rapport aux campagnes hostiles des anglo-saxons. Dès lors ils s'estime trompés par les déclarations amitieuses du président Sarkozy en Chine auxquelles ont fait suite ses misérables menaces de boycott à Paris. Vu sous cet angle de terrain, l'attitude des dirigeants français et des énergumènes rameutés pour le Tibet des moines est un tissu de bêtises désastreuses pour la France. Et nous n'en sortirons pas tant que nos dirigeants continueront à courir derrière des marionnettes à gages comme Robert Menard et des officines comme Reporters sans Frontières.


Le dernier maoïste de France

Réponse à Jean-Luc Mélenchon


lundi 14 avril 2008 par Jean-Paul Ribes

Jean-Luc Mélenchon, sénateur de l’Essone, aime que l’on parle de lui. Bien qu’élu du parti socialiste, il n’hésite pas à faire ouvertement campagne contre son parti quand ça l’arrange, l’essentiel étant de se singulariser par des positions, souvent outrancières, sur les sujets les plus variés.

Aujourd’hui, devant le grand mouvement de sympathie pour le Tibet qui se manifeste en France et un peu partout dans le monde, il fallait bien que quelqu’un se dresse, à contre-courant, comme le champion de la Chine calomniée. Le sénateur s’est donc instruit sur la question… mais aux plus mauvaises sources. A savoir, la petite collection de brochures de propagande diffusée par l’ambassade de Chine.

D’où ses chiffres fantaisistes, ses dates inexactes, ses affirmations aussi fausses que péremptoires. Le tout baignant dans un éloge vibrant de la politique chinoise, non seulement au Tibet, mais en Mongolie, au Turkestan oriental (ch. : Xinjiang), et une approbation à peine voilée des mesures de répression à l’égard des dissidents ou des adeptes de Falung Gong (une secte, donc pas vraiment des humains) torturés et croupissant en prison.

Si le bouillant défenseur de la bureaucratie pékinoise avait un peu le souci de l’équilibre, nous lui conseillerions de se mettre vraiment au travail en allant s’informer, non seulement auprès des “fanatiques du Dalaï Lama” que nous sommes à ses yeux (la fameuse “clique” n’est pas loin) mais des universitaires les plus qualifiés, experts d’une histoire, d’une langue et d’une culture auxquelles ils consacrent leur vie et leur intelligence. Plus de cinq-cents d’entre eux, de Varsovie à Oslo en passant par Hong Kong, Paris et Washington, viennent d’ailleurs d’adresser une lettre sans équivoque au président chinois M.Hu Jintao.

 

Premier ouvrage dont nous lui recommandons instamment la lecture ” Le Tibet est-il chinois ? ” [1], paru en 2002 chez Albin-Michel sous la direction d’Anne-Marie Blondeau et de Katia Buffetrille, et qui regroupe les contributions de tibétologues mondialement reconnus.

 

Il y découvrirait que la prétention d’appartenance du Tibet à la Chine depuis le IXème siècle, qu’il a glanée dans ses lectures approximatives, est une idée récente, et qui n’a vraiment cours que depuis une cinquantaine d’années, depuis qu’elle a été imposée par le PC chinois.


Même Mao Zedong avait quelques doutes sur la question, puisque, dans ses années de lutte pour le pouvoir, il reconnaissait aux Tibétains le droit à leur drapeau, et son projet constitutionnel accordait aux “nationalités” le droit à l’autodétermination.


Pour faire court voici ce qu’affirment les universitaires compétents.

Lié aux empereurs mongols (dynastie Yuan), lors de leur arrivée au pouvoir en 1271 par un accord spécifique (Chö-Yon) dit de “maître spirituel à bienfaiteur”, le Tibet ne figure pas comme faisant partie du domaine impérial dans les très officielles “annales des Yuan”. Pas plus qu’il ne figure dans les “annales des Ming”, la dynastie qui devait succéder aux Yuan en 1368.

Avec l’arrivée des Mandchous (dynastie Qing) en 1644 les choses se sont lentement modifiées, notamment sous le règne de Qianlong (1735-1796) où l’on voit apparaître l’idée d’une suzeraineté de l’empereur sur le Tibet. En quelque sorte le “bienfaiteur” devient “protecteur” et le Tibet un “protectorat”, sans pourtant que cela prête vraiment à conséquence sur le terrain. La présence symbolique des ambans (envoyés de l’empereur) et l’entretien épisodique d’une petite garnison (quelques centaines d’hommes), à qui était exclusivement confiée une tâche de défense extérieure devant être perçue comme relevant d’un consentement mutuel plus que d’une domination par le pouvoir central.

L’érudit sénateur pourrait-il par exemple nous citer une seule “mesure de gouvernement” imposée par l’empereur, comme les rois de France pouvaient en prendre dans leurs provinces ?

Un pouvoir central qui ira en s’affaiblissant au cours du XIXème siècle au point que le corps expéditionnaire envoyé par la couronne britannique en 1904 et commandé par le lieutenant-colonel Younghusband ne trouvera en face de lui pas l’ombre d’un soldat chinois !

En revanche, la première et sanglante tentative d’annexion du Tibet en 1906 par les troupes de Zhao Erfeng, le “boucher du Kham” se terminera par une déroute en 1911, avec la chute de la dynastie mandchoue.

C’est donc tout naturellement que, de retour dans sa capitale Lhassa, le XIIIéme Dalaï Lama pourra déclarer l’indépendance du Tibet et (point 5 de la déclaration) limiter considérablement le système des fermiers “attachés à la terre” en affirmant : “nul n’a le droit d’empêcher quiconque de cultiver toute terre vacante”, allant même jusqu’à utiliser, bien avant d’autres, cette formule : “la terre appartiendra au cultivateur”.

Le Tibet va donc frapper monnaie, produire ses propres timbres, délivrer des passeports, bref s’attribuer les instruments de tous les pays indépendants. Une indépendance que la Commission des juristes qui siège à Genève, avec statut consultatif à l’ONU, décrira ainsi dans son rapport de 1960 : “le Tibet était au moment de la signature de l’accord en dix-sept points en 1951 un Etat indépendant de facto… Il a démontré de 1913 à 1950 qu’il présentait les conditions d’un Etat, telles qu’elles sont généralement acceptées par la loi internationale”.

Le seul reproche que l’on puisse faire aux Tibétains de l’époque, par négligence ou mauvaise connaissance du terrain diplomatique, c’est de n’avoir pas transformé ce “de facto” en “de jure”, comme avait su le faire la Mongolie, dite extérieure.

Sur la question du régime politique et social qui prévalait au Tibet avant l’invasion chinoise de 1950, personne ne prétend qu’il était un modèle de justice et de modernité. Tout n’allait pas pour le mieux au Pays des Neiges. Il fallait réformer. Mais les meilleures réformes ne sont-elles pas celles auxquelles le peuple consent ?

Le XIVème Dalaï Lama, dès son installation dans ses fonctions en 1950, avait fermement exprimé son souhait de s’atteler à la tâche et de sortir son pays de l’archaïsme. L’invasion chinoise ne lui en laissera pas le temps.

L’ébauche de constitution qu’il promulgue en 1963, dès son arrivée en exil, est d’ailleurs une preuve évidente de sa détermination démocratique, puisqu’il y est prévu que les députés et même les membres du gouvernement, y soient élus au suffrage universel.

En revanche, parer le régime chinois de toutes les grâces, lui qui n’accorde aucun droit de vote à ses citoyens, et même pas celui de s’exprimer sur internet (mémento Hu Jia), notre gaucho sénatorial y va un peu fort. Et de lui attribuer, dans la foulée, toutes les vertus émancipatrices que revendiquent les régimes coloniaux, à commencer par la France lorsqu’elle régnait Outre-mer. Le brouillon sénateur ne s’embarrasse d’ailleurs pas de ses propres contradictions ; lui qui se montre si critique de l’importation armée de la “démocratie” américaine en Irak, ne trouve rien à redire à l’imposition du communisme au bout des baïonnettes chinoises au Tibet, et ce depuis un demi-siècle.

Enfin là où l’ignorance devient carrément de la mauvaise foi partisane, c’est lorsque le Mao du Sénat reprend quasiment mot à mot les thèmes qui lui sont soufflés par l’ambassade de Chine sur la “volonté de restaurer la théocratie” du Dalaï Lama et autre balivernes mensongères.

Dans toutes ses déclarations sur l’avenir de son pays, le dirigeant tibétain affirme clairement sa volonté de n’assumer aucun rôle au pouvoir lorsqu’il reviendra au Tibet, celui-ci devant être issu exclusivement des urnes, dans le cadre d’une constitution laïque et démocratique.

Quant au régime social, c’est en France, devant la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, présidée à l’époque par Jack Lang et devant un Edouard Balladur ébahi, que nous avons tous entendu le Dalaï Lama affirmer avec une certaine audace que son choix se portait résolument vers un système socialiste. Affirmation qu’il complétait dans le Nouvel Observateur du 17 janvier 2008 en se décrivant comme “un marxiste en robe bouddhiste”. On comprend que cela puisse déplaire au sénateur de gauche. Enfin, la robe de moine. Car il préfère sans doute réserver l’appartenance marxiste aux vareuses des commissaires politiques, aux complets-vestons des businessmen et aux uniformes des militaires, zélés défenseurs du capitalisme chinois.

Qu’on nous pardonne notre ton parfois polémique, il ne cache ni hargne ni colère. Simplement notre souhait de voir l’élu de la République s’obliger à un peu de retenue dans ses propos, appliquant la consigne que tous les journalistes dignes de ce nom partagent : “qui n’a pas fait d’enquête n’a pas droit à la parole”. Inutile de lui préciser l’auteur de cette citation.

Qu’il sache en outre (voir notre article du 10 avril sur tibet-info.net) que nous n’agissons jamais par haine de la Chine, attachés que nous sommes à la liberté de ce grand peuple, que nous ne sommes pas des “indépendantistes tibétains” et encore moins des “agitateurs professionnels” comme l’affirme la langue de bois pékinoise. S’il veut s’en convaincre, et à moins qu’il ne calque son attitude sur l’horreur du dialogue propre aux dirigeants chinois, nous sommes, cela s’entend, parfaitement disposés à le rencontrer. En toute bonne foi.

Jean Paul Ribes
 
http://www.jean-luc-melenchon.fr/?p=588#more-588




 

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21 avril 2008 1 21 /04 /avril /2008 21:39

Colloque de la Fondation Res Publica : Où va la société palestinienne ?

Poursuite du cycle de colloques de la Fondation Res Publica lundi 26 mai 2008 à 18h à l'Institut du Monde Arabe (1 rue des Fossés-Saint-Bernard 75005 Paris). En voici le programme ci-dessous.

 

Avec la participation de :

  • Leila Chahid, ancienne représentante de l'OLP en France
  • Khaled Hroub, spécialiste anglais du Hamas, directeur du Cambridge Arab Media Project, université de Cambridge
  • Abd El Jawad, ancien député de Cisjordanie, indépendant
  • Jean-François Legrain, chercheur au CNRS, Lyon
  • Elias Sanbar, ambassadeur de l'OLP à l'Unesco
  • Raji Sourani, responsable du Centre palestinien pour les droits de l'homme à Gaza
  • Jean-Pierre Chevènement, président de la Fondation Res Publica

    Inscrivez-vous à l'adresse électronique
    res-publica@wanadoo.fr (Merci de préciser vos nom et coordonnées complètes). Pour consulter les travaux de la Fondation Res Publica, fondation reconnue d'utilité publique par décret du 30 décembre 2005, une seule adresse : www.fondation-res-publica.org.

 

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21 avril 2008 1 21 /04 /avril /2008 21:29

Le Hamas vers une reconnaissance tacite d'Israël

 

DAMAS/JERUSALEM  (AP)

 

  Le chef du Hamas en exil Khaled Mechaal a annoncé lundi que le mouvement palestinien proposait une trêve de dix ans, valant reconnaissance implicite d'Israël, si l'Etat hébreu se retirait des territoires occupés depuis la guerre des Six-Jours de 1967. Il a également déclaré que le Hamas -même s'il ne reconnaîtrait jamais formellement l'Etat hébreu- était prêt à accepter la création d'un Etat palestinien aux côtés d'Israël.

Ces propos d'un rare pragmatisme pourraient constituer une évolution de la position du Hamas, qui a toujours refusé de reconnaître Israël et même prôné sa destruction. Ils interviennent dans la foulée de la tournée proche-orientale de l'ancien président américain Jimmy Carter, qui s'est attiré les foudres d'Israël et de Washington pour avoir rencontré des responsables du Hamas, qu'ils considèrent comme une entité terroriste.

Le chef politique du Hamas a expliqué que son mouvement était prêt à accepter la création d'un Etat palestinien comprenant la Cisjordanie, la Bande de Gaza et Jérusalem-est (territoires occupés par Israël en 1967), et laissé entendre qu'il tolérerait l'existence aux côtés de cet Etat palestinien de l'Etat hébreu sur le reste du territoire israélien tel qu'il est depuis 1948.

Les commentaires de Khaled Mechaal apparaissent donc comme la plus grande ouverture faite par le Hamas en vue d'une solution à deux Etats. Jusqu'à lundi, le Mouvement de la résistance islamique revendiquait la totalité du territoire israélien actuel, en plus de la Cisjordanie et la Bande de Gaza. Sa charte appelle également à la destruction d'Israël, et Mechaal n'a pas précisé si elle serait modifiée.

Khaled Mechaal a expliqué avoir fait cette offre de "hudna", ou "trêve", lors de sa rencontre samedi avec Jimmy Carter: "Nous avons offert une trêve si Israël se retire jusqu'aux frontières d'avant 1967, une trêve de dix ans comme preuve de reconnaissance".

Plus tôt lundi, Carter avait assuré dans un discours prononcé à Jérusalem et clôturant sa tournée de neuf jours dans la région que le Hamas était prêt à soumettre à référendum tout accord de paix, et disposé à accepter le droit d'Israël à "vivre comme un voisin en paix" aux côtés des Palestiniens.

Vilipendé par Israël, dont le Premier ministre Ehoud Olmert a refusé de le recevoir, et par l'administration américaine actuelle, Carter a de nouveau justifié son initiative en soutenant que la stratégie de l'isolement est contre-productive.

"Nous ne croyons pas que la paix soit vraisemblable, et certainement pas que la paix puisse être durable, à moins de trouver une façon d'inclure le Hamas dans les discussions", a souligné M. Carter. "L'actuelle stratégie visant à exclure le Hamas et à exclure la Syrie ne marche tout simplement pas".

Selon M. Carter, le Hamas l'a assuré qu'il ne saperait pas les négociations de paix entre Israël et le président palestinien Mahmoud Abbas, dont le Fatah est l'ennemi juré du Hamas, tant que tout accord est soumis à référendum aux Palestiniens. Les responsables du Hamas qu'il a rencontré ont dit, selon lui, qu'ils "accepteraient le droit d'Israël à vivre comme un voisin en paix".

"Nous donnons notre accord à un Etat (palestinien, NDLR) sur la base des frontières antérieures à 1967, avec Jérusalem comme capitale, avec une souveraineté véritable, sans colonies de peuplement", a confirmé Mechaal lundi, ajoutant cependant: "mais sans reconnaître Israël".

Il a déclaré qu'il proposait aux Israéliens une "hudna", ou trêve, de dix ans s'il se retirait des terres occupées au-delà de ces frontières lors de la guerre des Six-Jours, dont la Cisjordanie, Jérusalem-est et la Bande de Gaza. Khaled Mechaal a utilisé le terme arabe de "hudna", plus concret que le mot "tahdiya" (qui signifie une période de calme), que le Hamas emploie souvent pour décrire un simple cessez-le-feu. "Hudna" implique la reconnaissance du camp opposé.

Ces propos pourraient donc indiquer une évolution de la position du Hamas vers une reconnaissance -tacite- d'Israël.

Mais dans la Bande de Gaza, un porte-parole du Mouvement, Abou Jandal, a déclaré lundi à un journal lié au Hamas que les attaques contre des points de passage entre la Bande de Gaza et Israël, qui ont tué deux civils et trois soldats israéliens ces derniers temps, allaient s'intensifier, assurant que les opérations effectuées à ce jour n'étaient qu'un "entraînement". Jimmy Carter avait regretté, lundi, que le Hamas n'ait pas accepté sa suggestion d'arrêter les tirs de roquette vers Israël depuis la Bande de Gaza. AP

 

 

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21 avril 2008 1 21 /04 /avril /2008 21:21

Au 7ème jour du mouvement de grève, les travailleurs sans-papiers
> mobilisés pour leur régularisation font toujours preuve d'une
> détermination totale. Le mouvement ne cesse de s'amplifier, avec
> chaque jour le déclenchement de grèves dans de nouvelles entreprises.
>
> Pour garantir le succès de cette lutte, les travailleurs sans-papiers
> en grève ont absolument besoin de la présence de soutiens extérieur
> sur leurs lieux d'occupation, y compris pendant la nuit, ne serait-ce
> que pour garantir leur sécurité.
>
> La fatigue et la tension nerveuse commençant à faire leur effet sur
> les militants engagés depuis le début du conflit, nous lançons un
> appel à toutes celles et tous ceux qui pourraient venir apporter un
> soutien aux grévistes, sous quelque forme que ce soit (notamment venir
> passer une nuit avec eux).
>
> une réunion publique de solidarité et de soutien aux
> travailleurs sans-papiers en grève est organisée mercredi 23 avril à
> 19h à la Bourse du Travail de Paris (Salle Henaff - Annexe de la
> Bourse du Travail - Boulevard du Temple - Métro République).


> Des représentants des grévistes de chaque site occupé seront présents,
> ainsi que des militants de Droits devant!! et de la CGT engagés dans
> la lutte.
>
>
>

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21 avril 2008 1 21 /04 /avril /2008 21:11

Appel de la Coordination Nationale Lycéenne

    Voici l'appel de la première coordination nationale lycéenne, adoptée par des représentants de  lycées de toute la france ce samedi 19 avril. À diffuser et faire connaître largement !

    Mardi 15 et Jeudi 17 avril, des dizaines de milliers de lycéens et de profs manifestaient à Paris et des milliers dans des villes de province. Une nouvelle fois nous avons été plus nombreux que les manifs précédentes et le mouvement contre la casse de l'Education Nationale prend réellement de l'ampleur. Darcos refuse de céder pour l'instant, il faut donc continuer à amplifier la mobilisation et les manifestations.

    Pour amplifier la mobilisation, nous devons pousser tous les lycées à se réunir en Assemblée Générale. L'auto-organisation des lycéens en Assemblée Générale, comme c'est déjà le cas dans de très nombreux lycées, est le seul moyen pour toucher le plus d'élèves possible sur chaque établissement mobilisé. Mais se réunir en AG permet surtout d'organiser la mobilisation sur son lycée, de débattre sur les attaques du gouvernement et sur les revendications, de préparer les manifs, et de discuter des suites à donner au mouvement.

    Aujourd'hui il est urgent que nous, lycéens représentants de 30 lycées sur l'île de France, et de plusieurs lycées de provinces, dont notamment des lycées de Toulouse, de Lyon, d'Amiens, etc., défendions les revendications suivantes :

    Rétablissement des postes supprimés et transformation des heures supplémentaires en heures postes ; pas plus de 25 élèves par classe ; maintien du BEP et de la carte scolaire ; rétablissement des filières, options et classes supprimées ; embauche des personnels nécessaires au bon fonctionnement d'un enseignement de qualité ; régularisation des élèves sans-papiers ; non application du rapport Pochard.

    La liste est longue, au même titre que la liste des attaques gouvernementales contre le service public d'éducation et contre les droits des lycéens. Toute cette politique a des conséquences sur les professeurs mais aussi sur nos conditions d'étude et d'enseignement : des classes surchargées, des heures de demi-groupes en moins, des options et langues de plus en plus rares, parfois des filières et des classes fermées, comme cela a été annoncé dans de nombreux lycées.

    Pour les profs : recours accru aux heures supplémentaires, plus de difficultés pour faire cours dans des classes toujours plus surchargées, moins de temps pour préparer les cours et corriger les copies. Beaucoup d'entre eux vont devoir partager leur travail entre plusieurs lycées ou enseigner plusieurs matières…

    De plus, et face à la représsion très forte qui tente de mettre fin au mouvement, la coordination nationale lycéenne demande l'arrêt des poursuites judiciaires contre tous les lycéens interpellés lors des manifestations ou devant leur lycée. Nous demandons également l'arrêt de toutes les sanctions administratives dans chaque établissement contre les lycéens mobilisés.

    C'est l'ensemble des jeunes et des personnels enseignants et non-enseignants qui sont attaqués par les réformes du gouvernement.

    Par conséquent, nous devons répliquer par un mouvement de grève massif de toute l'Education Nationale. Ce mouvement sera le premier pas vers un mouvement d'ensemble de tous les jeunes et de tous les salariés qui seul pourra stopper la politique du gouvernement Sarkozy.

    C'est pour cette raison que nous invitons tous les lycéens mobilisés à s'auto-organiser et à lutter aux côtés de leurs profs et des parents d'élèves. Les manifestations doivent continuer et se multiplier car elles permettent de populariser le mouvement et de l'étendre en encourageant plus de lycéens, de profs et de parents d'élèves à y participer.

    Nous appelons tous les lycéens en lutte à participer à la prochaine Coordination nationale lycéenne, le samedi 3 mai en région parisienne.

    Nous appelons tous les lycéens à manifester massivement dans toute la France le mardi 29 avril prochain et à rejoindre les travailleurs lors des manifs du 1er mai.

    Mais surtout, la Coordination appelle à faire du MARDI 6 MAI une journée de grève et de manifestation nationale. De plus, elle invite également les lycéens à bloquer leurs lycées ce jour-là partout où c'est possible afin d'envoyer un signal fort au gouvernement.

    TOUS ENSEMBLE, FAISONS RECULER LE GOUVERNEMENT !

    Pour plus d'information voir le site : http://lecrc.forumactif.fr/index.htm

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20 avril 2008 7 20 /04 /avril /2008 19:24

En solidarité avec la lutte des travailleurs égyptiens
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> RASSEMBLEMENT LUNDI 21 AVRIL A 18H30
> Ambassade d'Egypte à Paris
> 56 avenue d'Iéna, 75016, métro Iéna
>

> Vive la lutte des ouvriers de Mahallah
>
> Nous, les soussignés, exprimons notre solidarité avec les ouvriers de la Compagnie égyptienne des fils et textiles de Mahallah al Koubra et avec tous les pauvres et déshérités d'Egypte, et proclamons notre soutien à leur lutte contre un régime qui a écrasé les pauvres au profit d'une poignée de capitalistes.
>
> Nous exigeons du gouvernement égyptien qu'il souscrive aux revendications légitimes, justes et légales des ouvriers de la Compagnie égyptienne des fils et textiles de Mahallah al Koubra. Nous élevons nos voix de concert avec celles des ouvriers en grève dans leur lutte légitime contre la répression et les politiques d'appauvrissement et d'affamage de la population.
>
> La fédération syndicale des ouvriers d'Egypte, soumise au régime de Moubarak et le ministère de l'Emploi et du Travail, opposé à la grève, sont des outils de la nouvelle tentative du régime en place pour anéantir les forces ouvrières et liquider leurs droits par les menaces, la répression et l'emprisonnement. La lutte des ouvriers du textile de Mahallah est un pas de plus vers la réalisation du changement. Tout ce que nous pouvons dire c'est que l'action des ouvriers du textile de Mahallah est le début d'un mouvement appelé à se propager à l'ensemble de la région, un mouvement du peuple et vers le peuple, un mouvement visant à en finir avec l'exploitation, la pauvreté et la répression. Notre solidarité aujourd'hui est à la base de ce changement.
>
> Nous affirmons notre soutien à la grève des ouvriers du textile de Mahallah en vue d'obtenir leurs revendications car nous croyons que ces revendications sont des droits fondamentaux et légitimes pour tous les ouvriers. Nous soutenons les ouvriers en grève et leurs familles et nous saluons leur courage et leur détermination à obtenir leurs droits.
>
> Nous appelons tous les ouvriers du monde à soutenir leurs camarades de la Compagnie égyptienne des fils et textiles de Mahallah al Koubra et nous saluons le soutien des ouvriers de Kafr el Douar, des employés de l'administration fiscale foncière, des étudiants et des professeurs des universités qui s'est manifesté par des rassemblements de protestation et la diffusion d'appels à solidarité avec la grève de leurs camarades. Nous exigeons de l'Etat égyptien la libération immédiate des militants détenus alors qu'ils distribuaient des tracts appelant à la grève.
>
> Camarades ouvriers de la Compagnie égyptienne des fils et textiles de Mahallah al Koubra, notre solidarité avec votre lutte exprime notre profonde conviction dans la justice de vos revendications. Vos revendications sont les nôtres. Le pouvoir qui gouverne le Liban, l'Egypte et le monde fabrique de nouvelles lois et des dispositions pour détruire les acquis de la classe ouvrière et liquider ses droits.
>
> C'est en luttant à vos côtés que nous pourrons nous opposer au pouvoir et à ses outils de répression ainsi qu'aux cliques des patrons, et que nous pourrons gagner ensemble la bataille. Laissons-leur leurs palais et leurs matraques et partons ensemble à la conquête du monde.
>
> Lundi, 7 avril 2008
>
> Signataires :
>
> Le rassemblement de gauche pour le changement (Liban),
> Bureau politique du Parti communiste libanais,
> Association des professeurs de l'enseignement secondaire public libanais,
> Syndicat des ouvriers du bâtiment (Liban),
> Parti communiste syrien,
> Parti communiste jordanien,
> Parti communiste tchèque,
> Parti communiste russe,
> Parti du travail (Turquie),
> Forum démocratique progressiste du Bahraïn,
> Front populaire de libération de la Palestine,
> Front démocratique de libération de la Palestine,
> Parti des ouvriers de Belgique,
> Parti communiste italien (Rifundazione) .
>

> __________________________________________________

 

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20 avril 2008 7 20 /04 /avril /2008 19:19

La grève des travailleurs sans-papiers continue, Cambadélis

 

mobilise les élus

 

PARIS (AFP)

 

  Le député PS de Paris Jean-Christophe Cambadélis a annoncé dimanche avoir écrit à ses collègues parlementaires "pour proposer une action de solidarité" avec les plus de 300 travailleurs sans-papiers qui se sont mis en grève depuis mardi en Ile-de-France.

"Travailleurs salariés, ils manifestent pour obtenir des papiers", écrit dans un communiqué le député strauss-kahnien. "Si ce n'est pas l'immigration choisie", poursuit-il en allusion au thème défendu par Nicolas Sarkozy, "ils ont été choisis par des employeurs, ils doivent donc être régularisés".

"C'est à nous, parlementaires, d'agir", poursuit l'élu parisien.

Plus de 300 salariés sans papiers se sont joints à un mouvement de grève coordonnée, avec occupation de sites, lancé depuis mardi par Droits Devant! et la CGT dans une vingtaine d'entreprises d'Ile-de-France, pour réclamer leur régularisation.

La FSU qui soutient le mouvement, a demandé samedi à Xavier Bertrand et Brice Hortefeux, respectivement ministre du Travail et ministre de l'Immigration, de régulariser tous les travailleurs sans-papiers, alors que neuf salariés supplémentaires se mettaient en grève.

Une lettre-ouverte signée par 71 contrôleurs et inspecteurs du travail, "transformée en pétition de l'intersyndicale du ministère du Travail signée par des centaines d'agents", a été adressée à M. Bertrand lui "demandant d'ouvrir des négociations avec les partenaires sociaux pour la régularisation de tous les travailleurs sans papiers", a affirmé la FSU dans un communiqué.

Le syndicat a déploré "la totale hypocrisie d'une réglementation de l'immigration qui a pour conséquence de maintenir encore plus sous la dépendance de leur patron les travailleurs sans-papiers, sans régler aucun problème de recrutement dans les secteurs en tension où ces salariés travaillent".

Dénonçant une "politique démagogique ouvertement discriminatoire, injuste socialement, arbitraire juridiquement, et irréaliste économiquement", la FSU a regretté que les 150 métier touchés par une pénurie de main d'oeuvres, reconnus dans la circulaire du 20 décembre 2007, ne soient "ouverts qu'aux ressortissants des dix nouveaux Etats membres de l'Union Européenne".

Pour "faire cesser ce déni de droits envers des travailleurs", "Xavier Bertrand et Brice Hortefeux doivent régulariser les travailleurs sans papiers" a estimé la FSU.

Neuf salariés sans papier, employés depuis 3 à 10 ans par le "Café de la Jatte ", un restaurant à la mode des Hauts-de-Seine, ont rejoint samedi le mouvement de grève.

Soutenus par un groupe d'une vingtaine de militants de Droits Devant!, dont le porte-parole de l'association, Jean-Claude Amara, venus sur place, ils ont déployé une banderole sur laquelle était écrit "Régularisation de tous les travailleurs sans papier".

Ils ont brandi, qui des drapeaux de la CGT , qui des drapeaux de Droits Devant!.

Devant la presse, Jean-Claude Amara, a déclaré "ouverte la grève" de ces salariés.

Il a rappelé qu'une telle grève était observée dans "14 lieux" en Ile-de-France, par "537 travailleurs sans papiers", depuis le "15 avril".

Un échange vif mais courtois a eu lieu entre M. Amara et le patron de l'établissement, au terme duquel, face à une caméra, ce dernier a lancé: "M. le président vous connaissez l'endroit, intervenez, réglez ce problème!".

Cette grève de salariés sans-papiers, déclenchée de façon coordonnée pour la première fois en France dans une vingtaine d'entreprises de la restauration, du bâtiment ou du nettoyage près de Paris, oblige une partie du patronat à s'engager pour obtenir leur régularisation.

"On veut faire ouvrir les yeux sur une réalité", explique à l'AFP Francine Blanche, une responsable du syndicat CGT, à l'initiative du mouvement débuté mardi 15 avril.

Il y aurait en France entre 200.000 et 400.000 étrangers en situation irrégulière, dont l'immense majorité travaille, notamment dans les petites entreprises de secteurs en pénurie de main d'oeuvre, comme la restauration, le bâtiment ou le nettoyage.

Devant cette mobilisation inédite, certaines organisations patronales ont révélé au grand jour leur dilemme, entre nécessité de trouver de la main-d'oeuvre et risque de sanctions judiciaires pour emploi de clandestins.

Un décret de juillet 2007 fait obligation aux employeurs de s'assurer auprès des préfectures de l'authenticité des papiers des travailleurs étrangers.

S'il existe des employeurs qui embauchent en connaissance de cause des sans-papiers et "doivent être sanctionnés", "certains" ne le savent pas et "d'autres sont obligés d'en faire travailler sinon ils fermeraient leur entreprise faute de main-d'oeuvre", a déclaré à l'AFP Jean-François Veysset, vice-président de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME).

 



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20 avril 2008 7 20 /04 /avril /2008 19:10

AIME CESAIRE DOIT REPOSER EN TERRE MARTINIQUAISE
par Claudette DUHAMEL

 

www.thotep.com

 

AIME CESAIRE DOIT REPOSER EN TERRE MARTINIQUAISE


Le colonialisme est ruse de l’histoire a écrit Aimé CESAIRE


A peine ce grand homme nous a-t-il quitté que ce colonialisme qu’il a tant honni tente une ultime ruse pour le récupérer : Grands seigneurs les hommes politiques français de tous bords proposent de le mettre dans leur grand Panthéon à côté de leurs grands hommes, car disent-ils Césaire était ... un grand français.

Et ces gouvernants et autres hommes et femmes politiques français sont persuadés que le peuple martiniquais devrait être fier d’une telle proposition.

Quelle outrecuidance ! Quel intolérable mépris pour la mémoire de Césaire, et pour le peuple martiniquais !

Car comment pouvons nous envisager, sans trahir notre Aimé, de remettre aux français sa dépouille, lui qui a toujours refusé leur légion d’honneur, leur Académie, leur prix de littérature et autres distinctions ?

Pensent ils vraiment que nous sommes à ce point sans intelligence et sans dignité que nous accepterions de profaner la dépouille d’un homme qu’ils ont tenté de marginaliser parce qu’il réclamait simplement un peu de respect pour son peuple ?

N’oublions pas que c’est parce qu’il prônait l’autonomie pour la nation martiniquaise qu’Aimé Césaire a été, durant plusieurs décennies, marginalisé par les gouvernants français, dans son propre pays et comme il l’a dit lui même interdit de radio et de télévision, relégué dans une sorte de ghetto..

N’oublions pas non plus que ce qui a fait la force de cet homme, qui lui a permis de résister durant des années, et d’ouvrir la voie pour la libération des esprits, c’est son amour pour son peuple qui a fort heureusement été payé en retour.

Car par delà le grand écrivain, le grand poète, l’homme politique que tout un chacun se plaît à décrire, il y a tout simplement un homme à qui il faut rendre hommage : un homme profondément généreux, altruiste et aimant son prochain.

Quand dans le courant des années 1950 des femmes et des hommes fuyant les campagnes de Martinique, dans un état de misère extrême, victimes par l’exode rural conséquence des choix économiques désastreux des usiniers békés, sont descendus vers Foyal, ils ont rencontré un homme : Aimé Césaire qui s’est véritablement mis à leur service.

Son extrême générosité lui a valu l’amour inconditionnel de ces miséreux qui lui a donné la force pendant sa traversée du désert, de résister à l’arbitraire colonial des gouvernants français, et au mépris de la pseudo bourgeoisie mulâtre foyalaise.

Son exclusion des médias n’a pas empêché au peuple de foyal de le reconduire régulièrement à la tête de la municipalité de Fort de France où il a oeuvré pendant 50 ans.

Les foyalais, étaient démesurément fiers de ce nègre, de son intelligence de son immense culture tout autant que de son altruisme, sa générosité et son humanisme.

C’est à l’avènement du gouvernement socialiste que certains médias ont timidement invité Césaire à s’exprimer.

Mais Césaire n’a finalement eu droit de cité dans nos médias que parce que son génie littéraire devenait de plus en plus incontestable et incontournable dans le monde.

Cela lui a valu le ralliement d’une partie de cette pseudo bourgeoisie et le respect affiché des gouvernants français et ce, d’autant qu’après des années de lutte souvent solitaire, sa revendication politique d’autonomie s’était émoussée voire diluée dans un moratoire qui devait démoraliser certains de ses partisans mais qui n’entama pas l’amour inconditionnel que lui vouait son peuple.

A l’heure de sa mort comme il fallait s’y attendre ce sont ses adversaires d’autrefois à qui la parole est donnée pour parler de son génie littéraire, de son apport à l’identité martiniquaise, du caractère universel de sa pensée etc.... etc....

Voilà que certains petits pseudo bourgeois le revendiquent même comme père spirituel.

Et Voilà que ceux qui l’avaient mis autrefois dans un ghetto veulent le mettre dans leur grand mausolée : le panthéon français.

Écoutons la volonté de Césaire qui nous invite à Cesser d’être le jouet sombre au carnaval des autres.

Je demande, à tous ceux qui comme moi sont issus de ce peuple de foyal qui a bénéficié de la générosité et de l’altruisme de cet homme, mais aussi à tous ceux à qui Césaire a restitué leur fierté et leur dignité de nègre ne pas laisser le pouvoir colonial nous déposséder du Nègre fondamental, père de la nation martiniquaise.

Césaire ne saurait reposer près d’hommes qui, tels Voltaire et Victor Hugo entre autres se sont fait en leur temps les chantres du racisme anti noir et du colonialisme.

Après tant de souffrances, tant de sacrifices au service de son peuple, Aimé CESAIRE doit rester près des siens en terre martiniquaise afin que tous nous puissions lui rendre hommage.

Exigeons qu’un monument soit élevé en son honneur, afin qu’il repose en paix dans sa terre natale et que tout martiniquais puisse chaque 17 avril honorer sa mémoire.

 

Le 18 avril 2008


C. DUHAMEL

 
Secrétaire générale du MODEMAS

 

 



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20 avril 2008 7 20 /04 /avril /2008 19:04

Ballon d'oxygène pour le syndicalisme, par Michel

Noblecourt

 

LE MONDE | 19.04.08 | 13h25  •  Mis à jour le 19.04.08 | 13h26


  Quarante ans après l'instauration de la section syndicale d'entreprise, un des fruits de Mai 68, un nouveau séisme risque de chambouler le paysage syndical. La "position commune", arrêtée le 9 avril, sur "la représentativité, le développement du dialogue social et le financement du syndicalisme", va profondément modifier, à moyen terme, les règles qui régissaient les relations sociales depuis 1950, donner un ballon d'oxygène à un syndicalisme encore léthargique et le forcer à une recomposition, esquissée par le pas de deux entre l'UNSA et la CFE-CGC. Nicolas Sarkozy a toutes les raisons de se réjouir de cette révolution douce qui, après l'accord du 11 janvier sur le contrat de travail, change potentiellement la donne sociale.

 

Dans cette négociation, au départ vouée à l'échec tant les positions patronales et syndicales étaient éloignées, l'habileté se niche dans les détails. Avec l'affaire des retraits suspects d'argent en liquide, l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM), gardienne du statu quo au point de s'opposer à une réforme votée par le Conseil économique et social en 2006, a été mise totalement hors jeu. Laurence Parisot, la présidente du Medef, soucieuse d'améliorer l'image du patronat, a eu les coudées franches.

En préférant une "position commune" à un accord, le Medef et la CGPME d'un côté, la CGT et la CFDT de l'autre se sont prémunis contre les effets juridiques d'une opposition des réfractaires. Avec la loi Fillon de 2004, qui reconnaît un droit d'opposition à une majorité (en nombre) de syndicats, FO, la CFTC et la CFE-CGC, qui ont rejeté le compromis, auraient pu rendre caduc un accord national interprofessionnel. Les signataires - le Medef, la CGPME, la CGT et, demain, la CFDT - ont écarté les sujets qui fâchent, comme la place de la loi et du contrat social, qui avait été abordée dans la "position commune" du 16 juillet 2001, signée par tous les syndicats sauf la CGT. Mais ce compromis servira de "base" à un projet de loi.

A la Libération, dans un pays sous-syndicalisé, le législateur avait imaginé cinq critères pour établir la représentativité d'un syndicat. Le but était de contourner la domination de la CGT, alors inféodée au Parti communiste. La loi du 11 février 1950 a gravé ces critères dans le marbre. Les confédérations représentatives se sont vu conférer "une présomption irréfragable de représentativité" qui leur accordait des avantages exorbitants. Les cinq centrales retenues par l'arrêté du 31 mars 1966 - la CGT, la CFDT, FO, la CFTC et, pour le personnel d'encadrement, la CFE-CGC - n'avaient pas besoin d'avoir le moindre syndiqué dans une entreprise pour présenter des candidats dès le premier tour des élections professionnelles, négocier des accords, être les interlocuteurs de l'Etat et du patronat. Sans avoir à prouver leur représentativité, elles étaient présumées légitimes.

Depuis près de soixante ans, le "club des cinq" vit dans le cocon protecteur tissé par le législateur. Le syndicalisme, minoritaire dès son origine chez les salariés, a subi de plein fouet la désyndicalisation. Entre 1973 et 2000, il a perdu les deux tiers de ses adhérents. Qu'importe ! Avec la "présomption irréfragable de représentativité", cette assurance tous risques, les confédérations restaient intouchables ! En 2005, selon le ministère du travail, le taux de syndicalisation était de 8,1 %, dont 5 % dans le secteur privé, ce qui fait de la France la lanterne rouge des pays industrialisés. Seule consolation, le pourcentage d'entreprises privées ayant une représentation syndicale est passé de 39,9 % en 2000 à 44 % en 2005.

La "position commune" consacre la "disparition de la présomption irréfragable". A l'issue d'une période transitoire de quatre ou cinq ans, les syndicats devront prouver leur représentativité à tous les niveaux - entreprise, branche professionnelle, national interprofessionnel -, et elle sera revérifiée tous les quatre ans. A l'assurance tous risques succède le risque sans assurances. La représentativité sera appréciée selon sept critères "cumulatifs", dont "l'audience établie à partir des élections professionnelles". Pour être représentatifs dans l'entreprise, les syndicats devront recueillir 10 % des suffrages au premier tour des élections professionnelles - où toutes les organisations "légalement constituées" pourront se présenter -, ce seuil étant ramené, "à titre transitoire", à 8 % dans les branches et au niveau national interprofessionnel.

UN "YALTA SYNDICATICIDE"

Les signataires ont choisi un cadre électoral étroit, celui des élections professionnelles, alors que plus d'un salarié sur deux en est privé. Malgré la pression légitime de l'UPA, ils n'ont pas retenu - ni formellement exclu - des instances territoriales permettant aux salariés employés par des artisans de voter. Elles ont été prévues par un accord signé par l'UPA, le 12 décembre 2001, avec tous les syndicats, mais qui, en raison du refus du Medef et de la CGPME, n'a jamais été homologué. Ils ont également écarté les élections prud'homales - les prochaines auront lieu le 3 décembre -, qui ont l'avantage d'offrir un collège de plus de 17 millions d'électeurs, mais où la participation bat des records à la baisse (32,7 % en 2002 !).

Le Medef a donc concocté, avec la CGT - qui signe ainsi son premier "accord" national depuis celui sur la formation, en 2003 - et la CFDT, un système qui consolide les forts et met les faibles à l'épreuve, qui n'élimine personne dans l'immédiat mais empêche à terme l'émiettement syndical, avec l'entrée de nouveaux acteurs, comme l'UNSA et Solidaires (qui regroupe les SUD). Jacques Voisin, président de la CFTC, parle même d'un "Yalta syndicaticide" ! Hormis ceux de la CGT et de la CFDT, aucun ticket d'entrée n'est garanti.

En 2005, dans les élections aux comités d'entreprise, la CFTC est, avec 6,8 %, nettement sous le seuil de 10 %, et la CFE-CGC ne se sauve que chez les cadres. Pour les branches, la représentativité sera subordonnée à "une présence territoriale équilibrée" et au niveau interprofessionnel à des preuves de représentativité à la fois dans "l'industrie, la construction, le commerce et les services", ce qui met l'UNSA, mais aussi FO, en difficulté.

Privé de parachute, le syndicalisme est obligé de se recomposer. L'UNSA et la CFE-CGC, qui se complètent et s'opposent, vont tenter de marier la carpe et le lapin. A moyen terme, FO devra s'interroger sur une réunification avec une CGT convertie au réformisme, et la CFTC sur la fin de son divorce avec la CFDT. Questions existentielles.

 

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19 avril 2008 6 19 /04 /avril /2008 20:03

Thierry Meyssan : « Qui veut encore connaître la vérité

 sur
l’assassinat de Rafic Hariri ? »

 

www.voltairenet.org

 

Nous reproduisons l’intervention de Thierry Meyssan à la réunion organisée à Beyrouth, en présence de nombreux médias de la presse écrite et audiovisuelle, autour de son livre « L’Effroyable imposture 2 ». Le président du Réseau Voltaire a notamment souligné le tournant opéré par la mission d’enquête de l’ONU sur l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri. En effet, le 10e rapport, présenté le 27 mars au Conseil de sécurité, abandonne la piste syrienne et se dirige sur la piste du réseau criminel décrit dans le livre.

 

Depuis une dizaine d’années, je poursuis une étude systémique des États-Unis : comment ils ont choisi, à la faveur de la disparition de l’Union soviétique, de se transformer en un empire global. Article après article, j’ai observé leur conquête du monde et analysé leur mode de fonctionnement. Cela m’a conduit à publier en 2002 L’Effroyable imposture sur les attentats du 11 septembre, l’instauration de l’état d’exception permanent aux États-Unis, et la conquête de l’Afghanistan. L’ouvrage a connu un succès mondial et a été décrié par la presse atlantiste à la hauteur de son succès. Non seulement rien de ce qui s’y trouvait n’a été démenti depuis, mais la prospective qui en découlait s’est malheureusement trouvée vérifiée avec l’invasion de l’Irak.

C’est par l’étude de l’Empire états-unien que j’en suis venu à m’intéresser à la guerre israélienne contre le Liban de 2006 et à écrire ce nouvel ouvrage, L’Effroyable imposture 2. Le regard que je porte sur votre pays est donc singulièrement différent de celui que vous pouvez avoir. Je n’y ai aucun intérêt à défendre, je suis étranger aux passions qui le déchirent, et j’observe les événements qui s’y déroulent à partir des influences extérieures qu’il subit et non à partir des forces qu’il produit. En écrivant ces articles, puis ce livre, je n’ai pas cherché à appuyer un parti ou un autre, j’ai juste voulu comprendre et faire partager au public mes interprétations de ces événements.

Je suis convaincu que c’est sur cette terre meurtrie que se joue l’avenir —et je pense aujourd’hui la défaite— de ce projet impérial que les États-uniens eux-mêmes appellent « globalisation ». Pourquoi au Liban et pas en Palestine ou en Irak ? Parce que cet impérialisme est issu de la conjonction entre des intérêts économiques et une idéologie, entre le contrôle des hydrocarbures et le sionisme ; parce qu’il passe par la domination des populations du Grand Moyen-Orient, lesquelles sont représentées au Liban comme nulle part ailleurs. Briser la résistance au Liban, c’est la briser dans toute la région.

Dans ce livre, je me suis donc attaché à la fois à décrire les événements récents, la longue liste des crimes politiques et l’agression israélienne, et à étudier les superstructures, c’est-à-dire la place du sionisme dans l’empire et les plans militaires de domination des ressources énergétiques. Tout cela semble connu, mais à y regarder de plus près, on n’en a souvent qu’une connaissance très superficielle, voire erronée. Je me suis contraint à vérifier chaque point auprès de la source originale et à la citer en note à la fin de l’ouvrage. Le résultat, vous le lirez, est fort surprenant.

Tout auteur qui s’intéresse au Liban rencontre des difficultés méthodologiques tant les sources libanaises sont contradictoires. Le Liban étant selon l’expression consacrée un « État faible », il n’était pas jusqu’en 2006 le maître de son destin. Lorsqu’un événement survenait, chacun le subissait et élaborait une hypothèse pour l’interpréter, selon ses préjugés. Mais lorsque des éléments nouveaux permettaient de confirmer ou d’infirmer une hypothèse, rares étaient les leaders politiques qui en tenaient compte. Au lieu d’ajuster le discours, on changeait de sujet. L’écrivain, lui, a le privilège de revenir en arrière pour reconstituer l’enchainement des faits et faire surgir leur cohérence. C’est ce que j’ai fait. Et il est toujours plus facile de comprendre a posteriori plutôt que lorsque les protagonistes cachent encore leur jeu.

J’ai fait le choix méthodologique de départ de privilégier les sources écrites non-libanaises. Ayant l’honneur de présider le Réseau Voltaire, je suis en contact avec de nombreux journalistes, diplomates et militaires dans le monde qui m’ont signalé des documents dispersés que je n’aurais probablement pas trouvé si vite seul. J’ai également eu accès aux confidences de quelques hauts responsables, mais s’ils ont guidé mes recherches, je me suis interdit d’en faire usage pour mon raisonnement et ne me suis fié qu’aux documents vérifiables et aux éléments matériels.

Enfin, je dois dire que je ne suis pas sorti indemne de cette recherche. Je suis arrivé l’esprit vierge, mais je me suis pris de passion pour ce pays où s’expriment le pire et le meilleur de la dimension humaine. J’ai compris la passion que mon grand-père avait éprouvé pour cette terre et pour ce peuple, lui, qui présida, il y a soixante ans, la commission d’armistice Israël-Liban.

Au lendemain de la guerre, deux grandes questions se posaient : d’une part pourquoi avait-on tué Rafic Hariri (d’un point de vue non pas judiciaire mais historique, la question du mobile est beaucoup plus importante que celle des assassins et des commanditaires) ? et d’autre part, pourquoi Israël avait attaqué le Liban (étais-ce en riposte à l’action du Hezbollah comme déclaré, ou pour des motifs stratégiques régionaux) ?

Si l’on part des documents des thinks tanks états-uniens et du Pentagone, les choses s’éclairent vite : l’agression israélienne était planifiée de longue date et supposait en préalable à la fois le départ de l’armée syrienne pour que le pays soit sans défense et le retrait de Rafic Hariri pour écarter l’influence française.

Je m’étonne que des questions de cette importance soient aujourd’hui reléguées au second plan sans avoir été totalement éclaircies. Il y a peu de temps encore, des affiches réclamaient sur les murs de cette ville « la vérité ». Depuis que tous les indices et témoignages susceptibles d’étayer la piste syrienne ont été l’un après l’autre invalidés, plus personne ne semble vouloir connaître « la vérité ».

La France, qui avait arrêté —sur requête de la justice libanaise et à l’initiative du chef de mission de l’ONU d’alors, Detlev Mehlis— Mohammad Al-Saddiq, le témoin capital de la piste syrienne, déclare ingénument l’avoir « perdu » depuis le 13 mars. C’est que cet individu, qui accusait les présidents Bachar el-Assad et Émile Lahoud, avait été confondu et que la piste syrienne s’était effondrée avec ses mensonges. Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, qui avait soutenu de manière partisane et acharnée ses accusations, se dit incapable de retrouver « son » témoin.

Les quatre généraux libanais qui avaient été arrêtés sur la seule base de ces accusations et qui croupissent en prison depuis, n’ont toujours pas été libérés. Le Conseil des Droits de l’homme de l’ONU a lui même établi que leur détention —voulue par Detlev Mehlis— est exclusivement politique et viole les normes internationales. Mais en les écartant de leurs fonctions de sécurité, ceux qui manient l’assassinat politique conservent les mains libres.

Quoi qu’il en soit, comme je l’indique dans ce livre, nous pouvons affirmer premièrement que ce crime profite à Israël et aux États-Unis et deuxièmement qu’un groupe proche de la CIA, l’US Committee for a free Lebanon, en avait connaissance à l’avance.

De même, il est important de savoir si c’est le Hezbollah qui a provoqué la guerre en livrant une escarmouche à l’armée israélienne ou si nous avons affaire à une guerre de soixante ans qui a été rallumée sous ce prétexte. Or, de nombreux documents attestent de la préparation de cette guerre pour l’automne 2006 et de sa mise en œuvre précipitée, sous le prétexte de cette escarmouche. Ceci est d’ailleurs confirmé depuis par la Commission Winograd.

J’explique, dans le livre, que cette précipitation visait à interrompre l’enquête en cours sur un « réseau criminel » libanais installé par le Mossad et qui aurait pu participer à l’assassinat de Rafic Hariri ; une piste vers laquelle s’oriente désormais le juge Bellemare, président de la mission d’enquête de l’ONU, ainsi que l’atteste le rapport qu’il a présenté la semaine dernière au Conseil de sécurité. C’est pour stopper la plainte du Liban à l’ONU sur ce réseau criminel, et non en réaction à une action militaire du Hezbollah, qu’Ehud Olmert a déclenché la guerre.

Il s’en suit que la guerre de 2006 n’est pas une guerre d’Israël contre le Hezbollah, même si c’est celui-ci qui lui a opposé une résistance victorieuse, mais une guerre d’Israël contre le Liban. À travers elle, se jouait la guerre des États-Unis contre le monde arabe.

Peut-être savez-vous que les deux principaux distributeurs français ont essayé, dans un premier temps, d’empêcher la diffusion de ce livre dans mon pays, et que les grands médias ont longtemps refusé à la fois d’en faire mention dans leurs articles et émissions et ont toujours refusé de vendre des espaces publicitaires pour le faire connaître. Cela n’a pas empêché son succès, mais l’a ralenti. C’est que ce livre comprend un crime de lèse-majesté et une hérésie.

En annexe de l’ouvrage, vous trouverez des reproductions de « unes » et d’éditoriaux du quotidien Le Monde, fleuron de l’intelligentsia atlantiste. Vous y trouverez des exemples de propagande outrancière, comme cette « une » qui annonce la prise de Bint Jbeil par Tsahal, alors qu’Israël y vécu une cuisante défaite, ou cette autre qui montre l’armée israélienne sortir victorieuse de la guerre ; une version que même Ehud Olmert ne saurait tenir ! Voilà pour le crime de lèse-atlantisme.

L’hérésie, c’est la partie de l’ouvrage qui retrace l’histoire du mouvement sioniste d’Oliver Cromwell à George W. Bush. J’y montre, preuves à l’appui, qu’à l’origine le sionisme n’était pas une idéologie juive, mais une doctrine politico-religieuse puritaine, on dirait aujourd’hui évangélique. Cela a toutes sortes de conséquences. D’abord les relations entre Washington et Tel-Aviv ne doivent pas être analysées en termes d’influences réciproques, mais au regard de l’idéologie qu’ils partagent, tout au moins lorsque les puritains sont au pouvoir à Washington. D’autre part, la nature de l’État d’Israël ne doit pas être envisagée comme une réponse aux persécutions subies par les juifs d’Europe, mais comme un projet colonial religieux impliquant à terme un strict système d’apartheid. Enfin, et pour faire vite vu le temps qui nous est imparti, les clivages religieux dans la région n’opposent pas les chrétiens aux musulmans, mais les chrétiens évangéliques et juifs d’un côté aux catholiques et musulmans de l’autre. Le sionisme anglo-saxon voue aux mêmes gémonies les musulmans et les maronites. Toute alliance entre les maronites et les États-Unis est suicidaire, tout au moins tant que les évangéliques sont au pouvoir à Washington, comme l’ont parfaitement compris Benoît XVI et Mgr Sabbah.

Je note qu’à ce jour, alors que ce livre contient des milliers d’informations précises, les lecteurs de la version française n’y ont trouvé que deux erreurs mineures portant sur la composition sociologique de la population libanaise. Elles seront corrigées dans les versions ultérieures et n’affectent au demeurant pas le raisonnement qui j’y développe. De même pour quelques imprécisions de vocabulaire dans la traduction arabe.

En conclusion, je voudrais souligner l’importance de ce qui s’est passé ici à l’été 2006. Alors qu’aucune chancellerie au monde ne doutait de la victoire israélienne et que la diplomatie internationale visait uniquement à limiter vos souffrances, vous avez renversé le cours de l’Histoire. Alors que l’asymétrie des forces —et notamment l’usage de l’arme aérienne— auraient dû vous plonger dans « le choc et la stupeur », vous avez tenu sous les bombardements et vous avez repoussé l’invasion terrestre. Vous avez montré que l’Empire n’est pas invincible et qu’il ne pouvait pas vous asservir. Vous êtes un exemple pour le reste du monde. Je voulais vous dire mon admiration, et j’en suis sûr, celle de tous ceux —où qu’ils soient— qui se battent pour la liberté.

 

 

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