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21 août 2008 4 21 /08 /août /2008 19:17

55% des Français pour un retrait des troupes françaises d'Afghanistan

 

PARIS (AFP)


Plus de la moitié des Français (55%) estiment qu'il faut retirer les troupes françaises d'
Afghanistan, selon un sondage CSA pour Le Parisien/Aujourd'hui en France à paraître vendredi.

Cinquante cinq pour cent des personnes interrogées estiment qu'"il faut retirer les troupes car la France s'enlise dans un conflit sur lequel elle n'a pas de prise", alors que 36% pensent qu"'il faut maintenir les troupes, car elles participent à la lutte contre le terrorisme international". 9% ne se prononcent pas.

 

48% des sondés font confiance au président Nicolas Sarkozy sur ce dossier, alors que 46% ne lui font pas confiance. 6% ne se prononcent pas.

 

Dix soldats français ont été tués dans une embuscade tendue lundi par les talibans en Afghanistan.

 

Ce sondage a été réalisé par téléphone le 20 août auprès d'un échantillon national représentatif de 1003 personnes de 18 ans et plus, constitué d'après la méthode des quotas. Notice détaillée disponible auprès de la commission nationale des sondages.

 


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21 août 2008 4 21 /08 /août /2008 19:09

Guerre géorgienne contre les civils ossètes

    Du point de vue strictement militaire, l’armée géorgienne c’est : des "conseillers" militaires américains et israéliens, et des armes israëliennes + des armes lourdes ukrainiennes. Faut-il s’étonner si les russes voient "rouge" ?

http://mai68.org/ag/1428.htm
http://cronstadt.org/ag/1428.htm
http://kalachnikov.org/ag/1428.htm
Source

Notes de Tskhinvali par Rouslan Yarmoluk


Un journaliste du canal ukrainien « Inter », témoin du conflit géorgeo-osséte, se trouvant à l’épicentre des combats, raconte ce qu’il a vécu.

Premiers jours et, visiblement, pas le dernier

Nous avons loués une voiture à Vladikavkaz, et pour 4000 roubles russes nous sommes arrivés à Tskhinvali (capitale de l'Ossétie du Sud) Nous avons roulés plus de 4 heures. À chaque poste de contrôle on nous demandait des éclaircissements sur notre venue, nos passeports et tous nos documents. En arrivant non loin de la ville, des militaires de l’armée sud-ossétes nous ont arrêtés. Quand ils ont su que nous venions d’Ukraine, ils n'ont tout simplement plus voulu nous parler, nous reprochant que nos tanks et nos lance-roquettes « Grad » tuaient maintenant de paisibles civils. Ce qui nous a sauvés c’est qu’avant de partir, j’avais téléphoné à Tskhinvali et ai pu obtenir une autorisation.

Après plusieurs coups de téléphone et de longues explications, nous sommes arrivés à Tskhinvali. Le seul hôtel de la ville est dans le centre, à moins d’un demi-kilomètre de la caserne des soldats de la paix, nous nous y sommes installés. Nous n’avons pratiquement pas dormi de la nuit, aux alentours grondait l’artillerie. Le matin avec le même taxi et son chauffeur, nous sommes sortis de la ville en direction du sud, pour filmer. Ce fut une grosse erreur. Un feu croisé se déclencha. De la route où était notre voiture et jusqu’au village géorgien il y avait 44 mètres. De là-bas, tiraient des BTR, les ossètes répondaient à coup de kalachnikovs.

Nous nous sommes jetés à terre et en roulant sur nous même, nous avons rampés sous les arbres. Combien de temps, sommes-nous resté ainsi allongés, je ne sais pas. Nous comptions les impacts au dessus de nos têtes, filmant la ville et les explosions. À l’instant où il y eu une accalmie, nous nous sommes précipités vers la voiture et on a foncé. Arrivés en ville, le taxi nous a abandonnés. Nous avons couru jusqu’à l’hôpital. Il y avait 17 blessés. Le bâtiment avait été mitraillé à l’arme automatique et au canon.

Sur la place centrale il y a un grand brouhaha, on évacue les enfants. Certains partent avec leurs parents, d’autres tout seul. Une "Gazelle" (minibus et taxi collectif) arrive, les gens se précipitent vers la voiture. Il y a plus de gens voulant partir que prévu et que peut en contenir la "Gazelle". C’est le vice-premier ministre d’Ossétie du sud, Iouri Morosov, qui installe personnellement les enfants « 2000 enfants ont déjà eu le temps de partir, il en reste encore 1000 environs » raconte le fonctionnaire. Tout le monde attend une seconde voiture.

« Nous combattons pour la patrie »

Jeudi 7 août 2008 à 21 heures – Au poste des combattants sud-ossétes à la frontière est, pour l’instant tout est calme. De jeunes gars, soldats de dix-huit ans, montrent les trous faits dans la terre par les mortiers. Ils ont, dans leur local, une église peinte sur un mur.

« Les gars l’ont dessiné » dit Aslan. Beaucoup d’entre eux sont chrétiens et ne peuvent aller à l’église en raison des événements militaires. Cela fait déjà trois jours qu’ils sont en faction, sans relève. « Nous combattons pour la patrie », dit Rouslan presque triste, le plus jeune parmis ses camarades, il a 18 ans.

« Et eux, ils combattent pour quoi, La bas ? » montre le mitrailleur avec sa main, à 400 mètres c’est déjà le territoire géorgien. « Devriez partir d’ici, les gars, cela va commencer bientôt, c’est vraiment trop silencieux. » Nous avons fait quelques prises de vue, et sommes partis. Deux heures après, ses gars-là, étaient déjà tous morts.

La guerre

À 11 heures du soir, jeudi, les fusées "grad" et l’artillerie, ont commencé à frapper. Les premières fusées sont tombées sur le territoire des unités des forces de paix unies. Juste au moment où arrivaient les journalistes ; Le commandant de la base devait annoncer quelque chose d’important. Tout le monde s’était rassemblé sur la place d’arme, et là, à trois cent mètres, une roquette est tombée sur du matériel militaire. Sous les cris des soldats, tout le monde a courut dans le bâtiment de l’état major, où, dans une toute petite pièce, était assis un général fatigué.

« C’est la guerre ; la Géorgie vient de déclarer le début d’une opération militaire à grande échelle » dit Marat Koulakhmetov, responsable des forces de paix unies dont font partie les géorgiens, les ossètes et les russes. Toutefois, avant le commencement du bombardement, les géorgiens avait simplement quittés leur unité. La deuxième et la troisième salve a transformé le cantonnement militaire en ruines.

Les journalistes étaient couchés par terre dans le poste de garde, lorsque les "grads" frappèrent la quatrième salve. Du verre et du plâtre se déversèrent sur les têtes. Au commandement, tout le monde se jeta vers la sortie(…) Sous une grêle d’éclats et de balles, des groupes se précipitaient à l’hôtel. J’ai rampé jusqu’au quatrième étage, dans le noir j’ai attrapé ce qui me tombai sous la main, puis je suis descendu à la cave. À Ce moment, il y avait dans la cave prés de 70 personnes en y incluant des miliciens locaux.

Les "grads" ont continué à frapper jusqu‘a 4 heures du matin. Des combats se sont engagés dans la ville : Les premiers détachements de spetsnaz géorgiens sont entrés dans Tskhinvali. Des miliciens par groupe de 5 ou 6 personnes venaient à l’hôtel prendre des munitions, bander les blessées, puis s’en allaient.

Vendredi, À 4h30 du matin, les journalistes décident de se rendre dans la zone des unités des soldats de la paix. Avec les caméras, et tout notre matériel, nous sortons dans la rue. Des tirs de mortiers éclatent. Je n’avais encore jamais couru aussi vite : plié en deux derrière des murets, un sac à dos sur les épaules, nous courons sous le feu vers les soldats de la paix russes. Le cantonnement est détruit, il n’y a nulle part où se cacher des fusées. On pousse tous les journalistes dans un semblant de bunker ; c’est un trou recouvert d’une coupole sphérique d’une épaisseur de 3 millimètres elle même recouvertes de 30 centimètres de terre. Sur le territoire du cantonnement il n’y pas âme qui vive, tous les postes ont été abandonnés. Nous filmons en marche. À l’endroit de la place d’arme, il n’y a plus que des trous, des obus non explosés traînent à terre.

En fait, tous les soldats sont depuis longtemps dans le bunker. Quand nous y sommes descendus, il y avait déjà prés de cent personnes, les gens, assis ou debout, sont étroitement sérés les uns contre les autres, par manque de place, au point qu’il est impossible de bouger la main ou le pied… Et voilà qu’arrivent des civils.. Les femmes et les enfants accourent des maisons voisines vers les militaires à la recherche d’une protection. Dans l’abri, les gens se couchent les uns sur les autres. Les enfants sont dans les bras des journalistes. Tout les portables son éteints afin de ne pas servir au pointage des armes [Note de do : rappelez-vous ce qui est arrivé à Raúl Reyes des farc (cliquable)].

À 10 heures, vendredi matin, il y a une accalmie de cinq minutes. Nous sortons à l’extérieur, afin de respirer un peu et filmons ce qui reste du cantonnement des soldats de la paix. Nous allons à la cellule servant de prison préventive ; le sol est en béton la porte est en métal, la cellule fait 4 mètres sur 4. Et voila qu’arrive se dont tout le monde avait peur : Une femme branche son portable pour appeler des parents à Vladikavkaz et elle leur dit qu’elle se cache dans un bunker sur le territoire du cantonnement des forces de la paix. Alors commença le plus effrayant : à peine cinq minutes après, des fusées "grads" ont commencé à frapper. Les obus tombaient tellement serrés que les gens ont commencé à se dire mutuellement adieu ; Les enfants se serraient convulsivement dans les bras de leurs parents. Les tirs ont continué durant deux heures, mais cela sembla à tout le monde l’éternité.

S.M.S D’adieu

Les tanks géorgiens sont entrés dans Tskhinvali. Deux d’entre eux prennent en enfilade la rue centrale à 100 mètres de nous ; L’infanterie avance derrière les tanks. Autour de la ville, toutes les hauteurs sont occupées par l’armée géorgienne. Sous le couvert de l’artillerie, ils engagent le combat. Des T-64 ukrainiens avec des tankistes géorgiens déversent leur puissance de feu sur les rues et les maisons. Sans gilet par balle ni casque, nous restons couchés sur le sol. Nous ne pouvons relever la tête ; les balles et les éclats sifflent. Le hurlement des chenilles se rapproche. Un tank géorgien est entré dans le cantonnement. Il tire à bout portant sur les bâtiments encore intactes. À côté de moi sont allongés deux journalistes et un cameraman, sans se consulter, tous ont branchés leurs portables pour envoyé un SMS. J’en ai envoyé un à ma femme : « Elève bien notre fille » et, de nouveau, à plat ventre

Cette canonnade, je ne l’oublierai jamais, les collègues russes qui étaient couchés à côté de moi, non plus. Ce sont les miliciens sud-ossètes qui nous ont sauvés ; ils ont engagé le combat dans la rue et ont détruits deux tanks au RPG. L’un a explosé tout de suite, le second a carrément décollé du sol à cause du stock de munitions.

De petite taille, avec deux lances-grenades dans le dos, une kakatchnikov en bandoulière, il s’appelle Nikolaï.

« On tirait sur eux avec des lances-grenades et des mortiers » dit le soldat ayant détruit le premier tank.

« Comment une chose pareille a pu arriver ? Ce ne sont que de simples civils qui vivent ici – il ne comprend pas - Faisons comme de vrais hommes, sortons et battons-nous face à face, chacun pour sa patrie. Ils y sont pourquoi les enfants, dans cette histoire ? »

Des tankistes géorgiens ayant pu s’échapper de leurs tanks en feu n’ont pas le temps de fuir, ils sont achevés à coup de crosse par les miliciens qui ont vu ces mêmes tankistes mitrailler la voiture d’une famille avec deux enfants en bas âge. Dans la rue voisine, les combats battent leur plein. Là-bas, trois tanks tirent sur une école où se sont barricadés des soldats sud-ossétes, deux tanks sont touchés, le troisième s’éloigne accompagné de fantassins géorgiens.

Ville fantôme

Vendredi 18 heure. Nous restons dans la ville et filmons : Des tanks en feu, des cadavres de soldats et de civils, des maisons mitraillées et détruites. Nous courons vers une rue parallèle où on vient de détruire deux tanks. Des soldats ossètes nous rattrapent et nous obligent à nous abriter dans la cave d’un collège. Dans cette cave il y a des blessés et des civils.

« Voilà, regardez - nous dis Rouslan, le milicien - dans quelle condition vivent ici les gens ». Contre le mur, sur la terre humide, sont assis des enfants, des femmes, des vieilles. Certains dorment, d’autres sont assis, dos appuyé contre le mur. Une petite fille tente d’enflammer de l’alcool. Dans cette cave cela fait déjà trois jours que personne n’a mangé, les réserves d’eau sont quasiment épuisées.

Nous retournons au cantonnement, nous utilisons la parabole de nos collègues russes pour transmettre à Kiev nos vidéos. La nuit, personne ne ferme l’œil. L’artillerie géorgienne matraque la ville depuis ses positions. Le samedi matin l’armée géorgienne tente à nouveau de prendre la ville. Des tanks sont entrés à nouveau dans Tskhinvali, les combats de rue ont repris.

Les tanks géorgiens ont commencé le bombardement de la station de radio, où se cachent les journalistes et des civils. Dans le ciel on entend des bruits d’avions. On ne sait si ce sont des chasseurs russes ou géorgiens. Nous filmons le tir d’un avion, les missiles s’en vont exploser dans la montagne. Cela veut dire que se sont les russes qui tirent sur les positions géorgiennes. Mais, à peine une heure plus tard, un avion d’attaque peint en gris s’apprête à bombarder la station radio d’où nous envoyons nos vidéos. Les journalistes s’égaillent dans tous les sens.

L’avion descend à basse altitude, sort d’un virage et se positionne pour un deuxième virage, et là apparaît un Soukhoï russe. Le Soukhoï mitraille l’avion géorgien, lui transperçant l’aile, il tombe avec toutes ses bombes à quelques kilomètres de là. Des soupiraux, là ou il reste encore du verre, tombent des éclats.

Dans le ciel règnent les chasseurs et les bombardiers russes, attaquants les positions de l’artillerie géorgienne, qui, durant trois jours, effaçaient sans pitié la ville de la surface de la terre.

Nous restons

Samedi, 16 heure : les géorgiens enfoncent la défense, et de nouveau attaquent la ville avec l’appui de l’artillerie et des mortiers. L’ancienne base militaire, où s’abritent des journalistes et des civils, se retrouve en première ligne. Alors, les journalistes, par l’intermédiaire de leurs rédactions, s’adressent aux Géorgiens, leur demandant de laisser un corridor pour l’évacuation des civils, des blessés ainsi que des journalistes. Mais personne ne réagit à cette demande : le feu géorgien ne s’est pas arrêté !

Alors, les reporters se décident pour une action désespérée : ceux qui ont une voiture décident de forcer le passage à travers la ville vers Djava en direction de Vladikavkaz. Les fenêtres des voitures sont protégées par des gilets pare-balles. Il n’y a pas de place pour tous. Des femmes et des enfants s’installent dans les voitures. Nous restons. NTV et le 1° canal restent aussi.

Les journalistes font leurs adieux avec ceux qui partent et prient pour qu’ils réussissent. La colonne s’en va. Nous sommes allongés par terre dans la cuisine, sales et affamés. Personne ne fait plus attention aux tirs dans la nuit. La peur est partie. Il ne reste qu’une indifférence totale et l’apathie. De toute façon, nous ne pouvons rien faire.

L’hôpital

Dimanche matin - Nous n’en croyons pas nos yeux, dans la ville des tanks et des BMP russes avancent : le salut, cela ressemble vraiment à cela ! Nous nous dirigeons vers l’hôpital. L’hôpital a été détruit par des tirs directs de "grads" ; tous les malades et le personnel médical sont descendus dans la cave.

« Voila, c’est le bloc opératoire improvisé », dit le docteur Vladimir Midove, montrant une cave pleine de toiles d’araignée au milieu de la quelle trône une table avec des instrument chirurgicaux posés à côté, « On nous amenait toutes les heures, jusqu’à trente personnes. On a opéré tous ceux que l’on pouvait. Malheureusement on n’a pas pu aider certains. »

Dans le couloir de la cave, il y a des lits que l’on a pu descendre des étages. Dessus sont couchés des hommes et des femmes, certains conscients, d’autres pas. Prés du mur, il y a deux jeunes gens, des journalistes géorgiens. Ils sont arrivés dans les bagages de l’armée géorgienne et n’ont pas eu le temps de partir.

« Nous étions quatre, raconte Taïmour Guiougadze un tbilissite âgé de 23 ans, quand la fusillade à commencé, nous nous sommes cachés sous un porche et sommes tombés sur des miliciens ossètes. Un journaliste ukrainien vivant en Géorgie et travaillant pour une agence internationale, a, par erreur, pris les soldats sud-ossétes pour des géorgiens et s’est adressé à eux en géorgien, ne tirez pas, nous sommes journalistes. Il y eut une rafale. Deux sont morts, les deux autres ont été blessés.

Dans la salle de réanimation, au premier étage ont entasse les morts, civils et militaires mélangés. Il y a beaucoup de corps. Tina Zakharova les examine.

« Presque tous ont des orifices au niveau de la tête, faits par des balles, c’est le travail des snipers », raconte le médecin urgentiste. Sous l’effet de la chaleur, les corps se décomposent, il n’y a pas de chambre froide, et évacuer les morts est impossible. C’est pourquoi, ceux qui sont identifiés, sont enterrés directement dans la cour. Il est impossible d’emmener les corps au cimetière. On tire là-bas.

Le départ

Nous demandons une voiture aux soldats de la paix russes. Il n’y en a pas. Alors, nous ramassons nos affaires et, ensemble avec mon cameraman, nous quittons la base vers la sortie de la ville, faire du stop. Rapidement, un camion VAZ avec des miliciens s’arrête, il nous prend. Quand ils apprennent que nous sommes ukrainiens, ils ont les yeux qui sortent de leurs orbites. Mais personne n’a même essayé de dire quelque chose de méchant. Au contraire, ils nous donnent à chacun une mitraillette, nous devons traverser un col, et là-bas tout peut arriver.

Grâce à Dieu, rien n’est arrivé, nous avons traversés la zone de tir. Nous entrons dans Djava, où il y a déjà des milliers de militaires russes : Toute la 58° armée avec son matériel, avance vers Tskhinvali.

P.S. Déjà à Vladikavkaz, nous avons rencontrés les journalistes qui sont partis un jour avant nous. Ils sont passés, Cependant, un journaliste a été blessé. Nous sommes restés assis au bord du fleuve et silencieusement regardions l’onde. L’eau lavera tout, mais pas l’Histoire. Elle remettra tout à sa place et dira qui est responsable dans cette guerre.

Traduction : S.P.S.

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20 août 2008 3 20 /08 /août /2008 21:17

Hugo Chávez nationalise le cimentier français Lafarge


GUILLAUME LAUNAY ET FRANÇOIS MEURISSE


QUOTIDIEN : mercredi 20 août 2008


Le Venezuela d’Hugo Chávez poursuit sans dévier son entreprise de nationalisation des secteurs qu’il juge stratégiques. Lundi soir, ce sont les cimenteries qui ont basculé dans le domaine public. Si un accord a été trouvé avec le français Lafarge et le suisse Holcim, le deal a échoué avec le mexicain Cemex, qui assure la moitié de la production du pays. Du coup, «la procédure d’expropriation va être engagée», a commenté le ministre de l’Energie et du Pétrole, arguant que le Mexicain «demandait un prix trop élevé».


Lafarge, lui, a préféré négocier. Il faut dire que le Venezuela représente à peine 0,75 % de sa production mondiale. «C’est un processus qu’on subit. Ce qu’on a voulu lors des négociations, c’est veiller à ce que nos intérêts, notamment ceux de nos salariés [500 dans le pays, ndlr] et de nos actionnaires, soient préservés», dit-on chez Lafarge, qui gardera 5 % de sa filiale.


Cette vague de nationalisations a débuté en janvier 2007, un mois après la réélection de Chávez qui avait décidé d’accélérer la révolution bolivarienne. Ont d’abord été concernées l’électricité (avec une dizaine d’entreprises, dont Electricité de Caracas), et les télécommunications (avec CANTV, privatisée en 1991). Puis, le président vénézuélien a repris en main les hydrocarbures : depuis le 1er mai 2007, tous les champs pétrolifères sont exploités par la compagnie nationale PDVSA, seule ou dans des joint-ventures avec des multinationales, toujours minoritaires.


Dans toutes ces nationalisations, le gouvernement rachète les entreprises qu’il convoite, souvent au prix fort. C’est pourquoi les sociétés ne rechignent pas à vendre. Ce fut encore le cas fin juillet, quand l’espagnol Santander a cédé Banco de Venezuela à l’Etat alors qu’un préaccord de vente avait été signé - pour un montant moins élevé - avec une autre banque. Pour Lafarge, Caracas va débourser 176 millions d’euros. Un prix que le groupe français juge «correct».




http://www.liberation.fr/actualite/economie_terre/346346.FR.php
© Libération

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20 août 2008 3 20 /08 /août /2008 21:04
A l'abordage du blocus de Gaza


LE MONDE | 20.08.08 | 14h38  •  Mis à jour le 20.08.08 | 14h38


NICOSIE ENVOYÉ SPÉCIAL



epuis deux semaines, les dortoirs de l'université de Nicosie sont occupés par des étudiants d'une moyenne d'âge d'environ 60 ans, originaires d'une dizaine de pays. Ils se préparent à la traversée Chypre-Gaza à bord d'un chalutier de poche et d'un petit voilier achetés pour l'occasion. Ce défi à hauts risques, dont le départ est imminent, est destiné à alerter l'opinion publique internationale sur le calvaire de la bande côtière palestinienne, étranglée depuis plus d'un an par le blocus israélien.

 


"Le monde doit se réveiller, dit Hedy Epstein, une rescapée de la Shoah âgée de 84 ans. L'armée israélienne est en train d'affamer la bande de Gaza, et l'Occident observe en silence, de peur d'être taxé d'antisémitisme. Les persécutés sont devenus des persécuteurs." Avec ses compagnons grisonnants, vétérans comme elle de la cause palestinienne, Hedy rêve d'atteindre Gaza et d'ouvrir la première ligne maritime à destination de l'enclave sablonneuse depuis son occupation par les troupes de l'Etat juif, en 1967.


Si les vedettes de l'armée israélienne s'interposent, les marins mutins du mouvement Free Gaza prévoient de rester en mer, espérant une mobilisation médiatique en leur faveur. "On ne mangera pas de filet mignon tous les jours mais on a de quoi tenir, dit la vieille dame indignée. Si le peuple de Gaza parvient à survivre, pourquoi ne ferions-nous pas de même ?"


Ce projet extravagant, digne d'une opération commando, émerge durant l'été 2006, à l'issue de la seconde guerre du Liban. Six mois plus tôt, en réaction à la victoire électorale du Hamas, l'armée israélienne a commencé à cadenasser la bande de Gaza. Galvanisé par la résistance imprévue du Hezbollah, un quatuor de militants pacifistes basés à Beyrouth, à Londres et en Californie, ressent le besoin de frapper un grand coup. "On faisait le constat qu'écrire des mails et participer à des manifestations ne suffisait plus, explique Ramzi Kyzia, un trentenaire américain d'origine libanaise qui se définit comme un "moushkalji" ("agitateur") professionnel. On se disait qu'il fallait travailler à la paix de façon aussi déterminée qu'Israël et les Etats-Unis travaillent à la guerre. Que notre action devait être proportionnée à la gravité de la crise."


A force de remue-méninges sur Internet, l'idée folle surgit. "Et si on prenait un bateau pour Gaza ?" Le projet initial envisage un départ de New York, au pied de la statue de la Liberté. Il est ensuite question de Marseille, pour imiter l'Exodus, le navire rempli de survivants de la Shoah, parti du port de Sète, en 1947, et intercepté par la marine britannique devant les côtes du futur Etat d'Israël. Finalement, Ramzi et ses collègues - Paul Larudee, un accordeur de pianos de San Francisco, Greta Berlin, une consultante en relations publiques, et Bella Locke, une Anglaise - optent pour un trajet plus court, à partir de Chypre.


Commence alors un marathon pour lever des fonds. Compte tenu du caractère "subversif" de l'entreprise, il est vain d'imaginer louer des bateaux. Il faut les acheter. Les armateurs de Méditerranée n'ont pas oublié les déboires du Sol Phryne, un rafiot affrété, en 1988, par l'OLP (Organisation de libération de la Palestine) et destiné à ramener sur leur terre natale une centaine de Palestiniens expulsés en 1948, lors de la création d'Israël. Le 16 février de cette année, quelques heures avant le départ, un engin explosif avait dévasté la coque du navire, ancré dans le port de Limassol, à Chypre, torpillant du même coup le rêve de retour des réfugiés. La veille, dans la même ville, trois responsables de l'OLP avaient été tués dans un attentat à la voiture piégée, attribué, là aussi, au Mossad, la ténébreuse centrale de renseignement israélienne.


Conscients de ne pouvoir compter que sur leur volontarisme, les patrons de Free Gaza lancent une vaste opération de souscription. "On a multiplié les présentations, dans les églises, les écoles, les associations, raconte Greta Berlin, 67 ans, une ancienne metteuse en scène de théâtre. Les donations ont varié, de 20 000 dollars pour la plus grosse à 1,50 dollar pour la plus petite." Au printemps, le financement paraît bouclé. Riad Hamad, un Libano-Américain, professeur d'informatique au Texas et responsable d'une association caritative spécialisée dans l'aide aux enfants de Gaza, a promis de verser 25 000 dollars. De quoi finaliser l'achat d'un navire turc.


Mais, le 14 avril, son corps est retrouvé, inanimé, dans un lac d'Austin. En dépit du fait que ses mains et ses jambes aient été liées, la police conclut à un suicide. Ses proches, au sein du mouvement propalestinien, incriminent le harcèlement du FBI et du fisc américain qui, quelques semaines plus tôt, avaient perquisitionné son domicile, dans le cadre d'une enquête pour fraude et blanchiment d'argent.


"Il n'a pas supporté la pression,
dit Greta Berlin. Ses comptes ont été aussitôt gelés. En plus des 300 000 dollars que nous avions levés, nous avons dû emprunter 250 000 dollars pour finalement acheter en Grèce, début juin, deux bateaux." Leurs noms : Free Gaza et USS Liberty, en l'honneur du navire américain du même nom, coulé, en 1967, par l'aviation israélienne. Une "erreur", selon la version officielle, qui coûta la vie à trente-quatre marins.


Le 29 juillet, les initiateurs du projet sont rejoints à Chypre par une trentaine de militants, dont une nonne américaine de 81 ans, Ann Montgomery, un Palestinien de Gaza, interdit de séjour sur sa terre, Mushir Al-Farra, et l'anthropologue Jeff Halper, figure du mouvement anti-occupation israélien. Pendant deux semaines, ils attendent l'arrivée des bateaux, partis de Crète et ralentis par le mauvais temps. A leur bord, une dizaine d'activistes, dont Paul Larudee et la journaliste Lauren Booth, belle-soeur de Tony Blair.


Pour tromper l'ennui, les "chypriotes" cuisinent, visitent Nicosie, répètent quelques gestes de secourisme et, instruits par le sabotage de 1988, verrouillent à double tour les portes de leurs chambres. "Les Israéliens nous surveillent, assure Greta Berlin. Ils ont déjà tenté de brouiller le matériel de transmission satellite embarqué sur les bateaux. On a eu des visites louches sur le campus. On a même reçu des menaces téléphoniques. Une voix anonyme a dit au mari de Lauren Booth de prévenir leurs enfants que "Maman ne reviendra pas"".


En dépit de cette tension, les apprentis matelots tiennent bon. L'annonce par le quotidien Haaretz que la marine israélienne envisage d'arraisonner leur flottille ne les décourage pas. Après deux années de préparatifs épiques, tous ont le sentiment d'avoir déjà gagné. "Si les Israéliens nous arrêtent dans les eaux internationales, c'est un crime, dit Ramzi Kyzia. S'ils nous arrêtent dans les eaux de Gaza, c'est la preuve qu'en dépit de l'évacuation des colons ce territoire est toujours sous occupation. Or, en droit international, l'occupant doit s'assurer du bien-être de la population, ce que bien sûr Israël ne fait pas. Dans les deux cas, on est gagnants. On prend Israël en flagrant délit de violation du droit international."


Hedy Epstein, la super-mamie de la troupe, ne s'inquiète pas non plus. Avant de quitter son domicile, à Saint Louis, au Missouri, elle a pris des cours de natation à la piscine municipale. "Maintenant, je n'ai plus peur de mettre la tête sous l'eau, dit-elle. Je suis prête pour débarquer à Gaza."


Benjamin Barthe
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20 août 2008 3 20 /08 /août /2008 20:37

Retrait immédiat des troupes françaises d'Afghanistan

 

 

www.democratie-socialisme.org



L’actuelle guerre prolongée d'invasion et d'occupation de l'Afghanistan n'a rien à voir, contrairement à ce que prétendent Sarkozy, le va t ‘en guerre Kouchner (rapporteur pour Total en Birmanie) et Fillon avec la lutte contre le terrorisme. Bin Laden court toujours ! C'est une guerre pour le pétrole au service essentiel des intérêts américains. Hamid Karzaï, pachtoune, est l'homme de la RAND Corporation, formé et recruté aux USA, employé du pétrolier UNOCAL lié au vice-président Dick Cheney, dans le but de construire le pipe-line qui doit traverser l'Afghanistan et driver le pétrole d'Asie centrale. Karzaï avait collaboré et négocié, pour ce faire, avec les talibans lorsque ceux-ci étaient encore alliés des USA. Et c'est ce fantoche Hamid Karzaï qu'ils ont mis en en place et dont ils défendent par la violence le pouvoir à Kaboul.


S’ils aidaient vraiment le peuple afghan à s’émanciper, à se développer, ils auraient progressé depuis sept ans, vu les énormes moyens investis. Une petite partie de ces moyens auraient pu servir à construire une voie ferrée, des écoles et des hôpitaux. Mais comme leurs but de guerre ne sont pas du tout tout d’aider "le peuple afghan à se libérer des terroristes et des intégristes”, en dépit de 70 000 hommes de troupes internationales venues de 28 pays depuis 7 ans, ils ne parviennent à rien d’autre qu’à unifier contre eux le peuple afghan et à le ressouder avec les talibans. Au point qu’ils ont perdu le contrôle de plus de la moitié du pays. S’ils agissaient pour la population et si la population était de leur côté en serait-il ainsi ? Non.


Ce n’est pas le progrès qu’ils ont apporté en sept ans, mais la progression de la fabrication et de la vente de l’opium, dont le frère Ahmed Wali Karzai, est un des plus grands trafiquants du pays. Toutes les opérations brutales de police et d’occupation étrangère, menées la coalition américaine, dont 3000 français, au lieu d’isoler les intégristes Talibans, ont contribué à développer un sentiment national que les talibans exploitent.


C’est pourquoi cette guerre sera fatalement perdue : toute escalade nourrira les résistants afghans, et la défaite est au bout de chaque embuscade. Les Afghans sont chez eux, c’est leur terre, leur pays, ils ont le temps pour eux, les armées étrangères d’occupation perdront fatalement comme chaque fois que l’Afghanistan a été occupé depuis un siècle.


Sarkozy, qui avait, dans sa campagne électorale annoncé avec tambours et trompettes, le retrait des troupes françaises d’Afghanistan, et qui une fois élu, s’est démenti, en envoyant mille hommes de plus, est le responsable direct des 10 soldats morts et des 21 blessés tombés en embuscade le 19 août 2008. Il se rend à Kaboul ? S’il poursuit cette guerre, il sera obligé de s’y rendre souvent !


C’est pourquoi toute la gauche doit s’unir et convaincre le peuple français d’imposer au pouvoir sarkozyste le retrait immédiat de tous nos soldats d’Afghanistan.
 
Gérard Filoche, le 19 août 2008




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20 août 2008 3 20 /08 /août /2008 20:29

MANIFESTATION UNITAIRE

SAMEDI 23 AOÛT, à 14 heures Place de la République à Paris

 

www.bourse.occupee.free.fr

Rassemblement de la coordination 75 à 13 heures à la Bourse du travail, (85 rue Charlot, Paris 3e, métro Filles du Calvaire) pour rejoindre les autres collectifs – ALIF, Coordination 93, CSP-Montreuil, CSP-Les Ulis, CSP 91-Massy, CSP-Droits devant !!, CSP 95, CSP-“les oubliés de Saint-Paul”, CSP-Kabyles, CDSL, MAN-BTP, Castro nettoyage, etc. – à 14 heures, place de la République pour marcher tous ensemble jusqu’à Saint-Bernard.

Il y a douze ans, le mouvement des Sans-papiers commençait avec l’occupation de l’église Saint-Bernard par des grévistes de la faim.

Depuis, leur mot d’ordre est devenu le mot d’ordre de tout le mouvement : DES PAPIERS POUR TOUS !

Douze ans plus tard, la lutte continue. Avec les grèves des sans-papiers dans de nombreuses entreprises (du bâtiment, restauration, nettoyage, intérim...).

Avec la lute des travailleurs sans-papiers isolés (par ex., à la Bourse du travail occupée).

Avec d’autres nombreuses luttes (par ex., avec l’occupation de l’église Saint-Paul à Nanterre, etc.).

Avec un même mot d’ordre : RÉGULARISATION DE TOUTES ET DE TOUS !

À qui profite le travail sous-payé des sans-papiers ?

À qui profite la condition d’illégalité sociale dans laquelle ils sont maintenus ?

Aux patrons qui s’engraissent du travail clandestin !

ASSEZ D’ESCLAVES POUR LES PATRONS-VOYOUS !

L’économie française a besoin de main-d’oeuvre dans d’importants secteurs.
Et le gouvernement dit qu’il veut en finir avec le travail au noir.

Qu’attend-il pour régulariser les travailleurs sans-papiers dont la plupart cotisent déjà ?

Pourquoi ne cesse-t-il pas de faire passer des lois qui créent les conditions de la surexploitation de ces honnêtes travailleurs ?

ABROGATION DE L’ENGAGEMENT PATRONAL !

SUPPRESSION DE LA TAXE ANAEM !

Pour la grève générale des travailleurs sans-papiers !

ASSEZ DE LA LOI HORTEFEUX !

REFUSONS LES DIRECTIVES EUROPÉENNES !

FERMETURE DES CENTRES DE RÉTENTION !

À BAS LA LOI CESEDA !

ABROGATION DE TOUTES LES LOIS DISCRIMINATOIRES !

LES COLLECTIFS DE SANS-PAPIERS DE PARIS ET DE LA RÉGION PARISIENNE -
AVEC LE SOUTIEN DE LA FASTI

SAINT-BERNARD 1996 – SANS-PAPIERS 2008 LA LUTTE CONTINUE !

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17 août 2008 7 17 /08 /août /2008 20:16
www.info-palestine.net

Israël et l’Europe : une relation spéciale

mardi 29 juillet 2008 - Arjan El Fassed - The Electronic Intifada


Lors de sa dernière visite en Israël, la sixième depuis le sommet d’Annapolis de novembre dernier, la secrétaire d’état des États-Unis, Condoleezza Rice, s’est plainte de l’effet préjudiciable, sur les pourparlers actuels de paix entre les israéliens et les palestiniens, des milliers de nouvelles habitations construites dans les colonies israéliennes sur des terres palestiniennes occupées.

Entre-temps, lors d’une conférence de presse conjointe au Luxembourg avec la ministre des affaires étrangères israélienne, Tzipi Livni, le ministre des affaires étrangères de la Slovénie, Dimitrij Rupel, dont le pays détient la présidence tournante de l’Union Européenne (UE), a annoncé que celle-ci a décidé de promouvoir et de revaloriser ses relations économiques et politiques avec Israël.

Rupel, qui présidait la réunion du conseil de l’association Israël -UE, l’organisme qui supervise la relation, a déclaré que l’Union et Israël sont en train d’ « élever » leurs relations vers un nouveau palier de « coopération plus intense, plus productive, et plus influente » . Israël est d’ores et déjà doté, par l’UE, du plus haut niveau de relations accessible à un état non-membre.

Mais de quoi s’agit-il ? La coopération, dans ce genre de relation spéciale, est basée sur le Plan d’Action de la Politique Européenne de voisinage, une initiative lancée en 2004 sous la présidence néerlandaise de l’UE et ciblée sur l’objectif de rapprochement entre l’Union et les pays voisins. Dans le cas d’ Israël, Cette décision est surprenante puisqu’un rapport de progrès sur l’implémentation de la politique de voisinage a déclaré clairement que "peu de progrès concret" est réalisé sur des questions soulevées entre Israël et l’UE, comme les restrictions sur le mouvement, la construction du mur de séparation en Cisjordanie (dont le trajet a été jugé illégal par la Cour Internationale de Justice), les détentions administratives, le démantèlement des « avant-postes » des colons, et l’expansion des colonies israéliennes.

Durant la fin de semaine précédant l’annonce de la revalorisation de la relation spéciale, les gouvernements de l’UE étaient encore divisés entre ceux qui voulaient la conditionner à des améliorations dans le moribond processus de paix, et ceux qui ne voulaient aucune condition. Un certain nombre d’organisations non-gouvernementales ont essayé de peser sur la décision en amenant la question des antécédents des atrocités commises par Israël en matière des droits de l’homme ainsi que la question de la fin du siège problématique de Gaza, que les organisations des droits de l’homme ont dénoncé sans relâche. Mais les efforts des diplomates Israéliens et les différents intérêts nationaux des états membres se sont avérés plus forts. L’annonce a été édulcorée en liant la relation spéciale aux progrès dans le processus de paix et à une solution, devenue maintenant utopique, d’un état Palestinien à côté de
l’état d’Israël, mais ce n’est qu’un semblant de compromis entre les positions prévalentes dans les discussions.

Pendant de nombreuses années, les violations des droits de l’homme par Israël, les assassinats illégaux de dirigeants et militants palestiniens, les démolitions des maisons des Palestiniens, et d’autres accrocs à l’accord de l’Association UE-Israël et à la loi internationale. Récemment en janvier dernier, des officiels de haut niveau de l’UE, incluant le chef de la politique étrangère Javier Solana et la commissaire aux relations extérieures Benita Ferrero-Waldner, ont qualifié le siège israélien de la bande de Gaza de « punition collective » définie comme un crime de guerre selon la quatrième convention de Genève.

Tzipi Livni a déclaré que les pourparlers furent un événement marquant dans les relations UE-Israël, même si l’accord n’a pas totalement satisfait les buts originaux de l’état d’Israël qui prévoyaient l’introduction de sommets et de réunions régulières avec l’UE et ses ministres. Malgré ceci, la récente revalorisation des relations inclut tout de même une coopération accrue dans les domaines de la politique, de l’économie, de la science, de la loi, de la culture, de l’éducation et du contre-terrorisme, allant même, selon Rupel, jusqu’à prendre « un engagement mutuel vis-à-vis de valeurs communes importantes » comme base et cœur de l’accord.

Rupel a ajouté qu’il existe des « raisons évidentes pour lesquelles une coopération politique accrue entre l’UE et Israël doit être comprise comme contribuant à la résolution du conflit Israélo-Palestinien. » Il n’a toutefois pas ajouté pourquoi. Pourquoi par exemple Israël doit être recompensé par des liens inconditionnels avec l’UE malgré ses multiples violations des accords passés avec l’UE alors que les palestiniens qui vivent sous l’occupation militaire israélienne doivent être soumis à de cruelles sanctions de la part de l’UE assorties d’un boycott qui a intensifié les souffrances des populations civiles palestiniennes. Livni, quant à elle, a déclaré qu’« il est clair qu’Israël et l’Europe partagent les mêmes valeurs et les mêmes intérêts. »

Jusqu’à ce jour, Israël est le seul pays non doté d’un sous-comité sur les droits de l’homme, tel que le prévoit la politique de voisinage de l’Union.

Les relations diplomatiques d’Israël avec la plupart des états et institutions européennes se sont améliorées de manière significative lors des récentes années. Le Royaume Uni, Les Pays-bas et l’Allemagne ont été les alliés les plus proches d’Israël au sein de l’Union. Bien avant qu’elle devienne chancellière, Angela Merkel a declar& au quotidien Israélien Haaretz qu’« il est de la plus haute importance que nous préservions la vitalité des relations et évitions activement à ce qu’ils ne se transforment en quelque chose de purement cérémoniel. »

Suite à la déclaration des accords spéciaux entre l’Union et Israël, le 19 mai 2008, le ministre néerlandais des affaires étrangères, Maxime Verhagen, a déclaré aux partisans d’Israël, lors d’un symposium tenu à l’hôtel Hilton à Amsterdam, qu’il a pressé l’Union pour qu’elle intensifie ses relations avec Israël. Il a aussi voulu faire bonne figure en invitant plusieurs officiels Israéliens à la Haye. Et plus tôt durant l’année, M. Verhagen a déclaré à des participants de la conférence Herzilya en Israël que l’association d’Israël avec le marché interne européen et « son implication dans plusieurs agences européennes, programmes et groupes de travail », peuvent être approfondis.

A l’époque, il a dit aussi qu’« une partie prenante du processus serait de renforcer le dialogue sur les droits de l’homme entre Israël et l’UE ». Mais ceux qui sont familiers avec les antécédents de ce dialogue dans le cadre des accords d’association entre Israël et l’UE savent que ce sont des mots vides, comme la déclaration du Luxembourg le démontre clairement.

Il a dit aussi que « l’arrêt de l’expansion des colonies et le démantèlement des avant-postes feraient une grande différence dans le registre des droits de l’homme » mais la continuation des constructions illégales dans une centaine de colonies en ce moment même suggère que les mots de M. Verhagen n’ont fait aucune différence.

Avec les nouveaux venus de l’Europe de l’est, l’UE comprend maintenant un plus grand contingent de pays amis d’Israël. Notamment la république Tchèque et la Pologne qui se sont opposés à toute connexion avec le comportement d’Israël en matière des droits de l’homme dans la revalorisation des relations. Avec le retour des gouvernments de droite en France et en Italie, la politique de l’UE s’est rapprochée de celle de l’administration Bush. Alors que la France, dirigée par le président Nicolas Sarkozy, prend la présidence l’UE le premier juillet, il est entendu que cette tendance va perdurer.

* Arjan El Fassed est co-foondateur de Electronic Intifada et l’auteur de Niet iedereen kan stenen gooien (Uitgeverij Nieuwland, 2008).

18 Juin 2008 - The Electronic Intifada - Vous pouvez consulter cet article à : http://electronicintifada.net/v2/ar...

Traduit de l’anglais par Sophia : http://lespolitiques.blogspot.com

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17 août 2008 7 17 /08 /août /2008 20:09

Richard Labévière licencié de RFI : nettoyage ethnique à France Monde


par Fausto Giudice, 16 Août 2008

Le 12 août 2008, Richard Labévière, écrivain et journaliste de réputation internationale, a été licencié de Radio France Internationale, dans des conditions de brutalité inouïe, qui témoignent des nouvelles méthodes de gestion sous la présidence de Nicolas Sarkozy et du triomphe néo-conservateur de l'équipe atlantiste gravitant dans la sphère directoriale du pôle audiovisuel extérieur français sous la houlette de Christine Ockrent, épouse du ministre transfuge des Affaires étrangères français.


Ce licenciement avait été anticipé par une préparation psychologique sous-traitée par la SDJ (la Société des jounalistes) qui s'étonnait déjà, bien avant la convocation du journaliste présumé fautif des conditions de réalisation de l'objet du délit: l'interview du président Bachar al Assad, en prélude à sa visite en France.

La raison invoquée pour ce licenciement sec est en effet tout bonnement surréaliste : Richard Labévière est accusé de ne pas avoir informé la direction de la radio de l’interview du président syrien Bachar El Assad qu’il avait réalisée à Damas et qui a été diffusée le 9 juillet par TV5 et le 10 Juillet par RFI, à la veille de la venue officielle d’El Assad à Paris, sur invitation du président Sarkozy.

Richard Labévière n’est pas un vulgaire Siné*. Il a été successivement rédacteur en chef de RFI – poste dont il a été dégommé de fait pour avoir apporté son soutien à Alain Ménargues**, lui-même contraint à la démission pour « antisémitisme » sur demande de l’ambassadeur d’Israël en France, Nissim Zvili – puis responsable de l’émission matinale « Propose ? », qui lui a été retirée en 2005, sur demande du même ambassadeur.

Il ne lui restait plus que l’émission « Géopolitique, le débat », 40 minutes le samedi. Il ne l’a plus.
Bernard Kouchner doit rencontrer Bachar El Assad mardi à Damas. On est curieux de savoir comment il expliquera le licenciement de Labévière. Évoquera-t-il le dernier livre publié par le journaliste en collaboration avec le philosophe Bruno Jeanmart, Bernard-Henri Lévy ou la règle du Je***, une charge en règle contre le satrape médiatique BHL ? Ou bien expliquera-t-il à son hôte syrien qu’ « on » ne supportait plus d’entendre Labévière dire que la capitale d’Israël était Tel Aviv et non pas Jérusalem ?

Et comment Kouchner expliquera-t-il ce licenciement incroyable à Madame Anne Gazeau-Secret, son ambassadrice à La Haye, aux Pays-Bas, et par ailleurs épouse de Richard Labévière ?

Et quand donc les médias français se résoudront-ils à rendre publique l’information sur ce licenciement ? À l’heure où j’écris, quatre jours après ce licenciement, aucun d’entre eux n’a soufflé mot de l’affaire. L’unique information parue dans le monde l’a été dans des médias arabes : Assafir et Al Manar à Beyrouth, Al Quds Al Arabi à Londres et un site web d’Alep en Syrie. Bizarre ? Vous avez dit bizarre ?


En conclusion, je ne peux donc qu’encourager les lecteurs désirant être informés en temps réel sur les faits et méfaits de la France sarkozyenne à s’atteler à la tâche d’apprendre l’arabe. Pour ceux qui n’ont pas attendu mes recommandations pour le faire, je leur conseille de lire l’excellent article de Mohamed Balut, correspondant à Paris du quotidien beyrouthin Assafir Pour ceux qui ignorent encore cette langue, voici un résumé rapide de l’article :

« À la suite de son interview d’El Assad

Licenciement d’un journaliste français sympathisant de la cause arabe

Le fait d’avoir parlé au président Bachir El Assad a pu coûter au journaliste français, au-delà de l’amertume, son poste à RFI et à TV5 ;Les médias officiels français ne paraissent pas être au courant qu’il y a un rapprochement franco-syrien, ou alors ils cherchent à l’ignorer. Richard Labévière a commis des dizaines d’articles soutenant la cause palestinienne et 2 livres l’an dernier, dont l’un avec Pierre Péan, « Bethléhem en Palestine » (l’auteur fait une erreur, ce livre date
de 1999, FG). À la suite de cette publication, il a trouvé sur son bureau une lettre
disant « On va t’écorcher la peau ». La question se pose après son licenciement : est-il possible de critiquer Israël dans les médias français ? Nous rappelons toutefois que Labévière a affronté dans son livre « La règle du je », le philosophe juif BHL, lequel, dans une série d’articles dans sa revue « La règle du jeu » criminalisait toute personne critiquant israël. Alain Ménargues avait déjà payé le prix, Pascal Boniface, le chercheur français connu, a été isolé par une violente campagne de presse lorsqu’il a publié son livre avec le titre-phare « Est-il permis de critiquer Israël ? »S’agit-il d’une coïncidence que ce soit la même équipe constituée de Pierre Ganz, responsable des émissions en français de RFI, Frank Weil-Rabaud et Nicolas Vespucci, qui avait mené campagne contre Ménargues, qui a pris l’initiative de mener campagne contre Labévière. Et qui a manifesté son soutien à Richard Labévière ? Uniquement la CFDT… »


Notes


* Dessinateur satirique et anarchiste licencié pour « antisémitisme » de l’hebdomadaire Charlie-Hebdo par son chef néocon Philippe Val pour avoir écrit que Jean Sarkozy, le fils de Nicolas, s’apprêtait à se convertir au judaïsme en prévision de son mariage avec l’héritière des magasins Darty.


**Auteur de deux livres que les autorités israéliennes et leurs partisans français ne lui ont pas pardonné : Les Secrets de la guerre du Liban : Du coup d'état de Béchir Gémayel aux massacres des camps palestiniens et Le Mur de Sharon.


*** Allusion au titre de la revue dirigée par Bernard Henri-Lévy, La Règle du jeu

PS : Je ne peux que vous encourager à suivre mon exemple et à signer la pétition suivante :

Abus de pouvoir et délits d'opinion: la presse française une nouvelle fois muselée et son pluralisme violemment attaqué dés lors qu'il est question des Proche et Moyen Orient. L'audiovisuel extérieur français (RFI, TV5 Monde et France24) dirigé par l'épouse du Ministre français des Affaires étrangères, Christine Okrent, et le publicitaire Alain de Pouzilhac reprennent en mains les options éditoriales de trois grands médias publics pour leur imposer une pensée et un discours uniques inconditionnellement pro-israélien. Le licenciement estival et précipité de Richard Labévière, Rédacteur en chef à RFI et spécialiste des Proche et Moyen Orient pour avoir interviewé le Président syrien Bachar el Assad, s'inscrit dans la logique d'une nouvelle atteinte au pluralisme journalistique, à la liberté d'expression, et aux Droits de l'homme en France; le pays des principes de la philosophie des Lumières. Ne laissons pas l'arbitraire et le diktat idéologiques s'installer en France.

Signez la pétition
Publié par Basta ! يكفي à l'adresse 14:44 

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17 août 2008 7 17 /08 /août /2008 19:40

Sayyed Nasrallah : Nous devons surmonter les problèmes du passé


Le secrétaire général du Hezbollah, Sayyed Hasan Nasrallah, s'est adressé aux Libanais lors d'un discours télévisé, dans la nuit du jeudi 14 août, pour marquer le 2ème anniversaire de la victoire de 2006 sur Israël.

Par Hasan Nasrallah



Avant de commencer, Sayyed Nasrallah a présenté ses sincères condoléances aux familles des martyrs tombés sous le bombardement de Tripoli la veille, et qui a fait 15 victimes, dont 10 soldats de l'armée libanaise. "Je présente mes condoléances aux martyrs de l'armée libanaise et aux citoyens tués dans le bombardement de Tripoli. Ce crime doit être, pour nous tous, une motivation pour sortir des tensions et coopérer à élever notre pays", a dit son Eminence.

"Il y a deux ans, l'importance de la guerre, l'étendue de l'agression, le danger, les capacités militaires et sécuritaires énormes utilisées par l'ennemi, l'étendue de la collusion régionale et internationale sont devenus plus clairs. D'un autre côté, la fermeté, le défi relevé par la résistance, le peuple et l'armée pour faire face à la guerre et à la collusion, ont confirmé jour après jour que ce qui s'est passé pendant la guerre de juillet a montré l'importance du potentiel d'énergie du Liban et de la nation. Il y a deux ans, il est apparu comme évident que ce qui est arrivé dans cette guerre fut un vrai miracle et une victoire divine."

Sayyed Nasrallah a souligné que les menaces faites par les dirigeants sionistes et la campagne d'intimidation d'Israël sur les armes de la résistance était un échec "et ne conduirait qu'à davantage d'échecs et de craintes pour les Israéliens eux-mêmes." Le chef du Hezbollah a dit également que ne pas révéler la puissance défensive de la résistance faisait partie de la bataille contre Israël, et que "vous et vos menaces, vous pouvez aller au diable."

"Il y a eu un tollé israélien sur le renforcement de la force du Hezbollah. Il y a eu des discours sur des armes sophistiquées et un système de défense aérien et des menaces si le Hezbollah utilisait cette sorte de système. Personne ne peut s'attendre à ce que je me lève et que je dise si nous possédons de nouvelles armes ou non. Cela fait partie de la manière de conduire la bataille de la libération et de la résistance contre l'ennemi."

"Par exemple, l'armée israélienne ne savait pas que la Résistance possédait des missiles sol-air, ni la puissance des ses missiles anti-chars", a-t-il ajouté.

Sayyed Nasrallah a affirmé que "les résultats de la guerre sont évidents, même aujourd'hui, tant dans les domaines militaire et politique en Israël". Il a dit qu'Israël est face à la pire crise gouvernementale de son histoire.

"Toute la première ligne des pontes de l'armée a démissionné à cause de la guerre. Gal Hirsch, qui a été vaincu au Liban, est allé en Géorgie et eux aussi ont perdu à cause de lui", a dit son Eminence.

Pendant les sept dernières années, les compagnies israéliennes ont aidé l'armée géorgienne à se préparer à une guerre contre la Russie par des accords d'armement, l'entraînement des unités d'infanterie et des conseils de sécurité.

Hirsch, brigadier-général de réserve, était commandant de la Division Galilée de l'armée israélienne pendant la guerre et a démissionné ensuite. Ces dernières années, il a conseillé l'armée géorgienne sur la formation d'unités d'élite et le réarmement, et a donné différents cours dans le domaine des tactiques de combat et des combats en agglomérations urbaines.

"En se fiant aux experts et aux armes israéliens, la Géorgie a appris pourquoi les généraux israéliens ont échoué. Ce qui s'est passé en Géorgie est un message à tous ceux qui acceptent que Washington les embarque dans des aventures, des guerres mal calculées et des confrontations sans fin. A la fin, l'administration US les abandonnera parce que son intérêt est primordial, exactement comme ils l'ont fait avec leurs alliés au Liban".

Sayyed Nasrallah a abordé les récents commentaires du Ministre de la Défense israélien Ehud Barak au sujet de "l'importance d'avoir une direction expérimentée".

"Ehud Barak admet que la raison de la perte de la guerre fut un manque d'expérience militaire. Alors, qui reste-t-il en Israël avec une expérience militaire sinon tous ces généraux qui ont échoué ?

Ceux qui se dressent contre nous aujourd'hui sont les mêmes perdants à qui nous avons déjà porté des coups auparavant. Est-ce Barak ou les Ashkénazes qui ont échoué devant la résistance, en tant que chef du commandement du nord ? Les journaux israéliens ont dit que Olmert était mort il y a deux ans au Liban, et que ses obsèques politiques auraient lieu dans deux mois", a dit le chef du Hezbollah.

"En ce mois de septembre, nous verrons la fin du gouvernement du Premier Ministre israélien Olmert. Je me souviens des discours de Barak lorsqu'il était le Premier Ministre de l'ennemi en 2000. Dois-je lui rappeler qu'il avait fixé la date du retrait [du Liban] en juillet, et que nous l'avons expulsé par la force en mai ?"

Sayyed Nasrallah a accusé Israël de chercher à assassiner les commandants du Hezbollah. "Je dis aux sionistes : nous n'avons pas peur de vous. Dites ce que vous voulez et faites ce que vous voulez. Nous savons que vous êtes en train de planifier de nouveaux assassinats de dirigeants de la résistance. Mais cela ne nous fera pas battre en retraite", a-t-il dit.

"Si vous, les sionistes, vous songez à attaquer le Liban... je vous promets de grosses surprises qui pourraient modifier le sort de la guerre et de la région, si Dieu le veut. Je vous dis ceci pour prévenir une guerre. Israël doit comprendre que toute guerre contre le Liban coûtera très cher."

Sayyed Nasrallah a souligné que l'un des bénéfices de la guerre de juillet est le renforcement de la culture de résistance, en contraste avec la culture de reddition au Liban et dans le monde arabe. "Cette nouvelle prise de conscience s'étend jusqu'à la Palestine et l'Irak", a-t-il dit.

"La guerre a également des répercussions continues au niveau régional, puisque le projet de Nouveau Moyen-Orient promu par les USA est en suspens et que la Secrétaire d'Etat US Condoleezza Rice ne soulève plus cette question. Ce projet aurait conduit à la division du Liban et du monde arabe.

"De plus, Israël est toujours confus dans ses façons de traiter avec les Palestiniens dans la Bande de Gaza, et est aussi en train de négocier avec la Syrie et cherche à désengager Damas d'Iran. Israël est terrorisé par la République Islamique d'Iran et hésite à l'attaquer.

"Au sujet des élections irakiennes, le pourcentage de votants n'annule pas le haut pourcentage des soutiens à la résistance parce que les Irakiens veulent sauver l'appareil militaire et la démocratie de leur pays", a souligné Sayyed Nasrallah.

"Au cours de ces deux dernières années", a ajouté son Eminence, "nous avons vécu avec le danger des conspirations israélienne et occidentale. Dans le même temps, la population a montré sa volonté de résistance."

"Les Etats-Unis et Israël ont essayé de diviser les Libanais selon des lignes confessionnelles et de décrire le Hezbollah comme un groupe terroriste pour l'affaiblir pendant la guerre de 33 jours. Ils voulaient que nous nous déchirions. Ils voulaient se servir de la guerre pour nous isoler, un pays après l'autre, un peuple après l'autre, un groupe religieux après l'autre et un parti après l'autre. Si nous nous étions divisés, ils auraient gagné et nous aurions été défaits. L'accusation la plus grave était la question confessionnelle. Ils ont dit aux Chrétiens que le combat était avec un groupe musulman, et que ça n'avait rien à voir avec vous. Ils ont dit aux Musulmans sunnites que le combat était avec un groupe shiite et qu'il visait le projet shiite dans la région", a-t-il expliqué.

Son Eminence a également expliqué que depuis la fin de la guerre, Israël avait mis en œuvre un plan pour la communauté internationale visant à faire pression sur les états fournissant des armes à la résistance, gelant les avoirs de ceux qui la soutenaient et influençant aussi le Conseil de Sécurité de l'ONU pour appliquer des pressions et désarmer le Hezbollah.

"Le désarmement de la résistance est un projet israélien avéré, ce n'est pas un secret. Je dis aux Israéliens que leurs pressions n'aboutiront à aucun résultat."

Dans ce contexte, Sayyed Nasrallah s'est adressé à quelques députés libanais qui avaient attaqué le Hezbollah, en particulier au parlement. "La résistance est un projet solide, basé sur des piliers solides. Ce ne sont pas quelques discours furieux qui changeront quoique ce soit à la scène, tout ce chaos est inutile, et la résistance est bien plus forte. Mettons de côté tout ce qui provoque la rue et, à la place, gérons de façon positive cette nouvelle phase. Si nous nous unissons, si nous coopérons et si nous respectons la déclaration ministérielle, Israël ne pourra rien faire contre le Liban."

Le chef du Hezbollah a aussi salué la visite en Syrie du Président du Liban, Michel Suleiman, la qualifiant de "nouvelle étape" dans les relations entre Beyrouth et Damas, "qui permettra, nous l'espérons, la création de nouveaux liens."

Sayyed Nasrallah a dit qu'il était plus déterminé que jamais à discuter d'une stratégie de défense nationale pour le Liban.

"Nous insistons, aujourd'hui plus qu'à tout autre période du passé, sur le besoin de discuter et de trouver une stratégie de défense pour le Liban, de manière à ce que nous sachions tous comment défendre notre pays."

"Trouver une stratégie national pour reconstruire l'Etat libanais – et ceci n'est pas une invitation à changer l'Agrément de Taif – ainsi qu'une stratégie pour régler les problèmes économiques et sociaux profondément enracinés sont deux questions cruciales qu'il faut discuter", a-t-il ajouté.

Nasrallah a dit qu'il avait informé les conseillers du Président Suleiman de la nécessité de débattre de ces questions lors de discussions autour d'une table.

Il a décrit la situation économique au Liban comme "un désastre total", soulignant que ne pas s'occuper de ce problème "conduirait à un effondrement total de l'économie libanaise."

Sur l'opération réussie Al-Redwan, Sayyed Nasrallah a dit qu'il tiendrait une conférence de presse dans un futur proche pour annoncer les résultats des tests ADN qui seront faits sur les dépouilles encore non identifiées des martyrs rendus par Israël. "Avec cette seconde commémoration, les Libanais détenus en Israël ont été libérés et sont maintenant de retour au Liban. Je tiendrai une conférence de presse pour commenter la question des détenus au Liban, dont les quatre généraux, les disparus au Liban et en Syrie et il y aura aussi des tests ADN pour identifier les corps des martyrs Dalal Mughrabi et Yehya Skaff et les autres."

Le chef du Hezbollah a dit que "certains demandent que nous saluions Beyrouth."

"Nous ne sommes pas étrangers à Beyrouth. Nous faisons partie intégrante de la capitale et nous souhaitons le meilleur pour Beyrouth et ses habitants. Nous saluons Beyrouth, le Mont Liban et le nord du Liban, qui saigne toujours. Nous saluons aussi la Bekka du sud liban et Dahiyeh. Nous saluons chaque village et chaque famille qui soutient la Résistance.

"Je m'incline devant tous les martyrs de la résistance, armée et populaire, en particulier le chef Hajj Imad Moghniyeh. Je salue aussi nos frères palestiniens, qui sont nos partenaires dans la lutte contre Israël.

"Cette seconde commémoration réaffirme la possibilité de poursuivre nos victoires. Nous devons surmonter les problèmes du passé," a conclu Sayyed Nasrallah.


Source : Al Manar
Traduction : MR pour ISM


Dimanche 17 Août 2008




Source :
http://www.alterinfo.net

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17 août 2008 7 17 /08 /août /2008 19:30

Interview exclusive de Thierry Meyssan par ReOpen911


La parole de M. Thierry Meyssan est rare, non qu'il refuse systématiquement les interviews… Mais simplement les médias français ne donnent jamais la parole à cet analyste politique aux propos pourtant toujours mesurés, malgré ses convictions personnelles très marquées en faveur des droits humains et contre les menées géopolitiques de l'Empire états-unien. La réflexion affûtée et pertinente de cet intellectuel français semble extraordinairement atypique dans le brouhaha de la propagande ambiante.

ReOpen911 est fière de mettre en ligne une longue interview de « celui par qui le scandale du 11-Septembre est arrivé » (à son insu). Mais les questions des membres de l'association pour la réouverture de l'enquête sur les attentats terroristes aux Etats-Unis n'abordent pas ce seul sujet : nos membres, citoyens curieux et ouverts, s'intéressent à tous les sujets d'actualité et M. Meyssan répond en toute franchise et indépendance d'esprit à leurs questions. Une interview passionnante, très loin des fantasmes de certains pour qui les relations entre ReOpen911 et Meyssan seraient celles des adeptes d'une secte face à leur gourou !

Retour en arrière sur la « polémique », les accusations d'antisémitisme à son égard (dont on a vu que la récente « affaire Siné » avait peut-être marqué l'essoufflement de cette scandaleuse stratégie de bâillonnement de toute critique de la politique d'Israël), le travail mené avec le Réseau Voltaire qu'il continue à présider depuis sa fondation, les menaces pesant sur sa vie, les dérives liberticides et les atteintes aux droits de l'homme, la politique des États-Unis envers l'Union européenne, et leurs relations avec le nouveau pouvoir en France, les intérêts d'al-Qaïda et même les récents événements en Géorgie : discussion à bâtons rompus au cours de laquelle M. Meyssan n'a jamais recours à la langue de bois.




ReOpen911 : Suite à la parution de L'Effroyable Imposture, « on » (Gérard Miller, Pascal Bruckner, Pierre Marcelle, Alain Finkelkraut, Caroline Fourest, liste non exhaustive…) vous a souvent présenté comme un « révisionniste », vous comparant même à M. Faurisson ; outre que cela permet à moindres frais d'éviter de répondre aux questions et aux points pertinents que soulèvent vos analyses, cela a ancré, par amalgame, dans les esprits d'un grand nombre de nos concitoyens l'idée fausse que vous seriez antisémite. 1

Vous avez pendant longtemps préféré ne pas vous expliquer sur des injures aussi odieuses qu'infondées et autres calomnies (quiconque peut le constater par soi-même en lisant vos livres ou en consultant le site du Réseau Voltaire de fond en comble : il n'y a pas le moindre propos antisémite1, évidemment). Cependant, ne pas y répondre, c'est aussi laisser le champ libre à vos détracteurs ; baisser la garde, n'est-ce pas faire le jeu de ces « salauds », pour reprendre l'élégante formule que M. Fabrice Nicolino (Politis du 11 avril 2002) avait eu à votre égard ?
Thierry Meyssan : Mes détracteurs jouent sur les mots. Comme l'a noté Pierre Vidal-Naquet, le terme "révisionniste" s'applique à tout historien qui fait son travail, celui de réviser les préjugés. Aussi refusa-t-il d'utiliser ce mot pour qualifier ceux qui nient le massacre des juifs d'Europe et lui préféra-t-il celui de "négationnistes". Cependant mes détracteurs créent une confusion dans l'esprit du public en me traitant de "révisionniste" et en faisant allusion simultanément au professeur Faurisson, condamné maintes fois pour antisémitisme. Ainsi, sans l'avoir dit, ils suggèrent que je suis antisémite.

Je suis humaniste et j'ai lutté -bien plus que ceux qui m'insultent- contre toutes les formes de racisme, y compris l'antisémitisme. En qualité de président du Projet Ornicar, j'ai même reçu les félicitations du Mémorial Yad Vashem, la plus haute autorité morale en la matière. En qualité de président du Réseau Voltaire, j'ai animé le Comité national de vigilance contre l'extrême droite, qui a réuni chaque semaine pendant plusieurs années les 45 plus importantes organisations de gauche (partis politiques, syndicats, associations, loges maçonniques).

Lors de la campagne médiatique organisée contre moi, en 2002, j'ai porté plainte pour diffamation contre une douzaine de journaux qui avaient suggéré que j'étais antisémite. J'étais défendu par Me Bernard Jouanneau, qui est précisément l'avocat à l'origine de la jurisprudence contre les "négationnistes". Globalement, pour des propos quasi-identiques, j'ai gagné les procès à Versailles et perdu ceux à Paris. La Cour d'appel de Paris a reconnu que j'avais été diffamé, mais a considéré que je l'avais bien cherché et qu'il n'y avait pas matière à appliquer la loi et à condamner mes adversaires.

Un pas a été franchi par Pierre Rigoulot. Le co-auteur du Livre noir du communisme a écrit dans son livre sur l'Antiaméricanisme que je niais qu'il y ait eu un attentat contre le Pentagone. Et il m'a attribué entre guillemets une citation antisémite avec référence en bas de page. Il a été condamné pour cela. Depuis, personne ne s'est avisé d'inventer d'autres citations de ce type.

ReOpen911 : Pourquoi ne vous défendez-vous pas contre ces suspicions d'antisémitisme ? Comment convaincre les ReOpenistes et au-delà les sympathisants de l'objectif que s'est fixé cette association, que le Réseau Voltaire n'est pas antisémite. M. Meyssan, que faites-vous concrètement, personnellement et/ou au travers de www.voltairenet.org, pour combattre cette image d'antisémitisme, qui vous est attribuée par vos détracteurs. Par exemple, avez-vous des contacts avec les communautés juives de France ?

Thierry Meyssan : Comme je vous l'ai dit à l'instant, mon action passée est la preuve de mon humanisme. Il n'y a de place à une suspicion d'antisémitisme que pour des gens de mauvaise foi. Au demeurant, je ne m'intéresse pas à démentir que je sois antisémite, mais à agir contre l'antisémitisme. Je n'ai pas de contact avec les communautés juives de France en tant que telles, ni avec aucune communauté religieuse quelle qu'elle soit, car je suis laïc et ne pense pas que les problèmes politiques doivent se régler ainsi.

Une explication est ici nécessaire. Mes convictions humanistes me conduisent à condamner identiquement toute forme de discrimination fondée sur l'appartenance réelle ou supposée à un groupe de population. Je condamne donc à la fois non seulement l'antisémitisme et le sionisme, mais aussi l'amalgame entre les juifs et les crimes perpétrés par l'État d'Israël. Or, profitant du fait que toute personne reconnue comme juive par l'État d'Israël est éligible à la nationalité israélienne, le mouvement sioniste tente d'assimiler anti-sionisme et antisémitisme.

Dès sa création, en 1994, le Réseau Voltaire a combattu toutes les formes d'intolérance. Il y avait unanimité entre nous lorsque nous avons mené campagne contre les idées racistes de l'extrême droite. Dans l'affaire du DPS (Département protection sécurité), nous avons pris de grands risques, travaillé avec l'ambassade d'Israël et suscité une commission d'enquête parlementaire. Jean-Marie Le Pen et le Front national m'ont poursuivi en justice avec le Réseau Voltaire parce que j'avais évoqué la préparation d'une "nuit de cristal". Aucun avocat n'ayant accepté de nous défendre, j'ai plaidé moi-même ma défense. J'ai gagné. Cependant, tout a changé lorsque, à partir de 1999, nous avons étendu notre action à l'étranger. J'ai eu la surprise de constater que certains de nos administrateurs, sincèrement engagés dans la lutte contre le racisme, défendaient des principes opposés lorsqu'il s'agissait du Proche-Orient. Là-bas, ils
se satisfaisaient très bien de l'apartheid israélien. Notre conseil d'administration est devenu un champ de bataille. En définitive, les administrateurs sionistes ont été mis en minorité. Ils ont démissionné, les uns après les autres, non sans insulter avec un acharnement particulier un de nos administrateurs qui est juif antisioniste. Ils ont répandu, via Internet, des calomnies contre lui dans l'espoir de ruiner son entreprise, ce qu'ils ne sont pas parvenus à faire.

Dans la situation politique internationale actuelle, je pense que le meilleur moyen d'agir contre l'antisémitisme, c'est de dénoncer la prétention illégitime de l'État d'Israël à représenter les juifs dans leur ensemble et à les rendre responsables des crimes du sionisme. Je l'écris de manière récurrente dans mes articles.

ReOpen911 : Vos 2 livres L'Effroyable Imposture puis Le Pentagate ont permis d'amorcer le débat et suscité une énorme controverse sur le sujet. Ils ont aussi eu pour conséquence de vous disqualifier dans tous les médias dominants : votre nom ne peut plus être prononcé sans que se déchaînent des passions le plus souvent irrationnelles ; vous êtes devenu une sorte de « pestiféré » du journalisme à tel point que nous ne pouvons plus vous citer sans prendre le risque de devenir inaudibles. Avec le recul de ces 6 années, changeriez-vous de stratégie si vous aviez à réécrire ces livres et modifieriez-vous votre argumentaire ?

Thierry Meyssan : Non, je ne changerais rien du tout.

Beaucoup de gens me disent que mes livres sont mal écrits, que mon travail n'était ni fait, ni à faire, et que si j'avais suivi leurs conseils il en serait autrement. Toutefois aucun d'entre eux n'a fait quoi que ce soit pour faire éclater la vérité. La stratégie que j'ai choisie était la seule que j'étais capable de mettre en œuvre. Je l'ai fait et je l'assume. Je suis fier d'avoir ouvert cette polémique et d'avoir ouvert les yeux de centaines de millions de gens. J'en paye le prix, c'est normal. On ne peut pas défier le plus grand empire de l'Histoire sans conséquences.

Au demeurant, si je suis un « pestiféré du journalisme », comme vous dites, dans les pays de l'OTAN, il n'en est pas de même ailleurs où l'on m'attribue au contraire des distinctions.

ReOpen911 : L'attaque sur le Pentagone reste l'un des sujets les plus mystérieux du dossier du 11/9 ; la théorie du missile que vous avez soutenue avec Pierre Henri Bunel, reste d'ailleurs très débattue à l'intérieur même du Truth Movement et jusqu'au sein de ReOpen911 également. De nombreux membres (du Forum ou de l'association) continuent de réfléchir à ce sujet, quelle est votre opinion sur ce sujet précis aujourd'hui ? A-t-elle évoluée ces dernières années ? Dans les deux cas, pourquoi ?

Thierry Meyssan : Dans L'Effroyable Imposture 1, je me suis contenté de noter que l'explication gouvernementale de ce qui s'est passé au Pentagone est idiote. À l'évidence aucun avion de ligne ne s'est écrasé à cet endroit. C'est ce point qui était important pour moi, car la théorie du Boeing a été utilisée par les États-Unis pour justifier devant le Conseil de sécurité de l'ONU l'attaque de l'Afghanistan.

J'ai été très étonné des réactions. Particulièrement lorsque j'ai lu le dossier du Monde assurant avec force vocabulaire scientifique qu'il est parfaitement normal qu'un avion se dématérialise. Je ne pensais pas que des gens éduqués nous feraient le coup du « Pentagone des Bermudes ». Je trouve plus subtil le travail de Pilar Urbano en Espagne. Cette célèbre journaliste a préféré reconnaître l'évidence et broder sur de possibles motifs de Sécurité nationale qui auraient obligé l'administration Bush à mentir sur ce point. De cette manière, elle a élaboré un argumentaire pour concilier la réalité avec le mythe du complot islamique mondial.

En définitive, j'ai proposé la théorie du missile lors de la conférence que j'ai présentée aux ambassadeurs de la Ligue arabe à Abou Dhabi. Je l'ai développée dans Le Pentagate, dont Pierre-Henri Bunel a bien voulu rédiger un chapitre. Je suis ouvert à toute autre hypothèse, mais pour le moment, celle-ci est la seule crédible.

ReOpen911 : Que pensez vous du mouvement pour la vérité sur le 11-Septembre aujourd'hui et quel avenir lui voyez-vous ? Comment évaluez-vous ses chances d'aboutir dans son combat ? Quel conseil de stratégie donneriez-vous au Truth Movement ?

Thierry Meyssan : Je suis enthousiasmé en voyant des citoyens de divers pays occidentaux, de plus en plus nombreux, refuser de gober la propagande impériale et chercher à se faire par eux-mêmes leur opinion sur les choses. C'est le signe d'une renaissance démocratique. Je ne m'étonne donc pas que le système ne cesse de minimiser leur action ou de les faire passer pour des cinglés. C'est le lot normal des dissidents dans les systèmes totalitaires.

Ce mouvement ne pourra aboutir que lorsqu'il aura terminé sa révolution copernicienne. Il y a beaucoup de gens qui continuent à croire que les institutions des États-Unis sont démocratiques et que le problème actuel est un incident de parcours imputable à la seule administration Bush. Je pense que c'est malheureusement faux et que nous devons affronter un impérialisme prédateur pour lequel tous les coups sont permis. Le 11-Septembre n'est pas un incident de parcours, c'est la nature même du système poussée à son paroxysme.

Cela dit, je m'interdis de donner des conseils à quiconque, car je ne sais pas ce qu'il en coûterait à chacun de les appliquer. Je m'efforce quant à moi de persévérer et de pousser toujours plus loin l'analyse politique.

ReOpen911 : À la page 51 de L'Effroyable Mensonge de MM. Dasquié et Guisnel, on apprend que ce H.M.-V. que vous remerciez à la fin de votre livre n'est autre qu'Hubert Marty-Vrayance, commissaire à la direction centrale des Renseignements généraux ! D'après les 2 auteurs, il serait le « promoteur déterminé du complot, n'hésitant pas à avancer les éléments les plus irrationnels pour convaincre ses collègues ainsi que l'auteur ». Ce dernier s'en défend. À la page 65, on apprend dans un entretien (4 avril 2002) qu'il dit ne tirer ses informations qu'au travers de la presse... Pouvez-vous nous en dire plus sur M. Hubert Marty-Vrayance, ses idées, son rôle exact dans l'aide qu'il vous a apportée ?

Thierry Meyssan : Hubert Marty-Vrayance était le patron des Renseignements généraux dans la Nièvre. François Mitterrand avait souvent recours à lui pour mener hors hiérarchie des enquêtes sensibles. Il a pris contact avec moi, en 1990, dans le cadre d'une de ces enquêtes. Comme il avait fini par le connaître bien, il a été par la suite chargé par le directeur central Yves Bertrand, de me surveiller. Nous nous rencontrions de temps à autre et discutions afin que ses rapports sur mon activité prennent en compte mon point de vue.

Il se trouve qu'en 2001, il était comme moi et les deux auteurs que vous citez, membre d'une liste de discussion sur Internet consacrée à l'actualité du renseignement. Des centaines de professionnels y participaient, des magistrats, policiers, militaires et journalistes. Nous avons eu sur cette liste des échanges à propos des attentats du 11-Septembre. Il était sur la même ligne que moi. Il se peut que sa conviction se soit appuyée sur des éléments couverts par le secret Défense, d'autant qu'il travaillait alors au Secrétariat général de la Défense nationale, l'organisme rattaché au Premier ministre qui coordonne les services français de renseignement. En tout cas, il n'en a pas fait mention dans ces échanges et s'est borné, dans le respect de son statut, à ne citer que des sources ouvertes (presse et rapports publics).

J'ai utilisé certaines des références qu'il avait mentionnées et j'ai trouvé amusant de remercier en fin d'ouvrage le fonctionnaire chargé de me surveiller. J'ai eu tort, car au même moment les services français ont été traversés par un regain de tension entre atlantistes et gaullistes. Le commissaire Marty-Vrayance, qui jouait un rôle particulier dans plusieurs services à la fois, a été éjecté et érigé en bouc émissaire. Par la suite Nicolas Sarkozy s'est acharné sur lui et, en tant que ministre de l'Intérieur, l'a révoqué par décret de la fonction publique. Il a été accusé à tort de toutes sortes de crimes et incarcéré avant d'être blanchi de ce dont on l'accusait et d'être relaxé. Sur procès-verbal, il a été établi que la personne qui avait témoigné contre lui, avait menti à la demande d'un haut fonctionnaire du ministère de l'Intérieur. Cet individu n'a pas été sanctionné.

ReOpen911 : Puisqu'apparemment vous avez vos entrées dans le monde du renseignement, pourriez-vous dire quelle est la tendance générale qui s'y dessine au sujet de la thèse officielle ? Avez-vous connaissance de politiques ou de journalistes qui, « en off », remettent en cause la version officielle du complot islamiste ?

Thierry Meyssan : On se méprend à propos de mes contacts dans les milieux du renseignement. Il se trouve que j'ai été élevé, adolescent, dans ce milieu. J'ai toujours connu des espions et je me suis toujours senti à l'aise parmi eux. Je connais leurs codes et leur dureté.

Quoi qu'il en soit, vivant désormais hors de la zone OTAN, je n'ai pas pu poursuivre les contacts dont je disposais dans le renseignement français. En revanche, au cours de mes voyages, j'ai eu l'occasion de rencontrer de très nombreux responsables du renseignement dans d'autres pays. Vu le niveau de mes relations politiques, il est normal que les responsables du renseignement en charge du 11-Septembre et de la politique US établissent des contacts avec moi lorsque je me rends dans leur pays.

J'ai observé, au cours des dernières années, que les nouveaux directeurs des principaux services de renseignement des États non alliés à Washington étaient souvent ceux qui avaient été en charge des enquêtes sur le 11-Septembre et qui, par conséquent, étaient les mieux informés sur le fonctionnement de l'empire US. En suivant les nominations dans les bulletins spécialisés, j'ai ainsi reconnu le nom de fonctionnaires qui étaient venu me voir lors de mes voyages et avec qui je suis parfois resté en relation.

ReOpen911 : Depuis des années, des dizaines de satellites scrutent le sol depuis l'espace, 24 heures sur 24. Le temps était dégagé aux USA ce 11 septembre 2001. Logiquement, on devrait avoir des images satellites des détournements... Que savez-vous à ce sujet ?

Disposez-vous d'informations précises que vous puissiez divulguer ?

Thierry Meyssan : Comme vous le savez, plusieurs exercices militaires avaient lieu ce 11-Septembre aux États-Unis, notamment une simulation d'attaque par des bombardiers nucléaires russes via le Canada. Toutes les puissances qui ont des moyens d'observation satellitaires avaient donc positionné leurs matériels pour suivre l'exercice et l'analyser.

Cependant, il ne suffit pas d'avoir des images. Il faut aussi avoir les bonnes questions pour les interpréter. Je pense que la Russie a été l'un des premiers États à reprendre ces images pour vérifier la version bushienne des événements. La plupart n'ont examiné ces images dans ce but qu'après la publication de mon livre.

Les armées s'interdisent de diffuser des images prises par leurs satellites espions de manière à maintenir un flou intimidant sur leurs capacités de surveillance. Avec le temps, cet impératif disparaît. Il y a un moment où il sera possible de les rendre publiques et où ce sera jugé opportun de le faire.

ReOpen911 : L'ancien chef d'état-major russe Leonid Ivashov, participait à la conférence Axis for Peace. D'après vous, comment se porte le mouvement du 11/9 en Russie ? Est-il toléré voire soutenu par les autorités ? Est-il restreint à un groupe de spécialistes (journalistes, experts) ou est-il popularisé dans la société civile par des livres, des magazines ou des reportages télévisés comme c'est le cas au Japon par exemple ? Y a-t-il sur ce sujet plus de liberté en Russie qu'en France ?

Thierry Meyssan : Le général Ivashov était en poste le 11 septembre 2001. Avec son état-major, il observait l'exercice militaire US quand les attentats sont survenus. Sa première préoccupation était d'éviter une méprise, de faire passer le message à son homologue US que la Russie n'était impliquée dans les attentats et que la troisième guerre mondiale n'était pas déclenchée. On sait que le Président Vladimir Poutine n'a cessé de tenter de joindre son homologue ce jour-là, mais que le Président George W. Bush n'a pas répondu à ses appels, comme s'il savait à quoi s'en tenir.

Dans les jours suivants, le général Ivashov a demandé diverses vérifications. Ses services lui ont rapidement indiqué qu'il s'agissait d'un complot intérieur et non extérieur. Le premier point qui les a alertés est l'effondrement des trois tours du World Trade Center. Les experts militaires ont rapidement conclu qu'elles étaient piégées avec des explosifs. Je vous rapporte ici les propos du général.

En Russie, la question du 11-Septembre continue à faire débat. En décembre dernier, alors que je faisais une présentation audiovisuelle devant différents responsables russes, le général Anatoly Koulikov (ancien ministre de l'Intérieur) m'a pris à partie. Il refusait en bloc mon travail, sans argument précis, uniquement parce que la remise en cause du mythe du complot islamique mondial remettait aussi en cause son traitement de la question tchétchène.

Quoi qu'il en soit, notre point de vue est aujourd'hui celui du Président Dmitry Medvedev, du Premier ministre Vladimir Poutine et du directeur du FSB, Alexander Bortnikov.

Ce sujet a été largement abordé dans les médias. J'ai participé à des émissions de radio et de télévision à Moscou dès 2002. Cependant, le souci de maintenir de bonnes relations avec les États-Unis poussait les hommes politiques et journalistes russes à la prudence. Cette retenue n'a plus lieu d'être depuis l'agression états-uno-israélienne contre l'Ossétie du Sud, par Géorgie interposée. On pourra le constater dans les prochaines semaines.

ReOpen911 : L'identification de Mohammed Atta en tant qu'agent de la CIA par la cellule Able Danger est-elle un signe de « complot interne » (inside job) impliquant la cellule des P2OG de Rumsfeld et de William Schneider ?

Thierry Meyssan : Les États-Unis essayent à la fois de nous convaincre qu'ils ont été surpris par les attentats (ce qui explique qu'ils n'ont pas su les empêcher) et qu'ils savaient tout d'al-Qaïda (ce qui confirme rétrospectivement le complot islamique mondial). Ils ne cessent donc de multiplier les informations contradictoires sur ces sujets.

Après le 11-Septembre, Washington a essayé de donner de l'épaisseur à al-Qaïda. Jusque-là, il s'agissait uniquement d'une appellation générique pour désigner des mercenaires musulmans. Les hommes de ben Laden avaient servi sous les ordres de la CIA en Afghanistan contre les Soviétiques. On les avait vu par la suite créer la légion arabe en Bosnie-Herzégovine, puis l'émirat de Tchétchénie. Avec l'aide de l'Allemagne, ils avaient été intégrés à l'état-major de l'OTAN durant la guerre du Kosovo. On les a même vu appuyer les Géorgiens contre les Ossètes. Cependant, après le 11-Septembre, on les a désigné comme des ennemis tout en continuant à les utiliser, mais de manière beaucoup plus structurée. Par exemple, ici au Liban, ils ont vainement tenté de faire jouer la solidarité sunnite et de soulever les réfugiés palestiniens contre le Hezbollah, avant d'être écrasés au camp de Nahr-el-Bared par l'armée libanaise,
équipée par la Syrie. Ou encore, ces jours-ci, ils essayent de mobiliser les Ouïghours en multipliant les attentats au Xinjiang chinois. Dans tous ces cas, les branches locales d'al-Qaïda se résument à des mercenaires recrutés dans les milieux intégristes sunnites, formés au Pakistan ou en Jordanie et rémunérés par le prince Bandar d'Arabie saoudite pour le compte de la CIA ou du Pentagone. Peu importe que ces mercenaires croient servir les États-Unis ou les combattre. Qu'ils en soient conscients ou que ce soit à leur insu, leur chaîne de commandement remonte à Washington.

Simultanément, le Comité des Six, présidé par Condoleezza Rice, a ordonné enlèvements et tortures. En 7 ans plus de 80 000 personnes ont été « traitées » dans les prisons secrètes de la CIA et dans les 17 prisons offshore de la Navy. 26 000 sont encore séquestrées.

Ces gens n'ont pas été arrêtés et jugés par des tribunaux judiciaires à l'issue de débats contradictoires. Ils ont été happés par une gigantesque machine à broyer les vies. Les techniques d'interrogatoire déterminées par le Comité des Six n'ont pas pour but d'obtenir des informations. Elles sont fondées sur les recherches du professeur Albert D. Biderman. Leur but est d'inculquer des réponses aux victimes, jusqu'à ce qu'ils s'accusent de crimes qu'ils n'ont pas commis et qu'ils en soient convaincus eux-mêmes. Beaucoup sont réfractaires à ce lavage de cerveau, mais vu le nombre de sujets, on dispose maintenant de quantité d'aveux imaginaires. Des gens qui ont perdu la raison s'accusent de tout et de n'importe quoi et sont prêts à en témoigner. Cependant, on doit recourir à des juridictions d'exception pour les tenir à distance de leurs avocats, car leur propos délirants ne résistent pas à un contre-interrogatoire.

Dans ces conditions, la théorie du complot interne et celle du complot externe se rejoignent. Pour Washington, oser produire des aveux de cette nature, c'est s'accuser soi-même. Paradoxalement, c'est la raison pour laquelle les « grandes âmes » occidentales ne s'indignent pas de ces horreurs. Bernard Henri-Lévy s'est même rendu à Guantanamo pour jouer le témoin de moralité des tortionnaires et en a fait un livre abject. S'ils dénonçaient cette machine, ils devraient reconnaître qu'elle a été créée pour poursuivre l'imposture du 11-Septembre.

ReOpen911 : Pensez-vous que le néo-conservatisme occidental a les moyens d'atteindre ses objectifs d'hégémonie globale sur le reste du monde ? Dans ce contexte, pensez-vous que dans la stratégie de remodelage du grand Moyen-Orient « l'étape iranienne » puisse être franchie avant les prochaines élections présidentielle US ?

Thierry Meyssan : L'empire a surdéployé ses troupes et négligé son économie intérieure. C'est un colosse aux pieds d'argile qui peut s'effondrer en quelques années et disparaître, comme l'Union soviétique l'a fait.

Les États-Unis sont un prédateur qui a besoin de guerre pour se nourrir. Mais, ils n'ont plus les moyens de confrontations d'envergure. Ils ne peuvent plus se permettre d'attaquer l'Iran et ils ont laissé tomber la Géorgie.

Comme je l'ai expliqué dès la fin 2007, le tandem Bush-Cheney a perdu la main. Les forces armées des États-Unis obéissent désormais à un groupe d'officiers supérieurs réunis autour du secrétaire à la Défense Robert Gates. Ces mutins ont parfaitement conscience que l'attaque de l'Iran serait l'aventure de trop. Ils s'y sont opposés et ils s'y opposeront.

Le projet de remodelage du Grand Moyen-Orient était de toute manière voué à l'échec depuis la défaite israélienne au Liban, comme je l'ai expliqué dans L'Effroyable Imposture 2.

ReOpen911 : Vous avez quitté la France en affirmant que votre sécurité n'était plus assurée ; peut-on en conclure que sous la présidence de M. Chirac vous aviez bénéficié d'une protection que le nouveau Président n'a pas souhaité maintenir ?

Thierry Meyssan : Correct.
ReOpen911 : Votre sécurité est-elle bien assurée aujourd'hui ? Quelle est aujourd'hui votre liberté de mouvement ?

Thierry Meyssan : Je fais attention à ne pas entrer dans la zone OTAN et à ne pas prendre de compagnies d'aviation de pays de l'OTAN. Washington surveille néanmoins mes allées et venues et me le rappelle quand cela est possible. Par exemple, il y a quelques mois, j'ai été brièvement interpellé par la police à Vienne, alors que l'Autriche est un État neutre, afin de relever sur mon passeport l'ensemble de mes visas et les dates de mes déplacements.

Le risque est permanent. En décembre, la police vénézuélienne m'a évacué en force lors d'une conférence dans un ministère pour éviter qu'il ne m'arrive malheur. Je ne vous en dirai pas plus : pour être efficaces, les mesures de sécurité ne doivent pas être discutées en public.

ReOpen911 : Comment expliquez-vous que les champions français de la défense des droits de l'homme, toujours prêts à voler au secours d'un Redeker ou d'un Sifaoui, ne se soient jamais prononcés sur votre départ forcé, et pourquoi avoir préféré partir plutôt que de médiatiser les menaces qui pèsent sur vous ?

Thierry Meyssan : Les gens auxquels vous faites allusion ne défendent pas les droits de l'homme. Ils instrumentalisent cet idéal pour défendre la puissance dominante. Je n'attends rien d'eux.

Normalement, j'aurais dû à la fois porter plainte pour menaces de mort proférées par des fonctionnaires dans l'exercice de leurs fonctions et ameuter les médias. Mais ces fonctionnaires se considèrent en service commandé et les médias ne cessent de me traiter de paranoïaque. J'ai pris la décision de m'exiler en pensant avoir du temps devant moi. J'ai commencé à boucler mes affaires sans me presser. Puis j'ai compris que cela devenait dangereux. J'ai appelé mes amis à l'aide. Les premiers à m'avoir répondu sont des Syriens. J'ai fait mes bagages et je suis parti à Damas. En définitive, je viens de me fixer à Beyrouth.

ReOpen911 : Votre article explosif de juillet 2008 dans lequel vous revisitez la fabrication de M. Sarkozy par les services US est une attaque frontale violente. Une démonstration implacable de qui gouverne la France ! Faut-il comprendre que vous livrez à M. Sarkozy un combat à mort, et que votre retour d'exil est impossible tant qu'il sera au pouvoir ?

Thierry Meyssan : Mon retour ne sera pas possible tant que la France sera aux mains de traîtres.

ReOpen911 : Le CSIS (Center for Strategic and International Studies) de Ray Clyne (ancien patron de Christine Lagarde, actuelle ministre de l'Économie) est-il un outil d'entrisme et d'ingérence dans la souveraineté de la France ? Le traité européen dit simplifié (ou encore « mini traité ») a-t-il pour but de détruire les institutions françaises et de lui ôter sa capacité de vote au Conseil de sécurité de l'ONU ?

Thierry Meyssan : Le CSIS est un think-tank états-uno-saoudien, lié à la famille Bush. Nous lui devons Christine Lagarde qui fait aujourd'hui rédiger les notes de ses collaborateurs à Bercy en anglais et coupe les ailes de l'industrie française.

Le maxi traité européen présenté par Nicolas Sarkozy visait en premier lieu à poursuivre la transformation de l'Union européenne en une zone de libre échange toujours plus vaste, tout en la diluant politiquement. Puis, à rendre ses institutions compatibles avec celles de l'Accord de libre-échange nord-américain, [l'ALENA], en vue d'une fusion ultérieure au sein d'un vaste marché transatlantique, politiquement dominé par Washington.

Même si ce projet est pour le moment interrompu, des institutions transatlantiques fonctionnent déjà, hors traité. Ainsi en est-il des centaines d'enlèvements perpétrés par la CIA dans l'Union européenne au cours des dernières années avec l'assentiment du Conseil européen et parfois la complicité active des gouvernements européens. Washington ordonne, les gouvernements européens obéissent au mépris de leurs lois nationales. La France de Chirac a résisté à cet asservissement, aucun cas d'enlèvement n'est connu durant ses mandats. Il n'en est pas de même avec la France de Sarkozy : voyez l'enlèvement en plein Paris de Mohammed As-Siddik2 en mars dernier, sans aucune réaction du gouvernement français. De même, l'Assemblée transatlantique, qui n'a aucune base juridique, a commencé ses travaux. À titre expérimental des députés délégués par le Parlement européen ont siégé l'an dernier avec des membres du Congrès
états-unien dans une assemblée d'opérette.

Comprenez bien : depuis le rapport Wolfowitz de 1991, les États-Unis considèrent comme une priorité d'empêcher l'Union européenne d'entrer en compétition avec eux. Ils acceptent qu'elle soit un géant économique, mais veulent la tailler comme un bonzaï et en faire un nain politique.

ReOpen911 : Pensez-vous que la sortie des USA du traité ABM, juste après le 11-Septembre soit une coïncidence ou peut-il s'agir d'un des objectifs des attentats ? Cette obsession flagrante est visible dans le PNAC et perdure depuis la création de l'IDS de Reagan. Delmart Vreeland en parle lors d'un entretien avec Mike Ruppert, mais sans connaître la portée stratégique du bouclier anti-missiles. Cette initiative stratégique de défense est-elle constitutive d'un retour de la guerre froide et présage-t-elle d'un futur affrontement USA-Europe contre Russie-Chine ?

Thierry Meyssan : Bien sûr, la sortie du traité ABM se situe dans le projet du PNAC et dans la logique des attentats du 11-Septembre. Ceux-ci ont d'ailleurs été évoqués pour rompre unilatéralement le traité.

Bien que MM. McCain et Obama soient partisans d'un affrontement avec la Russie, je ne pense pas que les États-Unis en aient les moyens. Comme on vient de l'observer dans le Caucase, ils ont sous-estimé leur compétiteur.

Washington pensait que malgré le redressement économique russe, Moscou n'avait pas retrouvé les moyens de sa puissance. Certes ses troupes spatiales et aériennes sont remarquables, mais sa marine est faible et son armée de Terre ne s'est pas relevée de l'effondrement de l'URSS, assurait-on. La Géorgie n'étant pas membre de l'OTAN, Washington a sous-traité son encadrement militaire à Israël. Un Israélien a été nommé par le Président Saakashvili, ministre de la Défense. Il a équipé l'armée géorgienne d'armes israéliennes et des sociétés israéliennes sont venues dispenser une formation aux militaires géorgiens. Il y a deux semaines, les Israéliens se sont retirés de manière à pouvoir nier toute responsabilité dans l'attaque, à défaut de pouvoir la nier dans sa préparation. Moscou a informé Washington des préparatifs géorgiens et a demandé à l'administration Bush de retenir ses alliés. Mais la Maison-Blanche, sûre de
son coup, a donné un feu vert à Saakashvili. Les troupes géorgiennes, appuyées par 2 500 mercenaires, ont attaqué l'Ossétie du Sud et massacré 1 600 personnes. Les Russes, qui se tenaient prêts, sont immédiatement venus rétablir l'ordre en vertu des accords internationaux. Ils ont pris le contrôle de la totalité du pays en quelques heures, s'abstenant de prendre Tbilissi pour ne pas donner l'impression d'annexer le pays. C'est une nouvelle défaite militaire pour les conseillers israéliens (il s'agit des généraux qui ont perdu la guerre de 2006 contre le Liban) et une première défaite politique pour les États-Unis. Le vent est en train de tourner.

L'extension de l'OTAN à l'Est est une menace pour la paix. Cette organisation aurait dû être dissoute en même temps que le Pacte de Varsovie. Bush père en avait pris l'engagement auprès de Mikhaïl Gorbatchev. C'est sa conseillère de l'époque, Condoleezza Rice qui a manigancé ce marché de dupes. Elle a organisé la réunification allemande de sorte que l'Allemagne de l'Est est entrée dans l'OTAN sans avoir à le dire. Puis, elle a orchestré le glissement à l'Est.

Les États-Unis n'ont pas cessé d'attaquer la Russie depuis la fin de l'Union soviétique. Ils ont cherché à la démanteler à son tour en créant l'émirat de Tchétchénie (qui a servi de modèle à celui des Talibans en Afghanistan), ils ont organisé son pillage économique par des oligarques, ils l'ont encerclée via l'OTAN, ils la menacent avec des missiles offensifs joliment nommés « bouclier » par leur propagande, ils détournent les voies d'acheminement des hydrocarbures pour qu'elles s'éloignent du territoire russe, etc. À n'en pas douter, l'amputation de la Serbie et la création artificielle d'un Kosovo sous tutelle de l'Union européenne auront été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Cela aura montré que la guerre de l'OTAN au Kosovo était bien une guerre de conquête, et que les Européens comme les États-uniens et Israël se moquent du droit international et de la souveraineté des peuples.

ReOpen911 : M. Meyssan, merci pour ces réponses. Désirez-vous apporter des précisions ou aborder un dernier point en conclusion ?

Thierry Meyssan : Je suis heureux de cet échange et vous invite à le renouveler si vous continuez à vous interroger sur les prises de position que m'attribuent les médias. Je serai heureux de les préciser, de les expliquer et de lever de possibles malentendus.

Nous sommes peu nombreux à nous battre pour la vérité. Nous devons veiller à ce que la propagande de l'empire du mensonge ne nous divise pas. Au-delà de cette impératif stratégique, j'attache d'autant plus d'importance à votre opinion que j'ai de l'admiration pour votre action.



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Notes de ReOpen911 :

1 Nous ne rappellerons ici, faute de place, qu'un seul des cas les plus frappants de mauvais procès fait à l'auteur ; cela concerne le fait que deux employés de la société israélienne Odigo (basée à New York et ayant des bureaux à Herzliya, près de Tel Aviv) ont reçu, le 11 Septembre, un message électronique les informant d'attentats au WTC près de 2 heures à l'avance. M. Meyssan utilise des informations diffusées à la fois dans les quotidiens Ha'aretz, Newsbytes, Washington Post, Jerusalem Post et sur CNN. Or M. Meyssan n'a jamais repris à son compte la rumeur selon laquelle les juifs ont été prévenus à l'avance et ne se sont pas rendu à leur bureau ce jour-là. Bien au contraire, il s'en démarque et l'explique en écrivant (note 10 page 198 de la nouvelle édition, ou page 37 de l'édition originale) : Cette information a été diffusée de manière déformée par un commentateur d'al-Jazira qui a essayé de l'utiliser pour
accréditer que les attentats auraient été perpétrés par le Mossad et que celui-ci aurait préalablement averti les employés juifs du WTC. La chaîne qatarie a immédiatement licencié le journaliste affabulateur.


2 Lire l'article « Kouchner a "perdu" le témoin-clé de l'enquête Hariri », sur le site du Réseau Voltaire ou ici dans l'attente du retour en ligne du Réseau Voltaire, qui connait actuellement, purement et simplement, des problèmes techniques.



Association ReOpen911
www.ReOpen911.info


Dimanche 17 Août 2008
Kyja - ReOpen911.infokyja70@gmail.com




Source :
http://www.alterinfo.net

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