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29 mai 2008 4 29 /05 /mai /2008 20:48

Anatomie d’un conflit irrésolu par nature

 

par Gilad Atzmon

 

8 mai 2008

 

http://palestinethinktank.com/2008/05/08/anatomy-of-a-conditionally-unresolved-conflict/

 

traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier

 

 

D’après Hegel, l’atteinte de la « conscience de soi » est un processus qui implique nécessairement l’autre. Comment puis-je devenir conscient de moi-même, de manière générale ? Ce n’est qu’à travers le désir ou la colère, par exemple. A la différence des animaux, qui dépassent leurs besoins biologiques en détruisant d’autres entités organiques, le désir humain est un désir de reconnaissance.

 

En termes hégéliens, la reconnaissance s’effectue lorsqu’on se tourne vers un non-être, c’est-à-dire vers un autre désir, vers un autre vide, vers un autre « moi ». C’est quelque chose qui ne peut être totalement accomplie. « L’homme qui désire quelque chose humainement n’agit point tant pour la posséder que pour faire en sorte qu’autrui reconnaisse son droit. C’est seulement le désir d’une telle reconnaissance, c’est seulement l’action qui découle d’un tel désir, qui crée, réalise et révèle un moi humain, non-biologique. » [Kojeve A., Introduction to the Reading of Hegel, 1947, Cornell University Press, 1993, p. 40]. Selon cette orientation de la pensée hégélienne, on doit être confronté à l’autre pour développer la conscience de soi, il faut être placé face à autrui. Si une entité biologique lutte afin d’assurer sa continuité biologique, l’être humain se bat afin d’être reconnu.

 

Pour mieux comprendre les implications pratiques de cette idée, examinons la « dialectique du maître et de l’esclave ». Le maître est nommé le maître parce qu’il s’efforce de prouver sa supériorité sur la nature et sur l’esclave, qui est contraint à le reconnaître pour maître.

 

Au premier abord, tout semble indiquer que le maître a atteint le sommet de l’existence humaine, mais, comme nous le verrons, tel n’est pas le cas. Comme cela vient d’être énoncé, ce pour quoi les hommes luttent, c’est pour être reconnus. Le maître est reconnu par l’esclave en tant que maître, mais la reconnaissance émanant d’un esclave est de piètre valeur. Le maître veut être reconnu par un autre être humain, mais un esclave n’est pas un homme pleinement humain. Le maître veut être reconnu par un maître, mais un autre maître ne saurait admettre un autre être humain supérieur dans son univers. « En résumé, le maître ne réussit jamais à obtenir son but, ce but pour lequel il risque jusqu’à sa propre vie ». Aussi le maître est-il confronté à une impasse. Mais qu’en est-il de l’esclave ? L’esclave est en train de se transformer, dès lors qu’à la différence du maître, qui ne saurait aller plus loin, l’esclave aspire à tout. L’esclave est à l’avant-garde de la transformation des conditions sociales dans lesquelles il vit. L’esclave est l’incarnation de l’Histoire. Il est l’essence du progrès.

 

 

Une leçon de maîtrise

 

Tentons, maintenant, d’appliquer la dialectique hégélienne du maître et de l’esclave à la notion d’ « élection » et d’exclusivisme juifs. Alors que le ‘Maître’ hégélien risque son existence biologique pour devenir un maître, l’enfant juif nouveau-né risque son prépuce. L’enfant élu est né à l’intérieur du règne de la maîtrise et de l’excellence sans même avoir excellé (pour l’instant) à quoi que ce soit. C’est autrui qui confère au bébé élu son statut prestigieux sans qu’il n’ait besoin d’être confronté à un quelconque processus de reconnaissance. Et, de fait, le titre d’ « élu », les juifs se le décernent eux-mêmes, (en prétendant que c’est Dieu qui le fait), et non par d’autres.

 

Si nous essayons, par exemple, d’analyser le conflit israélo-palestinien à travers le mécanisme hégélien de la reconnaissance, nous prenons conscience de l’impossibilité d’un quelconque dialogue entre les deux parties. Alors qu’il est absolument évident que le peuple palestinien lutte pour la reconnaissance, comme ils le déclarent dès qu’ils en ont l’opportunité, les Israéliens éludent carrément et globalement la question de la reconnaissance. Ils sont d’ailleurs convaincus d’être d’ores et déjà totalement reconnus. Ils savent qui ils sont – ils sont nés maîtres, des maîtres qui se trouvent vivre sur leur « terre promise ». Les Israéliens refusent d’entrer dans le jeu dialectique de la « transformation du sens », et, en lieu et place, ils détournent tous leurs efforts intellectuels, politiques et militaires afin de les consacrer à la démolition de tout sentiment de reconnaissance des Palestiniens. Pour la société israélienne, le combat à mener consister à détruire tout symbole et tout désir palestiniens, qu’il s’agisse d’un désir matériel, spirituel ou culturel.

 

Etonnamment, toutefois, les Palestiniens s’en tirent très bien, en matière de combat pour être reconnus. De plus en plus de gens, en dehors de la Palestine, commencent à comprendre la véritable nature de la cause palestinienne et le niveau d’inhumanité intrinsèque du concept de sionisme, en particulier, et de politique juive, de manière générale. De plus en plus de gens trouvent qu’il est particulièrement aisé d’entrer en empathie avec les Palestiniens et leurs porte-parole. Même les gens du Hamas, qui étaient méprisés par la plupart des institutions politiques occidentale, réussissent aujourd’hui à faire passer leur message. Les Israéliens, en revanche, sont très en retard, dans ce genre de manœuvres. L’auditeur occidental moyen trouve qu’il est pratiquement impossible de sympathiser avec eux. Un Palestinien vous téléphonera, pour partager sa douleur et sa misère, s’adressant directement à votre cœur. Le porte-parole israélien, quant à lui, exigera de vous acceptiez son point de vue.

 

Il insistera pour vous vendre une narration historique fantastique en kit ; un récit répétitif qui commence quelque part autour de l’Abraham biblique, se poursuit avec une série d’holocaustes et nous conduit, pour finir, jusqu’à des bains de sang plus actuels. Tout semble indiquer que les Israéliens, les maîtres, resservent en permanence la même histoire à cent balles. Abraham et l’Holocauste peuvent-ils justifier le comportement inhumain des Israéliens à Gaza ? Pas vraiment, et la raison est simple : Abraham, l’Holocauste et les récits historiques, de manière générale, n’évoquent aucune émotion authentique. Et, de fait, le monde politique juif est tellement désespéré de ne pouvoir maintenir son récit que le dernier Holocauste en date a été transformé, désormais, en narratif légal. Le message est le suivant : « Attention ; si vous doutez de mon narratif, vous finirez derrière des barreaux. » Manifestement, c’est là un comportement totalement désespéré.

 

Selon Hegel, la reconnaissance est un processus dynamique ; c’est une sorte de compréhension qui s’accroît, en vous. Alors que les Palestiniens vont utiliser toutes leurs ressources disponibles – quoi que limitées – afin de vous inciter à regarder leur visage, à les regarder dans les yeux, de vous entraîner dans un processus dynamique de reconnaissance mutuelle, les Israéliens attendent de vous que vous acceptiez leur narratif sans discussion. Ils voudraient que vous fermiez les yeux sur le fait que, s’agissant du Moyen-Orient, Israël est un agresseur à nul autre pareil. Israël est une superpuissance occupante régionale, un petit pays lourdement engagé dans la mise au point de divers arsenaux nucléaire, biologique et chimique. C’est un pays racialement engagé, un Etat d’apartheid qui brutalise et opprime ses minorités quotidiennement. Mais les Israéliens et leurs lobbies juifs, qui les soutiennent dans le monde entier, attendent de vous que vous ignoriez ces réalités. Ils insistent, disant qu’ils sont les victimes, ils veulent que vous approuviez leur politique inhumaine en faisant référence à l’interminable souffrance juive.

 

Comment se fait-il que la politique juive soit agressive comme nulle autre ? C’est simplement dû au fait que, d’un point de vue politique juif, « autrui » n’existe pas. Le soi-disant autre, pour eux, n’est rien d’autre qu’un moyen, plutôt qu’un sujet humain égal à eux. Les affaires étrangères israéliennes et l’activité politique juive doivent être envisagées à la lumière d’une absence totale de « mécanisme de reconnaissance ». Les politiques israéliennes et juives, de gauche, de droite et du centre, sont fondées sur un verrouillage de signification. Ils refusent de voir dans l’histoire un flux, un processus dynamique, un voyage vers « soi-même » ou vers la réalisation de soi. Israël et les Israéliens se considèrent comme extérieurs à l’Histoire. S’ils ne progressent pas vers l’autoréalisation, c’est parce qu’ils ont une identité donnée, déterminée, à conserver. Dès qu’ils rencontrent une situation complexe avec le monde circonstant, ils créent un modèle qui adapte le monde extérieur à leur système chauviniste de valeurs narcissiques. Le néoconservatisme n’est pas autre chose que cela, c’est à quoi se résume le discours judéo-chrétien d’émergence récente, un discours fantasmatique, mais néanmoins écoeurant.

 

Aussi triste que cela puisse sembler, des gens qui ne sont pas habitués à reconnaître l’autre sont incapables de se faire reconnaître. La mentalité tribale juive, de gauche, du centre et de droite, place les juifs à part de l’humanité. Elle ne dote pas les adeptes de la mentalité tribale du mécanisme mental indispensable pour reconnaître l’Autre. Pourquoi le feraient-ils ? Ils s’en sont tellement bien tirés, depuis si longtemps, sans avoir eu à le faire. L’absence de toute notion de l’Autre, cela vous entraîne bien au-delà de toute forme reconnue de pensée humaniste authentique. Cela vous emmène bien au-delà de la pensée éthique ou de la conscience morale.

 

Ainsi, en lieu et place de moralité, tout débat est réduit à une simple confrontation politique, avec certains résultats concrets, matériels et pratiques à atteindre.

 

Hegel permet de mettre un peu mieux en lumière toute cette saga. Si, de fait, l’on devient conscient de soi-même via l’autre, alors le « sujet Elu » est, de toute façon, conscient par soi-même. Il est né dans la maîtrise. Par conséquent, les Israéliens ne pratiquent aucune forme de dialogue avec l’environnement humain circonstant, dès lors qu’ils sont nés maîtres. Pour être juste avec les Israéliens, je dois reconnaître que l’inexistence de leur mécanisme de reconnaissance n’a rien à voir avec leurs sentiments anti-palestiniens. De fait, ils sont même incapables de se reconnaître mutuellement – Israël et les Israéliens ont une longue histoire de discrimination contre leur propre peuple (les juifs d’origine non-européenne, comme les Séfarades, sont en butte aux discriminations de l’élite juive, composée quasi exclusivement de juifs d’origine occidentale).

 

Mais les juifs progressistes sont-ils tellement différents ? Pas vraiment. Comme les Israéliens, et comme toute forme d’idéologie tribale chauvine, ils se retirent, continûment, dans un discours ségrégué et autocentré qui est bien peu fait pour attirer de quiconque, mis à part eux-mêmes. Par conséquent, comme les Israéliens qui s’entourent de murs, les cellules juives progressistes se sont d’ores et déjà claquemurées dans des cyber-ghettos qui deviennent de plus en plus hostiles au reste de l’humanité, et à ceux qui sont supposés être leurs camarades.

 

 

Matérialisme historique

 

Si l’on est incapable d’établir des relations avec ses voisins, qui soient fondées sur la reconnaissance de l’autre, alors il doit y avoir une autre manière d’instaurer un dialogue. Si l’on est incapable de nouer un dialogue fondé sur l’empathie avec autrui et avec les droits de l’autre, alors on doit bien trouver un autre mode de communication ? Tout semble indiquer que la méthode dialogique alternative des « élus » réduise toute forme de communication à un langage matérialiste. Presque toutes formes d’activité humaine, y compris l’amour et le plaisir esthétique, peuvent être réduites à une valeur matérielle. Les activistes politiques Elus sont très avertis dans l’utilisation de cette méthode de communication.

 

Récemment, l’écrivain israélien ultra-sioniste A.B. Yehoshua a réussi à mettre mal à leur aise beaucoup de dirigeants ethniques juifs américains lors du dernier congrès de l’American Jewish Committee, en déclarant : « Vous [les juifs de la diaspora], vous ne faites que changer de chemise… vous changez de pays comme on change de chemise. » De fait, Yehoshua a été soumis à beaucoup de pressions à la suite de cette sortie, et il n’a pas tardé à regretter de l’avoir faite. Toutefois, la perception de Yehoshua, même si elle est loin d’être originale, est douloureusement véridique.

 

Il est parfaitement clair que certains juifs de la diaspora, politiquement orientés, sont engagés dans un dialogue extrêmement fructueux avec tous les noyaux hégémoniques possibles et imaginables. La critique de Yehoshua était particulièrement avisée. D’après lui, une fois qu’il est devenu évident qu’un nouveau pays est en train de devenir une superpuissance mondiale, il ne faut pas attendre très longtemps avant de voir une vague de juifs assimilés et libérés tenter d’en infiltrer l’élite gouvernante. « Si, un jour, la Chine devient la première superpuissance mondiale », a-t-il averti, « les juifs américains y émigreront, afin de s’assimiler dans la société chinoise, de préférence à la société américaine. »

[ http://www.amin.org/eng/uncat/2006/june/june30-1.html ]

 

Il y a une dizaine d’années, au plus fort de la bataille juridique entre de grandes institutions juives et les banques suisses, Norman Finkelstein se manifesta pour signaler qu’il ne reste que fort peu de choses de l’Holocauste juif (dans les coffres-forts helvétiques), mis à part diverses formes industrielles de pressions financières en vue d’obtenir des compensations. D’après Finkelstein, il ne s’agissait de rien d’autre que de profit. Je me garderai bien de toute critique au sujet des compensations financières en tant que telles, mais apparemment, il y a des gens qui sont très rapides à traduire leur douleur en espèces sonnantes et trébuchantes. (Il importe de mentionner, à ce sujet, que la douleur, tout autant qu’en or, peut être transformée en d’autres valeurs, comme les valeurs morales ou les valeurs esthétiques…) Toutefois, la possibilité de transformer de la douleur et du sang en cash est au cœur du rêve trompeur israélien, consistant à croire que le conflit israélo-palestinien, et en particulier le problème des réfugiés, aurait une solution.

 

Nous savons d’où est née cette fausse supposition. Les Israéliens, comme les principales institutions juives, sont entièrement convaincus que, s’ils ont pu parvenir à un règlement financier avec les Allemands (et les Suisses aussi, d’ailleurs), les Palestiniens seraient tout aussi heureux de vendre leurs terres, et leur dignité avec. Comment les Israéliens parviennent-ils à une conviction aussi étrange ? Parce qu’ils savent nécessairement mieux que les Palestiniens ce que les Palestiniens veulent, en réalité. Comment ? Parce que les Israéliens sont brillants, intelligents : ils sont le peuple élu. De plus, le sujet élu ne tente même pas de s’engager dans un dialogue avec l’humain chez autrui. Soixante ans après la Nakba, cette expulsion massive des indigènes palestiniens, l’immense majorité des Israéliens et des juifs du monde entier n’entreprennent même pas de reconnaître la cause palestinienne, quant à faire montre envers les Palestiniens d’une quelconque forme d’empathie, n’en parlons même pas !

 

Quand on parle du conflit à des Israéliens, un des arguments qu’ils utilisent le plus souvent est celui-ci : « Quand nous (les juifs) sommes venus ici (en Palestine), eux (les Arabes) n’avaient rien. Maintenant, ils ont l’électricité, du travail, des voitures, des services de santé, etc. » C’est là manifestement un échec à reconnaître l’autre. Il est vraiment typique d’un colonialiste chauvin d’imposer son propre système de valeurs à autrui. Autrement dit, les Israéliens attendent des Palestiniens qu’ils partagent avec eux l’importance qu’eux, ils attachent à l’acquisition de biens matériels. « Pourquoi l’autre devrait-il partager mes valeurs ? Parce que je sais, moi, ce qui est bien. Pourquoi sais-je ce qui est Bien ? Parce que je suis le meilleur. » Cette approche arrogante et totalement matérialiste est manifestement au cœur de la vision qu’ont de la paix les Israéliens.

 

Les militaires israéliens appellent cela « la carotte et le bâton ». Apparemment, quand ils parlent des Palestiniens, c’est en réalité des lapins, qu’ils ont à l’esprit. Mais, aussi bizarre, et même tragique, que cela paraisse, le Matzpen, un mouvement d’extrême gauche né en Israël, ne différait pas catégoriquement. Manifestement, ses militants nourrissaient des rêves révolutionnaires de sécularisation du monde arabe. A l’évidence, ils savaient, eux, ce qui était bon pour les Arabes. Pourquoi le savaient-ils ? Je vous laisse deviner ? Parce qu’ils étaient exclusivement et chauviniquement intelligents. C’étaient des Marxistes de la variété Elus. Par conséquent, je n’ai pas été extraordinairement surpris qu’avec le temps, le légendaire Matzpen « révolutionnaire » et le néoconservatisme méprisable aient, de fait, fusionné dans un unique message catastrophique : « Nous savons mieux que vous-mêmes ce qui est bon pour vous. »

 

Tant les sionistes que les juifs de gauche ont un « rêve de Nouveau Moyen-Orient ». Dans le vieux fantasme de Peres, la région devient un paradis financier, dont Israël occupe le centre même. Les Palestiniens (ainsi que d’autres pays arabes) fourniraient aux industries israéliennes (représentant l’Occident) la main-d’œuvre à bon marché dont elles ont besoin. En retour, les Arabes gagneraient de l’argent, et ils dépenseraient cet argent pour acheter des produits israéliens (occidentaux). Dans le rêve judéo-progressiste, les Arabes laissent tomber l’Islam, ils deviennent des progressistes marxistes cosmopolites (des juifs est-européens), et ils s’embarquent pour une révolution mondiale. Autant le rêve de Peres est sinistre, autant sa version judéo-marxiste presque comique.

 

Apparemment, dans le rêve sioniste, Israël créerait une coexistence duale dans la région, dans laquelle le peuple palestinien serait un peuple d’esclaves éternels, dont les Israéliens seraient les maîtres. Dans le rêve cosmopolite judéo-progressiste, la Palestine Rouge créera une coexistence duale dans une région où le peuple palestinien sera constitué des esclaves éternels d’une lointaine idéologie européo-centrée. S’il y a une différence catégorique importante entre les deux idéologies judéocentriques, j’ai bien du mal à l’apercevoir.

 

Toutefois, d’après Hegel, c’est l’esclave qui fait aller l’histoire de l’avant. C’est l’esclave qui lutte pour conquérir sa liberté. C’est l’esclave qui se transforme lui-même et c’est le maître qui finit par disparaître. D’après Hegel, nous avons de bonnes raisons de croire que le futur de la région appartient aux Palestiniens, aux Irakiens et au monde musulman, de manière générale. Une des manières d’expliquer pour quelle raison Israël ignore cette compréhension de l’Histoire tient au détachement conditionnant de la mentalité exclusiviste des « Elus ».

 

 

Bienvenue au pays du Coucou !

 

Le Dr. Mustafa Barghouti, un médecin palestinien qui vit et travaille en Cisjordanie occupée, a dit d’Israël qu’il « essayait d’être à la fois David et Goliath » (le Dr. Barghouti s’exprimait lors d’un débat organisé à la Chambre des Communes, à Londres, le 22 novembre 2000). D’après lui, c’est là quelque chose d’impossible. Il a aussi affirmé qu’ « Israël est probablement le seul pays qui ait jamais bombardé un territoire qu’il occupait ». Il a trouvé cela très étrange, voire bizarre. Mais, être en même temps David et Goliath, est-ce aussi étrange que cela ? Détruire votre propre bien, est-ce bizarre ? Non. Pas si vous êtes fou. L’absence de rétro-vision (là encore, consistant à se voir soi-même à travers autrui) peut amener les gens, ainsi que les nations, dans d’étranges angles obscurs. L’absence d’un réseau qui soit susceptible de vous permettre de discerner votre propre image à travers autrui, l’absence de mécanisme de correction semble quelque chose d’extrêmement dangereux.

 

La première génération de dirigeants israéliens (Ben Gourion, Eshkol, Meir, Peres, Begin) a grandi dans la diaspora, principalement en Europe de l’Est. Etre un juif vivant dans un environnement non-juif, cela vous oblige à développer une conscience de soi aiguisée et à imposer une certaine sorte d’examen au miroir. De plus, le sionisme des origines est légèrement plus développé que d’autres formes de politique tribale juive, pour la simple raison que le sionisme a pour raison d’être de transformer les juifs en « un peuple comme tous les autres peuples ». Cela implique un minimum de vision dans le miroir que constitue autrui. Toutefois, cela n’a pas suffi à réfréner les agissements agressifs d’Israël (comme Deir Yassine, la Nakbah, Kafr-Qassem, la guerre de 1967, etc.), mais cela a été plus que suffisant pour donner aux Israéliens une leçon de diplomatie. Depuis 1996, les nouveaux dirigeants nés en Israël ont conduit Israël dans l’état de l’ « élection » (Rabin, Netanyahu, Sharon, Barak, Olmert). En effet, dans leur jeunesse, ces dirigeants ont été imbus d’une intense anxiété juive, qui fut dépassée, une fois dans l’âge adulte, par le legs du « miracle » de 1967, un événement qui transforma certaines des idéologies « élues » en extravagance messianique.

 

Cette obsession du pouvoir absolu, exacerbée par l’anxiété sioniste couplée à l’ignorance de l’ « autre » conduit à une schizophrénie collective épidémique, tant dans l’état mental que dans l’action ; une très grave perte de contact avec la réalité, ouvrant la voie à un usage excessif de la force. La récente « Seconde guerre du Liban » en fut un exemple manifeste. Israel se venge à coups de mitraillette contre des enfants jetant des pierres, avec l’artillerie lourde et des missiles contre des cibles civiles à la suite d’une insurrection sporadique, et au moyen d’une guerre totale après un incident frontalier mineur. Ce comportement ne devrait pas être expliqué au moyen d’outils analytiques politiques, matérialistes ou sociologiques. Une compréhension bien plus profonde pourrait être acquise en situant le conflit dans un cadre philosophique, qui permet une meilleure compréhension des origines de la paranoïa et de la schizophrénie.

 

Le Premier ministre israélien, représentant à la fois « David et Goliath », peut parler de la vulnérabilité d’Israël, de la douleur juive et de la misère juive, dans un même souffle, juste avant de lancer une offensive militaire massive contre toute la région, dans la phrase suivante. Un tel comportement ne peut être expliqué que si l’on y voit une forme de maladie mentale. L’aspect comique/tragique de ceci, c’est que la plupart des Israéliens ne se rendent même pas compte du fait que quelque chose est en train de terriblement déconner. Etre maître de naissance, cela conduit à l’absence de « mécanisme de reconnaissance ». Inévitablement, cela conduit à la cécité. Cette absence de mécanisme de reconnaissance a pour conséquence une psyché fracturée, étant en même temps celle des antagonistes « David et Goliath ».

 

Il semble que ni Israël, ni les Israéliens ne soient en mesure de participer plus avant à un quelconque dialogue sensé.

 

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29 mai 2008 4 29 /05 /mai /2008 20:38
Au Cameroun, la lutte contre la corruption sert d'arme politique


LE MONDE | 27.05.08 | 15h21  •  Mis à jour le 27.05.08 | 15h50


YAOUNDÉ, DOULA, ENVOYÉ SPÉCIAL


es têtes tombent au Cameroun. Chaque matin, la dizaine de journaux quotidiens du pays rivalise de titres aguicheurs pour tenir la chronique de la grande lessive anticorruption au sommet de l'Etat. Dans un pays où il est d'usage de nommer "excellence" le moindre secrétaire d'Etat et où les médias impertinents sont à la merci d'une descente de police, dénoncer le "vol" de milliards de francs CFA par d'anciens protégés du chef de l'Etat, relève désormais de l'hygiène nationale.

 

Le directeur général des chantiers navals de Douala a été, en mai, la dernière cible de cette épuration. Il a suivi en détention un ancien ministre des finances et son collègue de la Santé. Ce dernier, accusé d'avoir mis dans sa poche l'argent de l'aide internationale contre le sida a été complaisamment filmé sur la paillasse de sa cellule par la télévision d'Etat. Oubliée la présomption d'innocence : le succès d'audience est assuré.


Amorcée en 2006 par le président Paul Biya, l'opération baptisée "Epervier" a déjà conduit à l'incarcération de quatre ministres et trois dirigeants de sociétés publiques. En 2006, des peines de vingt et trente-cinq ans de prison ont été infligées pour "détournement de deniers publics". Le total des sommes détournées par les personnages mis en cause s'élèverait à 136 milliards de francs CFA (207,3 millions d'euros) dans un pays où la moitié de la population vit avec moins de deux dollars par jour.


La motivation première du régime de M. Biya est de répondre aux pressions des bailleurs de fonds étrangers et des ONG qui désignent régulièrement le Cameroun comme l'un des pays les plus corrompus de la planète. La corruption, évaluée à 40 % des dépenses de l'Etat, est officiellement désignée comme la principale entrave aux investissements étrangers dans ce pays pétrolier en panne de croissance. "Chacun vit en rançonnant plus faible que lui au détriment de l'Etat, précise un haut fonctionnaire. On accepte les "cadeaux" en se disant qu'on récupère ainsi de l'argent qui vous a été volé".


Pourtant, "Epervier" est activé aussi en fonction du calendrier politique. Les arrestations ont repris en mars, au lendemain des émeutes de la faim violemment réprimées et de la réforme constitutionnelle qui permet au président Paul Biya de prolonger, en 2011, un bail déjà long de vingt-six ans, et renforce son immunité.


Les opposants voient ainsi dans le grand déballage financier une soupape propre à apaiser la colère de la population. "Epervier" servirait aussi de leurre pour masquer les manoeuvres d'un chef de l'Etat prétendant à l'inamovibilité. "Un théâtre d'ombres nécessaire à la survie du régime", diagnostique le député d'opposition Jean-Jacques Ekindi. Le "grand oiseau justicier" viserait en priorité les jeunes ambitieux du sérail qui préparaient ostensiblement la succession du chef, âgé de 75 ans.


Scandale de tous les scandales, le coûteux contrat de location d'un antique Boeing 767 pour servir d'avion présidentiel, négocié par des pontes du régime sous couvert d'une société enregistrée aux îles Caïman, a de quoi nourrir la paranoïa du chef de l'Etat. L'Albatros - nom de l'appareil - a failli coûter la vie à M. Biya et à sa famille, en 2004, lors d'un vol vers Paris, suite à une panne du train d'atterrissage.


Aux sceptiques, le président Biya a répondu qu'"Epervier" "n'est pas de la poudre aux yeux". Mais les limites sont patentes. "Si le président était animé par une véritable volonté de transparence, il commencerait par appliquer le texte obligeant les dirigeants à rendre publics leurs revenus. Et se l'appliquerait à lui même", observe Jean-Bosco Talla, directeur du quotidien Germinal. Or les confiscations de biens ordonnées par la justice n'ont été exécutées que marginalement et aucune recherche internationale des sommes évadées n'a été entreprise.


D'autres observateurs s'inquiètent d'un possible emballement du jeu de massacre en cours. En discréditant les responsables politiques, il pourrait se révéler dangereux pour un système où "chacun détient un dossier pourri sur son voisin". Totalement imprévisible, jouant de ses insondables silences, le président Biya - "le sphinx" pour les Camerounais -, est seul à maîtriser les envols ravageurs de "l'Epervier".


Philippe Bernard
Article paru dans l'édition du 28.05.08


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28 mai 2008 3 28 /05 /mai /2008 20:59

France : Les médias déroulent le tapis rouge pour Olivier Besancenot

Par Antoine Lerougetel
27 mai 2008

www.wsws.org

Le soutien médiatique énorme des médias français pour Olivier Besancenot, deux fois candidat de la LCR (Ligue communiste révolutionnaire) à l’élection présidentielle (en 2002 et en 2007) indique de profonds changements dans la politique française. Et soulève aussi de profondes questions.


L’attitude favorable des médias à l’égard de Besancenot, 35 ans, facteur à mi-temps, n’est pas une nouveauté mais elle a atteint un nouveau sommet lors de sa participation à une émission de télévision populaire, un chat show people, de trois heures Vivement dimanche, sur France 2 animé par Michel Drucker. L’émission a été enregistrée et copieusement commentée avant sa diffusion le 11 mai.


Le Monde
du 9 mai commentait: « L’émission a commencé à faire du bruit avant même sa diffusion…Olivier Besancenot a attiré des dizaines de journalistes lors de l'enregistrement. Suscité la couverture du Nouvel Obs comme une demi-page du magazine Gala. Et provoqué un début de "buzz" sur le Net. »


Le quotidien conservateur Le Figaro, appartenant à l’industriel de droite Serge Dassault, un fidèle de Sarkozy, dans un long article intitulé « Tapis rouge pour Besancenot », brossait le portrait d’un homme d’envergure : « Mais qu'on ne s'y trompe pas. Derrière ses airs juvéniles et son éternelle décontraction, Olivier Besancenot n'est pas un tendre, ni un homme de compromis.»


Le Figaro
citait aussi, en l’approuvant, la remarque de Drucker: « Olivier Besancenot a un vrai charisme, il occupe l'espace, il n'est pas là par hasard et je pense que beaucoup de gens seront touchés par sa sincérité. »


Ce journal pro-capitaliste a aussi exprimé son admiration pour la manière dont le dirigeant de la LCR a réagi lors de l’interview politique de Claude Sérillon en fin d’émission: « Olivier Besancenot est resté maître du jeu. »


L’hebdomadaire de droite L’Express, récemment vendu par Dassault à la maison d’édition belge Roulata, a aussi consacré un long article à Besancenot, qui se termine par cette prédiction : « Il savoure les plaisirs de l’opposition permanente et en attend un franc succès aux élections européennes de 2009. »


L’hebdomadaire Le Nouvel Observateur, généralement proche de l’aile droite du Parti socialiste, ne s’est pas contenté dans son numéro du 8 mai de mettre en couverture une photo en gros plan de Besancenot, portant le message « Le mystère Besancenot », il a aussi fait cette déclaration pour le moins surprenante : « A 35 ans, il possède un statut à part : l'opposant absolu et absolument populaire, ne passant rien à Sarkozy ni à ses opposants, les «clowns» de la gauche institutionnelle, et pourfendant le «capitalisme» pris en bloc. A la télévision, son talent fait merveille. Dans les entreprises en lutte, il est de plain-pied avec les salariés. Les médias le traitent en majesté. Son invitation chez Michel Drucker, dimanche sur France 2, a la valeur d'un couronnement. Besancenot est protégé : son statut de tribun du peuple interdit les questionnements politiques ou personnels. »


Il n’est pas inutile de rappeler que lorsque les Français avait voté ‘Non’ au référendum sur la Constitution européenne en 2005 malgré la pression conjointe des médias et du gouvernement Chirac-Raffarin-Sarkozy, en alliance avec le Parti socialiste (PS), parti d’« opposition », alors Libération, Le Monde et Le Nouvel Observateur avaient exprimé les récriminations les plus acerbes contre ceux qui conduisaient la campagne pour le ‘Non’, notamment la LCR et le Parti communiste (PC), les accusant de promouvoir dans la classe ouvrière des idées réactionnaires et de faire le jeu des chauvins.


Le capitalisme français a besoin d’un nouveau soutien


Comment se fait-il que des chaînes de télévision et des journaux financés par le grand patronat, qui sont imprégnés d’une haine viscérale pour le socialisme, le communisme et leur expression moderne le trotskysme, et qui sont fermement engagés dans le système capitaliste, soient en train de faire du battage pour Olivier Besancenot et pour la campagne de la LCR visant à constituer un nouveau « parti anticapitaliste » d’ici la fin de l’année ?


La LCR dans son hebdomadaire Rouge, daté du 15 mai, ne pose pas cette question, mais feint, avec insincérité, un étonnement satisfait : « Il était difficile de s’attendre à un tel déferlement. »


En réalité, il n’est pas difficile de comprendre pourquoi on déroule le tapis rouge pour Olivier Besancenot. L’effondrement de l’autorité de Sarkozy et l’isolement de son régime, couplés à l’écroulement du PS et du PC en tant que partis d’opposition, perturbent l’élite politique. Le capitalisme français, sous la pression de la concurrence internationale exacerbée par la crise financière mondiale, a besoin d’accélérer la destruction du niveau de vie et des droits sociaux et démocratiques de la masse de la population. Néanmoins, il est confronté à une résistance de masse des jeunes et des travailleurs, qui ne cesse de s’intensifier. Il craint qu’il n’y ait plus de parti à gauche capable de jouer le rôle d’une opposition crédible qui empêche le mouvement social de masse d’échapper à tout contrôle. Il a besoin d’un nouveau soutien qui prenne la place des forces usées de la gauche qui sont, à présent, perçues comme étant les serviteurs de la classe capitaliste.


Cela fait 40 ans que la LCR fait partie du paysage. Elle a convaincu la classe dirigeante française que, en dépit de sa rhétorique anticapitaliste, elle ne représente pas un danger à son régime et qu’on peut lui faire confiance pour prendre la place de ces forces usées de la « gauche ». C’est la raison pour laquelle la LCR est maintenant apprêtée pour cette tâche.


Ces dernières années, la LCR a oeuvré avec les syndicats et les bureaucraties du PS et du PC pour isoler et dépolitiser les luttes des lycéens et des étudiants, des jeunes des banlieues, des sans-papiers, des cheminots, des électriciens et gaziers et des travailleurs de la fonction publique. La LCR a tout fait pour empêcher une révolte contre ces bureaucraties et le développement de tout mouvement représentant les intérêts indépendants de la classe ouvrière et des jeunes.


Le Monde
du 10 mai est on ne peut plus clair là-dessus. Il affirme que « l’opposition est inaudible ». Stéphane Rosès, de l’Institut de sondage CSA, exprime dans ce même numéro l’inquiétude de voir s’effondrer l’autorité politique en France : « Le déploiement du sarkozysme a écarté toute alternative un tant soit peu crédible. Le pays, dans ses différentes composantes, redoute que l'échec du sarkozysme ne conduise à une situation comme on n'en a jamais connu dans le passé. Contre lui, il n'y a plus rien, et il le sait. Aux conseilleurs, il semble dire : "Mais vous avez quelqu'un d'autre que moi ?" Le danger de cette situation est qu'on a à la fois le monopole du sarkozysme dans l'imaginaire national, mais celui-ci est profondément délité dans le rapport avec celui qui le porte. »


La LCR apprêtée pour prendre la place des bureaucraties


Ce qui rend Besancenot intéressant pour l’élite politique française, c’est sa réputation de porte-parole de la révolte contre la politique réactionnaire du gouvernement, et le fait qu’en même temps il lie la classe ouvrière aux vieux soutiens du système. Le Nouvel Observateur écrit : « Cet encore jeune homme en qui se reconnaissent tant de mécontents. Ce n'est pas si souvent qu'un révolutionnaire est une star, dans ce pays tempéré ! » Le magazine ajoute : « La jeunesse du leader de la LCR et son style, tant vestimentaire que verbal, lui ouvrent donc un espace... et séduit les jeunes. »


Ceci fait de Besancenot et de son « parti anticapitaliste » un atout de valeur pour la bourgeoisie parce que, parmi les jeunes, les immigrés et de larges couches de la classe ouvrière, la résistance à la politique anti-ouvrière de Sarkozy devient chaque jour plus explosive et plus difficile à contenir pour les partis de « gauche » traditionnels et les syndicats.


Les médias sont devant une tâche délicate : ils doivent promouvoir Besancenot sans pour autant détruire sa crédibilité de révolutionnaire, dans une situation où la popularité et la crédibilité du gouvernement de Sarkozy sont historiquement au plus bas.


Conscient de cet état de fait, Le Nouvel Observateur affirme que « Besancenot a repris des trotskistes vétérans le culte de la longue patience : Qu'importent les défaites, les luttes reprendront. » Le Figaro aussi, et en toute malhonnêteté, se porte garant de sa crédibilité de gauche : « N'étant pas homme de compromis, sectaire disent certains, il a toujours refusé tout rapprochement avec la gauche de gestion. »


Les commentateurs ont fait remarquer que Besancenot était l’unique candidat à « la gauche de la gauche » dont les voix à l’élection présidentielle de 2007 s’étaient maintenues par rapport à ses résultats à la présidentielle de 2002. Un récent sondage d’opinion commandité par Le Figaro établit que si le premier tour des élections présidentielles devait se tenir dimanche prochain, le porte-parole de la LCR doublerait son score de 2007 pour atteindre 8 pour cent, ce qui le mettrait loin devant les autres candidats de « l’extrême-gauche ».


Le Figaro
explique : « Il parvient à apparaître comme l'opposant le plus déterminé à Nicolas Sarkozy. » De son côté, L’Express écrit : « En réalité, il est perçu comme un opposant de gauche à Sarkozy et au patronat, un peu plus musclé que les autres, un combattant mi-politique mi-syndical, une icône sociale. »


Dans l’émission de Drucker, où Besancenot avait apparemment eu carte blanche pour choisir le public du studio et les invités, l’unique personnalité politique qu’il avait invitée était Christiane Taubira, député de la Guyane, département français d’outremer. Elle avait soutenu la campagne droitière de la candidate socialiste à la présidentielle de 2007 Ségolène Royale. Taubira tourne depuis longtemps autour du PRG (Parti républicain de gauche). Besancenot n’a été nullement décontenancé par les louanges débordantes que lui a lancées cette femme qui l’a félicité pour son « respect des institutions parlementaires ». 


Bien qu’il se revendique internationaliste, Besancenot n’a pas émis la moindre critique à l’égard de la politique étrangère française, soutenue par l’UMP comme par le PS, à savoir le soutien à l’occupation dévastatrice, néocoloniale et conduite par les Etats-Unis et ses alliés, de l’Irak et de l’Afghanistan. Il n’a pas dit un mot non plus sur les menaces d’intervention militaire en Iran, proférées par les Etats-Unis et soutenues par plusieurs Etats européens, dont la France. Aucune critique non plus du soutien à l’offensive israélienne contre les Palestiniens et le Liban. Besancenot a fait une brève référence au renfort du contingent français en Afghanistan, mais seulement pour l’opposer aux coupes budgétaires dans l’Education nationale.


Le Figaro
fait remarquer que Besancenot démontre qu’il est inoffensif pour la classe dirigeante bien qu’il ait à la bouche toute cette rhétorique de gauche. Faisant référence à l’interview politique conduite par Claude Sérillon à la fin de l’émission, le journal commente : « Encore interrogé sur le nouveau parti anticapitaliste qu'il souhaite créer et qui irait au-delà de la LCR, Olivier Besancenot est resté flou. Au point que Claude Sérillon finit par voir en lui "plutôt un supersyndicaliste" à la pointe des luttes, qu'un véritable chef de parti "qui aurait une véritable analyse politique, comme par exemple sur les institutions". »


Tout en disant à Sérillon, « Je suis porte-parole d’une organisation qui est trotskyste », Besancenot a exprimé son admiration pour Che Guevara, l’anti-trotskyste et a fait l’apologie classique de l’opportunisme : « Je ne renonce à absolument aucune filiation : il n’y a absolument aucun courant révolutionnaire à lui seul qui peut prétendre avoir fait la synthèse de toutes les expériences révolutionnaires. On va prendre les meilleures. »


Ainsi, quand Sérillon lui a demandé s’il ferait alliance avec Taubira, le Parti communiste, Jean-Luc Mélenchon à la gauche du PS ou d’autres éléments de la campagne du Non à la Constitution européenne de 2005, il a assuré que « Sur des bases claires nous sommes prêts à faire des alliances. »


La classe ouvrière doit se tenir sur ses gardes. En ce qui la concerne, le rôle pour lequel la classe capitaliste est clairement en train d’apprêter Besancenot et la LCR est loin d’être inoffensif. En se présentant comme une alternative à la « gauche » officielle discréditée et aux bureaucraties syndicales, Besancenot et la LCR ont pour tâche de désorienter tout mouvement indépendant, de la classe ouvrière et des jeunes, et de l’empêcher de rompre une bonne fois pour toutes avec ces soutiens du capitalisme. Il en résulterait des conséquences désastreuses.


On peut citer en exemple l’Italie. Là-bas, l’équivalent italien de la LCR, partie intégrante de Rifondazione Comunista, a participé à la coalition soutenant le gouvernement de Romano Prodi, pratiquant la politique du moindre mal au point de soutenir l’envoi de soldats italiens en Afghanistan, l’expansion de la base militaire américaine à Vicenza et des réductions des retraites. Ce refus de lutter pour établir les intérêts indépendants de la classe ouvrière a joué pour beaucoup dans le retour de Berlusconi aux dernières élections et a eu pour effet d’encourager les fascistes, actuellement en train d’organiser des pogroms contre les immigrés, avec l’aval des autorités.

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28 mai 2008 3 28 /05 /mai /2008 20:50

George Bush a mené une "campagne de propagande" sur l'Irak, accuse son ancien porte-parole

 

WASHINGTON  (AP)

 

  Le président américain George W. Bush a préféré mener une "campagne de propagande politique" plutôt que de dire la vérité au sujet de la guerre en Irak, accuse l'ancien porte-parole de la Maison Blanche Scott McClellan dans un nouveau livre, selon la presse américaine.

 

L'administration Bush a pris la "décision de se détourner de la franchise et de l'honnêteté quand ces qualités étaient les plus nécessaires", à une époque où le pays était au bord de la guerre, écrit M. McClellan dans "What Happened: Inside the Bush White House and Washington's Culture of Deception" ("Ce qui s'est passé: à l'intérieur de la Maison Blanche de Bush et de la culture de la tromperie de Washington").


La manière dont le président américain a géré le dossier irakien "rendait presque inévitable que le recours à la force devienne la seule option envisageable", dénonce l'ancien porte-parole présidentiel dans ses mémoires, rapportent mercredi le "New York Times" et le "Washington Post". Et M. McClellan de préciser: "Il s'agissait de manipuler les sources de l'opinion publique à l'avantage du président."


Dans un jugement étonnamment sévère de la part de l'homme qui était à l'époque le porte-voix fidèle de la Maison Blanche, M. McClellan estime que la guerre en Irak a été une "erreur stratégique grave". "La guerre en Irak n'était pas nécessaire", conclut-il.


Les collaborateurs de la Maison Blanche ont semblé sidérés par cette charge cinglante, et l'actuelle porte-parole de la présidence, Dana Perino, a publié un communiqué très critique à l'égard de son ancien collègue. "Scott, nous le savons maintenant, est mécontent de son expérience à la Maison Blanche", affirme-t-elle. "Ceux d'entre nous qui l'ont soutenu sans réserve, avant, pendant et après qu'il fut porte-parole, sont déconcertés. C'est triste, ce n'est pas le Scott que nous avons connu."


Mme Perino a précisé que M. Bush avait été informé de la teneur du livre, mais qu'il ne fallait s'attendre à aucun commentaire de sa part. "Il a des questions plus urgentes à régler que de passer du temps à commenter des livres d'anciens employés", a-t-elle indiqué.


L'ancien porte-parole reconnaît que certaines de ses déclarations lors des points presse de la Maison Blanche se sont révélées être "gravement erronées". Mais il affirme qu'il était sincère à l'époque. M. McClellan met également en cause les médias, qui ont selon lui facilité la campagne de la Maison Blanche pour manipuler l'opinion sur la guerre en Irak.


Le livre sera en vente à partir du 1er juin aux Etats-Unis. M. McClellan y dresse le portrait d'un président Bush intelligent, charmeur et politiquement habile, mais réticent à reconnaître ses erreurs. En outre, M. Bush "se convainc de croire ce qui l'arrange sur le moment", et "manque de curiosité", ajoute-t-il. AP

 

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28 mai 2008 3 28 /05 /mai /2008 20:42
Une Société générale "deux fois coupable"


LE MONDE | 28.05.08 | 15h20  •  Mis à jour le 28.05.08 | 15h45


'orage gronde en cet après-midi du mardi 27 mai au-dessus de l'esplanade de la Défense, à Paris. A l'extérieur, le ciel est menaçant. Au sous-sol de la Grande Arche, où se tient l'assemblée générale de la Société générale - la première depuis l'affaire Kerviel -, l'atmosphère est électrique. Les actionnaires sont venus nombreux - ils sont environ 1 600 - en découdre avec les dirigeants, quatre mois après "la fraude" de 4,9 milliards d'euros qui les a laissés incrédules et furieux.

 


Tout a été fait pour contrôler la situation. Les dirigeants se sont prêtés à des séances d'entraînement avec des professionnels de la communication. Les journalistes ont été confinés dans une petite salle aux hauts murs gris, loin des actionnaires en colère, devant un écran n'offrant qu'un plan fixe sur la salle. Seule la tribune est éclairée. On ne voit pas les visages de ceux qui prennent le micro. Les bruits parviennent étouffés.



Mais dès les premiers échanges, le ton est donné : "Nous sommes des grognards, eh bien, je vais grogner, lance un actionnaire. (...) Je pense que vous avez été deux fois coupable. On a dit que le trader avait commis ces actes parce qu'il voulait conserver son bonus. Quand on crée les conditions pour obtenir un gros bonus, on abaisse le seuil d'honnêteté des gens." La salle applaudit. Chahute. S'enhardit : "Comme Nicolas Sarkozy, je demande votre démission, M. Bouton !", s'enflamme un actionnaire encouragé par la clameur, à l'adresse de l'ex-PDG, resté président du conseil d'administration. "Vous devez assumer vos manquements. Vous êtes le deuxième PDG le plus rémunéré de France."


A leur tour, les commissaires aux comptes sont hués. L'un d'eux grimace. A la tribune, les visages sont crispés. Daniel Bouton fait acte de contrition. Reste stoïque. Même à ce mot, cruel, d'un "vieil actionnaire" : "Warren Buffet, l'homme le plus riche du monde, ne spécule pas. Il investit (...). Vous, Frédéric Oudéa (le nouveau patron de la Générale), vous êtes jeune, si vous faites une bêtise, assumez-la, ne la faites pas porter à d'autres". "Merci pour l'encouragement donné à M. Oudéa", répond M. Bouton d'un ton neutre. Le rideau tombe. Toutes les résolutions ont été adoptées.


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28 mai 2008 3 28 /05 /mai /2008 20:30

PS: Michel Charasse choisit l'exclusion

 

CLERMONT-FERRAND (AFP)

  Michel Charasse, grande figure du mitterrandisme, a choisi l'exclusion du PS auquel il appartenait depuis 44 ans, en refusant mercredi, comme 17 autres conseillers généraux du Puy-de-Dôme, un compromis proposé par la direction nationale dans un conflit départemental.

Pomme de discorde: le soutien de ces 18 élus du Puy-de-Dôme à Jean-Yves Gouttebel pour la présidence du conseil général. Or, ce candidat et président sortant avait été écarté par les militants socialistes, qui avaient préféré de justesse la sénatrice Michèle André.


D'où une dispute de plusieurs mois avec suspension par le Bureau national (BN) des "coupables", mission d'étude par des missi dominici, puis proposition de compromis par la direction avec, en cas de refus, l'exclusion du parti.


"Nous refusons la proposition de compromis", a déclaré à l'AFP Bertrand Pasciuto, président du groupe socialiste et apparentés du conseil général du Puy-de-Dôme. "Nous leur avions fait lundi des propositions qui ont été balayées de la main", a-t-il assuré.


Ce refus a été décidé de façon "solidaire" et unanime, a-t-il souligné, en précisant avoir reçu dès ce mercredi son courrier d'exclusion.


"Nous restons socialistes mais nous refusons que des minoritaires dirigent une majorité", a-t-il justifié, n'excluant pas la constitution d'une nouvelle formation.


Pour Stéphane Le Foll, bras droit de François Hollande, interrogé par l'AFP, ces élus rebelles portent "la responsabilité du clash" puisque "le compromis était une proposition d'équilibre".


Ce compromis, avalisé mardi par le BN, prévoyait que M. Gouttebel, élu grâce à l'appoint de voix venues d'autres groupes politiques, reste en place. En échange, les conseillers généraux socialistes, dont M. Charasse, ancien ministre, se réunifieraient en un seul groupe, présidé par un socialiste qui soutenait Mme André, et non par un proche de M. Gouttebel.


Les 18 élus estimaient qu'il y avait eu des "irrégularités" lors du vote interne. "Ils ont bricolé la désignation de Mme André, ils ont bourré les urnes", accuse M. Pasciuto.


Le groupe favorable à M. Gouttebel a entamé une action en justice au tribunal civil ainsi que devant la commission nationale des conflits du PS.


Le groupe rebelle était en désaccord avec plusieurs points du compromis dont ceux concernant la composition de l'exécutif départemental.


Michèle André a déploré une "forme de jusqu'au-boutisme qui dépasse l'entendement". "On ne peut que prendre acte des cassures et des blessures de ces personnes qui se mettent hors de la famille socialiste".


Gardien du "temple" mitterrandien, Michel Charasse, 66 ans, a été le conseiller du président disparu, et son ministre délégué du Budget. Connu pour ses bretelles, ses cigares, ses formules à l'emporte-pièce, il est un personnage atypique de la politique.


Maire d'une petite commune, Puy-Guillaume (Puy-de-Dôme) depuis 1977, il est également conseiller général depuis 1988 et sénateur du Puy-de-Dôme de 1978 à 1988 puis depuis 1992.

 

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27 mai 2008 2 27 /05 /mai /2008 21:12

Pour un "gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple"

UNE PRESIDENCE HOSTILE AUX INTERÊTS DU PEUPLE-NATION par Claude Beaulieu

Le mouvement social et la prise de conscience populaire et républicaine grandissent

lundi 19 mai 2008, par Comité Valmy


Péremptoire, Nicolas Sarkozy a déclaré un jour : « certains en France m’appellent Sarkozy l’Américain. J’en suis fier ». Et en effet depuis son élection, sa politique relève d’un atlantisme sans rivage, d’un alignement sur George W Bush dans le domaine des affaires étrangères et de l’adoption en matière de politique économique et antisociale, de la vision des néolibéraux états-uniens les plus réactionnaires. « Sarkozy l’Américain » est donc bien une appellation contrôlée.


Les Résistants de l’Affiche rouge et tout particulièrement Missak Manouchian, dont le Comité Valmy souhaite le transfert des cendres au Panthéon, ont montré que dans le peuple et la classe ouvrière, l’on pouvait être issu d’une immigration récente et cependant aimer, défendre la France, se battre et même mourir pour sa liberté. Il est manifeste que dans les milieux bourgeois de l’immigration et qui ont pu côtoyer le capital financier, il n’est pas vraiment nécessaire d’apprécier son pays d’accueil et de lui être fidèle, pour être conduit à sa présidence.


L’appareil souterrain de l’oligarchie euro- atlantiste et occidentaliste qui a assuré le tri et la promotion des deux principales candidatures pour la dernière élection présidentielle, ne parait pas en effet, avoir sélectionné Nicolas Sarkozy – ni même d’ailleurs Ségolène Royal, son « faire-valoir » social libérale et chantre de l’Europe fédérale des länder – pour leur commune volonté de défendre la souveraineté populaire et l’indépendance nationale ou encore pour leurs fortes préoccupations républicaines, démocratiques et sociales.


L’oligarchie avait au contraire seulement besoin d’une sorte de Président « Canada Dry » afin d’intégrer à marche forcée la France vassalisée et son peuple sous narcose et manipulation politico- médiatique, dans un empire transatlantique euro-états-unien, prochaine étape pour les partisans dogmatiques d’une Europe supranationale qui s’oriente dangereusement vers le soutien à la politique américaine de guerre tout en s’enlisant toujours davantage dans la barbarie du capitalisme néolibéral.


Envoi de nouveaux supplétifs aux couleurs de la France en Afghanistan, réintégration de l’organisation militaire intégrée de l’Otan, création d’une base militaire française à Abou Dhabi, appui à la mise en place belliciste en Europe par les dirigeants américains, d’un bouclier anti-missiles dans le cadre d’un encerclement militaire américain de la Russie et de l’Iran mais aussi d’une hostilité stratégique fondamentale envers la Chine... Sur toutes ces questions comme sur d’autre Sarkozy provocateur et aventuriste se place en position hostile envers les pays concernés, en appliquant pleinement solidaire, une politique élaborée et décidée à Washington et contraire à l’intérêt national du peuple de France et des autres peuples du monde.


Selon Emmanuel Todd, " le renforcement des troupes françaises en Afghanistan est une erreur diplomatique et stratégique, et dessine les contours d’une idéologie extrême droitière à l’échelle mondiale". Le Comité Valmy affirme depuis longtemps que la marche forcée vers l’Europe fédérale est un processus euro-atlantique totalitaire, lié à la stratégie de guerre des dirigeants des États-Unis qui essaient de pérenniser leur domination sur le monde. Nous partageons la constatation d’Emmanuel Todd selon laquelle l’Occidentalisme qui se met en place "dessine le contours d’une idéologie extrême droitière à l’échelle mondiale".


" Non seulement le retour de la France dans l’Otan ne correspond pas aux intérêts de notre pays, mais je crois aussi que c’est dangereux" a déclaré Dominique de Villepin, ancien premier ministre et intermittent du gaullisme. Nous perdrions des marges de manœuvre, des marges d’indépendance" et "une possibilité d’agir seul, sans être embrigadé dans un ensemble" a-t-il dit en précisant que l’Otan est une "organisation sous contrôle américain."


En même temps qu’il prépare la réintégration de l’Otan Sarkozy relance le projet de communauté Européenne de Défense, mise en échec dans les années cinquante, essentiellement par les refus convergents des gaullistes et des communistes et leur alliance objective sur ce dossier. Aujourd’hui il contribue consciemment à la mise en place d’un front occidentaliste contre le monde musulman, la Chine et la Russie, dangereux pour tous les peuples de la planète qui subiraient solidairement les effets de la nouvelle guerre mondiale qui menace. Ses prises de position anti-laïques, son soutien à une conception chrétienne de l’Europe, son comportement notamment au Liban, au Moyen Orient et en Afghanistan, comme son sionisme inconditionnel, le font souvent apparaître comme un partisan au moins relatif du choc des civilisations que souhaitent et organisent ses suzerains américains ainsi que leurs alliés objectifs chez les intégristes musulmans.


Le discours extrêmement belliciste de Georges W Bush devant la Knesset en Israël paraît confirmer les signaux en provenance de Washington qui incitent à penser que son administration n’a pas renoncé à attaquer l’Iran et préparerait une opération ciblée qui pourrait utiliser des armes nucléaires tactiques. Cette nouvelle guerre américaine ne manquerait pas de provoquer des réactions en chaine et serait catastrophique. L’hypothèse de cette crise majeure ne fait pas l’unanimité aux États-Unis et se heurte à l’hostilité de la Russie, de la Chine et d’autres pays.


La volonté américaine d’agression et de guerre qui doit être endiguée, n’est pas pour rien dans le renforcement de l’Organisation de Coopération de Shanghai à laquelle l’Inde demande maintenant, la transformation de son statut d’observateur en adhésion à part entière. Selon le Comité Valmy, l’intérêt de la France serait d’œuvrer pour un dialogue des civilisations et d’avoir des relations de concertation avec l’OCS, dans le but de promouvoir la paix mondiale et de favoriser un monde multipolaire.


Bien au contraire, les déclarations de Nicolas Sarkozy vont dans le même sens que celle de G W Busch et il est très probable qu’il chercherait à entraîner la France dans le cataclysme si celui-ci parvenait à mettre en pratique sa volonté mystique de guerre. Bush et Sarkozy entendent travailler de concert à un objectif commun : la domination globale politique, militaire et idéologique d’un grand empire d’Occident sur un monde asservi.


Les partisans professionnels de l’Europe supranationale, ultra libérale et atlantiste, qui partagent les séquelles du pouvoir national - lequel n’est plus pour eux qu’un pouvoir de nuisance - ont choisi, pour recevoir les prébendes récompensant leur œuvre persévérante de destructeurs de la nation, de la République et des acquis sociaux, soit le canal la droite actuellement gouvernementale soit celui du social libéralisme et leurs satellites respectifs. Ils maîtrisent en commun l’ensemble des médias qu’ils ont transformé en appareil de propagande et de conditionnement politico-médiatique des masses qui efficacement et en permanence, fabrique une opinion qu’il manipule en violant les consciences.


Mais ce lavage obsessionnel des cerveaux que subissent les masses populaires, peut s’avérer insuffisant car malgré l’autosatisfaction de Fillon, convaincu d’avoir imposé avec Sarkozy une Révolution culturelle, le peuple français dont la prise de conscience progresse en réalité, est déjà entré en résistance, face à la volonté et la pratique de démantèlement des acquis économiques, sociaux et démocratiques, imposés à la Libération et issus du programme du CNR. Bertrand Renouvin, ce monarchiste avec lequel le républicain que je suis partage bien des analyses estime "qu’une répression sanglante d’une révolte de grande ampleur ne saurait être exclue."


Le Comité Valmy partage cette préoccupation. Les conditions objectives appelant une révolte populaire tendent à se généraliser. Dans un délai actuellement imprévisible, la démocratie étant toujours plus bafouée et la souveraineté populaire rejetée, elle pourra s’avérer inévitable et impérative, probablement spontanée . Le moment n’est peut-être pas si loin où selon l’image d’un révolutionnaire chinois : "une étincelle peut mettre le feu à la plaine".


Par contre et comme ce fut le cas lors de l’expérience héroïque de la Commune, les conditions subjectives pouvant la rendre victorieuse sont faibles en particulier, l’organisation du peuple, bien que des réseaux républicains, patriotiques, progressistes et anti-impérialistes existent et cherchent à se regrouper et à organise un front commun.


La trahison de la plupart des dirigeants socialistes fanatiquement fédéralistes et honteusement ralliés à l’idéologie ultra libérale ; la perte de repère des principaux dirigeants communistes et d’une partie de ceux de la CGT ; l’incompréhension dogmatique ou téléguidée de la majorité des trotskystes et autres altermondialistes, du rôle moderne d’un Etat s’il est mis au service du peuple-nation, comme socle de la souveraineté populaire et du combat économique, social, politique et anti-impérialiste ; les succès objectifs de la guerre idéologique menée conjointement par l’appareil euro-atlantiste de l’UMPS, indirectement soutenu par certains idéologues altermondialistes au nom d’un internationalisme dévoyé...tels sont les principaux obstacles que devra surmonter le peuple de France dans son combat de reconquête.


Il est urgent pour lui de s’unir et se préparer, d’organiser la Résistance et de réactualiser le programme du CNR. Le principe de la République, affirme la Constitution est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.

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27 mai 2008 2 27 /05 /mai /2008 20:59

LE 15 Mai 2008 LES PALESTINIENS COMMEMORENT LES 60 ANS DE LA NAKBA, LA CATASTROPHE PENDANT QUE LES SIONISTES PAVOISENT DANS NOS CITÉS ET SUR NOS ECRANS.
   
RASSEMBLEMENT POUR LA PALESTINE
DEVANT LA FONTAINE DES INNOCENTS
PARIS 1ER, LES HALLES
SAMEDI 31 MAI DE 15 HEURES A 18 HEURES
------------------------------------------------------


60 ANS D'ERRANCE, 60 ANS DE MASSACRES, 60 ANS D'ENFERMEMENT, 60 ANS D'EXCLUSION, 60 ANS DE RÉSISTANCE.

Ce peuple opprimé, colonisé, chassé de sa terre et privé de liberté est toujours debout et revendique toujours les droits sur la terre de ses ancêtres volée par les sionistes avec la complicité de toute la Communauté internationale.
Le 29 novembre 1947, la première Assemblée Générale de la toute jeune ONU votait par 33 voix pour dont celles des USA de l'URSS et de la France,
13 voix contre et 10 abstentions , dont celle du colonisateur le Royaume- Uni, la partition de la Palestine. Il faut rappeler qu'à cette époque une grande partie des peuples de la planète n'avait pas de souveraineté et n'était donc pas maître de leur voix. Toutes les manoeuvres auront été employées pour obtenir la majorité requise des deux tiers, en omettant de consulter ceux qui étaient les premiers intéressés, car il s'agissait du partage de leur terre : les Palestiniens toutes tendances et toutes religions confondues.
La résolution 181, adoptée, en toute illégalité créa :
* un État juif sur 56,47% de la Palestine pour 498 000 Juifs
* un État arabe sur 43,53% du territoire pour 807 000 Palestiniens et 10 000 Juifs
* un régime de tutelle internationale pour Jérusalem/Al Qods avec 105 000 Palestiniens et 100 000 Juifs.

Le mandat britannique prit fin le 14 mai 1948. Le lendemain l'État d'Israël est proclamé unilatéralement. En quelques jours les Palestiniens deviennent une minorité au sein d'une entité étrangère, sans changer de lieu, et surtout sans avoir été consulté. La fin du mandat colonial britannique ne signifie pas pour eux la fin de la colonisation et encore moins le droit à l'autodétermination; elle annonce au contraire, leur aliénation existentielle qui n'a pas encore cessé à ce jour.

Quelques jours avant mai 1948, les persécutions anti-palestiniennes, marquées par les massacres de Deir Yassine - où l'Irgoun de Begin et le Stern de Shamir massacrèrent, dans la nuit du 9 au 10 avril 1948 plus de 300 civils endormis - entraînèrent la fuite de 300 000 personnes, sans qu'aucun pays arabe ne proteste. 380 villages furent comme Deir Yassine, rayés de la carte, ce qui allait déjà présager des conquêtes futures.

Ce soixantième anniversaire que les criminels sionistes et leurs amis vont fêter en grande pompe, représente pour les Palestiniens ce qu'ils appellent la Nakba – la Catastrophe. Nous exprimons notre soutien à ce peuple courageux qui continue toujours à résister. Spoliés, chassés de leur terre ancestrale, privés de tout droit, même du droit à la parole, réduits à l'état de réfugiés sur leur propre terre, traités de terroristes, ignorés par la communauté internationale, ils sont toujours debout. Aucun accord de soumission, même périodique, ne fera oublier qu'il faudra bien un jour payer le crime commis contre le peuple de Palestine le 15 mai 1948.



HALTE AU GENOCIDE DU PEUPLE PALESTINIEN SOUTIEN A LA RESISTANCE PALESTINE, UN SEUL ÉTAT POUR TOUS

VENEZ DÉBATTRE AVEC NOUS
La Pierre et l'Olivier
Collectif Cheikh Yassine
Collectif de la Communauté Tunisienne en Europe
AZLS azls.blogspot.com

contact : genocidepalestinien@yahoo.fr

Vendredi 23 Mai 2008
linala@club-internet.fr


Source :
http://www.alterinfo.net

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27 mai 2008 2 27 /05 /mai /2008 20:44

L’AGEN répond aux faussaires de Charlie Hebdo.
lundi 26 mai 2008

Lettre ouverte de l’AGEN (Association Générale des Etudiants de Nanterre) à la rédaction de Charlie Hebdo

Le 23 mai 2008

40 ans après mai 68, Charlie Hebdo fantasme sur commande
Charlie Hebdo dans sa livraison du 30 avril 2008 publie un « reportage » halluciné sur la fac de Nanterre « 40 ans après mai 68 ». Idée ni originale ni impertinente mais qui va permettre de déverser un nombre record de médiamensonges. L’article se résume à un montage bourré d’intox, de bidonnages et de préjugés rendant un fier service à une direction universitaire qui n’en attendait pas tant.

Sous forme d’un long article « richement » illustré, les lecteurs sont invités à parcourir une pseudo-enquête sur la fac de Nanterre en 2008.

Que s’agit-il de prouver coûte que coûte ? Avant tout, pour la journaliste dénommée Agathe André, il faut montrer que la cité-u de Nanterre est un cloaque dangereux où les filles se prostituent pour une piaule, ou encore, comble de subtilité, que la fac est dominée par d’abjects racistes chasseurs de juifs. Nul besoin de prouver, on peut balancer n’importe quoi, de toute façon qui vérifiera ? Mais surtout ce type de description menaçante de la cité-u correspond au projet très actuel de détruire la cité-u, c’est-à-dire de lui retirer son caractère social. Un nettoyage social et ethnique qui frappe des dizaines d’étudiants.

Le fond de cet article ? S’appuyer sur le mythe de la cité-u de Nanterre en 68 pour présenter les étudiants d’aujourd’hui (notamment les résidentes de la cité-u) comme des êtres prostrés dans la peur, menacés par l’embrigadement islamiste et aspirant aux délices de l’ordre policier.

Autant de bobards qui alimentent le fond de commerce habituel du consensus sécuritaire et de l’antiracisme sélectif. En somme, une autre manière, journalistique cette fois ci, de « liquider mai 68 ».

Intox.

Dès le chapeau de l’article on apprend que « les étudiantes réclament des vigiles pour protéger leur vertu et tapinent pour boucler leur fin de mois ». Derrière le clinquant des formules, d’où viennent ces assertions ?

Où et quand s’est exprimée cette revendication ? Au fond, on ne le saura jamais. Et pour cause. Sur la soi-disant demande de vigiles pour le « coupe-gorge » que serait devenue la cité-u, les seules « sources » citées sont justement deux piliers du sécuritaire à Nanterre. A savoir, Jean-Luc Guinot , responsable sécurité, chef des vigiles, qui prétend qu’avant son arrivée la fac était comme une cité, zone de non-droit gangrénée par « les gauchistes et la criminalité » , mais aussi la dénommée Baya Raghis qui mène une carrière dans un bureau lustré où elle est en charge du "dossier" des filles agressées du campus.

Qui ne fait pas d’enquête n’a pas le droit à la parole. Nous sommes fondateurs de l’ARENE (Association es Résidents de Nanterre). Nous sommes donc les mieux placés pour savoir que jamais une telle demande d’augmentation des vigiles n’a existé. Pour une raison simple d’abord : lorsque J.L Guinot a envoyé des maîtres-chiens à la cité-u il y a quelques années, ce sont justement ces derniers qui ont menacé, agressé et harcelé les résidentes ! A la demande unanime des résidents, ils ont été retirés illico. On pourrait ajouter que les vigiles de Nanterre n’ont jamais protégé les étudiant(e)s mais qu’à l’inverse ils ont régulièrement attaqué les mouvements étudiants (cf. les vidéos sur dailymotion si notre journaliste veut approfondir son ’enquête’). En fait, ce n’est pas une demande de vigiles mais de changement complet de leur rôle qui a pu être entendu du côté des étudiants. Nuance. Mais il existe une
raison plus grave encore à la méfiance qu’inspire le service des vigiles à Nanterre.

Cette année lorsqu’une résidente a effectivement subi une agression violente sur le chemin du RER aucune de ses requêtes auprès de la direction n’a été prise en compte. Elle-même et les résidents (à plusieurs centaines et par voie de pétition) ont demandé entre autres que l’avocat du CROUS soit mis à sa disposition gracieusement (et non pas qu’il serve comme aujourd’hui à poursuivre les résidents pauvres que le CROUS chasse en nombre) ou encore que les images de la vidéosurveillance soient mises à sa disposition. Aucune de ces demandes pourtant minimales n’a été satisfaite. Les directions de l’université et du CROUS n’ont même pas daigné la recevoir. En définitive, l’affichage sécuritaire en direction des filles agressées n’est qu’une couverture habile de la répression de toute contestation (en 5 ans, on compte une dizaine d’attaques par les vigiles de mouvements étudiants).

Conclusion : force est de constater que notre ’journaliste’ a déformé les faits. Au bénéfice de qui ?

Pourquoi nourrir l’image apocalyptique d’une cité-u effrayante ? Pourquoi passer sous silence le cas de Marco étudiant poursuivi par le service de sécurité parce qu’il a participé avec des dizaines d’autres à la mobilisation contre la LRU ? Pourquoi ne pas mentionner l’occupation et les charges de CRS en novembre 2007, fait majeur des derniers mois ? A qui profite ces silences et ces intoxications médiatiques ?

Ce ne sont pas les comportements d’étudiants qu’il faut stigmatiser mais les agissements liberticides de la direction universitaire.

Dans l’article de Charlie Hebdo, Il s’agit au final d’agiter à nouveau un épouvantail au détriment des revendications étudiantes.

La tonalité faussement rebelle et provoc de l’article est basée sur le sexe (gros titres « ça bande mou dans le dortoir des filles »-« CRS desserrez les fesses »-« opprimés de tous les pays caressez-vous ») Il commence d’ailleurs par l’idée fausse mais ultra rabâchée que « mai 68 s’amorce par une belle histoire de cul » (les garçons dans le bâtiment des filles !). Grâce à ces procédés on évacue complètement les raisons de lutter d’hier à aujourd’hui.

Silence : on expulse ! Autre point litigieux. On ne peut que rester sidéré par le traitement réservé aux expulsions de résidents à la cité-U. Pas d’explication dans l’article sur les 257 chambres supprimées par la rénovation de la cité-u de Nanterre, pas un mot sur les descentes d’huissiers, les poursuites au tribunal et les opérations de police pour expulser manu militari les résidents en difficulté de paiement ou les redoublants (opérations du 15 mars 2006, 1er août 2006, juin 2007, 21 mai 2008). Sur ce point la parole est complaisamment laissée à la directrice de la cité-u qui justifie les expulsions en affirmant qu’il s’agit d’une « tripotée de faux étudiants ». Pourtant, il aurait été facile de confronter cette version à celle des résidents. Mais ’l’enquêtrice’ n’a interrogé une porte-parole de l’ARENE que sous l’angle unique et obsessionnel de la sécurité ! N’obtenant pas les réponses
escomptées notre journaliste en herbe a tout simplement occulté une voix dissonante.

Dans la même veine, la prostitution étudiante qui a fait la Une des médias ces derniers mois subit dans notre article un traitement on ne peut plus sensationnaliste. Ce fléau réel est vendeur. Il est aussi sarkocompatible.

L’article exhibe des ’preuves’ bien crasseuses mais invérifiables et sans intérêt sur « des annonces à peine masquées (…) qui foisonnent dans l’UFR de Droit » d’une déclaration d’une étudiante qui serait fière de faire ce « boulot qui rapporte plus que le Mc Do ».

L’antisémitisme imaginaire.

Dernier bidouillage et non des moindres. Nous relèverons, celui des amalgames dignes d’un « choc des civilisations » à la sauce hexagonale. En effet, L’article continue sur sa lancée en abordant la présence aux élections universitaires cette année de l’EMF (Etudiants des Musulmans de France). On apprend, si il en était besoin, qu’il s’agit de la branche étudiante de l’UOIF créée en 1989 qui a choisi Nanterre comme base d’implantation dans la région parisienne. On n’apprend pourtant pas l’essentiel pour les luttes étudiantes, mais sûrement ne s’agit-il pas du but de l’article, soit l’opposition de l’EMF aux mouvements conte le CPE en 2006 et contre la LRU (loi sur l’autonomie) en 2007 ainsi que son copinage prolongé avec l’UNI branche universitaire de l’UMP.

Non l’essentiel ici c’est une fois de plus de coller les mots « voile »-« musulman »-« Dieudonné »-« Palestine »-« sale juif noir ». Et là encore c’est un bidonnage. L’article cite un « discours d’opprimé rodé » de l’EMF sur « l’islamophobie » puis passe sans transition à l’affirmation que la Palestine est la cause fédératrice de l’EMF pour introduire une déclaration d’un membre de l’UEJF (Union des Etudiants Juifs de France) sur l’idée que depuis « la seconde Intifada » (depuis l’an 2000 donc) les membres de l’UEJF en prennent « plein la gueule » comme lors « d’une conférence donnée en 2003 par Dieudonné sur la fac sur le ’nouvel antiracisme’, tous les militants de l’UEJF étaient refoulés à l’accès.

L’un d’entre nous, noir, a réussi à entrer. Quand il a donné sa vision des choses, il a été sifflé à coup de ’Sale Juif noir !.’ ».

Là, c’est simple, tout est faux. Primo en 2003 comme les dates l’indiquent aucune structure se réclamant des « étudiants musulmans » n’était présente à l’époque à Nanterre. Si le regroupement ethnique ou religieux des étudiants nous semble une impasse, nous n’acceptons pas que l’on impute des faits (imaginaires de surcroît) à une catégorie d’étudiants pour mieux les diaboliser.

Ensuite, le meeting sur « le nouvel ordre raciste » a bien eu lieu en 2003 mais sans Dieudonné. C’était un meeting organisé par l’AGEN (Association Générale des Etudiants de Nanterre) avec Saïd Bouamama (collectif des sans-papiers du Nord), Tarek du MIB ( Mouvement de l’immigration et des Banlieues) et un syndicaliste de la CGT d’Air France. Ce meeting portait sur les discriminations, le traitement injuste des immigrés et de leurs enfants et s’opposait au ’racisme respectable’ qui s’exprimait dans la loi sur le voile. Certes, déjà à l’époque l’AGEN dénonçait la propagande assimilant le soutien à la Palestine à de l’antisémitisme comme une des formes affirmée du nouvel ordre raciste.

Quant à Dieudonné, nouvel épouvantail commode, s’il est bien venu sur la fac à l’époque de son lynchage médiatique pour le « sketch du rabbin », c’était en 2004, et pour présenter la liste Europalestine (soit, pour être honnête, bien avant ses amitiés politiques actuelles avec l’extrême- droite). A cette occasion l’étudiant « juif noir » qui s’est exprimé pour défendre la colonisation israélienne de la Palestine n’a pas été accueilli par des sifflets mais par les rires de l’amphi et une réponse argumentée de la tribune sur l’apartheid qui sévit au Proche-Orient. Les membres de l’UEJF se tenaient courageusement et volontairement à l’extérieur et lançaient quelques insultes à destination des partisans de la Palestine avant de repartir piteusement.

Troisièmement, les membres de l’UEJF qui jouent la victimisation inversent les faits : ceux qui en ont pris « plein la gueule » au sens propre en 2003 ce sont Brahim.B et Kamel.K, le premier est employé administratif de Nanterre, attaqué et gravement blessé sur le campus par une bande d’extrémistes pro-israéliens appelée par des membres de l’UEJF ; le second est militant de l’AGEN, attaqué et défiguré par 20 nervis de la LDJ (Ligue de Défense juive) à Paris le 30 décembre 2003 en présence d’un membre notoirement connu de l’UEJF. Ces faits ont donné lieu à des manifestations et à des procès durant lesquels l’implication de l’UEJF a été prouvée.

Toutefois, ces deux agressions racistes n’ont donné lieu ni à une condamnation médiatique ni à des mesures disciplinaires dans l’université.

C’est le règne du fameux deux poids, deux mesures.

Au final, nous pouvons être consternés mais non surpris d’être diffamés à ce point par un journalisme de commande. Illustrer des thèses fausses mais si réconfortantes doit être le prix à payer aujourd’hui pour parler et vendre la fac de Nanterre dans les médias. Charger les étudiants les plus défavorisés ou ceux qui sont solidaires du peuple palestinien n’est pas réservé aux CRS.

A coup sûr ce document constitue une pièce supplémentaire dans la vertigineuse chute dans le conformisme du journal Charlie Hebdo. Laborieux passage à l’ennemi d’un journal autrefois contestataire recyclé aujourd’hui dans la bien-pensance et les fonds de tiroir réactionnaires.

Lutter contre cette vision c’est refuser la criminalisation du mouvement étudiant.

Mais ce qui importe davantage encore pour nous, c’est que les luttes sur les campus reprennent de l’ampleur comme c’est le cas actuellement dans les campus marocains.

Qu’à l’occasion des 40 ans de mai 68 cent luttes fleurissent contre la répression sarkozyste, du côté des opprimés d’ici et d’ailleurs au-delà de la forteresse Europe !

AGEN
Association Générale des Etudiants de Nanterre http://agen-nanterre.over-blog.com/
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Collectif Bellaciao
http://bellaciao.org/fr/spip.php?article66653

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26 mai 2008 1 26 /05 /mai /2008 22:17

L’élection du chef d’état major de l’ armée libanaise à la présidence du Liban en application des accords de Doha est une immense victoire politique du Hezbollah et de la résistance libanaise.
 
  Il ne plaît pas à toutes les organisations politiques    libanaises, il ne plaît pas en particulier à une certaine composante de la gauche et de l’extrême gauche libanaise, en particulier au comité de rédaction du quotidien Al Akhbar.

  Vous en trouverez ci dessous un très bon exemple. Je citerais seulement les trois principaux points de ce message pour la raison pour laquelle ces trois principaux points sont des constantes des positions de ce courant politique.

  Premièrement, dans le cadre de la guerre de trois mois de l’armée libanaise contre les militants du Fath al Islam dans le camp de Nahr al Bared dans le nord du Liban, il prend ouvertement position pour le Fath al Islam contre l’armée libanaise, il présente ouvertement le Fath al Islam comme une organisation de la résistance libanaise. Il ignore volontairement deux questions fondamentales. Il ignore premièrement les relations entre le Fath al Islam et Al Qaïda. Il ignore deuxièmement la position du Hezbollah et de la véritable résistance libanaise par rapport au Fath al Islam.

  La deuxième constante du programme de ce courant politique, c’est la critique systématique des institutions et de la constitution libanaise de 1943 comme des institutions et une constitution communautaires et coloniales. Il faudrait un message d’au moins une page par rapport à cette question, il n’y a pas de réponse en deux ou trois mots ou bien en deux ou trois phrases.

  Enfin, il y a cette extraordinaire lecture de l’intifada de Beyrouth et des journées de mai 2008 à Beyrouth. Ce courant politique analyse les évènements des journées de mai 2008 à Beyrouth comme une trahison de la grève générale de la confédération générale des travailleurs libanais par les milices de la majorité et de l’opposition. La position de ce courant politique est une position de renvoi dos à dos, ce courant politique met un trait d’égalité entre d’une part les milices sionistes et phalangistes du courant du futur de Saad Hariri et de Walid Joumblatt et d’autre part le Hezbollah et la résistance libanaise.

  Il y a de très bonnes relations entre d’une part ce courant politique de la gauche et de l’extrême gauche libanaises et d’autre part certaines organisations de la gauche et de l’extrême gauche parisiennes, je ne citerais pas ni de sigles ni de noms, les principaux chasseurs d’antisémites parisiens. Ils ne font rien pour le Hezbollah à Paris et ils critiquent le Hezbollah à Beyrouth comme une organisation certainement confessionnelle et capitaliste, du point de vue de ce courant politique, le Hezbollah serait responsable de l’exploitation des travailleurs libanais. J’écrirais aussi une plus longue réponse par rapport à cette question.

  www.fischer02003.over-blog.com




             Liban : Faut-il se réjouir et de quoi ?

lundi 26 mai 2008 , par gélinotte

www.quebecogres.info

www.ism-France.org

Par Nadine Acoury

Tandis que les représentants des Etats arabes et occidentaux atterrissent à Beyrouth pour fêter l’élection de Michel Sleimane aux fonctions de président de la république, quelques voix s’élèvent pour donner l’alerte.
Parmi celles-ci l’éditorialiste Khaled Saghyieh et autres journalistes du quotidien Al Akhbar (al-akhbar) et le Rassemblement de gauche pour le changement (tymat)

Quels sont les motifs de réjouissance des Libanais ?

Certes ils sont enfin débarrassés d’un gouvernement inconstitutionnel, et surtout de la figure du pleutre Siniora, (ouvertement soumis aux politiques impérialiste états-unienne et sioniste et à celles de leurs collaborateurs arabes) qui s’est agrippé au pouvoir pendant 18 mois en jouant alternativement de la victimisation et de l’arrogance guerrière au gré des injonctions de ses maîtres.

Certes l’armement et l’existence meme de la résistance, enjeu principal et international depuis l’échec de l’agression militaire israëlienne de l’été 2006, n’ont pas (pour l’instant) été remis en question.

Certes l’opposition a imposé sa présence au conseil des ministres (jusqu’aux prochaines élections législatives de 2009)

Mais certains choix tels celui du "candidat consensuel" à la présidence et celui de la nouvelle loi électorale qui doit gouverner le scrutin législatif, et surtout certaines "ommissions" telles celle des revendications salariales et sociales, posent de graves questions.

L’élection à la présidence de Michel Sleimane, chef des armées, un an presque jour pour jour apres son haut fait d’armes contre les militants de Fath el Islam dans le nord du pays, qui a détruit dans sa totalité le camp de refugiés palestiniens de Nahr el Bared, et jeté dans la rue et dans la misère 30.000 de ses habitants, pose la question de cette troublante "coincidence", d’autant que son programme politique reste inconnu.

L’accord sur une loi électorale qui consacre les divisions confessionnelles, dont les batailles de début mai ont confirmé l’exacerbation orchestrée et manipulée par l’ensemble des protagonistes, qu’ils soient dans la "majorité" ou dans l’opposition (avec de rares exceptions dans ce camp), specialement dans la capitale, ne présage que le renouvellement d’un système politique inchangé depuis la colonisation française.

Mais c’est surtout la disparition des écrans de la grève de la confédération générale des travailleurs du 7 mai et de ses revendications : revalorisation du salaire minimum inchange depuis 1996 tandis que la hausse des prix des produits de première necessité (carburant, énergie, pain, alimentaire) poursuit son ascension vertigineuse, augmentation des salaires dans les secteurs public et privé, extension de la sécurité sociale à l’ensemble des employés, controle des prix des matières de premièere necessité, etc., qui est la question la plus inquiètante car elle confirme que "majorité" et opposition ont le même programme économico-social qui a pour nom capitalisme, exploitation des travailleurs et mépris du peuple.

Consulter le quotidien Al Akhbar (en arabe) et le Rassemblement de gauche pour le changement (en arabe).

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