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30 janvier 2008 3 30 /01 /janvier /2008 19:37
Chuck D : le rap sans strass
 
LE MONDE | 29.01.08 | 18h13  •  Mis à jour le 29.01.08 | 18h13
 
  Le journaliste musical a deux appréhensions majeures : la rencontre avec Lou Reed et l'entretien avec les rappeurs américains. L'exercice peut virer à l'épreuve. Chuck D, version 2008, remercie poliment de l'attention qu'on lui porte. Il répondra même sans ciller aux questions qui fâchent. Jogging et baskets, cette icône du hip-hop américain n'appartient pas à la génération des pantalons baggies XXL et des caleçons dévoilés.
 
Pas de bijoux en or, pas l'ombre d'un médaillon, ni Rolex, ni Ray Ban, ni fiancée au bras sur la Croisette, mais à ses côtés, en ange gardien, Dan Lugo président de SLAMjamz Records, la maison de disques qu'il a créée pour échapper aux griffes des multinationales.
 
 
Chuck D, 47 ans, a des responsabilités. Il participe au 42e Marché international du disque et de l'édition musicale (Midem), le Davos de la musique qui se termine à Cannes le 31 janvier, en tant que businessman. Il est la tête pensante de Public Enemy, groupe de rap new-yorkais parmi les plus influents du monde, créé en 1986 par Carlton Douglas Ridenhour (dit Chuck D) avec trois copains de Long Island, Flavor Flav, Professor Griff et Terminator X.
 
 
Très marqué par les arts martiaux dans la chorégraphie, par le hard rock pour le son, Public Enemy devient à la fin des années 1980 le symbole de la lutte pour la cause noire aux Etats-Unis, avec, sur la côte ouest, les Niggers with Attitude (NWA).
 
 
Ni drogué ni délinquant, Carlton Douglas Ridenhour est diplômé en arts graphiques. C'est lui qui dessine le célèbre logo de Public Enemy : le profil d'un jeune Afro-Américain dans le viseur d'un policier. Il donne des coups de main dans l'entreprise de déménagement du père de Falvor Flav et tombe dans le hip-hop. Comment ? La réponse fuse, passionnée : "Technology !" La fascination devant les deux platines où mixe le DJ... Ensuite viendront l'influence politique du rock, des disques que ses parents écoutaient (Aretha Franklin, Curtis Mayfield, James Brown) et la fierté noire.
 
 
Chuck D radicalise son propos sur la condition noire. Il n'a pas changé. "Vous me demandiez à l'instant si la situation politique avait changé depuis les débuts de Public Enemy. La réponse est non : les Noirs sont encore plongés en enfer, partout. Politique de mon c..." Grande voix du rap, il votera Barack Obama à la prochaine présidentielle. Il pense que cet homme a du coeur et du courage, mais que le système américain, usé jusqu'à la corde, ne laissera jamais faire. "Une alliance Hillary Clinton-Barack Obama, cela aurait du poids, non ?"
 
 
Public Enemy "cherchait à propager des idées d'égalité et de révolution", commente Chuck D, assis au Petit Bar de l'Hôtel Carlton de Cannes. A ce stade de la conversation, il ne faut pas compter sur les confidences. Juste sur des assemblages d'épisodes. En 1990, Public Enemy prépare la sortie de Fear of a Black Planet, un disque-phare du hip-hop pour lequel Chuck D se fait encore arrêter sur la Croisette par des admiratrices. A l'époque, le groupe est proche des idées radicales de Louis Farrakhan, le leader de Nation of Islam. L'un des membres de Public Enemy, Professor Griff, s'attire les foudres des ligues de défense contre l'antisémitisme après avoir rendu les juifs responsables du chaos ambiant. Chuck D tergiverse. "Les propos de Professor Griff ont été sortis de leur contexte. Il s'agissait d'une discussion politique sur le conflit palestinien et une critique du gouvernement israélien. Nous, nous avons toujours dit que les races humaines étaient égales, mais nous ne contrôlons pas la presse." Silence.
 
 
Rappeur et presque quinquagénaire : l'expérience est neuve dans la communauté rap, un genre, né dans le Bronx dans les années 1970, mais toujours assimilé à l'explosion de la jeunesse. "Avec Chuck D, on a l'occasion de vérifier la théorie du verre d'eau à moitié vide et à moitié plein, explique Olivier Cachin, spécialiste français du rap. D'un côté, il a fait son temps, mais il est pertinent. Aux Etats-Unis, il n'est plus dans le jeu, comme on dit, la mode étant au rap du Sud, très électronique, très démonstratif, basé sur le rythme et le sexe, mais il assume parfaitement sa posture de papy dans une musique qui se transforme en continu. Et puis Public Enemy donne toujours de très bons concerts." Le prochain en France, ce sera avec le saxophoniste de jazz Archie Shepp. Autre public, autre perspective.
 
 
Regard planté droit devant, le vétéran, père de quatre enfants, accuse : le rap américain a dérivé vers le commerce, l'amusement crétin. C'est une caricature, "sans perspective politique, et qui rappelle que nous avons souvent eu tendance à vouloir ressembler aux maîtres des esclaves". Les diamants mal gagnés du rap bling-bling lui restent sur l'estomac. Il faudrait tisser des liens avec le très vivace hip-hop "des frères des Etats-Unis d'Afrique, dit-il. Les Américains sont les seuls à ne pas s'apercevoir que le monde est plus grand qu'eux".
 
 
Sait-il que nous avons un président bling-bling ? " President bling-bling ? Yes ! Sarkozy, il est typique de l'élite européenne, dont la bonne santé repose sur l'exploitation d'une autre partie du monde, avec sa part de tueries, de viols, de pillages, et qui ne parvient pas à donner l'égalité des chances aux frères et aux soeurs venus d'Afrique." L'Afrique, pour les Blancs ? Chuck D dessine avec ses mains un réfrigérateur : "On ouvre la porte, on se sert, on prend tout et on ne le remplit jamais."
 
 
Alors Chuck D travaille. Editeur, activiste sur le Net, homme de télévision, le voilà invité pour la quatrième fois au Midem, afin d'y relater son expérience dans le commerce numérique. "Un secteur où il a été totalement précurseur", commente Dominique Leguern, directrice générale du Midem. "Dix ans avant Radiohead, Public Enemy a vendu un album en ligne, There's a Poison Going on, deux mois avant sa parution en magasin", rappelle Chuck D, qui se débarrassa d'Universal Music en 1999, installa immédiatement la communauté rap sur le Web par le biais du site rapstation. com, puis témoigna devant le Congrès américain en faveur des réseaux P2P (peer to peer) de partage des fichiers individuels.
 
 
Avec vingt ans de tournées mondiales et plus de cinquante pays visités en compagnie de Public Enemy, Chuck D "a acquis une vision globale de la musique, qui nous sera très précieuse", a expliqué à Cannes David Meredith, patron du réseau Music Intelligence Solutions. Ce site interactif du Web.2 est destiné à des communautés d'artistes et de fans. Chuck D y joue désormais un rôle d'expert.
 
Véronique Mortaigne
 
 
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28 janvier 2008 1 28 /01 /janvier /2008 22:00
 
Toutes et tous à la Halle Carpentier
 
Samedi 2 février à 14h30
 
81 boulevard Massena - Paris 13° - M° Porte d’Ivry
Comité national pour un référendum (CNR) et les comités du 29 mai.
 
Cette initiative sera suivie le 4 février d’une manifestation : "Tous à Versailles pour un referendum" à laquelle des milliers de personnes prévoient dés maintenant de participer.
 
 
 
Lundi 4 février, le Congrès des parlementaires se réunit à Versailles pour voter la modification de Constitution nécessaire à la ratification du nouveau traité européen. Ce traité s’inscrit dans la suite du Traité constitutionnel rejeté par une majorité en France et aux Pays-bas, par référendum.
 
Le respect du vote populaire veut que ce nouveau traité soit ratifié par référendum. C’est une exigence démocratique fondamentale. Seul le peuple peut faire ou défaire ce qu’il a fait ou défait.
 
C’est une condition pour qu’ait lieu le grand débat public sur l’avenir et les transformations à entreprendre en France et en Europe, solidairement avec les autres peuples européens. Alors que tant de décisions qui concernent notre vie quotidienne et celle du pays dépendent des politiques européennes, comment justifier qu’on refuse efuse au peuple de s’exprimer ?
 
Nicolas Sarkozy veut contourner le vote populaire et refuse le référendum. S’il persiste dans son refus de donner la parole au peuple sur un texte qui engage l’avenir du pays, les députés et sénateurs peuvent l’y contraindre , si 2/5 d’entre eux votent contre la révision de la Constitution, le 4 février, à Versailles. Et cela, quelle que soit leur positon sur le traité.
 
Dans la diversité de nos opinions, nous appelons en urgence à nous retrouver ensemble, tous ensemble, le 2 février, pour empêcher le déni de démocratie et exiger la tenue d’un référendum !


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28 janvier 2008 1 28 /01 /janvier /2008 21:53
En Allemagne, la montée de la gauche radicale vient troubler le jeu des alliances politiques
 
LE MONDE | 28.01.08 | 10h59  •  Mis à jour le 28.01.08 | 10h59
 
Berlin, correspondante

 Le scénario tant redouté par les grands partis traditionnels allemands est devenu réalité : jusqu'à présent essentiellement cantonnée en Allemagne de l'Est, la gauche radicale s'établit à l'Ouest. En entrant dans les Parlements de Hesse et de Basse-Saxe, le parti Die Linke (La Gauche), issu de la fusion en juin 2007 entre l'Alternative électorale pour le travail et la justice sociale (WASG) – composée d'altermondialistes et de déçus du SPD – et le Linkspartei PDS, hérité de l'ancien Parti communiste de la RDA, s'implante, pour la première fois, dans deux grandes régions ouest-allemandes.
 
La percée de Die Linke reflète un glissement à gauche de l'opinion allemande. Alors que la croissance est de retour depuis 2006, les débats sur le pouvoir d'achat et les inégalités sociales n'ont cessé de prendre de l'ampleur. Le parti profite de la notoriété de ses leaders, le controversé Oskar Lafontaine, ancien président du Parti social-démocrate et éphémère ministre des finances, ou l'avocat Gregor Gysi, l'ancien refondateur du Parti communiste de l'ex-Allemagne de l'Est en 1989, très populaire à l'Est.
L'idée de créer ce parti remonte à 2005. Les résultats décevants obtenus par le WASG et le PDS aux élections régionales du 22 mai 2005 en Rhénanie-du- Nord-Westphalie avaient montré la nécessité d'un rapprochement. Lors des élections législatives fédérales de septembre 2005, les deux partis avaient présenté des listes communes leur permettant d'obtenir 8,7 % des voix et 53 députés, devenant la quatrième formation politique au Bundestag. Pour la première fois Die Linke était entré dans un Parlement régional de l'Ouest en 2007, dans la ville-Etat de Brême.
COALITION EN PERSPECTIVE
La participation à des gouvernements régionaux – à Berlin depuis 2001 ou dans le Mecklembourg-Poméranie occidentale jusqu'en 2006 – a obligé les anciens communistes de l'Est à revenir sur un certain nombre de leurs principes, en acceptant notamment la suppression d'emplois dans le service public. Sur le plan social, le parti se prononce pour une suppression des réformes du marché du travail mises en place par l'ancien chancelier Gerhard Schröder, l'instauration d'un salaire minimum à 8 euros de l'heure et une réduction du temps de travail.
Le Parti social-démocrate est concerné en première ligne par cette évolution. C'est dans sa clientèle que Die Linke vient d'abord recruter. En Basse-Saxe, Die Linke a rassemblé 7,1 % des suffrages, alors que le SPD affiche son plus mauvais score avec 30,3 % des voix.
Désormais, la perspective d'une coalition entre le SPD, les Verts et Die Linke devient une option à l'échelon fédéral en 2009. Même s'ils gouvernent avec la gauche radicale à Berlin depuis 2001, les sociaux-démocrates ont, à nouveau, rejeté dimanche soir cette éventualité. Mais pour de nombreux experts, cette évolution ne saurait tarder. "Nous avons désormais cinq partis à l'échelon fédéral. Il sera de plus en plus difficile pour deux partis de former une coalition", explique Eckhard Jesse, de l'université technique de Chemnitz.
 
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28 janvier 2008 1 28 /01 /janvier /2008 21:38
Nous publions un article de Laure Jinquot, militante de l’UNEF et d’une petite organisation de jeunes militants politiques « Offensive Socialiste », liés à la revue Démocratie et Socialisme de Gérard Filoche. On pourra sans doute avoir des désaccord avec la manière dont Laure aborde les questions des rapports partis-classe-syndicats lors des mouvements sociaux de l’automne, toutefois son article a le mérite de proposer une analyse sur le fond. Nous la jugeons utile pour avancer (RAG)
 
 
 

 
Le mouvement social d'automne 2007 : l'histoire d'une opposition entre la base et la tête, entre les travailleurs, la jeunesse et les appareils syndicaux et politiques.
 
Laure Jinquot
 
 

 
 
Au mois de septembre, Fillon déclarait diriger « un Etat en faillite ». Fillon exprimait ainsi les angoisses de la bourgeoisie française, de plus en plus inquiète du déséquilibre catastrophique de la balance commerciale, de la charge menaçante de la dette, de la situation financière difficile de nombre d’entreprises petites et moyennes et des menaces d’OPA qui pèsent sur les entreprises du CAC 40 (les bénéfices de celles-ci en faisant des proies attirantes).
 
Certes, l’état de l'économie de la France s'inscrit dans le contexte d’une économie mondiale bien malade, et n'a rien d'exceptionnel : la crise du « subprime » qui a éclaté cet été aux Etats-Unis a immédiatement touché la planète financière tout entière. Mais la situation qui prévaut pour les salariés français fait de plus en plus figure d'exception. À l’issue de la Seconde Guerre Mondiale, puis par de puissantes mobilisations (la grève générale en 1968 notamment), les travailleurs avaient arraché d’importants acquis sociaux : élargissement du système d'accès à l'éducation, gratuit pour tous, Sécurité sociale, limitation de la concurrence entre les travailleurs via le CDI et le statut de fonctionnaire... Dans les pays voisins avaient également été obtenus de tels acquis sociaux. Mais, dans la plupart des pays, cela fait déjà quelques années que ces acquis ont en partie été détruits (avec Thatcher en Grande Bretagne, Schröder en Allemagne).
 
 
Les entreprises françaises ont ainsi du "retard" sur cette régression sociale et la période de crise qui s'amorce les incite à accélérer ces réformes. Le programme de Sarkozy répondait à ces exigences. Une fois élu, Sarkozy dut s'atteler à la tâche. Mais si ses objectifs étaient clairs, il avait conscience que ce “retard” dans les réformes n'était pas dû à quelques fainéantises des gouvernements précédents mais à la résistance des travailleurs et étudiants (en témoigne le mouvement contre le CPE).
 
 
La principale difficulté du gouvernement était donc une question de méthode : comment faire passer la pilule de la destruction des acquis sociaux? Face au mouvement social de cet automne les tactiques déployées par le gouvernement forment un bel exemple de la méthode Sarkozy. Retracer ce mouvement nous permettra donc de les déceler, de les comprendre afin de ...mieux les contrer, une prochaine fois ?
 
 
Un mouvement pugnace qui mit en échec le calendrier des réformes de Sarkozy
 
 
La première caractéristique du mouvement de cet automne est d'avoir su mettre en échec le calendrier des réformes de Sarkozy, calendrier visant à empêcher une possible conjonction des résistances. Afin d'éviter un nouveau mouvement du type anti-CPE, la réforme de l'université fut votée cet été. De même la loi relative au service minimum fut publiée en août. Sarkozy profita ainsi de la victoire récente de l'UMP aux élections, mais également de l'absence des étudiants dans les facs, pour faire passer ces deux réformes importantes. Les « négociations » sur la réforme des régimes spéciaux commencèrent en septembre, après le vote des réformes de l’été et avant celles prévues dans la Fonction publique.
 
 
Mais la grève du 18 octobre marqua un premier pas dans le dérèglement du calendrier sarkozyste. Elle fut massive (il faut ainsi remonter à 1953 pour trouver des chiffres aussi forts à la RATP et à la SNCF) et non catégorielle (dans certaines académies le SNES dut appeler à la grève, des étudiants et des entreprises du privé se joignirent également à cette grève). La grève du 18 bloqua les négociations sur les régimes spéciaux, et impulsa la poursuite du mouvement social : du 18 octobre au 13 novembre, manifestations (contre la loi Hortefeux...), grèves (Air France, Opéra...), appels à la grève se multiplièrent (cheminots, fonction publique, magistrats...); le mouvement étudiant perça le blocus médiatique début novembre. Le 13,  les cheminots engagèrent une grève qui fut reconduite jusqu'au 20, rejoignant ainsi l'appel des fonctionnaires; les étudiants se joignirent à eux, leur mouvement crut massivement en une quinzaine de jours (4 facs perturbées le 7 novembre, 15 facs bloquées le 11 -25 mobilisées-, et 28 bloquées le 20 -une quarantaine perturbées-). Les grèves non catégorielles du 18 octobre et du 20 novembre ainsi que le principe de reconduction de la grève, adopté pour le 13 novembre, soulignent la conscience chez les travailleurs et étudiants que les attaques du gouvernement de Sarkozy contre leurs acquis sociaux correspondent à une politique globale, que seule une grève générale pourra contrer. Malgré cette nette conscience, après le 20 novembre le mouvement chancela. Les cheminots furent appelés à rentrer au nom du “on ne peut faire grève pendant un mois de négociations”. Quant aux étudiants, ils ne rentrèrent vraiment que la dernière semaine avant les vacances de Noël, après que les lycées les aient brièvement rejoints, et après avoir obtenu un soutien tardif des chercheurs.
 
 
Ainsi, si le mouvement d'automne montra une forte pugnacité, il échoua. Retracer ce mouvement en considérant les travailleurs et étudiants seuls -indépendamment de la politique suivie par leurs organisations- mène à une incompréhension. C'est oublier que ceux-ci se sont battus dans un contexte politique, déterminé essentiellement par la politique des appareils syndicaux et des dirigeants politiques.
 
 
La politique de Sarkozy s’est appuyée sur les directions syndicales
 
 
Côté syndicats, Sarkozy a brillé en la matière : de telles organisations, constituées afin de défendre les intérêts des travailleurs, peuvent être assez puissantes pour contrer les réformes qui visent à instaurer des régressions sociales. Les réformes de Sarkozy comportant des attaques importantes contre les acquis des travailleurs, son premier souci fut donc d'essayer de mettre à son service ces appareils. La méthode qu'il décida de privilégier consiste à associer les dirigeants syndicaux à l'”élaboration” de ses réformes. Sarkozy synthétisa le 18 septembre l'une des leçons qu'il a tirées lors du mouvement contre le CPE : “Le dialogue social ne doit pas être un alibi à l’inaction; mais l’urgence de l’action ne saurait justifier qu’on méprise le dialogue social”. Le  dialogue social est une  méthode efficace pour empêcher tout mouvement social : les dirigeants acceptant ainsi de discuter les réformes de Sarkozy, ils sont amenés à les modifier en bordure, et acceptent de facto leur principe. A cette fin, Sarkozy à peine élu réunit les dirigeants syndicaux. Il les réunit avant même de former son gouvernement, ce qui constitue une grande première dans l'histoire politique française, et les attela à la table des négociations.
           
 
Par conséquent, bien que les grandes lignes de la LRU étaient concoctées depuis février, Julliard ne remit pas en cause le principe même de cette loi, “l'autonomie des universités”, et suite aux négociations il se félicita d'avoir gagné...le retrait de la sélection à l'entrée du master (!). Il menaça en juin d'une grève en octobre, et en octobre, alors qu'une partie de l'UNEF (dite « minorité ») tentait d'informer et d’impulser le mouvement de contestation, il  donna l'ordre à sa fraction au sein de l’appareil de dévier le combat pour le retrait de la LRU vers d’autres questions (logement, bourses...). Et il expliqua, le 6 novembre, alors que le mouvement contre la LRU allait croissant :"On ne veut pas faire une mobilisation exclusivement sur l'abrogation car c'est un objectif qui ne nous semble pas atteignable".
 
 
Qui doit définir les revendications ?
 
 
On pourrait rappeler à Julliard que, lorsque l’UNEF engagea le combat contre la guerre d’Algérie ou, en 1986, le combat pour le retrait de la loi Devaquet, elle se détermina selon ce qui lui semblait être une question de principe et une nécessité, non sur le pseudo-critère de « réalisme ».
 
Mais constatons simplement que, à l’automne 2007, la mobilisation des étudiants s’est engagée sur une revendication nette et claire : l’abrogation pure et simple de la loi Pécresse. Ce fut l’exigence votée massivement dans toutes les Assemblées Générales ; ce fut l’exigence affirmée par toutes les coordinations nationales : la coordination du 28 octobre exigea l'« abrogation inconditionnelle de la LRU »; celle du 11 novembre « condamne toute négociation » et celle du 18 novembre répéta : « cette réforme n’est ni amendable ni négociable » ;  enfin, celle du 25 novembre demanda « au bureau national de l’UNEF de prendre clairement position pour l’abrogation de la loi Pécresse, et de cesser toute négociation jusqu’au retrait de cette loi ». Mais la direction de l’UNEF se dressa contre cette volonté : ce faisant, elle encouragea le gouvernement à la fermeté et affaiblit la mobilisation.
 
 
De leur côté, les cheminots se trouvèrent confrontés aux mêmes difficultés. L’ampleur historiquement exceptionnelle de la grève du 18 octobre traduisait clairement leur refus de la réforme des régimes spéciaux. Mais, à l’inverse de cette volonté, la CFDT se prononçait, le 18 octobre, pour « une réforme plus équilibrée » ; quant à la direction de la CGT, elle ne formula jamais l’exigence du retrait pur et simple de la réforme gouvernementale et, le 18 octobre, Thibault réclamait « un réel espace de négociation », c'est-à-dire demandait à poursuivre la négociation avec le gouvernement qui duraient depuis un mois déjà.
           
 
Néanmoins, la grève du 18 octobre avait été si massive que les négociations syndicats-directions  qui devaient commencer au niveau des entreprises, comme le voulait le gouvernement, furent bloquées et les syndicats durent appeler à la grève le 13 novembre, reconductible cette fois-ci. La menace d'un conflit qui pourrait mettre à mal le gouvernement se profila aux premiers jours de novembre, le mouvement contre les régimes spéciaux étant, entre autres, de plus en plus renforcé par celui des étudiants. Vingt jours plus tard, le mouvement des cheminots fut brisé et le gouvernement à peine effleuré. Les Echos expliquèrent que si, pour le gouvernement, « tout n’a pas marché comme prévu », si la tentative de « retournement de l’UNSA » a en particulier échoué à la RATP, « c’est bien la CGT qui a offert une porte de sortie ».
 
 
En effet, à la veille du 13 novembre Bernard Thibault apporta une aide décisive au  gouvernement de Sarkozy en lui proposant des négociations par entreprise, mais en présence d’un émissaire gouvernemental. Il les baptisa négociations « tripartites », mais en acceptant le cadre même de ces négociations dans les entreprises, il acceptait ce qu’il avait jusqu’alors refusé ! Ces négociations commencèrent le mercredi 21 novembre. A la SNCF, à la RATP, les AG furent houleuses ; les travailleurs reprirent le travail, et la réforme gouvernementale passa comme prévu.
         
 
Quelques jours plus tard, les Echos demandaient “Le conflit des étudiants peut-il suivre la même voie que celui des cheminots?”. Pour l’essentiel, la réponse  est hélas  « oui » : la direction de l’UNEF, contre la volonté des étudiants, négocia de nouveau, prétendit avoir obtenu des avancées…et appela le 29 novembre à « lever les blocages » et « suspendre la grève ». En dépit de cet appel, la mobilisation se prolongea trois semaines encore.
 
 
Sarkozy a pu s’appuyer sur les dirigeants du PS
 
           
 
Si les dirigeants du PS avaient pris clairement position contre la politique de Sarkozy, si dans les syndicats, tous les militants du PS avaient pu s’appuyer sur leur parti pour rejeter toute forme de conciliation avec le gouvernement, la mobilisation aurait eu un visage tout autre. Ce ne fut pas le cas.
 
 
Il suffit de rappeler qu’en ce qui concerne les régimes spéciaux, aucun de ces dirigeants ne se prononça pour la défense inconditionnelle des régimes dits « spéciaux » : « la réforme des régimes spéciaux est nécessaire » dit Benoît Hamon le 11 septembre et répète Hollande le 18 octobre. Quant à Royal, le même jour, elle ne reproche guère à Sarkozy qu’une seule chose : « le pouvoir est en train  de gâcher » par ses méthodes, « les bonnes dispositions de nos leaders syndicaux »… En ce qui concerne la LRU, ces dirigeants refusent le combat contre le principe même de l’autonomie, refusent de demander l’abrogation de cette loi, et laissent à Royal le soin de promouvoir la LRU : « Je dis au gouvernement qu'il ne faut pas gâcher cette bonne réforme, c'est-à-dire qu'il faut l'accompagner des moyens nécessaires » (le 20 novembre).
 
 
De telles déclarations ne pouvaient qu’affaiblir la mobilisation et encourager Sarkozy à persévérer.
         
 
Les étudiants comme les salariés ont besoin d’une organisation politique qui défende leurs revendications, et qui les aide à se réapproprier leurs syndicats
 
 
Les dirigeants syndicaux n'ont cessé d'expliquer que la situation politique n'était pas favorable, que l'on ne pouvait se lancer dans la bataille car l'on risquait de perdre. Mais qui doit décider : vingt dirigeants syndicaux ou des dizaines, des centaines de milliers de manifestants et grévistes ? Le mouvement de cet automne a montré une chose indéniable : les travailleurs et étudiants étaient prêts à se battre, mais pas leurs dirigeants syndicaux. Ils sont responsables de ne pas avoir repris nos mots d'ordre, mais nous n’avons pas réussi à leur imposer nos revendications.
 
Or les directions syndicales et les différents courants politiques de gauche sont étroitement liés ; ces dernières influent sur les orientations syndicales. Ainsi lors du mouvement contre le CPE, le MJS et l'UNEF avaient impulsé le mouvement sur un mot d'ordre clair : “retrait du CPE”. Le PS et toute la gauche avaient suivi. Mais lors du mouvement contre la LRU, ces syndicats ou partis majoritaires n'ont pas exigé l’abrogation de la LRU. Il était possible qu’il en soit autrement s'il y avait eu une force au sein du parti majoritaire de la gauche, du PS, capable de mener (et de vouloir mener) bataille contre les positions politiques des dirigeants de ces appareils. Mais au sein du PS, au sein du MJS et au sein de l'UNEF, aucune bataille n'a été menée, si ce n’est ponctuellement ou marginalement, pour que les dirigeants reprennent le mot d'ordre d'abrogation de la LRU.
 
 
Certains expliqueront cette situation en baissant les bras, en vous disant que ces organisations ont viré l'arme à droite, et sont presque mortes. Or, pour ce qui concerne les syndicats, ils ne vont pas disparaître : si on ne combat pas politiquement pour qu’ils soient au service des salariés, des étudiants, Sarkozy (et les finances de l’UIMM !) sauront les utiliser pour leur propre compte. Pour ce qui est du PS, son avenir est beaucoup plus inquiétant et si, tel un funambule malade, il venait à tomber et se disloquer, ceci ne pourrait que réjouir Sarkozy (et Bayrou,...). Dans cette situation, il faut affirmer la nécessité de préserver le PS comme parti du mouvement ouvrier. Ceci implique de se battre pour qu’il reprenne à son compte nos revendications, et non de se perdre en petites manoeuvres d'appareils avec l’illusion que l’on pourrait redresser la direction du PS. Et, Si l’on ne pouvait alors empêcher le funambule de choir, au moins pourrions nous ainsi regrouper l’essentiel de ses forces saines pour reconstruire une alternative politique. 
 
 


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27 janvier 2008 7 27 /01 /janvier /2008 22:21
 
ILS ONT ESSAYE DE ME FAIRE PASSER POUR UNE ANTISÉMITE AFIN DE JUSTIFIER L’AGRESSION

Ginette Hess Skandrani

AUDIENCE EN QUALITE DE PARTIE CIVILE DEVANT LE PREMIER JUGE D’INSTRUCTION : MELLE RINGOT
TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE DE PARIS

25 JANVIER 2008

Suite à mon agression du mercredi 25 octobre 2006 à 17h45, où deux jeunes mecs tout de noir vêtu avec des casques à la main se sont précipités sur moi, alors que j’essayais vainement de repousser
la porte, en me cognant violemment avec les casques sur la figure et la tête, me cassant les lunettes et me donnant des coups de pied sur tout le corps, m’amochant sérieusement, et ma plainte contre ces deux sbires ayant été retenue et confirmée par la police judiciaire qui, une fois n’est pas coutume, a fait diligence et arrêté mes deux agresseurs et convoqué ceux qui étaient restés en faction dans
l’entrée, j’ai été convoquée à une première audience.

Ces deux derniers : l’un se dénommant Elie Stiven et l ‘autre Ruben Coleu étant malheureusement en fuite en Israël donc échappant de ce fait à la justice française. Je ne sais même pas si un mandat a été lancé contre eux. J’en doute fort.

Comme mes deux agresseurs m’avaient dit : " tu sais pourquoi nous sommes là ", j’avais immédiatement pensé au BETAR (groupe paramilitaire juif) ou à la Ligue de défense juive car ils sont
coutumiers de ce genre d’agression dans la rue et dans les manifestations privées et publiques.
J’avais part de mes soupçons à la police judiciaire qui m’a présenté une centaine de photos sur
lesquelles j’avais reconnu mes agresseurs. Ils détenaient également leurs empreintes digitales ce qui avait facilité leur reconnaissance.

Je les avais également reconnus, tous les deux, derrière une vitre sans tain.

Lorsque je suis rentrée dans le bureau de Melle Ringot, mes deux agresseurs étaient présents avec leurs avocats.

Je me suis exprimée en premier afin de décrire mon agression et réaffirmer que je les reconnaissais formellement. ( pour le moment je ne donnerais pas leur nom afin de respecter la procédure judiciaire).

Melle la Juge d’instruction m’a posé plusieurs questions sur cette reconnaissance ainsi que les avocats de mes agresseurs.

Ils ont essayé de me faire croire qu’ils étaient bien là, mais que ce n’étaient pas eux les agresseurs, rejetant la responsabilité sur ceux qui étaient en fuite en Israël. Je ne sais pas s’il y a un avis de
recherche lancé contre eux afin de les faire passer par la justice française. J’ai bien peur qu’ils soient effectivement protégés.

Lorsque Melle Ringot a lu deux lettres envoyées d’Israël par Elie X et Antony Y (bien connu des militants de la cause palestinienne et qui n’a jamais été présent sur les lieux de mon agression) proposant d’endosser la responsabilité de cette agression vu qu’ils étaient en sécurité, j’ai compris l’entourloupe qu’ils étaient en train de mener devant la justice. Mon avocat, Maître Missamou était déjà au courant de cette manipulation, car il avait eu accès au dossier. Ils ont voulu me faire dire que ma description ne leur correspondait pas tout à fait, car celui que j’avais décrit comme plus athlétique se prétendait obèse et l’autre travaillant dans les bijoux n’avait pas les cheveux courts à l’époque.

Lorsque j’ai demandé qu’ils désignent leurs commanditaires, l’un d’entre eux a répondu : " c’est Elie X qui m’a envoyé et je ne savais pas pourquoi j’y allais ". L’autre a répondu la même chose tout en rajoutant : " c’est moi qui vous ai donné les noms de X et Y ".

Lorsque Maître Missamou leur a posé la question : " pensez-vous que Mme Skandrani soit antisémite, suite à l’accusation de leurs avocats ", ils ont répondu qu’ils ne me connaissaient pas et ne
savaient pas si j’étais antisémite.

Surtout que l’un des avocats Maître Korziaki n’arrêtait pas de me harceler avec : " vous avez dit lors de la première présentation de photos (plus d’une centaine) " c’est difficile, ils se ressemblent tous
". Est-ce que parce qu’ils sont juifs qu’ils se ressemblent " ? J’ai répondu : " Non, c’est parce qu’ils ont tous un regard violent et la même attitude de méchanceté ". Je les avais d’ailleurs immédiatement reconnus quand il ne restait qu’une quarantaine de photos.

Cet avocat m’a également attribué le site : " la banlieue s’exprime " ainsi qu’un texte qui y circule : " les innommables ". J’ai répondu que j’avais assez de sites pour m’exprimer sans vouloir en créer un à moi et que je ne savais pas ce qu’était ces innommables dont il parlait. Maître Missamou a eu le mot de la fin en disant : " vous voulez inverser les rôles et justifier une agression en faisant passer ma
cliente pour une antisémite, ce sont vraiment des mœurs bizarres, vous voulez faire passer une affaire juridique pour une affaire antisémite. ".
A suivre.

        
 
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27 janvier 2008 7 27 /01 /janvier /2008 21:30
Allemagne : gauche radicale contre gauche modérée
 
LE MONDE | 25.01.08 | 14h45  •  Mis à jour le 25.01.08 | 14h45
 
WETZLAR (HESSE) ENVOYÉ SPÉCIAL

 Devant un auditoire trop restreint pour la grande salle des fêtes, Oskar Lafontaine énumère les succès du Linkspartei, le parti de la gauche radicale qu'il a fondé avec d'anciens communistes de l'ex-Allemagne de l'Est. Il y a là un échantillon des divers courants qui se sont péniblement rassemblés avant les élections fédérales de 2005 et qui ont réussi leur entrée au Bundestag, provoquant un petit séisme dans le paysage politique. Des vieux communistes de l'Ouest (DKP), un dirigeant local du syndicat DGB qui trouve sa centrale trop tiède et trop proche des sociaux-démocrates, des vétérans pacifistes qui regrettent "l'embourgeoisement" des Verts...
 
En privé, Willi von Ooyen, tête de liste au scrutin régional de Hesse, le 27 janvier, reconnaît qu'il n'existe pas encore "une culture unique de parti".Lui-même n'est pas membre du Linkspartei. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'il a été choisi après un scandale avec un ancien du DKP. Pédagogue dans une institution pour handicapés mentaux, il vient des Bürgerinitiative qui se sont battues dans les années 1980 contre l'implantation en Europe des fusées Pershing et des missiles de croisière. L'ambition n'est pas de participer à un gouvernement mais de servir d'aiguillon à un moment où le Zeitgeist (l'esprit du temps) est en train de changer en Allemagne.
 
Tous les partis sont touchés. Le Parti libéral (FDP) se polarise sur le libéralisme économique, abandonnant la défense des libertés publiques qui constituait le deuxième pilier de sa doctrine. La CDU-CSU s'interroge sur sa fidélité à la référence chrétienne. Les Verts se sont assagis sous l'effet de leur participation au pouvoir de 1998 à 2005. Le SPD est à la recherche de son identité. Le centrisme traditionnel est en train de craquer sous l'effet d'une diversification de la société et une tendance à la polarisation soutenue par les changements dans les rapports sociaux.
 
Oskar Lafontaine, qui a abandonné son poste de ministre des finances quand Gerhard Schröder a lancé le SPD sur la "troisième voie" de Tony Blair, promet une nouvelle jeunesse à des thèmes naguère ringards : la justice sociale, la lutte contre les privilèges des grandes sociétés et de leurs dirigeants mais aussi le refus des aventures militaires extérieures, en Afghanistan ou ailleurs. Le magazine Der Spiegel le traite de "poil à gratter". Le chef du Parti libéral (FDP), Guido Westerwelle, constate que "le virus Lafontaine" se répand en Allemagne. Ceux qu'il gêne le plus, ce sont ses anciens camarades du SPD. A tel point que certains se demandent si son principal objectif n'est pas simplement de leur nuire.
 
Les thèmes que le Linkspartei met en avant trouvent un écho favorable à la base du SPD, qui a mal digéré les réformes imposées par Gerhard Schröder et poursuivies par la grande coalition. L'allongement de l'âge de la retraite à 67 ans, la réduction des allocations chômage, connue sous le nom de Hartz IV, sont particulièrement impopulaires. Le Linkspartei chasse sur les mêmes terres que le SPD. Les chômeurs, les retraités, les ouvriers sont leur clientèle commune. Les sociaux-démocrates ont déjà repris quelques revendications lancées par la gauche radicale, comme le maintien des allocations pour les chômeurs de longue durée et surtout le salaire minimum.
 
Il ne s'agit pas d'un changement d'orientation, avoue - modeste - Oskar Lafontaine, mais seulement de "légères corrections". Elles suffisent à mettre le SPD dans l'embarras, d'autant que les dirigeants du Linkspartei maîtrisent toutes les astuces de la propagande. L'année dernière, ils ont présenté au Bundestag une proposition de loi pour l'instauration d'un salaire minimum généralisé reprenant mot pour mot une pétition des sociaux-démocrates. Pour ne pas se fâcher avec la chancelière, Angela Merkel, les députés ont voté comme un seul homme contre leur propre texte ! Depuis, la direction du SPD a fait de cette revendication sa première priorité. La candidate social-démocrate en Hesse, Andrea Ypsilanti, a lancé une campagne de signatures sur ce thème. Elle a ainsi accru ses chances de l'emporter sur un des barons de la démocratie-chrétienne dont la réélection paraissait assurée, voilà quelques semaines.
 
Pour ne pas être doublés sur leur gauche et pour se distinguer de leurs alliés chrétiens-démocrates de la grande coalition en vue de la confrontation de 2009 devant les électeurs, les sociaux-démocrates ont radicalisé leur discours. Ils veulent aussi arrêter l'hémorragie de militants qui frappe le parti depuis le tournant "libéral" des années 2000. Kurt Beck, par ailleurs ministre-président de Rhénanie-Palatinat, qui est le troisième président du parti depuis Gerhard Schröder, cherche le salut dans un retour aux thèmes classiques de la social-démocratie. Au grand dam de la droite du SPD, qui lui reproche de faire une fixation sur le Linkspartei. "Je reconnais que ces réponses correspondent tout à fait à la tradition de la social-démocratie, affirme Wolfgang Clement, ancien ministre de l'économie du gouvernement rouge-vert, reconverti dans l'industrie énergétique. Mais ce ne sont plus les bonnes réponses."
 
Dans les Länder qui formaient autrefois la RDA, les sociaux-démocrates sont prêts à s'allier avec les anciens communistes. C'est aussi le cas à Berlin, gouverné par une coalition dite rouge-rouge. Mais à l'Ouest la coopération entre les frères ennemis est encore un tabou. Willi von Ooyen estime pourtant que l'épouvantail représenté par les anciens communistes est-allemands ne fait plus peur. Le chef du groupe parlementaire de la CDU-CSU au Bundestag, Volker Kauder, lui donne implicitement raison quand il lance une mise en garde : "Les jeunes en particulier ne sont pas conscients qu'il s'agit là (le Linkspartei) d'un héritier direct du SED et du PDS (le nom des deux partis communistes est-allemands, avant et après la chute du Mur), et non d'une organisation de bienfaisance."
 
Le SPD répète sur tous les tons qu'il n'est pas question de former des gouvernements régionaux avec la gauche radicale ni même d'accepter son soutien. Après son entrée au Parlement fédéral, le Linkspartei se contenterait de participer à quelques Parlements régionaux dans la partie occidentale de l'Allemagne, gage d'une implantation pérenne. A partir de là, il pourrait jouer son rôle d'aiguillon et de trouble-coalition. Le cauchemar des sociaux-démocrates allemands rappelle le dilemme des socialistes français avant la victoire de François Mitterrand en 1981 : avec les communistes, ils effrayaient les centristes, dont l'apport était indispensable à une majorité ; sans les communistes, ils n'avaient aucun espoir de jamais l'emporter.
 
L'échiquier politique allemand a longtemps été la chasse gardée de trois formations, deux grands partis de masse, l'Union démocrate-chrétienne et la social-démocratie, plus le petit Parti libéral qui servait d'appoint à l'une ou à l'autre. Dans les années 1980, le jeu s'est compliqué avec l'apparition des Verts. Avec un cinquième larron, une coalition gouvernementale avec seulement deux partis apparaît désormais difficile, sinon exclue. En refusant de coopérer d'une manière ou d'une autre avec le Linkspartei, le SPD risque d'être condamné soit à cohabiter avec les démocrates-chrétiens dans une grande coalition soit à s'infliger une interminable cure d'opposition.
 
En attendant, le curseur de la politique intérieure s'est déjà déplacé - légèrement - vers la gauche. C'est peut-être un paradoxe, mais la formation, en 2005, de la grande coalition, vaste rassemblement centriste par définition, a tiré la démocratie chrétienne vers la gauche. Pour devenir chancelière, Angela Merkel a dû renoncer aux réformes économiques et sociales-libérales qu'elle avait annoncées pendant la campagne. Elle a mis en oeuvre la plupart des décisions que son prédécesseur social-démocrate Gerhard Schröder avait prises pendant son deuxième mandat. Elle a même consenti des concessions sociales à ses ministres SPD, eux-mêmes placés sous pression par le président et la base de leur parti et par les coups d'aiguille de la gauche radicale. La meilleure illustration en est la discussion autour du salaire minimum. La mesure n'est pas en soi révolutionnaire - la Grande-Bretagne "blairiste" a rétabli un smic - et il est probable que le débat au sein du gouvernement se terminera par un compromis. Celui-ci n'en sera pas moins difficile à imposer à l'aile libérale et aux représentants patronaux au sein de la démocratie chrétienne.
 
Cette évolution ne signifie pas pour autant que le centre, lieu géométrique de la politique allemande depuis la création de la RFA en 1949, soit définitivement abandonné. Face à l'apparition de la gauche de la gauche et à la radicalisation - relative - du SPD, Angela Merkel a compris qu'il était dans son intérêt de préparer les prochaines échéances électorales nationales en occupant ce terrain, le fameux "Mitte" qui permet toutes les déclinaisons. En 1998, Gerhard Schröder avait fait campagne sur le thème du "nouveau centre".
 
"Là où nous sommes, là est le centre", a déclaré la chancelière au dernier congrès de son parti. Elle n'a pas besoin de le définir plus précisément. Au contraire. Sa popularité repose sur sa capacité à concilier et parfois à défendre des positions contradictoires. Car des années de vaches maigres et une reprise économique dont ils ne perçoivent pas toujours les fruits ont peut-être ébranlé la confiance des Allemands dans la valeur des compromis. Elles ne l'ont pas détruite.
 
Daniel Vernet
Article paru dans l'édition du 26.01.08
 
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27 janvier 2008 7 27 /01 /janvier /2008 11:56
Barack Obama remporte la
 
primaire démocrate en Caroline du Sud
 
COLUMBIA, Caroline du Sud (Reuters)
 
  Barack Obama a facilement remporté samedi la primaire démocrate très disputée organisée en Caroline du Sud grâce au soutien massif de la population noire, au terme d'une campagne marquée par des échanges parfois virulents avec sa principale concurrente Hillary Clinton.
 
Le sénateur de l'Illinois, qui ambitionne de devenir le premier président noir des Etats-Unis, a sévèrement battu l'ex-First Lady lors de cette nouvelle étape du processus de désignation du candidat qui défendra les couleurs du Parti démocrate lors de l'élection présidentielle du 4 novembre.
 
John Edwards, ancien sénateur de Caroline du Nord, a fini troisième dans cet Etat où il avait décroché la victoire en 2004, ce qui pourrait remettre en question la poursuite de sa campagne.
 
Après dépouillement de la quasi-totalité des bulletins, Obama obtenait le double des voix réunies par Clinton avec 55% des suffrages, contre 27% pour la sénatrice de New York et 18% pour Edwards.
 
Cette victoire d'Obama, après deux défaites successives face à Clinton dans le New Hampshire et le Nevada, donne un nouvel élan à sa campagne en vue du "Super Mardi", le 5 février, où 22 Etats sont appelés à se prononcer. Le sénateur de l'Illinois a remporté la première consultation dans l'Iowa.
 
"Ce soir, les cyniques qui pensaient que ce qui avait commencé sous les flocons de l'Iowa n'était qu'une illusion ont entendu une autre histoire avec les gens biens de Caroline du Sud", a lancé Obama devant une foule extatique à Columbia, capitale de la Caroline du Sud.
 
"Dans neuf petits jours, près de la moitié du pays aura la chance de nous rejoindre pour dire que nous en avons assez des vieilles habitudes de Washington, que nous avons faim de changement et que nous sommes prêts à croire à nouveau", a-t-il ajouté.
 
Clinton a appelé Obama pour le féliciter et a quitté la Caroline du Sud pour se rendre dans le Tennessee, un des 22 Etats qui voteront le 5 février, alors que les résultats commençaient à tomber.
 
PARTICIPATION RECORD
 
"Désormais les yeux du pays sont tournés vers le Tennessee et les autres Etats qui voteront le 5 février", a-t-elle déclaré à Nashville. "Des millions et des millions d'Américains vont avoir la chance de faire entendre leur voix (...)".
 
Les enjeux du scrutin en Caroline du Sud étant importants, le ton est monté entre les deux principaux candidats, qui pendant une semaine se sont violemment affrontés, lors du débat de lundi d'abord, puis par médias et publicités de campagne interposés, avec Bill Clinton dans le rôle du porte-flingue.
 
D'après des sondages de sortie des urnes, Obama a été plébiscité par quatre électeurs noirs sur cinq, dans un Etat où ils représentent la moitié des électeurs démocrates. Il a également été choisi par un quart des électeurs blancs, un score plus élevé que prévu. Edwards et Clinton se sont partagés le reste du vote blanc.
 
L'agressivité de Bill Clinton à l'encontre d'Obama semble avoir porté préjudice à son épouse, selon des sondages de sortie des urnes. Environ six participants à la primaire sur dix ont déclaré que son rôle dans la campagne avait pesé dans leur choix. Parmi eux, 47% ont désigné Obama, contre 38% pour Clinton.
 
Obama a par ailleurs remporté les suffrages de la moitié des électeurs qui ont fait leur choix dans les dernières 24 heures, d'après des sondages de sortie des urnes.
 
Edwards qui avait accusé ses deux concurrents d'immaturité et avait fait diffuser des publicités qui le présentaient comme le seul adulte à briguer l'investiture démocrate, a été sévèrement battu dans l'Etat où il est né.
 
C'est la troisième fois de suite qu'il termine troisième, après une deuxième place dans l'Iowa, mais Edwards refuse pour l'instant de renoncer.
 
"Maintenant, nous allons tous les trois passer à l'étape du 5 février où des millions d'Américains vont voter et contribuer à dessiner l'avenir du parti et contribuer à dessiner l'avenir du pays", a-t-il déclaré devant ses partisans à Columbia.
 
Le taux de participation a atteint un record : plus de 500.000 personnes ont pris part à cette première primaire démocrate dans un Etat du Sud.
 
 
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26 janvier 2008 6 26 /01 /janvier /2008 17:50
Société Générale : Jérôme Kerviel en garde à vue à la Brigade financière
 
PARIS (AFP)
 
 Jérôme Kerviel, le trader mis en cause dans la "fraude" dont aurait été victime la Société Générale, a été placé samedi en garde à vue dans les locaux de la Brigade financière à Paris pour y être entendu par les policiers chargés de l'enquête.
 
Un important dispositif de sécurité a permis peu avant 14H00 (13H00 GMT) l'accès de deux véhicules, dont un Renault Kangoo à bord duquel se trouvait Jérôme Kerviel, dans le parking de l'immeuble de la Brigade financière, situé rue du Château-des-Rentiers (XIIIe arr).
 
Jérôme Kerviel, un trader de 31 ans soupçonné d'avoir fait perdre 4,9 milliards d'euros à la Société Générale, a été placé sous le régime de la garde à vue, a précisé une source judiciaire.
 
Vendredi après-midi, des enquêteurs de la Brigade financière s'étaient rendus à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) pour perquisitionner au domicile de M. Kerviel, d'où les policiers étaient ressortis avec des documents, peu dignes d'intérêt selon une source proche du dossier.
 
Selon des voisins, le trader n'a pas été vu depuis plusieurs semaines, certains évoquant une sous-location à un couple.
 
Les policiers s'étaient également rendus vendredi au siège administratif de la Société générale à La Défense (Hauts-de-Seine) où "des pièces utiles à l'enquête" leur ont été remises volontairement, selon le parquet de Paris.
 
Alors que les explications de la Société Générale sur ses pertes colossales ont suscité l'incrédulité voire les critiques, le PDG Daniel Bouton s'est défendu samedi dans un long entretien au Figaro.
 
Le PDG a réfuté notamment toute dissimulation. "Ce qui est arrivé à la Société Générale n'a rien à voir avec une catastrophe qui aurait été le fait de notre stratégie. Cela s'apparente à un incendie volontaire, qui aurait détruit une grosse usine d'un groupe industriel", a déclaré M. Bouton.
 
Il a rejeté l'hypothèse d'avoir "transféré dans un trou nouveau des pertes provenant d'un autre trou", en l'occurence celui généré par la crise financière internationale. "Cela, a-t-il souligné, ne tient pas debout, ni techniquement ni comptablement."
 
Il a aussi démenti la responsabilité de la banque dans la chute spectaculaire des marchés financiers en début de semaine, ainsi que dans la décision mardi de la Réserve fédérale américaine (Fed) d'abaisser son principal taux directeur de 0,75 point.
 
La Société Générale a déposé plainte contre Jérôme Kerviel pour "faux et usage de faux" et "atteinte au système de traitement automatisé des données".
 
Le parquet de Paris, qui centralise les plaintes visant cette "fraude" record, a ouvert jeudi une enquête préliminaire, confiée à la brigade financière, à la suite d'une première plainte contre X déposée dans la matinée au nom d'un petit porteur pour "escroquerie, abus de confiance, faux et usage de faux, complicité et recel".
 
Les plus hautes autorités de l'Etat, de Nicolas Sarkozy à François Fillon en passant par le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, se sont employées vendredi à rassurer aussi bien les marchés que l'opinion publique.
 
Le Premier ministre a demandé "sous 8 jours" à Christine Lagarde (Economie) un rapport sur cette affaire.
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26 janvier 2008 6 26 /01 /janvier /2008 17:43
Le Hamas accepte de dialoguer au Caire avec le Fatah
 
DAMAS (Reuters)
 
Le Hamas a accepté vendredi une proposition égyptienne de rencontre au Caire avec le Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas dans le cadre d'une tentative de rapprochement interpalestinien.
 
"Moi-même et tous les frères de la direction du Hamas serons heureux de participer et nous chercherons à faire de ce dialogue un succès", a déclaré à Reuters le chef du mouvement islamiste, Khaled Méchaal.
 
Dans un entretien à paraître samedi, le président égyptien Hosni Moubarak invite les deux parties à se rencontrer dans la capitale égyptienne pour des négociations.
 
Selon des médias arabes, Moubarak s'efforce de réunir au Caire un "sommet" entre Méchaal et Abbas.
Méchaal, qui vit en Syrie avec d'autres dirigeants en exil du mouvement islamiste, a dit n'avoir pas été informé de la date à laquelle pourrait se tenir la rencontre.
 
Le Fatah n'a pas réagi dans l'immédiat.
 
L'Egypte a critiqué le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza contrôlée par le Hamas. Ce blocus a entraîné des pénuries de combustibles et de vivres et a incité des activistes du Hamas à faire sauter cette semaine une section du mur construit par Israël pour séparer le territoire de l'Egypte.
 
Des milliers d'habitants de Gaza se sont précipités en Egypte pour faire des provisions. L'Egypte a commencé vendredi à refermer la frontière mais des combattants du Hamas ont ouvert un autre passage.
 
REMERCIEMENTS A L'EGYPTE
 
Méchaal a minimisé tout risque de conflit avec l'Egypte et déclaré que le Hamas serait prêt à partager le contrôle du principal point de passage de Rafah avec le Fatah et les autorités égyptiennes.
 
"Nous remercions l'Egypte et nous l'invitons à continuer de traiter avec sagesse cette situation d'urgence entraînée par le dur siège", a-t-il dit.
 
"Les préoccupations sécuritaires des autorités égyptiennes sont compréhensibles et nous avons dit que nous étions prêts à partager la gestion du point de passage de Rafah."
 
Le conflit entre le Fatah et le Hamas, qui a pris le contrôle en juin dernier de la bande de Gaza, s'est accentué lorsque Abbas a accepté de reprendre des discussions de paix avec Israël, après la conférence d'Annapolis qui s'est réunie en novembre aux Etats-Unis.
 
Une réunion de dirigeants palestiniens opposés à ces discussions, parmi lesquels des représentants du Hamas, a pris fin vendredi à Damas. Un communiqué final déclare qu'Abbas n'avait pas de consensus pour négocier avec Israël, mais il ne lui demande pas de rompre les négociations.
 
Abbas a exigé, avant de reprendre le dialogue avec le groupe islamiste, que le Hamas renonce à son emprise sur la bande de Gaza et accepte des élections présidentielle et législatives anticipées.
 
Le Hamas, qui a battu le Fatah aux élections de 2006, a rejeté ces conditions et a réclamé des discussions sans condition.


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25 janvier 2008 5 25 /01 /janvier /2008 23:09
Des activistes ouvrent de
 
nouvelles brèches dans la clôture
 
entre Gaza et l'Egypte
 
RAFAH (AFP)
 Des activistes du Hamas ont ouvert vendredi de nouvelles brèches dans la clôture frontalière entre Gaza et l'Egypte au moment où la sécurité égyptienne tentait d'y remettre de l'ordre après avoir laissé passer des centaines de milliers de Palestiniens.

 

 
Un bulldozer conduit par des activistes du mouvement islamiste palestinien, qui contrôle la bande de Gaza, a opéré deux brèches distantes de quelques dizaines de mètres à Rafah, ville à cheval entre les territoires palestinien et égyptien.
 
Débordés, les policiers égyptiens postés dans le secteur ne sont pas intervenus.
 
Des centaines de Palestiniens, qui attendaient en scandant des slogans à la gloire du Hamas, ont immédiatement pénétré par les brèches, certains à pieds, d'autres en voiture ou sur des charrettes tirées par des ânes, vers le côté égyptien de la frontière sans être inquiétés.
 
La destruction de nouveaux tronçons de la clôture est survenue alors que les forces égyptiennes tentaient de sceller la frontière après avoir laissé passer depuis mercredi des centaines de milliers de Palestiniens qui ont profité de la destruction partielle de la clôture pour s'approvisionner chez leur voisin.
 
D'abord, la police égyptienne a annoncé par haut-parleurs dans la matinée dans la partie égyptienne de la ville de Rafah et à El-Arich, plus à l'ouest, que la frontière serait scellée à partir de 13H00 GMT.
 
Des sources de sécurité égyptiennes ont ensuite indiqué que les forces de l'ordre avait commencé à fermer le secteur dit de la "Porte de Salaheddine", le principal point d'accès.
 
Les habitants de Gaza sont soumis depuis le 17 juin à un blocus israélien qui a provoqué des pénuries d'essence et de produits de base.
 
Le Hamas a affirmé que la destruction partielle de la clôture frontalière était un acte populaire "spontané" et qu'il ne l'avait pas orchestré. "Dès le début notre gouvernement n'est pas intervenu. Il s'agit d'un effort populaire", a déclaré Taher Al-Nounou, porte-parole du Hamas.
 
"Nous estimons que le règlement de ce problème passe par l'ouverture officielle du terminal de Rafah pour les personnes et les marchandises", a-t-il ajouté. Le terminal, qui ne peut fonctionner sans l'accord d'Israël selon un accord parrainé par Washington, était fermé depuis juin 2006.
 
En dépit de l'annonce égyptienne de la fermeture imminente du passage, des Palestiniens continuaient de pénétrer en territoire égyptien, bien qu'ils étaient beaucoup plus nombreux à faire le trajet inverse, selon un correspondant de l'AFP sur place.
 
La plupart des habitants de Gaza rentraient chez eux portant des sacs ou des cartons remplis de produits alimentaires. D'autres ramenaient des postes de télévision, des frigidaires et des bidons d'essence.
 
Des échauffourées se sont produites dans certains secteurs le long de la clôture frontalière et les forces de l'ordre égyptienne ont repoussé la foule à l'aide de canons à eau et des matraques électriques, selon des témoins.
 
Salim Waqad, 53 ans, et sa femme ont profité de l'ouverture forcée de la frontière pour aller voir leur fils à El-Arich.
 
"On a aussi fait quelques courses", dit-il en montrant des sacs en plastique remplis de détergents et de chips. "Malheureusement, on n'a pas assez d'argent pour acheter plus", reprend la femme.
 
Israël et les Etats-Unis s'étaient inquiétés de l'ouverture de la frontière, estimant que le Hamas pourrait en profiter pour faire venir des armes depuis l'Egypte.
 
A Damas, les mouvements palestiniens les plus radicaux dont le Hamas et le Jihad islamique, ont demandé à l'Egypte "de ne pas fermer la frontière avec Gaza, et d'imposer la souveraineté égyptienne et palestinienne sur le passage de Rafah".
 
Par ailleurs, quatre membres du bras militaire du Hamas ont été tués dans un double raid aérien israélien à Gaza, portant à 45 le nombre de Palestiniens tuées dans des opérations ciblées israéliennes dans le territoire depuis le 15 janvier. Un cinquième Palestinien a été tué par l'armée en Cisjordanie.
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