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16 août 2008 6 16 /08 /août /2008 19:20

L’hypocrisie impérialiste sur la guerre en Géorgie


Par Patrick Martin


www.wsws.org


Les combats ont largement diminué entre les troupes russes et géorgiennes après la déclaration d’un arrêt des hostilités par le Président russe Dmitri Medvedev. Il a fait l’annonce à Moscou après les pourparlers sur un cessez-le-feu avec le président français Nicolas Sarkozy, qui représentait l’Union européenne.


Sarkozy a ensuite pris l’avion vers la capitale géorgienne de Tbilisi, où le président géorgien, Mikheil Saakashvili, a accepté les mêmes termes d’un cessez-le-feu, incluant le retrait des troupes russes de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie et la fin des opérations militaires en Géorgie contre les deux territoires, qui font nominalement partie de la Géorgie mais qui sont autonomes et qui sont sous la protection russe depuis l’effondrement de l’Union soviétique.


La guerre de cinq jours a révélé l’état extrêmement tendu des relations internationales, montrant le danger d’un conflit direct entre les grandes puissances pour la première fois depuis la fin de la Guerre froide. Elle a aussi mis en évidence l’hypocrisie complète de l’administration Bush et des médias américains, qui ont condamné la Russie pour ses actions militaires qui sont éclipsées par les présentes guerres d’agression en Irak et en Afghanistan.


Il n’y a rien de progressiste dans l’intervention militaire russe en Géorgie. L’élite dirigeante russe poursuit ses propres objectifs prédateurs dans le Caucase, une région qui fut dirigée pendant deux siècles par Moscou avant l’effondrement de l’Union soviétique en 1991. Cependant, la force principale derrière l’éruption d’une crise dans le Caucase est l’impérialisme américain, qui a mené une politique provocatrice destinée à supplanter la Russie dans ses anciennes sphères d’influence dans le but d’établir l’hégémonie américaine sur les terres eurasiennes. Un instrument central de cette politique fut le régime pro-américain de Saakashvili, qui a pris le pouvoir en 2004 lors de la « Révolution des roses », orchestrée par les Etats-Unis.


La Géorgie a initié le présent conflit avec une attaque soudaine la semaine dernière sur l’Ossétie du Sud, y compris une attaque militaire dévastatrice sur Tskhinvali, la capitale de la région, où jusqu’à 2000 personnes auraient été tuées. L’écrasante réponse russe, incluant des centaines de tanks et d’avions de combat, a rapidement mis en déroute les forces militaires géorgiennes.


Les deux gouvernements se sont échangé des accusations de génocides et de nettoyage ethnique en Ossétie du Sud. Des dizaines de milliers d’Ossétiens—une population distincte des Géorgiens quant à la culture et au langage—ont fui vers le territoire russe de  l’Ossétie du Nord, tout juste de l’autre côté de la frontière internationale, tentant d’échapper à la violence.


Des réfugiés ont dit aux journalistes que des centaines de personnes, si ce n’est des milliers, ont été tuées lors de l’attaque géorgienne initiale sur leur terre natale et que les troupes géorgiennes avaient tué des civils sans discrimination. Un travailleur humanitaire a dit à Associated Press que la route partant de Tskhinvali « était pleine de corps, des familles entières étaient mortes là, des enfants, des personnes âgées ». Un autre décrit le bombardement par des avions géorgiens d’une colonne de réfugiés qui fuyaient. Un journaliste de Reuters a établi qu’au moins 200 personnes étaient soignées pour des blessures par balles à Vladikavkaz, la capitale de l’Ossétie du Nord.


Le gouvernement géorgien a porté des accusations à la Cour internationale de justice à La Haye, affirmant que les combattants ossétiens réalisaient des atrocités contre les villages géorgiens et présentant ces attaques dans le cadre d’un plan de « nettoyage ethnique » appuyé par la Russie. Le ministre de la santé géorgien a placé le nombre de morts dans son pays à 175—suggérant que les reportages médiatiques faisant état d’un « blitz » russe étaient exagérés—alors que les responsables de l’ONU ont estimé que 100 000 personnes, des deux côtés, avaient été forcées de quitter leurs maisons.


Saakashvili a déclaré un cessez-le-feu unilatéral dimanche, aussitôt que l’étendue de la débâcle militaire est devenue évidente. Mais, les forces russes ont ignoré cette déclaration, allant de l’avant pour détruire les établissements militaires géorgiens situées tout juste à l’extérieur des territoires disputés de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie, dans les villes de Gori et de Senaki.


Le président russe Medvedev a dit que les troupes russes avaient infligé « des pertes significatives » et avaient laissé l’armée géorgienne « désorganisée ». Des reportages de la presse confirment qu’on pouvait à peine différencier la retraite des soldats géorgiens et des civils fuyant vers l’avancée de la Russie. Les troupes géorgiennes ont abandonné leurs véhicules militaires, leurs matériels et même leurs casques et leurs armes dans leur panique, suggérant qu’il y aurait eu peu de résistance soutenue à une avancée russe dans la capitale géorgienne de Tbilisi.


Cependant, Medvedev, le premier ministre Vladimir Poutine et de hauts responsables militaires ont régulièrement déclaré depuis dimanche qu’ils n’avaient aucunement l’intention de réaliser une telle action.


Il y a sans doute eu des garanties derrière les caméras à l’Union européenne, à l’OTAN et aux Etats-Unis que l’incursion militaire russe avait des objectifs limités seulement à l’Ossétie du Sud et à l’Abkhazie. Cela n’a pas stoppé la rhétorique apocalyptique de l’administration Bush, des médias américains ou de Saakashvili. Le président géorgien est allé à la télévision d’état pour accuser la Russie du « meurtre planifié, de sang froid… d’un petit pays ».


Avec les tirs qui ont pris fin, du moins pour le moment, ça vaut la peine de réfléchir sur le ton hystérique des médias de l’Ouest, particulièrement aux Etats-Unis, qui ont régulièrement comparé l’opération militaire russe à l’assaut d’Hitler sur la Tchécoslovaquie en 1938, l’invasion soviétique du même pays en 1968 et l’invasion soviétique de l’Afghanistan en 1979.


L’idée générale derrière ces commentaires est que les Etats-Unis doivent revenir à quelque chose qui ressemble à la Guerre froide contre une Russie expansionniste. Le New York Times, dans un éditorial de mardi, a déclaré : « Moscou prétend qu’il est simplement en train de défendre les droits des minorités ethniques en Ossétie du Sud et en Abkhazie, qui ont essayé de se séparer de la Géorgie depuis le début des années 1990. Mais ses ambitions vont beaucoup plus loin. Le Premier ministre Vladimir Poutine… semble être déterminé à réimposer, autant qu’il le peut et par la force et par l’intimidation, la vieille sphère d’influence soviétique. »


Le journal exige ceci : « Les Etats-Unis et les alliés européens doivent dire à Monsieur Poutine, de la manière la plus claire possible, qu’une telle agression ne sera pas tolérée. Et qu’il n’y aura pas de redivision de l’Europe. »


Le Wall Street Journal, dans un éditorial intitulé « Vladimir Bonaparte » a exigé une série d’actions qui mèneraient à une confrontation militaire directe entre les Etats-Unis et la Russie, les deux pays qui ont les deux plus importants arsenaux nucléaires dans le monde. Les actions incluaient d’amener la Géorgie et l’Ukraine dans l’OTAN et d’établir un pont aérien d’aide militaire vers Tbilisi.


Une chronique dans le Journal, écrite par Josef Joffe, l’éditeur du quotidien conservateur allemand Die Zeit, souligne les intérêts économiques et géostratégiques qui sous-tendent le conflit. Selon Joffe, l’Abkhazie et l’Ossétie, même obscurs, « sont les points d’ignition du Grand jeu du vingt et unième siècle et la question est : Qui gagnera le contrôle sur le Bassin caspien, le plus important réservoir de ressources stratégiques après le Moyen-Orient. »


Une des voix anti-russes les plus stridentes était celle provenant de l’ancien conseiller en sécurité nationale américaine, Zbigniew Brzezinski, un partisan du candidat présidentiel démocrate Barack Obama. Dans des commentaires au Guardian britannique et au Die Walt allemand, il a comparé Poutine à Hitler et à Staline et il a comparé l’intervention russe en Géorgie à l’invasion soviétique de la Finlande en 1939. « La Géorgie est, jusqu’à un certain point, la Finlande d’aujourd’hui, autant moralement que stratégiquement » a-t-il déclaré.


Comme Joffe, Brzezinski a indiqué le rôle central du pétrole, particulièrement le rôle de l’oléoduc Bakou-Tbilisi-Ceyhan construit lors de la dernière décennie avec l’appui des Etats-Unis afin d’amener le pétrole de cette région vers les marchés mondiaux, en contournant le territoire russe. « Si la Géorgie n’a pas sa souveraineté, cela veut dire… que l’Ouest est coupé du Bassin caspien et de l’Asie centrale, » a-t-il dit.


Les stratèges de l’impérialisme américain ont, cependant, de plus larges intérêts que le pétrole. Brzezinski, lui-même, a depuis longtemps cherché l’effondrement, non seulement de la vieille Union soviétique, mais de la République russe qui comprend la majorité des terres de l’ancienne URSS. Comme le Guardian l’a observé lundi : « L’oléoduc Bakou-Tbilisi-Ceyhan est seulement un élément mineur d’une équation beaucoup plus large : Une tentative, mise de l’avant par les Etats-Unis et hâtivement poursuivie par plusieurs alliés ex-soviétiques, de réduire tous les aspects de l’influence russe à travers la région, que ce soit du point de vue économique, politique, diplomatique ou militaire. »


L’attaque rhétorique concernant la crise russo-géorgienne est particulièrement cynique compte tenu du passé de l’administration Bush. « La Russie a envahi un pays souverain voisin », a déclaré Bush lundi. « Une telle action est inacceptable au 21e siècle. »


En fait, l’histoire du vingt et unième siècle ne consiste pas en grand chose d’autre, particulièrement pour le gouvernement des Etats-Unis. Depuis qu’il a pris le pouvoir en janvier 2001, l’administration Bush a envahi et occupé deux états souverains, l’Afghanistan et l’Irak, tout en supportant des attaques similaires par ses états satellites : l’invasion du Liban par Israël en 2006, l’invasion de la Somalie par l’Éthiopie en 2007 et l’invasion de l’Équateur par la Colombie plus tôt cette année.


Le contraste entre les cris des Etats-Unis sur « l’agression russe » en Géorgie et son soutien pour l’agression israélienne au Liban est particulièrement instructif.


La secrétaire d’État Condoleeza Rice avait notablement retardé un cessez-le-feu dans le conflit libanais, visitant Beyrouth alors que des tanks israéliens et des avions de combats étaient en train de ravager le sud du Liban et rejetant les appels du gouvernement libanais, appuyé par les Etats-Unis, en faveur d’une intervention. Israël avait le droit de défendre ses intérêts avant d’être forcé de battre en retraite, soutenait-elle. Mais, en Géorgie, Rice a déclaré qu’un cessez-le-feu était nécessaire de manière urgente et qu’il devait précéder toute autre action.


Ces arguments malhonnêtes visent des objectifs autant intérieurs qu’internationaux. L’administration Bush cherche à alimenter une atmosphère qui évoque la Guerre froide. Cela est largement vu dans les cercles dirigeants de droite comme étant la seule façon d’amener une victoire du candidat présidentiel républicain John McCain, dans des conditions où l’administration Bush et le parti républicain sont largement haïs. (Un sondage publié mardi montre que 41 pourcent des américains voient Bush comme étant le pire président de l’histoire des Etats-Unis, alors que 68 pourcent veulent le retrait complet des troupes de l’Irak d’ici un an).


L’administration Bush veut que l’élection de novembre soit tenu e dans un environnement de crise internationale, afin d’intimider et de dévier l’opposition populaire à la guerre en Irak, aux politiques sociales réactionnaires de Bush et à la crise économique grandissante. L’idée est d’avoir une autre élection sur la « sécurité nationale » qui favoriserait McCain, dont la campagne est largement basée sur son passé militaire et sa supposée expérience en matière de politique étrangère.


Les démocrates, incluant leur candidat présidentiel Barack Obama, tentent tant bien que mal d’égaler la rhétorique provocatrice et belliqueuse de l’administration Bush et de McCain, dénonçant la Russie dans des termes similaires et faisant écho à la demande de l’administration Bush concernant l’admission de la Géorgie dans l’OTAN—quelque chose que la Russie considère comme une menace intolérable à sa sécurité.


Les reportages biaisés tant à la télé que dans les journaux libéraux (New York Times) et conservateurs (le Wall Street Journal) qui tentent d’alimenter les sentiments anti-russes sont conçus pour conditionner l’opinion publique à une escalade majeure de la poussée de Washington pour établir l’hégémonie américaine sur le Caucase et les régions avoisinantes riches en pétrole.

(Article original anglais paru le 13 août)

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15 août 2008 5 15 /08 /août /2008 20:02

En Hesse, le SPD relance l'option d'une alliance avec la gauche radicale

 

LE MONDE | 14.08.08 | 14h44  •  Mis à jour le 14.08.08 | 16h02


  Mettant fin à huit mois de tergiversation depuis les élections régionales de janvier dernier, la fédération social-démocrate de Hesse a décidé mercredi 13 août de laisser sa présidente, Andrea Ypsilanti, 50 ans, tenter à nouveau sa chance pour se faire élire d'ici novembre ministre-président du Land avec un gouvernement de coalition social-démocrate/Vert toléré par le parti de la gauche radicale, Die Linke. Le président du SPD, Kurt Beck, qui joue dans cette affaire sa crédibilité, avait laissé lundi aux sociaux-démocrates hessois la liberté de leur choix.

Le ralliement sous conditions de l'aile droite du SPD hessois à l'ouverture de négociations avec Die Linke a donné à Mme Ypsilanti la possibilité d'imposer sa ligne en dépit des très fortes oppositions qu'elle suscite dans le parti au niveau fédéral et dans de nombreuses autres fédérations. Les sociaux-démocrates bavarois, qui ont des élections régionales fin septembre, et peuvent espérer faire perdre sa majorité absolue au parti chrétien-social de Bavière, dominant dans le land, voient l'évolution hessoise d'un très mauvais oeil. Pour tenir compte de leur situation, il a été convenu que le congrès du SPD de Hesse, qui devra entériner le résultat des négociations de coalition à venir, n'aura lieu qu'en octobre.

NOUVELLE DONNE

L'arithmétique électorale actuelle, mesurée par les résultats des dernières élections régionales et les sondages, confronte les deux grands partis allemands, chrétiens et sociaux-démocrates, à des choix difficiles. La confirmation de la percée du nouveau parti d'Oskar Lafontaine et Gregor Gysi, Die Linke - la Gauche -, rentré au Bundestag en 2005, crédité à un an des prochaines législatives de septembre 2009 de plus de 11 % dans les sondages, devant les Verts et les Libéraux, a bouleversé la donne politique. Contraints de s'allier au niveau fédéral aux chrétiens-démocrates dans la grande coalition d'Angela Merkel (CDU), les sociaux-démocrates sont divisés sur la manière de sortir de cette alliance qui jusqu'à présent a plutôt servi la chancelière.

A Berlin, le bourgmestre régnant Klaus Wowereit a bien mis en oeuvre depuis 2002, sans histoire, une coalition avec Die Linke. Mais ce modèle continue de faire l'effet d'un chiffon rouge non seulement pour la droite, qui en fait son cheval de bataille, mais aussi pour l'aile réformatrice du parti social-démocrate, celle qui avait porté l'ancien chancelier Gerhard Schröder et ses réformes sociales de l'agenda 2010, incarnée aujourd'hui par le vice-chancelier et ministre des affaires étrangères Frank Walter Steinmeier.

Soutenue par l'aile gauche du parti, traditionnellement forte en Hesse, la région de Francfort, Andrea Ypsilanti et sa main tendue à la gauche radicale sont devenues le symbole de la bataille engagée au sein du SPD pour la fin du tout libéral. Son programme prévoit en outre, pour convaincre les Verts d'accepter une coalition, de fortes incitations pour freiner en Hesse l'énergie nucléaire et le charbon et encourager les nouvelles énergies.

L'issue des négociations avec Die Linke reste ouverte. L'aile droite du parti hessois, sans laquelle Mme Ypsilanti devrait une seconde fois renoncer, comme en mars, à obtenir une majorité au parlement hessois pour démettre le ministre-président sortant, le chrétien-démocrate Roland Koch, et se faire élire, entend marchander son appui. Un échec signifierait toutefois de nouvelles élections régionales, qui seraient difficiles pour le SPD. Celui-ci avait obtenu 37 % des voix en janvier. Les sondages lui en donnent aujourd'hui dix de moins.

 

Henri de Bresson

Article paru dans l'édition du 15.08.08

 

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15 août 2008 5 15 /08 /août /2008 19:52

Washington tenterait de dissuader Israël de mener un raid contre des installations nucléaires iraniennes

 

LE MONDE | 14.08.08 | 14h50  •  Mis à jour le 14.08.08 | 14h50

 

JÉRUSALEM CORRESPONDANCE


  Les Etats-Unis multiplient les signaux visant à dissuader Israël d'entreprendre une attaque contre les sites nucléaires iraniens. D'après le quotidien israélien Haaretz, Washington a récemment rejeté une demande d'assistance militaire qui aurait amélioré la capacité de frappe de l'Etat juif. Selon le journal qui ne cite pas ses sources, les autorités américaines ont interprété cette requête, "présentée et refusée au plus haut niveau", comme le signe de l'avancement des préparatifs de l'armée israélienne en vue d'une telle attaque.

 

Toujours selon Haaretz, Washington a averti Israël qu'un raid aérien contre l'Iran nuirait à ses intérêts et a demandé à être prévenu si celui-ci devait toutefois être mené. Pour atténuer l'impact de leur refus de coopérer, les autorités américaines ont proposé à leur allié israélien de renforcer son système de défense antimissile.

Interrogé par la radio de l'armée, le ministre israélien de la défense, Ehoud Barak, a implicitement confirmé ces révélations en déclarant que les Etats-Unis s'opposaient pour l'heure à un bombardement de l'Iran. "La position des Etats-Unis est connue : ils ne veulent pas d'une action contre l'Iran", a déclaré M. Barak. "Pour l'heure, il faut que le processus diplomatique progresse, mais il y a beaucoup d'options, Israël est un pays fort, et il vaut mieux ne pas en parler", a-t-il ajouté, tout en appelant à "agir dans le domaine du renseignement", et à "accentuer les sanctions économiques contre le régime de (Mahmoud) Ahmadinejad", le président iranien.

SURVOL DE L'IRAK

En juin, à l'occasion de leur passage à Jérusalem, le patron des services de renseignement américain, John Michael McConnell, et le chef d'état-major, Michael Mullen, s'étaient déjà efforcés de tempérer les ardeurs israéliennes. D'après le Washington Post, les deux hommes avaient déclaré à leurs interlocuteurs que l'Iran était encore loin d'obtenir l'arme nucléaire et qu'en conséquence les Etats-Unis s'opposeraient à un survol de l'Irak par l'aviation israélienne.

Peu après, une source américaine avait révélé au New York Times que l'Etat juif avait organisé au-dessus de la Méditerranée un important exercice aérien. D'après Israël, cette fuite téléguidée par le Pentagone, avait pour objectif de contrecarrer d'éventuels plans d'attaque.

En juillet, enfin, la presse américaine avait révélé que le département d'Etat entendait ouvrir une section d'intérêt à Téhéran. Dernière étape avant l'ouverture de relations diplomatiques, cette initiative entretient de fait une ambiance peu compatible avec la préparation de bombardements.

D'après un récent rapport américain, détaillé par le quotidien Haaretz, il est d'ailleurs "improbable" qu'une telle opération soit couronnée de succès. L'Institut pour la science et la sécurité internationale (ISSI), un think tank basé à Washington, affirme que la destruction des installations qui abritent le programme iranien d'enrichissement de l'uranium nécessiterait une puissance de feu largement supérieure à celle employée lors du bombardement du réacteur irakien Osirak en 1981.

A supposer qu'Israël connaisse la localisation exacte des sites suspects et décide de se lancer dans une telle aventure, l'Iran, selon l'ISSI, serait en mesure de relancer son programme nucléaire "relativement rapidement".

 

Benjamin Barthe

Article paru dans l'édition du 15.08.08

 

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15 août 2008 5 15 /08 /août /2008 19:41

 

Vous trouverez ci dessous un message de mon blog personnel, c’est le blog www.fischer02003.over-blog.com

 

  Le 8 août, le jour de la cérémonie d’ouverture des jeux olympiques de Pékin, l’armée géorgienne attaquait et occupait Tskhinvali, la capitale de l’Ossétie du Sud.

 

  Elle provoquait une violente réaction de l’armée russe. Le 10 août, l’armée géorgienne quittait Tskhinvali et l’armée russe occupait à son tour la ville.

 

  Le 12 août, la Géorgie et la Russie acceptaient un cessez le feu et un accord de paix en résultat d’une médiation de la diplomatie française comme représentante de la diplomatie européenne.

 

  Depuis le 8 août, on assiste à une véritable campagne des médias occidentaux de dramatisation de la situation politique et militaire en Géorgie.

 

  Il n’y avait jamais de véritable guerre entre la Géorgie et la Russie. Une véritable guerre suppose l’ existence de deux armées d’une force à peu près égale, le déséquilibre du rapport de force entre l’armée géorgienne et l’armée russe est de quatre vingt dix neuf pour cent en faveur de l’armée russe, l’armée géorgienne n’a ni les moyens ni la volonté d’une guerre contre l’armée russe, c’est à peu près comme si la principauté de Monaco attaquait la France. L’agression du président géorgien contre l’ Ossétie du Sud était un acte de guerre contre la Russie, c’était une décision complètement folle du président géorgien, il en sort une exigence de démission immédiate du président géorgien Saakachvili, ce sera le résultat de l’action politique du peuple géorgien et ce ne sera pas le résultat d’une intervention militaire extérieure à la Géorgie.  

 

  On assiste à une multiplication de messages relatifs aux relations militaires entre Israël et la Géorgie. Les expéditeurs de ces messages font la démonstration involontaire et paradoxale selon laquelle meilleure et plus forte est l’aide militaire d’Israël à la Géorgie ou à toute unité militaire, plus rapide est et sera la défaite de cette unité militaire.

 

  La guerre entre la Géorgie et la Russie provoquait des déplacements massifs de population, une émigration massive du peuple d’Ossétie du Sud en direction de l’Ossétie du Nord et une émigration massive du peuple géorgien en direction de la capitale géorgienne Tbilissi. Les peuples d’ Ossétie du Sud, de Géorgie et de Russie n’ont aucun intérêt dans l’existence et la poursuite d’une situation de guerre entre la Géorgie et la Russie.

 

  Bernard Fischer.

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14 août 2008 4 14 /08 /août /2008 20:18

Sur les Champs-Elysées en plein été, des sans-papiers continuent leur action


 

PARIS (AFP)


 

 

En plein coeur de l'été, une quarantaine de travailleurs clandestins en grève poursuivent leur action sur la plus célèbre avenue de Paris, les Champs-Elysées, déterminés à obtenir des papiers.

 

Tous les jours, les grévistes du Bistro Romain et du Quick, deux restaurants des Champs-Elysées, installent leurs chaises, quelques drapeaux du syndicat CGT et deux tirelires bricolées dans des seaux sur l'avenue investie par les touristes.


"On veut juste rester en vue", explique Abdulaye Diabi, 25 ans, employé depuis 2002 dans une entreprise de nettoyage, sous-traitant pour Quick.


Certains touristes regardent sans s'arrêter, d'autres sourient à la vue de la banderole "Il n'y a pas que le carpaccio qui est à volonté, les jours de grève aussi!", mais rares sont ceux qui s'arrêtent pour donner quelques pièces.


"On rassemble 15 euros au maximum. C'est moins qu'avant l'été, où ça pouvait atteindre 80 euros par jour", raconte M. Diabi.


"Les touristes étrangers ne comprennent pas. Avant, on avait mis une affiche en anglais sur le magasin mais la direction nous a demandé de l'enlever", explique-t-il.


"Mais on ne se fera pas oublier, parce que la CGT nous aide", assure son collègue Kalilou Fissourou.


Plusieurs centaines de salariés clandestins ont entamé un mouvement de grève en région parisienne le 15 avril, à l'initiative du syndicat et d'une association de soutien aux sans-papiers.


Si la CGT s'est félicitée début août d'avoir obtenu la régularisation par le travail de 850 sans-papiers (753 selon le ministère de l'Immigration), environ 650 autres dossiers qu'elles a déposés avec l'association Droits Devant sont toujours en attente dans les préfectures de la région parisienne.


"Pendant l'été, les examens de dossiers continuent, mais au ralenti. On nous a promis de nouvelles convocations après le 15 août", assure Christophe Cosmano, délégué CGT du Bistro Romain des Champs-Elysées, où 32 salariés occupent depuis le 20 mai une partie du deuxième étage du restaurant.


A l'autre bout de Paris, loin des boutiques de luxe, d'autres sans-papiers redoutent, eux, d'être oubliés et réclament l'appui de la CGT.


Depuis le 3 mai, 1.300 sans-papiers du collectif parisien Coordination 75 occupent une annexe de la Bourse du Travail, dans le centre de Paris. Le syndicat a finalement accepté de les aider à déposer de leur côté 600 dossiers mais pour l'instant, ils n'ont obtenu aucune réponse.


Depuis trois semaines, plusieurs centaines d'entre eux manifestent deux fois par semaine "pour ne pas être oubliés et mettre la pression" sur les autorités, explique Sissoko Anzoumane, porte-parole de la coordination.


Mercredi, ils étaient près de 200 à défiler, essentiellement des salariés isolés travaillant dans le nettoyage ou le bâtiment.


"On ne perd pas notre temps, il faut montrer qu'on est toujours là", insiste Aminata Bakayoko, une femme de ménage de 40 ans, avant de crier son impatience: "Y en a marre! Des papiers pour tous!".


"Ca nous soulage aussi la tête", explique-t-elle. "Il faut y croire, mais c'est pas toujours facile, parce que c'est très, très long".


Il y aurait en France entre 200.000 et 400.000 étrangers en situation irrégulière, dont la majorité a un travail.

 

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12 août 2008 2 12 /08 /août /2008 21:44
http://www.linternationalmagazine.com/article5078.html


Election présidentielle américaine

Condoleezza Rice apporte son soutien à Barack Obama

Linternationalmagazine.com , publié le 12/08/2008

Condoleezza Rice a déclaré que les Etats-Unis seraient en plus en sécurité si le démocrate Barack Obama était élu président.

Dans une interview publiée jeudi, la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice a fait savoir que " Les Etats-Unis seraient plus en sécurité si le démocrate Barack Obama était élu président ".

Les sites d’information Politico et Yahoo News a qui elle a accordés l’entretien souhaitaient savoir si elle se sentirait en sécurité avec Barack Obama comme président des Etats Unis.

La secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice a indiqué que les Etats-Unis "iront bien" et "seraient plus en sécurité avec Barack Obama".

"Je pense que nous avons un débat important sur la manière dont nous maintenons le pays en sécurité...Je pense que nous avons un débat important sur nos responsabilités, nos obligations, nos intérêts au Moyen-Orient dans le sillage du témoignage maintenant de plus en plus clair du succès en Irak" a t-elle fait savoir.

Mme Rice a également affirmé pouvoir comprendre les quiétudes de Barack Obama sur la politique américaine en Irak, ajoutant qu’en fait le président George W. Bush "s’est posée toutes ces questions difficiles".

En réponse à la spéculation selon laquelle elle pourrait être la candidate de vice-président pour le candidat républicain à la Maison Blanche John McCain ou même pour Obama, la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice a affirmé qu’elle rentrerait en Californie en janvier après la fin du mandat du président George W. Bush et qu’elle n’avait pas l’intention de servir dans la prochaine administration qu’elle soit démocrate ou républicaine.



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12 août 2008 2 12 /08 /août /2008 21:34
Les Boliviens confirment à la fois le président Morales et les autonomistes


LE MONDE | 11.08.08 | 14h42  •  Mis à jour le 11.08.08 | 15h31


 
  Les boliviens ont conforté dans les urnes la légitimité du président Evo Morales et celle de ses principaux opposants, les préfets des quatre départements autonomistes, à en croire les premières estimations du référendum révocatoire, dimanche 10 août. Les résultats officiels ne seront pas connus avant plusieurs jours.

 


Selon les sources, M. Morales et son vice-président, Alvaro Garcia Linera, sont crédités de 60 % à 63 % des votes, alors qu'ils avaient été élus, en décembre 2005, avec 53,7 % des voix. "Le peuple bolivien a exprimé son soutien au changement du modèle économique néolibéral en vigueur auparavant, a déclaré M. Morales devant ses partisans rassemblés à La Paz. Je convoque tous les préfets à rejoindre cette révolution démocratique et la nationalisation d'autres ressources naturelles."


Toutefois, les préfets des quatre départements ayant approuvé des statuts d'autonomie lors de référendums qui n'ont pas été reconnus à La Paz ont aussi été ratifiés par les électeurs. A Santa Cruz (Est), le préfet Ruben Costas, champion de l'autonomie régionale, aurait obtenu entre 71 % et 79 % des suffrages, alors qu'il avait été élu en 2005 avec 48 % des voix. Le préfet du Beni (Nord), Ernesto Suarez, a été ratifié par 67,5 % à 72 % des électeurs du département (contre 44 % en 2005). A Tarija (Sud), riche en hydrocarbures, le préfet Mario Cossio, farouche opposant, est soutenu par 65 % des électeurs (contre 56 % en 2005). A Pando (Nord), Leopoldo Fernandez l'emporte avec 60 % des suffrages (contre 48 % en 2005).


Les perdants du référendum révocatoire sont deux préfets alignés avec l'opposition, dans les départements de La Paz et de Cochabamba, et un partisan de M. Morales, le préfet d'Oruro. L'autre préfet proche du gouvernement, celui de Potosi, tire sont épingle du jeu. Alors que le préfet de La Paz, José Luis Paredes, a reconnu sa défaite, celui de Cochabamba, Manfred Reyes, considère le référendum inconstitutionnel et compte porter l'affaire devant la Cour suprême.

 


UN PAYS COUPÉ EN DEUX

 


"Nous respecterons la légitimité des préfets ratifiés"
, a assuré le président Morales, qui a appelé à l'unité "sur la base de la nouvelle Constitution et des statuts d'autonomie". Le texte voté par l'Assemblée constituante en 2007, dans des conditions controversées, doit être soumis à un référendum. "Si les gouvernants corrompus et arrogants tentent d'imposer leur projet de Constitution illégale et raciste, ils seront dans une impasse", a lancé Ruben Costas à Santa Cruz, confirmé dans sa position de leader de l'opposition.


"Le référend
um révocatoire n'a rien réglé, estime Fernando Molina, directeur de l'hebdomadaire centriste Pulso. Au contraire, car tout scrutin accentue la polarisation d'une société." Cette appréciation est partagée par d'autres analystes. "Le référendum n'a pas changé le rapport de force, souligne Gonzalo Chavez. La Bolivie reste coupée en deux." Pour sortir de l'impasse, une négociation entre le gouvernement et l'opposition semble incontournable. "La question est de concilier l'inclusion sociale et une autonomie régionale plus large", précise M. Chavez.


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12 août 2008 2 12 /08 /août /2008 21:24

Comité de la Paix de Géorgie
0182. Apt. 2,  quarter 8, house 10, massif 3, Tbilissi, Géorgie
Tél: + + 995 93 7613 63  Fax / Tél: + + 995 32 7315 16
E-mail: pc_of_georgia@yahoo.com

 

 


Déclaration du Comité de la Paix  de Géorgie



Une fois de plus la Géorgie a été projetée dans une situation de chaos et d'effusion de sang. Une nouvelle guerre fratricide a explosé avec une force redoublée sur le sol géorgien.


À notre grande déception, les mises en garde du Comité de la Paix de Géorgie et de personnalités géorgiennes progressistes sur le caractère pernicieux de la militarisation du pays ainsi que sur le danger d'une politique pro-fasciste et nationaliste n'ont eu aucun effet.

Les autorités de Géorgie, ont organisé, à nouveau, une guerre sanglante, se sentant  appuyées par certains pays occidentaux et par certaines organisations régionales et internationales. La honte versée, par les détenteurs actuels du pouvoir, sur les peuple géorgien nécessitera  plusieurs décennies pour être lavées.

L'armée géorgienne formée par des instructeurs étasuniens et équipées d'armements également étasuniens a soumis la ville de Tskhinvali à une destruction barbare. Les bombardements ont  tué des civils ossètes, nos frères et sœurs, enfants, femmes et personnes âgées. Plus de deux mille habitants de Tskhinvali et de ses environs sont morts.

Sont également morts des centaines de civils de nationalité géorgienne, à la fois dans la zone de conflit ainsi que sur l'ensemble du territoire géorgien.
Le Comité de la Paix de Géorgie exprime ses profondes condoléances aux familles et aux amis de ceux qui ont péri.


L'entière responsabilité pour cette guerre fratricide, pour les milliers d'enfants, de femmes et de vieillards morts, pour les habitants de l'Ossétie du Sud et de Géorgie est exclusivement celle  de l'actuel président, du Parlement et du Gouvernement géorgien. L'irresponsabilité et l'aventurisme du régime de Saakachvili  n'ont pas de limites. Le Président de Géorgie et son équipe, sans aucun doute, sont des criminels et
doivent être tenus pour responsables.


Le Comité de la Paix de Géorgie, avec tous les partis progressistes et des mouvements sociaux de Géorgie, s'engage dans la lutte pour que les organisateurs de ce monstrueux génocide reçoive une punition sérieuse et bien méritée.

Le Comité de paix de Géorgie déclare et demande à la large opinion publique de ne pas identifier les actuels dirigeants géorgiens avec le peuple géorgien, avec la nation géorgienne, et lance un appel à tous de soutenir le peuple  géorgien dans la lutte contre le régime criminel de Saakachvili.

Nous lançons un appel à toutes les forces politiques de Géorgie, les mouvements sociaux et la population de Géorgie pour s'unir afin de libérer le pays du régime anti-populaire, russophobe et pro-fasciste de Saakachvili!

Le Comité de la Paix de Géorgie

Tbilissi, 11 août de 2008

(Traduction non officielle)

 

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11 août 2008 1 11 /08 /août /2008 18:55


La nation toute nue, À propos d'un refus de naturalisation pour cause de « burqa » et de « salafisme »


www.lmsi.net


Par un arrêt en date du 27 juin 2008 qui a fait couler beaucoup d'encre, le Conseil d'Etat, sur le rapport de Madame Sophie-Caroline de Margerie (Conseiller d'État) et au vu des conclusions de Madame Emmanuelle Prada-Bordenave (Commissaire du gouvernement), a confirmé l'opposition du Gouvernement à l'acquisition par mariage de la nationalité française d'une marocaine, Faïza A., sous la motivation suivante : « Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que, si Mme A possède une bonne maîtrise de la langue française, elle a cependant adopté une pratique radicale de sa religion, incompatible avec les valeurs essentielles de la communauté française, et notamment avec le principe d'égalité des sexes ; qu'ainsi, elle ne remplit pas la condition d'assimilation posée par l'article 21-4 précité du code civil ; que, par conséquent, le gouvernement a pu légalement fonder sur ce motif une opposition à l'acquisition par mariage de la
nationalité française de Mme A ».

Par Laurent Lévy



La loi ne prévoit en effet pas que la personne mariée à un conjoint de nationalité française peut de plein droit acquérir cette nationalité. Si une simple déclaration y suffit, il demeure que, aux termes de l'article 21-4 du Code civil,

« Le Gouvernement peut s'opposer, par décret en Conseil d'État, pour [...] défaut d'assimilation, autre que linguistique, à l'acquisition de la nationalité française par le conjoint étranger »

Le Conseil d'État ayant écarté les moyens de la requérante, tirés de la liberté d'expression religieuse et de l'article 9 de la convention européenne de sauvegarde des droits humains, et les règles de la procédure ayant été respectées par le Gouvernement, il semble bien que l'arrêt en question soit inattaquable sur un strict point de vue juridique. Mais la règle de droit qu'il met en œuvre mérite d'être interrogée.

Quoique la décision ne fasse aucune allusion au comportement vestimentaire de la requérante, on sait par le débat suscité par cette affaire que ce que l'arrêt du 27 juin caractérise comme « une pratique radicale de sa religion » se manifestait entre autres par le port du « niqab » (voile couvrant ne laissant paraître que les yeux), inexactement désigné comme « burqa » (tenue traditionnelle afghane, qui masque le visage des femmes derrière un genre de grillage) par la plupart des commentateurs. Madame Prada-Bordenave précisait en outre dans son rapport que

« elle mène une vie presque recluse et retranchée de la société française. Elle n'a aucune idée sur la laïcité ou le droit de vote. Elle vit dans la soumission totale aux hommes de sa famille et semble trouver cela normal. L'idée même de contester cette soumission ne l'effleure même pas ».

Et d'ajouter que ses déclarations sont « révélatrices de l'absence d'adhésion à certaines valeurs fondamentales de la société française ».

Il n'en fallait pas moins pour fonder la décision.

On n'épiloguera pas sur la vraisemblance qu'une femme, fût-elle marocaine, et s'exprimant parfaitement en français, n'ait ainsi

« aucune idée [ ! ] sur la laïcité ou le droit de vote ».

Mais on peut gager qu'il y a bien du fantasme orientalisant, et dans le fond bien du mépris, derrière une telle imputation. Il est par contre fort possible que Faïza A. et la commissaire du Gouvernement ne partagent pas le même point de vue quant à ces questions. Mais peu importe. On n'insistera même pas sur l'affirmation que cette femme, dont les voisins attestent qu'elle va comme tout le monde faire ses courses dans le quartier, et bavarde tranquilement avec ses voisines, aurait vécu

« retranchée de la société française ».

Car la question de fond, si l'on tient pour acquis que la décision en cause est bien fondée en droit, c'est la règle de droit elle-même, et le nationalisme, c'est à dire le racisme, qu'elle sous-tend.

De quoi s'agit-il en effet ? Le Conseil d'État valide le décret du Gouvernement s'opposant à l'acquisition de la nationalité française par mariage, par une femme marocaine, et ce pour « défaut d'assimilation », au motif que sa pratique, qualifiée de « radicale » de sa religion, serait incompatible avec les « valeurs essentielles de la communauté française », au rang desquelles le « principe d'égalité des sexes ».

Il n'y a pourtant pas grand chose ici qui aille de soi.

« Assimilation » et « valeurs essentielles »

Qu'est-ce, par exemple, que cette « assimilation » exigée pour l'acquisition de la nationalité française ? On peut imaginer que cela signifie que l'étranger-ère est devenu « similaire », « semblable » aux français-es. Mais qu'est-ce que cela signifie ? Les français-es, sont tou-te-s différent-es. Auxquel-le-s faut-il être semblables ? A quel type moyen ?

On peut certes imaginer que l'assimilation consisterait simplement à avoir une vie « normale » dans la société française. Mais on retombe sur cette notion de « normalité ». Qu'est-ce qui pourrait définir une vie « normale » dans un pays où existent des centaines de modes de vie, de choix, de goûts, d'opinions différentes ?

L'élément légal qui permet au Gouvernement de s'opposer à l'acquisition de la nationalité française est donc des plus flous, des plus incertains. Pour caractériser le défaut d'assimilation, le Conseil d'État à donc recours à une notion qu'il semble considérer comme définissant l'assimilation, l'adoption des « valeurs essentielles de la communauté française », que la commissaire du Gouvernement avait évoquées comme « valeurs essentielles de la société française ».

Or, cette notion est elle-même très incertaine. L'évoquer suppose en effet, qu'on tienne pour acquis que la « communauté française » partagerait bien des « valeurs essentielles ». Il est pourtant difficilement discutable que rares sont ces « valeurs » qui seraient effectivement partagées par l'ensemble de la « communauté française », ici considérées – puisqu'il s'agit d'accession à la nationalité – comme des valeurs « nationales » (le sens premier du mot « nation » est d'ailleurs celui de « communauté »). Et la communauté c'est à dire la nation française, et à plus forte raison la société française, n'a rien d'homogène, à quelque point de vue que ce soit. En particulier pas du point de vue de ses « valeurs ».

La seule « valeur », jugée essentielle à la communauté française, expressément mentionnée par le Conseil d'État dans cette affaire est le « principe d'égalité des sexes ». Le moins que l'on puisse dire est que ce principe n'est en rien constitutif de l'identité française. Qu'il suffise de jeter un coup d'œil sur les bancs du Parlement ou sur les sièges des conseils d'administration des sociétés cotées en Bourse pour s'en convaincre. Les « barbus » de la IIIe République ont tout fait pour retarder l'accès des femmes au droit de vote qu'elles revendiquaient. Les femmes ont dû lutter pendant des décennies contre une République essentiellement patriarcale pour obtenir des droits aussi élémentaires que l'égalité dans le mariage, le droit à la contraception ou là l'avortement – lequel est régulièrement mis en cause au sein même de la « communauté française » – ou la reconnaissance du viol entre époux. Il se trouve
même assez de membres dûment estampillés de la « communauté française » pour lesquels l'égalité des sexes est une valeur tellement essentielle que chaque semaine, trois femmes meurent de violences conjugales.

Ainsi, lorsque Valérie Pécresse affirme que

« le Conseil d'État en rendant cette décision a voulu réaffirmer qu'on ne pouvait pas avoir la nationalité française quand on n'adhérait pas à ce principe »,

elle attribue à la Haute juridiction une contrevérité évidente, du même ordre que celle énoncée par Nicolas Sarkozy lorsqu'il affirmait au cours de sa campagne électorale que

« être français, c'est respecter la loi ».

Tout ce qui existe est possible, et on peut à l'évidence avoir la nationalité française sans respecter la loi et sans adhérer au principe de l'égalité entre les sexes.

« Salafisme » et « pratique radicale »

L'absence d'adhésion de Faïza A. aux valeurs nationales de la France est en outre induite par l'arrêt du 27 juin du fait qu'elle aurait adopté

« une pratique radicale de sa religion ».

Là encore, on ne peut que s'interroger. Tout d'abord, cette notion ne recouvre rien de bien déterminable. Le fait est qu'au cours de l'enquête, les époux A. semblent avoir déclaré être des musulmans « salafistes ». Mais outre que ce mot est employé dans des sens différents, ne correspondant pas tous au courant identifié le plus habituellement comme « salafiste », il n'est pas anodin de remarquer qu'il se trouve de nombreux spécialistes pour considérer que ce courant n'est pas caractérisé comme une « pratique radicale » de l'Islam, mais comme une pathologie sectaire de cette religion ; si bien que définir le « salafisme » comme une « pratique radicale de l'Islam » revient, de la part des juges, à trancher un débat interne à l'islamologie.

Surtout, en toute hypothèse, il existe bien des « salafistes » français, quel que soit le sens que l'on donne à ce mot, si bien que caractériser ce courant comme étant par nature incompatible avec les « valeurs essentielles » de la nation française, est soit une contradiction dans les termes, soit l'effet d'une conception particulièrement inquiétante de la nation française. Particulièrement inquiétante, mais hélas parfaitement banale. Et c'est elle que la décision du Conseil d'Etat invite à interroger.

Il n'est pas anodin que, dans différentes déclarations auxquelles cette décision a donné lieu, les « valeurs essentielles de la communauté françaises » aient parfois été qualifiées de « valeurs de la République ». C'est ainsi que l'association « Ni Putes Ni Soumises » s'en est félicitée , se disant « soulagée » que soit ainsi donné

« un exemple pour tous ceux qui se revendiquent des valeurs de la République ».

Le conseiller d'État Rémy Schwartz, ancien membre de la commission Stasi, affirme dans le même esprit que

« une femme qui porte la burqa témoigne de son refus des valeurs de la République. »

Valérie Pécresse notait de son côté que

« au-delà même du port de la burqa, il y avait la question du fait que cette femme n'allait pas voter, du fait que cette femme n'avait pas de vie indépendante en dehors des déplacements qu'elle faisait accompagnée de son mari. Je crois que cela n'est pas la République française »,

semblant ainsi ajouter, à toutes fins utiles, aux motivations du Conseil d'Etat – en même temps qu'elle introduisait des détails de fait qui ne semblent pas correspondre à la réalité.

Mythe national et xénophobies

Voici donc la Nation telle qu'elle est vue par la conception dominante : non pas la communauté de ceux qui vivent effectivement dans le pays et le font vivre, mais une communauté imaginaire, conforme à un idéal forgé à la petite semaine par les élites autoproclamées. Le hic n'échappe à personne : cette conception, si elle permet d'empêcher celles et ceux qui ne correspondent pas au modèle de venir le polluer de leur adhésion, n'a pas pour autant pour effet, en l'état du droit, d'en exclure les personnes qui, françaises de naissance, ne sont pas pour autant conformes à l'idéal-type du moment. Du moment, car cet idéal type qui se donne des allures d'éternité en évoquant des « valeurs essentielles » comme on parlerait de « valeurs éternelles » attribue à la Nation une « essence » très variable ; et considérer l'égalité des sexes comme une valeur essentielle de la société française aurait semblé grotesque il y a encore
peu.

Le tour de force idéologique est d'ailleurs qu'on puisse aujourd'hui l'énoncer ainsi sans soulever la moindre levée de boucliers, en particulier parmi les féministes, pourtant bien placées pour savoir à quel point cette égalité est loin d'être passée dans les mœurs dominantes. Affirmer le caractère essentiellement étranger d'une méconnaissance de l'égalité entre les hommes et les femmes, cela revient à affirmer cette énormité, contraire à l'expérience quotidienne, que cette égalité serait en France une chose acquise, devenue essentielle à l'identité même d'une Nation définie par ses « valeurs ».

En outre, considérer comme devant demeurer à l'extérieur de la « communauté française » quiconque n'y serait pas assimilé par adhésion à ses prétendues « valeurs essentielles » revient à dénoncer comme n'étant « pas vraiment françaises » les personnes pourvues de la nationalité mais que l'on peut soupçonner de ne pas partager ces sacro-saintes « valeurs ».

À la xénophobie externe, qui permet de traiter les étrangers en inférieurs, indignes par exemple d'exercer en France les droits politiques reconnus aux nationaux, répond ainsi une xénophobie interne, par laquelle certains français sont regardés comme des étrangers – au point sans doute qu'on pourrait s'interroger sur la légitimité de leurs droits.

Si Faïza A. ne partageait pas certaines des « valeurs » de Sophie-Caroline de Margerie, de Emmanuelle Prada-Bordenave, de Valérie Pécresse et de quelques autres, elle partageait celles de certain-es de nos autres compatriotes – comme son mari, pour ne prendre que cet exemple. Elle était ainsi parfaitement « intégrée », « assimilée » à certains secteurs de la société française, de la communauté nationale. Et même s'il s'agit là d'un secteur parfaitement marginal dans la société française, son existence même illustre le fait que la Nation n'est pas une réalité lisse et exempte de contradiction. Mais peut-être que prétendre gommer les contradictions de la société est précisément le propre des idéologies nationalistes. Le mythe national permet de contester aussi bien le racisme structurel que la lutte des classes.

Être français, disent Jean-Marie Le Pen et quelques autres, ça s'hérite ou ça se mérite. Mais la définition du « mérite » mise en œuvre par la théorie de l'assimilation qu'illustre l'arrêt du 27 juin ne correspond pas à l'ensemble des « héritages » possibles. Il semble que les qualités nécessaires pour « mériter » la nationalité française soient plus précises que celles dont on peut simplement « hériter ».

La référence de la décision du Conseil d'Etat à la « pratique radicale de la religion » est particulièrement éclairante, dans la mesure où l'intégrisme, dans son sens premier, c'est à dire l'intégrisme catholique, est une réalité typiquement française, incarnée par feu Marcel Lefèbvre. La logique du Conseil d' État devrait conduire à refuser la nationalité française à un polonais intégriste, ou à un new-yorkais loubavitch. Il n'est pourtant pas certain que cette solution serait retenue…

Combat d'idées et chasse aux sorcières

On est libre de combattre les idéologies que l'on ne partage pas. Rien n'oblige à partager la conception du monde des époux A. ou de Valérie Pécresse. Si les « valeurs » de la compétition, de la réussite individuelle, ou du règne de la Bourse – les « valeurs » des valeurs mobilières – sont, par exemple, aujourd'hui dominantes, rien n'interdit de les combattre et d'en promouvoir d'autres. Mais rejeter comme n'étant pas françaises les « valeurs » qui sont, en France, minoritaires ou marginales, quel que soit le jugement que l'on puisse porter sur elles, c'est permettre à la politique d'être submergée par le mythe. C'est dans le débat d'idées, dans les luttes politiques et sociales, dans le jeu des contradictions qui animent réellement la société, que l'on peut combattre réellement les pratiques sociales et les conceptions du monde que l'on juge contraires aux « valeurs » que l'on entend porter. Dans ces combats, celles et
ceux qui luttent pour l'émancipation humaine ne se trouveraient peut-être pas sur chaque sujet du même côté que Faïza A. et son mari – ou que Valérie Pécresse. Mais cela ne suppose pas, bien au contraire, que la qualité de français soit contestée à l'une et tolérée à l'autre – et pleinement reconnue à la troisième.

Nier les contradictions de la société, les masquer derrière de prétendues « valeurs essentielles de la communauté (ou de la société, ou de la nation) française », les refuser comme antinationales, c'est promouvoir le statu-quo des dominations à travers une mystification idéologique. Il fut un temps, pas si ancien, où l'on disait : « communiste, pas français », ou encore « le Juif est l'ennemi de la France ». On sait comment cela s'est terminé. La même idéologie régnait sur les États-Unis aux temps du maccarthysme, où le défaut d'américanisme (« un-american activities ») conduisait à supprimer le passeport de l'immigré Charles Chaplin ou du fils d'esclave Paul Robeson. Ces temps semblent faire, de part et d'autre de l'Atlantique, un terrible retour en force.

Une source « proche du dossier » confiait à l'AFP que

« ça n'est pas la première fois que cet argument du défaut d'assimilation conduit à refuser l'octroi de la nationalité française », même si « c'est peut-être la première fois concernant le port d'une burqa ».

On a vu, dans le contentieux de la naturalisation, des refus liés à la langue parlée an famille, et même aux habitudes alimentaires. Il y a pourtant de nombreuses familles françaises au sein desquelles on parle arabe, berbère, ou portugais, sans même évoquer celles où l'on parle breton, occitan, alsacien ou corse. Et il est de notoriété publique que le couscous est le plat préféré des Français. Mais peu semble importer au Conseil d'État.

Il est évident que ce sont les mêmes réflexes qui conduisent à refuser la nationalité française aux étrangers qui ne se conforment pas à la conception dominante du monde, et qui conduisent à refuser aux résidents étrangers l'exercice de la citoyenneté. Et que la reconnaissance à toutes les personnes qui vivent dans le pays, et le font vivre, du bénéfice des « droits de l'homme et du citoyen » aurait pour heureux effet de rendre anecdotique l'enjeu de la question nationale.



Vendredi 08 Août 2008




Source :
http://www.alterinfo.net

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10 août 2008 7 10 /08 /août /2008 21:00
MAHMOUD DARWICH NOUS A QUITTÉS


Mahmoud Darwich, considéré comme l'un des des plus grands poètes du monde arabe, qui souffrait de maladie cardiaque, est décédé samedi aux Etats-Unis dans un hôpital où il avait subi une intervention chirurgicale. "M. Darwich est décédé à 13H35 locales (18H35 GMT)", a indiqué sans autre précision à l'AFP Ann Brimberry, porte-parole du Memorial Hermann-Texas Medical Center à Houston où il était traité.


Mahmoud Darwich se trouvait dans un état critique à la suite d'une intervention chirurgicale, avait dit plus tôt un autre responsable de cet établissement.


Selon des proches du célèbre poète palestinien, ce dernier avait subi une opération à coeur ouvert mercredi dans ce même hôpital et se trouvait sous assistance respiratoire suite à des complications.


Le poète avait déjà subi deux opérations du coeur en 1984 et 1998. Après sa seconde opération, il avait écrit un poème intitulé : "Mort, je t'ai vaincue".


Considéré comme l'un des principaux poètes arabes de sa génération, Mahmoud Darwich est né en 1941 à Al-Birweh, en Galilée, alors en Palestine sous mandat britannique et aujourd'hui dans l'Etat d'Israël.


Lors de la guerre israélo-arabe de 1948, ce village est rasé et ses habitants sont forcés à l'exil.


La famille Darwich s'enfuit au Liban, où elle restera un an, avant de rentrer clandestinement en Israël où elle s'installe dans la localité de Deir Al-Assada, avec un statut précaire.


Après ses études (en arabe et hébreu) dans des école arabes israéliennes, Darwich s'installe à Haïfa, le grand port du nord d'Israël, où vit une importante communauté arabe.


Début des années 1970, il choisit l'exil. Il part pour Moscou étudier l'économie politique puis se rend au Caire en 1971.


A Beyrouth, en 1973, il travaille comme rédacteur en chef au Centre de recherche palestinien de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) rejoignant l'organisation alors en guerre avec Israël. Après la guerre israélienne au Liban durant l'été 1982, qui a forcé la direction de l'OLP à trouver refuge à Tunis, Darwich reprend la route de l'exil : Le Caire, Tunis puis Paris.


En 1993, il démissionne de l'OLP pour protester contre les accords d'Oslo, estimant qu'ils n'apporteront pas une "paix juste" pour les Palestiniens. Le poète se rend en 1995 dans la bande de Gaza après l'avènement de l'Autorité palestinienne, avant de s'installer à Ramallah, en Cisjordanie.


En mai 1996, il est autorisé à fouler le sol d'Israël pour la première fois depuis son exil afin d'assister aux funérailles de l'écrivain arabe Emile Habibi. Le poète critiquait la "mentalité israélienne de ghetto" et la politique israélienne qui empêche la création d'un Etat palestinien viable.


Au festival des musiques du monde à Arles (sud-est) en juillet dernier, il confiait préférer les thèmes universels de l'amour, la vie, la mort à ceux purement politiques de ses débuts et vouloir être lu "comme un poète", "pas comme une cause".


L'Autorité palestinienne
a décrété un deuil national de trois jours.


www.aloufok.net


www.enfantsdepalestine.org

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