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10 août 2008 7 10 /08 /août /2008 20:51

Vifs échanges entre Russes et Américains au Conseil de sécurité

 

NATIONS UNIES (Reuters)

 

  Les Etats-Unis ont laissé entendre devant le Conseil de sécurité de l'Onu que la Russie souhaitait un "changement de régime" en Géorgie

 

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a dit à son homologue américaine Condoleezza Rice que le président géorgien Mikhaïl Saakachvili "d(evai)t partir", a déclaré l'ambassadeur des Etats-Unis à l'Onu, Zalmay Khalilzad.


Khalilzad a ensuite regardé l'ambassadeur russe Vitali Tchourkine droit dans les yeux en lui demandant: "Le but de la Fédération russe est-il de changer les dirigeants de Géorgie?"


Le diplomate russe n'a pas répondu directement à la question mais déclaré que certains dirigeants devenaient des "obstacles".


"Parfois, certains dirigeants doivent se demander de quelle utilité ils sont devenus pour leur peuple", a déclaré Tchourkine par la suite à des journalistes. "Un changement de régime est une pure invention américaine", a-t-il affirmé en ajoutant: "Nous sommes tous pour la démocratie en Géorgie."


A Moscou, Lavrov a souligné que le départ de Saakachvili n'était pas une condition posée par la Russie au règlement de la crise d'Ossétie du Sud. Il a toutefois ajouté que Moscou ne le considérait plus comme un partenaire.


"Un homme qui a donné l'ordre de commettre des crimes de guerre ayant abouti à la mort de milliers de civils pacifiques ne peut être considéré par la Russie comme un partenaire", a-t-il dit à la presse.


"Quand les troupes géorgiennes auront quitté l'Ossétie du Sud et qu'un accord sur le non-usage de la force sera signé, la paix sera rétablie, sans égard pour le sort futur de Saakachvili", a ajouté le chef de la diplomatie russe.


ACCUSATIONS


Commentant les événements devant des journalistes, Khalilzad a qualifié de "perturbante" la conversation entre Lavrov et Rice. Il a estimé que l'époque n'était plus au renversement de régimes européens par la force.


Le représentant américain a confirmé qu'il présenterait au nom des Etats-Unis un projet de résolution condamnant la Russie même si cette dernière dispose, en tant que membre permanent du Conseil de sécurité, d'un droit de veto.


Devant l'instance suprême de l'Onu, l'ambassadeur géorgien Irakli Alasania a jugé que les propos de Tchourkine ressemblaient à de la "propagande soviétique" et s'est dit certain que la Russie entendait répéter ce qu'elle a fait en Tchétchénie.


Moscou projette d'"effacer la souveraineté géorgienne et exterminer le peuple géorgien", a-t-il dit.


Zalmay Khalilzad a aussi employé des termes très durs à l'encontre de la Russie, l'accusant de semer la "terreur" en Géorgie. "Nous devons condamner l'assaut militaire russe sur l'Etat souverain de Géorgie (...), y compris le fait de viser des civils et la campagne de terreur contre la population géorgienne."


Khalilzad a aussi accusé Moscou d'entraver le retrait des forces géorgiennes d'Ossétie du Sud pour prolonger le conflit et empêcher la Géorgie de déposer les armes.


Tbilissi a annoncé dimanche son retrait d'Ossétie du Sud, ce que conteste la Russie, et s'est dit prêt à entamer des négociations afin de parvenir à une cessation des hostilités.


"A partir du moment où la Russie empêche les forces géorgiennes de se retirer, rejette un cessez-le-feu et continue de mener des attaques militaires contre des centres civils, ses déclarations selon lesquelles elle agit pour un but humanitaire ne sont clairement pas crédibles", a-t-il dit.


Tchourkine a vivement réagi à ces accusations: "Cette déclaration, ambassadeur, est totalement inacceptable, en particulier de la bouche du représentant permanent d'un pays dont nous connaissons les actions, y compris en ce qui concerne les populations civiles en Irak, en Afghanistan et en Serbie."


L'ambassadeur russe a également accusé les Etats-Unis de collusion militaire avec la Géorgie, ajoutant que Moscou savait très bien qu'il y avait un grand nombre de conseillers militaires américains dans l'ancienne république soviétique.


Il a ajouté qu'il espérait que Washington n'avait pas donné son "feu vert" à l'offensive militaire géorgienne contre l'Ossétie du Sud qui a déclenché les hostilités jeudi soir.

 

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10 août 2008 7 10 /08 /août /2008 20:13

Nicolas Sarkozy, Thierry Meyssan et la CIA

http://www.agoravox.fr/print_article.php3?id_article=43016&format=print

Article rédigé par Chamizam le jeudi 7 août 2008


Conspiration(s). C’est LA rumeur politique de l’été qui circule dans les rédactions et sur les blogs. En deux points: la CIA a favorisé Nicolas Sarkozy dans son accession au pouvoir; le site du réseau Voltaire, éditeur de l’info, a été saboté depuis la mise en ligne de l’article. Scoop ou ragot? Décryptage de la double polémique.

Oubliez le 11-Septembre, la mort de Lady Di, le débarquement sur la Lune, l’assassinat de Kennedy ou les rapports entre Jésus et Marie-Madeleine. A deux pas de chez vous, au cœur de l’Hexagone et dans le temps présent, il existe un homme aux zones d’ombre propices à toutes les intrigues : le chef de l’Etat himself, Nicolas Sarkozy.

Depuis deux semaines, circule (quasiment sous le manteau) un papier, étrange, habile et sulfureux intitulé "Opération Sarkozy".

Il est impossible d’évoquer ici toutes les propositions de l’auteur Thierry Meyssan : la place manque, mais surtout Agoravox serait susceptible de poursuites judiciaires pour diffamation de la part de tel ou tel personnage évoqué dans l’article.

Les faits :

Acte 1 : Une prestation remarquée

Tout commence le 25 avril 2008, au Kazakhstan. Durant le colloque "Eurasian Media Forum", un intervenant fait sensation : il s’agit de l’illustre Thierry Meyssan, journaliste d’investigation, fondateur du réseau Voltaire, ancien cadre au sein du Parti radical de gauche et ex-militant de la lutte contre l’homophobie. Depuis mars 2002, sa notoriété est mondiale : son ouvrage consacré au 11-Septembre, et sa thèse principale selon laquelle aucun Boeing n’aurait atteint le Pentagone, ne sont plus à présenter. Méprisé en tant que "théoricien du complot" en France ou aux Etats-Unis, accueilli dans les conférences internationales en Amérique latine et dans le monde arabe, l’homme aime à user du proverbe "nul n’est prophète en son pays".

C’est durant l’une de ces réunions que Meyssan, ayant suscité à nouveau la polémique sur un autre thème politique, se voit proposer par le newsmag russe Profile de publier l’essentiel de son intervention. Quelques semaines plus tard, c’est au tour de son site, le réseau Voltaire, fondé en 1994, de mettre en ligne le 19 juillet l’article qui s’intitulera "Opération Sarkozy".

Acte 2 : Un site "not found"

Comme à son habitude, le site qui projette de devenir une "agence de presse des non-alignés" se voit reprendre ses articles sur des plates-formes communautaires à l’idéologie proche (contestataire, altermondialiste, tiers-mondiste ou anti-impérialiste). Or, voilà que le site n’est plus accessible. Voltairenet.org avait souvent connu des défaillances en raison d’attaques informatiques, mais, depuis fin juillet, il n’est simplement plus en ligne.

Acte 3 : Le buzz s’élance

La disparition du site, pour une durée aussi longue, confirmerait que ses animateurs dérangent et que l’un des derniers papiers publiés, en l’occurrence "Opération Sarkozy", a été la goutte de trop. Désormais, dans la blogosphère francophone ou étrangère, c’est le mot de "censure" qui revient le plus souvent, associé au texte.

Acte 4 : Meyssan s’explique à demi-mots

Le 29 juillet, soit dix jours après la mise en ligne d’un article sur son site désormais inaccessible, Thierry Meyssan accorde, depuis son exil (il a en effet quitté la France), un entretien exclusif au site Neteco.com. Il évoque la piste d’un "sabotage interne", mais tient à rassurer ses lecteurs, environ 1,3 million d’internautes par mois : le site va bientôt reprendre, sous de meilleures dispositions techniques.
Il ne revient en revanche pas sur ses accusations à l’encontre de Sarkozy.

Acte 5 : Une rumeur qui gonfle

En attendant la "fin de la censure" du site du réseau Voltaire, autrement dit le retour de sa capacité à résister à ce qui semble être une trahison en interne au travers d’un sabordage informatique, le buzz parcourt la blogosphère, en France comme aux Etats-Unis, à toute vitesse.


BONUS : Les points-clés de la rumeur

Hors de question d’évoquer ici toutes les affirmations/spéculations de Meyssan sur la vie de Nicolas Sarkozy. Agoravox ne pourrait les publier en raison de pressions juridiques.

Donc voici le plus soft :

* Un lien historique existe entre les mafias italo-américaines, les réseaux corses et le service d’action civique (SAC), garde rapprochée du général de Gaulle.

* Un lien familial existe entre Nicolas Sarkozy et Frank Wisner Jr, haut fonctionnaire au Département d’Etat US, ex-agent de la CIA, fils de Frank Wisner SR (haut responsable de la CIA, licencié pour démence) et homme d’influence multi-cartes. Le trait d’union ? Christine de Ganay, femme de Wisner et ancienne épouse de Pal Sarkozy, père de Nicolas. Le jeune Sarkozy serait resté très proche, depuis 1977, de sa belle-mère et de sa famille américaine.

* La cause réelle de la haine que vouent les Chirac à l’endroit de Sarkozy.

* Les liens entre Charles Pasqua, la Corse et l’Afrique francophone.

* Les enjeux de la concurrence depuis trente ans entre les "deux droites françaises" : la nationale (gaulliste historique) et la financière (pompidolienne et atlantiste).

* Le mécanisme élaboré entre 2002 et 2007 pour que Sarkozy remporte l’élection, en éliminant un par un tous ses concurrents, d’abord à droite puis à gauche.

* L’affaire Erignac et les réseaux d’Yvan Colonna.

* Les auteurs des faux listings Clearstream.

* Les "agents bienveillants" de la CIA en France.

* La maîtresse commune de Nicolas et Cécilia Sarkozy.

* Les amitiés particulières de Bernard Kouchner.

* Etc.

Alors, théorie du complot puissance 1 000, délire conspirationniste comportant quelques éléments véridiques, puzzle cohérent ou scoop de l’année ?

A vous de juger : en matière de liberté d’expression, tout peut se lire et s’entendre, à condition de garder l’esprit critique.



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9 août 2008 6 09 /08 /août /2008 15:53
La cour administrative d'appel valide le projet de mosquée à Montreuil


LE MONDE | 08.08.08 | 14h27  •  Mis à jour le 08.08.08 | 20h22


n arrêt de la cour administrative d'appel de Versailles clarifie les conditions dans lesquelles les communes peuvent soutenir la construction de lieux de culte, en particulier de mosquées.

 


Dans une décision rendue publique mercredi 6 août, les magistrats estiment que la mairie de Montreuil (Seine-Saint-Denis) ne contrevenait pas à la loi de séparation des Eglises et de l'Etat en prévoyant de louer un terrain pour un prix symbolique à une association musulmane afin qu'elle puisse construire une mosquée. La cour administrative a donc annulé le jugement du tribunal administratif de Cergy-Pontoise (Le Monde du 27 juin 2007) qui avait invalidé la délibération municipale, provoquant l'inquiétude de la communauté musulmane.


CONTREPARTIE


Plusieurs recours avaient été déposés par l'extrême droite, ces dernières années, notamment à Montreuil et à Marseille, pour obtenir l'annulation de baux concédant des terrains à des associations pour des prix symboliques. Dans ces deux dossiers, les tribunaux administratifs avaient décidé d'annuler les délibérations municipales en considérant que le faible niveau des loyers s'apparentait à une forme de subvention, interdite par la loi. Les communes avaient donc dû voter de nouvelles délibérations prévoyant des loyers nettement plus élevés.

 


Dans son arrêt sur l'affaire de la mosquée de Montreuil, la cour administrative d'appel estime que "la redevance annuelle égale à un euro symbolique ne peut être considérée, dans les circonstances de l'espèce, comme une subvention déguisée". Les magistrats soulignent que le bail emphytéotique, signé avec l'association pour une durée de quatre-vingt-dix-neuf ans, prévoit que la mairie deviendra propriétaire du bâtiment à l'issue de cette période. Ils relèvent que l'association s'est engagée à construire la mosquée, ouverte au public, pour un coût de 1,5 million d'euros, puis à l'entretenir.


La cour administrative rappelle que, selon la loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat, "la République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte". Mais elle insiste sur le fait que "le principe constitutionnel de laïcité, qui implique neutralité de l'Etat et des collectivités territoriales (...) et traitement égal des différents cultes, n'interdit pas, par lui-même, l'octroi dans l'intérêt général (...) de certaines aides à des activités ou des équipements dépendant de cultes".


"C'est une très bonne nouvelle, car on revient à la jurisprudence valable depuis les années 1930 et qui a bénéficié à plus de 400 églises"
, a réagi l'ancien maire de Montreuil, Jean-Pierre Brard, à l'origine du projet.


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9 août 2008 6 09 /08 /août /2008 15:42
L'éthanol tiré du maïs fait polémique au Mexique


LE MONDE | 08.08.08 | 15h15  •  Mis à jour le 08.08.08 | 15h15


NAVOLATO (nord-ouest du Mexique) ENVOYÉE SPÉCIALE


on content de subventionner le carburant consommé par des milliers d'Américains, qui font le plein au sud de la frontière à un prix plus avantageux, le Mexique va-t-il aussi financer l'éthanol exporté vers les Etats-Unis et produit avec du maïs mexicain ? Flambant neuve, l'usine Biocyclos de Navolato, dans l'Etat de Sinaloa, suscite déjà une polémique dans un pays où le maïs n'est pas une céréale comme les autres, mais l'aliment sacré des Précolombiens.

 


Aux yeux de ses promoteurs, cette usine apporte une solution rationnelle au problème des excédents régionaux de grains, alors que ses détracteurs y voient une entreprise immorale, voire illégale, la nouvelle loi sur les biocarburants, promulguée début 2008, interdisant de produire de l'éthanol avec du maïs, sauf en cas d'excédents sur le marché national. Or le Mexique a importé près de 8 millions de tonnes de maïs en 2007.



Financée par des capitaux privés mexicains, principalement ceux de la famille de la Vega, propriétaire du groupe sucrier Zucarmex, l'usine Biocyclos contraste, avec ses fûts de fermentation impeccables et son laboratoire d'analyse ultramoderne, avec les raffineries aussi vétustes que polluantes de Zucarmex, dont la filiale Destilmex a obtenu 50 millions de pesos (3.2 millions d'euros) de subventions publiques pour construire l'unité de Navolato.

 


"NOTRE VIE"

 


"Nous allons fabriquer 350 000 litres d'éthanol par an, à partir de 270 000 tonnes de maïs"
, annonce le directeur de Biocyclos, le Brésilien João Bortolussi. L'usine devait commencer à exporter en juillet vers la Californie et l'Arizona. "Mais en plus de biocarburant, nous produirons aussi quelque 100 000 tonnes de pâte de maïs à haute teneur en protéines, et nous espérons convaincre les industriels du secteur agroalimentaire de l'utiliser pour enrichir la nourriture des Mexicains", souligne-t-il.


Destilmex a des contacts avec Minsa, l'un des principaux fabricants de tortilla, la galette de maïs qui est la base de l'alimentation au Mexique. Une cuillerée à soupe de Maix - une farine de couleur sable, issue du processus de distillation de l'éthanol -, ajoutée à neuf cuillerées de farine de maïs ordinaire, permet de concocter des galettes contenant 14 % de protéines, contre 9 % pour la tortilla industrielle. Reste à séduire les Mexicains, pour lesquels le maïs, appelé "notre vie" dans certaines langues indiennes, ne saurait faire rouler les camions.


Pour le ministre de l'agriculture du Sinaloa, Jorge Kondo, l'équation est simple : "Le Sinaloa va produire cette année 5 millions de tonnes de maïs blanc, dont 3 millions pour la consommation humaine. Or cela coûte cher d'acheminer les 2 millions de tonnes d'excédents vers d'autres régions du Mexique. Il vaut mieux, explique-t-il, les transformer sur place et fournir ainsi des protéines aux vingt millions de Mexicains qui en manquent."


Cette logique ne convainc pas l'opposition. Le 2 juillet, la commission permanente du Congrès fédéral a exigé des comptes sur les aides financières octroyées par le gouvernement à Destilmex, ainsi qu'à deux autres projets d'usines d'éthanol à partir de maïs.


Après avoir visité, il y a un an, le chantier de Biocyclos à Navolato, le président mexicain Felipe Calderon a fait machine arrière, impressionné par les arguments de son compatriote Mario Molina, Prix Nobel de chimie et hostile aux biocarburants d'origine alimentaire.


Lors d'un récent sommet régional à Tuxtla, au Chiapas, le thème des biocarburants a provoqué un vif débat entre les chefs d'Etat présents. Daniel Ortega, du Nicaragua, s'est opposé à leur usage, qu'il a qualifié de "péché mortel", tandis que le Mexique, la Colombie et le Salvador s'y sont déclarés favorables. Mais, a précisé M. Calderon, à condition de n'employer que des plantes qui ne soient pas de consommation humaine, ce qui exclut le maïs blanc.


Le sujet est d'autant plus sensible que, avec la hausse vertigineuse du prix du pétrole, de nombreux automobilistes de Californie, d'Arizona ou du Texas franchissent la frontière pour remplir leur réservoir au Mexique, où l'essence coûte un tiers moins cher qu'aux Etats-Unis.


La facture devient doublement douloureuse pour le gouvernement mexicain, contraint d'importer, principalement de chez son voisin du nord, 43 % du carburant consommé dans le pays.


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9 août 2008 6 09 /08 /août /2008 15:35
L'ex-chauffeur de Ben Laden condamné à cinq ans et demi de prison


LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 08.08.08 | 07h55  •  Mis à jour le 08.08.08 | 11h42


'ancien chauffeur d'Oussama Ben Laden a été condamné jeudi 7 août à cinq ans et demi de prison par un tribunal militaire d'exception américain, le premier depuis la seconde guerre mondiale, à Guantanamo Bay. Salim Ahmed Hamdan avait été déclaré coupable, mercredi, de "soutien matériel au terrorisme", y compris pour avoir transporté des armes, mais acquitté de l'accusation de "complot".

 


Le procureur avait requis une peine "pas inférieure à 30 ans". L'avocat de la défense, Charles Swift, avait fait valoir que l'accusé méritait une peine inférieure à quatre ans parce que sa coopération avec les services de renseignement américains l'emportait largement sur sa culpabilité en tant que membre de l'équipe qui escortait Ben Laden. Salim Hamdan, qui encourait la prison à vie, a accueilli sa légère condamnation avec un sourire. Il a remercié le jury et, à nouveau, comme le matin même, présenté ses excuses aux victimes des attentats d'Al-Qaida. Puis il a longuement étreint Charles Swift, qui le suit depuis longtemps.
 

RÉEXAMEN ANNUEL


M. Hamdan qui a déjà passé plus de six ans derrière les grilles de Guantanamo, ne devrait purger que cinq mois supplémentaires, puisque le président du tribunal, l'Amiral Keith Allred, avait décidé qu'il serait crédité du temps écoulé depuis son inculpation en 2003, soit cinq ans et un mois. Mais le Pentagone a immédiatement rappelé qu'il restera détenu car "toujours considéré comme un ennemi combattant", un statut qui justifie pour les Etats-Unis de retenir des hommes prisonniers indéfiniment, dans le cadre de la "guerre contre le terrorisme". "Mais en tant que tel, il pourra prétendre au réexamen annuel visant à déterminer s'il peut être libéré ou transféré", a précisé le porte-parole du Pentagone.


"J'espère que le jour viendra où vous retrouverez votre femme, vos filles et votre pays. 'Inchallah'"
, a déclaré le président du tribunal. Reste que dans cinq mois, l'administration Bush cédera la place. Et les deux candidats à la Maison Blanche se sont prononcés pour la fermeture du camp de prisonniers, sans toutefois indiquer ce qu'ils feront de ses quelque 265 détenus.


De nouveaux procès, autrement plus sensibles, sont prévus. Le Canadien Omar Khadr, arrêté à 15 ans en Afghanistan et seul Occidental encore détenu à Guantanamo, et cinq hommes soupçonnés d'avoir participé aux attentats du 11-Septembre, dont Khaled Cheikh Mohammed, le cerveau revendiqué de cette attaque qui a fait près de   3 000 morts, sont concernés. "Hamdan n'était qu'un très petit poisson dans la mare d'Al-Qaida", a rappelé Jonathan Drimmer, un professeur de droit spécialisé dans les crimes de guerre. Il a "de manière évidente été choisi pour le premier procès-test afin de dénouer les nœuds de ce nouveau système juridique et afin que l'accusation puisse se préparer à des affaires plus ardues".

 


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9 août 2008 6 09 /08 /août /2008 15:14
Evo en danger au référendum révocatoire du 10 août ?

Mes impressions de Bolivie

MICHEL COLLON


La Bolivie a bien changé. A La Paz, j'assiste à une grande réception donnée par l'ambassadeur de Cuba. Mojitos, buffet, danses, grosse ambiance. Où sommes-nous ? Dans la salle des fêtes de... l'armée bolivienne. Oui, celle qui a tué le Che.

La Bolivie a bien changé, mais tout le monde ne lui veut pas que du bien. Nous sommes venus nous en rendre compte sur place avec quelques intellectuels progressistes d'une quinzaine de pays : Frei Betto, Ernesto Cardenal, Ramsey Clark, François Houtart, Luis Britto Garcia, Pascual Serrano... Quelques journées de rencontres et d'échanges avec des intellectuels boliviens, des représentants des communautés indiennes, des artistes...

Le moment est tendu. La droite essaie de provoquer une scission des riches régions de l'Est. Pour déjouer la manoeuvre, le président Evo Morales, à mi-mandat, appelle à un référendum révocatoire, ce 10 août. Une sorte de vote de confiance. Il remet son mandat en jeu, mais aussi celui des préfets de départements appartenant à l'opposition. La droite tente de saboter le référendum et on craint des incidents...
Nous allons voir qui est derrière ces incidents, quel rôle jouent ici les Etats-Unis, et la CIA, et un ambassadeur vraiment curieux, et aussi l'Europe...

Un Bolivien sur quatre doit émigrer

Impressions fortes. Physiquement, d'abord. La Paz est à 3.600 mètres d'altitude. Son aéroport à 4.000 mètres. Arrivés dans la nuit, à court d'oxygène, nous sommes au bord de l'évanouissement. Très prévenants, les jeunes qui nous accueillent, nous font asseoir au calme, s'occupent de nos bagages et nous laissent récupérer notre souffle.

Le premier jour sera consacré au repos, à l'acclimatation. Avec Luis, un ami vénézuélien, nous faisons un petit tour, à petits pas et de banc en banc, dans une des plus belles capitales du monde. Imaginez une immense cuvette, bordée par les grandioses montagnes Huayna Potosí (6.094 m) et Nevado Illimani (6.460 m), non loin du lac Titicaca, le plus haut lac navigable du monde. Ici, l'eau bout à 80°. Et toutes les rues sont en pente.

Ce qui frappe à La Paz, en hiver en tout cas, c'est la douceur du climat, ensoleillé et frais. Et la douceur des gens. Partout, on vous accueille avec gentillesse, avec une sorte de sérénité tranquille. Les Indiennes portent de lourds vêtements avec de superbes châles bariolés. Et de curieux petits chapeaux 'boule', noirs, bruns ou gris. Parfois, elles portent aussi des charges impressionnantes. Les Indiens représentent deux tiers de la population.

L'importance des communautés indiennes

« Un Indien président ? L'oligarchie blanche, raciste, ne l'accepte toujours pas. », nous confie Evo. En fait, j'ai commencé à comprendre toute la richesse de cet héritage indien en visitant avec des amis boliviens Tiwanaku, la capitale d'un ancien empire Inca...

Nous sommes sur le très haut plateau de l'Altiplano, bordé de montagnes. Ici, les Indiens vivent, dans des conditions difficiles, d'agriculture et d'élevage. Pas un nuage dans le ciel, un air incroyablement pur, on sent encore le froid de la nuit.
Tiwanaku fut une ville immense, les fouilles commencent à peine. Une centaine d'Indiens de la région sont occupés à restaurer le temple, une énorme pyramide en terrasses. C'était une civilisation très avancée qui construisait ses bâtiments en s'appuyant sur une connaissance poussée de l'astronomie. Elle avait créé une industrie métallurgique et textile. Elle cultivait plus de deux cents sortes différentes de maïs et quatre cents sortes de patates. Dont une espèce qui pouvait se congeler et rester comestible dix ans. Le système d'irrigation était très perfectionné avec une inclinaison très précise pour que les pierres réchauffent l'eau et l'empêchent de geler. Système si perfectionné qu'aujourd'hui, le ministère de l'Agriculture va le réutiliser pour développer l'agriculture en terrasses. L'eau est rare ici, un trésor.
Un vieil Indien opère avec notre petit groupe une cérémonie rituelle, une sorte de sacrifice de petits objets symboliques, pour célébrer l'union avec le Cosmos et rassembler les souhaits que nous formons. Emotion.

Il ne s'agit pas ici de glorifier le passé pour le passé, mais d'en préserver la mémoire et les valeurs pour les intégrer à la nouvelle société. Un journaliste bolivien nous explique l'importance que prend ici la communauté : « C'est un élément fort de la Bolivie. Tenez, selon les statistiques internationales, le paysan bolivien a un revenu moyen de cinquante dollars par an. Autant dire qu'il est mort ! Sauf si on comprend que l'économie communautaire est la base de notre vie ici. »
Bref, un héritage précieux qu'on ne peut pas perdre.

Le sort des Boliviens quand ils émigrent...

Impressions fortes aussi sur les réalités sociales de ce pays. A La Paz, les classes hautes vivent dans le bas de la ville, à 3.000 mètres, où on respire plus facilement. Les basses classes, par contre, à El Alto (pas besoin de traduire) : 4.000 mètres. Petits commerces, petits artisanats, un peu d'élevage dans les hauts plateaux... La vie est dure.

Deuxième pays le plus pauvre d'Amérique latine, la Bolivie a vu émigrer un sur quatre de ses enfants. Pourquoi ? Pendant des siècles, cette terre a été colonisée par l'Espagne. Et tous les bénéfices de ses richesses minières, extraites au prix d'un travail meurtrier dans un quasi-esclavage, ont été emportés en Europe. Pendant des décennies, son gaz et son pétrole ont profité à une poignée de riches, mais surtout à quelques multinationales, européennes notamment. Le Nord a bien saigné le Sud. Ne laissant sur place que la misère.

Et les conflits. Evo Morales, président depuis deux ans et demi, n'est pas tombé du ciel, il est le fruit de longues années de résistances ouvrières et paysannes. Les communautés indiennes ont toujours été exploitées, exclues, méprisées par une élite blanche et raciste, liée aux Etats-Unis et à l'Europe.

Voilà d'où viennent la pauvreté et le sous-développement. Mais quand les Boliviens, pour survivre, vont faire les ménages en Europe, celle-ci les traite comme des criminels et les emprisonne. Même des enfants ! Evo Morales a courageusement dénoncé la récente 'Directive de la Honte' qui permettra à tous les pays européens d'emprisonner jusqu'à dix-huit mois les délinquants, pardon : les immigrés.

Justement, avant de partir, je venais de rencontrer à Bruxelles des travailleurs immigrés, notamment latinos. En lutte depuis des mois pour obtenir des papiers, c'est-à-dire leurs droits, leur dignité. Face à des ministres complètement sourds, ils ont été obligés de mettre leurs vies en danger : grève de la faim, escalade de grues... Appréciant beaucoup la lettre d'Evo à l'U.E. ils m'ont chargé de remettre un petit message de gratitude au président bolivien. Je le lui ai remis. Sourire sur sa figure.
En fait, quand on voit ici la pauvreté, les salaires dérisoires, le manque d'industrie, on comprend pourquoi tant de Boliviens doivent émigrer. Mais, en allant plus loin, on comprend aussi que l'Europe est une sale hypocrite qui porte une lourde responsabilité dans cette émigration. Nous allons y revenir...

Qu'a réalisé Evo ?

Mais voyons d'abord ce qu'a réalisé Evo en deux ans et demi... Il a nationalisé le pétrole et le gaz. Vous voulez savoir pourquoi, dans nos médias, on dit du bien du président colombien Uribe et du mal d'Evo Morales ? Très simple. Le premier a fait passer les taxes sur les multinationales de 14% à... 0,4%. Pour faciliter l'installation de ces multinationales, ses paramilitaires ont chassé de leurs terres quatre millions de paysans. Le second a osé rendre à la nation bolivienne les richesses qui lui appartenaient afin de combattre la pauvreté.

En nationalisant les hydrocarbures, Evo a multiplié par cinq les revenus de l'Etat et s'est donné les moyens de soulager les maux les plus urgents : analphabétisme en baisse de 80%, retour à l'école d'une partie des enfants travaillant dans la rue, création d'écoles dans les langues indiennes aymara et quechua (vingt mille diplômés), soins de santé gratuits déjà pour la moitié des Boliviens, pension Dignidad pour les plus de 60 ans, crédit à zéro pour-cent pour des produits comme le maïs, le blé, le soja et le riz. Grâce à l'aide du Venezuela, six mille ordinateurs ont été offerts, surtout à des écoles. Grâce à l'aide de Cuba, deux cent soixante mille personnes ont été opérées des yeux. Ailleurs en Amérique latine, elles seraient condamnées à être aveugles, car pauvres.

En outre, les investissements publics ont fortement augmenté pour développer l'économie. La Bolivie a comblé son déficit fiscal, remboursé la moitié de sa dette extérieure (de 5 à 2,2 milliards de dollars), reconstitué une petite réserve financière, multiplié par quatre l'emploi dans les mines et la métallurgie, doublé la production et les revenus de ces industries. Le PIB industriel est passé de 4,1 à 7,1 milliards de dollars en trois ans. Mille tracteurs ont été distribués à des paysans. De nouvelles routes ont été construites.

Bref, la Bolivie avance. Pas assez vite, disent certains pour qui Evo n'y va pas assez fort contre la droite et les grands propriétaires. C'est un débat à mener entre ceux qui vivent sur place et peuvent apprécier la situation, ses possibilités, ses dangers. En sachant qu'il ne suffit pas de dire « Y a qu'à » pour sortir un pays de la pauvreté et de la dépendance. En sachant qu'il faut tenir compte du rapport de forces avec la droite qui s'agite beaucoup et sabote. En tenant compte de l'armée (Tous ses chefs seront-ils loyaux jusqu'au bout ?).

Autre facteur négatif : « La Justice demeure totalement corrompue », m'a confié... le plus haut magistrat de La Paz. « C'est une vieille caste qui se protège et protège les intérêts des riches. C'est un véritable business. Pourtant, nous avons menacé de révocation immédiate tout juge qui sera pris en flagrant délit. Mais c'est un combat difficile. »

Et justement, quand je me trouvais là, la Justice venait fameusement en aide à la droite en essayant d'empêcher par une bataille juridique la tenue du référendum. Mais il y a danger bien plus grand que la Justice...

Derrière la droite, les Etats-Unis préparent une guerre civile

C'est le nouveau truc des Etats-Unis. S'avérant incapable de gagner une guerre d'occupation, Washington recourt à la guerre indirecte, la guerre par intermédiaires. Actuellement, la stratégie de Washington est d'essayer de provoquer une guerre civile en Bolivie. Pour cela, les provinces contrôlées par la droite et qui contiennent les grandes propriétés agricoles liées aux multinationales ainsi que la majorité des réserves de gaz et de pétrole, ces provinces multiplient les provocations pour préparer une sécession.

Ayant personnellement étudié l'action secrète des grandes puissances pour faire éclater la Yougoslavie, j'ai tenu à attirer l'attention des Boliviens, lors de quelques interviews : aujourd'hui, Washington risque de transformer leur pays en une nouvelle Yougoslavie.

Voici les ingrédients de son action : 1. Des investissements massifs de la CIA. 2. Un ambassadeur spécialisé dans la déstabilisation. 3. Des fascistes expérimentés. Avec ces ingrédients, vous pouvez préparer un coup d'Etat ou une guerre civile. Ou les deux.

Premier ingrédient. Comme au Venezuela, la CIA investit beaucoup en Bolivie. A travers ses paravents habituels : USAID, National Endowment for Democracy, Institut Républicain International, etc. Les organisations de la droite séparatiste sont abondamment subventionnées. L'USAID a, par exemple, financé Juan Carlos Orenda, conseiller du Comité civique de Santa Cruz d'extrême droite et auteur d'un plan prévoyant la sécession de cette province.

Mais aussi des organisations plus discrètes chargées de semer la confusion et de préparer une propagande anti-Evo. A l'université San Simon de Cochabamba, la Fondation du Millénaire a reçu 155.000 dollars pour critiquer la nationalisation du gaz et défendre le néolibéralisme. Treize jeunes dirigeants boliviens de droite ont été invités à des formations à Washington : 110.000 dollars. Dans les quartiers populaires d'El Alto, USAID lance des programmes pour « réduire les tensions dans les zones sujettes à conflits sociaux ». Lisez : discréditer la gauche.

En tout, des millions de dollars ont été versés à toutes sortes d'organisations, des groupes étudiants, des journalistes, des politiciens, des magistrats, des intellectuels, des hommes d'affaires. Le parti populaire espagnol, autour de José Maria Aznar, participe aux manoeuvres.

Deuxième ingrédient. D'où vient Philip Goldberg, l'actuel ambassadeur des Etats-Unis en Bolivie ? De Yougoslavie. Où il a accumulé une riche expérience sur la manière de faire éclater un pays. De 94 à 96, il a travaillé en Bosnie pour l'ambassadeur Richard Holbrooke, un des stratèges de la désintégration. Puis, il a fomenté les troubles au Kosovo et la scission entre Serbie et Monténégro. Un expert, on vous dit.

Et pas inactif. Comme le raconte le journaliste argentin Roberto Bardini : « Le 28 juin 2007, une citoyenne américaine de vingt ans, Donna Thi, de Miami, a été détenue à l'aéroport de La Paz pour avoir tenté d'introduire dans le pays cinq cents balles de calibre 45 qu'elle avait déclarées aux douanes comme du 'fromage'. Au terminal, l'attendait la femme du colonel James Campbell, le chef de la mission militaire de l'ambassade US en Bolivie. L'ambassadeur US Philip Goldberg est intervenu immédiatement pour obtenir qu'on la relâche en disant qu'il ne s'agissait que d'une 'innocente erreur'. Les munitions, a-t-il déclaré, ne devaient servir qu'au sport et au spectacle. En mars 2006, un autre citoyen US, Triston Jay Amero, alias Lestat Claudius, un Californien de 25 ans, porteur de quinze documents d'identité différents, a fait exploser trois cents kilos de dynamite dans deux hôtels de La Paz. »
Pourquoi a-t-on exporté Goldberg des Balkans à la Bolivie ? Pour transformer, j'en suis sûr, ce pays en une nouvelle Yougoslavie. Le séparatisme est une méthode privilégiée par les Etats-Unis pour reprendre le contrôle de richesses naturelles ou de régions stratégiques lorsque des gouvernements se montrent trop indépendants, trop résistants aux multinationales.

Troisième ingrédient. Des fascistes expérimentés. En Bolivie, Goldberg a ouvertement soutenu et collaboré avec des hommes d'affaires croates à la tête de la sécession. Particulièrement, Branko Marinkovic, membre de la Fédération des entrepreneurs libres de Santa Cruz (province sécessionniste). Très grand propriétaire de terres, Marinkovic tire aussi les ficelles de Transporte de Hidrocarbures Transredes (qui travaille pour Shell). Il gère les six mille kilomètres de pipelines de gaz et de pétrole qui mènent au Chili, au Brésil et en Argentine.

Et quand ces gens sont-ils venus de Croatie ? Il faut rappeler que, durant la Seconde Guerre mondiale, Hitler a installé une Grande Croatie fasciste où ses collaborateurs, les Oustachis, ont mis sur pied des camps d'extermination (y compris un spécialement pour enfants !), perpétrant un génocide épouvantable contre les Serbes, les juifs et les tziganes. Après leur défaite, l'Eglise croate et le Vatican ont organisé, les Ratlines, filières d'évasion des criminels fascistes croates (et de Klaus Barbie). De la Croatie à l'Autriche, puis à Rome. Et de là vers l'Argentine, la Bolivie ou les Etats-Unis.

Quand on sait que Franjo Tudjman et les dirigeants de la 'nouvelle' Croatie née en 1991 ont réhabilité les anciens criminels croates de la Seconde Guerre mondiale, on aimerait savoir si Monsieur Marinkovic renie tout ce passé ou bien si, tout simplement, il emploie les mêmes méthodes là où il se trouve à présent. Quant aux Etats-Unis, on sait qu'ils ont récupéré et recyclé quantité de criminels et d'espions nazis de la Seconde Guerre mondiale. Les réseaux, ça sert toujours.

Ce qui se cache derrière le séparatisme

Voilà, tous les ingrédients sont prêts pour faire exploser la Bolivie... Les dollars de la CIA, plus des experts dans la provocation de guerres civiles, plus des fascistes recyclés en businessmen. Une guerre civile qui servirait bien les intérêts des multinationales, mais que l'opinion internationale doit absolument empêcher. Les Boliviens ont le droit de décider eux-mêmes de leur sort. Sans la CIA.

Car une sécession ne profiterait qu'à l'élite. L'écrivain brésilien Emir Sader vient d'écrire très justement : « Aujourd'hui, une des modalités qui renferme le racisme, c'est le séparatisme, les tentatives de délimiter les territoires de la race blanche, en s'appropriant et privatisant les richesses qui appartiennent à la nation et à son peuple.

Nous connaissions déjà ces intentions sous la forme des quartiers riches qui cherchaient à se définir en tant que municipalités, afin que la part des impôts prélevée obligatoirement de leurs immenses richesses, reste dans leur escarcelle pour augmenter les bénéfices de leurs quartiers retranchés, derrière lesquels ils cherchaient à isoler et défendre avec une sécurité privée, évidemment, leurs styles de vie privilégiés ». (...) Le référendum séparatiste est une expression oligarchique, raciste et économique car ils veulent garder l'usufruit des richesses de Santa Cruz pour leur propre bénéfice et parce que les oligarques veulent, en plus, empêcher que le gouvernement d'Evo Morales poursuive son processus de réforme agraire et qu'il l'étende à tout le pays. »

Cette autonomie-là, en effet, ça veut dire que les Blancs riches qui ont contrôlé la Bolivie depuis toujours, refusent d'être gouvernés par la majorité, non blanche, de l'Ouest.
Quand on parle d'autonomie, Evo Morales répond : « Parlons d'autonomie, non pas pour l'oligarchie, mais pour les peuples avec qui nous luttons. Ces groupes séparatistes qui viennent de perdre leurs privilèges, ont été depuis longtemps dans le Palais, ils ont gouverné et ont permis que l'on pille notre pays, nos ressources naturelles, y compris les ressources de base, de même que la privatisation de nos entreprises, et maintenant ils envisagent de nouveau ce système qui démontre son véritable intérêt : le contrôle économique ».

Mais il n'y a pas que les Etats-Unis qui s'acharnent sur la Bolivie...

L'hypocrisie de l'Europe :
qui donc l'a causée, « toute la misère du monde » ?

Pourchassant les sans-papiers, l'Europe glisse dans un soupir de dame patronnesse : « Nous ne pouvons quand même pas accueillir toute la misère du monde ». Ah, bon ? Mais, en réalité, cette misère, c'est vous qui l'avez créée ! Vos Charles-Quint, vos Louis XIV, vos Elisabeth I et vos Léopold II ont allègrement massacré les 'sauvages' pour voler leurs richesses ! Le décollage économique du capitalisme européen s'est construit sur ce pillage. Et jusqu'à aujourd'hui, vos sociétés minières, agricoles et autres n'ont cessé de piller les matières premières sans les payer, n'ont cessé de dominer et déformer les économies locales et de bloquer leur développement ! N'est-ce pas vous qui avez une Dette à rembourser au Sud ?

Serait-ce du passé ? Dans les médias, les responsables européens aiment à raconter qu'aujourd'hui, ils ne veulent que du bien à l'Amérique latine et au tiers monde...
« Totalement faux », me confie avec indignation Pablo Solon qui représente la Bolivie dans les négociations commerciales entre l'Amérique latine et l'U.E : « La Bolivie l'a exprimé à l'U.E. Avant les négociations, nous avions dit que nous ne négocierions pas un traité style Libre Commerce. Et nous avions communiqué nos points de divergence sur les services, les investissements, la propriété intellectuelle et les biens publics. La Commission nous a promis qu'on discuterait ces points dans la négociation. Qu'à la différence des 'autres', on ne nous imposerait pas un format unique. Mais, lorsque nous nous sommes réunis avec Peter Mandelson, commissaire européen pour le Commerce, il nous a dit de façon catégorique et impérative : 'Ceci est un Traité de Libre Commerce. Ou bien vous l'acceptez, ou bien vous êtes hors des négociations.'. J'ai répondu personnellement que nous n'allions pas nous exclure et que nous allions défendre nos points de vue jusqu'au bout. Car la Bolivie a beaucoup d'industries qu'elle doit défendre : acier, plastique, papier, qui ont besoin de mécanismes de protection tout comme ce fut les cas pour les industries naissantes européennes à l'époque. »

Effectivement, l'Europe se montre hyper-dominatrice et arrogante. Elle prétend imposer à toute l'Amérique latine et aux Caraïbes l'arrêt des subventions qui aident à développer les produits locaux, la suppression des droits de douanes aux importations (mais elle refuse de faire de même chez elle !), la suppression de toutes limites pour les exportations européennes (refusant l'inverse), le transfert sans limites de la main d'oeuvre européenne qualifiée, la modification de toutes les lois protégeant les économies locales.

Et en plus, elle veut imposer la privatisation de tous les services, biens et entreprises des Etats. Alors qu'en 2000 déjà, sur les cinq cents plus grandes entreprises d'Amérique latine et des Caraïbes, 46 % appartenaient déjà à des entreprises étrangères.

Et en plus, l'U.E. prétend imposer des brevets sur le vivant (la Bolivie a une biodiversité très riche convoitée par les multinationales chimiques et pharmaceutiques). Mais le vivant, et l'eau aussi, ne sont-ils pas des biens essentiels à la survie, un patrimoine qui doit rester à ceux qui l'ont toujours protégé et utilisé à bon escient ?

En définitive, l'U.E. veut imposer des traités tout à fait déséquilibrés qui tueront les entreprises boliviennes. Tout ce qu'elle cherche, c'est que les entreprises européennes puissent envahir librement les marchés. Donc ruiner ces pays. Donc provoquer de l'émigration. Un système absurde, non ?

Qui 'choisit' l'immigration et pourquoi ?

J'ai écrit que l'Europe chassait les émigrés latinos. Ce n'est pas exact. Elle ne les traite pas tous de la même façon.

D'un côté, le patronat européen importe les meilleurs cerveaux du tiers-monde, et aussi des techniciens très qualifiés. Sous - payés pour grossir les bénéfices des sociétés. C'est ce que Sarkozy et d'autres appellent 'immigration choisie'. Le maître sélectionne ceux qui auront la chance de travailler pour lui. Mais ce vol des cerveaux prive le tiers-monde des gens qu'il a formés (à grand coût) et qui seraient nécessaires à son développement. Une nouvelle forme de pillage.

De l'autre côté, l'Europe accueille aussi une partie des non qualifiés. En les laissant sans papiers, donc sans droits, elle les oblige à vivre dans la peur, à accepter des salaires et des conditions de travail qui constituent un recul social. Bon moyen de diviser et de faire pression sur les autres travailleurs. Voilà comment se fabrique la 'compétitivité' de cette vertueuse Europe. La façon de traiter les sans-papiers n'est pas une bavure, elle est un rouage essentiel d'un système économique égoïste.

Résumons. L'Europe a volé l'Amérique latine. L'Europe continue à voler l'Amérique latine. Elle l'empêche de nourrir ses enfants. Mais quand ceux-ci sont forcés d'émigrer, elle les emprisonne. Ensuite, elle donne des leçons de démocratie et de moralité au monde entier.

Le temps est venu

Je n'ai pu rester longtemps en Bolivie, mais ce peuple m'a profondément impressionné. Je me rappelle ces milliers de manifestants qui descendaient, ce dimanche-là, vers le centre de La Paz, dans leurs minibus, leurs autos ou leurs taxis bondés, Indiens et Blancs, du plus clair au plus foncé..

Avec un calme étonnant, bien moins de bruit que dans n'importe quelle manif du monde. Avec une détermination simple et noble. Et dans leurs yeux, une évidence : le temps est venu de mettre fin à des siècles d'humiliations, le temps est venu de la dignité pour tous, le temps est venu de faire disparaître la misère.

Et je repensais à ces amis sans-papiers de Bruxelles, manifestant eux aussi pour leur avenir et pour leur dignité. Le problème est évidemment le même, à Bruxelles et à La Paz : à qui doivent servir les richesses d'un pays ? Et si ce problème ne se résout pas à La Paz, des millions de sans-papiers continueront à frapper aux portes de l'Europe.

Et demain ?

Comment cela évoluera-t-il ? Pour le 10 août, un institut de sondage pro-US annonce une victoire d'Evo par 60%. Comme la plupart de mes interlocuteurs à La Paz. Certains craignaient, par contre, l'influence du problème de l'inflation et du renchérissement de la vie. D'autres craignent que la droite lance des provocations violentes pour empêcher le référendum.

Quoi qu'il en soit, le référendum ne résoudra rien, ni dans un sens, ni dans l'autre. Evo Morales sera toujours devant le même problème : le gouvernement est à gauche, mais ne contrôle pas l'économie du pays, ni les médias (aux mains des gros propriétaires et de la multinationale espagnole Prisa), ni les universités, ni l'Eglise qui est aux côtés des riches, comme d'habitude dans ce continent. On ne peut pas tout faire en deux ans et demi. Mais, pour avancer, Evo devra réussir à mobiliser plus avant les masses populaires. Sa seule force.

De toute façon, après le référendum, la question restera la même : les richesses du pays doivent-elles servir à enrichir les riches et les multinationales ou bien à développer le pays et à vaincre la pauvreté ?

Pour trancher cette question à leur avantage, les Etats-Unis sont prêts à tout. Et le mouvement progressiste international ? Comment réagira-t-il contre la désinformation et la préparation d'une guerre civile ?
La réponse dépend de nous tous.

Michel Collon
La Paz - Bruxelles
Août 2008

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7 août 2008 4 07 /08 /août /2008 19:18

 

Sans même avoir lu les autres correspondances et en réaction à l'approche moraliste de Diko, je souhaiterais juste faire savoir aux uns et aux autres, qu'il est bien pour tout demeurant, de s'attaquer chaque fois aux origines d'une crise lorsqu'elle est encore à ses débuts au lieu de s'acharner sur les conséquences. 

 

La crise du Darfour ne remonte pas de 2000 à 2008. C'est le tournesol d'une crise qui date de la guerre froide; une guerre fratricide qui a décimé de générations entières de soudanais et poussée à l'exil de milliers d'entre-eux. Derrière elle, les puissances occidentales soutenues par les USA, donc la CIA. Après quoi, elles ont sacrifié leur ténor John Garang pour éviter qu'après l'unité remportée avec Béchir, qu'il ne dévoile le secret de l'Amérique. Aujourd'hui on s'acharne sur Rafik Hariri au Liban, un ex-premier ministre alors que froidement, les guillotineurs de l'humanité ont tout simplement liquidé cet homme (Garang) qui leur a servi plus de trois décennies. Nulle n'a bronché et personne n'a revendiqué l'enquête sur l'assassinat de John pourtant premier vice-président en exercice du Soudan. Pas de TPI pour lui ni d'enquête car c'est un nègre!

 

Avec la découverte du pétrole soudanais à l'Est c'est-à-dire dans le Darfour actuel, il s'est déclenché une offensive occidentale. Offensive sur le terrain politique et sur le diplomatique. Sur le terrain politique, l'occident a mis en avant le Tchad et le Soudan avec ce qu'il a appelé une guerre tribale appuyée par soit Khartoum ou N'Djamena. Sur le terrain diplomatique, c'est la mascarade onusienne… la pression langagière britannique et française… De toute façon, on connaît bien le mécanisme occidental (Exemple du Liberia, Sierra-Léone, Côte d'Ivoire, etc.) pour mettre en conflit deux frères de sang dans le tiers-monde. Aujourd'hui nous dénombrons ensemble de millions de morts et ces statistiques ne viennent que de l'occident. Et c'est le même occident qui nous demande des comptes et de sacrifier nos leaders comme si du jour au lendemain Béchir, Taylor et consort avaient prêté leur serment juste pour baigner leur peuple de sang.

 

C'est sur nos yeux que Sarkozy est venu enlevé des assassins français et européen. Il a protégé à nos yeux l'engin de la mort qui venait transporter ces pauvres enfants… Où  était le TPI? N'est-ce pas un crime contre l'humanité que d'enlever de centaines d'enfants de leur famille pour les amener je ne sais où? L'occident n'a même pas accepté que soient auditionnés les membres du Crew ni les potentielles parties prenantes dans cet enlèvement.

 

Qu'on nous demande, à nous africains, de soutenir l'occident contre la spoliation de la dignité de nos leaders, aussi criminels qu'ils soient, nous ne seront pas à même de l'accepter. Nous pourrions lancer notre propre alternative. L'Afrique se veut indépendante et de cette indépendance, elle devra mettre en place tous les mécanismes, toutes les institutions qui feront en sorte que ceux que nous africains prétendons qu'ils sont coupables, nous les y traînerions. Ce n'est pas à l'occident de nous dire qui est criminel et qui ne l'est pas sur notre sol.

 

Mon cher camarade Diko, il y a 2 ou 3 ans si je ne me trompe pas que la Mauritanie criait à la soi-disant communauté internationale de lui venir en aide. Les criquets ravageurs décimaient toutes les plantations et toutes les récoltes du petit peuple mauritanien. Personne n'avait bronché… C'est la Libye qui avait fait le premier geste… pendant ce temps, cette même ONU envoyait de milliards de dollars aux pays voisins pour la lutte contre le SIDA. Le SIDA était très important que ce peuple qu'on voyait mourir…

 

Assez! Assez! Je dis assez… Nous préférons aujourd'hui être pris devant l'étau de notre propre responsabilité et comme un leader européen ne peut être jugé dans ce continent dit d'esclaves, nous n'accepterons plus jamais qu'un de nos leaders soit jugé chez le colon et je soutiendrais cette décision de l'UA si elle venait à la prendre. Assez!

 

Les morts du Soudan, c'est de la responsabilité de Chirac à Bush à Tony Blair en passant aujourd'hui par ce même Bush, Gordon Brown et Sarkozy. Je n'épargnerais pas la Chine. C'est eux qui tuent… C'est l'armée française stationnée au Tchad qui tue et livre des armes aux milices. Sinon, comment pourrions-nous imaginer que ces milices soient militairement pourvues comme cela… Fabriquent-elles des armes? Où se trouve leur industrie? Ouvrons les yeux…. La bataille contre Béchir est la lâcheté occidentale qui, devant son incapacité d'arrêter Béchir dans son élan pour développer le Soudan lui jette cette fantasmagorie. Avoir les châteaux en Afrique ou les bonnes routes, les bons palais est un crime. Khartoum qui aujourd'hui se transforme en un el dorado, c'est pas possible… il faut ramener ce pays en arrière… S'il y a crime en Afrique, ce ne sont pas les africains… le génocide du Rwanda, ce n'était pas les Rwandais… c'était l'occident… Le génocide du Darfour, ce ne sont pas les soudanais, c'est l'occident. Cet occident s'est bien poussé les africains à l'acte en se cachant dans l'ombre. C'est leur technique. On le voit même dans leur film. Il te coupe la main, tient le couteau et assassine toute ta famille et puis lance ceci: M. X après avoir assassiné toute sa famille, s'est lui-même donné la mort. CE SONT LES GUILLOTINEURS DE L'HUMANITE…

 

Le TPI s'il est impartial, ferait mieux de lancer un bon mandat contre Sarkozy, Bush et consort pour crime contre l'humanité. On n'oubliera pas Mitterrand (ou Chirac) je ne sais plus trop… avec le génocide du Rwanda et les assassinats de nos frères ivoiriens.  

 

Gilbert Rocheteau


www.mcrlebye.org

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7 août 2008 4 07 /08 /août /2008 19:07

 

Attentats Du 11 Septembre : Implications Des Israéliens, Une Enquête Indépendante Est Nécessaire

De lourds soupçons basés sur des faits et preuves irréfutables pèsent sur des groupes d'Israéliens espionnant sur le sol américain dans les mois précédant les attentats. Si la version officielle US des faits concernant le 11 Septembre est, à juste titre, de plus en plus contestée, l'implication israélienne - mentir par omission, donc leur complicité - n'a pas reçu toute l'attention qu'elle requiert. Un Mémorandum extrêmement détaillé pose les bonnes questions en exigeant une enquête publique indépendante.

Note d'introduction de la rédactrice, traductrice

Les attentats du 11 Septembre ont permis d'établir des systèmes de surveillance et de violation des droits élémentaires des citoyens aux US et dans les pays occidentaux, une évolution politique dangereuse, au nom de la « guerre contre le terrorisme », vers des méthodes de gouvernance totalitaires au détriment de la démocratie, et qui nous concerne TOUS. Pour lutter efficacement contre ces dérives, il importe de comprendre tout ce qui s'est passé le 11 septembre. Ces évènements dramatiques ont permis à l'impérialisme américano sioniste d'imposer son dictat en violation du Droit International, des chartes et règles régissant les institutions internationales, notamment sur la torture, les poursuites des crimes de guerre et crimes contre l'humanité dont les américains et les sionistes se sont rendus coupables.

Après le démantèlement de l'Union Soviétique, et avant le 11 septembre, les Etats-Unis et leur puissant complexe militaire industriel et financier, se cherchaient un « ennemi » afin de poursuivre leur course hégémonique impérialiste mondiale. Le mouvement sioniste, à bout de souffle, et son puissant lobby AIPAC aux US, cherchaient un moyen de continuer à justifier sa colonisation de la Palestine, en faisant notamment, auprès des décideurs politiques de Washington, la promotion de « la guerre contre le terrorisme », marque déposée du régime sioniste qui se définissait à l'avant-garde de cette guerre, par son combat contre la résistance palestinienne à l'occupation colonisation, et contre la résistance libanaise du Hezbollah. Ce Mémorandum a été rédigé en 2004 par un juriste international, Mr Gerald Shea, et adressé à la Commission Nationale pour les Attaques Terroristes contre les Etats-Unis et au Comité du Sénat sur le
Renseignement.

Publié sous l'intitulé :

« Surveillance Israélienne des Futurs Pirates de l'Air et Suspects du FBI des Attaques du 11 Septembre et leur Echec (des israéliens ndlt) à Nous Fournir une Mise en Garde Adéquate : le Besoin d'une Enquête Publique »,

ce Mémorendum – qui se trouve en pièce jointe dans son intégralité avec annotations bibliographiques et documents annexes dont carte et tableaux en anglais, - livre de précieuses informations et preuves de l'implication dans ces attentats du Mossad israélien, dont la devise est « par la tromperie » et, dans le cas précis des attentats du 11 Septembre, on peut préciser par « le mensonge par omission », qui a coûté la vie à 3000 américains, et depuis à des centaines de milliers voir millions de personnes en Afghanistan, en Irak, au Liban, en Palestine.

Bien sûr, ceux qui sont contre la recherche, la découverte et la publication de la vérité n'auront de cesse de cataloguer toute tentative rationnelle d'expliquer ces tragiques évènements de « théorie de la conspiration » et lorsque cette recherche implique des juifs ou ceux qui se revendiquent comme tels, « d'antisémitisme ». A ceux là nous répondons par un enseignement majeur du Talmud : « le monde repose sur trois pieds, la Vérité, la Justice, la Paix «. Point final.

Le document

L'auteur dans son introduction regrette que son Mémorendum n'ait pu être délivré à la commission d'enquête avant que cette dernière ait publiée son rapport final – qui, comme chacun le sait désormais, comporte des zones d'ombres qui ne satisfont pas au besoin de vérité notamment des familles des victimes du 11 Septembre, dont certaines l'ont remis en question- notant également que ce rapport de la commission ne saurait être considéré comme une fin de non recevoir pour certaines questions restées en suspend, et demandant qu'elles soient examinées par un autre comité d'enquête indépendant qui aura pour tâche de déterminer les responsabilités de chacun, aux vues de toutes les preuves accumulées dont certaines sont classées top secret. Il précise que ce n'est pas le but de son Mémorendum, lui se contentant de fournir des informations relatant des faits précis et documentés et en tirant des conclusions préliminaires qui
demandent à être étudiées scrupuleusement par ce comité, réfutées ou confirmées, preuves à l'appui.

12. Synthèse détaillée (traduction)

Présentée ci-dessous, on trouve une synthèse détaillée de conclusions provisoires tirées dans ce Mémorandum, qui illustre amplement le besoin urgent d'une enquête publique sur les activités des groupes israéliens DEA et du groupe israélien du New Jersey. L'enquête doit inclure, sans limitation, l'examen des membres de groupes israéliens et des personnes en liens avec ; des responsables du gouvernement israélien et certaines de ses agences, dont le Mossad ; des suspects du FBI, des agents de la DEA, de l'INS et du FBI ; certains responsables de la police locale ; des agents de la CIA (sous vidéo si nécessaire) ; d'autres source de renseignements citées par la presse autant que possible : les boîtes de documents et disques durs d'ordinateurs (dont il est question en page 29) saisis par le FBI du groupe israélien du New Jersey ; et de tous les autres documents, rapports, communiqués et informations pertinents.

1.Les groupes israélien DEA espionnaient la Drug Enforcement Agency et par conséquent les Etats-Unis. La DEA elle –même a conclu qu'ils s'étaient probablement livrés à la collecte organisée de renseignements sur notre territoire.

2.Un journal américain de renom expert en matière d'affaires israéliennes, a conclu

(a) sur la base de ses propres sources, que les groupes israéliens DEA espionnaient des réseaux islamiques radicaux suspectés d'être en lien avec le terrorisme du Moyen Orient, et

(b) sur la base d'interprétations d'un ancien officier des services de renseignements américains régulièrement tenu au courant de ces questions par des fonctionnaires de la DEA que

(i) au moins deux membres du groupe israélien du New Jersey étaient des agents du Mossad

(ii) Que Urban Moving, * la société utilisée par le groupe du New Jersey, était une société écran pour le Mossad et ses agents, et

(iii) Le groupe israélien du New Jersey espionnait les arabes locaux

3.les sources au sein du renseignement US d'une Cie de TV américaine rapporte que les groupes israéliens DEA auraient collecté des renseignements sur les attaques du 11 septembre à l'avance, sans les partager avec les US. L'un des enquêteurs a dit que la preuve liant les groupes israéliens DEA à une telle collecte de renseignements était classée secret et ne pouvait être révélée.

4.Les groupes israéliens DEA comprenaient 125 israéliens ou plus opérant sur notre territoire. Leurs dirigeants et ceux visiblement associés comprenaient des commandants militaires et des experts avec des antécédents militaires dans les renseignements, les interceptions électroniques et télécommunications.

5.La mise sur écoute et l'expertise en matière de renseignement des membres des deux groupes israéliens (du New Jersey et de la Floride ndlt), et l'utilisation de camionnettes dans le voisinage d'où les futurs pirates de l'air planifiaient leurs attaques, et l'utilisation massive par les pirates de l'air de téléphones portables et de lignes fixes, a fait que les groupes israéliens étaient idéalement aptes à collecter des informations concernant les plans des pirates de l'air.

6.La principale opération des groupes israéliens DEA était localisée dans et aux alentours d'Hollywood en Floride, la zone d'entraînement et de mise en scène du détournement des avions des tours nord et sud et de l'avion de Pennsylvanie. Les adresses et lieux de résidence des membres des groupes israéliens DEA dans Holywood même se trouvaient à quelques dizaines de mètres de ceux des futurs pirates de l'air.

7.Les opérations à la fois du groupe israélien du New Jersey et des pirates de l'air de l'avion du Pentagone se trouvaient concentrées dans les districts d'Hudson et Bergen dans le New Jersey, dans un périmètre commun d'environ 10km.

8.Les 5 membres du groupe israélien du New Jersey qui ont célébré l'attaque et ont été arrêté le 11 septembre savaient, quand l'avion a percuté la tour nord du World Trade Center, sur la base de leur réaction immédiate et des informations qu'on dit avoir été trouvées dans leur camionnette, que l'attaque avait été planifiée et menée par des terroristes arabes.

9.Après avoir été questionnés par le FBI le 11 septembre, le dirigeant du groupe israélien du New Jersey a immédiatement quitté les Etats-Unis pour se réfugier en Israël. Son nom et ses faux noms apparaissaient, en même temps que ceux des pirates de l'air et d'autres suspects du FBI, sur la liste de suspects du FBI de mai 2002.

10.Des officiers des renseignements israéliens ont rapporté que deux hauts responsables du Mossad avaient mis en garde les Etats Unis en août 2001 que jusqu'à 200 terroristes sur le territoire américain planifiaient une attaque de grande envergure imminente sur le territoire américain contre des cibles de haute visibilité sur le continent américain. Un article de presse déclare qu'en août le Mossad a fourni à la CIA les noms des futurs pirates de l'air, Khaled al Mihdhar et Nawaf al Hazmi.

11.L'explication fournie par la CIA sur comment les noms de Midhdhar et Hazmi ont été placés sur la liste de surveillance par des initiatives spontanées d'agents de la CIA et du FBI n'est pas seulement difficile à comprendre, mais, difficilement crédible, étant donné l'importance de cette liste de surveillance.

12.Les propres informations du Mossad semblent avoir été fournies par ses propres sources à l'intérieur des Etats-Unis. Tous les faits et circonstances relatés dans ce Mémorandum semblent montrer que les deux sources probables d'information du Mossad étaient :

(a)les groupes israéliens DEA, comparables en nombre à ceux des suspects arabes et qui semblent avoir suivi à la trace les futurs pirates de l'air dans leurs lieux centraux d'opération et dans d'autres états, et

(b)le groupe israélien du New Jersey, opérant par le biais de la société écran du Mossad dans un autre lieu central des opérations des futurs pirates de l'air, comprenait deux agents du Mossad, et il apparaît que parmi les membres de ce groupe, 5 d'entre eux ont manifesté une connaissance immédiate de l'origine des attaques le 11 septembre.

13.Tandis qu'il existe peu de preuves directes appuyant l'hypothèse que la CIA savait ou tolérait la surveillance par les groupes israéliens des groupes terroristes arabes aux Etats-Unis avant le 11 septembre, la pression exercée par la CIA pour l'expulsion des membres des groupes israéliens DEA détenus avant le 11 septembre, son échec à coopérer avec le FBI, son explication alambiquée de la façon dont les noms des deux pirates de l'air cités ci-dessus avaient été placés sur la liste de surveillance, et d'autres considérations pertinentes nécessitent que ce problème soit examiné dans le cadre de l'enquête publique sur ces événements douloureux.

* Information complémentaire tirée du Mémorendum sur le groupe israélien du New Jersey, et sur Urban Moving la société écran du Mossad et sur ceux qui y « travaillaient.

« Le groupe israélien du New Jersey semble ne pas avoir été connus de la police fédérale et de celle de l'état jusqu'au 11 septembre 2001. Ce jour là, immédiatement après que le premier avion, l'avion dit de la tour nord, se soit écrasé sur le World Trade Center, une habitante du district de Bergen, New Jersey, juste de l'autre côté de la rivière Hudson dans le bas de Manhattan, s'est inquiétée quand elle a vu un groupe d'hommes se réjouir i[« sur le toit d'une camionnette blanche sur le parking de son immeuble. » elle a noté le numéro d'immatriculation de la camionnette, et appelé la police. Elle a dit à la police que les hommes « prenaient des poses, dansaient et riaient avec en toile de fond » la catastrophe, qu'on pouvait complètement voir de ce côté de la rivière. Les hommes « souriaient et se faisaient des signes de victoire ». Une alerte du FBI a été lancée :

« Véhicule possiblement lié à l'attaque terroriste de New York. Une camionnette Chevrolet blanche, portant une plaque d'immatriculation du New Jersey avec une signalisation « Urban Moving Systems » visible derrière… Lors du premier impact de l'avion de ligne sur le World Trade Center. Trois individus avec la camionnette ont été vus célébrant après l'attaque initiale et l'explosion qui a suivi. Le bureau Neward Field du FBI demande que, si la camionnette est localisée, de l'immobiliser pour empreintes et de détenir les individus. »

Les hommes étaient cinq citoyens israéliens, Sivan Kurzberg (le chauffeur de la camionnette) Paul Kurzberg, Yaron Shmuel, Oded Ellner, et Omer Marmazi. La camionnette a finalement été stoppée dans East Rutherford, New Jersey, à 3.56 pm. Le chauffeur et les passagers ont été arrêtés par le sergent Rivelli et les officiers DeCarlo et Yannacome du commissariat de police de East Rutherford. La police locale a vite été rejointe par d'autres membres des forces de l'ordre. On a demandé à plusieurs reprises à Sivan Kurzberg de sortir du véhicule mais, il a refusé, occupé à fouiller dans un sac en cuir noir. Les agents du FBI qui sont arrivés sur place ou ont été d'une autre manière impliqués inclus Kevin Donovan, Daniel O'Brien et robert F. Taylor, Jr. Finalement les individus sont passés sous le contrôle du FBI, de même que les preuves contenues dans la camionnette, et l'enquête.

Des sources proches de l'enquête ont dit qu'ils avaient trouvé dans la camionnette « des cartes de la ville… avec certains endroits marqués » ajoutant que « cela semblait comme… s'ils savaient ce qui allait arriver ».

Yaron Shmuel a menti à la police concernant l'endroit où les hommes se trouvaient lors des attaques sur le World Trade Center, disant qu'ils étaient sur l'autoroute ouest de New York (et non pas célébrant de l'autre côté de la rivière Hudson). Il a donné son adresse au 1345 Drexel Avenue à Miami Beach, Floride (pas très loin de Hollywood). Mr Ellner avait dans une bourse en forme de soquette, 4 700 $. Au moment de l'arrestation, Sivan Kurzberg a dit à la police :

«Nous sommes israéliens. Nous ne sommes pas le problème. Nos problèmes sont (maintenant) vos problèmes. Les Palestiniens sont le problème. »

Tous les hommes ont été menottés, placés sur la pelouse et on leur a lu leurs droits. Un sixième membre du groupe, Dominik Suter de Fair Lawn New Jersey lui aussi un citoyen israélien et propriétaire de Urban Moving, a été questionné plus tard par le FBI aux bureaux de la société à Weehawken. Le FBI a perquisitionné pendant plusieurs heures les locaux d'Urban Moving, et emmené des boîtes de documents ainsi que des douzaines de disques durs. Quand le FBI a voulu interrogé Mr Suter, quelques jours plus tard, il s'était enfui accompagné de sa famille des Etats-Unis et s'était réfugié en Israël… Dominik Suter est inclus dans la liste de suspects de mai 2002 du FBI, aux côtés de Mohammed Atta et d'autres pirates de l'air et suspects, sous ce nom et deux autres noms qu'il avait semble-t-il utilisé, Omit Suter et Omit Levinson…

Les conclusions du FBI : le groupe israélien du New Jersey était des agents des renseignements du Mossad espionnant des arabes locaux des districts d'Hudson et de Bergen… Urban Moving a servi comme société écran du Mossad… »

Note finale de la rédactrice

Ce Mémorendum, dont les passages traduits ci-dessus, ne donnent qu'un aperçu succinct, contient de nombreux détails accablants contre les israéliens, qui, s'ils n'ont pas, semble-t-il, à proprement parlé organisé les attentats, en connaissaient très certainement, du fait de leurs réseaux rapprochés de surveillance (écoutes des communications) des futurs pirates de l'air, d'importants détails qu'ils n'ont pas transmis aux services de sécurité américains. Leur responsabilité est écrasante et ils devront en répondre un jour ou l'autre, quand les américains finiront par comprendre l'immense tort que leur causent les israéliens et comment, poursuivant leurs propres intérêts au détriment de ceux des US, ils contribuent à l'effondrement programmé de la plus grande puissance mondiale actuelle, à l'image des tours du World Trade Center s'effondrant et à la vue desquelles les israéliens ont applaudi.


Jeudi 31 Juillet 2008
Myriam Abraham

http://www.antiwar.com/rep2/MemorandumtotheCommissionandSelectCommitteesbold.pdf


Mercredi 06 Août 2008




Source :
http://www.alterinfo.net

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7 août 2008 4 07 /08 /août /2008 19:00

 

Mutation de l'appareil militaire français: Adaptation aux besoins d'une guerre permanente mondialisée

La France vit une véritable révolution de ses affaires militaires, comme le prouvent la publication en juin 2008 du livre blanc de la défense, le reformatage de son appareil militaire, le niveau important de ses opérations extérieures, la nomination d'un nouveau chef d'Etat major de l'armée de terre spécialiste des opérations extérieures et l'ouverture d'une nouvelle base dans les Emirats Arabes Unis.


L'actuel président de la République en a décidé ainsi, même si ces mesures sont mal vécues par une partie de son électorat (militaires et personnels, élus locaux des collectivités locales et populations dépendantes économiquement de la présence militaire).


Cette restructuration traduit la volonté présidentielle de maintenir la France parmi les grandes nations militairement présentes aux cotés des Etats-Unis, dans la guerre mondialisée dont le symbole majeur est représentée par le 11 septembre 2001.

par Karim Lakjaa


L'intervention de Nicolas Sarkozy,  lors du sommet de l'OTAN de Bucarest, le 3 avril 2008, est, en effet, très claire « Nous avons besoin de l'OTAN et d'une défense européenne. Nous avons besoin des Etats-Unis et les Etats-Unis ont besoin d'alliés forts. Cela ouvre la porte pour la France à une rénovation forte de ses relations avec l'OTAN."[1] Cette politique n'est pas pour déplaire outre-Atlantique où certains observateurs aussi avisés qu'Anthony Codersman, tirant les leçons de la guerre en Iraq et en Afghanistan[2] notent que « Les Etats-Unis ne sont une superpuissance que dans le cadre d'alliances ». Cette tête pensante du Center for Strategic and International Studies (CSIS) ajoute que les guerres se gagnent ou se perdent notamment en raison de la qualité des alliances contractées.


Le 17 juin 2008, dans son discours sur la défense et la sécurité nationale, le Président de la République poussait la logique qui l'anime à son paroxysme : « Chaque époque historique a un esprit. L'esprit du XXIème siècle, c'est la mondialisation. Prendre notre place dans ce monde nouveau, c'est notre premier objectif. Nous avons tout pour y figurer au premier rang. Le dynamisme de notre population. Notre vitalité démographique. La puissance de notre industrie. L'excellence de nos technologies. La qualité de nos infrastructures. La richesse de notre patrimoine. Les enseignements de notre histoire. Nous avons le devoir d'y figurer au premier rang. Nous sommes membre permanent du Conseil de Sécurité de l'ONU, nous portons une responsabilité particulière pour le maintien de la paix et de la sécurité internationale. Être membre permanent, ce n'est ni un statut, ni un privilège. C'est une mission au service du monde. J'ajoute que les pays
qui souhaitent exercer ces responsabilités doivent aussi comme nous être prêts à en payer le prix du sang. J'entends que la France soit capable d'assumer cette responsabilité et de s'engager pour mettre en œuvre les principes de la Charte et la responsabilité de protéger. C'est ce qu'elle a fait encore cette année au Tchad, en prenant l'initiative, cher Bernard KOUCHNER, du déploiement de l'EUFOR. Et si la France n'avait pas été là, qui aurait fait à notre place ? C'est ce que nous faisons en Afghanistan avec le renforcement de notre contingent, dans le cadre des mandats de l'ONU ».


Il ne s'agit pas là, de simples mots mais bien d'une réalité concrète. Comme le soulignait avec fierté l'ambassade de France au Canada[3] sur son site internet, avec 16 000 hommes, la France est le deuxième contributeur au monde par le nombre de troupes déployées à l'étranger dans des opérations de gestion des crises. Elle est également le 3ème contributeur à l'OTAN. Or, maintenir un tel niveau d'engagement des forces militaires en OPEX (opérations extérieures) est en contradiction avec l'organisation stratégique française actuelle, encore tournée pour partie vers l'URSS défunte. Le système militaire hexagonal tant dans ses moyens humains, financiers que matériels n'est plus adapté à une situation de guerre permanente et mondialisée. Ainsi de 16 000 soldats en OPEX en 2006, la France[4] est-elle passée à 12 000 en juillet 2008 : 5555 en Afrique, 2750 en Asie centrale (Afghanistan), 2150 en ex Yougoslavie, 1620 au Proche –
Orient (Liban et Sinaï), 30 en Haïti….


Malgré cette difficulté, le Président Français de la République n'avait pas hésité à annoncer, lors du sommet de l'OTAN de Bucarest : « la France a pris la décision d'envoyer un bataillon supplémentaire dans l'est. Et la France prendra aussi le commandement de la région Centre à compter de cet été ».

1000 militaires français en renfort des 1500 déjà présents en Afghanistan

Chose promise, chose faîte. Plus de 2600 militaires français sont aujourd'hui déployés en Afghanistan ainsi qu'au Tadjikistan, au Kirghizistan et dans l'océan Indien aux cotés de 52 700 soldats de la Force Internationale d'Assistance à la Sécurité (FIAS ou ISAF), et de 20 000 militaires d'Enduring Freedom. Les principaux contingents[5] viennent des Etats-Unis (19 000), du Royaume-Uni (7 750), d'Allemagne (3 490), du Canada (2 500), d'Italie (2 360), des Pays-Bas (1 730), de France (1 430) et d'Australie (1 100).


Suite aux attentats du 11 septembre 2001, les Américains ont lancé l'Opération Enduring Freedom (OEF) destinée à éliminer le régime Taliban et à lutter contre le « terrorisme ». La France y participe dans le cadre des Task Force 150 et 57.

Quant à l'ISAF, elle prend appuie sur la résolution 1386, adoptée par le Conseil de sécurité des Nations Unies, le 20 décembre 2001, autorisant « la constitution pour six mois d'une force internationale d'assistance à la sécurité pour aider l'Autorité intérimaire afghane à maintenir la sécurité à Kaboul et dans ses environs, de telle sorte que l'Autorité intérimaire afghane et le personnel des Nations Unies puissent travailler dans un environnement sûr ». Le 11 août 2003, l'OTAN a pris la direction de l'ISAF, succédant à la Grande-Bretagne, la Turquie, l'Allemagne et aux Pays-Bas. Selon, Jaap de Hoop Scheffer, Secrétaire général de l'OTAN, «Cette tâche est l'une des plus délicates que l'OTAN ait jamais eu à entreprendre, mais c'est une contribution essentielle à la sécurité internationale ».


Les actions menées par les soldats français relèvent donc soit d'Enduring Freedom soit de la FIAS (ISAF). Elles étaient jusqu'à présent diverses ; la majorité du contingent hexagonal ne participant pas directement aux combats mais contribuant au contrôle de Kaboul, au soutien à la montée en puissance de l'armée nationale afghane par la formation, et au fonctionnement des Operational Mentor and Liaison Team (OMLT : équipes intégrées dans les unités opérationnelles de l'armée nationale afghane).


Néanmoins, les hommes du Commandement des Opérations Spéciales[6], la Marine et l'Armée de l'Air ont concouru et concourent à des actions de combat principalement dans le cadre d'Enduring Freedom.


Contrairement aux troupes françaises de l'ISAF, « les forces spéciales françaises sont sous commandement américain », comme le soulignait le 11 avril 2006, le général Benoît Puga, commandant des opérations spéciales, devant la Commission de la défense nationale et des forces armées de l'Assemblée nationale. Le COS comprend diverses unités comme le 1er RPIMa (Régiment Parachutiste d'Infanterie de marine), les Commandos-Marine (FORFUSCO), Les CPA (Commandos parachutistes de l'air N°10), le 13ème RDP (Régiment des Dragons Parachutistes), la DAOS (division des opérations spéciales), l'EHS – (Escadrille des hélicoptères spéciaux). Ses missions relèvent du renseignement et de la guerre électronique, qui permettent notamment de réaliser des écoutes de réseaux terroristes. Selon le général Benoît Puga, «  en Afghanistan, ces écoutes constituent un véritable atout et contribuent à hauteur de 40 % à la lutte contre
l'utilisation d'engins explosifs improvisés ». Le COS mène également des missions d'action : attaques d'objectifs (centre de gravité ou point décisif), neutralisation d'installations, de réseaux ou des lignes de communication,  capture ou récupération de personnel ou de matériel, actions de diversion ou de déception, contre-terrorisme (libération, reprise de contrôle), fourniture d'appuis spéciaux (commandement, transport, feu…). A cela s'ajoutent des missions d'environnement : formation, conseil et encadrement d'unités militaires étrangères,  participation au processus d'évaluation et d'aide à la décision, notamment lors de l'ouverture d'un théâtre d'opérations, protection de personnalités.


Le 11 avril 2006, le général Benoît Puga, devant la Commission de la défense nationale et des forces armées de l'Assemblée nationale résumait l'action de ses troupes : « En ce qui concerne l'Afghanistan, la décision du Président de la République d'engager les troupes françaises, prise en mai 2003 en marge du G8 d'Evian, concrétise l'engagement de la France dans la lutte contre le terrorisme, déjà manifesté après le 11 septembre 2001, et a permis de resserrer les liens avec les militaires américains. Le Président de la République a souhaité que les missions des forces spéciales en Afghanistan se déroulent dans une très grande confidentialité pour deux raisons : d'une part, cela correspond au mode de fonctionnement des forces spéciales américaines, qui ne reçoivent jamais les journalistes ni les parlementaires sur leurs lieux de déploiement ; d'autre part, cette confidentialité constitue la première mesure de sécurité pour
les soldats engagés, qui opèrent par petites équipes de quatre ou cinq personnes, loin de leurs bases. Un strict secret doit s'imposer à tous, y compris lors de l'analyse des missions effectuées, compte tenu de la dangerosité des terroristes. La mission des forces spéciales en Afghanistan est de rechercher les renseignements et de neutraliser les Talibans. La situation militaire du pays peut être considérée comme totalement sous contrôle. Les Talibans n'ont plus la capacité de mener une opération militaire d'envergure contre la coalition ou l'OTAN, même si de petits groupes terroristes peuvent localement constituer une nuisance mortelle, en utilisant des engins explosifs improvisés et en raison de leur connaissance du terrain. La France travaille de concert avec l'armée afghane afin de permettre au gouvernement afghan d'assumer ses responsabilités en matière de sécurité et de défense »[7].


Il ajoutait « En Afghanistan, il convient de souligner que les forces américaines partagent sans réticence les matériels et les clés de cryptage avec les forces françaises. L'effort budgétaire doit être poursuivi dans ce domaine capital. Pour les drones, la question est de savoir si les forces spéciales elles-mêmes doivent en être dotées ou si elles doivent les utiliser ponctuellement. Actuellement, en Afghanistan, le COS bénéficie de tous les moyens américains, des B52 aux drones Predator en passant par les avions de combat. Les forces spéciales françaises expérimentent un drone spécifique, conçu en collaboration avec le 1er RPIMa, mais ce type de drones légers, très utiles en combat urbain, manque de discrétion car ils signalent instantanément la proximité de leurs utilisateurs ». Les hommes du COS ont également eu à plusieurs reprises recours à des avions français en Afghanistan.

En effet, « des Mirage 2000 ont été placés sous son commandement opérationnel lorsqu'ils participaient à une opération spéciale »[8]. Depuis octobre 2001, la France apporte un soutien aérien aux opérations OEF et FIAS. Ce soutien s'applique dans les domaines de l'appui des troupes au sol, du renseignement, du transport et du ravitaillement.  Il s'exerce de manière permanente depuis Kandahar (Afghanistan), Douchanbé (Tadjikistan) et Manas (Kirghizistan). En plusieurs occasions, il a été renforcé par le groupe aérien mis en œuvre depuis le porte-avions Charles de Gaulle navigant dans le nord de l'océan Indien.  Les avions de combat qui opéraient depuis Douchanbé au Tadjikistan, ont été redéployés sur la base OTAN de Kandahar en Afghanistan, le 26 septembre 2007. 1120 missions et 3715 heures de vol ont été effectuées de cette date à juin 2008 par des Mirage 2000 D, des Mirage F1, des SEM (Super Etendards Modernisés) et des
Rafales pour lesquels l'Afghanistan constitue une merveilleuse vitrine commerciale. Les Rafales utilisent notamment des bombes AASM (Armement air-sol modulaire)[9] à 143 000 € pièce. En Iraq comme en Afghanistan, le nombre d'aéronefs est crucial[10]. Sur ces deux théâtres militaires, l'US Air Force a réalisé 130 000 missions de soutien aérien et 375 000 heures de vol[11]. Anthony Cordesman adresse d'ailleurs une mise en garde au sujet de cet usage massif du Close Air Support (CAS – Appui sol)[12] en invitant les forces armées à mettre en œuvre une très grande prudence en matière d'attaques aériennes, afin de réduire les dommages collatéraux parmi les civils[13].


Quant à la composante marine de l'opération Enduring Freedom (TF 150 et TF 57), elle a pour mission de contrôler l'espace aéro-maritime du nord de l'Océan Indien (Mer Rouge, Mer d'Oman, Mer d'Arabie), d'empêcher le mouvement de «terroristes» de la zone Afghanistan vers la péninsule arabique ou la corne de l'Afrique, de lutter contre les trafics illicites (armes, drogues), contre la piraterie et le brigandage, de protéger les installations pétrolières en mer.
La France, en cet été 2008, a donc répondu favorablement à la demande formulée brutalement cet hiver par son allié US à travers la voix du secrétaire américain à la Défense, Robert Gates : «Je crains beaucoup que l'Alliance ne devienne une alliance à deux vitesses, dans laquelle certains alliés sont prêts à se battre et à mourir pour assurer la sécurité des gens, et d'autres qui ne le sont pas. Et je pense que cela va assombrir l'avenir de l'Alliance, si cela dure et si éventuellement cela empire»[14].


Elle renforce son niveau de participation en Afghanistan qui   « est le théâtre d'une guerre ethnico-religieuse intense reflétant des divisions tribales et des intérêts divergents de manières plus complexe qu'en Iraq »[15]. Or, comme le souligne Anthony Cordesman du CSIS, « le problème en Afghanistan dépasse largement la seule question du niveau des effectifs des troupes »[16]. Il constate également en guise de leçon tactique ceci : « des forces adaptées constituent la clé du succès »[17] capable de mener des actions de type « Kill the cadre, not the low-level figthers »[18].

La France renforce son dispositif en Afghanistan sur fond de dégradation de la situation militaire

Les troupes françaises rejoignent l'Afghanistan à un moment critique. Les Talibans, où ceux qualifiés de tels, sont loin d'être éliminés après de 7 année de combats. Ils passent même à l'offensive, obligeant parfois les troupes de l'OTAN à céder du terrain, voire à abandonner des camps militaires. En juin 2008, à Kandahar 1000 prisonniers se sont évadés collectivement dont 400 talibans. Le Porte parole de l'OTAN en Afghanistan[19] constate « qu'Il y a eu plus de combats en 2008 qu'en 2007. » Au mois de juin, 49 soldats étrangers sont morts en Afghanistan. C'est le mois le plus sanglant pour la force internationale déployée sur place depuis 2001. Pour la deuxième fois, le décompte  mensuel des morts militaires étrangers en Afghanistan est supérieur à celui de l'Iraq. 513 soldats américains sont morts en Afghanistan de 2001 à juin 2008 (4 086 en Iraq depuis 2003)[20]. Toutes nationalités confondues, 900 soldats de la coalition
sont morts en Afghanistan[21]. La France arrive au 8ème rang pour les pertes (au nombre de 14) sur 40 nations présentes. Alors que ces hommes n'étaient pas stationnés dans les zones les plus dangereuses et que leurs missions n'étaient pas les plus exposées.


La situation est telle que beaucoup parlent d'échec en Afghanistan et recherchent des solutions expérimentées ailleurs et parfois hier : en Algérie[22] pour le passé avec les hélicoptères et la lutte contre la guérilla, ou aujourd'hui en Colombie. La revue de l'OTAN publiait, ainsi, dernièrement un article intitulé « « Les défis pour l'Afghanistan : l'expérience de la Colombie est riche en enseignements » [23] dans lequel le lecteur pouvait lire ceci : «Il est bon que les personnes impliquées dans la consolidation du contrôle territorial dans des environnements caractérisés par des menaces complexes comme la Colombie ou l'Afghanistan partagent régulièrement leurs expériences et leur expertise, faute de quoi des espaces voués à l'anarchie continueront à alimenter le terrorisme et le crime ».

Un tournant stratégique majeur pour la France ciblant un axe géographique prioritaire, allant de l'Atlantique jusqu'à la Méditerranée, au Golfe arabo-persique et à l'Océan indien

La présence militaire française renforcée en Afghanistan s'inscrit donc dans la refonte des armées françaises dictée dans le livre blanc de juin 2008. Nous ne présenterons pas toutes les mesures annoncées dans ce très long document. Nous nous attacherons simplement à celles qui nous semblent le plus proche du sujet de notre article.


En 1er lieu, il y a le renforcement de la capacité de projection de forces. Le champ territorial de cette projection est précis et vaste : « un axe géographique prioritaire, allant de l'Atlantique jusqu'à la Méditerranée, au Golfe arabo-persique et à l'Océan indien. Cet axe correspond aux zones où les risques impliquant les intérêts stratégiques de la France et de l'Europe sont les plus élevés »[24].  Le format de la puissance à projeter est connu : « une force opérationnelle terrestre de 88 000 hommes, autorisant une projection à distance de 30 000 hommes déployables en six mois, un dispositif d'alerte permanent de 5 000 hommes et une capacité mobilisable sur le territoire national, en appui des autorités civiles, de 10 000 hommes en cas de crise majeure » ; appuyée par « une projection à l'extérieur du territoire national de 70 avions et un dispositif d'alerte opérationnelle de l'ordre de 10 avions » prélevés sur « un
parc unique de 300 avions de combat (Rafale et Mirage 2000 modernisés), air et marine, autorisant une présence permanente sur le territoire d'environ 5 escadrons ».

Ces opérations extérieures nécessiteront davantage de moyens matériels, d'où l'acquisition[25] :
- De 650 véhicules blindés modernes pour le combat d'infanterie ;
- De plusieurs centaines de véhicules porteurs blindés protégés contre les bombes et les mines (les IED (mines et bombes sont la principale cause de décès en Afghanistan et en Iraq)
- De drones de surveillance et de drones armés
- De bâtiments de projection et de commandement (BPC) de type Mistral, avec leur capacité amphibie, aéromobile et d'état-major.
- De capacités de détection et d'alerte : La priorité donnée aux satellites se traduit, d'une part, par un doublement des crédits consacrés aux systèmes spatiaux militaires par rapport aux crédits actuels (380 M €) en 2008.

Toutefois, la France de 2008 n'est plus si autonome que cela. La dimension européenne est incontournable. Le livre blanc le réaffirme : « L'ambition européenne constitue une priorité. Faire de l'Union européenne un acteur majeur de la gestion des crises et de la sécurité internationale est une composante centrale de notre politique de sécurité. La France souhaite que les Européens se dotent des capacités militaires et civiles correspondantes ».  La présence de l'EUFOR au Tchad en est une exemplification.

Le Livre blanc propose plusieurs objectifs concrets pour l'Europe de la défense dans les prochaines années :
- une capacité d'intervention globale effective de 60 000 hommes, déployables pendant un an sur un théâtre éloigné, avec les composantes aériennes et maritimes nécessaires ;
- la capacité de déployer pour une durée significative, deux à trois opérations de maintien ou de rétablissement de la paix, et plusieurs opérations civiles moins importantes, sur des théâtres différents ;
- une montée en puissance des capacités européennes de planification et de conduite d'opérations, militaires et civiles, parallèle au développement des interventions extérieures de l'Union ;

Le 17 juin 2008, dans son discours sur la défense et la sécurité nationale, le Président de la République rappelait que « les Européens sont engagés massivement dans les forces de l'OTAN en Afghanistan et au Kosovo où je le rappelle, ils forment la moitié des effectifs ».

Un effort financier unique au profit de cette politique de participation à la guerre  mondialisée

Ce n'est donc pas un hasard si le Livre blanc souligne, au demeurant « la complémentarité entre l'Union européenne et l'Alliance atlantique » et préconise « une pleine participation de la France aux structures de l'Organisation atlantique ».


Tout cela a bien sur un coût. Comme le proclame Anthony Cordesman, « Dollars are bullets »[26]. Le livre blanc annonce donc la couleur de l'addition: “La France consacrera à sa défense un effort financier majeur et cohérent avec les choix retenus pour ses capacités militaires. Ainsi, les crédits de défense ne baisseront pas. Dans un premier temps, les ressources annuelles (hors charges de pension) seront maintenues en volume, c'est-à-dire croissant au rythme de l'inflation. Elles pourront comporter des ressources exceptionnelles. Dans un second temps, dès l'année 2012, le budget sera accru au rythme de 1 % par an, en volume, c'est-à-dire de 1% en plus de l'inflation. D'ici 2020, l'effort total consenti pour la défense, hors pensions, s'élèvera à 377 milliards d'euros. En parallèle, les restructurations se traduiront par une diminution importante des effectifs sur six à sept ans et une réduction des coûts de fonctionnement du
ministère et des armées. Les marges qui seront dégagées seront intégralement réinvesties au profit de la condition du personnel, mais surtout au profit du budget d'équipement qui passera de 15,2 milliards d'euros en 2008 à 18 milliards d'euros en moyenne par an pour la période 2009-2020 ». 

Cet effort financier servira la participation de la France à la guerre permanente mondialisée que le livre blanc dépeint en plusieurs occasions. La conclusion de son introduction est la suivante « s'adapter aux bouleversements engendrés par la mondialisation ». Dans l'introduction au Chapitre 1er, on peut lire que « La mondialisation structure donc profondément l'évolution de la sécurité internationale ». En page 33, il y est écrit que « La mondialisation ne crée un monde ni meilleur ni plus dangereux qu'il y a deux décennies. Elle dessine en revanche les contours d'un système international nettement plus instable ».

Cette instabilité, les Français vont donc la payer dans un 1er temps par leur impôt pour financer la refonte des armées françaises.  Il risque aussi de la régler par leur sang à l'occasion «d'actes de terrorisme en France» en guise de réponse en l'engagement de troupes françaises en Afghanistan. A moins que la «menace iranienne» décrite dans le livre blanc comme capable « de déséquilibrer tout le Moyen-Orient et au-delà » n'entraîne une nouvelle guerre. Mais rassurons nous, si le ministère de la défense ferme de nombreuses bases militaires en France, dès 2009, il disposera d'une nouvelle flambant neuve aux Emirats Arabes Unis, à quelques kilomètres seulement de Téhéran. Tout a été prévu dans le meilleur des mondes… Dans ces guerre batardes[27], la France tiendra son rang quel qu'en soit le prix à en croire Nicolas Sarkozy.

: Karim Lakjaa: Diplomé du Centre d'Etudes Diplomatiques et Strétagiques de Paris, Doctorant en Droit international à l'Université de Reims, Collaborateur occasionnel de la Revue militaire Suisse, de Damoclès (CRDPC) et du Quotidien d'Oran (Algérie)

Mardi 05 Août 2008


Source :
http://www.alterinfo.net
www.mondialisation.ca

 

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6 août 2008 3 06 /08 /août /2008 15:12

Mieux qu'un polar : l'Angolagate


LE MONDE | 05.08.08 | 15h22  •  Mis à jour le 05.08.08 | 15h22


  Les 468 pages se dévorent comme un roman. L'ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel de Paris de la quarantaine de prévenus poursuivis dans le dossier de l'Angolagate évoque à bien des égards l'affaire Elf. On y hume le même parfum de soufre des relations franco-africaines, sur fond de corruption et de diplomatie parallèle. L'argent s'y compte en milliards - de francs -, voyage dans les paradis fiscaux, fait un détour par du financement politique occulte et se glisse dans les poches de personnalités. Une précaution, cependant. Ces pages, signées du juge d'instruction Philippe Courroye, reprennent largement le réquisitoire définitif et donc le point de vue de l'accusation. Visite guidée.


Au commencement est l'Angola

Cette ancienne colonie portugaise est déchirée par une guerre civile qui oppose le MPLA du président élu, José Eduardo Dos Santos, à l'Unità de son rival, Jonas Savimbi. Au début des années 1990, le premier, qui cherche à équiper son armée, se heurte à la diplomatie française, selon laquelle on ne livre pas d'armes à un pays en guerre. S'esquisse alors une diplomatie parallèle, avec, par ordre d'entrée en scène, le fils aîné du président, Jean-Christophe Mitterrand, ancien membre de la cellule africaine de l'Elysée, qui se charge de mettre en relation le président angolais avec l'homme d'affaires Pierre Falcone, lui-même très lié à Jean-Charles Marchiani, conseiller du ministre de l'intérieur Charles Pasqua. Un contrat de livraison d'armes est conclu en 1994 entre la société de Falcone, Brenco, et l'Angola, pour un montant de 4 milliards de dollars via une société slovaque, dont Arcadi Gaydamak, ex-colonel du KGB devenu
homme d'affaires, est l'un des mandataires. Ni Alain Juppé, ministre des affaires étrangères, ni Edouard Balladur, premier ministre, ne sont au courant. En 2001, après les péripéties qui vont mettre au jour ce trafic, le ministère de la défense porte plainte.

Une secrétaire si consciencieuse

L'instruction se cogne aux sociétés écrans. Heureusement, il existe, chez Brenco, une collaboratrice consciencieuse, Isabelle Delubac. Lors d'une perquisition à son domicile, les enquêteurs dénichent 26 disquettes informatiques qui contiennent tous les "mémos" rédigés à l'intention de son patron. M. Falcone lui verse, outre un salaire de 15 000 francs par mois, doublé en espèces, un "cadeau" de 6 500 000 francs destiné à l'achat de sa résidence. Son silence est précieux.

Les visiteurs de l'avenue Kléber

Installés dans un hôtel particulier de l'avenue Kléber dans le 16e arrondissement de Paris, dotés d'hôtesses ravissantes, les bureaux de Brenco reçoivent des visiteurs réguliers. Lorsque Jean-Christophe Mitterrand, Jean-Charles Marchiani, l'écrivain Paul-Loup Sulitzer ou le directeur général de RMC, Jean-Noël Tassez, sont annoncés, le rituel est immuable. Isabelle Delubac descend au sous-sol, où sont entreposées des espèces, et remplit des enveloppes, sans oublier de noter sur ses fameux "mémos" les initiales parfois codées des bénéficiaires ainsi que la date et le montant alloué.

Les sacs en plastique de "Galilée"

Un coup de téléphone de Mme Delubac, une demande "500, urgent", et Samuel Mandelsaft, un vieil ami de M. Falcone surnommé "Galilée" dans les mémos, ne tarde pas à arriver avenue Kléber, affublé d'un sac en plastique.

L'enquête démontrera qu'il était chargé d'un réseau de blanchiment d'argent entre la France et Israël. Mais, à quelques jours de la première convocation de Pierre Falcone à la brigade financière, en novembre 2000, M. Mandelsaft se volatilise. Le dernier achat constaté sur sa carte bleue est un aller simple Paris-Tel Aviv.

Très cher M. Mitterrand

"Sans Jean-Christophe Mitterrand, il n'y aurait pas eu de contrat (de vente d'armes), de la même manière que, sans femme, il n'y aurait pas de bébé", avait expliqué un des prévenus aux enquêteurs. Pour avoir mis en relation MM. Dos Santos et Falcone, le fils de l'ancien président sera généreusement rétribué par ce dernier : 14 millions de francs, selon l'accusation, versés sur des comptes suisses auxquels s'ajoutent des billets d'avion et des frais de séjour à Bali et à Phoenix, à un moment où M. Mitterrand, licencié de la générale des eaux - on est en octobre 1995, son père n'est plus à l'Elysée - touche pendant un an une allocation chômage supérieure à 300 000 francs.

Les démarches de Jacques Attali

En 1997-1998, le ministre des affaires étrangères, Hubert Védrine, est régulièrement sollicité par l'avocat de Pierre Falcone, Alain Guilloux - lui-même prévenu dans le dossier - pour trouver un arrangement concernant le redressement fiscal signifié à la société slovaque, qui a permis le commerce des armes avec l'Angola. "Eluder", répond à chaque fois le ministre. Invité à déjeuner chez son ami Jacques Attali, M. Védrine y rencontre un jour Me Guilloux, qui lui remet un nouveau dossier. "Je préfère l'Attali intellectuel à celui qui fait ce genre de démarche", dira aux enquêteurs M. Védrine. Quelques mois plus tard, M. Attali se voit confier une mission sur le microcrédit en Angola, qui sera payée 200 000 dollars par une société de M. Falcone.

Le mérite agricole pour Gaydamak

En juillet 1996, à Toulon, Arcadi Gaydamak reçoit des mains de Jean-Charles Marchiani, alors préfet du Var, et en présence de M. Falcone, les insignes de chevalier de l'Ordre du mérite. Cette décoration, sollicitée par le président du conseil général des Hauts-de-Seine Charles Pasqua auprès du président Jacques Chirac, au motif du rôle joué par M. Gaydamak dans la libération des pilotes français otages en Bosnie, sera étrangement prise sur le quota du ministère de l'agriculture. Aucune enquête de moralité n'a été conduite sur l'heureux bénéficiaire, que les renseignements généraux présentent alors comme "l'un des relais de la mafia russe sur notre territoire". Le même mois, l'association France Afrique Orient, support du mouvement Demain la France de Charles Pasqua, reçoit 1 500 000 francs de Brenco.

Initiales "C. P."

En décembre 2001, les enquêteurs saisissent chez M. Marchiani un papier comportant des dates, des prénoms, des initiales, "C. P", le nom de Brenco, auxquels correspondent des montants accompagnés de la mention "cash" ou "virés". Au juge qui l'interroge sur ces initiales, M. Marchiani répond : "C. P, ça peut vouloir dire 36 trucs. Chef de poste ou correspondant permanent si c'est une opération de renseignement. Je ne pense pas que cela peut vouloir dire Courroye Philippe."

Pour une "authentique justice"

En 1997, l'Association professionnelle des magistrats (APM, droite), alors présidée par Georges Fenech, substitut général à Lyon - devenu député UMP depuis -, reçoit 100 000 francs de subvention de Brenco, soit 50 % de son budget de fonctionnement. "Merci de préciser : sur ordre de Pierre Falcone", lit-on sur l'ordre de virement. M. Fenech se fend d'une lettre de remerciement au donateur pour son "aide spontanée", qui permettra de défendre les "valeurs auxquelles nous croyons", au premier rang desquelles figure la volonté de "restaurer une authentique justice".



Pascale Robert-Diard

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