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8 mars 2008 6 08 /03 /mars /2008 21:28
SORTI VIVANT DE L’ENFER DE DÉBY ITNO

Ngarlejy Yorongar raconte son calvaire

Le député d ‘opposition tchadien Ngarlejy Yorongar a débarqué à Paris le jeudi soir 6 mars, en provenance du Cameroun. Il devrait demander l’asile politique en France. Yorongar est un véritable miraculé : cet opposant intransigeant qui a toujours refusé de céder aux deux mauvaises habitudes des politiciens tchadiens (créer un maquis et/ou ensuite entrer au gouvernment) vient d’échapper une fois de plus à la mort, le soldats chargés de l’exécuter sommairement ayant préféré l’abandonner à son sort.. Voici le récit qu’il a fait à Jean-Paul Tédga, du magazine
Afriqueéducation

« Sur ordre, je suis enlevé, sous la menace des armes, par des militaires réguliers de l’armée nationale tchadienne, séquestré dans une prison secrète située à côté du jardin d’Idriss Déby Itno à Farcha, et interdit de prendre la douche et de me laver les mains pour manger, 20 jours durant... ».

AFRIQUEDUCATION : Après notre conversation téléphonique de ce jour, 3 février 2008, à 16 heures, heure de N’Djamena, que s’est-il passé à votre résidence ?
 
Ngarlejy Yorongar : Rappelez-vous que les militaires réguliers ont pris pour cible ma maison en tirant des roquettes dessus. Heureusement pour moi, les arbres m’ont épargné des dégâts. Toutefois, les voisins ont enregistré des dégâts matériels et humains. Rappelez-vous aussi que c’était en plein combat ce 3 février. Ça crépitait de tous les côtés. Rappelez-vous également qu’à l’occasion de la Saint-Sylvestre, Idriss Déby Itno avait prononcé un virulent discours dans lequel il s’en était violemment pris aux leaders des partis politiques et de la société civile et aux dirigeants de la presse privée qui, à ses yeux, sont des complices de ces « mercenaires à la solde d’Oumar Al Béchir, président soudanais puisque, dit-il, ces complices ne les ont jamais dénoncés... » Et comme j’ai été à l’Ambassade du Soudan puis à celle de Libye pour présenter mes vœux, je croyais que je suis particulièrement visé. Ce qui m’a amené à annuler les autres rendez-vous. Toutefois, pour moi, le refus de dénoncer les rebelles par des communiqués de presse diffusés, à longueur des journées, à la radiodiffusion nationale tchadienne n’est pas une infraction prévue et punie par la loi tchadienne puisque Idriss Déby lui-même a été installé au pouvoir à N’Djaména par Oumar Al Béchir et les mercenaires (les vrais cette fois-ci) du célèbre Bob Denard et j’en sais quelque chose. En effet, en dehors du président François Ngarta Tombalbaye et du général Félix M. Malloum, tous les autres conquérants du pouvoir au Tchad sont passés par le Soudan.
 
Il en est ainsi de Goukouni Weddeye en 1979-1981, d’Hissein Habré en 1978 comme premier Ministre puis en 1982 comme chef de l’Etat et d’Idriss Déby Itno lui-même.
 
Oumar Al Béchir n’avait-il pas mis à la disposition de ce dernier des moyens en hommes, en argent et en matériels conjugués avec ceux de Elf par Bob Denard interposé pour l’emmener et l’installer au pouvoir à N’Djaména, le 1er décembre 1990 ?
 
Donc, pour moi, ce sont des jérémiades habituelles d’Idriss Déby Itno. Je ne doutais pas un seul instant qu’il attendait une telle occasion pour me « loger une balle dans la tête » comme il l’a promis et dit en février 1999 à une soixantaine de cadres originaires de ma région natale, lorsque, sous la pression internationale, il décidait de me libérer de prison où il m’avait envoyé pour trois ans : « La prochaine fois, leur dit-il, je logerai moi-même une balle dans la tête de Yorongar s’il ne cesse pas de m’embêter. Faites votre travail en le conseillant. Je vous répète que la prochaine fois, il n’y aura ni prison ni libération. Prenez-en pour dit une bonne fois et dernière fois... ».

Et après mon appel téléphonique, que s’est-il passé ce jour, 3 février 2008 ?
 
Après votre appel téléphonique vers 16 heures, d’autres personnes m’ont également appelé, tels que Broody de Human Rights Watch de Bruxelles, Irène Mandeau, retraitée d’Amnesty International d’Allemagne, Sharon Courtoux de Survie, mon petit frère Ngarmaïn Yorongar de Lyon, mes fils Rokoulmian et Memsangar de Lyon et d’Allemagne, Modé Asméngar, représentant mon parti en Europe, Louheu-Issem Mbaïbikéél, également, représentant du parti aux États-Unis, un journaliste anglophone de Nairobi (Kenya), etc.  A eux tous, j’ai dit que j’étais en danger de mort. « C’est peut-être, ai-je dit à chacun d’eux, la dernière conversation que j’ai pu avoir avec vous ». M. Bernard Kawadji, un Français d’origine tchadienne qui est venu tôt le matin rester avec moi, décide de rentrer chez lui pour se laver quand il a vu venir un voisin, Maître Mobéang Yobelang, notaire de la place.
 
Me Mobéang et moi sommes dans la cour en train de boire le quinquéliba quand un véhicule militaire de marque Toyota ayant à son bord plusieurs militaires armés, s’arrête devant mon portail faisant courir les enfants, qui prennent le soin de fermer le portail. J’ai demandé à Me Mobéang de me suivre au salon, le temps de terminer notre quinquéliba.
 
C’est alors que j’ai ordonné qu’on ouvre le portail pour éviter la casse. Ils ont fait leur entrée brutalement, armes aux poings, en s’en prenant à mes enfants, en leur distribuant des coups de poing et de crosse.
 
Ils sont entrés au salon toujours armes aux poings. Je me suis présenté à celui qui semblait me chercher et qui n’avait pas l’air de me reconnaître puisque je venais de me coiffer. Il m’a empoigné mon col et m’a conduit vers la porte de sortie du salon puis vers le portail en me distribuant des coups de poing à la tête.
 
Arrivé, à peine, au vestibule, un militaire particulièrement nerveux et excité me demande la clé de contact de la Peugeot 406 réformée par l’Assemblée Nationale que je venais d’acheter.
Quand j’ai répondu que la clé est avec mon chauffeur, le chef d’équipe me demande où il est. Et quand je lui ai désigné Emmanuel Saleh Djékotar, il lui a, à bout portant, tiré dessus sans raison. Heureusement, il l’a raté. Un autre élément vient vers Emmanuel qui, du reste, est mon neveu, pour lui arracher violemment la clé de contact après avoir arraché mon téléphone portable.
 
Une fois devant la Toyota, le chef d’équipe me dit de monter. Ma sœur, Rachel Yorongar, qui n’accepte pas le fait accompli, prend son courage à deux mains pour tenter de monter dans la voiture pour aller mourir avec moi là où on m’emmène. Je l’ai suppliée de redescendre. « Il faut rester en vie, lui ai-je dit dans ma langue maternelle (ngambaye) pour t’occuper des enfants sinon ce serait deux pertes de vie inutiles... ». C’est alors qu’elle descend, le fusil du militaire nerveux toujours pointé sur elle. N’eût été le chef d’équipe, ce soldat nerveux allait l’abattre. Ledit chef m’a demandé si je possédais une arme, je lui ai dit non. Il s’en est étonné. La population de mon quartier a commencé à courir vers nous en se faisant menaçante. Voyant que ça risquait de tourner au vinaigre, un autre militaire qui est entré dans la cabine à côté du chauffeur a invité leur chef à entrer pour qu’ils partent. Après quelques coups de crosse que m’a appliqué le nerveux, le chauffeur a démarré en trombe en direction de l’Ouest, vers le Sills (un bâtiment protestant construit par les Américains pour y loger des services de littératures et de traduction de la Bible).
 
Voici l’itinéraire emprunté pour ceux qui connaissent N’Djaména : Une fois au Sills, la Toyota prend à droite, puis à gauche jusqu’à l’Avenue des Sao. Elle tourne à gauche sur cette avenue pour déboucher sur le rond point de la mort dit rond point du centenaire où croisent l’avenue des Sao que nous avons empruntée et le boulevard Mobutu. Nous prenons ensuite ce boulevard Mobutu à droite jusqu’au stade Mahamat Ouya pour emprunter ensuite la rue goudronnée qui va vers la paroisse de Kabalaye jusqu’au boulevard Charles De Gaulle où la Toyota prend à gauche jusqu’à la Mosquée centrale que nous avons contournée pour emprunter l’Avenue El Niméiry. Nous passons au rond point à l’intersection de Niméiry et du Boulevard Georges Pompidou, rond point situé derrière la maison de feu Adoum Tchéré, ancien Ministre et ancien parlementaire au début de l’indépendance.
 
Nous avons pris le boulevard Pompidou à gauche pour emprunter la route de Farcha, un quartier situé à l’Ouest de N’Djaména. Arrivée au rond point situé à l’entrée des villas des Hôtes de l’Etat, la Toyota prend la rue qui est à gauche qui nous conduit à une vieille bâtisse archisurveillée et gardée par des militaires à par tir de l’intérieur. Nous entrons dans la concession. Le premier vieux bâtiment sert de prison secrète et à l’arrière-cour séparée par un mur, c’est un petit camp militaire. Les militaires de cette prison secrète n’ont rien à voir avec ceux du camp et vice-versa. La plupart des militaires de l’arrière-cour sont très jeunes.
 
Pour moi, nous sommes dans le jardin d’Idriss Déby Itno ou alors nous n’en sommes pas très loin. Ce petit camp militaire qui abrite cette prison secrète devait, à coup sûr, servir de protection de ce jardin. C’est ainsi que la folle course poursuite s’est terminée vers 17 heures 30. Le nerveux et excité me fait descendre avec brutalité, ce qui n’est pas du goût du chef qui lui remonte les bretelles.
 
Le chef d’équipe me demande si c’est bien moi Yorongar ? Je lui dis oui. Un autre me demande : « Yorongar, comment vous ne possédez pas d’arme ? ». Je réponds que je n’en vois pas l’utilité puisque je suis un militant des droits de l’Homme. Le même rétorque : « Même si vous n’avez pas d’arme à feu comme vous le prétendez, me dit-il, vous avez une arme redoutable qui est le bic qui, du reste, est plus puissant que plusieurs bataillons de l’armée... ». Le chef d’équipe très pressé pour aller enlever les autres, me conduit à l’arrière-cour en ordonnant qu’on me donne une chaise qui se trouve derrière Lol Mahamat Choua, ancien président du Tchad, ancien ministre, ancien maire de N’Djaména, président de son parti (RDP), député et président du groupe parlementaire RDP etc., qui est en train de prier. Puis, l’équipe est repar tie précipitamment à la recherche d’un autre captif. J’attendais là quand Lol en prière a fini. Il s’adresse aux deux gardiens sudistes qui nous tiennent en respect : «Vous pouvez faire de moi tout ce que vous voulez, je m’en fous...». Ce à quoi, l’un des gardiens répond : « Ce n’est pas nous qui vous avons emmené ici, Monsieur... ». Et Lol de reprendre : « Ce n’est pas à vous que je m’adresse mais à ceux qui m’ont emmené ici et non à vous... ». Puis, quelque temps plus tard, la même équipe débarque Ibni Oumar Mahamat Saleh, ancien ministre, président du PLD et de la CPDC. Il est sérieusement cogné sous des cris zaghawa comme des marsouins et conduit directement dans sa cellule. Je me suis dit que Ibni tel que je le connais, ne tiendra pas longtemps eu égard à sa santé très précaire.
 
Pendant ce temps, un des geôliers vient appeler Lol pour le conduire à l’entrée principale du bâtiment. Après lui, c’est mon tour d’être conduit vers le même endroit que Lol. Je n’y trouve ni Lol, ni Ibni. Croyant être soumis à un interrogatoire musclé, je me prépare psychologiquement, mais, il n’en est rien. On me conduit directement au secrétariat transformé en cellule pour moi faute de cellules disponibles. Toutes les cellules sont occupées. Assis à même le sol, on m’enchaîne.
 
Les deux jambes liées par cette chaîne ne font désormais qu’une seule. Comme je n’ai pas de couchage, je m’allonge à même le sol comme j’en ai l’habitude dans de telles circonstances. C’est tard dans la nuit que celui qui m’enchaîne m’a apporté un crasseux manteau de petite taille pour me protéger du froid et une vieille couverture qui sert pour le repassage des habits comme couchage.
 
Je roule par terre pour faire de la place et lui permettre de me l’étaler sur la petite parcelle de ciment qui m’est affectée puisque la pièce de 3 mètres sur 3 est partagée entre le bureau, le passage vers le bureau du chef et moi. Toute la nuit, je n’ai pas fermé l’œil, tant la grosse chaîne s’enfonçait de plus en plus dans ma chair et les moustiques faisaient ma fête. Ce quatorzième séjour en prison de Déby semble plus dur que les autres fois. Très dur. Tard dans la nuit, un quatrième captif est emmené et conduit dans une cellule.
 
Seuls deux gardiens en plus de leur chef (très polis et gentils avec moi) ont accès à nos cellules. Les autres gardiens sont interdits de nous approcher. Même de nous voir.
 
Quand, vers 4 heures du matin, on nous sort pour les toilettes, ces derniers doivent se cacher. La santé de Ibni me préoccupe. Comme je suis entre Ibni et Lol, il y a des signes qui ne trompent pas. Par exemple, le 3 février 2008, le chef d’équipe qui nous a enlevés chez nous pour nous séquestrer ici appelé directeur général par ses subordonnés (directeur général de l’ANS ou de la défense des institutions de l’Etat - DGDIE - appelée communément Garde Républicaine (GR ?) nous rend visite. Comme il est enturbanné, il est difficile de le dévisager.
 
Apparemment, il panique. Il entre dans la cellule de Lol et y est resté longtemps avant de me rejoindre dans la mienne. Il se fait très gentil, s’intéresse à ma santé précaire et à mon régime alimentaire des plus compliqués. Je lui dresse la liste des choses que je ne mange pas et les médicaments qu’il me faut pour parer à toute éventualité. Mais en dehors des médicaments qu’il achète sans examen médical, rien de sérieux. « Je vous demande d’être gentil avec vos gardiens, me lance-il, l’air grave. Nous sommes au service de l’Etat. Si celui-ci nous commande des missions, nous sommes obligés de les exécuter. Donc, il ne faut pas nous en vouloir... ». Il me quitte pour me ramener quelques médicaments prescrits sur un bout de papier par un médecin ou infirmier en me montrant deux médicaments qui manquent.
 
Il insiste encore sur le respect de nos gardiens. Ce qui me fait croire que ça s’est mal passé avec Lol. « M. le Directeur Général lui ai-je répondu, ce n’est pas la première fois que je suis enlevé de chez moi et séquestré comme présentement. C’est la quatorzième fois. Vous a-ton dit que je manque de respect aux gardiens ?... ». Il me dit non en ajoutant que ce ne sera ni pour la première ni pour la dernière fois. Et puis, il est sorti de ma cellule pour ne plus y revenir. Dans la nuit du 8 au 9 février, une bagarre éclate dans la cellule de Lol. Est-ce lui ou un codétenu, je n’en sais rien. Toutefois, un prisonnier est extrait de force de sa cellule et sérieusement tabassé et cogné. Un codétenu de Lol ?
 
Cela m’étonnerait compte tenu de l’isolement total auquel nous sommes soumis.
 
Quelques jours plus tard, entre le 10 et le 13 février, Lol n’est plus dans sa cellule. Est-il envoyé chez lui, à l’hôpital ou est-il mort ? La question me turlupine tellement que j’en deviens malade. Je refuse de manger ces samedi 13 et dimanche 14 février. Ce qui fait dire à un geôlier que chaque chose a sa fin et qu’il faille que je mange pour sur vivre.

Surtout que peu avant que Lol ne disparaisse de sa cellule puisque sa porte ne s’ouvre pas, comme d’habitude, à 4 heures du matin pour les toilettes, le matin pour le thé, l’après-midi pour le repas et le soir pour un bol de thé, je ne me fais plus d’illusion non plus sur le sort réservé à Ibni. En effet, peu avant la disparition de Lol de sa cellule, nos geôliers ont paniqué une bonne partie de la nuit.
 
Quelque chose de grave doit se passer puisqu’ils courent de gauche à droite, appellent tous azimuts. L’un d’entre eux appelle en criant de toutes ses forces pour dire à son interlocuteur en insistant que celui-ci passe d’urgence par le BAP. De nombreux véhicules accourent. Parmi des intervenants, il y a une personne qui a un accent français et qui demande ce qui s’est passé ? Cette personne doit être médecin puisque ses questions sont techniquement très précises. C’est tard que les véhicules quittent la cour pour céder la place au bruit des pelles et des pioches. Depuis lors, la cellule de Ibni semble inhabitée. Pas de bruit de serrure et des grosses chaînes de sa porte. Est-il mort, envoyé à l’hôpital ou chez lui ?
 
Cette question m’a tellement fait mal que j’ai passé des nuits entières sans dormir.
 
Puis, on me déplace dans sa cellule. Je la scrute. Ça sent les pisses et les excréments au point que j’ai failli être étouffé la première nuit. Je cogne la por te tellement for t qu’un geôlier accourt pour me demander ce qui se passe ? Je lui dis que j’étouffe. Quand il entre, il est pris lui aussi du même malaise tant l’atmosphère est suffocante. Il ouvre tous les volets vitrés et la porte qui sépare une autre cellule vide et la fenêtre de cette pièce qui donne sur la cour arrière.
Je le remercie et puis il est parti pour me ramener un bol de lait chaud. Avant de quitter ma cellule, il me dit de ne pas hésiter à taper la porte si je suis pris d’un quelconque malaise.
 
Le lendemain, quand j’ai vu l’état de la salle, je demande à être déplacé ou à repartir dans ma première cellule. La réponse est évidemment non. Le matin, je scrute le lieu. Je soulève le petit matelas que m’a donné le chef d’équipe ainsi que la couverture qu’un jeune commandant zaghawa qui m’appelle affectueusement papa m’a donnée le jour où Lol ou son codétenu est passé à tabac. Je soulève également la vielle natte plastique complètement déchirée pour chercher des indices. Je trouve des cartes de visites de Mbaïlaou Naïmbaye et de Salibou Garba déchirées en petits morceaux. Je suis sûr que c’est Ibni qui s’en est débarrassé. C’est la seule trace qui témoigne de la présence de Ibni dans cette grande salle.
 
Le 21 février, vers 2 heures du matin, deux de mes geôliers font irruption dans ma cellule en prenant le soin de mettre en repos les deux sudistes qui, avec le chef d’équipe, ont droit d’entrer dans nos cellules. Puis, l’un des deux me demande si tout va bien avant de me bander les yeux avec un morceau de tissu rouge.
 
Ensuite, il me demande de me lever et d’avancer vers la porte. Quand, je lui demande, si je peux ramasser mes sandales, il me dit que ça ne vaut pas la peine.
 
Je me suis dit, qu’après Lol et Ibni, c’est donc mon tour d’être éliminé. On me fait coucher sur le plancher arrière de la Toyota, qui démarre en trombe pour tourner en rond dans la ville pendant plus d’une heure avant de m’emmener au cimetière de Ngonmba (Walya), un quartier sud de N’Djaména. On me fait coucher entre deux tombes avant de me libérer les yeux et les jambes de la chaîne. Je leur demande de me permettre de prier, pour la dernière fois, mon Dieu. Sans attendre la réponse, je me mets à prier malgré les gifles : « Mon Dieu, pardonnez tous mes péchés. Pardonnez également mes deux frères ici présents avec moi, car ils ne savent pas ce qu’ils font. Accordez leur la bénédiction divine et pardonnez également aux commanditaires de cette mission. Console ma mère, ma famille, mes frères et sœurs, tous les miens et tous ceux qui m’aiment. Amen ».
 
L’un des deux me demande pourquoi je demande à Dieu de les bénir et de leur accorder bénédiction et miséricorde ? Je lui ai dit que Dieu est merveilleux et miséricordieux...
 
Il chuchote dans l’oreille de l’autre, tire deux coups de feu en ma direction puis tous les deux se retirent pour entrer dans leur voiture et disparaître.
 
Etant enchaîné 24 heures sur 24 durant ma séquestration, je me lève, titube et tombe en suivant la direction de la voiture qui s’éloigne de plus en plus. Je réussis à atteindre une hutte qui ressemble à un tas de briques stockées. Je contourne et m’aperçois que c’est une maison. Je cogne l’une des deux portes de cette hutte au hasard pour voir sortir deux grands gaillards qui croient avoir en face d’eux un revenant. Je les tranquillise en déclinant mon identité. Tous deux tombent littéralement dans mes bras en pleurant. Je leur dis que le temps presse. Qu’ils me donnent une paire de sandales et qu’ils me conduisent au rond point de Nguéli car je suis désorienté. Où sommes-nous, leur ai-je demandé ?
 
C’est, disent-ils, le cimetière de Ngonmba. Ils me donnent une paire de sandales, puis ils m’ont conduit par le bas côté de la route goudronnée jusqu’au rond point de Nguéli.
 
Une fois là, je leur demande de me laisser partir. Mais, ils tiennent absolument à m’accompagner.
 
Je les emmène chez un ami qui nous fait du thé. Ne m’étant pas lavé 2O jours durant, je pue les pisses et dégage des odeurs insupportables. Une fois le thé terminé, je disparais pour aller chez un autre ami à Nguéli. Cet ami me garde pour la nuit en dépit de la fouille à Walya opérée par la brigade mixte (gendarmerie et police), me donne une autre tenue, un peu d’argent, une casquette de camouflage et je disparais dès la première lueur de la journée du 22 février à Kousseri. Bien que sale et dégueulasse, me voici à Kousseri sans aucun papier d’identité. Mon premier réflexe est d’aller le plus loin possible du Tchad. Je prends un clando pour aller acheter le téléphone por table. Je demande au vendeur, s’il peut me trouver une voiture à louer pour Maltam et Maroua à la recherche de ma famille. Il me regarde du haut en bas avant de me montrer sa propre voiture garée devant sa boutique. Il doit se dire que cet homme sale est dans le besoin. Ça coûte 80.000 f cfa pour la demie-journée. Je tente de discuter le prix avec lui mais il est catégorique. A prendre ou à laisser, me répète-t-il. Et lorsque je lui plaque dans le creux de sa main, les 80.000 f cfa, il sourit et se fait gentil, il appelle son ami Said pour me conduire à Maltam et à défaut à Maroua. C’est ainsi que je quitte Kousseri avec un ouf de soulagement.
 
Arrivé à l’avant-barrière avant Maroua, un policier qui veut se sucrer sur notre dos, se fait prier pour plusieurs infractions qu’il relève sur la voiture (taxe de circulation et feu de position et de signalisation etc.), avant de demander mes pièces d’identité. Pour éviter la perte de temps, je lui glisse 5.000 f cfa dans sa main et tout est réglé. C’est ainsi qu’il nous a laissés aller à Maroua. Une fois en ville, je demande au chauffeur de foncer chez mon neveu qui me dépose à Garoua. Un autre cousin de Garoua prend le relais pour la destination actuelle. Il faut envisager de quitter le Cameroun pour des raisons évidentes. Comme au Nigeria, Idriss Déby Itno y procède à des enlèvements et à des liquidations de ses opposants.

Qu’attendez-vous de la communauté internationale et de votre tueur Idriss Déby Itno ?
 
D’abord, je tiens à rappeler qu’Idriss Déby Itno opère un recul dangereux par rappor t à la démocratie. Il fait fuir les dirigeants des partis politiques démocratiques, de la presse et ceux de la société civile. Il vient de prendre une ordonnance liberticide en matière de la presse. Il vient de franchir un autre cap en faisant enlever des citoyens dont deux députés protégés par l’immunité parlementaire parce qu’il se sent soutenu par certaines puissances de ce monde. Il veut neutraliser les hommes politiques capables de lui porter ombrage lors de la prochaine élection présidentielle. Comme je ne me doutais de rien, je suis allé, le 29 janvier, à Kousseri (Cameroun) pour y faire des provisions alors que les rebelles étaient aux portes de N’Djaména. Toutefois, je suis rentré. Si j’avais un quelconque lien avec les rebelles ou un doute quelconque du côté du gouvernement, je ne serais pas rentré de Kousseri. Je n’ai vu chez moi ni les rebelles ni les militaires réguliers jusqu’à cette date fatale du 3 février à 17 heures quand les militaires réguliers ont fait irruption pour procéder à mon enlèvement.
 
Si le gouvernement ne me veut pas du mal, pourquoi me faire convoquer, le 22 février, par la police judiciaire alors que je venais d’échapper à la mort la veille ? Lol que j’ai vu en pyjamas et tête nue contrairement à ses habitudes (chez les musulmans, c’est l’humiliation suprême) avant que le directeur général ne nous distribue, à ma demande, un grand boubou à chacun, n’a pas l’air de quelqu’un qui est pris l’arme à la main.
 
D’ailleurs, son âge ne lui permet pas de telles aventures. Il en est de même d’Ibni dont la santé est précaire. En tout cas, Idriss Déby Itno veut nettoyer l’écurie politique avant les élections présidentielles de 2010. Car l’accord du 13 août 2007 n’est pas en sa faveur s’il est mis en œuvre. Voilà les raisons de cette chasse aux sorcières. Donc, il faut que la communauté internationale fasse pression sur lui pour un dialogue inclusif comme Mahamat Nourri et moi-même avions proposé en août dernier. Cette proposition a été adressée à l’UA, à l’UE, aux Nations Unies, aux opposants tchadiens de tous les bords (rebelles, partis politiques, société civile et diaspora), aux chefs d’Etat comme leurs excellences El Hadj Omar Bongo Ondimba, Denis Sassou Nguesso, Umaru Yar Adu’a, Blaise Compaoré, Abdoulaye Wade, le guide Kadhafi, Nicolas Sarkozy, George W. Bush, etc.
 
Seul le dialogue inclusif est la solution. Rappelez-vous que le régime d’Idriss Déby Itno est le régime qui a signé le plus d’accords sans mettre un terme à la guerre. Il n’a pas à avoir peur pour son mandat actuel. Il peut bénéficier de l’immunité à vie que mon parti lui a proposé à plusieurs reprises.

Votre dernier mot ?
 
A moi de vous poser la question suivante : qui a demandé ma tête ? Suis-je un otage sur commande d’une tierce personne ou un otage d’Idriss Déby de sa propre initiative ? Une enquête minutieuse vous le dira. Aussi, faut-il rappeler que si Lol est devenu prisonnier de guerre, c’est, en plus des raisons invoquées ci-dessus, pour éviter qu’il ne raconte ce qu’il a entendu, vu et vécu en captivité à Farcha.
 
Tel que c’est parti, le comportement et les propos irresponsables des ministres Mahamat Ahmat Bachar de l’Intérieur et Ahmad Alla-Mi des Affaires étrangères confirment, sans aucun doute, la mort d’Ibni. Le gouvernement ne sortira pas grandi de tous ces tissus de mensonges autour de cette affaire.


Propos recueillis par téléphone depuis le lieu d’exil camerounais de Ngarlejy Yorongar par Jean-Paul Tédga

 
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Published by FISCHER
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8 mars 2008 6 08 /03 /mars /2008 21:01
http://www.legrandsoir..info/spip.php?article6131
 
 
BLEITRACH Danielle
 
Il y avait bien des négociateurs français
 
Il est clair que la Colombie et les Etats-Unis ont beaucoup de mal à expliquer qu’il y aurait connivence entre Chavez , Correa et les FARC pour pratiquer le terrorisme international. D’abord parce que d’autres pays étaient impliqués, non seulement la France mais aussi l’Espagne et la Suisse. Nous allons voir jusqu’à quel point. D’autre part, la thèse de la lutte contre le terrorisme international, qui justifierait tout de la part des Etats-Unis, a du mal à passer dans le continent latino-américain. Ce sous-continent ne cesse de subir le terrorisme d’état des Etats-Unis qui, soit directement soit par le biais d’hommes de main qu’ils protègent comme Posada Carriles (*), assassinent des hommes d’Etat, déstabilisent des gouvernements élus et installent des assassins formés à leur école (**).
 
Il faut bien comprendre que ce qui s’est passé en Equateur a soulevé l’indignation générale. En France, les médias aux ordres ont bien tenté de faire porter le chapeau de la crise andine à Chavez, aux FARC ou à toute autre victime (1). Mais de toute la planète est venue la réprobation. Les Etats-Unis paraissent bien isolés avec leurs alliés criminels et voyous, Israël et la Colombie. Notre presse servile tente encore de nous cacher ce qui paraît de plus en plus évident : il y avait des négociateurs français à proximité de Reyes et ils préparaient la venue de Sarkozy.
 
Nul n’ignore désormais que l’incursion en Equateur et l’assassinat ont été préparés par l’armée nord américaine jouissant de techniques sophistiquées. Le résultat sur le fond est que cette crise témoigne de la perte d’influence du président Bush. L’OPEP, à laquelle appartient Chavez, a refusé d’augmenter la production pétrolière après la flambée des cours, malgré la demande de Bush. Les pays pétroliers lui ont répondu que cette augmentation ne dépendait pas d’eux. On ne saurait être plus clair. Même attitude de l’Organisation des Etats d’Amérique (OEA) qui a longtemps été le symbole de la vassalité de l’Amérique latine aux Etats-Unis. Lors de sa réunion d’urgence, cette organisation a condamné l’incursion en Equateur. Et voici que la France, partie prenante dans cette affaire, puisque c’est bien en préparant l’accueil du président français pour récupérer Ingrid Bétancourt que Reyes et 16 compagnons et compagnes ont été assassinés en territoire équatorien (2), continue à discuter avec Chavez la libération de la franco-colombienne. La France paraît plus décidée que jamais à obtenir cette libération, quitte à envoyer 10 bataillons à la frontière pour éviter un coup fourré de Uribe et Bush.
 
Dans toute l’Amérique latine, aujourd’hui 6 mars, dans toutes les capitales, y compris à Paris, vont défiler des centaines de milliers de personnes qui vont réclamer la paix en Colombie et désigner le système mafieux et l’allégeance de ce pays aux Etats-Unis. Ces manifestants vont dénoncer le rôle de ce pays qui est devenu la plate-forme des Etats-Unis et d’un véritable terrorisme d’Etat contre ses voisins. Dans ce pays s’imbriquent des phénomènes dont peu de gens sont au courant en Europe : les liens étroits entre les Etats-Unis et le terrorisme qu’ils font régner dans toute l’Amérique latine, les trafiquants de drogue et les paramilitaires payés par l’oligarchie qui font régner la terreur dans la paysannerie indigène (3). Sans cette connaissance de la région il est impossible de comprendre qui sont les FARC et comment ils ont été contraints de devenir guérilleros pour échapper à ce système qui a fait des milliers de morts de syndicalistes et de journalistes. Donc les manifestations qui auront lieu aujourd’hui réclameront la paix, l’indépendance et la fin du terrorisme d’Etat pour la Colombie et elles prendront aussi l’allure d’un hommage à Reyes et ses compagnons autant qu’une exigence de libération des otages.
 
Si chez nous, les milliards déversés dans nos médias, l’incurie intellectuelle de nos journalistes et le poids d’un système de propagande peuvent entretenir l’idée de la criminalisation des FARC, voir d’une réaction outrée de Chavez, cette position a du mal à contenir la réalité des faits et surtout l’incontournable évidence de la condamnation unanime de l’Amérique latine et le rôle joué dans l’assassinat par la négociation avec le président français.
 
Les négociations entre Sarkozy et Chavez se poursuivent
 
« Le président de la République s’est entretenu aujourd’hui par téléphone avec le président vénézuélien, Hugo Chavez, pour évoquer la situation régionale et la question des otages en Colombie », a annoncé dans un communiqué le porte-parole de l’Elysée, David Martinon.
 
Peu auparavant, M. Chavez a indiqué depuis Caracas avoir exprimé sa volonté de paix, dans un entretien téléphonique avec Nicolas Sarkozy. « Les deux présidents ont exprimé le souhait que les récents développements n’enrayent pas la poursuite du processus de libération des otages qui restent aux mains des FARC » (Forces Armées Révolutionnaires de Colombie), a précisé M. Martinon.
 
Selon le porte-parole, « devant la montée préoccupante des tensions dans la région andine », le chef de l’Etat français « a réitéré son appel à tous les pays de la région et à tous les acteurs concernés à faire preuve de retenue et de responsabilité, afin que soit rapidement retrouvé le chemin du dialogue et de la coopération ». M. Sarkozy « a une nouvelle fois remercié le président Hugo Chavez pour ses efforts qui ont permis la libération de six otages », a ajouté M. Martinon.
 
Les conditions de l’assassinat de Reyes et l’implication française
 
On sait que le président de l’Equateur, Rafael Correa, avait été personnellement avisé par un coup de téléphone d’Uribe de la mort de Reyes à l’occasion d’une « poursuite à chaud ». Mais l’Equateur avait découvert que non seulement il s’agissait d’un bombardement d’hommes et de femmes endormis, mais aussi que les troupes d’Uribe et les conseillers étasuniens étaient venus en territoire équatorien chercher le corps de Reyes pour l’exhiber triomphalement.
 
La présidence française paraît avoir été alertée par le même Uribe qui a expliqué aux négociateurs français qu’ils ne pouvaient se rendre sur le lieu fixé - toujours selon la même fiction de la « poursuite à chaud » - et ce quelques heures avant l’ouverture de la négociation.
 
Ce qu’il faut savoir (et que notre presse servile nous laisse ignorer alors que toute la presse d’Amérique latine et du monde en fait état) est que, en total accord avec Uribe, le président Sarkozy avait trois envoyés personnels en Colombie. Depuis octobre dernier, ils menaient la négociation avec Reyes pour obtenir la libération de la franco-colombienne et ex-candidate présidentielle Ingrid Betancourt. Les trois négociateurs français étaient installés dans une zone proche de celle où l’attaque s’est produite. Le mois dernier, un autre envoyé personnel de Sarkozy avait maintenu une réunion avec le Commissaire pour la Paix, Luis Carlos Restrepo, qui fait partie du gouvernement d’Uribe. À ce qu’il semble, samedi, les trois négociateurs se trouvaient à 200 kilomètres de la zone de l’attaque et se dirigeaient vers une réunion avec Reyes quand ils ont reçu l’appel téléphonique. Le Commissaire pour la Paix les a prévenus de ne pas s’approcher du point de rencontre dans les heures suivantes.
 
Alors qu’Uribe avait donné des garanties pour qu’ils traitent de la libération des otages, il a violé sa parole avec l’aide des Etats-Unis, dont il est l’homme des basses oeuvres. D’ailleurs, seul Washington a soutenu le président colombien.
 
La presse latino américaine fait état de la présence des négociateurs français et du processus engagé. Le camouflet a donc été infligé non seulement à Rafael Correa et à Hugo Chavez mais aussi à la France.
 
Il faut toute la vassalité française aux Etats-Unis pour qu’il n’y ait pas d’incident diplomatique. Le coup de téléphone du président français à Hugo Chavez était bien le moins que le président puisse faire surtout s’il voulait réellement récupérer Ingrid Bétancourt.
 
L’isolement d’Uribe et des Etats-Unis
 
L’entretien téléphonique est intervenu le jour même où l’Organisation des Etats Américains (OEA) se réunissait à nouveau à Washington pour tenter de trouver une issue diplomatique à la crise déclenchée par le raid colombien en territoire équatorien contre la guérilla des FARC.
 
La Colombie s’est retrouvée isolée avec les Etats-Unis. D’ailleurs Uribe n’a cessé, avec le même embarras que Bush, de souffler le chaud et le froid en appelant à la paix et au dialogue et l’instant d’après en sortant les accusations les plus outrées et les plus fantaisistes contre Hugo Chavez et les FARC.
 
Face aux annonces de mobilisation de troupes vénézuéliennes et équatoriennes aux frontières colombienne, Uribe a dit qu’il ne mobiliserait pas ses forces armées. Ce qui ne veut strictement rien dire vu que l’armée colombienne, flanquée de « conseillers » étasuniens, est de toute façon en permanence à la frontière et y protège les incursions de voyous paramilitaires, voire de terroristes, contre le Venezuela. Après, il a provoqué les présidents du Venezuela et d’Équateur en les accusant de « connivence » avec la guérilla des FARC, alors qu’il avait donné sa parole de ne pas intervenir.
 
On imagine bien qu’un tel contexte soulève l’indignation de toute l’Amérique latine et des gouvernements du monde entier. Même si les grandes orgues médiatiques font tout pour créer une situation d’égalité entre l’agresseur et la victime, en entretenant l’opacité et le flou sur la réalité.
 
Le président vénézuélien Hugo Chávez a accusé Uribe d’être un « assassin » et un « mafieux », ce qui est rude mais parfaitement exact. Même le président du Pérou, Alan Garcia, qui est lui-même suspect des mêmes tares qu’Uribe, a appelé au dialogue. Mais il a précisé qu’il était impossible de ne pas critiquer la violation de la souveraineté territoriale équatorienne.
 
La Colombie s’est retrouvée isolée avec les Etats-Unis qui ont du néanmoins faire profil bas pour éviter d’être directement impliqués . Le porte-parole du Conseil National de la Sécurité Gordon Johndroe, a exprimé sa surprise « pour l’étrange réaction du président Chávez ». Et plus tard, une déclaration officielle du département d’État disait : « Nous soutenons le gouvernement de la Colombie dans son combat contre les organisations terroristes qui menacent la stabilité et la démocratie ».
 
Mais Uribe a tenté d’impliquer plus franchement son allié nord-américain, craignant que celui-ci ne le lâche. Le directeur national de la police colombienne, Oscar Naranjo, a révélé dans une conférence de presse que la localisation de Reyes a été rendue possible grâce à une information fournie par la CIA. Selon Naranjo, l’agence nord-américaine avait détecté un téléphone cellulaire que Reyes utilisait sporadiquement. Le chef policier a souligné que l’information a été délivrée aux forces colombiennes environ dix jours avant samedi, le jour de jour de l’attaque. Comme l’a souligné le quotidien El Païs qui rapporte ces faits, « il confirmait que l’opération avait quelques jours de préparation, tandis que se développait y compris la négociation des français avec les FARC et qu’il ne s’agit pas d’une réaction défensive comme l’a argué le gouvernement colombien dans un premier temps. »
 
Uribe est allé jusqu’à se plaindre du changement d’attitude du président Correa, calme le samedi quand il lui avait téléphoné et « furieux » le dimanche. Il oubliait de signaler qu’entre temps, Correa avait découvert qu’il ne s’agissait pas d’une poursuite à chaud, comme le lui avait affirmé Uribe. Entre temps, Correa a été informé que les guérilleros dormaient lorsque leur campement a été bombardé et, après de brèves consultations avec d’autres gouvernements, il en est arrivé à la conclusion que l’attaque était planifiée depuis longtemps. Uribe avait menti et lui avait caché durant tout ce temps qu’il préparait une incursion sur le territoire équatorien.
 
Tous les gouvernements, celui d’Argentine, celui du Brésil, ont déployé une intense activité qui a abouti à la condamnation unanime de l’OEA. Parce qu’il s’agissait d’établir les véritables responsabilités pour éviter une guerre que semblent souhaiter les Etats-Unis et la Colombie. C’est d’ailleurs le seul sens que l’on puisse donner à cette expédition meurtrière et en violation de toutes les paroles données. Il s’agissait d’un piège pour déstabiliser la région et tenter d’arrêter le processus de libération et d’unification bolivarienne qui ne cesse de gagner du terrain. Dans cette affaire, les Etats-Unis et la Colombie n’ont pas réussi à entraîner les gouvernements dits « modérés » derrière eux et le rôle joué une fois de plus par Lula et Christina Kichner doit être souligné.
 
Correa avait sollicité une réunion urgente de l’Organisation des Etats Américains (OEA) pour discuter de la crise mais les Etats Unis ont essayé d’empêcher la convocation. Finalement, les chancelleries sud-américaines, surtout celles d’Argentine, du Brésil et du Chili ont obtenu qu’elle ait lieu et qu’elle aboutisse à cette condamnation et à l’isolement de ceux qui souhaitent que la violence ne s’arrête jamais ici comme au Moyen-Orient, parce qu’elle est la garantie de leur domination et de leur pillage.
 
Nos médias fauteurs de guerre qui cachent ces réalités deviennent de plus en plus criminels dans une monde où montent les dangers.
Danielle Bleitrach
 
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6 mars 2008 4 06 /03 /mars /2008 22:22
Bruit de bottes et rideau de fumée en Amérique latine
Le président colombien, Alvaro Uribe, essaie de détourner l’attention du cœur de l’affaire : la violation par l’armée colombienne du territoire équatorien. Ce n’est pas une première. Les paramilitaires colombiens entrent au Venezuela assez régulièrement. Avec le lancement du « Plan Colombie », la Colombie est devenue coutumière des incursions militaires chez ses voisins. Notamment via les groupes militaires conjoints avec les Etats-Unis.
 Ces incursions se sont multipliées, officiellement au nom de la lutte anti-drogue. Une couverture facile pour la répression politique ou les  opérations purement militaires. Mais surtout il y a le contexte, l’arrière plan non dit. Colombie et Venezuela sont aussi en conflit frontalier sur le partage du golfe de Maracaïbo qui compte beaucoup de pétrole offshore. Les provocations d’Alvaro Uribe permettent de préparer une utile diabolisation de Chavez avant d’éventuels conflits publics à ce sujet.
 L’annonce par Bush de son soutien total (brrrr!) à la « démocratie colombienne » est ainsi tout un programme. Supposons que ce soit en haine du Venezuela. Mais pourquoi ne rien dire du fait que l’Equateur, victime de l’intrusion militaire colombienne,  est aussi une démocratie !
 Enfin notons ce qu’il en est de cette démocratie colombienne ! Uribe est élu à chaque fois à la faveur d’un climat de terreur qui conduit la majorité de la population à ne pas voter : 56 % d’abstention à la présidentielle de 2006 où il l’a emporté avec 62 % des suffrages. Petite mention spéciale : Alvaro Uribe n’a pas hésité à faire modifier la constitution en 2004 pour pouvoir être réélu président en 2006 ! Cette possibilité de réélection indéfinie était jusque là exclue dans la constitution colombienne de 1991. Personne n’a rien trouvé à y redire aux Etats-Unis. Pourtant une proposition similaire a été violemment dénoncée chez Chavez et par nos robots médiatiques européens.
 Il est frappant de le voir dénoncer Chavez pour financement de la guérilla et autre sornettes douces aux oreilles des USA.  La Colombie n’a evidemment pour l’instant apporté aucune preuve des accusations sensationnelles contre le Venezuela et l’Equateur. En matière de financements illicites ou douteux, le président Uribe ferait mieux d’être discret. En 1991, un rapport officiel du Pentagone américain (rapport du Defense Intelligence Agency publié par l’hebdo NewsWeek en août 2004) classait Uribe parmi la centaine de personnalités directement impliquées dans le soutien au narcotrafic en Colombie.
En tant que maire puis gouverneur puis sénateur de Medellin, il était alors décrit par les Etats-Unis comme un « Politicien et sénateur spécialisé [dedicated] dans la collaboration avec le Cartel de Medellin dans les plus hauts niveaux gouvernementaux », « ami proche » du célèbre parrain de la drogue Pablo Escobar.Le même rapport américain précisait au passage que, loin de la légende familiale de persécution par les FARC qu’Uribe reprend systématiquement, son père, Alfredo Uribe, a été « assassiné pour ses liens avec les narcotrafiquants ».
Alvarado Uribe a obtenu que les Etats-Unis passent l’éponge en contrepartie d’un soutien indéfectible de la Colombie à leur politique impériale dans la région. Ce n’est pas tout. Comme gouverneur de Medellin, Uribe a aussi directement soutenu la mise en place des réseaux paramilitaires (Autodéfenses Unies de Colombie) qui terrorisent le pays. Il a contribué au climat d’impunité dont ils jouissent. A Medellin puis au Sénat, il est devenu un spécialiste des « techniques de gestion des conflits », notamment par la militarisation des populations civiles et le développement de la délation. Il a notamment soutenu le général « pacificateur », Rito Alejo del Río, commandant de la 17e Brigade, qui s’est illustrée par de multiples exactions et massacres de masse.
Voila ce qu’est la figure de proue de la « démocratie colombienne » ! Où peut-on le lire ou l’entendre ? Reste le résultat. L’assassinat du numéro 2 des FARC Raul Reyes fragilise les possibilités de libération des otages. Dont Ingrid Bettancourt. Alvarado Uribe manipule l’opinion internationale.  Faut-il l’aider en laissant dire ?
 
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5 mars 2008 3 05 /03 /mars /2008 22:14

 

 

 Sarkozy, un discours de destruction massive

 

"Je m'engage à ne jamais serrer la main de quiconque ne reconnaîtrait pas Israël». C'était Nicolas Sarkozy, le 13 février 2008, au dîner du Crif. C'était tellement fort que les officiels dans le monde arabe sont restés sans voix.

 

Par Saïd Djaafer, Alger 

 

Même la Ligue arabe n'a rien dit. Seul le président du Yémen, Ali Abdallah Salah, a exprimé à Jack Lang qu'il recevait, en présence de l'ambassadeur de France à Sanaa, le 17 février, ses regrets devant cette sortie du président français. Selon l'agence de presse yéménite, Saba, Ali Abdallah Salah a considéré que «ce genre de déclaration, s'il est avéré, ne sert pas les relations arabo-françaises et le rôle neutre de la France dans la relance du processus de paix dans la région». Selon l'agence, Ali Abdallah Saleh aurait conseillé au président français de «corriger» ces propos qui suscitent de la circonspection à l'égard du «rôle de la France dans la région». Mais que faisait Jack Lang chez le président yéménite ? Il était porteur d'une lettre écrite de Nicolas Sarkozy invitant Ali Abdallah Saleh a un grand salamalec à Paris. Le plus piquant est qu'en application de l'engagement pris par Nicolas Sarkozy, le président Yéménite et pratiquement tous les rois et chefs d'Etats arabes, ne sont plus éligibles à l'auguste poignée de mains du locataire de l'Elysée. En fait, il est plus simple de dire que seuls, Hosni Moubarak d'Egypte, le Roi Abdallah de Jordanie, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi de Mauritanie et Mahmoud Abbas qui n'a pas le choix, auront la possibilité de serrer la main de Nicolas Sarkozy. C'est tellement gros que les officiels arabes ont préféré ne rien dire. Car de mauvais plaisants arabes tancent déjà sur Internet, le Roi Abdallah d'Arabie Saoudite, le guide libyen Maamar Gueddafi ou le président algérien Abdelaziz Bouteflika sous le mode : vous qui lui avez récemment serré la main, est-ce que vous avez fait une reconnaissance clandestine d'Israël?

  

Quelques journaux arabes pensent que Sarkozy visait l'Iran, le Hezbollah et le Hamas mais qu'au lieu d'être précis, il a fait un discours de «destruction massive» pour la diplomatie et l'économie françaises. Dans un forum de discussion arabe, le lendemain du passage de Sarkozy au Crif, le sujet du jour était : «Acceptes-tu de serrer la main de Sarkozy?». Personne ne doute que les mauvais plaisants s'adressaient aux dirigeants arabes… qui, à l'exception de Ali Abdallah Salah, ont préféré ne pas entendre…ce chahut.

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5 mars 2008 3 05 /03 /mars /2008 21:31

Pourquoi Denis Gautier-Sauvagnac et Laurence Parisot ne sont-ils pas en 

prison ?

 

Www.democratie-socialisme.org

 

C'est une bande organisée au plus haut niveau. Ils trafiquent de l'argent sale, selon leurs propres termes. Ils corrompent. Ils paient des salaires en liquide sans cotisation sociale. Ils se font des prêts à taux zéro, entre eux, illicites. Ils collectent des fonds secrets d'une double comptabilité des entreprises. Ils ont une caisse noire de 600 millions d'euros - certains anciens dirigeants de l'UIMM ont dit qu'elle avait atteint un milliard, qu'ils avaient faitpareil” que DGS depuis des décennies. Ils sortent des valises de 26 à 32 kg d'argent liquide dont au moins 19 millions - prouvés - depuis l'an 2000. Ils ont même avoué que cela dure depuis bien plus longtemps et que cela porte sur des sommes plus importantes.

 

On n'a jamais eu un scandale aussi énorme.

 

La seule chose que DGS ait reconnu c'est que c'était une caisse anti-grève - qui devait donc servir aussi à « fausser» la célèbre concurrence « libre ». Denis Gautier-Sauvagnac est toujours en poste comme délégué général de l'UIMM et reçoit 20 000 euros par mois pour faire ce racket et ce trafic d'influence jusqu'à sa retraite prévue en mai 2008 à ses 65 ans. Ils continuent : MM. De Calan, la secrétaire de DGS, et d'autres ont été mis en examen aussi.

 

Ils se concertent. Des fuites ont été publiées par “Le Parisien” du samedi 1er mars sur leurs réunions en ce sens de fin novembre dernier et de début décembre où ils ont négocié « l'omerta » avec le « parrain » comme dans un « QG» de la mafia.

 

Ils détruisent les preuves et sont inculpés pour cela, pourquoi ne les empêche t on pas ? (le petit trader, Kerviel, de la Société générale a été placé en préventive pour « empêcher qu'il se concerte avec d'éventuels complices » et qu'il « détruise des preuves »). Ils font entrave à la justice en se liguant préventivement contre ses enquêtes, en se prémunissant contre ses verdicts. Pour moins que cela n'importe quelle bande de ce type serait sous les verrous.

 

Mme Parisot a reconnu il y a cinq mois qu'elle était « salie » et que « beaucoup savaient inconsciemment » ce «secret de famille honteux ». Elle ne s'est pas lavée depuis. Et c'est son organisation entière qui cautionne aujourd'hui tout cela. On apprend seulement aujourd'hui qu'en début décembre, secrètement, il y a trois mois, ils ont passé un pacte de complicité : DGS ne dira rien, et il lui sera attribué (officiellement) 1,5 million d'euros (combien de Smic ?), ainsi que tous ses frais fiscaux éventuels. Un Pactole pour le silence du « parrain », pour s'assurer de l'omerta. C'est Michel de Virville, successeur de DGS à la présidence de l'UNEDIC l'auteur du premier rapport, en 2004 pour démanteler le Code du travail, très proche de Laurence Parisot, qui a négocié et conclu le « contrat » avec DGS.

Que faut-il de plus pour que la bande ne soit pas placée en préventive immédiate ?

 

Mme Parisot ose à la télévision, interrogée sur les 40 % d'augmentation des salaires des patrons annoncer qu'elle vasaisir la commission d'éthique” du Medef ? Il y a une éthique au Medef ? Et même une “commission d'éthique” ?

 

M. Sarkozy (qui connaissait le dossier depuis 2004 lorsque le Tracfin l'avait averti en tant que ministre de l'intérieur, et qui n'avait rien fait alors) M. Fillon et Mme Dati, qui en appellent chaque jour à l'impunité zéro, sont-ils forts avec les faibles et faibles avec les forts ? Ou y a t il d'autres complicités plus élevées encore ? Le concurrent de Mme Parisot à la tête du Medef n'était-il pas Guillaume Sarkozy ?

 

Gérard Filoche, le 2 mars 2008

 

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5 mars 2008 3 05 /03 /mars /2008 21:08

GRANDE MANIFESTATION SAMEDI 8 MARS 2008 À 16H00 A PARIS AU MÉTRO BARBÈS ROCHECHOUART

 

www.enfantsdepalestine.org

 

 

Nous appelons à une mobilisation massive et unitaire, dès ce samedi 8 mars, pour rappeler l'exigence de justice qui est la nôtre :

GAZA : HALTE AUX MASSACRES, HALTE AU SIEGE DES SANCTIONS CONTRE ISRAEL

SOLIDARITE AVEC LA LUTTE DU PEUPLE PALESTINIEN

 

Grande Manifestation samedi 8 mars 2008 à 16h00 Métro Barbès Rochechouart

La GUPS et Abna Philistine vous appelle à une mobilisation massive pour mettre fin à l'impunité de l'Etat d'Israël

Dans la bande de Gaza, après deux ans d'un siège de plus en plus hermétique et meurtrier, la violence de l'armée d'occupation israélienne culmine avec le massacre de plus de 100 palestiniens en 4 jours. Le silence et l'inaction de la « communauté internationale » la rendent complice des violations du droit international et des crimes de guerre perpétrés par l'Etat d'Israël depuis 60 ans. Contre la résistance légitime de notre peuple à l'occupation et au colonialisme, le gouvernement d'Israël promet une « shoah », par l'extension annoncée de ses opérations sanglantes, alors que l'armée américaine redéploie ostensiblement ses forces dans la région, menaçant le Liban et tout le Moyen-Orient.

Dans ce contexte, la collaboration de plus en plus active de la France avec la politique israélienne est inacceptable. Après avoir annoncé qu'il participerait aux festivités liées au 60ème anniversaire de la création de l'Etat d'Israël, M. Sarkozy se prépare à accueillir le président Shimon Pérès, Israël étant l'invité d'honneur du Salon du Livre.

Nous appelons à une mobilisation massive et unitaire, dès ce samedi 8 mars, pour rappeler l'exigence de justice qui est la nôtre :

GAZA : HALTE AUX MASSACRES, HALTE AU SIEGE DES SANCTIONS CONTRE ISRAEL

SOLIDARITE AVEC LA LUTTE DU PEUPLE PALESTINIEN

Grande Manifestation samedi 8 mars 2008 à 16h00 Métro Barbès Rochechouart

Appel déjà soutenu par : GUPS - Union Générale des Etudiants de Palestine, Abnah Philistine, CCIPPP, Génération Palestine, AJPF, AFPS, Collectif Faty Koumba, CAPJPO-EUROPALESTINE, CMF, Mouvement des Indigènes de la République...

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4 mars 2008 2 04 /03 /mars /2008 22:19
ALERTE  FRANCAFRIQUE : Rebondissement dans l’affaire de 3A TELESUD.
 
 
TELESUD média afro qui progressivement prenait sa place dans le paysage audiovisuel Français a manifestement été victime de la FrançArique à travers Pascaline BONGO, fille et raspoutine du Mollah Omar BONGO ONDIMBA.
 
L’indépendance et la liberté de cette chaîne commençaient à déranger les roitelets Africains de BONGO à SASSOU NGUESSO. Une convergence d’intérêts mafieux s’articulant  du  Président BONGO à BOLORE avait fini les fondateurs de la chaîne à savoir : Sylvie DE BOISFLEURY et  Constant NEMALE, membre fondateur de la dite chaîne.
 
On savait le torchon brûlant entre les fondateurs de la chaîne de télévision, 3A TELESUD et les partenaires Gabonais de la chaîne, en l'occurrence le dénommé ERIC BENQUET. Mais ce que l'on ignorait, au vu de la l'actualité des fourgons Blindés au Gabon, s'est de retrouver une nouvelle fois le trésor public Gabonais au milieu de cet imbroglio.
 
La dernière assemblée générale ordinaire de la société qui s'est tenue en date du 22 février 2007 a vu l'un des actionnaires minoritaires poser le problème de la provenance des fonds de Monsieur ERIC BENQUET sans  que ce dernier ne puisse y apporter des réponses claires et précises.
 
La dénommée Sylvie DE BOISFLEURY, conteste les sources de financement de son associé Gabonais en des termes précis. On la cite "A ce jour, je suis toujours dans l'attente de la réponse des gérants de la société WIAM Sarl, à ma demande légitime à eux adressée le 10/12/07, réitérée le 5/02/08, que les gérants exigent de la part de M. Eric BENQUET, une attestation et des preuves tangibles sur l'origine licite des fonds publics de la République du Gabon virés sur son compte personnel ouvert auprès de la BGFIBANK au Gabon, qui ont permis à M. Eric BENQUET d'acquérir des parts sociales de la société WIAM Sarl et d'approvisionner son compte courant jusqu'à ce jour. "
 
En effet, d'après des informations obtenues récemment et venant de sources digne de foi, c'est grâce à des virements de fonds en provenance du Trésor Public de la République du Gabon et reçus au crédit du compte chèque particuliers No 00012841401-45 ouvert au nom de M. Eric BENQUET dans les livres de la BGFIBANK Agence Centrale à Libreville au Gabon, que Monsieur Eric BENQUET aurait trouvé les ressources nécessaires lui permettant d'ordonner des virements de fonds vers le compte bancaire à Paris de WIAM SARL, au titre de son apport en numéraire de 500.000 euros (cinq cent mille euros) pour sa souscription à l'augmentation de capital du 30 octobre 2006 et de ses apports en compte courant jusqu'à ce jour qui dépasse le million d'euros.
 
"A titre d'exemple on peut citer les virements du Trésor Public du 27 octobre 2006 pour 327.978.500 FCFA et du 21 novembre 2006, c’est pourquoi, au vu de ces soupçons, je vous ai demandé préalablement à l'incorporation au capital de la créance en compte courant d'associé de M. Eric BENQUET, d'exiger de ce dernier qu'il prouve l'origine licite des fonds ayant alimenté son compte courant, à défaut de quoi, dans le but de décharger ma responsabilité civile et pénale en tant qu'associé, je m'opposais à l'incorporation de sa créance dans le capital social de WIAM SARL pour illicéité présumée de l'apport".
 
Des propos d'une gravité extrême. Qui semble confirmé par des documents compromettants
 
·         Qui est Eric Benquet ?
 
·         Quelle est sa relation avec le Trésor Public Gabonais au point que ce dernier puisse lui verser plus de 2 milliards de Francs CFA, sans aucune convention, sans aucun lien juridique ?
 
·         Comment se fait-il qu'en deux  ans, les seuls revenus sur ce compte bancaire à la BGFI, dont M. benquet est titulaire proviennent directement du Trésor Public Gabonais ?
 
·         Sur ordre de qui cet argent a permis de prendre une participation dans la société Française 3A TELESUD ?
 
Avec la plainte de cette fondatrice de 3A TELESUD, voilà encore une nouvelle fois le Trésor Public Gabonais au centre d'une polémique. Détournements de fonds publics, recels, complicité de détournements de fonds publics…pourquoi va-t-on jeter une nouvelle fois le Gabon en pâture aux juges français…Autant de questions qui méritent une réponse claire et précise et sur laquelle Monsieur Mains Propres va devoir éclairer tous ces concitoyens. A moins que ce ne soit définitivement la justice Française qui s'en charge!
 
Pour notre part, nous serons aux côtés Sylvie DE BOISFLEURY et  Constant NEMALE pour défendre le pluralisme de l’information et surtout une presse PanAfricaine libre
 
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4 mars 2008 2 04 /03 /mars /2008 22:15
La main tendue par le SPD
allemand à Die Linke divise la
gauche française
 
LE MONDE | 27.02.08 | 14h48  •  Mis à jour le 27.02.08 | 14h48
 
  La montée en puissance en Allemagne du parti Die Linke ("La Gauche"), coprésidé par Oskar Lafontaine, ancien leader du SPD, ressemble à une pierre lancée dans le jardin de toute la social-démocratie européenne. En acceptant de négocier une alliance dans le Land de Hesse avec le parti de la gauche radicale, dont les performances électorales sont en progression, le SPD - lui-même divisé sur le sujet - conforte ceux qui critiquent les orientations, d'inspiration sociale-libérale, en faveur desquelles le parti a opté sous le gouvernement Schröder. Cette évolution est suivie de près au sein de la gauche française.
 
"Ce qui se passe en Allemagne apporte un formidable démenti à l'idée selon laquelle la gauche est condamnée à décroître sans cesse parce que la société se droitiserait irrémédiablement", applaudit le sénateur Jean-Luc Mélenchon, figure de la gauche du PS et fervent supporter de Die Linke. A l'extrême gauche, on observe avec une évidente satisfaction le "coup de barre à gauche" impulsé par le plus emblématique des partis sociaux-démocrates européens. Pour autant, la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), qui appelle de ses voeux un "nouveau parti anticapitaliste", n'est pas tentée par l'idée de s'engager dans une stratégie comparable à celle de Die Linke. "Nous n'avons pas le même rapport aux institutions ; pour nous, il n'est pas question de participer à des coalitions gouvernementales ou parlementaires avec les socialistes", insiste François Sabado, membre de la direction nationale de la LCR.
Dans les rangs du Parti communiste - qui a toujours été très proche de l'ex-PDS, la composante est-allemande de Die Linke -, l'émergence de la nouvelle gauche allemande suscite nettement plus d'enthousiasme. "Un nouvel espace s'est libéré que Die Linke vient occuper en apportant la démonstration qu'une gauche très sociale peut exister", affirme Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF. "Les oeillades appuyées, adressées par certains socialistes au MoDem, suggèrent que la question de la nécessité de combler un tel vide à gauche peut aussi se poser en France", glisse-t-il.
Place du Colonel-Fabien, on considère que l'échec de Ségolène Royal au second tour de l'élection présidentielle tenait largement à l'affaiblissement des autres composantes de la gauche au premier tour. Pour autant, les communistes ne sont pas à la veille de sacrifier leur parti sur l'autel de la création d'une formation susceptible d'aiguillonner des socialistes timorés. Refusant de "formuler dès maintenant une réponse organisationnelle", M. Dartigolles se dit néanmoins favorable à la mise en place de "fronts électoraux". Il évoque la constitution d'une liste pour les élections européennes de 2009 rassemblant le PCF, mais aussi "les amis de Jean-Luc Mélenchon et, pourquoi pas, une partie de la LCR".
Fondateur de PRS (Pour une République sociale), une structure dont l'objectif est de favoriser le dialogue entre les socialistes et "l'autre gauche", M. Mélenchon refuse de se prononcer sur cette éventualité. Ce qui ne l'empêche pas de critiquer sévèrement la direction du PS "en retard d'une guerre" qui s'est, selon lui, convertie "à des formules de centre gauche qui se sont avérées catastrophiques en Allemagne mais aussi en Italie ou en Grande-Bretagne". Selon le sénateur socialiste de l'Essonne, il faudra que "le PS noue le dialogue avec cette autre gauche qui va du PCF à la LCR et à LO". Ou qu'à défaut, une fédération - un Die Linke à la française ? - se constitue à sa gauche.
Pierre Moscovici, député socialiste et "réformiste assumé", ne partage pas ces analyses. "Penser en priorité l'avenir des socialistes en terme d'alliances serait un aveu de faiblesse : je crois plutôt en une stratégie identitaire, consistant à redéfinir la matrice sociale-démocrate", insiste-t-il. L'ancien ministre des affaires européennes, candidat à la succession de François Hollande, défend l'idée d'un "parti de toute la gauche". Un grand PS capable de rassembler un tiers de l'électorat et n'éprouvant pas un besoin vital de conclure des alliances sur sa gauche. "Pour redevenir le parti de l'alternance, il faut apporter des réponses nouvelles, voire radicales, en matière de lutte contre la pauvreté, de réforme de l'Etat-providence ou d'environnement", plaide M. Moscovici. "Et peut-être convient-il aussi de prendre acte de ce renouvellement nécessaire en inventant un autre terme que celui de social-démocratie", estime-t-il.
 
Jean-Michel Normand
 
 
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4 mars 2008 2 04 /03 /mars /2008 22:03
 
Proche-Orient
 
 
 
 

La liste des agressions et menaces des puissances occidentales contre les peuples du Moyen-Orient est longue ces derniers jours à quelques mois de l’élection présidentielle états-unienne.
 
 
En premier lieu, le gouvernement israëlien a déclenché ce weekend une attaque particulièrement brutale contre la bande de Gaza déjà soumise à un cruel embargo depuis plusieurs mois. Plusieurs crimes de guerres contre les civils ont été commis à cette occasion. "Plus les tirs de roquettes Qassam s'intensifieront, plus les roquettes augmenteront de portée, plus la shoah à laquelle ils s'exposeront sera importante, parce que nous emploierons toute notre puissance pour nous défendre", a déclaré, vendredi 29 février, Matan Vilnaï, le vice-ministre de la défense israélien à propos des Palestiniens.
 
 
Au même moment le Salon du Livre de Paris, dans un touchant élan de solidarité avec l’agonie du peuple palestinien, a décidé de célèbrer les 60 ans d’Israël - http://www.france-palestine.org/article8202.html . Un appel au boycott de ce salon a été lancé. L’Iran, la Tunisie et le Liban ont annoncé leur intention de ne pas participer à ce salon - http://fr.rian.ru/world/20080301/100382521.html .
Washington de son côté non content d’avoir enlisé ses alliés dans la guerre d’Aghanistan envisage de prêter main forte à Israël en  déployant « des troupes de l’OTAN en Cisjordanie de manière à rassurer Tsahal et à aider son retrait dans les prochaines années, a déclaré un officiel de la défense au Jerusalem Post. Le plan, mis au point par l’envoyé spécial des Etats-Unis au Moyen-Orient le général James Jones, est discuté parmi les pays européens dont la participation à la force multinationale pourrait être réclamée. » (Jérusalem Post, édition française, 20 février 2008 cité par http://www.france-palestine.org/article8200.html )
Par ailleurs, au Liban l’administration Bush mécontente de voir la classe politique rechigner à élire un président à la botte de Washington, a envoyé le destroyer américain USS Cole au large des côtes de son pays. 
 
Selon Al Manar, citée par http://www.aipas.over-blog.org/article-17250720.html « Pour répondre à la question concernant les motifs de cette action militaire, le porte-parole du Conseil national de sécurité Gordon Gondro a répondu que le président George Bush était inquiet de la situation au Liban et qu’il a régulièrement discuté de la question avec son équipe de sécurité nationale. Selon un important responsable américain, la démarche vise à promouvoir la stabilité pendant cette période critique.  Il a signalé que le navire d’assaut USS Nassau, qui remplacera Cole, est dans son chemin dans les eaux de l’Atlantique, en route vers la Méditerranée au large du Liban.  D’autres sources militaires américaines ont indiqué que le déplacement du destroyer américain est un message pour la Syrie. Elles ont exprimé l’inquiétude devant une intervention américaine dans la question libanaise. » 
L’Iran quant à elle est victime de nouvelles pressions occidentales après un briefing du directeur général adjoint de l'AIEA, le Finlandais Olli Heinonen, accusant Téhéran d’avoir poursuivi un programme militaire après 2003 – déclarations qui contredisent le rapport antérieur du directeur de l'AIEA, Mohamed ElBaradei (http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2008/03/01/l-aiea-detient-des-preuves-que-l-iran-a-mene-un-programme-nucleaire-militaire-apres-2003_1017661_3218.html#ens_id=677013) – ledit rapport était plus ambigu, mais un article d’Antiwar.com montrait déjà combien ce rapport comportait des insinuations injustifiées contre l’Iran : cf http://www.antiwar.com/prather/?articleid=12448. Téhéran a démenti ces accusations et en réponse le porte-parole du gouvernement iranien Gholamhossein Elham a proposé le 1er mars au Conseil de sécurité de l'ONU de se pencher sur le problème de l'arsenal nucléaire d'Israël et non sur le nucléaire civil iranien (http://www.aipas.over-blog.org/article-17236344.html ). Par ailleurs la visite du président Ahmadinejad à Bagdad ce weekend est analysée comme un défi à l’armée d’occupation états-unienne en Irak (http://news.xinhuanet.com/english/2008-03/01/content_7697817.htm ) - au même moment la Turquie venait d’achever une opération militaire au nord de l’Irak contre les séparatistes kurdes avec la bénédiction des Etats-Unis, de l’Union européenne et du secrétaire général de l’ONU http://news.yahoo.com/s/ap/20080222/ap_on_re_mi_ea/turkey_iraq.
 
La France, pour sa part, après s’être engagée à aider les Etats-Unis dans le golfe arabo-persique en y installant des bases militaires (http://mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=7909 ) patronne avec la Grande-Bretagne un nouveau projet de résolution au Conseil de Sécurité de l'ONU pour durcir les sanctions contre l’Iran (http://ap.savannahnow.com/pstories/world/middle_east/20080301/252795428.shtml).
 
 
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3 mars 2008 1 03 /03 /mars /2008 22:50
Irak: l'archevêque chaldéen de Mossoul a été enlevé

Des hommes armés ont enlevé l'archevêque chaldéen de Mossoul, dans le nord de l'Irak. Trois de ses gardes du corps ont été tués, selon un officier de l'armée irakienne.

[ats] - "Des hommes armés ont enlevé le prêtre Faraj Rahou dans le quartier Nour, dans l'est de Mossoul. Ils ont tué le chauffeur et deux gardes du corps", a indiqué le colonel Khaled Abdel Sattar. Le dignitaire de la principale minorité chrétienne d'Irak a été enlevé après une messe dans l'église "al-Safina" alors qu'il rentrait chez lui.

L'entourage du patriarche chaldéen de Bagdad Emmauel III Delly a déclaré n'avoir aucune idée du sort réservé au prélat catholique.

Majoritairement arabe sunnite, Mossoul est la capitale de la province de Ninive, aujourd'hui l'une des provinces plus dangereuses du pays où se sont concentrés récemment les partisans d'Al-Qaïda, selon l'armée américaine.

Une vague d'attentats à la bombe a visé en janvier des églises et bâtiments chrétiens de Mossoul (nord), blessant quatre personnes et causant des dégâts légers aux bâtiments.

Deux prêtres du diocèse de Mossoul avaient été kidnappés pendant neuf jours en octobre et, en juin 2007, un prêtre et trois diacres avaient été abattus devant une église de la ville. L'archevêque syriaque de Mossoul, Mgr Georges Casmoussa, avait lui même été enlevé pendant 24 heures en janvier 2005.

Avant l'invasion de mars 2003, la communauté chrétienne d'Irak totalisait quelque 800'000 membres, soit 3% environ d'une population en très grande majorité musulmane. Depuis, de nombreux représentants de cette communauté devenue la cible de groupes extrémistes ont fui le pays ou ont émigré au Kurdistan irakien.

Les Chaldéens, des catholiques de rite oriental, constituent la principale communauté chrétienne du pays, et l'une des plus anciennes églises chrétiennes.
 
    
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