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25 mai 2008 7 25 /05 /mai /2008 22:07

Le Liban a un président, après six mois de vacance du pouvoir

 

BEYROUTH (Reuters)

 

  Le général Michel Souleïmane, commandant en chef de l'armée libanaise, a été élu dimanche à la présidence du Liban par les députés au terme de six mois de vacance du pouvoir à la tête de l'Etat.

 

"Je proclame le général Michel Souleïmane président de la République", a déclaré le président du Parlement, Nabih Berri, après le scrutin, lors duquel le chef de l'armée a recueilli 118 voix sur 127 députés présents. Des tirs de joie ont éclaté à Beyrouth sitôt après l'annonce de la nouvelle.

 

Cette élection, retransmise en direct par la télévision, a été rendue possible par l'accord de Doha, conclu mercredi par l'opposition et la majorité libanaises au terme d'une conférence de dialogue de six jours sous l'égide de la Ligue arabe.

 

Chrétien maronite âgé de 59 ans, Souleïmane a été investi peu après dans ses fonctions et a prononcé un premier discours dans lequel il a appelé à l'instauration d'un "dialogue apaisé" avec "les capacités de résistance" du pays, évoquant apparemment l'intégration des miliciens chiites du Hezbollah au sein de l'armée.

 

Il s'est en outre prononcé pour l'établissement de "liens fraternels entre le Liban et la Syrie dans le contexte du respect mutuel de la souveraineté et des frontières de chaque pays, ainsi qu'à des relations diplomatiques qui soient bénéfiques pour les deux pays".

 

A Washington, le président américain George Bush a félicité le nouveau chef de l'Etat libanais.

 

"J'espère que l'accord trouvé à Doha va ouvrir une ère de réconciliation politique pour le bien de tous les Libanais", peut-on lire dans un communiqué diffusé par la Maison blanche.

 

Bush se dit par ailleurs confiant dans la capacité du futur président à faire respecter les engagements du Liban en matière de droit international et notamment les résolutions de l'Onu qui exigent le désarmement du Hezbollah.

 

Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations unies, a espéré que cette élection présage d'un retour au dialogue et d'un renouveau des institutions libanaises.

 

Souleïmane va devoir démissionner de la tête de l'armée et nommer un nouveau chef de gouvernement. Saad Hariri, chef de file de la majorité parlementaire antisyrienne et fils du Premier ministre assassiné Rafic Hariri, figure en tête de liste.

 

Le Premier ministre sortant, le pro-occidental Fouad Siniora, va désormais quitter son poste, mais il continuera de gérer les affaires courantes jusqu'à la formation d'un nouveau cabinet. Il n'est cependant pas exclu que Siniora soit reconduit dans ses fonctions.

 

L'émir du Qatar, le cheikh Hamad ben Khalifa al Sani, figurait parmi les dignitaires qui étaient présents à Beyrouth à l'occasion de l'élection du président, de même qu'Amr Moussa, secrétaire général de la Ligue arabe. Parmi les nombreux ministres des Affaires étrangères aussi présents se trouvaient ceux de l'Iran et de la Syrie, deux pays qui soutiennent le Hezbollah, ainsi que celui de l'Arabie saoudite.

 

Le chef de la diplomatie iranienne en a profité pour s'entretenir pendant une demi-heure avec son homologue saoudien après le vote.

 

La crise politique entre la coalition antisyrienne, majoritaire au Parlement, et l'opposition conduite par le Hezbollah, soutenu par Damas et Téhéran, avait jusque-là bloqué la désignation du successeur d'Emile Lahoud, dont le mandat a expiré en novembre dernier.

 

CHEF DES ARMÉES DEPUIS 1998

 

A 19 reprises, l'élection du président par les députés avait dû être différée en raison de l'impossibilité de réunir le quorum nécessaire. Le Parlement n'a plus siégé depuis plus d'un an et demi. Pour autant, cela faisait un certain temps déjà que la majorité au pouvoir et l'opposition s'étaient mises d'accord sur le nom de Souleïmane comme candidat de consensus.

 

Il restait à en finir avec l'impasse sur la configuration d'un gouvernement d'union nationale, l'opposition insistant pour récupérer une minorité de blocage, ce qu'elle a obtenu au Qatar.

 

L'accord de Doha, fruit d'une médiation conduite au nom de la Ligue arabe par les autorités qataries, désamorce les tensions très vives au Liban qui ont dégénéré au début du mois en affrontements meurtriers dans les rues de Beyrouth et de Tripoli, notamment.

 

Il propose également un espoir de sortie de l'impasse politique dans laquelle le Liban est plongé depuis novembre 2006 et la démission des six ministres de l'opposition face au refus de la coalition antisyrienne de leur accorder un droit de veto sur les décisions du gouvernement Siniora.

 

L'accord de Doha prévoit la formation d'un gouvernement d'union nationale et l'élaboration d'une nouvelle loi électorale avant les élections législatives de 2009.

 

Nommé commandant en chef de l'armée libanaise en décembre 1998, alors que la Syrie contrôlait le Liban, Souleïmane a été étroitement associé aux préparatifs du retrait, sous la pression libanaise et internationale, des forces syriennes en 2005 après l'assassinat de Rafic Hariri et a supervisé le redéploiement de l'armée dans tout le Liban.

 

Parlant couramment l'anglais et le français de même que l'arabe, Souleïmane, né dans le village chrétien d'Amchit, est marié et père de trois enfants.

 

Maintenant qu'il est à la présidence, son principal défi sera de tenter de réconcilier la majorité parlementaire et l'opposition. Il devra aussi s'attaquer aux questions en suspens qui menacent la cohésion du Liban, à commencer par le désarmement du Hezbollah. La milice chiite, qui combattait alors la présence israélienne au Sud-Liban, a été la seule autorisée à conserver ses armes après la fin de la guerre civile. Mais ses adversaires réclament aujourd'hui son désarmement.

 

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25 mai 2008 7 25 /05 /mai /2008 22:05

Les FARC confirment la mort de leur chef historique, Manuel Marulanda

 

BOGOTA (AP)


 

  Les ravisseurs d'Ingrid Betancourt ont perdu leur chef historique. D'abord annoncée par le gouvernement de Bogota, la mort de Manuel Marulanda, leader des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) depuis plus de 40 ans, a été confirmée dimanche par les rebelles eux-mêmes, qui ont aussitôt nommé un successeur en la personne de l'idéologue du mouvement marxiste.

 

Manuel Marulanda, supposé être âgé de 78 ans ou 80 ans, selon les sources, a succombé le 26 mars dernier à une crise cardiaque précédée d'une brève maladie, a précisé un commandant rebelle, Timoleón Jiménez, dans une vidéo diffusée par la chaîne vénézuélienne Telesur.

 

"Un grand leader s'en est allé", a commenté Jiménez, connu sous le nom de guerre de "Timochenko". Marulanda est mort "dans les bras de sa compagne, entouré de ses gardes du corps et de toutes les unités assurant sa sécurité", a-t-il ajouté, sans préciser la nature de la maladie ni le lieu du décès.

 

Les FARC, plus ancien et plus puissant mouvement de guerilla d'Amérique latine, d'inspiration marxiste, sont désormais dirigées par leur idéologue en chef, Alfonso Cano, a annoncé Jimenez.

 

Lors d'un déplacement dans l'ouest du pays, le président colombien Alvaro Uribe a affirmé que des guérilleros avaient fait savoir au gouvernement qu'ils étaient prêts à déserter et libérer des otages, à commencer par la Franco-colombienne Ingrid Betancourt, mais qu'ils avaient d'abord exigé la garantie qu'ils ne seraient pas incarcérés.

 

Le président colombien a proposé de demander à la justice de leur accorder une "liberté conditionnelle". Il a expliqué que les rebelles qui déserteraient et remettraient des otages aux autorités pourraient bénéficier d'un fonds allant jusqu'à 100 millions de dollars (63,5 millions d'euros) et "être envoyés immédiatement dans un pays comme la France". C'est la première fois que le président colombien fait une telle offre aux FARC.

 

C'est le gouvernement colombien qui a annoncé en premier samedi la mort de son ennemi public No1. Le ministère de la Défense avait ainsi déclaré avoir appris le décès de Marulanda par "différents moyens du renseignement militaire".

 

"Nous savons qu'au sein des FARC, la version est qu'il est décédé de mort naturelle, plus précisément d'une crise cardiaque", poursuivait le communiqué, en citant déjà la date du 26 mars. Toutefois, le ministère note que trois raids aériens de l'armée ont visé le chef des FARC ce jour-là.

 

Un haut responsable de la Défense a précisé à l'Associated Press que les services secrets devaient leur information à un témoignage, renforcé par des conversations interceptées par le renseignement. S'exprimant sous couvert d'anonymat, il a souligné que la mort de Marulanda devait encore, malgré cela, être confirmée.

 

"Que la mort de Marulanda ait été causée par un bombardement ou qu'elle soit naturelle, il s'agirait de la plus sévère perte jamais subie par le groupe terroriste", a estimé le ministère de la Défense dans son communiqué.

 

Les Forces armées révolutionnaires de Colombie ont subi plusieurs coups durs ces derniers mois, notamment la mort de leur No2, Raul Reyes, tué le 1er mars dernier dans un raid de l'armée colombienne en territoire équatorien.

 

Manuel Marulanda est à la tête de FARC depuis la fondation du mouvement de guérilla marxiste en 1964. De son vrai nom Pedro Antonio Marín, il est né dans une famille de paysans et s'est radicalisé pendant les guerres civiles qui ont secoué le pays au milieu du XXe siècle. Avec d'autres survivants d'un raid militaire sur un village, il a créé les FARC en 1964. Le mouvement s'est développé jusqu'à atteindre, au plus fort, 15.000 hommes. Le ministère de la Défense estime que les FARC comptent aujourd'hui 9.000 membres.

 

Selon le gouvernement colombien, les FARC retiennent 700 personnes en otages, dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, enlevée en février 2002.

 

A Paris, l'annonce de la mort de Marulanda a été accueillie avec un optimisme prudent. "Si cette information était confirmée, nous l'accueillerions avec une très grande joie, puisque ce serait le début de la fin ou, nous l'espérons en tout cas, du calvaire d'Ingrid Betancourt", a déclaré la secrétaire d'Etat française aux Droits de l'Homme Rama Yade. AP

 

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24 mai 2008 6 24 /05 /mai /2008 20:14

Où en est le PS ?

www.le-militant.org

      Les choix politiques sont des réalités concrètes. La débâcle des rénovateurs-transformateurs en parti démocrate-blairiste dans les élections italiennes (où Rifondazione s'effondre aussi, non parce qu'ils se sont opposés à la grande liquidation, mais parce qu'ils l'ont accompagnée) et dans les élections britanniques (où le Labour, sous les atours défraîchis du New Labour de Blair et Brown, réalise un score historiquement bas à 24 %), relance les débats sur la nature du PS en France. C'est sûr que si la nature du PS correspond à celle de tel ou tel de ses dirigeants, cela fait un moment qu'elle serait identique à celle des démocrates nord-américains, et encore, la dynamique d'un Obama en moins ...

    Mais les faits sont les faits et le premier fait pour réfléchir sur cette question, c'est qu'aux élections municipales et cantonales comme déjà aux législatives le monde du travail, le salariat, se sont autant que possible saisis du vote pour les candidats de ce parti contre Sarkozy. "Autant que possible" signifie que lorsque, ce qui est arrivé trop souvent, ces candidats n'en donnaient pas la possibilité parce qu'ils choisissaient de mettre le cap à droite, sur l' "ouverture" et sur le Modem, alors ils perdaient la plupart du temps.

     Le second fait, c'est ce que font les élus de ce parti face à Sarkozy. Soyons clairs : ils lui font la courte échelle. Même si son discours n'est pas toujours repris, c'est l'orientation d'un Manuel Valls -avec Sarkozy sur les questions essentielles, retraites, sécurité, Europe, fonction publique ... - qui prévaut.

     Reprenons : le 4 février, vote au Congrès pour aider Sarkozy à violer le vote de 2005 contre le traité européen ripoliné à Lisbonne.

     Mais aussi, il ne faut pas l'oublier, 29 avril : abstention en faveur de la loi de "modernisation du marché du travail" -un seul député socialiste a voté contre, Marc Dolez, et deux sénateurs, Jean-Luc Mélenchon et Maryse Bergé-Lavigne. Motif officiel de cette courte échelle à Sarkozy : les "partenaires sociaux" avaient signé le texte à partir duquel a été bâtie la loi. Ainsi, le "dialogue social" sert d'argument pour l'"ouverture" politique et l'union nationale. En l'occurrence, il s'agit du texte, analysé dans cette lettre, que la CFDT et FO avaient signée en janvier, mais pas la CGT bien que celle-ci ait participé à tout le processus de son élaboration.

     Un prochain texte du même type devrait être soumis aux parlementaires une fois transcrit en loi, d'ici l'été (c'est du moins ce que Bernard Thibault a appelé de ses voeux dans un discours devant la commission exécutive confédérale de la CGT le 16 avril dernier) : celui de l'accord sur la représentativité à propos duquel Nicolas Sarkozy en personne, dans une "tribune" au Monde, s'est réjoui de la victoire qu'il représente pour lui. Cette fois-ci, la CGT étant officiellement signataire (mais pas FO) la pression sur les parlementaires PS (et aussi PC) sera encore plus forte ...

     Et pendant ce temps, méditons ce que déclare Didier Migaud, président (PS) de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, sur la RGPP :
     "J'approuve totalement la démarche de révision générale des politiques publiques. Si Ségolène Royal avait gagné, je pense que nous nous serions engagés dans la même direction. J'ai d'ailleurs apprécié toute la première partie des propos du Premier ministre. (...) En un mot, oui à la RGPP, oui à la réforme de l'Etat, à condition d'y associer le Parlement et de respecter l'exigence de justice, or de ce point de vue beaucoup reste à faire."

      Soyons clair, c'est lui qui est cohérent et non pas son collègue Bernard Derosier qui tente de faire un peu plus "opposant" :
    "La RGPP est l'arme du gouvernement pour s'attaquer aux fonctions publiques d'Etat, territoriale et hospitalière, tout en reportant sur les collectivités locales une charge financière toujours plus lourde. Qu'il n'y ait pas d'ambiguïté : la réforme de l'Etat est nécessaire, tout simplement parce que l'Etat est un corps vivant qui doit s'adapter aux évolutions. Si cela contribue à réduire le déficit et la dette c'est une bonne chose. Mais que le gouvernement se défausse sur d'autres en feignant d'assumer ses responsabilités n'est pas acceptable ..."

    Oui, Didier Migaud a de son point de vue raison : la RGPP de Sarkozy n'est strictement rien d'autre que la "réforme de l'Etat" mise en oeuvre contre l'égalité des droits, les services publics et la laïcité depuis une quinzaine d'années, propulsée par Allègre devenu depuis compère de Sarkozy, relayées par la LOLF (loi organique sur les lois de finance, votée en 2000, défendue à l'Assemblée par Laurent Fabius, droite et PS votant pour et le PC s'abstenant), par la révision constitutionnelle de Raffarin (mars 2003) sur la décentralisation ayant entraîné depuis la loi d'août 2004 sur les transferts Etat-région, que mettent en oeuvre les conseils régionaux et généraux et l'ensemble de leurs élus de gauche ... Ils couinent contre le coût des transferts mais ils n'ont aucunement l'intention de les remettre en cause, au contraire ils préconisent une "deuxième étape de la décentralisation" consistant à achever le sale travail
commencé par la droite.

     Oui, cette politique forme un tout cohérent, et la "réforme de l'Etat" défendue par MM. Migaud et Derosier en est la racine ; elle conduit à la liquidation des services publics et le fait que dans l'unité les fonctionnaires seront en grève le 15 mai contre elle a donc une grande portée politique, diamétralement opposée dans son contenu réel à l'action droitière de la plupart des élus de gauche  ...

     Avec de telles convergences, verra-t-on le groupe PS s'associer à la révision constitutionnelle que la commission Balladur-Lang a préparée pour Sarkozy ? Certes, celui-ci rencontre des difficultés et est obligé de faire passer le renforcement du pouvoir présidentiel qu'il veut amorcer pour une amélioration des pouvoirs du parlement, mais c'est là une raison pour l'enfoncer, pas pour l'aider ; or, de nombreuses voix, dont celle d'Arnaud Montebourg, l'homme qui dans un lointain passé géra sa carrière en se faisant passer pour un adversaire de la V° République et du régime présidentiel, plaident pour, tenez vous bien, un "compromis historique bipartisan" sur la réforme des institutions !

     L'intégration de l'appareil des élus à l'application de la politique de Sarkozy est une réalité. Dans la V° République, les élus cessent souvent d'être des élus une fois qu'ils sont élus : ils ne font plus de politique, mais de la gestion, c'est-à-dire que, responsable l'un des attributions de marchés publics ou l'autre de la culture et des sports, ils se font mousser en parasitant le travail de leurs fonctionnaires, et mettent soudain tous en oeuvre la même politique : celle en vigueur ! Pour avoir le courage et la force de résister à cette intégration, il faut une vraie vie démocratique les plaçant sous le contrôle de leurs électeurs et des militants, et l'on sait que c'est naturellement de moins en moins le cas. A cet égard la "nature" des élus PS, ceux cooptés en fait plutôt qu'élus dans des scrutins de listes au niveau des régions et des villes grandes et moyennes souvent plus encore que les parlementaires, s'est
nettement dégradée depuis 10 ans (et ceci vaut aussi pour les autres élus de gauche).

    Autre fait : la chute du nombre d'adhérents du PS. Celle-ci a évolué en accordéon depuis 3 ans. 2005 : une montée s'amorce sur l'espoir du Non, qui groupe des militants et semble ouvrir des possibilités d'action. La synthèse ferme cette montée et en prépare une autre : celle des "adhérents à 20 euros" de la "promotion Ségolène", qui mélange des personnes issues du monde du travail qui veulent battre la droite et les tenants de l'effet de mode. La plupart de ceux-là se sont volatilisés (certains n'ont même pas "tenu" jusqu'au vote Royal aux présidentielles et, après avoir payé leurs 20 euros pour que le PS investisse "Ségolène", sont allés voter Bayrou ou même Sarkozy : c'est cela, la "démocratie participative" ! ). Mais ce sont aussi des adhérents anciens qui partent sur la pointe de pieds, mais en masse. Jusqu'à présent, on avait vu la composition du PS se regarnir de travailleurs et de jeunes en périodes d'opposition,
là au contraire c'est plus que jamais, au niveau de ses adhérents actifs (pas de sa base sociale et électorale, bien plus large) un parti d'élus, de cooptés et autres employés d'élus ...

     En vue du congrès prévu à l'automne, plusieurs processus sont en cours dans l'appareil ou dans les appareils et réseaux rivaux qui structurent le PS. Vu la situation à la base, ces processus sont pour l'instant relativement autonomes par rapport aux pressions sociales qui peuvent s'exercer sur eux. Il y a principalement la volonté des réseaux Royal de détruire le vieux PS explicitement, en allant vers un rassemblement présidentialiste, et le regroupement qui s'amorce autour de Delanoë, qui maintient la forme de parti et de courants politiques, mais sur un programme totalement libéral (pourquoi s'acharner à dire "social-libéral" ?).

     Pourtant l'existence de courants plus à gauche, divers par leurs origines et leurs parcours, ne fait pas de doute : c'est elle qui a fait basculer la situation nationale lors du référendum de 2005. Mais justement la plupart de ses "leaders" ont saboté depuis l'acquis de cette campagne. Certes la question de l'unité de ces courants pour résister à la dérive droitière des deux trains présidentiels d'ores et déjà prêts à démarrer (Royal et Delanoë) se pose, d'où l'importance de l'initiative du courant Trait d'union, de J.L. Mélenchon, d'appeler à un regroupement sur des bases socialistes pour surmonter la "balkanisation" des ailes gauche, et aussi l'initiative de la rédaction de la revue Démocratie et socialisme (G. Filoche) qui va dans le même sens. Mais une chose est sûre : un regroupement ne se fait pas dans l'abstrait, pour le plaisir de se regrouper, il ne se fait pas en soi sur "des valeurs", mais sur des actes : c'est donc
d'abord à partir de deux qui ont (ou qui auraient s'ils avaient des élus) voté contre Sarkozy tant le 4 février que le 29 avril, et qui voteront contre les prochaines fois, que l'ont peut avoir un point d'appui.
     
     Dans ce contexte, se surajoute la nouvelle "déclaration de principe" écrite notamment par A. Bergounioux, un texte insipide qui gomme un peu plus -elles l'étaient déjà beaucoup- les références au mouvement ouvrier, les remplaçant par un coup de chapeau au passé et par l' "économie sociale et écologique de marché", c'est-à-dire le capitalisme à la sauce de l'Union Européenne. Pire encore : en son état actuel, ce texte "oublie" de se référer ... au suffrage universel ! (Alors qu'il y a la "décentralisation", l' "Europe" et la "démocratie participative"). Ce serait du fétichisme que de considérer que ce texte en lui-même matérialiste le "changement de nature" du PS (s'il n'est déjà pas évident, pour prendre ce précédent, que le Labour britannique ait instantanément "changé de nature" lors de l'abandon, en 1994, de la clause 4 de ses statuts datant de 1919 sur la propriété commune des moyens de production, la nouvelle
"déclaration de principe" par rapport à celle qui l'a précédé, datant de 1990 et déjà pas terrible, n'a pas du tout la même portée). Pour autant, il serait irresponsable d'en repeindre en rose, et encore moins en rouge, le contenu. Les adhérents du PS ont besoin d'un courant qui sache dire Non sans pour autant les abandonner.

    On notera, en outre, concernant les modifications statutaires envisagées par la direction, que leur portée est en train de diminuer, le projet d'instaurer un seuil de 10% et non plus de 5% à la représentation des courants ayant notamment été retiré. Par contre, peu de monde pour s'inquiéter de la création d'une nouvelle instance, un "conseil des territoires" regroupant les présidents des conseils régionaux, généraux, membres des bureaux d'associations d'élus ... avec des pouvoirs spéciaux dans le parti, institutionnalisation en quelque sorte de la féodalité qui le plus souvent met en oeuvre  la politique de Sarkozy ...

    Tout cela est incontestablement bien gris. Mais "vert est l'arbre de la vie" (Goethe). Le seul point où les intérêts de la lutte des classes du côté du monde du travail ont avancé dans le PS depuis deux ans, c'est chez les jeunes, au MJS en général et en particulier avec nos amis de l'OS (Offensive Socialiste). Mais ni le "dialogue social", ni l' "ouverture" ne sont en mesure d'empêcher un affrontement social en France. C'est par rapport à cela que le regroupement large de tous ceux qui n'acceptent tout simplement pas que l'on achève de refuser de représenter le monde du travail et que le PS (et puis le PC et les syndicats car la galère est la même) deviennent des machins "démocrates" et "sociétaux" à l'italienne (pour reprendre la dernière référence en la matière) est non seulement nécessaire, mais impératif. Si ce congrès bien gris qui s'amorce en est l'occasion, il ne faut pas mégoter et il faut y aller, pour aider à
l'organisation en vue de cet affrontement.

 

Vincent Presumey


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24 mai 2008 6 24 /05 /mai /2008 20:07

Jérôme Kerviel aurait peut-être été aidé par un complice

PARIS (Reuters)


  Jérôme Kerviel a peut-être bénéficié de l'aide d'un complice en interne pour accumuler des positions massives de trading non autorisées dont le débouclage, après leur découverte en janvier, a coûté 4,9 milliards d'euros à la Société générale, selon un rapport de la banque publié vendredi.

Un autre rapport rédigé par le cabinet d'audit PWC et diffusé simultanément estime que les manipulations de Jérôme Kerviel ont été facilitées par les faiblesses de sa supervision et du dispositif de contrôle des activités du pôle actions de la banque.

Publié sous la responsabilité d'un comité spécial composé d'administrateurs indépendants de la Société générale, ce dernier rapport met en cause les responsables hiérarchiques directs de Jérôme Kerviel et pointe une série d'insuffisances du contrôle des risques.

Il souligne en particulier un "décalage entre la croissance des moyens dont disposaient les fonctions de contrôle et de support, y compris les systèmes d'information, et la très forte croissance des volumes d'opérations du pôle actions".

Jérôme Kerviel est à ce jour la seule personne mise en examen dans le cadre de l'enquête judiciaire ouverte sur cette affaire d'une ampleur sans précédent, qui n'a pour l'instant pas établi l'existence de complices éventuels.

Mais l'inspection générale de la Société générale fait état dans le premier rapport d"'indices de complicité interne, celle d'un assistant trader, agent du 'middle office opérationnel' dédié à l'activité de Jérôme Kerviel".

Elle souligne que, en raison de l'enquête judiciaire en cours, elle n'a pas été en mesure d'interroger celui-ci et que "l'éventualité d'une telle complicité interne devra donc être confirmée par la justice".

COUVERTURES FICTIVES

Si elle était confirmée, cette assistance "a pu sensiblement faciliter les agissements frauduleux" de Jérôme Kerviel, lit-on dans le rapport.

L'employé soupçonné aurait enregistré sans demander d'explication des "provisions" qui ont permis à Jérôme Kerviel de dissimuler le résultat dégagé sur des prises de positions non autorisées, celles-ci ayant atteint jusqu'à 50 milliards d'euros. Il aurait de plus saisi lui-même à plusieurs reprises des transactions fictives pour le compte du trader.

"Alors que les flux de provisions se limitent en général à quelques centaines de milliers d'euros, l'assistant trader de JK en a passé sept de plus de 50 millions en 2007 et 2008. En particulier, il a enregistré le 10/01/2008 un flux de 1,5 milliard d'euros qui a permis à JK de dissimuler le résultat dégagé en 2007 sur ses transactions frauduleuses", lit-on dans le rapport.

Celui-ci confirme ce qu'avait établi le premier rapport d'étape publié fin février, à savoir que Jérôme Kerviel, chargé d'activité d'arbitrages sur actions, a commencé en mars 2007 à accumuler des positions dépassant largement les limites qui lui étaient autorisées en les masquant par des opérations de couverture qui se sont avérées fictives.

Trois responsables de la banque d'investissement de la Société générale ont démissionné à la suite de cette affaire. Le groupe a engagé pour sa part une procédure de licenciement contre les deux responsables hiérarchiques de Jérôme Kerviel.

CROISSANCE EXPONENTIELLE

Il leur est reproché de ne jamais avoir eu connaissance "ni de la taille des positions incriminées ni des mécanismes voués à les dissimuler" et d'avoir "manqué de réactivité" face aux signaux d'alerte.

Un total de 74 de ces signaux ont été recensés, dont deux émanant en novembre 2007 d'Eurex, le marché des dérivés allemands sur lequel Jérôme Kerviel avait pris d'importantes positions à l'achat. L'une des interventions d'Eurex portait sur des transactions d'achat en l'espace de seulement deux heures de 6.000 contrats à terme sur le Dax, l'indice des valeurs vedettes de la Bourse de Francfort, soit l'équivalent de 1,2 milliard d'euros.

Le rapport fait aussi apparaître que Jérôme Kerviel n'avait pas de supérieur direct quand il a commencé ses manipulations sur une grande échelle, le poste ayant été laissé vacant pendant près de quatre mois début 2007.

Le nouveau titulaire "manquait d'expérience (...) et n'a pas été suffisamment encadré", souligne le rapport.

Il ajoute que, au second semestre 2007, le responsable hiérarchique direct de Jérôme Kerviel et le patron du desk sur lequel ils travaillaient ont eu d'autres priorités, notamment "le suivi de projets ayant vocation à assurer la pérennité de la structure dans un contexte de croissance exponentielle de l'activité et de fort turnover des équipes de middle office et front office".

Ces deux rapports ont été préparés en vue de l'assemblée générale annuelle de la Société générale, convoquée mardi.

Celui de PWC fait également le point sur les mesures mises en place depuis par la Société générale pour renforcer les contrôles de l'ensemble de ses activités de marchés, et pas seulement du pôle actions.

Les projets "doivent pour l'essentiel aboutir au cours du premier semestre 2009, même si les investissements informatiques se poursuivront jusqu'en 2010", souligne-t-il en précisant qu'ils mobilisent près de 200 personnes et représentent un investissement qui dépassera 100 millions d'euros sur deux ans.


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24 mai 2008 6 24 /05 /mai /2008 20:02

Usage de l'antisémitisme à des fins politiques: L'accusation d'antisémitisme ne fait pas toujours recette


MM. Bernard Ravenel et Richard Wagman - deux responsables d'associations de solidarité avec la Palestine qui, en France, en lien avec les militants du « camp de la paix » israélien ont exercé, ces dernières années, une influence dominante dans les débats et les orientations du mouvement de solidarité (*) - ont été condamnés, le 15 janvier 2008, par la XVIIème chambre du tribunal correctionnel de Paris pour avoir diffamé en le traitant d' « antisémite notoire » et de « négationniste notoire », sans aucune preuve à l'appui, le journaliste et écrivain Jean-Paul Cruse. (**)



Cette condamnation, [1] n'a apparemment pas fait la une des médias : c'est généralement quand quelqu'un est accusé d' « antisémitisme » que l'on parle de lui, et pas quand il est absous. Elle doit néanmoins être ressentie comme une grande délivrance par toutes les personnes qui se sont trouvées injustement diffamées par ce genre d'accusations. Mais également par toutes les personnes qui ont, aujourd'hui, peur de s'exprimer, ne sachant plus si elles peuvent encore dire ce qu'elles pensent sans encourir le risque de se voir faussement accusées d'un délit sanctionné par la loi et passible de prison.

À noter que les accusations d' « antisémitisme » s'intensifient quand les opérations militaires israéliennes contre ses voisins augmentent en intensité meurtrière ; on pourrait en déduire qu'elles contribuent très utilement à détourner l'attention de l'opinion des atrocités commises par Israël.

En 2003 déjà, M. Bernard Ravenel, avait accusé publiquement « d'antisémitisme » M. Marcel Charbonnier. Cela avait été relayé sans aucune vérification par les quotidiens Le Monde et Libération. Ce qui avait valu à M. Marcel Charbonnier un interdit professionnel et un procès, heureusement remporté, conjointement avec M. Pierre-Alexandre Orsoni, à Marseille [2].

L'accusation d' « antisémitisme », est une arme très efficace quand on veut faire taire des voix qui dérangent. Que cette arme soit utilisée à cet effet par des organisations juives dont la vocation est de faire la promotion de l'Etat d'Israël comme le CRIF, l'UPJF, l'UEJF [3] n'est guère étonnant. Mais qu'elle le soit aussi par des organisations de solidarité avec les Palestiniens est beaucoup plus intrigant. Or, MM. Ravenel et Wagman et leurs associations, en ont largement usé [4].

Alors que l'Etat d'Israël peut se permettre de pratiquer ouvertement l'apartheid et le nettoyage ethnique, sans susciter de réactions de la part de la « communauté internationale », jamais les Palestiniens n'ont été dans une situation plus effroyable. Et les gens lucides, qui continuent de soutenir les droits inaliénables des Palestiniens, n'ont jamais été aussi découragés par les échecs et les déceptions essuyés, à cause des trahisons de ceux qui sont censés les défendre.

Dans le débat autour de la Palestine, de plus en plus de gens préoccupés par l'aggravation de la situation et les réponses inadéquates apportées, se sont sentis désorientés par les options de responsables d'associations, de journalistes et de sites réputés « progressistes », dont la pratique consistait, en réalité, à contrôler le discours sur Israël, donc à censurer, à contenir ou à contrer les voix « radicales ». C'est-à-dire l'expression de celles et ceux qui soutenaient ouvertement le droit du peuple palestinien à combattre l'occupant israélien par tous les moyens, y compris par les armes. Ou encore l'expression de ceux qui contestent la légitimité de l'Etat ‘juif' d'Israël et qui considèrent qu'il n'y aura jamais de solution à ce conflit tant que l'idéologie sioniste n'aura pas été éradiquée, comme en conviennent de plus en plus d'Israéliens éclairés, tel M. Avraham Burg.

Mais pourquoi ont-ils agi ainsi ?

Est-ce parce que leur loyauté profonde va davantage à la préservation de l'« l'Etat juif » qu'à la Palestine, et qu'ils cherchent ainsi à orienter le mouvement de solidarité sur des positions qui soient le moins dommageables aux intérêts d'Israël ?

Reste à espérer que la condamnation de MM. Ravenel et Wagman par le Tribunal correctionnel de Paris mette un terme aux manoeuvres déloyales de celles et ceux qui n'ont pas hésité à jeter la suspicion et l'anathème sur des honnêtes gens, dans le but de leur imposer le silence sur les crimes d'Israël, un Etat colonial violent et raciste.

Silvia Cattori

(*) Bernard Ravenel est responsable de l'Association France Palestine Solidarité (AFPS) et Richard Wagman est membre de l'Union Juive Française pour la Paix (UJFP).

(**) Journaliste et délégué syndical depuis la fondation de Libération, M. Cruse avait négocié, fin 1994, son départ contre une importante indemnité de la part de ce journal. Nous n'entrons pas ici dans la substance des campagnes médiatiques lancées contre lui à cette époque, et qui n'ont pas de lien direct avec l'affaire qui vient d'être jugée.
Nous ne connaissons personnellement ni M.Cruse, ni ses accusateurs MM. Ravenel et Wagman. Mais nous connaissons de nombreuses personnes qui, comme M. Cruse, ont vu leur réputation salie ou leur vie détruite par de fausses accusations d' « antisémitisme » ou de « négationnisme ».



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[1] Voir : « La XVIIème chambre du Tribunal correctionnel de Paris rend justice à Jean-Paul Cruse », 22 janvier 2008.

[2] Ces deux personnes traduisaient et diffusaient des textes qui ne pouvaient que déranger la ligne politique de M. Ravenel et de ses amis. La prise de position de M. Ravenel dans Le Monde avait suscité des protestations même au sein de son association, voir :
« Lettre de Sabine Gherrak, membre de l'AFPS à l'Association France Palestine Solidarité », 12 avril 2003.

[3] CRIF : Conseil Représentatif des Institutions Juives de France.
UPJF : Union des Patrons et des professionnels Juifs de France.
UEJF : Union des Etudiants Juifs de France.

[4] Sur ces pratiques de l'UJFP, voir :
« Palestine : l'ampleur de la tragédie exige un soutien sans faille »,par Silvia Cattori, 30 janvier 2005.



Vendredi 23 Mai 2008
Silvia Cattori




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24 mai 2008 6 24 /05 /mai /2008 19:57

Réponse de la mère de Salah Hamouri à la lettre scandaleuse de Rama Yade


"Vous ne pouvez vous transformer en avocate de la justice militaire israélienne, Madame la Secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme en France !"

Denise Hamouri



Madame Annick- Denise Hamouri Po box 19587 Jérusalem

Jérusalem, le 20 mai 2008

Madame la Secrétaire d'Etat,

Je me permets de vous adresser ce courrier suite à votre lettre datée du 13 mai que m'a transmis bien évidemment Monsieur Jean-Claude Lefort, député honoraire, concernant la situation de mon fils Salah Hamouri détenu injustement en Israël.

Je dois vous avouer, Madame, que votre lettre m'a profondément choquée. Vous y donnez en effet certaines « informations » qui méritent corrections et rectifications.

Tout d'abord, je rappelle que c'est dans le cadre d'une Cour de justice militaire que Salah et nous-mêmes ses parents avons du accepter un « plea bargain » (un compromis). Nous n'avions pas d'autres choix. C'était « soit vous acceptez 7 ans de prison, soit vous prenez la responsabilité d'encourir une peine plus lourde ». C'est à la suite de ce chantage et dans ce cadre tout particulier, qui ne vous échappera pas, que Salah a déclaré être en « accord » avec l'énoncé des faits et ne rien avoir à déclarer. C'est clair.

Vous appelez une « tentative d'assassinat avec préméditation » le fait d'être passé en voiture avec un ami devant la maison du Rabbin Yossef Obadia et d'avoir pensé un moment à le tuer, cela sans aucune arme ni munitions et sans que rien de concret n'ait été prouvé. Vous ne pouvez vous transformer en avocate de la justice militaire israélienne, Madame la Secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme en France !

Vous précisez ensuite que Mousa Darwish a été condamné à 12 années de prison pour ces « faits », sous-entendu : Salah doit s'estimer heureux de la clémence du juge qui ne lui en a donné que sept…. Peut- être devrions-nous aussi le remercier ?

Concernant l'appartenance au FPLP, Salah est accusé (toujours dans le cadre de ce « plea bargain » qui ne laisse pas de choix) d'appartenir à un mouvement de jeunesse « proche » du FPLP. Il y a ici une nuance certaine (son avocate, Maître Lea Tsemel, pourrait vous l'expliquer)

Vous écrivez plus loin que le 17 avril, Salah ne s'étant pas excusé, le juge l'a donc condamné !!!! Je dois comprendre que s'il avait présenté des regrets ou des excuses, il serait à la maison ? C'est bien mal connaître la justice militaire occupante !

Nous avons aussitôt posé la question à Maitre Lea Tsemel, en présence du représentant du Consulat Général de France à Jérusalem qui peut en attester, et nous lui avons demandé si elle était en mesure de nous donner des garanties sur une autre issue s'il s'était excusé. Elle nous a répondu qu'elle ne pouvait évidemment pas en donner (ni peine moins sévère, ni encore moins libération). C'est un « plea bargain » encore une fois, où on se met d'accord par avance sur la sentence. C'est peut être étrange pour vous mais c'est courant ici.

Salah ne s'est pas excusé et ne il s'excusera pas dès lorsqu'il n'a rien fait. Le rabbin Obadia Youssef s'est-il excusé auprès des Palestiniens quand il a dit publiquement que les Arabes étaient des « cafards qu'il fallait exterminer » ?

Madame, on ne s'excuse pas de vivre sous une occupation étrangère car là est le problème central que vous occultez. Il n'est pas mentionné une seule fois dans votre courrier que la Palestine est occupée illégalement par Israël. Cet « oubli » est pour le moins étrange de la part d'une Ministre qui, de surcroît, est en charge des droits de l'Homme dans le monde.

Les droits de l'Homme commencent par la dignité. Et Salah ne perdra pas la sienne en s'excusant comme un petit garçon honteux auprès d'un représentant de l'occupation.

En conclusion, vous lui souhaitez de finir sa peine de 7 ans en prison avec, il est vrai, l'assistance des agents consulaires. Merci beaucoup…

J'ai pourtant lu au point de presse du MAE (24 avril) que la France avait une nouvelle position officielle au sujet de Salah et qu'elle demandait désormais une « issue humanitaire » compte tenu des 3 années déjà passées en prison. C'est d'ailleurs ce que dit aussi l'Elysée. Mais rien de tel dans votre courrier… Pourrais-je savoir pourquoi ? Il s'agit pourtant de votre Ministère et de la Présidence ….

En espérant que ces informations vous apporteront les éclaircissements nécessaires, je vous prie d'agréer, Madame la Secrétaire d'Etat, l'expression de mes sentiments distingués.

Madame Annick- Denise Guidoux –Hamouri


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Voici la lettre honteuse que la Secrétaire d'Etat, reprenant à son compte les thèses de l'occupant, a osé écrire au député honoraire Jean Claude Lefort qui l'avait légitimement interpellée. Il a communiqué cette lettre à la famille de Salah :

Ministère des Affaires étrangères et européennes

Le secrétariat d'Etat chargé des Affaires étrangères et des droits de l'homme

N° 1532

Paris, le 13 mai 2008

Monsieur le Député,

Par votre courrier en date du 11 avril, vous avez bien voulu appeler mon attention sur le procès de Monsieur Salah Hamouri, ressortissant franco-palestinien, accusé d'appartenance au FPLP et de tentative d'assassinat d'une personnalité religieuse, et je vous en remercie.

Afin de répondre à vos inquiétudes sur la situation de Monsieur Hamouri, je tenais à vous faire part d'un certain nombre d'informations sur le sujet.

Lors de l'audience le 10 avril dernier, Monsieur Hamouri a reconnu avoir été en compagnie de Monsieur Moussa Darwish, accusé d'avoir voulu assassiner le rabbin Obadia Yossef et condamné pour cette tentative d'assassinat à 12 ans de prison. Monsieur Hamouri a reconnu qu'il avait essayé d'expliquer à son camarade qu'il valait mieux reporter cette tentative par manque d'armes et de munitions. Le juge a alors accusé le prévenu de tentative d'assassinat avec préméditation. Monsieur Hamouri a déclaré être en accord avec l'énoncé des faits et n'avoir rien à ajouter.

Le 17 avril dernier, le juge a relevé que Monsieur Salah Hamouri n'a exprimé aucun regret et l'a condamné à une peine de réclusion assortie d'une peine probatoire de 3 ans à sa libération.

Des agents consulaires représentant notre poste ont été présents durant tout le déroulement du procès de Monsieur Hamouri et ont assisté la famille du prévenu. Naturellement, notre représentation consulaire continuera de porter assistance au détenu et à sa famille dans le cadre de la protection consulaire.

Je vous prie…

Signé : Rama Yade


Titre et transition : C. Léostic, Afps


Vendredi 23 Mai 2008




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23 mai 2008 5 23 /05 /mai /2008 21:02

Le 23 mai 2008, une bonne date pour le départ de Patrick Karam
 
Par Claude Ribbe

www.claude-ribbe.com
 
Lorsque François Fillon a annoncé que le 23 mai s’ajouterait au 10 mai pour célébrer la mémoire de l’esclavage, personne n’a rien compris et je suppose qu’il n’a rien compris lui-même. Nicolas Sarkozy a parlé d’une promesse électorale qu’il se devait de tenir.


Mais vis-à-vis de qui s’est-il engagé ? Dieu seul le sait. Le 23 mai ? Pourquoi pas le 24 ou le 26 ? À cause d’une marche qui a eu lieu il y a dix ans ? Cela paraît un peu insuffisant pour que toute la France s’extasie. Pendant la campagne électorale présidentielle, est apparu un inconnu, Patrick Karam, qui s’est présenté au candidat Sarkozy comme la personnalité la plus populaire de l’Outre-Mer sur la foi d’une « puissante association » qu’il a créée en 2003 et financée, paraît-il «sur ses économies», ce qui est méritoire quand on sait le mal qu’il a pour offrir un verre d’eau.


D’où vient ce Karam ? Personne ne l’a jamais su. Le personnage est haut en couleur et finalement assez sympathique (au second degré bien sûr). Origines libanaises ou peut-être cubaines, torse bombé, tête de catcheur, oeil de biche, vocabulaire de colleur d’affiche, manières de vendeur de saucisses. Brut de décoffrage, fort en gueule, caractériel, se disant ceinture noire de karaté, parlant un français approximatif mâtiné de créole, il brandit l’invective et menace volontiers d’en venir aux mains lorsqu’il est contrarié. N’annonçait-il pas naguère, l’œil injecté de sang, et maîtrisant mal une soudaine crispation du muscle facial qui décèle sa colère, son intention de «kärcheriser Sarkozy», de «péter la gueule à Claude Guéant», de s’enchaîner aux grilles de l’Élysée si on ne lui donnait pas séance tenante une voiture de fonction de grosse cylindrée ? J’ai assisté à une scène mémorable où il a fallu le retenir à deux dans un café, car le bougre venait d’apercevoir Alain-Gérard Slama, le chroniqueur du Figaro, auquel, allez savoir pourquoi, il voulait administrer séance tenante une sévère correction. Je me suis toujours demandé si c’était de la folie ou de la bêtise.

Sans doute un peu des deux. Ayant un penchant pour les excentriques, j’ai fini par trouver le personnage assez amusant et à m’en égayer de temps en temps. Karam n’a jamais vraiment été un ami, mais, je l’avoue, pendant un temps j’ai eu un faible pour lui et je l’ai même supporté plusieurs fois à déjeuner, ce qui est quand une épreuve, même lorsqu’on n’est guère pointilleux sur le savoir-vivre. J’ai fait semblant de ne pas entendre ses plaisanteries douteuses sur les « makomés » (manière péjorative de désigner les homosexuels aux Antilles).

Des plaisanteries si récurrentes que je me suis demandé s’il n’en était pas un, si ce n’était pas une manière de me déclarer sa flamme. Tout cela aurait pu me rendre presque indulgent si son discours décousu n’avait bientôt viré à la xénophobie pure et dure. Rama Yade elle-même s’en est émue dans une lettre assez imagée dont la copie m’est parvenue et que je rendrai peut-être publique un jour.

 
Bref, en se servant des associations de l’Outre-mer comme d’un marchepied, Karam est parvenu à obtenir une petite boutique dans les communs de l’hôtel du secrétaire d’État à l’Outre-Mer. La place n’est pas mauvaise. Les plus modérés soutiennent qu’il perçoit 8000 euros chaque mois. Certains parlent de 12 000. Plus les frais.

Cependant, la définition des activités du «délégué interministériel à l’égalité des chances des Français originaires d’outre-mer» est des plus vagues. Karam m’ayant confié un jour que Sarkozy allait lui donner du travail mais qu’il était incapable de définir son poste, je lui avais, pour rire, rédigé sur un coin de table une lettre en lui recommandant bien d’exiger que sa mission soit «interministérielle», ce qui lui permettrait d’avoir la paix. J’ai l’impression que ce que je prenais pour un canular a vraiment marché. L’improbable s’est produit : Karam a obtenu une sinécure sur mesure. Sans diplôme approprié, sans qualification, sans manières, le voilà mamamouchi. Au bluff. Un directeur de cabinet, un chef de cabinet. Un vrai ministricule.

 
Notre délégué interministériel parade donc à présent aux frais du contribuable dans une 607 gris métal conduite par un chauffeur. Pour lui, cette voiture, dont il a sans doute longtemps rêvé, est le symbole du pouvoir qu’il pense détenir sur ses compatriotes. Lors d’une manifestation récemment organisée par RFO à l’université de Saint-Denis, il même a exigé que l’automobile entre sur le campus et soit garée à la porte du bâtiment où se tenait la réunion, pour que tout le monde puisse admirer celui qui se prend, dans son carrosse, pour le gouverneur du Cinquième DOM.
 
S’il en avait eu les compétences et la volonté, Karam aurait pu donner un peu de sens à sa fonction. Les Ultramarins ont vraiment besoin d’être aidés. Le Bumidom les a relégués dans des banlieues et dans les bas emplois de la fonction publique. Le fameux « génocide par substitution » dont parlait Césaire. Au lieu de cela que fait-il ? Il intrigue, il fulmine, il essaie de terroriser, il monte des coups. Personne ne dit rien, car les Ultramarins de métropole sont vulnérables. Karam leur fait peur, menaçant (toujours par personne interposée) d’utiliser ses « réseaux » pour bloquer une subvention, une mutation. Et surtout, il attend. Il espère. Quoi donc ? La place du secrétaire d’État. Yves Jégo, à peine nommé, partit en Nouvelle-Calédonie. Celui qui voulait être calife se précipita aussitôt à l’Élysée pour se faire photographier et déclarer que le Président lui avait « renouvelé sa confiance » et entendait lui donner un « rôle ». La passion de Karam pour Nicolas Sarkozy est assez bizarre. Il n’est pas certain qu’elle soit réciproque.
 
En réalité, le seul qui apprécie ce curieux personnage soudain infiltré dans l’appareil d’État est le président du CM98 (Comité de marche du 23 mai 1998), une petite association dont Karam, en privé, ne se prive pas de dire qu’elle ressemble beaucoup à une secte et son président à un gourou illuminé. Pour des raisons obscures, le président de ce CM98 s’est mis en tête d’obtenir que le 23 mai soit un jour de mémoire. Nicolas Sarkozy, pensant faire plaisir à un outre-mer qui a massivement voté contre lui, a cédé. Cela ne lui coûtait rien.
 
Que peuvent penser les Français ? Une loi a été votée en 2001. En 2006 une journée de mémoire a été décidée par le président de la République. En 2008 une deuxième journée de mémoire, treize jours après la première. C’est à se demander si cette multiplication des dates n’est pas une manière de ridiculiser les descendants d’esclaves.
 
Pour se donner une raison d’être, Karam fait aussi dans la Culture. Un rôle de composition, on s’en doute. Le voilà qui se pique de rendre hommage à Césaire en organisant une « veillée » le 19 avril devant la Sorbonne en présence du ministre de l’Agriculture (un clin d’œil sans doute aux planteurs de bananes de la Martinique).


Mais c’est surtout la cérémonie du 10 mai 2008 dans le jardin du Luxembourg qui restera dans les annales. Pas à cause du discours du président de la République qui n’avait rien de surprenant puisqu’il se déclarait décidé à appliquer la loi Taubira, mais du fait que Karam avait réussi à se substituer au comité présidé par François Vergès, laquelle, écoeurée, assistait à tout cela en «ethnologue». Karam représentant les descendants d’esclaves, c’était assez curieux. Les très rares mélomanes de l’assistance ont certainement apprécié la véritable exécution capitale infligée à l’œuvre du chevalier de Saint-George par les Archets de Paris dont une sono de pacotille crachait les fausses notes émises pas des crin-crin désaccordés. Les historiens se sont peut être alarmés de l’omniprésence ce jour-là d’un spécialiste qui attribue au musicien-escrimeur un père de fantaisie et le fait naître six ans avant sa venue au monde. Tout cela n’aurait guère d’importance si la cérémonie ne s’expliquait par la haine que Karam me voue. Parce qu’après avoir travaillé pendant trente ans sur Saint-George, j’ai publié en 2004 une biographie qui aujourd’hui fait référence, parce que j’ai écrit un spectacle mis en scène à Versailles par Bartabas qui a rendu Saint-George populaire en attirant 50 000 spectateurs en 6 représentations.

Parce qu’en 2007, j’ai été l’invité officiel des cérémonies de l’abolition de la traite à Londres. Tout ça pour ça ! Au-delà de la tectonique du ressentiment, Karam a surtout démontré ce jour là de manière éclatante, à travers ce seul exemple, qu’il n’était pas là pour défendre les Ultramarins de métropole contre l’inégalité et l’injustice mais bien au contraire pour créer inégalité et injustice au gré de ses lubies. Sachant qu’un de ses compatriotes guadeloupéens, descendant d’esclaves, était incontournable sur Saint-George, ce jour-là, il a délibérément tenté de mettre en valeur (si l’on peut dire) un métropolitain. Et il a choisi le plus incompétent, ne comprenant pas que c’était à Saint-George qu’il faisait injure et, à travers lui, à tous ces Afro-descendants qu’il méprise profondément. Je n’irai pas jusqu’à dire pour résumer que Patrick Karam est viscéralement raciste, mais je confesse qu’il m’arrive souvent de me poser la question. Il n’est pas sans importance de savoir que c’est à la suite de cette publication sur Saint-George que j’ai connu Patrick Karam et créé au sein du Collectif Dom, une commission Culture avant d’assumer, fin 2006, la présidence de cette association. C’était en décembre 2004 lors d’une manifestation qu’il avait organisée entre la République et la Bastille et qui réunit un millier de participants. Je compris beaucoup plus tard que c’était grâce à la participation de syndicats qu’il avait réussi à manipuler.
 
Karam était la cible de nombreuses attaques au motif qu’étant d’origine libanaise, il n’était pas le Guadeloupéen le plus représentatif qu’on pût trouver et que tout cela sentait le roussi. Naturellement, je pris sa défense au nom de l’antiracisme. J’avais de nombreuses activités parallèles à la rédaction de mes ouvrages et je m’exprimais régulièrement sur mon blog. Le soutien apporté à mes combats et la reprise de la plupart de mes textes fut la principale activité du Collectif DOM en 2005-2006 : réhabilitation du général Dumas, dénonciation des propos insultants tenus contre les descendants d’esclaves par Pétré-Grenouilleau, Sevran, Frêche ou Finkielkraut, lutte pour l’abrogation de l’article 4 de la loi du 23 février 2005, contre les projets de statistiques « ethniques ». Lorsque parut Le Crime de Napoléon et que cela fit quelque bruit, le Collectif Dom organisa aussitôt une manifestation devant les Invalides qui réunit plus de journalistes que de participants. Karam tentait de se servir de moi pour se donner de l’importance. C’était plutôt flatteur. Il se disait de gauche. Mais grâce à son association, il réussit à approcher des conseillers de Nicolas Sarkozy. Des revers de fortune l’obligeaient à trouver un emploi. Fasciné par le pouvoir, il espérait être nommé préfet à l’égalité des chances. Mais Chirac s’y serait opposé. C’est dans ce contexte que Patrick Karam annonça - contre mon avis - le retrait de la plainte déposée par le Collectif DOM contre l’historien Pétré-Grenouilleau. Ce revirement fut négocié. Contre quoi et avec qui, cela reste un mystère.
 
Lorsque Karam proposa ouvertement de se mettre au service du ministre-candidat, il lui fallut bien annoncer son départ de l’association dont j’assumai peu après la présidence. Bien d’entendu, je demandai d’emblée à prendre connaissance des statuts, du règlement intérieur, de la liste des membres et de la situation financière. Si j’obtins bien, non sans difficulté, les statuts qu’il fallut modifier tant ils étaient étranges, je ne pus jamais avoir la moindre information sur l’état des finances ni la liste des membres. Et pour cause. Le Collectif DOM, qui annonçait «plus de 40 000 membres et sympathisants», n’avait en réalité que 10 adhérents qui se confondaient d’ailleurs avec son bureau. Quant aux finances, elles restèrent toujours opaques, le chéquier de l’association étant détenu par un fidèle, Daniel Dalin, qui en usait à sa guise et sans contrôle possible de ma part. N’engageant aucune dépense et n’encaissant aucune recette, je pris rapidement mes distances avec une organisation qui de fait était incontrôlable puisque manipulée de l’extérieur. Une indépendante, Béatrice Dhib, dévouée à Patrick Karam, en assurait la «communication». Je cherchai vainement de savoir si elle était rémunérée et par qui. L’intéressée m’assura qu’elle était «free-lance» et qu’elle établirait des factures. La trésorière ne voulut jamais me les montrer. Il fut vite évident que Patrick Karam entendait continuer à présider le Collectif DOM à sa manière et par personnes interposées. J’en eus bientôt la preuve. Au début de l’année 2006, il me donna rendez-vous dans l’espoir de me remettre une enveloppe contenant des documents selon lui « explosifs » contre la présidente de la chambre de Commerce de Guadeloupe, Colette Koury, à laquelle il voue une haine apparemment obsessionnelle et qu’il accuse de toutes sortes de délits. Karam souhaitait que j’entame, au nom du Collectif Dom, une campagne de dénigrement contre cette Guadeloupéenne que je ne connaissais pas, au seul motif qu’elle aurait réclamé à M. Karam père que je ne connaissais pas non plus des arriérés de loyers. M. Karam père tenait un magasin dans le hall de l’aérogare de Pointe-à-Pitre (qui dépend de la Chambre de Commerce) et sa situation était alors des plus délicates. Bien entendu, je m’abstins de me mêler de cette histoire louche. Curieusement, au cours de ce rendez-vous, Karam se leva précipitamment pour aller saluer avec empressement François Léotard qui passait par là. Karam se vanta d’avoir accompli des «missions» en Orient lorsque ledit Léotard était ministre de la Défense. À la vérité, il se vantait de toutes sortes de choses et il avait une façon inimitable de courir pour serrer la main des gens plus célèbres que lui, lesquels étaient fort nombreux. En juin 2007, après l’élection de Nicolas Sarkozy, le loustic entama une campagne pour tenter d’empêcher Claudy Siar d’obtenir une fréquence de radiodiffusion dans la région parisienne. Claudy était, selon lui, l’agent de l’Afrique, de Bongo, du Cran, de Rama Yade et de Basile Boli. Une conspiration des Africains pour remettre les Antillais en esclavage. Un mail accréditant cette thèse loufoque me parvint un beau matin. Il émanait du Collectif DOM. Je n’en avais eu aucune connaissance préalable (alors que je présidais l’association). Signé de Daniel Dalin, secrétaire général de l’association, en télépathie directe avec Karam, il était empreint d’une telle haine et d’une telle xénophobie qu’il tombait sous le coup de la loi. Dalin étant analphabète, je me doutais bien qu’il avait été entièrement rédigé par son mentor (ce dont j’eus plus tard la confirmation). Je fis savoir dans l’heure mon intention de présenter ma démission à la prochaine réunion de bureau. À partir de là, je n’eus plus aucun contact avec Karam, mis à part un SMS sibyllin qu’il m’adressa en décembre 2007 alors qu’il était en conflit ouvert avec Christian Estrosi, secrétaire d’État à l’Outre-Mer, sans doute dans l’espoir d’obtenir mon soutien. Entre temps Karam avait été nommé Délégué interministériel et il avait recruté Béatrice Dhib. En quelques mois, ses relations avec l’actuel maire de Nice étaient devenues si tendues que la presse s’en fit l’écho et qu’on arriva à une situation détestable et choquante. Le plus incroyable, c’est que les manœuvres qu’il utilisa alors, dignes d’un roman, furent assez efficaces pour qu’il reste en poste.
 
Ayant appris au début de l’année 2008 que j’étais toujours officiellement président du Collectif DOM, je fus obligé de convoquer dans les formes les 10 membres de l’association et de demander quitus de sa gestion à une trésorière dont je n’eus jamais aucune nouvelle. C’est finalement Charles Dagnet qui prit officiellement la présidence le 4 février 2008, dans des conditions régulières attestées par un constat d’huissier, ce qui l’amena a faire bloquer les comptes et à lancer une instance judiciaire aux fins d’obtenir des informations sur la gestion de cette bien curieuse association. Pendant ce temps, deux « hommes de paille » de Patrick Karam - Daniel Dalin et Régine Privat – chantaient les louanges du délégué interministériel au nom du Collectif Dom.
 
On aurait pu espérer qu’en dépit de ce contexte plus que suspect, Karam ferait néanmoins avancer le dossier des Ultramarins de métropole. En réalité, depuis un an, il a fait tout le contraire. Sa principale activité fut de tenter de se construire un réseau et de régler ses comptes avec les compatriotes qui lui déplaisent, c'est-à-dire à peu près tout le monde. Il n’est pas un jour où je ne reçoive une plainte de quelqu’un qui estime avoir reçu des menaces. Il y a de cela quelques semaines, il m’a même adressé un message d’insultes (via son attachée de presse Béatrice Dhib) où il m’accuse de «puer». Drôle de langage pour quelqu’un qui exerce une mission de service public sous la tutelle du Premier ministre.
 
Le bilan est particulièrement accablant. Après un an de gesticulations, on s’aperçoit non seulement que Karam n’a rien fait pour faire baisser les billets d’avion entre la métropole et Paris, ce qui résume à peu près sa mission, mais qu’il a osé présenter un plan pour sacrifier les congés bonifiés auquel les Utramarins sont particulièrement attachés. Sa tentative de s’approprier la mémoire de l’esclavage est pitoyable. Dans de telles conditions, le mieux serait qu’il disparaisse au plus tôt. Le 23 mai est une bonne date. Si tel n’était pas le cas, les soutiens qu’il prétend avoir auprès des békés pourraient bien conduire à une situation que je n’aimerais pas avoir à gérer. L’histoire a montré qu’il n’est pas prudent de jouer avec l’outre-mer.

 

 

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22 mai 2008 4 22 /05 /mai /2008 20:23

POGROMS FONDATEURS POUR L’ESPACE VITAL

Ilan PAPPE, Le nettoyage ethnique de la Palestine

    Le 15 mai 1948, Ben Gourion et la direction sioniste de Palestine proclamaient la naissance de l’Etat d’Israël. Au milieu des commémorations pieuses et célébrations idéologiques pour les 60 ans de cette fondation, un pavé, qui éclairera peut-être des esprits libres encore naïfs sur les raisons du boycott de certain salon du Livre. Il faut dire qu’il y a des raisons à cette ignorance de l’Européen et de l’Américain moyen, parfois même du jeune Israëlien : bien que la vérité soit connue des acteurs et des témoins des événements depuis toujours, et bien que de bons ouvrages savants ou vulgarisateurs existent, nous avons tous été éduqués dans le mythe (du brave petit Etat courageux d’Israël, dont nous devrions être solidaires inconditionnellement), mythe véhiculé par médias et institution scolaire sous le nom d’  « histoire », tandis que les voix dissonantes étaient soigneusement étouffées par un complot du
silence de la part des institutions : la forme contemporaine de la censure dans nos démocraties libérales. Ainsi qui connaît The Palestinian Catastrophe : The 1948 Expulsion of a People from Their Homeland, de Michael Palumbo (1987) ? Que le livre d’Ilan Pappe puisse encore gêner ou surprendre en dit long sur la longue histoire des deux poids et deux mesures sur la question israëlo-arabe et le sort des Palestiniens depuis 60 ans. Mais le tabou est peut-être en train de céder devant le travail des vrais historiens, y compris en Israël.

Ilan Pappe est le plus radical des « nouveaux historiens » israëliens, qui depuis quelques années procèdent peu à peu à une révision de plus en plus critique de l’histoire officielle de leur Etat et du sionisme en Palestine : ses ouvrages font scandale auprès des bien-pensants car il juge ceux de certains collègues (« révisionnistes » - au sens israëlien) – ceux de Benny Morris par exemple, encore prudemment évasifs sur les crimes de masse qui présidèrent à la création d’Israël ; il reproche à ces esprits supposés critiques de prolonger la bonne conscience israëlienne, par une révision a minima de la mémoire collective nationaliste ; une façon « gauche sioniste » de limiter la casse pour l’image d’Israël sous l’apparence d’une auto-critique. Soumettant enfin tout le passé national à ré-examen et confrontant avec rigueur le discours officiel aux faits établis et aux sources vérifiées, les révisionnistes
israëliens en tirent tous en effet une critique des excès de la politique anti-arabe de leur Etat et des mensonges de son idéologie, notamment depuis 1967 (la Guerre des 6 jours), mais ils diffèrent sur l’étendue des responsabilités sionistes dans la disparition brutale dans l’espace du futur Israël des populations palestiniennes en 1948.

Il s’agit de comprendre si ce que les Palestiniens exilés appellent « la catastrophe » (Nakba, équivalent de l’hébreu « Shoah »), et qu’Israël nie, a bien eu lieu : l’expulsion et l’expropriation des Arabes de la région sans indemnisation, sous la pression et la violence terroriste de milices juives agissant avec l’accord des chefs sionistes. Les enjeux sont autant historiques (établir les faits) que politiques et moraux (tirer les conséquences par rapport au droit et à la morale internationale de la Déclaration Universelle des droits de l’homme … de 1948 !): si la création d’Israël a bien été le moment d’une épuration ethnique, de surcroît violente et organisée par les chefs sionistes, avant de faire l’objet d’un négationnisme destiné à préserver la « pureté » des commencements, il s’agit du péché originel de l’Etat israëlien et de la matrice de sa politique anti-arabe depuis lors : thèse que
Pappe avait déjà développée dans La guerre de 1948 : aux origines du conflit israëlo-palestinien (La Fabrique, 2000) ; lecture complémentaire : Tanya Reinhart, Détruite la Palestine ou comment terminer la guerre de 1948. Au niveau international, le statut privilégié d’Israël d’innocente victime sans cesse menacée n’a plus lieu d’être ; au niveau proche-oriental, le droit des Palestiniens non seulement à un Etat viable mais au retour en Israël sur leurs terres – droit déjà proclamé par l’ONU en 1948 ! – s’impose à Israël qui le viole depuis 60 ans au nom d’un prétendu départ volontaire des Palestiniens.

L’ouvrage de Pappe reconstitue les faits de 1947 et surtout du printemps 1948 méthodiquement selon l’ordre chronologique : le Français peu familier du dossier se reportera souvent à l’index et à la chronologie en fin de texte. Après avoir défini la notion de nettoyage ethnique et rappelé son caractère de « crime » en droit, en s’appuyant notamment sur les textes appliqués au cas yougoslave (lui traité par l’occident sans attendre !), il annonce sa méthode pour évaluer le cas israëlo-palestinien. Le livre se déroule comme une démonstration implacable. Tout d’abord sur la réalité des intentions sionistes de créer un Israël (de préférence « Eretz/Grand », au-delà des projets de partage territorial de l’ONU) qui soit ethniquement pur et exclusivement un « Etat juif ». Depuis les origines, le sionisme est dominé par l’idée de créer un vaste territoire viable, sous forme d’Etat national homogène, mais face à
une aile « libérale » prônant l’achat progressif d’Israël, une tendance « réaliste » (Jabotinski) lucidement anticipe un refus palestinien de partir de son plein gré même au prix d’indemnités et justifie la militarisation. Chef autocrate de la direction sioniste et futur premier chef de gouvernement de l’Etat, héros de la mémoire nationale, Ben Gourion, quoique « socialiste », rallie cette conception dès 1937 et apparaît comme l’architecte du projet de nettoyage ethnique, comme Pappe le prouve en citant largement son journal et les compte-rendu des réunions de son équipe. L’épuration ethnique violente est intentionnelle et préparée, puis mise en œuvre avec résolution, en toute connaissance de cause.

Les événements sont à la hauteur du fanatisme raciste et de la préparation technique de la Haganah. Pappe les reconstituent à l’aide de sources écrites et de témoignages, bien que les traces matérielles aient été effacées autant que possible. Bien armée et entraînée par des officiers britanniques, la Haganah liquide les villages et les villes de la population arabe et use de tous les moyens jusqu’à l’extermination méthodique des villageois, hommes mais aussi femmes et enfants. Y compris quand une bonne entente régnait entre colons juifs et paysans arabes. Ces massacres et destructions entre décembre 47 et sont destinés à paniquer les Arabes des environs : mais malheur à ceux qui n’auraient pas fui « de leur plein gré » à l’arrivée des milices. La marche à suivre a été validée par les chefs sionistes sous le nom de « Plan D(aleth) ». Dans la litanie des meurtres de masse, un cas entre : Deir Yasin (9 avril 1949),
93 civils tués de tous âges (30 bébés), fauchés à la mitraillette de sang-froid, les tueurs se vantèrent d’avoir atteint 170 victimes pour impressionner les Arabes et pour tenir compte de combattants liquidés. Octobre 48 : Dawaimeh, 455 disparus dont 170 femmes et enfants. Digne d’une charge de cavalerie US en village peau-rouge, viols compris. Un corps de guerre biologique est chargé d’empoisonner les puits arabes. « Aucun doute n’est possible: de nombreuses atrocités de nature sexuelle ont été perpétrées par les agresseurs juifs. Beaucoup de jeunes filles arabes ont été violées, puis égorgées. Des femmes âgée ont été, par ailleurs, molestées», avoue le Général Richard Catling, vice-inspecteur de l’armée britannique, après avoir interrogé plusieurs survivantes. Pour Ben Gourion et Moshe Dayan, ces massacres sont des dommages collatéraux de l’expulsion des Arabes. Bilan de cette opération de terreur : en mai
48, selon l’ONU, 150.000 à 200.000 Palestiniens ont fui leurs terres. Selon Aharon Zisling, premier ministre israélien de l’Agriculture : «Nous avons commis des exactions dignes des nazis ».

Complices, les pays arabes voisins laissent faire. La guerre israëlo-arabe de 1948 est une « drôle de guerre » : conscients de leur infériorité militaire et du soutien occidental à Israël, ils simulent la guerre, espérant parfois comme le royaume hachémite quelques concessions territoriales d’Israël au détriment des Palestiniens : la Transjordanie s’agrandit et devient « Jordanie ». Certains garde-frontières des pays arabes sauvent l’honneur et défendent de leur propre chef les villages menacés proches de leur poste. La guerre israëlo-arabe ne ralentit guère l’épuration ethnique qui continue jusqu’au début 1949. Les poches arabes maintenues sont alors transformées par les autorités en « ghettos » (sic).
Le début de l’existence tolérée de la minorité arabe comme citoyens de second rang dans un Etat juif, qui utilise ses minorités comme l’Afrique du sud de l’Apartheid en les divisant et affectant certaines (Druzes, Circassiens, chrétiens arabes) à des missions subalternes (surveillants des musulmans !) au service du peuple supérieur. Un Etat national-populaire fondé sur la discrimination commence son existence, avec ses justifications mythiques : son droit fondé sur sa supériorité culturelle sur les Arabes (qui ne bénéficiaient d’aucune aide occidentale et dont on a détruit les structures), sur le droit international de l’ONU (qui avait prévu le partage et demandé le retour des Palestiniens !) interprété unilatéralement avec le soutien des Etats-Unis et de l’occident, qui s’empressent de reconnaître Israël.

Car rien de cela n’aurait pas été possible sans la complaisance des puissances. Dans l’Entre-deux-guerres comme à 1948, la Grande-Bretagne porte une responsabilité accablante dans le conflit israëlo-palestinien.
Sa bienveillance originelle envers le sionisme (qui lui apparaît comme un mouvement colonial positif, autant qu’un mouvement d’émancipation nationale des Juifs autrefois persécutés) et la déclaration Balfour, promettant un « foyer national juif » en Palestine – territoire sur lequel elle n’a qu’un mandat de la SDN, entraîne l’immigration de masse de Juifs d’Europe qu’elle laisse se développer vers la Terre sainte ; elle déstabilise la région et enclenche l’engrenage de la violence, avec l’intention d’en profiter pour jouer le rôle de puissance protectrice indispensable dans une zone stratégique. Entre 1945 et 1948, elle apparaît, malgré des hésitations et des contradictions, comme son alliée objective. Le lobby sioniste appuyé sur des gentlemen juifs influents joue aussi un rôle, comme après 1945 aux Etats-Unis, dans le soutien à la cause sioniste. La découverte de l’holocauste et la mauvaise conscience
occidentale finissent de rendre les droits des Palestiniens – oubliés depuis le début -, secondaires : l’instrumentation de la Solution finale fait partie de façon délibérée du chantage de Ben Gourion pour arracher un Etat ; en 1947-1948, ce dernier présente, sans y croire lui-même, tant le déséquilibre des forces est grand le nettoyage ethnique comme une légitime défense destinée à éviter un nouvel Holocauste. (L’historien sioniste et ancien ambassadeur Elie Barnavi l’a reconnu récemment à propos de l’affaire du navire Exodus, montée pour être médiatisée auprès des opinions occidentales : l’arraisonnement de ce navire illégal d’immigrants juifs des camps discrédite la Grande-Bretagne et popularise comme « éternelles victimes » les colons sionistes au moment stratégique.) Ainsi d’abord boucs-émissaires des nazis, les Palestiniens sont rapidement présentés comme eux-mêmes nazis, d’autant que leur révolte
contre la colonisation juive en 1936 et la sympathie de leur chef pour Hitler apparaissent rétrospectivement comme des preuves. Bien qu’elle procède d’une simplification outrancière, anachronique et intéressée de l’histoire, cette politique de relation publique internationale marche. En 1947-48 les 2 Grands espérent rallier Israël à leur bloc au début de la Guerre froide, ce dont Ben Gourion joue à fond. Ainsi s’explique la patience infinie de la direction de l’ONU envers Israël malgré l’assassinat par des sionistes de son représentant le comte Bernadotte en 1948.

    Remercions Fayard de proposer cette traduction au public français. Lecture à prolonger par Norman Finkelstein, Mythes et réalités du conflit israëlo-palestinien et L’industrie de l’holocauste, ainsi que de Yakov Rabkin, Au nom de la Torah et d’Esther Benbassa, . Pour les plus audacieux, un livre court et factuel : Gabriel Enkiri, Israël, un projet funeste. 

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22 mai 2008 4 22 /05 /mai /2008 20:17

Droits devant !!
> COMMUNIQUÉ
> Paris, le 20 mai 2008
>
>
> LE GOUVERNEMENT N’A PAS TENU SES ENGAGEMENTS, NOUS TENONS LES NÔTRES:
> DES CENTAINES DE TRAVAILLEUR(SE)S SANS-PAPIERS ENTAMENT UNE 2ÈME VAGUE
> DE GRÈVES CE MARDI 20 MAI 2008
>
> Depuis le 15 avril 2008, quinze piquets de grève soutenus par la CGT
> et Droits devant!! regroupent des centaines de travailleurs
> sans-papiers en lutte pour leur régularisation.
>
> À la cinquième semaine de grève, seuls 70 d’entre eux ont été
> régularisés. Le gouvernement n’a pas tenu ses engagements.
>
> C’est pourquoi des centaines de travailleurs et travailleuses sans-papiers,
> soutenus par la CGT et Droits devant!!, ainsi que par l’Union
> Syndicale Solidaires et la CNT, entament à leur tour une grève
> illimitée dans des dizaines d'entreprises réparties sur les huit
> départements d'Île-de-France.
>
> À 11h ce matin, cette 2ème vague de grèves concernait 200 travailleurs
> sans-papiers répartis dans 20 entreprises. D'autres suivront dans la
> journée, notamment dans plusieurs entreprises situées sur l'avenue des
> Champs-Élysées.
>
> À travers cette amplification et cet élargissement du mouvement, le
> gouvernement doit comprendre qu’il n’a d’autre choix que de
> régulariser immédiatement l’ensemble des grévistes, et globalement
> tous les travailleurs et travailleuses sans-papiers en France.
>
> Ces derniers n’ont plus rien à perdre et sont déterminés à poursuivre
> la grève jusqu’au bout, conscients d’ouvrir une brèche dans laquelle
> s’engouffreront des milliers d’autres.
>
> À vouloir jouer la montre, à vouloir reculer à tout prix l’échéance
> inévitable de la régularisation globale, à vouloir continuer à
> procéder à un cas par cas administratif, le gouvernement s’expose à
> une généralisation progressive de la grève.
>
>

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22 mai 2008 4 22 /05 /mai /2008 20:10

Agir pour les Réparations Maintenant 

pour les Africains et Descendants d'Africains

assoc.armada@yahoo.fr

 

10 mai 2008 èMarche des Libertés,

 80.000 personnes de République à Bastille !

Un succès malgré les champions de la division et de la manipulation !

 

La Marche des Libertés : une idée de Claudy Siar pour rassembler : A l’initiative de Claudy Siar et à l’aide de sa radio Tropiques FM, 92.6 , une dynamique a été lancée à l’adresse de toutes les associations de la communauté noire et de ses amis, afin de réaliser une grande marche unitaire à l’occasion du cent soixantième anniversaire de l’abolition de l’esclavage des noirs dans les colonies françaises. Les non-blancs, français ou étrangers, sont la principale cible du discours et des actes de racisme souvent mortels. Ainsi les Africains et Descendants d’Africains sont particulièrement concernés par le lien dialectique fort existant entre le passé où les Africains ont été victimes de la déportation, de l’esclavage industriel et de l’idéologie raciste de négation du noir comme humain, et le présent fait de la continuation de la logique colonialiste par des discriminations dans tous les secteurs de la société française y compris institutionnels et au plus haut niveau de l’état !

 

Pourquoi une marche unitaire ? Parce que depuis trop d’années les rassemblements et marches ne débouchaient pas sur des mobilisations réellement massives. Nous avions besoin de créer les conditions permettant d’associer les différentes couches sociales et générationnelles de la population des Africains, Descendants d’Africains ainsi que de leurs amis de toutes les autres communautés dans un même élan afin de faire respecter « les droits humains pour tous les humains » ! L’insupportable c’est que cette atteinte aux droits humains ne se passe pas à l’étranger mais  ici, en France, notre pays, traversé par une crise du rejet de l’autre instrumentalisée par les élites politiques.

 

Les acteurs de la Marche unitaire : Tous étaient conviés, certains ont refusé de venir... Ceux  qui ont accepté de venir : Génération Consciente, le Cran, Armada, Collectif Egalité, Alliance Pan-Africaine, Tropiques FM,  Africa N°1,  Trace TV, Espace FM, Générations, Théâtre de l’Air Nouveau, L’Humanité, Grioo.com,  Afrik.com, Noir au Féminin.com…

Un accord accepté par tous est mis en route afin de faire réussir l’initiative sous le nom de « Marche des Libertés ». Des réunions de mise au point sont faites afin que chacun soit bien pénétré que La Marche des Libertés est le résultat d’une action collective qui sous-tend de prioriser l’intérêt collectif des ancêtres morts pour nous et les vivants qui ont le devoir de changer les choses pour eux et leur descendance ! Toute la communication fut donc faite dans cet esprit, la radio Tropiques FM martelant journellement des messages variés et profonds sur le caractère d’intérêt collectif de la Marche des Libertés du 10 mai 2008.

 

Ceux qui ont refusé de venir tout en conduisant une campagne de malfaisance :  Le COFFAD représenté par Assani Fassassi et Joby Valente président et vice présidente soutenus activement par la nébuleuse gravitant autour du TMO (Théâtre de la Main d’Or) ont organisé une violente campagne  de dénigrement sans précédent à l’encontre d’une part, de Claudy Siar ; d’autre part, du principe même de la Marche unitaire. Cette nébuleuse comprend l’association de Dieudonné « lesogres.org », l’extrême-droite négrophobe notamment le F.N en la personne de l’idéologue Alain Soral, des membres du Collectif Dom de Patrick Karam en mission pour mettre de l’huile sur le feu et des antisionistes ayant passé un pacte « faustien » sur le dos des « damnés de la terre ». Cette entité malsaine a permis en 2006 à des  historiens français négationnistes de l’histoire du peuple noir , conduit par Françoise Chandernagor, de l’association « Liberté pour l’histoire », de tenter de supprimer « la loi Taubira qui classe la déportation et l’esclavage des noirs comme crime contre l’humanité » en la fourguant dans un paquet cadeau subtil d’abrogation des lois mémorielles dont la loi Gayssot…La belle entente des frères ennemis sur le dos des nègres…Nous ne laisserons pas nos frères tomber dans ce piège cousu de fil blanc. Seuls des traîtres peuvent nous pousser à nous livrer pieds et poings liés aux pires négrophobes

 

Tentative malhonnête du CRAN de récupération individuelle de la Marche des Libertés : Le Cran qui avait déjà donné des preuves de son inconsistance associative et de son incapacité à défendre la cause qu’il annonçait parce qu’il était trop structurellement lié au CRIF et au pouvoir politique du moment, a tenté de confisquer totalement l’action collective au bénéfice du pouvoir et des lobbys cachés qu’il défend en fait.  Ainsi après le refus de porter les signes communs de participation à la marche notamment pour le S.O, il a délibérément violé toutes les règles : celles dues à nos ancêtres morts pour que nous soyions libres aujourd’hui et celles décidées contractuellement avec les autres associations. Cela s’est traduit par : une inondation de tee-shirt, pancartes et insignes qui ne parlaient aucunement de la Marche des Libertés mais du seul Cran d’une part ; le placement en tête de cortège de gens badgés Cran occultant totalement les tambouyés et leurs accompagnateurs, la banderole commune de la Marche , les personnalités de la société civile, l’immense cortège des marcheurs d’autre part.

 

Nous avons empêché le sabotage :  Le Cran voulait, en prenant de force la tête du cortège, imposer à l’arrivée sur la Place de la Bastille le passage à la tribune de personnalités gouvernementales et du lobby sioniste du CRIF. Ces gens n’ont rien à voir avec la cause noire mais sont souvent les acteurs des campagnes de dénigrement des noirs et des discriminations qu’ils subissent. Une direction de podium et un SO solide et efficace avaient été prévus pour faire face à toute éventualité dont celle-ci. Le Cran a du se raviser rapidement sous peine de graves problèmes…Les brillants orateurs retenus représentaient une certaine diversité, ce qui est normal dans une manifestation unitaire.

 

Le Cran est définitivement démasqué et « les faux radicaux » aussi !  Ces gens ne sont-ils pas aussi de gré ou de force pour certains d’entre eux les instruments du pouvoir Sarkozyste et des lobbys de la blanchitude qu’il représente ?  En fait deux maux d’une même cause habillée dans des habits différents…mais conduisant au même objectif : empêcher le rassemblement unitaire de la communauté noire et de ses amis, fabriquer de l’échec dans toutes les situations même judiciaires, nous l’avons plusieurs fois constaté, lorsque des procès élémentaires peuvent être gagnés au sujet de la mémoire de nos ancêtres et/ou devant les prud’hommes pour discrimination dans le travail…

 

L’espoir et la combativité ce sont 80.000 personnes dans la rue ! Il n’y a pas de miracle !  Si autant de gens sont venus c’est tout d’abord parce que le niveau de conscience est beaucoup plus élevé que l’on ne croit. Et notre marche n’a pas été le stupide carnaval qu’espérait le pouvoir.

 

La Marche des Libertés a rendu visible la conscience générale du respect incontournable que l’on doit aux ancêtres qui se sont battus, ont souffert pour que nous soyions vivants aujourd’hui ! Avec les Africains et descendants d’Africains de France, nous avons conscience de notre rôle ici et maintenant en 2008, qui doit consister, à partir d’une stratégie et d’une orientation indépendantes, à mettre en œuvre « les Réparations ».

 

Les Réparations qui passent d’abord par la fin des discriminations négrophobes, séquelles de la déportation, de l’esclavage et de la colonisation, ce Méga-Crime de 500 ans lancé au XVe siècle, en 1454, lors de la bulle papale de Nicolas V…

 

Nous redonnons ici les 14 propositions élaborées par ARMADA lors de la dernière présidentielle française de 2007 pour faire changer les choses concrètement en ce 21e siècle :

 

1 Instauration intégrale du principe républicain de continuité territoriale pour tout l'Outre Mer en appliquant les principes de péréquation tarifaire sur le prix des communications téléphoniques (fixe et portable), les transports des personnes et des biens; en appliquant la législation la plus favorable pour les populations en matière économique, sociale et politiques; en faisant respecter les droits civiques et les droits humains en général tant dans l’Outre Mer qu’en France métropolitaine.

 

2 Rééquilibrage de la politique culturelle de subventions à des projets communautaristes; la représentation culturelle de la civilisation africaine proprement dite et des apports noirs aux inventions scientifiques et aux exploits collectifs et individuels de l’ère moderne sont dramatiquement sacrifiés dans les programmes institutionnels.

 

3 Respect du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes appliqué à tout le continent africain, ce qui signifie pour chaque Etat africain le respect réel de son indépendance, et de la maîtrise de leurs ressources.

 

4 Respect du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes appliqué aux DOM-TOM, confettis de l’ex-empire français, ce qui implique rattrapage structurel, institutionnel et politique, égalité de traitement immédiate, et non plus le mépris des droits et la morgue coloniale..

 

5 Initiatives pour le développement auto-centré de chaque pays ; ceci suppose des modifications radicales dans la politique africaine de la France et dans les projets de développement des DOM-TOM.

 

6 Subordination de l’économie des pays riches aux intérêts de l’humanité toute entière : choix de croissance zéro, arrêt par chaque gouvernement occidental du gaspillage des ressources naturelles et de la rapine pratiquée sur les richesses africaines, sacrifices sévères dans le niveau de vie des couches supérieures afin d’imposer les restrictions indispensables à leur consommation. Fin des privatisations conduisant à subordonner l’intérêt national à des intérêts purement commerciaux et donc cyniques.

 

7 Enseignement obligatoire de l’histoire africaine et de l’histoire de la déportation, de l’esclavage et de la colonisation des Africains aux Amériques, dans la Caraïbe et l’Océan indien, dès l’école primaire

 

8 Réenracinement de l’éducation civique : élaboration de programmes basés sur les valeurs traditionnelles et communes à toutes les sociétés libres : respect actif de chaque tradition, restauration de toutes les valeurs familiales, loyauté envers le territoire de résidence, enrichissement spirituel par la double appartenance culturelle.

 

9 Embauche d’enseignants parlant soit  le kréyol soit au moins une langue africaine pour mettre en œuvre la transmission de l’histoire de l’Afrique, des Africains et des descendants d’Africains, en lieu et place de la négation de cette histoire (par le président Sarkozy lui-même) ; nous refusons par ailleurs la rélégation des enseignants spécialistes de ces questions dans un éventuel ghetto culturel africaniste ou domien.

 

10 Législation pour contrer le viol permanent des consciences de la jeunesse, sur le modèle des campagnes anti-tabac et pour la sécurité routière, pour mettre fin à  la dictature du marché qui pervertit le sens moral de la jeunesse.

 

11 Interdiction des ligues factieuses communautaristes paramilitaires, tout particulièrement du Betar et de la Ligue de défense juive, qui ont multiplié ces dernières années les agressions physiques contre des citoyens en position de faiblesse, de toutes origines et de toutes couleurs et récemment encore contre des éboueurs africains rue des Rosiers Paris 4; ils ont  prouvé de façon répétée leurs convictions racistes de représenter une race, un peuple ou une religion par essence supérieurs.

 

12 Rétablissement de l'équilibre dans la pratique de la laïcité, combattre la sur-représentation des intérêts communautaristes pro-israéliens.

 

13 Sanctions sévères contre les agents de l’Etat ou qui auraient des paroles ou des pratiques négrophobes ; directives fermes en direction de toutes les administrations.

 

14 Application stricte de la Loi Taubira par des mesures de Réparation, contre toutes les remises en question de la réalité du crime et du génocide pluri-séculaire commis contre les noirs et l'Afrique dont les discriminations raciales au 21e siècle, dans tous les compartiments de la société française, sont le prolongement.

 

Les 14 points ci-dessus sont la garantie d’un pacte entre les habitants et leur gouvernement. Ce pacte est égalitaire, il implique les mêmes droits et les mêmes devoirs pour tous. La réflexion identitaire noire vise à un réel vivre ensemble et mourir ensemble dans le respect d’objectifs communs, tant au plan de la cohésion nationale qu’au plan du rayonnement international. Ces objectifs correspondent aux attentes de tous les secteurs de la population, dans leur diversité. Nous nous portons garants de la communauté noire: elle porte ces aspirations, et, souffrant plus que les autres de la violation du principe des droits humains pour tous les humains, elle aura à coeur d'être en première ligne pour les faire respecter, dans l'intérêt général.

 

Nous sommes l’ARMADA de ceux qui voient plus loin :

Faisons appliquer concrètement

la loi Taubira !

 

 

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