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10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 20:38

UIMM: l'ancien président Daniel Dewavrin mis en examen pour "abus

 de confiance"

 

PARIS (AFP)

 

  L'ancien président de l'UIMM, Daniel Dewavrin, a été mis en examen mercredi soir notamment pour "abus de confiance" dans l'affaire des retraits suspects en liquide des caisses de l'organisation patronale.

 

M. Dewavrin a présidé l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) de 1999 à 2006 avant de passer le relais à Denis Gautier-Sauvagnac (DGS) qui assumait déjà la fonction de délégué général depuis 1993.

 

Il a été mis en examen par le juge Roger Le Loire pour "abus de confiance" dans le cadre général de ses anciennes fonctions et pour "recel d'abus de confiance" pour avoir bénéficié d'une somme de 5.000 euros qui lui avait été remise en septembre 2007 par M. Gautier-Sauvagnac, a précisé une source judiciaire.

 

Il a été laissé en liberté sans contrôle judiciaire.

 

"L'UIMM prend acte de cette mise en examen" a indiqué un porte-parole de l'organisation patronale sans plus de commentaire.

 

Avant d'être présenté au juge, Daniel Dewavrin avait été entendu dans la matinée sous le régime de la garde à vue par des policiers de la brigade financière.

 

Les enquêteurs devaient notamment l'interroger sur la destination d'une somme de 3.000 euros qui avait été saisie lors d'une perquisition à son domicile et qui proviendrait d'une somme de 5.000 euros que lui avait remis M. Gautier-Sauvagnac.

 

Lors de l'enquête préliminaire, M. Dewavrin avait expliqué aux policiers avoir demandé cette somme à DGS en prétextant un agenda trop chargé qui l'empêchait de se rendre à sa banque pour un retrait en espèces dans la perspective d'un voyage d'agrément à l'étranger.

 

Une version corroborée par M. Gautier-Sauvagnac selon lequel l'argent, qui aurait depuis été remboursé en espèce, ne provenait pas de la caisse de l'UIMM mais du solde de ses frais de représentation qui, ce jour-là, se trouvait dans le coffre de son bureau.

 

La justice enquête sur la destination de quelque 19 millions d'euros en liquide, retirés des caisses de l'UIMM entre 2000 et 2007 sous l'autorité de DGS.

 

Les enquêteurs soupçonnent que ces fonds aient servi au financement de syndicats mais n'excluent pas qu'une partie ait été destinée à des financements politiques occultes.

 

Outre M. Dewavrin, cinq personnes autres sont mises en examen dans ce dossier: Denis Gautier-Sauvagnac, son adjoint Dominique de Calan et la chef comptable de l'UIMM, Dominique Renaud.

 

L'ancien directeur financier Bernard Adam et Alain Noqué, directeur des relations extérieures de l'organisation sont également poursuivis.

 

M. Dewavrin a vraisemblablement été également interrogé par les enquêteurs sur la destination de ces fonds dont il avait expliqué dès le début de l'affaire qu'ils avaient servi à "fluidifier les relations sociales".

 

Pour ce proche de Denis Gautier-Sauvagnac, membre de la "veille garde" de l'UIMM stigmatisé par la présidente du Medef, Laurence Parisot, ces "retraits en espèces ne sont pas des infractions".

 

"Ces sommes n'ont absolument rien d'occulte, ce n'est pas de l'argent sale", avait affirmé en octobre l'ancien président.

 

"Ce qu'on prétend découvrir aujourd'hui n'est pas un mystère pour tout le monde, c'est même assez largement connu", avait-il ajouté.

 

Début mars, M. Dewavrin a affirmé que Mme Parisot elle-même avait été informée de l'existence de ce système "avant l'été 2007", alors qu'elle affirme avoir découvert l'affaire dans la presse fin septembre.

 

La présidente du Medef a assigné en diffamation M. Dewavrin qui a promis de fournir à la justice "des éléments de preuve".

 

Président d'honneur de l'UIMM, Daniel Dewavrin est membre de droit du bureau, selon les statuts de l'organisation qui doivent être révisés lors d'une assemblée générale extraordinaire le 17 avril dans le cadre d'une refonte de la gouvernance de l'UIMM.

 



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10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 20:34

La flamme olympique ne passe pas par le Caire

( Al Faraby )

http://www.aloufok. net/article. php3?id_article= 4587

 

"Même la nature s'y est mise !"

"de quoi parles-tu ?"

"du Caire et des autres grandes villes d'Egypte"

"ah oui... de la mémorable journée du 6 avril de mobilisation populaire, de grèves et de manifestations contre la vie chère... à ce qu'il paraît du jamais vu depuis plus de vingt ans"

"les grands boulevards étaient quasiment désertés, les commerçants avaient baissé les rideaux et tous ceux qui s'aventuraient à vouloir manifester étaient confrontés aux forces de répression communément connues sous leur AOC (Appellation d'Origine Contrôlée) de "forces de l'ordre" ... matraques, gaz lacrymogène, balles en caoutchouc... toute la panoplie pour garantir l'inviolabilité de l'ordre sacré des injustices"

"on dit que même le grand pont du "6 Octobre" était vide !"

"impressionnant. .. ce majestueux pont qui d'ordinaire, dès les premières heures de la journée est bouché par les embouteillages, était fantasmatiquement vide !"

"ça devait être surréel"

"on aurait dit des scènes d'un film de science-fiction. .."

"à ce point !?"

"le ciel était tout jaune-orange et à certains endroits la visibilité était quasiment nulle... quand tout d'un coup, l'épais brouillard était déchiré par les véhicules verts et les hommes noirs..."

"tu veux dire la couleur verte, comme les martiens..."

"oui, c'est la couleur des véhicules des forces dites de "sécurité"... le noir étant celle des survêtements des membres de ces forces spéciales"

"le ciel, pourquoi jaune ?"

"à cause du Khamsin..."

"c'est quoi ?"

"Le Khamsin est un vent de sable brûlant qui souffle du désert d'Égypte à la Palestine. Son nom dérive de Cinquante parce qu'il est sensé ne souffler que pendant 50 jours du printemps.

C'est un vent sec, chaud et très poussiéreux, souffle brûlant des déserts du Sud-est de l'Égypte au sud de la Palestine. À la vitesse de 150 km/h, il arrache les feuilles des arbres et donne au ciel une teinte orange foncé ; l'air se charge de poussière ce qui rend la respiration oppressante. Il provoque quelques violents orages."

"dis donc... avec le gaz lacrymogène.. . ça ne devait pas être triste... les larmes devaient couler à flot !"

"ce qui n'empêchait pas les jeunes (y compris les filles) à lancer les pierres sur les hommes en noir..."

"des gestes que leurs camarades Palestiniens, face aux soldats des forces d'occupation, maîtrisent très bien"

"tout à fait... on se serait cru à Ramallah, Naplouse ou Jénine... sauf que c'était en plein coeur du Caire"

"parmi ces jeunes, de nombreux étudiants... j'imagine"

"toutes les universités du Caire étaient bouclées, Al Azhar, Aïn el Chams, Helouane... partout, il y a eu des arrestations"

"des arrestations au hasard ?"

"pas du tout... bien au contraire... pour exemple, ils ont arrêté le camarade Majdi Houssein, secrétaire général du Parti du travail (Parti interdit depuis maintenant huit ans) et qui a contribué activement à la préparation de cette journée de mobilisation. .. ils ont arrêté son adjoint, le camarade Majdi Farfar ainsi que de nombreux autres militants du Parti... Ils ont arrêté Mouhamad Abdel Kaddouss du syndicat des journalistes et membre de l'organisation des Frères musulmans... ils ont arrêté des militants du mouvement "Kifaya"... ils ont arrêté des administrateurs de plusieurs sites électroniques ayant participé à diffuser les informations en faveur de cette journée... ils ont arrêté des syndicalistes ouvriers de la manufacture de tissage "Al Mahalla" qui ont pris une part très active au mouvement... ils ont arrêté..."

"mais dis donc... pas un mot de tout ça en France, ni des partis politiques, ni des associations des droits de l'homme, ni de celles de défense de la nature et de l'environnement, ni des grands ou petits moyens d'information... c'est scandaleux.. . il faut absolument réagir à cette atteinte contre les libertés démocratiques en Egypte et exiger la libération de tous les camarades arrêtés... pour la satisfaction des revendications justes et légitimes des ouvriers, paysans et étudiants"

"tout à fait d'accord avec toi... à Paris, ils sont plus préoccupés par la flamme olympique !"

"y-a-t il des réactions ailleurs ?"

"bien sûr... des partis communistes ont réagi... au Liban, en Syrie, en Jordanie,... les Fronts populaire et démocratique en Palestine... . le Parti communiste (Refondation) en Italie... le Parti des travailleurs en Belgique... le Parti des travailleurs en Turquie... le Forum démocratique et progressiste au Bahreïn.... les Partis communistes en Russie et en Tchéquie..."

"oui mais tous ceux-là, ils sont favorables à la flamme olympique !"

"...?!"

 

Al Faraby

Mardi, 08 Avril 2008

http://www.aloufok. net/article. php3?id_article= 4587

 

 

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10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 20:25

La Conférence du Caire, un modèle de soutien à la résistance !


Par ISM-France


http://www.ism-france.org/news/article.php?id=8685

La Conférence Internationale contre l’Occupation américaine et sioniste,
qui s'est tenue au Caire du 27 au 30 mars, fut une expérience absolument
incroyable, avec des milliers de participants tout aussi incroyables.
On pouvait y rencontrer aussi bien les Frères musulmans que des marxistes
jordaniens, des syndicalistes anglais, des représentants du Hezbollah, des
membres de la résistance irakienne, une délégation canadienne du mouvement
anti-guerre, etc.

Le lieu de la conférence était également incroyable : elle avait lieu au
4ème étage de l'immeuble du syndicat égyptien des journalistes. En France,
on ne pourrait même pas imaginer qu'une conférence avec une telle
pluralité d’opinions ait lieu dans des locaux de la presse, tant il est
vrai qu’aujourd’hui, dans notre pays, on ne peut plus parler de liberté de
la presse puisqu’elle est totalement assujettie aux impératifs financiers
et à l’impérialisme.

Lors de la séance d’ouverture, j’ai été impressionnée par le discours de
Magdi Ahmed Hossein, le chef du Parti travailliste égyptien, el-3amal, qui
s’en est pris aux Frères Musulmans en les accusant de ne pas en faire
assez pour leurs frères à Gaza. Un kilo de sucre à la main, il a exhorté :
«Remplissez des camions de nourriture, de médicaments et brisez le siège
de Gaza !»


Oliur Rahman, un membre élu de l’ex-parti britannique Respect, a fait
également un discours très remarqué et très applaudi dans lequel il a
fustigé les dirigeants occidentaux et en particulier à George Bush : «Je
dis à George Bush, je dis à Gordon Brown et aux autres dirigeants de
l’impérialisme : Faites attention ! Nous, les peuples du monde entier,
nous nous levons, main dans la main, et nous vous disons : Ca suffit !»

Lors de cette conférence, j’ai pu découvrir la situation horrible de la
population en Egypte : 25% de taux de chômage, de nombreuses personnes
n’ont même pas les moyens d’acheter du pain, alors le gouvernement a
réquisitionné des boulangeries qui distribuent chaque jour du pain
«subventionné».

Depuis la mise en place de ces boulangeries, 16 personnes sont mortes dans
les files d’attente et j’ai pu assister à une bagarre entre femmes dans
l’une de ces files d’attente dans un quartier du Caire. La faim et la
misère poussent l’être humain à se comporter de façon barbare.

Aujourd’hui, 6 avril, a lieu en Egypte une grève générale pour protester
contre la hausse des prix et la paupérisation de la société égyptienne.

Cette journée devrait être un véritable test car étant donné la répression
policière, beaucoup de gens ont peur d’être arrêtés.

Je viens d’ailleurs d’apprendre que le député travailliste, Magdi Ahmed
Hossein, vient d’être arrêté par la police égyptienne lors de la
manifestation d’aujourd’hui au Caire ainsi que 25 autres personnes, 70
autres ont été arrêtées à Mahallah et 30 à Baltim (secteur de Kafr Sheikh)
et les arrestations se poursuivent dans le silence le plus total des
médias.
La police a également bouclé le syndicat des avocats et personne n’a le
droit de sortir du bâtiment.

Mercredi dernier, la police égyptienne a tiré sur les manifestants qui
protestaient contre l’interdiction faite aux Frères Musulmans de se
présenter aux élections locales. Il y a eu de nombreux blessés, 100
personnes ont été arrêtées et vont subir la douloureuse expérience des
prisons égyptiennes.

Déjà, 40 hauts responsables des Frères Musulmans sont torturés et
croupissent dans les prisons égyptiennes depuis août 2007. D’ailleurs,
pendant toute la durée de la conférence, les femmes et les enfants de ces
prisonniers politiques égyptiens sont venus protester pour réclamer leur
libération.

Un autre point important de cette conférence fut le soutien aux
résistances palestinienne, libanaise, irakienne et afghane.

J’ai assisté à plusieurs ateliers dont l’un présentait des témoignages
d’Egyptiens qui s’étaient rendus à Gaza lorsque le Mur a été renversé.

Les organisateurs de cet atelier nous ont expliqué que la destruction du
Mur avait été planifiée et réalisée des deux côtés de la frontière et que
80.000 Egyptiens s’étaient rendus à Gaza pour apporter de la nourriture,
des médicaments, du matériel et autres, mais aussi pour montrer leur
soutien à leur résistance contre l’occupation.

Ils nous ont également raconté comment les autorités égyptiennes avaient
empêché de nombreux camions d’atteindre la frontière. J’ai souvent entendu
cette phrase : «A Gaza, ils sont libres, et nous, en Egypte, nous sommes
sous occupation.»

Ils nous ont parlé de ces mères palestiniennes courageuses qui, même si
elles perdent des enfants dans leur lutte contre l’occupation et pour la
démocratie, restent fortes et dignes.

«Quelle sorte de démocratie est l’Occident ? Ils nous parlent de
démocratie mais le Hamas a participé aux élections avec l’accord de
l’Occident et il été élu de façon démocratique. Pourquoi nous refusent-ils
ce droit à la démocratie ?» demande Akram.

Ils nous ont également expliqué que les médias égyptiens avaient présenté
les 300.000 Palestiniens qui s'étaient rendus en Egypte comme des
envahisseurs, des criminels et des ennemis mais que cela ne représentait
pas du tout le sentiment de la population égyptienne.

Pour les Egyptiens, Gaza fait partie du monde arabe et en particulier de
l’histoire égyptienne.

Pendant toute cette conférence, j’ai vraiment pu ressentir la colère des
Egyptiens envers Israël et les Etats-Unis qui assassinent leurs frères de
Gaza et lorsque nous avons parlé de notre intention d’aller protester à la
frontière de Gaza, nous avons dû refuser toutes les demandes, d’une part
pour leur sécurité et d’autre part, par manque de place dans l'autobus.

Si je pouvais résumer en quelques mots la tendance générale de cette
conférence, c’est la demande d’un soutien politique beaucoup fort à toutes
les formes de résistance de la population palestinienne, y compris à la
résistance armée.

De nombreux intervenants ont pris en exemple la résistance française à
l’occupation nazie.
«Chaque ville ou village français avait son propre groupe de la résistance
armée et chaque groupe portait ses propres attaques contre l’occupant
nazi. Dans chaque ville ou village français, il existe des monuments
érigés à la mémoire des martyrs qui sont tombés pour la libération de la
France. Il n’y a pas de différence entre la résistance française et la
résistance palestinienne et vous, en Occident, vous devriez comprendre et
soutenir notre résistance à l’occupation et notre lutte pour la libération
de la Palestine. C’est aussi notre terre.»

L’état sioniste d’Israël est une entité artificielle qui a été établie par
l’expulsion et la dépossession de plus de 750.000 Palestiniens qui se sont
retrouvés réfugiés dans des camps à Gaza, en Cisjordanie, au Liban, en
Jordanie, en Syrie, etc.

Le droit au retour de ces réfugiés n’est pas discutable et le Sionisme
doit être combattu jusqu’à sa disparition.

La Palestine Historique doit être rétablie avec le retour de tous les
réfugiés et l’établissement des mêmes droits pour tous ses habitants. La
Palestine Historique a toujours été la Terre Sainte pour les trois
religions : les Chrétiens, les Juifs et les Musulmans et il est clair que
la Paix en Palestine et dans le monde ne sera construite qu’en passant par
cette étape.

Il n’existe aucun peuple au monde qui ne désire la Paix mais les
Palestiniens ne veulent pas la paix à n’importe quel prix : ils veulent
une égalité des droits et la restitution de leurs biens.

Pour cela, nous, Européens, qui avons participé à cette conférence, avons
décidé de travailler ensemble avec nos frères palestiniens, irakiens,
libanais, égyptiens, jordaniens, indiens et tous les autres peuples
opprimés dans le monde d’abord pour lever le siège de Gaza, libérer la
Palestine mais aussi pour combattre l’impérialisme et le sionisme qui nous
exploitent de plus en plus chaque jour.

Nous avons décidé d’organiser des actions ensemble dans nos pays
respectifs pour dire à nos dirigeants : «Ca suffit ! Levez le Siège de
Gaza ! Respectez la démocratie pour le peuple palestinien ! Mettez fin au
projet sioniste et impérialiste ! Partagez vos richesses avec les peuples
opprimés !»

Et je terminerai par un appel adressé tout particulièrement au Mouvement
anti-guerre français : Que devient-il ? Est-il totalement mort ?

Alors que Sarkozy a décidé de partir en guerre en Afghanistan, n’est-ce
pas le moment de se réveiller et d’organiser des manifestations de soutien
avec les populations agressées par l’impérialisme américain ?

Le mouvement anti-guerre canadien (www.aqoci.qc.ca/ceg/) s’est proposé de
nous fournir du matériel et toutes les vraies informations sur la guerre
en Afghanistan et de nous aider à faire face à l’attitude guerrière de
notre gouvernement

Nous avons été des millions en 2003 à descendre dans les rues pour
manifester notre opposition à la guerre.

Nous devons montrer aujourd’hui que nous n’avons pas renoncé, que nous
refusons de suivre Bush dans ses aventures criminelles et que nous
n’acceptons la guerre contre l’Islam !

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10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 20:13

Le Mrap au bord de l'implosion

www.redacnomade.com

ENQUETE Un congrès largement boycotté, une direction contestée dans ses orientations "communautaristes", un fonctionnement dénoncé comme antidémocratique, des démissions en chaîne, des effectifs en chute libre… Rien ne va plus au Mrap.

"Ca fait un peu fin de règne, vous ne trouvez pas  ?" Comme tous les comités de sa région (Marseille, Aix, Marignane, Vitrolles, Fos), Horiya Mekrelouf, responsable du comité des Bouches-du-Rhône, a boycotté le dernier congrès du Mrap. Elle n'attend désormais plus qu'une chose  : "La démission de Mouloud. Après son score à la Ben Ali, il faudrait qu'il réfléchisse un peu  !"

Avec seulement 131 délégués présents (1) sur 286, Mouloud Aounit, président du Mrap depuis vingt ans, a une fois de plus été réélu haut la main ce 28 janvier 2008. Pourtant, jamais il n'aura été autant affaibli. Et même si la direction nationale reste seule sollicitée par les médias nationaux, la grogne devient de plus en plus difficile à étouffer.

En 2007, déjà, l'opposition avait choisi de ne plus participer aux instances de direction. Après la tenue de l'assemblée générale 2006, bloquée sur presque tous les sujets, elle avait en effet jugé inutile sa présence. Depuis, les choses n'ont fait qu'empirer. La désaffection est partout, dans les instances dirigeantes comme parmi les adhérents dont le nombre chute de façon vertigineuse. En 2007, 500 personnes quittent encore le mouvement. Ils sont alors 2 351, moitié moins qu'il y a huit ans. Même les plus anciens militants se détournent du mouvement, comme le chanteur Jean Ferrat qui dénonçait dans une lettre au président "une position extrêmement grave pour l'avenir de notre démocratie laïque".

L'opposition dénonce en vrac une direction qui "encourage la mise en concurrence des mémoires et les replis communautaristes, enferme dans l'identité religieuse les citoyens d'origine arabe ou maghrébine, taxe toute critique et interrogation sur les pratiques et régimes totalitaires liées à l'islam politique comme 'islamophobes', refuse d'étudier les nouvelles manifestations de l'antisémitisme venant d'autres mouvements que de droite ou d'extrême droite" et, plus globalement, accuse la direction d'avoir "renoncé à construire les positionnements du mouvement à partir des valeurs universelles qui unissent". Un réquisitoire accablant.

Un monde associatif secoué de toutes parts

Le mouvement associatif dans son ensemble (antiraciste, féministe, des droits de l'Homme…) est actuellement secoué par des turbulences. La Ligue des droits de l'Homme a connu aussi des remous semblables. Les Ni Putes Ni Soumises ont presque vu leur éclatement. Rongées par des problèmes de démocratie interne, elles n'ont pas accepté le mélange de casquettes associative et politique de Fadela Amara.

Au Mrap, on n'apprécie guère plus le mélange des genres. Mouloud Aounit est en effet conseiller régional Ile-de-France, il est entré dans le comité de campagne de Marie-George Buffet lors de la présidentielle et, bien que largement battu lors d'une investiture dans le 93, il se porte encore candidat aux législatives, cette fois contre le PC, qui n'incarne plus pour lui "la diversité" (il obtiendra 3 % des voix).

La démocratie fait aussi cruellement défaut au Mrap. Danièle Poupardin, secrétaire du comité d'Ivry-sur-Seine, dénonce ces "congrès mascarade", ces "votes opérés en catimini lorsque les provinciaux partent", les censures dans les journaux internes, "le refus de faciliter la communication transversale entre comités grâce aux listes de diffusion", "la réécriture par une commission des motions proposées", au point que les comités refusent de voter leur propre motion qu'ils ne reconnaissent plus. Le Mrap ne connaît cependant pas l'ultra-centralisme de SOS Racisme, car ses comités sont juridiquement indépendants. Ils restent en revanche soumis au versement au national de 84 % des cotisations  : "C'est énorme, surtout au regard des services rendus puisqu'on nous dit toujours que les caisses sont vides", ironise Nadia Kurys, présidente du comité d'Aubenas.

Le Mrap n'échappe donc pas à cette fièvre qui parcourt le monde associatif. Mais nulle part, les dissensions ne sont autant idéologiques. Alors que SOS Racisme fait le choix du combat universaliste de l'antiracisme, le Mrap s'enfonce dans un combat toujours plus communautariste et diviseur. Une Coordination voit alors le jour, rassemblant comités et militants isolés. Une façon de mutualiser un travail plus que d'organiser une fronde. Car il n'est pas pour l'heure question de "Mrap bis". Pour Nadia Kurys, "puisqu'il est devenu impossible de changer quoi que ce soit en haut, nous allons essayer à la base. Nous voulons revenir aux fondamentaux du mouvement et à un turn-over au niveau de la direction". Depuis vingt ans, la militante, qui a renoncé à son poste de vice-présidente du Mrap, se bat pour changer les choses au niveau national  : "Je ne pense pas attendre vingt ans de plus." Et puis, "nous restons très attachés au nom de Mrap", renchérit Gérard Kerforn, président de la fédération des Landes qui se dit "tout autant dépositaire du nom qu'eux". De plus, "le Mrap, c'est avant tout ses comités, rappelle le militant. Des comités qui n'ont souvent pas grand-chose à faire des gesticulations nationales". Le Mrap national  ? "Il ne vit désormais que par une production de communiqués au rythme de mitraillettes, dix lignes bling bling qui tiennent lieu de pensée. Nous, nous travaillons en profondeur et produisons."

Alors, quelle scission  ? Et "en quoi, en deux  ? En trois  ? En quatre  ? Car si certains formalisent le malaise dans une opposition construite, beaucoup d'autres comités partent en autarcie complète". Une situation qui rend d'ailleurs très difficile l'estimation des rapports de force au sein du mouvement et oblige à relativiser le caractère "minoritaire" de cette opposition souvent silencieuse et indifférente. "Nous, ici, c'est simple, on vit comme tous les comités du Sud, avec les statuts du Mrap, on a le logo et c'est tout", explique André Génissieux, secrétaire général du Mrap Montpellier. Des contacts  ? "Oui j'ai dû voir notre président inamovible une fois en cinq ans. Il a passé plus de temps avec son téléphone qu'à regarder ce qu'il se passait ici au niveau local  !" La direction a pourtant encore du mal à reconnaître ces divisions. Pour Mouloud Aounit, "il n'y a pas de fracture. Ce groupe qui faisait partie de la direction s'est mis lui-même en dehors. Pour nous, la question est réglée. Le congrès s'est tenu et une nouvelle direction a été mise en place".

De l'affaire Papon à l'affaire du voile

La fracture ne cesse de s'élargir entre les militants, les comités et leur direction nationale. A chaque nouvelle affaire, le fossé se creuse un peu plus. "A Marseille, tout a commencé lorsque le Mrap national a demandé la libération de Papon alors que nous nous étions battus pour qu'il y ait un procès, y compris d'ailleurs pour octobre 1961 (2). Comme chaque fois, nous avons appris la nouvelle par voie de presse", se souvient Horiya Mekrelouf. C'était en janvier 2001. Mouloud Aounit fait finalement machine arrière face au tollé suscité au sein du mouvement.

La présidente du Mrap Marseille se souvient aussi du second coup dur  : le soutien des filles voilées. "Sans aucune concertation, nous avons eu la surprise de voir les sœurs Lévy filmées dans les locaux du Mrap. Bien que je sois personnellement contre le voile, j'estime que ces questions ne nous regardaient pas." Le casting est parfait  : deux filles, issues d'une mère kabyle et d'un père juif athée, et un avocat, accessoirement celui du Mrap, pour incarner la cause des filles voilées  ! Pour Gérard Kerforn, c'est là que s'est établie la ligne de fracture avec cet "enfermement des populations arabes dans l'identité musulmane". Une position d'autant plus déplacée que, "dans leur majorité, les musulmans ne demandaient rien au Mrap, vivant leur foi comme les autres croyants. Les rentrées scolaires ont montré que les musulmans étaient particulièrement respectueux des institutions de la République, et que le Mrap s'était trompé".

Les déclarations du président font régulièrement des vagues  : sur le site oumma.com où il dispose désormais d'une tribune, sur France 3 également où, en janvier 2005, il déclare que "la liberté de blasphémer et la liberté d'ouvrir le champ au racisme doivent être réprimées avec la plus grande fermeté", sur France 2 où il propose que des repas halal soient servis dans les écoles. La même année, après plus de neuf ans de participation à la direction nationale du Mrap, Isabelle Sirot démissionne du Bureau national  : "Je ne resterai pas dans une association qui ne défend plus les valeurs universelles de l'antiracisme et qui favorise par ses prises de positions le communautarisme, pilier du racisme", dénonce-t-elle. Depuis, le Mrap s'enfonce dans un soutien aveugle à la "religion des opprimés", au point que certains, à l'extérieur du mouvement, s'amusent à parler du "Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié du Prophète".

Lorsque le Mrap porte plainte avec l'UOIF contre France-Soir dans l'affaire des caricatures, en février 2006, c'est un nouveau malaise qui s'installe dans le mouvement. "J'étais dans le train lorsque j'ai appris que le CA auquel je venais de participer avait voté la plainte. C'est ainsiqu'étaient prises les décisions en CA. On attend la fin de l'ordre du jour et on fait voter lorsque beaucoup de provinciaux sont déjà partis", raconte Nadia Kurys. Douze élus de la direction nationale opposés à ces poursuites lancent alors un texte  : "Pas en notre nom  !" L'image du mouvement antiraciste se détériore un peu plus aux yeux de l'opinion.

"Il y a au Mrap un courant tiers-mondiste primaire qui investit ce qu'il pense être la religion des pauvres de toutes les vertus émancipatrices, explique Gérard Kerforn. Les seules religions porteuses de tota-litarisme seraient le fondamentalisme chrétien -américain. Nous, nous refusons d'entrer dans la logique de l'axe du mal inversé et si nous défendons la cause palestinienne, nous ne voulons pas pour autant taire le totalitarisme qui peut émerger y compris d'une certaine branche palestinienne. Le rôle de l'antiracisme n'est pas de reproduire ce que fait Bush en inversant les pôles, et de faire entrer dans l'axe du bien tous ceux qui s'opposent à l'impérialisme." Les ennemis des ennemis du Mrap deviendraient-ils ses amis  ? "Toujours est-il que Hugo Chavez devient un héros, le même qui va bras-dessus, bras-dessous avec Ahmadinejad  !", s'insurge le président du Mrap des Landes. "Ce qui me gêne le plus, explique Danièle Poupardin, c'est ce soutien inconditionnel à l'islam sous couvert d' 'islamophobie', une expression d'ailleurs âprement discutée et qui a fait l'objet d'un vote. En revanche, le Mrap lâche complètement les musulmans en lutte contre les islamistes." Gérard Kerforn a été le principal artisan d'un document sur l'utilisation par l'extrême droite de l'islam pour développer un racisme. Il estime pourtant que "l'islamophobie n'est pas notre problème. Mouloud Aounit confond sans cesse racisme antimusulman et critique de l'islam. Il l'a prouvé encore dans l'émission de Bern dans laquelle il était d'ailleurs rangé du côté des religieux".

Enfin, comme pour la LDH, les liens qu'entretient le Mrap avec certains mouvements, notamment de la mouvance Tariq Ramadan, font polémique. "Nombre de personnes à la direction nationale ont signé l'appel des Indigènes de la République. Nous demandons à ce qu'ils reviennent sur ces signatures", déclare Nadia Kurys, pour qui les Indigènes restent à l'opposé de sa conception du "vivre ensemble, de la laïcité". Ce n'est pas le point de vue de Mouloud Aounit  : "Les Indigènes expriment une révolte, une souffrance et une lecture de la société française qui ne s'est pas totalement libérée d'un passé colonial et, là-dessus, je partage ce point de vue." De même, continue le président, le Cran (3) "pose une vraie problématique, celle de la discrimination dont sont victimes les populations noires". Mouloud Aounit reconnaît que l'on peut encore améliorer la démocratie au Mrap, mais "ne nous cachons pas derrière les problématiques de fonctionnement. La vraie question qui est derrière est éminemment politique  : c'est quelle orientation pour le Mrap  ? Là, y a une divergence de fond". Et sur ce dernier point, en tout cas, tout le monde est d'accord.

Yann Barte (Le Courrier de l'Atlas, avril 2008)

(1) 165 votants procurations comprises.

(2) 17 octobre 1961  : massacre des Algériens à Paris par la police française alors dirigée par Maurice Papon lors d'une manifestation pacifique contre le couvre-feu imposé aux Algériens en France.

(3) Conseil représentatif des associations noires.

 



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9 avril 2008 3 09 /04 /avril /2008 20:59

Communiqué de l’association des victimes de l’incendies de l’hôtel Paris-Opéra (AVIHPO)

Incendie  de  l’hôtel  Paris  Opéra  :  Plus  jamais  ça  !!

                                      

Marche de la mémoire et de la solidarité

Samedi 12 avril 2008 à 15h à Paris

 

 

Angle bd de Magenta - bd de Strasbourg

Métro : Gare de l’Est

 

Trois ans après l’incendie meurtrier du 15 avril 2005, l’association des victimes de l’incendie de l’hôtel Paris-Opéra (AVIHPO) appelle une nouvelle fois à une marche de commémoration et de recueillement, le samedi 12 avril 2008 à 15 heures.

Nous voulons témoigner par notre présence sur les lieux, de l’horreur de cette nuit.

Nous voulons aussi marquer notre solidarité avec ceux et celles qui ont souffert et ont perdu des proches dans d’autres incendies de taudis, d’habitats de mal-logés.

 

Pour mettre fin à l’hébergement indigne et à l’insécurité dans les hôtels, nous demandons que justice soit rendue sur l’incendie du 15 avril 2005, car ce procès doit être aussi celui du logement précaire et nous nous inquiétons de la poursuite de l’instruction. Bien qu’ayant été reçus, nous n’avons toujours pas été entendus par le juge d’instruction. Pourtant nous avons beaucoup de choses à dire et nos témoignages ne peuvent qu’aider à faire la lumière sur cet incendie et les causes nombreuses et indirectes de cette tragédie.

 

Le cortège se rassemblera à l’angle des boulevards de Strasbourg et de Magenta (métro Gare de l’Est) à 15 heures. Il rejoindra le 76 rue de Provence via les boulevards (Strasbourg à Haussmann)

Nous invitons à nous rejoindre ceux et celles qui nous soutiennent, ceux et celles qui ont vécu le même drame, ceux et celles qui sont entassés dans des chambres d’hôtel miteuses et dangereuses, ceux et celles qui refusent que cette affaire retombe dans le silence, l’indifférence, et qui veulent que soit mis fin à ces formes d’hébergement honteuses.

 

Nous demandons à tous ceux qui souhaitent se joindre à nous ou signer l’appel de nous renvoyer leur accord par retour de mail et de donner un large écho à cet appel.

 

Contact :

Association des victimes de l’incendie de l’hôtel Paris-Opéra (AVIPO)

5, rue Pétin 75019 Paris – Tel : +336 82 97 42 73

Mail : asso.paris.opera@ gmail.com

 

 

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9 avril 2008 3 09 /04 /avril /2008 20:51

Zimbabwe : défaite de la ZANU-PF, incertitude pour Mugabe

 

www.atlasalternatif.over-blog.com

 

 

Les élections législatives et présidentielles de fin mars 2008 s’annonçaient depuis plusieurs mois difficiles pour l’ancien leader de la résistance anti-coloniale et anti-apartheid Robert Mugabe et son parti, dans un pays où l’inflation dépasse les 100 000 % et où la récente confiscation des terres des grands propriétaires blancs n’a pas permis d’améliorer la situation alimentaire.

 

Après un décompte difficile des voix, il est apparu , le mercredi 2 avril, que, comme le président yougoslave Milosevic en 2000, le parti du président Mugabe a perdu la confiance des zones rurales qui votaient massivement pour lui jusque là, et, par voie de conséquence, le contrôle de la chambre basse du Parlement.

 

Le parti de Morgan Tsvangirai, Mouvement du Changement démocratique (MDC) a remporté des succès dans des régions où depuis 2000 il n’avait jamais eu aucun siège : le Masvingo (dans le sud), le Mashonaland (au centre du pays), ou au nord de Harare.

 

Les résultats des principaux dignitaires du pays sont révélateurs des problèmes de la révolution menée par Robert Mugabe.

 

Ont perdu leur siège à l’Assemblée :

 

- Patrick Chinamasa (ministre de la justice), ancien garde de sécurité, souvent présenté comme un dur, qui a joué un rôle actif dans l’expropriation des grands fermiers blancs et dans la mise au pas de la magistrature – il avait été limogé par Mugabe en 2005 avant d’être réintégré (http://www.telegraph.co.uk/news/main.jhtml?xml=/news/2005/01/05/wzim05.xml&sSheet=/news/2005/01/05/ixworld.html)

 

- Joseph Made (ministre de la mécanisation de l’agriculture) qui avait promis des récoltes exceptionnelles (http://www.jeuneafrique.com/pays/zimbabwe/article_depeche.asp?art_cle=XIN70027lezimsellen0) mais qui, malgré les crédits chinois (http://www.pleinchamp.com/article/detail.aspx?id=27372&menu_id=2&page=1&local=false&pub_id=2 )  et les tracteurs iraniens (http://www.angolapress-angop.ao/noticia-f.asp?ID=226363), n’a pu améliorer la situation des 4 millions de Zimbabwéens qui vivent de l’aide alimentaire extérieure (http://www.ipsnews.net/fr/_note.asp?idnews=3100). Sa nomination comme candidat dans l’Est du pays avait été contestée au sein même du parti majoritaire ZANU-PF (Union nationale africaine du Zimbabwe - Front patriotique), un parti souvent présenté comme indiscipliné et très déchiré par les luttes de factions (http://www.politique-africaine.com/numeros/pdf/conjonctures/093105.pdf  et http://www.sudonline.sn/spip.php?page=imprimer&id_article=9772)

 

- Mike Nyambuya (ministre de l’énergie), un ancien général et gouverneur du Manicaland (http://www.sadocc.at/news/2005/2005-101.shtml)

 

- Chris Mushowe (ministre des transports) qui avait plaidé en vain pour un redécoupage électoral qui favorise le parti au pouvoir (http://www.pr-inside.com/former-zimbabwe-finance-minister-simba-r402173.htm)

 

- Chen Chimutengwende (ministre des affaires publiques et interactives), ancien ministre de l’information, qui avait notamment fait parler de lui en septembre 2005 quand il avait accusé l’administration Bush de racisme pour s’être abstenue de secourir les Noirs de la Nouvelle Orléans après le passage du cyclone Katrina (http://www.mwinda.org/envoi/nvelleorleans_envoi.html)

 

- Oppah Muchinguri (ministre des affaires féminines et des questions de genre) : elle avait annoncé que les membres de Ligue des Femmes (un mouvement lié à la ZANU) manifesteraient nues dans les rues en soutien à Robert Mugabe si celui perdait le pouvoir (une manifestation de femmes nues en Afrique vaut malédiction, le procédé fut utilisé à divers endroits, notamment au Nigéria contre les multinationales occidentales) - http://www.zimbabwetoday.co.uk/2007/11/girls-lets-get-.html .


Ont sauvé leur mandat en revanche dans le Mashonaland Central et l’Ouest la Vice Présidente Joice Mujuru, 53 ans, ancienne commandante de la guérilla que dirigeait Mugabe, épouse d’un ancien chef d’état major et qui gère avec lui une ferme prise aux Blancs (http://www.mujuru.com/?page_id=4), ainsi que le ministre du travail Nicholas Goche, l’homme d’affaire Saviour Kasukuwere, et le ministre du gouvernement local et de développement urbain Ignatius Chombo.

 

Au total le MDC a décroché 99 sièges, contre 97 à la ZANU-PF et 10 à la faction dissidente du MDC Mutambara.

 

Une semaine après les élections la commission électorale ne parvenait toujours pas à publier les résultats complets des élections sénatoriales ni ceux de l’élection présidentielle (ce qui arrive aussi dans de nombreux pays du nord). Le MDC, qui estime que son leader a gagné avec 50,3 % des voix contre 43,8 % à Mugabe, a saisi la cour suprême du pays (http://en.afrik.com/article13082.html). Le système électoral zimbabwéen impose en tout état de cause que le gagnant obtienne 51 % des voix sans quoi un second tour est nécessaire.

 

Le 4 avril, le président Mugabe s’est entretenu avec le Politburo de son parti (la ZANU-PF) pour discuter de la question de savoir s’il devait négocier un départ immédiat, organiser un second tour le 19 avril, ou instaurer l’état d’urgence pour gagner du temps. L’organisation d’un second tour n’allait pas de soi compte tenu de l’état désastreux du budget et du coût des élections.

 

Dans l’intervalle, les déclarations impérialistes se sont bousculées. 

 

Condoleezza Rice, en visite à Jérusalem le 31 mars, a estimé que Robert Mugabe était une honte(« disgrace ») pour le Zimbabwe, pour l'Afrique australe et pour l'Afrique entière  (http://rawstory.com/news/afp/Rice_slams_Mugabe_regime_as_disgrac_03302008.html). Il est vrai qu’un contentieux particulier oppose Mme Rice à la ZANU-PF : le journal d’Etat The Herald avait qualifié celle-ci de « Noire qui lave les péchés du pouvoir blanc » et l’avait comparée à Colin Powell, lui-même accusé d’être un « Oncle Tom» (http://www.newzimbabwe.com/pages/powell20.12178.html). Le Département d’Etat mercredi a pressé la commission électorale de publier tous les résultats (http://news.xinhuanet.com/english/2008-04/03/content_7908017.htm) puis a tourné en dérision la demande de la ZANU-PF de recompter les voix (http://news.xinhuanet.com/english/2008-04/08/content_7936002.htm). Le secrétaire général de l’ONU ami de George W. Bush Ban Ki-Moon a aussi demandé à la commission électorale de proclamer au plus vite le résultat de l’élection présidentielle (http://news.xinhuanet.com/english/2008-04/08/content_7936087.htm ).

 

Des eurodéputés comme l’anglais Geoffrey Van Orden (un militaire conservateur, chaud partisan de la guerre en Irak en 2003 http://www.europa-eu-un.org/articles/es/article_2111_es.htm) et l’allemand Michael Gahler, (un chrétien démocrate qui a notamment montré ses ardeurs interventionnistes contre la Chine - http://fr.clearharmony.net/articles/200503/19020.html) ont demandé à l’Union européenne de reconnaître immédiatement la victoire de Morgan Tvangirai (http://en.afrik.com/article13062.html)

 

L’ambassadeur du Zimbabwe à l’ONU Boniface Chidyausiku a rappelé dans une interview à ZBC News que les élections zimbabwéennes sont une affaire interne à ce pays qui ne menacent en rien le reste du monde et souligné que l’ONU et les grandes puissances feraient mieux de s’intéresser à des affaires plus graves comme la situation de la Somalie ou du Proche-Orient (http://www.newsnet.co.zw/index.php?nID=12315).

 

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9 avril 2008 3 09 /04 /avril /2008 20:42

Compte rendu de la délégation

de Droits devant !! à Bamako du 11 au 19 mars 2008

 

A l’occasion des deux journées de débat sur l’immigration organisées les 15 et 16 mars 2008 par l’Association Malienne des Expulsés (AME), une délégation de Droits devant !! s’est rendue à Bamako, afin de participer aux débats et renforcer les synergies de lutte entre mouvements du Sud et du Nord.

 

Dans la continuité de la lutte initiée en commun depuis septembre 2007 avec les camarades de la CGT, la délégation de Droits devant !! a travaillé en partenariat étroit avec ses deux délégués à Bamako, Raymond Chauveau, secrétaire de l’UL CGT de Massy, mandaté à cette occasion par le bureau confédéral de la CGT, et Olivier Villeret, représentant de l’UD CGT de Paris.

Rencontre avec les camarades expulsés

 

Notre venue à Bamako a tout d’abord été l’occasion de retrouver des camarades expulsés avec qui nous avons lutté en France.

Nous avons ainsi revu Diadié Sylla et Cissé Idrissa du squat de Cachan, Mady Diabakaté, ancien gréviste de Buffallo Grill, et également les camarades Sadio Diallo, Sadio Diaby et Diakhité Mahamadou. La détresse matérielle de ces camarades, qui contraste avec le statut de salarié qui était le leur en France avant leur expulsion, la souffrance psychologique qui a estompé leur combativité habituelle, confirment une fois de plus le caractère profondément intolérable de la politique d’expulsion et de stigmatisation menée par le gouvernement français.

 

Nous avons transmis à ces camarades le salut et le soutien de toute l’association. Nous continuerons à nous battre à leurs côtés – en collaboration avec l’AME – pour la satisfaction de leurs exigences, notamment celle de percevoir le bénéfice des cotisations sociales (santé, chômage, retraite) qu’ils ont versées pendant toutes les années où ils travaillaient pour des entreprises françaises. Il y a dans ces milliers d’expulsions de travailleurs sans-papiers un aspect inacceptable dés lors que l’état français, premier responsable de ces expulsions (desquelles sont complices les consulats qui délivrent les laissez-passer), s’accapare sans vergogne la totalité des cotisations versées par ces travailleurs. Ce véritable racket d’état doit cesser et les travailleurs sans-papiers expulsés et spoliés doivent désormais se mobiliser pour que l’état restitue ce qui leur est dû.    

Interventions dans les médias

 

Les deux premières journées à Bamako ont été l’occasion d’intervenir dans les médias locaux, afin de donner une résonance à ces deux journées organisées par l’AME, faire connaître les luttes que nous menons en France et affirmer nos revendications principales.

 

Une conférence de presse a ainsi été organisée le mercredi 12 mars avec la CGT, l’AME et son comité de soutien. Cette conférence a vu la présence de nombreux médias locaux (radios, presse écrite, télévision), et fut l’occasion de rappeler la nécessité de construire des liens entre militants du Nord et du Sud, et de mener des mobilisations coordonnées pour gagner la lutte des travailleurs sans-papiers et des expulsés, en inscrivant celle-ci dans le combat plus large contre la politique néocoloniale menée par l'Union Européenne en général, la France en particulier (notamment via les Accords de Partenariat Economique - « APE » -).

 

Nous avons ainsi décliné à la presse nos trois revendications principales:

-         Le gouvernement malien doit exiger du gouvernement français la régularisation des travailleurs maliens sans-papiers actuellement en France, au nom de leurs  droits en tant que travailleurs et également au nom de la contribution fondamentale qu'ils apportent au développement du Mali ;

-         Le gouvernement malien, par l'intermédiaire de ses consulats, doit mettre fin à la politique de délivrance des laissez-passer d’expulsion. Ceux-ci détruisent la vie de milliers de citoyens maliens, paupérisent encore plus le Mali en asséchant le flux des transferts financiers envoyés par ces travailleurs sans-papiers et contribuent in fine à renforcer politiquement Sarkozy qui peut ainsi se vanter d’atteindre son chiffre en matière d’expulsions.

-         Le gouvernement malien doit refuser toute signature d'accord bilatéral sur le thème de l'immigration choisie et des quotas de travailleurs avec le gouvernement français. L’exemple du Sénégal, dont l’accord bilatéral n’accorde la délivrance que de mille cartes « salarié » en échange d’une augmentation massive des expulsions de travailleurs sénégalais sans-papiers, montre que ce type d’accord va à l’encontre des intérêts des populations. En ce sens, aucun accord ne doit être signé sans le préalable de la régularisation de tous les travailleurs sans-papiers maliens présents en France, l’ouverture inconditionnelle aux travailleurs maliens de la liste des 152 métiers dits « en tension », et l’accès des travailleurs expulsés aux droits sociaux liés aux cotisations (santé, chômage, retraite) qu’ils ont versé lorsqu’ils travaillaient pour des entreprises françaises.

 

Le jeudi 13 mars au soir, Jean-Claude Amara et Raymond Chauveau ont été invités par Nouhoum Keita, du C.A.D. (voir ci-dessous) et de la radio Kayira (104.4 FM à Bamako), pour intervenir à l’antenne pendant environ une heure et demie. Les discussions ont notamment porté sur les luttes actuelles des travailleurs sans-papiers en France, et sur la nécessité pour le peuple malien de forcer son gouvernement à refuser de s’agenouiller devant  Sarkozy[1].

Rencontres avec des officiels autour des négociations sur un accord bilatéral Franco-Malien

 

La délégation a été reçue par le gouvernement et l’assemblée nationale maliens et par l’ambassade de France à Bamako.

 

Le vendredi 14 mars, avec les camarades de la CGT et de l’AME, nous avons été reçus, par le Ministre des Maliens de l’Extérieur de l’Intégration Africaine, M. Macalou. Le ministre et son chef de cabinet nous ont d’abord expliqué que les négociations étaient engagées entre la France et le Mali pour la signature d’un accord de « gestion concertée des flux migratoires », autrement dit d’un accord d’immigration choisie. Le ministre nous a fait valoir qu’il défendait au mieux les intérêts de ses compatriotes dans cette négociation, en dépit d’une pression extrême mise par la partie française. Après que nous lui ayons présenté nos revendications, le ministre nous a affirmé que nos mobilisations en France (notamment la régularisation des cuisiniers sans-papiers du restaurant « La Grande Armée) lui donnait un poids supplémentaire dans la négociation. Au vu des discussions que nous avons eues, il nous semble néanmoins très clair que le gouvernement malien a l’intention de signer un accord avec le gouvernement français, et que son contenu, quel qu’il soit, se fera au détriment du peuple malien.

 

Le mardi 18 mars, suite à l’intervention d’Oumar Mariko, député, nous avons été reçus avec les camarades de l’AME par le président de l’Assemblée Nationale du Mali, Dioncounda Traoré. Nous avons attiré son attention sur le fait qu’il était inacceptable que toutes les négociations entourant l’accord bilatéral soient tenues secrètes, et que le peuple malien, comme l’Assemblée Nationale elle-même, en soient tenus à l’écart. Le président nous a fait part de sa totale opposition à la signature de cet accord. Lors de la reprise des travaux parlementaires le 7 avril prochain, il est envisageable qu’un certain nombre de députés pose des questions au gouvernement sur ce sujet pour tenter de peser sur les négociations.

 

Ce même mardi 18 mars, avec l’AME et la CGT, nous avons également été reçus par le Premier Conseiller de l’Ambassade de France à Bamako. Les camarades de l’AME avaient apporté à cette occasion les dossiers de plusieurs travailleurs maliens expulsés de France, dont la situation est particulièrement insupportable (notamment des cas où la famille a été séparée, l’épouse et les enfants étant restés en France). Le conseiller a demandé aux camarades de l’AME de lui transmettre une synthèse de ces dossiers pour les étudier. Nous avons également échangé sur la question de l’accord bilatéral, en arguant qu’il serait absurde de concéder un infime quota de nouvelles cartes « salarié » à des maliens, sans que soient régularisés les travailleurs sans-papiers déjà présents en France. Nous avons par ailleurs exigé, au nom du droit à l’information des citoyens français et maliens, la publication du futur accord. Le conseiller s’est refusé à tout débat sur ces questions, expliquant en substance que son rôle n’est que d’appliquer la politique décidée à Paris.

 

Pour finir, il ressort néanmoins des discussions avec ces officiels que la question des droits sociaux liés aux cotisations versées par les travailleurs sans-papiers expulsés de France, question que nous avons nous-même soulevée, sera probablement reprise dans les négociations par la partie malienne, et peut-être intégrée sous une forme ou une autre à l’accord final.

Participation aux deux journées organisées par l’AME

 

La délégation a participé aux deux journées de débat organisées par l’AME les samedi 15 et dimanche 16 mars 2008, au centre Djoliba de Bamako.

 

Ces journées ont vu la présence de plusieurs centaines de personnes, dont des travailleurs sans-papiers expulsés, des refoulés (notamment aux frontières algérienne, lybienne, marocaine…), des militants associatifs, syndicalistes et politiques, du Mali comme d’Europe, ainsi que des journalistes.

 

La délégation de Droits devant !! est intervenue à deux reprises dans les débats :

-         sur le thème des nouvelles lois sur l’immigration dans l’Union Européenne, nous avons exposé plus particulièrement la situation française, en dénonçant le caractère profondément raciste de la politique actuellement menée par le gouvernement de Sarkozy, notamment sur la question des listes de métiers ouverts aux étrangers. Nous avons également souligné la contradiction qui se développe progressivement entre la politique idéologique du gouvernement, et les demandes pragmatiques d’une partie du patronat français ;

-         sur le thème des luttes actuelles des migrants, nous avons évoqué les différentes luttes que nous menons en France – avec les camarades de la CGT – autour de la régularisation des travailleurs sans-papiers, et notamment la grève victorieuse des cuisiniers sans-papiers du restaurant la « Grande Armée ».

 

Signe de l’importance de l’enjeu de ces deux journées : le Ministre des Maliens de l’Extérieur était représenté tout au long des débats par son chef de cabinet. Ce dernier est intervenu à plusieurs reprises pour défendre la politique de son gouvernement et jeter les premières bases, moyennant quelques subsides financiers, d’une gestion plus « humaine » des expulsés et refoulés en requérant le concours et l’expérience de l’AME. Il n’a toutefois pas réussi à convaincre la majorité des participants, qui n’ont eu de cesse de dénoncer la politique de collaboration et de soumission du gouvernement malien au gouvernement français.

 

Les deux journées de débat se sont soldées par une déclaration finale, soutenue par l’ensemble des organisations participantes, qui résume le contenu des débats et reprend l’essentiel de nos revendications. Cette déclaration a été largement diffusée sur les réseaux électroniques et dans la presse écrite malienne.

 

Echanges avec les organisations maliennes

 

Ce voyage à Bamako fut également l’occasion de retrouver des mouvements avec lesquels nous avons organisé des mobilisations bilatérales autour de revendications communes.

 

La première de ces associations fut bien entendu l’AME (à la refondation de laquelle Droits devant !! a participé activement lors du FSM de janvier 2006, lui apportant dans la foulée un soutien financier de départ, notamment pour la location de ses locaux actuels), avec qui nous avons cheminé pendant tout notre séjour. Nous avons ainsi retrouvé, parmi d’autres, le président de l’association Ousmane Diarra – qui nous avait accompagnés au Forum Social Mondial de Nairobi en 2007 – et le secrétaire général Mamadou Keita. Les camarades nous ont informés du travail constant et pénible qu’ils font pour accueillir les expulsés à l’aéroport à Bamako et pour leur venir en aide par la suite (y compris en leur fournissant un hébergement temporaire dans les locaux de l’association). Lors des discussions que nous avons eues avec eux, il est apparu que la question des droits sociaux liés aux cotisations versées en France par les travailleurs expulsés était centrale pour l’AME, et que cela pouvait constituer un axe de mobilisation très concret pour les camarades. L’idée a également été proposée de considérer l’expulsion d’un travailleur sans-papiers comme un véritable « licenciement administratif d’Etat », et de réclamer des indemnités en conséquence à l’Etat français. Nous avons également fait part aux camarades de l’AME de certains dangers qui pourraient les guetter : si l’assistance humanitaire aux camarades expulsés est fondamentale et doit constituer une activité centrale de l’AME, cela ne saurait suffire. L’association doit continuer, car tel fut le cas à de plusieurs reprises depuis sa création, de mener en parallèle sa lutte contre la politique du gouvernement français et la collaboration du gouvernement malien, en mobilisant les expulsés par le biais de revendications concrètes, notamment celles exposées ci-dessus. A défaut d’une telle mobilisation sur le terrain politique, le risque est de voir l’association instrumentalisée par le gouvernement malien qui pourrait ainsi se défausser sur l’association de ses obligations d’assistance aux expulsés et d’exigence de régularisation des travailleurs sans-papiers en France. Le gouvernement français pourrait de son côté faire valoir « l’humanité » de sa politique, car ayant contribué à la mise en place de structures censées accueillir plus « dignement » les expulsés.

Concernant l’Europe, la détermination des gouvernements à vouloir gérer le problème obsessionnel du « contrôle des flux migratoires », en privilégiant notamment l’immigration choisie, va de facto entraîner l’amplification des licenciements et des expulsions de travailleurs sans-papiers installés au Nord, lesquelles se feront avec la collaboration toujours plus « monnayée » de gouvernements du Sud.

Dans ce contexte, il est prévisible que, de concert, ces gouvernements tentent d’instrumentaliser des associations type AME et des ONG spécialisées pour organiser des campagnes de dissuasion envers les candidats à l’émigration et instaurer une gestion plus « présentable et acceptable » des refoulés et des expulsés.

Face à ces politiques du pire, une mobilisation accrue pour la régularisation de tous les travailleurs sans-papiers, contre les expulsions, pour la récupération des droits des expulsés, et, plus largement, pour la libre circulation et installation des personnes, est essentielle.

 

Avec la CGT, nous avons également organisé une réunion avec les camarades du mouvement des « Sans voix » au Mali (membre du réseau No Vox[2]), avec qui nous avons renoué contact après notre rencontre au Forum Social Polycentrique de Bamako en 2006. Les camarades nous ont informés qu’ils avaient travaillé à l’extension de leur mouvement en Afrique, notamment au Bénin, au Cameroun, au Togo, au Burkina Faso et au Niger. Nous avons eu des échanges sur la situation politique au Mali, notamment sur la question de la cherté de la vie (qui est actuellement l’objet de mobilisations importantes au Burkina Faso). Les camarades ont longuement insisté sur la très forte augmentation des prix au Mali, entraînant une paupérisation accrue de centaines de milliers de personnes. La situation est donc potentiellement explosive, mais le manque d’organisation de la population ne permet pas, pour le moment, l’émergence de revendications et de mobilisations concrètes dans le champ politique malien.

Fassery Traoré, porte parole des ouvriers des mines d’or de Sadiola et Morila, était présent à cette rencontre. Il nous a fait un point suite aux 533 licenciements illégaux de ces ouvriers orchestrés en 2005 par la Somadex, filiale de Bouygues, l’un des principaux exploiteurs des gisements aurifères, soutenue par le gouvernement français et la complicité du gouvernement malien. A ces licenciements frauduleux, s’est ajoutée une répression implacable, amenant l’emprisonnement de 30 mineurs, dont 9 incarcérés sans jugement dans des prisons maliennes durant un an et demi. Aujourd’hui, 217 de ces mineurs, défendus par Me Amadou Diarra, sont encore mobilisés pour récupérer leurs droits, à commencer par les indemnisations qui leur sont dues. Les camarades des « Sans Voix » nous ont aussi fait part de leur intention d’organiser cette année un « Forum des Sans » aux alentours de Bamako.

 

RENCONTRE AVEC LA COALITION DES ALTERNATIVES AFRICAINES DETTE ET DEVELOPPEMENT (C.A.D.) :


Créée en 1998 lors de l’organisation du Jubilé 2000 contre la dette, la C.A.D. regroupe 66 associations et syndicats maliens et constitue une des principales forces du comité de soutien de l’AME.

A cet égard, Mme Barry Aminata Touré, présidente, M. Dao Dounianté, directeur exécutif et Yoro Bi, un camarade ivoirien réfugié politique, qui nous ont accueillis, nous ont fait part de leur détermination à soutenir l’AME pour que celle-ci maintienne un engagement dans la durée auprès des expulsés en menant des mobilisations et actions collectives contre la politique du chiffre, colonialiste et esclavagiste du gouvernement français, à laquelle le gouvernement malien doit refuser de collaborer.

Comme elle le fait depuis 5 ans, la C.A.D. sera l’un des principaux organisateurs du prochain « Forum des Peuples » qui aura lieu en juillet à côté de Bamako, qui verra la participation de nombreux mouvements internationaux, notamment d’Afrique.

 

Dernières (bonnes) nouvelles : la huitième session du comité franco-malien qui s’est tenue à Paris les 17, 18 et 19 mars derniers, au centre de laquelle se discutait l’accord bilatéral d’immigration choisie, n’a débouché sur aucune concrétisation. La prochaine session doit avoir lieu dans environ trois mois à Bamako. Nous appelons les camarades de l’AME, son comité de soutien et les partenaires français à une mobilisation bilatérale pour obtenir un retrait définitif de cet accord léonin. 

 

 

 

 

 

Amara et Sébastien,

Le 25 mars 2008,

Pour Droits devant !!

 



L’enregistrement intégral de l’émission est disponible sur demande (sur CD audio ou au format MP3).

 

[1]

Rappelons que Droits devant !! est membre du réseau NoVox, réseau qui regroupe des mouvements militants d’Afrique, d’Asie, d’Europe et d’Amérique et dont l’objectif est de lutter pour les droits de tous les précaires et les « sans » : sans-emploi, sans-logis, sans-papiers, sans-terre…

 

[2]



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9 avril 2008 3 09 /04 /avril /2008 20:36

Démission du ministre équatorien de la Défense

 

QUITO, Equateur  (AP)

 

  Le ministre équatorien de la Défense a créé la surprise mercredi en démissionnant en pleine crise diplomatique entre Quito et Bogota au sujet de l'incursion des forces armées colombiennes en Equateur lors d'une opération contre les FARC.

 

Le vice-ministre de la Défense, Miguel Carvajal, a confirmé le départ de Wellington Sandoval et a annoncé que son successeur, Javier Ponce, entrerait probablement en fonctions dans la journée. M. Ponce, journaliste, a été secrétaire personnel du président Rafael Correa.

Le ministre Sandoval avait fait des commentaires controversés après l'opération contre un camp des rebelles colombiens qui avait fait 25 morts le 1er mars.

Deux commandants militaires équatoriens, le général Guillermo Vasconez et le général Hector Camacho, ont par ailleurs proposé de démissionner suite aux allégations du président Rafael Correa selon lesquelles les services de renseignement du pays seraient contrôlés par la CIA.

Le président Correa cherche également à obtenir la démission du directeur de la police nationale dans le cadre de cette purge des services de renseignement et de sécurité qui a déjà coûté son poste à Wellington Sandoval.

Il a réclamé une enquête suite à des conseils qu'auraient apparemment donnés les renseignements militaires à des responsables colombiens sur les contacts d'un ressortissant équatorien -tué le 1er mars- avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie. AP

 

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8 avril 2008 2 08 /04 /avril /2008 21:46

Grève générale au Burkina contre la flambée des prix

 

OUAGADOUGOU (Reuters)

 

  Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, a été paralysée mardi par une grève générale organisée pour deux jours afin de dénoncer la flambée des prix des carburants et des denrées alimentaires, déjà à l'origine d'émeutes en février.

 

  Après ces émeutes, le gouvernement a levé pour trois mois les taxes à l’importation sur les produits alimentaires de base et de nouvelles dispositions ont été adoptées la semaine dernière pour juguler l’inflation.

 

Le moratoire sur les taxes à l'importation a ainsi été prorogé pour six mois, les heures creuses pour la facturation de l'électricité ont été étendues et la tarification de l'eau a été revue.

 

Les syndicats réclament néanmoins de nouvelles mesures pour faire baisser les prix des denrées alimentaires et une augmentation de 25% des salaires et des retraites de la fonction publique. Ils n'ont toutefois prévu ni rassemblement ni manifestation et aucun débordement n'a été constaté mardi.

 

Les émeutes de février ont donné lieu à des pillages et de violents affrontements avec les forces de l'ordre, qui ont procédé à plus de 300 arrestations à Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, deuxième ville du pays.

 

Des troubles similaires ont eu lieu récemment au Cameroun, en Egypte, en Indonésie, en Côte d'Ivoire, en Mauritanie, au Mozambique, au Sénégal et en Haïti.

 

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8 avril 2008 2 08 /04 /avril /2008 21:25

La Chine à l’assaut de l’Afrique

 

Des investissements supérieurs aux sommes injectées par la Banque Mondiale, 800 000 Chinois installés sur place… L’Afrique est en passe d’être dévorée toute crue par l’Empire du milieu.

 

 

La croissance et même la survie économique de la Chine dépendent, paradoxalement et pour une part croissante, du continent le moins développé, l’Afrique.

 

Pékin absorbe désormais 25 % de tout le cuivre consommé à travers le monde, 40 % du charbon, 35 % de l’acier, 10 % du pétrole et sa demande ne cesse de croître, et 90 % de tout l’aluminium. Une économie dévoreuse d’énergie, boulimique en matières premières qui s’est tout naturellement tournée vers la région qui en est le mieux pourvu.

 

Les Chinois ont lancé une véritable OPA sur l’Afrique en profitant à la fois de la perte d’influence occidentale, notamment française en Afrique de l’Ouest, et de la crise que traversent les institutions chargées de l’aide au développement.

En 2007 Pékin a investi plus de 9 milliards de dollars en Afrique alors que la Banque Mondiale s’est révélée incapable d’y injecter plus de 2,5 milliards de dollars.

 

L’organisation internationale basée à Washington tente désormais de convaincre la Chine de devenir son partenaire pour le financement des projets africains.

 

Plus de 800 000 Chinois travaillent déjà sur ce continent pour plus de 900 entreprises de toutes tailles. Ils extraient le cuivre et le cobalt en Zambie et au Congo, le platine et le chrome au Zimbabwe ; ils achètent d’énormes quantités de bois au Gabon, au Cameroun, au Mozambique, en Guinée équatoriale et au Libéria, ainsi que l’acier, l’or, le charbon, le nickel dans tous les pays de cette zone qui en détiennent ou en produisent. L’Angola fournit la moitié du pétrole importé d’Afrique par Pékin. En janvier 2005 le gouvernement de Luanda a bénéficié d’un prêt chinois de 2 milliards de dollars gagés sur le pétrole, qui a augmenté d’un milliard de dollars l’année suivante. Officiellement pour réparer les infrastructures déficientes.

 

Les Chinois détournent le regard

 

En réalité, la Chine sait qu’elle traite avec des régimes totalement corrompus qui détournent à leur profit une partie de ces sommes. En juillet 2005, la Chine et le Nigeria, autre exemple de corruption à tous les niveaux, ont signé un accord de 800 millions de dollars qui prévoit la livraison de 30 000 barils de pétrole quotidien à la Chine ; le régime nigérian a aussi octroyé à la Chine des licences de forage en échange de 4 milliards de dollars.

 

Pour les nombreux dictateurs qui peuplent cette région, Pékin constitue une manne et une bénédiction : le régime chinois offre une alternative au tête à tête de plus en plus pesant et tendu avec les occidentaux, ne manifeste aucune exigence en matière de démocratie ou de bonne gouvernance, et enfin, propose gratuitement des services que ces régimes ont toujours été incapables d’offrir à leur population. Plus de 15 000 médecins chinois ont ouvert des dispensaires dans 47 États africains.

 

La Chine : un généreux investisseur

 

Désormais, l’Afrique fournit 1/3 du pétrole importé par Pékin. Ce qui explique qu’en 2006-2007, le Président chinois Hu Jin Tao ait visité 17 pays du continent. En 2005, le flux commercial entre la Chine et l’Afrique s’élevait à 40 milliards de dollars, il dépassera les 100 milliards de dollars avant 2010. Les réserves financières de la Chine dépassent 1 500 milliards de dollars et Pékin joue de cette puissance financière pour séduire, contrôler. En juin 2006, le Sénégal a ainsi bénéficié d’un allègement de sa dette, qui atteignait alors 20 millions de dollars.

 

Par ailleurs, la Chine s’est engagée à investir 35 millions de dollars dans le dernier délire pharaonique du Président Wade, la construction du plus grand théâtre d’Afrique de l’Ouest. Aussi mauvais gestionnaire que grand mégalomane, le dirigeant sénégalais se montre très satisfait de la réactivité chinoise : « un contrat », confie-t-il, « qui était discuté et négocié pendant cinq ans avec la Banque Mondiale, est conclu en 3 mois avec les Chinois ».

 

Il est vrai que pour Pékin, le temps presse. Et l’ampleur des investissements est à la mesure de cette urgence. 15 milliards de dollars ont été investis au Soudan depuis 1996, essentiellement dans le pétrole, et 500 000 barils par jour sont extraits, en grande partie par la CNPC (China National Pétroleum Corporation), autorisée à extraire directement les gisements. Pékin finance et arme également les rebelles tchadiens avec, comme objectif, le contrôle des zones pétrolifères du pays.

 

Vive les matières premières !

 

Étendre la présence chinoise en République du Congo est devenu une autre priorité. Le plus grand pays d’Afrique est aussi l’un des plus pauvres au monde, avec un revenu annuel par habitant de 714 dollars. C’est également potentiellement le plus riche : son sous-sol recèle les plus importantes réserves mondiales de cobalt et de tantalum, un métal rare, et d’énormes gisements de cuivre, d’or, de diamants, de manganèse, d’uranium et de zinc. Un accord signé en septembre 2007 prévoit que la Chine injectera 6,5 milliards de dollars dans la construction ou l’amélioration des infrastructures du pays, ainsi que 2 milliards de dollars supplémentaires pour ouvrir ou moderniser de nouvelles mines.

 

Dans ce pays, les Chinois concurrencent directement les grands groupes miniers occidentaux mais disposent d’un atout de poids : leurs firmes sont des entreprises publiques capables de surenchérir inlassablement pour s’adjuger les concessions. Un seul exemple : en 2006 Sinopec, l’une des 3 compagnies pétrolières chinoises, a accepté de payer 2 milliards de dollars pour exploiter le pétrole sur trois lots situés dans les eaux territoriales Angolaises.

 

Cette stratégie rassure Pékin, quant à la stabilité de ses approvisionnements, et encourage les comportements les plus obscènes de certains dirigeants africains :

 

Depuis que du pétrole a été découvert dans la minuscule Guinée équatoriale, une ancienne colonie espagnole, la famille au pouvoir est courtisée par la Chine et les occidentaux. Malgré les gisements découverts, le niveau de vie de la population, déjà misérable, a encore chuté et le fils aîné du Président, et son successeur désigné, a pour principal préoccupation de négocier le rachat du yacht de Paul Allen, le co-fondateur de Microsoft.

 

Patrick Eric Mampouya

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