Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
20 janvier 2008 7 20 /01 /janvier /2008 21:57
Gaza : un expert de l'ONU dénonce les crimes de guerre "lâches" d'Israël

2008-01-19 10:17:38

GENEVE (AFP)

Le rapporteur spécial de l'ONU pour les droits de l'Homme dans les territoires occupés, John Dugard, a dénoncé samedi les crimes de guerre "lâches" commis par Israël dans la bande de Gaza lors des raids de la semaine écoulée.
 
Dans un communiqué diffusé par le Haut commissariat des Nations unies pour les droits de l'Homme à Genève, l'expert indépendant a accusé Israël de recourir à un châtiment collectif et de ne pas distinguer entre cibles militaires et civiles.
 
"Les responsables d'actes aussi lâches se rendent coupables de graves crimes de guerre et doivent être poursuivis et sanctionnés", a estimé M. Dugard, estimant que l'intervention israélienne a fait près de 40 morts dans les rangs palestiniens durant la semaine.
 
Le rapporteur a particulièrement condamné le tir de missiles contre un bâtiment administratif à proximité d'une cérémonie de mariage, estimant que l'armée israélienne ne pouvait ignorer le risque de pertes humaines parmi les civils.
 
M. Dugard a estimé que les Etats-Unis et les autres pays engagés dans le processus de paix d'Annapolis avaient "une obligation à la fois légale et morale" de forcer Israël à mettre fin à son intervention.
 
Les opérations israéliennes sont en représailles à des tirs de roquettes lancés depuis Gaza contre le territoire de l'Etat hébreu.
 
Le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU se réunira mercredi en session extraordinaire afin d'examiner la situation dans les territoires palestiniens, à la demande des pays arabes et islamiques qui ont réuni 22 signatures sur les 47 pays membres du Conseil, a annoncé l'ONU vendredi soir.

 
Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
19 janvier 2008 6 19 /01 /janvier /2008 22:04
De quoi le succès de Badiou est-il fait ? (Le Monde)
 
La seconde jeunesse d’Alain Badiou, nouvel héraut de l’anti-sarkozysme
LE MONDE | Mis à jour le 11.01.08 | 14h16
 
Voilà un succès qui en dit long sur un certain désarroi à gauche. Le livre pamphlet d’Alain Badiou De quoi Sarkozy est-il le nom ? (Lignes, 14 euros) fait un tabac deux mois après sa sortie. Et réassure une petite notoriété à un philosophe plutôt aride dont les présupposés politiques restent - de manière assumée - très empreints d’un marxisme léninisme puisant aux sources les orthodoxes ("mao- stal", aurait on dit les années 1970).
 
Ses plus de 17 000 exemplaires vendus - inespéré pour un auteur dont les ouvrages plus austères ne dépassent pas les 3 000 - un retirage en urgence par la petite maison d’édition, un nombre de recensions encore jamais atteint... : "On savait que ce livre allait se vendre mais pas à ce point", confie Sébastien Raimondi, responsable d’édition.
 
C’est par le bouche-à-oreille au sein d’un lectorat très critique à l’encontre de Nicolas Sarkozy que le livre fut conseillé. Des lecteurs "déprimés", comme les décrit Alain Badiou dans son ouvrage. Tellement assommés par ce "coup sur la tête" qu’ils cherchaient des mots que le philosophe a su trouver pour nommer leur mal-être.
Parlant de M. Sarkozy comme de "l’homme aux rats", expression d’un "pétainisme soft" face à une gauche impuissante, il propose à ses lecteurs une "nouvelle morale" pour n’"être ni rat ni déprimé", un nouveau "courage".
 
Sur le Net, des sites militants comme Non-a-lintox.org, Paper.blog, Bellaciao ou Rezo.net ont vite chroniqué le petit ouvrage. Il a aussi gagné les sites locaux Désirs d’avenir, de Ségolène Royal, ou Nonfiction.fr, de l’écrivain Frédéric Martel. Patrick Besson lui a consacré un éditorial dans Le Point, Le Parisien une pleine page, et le voilà convié par les radios telles BFM ou France Inter. Répondant à "toutes" les invitations - "sauf la télé parce que les débats sont tronqués", dit-il -, M. Badiou sillonne, à 70 ans, les librairies et les cercles militants.
 
Pourquoi un tel engouement ? "C’est un livre accessible qui reprend une interrogation partagée", explique son éditeur. L’auteur, s’en amuse : "Je suis frappé par la violente hostilité dont Sarkozy est l’objet de la part de gens que je rencontre : des intellos, des ouvriers, des profs. C’est le début d’une minorité très constituée", professe M. Badiou. Une minorité dont rêve le disciple de Mao même si elle n’est pas encore "agissante".
 
Sylvia Zappi
 
Article paru dans l’édition du 12.01.08
 
 
 
 
Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
19 janvier 2008 6 19 /01 /janvier /2008 21:53
Israël, "en guerre" contre le Hamas, décrète
un blocus total de Gaza
 
 
LE MONDE | 19.01.08 | 13h32  •  Mis à jour le 19.01.08 | 13h32
 
 La guerre est désormais ouverte entre Israël et le Hamas, qui a pris le pouvoir par les armes dans la bande de Gaza le 15 juin 2007. Cette semaine, 33 Palestiniens ont été tués et une pluie de roquettes s'est abattue sur le sud de l'Etat juif, sans faire de victimes. "Une guerre est en cours dans le Sud, chaque jour, chaque nuit. Nous poursuivrons nos opérations avec sérénité et détermination", a déclaré, jeudi 17 janvier, le premier ministre israélien Ehoud Olmert. "Cette guerre ne s'arrêtera pas" tant que les tirs ne cesseront pas.
 
Les autorités israéliennes ont donc décidé d'intensifier leurs opérations dans la bande de Gaza, afin de mettre à genoux les islamistes du Hamas. Cette pression est militaire et économique. Depuis vendredi, la bande de Gaza est également soumise à un blocus total. Tous les points de passage qui, depuis que ce territoire a été déclaré "entité hostile" le 19 septembre 2007, ne laissaient passer que le minimum de marchandises et un nombre extrêmement limité de personnes, sont totalement bouclés.
Même l'aide humanitaire ne passe plus, a déploré l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, pour qui "l'isolement accru ne fera que radicaliser davantage sa population démoralisée". Près de quatre Palestiniens sur cinq (1,5 million d'habitants) étant dépendants de l'aide internationale, la situation peut rapidement empirer même si, pour le moment, personne ne meurt de faim. "Il y a une augmentation des cas de rachitisme chez les enfants. Il n'y a plus de ciment pour les tombes et les hôpitaux fournissent des draps pour remplacer les linceuls. Même dans la mort, les Palestiniens sont affectés par le blocus", a déploré Christopher Gunnes, porte-parole de l'Unrwa.
"C'est au Hamas de décider s'il veut se battre ou prendre soin de la population", a déclaré Shlomo Dror, porte-parole du ministère de la défense israélien, ajoutant "qu'il n'y aura pas de crise humanitaire à Gaza, car il y a suffisamment de nourriture", et que la situation sera réévaluée la semaine prochaine. Il a précisé que, "si le lait vient à manquer, une autorisation de livraison sera demandée au ministère et elle pourra entrer". John Holmes, secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires de l'ONU, a protesté contre cette "punition collective", estimant que "la réaction israélienne n'est pas justifiée par ces tirs de roquettes, même (s'ils) en sont la cause".
Quatre raids aériens ont été menés, vendredi, dans la bande de Gaza, tuant trois personnes et en blessant des dizaines d'autres. Un F-16 a détruit l'ancien ministère de l'intérieur inoccupé, causant la mort d'une femme, blessant une cinquantaine de personnes et endommageant près de quinze maisons. Une autre attaque a eu lieu contre un local de la police maritime.
Israël a haussé d'un cran ses objectifs en s'attaquant directement à des bâtiments du pouvoir islamique. Cette recrudescence de la tension se produit moins d'une semaine après la visite du président américain George Bush et alors que les pourparlers de paix sont entrés dans le vif du sujet.
 
Michel Bôle-Richard
 
Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
19 janvier 2008 6 19 /01 /janvier /2008 21:45
Des milliers de manifestants défilent dans plusieurs
villes pour dénoncer la rétention des sans-papiers
 
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 19.01.08 | 18h59  •  Mis à jour le 19.01.08 | 20h50

 Des milliers de personnes ont manifesté dans plusieurs villes de France, samedi 19 janvier, à l'occasion de la journée européenne contre l'enfermement des étrangers, pour dénoncer la présence de sans-papiers dans les centres de rétention, ainsi qu'un projet visant à porter la durée maximale possible de rétention administrative à dix-huit mois.
 
A Paris, où a eu lieu le plus important rassemblement, entre 2 000 et 3 000 personnes ont défilé entre la Cité de l'immigration et le centre de rétention de Paris-Vincennes sous l'égide du Réseau Education sans frontières (RESF), de la FCPE, des collectifs de sans-papiers et des membres de la Ligue des droits de l'homme (LDH). "Nous ne sommes pas là pour dénoncer les conditions de rétention mais pour dénoncer le fait même de mettre des gens dans des prisons administratives sans jugement (...)ils n'ont commis aucun crime et se retrouvent bannis de leur vie, de leur métier, de leur famille", a déclaré Richard Moyon, porte-parole de RESF. La durée maximale de rétention en France est actuellement de 32 jours, mais pourrait passer à 18 mois si un projet de directive européenne est adopté.

 
"NI SÉLECTION, NI EXPULSION"
Des incidents avec les forces de l'ordre ont été signalés lorsque le cortège est arrivé à hauteur du centre de Paris-Vincennes. Les gendarmes mobiles ont fait usage de gaz lacrymogènes lorsque des manifestants ont voulu déplacer des barrières disposées pour empêcher le cortège de s'approcher du lieu. Quelques jets de pierre ont fusé en direction des CRS, qui ont alors brièvement chargé pour repousser la foule.
A Lyon, entre 1 200 et 2 000 personnes, certaines venues par bus de treize départements du Centre-Est, ont défilé devant le centre de rétention administrative de Lyon Saint-Exupéry avec des banderoles comme "Bienvenue au Sarkoland", "France de la Honte", "Ni sélection, ni expulsion". A Toulouse, ils étaient entre 250 et 300, avec plusieurs élus de gauche, dont le maire de la ville, Pierre Cohen.
Des manifestations ont également eu lieu à Marseille, à Rennes, où 1 500 personnes se sont rassemblées, selon les organisateurs, et à Orléans. "Au-delà de notre opposition au projet de directive européenne, nous demandons la fermeture pure et simple de ces lieux d'emprisonnement", a déclaré à Reuters un des porte-parole de RESF à Orléans.
 
Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
18 janvier 2008 5 18 /01 /janvier /2008 21:52
La bande de Gaza placée sous
 
blocus général
 
LEMONDE.FR avec AFP | 18.01.08 | 05h20  •  Mis à jour le 18.01.08 | 11h41
 
 L'armée israélienne a accentué la pression sur la bande de Gaza, jeudi 17 janvier, imposant un blocus et multipliant les raids, alors que les tirs de roquette sur le sud d'Israël s'amplifiaient. "Le ministre [de la défense israélien] a ordonné la fermeture de tous les passages frontaliers entre Israël et la bande de Gaza", a ainsi déclaré, jeudi soir, un porte-parole du ministère de la défense. Il a toutefois précisé qu'Israël autoriserait des passages pour répondre à des "nécessités humanitaires exceptionnelles".Et de pousuivre : "Cette mesure, qui devrait rester en vigueur plusieurs jours, concerne aussi bien le trafic des marchandises que le passage des personnes."
 
Israël a imposé depuis plusieurs mois toute une série de sanctions économiques à la bande de Gaza, décrétée "entité hostile" après sa prise de contrôle par le mouvement islamiste Hamas qui prône la poursuite de la lutte armée. Israël n'avait cependant pas imposé de blocus général à ce territoire jusque-là.
 
Le premier ministre israélien, Ehoud Olmert, avait annoncé plus tôt que son pays poursuivrait ses attaques contre la bande de Gaza. "Dans le sud [d'Israël], il y a une guerre en cours, et nous ferons tout notre possible pour mettre fin à ces tirs inacceptables (...). Nous allons continuer de lutter sans merci contre le Hamas, le Djihad  [islamique] et tous nos ennemis", avait-il fait savoir.
 
Le Hamas est responsable, avec le Djihad islamique, de la plupart des tirs de roquette depuis la bande de Gaza vers le sud d'Israël. Jeudi, une quarantaine de roquettes ont été tirées depuis Gaza contre le territoire israélien, faisant quatre blessés légers et des dommages matériels, selon l'armée israélienne.
 
RAIDS ISRAÉLIENS MEURTRIERS
 
Parallèlement, dans la bande de Gaza, l'armée israélienne a mené jeudi et vendredi matin, une série de raids.
 
Vendredi matin, un activiste palestinien a été tué et quatre personnes blessées dans un raid aérien dans le nord de la bande de Gaza. Une porte-parole de l'armée israélienne a confirmé l'attaque, affirmant qu'il a visé "un groupe qui a tiré des roquettes sur Israël ce matin".
 
La veille, un raid a fait deux morts, un activiste et sa femme qui se trouvaient à bord d'une voiture dans le nord du territoire.
 
Dans un autre raid aérien, un missile a touché une voiture transportant des membres de la branche armée du Djihad islamique, tuant deux hommes.
L'explosion a également touché une carriole toute proche, tuant une femme et blessant grièvement un enfant. Un porte-parole militaire a confirmé cette attaque, dans le nord de la bande de Gaza, affirmant qu'elle avait visé des Palestiniens qui "venaient de tirer des roquettes contre Israël". Il a accusé les groupes armés palestiniens de lancer leurs attaques à partir de zones habitées, mettant ainsi en péril les civils.
 
Dans une attaque sur un quartier sud de la ville de Gaza, un chef local de la branche armée du Hamas et un autre activiste ont également été tués.
 
"Les raids et l'escalade militaire d'Israël visent à infliger un camouflet aux négociations de paix israélo-palestiniennes", a déclaré à l'AFP le porte-parole de la présidence palestinienne, Nabil Abou Roudeina. Il a appelé les Etats-Unis "à intervenir rapidement pour empêcher une nouvelle détérioration, qui pourrait porter un coup fatal à la chance historique de paix".
 
De son côté, Washington a appelé Israël à éviter "autant que possible" les victimes civiles dans la bande de Gaza, tout en qualifiant de "légitime défense" les raids de l'aviation israélienne à Gaza après de nouveaux tirs de roquette.
 
Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
17 janvier 2008 4 17 /01 /janvier /2008 23:07
Pierre Lambert, définitivement parti des travailleurs 
Décès. Mentor de toute une génération, il était une figure historique du trotskisme français.

CHRISTOPHE FORCARI

QUOTIDIEN : jeudi 17 janvier 2008

Le «vieux», qui partageait ce surnom avec Léon Trotski, vient de rejoindre l’ancien patron de l’Armée rouge au paradis des révolutionnaires. Pierre Boussel, alias Pierre Lambert, alias Pierre Andréi, le «pape» d’une des trois grandes familles du trotskisme hexagonal, est mort hier matin des suites d’une longue maladie, à l’âge de 87 ans, a annoncé un communiqué de son organisation, le Parti des travailleurs.

Pour toute une génération formée à cette école, la disparition de Pierre Boussel-Lambert signifie la mort d’un mentor. Devant le 87, rue du Faubourg Saint-Denis à Paris, siège de cette organisation où l’on n’entre qu’après avoir montré patte blanche, le secrétaire national du PT, Daniel Gluckstein, se refusait, hier, à tout commentaire. Même absence de commentaire d’un ancien militant lambertiste, infiltré sous couverture au Parti socialiste et jouissant d’une plus grande renommée : Lionel Jospin, Premier ministre de 1997 à 2002 et militant lambertiste actif jusqu’en 1981…

Petit papy chauve à la gouaille de titi parisien, discret, figure historique de la IVe internationale, né le 9 juin 1920 dans le XIIe arrondissement de Paris dans une famille d’immigrants juifs russes, Pierre Boussel-Lambert s’est toujours satisfait de la réputation d’homme de l’ombre qui l’entourait. Sous sa férule, le courant qu’il incarnait et auquel il a fini par donner son nom, le lambertisme, a longtemps pratiqué l’entrisme sous toutes ses formes. Et dans différentes organisations. Au sein de la franc-maçonnerie d’abord, et plus particulièrement au Grand Orient de France, avec la bénédiction de Fred Zeller, ancien secrétaire de Trotski lors de son séjour à Paris, grand maître de cette obédience dans les années 70. Boussel-Lambert avait d’ailleurs commencé son parcours politique avec lui, à l’Entente des jeunes socialistes de la Seine en 1934, avant de rejoindre les rangs du courant de gauche au sein de la SFIO animé par Marceau Pivert.

«Entrisme». Mais aussi au sein de Force ouvrière, auquel ce jeune employé des caisses de Sécurité sociale se syndique dans les années 50. Les lambertistes finissent par y acquérir un poids non négligeable. Ils auraient ainsi puissamment contribué à l’élection de son secrétaire général, Marc Blondel, en 1989. «J’étais lié d’amitié avec lui», reconnaît Marc Blondel, patron de FO jusqu’en 2004, qui avait invité Boussel-Lambert à son mariage. «Quand on pratique l’entrisme, le fait de dire que les lambertistes étaient puissants à FO ne faisait que renforcer leur influence. De manière souvent exagérée», nuance cependant l’ancien syndicaliste.

Cette influence supposée aura en tout cas permis à Lambert d’être reçu à l’Elysée avec des syndicalistes FO pour un dîner privé avec un conseiller de Jacques Chirac à la veille de la réforme Juppé des retraites de 1995. Boussel rencontrait aussi régulièrement le grand patron de presse Robert Hersant, qui préférait avoir dans ses journaux des syndicats FO que «les cosaques» de la CGT. Le contact entre les deux hommes sera noué par l’intermédiaire d’une autre figure historique de FO, le Nantais Alexandre Hébert, anarcho-syndicaliste revendiqué qui avait croisé Hersant avant-guerre au sein des Jeunesses socialistes à Rouen. «Je n’ai jamais été lambertiste, seulement un compagnon de route. Pierre Boussel-Lambert était un ami et un camarade. Nous nous connaissions depuis plus de cinquante ans. C’était un vrai marxiste et un bolchevique. Il a joué un grand rôle dans le mouvement ouvrier français en militant activement pour l’indépendance des organisations ouvrières», admet aujourd’hui Alexandre Hébert, alias «Ernest» ou «Armand», contacté hier par Libération.

Service d’ordre. Sous tous ses avatars et ses dénominations successives (Parti communiste internationaliste, Organisation communiste internationalistes, Mouvement pour un parti des travailleurs, puis Parti des travailleurs), la formation de Boussel-Lambert a aussi cherché à peser de tout son poids au sein du PS. «Alors que la force de gauche dominante était le Parti communiste, explique Jean Grosset, alias "Saigon", militant lambertiste de 1969 à 1985 et aujourd’hui responsable syndical à l’Unsa, Pierre Boussel-Lambert pratiquait une politique axée sur un nécessaire compromis avec la social-démocratie» pour faire face à la force des communistes. En 1981, les lambertistes assureront même le service d’ordre place de la Bastille au soir du 10 mai. «Jospin n’était pas la seule taupe au sein du PS à avoir la double appartenance», reconnaît un ancien lamberto, permanent du parti. En 1985, toute une fraction de militants rejoindra les rangs du PS sous la houlette de Jean-Christophe Cambadélis, «Kostas». «Je ne sais pas s’il faut lui en savoir gré ou lui en vouloir, mais grâce à Jospin, l’héritage de Boussel-Lambert s’est dilué dans la social-démocratie», constate un ancien de l’OCI, une pointe de nostalgie dans la voix.



http://www.liberation.fr/actualite/politiques/304454.FR.php
© Libération
Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
16 janvier 2008 3 16 /01 /janvier /2008 18:20
Le narrateur d'Obama, par Christian Salmon
 
LE MONDE | 11.01.08 | 13h44  •  Mis à jour le 11.01.08 | 15h15
 
  Hillary Clinton a réussi grâce à sa victoire dans le New Hampshire à contrer le lyrisme de Barack Obama. "On fait campagne en poésie mais on gouverne en prose", déclarait-elle récemment, citant l'ancien maire de New York, Mario Cuomo.
 
Rhétorique brillante mais qui ne s'applique pas, en l'occurrence, à Obama, qui justement fait campagne en prose et non en poésie et même dans une prose fortement narrative. Ses premiers mots au soir de sa victoire, le 3 janvier, s'inscrivaient d'emblée dans le registre du fabuleux et du légendaire... "Ils disaient que ce jour n'arriverait jamais..." Faisant écho au "I have a dream" de Martin Luther King, ils résonnaient comme l'ouverture d'un récit : une histoire de courage personnel et de dévouement à la nation, une histoire capable d'incarner un destin individuel et d'inspirer les foules... L'aura de la prédestination qui entourait la personnalité charismatique d'Obama s'est soudain cristallisée "dans ce moment déterminant de l'histoire". Et, pour en parler, les commentateurs ont adopté le lexique de la révélation : paroles légendaires, homme providentiel, élection historique...
 
Quel que soit le résultat final de ces primaires, l'irruption d'Obama en ce début de campagne a d'ores et déjà mis fin à la chronique d'une nomination annoncée, donnant à la campagne une nouvelle tension narrative, relançant le suspense d'une issue incertaine et révélant à cette occasion un formidable acteur.
 
Derrière ce succès, se cache un homme discret, David Axelrod, ancien journaliste du Chicago Tribune devenu consultant politique dans les années 1980, qui a participé aux campagnes nationales de Bill Clinton et de John Edwards. Dans son bureau, rapporte le New York Times, les murs sont couverts de photos souvenirs : soirées de victoire électorale, une photo d'Obama dédicacée au-dessus de celle de Cassius Clay, boxant Sonny Liston, portraits des maires noirs de Philadelphie, de Cleveland, de Detroit et de Chicago qu'Axelrod a contribué à faire élire. Une iconographie retraçant l'histoire d'une nouvelle gauche politique, et la généalogie d'une génération de candidats afro-américains dont Axelrod est considéré comme l'inspirateur.
 
Depuis le caucus de l'Iowa, on le présente comme "le Karl Rove d'Obama". Une comparaison qu'il récuse, tant la conception qu'il se fait de son rôle est à l'opposé de celle du gourou de George Bush, dont les fictions mensongères et les récits mystificateurs ont pollué la vie démocratique aux Etats-Unis depuis le 11-Septembre... "Je connais mon métier et les techniques de la politique, les sondages, les focus group ; tout ce que nous faisons contribue d'une certaine manière à une atmosphère de cynisme.

J'essaie de combattre cela"
, dit-il. Selon lui, le monde des consultants politiques est victime du "syndrome du magicien d'Oz", qui consiste à vouloir faire élire un candidat en lui imposant un récit artificiel et en lui demandant de s'y conformer. Un manque d'authenticité qui explique à ses yeux les échecs démocrates aux deux dernières élections présidentielles. "Gardien du message", c'est ainsi que se définit Axelrod, que le New York Times appelait, il y a quelques mois, le "narrateur d'Obama" dans un article qui démontrait comment Axelrod avait élaboré le message de campagne d'Obama à partir de sa vie réelle, de sa personnalité contradictoire et de sa trajectoire considérée comme un roman d'apprentissage...
 
Axelrod connaît Obama depuis quinze ans, lorsque, jeune militant, il participait à un programme d'éducation populaire dans les quartiers sud de Chicago. A partir des faits connus de sa biographie, il a élaboré un récit, conjuguant l'histoire américaine et la vie du candidat démocrate telle que celui-ci la raconte dans ses mémoires, The Audacity of Hope.
Ce récit complexe et polyphonique tranche avec ceux stéréotypés d'un Bush sauvé par la foi : il est riche en contrastes et en contradictions. L'homme des quartiers pauvres et des universités, l'animateur social et l'universitaire, le pragmatique et l'idéaliste, l'homme du compromis et le gardien des principes est un miroir à facettes dans lequel chacun peut se reconnaître. "Obama est en permanence engagé dans une discussion interne entre les différentes pièces de son moi hybride, commente l'éditorialiste conservateur David Brooks, le Kenya et Harvard, le Kansas et les quartiers sud de Chicago ; et il fait partager à l'extérieur cette conversation." Avec Obama, Axelrod a créé une légende : celle d'un homme global à l'ère de la globalisation. C'est le voyage du héros qui rend sa vie exemplaire : Hawaï, Djakarta, Los Angeles, Chicago, Washington... Mais aussi un voyage dans le temps jalonné par les références à Lincoln ou à Martin Luther King qui l'inscrivent dans l'histoire américaine. Elles réussissent à faire d'Obama, dont les rivaux critiquent l'inexpérience, un candidat "historique"...
 
Quelle que soit la politique que pourrait inspirer Obama un fois élu, que vous soyez républicain ou démocrate, blanc ou noir, homme ou femme, vous allez élire le premier président noir américain, vous renouez avec l'histoire de l'Amérique, vous allez écrire une page nouvelle... Vous devenez vous-même le narrateur de cette histoire... "Tant de conseillers politiques sont en train de mener des combats d'arrière-garde, affirme Mike Murphy, un consultant républicain. David Axelrod mène quant à lui la prochaine bataille. Et c'est ce qui le rend très, très dangereux."
 
Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
16 janvier 2008 3 16 /01 /janvier /2008 18:07
USA : les Démocrates, les Républicains, et même RSF pour la fermeture de Guantanamo
 
jeudi 10 janvier 2008, par Maxime Vivas
 
 
En janvier 2006 Amnesty International écrivait : « Il n’y a pas de mesure intermédiaire en ce qui concerne Guantanamo. Le centre de détention doit être fermé et une enquête doit être immédiatement menée sur les nombreuses informations faisant état d’actes de torture et de mauvais traitements depuis 2002 ».
 
En février 2006, cette proposition est reprise par l’ONU.
 
Le 31 mai 2006, tombait cette dépêche de l’agence Associated press : « L’Union européenne appelle les autorités américaines à fermer Guantanamo. Ursula Plassnik, présidente en exercice du conseil des ministres de l’UE a exhorté mercredi 31 mai les USA à fermer dès que possible le centre de détention sur la base de Guantanamo, à Cuba, où sont incarcérés des hommes suspectés de terrorisme. »
 
Il faudra attendre le 12 juin 2006 pour que, dans une phrase noyée dans un article, RSF murmure que Guantanamo doit être fermé.
 
Guantanamo ou croupit un journaliste soudanais, Sami Al Haj depuis 2002.
 
Qu’attendent de cet homme les dirigeants Etats-uniens ?
 
Le 26 septembre 2005, le journal britannique The Guardian, nous l’avait appris par la plume de Vikram Dodd  :
« Sami Al-Haj se plaint d’avoir été interrogé plus de 100 fois, mais pas à propos des accusations.M.Haj dit que lors d’un interrogatoire, la nationalité américaine lui a même été proposée, s’il acceptait de devenir espion. » Ils ont dit : si tu travailles pour nous, nous t’apprendrons le journalisme, nous te donnerons un visa pour vivre où tu veux, nous te donnerons même la nationalité américaine, nous te protégerons et te donnerons de l’argent. Nous t’aiderons à écrire un livre et nous le publierons. Cela aidera à ce que les gens d’Al Qaida te contactent et travaillent avec toi. »
 
« M. Haj a également déclaré que les américains ont menacé de s’en prendre à sa famille s’il refusait d’espionner une fois libéré. » [1]
 
Pendant deux ans Sami Al Haj a été escamoté de la liste de RSF recensant tous les journalistes emprisonnés à travers le monde. Disparu, rayé, inexistant ! Entre 2002 et 2007, RSF a parcimonieusement émis des communiqués laconiques et non suivis d’actions en faveur du journaliste enlevé, encagé, torturé pour la seule raison de refuser de trahir la chaîne qui l’employait et de devenir un agent des USA.
 
Le 12 septembre 2006, croulant sous les critiques, RSF publie une longue lettre ouverte en droit de réponse au réseau Voltaire. RSF ambitionne de prouver la mauvaise foi de ses détracteurs. Mais elle est contrainte aussi d’expliquer son mutisme prolongé. Elle le qualifie d’erreur » et d’« oubli » tout en le justifiant : elle ne savait pas si Sami Al Haj avait bien « été arrêté en raison de sa qualité de journaliste » et « faute d’information » elle a « attendu ». Près de 5 ans !
 
Or, dès qu’un journaliste est emprisonné dans n’importe quel pays, pour peu que ce pays soit ennemi des USA, RSF réagit dans l’heure. Elle ne mène pas d’enquête, elle hurle aussitôt et sans discontinuer contre les « prédateurs » (elle le fait même contre les ennemis des USA où aucun journaliste n’est en prison ou tué. Exemple : le Venezuela).
 
Mais le fond putride n’est pas encore touché. En effet, après avoir, à retardement et dans un souffle contraint, demandé la fermeture de Guantanamo, RSF s’avise que cette idée est devenue une revendication forte aux USA.
 
Le 30 juin 2006, la Cour suprême US a déclaré anticonstitutionnels les tribunaux militaires d’exception.
 
Barack Obama, candidat à l’investiture démocrate pour la présidentielle américaine 2008, s’est prononcé haut et fort pour la fermeture.
 
L’administration républicaine déclare ouvertement y réfléchir actuellement. Bush dit que la fermeture est une priorité.
 
Du coup, les cordes vocales de RSF retrouvent leur élasticité bien connue de la presse pauvre des pays pauvres.
 
« Le scandale juridique et humanitaire incarné par Guantanamo dure depuis maintenant six ans. » tonitrue-t-elle dans un communiqué » du 10 janvier 2008.
 
« Le vainqueur du scrutin présidentiel du 7 novembre prochain devra mettre fin à une situation humainement intolérable et juridiquement intenable ». RSF appelle « tous les candidats en lice pour les primaires à s’engager à fermer Guantanamo ».
 
Quelle tristesse de voir les journalistes qui reçoivent ce genre de pitreries les répercuter sans objecter que : 
  Puisque le scandale dure depuis 6 ans, RSF aurait pu se joindre plus tôt aux autres ONG et organisations internationales qui l’ont dénoncé. 
  Attendre que les Démocrates et les Républicains aient publiquement exprimé leur volonté de fermer Guantanamo pour leur demander d’exprimer cette volonté c’est vraiment prendre les lecteurs pour des abrutis de première.
 
« L’argent est un bon serviteur, mais un mauvais maître ». Surtout quand il est versé en dollars, via des officines écrans de la CIA.
 
Maxime Vivas

[1] Une partie des informations de cet article est tirée de mon livre « La face cachée de RSF. De la CIA aux Faucons du Pentagone ». Editions Aden.
 
Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
16 janvier 2008 3 16 /01 /janvier /2008 17:54
Liban : les dessous de la tentative infructueuse de
 
l'Elysée de renouer les contacts avec Damas
 
LE MONDE | 12.01.08 | 11h51  •  Mis à jour le 12.01.08 | 14h03
 
  L'un des efforts diplomatiques les plus marquants de la présidence de Nicolas Sarkozy, à savoir son ouverture au régime syrien de Bachar Al-Assad afin de l'inciter à contribuer à un dénouement de la crise politique au Liban, s'est soldé par un échec. Le chef de l'Etat en a pris acte le 30 décembre 2007, en annonçant la rupture des contacts politiques avec Damas jusqu'à nouvel ordre.
 
Entre-temps, les relations entre Paris et Washington, où l'administration Bush considérait que les Français "s'avançaient trop" auprès des Syriens, ont connu, fin 2007, une phase de tensions discrètes, qui s'est résorbée avec le nouveau durcissement de ton de M. Sarkozy à l'égard de Damas.
 
La France, qui depuis des mois se trouvait en première ligne dans l'affaire libanaise, a récemment vu son rôle de principal médiateur supplanté par un autre acteur : la Ligue arabe. Son secrétaire général, Amr Moussa, devait quitter Beyrouth, samedi 12 janvier, au terme d'un séjour marqué par un nouveau report du scrutin présidentiel au Liban.
 
Lancée début novembre 2007, lorsque M. Sarkozy avait mis ostensiblement fin à l'isolement diplomatique imposé à la Syrie par Jacques Chirac depuis 2005, la tentative de l'Elysée auprès du régime du président syrien Bachar Al-Assad semble ainsi avoir fait long feu.
 
Les détails de cet effort, tels qu'ils sont décrits par des sources diplomatiques concordantes, mettent en évidence plusieurs traits de l'action extérieure de Nicolas Sarkozy et de son équipe : un recours intensif aux contacts noués avec les services secrets étrangers quand M. Sarkozy était ministre de l'intérieur (2002-2004 et 2005-2007), une propension au passage en force, un goût du secret et de l'action en solo, au détriment parfois de la cohésion du message français. S'y ajoute une tendance à croire que les complexités d'un dossier, les lourdeurs du passé et du rapport de force politique peuvent être balayées par un simple sursaut de dynamisme présidentiel.
 
Sur le dossier libanais, Nicolas Sarkozy a voulu tout accélérer en faisant entrer en jeu son homme de confiance, le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant. Le 4 novembre 2007, ce dernier s'est rendu à Damas pour parler à Bachar Al-Assad, en compagnie du conseiller diplomatique de M. Sarkozy, Jean-David Levitte.
 
Jusque-là, le dossier libanais avait été géré par le ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner, épaulé par un spécialiste reconnu du Moyen-Orient, le diplomate Jean-Claude Cousseran. Tous deux avaient conçu une stratégie d'ensemble s'adressant aux forces politiques libanaises et aux pays de la région, faite d'une patiente recherche de compromis.
Habitué des réseaux policiers et du monde du renseignement, Claude Guéant a pour sa part cherché à tirer profit des relations nouées avec les services syriens dans "l'antiterrorisme" - notamment avec le chef du renseignement militaire Assaf Shawkat, qui se trouve être le beau-frère de Bachar Al-Assad. M. Guéant se serait aussi appuyé sur des intermédiaires syro-libanais du monde des affaires.
Le Qatar, où le président français se rend la semaine prochaine en visite d'Etat dans la cadre de sa tournée dans le Golfe, a aussi joué un rôle. L'émirat, en très bons termes avec Damas, a beaucoup courtisé M. Sarkozy (contrat avec Airbus, "médiation" dans l'affaire des infirmières bulgares en Libye) dans l'espoir qu'il noue des contacts au plus haut niveau avec la Syrie.
 
Claude Guéant a poussé assez loin ses échanges avec Damas, multipliant les appels téléphoniques. Il semble être entré avec les Syriens dans une discussion détaillée sur la composition d'un nouveau gouvernement libanais. Mais à Beyrouth, au fil des semaines, aucun accord politique ne prenait réellement forme.
 
Même quand Nicolas Sarkozy a franchi une nouvelle étape en téléphonant lui-même à Bachar Al-Assad, aucune contrepartie syrienne ne s'est profilée. Au Liban, il semblait qu'à chaque fois qu'une formule était suggérée pour sortir de l'impasse sur l'élection présidentielle, une nouvelle cause de blocage surgissait.
 
Bernard Kouchner, tout en se dépensant en négociations marathon à Beyrouth, bouillonnait d'agacement contre l'Elysée, qui ne le mettait pas toujours dans la confidence.
A Washington, l'administration Bush s'est aussi énervée. Elle avait déjà eu des doutes sur la visite de MM. Guéant et Levitte à Damas, mais elle patientait, et préparait la réunion d'Annapolis, dans le Maryland (27 novembre 2007), sur le processus de paix au Proche-Orient, à laquelle avait été conviée la Syrie.
Mi-décembre, à l'occasion d'une réunion à Paris sur le Liban, les Américains laissent éclater leur colère.
 
La secrétaire d'Etat, Condoleezza Rice, et le conseiller pour la sécurité nationale, Steven Hadley, demandent que les contacts cessent avec Damas, qui selon eux berne ses interlocuteurs. Jean-David Levitte, diplomate habile, s'emploie à les rassurer. Puis, le 30 décembre, alors qu'il est en visite en Egypte, M. Sarkozy annonce publiquement ce qu'il a dit déjà en privé aux Américains : la fin de la partie a sonné avec Bachar Al-Assad.
 
La Syrie a-t-elle jamais eu l'intention d'éviter un vide institutionnel au Liban qui pourrait lui profiter ? L'Elysée a-t-il péché par naïveté ? Par précipitation ?
La polarisation au Liban, qui met en jeu l'affrontement plus large au Moyen-Orient entre les Etats-Unis et l'Iran, pouvait-elle être dépassée par le simple fait de parler à Damas ? La Syrie a prétendu qu'un document avait été élaboré avec M. Guéant sur un scénario politique au Liban, ce que Paris ne confirme pas. Le 2 janvier, le ministre syrien des affaires étrangères, Walid Mouallem, a accusé la France de n'avoir pas su tenir sa part du marché en pesant sur la majorité parlementaire libanaise.
 
Peu après Noël, M. Guéant avait tenté un "coup" : faire venir à Paris, dans les 48 heures qui suivaient, trois protagonistes libanais de premier plan, le sunnite Saad Hariri (chef de file de la majorité parlementaire), et deux figures de l'opposition, le chiite Nabih Berri (président du Parlement) et le chrétien Michel Aoun - auquel Damas s'intéresserait de près pour la présidentielle. Mais le carrousel politique libanais a échappé à l'Elysée, et l'invitation fut déclinée.
 
Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
16 janvier 2008 3 16 /01 /janvier /2008 17:37
Les peuples d’Afrique et d’Europe ont des alternatives !
 
 
Alternatives Europe-Afrique, Lisbonne, 7-9 décembre 2007
 
Nous, militants de la société civile engagés dans de nombreux mouvements de base et organisations citoyennes en Afrique et en Europe, nous sommes rencontrés à Lisbonne du 7 au 9 décembre 2007 pour exprimer notre opposition et notre résistance aux politiques néolibérales que les gouvernements européens et africains mettent en œuvre dans nos pays, et dont ils veulent faire le cadre structurant du « Partenariat stratégique Afrique-UE ».
 
Alors que les dirigeants de deux continents se rassemblaient à Lisbonne pour décider du futur de l’Afrique, nous nous sommes réunis pour approfondir le dialogue politique et social entre nos peuples car nous défendons notre droit à résister et proposer des alternatives à ces politiques, et nous avons confiance en notre capacité à les mettre en pratique.
 
Les participants africains comme européens ont noté le rôle passé et présent des gouvernements et des acteurs économiques européens en Afrique ; ils ont insisté sur le fait que l’Europe constitue la source de menace et de pression la plus directe pour les peuples d’Afrique. Nous considérons que le Partenariat stratégique UE-UA représente une menace cohérente et immédiate pour l’Afrique et nous rejetons ses principes et son plan d’action.
 
Nous dénonçons également la politique européenne en matière de visas, qui a empêché hommes et femmes impliqués dans les mouvements sociaux africains d’être présents à Lisbonne pour participer à nos débats sur les alternatives que nous souhaitons promouvoir. Nous leur dédions cette déclaration.
 
Au cours de nos échanges, confrontations et débats intenses sur les quatre principaux thèmes de préoccupation commune, nous avons identifié de nombreux enjeux, à partir desquels nous avons choisi de prioriser les propositions suivantes :
 
Sur le développement économique
 
En tirant partie de l’endettement externe de la plupart des pays africains, les gouvernements européens, agissant notamment à travers le FMI, la Banque mondiale et plus récemment l’OMC, leur ont imposé des programmes d’ajustement structurel radicaux. Après plus de 2 décennies de libéralisation commerciale et de promotion de modèles économiques fondés sur la croissance des exportations, la libéralisation des marchés de capitaux, la promotion d’investissements étrangers et la privatisation des services publics dans les pays africains, les effets négatifs sont évidents et confortent notre opposition à de telles politiques et institutions.
 
Plus récemment les pays africains, tout comme ceux des Caraïbes et du Pacifique, ont été confrontés à la perspective de voir ces politiques encore renforcées à travers les APE proposés par l’UE.
 
Dans ce contexte nous demandons que :
 
 
 
Les gouvernements européens cessent d’imposer des politiques économiques destructrices aux pays africains à travers le FMI, la Banque mondiale, l’OMC et tous les acteurs commerciaux bilatéraux et régionaux
 
 
Les gouvernements européens et les banques annulent immédiatement la dette externe de l’Afrique et reconnaissent leur dette écologique et sociale à l’encontre du continent
 
 
La Commission européenne cesse d’exercer des pressions sur les gouvernements africains et qu’ils retirent leurs demandes concernant les APE
 
 
Les gouvernements africains résistent à ces pressions en refusant de signer les APE
 
 
Les entreprises multinationales européennes mettent fin à l’extraction prédatrice des ressources naturelles africaines, à la destruction des équilibres écologiques et à l’exploitation des peuples
 
Nous en appelons aux citoyens européens afin qu’ils rejettent le dit « nouveau traité » européen, qui renforce le pouvoir de la Commission européenne en matière de commerce et de développement, et réduit davantage la capacité des citoyens à influencer démocratiquement ses politiques.
 
Sur la souveraineté alimentaire, l’agriculture et les ressources naturelles
 
Nous faisons notre le principe de souveraineté alimentaire que les mouvements citoyens, dans toutes les régions du monde, érigent en alternative au modèle néolibéral de production agricole et alimentaire fondé sur l’agrobusiness et le contrôle des transnationales.
 
Parmi les menaces au droit à l’alimentation et au droit des communautés à produire elles-mêmes leur nourriture, nous dénonçons avant tout les suivantes, tout en nous engageant à les combattre ensemble :
 
 
 
La libéralisation de l’agriculture et du commerce à travers l’ajustement structurel, la réforme de la PAC, les APE ou l’Accord sur l’agriculture de l’OMC
 
 
La perte de souveraineté politique par les Etats africains, privés de la capacité de soutenir leurs agricultures et de protéger les marchés régionaux et locaux
 
 
Les politiques qui promeuvent la privatisation des semences et de la biodiversité, propagent les OGM, et le concept de propriété intellectuelle tel qu’il est utilisé et revendiqué par les multinationales de l’agrobusiness
 
 
La création d’un marché global de biocarburants, encouragé par la fixation d’objectifs européens en la matière et la création de subventions à leurs productions
 
 
Les politiques foncières qui favorisent les multinationales au détriment des paysans et des générations futures
 
 
Les stratégies pour le développement agricole de l’Afrique, dominée par les bailleurs internationaux membres de l’UE ou l’OCDE
 
Nous défendons le droit des pays d’Afrique et d’Europe à soutenir les petits producteurs agricoles à travers des politiques publiques dès lors que ce soutien n’affecte pas négativement les paysans des autres pays et régions.
 
Sur les droits humains
 
Nous dénonçons le soutien octroyé par l’UE aux régimes autoritaires et dictatoriaux en Afrique, tout comme les violations des droits humains et les entraves à la démocratie fréquentes en Europe comme en Afrique.
 
Les conventions et les règlements existent mais demeurent lettre morte dans les faits. Nous en appelons aux Etats d’Afrique et d’Europe et leurs organisations régionales pour qu’ils soutiennent la démocratie et les droits humains, en particulier à travers les engagements suivants :
 
  
Soutenir le développement d’une culture démocratique, en particulier à travers des processus électoraux transparents et crédibles, associant la société civile à toutes leurs étapes (depuis l’éducation civique jusqu’à la supervision des élections) ; dans cette perspective nous condamnons la responsabilité des Etats membres de l’UE dans le commerce international d’armements
  
Contrôler, par la mise en oeuvre d’instruments légaux contraignants, les entreprises multinationales, et particulièrement celles actives dans le champ des industries extractives, afin que cessent les violations des droits humains et leur implication dans les conflits locaux et régionaux et qu’elles deviennent responsables, dans leurs propres pays, des infractions et délits qu’elles commettront à l’étranger
  
Donner plus d’espaces aux contre-pouvoirs tels que les organisations citoyennes et les medias alternatifs, par exemple en facilitant leur implication dans les processus de paix
  
Développer la démocratisation, à travers le renforcement du rôle des Parlements, notamment le Parlement européen, promouvoir des mécanismes d’élaboration et de décision politique qui soient transparents et cohérents, enfin rendre les institutions politiques communautaires et des Etats membres responsables devant les citoyens
  
Promouvoir les droits humains, notamment les droits sexuels et reproductifs des femmes ; nous rejetons les violences sexistes, les mariages forcés et toutes les autres pratiques qui constituent des violations des droits humains et tuent des milliers de femmes et de fillettes chaque année
  
Promouvoir la liberté d’expression et de presse, promouvoir la Cour africaine sur les droits humains et toutes les autres institutions de même nature à l’échelle des Etats ou des régions, et leur accessibilité pour les sociétés civiles
  
Obtenir des IFI, de l’OMC et des autres accords commerciaux, la reconnaissance du droit à l’alimentation, à l’éducation, à la santé et à tous les autres services de base
 
Sur les migrations
 
Considérant que :
  
Les politiques migratoires actuelles sont conçues en fonction de préoccupations sécuritaires et d’une logique d’exploitation des êtres humains, qu’elles criminalisent les migrations et menacent leurs droits à la fois en Europe et en Afrique
  
L’émigration massive est largement le produit des politiques européens qui dénient la reconnaissance de leurs droits économiques, sociaux et culturels aux populations africaines, en premier lieu desquels le droit à l’alimentation
  
Que les politiques migratoires actuelles sont racistes et, loin de prendre en compte les besoins réels de développement des sociétés, ruinent toute possibilité de développement durable
 
Nous rejetons :
  
L’externalisation des contrôles aux frontières imposée par l’UE aux gouvernements africains, désormais responsables de sa mise en oeuvre
  
La politique de détention, d’expulsion, de déportation et les accords de réadmission
  
Le programme Frontex, qui représente un énorme investissement vers la militarisation du contrôle des frontières, créant les bases pour des interventions directes dans les pays africains et exprimant une véritable déclaration de guerre aux migrants
  
Toutes les mesures et les politiques qui promeuvent exclusivement les migrations temporaires mais systématisent la fuite des cerveaux
  
Toutes les politiques économiques et les accords commerciaux suscitant la restructuration des économies locales, l’accroissement des inégalités sociales et la destruction de l’emploi local et des revenus
 
Nous demandons que :
  
Les politiques migratoires soient basées sur la reconnaissance des droits humains fondamentaux et des droits du travail garantis par les instruments et protocoles de l’ONU et de l’OIT, notamment la liberté de circulation et la reconnaissance du droit d’asile et des statuts de réfugiés de la faim et de réfugiés environnementaux
  
Tous les gouvernements européens ratifient et mettent en oeuvre la Convention internationale sur le droit des travailleurs migrants et de leurs familles, et qu’ils assurent la pleine mise en pratique du droit d’asile
  
La reconnaissance des droits fondamentaux, dont l’éducation, la santé, le logement, pour les sans-papiers, et leur régularisation inconditionnelle
 
Ces préoccupations et ces aspirations nous ont réunis à Lisbonne.
 
Nous nous engageons à renforcer les solidarités interrégionales et la coopération entre nous mouvements et nos organisations, et à construire des alternatives centrées sur les droits des peuples.
 
En particulier nous continuerons à faire campagne pour :
  
Stopper les Accords de partenariat économique (APE)
  
Stopper la Stratégie dite “Global Europe” sur la compétitivité interne et externe de l’UE
  
Soutenir le moratoire sur les biocarburants
  
Obtenir la liberté de circulation pour tous
 
Nous travaillerons pour faire émerger de nouvelles stratégies de développement économique fondées sur la solidarité, la complémentarité, la paix et la satisfaction des droits humains de tous les peuples d’Afrique et d’Europe. Nous utiliserons un certain nombre d’échéances du calendrier des mouvements citoyens et sociaux d’Europe et d’Afrique tels que…
 
La Journée d’action globale du Forum social mondial le 26 janvier 2008
 
La 12ème réunion de la CNUCED (Accra, avril 2008)
 
La Conférence sur l’Europe globale et les Accords de libre-échange européens (Bruxelles, avril 2008)
 
Le 5e Forum social européen (Malmö, septembre 2008)
 
Le Forum social mondial des migrations (Madrid, septembre 2008)  
 
… afin de relier nos initiatives, construire nos alliances et créer les conditions d’un monde juste et stable sur le plan écologique.
 

 
 
 
Source : http://africa-europa-alternativas.blogspot.com/

Article original publié le 12 Décembre 2007


Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur et la source.

URL de cet article sur Tlaxcala :
http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=4332&lg=fr
 
Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article

Présentation

  • : fischer02003
  • fischer02003
  • : actualité politique nationale et internationale
  • Contact

Recherche

Pages

Liens