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5 août 2008 2 05 /08 /août /2008 20:02

Le Rwanda accuse une nouvelle fois la France de participation au génocide

KIGALI (AFP)

  Le Rwanda a une nouvelle fois accusé la France d'avoir activement "participé" à l'exécution du génocide de 1994, laissant entendre pour la première fois la possibilité de poursuites judiciaires contre d'anciens dirigeants politiques et responsables militaires français.

Le ministre de la Justice rwandais, Tharcisse Karugarama, a présenté à la presse mardi les conclusions du rapport de 500 pages de la commission d'enquête rwandaise sur le rôle supposé de la France dans le génocide, qui avait entamé ses travaux en avril 2006 et dont la France a depuis rejeté toute légitimité.

Selon ce rapport rédigé en français, la France était "au courant des préparatifs" du génocide, a "participé aux principales initiatives" de sa mise en place et "à sa mise en exécution".

Environ 800.000 personnes, selon l'ONU, essentiellement parmi la minorité tutsie et les Hutus modérés, ont été tuées pendant le génocide d'avril à juillet 1994 au Rwanda, planifié et mis à exécution par les extrémistes hutus.

"La persistance, la détermination, le caractère massif du soutien français à la politique rwandaise des massacres (...) montrent la complicité des responsables politiques et militaires français dans la préparation et l'exécution du génocide des Tutsis de 1994", indique le communiqué du ministère de la Justice reprenant les principales conclusions du rapport.

Au rang des 13 dirigeants français incriminés par le rapport, figurent notamment le président de la République à l'époque des faits François Mitterrand (mort en janvier 1996), le Premier ministre Edouard Balladur, le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé, son directeur de cabinet Dominique de Villepin ou encore le secrétaire général de l'Elysée Hubert Védrine.

La commission d'enquête porte également des accusations très lourdes contre des soldats français de l'opération militaro-humanitaire Turquoise (fin juin-fin août 1994).

"Des militaires français ont commis eux-mêmes directement des assassinats de Tutsis et de Hutus accusés de cacher des Tutsis (...) Des militaires français ont commis de nombreux viols sur des rescapées tutsies", accuse le communiqué du ministère de la Justice diffusé à la presse.

Les militaires français "ont laissé en place les infrastructures du génocide, à savoir les barrières tenues par les Interahamwe (extrémistes hutus). Ils ont demandé de façon expresse que les Interahamwe continuent à contrôler ces barrières et à tuer les Tutsis qui tenteraient de circuler", poursuit le communiqué.

"Vu la gravité des faits allégués, le gouvernement rwandais a enjoint les instances habilitées à entreprendre les actions requises afin d'amener les responsables politiques et militaires français incriminés à répondre de leurs actes devant la justice", ajoute le communiqué.

En France, le ministère des Affaires étrangères a indiqué mardi attendre d'avoir le texte des conclusions pour y réagir.

"Nous n'avons pas encore pris connaissance de ce rapport qui ne nous a pas été communiqué par le gouvernement rwandais, et nous ne sommes donc pas en mesure d'y réagir", a déclaré à l'AFP un porte-parole du Quai d'Orsay.

Lors de la présentation de ce rapport, diffusée en direct par la télévision rwandaise, le ministre de la Justice a laissé entendre la possibilité de poursuites judiciaires: "Ce rapport n'est pas un dossier criminel (...) C'est une bonne base pour d'éventuelles procédures légales".

Le 18 juin, le Rwanda avait fait savoir qu'il souhaitait recourir à la compétence universelle prévue dans ses textes de loi en vue de poursuivre devant ses juridictions des non-Rwandais accusés d'être impliqués dans le génocide.

Début juillet, le président rwandais Paul Kagame a menacé de faire inculper des ressortissants français pour le génocide de 1994 si les tribunaux européens n'annulaient pas les mandats d'arrêt émis contre des responsables rwandais.

Kigali a rompu fin novembre 2006 ses relations diplomatiques avec Paris après que le juge français Jean-Louis Bruguière eut réclamé des poursuites contre M. Kagame pour sa "participation présumée" à l'attentat contre l'avion de l'ex-président rwandais Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994, un des éléments déclencheurs du génocide.


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5 août 2008 2 05 /08 /août /2008 19:51

Brigades rouges: remise en liberté de Petrella, qui reste sous le coup d'une extradition

VERSAILLES (AFP)

  La cour d'appel de Versailles a autorisé mardi la remise en liberté sous contrôle judiciaire de Marina Petrella, une décision qui permet à l'ex-membre des Brigades rouges de recevoir des soins sans être détenue, mais ne remet pas en cause son extradition vers l'Italie.

L'arrêt de la chambre de l'instruction de la cour d'appel est conforme aux réquisitions du parquet général, qui l'avait saisie en estimant que l'état de santé de Mme Petrella, 54 ans, actuellement à l'hôpital parisien Sainte-Anne, n'était "pas compatible avec une situation de détenu".

Mme Petrella va rester hospitalisée mais sans la surveillance policière qui lui était imposée depuis le 23 juillet et son transfert de l'hôpital pénitentiaire de Fresnes.

La cour d'appel a assorti sa remise en liberté de plusieurs obligations comme celles d'informer le parquet général sur ses lieux d'hospitalisation et de résider à sa sortie chez elle à Argenteuil (Val d'Oise), où elle avait été arrêtée en août 2007 après 14 ans en France.

Le professeur Frédéric Rouillon, chef du service où elle est hospitalisée, a estimé mardi que "cette libération va permettre à (sa patiente) de se soigner dans les conditions requises par son état tant physique que psychique".

En "abandon de vie", atteinte de "troubles dépressifs et suicidaires" et de "dénutrition", selon ses médecins, Marina Petrella a perdu 20% de son poids et pèse aujourd'hui 39 kilos. Refusant jusqu'à présent d'être soignée, elle a accepté seulement d'être alimentée par une perfusion, a indiqué mardi son avocate Irène Terrel.

Son mari Hamed Merakchi a assuré qu'elle accepterait les soins désormais, rappelant que "sa vie était en jeu". Pour sa fille Elsa Novelli, "ce premier pas est de bon augure mais le combat continue".

En effet, la libération de Marina Petrella ne remet pas en cause la procédure d'extradition vers l'Italie, où elle a été condamnée en 1992 à la perpétuité, notamment pour complicité dans le meurtre d'un commissaire de police, en 1981.

Ancienne dirigeante de la "colonne romaine" des Brigades rouges, Marina Petrella reste visée par un décret d'extradition signé le 3 juin par le gouvernement français. L'extradition ne devrait toutefois pas intervenir avant l'examen, à la rentrée, d'un recours devant le Conseil d'Etat.

L'un des dirigeants du comité de soutien à Marina Petrella, l'ancien activiste italien Oreste Scalzone, et les Verts ont dit attendre désormais l'application par la France de la clause humanitaire, prévue par la convention européenne d'extradition de 1957, pour surseoir à son renvoi vers l'Italie.

Tout en s'engageant à livrer Marina Petrella aux autorités italiennes, Nicolas Sarkozy avait souhaité en juillet qu'elle puisse être graciée "dès que possible" par Rome. La belle-soeur du président, l'actrice Valeria Bruni Tedeschi s'était rendue au chevet de Mme Petrella en juillet.

La position de Paris a évolué depuis le début de l'affaire.

Après avoir estimé que la détention n'empêchait pas que des "soins adaptés" lui soient prodigués, le parquet général, placé sous l'autorité du ministère de la Justice, a saisi la chambre de l'instruction pour une remise en liberté de Marina Petrella, justifiée au vu de son état de santé et des avis médicaux.

"En optant pour ce geste humanitaire, les plus hautes autorités de l'Etat ont manifesté une volonté d'apaisement certaine qui ouvre aujourd'hui à Mme Petrella la voie de l'espoir", ont estimé dans un communiqué commun Me Terrel et le Pr Rouillon.


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5 août 2008 2 05 /08 /août /2008 19:38

Incidents dans les centres de rétention: Hortefeux durcit le ton

PARIS (AFP)

  Après des incendies à répétition dans des centres de rétention administrative, le ministre de l'Immigration, Brice Hortefeux, a durci le ton mardi, appelant notamment à la "vigilance" des forces de sécurité face aux "agissements des groupuscules".

A l'issue d'une réunion de police au ministère de l'Immigration, Brice Hortefeux a annoncé à la presse avoir demandé au préfet de Seine-et-Marne d'interdire une manifestation prévue, selon le ministère, samedi devant le centre de rétention du Mesnil-Amelot.

L'association SOS Soutien aux sans-papiers a cependant affirmé mardi soir à l'AFP "ne pas" avoir "lancé d'appel à manifester" samedi.

La préfecture de Seine-et-Marne et la gendarmerie ont également indiqué ne pas avoir reçu de demande officielle de manifestation.

Contacté par l'AFP, le ministère s'est refusé à tout commentaire sur ce point.

Deux débuts d'incendie avaient éclaté le 2 août dans ce centre, à l'instigation de retenus, selon la préfecture qui avait aussi mis en cause la responsabilité d'une vingtaine de membres d'un collectif de soutien aux sans-papiers manifestant devant le centre.

Ce début d'incendie, vite maîtrisé, est intervenu quelques semaines à peine après l'incendie - le 22 juin - du plus grand CRA de France, celui de Vincennes, théâtre de multiples troubles tout au long de l'année.

Brice Hortefeux a demandé "à l'ensemble des forces de sécurité" d'être "extrêmement vigilantes" face aux "agissements des groupuscules".

Il a aussi confirmé avoir saisi le garde des Sceaux "des agissements d'une association dont le mot d'ordre est de brûler les centres de rétention (...) financés par le contribuable".

"Si je saisis la justice c'est sur la base d'une déclaration publique faite dans un grand quotidien", a précisé le ministre qui avait déjà annoncé lundi avoir déposé plainte contre l'association SOS-Soutien aux sans-papiers.

Le dirigeant de ce groupuscule d'extrême-gauche, Rodolphe Nettier, avait en effet déclaré lundi dans le Parisien: "Notre mot d'ordre, c'est de brûler les centres. On assume puisque c'est de la légitime défense en réponse à la violence des autorités qui enferment des gens qui n'ont rien fait".

Rodolphe Nettier a déclaré à l'AFP ne pas avoir tenu ces propos soulignant que son association appelait à la "fermeture immédiate" des centres mais pas "à les brûler ou à les détruire".

Devant les journalistes, M. Hortefeux s'est voulu mardi didactique tout en répondant aux accusations du PS d'"irresponsabilité".

"Les centres de rétention ont été imaginés en 1982 et inauguré en 84 sous le gouvernement d'union de la gauche, a-t-il dit. Nous, nous les avons modernisé, rendus plus humains (...) Les provocateurs qui incitent à leur destruction, outre qu'ils prennent le risque d'attempter à la vie, oublient que la seule alternative aux CRA est la prison", a-t-il ajouté estimant leurs agissements "aussi stupides que dangereux".

Le ministre a également déclaré que le centre du Mesnil-Amelot, situé à proximité de Roissy, et d'une capacité d'accueil de quelque 140 places, a été rénové et que les conditions de vie des "retenus" y sont d'autant plus "acceptables" que le séjour n'y dure en moyenne "que 12 jours".

M. Hortefeux a enfin réaffirmé que le CRA de Vincennes, qui avait une capacité d'accueil de 280 places, sera remplacé par trois modules de 60 places chacun, dont le premier sera opérationnel début octobre.

Le ministre a ainsi suivi les recommandations de la Commission nationale de contrôle des centres et locaux de rétention administrative et des zones d'attente (CRAZA). Celle-ci avait en effet jugé que la taille standard d'un CRA ne devait pas excéder une soixantaine de places.

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5 août 2008 2 05 /08 /août /2008 18:18

On assiste aujourd’hui à un véritable processus de psychiatrisation du sionisme et la tribune libre du Monde ci dessous est un très bon exemple de ce processus.

Par rapport à Pablo, au pablisme et aux pablistes, je vous conseille la lecture des pages de wikipedia relatif au militant révolutionnaire trotskyste Michel Raptis dont le pseudonyme était Pablo.

Vous trouverez seulement ci dessous une citation de ces pages

"Pablo s’impliqua dans le soutien au FLN algérien pendant la Guerre d’Algérie, ce qui lui valut une incarcération aux Pays-Bas pour production de fausse-monnaie et trafic d’armes. Jean-Paul Sartre lança une campagne en sa faveur. En 1961, Pablo fut finalement condamné à 15 mois de prison et libéré à la fin de son procès. Il se réfugia au Maroc avant de devenir ministre dans le gouvernement FLN après l’indépendance de l’Algérie."

Dans les années 1990, Pablo organisait des conférences internationales pour la levée de l’embargo contre l’Irak et des militants de l’organisation de Pablo et des militants d’extrême droite participaient à des conférences communes à Bagdad pour la levée de l’embargo contre l’Irak.

Si Pablo vivait aujourd’hui, les deux provocateurs signataires de la tribune libre du Monde ci dessous l’accuseraient certainement d’antisémitisme.

Enfin, il y a l’écrasante responsabilité du directeur de publication du Monde.

Fottorino ne lisait certainement pas la tribune libre des deux provocateurs.

En effet, si vous écrivez exactement la même tribune libre, si vous remplacez Besancenot par Sarkozy, si vous remplacez LCR par UMP, et si Le Monde publie cette tribune libre, vous imaginez la suite.

Bernard Fischer




http://www.lemonde.fr/opinions/arti...


Suite à la publication dans Charlie Hebdo d’une chronique de Siné dans laquelle il tenait des propos jugés antisémites, Philippe Val, directeur de l’hebdomadaire, a décidé de licencier ce dessinateur. Depuis, la polémique fait rage entre ceux qui soutiennent Siné et ceux qui approuvent Philippe Val. Un débat qui divise même la LCR.

Avec des camarades, pour la plupart issus du courant pabliste [tendance du mouvement trotskiste], nous avions rejoint la LCR en novembre 2002, à la suite de l’élection présidentielle et de la campagne électorale d’Olivier Besancenot, qui nous avaient semblé ouvrir de nouvelles perspectives pour l’extrême gauche.

Nous nous sommes ensuite peu à peu éloignés, déçus de trouver encore trop souvent dans cette organisation un mélange de sectarisme et d’archaïsme.

Les désaccords furent nombreux, comme lors du chantage pour appeler à voter PS au deuxième tour, ou face à l’ouvriérisme occultant les mutations de la société. Militer à la LCR revenait trop souvent à faire du supersyndicalisme agrémenté d’une posture révolutionnariste. Nous avions donc pris nos distances avec l’organisation sans faire de bruit, parfois en colère face à telle prise de position. Pas de quoi s’enthousiasmer, mais rien d’irréparable. On pensait être en gros dans la même famille.

Et puis survient l’affaire Siné, une déclaration antisémite dans sa plus grande banalité : les juifs sont riches. La LCR, qui d’ordinaire ne brille pas par ses prises de position sur les sujets "de société", réagit cette fois au quart de tour : Besancenot, Krivine et Bensaïd signent la pétition en faveur de Siné, la direction pond un communiqué pour le soutenir. Les bras nous en tombent.

Certes, il y avait déjà eu motifs à inquiétude, comme un éditorial de Rouge qui comparait une opération militaire israélienne avec Guernica, ou le refus de la LCR de participer à la manifestation de protestation lors du meurtre d’Ilan Halimi.

Youssouf Fofana, le chef du "gang des barbares" [soupçonné d’avoir participé à l’assassinat de ce jeune homme], ne disait d’ailleurs rien d’autre que Siné : Ilan est juif, il a de l’argent. La différence, c’est que l’un n’est que dessinateur, l’autre inculpé d’assassinat. Au fond, ils partagent le même point de vue sur les juifs, celui véhiculé, entre autres, par l’Eglise depuis saint Paul jusqu’à Vatican II.

Le même aussi que celui que l’extrême droite n’a cessé de répandre depuis toujours ; le même encore qui trouve un écho certain dans les banlieues populaires.

Nous savons combien ce fléau a imprégné le mouvement ouvrier, quelle a été la réticence, voire le refus, des courants les plus radicaux de soutenir cet "officier bourgeois" de capitaine Dreyfus. Nous n’oublions pas comment l’antisémitisme a été considéré comme un "premier pas vers l’anticapitalisme" par des leaders du mouvement socialiste révolutionnaire à ses débuts. Rappelons que l’antisémitisme a été une constante du stalinisme - qui l’a utilisé contre Trotski et ses partisans.

Siné ne peut même pas se draper dans un "antisionisme radical" : son texte, une fois n’est pas coutume, ne porte pas sur le Proche-Orient, sujet sur lequel la condamnation de la politique d’Israël à l’égard des Palestiniens ne doit souffrir d’aucune ambiguïté antisémite. Ce sont des propos de beauf qui aiguisent la haine contre les juifs, de ceux qui nourrissent quotidiennement la bête immonde.

Que la LCR s’engage dans la défense de Siné fait que nous avons l’obligation politique et morale de la dénoncer. Il ne s’agit plus de divergences qui peuvent éventuellement être aplanies ou dépassées par le cours des événements. Il s’agit d’une conception autre de la vie. Soutenir Siné est contradictoire avec le projet d’émancipation universelle et fraternelle.

Au regard de ce qu’a été le courant trotskiste, en grande partie animé dès ses origines par des militants juifs, cette prise de position de la LCR constitue une affligeante ironie de l’Histoire. Rédhibitoire.

Bernard Schalscha et Gérard Garnier, ex-militants de la LCR



 

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3 août 2008 7 03 /08 /août /2008 20:01

34eme congrès du PCF

Des axes essentiels de reconstruction 

contribution collective de militants du Rhône

jeudi 31 juillet 2008, par altercommunistes

http://altercommunistes.org/spip/spip.php?article369

En France, le Capital exerce depuis des décennies sa dictature. Ces dernières années, compte tenu du rapport de force défavorable, il en a profité pour revenir sur tous les acquis du mouvement ouvrier en faisant pression sur les salaires, les revenus, les protections sociales, l’éducation, la recherche et en faisant porter tous ses efforts sur l’augmentation des profits, sans qu’il y ait de véritable opposition.

Outre l’injustice de cette politique, ses effets sont de plus en plus destructeurs pour les êtres humains comme pour la planète. Le système se perpétue de crises en crises, toujours plus profondes, plus destructrices et désormais nous sommes confrontés à la survie de l’humanité. Le peuple de France a donc besoin d’une perspective politique crédible qui s’insère dans un mouvement international.

Pour construire une telle perspective, une force politique capable d’affronter les intérêts de la bourgeoisie capitaliste et de remettre en cause sa dictature est nécessaire. Cette force, pour être efficace, devra être à la fois l’émanation des intérêts de classe des couches populaires, les plus touchées par l’exploitation de l’homme par l’homme, et être capable de porter l’unité de tous ceux qui ne vivent que de leur force de travail, les prolétaires de notre temps : elle doit devenir l’instrument de leur intervention dans la vie politique. Les dernières batailles électorales, le référendum de 2005, les 9% aux cantonales, l’assemblée des animateurs de section de 2007, montrent que les communistes dans la diversité de leur situation, ont les ressources pour cela. Ils doivent pouvoir se prononcer sur les axes fondamentaux d’une telle construction :

1 – Assurer l’existence du PCF et reconstruire son organisation

nous nous prononçons pour un parti qui se revendique du communisme, qui a pour objectif de combattre résolument le capitalisme, de s’en libérer pour une société de rupture, le socialisme, étape indispensable pour poursuivre les transformations révolutionnaires vers le communisme. Les expériences de dépassement du communisme ou de la forme parti dans "l’arc-en-ciel" italien ou dans la "gauche unie" espagnole se sont révélées des drames militants et populaires.

Le PCF doit retrouver son identité, affirmer la nécessité d’une politique autonome afin de recréer un rapport de force s’appuyant sur les luttes et de faire l’unité sur d’autres bases que celles imposées actuellement par le PS. La solution n’est pas de rompre avec le PS pour se tourner vers d’autres solutions politiciennes. Nous avons besoin d’un parti capable d’une autre politique, de créer union et rassemblement populaire autour d’un projet porteur d’espoir et d’avancées concrètes. Il faut sortir du piège dans lequel est tombé le PCF depuis plus de 30 ans : la vraie ligne de fracture n’est pas entre la droite et la gauche, mais entre le Capital et le Travail. Pour se libérer de la dépendance idéologique et institutionnelle du PS, le PCF a besoin de développer sa capacité à agir et à rassembler partout, dans l’entreprise, la commune et la nation, les institutions ; il a besoin d’une véritable organisation
communiste, implantée au cœur des couches populaires et armée de la conscience de classe :

  une organisation communiste : l’organisation doit être au service de l’action et de la lutte contre le Capital. Pour cela, il y a nécessité d’une réorganisation démocratique, au sens de rendre à l’action son maximum d’efficacité, à savoir, recréer des organisations de proximité (avec des dirigeants de proximité élus par les adhérents de proximité), promouvoir l’engagement militant, redonner le pouvoir politique et financier aux adhérents (distribution des cartes, paiement des cotisations, décisions politiques, élection des dirigeants…). L’expression transversale permettant de connecter les communistes sur des thèmes particuliers de réflexion ou de lutte ne doit pas mettre en cause le lieu de décision démocratique des organisations de proximité.

  privilégier une implantation de classe : cette organisation communiste doit se donner comme objectif de s’enraciner en priorité dans les quartiers populaires et sur les lieux de travail afin de développer l’initiative populaire et les luttes. Ce sont majoritairement les ouvriers, les employés, les chômeurs de ces quartiers qui ont porté en 2005 le magnifique "Non" de classe du peuple français. La société compte aujourd’hui plus de 80 % de salariés et nous devons rassembler toutes les couches de la société qui souffrent de la dictature du Capital. Mais sans s’appuyer sur ceux qui ont le plus intérêt à la transformation socialiste de la société, le PCF ne peut redevenir l’expression de cette conscience collective que créent l’histoire et les antagonismes de classe.

  mettre en place une formation interne qui développe la conscience de classe : il est vital que les communistes reprennent pied dans la bataille idéologique. Ils doivent se donner les moyens internes de former des cadres capables de porter par les luttes, la conscience de classe, en prise avec les préoccupations populaires pour que la bataille idéologique soit au service de l’action et de la lutte des classes.

2 – un objectif, le socialisme

  retrouver une analyse communiste, une analyse de classe : il est nécessaire de réhabiliter l’analyse de classe de la société et donc le marxisme, et ainsi s’enrichir de la réflexion portée par les générations de communistes jusqu’à nos jours. La voie du réformisme qui porte l’illusion de marier le Capital et le social, a depuis longtemps montré son inutilité. La politique du PCF devra donc se réapproprier les acquis théoriques du mouvement communiste national et international. Il est aberrant que les textes des derniers congrès élaborés par la direction nationale ne proposent aucune analyse de la société capitaliste, ni de ses évolutions, analyse indispensable pour combattre efficacement la dictature du Capital. Si "les philosophes n’ont fait qu’interpréter diversement le monde, il s’agit maintenant de le transformer" (1818–1883 / Thèse sur Feuerbach) disait Marx.

  transformer la société, construire le socialisme : dépasser le capitalisme suppose un processus continu de lutte contre les intérêts de classe de la bourgeoisie capitaliste avec la participation active du peuple et des travailleurs, processus qui doit renforcer le camp révolutionnaire. Mais cela ne signifie pas que le PCF pourrait participer comme force d’appoint à un gouvernement PS gérant loyalement le capitalisme. Au contraire, dans le cadre d’un rapport de forces favorable, ce processus devra se traduire dans une société de rupture avec la prise du pouvoir d’Etat : point de départ de la construction du socialisme, aiguisant la lutte des classes, ressourçant une nouvelle démocratie française de la commune à l’état et passant par l’entreprise, accélérant le processus de dépassement du capitalisme et ouvrant la longue aventure vers le communisme. Pour cela, il faut être clair sur les moyens de la transformation de la
société, réaffirmer l’exigence de l’appropriation et donc de la nationalisation des secteurs clés de l’économie au-delà de celles réalisées par le CNR, tout comme l’exigence de la transformation des institutions, prendre à bras le corps la question de la production industrielle, recouvrer la souveraineté nationale en particulier sur le plan financier, en tenant le secteur bancaire. Sans tous ces moyens, il n’y aura aucune solution crédible aux problèmes fondamentaux de l’emploi, du pouvoir d’achat, de l’environnement.

  pour un développement humain durable donc socialiste : Marx dénonçant les gâchis de la bourgeoisie, disait déjà que le seul état économe ne pouvait être que socialiste. Il n’y aura pas de développement humain durable tenant compte des défis environnementaux sans transformer profondément les modes de production, sans les libérer du Capital. Il est illusoire de ne miser que sur des formes de production locales, anciennes, artisanales, en limitant le contenu scientifique du développement, en craignant la socialisation élargie des forces productives qu’exigent de vastes services publics modernes et efficaces. Il s’agira de mettre en œuvre une nouvelle révolution scientifique et industrielle, faisant de l’environnement, du cadre de vie, de la santé humaine, les nouveaux défis industriels. Cela nécessite un développement mondial des forces productives dans lequel la science joue un rôle essentiel pour une libération massive de
la créativité humaine, individuelle et collective.

3 – sortir de l’union européenne, affirmer la souveraineté populaire, développer la coopération et la paix

L’Union Européenne a été créée pour permettre au Capital de s’accumuler plus librement, pour redonner de l’air à ses taux de profits et aviver l’exploitation de l’homme par l’homme, en cassant le cadre national, berceau des acquis sociaux et en s’asseyant sur la souveraineté populaire. La "concurrence non faussée" était déjà un article fondateur du Traité de Rome ! Le refus de consulter les peuples ou le rejet autoritaire de leur décision (référendums français et hollandais) est un véritable déni de démocratie et montre le vrai visage de la dictature du capitalisme. La question de la participation de la France à l’UE doit désormais être posée. Le vote Irlandais vient confirmer que les peuples exigent de retrouver leur souveraineté pour faire d’autres choix, mettre en œuvre d’autres relations internationales, notamment de coopération et de paix, en Europe et dans le Monde. Nous devons soutenir avec force cet
objectif en présentant une liste aux élections européennes portant l’exigence de sortir de l’UE. Cela nécessite de prendre des distances avec le PGE qui représente l’acceptation de l’UE, qui enferme les NON populaires dans l’illusion de la renégociation d’un traité, qui pousse le PCF à se désolidariser de certains partis communistes au profit de partis réformistes.

4 – avoir une solidarité internationale active

La rupture avec l’UE rouvre la possibilité de l’internationalisme. Et en effet, la question du socialisme fait de nouveau surface au niveau mondial, des pays bougent, de nouveaux rapports sud-sud se construisent, en Amérique Latine des processus révolutionnaires voient le jour et Cuba fêtera l’an prochain ses cinquante ans de socialisme. Et surtout, les rapports internationaux s’aggravent face à l’impérialisme qui provoque les émeutes de la faim, l’appauvrissement généralisé de nombreux pays et la guerre. Le PCF doit avoir une tout autre conception de la solidarité internationale. Il ne doit plus se poser en donneur de leçon, ne plus rechercher de modèle pour affirmer sa solidarité. Mais, désormais il doit avoir le respect, la connaissance des expériences. Il doit sortir du suivisme médiatique, comme dans le cas du Tibet où l’attitude de la direction nationale paraphrasant les faux amis des droits de l’homme a été
catastrophique, ou dans le cas de notre participation à un gouvernement envoyant des troupes en Afghanistan. Au plan international, le PCF doit avoir l’exigence du respect des souverainetés nationales tant économiques que politiques, contribuer à la constitution d’un nouvel ordre international basé sur la justice sociale et le respect du droit international, contre les ingérences impérialistes qu’elles soient militaires ou dites “humanitaires”. Dans ce contexte, il aura aussi pour tâche de renouer avec les partis communistes : les progrès de l’influence de certains partis (Chypre, Grèce, Népal, Amérique Latine...) doivent nous interroger et nourrir notre analyse. Et même s’il existe certaines structures de rencontres internationales, comme le Forum Social Mondial, rien ne remplace une solidarité communiste internationale.

Pour conclure :

Pour le PCF, il est temps de changer de politique et donc de direction politique. Comment ceux qui depuis plus de vingt ans incarnent une ligne qui a conduit à l’échec, pourraient aller vers ce changement politique indispensable ? La tâche essentielle de la nouvelle direction sera de renforcer et réorganiser le PCF, d’être en capacité de rassembler et donc d’affronter les combats qui seront ceux de tout un peuple. Contre l’immobilisme et la momification du PCF tels que voulus par la direction actuelle, il s’agira au contraire de faire du PCF l’instrument de tous ceux qui veulent changer de société, qui veulent le socialisme. Plus que jamais, nous sommes fiers d’être communistes et souhaiterions aussi être fier du parti communiste français.

texte cosigné par des militant(e)s du Rhône

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3 août 2008 7 03 /08 /août /2008 19:52

« FREE GAZA » ET « LIBERTY » PRÊTS À APPAREILLER POUR GAZA



À Chypre, l’heure du départ approche



SILVIA CATTORI


dimanche 27 juillet 2008,
par Sylvia


www.oulala.net

 


Le « Free Gaza Movement » vient d’annoncer (*) le très prochain départ de ses bateaux, de Chypre vers Gaza. Ce sont, en effet, non pas un, mais deux bateaux qui vont tenter de gagner les plages de Gaza : le « FREE GAZA », et le « LIBERTY » baptisé ainsi en mémoire des 34 marins du « US LIBERTY » tués par un bombardement de l’aviation israélienne lors de la guerre des six jours, en 1967.


Ce sont donc 60 personnes -Palestiniens et 14 autres nationalités- qui vont appareiller pour Gaza, le 5 août 2008.


Parmi eux il y aura Naim Franjieh, un survivant palestinien de la Nakba (catastrophe) : « Mes parents ont fui la Palestine en 1948, alors que j’avais trois ans -a-t-il dit- je veux être là, sur ce bateau, pour dire aux gens de Gaza que ceux d’entre nous qui sont partis ne les ont pas oubliés ».


Il y aura également Hedy Epstein, une survivante de l’Holocauste âgée de 84 ans [
1], d’origine allemande, vivant aux Etats-Unis, qui a suivi ces derniers mois des cours de natation à cet effet. « Par cette action -a-t-elle expliqué- nous avons l’intention d’ouvrir le port, d’aller pêcher avec les pêcheurs, d’apporter notre aide aux cliniques, et de travailler dans les écoles. Mais nous nous proposons aussi de rappeler au monde que nous ne voulons pas rester spectateurs. 1.5 million de gens sont menacés de mort par le manque de nourriture et la maladie ».


En tentant d’entrer à Gaza, malgré le blocus de la marine israélienne, ces courageux navigateurs entendent rappeler au monde que ce n’est pas à l’occupant israélien, mais aux Palestiniens de décider qui peut entrer et sortir de Gaza ; et que le siège de Gaza n’aura pris fin que lorsque les Palestiniens se seront vus reconnaître les mêmes droits et libertés que les autres peuples du monde.


Jusqu’ici, l’Etat Major militaire israélien s’est refusé à dire ce que la marine comptait faire quand les bateaux -« Free Gaza » et « Liberty »- pénétreront dans les eaux, qu’elle contrôle illégalement, pour se rendre dans le port de Gaza.


A mesure que s’approche la date du départ, cet évènement suscite d’ores et déjà, dans la presse israélienne et sur les nouveaux
médias anglophones, de nombreux commentaires qui sont resté jusqu’ici largement ignorés du public francophone.


Dans un article du 20 juillet 2008 intitulé « Gaza au bord de la catastrophe humanitaire » [
2], M. Bill Dienst, le médecin qui prendra soin des navigateurs, écrit :


« Sous la forme d’une punition collective de toute la population civile de Gaza, Israël a bouclé le territoire en rationnant les importations de nourriture, d’essence et de médicaments. Ces restrictions ont provoqué une situation désespérée, dans laquelle les habitants de Gaza ne peuvent plus ni pomper de l’eau, ni faire fonctionner les équipements hospitaliers ni même le système d’évacuation des eaux usées, lesquelles se déversent maintenant dans la Méditerranée par millions de litres.


Dans mon travail, comme médecin, je me suis rendu de nombreuses fois à Gaza depuis 1985, pour collaborer avec des organisations de soins locales. Mes collègues de Gaza rapportent que les conditions actuelles sont extrêmement dangereuses pour la santé physique et mentale de la majorité de la population, en particulier des enfants. (...) La situation désespérée à Gaza n’est pas une catastrophe naturelle, comme un ouragan ou un tremblement de terre. C’est un désastre créé par l’homme, créé par le désir d’Israël de rendre les habitants de Gaza aussi misérables, et donc aussi soumis, que possible. (...) Dans notre première tentative d’accéder à Gaza par bateau, nous allons emporter avec nous des approvisionnements et fournitures qui font cruellement défaut. Si nous sommes autorisés à accoster, nous essaierons alors de retourner à Chypre, avec des habitants de Gaza qui ont besoin de soins médicaux urgents, ou qui ont besoin de sortir de Gaza pour d’autres raisons urgentes.
 »

 

 

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3 août 2008 7 03 /08 /août /2008 19:30
Le Mouvement des Pays non alignés exige la fin du blocus US contre Cuba et la dévolution de Guantanamo


La Havane, 31.07.08 (acn)


Les 118 Etats membres du Mouvement des Pays non alignés (NOAL) représentés à Téhéran dans le cadre de la Conférence des ministres des Affaires étrangères du Mouvement ont exigé du gouvernement des États-Unis la levée du blocus économique, commercial et financier contre Cuba et la dévolution de la base navale de Guantanamo, située en territoire cubain illégalement occupé par les États-Unis.


 La Déclaration finale de la 15ème Conférence ministérielle des NOAL se prononce en effet pour la levée du blocus US contre Cuba en soulignant qu'il s'agit d'une mesure unilatérale qui viole la Charte de l'ONU.


Les ministres des Affaires étrangères des 118 pays présents à Téhéran expriment aussi dans ce texte leur « profonde préoccupation pour le caractère extraterritorial croissant » du blocus US dont Cuba fait l'objet depuis bientôt 50 ans.


Ils se prononcent aussi contre les mesures adoptées par Washington pour renforcer le blocus ainsi que contre toutes les mesures appliquées récemment par les États-Unis à l'encontre du peuple de Cuba.


La Déclaration finale de la 15ème Conférence ministérielle des NOAL souligne que le blocus que les États-Unis appliquent contre Cuba « va à l'encontre du principe de bon voisinage qui doit régir les relations entre les Etats et cause de grandes pertes matérielles et de graves dommages économiques au peuple de Cuba ».


Le texte exhorte le gouvernement des États-Unis à respecter les 16 résolutions que l'Assemblée générale de l'ONU a adoptées de manière consécutive – de 1992 à 2007 – qui exigent également la fin du blocus US contre Cuba.


Dans leur Déclaration finale, les ministres des Affaires étrangères des 118 Etats membres des NOAL appellent aussi les États-Unis à rendre à Cuba le territoire cubain sur lequel se trouve actuellement la base navale US de Guantanamo, où les forces armées des États-Unis ont établi un camp de détention à la suite des événements du 11 septembre 2001.


La Conférence des ministres des Affaires étrangères des NOAL réclame également la fin des émissions de radio et de télévision financées par les États-Unis contre Cuba en réaffirmant qu'elles violent la souveraineté cubaine et les droits de l'homme des Cubains.

Samedi 02 Août 2008


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3 août 2008 7 03 /08 /août /2008 19:21

Nouveaux incidents dans un centre de rétention administratif au Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne)


 

PARIS  (AP)

 


 
Après l'incendie du centre de rétention administrative de Vincennes en juin, de nouveaux incidents ont éclaté ce week-end dans un autre CRA de région parisienne, celui du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne) près de l'aéroport de Roissy, déclenchant une nouvelle passe d'armes entre PS et UMP.

 

Selon la préfecture de Seine-et-Marne, des "retenus ont tenté de mettre le feu à des éléments de literie" de deux chambres différentes samedi après-midi. On ne déplore pas de victimes et "à la suite de l'intervention rapide des gendarmes et des pompiers, les dégâts se limitent à trois matelas brûlés", ajoute la préfecture.


La préfecture a mis en cause un "mouvement incité de l'extérieur par une vingtaine de militants" de l'association "SOS soutien aux sans papiers".


"Tentatives de suicide et automutilations sont monnaie courante" dans le CRA depuis plusieurs mois et "c'est pour dénoncer cette situation que l'association SOS soutien aux sans papiers a organisé un rassemblement" devant le centre, a répondu l'association dans un communiqué.


Le 22 juin dernier, un incendie avait ravagé le CRA de Vincennes, le plus important de France, au lendemain du décès d'un retenu tunisien de 41 ans. Comme en juin, les incidents du Mesnil-Amelot ont suscité la polémique sur la rétention des immigrés en instance d'expulsion.


"La politique injuste du gouvernement crée des situations dangereuses tout à fait inacceptables, qui provoquent la révolte légitime des étrangers et de ceux qui défendent leurs droits", a déclaré le Parti socialiste dans un communiqué.


Le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre a de son côté pointé dimanche "l'incitation à la violence par un collectif d'extrême gauche", estimant que le Parti socialiste a fait preuve d'un "attitude totalement irresponsable en soutenant la violence et le non-respect de la loi". AP

 

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2 août 2008 6 02 /08 /août /2008 15:27

Anthrax: le Dr Ivins emporte son secret dans la tombe

 

WASHINGTON (AP)

 

 Le Dr Bruce Ivins échappe définitivement au FBI. Sept ans après les lettres piégées à l'"anthrax" qui avaient semé la panique aux Etats-Unis dans le sillage des attentats du 11 Septembre 2001, l'affaire a rebondi avec le suicide du principal suspect, un brillant biologiste de l'armée américaine dont l'avocat clame l'innocence.

 

Cinq personnes étaient mortes et des dizaines d'autres avaient été hospitalisées aux Etats-Unis après avoir reçu des lettres contenant des spores du bacille de la maladie du charbon. La fameuse poudre blanche envoyée notamment au Congrès et à la presse avait déclenché des alertes dans le monde entier. Le Capitole à Washington fut décontaminé, on administra des traitements préventifs à tour de bras, d'importants bureaux de postes furent fermés pendant des années.


L'enquête semblait piétiner. Le mois dernier, la justice versait 5,8 millions de dollars (3,7 millions d'euros) à Steven Hatfill, un collègue du Dr Ivins au laboratoire militaire de Fort Detrick dans le Maryland (est), pour avoir ruiné sa carrière en le mettant injustement en cause. Mais selon plusieurs responsables américains ayant requis l'anonymat, les soupçons se portaient depuis un certain temps sur le Dr Ivins, que les procureurs allaient inculper en réclamant la peine de mort. Le laboratoire de Fort Detrick en tout cas se trouvait au coeur de l'enquête fédérale depuis des années.


Le scientifique, qui trouvait trop limités les essais de traitement du charbon sur les animaux, aurait selon les autorités disséminé le bacille pour réaliser des tests sur des humains. Mais l'avocat du Dr Ivins clame l'innocence de son client, qui aurait coopéré pendant plus d'un an avec les enquêteurs.


Le biologiste de 62 ans s'est suicidé et est mort mardi au Memorial Hospital de Frederick, d'après son entourage. Il n'a pas supporté "la pression constante des accusations et des insinuations" du gouvernement, a déclaré Me Paul Kemp.


L'ancien président démocrate du Sénat Tom Daschle, dont le bureau avait reçu une lettre empoisonnée en 2001, a souligné que "beaucoup de questions restent sans réponse". "Je pense que le peuple américain a le droit d'en savoir plus". "Nous devons savoir exactement quelle a été l'implication de M. Ivins, s'il était impliqué, et l'on devrait nous dire le lien avec l'affaire ainsi que nous fournir des informations qui ont jusqu'ici été cachées au public américain. Et rapidement", a lancé l'élu.


Le ministère américain de la Justice expliquait vendredi, après l'annonce de la mort du chercheur, que "l'enquête avait progressé de façon substantielle" mais qu'il était trop tôt pour en dire plus. Le ministère devrait décider dans les prochains jours s'il referme le dossier "Amerithrax".


La mort du Dr Ivins laisse bien des questions en suspens et ne convainc pas un ami de l'une des victimes mortes du charbon, Robert Stevens, journaliste en Floride. "Je ne pense pas que ce type soit impliqué. Quel est le lien? Qu'a-t-il fait, ou pas fait?", s'interroge Bennet Bolton.


Pendant 35 ans, Bruce Ivins a été l'un des principaux chercheurs chargés par le gouvernement américain de trouver des vaccins et traitements contre le charbon. Il travaillait depuis plus de dix ans à la mise au point d'un vaccin efficace même contre les souches mélangées, selon des documents fédéraux auxquels l'AP a eu accès. En 2003, il avait été décoré avec des collègues pour Service civil exceptionnel, la plus haute distinction civile du ministère de la Défense.


Le Dr Ivins avait mené des études sur l'anthrax, se plaignant dans l'une d'elles du nombre limité de singes disponibles pour les essais et des différences de réaction entre ces primates et l'homme. Des amis et collègues du biologiste, qui était notamment volontaire à la Croix-Rouge locale, le décrivent dans des documents judiciaires comme un scientifique épanoui mais émotionnellement instable.


"Le patient a depuis ses études un passé de menaces de mort, de plans et actions visant des thérapeutes", écrit une assistante sociale, Jean Duley, dans des documents judiciaires datant de la semaine dernière. Elle ajoute que le psychiatre du scientifique le considère comme un sociopathe à tendances meurtrières. Il était également accusé d'avoir harcelé une femme et menacé de la tuer.


Les enquêteurs avaient quant à eux remarqué le comportement étrange du Dr Ivins à Fort Detrick dans les six mois suivant les envois de lettres empoisonnées. Il avait réalisé des tests non autorisés sur des spores du charbon hors des zones ad hoc, selon un rapport interne, mais à l'époque le Dr Hatfill était le principal suspect.


Plus récemment, les autorités s'étaient intéressées à Bruce Ivins. Des voisins affirment que sa maison était surveillée par des agents du FBI dans des voitures aux vitres teintées. Un collègue du scientifique, Henry Heine, déclare avoir témoigné avec d'autres membres de l'équipe devant un grand jury fédéral à Washington dans le cadre de l'enquête sur les courriers à l'anthrax.


Et le frère de Bruce Ivins, Tom, dit avoir été interrogé à son sujet par des agents fédéraux il y a environ un an et demi. S'il assure ne pas avoir revu son frère depuis 1985, il ne se montre pas surpris des accusations. "Il se considérait comme un dieu", dit-il. AP

 

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2 août 2008 6 02 /08 /août /2008 15:18

Etats-Unis

Esclavage : un premier mea culpa fédéral

par Olivier Lambert

Article publié le 30/07/2008 Dernière mise à jour le 30/07/2008 à 17:16 TU

Cent-quarante ans après l'abolition de l'esclavage, la Chambre des représentants a demandé pardon, hier mardi, aux Noirs américains pour les violences et la ségrégation raciales. C’est une grande première dans l'histoire des Etats-Unis.

http://www.rfi.fr/actufr/articles/103/article_69178.asp

« Au nom des citoyens des Etats-Unis, la Chambre des représentants présente ses excuses aux Africains-Américains pour les erreurs commises contre eux et à leurs ancêtres qui ont souffert de l’esclavage et des lois Jim Crow, invitant à la ségrégation raciale. » En lançant ce message, du haut de la tribune de la Chambre des représentants, l’une des deux entités du Congrès américain avec le Sénat, le démocrate Steve Cohen marque une nouvelle étape dans l’histoire des Etats-Unis d’Amérique.

Jamais jusqu’à présent, le corps fédéral américain n’avait présenté d’excuses pour les 250 années de discriminations et de violences contre les Noirs américains, jugées par la Chambre comme « fondamentalement injustes, cruelles, brutales et inhumaines ». Toujours, une telle demande avait été repoussée, les instances américaines craignant de devoir réparer les crimes, en sus de s’en excuser.

Seuls quelques Etats avaient indépendamment pris la décision de s’excuser. La Virginie avait ouvert le bal en 2007, rapidement suivie par plusieurs Etats du Sud, tels que le Maryland, la Caroline du Nord ou l’Alabama. Steve Cohen a reconnu que ces états avaient une « plus grande autorité morale que le Congrès lui-même ».

Steve Cohen, élu de Memphis, dans le Tennessee, est l’un des seuls législateurs blancs de la Chambre à parler au nom d’une  zone majoritairement noire. En février 2007, il dépose sa résolution.

Rapidement, il trouve un large soutien notamment auprès des membres du Groupe des congressistes noirs, le Black Caucus.

Mardi, le texte a été adopté par un vote aux deux tiers, deux représentants républicains ont d’ailleurs apporté leur voix. Cette demande de pardon suit la décision du Sénat, qui en février 2008, s’était excusé auprès des indiens d’Amérique, pour les violences commises contre eux à l’arrivée des premiers colons.

Première étape

Si le texte n'offre aucune réparation, cette résolution est un premier pas à l'échelon fédéral, une première étape qui affirme la volonté des Etats-Unis de faire table rase d'au moins 250 années de discriminations raciales, qualifiées de « tâches dans l'histoire de ce qui est la plus grande Nation sur la Terre », en référence notamment aux lois Jim Crow, qui au XIXe siècle interdisaient dans plusieurs Etats du Sud l'accès des Noirs aux écoles ou aux équipements publics.

Les Africains-Américains ne pouvaient ainsi pas prendre le bus avec les Blancs, ni par exemple fréquenter les restaurants ou les cinémas. A l'époque, de nombreux groupuscules, dans la mouvance du Ku Klux Klan, commettaient des violences contre les populations noires, sans risquer de peines de justice.

Les lois Jim Crow ont été abolies en deux temps. D'abord en 1954 pour la ségrégation scolaire, déclarée inconstitutionnelle par la Cour suprême des Etats-Unis, puis en 1964, le Civil Rights Act enterre les autres textes. Néanmoins, comme l'a rappelé Steve Cohen, les Africains-Américains souffrent encore aujourd'hui de ce passé.

En 2005, des entreprises américaines, dont les banques JP Morgan et Wachovia ont reconnu avoir eu recours autrefois à un esclavage massif dans certaines de leurs activités.

Cette résolution n'est donc qu'une première étape. Le sénateur démocrate de l'Iowa Tom Harkin a d'ores et déjà mentionné son intention de déposer un projet du même ordre au Sénat.

Bien accueillies dans l'ensemble, ces excuses ont néanmoins été critiquées par quelques représentants de la Chambre et notamment le républicain du Colorado, Tom Tancredo, qui enjoint aux démocrates « de commencer à se préoccuper des problèmes du XXe siècle, comme le prix du baril de brut, plutôt que de se concentrer sur un problème du XIXe siècle, déjà résolu par Abraham Lincoln ».

Si ces excuses doivent beaucoup à l'action de Steve Cohen, elles ne lui garantissent par pour autant d'être réélu à la Chambre. En effet, le représentant du district de Memphis doit affronter Nikki Tinker, avocat noir, aux prochaines primaires démocrates du Tennessee le 7 août prochain.


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