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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 18:30

http://www.revolutionpermanente.fr/Temoignage-De-Paris-au-Havre-etudiants-et-Nuit-Debout-solidaires-des-travailleurs-en-lutte

Une délégation étudiante en soutien aux grévistes du Havre

De Paris au Havre, les étudiants et le mouvement des Nuits Debout solidaires des travailleurs en lutte

Vendredi 27 Mai 2016

Depuis le début du mois de mars 2016, Le Havre a été une des villes les plus mobilisées. La grève et le blocage dans les raffineries et dépôts pétroliers ces derniers jours ont complété le tableau d’une zone industrielle en ébullition contre la loi travail et les projets du patronat. Avec quelques étudiants de la région parisienne et un membre de la commission pour la grève générale du mouvement des Nuits Debout, profitant du fait que nos universités commencent à fermer et nos partiels à se terminer, nous avons décidé de nous rendre dans cette ville où non seulement des secteurs stratégiques de l’économie du pays sont entrés dans la bataille, mais où la coordination de ces secteurs, au sein d’une assemblée générale interprofessionnelle, est à l’ordre du jour. Retour sur une journée de soleil dans la capitale de la grève.

Par Sarah Carah

Roulements de tambour

Après une journée bien commencée par le blocage du pont de Normandie et de celui de Tancarville et une « opération escargot » sur la route, nous nous sommes rendus au rendez-vous de la manifestation. Secteur après secteur, les travailleurs arrivent en cortège. Centrale thermique d'Electricité De France (EDF), hôpitaux, Pole Emploi, cheminots, jeunes étudiants et lycéens, les cortèges se structurent, parfois au rythme des caisses claires pour rythmer la marche. Mais les grands attendus ne sont pas encore là, ils arrivent quelques centaines de mètres après le début de la manifestation. Ce sont les dockers qui arrivent, tous en gilet rouge, derrière une grande banderole.

La marche est impressionnante de force. L’animation se fait aux pétards et aux fumigènes, la classe ouvrière marche sur l'hôtel de ville et cela doit se savoir.

Nous qui avions l’habitude des manifestations parisiennes où même finir une manifestation à son point d’arrivée est devenue compliqué du fait des gaz, nous profitons avec plaisir de l’ambiance du Havre. Nulle besoin de masque ou de foulards, nulle besoin de service d’ordre, comme quoi, lorsqu’il n’y a pas de barrage de police installé à chaque coin de rue, la manifestation se passe bien. Dans les rues de la ville, les passants applaudissent et les voitures klaxonnent, preuve que la grande majorité de la population de la ville est au côté des grévistes, contrairement à ce que cherche à prétendre le gouvernement.

La manifestation se termine par quelques prises de paroles des représentants syndicaux des différents secteurs. La place de l'hôtel de ville est pleine à craquer et les différents cortèges s’entassent. L’intervention d’un délégué de la Confédération Générale du Travail (CGT) de la centrale nucléaire de Paluel est particulièrement applaudie, « hier, nous avons voté vingt quatre heures d’arrêt de travail. Cette nuit le quart de nuit à Paluel a fait quatre vingt quinze pour cent de grévistes avec des baisses de charge. Ce matin partout sur le territoire français, les dix neuf centrales nucléaires sont en grève, avec des blocages et des baisses de charge, dix mille mégawatts de moins sur le réseau ».

Les camarades de l’union locale de la CGT du Havre nous invitent à prendre la parole. Notre intervention, que nous avions préparé collectivement avec les camarades étudiants et le camarade de la commission pour la grève générale de Nuit Debout Paris, est énormément applaudie, plus que nous ne l’imaginions. Nos universités sont fermées, mais notre mobilisation peut décidément se poursuivre sur les piquets de grève.

Alors que je fais cette prise de parole, je me demande si les travailleurs du Havre ou d’ailleurs ont-ils vraiment conscience du sentiment de fierté qu’ils nous inspirent lorsque nous nous permettons de les appeler camarades et de la puissance que nous pouvons avoir, tous ensemble ? Depuis le 9 mars 2016 mobilisés sur nos universités, nous pouvons être fiers en tant qu’étudiant d’avoir tenu et de n’avoir pas laissé une minute de répit au gouvernement et au patronat. Mais il nous a manqué la force de la grève des travailleurs, celle qui bloque réellement l’économie du pays et qui coupe le robinet des profits en fermant les raffineries, les centrales électriques ou les gares. Cela conforte les décisions qui avaient été prise lors de nos coordinations nationales étudiantes, qui regroupaient les mandatés des assemblées générales des universités, s’adresser aux travailleurs et à leurs organisations pour organiser les journées de mobilisations ensemble et bâtir un plan d’action en commun, prendre à notre compte les revendications des travailleurs en lutte contre le décret-socle à la Société Nationale des Chemins de Fer (SNCF) ou le plan de Claude Hirsh dans les hôpitaux, construire la solidarité concrète pour faire tenir la grève. De Paris au Havre, nous pouvons renforcer cette solidarité, en remplissant les caisses de grève, en donnant un coup de main sur les piquets de grève ou en diffusant des tracts à destination des usagers.

Le Havre, un exemple à suivre en termes de coordination

Pour cela, il va nous falloir renforcer encore la coordination entre les différents secteurs, en discutant concrètement avec tous les travailleurs. De ce point de vue, le Havre est là aussi une ville à l’avant-poste. Après la manifestation, une assemblée générale interprofessionnelle est appelée, à la maison des syndicats du Havre. Nous y sommes invités et l’hospitalité des havrais nous propose même de nous installer à la tribune. La salle est comble, près de cent cinquante personnes s’y installent, jusqu’à devoir suivre l'assemblée générale depuis la porte car elle manque de place. Les différents secteurs expliquent la situation de la grève sur leur lieu de travail.

Au dépôt pétrolier de la Compagnie Industrielle Maritime (CIM), qui se trouve au cœur de la zone industrielle du Havre, le piquet de grève tient toujours. Jour et nuit, des travailleurs non seulement de la CIM mais aussi d’autres entreprises se relaient pour tenir le piquet. La veille, les travailleurs craignaient une intervention de la police, du renfort a été appelé et plus d’une centaine de soutiens était arrivés. L’intervenant de la CIM explique à l'assemblée générale que si le piquet tient encore un peu, ce sont les arrivées de carburants des aéroports d’Orly, du Bourget, de Charles de Gaulle, de Munich, de Dusseldorf et de Bruxelles qui seront stoppés. La direction de la CIM cherche à négocier pour qu’au moins les aéroports ne soient pas touchés, mais la réponse des grévistes est claire, c’est non.

A l'assemblée générale, on discute de la manière la plus efficace de répartir les forces. Les dockers soutiennent le blocage de la CIM, tandis qu’un autre secteur de travailleurs peut aller soutenir les camarades d’Exxon, de la raffinerie de Notre Dame de Gravenchon, où la grève a été très dure à tenir du fait de la violente pression de la part de la direction. Pas question de dénigrer les camarades qui ne parviennent pas à tenir la grève dans leur boîte, « nous sommes dans l’unité depuis le 9 mars 2016 », rappelle un camarade. Chacun cherche à trouver les solutions pour que la mobilisation se poursuive et se généralise.

Toutes les interventions possèdent un fil rouge, il faut continuer, ne rien lâcher et généraliser la grève. De la mobilisation contre la réforme des retraites en 2010, pendant laquelle le Havre avait déjà fait preuve de sa combativité, un enseignement a été tiré, la mobilisation ne peut pas compter uniquement sur la force de frappe des raffineurs. Leur capacité à installer la pénurie d’essence dans le pays, quoique très puissante, ne peut pas suffire pour faire reculer le gouvernement. C’est pourquoi la question de la coordination est fondamentale.

La deuxième question qui se pose, c’est la suite. Pour l’instant, aucune date nationale n’est prévue centralement d’ici le Mardi 14 Juin 2016, où une manifestation nationale est en train d’être organisée à Paris. Des travailleurs s’interrogent sur le fait que cette date serait dans trop longtemps et qu’il va être difficile de tenir la grève dans certains lieux de travail. Ne faudrait-il pas en appeler aux confédérations pour qu’elles appellent à une date dès la semaine prochaine ? En attendant le Mardi 14 Juin 2016, toute une semaine de mobilisation est donc prévue de manière coordonnée sur le Havre. De nouvelles assemblées générales et prises de paroles vont être organisées sur les entreprises, pour « continuer à convaincre et expliquer la loi » auprès des collègues. Mardi 31 Mai 2016, une après-midi « Hôpital Debout » est organisée. Mercredi Premier Juin 2016, tous se rassembleront pour devant le tribunal pour soutenir un camarade inculpé pour une action organisée dans le cadre de la mobilisation. Et Jeudi 2 Juin 2016, il y aura une nouvelle journée de grève sur toute la ville, conclue par un meeting. Au Havre, on ne lâche pas l’affaire.

Face à la propagande du gouvernement, « preneurs d’otage » et « casseurs », main dans la main

Les pressions des directions et la répression d'état commencent à se faire sentir de plus en plus fortement, alors que les jours passent. A Exxon, la direction envoie des cadres pour faire pression, qui prétendent que les actionnaires vont partir si la grève se poursuit. Les Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS) sont installées devant la boîte jour et nuit et Exxon aurait porté plainte contre l’union locale CGT d’Harfleur car elle aurait organisé un feu sur le rond point. Dans différentes entreprises, les directions remplacent les grévistes par des travailleurs en repos.

Dans un autre style, c’est parfois un adversaire imprévu qui cherche à freiner la mobilisation, dans certaine entreprise, c’est la Confédération Française et Démocratique du Travail (CFDT) elle-même qui distribue des tracts contre la grève.

Côté étudiant et côté travailleur, nous nous trouvons face à un même ennemi et celui-ci sait bien utiliser tous les médias à sa solde pour décrédibiliser nos luttes. Alors que du côté étudiant, nous avons du subir tous les mensonges autour du mythe du « casseur », les travailleurs subissent aujourd’hui la campagne de dénigrement sur le thème du « preneur d’otage ». Cette contre-campagne médiatique, nous pouvons la mener ensemble, côte à côte, pour rappeler que les vrais casseurs, ce sont les patrons qui cassent nos conditions de travail et de vie et les CRS qui cassent nos piquets de grève, et que les vrais preneurs d’otages, c’est le gouvernement et son quarante neuvième article de la constitution.

Côte à côte, face à notre adversaire commun, nous pouvons gagner. Nous repartons du Havre avec quelques contacts, en promettant de revenir la prochaine fois plus nombreux, pour tenir les piquets de grève avec eux. Il ne tient qu’à nous de nous donner les moyens pour les aider à tenir, cheminots, raffineurs, dockers, postiers, hospitaliers et tous ces camarades, frères et sœurs de classe, que nous nous découvrons enfin.

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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 17:59

http://www.leparisien.fr/faits-divers/videos-affiche-polemique-de-la-cgt-le-diffuseur-convoque-par-la-police-29-05-2016-5839131.php

Affiche polémique de la Confédération Générale du Travail (CGT), le diffuseur convoqué par la police

L'écusson des Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS), une matraque et une flaque de sang, l'affiche accompagnée d'un texte explicite, « stop à la violence, la police doit protéger les citoyens et non les frapper », publiée sur le site internet d'un des syndicats de la CGT au mois d'avril 2016, avait provoqué la colère du ministre de l'intérieur, Bernard Cazeneuve.

Cette campagne dénonçant les violences policières contre les jeunes dans les manifestations contre la loi travail avait été jugée « choquante » par deux syndicats de policiers, Unité Syndicat Général de la Police de la CGT Force Ouvrière et le syndicat des officiers Synergie, et même par la fédération police de la CGT, appartenant pourtant à la même maison.

Selon nos informations, Lundi 30 Mai 2016, le secrétaire général du syndicat de l'information et de la communication de la CGT, sur le site duquel l'affiche a été publiée, est convoqué à la Brigade de Répression de la Délinquance contre la Personne (BRDP). D'après la convocation dont nous avons eu connaissance, il sera entendu « en qualité de mis en cause dans le cadre d'une procédure judiciaire ». Il est soupçonné « d'avoir commis l'infraction de diffamation publique envers une juridiction, une administration publique, un corps constitué ou l'armée ».

Le secrétaire général avait pris ses distances

La polémique avait éclaté en plein congrès de la CGT à Marseille. S'il n'avait pas condamné formellement l'initiative du syndicat de l'information et de la communication, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, s'en était désolidarisé. Entre-temps, au début du mois de mai 2016, le syndicat de l'information et de la communication de la CGT, syndicat des salariés de l'information et de la communication, a publié une autre affiche, « loi travail, stop à la répression ». On y voit des policiers marcher sur un sol maculé de rouge faisant penser à du sang.

Le deuxième syndicat des officiers de police, Synergie, avait alors dénoncé dans un communiqué une « campagne ignoble d'une violence inouïe » et demandé au ministère de l'intérieur de « déposer plainte ».

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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 17:43

Phase cruciale pour l'épreuve de force sur la loi travail (Reuters)

L'épreuve de force autour du projet de réforme du code du travail entre cette semaine dans une phase décisive, après le retour du G7 ce week-end de François Hollande, pressé de toutes parts de trancher le noeud gordien de la loi travail.

Manuel Valls promet d'aller jusqu'au bout sur ce texte et paraît miser sur l'essoufflement de la crise sociale la plus dure du quinquennat, qui menace la reprise économique française.

« Nous sommes dans un moment crucial », dit-il au Journal Du Dimanche. « C'est l'idée même de réforme qui se joue. Il s'agit d'une clarification dans le syndicalisme, d'une clarification à gauche et d'une clarification dans la société française », ajoute celui qui dit ne pas vouloir rejoindre « la longue liste des politiques qui ont renoncé face à un mouvement social. Si nous cédions à la rue et à la Confédération Générale du Travail (CGT), parce que nous serions obsédés à court terme par les élections présidentielles de 2017, il ne resterait plus rien », fait-il valoir.

Manuel Valls a néanmoins repris langue avec le numéro un de la CGT, Philippe Martinez, ainsi qu'avec les leaders de la CGT Force Ouvrière, de la Confédération Française et Démocratique du Travail (CFDT), de la Confédération Française des Travailleurs Chrétiens (CFTC), de la Confédération Française de l’Encadrement Confédération Générale des Cadres (CFE-CGC) et de l'Union Nationale des Syndicats Autonomes (UNSA) à qui il a téléphoné Samedi 28 Mai 2016 « pour faire le point de la situation », a-t-on appris dans son entourage.

Il a réaffirmé au secrétaire général de la CGT et à son homologue de la CGT Force Ouvrière la position de l'exécutif et il s'est efforcé de rassurer les dirigeants des syndicats réformistes, dont Laurent Berger (CFDT), qui soutiennent le texte, précise cette source.

Jusqu'ici, le chef de l’état a soutenu la même ligne que le premier ministre et les deux hommes se sont parlés Samedi 28 Mai 2016 pour s'assurer que c'était toujours le cas, indique une source gouvernementale. Manuel Valls s'est aussi assuré de la coopération des acteurs de l'industrie pétrolière pour atténuer l'impact des grèves dans ce secteur.

Mais à l'approche du coup d'envoi du championnat d’Europe de football, Vendredi 10 Juin 2016, un flottement est perceptible au sein du gouvernement comme dans la majorité ou sur ses marges.

Le ministre des finances, Michel Sapin, confiait Vendredi 27 Mai 2016 que « le premier devoir, c'est la fermeté ». Mais il est aussi de ceux qui ont évoqué une éventuelle réécriture du deuxième article du projet de loi travail, le plus contesté, qui affirme la primauté des accords d'entreprises sur les accords conclus dans les branches professionnelles et les conventions nationales.

Une cinquantaine de députés de gauche ont demandé Vendredi 27 Mai 2016 à François Hollande de reprendre le dialogue avec l'ensemble des syndicats afin de trouver une sortie de crise.

Le député socialiste Jean-Marc Germain, proche de la maire de Lille Martine Aubry, a proposé une autre porte de sortie, que Manuel Valls s'engage à ne pas recourir au troisième alinéa du quarante neuvième article de la constitution quand le texte reviendra au mois de juillet 2016 en deuxième lecture à l’assemblée nationale.

« Que le premier ministre dise que, sur ce texte, c'est le parlement, in fine, qui aura le dernier mot », a-t-il suggéré.

La « méthode douce » consistant à laisser le parlement procéder aux amendements susceptibles de rallier une majorité et de calmer la rue ne tente pas seulement l'aile gauche du Parti Socialiste.

C'est au mot près ce que propose un membre du gouvernement, « dire que le parlement aura le dernier mot, éviter de recourir au quarante neuvième article de la constitution, puis laisser les parlementaires négocier et trouver une solution acceptable pour la CGT Force Ouvrière et pour la CFDT ».

Pour ce ministre, s'obstiner n'est pas tenable, « si le championnat d’Europe de football est perturbé devant les caméras du monde entier, vous détruisez l'image de la France pour cinquante ans », dit-il.

Le premier secrétaire du Parti Socialiste s'est voulu rassurant. « Je connais les responsables de la CGT, je ne peux pas croire une seule seconde qu'ils prennent en otage la France » durant le championnat d’Europe de football, a déclaré Jean-Christophe Cambadélis.

Une source gouvernementale reconnaît la difficulté de trouver une « voie médiane » tout en assurant être « très attentif à la mobilisation » et aux risques d'incidents.

« L'engagement de ne pas utiliser le quarante neuvième article de la constitution est très difficile à prendre », estime cette source. « Le désir de compromis ne doit pas conduire à tout brouiller ».

La fédération des transports de la CGT Force Ouvrière menace de perturber les transports dans les villes-hôtes du championnat d’Europe de football et doit se coordonner Lundi 30 Mai 2016 avec son homologue de la CGT.

Quatre raffineries sont toujours à l'arrêt et deux en débit réduit. « Nous ne pouvons pas parler d'une crise qui est terminée », reconnaissait, Samedi 28 Mai 2016, Alain Vidalies, secrétaire d’état aux transports.

La CGT a déposé un préavis de grève pour les Vendredi 3 Juin, Samedi 4 Juin et Dimanche 5 Juin 2016 dans l'aviation civile. Des préavis de grève reconductible ont été déposés pour le milieu de la semaine prochaine à la Société Nationale des Chemins de Fer (SNCF), où les négociations sur une nouvelle organisation du travail piétinent.

Mais paradoxalement, c'est peut-être là que réside une des pistes les plus sérieuses de sortie de crise, à en croire un intime de François Hollande cité par le Journal Du Dimanche.

« A la SNCF, à la Régie Autonome des Transports Parisiens (RATP), à Air France et dans l'aviation civile, des discussions sont déjà ouvertes », dit-il. « Dans les ports, Alain Vidalies mène une négociation européenne sur les dockers. La CGT sait qu'elle n'obtiendra pas le retrait de la loi, mais il faut qu'ils obtiennent des choses dans d'autres secteurs ».

Une piste également évoquée Dimanche 29 Mai 2016 par Jean-Christophe Cambadélis. « Je pense que, dans le moment présent, il faut de la fermeté, mais pas de fermeture », a-t-il dit.

« Après, quand le moment sera venu, au moment du débat parlementaire, il faudra éclairer sans dénaturer ».

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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 17:14

http://www.rtl.fr/actu/politique/loi-travail-laurent-berger-et-philippe-martinez-face-a-face-lors-du-grand-debat-lundi-30-mai-en-direct-sur-rtl-7783407293

Laurent Berger et Philippe Martinez face à face lors du Grand Débat, Lundi 30 Mai 2016 en direct sur Radio Télévision Luxembourg (RTL)

Les leaders syndicaux de la Confédération Française et Démocratique du Travail (CFDT) et de la Confédération Générale du Travail (CGT) débattront pour la première fois face à face sur un plateau.

Depuis le début du débat sur la loi travail, ils adoptent une stratégie radicalement opposée pour peser sur les négociations. La CFDT soutient le texte de Myriam el Khomri auquel elle a largement contribué.

La CGT est, elle, en désaccord total avec la loi adoptée par le troisième alinéa du quarante neuvième article de la constitution à l'assemblée nationale. La CGT, qui appelle au retrait pur et simple de la loi, est d'ailleurs à l'origine du mouvement social qui agite actuellement les raffineries, les centrales nucléaires ou encore les transports.

Lundi 30 Mai 2016, Laurent Berger et Philippe Martinez, les leaders des deux premiers syndicats de France, se retrouveront pour la première fois face à face et en direct au cours d'une édition exceptionnelle de RTL Soir. Présenté par Marc-Olivier Fogiel et Alain Duhamel, le Grand Débat permettra aux deux hommes de confronter leur point de vue au cours d'un face à face de quarante cinq minutes, entre 19 heures 15 et 20 heures. La loi travail est-elle une des solutions au chômage ou va-t-elle apporter un peu plus de précarité ? Menace-t-elle les salariés ou au contraire va-t-elle leur donner l'occasion de s'exprimer davantage dans l'entreprise ?

Lundi 30 Mai 2016, de 19 heures 15 à 20 heures, le Grand Débat est à suivre en direct sur RTL et en vidéo sur www.rtl.fr. Les internautes pourront réagir à l'émission sur twitter.

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28 mai 2016 6 28 /05 /mai /2016 15:59

http://www.lemonde.fr/international/article/2016/05/27/en-turquie-des-migrants-sous-controle_4927622_3210.html

En Turquie, des migrants sous contrôle

Les départs vers la Grèce ont cessé, mais le président Recep Tayyip Erdogan menace de suspendre l’accord signé avec l’Union Européenne

Par Marie Jégo

Vendredi 27 Mai 2016

Sur la côte turque de la mer Egée, les départs de réfugiés vers les îles grecques ont cessé. Plus un migrant ne passe. Les derniers à avoir tenté l’aventure, quarante huit syriens montés à bord de canots depuis une crique de Bademli, un village de pêcheurs au nord d’Izmir, ont été interceptés par les gardes-côtes turcs, Dimanche 15 Mai 2016.

« Les autorités turques prennent l’accord signé avec l’Europe très au sérieux. La police a multiplié les patrouilles, les moindres recoins de la côte sont surveillés, du coup les passeurs se font tout petits », raconte Kadir Yildirim, gérant d’un restaurant sur le port de Dikili, une station balnéaire prisée des stambouliotes à soixante kilomètres au nord d’Izmir, « les routes sont placées sous la vigilance des gendarmes et les compagnies de bus et de taxis ont interdiction de prendre des réfugiés sur des grands trajets ».

« On peut dire que la décision de refouler les migrants a marché. Les candidats au départ y regardent à deux fois désormais. Ils se disent, à quoi bon prendre autant de risques à traverser la mer Egée, si c’est pour être renvoyés ? Ceux qui ont fait fortune sur le dos des réfugiés, les hôteliers, les guetteurs, les passeurs et les taxis, font grise mine aujourd’hui », assure Yalçin Yanik, un syndicaliste qui anime à Izmir une association d’aide aux réfugiés syriens.

« La première grande vague de migrants à faire la traversée vers les îles grecques, c’était pour la plupart des syriens jeunes, dynamiques et aisés. Le passage n’est pas donné, il faut compter mille cinq cent euros et plus par personne. Ceux qui restent ici à Basmane sont trop pauvres pour partir », assure cet ouvrier du cuir qui a ouvert aux démunis sa petite maison du quartier de Basmane, à Izmir.

Depuis l’accord entré en vigueur le 20 mars 2016 entre l’Union Européenne et la Turquie, le nombre de migrants arrivés en Grèce en avril a chuté de près de quatre vingt huit pour cent en un mois, selon l’Office International des Migrations (OIM), trois mille trois cent soixante arrivées ont été enregistrées en Grèce au mois d’avril 2016, contre vingt six mille neuf cent soixante et onze arrivées au mois de mars 2016.

Après le déferlement de plus d’un million de réfugiés sur le territoire de l’Union Européenne en 2015, Bruxelles et Ankara ont trouvé la parade pour y mettre un terme. Le compromis négocié de haute lutte à l’initiative de la chancelière Angela Merkel prévoit le renvoi en Turquie de tous les migrants arrivés sur les îles grecques depuis cette date, soit environ huit mille cinq cent personnes. A ce jour, moins de quatre cent ont été renvoyés vers le petit port turc de Dikili.

Dressée sur le quai, juste à côté du poste des gardes-côtes, la tente blanche censée servir à l’enregistrement des migrants est vide, aucun bateau à l’horizon, plus de refoulement.

La première vague de refoulés, soit deux cent deux personnes, des afghans, des pakistanais, des bengladais et des africains, arrivées à Dikili, Lundi 4 Avril 2016, jour de la mise en application de l’accord, a été embarquée de force, sans avoir pu déposer une demande d’asile.

Aysegül Karpuz, une jeune avocate d’Izmir, militante des droits de l’homme, a retrouvé la trace de ce convoi et des suivants. Après avoir été enregistrés sur le quai de Dikili, tous les migrants ramenés de Grèce ont été installés dans des autobus, en direction du centre de rétention de Pelhivanköy, entre Istanbul et Edirne, où ils sont enfermés depuis.

Le 29 avril 2016, après bien des démarches, la jeune avocate a été autorisée à rencontrer deux de ses clients, deux jeunes afghans, un garçon de dix sept ans et sa cousine de dix neuf ans, dont elle défend bénévolement les dossiers de demande d’asile. La rencontre a eu lieu en présence d’un policier. « Je lui ai demandé de tourner le dos pour qu’il ne puisse pas lire sur les lèvres de mes clients, il l’a fait », précise-t-elle. « Mes clients m’ont rapporté avoir été emmenés de force, sans savoir qu’ils retournaient en Turquie. Sur le bateau du retour, le garçon a été frappé, il a un constat médical. Personne n’a pu faire une demande d’asile », déplore Aysegüle Karpuz.

Depuis sa visite, six demandes d’asile ont été déposées. Six personnes pourront bientôt quitter le centre de rétention, un bâtiment propre et neuf, qui est une prison sans en avoir le statut. Ce qui complique le travail de l’avocate, « dans une prison, j’ai le droit de visiter mes clients, dans les centres de rétention, l’arbitraire prévaut. Il faudrait que les institutions européennes poussent pour qu’il y ait des règles de fonctionnement de ces centres, que les détenus n’y soient plus réduits au secret, sans même avoir un stylo pour écrire, et soumis à l’arbitraire, notamment pour ce qui est de l’accès aux avocats ».

Révoltée par ces pratiques, Ariel Ricker, une jeune avocate américaine, a créé un réseau d’entraide, Advocates Abroad, où quatre vingt dix experts proposent une aide juridique gratuite aux réfugiés. Très présente en Grèce, l’association a fait des pieds et des mains pour que les migrants, pas toujours tenus au courant de leurs droits, puissent faire une demande d’asile.

« C’est une question de dignité et de respect des conventions du droit d’asile », insiste la jeune femme, de passage à Izmir. Selon elle, l’accord ne fonctionne pas, « les départs vont reprendre, c’est juste une question de temps ». Pour l’heure, tant que les demandes d’asile sont en cours de traitement, impossible de procéder à de nouvelles déportations. « Les déboutés de l’asile sont nombreux », assure Ariel Ricker. Seuls trente trois pour cent des six cent syriens demandeurs d’asile depuis le 20 mars 2016 ont reçu une réponse positive de la part de la Grèce.

La suspension des renvois de Grèce vers la Turquie, une mesure très controversée dans l’Union Européenne, n’est pas la seule entorse de fait au compromis sur les migrants, celui-ci est aussi fragilisé par le récent refus du président turc, Recep Tayyip Erdogan, de modifier la loi antiterroriste turque, comme l’exige Bruxelles. Sans modification, la contrepartie promise par l’Union Européenne, soit l’exemption de visas Schengen pour les citoyens turcs, restera lettre morte et l’accord le sera avec elle.

En effet, Recep Tayyip Erdogan a assuré, Mardi 24 Mai 2016, que le parlement turc bloquerait la mise en œuvre de l’accord de réadmission des migrants si aucun progrès n’était fait concernant l’exemption des visas pour ses compatriotes. « Les menaces ne sont pas les instruments diplomatiques les meilleurs et on devrait donc cesser d’en user », a riposté Jean-Claude Juncker, le président de la commission européenne, Jeudi 26 Mai 2016, en marge du sommet du G7 au Japon, « de toute façon, elles n’auront par d’effet ». La veille, Angela Merkel avait affirmé ne pas être inquiète, « il est possible que certaines questions prennent plus de temps mais, sur le fond, nous, en tout cas, nous nous tiendrons aux accords ». Des accords qui ont déjà permis à la chancelière de réduire considérablement les arrivées de migrants en Allemagne.

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28 mai 2016 6 28 /05 /mai /2016 15:33

http://www.liberation.fr/debats/2016/05/26/casseurs-renverser-l-accusation_1455373

Casseurs, renverser l’accusation

Jeudi 26 Mai 2016

Une centaine d’intellectuels et de personnalités dénoncent la stratégie du gouvernement d’isoler des « groupes organisés » et d’exagérer leurs faits de violence pour décrédibiliser les manifestations contre la loi travail à Rennes et à Paris.

Voilà deux mois que le gouvernement ne sait plus que faire pour venir à bout d’un mouvement auquel il ne comprend rien. Après avoir usé jusqu’à la lie la rhétorique anti casseur, il inaugure depuis la semaine dernière une nouvelle stratégie afin d’écraser ce qui lui résiste. Cette stratégie consiste à isoler, sur les suggestions des services de renseignement, des « groupes organisés » constitués policièrement en « associations de malfaiteurs », puis à les accuser de faits dont on exagère la gravité afin de pétrifier tant la population que ceux qui luttent.

Ainsi, on annonçait, Jeudi 19 Mai 2016, l'arrestation à Rennes d’un groupe de vingt « casseurs », jeunes « radicalisés » appartenant à la « mouvance anarcho-autonome », une « association de malfaiteurs » qui s’apprêtait à « saboter » le métro de la ville. Renseignements pris, le sabotage en question était une action de blocage économique décidée en assemblée générale interprofessionnelle et menée de concert avec la Confédération Générale du Travail (CGT) qui bloquait les axes routiers en périphérie de la ville. « L'association de malfaiteurs » se réunissait dans les locaux du Syndicat Unitaire et Démocratique (SUD) et s’apprêtait, en fait, à coller des auto collants sur les composteurs de billets, voire, pour les plus extrémistes, à y introduire de la mousse expansive.

C’est une manœuvre identique qui a été déployée à Paris, Mercredi 18 Mai 2016, suite à l’attaque d’une voiture sérigraphiée de la police par des manifestants. Alors que le syndicat de police Alliance privatisait la place de la République et faisait des « selfies » aux côtés de Marion Maréchal-Le Pen, d’Eric Ciotti et de Gilbert Collard, une contre-manifestation sauvage, repoussée à coups de gaz lacrymogènes, s’élançait dans les rues de Paris. C’est dans ces conditions qu’une voiture de police prise dans la circulation a dû essuyer un concentré de cette colère que l’on voit éclater depuis deux mois, à chaque manifestation. Qu’à force de se faire brutaliser, les plus pacifiques des manifestants en soient venus à entonner les slogans « tout le monde déteste la police », « même la police n’aime pas son travail », « que fait la police, cela crève les yeux », devrait à tout le moins interroger. Suite à l’incendie du véhicule, le gouvernement allumait un contre-feu en gonflant l’incident en « tentative d’homicide volontaire ».

A cet effet, on occultera opportunément que, à la vue des premiers manifestants, le policier a sorti son arme de service, voulant les repousser, et que ces mêmes manifestants ont aidé la policière à sortir du véhicule, on transformera le bout de plastique dont se défend le policier en « barre de fer », des manifestants en « association de malfaiteurs » et on ira chercher des coupables présélectionnés par les services de renseignement parmi les militants de l'action antifasciste Paris-Banlieue, que l’on essayait depuis une bonne semaine d’interdire de manifester. Et tous les médias de reprendre en chœur cette construction grotesque.

Qu’importe qu’après deux jours de garde à vue, le ministère de l'intérieur lui-même concède dans les pages du Monde qu’il n’y a, en l’état, aucun élément permettant de lier ces quatre militants à l’incendie de la voiture.

On comprend mieux à présent le sens de la déclaration de Manuel Valls au sénat, Mardi 17 Mai 2016, « ces blacks blocs, ces amis de Julien Coupat, toutes ces organisations qui au fond n’aiment pas la démocratie, qui la contestent et qui en contestent les principes, trouveront la plus grande détermination de l'état, de la police et de la justice ». Ce qui était alors en préparation, à Rennes comme à Paris, était une manœuvre identique à celle qu’avaient tentée Michèle Alliot-Marie et Alain Bauer à l’époque du raid antiterroriste de Tarnac, cibler sur les conseils des services de renseignement un groupe d’opposants à éliminer, leur imputer des faits controuvés, construire sur cette base une « association de malfaiteurs » et tabler sur le suivisme et la lâcheté médiatique pour faire passer l’accusation dans l’opinion.

Si, à l’époque, cette manœuvre a fini par piteusement échouer, c’est parce que nombreux furent celles et ceux qui, derrière le discours policier et gouvernemental, devinaient l’opération politique. Ce qui se prépare en ce moment, ce sont des « affaires de Tarnac » en série.

C’est pourquoi nous appelons à soutenir les mis en examen de Rennes ou de Paris, ainsi que les lycéens, étudiants et manifestants mis en examen et qui parfois attendent en préventive leur comparution. Nous appelons à déjouer toute tentative de les isoler et de les instrumentaliser et à lutter pour l’abandon des charges extravagantes pesant sur eux, bref, à renverser l’accusation.

Premiers Signataires :

Jean-Claude Amara, Houria Bouteldja, Christine Delphy, Bernard Friot, François Gèze, Eric Hazan, Stathis Kouvelakis, Olivier Le Cour Grandmaison, Philippe Marlière, Daniel Mermet, Willy Pelletier, Christine Poupin, Sophie Wahnich

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28 mai 2016 6 28 /05 /mai /2016 15:00

http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/05/28/en-espagne-le-parti-socialiste-joue-sa-place_4928266_3214.html

En Espagne, le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) joue sa place

Le PSOE, pris en étau entre les conservateurs du Parti Populaire et Podemos, craint d'être le grand perdant des élections législatives du Dimanche 26 Juin 2016

Par Sandrine Morel, correspondante permanente du Monde à Madrid

« Il n’y aura pas de troisième scrutin », a promis le secrétaire général du PSOE, Pedro Sanchez, Vendredi 27 Mai 2016, lors des journées organisées par le cercle d’économie qui, chaque année, réunit le gratin du monde de l’entreprise et les leaders politiques espagnols à Sitges, en Catalogne.

Cette affirmation, sans détours ni nuances, n’est pas anodine. Elle semble indiquer que le PSOE est prêt, s’il échoue à sceller un accord avec le parti de la gauche anti-austérité Podemos, comme cela s’est produit après les élections du Dimanche 20 Décembre 2015, à laisser le Parti Populaire de Mariano Rajoy gouverner après les élections législatives du Dimanche 26 Juin 2016.

L’ambiance est tendue et les nerfs à fleur de peau chez les socialistes espagnols. Après avoir réalisé le pire score de leur histoire au mois de décembre 2015, avec vingt deux pour cent des voix, quatre vingt dix sièges sur trois cent cinquante au parlement, ils ne sont pas loin de penser qu’ils jouent leur avenir au mois de juin 2016. Si les sondages se confirment, le PSOE pourrait perdre sa position de premier parti de gauche au profit de l’alliance entre Podemos et les néocommunistes d'Izquierda Unida, Unidos Podemos. Une perspective qui pourrait conduire le parti « au bord de la rupture », indique au Monde un responsable socialiste.

Déjà, au sein du parti, on envisage tous les scénarios. S’abstenir pour laisser gouverner le Parti Populaire, assuré d’arriver en tête du scrutin ?

Envisageable seulement si l’addition des élus conservateurs et de ceux du parti centriste et libéral Ciudadanos avoisine les cent soixante seize députés, soit la majorité absolue, et qu'il n'y a donc pas de majorité alternative. Gouverner avec Podemos ? A condition que le soutien des indépendantistes catalans ne soit pas indispensable, soit parce qu'ils obtiennent sans eux la majorité absolue, soit parce qu'ils intègrent Ciudadanos à leur accord. Soutenir un gouvernement présidé par Podemos ? Impossible, disent-ils, le risque de diviser le parti et de se faire dévorer par la jeune formation est trop grand.

La division, en réalité, est déjà à l'oeuvre au sein du PSOE, entre ceux qui considèrent qu'un gouvernement avec Podemos est possible et ceux qui s'y opposent fermement. Mardi 17 Mai 2016, après cinq jours de tensions, Pedro Sanchez a dû intervenir pour empêcher le président socialiste de la région de Valence, Ximo Puig, de signer un accord avec Podemos et un parti local, Compromis, visant à présenter une liste unique pour les élections sénatoriales, qui ont lieu en même temps que les élections législatives.

L'objectif était de barrer la route au Parti Populaire, qui a obtenu la majorité absolue à la chambre haute le Dimanche 20 Décembre 2015. Mais pour le secrétaire général socialiste, un tel accord aurait remis en cause la singularité du projet socialiste et envoyé un message confus aux électeurs.

Pedro Sanchez a aussi eu du mal à expliquer l’entrée, Mercredi 25 Mai 2016, du Parti Socialiste Catalan (PSC) dans le gouvernement municipal de Barcelona en Comu, la plate forme citoyenne menée par la militante du droit au logement Ada Colau et soutenue par Podemos, alors qu’il multiplie, depuis plusieurs semaines, les attaques contre la formation de Pablo Iglesias. Il a fini par justifier la décision en expliquant que les socialistes vont permettre de « redresser la barre et d’en finir avec les poses de la maire », ce à quoi Ada Colau lui a répondu qu’il devrait « s’occuper de ses propres incapacités ».

Pour ne pas désorienter davantage son électorat, Pedro Sanchez a enjoint aux socialistes madrilènes, qui envisagent eux aussi d’entrer dans le gouvernement de la capitale espagnole d’Ahora Madrid, la plate forme menée par l’ancienne juge Manuela Carmena soutenue par Podemos, d’attendre la fin de la campagne.

Pedro Sanchez, économiste de quarante quatre ans méconnu du grand public avant son élection lors d’élections primaires internes très disputées en 2014, se trouve dans une situation délicate. Il est pris en étau entre le Parti Populaire, qui mise sur une bipolarisation de la campagne électorale entre le Parti Populaire et Podemos dont il tire profit, et Podemos, qui chasse sur ses plates bandes électorales et profiterait d’une alliance entre le Parti Populaire et le PSOE pour se positionner comme le seul parti d’opposition. Il doit en outre mener au sein de son parti une lutte de pouvoir avec Susana Diaz. La présidente de l’Andalousie, le principal réservoir de voix socialistes, est soupçonnée de vouloir prendre la tête de la formation.

Echaudée par ses mauvaises relations avec Podemos en Andalousie, où elle gouverne grâce au soutien du parti centriste libéral Ciudadanos, celle qui est aussi présidente du conseil politique du PSOE est partisane de laisser le Parti Populaire gouverner seul s’il arrive en tête.

Omniprésente durant la pré campagne, elle a prévenu récemment que, après les élections législatives, « le PSOE ouvrira un processus de réflexion interne ».

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28 mai 2016 6 28 /05 /mai /2016 14:17

Vigilance maintenue sur le front des carburants (Reuters)

Le gouvernement a réaffirmé Samedi 28 Mai 2016 sa détermination à garantir l'approvisionnement des entreprises et des particuliers en carburants, perturbé ces derniers temps par le mouvement contre la réforme du marché du travail.

Le premier ministre, Manuel Valls, a réuni en fin de matinée les ministres et services concernés, les acteurs du secteur pétrolier, raffineurs, distributeurs et stockeurs, et ceux des transports.

L'objectif était de faire le point sur la situation de l’approvisionnement en carburants et sur les actions entreprises ou planifiées pour le garantir.

« La situation ce matin, c'est une situation qui s'améliore, une situation dans laquelle, dans certaines régions, nous sommes presque revenus à la normale », a déclaré le secrétaire d’état aux transports, Alain Vidalies, à l'issue de la réunion.

Il a notamment imputé cette amélioration à une très grande mobilisation de la chaîne logistique. « Dans d'autres régions, nous restons très attentifs mais on ne peut pas parler d'une crise qui est terminée », a-t-il ajouté.

Le gouvernement entend donc faire le nécessaire pour garantir aux entreprises l'accès aux stocks de carburants dans les heures et les jours à venir, a-t-il poursuivi.

« Les interventions de déblocage continueront si cela s'avère nécessaire et je pense que cet effort devrait nous permettre d'améliorer encore la situation dans les jours qui arrivent », a encore dit le secrétaire d’état aux transports.

Il a également précisé qu'il y avait de nouveau des dérogations pour permettre aux transports routiers de marchandises de circuler ce week-end.

« Je pense que cet effort devrait nous permettre d'améliorer encore la situation dans les jours qui arrivent », a-t-il conclu.

Raffineries à l’arrêt

Dans une interview publiée samedi par le Parisien, Manuel Valls souligne que sa responsabilité de chef du gouvernement est « de faire en sorte que les français puissent s'approvisionner en essence, que les entreprises ne soient pas pénalisées par des blocages » qu'il juge inacceptables.

Vendredi 27 Mai 2016, le secrétariat d’état aux transports assurait que tous les dépôts de carburant sauf un, celui de Gargenville, étaient libres d'accès mais que vingt pour cent des stations services étaient encore en difficultés ou en rupture de stocks.

Deux raffineries du complexe pétrochimique de Fos-Lavéra, dans le département des Bouches-du-Rhône, Total à la Mède et Pétroinéos à Lavéra, tournent au ralenti, la Confédération Générale du Travail (CGT) bloquant les expéditions de produits raffinés.

Selon le syndicat, cette situation devrait perdurer au moins toute la semaine prochaine.

Dans son dernier point de situation, Vendredi 27 Mai 2016, Total faisait état de quatre autres de ses raffineries à l'arrêt, Gonfreville l’Orcher, Grandpuits, Donges et Feyzin.

En grève depuis Lundi 23 Mai 2016, les salariés de la société Fluxel, qui opèrent les deux ports pétroliers de Fos et de Lavéra, ont pour leur part reconduit le mouvement jusqu’au Mardi 31 Mai 2016. Une trentaine de navires sont bloqués en rade.

Les deux ports pétroliers de Fos-Lavéra desservent directement les raffineries du complexe pétrochimique de l'étang de Berre, Petroinéos, Total et Esso, ainsi que, par oléoduc, celles de Feyzin, de Cressier, en Suisse, et de Karlsruhe, en Allemagne.

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27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 20:00

Quatre morts et quatre vingt dix blessés dans la zone verte de Bagdad (Reuters)

Au moins quatre manifestants ont été tués et quatre dix autres blessés lorsqu'ils ont été expulsés Vendredi 20 Mai 2016 de la zone verte de Bagdad, a-t-on appris Samedi 21 Mai 2016 de sources hospitalières.

Les forces de sécurité ont tiré à balles réelles et elles ont utilisé des canons à eau et des gaz lacrymogènes pour déloger la foule qui avait envahi la zone qui abrite les bâtiments gouvernementaux, le parlement et beaucoup d'ambassades.

Le bilan, établi auprès de quatre hôpitaux où les victimes ont été emmenées et auprès de la morgue de Bagdad, ne tient compte que des victimes de tirs à balles réelles et ne comprend pas celles qui ont été asphyxiées par les gaz lacrymogènes.

Plusieurs milliers de manifestants, parmi lesquels se trouvaient des partisans du dignitaire chiite Moktada Sadr et des sympathisants d'autres organisations, sont entrés de force Vendredi 20 Mai 2016 dans la zone verte, pour la deuxième fois en trois semaines.

L'usage de la force pour disperser les manifestants a été condamné par le mouvement de Moktada Sadr qui a regretté un usage excessif de la force.

« Tirer à balles réelles contre des manifestants pacifiques est tout à fait injustifié et c'est la preuve que ce gouvernement soi-disant légitime est devenu un gouvernement oppressif », a dit dans un communiqué Jaafar al Moussaoui, adjoint de Moktada Sadr.

Le premier ministre irakien, Haider al Abadi, a de son côté condamné l'envahissement de la zone verte et prévenu du risque de voir le chaos s'installer alors que les forces gouvernementales cherchent à prendre l'avantage sur les forces de l'Etat Islamique.

L’Organisation des Nations Unies (ONU) a de son côté fait part Samedi 21 Mai 2016 de sa grande préoccupation et prévenu aussi que ces troubles risquaient de ruiner les efforts déployés pour vaincre l'Etat Islamique, qui occupe toujours des pans de territoire dans le nord et l'ouest de l'Irak.

« Seuls les ennemis de l'Irak, l’Etat Islamique en premier lieu, tirent profit du chaos », dit dans un communiqué le représentant de l'ONU en Irak, Jan Kubis.

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27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 19:44

http://www.lemonde.fr/politique/article/2016/05/27/gare-de-l-est-les-cheminots-prets-pour-la-greve-malgre-les-querelles-internes_4927347_823448.html

Gare de l’Est, les cheminots prêts pour la grève malgré les querelles internes

Par Etienne Girard

A l’assemblée générale des cheminots de la gare de l’Est, un point préliminaire retarde le début de la réunion, prévue à 11 heures, la présence d’un journaliste du Monde, qui fait débat. Le Syndicat Unitaire et Démocratique (SUD) du Rail est pour, la Confédération Générale du Travail (CGT) est contre. Pour décider si l’on peut rester ou non, un vote à main levée est organisé en toute hâte. Le comptage prend du temps. Tous les salariés attendent le résultat, debout, rassemblés au bout de la deuxième voie de la gare. Certains s’impatientent. « On s’en fout, ce n'est pas cela l’important, aujourd’hui », crie un homme dans la foule.

Comme ces agacements ne l’indiquent pas, ce Jeudi 26 Mai 2016 consacre l’union des syndicats de cheminots à Paris-Est. La CGT-cheminots, SUD-Rail et la CGT Force Ouvrière ont convoqué ensemble une assemblée générale, ce qui n’était pas arrivé depuis le début de la mobilisation contre le projet de loi travail. Il s’agit pour les salariés de la Société Nationale des Chemins de Fer (SNCF) d’affirmer leur opposition au texte gouvernemental, qui ne les concerne pas directement, et de peser sur les négociations en cours entre le patronat et les syndicats qui sont censées accoucher, au début du mois de juillet 2016, d’une nouvelle convention collective du ferroviaire. Le principe d’une grève reconductible à partir du Mardi 31 Mai 2016 à 19 heures doit être voté, comme dans le reste des secteurs.

Après un vote de l’assemblée autorisant notre présence, Patrick Belhadj, membre de la direction du secteur de Paris-Est à la CGT-cheminots, embraye sur le sujet du jour, « nous avons deux choses à obtenir. D’abord le retrait de la loi travail. Il n’est pas question que la CGT s’assoie autour d’une table pour renégocier. Cette loi permet l’inversion de la hiérarchie des normes et c’est cela que nous refusons. Ensuite, un décret socle de haut niveau ».

Manque de cohésion syndicale

Comme l’essentiel des salariés présents, le syndicaliste craint que la direction de la SNCF profite de la loi travail et des négociations internes pour imposer des conditions de travail plus difficiles. Tout en sachant que s’il n’y a pas d’accord avec la SNCF, ce sera à un décret ministériel de déterminer le régime de travail des cheminots. « Avec le projet de décret socle actuel, je perdrais dix-neuf jours de salaire », explique Basile Pot, chef départ de quarante sept ans et militant SUD.

Face à cette situation, certains déplorent le manque de cohésion des syndicats. Entre SUD-Rail qui s’est mis en grève dès le Mercredi 18 Mai 2016 et la CGT qui n’a appelé à la grève reconductible que Mardi 24 Mai 2016, la méfiance est perceptible. « Les militants de base ne comprennent pas qu’il n’y ait pas eu d’appel à la grève reconductible avant », expose Mathieu, un aiguilleur de vingt neuf ans, qui a quitté la CGT il y a six mois pour rejoindre SUD-Rail. « Ceux qui ont construit un mouvement de grève depuis une semaine n’apprécient pas forcément que la CGT arrive et veuille diriger le mouvement », croit savoir Damien Lebœuf, un aiguilleur de vingt huit ans, qui n’est pas syndiqué.

Le jeune homme fait en revanche partie du « comité de mobilisation » créé il y a quelques jours pour dépasser ces querelles intestines. Le collectif rassemble des membres de différents syndicats, ainsi que des cheminots non encartés. Maintenant que la CGT a appelé à la grève reconductible, d’aucuns s’interrogent sur son devenir. Serge, un quinquagénaire qui a longtemps travaillé pour Peugeot Société Anonyme (PSA), se veut solennel dans sa prise de parole, « les étiquettes, on doit les mettre dans nos poches. Moi, je n’ai rien contre les syndicats, je suis à la CGT. Mais ce n’est pas à eux de nous dire quoi faire. Les grévistes, on les convainc en tant que salariés, pas en tant que syndiqués ». Sans doute piqué au vif, un militant CGT situé à une dizaine de mètres l’interrompt. « Il y en a marre des gauchistes », crie-t-il. « Ce n’est pas à toi de parler. Le comité doit continuer à vivre », rétorque Serge avant de poser le micro. Longue acclamation, entrecoupée de chants, tels que « on va gagner » ou « tous ensemble ».

Quand le calme revient, Patrick Belhadj demande à reprendre le micro.

« Si les raffineries sont à l’arrêt, c’est grâce aux organisations syndicales. Alors je ne veux pas entendre de discours contre la CGT. Ne décrédibilisez pas l’action syndicale, les médias s’en chargent », tonne le syndicaliste. Certains applaudissent, d’autres commencent à quitter l’assemblée générale. Il est bientôt 13 heures. On passe rapidement au vote sur la grève reconductible. Elle est adoptée à l’unanimité, moins une voix. « Merci, on va pouvoir griller les merguez », conclut un militant.

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