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23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 20:03

http://www.alencontre.org/ameriques/americnord/usa/etats-unis-une-nouvelle-route-souvre-devant-le-parti-vert.html

Une nouvelle route s’ouvre devant le Parti Vert des Etats Unis

Par Charles Holm et Chase Newton

Jeudi 18 Août 2016

Le Parti Vert des Etats Unis a tenu sa convention nationale du 4 au 7 août 2016 à Houston, où Jill Stein et Ajamu Baraka ont été désignés comme candidats du parti à la présidence et la vice-présidence des Etats-Unis.

Bien que Jill Stein n’ait été qu’une des nombreuses candidates à cette nomination, elle avait été la candidate du parti vert à la présidence aux élections de 2012 quand elle avait obtenu quatre cent soixante dix mille voix. Elle était de loin la favorite à être désignée à nouveau. Elle et les verts ont déjà réussi à attirer une attention nationale dans la couverture par les médias de la campagne pour les élections présidentielles, d’autant plus après que la campagne de Bernie Sanders comme outsider pour la nomination démocrate a tourné court et que ses millions de partisans reconsidèrent leur choix pour le mois de novembre 2016.

Pour des raisons évidentes, la campagne de Jill Stein pour la présidence a occupé le devant de la scène à la convention d’Houston, mais cette convention a vu d’autres développements réjouissants pour le parti vert.

L’énergie et l’enthousiasme amenés dans la convention par des partisans de Bernie Sanders se sentaient dans la convention. On estime que plus de cent, voire plus, se sont inscrits après la convention démocrate de la fin du mois de juillet 2016 qui a désigné Hillary Clinton comme candidate à la présidence. Ils ont fait le voyage d’Houston pour assister à la convention des verts. Un membre de toujours du parti vert a déclaré que, cette année, « c’était la convention des verts la plus grande et la plus jeune ».

La convention a aussi vu le vote d’un amendement à la plate forme du parti faisant des verts pour la première fois un parti explicitement anticapitaliste ainsi que l’apport de mouvements comme Black Lives Matter qui a mis au centre la question de la suprématie blanche et de la lutte contre le racisme.

Dans son discours de la soirée d’ouverture de la convention, Yahné Ndgo a souligné la signification que les anciens partisans de Bernie Sanders apportent au parti vert énergie et perspective nouvelles.

Yahné Ndgo, écrivaine, chanteuse et mère de Philadelphie, s’est fait connaître nationalement quand elle a été interviewée sur Cable News Network (CNN) pour parler du sentiment « Bernie ou Rien » parmi les partisans de Bernie Sanders.

A Houston, elle a raconté comment, après s’être considérée comme une électrice démocrate durant près de vingt ans, elle ne va désormais plus rester « loyale à un seul parti ». En tant que femme noire, Yahné Ndgo expliqua que le parti démocrate considère son vote comme acquis.

La campagne de Bernie Sanders, a-t-elle dit, a inspiré des gens comme elle à participer à un mouvement contre l’inégalité, mais elle a réalisé après la convention démocrate qu’un tel mouvement ne viendrait pas de l’intérieur du parti démocrate. Elle pose la question, « vous avez un parti plein de milliardaires qui essaient de trouver des solutions à la pauvreté. Comment vont-ils faire cela ».

De tels sentiments venant d’anciens partisans de Bernie Sanders se sont exprimés tout au long de la convention. Tina Michel, une résidente de l’agglomération du grand Houston et partisane de longue date des démocrates, déclara « qu’elle regrettait Bernie Sanders », mais qu’il était « temps d’aller de l’avant. J’en ai marre de voter pour le moindre de deux maux ».

Les membres du parti vert à travers le pays ont vu que leur organisation a connu une contribution propre au soutien et à l’intérêt d’anciens partisans de Bernie Sanders. Shane Heyden, un délégué de Seattle, a dit que les réunions du parti vert « sont passées d’une ou deux personnes à près de trente » après la convention démocrate. Ce qui indique que des anciens partisans de Bernie Sanders sont prêts à appuyer une alternative à la politique du moindre mal.

Pareillement, Charles Ostdiek, un délégué d’Omaha, dans le Nebraska, a décrit « un grand afflux de volontaires et de membres » provenant des partisans de Bernie Sanders qui voulaient être sûrs que Jill Stein aurait accès à l’élection dans le Nebraska. Grâce à ces volontaires, a affirmé Charles Ostdiek, les verts ont pu déposer trois fois plus que le nombre exigé de signatures pour que Jill Stein soit inscrite dans cet état.

Beaucoup de membres du parti vert ont également célébré la convention de cette année pour avoir adopté le huit cent trente cinquième amendement à la plate forme du parti qui rend cette plate forme explicitement anticapitaliste en remplaçant le vieux langage proposant « un capitalisme responsable de participants impliqués » par un texte qui revendique « un système économique alternatif basé sur la démocratie à la place de travail et dans la communauté ».

Ursula Rozum, coprésidente des jeunes verts et secrétaire du parti vert à New York, a dit que l’amendement avait été parrainé par les partis verts et assemblées de plusieurs états et reflétait la réalité « que vous ne pouvez pas avoir une économie verte basée sur l’exploitation ».

Ursula Rozum a dit que plusieurs développements ont rendu possible le vote de cet amendement. D’une part, la campagne de Bernie Sanders a placé le « socialisme » dans le débat dominant. D’autre part, cela a probablement fait changer d’opinion certains dirigeants du parti qui auparavant craignaient qu’une position franchement anticapitaliste marginaliserait le parti.

Mais de manière plus importante, a dit Ursula Rozum, la participation de membres du parti vert dans des coalitions comme System Change Not Climate Change a contribué à renforcer la confiance et la volonté politique parmi les membres de base des verts afin d’appuyer cet amendement.

Un autre jeune à la convention a confirmé le sentiment que le socialisme était et devait figurer à l’agenda politique des verts.

« En tant que jeune travailleur, parent et gay, je suis très enthousiasmé que le parti vert des Etats-Unis soit aujourd’hui le plus grand parti anticapitaliste dans le pays », a dit Sean Friend, un délégué du Colorado. « Les verts ont toujours été pour la justice économique dans nos valeurs de base. Cela le rend explicite et nous permet de construire des coalitions parmi la gauche ».

En général, les participants jeunes à la convention n’ont pas seulement exprimé leur appui au socialisme comme l’alternative qui vaut la peine qu’on lutte pour elle, mais ont apporté un flux important d’énergie et d’enthousiasme aux débats de la convention, bien que nombreux d’entre eux soient nouveaux dans le parti, l’assemblée des jeunes verts ne s’est constituée qu’en 2012.

Cela est prometteur.

Ursula Rozum a déclaré que pour construire sur le succès de cette convention, les jeunes verts allaient prioriser la formation politique de cette nouvelle couche de militants et de membres afin de les préparer pour occuper des postes de direction dans le parti, pour réussir dans les futures campagnes électorales et pour continuer de construire le parti en travaillant avec la gauche plus largement.

Il est permis d’espérer que la convention du parti vert pourra aider l’organisation à renforcer les activités de la campagne pour Jill Stein dans ces élections qui verront la candidate verte être la principale alternative de gauche indépendante du parti démocrate. Comme YahNé Ndgo l’a dit dans son discours d’ouverture, « tout ce que nous pouvons imaginer est possible. Nous devons penser stratégiquement pour gagner ».

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23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 19:37

Les kurdes s'emparent d'Hassaka, veillée d'armes en Turquie (Reuters)

Les kurdes des unités de protection du peuple (YPG) se sont emparés ces dernières heures de la quasi-totalité d'Hassaka, dans le nord-est de la Syrie, où ils ont infligé une sévère défaite aux forces de Bachar al Assad, malgré les mises en garde d'une Turquie qui s'inquiète de leur progression à sa frontière.

Avant cette bataille, les miliciens kurdes tenaient déjà la ville à soixante dix pour cent. Seuls quelques bâtiments du centre ville leur échappent encore, rapporte, Mardi 23 Août 2016, l'Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH).

« Même s'il conserve une présence symbolique, le régime a subi une grande défaite à Hassaka », a souligné Rami Abdoulrahman, directeur de l'OSDH.

Un cessez-le-feu accepté par les deux parties devait y entrer en vigueur Mardi 23 Août 2016 à 11 heures GMT, selon un responsable kurde et la télévision syrienne.

Les combats se sont intensifiés la semaine dernière quand des positions des YPG ont été bombardées par l'aviation syrienne, ce qui était sans précédent depuis le début du conflit.

La milice, pièce maîtresse de la campagne américaine de lutte contre les djihadistes de l'Etat Islamique (EI), tient une bonne part du nord de la Syrie, région qui jouit d'une autonomie de fait depuis le début du conflit.

Accaparées par les combats dans l’ouest avec les rebelles sunnites, les forces gouvernementales s'en souciaient peu jusqu'ici. La bataille d'Hassaka est la première véritable confrontation entre les deux camps.

Les YPG, qui se sont en outre emparées de cinq villages voisins, militent pour l'instauration d'un régime fédéral afin de préserver leur autonomie.

Objectif Djarablous

Elles tiennent désormais une bande de quatre cent kilomètres le long de la frontière turque, qui va de la frontière irakienne à l'Euphrate, ainsi qu'une poche appelée Afrin dans le nord ouest syrien. Avant la prise d'Hassaka, ils avaient déjà obtenu une grande victoire, Vendredi 12 Août 2016 en reprenant Manbij à l'Etat Islamique.

A Ankara, on redoute que leurs succès n'attisent les ambitions de leurs frères turcs du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui ont repris les armes au mois de juillet 2015 lorsque que le président Recep Tayyip Erdogan s'est lancé dans une « guerre synchronisée » contre l'Etat Islamique et contre les séparatistes kurdes.

Le gouvernement turc a d'ailleurs apporté son soutien aux rebelles arabes qui s'apprêtent à lancer une offensive à Djarablous, ville frontalière tenue par les djihadistes, qui se trouve à quarante kilomètres au nord de Manbij.

Le ministre des affaires étrangère Mevlut Cavusoglu leur a promis Mardi 23 Août 2016 toute l'aide nécessaire. Le vice-premier ministre Numan Kurtulmus a quant à lui estimé que le nord de la Syrie ne devait pas devenir la chasse gardée d'un seul mouvement.

L'artillerie turque a ouvert le feu Lundi 22 Août 2016 en direction de Manbij et a également visé Djarablous pour tenter d'ouvrir un corridor aux rebelles, selon un responsable turc.

Les insurgés qui préparent l'offensive ont déjà affronté les milices kurdes plus à l'ouest, dans le secteur d'Alep.

Selon l'un d'eux, ils attendent désormais le signal pour se lancer à l'assaut de la ville.

« L'artillerie turque n'a pas cessé de tirer de façon à préparer la bataille pour la libération de Djarablous », a-t-il expliqué.

D'après un autre rebelle impliqué dans les préparatifs, mille cinq cent hommes sont sur le pied de guerre du côté turc de la frontière. « Le plan, c'est de prendre Djarablous et de poursuivre vers le sud pour empêcher les kurdes de faire mouvement vers le nord et de prendre d'autres villages », a-t-il ajouté.

La police turque a par ailleurs ordonné l'évacuation de Karkamis, ville proche de Djarablous, en raison des bombardements, rapporte Cable News Network (CNN) Türk.

Les YPG appartiennent aux Forces Démocratiques de Syrie (FDS), une alliance soutenue par les puissances occidentales qui a formé récemment un conseil militaire pour lancer sa propre offensive à Djarablous. Le chef de ce conseil a été tué Lundi 22 Août 2016 et deux agents turcs ont été arrêtés pour son assassinat, selon l'OSDH et un responsable kurde.

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23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 19:20

http://www.liberation.fr/france/2016/08/21/a-calais-les-migrants-plus-nombreux-que-jamais_1473881

A Calais, les migrants plus nombreux que jamais

Par Stéphanie Maurice, envoyée spéciale de Libération à Calais

Dimanche 21 Août 2016

Le démantèlement, au mois de mars 2016, d’une large partie de la jungle de Calais n’aura servi à rien, chaque jour, des exilés viennent s’entasser près de la frontière avec la Grande Bretagne dans des conditions précaires.

Record battu dans la jungle de Calais et c’est la préfecture qui le reconnaît, six mille neuf cent un réfugiés ont été recensés, Mercredi 17 Août 2016, soit deux mille quatre cent quinze personnes de plus que depuis le 13 juin 2016, date du précédent comptage. Un nouveau chiffre qui sonne comme un aveu d’échec.

Depuis un an, l’état tente par tous les moyens de réduire ce bidonville. Son objectif est de ne conserver sur Calais que les mille neuf cent places d’hébergement en dur, dont la gestion a été déléguée à l’association de la Vie Active, quatre cent places pour les femmes et les enfants dans des préfabriqués et mille cinq cent lits dans des containers aménagés pour les autres. A cet effet, la moitié de la lande parsemée d’argousiers a été rasée au mois de mars 2016 par les forces de l’ordre, avec interdiction d’y réinstaller cabanes ou tentes. Comme dans le no man’s land de cent mètres de large, surveillé en permanence par les Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS), instauré le long de la rocade portuaire pour empêcher les intrusions. L’espace accordé au bidonville s’est réduit d’autant, et les départs en Centre d’Accueil et d’Orientation (CAO), dispersés dans toute la France, où les migrants peuvent se reposer, réfléchir à leur avenir et éventuellement déposer une demande d’asile, se sont accélérés. Au printemps, ces efforts conjugués et les passages en Grande Bretagne, qui se poursuivent malgré le verrouillage du port, ont fait baisser la pression migratoire sur Calais, avec trois mille cinq cent personnes dénombrées.

Une situation saturée

Mais la réalité est têtue, l’été a vu revenir les réfugiés. La guerre continue en Syrie et en Irak et la situation ne s’améliore pas ni en Erythrée, une des plus dures dictatures au monde, ni au Soudan du Sud. D’autant que la traversée de la Méditerranée est plus facile aux beaux jours.

Beaucoup de réfugiés expulsés à Paris se sont également repliés sur la jungle. « Calais est aussi un endroit où vont les gens qui veulent demander l’asile », constate Maya Konforti, de l’Auberge des Migrants. « Ils savent par le bouche à oreille qu’il y a des associations qui peuvent les renseigner ». Il est aussi plus facile d’accéder à une place en CAO. « Il y a trois départs par semaine, le mardi, le mercredi et le jeudi », témoigne la bénévole. « Mais le système est saturé. J’y suis allée mercredi, il y avait vingt places et vingt personnes qui n’ont pas pu partir. Les gens dorment sur le trottoir pour avoir une chance d’y aller. C’est complètement bouché, mais moins qu’à Paris ». L’état a d’ailleurs promis cinq mille places supplémentaires d’ici peu.

Alors aujourd’hui, les exilés sont plus nombreux qu’au plus fort de la crise migratoire de l’été dernier, quand la préfecture en avait compté six mille, au maximum, à Calais. Le résultat de cette politique est ubuesque, la jungle a des allures de camp retranché, cernée par des buttes de sable, et où se serrent les réfugiés. Autour, c’est le vide. La végétation a repris ses droits, là où il y a six mois, il y avait un village-champignon hétéroclite, dont il ne reste désormais que l’église orthodoxe bâtie avec des bâches et des palettes par les érythréens, et l’école laïque du chemin des Dunes, avec ses baraques de bois. « Nous avons plus de gens qu’il y a un an, sur trente cinq pour cent seulement de la surface initiale », résume Maya Konforti. Et il n’est plus possible de construire en dur, les CRS interdisent toute entrée de bois sur la zone. Toujours la même volonté, éviter la pérennisation du bidonville. Seules les tentes sont autorisées.

Des igloos de toile

Des tentes dont les toiles, en ce Samedi 20 Août 2016 parsemé d’averses violentes, claquent au vent, avec du sable qui s’engouffre dans les moindres interstices. Deux jeunes gens ramassent à la hâte un seau de cailloux. Ils vont en bourrer des sacs, pour lester leur tente.

Dans le terrain sableux de la lande, les piquets ne tiennent pas bien, à moins de creuser profondément. On est heureux de se réfugier dans un des restaurants encore ouverts, que la préfecture voulait voir détruits. Le tribunal administratif a rejeté sa demande, le 12 août 2016, mais la préfecture s’est pourvue en cassation devant le conseil d’état.

Croisés en milieu de matinée, alors que la jungle s’éveille à peine, Salah et Josef retournent au bercail, « no chance this night », lancent-ils, dans un grand sourire. La police les a attrapés à l’arrière d’un camion, empêchant, cette fois encore, leur passage en Grande Bretagne. Ils se disent syriens et présents ici depuis cinq mois. Au moins, ils n’ont pas été renversés sur l’autoroute, comme cela arrive souvent. Un peu plus loin, de nouveaux arrivants patientent devant la Welcome Caravane, installée par l’Auberge des Migrants, « entre 11 heures du matin et 13 heures, nous donnons des tentes et des sacs de couchage », explique Maya Konforti. Ils sont une quarantaine tous les jours. C’est ainsi que les associatifs parviennent à évaluer les flux.

Ils procèdent aussi tous les mois à leur propre comptage des migrants. Selon eux, ils sont aujourd’hui au moins neuf mille, bien plus que ce qu’évalue la préfecture. Et encore, la population enfle de jour en jour. « La semaine dernière, nous distribuions deux mille repas quotidiennement, mais maintenant, nous en sommes presque à deux mille cinq cent », précise la bénévole de l’Auberge des Migrants. « Et tout le monde a augmenté ses chiffres, la Vie Active en est à trois mille neuf cent repas, Kitchen in Calais en est à mille cinq cent repas et Belgian Kitchen en est à mille trois cent repas ». Gaël Monzy, coordinateur pour l’association Utopia 56, arrive au même constat. Son association gère principalement le nettoyage du camp. « Tous les jours, il y a au moins une dizaine de tentes en plus », souligne-t-il. Les réfugiés dorment à plusieurs, serrés comme des sardines, dans les igloos de toile.

Une dizaine de professeurs bénévoles

Sur une ligne de crête, les tentes sont à la queue leu leu, avec à peine la place pour les longer.

Les concessions bien organisées, à l’africaine, clôturées, où s’organisait une vie en communauté, avec la cabane salon et les cabanes chambres, ont été submergées par le nombre. Une densité dangereuse en cas d’incendie. A l’école laïque des dunes, les cours de français et d’anglais rassemblent entre cent quatre vingt et deux cent cinquante élèves par jour. Dans la cour, une dizaine de professeurs bénévoles font classe devant des petits groupes attentifs. L’école a été créée par un des réfugiés, Zimako Mel Jones. Il n’est pas là, Samedi 20 Août 2016, et c’est Patrick, un congolais, qui gère le lieu en son absence. Il est l’un des dublinés de la jungle, ses empreintes ont été prises en Italie et c’est là où il doit déposer sa demande d’asile, selon le règlement européen de Dublin, en tout cas les six premiers mois.

Patrick veut rester en France et attend l’expiration de ce délai pour pouvoir lancer la procédure à Calais. Lui ne veut pas aller en CAO, « tu te retrouves dans des petits villages où il n’y a rien à faire et tu vas dépenser de l’argent pour t’acheter à manger ». Il ne sait pas qu’il a droit à une aide de dix euros par jour pour son alimentation. De toute façon, il préfère rester à Calais, car « ici, il y a beaucoup d’aide ». Sans les bénévoles, la situation serait explosive.

« Les associations sont mieux organisées qu’il y a un an et arrivent à compenser », constate Gaël Monzy, d’Utopia 56. « Mais il va falloir plus de volontaires ». Maya Konforti s’inquiète aussi de la baisse des dons, « nous devons faire face aux besoins d’une petite ville ». Mais pour l’instant, ce que négocient les associations avec l’état, c’est un bout de terrain en plus.

Gaël Monzy soupire, « mettre les gens les uns sur les autres, ce n’est pas viable ».

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22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 20:28

http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/08/22/le-labour-joue-sa-survie_4986128_3232.html

Le parti travailliste britannique joue sa survie

Editorial du Monde

Symbole douloureux de la crise de la social-démocratie européenne, le parti travailliste britannique est à la dérive. Au moment où il lance, Lundi 22 Août 2016, la consultation de ses militants pour élire le nouveau leader du parti travailliste, le grand parti de gauche britannique, créé en 1900, est déchiré entre deux courants qui paraissent irréconciliables.

Le leader sortant, Jeremy Corbyn, soixante sept ans, qui sollicite un nouveau mandat, incarne la gauche du parti. Antimilitariste, partisan du désarmement nucléaire unilatéral et favorable à la renationalisation de certaines industries, il a longtemps vécu une carrière de député relativement obscure à la marge de son parti, au sein duquel il était hostile au centrisme de Tony Blair. Son élection à la tête du parti travailliste, au mois de septembre 2015, a pris tout le monde par surprise, y compris lui-même. Personne n’avait vu venir la vague d’enthousiasme populaire qui a assuré sa victoire, ni l’écho qu’a rencontré son discours social. Tout ce que le Royaume-Uni de Grande Bretagne compte de militants de gauche, déçus du parti, membres de groupes d’extrême gauche et étudiants, est venu gonfler les rangs du parti travailliste dans un mouvement d’adhésion massif.

Aujourd’hui, le parti travailliste compte cinq cent quinze mille membres, soit deux fois et demie plus qu'au mois de mai 2015, date des dernières élections législatives.

C’est, à vrai dire, le seul exploit de Jeremy Corbyn. Ces nouveaux militants, aussi enthousiastes et sincères soient-ils, ne parlent qu’à eux-mêmes.

Urbains des classes moyennes, ils sont à des années lumières de l’électorat traditionnel du parti travailliste, implanté dans les quartiers populaires des villes du nord de l’Angleterre. Brouillon et soporifique, Jeremy Corbyn est très impopulaire en dehors de son parti, le parti travailliste ne recueille actuellement que vingt huit pour cent d’intentions de vote, contre quarante pour cent pour le parti conservateur au pouvoir.

Protégé par le système interne du parti

Le défi lancé à Jeremy Corbyn par Owen Smith, quarante six ans, un député gallois quasi inconnu jusqu’à présent, pour lui arracher la direction du parti travailliste est vraisemblablement voué à l’échec, compte tenu de l’assise du dirigeant sortant au sein du parti travailliste. D’ici au 24 septembre 2016, date à laquelle le vainqueur sera proclamé, l’autre courant travailliste, celui que défendent les cadres et députés du parti, héritiers de Tony Blair et de sa fameuse troisième voie, va cependant intensifier le combat interne. Eux ont été formés pendant les années de Tony Blair. Ils ont condamné l’aventure irakienne dans laquelle l'ancien premier ministre britannique avait entraîné son pays et ils déplorent l’appétit pour l’argent de leur ancien chef, mais ils ont retenu sa leçon de pragmatisme. Ils savent qu’une élection au Royaume-Uni se gagne au centre, car le scrutin électoral ne laisse aucune place aux extrêmes.

L’un des hommes les plus populaires du parti travailliste, le maire de Londres, Sadiq Khan, a lancé l’offensive à la veille de l’ouverture du vote interne. Dans une tribune publiée dimanche par l'Observer, Sadiq Khan a mis tout son poids dans la balance, appelant les militants à rejeter Jeremy Corbyn et à choisir Owen Smith. Le leader travailliste, rappelle le maire de Londres, a fait une campagne désastreuse lors du référendum sur le Brexit, que le parti travailliste a perdu.

Jeremy Corbyn semble pourtant indéboulonnable, protégé par le système interne du parti travailliste. Une deuxième victoire rendrait impossible la rébellion interne du courant social-démocrate et pourrait provoquer une scission. C’est bien l’existence du parti travailliste qui est en jeu, derrière ce scrutin interne.

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22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 20:06

Moscou n'utilise plus de base iranienne pour ses raids en Syrie (Reuters)

La Russie a cessé d'utiliser une base aérienne iranienne pour mener des bombardements en Syrie, a annoncé Lundi 22 Août 2016 un porte-parole du ministère iranien des affaires étrangères.

« La Russie n'a aucune base en Iran et elle n'y stationne pas », a déclaré Bahram Qasemi cité par Tasnim.

Des bombardiers à long rayon d'action Tupolev 22 et des bombardiers tactiques Soukhoï 34 ont décollé la semaine dernière de la base aérienne d'Hamadan, dans le nord-ouest de l'Iran, pour bombarder des positions de l’Etat Islamique et des rebelles de l'ancien Front al Nosra à Alep, Idlib et Daïr al Zour en Syrie.

Aucun avion russe n'avait encore décollé d'un pays étranger, en dehors de la Syrie elle-même, depuis le début de l'intervention militaire de Moscou, au mois de septembre 2015. C'est en outre la première fois que la république islamique d'Iran autorise une puissance étrangère à utiliser son territoire à des fins militaires.

Des parlementaires iraniens ont contesté cet usage, jugeant qu'il allait à l'encontre de la constitution de la république islamique, ce qu'a réfuté Dimanche 21 Août 2016 le ministre iranien de la défense.

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21 août 2016 7 21 /08 /août /2016 19:05

https://wiki.nuitdebout.fr/wiki/Villes/Paimpont/commission_communication_medias

Synthèse des échanges de la commission communication de Paimpont

Quelques considérations générales

Parfois décriée comme faisant partie de leur monde, la communication est pourtant fondamentale pour le mouvement. La frontière entre communication interne et communication externe n'est pas nette. Les deux sont étroitement interdépendantes et ne peuvent être cloisonnées. Au point où en est arrivé le mouvement, la priorité est à l'amélioration de la communication interne entre les collectifs locaux. Ce qui n'est pas sans incidence sur la communication externe nationale.

La parole est le premier outil de communication, dont l'écrit est un dérivé. Ne pas oublier les autres formes d'expression, notamment le dessin.

Communiquer implique un émetteur et un récepteur. Lorsque nous communiquons, n'oublions de prendre en compte les récepteurs supposés et d'adapter son message à ceux-ci pour être compris.

Hormis le cas particulier des comptes nationaux Facebook et Twitter, les développements ci-dessous sont essentiellement des propositions pour améliorer la communication et n'ont pas de valeur prescriptive.

Communication interne

Synthèse des échanges

La communication interne s'adresse aux personnes actives du mouvement des Nuits Debout, celles et ceux qui militent par les actes.

L'enjeu de la communication interne est de diffuser les informations pertinentes, de permettre d'organiser la réflexion, textes, propositions et positionnements, et de préparer et coordonner des actions.

De nombreux outils numériques de coordination nationale coexistent déjà et de nouveaux projets voient le jour régulièrement. Beaucoup de ces outils sont peu utilisés. La recherche des outils les plus performants ne doit pas masquer la réflexion sur les contenus pertinents à produire et à partager.

Par ailleurs, un outil de vote en ligne manque actuellement pour permettre de prendre des décisions en nombre et à distance.

Les différentes personnes proposant de nouveaux outils numériques sont invitées à se rapprocher de la commission communication numérique, organisatrice du Hackaton qui visait à mettre en place un outil global intégrant les différents moyens de communication.

Le mouvement des Nuits Debout a ceci de paradoxal qu'il est contre le système mais qu'il n'existerait pas sans les réseaux sociaux. Pour autant, il n'a pas fallu attendre ceux-ci pour s'organiser et peut-être devons-nous apprendre à les dépasser et à réapprendre à nous en passer en privilégiant notamment la communication humaine, par groupes de travail avec des personnes identifiées. C'était notamment l'enjeu de ces rencontres, se connaître et établir le contact pour travailler ensemble.

Propositions

Formations aux outils numériques

Audit et bilan de l'utilisation des outils existants, site, wiki et comptes nationaux sur les réseaux sociaux

Création du mouvement de mars, plateforme internet en gestion partagée, conçue pour rendre accessibles les nombreux travaux présents sur le wiki et en particulier les exigences formulées par les collectifs du mouvement des Nuits Debout.

Et surtout, poursuite du renforcement de la communication humaine.

Outils

Agoras publiques, wiki, courrier, téléphone, mail, Telegram, Facebook, Twitter, tags, signaux de fumée, framavox et machine à café.

Communication externe

La communication externe recouvre les messages à destination des sympathisants et du grand public. Elle vise à mobiliser et faire passer des messages, augmenter la visibilité et l'impact de nos actions et faire connaître nos positions et nos exigences. Elle joue un rôle crucial, en cela qu'elle contribue grandement à fixer l'image du mouvement dans l'esprit du public et qu'elle influence notre capacité à mobiliser ou non, ainsi des nombreuses personnes ayant témoigné avoir rejoint le mouvement des Nuits Debout après avoir vu ce qui se passait à la télévision ou sur internet.

Il s'agit d'une parole publique. Hormis les cas de l'action de rue et des auto médias, elle passe essentiellement par les médias traditionnels, ainsi que par les réseaux sociaux en cas de buzz.

De nombreux participants du mouvement des Nuits Debout expriment leur défiance, voire leur hostilité, envers les médias et leurs craintes des journalistes supposés malhonnêtes. D'autres jugent cette question secondaire et pensent que seul le bouche-à-oreille ou la puissance virale fonctionnent réellement. Certains rappellent que ni tous les médias, ni tous les journalistes ne sont à mettre dans le même panier et que certains sont de notre côté ou en tous cas neutres.

Stratégies de communication

Il ne faut pas chercher à communiquer à tout va, mais en priorité faire et produire. Le recours aux médias doit être modéré et utilisé uniquement sur ce qui a été fait ou lorsqu'on a quelque chose à dire. Éviter de répondre sur leur terrain, en se positionnant sur les violences, par exemple, mais les contraindre à venir sur le terrain qu'on a choisi.

L'image du mouvement des Nuits Debout qui est actuellement partagée dans le grand public est floue et a été parasitée par le matraquage médiatique, notamment sur les casseurs. Il y a donc un véritable travail de refondation à mener. C'est notamment l'objet du texte commun en cours d'élaboration par des participants de la commission « contours de Nuit Debout ».

A propos de la communication externe, la crainte de la centralisation est beaucoup revenue dans la discussion. Mais la centralisation est impossible, car le mouvement des Nuits Debout n'existe pas, donc personne ne peut revendiquer de s'exprimer au nom du mouvement des Nuits Debout.

Chaque collectif, local ou thématique, dispose de son autonomie et l'essence même du mouvement, qui est de libérer la parole publique, nous incite à encourager le pluralisme des idées et des moyens d'expression. Nous devons cependant être à même de nous retrouver dans certaines positions fortes explicitement partagées et sur des actions coordonnées, au risque sinon de n'être qu'un collage de collectifs sans identité réelle et sans vie interne.

Si le recours aux médias n'est pas systématiquement écarté, dans quel cadre faut-il entrer en relation avec eux et avec quelle légitimité ?

La commission propose que soit reconnu aux personnes impliquées dans des projets ou actions le droit de communiquer sur ceux-ci, au nom du groupe « se revendiquant du mouvement des Nuits Debout ». Cela reviendrait à reconnaître ou réaffirmer dans le même mouvement qu'il n'y a pas de leaders et pas de hiérarchie dans le mouvement des Nuits Debout, mais que l'horizontalité totale est impossible, la légitimité venant de l'implication dans tel ou tel projet ou action.

Les participants à la commission réitèrent leur refus d'une spécialisation et d'une personnalisation excessive de la communication et ils rappellent l'attention qu'il faut porter en permanence à la question des egos. Ils encouragent les collectifs locaux à faire vivre autant d'outils et supports que possible, pour faire vivre le pluralisme au sein du mouvement des Nuits Debout.

Les médias peuvent être utiles pour amplifier un message, mais les participants à la commission considèrent que, à long terme, la communication la plus efficace reste l'action de rue, agoras publiques et porteurs de paroles, comme l'action menée le matin même sur le marché. C''est donc avant tout sur ce type d'action que les efforts des collectifs doivent porter.

Le cas des réseaux sociaux

Utilité des réseaux sociaux numériques

Certains participants gérant les comptes de leur collectif sur les réseaux sociaux ont exprimé leur dépit de ne pas toucher plus de monde avec ces outils. Or, ces outils sont avant tout à usage interne et à destination des militants et sympathisants, d'où le nom de page communautaire.

Seules les publications qui font un buzz en étant largement partagées porteront au-delà du cercle des sympathisants. Facebook et Twitter sont donc à cheval entre communication interne et communication externe.

Le problème des comptes nationaux

Constat

La gestion des comptes nationaux Facebook et Twitter a fait l'objet d'une longue discussion et le sujet sera revenu sur la table jusqu'à la fin du week end. Contrairement à d'autres outils en gestion partagée, les comptes Facebook et Twitter nationaux sont la propriété d'une société de communication et leur gestion a fait, et fait toujours, polémique. C'est ce que les parisiens appellent le problème du Media Center.

Les principaux reproches qui sont adressés aux membres du Media Center de la part de deboutistes parisiens sont de ne pas faire suffisamment le lien avec ce qui se passe place de la république, de faire écran avec les personnes qui cherchent à contacter le mouvement via Facebook et d'utiliser les comptes pour faire la promotion de leurs autres services privés.

Des tentatives de modération ont déjà été tentées, apparemment sans succès. La situation semble avoir donné naissance à des inimitiés tenaces et a été source de tensions entre certains des participants aux rencontres.

Des activistes du mouvement des Nuits Debout d'autres collectifs ont témoigné de leur incompréhension de l'usage minimal et pas toujours pertinent qui est fait des comptes nationaux et de l'absence systématique de réponse aux sollicitations et aux messages. Il a été également déploré la sur-valorisation des rassemblements du mouvement des Nuits Debout à l'étranger par rapport à l'essaimage national et l'importance uniquement quantitative qui a été donnée à l'expansion du mouvement des Nuits Debout dans les régions, comme s'il ne se jouait rien d'important ou d'original sur les places de province.

Ces outils, ayant en premier lieu un usage communautaire, devraient avoir pour première fonction de mettre en lumière ce qui se joue d'original dans chaque collectif et, à une échelle plus large, ce qui fait commun dans le mouvement. La gestion des comptes devrait pour se faire être ouvertes à des activistes de collectifs locaux.

Proposition

Ne connaissant pas les tenants et aboutissants des problèmes entourant la gestion des comptes nationaux, mais reconnaissant que leur usage actuel pose question, les participants de la commission proposent qu'un travail de bilan de la gestion de ces outils soit annoncé et ouvert à toutes les contributions. L'exigence d'une gestion partagée des outils communautaires sera également rappelée. Suite à ce bilan, nous prendrons contact avec l'équipe qui gère les comptes nationaux pour leur faire part de nos remarques et attentes et voir s'ils sont ouverts à des évolutions. Ce bilan participatif portera sur tous les outils nationaux et pas seulement les outils du Media Center, Facebook et Twitter.

Quelle serait notre légitimité à mener ce bilan ? Participant à un mouvement horizontal, chacun est légitime à mener la critique de nos modes d'action. Collectivement, nous avons la légitimité, fragile mais réelle, de personnes qui nous associons pour essayer de donner forme à notre action collective. La forme que prend notre communication est essentielle et il est contraire aux principes du mouvement que celle-ci soit déléguée à une équipe.

Quelle que soit l'issue de ce travail, il restera toujours la possibilité de créer de nouvelles pages, l'essentiel étant d'avoir un outil communautaire efficace. Ces outils pourraient être ceux créés autour du site mouvement de mars, dont la vocation est justement de rendre visible le travail des collectifs locaux.

Le cas des fanzines, gazettes et auto médias

La critique du journalisme tel qu'il s'exerce actuellement fait partie des fondamentaux du mouvement des Nuits Debout. Sont notamment mis en cause le régime de propriété des médias et les conditions de travail des journalistes de base, qui aboutissent à généraliser des informations biaisées sur les mouvements sociaux, mettant l'accent sur le sensationnel. L'une des manières de remédier, même modestement, à cet état de fait est de produire notre information, de mettre nos mots et nos images sur les expériences que nous vivons.

Plusieurs membres de la commission participent chez eux à des expériences d'auto médias, papier ou radio, et sont venus pour échanger à ce propos. Le sujet n'a pu être abordé, faute de temps. L'équipe d'Ouest Torch, à Rennes, qui possède une expérience et un savoir-faire certains, rappellent qu'ils sont disponibles pour échanger sur les tentatives de journaux locaux et partager quelques unes de leurs recettes. Ils proposent également de mutualiser l'outil Ouest Torch, inspiré d'Ouest-France, avec les villes situées dans le périmètre de diffusion de ce journal, Bretagne, Normandie et Pays de Loire. Cette mutualisation peut prendre plusieurs formes, écritures d'articles locaux pour Ouest Torch, sa diffusion sur vos marchés.

Propositions

Référencement des auto médias existants

Mutualisation, échanges de savoirs

Sécurisation des données

Des participants souhaitaient échanger sur la sécurité des données, ce qui n'a pas été possible faute de temps. Des ateliers de sécurité informatique sont déjà proposés dans certaines villes, ou seront organisés à la rentrée. Peut-être les collectifs n'ayant pas dans leur entourage de personnes compétentes sur ce sujet peuvent-elles le faire savoir et inviter chez elles des militants pouvant apporter leurs compétences ?

Un des participants, un ancien trotskyste, a partagé son expérience. Il explique que tout est public et que le militantisme anonyme sous pseudonyme tel qu'il se pratiquait dans les années 1970 n'est plus possible. Ce nouveau paradigme est à prendre en compte, ne pas avoir peur de tout faire au grand jour.

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21 août 2016 7 21 /08 /août /2016 18:31

http://www.contretemps.eu/interventions/peut-lutter-tout-fois-contre-islamophobie-contre-islamisme-réponse-denis-collin-présid

Peut-on lutter tout à la fois contre l’islamophobie et contre l’islamisme ?

Réponse à Denis Collin, président de l'université populaire d’Evreux

Il est souvent affirmé que la dénonciation de l'islamophobie et la lutte contre son développement, en particulier au cours des quinze dernières années en France, comme l'a rappelé, en ce mois d'août 2016, ce qui est devenu l'affaire du burkini, mènerait nécessairement à une complicité avec les courants salafistes. Pour nombre d'hommes politiques et d'idéologues, de droite comme de gauche, cette thèse est devenue un lieu commun et constitue l'un des axes centraux du consensus islamophobe. Jean Batou montre dans cet article qu'elle ne repose sur rien et que « la lutte contre l’islam sectaire et l’islam politique réactionnaire ne passe pas par la multiplication des interdits », mais par une politique antiraciste conséquente et l'émergence d'une alternative anticapitaliste.

L’islamophobie est une forme de racisme qui considère les musulmans, voire les femmes et les hommes de culture musulmane, indépendamment de leurs croyances et de leur investissement religieux, comme porteurs de tares particulières, goût pour la violence, machisme, intolérance, irrationalité et soumission aveugle. Elle revendique ainsi l’interdiction de leurs pratiques culturelles, alimentaires et vestimentaires, dans l’espace public, voire l’arrêt de l’immigration de leurs pays d’origine.

De nombreux groupes d’extrême droite s’en revendiquent explicitement, à tel point qu’Enzo Traverso a pu écrire tout récemment que « compte tenu de cette culture xénophobe et de discrimination extrême, l’idée que les citoyens musulmans puissent être astreints à porter un croissant jaune sur leurs habits, comme les juifs une étoile jaune pendant la seconde guerre mondiale, ne paraît plus invraisemblable ».

Cette islamophobie s’inscrit certes dans la continuité du racisme de la période coloniale, qui discriminait l’indigène par rapport au citoyen en raison de l’incompatibilité présumée des coutumes et des institutions du premier, musulmanes, notamment, avec l’ordre social et les valeurs morales du second. Mais elle présente aussi des analogies avec l’antisémitisme de la première moitié du vingtième siècle, en particulier dans l’aire germanique, qui entendait reformuler l’identité nationale par opposition aux juifs. De la même façon, l’islam est utilisé aujourd’hui pour redéfinir une identité menacée par la mondialisation.

Tout cela n’empêche pas Denis Collin, professeur de philosophie dans un lycée d’Évreux et président de l’université populaire de cette ville, de faire de la lutte contre l’islamophobie un cache-sexe du fondamentalisme musulman, « partie des états islamistes les plus réactionnaires, Iran, Arabie Saoudite et Qatar, la lutte contre l’islamophobie, affirme-t-il dans un article publié en ligne le 12 juillet 2016, fait partie intégrante de la stratégie politique de conquête du pouvoir des diverses tendances de l’islam politique ».

Salafistes et islamophobes

Tout d’abord, pourquoi Denis Collin pense-t-il que la lutte contre l’islamophobie puisse amener la gauche internationaliste à renoncer à combattre l’islam salafiste et ses mentors sur les plans idéologique et politique ? Rappelons que l’islam sunnite n’a ni église ni clergé, ce qui a permis à la dynastie des Saoud, depuis la suppression du califat ottoman en 1924, grâce notamment au contrôle du pèlerinage, de se poser abusivement en gardienne de l’orthodoxie musulmane. Elle a ainsi exporté les conceptions étriquées de la secte wahhabite, pour qui les musulmans doivent revenir à l’islam des origines, dont elle présente d’ailleurs une image caricaturale.

De plus, après la seconde guerre mondiale, le monopole de la rente pétrolière lui a permis de financer de nombreuses mosquées, centres islamiques, écoles coraniques et médias, à l’échelle mondiale, avec le soutien des puissances occidentales qui voyaient en elle un rempart contre le « socialisme arabe ».

Pourtant, contrairement à ce qu’affirme Denis Collin, l’islamophobie n’est pas combattue par « les états islamistes les plus réactionnaires », puisqu’elle ne fait que confirmer l’impossibilité pour les musulmans de vivre « parmi les infidèles » et facilite le « gouvernement des corps et des esprits » par les salafistes. Pour cette raison, il est tout à fait légitime que la lutte contre l’islamophobie soit soutenue par la gauche laïque, anticolonialiste, antiraciste et féministe, du moins, celle qui n’a pas rompu avec la dialectique, lire à ce propos l’article de Daniel Bensaïd, « état de la pensée dialectique en France et dans le monde ».

En effet, cette lutte est la condition d’un combat efficace contre le contrôle des populations issues de l’immigration post coloniale par l’islam religieux sectaire et/ou par l’islam politique réactionnaire.

Question de classe et oppression post coloniale

Denis Collin a raison de souligner que les musulmans ne sont pas assimilables aux organisations islamiques. Encore faut-il qu’une hostilité montante à leur égard ne les pousse pas dans les bras de celles-ci. Sur ce point, il est surprenant de lire sous sa plume, qu’en France, catholiques, protestants, orthodoxes, juifs, musulmans, agnostiques ou athées sont égaux devant la loi.

Comme s’il n’existait pas d’autres sources de discriminations à l’égard de secteurs particulièrement défavorisés des classes populaires, stigmatisés de surcroît par leur statut post colonial.

Or, aujourd’hui en France, un musulman ne peut pas être défini essentiellement comme quelqu’un « qui croit en totalité ou en partie ce que dit le coran et en tire éventuellement quelques préceptes concernant sa propre vie ». En réalité, sur le plan sociologique, c’est avant tout un travailleur mal payé, précaire et souvent chômeur, vivant dans des quartiers dégradés et victime au quotidien du racisme. C’est pourquoi, devant la faiblesse d’une gauche internationaliste, capable d’organiser la résistance de ceux et celles d’en bas, cet « islam populaire, bon enfant et qui ne pose aucun problème à quiconque » cède de plus en plus la place à la colère.

Denis Collin distingue « l’islam bon enfant » de la « la religion islamique », qu’il assimile à ses composantes religieuses ou politiques organisées.

Si sa terminologie est un peu naïve, il comprend bien que l’islam sectaire, wahhabite ou salafiste, et ses expressions politiques, comme par exemple les frères musulmans, ont effectivement mis la main sur « l’islam organisé ». Sur ce point, nous sommes en gros d’accord.

Pourtant, ces courants ne se sont pas développés « en réaction aux tendances démocratiques et modernisatrices de l’empire ottoman au cours du dix neuvième siècle », mais en réponse à la barbarie moderne de la première guerre mondiale. Comme son homologue européenne, la petite bourgeoisie musulmane a rejeté le discours révolutionnaire de l’octobre russe, qui touchait de plein fouet l’islam, pour se tourner vers de nouvelles « utopies réactionnaires » que soutiendront effectivement les impérialistes britanniques et français avant ceux des États-Unis.

Islams politiques réactionnaires et impérialismes

Denis Collin ne fait pas dans la dentelle quand il évoque « l’accord historique entre Franklin Roosevelt et la dynastie Saoud signé sur le croiseur Quincy en 1945, qui va sceller l’alliance historique de l’impérialisme américain et de l’islam fondamentaliste ». Les historiens auront raison de tousser. Mais il ne se trompe pas sur l’essentiel, depuis les années 1950, les États-Unis ont encouragé le wahhabisme, les frères musulmans et les ayatollahs conservateurs pour lutter contre les régimes progressistes de Mohammad Mossadegh en Iran, de Gamal Abdel Nasser en Egypte et du parti Baath en Syrie et en Irak. À ceci près que ces régimes n’avaient rien de laïc, contrairement à ce qu’il affirme. Il a raison aussi lorsqu’il évoque le soutien bien connu de la Central Intelligence Agency (CIA) aux talibans, par le biais des services secrets pakistanais. Sans aucun doute, l’islam sectaire et l’islam politique réactionnaire sont partie intégrante du jeu des impérialismes à l’échelle mondiale. On pourrait ajouter que l’islam politique chiite table aujourd’hui habilement sur les rivalités inter-impérialistes en jouant la carte russe en Syrie et la carte américaine en Irak.

D’accord aussi avec Denis Collin pour dire que l’islam politique est différencié, même si ses multiples courants partagent « une lecture plus ou moins littérale du coran et qu’ils font de la soumission des femmes une question centrale de leur propagande ». D’accord aussi sur le fait qu’il représente « des forces politiques bourgeoises ». Pourtant, contrairement à ce qu’il affirme, leur hostilité « à la démocratie et à ses conséquences en matière de libertés individuelles » n’est pas une spécificité du monde musulman, mais une tendance générale du capitalisme dans le sud global. Présentent-elles « certains des caractères des organisations totalitaires » ? Oui, sans aucun doute, en encadrant les populations « par une propagande qui dispose de moyens importants » et en développant « un véritable gouvernement des corps et des esprits ». Nous en avons vu cependant les limites en Egypte ou en Tunisie, où les deux expériences de pouvoir des frères musulmans et d’al Nahda n’ont pas débouché sur l’installation de régimes totalitaires, mais sur d’imposantes mobilisations populaires d’opposition qui ont précipité leur discrédit.

En comparant le « capitalisme démocratique » occidental au « totalitarisme islamique », Denis Collin ne voit pas que l’un domine les pays impérialistes, avec une tendance accrue à l’autoritarisme, tandis que l’autre contrôle quelques états du sud, avec des difficultés croissantes, même en Arabie Saoudite. D’ailleurs, les Saoud ont préféré l’armée égyptienne « laïque » au gouvernement des frères musulmans pour faire face au peuple égyptien en colère.

Un ennemi en cache un autre

En Europe, Denis Collin se trompe de cible lorsqu’il parle d’un « islamisme conquérant », alors que partout la droite et l’extrême droite raciste et islamophobe progressent de façon autrement inquiétante, lorsque la gauche ne présente pas une alternative antilibérale, pour ne pas dire anticapitaliste, forte. En même temps, il a raison de pointer le risque d’une conquête de la jeunesse précarisée d’origine musulmane par les réseaux salafistes, financés par l’argent du pétrole. Mais il se trompe sur la façon de la contrer.

La lutte contre l’islam sectaire et l’islam politique réactionnaire ne passe pas par la multiplication des interdits au nom d’une conception caricaturale de la laïcité, qui ne peut que leur donner une aura de victime. Il suppose avant tout l’intégration des précaires, en particulier des jeunes, aux luttes sociales et le refus de toute forme de racisme.

Pour autant, cela ne signifie pas qu’il faille mettre en sourdine nos combats politiques et idéologiques pour les droits démocratiques, les droits des femmes et les droits des minorités sexuelles. Au contraire, nous aurons d’autant plus de chances d’être écoutés que nous nous opposons sans réserve aux mesures discriminatoires à l’égard des musulmans.

Pour Denis Collin, « nous devons, comme nous le faisons déjà aujourd’hui, continuer de garantir la liberté religieuse des musulmans comme celle de toutes les croyances. La foi est affaire de conscience et la liberté de conscience est un principe fondamental ». Très bien, mais, ajoute-t-il, « cette liberté de conscience n’autorise pas les croyants à régenter l’espace public en fonction de leurs croyances, dans les piscines comme dans les autres lieux publics, la mixité est la règle. De même, les enfants, quelles que soient leur religion, doivent être instruits des mêmes programmes fixés par les autorités politiques ». Nous n’avons pas d’objection.

Cependant, quand il aborde la question du voile, Denis Collin commence à tout mélanger, d’abord il affirme que « les lieux institutionnels exigent souvent certaines règles de tenue » et que « dans de nombreux métiers, il existe une tenue réglementaire de travail ». Des arguments assez faibles, lorsqu’on comprend où il veut en venir. Il en déduit en effet, « qu’à l’école on se découvre devant le professeur », que « les fonctionnaires dans l’exercice de leurs fonctions ne doivent pas afficher leurs croyances religieuses, ou politiques d’ailleurs », et que donc, « nous ne voyons pas pourquoi les islamistes seraient fondés à exiger que les femmes musulmanes puissent être soustraites à ces lois communes ». Mais il ne nous dit pas en quoi le fait de porter un foulard sur les cheveux empêcherait une enseignante de donner un cours sur l’évolution ou à une élève de suivre le programme de l’école publique.

Surtout, il ne se pose pas la question de la liberté de choix des femmes concernées qui devrait pourtant être notre préoccupation essentielle.

Le venin est dans la queue

« Il est grand temps de donner un coup d’arrêt à l’islamisme », nous assène-t-il en conclusion. Nous aurions pu croire que c’était parce que l’islam sectaire et l’islam politique réactionnaire sont des forces rétrogrades. Mais non, c’est parce que ces organisations « heurtent de plein fouet les traditions nationales populaires, agissant comme de puissants dissolvants des solidarités traditionnelles et fournissent les instruments de division dont le patronat a besoin ». Pour ceux qui pouvaient croire naïvement, dans la tradition de Karl Marx, que c’était le capitalisme lui-même qui agissait comme puissant dissolvant des solidarités traditionnelles et fournissait les instruments de division dont le patronat a besoin, voilà un autre ennemi, sans doute beaucoup moins impressionnant.

Mais ce serait oublier, explique Denis Collin, que le problème numéro un, du moins à en croire Laurent Bouvet, un politologue proche du Parti Socialiste français pour qui la vocation identitaire de la gauche est gage de sa réussite, c’est « l’insécurité culturelle ». Après avoir cité cette autorité, il part littéralement en vrille, dénonçant « les fractions de la gauche radicale qui soutiennent l’islamisme » et qui « font ainsi, consciemment ou non, le jeu du Front National ».

Après un effort louable de discussion, que viennent donc faire de telles imprécations à la fin de son texte ? Le venin est dans la queue, disaient les romains. Dont acte, mais cette polémique n’est pas à l’honneur de son auteur et ne mérite évidemment aucune réponse.

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21 août 2016 7 21 /08 /août /2016 17:58

Un attentat lors d'un mariage fait au moins cinquante et un morts en Turquie (Reuters)

Cinquante et une personnes ont été tuées et soixante neuf autres blessées Samedi 20 Août 2016 dans un attentat suicide perpétré lors d'un mariage à Gaziantep, dans le sud-est de la Turquie, à une quarantaine de kilomètres de la frontière syrienne, a déclaré Dimanche 21 Août 2016 le président Recep Tayyip Erdogan.

Dans une allocution diffusée en direct par la chaîne de télévision NTV, le chef de l'état a ajouté que l'auteur de l'attentat était un enfant âgé de douze à quatorze ans.

Il a fait état de dix sept blessés graves.

Recep Tayyip Erdogan avait auparavant mis en cause l'organisation djihadiste Etat Islamique, à laquelle ont été attribués plusieurs attentats commis ces derniers mois en Turquie, dont celui qui a fait quarante quatre morts à l'aéroport d'Istanbul au mois de juin 2016.

L'attentat du Samedi 20 Août 2016 est le plus meurtrier commis depuis le début de l'année en Turquie. Au mois d'octobre 2015, un attentat commis pendant une manifestation pro-kurde dans les rues d'Ankara, la capitale, avait fait plus de cent morts.

Le mariage visé était celui d'un membre du parti démocratique des peuples (HDP), a annoncé le mouvement, et le marié figure parmi les blessés.

La mariée n'a pas été blessée, a précisé un responsable local.

Les festivités étaient en train de se terminer avec la traditionnelle cérémonie du henné, durant laquelle les invités reçoivent des tatouages éphémères sur les mains et les pieds. Certaines familles avaient déjà quitté les lieux lorsque l'explosion s'est produite mais des femmes et des enfants figurent parmi les victimes, ont rapporté des témoins.

Les murs de la ruelle où a eu lieu l'attentat étaient tachés de sang et de suie. Devant la morgue, des femmes assises en pleurs attendaient Dimanche 21 Août 2016 des informations sur des proches portés disparus.

« Les célébrations se terminaient et il y a eu une grosse explosion au milieu des gens qui dansaient », a déclaré un témoin, Veli Can.

Les services du gouverneur de la région ont publié un communiqué précisant que de nombreux blessés étaient hospitalisés dans différents hôpitaux de la province.

Plusieurs centaines de personnes se sont réunies Dimanche 21 Août 2016 pour les premières funérailles de victimes, autour de cercueils recouverts du drapeau vert de l'islam, montrent des images diffusées par des chaînes de télévision locales.

Certains enterrements devront toutefois être retardés, un grand nombre des victimes ayant été déchiquetées par l'explosion, rendant nécessaire des tests ADN pour assurer leur identification, ont déclaré des sources au sein des services de sécurité.

Le bureau du procureur de Gaziantep a déclaré que les restes d'un gilet explosif avaient été retrouvés sur les lieux de l'explosion.

L'Etat Islamique a par le passé été accusé de cibler des rassemblements kurdes pour attiser les tensions communautaires.

Un regain de violences a été constaté cette semaine dans le sud-est de la Turquie, divers attentats à la bombe faisant dix morts, principalement des policiers et des militaires. Les autorités ont mis cette escalade sur le compte des militants du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

A une demi-heure seulement de Gaziantep, la ville frontalière de Kilis est régulièrement la cible de tirs d'artillerie et de roquettes venant de zones tenues par l'Etat Islamique, dont certaines ont fait des morts.

Dimanche 21 Août 2016, des députés du parti de la justice et du développement (AKP), le parti au pouvoir, et Recep Tayyip Erdogan lui-même ont souligné qu'ils ne faisaient pas de différence entre l'Etat Islamique, le PKK et les partisans du prédicateur en exil Fethullah Gülen, présenté par Ankara comme l'instigateur de la tentative de coup d’état du Vendredi 15 Juillet 2016 qui a fait deux cent quarante morts et qui a débouché sur de vastes purges, y compris au sein des services de sécurité.

Depuis la fin, au mois de juillet 2015, de deux années et demi de trêve avec le pouvoir, le PKK a mené des dizaines d'attentats contre la police et l'armée dans le sud est turc à majorité kurde.

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20 août 2016 6 20 /08 /août /2016 17:14

http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/04/21/l-insaisissable-frederic-lordon-maitre-a-penser-de-la-nuit-debout_4906449_3232.html

L’insaisissable Frédéric Lordon, maître à penser du mouvement des Nuits Debout

Par Violaine Morin

Mardi 26 Avril 2016

« A demain dans la rue et à la Nuit Debout ». Mercredi 30 Mars 2016, veille du premier rassemblement sur la place de la ­République, à Paris, l’appel de Frédéric Lordon est accueilli par un tonnerre d’applaudissements dans un amphithéâtre de l’université de Tolbiac à Paris.

L’universitaire a fait, depuis, de rares apparitions sur la place, toujours très applaudies. ­Notes griffonnées entre les mains, il se montre peu mais parle haut et enchaîne les répliques cinglantes.

Mercredi 20 Avril 2016, à la bourse du travail de Paris, il encourage les activistes du mouvement des Nuits Debout à « faire dérailler le cours normal des choses » et prévient les médias choqués par l’altercation avec Alain Finkielkraut, « nous n’apportons pas la paix ». Chercheur en philosophie au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) et économiste de formation, Frédéric ­Lordon est devenu l’une des figures intellectuelles de ce mouvement, après en avoir été l’un des initiateurs. Car c’est lui, avec François Ruffin, le réalisateur du film Merci Patron, qui a lancé l’idée de transformer le mouvement social contre la loi travail en occupation. Déjà connu pour sa critique de l’économie néolibérale, notamment via le Monde Diplomatique où il tient un blog, le chercheur refuse pourtant d’être considéré comme un leader. Il n’a pas souhaité répondre aux questions du Monde.

Le parcours de Frédéric Lordon, cinquante quatre ans, est fait de constants va-et-vient entre la recherche universitaire et le grand public, entre l’étude et l’engagement. Diplômé des Ponts et Chaussées et de l’Institut Supérieur des Affaires, devenu MBA HEC, il est cosignataire du manifeste des économistes atterrés, texte contre les fausses évidences de la pensée économique orthodoxe après la crise des subprimes.

Celui qui a dénoncé les vices de la finance dérégulée et mondialisée dans « jusqu’à quand, pour en finir avec les crises financières » est rangé parmi les hétérodoxes en raison de ses mises en cause des principes fondamentaux du néo libéralisme. Ses premiers ouvrages sont souvent des petits manuels critiques et faciles d’accès pour les non-initiés, publiés chez « Raison d’Agir », un éditeur militant dont Pierre Bourdieu fut l’un des créateurs.

Pour un souverainisme de gauche

Les pensées politique et économique de ­Frédéric Lordon se rejoignent dans « la malfaçon, monnaie européenne et souveraineté démocratique ».

L’économiste y affirme que les traités européens ont ôté aux états de la zone euro toute souveraineté économique en les privant de la maîtrise de la politique monétaire et en plaçant leurs politiques budgétaires sous la surveillance des institutions européennes et des marchés financiers.

Parce qu’elle met en concurrence les économies nationales, « l’Europe de la paix est en fait une machine de destruction sociale qui engendre de la guerre ». Cette Europe de la concurrence libre est donc constitutionnellement de droite. C’est là le point de rupture fondamental avec le Parti Socialiste qui, selon le chercheur, a trahi les idéaux de la gauche en y substituant, à partir des années 1980, la construction de l’Europe libérale.

Pour Frédéric Lordon, l’Union Européenne ne peut être transformée en profondeur car la souveraineté populaire ne peut s’y exercer. Il n’existe pas, en effet, de peuple européen, constitué par un affect commun, capable d’une volonté commune et d’une solidarité dépassant les frontières nationales.

Pour retrouver la souveraineté populaire, il faut donc revenir aux états, « le souverainisme de gauche est l’autre nom de la démocratie », écrit-il. Sur le papier, le changement d’époque qu’il appelle de ses vœux est simple et radical, c’est le défaut de l’état sur sa dette, la sortie de la monnaie unique, la prise de contrôle des banques en faillite par la puissance publique et la régulation des échanges avec l’étranger.

Ce souverainisme n’est pas partagé par tous à la gauche du Parti Socialiste, certains courants demeurant attachés à l’idéal européen et à l’internationalisme. « Il y a un débat sur le point stratégique de la sortie de l’euro sur lequel nous ne sommes pas d’accord », commente ainsi Clémentine Autain, porte-parole d’Ensemble. Frédéric Lordon a, sur cette question, durci sa position. Dans « jusqu’à quand », il envisageait encore la réforme de l’Europe, qui lui semblait pouvoir « parfaitement adopter unilatéralement un degré supérieur de réglementation financière sans risquer la désertion des capitaux ».

Mais le souverainisme de gauche désormais prôné par Frédéric Lordon est bien de gauche.

Pour les sans-papiers, armée de réserve du patronat, il propose une régularisation générale.

Mais « le sang bleu évadé fiscal, dehors ».

Déterminisme des passions

Hétérodoxe, Frédéric Lordon l’est aussi par l’introduction de la philosophie dans ses travaux. Au tournant des années 2010, il change d’identité administrative au CNRS et il passe de l’économie à la philosophie. Son ambition évolue de la critique de la marche du monde à l’élaboration d’un système de pensée qui embrasse la totalité du réel.

Aujourd’hui, il définit son travail comme une espèce d’hybridation entre philosophie et sciences sociales . Dans « capitalisme, désir et servitude », aux éditions de la Fabrique, en 2010, puis dans « la société des affects, pour un structuralisme des passions », aux éditions du Seuil, en 2013, il creuse l’idée spinoziste selon laquelle les affects individuels et collectifs structurent les rapports sociaux. « Frédéric Lordon emprunte à Baruch Spinoza l’idée que le conflit des affects est difficile à dépasser », explique Pascal Sévérac, maître de conférences en philosophie à l’université de Paris-Est-Créteil. « Mais chez Baruch Spinoza, c’est un horizon possible avec le développement d’une éthique, alors que, pour Frédéric Lordon, on peut améliorer la situation, mais la rationalité politique est quasiment inatteignable ».

Ce déterminisme des passions appliqué aux sciences sociales ne fait pas l’unanimité à l’université. Philippe Corcuff, sociologue au CNRS, militant et figure de la gauche critique, estime que la lecture de Baruch Spinoza par Frédéric Lordon constitue une régression, « c’est une philosophie qui vit dans l’illusion que, parce qu’on a posé des concepts, on maîtrise l’ensemble. Or, dans la culture contemporaine des sciences sociales, on travaille avec des exemples ancrés dans le réel et non des axiomes ».

Dans « imperium », aux éditions de la Fabrique, en 2015, il affirme que toute multitude qui forme un corps cohérent tend à exprimer sa puissance, son imperium, créant ainsi un ordre que ses membres respectent dans un état de servitude passionnelle. Cet ouvrage, qui fixe la théorie politique du philosophe-économiste, a été rédigé avec en filigrane l’idée de sortir du débat hystérisé sur l’Europe, pour « penser la formation des nations sans tomber dans le substantialisme identitaire », déclare l’auteur lors d’une présentation en librairie au mois de septembre 2015.

L’idéal sans illusions

Mais aujourd’hui, les réflexions de philosophie politique de Frédéric Lordon peuvent aussi éclairer certains aspects du mouvement des Nuits Debout.

Pour lui, l’horizontalité démocratique totale et durable est une illusion, car les corps sociaux tendent inexorablement à reconstituer des structures verticales. Mais la poursuite de l’idéal d’émancipation et d’horizontalité est une tension qu’il faut maintenir avec constance, notamment par des processus de délibération locale.

Cette tension est « une ligne d’asymptote dont ­Samuel Beckett nous donne la maxime ». Dans un débat organisé par l’organisation alter mondialiste ATTAC le 12 avril 2016 à la bourse du travail, à Paris, il estime que le mouvement des Nuits Debout s’illusionne sur la possibilité de rester un mouvement horizontal, « faire des assemblées générales et créer des commissions, c’est déjà reconstituer des institutions ». Frédéric Lordon ne croit pas, tout comme son maître Baruch Spinoza, qu’il existerait une force intrinsèque des idées vraies. « Nous pourrons analyser la crise financière sous toutes ses coutures, tout cela ne vaudra jamais une image bien choisie qui fait bouillir les sangs », écrit-il en post scriptum de sa pièce « d’un retournement l’autre », aux éditions du Seuil, en 2013, un texte en alexandrins sur la crise des subprimes.

Si ce sont les affects qui mènent le monde, il faut toucher les hommes pour les convaincre et notamment par l’art qui stimule le corps, y compris dans l’éclat de rire. Ainsi s’exprime le personnage du conseiller présidentiel , « vos actes sont parlants, surtout leur hiérarchie qui disent quel est l’ordre où les gens sont servis, d’abord les créanciers, le peuple s’il en reste, voilà en résumé la trahison funeste où vous êtes tombés, terrible forfaiture qui des marchés aura permis la dictature ».

Frédéric Lordon ne croit pas au pouvoir des idées à elles seules mais il perçoit le caractère anachronique de la posture de l’intellectuel engagé.

« L’intellectuel perché sur ses quatre palettes qui appelle à la grève générale, c’est le bouffon dans toute sa splendeur », s’amuse-t-il le 12 avril 2016 à la bourse du travail de Paris.

Le mouvement des Nuits Debout incarne-t-il cet horizon de l’émancipation utopiste mais réjouissante ?

L’homme qui déclare à l’assemblée générale du mouvement des Nuits Debout, le 9 avril 2016, que la « plaine européenne est en train de s’embraser » est plus réaliste que ce type de harangue ne le laisse penser.

Moins frappante, mais plus représentative de ce que disent ses écrits serait sans doute cette phrase, prononcée le même soir, « nous sommes en train de faire quelque chose ». De faire quoi, d’essayer, au moins. Essayer encore, rater encore, rater mieux.

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20 août 2016 6 20 /08 /août /2016 16:17

https://www.kairosresponse.org/pr_umc_divests_israeli_banks_jan2016.html

L’United Methodist Kairos Response (UMKR) se félicite de l’exclusion des fonds de pension et du désinvestissement des banques israéliennes

Jeudi 7 Janvier 2016

L’UMKR est heureuse d'annoncer que le fonds de pensions de retraites et de prestations de santé de vingt milliards de dollars de l’United Methodist Church (UMC) a déclaré les cinq plus grandes banques israéliennes hors des limites d'investissement et a cédé les parts qu'il détenait dans leurs portefeuilles. C’est la première fois qu’un important fonds de pension religieux agit pour empêcher les investissements dans les banques israéliennes qui soutiennent l'occupation illégale israélienne de la terre palestinienne.

L'information a été publiée sur le site internet du fonds de pension qui évalue les placements des fonds d'investissement dans les sociétés qui présentent des risques excessifs en matière de défense des droits de l'homme. Les banques sont Bank Hapoalim, Bank Leumi, First International Bank of Israel, Israel Discount Bank et Mizrahi Tefahot Bank. Ces banques sont profondément impliquées dans le financement des colonies illégales dans les territoires palestiniens occupés.

Bank Hapoalim et Leumi Bank ont ​​été exclues des portefeuilles. Le gestionnaire de fonds, connu sous le nom de Wespath, a également exclu Shikun et Binui, une société israélienne impliquée dans la construction dans les colonies illégales au-delà des frontières reconnues d'Israël. En outre, Wespath a placé Israël et la Palestine sur la liste des régions de violations des droits de l'homme.

L’UMKR est heureuse d'apprendre ces actions, tout en notant que Wespath détient toujours des actions dans une dizaine d’entreprises situées à l'intérieur des colonies illégales et dans plusieurs autres qui prêtent un soutien important à l'occupation israélienne. Une liste de ces entreprises est disponible sur le site internet de l’UMKR.

Selon le co-président de l’UMKR, le révérend Michael Yoshii, « nous saluons le fonds de pension pour avoir franchi ce pas important sur la voie de la désapprobation de l'occupation illégale de la terre palestinienne. Mais, conformément à la position de l’UMC contre l'occupation, ceci est seulement une première étape vers la fin de notre complicité financière dans l'oppression continue du peuple palestinien ».

Le révérend John Wagner, membre du comité de désinvestissement de l’UMKR, a ajouté que « l’organisme de l'élaboration de la politique de l'église, la conférence générale, a appelé tous les pays à boycotter les produits fabriqués dans les colonies illégales et nous exhortons nos gestionnaires de fonds à défendre la cohérence de notre position et à se désinvestir de toutes les sociétés qui tirent profit de ces mêmes colonies ».

L’UMKR a présenté quatre propositions à la prochaine conférence générale, qui se réunira du 10 au 20 mai 2016 à Portland, dans l’Oregon. Trois d’entre elles exigent le désinvestissement des entreprises impliquées dans l'occupation et la quatrième demande d’empêcher les investissements dans les entreprises qui font des affaires dans les colonies illégales partout dans le monde.

L’UMKR est un groupe de pression mondial au sein de l’UMC qui cherche à répondre à l'appel urgent des chrétiens palestiniens pour des actions qui peuvent mettre fin à l'occupation israélienne de leurs terres. Pour plus d'informations, visitez le site www.kairosresponse.org

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