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21 juin 2016 2 21 /06 /juin /2016 19:57

http://www.lemonde.fr/politique/article/2016/06/20/l-ultragauche-est-engagee-dans-une-logique-de-confrontation-avec-l-etat_4953771_823448.html

L’ultra gauche est engagée dans une logique de confrontation avec l'état

Par Marc Lazar, directeur du centre d’histoire de Sciences Politiques

Lundi 20 Juin 2016

Les manifestations contre la loi travail ont été émaillées de violents incidents attribués généralement aux « casseurs ». Ce mot trop usité occulte la stratégie délibérément mise au point par des groupes de l’ultra gauche engagés dans une logique implacable de confrontation avec l'état.

Depuis quelques années, nombre de regroupements, d’activistes et de sites, tel le Mouvement Inter Luttes Indépendant (MILI) apparu lors des mobilisations lycéennes contre l’expulsion de la jeune collégienne rom Leonarda en 2013, prônent le recours à la violence et la pratiquent de manière organisée et déterminée. La mort de Rémi Fraisse, en octobre 2014 sur la Zone A Défendre (ZAD) de Sivens, a accéléré le processus.

Quelques-uns de leurs slogans sont évocateurs, « un flic, une balle, justice sociale », « tout le monde déteste la police ». Cette galaxie, qui mélange des références anarchistes, nihilistes et marxistes, dénonce le capitalisme, exprime son rejet de l'état comme du gouvernement et entend préparer l’insurrection.

La violence de ces activistes s’exerce contre les symboles de ce qu’ils exècrent, les policiers, les banques, les agences d’intérim ou encore les sièges du Parti Socialiste. Ils harcèlent continûment les policiers afin de pouvoir mieux dénoncer la répression qui a, en effet, dérapé à plusieurs reprises. Ces militants fustigent l’état d’urgence qui, à leurs yeux, dévoile le vrai visage répressif de l'état, puisqu’ils n’accordent aucune considération à la menace djihadiste, considérée par eux comme étant un dérivatif des luttes sociales.

La plupart des manifestants condamnent ces violences. Mais une minorité d’entre eux, surtout parmi les jeunes, disent les comprendre et même les justifient au nom de la crise sociale, de la « dureté » de la loi travail, du procès en « trahison » qu’ils font de l’exécutif socialiste et surtout parce qu’ils s’indignent de la violence policière qui leur semble disproportionnée, discriminante à leur égard, et injuste.

Regardons l’Italie

La question qui se pose est bien de savoir jusqu’où peut désormais porter cette dynamique. C’est là que l’histoire nous amène à regarder l’Italie. Il y a plus de quarante ans, s’y déroulaient de vastes mobilisations sociales accompagnées de la plus grande vague de violence qu’ait connue un pays ouest-européen. Comment en est-on arrivé là ? A la fin des années 1960 se développa une contestation étudiante, avec parfois des occupations d’universités et des affrontements particulièrement rudes avec la police, comme à Rome en mars 1968.

La violence était revendiquée et mise en œuvre par des groupes d’extrême gauche critiques de la Démocratie Chrétienne au pouvoir, et du Parti Communiste Italien (PCI), accusé d’être devenu réformiste.

Désireux de préparer la révolution, voire la guerre civile, ces groupes se battaient avec la police et les mouvements néo fascistes. Les affrontements se durcirent avec la politique en accordéon de l'état, alternant des phases de rude répression, parfois disproportionnée par rapport aux actes commis, et des moments d’étrange laxisme.

Dix millions de grévistes

L’attentat du 12 décembre 1969 de la banque nationale du travail à Milan, piazza Fontana, attribué dans un premier temps à des anarchistes, mais qui se révéla être l’œuvre de membres de l’ultra droite bénéficiant de complicités dans des secteurs de l’appareil d'état, accéléra les phénomènes de radicalisation. La stratégie dite « de la tension », marquée par la pose de bombes dans des lieux publics, venait de commencer. D’autant que depuis l’automne 1969, les travailleurs s’étaient engagés dans des grèves importantes qui s’étalèrent dans le temps.

En 1975, on enregistra plus de dix millions sept cent mille grévistes, un record sans équivalent en Europe. Une contestation généralisée déferla sur l’Italie affectant toute la vie sociale et culturelle et atteignant son acmé en 1977. L’extrême gauche se divisait non pas sur la légitimité du recours à la violence, mais sur sa nature et ses modalités. Une partie d’entre elle décida d’augmenter le niveau de la confrontation avec l'état.

Des groupes choisirent progressivement la lutte armée et la clandestinité, à l’instar du plus connu d’entre eux, les Brigades Rouges. Ils organisaient des sabotages, des séquestrations, des humiliations publiques, par exemple de cadres ou des contres maîtres, des gambizzazioni, actions consistant à tirer dans les jambes de leurs cibles, et enfin des meurtres purs et simples.

Etaient visés des policiers, des carabiniers, des magistrats, des journalistes, des universitaires, des politiciens démocrates-chrétiens ou de gauche et des syndicalistes.

L’une des opérations les plus spectaculaires et dramatiques fut l’enlèvement par les Brigades Rouges, en plein Rome, le 16 mars 1978, du dirigeant démocrate-chrétien Aldo Moro, exécuté le 9 mai 1978 après cinquante-cinq jours de détention. Entre 1969 et 1988, il y eut quatre cent quatre vingt onze morts dus aux attentats aveugles de l’extrême droite et à ceux, ciblés, de l’ultra gauche.

Trois enseignements peuvent être tirés des années de plomb. La violence politique redoubla d’intensité lorsque les mouvements sociaux commençaient à décliner, les organisations extrémistes de gauche cherchant ainsi à les réanimer en s’affrontant à l'état et aux partis qui le défendaient. Ensuite, s’enclencha une spirale vertigineuse de la violence avec le passage d’affrontements de rue de plus en plus durs à la décision mûrement réfléchie à un moment donné de franchir un seuil décisif en utilisant les armes à feu et en décidant de tuer froidement.

La zone grise

Enfin, ceux qui se sont engagés dans cette voie ont bénéficié, dans un premier temps, de l’empathie, voire du soutien, d’une zone grise qui leur servait de base arrière. Une zone composée d’étudiants, de jeunes et d’ouvriers vivant souvent dans un milieu alternatif, qui ne se reconnaissaient pas dans l'état, en proie à des difficultés sociales, révoltés et indignés, acceptant l’usage de la violence contre leurs « ennemis ». Mais aussi de militants gauchistes et, au tout début, du PCI, qui baignaient dans un même bain idéologique, utilisant à propos des adeptes de la lutte armée une formule célèbre, « compagni che sbagliano », « des camarades qui se trompent ».

Face à cette violence, l'état déploya une forte répression, restreignit des libertés et recourut au système des repentis et des dissociés, des clandestins qui acceptaient de collaborer avec la justice, qui se révéla fort efficace. Les puissants partis, dont le PCI, qui, à partir de 1974, combattit avec intransigeance les groupes de l’ultra gauche, comme les syndicats, se mobilisèrent contre les agissements terroristes. Quant à l’opinion publique, elle condamna de plus en plus nettement ces derniers, l’enlèvement d'Aldo Moro constituant un vrai tournant, y compris chez ceux qui jusqu’alors avaient fait preuve d’une certaine complaisance envers les groupes armés. Ceux-ci furent progressivement démantelés et isolés, ce qui n’empêcha pas des soubresauts, jusqu’au début des années 2000.

Evidemment, tout est différent entre ce qui s’est produit en Italie et la France d’aujourd’hui, le contexte international et les réalités politiques, idéologiques et sociales des deux pays. Néanmoins, revenir sur le « terrorisme rouge » de cette époque permet de réfléchir sur ce qui pourrait survenir en France maintenant ou dans les mois à venir avec quelques interrogations majeures.

Que vont faire désormais les adeptes de la guérilla urbaine ? Vont-ils passer à une étape supérieure dans leurs actions violentes ? Réussiront-ils à se constituer une base arrière parmi la jeunesse radicalisée et les opposants à la loi travail déçus de l’issue de leur mobilisation et tentés d’exprimer leur « haine », un mot que l’on entend de plus en plus souvent, du gouvernement socialiste et des forces de l’ordre ? Quelle politique mettra en œuvre l'état envers ces groupements, répression pure et simple, stigmatisation ou bien actions diverses et variées en direction de la jeunesse pour éviter qu’elle ne constitue un vivier de recrutement pour les activistes extrémistes ?

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21 juin 2016 2 21 /06 /juin /2016 19:28

http://www.questionsdeclasses.org/?Le-bruit-assourdissant-des-pales-de-l-helicoptere

Le bruit assourdissant des pales de l’hélicoptère

Dimanche 19 Juin 2016

Une collègue énervée m’a interpellé ce matin, « tu as vu ? Tu as entendu Manuel Valls, les médias, pas un mot sur le million de gens dans la rue, tout sur le meurtre du commandant de police et les casseurs et rien sur le mouvement social ».

Je n’ai pas fait mon blasé. Bien que j’ai participé à cinq manifestations sur les trente derniers jours, dans une ambiance tout aussi tendue et tout aussi délétère, elle a raison de s’émouvoir. Le gouvernement a passé un cran dans l’obscénité.

Dans la salle des professeurs, j’avais un nouveau témoin qui pouvaient raconter aux autres ce qui se passait sur le front social. Un nouveau témoin qui pouvait dénoncer les mensonges et dire combien les médias décomplexés véhiculaient une propagande anxiogène et antisociale.

Bien sûr, le meurtre d’un commandant de police et son épouse est une monstruosité. Mais doit-on parler maintenant de terrorisme chaque fois qu’un dingue et un voyou déséquilibré prête allégeance à l’Etat Islamique ? Si c’est le cas, la démocratie formelle dans laquelle nous continuons à mener nos luttes est déjà morte car aucune loi sécuritaire n’empêchera ces attentats.

Avec Manuel Valls, les français n’ont même plus besoin de voter pour le Front National, il organise méthodiquement l’état policier. Ne vient-il pas d’annoncer que, dans le cadre de l’état d’urgence, il allait interdire le droit de manifester ? Non content de ne pas assumer ses responsabilités, le gouvernement poursuit dans la provocation.

Il ne reste à ce gouvernement que la peur du terrorisme à opposer aux mouvements sociaux de contestation de ses réformes libérales et de ses lois de régression sociale. A la demande de débats, il répond par la rhétorique et l’amalgame en cherchant à délégitimer toute opposition.

Ce n’est pas seulement une question de hiérarchie de l’information, on dirait bien une entreprise brouillonne de propagation de la trouille.

Malgré le ridicule de la posture, les médias relaient.

Personne pour contester qu’on puisse mettre sur le même plan les casseurs, les hooligans et les égorgeurs de l’Etat Islamique ? Personne dans les médias pour dénoncer le choix agressif et provocateur du ministère de l’intérieur pour encadrer les manifestations ? Personne pour dénoncer les nombreuses violences et intimidations policières vis à vis des manifestants ?

Comment tous les médias peuvent-ils résumer une des plus grosses manifestations depuis 2003 aux violences de la place des Invalides, spectaculaires et orchestrées ?

Combien de journaux soulèvent de légitimes questions à propos des mensonges du gouvernement autour de la casse des vitres de l’hôpital Necker ?

Quoi, deux cent hooligans russes et quatre cent hooligans anglais cassent le Vieux Port de Marseille et le gouvernement n’interdit pas le championnat d’Europe de football au nom de la sécurité et de la lutte antiterroriste. Soyons cons, exigeons son arrêt au nom de la sécurité.

Un tel mépris du peuple et de l’intelligence demande plus qu’un droit de réponse des organisations syndicales et des mouvements sociaux contestataires.

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21 juin 2016 2 21 /06 /juin /2016 19:16

http://www.cgt.fr/Votation-citoyenne-en-ligne.html

Votation citoyenne en ligne

Mardi 21 Juin 2016

Pour ou contre la loi travail et pour ou contre de nouveaux droits, exprimez-vous.

La démocratie ayant un sens pour les salariés, les jeunes, les privés d’emplois et les retraités, les organisations syndicales et de jeunesse, mobilisées depuis presque trois mois décident d’une votation citoyenne dans les entreprises, les administrations et les lieux d’étude.

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21 juin 2016 2 21 /06 /juin /2016 19:07

https://www.zamanfrance.fr/article/liberte-presse-representant-rsf-en-turquie-place-en-detention-22183.html

Liberté de la presse

Le représentant de Reporters Sans Frontières (RSF) en Turquie placé en détention

Le représentant de RSF en Turquie, Erol Önderoglu, a été placé en détention provisoire, Lundi 20 Juin 2016, avec deux autres intellectuels, pour avoir participé à une campagne de solidarité avec un journal kurde.

Par Sami Kilic

La fameuse loi antiterroriste turque vient de faire trois nouvelles victimes. Le représentant de RSF en Turquie depuis 1996, Erol Önderoglu, l'écrivain et fils du célèbre auteur satirique turc Aziz Nesin, Ahmet Nesin, et la professeure de médecine et présidente de la fondation turque des droits de l'homme (TIHV), Sebnem Korur Fincanci, ont été placés en détention provisoire par un juge de paix d'Istanbul.

Ils sont accusés de « propagande d'une organisation terroriste » pour avoir participé à une campagne de solidarité avec le journal kurde Özgür Gündem. Depuis le 3 mai 2016, quarante quatre personnes, des journalistes, des intellectuels et des défenseurs des droits de l’homme, se sont relayées pour occuper symboliquement le poste de rédacteur en chef du quotidien.

« Erol Önderoglu est mondialement reconnu comme un défenseur de premier plan de la liberté d’expression en Turquie », a déclaré Johann Bihr, responsable du bureau de l’Europe de l’Est et de l’Asie Centrale de RSF. « Il est aberrant et profondément honteux de le voir accusé de terrorisme, victime des abus qu’il a toujours dénoncés. Nous réitérons notre appel à abandonner immédiatement les poursuites ouvertes contre lui et les autres participants à la campagne de solidarité avec Özgür Gündem ».

Le ministère français des affaires étrangères a également indiqué que la France était préoccupée. « Personne ne devrait être emprisonné pour avoir défendu la liberté d’expression. La France rappelle son attachement à la liberté d’expression et à la liberté de la presse partout dans le monde. Elle soutient le travail mené en toute indépendance par les Organisations Non Gouvernementales (ONG) de défense des droits de l’homme comme RSF », a poursuivi le communiqué.

Au mois de mars 2016, les cartes de presse des journalistes du journal, considéré comme le porte-voix du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), avaient été annulées par les services du premier ministre.

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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 20:14

http://www.liberation.fr/debats/2016/06/17/ce-gouvernement-a-peur_1460153

Ce gouvernement a peur

Vendredi 17 Juin 2016

Une soixantaine d'intellectuels, de militants et de syndicalistes appellent à résister au gouvernement et à poursuivre les grèves, blocages et occupations.

Les voilà, leur grande peur et leurs grands moyens pour essayer de la masquer en jouant les fiers-à-bras qui ne cèdent pas. Nous nous y attendions depuis des mois, et la voici brandie, la menace d’interdiction des manifestations. Ce n'est pas un sommet dans l’inacceptable, il peut toujours y avoir pire avec ce gouvernement. Celui-là même qui commémore cyniquement les grèves du Front Populaire. Qu’il défende ses intérêts, ceux des puissants, ceux des profits et de l’argent, c’est de bonne guerre, c’est sa guerre, mais qu’il ravale ses célébrations et ses récupérations d’un passé qu’il ne cesse de fouler au pied.

Ce gouvernement a peur, rien d’étonnant. Car il y a de quoi, devant nos solidarités face au pouvoir et son bras armé. Combien de témoignages sur ces manifestants qui, sans avoir besoin de rien se dire, prennent soin des blessés, malgré les gaz, les coups de matraque et les grenades de désencerclement ? Combien d’images de blessés que des policiers continuent de frapper à terre, tandis que spontanément se forment des chaînes pour les entourer et les protéger ? Combien d’initiatives, de textes, de rassemblements et de soutiens résolus contre les gardes à vue, les mises en examen et les condamnations iniques ? Pour les manifestants blessés, mutilés, éborgnés et dans le coma, combien de policiers seront inculpés ?

François Hollande, Manuel Valls et leurs alliés voudraient briser cette vague énorme, celle qu’on a vu manifester par centaines de milliers. Ils mènent leur guerre sur tous les fronts, par une violence physique déchaînée, par une violence judiciaire de magistrats aux ordres qui emprisonnent et brisent des vies, par une violence médiatique faite de désinformation et de discrédit, par une violence antidémocratique à coups de quarante neuvième article de la constitution, d’interdictions de manifester et d’assignations à résidence au nom de l’état d’urgence, et par la violence sociale infligée à des millions d’hommes et de femmes précarisés ou licenciés. Ce pouvoir voudrait à toute force empêcher ce qui lui apparaît dangereux et qui est immense par ses convergences, des quartiers populaires où l’on bataille depuis des années contre les violences policières, des luttes des migrants et des sans-papiers, des syndicalistes mobilisés, des étudiants et des lycéens qui ne lâchent rien. La détermination est puissante, tout comme le sentiment que des personnes, des collectifs et des organisations qui jusque-là ne se parlaient pas ou peu se sont trouvés ou retrouvés. Ce pas franchi est si important qu’il le restera et pour longtemps.

Mépris

Nous ne convaincrons pas les tenants de ce monde et nous ne cherchons pas à le faire. Mais contre le discours dominant et tout-puissant, nous pouvons convaincre celles et ceux qui connaissent bien la violence au quotidien. La violence du mépris social et des abîmes qui nous séparent des possédants. La violence du chantage à l’emploi qui conduit à tout accepter, fait voler en éclats les solidarités et jusqu’à la dignité parfois. La violence de la souffrance, au chômage, au travail, de la mise en concurrence et du management par l’obéissance. La violence des contrôles au faciès et des discriminations. Forces de l’ordre, mais de quel ordre, l'ordre social des évadés fiscaux, du CAC 40 et des marchés financiers.

Quelques devantures de banques, d’assurances ou de supermarchés cassées ne sont rien comparées à cette violence. Quoi qu’on pense de leur pertinence, ces actions sont au fond surtout des questions, qu’est-ce qu’une banque et ce qu’il y a derrière, la tragi comédie financière ? Bertold Brecht l’avait résumé d’un trait, « il y a pire que braquer une banque, c’est d’en fonder une ». Comment pourrait-on nous faire croire que la violence de ce monde serait dans ces vitrines brisées ? Les médias sont doués pour cela, avec leurs scoops, leurs images en boucle et leurs sélections éhontées. Mais vient un temps où cela ne marche plus, il semble que ce temps soit venu.

Les patrons peuvent s’arrêter de patronner, nous n’avons pas besoin d’eux. Mais quand les éboueurs, les dockers, les électriciens, les cheminots, les raffineurs, les personnels hospitaliers, les personnels de l’éducation, les postiers et les intermittents s’arrêtent, tout ce qu’elles et ils nous apportent devient soudain plus visible et plus évident. Quoi qu’il advienne de ce gouvernement, nous continuerons de manifester, mais pas seulement. Nous poursuivrons grèves, blocages et occupations. Ce sont les armes de celles et ceux qui en ont peu. Mais elles peuvent frapper bien plus fort que leurs matraques et leurs tonfas.

Premiers signataires

Jean-Claude Amara, Etienne Balibar, Eric Beynel, Eric Fassin, Bernard Friot, Eric Hazan, Olivier le Cour Grandmaison, Philippe Marlière, Christine Poupin

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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 19:56

https://www.powerfoule.org/campaigns/réfugiés/calais/laissez-passer-laide-humanitaire-pour-les-réfugiés-de-calais

Laissez passer l'aide humanitaire pour les réfugiés de Calais

Le collectif « nous ne céderons pas » vient d'apprendre l'interdiction d'accès à la France d'un convoi humanitaire destiné aux réfugiés en attente d'asile dans les environs de Calais, qui devait prendre le ferry à Douvres, Samedi 18 Juin 2016.

Cette interdiction lui a été annoncée par la délégation à Douvres de la Police Aux Frontières (PAF) française.

Pour justifier cette mesure inhumaine et inacceptable, les autorités ont cru bon, une fois de plus, d'invoquer, entre autres motifs, l'état d'urgence.

Nous exigeons que le gouvernement français lève cette interdiction immédiatement.

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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 19:42

Percée du Mouvement Cinq Etoiles (MCE) aux élections municipales en Italie, revers pour Matteo Renzi (Reuters)

Le Parti Démocrate du chef du gouvernement italien Matteo Renzi a été battu à plates coutures à Rome et à Turin par le MCE, Dimanche 19 Juin 2016 lors du second tour des élections municipales.

Ce résultat représente une percée majeure pour le MCE de l'humoriste Beppe Grillo. Il met aussi en position difficile le président du conseil qui a lié son avenir politique aux réformes constitutionnelles qu'il veut faire adopter par référendum au mois d'octobre 2016.

A Rome, Virginia Raggi, candidate du MCE, l'emporte haut la main avec soixante sept pour cent des suffrages exprimés, face au candidat de centre gauche Roberto Giachetti et entre dans l’histoire en devenant la première femme maire de la capitale.

L'intérim était assuré depuis fin 2015 par le préfet Francesco Paolo Tronca, le maire de centre gauche, Ignazio Marino, ayant démissionné après avoir été mis en cause dans une affaire liée à ses notes de frais.

« C'est une nouvelle ère qui commence avec nous », s'est félicitée Virginia Raggi. « Nous travaillerons à redonner égalité et transparence aux institutions de la ville ».

Magnanime, Matteo Renzi a reconnu les victoires « claires et incontestables » du MCE et assuré que le Parti Démocrate aurait une discussion « très concrète et très franche » sur les implications nationales et politiques du scrutin Vendredi 24 Juin 2016 lors d'une réunion de sa direction.

« Je ne crois pas ce que soit un vote de protestation, c'est un vote pour le changement », a déclaré le président du conseil devant des journalistes à Rome, promettant que son gouvernement collaborerait avec les maires nouvellement élus, quelle que soit leur étiquette politique.

« Les résultats du second tour à Rome et à Turin sont un échec clair et total pour les candidats du Parti Démocrate », a commenté la direction du Parti Démocrate dans un communiqué.

Le Parti Démocrate doit se réorganiser

Le vice-président du Parti Démocrate Matteo Ricci a déclaré Lundi 20 Juin 2016 que son parti devrait se livrer à une « analyse profonde » des résultats et « se réorganiser », en particulier à la base.

« Nous avons besoin d'un parti plus fort et plus structuré, avec une direction plus visible qui soutient Matteo Renzi », a-t-il dit, par allusion aux divisions internes au Parti Démocrate, qui devraient encore être exacerbées par les résultats de ces élections municipales.

Le Parti Démocrate reste toutefois aux commandes à Milan, la capitale financière, ainsi qu'à Bologne, où ses candidats ont devancé leurs adversaires traditionnels de centre droit.

Matteo Renzi avait exclu de démissionner dans tous les cas de figure, mais a promis de se retirer de la vie politique si ses réformes, qui prévoient notamment la réduction des pouvoirs du sénat, sont rejetées par les électeurs au mois d'octobre 2016.

Le chef du gouvernement les juge nécessaires à la stabilité politique.

Les défaites du Parti Démocrate à Rome et à Turin laissent toutefois planer le doute sur sa capacité à les faire adopter. L'opposition y est hostile et son mouvement lui-même est divisé.

Arrivé au pouvoir en 2014 après avoir promis de revitaliser l'Italie, le chef du gouvernement a du mal à relancer la croissance économique et la création d'emplois après des années de stagnation. Il a aussi été affecté par des affaires à répétition dans le secteur bancaire.

Le Parti Démocrate avait anticipé sa défaite à Rome après les critiques acerbes sur sa gestion de la ville, mais la perte de Turin, bastion traditionnel du centre gauche et berceau du groupe automobile Fiat, constitue un choc.

Le maire sortant, Piero Fassino, un poids lourd du Parti Démocrate, a été balayé par la candidate du MCE, Chiara Appendino, trente et un ans, élue avec cinquante cinq pour cent des suffrages alors qu'elle accusait onze points de retard à l'issue du premier tour.

Faible taux de participation

Créé il y a sept ans, le MCE ne détenait jusqu'à présent qu'une poignée de communes de taille moyenne. S'il arrive à gérer efficacement Rome et Turin, le parti anti système, qui prône l'abandon de l'euro, sera en position de force pour les élections législatives de 2018.

L'impétueux Beppe Grillo, soixante sept ans, s'est retiré de la ligne de front politique ces dix huit derniers mois pour laisser la place à une génération de jeunes dirigeants qui ont donné du MCE une image plus modérée et lui ont permis de toucher un public plus vaste. Il a toutefois salué le succès de son mouvement en prédisant qu'il « volerait haut jusqu'au gouvernement national ».

Quelque huit millions six cent mille personnes, soit un cinquième de l'électorat, étaient concernées par ce second tour qui se déroulait dans les cent vingt six communes où aucun candidat n'avait remporté plus de cinquante pour cent des voix au premier tour, Dimanche 5 Juin 2016.

A Naples, le maire sortant sans étiquette, Luigi de Magistris, l'a facilement emporté face au candidat de droite. Celui du Parti Démocrate avait été battu dès le premier tour.

Le centre droit ne remporte aucune des cinq plus grandes villes d'Italie dont la mairie était à pourvoir, mais il a réussi à prendre Trieste au centre gauche.

Le taux de participation est tombé à cinquante pour cent. Il était d'environ soixante pour cent il y a deux semaines.

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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 19:08

Bernard Cazeneuve ne veut pas de défilé contre la loi travail à Paris (Reuters)

L'exécutif, qui souhaite limiter la mobilisation de Jeudi 23 Juin 2016 contre la réforme du travail à un simple rassemblement statique à Paris, et les syndicats, hostiles à cette idée, se sont renvoyé la balle Lundi 20 Juin 2016 sans trouver de solution de compromis.

Dans une lettre au numéro un de la Confédération Générale du Travail (CGT), Philippe Martinez, le ministre de l'intérieur lui demande de « prendre en considération » la proposition du préfet de police d'organiser un rassemblement statique place de la Nation à Paris et menace en termes à peine voilés d'interdire toute autre forme de manifestation.

Les syndicats opposés au projet de loi travail ont dénoncé en réponse « une remise en cause d’un droit fondamental » et demandent à Bernard Cazeneuve de « faire une nouvelle proposition de manifestation garantissant la sécurité de tous ».

Un défilé comme celui du Mardi 14 Juin 2016 à Paris, marqué par des violences et des dégradations, « n'apparaît pas envisageable », explique dans sa lettre le ministre de l’intérieur, soulignant la mobilisation des forces de l'ordre contre la menace terroriste et pour la sécurité du championnat d’Europe de football.

La place de la Nation est le point d'arrivée envisagé par les sept syndicats organisateurs, dont la CGT et la CGT Force Ouvrière, pour le cortège de Jeudi 23 Juin 2016.

« Je vous demande de prendre en considération cette proposition qui, aujourd'hui, apparaît comme la seule voie responsable de l'expression des revendications que vous portez », écrit Bernard Cazeneuve.

Il rappelle que les violences du Mardi 14 Juin 2016, imputées pour l'essentiel à des casseurs, qui s'en sont notamment pris à une façade vitrée de l'hôpital pour enfant Necker, ont fait vingt huit blessés parmi les policiers.

Cela porte à cinq cent cinquante quatre le nombre de membres des forces de l'ordre blessés depuis le début du mouvement, au début du mois de mars 2016, précise Bernard Cazeneuve, qui fait également état de mille sept cent soixante seize interpellations, mille cent quatre vingt dix huit gardes à vue et quatre vingt quinze condamnations.

Le premier ministre, Manuel Valls, a accusé Mercredi 15 Juin 2016 la CGT ne pas avoir su assurer le bon déroulement de la manifestation du Mardi 14 Juin 2016. Il a même dénoncé « l’attitude ambiguë » du service d'ordre du syndicat à l'égard des casseurs.

Souricière

François Hollande et Manuel Valls ont menacé d'interdire tout nouveau défilé ne présentant pas de garanties contre le risque de dégénérer.

Dans leur réponse à Bernard Cazeneuve, les syndicats réunis autour de la CGT et de la CGT Force Ouvrière réfutent une nouvelle fois les accusations de l'exécutif, en particulier celle selon laquelle des militants auraient agressé des policiers.

La CGT, la CGT Force Ouvrière et les cinq autres membres de l'intersyndicale, la Fédération Syndicale Unitaire (FSU), l’Union Syndicale Solidaire (USS), l’Union Nationale des Etudiants de France (UNEF), l’Union Nationale Lycéenne (UNL) et la Fédération Indépendante et Démocratique Lycéenne (FIDL), ont renouvelé, à plusieurs reprises au cours de la journée, leur appel à deux nouvelles journées de mobilisation, Jeudi 23 Juin 2016 et Mardi 28 Juin 2016.

Ces organisations ont déposé auprès de la préfecture de police de Paris, pour Jeudi 23 Juin 2016, un projet de parcours entre les places de la Bastille et de la Nation.

Pascal Joly, numéro un de l’union régionale de l’Ile de France de la CGT, a expliqué à Reuters le choix de cet itinéraire, plus court que celui de la semaine dernière, par des impératifs de sécurité.

« Je ne vois pas ce qui pourrait nous inciter à renoncer à notre droit constitutionnel de manifester », a-t-il ajouté. Il a cependant précisé que la décision serait prise in fine à sept, « cela sera une réponse unitaire ».

Son homologue de la CGT Force Ouvrière à Paris, Gabriel Gaudy, a pour sa part jugé inacceptable la proposition du ministère de l’intérieur.

« A chaque rassemblement place de la Nation, nous nous sommes fait canarder des deux côtés, par les forces de l'ordre et par les casseurs », a-t-il expliqué à Reuters. « Jamais nous n’irons dans une telle souricière. Le premier ministre prendra ses responsabilités. Nous, nous maintenons la manifestation telle que nous l'avons prévue », avait-il auparavant déclaré.

Selon un sondage de l’Institut Français de l’Opinion Publique (IFOP) réalisé du Mercredi 15 Juin au Vendredi 17 Juin 2016 auprès de mille trois personnes, à paraître Jeudi 23 Juin 2016 dans Valeurs Actuelles, les français se déclarent à soixante et onze pour cent pour l'interdiction des manifestations à risque, dont soixante dix neuf pour cent parmi les sympathisants socialistes et quatre vingt sept pour cent parmi les électeurs des Républicains. Seuls les sympathisants du Front De Gauche (FDG) y sont défavorables, trente neuf pour cent d'approbation.

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19 juin 2016 7 19 /06 /juin /2016 16:53

Pas de compensation pour la Société Générale requise contre Jérôme Kerviel (Reuters)

L'avocat général a demandé Vendredi 17 Juin 2016 à la cour d'appel de Versailles de rejeter la demande de la Société Générale, qui réclame à son ancien trader Jérôme Kerviel quatre milliards neuf cent millions d'euros en guise de compensation d'un préjudice colossal subi en 2008.

Au terme de trois jours d'audience consacrés au seul volet civil de l'affaire, Jean-Marie d'Huy n'a pas retenu la thèse de la défense, selon laquelle la banque avait connaissance des risques pris par Jérôme Kerviel sur les marchés et lui a même donné sa bénédiction, au moins tacite.

Sans dédouaner l'ancien courtier, il a toutefois insisté sur les défauts de contrôle de la banque, les qualifiant de faute.

« La Société Générale a laissé en toute connaissance, non pas de cause mais des imperfections et des failles de son organisation, le champ libre aux volontés délictuelles de Jérôme Kerviel », a déclaré l'avocat général, qui s'est largement appuyé sur un rapport de la commission bancaire datant de 2008.

« La Société Générale a accepté dans le temps et la continuité, et quel qu'en soit le prix, les risques d'un sinistre qui ne peut s'expliquer que par un relâchement volontaire des règles et la recherche d'un profit à court terme », a-t-il encore dit, avant d'en arriver à sa conclusion.

« Je sollicite le rejet de la demande de dommages et intérêts formulée par la Société Générale », a-t-il requis en ajoutant qu'il s'agirait d'un « message fort envoyé aux banques pour éviter qu'à l'avenir de tels faits ne se reproduisent ».

Jérôme Kerviel a exprimé sa satisfaction, même si la décision ne sera connue que le 23 septembre 2016.

« Je n'en ai pas cru mes oreilles, cela fait huit ans que j'attends cela », a-t-il déclaré.

La Société Générale surprise

Dans une déclaration écrite envoyée à Reuters, la Société Générale s'est dite surprise par les réquisitions.

« Nous avons toujours reconnu les faiblesses et négligences de nos systèmes de contrôle et nous les avons d’ailleurs corrigées, mais ce sont les agissements frauduleux de Jérôme Kerviel qui les ont mis en échec », explique la banque.

Le gouvernement a annoncé que la France demanderait à la Société Générale de rembourser les deux milliards deux cent millions d'euros de crédit d'impôt que l’état lui a accordé en raison de la perte enregistrée lors de l'affaire si la justice française suit l'avocat général de la cour d'appel de Versailles.

L'avocat général a mis à mal la stratégie de la banque, déjà ébranlée la semaine dernière au conseil des prud'hommes de Paris, qui a condamné le géant bancaire à verser plus de quatre cent cinquante mille euros à son ancien courtier, licencié d'après lui « sans cause réelle ni sérieuse ».

Le conseil des prud'hommes a estimé que les faits justifiant son renvoi, la prise de positions non couvertes ayant mené à des pertes record en 2008, étaient prescrits au moment de son licenciement pour faute lourde, le 12 février 2008.

Jusque-là, Jérôme Kerviel avait essuyé plusieurs défaites judiciaires depuis la tourmente déclenchée il y a huit ans, alors que les marchés étaient déjà fébriles, par les révélations sur ses dizaines de milliards d'euros de prise de position.

Au pénal, l'ancien trader a été condamné en première instance puis en appel à cinq ans de prison, dont trois fermes, et à verser à la banque l'équivalent du trou dans ses comptes.

Une révision du procès pénal

La cour de cassation a confirmé en 2014 le volet pénal, la peine de prison, mais rejeté la somme demandée par la Société Générale, en lui reprochant d'avoir failli dans ses mécanismes de contrôle. Le dossier a alors atterri à Versailles.

Durant les trois jours d'audience, la question a porté sur les responsabilités des uns et des autres, Jérôme Kerviel a-t-il agi seul, au mépris de toutes les règles ? A-t-il bénéficié d'un manque de vigilance ou d'un consentement de sa hiérarchie ?

Pour Jean Veil, l'un des avocats de la banque, « c'est un escroc, c'est quelqu'un qui abuse de la confiance ».

La défense de l'ancien opérateur de marché, qui fait une lecture toute différente du dossier, estime que les juges ont été manipulés par la Société Générale, les uns après les autres.

Jeudi 16 Juin 2016, elle a diffusé à l'audience les extraits d'une conversation durant laquelle l’ancienne vice-procureure de la république de Paris, Chantal de Leiris, enregistrée à son insu, fait part de ses doutes sur l'instruction.

« Dans cette affaire, il y avait des choses en effet qui ne sont pas normales. Quand vous en parlez, tous les gens qui sont un peu dans la finance, ils rigolent », dit-elle dans lors de cet échange avec une ancienne enquêtrice de la brigade financière qui a suivi l'enquête, Nathalie le Roy.

Sur la foi notamment de cet enregistrement, les avocats de Jérôme Kerviel, David Koubbi en tête, espèrent obtenir auprès de la cour de révision une reprise du procès pénal à zéro.

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19 juin 2016 7 19 /06 /juin /2016 16:31

http://www.liberation.fr/planete/2016/06/16/espagne-le-parti-socialiste-deborde-sur-sa-gauche_1460012

Le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) débordé sur sa gauche

Par François Musseau, correspondant permanent de Libération à Madrid

Jeudi 16 Juin 2016

Dans le quartier ouvrier madrilène de Vallecas, la gauche radicale est sur le point de devancer le PSOE aux élections législatives du Dimanche 26 Juin 2016

Un sentiment d’exaltation règne dans les locaux d'Izquierda Unida, dans le quartier de Vallecas, un énorme bourg de tradition ouvrière du sud-est de Madrid, le seul de la capitale qui se targue, en quarante ans de démocratie, d’avoir toujours voté majoritairement à gauche. A l’antenne locale, située au numéro trente deux de la rue Sierra Carbonera, un groupe de militants commente les chances de la formation pour les élections législatives du Dimanche 26 Juin 2016.

« Nous pourrions bien vivre un moment historique », dit ce professeur auxiliaire, la trentaine, qui émarge petitement au gré des remplacements qu’on lui propose. « Moi, depuis tout jeune, je milite dans ce parti militant, noble et fidèle à ses électeurs populaires, mais avec une mentalité de perdant. Or, aujourd’hui, nous pouvons créer la surprise, gagner et vraiment changer les choses ».

A côté de lui, un quadragénaire, ancien ouvrier du Bâtiment et des Travaux Publics (BTP) au chômage et qui vit depuis de chapuzas, des mini-jobs mal payés et non déclarés, partage cet enthousiasme, « à Izquierda Unida, nous étions jusqu’ici des figurants. Cette fois-ci, nous pouvons jouer un rôle central. Beaucoup de gens en ont marre de la corruption, de la morgue des politiciens, des inégalités qui n’arrêtent pas d’augmenter et de cette démocratie qui ne veut plus rien dire. Nous, nous sommes une alternative ».

Si Izquierda Unida a ces jours-ci la foi chevillée au corps, c’est parce qu’elle s’est trouvé un allié de choix, Podemos. Ce parti émergent né en 2014, produit du mouvement des indignés apparus au mois de mai 2011, a scellé une alliance avec cette coalition de la gauche de la gauche, un ensemble disparate constitué autour du Parti Communiste Espagnol (PCE), légalisé à la fin du franquisme. Et cette alliance inédite pourrait bien être la révélation du prochain scrutin. Certes, les conservateurs du Parti Populaire sont donnés favoris, mais ils seraient talonnés par Unidos Podemos, la fusion pré électorale de la vieille Izquierda Unida et du néophyte parti indigné.

Orgueil

Autrement dit, si cette projection se réalise, le sorpaso aura lieu pour la première fois en Espagne. Le PSOE, l’historique rival des conservateurs, serait devancé sur sa gauche par des mouvements plus radicaux.

Dans les rangs d’Izquierda Unida, on se frotte les mains. A l’issue des très disputées élections législatives du mois de décembre 2015, dont aucun exécutif n’est sorti, ils n’ont obtenu qu’un petit million de suffrages et, en raison d’un découpage électoral défavorable, deux malheureux sièges de députés, sur trois cent cinquante sièges. Main dans la main avec Podemos, troisième force parlementaire avec soixante neuf sièges, derrière le Parti Populaire et le PSOE, la donne change du tout au tout. Elle permettrait à Izquierda Unida de tutoyer la pole position.

Lorsqu’il évoque Vallecas, qui compte près de trois cent vingt mille habitants, Jorge Luis, musicien de vingt neuf ans, parle de « l’orgueil » de son quartier. Et ce, même si depuis une dizaine d’années, ce gros bourg accolé à Madrid a perdu de son homogénéité. Les habitants vieillissent, les jeunes ont rejoint la grande banlieue pour vivre dans des logements plus vastes et des immigrés venus du Maroc, de Chine et d’Amérique Latine ont transformé l’environnement.

« J’y suis né », dit Jorge Luis, « et Vallecas restera toujours Vallecas, un village d’Astérix, de résistance et de fierté populaire. C’est truffé de collectifs libertaires, d’associations d’entraide et de locaux pour ouvriers à la retraite. Et même d’un club de football qui fait souvent trembler les meilleurs ».

La nouveauté, à ses yeux, c’est que, désormais, ce bastion de la gauche peut influer sur la destinée politique du pays. Aux élections municipales du mois de mai 2015, Vallecas a ainsi voté massivement en faveur de l’ancienne juge Manuela Carmena, soixante et onze ans. La désormais maire de Madrid est en effet une ancienne communiste de l’ère franquiste, fervente partisane de la démocratie directe, de la transparence dans les comptes publics et du rapprochement entre élus et administrés, bref, de la fin des privilèges des politiques. Comme elle, des personnalités de la société civile, au nom de l’indignation, dirigent les municipalités de Saragosse, de Valence, de la Corogne ou de Cadix.

Désillusion

« Un an s’est écoulé », poursuit Jorge Luis. « Les conservateurs avaient prédit un cataclysme, la paralysie de la ville et le chaos. Or, tout le monde peut constater que rien de pareil ne s’est produit. Au contraire, avec Manuela Carmena, les élus sont plus responsables, plus honnêtes et plus volontaristes. Et cela, c’est l’atout de la vraie gauche. Pas les socialistes, qui font partie de l’establishment ».

Une promenade dans Vallecas, dominé par des pâtés de maisons basses délimités par de grandes artères, l’atteste, cette mutation n’est pas évidente pour tous. Même si les sympathies sont majoritairement à gauche, beaucoup affichent une désillusion virulente à l’égard de leur classe politique. Accoudée à un bar, le visage résigné, Maria del Carmen, quarante sept ans, couturière au chômage qui ne touche plus que le subsidio, sorte de Revenu de Solidarité Active (RSA), d’un montant de quatre cent vingt six euros, explique ainsi son regard désabusé, « mon unique objectif est de survivre. Nos politiques ne font rien pour nous et ne pensent qu’à se remplir les poches ». En contrebas, devant l’église San Ramon, des dizaines de gens font la queue pour la soupe populaire.

Partout, le chômage et la pauvreté sont palpables, en dépit des indicateurs de légère reprise économique, comme la baisse des demandeurs d’emploi de vingt six pour cent à vingt et un pour cent. A l’échelle nationale, de source officielle, environ trente deux pour cent des espagnols se trouveraient « en risque d’exclusion sociale ». L’opinion de Maria del Carmen s’avère très représentative. Un récent sondage de Metroscopia l’atteste, plus de quatre vingt pour cent des espagnols qualifient la situation politique de « mauvaise ou très mauvaise ».

La montée en puissance d’Unidos Podemos pourra-t-elle inverser la tendance ? « Ce qui est sûr », dit Juan Manuel, cinquante sept ans, métallurgiste reconverti en chauffeur de taxi, « c’est qu’au moins, Izquierda Unida, et surtout Podemos, ont permis de calmer les frustrations et de donner un peu d’espoir. Au moins, en Espagne, cela ne passe pas par l’extrême droite ».

Pour piloter ce possible changement, les leaders sont jeunes, épargnés par les scandales de corruption, Podemos est dirigé par le politologue Pablo Iglesias, trente sept ans. Izquierda Unida, elle, vient de se débarrasser de son vieux leader communiste, Cayo Lara, au profit d’un jeune économiste de trente ans, très versé dans les réseaux sociaux, Alberto Garzón. « Il ne faut pas s’attendre au miracle, mais si le pouvoir passait à gauche », dit Juan Ramon, cinquante trois ans, buraliste, « ces deux là ont tout en main pour corriger le tir, réduire l’austérité et résister à Bruxelles et à Angela Merkel. Donnons-leur au moins un vote de confiance ».

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