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27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 19:02

Pas de répit dans la guerre d'usure sur la loi Travail (Reuters)

Opposants au projet de réforme du marché du travail et exécutif, engagés dans un bras de fer qui menace de bloquer la France au moment où elle s'apprête à accueillir le championnat d’Europe de football, ont chacun affiché Vendredi 27 Mai 2016 leur détermination à ne rien céder.

« Je tiendrai bon parce que je pense que c'est une bonne réforme et nous devons aller jusqu'à son adoption », a déclaré François Hollande du Japon, où il participait au sommet du G7 au lendemain d'une huitième journée de manifestations qui ont mobilisé au total entre cent cinquante quatre mille et trois cent mille personnes.

Les sept organisations hostiles au projet de loi travail, la Confédération Générale du Travail (CGT) et la CGT Force Ouvrière en tête, ont appelé à amplifier la mobilisation et elles ont fixé rendez-vous le Mardi 14 Juin 2016 à Paris pour une manifestation nationale, quatre jours après le coup d'envoi du championnat d’Europe de football au Stade De France.

D'ici là, elles entendent organiser une votation citoyenne sur le texte porté par la ministre du travail, Myriam el Khomri, dans les entreprises, dans les administrations et dans les lieux d’études.

Et elles ont demandé Vendredi 20 Mai 2016 à François Hollande de les recevoir ensemble, courrier jusqu'ici sans réponse.

Sur le terrain, les blocages d'infrastructures comme les raffineries et les terminaux portuaires continuent, malgré l'intervention des forces de l'ordre et, selon le secrétariat d’état aux transports, une amélioration de la situation des dépôts de carburants et des stations services.

Les grévistes qui bloquaient le dépôt pétrolier de la Société Française Donge Metz (SFDM) à Donges ont ainsi été délogés sans violence. Mais Total déclarait en fin de matinée que quatre de ses cinq raffineries, dont celle de Donges, étaient toujours arrêtées, tandis que celle de la Mède ne fonctionnait qu'en débit réduit.

Appel de Jean Claude Mailly

Les salariés CGT ont voté la reconduction de leur grève au terminal pétrolier de la Compagnie Industrielle Maritime (CIM), au Havre, jusqu’au Lundi 30 Mai 2016, a-t-on appris de source syndicale.

Mais les cadres non grévistes, sur ordre du préfet, ont repris le contrôle du site et rouvert les pipelines par lesquels transitent quarante pour cent des importations de brut de la France et les carburants destinés aux aéroports parisiens.

Un porte-parole de Paris Aéroport a dit à Reuters que Roissy, Le Bourget et Orly n'avaient plus que pour une semaine de stocks.

Selon Laurent Langlard, porte-parole CGT du secteur énergie, les grévistes de trois terminaux méthaniers d'ENGIE ont aussi décidé de reconduire leur mouvement jusqu'au Lundi 30 Mai 2016.

Les dockers CGT ont lancé un appel à un arrêt de travail de vingt quatre heures Jeudi 2 Juin 2016. Mais trente huit pétroliers étaient déjà en attente à Fos-Lavera, selon une porte-parole des autorités portuaires, et seize autres au Havre.

La fédération des transports et de la logistique de la CGT Force Ouvrière a appelé Vendredi 27 Mai 2016 ses adhérents à la grève dans les villes-hôtes du championnat d’Europe de football les jours de matches pour obtenir le retrait du projet de loi, a déclaré à Reuters son secrétaire général, Patrice Clos. Le tournoi se déroule du Vendredi 10 Juin 2016 au Dimanche 10 Juillet 2016.

Le secrétaire général de la CGT Force Ouvrière, Jean-Claude Mailly, en a appelé au chef de l’état pour débloquer la situation, « ne soyez pas rigide, regardez en face la situation », a-t-il déclaré sur BFM Télévision après avoir critiqué l'intransigeance de Manuel Valls.

Mais après le premier ministre, François Hollande a affiché à son tour sa fermeté et mis en garde les opposants à la loi travail contre les conséquences économiques de leur mouvement.

« Peut-être que du Japon on n'a pas entendu la manifestation d'hier. Mais les salariés sont déterminés », a dit à Reuters le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez.

En quête d’une issue

En coulisses, le gouvernement et des parlementaires proches du pouvoir sont à la recherche d'une porte de sortie, quitte à donner au gré des déclarations une impression de flottement.

Le deuxième article du projet de loi, le plus contesté parce qu'au coeur de la réforme, est au centre de ces réflexions.

Cet article réorganise le code du travail et affirme la primauté des accords d'entreprises sur les conventions de branche ou nationales. La CGT et la CGT Force Ouvrière y voient une « inversion de la hiérarchie des normes » intolérable.

François Hollande et Manuel Valls refusent jusqu'ici toute remise en cause de la philosophie de cet article, soutenu par la Confédération Française et Démocratique du Travail (CFDT) et les autres syndicats réformistes, et paraissent miser sur un isolement de la CGT et un pourrissement du mouvement.

Jean-Claude Mailly estime qu'une sortie de crise est possible mais à condition que le gouvernement accepte de suspendre l'examen du projet de loi par le parlement et de remettre tout le monde autour de la table des négociations.

« A la limite demain si on nous dit qu’on se calme, qu’on suspend les débats et qu’on discute, on peut discuter de tout », a dit à BFM Télévision le dirigeant de la CGT Force Ouvrière. Mais il exige au minimum un retrait du deuxième article.

Philippe Martinez, qui réclame jusqu'ici le retrait du projet de loi, a lui aussi interpellé le chef de l’état, « si François Hollande en rentrant du Japon Dimanche 29 Mai ou Lundi 30 Mai 2016 nous dit qu’on a compris le message, on arrête, on s'assied autour d'une table et on rediscute, cela s'arrêtera naturellement ».

Selon un sondage Odoxa publié Vendredi 27 Mai 2016, soixante pour cent des français sont persuadés que le gouvernement finira par céder sur la loi travail.

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26 mai 2016 4 26 /05 /mai /2016 15:26

http://www.lamanchelibre.fr/actualite-186863-loi-travail-drame-dans-la-manche-un-maire-decede-une-figure-de-la-cgt-blessee.html

Drame dans la Manche, un maire décédé, une figure de la Confédération Générale du Travail (CGT) grièvement blessée

L'émotion est palpable, Jeudi 26 Mai 2016, dans les rangs de la CGT et chez les élus du Cotentin. Hervé Renet, maire du Front De Gauche (FDG) de la commune de Sainte-Croix-Hague, dans le département de la Manche, est décédé dans le dramatique accident qui s'est produit dans la matinée, en marge des blocages contre la loi travail. Son passager, le secrétaire général de l'union locale de la CGT, Thierry Lacombe, est grièvement blessé.

C'est une figure locale de la CGT et de la politique qui est décédée Jeudi 26 Mai 2016 dans le dramatique accident qui s'est produit à Querqueville.

Le maire de Sainte-Croix-Hague, élu du FDG, Hervé Renet, a trouvé la mort dans un accident mettant en cause une moto et une voiture, en marge de la mobilisation contre la loi travail.

Présent sur le blocage de l'avenue de Paris ce matin, Hervé Renet se rendait à Beaumont-Hague quand l'accident s'est produit. Une enquête a été ouverte pour homicide involontaire.

Un militant engagé et passionné de moto

Militant engagé et ingénieur d'Electricité De France (EDF) à la centrale nucléaire de Flamanville, Hervé Renet, âgé de cinquante sept ans, était un passionné de moto. Une passion qu'il avait transmise à son fils, pilote professionnel qui a participé à la dernière édition du Dakar.

Maire de Sainte-Croix-Hague, Hervé Renet avait défendu la candidature du FDG sur le canton de la Hague lors des dernières élections départementales de 2015. Il siégeait également au conseil communautaire de la Communauté de Communes de la Hague (CCH).

Thierry Lacombe, à ses côtés, a été héliporté

Ce drame qui touche le syndicat est d'autant plus important que, au moment de l'accident, le secrétaire général de l'union locale de la CGT, Thierry Lacombe, était aux côtés d'Hervé Renet.

Grièvement blessé, il a été transporté par l'hélicoptère de la sécurité civile Dragon 50 au Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Caen.

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26 mai 2016 4 26 /05 /mai /2016 15:12

http://www.revolutionpermanente.fr/Rennes-Acharnement-contre-Hugo-Melchior-a-nouveau-interdit-de-manifestation

Assigné à résistance par la préfecture de Bretagne

Acharnement contre Hugo Melchior, à nouveau interdit de manifestation

Mauvais perdant, le préfet de Bretagne, mais pas dénué d’imagination, c'est ce qui ressort du nouvel arrêté d’interdiction de manifester que s’est vu notifié Hugo Melchior, jeune militant de la deuxième université de Rennes, Mercredi 25 Mai 2016, alors que le précédent avait été cassé l’avant-veille, Lundi 23 Mai 2016, par le tribunal administratif.

Par Corinne Rozenn

Les policiers se sont présentés à son domicile, Mercredi 25 Mai 2016, à 17 heures 30, pour lui signifier un nouvel arrêté lui interdisant de se rendre dans le centre de Rennes, Jeudi 26 Mai 2016, entre 7 heures du matin et vingt quatre heures. L’objectif était clair, premièrement empêcher le camarade, connu dans le mouvement rennais, de manifester, Jeudi 26 Mai 2016.

En débarquant en fin d’après-midi, l’idée était également de l’empêcher de se pourvoir devant le tribunal administratif au cours de la journée pour faire casser cet arrêté liberticide ordonné par le gouvernement et paraphé par le préfet de Bretagne, Christophe Mirmand.

L’avant-veille, pourtant, un autre arrêté préfectoral visant Hugo Melchior avait été cassé par le tribunal administratif. Mauvais perdant, le préfet en a donc émis un nouveau. En revanche, toujours très inventive, la bureaucratie préfectorale a inventé un nouveau chef d’inculpation virtuel à l’encontre d'Hugo Melchior. L’interdiction qui le vise est non seulement due au fait qu’il s’agirait d’un « meneur activiste » vu lors des dernières manifestations rennaises « au cours desquelles des violences contre les forces de l’ordre » ont été enregistrées, à l’instar de « jets de bombes artisanales », mais signalé également le 22 juin 2013 dans une manifestation à la suite de l’assassinat de Clément Méric, le 8 février 2014 lors d’une mobilisation contre le Front National ou encore le 8 novembre 2014 à la suite du meurtre de Rémi Fraisse.

Le nouvel argument massue avancé par la préfecture, qui ne figurait pas dans l’arrêté précédent, est qu'Hugo Melchior serait « proche de la mouvance anarcho-autonome ». C’est donc la bonne vieille ficelle qui a déjà servi à embastiller Julien Coupat et d’autres camarades qui est ressortie. Hugo Melchior est un militant du mouvement opposé à la loi travail, mais les épithètes politiques suffisent, maintenant, dans le cadre de l’état d’urgence, pour assigner les militants à domicile ou à les brider dans leurs déplacements.

Une conférence de presse visant à dénoncer ce qu'Hugo Melchior définit comme un acharnement préfectoral et contre « l’arbitraire d’un état qui s’obstine et s’entête » se tiendra Jeudi 26 Mai 2016, à 10 heures, devant la préfecture de Rennes, en présence du camarade et de son avocat, Claude Larzul. Ni l’état d’urgence, ni l'état policier ne nous empêcheront de manifester.

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26 mai 2016 4 26 /05 /mai /2016 10:18

La Grèce entame l'évacuation du camp de fortune d'Idomeni (Reuters)

La police grecque a commencé Mardi 24 Mai 2016 à évacuer le camp de tentes improvisé d'Idomeni, dans le nord du pays à la frontière avec la Macédoine, où se trouvent depuis plusieurs mois des milliers de réfugiés et migrants cherchant en vain à gagner d'autres pays d'Europe.

Des journalistes de Reuters ont vu en début de matinée plusieurs bus emmenant des migrants hors du camp alors qu'une dizaine d'autres arrivaient sur place. Il semble que les familles aient été évacuées en premier.

Les autorités grecques expliquent que les réfugiés et migrants d'Idomeni seront transférés dans les prochains jours dans des camps gérés par l’état situés plus au sud.

« L'évacuation progresse sans aucune difficulté », a déclaré Giorgos Kyritsis, porte-parole du gouvernement pour les dossiers liés aux migrants.

Un journaliste de Reuters se trouvant du côté macédonien de la frontière a constaté une importante présence policière mais aucun incident.

Du côté grec de la frontière, les médias étaient tenus à distance des bus, à proximité desquels un groupe de personnes habillées en clowns agitaient des ballons.

« Ceux qui font leurs bagages vont partir parce que nous voulons régler ce dossier, idéalement d'ici la fin de la semaine. Nous n'avons pas fixé de date limite stricte mais c'est plus ou moins ce que nous prévoyons », a dit Giorgos Kyritsis à Reuters.

Selon le dernier décompte en date, le camp d'Idomeni hébergeait huit mille cent quatre vingt dix neuf personnes. Ce chiffre avait un temps dépassé douze mille personnes, le camp s'étant progressivement étendu depuis le mois de février 2016 en raison de la fermeture de leurs frontières par plusieurs pays de la région, qui a empêché les réfugiés et migrants de poursuivre leur chemin vers l'Allemagne ou d'autres pays.

Venues en majorité de zones de conflit comme la Syrie, l'Irak et l'Afghanistan, les migrants et réfugiés avaient jusqu'à présent refusé de quitter les lieux pour gagner des camps organisés installés par les autorités grecques, en dépit de la précarité des conditions de vie et de tensions récurrentes avec la police macédonienne.

Le directeur pour la Grèce de l'organisation non-gouvernementale International Rescue Committee, Panos Navrozidis, a expliqué que la possibilité d'un pré-enregistrement sur place des demandes d'asile avait incité une partie des réfugiés à quitter Idomeni, même si le processus de traitement des demandes restait inadapté et lent.

La liaison ferroviaire entre la Grèce et la Macédoine est bloquée depuis plus d'un mois par des migrants, ce qui oblige les trains à un détour par la Bulgarie, plus à l'est.

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26 mai 2016 4 26 /05 /mai /2016 10:08

Graciée par Vladimir Poutine, l'ukrainienne Nadia Savtchenko rentre à Kiev (Reuters)

La pilote ukrainienne Nadia Savtchenko, prisonnière depuis près de deux ans en Russie, est rentrée Mercredi 25 Mai 2016 à Kiev après avoir été graciée par Vladimir Poutine dans le cadre d'un échange de prisonniers qui a permis à deux russes détenus en Ukraine de regagner Moscou.

La libération de la militaire ukrainienne, considérée comme une héroïne nationale dans son pays, devrait apaiser les tensions entre Moscou et l'occident à quelques semaines de la décision que doit prendre l'Union Européenne sur le prolongement de ses sanctions contre la Russie.

A Moscou, Vladimir Poutine a justifié la grâce accordée à Nadia Savtchenko par des considérations humanitaires, disant espérer que sa libération permettrait de réduire la tension avec l'Ukraine et d'éviter d'autres victimes.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a précisé que les deux détenus russes en Ukraine, Ievgueni Ierofeïev et Alexandre Alexandrov, étaient rentrés en Russie par un vol spécial depuis Kiev.

Les deux hommes avaient expliqué à Reuters l'an dernier qu'ils faisaient partie des forces spéciales russes et qu'ils avaient été capturés alors qu'ils menaient une opération secrète dans l'est de l'Ukraine, ce que Moscou n'a jamais reconnu officiellement.

Le président ukrainien, Petro Porochenko, a promis que l'Ukraine reprendrait les territoires de l'est du pays passés sous le contrôle des séparatistes et la péninsule de Crimée, annexée par la Russie.

« Tout comme nous avons récupéré Nadia Savtchenko, nous récupérerons le Donbass et la Crimée », a-t-il dit à son retour à Kiev, après un bref aller-retour en Russie pour rapatrier la militaire.

Nadia Savtchenko, pilote de l'armée de l'air ukrainienne, s'était portée volontaire pour combattre au sein d'une unité au sol contre les séparatistes pro russes de l'est de l'Ukraine.

Elle avait été capturée et traduite en justice en Russie. Elle avait été inculpée de complicité dans la mort de journalistes russes tués par des tirs d'artillerie alors qu'ils couvraient le conflit.

Elle avait nié les faits lors de son procès mais avait été condamnée au mois de mars 2016 à vingt deux ans de réclusion.

Un accord de cessez-le-feu négocié sous l'égide de l'Allemagne et de la France et signé à Minsk, en Biélorussie, est officiellement en vigueur depuis le mois de février 2015 dans l'est de l'Ukraine, mais il n'a jamais permis de mettre totalement fin aux affrontements dans les régions séparatistes, chaque camp accusant l'autre de le violer régulièrement.

Saluant Mercredi 25 Mai 2016 la libération de Nadia Savtchenko, François Hollande a parlé « d’un geste significatif pour la mise en oeuvre des accords de Minsk qui doit intervenir le plus rapidement possible. Le président de la république et la chancelière allemande continuent d’y travailler ensemble avec acharnement », a ajouté le chef de l’état français, qui oeuvre depuis deux ans avec Angela Merkel à réunir les conditions d'un retour à la paix en Ukraine.

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25 mai 2016 3 25 /05 /mai /2016 21:50

http://www.lemonde.fr/energies/article/2016/05/25/la-cgt-assure-que-les-19-sites-des-centrales-nucleaires-ont-vote-la-greve_4926478_1653054.html

La Confédération Générale du Travail (CGT) assure qu’au moins seize centrales nucléaires ont voté la grève

Le mouvement de contestation contre le projet de loi travail a franchi une nouvelle étape Mardi 24 Mai 2016 avec l'annonce par la fédération de l'énergie de la CGT d'un mouvement d'action le plus fort possible pour la journée du Jeudi 26 Mai 2016. Mercredi 25 Mai 2016, la CGT a annoncé qu'au moins seize des dix neuf centrales nucléaires ont voté la grève.

La fédération, majoritaire dans le secteur, a également annoncé le recours à des baisses de charge dans les centrales produisant de l’électricité. « Jeudi 26 Mai 2016, nous appelons le personnel à participer au mouvement et à faire monter la pression, que ce soit par des baisses de charge ou des coupures sur le réseau », a annoncé une porte-parole de la fédération.

Des coupures électriques ont déjà eu lieu Mardi 24 Mai 2016 dans plusieurs quartiers de Nantes ainsi qu’au centre commercial Plan de Campagne, dans les Bouches-du-Rhône.

La fédération de l’énergie de la CGT a été suivie par la fédération de l’énergie et des mines de la CGT Force Ouvrière qui a enjoint aux salariés de l’énergie de mettre en débat lors d’assemblées générales « les modalités d’actions avec notamment la reprise en main de l’outil de travail et la possibilité de reconduire le mouvement ».

A l’assemblée nationale, le premier ministre, Manuel Valls a dénoncé ces appels, évoquant les chantages des grévistes. Il a assuré agir « pour que notre économie ne soit pas asphyxiée par les agissements de quelques-uns ».

De quels moyens les employés des centrales disposent ils ?

Les salariés de deux centrales sur les dix neuf que compte la France, à Nogent-sur-Seine et à Belleville-sur-Loire ont d’ores et déjà annoncé qu’ils allaient procéder à des baisses de charge.

Ce sont les équipes de conduite des unités de production, appelées tranches, qui, en temps normal, adaptent la modulation de la puissance du réacteur et peuvent donc augmenter ou diminuer la puissance de celui-ci en fonction de la demande en électricité. Les baisses de charge sont un outil de pression fréquemment utilisé par les salariés d’Electricité Distribution de France (EDF) lors des conflits avec la direction, plus rarement lors de conflits interprofessionnels.

Selon Arnaud Pacot, secrétaire général de la fédération de l’énergie de la CGT de l’Aube, la centrale de Nogent-sur-Seine a déjà connu des baisses de charge « de l’ordre de quinze pour cent à trente pour cent » lors de précédentes journées d’action.

Cette centrale est dotée de deux réacteurs de mille trois cent mégawatt. L’un d’entre eux est à l’arrêt depuis le Lundi 23 Mai 2016 à cause d’un risque de défaut technique et sa remise en route, initialement programmée pour le Mercredi 25 Mai 2016, est compromise en raison des circonstances. C’est donc sur le deuxième que les employés devraient intervenir Mercredi 25 Mai 2016 à partir de 22 heures.

« Les collègues vont s’appeler entre salles de commande des différents réacteurs pour coordonner les baisses de charge », explique Laurent Langlard, porte-parole de la fédération des mines et de l’énergie de la CGT.

Chaque réacteur nucléaire dispose en effet d’une salle de commande qui centralise l’ensemble des données liées au fonctionnement du réacteur. Comme toutes les manipulations sont extrêmement encadrées, « dès qu’ils vont baisser la charge, ils recevront des messages de sécurité d’EDF puis du Réseau de Transport d’Electricité (RTE) leur demandant de l’augmenter ».

Les salariés des centrales ont-ils le pouvoir de provoquer un arrêt complet ?

Les baisses s’effectuent palier par palier et peuvent aller jusqu’à la mise à l’arrêt du réacteur.

Dans ce cas, le redémarrage peut prendre trois à cinq jours, selon la fédération de l’énergie de la CGT. Toutefois, en règle générale, les salariés choisissent de diminuer la charge sur plusieurs réacteurs plutôt que d’en arrêter un. Et l’arrêt d’un réacteur ne signifie pas l’arrêt d’une centrale.

Il existe des procédures d’extrême urgence qui permettent de faire baisser la charge à zéro très rapidement et donc de mettre à l’arrêt un réacteur, mais elles ne sont utilisées qu’en cas de nécessité absolue lors de menaces importantes sur la sécurité de la centrale.

Quelles sont les options prévues si la production électrique baisse de trop ?

Dans l’hypothèse d’une mobilisation très importante dans plusieurs centrales, qui impacterait la fourniture en électricité du territoire national, RTE dispose de plusieurs outils pour faire face à la situation, l’importation d’électricité depuis les pays limitrophes, le délestage des gros clients et enfin le délestage du territoire national.

En dernier recours, EDF a la possibilité de réquisitionner des salariés pour continuer à assurer la fourniture en électricité.

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25 mai 2016 3 25 /05 /mai /2016 20:26

http://www.regards.fr/web/article/nuit-debout-anticapitalistes-et-bisounours-se-disputent-la-communication

Anticapitalistes et bisounours se disputent la communication du mouvement des Nuits Debout

Par Laura Raim

Dimanche 22 Mai 2016

L’appropriation du site internet et des comptes twitter et facebook du mouvement des Nuits Debout par quelques activistes est contestée par une partie des activistes du mouvement. Sous le différend, il y a une profonde différence d’appréciation sur la nature du mouvement.

Le mouvement des Nuits Debout a-t-il été récupéré par des professionnels apolitiques du militantisme deux point zéro ? C’est l’accusation qu’a portée sur la place de la République une partie du mouvement lors de l'assemblée générale du Samedi 14 Mai 2016.

« Sous couvert de contraintes techniques, de connaissance des mécanismes du buzz ou par imposition autoritaire d’une stratégie de communication positive et inclusive qui bannit par exemple le préfixe anti, les personnes qui se sont accaparées la communication en ligne trient et censurent les contenus publiés sur facebook, sur twitter et sur le portail www.nuitdebout.fr, ils ne diffusent que des messages apolitiques inoffensifs et démobilisateurs », a ainsi déploré Victor, jeune activiste actif depuis les premiers jours dans la commission action, qui a depuis fusionné avec la commission pour la convergence des luttes et la commission pour la grève générale au sein d’un pôle Lutte Debout.

Un Media Center trop indépendant ?

Dans un texte diffusé Jeudi 19 Mai 2016 intitulé « leurs combines et nos luttes », une trentaine de « participants actifs aux commissions structurelles et thématiques qui permettent l’occupation concrète de la place de la République » développent cette critique. Ils dénoncent notamment le fait que le nom de domaine internet www.nuitdebout.fr ait été acheté par une société privée, Raiz.

Cofondée par Baki Youssoufou, cette « agence spécialisée dans le conseil, la formation et le recrutement en community management, stratégie digitale et brand content », s’est en effet empressée, dès le Vendredi Premier Avril 2016, d’acheter le prometteur nom de domaine. Si Baki Youssoufou crie à la diffamation, assurant l’avoir immédiatement cédé à la commission numérique, ses détracteurs se plaignent de ne pas avoir eu accès aux codes d’administration, ce qui les a obligés à utiliser un autre nom de domaine, www.convergence-des-luttes.org . Quant aux messages postés sur les comptes facebook et twitter du mouvement des Nuits Debout, ils sont eux aussi contrôlés par la commission Media Center animée notamment par Benjamin Ball, Joseph Boussion et Baki Youssoufou, qui revendiquent leur indépendance et ne soumettraient donc pas la ligne éditoriale aux autres commissions.

Il faut croire que le coup de gueule a commencé à produire ses effets, le site www.nuitdebout.fr s’est métamorphosé Samedi 21 Mai 2016, affichant de nombreux articles offensifs, y compris du site Lundi Matin, proche du groupe de Tarnac. Jusqu’alors, la page d’accueil se contentait de présenter un manifeste de sept lignes expliquant vaguement que « des assemblées se forment où les gens discutent et échangent sur l’avenir de notre monde » et que « l’humain devrait être au cœur des préoccupations de nos dirigeants ». Une pétition www.wesign.it, non moins vague, était aussi mise en avant, « cette pétition ne porte pas d’autre revendication que de permettre à tous ceux et celles qui veulent participer à une Nuit Debout de pouvoir s’organiser et le faire ». Nous aurions cherché en vain la moindre mention de la loi travail, du néo libéralisme, des actionnaires ou des patrons.

Historiques anticapitalistes versus militants professionnalisés

Si le site www.nuitdebout.fr s’est indéniablement enrichi de manière à mieux refléter la diversité des approches politiques qui traversent le mouvement, il n’en reste pas moins que deux conceptions opposées de l’action politique continuent de s’affronter.

D’un côté, les historiques qui ont travaillé en amont de la première Nuit Debout, lancée dans la foulée de la contestation de la loi travail, et qui sont très impliqués sur la place de la République, notamment dans les commissions structurelles, logistique, accueil, animation et cantine, et dans le pôle Lutte Debout. Ils affirment dans leur texte être « attachés viscéralement au combat anticapitaliste et à une critique radicale de la démocratie représentative ». Un contenu politique explicite dès le premier communiqué de presse, « nos gouvernants sont murés dans l’obsession de perpétuer un système à bout de souffle, au prix de réformes de plus en plus rétrogrades et toujours conformes à la logique du néo libéralisme à l’œuvre depuis trente ans, tous les pouvoirs aux actionnaires et aux patrons, à ces privilégiés qui accaparent les richesses collectives ». Un autre communiqué daté du Lundi 4 Avril 2016 inscrivait la réforme du travail dans les politiques d’austérité imposées dans toute l’Union Européenne.

De l’autre côté, un militantisme professionnalisé, maîtrisant les outils numériques, mettant l’accent sur la « conscientisation des individus » et ne se reconnaissant pas dans les « formes traditionnelles de lutte structurées par des collectifs en lutte ». Dans sa « lettre ouverte en réponse à l’intervention dans l’assemblée générale du Samedi 14 Mai 2016 », l’équipe du Media Center fustige ainsi les « défenseurs de la pureté idéologique » et rappelle que « nous ne changerons pas le monde avec une minorité radicale qui détiendrait la vérité ». Il s’agit là d’une approche plus inclusive, réfutant par exemple la notion d’ennemis de classe.

Nommer l’adversaire pour faire converger les luttes

Parlant à Regards « uniquement en son nom propre », Baki Youssoufou, qui a également cofondé le site de pétitions en ligne www.wesign.it, justifie ainsi sa vision de l’action politique, « c’est facile de critiquer le capitalisme, tout le monde peut le faire. Même Manuel Valls et François Hollande le font. Mais c’est trop souvent incantatoire et pas assez incarné », estime-t-il. S’il dit s’inscrire lui même dans une démarche anticapitaliste, il met en garde contre la tendance « paternaliste de certains à imposer un vocabulaire marxiste qui risque d’éloigner ceux qui pourraient vouloir lutter et rejoindre un mouvement de contestation de l’ordre établi en utilisant leurs propres mots. Obliger les gens à jurer sur la bible de l’anticapitalisme avant de nous rejoindre, c’est comme obliger les croyants à prier dans une langue qui n’est pas la leur », s’emporte Baki Youssoufou, qui en a « assez d’être traité de mou ou de bisounours » sous prétexte qu’il « n’est pas dans l’insulte ».

Si la volonté de l’activiste de « toucher les masses » et non pas seulement « les gens initiés » en évitant un vocabulaire trop clivant peut se comprendre, nous pouvons douter de l’efficacité d’un mouvement qui, à force de se vouloir inclusif et positif, craint trop de nommer ses adversaires. « Car c’est précisément le fait d’identifier et de nommer ses adversaires communs qui permet d’amorcer la convergence des luttes, par exemple avec les ouvriers et les quartiers », insiste une militante du pôle Lutte Debout.

Énoncer clairement ses objectifs politiques c’est enfin le meilleur moyen d’éviter de tomber dans le « citoyennisme intransitif » fustigé par Frédéric Lordon ou dans ce que le philosophe Jacques Rancière appelle « la dilution de la politique dans une sorte de fraternité new age ». Un storytelling positif et édulcoré des enjeux du mouvement des Nuits Debout peut contribuer à attirer plus de personnes au mouvement. Mais comme le disait Victor en assemblée générale, « la révolution des like n’aura pas lieu ».

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25 mai 2016 3 25 /05 /mai /2016 19:57

http://www.fakirpresse.info/emmanuel-todd-priver-de-son-dernier-rempart-les-frondeurs

Priver le Parti Socialiste de son dernier rempart, les frondeurs

Par François Ruffin

Vendredi 13 Mai 2016

Emmanuel Todd revient sur le Parti Socialiste, avec cette fois les frondeurs dans le collimateur.

Et moi aussi, j’en ai ras la casquette de leurs pantomimes.

Au précédent épisode, Emmanuel Todd l’espérait, « déjà, si cela pouvait conduire à un engagement simple, chez les jeunes, plus jamais nous ne voterons pour le Parti Socialiste. Je me porte beaucoup mieux, c’est une libération spirituelle, depuis que j’ai fait ce serment pour moi-même. Je rêverais de la mise à mort du Parti Socialiste. C’est peut-être ce que va nous apporter François Hollande, il y a là une ouverture pour se débarrasser du Parti Socialiste. Et il existe désormais un boulevard à gauche ».

Suite à la loi travail passée au bazooka du troisième alinéa du quarante neuvième article de la constitution, nous l'avons appelé, hier, dans sa « retraite de travail » en Bretagne. Et ce sont les frondeurs, cette fois, qui se sont retrouvés dans son viseur, « que le Parti Socialiste soit de droite, tout le monde le sait. Mais il faut maintenant les priver de leur dernier rempart, les frondeurs. Ce sont eux qui vont servir d’ultime alibi. Ils sont certes sympathiques à titre individuel, mais ce sont désormais eux les plus nocifs, eux qui empêchent une clarification. Ou alors, qu’ils soient conséquents et qu’ils fassent tomber le gouvernement. Le reste relève de l’agitation. Être de gauche c’est ne plus jamais voter pour le Parti Socialiste. Et il ne faut pas regarder cela comme un geste négatif, mais au contraire positif, se débarrasser du Parti Socialiste, c’est ouvrir un champ des possibles ».

Je suis assez d’accord.

Même si, à titre personnel, nous préférons nettement une Barbara Romagnan à un Jean-Marie Le Guen, cela fait trop longtemps que la comédie dure, elle ne nous intéresse plus. Depuis quatre ans, ils se comptent, un coup ils sont quinze et l’autre fois trente, avec des psychodrames bidons. Et jusqu’à la pantomime de cette semaine, alors qu’ils pouvaient faire tomber la loi travail et le gouvernement de Manuel Valls dans la foulée, voilà qu’ils essaient, en vain, de monter leur propre motion de censure, avec la garantie qu’elle ne marchera jamais.

J’ai cette conviction depuis un bail, ils se jouent un spectacle, celui de la résistance, mais pour eux-mêmes. Ce petit jeu est lisible par leurs pairs, par les députés et par les éditorialistes, mais incompréhensible pour les gens.

Les français s’en foutent, eux, de ces caprices, vous êtes pour ou vous êtes contre, choisissez votre camp.

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25 mai 2016 3 25 /05 /mai /2016 19:41

Des députés du Parti Socialiste tentent une ouverture pour dénouer la crise (Reuters)

Des députés du Parti Socialiste ont proposé Mercredi 25 Mai 2016 une ouverture pour sortir du périlleux bras de fer dans lequel le gouvernement est engagé avec la Confédération Générale du Travail (CGT) et avec la CGT Force Ouvrière sur la loi travail mais la voie est étroite et les réactions peu encourageantes à ce stade.

Le président du groupe du Parti Socialiste à l’assemblée nationale, Bruno Le Roux, a suggéré en accord avec le rapporteur du texte, Christophe Sirugue, de réécrire une partie du deuxième article, le plus contesté de ce texte soutenu par la Confédération Française et Démocratique du Travail (CFDT).

Cet article représente cinquante neuf des deux cent vingt quatre pages du texte porté par la ministre du travail, Myriam el Khomri, dont il est le coeur.

Il réécrit les dispositions du code du travail relatives à la durée et à l'organisation du travail et donne la primauté à la négociation d’entreprise pour adapter ces règles.

La CGT, la CGT Force Ouvrière et leurs alliés voient dans la prééminence donnée aux accords d'entreprise sur les conventions de branche ou nationales une « inversion inacceptable de la hiérarchie des normes » et une menace sur l'égalité des droits des salariés.

Bruno Le Roux et Christophe Sirugue proposent d'amender cet article pour donner aux branches un pouvoir de contrôle à priori sur les accords d'entreprises, alors que le texte actuel ne leur donne qu'un droit de regard à posteriori.

« Nous ne voulons pas enlever le principe de l'accord d'entreprise », a dit à Reuters Christophe Sirugue. « Nous voulons ajouter un élément permettant une régulation par la branche ».

Si une commission paritaire de branche professionnelle juge que l'accord d'entreprise comporte un risque de dumping social ou de concurrence déloyale, les syndicats qui y siègent pourront dire aux salariés mandatés ou aux délégués syndicaux concernés « vous ne signez pas », a-t-il expliqué. S'ils n'obtempèrent pas, ils pourront se voir retirer leur mandat.

Isoler la CGT

Cet élu du Parti Socialiste reconnaît qu'il y a un risque d'engorgement des commissions de branche, « c’est un argument que m'a donné le secrétaire général de la CGT Force Ouvrière, Jean-Claude Mailly, et que je trouve pertinent ».

Contrairement à la CGT, la CGT Force Ouvrière n'a pas rompu les ponts avec François Hollande et Manuel Valls, qui ménagent ce syndicat et son secrétaire général dans leurs déclarations.

Tout se passe comme si le chef de l’état, le premier ministre et les chefs de la majorité socialiste cherchaient à casser l'alliance entre la CGT et la CGT Force Ouvrière pour isoler l'organisation de Philippe Martinez, principal cible du gouvernement.

« La question est de savoir comment on sort de la crise dans laquelle on est », explique Christophe Sirugue. « De toutes façons, il y a une organisation syndicale avec laquelle il n'y a pas d'échange, c’est la CGT. Jean-Claude Mailly m'a dit clairement qu'il ne fermait pas la porte », ajoute-t-il. « Si nous voulons avancer, il faut avancer. Je pense qu'il y a des discussions possibles ».

Pour l'heure, la CGT Force Ouvrière, qui exige au minimum la suspension de l'examen de la loi travail et le retrait du deuxième article afin de redonner la main aux partenaires sociaux, a réagi plus que fraîchement aux propositions des parlementaires socialistes.

Jean-Claude Mailly a ainsi accusé sur BFM Télévision Manuel Valls de confondre autorité et autoritarisme, « le premier ministre ne peut pas se prévaloir du dialogue et refuser toute discussion sur les points clés. S’il reste buté, disant je ne change rien, je reste droit dans mes bottes, il porte la responsabilité du conflit ».

Il est vrai que Manuel Valls s'était montré inflexible, quelques instants auparavant, lors des questions d'actualité à l’assemblée nationale.

« Il n'y aura ni retrait du texte ni remise en cause du deuxième article car c'est le coeur de la philosophie du texte », a déclaré le premier ministre, qui a cependant laissé la porte entrouverte pour des discussions dans le cadre de l'examen du texte en deuxième lecture à l’assemblée nationale.

La voie est d'autant plus étroite que toute remise en cause de la philosophie du texte, âprement négocié avec les syndicats réformistes, CFDT en tête, reviendrait pour le gouvernement à se mettre à dos les principaux soutiens de la loi travail.

La numéro deux de la CFDT, Véronique Descacq, a qualifié de stupides les déclarations de Bruno Le Roux à La Chaîne Parlementaire (LCP) évoquant une réécriture du deuxième article.

« C'est stupide, cela ne peut pas marcher », a-t-elle déclaré à Reuters.

« Soit on considère que le dialogue social dans notre pays est mature et on fait confiance aux acteurs de terrain pour prendre les bonnes dispositions, soit on n'y croit pas et, si on n'y croit pas, on ne le fait pas », a-t-elle ajouté. « Nous, nous y croyons et donc il faut laisser le deuxième article comme il est ».

Le projet de loi, sur lequel le gouvernement a engagé sa responsabilité faute de majorité pour le faire adopter en première lecture à l’assemblée nationale, est actuellement au sénat. Il doit revenir à l’assemblée nationale cet été.

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24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 19:50

http://www.lesinrocks.com/2016/05/21/actualite/recuperation-opportunisme-depolitisation-a-nuit-debout-guerre-activistes-declaree-11829830

Récupération et opportunisme, à Nuit Debout, la guerre des activistes est déclarée

Par Mathieu Dejean

Samedi 21 Mai 2016

Plusieurs personnes mobilisées depuis le début du mouvement des Nuits Debout dénoncent l’appropriation des réseaux sociaux par un groupe « d’entrepreneurs de la démocratie deux point zéro » et les velléités de certains d’utiliser le mouvement à des fins politiciennes.

Est-ce un effet de la fatigue, après quelques cinquante nuits passées debout depuis le Jeudi 31 Mars 2016 ? A l’enthousiasme de participer à un mouvement inédit de contestation de « la loi travail et de son monde » place de la République à Paris, a succédé le ressentiment entre certains activistes de la première heure. La polémique a éclaté au grand jour le Samedi 14 Mai 2016, lors de la lecture d’un texte collectif de plusieurs membres des commissions structurelles du mouvement des Nuits Debout devant l’assemblée populaire. En cause, la gestion des outils de communication en ligne du mouvement, site internet, twitter et facebook.

« Le relatif dépeuplement de la place depuis quelques jours peut être imputé en partie à la diffusion de messages apolitiques, inoffensifs et pour tout dire démobilisateurs. La révolution des likes n’aura jamais lieu », clament-ils. Et de jeter à la vindicte sans les nommer des « professionnels du marketing et du community management qui se sont accaparés » ces outils. Jeudi 19 Mai 2016, dans un nouveau texte collectif qui a circulé sur différentes listes du mouvement des Nuits Debout, les noms sont lâchés.

Noémie Tolédano et Baki Youssouphou, co-fondateurs de l’agence de communication Raiz, sont accusés d’avoir acheté le nom de domaine www.nuitdebout.fr, tandis que Benjamin Ball, hyper-militant et community organizer influencé par Saul Alinsky et Joseph Boussion, ancien porte-parole de Nouvelle Donne, dont il a démissionné au mois de juin 2015, sont accusés de monopoliser et de dépolitiser la communication en ligne du mouvement.

Pire encore, ils auraient l’intention de faire du mouvement des Nuits Debout « leur tremplin pour les élections » de 2017. En effet, Mardi 3 Mai 2016, une réunion à laquelle ont participé Benjamin Ball et Joseph Boussion portait sur l’articulation entre le processus de Vogüé Saillans et le mouvement des Nuits Debout. Le processus de Vogüé Saillans, du nom d’une petite commune de l’Ardèche, consiste en des rencontres d’une quarantaine de mouvements citoyens dont une partie travaillent à construire un label citoyen en vue des élections législatives de 2017.

Joseph Boussion est par ailleurs l’un des candidats déclarés sur le site de la primaire ouverte pour les élections présidentielles de 2017.

Les élections législatives en ligne de mire ?

Dans un compte-rendu de cette réunion qui a fuité, il apparaît que les participants réfléchissaient au moyen d’amener le mouvement des Nuits Debout à s’intéresser aux élections. On y lit par exemple cette série de questions, « comment faire pour que les élections législatives deviennent un objectif commun ? Comment aller aux élections législatives ? Quelle stratégie dans cette phase de politisation ». Et l’une des solutions évoquée, « en créant une commission sur le thème des élections législatives dans le mouvement des Nuits Debout ».

Contacté par www.lesinrocks.com, Benjamin Ball, membre du Media Center, qui s’est fendu d’une lettre ouverte en réponse à certaines de ces accusations, précise que ce compte-rendu ne reflète pas l’ensemble de ce qui a été dit et défend que leur intention n’était pas de manipuler le mouvement.

« Avant le mouvement, une partie des gens qui participent au Média Center avaient un passé militant. Joseph et moi sommes engagés dans le processus de Vogüe Saillans. Nous travaillons plus spécifiquement à la création d’un label citoyen pour qu’un mouvement fort, qui parte de la base, se constitue sans se transformer en un Podemos, trop vertical. Cette réunion a beaucoup porté sur le mouvement des Nuits Debout, car il est au cœur des débats à l’heure actuelle, pourquoi les gens viennent ? Y a-t-il eu des tentatives de récupération ? Est-ce que la question électorale est posée au sein du mouvement des Nuits Debout ? Comment aider à ce que cette question se pose ? C’est tout. Ma réponse a été de dire qu’il y a peu d’endroits où la question se pose, en tout cas pas place de la République ».

« Manœuvres politiciennes »

Qu’à cela ne tienne, la publication de cette information fait bouillonner le terreau militant du mouvement des Nuits Debout. Du côté du groupe des initiateurs proches ou membres du collectif pour la convergence des luttes, la découverte de ce compte-rendu a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

« Ce sont les premiers à reprocher aux membres du collectif pour la convergence des luttes d’être trop politisés, à nous suspecter de rouler pour Jean Luc Mélenchon par exemple, des soupçons de noyautage par le Parti de Gauche ont circulé au mois d’avril 2016, mais nous nous apercevons que sous les apparences, ce sont eux qui font des manœuvres politiciennes », plaide Leïla Chaibi, membre du collectif pour la convergence des luttes et par ailleurs encartée au Parti de Gauche, qui n’a toutefois pas participé à la rédaction du texte collectif. Le problème c’est qu’ils n’en débattent pas publiquement, c’est fait de manière cachée ».

Concernant le nom de domaine www.nuitdebout.fr, Benjamin Ball confirme qu’il a été déposé par Noémie Tolédano et Baki Youssouphou au nom de la société Raiz, « pour éviter que cela soit fait par des personnes mal intentionnées ». Les réseaux sociaux ont eux été créés collectivement, « l’un des principes du mouvement des Nuits Debout, c’est que celui qui propose fait et qu’il est ensuite responsable. Nous avons donc créé le Media Center. Au départ, nous étions entre huit et dix. Maintenant nous sommes vingt sept, dont certains ne sont pas forcément de Paris, il y a donc une forme de représentativité ».

Celle-ci ne satisfait pas certains de ses détracteurs, qui reprochent à certains animateurs du Media Center de prononcer des « arbitrages apolitiques, ou en tout cas peu représentatifs de la combativité du mouvement des Nuits Debout ». Camille, qui compte parmi les initiateurs du mouvement des Nuits Debout, et qui préfère garder l’anonymat, rapporte ainsi que « dès qu’on suggère des communiqués trop engagés, ils ne le diffusent pas, sous prétexte que cela nuit à une narration positive du mouvement. Le Média Center définit sa stratégie de communication de manière autonome. Quand on voit que ces gens disposent du seul outil qui permet au mouvement des Nuits Debout d’exister en dehors de la place, c’est problématique ».

Où va l’argent des t-shirt ?

Enfin, le texte collectif dénonce la commercialisation sur la place de la République de T-shirt à l’effigie du mouvement des Nuits Debout, pour le compte de la Boîte Militante, émanation de l’association des Désobéissants. Les profits, qui devaient être reversés au mouvement, sont soupçonnés d’être « entièrement privatisés ». Qu’en est-il vraiment ? Xavier Renou, meneur des Désobéissants, explique avoir vendu jusqu’à présent, grâce aux stands de l’association sur la place de la République et à la boutique en ligne, trente trois T-shirt, qui ont rapporté environ cent cinquante euros à l’association. Les Désobéissants auraient ainsi gagné davantage en vendant des crêpes sur la place, dont les bénéfices ont été reversés à la commission logistique. Il est vrai que le prix du T-shirt est dissuasif, dix neuf euros et cinquante centimes. « C’est du tissu écologique du label GOTS, le plus exigeant au monde, et nous les faisons confectionner dans un chantier d’insertion sociale en banlieue parisienne, la fabrication est donc locale », précise Xavier Renou.

Au départ, les bénéfices de la vente des T-shirt, ainsi que les ressources tirées de l’Alter Journal Télévisé (AJT), journal alternatif lancé il y a un an par les Désobéissants, devaient servir à financer la Télévision Debout. Mais la méfiance du mouvement vis-à-vis des étiquettes et autres drapeaux a eu raison de ce projet, « les gens ont finalement souhaité garder une totale indépendance, y compris vis-à-vis de l’AJT. Ils ont lancé un pot commun sur internet qui a bien fonctionné », relate Xavier Renou. L’argent de l’AJT et des T-shirt a donc servi à financer des stages de formation à la non-violence et à la désobéissance civile dans les villes qui ont répondu à l’appel « Nuits Debout cent pour cent non-violentes et désobéissantes ».

Si ces querelles internes témoignent de la vigilance de certains activistes qui ont à cœur que le mouvement ne soit pas récupéré, elles montrent aussi qu’il a en partie échoué à sortir du ghetto militant. Elles témoignent enfin d’un clivage politique profond entre deux camps, l’un dit citoyenniste, défendant une ligne « ni droite ni gauche », et souhaitant concilier convergence des luttes et convergence de ceux qui ne luttent pas encore, et l’autre qui souhaite surtout faire converger les collectifs en lutte et qui n’a pas peur de se revendiquer de l’anticapitalisme. Le mouvement des Nuits Debout n’a-t-il pas d’ailleurs failli s’appeler le mouvement des Nuits Rouges ?

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