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28 novembre 2007 3 28 /11 /novembre /2007 17:38
Une part des revenus pétroliers irakiens
pour les réfugiés irakiens
 
 
Plus de 4,5 millions d'Irakiens — un cinquième de la population — ont été déplacés à l'intérieur et à l'extérieur de leur pays, en raison des politiques sectaires menées par l'occupation et les gouvernements qu’elle a installés depuis l'invasion illégale de l'Iraq en 2003
 
La communauté internationale, les forces d'occupation et le gouvernement en Irak, sont légalement tenus de soutenir et de protéger les réfugiés irakiens
 
Les réfugiés irakiens sont des citoyens irakiens. Ils ont les pleins droits de vivre dans la dignité, de bénéficier équitablement des ressources nationales, ainsi que de rentrer dans leurs foyers
 
Le Conseil de sécurité de l'ONU, en tant que plus haut organe des Nations Unies, a le pouvoir et l'obligation légale, d’assurer  les besoins des réfugiés irakiens, en adoptant une résolution qui exige de l'Etat irakien de répartir proportionnellement les revenus nationaux aux agences responsables et aux pays d’accueil
 
 
Après les 13 ans de sanctions désastreuses, imposées par l’ONU, qualifiées comme  génocide, l’invasion illégale américaine et l'occupation de l'Irak, avec la complicité du Conseil de Sécurité (CSNU) incapable de protéger le peuple et l’Etat Irakien ou de s’acquitter de ses propres obligations, ont débouché sur une catastrophe humanitaire sans pareil depuis la Seconde Guerre mondiale.
 
En plus d'avoir causé la mort violente de plus d'un million d'Irakiens, 2,3 million d'Irakiens ont été déplacés à l'intérieur de leur propre pays, tandis que plus de deux millions d'autres sont dispersés principalement dans les états voisins. La Société du Croissant-Rouge irakien rapporte que à intérieur de l'Iraq, au mois d’octobre 2007, 368479 Iraquiens ont été forcés de quitter leurs foyers, tandis qu’environ 60000 Irakiens fuient le pays vers les pays voisins chaque mois.
 
La classe moyenne irakienne moderne et instruite, dont le rôle est nécessaire — maintenant et dans l'avenir — pour faire fonctionner l'Etat, l'économie, et construire la culture irakienne, a été décimée. Suite aux assassinats systématiques, aux emprisonnements, aux raids et sieges militaires, aux menaces et à la discrimination, la plupart de ceux qui restent de cette classe a quitté le pays. L'absence de cette classe moyenne a abouti à la rupture de tous les services publics pour l'ensemble de la société irakienne.
 
Toutes les informations en provenance de l'Irak, montrent que la peur pour leur vie, imposée aux Irakiens est à l'origine du déplacement de millions d’entre eux à l'intérieur et à l'extérieur de leur pays. Les Irakiens déplacés sont des réfugiés, par définition, et conformément au droit international. La Convention des Nations Unies sur les refugiés de 1951, et ses protocoles additionnels de 1967, stipulent qu'un réfugié est une personne " qui craignant avec raison d'être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays".
 
Les réfugiés irakiens, ont le droit à la vie et à la dignité
 
L’occupation menée par les Etats-Unis et les gouvernements qu’elle a installés, ont le devoir, en vertu du droit international, selon la IVeme Convention de Genève et ses protocoles additionels, et par les resolutions 1265, 1296, et 1674, de protéger la vie des civils en Irak et d’assurer les besoins fondamentaux. Au lieu de cela, l'occupation et les gouvernements qu’elle a installés, imposent un état de terreur, en recourant à l'emploi disproportionné et aveugle de la force, et en mettant en œuvre des politiques sectaires au point de sponsoriser des milices sectaires qui perpetrent des nettoyages ethniques. Ils demeurent incapables, ou peu désireux, de fournir les services les plus fondamentaux, y compris l’accès adéquat à l'eau et l'électricité. Ces politiques obligent des millions de personnes à vivre dans la pauvreté et / ou à fuir pour leur survie.
 
Ni l'occupation et les gouvernements qu’elle a installés, ni les différents Etats et la communauté internationale, se sont acquittés de leurs obligations juridiques et morales envers les Irakiens déplacés ou les pays d'accueil. Non seulement  les conditions de vie des Irakiens se détériorent, mais de plus ils deviennent un fardeau social, économique et financier pour les pays hôtes, dont plusieurs ont déjà d'importantes populations de réfugiés.
 
Les réfugiés irakiens ont droit à la sécurité, à des passeports reconnus et à des permis de séjour, à l'alimentation, au logement, à la santé et à l'éducation. Les pays hôtes n’ont pas la capacité de scolariser le grand nombre de jeunes réfugiés irakiens dans des écoles et dans l'enseignement supérieur. Si aucune mesure urgente n’est prise pour trouver une solution à ce problème, alors une génération d'Irakiens perdront leur droit d'accès universel à l'éducation. Ce n'est pas seulement nuisible aux réfugiés irakiens, mais aussi à l'avenir de l'Irak. Il est urgent que les élèves et étudiants aient accès à l'école. Aider les pays d'accueil pour répondre aux besoins des réfugiés irakiens se traduirait également par le renforcement et la mobilisation du riche potentiel des réfugiés.
 
Une solution est nécessaire de toute urgence. La vraie réponse est la fin des causes de la violence en Irak, pour permettre aux réfugiés irakiens de retourner en toute sécurité dans leurs foyers. Toutefois, bien que la protection des civils contre la violence, conformément au droit international humanitaire, soit de la responsabilité de l'occupation et des gouvernements qu’elle a installés, aucun signe montre qu'ils s'acquittent de ce devoir. Chaque jour, la violence contre les civils se répand dans de nouvelles régions. L'exode continuel des Irakiens est la preuve que le gouvernement de l'Iraq, appuyé par l'occupation, ne protège pas sa population.
 
Le Conseil de sécurité devrait adopter une résolution, maintenant
 
Le Conseil de sécurité a le droit et le pouvoir politique d’adopter une résolution exigeant que l'Etat irakien alloue une part des revenus provenant du pétrole irakien - en proportion avec le nombre de citoyens irakiens temporairement déplacés - pour les réfugiés irakiens aux pays hôtes. Aucune objection juridique ne peut être soulevée contre cette action. Les réfugiés irakiens sont des citoyens irakiens. Ils ont le droit de bénéficier des ressources nationales, et de faire valoir les nécessités de protection et de soutien de l'Etat irakien. Leur droit de retour est garanti.
 
Il existe meme un précédent dans la jurisprudence pour une telle action concernant l'Irak, avec la résolution 986 de 1995 du CSNU. Cette résolution, elle aussi a été adoptée pour des motifs humanitaires. Elle exigeait que l'État irakien alloue une partie des revenues irakiens au Programme inter agency des Nations Unies afin d’" assurer une distribution équitable des secours humanitaires à tous les segments de la société irakienne", y compris aux citoyens irakiens qui résidaient dans les trois gouvernorats du Nord, qui n'etaient pas supervisés administrativement par le gouvernement central. Les réfugiés irakiens, a l’heure actuelle, sont dans la même situation en étant dehors de l’administration du gouvernement central de l'Irak.
 
La responsabilité des États envers les réfugiés est établie dans le droit international. Obliger l'Etat irakien, par le biais d'une résolution du CSNU, à répartir proportionnellement les revenus pour les citoyens irakiens déplacés, est le seul moyen efficace pour les pays d'origine et la communauté internationale de s'acquitter de leurs obligations vis-à-vis des réfugiés irakiens et des pays hôtes, tout en préservant les droits des réfugiés et leur dignité de citoyens irakiens. Les organismes de secours des Nations Unies, les institutions des pays hôtes, les organisations non gouvernementales et les représentants des réfugiés irakiens pourraient administrer la distribution des recettes affectées.
 
Appel à l'action
 
Les déplacés et réfugiés Irakiens ne peuvent pas attendre de pouvoir rentrer chez eux pour que leurs besoins essentiels soient satisfaits. La communauté internationale a le devoir moral d'agir dès maintenant. La résolution CSNU 986 de 1995, a établi que les recettes du pétrole irakien sont celles de tous les Irakiens. En tant que citoyens Irakiens, les réfugiés irakiens, ont les mêmes droits de partage des richesses de l'Iraq.
 
Nous faisons appel à tous les gouvernements, aux agences et organisations des Nations Unies, aux associations de droit, des droits de l'homme, humanitaires, et à toutes les personnes de conscience à travailler ensemble pour veiller à ce que le Conseil de sécurité adopte et mette en œuvre cette proposition obligeant l'Etat irakien à allouer les revenus pétroliers aux réfugiés irakiens.
 
Nous exigeons que les Etats - en particulier ceux qui sont impliqués dans l'invasion illégale et la destruction de l'Iraq – remplissent leurs obligations et responsabilités et apportent les fonds nécessaires au Haut Commissariat des Nations Unies (HCR) pour sa mission de protection des réfugiés et déplacés Irakiens.
 
Nous demandons à tous de recueillir des fonds et de prendre toutes les mesures pour fournir une aide directe aux réfugiés irakiens et aux organisations les aidant.
 
L'humanité est en détresse en Iraq. Notre responsabilité morale est de la sauvegarder. Rejoignez-nous.
 
 
Initiative Irakienne Internationale pour les refugiés irakiens
 
26 November 2007
 
Premiers signataires:
 
Hans von Sponeck, UN Humanitarian Coordinator for Iraq (1998-2000), Germany. 
Denis Halliday, UN Humanitarian Coordinator for Iraq (1997-1998), Ireland.
Ms. Niloufer Bhagwat, Advocate, Vice President of the Indian Association of Lawyers.
Mathias Chang, 37 years in the antiwar movement, Malaysia.
Sabah Al-Mukhtar, President Arab Lawyers Association, UK.
Issam Al-Chalabi, Former Iraqi Oil Minister, Iraq-Jordan.
Saeed .H. Hassan, Former Iraqi Permanent Representative to the UN, Iraq -Egypt.
Dr Curtis F J Doebbler, Professor of law, at Najah National University, Nablus, Palestine. 
Dirk Adriaensens, Member Executive Committee BRussells Tribunal, Belgium. 
Dahr Jamail, Independent Journalist, Author of "Beyond the Green Zone: Dispatches from an Unembedded Journalist in Occupied Iraq”, USA.
Paola Manduca, Geneticist and Antiwar Activist, New Weapons, Italy. 
Bert De Belder, M.D., Coordinator, Medical Aid for the Third World, Belgium.
Mohammed Aref, Science Writer, Advisor for ‘Arab Science&Technology Foundation’, UAE. 
Abdul Ilah Albayaty, Writer, Iraqi Political Analyst, Iraq-France. 
Dr Ian Douglas, Writer, Egypt. 
Hana Al Bayaty, Iraqi International Initiative Coordinator, France-Iraq / Egypt. 
 
 
 
 
 
 
 
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27 novembre 2007 2 27 /11 /novembre /2007 22:35
Lutte ouvrière négocie des alliances avec le PCF et le PS
LE MONDE | 27.11.07 | 14h35  •  Mis à jour le 27.11.07 | 14h35

   Le changement de stratégie de Lutte ouvrière se confirme. L'organisation d'Arlette Laguiller a ouvert dans plusieurs villes des pourparlers avec le PCF et le PS, tout en refusant les offres d'alliance que lui proposait la LCR. Une première pour l'organisation trotskiste, jusqu'ici prompte à fustiger la gauche "qui trahit".
 
Marginalisée par le faible score d'Arlette Laguiller à l'élection présidentielle, L0 - qui compte seulement 33 conseillers municipaux, élus en 2001 sur des listes autonomes - a décidé d'adopter une politique à géométrie variable pour les élections de mars 2008. Là où ses troupes sont bien implantées, LO présentera des listes seule. Sa direction envisage un total de 200 listes autonomes. Ailleurs, des contacts ont été pris "avec tout le monde". Mais plus particulièrement avec le PCF et le PS.
LO ne veut pas se laisser isoler à gauche ni porter la responsabilité de la perte de mairies. Ainsi un accord a-t-il été conclu à Aubervilliers, sous la houlette de Jean-Jacques Karman, maire adjoint (PCF) : les militants de LO soutiennent la liste de Pascal Baudet, maire PCF de la ville, et devraient être en position éligible. Même chose à La Courneuve, où le maire Gilles Poux obtient le soutien des amis d'Arlette Laguiller : "Ils ont même accepté l'hypothèse d'une fusion de liste avec le PS au second tour", précise M. Poux. Des discussions ont eu lieu, samedi 24 novembre, à Saint-Denis, à Bobigny, au Blanc-Mesnil et à Aulnay-sous-Bois. LO a même demandé un rendez-vous à la fédération PCF de Seine-Saint-Denis.
"NOUS DISCUTONS"
Pour LO, il s'agit de "ne pas nuire au PCF là où le PS veut lui prendre la mairie". "Il ne nous est pas indifférent qu'il y ait 40 % de logements sociaux dans une ville", précise Georges Kaldy, membre de la direction de LO, qui se dit ouvert à la participation à un exécutif local : "Gérer une municipalité ne nous gêne pas. Il y a des petites marges pour faire avancer nos propositions." "Cette ligne semble s'appliquer partout", confirme Michel Laurent, membre de l'exécutif communiste.
Dans l'Ouest, c'est avec les socialistes que Lutte ouvrière a ouvert les "discussions". A Saint-Brieuc, la liste conduite par la députée PS Danielle Bousquet comptera un siège pour LO. Des contacts ont aussi été noués à Lorient (Morbihan), Angers et Avrillé (Maine-et-Loire). "Nous n'offrons pas nos services au PS, mais là où la gauche peut être supplantée par la droite ou regagner une municipalité, nous discutons. Nous ne voulons pas que notre score puisse favoriser la droite", insiste M. Kaldy. Ces contacts restent "isolés", précise Bruno Le Roux, secrétaire national aux élections du PS.
Il ne s'agit pas d'une révolution, assure la direction de LO, juste d'un "changement de contexte politique". "En 2001, on n'avait pas envie de cautionner la gauche au pouvoir. L'élection de Sarkozy et son offensive générale contre les travailleurs ont changé la donne", explique M. Kaldy.
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27 novembre 2007 2 27 /11 /novembre /2007 21:50
Le Lobby
 
 
Par Paul Craig Roberts, le 13 novembre 2007
 
 
  Les experts en Occident et les gens ordinaires en terres arabes ont compris depuis de nombreuses années que les États-Unis n'ont pas de politique indépendante envers le Moyen-Orient. Le président Jimmy Carter, un homme de bonne volonté, a essayé d'utiliser l'influence des USA pour régler le conflit israélo-palestinien, une dangereuse source d'instabilité au Moyen-Orient. Pourtant, Israël a réussi à bloquer la tentative de Carter tout en rejetant la faute sur Yasser Arafat. Le plan de Carter aurait donné naissance à un État palestinien. Israël ne veulent pas d'un tel État pour la raison évidente que l'agression militaire est nécessaire pour voler le territoire d'un État aux frontières définies. Il est beaucoup plus facile de voler des terres non étatiques.
 
  En empêchant l'avènement d'un État palestinien, Israël a été en mesure de poursuivre son vol de la Cisjordanie. Les Palestiniens qui n'ont pas été expulsés ont été forcés dans des ghettos, coupés des écoles, des hôpitaux, de l'eau, de leurs oliveraies et de leurs terres agricoles. Dans un livre récent, le président Carter appelait « apartheid » la situation actuelle. Carter fut diabolisé par le lobby d'Israël pour avoir utilisé ce mot, mais certains experts considèrent que le choix des mots de Carter est un euphémisme pour la continuation de ce que I. Pappe et NG Finkelstein appellent « le nettoyage ethnique de la Palestine. »
 
  Le fait que la grande majorité des Étasuniens ne sache rien de tout ça témoigne de la puissance du lobby israélien.
 
  Un certain nombre d'auteurs ont exposé l'inconduite d'Israël et la puissance du lobby, mais jusqu'à présent, celui-ci a réussi à marginaliser ses détracteurs en les traitant d'« antisémites, » de « nazis » et d'« ennemis des Juifs. » Dans un nouveau livre, John J. Mearsheimer et Stephen M. Walt ont brisé le pouvoir du lobby israélien à étouffer la vérité en diabolisant et en intimidant tous ceux qui critiquent Israël.
 
  Mearsheimer et Walt sont de distingués savants tenant des positions importantes à l'Université de Chicago et à l'Université de Harvard, deux des plus éminentes universités des USA. Leur ouvrage, The Israël Lobby and US Foreign Policy (Le lobby d'Israël et la politique étrangère US), publié par l'éditeur étasunien réputé, Farrar, Straus et Giroux , est un chef-d'œuvre d'érudition et de documentation. Les notes prennent 23 pour cent des pages du livre.
 
  Mearsheimer et Walt réussissent facilement à construire leurs arguments qui démontrent que le soutien des USA à Israël ne peut s'expliquer par des raisons ni stratégiques ni morales. Seul le pouvoir du lobby d'Israël peut expliquer l'amenuisement des causes morales et stratégiques qui ne cesse de s'amplifier avec le soutien d'Israël par les États-Unis, même au détriment de leurs intérêts stratégiques et nationaux. En fait, le pouvoir exécutif et législatif sont si totalement compromis par le lobby, que les différents éléments de la politique US sur le Moyen-Orient « ont été conçus entièrement ou en partie au profit d'Israël, contre ses divers rivaux. »
 
  Chapitre après chapitre, Mearsheimer et Walt démontrent les effets délétères que le lobby a eu sur les relations avec les Palestiniens, l'Irak, la Syrie, l'Iran et le Liban. Les deux chercheurs concluent :
 
L'influence du lobby a aidé à amener les États-Unis dans une guerre désastreuse en Irak et a paralysé les efforts pour négocier avec la Syrie et l'Iran. Elle a aussi encouragé les États-Unis à avaliser l'attaque mal conçue d'Israël contre le Liban, une campagne qui a renforcé le rapprochement du Hezbollah avec la Syrie et l'Iran, et a encore terni l'image mondiale des USA. Le lobby porte la responsabilité considérable, mais pas complète, de tous ces développements, et aucun d'entre eux n'était bon pour les États-Unis. Il est difficile d'échapper aux problèmes, même si les difficultés US dans la région du Moyen-Orient ne disparaissaient pas si le lobby était moins influent, les dirigeants US trouveraient plus facile d'explorer d'autres approches, et seraient plus enclins à adopter une politique plus conforme aux intérêts US.
 
  Il n'y a rien d'antisémite à propos de ce livre. Mearsheimer et Walt ne remettent pas en cause le droit d'Israël à exister ou la légitimité de l'État israélien. Ils estiment que les États-Unis doivent défendre Israël contre les menaces à sa survie. Ils ont même de la considération pour l'AIPAC, l'American Israel Public Affairs Committee, à titre de lobby US légitime et non pas en tant qu'agent d'un État étranger.
 
  Les mobiles de ces deux savants, mis à part le respect de la vérité et l'obligation de parler, sont de servir les intérêts légitimes d'Israël et des USA. Mearsheimer et Walt, en accord avec de nombreux historiens et commentateurs israéliens sur le fait que la politique israélienne envers la Palestine et les Arabes, de concert avec la répression des critiques du lobby, ont été « directement nuisibles pour Israël. » La rigidité qu'Israël a imposé à la politique étrangère des USA a enlisé ces derniers dans des guerres, vieilles maintenant d'une demi décennie ou plus, en Irak et en Afghanistan. Alors même que les Musulmans en colère menacent de submerger la marionnettes des USA au Pakistan, le vice-président Dick Cheney, Israël et ses alliés néo-conservateurs s'efforcer d'amorcer la guerre avec l'Iran.
 
  C'est un prix élevé à payer pour l'expansion territoriale d'Israël même si la politique de guerre et de coercition US-israélienne réussit. Si l'agression militaire ne parvient pas à placer le Moyen-Orient sous l'hégémonie des USA et d'Israël, les dangers qui pèseront sur les flux d'énergie et l'existence d'Israël pourraient aboutir à l'utilisation d'armes nucléaires. Il est littéralement fou pour les États-Unis d'exposer le monde à de tels risques pour les intérêts de la politique malavisée d'Israël envers la Palestine.
 
  D'autres chercheurs, surtout ceux dont le sens de justice est blessé par l'oppression cruelle dont souffrent les Palestiniens aux mains d'Israël, sont plus critiques que Mearsheimer et Walt. Ces derniers font d'Israël et du lobby une question de bons offices en définissant le problème comme l'un des intérêts nationaux légitimes des États-Unis et d'Israël plutôt qu'une affaire de crimes, d'inhumanité et d'injustice.
 
  Plutôt que les intérêts nationaux légitimes, James Petras, professeur émérite de sociologie à l'Université de Binghamton à New York, voit « un niveau de crimes parallèle à celui des nazis durant la Seconde Guerre Mondiale » (The Power of Israel in the United States (Le pouvoir d'Israël aux Etats-Unis), 2006). Petras écrit que « les architectes de la guerre d'Iraq ont planifié une série de guerres de conquêtes agressives, basées sur le principe de la domination par la violence, de la torture, du châtiment collectif, de la guerre totale contre les populations civiles, leurs maisons, leurs hôpitaux, leur patrimoine culturel, leurs églises et leurs mosquées, leurs moyens d'existence et leurs institutions éducatives. Ce sont les plus grands crimes contre l'humanité. »
 
  « Les pires crimes, » écrit Petras, « sont commis par ceux qui prétendent être un peuple élu divinement, un peuple avec la revendication justifiée de victime suprême. »
 
  Il reste à voir combien plus de sang et de trésors de fanatisme les Sionistes vont tirer des Étasuniens. Mais une chose est certaine : le lobby israélien est beaucoup trop puissant pour les gens estimables des USA et d'Israël.
 
  Il y a quarante ans, le lobby était assez puissant pour forcer le président Lyndon Johnson à dissimuler l'attaque israélienne intentionnelle contre l'USS Liberty, qui faisait 34 Étasuniens morts et 174 blessés. L'amiral Thomas Moorer, chef des opérations navales et président de l'état-major déclarait : « Nul président étasunien ne peut tenir tête à Israël. »
 
  Quarante ans plus tard, le lobby d'Israël est en mesure de suborner les universités catholiques et d'annuler les décisions de titularisation. Le savant courageux Norman Finkelstein s'est vu refuser une fonction à l'Université DePaul de Chicago dans l'Illinois, pour avoir effectivement critiqué la politique israélienne.
 
  En Amérique aujourd'hui, les universitaires et les intellectuels qui omettent de s'aligner sur le lobby ont peu de chances de recevoir le soutien des institutions conservatrices ou libérales. Même l'article de Mearsheimer et de Walt, The Israel Lobby, commandé par Atlantic Monthly et duquel a été développé leur livre, a dû être publié à l'étranger par The London Review of Books lorsque l'éditeur d'Atlantic Monthly n'en a pas eu le courage.
 
  Les Étasuniens patriotes qui se glorifient de la position de leur pays comme « unique superpuissance » ont beaucoup à apprendre sur la soumission de leur politique extérieure à un petit pays de cinq millions d'habitants.
 
  Pour commencer à apprendre, il n'y a pas meilleur chose que The Israel Lobby de Mearsheimer et de Walt.
 
  Paul Craig Roberts fut Secrétaire Adjoint au Trésor dans l'administration Reagan. Il est l'auteur de Supply-Side Revolution : An Insider's Account of Policymaking in Washington ; Alienation and the Soviet Economy et Meltdown: Inside the Soviet Economy, et est coauteur avec Lawrence M. Stratton de The Tyranny of Good Intentions : How Prosecutors and Bureaucrats Are Trampling the Constitution in the Name of Justice. Clic ici pour l'entrevue [en anglais] de Peter Brimelow de Forbes Magazine avec Roberts au sujet de la récente épidémie d'inconduite des procureurs.
 
Original :http://www.informationclearinghouse.info/article18714.htm
Traduction au mieux de Pétrus Lombard pour Alter Info
 
 

 

Vendredi 16 Novembre 2007
Paul Craig Roberts
 
 
Source :
http://www.alterinfo.net
 
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27 novembre 2007 2 27 /11 /novembre /2007 21:30
Retraits en liquide de l'UIMM: Gautier-Sauvagnac convoqué par la brigade financière
 
PARIS (AFP)
 
  Denis Gautier-Sauvagnac, président démissionnaire de l'UIMM (patronat de la métallurgie), est convoqué mardi après-midi à la brigade financière de Paris dans le cadre de l'enquête sur des retraits en liquide suspects des caisses de l'UIMM, a-t-on appris lundi de sources proches du dossier.
Le délégué général de l'Union des métiers et des industries de la métallurgie sera entendu sous le régime de la garde à vue dans le cadre de l'enquête préliminaire ouverte le 25 septembre par le parquet de Paris.
A l'issue de cette garde à vue, qui peut durer 48H00, le parquet devrait ouvrir une information judiciaire pour permettre la présentation de M. Gautier-Sauvagnac à un juge d'instruction en vue de son éventuelle mise en examen.
La justice avait été informée des retraits suspects par un signalement de Tracfin (Traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins), la cellule contre le blanchiment du ministère de l'Economie et des Finances qui enquêtait depuis 2004. L 'enquête du parquet a montré que des prélèvements d'espèces d'un montant de 22 millions d'euros avaient été opérés entre 2000 et 2007 sur les comptes de l'organisation patronale.
Ces fonds provenaient d'une caisse de secours mutuel, l'Epim, créée en 1972 et destinée à soutenir les entreprises adhérentes ayant subi des préjudices lors de conflits sociaux. Les fonds non-utilisés de cette caisse sont aujourd'hui valorisés à environ 600 millions d'euros, selon l'UIMM.
M. Gautier-Sauvagnac, dit "DGS", a reconnu avoir effectué ces dernières années des retraits en liquide dans cette caisse de l'ordre de "2 millions d'euros par an" depuis sa prise de fonction en 2000, en précisant que le système existait avant lui.
Les policiers de la brigade financière cherchent à connaître la destination de 17 de ces 22 millions d'euros retirés - 2 millions ont été saisis dans les coffres de l'UIMM et 3 millions versés à des salariés - et à savoir si elle peut être ou non constitutive d'un abus de confiance, relever de la corruption ou du financement de partis politiques.
La piste d'un financement politique a été formellement démentie par M. Gautier-Sauvagnac selon qui l'UIMM "n'a apporté aucune aide aux partis".
Parmi les autres pistes envisagées par les enquêteurs, celle d'un financement syndical - démenti par ces organisations - semble pour l'heure privilégiée, selon des sources concordantes. Le président démissionnaire de l'UIMM a lui même indiqué que ces retraits en liquide avaient contribué principalement "au financement de différents organismes qui font partie de notre vie sociale". Son prédécesseur, Daniel Dewavrin, a expliqué qu'il s'agissait de "fluidifier les relations sociales".
L'UIMM, comme les syndicats de salariés, relève de la loi Waldeck-Rousseau de 1884 qui la dispense de publier ses comptes. Devant les policiers, M. Gautier-Sauvagnac pourrait se prévaloir de cette loi pour refuser de s'expliquer sur la destination des fonds, selon une source proche de l'organisation patronale.
L'hypothèse d'un enrichissement personnel de DGS, liée notamment aux conditions d'achat de son appartement grâce à un prêt de l'UIMM, a été écartée par les enquêteurs de Tracfin et semble ne pas être privilégiée par les policiers.
Pour l'heure, M. Gautier-Sauvagnac a reconnu qu'une partie des retraits en liquide, estimée par le parquet à trois millions d'euros, a servi à verser à des collaborateurs "un complément de rémunération correspondant à des primes de cabinet". Une pratique ancienne à laquelle il dit avoir mis fin en décembre 2006 mais pour laquelle il pourrait être poursuivi, selon une source judiciaire.
 
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27 novembre 2007 2 27 /11 /novembre /2007 21:21

Au centre universitaire de Clignancourt, à Paris, les gendarmes mobiles ont délogé les étudiants bloqueurs. A Tolbiac, bloqueurs et anti-bloqueurs se sont affrontés, faisant dix blessés selon Sud-étudiant.

 

 

 

Devant l’entrée du centre universitaire de Clignancourt, qui dépend de la Sorbonne Paris IV, le calme est revenu. Quelques minutes plus tôt, les gendarmes mobiles ont délogé une petite centaine d’étudiants grévistes qui venait de voter le blocage en AG. «Nous tenions un sit-in à l’entrée du bâtiment. Les gendarmes ont chargé. Certains étudiants ont reçu des coups de matraques, d’autres ont été tirés par les cheveux pour les faire bouger», s’indigne Julien, étudiant d’histoire.
Les étudiants présents devant les grilles n’acceptent pas la présence policière : «Le blocage a été voté en AG, il n’ont pas à être là», pour Sonya. Surtout, c’est l’attitude du directeur du centre, Luc Pfirsch, qui est dénoncée : «C’est lui qui a appelé les gendarmes mobiles, souligne Julien. Quand on a commencé à bloquer, il a menacé les bloqueurs en disant qu’ils seront pénalisés pour les partiels, que nous passerons devant le conseil de discipline de la Sorbonne. C’est dommage d’en arriver là».

L’étudiant dénonce aussi «une liste noire, comme lors du CPE, sous prétexte d’activisme.» «Vendredi, en contrôlant les cartes à l’entrée, ils ont noté les noms de certains pour avoir une liste de responsables, en cas de besoin», précise Gerem.


Malgré ces tensions, le directeur du centre tente de parler aux quelques étudiants encore là. «Pfirsch démission !» crient certains jeunes. Il préfèrera rebrousser chemin, repassant derrière les gendarmes mobiles.

«Des militants du FNJ, du Red et de l’Uni venus pour se taper»


Par ailleurs, ce matin, le site de Tolbiac-Paris I a aussi été le théâtre d’affrontements, mais plus violents. Des anti-blocages se sont affrontés aux bloqueurs. Selon un communiqué de Sud-étudiant Paris I, les échauffourées ont fait «une dizaine de blessés, dont un militant Sud-Étudiant.»

«Des mecs extérieurs à la fac sont venus là pour taper, raconte Raphaël, étudiant à Tolbiac. Parmi les anti-blocages, des militants du FNJ, du Red [deux organisations d'extrême droite] et de l’Uni [syndicat étudiant de droite] étaient présents pour provoquer l’affrontement», selon lui. Sud-étudiant fait de son côté le même constat.

Raphaël s’étonne «que des membres extérieurs aient pu entrer. Aujourd’hui, pour la première fois, l’administration n’a pas fait de contrôle à l’entrée, alors qu’elle le faisait les autres jours.» L'étudiant affirme avoir vu «quelqu’un en costard, de l’administration, avoir mis une droite à un bloqueur.»

Après ces violences, les forces de l’ordre sont finalement intervenues pour déloger les bloqueurs.


http://www.liberation.fr/actualite/societe/293940.FR.php
 
LIBERATION.FR : lundi 26 novembre 2007
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26 novembre 2007 1 26 /11 /novembre /2007 22:40
Le retour au calme reste fragile ce matin dans la commune du Val-d'Oise théâtre de violences hier soir. Les habitants craignent les nuits à venir.
 
 
Hakim Djeroudi
 
 
LIBERATION.FR : lundi 26 novembre 2007
 
 
Dans les rues de Villiers-le-Bel, aujourd'hui en début d'après-midi, une marche silencieuse à la mémoire des deux jeunes victimes décédées hier soir rassemble plusieurs centaines de personnes, dont beaucoup de jeunes et de mères de famille.


Alors que le cortège passe devant le commissariat incendié de Villiers-le-Bel, dont seuls les murs tiennent encore debout, des jeunes prennent des photos, l'un d'entre eux lâche: «Ça me fait tellement plaisir de voir ça». Signe qu'au lendemain des violences qui ont éclaté hier soir dans cette commune du Val-d'Oise, le climat reste très tendu aujourd'hui. Le ressentiment à l'égard de la police comme des médias est palpable.
 
Rue Louise Michel, où s'est produit l'accident mortel qui a coûté la vie à deux adolescents hier, les traces de voitures calcinées témoignent des échauffourées de la nuit lors desquelles 25 policiers et un sapeur pompier ont été blessés. Ce matin, l'artère était quasi-vide: quelques groupes de jeunes, et d'autres à moto qui s'interpellent en passant.

Aux arrêts de bus, chez les commerçants, les violences d'hier alimentent toutes les conversations. Les journalistes ne sont pas les bienvenus, les équipes de télé sont prises à partie, parfois physiquement. Une équipe de télé de France 3 s'est fait dérober sa caméra, sans violence. L'utilisation par les médias de l'expression «homicide involontaire» suscite en particulier la colère, beaucoup étant convaincus que la collision a été volontairement déclenchée par la patrouille de police, qui aurait ensuite pris la fuite, comme l'affirment certains témoins.

A en croire les habitants du quartier, la tension pourrait vite remonter.Un jeune dans le bus: «Ce soir faut qu'on soit tous là». Pour Ali, 36 ans, né à Villiers-le-Bel, «tant que la vérité ne sera pas faite, ça peut repartir comme il y a cinq mois».

«Ça va être chaud ce soir»
, prévient également Ikram, jeune commerçant de 23 ans, qui a habité quinze ans Viliers-le-Bel avant de déménager au Blanc-Mesnil. «Les jeunes ne s'arrêteront pas tant qu'ils n'auront pas cramé le commissariat de Sarcelles.» La patrouille de police qui a percuté la mini-moto était rattachée à la circonscription de Sarcelles, commune très proche de Villiers-le-Bel. Autre cible évoquée dans les conversations: le commissariat de Garges-lès-Gonesses, commune limitrophe de Sarcelles.


D'après des témoignages recueillis sur place, il y aurait eu une sorte de contentieux entre l'une des victimes et la police. Le père de Larami, 16 ans, l'un des jeunes de la Cité des Cerisaies décédé hier, a affirmé aujourd'hui à des habitants qu'un policier aurait menacé son fils la semaine dernière. Ce dernier a ainsi rapporté un échange qu'il a eu avec un policier affirmant queson fils «aura à faire à eux».

Vers 13 heures lundi, la ministre de l'Interieur Michèle Alliot-Marie s'est entretenue avec le maire PS de la ville, Didier Vaillant. A la sortie de l'entrevue, elle a dit partager l'émotion et la tristesse des familles des victimes, et souhaité rencontrer les familles, les pompiers et policiers blessés, ainsi que les commerçants victimes de dégradations. Il n'y a selon elle pas lieu de craindre une généralisation des violences. 


http://www.liberation.fr/actualite/societe/293868.FR.php
 
 
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26 novembre 2007 1 26 /11 /novembre /2007 22:05
Chavez, le référendum et l'intelligence des ânes
 
 
Thierry Deronne
 
 
 
Au Venezuela, le 2 décembre 2007, un référendum populaire permettra á 16 millions d’électeurs de rejeter ou d’approuver la réforme de 69 articles constitutionnels. 30 sont proposés par le président Chavez, dans la foulée du programme qui lui a valu d’être réélu á 63 % en décembre 2006. 39 autres ont été ajoutés par l’assemblée nationale au terme de discussions avec des collectifs citoyens issus de la majorité comme de l’opposition. La réforme porte essentiellement sur la généralisation de la démocratie participative, devenant le pilier de l’État, et la protection sociale pour tous les travailleurs. Après huit ans de révolution, il s’agit d’adapter les institutions politiques aux besoins sociaux.
 
De l’intelligence des ânes
mardi 20 novembre 2007

Des confluents humains déboulent de villages proches. D’autres ont voyagé des heures en bus, du fin fond des campagnes. Des zones populaires de Barquisimeto aux rues mouillées de Monagas, des multitudes invisibles dans les médias occidentaux font campagne pour le “oui”. La première assemblée constituante, en 1999, n’avait pas bénéficié d’une telle mobilisation. On critiqua les députés qui préféraient discuter á huis-clos plutôt que sur la place publique. Huit ans plus tard, le ressort de la participation populaire ne fait que bondir. Des millions de copies de la réforme circulent de main en main. Ici, un joueur de saxophone ponctue la lecture publique des articles, là un cercueil enterre la vieille constitution pendant que des femmes indigènes appellent á voter “oui” en wayuu ou en warao. L’article 100 rétablit le rôle central des communautés indigènes et afro-américaines dans la culture nationale. Sur les kiosques á journaux ou sur les vitres des autobus, les manifestants peignent le numéro des articles les plus importants et le visage de Simón Bolívar. “Nous devons chercher notre constitution et nos lois non pas á Washington mais dans notre réalité” disait en 1819 le libérateur de l’Amérique Latine, créateur historique du concept de “sécurité sociale”.

Fiché dans un caddy rempli de pommes de terres, un drapeau rouge salue une marche en faveur de la réforme á Caracas. “Nous ne sommes pas des pierres qui vivons de rien !” explique Margarita Garcia, qui pousse l’étal roulant. La réforme, pour elle, c’est d’abord l’article 87 qui donne á 4,9 millions de travailleurs “informels” les mêmes droits qu’á tous les autres. Sa mère qui vend des empanadas cent mètres plus loin aura droit á une retraite. L’État étend l’ensemble de la protection sociale - pensions, soins, allocations, vacances - aux domestiques, chauffeurs de taxi, artistes, coiffeurs, pêcheurs, artisans, prostituées, chauffeurs de bus, femmes au foyer.

Ces femmes qui toute leur vie lavent et repassent le linge de la classe moyenne et font briller les lavabos du patron, ont réélu Chavez en décembre 2006 sur la base d’un programme clair : accélérer le socialisme. “Tous les articles sont en faveur du peuple, c’est la preuve que ce gouvernement dépend de nous” explique la vendeuse de légumes. Alors qu’ailleurs la gauche renonce á arracher le temps humain au temps du travail, la révolution bolivarienne libère du temps pour vivre. L’article 90 réduit la journée de travail á 6 heures. Du temps pour se retrouver en famille, avec les amis, pour se former, pour accéder á l’offre culturelle croissante. En 2007, la moitié de la population étudie. 35 millions de livres sortent de la nouvelle imprimerie du Ministère de la Culture. “Donne des années a ma maman” dit Yermilin la fillette á qui manque une dent et qui se tord les bras, “je veux partir en vacances des années”. Des dizaines de milliers d’emplois nouveaux seront créés, s’ajoutant á la baisse de 10,1 % du chômage grâce a quatorze mois successifs de forte croissance. (1)

“Sans donner le pouvoir aux pauvres, comment résoudre la pauvreté ?” a répété le président Hugo Chavez. Le territoire de la république, formée aux trois quarts de secteurs populaires, est refondu en fonction des intérêts sociaux. Autour d’une figure-clef : la commune (art. 184). Les articles 70 et 136 font du pouvoir populaire le pilier du nouvel État. Sont validés comme mécanismes de participation et de décision les conseils de travailleurs, d’étudiants, de paysans, d’artisans, de pêcheurs, de femmes, etc.. Leurs décisions auront un “caracter vinculante” - force de loi.

L’opposition proteste : “Le peuple n’est pas suffisamment instruit, n’est pas prêt, il n’est pas capable d’exercer le pouvoir”. “C’est le peuple qui connait les déficiences de chaque communauté et avec ce pouvoir supplémentaire, nous les pauvres nous pourrons résoudre directement nos problèmes” répond Arsenio, chauffeur de taxi de l’État de Trujillo. “Avant la femme restait a la maison avec les enfants, aujourd’hui elle peut aussi représenter le conseil communal, être ministre, gouverneur, maire, nous en avons la capacité ! Le principal c’est de continuer a nous former politiquement, socialement” se réjouit Florencia Pacheco, de l’État d’Aragua.

Lucides, les partisans du “oui” dénoncent les obstacles posés par les maires ou les gouverneurs “chavistes d’occasion” á cette démocratie participative qui menace leurs intérêts. Ces opportunistes freinent l’information sur ces nouveaux pouvoirs et voudraient limiter les conseils communaux au rôle de l’Asociación de Vecinos, courroie de transmission sur laquelle s’était édifié le clientélisme des gouvernements antérieurs. Pour éviter l’enlisement, le président Chavez annonce qu’en cas d’approbation de la réforme il accélérera le transfert des ressources aux communautés organisées. En 2008 9 milliards de bolivars iront directement au 80.000 conseils communaux, qui atteignent déjà le nombre de 35000 en 2007. Le budget participatif de Porto Alegre (Brésil) fut un brouillon timide de ce qui se réalise ici á l’échelle d’un pays. Des centaines de milliers d’habitants de quartiers gèrent déjà collectivement les fonds publics, rasant eux-mêmes les bidonvilles pour y construire des logements humains, réparer les rues, installer l’éclairage public ou les égouts, construire des écoles ou des centres culturels, créer des coopératives et des activités socio-productives de toute sorte.

La réforme s’attache aussi á démocratiser la propriété privée, en étendant son accès aux secteurs populaires (art. 229, 115). Ce qui inspire á la chaîne Globovision des remakes dignes de la Guerre froide. Un fonctionnaire entre dans une boucherie, demande á voir le propriétaire. “C’est moi” dit le boucher. “Á partir d’aujourd’hui ce commerce n’est plus á vous mais au gouvernement” lui répond l’employé... La campagne indigne le président Chavez : “C’est le capitalisme qui a attaqué la propriété privée, qui l’a limitée á une élite ! Combien de paysans ont dû vendre leur terre ou se la sont fait voler ? Combien de pauvres expulsés de leurs maisons, combien de millions de sans-toit aux États-Unis, en Amérique Latine ? Combien de mères qui ne peuvent même pas s’acheter un biberon, un cahier pour leurs enfants ? Avec l’État, qui stimule la construction de bâtiments ou la production d’automobiles bon marché, nous démocratisons l’accès a la propriété privée“. Autre article appuyé par les milieux populaires, le 82. “Avant en cas de problème de paiement on pouvait vous prendre votre maison, la banque pouvait mettre la main dessus, plus maintenant. Le droit au foyer sera inviolable” explique Jair González. Pour Rowan Jimenez d’INVEPAL une usine á papier sauvée de la faillite par les travailleurs, depuis nationalisée et cogérée avec l’État, le plus important est le contrôle de la banque centrale en faveur du développement, la rupture des grands monopoles et la prohibition des latifundios (articles 318, 236, 321, 113 , 307). Les cinéastes, dont la liberté de créer était freinée par la concentration de la distribution cinématographique au service de l’industrie nord-américaine, se voient favorisés par l’article 98 qui établit les droits culturels et les droits d’auteur. “Pouvoir créer librement, c’est nous ouvrir au monde” approuve Carlos Azpúrua.

La réforme intensifie la démocratie dans de nombreux domaines. L’article 64 donne le droit de vote aux citoyen(ne)s dès 16 ans, une révolution en soi. L’article 21 rejette toute forme de discrimination ethnique, de genre, d’âge, de santé, sexuelle, sociale, politique ou religieuse. L’article 109 consacre l’autonomie de l’université et l’élection des autorités par l’ensemble de la communauté universitaire, employés, étudiants, ouvriers. “C’est la récompense de nombreuses années de luttes” pour Alejandra Torres, étudiante de l’UCV : “beaucoup d’étudiants sont morts pour cet idéal sous les gouvernements antérieurs. Avec des autorités légitimes, on aura enfin un vrai débat d’idées sur la politique universitaire”.

Le “non” á la réforme, perdant dans les sondages, est martelé par les télés privées comme Globovision, ou RCTV dont on croit encore, hors du Venezuela, qu’elle a été “fermée par Chavez” (2). Au Venezuela l’opposition possède la majorité des médias - radio, presse écrite, télévisions. La liberté d’expression est totale. La haine de classe et le racisme sont intacts à Globovision, Venevision, Televen ou RCTV et leurs filiales qui occupent 80 % du spectre radioélectrique.

Plus la démocratie s’approfondit au Venezuela, plus les transnationales médiatiques, actrices á part entière de la globalisation néo-libérale, attaquent “la dictature de Chavez”. Avec le même mépris social pour le peuple vénézuélien que pour ceux qui, en Europe, font grève contre les privatisations ou disent non aux traités néo-libéraux. Pour convaincre l’opinion mondiale que le Venezuela est au bord de l’insurrection contre un “futur Castro”, la technique consiste á cadrer serré des groupuscules d’opposition (par exemple des étudiants d’universités privées qui refusent l’intégration des secteurs populaires dans l’enseignement supérieur) lorsqu’ils provoquent les forces de l’ordre. A Paris ou á Tokyo, la télé montre la "violence" comme si elle était le fait de la population en général. Le spectateur ne verra jamais le hors-champ réel : une foule indifférente ou agacée par ces mises en scènes sur commande.

Le Monde, Libération, l’AFP, El País, France-Inter ou le Washington Post résument la réforme au “pouvoir á vie pour Chávez”. L’article 230 donne á la population le droit de réélire qui elle veut autant de fois qu’elle le voudra, un droit démocratique dont jouissent déjà les populations du Royaume-Uni, de France, d’Espagne, d’Allemagne, d’Autriche, d’Irlande, d’Italie ou du Portugal. En supposant que la population l’approuve lors du référendum de décembre, celle-ci restera libre de trancher ultérieurement entre les candidats des différents partis, comme dans n’importe quelle démocratie. Tous les scrutins organisés au Venezuela sous les mandats successifs de Hugo Chavez, une dizaine déjà, ont été jugés transparents par les observateurs internationaux, Union Européenne et Organisation des États Américains y compris.

Toute ces campagnes médiatiques n’entament pas le moral d’Héctor Láres, ouvrier du bâtiment, qui croit dans la victoire éclatante du “oui” : “Ils veulent nous faire marcher á coups de carottes mais ils oublient que l’âne est un animal extrêmement intelligent”.

Caracas, 20 novembre 2007.

(1) voir “l’économie venezuelienne sous Chávez”, Mark Weisbrodt et Luis Sandoval, www.cepr.net juillet 2007.

(2) RCTV continue á diffuser sa programmation habituelle et transmet aussi sur internet : www.rctv.net.


Thierry Deronne Licencié en Communications Sociales (IHECS, Bruxelles). Vice-président de la télévision publique Vive TV, Caracas
 
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26 novembre 2007 1 26 /11 /novembre /2007 21:39
Appel du Comité National pour un Référendum
 
 
Un nouveau traité -dit traité de Lisbonne- vient d'être approuvé par les dirigeants européens suite au rejet du projet de traité constitutionnel refusé majoritairement par les Français et les Néerlandais lors des référendums de mai et juin 2005.

C'est donc à nouveau le suffrage universel qui doit trancher par référendum.

Sur un sujet qui a tant d'influence sur la vie de chacun et l'avenir de la France, l'organisation d'un nouveau référendum est une exigence démocratique majeure pour notre pays. C'est aussi une nécessité pour la construction européenne qui doit être fondée sur l'adhésion des peuples et la souveraineté populaire.

Seule une mobilisation sans précédent des citoyens peut obliger le président de la République à organiser un référendum. Il y sera contraint s'il n'obtient pas, début 2008, 3/5 des suffrages exprimés des parlementaires pour la modification préalable de la Constitution française, nécessaire à la ratification du nouveau traité européen.
Ainsi les députés et les sénateurs ont le pouvoir d'imposer le référendum, en votant contre cette révision de notre Constitution.

C'est pourquoi des personnalités diverses, les signataires de différents appels déjà lancés sur ce sujet, ont décidé de rassembler leurs efforts au sein d'un Comité National pour un Référendum.

Nous appelons en urgence toutes celles et tous ceux qui sont attachés à la démocratie et à une Europe fondée sur l'adhésion des peuples, qu'ils soient pour ou contre ce nouveau traité, à nous rejoindre pour empêcher un déni de démocratie et exiger la tenue d'un référendum.
 
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25 novembre 2007 7 25 /11 /novembre /2007 22:49
Une femme de 23 ans meurt après avoir été poignardée dans le RER D
 
SENLIS (AFP)
 
 Une étudiante de 23 ans est morte dimanche vers midi peu après avoir été découverte grièvement blessée dans une rame du RER D à Creil (Oise), atteinte de plusieurs coups de couteau, a-t-on appris de source judiciaire.
La jeune femme résidant à Orry-la-Ville (Oise), près de Senlis, a été retrouvée vers 11H50 par deux voyageurs qui montaient dans une rame à la station terminus de Creil du RER D.
La victime a été retrouvée grièvement blessée de plusieurs coups de couteau au niveau de la poitrine et portant également des traces de coup sur le visage. Elle est décédée peu après l'arrivée des secours, a précisé le parquet de Senlis.
Le pompiers et le Samu, qui sont arrivés rapidement sur les lieux, ont tenté en vain à plusieurs reprises de réanimer la victime qui était alors en arrêt cardiaque. Les secours avaient été appelés pour "une personne inconsciente sur le quai".
L'étudiante a été retrouvée par les deux voyageurs dans le deuxième wagon de la rame du RER D qui était arrivé à Creil en provenance de Paris. Le lieu exact où le corps se trouvait n'a pas été précisé.
La rame a été immobilisée à la gare de Creil afin de permettre aux enquêteurs de la police technique et scientifique, venus en combinaison blanche sur les lieux, de récolter des indices. Les policiers ont également visionné les bandes vidéo enregistrées par les caméras de surveillance placées sur les quais et dans les gares.
La SNCF, qui exploite la ligne D du RER, n'a pas souhaité faire de commentaires et a simplement indiqué que le trafic était assuré.
Les policiers s'attachaient à retrouver d'éventuels témoins du drame qui s'est déroulé un dimanche à une heure où le RER est assez peu fréquenté. Ils souhaitaient entendre le conducteur de la rame.
L'antenne de Creil de la police judiciaire (DIPJ) de Lille a été chargée de l'enquête par le parquet de Senlis.
Ce dernier a évoqué par ailleurs une autre agression dans un train qui se serait déroulée à Survilliers, dans le Val-D'Oise, mais sans qu'aucun lien ne puisse être fait avec l'affaire de Creil.
Le ministre de l'Intérieur, Mme Michèle Alliot-Marie, a affirmé dimanche soir que "tout était mis en oeuvre pour identifier les auteurs" de ce crime "odieux".
Avec 520.000 voyageurs par jour en moyenne, la ligne D du RER est la plus fréquentée d'Ile-de-France qu'elle traverse sur 160 km du nord au sud, avec une soixantaine d'arrêts. Dimanche, le trafic n'était toujours pas complètement rétabli sur cette ligne après la grève. L'interconnexion entre la partie nord et la partie sud ne sera rétablie que lundi.
Cette ligne s'était rendue célèbre en juillet 2004 lors de l'agression dite du RER D, quand une jeune femme de 23 ans avait dit avoir été victime d'une agression antisémite, avant d'avouer quelques jours plus tard avoir tout inventé.
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25 novembre 2007 7 25 /11 /novembre /2007 22:43
Les étudiants bolivariens prennent Caracas
 
 

PAR ANTONIO BORREGO ET CALIXTO N. LLANES

En démonstration de soutien à la Réforme constitutionnelle et au président Hugo Chavez, des dizaines de milliers d'étudiants universitaires partisans du projet révolutionnaire ont envahi les rues ce mercredi et défilé jusqu'au Palais de Miraflores, lors d'une manifestation de jeunes considérée comme l'une des plus importantes de l'époque bolivarienne.

Les étudiants bolivariens prennent CaracasVenus des 24 États du pays, les universitaires se sont rassemblés depuis les premières heures de la matinée sur la Place Venezuela, au cœur de Caracas, et se sont dirigés ensuite vers le Palais de Miraflores, où, le président Hugo Chavez a fait son apparition dès son retour de sa tournée réussie.

« Vous êtes le carburant le plus puissant de la révolution », s'est-il exclamé en faisant allusion à la manifestation des étudiants qui l'attendaient depuis plusieurs heures et il a ensuite ajouté : « Je vous attends ici le 2 décembre pour fêter la victoire du Oui ».

Cependant, a-t-il déclaré, le jeu ne se termine qu'au coup de sifflet final, c'est pourquoi il a aussi souligné l'importance de continuer de travailler sans relâche, de mobiliser toutes les forces révolutionnaires en faveur de la Réforme et d'être vigilants face la déstabilisation, la confusion et toutes les manœuvres de l'oligarchie.

Le monde étudiant bolivarien a particulièrement bien accueilli l'article 64 – consacré au droit de vote à partir de 16 ans – et le 109e qui revendique le pouvoir populaire estudiantin et qui ouvre la voie à la démocratisation des universités comme preuve de l'approfondissement de la révolution.
 
Samedi 24 Novembre 2007
 
     www.granma.cu
 
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