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23 août 2007 4 23 /08 /août /2007 21:27
Des policiers français "molestés" en raccompagnant des Guinéens expulsés
 
PARIS (AFP)
 
 Six policiers français ont été "molestés" et "légèrement blessés" le 16 août, à leur descente d'avion à Conakry, en Guinée, en raccompagnant deux ressortissants de ce pays expulsés de France, a-t-on appris de sources policières jeudi confirmant une information de RTL.
 
Selon le procès-verbal (PV) de ces incidents dressé par les fonctionnaires de la police aux frontières (PAF) et dont l'AFP a eu connaissance, les six policiers, appartenant également à la PAF, ont affirmé qu'ils avaient été reçus à Conakry "par un comité d'accueil" dont "faisaient partie deux policiers guinéens". L'un d'entre eux "a frappé l'un des fonctionnaires français", poursuit le document.
Les policiers, qui souffrent de contusions et de douleurs costales et dorsales, ont également été "insultés" et "pris à partie" par plusieurs personnes mais ils ont pu regagner la France via Casablanca, au Maroc, sans encombre, toujours selon le PV.
Ils accompagnaient deux Guinéens sans papiers expulsés de France et qui avaient fait l'objet d'une mesure de reconduite à la fontière.
Un responsable de la PAF à l'aéroport de Roissy a confirmé à l'AFP que ces fonctionnaires avaient été "pris à partie", ce qui "arrive assez fréquemment", selon lui.
Toujours selon le PV, les deux Guinéens expulsés étaient "agressifs" dès leur embarquement dans un avion à Roissy en France. Ils "se sont mis à hurler et à vociférer", à "rallier les passagers à leur cause". Dès avant le décollage, plusieurs passagers ont accusé les policiers d'être "inhumains". Ils ont pris "fait et cause" pour les expulsés et préparé un "comité d'accueil hostile" en Guinée par téléphone portable.
L'avion a ensuite fait une halte mouvementée à Casablanca, au Maroc, après un voyage que les policiers décrivent comme très tendu.
A 4h30 le 16 août, à leur arrivée à l'aéroport de Conakry, les policiers de la PAF ont été "pris à partie (...) sous une nuée d'insultes", essuyant une "multitude de coups de poing et de pied".
Des policiers guinéens les ont ensuite insultés en présence d'un commissaire et alors qu'un calme précaire était revenu dans l'aérogare. "La colonisation est finie", a notamment lancé une femme policière guinéenne, selon le même document.
Jean-Claude Delage, secrétaire général d'Alliance (2e syndicat de gardiens de la paix) a dénoncé ces faits auprès de l'AFP. "Nos collègues de la PAF ont appliqué la loi dans le cadre de leur déontologie". "Ce qui s'est passé n'est pas acceptable d'autant qu'il y avait des policiers guinéens".
Il réclame une "protection exemplaire" pour ces missions de police.
 
 
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22 août 2007 3 22 /08 /août /2007 18:35
La menace nucléaire israélienne

Bernard Ravenel
 
 
 
Alors que se sont multipliés les appels alarmistes pour agir contre la menace nucléaire, encore virtuelle, de l’Iran sur Israël, aidés en cela par les déclarations provocatrices du président Ahmadinejad, personne en France ne rappelle qu’Israël - qui possède la bombe depuis 40 ans - prépare méthodiquement contre l’Iran une attaque nucléaire dans l’attente d’une possible décision politique en ce sens. Une « attaque défensive » bien sûr. Et quand un journaliste indépendant anglosaxon ose le démontrer, il est immédiatement démenti.
Le 7 janvier 2007, les autorités israéliennes ont démenti les informations de l’hebdomadaire britannique The Sunday Times - toujours bien informé sur le nucléaire israélien [1].- selon lesquelles l’armée israélienne aurait mis au point un plan d’attaque et de destruction des installations nucléaires iraniennes : « Cette histoire est inexacte, Israël appuie à 100% les efforts de la communauté internationale pour stopper le programme nucléaire iranien », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères [2]. Ce « démenti » n’est en rien une infirmation de la thèse du Sunday Times. Comme d’habitude, il minimise l’information. L’histoire est « inexacte » mais ne peut nier l’existence du plan. Et, tout en affirmant soutenir les efforts de la communauté internationale, il se prépare à dire qu’il faut « tirer les conséquences du marché de dupes de négociations reconduites indéfiniment, sans résultat » [3]. Il faut « des réactions occidentales renforcées » [4] (car les dirigeants israéliens craignent le veto russe ou chinois au Conseil de sécurité). En clair, il faut la guerre ... « afin d’éviter le pire ».
L’armée d’Israël s’est soigneusement préparée pour cette guerre qui prévoit, toujours selon The Sunday Times, l’emploi de mini-bombes nucléaires pour percer les bunkers. Tout le problème est d’obtenir la couverture stratégique des Etats-Unis. Israël se trouve ainsi à l’heure de choix décisifs pour son avenir même.
 
Un Etat nucléaire
L’histoire de la construction par Israël d’un arsenal nucléaire puissant et sophistiqué, sans jamais en admettre l’existence, commence l’année même de sa naissance. En 1948, une unité scientifique de l’armée commence les prospections qui mènent à la découverte d’uranium dans le désert du Néguev. En même temps, l’institut Weizmann se concentre sur la recherche nucléaire en collaboration étroite avec les Etats-Unis qui lui fournissent les équipements et les technologies. Pour produire le plutonium nécessaire à la fabrication de la bombe, Israël a besoin d’un réacteur qu’il obtient de la France. Il sera construit à Dimona dans le Néguev. En 1966, l’installation de Dimona commence à produire des armes nucléaires [5].
Au bout du compte on peut dire qu’aujourd’hui Israël a ainsi construit environ 400 armes nucléaires d’une puissance cumulée de 50 mégatonnes équivalent à 3850 bombes d’Hiroshima. Comme vecteurs nucléaires, les forces armées israéliennes sont dotées de 300 chasseurs-bombardiers (F16 et F15) armés de missiles israélo-américains. Trois sous-marins fournis par l’Allemagne sont aussi dotés de missiles de croisière nucléaires. Enfin, il faut ajouter 50 missiles balistiques Jéricho II sur rampes mobiles de lancement de longue portée (1500 à 3000 km). Malgré les résolutions répétées par lesquelles l’Assemblée générale des Nations unies a confirmé « sa condamnation du refus d’Israël de renoncer à la possession des armes nucléaires » et a demandé au Conseil de sécurité de prendre des « mesures urgentes pour qu’Israël applique la résolution 487 du Conseil lui-même dans laquelle il demande que celui-ci mette ses installations nucléaires sous la juridiction de l’AIEA » (Résolution 44/121 du 15 décembre 1988), l’arsenal nucléaire israélien, toujours plus déstabilisant et dangereux, continue à être « ignoré » par les gouvernements des « grandes démocraties occidentales ».
Ainsi, en refusant d’emblée, dès 1968, de signer l’accord du Traité de non-prolifération (TNP) au motif qu’on ne peut se fier au système de contrôle international mis en place par l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique), Israël manifeste son refus de se voir contrôler par celle-ci. Ipso facto, il démontrait son intention de mener à bien, sans entrave, un projet nucléaire militaire qui ouvrait la porte à la fois à la prolifération nucléaire régionale et à l’emploi d’armes nucléaires. La production par Israël de missiles de longue portée devant d’évidence porter des têtes nucléaires démontre bien sa volonté de se préparer à l’hypothèse de la guerre nucléaire.
 
L’option nucléaire
En fait l’option nucléaire a été au centre de la stratégie de sécurité d’Israël depuis plus de cinquante ans. Depuis presque autant de temps, les pays arabes, en commençant par l’Egypte dans les années soixante, ont tenté de réaliser une sorte d’équilibre de la terreur nucléaire avec Israël. N’ayant pu y parvenir, certains pays ont développé une capacité de dissuasion face à l’arsenal nucléaire israélien, avec des armes chimiques. Les enjeux nucléaires dans le contexte du conflit israélo-arabe ont été particulièrement visibles dans le cas de l’Irak.
La première fois que les armées israéliennes mirent en jeu leur arsenal nucléaire, constitué alors d’à peine quelques bombes, fut en juin 1967 pendant la Guerre des Six jours. Plus précisément la centrale de Dimona pouvait être une cible de l’aviation égyptienne. C’est pour éviter ce risque que le Premier ministre israélien Lévi Eshkol aurait décidé la destruction préventive de l’aviation égyptienne. Au lieu de jouer un rôle de dissuasion le nucléaire aurait joué un rôle d’escalade [6].
Les forces israéliennes se préparèrent de nouveau à utiliser les armes nucléaires, quand au début de la guerre d’octobre 1973 elles se trouvèrent en difficulté face à l’attaque syro-égyptienne. La décision de mise en alerte nucléaire fut prise secrètement le 8 octobre par la Première ministre Golda Meir et par le ministre de la défense Moshe Dayan. Treize missiles Jéricho-1 armés de têtes nucléaires furent déployés pour être éventuellement lancés sur l’Egypte et la Syrie [7]. En 1991 durant la première guerre du Golfe, en 2003 durant la seconde, les forces israéliennes se sont préparées à utiliser des armes nucléaires contre l’Irak. Et en dehors des crises il est certain qu’une bonne partie de ces armes sont prêtes à être lancées à tout moment...
 
Monopole nucléaire et doctrine de guerre préventive
Tour en développant quantitativement et qualitativement leur propre arsenal nucléaire, les gouvernements israéliens ont cherché par tous les moyens possibles à conserver au Moyen-Orient le monopole de ce type d’armes. Il s’agit là d’un choix stratégique majeur : Israël affirme sa détermination à empêcher la réalisation de tout programme nucléaire dans la région.
C’est dans ce cadre stratégique que se situe, en accord discret avec Washington, l’attaque surprise du 7 juin 1981 par une escadrille de chasseurs-bombardiers israéliens du réacteur de Tamouz-1 qui devait entrer en fonction à Osirak en Irak. Pour la première fois dans l’histoire, un Etat accomplit un acte de guerre contre un autre Etat dans le cadre de la logique de la guerre nucléaire, et ce selon la doctrine de la première frappe, préventive, qui peut détruire par surprise l’essentiel de l’arsenal nucléaire de l’adversaire. Un plan analogue est, d’évidence, déjà prêt pour l’Iran.
L’opération Osirak est devenue le principe stratégique de la politique israélienne décidée à maintenir son monopole nucléaire dans la région. C’est ce qu’on a appelé la « doctrine Begin ». Cette doctrine est mise en cause dès le lendemain d’Osirak : les pays qui développeront dans la région un programme nucléaire prendront bien soin de le disperser et d’enterrer leurs installations. Avec l’arrivée des missiles balistiques, la configuration stratégique est totalement nouvelle. Face à eux, il n’existe pas de réponse défensive garantie. D’où la nécessité pour Israël de remettre en question sa conception de la sécurité issue des années cinquante. Désormais, l’adversaire dispose d’une force de dissuasion qui peut devenir nucléaire, chimique ou bactériologique. Face à ce risque d’agression à distance qui nécessiterait une nouvelle forme de dissuasion plus « stabilisante  », les dirigeants israéliens maintiennent leur « vieille doctrine » définie par Ben Gourion et qui était fondée sur le principe de la « défense offensive  », celle qui consiste à porter la guerre sur le territoire ennemi afin d’annihiler sa machine militaire [8]. En même temps on se dote d’une capacité de deuxième frappe, en particulier avec des sous-marins.
 
Une culture de l’agression
Israël, en effet, n’entend pas renoncer à l’attaque préventive y compris nucléaire pour garder à tout prix le monopole régional. En fait, la doctrine a été définie par les Etats-Unis en 2002 qui ont décidé d’intégrer les armes nucléaires dans la doctrine de « l’attaque préventive ».
Il s’agit de se préparer à des « interventions défensives consistant en des attaques préventives contre des nations ou des groupes hostiles qui apparaissent déterminés à utiliser des armes de destruction de masse contre les Etats- Unis ». Israël, comme les Etats-Unis, peut décider de mener « une attaque préventive sans préavis » même avec des armes nucléaires.
Ainsi les dirigeants israéliens s’estiment confortés par la nouvelle doctrine de George W. Bush dans sa conception très particulière de la dissuasion. Pour Israël « ce concept est offensif, la dissuasion est vécue comme une coercition anticipée ou par des représailles cinglantes. C’est l’usage de la force qui, pour Israël, convainc son entourage de l’inanité de l’action » [9]. En dernière analyse, la réorganisation des « forces de défense » en termes de doctrine et de systèmes d’armes se réalise de telle manière qu’elle encourage dans les pays voisins une logique de course aux armements et, en particulier, de prolifération d’armes de destruction massive. [10] L’Etat d’Israël sera inévitablement perçu comme un ennemi dangereux et poussera ses adversaires potentiels à se doter d’une capacité analogue. Ainsi Israël risque de donner corps à des menaces comme à une prophétie qui s’auto-réalise. Tel est le dilemme posé par l’Iran.
On mesure ainsi le niveau de gravité de la situation régionale à la veille d’une possible « attaque préventive » américano- israélienne contre l’Iran. La conséquence immédiate en serait une prolifération nucléaire irréversible, transformant le Moyen-Orient en région truffée d’armes nucléaires. Le cataclysme nucléaire serait à moyen terme difficilement évitable. On peut espérer du côté américain un sursaut de rationalité pour empêcher l’irréparable. Mais la question définitive contre la prolifération nucléaire au Moyen-Orient est à rechercher sur le plan politique, dans la solution des conflits en cours à partir de la question palestinienne, avec la perspective de constituer une « zone libre d’armes nucléaires » au Moyen-Orient, perspective préparée par un renforcement du régime actuel de non-prolifération, c’està- dire des instruments de contrôle de l’AIEA. A commencer par Israël.
 
[1] C’est cet hebdomadaire qui a, en 1986, publié les révélations de M. Vanunu (après vérification auprès des meilleurs experts)
[2] Le Monde, 9 janvier 2007.
[3] « Appel aux dirigeants européens », encadré publicitaire Le Monde, 29 septembre 2006.
[4] « Appel aux dirigeants européens » (suite), encadré publicitaire Le Monde, 31 janvier 2007. Il y aurait beaucoup à dire sur cette série d’énormes encadrés dont le contenu propagandiste grossier et le caractère répétitif et obsédant dépassent les normes habituellement admises.
[5] Sur l’histoire du nucléaire israélien, cf. « Israël, une menace nucléaire globale », Pour la Palestine n°40, décembre 2003.
[6] cf. JF Daguzan, « Le nucléaire israélien et la stabilité du Proche-Orient », Maghreb-Machrek n°180, été 2004 ; page 90.
[7] Certains spécialistes pensent que c’était une manière de chantage et pression sur les Américains pour qu’ils accélèrent leurs livraisons d’armes conventionnelles.
[8] Shlomo Ben Ami, ancien ministre travailliste israélien.
[9] JF Daguzan, op.cit. ; page 102.
[10] Il faut insister sur le fait que cette stratégie visant à frapper le premier par surprise est fondamentalement déstabilisante car elle favorise la partie qui frappe la première. Donc l’autre partie, pour éviter ce désavantage initial, aura tendance à vouloir en faire autant - et en tout cas à se donner les moyens de représailles aussi foudroyantes. La prolifération nucléaire - et d’une manière générale la course aux armements- sont « alimentées » par cette logique de fous. D’où la nécessité vitale d’un contrôle international des lieux où sont entreposées et déployées les armes de destruction massive, avant leur démantèlement ...
 
 
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21 août 2007 2 21 /08 /août /2007 21:46
LILLE (Reuters) –
 
 Trente-neuf sans-papiers en grève de la faim ont été évacués de leurs campements par la police à Lille, Roubaix, Tourcoing et Valenciennes, dans le Nord, apprend-on auprès d'un de leurs soutiens.
"Il y a eu une rafle ce matin de 39 sans-papiers", a confirmé Roland Diagne, porte-parole du Comité des sans-papiers du Nord (CSP 59).
"Les grévistes de la faim ont été amenés à la Police aux frontières afin de les trier", a-t-il ajouté, précisant que leur sort dépendrait de leur état de santé.
"Certains iront sans doute en centre de détention, d'autres seront hospitalisés", a-t-il déclaré.
Quelque 150 sans-papiers, dont une soixantaine en grève de la faim, avait été évacués le 1er août de la Bourse du travail de Lille, alors qu'ils demandaient leur régularisation.
Une partie d'entre eux campait depuis à proximité de l'hôpital Saint-Vincent et du CHU à Lille, ainsi que des hôpitaux de Valenciennes, Roubaix et Tourcoing.
Les sans-papiers sont engagés depuis plusieurs mois dans un bras de fer avec Daniel Canépa, préfet du Nord, qui refuse toute régularisation groupée.
Sur les quelques 150 personnes évacuées le 1er août, 86 avaient été placées en rétention mais au moins 72 avaient été remises en liberté par des juges des libertés et de la détention.
 
APPEL A UN REEL DIALOGUE
 
Deux sans-papiers Guinéens ont été renvoyés dans leur pays mercredi dernier.
Daniel Canépa avait proposé le 16 août un dispositif "de sortie de crise" qui prévoyait le réexamen des dossiers des 150 sans-papiers, dont les grévistes de la faim.
L'accord avait été signé par six associations humanitaires mais rejeté par le CSP 59, la Ligue des droits de l'homme (LDH) et le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap).
"Nous sommes dans une impasse avec le préfet", a jugé Roland Diagne mardi.
Dans un communiqué commun, la LDH et le Mrap ont demandé la libération de tous les sans-papiers interpellés et leur hospitalisation.
"Nous ne pouvons que condamner ces interpellations, réclamer la mise en liberté des personnes arrêtées et demander l'ouverture d'un réel dialogue", écrivent-ils.
"Les efforts de plusieurs années, les souffrances de deux mois de grève de la faim ne peuvent déboucher sur des charters et sur un retour dans un pays d'origine qu'ils ont fui parce que leur vie n'y était plus possible", ajoutent-ils.
Selon la LDH et le Mrap, "les interpellations policières sans accompagnement sanitaire accroissent les risques graves encourus par les grévistes et nous réclamons leur hospitalisation".
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18 août 2007 6 18 /08 /août /2007 18:18
 
DESHUMANISATION DES EXPULSES D ASNIERES SUR SEINE
 
 
TROISIEME CAMPEMENT DE FAMILLES SANS LOGIS EN ILE DE FRANCE
 
Après le campement de la Coudraie à Poissy, celui de la Maladrerie à Aubervilliers un nouveau campement a été installé depuis vendredi 10 août cette fois-ci à proximité de l’hôtel expulsé du 56 rue Diderot à Asnières sur Seine.
Le matin, les forces de l’ordre ont expulsé une soixantaine de familles avec enfants d’un hôtel situé au 56 rue Diderot à Asnières sur Seine suite à un arrêté pris par la mairie « l’hôtel ne répondait plus aux normes incendie » selon la mairie.
 
Toute évacuation doit être obligatoirement suivi d’un relogement.
 
4 nuits d’hôtels ont été proposées aux familles et après ces nuitées d’hôtels, elles devraient prendre contact avec le Samu Social.
Cette proposition a été refusée par les familles qui ont décidé de monter un campement devant l’hôtel en attendant de réelle solution de relogement.
Ces familles, parmi lesquelles de très nombreux enfants, inscrites comme demandeurs de logements sont des victimes de la crise du logement.
Depuis la loi de décentralisation de 2004, le contingent préfectoral réservé aux plus démunis a été délégué au Maire d’Asnières sur Seine.
Ce vendredi soir, sous la pression des familles, la mairie a accepte d’ouvrir un local pour héberger les femmes et le enfants pour le week-end. Les hommes restent à l’extérieur sur le trottoir vu que le refuge pour S.D.F que leur propose provisoirement la mairie d’Asnières a été conçu pour héberger temporairement 10 S.D.F au plus. Au base, la mairie avait demandé aux hommes de choisir dix de leur femme avec enfants afin qu’elles occupent le site, les autres étaient sensés dormir dehors avec les hommes. Ces derniers leur ont fait savoir qu’ils ne pouvaient trancher sur une décision aussi insensée qu’inhumaine. Les enchères sont donc montées à 15 femmes au lieu de 10. Les hommes sont restés sur leur refus de trancher. Et ont accepté de dormir dehors à même le béton à condition que toutes les femmes et tous les enfants intègre le refuge sensé accueillir 10 S.D.F. La mairie a finalement refusé en insistant bien sur le fait que les hommes devaient impérativement rester dehors qu’il neige, pleuve ou vente. Leur refusant même au départ l’accès au sanitaire. Pour veiller à cela les services de la mairie ont mis en faction des agents de police municipale qui filtrent l’entrée des hommes dans le refuge. Cet habitat initialement conçu pour recevoir temporairement une dizaine de S.D.F abrite donc temporairement plus d’une trentaine de femmes (dont certaines sont en ceinte), et plus d’une trentaine d’enfants en bas âges. L’ensemble des expulsés doit s’organiser pour utiliser les 2 douches, les trois lavabos et l’unique toilette mis à leur disposition. Dans ce contexte il est utile de souligner qu’à chaque fois qu’un homme (qui dort à l’extérieur sur le trottoir) demande à aller aux toilettes, il est accompagné par un agent de la police municipale qui veille au bon déroulement de sa vidange. En ce qui concerne les stocks de nourriture essentiellement constitués de dons offerts par des citoyennes solidaires, ils sont sous clefs. Cette clef est conservée par un des agents de la police municipale en faction devant et à l’intérieur du refuge. C’est aux expulsés d’en faire la demande à chaque fois qu’ils ont besoin de quelque chose. Cette situation indigne et infantilisante tend à leur rappeler (in)consciemment qu’il ne sont pas là chez eux, mais a surtout la fâcheuse conséquence d’agacer certains des agents de la police municipale qui se montre réticents à faire de multiple aller-retour pour veiller à ce que les expulsés soient bien approvisionnés* .
 
 Avec ces familles, nous demandons une table ronde avec la préfecture, la municipalité, les familles et les soutiens, nous demandons un relogement décent et durable des familles expulsées, si nécessaire par la loi de réquisition, nous demandons l’arrêt des expulsions sans relogement.
 
Vous pouvez témoigner votre soutien en vous rendant à l’adresse suivante : « Le Havre » situé au 59 boulevard Voltaire face au dépôt de Bus RATP à Asnières.
Ces familles ont besoin de nourritures, couverture, articles de soins : lingettes, couches…
 
Assister sans rien faire à de tels actes d’intimidation et de déshumanisation, c’est accepter d’être COMPLICE. Aujourd’hui c’est eux demain ce sera NOUS si nous ne faisons rien pour empêcher cela. N’oubliez pas en lisant ces lignes de tirer des leçons d’une HISTOIRE à la fois lointaine et récente. Et n’oubliez pas qu’actuellement nous sommes en train d’écrire l’histoire qui va déterminer le FUTUR de nos enfants. Tous les jours des signes nous annonce à quelle sauce nous allons être mangé et nous feignons lâchement de ne pas les voir réfugiés dans un confort aléatoire. La matrice se charge d’abord des plus faible et progressivement l’étau se resserrera et c’est à notre porte que ces sbires viendront frapper demain. Ce jour là lâchement nous crierons à l’aide en nous rappelant que finalement notre sort n’est pas si différent de ceux à qui nous avons refusé de venir en aide hier, car le système nous a formater pour que nous ne nous sentions plus concerné quand il frappe celui ou celle qui nous ressemble comme deux gouttes d’eau. Mais ceux que nous avons laissé se débattre seuls entre ses griffes ne nous viendront plus en aide. Non pas par rancœur, mais parce qu’ils ne seront plus là pour nous pour nous apporter l’aide précieuse que nous leur avons refusé. Méditez devant votre miroir et si vous regarder en profondeur vous finirez par percevoir le reflet de la lâcheté et de l’égoïsme. Car voila ce qu’il ont réussi à faire de nous*.
 
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17 août 2007 5 17 /08 /août /2007 21:26
Le ghetto palestinien : vers la fin du sionisme ?

Alain Joxe
 
 
Malgré sa victoire écrasante, il faut maintenant définir le danger mortel qui menace Israël dans l’impasse de la paix : sa transformation en plate forme d’essai moderne d’un petit régime militariste enfoncé dans un discours colonial banal qui rend à jamais impossible une réintégration pacifique dans son voisinage et la reconnaissance de ses frontières par l’ONU et l’UE.
 
L’impasse stratégique du sionisme
 
C’est ce bilan qu’à voulu dresser Abraham Burg ancien directeur de l’Agence Juive et ex-président travailliste de la Knesset , dans son livre intitulé « vaincre Hitler » et dans son interview sur cet ouvrage, publié par Haaretz le 11 juin 2007. Cette prise de position fait un bruit considérable comme si c’était une première. En fait ce n’est pas la première fois qu’Abraham Burg prévoit que le sionisme, insensible au regard du monde extérieur, entraîne Israël dans l’impasse. Fin août 2003 un article de contenu très comparable paraissait en hébreu et en anglais, suivi en novembre 2003 par une interview explicative dans Haaretz. Sa critique radicale du sionisme avait donc commencé il y a près de 5 ans et probablement avant. Cette analyse a été ressentie en Israël comme une trahison ; mais on doit plutôt la considérer comme un diagnostic stratégique pertinent, certes pénible à assumer pour les Israéliens.
 
L’avortement de l’état palestinien
 
On ne peut que se réjouir, du côté des sionistes de conviction, des succès incessants que remportent, aujourd’hui, les stratégies insidieuses mises en place dans le temps long par l’état israélien pour parvenir à la conquête de toute la Palestine de la mer jusqu’au Jourdain. L’évacuation des colonies israéliennes de Gaza, terminée en septembre 2005, apparaît deux ans après pour ce qu’elle est : Le passage d’un régime d’occupation et de colonisation à un siège hermétique. C’est un choix rationnel de regroupement sur la Cisjordanie de toute la colonisation. Les Palestiniens étant incarcérés dans une vingtaine de bantoustans cernés par le Mur ou par les réseaux d’autoroutes reliant les grappes de colonies de Cisjordanie la représentation pionnière d’une nation sioniste dominant toute la Palestine du mandat paraît triomphante. Un double piège se referme sur la population palestinienne vouée à subir une double guerre : Guerre coloniale autour des colonies israéliennes en constante expansion en Cisjordanie, à Jérusalem Est et le long du « mur offensif » ; mais surtout guerre civile à Gaza et en Cisjordanie. Un brillant succès stratégique.
Arafat vivant, on n’avait pas pu obtenir du vieux leader, enfermé dans la Mouqata , qu’il déclenche la guerre civile. L’autorité palestinienne pensait-on déjà à Washington, devait faire ses preuves de « candidat au grade d’Etat nation », par un succès contre les groupes de résistance. Cette perspective a fait des progrès après l’empoisonnement de Yasser Arafat. Mahmoud Abbas dit Abou-Mazen qui fut le co-auteur du document Beilin-Abou Mazen, à la veille de l’assassinat de Rabin , est à son tour nié et écrasé comme tête possible d’un processus de paix. Cet échec total d’Oslo est une des causes du succès du Hamas aux élections. Le Président élu a peu à peu accepté toutes les humiliations sans obtenir la réouverture de négociations ; il a finalement éliminé le Hamas du gouvernement de coalition, préconisé par les accords de la Mecque , détruits par le refus américain, et il s’est lancé dans la répression des mouvements armés du Hamas. Battu à Gaza, il est devenu une espèce de Pétain, réduisant l’Autorité palestinienne et Ramallah au statut d’un Vichy. Gaza majoritairement Hamas, parvenait au statut de Ghetto, entièrement encerclé.
Israël a donc réussi pleinement l’avortement de l’état palestinien, sa destruction avant sa naissance et maintenant son autodestruction.
 
L’Europe abaissée dans son jugement
 
Que l’Amérique de Clinton puis celle de Bush, ait été amenée à appuyer à chaque étape ce processus de paix devenu progressivement un meurtre collectif, cela se comprend. L’alliance repose sur une connivence quasiment religieuse, la croyance que Dieu, lui-même, aurait donné la terre d’Israël pour toujours au peuple juif, comme il a donné l’Amérique aux chrétiens protestants du nouveau monde, pour refonder l’humanité en chassant les premiers occupants.
Mais que l’Europe se prête à ces régressions religieuses pathologiques ? Ce n’était pas fatal. L’Europe à dû accepter, à la fin des guerres coloniales de décolonisation que les empires coloniaux soient morts, par la volonté des peuples, Quelle est cette Europe, à laquelle la France appartient, et qui cependant renonce à mettre fin à cette petite guerre coloniale archaïque ?
C’est l’Europe franco-germanique, qui est paralysée sous prétexte de repentance collective. L’Allemagne par son passé nazi ne se sent pas la vocation de mener une action pour modérer l’extrémisme israélien. La France ex-vichyste ou ex-pied noir non plus. Ce passé certes infâme sert à garantir à Israël que ni l’Europe méditerranéenne, ni l’Europe judéo-chrétienne, ne puisse se transformer, contre le sionisme radical, en une Europe du droit des peuples et des droits de l’homme. Le droit-devoir d’ingérence, droit naissant, qui fonctionne plus ou moins pour le Darfour s’évapore en Palestine.
 
Israël vainqueur mais politiquement impuissant
 
Israël est donc totalement vainqueur et n’a plus qu’à dicter ses conditions. Malheureusement il n’a aucune exigence en réserve pour mener l’ennemi vaincu à signer sa capitulation. Il se devait d’exiger des Palestiniens d’adopter un régime démocratique. La démocratie, à donné le Hamas, il a fallu donc détruire la démocratie palestinienne, pour détruire le Hamas, et le gouvernement Olmert exige avec l’appui euroaméricain, que le vaincu accepte une vie politique sans démocratie ; On ne peut pas demander au peuple vaincu, en droit - sauf en droit colonial - d’accepter une domination militaire permanente sans révolte, et d’accepter un régime d’oppression comme une paix, une acceptation, sans compensations de toutes les pertes subies : perte du territoire, perte de l’identité, perte de l’honneur, perte de la démocratie : à ces ghettos assiégés où l’on a presque détruit toute vie économique et politique, le temps de paix n’offre qu’un avenir concentrationnaire.
Ce succès marque donc le sionisme intégriste d’un sceau d’infamie, que la culture judéo-chrétienne tout entière doit aujourd’hui ou demain rejeter et renier, précisément en mémoire des victimes de la Shoah. Si Israël ne change pas c’est à dire s’il ne renonce pas à créer une relation coloniale d’apartheid, il deviendra le lieu d’une expérimentation en vraie grandeur, le prototype impérial d’un régime néo-fasciste urbain, local, moderne, sécuritaire, triomphant par le panoptique électronique et l’assassinat ciblé.
Pour sauver le peuple israélien qui n’a pas mérité ce sort médiocre, on doit montrer comment ce sionisme fascisant et ses partisans aux Etats-Unis et en Europe ne peut qu’entraîner Israël dans une chimère stratégique, néfaste pour la paix.
 
publié le 2007-08-06 00:00:00, par Alain Joxe
 
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13 août 2007 1 13 /08 /août /2007 20:43
«On risque de retrouver un mort sous une bâche»
 
Régis Garrigue, du Samu lillois, dénonce le sort des sans-papiers en grève de la faim :
 
Par Eric Favereau
 
QUOTIDIEN : lundi 13 août 2007
 
Le Dr Régis Garrigue est médecin urgentiste. Il travaille au Samu de Lille. Ce n’est pas dans ses habitudes de parler publiquement. Mais là, depuis l’expulsion de la Bourse du travail, le 1er août, des sans-papiers en grève de la faim depuis le 15 juin , ce qu’il voit l’inquiète au plus haut point.
 
Pourquoi cette inquiétude ? 
Vu la situation éclatée, sans repères, j’ai peur qu’un jour on arrive avec une ambulance du Samu et que l’on découvre une personne sans vie.
Aujourd’hui, à Lille, les sans-papiers en grève de la faim sont précarisés. Ils sont certes libres, mais dispersés, invisibles. Après avoir été évacués il y a deux semaines par la police de la Bourse du travail où ils s’étaient regroupés, on les voit errer, sans abri et sans aucun suivi médical, alors qu’ils risquent, après bientôt soixante jours de grève de la faim, de graves séquelles. Cet isolement met leur vie en danger. Seuls les hôpitaux, les urgences, le Samu et, plus généralement, le service public hospitalier leur permettent de maintenir un accès aux soins d’urgence. Mais ce n’est pas suffisant.
 
Que peuvent faire les services d’urgence ?  
Depuis quelques jours, nous sommes confrontés à plusieurs cas de figure. Parfois, ils arrivent en groupe, de 5 à 10. Ils sont examinés, et hospitalisés s’il y a signe de gravité. Et les autres, on leur dit d’aller voir leur médecin, mais ils n’en ont pas.Vendredi soir, par exemple, nous avons été appelés. Là, on découvre qu’ils sont plus d’une vingtaine. Ils sont transis de froid. On ne peut pas les examiner sous la pluie. Ils ne veulent pas aller aux urgences. Ils restent sur place, mais personne ne les aide.
D’autres, à l’inverse, viennent à l’hôpital. Et ils restent, campent dans le hall des urgences, et peu après la sécurité vient pour les déloger. Personne ne les connaît, ils squattent un peu partout, personne ne les suit, et je suis sûr qu’un grand nombre d’entre eux sont mal informés des conséquences sur leur santé de leur grève de la faim.
 
Mais que font les médecins de ville et les associations humanitaires ? 
Nous sommes au mois d’août, les médecins de ville sont tous, ou presque, en vacances. Et la situation est d’autant plus lourde que, ces derniers jours, nous avons connu une météo d’hiver, extrêmement pénible pour ceux qui n’ont pas de toit. De fait, il n’y a personne, et les associations ne sont pas là. Où sont-elles passées ?
Où sont passées les associations humanitaires ? Où sont ceux qui organisent de grandes campagnes nationales coûtant des millions d’euros à renfort de stars et de médias ? En ce moment, les sans-papiers grévistes de la faim de Lille sont aussi des «pauvres», des «SDF», des «exclus de l’accès aux soins», des «oubliés», des «malades», des «sans-droits». Ils ont besoin d’aide. Faut-il être à Paris pour bénéficier d’une toile de tente et de la mobilisation de soignants bénévoles ?
 
Quel est votre regard de médecin, devant cette grève de la faim? 
Soyons clairs, aucun médecin ne peut cautionner ni même soutenir la grève de la faim comme modalité d’action et de révolte. Mais les associations médicales humanitaires qui soutiennent la cause des migrants sans papiers, des précaires et des exclus doivent rapidement prendre la mesure de ce qui se passe à Lille et leur apporter au plus tôt une aide indépendante et professionnelle. Car, aujourd’hui, le Samu et les urgences des hôpitaux ne peuvent plus répondre. Ils sont sollicités des dizaines de fois par jour pour leur venir en aide. Ces derniers sont pris en charge avec la même attention et rigueur que tous les patients qui font appel à nous. Mais ils arrivent dans des services hospitaliers en suractivité qui «débordent» de malades.
 
Que proposez-vous ? 
Je crois qu’il faut que le préfet accepte un point médical, identifié, dans un lieu qui soit respecté, et qu’il y ait des associations qui viennent et qui suivent les grévistes de la faim, car, autrement, on va retrouver un mort sous une bâche.
Je crois qu’il faut que la préfecture comprenne qu’il faut favoriser leur regroupement auprès d’une structure humanitaire de soins indépendante.
Les comités de soutien et la préfecture doivent au plus vite se mettre d’accord sur une sortie de crise négociée. Les urgences et le Samu doivent retrouver leur rôle de prise en charge des urgences vitales. Chacun doit retrouver sa place, assumer ses responsabilités et sortir des logiques de groupe.


http://www.liberation.fr/actualite/societe/271980.FR.php
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12 août 2007 7 12 /08 /août /2007 21:13
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Tensions aiguës entre l’armée américaine et le premier ministre irakien
 
Par James Cogan

11 août 2007
 
 
Les relations sont quasiment rompues entre le général David Petraeus, commandant militaire de l’armée américaine en Irak, et le premier ministre irakien, Nouri al-maliki. Depuis plus d’un bon mois, il y a fuite de rumeurs de disputes féroces entre les deux hommes. Selon des politiciens irakiens qui ont parlé le week-end dernier à Associated Press, les tensions sont telles que Maliki a dit à Petraeus : « Je ne peux plus négocier avec vous. Je vais demander à ce qu’on vous remplace. »
La raison de cette animosité est l’opposition du premier ministre chiite à l’une des tactiques clé du général pour tenter de refréner les insurrections principalement arabes sunnites organisées contre l’armée américaine et le gouvernement fantoche soutenu par les Etats-Unis à Bagdad. Petraeus a encouragé ses subordonnés à proposer une amnistie, de l’argent et le pouvoir politique local aux combattants de la guérilla sunnite et aux combattants tribaux qui acceptent de renoncer à la résistance à l’occupation américaine.
Maliki voit dans les amnisties aux insurgés sunnites une menace mortelle à l’encontre de son gouvernement. Les groupements sunnites impliqués ne cachent pas leur hostilité à l’égard des partis chiites. La plupart d’entre eux sont constitués d’anciens membres nationalistes arabes ou sympathisants du Parti Baas de Saddam Hussein dont le gros du soutien découle de la population sunnite. Ils considèrent les organisations fondamentalistes chiites qui dominent le régime de Bagdad soutenu par les Américains, tel le Parti Da’wa de Maliki et le Conseil suprême islamique en Irak (SCII) comme rien moins que des agents de l’Iran voisin.
Maliki et l’establishment chiite irakien s’inquiètent et s’agitent de plus en plus tandis que Petraeus avance son plan. A l’origine, cette politique avait commencé comme une tentative pragmatique de réduire les attaques à l’encontre des troupes américaines dans la province occidentale explosive d’Al Anbar. Un contrôle effectif sur la ville irakienne de Ramadi fut accordé à un conseil tribal sunnite en contrepartie de l’aide apportée aux opérations américaines contre des insurgés encore plus durs, et que l’armée américaine qualifie comme étant « d’Al Qaïda ».
Les ouvertures faites aux tribus et aux groupes de résistance sunnites se sont faites depuis à une plus grande échelle. Des accords sont conclus avec des groupes des banlieues de Bagdad et des régions à majorité sunnite des alentours des provinces de Diyala, Saladhuddin et de Babil. Des milliers d’hommes qui ont probablement combattu les troupes américaines et les troupes gouvernementales irakiennes à un moment ou à un autre au cours des quatre dernières années sont à présent payés par les officiers américains pour faire fonction de « vigiles de proximité », de « police provisoire » ou d’« unités de réaction d’urgence ».
En procédant de la sorte, l’armée américaine a fait peu cas des craintes du gouvernement irakien, en tournant en dérision les affirmations de la Maison Blanche selon lesquelles Maliki dirige un gouvernement démocratiquement élu et un Etat souverain. La réalité est que Maliki est totalement impuissant à empêcher que Petraeus ne remette de vastes régions du pays entre les mains des forces sunnites qui rejettent son autorité et qui sont engagées à renverser son régime. Ses objections ont été balayées à grands cris par le général américain et repoussées d’emblée par le gouvernement Bush.
Des tensions sectaires entre Sunnites et Chiites qui ont déjà causé la mort de milliers de personnes et qui ont poussé des centaines de milliers d’Irakiens à quitter leurs maisons sont à présent attisées en conséquence. Sami Askari, un assistant de Maliki, a dit la semaine dernière au Los Angeles Times que la politique américaine à l’égard des insurgés sunnites était « le germe de la guerre civile ».
Lors d’une conférence vidéo avec Bush, le mois dernier, le ministre irakien frustré aurait à plusieurs reprises menacé d’armer la milice chiite si Petraeus continuait à aider les opposants sunnites de son gouvernement. La réponse méprisante de Bush fut de dire à Maliki de « se calmer ». L’armée américaine a ordonné aux unités à dominante chiite de se tenir à l’écart des régions où opéraient ses forces sunnites nouvellement recrutées mais des affrontements ont déjà failli avoir lieu. Le New York Times a rapporté le 16 juillet que des troupes américaines avaient fait appel à des hélicoptères armés pour le combat au sol et avaient pointé leurs armes sur des soldats chiites pour empêcher qu’ils ne s’attaquent à d’anciennes guérillas sunnites dans une banlieue de Bagdad.
Au sein du parlement irakien, les partis sunnites ont été encouragés à rompre avec le gouvernement Maliki. Après avoir boycotté le parlement pendant plus d’un mois, le principal bloc sunnite, le Iraqi Accordance Front (IAF), a annoncé mercredi qu’il retirait ses ministres du gouvernement après que Maliki ait rejeté une liste de revendications comprenant onze points. On trouve dans ces points, la revendications d’une influence sunnite plus grande sur les forces de sécurité irakiennes, une purge dans la nouvelle armée irakienne des loyalistes chiites fondamentalistes et la libération de milliers de Sunnites détenus pour avoir, paraît-il, participé ou soutenu l’insurrection anti-occupation. En coulisses, l’IAF s’efforce de former une coalition avec des partis kurdes, avec des formations séculaires et des opposants chiites de Maliki, une alliance qui pourrait potentiellement renverser le gouvernement.
 
Les motifs américains
 
La situation devenant chaque jour de plus en plus explosive, les médias américains évitent assidûment d’examiner les contradictions qui entourent les tractations de l’armée américaine avec les tribus sunnites et les mouvements de résistance ou leurs implications plus générales.
Petraeus a affirmé que de telles organisations collaboraient avec ses forces parce qu’elles avaient réalisé que les extrémistes sunnites inspirés par Al Qaïda représentaient un obstacle plus direct à leurs intérêts que l’occupation américaine. Des ex-baasistes et des milices tribales engagées dans une lutte pour le pouvoir avec des groupements sunnites religieux ont accepté de l’argent américain et une aide logistique et militaire dans le but de détruire leurs rivaux.
Le conflit entre les factions sunnites sert à mettre l’accent sur l’absurdité des affirmations américaines selon lesquelles Al Qaïda a été le principal protagoniste durant les quatre années que dure la guerre de guérilla anti-occupation. Le type de réaction islamique d’Al Qaïda est vu avec hostilité par les principales organisation de résistance irakiennes dont la perspective n’est pas la mise en place d’un califat sunnite islamique, comme Bush ne cesse de l’affirmer, mais de se débarrasser de l’occupation américaine. Il n’y a aucune garantie à ce que les alliés sunnites ostensibles de l’armée américaine ne retournent à nouveau leurs armes contre les troupes américaines.
L’attitude de ces factions sunnites dépendra de la poursuite ou non du soutien du gouvernement Bush au gouvernement Maliki qu’elles considèrent être une menace encore plus grande que les extrémistes religieux sunnites. Le général Rick Lynch, l’un des commandants de Petraeus, a rapporté en juin que des chefs de tribus sunnites de la province d’Al Anbar lui disaient carrément : « Nous vous haïssons parce que vous êtes des occupants, mais nous haïssons Al Qaïda encore plus et nous haïssons plus encore les Perses [c’est-à-dire les partis chiites iraniens et irakiens]. »
Le fait que l’occupation américaine facilite la montée des milices sunnites laisse supposer que la Maison Blanche a abandonné son objectif avoué d’établir un gouvernement central fort en Irak et pourrait bien préférer voir le pays se désagréger en régions se faisant la guerre. Du point de vue des objectifs américains de dominer le Proche-Orient et ses ressources, le présent arrangement politique n’est pas tenable. Maliki dirige un régime qui est dominé par les partis fondamentalistes chiites qui sont en désaccord avec des factions rivales sunnites, kurdes et chiites. La conséquence en a été la paralysie du parlement. Le gouvernement de Maliki s’est révélé incapable de faire face à la moindre demande américaine, notamment d’une loi sur le pétrole qui légaliserait l’ouverture de l’industrie pétrolière irakienne aux investisseurs étrangers et sa prise de contrôle.
Une inquiétude d’égale ou plus grande importance pour Washington est le fait que les partis chiites irakiens continuent de maintenir leurs liens politiques de longue date et leurs affinités religieuses avec le régime iranien. Compte tenu du fait que dans la région des Etats dominés par les Sunnites, tels l’Arabie saoudite, la Jordanie et l’Egypte, cachent à peine leur hostilité à l’égard de Maliki et leur sympathie vis-à-vis des insurgés sunnites, l’Iran se présente comme le seul allié régional vers lequel le gouvernement Maliki peut se tourner. Dans une situation où le gouvernement Bush est engagé dans un conflit diplomatique voire peut-être militaire avec Téhéran, des doutes existent au sein des milieux politiques américains quant à la sagesse de laisser l’Etat irakien entre les mains de Maliki. En cas de guerre avec l’Iran, les analystes de l’armée américaine ont exprimé leurs craintes que les troupes américaines et les lignes d’approvisionnement en Irak pourraient être attaquées par la milice chiite ou par des unités chiites de l’armée et de la police armées par les Etats-Unis.
Il est indéniable que de tels calculs se cachent derrière la promotion de la milice chiite tout comme derrière les exigences américaines incessantes pour qu’un rôle plus important soit confié aux personnalités sunnites au sein du gouvernement et des forces de sécurité irakiennes. Petraeus et ses officiers sont en train de rassembler un contrepoids à la force armée chiite alors que la Maison Blanche cherche à cultiver une potentielle alternative à la dominance politique chiite. Ce faisant, les Etats-Unis ne font qu’attiser la guerre sectaire qui a déjà coûté la vie à un grand nombre de personnes et causé une immense destruction.
(Article original paru le 3 août 2007)
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9 août 2007 4 09 /08 /août /2007 20:06
Le message ci dessous est la conclusion d'une brochure d'une cinquantaine de pages, une centaine de pages en format livre, de Jean Baumgarten pour la Palestine contre le sionisme.
 
  Jean Baumgarten cherche un éditeur.
 
  Pour toute information supplémentaire relative à cette brochure, répondez moi à fischer02003@yahoo.fr ou bien écrivez directement à son rédacteur à son adress électronique, jean.baumgarten@club-internet.fr     
 
  Amicalement
 
 
 
Nous pouvons maintenant résumer ici l’essentiel de notre argumentation sur le Sionisme et ses méfaits. Le sionisme dès le début, mais surtout après les années 1920, a été un outil de transformation progressif des Juifs en Palestine  (pour l’aile militarisée du sionisme c’était clair dès la fin de la première guerre mondiale) de peuple humilié en peuple exploiteur, raciste et colonisateur. Comme l’écrit Rashid Khalidi (1) « si les juifs disent nous avons un lien avec ce pays depuis des milliers d’années, pourquoi les Palestiniens n’auraient - ils pas le droit de dire eux aussi qu’ils ont un lien historique avec cette terre ?… Il est clair qu’il y a  des liens anciens entre le peuple juif, la religion juive, et Israël-Palestine. Mais nous les Arabes, nos villages, nos villes, notre civilisation, nos religions, notre présence ne comptent pour rien ? »
Dans cette phrase contenue, modérée qui convient à un colloque poli et universitaire, s’exprime en réalité une colère rentrée contre l’attitude des Juifs israéliens vis à vis des Arabes palestiniens.
C’est sous la plume d’Alain Joxe (2) que la description des faits est la plus forte : « Or le problème des Israéliens et des Palestiniens n’est pas un problème théologique mais un problème strictement local de décolonisation qu’une négociation solide avec aide internationale pourrait mener à bien. »
Bien entendu le gouvernement israélien (je devrais dire tous les gouvernements israéliens) montre depuis plus d’un an qu’il n’y a pour lui qu’une seule solution : pousser à chaque fois le « gouvernement » palestinien vers la rupture de la trêve et démontrer ainsi à l’opinion mondiale qu’il n’y a pas d’autres solutions que de lutter contre le « terrorisme » … 
 
 
 
(1) Rencontres d’Averoès.
(2) Idem.
 
Nous avons montré dans cette étude qu’il n’y avait pas de différences quantitatives entre l’attitude « modérée » sioniste et celle brutale du Likoud et de l’extrême droite.     Par  exemple  nous avons vu  que  déjà  en  1967,   les   Travaillistes promettaient la paix aux Palestiniens … alors qu’en occupant la Cisjordanie et la bande de Gaza conquises sur les  armées arabes ils allaient encore et encore se créer de nouveaux problèmes. Mais il semble bien que les désirs profonds des plus radicaux soient qu’apparaissent sans cesse de nouvelles difficultés à surmonter, à vaincre. Ainsi même « l’homme de la paix » que fut Itzhac Rabin, n’hésita pas, tout en entamant les pourparlers de paix avec les Palestiniens, à poursuivre l’œuvre de construction des colonies en Cisjordanie ! Toujours l’attitude des israéliens a été dans les négociations, de tenter d’imposer par la politique du fait accompli, leur volonté.
 Il faut rejeter, s’opposer aux « propositions conciliatrices » apparentes qui visent en réalité à endormir et à créer des obstacles au peuple palestinien. Ainsi il convient de refuser de prendre pour argent comptant les affirmations de l’aile modérée du « gauchisme » israélien dont Ilan Greisamler (correspondant du Monde Diplomatique en Israël) nous donne un exemple (1) :  « L’impossibilité à trouver chez l’autre partie des interlocuteurs capables de percer une brèche dans le refus arabe, les revendications sionistes même les plus modestes étant irrecevables, même aux yeux des Arabes les plus modérés… Nombreux ont été les intellectuels sionistes-socialistes, qui ont très tôt
 voulu multiplier les tentatives d’apaisement et de conciliation, tout en ne cédant rien sur l’édification de l’Etat Juif… » ainsi ce «  tout en ne cédant rien sur l’édification de l’Etat
juif », c’est-à-dire sans aucun doute le maintien des  colonies en Cisjordanie, l’absence du  droit au retour des réfugiés palestiniens, et le maintien des inégalités scandaleuses pour les citoyens arabes-israéliens, constituent la base intangible de la domination israélienne … 
 Le droit au retour est inaliénable, et constitue pourtant la pierre d’achoppement principale de toutes négociations ( à condition qu’elles aient lieu…).
Nous avons vu les propositions avancées dès 1967 par Maxime Rodinson et par Uri Avnery : on peut certes discuter des modalités du droit au retour, prévoir différentes étapes, accepter le dédommagement des victimes, mais on ne peut pas, il est impossible de dire « non » ! Et Ilan Greisamler affirme que « D’un point de vue purement démographique, accepter le droit au retour c’est accepter la fin de l’Etat juif. » Cette simple phrase justifie toutes les mesures militaires prises en avril et mai 1948 pour chasser la population arabe de la Palestine ! Il est clair qu’Ilan Greisamler justifie ainsi (sans doute involontairement ) tous les massacres et toutes les mesures prises à l’époque pour chasser un maximum de Palestiniens de l’Etat d’Israël en création ! Et pourtant, dans la mesure où le problème demeure le même aujourd’hui il aurait mieux valu pour les Sionistes, d’un point de vue démographique, éviter de chasser une partie des populations arabes en 1948 (et aussi en 1967). Les Arabes qui ont quitté la Palestine  ne représentaient que quelques centaines de milliers de personnes, ils sont aujourd’hui plus de 4.000.000  dont environ 1/3  croupissent  dans les camps de réfugiés ( à Gaza, en Syrie , au Liban en Jordanie  et en Cisjordanie ).  De toute manière comme on dit vulgairement « les carottes sont cuites » : dans quelques dizaines d’années il y aura un basculement de la population au sein de l’Etat Juif.
 
(1) Le Monde diplomatique.
 De 23, 2 % en 2.002, de 26% en 2006 les non-Juifs doubleront d’ici 20 ou 30 ans : il sera alors grand temps d’abolir le concept même d’Etat Juif, et de le laïciser. (Au sens français). Mais évidemment les Palestiniens, ont attendu tellement longtemps, ont espéré tant de fois, qu’ils sont aujourd’hui dans un état de désespoir et de colère infinie.
Il existe depuis quelques années un gadget donné en pâture au peuple palestinien :  officiel, pompeux et solennel. Il s’appelle « la feuille de route », et a été concocté par les Etats-Unis (avec l’accord  du gouvernement israélien) puis avalisé par l’Union Européenne et la Russie. Ce document qualifié de « mort-né » par le Canard Enchaîné dès sa publication, semble donner les mêmes droits aux israéliens et aux Palestiniens, mais il s’agit en réalité d’un leurre, d’un faux semblant. La première condition imposée aux deux parties (considérées comme « égales » ce qui est un non sens), c’est que la violence et le terrorisme cessent, alors que l’Etat d’Israël ne cesse de multiplier depuis plus de sept ans sa propre violence, brutale, inhumaine, terroriste d’Etat, contre l’embryon d’Etat palestinien. Prenons en exemple ce morceau d’anthologie : « La direction palestinienne doit lutter effectivement contre le terrorisme et respecter les principes de démocratie et de liberté. »  Que fait donc l’Etat israélien ? applique-t-il les principes de démocratie et de liberté ? l’occupation de l’embryon d’Etat palestinien par les troupes israéliennes laissant 10 % de libertés aux Palestiniens, l’entrée et le retrait permanents des troupes (les chars, les hélicoptères, les troupes d’assaut) sur le territoire palestinien, le confinement inextricable des frontières et la complexité  incroyable des conditions de circulation pour les travailleurs palestiniens, pour les médecins, pour les ambulanciers, pour les enfants des écoles, les étudiants : voilà dans quelles conditions les Israéliens exigent des Palestiniens qu’ils respectent « les principes de démocratie et de liberté » ! Comment la société israélienne peut-elle se prévaloir des principes de « démocratie et de liberté » ? Souvenons nous ici en France de la guerre d’Algérie, de ce que nous avons vécu : mesures d’exceptions en octobre 1955 contre les « rappelés » ; après l’élection triomphale de la gauche en janvier 1956, (sur un programme de « paix en Algérie ») Guy Mollet le nouveau premier Ministre fait voter par la chambre (avec le soutien des communistes) les fameux « pouvoirs spéciaux » en mars 1956, la guerre en Algérie continue, ce sera 2 ans après le putsch des généraux et  l’arrivée au pouvoir de de Gaulle qui, 4 ans après, entamera les négociations de paix : voilà le schéma auquel se raccrochent un certain nombre d’israéliens « de gauche », qui ont voté pour le Likoud pensant qu’il était mieux à même que la gauche (les travaillistes) d’appliquer  (ou plutôt d’imposer aux Palestiniens) un plan de paix. Il semble toutefois que les conditions soient totalement différentes au Proche-Orient et que la paix sera essentiellement en Israël l’œuvre d’une véritable gauche, autre que le parti travailliste. Nous espérons que cette vraie gauche verra un jour ( dans combien de temps ?) une perspective de paix se profiler … Mais  revenons à la «  feuille de route » : Dans la première phase …   « les Palestiniens doivent procéder aux arrestations de ceux qui entendent poursuivre la violence et détruire les infrastructures des terroristes, notamment en confisquant leurs armes… ». Tout est à l’avenant. Ce sont par définition les Palestiniens qui doivent commencer, ensuite Israël « démantèlera ses implantations sauvages » ( devinez quelles sont les implantations qui ne sont pas « sauvages »). Le calendrier de cette feuille de déroute est déjà en retard de plusieurs  années, et la politique menée actuellement par Emut Olmert (dans la droite ligne de celle d’Ariel Sharon) qui consiste en permanence à  l’assassinat  par avions de militants  (ou de supposés tels) du Hamas, le harcèlement militaire de Gaza  de Beit jenoun  ou d’autres lieux est l’aveu manifeste de la non volonté de paix des Israéliens. Ils sont en train d’appliquer à nouveau la politique traditionnelle qu’ils mènent depuis les années 94 – 95 : chaque seconde de gagnée pour le sionisme a une valeur !
La feuille de route est un alibi grossier pour les puissances dominantes, servant à masquer soit leur veulerie devant les actes du gouvernement israélien, soit leur accord avec la politique «anti-terroriste » de ce dernier, soit leur incapacité congénitale à intervenir dans ce conflit interminable.
Il existe un autre document c’est le pacte dit de Genève.  Ouvre t-il de nouvelles perspectives ? Il semble à priori plus crédible que la feuille de route, mais il n’a aucune légitimité pour le moment. Etant donné l’enthousiasme dont font preuve un certain nombre d’intellectuels et d’hommes politiques à son égard, on serait tenté de  croire à sa crédibilité. Cependant Michel Warschawski et Shiko Behar (1) donnent un autre son de cloche :  
« Certains des participants israéliens les plus cyniques du processus de Genève savent parfaitement bien qu’il y a une contradiction explosive entre la lecture palestinienne de l’accord et la manière dont ils le vendent au public israélien. »   Il faut savoir que le Parti Travailliste aujourd’hui est pratiquement mort. Amram Mitzna (2) ex-chef du Parti Travailliste , avec la démission des déçus du Parti Travailliste que sont Beilin et Yael Dayan (3), sont en train de former un nouveau Parti Social-Démocrate. Le Parti Travailliste s’est aligné sur la position du Likoud dans les domaines économiques et sociaux. Des parlementaires travaillistes comme les généraux Benjamin Ben Eliezer, Efraim Sneh et Dany Yatom sont probablement pires que certains députés du Likoud. Ils soulignent dans cet article que le vrai problème, (celui qui se pose depuis 1948) est d’exposer au peuple israélien et non à son « élite », les données franches du problème :
« Tout d’abord les Israéliens critiques doivent dire au public israélien que le conflit n’est pas le résultat du terrorisme palestinien ou du fanatisme, mais bien le résultat de la dépossession et de l’occupation israéliennes. La responsabilité d’Israël dans le conflit doit être établie par les Israéliens.  »
Ensuite il convient de tenir l’engagement du départ des colonies de peuplement, et, point le plus important, de régler équitablement le droit au retour des réfugiés palestiniens :
 « Enfin le droit au retour est un droit essentiel. Que certains palestiniens soient prêts à en faire un objet de négociation, prenant en considération les angoisses démographiques d’Israël, doit être compris comme une œuvre généreuse de plus de la part des Palestiniens.
 
 
 
 (1) Michel Warschawski est directeur de l’Alternative Information Center (AIC) organisation israélo-      palestinienne dont Shiko Behar est le Vice-Président. ils publient leur position sur l’accord de Genève
(2) Amram Mitzna est né en 1945 dans un kibboutz. Il fut un des militaires les plus décorés lors de la guerre de 1967 ; à l’occasion de la première Intifada il a manifesté comme général dans les territoires occupés, une détermination et une dureté dans la répression qui ne laissaient rien à envier aux faucons. ; Il fut maire de Haïfa. Arrivé en tête du Parti Travailliste en nov. 2.002, il a démissionné 9 mois plus tard à la suite de la défaite du Parti Travailliste.
Yossi Beilin , ancien ministre israélien à la Justice ; il a été l’un des responsables des négociations secrètes d’oslo.
(3) Yael Dayan fille de Moshe Dayan est membre du parti Travailliste. A la Knesset, elle a été élue régulièrement sur des listes du Parti Travailliste.
Les Israéliens critiques doivent demander à leurs concitoyens – y compris le groupe de Genève – comment ils s’y prendront pour demander aux Palestiniens de renoncer au droit du retour, avant qu’ Israël ait reconnu sa simple existence.
Comme ce fut le cas avec les accords d’Oslo de 1993, dans les « accords de Genève » le contexte est bien loin d’être plus important que le texte, et c’est toujours comme ça quand l’opinion israélienne est concernée. » Autrement dit tant que les Israéliens ne s’engageront pas, dans un texte écrit et public, à retirer les colonies de peuplement et à accorder aux Palestiniens ( au niveau des principes au minimum ) le droit au retour, la situation continuera de pourrir. Il est absolument scandaleux que des intellectuels ou des hommes politiques français croient encore aujourd’hui que l’échec de Camp David a été l’œuvre d’un Palestinien fou et sanguinaire appelé Arafat ! les problèmes cruciaux demeurent toujours 59 ans après, la question du droit au retour des réfugiés palestiniens que ni la feuille de route ni non plus les accords de Genève ne prennent en compte, ainsi que la suppression de l’ensemble des colonies de peuplement.
il n’y aura pas de changement, car les jeunes Palestiniens n’ont plus rien à perdre : ils ont montré leur véritable détermination leur obstination ainsi que leur force !
 « Les Etats-Unis se servent d’Israël comme d’une espèce de cobaye, non pour sauver ce pays mais pour l’utiliser. Et à mon avis les Israéliens vivent dans l’illusion lorsqu’ils pensent qu’au contraire ils utilisent habilement les Etats-Unis pour leur défense. » (1)
Enfin depuis quelques mois les Etats-Unis et l’Union européenne après avoir supprimé l’aide qu’ils apportaient au gouvernement palestinien ( 50.000.000 de dollars par mois pour les Etats-Unis et la même somme pour l’Union Européenne,) depuis la victoire du Hamas aux élections  du 26 janvier 2006, élections tenues par l’ensemble des observateurs occidentaux comme les plus démocratiques qui existent dans un pays arabe, et après qu’Israël ait lui même refusé de payer au gouvernement israélien le produit des droits perçus, c’est -à dire à nouveau 50.000.000 de dollars par mois ! Faisons le calcul : cela fait au total 150.000.000 de dollars par mois qu’a perdu l’autorité palestinienne soit 1 milliard 800 millions de dollars  pour toute une année.  Mais ce n’est pas tout : pour contrer le Hamas (2) il est tellement facile aujourd’hui pour les dirigeants américains de jouer le Fatah contre le Hamas ( avec évidemment le soutien de l’Union Européenne…) Mahmoud Abbas qui était considéré il y a peu de temps comme le continuateur d’Arafat est devenu actuellement le chouchou des Américains : ah comme une guerre civile inter palestinienne serait belle aujourd’hui et ferait du bien aux Etats-Unis et à l’Europe !!!
 
Les Refuzniks.
 
Il y a aujourd’hui une nouvelle composante du conflit, ou plutôt de la guerre israélo-palestinienne, qui n’est pas entièrement nouvelle mais qui depuis peu a pris une dimension inquiétante pour les politiciens israéliens : les « Refuzniks ». (3)  Dans le livre
 
(1) Rencontres d’Averroès
(2) Le Hamas parti religieux anti-sioniste devenu après les élections du 26 janvier un parti  qui tient ses promesses pour les électeurs . Lire à ce sujet : Eric Hazan. Notes sur l’occupation. La fabrique . 2.006.
(3) Ronit Chacham : « Rompre les rangs » - Fayard 2.003.
 
 
de Ronit Chacham paru au début de l’année 2.004, on apprend à mieux connaître ces « Refuzniks ». Une dizaine d’entre eux sont interviewés et montrent par quel cheminement, parfois long, ils ont été amenés à refuser la sale guerre qu’on leur impose. Pour comprendre la nature de ce mouvement citons trois cas caractéristiques. Il y a d’abord Rami Kaplan (qui est commandant, c’est-à-dire le plus haut gradé des Refuzniks), qui décrit ainsi le processus dans lequel sont engagés les soldats israéliens : « Nos jugements moraux sont systématiquement entravés par une diversité de facteurs. Nous entretenons une idéologie qui présente l’Arabe comme un ennemi dégénéré, sournois, déshumanisé… On nous encourage à faire partie du gang… Personnellement je suis partisan d’un Etat qui serait celui de tout le peuple et ne se définirait pas selon la race et la nationalité. » On est frappé de retrouver dans la description faite des « Arabes », celle que nous entendions en France durant la guerre d’Algérie, de la part des partisans de l’Algérie Française et des militaires de carrière engagés depuis l’Indochine dans un processus inéluctable de décolonisation.
Toujours existe le besoin de réduire l’adversaire à moins que rien, de le déshumaniser…
 Et il poursuit son raisonnement par cette phrase terrible pour la gauche israélienne : 
 « Les mouvements de gauche israéliens, du Parti Travailliste au Meretz en passant par le mouvement La Paix Maintenant n’ont jamais brandi le drapeau de la conscience, mais celui de l’utilitarisme. Plus l’occupation était bénéfique, moins on y opposait d’objections. » Ainsi outre l’accusation portée par Rami Kaplan contre la politique menée depuis toujours par les gouvernements israéliens, on trouve dans ce dernier extrait une accusation implacable contre la gauche qui n’a pour seul guide (sans doute au nom de « l’efficacité pragmatique ») que l’opportunisme, qualifié pour l’occasion de « pacifiste ».
Shamai Leibowitz, petit fils de Yesha’Ayahu Leibowitz, penseur religieux israélien et respecté par une partie de l’opinion , qui juste après la guerre de 1967 a supplié Israël d’abandonner les territoires et de mettre un terme à l’occupation de la terre d’un autre peuple, s’exprime ainsi :
« L’armée s’est servie de Palestiniens innocents comme boucliers humains. Ceux qui résistaient étaient abattus à bout portant. Et le plus répugnant dans tout cela c’est que la cour suprême a entériné les crimes de guerre. C’est pourquoi je suis favorable à l’idée de faire juger ses membres par le Tribunal Pénal International… De la même façon, les assassinats de Palestiniens par Israël pourraient faire l’objet d’un procès… Je compte sur les pilotes d’hélicoptères Apache et de F-16 pour refuser les ordres qu’on leur donne et réclamer un procès… »     Enfin plus loin  il  déclare :   « Soit  on défend la démocratie
 jusqu’au bout soit on renonce à l’idée même d’un Etat Juif… Le principe d’un Etat Juif m’est cher, mais pas celui qui ressemblerait à l’Egypte de Pharaon… » Cependant malgré cette vision forte, la conclusion ne manque pas d’ambiguïté : « Ce jour là (jour de la révolte des soldats, des professeurs, des rabbins,  des intellectuels …) le régime d’occupation s’effondrera… Une société authentiquement juive, une société de justice, d’équité et de compassion apparaîtra. » On voit là le ton fort, passionné du plaidoyer de Shamai Leibowitz,  mais en filigrane il reste une question mal réglée : celle du sionisme. Il est toujours difficile en Israël de s’afficher comme « anti-sioniste », et l’on comprend pourquoi. Cependant si on lit parfaitement les citations de tous les Refuzniks il est clair que l’Etat juif, ( c’est-à-dire l’Etat raciste et colonial) doit être aboli.
 Citons un troisième Refuznik, Ishay Rozen-Zvy , Sergent chef de réserve : « On n’a jamais emprunté le chemin de la paix. Les constructions dans les colonies n’ont jamais été interrompues. Bien au contraire elles n’ont fait que prospérer depuis Oslo. Jamais les Palestiniens n’ont eu d’authentique partenaire pour la paix.  Un gouvernement qui parle de paix tout en continuant à créer des colonies dans les territoires occupés est soit idiot soit malhonnête….. » Cette phrase résume tout ce que l’on peut raconter sur la « bonne volonté » des dirigeants palestiniens depuis Oslo et … depuis toujours, si on étudie sérieusement l’histoire du Sionisme et d’Israël. Citons enfin Uri Natan qui condamné en janvier 2006 à 28 jours de prison, en est à sa sixième condamnation et a déjà passé 98 jours en prison pour le même motif : «  l’Etat veut m’enrôler dans son armée d’occupation contre une population civile qui résiste. Peu importe que sa résistance soit violente ou pas. Cela dure depuis trente huit ans. Cette politique d’occupation fondée sur les points de contrôle, les barrages militaires, les couvre-feux a ruiné l’économie palestinienne. Le niveau de pauvreté de la population a atteint une limite inacceptable … »
 
Que faire ?
 
La situation économique et sociale en Israël devient désastreuse en Israël : cette situation accompagnée comme partout dans le monde des mesures libérales néo-conservatrices va avoir inévitablement comme corollaire un éveil de la lutte des classes, que comme partout, les milieux sionistes vont essayer de noyer par leurs appels à la patrie, à la religion, etc. On peut escompter par conséquent davantage de conflits sociaux au sein de la société israélienne d’où pourraient (quand ?) émerger une force irrésistible conduisant d’une part vers la paix et d’autre part,  changeant les règles de la société israélienne. (Accès égalitaire aux mêmes droits pour les citoyens israéliens d’origine non juive.)
Nous ne pouvons qu’espérer ces changements profonds  en Israël. En attendant c’est  sur la scène internationale que se joue l’avenir du peuple palestinien. Il faut dans tous les pays faire pression sur les gouvernements pour que des mesures concrètes soient prises : à commencer par le boycott des produits israéliens !(1) Il faut obliger l’Union Européenne à prendre des mesures coercitives. Il faut absolument que l’Union Européenne retrouve le chemin de la justice et de la démocratie et qu’elle reprenne son aide au gouvernement israélien interrompue depuis mars 2006. (2) Il faut en même temps que l’Union européenne attaque le gouvernement Bush et l’oblige lui aussi à reprendre le financement du gouvernement palestinien. Enfin il faut faire pression ( cela serait si simple !) sur le gouvernement israélien pour qu’il rembourse les centaines de millions de dollars qu’il doit au gouvernement israélien pour le remboursement des taxes perçues sur les produits qui passent en Palestine…  Nous devons démontrer par tous les moyens à notre disposition  au peuple israélien que la construction du mur de la honte, les destructions de milliers de maisons, l’absence de toute perspective véritable de paix (le droit au retour des réfugiés palestiniens) constituent dans leur ensemble l’obstacle véritable à la paix entre Israël et la palestine.
 
 
(1) Le boycott a été récemment décidé par une Union de syndicats britanniques : il a également été décidé en Norvège. Dans différents pays d’Europe on continue à discuter du boycott …
(2)Cette aide aujourd’hui « devrait » (conditionnel absolu !) être reprise au compte gouttes … et profiter à l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas ! Au détriment du Hamas évidemment.
 
Ce qui bien entendu ne pourra nullement empêcher tous les hommes libres et conscients sur cette terre d’exiger en Israël l’égalité des droits entre citoyens et la suppression de « l’Etat juif et démocratique » !
Oui il faudra bien supprimer ce Etat Hébraïque, théologique, et le remplacer par un Etat démocratique, véritablement laïque où règnera l’égalité absolue entre tous les citoyens quelle que soit leur origine : le droit au retour sera accordé aux citoyens palestiniens selon les méthodes examinées dans le cours de cet ouvrage : Israël, les Etats - Unis et l’Europe qui se  sont  opposés depuis 59 ans à régler ce droit contribueront, en plusieurs années, aux compensations exigées : celles ci pourraient être calculées de la même manière dont à été calculé en 2005 par Sharon le montant des dédommagements alloué aux colons de Gaza ! On considère qu’il existe aujourd’hui 250.000 familles  victimes des expropriations  de 1948 et 1967 . A chaque famille acceptant de revenir ou de rester à l’extérieur de la Palestine il sera versé une somme différente : disons deux fois plus pour celles qui ne reviendraient pas …
Il y aura beaucoup de Palestiniens qui reviendront mais sûrement pas tous, peut-être la moitié ou un bon tiers. En même temps il faut s’attendre au départ d’Israël d’au moins un million de Juifs qui, pour des raisons diverses mais liées à leur esprit colonial ne pourront s’empêcher de partir.
Ceci, c’est pour le long terme. Dans l’immédiat il nous faut lutter en Europe et en France contre une nouvelle forme de terreur qui est en train de s’imposer : la peur de voir s’installer au Proche-Orient les émules de Ben-Laden, qui s’appellent  pour les néos-cons sarkosystes le Hezbollah, le Hamas et tous ces « terroristes cachés » dont on va nous reparler !
Il faut déclarer notre solidarité avec le Hamas, le Hezbollah, même si nous n’avons pas les mêmes idées que ces groupes qui luttent authentiquement pour la libération de leur pays et contre l’impérialisme américain et européen !
Honte aux collaborateurs de ces Messieurs qui s’appellent Mahmoud Abbas et ses serviteurs du Fatah.
Vive enfin le FDPLP palestinien et le FPLP qui cherchent à regagner une partie de l’opinion. Enfin que la honte s’abatte sur l’Union européenne, et sur un gouvernement français qui s’aligne sur l’attitude coloniale-pétrolière  des Etats-Unis au Proche et au Moyen –Orient .
Comme il est curieux ainsi, une soixantaine d’années  après la fin de l’occupation allemande,  de retrouver comme adversaire le CRIF, continuateur de L’UGIF, dont on a vu au début le caractère collaborationniste ( par lâcheté et/ou par Sionisme) durant la dernière guerre mondiale.
Il faut le plus vite possible en finir avec le Sionisme, c’est le souhait ardent des Palestiniens, c’est le souhait des Juifs nombreux qui dans tous les pays et en Israël même veulent la paix immédiate, c’est le souhait de tous les êtres humains épris de lumière ! (1)
 
Jean Baumgarten
 
Juin 2007
 
(1) Avraham Burg ,ex-président de la Knesset de 1999 à 2003 et ex-président de l’agence juive dans un entretien paru dans le quotidien Haaretz, définit l’Etat juif de « ghetto sioniste » : il a quitté Israël pour vivre en France et considère qu’il est temps de dénoncer la théorie de Théodor Hertzl. Il estime que la loi du retour ( pour les Juifs) doit être remise en cause : «  c’est le miroir de l’image d’Hitler » … Quant à l’occupation de la Cisjordanie «  c’est l’anschluss… »
Signalons à ce propos que beaucoup d’intellectuels israéliens quittent Israël pensant qu’ils ne peuvent plus lutter contre un gouvernement réactionnaire et qu’ils n’ont plus de perspectives : c’était le  cas de Tanya Rheinhart ( auteur notamment de …….  Et de …..) qui avait quitté Israël il y a quelques mois et qui est  morte à New-York d’un arrêt cardiaque, c’est aussi le cas de l’historien Ilan Pappé qui vient de partir en Angleterre.
 
 
 
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8 août 2007 3 08 /08 /août /2007 21:19
Lettre ouverte au responsable des relations internationales au PCF
 
 
 
 A l’inverse de ton prédécesseur à ce poste, tu m’envoies régulièrement copie de tes interventions et appels à rassemblement au nom du PCF. Dans la période d’interrogations qui secoue l’organisation après sa récente défaite électorale, je le reçois comme la reconnaissance,
enfin, que l’avenir du parti passe aussi par les dizaines de milliers de communistes qui ne sont plus adhérents du PCF, parce qu’ils sont en désaccord absolu avec ses orientations opportunistes : il limite aujourd’hui ses ambitions à atténuer les effets du capitalisme et de l’impérialisme, au lieu de les combattre et de vouloir les supprimer.
Tu connais mon parcours, puisque nous nous sommes côtoyés de longues années au sein de ce que l’on nommait jusque dans les années 2000, la section de politique extérieure du PCF. Militant depuis 1957, élu du PCF en Val d’Oise quand ce département comptait plus de 10.000 adhérents, je m’honore d’avoir protesté contre les dérives conciliatrices de nos dirigeants dès 1981, quand ils prônaient le soutien sans principe aux mesures « d’austérité salariale » prises par un gouvernement de gauche avec des ministres communistes, contre la volonté des salariés que nous étions supposés représenter. Pour être des gouvernements successifs, pour se faire élire localement grâce aux voix « de gauche », la dérive s’est aggravée durant vingt ans : peu à peu, les dirigeants du PCF n’eurent plus pour objectif premier, que les alliances nécessaires à conquérir des strapontins de pouvoir, à les conserver. Les visées de transformation de la société, de ce fait, disparurent, au profit d’un ralliement à la croyance de la pérennité du capitalisme, qu’il suffirait « d’humaniser », y compris dans ses comportements guerriers.
L’effondrement de l’URSS, et des espoirs parfois naïfs qu’elle incarnait, facilita cette décrépitude du PCF, elle n’en fut pas la cause essentielle.
En 2007, nous sommes au terme du processus : le tissu militant, découragé, écoeuré délibérément, a progressivement disparu du PCF : le Val d’Oise n’a plus qu’un dixième des adhérents d’il y a trente ans, et j’ai moi-même abandonné l’adhésion, devenue non-sens, après vingt ans de protestations internes totalement méprisées. Plus grave encore, le PCF est contrôlé sans partage, nationalement et localement, par des carriéristes politiciens, prêts pour conserver leur pouvoir à ne pas déplaire à un parti socialiste, qui n’a « de gauche » que le nom et le verbiage. Les dirigeants européens, étasuniens, organisateurs de la mondialisation capitaliste, le savent bien, puisqu’ils ont fait de Strauss-Kahn et Lamy, socialistes français, les dirigeants du Fonds Monétaire International et de l’Organisation Mondiale du Commerce. Evidemment, le discrédit du PCF auprès de salariés qu’il ne représente plus guère, ne pouvait que devenir massif : Marie-George Buffet en a fait l’amère expérience, qui s’évertuait à expliquer qu’elle voulait « faire élire la gauche » !
Ce dernier traumatisme électoral, pour prévisible et mérité qu’il soit, annonce-t-il la disparition du PCF, s’il continue sur les mêmes bases opportunistes et suicidaires, ou sa renaissance en tant qu’organisation révolutionnaire en France ? La seconde solution est possible : il existe encore au sein du PCF des dizaines de milliers de communistes honnêtes, désireux de transformation sociales anti-capitalistes, et qui n’ont jamais retiré de leur adhésion le moindre avantage personnel, salaire ou pouvoir. Il existe aussi des milliers de communistes convaincus, rejetés par leur parti au cours des ans, souvent désespérés de cette éviction. Ils ne demanderaient qu’à affluer vers une organisation qui aurait enfin retrouvé ses idéaux fondateurs.
Malheureusement, depuis l’échec du printemps 2007, de nombreux responsables nationaux et locaux du PCF se répandent en déclarations sur la refondation nécessaire du parti, en proposant de le tirer encore plus vers la droite ; « à l’italienne », « à l’allemande », ils veulent le transformer définitivement en « machin » politicien à l’image des partis sociaux- libéraux de la gauche européenne, qui ne combattent pas le capitalisme et l’impérialisme, mais se contentent au plus d’en dénoncer les excès. Paradoxalement, leur envie peut être une chance pour le PCF : que tous les carriéristes sans principes, les partisans de ce nouveau parti social-démocrate français le forment et laissent les communistes, enfin, restaurer leur parti.
Car la France et son peuple ont plus que jamais besoin d’un parti communiste, seul capable d’organiser les aspirations populaires anti-capitalistes et anti-impérialistes. Il peut, il doit réunir les communistes véritables, dans leur diversité, qui enrichit le combat collectif au lieu de le limiter. Encore faut-il pour cela qu’il rassemble en son sein des militants sur la base de quelques principes simples, élémentaires, mais en rupture avec les dérives droitières des années passées.

~ Dans un pays capitaliste comme la France, dont la majorité des citoyens, ouvriers, chômeurs ou salariés est exploitée, au profit de minorités privilégiées, un parti organisé est nécessaire à toute stratégie de transformation sociale. Encore faut-il préciser que son objectif premier n’est pas d’accéder au pouvoir, de conquérir des postes de ministres, de responsables nationaux ou locaux, de députés ou de maires. Son rôle est essentiellement pédagogique ; il est l’outil nécessaire à convaincre la population du caractère néfaste du capitalisme, de la nécessité de le supprimer pour aboutir à une société socialiste, interdisant l’exploitation de l’homme par l’homme. Quand, et seulement alors, la majorité des citoyens aura admis ces objectifs, les communistes ne rechigneront pas aux responsabilités, pour transformer la société selon la volonté populaire, et non pour en tirer profit.

~ Le parti communiste ne peut convaincre les citoyens de ces objectifs, qu’en élaborant un programme, incluant des objectifs concrets de lutte, mais aussi un projet de société nouvelle. Il devient infantile, quinze ans après l’effondrement du modèle soviétique, de répéter avec les conservateurs de tout poil, que ce fut un échec, et d’en conclure que la société socialiste, basée sur la propriété collective des grands moyens de production, est obligatoirement condamnée aux exactions étatiques, à l’absence de démocratie politique, ou à l’inefficacité économique. Un projet socialiste autogestionnaire pour la France, déjà esquissé par le PCF il y a trente-cinq ans, est tout à fait plausible et nécessaire aujourd’hui. Il serait le moyen de reconquérir l’audience du parti, acquise quand ses membres combattaient les nazis et leurs alliés, ou quand ils luttaient pour la paix dans le monde et contre les guerres coloniales.

~ Encore faut-il que, parallèlement, le PCF ne présente plus le visage d’apparatchiks plus ou moins médiatisés, ignorant tout des préoccupations quotidiennes de la majorité des citoyens, qu’ils ne partagent plus depuis parfois des décennies de professionnalisme politicien. Il doit redonner l’image, trop souvent perdue, de responsables et d’élus immergés dans la vie réelle, le monde du travail, à l’écoute des salariés et travailleurs indépendants, avec un seul objectif militant : expliquer, convaincre, et animer les luttes populaires, sans s’ériger en donneur de leçons impératives.

~ Les communistes savent bien que le combat politique exige des alliances, y compris électorales, avec d’autres forces qui partagent certains de nos objectifs anti-capitalistes et anti-impérialistes : altermondialistes, trotskistes, écologistes de gauche, socialistes, chrétiens, etc…La liste est très longue de ces acteurs possibles d’un rassemblement progressiste, fugace ou durable. Mais cette tactique unitaire ne doit en aucun cas nous amener à nous dissoudre dans les convictions du partenaire. Et il faut en finir avec cette pratique inepte qui consiste depuis longtemps pour le PCF à réduire le niveau de ses objectifs pour parvenir aux alliances recherchées (notamment avec le PS), l’alliance n’a de sens, au contraire, qu’en fonction de l’objectif de lutte nécessaire.

~ Ce projet d’une France socialiste du XXIème siècle, doit avoir une dimension politique claire, seule capable de réconcilier les citoyens avec la République : des millions d’entre eux, parmi les plus exploités, ne votent plus ou se laissent attirer par la démagogie de droite ou d’extrême droite, parce qu’ils jugent tous les dirigeants politiques y compris ceux du PCF, inefficaces, menteurs et corrompus. Les communistes ont donc le devoir, en 2007, de dénoncer un système de plus en plus monarchique, soutenu par les dirigeants politiciens et affairistes des médias et notamment des télévisions, qui manipulent l’opinion au lieu de l’informer, et par des élus-notables prêts à oublier leurs engagements sitôt passée l’élection. A l’inverse, les communistes doivent proposer une République parlementaire, gérée à tous niveaux par les représentants de l’opinion élus à la proportionnelle, des élus responsables devant leurs mandants et révocables par eux à tout instant, et une information télévisée dont le pluralisme et l’honnêteté soit contrôlée par la représentation nationale, dans sa diversité.

~ Ce projet d’une France socialiste du XXIème siècle, doit avoir un contenu économique et social précis, qui ne peut se limiter à la défense des conquêtes du passé. Car s’il est juste de s’opposer au démantèlement de la Sécurité Sociale, des retraites, des services publics, à la privatisation des sociétés nationalisées, à la précarité de l’emploi, aux délocalisations, au manque de logements sociaux, etc…il est illusoire et démagogique de promettre le plein emploi, les logements populaires et services publics nécessaires, si l’on se refuse à mettre en cause le pouvoir de décision, qui relève de la propriété des moyens de production et d’échange. Ainsi le chômage, les délocalisations, la précarité de l’emploi sont aujourd’hui organisés à leur profit par les capitalistes, financiers et spéculateurs internationaux, qui possèdent les trois-quarts des grandes entreprises de France. Les décisions inverses, au profit des salariés et consommateurs, ne pourront que suivre la réappropriation par la nation des dites entreprises et des richesses qu’elles produisent. Les seuls pays qui, aujourd’hui, réalisent des avancées sociales révolutionnaires, comme le Venezuela, nationalisent leur patrimoine, au lieu de le livrer au pillage spéculatif. Le gouvernement Chavez n’attend pour cela ni l’autorisation des dirigeants US, ni l’assentiment de ceux d’Europe.
Autre exemple flagrant, dans une France qui compte chaque année plus de riches, et plus de sans abris : la spéculation a conduit en quelques années le prix des terrains à bâtir à un tel taux, qu’aucune collectivité ne peut réaliser les logements sociaux nécessaires, même quand elle en a la volonté. Construire assez pour loger les plus pauvres implique donc la réquisition effective des logements vides, mais surtout le blocage total, par la loi, du prix des terrains à bâtir, à un taux non spéculatif. Le PCF s’honorerait en faisant campagne pour cette mesure, révolutionnaire certes, mais susceptible d’entraîner une majorité de Français, s’ils en comprennent les enjeux.

~ Dans le monde actuel, il ne peut y avoir de lutte conséquente pour une autre société en France, sans tenir compte des problèmes internationaux, en refusant le chantage selon lequel on ne peut rien changer dans notre pays, enfermé dans les obligations de la mondialisation capitaliste et de l’Europe libérale supranationale. Le changement dans un pays est affaire de volonté politique et de soutien populaire. Plusieurs pays d’Amérique latine et Cuba prouvent que les dirigeants de l’impérialisme mondial, malgré tous leurs efforts, ne peuvent empêcher un peuple de construire son avenir quand il le veut suffisamment. Mais il faut qu’enfin le PCF retrouve dans son programme les traditions de lutte pour la paix, contre l’impérialisme, qui firent sa grandeur et sa force.
Il les a, depuis des années, abandonnées au profit de discours humanistes creux, lorgnant vers la social démocratie européenne et atlantiste, au détriment des solidarités de lutte contre l’impérialisme étasunien ou français. Exemples flagrants de cette dérive, l’inaction du PCF contre l’invasion et l’occupation de l’Irak, sous prétexte que Saddam Hussein était un dictateur ; et encore, en juillet 2007, l’absence une nouvelle fois du PCF aux côtés des trente-neuf partis communistes et ouvriers, protestant ensemble contre le projet US de bases nucléaires en Europe de l’est (parmi lesquels les PC Tchèque, de Grèce, du Portugal, de Turquie, de Chypre, le DKP allemand, le PDCI d’Italie, etc…).
Le PCF doit au contraire proclamer le droit inaliénable de la nation française de déterminer elle-même son avenir économique, social, politique, diplomatique et militaire, et son droit de ne pas subir les diktats impérialistes extérieurs. Cela implique le rejet du traité de Maastricht et de l’autorité monétaire de la banque européenne de Francfort, et la sortie de l’alliance occidentale de l’OTAN. Ceci au profit d’une diplomatie de neutralité et de solidarité avec tous les peuples, notamment ceux d’Afrique et d’Amérique latine. Les communistes doivent organiser, en France, la lutte internationale contre le colonialisme israélien, le chaos sanglant généré par l’impérialisme des USA et de leurs alliés en Irak. Mais ils doivent aussi exiger la fin des interventions militaires françaises en Afghanistan, au Tchad. Ils doivent dénoncer les rodomontades du ministre Kouchner sur le « droit d’ingérence » de la France et des grandes puissances, la pratique des dirigeants européens et de Sarkozy de piller les compétences des pays africains par « l’immigration choisie ». Ils doivent enfin proposer une solidarité réelle entre les peuples, plutôt qu’une concurrence brutale organisée par le FMI et l’OMC.

~ Telles sont les conditions essentielles d’une refondation du Parti Communiste Français, dont la permanence du nom doit garantir la fidélité aux principes qui firent sa grandeur. En tant que communiste, j’ai cru devoir apporter mon avis, et j’espère être écouté pour, comme tu le dis, « construire ensemble ».
 
Francis Arzalier
 
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8 août 2007 3 08 /08 /août /2007 21:17

 
 
Les perspectives d’Armageddon
 
 
La logique qui défend les atrocités nucléaires du passé est actuellement utilisée pour soutenir une frappe contre l’Iran
 
Abbas Edalat et Mehrnaz Shahabi
 
Le mardi 7 août 2007
 
 
Il est terrifiant, bien que non surprenant, de lire le meneur d’idées néoconservateur Oliver Kamm (écrivain et chroniqueur britannique, il est partisan de l’interventionnisme étranger. Ndt.) soutenant sur ces pages (dans un article daté du 6 août intitulé ‘Terrible, mais pas un crime’) que les bombes atomiques qui avaient ravagé Hiroshima et Nagasaki il y a 62 ans, ont sauvé des vies et mis un terme à des souffrances. Le thème sous-jacent est évident. Le même camp dont l’approbation vigoureux avait mené à la catastrophe en cours en Irak, est maintenant en train de fixer l’Iran avec un regard belliciste. La même logique absurde et dangereuse qui défend les atrocités nucléaires de 1945 peut maintenant être utilisée pour soutenir l’utilisation préventive des armes nucléaires contre l’Iran – dont la menace à son tour rend l’idée d’une attaque conventionnelle plus acceptable. Maintenant, plus que jamais, nous devons être clairs dans notre position morale : Comme Mohamed Elbaradei, le chef de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique, avait dit, la simple possession des armes nucléaires aujourd’hui devrait être considérée avec la même condamnation et l’horreur que nous regardons l’esclavage et le génocide dans notre monde moderne et civilisé.
 
Etonnamment, la catastrophe en Irak a échoué de refroidir la clique belligérante à la Maison Blanche. Il est improbable que l’arrivée hier d’une équipe de l’AIEA à Téhéran dissuade les partisans d’une frappe, nucléaire ou conventionnelle. Un tel assaut serait une violation flagrante du traité de non–prolifération nucléaire, mais ça ne serait pas la première fois que les Etats-Unis dédaignent l’accord de 1968.
 
Le traité oblige les états nucléaires de poursuivre des négociations de bonne foi pour l’arrêt de la course vers les armes nucléaires et puis vers le désarmement. Il garantit de l’aide aux états non-nucléaires pour accéder au savoir-faire et à la technologie nucléaire pacifique.
 
Les cinq premiers états nucléaires sont tous en violation du traité pour avoir échoué de prendre des mesures effectives envers le désarmement. Les USA ont systématiquement enfreint le traité dans les années 1980 et 1990 en exerçant, avec succès, des pressions sur les états et les entreprises occidentaux, tout comme la Chine et la Russie, pour ne pas entamer des collaborations nucléaires avec l’Iran – qui en tant que signataire du traité fut autorisé depuis 1970 à recevoir matériel, technologie et information pour l’usage pacifique de la puissance nucléaire. Ceci a finalement conduit l’Iran, après le bombardement par Israël en 1981 de la centrale nucléaire irakienne Osirak, vers le marché noir pour poursuivre son programme nucléaire. La dissimulation partielle consécutive des activités nucléaires de l’Iran a levé des suspicions occidentales concernant ses ambitions nucléaires, mais il est rare que la présentation des médias fasse référence au contexte dans lequel ait pris place le recours au marché noir. Il est aussi rare de voir mentionné le fait que l’AEIA n’a pas trouvé de preuve d’un programme d’armes après plus de 2200 heures d’inspections fortuites des sites nucléaires iraniens.
 
En contraste marqué des suspicions occidentales de l’Iran, le vrai programme nucléaire en Israël a été avidement sponsorisé par les gouvernements de la France, la grande Bretagne et les USA. Ils ont activement soutenu le développement israélien d’un arsenal estimé à plus de 200 ogives. C’est un programme d’armes que Tel Aviv est déterminé à envelopper dans le secret. Mordechai Vanunu a exécuté une sentence de 18 ans de prison, dont 12 ans en détention solitaire, pour avoir parlé en public en 1986 de la possession d’armes nucléaire par Israël. Le mois dernier, il a été condamné à six mois supplémentaires de prison pour avoir parlé à des étrangers.
 
Même si l’Iran discute des nouvelles inspections avec l’AEIA, le risque d’une attaque militaire à ses sites nucléaires demeure élevé. La menace israélienne de déployer des armes de destruction de bunkers nucléaires afin de détruire le potentiel d’armes iranien, est en ligne avec la stratégie de 2006 de sécurité nationale des USA, et de la doctrine du Pentagone pour les opérations nucléaires communes qui justifient l’usage des armes nucléaires tactiques conte des états à armes non-nucléaires comme une « force de dissuasion ». Le comble de l’ironie est que le principal violeur du traité, les USA, et la seule et non-signataire puissance nucléaire de la région, Israël, considèrent les frappes nucléaires sous prétexte de la limitation nucléaire.
 
L’année dernière, on a interrogé John McCain, un candidat républicain à la candidature présidentielle et un défenseur de la nécessité de garder l’option militaire contre l’Iran sur la table, sur ce que pourraient être les conséquences d’une attaque contre l’Iran. Sa réponse était seulement un mot : « Armageddon ». Après trois guerres ravageuses menées par les USA, la Grande Bretagne et Israël depuis le 9/11, la perspective d’une guerre catastrophique contre l’Iran plane sur la région.
 
Tandis que le monde se souvient de Hiroshima et Nagasaki, une déclaration internationale approuvée par une douzaine d’organisations principales pour la paix, anti-nucléaire et communautaires en Grande Bretagne, les USA et Israël, tout comme cinq prix Nobel, appelle pour un Moyen Orient sans armes de destruction massive. Israël pourrait apporter un grand service à la région en annonçant immédiatement qu’il pour le démantèlement de son arsenal nucléaire.
 
 
Abbas Edalat est professeur de Sciences Informatiques et de Mathématiques à l’Imperial College de Londres et fondateur de la Campagne contre les Sanctions et l’Intervention Militaire en Iran ; Mehrnaz Shahabi est le rédacteur en chef de la campagne www.campaigniran.org
 
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