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5 avril 2008 6 05 /04 /avril /2008 19:11

En février 1957, Castro était donné pour mort après un catastrophique débarquement à Cuba. Perdu dans la montagne avec une poignée de rebelles, il semblait condamné à l’oubli. La rencontre avec un journaliste du “New York Times” allait lui conférer une stature internationale. Récit d’une résurrection médiatique.

Lors de son dernier voyage aux Etats-Unis, à l’occasion du Sommet du millénaire de l’ONU, en septembre 2000, Fidel Castro trouve le temps de se rendre au New York Times. Alors qu’il déambule dans les couloirs du célèbre quotidien, devant les portraits de personnalités qui ont marqué le siècle, il s’exclame soudain : “Où se trouve le portrait d’Herbert Matthews ? Ça, c’était un journaliste !“  Mais malgré trente-six ans de service comme grand reporter et éditorialiste, Herbert Matthews ne fait pas partie des légendes officielles du New York Times.

En revanche, à 2500 kilomètres de Manhattan, au Musée national de la révolution de La Havane, le journaliste américain a trouvé place dans une vitrine, au beau milieu d’uniformes militaires élimés, de portraits de révolutionnaires et de vieux fusils. On l’aperçoit sur une petite photo en noir et blanc, assis en pleine forêt, cigare aux lèvres et carnet de notes à la main. A ses côtés, le jeune Fidel Castro s’allume lui aussi un cigare.

“DÉBARQUEMENT PATHÉTIQUE”

Cette scène méconnue s’est déroulée en février 1957, dans le crépuscule humide de la Sierra Maestra, une zone montagneuse à l’est de Cuba. Trois mois plus tôt, Castro se trouvait encore au Mexique, où il s’était exilé après avoir purgé un an et demi de prison pour sa participation, le 26 juillet 1953, à l’attaque de la Moncada, un baraquement de l’armée de Batista à Santiago. Convaincu que les Cubains, exaspérés par la violence et la corruption du régime, étaient prêts à se soulever, il avait élaboré et vanté publiquement un plan tout simple : il allait déclencher une insurrection populaire à travers le pays en faisant coïncider son débarquement, au sud-est de l’île, avec un soulèvement prévu à Santiago de Cuba.

Le 25 novembre 1956, Fidel Castro et 81 compagnons embarquent donc à bord d’un vieux yacht, le Granma. Chahutée par une forte mer et des pluies torrentielles, la frêle embarcation s’échoue dans les marécages cubains avec deux jours de retard. Les mitrailleuses de Batista sont au rendez-vous. Informé du projet, ce dernier a déjà écrasé sans mal le soulèvement de Santiago. C’est une hécatombe. Les corps de Raul et Fidel Castro sont officiellement identifiés et enterrés par l’armée.

Pourtant, une douzaine de survivants – parmi lesquels les frères Castro et Ernesto Guevara – parviennent à gagner les montagnes. Le 4 décembre 1956, un éditorial du New York Times intitulé “Les violents Cubains” s’interroge sur le but de ce “débarquement pathétique d’environ quarante jeunes hommes se prenant pour une armée d’invasion”. L’éditorialiste n’en revient pas que le chef de cette aventure, Fidel Castro, ait pu délibérément révéler ses plans avant l’opération. “Peut-on imaginer quelque chose de plus fou?” s’interroge-t-il, avant de conclure : “Il n’y a pas la moindre chance qu’une révolte réussisse dans les circonstances actuelles“, en référence à la puissance militaire de Batista.

SON FLAIR EST INTACT

Effectivement, un mois plus tard, la petite bande qui survit dans la forêt avec l’aide des paysans du coin semble condamnée à l’oubli. La presse cubaine étant censurée, Castro comprend qu’il lui faut contacter la presse étrangère pour rallier l’opinion à sa cause. Il envoie un messager à Ruby H. Phillips, la correspondante du New York Times à La Havane. Trop connue des autorités locales pour entreprendre elle-même ce reportage, Phillips contacte le journal à New York qui dépêche alors Herbert Matthews.

Déguisés en touristes, Matthews et sa femme Nancy partent pour la province d’Oriente, où ils retrouvent les hommes de Castro dans la ville de Manzanillo. La nuit tombée, les rebelles conduisent Matthews à travers les champs de canne à sucre et franchissent un barrage de l’armée en le faisant passer pour un riche investisseur américain. Ils finissent par couper à pied dans la forêt. La pente est raide, le sol glissant. Certes, Matthews en a vu d’autres : il a couvert la guerre civile espagnole, la campagne d’Italie… Mais à 57 ans, ce type grand et mince n’est plus au faîte de sa forme.

Son flair, en revanche, est intact. Alors qu’il attend toute la nuit, assis sur une couverture, l’arrivée du chef des rebelles, Matthews pressent qu’il s’agit peut-être d’un moment historique. En effet. Le jeune Fidel Castro finit par le rejoindre et lui accorde un entretien de trois heures – le scoop de sa vie. “Il y avait un reportage à écrire et une censure à braver, écrira Matthews dans ses Mémoires. C’est ce que j’ai fait, et ni Cuba ni les Etats-Unis n’allaient être les mêmes après cela.”

Deux jours plus tard, Nancy dissimule dans sa gaine les notes de son mari, qui portent la signature de Castro comme gage d’authenticité, et les Matthews rentrent aux Etats-Unis. Les 24, 25 et 26 février 1957, le New York Times publie trois grands articles, dont deux en première page. Ils décrivent en détail la corruption du régime et les atrocités commises par l’armée, tout en dénonçant le soutien militaire et diplomatique des Etats-Unis au régime de Batista.

REBELLE CHARISMATIQUE

Cette analyse récuse catégoriquement la ligne officielle qui fait de Cuba une île prospère et docile, gouvernée par un régime favorable aux intérêts des Etats-Unis – vision qui perdure au sein du gouvernement et du public américain, malgré les signes croissants du fort mécontentement populaire. Matthews fait l’éloge de tous les groupes d’opposition, mais il distingue et propulse sur le devant de la scène Fidel Castro et le Mouvement du 26-Juillet (ce jour où, trois ans et demi plus tôt, Castro attaquait la Moncada).

Il est subjugué par ce rebelle charismatique de 30 ans. Il relève que son programme politique est assez vague, mâtiné de nationalisme, d’anticolonialisme et d’anti-impérialisme, mais souligne que Castro n’éprouve aucune animosité à l’égard des Etats-Unis.

Le journaliste estime que ces rebelles sont porteurs d’”un changement radical et démocratique pour Cuba, et donc anticommuniste”. Enfin, il annonce que les guérilleros “dominent” militairement la Sierra Maestra et humilient régulièrement la fleur de l’armée cubaine. Il cite Fidel Castro décrivant ses troupes, “des groupes de dix à quarante combattants”, et évalue lui-même l’entourage du guérillero à une quarantaine d’hommes. En réalité, le Mouvement du 26-Juillet ne compte pas plus de dix-huit compañeros, certes motivés et solidement idéalistes, mais mal armés et complètement isolés.

Deux ans plus tard, Castro racontera, à l’Overseas Press Club, à New York, devant un Herbert Matthews un peu gêné, comment il trompa le reporter : durant l’interview, ses hommes échangèrent leurs fripes et tournèrent autour du journaliste pour lui donner l’impression qu’ils étaient plus nombreux. Raul interrompit même l’entretien pour donner des nouvelles d’une “seconde colonne”  imaginaire.

Enragé par les articles du Times, Arthur Gardner, l’ambassadeur des Etats-Unis à La Havane, se hâte de rassurer Washington : Batista a la situation “bien en main”. Le commandant militaire de la province d’Oriente, dont les hommes sont chargés d’éliminer les derniers rebelles, affirme d’ailleurs que “les déclarations de cet homme de presse nord-américain sont absolument fausses car il est physiquement impossible de se rendre dans la zone où l’interview imaginaire a prétendument eu lieu. Personne ne peut pénétrer cette zone sans être vu”. “A mon avis”, conclut-il, Matthews “n’a jamais mis les pieds à Cuba”.

Dans l’île, toutefois, les articles font l’effet d’une bombe. Castro, qui a envoyé un de ses hommes à New York pour les photocopier en urgence, fait distribuer sous le manteau des milliers de copies, de La Havane à Santiago de Cuba. Quel ques jours plus tard, Batista lève temporairement la censure, permettant aux radios et journaux locaux de commenter les articles du Times : tous les opposants au régime apprennent ainsi que Castro est vivant, et que la lutte continue. Une propagande inespérée.

Pour sauver la face, le ministre de la défense cubain déclare alors que “Monsieur Matthews n’a pas interviewé l’insurgé communiste Fidel Castro” et que “l’interview et les aventures décrites par le correspondant Matthews peuvent être considérées comme le chapitre d’un roman de fiction”. Il s’étonne même de ce que le reporter n’en ait pas profité pour se faire photographier avec Castro afin d’authentifier cette fable. Le New York Times s’empresse alors de publier la déclaration du ministre… accompagnée de la photo, prise par l’un des rebelles, désormais exposée au Musée de La Havane. Batista est convaincu qu’il s’agit d’un montage.

Mais le président de la Banque nationale de Cuba a compris. Il lui souffle alors : “Si c’est publié dans le New York Times, c’est vrai à New York, vrai à Berlin, vrai à Londres et vrai à La Havane. Vous pouvez être certain que le monde entier croit à cette histoire.”  La suite est connue. Le 8 janvier 1959, après deux ans de combats, Fidel Castro fait une entrée triomphale à La Havane avec des milliers de guérilleros. Cela fait maintenant deux ans qu’Herbert Matthews, devenu le “Monsieur Cuba” du New York Times depuis cette fameuse interview, écrit presque tous les articles et les éditoriaux sur le sujet. Jamais il ne s’est départi de sa première impression : Castro, répète-t-il, n’est pas un communiste. Il implore les Américains d’ignorer son mauvais caractère et ses déclarations intempestives. Il les enjoint même de soutenir cette révolution sociale et les prévient que, dans le contexte de la guerre froide, la détérioration des relations avec Cuba ferait tomber l’île dans l’escarcelle des communistes qui tentent déjà, là-bas, de s’approprier la révolution.

RESPONSABLES DE L’ÉCHEC

Mais en 1960, la ligne rouge est franchie : la réforme agraire heurte directement les intérêts économiques américains et les relations diplomatiques se tendent dangereusement. Au sein du New York Times, Matthews est graduellement marginalisé, jugé coupable de subjectivité. Il continue d’écrire des éditoriaux mais n’est plus envoyé sur place. En janvier 1961, le président Eisenhower rompt les relations diplomatiques avec La Havane; la révolution glisse vers le communisme – les Etats-Unis ont perdu Cuba. Pour la droite américaine, les alliés de Batista et la presse conservatrice, Herbert Matthews et le New York Times sont, et demeurent aujourd’hui, les responsables de cet échec.

En 1960, l’ambassadeur Earl T. Smith, qui remplace Gardner, accuse le journaliste d’avoir influencé le département d’Etat américain. Devant le sous-comité du Sénat aux affaires intérieures, il annonce que les articles du New York Times “ont permis à Castro d’acquérir une stature internationale et une reconnaissance mondiale. Jusque-là, Castro n’avait été qu’un autre de ces bandits des montagnes d’Oriente (…)”. La même année, une caricature parue dans la revue conservatrice The National Review montre Castro, à cheval sur Cuba, avec cette légende : “J’ai trouvé mon job dans le New York Times.”  Dans une lettre adressée à son ami Ernest Hemingway, rencontré pendant la guerre civile espagnole, Matthews raconte que des manifestants se sont groupés devant l’immeuble du New York Times pour protester contre lui. “Qu’est-ce que je ne dois pas subir ces temps-ci”, se plaint-il. Il est profondément déçu par la tournure que prennent les événements, tant à Cuba qu’aux Etats-Unis. Mais il reste persuadé qu’il ne s’est pas trompé, que Castro n’était pas communiste, qu’il a opéré un rapprochement pragmatique avec ce parti seulement à partir de 1960.

Après avoir reçu des menaces de mort, le journaliste est placé sous protection du gouvernement. Il doit quitter préci pitamment l’estrade de l’université du Nouveau-Mexique suite à une alerte à la bombe. Il est aussi exclu de l’Association interaméricaine de la presse et préfère éviter l’Overseas Press Club. En 1965, Eisenhower lui-même l’accuse d’avoir, “presque à lui tout seul”, fait de Castro “un héros national”.

Même après sa mort, en 1977, vingt ans après sa rencontre avec Fidel Castro dans la Sierra Maestra, Matthews est resté dans le collimateur des conservateurs. En 1987, William Ratliff, un chercheur de la Hoover Institution de l’université Stanford, dira encore : “Rarement dans l’histoire un seul écrivain aura donné le ton avec autant d’influence (…) quant à un personnage, un mouvement, un phénomène historique.”  Herbert Matthews niera toujours avoir “fait” Castro. A ses yeux, il s’agissait “d’un homme promis à une destinée hors du commun qui aurait fini de toute façon par s’imposer”. C’est fort probable. Mais les articles du New York Times ont peut-être accéléré le cours de l’histoire.

Deux ans plus tard, Castro racontera comment il trompa le reporter. Raul interrompit même l’entretien pour donner des nouvelles d’une “seconde colonne”  imaginaire.`

www.libertesinternets.wordpress.com

 http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/ARCHIVES/archives.cgi?ID=5fcb144201e14815b7d5f8495a2354d39477ae6a71eb6c92

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5 avril 2008 6 05 /04 /avril /2008 18:52

Un fonds souverain chinois fait irruption dans le capital

 

du groupe pétrolier Total

 

LE MONDE | 04.04.08 | 14h44  •  Mis à jour le 04.04.08 | 14h44


  Tous les actifs pétroliers, en papier (actions) ou en réserves (barils), intéressent la Chine. L'annonce par Total, jeudi 3 avril, qu'un fonds public chinois était entré "graduellement" dans son capital au cours des derniers mois - sans citer son nom ni le pourcentage détenu - n'en a pas moins créé la surprise. Cette opération discrète a immédiatement donné le sentiment que le deuxième consommateur de la planète partait à l'assaut de la quatrième "major" mondiale et d'un fleuron de l'industrie française.

Le discours de Total tranche sur l'inquiétude exprimée par les hommes politiques devant la montée en puissance des fonds souverains, ces structures alimentées par les recettes des hydrocarbures, des minerais ou des excédents commerciaux. "C'est une bonne nouvelle que ce fonds s'intéresse à Total", commente une porte-parole du groupe, qui affirme que cette entrée n'est pas vécue comme hostile. Elle a donné lieu, au préalable, à des "discussions régulières", ajoute-t-elle.


Total y voit un moyen de "diversifier" son capital avec un type de structure "qui investit à long terme dans des actifs rentables". "Acheter des titres de Total représente une opportunité d'acheter des actifs qui sont sous-évalués", estime un analyste de la banque UBS, mais que des investisseurs plus "court-termistes" hésitent à acquérir. Total affirme qu'il compte déjà ce type d'investisseurs dans son capital. De plus, cette opération accroît "la visibilité en Chine", où le groupe est bien implanté dans la chimie, la pétrochimie, le raffinage et les stations-service.


C'est le fonds gestionnaire de la majeure partie des réserves de changes de la Chine (1 650 milliards de dollars), placé sous l'autorité de la banque centrale chinoise, qui a acheté 1,6 % de Total pour 2,8 milliards de dollars (1,8 milliard d'euros), indique le Financial Times dans son édition du vendredi 4 avril. Cette opération illustre l'offensive des fonds souverains des pays émergents sur les entreprises occidentales : China Investment Corporation s'était illustrée fin 2007, en pleine crise des subprimes, en acquérant 9,9 % de la banque d'affaires américaine Morgan Stanley pour 5 milliards de dollars.


L'actionnariat de Total, première capitalisation boursière de Paris, est réparti entre Europe, Asie et Amérique du Nord. Les institutionnels (banques, fonds, entreprises...) en détiennent 88 %, les individus 8 % et les salariés 4 %. Le premier actionnaire est le financier belge Albert Frère (présent dans Suez et Lafarge), qui fin 2007 détenait 5,3 % du capital à travers Groupe Bruxelles Lambert (3,9 %) et la Compagnie nationale à portefeuille (1,4 %).


La Chine déploie une stratégie tous azimuts pour se procurer pétrole, gaz et minerais. Pékin passe des accords énergétiques d'Etat à Etat et finance des infrastructures (routes, ports, hôpitaux...) en échange de contrats d'approvisionnement. Les filiales cotées des entreprises publiques investissent dans des gisements ou tentent de racheter des compagnies entières. En 2005, la China National Offshore Oil Corporation avait essayé de racheter l'américaine Unocal, attirée par ses contrats et ses réserves d'hydrocarbures (Caspienne, Asie centrale, Birmanie, Indonésie...). Elle avait dû y renoncer devant l'hostilité du Congrès, et c'est la société californienne Chevron qui avait raflé la mise pour 18 milliards de dollars.

 

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5 avril 2008 6 05 /04 /avril /2008 18:44

Manifestations pour dénoncer la "chasse aux étrangers"

 

LEMONDE.FR avec AFP | 05.04.08 | 16h46  •  Mis à jour le 05.04.08 | 17h03


  A l'appel de plusieurs collectifs de défense des sans-papiers et de partis politiques, des manifestations étaient organisées, samedi 5 avril, dans plusieurs grandes villes de France pour dénoncer la politique en matière d'immigration du gouvernement. Ces manifestations interviennent alors que, vendredi, un homme de 29 ans, d'origine malienne, en situation irrégulière, a trouvé la mort à Joinville-le-Pont (Val-de-Marne) en se jetant dans la Marne en essayant de fuir un contrôle de police.

 

A Paris, ils étaient plusieurs milliers à défiler. Peu avant 15 heures, le cortège a quitté la place d'Italie pour rejoindre la rue de Grenelle où est situé le ministère de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire. En tête du défilé, se trouvaient notamment Pierre Cordelier, un des porte-parole de RESF (Réseau éducation sans frontière), Arlette Laguiller (Lutte ouvrière), la sénatrice communiste Nicole Borvo et Jean-Pierre Dubois (Ligue des droits de l'homme).


"SANS-PAPIER TRAQUÉ, SANS-PAPIER NOYÉ"


"L'actualité montre malheureusement que la politique du gouvernement tue et nous voulons faire cette démonstration alors que dans trois mois la France va vouloir imprimer sa politique à toute l'UE"
lors de la présidence tournante de l'Union européenne, a fait valoir Nathalie Serré, porte-parole du Gisti, membre du collectif Ucij (Unie-e-s contre une immigration jetable).


A Lyon, entre 1 550 à 2 000 personnes ont manifesté avec des pancartes sur lesquelles on pouvait lire "Laissez les grandir ici", "Résistance" ou "Si tu veux un pays, prends le mien". Les manifestants scandaient également des slogans comme "Sans-papier traqué, sans-papier noyé", en référence au Malien de Joinville-le-Pont. Toutes les 20 minutes, allusion au fait qu'un étranger sans-papiers est expulsé toutes les 20 minutes de France, les participants étaient invités à s'asseoir pour la lecture de courts textes critiquant la politique d'immigration du gouvernement et la "criminalisation" de l'aide au séjour des étrangers en situation irrégulière.


A Marseille, ils étaient 500 selon la police, 1 500 selon les organisateurs, à manifester dans le centre-ville. "Nicolas Sarkozy a osé faire plus rapidement et plus clairement ce qui se faisait déjà précédemment. Il présente aujourd'hui un visage xénophobe avec un cynisme d'Etat qui ne se cache plus d'être hostile aux étrangers", a déploré Jean-Pierre Cavalié, délégué régional Provence-Alpes-Côte d'Azur de la Cimade, qui évoque une accentuation de la "chasse aux étrangers", "très dangereuse pour la démocratie".

 

 

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4 avril 2008 5 04 /04 /avril /2008 22:09

Val-de-Marne: décès d'un sans-papiers qui voulait échapper à la police

 

PARIS   (AP)

 

  Un homme sans-papiers âgé d'une vingtaine d'années est décédé vendredi après-midi à Joinville-le-Pont (Val-de-Marne) après avoir tenté d'échapper à un contrôle de police, a-t-on appris de source policière.

Après s'être jeté dans la Marne, l'inconnu avait été transporté dans un hôpital parisien. Une autopsie devrait permettre d'établir les causes de cette mort.

Selon les premiers éléments de l'enquête, le suspect avait été interpellé dans la station RER alors qu'il souhaitait prendre un train sans titre de transport. Alors que des policiers de la Bac tentaient de le contrôler, l'individu a pris la fuite et s'est jeté ensuite à l'eau.

D'après sa carte de transport, il serait de nationalité malienne et en situation irrégulière. Mais la police devait établir avec certitude son identité. L'inspection générale des services (IGS), la police des polices, a été chargée de l'enquête. AP

 

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4 avril 2008 5 04 /04 /avril /2008 21:54

Cet article a été rédigé par Philippe Vassé, un reporter d’AgoraVox, le journal média citoyen qui vous donne la parole.

 

A l’hiver 1990, à Berne, eut lieu la première manifestation commune rassemblant - contre la venue en Suisse de Li Peng, l’ordonnateur du massacre des étudiants sur la place Tiananmen le 4 juin 1989 - des militants démocrates chinois et tibétains au coude à coude contre la même dictature, soutenus par des associations, organisations et syndicats suisses : celle du régime de Pékin. J’étais présent alors avec des amis dirigeants du mouvement démocratique chinois, dont des survivants du bain de sang qu’avait été la place Tiananmen moins de quelques mois plus tôt. Aujourd’hui, la question de l’unité des deux peuples, chinois et tibétain, contre la dictature qui les opprime tous deux est encore, plus que jamais, à l’ordre du jour.

 

Fraternité et solidarité de deux peuples pareillement opprimés

 

A l’heure où se déploie dans le monde entier une offensive d’une ampleur jamais vue à l’initiative des autorités dictatoriales de Pékin, pour calomnier, salir, insulter à la fois le peuple tibétain et tenter de dresser un peuple contre un autre selon un principe bien connu qui assure que « diviser, c’est régner », il m’a paru utile d’apporter ici publiquement un témoignage du combat ancien et collectif des démocrates chinois et des militants tibétains pour le droit à l’autodétermination de leur peuple, un combat qui est par essence COLLECTIF. J’ai rarement vu une telle campagne de haine, mêlant les rumeurs les plus abjectes aux annonces les plus ignobles, que celle qui se développe contre le peuple tibétain, et qui essaie par là-même d’empêcher le mouvement démocratique chinois d’être entendu clairement.

 

Rappelons quelle est la position publique de ce mouvement démocratique chinois indépendant qui est l’avenir de la Chine, pays le plus peuplé du monde, sur la question nationale tibétaine : reconnaissance du droit naturel imprescriptible à l’autodétermination du peuple tibétain. Cette position de principe a été rappelée à plusieurs reprises par le porte-parole le plus connu du mouvement démocratique chinois : Wei Jing Sheng, qui a passé 18 ans de sa vie en prison dans son pays avant d’être libéré en 1998.

 

Il est nécessaire de rappeler à l’opinion publique internationale ce qu’est la Chine aujourd’hui, derrière les apparences de prospérité présentées à ceux qui ne veulent pas regarder derrière l’image qu’on leur tend : une dictature au profit d’une petite minorité de la population, dictature qui s’appuie pour maintenir et développer ses prébendes, fondées sur une corruption effrénée, sur l’appareil d’Etat et du Parti unique, qui n’a plus de « communiste » que l’appellation incontrôlée, selon un satiriste chinois.

 

De manière générale, le parti unique, le PCC, et l’Etat, ne font qu’un, cela au profit de quelques dizaines de millions de privilégiés de plus en plus riches pendant que la majorité du pays s’enfonce dans la pauvreté et les difficultés quotidiennes.

 

Une simple visite des usines dans les zones du sud de la Chine suffit à ramener l’observateur aux conditions ouvrières de vie et de travail pires que celles décrites dans Germinal : violences quotidiennes, brutalités permanentes, amendes, harcèlement sexuel des femmes, viols, humiliations incessantes, situations dégradantes pour la personne humaine, tout y passe.

 

Ceux qui douteraient de cette réalité peuvent se référer aux informations des syndicalistes chinois indépendants : newsletter@newsletter.clb.org.hk

 

Car derrière la vitrine d’opulence présentée par la dictature de Pékin, la réalité est dramatique : de haut en bas de l’économie, la corruption sévit et provoque des difficultés croissantes qui tendent à disloquer y compris l’appareil d’Etat.

 

L’inflation galope, les sociétés étrangères sont engagées dans un processus de délocalisation rapide hors du pays, les exportations chutent, les importations explosent, le chômage de masse devient intolérable pour une large partie de la population, une spéculation inimaginable détruit l’environnement urbain et provoque des centaines d’émeutes urbaines quotidiennes dans tout le pays, sans oublier les grèves et manifestations ouvrières ainsi que les révoltes dans les campagnes qui se multiplient comme un feu de poudre.

 

Un gigantesque pays au bord du gouffre et de plus en plus incontrôlable

 

Devant le flot des difficultés générées par sa politique et la corruption des élites dirigeantes qu’il représente, le gouvernement louvoie entre les reculs locaux et la répression acharnée, entre la satisfaction aux revendications populaires et la violence policière, voire militaire contre les citoyens chinois.

 

Dans ce contexte, les révoltes ou émeutes au Tibet s’expliquent naturellement, du fait que les citoyens tibétains sont victimes à la fois d’une répression accrue et d’une pauvreté plus accentuée, du fait des conditions économiques locales et surtout de la mainmise sur les ressources par les « colons » envoyés par Pékin pour « siniser » le pays.

 

Au passage, pour l’ironie sur l’ignorance terrifiante des réalités locales des thuriféraires du régime pékinois sur les cultures en Asie - thuriféraires qui essaient de faire accroire que la « CIA a donné des armes aux moines et nonnes de Lhassa » -, il importe de rappeler une réalité que toutes les populations d’Asie connaissent bien tant elle est partie de l’histoire du continent : les moines et nonnes bouddhistes tibétains sont des adeptes du pacifisme le plus complet.

 

On ne saurait donc les confondre, sauf pour des esprits particulièrement pervers ou amateurs de fictions hollywoodiennes aux « moines » du célèbre temple chinois de Shaolin, qui a rendu fameux dans le monde le « kung fu chinois ».

 

Mais, ceci étant clarifié, ce qui se passe au Tibet est indissociable du mouvement général de la société en Chine.

 

La révolte contre le système dictatorial de Pékin est devenue générale, et le feu couve dans toutes les parties de la Chine.

 

A l’évidence, les autorités, qui ne contrôlent plus l’inflation sur les prix des matières de base, subissent la hausse exponentielle des tarifs des matières premières, font face aux délocalisations massives et aussi aux faillites d’entreprises pour « faits de corruption », appelés ici « mauvaise gestion », et perdent la mainmise sur la situation sociale du pays.

La répression au Tibet, dans un tel cadre, répond à deux priorités pour le pouvoir en crise à Pékin : 1- essayer de dévoyer l’attention du peuple chinois sur un problème extérieur en tentant de créer un vent de nationalisme au seul service politique de la dictature. Les étudiants chinois hors de Chine, filles et fils de l’appareil dirigeant d’Etat, du parti unique et des cadres des sociétés privées nées des privatisations, sont ici dans le rôle naturel de relais et haut-parleurs du régime qui protège leurs intérêts matériels ; 2- essayer d’intimider le mouvement de colère montant en Chine par une répression impitoyable des émeutes au Tibet.

 

Bilan provisoire d’une situation appelée à évoluer de plus en plus vite

 

Quoi qu’il en soit, le régime a déjà perdu dans cette « affaire » du Tibet son image « favorable » et « de démocratie en marche ».

 

Il est apparu tel qu’il était : une dictature prête à tout pour préserver ses luxueux privilèges exorbitants sur le société chinoise toute entière.

 

Mais, les bases du développement économique en Chine sont maintenant sapées par un quadruple fléau :

 

-  1- la cherté des matières premières et leur raréfaction croissante ;

 

-  2- la montée des grèves et émeutes sociales, qui oblige à des reculs significatifs, encourageant à leur tour d’autres secteurs à agir collectivement de même ;

 

-  3- le départ des entreprises et capitaux étrangers de Chine ;

 

-  4- l’inflation incontrôlable des prix des produits alimentaires de base, qui accélère et nourrit la montée de la colère sociale de masse au sein de la population, tant urbaine que rurale.

 

Le régime est en voie de perdre sa légitimité qui se trouvait depuis près de 20 ans dans la croissance économique et la prospérité espérée.

 

La réalité quotidienne a détruit ces attentes et espérances : inflation galopante, licenciements de masse, émeutes et grèves se multiplient car le peuple chinois vit en majorité écrasante une situation qui devient explosive.

 

De manière symbolique, les Jeux Olympiques de Pékin, qui devaient devenir une sorte de consécration internationale du régime dictatorial, sont devenus dorénavant une menace pour la stabilité politique en Chine et une fenêtre sur la réalité profonde de la Chine en 2008.

 

D’un succès annoncé, la dictature de Pékin est en voie de créer, par ses propres actes contradictoires et sa répression sanglante au Tibet et en Chine même, une situation qui ne peut que lui échapper des mains à terme rapproché, sous les yeux effarés du monde, lors de ces Jeux Olympiques qu’elle a voulus à tout prix. Certains signes sont annonciateurs du futur : ainsi, hier, à Taipei, le président de la République, élu le 22 mars 2008, Ma Ying Jeou, manifestait avec la population taïwanaise et les militants tibétains et démocrates chinois contre ce qui se déroule au Tibet et... en Chine. Du jamais vu à Taïwan et au monde !!!

 

D’un certain point de vue, sa présence rappelait que la démocratie est aussi un droit pour la Chine et le Tibet, son élection dans un pays de langue et de culture chinoises démontrant que la démocratie est la seule voie raisonnable pour tous les peuples de la région et pour la paix.

 

Dans l’intérêt de tous les peuples du monde, il est essentiel que tous les secteurs de l’opinion publique internationale apportent leur soutien inconditionnel aux peuples chinois et tibétain, contre leur ennemi commun : la dictature de Pékin, anomalie anachronique en 2008 et danger potentiel pour les peuples sous sa férule. Ce soutien général prépare l’avenir et peut seul contribuer à apporter au plus vite la démocratie politique et sociale en Chine, la liberté au peuple tibétain et des possibilités partagées de prospérité pour le monde entier.

 

NB : l’auteur est parmi les premiers citoyens français à avoir travaillé, avec d’autres, aux côtés et avec le mouvement démocratique chinois et tibétain depuis mai-juin 1989. Il a assuré aussi de nombreux liens, contacts et traductions pour le mouvement démocratique et les syndicats indépendants chinois, notamment via une collaboration avec le China Labour Bulletin - Bulletin des Travailleurs chinois, publié à Hong Kong par le dirigeants syndical Han Dongfang. Il soutient activement démocrates, syndicalistes et dissidents chinois dans leur lutte difficile en Chine.

 

http://fr.news.yahoo.com/agoravox/20080401/tot-chine- tibet-deux-peuples-un-meme-com-89f340e.html



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4 avril 2008 5 04 /04 /avril /2008 11:09

Du rêve au cauchemar

 

 

Le 4 avril, Martin Luther King est assassiné à Memphis. Dans une Amérique qui le décevait : guerre du Vietnam, Black Panthers, pauvreté et persistance du racisme.

 

 

NATHALIE DUBOIS

 

 

QUOTIDIEN : vendredi 4 avril 2008

 

«A Negro killed in Memphis» (1), titre le New York Times, le 29 mars 1968.

La veille, une manifestation de soutien aux éboueurs de la capitale du Tennessee, conduite par Martin Luther King, a dégénéré en émeutes. Un Noir de 16 ans a été abattu par la police et le pasteur prix Nobel de la paix a quitté la marche, écœuré. Afin de prouver que son idéal de non-violence n’est pas mort, il promet de revenir pour une nouvelle manifestation. C’est ce qui le ramène à Memphis quelques jours plus tard. Le 4 avril 1968, à 18 h 01, Martin Luther King vient de se raser et de s’habiller pour se rendre à un dîner lorsqu’il sort sur le balcon de sa chambre du Lorraine Motel. Une balle de fusil lui transperce la gorge, mettant fin à treize ans de combat obstiné contre la ségrégation raciale aux Etats-Unis.

 

«La pire semaine»

 

Dans son numéro commémoratif de l’année 1968, le magazine Newsweek évoque ces journées comme «la pire semaine» de l’Amérique. Le 31 mars, prenant acte du pourrissement de la guerre du Vietnam, le président démocrate Lyndon Johnson a solennellement annoncé qu’il ne se représenterait pas à l’élection présidentielle de novembre 1968. Depuis deux semaines, Robert Kennedy a, lui, décidé d’être candidat aux primaires. Qu’il veuille reprendre le flambeau de son frère John, assassiné en 1963, suscite l’enthousiasme des foules, comme le constate amèrement Johnson, dépité aussi de l’ingratitude de la communauté noire pour laquelle il a tant fait. 1967 s’est achevée dans une ambiance de quasi-guerre civile, entre les manifs d’étudiants contre la guerre du Vietnam et de violentes émeutes raciales. A Newark, Detroit, Chicago, comme dans plus de 170 autres villes, les ghettos noirs se sont à nouveau enflammés cet été-là, au point qu’on a dû parfois envoyer l’armée.

 

Un siècle après l’abolition de l’esclavage par Abraham Lincoln, «l’Amérique a failli à ses promesses», «cent ans ont passé et le Noir n’est pas encore libre. Cent ans ont passé et l’existence du Noir est toujours tristement entravée par les liens de la ségrégation, les chaînes de la discrimination. Cent ans ont passé et le Noir vit encore sur l’île solitaire de la pauvreté, dans un vaste océan de prospérité matérielle» : A Washington, face à la statue de Lincoln et devant 250 000 manifestants transportés d’émotion, Martin Luther King est à jamais entré dans l’Histoire, le 28 août 1963, par le plus magnétique de ses discours, I have a dream. Où en est-il quatre ans et demi plus tard ? En plein désarroi.

 

Malgré les incontestables succès engrangés par le mouvement des droits civiques, la frustration n’a pas cessé de s’accumuler chez les vingt millions de Noirs américains. Où allons-nous ? Where do we go from here : chaos or community ? est titré l’essai dans lequel King tente alors de refixer le cap. A coups de centaines de marches pour la liberté, de sit-in, de campagnes de boycott amorcées au milieu des années 50, la ségrégation est devenue hors-la-loi. Fini les pancartes «réservé aux Blancs», terminé l’avant des bus interdit aux Noirs, abolies les «lois Jim Crow» qui permettaient aux Etats racistes du Sud de nier la citoyenneté et le droit de vote des «nègres».

 

«Mort spirituelle»

 

L’action non-violente, dont le pasteur, arrière-petit-fils d’esclave, a été le porte-drapeau «a bouleversé la conscience de l’Amérique et forcé le législateur à des réformes profondes sur le statut des Noirs» (2). Des conquêtes juridiques parachevées en 1964 et 1965 par Lyndon Johnson, avec le Civil Rights Act et le Voting Rights Act. Mais la reconnaissance de ces droits déjà inscrits de longue date dans la Constitution, ne change rien au quotidien désespérant des «gens de couleur», qui restent au bas de l’échelle en matière d’emploi, de salaire, de logement, d’éducation. Le pasteur King est déprimé. Il voit la rage qui monte chez les exclus, le racisme qui ne recule pas chez les nantis. Autre sujet d’inquiétude, le mouvement noir se fissure. La création du parti des Black Panthers, en octobre 1966, consacre la montée en puissance de la ligne dure, celle qui considère Luther King comme un trop gentil «oncle Tom», refuse la compromission avec le pouvoir blanc. Le leader étudiant Stokely Carmichael n’a plus peur de crier le slogan «black power».

 

Face aux jeunes révolutionnaires, Luther King était persuadé qu’une action concrète de terrain - celle qu’il a entreprise à Chicago pour la rénovation des taudis et la déségrégation du logement - serait la bonne réponse. Mais l’inertie des autorités comme le racisme haineux qui se déchaîne dans les quartiers blancs ont douché le rêve du pasteur. L’Amérique, prend-il conscience, est bien plus malade qu’il ne le pensait.

 

Discours prophétique

 

Et «si l’âme de l’Amérique se trouve mortellement empoisonnée, un seul mot doit figurer dans le rapport d’autopsie : Vietnam. […] Une nation qui continue, au fil des ans, à dépenser davantage pour ses moyens de défense militaires que pour ses programmes de promotion sociale se rapproche de la mort spirituelle», dénonce-t-il, à contre-courant d’une opinion publique largement favorable à la guerre. Avec ce discours du 4 avril 1967, King devient définitivement pour le FBI «un révolutionnaire, traître à sa patrie, un homme qui dirige un mouvement dont le but est désormais d’accomplir une révolution sociale» (3).

 

A son combat antiguerre, le prix Nobel de la paix ajoute en effet la menace d’une désobéissance civile de masse. C’est le grand projet qu’il peine à organiser lorsqu’il est abattu, à 39 ans : la Poor People’s Campaign doit faire converger sur Washington les bataillons désarmés de millions de pauvres, Noirs, Blancs ou Latinos, prêts à camper là devant le Congrès et paralyser le pays tant que rien ne bougera. Résolu à «passer d’une ère de droits civiques à une ère de droits humains», le leader noir tient un dangereux discours anticapitaliste, veut un revenu minimum pour tous, un budget fédéral de lutte contre la pauvreté, la construction de HLM. L’apôtre de la déségrégation s’est mué en messie d’un nouveau monde, dont il rêve que l’Amérique soit le laboratoire, un monde sans guerres, sans pauvres, sans racistes. Sans nostalgiques du Sud confédéré, comme cet avocat de Saint-Louis, qui offrait 50 000 dollars à qui tuerait Martin Luther King. Une prime qui a pu appâter James Earl Ray, le minable petit braqueur en cavale, arrêté et condamné à 99 ans pour l’assassinat du pasteur. Il mourra en prison vingt ans plus tard.

 

Dans son dernier discours prophétique, la veille de sa mort, King remercie Dieu de lui avoir permis de vivre à cette époque «sens dessus dessous», même s’il ne va pas au bout du chemin. Car «quelque chose est en train d’arriver à notre monde. Les masses populaires se dressent. Et partout où elles s’assemblent aujourd’hui - à Johannesburg, Nairobi, Accra, New York, Atlanta, Jackson, Memphis - le cri est le même : nous voulons être libres.» La nouvelle de son assassinat provoque une nuit d’émeutes et 39 morts dans les ghettos noirs. Un mois plus tard, le 4 juin, Robert Kennedy gagne les primaires de Californie. Il n’ira pas plus loin, abattu par un Palestinien.

 

(1) Jusqu’au début des années 70, le mot «negro» est le plus usité, même par les Noirs, et n’est pas encore péjoratif. C’est Jesse Jackson qui, en 1988, prône l’emploi du terme Africains-Américains, qui s’est imposé aujourd’hui.

 

(2) Martin Luther King, Contre toutes les exclusions, Vincent Roussel, éd. Desclée de Brouwer, 1994.

 

(3) Martin Luther King Jr. Un homme et son rêve, Marie Agnès Combesque, le Félin, 2008.

 



http://www.liberation.fr/transversales/grandsangles/319321.FR.php

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3 avril 2008 4 03 /04 /avril /2008 20:24

Irak Al-Qaïda en Mésopotamie, selon la dénomination des médias, est née dans la suspicion :

celle de la résistance… et de Ben Laden. La carrière sanglante d’Abou Moussab al-Zarqaoui,

son fondateur, comporte – comme celle de ses successeurs – des zones d’ombre qui ne seront

pas éclaircies avant longtemps.

 

Facettes cachées d’« Al-Qaïda

au pays des deux fleuves »

 

Par Gilles Munier

 

www.afrique-asie.fr

 

Les tentatives d’Al-Qaïda en Irak (AQI) pour s’imposer comme fédérateur de la résistance ont été infructueuses. Ses excès religieux et ses crimes – massacres de chiites, assassinats de chefs de tribu et de combattants refusant sa suprématie – lui ont aliéné les Irakiens, au point d’être rappelée à l’ordre par Ben

Laden. Les préceptes de l’islam avaient certes sauvé le Jordanien Zarqaoui de la délinquance, mais pas du sectarisme et du terrorisme. Après un séjour en Afghanistan, dans les années 1980, il fonda en Jordanie

Beyt Al-Imam pour renverser le roi Hussein. Arrêté avant de passer à l’action, condamné à quinze ans de prison en 1993, amnistié six ans plus tard par Abdallah II, il proposa aussitôt ses services à Al-Qaïda qui se demandait s’il n’avait pas été libéré pour infiltrer l’organisation. Cette inquiétude, dissipée par son allégeance à Ben Laden, renaîtra lorsqu’il créera son camp d’entraînement près de Hérat, puis al-Tawhid wal Djihad (Unification et Guerre

sainte), groupe perçu comme concurrent d’Al-Qaïda.

 

Zarqaoui, ou son fantôme

 

Après la chute des Taliban, il se réfugia en 2001 au Kurdistan irakien, auprès d’Ansar al-Islam, organisation salafiste à majorité kurde. Malgré les déclarations de Colin Powell qui en faisait le chaînon manquant prouvant la relation entre Saddam Hussein et Ben Laden, et en dépit des attentats meurtriers d’août 2003 – explosion du siège des Nations unies, assassinat de l’ayatollah Mohamad Baker al-Hakim – qui lui sont attribués, sans doute à tort, il ne deviendra la nouvelle « star » américaine du terrorisme qu’en mai 2004, avec la décapitation de Nicolas Berg (voir encadré : La fabrication du « Ben Laden irakien »). En octobre 2004, son organisation prit le nom de « Al-Qaïda au pays des deux fleuves » pour signifier son rejet du patriotisme irakien, et revendiqua des attentats

sauvages et contre-productifs la déconsidérant : voitures piégées dans les quartiers chiites, assassinats de diplomates arabes – un Égyptien et deux Algériens –, attentats contre l’ambassade de Jordanie et de grands hôtels d’Amman. Le New York Times révéla en 2006 que l’armée américaine avait à dessein exagéré le rôle de Zarqaoui, estimant qu’en Irak la « menace à long terme » n’était pas l’extrémisme religieux, mais le baasisme. Le

général Mark Kimmitt, ancien numéro 2 des forces d’occupation, déclara même que le programme « PsyOp Zarqaoui » (voir encadré) était « la campagne d’information la plus réussie à ce jour ». L’objectif étant de monter les « insurgés » les uns contre les autres, et de faire du « terrorisme et des djihadistes étrangers » – et de la résistance à travers eux – la source de toutes les souffrances.

 

Un bon prétexte pour les Américains

 

La chasse à Zarqaoui servit de prétexte aux grandes opérations militaires pour démanteler la résistance, réduisant les atrocités américaines à de simples dégâts collatéraux. En novembre 2004, la population

de Falloujah fut en partie massacrée pour prétendument l’éliminer. Mossoul, Samarra et Tel Afar suivirent. Après chaque bataille, l’armée étasunienne déclarait que le « cerveau de l’insurrection », tel Fantomas, était passé à travers les mailles du filet, qu’il fallait le poursuivre ailleurs. L’étoile du Jordanien pâlit en janvier 2006 avec la constitution du Conseil consultatif des Moudjahidine comprenant plusieurs organisations de résistance. Il perdit la primauté de décision. Le personnage avait fait son temps. Trahi, dit-on, par un agent du Gid (les services secrets jordaniens) infiltré dans son entourage, il fut tué le 7 juin 2006 près de Baqouba. Il a été remplacé, le 12 juin, par Abou Hamza al- Mouhajer (« L’Émigrant »), dit Abou Ayyoub al-Masri (« L’Égyptien »), au parcours tout aussi énigmatique : un avocat du Caire affirme qu’un islamiste portant son nom est incarcéré en Égypte, à la prison de

Wadi al-Natroun. La disparition de Zarqaoui fit place à une irakisation limitée de la guérilla « benladéniste

». Le Conseil consultatif des Moudjahidine annonça, en octobre 2006, la naissance d’un État islamique d’Irak

(ISI) présidé par Abou Omar al-Baghdadi, « Commandeur des croyants ». Il couvrait théoriquement les régions de Bagdad, Al- Anbar, Kirkouk, Diyala, Salaheddine, Babylone, Wasit(1)). Sa proclamation fut aussitôt condamnée par le parti Baas clandestin comme la « pierre supplémentaire du programme visant à diviser l’Irak ». Zarqaoui était omniprésent, bien que personne ne l’eût vu nulle part. Omar al- Baghdadi, lui, est carrément invisible.

 

Selon des témoignages, il n’existe pas. L’homme au visage caché des vidéos serait un acteur utilisé pour la circonstance. Il « gouverne » néanmoins son émirat virtuel entouré de ministres. Celui de la Défense avait instauré la conscription dans la région d’Al-Anbar, celui des Finances l’impôt ! La résistance lui devait allégeance.

Une stricte observance de l’islam était imposée et les contrevenants punis. Le résultat ne s’est pas fait attendre : assassinats de chefs de tribu rétifs, batailles rangées avec l’Armée islamique d’Irak, les Brigades de la Révolution de 1920 et l’Union des djihadistes irakiens. Pour la résistance, la priorité est le départ des Américains et des pro-Iraniens, pas la révolution islamique. La nature du futur État sera décidée ensuite, démocratiquement. Le bilan du benladénisme « au pays des deux fleuves » est lourd de conséquences pour l’Irak : accentuation des violences

sectaires et ethniques, soutien objectif à la partition de facto du pays, divisions dans la résistance. Il est responsable de la constitution de milices pro-américaines.

 

Les chefs de tribu menacés et les voyous au sein d’Al-Qaïda sont passés, sans état d’âme, à la collaboration ! Le général Kimmit, qui planifie maintenant les opérations

PsyOps au Proche-Orient, peut se frotter les mains.

 

(1) Voir « Au coeur de la résistance »,

par Gilles Munier, in Afrique Asie

de janvier 2008.

 

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1 avril 2008 2 01 /04 /avril /2008 21:30

Signez la pétition de soutien à Bruno Guigue !

 

www.europalestine.com

 

Un appel vient d’être lancé par des personnalités pour dire NON à toute sanction contre Bruno Guigue, le sous-préfet limogé pour avoir énoncé quelques vérités sur la politique israélienne. Nous vous invitons à signer cette pétition et à la faire signer en relayant cette information. (il suffit de cliquer sur le lien ci-dessous (ou sur "envoyer à un ami" en bas du texte)

 

PETITION DE SOUTIEN A BRUNO GUIGUE

 

Non à la sanction politique qui frappe Bruno Guigue !

 

Le gouvernement a limogé brutalement un sous-préfet, M. Bruno Guigue, coupable à ses yeux d’avoir écrit quelques vérités sur l’occupation des territoires palestiniens par Israël. Ce faisant, il n’aurait pas respecté le "devoir de réserve", a indiqué à la presse Madame Alliot-Marie.

 

L’intéressé ne s’est pourtant pas exprimé en sa qualité de sous-préfet, il n’a livré aucun secret professionnel, il n’a pas mis en cause la sécurité de l’Etat.

 

Il a écrit, en tant qu’analyste et écrivain, un papier sur le site « oumma.com » en réaction à un article paru dans « Le Monde » dans lequel les auteurs condamnaient violemment l’ONU accusée par eux de mettre en cause, ni plus ni moins, les droits de l’homme. Dans sa démonstration, M. Guigue a « osé » parler d’un aspect du vrai visage de l’occupation israélienne. Les réalités dénoncées par Bruno Guigue sont des faits établis, connus de tous.

 

« L’obligation de réserve » invoquée pour le limoger sur le champ est en outre un concept à géométrie particulièrement variable. Régulièrement en effet des hauts fonctionnaires expriment des opinions politiques sur Israël sans pour autant être l’objet de sanctions. Mais toute la différence tient en ce que leurs propos viennent en soutien à des actions de cet Etat pourtant tenues hors la légalité internationale. Monsieur Bruno Guigue est donc l’objet d’une décision clairement politique.

 

Et au travers le cas du sous-préfet de Saintes, le gouvernement souhaite aussi faire un exemple destiné à intimider l’ensemble de la fonction publique.

 

Aujourd’hui, c’est la situation de Bruno Guigue qui est en jeu mais c’est aussi l’avenir de tous qui se joue. Ne pas réagir, nous ferait assumer la responsabilité de jours encore plus sombres demain.

 

C’est pourquoi nous exprimons notre solidarité à Bruno Guigue, nous saluons son courage, et nous nous élevons contre la sanction prise à son encontre car elle est de nature politique tandis que ses propos sont salutaires. C’est pour nous une façon d’exiger qu’en la matière, comme en d’autres, il ne saurait y avoir en aucun cas de politique dite du "deux poids, deux mesures".

 

PREMIERS SIGNATAIRES :

 

Patrick BRAOUEZEC, député de Seine Saint-Denis ; Alima BOUMEDIENE-THIERY, sénatrice ; Jean-Claude LEFORT, député honoraire ; Mouloud AOUNIT, secrétaire général du MRAP ; Jean BRAFMAN, conseiller régional d’Ile de France,Robert BRET, sénateur ; Alain Brossat, professeur des Universités Paris 8 Saint-Denis ; Olivier LECOUR GRANDMAISON, professeur des Universités, Maurice RAJSFUS, écrivain, Jean-marie RAINAUD, Professeur émérite des universités ; Jean-Jacques CANDELIER, député du Nord ; Francis Wurtz, député européen, président du groupe GUE ; Narriman KATTINEH, Docteur en Droit, Avocate ; Cyril BORGNAT, Avocat ; Olivier TAFANELLI, Avocat, Docteur en droit ; Georges LABICA, philosophe ; Maître Daniel VOGUET, avocat à la Cour de Paris ; José FORT, journaliste ; Vincent GEISSER, enseignant-chercheur, président du CIEMI ; Laurence COHEN, conseillère régionale communiste IDF ; Pierre COURS-SALIES Professeur de l’Université Paris 8 ; Pierre TEVANIAN, professeur de philosophie ; Christophe OBERLIN, Professeur de chirurgie ; Jean-Robert HENRY, directeur de recherches ; Kamel CHACHOUA , Chargé de recherche au CNRS ; Ahmed MAHIOU, agrégé des facultés de droit, directeur de recherches émérite au CNRS ; Pierre BERGEAUD, ancien directeur général de l’expansion scientifique française et libraire ; Lysiane ALEZARD, conseillère régionale IDF ;

 

Pour signer cette pétition, cliquer sur :

 

http://soutienbrunoguigue.info

 

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1 avril 2008 2 01 /04 /avril /2008 21:03

 

Quand des exercices d'antiterrorisme

 

tournent au vinaigre

 

 

Par Christopher Bollyn, le 11 mars 2008

 

 

 

​​​​

​​​​Les deux dernières décennies furent jalonnées de nombreux épisodes terroristes factices, restés irrésolus à ce jour. Plusieurs cas, impliquant l'abominable forfait de massacre de masse, sont similaires par leur technique la plus remarquable. Ce sont des catastrophes survenues lors d'exercices de sécurité ou militaires, dont le scénario était incroyablement similaire, si ce n'est identique, à la réalité des attaques terroristes réelles.

​​​​Comprendre la nature des exercices qui ont créé le contexte et le canevas de ces attaques est essentiel pour comprendre comment ces attaques ont été mises à exécution. Le fait que ces affaires terroristes soient survenues dans le cadre d'exercices de sécurité antiterroriste quasi-identiques a été entièrement passé sous silence par les médias, comme si ces exercices n'avaient jamais eu lieu.

​​​​Parmi les grandes affaires de terrorisme survenues lors de ce genre d'exercices, nous allons nous intéresser à trois cas concrets : les attentats aériens du 11 septembre 2001, les attentats dans le métro et contre un bus de Londres en 2005, et le naufrage en Baltique du ferry Estonia en 1994.

​​​​Bien qu'il y ait eu certainement d'autres grands désastres dans le cadre de manœuvres militaires, le naufrage du sous-marin russe Koursk en 2000, par exemple, et le Vol 655 de l'Iran Air, abattu par l'USS Vincennes dans le Golfe Persique en 1988, les trois affaires évoquées ici concernent des attaques contre des moyens de transport civil, loin de toute zone de guerre.

​​​​Ces trois catastrophes ont toutes été prises en main de la même manière par les gouvernements respectifs et les médias. Dans chaque cas, avant qu'une véritable enquête ne puisse se mettre à établir les faits et à étudier les indices, une explication acceptable politiquement, suggérée par des fonctionnaires du gouvernement, a été répétée aveuglément par les médias. Les indices et les faits contredisant la version « officielle » des événements ont été confisqués, détruits, ou tout simplement ignorés.

​​​​La vente extrêmement hâtive et inappropriée de l'acier du World Trade Center à des fonderies asiatiques lointaines, par exemple, doit figurer au premier rang des affaires de destruction flagrante d'indices de scène de crime dans l'histoire des États-Unis.

 

 

EXERCICES D'AVIONS DANS LES BUILDINGS DU 11/9

 

​​​​Le 11/9, une agence du Ministère de la Défense et de la CIA dirigeaient un scénario terroriste dans lequel un avion imaginaire, venant de l'aéroport international Dulles à Washington, s'écrasait sur l'une des quatre tours du campus du National Reconnaissance Office (NRO, Bureau national d'observation), dans la banlieue de Chantilly en Virginie, à quelques miles à l'ouest du Pentagone.

​​​​L'avion prétendument écrasé sur le Pentagone, le Vol 77 d'American Airlines, avait décollé de ce même aéroport à 8 heures 20 le 11/9. Quand le scénario terroriste est devenu réel à New York et au Pentagone, l'exercice du NRO a été annulé et la quasi-totalité de ses trois mille employés, les gens qui manœuvrent les « yeux dans le ciel » de la nation, ont été renvoyés chez eux.

 

« COÏNCIDENCE BIZARRE »

 

​​​​Le gouvernement a reconnu comme une « coïncidence bizarre » le fait que le NRO, une agence de renseignement militaire travaillant sous le Ministère de la Défense et la CIA, ait planifié un exercice simulant l'écrasement d'un avion sur un building dans la matinée du 11/9.

​​​​« C'était juste une coïncidence incroyable que ce soit arrivé en impliquant l'écrasement d'un avion sur nos installations, » a dit Art Haubold, le porte-parole d'Associated Press en août 2002. « Dès que les événements ont commencé dans le monde réel, nous avons annulé l'exercice. »

​​​​Comme l'agence exploite les nombreux satellites espions du pays, le personnel du NRO provient de l'armée et de la CIA. Pourtant, quand l'attaque s'est produite, la majorité des 3.000 personnes qui travaillaient à l'agence ont été renvoyées chez elles. Pourquoi auraient-ils fait une chose pareille ? Est-il vraiment pertinent pour une nation de fermer les yeux au moment où elle est attaquée ?

​​​​Le fait que l'agence d'espionnage avait planifié ce genre d'exercice a transpiré par hasard lors d'une conférence du Homeland Security (Ministère de la Sécurité Intérieure) à Chicago en 2002. Dans une promotion faite par le conférencier John Fulton, un agent de la CIA affecté à la direction de la division stratégique du NRO, l'annonce disait :

​​​​Le matin du 11 septembre 2001, M. Fulton et son équipe ... dirigeaient une simulation planifiée préalablement pour explorer les questions d'intervention d'urgence que créeraient un avion frappant un building. Ils étaient loin d'imaginer que ce scénario se concrétiserait ce jour-là de façon dramatique.

 

DÉFAILLANCES DÉTERMINANTES

 

​​​​La question la plus pressante, sur pourquoi le système de défense aérienne n'a pas intercepté les quatre avions détournés le 11/9, est bien évidemment d'une importance cruciale. Le capitaine May écrit, « Même les apologistes officiels ont qualifié le 11/9 de plus grand fiasco de la défense de l'histoire étasunienne. »

​​​​Comment les plus modernes et les plus coûteuses forces aériennes du monde ont-elle pu manquer d'intercepter quatre avions de ligne, dont trois ont parcouru librement des centaines de miles avant de percuter des buildings à New York et à Washington ?

​​​​Pourquoi le système de défense aérienne des États-Unis a-t-il été incapable d'intercepter plusieurs gros avions se déplaçant lentement avant qu'ils ne frappent la plus grande ville et la capitale de la nation ? Si l'US Air Force n'a pu intercepter de lourds avions civils, comment pourrait-elle arrêter éventuellement une invasion d'avions de combat ou de missiles ennemis ?

​​​​Ces questions cruciales n'ont jamais été soulevées par la commission nommée par le gouvernement ni par les médias, qui ont évité toute discussion sur les exercices militaires du 11/9. Ce n'est pas que ces exercices n'ont pas été signalés, mais plutôt que leurs liens avec les catastrophes n'ont été ni débattus ni étudiés publiquement.

​​​​Quatre mois après le 11/9, le Post-Standard de Syracuse, dans l'État de New York, a publié un article de Hart Seely qui mettait en manchette les récits de première main des opérateurs radar de l'armée au Northeast Air Defense Sector (NEADS, défense aérienne de la région nord-est), situé dans l'ancienne base de l'Air Force de Griffiss à Rome, New York. Ces opérateurs radar étaient les yeux du système de défense aérienne de la partie orientale des États-Unis le 11/9.

​​​​Dans l'article de Seely, le personnel du NEADS expliquait comment un exercice de la Défense Aérospatiale du Nord des États-Unis (NORAD), appelé Vigilant Guardian (gardien vigilant) et auquel ils participaient, avait provoqué une confusion systémique qui avait empêché les militaires de réagir efficacement à la situation d'urgence réelle.

​​​​La confusion au NEADS a été patente au moment où le contrôle aérien de Boston a informé qu'un avion avait été détourné.

​​​​À 8 heures 38, un contrôleur du trafic aérien a téléphoné au sergent Jeremy Powell du NEADS, pour lui dire que l'un de ses avions avait été détourné et se dirigeait vers New York :

​​​​« Est-ce la réalité ou un exercice ? » a demandé Powell.

​​​​« Non. Ce n'est ni un exercice ni un test, » fut répondu à Powell, selon les transcriptions du rapport de la Commission du 11/9.

​​​​L'article instructif de Seely décrit le contexte et la confusion au NEADS :

 

« ÇA DOIT FAIRE PARTIE DE L'EXERCICE »

 

​​​​6 heures : LES JEUX DE GUERRE

​​​​Le lieutenant-colonel Deskins Dawne se dit que ce sera une longue journée pour elle. Le 11 septembre était le Jour 2 de Vigilant Guardian, un exercice qui poserait une situation critique imaginaire aux postes avancés du North American Air Defense dans tout le pays. La simulation se déroulerait durant toute la semaine, et Deskins, en commençant ses 12 heures de poste d'officier de l'unité de contrôle et d'alerte aéroportée au centre des opérations du NORAD, pourrait se trouver sur place.

​​​​Le Jour 1 de la simulation s'est passé lentement. Elle espérait que l'exercice prenne de l'ampleur. Cela fait passer plus vite une longue journée.

​​​​8 heures 40 : LA RÉALITÉ

​​​​Au Centre des Opérations, trois rangées de consoles radar font face à un haut mur de moniteurs à écrans larges. Les superviseurs font les cent pas derrière les techniciens qui scrutent les instruments. Ici, c'est toujours calme, toujours sombre, à l'exception de la lueur verte des écrans radars.

​​​​À 8 heures 40, Deskins a remarqué que Jeremy Powell, le technicien supérieur, faisait signe de la main. Le centre de Boston était en ligne, a-t-il dit. Ils ont eu un avion détourné.

​​​​« Ça doit faire partie de l'exercice, » a pensé Deskins. Au début, tout le monde le pensait. Puis Deskins a vu la lueur de la ligne téléphonique directe vers la Federal Aviation Administration (FAA).

​​​​Au téléphone elle a entendu la voix d'un militaire de liaison de la FAA au centre de Boston. « J'ai un avion détourné, » lui a-t-il déclaré.

​​​​Le Vol 11 d'American Airlines pour Los Angeles a dévié de sa route, apparemment en direction de New York. L'agent de liaison a dit vouloir « quelques F-16 ou quelque chose » en l'air.

​​​​Quarante et une minutes plus tôt, le Vol 11 avait décollé de l'aéroport de Logan avec 81 passagers. Il ne répondait plus aux contrôleurs au sol depuis 27 minutes.

​​​​Deskins ayant demandé la dernière position du Vol 11, elle a été affichée sur l'écran par un opérateur. Le Vol 11 n'était pas là. Quelqu'un avait éteint son transpondeur, le dispositif permettant d'identifier l'avion depuis le contrôle au sol. Le centre de Boston pouvait toujours le suivre sur le radar originel, mais les opérateurs à Rome étaient fort embarrassés pour le trouver dans l'enchevêtrement d'échos sur leurs écrans.

​​​​Nous dirigeons l'interception, a dit l'agent de liaison à Deskins. Ayez juste quelque chose là-haut.

​​​​Deskins est montée en courant à l'étage du Poste de Guerre et a signalé que l'avion était détourné dans la réalité, pas en simulation.

LES OPERATEURS RADAR DU NEADS. C'est le personnel militaire des systèmes radar qui s'est embrouillé le 11/9 à cause de la simulation Vigilant Guardian. Oussama Ben Laden, dans une grotte en Afghanistan, et les 19 lâcheurs d'école de pilotage se sont-ils familiarisés avec la simulation, le piratage des systèmes informatiques militaires et la manipulation des systèmes de radar, dans le but d'augmenter la confusion ? Les véritables artisans du 11/9 l'ont fait.

 

CE N'EST PAS UNE SIMULATION

 

​​​​Le plus curieux, c'est que cet instructif article de Seely, sur la confusion chez les opérateurs radar militaires cruciaux du NEADS, n'a jamais été publié ni référencé par un journal national aux États-Unis. Le New York Times, par exemple, n'a même jamais mentionné l'exercice de défense aérienne Vigilant Guardian, qui a favorisé la confusion à l'origine du fiasco de la protection militaire de la ville de New York le 11/9.

​​​​Bizarrement, dans tous les journaux nationaux et les magazines d'information des États-Unis, Vigilant Guardian a été mentionné une seule fois, très brièvement, dans une critique de livre du Washington Post sur le rapport de la Commission du 11/9.

​​​​La critique commençait ainsi : « Si le rapport sur le 11/9 avait été écrit comme un roman, personne ne pourrait le croire. L'histoire est trop tirée par les cheveux. »

​​​​Le Post a seulement mentionné Vigilant Guardian quand il a cité « une note peu remarquée » du rapport :

​​​​Quand les fonctionnaires de la FAA ont réalisé (tardivement) que les avions étaient détournés, ils ne pouvaient pas les contrôler, ni décider de ce qu'ils devaient faire. Le Vice-Président pense avoir donné l'ordre d'abattre ces avions civils, mais les pilotes dans les airs ne l'ont pas reçu. Le commandement militaire de la défense aérienne ne savait pas s'il était face à un exercice ou à une situation réelle. Incroyablement, selon une note peu remarquée du rapport, « Le 11/9, le NORAD avait prévu de procéder à un exercice militaire, Vigilant Guardian, qui postulait d'une attaque de bombardiers de l'ancienne Union Soviétique. »

​​​​Vigilant Guardian a évidemment déconcerté les militaires parce que les détournements simulés et les faux « injects, » qui sont des échos radar d'avions inexistants, faisaient partie, selon certains, de l'exercice. C'est pourquoi au début Deskins et les autres ne savaient pas au juste si les rapports d'avions détournés étaient réels ou simulés.

​​​​« La première chose qui m'ait traversé l'esprit était, '' Est-ce que ça fait partie de l'exercice ? '', » a déclaré à ABC News le major général de l'Air Force Larry Arnold, qui se trouvait dans un centre de commandement sur la base de l'Air Force de Tyndall en Floride.

​​​​L'incapacité de l'armée à réagir efficacement devant l'avion détourné du 11/9 était évidemment provoquée, au moins en partie, par l'exercice du NORAD. Le fait qu'une opération similaire, impliquant un avion frappant une installation militaire proche du Pentagone, ait été montée le matin du 11/9, indique que les exercices sur ordinateur ont joué un rôle clef dans la concrétisation des attaques terroristes qui ont eu lieu. Est-ce pour cela que les médias contrôlés ont ignoré ces exercices ?

​​​​Quel rôle ont joué les manœuvres militaires dans les attentats terroristes du 11/9 et comment et par qui ont pu être détournés les avions, sont toutes des questions demandant des réponses, mais elles seront abordées de manière plus détaillée dans un chapitre ultérieur.

 

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Chapitres précédants en français de Résoudre le 9-11

​​​​Les avions du 9-11 -- Une compagnie aéronautique appartenant aux militaires israéliens est liée au 9-11 :

http://www.alterinfo.net/Les-avions-du-9-11-Une-compagnie-aeronautique-appartenant-aux-militaires-israeliens-est-liee-au-9-11_a13897.html

​​​​Le 9-11 et la tradition terroriste d'Israël pour contraindre l'Occident :

http://www.alterinfo.net/Le-9-11-et-la-tradition-terroriste-d-Israel-pour-contraindre-l-Occident_a14232.html

​​​​Comment fait un logiciel espion israélien pour se contacter aux ordinateurs vitaux de la FAA ? :

http://www.alterinfo.net/Comment-fait-un-logiciel-espion-israelien-pour-se-contacter-aux-ordinateurs-vitaux-de-la-FAA-_a17973.html

 

 

 

 

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30 mars 2008 7 30 /03 /mars /2008 21:27

  Un militant de la GUPS (General Union of Palestinian Students) (Union Générale des Etudiants Palestiniens) dénonce et critique par internet d’autres militants de la GUPS, les principaux contacts entre la GUPS et les organisations de la gauche et de l'extrême gauche parisiennes, AFPS, PCF, LCR, MRAP, LDH, les organisations du collectif national de solidarité pour la Palestine, nous les appelle généralement les sionistes de gauche ou bien les chasseurs d'antisémites.

    Ces messages ne posent vraiment pas seulement le problème de la GUPS, ils posent des problèmes beaucoup plus généraux.

    De mon point de vue, les problèmes plus généraux sont les suivants, c'est le problème de l'histoire des manifestations de solidarité pour la Palestine à Paris.

  Je résumerais cette histoire sous la forme suivante, je distinguerais trois grandes périodes successives.

  La première époque, c'était une période de deux à trois ans entre 2000 et 2002, suite au début de la nouvelle intifada palestinienne, il y avait des manifestations parisiennes de solidarité pour la Palestine de plusieurs dizaines de milliers de personnes.

  La deuxième période, en réaction par rapport à la première période et suite à la profonde infiltration du lobby sioniste à l'intérieur de la totalité des organisations de solidarité pour la Palestine, c'est une période de cinq ans entre 2002 et 2007. La moitié des organisations et des militants accuse l'autre moitié d'antisémitisme. C'est une longue période de cinq ans de chasse aux sorcières, de service d'ordre à l'intérieur des manifestations pour l'interdiction de la participation d'un certain nombre de militants à ces manifestations, c'est l'époque de la collaboration entre d'une part la préfecture de police et d'autre part les services d'ordre des organisations de gauche et d'extrême gauche, c'est l'époque des coups de poing et des agressions. C'est une période de méfiance générale entre les militants et de victoire du lobby sioniste et de cette stratégie de casse des manifestations, ils aboutissent précisément à ce résultat, la réduction des manifestations à des manifestations de plusieurs dizaines ou plusieurs centaines de personnes.

  La troisième période commence aujourd'hui. Pendant la deuxième période, la gauche et l'extrême gauche faisaient encore des discours pour la Palestine, ils mettaient leurs sigles en bas des tracts, ils envoyaient leurs services d'ordre quand ils n'appelaient pas et ne mobilisaient pas pour les manifestations.

  L' idéologie raciste et ethnique de la guerre des civilisations des Etats Unis et d'Israël contre la résistance palestinienne et contre la résistance mondiale des peuples, la victoire du Hamas aux élections législatives de janvier 2006 en Palestine et la victoire du Hezbollah pendant la dernière guerre d'Israël contre le Liban entraîne la fin de cette deuxième période et l'ouverture d'une troisième période.

  Le samedi 29 mars 2008, pour le trente deuxième anniversaire de la journée de la terre, la gauche et l'extrême gauche ne manifestaient plus pour la Palestine à Paris.

  Le blocus d'Israël contre Gaza, la généralisation des guerres et des menaces de guerre impérialiste contre la Palestine, l'Irak, l'Iran, le Liban, la Syrie et l’Afghanistan entraîne une modification des conditions et des revendications de la solidarité dans les capitales occidentales.

  Le salon du livre de Paris mettait la revendication du boycott d'Israël au centre des revendications du mouvement de solidarité.

  www.fischer02003.over-blog.com

 

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