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24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 19:07

Le bras de fer se durcit entre la Confédération Générale du Travail (CGT) et le gouvernement (Reuters)

Le bras de fer s'est durci Mardi 24 Mai 2016 entre le gouvernement et la CGT, qui tente de paralyser l'économie française en organisant notamment la pénurie de carburant pour obtenir du pouvoir socialiste le retrait de la réforme du code du travail.

Après l'intervention Mardi 24 Mai 2016 des forces de l'ordre pour débloquer les accès aux dépôts pétroliers de Fos-sur-Mer, dans le sud est, et de Lorient, en Bretagne, le secrétaire fédéral de la branche pétrole de la CGT, Emmanuel Lépine, a annoncé que les salariés des raffineries de Fos-sur-Mer et de Notre-Dame-de-Gravanchon avaient eux aussi voté la grève.

« Il y a maintenant huit raffineries sur huit en grève », a-t-il déclaré à Reuters, tandis que le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, appelait à une extension du mouvement.

Si la réalité sur le terrain n'est pas toujours aussi tranchée que l'affirment dans une guerre de communication la CGT d'un côté, les raffineurs et le gouvernement de l'autre, la menace d'une pénurie de carburant est forte.

Mais le secrétaire d’état aux transports, selon lequel environ vingt pour cent des douze mille deux cent stations d'essence sont affectées, avec les problèmes les plus importants en Loire-Atlantique, a promis que tous les dépôts de carburant seraient libérés.

« Aujourd'hui, le gouvernement s'est engagé à libérer l'ensemble des dépôts », a dit Alain Vidalies lors de la séance des questions au gouvernement à l’assemblée nationale.

En raison des achats de précaution, « ces trois derniers jours, nous avons battu tous les records de consommation, nous sommes avec cinq cent pour cent d'augmentation dans certains secteurs », a-t-il ajouté, avant d'assurer que « la situation est stabilisée ».

Les stocks sont « durablement suffisants dans les dépôts et l’approvisionnement se fait normalement par les ports, les pipe-lines et les voies ferrées », ajoute son ministère qui précise que le volume des stocks est en moyenne d’environ cent quinze jours de consommation, presque quatre mois.

Total menace

Total, qui est l'opérateur de cinq des huit raffineries du pays, a menacé Mardi 24 Mai 2016 de revoir ses projets dans le secteur du raffinage et de la pétrochimie en France si le mouvement de grève actuel dans les raffineries se poursuit.

Pour la Fédération Nationale du Transport Routier (FNTR), l’union des entreprises de Transport et de Logistique de France (TLF) et l'Union Nationale des Organisations Syndicales des Transporteurs Routiers Automobiles (UNOSTRA), « la situation se dégrade à une vitesse folle ».

Elles estiment ne plus avoir que vingt quatre à soixante douze heures de « marge de manoeuvre » et demandent une « action urgente ».

De son côté, le numéro deux de Total, Philippe Sauquet, menace dans un mail adressé à ses cadres de revoir les projets de développement du groupe dans le secteur raffinage et chimie en France en cas d'arrêt de ses installations.

En déplacement au Proche-Orient, le premier ministre a jugé « inacceptable qu'une minorité veuille prendre en otage la démocratie » et empêché une loi d'être adoptée.

« La radicalisation de la CGT pose incontestablement un problème », a ajouté Manuel Valls devant la presse.

Il avait auparavant déclaré qu'il n'était pas question de retirer le projet de loi sur lequel il a dû engager la responsabilité de son gouvernement faute de majorité pour le faire adopter en première lecture par l’assemblée nationale.

Il a promis à la CGT « une réponse extrêmement ferme » et il a ajouté que « nous continuerons à évacuer les sites et les dépôts qui sont aujourd'hui bloqués par cette organisation ».

La CGT accentue la pression

Philippe Martinez a répliqué sur BFM Télévision en accusant le gouvernement et Manuel Valls de jouer un jeu dangereux.

« Nous sommes déterminés à aller jusqu'au bout pour le retrait du projet de loi », a-t-il dit.

« Nous appelons à une généralisation des grèves partout, dans tous les secteurs ».

La centrale syndicale entend encore accroître la pression, d'abord avec la nouvelle journée de mobilisation prévue Jeudi 26 Mai 2016 avec six autres syndicats de salariés et d'étudiants.

La CGT, qui avait appelé jusqu'à présent les cheminots à faire grève les mercredi et jeudi, a annoncé avoir déposé un préavis de grève illimité à partir du Mardi 31 Mai 2016 pour défendre l'emploi et réclamer l'arrêt des restructurations.

L'Union Nationale des Syndicats Autonomes (UNSA) et la Confédération Française et Démocratique du Travail (CFDT), respectivement deuxième et quatrième force syndicale à la Société Nationale des Chemins de Fer (SNCF), ont déjà déposé des préavis de grève reconductible à partir du Mardi 31 Mai 2016 pour peser sur les négociations sur les règles de travail des cheminots.

Plusieurs syndicats du contrôle aérien, dont l'Union Syndicale de l’Aviation Civile (USAC) de la CGT, l'UNSA et le Syndicat National des Contrôleurs du Trafic Aérien (SNCTA), ont déposé un préavis de grève pour les Vendredi 3 Juin, Samedi 4 Juin et Dimanche 5 Juin 2016, pour défendre leurs conditions de travail et l'emploi. L'USAC-CGT demande également le retrait de la loi travail.

Jeudi 19 Mai 2016, l'appel à la grève lancé par le syndicat majoritaire USAC-CGT avait entraîné l'annulation de vingt pour cent des vols à l'aéroport parisien d'Orly.

La Fédération Nationale des Ports et Docks de la CGT appelle les travailleurs portuaires à étendre à Vendredi 27 Mai 2016 la grève déjà prévue Jeudi 26 Mai 2016 contre la loi travail en réponse à l'évacuation de la raffinerie de Fos-sur-Mer par les forces de l'ordre.

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24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 18:21

http://www.revolutionpermanente.fr/Affaire-Hugo-Melchior-l-arrete-prefectoral-est-casse-C-est-un-camouflet-pour-Valls

Interdiction de circuler et de manifester à Rennes

Affaire Hugo Melchior, l’arrêté préfectoral est cassé.

« C’est un camouflet pour Manuel Valls »

Lundi 23 Mai 2016

Une nouvelle fois, un tribunal vient de casser un arrêté préfectoral concernant une interdiction de circuler et de manifester. Hugo Melchior, militant de la deuxième université de Rennes, s’était vu notifié Mardi 17 Mai 2016 une interdiction de séjour en ville. La préfecture de Rennes et le gouvernement ont dû ravaler leur notification, le juge venant d’annoncer, en fin d’après-midi, que la décision était cassée.

Par Corinne Rozenn

Le verdict vient de tomber et le juge a suivi ce qu’exigeait le jeune militant, qui a pu intervenir au cours de l’audience, et son avocat. Le représentant de la préfecture, de son côté, n’a pu présenter, comme preuve supplémentaire de l’extrême dangerosité d'Hugo Melchior, que deux photographies de manifestations où le camarade discute avec deux autres manifestant dans un cortège. Un peu mince pour faire de lui un émeutier sur le point de passer à l’action. C’est pourtant la ligne qui a été défendue, la préfecture avançant que « l’arrêté de circulation visant le jeune militant était censé lui éviter une plainte au pénal » contre lui.

L’avocat d’Hugo Melchior a mis en lumière la façon dont, dans le cadre de l’état d’urgence, l’arrêté en réalité visait à remettre en cause la liberté de circulation et de manifestation de son client, coupable de délit d’opinion, en dernière instance, pour mieux l’empêcher de militer au sein du mouvement.

Le juge a donc décidé de casser l’arrêté qui devrait prendre fin Mercredi 25 Mai 2016. « Pour le mouvement social rennais, c’est une victoire politique contre l’arbitraire d’état », a déclaré Hugo Melchior à www.révolutionpermanente.fr, lorsque le verdict est tombé. « Je pense à toutes les victimes de l’arbitraire d’état, de la répression et des violences policières, partout, dans l’hexagone, depuis le début du mouvement, et plus particulièrement à Jean-François Martin, étudiant rennais mutilé au visage lors de la manifestation du Jeudi 28 Avril 2016. L’enjeu était de lutter contre ces mesures liberticides et coercitives visant à empêcher l’activité des militantes et des militants et nous avons gagné sur ce point-là. Manuel Valls prétend pouvoir donner une liste de noms, la justice administrative vient de lui infliger un camouflet ».

Dans une ville comme Rennes, quadrillée par les forces de répression, où les militants interpellés, ces derniers jours, sont l’objet d’un acharnement judiciaire particulièrement grave, l’invalidation de l’arrêté préfectoral implique que le combat à l’échelle nationale pour l’arrêt des poursuites contre l’ensemble des camarades arrêtés et parfois déjà déférés et condamnés depuis le début du mouvement doit s’intensifier, être repris par l’ensemble des organisation du mouvement ouvrier et de la jeunesse et aller de pair avec la lutte pour le retrait de la loi travail.

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23 mai 2016 1 23 /05 /mai /2016 21:59

Des centaines de stations sans essence, du chantage selon Manuel Valls (Reuters)

Manuel Valls a qualifié Lundi 23 Mai 2016 de chantage les actions des syndicats qui bloquent la plupart des raffineries françaises et plusieurs dépôts de carburant, tout en assurant qu'il n'y avait pour l'heure aucune raison de céder à la panique.

Ces blocages ont à nouveau perturbé Lundi 23 Mai 2016 les approvisionnements des stations services, vingt pour cent environ ont connu des difficultés ou ont dû fermer selon le gouvernement, et poussé de nombreux automobilistes à prendre d'assaut les pompes à essence.

Les syndicats les plus opposés à la réforme du code du travail, la Confédération Générale du Travail (CGT) en tête, voient là un moyen de poursuivre la contestation entamée il y a trois mois.

« Cela va durer au moins la semaine », a déclaré sur Radio Monte Carlo (RMC) Emmanuel Lépine, responsable de la branche pétrole de la CGT.

« Il n’y a qu’une manière de débloquer la situation, c’est de retirer la loi travail, c’est très simple », a-t-il ajouté.

Selon Manuel Valls, ce procédé relève du chantage et traduit une « dérive de la CGT, en tout cas d'une partie d'entre elle. Il peut y avoir des contestations, elles sont légitimes et nous maintenons le dialogue. Mais nous ne pouvons accepter aucun chantage au carburant mettant en difficulté demain les usagers ou notre économie », a déclaré le premier ministre, en visite en Israël et dans les territoires palestiniens.

« Je veux une nouvelle fois rassurer les français, leur dire que l’état fait preuve d'une grande fermeté pour qu'il n'y ait pas de pénurie de carburant », a ajouté le chef du gouvernement.

Déblocage des sites

Rappelant que les forces de l'ordre étaient intervenues ces derniers jours pour débloquer plusieurs dépôts de carburant, il a affirmé que « d'autres sites, d'autres dépôts seront libérés, autant que nécessaire ».

Sur huit raffineries en France métropolitaine, six sont affectées par le mouvement, selon la CGT.

Lundi 23 Mai 2016, les salariés de la Compagnie Industrielle et Maritime (CIM) du terminal pétrolier du Havre, par lequel transite une partie des importations françaises, ont voté à quatre vingt quinze pour cent en faveur de la grève, a-t-on appris auprès du syndicat.

Plusieurs centaines de militants CGT ont bloqué dans la nuit le dépôt pétrolier de Fos-sur-Mer, prélude, selon le syndicat, à des actions pour arrêter la production sur l'ensemble du complexe pétrochimique de l'étang de Berre, avec les raffineries de Total à la Mède et Ineos à Lavéra.

Les salariés du site de Grandpuits, en Seine-et-Marne, ont quant à eux voté Lundi 23 Mai 2016 l'arrêt de la production de cette raffinerie, la plus petite des cinq exploitées par Total en France, mais la plus proche de Paris.

Un mouvement de grève de vingt quatre heures reconductible a par ailleurs été déclenché lundi chez Fluxel, le gestionnaire des terminaux pétroliers de Fos-sur-Mer et de Lavéra, dans les Bouches-du-Rhône.

« Aucun navire n'est opéré sur ces installations », a déclaré à Reuters le secrétaire général CGT du port de Marseille, Pascal Galéoté.

Bomber le torse

Les deux ports pétroliers de Fos-Lavéra desservent directement les raffineries du complexe pétrochimique de l'étang de Berre, Petroinéos à Lavéra, Total à la Mède et Esso à Fos sur Mer, mais aussi par pipeline celles de Feyzin, en France, de Cressier, en Suisse, et de Karlsruhe, en Allemagne.

Selon Total, qui exploite deux mille deux cent stations-service, six cent soixante dix huit d'entre elles se trouvaient Lundi 23 Mai 2016 en rupture partielle ou complète d'approvisionnement.

Une application et un site internet lancés par des automobilistes recensent les stations à court de carburant, partiellement ou totalement, beaucoup se trouvent dans un grand quart nord-ouest de la France, mais les pénuries s'étendent à d'autres zones.

Selon le ministre des finances Michel Sapin, qui s'exprimait dans la matinée, les opérations menées par les syndicats sont illégitimes.

« Quand quelque chose n'est plus légitime, il n'y a plus de soutien et il n'y aura évidemment pas la moindre indulgence de la part du gouvernement », a-t-il ajouté.

Sur RTL, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez a mis en cause en retour la responsabilité du gouvernement pour l'absence de dialogue.

« Face à ce que nous on demande, c'est-à-dire l'écoute de ceux qui ne sont pas contents, on choisit de bomber le torse, de gonfler les muscles. C'est une position qui conforte ce qu'on connaît depuis un petit moment, pas de dialogue. Que le gouvernement écoute et que le président de la république écoute plutôt que de choisir la force », a-t-il dit.

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23 mai 2016 1 23 /05 /mai /2016 20:12

http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20160522.OBS1009/valls-autain-tariq-ramadan-et-l-axe-islamo-gauchiste-polemique-en-4-actes.html

Manuel Valls, Clémentine Autain, Tariq Ramadan et l'axe « islamo-gauchiste », polémique en quatre actes

La porte-parole d’Ensemble exige des excuses du premier ministre. Lors d'une interview, Manuel Valls a associé Clémentine Autain et Tariq Ramadan pour dénoncer ce qu'il appelle « l'islamo-gauchisme ».

Lundi 23 Mai 2016

Il y a comme de l'eau dans le gaz entre Matignon et l'une des coqueluches du Front De Gauche (FDG). Dans une interview accordée à Radio J, Manuel Valls a mis dans le même sac Clémentine Autain et l'islamologue Tariq Ramadan pour dénoncer « l'islamo-gauchisme », accusant l'élue de Sevran d'avoir cosigné une tribune avec l'intellectuel et prédicateur controversé, qui demande la nationalité française.

Clémentine Autain demande désormais des excuses de la part du premier ministre, faute de quoi elle menace de porter plainte pour diffamation.

L’Observateur revient sur la polémique en quatre temps.

Tariq Ramadan demande la nationalité française

Acte sincère ou provocation, le 4 février 2016, l'islamologue suisse Tariq Ramadan annonce sur facebook qu'il a amorcé des démarches visant à acquérir la nationalité française.

« Je pense qu'il est bon de donner un exemple concret et positif d'adhésion aux valeurs de la république », écrit le théologien dans une déclaration au ton professoral, en pleine cacophonie parlementaire sur la déchéance de la nationalité.

Né en Suisse en 1962 de parents égyptiens, marié à une citoyenne française convertie à l'islam, père de quatre enfants français, Tariq Ramadan, qui a une activité permanente en France, « aspire à être binational, franco-suisse, avec un vrai discours, pour sortir des discours d'enfermement et de peur », a-t-il déclaré à l'Agence France Presse » (AFP). Ce que la loi lui autorise au titre de la naturalisation par mariage avec un conjoint français, sous certaines conditions.

« Pendant des années, je n'ai pas voulu adopter la nationalité française. Afin de ne pas brouiller mon message, pour éviter l'interprétation disant que je veux représenter les musulmans et pour me préserver de l'interprétation disant que je le fais à des fins politiques ou religieuses », reconnaissait l'intellectuel auprès de l’Observateur. « J'ai beaucoup hésité. Aujourd'hui je vois, au bout de trente ans de terrain, que nous sommes dans une dérive absolue et que le Parti Socialiste est emberlificoté dans un débat qui ne sent pas bon du tout ».

Jean-Marie Le Guen et « l'islamo-gauchisme »

A la fin du mois d’avril 2016, le secrétaire d’état aux relations avec le parlement, Jean-Marie Le Guen, publie un ouvrage intitulé « la gauche qui vient », dans lequel il égratigne largement la gauche de la gauche, accusée de renforcer les différences culturelles plutôt que d'inviter à l'union républicaine. Il écrit que « ce séparatisme est porté par une part de la gauche de la gauche, qu'on pourrait être tenté de qualifier, de manière polémique, d’islamo-gauchisme. Pour des raisons compassionnelles, en ne voyant les personnes d'origine arabo-musulmane que comme des victimes et des opprimés, cette gauche, bien incarnée par Clémentine Autain, est prête à céder totalement au différentialisme culturel », écrit le secrétaire d’état.

La porte-parole d’Ensemble répond sur facebook le 24 avril 2016, puis par une tribune dans le Monde, « je suis révoltée par les propos de Jean-Marie Le Guen à mon égard. Où a-t-il vu que je souhaite remplacer nos règles républicaines par des normes religieuses ? Jamais je n'ai défendu une telle ineptie. Que signifie islamo-gauchiste ? Jamais je n'ai défendu le différentialisme culturel, je suis profondément universaliste et laïque, mais je défends la mixité culturelle, comme une richesse », indique la conseillère régionale d'Île-de-France.

« Je suis vent debout face à cette caricature inouïe de mes positions. Je pense que l'objet de ces attaques est ailleurs ».

Manuel Valls sur Radio J

Dimanche 22 Mai 2016, le premier ministre Manuel Valls affirme dans une interview à Radio J qu'il n'y a « aucune raison pour que Tariq Ramadan obtienne la nationalité française, quand on aspire à être français, c'est qu'on aspire à partager des valeurs ».

Or, le message de Tariq Ramadan est « contradictoire » avec les valeurs de la France, insiste Manuel Valls dans cet entretien, enregistré Samedi 21 Mai 2016 à Matignon avant son départ pour un déplacement en Israël et dans les territoires palestiniens. Le premier ministre dénonce également l'islamo-gauchisme, une expression qu'il reprend « de Jean-Marie Le Guen », secrétaire d’état aux relations avec le parlement, précise-t-il.

« Il y a toujours ces capitulations et ces ambiguïtés, avec les indigènes de la république, les discussions avec Clémentine Autain et Tariq Ramadan, ambiguïtés entretenues qui forment le terreau de la violence et de la radicalisation ».

Clémentine Autain contre-attaque

La porte-parole d’Ensemble réagit Dimanche 22 Mai 2016 dans un tweet, où elle évoque une « attaque personnelle et mensongère ». En début d'après-midi, elle répète à l'AFP qu'elle va « porter plainte » contre Manuel Valls si le premier ministre ne lui présente pas des excuses pour ses propos mensongers.

« Ces propos sont mensongers. Je n'ai jamais rencontré personnellement Tariq Ramadan, ni partagé de tribune avec lui. Ces accusations ineptes visent à dire que moi-même, et à travers moi ma famille politique, seraient le terreau du terrorisme », dénonce-t-elle.

« Il est le premier ministre et doit donc garantir le débat démocratique » au lieu de « l’évacuer par les mensonges et les insultes. Nous posons la question sur ce qui est efficace pour combattre le djihadisme ».

Un peu plus tard dans la journée, Clémentine Autain affine ses propos à l'antenne de France Info, « je n’ai jamais de ma vie rencontré Tariq Ramadan, je ne le connais pas », affirme-t-elle.

« J’ai exprimé publiquement mon désaccord profond avec les propos et les partis pris réactionnaires de Tariq Ramadan. Ce que cherche Manuel Valls, c’est à créer un clivage sur la question de l’identité à l’intérieur de la gauche, alors que le véritable clivage à l’intérieur de la gauche concerne la politique sociale et économique du gouvernement ». Scandalisée, elle poursuit que « c’est un sujet suffisamment grave pour ne pas supporter de tels amalgames et de telles désinformations et je suis vraiment scandalisée par le manque de tenue et la perte de sang-froid du premier ministre ».

Au mois de décembre 2015, plusieurs médias, notamment Causeur et le Figaro, accusaient le parti Ensemble d'avoir appelé à se rendre à un meeting contre l'islamophobie où Tariq Ramadan était appelé à s'exprimer au milieu d'autres intervenants. Clémentine Autain, accusée d'avoir fait perdre Claude Bartolone aux élections régionales, avait alors notamment réagi via une tribune publiée sur http://leplus.nouvelobs.com, « s’il est besoin de le rappeler, je confirme que je suis opposée à Tariq Ramadan sur cette question majeure de l’égalité entre les sexes et les sexualités », écrivait-elle.

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23 mai 2016 1 23 /05 /mai /2016 19:36

https://blogs.mediapart.fr/mediacenterdebout/blog/200516/lettre-ouverte-du-media-center-nuit-debout

Lettre ouverte du Media Center à Nuit Debout

Par Agathe, Antoine, Noémie, Benjamin, Flora, Baki, Cédric, Marion, David, Emma, Jean, Joseph, Killian, Lorène, Samanta, Selyne et Tim

Vendredi 20 Mai 2016

Lettre ouverte du Média Center en réponse à l'intervention en assemblée générale du Samedi 14 Mai 2016

Jeudi 31 Mars 2016, nous ne sommes pas rentrés chez nous.

Le printemps 2016 n'a pas commencé comme les autres, état d'urgence, déchéance de nationalité, refus d'accueillir les réfugiés, acharnement contre des syndicalistes et des militants notamment écologistes et, enfin, la loi travail. Cette dernière goutte d'eau a fait déborder le vase de notre indignation et cristallisé tous les modes de contestation. Les signes avant-coureurs d'une vaste mobilisation populaire sont apparu sur internet, la pétition « loi travail, non merci », les vidéos de « nous valons mieux que cela » ou l'appel du Mercredi 9 Mars 2016.

Toutes ces initiatives ont nourri une dynamique globale qui a débouché sur l'appel à passer la Nuit Debout le Jeudi 31 Mars 2016 comme point de départ d'une convergence des luttes.

Depuis le Dimanche 20 Mars 2016, le Media Center s'est constitué autour d'une équipe qui a travaillé à la communication du mouvement des Nuits Debout sur les réseaux sociaux, facebook, twitter, instagram, tumblr, youtube, www.scoop.it et snapchat. Initialement composé d’une dizaine de personnes, nous sommes depuis plus d'un mois une vingtaine d’individus d'horizons et d'avis divers qui collaborent en accueillant toutes les bonnes volontés qui veulent nous rejoindre. Comme chaque commission, nos actions sont publiques et notre fonctionnement aussi.

Nous participons au mouvement des Nuits Debout et le rendons accessible à tous qu'ils soient ou pas sur les places. Nous relayons chaque jour les actions des quatre vingt commissions de la place de la République à Paris et celles de plus de trois cent villes à travers le monde. Ce mouvement est désormais global et c'est ce qui fait sa force et le rend insaisissable. Nous cherchons à mobiliser et à informer, en montrant le côté massif et positif du mouvement, tout en dénonçant les attaques violentes des élites politiques et médiatiques.

Des accusations gratuites, fausses et contre-productives

Samedi 14 Mai 2016, en assemblée générale, une trentaine de personnes, membres du collectif pour la convergence des luttes ont lancé des accusations graves sur notre travail devant une centaine de personnes.

Cette attaque violente, coordonnée et planifiée a été diffusée sur la page facebook du collectif pour la convergences des luttes et sur une vidéo youtube sans nous donner un droit de réponse. Nous dénonçons ce procédé calomnieux, porté par des personnes qui parlent sous anonymat en accusant directement d'autres personnes dont elles affichent l'identité réelle, alors même qu'il existe des espaces pour que les dissensions puissent s'exprimer, les réunions de la commission communication et les inter commissions.

Les auteurs anonymes de ce communiqué dénoncent des « dérives constatées depuis un mois et demi et une prise de contrôle par une minorité. Pourtant les travaux de notre commission sont transparents puisque l'ensemble de son travail est publié sur les réseaux sociaux et est donc consultable par chacun à tout moment. Concernant notre fonctionnement, nos protocoles de travail et nos processus collectifs, ils sont publiés depuis le début sur le wiki.

Enfin, nous avons été en permanence à la recherche de nouvelles personnes à intégrer parmi les différentes commissions et nous avons organisé des ateliers de formations ouverts à tous.

Les reproches sont non seulement infondés, mais aussi malhonnêtes, les outils de communication sont multiples, ouverts et inclusifs. A celles et ceux qui demandent la transmission des codes administrateurs et des adresses électroniques à un secrétariat de la communication, nous leur répondons qu'il y a plus efficace encore, nous rejoindre, travailler ensemble et rendre la communication la plus transversale possible, il y a une place pour toutes les voix du mouvement des Nuits Debout.

Par ailleurs, depuis le début le Media Center a laissé la gestion du site www.nuitdebout.fr à d'autres actifs numériques indépendants.

Il est hébergé sur les serveurs de la Quadrature du Net, gage d'indépendance reconnu. La mainmise fantasmée n'existe donc pas.

Les arguments étant infondés, il s'agit à l'évidence d'une tentative de prise de contrôle pour empêcher l'extension d'un mouvement dans toute sa diversité de tons et de moyens d'action.

Les réseaux comme force du mouvement

Communiquer efficacement sur les réseaux sociaux nécessite une compréhension approfondie de la communication sociale et des différents outils. Cela ne s’improvise pas, si l’on veut un maximum de visibilité et un potentiel social transformateur, mais cela s'apprend.

Participant à un mouvement autonome aux multiples visages, le Media Center a toujours encouragé l'indépendance de chaque commission avec les canaux qu'elle souhaite utiliser. Celles et ceux qui nous accusent ont également des outils entre leurs mains, le site www.convergence-des-luttes.org et le compte facebook du collectif pour la convergence des luttes.

Nous réitérons notre attachement aux luttes qui nous animent et qui nous ont poussés à nous rassembler en premier lieu. Ensemble, nous sommes en train de créer un processus d'innovation politique et sociale. Mais nous sommes convaincus que le changement passe aussi par une prise de conscience, individu par individu. Nous rappelons la mise en garde de David Graeber le Mardi 12 Avril 2016 à la bourse du travail de Paris, « une structuration ne peut que nuire et faire fuir ».

Pourquoi cette attaque ?

Nous continuons à croire que si nous voulons, ensemble, porter haut et loin ce formidable mouvement né il y a plus de six semaines, il y a urgence à ne pas se tromper d'adversaire.

Nous savons où sont les nôtres depuis le premier jour, raison pour laquelle nous ne nous permettrons jamais de mettre en péril le mouvement. Nous espérons que les signataires anonymes de ce texte trouveront les leurs ailleurs que dans les rangs du mouvement des Nuits Debout.

Pour autant cette volonté commune de faire converger les luttes a rapidement eu deux visages au sein Du mouvement des Nuits Debout, le visage d'une convergence centrée exclusivement sur les collectifs en luttes et le visage d'une convergence des personnes indignées et révoltées vers un projet commun, rangeant les drapeaux, pour converger ensemble.

L'équipe du Média Center, comme de nombreuses personnes sur les places de la France et du monde entier, se reconnait dans la deuxième sans pour autant rejeter la première. Nous avons donc, depuis le premier jour, eu pour préoccupation de parler à tout le monde, à celles et à ceux qui ont choisi les formes traditionnelles de lutte, tout autant qu'aux personnes ne se reconnaissant pas dans des organisations, syndicats, partis et associations, mais qui ressentent aussi légitimement le besoin de se mobiliser et de se rencontrer. D’ailleurs de nombreuses personnes aujourd’hui fortement impliquées dans le mouvement des Nuits Debout n'appartenaient à aucune lutte avant le Jeudi 31 Mars 2016.

Malheureusement une partie d'entre elles a déjà quitté le mouvement, harcelée et oppressée par celles et ceux qui pensent que si tu n'es pas avec eux, tu es contre eux.

Nous considérons que cette deuxième vision n'exclut pas la première, bien au contraire, elles sont complémentaires.

Mais très vite, ces défenseurs de la pureté idéologique nous ont reproché de faire venir du « public » sur la place, des non militants. Parler de « public » n'est pas acceptable pour nous. Il n'y a pas de public mais des citoyens qui cherchent leur place dans le mouvement des Nuits Debout pour une transformation sociale. Nous avons une conviction, celle que nous ne changerons pas le monde avec une minorité radicale qui détiendrait la vérité. Nous changerons le monde tous ensemble, militants traditionnels et nouvelle génération, en arrêtant de nous attaquer les uns contre les autres, en travaillant en collaboration, en respectant notre diversité et en utilisant toute notre intelligence collective.

C'est au mouvement des Nuits Debout de s'auto-déterminer. C'est aux gens sur les places qu'il appartient de décider du projet commun que nous allons bâtir. Tant pis, ou tant mieux, si cela dépasse le projet initial des « historiques », comme ils aiment à se nommer.

Aujourd'hui les attaques que nous subissons sont le reflet de ces deux visions et de ces deux mondes, le traditionnel et le nouveau, qui cherche sa forme et sa façon d'agir, de travailler, de communiquer et de s'organiser.

Nous avions décidé d'en faire une force ensemble, certains semblent décidés à en faire une faiblesse au point de détruire le mouvement.

Mais cela n'arrivera pas. Nous sommes plus forts et plus nombreux.

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23 mai 2016 1 23 /05 /mai /2016 19:06

Escalade de la tension autour de la loi travail (Reuters)

La tension est montée d'un cran Lundi 23 Mai 2016 dans la contestation syndicale de la réforme du code du travail, des tirs à l'arme automatique d'origine inconnue contre le siège de la fédération socialiste de l'Isère venant ajouter au malaise social.

Douze impacts de balles de calibre neuf millimètres ont été retrouvés dans la nuit du Dimanche 22 Mai au Lundi 23 Mai 2016 sur la devanture de ce bâtiment situé à Grenoble et une enquête a été ouverte.

« Depuis des semaines, nous appelons l’ensemble de la classe politique et des responsables syndicaux à réagir à cette dérive funeste inconnue depuis les années 1930. Un nouveau seuil a été franchi cette nuit », peut-on lire dans un communiqué du premier secrétaire du Parti Socialiste, Jean-Christophe Cambadélis.

Le chef de l’état, le gouvernement et le principal parti de la majorité sont confrontés depuis deux mois à une vigoureuse contestation du projet de loi réformant le marché du travail.

Cette contestation a donné lieu à de nombreux débordements violents, le plus souvent imputés à des casseurs qui ont saccagé à plusieurs reprises des centres villes et s'en sont pris violemment aux forces de l'ordre, mais jamais par balles.

Sur le terrain, la situation reste difficile sur le plan de l'approvisionnement pétrolier avec une pénurie partielle, notamment dans le nord et l'ouest de la France et le premier ministre, Manuel Valls, a promis que les forces de l'ordre agiraient pour débloquer les dépôts.

« Cela va durer au moins la semaine », a déclaré sur Radio Monte Carlo (RMC) Emmanuel Lépine, responsable de la branche pétrole de la Confédération Générale du Travail (CGT).

« Il n’y a qu’une manière de débloquer la situation, c’est de retirer la loi travail, c’est très simple », a-t-il ajouté en indiquant que, sur les huit raffineries françaises, « six sont arrêtées ou en phase d'arrêt ».

La CGT, fer de lance de la contestation qui comprend également la CGT Force Ouvrière, tente d'élargir le mouvement à d'autres secteurs avant la nouvelle journée de mobilisation prévue Jeudi 26 Mai 2016, qui sera également une journée de grève à la Société Nationale des Chemins de Fer (SNCF).

Premier syndicat à la Régie Autonome des Transports Parisiens (RATP), elle appelle à une grève illimitée à partir du Jeudi 2 Juin 2016 dans les transports franciliens pour réclamer l'ouverture de négociations salariales et protester contre le projet de loi travail.

Dans la soirée, la fédération des services publics de la CGT a déposé des préavis de grève du Lundi 30 Mai au Mardi 14 Juin 2016 pour les personnels de la fonction publique territoriale ainsi que les salariés relevant de la partie privée de son champ fédéral, entreprises de l’eau et de l’assainissement, thanatologie et secteur privé du logement social.

Pour des analystes, la CGT, en perte de vitesse et de repères, joue à quitte ou double son avenir dans un bras de fer avec le gouvernement et agit comme si elle pariait sur une défaite de la gauche aux élections de 2017.

Dans un communiqué, le mouvement des entreprises de France (MEDEF) a demandé au gouvernement de rétablir d’urgence l’état de droit et de garantir aux salariés et aux entrepreneurs leur capacité à travailler.

« Nous ne pouvons plus tolérer qu’une poignée de militants irresponsables prennent la France en otage », a déclaré Pierre Gattaz, président de la principale organisation patronale.

La Confédération Générale des Petites et des Moyennes Entreprises (CGPME), syndicat patronal des PME, a également demandé au gouvernement d'agir pour lever les blocages.

« Le blocage des dépôts pétroliers et les grèves des transports viennent aujourd'hui parachever l'impression de désordre », dit-elle dans un communiqué, ajoutant que « c'est désormais l'ensemble de l'activité économique de notre pays qui risque de subir l'impact de mouvements qui pénalisent aussi bien les PME que leurs salariés ».

En déplacement dans le Haut-Rhin, l'ancien président Nicolas Sarkozy a jugé qu'il y avait une « impression d'anarchie » et demandé que le gouvernement « enlève les piquets de grève et réquisitionne le personnel gréviste » dans les raffineries.

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22 mai 2016 7 22 /05 /mai /2016 17:11

https://www.change.org/p/soutien-citoyen-au-blocage-de-l-économie-mouvement-social-et-syndical-en-lutte-contre-la-loi-travail

Soutien citoyen aux actions de blocage de l'économie

Nous, signataires de cette pétition, pensons que, dans le conflit contre la loi travail, le gouvernement n’a aucune légitimité pour passer en force.

Cette loi n’est pas issue d’une volonté générale. Il n’y a pas, ni à l'assemblée nationale, ni au sénat, de majorité pour la voter.

Pourtant, par l’utilisation du troisième alinéa du quarante-neuvième article de la constitution, le mépris du mouvement social et de l’opposition à cette loi, le pouvoir continue de s’isoler et aggrave la crise de la démocratie représentative.

Pire, cette loi travail renforcerait une violence sociale que le pays ne supporte plus. Le temps du rapport de force est venu.

Nous, signataires de cette pétition, soutenons les actions de blocage de l’économie sur les routes, dans les ports, les raffineries, les dépôts de carburant, les autres secteurs de distribution de l'énergie et ailleurs, en cours et à venir.

Car nous exigeons le retrait de la loi travail et l’ouverture de vraies négociations multilatérales pour l’élaboration d’un code du travail vraiment adapté au vingt et unième siècle.

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22 mai 2016 7 22 /05 /mai /2016 17:01

https://www.zamanfrance.fr/article/turquie-congres-lakp-consacre-presidence-yildirim-leadership-derdogan-21670.html

Le congrès du parti de la justice et du développement (AKP) consacre la présidence de Binali Yildirim et le leadership de Recep Tayyip Erdogan

Binali Yildirim, l'actuel ministre des transports, a été porté à l'unanimité à la présidence de l'AKP. Il hérite également du poste de premier ministre.

Par Sami Kilic

Dimanche 22 Mai 2016

Seul candidat en lice, Binali Yildirim a été élu président de l'AKP à l'unanimité des mille quatre cent cinq bulletins de vote valides.

Il devient ainsi le troisième leader du parti conservateur, au pouvoir depuis 2002, après Recep Tayyip Erdogan, entre 2001 et 2014, aujourd'hui président de la république, et Ahmet Davutoglu, entre 2014 et 2016, le premier ministre qui avait annoncé son départ le 4 mai 2016.

Ingénieur en constructions navales de formation, il est l'un des artisans des grands projets d'infrastructures qui ont modernisé la Turquie et assis la base électorale du parti au cours de sa première décennie au pouvoir.

Elu député d'Istanbul en novembre 2002, Binali Yildirim a occupé les fonctions de ministre des transports, des affaires maritimes et des communications d'une manière presque continue dans les gouvernements successifs.

Serment de fidélité à Recep Tayyip Erdogan

Ahmet Davutoglu a rappelé dans son discours que la convocation d'un congrès extraordinaire ne relevait pas de sa volonté et qu'il était conscient du malaise qui régnait dans l'esprit des gens.

Le chef du gouvernement avait en effet été acculé à rendre le tablier par Recep Tayyip Erdogan. « Mais notre mission est au-dessus de tous les états personnels », a-t-il pris soin de déclarer avant d'ajouter qu'il avait décidé de partir au nom de l'unité de l'AKP.

Le président de séance, le ministre de la justice Bekir Bozdag, a donné lecture du message que Recep Tayyip Erdogan avait envoyé au congrès après avoir prêté un vibrant serment de fidélité au raïs. « Nous savons que si vous n'êtes pas physiquement parmi nous, vous l'êtes moralement. Comme le dit notre peuple, notre parti est et restera le parti de Recep Tayyip Erdogan. Il n'est pas possible de penser notre présdient de la république en dehors de l'AKP. L'AKP n'a qu'un leader et c'est Recep Tayyip Erdogan ».

« La mission la plus importante que nous avons aujourd'hui est de légaliser la situation qui existe de fait et de mettre un terme à la confusion en modifiant la constitution. La nouvelle constitution sera porteuse d'un système exécutif présidentiel », a d'emblée promis le nouveau chef de l'AKP.

« C'est la tête haute que nous avons toujours dit que nous sommes les compagnons de route de Recep Tayyip Erdogan et nous continuerons à le dire », a assuré Binali Yildirim avant de lancer, « nous le promettons, ton amour est notre amour, ta mission est notre mission et ta voie est notre voie ».

Le parti verrouillé par Recep Tayyip Erdogan

Le bureau exécutif, dont quarante huit des cinquante membres avaient précipité le départ d’Ahmet Davutoglu en lui retirant le pouvoir de nommer les responsables des fédérations et des sections, a été profondément remanié.

La moitié des sièges a été renouvelée, renforçant encore plus l'emprise de Recep Tayyip Erdogan sur l'appareil du parti.

Plusieurs poids lourds comme les anciens présidents du parlement Cemil Ciçek et Mehmet Ali Sahin, les premiers ministres adjoints Yalçin Akdogan et Numan Kurtulmus, le ministre du travail Süleyman Soylu, le porte-parole du parti Ömer Celik, le ministre de l’agriculture Faruk Celik et le ministre des affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu, quittent le bureau exécutif.

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22 mai 2016 7 22 /05 /mai /2016 16:37

INTERVIEW D HUGO MELCHIOR PAR YVES JUIN

Vous trouverez ci-dessous la première partie d’une longue interview d’Hugo Melchior par Yves Juin relative au mouvement social contre la loi travail.

L’interview est disponible en totalité si vous consultez le site internet d’Ensemble à l’adresse ci-dessous.

Bernard Fischer

https://www.ensemble-fdg.org/content/soyons-fiers-de-ce-que-nous-avons-fait-depuis-2-mois-et-demi

Soyons fiers de ce que nous avons fait depuis deux mois et demi

Notre camarade Hugo Melchior est l'un des animateurs en vue du mouvement sur Rennes. Il a été victime d'une mesure d'interdiction de manifestation. Il a bien voulu répondre longuement à nos questions et tirer un premier bilan de deux mois et demi de lutte, au moment où se met en place un comité de soutien à toutes les victimes de la répression.

Yves Juin. Peux-tu nous expliquer pourquoi le préfet t'a interdit l'accès au centre-ville de Rennes pendant quinze jours et comment as-tu réagi ?

Hugo Melchior. Mardi 17 Mai 2016 vers 9 heures 30, deux membres de la Brigade Anti Criminalité (BAC) et un brigadier chef de police sont venus chez moi pour me remettre en mains propres un procès-verbal signifiant mon interdiction de séjour de ce jour jusqu’au Lundi 30 Mai 2016 à 6 heures du matin dans le centre-ville de Rennes. Ils sont restés dix minutes à peine, le temps que je signe le procès-verbal. Il n’y a eu aucun problème de ce côté là. J’ai également reçu une carte signifiant les délimitations géographiques de cette interdiction. Concrètement, cela veut dire que je ne peux pas, par exemple, me rendre à la gare pour prendre le train, ni aller à la mairie pour effectuer des démarches administratives et bien entendu, et c’est cela qui est visé prioritairement par cette mesure d’interdiction de séjour dans une partie du territoire de la commune de Rennes, participer à des manifestations de rue avec mes camarades contre la loi travail. Comble de l’ironie, le tribunal administratif que j’ai saisi par la médiation de mon avocate Vendredi 20 Mai 2016 dans l’espoir de faire casser cet arrêté préfectoral se trouve, lui-même, dans la zone interdite.

Ainsi, ma liberté d’aller et venir, pourtant considérée dans la constitution française comme une liberté publique fondamentale, liberté consubstantielle de la citoyenneté, mais d’abord de l’humanité, comme le stipule le treizième article de la déclaration universelle des droits de l’homme, est désormais subordonnée à cette interdiction de territoire, et cela jusqu’au Lundi 30 Mai 2016. Cette remise en cause de cette liberté fondamentale, avec celle de pouvoir manifester librement, découle d’un arrêté de la préfecture, acte administratif, et par là-même d’une décision du ministère de l’intérieur qui instrumentalise sans vergogne le contexte d’état d’urgence et la « menace terroriste » pour tenter d’entraver la vie quotidienne des militants politiques un peu trop insolents et agitateurs à son goût. Cet acte administratif est scandaleux par nature car, en y recourant, l’autorité vous met devant le fait accompli. Contrairement à un procès au pénal, il n’y a pas la possibilité de contester en amont la décision, ni de demander l’organisation d’un débat contradictoire.

En ce qui me concerne, encore une fois, il ne s’agit pas simplement d’une simple interdiction de manifester, d’une interdiction ponctuelle, seulement le temps des manifestations de rue contre la loi travail, comme ce fut le cas pour les militants de Paris concernés par des arrêtés préfectoraux. Il s’agit d’une interdiction absolue, permanente, vingt quatre heures sur vingt quatre, qui concerne une zone spatiale étendue et qui s’étend sur une longue période, en l’occurrence quatorze jours. Si je devais contrevenir à l’arrêté et pénétrer dans la zone interdite pour aller manifester par exemple, je risque d’être appréhendé par la police, puis faire l’objet de poursuites sur le plan pénal avec la possibilité d’être condamné au maximum à six mois d’emprisonnement et sept mille cinq cent euros d’amendes, en application du treizième article de la loi du 3 avril 1955.

Pour justifier d’une telle mesure profondément liberticide et vexatoire à mon encontre, qui ne repose en réalité que sur des présomptions, le procès-verbal fait clairement référence à mon passé de militant révolutionnaire, puisqu’il est indiqué dans le procès-verbal que je suis « défavorablement connu pour des activités politiques passées ». En effet, j’ai commencé à militer en septembre 2005 au sein de la section jeune de la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR) à Rennes et j’ai été amené à jouer un rôle important dans tous les mouvements étudiants entre 2006 et 2010. Au cours des ces différentes mobilisations, je n’ai eu de cesse de vouloir me mettre au service du mouvement ouvrier et des luttes étudiantes et de proposer mes savoir-faire et mes ressources avec pour seul désir d’être utile à ma classe et à mon camp, celui des travailleurs, de tous les opprimés et de tous celles et ceux qui ne supportent plus la pourriture capitaliste et veulent rompre avec elle d’urgence. Actuellement doctorant en histoire, chargé de cours à la deuxième université de Rennes, j’ai de nouveau décidé d’assumer un engagement total au sein de mon université dans le cadre de la mobilisation contre la loi travail, qui constitue une nouvelle étape dans le processus de réorganisation néo libérale du travail en cours depuis les années 1980. En décidant d’entreprendre une telle réforme scélérate, que même la droite décomplexée au pouvoir n’avait pas osé mettre en œuvre, les décideurs socialistes ont démontré, une fois encore, qu’ils n’étaient rien d’autre que les gardiens intérimaires de l’ordre productif néo libéral.

De plus, il est souligné, dans ce procès-verbal, ma « participation à des manifestations ayant joué un rôle omniprésent dans l’organisation de manifestation ayant engendré un trouble à l’ordre public à Rennes ». Il est indéniable à nouveau que j’ai pris part à l’organisation, aux côtés d’autres militants du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), d’Ensemble et du Mouvement des Jeunes Communistes de France (MJCF), mais également d’étudiants non encartés, des nombreuses manifestations qui se sont succédées à Rennes, depuis le début du mois de mars 2016, contre la loi travail sur la ville de Rennes. Clairement, c’est cette activité militante quotidienne, débridée et intense qui a été visée par le ministère de l’intérieur cherchant, en s’attaquant à moi de la sorte, par cette mesure extra judiciaire, à faire un exemple et tenter de diffuser la peur au sein du secteur militant à Rennes. Le procès-verbal rappelle, enfin, mes déclarations sur les réseaux sociaux sur la question de la violence politique et par là-même le fait d’avoir assumé publiquement la nécessité de ne pas subordonner le répertoire d’actions au seul respect du cadre de la légalité et aux seules manifestations de masses, même si elles sont évidemment une condition nécessaire à l’inversion du rapport des forces en faveur du mouvement social. Il nous faut assumer le fait de recourir à des actions de blocage économique, à des grèves actives et prolongées, et de manière générale à tout ce qui peut contribuer, y compris les émeutes de rue, à rendre le climat intenable pour le gouvernement contre lequel nous nous battons depuis maintenant deux mois qui n’a de cesse de répéter qu’il ne cédera pas. C’est ce que j’appelle la « stratégie de la tension », c’est-à-dire la capacité d’articuler opportunément massification et radicalité. Si la violence seule et minoritaire est évidemment impuissante et peut-être même contre-productive, cette « stratégie de la tension » se caractérise d’abord par le refus du légalisme et du pacifisme intégral. En effet, je considère qu’en dernière instance l’état n’a pas le monopole de la violence physique légitime et que nous devons être prêts à nous défendre physiquement et collectivement contre nos ennemis que sont les décideurs et de manière générale tous les militants de l’économie politique. Car, une fois pour toute, la politique n’est pas un pique-nique, ni un dîner de gala, encore plus quand l’on prétend défendre un projet politique révolutionnaire.

Quand j’entends les déclarations du candidat Jean-Luc Mélenchon, qui reprend sans vergogne la même rhétorique policière du Parti Communiste Français (PCF) de l’année 1968, renvoyant dos à dos la violence politique dont font usage certains militants politiques et celle de ceux chargés de sauvegarder l’ordre établi et la propriété capitaliste, j’ai la nausée. Il est profondément choquant de l’entendre dire que les fameux « casseurs » seraient des alliés objectif du pouvoir et par là-même, si on va jusqu’au bout de la réflexion, des ennemis du mouvement en cours.

Ainsi, il est certain qu’à défaut de pouvoir me poursuivre sur le plan pénal, le ministère de l’intérieur est obligé pour m’atteindre de recourir à l’arme de la coercition administrative et ainsi me faire payer le prix de mon engagement en faveur de la défense des droits collectifs des travailleurs remis en cause par ce projet de loi inique. On limite la liberté de circulation d'un individu au nom de sa « dangerosité potentielle » en tant que militant révolutionnaire, sans qu'on n'ait rien à lui reproché à part ses idées subversives.

Mais être attaqué de la sorte par l’état, quelle plus belle reconnaissance de la justesse de son engagement politique. Au moins, cela prouve que l’état sait reconnaître ses vrais ennemis, celles et ceux qui veulent subvertir radicalement la société capitaliste. J’espère vraiment que, Lundi 23 Mai 2016, la préfecture et le ministère de l’intérieur connaîtront un camouflet mémorable. En effet, si l'arrêté liberticide devait être cassé ce jour là par le tribunal administratif, cela représenterait une défaite politique pour les décideurs qui comprendraient, alors, qu'on ne peut pas en toute impunité, sous couvert d’état d'urgence, user de méthodes exécutoires pour tenter d'entraver l’action des militants politiques.

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22 mai 2016 7 22 /05 /mai /2016 15:49

http://www.revolutionpermanente.fr/La-casse-de-Valls-pour-briser-la-greve-des-raffineurs-Des-piquets-de-greve-pour-l-auto-defense

Trois dépôts de carburant débloqués

La « casse » de Manuel Valls pour briser la grève des raffineurs.

Des piquets de grève pour l’auto-défense

Vendredi 20 Mai 2016

Le gouvernement est passé de la parole aux actes. Après soixante douze heures de grève et de blocage des raffineries et des dépôts de carburant, Manuel Valls a déployé d’impressionnantes forces de police pour disperser plusieurs piquets qui bloquaient plusieurs dépôts pétroliers. À Lorient, ce sont plus de cent cinquante Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS) lourdement armés qui ont été débarqués pour faire face à quelques centaines de manifestants, quinze fourgons de CRS ont été dépêchés pour évacuer le site du dépôt de carburants Rubis, à Grand-Quevilly près de Rouen, et une cinquantaine de gendarmes mobiles ont chargé pour débloquer le dépôt de Vern-sur-Seiche.

Par Damien Bernard

Quoi qu’en dise le gouvernement et son secrétaire d'état aux transports, Alain Vidalies, après seulement soixante douze heures de grève et de blocage des expéditions, le risque de pénurie de carburant, ou plutôt de désorganisation de l’acheminement de pétrole, était déjà bien d’actualité.

En témoigne notamment les nombreuses mesures de rationnement et de restrictions qui ont été adoptées par les très nombreuses préfectures, le grand ouest et le nord étant particulièrement touchés. Pourtant, à y regarder de plus près, ce qui a mis le feu aux poudres pour le gouvernement, c’est bien la décision des assemblées générales de raffineurs de l’arrêt de la production dans les trois plus grandes raffineries de France.

Quatre raffineries à l’arrêt total illimité, des dépôts pétroliers bloqués, en grève

La France compte huit raffineries, propriétés des grandes multinationales Total, Esso et Petroineos. Total détient en quelque sorte le monopole du marché du raffinage en France, avec l’exploitation de cinq des plus grosses raffineries, dont trois parmi les plus importantes sont totalement à l’arrêt.

Pour exemple, « seul le dépôt de Brest va continuer à alimenter un peu le grand ouest ».

Situé près du Havre, en Seine-Maritime, la première raffinerie de France, Gonfreville-L’Orcher, qui produit près de douze millions de pétrole brut par an, est en arrête illimité. Port Jérôme Gravenchon, en Seine-Maritime, propriété d’Esso, douze millions de pétrole brut, est elle aussi à l’arrêt total. De même pour Donges, en Loire-Atlantique, onze millions de pétrole brut.

Dans les Bouches-du-Rhône se concentrent trois raffineries, dont l’arrêt illimité reste pour le moment en discussion, le Lavera, dix millions de pétrole brut, la Mède, sept millions de pétrole brut, et Fos-sur-Mer, sept millions de pétrole brut. Près de Lyon, la raffinerie de Feyzin, propriété de Total, est en arrêt total, cinq millions de pétrole brut. L’unique raffinerie d’Île de France en Seine-et-Marne, Grandpuits, reste bloquée, l’arrêt est lui aussi en discussion, cinq millions de pétrole brut.

Ce sont aussi plus de cinquante dépôts pétroliers qui visent à stocker du brut ou des produits pétroliers, répartis sur l’ensemble du territoire. Plus d’une dizaine d’entre eux ont été bloqués, notamment par les salariés en grève eux-mêmes, des routiers solidaires, des manifestants contre la loi travail, ou encore des activistes du mouvement des Nuits Debout. Ces dépôts de stockage de produits provenant notamment des raffineries sont également stratégiques pour le réapprovisionnement des stations-service du département.

Dépôts pétroliers, une première attaque pour casser la grève

« Les services publics doivent fonctionner » a affirmé le ministre de l'intérieur Bernard Cazeneuve, Vendredi 20 Mai 2016 sur la première chaîne de la télévision française, en référence au déblocage par la répression de certains dépôts de carburant en France. De la sorte, le gouvernement a mis la menace qu’il avait proférée à exécution, se disant prêt à faire lever par les forces de l’ordre les barrages visant les ports, raffineries et aéroports.

Dans un premier temps, ce sont donc les dépôts pétroliers bloqués qui ont été visés. Selon la préfète de la région Normandie, l’intervention des forces de l’ordre « devrait permettre de réapprovisionner en essence les stations-service du département ». Ainsi, plusieurs fourgons de CRS se sont rendus Vendredi 20 Mai 2016 sur le site du dépôt de carburants Rubis à Grand-Quevilly, près de Rouen, pour réprimer et lever le barrage instauré par des manifestants opposés à la loi travail.

Une autre évacuation était prévue sur la commune de Saint-Nicaise dans le même département. Cependant, le soutien de la population a permis de faire reculer les CRS. Selon le mouvement des Nuits Debout, « c’est grâce au soutien des voisins et des personnes présentes à l’extérieur qui protestaient que les CRS sont partis ». En Ille-et-Vilaine, ce sont les gendarmes mobiles qui ont été chargés de débloquer le dépôt de Vern-sur-Seiche pour évacuer les routiers solidaires des raffineurs.

Ils étaient une cinquantaine à réprimer pour évacuer les manifestants qui occupaient les lieux depuis Mercredi 18 Mai 2016. Au dépôt de Lorient, les gendarmes mobiles ont débarqué et chargé avec une violence terrible contre les manifestants au milieu d’un vaste nuage de gaz lacrymogènes.

Ces derniers avaient érigé trois piquets avec des barrages en guise de défense.

Attaquer le maillon faible des dépôts, pour attaquer les raffineries ensuite

Après trois journées de grève et de blocage de la production dans l’ensemble des raffineries du groupe Total, la Confédération Générale du Travail (CGT) et la CGT Force Ouvrière du groupe Total ont appelé à durcir le mouvement à travers une grève illimitée, incluant l’arrêt illimité et complet des installations et l’arrêt des travaux et des expéditions des produits, soit un blocage total de la production, mais aussi de l’expédition des produits déjà transformés.

C’est dans ce contexte que les dépôts pétroliers revêtent pour les travailleurs un intérêt central pour maximiser l’effet de l’arrêt de la production dans les raffineries, dans le but de paralyser un secteur stratégique pour le fonctionnement de l’économie à un niveau plus accéléré. Et le gouvernement l’a bien compris, en déployant d’ores et déjà ses forces de répression contre eux pour disperser les blocages, touchant d’une certaine façon l’un des maillons faible de la chaîne.

Mais c’est bien la production et le raffinage qui constituent le cœur stratégique d’une des plus grandes multinationales françaises, Total, premier bras de l’impérialisme français. Pourtant, le gouvernement, même s’il a déjà menacé les raffineurs, n’est pas encore passé au stade du déblocage des raffineries.

Le blocage du stockage des dépôts pétroliers, combiné à un arrêt total de la production des raffineries, est bien la hantise du gouvernement, qui a bien peur de voir se rouvrir une dynamique comme la grève contre la réforme de retraite de Nicolas Sarkozy, dans laquelle les raffineurs ont joué un rôle politique central dans la perspective de le généralisation de la grève, une perspective qui n’a pu aboutir du fait de la politique de la désaccélération de la lutte de l’intersyndicale, qui avait abandonné les raffineurs, permettant ainsi la répression.

Bientôt la réquisition des raffineurs comme en 2010

Un arrêt total du raffinage du pétrole, comme actuellement dans quatre des plus grandes raffineries française, touche clairement les intérêts stratégiques de Total et du gouvernement de François Hollande. Thierry Defresne, secrétaire général du syndicat CGT Total Normandie, explique « qu'il faut savoir qu’entre le moment où on l’arrête, qu’on la redémarre et qu’on met des produits en conformité sur le marché, il se passe plus d’une dizaine de jours. Donc là, on peut considérer que les marchés autour de la raffinerie de Normandie ne seront pas alimentés pendant les dix prochains jours ».

Cela pose d’autant plus problème pour le gouvernement que pour les travailleurs. Déclencher l’arrêt de la production pour dix jours révèle une énorme détermination et une franche combativité. « Les salariés sont plus que jamais motivés, même ceux qui au départ étaient plutôt réticents. On franchit un cap dans la mobilisation. Notre but n’est pas de générer une pénurie mais d’obtenir le retrait de cette loi et de repartir sur des bases saines de dialogue social. Il faut que le gouvernement entende les raisons du refus », a déclaré à l’Agence France Presse (AFP) Eric Sellini, coordinateur CGT du groupe Total.

C’est dans ce contexte qu’en 2010 le gouvernement avait tenté de réquisitionner des raffineurs pour briser leur grève, qui a duré durant trois semaines, alors qu’il était accompagné par les cheminots, les dockers, ainsi que d’autres secteurs du public et du privé. Pour cela, il est notamment passé par plusieurs étapes, de la réquisition pour « maintenir la sécurité du site, classé Seveso » pour notamment « livrer du fuel aux services publics », dont la police qui répriment ces mêmes raffineurs. C’est ensuite que le gouvernement est passé à la réquisition pour permettre les livraisons aux clients de Total.

Des piquets de grèves pour lutter contre la répression et les réquisitions

Alors que la dernière journée de mobilisation a vu un rebond limité dans la rue et alors que l’escalade de la répression et des provocations visaient essentiellement la jeunesse et la rue, il attaque désormais le blocage des dépôts pétroliers, ainsi que les piquets de grève mis en place par les manifestants, routiers et salariés. Ces piquets sont des moyens d’auto-défense qui seront une des conditions vitales pour le développement de grèves illimité des raffineurs, mais aussi des cheminots et d’autres secteurs qui pourraient entrer dans la bagarre.

Dans ce contexte, notamment marqué par un état d’urgence et un climat de répression bien supérieur à celui de 2010, former des piquets de grève, préparés pour faire face à la répression et aux réquisitions que le gouvernement n’hésitera pas à user pour briser la grève pendant ses dix jours incompressibles d’arrêt, sera un organe fondamental de défense face aux moyens de répression de l’état et à l’atteinte au droit de grève qu’il tentera d’imposer à travers les réquisitions.

Pour gagner, il faudra un « tous ensemble »

Les raffineurs sont résolument déterminés à faire reculer la loi travail. Pourtant, l’isolement le taraude, c’est par exemple ce qui avait mis fin à leur grève reconductible en 2010. Il sera ainsi d’autant plus nécessaire que les cheminots en lutte généralisent la grève reconductible et massifient la mobilisation alors que les directions syndicales de la CGT et du Syndicat Unitaire et Démocratique (SUD) notamment tergiversent, en n’appelant pas clairement à une grève reconductible qui dépasse les grèves de quarante huit heures toutes les semaines.

C’est aussi le secteur des routiers pour le moment en pointe et notamment très solidaire des raffineurs qui ont conjointement bloqué des dépôts pétroliers et des raffineries. De la même façon, les directions syndicales, notamment la CGT Force Ouvrière a appelé à démobiliser pour reporter la lutte, tandis que la CGT a mis le frein pour repartir en lutte le seul lundi. Les dockers, qui ont démontré toute leur forces au Havre, sont toujours aussi déterminés et auront un rôle clé à jouer dans la situation.

De même que la fonction publique qui avait joué un rôle important en 2010. Pourtant leurs directions syndicales préfèrent pour le moment rester sur des revendications sectorielles, ne souhaitant pas se lier à la mobilisation contre la loi travail. Mais c’est aussi la jeunesse qui a joué un rôle prépondérant dans la première phase et qui aura un rôle déterminant notamment pour faire que la pointe avancée du mouvement ouvrier, parti pour une reconductible durable, puisse entraîner d’autres secteurs.

Pour mettre en musique l’ensemble des secteurs, des cadres d’auto-organisation de la lutte sont tout sauf illusoire, comme le montre l’exemple de l’assemblée générale interprofessionnelle organisée Jeudi 19 Mai 2016 place de la République à Paris. Avancer vers ce type d’organisme, comme ce que représenter les assemblées générales interprofessionnelles de 2010, dès maintenant, en lien avec les comités de grève et les équipes syndicales combatives, peut être un élément décisif dans la suite des événements. Pour faire reculer François Hollande et sa loi travail, c’est bien d’un « tous ensemble » dans la grève reconductible qu’il faut tendre à généraliser dont on a besoin.

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