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5 décembre 2007 3 05 /12 /décembre /2007 22:04
La police veut briser "la chape de silence" à Villiers-le-Bel
 
PARIS (Reuters)
 
  La police invite les habitants de Villiers-de-Bel à témoigner pour faire la lumière sur les incidents du mois dernier dans le Val-d'Oise où des policiers ont été la cible de tirs.
Plusieurs milliers de tracts ont été distribués dans plusieurs quartiers de la ville de la banlieue nord de Paris, théâtre de plusieurs nuits de violences après le décès, dimanche 25 novembre, de deux jeunes gens dans la collision de leur moto avec une voiture de police.
Les tracts appellent d'éventuels témoins de "coups de feu tirés contre des policiers" à témoigner anonymement et contre une rémunération pouvant atteindre "plusieurs milliers d'euros".
"La police judiciaire de Versailles recherche tout témoignage relatif aux coups de feu tirés contre des policiers au cours des soirées et des nuits du 25 au 26 et du 26 au 27 novembre 2007", peut-on lire dans le document.
"On peut imaginer la pression qui règne dans ce quartier. Cette pression est le fait d'un certain nombre d'individus déjà très connus de chez nous. Je pense que ces individus font peser sur le quartier une chape de silence", a déclaré à la presse Jean Espitalier, le directeur régional de police judiciaire de Versailles chargé de l'enquête sur les coups de feu.
Des dizaines de policiers ont été blessés, certains par des tirs de chevrotines, lors de deux nuits de violences à Villiers-le-Bel et dans d'autres communes du Val d'Oise.
Une information judiciaire a été ouverte contre X pour "homicides involontaires" et une juge d'instruction a été désignée pour élucider les circonstances des décès lors de la collision entre une mini-moto et une voiture de police.
Une enquête préliminaire a également été ouverte pour "tentative d'homicide volontaire" après les blessures infligées à un commissaire de police. D'autres enquêtes portent sur des "tirs d'armes" sur les forces de l'ordre.
 
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5 décembre 2007 3 05 /12 /décembre /2007 21:57
Nicolas Sarkozy affirme que la France doit réparation aux harkis
 
PARIS (Reuters)
  De retour d'Algérie, Nicolas Sarkozy a rendu hommage mercredi soir aux anciens supplétifs musulmans de l'armée française durant la guerre d'Algérie, les harkis, à qui la France doit selon lui réparation.
"Pour la France, pour moi, la cause des harkis est une cause sacrée car on ne peut pas les tenir responsables d'avoir cru en la parole de la France", a déclaré le président à l'Elysée à l'occasion de la journée d'hommage aux combattants morts pour la France pendant la guerre d'Algérie (1954-62).
"Si une faute a été commise ce n'est pas par eux, c'est par la collectivité nationale qui leur a demandé de faire cela", a-t-il ajouté sous les applaudissements de quelque 150 représentants d'anciens combattants d'Afrique du Nord et de harkis réunis dans la salle des Fêtes du palais présidentiel.
Aux yeux du chef de l'Etat, il est "légitime et juste" que les harkis "reçoivent l'hommage solennel de la Nation".
C'est une "question d'honneur", a-t-il dit. "Il faut réparer les fautes qui ont été commises".
"A tous les harkis envers qui la France a une dette, je dis, au nom de la République, que la France leur doit réparation", a ajouté le président.
Nicolas Sarkozy n'a cependant pas répondu à la principale revendication des harkis, à savoir la reconnaissance de la responsabilité de l'Etat français dans le massacre de leurs pairs lorsque la France a quitté l'Algérie.
"Ce discours est dans la continuité de ceux que l'on a depuis 45 ans, c'est-à-dire un discours d'une grande lâcheté politique", a dit à la presse Bernard Coll, secrétaire général de l'association Jeunes pieds noirs, qui a déploré que le président ne tienne pas ses promesses de campagne électorale.
 
"RÉCONCILIATION"
 
"Si je suis élu président de la République, je veux reconnaître officiellement la responsabilité de la France dans l'abandon et le massacre des harkis", avait déclaré Nicolas Sarkozy le 31 mars dernier devant des représentants de harkis réunis à son QG de campagne, à Paris.
Selon les historiens, entre 60.000 et 80.000 musulmans français ont été tués entre les accords d'Evian de mars 1962, qui mirent fin à la guerre proprement dite, et l'indépendance algérienne, en juillet 1962.
Seuls 10% du million de harkis qui s'étaient placés sous la protection de l'armée française ont pu s'établir en France entre 1962 et 1968. Le nombre des harkis et de leurs descendants en France est aujourd'hui évalué à plusieurs centaines de milliers.
Les harkis réclament l'indemnisation des biens spoliés et la réparation des préjudices moraux subis - soit au total plus de 40 milliards d'euros.
Nicolas Sarkozy a déclaré que le Conseil économique et social avait été saisi "pour étudier les conditions financières concrètes" et rappelé les termes la loi du 23 février 2005 "portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés".
Le chef de l'Etat a dit avoir demandé au gouvernement de "mobiliser tous les moyens" pour aider les enfants de harkis en matière de recherche d'emploi.
Il a également confirmé la création, en 2008, d'une Fondation pour la mémoire de la guerre d'Algérie, des combats du Maroc et de Tunisie.
Durant sa visite en Algérie, de lundi à mercredi, Nicolas Sarkozy a dénoncé le système colonial "injuste" mis en place par la France en Algérie (1830-1962), tout en invitant les deux pays à se tourner vers l'avenir.
Dans son discours de l'Elysée, le chef de l'Etat a utilisé à maintes reprises le mot "réconciliation".
"Ma génération doit porter le discours de la réconciliation, justement parce que ma génération n'a pas connu les souffrances que vous avez connues", a dit le chef de l'Etat, qui avait sept ans en 1962.
Le chanteur pied-noir Enrico Macias, a été "profondément ému" par le discours du président, qui a "dès son retour d'Algérie, tendu la main à tous les pieds noirs, à tous les harkis, à tous les rapatriés".
 
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5 décembre 2007 3 05 /12 /décembre /2007 12:24

Washington décrète un an de trêve globale

 
par Thierry Meyssan*
 
 
 
À l’issue de deux ans de bras de fer à Washington, l’administration Bush-Cheney a fini par céder. Elle a accepté une suspension des grandes opérations militaires, à défaut de renoncer définitivement à sa politique de prédation tous azimuts. Thierry Meyssan décrit ce changement provisoire de cap et analyse ses conséquences internationales.
 
Après plusieurs mois d’indécision, Washington a tranché. Depuis le début de l’été, plus aucune directive n’était émise en direction du « Grand Moyen-Orient », hormis pour la gestion de la crise pakistanaise. Les conflits pourrissaient en Palestine, au Liban, en Irak ; les signes les plus contradictoires se multipliaient en direction de l’Iran. Chacun attendait une prise de position claire de la Maison-Blanche, mais rien ne venait.
 
L’Empire, malade de sa puissance
Cette vacance de l’autorité illustrait une crise profonde des États-Unis.
Le bilan de sept ans d’administration Bush-Cheney, d’un point de vue des intérêts économiques transnationaux qui la contrôlent, est calamiteux. Certes, des sociétés comme Halliburton ou Lockheed-Martin ont réalisé d’extraordinaires profits, mais le système atteint un point de déséquilibre —sinon de rupture— qui se traduit à la fois par la crise du crédit immobilier (subprime) et par la plongée du dollar. C’est désormais la domination monétaire des États-Unis sur le reste du monde qui est en péril [1] au point que la Réserve fédérale a été contrainte de suspendre la publication de l’indice M3, en mars 2006, de sorte que la quantité de billets verts en circulation est désormais un secret d’État. De nombreuses institutions en ont conclu que Washington faisait fonctionner sa planche à billets et que le dollar n’étant plus adossé à une réalité économique sombrerait à moyen terme [2]. Le président du Venezuela, Hugo Chavez, a appelé les États non-alignés à quitter le Fonds monétaire international et la Banque mondiale et à co-fonder une nouvelle institution, la Banque du Sud [3]. Puis, il a invité les États membres de l’OPEP à ne plus commercer le pétrole en dollars [4]. Indépendamment de son rôle de monnaie d’échange, le dollar a déjà perdu partiellement sa fonction de monnaie de réserve : seules 65 % des réserves des banques centrales restent en dollars. Même les journaux fétiches de la City de Londres, le quotidien Financial Times [5] et l’hebdomadaire The Economist [6] ont sonné l’alerte. Pour les golden boys britanniques, mieux vaut s’accrocher aux monarchies pétrolières du Golfe qu’au dollar US.
La crédibilité militaire du Pentagone est entamée par ses déboires en Afghanistan et en Irak, et les plus hauts gradés de l’Armée de terre mettent en garde l’administration civile face au surdéploiement des troupes et à l’épuisement des GI’s. Sans attendre, la Russie et la Chine défient ouvertement l’hégémonie états-unienne en s’opposant au déploiement de missiles en Europe centrale, en fermant leurs ports à des bâtiments de guerre US en détresse, en multipliant les incursions aériennes de bombardiers dans la zone OTAN, en constituant une alliance militaire à peine déguisée (l’Organisation de coopération de Shangaï) à la fois pour bouter la CIA hors d’Asie centrale, pour entraîner conjointement et coordonner leurs forces, et pour soutenir l’Iran.
Le projet de la Maison-Blanche d’utiliser l’arme nucléaire tactique contre l’Iran à la suite d’une provocation qui aurait coûté à la Navy l’une de ses flottes a mis la classe dirigeante US en émoi [7]. L’amiral William Fallon, commandant en chef du CentCom (c’est-à-dire des forces US au « Grand Moyen-Orient »), et son état-major ont fait savoir qu’ils refuseraient d’exécuter un tel ordre et démissionneraient collectivement [8]. Des cercles militaires ont évoqué la responsabilité des officiers supérieurs d’éviter une guerre qui conduirait le pays à la catastrophe en organisant un coup d’État [9]. L’affaire du B-52 de la base de Minot [10] et de la mort des principaux témoins de cette opération, comme l’auto-destruction d’un satellite espion [11] laissent à penser que les tension internes sont extrêmes. Le sénateur et candidat démocrate Joe Biden a évoqué une procédure de destitution du président s’il donnait l’ordre d’attaquer l’Iran [12]. Tandis que le secrétariat à la Justice bruisse de rumeurs sur l’organisation d’un nouveau Watergate qui permettrait une fois de plus à la « gorge profonde » du FBI de faire tomber le président [13].
 
Le remède : le « pouvoir intelligent »
En décembre 2006, l’Iraq Study Group, une commission bipartisane de l’United States Institute of Peace médiatisée sous le nom de « Commission Baker-Hamilton », préconisait une remise en cause complète de la politique de l’administration Bush : retrait massif des troupes stationnées en Irak, et dialogue avec la Syrie et l’Iran. En d’autres termes, suspension —voire abandon— du projet de remodelage du « Grand-Moyen Orient ».
Résistant aux pressions conjuguées de ses amis républicains et de ses rivaux démocrates, l’équipe Bush-Cheney s’était contentée de sacrifier Donald Rumsfeld et de le remplcer au secrétariat à la Défense par un membre de la Commission, Robert Gates. Celui-ci a limité son action à l’arrêt du processus de privatisation des armées et à la mise en cause du principal sous-traitant, Blackwater.
Ce replatrage gouvernemental fut utilisé pour gagner du temps et élaborer un projet politique alternatif, basé sur autre chose que sur la force brute. Le Center for Strategic and international Studies (CSIS) [14], qui avait financé les travaux de l’Iraq Study Group, organisa une nouvelle concertation —cette fois loin des caméras— : la Commission bipartisane Armitage-Nye sur le « pouvoir intelligent ».
Outre que l’expression « pouvoir intelligent » (Smart Power) à de quoi faire sourire lorsque l’on pense qu’elle qualifie le contraire de la politique bushienne actuelle, elle doit être interprétée comme une synthèse entre le Hard Power classique (c’est-à-dire « la carotte et le bâton ») et le Soft Power (c’est-à-dire l’attractivité du modèle US), cher au professeur Nye.
Cette démarche répond à trois objectifs principaux :
 Accorder une pause aux personnels militaires épuisés par la guerre itinérante au « Grand Moyen-Orient » ;
 Garantir les revenus des grandes industries autres que le triptyque armement-énergie-pharmacie (logiciels, médias, entertainment, etc.) qui, loin de profiter de la guerre, perdent des parts de marché au fur et à mesure que se développe « l’anti-américanisme » ;
 Limiter les dépenses publiques alors que le budget du Pentagone se transforme en tonneau des Danaïdes et sape l’économie US.
 
La prescription : un an de convalescence
Trois axes ressortent de cette concertation :
 Washington renonce à passer en force sur tous les dossiers et à inspirer la crainte. Symboliquement, le camp de Guantanmo doit être fermé. L’administration abandonne à la fois l’unilatéralisme et la création de coalitions ad hoc pour revenir à la diplomatie classique. D’une manière générale, pour obtenir des soutiens à long terme, il convient d’associer le plus grand nombre d’États à la prise de décision et à son exécution. Les Nations unies sont le cadre le plus adapté en ce qui concerne le maintien de la paix, la reconstruction, la santé publique et la lutte contre le réchauffement climatique. Washington doit aussi donner l’impression de ne plus mépriser le droit international en signant l’une ou l’autre des conventions qu’il a rejetées.
 Washington renonce au principe actuel de la globalisation selon lequel la modernisation d’un pays y renforce les inégalités sociales. L’aide au développement doit être coordonnée, sinon centralisée, sur le modèle du Plan Marshall, de sorte que les populations acceptent le remodelage des sociétés car il s’accompagnera alors d’une amélioration de leurs conditions de vie. Une priorité sera donnée aux actions dans le domaine de l’hygiène (construction notamment d’infrastructures pour l’eau potable) et de la santé parce que ses conséquences positives sont visibles par tous. Elle passe par la création d’une agence US spécialisée et une réforme de l’Organisation mondiale de la santé. Les règles du commerce international doivent être amendées, via une relance du cycle de Doha, pour prévenir une généralisation de la pauvreté, source de conflits. Ce volontarisme doit s’accompagner au plan intérieur de réformes de sorte qu’au prochain ouragan Katrina, Washington manifeste sa capacité d’être un protecteur efficace.
 Ce réajustement politique passe par une suspension de toute action militaire d’envergure jusqu’à la prochaine élection présidentielle (ce qui n’interdit pas d’éventuelles manœuvres dans le désert du Darfour).
Alors qu’il ne souhaite pas communiquer sur ce sujet en direction des opinions publiques, le département d’État a convoqué à Annapolis une conférence internationale sur la paix au Proche-Orient pour présenter la trêve aux grandes puissances [15]. L’ordre du jour n’y a pas été réellement débattu. Il s’est agi uniquement d’informer les participants d’une pause dans la colonisation de la région et de leur présenter un calendrier [16]. Le conflit israélo-palestinien est gelé pour un an. La proclamation des réserves palestiniennes de Gaza et de Cisjordanie en deux bantoustans est remise à plus tard, libre aux Israéliens de faire procéder par leur collaborateur Mahmoud Abbas aux actions de police qu’ils souhaitent.
La participation de la Syrie à cette conférence marque le désserrement de l’étau visant à isoler l’axe Damas-Beyrouth-Téhéran, tel que l’avait préconisé la commission Baker-Hamilton. Immédiatement, Serge Brammertz, chef de la mission d’assistance de l’ONU auprès de la justice libanaise, a été autorisé à confirmer que la Syrie n’est aucunement responsable de l’assassinat de Rafik Hariri. Le sous-secrétaire d’État David Welch a ordonné au délégué du gouvernement de facto libanais présent à Annapolis, Tarek Mitri, d’élire le général Michel Sleimane à la présidence de la République du Liban. Ce dernier, qui était qualifié de pro-Syrien il y a quinze jours encore, est aujourd’hui présenté comme « un candidat neutre et de consensus ». Il est pourtant le seul militaire au monde à avoir jamais vaincu les mercenaires islamistes de la CIA : sous son commandement l’armée libanaise —équipée pour l’occasion par la Syrie— a écrasé Fatah al-islam au camp de Nahr el-Bared.
De son côté, Mohamed el-Baradei, directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), a été autorisé à confirmer que le programme nucléaire iranien ne présentait aucun danger militaire à court ou moyen terme [17]. En outre, une quatrième réunion états-uno-iranienne a été convoquée à propos de l’Irak (où la résistance pro-iranienne tient en otage plus de 300 000 GI’s et sous-traitants). Surtout, le vice-amiral John Michael McConnell, directeur national du renseignement, a contraint les seize principales agences de renseignement US a rédiger une note de synthèse contredisant tous leurs rapports antérieurs : l’Iran aurait cessé tout programme militaire nucléaire depuis 2003 et ne serait pas en mesure de produire suffisamment de plutonium pour une bombe avant environ 2015 (voir document joint). L’attaque US contre l’Iran est donc reportée sine die. De même, le projet de démantèlement de l’Irak en trois États est renvoyé aux calendes grecques —ce qui a pour conséquence d’autoriser la Turquie à conduire des incursions au Kurdistan irakien. Le secrétaire d’État adjoint John Negroponte s’est immédiatement rendu au Kurdistan irakien pour annoncer le report du référendum sur le statut de Kirkouk.
 
L’infirmière : Condoleezza Rice
Le secrétaire à la Défense Robert Gates, dans son discours du 22 novembre à l’université d’État du Kansas, s’est efforcé d’habiller ce revirement politique dans la toge de la sagesse : les États-Unis doivent tirer les leçons de l’expérience, la force militaire ne suffit pas à gagner la paix, il est temps de renforcer le budget… du département d’État et de lui confier une partie du travail (voir document joint). Ce que confirme implicitement le président Bush, le 29 novembre au Pentagone, lorsqu’il présente son budget de guerre en retrait de 50 milliards de dollars par rapport aux estimations initiales.
Pour autant, les choses ne seront pas simples pour Condoleezza Rice : la suspension de la pression militaire est d’ores et déjà vécue comme un lâchage par certains alliés de Washington qui sont allés trop loin dans leur collaboration et se trouvent à découvert.
Cette suspension laisse aussi le temps aux adversaires des États-unis pour reconstituer leurs forces et à leurs rivaux pour étendre leur influence. La Russie l’a compris, qui vient d’obtenir d’accueillir la prochaine réunion sur l’avenir du Liban, en janvier à Moscou.
D’une manière générale tous ceux qui ont refusé de baisser la tête devant l’aigle américain sont aujourd’hui en position avantageuse. Ils doivent cependant rester prudents. D’une part parce que la Nationale Endowment for Democracy (NED) et la CIA ne manqueront pas de s’engouffrer dans l’espace laissé libre par le Pentagone et, d’autre part, parce que la trêve peut être une accalmie précédant une tempête.
Plusieurs questions restent en suspens : à défaut d’opération militaire d’envergure, le Pentagone frappera-t-il des objectifs périphériques (au Darfour par exemple) ? Combien d’hommes pourront être retirés raisonnablement d’Irak en un an sans perdre le pays ? Les diverses mesures de réorganisation administrative à l’étude (création d’un secrétaire d’État adjoint chargé du pouvoir intelligent, mise en place de nouvelles agences, et surtout limitation du département de la Sécurité de la patrie et rationalisation du Pentagone) porteront-elles assez rapidement leurs fruits ? Et enfin, l’arrêt de l’hémorragie budgétaire provoquée par la guerre d’Irak suffira-t-il à stopper la récession économique US ?
Selon les réponses à ces questions, les intérêts économiques qui contrôlent le gouvernement fédéral décideront de maintenir les républicains à la Maison-Blanche (avec Rudy Giuliani si possible) ou d’y faire entrer les démocrates. Quoi qu’il en soit, le véritable enjeu de cette trêve globale est de savoir si, dans un an, les États-Unis pourront encore prétendre à la suprématie mondiale.
 
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5 décembre 2007 3 05 /12 /décembre /2007 12:11
Les Etats-Unis relativisent la menace nucléaire iranienne
 
LE MONDE | 04.12.07 | 14h12  •  Mis à jour le 04.12.07 | 14h28
 
 
NEW YORK CORRESPONDANT

 L'Iran a gelé son programme nucléaire militaire "à la fin de l'année 2003" et ne l'a pas réactivé, même si le régime de Téhéran "garde ouverte l'option militaire". Telles sont les conclusions, rendues publiques lundi 3 décembre, du dernier rapport de la direction du Renseignement national américain, qui regroupe les seize principales agences d'espionnage des Etats-Unis.
 
Ces conclusions, attendues depuis le printemps, vont à l'encontre de ce qu'a affirmé le gouvernement américain sur le dossier nucléaire iranien depuis plusieurs années. Elles sont surprenantes à plusieurs titres : leur contenu, le motif invoqué pour les divulguer et leurs implications politiques explicites.
 
A l'unanimité, les membres du Renseignement national américain ont donc conclu que l'Iran a gelé son programme militaire nucléaire "à la fin 2003". Le rapport accorde à cette information un niveau de "haute confiance", qui indique "un jugement fondé sur des informations de qualité supérieure".
 
Evoquant l'option de l'arme nucléaire, gardée "ouverte" par Téhéran, le rapport souligne pour la première fois que l'Iran a importé de la matière fissile de qualité militaire. Il estime que l'Iran, en cas de relance de son programme, serait "très probablement incapable" de produire une bombe nucléaire avant 2009 ou 2010, et, précisent-ils, "toutes les agences admettent la possibilité que cette capacité ne soit pas atteinte avant 2015".
 
Loin de dépeindre le régime iranien comme incontrôlable, le rapport juge que ses décisions "sont guidées par une approche coût-bénéfice plus que par une ruée vers l'arme (nucléaire) sans tenir compte des coûts politiques, économiques et militaires". Les dirigeants des services de renseignement américains en tirent la conclusion suivante : "Une combinaison de menaces de surveillance internationale accrue et de pressions, alliée à des possibilités offertes à l'Iran de parvenir à accéder à ses objectifs de sécurité, de prestige et d'influence régionale, si les dirigeants iraniens les perçoivent comme crédibles, amènerait Téhéran à prolonger l'arrêt actuel (de son programme militaire nucléaire)." Cette stratégie heurte frontalement la philosophie exprimée jusqu'ici par le président George Bush.
 
Sur les chaînes de télévision, la plupart des commentateurs parlaient lundi soir d'un "tournant majeur" de la relation américaine à l'Iran. Les images de George Bush évoquant, en octobre, le spectre d'un "holocauste nucléaire" et le risque d'une "troisième guerre mondiale" sont repassées en boucle sur les écrans. Certains commentateurs n'ont pas manqué de rappeler que le président formulait ces menaces alors qu'il disposait déjà d'une note secrète résumant les conclusions du rapport aujourd'hui déclassifié.
 
En novembre, le directeur du Renseignement national, Mike McConnell, avait jugé que ses "estimations" devaient rester "classifiées". Pourquoi celles-ci ont-elles été rendues publiques ? Donald Kerr, son adjoint, a fourni la réponse. Un rapport de 2005, estimant que l'Iran était déterminé à obtenir l'arme nucléaire, avait, selon lui, beaucoup influencé le débat public. A présent que ces données ont été révisées, il fallait le faire savoir : "Dès lors que notre compréhension des capacités iraniennes a changé", a-t-il dit, le Renseignement américain se devait "d'assurer qu'une présentation exacte soit disponible".
 
Les rédacteurs du rapport, a admis l'un d'eux, ont également "retenu la leçon de 2002". Une "estimation" rédigée en octobre 2002, intitulée "L'Irak poursuit son programme d'armes de destruction massive", avait servi à cautionner la décision américaine d'envoyer des troupes en Irak. L'ex-directeur de la CIA George Tenet a même évoqué dans un livre (Au coeur de la tempête) les pressions subies par son agence pour que ce rapport abonde dans le sens souhaité par la Maison Blanche. Cette fois, a indiqué un autre rapporteur, la communauté du renseignement a tenu à tout vérifier "pour être certaine de ne pas se tromper".
 
La déclassification du rapport s'inscrit aussi dans une bataille interne sur la stratégie à adopter face à l'Iran. Elle oppose le secrétaire à la défense, Robert Gates, au vice-président, Dick Cheney. Celui-ci aurait tenté de faire modifier le contenu du rapport ou d'empêcher sa divulgation.
 
Porte-parole de la majorité démocrate, le sénateur Harry Reid a estimé que ce rapport contredisait "la rhétorique alarmiste de l'administration" et a appelé à la relance des "efforts diplomatiques" pour amener Téhéran à renoncer définitivement à ses ambitions nucléaires. Le conseiller à la sécurité nationale, Stephen Hadley, a conclu, au contraire, que la présidence "a eu raison de s'inquiéter". Anticipant les réactions - "des gens vont dire : "Du calme, le problème est moins grave que nous ne le pensions"" -, il a jugé que ce serait "une erreur" de baisser les bras, insistant sur la nécessité d'"augmenter la pression sur l'Iran".
 
A un mois du début des primaires pour désigner les candidats au scrutin présidentiel de novembre 2008, la question qui intéresse les Américains est d'abord : à qui bénéficie ce rapport ? A aucun des républicains, lesquels (hormis John McCain, qui semble distancé) ont jusqu'ici fait assaut de rhétorique musclée envers l'Iran. Il ne sert pas non plus Hillary Clinton, qui a été accusée par ses concurrents démocrates de "coller" à l'administration Bush sur la "menace iranienne". Aussi, Mme Clinton a-t-elle été la première à réagir : "Ce rapport, a-t-elle déclaré, démontre les tentatives de l'administration Bush pour déformer les renseignements qui lui sont fournis."
 
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5 décembre 2007 3 05 /12 /décembre /2007 12:02
Dissimulation "orchestrée" des comptes à l'UIMM
 
LE MONDE | 05.12.07 | 11h22  •  Mis à jour le 05.12.07 | 11h22

 Une comptabilité volontairement opaque, un directeur financier tenu à l'écart, des contrôles inexistants : le procès-verbal de synthèse de la brigade financière, daté du 29 novembre, que Le Monde a pu consulter, insiste longuement sur la dissimulation des comptes "orchestrée" par l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM).
 
Le parquet de Paris a mis un terme à l'enquête préliminaire, lancée le 26 septembre après la découverte de retraits suspects en liquide, et a ouvert, mardi 4 décembre, une information judiciaire, confiée au juge financier Roger Le Loire.
L'instruction vise nommément son ancien président et toujours délégué général, Denis Gautier-Sauvagnac, 64 ans, pour "abus de confiance". Pour la brigade financière, les décaissements suspects s'élèveraient finalement à 18 944 691 euros, du 19 janvier 2000 au 5 septembre 2007 : le chiffre, un temps estimé à 26 millions d'euros, a été révisé à la baisse. Reste à savoir où sont allés les fonds, M. Gautier-Sauvagnac n'ayant pas livré d'élément nouveau lors de sa garde à vue, du 27 au 29 novembre.
Les enquêteurs, dans le procès-verbal de synthèse, démontrent en tout cas clairement que l'UIMM a sciemment organisé l'opacité de ses comptes.
Selon Bernard Adam, l'ex-directeur financier de l'UIMM, il n'existait, jusqu'en 1985, qu'une "comptabilité de ménagère" du trésor de guerre de la fédération patronale, enregistrant simplement les crédits et les débits. Denis Gautier-Sauvagnac, en 1996, a certes confié l'expertise comptable à un cabinet, Expaci. Mais les policiers estiment que "le recours à un expert-comptable extérieur relève plus de l'alibi que d'une volonté réelle de transparence comptable, au vu des dissimulations orchestrées par le service comptable, dans le cadre d'instructions générales ou particulières du délégué général".
M. Gautier-Sauvagnac a indiqué, lors de sa garde à vue, que la non-prise en compte des mouvements financiers dans les bilans de l'UIMM répondait à un souci de "discrétion".
Une "discrétion" qui a aussi poussé la chef comptable de l'organisation, Dominique Renaud, à détruire la comptabilité dès l'approbation en assemblée générale. Une "coutume locale", ironise la brigade financière, à laquelle ont miraculeusement échappé les bilans 2005-2006. MmeRenaud a indiqué aux policiers avoir aussi, de sa propre initiative, fait disparaître les reçus que lui signait M. Gautier-Sauvagnac, lorsqu'elle lui remettait les sommes d'argent en liquide, dans une enveloppe kraft, dans le secret de son bureau, après avoir soigneusement pris la peine de fermer la porte derrière elle.
La précédente chef comptable, de 1977 à 2000, Suzanne Ducouret, procédait de la même manière. Elle a par ailleurs indiqué aux policiers qu'il était arrivé à deux ou trois reprises qu'un délégué régional de l'UIMM lui remette des valises de billets de 500francs "sans que les origines soient précisées". Ces comptables présentaient régulièrement des comptes expurgés au directeur financier, où n'apparaissaient pas les transferts de fonds.
Le comité de surveillance de l'UIMM se limitait lui "à un visa annuel des comptes", selon M. Gautier-Sauvagnac, invoquant une "tradition". Il se satisfaisait d'une brève présentation orale où il n'était pas fait mention des retraits en liquide.
 
Une "caisse d'entraide". L'affaire vient de loin. Depuis 1972, 1 793 entreprises du secteur de la métallurgie ont décidé, au lendemain de Mai 1968 et à l'initiative de François Ceyrac, alors président de l'UIMM, de cotiser à une caisse d'entraide, pour faire face "à un conflit collectif du travail". Elles versaient 2 pour mille de leur masse salariale brute dans cette caisse, baptisée EPIM (entraide professionnelle des industries de la métallurgie), puis 4 pour mille à partir de 2001. Ces entreprises n'étaient plus que 175 en 2006.
Le montant total de ces cotisations volontaires s'élève, depuis 1972, à 310 millions d'euros. L'UIMM a reversé 144 millions aux entreprises touchées par des grèves, les 166 millions restants ont été confiés à un consultant indépendant. Qui s'est avéré de bon conseil : à la fin de l'année 2006, la valeur d'achat des titres de l'EPIM était de 301,5 millions d'euros, ils valent aujourd'hui sur le marché près de 600 millions, selon l'estimation de Denis Gautier-Sauvagnac.
Les entreprises versaient leur cotisation sur un compte de l'UIMM à l'agence BRED de Vincennes (Val-de-Marne). La fédération patronale les virait sur quatre "comptes spéciaux", deux à la BNP Paribas, deux autres à la banque Martin-Maurel à Paris.
 
19 millions de retraits en liquide. Denis Gautier-Sauvagnac et sa chef comptable, Dominique Renaud, retiraient des espèces par simple chèque cosigné, et plaçaient les fonds dans les coffres-forts de l'UIMM. Sur ces quatre comptes, les enquêteurs ont identifié 17043437 euros de retraits en liquide, des années 2000 ou 2001 jusqu'à 2004, ou même le 5 septembre 2007, la pratique étant variable selon les comptes. A cela s'ajoutent d'autres retraits dans deux autres agences de la BNP, de 2000 à 2006, pour 1901254 euros. Soit un total général de 18944691euros.
398900 euros ont été retrouvés dans un coffre de la BNP, et 2 millions dans un coffre de l'Adase, une émanation associative de l'UIMM.
 
 
Les destinataires des fonds. Les chefs comptables assurent ne pas savoir où allaient les fonds. Les deux femmes se contentaient de les tenir à disposition. Pierre Guillen, le prédécesseur de M. Gautier-Sauvagnac à la délégation générale de l'UIMM, venait très tôt le matin pour éviter les curieux. "DGS" s'est contenté de répéter pendant sa garde à vue que ces fonds servaient à "la régulation sociale".
Ses réponses ont cependant "donné à penser" aux policiers qu'ils ont été "remis à une organisation syndicale". M. Gautier Sauvagnac a précisé qu'en dire plus "ne servirait pas l'intérêt général et la vie sociale de notre pays". Pierre Guillen a, lui, parlé de "dépenses de rayonnement", pour ceux qui pouvaient faire l'opinion : bureaux d'études, sociologues, journalistes… Les libéralités de l'UIMM.
Plusieurs cadres de la fédération patronale ont par ailleurs touché des compléments de salaire en espèces, pouvant aller jusqu'à 2000 euros par mois : des "primes de cabinet", selon l'ex-président de l'UIMM.
Par ailleurs, 6,3 millions ont été reversés en 2005 et 2006 sur les comptes de l'UIMM pour financer une caisse de retraite complémentaire pour les cadres, et 5 millions d'euros ont été versés en 2005 aux chambres syndicales territoriales de l'UIMM. Enfin, 1 million d'euros a servi à acheter un appartement pour le prochain président de l'UIMM – "DGS" a indiqué ne rien voir d'anormal dans ces dépenses. Et vingt-cinq personnes de l'UIMM ou de l'Adase ont bénéficié, sur les fonds de l'EPIM, de prêts pour acheter leur appartement, pour un total de 683282euros.
Sur cette somme, 323 140 euros ont bénéficié au seul Denis Gautier-Sauvagnac, dont le prêt n'apparaît que dans l'actif du bilan de l'UIMM, "par un souci de discrétion", a indiqué le directeur financier, Bernard Adam.
 
Gérard Davet et Franck Johannès
 
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4 décembre 2007 2 04 /12 /décembre /2007 22:31
France : Le Parti socialiste demande à Sarkozy de condamner en Algérie les propos de Mohamed-Chérif Abbas
 
Par samia amine le 02/12/2007 à 20:06
En France, la polémique sur les propos du ministre des anciens moudjahidine, Mohamed-Chérif Abbas, concernant les origines juives de Nicolas Sarkozy est loin d’être close. En dépit de l’échange téléphonique entre les deux présidents algérien et français et les déclarations d’apaisement des deux parties, l’opposition socialiste française maintient la pression sur Nicolas Sarkozy à la veille d’un voyage jugé délicat de ce dernier en Algérie.

Dernière déclaration en date : ce soir, le premier secrétaire du Parti socialiste (PS) , François Hollande, estime que le président français doit condamner les propos du ministre algérien sur place lors de sa visite d’Etat qui débute demain. «Ces propos sont inexcusables, inacceptables et condamnables", a déclaré M. Hollande sur la chaîne de télévision publique France 5. Cette déclaration "doit être condamnée, y compris sur place, par Nicolas Sarkozy », a-t-il ajouté.

La semaine dernière, le PS, par la voix de plusieurs de ses hauts responsables, avait estimé que Nicolas Sarkozy devait annuler sa visite en Algérie. Une position que l’UMP, le parti de M. Sarkozy, n’avait pas soutenue. Plusieurs hauts responsables de ce parti, notamment l’ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin, avaient appelé au calme estimant notamment que la relation algéro-française était « essentielle ».
 
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2 décembre 2007 7 02 /12 /décembre /2007 18:03
Juger les crimes de guerre israéliens au Liban
 
 
Du 1er au 3 février 2008, se tiendra à Bruxelles,
à la Maison des Associations internationales,
40 rue de Washington,
un tribunal où seront jugés les crimes de guerre israéliens au Liban.
 
 
La poursuite de l’agression israélienne contre le Liban pendant 33 jours au cours de l’été 2006 sans que le conseil de sécurité de l’ONU n’émette une résolution pour exiger le cessez-le-feu a prouvé son approbation et son soutien à l’agression.
Le fait de ne pas juger les criminels de guerre et les crimes contre l’humanité qui ont ensanglanté le Liban au cours de cette agression prouve que la communauté internationale officielle encourage l’agression et qu’elle a abandonné ses responsabilités évidentes.
C’est pourquoi la société civile internationale doit prendre en charge le jugement des criminels de guerre et briser le droit à l’exception dont jouit Israël, l’un des devoirs de la communauté civile internationale étant d’instituer une légalité internationale plus juste et plus humaine.
C’est pourquoi des personnalités dans le monde ont lancé l’initiative du
 
 
Jury International de la conscience en faveur du Liban
 
 
Cette initiative a déjà reçu l’approbation signée de 2000 personnalités dans le monde, des juristes, savants, parlementaires ainsi que des sénateurs et des professionnels des médias.
Elle a été soutenue par plusieurs forums internationaux : Nairobi, Mali, Calcutta et Istanbul.
Elle a été adoptée par la coalition des associations et organismes civils au Liban.
Elle est appuyée par des associations qui avaient déjà constitué des tribunaux populaires à Bruxelles, Istanbul, Le Caire et en Amérique Latine, comme le Tribunal des Peuples et la Commission Arabe des Droits de l’homme.
 
 
Les dossiers d’accusation sont préparés par un conseil de juristes confirmés du Liban.
Un expert international a été nommé : Dr Hugo RUIZ DIAZ BALBUENA, avocat et représentant de l’Association américaine des juristes auprès du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies.
Le Jury est composé de 5 personnes, représentant les cinq continents et exerçant la profession de magistrat.
Plusieurs victimes seront présents pour témoigner.
Le " Jury international de la conscience en faveur du Liban" s'inscrit dans la lutte contre l'impunité de tous les crimes commis. Il entend promouvoir le droit international et en particulier le droit humanitaire en plaçant le respect des droits humains fondamentaux au dessus de toute autre considération. Les débats se dérouleront dans la plus grande sérénité et la publicité qui en sera faite s'inscrira exclusivement dans le cadre du droit humanitaire. Il ne sera question que des faits survenus pendant le conflit de juillet-août 2006 en rapport avec le respect de ce droit.
 
 
Les travaux du jury seront traduits en quatre langues et seront filmés. Ils seront diffusés en direct par plusieurs chaînes satellitaires.
Des expositions et des projections de films documentaires seront assurées dans des salles annexes.
 
 
La coalition des associations et organismes civils au Liban appelle les juristes, les intellectuels, les responsables économiques ou sociaux, ainsi que les associations civiles et les courants politiques au Liban et dans les mondes arabe et musulman, ainsi que les hommes et femmes libres dans le monde à participer et à contribuer au succès de cette initiative.
A - en faisant signer l’appel par des personnalités morales, intellectuelles, spirituelles et politiques.
B – En diffusant documents, informations et photos sur internet et dans les autres moyens d’information de façon à assurer le succès du tribunal.
C- En constituant des comités locaux pour lancer une campagne médiatique.
D – En participant par l’envoi de délégations et de médias pour couvrir le tribunal.
E – En contribuant financièrement à la tenue du tribunal pour couvrir les frais du tribunal, de la traduction, de la diffusion des documents et du déplacement des juges et des victimes.
 
Coalition des associations et organismes civils au Liban
 
Pour plus d’informations, veuillez écrire à
 
 
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2 décembre 2007 7 02 /12 /décembre /2007 17:52
Samedi 1 décembre 2007
 
 
 
Ci-joint un article publié dans une version légèrement remaniée dans le journal Bastille-République-Nation de décembre 2007 (et reproduit avec l'aimable autorisation de son rédacteur en chef) :
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La zone sahélienne au Sud-Est du Sahara traverse depuis un quart de siècle des convulsions dramatiques sur fond de désertification, de rivalités pétrolières, et d’engagement néo-colonial de la France , du Royaume-Uni et des Etats-Unis.
 
L’épicentre de la crise, qui se diffuse de plus en plus dans les pays voisins, est le Soudan anglophone, un des plus grands pays d’Afrique mais aussi un des plus fragiles, où coexistent des populations très diverses (572 langues y sont parlées), avec un clivage important entre les populations musulmanes arabophones du nord et les populations noires chrétiennes ou animistes du sud. Ravagé depuis 1983 par la guerre civile qui opposait les rebelles sudistes l’Armée populaire de libération du Soudan aux forces régulières (un conflit à peine apaisé par un accord de paix précaire officiellement conclu le 9 janvier 2005 après qu’1,5 million de personnes aient perdu la vie), il doit faire face depuis février 2003 au développement d’une nouvelle guérilla dans sa partie occidentale, le Darfour.
 
Dans la guerre du Sud l’enjeu de la distribution de la manne pétrolière n’était pas négligeable. Le contrôle de l’or noir, découvert dans les provinces méridionales en 1980, était à l’arrière plan de la revendication autonomiste. Il n’est pas absent non plus du Darfour dont une partie couvre une concession pétrolière chinoise. L’eau est aussi  au centre des conflits : les éleveurs arabes de chameaux, de plus en plus privés de pâturages, poussent de plus en plus vers le Sud, où ils entrent en compétition pour les terres avec les fermiers et les éleveurs sédentaires locaux, dans une province dont la population a doublé en vingt ans.
 
L’Etat fédéral soudanais, appauvri par la guerre et par les régimes draconiens imposés par le FMI (avec une dette de 29 milliards de dollars, le Soudan est douze fois plus endetté en proportion de son PNB que le Nigeria, quatre fois plus que le Tchad et que l’Ethiopie), tente difficilement de préserver une politique de souveraineté et de non-alignement sous l’impulsion d’un gouvernement à dominante islamiste depuis 1989. Il est aujourd’hui une proie facile pour des politiques impériales « décomplexées »
 
Les Etats-Unis qui, à partir de 1993, ont classé Khartoum dans la liste des « Etats voyous » (rogue states), ne se sont pas privés d’armer la guérilla sudiste, d’infliger au gouvernement fédéral des sanctions économiques à partir de 1997, et même un bombardement en 1998 contre l’unique usine pharmaceutique du pays, privant de médicaments une bonne partie de la population déjà soumise à l’embargo. La construction d’un oléoduc en 1999 par les Malaisiens, les Canadiens et les Chinois (qui importent 60 % du pétrole soudanais chaque année), et les royalties qu’elle génère, ont redonné une bouffée d’oxygène au pays. Mais Washington, qui avait été contraint de prêter main forte au processus de paix dans le Sud pour empêcher que TotalFinaElf soit le seul à tenir tête aux Chinois pour décrocher de nouveaux contrats pétroliers dans cette zone, a trouvé un moyen de peser à nouveau sur l’avenir du Soudan en s’ingérant lourdement sur le conflit du Darfour. Les lobbies évangélistes et sionistes, qui étaient actifs sur le front du Sud, ne cessent depuis quelques années d’accuser Khartoum d’organiser un « génocide » au Darfour, une position à laquelle s’est ralliée la quasi-unanimité du Congrès états-unien en juillet 2004, mais que ne partage pas le reste du monde.
 
En alliance avec les Britanniques, l’administration Bush a mené un lobbying insistant au sein des instances internationales pour l’intervention militaire au Darfour. Dès le 3 février 2005,  le secrétaire général de l’OTAN a déclaré que son organisation était « prête à jouer un rôle » dans cette province. Le 1er septembre 2006, les anglo-américains ont obtenu du Conseil de Sécurité l’envoi de 20 000 casques bleus de l’ONU en remplacement des 7 000 soldats de la force d’interposition de l’Union africaine au Darfour. Depuis lors les pressions sur le gouvernement de Khartoum se poursuivent, des ingérences favorisées par la nomination au sein de l’administration onusienne d’amis de George W. Bush comme Francis Deng, un Soudanais du Sud, directeur du Sudan Peace Support Project à l'Institut américain pour la paix, au poste de conseiller spécial pour la prévention des génocides auprès du secrétaire général de l’ONU. Mais la partie n’est pas gagnée d’avance face aux pays du Tiers-Monde (notamment africains), à la Russie et à la Chine de plus en plus résolus à contrer, là comme ailleurs, l’hégémonisme occidental.
 
Le conflit du Darfour est d’autant plus difficile à gérer qu’il met en présence des groupes rivaux eux-mêmes subdivisés en factions : le Mouvement de libération du Soudan (MLS), présidé par l’avocat basé en France Abdel Wahid Mohamed el Nour, défenseur des tribus Four, un dur qui prône la mise en place d'un programme "pétrole contre nourriture" et l'interdiction de survol du Darfour sur le modèle irakien en vue du renversement final du gouvernement soudanais ; le Mouvement pour la justice et l’égalité (MJE), présidé par le docteur Khalil Ibrahim, un islamiste dissident qui plaide pour les intérêts du Soudan central ; le Front uni pour la libération et le développement (UFLD) ; ainsi que des chefs de guerre non affiliés à des mouvements comme Djar el Neby et Souleiman Maradjane, Cela complique les négociations menées à l’échelle régionale (la dernière en date en octobre dernier sous le patronage du colonel Kadhafi à Tripoli fut boycottée par le MLS et par sept factions du MJE).
 
Les effets « collatéraux » sur les voisins du Soudan – le Tchad, et la République centrafricaine – sont sensibles : sur les 2 millions de personnes déplacées depuis 2003 pour échapper aux tueries, 200 000 se sont réfugiées au Tchad ; et les frontières poreuses permettent des incursions armées de part et d’autre. Le gouvernement tchadien du président Idriss Déby (qui appartient lui-même à l’ethnie zaghawa également présente au Darfour), s’étant rallié aux rebelles du Darfour après avoir soutenu le gouvernement soudanais, doit maintenant affronter une Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD), groupe armé du  général Mahamat Nour directement appuyé par Khartoum. En République centrafricaine où se sont réfugiés 36 000 civils du Darfour, le régime de François Bozizé doit affronter une Union des forces démocratiques pour le rassemblement dont toutefois les liens avec la crise du Darfour sont loin d’être établis.
Jusqu’à très récemment, la France de Jacques Chirac a défendu deux axes d’action dans cette région du monde. Au Darfour elle a tenté de contribuer à la pacification en faisant entendre des nuances par rapport à ses alliés anglo-américains, refusant de parler de « génocide », et s’opposant à la création d’un tribunal ad-hoc (sur le modèle rwandais et yougoslave) pour juger les crimes de guerre. Dans les pays voisins, elle a poursuivi sa politique traditionnelle de soutien aux gouvernements vassaux du Tchad et de République centrafricaine (auxquels elle est liée par des accords de défense), jusqu’à même s’impliquer lourdement dans des combats d’un autre siècle (à l’abri des projecteurs médiatiques et en dehors de tout débat public). Ainsi en avril 2006, fournissait-elle un soutien logistique à l’armée tchadienne aux portes de N’Djamena. En novembre 2006, puis à nouveau en mars dernier, l’armée française prenait directement part à la bataille de Birao contre l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement en République centrafricaine.
 
Le tandem Sarkhozy-Kouchner a sensiblement modifié cette orientation chiraquienne. Sur le dossier du Darfour, Paris s’est aligné sur l’axe anglo-américain. Certes le docteur Kouchner n’a pu pour l’heure faire triompher son projet de « couloir humanitaire » pour acheminer l’aide aux civils, paravent chimérique d’une invasion militaire véritable (puisqu’il faudrait une infanterie nombreuse pour les sécuriser), mais la France a fait voter le 31 juillet dernier au Conseil de Sécurité de l’ONU en association avec l’Australie une résolution autorisant le déploiement de 26 000 soldats et policiers au Darfour dans le cadre de la Mission des Nations unies et de l'Union africaine au Darfour (Unamid) et l’usage de la force pour protéger les civils baptisée. En échange la France espérait obtenir une implication de ses partenaires européens dans l’ensemble de la zone. Ce vœu est déjà partiellement exaucé, puisque Paris, au cours de la session spéciale du Conseil de sécurité de l'ONU le 25 septembre dernier, a pu faire adopter à l’unanimité par le Conseil de Sécurité des Nations Unies l'envoi, au Tchad et en République centrafricaine, d'une force pouvant comporter jusqu'à 4 000 soldats.  L'opération comporte deux volets : l'un, policier, relevant de l'ONU (300 policiers onusiens appuieront environ 850 policiers tchadiens devant être déployés dans les camps de réfugiés fuyant le Darfour voisin) ; l'autre militaire, sous l'égide de l'Union européenne (UE), dont le contingent aura pour mission de "sécuriser "des zones parcourues de milices armées, dans l'est du Tchad et le nord-est de la République centrafrique. Un général irlandais en prendra bientôt le commandement.
 
L’idée s’inspire des précédents congolais (BRN du 23 mai 2006), mais aussi, dans un sens, macédonien et afghan, où le contribuable européen fut lourdement sollicité pour éteindre des braises de conflits en partie suscités par Washington, et suppléer l’US Army pour la défense des intérêts économiques occidentaux dans ces régions. Il n’est pas exclu qu’elle fasse bientôt école dans d’autres parties de l’Afrique. Ainsi, le jour même du vote sur l’envoi d’une force européenne au Tchad, le ministre des affaires étrangères britannique Kim Howells a-t-il attiré l’attention des Nations-Unies, sur le problème des réfugiés du Zimbabwe – un pays dans le collimateur de Londres du fait de sa politique de redistribution des terres. L’expérience toutefois demeure pour le moment d’une portée limitée, du fait des réticences émises par le Tchad (de plus en plus méfiant à l’égard de la France , pas seulement à cause de l’affaire de l’Arche de Zoé), par certaines ONG, mais aussi par les partenaires européens de la France peu désireux d’engager leurs armées dans la protection de régimes issus du dispositif de la Françafrique.

Frédéric Delorca
 
 
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2 décembre 2007 7 02 /12 /décembre /2007 17:42
France: Justice sommaire et
menaces de méthodes répressives
 d’Etat policier
 
Par Alex Lantier
1er décembre 2007
 
La réponse du gouvernement aux trois nuits d’émeute contre la police dans une banlieue défavorisée du nord de Paris est une attaque impitoyable sur les habitants du quartier et sur leurs droits démocratiques. Avec un millier de policiers déjà déployés contre les émeutiers, le président Nicolas Sarkozy a prononcé deux discours belliqueux hier, l’un devant un rassemblement de 2000 policiers dans le quartier des affaires de la Défense, l’autre à la télévision à une heure de grande écoute. Il a proféré la menace de peines de prison lourdes à l’encontre des émeutiers et promis à la police d’importants achats d’équipement. En même temps, les tribunaux condamnent, en comparution immédiate, à des peines très sévères et souvent sur la base de preuves très minces, les jeunes qui ont été pris par la police dans les rues du quartier.
 
Les émeutes avaient été déclenchées par la mort de deux jeunes à Villiers-le-Bel, Larami et Moushin, dimanche après-midi, dans une collision entre leur mini-moto et une voiture de police.
 
D’après des témoignages de résidents, la police aurait fui le lieu de l’accident, sans porter secours aux deux jeunes. L’IGPN (Inspection générale de la police nationale) avait publié un rapport lundi disculpant en grande partie les policiers, mais ce rapport s’est avéré être en contradiction avec une vidéo de l’accident et la version donnée par des habitants de Villiers-le-Bel.
 
A Villiers-le-Bel et ses environs, toujours quadrillés par la police après une nuit sans émeute, les habitants ont exprimé leur frustration. L’un d’eux a dit au journal Le Monde : « Les policiers, ils font du cinéma, ils viennent avec des armes et des cagoules. » Le Monde avait publié des photos dérangeantes de policiers, en civil bizarrement et portant des masques de ski, mais qui tenaient des pistolets et des fusils d’assaut avec vision infrarouge, et qui étaient postés aux intersections.
 
Des hélicoptères, qui volaient bas, projetaient de puissants faisceaux sur les routes et les bâtiments. Un résident a commenté : « On se croirait en guerre, ils provoquent les jeunes. » Un autre a hurlé, « Hé! Ho! Les extra-terrestres! » aux hélicoptères qui tournaient au-dessus de leur tête.
 
Le premier ministre François Fillon a confirmé que ce déploiement avait pour but d’intimider la population. « La situation est beaucoup plus calme que les deux nuits précédentes, mais tout cela reste, on le sent bien, fragile et il faut une force de dissuasion importante sur le terrain pour empêcher que ce qui s'est passé la nuit dernière, se reproduise. »
 
L’identité des jeunes arrêtés dans la rue et qui se sont vus infliger des peines sommaires confirme que ce que qui est en train de se passer n’est pas une répression dure contre des gangs violents, mais bien la tentative de terroriser des jeunes de la classe ouvrière issus des sections opprimées de la population. Trente-cinq jeunes sont encore en garde à vue, d’après le quotidien Libération, et à ce jour huit ont été jugés.
 
Cédric, sans casier judiciaire, est plombier-chauffagiste en alternance dans le cadre d'un bac professionnel. Accusé d’avoir lancé des cocktails Molotov sur la police, il a dit « avoir paniqué » quand il s’est vu pris au milieu de jets de gaz lacrymogène en rentrant chez lui après la fête d’anniversaire organisée pour ses 20 ans, et a dit avoir essayé de s’échapper en escaladant un grillage. Le procureur a réclamé 30 mois de prison ferme, ce qui a causé « la stupeur dans la salle. » d’après des reportages dans la presse. L’avocat de Cédric a plaidé pour que le juge « ne prenne en compte que ce qui est dans le dossier. » Cédric a été condamné à un an de prison ferme.
 
Deux adolescents, Jean-Matthieu et Alan, l’un vient de finir un CDD de préparateur de commandes, l'autre est magasinier à temps partiel, ont écopé de trois mois de prison ferme pour avoir été interpellés en possession de paquets de bonbons qu’ils disent avoir trouvé dans la rue. Ils ont été tirés des bras de leurs parents pour être directement conduits en prison. Tous deux avaient des casiers judiciaires vierges.
 
Noël, agent de sécurité à temps partiel de 21 ans, était le seul jeune jugé hier, à avoir un casier judiciaire — suspension de permis de conduire l’an dernier pour conduite sans assurance. La police l’a accusé d’avoir incendié des voitures avec de l’essence et de « s'affairer sur un véhicule en flammes ». Le procureur a annoncé, « les faits sont constitués », et ajouté « à moins de suspecter le complot partout, il n'y a pas de raison de douter de leurs  [les policiers] paroles ».
 
L’avocat de Noël a fait remarquer qu’une voiture qui brûle dégage de fortes odeurs, « ça imprègne vos cheveux, vos vêtements » et que son client ne portait pas de telles traces.  Noël a été le seul jeune à être relaxé.
 
Comme l’un des avocats de la défense, Laurence Benitez de Lugo l’a dit au Monde: « il y a une volonté de réponse ferme, immédiate, qui n'est pas donnée dans la sérénité. » Pour dire les choses plus clairement, les tribunaux exécutent des procès de vitrine, politiquement motivés, dans ce qui est une attaque ouverte sur les droits démocratiques des accusés et par extension, sur l’ensemble de la population française.
 
Sarkozy et ses représentants cherchent délibérément à créer la panique en calomniant les habitants de Villiers-le-Bel, en exagérant la gravité des émeutes et en appelant à des augmentations drastiques des pouvoirs de la police et de son équipement.
 
Lorsqu’il s’est exprimé lors journal télévisé de 8 heures sur TF1 et France 2, Sarkozy a nié de façon provocatrice l’existence d’« une crise sociale » dans les banlieues et prétendu que les récents événements étaient le résultat de la « voyoucratie. » Il a dit que les jeunes qui s’opposaient aux forces de police à Villiers-le-Bel étaient des « trafiquants de drogue. »
Sarkozy a fait des commentaires semblables, mais plus détaillés devant une assemblée de 2000 policiers dans le quartier de la Défense en banlieue ouest de Paris. Il a dit, « La réponse aux émeutes, c'est l'arrestation des émeutiers, pas plus d'argent sur le dos du contribuable.» Il a insisté pour dire qu’il n’y avait pas de crise sociale dans les banlieues et a attaqué avec démagogie les « donneurs de leçons qui ignorent eux ce que c'est d'être en uniforme et face à une bande d'enragés ».
 
On peut apprécier le degré d’impudence des propos de Sarkozy en remarquant que, dès avril 2007, sa campagne présidentielle disait officiellement soutenir un « nouveau plan Marshall » pour les banlieues défavorisées, une référence à l’aide financière américaine qui avait aidé à reconstruire le capitalisme de l’Europe de l’Ouest au sortir de la Deuxième Guerre mondiale.
 
Évidemment, engagé dans un budget d’austérité et faisant appel au vote anti-immigrés, Sarkozy n’avait jamais sérieusement envisagé de mettre en place un tel projet. Néanmoins, la dénégation d’une réalité élémentaire, à savoir que les banlieues défavorisées à forte population immigrée abritent les couches les plus opprimées de la classe ouvrière et sont confrontées à une crise sociale majeure, est qualitativement un élément nouveau de la politique française.
 
Bien qu’il ait récemment réussi à utiliser la bureaucratie syndicale pour mettre fin à une grève des cheminots, des gaziers et électriciens contre les attaques sur les retraites, le régime de Sarkozy est confronté à une situation politique qui se détériore. D’après un récent sondage fait par la Sofres pour le quotidien conservateur Le Figaro, les opinions favorables à Sarkozy sont récemment tombées au-dessous des 50 pour cent pour la première fois depuis son élection à la présidence. Le taux d’approbation concernant son premier ministre François Fillon est tombé à 44 pour cent.
 
Les cercles dirigeants sont très conscients que la rancoeur du secteur public sur la question des salaires et des attaques sur les retraites, s’étend jusqu’aux forces de police et particulièrement à la gendarmerie, qui est chargée du maintien de l'ordre dans les zones rurales, de la sécurité d’Etat et a des obligations de police militaire lors des interventions à l’étranger des forces armées françaises. Faisant partie de l’armée, les gendarmes n’ont pas droit à une représentation syndicale. Néanmoins, plusieurs détachements de gendarmes avaient participé aux grèves de novembre contre les attaques sur les retraites. Ils ont aussi du mal à accepter que la police soit substantiellement mieux payée.
 
Dans son discours à la Défense, Sarkozy a promis de réunir un « groupe de travail conjoint » pour étudier comment « gommer » les différences entre la police et les gendarmes. Néanmoins, la méthode principale qu’il a utilisée pour en appeler aux forces de police a été la promotion de l’hostilité à l’égard des banlieues et l’alimentation d’un climat de guerre civile.
 
Faisant référence au fait que plusieurs policiers avaient été blessés par des plombs de chasse,  lors des émeutes de Villiers-le-Bel, Sarkozy a promis aux policiers que ceux qui ont « pris la responsabilité de tirer sur des fonctionnaires se retrouveront devant la cour d'assises. »
Il a ensuite appelé à l’augmentation massive de l’utilisation de caméras de vidéosurveillance, de pistolets à flash-balls de grande portée, et de pistolets taser. Donnant l’impression que de chaque immeuble de la cité on tirait sur la police, il a ajouté que des hélicoptères de surveillance se seraient avérés très utiles pour trouver « des stocks d'armes au sommet des immeubles » et a appelé à l’achat de davantage d’hélicoptères de la sorte.
 
Il y a une logique politique bien définie dans une rhétorique aussi incendiaire. Du point de vue des clients de Sarkozy issus des milieux d’affaires, la tâche du président consiste à éliminer les concessions sociales accordées à la classe ouvrière et qui diminuent la compétitivité des entreprises françaises. Ses prédécesseurs avaient essayé, durant la décennie précédente, de démanteler entièrement ces concessions, mais sans succès. Ils sont entièrement conscients des puissantes tensions sociales qu’une telle politique va provoquer.
 
Ainsi, peu après l’élection de Sarkozy, l’économiste Nicolas Baverez écrivait dans le magazine de droite La revue des deux mondes: « L'élection de 2007 est la dernière occasion, la dernière chance, de moderniser notre pays sans guerre civile. »
 
La manière dont le gouvernement a réagi à la crise de Villiers-le-Bel devrait être considérée comme le signe que, devant l’opposition politique grandissante au régime de Sarkozy, l’élite dirigeante française envisage de plus en plus l’option de la guerre civile contre la population.
(Article original anglais paru le 30 novembre 2007)
 
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2 décembre 2007 7 02 /12 /décembre /2007 17:25
Venezuela, Jour J – le référendum constitutionnel du 2 décembre : socialisme démocratique ou contre-révolution impériale
 
  Le 26 Novembre le gouvernement vénézuélien a rendu publique une note confidentielle de l'ambassade des USA à la CIA, qui révèle de manière dévastatrice les opérations clandestines des USA et qui aura une influence sur le référendum de ce dimanche 2 décembre 2007.

AUTEUR: James PETRAS

Traduit par Fausto Giudice
 
 
 
La note envoyée par un fonctionnaire d'ambassade, Michael Middleton Steere, a été adressée au chef de la CIA, Michael Hayden. La note était intitulée « Avancer vers la dernière phase de l'Opération Tenaille » et fait le point sur l'activité d'une unité de la CIA portant l'acronyme HUMINT (Renseignement humain) qui est engagée dans l'action clandestine pour déstabiliser le prochain référendum et coordonner le renversement civilo-militaire du gouvernement élu de Chávez . Les sondages de l'ambassade et de la CIA  concèdent que 57% des électeurs approuvent les amendements constitutionnels proposés par Chávez mais prévoient également une abstention de 60%.

Les agents US soulignent leur capacité à recruter d'anciens supporters de Chávez  parmi les sociaux-démocrates (PODEMOS) et l'ancien ministre de la défense Baduel, prétendant avoir réduit la part de OUI de 6%. Néanmoins les agents de l'ambassade reconnaissent qu'ils ont fait leur maximum et qu'ils ne pourront obtenir le rejet des amendements par la voie électorale.

La note recommande donc que l'Opération Tenaille (OP = Operation Pincer/ Operación Tenaza] entre dans sa phase opérationnelle. OP implique une stratégie en deux volets : empêcher le référendum et rejeter ses résultats tout en appelant à voter NON. La campagne inclut de faux sondages, des attaques contre des fonctionnaires électoraux et une propagande dans les médias privés accusant le gouvernement de fraude et appelant à voter NON. Les contradictions, souligne cyniquement le rapport, ne sont pas un problème.

L'ambassade et la CIA rapportent les divisions internes et les récriminations parmi les opposants aux amendements, y compris plusieurs défections du groupe qui les chapeaute. Les menaces principales et les plus dangereuses pour la démocratie évoquées par la note de l'ambassade sont le succès dans la mobilisation des étudiants des universités privées (soutenus par leur hiérarchie) pour attaquer des bâtiments clé comme le palais présidentiel, la Cour suprême et le Conseil électoral national. L'ambassade ne tarit pas d'éloges pour le groupe ex-maoïste « Drapeau rouge » et ses combats de rue violents. Ironiquement, des petits sectes trotskystes et leurs syndicalistes rejoignent les ex-maoïstes dans l'opposition aux amendements constitutionnels. L'ambassade, tout en rejetant leur « rhétorique marxiste », considère que leur opposition s'inscrit dans sa stratégie d'ensemble.

L'objectif final de l'Opération Tenaille est de s'emparer d'une base territoriale ou institutionnelle avec l'appui massif de la minorité électorale défaite dans les trois ou quatre jours (avant ou après les élections, ce n'est pas clair, JP), soutenus par un soulèvement d' officiers militaires d'opposition, principalement de la Garde nationale. L'agent de l'ambassade concède que les comploteurs militaires ont eu des problèmes sérieux : des agents opérationnels de renseignement ont été démasqués, des stocks d'armes ont été neutralisés et plusieurs comploteurs sont sous surveillance étroite.

Outre l'engagement poussé des USA, l'organisation du patronat vénézuélien (FEDECAMARAS), ainsi que les principaux médias privés (télévision, radio et presse écrite) ont été engagés dans une campagne vicieuse de peur et d'intimidation. Les producteurs et distributeurs en gros et au détail de nourriture ont créé des pénuries artificielles d'articles d'alimentation de base et ont provoqué une fuite de capitaux à grande échelle pour semer le chaos dans l'espoir de faire gagner le NON.

Le Président Chávez  contre-attaque

Dans un discours devant des hommes d'affaires nationalistes qui soutiennent les amendements (Entrepreneurs pour le Venezuela. EMPREVEN), Chávez a averti le président de FEDECAMARAS que s'il continuait à menacer le gouvernement de coup d'État, il nationaliserait toutes les entreprises qui lui sont affiliées. À l'exception des trotskystes et d'autres sectes, la grande majorité des travailleurs organisés, des paysans, des petits fermiers, des conseils de quartiers pauvres, des travailleurs du secteur informel et des étudiants des écoles publiques se sont mobilisés et ont manifesté en faveur des amendements constitutionnels.

La raison de la majorité populaire se trouve dans quelques amendements clé : Un article stipule l'expropriation de terres, facilitant leur redistribution aux petits producteurs sans terre. Chávez  a déjà installé plus de 150.000 travailleurs sans terre sur 1 millions d'hectares. Un autre amendement institue une couverture universelle de sécurité sociale pour l'ensemble du secteur informel (marchands ambulants, domestiques, auto-employés) qui représente 40% de la main-d'oeuvre. La semaine de travail des travailleurs organisés et non organisés sera réduite de 40 à 36 heures (du lundi au vendredi midi) sans réduction de salaire. L'accès libre et gratuit à l'éducation supérieure sera garanti aux étudiants des classes subalternes. Des amendements permettront au gouvernement de contourner les blocages bureaucratiques à la socialisation d'industries stratégiques, qui permettra de créer plus d'emplois et d'abaisser les coûts des services. Et le plus important, un amendement augmentera le pouvoir et le budget des conseils de quartier, qui pourront légiférer et investir dans leurs communautés.

L'électorat soutenant les amendements constitutionnels votera en faveur de ses intérêts socio-économiques et de classe ; la question du renouvellement du mandat électif du président n'est pas dans ses priorités : et c'est la question sur laquelle la droite s'est focalisée, en qualifiant Chávez  de « dictateur » et le référendum de « coup d'État ».

L'Opposition

Avec une forte aide financière de l'ambassade US (8 millions de $ pour la seule propagande selon la note de l'ambassade) et du patronat et du « temps libre » accordé par les médias de droite, la droite a organisé une majorité des étudiants de la grande bourgeoisie des universités privées, soutenue par la hiérarchie de l'église catholique, de grands pans des quartiers riches de la bourgeoisie, des secteurs entiers des classes moyennes engagées dans dans le commerce, l'immobilier et la finance et apparemment des secteurs militaires, particulièrement des officiers de la Garde nationale. Tandis que la droite contrôle les principaux médias privés, la télévision et la radio publiques soutiennent les réformes constitutionnelles. Tandis que la droite a ses supporters parmi quelques généraux et la Garde nationale, Chávez  a le soutien des parachutistes et des officiers de rang intermédiaire et de la plupart des généraux.

Les résultats du référendum du 2 Décembre seront un événement historique décisif en premier lieu pour le Venezuela mais également pour le reste des Amériques. Un vote positif (Vota « SI ») fournira le cadre juridique pour la démocratisation du système politique, la socialisation des secteurs économiques stratégiques, donnera du pouvoir aux  pauvres et fournira la base pour un système d'autogestion des entreprises. Un vote négatif (ou un soulèvement civilo-militaire réussi avec l'appui US) renversera l'expérience vivante la plus prometteuse d'autogouvernement populaire, de welfare social avançé et de socialisme à base démocratique. Un revers, et en particulier un renversement militaire, mènerait à un bain de sang massif, tel que nous n'en avons pas vu depuis le coup d'État des généraux indonésiens en 1966, qui tua plus d'un million de travailleurs et de paysans ou le coup d'État en Argentine en 1976, suite auquel plus de 30.000 Argentins furent assassinés par les généraux soutenus par les USA.

Un vote décisif en faveur du oui ne mettra pas un terme aux campagnes militaires et politiques de déstabilisation étatsunienne mais il saperait et démoraliserait certainement leurs collaborateurs. Le 2 décembre 2007, les vénézuéliens ont rendez vous avec l’histoire.
 
 

Source : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=4229&lg=en

Article original publié le 27 Novembre 2007

Sur l'auteur

Fausto Giudice est membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l'intégrité et d'en mentionner l'auteur, le traducteur, le réviseur et la source.

URL de cet article sur Tlaxcala :
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