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26 août 2007 7 26 /08 /août /2007 17:16
Lienemann: "Royal a eu faux sur toute la ligne"
Propos recueillis par Virginie LE GUAY
Le Journal du Dimanche
 
www.lejdd.fr
 
Marie-Noëlle Lienemann règle ses comptes avec Ségolène Royal dans son nouveau livre Au revoir Royal. Adepte d'une ligne franchement à gauche, seule capable selon elle d'arrêter "la décomposition et l'hémorragie" qui gagnent le PS, la député européenne (PS) dit au JDD tout le mal qu'elle pense des positions "rénovatrices" de l'ex-candidate à la présidentielle. Extraits.
 
Vous parlez de la campagne de Ségolène Royal comme d'une "déflagration".
Que ce soit sur la stratégie, la méthode d'action et les thèmes choisis, elle a eu faux sur toute la ligne. Elle a été imposée par les sondages et les médias. C'était un leurre. Elle a d'ailleurs joué et joue encore totalement perso. Et n'a tiré aucune leçon de la campagne. Ce qu'elle appelle son autocritique se borne à dénoncer ceux du parti qui ne l'auraient pas soutenu et l'impréparation dont elle aurait été victime. Comme toujours, elle s'épargne et ne peut pas se remettre en cause. Ce qui la rendra incapable de rebondir. Je ne lui reconnais qu'un mérite. Sa détermination au service de sa seule personne. Car elle n'a aucun sens du collectif.


Une seconde candidature Royal vous semble impensable ?
Ce qui s'est passé est irréversible. Et lorsque je dis "Au revoir Royal", c'est qu'il faut tourner la page. Sous prétexte de rénovation et de modernisme, elle a opté pour une ligne de complicité idéologique avec la droite. Avant elle, Jean-Jacques Servan-Schreiber et Gaston Defferre s'y étaient essayés. En pure perte. C'est un fourvoiement, une impasse qui prive la gauche de ses repères fondamentaux et de la victoire électorale. Elle a fait le lit de l'ouverture. Dois-je rappeler que Bernard Kouchner et Jean-Marie Bockel ont été ses premiers soutiens. Où sont-ils aujourd'hui ?


Elle a tout de même fait un score de 47 % ! En 2002, Lionel Jospin n'avait même pas dépassé le premier tour.
47 %, c'est un seuil minimal contre la droite et pourtant Ségolène Royal a bénéficié, à plein, du réflexe du vote utile. N'importe quel socialiste aurait fait ce score. Le total des voix de gauche sous Jospin a été supérieur au total des voix de gauche sous Ségolène Royal qui a fait fuir des électeurs socialistes vers Bayrou. Face à Ségolène Royal qui n'a même pas été capable de reprendre à son compte le thème de la rupture, Sarkozy a fait un des meilleurs scores jamais obtenus par la droite.


"Elle s'illusionne lourdement sur les soutiens dont elle croit bénéficier"

On n'a guère entendu d'autres voix que la sienne pendant la campagne. Où étiez-vous passés ?
Nous avons tout tenté pendant la phase préparatoire pour empêcher ce qui se préparait. Après c'était trop tard, nous ne pouvions pas prendre le risque de faire perdre plus encore notre camp. Ce décalage entre le PS et le peuple de gauche vient de plus loin. Déjà, on l'avait vu lors du "non" au référendum européen. Fidèle à sa tactique d'étouffoir, François Hollande stérilisait tout débat et faisait un chantage constant sur l'unité que nous devions afficher. Nous avons vécu des mois de tension interne maximum, beaucoup d'entre nous pressentaient que nous courrions à la catastrophe.


N'enterrez-vous pas un peu vite Ségolène Royal ? Elle n'a pas l'intention de laisser sa place.
Sa place, mais quelle place ? Si je ne m'attends pas à ce qu'elle tombe comme un fruit mûr, car elle va s'accrocher dur, je crois qu'elle s'illusionne lourdement sur les soutiens dont elle croit bénéficier à l'intérieur du parti. Que ce soit auprès des élus ou des militants. Les Gaëtan Gorce, Manuel Valls, Vincent Peillon, Arnaud Montebourg prennent déjà, plus ou moins, leurs distances. Ce ne sont plus que des soutiens flottants, prêts à jouer leur carte personnelle dès que l'occasion s'en présentera. Ils sont encore vaguement solidaires mais ils entendent la colère des militants, le dépit de ceux qui ont l'impression d'avoir été menés en bateau, floués, anesthésiés, utilisés au service d'une seule personne et non d'une cause. Les socialistes aujourd'hui sont dans l'expectative, d'autant que la période Hollande s'achève mi-2008. Mais la relève n'apparaît pas encore.


Comment reprendre la main ?
En retrouvant nos valeurs fondamentales. En travaillant dans une dynamique unitaire : le PS, le PC, les Verts, le MDC, les militants syndicalistes, les associations de gauche. Il y a là un vivier immense, fertile, prêt à travailler, autour d'un vrai programme. Il faut parler au peuple de gauche qui est parti vers Bayrou et même vers Sarkozy par désarroi, par manque de corpus idéologique. Dans les années 1970, le total des militants de gauche représentait près de 500 000 personnes. Contre à peine 300 000 aujourd'hui. L'avenir de la gauche passe par un travail de fond que sont prêts à faire Laurent Fabius, Alain Vidalies, Jean-Luc Mélenchon, Henri Emmanuelli, Benoît Hamon. Et d'autres... Le club de réflexion Gauche Avenir se réunit mi-septembre à Paris pour reprendre l'initiative. Il faut rouvrir des débats essentiels: le refus de libre-échangisme, le retour à une économie mixte, la relance de l'industrie dans notre pays, un changement de cap en Europe, de nouveaux droits comme celui au logement, un nouveau pacte républicain... Le champ est large. Nous devons redevenir le parti du monde du travail.


Au revoir Royal, de Marie-Noëlle Lienemann et Philippe Cohen. Editions Perrin 185 pages, 13,50 euros.
 
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24 août 2007 5 24 /08 /août /2007 21:18
SAMEDI 25 AOÛT, 11ème ANNIVERSAIRE DE L’EXPULSION DES SANS PAPIERS DE L’EGLISE ST BERNARD...
 
 

 CONFÉRENCE DE PRESSE À 11H ET RASSEMBLEMENT À 14H DEVANT L’ÉGLISE ST BERNARD PARIS 18°
 
 
    MANIFESTATION, DÉPART PLACE DE LA RÉPUBLIQUE À 14 H A PARIS
 
 
 
Dans cette période accrue de chasse aux sans papiers - familles, jeunes majeurs, célibataires - de scandaleuses rafles au faciès, de remplissage des centres de rétention et d’expulsions (le ministre de l’Intérieur affiche la volonté de procéder à 125 000 interpellations pour "réussir" 25 000 expulsions en 2007), d’un nouveau projet de loi sur l’immigration durcissant encore les conditions d’entrée et de séjour des étrangers dans notre beau pays, berceau des droits del’Homme, (restreignant notamment le regroupement familial), il est important d’être là, présents, pour signifier notre opposition, notre détermination à ne pas accepter l’insupportable.
Comme on dit dans RESF... "on continue".

 "Je suis convaincu que le silence face au mal fait du témoin un complice."
 Adam Michnik (lettres de prison).

Pierre Cordelier
SUD Education/Solidaires, membre de RESF
 
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23 août 2007 4 23 /08 /août /2007 21:32
D’un leader du Fatah : Rapprochement avec le Hamas avant le Ramadan
 
De Khalid Amayreh en Cisjordanie
 
Un leader de haut rang du Fatah a prédit qu’un « rapprochement » avec le Hamas sera atteint avant le mois béni des musulmans de Ramadan qui commence le 13 ou le 14 septembre.
L’officiel basé à Ramallah, qui a demandé l’anonymat « en raison de la sensibilité du sujet », a dit qu’il croyait que le président de l’autorité palestinienne Mahmoud Abbas était en train de reconsidérer sa précédente position exagérée vis-à-vis du Hamas.
Abbas a déclaré à maintes reprises qu’il ne parlerait pas avec le Hamas jusqu’à ce que « les bellicistes reviennent au statu quo ante » qui précédait les événements de mi-juin dans la bande de Gaza et qu’ils s’excusent au peuple palestinien.
« Je pense qu’Abbas a remarqué que dire "Non" à tous les efforts de médiation arabes et étrangers est contreproductif, que cela mène à sa défaite et que c’est inapproprié pour les intérêts nationaux palestiniens », a dit l’officiel qui occupait un poste ministériel dans les gouvernements palestiniens de l’époque d’Oslo.
« Vous voyez, la grande majorité des Palestiniens veulent un accord entre le Fatah et le Hamas dès que possible. Personne n’est confortable avec cette situation anormale et déprimante, et il y a certains signes que plusieurs Palestiniens sont en train de blâmer Abbas et le Fatah pour l’impasse actuelle en raison de leur refus de s’asseoir avec le Hamas et de mettre fin à la crise. »
Interrogé pour savoir s’il pensait qu’Israël allait en fin de compter empêcher Abbas de renouer des liens avec le Hamas, l’officiel a dit qu’Israël allait certainement essayer de faire de son mieux pour « garder Abbas dans le cercle américano-israélien ».
« Bien sûr, ils font des efforts, ils utilisent la carotte et le bâton, pour le garder dans le cercle américano-israélien. Cependant, il est assez clair que le président est en train de réaliser qu’Israël n’est pas vraiment sincère concernant la paix et que la conférence régionale à venir ne sera qu’une autre illusion. »
« Il a donc peur que le fait de mettre tous ses œufs dans le panier américano-israélien tout en éloignant le Hamas et en exacerbant davantage le désaccord national ne sera pas de bonne augure, ni pour lui personnellement, ni pour le Fatah, et certainement pas pour la cause nationale. »
L’officiel du Fatah a dit que le rapprochement avec le Hamas ne serait pas facile des points de vue psychologique et politique.
« Psychologiquement, il y a des cicatrices pour lesquels le traitement prendra quelques temps, et politiquement, il y a plusieurs leaders du Fatah qui défendent une position intransigeante vis-à-vis du Hamas. »
« Mais Abbas n’est pas à l’aise avec ces extrémistes et il pense qu’adopter leur ligne de pensée pourrait réellement faire exploser les urnes. Vous savez, la majorité des Palestiniens n’aiment pas l’extrémisme dans quelque direction que ce soit. »
Mercredi, Abbas a montré quelques signaux conciliants à l’égard du Hamas, en disant qu’il essayait de réunir Gaza et la Cisjordanie et en appelant le groupe de la résistance à « retourner à l’unité nationale ».
« La rupture qui a eu lieu en conséquence du coup du Hamas est temporaire et sera retirée. Le peuple palestinien est opposé à cette séparation car il veut un état palestinien uni et indépendant. »
« Nous continuerons aussi à soutenir notre peuple dans la bande de Gaza, car c’est notre responsabilité », a dit Abbas lors d’une conférence de presse à Ramallah, suite à une rencontre avec le ministre japonais des affaires étrangères Taro Aso.
Les remarques d’Abbas ont attiré des réactions positives du Hamas. Un porte-parole islamique à Gaza a décrit les remarques de « bienvenues et positives ».
Le porte-parole a invité Abbas à venir dans la bande de Gaza pour des discussions de réconciliation afin de « donner à notre peuple une confiance et un espoir pour un avenir meilleur ».
De plus, des sources proches du Hamas à Gaza ont dit qu’il était probable qu’Ismaïl Haniyeh, le premier ministre du gouvernement dirigé par le Hamas basé à Gaza, donne un discours dans les quelques jours à venir dans lequel il « tendrait ses mains à Abbas pour une réconciliation et une unité ».
Comme prévu, les déclarations d’Abbas ont attiré des réactions dures du gouvernement israélien qui a averti que des discussions entre le Fatah et le Hamas vers le rétablissement de l’unité nationale palestinienne seraient considérées comme une « ligne rouge ».
Le journal israélien de droite Jerusalem Post a cité jeudi un officiel israélien anonyme en disant qu’une réconciliation entre le Fatah et le Hamas « mènerait à une rupture dans le processus diplomatique avec l’autorité palestinienne refondée ».
Selon des sources palestiniennes et arabes, plusieurs états arabes et la Russie ont fait de grands efforts pour convaincre Abbas de reprendre les discussions avec le Hamas. Des diplomates russes ont averti Abbas que si le désaccord actuel avec le Hamas restait non-résolu, les Palestiniens iraient à la conférence régionale à venir parrainée par les Etats-Unis dans un « état effroyable de faiblesse ».
 
 
 
Source : CPI
 
 
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23 août 2007 4 23 /08 /août /2007 21:30
Le faux pas africain de Sarkozy, par Philippe Bernard
LE MONDE | 23.08.07 | 13h18  •  Mis à jour le 23.08.07 | 13h18

   Depuis près d'un mois, Nicolas Sarkozy déclenche en Afrique une vague d'hostilité dont il n'avait sans doute pas anticipé l'ampleur. S'adressant aux "jeunes d'Afrique" dans un amphithéâtre de l'université Cheikh-Anta-Diop de Dakar le 26 juillet, le président de la République avait proclamé avec fougue son amour du continent : "J'aime l'Afrique, j'aime et je respecte les Africains", a-t-il lancé devant un parterre d'universitaires triés sur le volet. Les "vrais" étudiants avaient été écartés par crainte de manifestations d'hostilité à l'égard de l'homme de "l'immigration choisie".
L'assistance aurait pu applaudir à la reconnaissance des "crimes contre l'humanité" liés à l'esclavage et des "effets pervers de la colonisation" exprimée avec un degré d'emphase que n'avait jamais atteint le candidat Sarkozy. Si l'auditoire a finalement réservé un accueil glacial à cette longue "adresse" présentée par l'Elysée comme fondatrice, c'est probablement qu'il n'y a pas trouvé le moindre signe de "repentance". Pareille absence ne pouvait pourtant guère surprendre de la part d'un président dont le discours décomplexé tourne le dos à une démarche qu'il assimile à une forme de haine de soi et de la France. Fidèle à lui-même, le président a absous les colonisateurs qui, certes, "ont pillé des ressources" et "ont eu tort" de le faire, mais étaient "sincères".
La stupeur des invités et le torrent de commentaires indignés que suscite jusqu'à aujourd'hui le discours de Dakar parmi les intellectuels africains proviennent surtout des sentences définitives et globalisantes, à forte teneur culturaliste, voire essentialiste, qu'a assénées le président français à propos de "l'homme africain". Nul ne saurait contester, y compris parmi les élites du continent, que "l'Afrique a sa part de responsabilité dans son propre malheur". Le problème est que M. Sarkozy a présenté les échecs présents du continent comme contrebalançant, voire justifiant, les torts des colonisateurs. Désireux de mettre l'accent sur les responsabilités actuelles, il s'est exprimé comme si la ponction historique de 13 millions d'esclaves et l'exploitation coloniale étaient strictement sans effet sur l'Afrique actuelle. Comme si la mise en place et le soutien par la France, y compris par la violence, de régimes dévoués à ses intérêts n'étaient pour rien dans les errements de la démocratie.
Dans ce texte rédigé par son conseiller spécial Henri Guaino, le président a présenté l'Africain comme un homme prisonnier de sa culture, marqué par l'irrationalité et l'incapacité d'envisager le futur. "Le drame de l'Afrique, a-t-il déclaré, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'Histoire (...). Jamais il ne s'élance vers l'avenir (...). Dans cet univers où la nature commande tout (...), il n'y a de place ni pour l'aventure humaine ni pour l'idée de progrès."
Certes, la suite du discours appelait à la "renaissance africaine", un thème cher au président sud-africain Thabo Mbeki, qui a félicité chaleureusement son homologue français dans une lettre rendue publique par l'Elysée le 13 août. M. Sarkozy a aussi magnifié le métissage culturel né de la colonisation qui annonce le "grand destin commun" de "l'Eurafrique", une expression qui date de l'entre-deux-guerres et fleure le colonialisme. Ce "métissage", il n'est d'ailleurs plus question pour le président français de l'honorer dès qu'est abordée la question sensible de l'immigration.
Mais les auditeurs africains de M. Sarkozy ont surtout été choqués par ses généralisations sur l'homme africain, animé par "ce besoin de croire plutôt que de comprendre, de ressentir plutôt que de raisonner, d'être en harmonie plutôt qu'en conquête".
Sur quel autre continent que l'Afrique un chef d'Etat occidental en visite officielle pourrait-il se permettre de donner pareille leçon, d'instruire des procès en responsabilité historique, de multiplier des clichés dans une enceinte universitaire précisément consacrée à la réflexion critique et à la recherche sur des réalités complexes ?
 
"NOUS NOUS SENTONS INSULTÉS"
"La recherche sur l'Afrique et ses relations au monde ont fait (...) des progrès considérables, qui interdisent absolument de parler du continent dans les termes qui ont été les vôtres", réplique Ibrahima Thioub, historien à l'université Cheikh-Anta-Diop de Dakar dans un texte diffusé sur Internet. L'enseignant, tout en refusant toute comparaison avec le nazisme, appelle à "comprendre que la mémoire africaine de la traite atlantique des esclaves et de la colonisation est à l'Afrique (...) ce que la mémoire de l'Occupation est à la France".
"Se peut-il que (M. Sarkozy) n'ait pas compris à quel point nous nous sommes sentis insultés ?", interroge Boubacar Boris Diop. Cet écrivain et journaliste sénégalais estime "légitime" le fait d'"instruire le procès des sociétés africaines" à condition qu'une telle démarche ne serve pas uniquement à renforcer les Occidentaux dans leurs préjugés. Il analyse les propos de M. Sarkozy en "une sorte de discours sur l'état de l'Union... française" significatif des "relations de suzerain à vassal que Sarkozy peut entretenir avec ses obligés de la Françafrique".
Alors que ces intellectuels espéraient prendre au mot M. Sarkozy, chantre de la "rupture", ils ont vu dans son discours la confirmation d'une vision paternaliste et d'un soutien renouvelé à des régimes indéfendables. En faisant ainsi la leçon à des intellectuels dont certains n'ont aucune complaisance à l'égard des régimes africains, le président a affaibli leur position, agissant comme si la critique et les remèdes ne pouvaient venir que des Blancs. "Dans sa "franchise" et sa "sincérité", Nicolas Sarkozy révèle au grand jour ce qui, jusqu'à présent, relevait du non-dit, à savoir que (...) l'armature intellectuelle qui sous-tend la politique africaine de la France date de la fin du XIXe siècle", écrit Achille Mbembe, universitaire camerounais de renom. M. Mbembe raille la vision des "élites dirigeantes françaises" d'une Afrique "mi-bucolique, mi-cauchemardesque", faite d'"une communauté de souffrants prostrés dans un hors-monde".
Muet à Dakar sur la dérive autoritaire du pouvoir au Sénégal, empressé à honorer de sa visite Omar Bongo, à la tête du Gabon depuis quarante ans, Nicolas Sarkozy n'a pas été jusqu'au bout du discours de vérité qu'il prétend tenir. Son choix de faire étape chez M. Bongo, défenseur des intérêts pétroliers français mais peu soucieux de transformer les richesses de son pays en développement, accrédite le constat d'une certaine inertie de la politique africaine de la France, loin de la rupture revendiquée. Comment, dans ces conditions, le président français aurait-il pu rendre crédible aux yeux des "jeunes d'Afrique" son appel à la "renaissance" solennellement adressé depuis Dakar ?
 
Philippe Bernard
 
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23 août 2007 4 23 /08 /août /2007 21:29
Obeid appelle l’Europe à envoyer un comité pour surveiller le travail de la compagnie électrique
 
 
L’ingénieur Knan Obeid, le vice-président de l’autorité de l’énergie, a appelé le président de l’autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, à juger les accusés d’une corruption financière dans la compagnie d’électricité de la bande de Gaza.
Il a accusé le ministre de l’information au gouvernement illégal de Fayyad, Rïad Al-Malki, de provoquer les Européens à travers de fausses prétentions que le Hamas a confisqué les profits de la société d’électricité.
Obeid a appelé l’Union Européenne à envoyer des observateurs à Gaza pour enquêter sur les prétentions que le Hamas et le gouvernement légal sous la direction d’Ismaïl Haniyeh auraient confisqué les sommes d’argents de cette compagnie.
Il a déclaré, lors d’une conférence de presse dans la ville de Gaza, qu’on a signé un accord avec une compagnie de fioul pour fournir à la centrale électrique de Gaza 430 mille litres durant trois mois.
Il a poursuivi que l’ancien directeur de l’établissement d’électricité a volé ce don en coordination avec le directeur financier de celui de fioul.
Il a dit que la compagnie de distribution d’électricité est une société gouvernementale alors que l’autorité palestinienne reçoit 50% de ses profits.
Obeid a dévoilé que son ancien directeur général a nommé 140 éléments des services de la sécurité préventive, nationale et des services de renseignements et qu'ils prennent deux salaires dont un de la compagnie.
Il a ajouté qu’il a également coordonné avec le responsable des dons, Mazen Gadallah, le vol de 19 millions de shekels, le don de l’UE pour payer les factures des familles des réfugiés palestiniens dans la bande de Gaza, en les transportant vers son compte personnel.
Il a accusé Gadallah de provoquer les Européens pour couvrir ses crimes et dépassements tout en appelant le président Abbas à arrêter les campagnes de mensonge médiatiques de Saadi Al-Karnaz et Rïad Al-Malki et à porter sa responsabilité envers les habitants de Gaza.
Enfin, il a appelé l’UE à poursuivre la livraison de carburant pour la centrale électrique de Gaza et à envoyer une commission d’enquête pour surveiller les comptes de la compagnie.
 
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23 août 2007 4 23 /08 /août /2007 21:27
Des policiers français "molestés" en raccompagnant des Guinéens expulsés
 
PARIS (AFP)
 
 Six policiers français ont été "molestés" et "légèrement blessés" le 16 août, à leur descente d'avion à Conakry, en Guinée, en raccompagnant deux ressortissants de ce pays expulsés de France, a-t-on appris de sources policières jeudi confirmant une information de RTL.
 
Selon le procès-verbal (PV) de ces incidents dressé par les fonctionnaires de la police aux frontières (PAF) et dont l'AFP a eu connaissance, les six policiers, appartenant également à la PAF, ont affirmé qu'ils avaient été reçus à Conakry "par un comité d'accueil" dont "faisaient partie deux policiers guinéens". L'un d'entre eux "a frappé l'un des fonctionnaires français", poursuit le document.
Les policiers, qui souffrent de contusions et de douleurs costales et dorsales, ont également été "insultés" et "pris à partie" par plusieurs personnes mais ils ont pu regagner la France via Casablanca, au Maroc, sans encombre, toujours selon le PV.
Ils accompagnaient deux Guinéens sans papiers expulsés de France et qui avaient fait l'objet d'une mesure de reconduite à la fontière.
Un responsable de la PAF à l'aéroport de Roissy a confirmé à l'AFP que ces fonctionnaires avaient été "pris à partie", ce qui "arrive assez fréquemment", selon lui.
Toujours selon le PV, les deux Guinéens expulsés étaient "agressifs" dès leur embarquement dans un avion à Roissy en France. Ils "se sont mis à hurler et à vociférer", à "rallier les passagers à leur cause". Dès avant le décollage, plusieurs passagers ont accusé les policiers d'être "inhumains". Ils ont pris "fait et cause" pour les expulsés et préparé un "comité d'accueil hostile" en Guinée par téléphone portable.
L'avion a ensuite fait une halte mouvementée à Casablanca, au Maroc, après un voyage que les policiers décrivent comme très tendu.
A 4h30 le 16 août, à leur arrivée à l'aéroport de Conakry, les policiers de la PAF ont été "pris à partie (...) sous une nuée d'insultes", essuyant une "multitude de coups de poing et de pied".
Des policiers guinéens les ont ensuite insultés en présence d'un commissaire et alors qu'un calme précaire était revenu dans l'aérogare. "La colonisation est finie", a notamment lancé une femme policière guinéenne, selon le même document.
Jean-Claude Delage, secrétaire général d'Alliance (2e syndicat de gardiens de la paix) a dénoncé ces faits auprès de l'AFP. "Nos collègues de la PAF ont appliqué la loi dans le cadre de leur déontologie". "Ce qui s'est passé n'est pas acceptable d'autant qu'il y avait des policiers guinéens".
Il réclame une "protection exemplaire" pour ces missions de police.
 
 
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22 août 2007 3 22 /08 /août /2007 18:35
La menace nucléaire israélienne

Bernard Ravenel
 
 
 
Alors que se sont multipliés les appels alarmistes pour agir contre la menace nucléaire, encore virtuelle, de l’Iran sur Israël, aidés en cela par les déclarations provocatrices du président Ahmadinejad, personne en France ne rappelle qu’Israël - qui possède la bombe depuis 40 ans - prépare méthodiquement contre l’Iran une attaque nucléaire dans l’attente d’une possible décision politique en ce sens. Une « attaque défensive » bien sûr. Et quand un journaliste indépendant anglosaxon ose le démontrer, il est immédiatement démenti.
Le 7 janvier 2007, les autorités israéliennes ont démenti les informations de l’hebdomadaire britannique The Sunday Times - toujours bien informé sur le nucléaire israélien [1].- selon lesquelles l’armée israélienne aurait mis au point un plan d’attaque et de destruction des installations nucléaires iraniennes : « Cette histoire est inexacte, Israël appuie à 100% les efforts de la communauté internationale pour stopper le programme nucléaire iranien », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères [2]. Ce « démenti » n’est en rien une infirmation de la thèse du Sunday Times. Comme d’habitude, il minimise l’information. L’histoire est « inexacte » mais ne peut nier l’existence du plan. Et, tout en affirmant soutenir les efforts de la communauté internationale, il se prépare à dire qu’il faut « tirer les conséquences du marché de dupes de négociations reconduites indéfiniment, sans résultat » [3]. Il faut « des réactions occidentales renforcées » [4] (car les dirigeants israéliens craignent le veto russe ou chinois au Conseil de sécurité). En clair, il faut la guerre ... « afin d’éviter le pire ».
L’armée d’Israël s’est soigneusement préparée pour cette guerre qui prévoit, toujours selon The Sunday Times, l’emploi de mini-bombes nucléaires pour percer les bunkers. Tout le problème est d’obtenir la couverture stratégique des Etats-Unis. Israël se trouve ainsi à l’heure de choix décisifs pour son avenir même.
 
Un Etat nucléaire
L’histoire de la construction par Israël d’un arsenal nucléaire puissant et sophistiqué, sans jamais en admettre l’existence, commence l’année même de sa naissance. En 1948, une unité scientifique de l’armée commence les prospections qui mènent à la découverte d’uranium dans le désert du Néguev. En même temps, l’institut Weizmann se concentre sur la recherche nucléaire en collaboration étroite avec les Etats-Unis qui lui fournissent les équipements et les technologies. Pour produire le plutonium nécessaire à la fabrication de la bombe, Israël a besoin d’un réacteur qu’il obtient de la France. Il sera construit à Dimona dans le Néguev. En 1966, l’installation de Dimona commence à produire des armes nucléaires [5].
Au bout du compte on peut dire qu’aujourd’hui Israël a ainsi construit environ 400 armes nucléaires d’une puissance cumulée de 50 mégatonnes équivalent à 3850 bombes d’Hiroshima. Comme vecteurs nucléaires, les forces armées israéliennes sont dotées de 300 chasseurs-bombardiers (F16 et F15) armés de missiles israélo-américains. Trois sous-marins fournis par l’Allemagne sont aussi dotés de missiles de croisière nucléaires. Enfin, il faut ajouter 50 missiles balistiques Jéricho II sur rampes mobiles de lancement de longue portée (1500 à 3000 km). Malgré les résolutions répétées par lesquelles l’Assemblée générale des Nations unies a confirmé « sa condamnation du refus d’Israël de renoncer à la possession des armes nucléaires » et a demandé au Conseil de sécurité de prendre des « mesures urgentes pour qu’Israël applique la résolution 487 du Conseil lui-même dans laquelle il demande que celui-ci mette ses installations nucléaires sous la juridiction de l’AIEA » (Résolution 44/121 du 15 décembre 1988), l’arsenal nucléaire israélien, toujours plus déstabilisant et dangereux, continue à être « ignoré » par les gouvernements des « grandes démocraties occidentales ».
Ainsi, en refusant d’emblée, dès 1968, de signer l’accord du Traité de non-prolifération (TNP) au motif qu’on ne peut se fier au système de contrôle international mis en place par l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique), Israël manifeste son refus de se voir contrôler par celle-ci. Ipso facto, il démontrait son intention de mener à bien, sans entrave, un projet nucléaire militaire qui ouvrait la porte à la fois à la prolifération nucléaire régionale et à l’emploi d’armes nucléaires. La production par Israël de missiles de longue portée devant d’évidence porter des têtes nucléaires démontre bien sa volonté de se préparer à l’hypothèse de la guerre nucléaire.
 
L’option nucléaire
En fait l’option nucléaire a été au centre de la stratégie de sécurité d’Israël depuis plus de cinquante ans. Depuis presque autant de temps, les pays arabes, en commençant par l’Egypte dans les années soixante, ont tenté de réaliser une sorte d’équilibre de la terreur nucléaire avec Israël. N’ayant pu y parvenir, certains pays ont développé une capacité de dissuasion face à l’arsenal nucléaire israélien, avec des armes chimiques. Les enjeux nucléaires dans le contexte du conflit israélo-arabe ont été particulièrement visibles dans le cas de l’Irak.
La première fois que les armées israéliennes mirent en jeu leur arsenal nucléaire, constitué alors d’à peine quelques bombes, fut en juin 1967 pendant la Guerre des Six jours. Plus précisément la centrale de Dimona pouvait être une cible de l’aviation égyptienne. C’est pour éviter ce risque que le Premier ministre israélien Lévi Eshkol aurait décidé la destruction préventive de l’aviation égyptienne. Au lieu de jouer un rôle de dissuasion le nucléaire aurait joué un rôle d’escalade [6].
Les forces israéliennes se préparèrent de nouveau à utiliser les armes nucléaires, quand au début de la guerre d’octobre 1973 elles se trouvèrent en difficulté face à l’attaque syro-égyptienne. La décision de mise en alerte nucléaire fut prise secrètement le 8 octobre par la Première ministre Golda Meir et par le ministre de la défense Moshe Dayan. Treize missiles Jéricho-1 armés de têtes nucléaires furent déployés pour être éventuellement lancés sur l’Egypte et la Syrie [7]. En 1991 durant la première guerre du Golfe, en 2003 durant la seconde, les forces israéliennes se sont préparées à utiliser des armes nucléaires contre l’Irak. Et en dehors des crises il est certain qu’une bonne partie de ces armes sont prêtes à être lancées à tout moment...
 
Monopole nucléaire et doctrine de guerre préventive
Tour en développant quantitativement et qualitativement leur propre arsenal nucléaire, les gouvernements israéliens ont cherché par tous les moyens possibles à conserver au Moyen-Orient le monopole de ce type d’armes. Il s’agit là d’un choix stratégique majeur : Israël affirme sa détermination à empêcher la réalisation de tout programme nucléaire dans la région.
C’est dans ce cadre stratégique que se situe, en accord discret avec Washington, l’attaque surprise du 7 juin 1981 par une escadrille de chasseurs-bombardiers israéliens du réacteur de Tamouz-1 qui devait entrer en fonction à Osirak en Irak. Pour la première fois dans l’histoire, un Etat accomplit un acte de guerre contre un autre Etat dans le cadre de la logique de la guerre nucléaire, et ce selon la doctrine de la première frappe, préventive, qui peut détruire par surprise l’essentiel de l’arsenal nucléaire de l’adversaire. Un plan analogue est, d’évidence, déjà prêt pour l’Iran.
L’opération Osirak est devenue le principe stratégique de la politique israélienne décidée à maintenir son monopole nucléaire dans la région. C’est ce qu’on a appelé la « doctrine Begin ». Cette doctrine est mise en cause dès le lendemain d’Osirak : les pays qui développeront dans la région un programme nucléaire prendront bien soin de le disperser et d’enterrer leurs installations. Avec l’arrivée des missiles balistiques, la configuration stratégique est totalement nouvelle. Face à eux, il n’existe pas de réponse défensive garantie. D’où la nécessité pour Israël de remettre en question sa conception de la sécurité issue des années cinquante. Désormais, l’adversaire dispose d’une force de dissuasion qui peut devenir nucléaire, chimique ou bactériologique. Face à ce risque d’agression à distance qui nécessiterait une nouvelle forme de dissuasion plus « stabilisante  », les dirigeants israéliens maintiennent leur « vieille doctrine » définie par Ben Gourion et qui était fondée sur le principe de la « défense offensive  », celle qui consiste à porter la guerre sur le territoire ennemi afin d’annihiler sa machine militaire [8]. En même temps on se dote d’une capacité de deuxième frappe, en particulier avec des sous-marins.
 
Une culture de l’agression
Israël, en effet, n’entend pas renoncer à l’attaque préventive y compris nucléaire pour garder à tout prix le monopole régional. En fait, la doctrine a été définie par les Etats-Unis en 2002 qui ont décidé d’intégrer les armes nucléaires dans la doctrine de « l’attaque préventive ».
Il s’agit de se préparer à des « interventions défensives consistant en des attaques préventives contre des nations ou des groupes hostiles qui apparaissent déterminés à utiliser des armes de destruction de masse contre les Etats- Unis ». Israël, comme les Etats-Unis, peut décider de mener « une attaque préventive sans préavis » même avec des armes nucléaires.
Ainsi les dirigeants israéliens s’estiment confortés par la nouvelle doctrine de George W. Bush dans sa conception très particulière de la dissuasion. Pour Israël « ce concept est offensif, la dissuasion est vécue comme une coercition anticipée ou par des représailles cinglantes. C’est l’usage de la force qui, pour Israël, convainc son entourage de l’inanité de l’action » [9]. En dernière analyse, la réorganisation des « forces de défense » en termes de doctrine et de systèmes d’armes se réalise de telle manière qu’elle encourage dans les pays voisins une logique de course aux armements et, en particulier, de prolifération d’armes de destruction massive. [10] L’Etat d’Israël sera inévitablement perçu comme un ennemi dangereux et poussera ses adversaires potentiels à se doter d’une capacité analogue. Ainsi Israël risque de donner corps à des menaces comme à une prophétie qui s’auto-réalise. Tel est le dilemme posé par l’Iran.
On mesure ainsi le niveau de gravité de la situation régionale à la veille d’une possible « attaque préventive » américano- israélienne contre l’Iran. La conséquence immédiate en serait une prolifération nucléaire irréversible, transformant le Moyen-Orient en région truffée d’armes nucléaires. Le cataclysme nucléaire serait à moyen terme difficilement évitable. On peut espérer du côté américain un sursaut de rationalité pour empêcher l’irréparable. Mais la question définitive contre la prolifération nucléaire au Moyen-Orient est à rechercher sur le plan politique, dans la solution des conflits en cours à partir de la question palestinienne, avec la perspective de constituer une « zone libre d’armes nucléaires » au Moyen-Orient, perspective préparée par un renforcement du régime actuel de non-prolifération, c’està- dire des instruments de contrôle de l’AIEA. A commencer par Israël.
 
[1] C’est cet hebdomadaire qui a, en 1986, publié les révélations de M. Vanunu (après vérification auprès des meilleurs experts)
[2] Le Monde, 9 janvier 2007.
[3] « Appel aux dirigeants européens », encadré publicitaire Le Monde, 29 septembre 2006.
[4] « Appel aux dirigeants européens » (suite), encadré publicitaire Le Monde, 31 janvier 2007. Il y aurait beaucoup à dire sur cette série d’énormes encadrés dont le contenu propagandiste grossier et le caractère répétitif et obsédant dépassent les normes habituellement admises.
[5] Sur l’histoire du nucléaire israélien, cf. « Israël, une menace nucléaire globale », Pour la Palestine n°40, décembre 2003.
[6] cf. JF Daguzan, « Le nucléaire israélien et la stabilité du Proche-Orient », Maghreb-Machrek n°180, été 2004 ; page 90.
[7] Certains spécialistes pensent que c’était une manière de chantage et pression sur les Américains pour qu’ils accélèrent leurs livraisons d’armes conventionnelles.
[8] Shlomo Ben Ami, ancien ministre travailliste israélien.
[9] JF Daguzan, op.cit. ; page 102.
[10] Il faut insister sur le fait que cette stratégie visant à frapper le premier par surprise est fondamentalement déstabilisante car elle favorise la partie qui frappe la première. Donc l’autre partie, pour éviter ce désavantage initial, aura tendance à vouloir en faire autant - et en tout cas à se donner les moyens de représailles aussi foudroyantes. La prolifération nucléaire - et d’une manière générale la course aux armements- sont « alimentées » par cette logique de fous. D’où la nécessité vitale d’un contrôle international des lieux où sont entreposées et déployées les armes de destruction massive, avant leur démantèlement ...
 
 
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21 août 2007 2 21 /08 /août /2007 21:46
LILLE (Reuters) –
 
 Trente-neuf sans-papiers en grève de la faim ont été évacués de leurs campements par la police à Lille, Roubaix, Tourcoing et Valenciennes, dans le Nord, apprend-on auprès d'un de leurs soutiens.
"Il y a eu une rafle ce matin de 39 sans-papiers", a confirmé Roland Diagne, porte-parole du Comité des sans-papiers du Nord (CSP 59).
"Les grévistes de la faim ont été amenés à la Police aux frontières afin de les trier", a-t-il ajouté, précisant que leur sort dépendrait de leur état de santé.
"Certains iront sans doute en centre de détention, d'autres seront hospitalisés", a-t-il déclaré.
Quelque 150 sans-papiers, dont une soixantaine en grève de la faim, avait été évacués le 1er août de la Bourse du travail de Lille, alors qu'ils demandaient leur régularisation.
Une partie d'entre eux campait depuis à proximité de l'hôpital Saint-Vincent et du CHU à Lille, ainsi que des hôpitaux de Valenciennes, Roubaix et Tourcoing.
Les sans-papiers sont engagés depuis plusieurs mois dans un bras de fer avec Daniel Canépa, préfet du Nord, qui refuse toute régularisation groupée.
Sur les quelques 150 personnes évacuées le 1er août, 86 avaient été placées en rétention mais au moins 72 avaient été remises en liberté par des juges des libertés et de la détention.
 
APPEL A UN REEL DIALOGUE
 
Deux sans-papiers Guinéens ont été renvoyés dans leur pays mercredi dernier.
Daniel Canépa avait proposé le 16 août un dispositif "de sortie de crise" qui prévoyait le réexamen des dossiers des 150 sans-papiers, dont les grévistes de la faim.
L'accord avait été signé par six associations humanitaires mais rejeté par le CSP 59, la Ligue des droits de l'homme (LDH) et le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap).
"Nous sommes dans une impasse avec le préfet", a jugé Roland Diagne mardi.
Dans un communiqué commun, la LDH et le Mrap ont demandé la libération de tous les sans-papiers interpellés et leur hospitalisation.
"Nous ne pouvons que condamner ces interpellations, réclamer la mise en liberté des personnes arrêtées et demander l'ouverture d'un réel dialogue", écrivent-ils.
"Les efforts de plusieurs années, les souffrances de deux mois de grève de la faim ne peuvent déboucher sur des charters et sur un retour dans un pays d'origine qu'ils ont fui parce que leur vie n'y était plus possible", ajoutent-ils.
Selon la LDH et le Mrap, "les interpellations policières sans accompagnement sanitaire accroissent les risques graves encourus par les grévistes et nous réclamons leur hospitalisation".
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18 août 2007 6 18 /08 /août /2007 18:18
 
DESHUMANISATION DES EXPULSES D ASNIERES SUR SEINE
 
 
TROISIEME CAMPEMENT DE FAMILLES SANS LOGIS EN ILE DE FRANCE
 
Après le campement de la Coudraie à Poissy, celui de la Maladrerie à Aubervilliers un nouveau campement a été installé depuis vendredi 10 août cette fois-ci à proximité de l’hôtel expulsé du 56 rue Diderot à Asnières sur Seine.
Le matin, les forces de l’ordre ont expulsé une soixantaine de familles avec enfants d’un hôtel situé au 56 rue Diderot à Asnières sur Seine suite à un arrêté pris par la mairie « l’hôtel ne répondait plus aux normes incendie » selon la mairie.
 
Toute évacuation doit être obligatoirement suivi d’un relogement.
 
4 nuits d’hôtels ont été proposées aux familles et après ces nuitées d’hôtels, elles devraient prendre contact avec le Samu Social.
Cette proposition a été refusée par les familles qui ont décidé de monter un campement devant l’hôtel en attendant de réelle solution de relogement.
Ces familles, parmi lesquelles de très nombreux enfants, inscrites comme demandeurs de logements sont des victimes de la crise du logement.
Depuis la loi de décentralisation de 2004, le contingent préfectoral réservé aux plus démunis a été délégué au Maire d’Asnières sur Seine.
Ce vendredi soir, sous la pression des familles, la mairie a accepte d’ouvrir un local pour héberger les femmes et le enfants pour le week-end. Les hommes restent à l’extérieur sur le trottoir vu que le refuge pour S.D.F que leur propose provisoirement la mairie d’Asnières a été conçu pour héberger temporairement 10 S.D.F au plus. Au base, la mairie avait demandé aux hommes de choisir dix de leur femme avec enfants afin qu’elles occupent le site, les autres étaient sensés dormir dehors avec les hommes. Ces derniers leur ont fait savoir qu’ils ne pouvaient trancher sur une décision aussi insensée qu’inhumaine. Les enchères sont donc montées à 15 femmes au lieu de 10. Les hommes sont restés sur leur refus de trancher. Et ont accepté de dormir dehors à même le béton à condition que toutes les femmes et tous les enfants intègre le refuge sensé accueillir 10 S.D.F. La mairie a finalement refusé en insistant bien sur le fait que les hommes devaient impérativement rester dehors qu’il neige, pleuve ou vente. Leur refusant même au départ l’accès au sanitaire. Pour veiller à cela les services de la mairie ont mis en faction des agents de police municipale qui filtrent l’entrée des hommes dans le refuge. Cet habitat initialement conçu pour recevoir temporairement une dizaine de S.D.F abrite donc temporairement plus d’une trentaine de femmes (dont certaines sont en ceinte), et plus d’une trentaine d’enfants en bas âges. L’ensemble des expulsés doit s’organiser pour utiliser les 2 douches, les trois lavabos et l’unique toilette mis à leur disposition. Dans ce contexte il est utile de souligner qu’à chaque fois qu’un homme (qui dort à l’extérieur sur le trottoir) demande à aller aux toilettes, il est accompagné par un agent de la police municipale qui veille au bon déroulement de sa vidange. En ce qui concerne les stocks de nourriture essentiellement constitués de dons offerts par des citoyennes solidaires, ils sont sous clefs. Cette clef est conservée par un des agents de la police municipale en faction devant et à l’intérieur du refuge. C’est aux expulsés d’en faire la demande à chaque fois qu’ils ont besoin de quelque chose. Cette situation indigne et infantilisante tend à leur rappeler (in)consciemment qu’il ne sont pas là chez eux, mais a surtout la fâcheuse conséquence d’agacer certains des agents de la police municipale qui se montre réticents à faire de multiple aller-retour pour veiller à ce que les expulsés soient bien approvisionnés* .
 
 Avec ces familles, nous demandons une table ronde avec la préfecture, la municipalité, les familles et les soutiens, nous demandons un relogement décent et durable des familles expulsées, si nécessaire par la loi de réquisition, nous demandons l’arrêt des expulsions sans relogement.
 
Vous pouvez témoigner votre soutien en vous rendant à l’adresse suivante : « Le Havre » situé au 59 boulevard Voltaire face au dépôt de Bus RATP à Asnières.
Ces familles ont besoin de nourritures, couverture, articles de soins : lingettes, couches…
 
Assister sans rien faire à de tels actes d’intimidation et de déshumanisation, c’est accepter d’être COMPLICE. Aujourd’hui c’est eux demain ce sera NOUS si nous ne faisons rien pour empêcher cela. N’oubliez pas en lisant ces lignes de tirer des leçons d’une HISTOIRE à la fois lointaine et récente. Et n’oubliez pas qu’actuellement nous sommes en train d’écrire l’histoire qui va déterminer le FUTUR de nos enfants. Tous les jours des signes nous annonce à quelle sauce nous allons être mangé et nous feignons lâchement de ne pas les voir réfugiés dans un confort aléatoire. La matrice se charge d’abord des plus faible et progressivement l’étau se resserrera et c’est à notre porte que ces sbires viendront frapper demain. Ce jour là lâchement nous crierons à l’aide en nous rappelant que finalement notre sort n’est pas si différent de ceux à qui nous avons refusé de venir en aide hier, car le système nous a formater pour que nous ne nous sentions plus concerné quand il frappe celui ou celle qui nous ressemble comme deux gouttes d’eau. Mais ceux que nous avons laissé se débattre seuls entre ses griffes ne nous viendront plus en aide. Non pas par rancœur, mais parce qu’ils ne seront plus là pour nous pour nous apporter l’aide précieuse que nous leur avons refusé. Méditez devant votre miroir et si vous regarder en profondeur vous finirez par percevoir le reflet de la lâcheté et de l’égoïsme. Car voila ce qu’il ont réussi à faire de nous*.
 
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17 août 2007 5 17 /08 /août /2007 21:26
Le ghetto palestinien : vers la fin du sionisme ?

Alain Joxe
 
 
Malgré sa victoire écrasante, il faut maintenant définir le danger mortel qui menace Israël dans l’impasse de la paix : sa transformation en plate forme d’essai moderne d’un petit régime militariste enfoncé dans un discours colonial banal qui rend à jamais impossible une réintégration pacifique dans son voisinage et la reconnaissance de ses frontières par l’ONU et l’UE.
 
L’impasse stratégique du sionisme
 
C’est ce bilan qu’à voulu dresser Abraham Burg ancien directeur de l’Agence Juive et ex-président travailliste de la Knesset , dans son livre intitulé « vaincre Hitler » et dans son interview sur cet ouvrage, publié par Haaretz le 11 juin 2007. Cette prise de position fait un bruit considérable comme si c’était une première. En fait ce n’est pas la première fois qu’Abraham Burg prévoit que le sionisme, insensible au regard du monde extérieur, entraîne Israël dans l’impasse. Fin août 2003 un article de contenu très comparable paraissait en hébreu et en anglais, suivi en novembre 2003 par une interview explicative dans Haaretz. Sa critique radicale du sionisme avait donc commencé il y a près de 5 ans et probablement avant. Cette analyse a été ressentie en Israël comme une trahison ; mais on doit plutôt la considérer comme un diagnostic stratégique pertinent, certes pénible à assumer pour les Israéliens.
 
L’avortement de l’état palestinien
 
On ne peut que se réjouir, du côté des sionistes de conviction, des succès incessants que remportent, aujourd’hui, les stratégies insidieuses mises en place dans le temps long par l’état israélien pour parvenir à la conquête de toute la Palestine de la mer jusqu’au Jourdain. L’évacuation des colonies israéliennes de Gaza, terminée en septembre 2005, apparaît deux ans après pour ce qu’elle est : Le passage d’un régime d’occupation et de colonisation à un siège hermétique. C’est un choix rationnel de regroupement sur la Cisjordanie de toute la colonisation. Les Palestiniens étant incarcérés dans une vingtaine de bantoustans cernés par le Mur ou par les réseaux d’autoroutes reliant les grappes de colonies de Cisjordanie la représentation pionnière d’une nation sioniste dominant toute la Palestine du mandat paraît triomphante. Un double piège se referme sur la population palestinienne vouée à subir une double guerre : Guerre coloniale autour des colonies israéliennes en constante expansion en Cisjordanie, à Jérusalem Est et le long du « mur offensif » ; mais surtout guerre civile à Gaza et en Cisjordanie. Un brillant succès stratégique.
Arafat vivant, on n’avait pas pu obtenir du vieux leader, enfermé dans la Mouqata , qu’il déclenche la guerre civile. L’autorité palestinienne pensait-on déjà à Washington, devait faire ses preuves de « candidat au grade d’Etat nation », par un succès contre les groupes de résistance. Cette perspective a fait des progrès après l’empoisonnement de Yasser Arafat. Mahmoud Abbas dit Abou-Mazen qui fut le co-auteur du document Beilin-Abou Mazen, à la veille de l’assassinat de Rabin , est à son tour nié et écrasé comme tête possible d’un processus de paix. Cet échec total d’Oslo est une des causes du succès du Hamas aux élections. Le Président élu a peu à peu accepté toutes les humiliations sans obtenir la réouverture de négociations ; il a finalement éliminé le Hamas du gouvernement de coalition, préconisé par les accords de la Mecque , détruits par le refus américain, et il s’est lancé dans la répression des mouvements armés du Hamas. Battu à Gaza, il est devenu une espèce de Pétain, réduisant l’Autorité palestinienne et Ramallah au statut d’un Vichy. Gaza majoritairement Hamas, parvenait au statut de Ghetto, entièrement encerclé.
Israël a donc réussi pleinement l’avortement de l’état palestinien, sa destruction avant sa naissance et maintenant son autodestruction.
 
L’Europe abaissée dans son jugement
 
Que l’Amérique de Clinton puis celle de Bush, ait été amenée à appuyer à chaque étape ce processus de paix devenu progressivement un meurtre collectif, cela se comprend. L’alliance repose sur une connivence quasiment religieuse, la croyance que Dieu, lui-même, aurait donné la terre d’Israël pour toujours au peuple juif, comme il a donné l’Amérique aux chrétiens protestants du nouveau monde, pour refonder l’humanité en chassant les premiers occupants.
Mais que l’Europe se prête à ces régressions religieuses pathologiques ? Ce n’était pas fatal. L’Europe à dû accepter, à la fin des guerres coloniales de décolonisation que les empires coloniaux soient morts, par la volonté des peuples, Quelle est cette Europe, à laquelle la France appartient, et qui cependant renonce à mettre fin à cette petite guerre coloniale archaïque ?
C’est l’Europe franco-germanique, qui est paralysée sous prétexte de repentance collective. L’Allemagne par son passé nazi ne se sent pas la vocation de mener une action pour modérer l’extrémisme israélien. La France ex-vichyste ou ex-pied noir non plus. Ce passé certes infâme sert à garantir à Israël que ni l’Europe méditerranéenne, ni l’Europe judéo-chrétienne, ne puisse se transformer, contre le sionisme radical, en une Europe du droit des peuples et des droits de l’homme. Le droit-devoir d’ingérence, droit naissant, qui fonctionne plus ou moins pour le Darfour s’évapore en Palestine.
 
Israël vainqueur mais politiquement impuissant
 
Israël est donc totalement vainqueur et n’a plus qu’à dicter ses conditions. Malheureusement il n’a aucune exigence en réserve pour mener l’ennemi vaincu à signer sa capitulation. Il se devait d’exiger des Palestiniens d’adopter un régime démocratique. La démocratie, à donné le Hamas, il a fallu donc détruire la démocratie palestinienne, pour détruire le Hamas, et le gouvernement Olmert exige avec l’appui euroaméricain, que le vaincu accepte une vie politique sans démocratie ; On ne peut pas demander au peuple vaincu, en droit - sauf en droit colonial - d’accepter une domination militaire permanente sans révolte, et d’accepter un régime d’oppression comme une paix, une acceptation, sans compensations de toutes les pertes subies : perte du territoire, perte de l’identité, perte de l’honneur, perte de la démocratie : à ces ghettos assiégés où l’on a presque détruit toute vie économique et politique, le temps de paix n’offre qu’un avenir concentrationnaire.
Ce succès marque donc le sionisme intégriste d’un sceau d’infamie, que la culture judéo-chrétienne tout entière doit aujourd’hui ou demain rejeter et renier, précisément en mémoire des victimes de la Shoah. Si Israël ne change pas c’est à dire s’il ne renonce pas à créer une relation coloniale d’apartheid, il deviendra le lieu d’une expérimentation en vraie grandeur, le prototype impérial d’un régime néo-fasciste urbain, local, moderne, sécuritaire, triomphant par le panoptique électronique et l’assassinat ciblé.
Pour sauver le peuple israélien qui n’a pas mérité ce sort médiocre, on doit montrer comment ce sionisme fascisant et ses partisans aux Etats-Unis et en Europe ne peut qu’entraîner Israël dans une chimère stratégique, néfaste pour la paix.
 
publié le 2007-08-06 00:00:00, par Alain Joxe
 
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