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30 mars 2008 7 30 /03 /mars /2008 21:27

  Un militant de la GUPS (General Union of Palestinian Students) (Union Générale des Etudiants Palestiniens) dénonce et critique par internet d’autres militants de la GUPS, les principaux contacts entre la GUPS et les organisations de la gauche et de l'extrême gauche parisiennes, AFPS, PCF, LCR, MRAP, LDH, les organisations du collectif national de solidarité pour la Palestine, nous les appelle généralement les sionistes de gauche ou bien les chasseurs d'antisémites.

    Ces messages ne posent vraiment pas seulement le problème de la GUPS, ils posent des problèmes beaucoup plus généraux.

    De mon point de vue, les problèmes plus généraux sont les suivants, c'est le problème de l'histoire des manifestations de solidarité pour la Palestine à Paris.

  Je résumerais cette histoire sous la forme suivante, je distinguerais trois grandes périodes successives.

  La première époque, c'était une période de deux à trois ans entre 2000 et 2002, suite au début de la nouvelle intifada palestinienne, il y avait des manifestations parisiennes de solidarité pour la Palestine de plusieurs dizaines de milliers de personnes.

  La deuxième période, en réaction par rapport à la première période et suite à la profonde infiltration du lobby sioniste à l'intérieur de la totalité des organisations de solidarité pour la Palestine, c'est une période de cinq ans entre 2002 et 2007. La moitié des organisations et des militants accuse l'autre moitié d'antisémitisme. C'est une longue période de cinq ans de chasse aux sorcières, de service d'ordre à l'intérieur des manifestations pour l'interdiction de la participation d'un certain nombre de militants à ces manifestations, c'est l'époque de la collaboration entre d'une part la préfecture de police et d'autre part les services d'ordre des organisations de gauche et d'extrême gauche, c'est l'époque des coups de poing et des agressions. C'est une période de méfiance générale entre les militants et de victoire du lobby sioniste et de cette stratégie de casse des manifestations, ils aboutissent précisément à ce résultat, la réduction des manifestations à des manifestations de plusieurs dizaines ou plusieurs centaines de personnes.

  La troisième période commence aujourd'hui. Pendant la deuxième période, la gauche et l'extrême gauche faisaient encore des discours pour la Palestine, ils mettaient leurs sigles en bas des tracts, ils envoyaient leurs services d'ordre quand ils n'appelaient pas et ne mobilisaient pas pour les manifestations.

  L' idéologie raciste et ethnique de la guerre des civilisations des Etats Unis et d'Israël contre la résistance palestinienne et contre la résistance mondiale des peuples, la victoire du Hamas aux élections législatives de janvier 2006 en Palestine et la victoire du Hezbollah pendant la dernière guerre d'Israël contre le Liban entraîne la fin de cette deuxième période et l'ouverture d'une troisième période.

  Le samedi 29 mars 2008, pour le trente deuxième anniversaire de la journée de la terre, la gauche et l'extrême gauche ne manifestaient plus pour la Palestine à Paris.

  Le blocus d'Israël contre Gaza, la généralisation des guerres et des menaces de guerre impérialiste contre la Palestine, l'Irak, l'Iran, le Liban, la Syrie et l’Afghanistan entraîne une modification des conditions et des revendications de la solidarité dans les capitales occidentales.

  Le salon du livre de Paris mettait la revendication du boycott d'Israël au centre des revendications du mouvement de solidarité.

  www.fischer02003.over-blog.com

 

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30 mars 2008 7 30 /03 /mars /2008 21:10

Les élections locales françaises révèlent le discrédit de l'établissement politique

Par Alex Lantier
21 mars 2008

www.wsws.org

Les résultats du deuxième tour des élections municipales et cantonales en France, le 16 mars, ne peuvent échapper à la contradiction, étant données l'impopularité grandissante du gouvernement conservateur du président Nicolas Sarkozy et l'hostilité largement répandue envers le Parti socialiste (PS), qui s'est coupé de la population par sa politique pro-patronale.

D'un côté, le PS a enregistré des gains réels, et les résultats des listes des partis de la prétendue « extrême-gauche » témoignent d'un mouvement vers la gauche parmi les électeurs, coïncidant avec un effondrement du soutien pour Sarkozy. Malgré ce mouvement, cependant, l'UMP (Union pour un mouvement populaire) de ce dernier a pu maintenir le contrôle de beaucoup de villes et de départements importants, dans des élections marquées par la désillusion populaire et une abstention record.

Le PS a solidifié son contrôle de plusieurs des principales zones urbaines de France. Ses listes ont remporté 12 des 20 arrondissements de Paris, y compris les arrondissements plus peuplés de l'est, et le maire PS sortant, Bertrand Delanoë, a été réélu avec 58 pour cent du vote. Les listes PS ont également remporté 7 des 9 arrondissements de Lyon, reconduisant le maire PS Gérard Collomb. Dans la région de Lille, Lille et Turcoing ont réélu des maires PS, l'ancienne ministre du Travail Martine Aubry et Michel-François Delannoy.

Plusieurs villes ont basculé vers le PS : Toulouse (la quatrième ville de France, centre de l'industrie aérospatiale), Strasbourg (capitale de l'Alsace sur la frontière allemande), Caen (un centre pharmaceutique et de services en Normandie), et Reims (la plus grande ville en Champagne). Le PS installe également ses élus à Nantes, Besançon, Amiens, Metz, et Blois. Des 37 villes de France avec plus de 100.000 habitants, douze seulement sont aux partis de droite.

L'UMP a néanmoins conservé plusieurs villes importantes. L'ancien premier ministre Alain Juppé, qui s'est maintenu dans la vie politique malgré une condamnation pour fraude en 2004, a facilement réussi à se faire élire de nouveau à Bordeaux, obtenant 56 pour cent des voix. La presse bourgeoise a attribué cette victoire à l'habileté de Juppé à trouver des fonds publics et privés pour payer des initiatives locales.

L'UMP a maintenu le contrôle des principales villes de la Côte d'Azur — Marseille, Nice et Toulon — grâce à une intervention calculée du gouvernement national, faisant appel à des sentiments sécuritaires et anti-immigrés et promettant une certaine aide économique limitée.

La victoire de justesse de l'UMP à Marseille, un centre important du mouvement ouvrier français et qui a récemment assisté à une vague de grèves inhabituelles dans la distribution, a suivi une décision personnelle par Sarkozy de soutenir la candidature du maire sortant UMP, Jean-Claude Gaudin. Le 10 mars, le gouvernement a publié une lettre de Sarkozy à Gaudin, promettant d'embaucher davantage de policiers à Marseille, de rénover son port, et de faire en sorte que le TGV Rome-Madrid s'arrête à Marseille.

Le 11 mars, Sarkozy s'est arrêté dans la région pour faire un discours attaquant les immigrés à Toulon, une ville qui a déjà élu des maires du Front national (FN) néo-fasciste. Il a appelé de ses voeux une « immigration maîtrisée », soulignant que « la France ne peut pas accueillir tout le monde » et ajoutant que « Les quotas, moi, je suis pour. » Le PS, comme la gauche en général, n'apporte aucune réponse aux attaques de la droite sur l'immigration.

Les élections cantonales ont confirmé les tendances que l'on aperçoit dans les élections municipales : une victoire nette pour le PS (51 pour cent des voix) par rapport à l'UMP (44 pour cent), mais qui est loin d'être totale. Le soutien apporté au PS est bien moins que le niveau d'opposition à Sarkozy, qui s'élevait à 61 pour cent dans un sondage CSA du 29 février. Le vote UMP est aussi beaucoup plus important que la proportion (22 pour cent) qui se déclarent « proches de l'UMP ».

Le piètre résultat du PS se place dans le contexte d'un niveau record d'abstention, 38 pour cent dans des villes de plus de 3500 habitants. L'abstention était particulièrement forte dans les banlieues ouvrières des grandes villes : 60 pour cent à Roubaix dans la banlieue de Lille, 58 pour cent à Saint-Denis en banlieue parisienne, et 53 pour cent à Villeurbanne en banlieue lyonnaise.

N'importe quel observateur sérieux se sentirait obligé de comprendre pourquoi la colère et l'opposition envers Sarkozy ne trouvent pas d'expression plus puissante.

Un facteur important est la compréhension généralisée que le PS, le parti d'opposition le mieux établi, est un parti du patronat, offrant donc peu ou rien de plus aux travailleurs de l'UMP. Dans le sondage CSA du 29 février, 75 des sondés ont déclaré avec raison qu'ils ne croyaient pas que le PS résoudrait mieux que Sarkozy et l'UMP les questions nationales les plus pressantes. Le PS a une longue histoire de privatisations et d'austérité sociale quand il était au pouvoir, et à présent il fournit plusieurs membres du gouvernement de Sarkozy dont le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner et la secrétaire d’Etat à la politique de la Ville Fadela Amara.

Un autre facteur était la décision de Sarkozy et du premier ministre François Fillon de marteler qu'ils ne feraient aucune attention à l'opinion publique exprimée dans le résultat de l'élection. Dans une interview du 6 mars avec Sarkozy, le journal de droite Le Figaro a demandé, « Entendez-vous réformer au même rythme, quel que soit le résultat des élections ? »  Sarkozy a répondu : « Je dis à tous ceux qui m'ont fait confiance que je mènerai cette politique du changement avec la même force, la même envie, le même volontarisme tout au long des quatre prochaines années. »

Après le deuxième tour des municipales, Fillon a offert l'explication absurde que la défaite de l'UMP était attribuable à un ralentissement du rythme des « réformes », c’est-à-dire des attaques sociales, de son gouvernement. Malgré des sondages qui n’indiquaient que 39 pour cent de soutien pour une accélération des réformes, il a dit que la solution des difficultés de l’UMP passait par « accélérer le rythme des réformes et montrer que tous les engagements seront tenus ».

Le gouvernement n’a annoncé que quelques changements mineurs du personnel, notamment le remerciement du porte-parole présidentiel David Martinon.

Des questions sociales plus larges sous-tendent l’abstention populaire. Le caractère international des problèmes quotidiens des masses laborieuses en France devient de plus en plus clair. Ces problèmes, une inflation rapide et au niveau mondial des prix de l’alimentation, les ondes de choc financières qui émanent de la crise du crédit aux Etats-Unis, la montée de l’euro contre le dollar et la chute conséquente de la compétitivité de l’industrie européenne, menaçant l’emploi à travers la zone euro, dépassent les autorités locales et même nationales en France.

Après de grandes grèves pendant les six derniers mois contre la politique d’austérité de Sarkozy et parmi une menace de plus en plus évidente de dévastation économique, la population s’ouvre vers de nouvelles idées politiques. Cependant, aucun des partis actuels en France n’articule les intérêts des travailleurs.

Le journal centre-gauche Le Monde a brièvement fait allusion à ce problème, en passant, dans son analyse des élections avec le politologue François Miquet-Marty de LH2. Ce dernier remarqua: « De manière générale, on assiste davantage à une désaffection à l'encontre de la droite qu'à un vote de soutien en faveur de la gauche. C'est la raison pour laquelle il est difficile de parler d'un vote-sanction à l'encontre de Nicolas Sarkozy, mais plutôt d'un vote de défiance qui bénéficie à la gauche. [...] Aujourd'hui, les Français n'excluent aucune hypothèse pour améliorer leur situation quotidienne. Mais, en l'état actuel des choses, il n'existe pas à leurs yeux de solution plus crédible que les solutions proposées par l'exécutif. En d'autres termes, la gauche a un travail de reconstruction programmatique urgent à réaliser. Ce qui fait défaut, c'est l'offre électorale. »

« L'extrême-gauche » française, surtout les organisations pseudo-trotskystes  la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) et Lutte ouvrière (LO), a tenté non pas de combler, mais de cacher le vide politique à gauche du PS. Ils ont travaillé sans relâche et de façon opportuniste à nouer des alliances électorales avec le PS, malgré la crise de perspective politique sans précédent à laquelle sont confrontées les masses.

LO, qui a disait avoir 5000 candidats aux élections municipales et cantonales, a demandé à ses candidats au début de la campagne de rejoindre les listes PS, quand celles-ci le permettaient. A l'automne 2007, la LCR a décidé de proposer des listes indépendantes dans le contexte d'une décision de fonder un nouveau parti, prétendument indépendant du PS. La réaction électorale a été nettement positive, avec 109 des 200 listes de la LCR obtenant plus de 5 pour cent du vote et 29 recevant plus de 10 pour cent. La LCR a même reçu 15,7 pour cent à Clermont-Ferrand et 17,6 pour cent à Saint-Nazaire.

Malgré les apparences, cependant, le nouveau parti de la LCR n'est pas du tout politiquement indépendant du PS, et son indépendance organisationnelle vis-à-vis du PS est extrêmement fragile. Pendant les derniers mois, au courant d'une série de réunions avec divers éléphants du PS, les chefs de la LCR, y compris Alain Krivine et Daniel Bensaïd, ont tenté d'assurer le PS que leur nouveau parti se destinait à combattre la droite, non pas le PS.

Dans le contexte économique et politique actuel, le PS refuse de faire le moindre geste en direction des sentiments anti-capitalistes, écartant toute possibilité d'alliance politique avec des groupes tels LO ou la LCR. Il préfèrerait de loin que l'élite dirigeante française comprenne qu'il mène une politique conservatrice et pro-patronale.

A Lille, la candidate PS Martine Aubry a préféré nouer une alliance avec les Verts et le MoDem (Mouvement démocratique, centre-droite) de François Bayrou. Selon Aubry, « C'est un accord politique, pas électoraliste, puisque nous pouvons aisément gagner sans le MoDem. »

A Toulouse, où la liste LCR avait obtenu 5 pour cent des voix, les électeurs LCR étaient considérés comme étant essentiels pour la victoire du candidat PS Pierre Cohen. Interrogé sur France2 au sujet des instructions que donnerait la LCR à ses électeurs, le porte-parole LCR Olivier Besancenot a dit, « On appelle généralement à battre la droite, là-dessus il n'y a pas de suspense. » Par la suite, la LCR a formellement proposé une fusion de listes avec le PS, mais le PS a refusé.

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30 mars 2008 7 30 /03 /mars /2008 21:00

Moqtada al-Sadr appelle ses combattants à quitter les rues des

 

villes irakiennes

 

BAGDAD  (AP)

 

  L'imam chiite Moqtada al-Sadr a fait savoir dimanche qu'il retirait ses miliciens des rues dans tout l'Irak, semblant vouloir ainsi mettre fin aux affrontements qui, partis mardi de Bassorah (sud), ont déjà fait plus de 300 morts et étaient en train de s'étendre à tout le pays. Une annonce rapidement saluée comme positive par Bagdad: le Premier ministre Nouri al-Maliki a parlé d'un "pas dans la bonne direction".

Dans un communiqué en neuf points diffusé par son QG dans la ville sainte chiite de Najaf, l'imam extrémiste affirme retirer ses combattants de l'Armée du Mahdi de tout le pays, réclame l'arrêt des opérations gouvernementales et la libération des prisonniers.

Dans un entretien à la télévision publique, le porte-parole du gouvernement Ali al-Dabbagh a qualifié de "positive et responsable" cette annonce, attendant que tous les combattants y répondent favorablement, mais expliquant que désormais "quiconque prendra le gouvernement pour cible sera considéré comme hors-la-loi".

Plusieurs heures après l'annonce de l'imam, on entendait encore des tirs sporadiques dans Bagdad, la capitale sous couvre-feu depuis jeudi. Des roquettes ou obus de mortiers ont été tirés en direction de la Zone Verte. Au moins sept personnes ont été tuées et 21 blessés dans le quartier commercial de Karradah par des projectiles ayant manqué cette cible, selon la police. Par ailleurs, un soldat américain été tué lorsqu'une bombe a explosé en bord de route au nord de Bagdad dimanche, selon l'armée.

Mais plus tard dans la soirée, les autorités ont annoncé la levée du couvre-feu sur Bagdad à compter de 6h lundi matin. Une interdiction de circuler restera cependant en vigueur dans trois bastions des milices chiites, les quartiers de Sadr City, Kazimiyah et Shula.

La décision du chef chiite intervient alors que la résistance était de plus en plus féroce à Bassorah, la grande ville chiite du sud irakien, d'une importance stratégique cruciale car au coeur de l'industrie pétrolière de la région.

Depuis trois ans, les milices chiites rivales faisaient la loi à Bassorah, trempant dans tous les trafics et s'affrontant pour leur contrôle et celui de la ville.

Depuis mardi et le lancement de l'offensive des autorités irakiennes contre les combattants d'Al-Sadr à Bassorah, l'Armée du Mahdi avait repris les armes dans tout le pays chiite et à Bagdad, avec des affrontements qui ont fait au moins 300 morts, menaçant d'enflammer le pays.

Les sadristes, furieux, accusent les partis chiites rivaux de tenter d'écraser leur mouvement avant les élections régionales prévues d'ici à l'automne: ils étaient censés y engranger de bons résultats aux dépends d'autres partis chiites proches du Premier ministre.

Jurant de nettoyer Bassorah des "gangs criminels" qu'il a qualifiés pour certains de "pires qu'Al-Qaïda", Nouri Al-Maliki avait donc jeté toute sa crédibilité dans la balance et décidé de passer à l'offensive.

Mais l'ampleur de la résistance a pris par surprise le gouvernement de Bagdad, selon un officiel s'exprimant sous le couvert de l'anonymat.

La crise de Bassorah risque donc d'affaiblir encore un peu plus le Premier ministre et de prouver l'extrême fragilité de ce que Washington présentait comme une amélioration de la situation sur le terrain, à l'heure où l'engagement américain en Irak revient pour examen devant le Congrès.

Car les forces américaines ont commencé à s'impliquer: un avion de combat AC-130 a bombardé les combattants chiites qui attaquaient l'armée régulière à Bassorha samedi. Par ailleurs, selon les habitants de Sadr City, l'immense quartier populaire chiite de Bagdad, les bombardements américains et affrontements au sol y auraient fait dix morts samedi soir. L'armée américaine a démenti toute frappe sur Sadr City. AP

 

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30 mars 2008 7 30 /03 /mars /2008 20:52

Mobilisation nationale le 5 avril 2008

 

Manifestation à Paris - 14h30 Place d’Italie samedi 5 avril 2008.

 

A l'appel de Uni(e)s contre une immigration jetable, Collectifs de sans-papiers, RESF

 

La France c’est tous ceux qui y vivent.
La xénophobie d’Etat tue les droits de tous.
Français, immigrés égalité - solidarité !

Une politique qui nie les droits fondamentaux.

 

L’acharnement de ces dernières années contre les étrangers est impressionnant. Pas moins de cinq lois depuis 2002 ont été votées au mépris de la légitimité des étrangers installés en France à y bénéficier des droits de tous quelque soit leur statut juridique : attaques contre l’aide médicale d’Etat, tests ADN, multiplication des restrictions du droit d’entrée et de séjour des étrangers notamment par la limitation drastique du regroupement familial.

 

Le gouvernement impose une vision utilitariste de l’immigration. Après avoir établi des listes restrictives de métiers discriminant travailleurs provenant de l’UE et travailleurs du reste du monde, il a l’intention de modifier la Constitution au printemps pour introduire dans la loi la notion de quotas. De plus pour faciliter les expulsions, il veut créer une juridiction spéciale chargée de juger les étrangers sans papiers. Il souhaite faire adopter à l’échelle européenne une disposition rendant impossible à l’avenir toute opération de régularisation d’envergure.

 

Cette politique répressive touche non seulement les sans-papiers mais aussi les étrangers ayant un titre de séjour et les Français, surtout sur ceux d’origine étrangère. Pour chacun(e) des sans papiers piégé(e) par des contrôles d’identique iniques au faciès, combien d’étrangers en règle ou de Français « issus de l’immigration » se voient humilier quotidiennement ? Combien d’étrangers se voient refuser, pendant de longues années ou pour toujours, la possibilité de vivre avec leurs proches, en raison des critères arbitraires fixés par la loi et de la malveillance tatillonne des préfectures ? Combien d’étrangers et de Français se voient refuser le droit d’épouser la femme ou l’homme de leur choix au prétexte que leur amour ne serait que de complaisance ?

 

Une politique du chiffre qui tue

 

Contrôles au faciès, convocations piège en préfectures, rafles, non respect des voies et délais de recours, marquage de sans-papiers au feutre indélébile dans le Nord, pression sur les préfets, policiers et gendarmes pour qu’ils atteignent des objectifs chiffrés, mise en place de camps d’enfermement aux frontières de l’Europe. Chaque jour la descente dans l’ignominie s’accélère. Cet acharnement répressif brise et tue des êtres humains qui pour échapper aux expulsions prennent des risques parfois mortels (défenestrations, fuite par les toits, suicides, noyades)

 

Les politiques de chasse aux sans-papiers sont non seulement inhumaines et injustes, mais également coûteuses. Les coûts induits par cette débauche de moyens policiers et la mobilisation d’infrastructures (transports ferroviaires, portuaires et aériens) seraient plus utiles pour financer des services publics ou l’aide au développement. Au contraire, si ces mêmes sans-papiers étaient autorisés à vivre en France en tout légalité, n’étaient plus obligés de se cacher et n’étaient plus tenus d’accepter des conditions de travail dégradantes, le paiement des cotisations sociales de ces travailleurs permettrait de faire rentrer des milliards d’euros dans les caisses de la protection sociale.

 

Une politique qui réprime la solidarité

 

Le gouvernement s’efforce d’entretenir un climat de suspicion et de peur à l’égard des étrangers et de leurs soutiens : criminalisation de la solidarité, multiplication des poursuites judiciaires, utilisation des services publics, services sociaux et des inspecteurs du travail comme auxiliaires de police.

 

Afin d’aligner par le bas les droits sociaux, il fait le choix de la division : le pouvoir oppose Français et étrangers en agitant le mythe de l’invasion de la France, il oppose les bons immigrés intégrés aux mauvais immigrés, les étrangers en situation régulière aux sans-papiers, comme il oppose les salariéEs du privé à ceux et celles du public.

 

Une politique qui instrumentalise l’immigration au profit d’une politique antisociale et liberticide

Les étrangers sont utilisés comme des boucs émissaires afin de détourner l’opinion des vrais problèmes : pouvoir d’achat, protection sociale, retraites, précarité, services publics, place des femmes, avenir de la planète, discriminations.

 

Cette politique qui fait système est aujourd’hui notamment incarnée par le ministère de l’Immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du co-développement. Elle présente les étrangers comme une menace pour "l’identité nationale". Cette conception s’inspire d’une philosophie nationaliste et d’extrême droite. Elle contribue à justifier des politiques sécuritaires qui transforment notre société en Etat policier. Elle constitue une injure non seulement envers les étrangers, mais également envers les Français attachés aux valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité et de respect de la personne humaine. Elle donne de la France l’image d’un pays qui se replie de plus en plus sur lui-même.

 

Nous refusons cette politique ultra-libérale de casse du code du travail et salarial, dont les émigrés sont les premières victimes. Nous refusons cette politique européenne dictée par le patronat européen pour une "immigration choisie", permettant in fine cette délocalisation sur place, à moindre coût, et mise en concurrence des filières d’immigration de travail.

 

La liberté de circulation des êtres humains est une valeur fondatrice de la civilisation et de la démocratie.

Ce projet de société n’est pas le nôtre !

La société démocratique et solidaire à laquelle nous aspirons exige :
L’arrêt de la chasse aux sans-papiers, l’arrêt des expulsions et la fermeture des centres de rétention,
L’abrogation de lois stigmatisant les migrants et bafouant leurs droits,
La mise en oeuvre d
’une autre politique européenne, à l’opposé de l’Europe forteresse,

Des droits pour les femmes migrantes qui favorisent leur autonomie,
L’abolition de la taxe à l’emploi pour l’embauche de travailleurs étrangers,
Une politique d’accueil des étrangers leur permettant de vivre dignement en France.

 

Pour une société fraternelle et solidaire,
un sursaut citoyen s’impose
nous manifesterons tous ensemble

le 5 avril à Paris
14H30 Place d’Italie

 

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29 mars 2008 6 29 /03 /mars /2008 21:15

Affaire Kerviel : Moussa Bakir réclame son million d’euros

 

NICOLAS CORI

 

QUOTIDIEN : samedi 22 mars 2008

 

Dans l’affaire Jérôme Kerviel, il est l’ami et le collègue. Celui qui a aidé le trader de la Société générale à passer ses ordres. Celui qui a été le destinataire, via email, des derniers messages alarmés de son «poto» Jérôme, juste avant que la vérité n’éclate. Celui aussi qui a été un temps soupçonné de complicité, avant d’être exonéré.

 

Bonus.

 

Moussa Bakir, le courtier de la Fimat, veut maintenant rentrer dans ses droits de salarié. Il réclame un million d’euros à son employeur. Une somme importante que sa hiérarchie lui devrait, mais qu’elle refuse de verser, à cause de l’affaire Kerviel. Saisis en référé, les Prud’hommes devraient examiner l’affaire le 18 avril.

 

Le chiffre revendiqué est simple. A la Fimat, alors une filiale à 100 % de la Société générale, les courtiers recevaient, en plus de leur rémunération fixe, un bonus calculé sur l’activité qu’il générait. Bakir touchait ainsi 41 % du chiffre d’affaires réalisé, la somme étant calculée tous les trimestres, et versée dans le mois qui suivait. Coup de chance pour le coutier, son principal client, Jérôme Kerviel, passait en partie par lui pour prendre ses positions à 50 milliards d’euros. Au troisième trimestre 2007, Bakir avait ainsi gagné un bonus de l’ordre de 500 000 euros. Pour les trois derniers mois de l’année, il avait réalisé un chiffre d’affaires de 2,4 millions d’euros. La Fimat - qui entre-temps a fusionné avec une filiale du Crédit agricole et s’est rebaptisée Newedge - s’apprêtait donc à lui verser 1,02 million fin janvier. «Le chiffre est indiqué dans un document envoyé à mon client», souligne Jean-David Scemama, avocat du courtier.

 

Oui, mais le 24 janvier éclate l’affaire Kerviel. Bakir indique à sa hiérarchie le rôle qu’il a joué, et accepte de voir son bonus gelé, le temps de «fournir tous les éclaircissements possibles». Il est d’abord interrogé en interne, puis placé en garde à vue les 8 et 9 février. Il ressort avec le statut de témoin assisté, aucune charge ne pesant contre lui. «Toutes les opérations qu’a faites Bakir avaient été autorisées, contrôlées, suivies, et même encouragées», explique Maître Scemama.

 

Maladie.

 

Une version corroborée quelques jours plus tard par la Société générale, qui indique ne pas avoir identifié de «complicité interne ou externe». Du coup, aucune sanction interne n’est prise à l’encontre de Bakir. Mais cette mise en cause le déstabilise, et il est placé en arrêt maladie. Quant à la direction de Newedge, elle profite de la poursuite de l’instruction pour refuser de verser son dû au courtier. «La direction accepte de payer un bonus, mais uniquement sur les opérations hors Kerviel, explique Maître Scemama. Pourtant, elle a bien encaissé les commissions générées par l’activité du trader.» C’est un aspect inédit de l’affaire : Jérôme Kerviel a (aussi) fait gagner de l’argent à sa banque.



http://www.liberation.fr/actualite/economie_terre/317059.FR.php

© Libération

 

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29 mars 2008 6 29 /03 /mars /2008 20:58

Les soupçons sur le caractère militaire du nucléaire iranien se multiplient

 

LE MONDE | 26.03.08 | 14h19  •  Mis à jour le 26.03.08 | 14h19



  Alors que le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté récemment une troisième série de sanctions destinées à forcer l'Iran à interrompre son programme nucléaire, Le Monde a eu accès à des documents attestant que Téhéran a poursuivi un programme nucléaire militaire après 2003, contrairement à ce qu'affirmait un rapport de la direction nationale du renseignement américain, publié le 3 décembre 2007.

 

Le 25 février, le directeur général adjoint de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), le Finlandais Olli Heinonen, avait présenté des preuves de l'existence de ce programme militaire nucléaire iranien. Une lettre adressée courant 2004 à Gholam Reza Aghazadeh, vice-président de l'Organisation de l'énergie atomique d'Iran (AEOI), par l'ingénieur Mahdi Khaniki, l'un des principaux interlocuteurs de l'AIEA et ancien ambassadeur d'Iran en Syrie, confirme ses accusations.

 

Ce document dresse un état des lieux des relations de Téhéran avec les inspecteurs de l'agence de Vienne. Mahdi Khaniki rappelle notamment que les inspecteurs de l'AIEA - qui agissent sous la direction de M. Heinonen - ont exigé de voir les contrats portant sur l'acquisition de pièces détachées entrant dans la mise au point des centrifugeuses. Assemblées en "cascade", ces centrifugeuses permettent d'enrichir l'uranium, éventuellement jusqu'à obtenir une qualité militaire.

 

"Lors d'une réunion qui s'est déroulée le 31 janvier 2004 en présence du Dr Rohani (Hassan Rohani, principal négociateur du programme nucléaire iranien jusqu'à fin 2005), celui-ci a décidé que ces contrats devaient être préparés conformément aux souhaits de l'AEOI, de façon à ce qu'ils soient prêts à être fournis à l'AIEA." "Il faut noter, ajoute-t-il, que le représentant du ministère de la défense et d'assistance aux forces armées a indiqué lors de cette réunion que les contrats avaient été rédigés pour une présentation (à l'AIEA)."

 

"Or, poursuit Mahdi Khaniki, des parties de ces contrats, que j'ai moi-même vues au ministère de la défense, étaient biffées de lignes noires et les quantités ne figuraient pas ; il semble donc que ces contrats provoqueront plus de questions que ceux qui devraient (normalement) être présentés à l'Agence (l'AIEA)." Et de conclure : "Naturellement, j'ai demandé au préalable à l'ingénieur Mohamadi de préparer le nombre nécessaire de contrats (corrigés) et j'espère qu'il l'a déjà fait."

 

Pour les spécialistes du dossier iranien, cette lettre représente une preuve évidente de l'implication du ministère de la défense iranien dans le dossier nucléaire. Ce qui conforte les soupçons sur le caractère militaire de ce programme, tout en attestant des efforts des Iraniens pour en dissimuler la nature.

 

Selon des sources proches d'un service de renseignement, ce courrier s'inscrit dans le cadre du "Projet 13", dont l'intitulé est "projet pour la disparition des menaces". Ce projet aurait vocation à tromper les inspecteurs de l'AIEA. Le Centre de recherche en physique (PHRC) de Lavizan Shian a ainsi été rebaptisé "AMAD", et ses "départements" sont devenus des "projets", afin de brouiller les pistes. Dans un deuxième temps, probablement en 2006, l'appellation "AMAD" a également été supprimée. Depuis, il n'est plus fait mention que du "Centre" pour désigner la direction du programme nucléaire militaire.

 

Les services de renseignement américains ont capté, à la mi-décembre 2006, une conversation entre deux fonctionnaires non identifiés tenue au ministère de la défense à Téhéran et faisant état de divergences entre responsables de l'AEOI et du ministère de la défense. L'un des deux interlocuteurs fait référence au "Centre" et souligne : "L'AEOI s'occupait de ses intérêts, et sa politique se situait à 180 degrés de la nôtre. Actuellement, comme pour la CTBTO (Organisation du traité d'interdiction complète des essais nucléaires), je pense que le ministère de la défense doit avoir le dernier mot, parce qu'ils (les dirigeants de l'AEOI) savent qu'au bout du compte nous avons l'intention de conduire des tests." Le doute subsiste sur la nature de ces "tests", mais cette référence renforce les soupçons.

 

Les informations rendues publiques par Olli Heinonen, en février, à Vienne, contredisent une partie des conclusions du rapport des services américains en décembre 2007. Pour expliquer cette incohérence, certains diplomates français évoquent un "dysfonctionnement majeur" au sein de l'administration américaine.

 

D'autres sources avancent que, courant 2007, les services de renseignement américains, ainsi que le Pentagone, se sont inquiétés du climat va-t-en-guerre qui régnait alors à Washington, et du risque de voir le président George Bush ouvrir un nouveau front militaire contre l'Iran. Le rapport du mois de décembre aurait alors eu pour but de couper court à la tentation de l'exécutif américain de recourir à la force.

 

Laurent Zecchini

Article paru dans l'édition du 27.03.08

 

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28 mars 2008 5 28 /03 /mars /2008 22:16

Bilan et perspectives en Irak

 

 

www.voltairenet.org

 

Alors que la presse dominante s’interroge pour savoir si la nouvelle stratégie US en Irak fonctionne où s’il faut vite retirer les GI’s, Thierry Meyssan dresse un double bilan de la guerre d’Irak : celui des faits et celui des mensonges. Il observe le choix de la Maison-Blanche de tout sacrifier pour faire adopter la loi sur le pétrole et l’accord de défense irako-US. Et il en tire les conséquences prévisibles : la relance du conflit, la défaite annoncée dans les marécages d’Al-Basra, et la fin de l’empire états-unien.

 

La presse internationale consacre ses éditions des 19 et 20 mars à dresser le bilan de la guerre en Irak, cinq ans après le début de l’opération anglo-saxonne. Malheureusement, il ne s’agit aucunement d’un bilan politique, uniquement d’un prolongement de la campagne électorale états-unienne visant à répondre à la question du jour : faut-il ou non retirer les GI’s ? Deux arguments cyniques s’opposent. D’un côté les républicains ressassent que « L’escalade (surge), ça marche ! », c’est-à-dire qu’ils finiront bien par écraser cette rébellion et par dominer ce pays. De l’autre, les démocrates brandissent le dernier livre de Joseph Stiglitz, La Guerre de 3 billions de dollars, pour réclamer du beurre plutôt que des canons. Aucun des deux camps n’offre la moindre perspective, ni pour la région que les États-Unis ont dévasté, ni pour leur Empire au bord du vide.

Il est vrai qu’un bilan politique de la guerre en Irak devrait commencer par l’analyse des mobiles et des moyens mis en œuvres pour y parvenir. Or, ni la presse atlantiste, ni les candidats à la Maison-Blanche ne peuvent s’aventurer sur ce terrain car aucun n’a entrepris le début d’une amorce de reconnaissance de ses erreurs d’analyse et de révision de sa doctrine.

Pas de bilan sans révision des causes

On ne peut comprendre la guerre en Irak si l’on ignore —ou feint d’ignorer— d’une part les intérêts économiques en jeu, les plans sionistes d’autre part, et la coalition de ces deux forces. On ne peut comprendre comment l’administration Bush a plongé les États-Unis dans cette guerre si l’on persiste dans le mensonge du 11 septembre et la fable de la « guerre au terrorisme ».

 

Permettez-moi ici de rappeler comment la presse atlantiste refusa les évidences et persiste dans son erreur. Peu après les attentats de New York et Washington, je publiais un ouvrage de sciences politiques, L’Effroyable imposture, destiné au grand public. Après y avoir démontré l’inanité de la version bushienne des évènements, j’y étudiais en détail les conséquences politiques. J’annonçais ainsi le premier la guerre contre l’Irak que personne n’envisageait à l’époque, mais qui survint néanmoins l’année suivante.

 

Cherchant un argument rapide pour disqualifier mon travail, le quotidien « de référence » (sic) Le Monde assurait dans un éditorial au vitriol que les conséquences de ma version du 11 septembre étaient si grotesques qu’elles suffisaient à démentir mes propos. Edwy Plenel écrivait en riant : « si l’attaque est venue de l’intérieur, et non de l’extérieur, elle est le résultat d’un complot ourdi par les éléments les plus extrémistes de l’armée américaine, qui voulaient obtenir le feu vert du président pour se lancer à l’assaut de l’Afghanistan et bientôt de l’Irak » [1]. Et les dirigeants du Monde, se ruant sur les plateaux de télévision au cri de « Nous sommes tous Américains ! », se gaussèrent en suggérant que j’avais onze ans de retard, l’attaque de l’Irak ayant eu lieu en 1991. Participant à la surenchère, le mensuel Le Monde diplomatique chroniquait mon ouvrage. Serge Halimi centrait son jugement sur une phrase du livre illustrant, selon lui, ma totale incompétence : « La réalité met à mal une autre hypothèse avancée comme élément de preuve. Ainsi on apprend (page 69) qu’ “Henry Kissinger est la figure tutélaire, l’inspirateur des faucons” à l’origine du coup d’État. C’est mal connaître l’histoire américaine » [2]. Problème : le rôle de M. Kissinger dans la préparation de la guerre d’Irak a été attesté depuis par Bob Woodward et le « cher Henry » imposa comme gouverneur d’Irak son protégé et associé, L. Paul Bremer III.

 

Permettez-moi d’observer que si les pandits se sont trompés, c’est parce que leur base de départ était fausse. Par conséquent, ils ne seront pas capables de comprendre la guerre au terrorisme tant qu’ils n’auront pas fait l’effort de réviser leur vision du 11 septembre.

 

Je rappelle au bon souvenir de mes contradicteurs que cette divergence de départ nous a conduits à interpréter de manière opposée chaque étape de la guerre d’Irak. Malgré les rapports des inspecteurs de l’ONU sous la direction d’Hans Blix, la presse atlantiste a avalé l’accusation anglo-saxonne selon laquelle Saddam Hussein disposait d’armes de destruction massive et de lanceurs capables de toucher la Grande-Bretagne en 45 minutes et Miami en quelques heures. Puis, elle s’est laissée hypnotiser par le show de Colin Powell au Conseil de sécurité accusant l’Irak laïque de soutenir les extrémistes religieux d’Al-Qaïda.

 

Elle n’a pas douté un instant que les missiles de croisières qui s’abattaient sur Bagdad ne tuaient que les cadres du Baas et épargnaient la population civile. Elle nous a abreuvé d’images de la Libération de Paris où les Français en liesse applaudissaient les GI’s pour nous préparer à « vivre en direct la Libération de Bagdad », et elle a exulté lorsque quelques figurants ont renversé une statue de Saddam Hussein [3].

 

Elle a caché que l’Autorité Provisoire de la Coalition était une entreprise privée, établie sur le modèle britannique de la Compagnie des Indes et destinée à piller le pays [4] ; au contraire, elle a fait croire à ses lecteurs et téléspectateurs qu’il s’agissait d’un organisme public comparable à ceux qui reconstruisirent l’Allemagne et le Japon au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

 

Arrêtons-là cette énumération nauséeuse et posons la problématique centrale : la presse atlantiste et les candidats à la Maison-Blanche persistent à affirmer que cette guerre était juste. Comme le président Bush n’a pas manqué de le souligner, il n’existe de débat que « sur la question de savoir si cela avait valu la peine de faire la guerre, si cela vaut la peine de poursuivre la lutte et si nous pouvons la remporter » [5]. En réalité, c’est une entreprise anachronique de colonisation visant à satisfaire à la fois les intérêts du lobby de l’énergie, du complexe militaro-industriel et de la colonie sioniste de Palestine.

Au passage, tordons le cou à quelque-uns des poncifs qui noircissent les colonnes des journaux de la semaine. Il est de bon ton de dire que la guerre fut un brillant succès, et que c’est au lendemain de la chute du tyran que les choses se corsèrent. Pouvait-il en être autrement ? L’armée irakienne était placée sous embargo depuis sa défaite de 1991. Autrement dit, elle était désarmée. La Coalition a quand même utilisé des moyens démesurés pour la vaincre, comme on utilise une enclume pour écraser une mouche.

Le problème n’était évidemment pas la victoire, mais l’après-Saddam Hussein.

Par ailleurs, la presse atlantiste fait reposer rétrospectivement la responsabilité de l’échec de cette période sur la décision de Paul Bremer de dissoudre l’armée irakienne. Les soldats démobilisés se seraient immédiatement transformés en insurgés. C’est une erreur d’analyse. Lorsque le gouverneur Bremer a dissout l’armée irakienne, celle-ci n’existait déjà plus. Ses hommes avaient préféré déserter que se rendre. Le chaos n’est pas venu de la décision de Bremer, mais du renversement de l’État, lequel était l’objectif de guerre du mouvement sioniste.

Encore une fois, si erreur il y a eu, elle n’est pas dans ce que la Coalition a accompli, mais dans l’interprétation que la presse en a fait.

 

Le bilan de la guerre pour les arabes, ce sont des souffrances et des destructions : 1 million de morts et 4,5 millions de déplacés et réfugiés ; des dizaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants détenus sans jugement dans des prisons US ou irakiennes ; des régions entières irradiées et polluées jusqu’à en devenir inhabitables ; les vestiges des plus anciennes civilisations urbaines pillés, rasés, voire ensevelis sous l’asphalte. Pour les occidentaux, le bilan c’est le renversement des démocraties par le mensonge et l’obscurantisme, le retour des crimes coloniaux et de la barbarie, la transformation complète de l’économie des États-Unis en économie de guerre.

 

Mais une fois que nous avons ouverts les yeux sur cette noire réalité, nous devons réfléchir à ses développements futurs et à notre capacité de changer le cours de choses plutôt que de nous battre la coulpe.

Et maintenant ?

Que va-t-il se passer maintenant ? La démission de l’amiral William Fallon a exacerbé le conflit entre les officiers supérieurs états-uniens [6]. D’un côté, le général David Petraeus se félicite des résultats de sa stratégie. L’augmentation du nombre d’hommes sur le terrain a correspondu à la diminution des violences. Il exige donc le maintien d’au moins 140 000 GI’s en Irak. De l’autre, le général Mike Mullen, inquiet du surdéploiement et de l’épuisement de ses troupes, cherche par tous les moyens à les retirer pour éviter une rupture logistique imminente, suivie d’une défaite prévisible.

 

Petraeus déposera les 8 et 9 avril devant le Congrès, qui tranchera. Les partisans de l’occupation font tout ce qu’ils peuvent pour que le général ne soit accompagné que par ses plus fidèles adjoints ; tandis que les partisans du retrait tentent de glisser un témoin à charge dans la salle d’audition. Car la décision des parlementaires et l’avis de l’opinion publique dépendront de l’appréhension qu’ils auront de la poursuite de cette aventure.

 

Contrairement à ce qu’affirme David Petraeus, l’amélioration sécuritaire n’a pas grand chose à voir avec les 30 000 GI’s qu’il a reçu en renfort. En effet, il a donné instruction de réduire les patrouilles en ville et de cantonner au maximum les troupes dans les casernes. S’il veut maintenir un corps expéditionnaire aussi nombreux, c’est qu’il a besoin d’hommes, de manière occasionnelle, pour mener de vastes campagnes punitives. C’est surtout que ces hommes doivent rester sur zone pour jouer plus tard la seconde manche : l’attaque de l’Iran, qui n’est certes plus à l’ordre du jour, mais qui ne pourra jamais être envisagée si les personnels sont rapatriés.

 

En réalité, les résultats du général Petraeus sont le fruit d’une stratégie élaborée par son conseiller australien, David Kilcullen. L’idée de base est de « désagréger » la Résistance, de la faire passer d’un mouvement national à une multitude de groupuscules désarticulés. Les Kurdes se sont tenus calmes tant qu’ils ont cru aux promesses que Washington leur énonce depuis seize ans : s’ils coopèrent, ils auront un jour un État indépendant avec un sous-sol gavé de pétrole. Les chiites se sont calmés lorsque les Britanniques ont notabilisé leurs leaders en les associant à la gestion régionale, puis nationale, et que l’Iran a appelés les plus irréductibles à la retenue. Quand aux sunnites, ils ont cessé leurs attaques lorsque les jeunes les plus révoltés ont été identifiés, traités comme des délinquants et non comme des idéalistes, et que 80 000 d’entre eux ont été salariés à 10 dollars par jour.

 

Le général David Petraeus n’a aucune intention d’expliquer cela en détail au Congrés car il sait qu’il ne pourra pas continuer longtemps sur cette voie. Sa stratégie contre-insurrectionnelle a trouvé sa limite : elle devient incompatible avec les objectifs de ses patrons, le tandem Bush-Cheney, soutenu par les multinationales du pétrole et de l’équipement. Et son « plan B » n’est pas réjouissant.

 

L’objectif actuel principal de la Maison-Blanche, c’est en premier lieu l’adoption par le Parlement irakien et la ratification par son gouvernement d’une loi donnant licence aux compagnies pétrolières US d’exploiter les ressources du pays à des conditions léonines [7] ; puis la signature et la ratification d’un accord de sécurité irako-US autorisant des bases militaires états-uniennes extra-territorialisées pour les siècles à venir.

 

Pour les mettre en œuvre, le vice-président Cheney s’est rendu cette semaine en Irak et dans la région. Il a obtenu la promulgation d’une nouvelle loi électorale, bloquée depuis février. Sur cette base, des élections législatives auront lieu le 1er octobre pour composer un nouveau Parlement, plus docile. Pendant un mois et demi, on jouera la lune de miel entre Bagdad et Washington, le temps de laisser passer l’élection présidentielle US. Puis, dés que la loi sur le pétrole et l’accord de sécurité seront actés, le pays s’embrasera à nouveau contre l’occupant. Le seul moyen de s’assurer de la victoire future, c’est de réduire aujourd’hui la résistance potentielle, tel est le « plan B ». La Maison-Blanche a choisi de s’appuyer à terme sur les sunnites, avec l’aide de l’Arabie saoudite, contre les autres populations irakiennes. La nouvelle loi électorale a été conçue pour renforcer la représentation sunnite au Parlement. Par ailleurs, un message clair a été envoyé aux Kurdes via l’armée turque. Reste à éradiquer les milices chiites avant qu’elles ne se soulèvent. C’est ce que le général irakien Mohan al-Furayji devra essayer de faire dans les six prochains mois.

 

L’amiral Fallon, qui vient de démissionner du Central Command, considérait ce « plan B » comme voué à l’échec. Dernier grand officier à avoir vécu la guerre du Vietnam, il avait mit en garde à propos des combats à livrer au sud de l’Irak, non plus dans des déserts, mais dans des marécages d’Al-Basra.

Deuxièmement, il anticipait qu’une guerre contre les chiites irakiens déstabiliserait immédiatement le Koweït voisin, puis à terme le Bahrein et l’Arabie saoudite. Troisièmement, il considérait que neutraliser des combattants sunnites à 10 dollars par jour, c’est être certain qu’ils se retourneront contre les États-Unis avec les armes qu’on leur a données dès qu’ils le pourront.

Au demeurant, Petraeus et Kilcullen ont toujours affirmé qu’ils préviendraient ce problème en régularisant à terme leurs combattants-salariés, c’est-à-dire en les intégrant dans les forces de sécurité irakiennes. Mais on ne voit pas comment ces dernières pourraient absorber instantanément 80 000 hommes sans être infiltrées par la Résistance. D’ores et déjà 49 unités auraient fait défection avec leurs armes et 38 menaceraient de le faire si leurs hommes ne sont titularisés sans délais [8].

 

Comme je l’ai indiqué dans ces colonnes la semaine dernière, William Fallon avait conduit des négociations fructueuses avec l’Iran pour pacifier la région. L’accord a été confirmé lors d’une réunion secrète réunissant le président iranien Mahmoud Ahmadinejad et le chef d’état-major interarmes des États-Unis, Mike Mullen, le 2 mars à Bagdad. Il a été désavoué par la Maison-Blanche et les engagements pris au nom des États-Unis n’ont pas été tenus. Cela non plus ne pourra pas être expliqué par David Petraeus au Congrès. La rupture unilatérale de cet accord secret a conduit Téhéran à prendre des mesures de rétorsion, au premier rang desquelles l’encouragement de radicaux irakiens chiites à la rébellion. En outre, la Chine et surtout la Russie ayant été associées à ces négociations, et ne pouvant accepter un dispositif menaçant à terme l’intégrité de l’Iran, ont également pris des mesures de rétorsion. La discrète visite du général Leonid Ivashov à Damas, suivie du voyage officiel du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, a ouvert la voie à un transfert massif d’armes à la Résistance irakienne, libanaise et palestinienne.

 

S’il y a une leçon à tirer des cinq première années de la guerre d’Irak, c’est que certains protagonistes ne tirent jamais de leçon de leurs erreurs. Les leaders kurdes ont, comme toujours depuis un siècle, conduit leur peuple dans une impasse [9]. Le Pentagone reproduit avec ses salariés sunnites ce qu’il a fait en Afghanistan et devra affronter les mêmes conséquences : il forme et arme des voyous jusqu’à en faire d’incontrôlables seigneurs de la guerre. Quand à la Maison-Blanche, elle s’entête à faire passer les intérêts de quelques firmes (ici Bechtel, BP, Chevron, ExxonMobil, Halliburton, Shell, etc.) devant ceux des États-Unis, et croit déraisonnablement que la corruption et la violence permettent de dominer toutes les situations.

 

Le général Leonid Sajin, qui ayant vécu la mort de l’URSS n’a pas de mal à concevoir celle des États-Unis, déclarait mardi à Moscou : « La guerre d’Irak, qui dure depuis 5 ans, a pratiquement épuisé l’armée états-unienne qui était considérée jusque-là comme la plus puissante du monde. Seul le désespoir peut à présent pousser les États-Unis à déclencher une guerre contre l’Iran. Une telle guerre sonnera la fin de cette armée : frappés par la récession économique et compte tenu du mauvais moral de leurs militaires, les États-Unis ne tiendront pas le coup ». Nous pouvons ajouter, les États-Unis ne survivront pas non plus à une guerre dans les marécages irakiens contre l’Iran par milices chiites interposées.

 

par Thierry Meyssan*

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27 mars 2008 4 27 /03 /mars /2008 21:58
RASSEMBLEMENT POUR LA PALESTINE

DEVANT LA FONTAINE DES INNOCENTS PARIS 1ER, LES HALLES

SAMEDI 29 MARS DE 15 HEURES A 18 HEURES


PALESTINE, UN SEUL ETAT POUR TOUS

 

VENEZ DEBATTRE AVEC NOUS !


-------------------------------------------------------------------------
La Pierre et l'Olivier Collectif Cheikh Yassine

Collectif De La Communaute Tunisienne en Europe

Alliance zapatiste de libération sociale http://azlsbasta.blogspot.com

contact : genocidepalestinien@yahoo.fr

 

 

HALTE AU GÉNOCIDE DU PEUPLE PALESTINIEN
&
SOUTIEN A LA RESISTANCE A GAZA

IL N'Y A PAS DE PALESTINIENS " MODERES "

IL N'Y A PAS DE PALESTINIENS " ISLAMISTES "

IL N'Y A QUE DES PALESTINIENS COLONISES

La bande de Gaza n'a jamais été libérée.

 

La petite bande de terre, coincée entre la mer et le désert est devenue une prison à ciel ouvert, avec la famine en plus, vu que les Gazaouis sont cernés de tous côtés par cette armée inhumaine qui s'appelle Tsahal. Le seul gouvernement issu des élections n'a jamais pu gérer ce que les urnes lui avaient octroyé. Sans ressources, sans espaces, ni aérien, ni marin, ni terrestre, Gaza et ses habitants sont condamnés à étouffer. Bombardés tous les jours, Massacrés par
centaines, dont beaucoup de femmes et d'enfants, les Palestiniens de Gaza résistent pourtant à l'occupant et nous donnent une sacrée leçon de courage.

 

Il n'y a pas de guerre civile, il n'y a pas deux gouvernements palestiniens, il n'y a pas d'un côté des Palestiniens modérés avec lesquels il faut traiter la récession des dernières terres et de l'autre côté des Palestiniens répertoriés sur une liste terroriste orchestrée par les impérialistes.

il y a juste un peuple colonisé depuis 60 ans, luttant pour sa survie et résistant stoïquement avec peu de moyens.

Ceux que l'on désigne comme des putschistes n'ont voulu qu'arrêter la guerre fratricide en s'opposant aux collaborateurs de l'Etat sioniste afin de continuer à résister légitimement à l'occupant.

 

Tout ce plan fait partie d'un génocide programmé, il y a soixante ans, au vu et au du monde entier, avec un aplomb hallucinant, afin de vider la terre de Palestine de ses occupants. Et pendant ce temps le bourreau continue impunément à jouer les victimes, à parader dans nos salons littéraires, à être reçu en grande pompe et sans honte par nos dirigeants, avec la complicité de la communauté internationale (USA et Union Européenne en premier).

 

C'EST POUR LUTTER CONTRE CE GENOCIDE ADMIS, QUI EST LE SEUL GENOCIDE AU MONDE ET DANS TOUTE L'HISTOIRE DE L'HUMANITE A ETRE
CONSIDERE COMME LEGAL ET LEGITIME, QUE NOUS ORGANISONS LE

RASSEMBLEMENT POUR LA PALESTINE

DEVANT LA FONTAINE DES INNOCENTS PARIS 1ER, LES HALLES

SAMEDI 29 MARS DE 15 HEURES A 18 HEURES


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27 mars 2008 4 27 /03 /mars /2008 21:48

Allemagne : le SPD dans la tourmente, par Cécile Calla

 

LE MONDE | 26.03.08 | 13h23  •  Mis à jour le 26.03.08 | 13h23


  Le Parti social-démocrate allemand (SPD) pourra-t-il bientôt sortir de la crise dans laquelle il est plongé ? En donnant son feu vert aux régions de l'Ouest pour un éventuel rapprochement avec Die Linke (la gauche radicale), le président du SPD, Kurt Beck, a fait resurgir les lignes de fracture de la social-démocratie allemande. Au coeur de ce conflit, le combat de la députée SPD Dagmar Metzger contre le projet de rapprochement avec Die Linke d'Andrea Ypsilanti, la chef du SPD en Hesse.

Pour cette parlementaire originaire de Berlin-Ouest et dont la famille a vécu la coupure en deux de la ville, il est impensable de rompre une promesse faite avant les élections et de nouer une alliance avec la gauche radicale, composée de l'ancien Parti communiste est-allemand ainsi que d'altermondialistes et syndicalistes de l'Ouest. En face, Madame Ypsilanti, qui appartient à l'aile gauche du SPD, analyse la situation de manière bien différente : pour se faire élire ministre-présidente de la région et chasser Roland Koch (CDU), elle n'a pas d'autre choix que de coopérer avec Die Linke.

Cette divergence a valeur de symbole pour l'ensemble du SPD. Le parti est déchiré entre une aile pragmatique qui revendique l'héritage de l'agenda 2010 - le programme de réformes socio-économiques mis en place par l'ex-chancelier Gerhard Schröder - et souhaite poursuivre les réformes, et une aile gauche qui aimerait renforcer le profil social du SPD et ne craint pas un rapprochement avec Die Linke.

Les cercles centristes du parti avec, à leur tête, les deux vice-présidents, le ministre des affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, et le ministre des finances, Peer Steinbrück, fustigent la nouvelle ligne instaurée par M. Beck à l'égard de Die Linke. Déjà forcés à accepter une réorientation du parti vers la gauche à l'automne 2007, ils craignent que le SPD s'éloigne un peu plus du centre, là où M. Schröder avait cherché à l'ancrer, laissant ainsi la place libre à l'Union chrétienne-démocrate (CDU), le parti de la chancelière Angela Merkel. Ils voient dans cette décision une menace pour la crédibilité du parti. En effet, le SPD peut difficilement affirmer qu'il ne nouera aucune alliance avec Die Linke au niveau fédéral après les législatives de 2009, s'il ouvre aujourd'hui la porte à la gauche radicale dans les régions de l'Ouest.

L'évolution politique récente semble leur donner raison. La décision de M. Beck a conduit le SPD à la débâcle en Hesse, puisque Madame Ypsilanti a dû renoncer, dans un premier temps, à se porter candidate au poste de ministre président. En parallèle, le SPD est en chute libre dans les sondages. Le 12 mars, une enquête de l'institut Forsa publiée par Stern créditait le SPD de 23 % d'intentions de vote. Pour tenter de réconcilier le parti, le président du SPD a annoncé, le 10 mars, une discussion de fond sur les rapports avec Die Linke sans remettre en cause sa nouvelle stratégie.

Le SPD n'a jamais été capable de définir une ligne solide à l'égard de la gauche radicale. En Allemagne de l'Est, où Die Linke est représentée dans tous les parlements régionaux, les sociaux-démocrates ont toujours hésité entre rapprochement et ostracisme, sans pouvoir trancher. Après la chute du mur de Berlin, Hans-Jochen Vogel, alors président du parti, avait décidé de bâtir de toutes pièces un nouveau SPD en ex-RDA plutôt que d'absorber les cercles sociaux-démocrates de l'ancien Parti communiste est-allemand (SED), rebaptisé PDS. Le SPD a été contraint de s'appuyer sur le PDS pour se maintenir au pouvoir à l'Est. Dès 1994, les sociaux-démocrates ont utilisé les voix du PDS pour constituer un gouvernement minoritaire avec les Verts dans le Land de Saxe-Anhalt. Puis des coalitions SPD-PDS se sont formées dans le Mecklembourg-Poméranie- Occidentale, en 1998, et à Berlin, depuis 2001, malgré l'opposition du chancelier Schröder.

RAPPROCHEMENT INÉLUCTABLE

Lorsqu'une nouvelle étape a été franchie, en juin 2007, avec la fusion entre le PDS et le WASG composée d'ex-sociaux-démocrates et d'altermondialistes, le président du SPD, M. Beck, a décidé de corriger un pan de l'agenda 2010 plutôt que de lancer une réflexion sur les rapports entre le SPD et le nouveau parti. En même temps, il a affirmé qu'il n'y aurait aucune alliance avec Die Linke au niveau fédéral et dans les régions de l'Ouest.

Pour l'aile gauche du parti, c'était le moyen de prendre sa revanche sur l'ère Schröder, de limiter l'hémorragie des adhérents et de répondre au besoin croissant de justice sociale au sein de la population. Cette politique n'a pas pu endiguer le succès de Die Linke, qui a fait son entrée dans les parlements de la Hesse, de la Basse-Saxe et de Hambourg en janvier et février. Désormais, les représentants de l'aile gauche considèrent qu'un rapprochement avec Die Linke est inéluctable. Les jeunes générations, à l'instar de Franziska Drohsel, la présidente des Jusos, l'organisation des jeunes sociaux-démocrates, ont même déjà commencé à nouer des contacts. Le bouleversement induit par l'arrivée de la gauche radicale oblige le SPD à réfléchir à de nouvelles options de pouvoir, à l'instar de la CDU, qui va peut-être tester un nouveau genre de coalition en faisant alliance avec les Verts à Hambourg.

Néanmoins, la présence d'Oskar Lafontaine, un transfuge du SPD devenu coprésident de Die Linke depuis juin 2007, constitue encore un obstacle important. Les sociaux-démocrates ne lui ont pas pardonné sa trahison de 1999, lorsqu'il avait démissionné avec fracas de ses fonctions de ministre des finances et chef du SPD en raison d'un désaccord sur les réformes avec le chancelier Gerhard Schröder.

Pour le moment, le SPD exclut une coalition avec Die Linke au niveau fédéral et privilégie un rapprochement avec les libéraux (FDP) en vue des législatives de 2009. Ces derniers, partenaires de la droite chrétienne depuis les années 1980, se détachent de la CDU. L'aile droite du parti espère plus que jamais éviter une candidature de M. Beck à la chancellerie et favorise à sa place M. Steinmeier. Depuis le changement de stratégie à l'égard de Die Linke, la popularité de M. Beck s'est effondrée. Selon une enquête d'opinion d'Infratest Dimap, seuls 20 % des électeurs seraient prêts à voter pour le président du SPD contre 62 % pour Angela Merkel (CDU). Mais un renversement à la tête du parti paraît peu probable. Le SPD a déjà vu défiler trois présidents en moins de quatre ans et le seul candidat plausible, M. Steinmeier, n'a pas assez de légitimité pour pouvoir occuper ce poste. Le SPD a encore des mois agités en perspective.

 

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27 mars 2008 4 27 /03 /mars /2008 21:47

À propos d'un licenciement politique à la LCR


www.unir.asso.fr


Dans son édition datée du 28 mars,
Le Monde vient de rendre publique la situation dans laquelle se retrouve le courant Unir de la LCR à la suite de la réunion des 15 et 16 mars de la direction nationale de la LCR. Notre camarade Christian Picquet s'y est effectivement vu immédiatement « dépermanentisé ». Dit autrement, il y a été procédé à son licenciement politique…

 

Résumons les faits. Le courant Unir de la LCR (plate-forme B du dernier congrès de l'organisation) agit depuis des années en faveur du rassemblement de toutes les composantes de la gauche antilibérale et anticapitaliste, dans la perspective d'une nouvelle force politique, un nouveau parti anticapitaliste, large, pluraliste. C'est au nom de cet objectif qu'il n'avait pas accepté, en septembre 2006, que la majorité de direction de la LCR n'ait pas appliqué le mandat que lui avaient donné les militants de l'organisation, celui de tout mettre en œuvre « pour aboutir » à une candidature unitaire à la présidentielle de 2007, en s'appuyant sur la dynamique qui avait caractérisé la campagne du « non » de gauche au traité constitutionnel européen. C'est aussi en vertu de la même démarche qu'au XVII° Congrès de la Ligue, le courant Unir s'était opposé à la volonté de la majorité de réduire désormais sa visée stratégique à la construction d'un « nouveau parti anticapitaliste » autour d'une LCR qui en serait l'unique composante nationale.

 

On le sait, lors de ce congrès, nous avons été minoritaires. Nous en avons pris acte, tout en relevant que les divergences apparues ces deux dernières années n'avaient nullement été surmontées. À nos yeux, le cours désormais suivi est de nature à mettre en cause le projet stratégique qui était jusqu'alors celui de la LCR, un parti large et pluraliste conçu comme une nouvelle représentation politique pour le monde du travail. C'est ce qui a motivé notre maintien en tendance publique de la LCR (dénommée courant Unir).

 

Parce que nous sommes militants de la LCR et que nous participons à toutes ses instances et activités, mais aussi parce que la crise ouverte à propos de la candidature unitaire a été tranchée par le congrès, nous avons souhaité discuter avec nos camarades majoritaires de la nécessaire gestion commune de la nouvelle situation. Notre souci était double : voir garanti le droit, reconnu par les statuts de la Ligue, à un fonctionnement en tendance publique ; faire en sorte d'apaiser au maximum les tensions, afin que les divergences maintenues n'hypothèquent pas l'échange collectif et que soit restauré un travail en commun au sein des instances de l'organisation. C'est dans cette optique que nous avons fait les propositions suivantes à la DN : une tribune hebdomadaire dans Rouge ; un budget pour les activités de la tendance publique ; un temps de permanent pour le fonctionnement de la tendance, couplé avec un demi-temps pour les activités de l'organisation dans le cadre de la direction centrale de l'organisation. Notre proposition était, dans ce cadre, que Christian Picquet occupe ce demi-temps, notamment pour poursuivre le travail dans lequel il s'est largement investi depuis des années en animant la rédaction de Rouge, couplé avec un autre demi-temps pour le courant Unir.

 

Cette proposition a été refusée. Dans une motion significativement intitulée « Motion PFB », il était stipulé que, si la DN acceptait de rémunérer « un poste de demi-permanent au titre de « Unir » », elle rejetait « la proposition faite par la PFB de permanentiser Christian Picquet au titre du secrétariat du bureau politique. Il n'est donc plus permanent de la LCR. Évidemment cette décision prend effet dès le lendemain de la DN ». La majorité de direction justifiait cette décision par le fait que l'existence d'Unir comme courant public était un « mauvais signe » au moment où la LCR connaissait des succès, notamment électoraux. Une argumentation reprise, avec des accents de procureur, par Pierre-François Grond dans Le Monde : « Les moyens de l'orga doivent être mis à la disposition de ceux qui appliquent la ligne majoritaire. Il faut que la minorité assume son centre de gravité à l'extérieur de l'organisation. » Dans le même sens, au milieu de l'an passé, le même Pierre-François Grond avait signifié officiellement à notre camarade l'interdiction de représenter l'organisation dans quelque initiative que ce soit.

 

La volonté d'éliminer politiquement le principal courant minoritaire de la Ligue est ici évidente. La décision de la DN est sans précédent depuis au moins 25 ans : ainsi, dans les années 1990, la tendance R !, à laquelle participait Olivier Besancenot, avec quatre fois moins de voix que n'en a obtenu cette année le courant Unir, disposait d'un permanent sur les quatre qui animaient alors la direction centrale de la Ligue. Plus profondément, elle représente un coup porté à la démocratie et au pluralisme intérieurs, qui faisait jusqu'alors le rayonnement de la LCR au sein de la gauche.

 

Mais outre que cette décision va profondément altérer l'image de l'organisation qui est la nôtre, elle éclaire d'une manière inquiétante le processus censé conduire à la proclamation du « nouveau parti anticapitaliste. À la même direction nationale, nos camarades ont ainsi décidé de rendre celui-ci « irréversible », en favorisant dès aujourd'hui la dissolution des instances de base de la LCR dans les comités d'initiative pour le nouveau parti. Le risque est bien, ce faisant, et avant même qu'un congrès puisse se prononcer souverainement, de dessaisir les militants de tout contrôle sur ce qui doit amener prochainement à la dissolution de leur organisation. Faut-il voir ici la raison pour laquelle on balaie sans scrupules l'engagement de militants, parfois engagés depuis 30 ou 40 ans dans la LCR, au motif que leurs orientations sont minoritaires et qu'ils entendent seulement poursuivre leur bataille de conviction sous la forme d'une tendance publique, dans les conditions prévues par les statuts de leur organisation ? Il y a quelque raison de le craindre…

 

Quoi qu'il en soit, cet épisode d'un autre âge concerne bien au-delà des rangs de la LCR. Les reconstructions politiques nécessaires pour l'avenir ne pourront s'affranchir du respect scrupuleux des opinions divergentes, des droits démocratiques des minorités, du pluralisme interne et externe des organisations. La direction majoritaire de la LCR doit se l'entendre dire de toutes parts…

 

La Direction du courant Unir de la LCR

 

Vous trouverez ci-dessous l'article du Monde

 

La direction de la LCR licencie son principal opposant

 

LE MONDE Article paru dans l'édition du 28.03.08

 

La direction nationale de la LCR ne supporte plus les critiques trop fortes de ses opposants.

 

Lors de sa dernière réunion plénière, les 13 et 14 mars, elle a décidé de "dépermanentiser" son principal opposant, Christian Picquet. En clair, de le licencier après vingt-huit ans de service.

Prenant "acte" de la volonté du courant de M. Picquet (Unir) de se maintenir en tendance publique, c'est-à-dire avec son expression propre, le texte sanctionnant le dissident explique qu'il "n'est plus permanent de la LCR" et que cette "décision politique" prend effet immédiatement. La direction estime que le maintien en courant décidé par les amis de M. Picquet, au moment où la LCR lance son projet de "nouveau parti anticapitaliste", est un "mauvais signe". "Il y a un problème de clarification politique. On ne peut plus travailler ensemble", justifie Pierre-François Grond, membre du bureau politique.

 

Depuis mai 2006, à l'occasion d'un appel en faveur d'une candidature unitaire antilibérale à l'élection présidentielle, que Christian Picquet avait signé contre l'avis de la majorité de la LCR, les militants de la minorité n'ont pas caché leurs préférences : critiques publiques de la candidature "en solo" d'Olivier Besancenot, participation aux meetings des antilibéraux ou encore, au soir du premier tour des législatives, communiqué appelant à voter à gauche contre l'avis de leur parti. La direction avait pris une première mesure, début 2007, en interdisant à M. Picquet de représenter la LCR dans les réunions avec d'autres organisations. Elle lui reproche aujourd'hui de ne "plus assumer ses responsabilités de direction".

 

Pour la minorité, la mesure prise contre son dirigeant relève d'un "licenciement politique". "On cherche à se débarrasser d'un courant critique alors que de nombreux militants se posent des questions", explique M. Picquet. "Le pluralisme dans le nouveau parti, c'est mal barré. Certains ont même voté la sanction le poing levé", assure Alain Faradji. "C'est douloureux car le statut de Picquet, c'est aussi un symbole", lâche Francis Sitel, un de ses proches.

 

M. Picquet est en effet une des figures de la LCR, principal porte-parole de la minorité mais aussi un des piliers de Rouge. Entré en 1968 à la "Ligue", il est de ceux qui ont "tenu" l'organisation lors des années de vache maigre. "Faut pas en faire un drame, on lui trouvera quelque chose", assure Alain Krivine, qui ajoute : "Prétendre qu'il y a de la répression politique à la Ligue, ça fera rigoler !"

 

"Personne n'est permanent à vie", tranche M. Grond. "Les moyens de l'orga doivent être mis à la disposition de ceux qui appliquent la ligne majoritaire. Il faut que la minorité assume son centre de gravité à l'extérieur de la LCR." Une manière de pousser dehors des opposants qui jurent, eux, qu'il n'est "pas question de déserter".

 

Sylvia Zappi

 

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