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16 janvier 2008 3 16 /01 /janvier /2008 18:20
Le narrateur d'Obama, par Christian Salmon
 
LE MONDE | 11.01.08 | 13h44  •  Mis à jour le 11.01.08 | 15h15
 
  Hillary Clinton a réussi grâce à sa victoire dans le New Hampshire à contrer le lyrisme de Barack Obama. "On fait campagne en poésie mais on gouverne en prose", déclarait-elle récemment, citant l'ancien maire de New York, Mario Cuomo.
 
Rhétorique brillante mais qui ne s'applique pas, en l'occurrence, à Obama, qui justement fait campagne en prose et non en poésie et même dans une prose fortement narrative. Ses premiers mots au soir de sa victoire, le 3 janvier, s'inscrivaient d'emblée dans le registre du fabuleux et du légendaire... "Ils disaient que ce jour n'arriverait jamais..." Faisant écho au "I have a dream" de Martin Luther King, ils résonnaient comme l'ouverture d'un récit : une histoire de courage personnel et de dévouement à la nation, une histoire capable d'incarner un destin individuel et d'inspirer les foules... L'aura de la prédestination qui entourait la personnalité charismatique d'Obama s'est soudain cristallisée "dans ce moment déterminant de l'histoire". Et, pour en parler, les commentateurs ont adopté le lexique de la révélation : paroles légendaires, homme providentiel, élection historique...
 
Quel que soit le résultat final de ces primaires, l'irruption d'Obama en ce début de campagne a d'ores et déjà mis fin à la chronique d'une nomination annoncée, donnant à la campagne une nouvelle tension narrative, relançant le suspense d'une issue incertaine et révélant à cette occasion un formidable acteur.
 
Derrière ce succès, se cache un homme discret, David Axelrod, ancien journaliste du Chicago Tribune devenu consultant politique dans les années 1980, qui a participé aux campagnes nationales de Bill Clinton et de John Edwards. Dans son bureau, rapporte le New York Times, les murs sont couverts de photos souvenirs : soirées de victoire électorale, une photo d'Obama dédicacée au-dessus de celle de Cassius Clay, boxant Sonny Liston, portraits des maires noirs de Philadelphie, de Cleveland, de Detroit et de Chicago qu'Axelrod a contribué à faire élire. Une iconographie retraçant l'histoire d'une nouvelle gauche politique, et la généalogie d'une génération de candidats afro-américains dont Axelrod est considéré comme l'inspirateur.
 
Depuis le caucus de l'Iowa, on le présente comme "le Karl Rove d'Obama". Une comparaison qu'il récuse, tant la conception qu'il se fait de son rôle est à l'opposé de celle du gourou de George Bush, dont les fictions mensongères et les récits mystificateurs ont pollué la vie démocratique aux Etats-Unis depuis le 11-Septembre... "Je connais mon métier et les techniques de la politique, les sondages, les focus group ; tout ce que nous faisons contribue d'une certaine manière à une atmosphère de cynisme.

J'essaie de combattre cela"
, dit-il. Selon lui, le monde des consultants politiques est victime du "syndrome du magicien d'Oz", qui consiste à vouloir faire élire un candidat en lui imposant un récit artificiel et en lui demandant de s'y conformer. Un manque d'authenticité qui explique à ses yeux les échecs démocrates aux deux dernières élections présidentielles. "Gardien du message", c'est ainsi que se définit Axelrod, que le New York Times appelait, il y a quelques mois, le "narrateur d'Obama" dans un article qui démontrait comment Axelrod avait élaboré le message de campagne d'Obama à partir de sa vie réelle, de sa personnalité contradictoire et de sa trajectoire considérée comme un roman d'apprentissage...
 
Axelrod connaît Obama depuis quinze ans, lorsque, jeune militant, il participait à un programme d'éducation populaire dans les quartiers sud de Chicago. A partir des faits connus de sa biographie, il a élaboré un récit, conjuguant l'histoire américaine et la vie du candidat démocrate telle que celui-ci la raconte dans ses mémoires, The Audacity of Hope.
Ce récit complexe et polyphonique tranche avec ceux stéréotypés d'un Bush sauvé par la foi : il est riche en contrastes et en contradictions. L'homme des quartiers pauvres et des universités, l'animateur social et l'universitaire, le pragmatique et l'idéaliste, l'homme du compromis et le gardien des principes est un miroir à facettes dans lequel chacun peut se reconnaître. "Obama est en permanence engagé dans une discussion interne entre les différentes pièces de son moi hybride, commente l'éditorialiste conservateur David Brooks, le Kenya et Harvard, le Kansas et les quartiers sud de Chicago ; et il fait partager à l'extérieur cette conversation." Avec Obama, Axelrod a créé une légende : celle d'un homme global à l'ère de la globalisation. C'est le voyage du héros qui rend sa vie exemplaire : Hawaï, Djakarta, Los Angeles, Chicago, Washington... Mais aussi un voyage dans le temps jalonné par les références à Lincoln ou à Martin Luther King qui l'inscrivent dans l'histoire américaine. Elles réussissent à faire d'Obama, dont les rivaux critiquent l'inexpérience, un candidat "historique"...
 
Quelle que soit la politique que pourrait inspirer Obama un fois élu, que vous soyez républicain ou démocrate, blanc ou noir, homme ou femme, vous allez élire le premier président noir américain, vous renouez avec l'histoire de l'Amérique, vous allez écrire une page nouvelle... Vous devenez vous-même le narrateur de cette histoire... "Tant de conseillers politiques sont en train de mener des combats d'arrière-garde, affirme Mike Murphy, un consultant républicain. David Axelrod mène quant à lui la prochaine bataille. Et c'est ce qui le rend très, très dangereux."
 
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16 janvier 2008 3 16 /01 /janvier /2008 18:07
USA : les Démocrates, les Républicains, et même RSF pour la fermeture de Guantanamo
 
jeudi 10 janvier 2008, par Maxime Vivas
 
 
En janvier 2006 Amnesty International écrivait : « Il n’y a pas de mesure intermédiaire en ce qui concerne Guantanamo. Le centre de détention doit être fermé et une enquête doit être immédiatement menée sur les nombreuses informations faisant état d’actes de torture et de mauvais traitements depuis 2002 ».
 
En février 2006, cette proposition est reprise par l’ONU.
 
Le 31 mai 2006, tombait cette dépêche de l’agence Associated press : « L’Union européenne appelle les autorités américaines à fermer Guantanamo. Ursula Plassnik, présidente en exercice du conseil des ministres de l’UE a exhorté mercredi 31 mai les USA à fermer dès que possible le centre de détention sur la base de Guantanamo, à Cuba, où sont incarcérés des hommes suspectés de terrorisme. »
 
Il faudra attendre le 12 juin 2006 pour que, dans une phrase noyée dans un article, RSF murmure que Guantanamo doit être fermé.
 
Guantanamo ou croupit un journaliste soudanais, Sami Al Haj depuis 2002.
 
Qu’attendent de cet homme les dirigeants Etats-uniens ?
 
Le 26 septembre 2005, le journal britannique The Guardian, nous l’avait appris par la plume de Vikram Dodd  :
« Sami Al-Haj se plaint d’avoir été interrogé plus de 100 fois, mais pas à propos des accusations.M.Haj dit que lors d’un interrogatoire, la nationalité américaine lui a même été proposée, s’il acceptait de devenir espion. » Ils ont dit : si tu travailles pour nous, nous t’apprendrons le journalisme, nous te donnerons un visa pour vivre où tu veux, nous te donnerons même la nationalité américaine, nous te protégerons et te donnerons de l’argent. Nous t’aiderons à écrire un livre et nous le publierons. Cela aidera à ce que les gens d’Al Qaida te contactent et travaillent avec toi. »
 
« M. Haj a également déclaré que les américains ont menacé de s’en prendre à sa famille s’il refusait d’espionner une fois libéré. » [1]
 
Pendant deux ans Sami Al Haj a été escamoté de la liste de RSF recensant tous les journalistes emprisonnés à travers le monde. Disparu, rayé, inexistant ! Entre 2002 et 2007, RSF a parcimonieusement émis des communiqués laconiques et non suivis d’actions en faveur du journaliste enlevé, encagé, torturé pour la seule raison de refuser de trahir la chaîne qui l’employait et de devenir un agent des USA.
 
Le 12 septembre 2006, croulant sous les critiques, RSF publie une longue lettre ouverte en droit de réponse au réseau Voltaire. RSF ambitionne de prouver la mauvaise foi de ses détracteurs. Mais elle est contrainte aussi d’expliquer son mutisme prolongé. Elle le qualifie d’erreur » et d’« oubli » tout en le justifiant : elle ne savait pas si Sami Al Haj avait bien « été arrêté en raison de sa qualité de journaliste » et « faute d’information » elle a « attendu ». Près de 5 ans !
 
Or, dès qu’un journaliste est emprisonné dans n’importe quel pays, pour peu que ce pays soit ennemi des USA, RSF réagit dans l’heure. Elle ne mène pas d’enquête, elle hurle aussitôt et sans discontinuer contre les « prédateurs » (elle le fait même contre les ennemis des USA où aucun journaliste n’est en prison ou tué. Exemple : le Venezuela).
 
Mais le fond putride n’est pas encore touché. En effet, après avoir, à retardement et dans un souffle contraint, demandé la fermeture de Guantanamo, RSF s’avise que cette idée est devenue une revendication forte aux USA.
 
Le 30 juin 2006, la Cour suprême US a déclaré anticonstitutionnels les tribunaux militaires d’exception.
 
Barack Obama, candidat à l’investiture démocrate pour la présidentielle américaine 2008, s’est prononcé haut et fort pour la fermeture.
 
L’administration républicaine déclare ouvertement y réfléchir actuellement. Bush dit que la fermeture est une priorité.
 
Du coup, les cordes vocales de RSF retrouvent leur élasticité bien connue de la presse pauvre des pays pauvres.
 
« Le scandale juridique et humanitaire incarné par Guantanamo dure depuis maintenant six ans. » tonitrue-t-elle dans un communiqué » du 10 janvier 2008.
 
« Le vainqueur du scrutin présidentiel du 7 novembre prochain devra mettre fin à une situation humainement intolérable et juridiquement intenable ». RSF appelle « tous les candidats en lice pour les primaires à s’engager à fermer Guantanamo ».
 
Quelle tristesse de voir les journalistes qui reçoivent ce genre de pitreries les répercuter sans objecter que : 
  Puisque le scandale dure depuis 6 ans, RSF aurait pu se joindre plus tôt aux autres ONG et organisations internationales qui l’ont dénoncé. 
  Attendre que les Démocrates et les Républicains aient publiquement exprimé leur volonté de fermer Guantanamo pour leur demander d’exprimer cette volonté c’est vraiment prendre les lecteurs pour des abrutis de première.
 
« L’argent est un bon serviteur, mais un mauvais maître ». Surtout quand il est versé en dollars, via des officines écrans de la CIA.
 
Maxime Vivas

[1] Une partie des informations de cet article est tirée de mon livre « La face cachée de RSF. De la CIA aux Faucons du Pentagone ». Editions Aden.
 
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16 janvier 2008 3 16 /01 /janvier /2008 17:54
Liban : les dessous de la tentative infructueuse de
 
l'Elysée de renouer les contacts avec Damas
 
LE MONDE | 12.01.08 | 11h51  •  Mis à jour le 12.01.08 | 14h03
 
  L'un des efforts diplomatiques les plus marquants de la présidence de Nicolas Sarkozy, à savoir son ouverture au régime syrien de Bachar Al-Assad afin de l'inciter à contribuer à un dénouement de la crise politique au Liban, s'est soldé par un échec. Le chef de l'Etat en a pris acte le 30 décembre 2007, en annonçant la rupture des contacts politiques avec Damas jusqu'à nouvel ordre.
 
Entre-temps, les relations entre Paris et Washington, où l'administration Bush considérait que les Français "s'avançaient trop" auprès des Syriens, ont connu, fin 2007, une phase de tensions discrètes, qui s'est résorbée avec le nouveau durcissement de ton de M. Sarkozy à l'égard de Damas.
 
La France, qui depuis des mois se trouvait en première ligne dans l'affaire libanaise, a récemment vu son rôle de principal médiateur supplanté par un autre acteur : la Ligue arabe. Son secrétaire général, Amr Moussa, devait quitter Beyrouth, samedi 12 janvier, au terme d'un séjour marqué par un nouveau report du scrutin présidentiel au Liban.
 
Lancée début novembre 2007, lorsque M. Sarkozy avait mis ostensiblement fin à l'isolement diplomatique imposé à la Syrie par Jacques Chirac depuis 2005, la tentative de l'Elysée auprès du régime du président syrien Bachar Al-Assad semble ainsi avoir fait long feu.
 
Les détails de cet effort, tels qu'ils sont décrits par des sources diplomatiques concordantes, mettent en évidence plusieurs traits de l'action extérieure de Nicolas Sarkozy et de son équipe : un recours intensif aux contacts noués avec les services secrets étrangers quand M. Sarkozy était ministre de l'intérieur (2002-2004 et 2005-2007), une propension au passage en force, un goût du secret et de l'action en solo, au détriment parfois de la cohésion du message français. S'y ajoute une tendance à croire que les complexités d'un dossier, les lourdeurs du passé et du rapport de force politique peuvent être balayées par un simple sursaut de dynamisme présidentiel.
 
Sur le dossier libanais, Nicolas Sarkozy a voulu tout accélérer en faisant entrer en jeu son homme de confiance, le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant. Le 4 novembre 2007, ce dernier s'est rendu à Damas pour parler à Bachar Al-Assad, en compagnie du conseiller diplomatique de M. Sarkozy, Jean-David Levitte.
 
Jusque-là, le dossier libanais avait été géré par le ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner, épaulé par un spécialiste reconnu du Moyen-Orient, le diplomate Jean-Claude Cousseran. Tous deux avaient conçu une stratégie d'ensemble s'adressant aux forces politiques libanaises et aux pays de la région, faite d'une patiente recherche de compromis.
Habitué des réseaux policiers et du monde du renseignement, Claude Guéant a pour sa part cherché à tirer profit des relations nouées avec les services syriens dans "l'antiterrorisme" - notamment avec le chef du renseignement militaire Assaf Shawkat, qui se trouve être le beau-frère de Bachar Al-Assad. M. Guéant se serait aussi appuyé sur des intermédiaires syro-libanais du monde des affaires.
Le Qatar, où le président français se rend la semaine prochaine en visite d'Etat dans la cadre de sa tournée dans le Golfe, a aussi joué un rôle. L'émirat, en très bons termes avec Damas, a beaucoup courtisé M. Sarkozy (contrat avec Airbus, "médiation" dans l'affaire des infirmières bulgares en Libye) dans l'espoir qu'il noue des contacts au plus haut niveau avec la Syrie.
 
Claude Guéant a poussé assez loin ses échanges avec Damas, multipliant les appels téléphoniques. Il semble être entré avec les Syriens dans une discussion détaillée sur la composition d'un nouveau gouvernement libanais. Mais à Beyrouth, au fil des semaines, aucun accord politique ne prenait réellement forme.
 
Même quand Nicolas Sarkozy a franchi une nouvelle étape en téléphonant lui-même à Bachar Al-Assad, aucune contrepartie syrienne ne s'est profilée. Au Liban, il semblait qu'à chaque fois qu'une formule était suggérée pour sortir de l'impasse sur l'élection présidentielle, une nouvelle cause de blocage surgissait.
 
Bernard Kouchner, tout en se dépensant en négociations marathon à Beyrouth, bouillonnait d'agacement contre l'Elysée, qui ne le mettait pas toujours dans la confidence.
A Washington, l'administration Bush s'est aussi énervée. Elle avait déjà eu des doutes sur la visite de MM. Guéant et Levitte à Damas, mais elle patientait, et préparait la réunion d'Annapolis, dans le Maryland (27 novembre 2007), sur le processus de paix au Proche-Orient, à laquelle avait été conviée la Syrie.
Mi-décembre, à l'occasion d'une réunion à Paris sur le Liban, les Américains laissent éclater leur colère.
 
La secrétaire d'Etat, Condoleezza Rice, et le conseiller pour la sécurité nationale, Steven Hadley, demandent que les contacts cessent avec Damas, qui selon eux berne ses interlocuteurs. Jean-David Levitte, diplomate habile, s'emploie à les rassurer. Puis, le 30 décembre, alors qu'il est en visite en Egypte, M. Sarkozy annonce publiquement ce qu'il a dit déjà en privé aux Américains : la fin de la partie a sonné avec Bachar Al-Assad.
 
La Syrie a-t-elle jamais eu l'intention d'éviter un vide institutionnel au Liban qui pourrait lui profiter ? L'Elysée a-t-il péché par naïveté ? Par précipitation ?
La polarisation au Liban, qui met en jeu l'affrontement plus large au Moyen-Orient entre les Etats-Unis et l'Iran, pouvait-elle être dépassée par le simple fait de parler à Damas ? La Syrie a prétendu qu'un document avait été élaboré avec M. Guéant sur un scénario politique au Liban, ce que Paris ne confirme pas. Le 2 janvier, le ministre syrien des affaires étrangères, Walid Mouallem, a accusé la France de n'avoir pas su tenir sa part du marché en pesant sur la majorité parlementaire libanaise.
 
Peu après Noël, M. Guéant avait tenté un "coup" : faire venir à Paris, dans les 48 heures qui suivaient, trois protagonistes libanais de premier plan, le sunnite Saad Hariri (chef de file de la majorité parlementaire), et deux figures de l'opposition, le chiite Nabih Berri (président du Parlement) et le chrétien Michel Aoun - auquel Damas s'intéresserait de près pour la présidentielle. Mais le carrousel politique libanais a échappé à l'Elysée, et l'invitation fut déclinée.
 
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16 janvier 2008 3 16 /01 /janvier /2008 17:37
Les peuples d’Afrique et d’Europe ont des alternatives !
 
 
Alternatives Europe-Afrique, Lisbonne, 7-9 décembre 2007
 
Nous, militants de la société civile engagés dans de nombreux mouvements de base et organisations citoyennes en Afrique et en Europe, nous sommes rencontrés à Lisbonne du 7 au 9 décembre 2007 pour exprimer notre opposition et notre résistance aux politiques néolibérales que les gouvernements européens et africains mettent en œuvre dans nos pays, et dont ils veulent faire le cadre structurant du « Partenariat stratégique Afrique-UE ».
 
Alors que les dirigeants de deux continents se rassemblaient à Lisbonne pour décider du futur de l’Afrique, nous nous sommes réunis pour approfondir le dialogue politique et social entre nos peuples car nous défendons notre droit à résister et proposer des alternatives à ces politiques, et nous avons confiance en notre capacité à les mettre en pratique.
 
Les participants africains comme européens ont noté le rôle passé et présent des gouvernements et des acteurs économiques européens en Afrique ; ils ont insisté sur le fait que l’Europe constitue la source de menace et de pression la plus directe pour les peuples d’Afrique. Nous considérons que le Partenariat stratégique UE-UA représente une menace cohérente et immédiate pour l’Afrique et nous rejetons ses principes et son plan d’action.
 
Nous dénonçons également la politique européenne en matière de visas, qui a empêché hommes et femmes impliqués dans les mouvements sociaux africains d’être présents à Lisbonne pour participer à nos débats sur les alternatives que nous souhaitons promouvoir. Nous leur dédions cette déclaration.
 
Au cours de nos échanges, confrontations et débats intenses sur les quatre principaux thèmes de préoccupation commune, nous avons identifié de nombreux enjeux, à partir desquels nous avons choisi de prioriser les propositions suivantes :
 
Sur le développement économique
 
En tirant partie de l’endettement externe de la plupart des pays africains, les gouvernements européens, agissant notamment à travers le FMI, la Banque mondiale et plus récemment l’OMC, leur ont imposé des programmes d’ajustement structurel radicaux. Après plus de 2 décennies de libéralisation commerciale et de promotion de modèles économiques fondés sur la croissance des exportations, la libéralisation des marchés de capitaux, la promotion d’investissements étrangers et la privatisation des services publics dans les pays africains, les effets négatifs sont évidents et confortent notre opposition à de telles politiques et institutions.
 
Plus récemment les pays africains, tout comme ceux des Caraïbes et du Pacifique, ont été confrontés à la perspective de voir ces politiques encore renforcées à travers les APE proposés par l’UE.
 
Dans ce contexte nous demandons que :
 
 
 
Les gouvernements européens cessent d’imposer des politiques économiques destructrices aux pays africains à travers le FMI, la Banque mondiale, l’OMC et tous les acteurs commerciaux bilatéraux et régionaux
 
 
Les gouvernements européens et les banques annulent immédiatement la dette externe de l’Afrique et reconnaissent leur dette écologique et sociale à l’encontre du continent
 
 
La Commission européenne cesse d’exercer des pressions sur les gouvernements africains et qu’ils retirent leurs demandes concernant les APE
 
 
Les gouvernements africains résistent à ces pressions en refusant de signer les APE
 
 
Les entreprises multinationales européennes mettent fin à l’extraction prédatrice des ressources naturelles africaines, à la destruction des équilibres écologiques et à l’exploitation des peuples
 
Nous en appelons aux citoyens européens afin qu’ils rejettent le dit « nouveau traité » européen, qui renforce le pouvoir de la Commission européenne en matière de commerce et de développement, et réduit davantage la capacité des citoyens à influencer démocratiquement ses politiques.
 
Sur la souveraineté alimentaire, l’agriculture et les ressources naturelles
 
Nous faisons notre le principe de souveraineté alimentaire que les mouvements citoyens, dans toutes les régions du monde, érigent en alternative au modèle néolibéral de production agricole et alimentaire fondé sur l’agrobusiness et le contrôle des transnationales.
 
Parmi les menaces au droit à l’alimentation et au droit des communautés à produire elles-mêmes leur nourriture, nous dénonçons avant tout les suivantes, tout en nous engageant à les combattre ensemble :
 
 
 
La libéralisation de l’agriculture et du commerce à travers l’ajustement structurel, la réforme de la PAC, les APE ou l’Accord sur l’agriculture de l’OMC
 
 
La perte de souveraineté politique par les Etats africains, privés de la capacité de soutenir leurs agricultures et de protéger les marchés régionaux et locaux
 
 
Les politiques qui promeuvent la privatisation des semences et de la biodiversité, propagent les OGM, et le concept de propriété intellectuelle tel qu’il est utilisé et revendiqué par les multinationales de l’agrobusiness
 
 
La création d’un marché global de biocarburants, encouragé par la fixation d’objectifs européens en la matière et la création de subventions à leurs productions
 
 
Les politiques foncières qui favorisent les multinationales au détriment des paysans et des générations futures
 
 
Les stratégies pour le développement agricole de l’Afrique, dominée par les bailleurs internationaux membres de l’UE ou l’OCDE
 
Nous défendons le droit des pays d’Afrique et d’Europe à soutenir les petits producteurs agricoles à travers des politiques publiques dès lors que ce soutien n’affecte pas négativement les paysans des autres pays et régions.
 
Sur les droits humains
 
Nous dénonçons le soutien octroyé par l’UE aux régimes autoritaires et dictatoriaux en Afrique, tout comme les violations des droits humains et les entraves à la démocratie fréquentes en Europe comme en Afrique.
 
Les conventions et les règlements existent mais demeurent lettre morte dans les faits. Nous en appelons aux Etats d’Afrique et d’Europe et leurs organisations régionales pour qu’ils soutiennent la démocratie et les droits humains, en particulier à travers les engagements suivants :
 
  
Soutenir le développement d’une culture démocratique, en particulier à travers des processus électoraux transparents et crédibles, associant la société civile à toutes leurs étapes (depuis l’éducation civique jusqu’à la supervision des élections) ; dans cette perspective nous condamnons la responsabilité des Etats membres de l’UE dans le commerce international d’armements
  
Contrôler, par la mise en oeuvre d’instruments légaux contraignants, les entreprises multinationales, et particulièrement celles actives dans le champ des industries extractives, afin que cessent les violations des droits humains et leur implication dans les conflits locaux et régionaux et qu’elles deviennent responsables, dans leurs propres pays, des infractions et délits qu’elles commettront à l’étranger
  
Donner plus d’espaces aux contre-pouvoirs tels que les organisations citoyennes et les medias alternatifs, par exemple en facilitant leur implication dans les processus de paix
  
Développer la démocratisation, à travers le renforcement du rôle des Parlements, notamment le Parlement européen, promouvoir des mécanismes d’élaboration et de décision politique qui soient transparents et cohérents, enfin rendre les institutions politiques communautaires et des Etats membres responsables devant les citoyens
  
Promouvoir les droits humains, notamment les droits sexuels et reproductifs des femmes ; nous rejetons les violences sexistes, les mariages forcés et toutes les autres pratiques qui constituent des violations des droits humains et tuent des milliers de femmes et de fillettes chaque année
  
Promouvoir la liberté d’expression et de presse, promouvoir la Cour africaine sur les droits humains et toutes les autres institutions de même nature à l’échelle des Etats ou des régions, et leur accessibilité pour les sociétés civiles
  
Obtenir des IFI, de l’OMC et des autres accords commerciaux, la reconnaissance du droit à l’alimentation, à l’éducation, à la santé et à tous les autres services de base
 
Sur les migrations
 
Considérant que :
  
Les politiques migratoires actuelles sont conçues en fonction de préoccupations sécuritaires et d’une logique d’exploitation des êtres humains, qu’elles criminalisent les migrations et menacent leurs droits à la fois en Europe et en Afrique
  
L’émigration massive est largement le produit des politiques européens qui dénient la reconnaissance de leurs droits économiques, sociaux et culturels aux populations africaines, en premier lieu desquels le droit à l’alimentation
  
Que les politiques migratoires actuelles sont racistes et, loin de prendre en compte les besoins réels de développement des sociétés, ruinent toute possibilité de développement durable
 
Nous rejetons :
  
L’externalisation des contrôles aux frontières imposée par l’UE aux gouvernements africains, désormais responsables de sa mise en oeuvre
  
La politique de détention, d’expulsion, de déportation et les accords de réadmission
  
Le programme Frontex, qui représente un énorme investissement vers la militarisation du contrôle des frontières, créant les bases pour des interventions directes dans les pays africains et exprimant une véritable déclaration de guerre aux migrants
  
Toutes les mesures et les politiques qui promeuvent exclusivement les migrations temporaires mais systématisent la fuite des cerveaux
  
Toutes les politiques économiques et les accords commerciaux suscitant la restructuration des économies locales, l’accroissement des inégalités sociales et la destruction de l’emploi local et des revenus
 
Nous demandons que :
  
Les politiques migratoires soient basées sur la reconnaissance des droits humains fondamentaux et des droits du travail garantis par les instruments et protocoles de l’ONU et de l’OIT, notamment la liberté de circulation et la reconnaissance du droit d’asile et des statuts de réfugiés de la faim et de réfugiés environnementaux
  
Tous les gouvernements européens ratifient et mettent en oeuvre la Convention internationale sur le droit des travailleurs migrants et de leurs familles, et qu’ils assurent la pleine mise en pratique du droit d’asile
  
La reconnaissance des droits fondamentaux, dont l’éducation, la santé, le logement, pour les sans-papiers, et leur régularisation inconditionnelle
 
Ces préoccupations et ces aspirations nous ont réunis à Lisbonne.
 
Nous nous engageons à renforcer les solidarités interrégionales et la coopération entre nous mouvements et nos organisations, et à construire des alternatives centrées sur les droits des peuples.
 
En particulier nous continuerons à faire campagne pour :
  
Stopper les Accords de partenariat économique (APE)
  
Stopper la Stratégie dite “Global Europe” sur la compétitivité interne et externe de l’UE
  
Soutenir le moratoire sur les biocarburants
  
Obtenir la liberté de circulation pour tous
 
Nous travaillerons pour faire émerger de nouvelles stratégies de développement économique fondées sur la solidarité, la complémentarité, la paix et la satisfaction des droits humains de tous les peuples d’Afrique et d’Europe. Nous utiliserons un certain nombre d’échéances du calendrier des mouvements citoyens et sociaux d’Europe et d’Afrique tels que…
 
La Journée d’action globale du Forum social mondial le 26 janvier 2008
 
La 12ème réunion de la CNUCED (Accra, avril 2008)
 
La Conférence sur l’Europe globale et les Accords de libre-échange européens (Bruxelles, avril 2008)
 
Le 5e Forum social européen (Malmö, septembre 2008)
 
Le Forum social mondial des migrations (Madrid, septembre 2008)  
 
… afin de relier nos initiatives, construire nos alliances et créer les conditions d’un monde juste et stable sur le plan écologique.
 

 
 
 
Source : http://africa-europa-alternativas.blogspot.com/

Article original publié le 12 Décembre 2007


Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur et la source.

URL de cet article sur Tlaxcala :
http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=4332&lg=fr
 
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15 janvier 2008 2 15 /01 /janvier /2008 22:16
Nicolas Sarkozy et Carla Bruni se seraient mariés jeudi
 
PARIS (Reuters)
 
  Nicolas Sarkozy et Carla Bruni se seraient mariés jeudi dernier à l'Elysée, écrit L'Est Républicain sur son site internet tandis que l'Elysée ne fait aucun commentaire.
Le quotidien cite une "source proche d'un témoin ayant assisté à leur union."
Interrogé par Reuters, Franck Louvrier, conseiller en communication du président de la République, a répondu : "Nous n'avons aucun commentaire à faire."
Cécilia Sarkozy, l'ex-femme du chef de l'Etat, avait accordé une interview à L'Est Républicain le jour de l'annonce officielle de son divorce, en octobre dernier. Ce même journal avait auparavant annoncé la séparation du couple.
Selon le quotidien, l'article 169 du code civil stipule qu'en cas de causes graves la publication des bans n'est pas obligatoire.
"Il suffit pour cela que le procureur de la République du ressort de la ville ou de l'arrondissement dans lequel se déroule le mariage opte pour une dispense de la publication des bans ou de l'affichage de cette publication", écrit-il.
 
 
Carla Bruni : rumeur de grossesse
 
 
Par www.actualite-de-stars.com Actualité de star - Samedi 12 janvier, 12h34
 
Carla Bruni serait enceinte de Nicolas Sarkozy ! Cette rumeur agite la blogosphère francophone et est sur le point de contaminer les blogs américains « Gossip », qui commencent à relayer l’hypothétique grossesse de Carla Bruni.
Des témoins auraient aperçu la nouvelle compagne du président de la république à l'hôpital américain de Neuilly. Il n’en fallait pas plus pour que les blogs parlent de « suivi de grossesse ». Cette « rumeur » se propage à une vitesse hallucinante. Certains blogs, peut-être pour être plus crédible, donne la paternité de cette « information » au site 20minutes.fr, citant même le site internet en tant que source.
L’affaire prend une telle ampleur que le site internet de 20minutes a du publier un démenti officiel : « Nous n'avons jamais écrit que ‘Carla Bruni serait enceinte’ », titre le site internet du quotidien français, démentant ainsi la publication réalisée par le site suisse Romandie News : « L’information provient à la base du site français 20minutes.fr et aurait été reprise par l’agence de presse italienne Ansa puis par le site du Journal Du Dimanche »
« La rédaction de 20minutes.fr ou de «20 Minutes» n'a jamais écrit cette soi-disant information. Elle n'a même jamais écrit sur la rumeur qui circule. En revanche, il est vrai qu'un blogueur a fait part de cette rumeur sur son blog, un des 3.000 hébergés par le site. »
 
 
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15 janvier 2008 2 15 /01 /janvier /2008 22:09
La « solution à deux États » sera bien celle de l’apartheid
 

par Thierry Meyssan*
 
 
 
 
Le sort des Palestiniens est devenu un enjeu de plus dans le conflit qui fait rage à Washington entre le clan Bush-Cheney et la mouvance Baker-Hamilton. Le groupe de généraux qui a coupé court au projet de guerre contre l’Iran a cru pouvoir résoudre le conflit israélo-palestinien en poussant la « solution à deux États ». Mais George W. Bush a dénaturé cet engagement pour promouvoir un strict système d’apartheid dans lequel l’État palestinien ne sera qu’un bantoustan.
 
 
Comment pourrait-on bouder son plaisir en apprenant que, après de longues années de désintérêt, le président Bush a relancé le « processus de paix en Palestine » en convoquant une conférence à Annapolis (27 novembre 2007) ; qu’il y a pris l’engagement d’édifier l’État palestinien avant la fin de son mandat présidentiel ; que cette bonne résolution a été immédiatement suivie d’une Conférence internationale de donateurs à Paris au cours de laquelle la communauté internationale prise d’un irrésistible élan de générosité a fait don de bien plus de milliards que les Palestiniens n’en espéraient (17 décembre 2007) ; et qu’il s’est lui-même rendu en Palestine mettre la main à la pâte (9-11 janvier 2008) ? Tout est si beau dans le monde de la communication.
 
Cependant, à moins de croire aux bonnes fées se penchant sur le berceau de l’État palestinien souverain, cette version médiatique est bien surprenante pour qui se souvient que cela fait 60 ans que l’on promet aux Palestiniens leur État qui ressemble à l’Arlésienne, ce personnage de théâtre dont on annonce toujours la venue et que l’on ne voit jamais.
 
Annapolis
 
La Conférence d’Annapolis marque la reprise en main par Washington de la situation en Palestine, laissée depuis sept ans à la discrétion des gouvernements israéliens successifs.
 
C’est une réaffirmation de la primauté des États-Unis sur Israël, donc une défaite du mouvement sioniste qui prétend que les intérêts de Washington et de Tel-Aviv se confondent, mais une défaite de courte durée.
 
Le fait que George W. Bush en ait été le maître de cérémonie et qu’il ait pu poser pour quelques photographies destinées à la postérité lui a permis de conserver la tête haute. Mais cela ne change en rien le fait qu’à cette conférence, les 48 délégations étrangères ont pris acte que le pouvoir avait changé de mains à Washington, ainsi que je l’ai expliqué une semaine plus tard dans ces colonnes [1].
 
Le clan Bush-Cheney, adossé aux multinationales de l’armement, du pétrole et de la pharmacie, a été mis au pas par les anciens membres de l’état-major militaire du président Bush père (Robert Gates, William Fallon, Michael Hayden, Mike McConnell, etc.), soutenus par la mouvance Baker-Hamilton [2]. Ceux-ci ont imposé à la Maison-Blanche l’arrêt immédiat du projet de « remodelage du Grand Moyen-Orient » et le passage à un « impérialisme intelligent » (Smart Imperialism) dans lequel les conflits seront gérés en « basse intensité » et le devant de la scène occupé par de séduisantes opérations de communication.
Et, pour consolider ce changement, les militaires ont rendu public le 3 décembre le rapport des agences de renseignement attestant qu’il n’y avait pas pour les États-Unis de motif de guerre contre l’Iran [3].
 
Ehud Olmert s’est rendu à Annapolis en traînant les pieds et son ministre de la Défense, Ehud Barak, a tenté de saboter la réunion en présentant une exigence nouvelle : la communauté internationale devrait reconnaître « Israël comme patrie du peuple juif et la Palestine comme patrie du peuple palestinien ». En d’autres termes, non seulement la communauté internationale aurait dû bafouer le droit inaliénable des réfugiés palestiniens à retourner dans leur pays, mais elle aurait dû aussi imposer à l’État palestinien de recevoir les arabes israéliens qui n’auraient plus leur place dans l’État des seuls juifs.
Cette exigence ahurissante a été écartée d’un revers de main par les nouveaux maîtres de Washington, et —pour la première fois— la délégation israélienne a été priée d’abandonner sa sempiternelle condition préalable de ne négocier la paix qu’une fois les milices palestiniennes désarmées (c’est-à-dire une fois la Résistance palestinienne vaincue). Pour une raison encore inconnue, elle s’est soumise au diktat de Washington et, abandonnant « la mère de tous les oxymores », elle a plié le genou en terre devant son suzerain.
 
D’une manière quelque peu originale, la Conférence ne s’est pas conclue par une déclaration commune, mais elle a commencé par la lecture du document final ! [4] En le lisant devant les caméras, le président Bush s’est affirmé comme l’arbitre du conflit. Mais aux yeux des diplomates présents, il montrait que le pouvoir lui avait été retiré et qu’il n’avait pas la capacité de négocier quoi que ce soit durant la conférence. De fait, il ne s’agissait plus d’une conférence diplomatique, mais d’un show, et il n’y avait donc plus d’obstacle à ce que toute la journée soit retransmise en direct par les chaînes de télévision.
 
Ce document « final » est extrêmement laconique. Outre la reconnaissance de la primauté des États-Unis par les deux parties au conflit, il comprend l’annonce d’un calendrier de négociations qui s’achèvera avant la fin du mandat présidentiel par la reconnaissance d’un État palestinien, et une mention de la « Feuille de route » de manière à préciser ce que l’on doit entendre par « État ».
C’est en effet, un sujet de quiproquo. Pour les Nations Unies, le terme d’État fait référence au plan de partage de la Palestine de 1947. C’est également dans ce sens que l’interprètent la Russie et l’Union européenne, autres auteurs de la « Feuille de route ». Dans ce cas, il s’agit d’un État au sens plein du terme. Au contraire, pour le mouvement sioniste, « État palestinien » fait référence au modèle mis en œuvre dans l’Afrique du Sud de l’apartheid et dans le Guatemala d’Efraim Rios Montt. Dans ce cas, il s’agirait d’une ou de plusieurs réserves de Palestiniens n’ayant aucun des attributs régaliens, mais permettant à Israël de se défausser de ses responsabilités d’occupant [5].
Les militaires US ont imposé que la supervision du calendrier d’Annapolis soit assurée par le général James L. Jones, qui joua un rôle dans la campagne contre le clan Bush-Cheney en rendant un rapport sévère sur le désastre irakien [6]
 
Les bonnes nouvelles s’arrêtent là. Certes, George W. Bush a avalé une grosse couleuvre, mais il n’a pas cédé ce qui paraît essentiel au mouvement sioniste et qu’il s’était engagé par écrit à faire respecter, le 14 avril 2004 : si État palestinien il doit y avoir, en premier lieu il devra tenir compte des « nouvelle réalité sur le terrain » et ne peut donc espérer exister sur le territoire que les grandes puissances lui ont attribué en 1947, secondement il sera dirigé par des fantoches.
En outre, les objectifs que le général Brent Scowcroft (ancien conseiller national de sécurité) avait publiquement fixé à l’administration Bush n’ont pas été atteints [7]. Si l’on peut se féliciter que la Syrie ait —enfin— été invitée, comme le préconisait la Commission Baker-Hamilton, la conférence était dépourvue de crédibilité car elle ne s’est pas accompagnée du gel de la colonisation.
 
Surtout, la Conférence aurait dû être suivie du vote d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU donnant force de loi à la déclaration d’Annapolis. Mais, au dernier moment, George W. Bush la fit retirer de l’ordre du jour du Conseil, tandis qu’Ehud Olmert déclarait que le calendrier d’Annapolis n’avait pas de valeur contraignante pour Israël. Le rapport de force à Washington entre sionistes et américanistes restait instable. De Tel-Aviv, on annonçait que le président des États-Unis était attendu début janvier en Israël, ce que la Maison-Blanche confirmait.
 
Paris
 
Selon la version médiatique, la Conférence internationale des donateurs pour l’État palestinien a été décidée à Annapolis. Mais, fait étrange, le haut-fonctionnaire français chargé de la préparer —Pierre Duquesne, ancien conseiller financier de Lionel Jospin et fils du directeur de presse Jacques Duquesne— a été désigné, cinq semaines auparavant, le 17 octobre, lors d’une réunion à Paris à laquelle participaient Tony Blair (envoyé spécial du Quartet) et Jonas Gahr Støre (ministre norvégien des Affaires étrangères). Il semble que le choix de Pierre Duquesne s’explique par les bonnes relations qu’il entretient avec Salam Fayyad, Premier ministre de l’Autorité palestinienne, depuis que l’un et l’autre représentaient leurs pays respectifs au Fonds monétaire international.
 
Quoi qu’il en soit, cette conférence a en réalité été préparée par Brent Scowcroft en même temps que celle d’Annapolis. Il s’agissait initialement de financer la création d’un État palestinien souverain avant la fin 2008 selon les modalités du plan du roi Abdallah d’Arabie saoudite adopté par la Ligue arabe (c’est-à-dire avec retour aux frontières de 1967 et reconnaissance des droit des réfugiés). Le Groupe stratégique de l’Institut Aspen [8] avait servi de cadre à l’élaboration du compromis d’autant plus facilement que Condoleezza Rice en avait jadis assumé le secrétariat. Une commission ad hoc avait été constituée sous le nom de « Groupe stratégique Moyen-Orient », elle avait été présentée à la presse le 3 décembre 2007, mais le bruit fait par la publication du rapport des agences de renseignement sur l’Iran avait recouvert cette annonce, de sorte que personne n’y avait prêté garde.
Lors du discours prononcé ce jour-là au bureau washingtonien de l’Aspen Institute, la secrétaire d’État indiqua que pour financer l’Autorité palestinienne les États-Unis lui donneraient 400 millions de dollars à l’occasion de la conférence de Paris auxquels s’ajouteraient des « contributions privées ».
Toute l’astuce est là : l’usage de la donation de Paris sera contrôlée par le Quartet, tandis que les « contributions privées » ne seront contrôlées par personne.
 
Mais l’administration Bush ayant saboté la résolution de l’ONU post-Annapolis allait s’employer à détourner la Conférence de Paris vers un autre objectif. Et ce n’est pas son homologue français, Nicolas Sarkozy, qui allait s’y opposer.
 
À en croire les déclarations dithyrambiques de fin de conférence, le Père Noël s’était déplacé en avance pour donner à l’Autorité palestinienne plus encore que ce qu’elle espérait dans ses rêves les plus fous : 7,4 milliards de dollars !
Curieuse philanthropie : les dons précédents ont été pour la plupart réduits en poussières par les missiles de l’État hébreu (destruction du port et de l’aéroport de Gaza fraîchement reconstruits, entre autres), tandis que 10 % en moyenne des sommes allouées ont été systématiquement détournées par des ministres de l’Autorité palestinienne pour leur enrichissement personnel.
Surtout, pour faire la quête, l’Autorité palestinienne avait rédigé un dossier présentant toutes sortes de projets à financer : bâtir une ville nouvelle entre Naplouse et Jénine, construire des milliers de logements sociaux, établir un système de sécurité sociale à l’occidentale, par exemple. Mais, même en cumulant sur le papier les idées les moins réalisables, il n’était pas parvenu à trouver comment dépenser plus de 5,6 milliards.
Alors comment interpréter cette pluie de dollars ? Il s’agit surtout de soutenir l’Autorité palestinienne contre le Hamas, au point qu’une partie des fonds sera officiellement utilisée à verser des salaires aux fonctionnaires de Gaza qui resteront chez eux et refuseront de servir le Hamas. Ainsi, la Conférence internationale des donateurs pour l’État palestinien se résume à une vaste entreprise de corruption.
Dans cet état d’esprit, David de Rothschild —dans le rôle du protecteur de l’État d’Israël— était intervenu personnellement auprès des donateurs pour les inciter à la générosité. Et l’un de ses ex-associés, François Pérol, devenu secrétaire-général adjoint de l’Élysée, veillait au grain. Reste à savoir comment des États ont pu être convaincus de verser de fortes sommes pour engraisser les Collaborateurs de l’occupation israélienne sans que cela satisfasse leurs intérêts nationaux.
 
Mais à peine les flashs des photographes avaient cessé de crépiter à Paris que Tsahal assassinait à Gaza le chef des brigades d’al-Qods (la branche armée du Jihad islamique en Palestine) et son adjoint. Une manière cruelle d’exprimer que, vu de Tel-Aviv, le « processus de paix » n’est qu’une manière de gagner du temps.
 
Jérusalem
 
En sept ans de mandat présidentiel, George W. Bush ne s’était jamais rendu en Israël. Son grand-père avait été un collaborateur des nazis, son père avait été ferme avec l’État hébreu et avait durement payé d’avoir organisé la conférence de Madrid, tandis que lui-même était devenu la figure de proue des sionistes chrétiens. Sa lettre de 2004 reconnaissant les annexions de territoire par Israël [9] est considérée par le Congrés juif mondial comme plus importante que la Déclaration Balfour de 1917 annonçant la création du « foyer national juif ».
 
Dans la presse internationale, la visite de George W. Bush en Israël (9 au 11 janvier 2008) a été annoncée comme un investissement personnel du président des États-Unis pour faire aboutir le « processus d’Annapolis » avant de quitter la Maison-Blanche et pour entrer dans l’Histoire comme le père de l’État palestinien. C’est recopier sans réfléchir les notes des attachés de communication. D’ailleurs la même presse internationale a rapporté le voyage avec une tonalité différente. Elle évoqua aussi le désarroi de Tel-Aviv face au changement brutal de la politique iranienne de Washington et les mièvreries du tourisme religieux dans la basilique de la Navité ou au lac de Tibériade. En fait, George W. Bush était venu à la fois soutenir ses hôtes et leur demander de l’aide.
 
Le 10 janvier 2008, le président des États-Unis déclarait à l’hôtel King David de Jérusalem : « l’occupation qui a commencé en 1967 doit s’achever. L’accord [de paix] doit établir la Palestine comme patrie du peuple palestinien, de même qu’Israël est la terre du peuple juif » [10]. Il apportait ainsi son soutien à un système d’apartheid dans lequel l’État palestinien ne serait qu’un bantoustan, et il réduisait à néant tout espoir de paix globale au Proche-Orient.
 
Dans la foulée, il a évoqué la nécessité d’un mecanisme d’indemnisation pour les réfugiés palestiniens qui seraient privés de leurs droits. C’est une idée qui fait son chemin depuis quelques années et a déjà donné lieu à de savants calculs par un groupe d’universitaires israélo-palestino-européens se réunissant à l’université d’Aix-en-Provence. Avec une étonnante candeur, ce Groupe d’Aix a imaginé de créer une Agence internationale dotée de fonds astronomiques pour racheter le droit au retour —pourtant inaliénable selon les traités internationaux— des 9 millions de Palestiniens.
 
George W. Bush poursuivait en versant des larmes indécentes au mémorial Yad Vashem et en exprimant ses regrets que l’US Air Force n’ait pas stoppé en son temps « la solution finale de la question juive » en bombardant Auschwitz. L’émotion qu’il manifestait devant les caméras de télévision ne l’a pas pour autant conduit à restituer aux familles des victimes les 1,5 millions de dollars de la Consolidated Silesian Steel Company dont il a hérité au début des années 80 [11]. Cet héritage (qu’il avait accepté alors que son père l’avait refusé) provenait du travail forcé des détenus d’Auschwitz II-Birkenau. Mais ses hôtes, trop heureux de ses déclarations, ne lui firent pas griefs de cette hypocrisie.
Prenant la parole quelques jours plus tard lors d’un meeting à Gaza, Ismael Haniyeh, Premier ministre du gouvernement non-reconnu du Hamas, déclara : « Nous rejetons la vision de Bush d’un État croupion (…) Nous rejetons son déni au droit au retour des réfugiés, sa position sur Jérusalem. Nous n’acceptons pas que les 11 000 prisonniers restent en prison et que des colonies puissent être maintenues en territoire palestinien ».
 
Qu’attendait le président des États-Unis en retour de son grand show ? Qu’Israël prenne une initiative qui renforce le pouvoir du clan Bush-Cheney à Washington et place la mouvance Baker-Hamilton dans une situation où elle ne puisse plus faire obstruction. Des réunions ont eu lieu avec les responsables des services de sécurité dont pour le moment rien n’a filtré.
 
À Washington, comme dans de nombreuses chancelleries, on se demande avec inquiètude quelle sera la surprise.
 
 
 

[1] « Washington décrète un an de trêve globale », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 3 décembre 2007.
[2] « Pourquoi McConnell a-t-il publié le rapport sur l’Iran ? », Horizons et débats, 17 décembre 2007.
[3] « Iran : intentions et possibilités nucléaires », extraits du NIE, Horizons et débats, 17 décembre 2007.
[5] Sur Israël et le modèle de l’apartheid, voir L’Effroyable imposture 2, par Thierry Meyssan, Jean-Paul Bertrand éd., 2007.
[6] Le général Jones est aussi en charge de la campagne visant à obtenir par la propagande ce que les États-Unis ne sont pas parvenus à obtenir par la force : la limitation volontaire par les autres États de leurs dépenses en pétrole au nom de la lutte contre le réchauffement climatique.
[8] « L’Institut Aspen élève les requins du business », Réseau Voltaire, 2 septembre 2004.
[9] « Lettre de George W. Bush à Ariel Sharon », Réseau Voltaire, 14 avril 2004.
[11] « Les Bush et Auschwitz, une longue histoire », Réseau Voltaire, 3 juin 2003.
 
 
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15 janvier 2008 2 15 /01 /janvier /2008 21:56
Oprah Winfrey : "Nous sommes l'Amérique"
 
 
 
LE MONDE | 14.01.08 | 13h53  •  Mis à jour le 14.01.08 | 13h54
 
 

 S'agissant d'Oprah Winfrey, la reine du talk-show au féminin, on est tenté de mettre en garde le lecteur. Attention ; portrait à l'eau de rose. Difficile d'y échapper. Déjà, l'intéressée ne craint pas de porter du rose. Ou une robe lilas, comme lors de l'inauguration, il y a un an, de son école de filles en Afrique du Sud, la Oprah Winfrey Leadership Academy for Girls, un établissement ouvert aux enfants qui ont été victimes de sévices ou qui ont perdu leurs parents à cause de la violence ou du sida.
 
 
Sa vie, aussi, est en rose et noir. Oprah est née dans le Mississippi, d'une serveuse qui n'avait que 16 ans et ne l'attendait pas vraiment. Elle a reproduit le destin de sa mère, sauf qu'elle a perdu le bébé et qu'elle n'avait que 14 ans. On n'en parlerait pas si elle ne mettait elle-même sa vie sur la table. Le viol, à 9 ans, les fugues. Depuis trente ans, Oprah partage tout avec les téléspectatrices. Son passé, son régime, ce qui la fait souffrir, ce qu'elle aime. Elle n'a rien à cacher. Nul besoin de la harceler de questions sur sa vie privée. "Si j'étais homosexuelle, je vous le dirais."
 
Huit millions de téléspectateurs, principalement des femmes, suivent son émission, "The Oprah Winfrey Show", tous les après-midi. Adeptes de ce que le chroniqueur Franck Rich, du New York Times, appelle "l'Eglise d'Oprah". Pour son public, Oprah est une amie, une soeur, une voisine qui a réussi. Toujours de bon conseil, toujours positive ("grossir n'est pas une fatalité"). Quand tout va mal, elle vous offre un "kit" qui " répare la confiance en soi". Son dernier conseil : votez Barack Obama, le sénateur noir de l'Illinois à qui elle a offert son soutien pour la course à l'investiture démocrate.
 
Chez Oprah, on s'épanche. C'est un divan. Le royaume du bon sentiment. Elle vous dit tout mais vous devez, vous aussi, lui parler, cela vous fera le plus grand bien. Maureen Dowd, du New York Times, l'a qualifiée d'"Impératrice de l'Empathie". Après avoir été Miss Black Tennessee, à 17 ans, Oprah a été recrutée par une télévision de Baltimore. Elle a failli être journaliste. Mais il lui arrivait de pleurer quand les nouvelles étaient trop tristes. On l'a versée dans la section divertissement.
 
Oprah Winfrey, 54 ans, est milliardaire, ce qui ne gâte rien (Forbes en a même fait la "première milliardaire noire" du monde). Millionnaire à 32 ans, elle "pèse" aujourd'hui 1,5 milliard de dollars, ce qui la place au premier rang des femmes les plus riches du monde, devant J. K Rowling, l'auteur de Harry Potter. De temps en temps, elle arrose son public de cadeaux. Fin octobre, elle a décidé de distribuer des enveloppes aux 314 personnes présentes sur le plateau de son émission. Chacune a reçu 1 000 dollars et une caméra. Mission : donner et se filmer en train de donner. Les clips ont été montrés à l'antenne. C'est le système Oprah : donner alimente de nouvelles émissions sur le don.
 
En 2004, pour fêter le dix-neuvième anniversaire de l'émission, elle a fait une surprise au public. Elle a offert une voiture Pontiac à 11 membres de l'assistance. Devant la déconvenue des autres, elle a fait circuler des boîtes, en annonçant qu'une 12e clef se trouvait à l'intérieur. Retenant leur souffle, les participants ont ouvert leur boîte. Tous y ont vu une clef. Pleurs, cris, cela a été l'explosion. Suivis par la caméra, les spectateurs sont descendus dans le parking. Ils y ont trouvé 276 Pontiac ornées d'un noeud rouge sous la pancarte : "Félicitations. Vos rêves sont devenus réalité !"
 
Oprah est une sainte. "Une icône de la spiritualité", selon le magazine évangélique Christianity Today. Jusqu'en 1996, son talk-show faisait dans le scandale "people" et la télé "trash". Un jour, elle s'est dit qu'elle n'allait pas tenir sur ce registre jusqu'en l'an 2000, et elle s'est convertie. Le "Oprah Winfrey Show" est devenu l'empire du Bien. L'animatrice s'est souvenue qu'elle lisait la Bible à l'âge de 3 ans, et que, plus tard, elle se réfugiait dans les livres pour échapper à sa vie d'enfant ballottée entre le Mississippi de sa grand-mère, le ghetto de Milwaukee, où s'était installée sa mère, et le Tennessee, où son père était barbier coiffeur. Elle a créé un club de lecture, qui a rapidement gagné l'influence d'un Goncourt puissance 10. Elle a fait lire Toni Morrison, mais aussi Anna Karénine à plusieurs millions d'Américains.
 
En 2006, elle a sélectionné le livre d'Elie Wiesel La Nuit. L'écrivain est retourné à Auschwitz avec elle, et il lui a dit que c'était probablement la dernière fois. Sur 5 000 candidats, elle a sélectionné 50 étudiants, victimes de discrimination, dont un rescapé du Rwanda. Les "lauréats" ont eu droit à une bourse d'études de 10 000 dollars. Et le survivant du génocide rwandais à des retrouvailles avec sa famille organisées sur le plateau.
 
Début mars, l'animatrice se lance dans un nouveau concept : le reality-show philanthropique. "Oprah's Big Give". Une version peace and love de "Survivor". Au lieu de se détruire, les 10 candidats s'affronteront sur le terrain du don. Le gagnant sera le "Biggest giver" (le plus grand donateur).
 
L'empire d'Oprah est entièrement bâti sur le culte d'Oprah. Son magazine s'appelle O, the Oprah magazine. Seule sa maison de production échappe à la règle : Harpo. C'est Oprah à l'envers. Inconnu à l'état civil, le prénom lui serait venu d'une erreur de prononciation ou d'orthographe, alors que sa mère voulait l'appeler Orpah, une référence biblique.
 
Le magazine est un mensuel. Les graphistes n'ont pas à se casser la tête pour chercher des illustrations. De janvier à décembre, Oprah est en couverture. En robe de soirée, en tenue de jogging. En pyjama de satin. Deux millions d'Américaines l'achètent, alors qu'il "présente chaque mois la même femme noire de plus de 50 ans en couverture". Dans le numéro de janvier, elle évoque son grand "mal au coeur" et comment elle "essaye d'aller de l'avant". Oprah a été "dévastée" par les incidents qui se sont produits en octobre dans son Académie d'Afrique du Sud. Alors que l'école devait être un refuge, plusieurs fillettes ont été molestées par les adultes qui étaient censés les protéger.
 
Oprah Winfrey est la femme la plus riche d'Amérique, et elle soutient Barack Obama. Elle ne s'était jamais engagée en politique mais, pour le candidat à l'investiture démocrate, elle a fait exception. En décembre, elle est montée sur scène avec lui dans l'Iowa, le New Hampshire et en Caroline du Sud, deux Etats à forte majorité blanche, le dernier, plus mélangé. Sa voix n'était pas très assurée. Elle a invoqué le "rêve" de Martin Luther King. "Nous pouvons aller au-delà du rêve. En votant, nous allons faire de ce rêve une réalité." Elle qui a l'habitude des plateaux de télévision avait l'air intimidée par le podium, ou par l'occasion. "Au plus profond, nous sommes Américains. Nous sommes l'Amérique. Nous sommes l'Amérique avec nos espérances et nos rêves."
 
Le jour de Noël est sorti un film qu'elle a produit : The Great Debaters, interprété et réalisé par Denzel Washington. Le film raconte une histoire vraie : le débat historique de 1935 entre l'université noire de Wiley, au Texas, et une faculté blanche. C'était la première fois qu'une équipe d'étudiants noirs était invitée à un concours de rhétorique dans une université blanche. Denzel Washington, qui joue le professeur de rhétorique, mobilise les étudiants avec la phrase de Langston Hughes, le poète de la Renaissance de Harlem. "Moi aussi, je suis l'Amérique." Les jeunes de Wiley sont mêlés à des événements emblématiques : la révolte des ouvriers agricoles du Sud, l'irruption du shérif blanc à la tête d'une escouade punitive, et une scène de lynchage, dont ils s'échappent de justesse.
 
Le jour du débat, l'autre Amérique, la leur, est tout entière devant son poste de TSF et écoute la retransmission à la radio nationale. Le jury accorde la victoire à l'équipe de Wiley. Tout le public - blanc - de l'université explose de joie, et partage la même fierté de voir une injustice réparée.
 
Oprah Winfrey possédait les droits du livre depuis dix ans. Le film est sorti en pleine période électorale (et il est en lice pour les nominations aux Oscars le 22 janvier). Difficile de ne pas y voir un hymne à la candidature de Barack Obama. Le siège de sa maison de production est à Chicago, la ville du sénateur démocrate. Elle le connaît depuis longtemps. Il apparaît régulièrement dans les pages de son magazine. "Quand j'ai décidé de parler avec vous, Barack, les gens autour de moi m'ont dit : mais qu'est-ce qui t'arrive ? Je leur ai dit : c'est quelque chose qui est au-delà et au-dessus de la politique. Quelque chose de neuf."
 
Pour Howard Kurz, du Washington Post, "Oprah transcende les races. Comme Obama". Tous les deux attirent un public mélangé. Dans un pays où les Africains-Américains ont leurs circuits à part, leurs films, leur télévision (Black Entertainment TV), Oprah est tous publics. Son audience est composée de gens modestes, à 80 % blancs.
 
Oprah est née en 1954, l'année où la Cour suprême rendait sa décision historique sur la fin de la ségrégation dans les écoles. Elle n'en finit pas de mesurer le chemin parcouru. En mai, dans un discours de fin d'année à Howard University, l'université noire de Washington, elle racontait comment sa grand-mère, qui était femme de ménage, lui souhaitait souvent de réussir à travailler "pour des Blancs qui seraient gentils avec toi". Sa grand-mère est morte en 1963. "Je regrette qu'elle n'ait pas pu voir que j'ai grandi et que j'ai réussi à trouver des Blancs très bien qui travaillent pour moi..."
 
Corine Lesnes
Article paru dans l'édition du 15.01.08
 
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15 janvier 2008 2 15 /01 /janvier /2008 21:41
Banlieue d'essai
 
LE MONDE | 15.01.08 | 14h42  •  Mis à jour le 15.01.08 | 14h42
 

 Morad Aggoun avait 19 ans quand la ville s'est embrasée. Il faisait partie de ceux qui s'étaient improvisés porte-parole d'une cité et d'une génération en révolte quand le quartier du Mas-du-Taureau, à Vaulx-en-Velin, dans la banlieue lyonnaise, avait connu trois nuits d'émeutes. Il a aujourd'hui 36 ans, et il est cadre dans une fédération associative, père de trois enfants, bientôt quatre. Dans les rues rénovées du centre-ville, il désigne du doigt les nouvelles constructions, avec la résignation de ceux qui ont déjà connu de nombreux "plans banlieue" : "Ils construisent, ils démolissent, ils reconstruisent. Mais les habitants sont toujours en galère."
 
Adel Hanachi, 21 ans au moment des émeutes, 38 ans aujourd'hui, et Morad Aggoun sont sans illusions sur la portée du prochain plan, dont les grandes lignes devraient être présentées à Vaulx-en-Velin le 22 janvier par la secrétaire d'Etat à la ville, Fadela Amara. En octobre 1990, ils étaient des "jeunes de banlieue" qui criaient leur colère au milieu des décombres et des carcasses de voitures calcinées, à la suite du décès d'un homme, Thomas Claudio, percuté par une voiture de police. Dix-sept ans plus tard, ils sont moins jeunes, toujours de banlieue, encore en colère et largement désenchantés par des décennies de politique de la ville.
 
Le discours est un copier-coller de celui des années 1990 sur les questions de discrimination, d'intégration ou d'ouverture des partis politiques aux candidats issus des minorités. Comme si rien n'avait fondamentalement changé dans la société française.
 
Morad Aggoun, qui fut candidat d'extrême gauche aux municipales, aux cantonales et aux législatives (17 % des voix au Mas-du-Taureau), s'interroge : "On nous traite encore de gens issus de l'immigration. Je suis de la troisième génération. On va dire que mon fils est de la quatrième ? Jusqu'à quand ?" Adel Hanachi acquiesce avec la sagesse de celui qui a obtenu un bac + 5 et la gravité de celui qui a multiplié les "galères" professionnelles : "Quoi qu'on fasse, on a toujours l'impression de rester des citoyens à part."
 
Pourtant, eux-mêmes reconnaissent que leur ville s'est profondément transformée. Depuis les émeutes de 1990, qui avaient conduit à la création du ministère de la ville par François Mitterrand, Vaulx-en-Velin (42 000 habitants) n'a cessé d'être en chantier. La commune a bénéficié d'une incroyable liste d'opérations, dont l'énumération laisse rêveur : zones urbaines sensibles, zones franches urbaines, grands projets urbains, grands projets de ville, rénovation urbaine, etc. "On a toujours été un laboratoire,sourit un des nombreux jeunes qui tuent le temps dans un kebab au milieu du Mas-du-Taureau. Ils testent ici et, si ça marche, ils l'exportent dans d'autres banlieues."
 
A coups de dizaines de millions d'euros, les pouvoirs publics ont rasé des barres d'immeubles délabrés, construit des bâtiments neufs, réhabilité ceux qui n'étaient pas trop abîmés, aménagé des jardins et des parcs laissés à l'abandon, redessiné les rues et les avenues, renouvelé le mobilier urbain... "Quelqu'un parti il y a quinze ans et qui reviendrait aujourd'hui ne reconnaîtrait pas le centre-ville. Tout a changé", assure Jean-Luc Vessot, âgé de 20 ans en 1990, 37 ans aujourd'hui, responsable de la pépinière d'entreprises de la ville. "On aurait pu donner le nom de Thomas Claudio à une école ou un gymnase, tellement les émeutes nous ont apporté", rigole un ancien militant communiste.
 
Paradoxalement, la transformation la plus spectaculaire n'est pas le fait des pouvoirs publics. Vaulx-en-Velin, qui avait été habituée aux acronymes de la politique de la ville (ZUP, ZEP, ZFU) et aux noms de rue hérités de décennies de communisme municipal (avenue Thorez, Ho-Chi-Minh, etc.), voit désormais fleurir les panneaux de célèbres promoteurs immobiliers (Kaufman & Broad, Nexity, Icade, etc.) vantant des résidences aux noms exotiques (Central Park, Cap vert, Terre-Neuve). Des photos du bonheur futur "non contractuelles", comme le précisent les publicités, mais qui attirent : Nexity, par exemple, a réussi à vendre 133 de ses 159 logements neufs en trois jours en octobre 2007.
 
Le marché réussira-t-il à favoriser la mixité sociale là où les pouvoirs publics ont échoué pendant des décennies ? La hausse continue des prix de l'immobilier pousse les familles des classes moyennes à migrer vers les villes plus populaires, nettement moins chères. Par un curieux pied de nez, les meilleurs ambassadeurs de Vaulx-en-Velin ne sont plus les militants communistes ou les agents de la politique de la ville mais les commerciaux qui peuplent les espaces de vente d'appartements.
 
Dans les baraquements installés par les promoteurs au bord des terrains vagues où vont bientôt démarrer des chantiers, on a réponse à tout. Surtout aux inquiétudes que pourrait soulever la mauvaise image de la ville, héritée des années 1990. Le chargé de clientèle ne ment qu'à moitié : "Il n'y a plus de problèmes ici, il n'y a plus de quartiers. Ils vont raser les barres HLM et tout rénover. Et puis la plupart de nos acheteurs ne viennent pas de Vaulx mais des villes voisines." Dans le même mouvement, il vous glisse sa carte de visite, des brochures et le plan des "derniers appartements" encore disponibles.
 
La mairie se frotte les mains. "Il y a dix ou quinze ans, aucun promoteur privé ne voulait venir. Aujourd'hui, non seulement ils viennent mais on peut même leur demander de participer au financement d'équipements publics", note Maurice Charrier, jeune maire (communiste) en 1990, à nouveau candidat (divers gauche) en mars, après vingt-trois années de mandat. Rien que sur les six prochaines années, quelque 5 000 nouveaux appartements devraient voir le jour dans la commune, participant à la lente diminution de la proportion des logements sociaux (70 % du total des logements en 1990, 60 % aujourd'hui, 40 % dans l'avenir).
 
Mais les anciens de 1990 restent sceptiques. Ils n'ont pas oublié qu'une semaine avant le déclenchement des émeutes, la ville était déjà présentée comme un modèle de réhabilitation. "A l'époque, on venait d'inaugurer le nouveau Mas-du-Taureau. Ça fait relativiser", se souvient Morad Aggoun. Le souvenir des nuits de violences, de l'odeur du brûlé, des flammes embrasant le centre commercial, des affrontements avec la police appelle donc à une certaine prudence au moment où la ville est à nouveau mise en avant pour sa politique d'urbanisme. "On nous vend aujourd'hui ce qu'on nous avait vendu hier,souligne Pierre-Didier Tchétché-Apéa, 40 ans, contractuel au conseil général de l'Isère, qui fut le porte-parole du comité Thomas-Claudio et de l'association Agora. Depuis les années 1970, on pense que c'est en refaisant le bâti qu'on va changer les choses."
 
Sur le plan social, la situation est loin de s'améliorer. Malgré une légère diminution, le taux de chômage demeure deux fois plus élevé que la moyenne nationale. Ceux qui travaillent ont souvent un emploi précaire. Le centre communal d'action sociale accueille toujours autant d'usagers, mais leur profil a changé. "Avant, c'étaient surtout des accidentés de la vie, des personnes qui avaient rencontré des difficultés sociales ou professionnelles. Aujourd'hui, on voit beaucoup de salariés pauvres. Des gens à temps partiel qui gagnent 500 à 800 euros par mois", s'alarme le maire.
 
La situation demeure préoccupante, en particulier dans le quartier du Mas-du-Taureau. L'après-midi, sur la place principale, qui n'a pas encore été rénovée, entre les salons de coiffure, les marchands de kebabs et le hard discount, de nombreux jeunes "tiennent les murs". On discute, on plaisante, on chahute, on s'interpelle, on s'ennuie ferme. Les garçons sont les plus concernés. "Moins qualifiés, plus souvent déscolarisés, ils ont plus de difficultés que les filles", relève Anne Dufaud, la directrice de la mission locale.
 
L'accès à l'emploi est toujours aussi problématique pour les jeunes issus de l'immigration. Malgré la présence de quelque 2 000 entreprises à Vaulx-en-Velin. Malgré les innombrables dispositifs mis en place au fil des ans. "Vous êtes maghrébin, vous avez entre 18 et 30 ans, vous venez de Vaulx, vous êtes pas idiot - eh bien, à diplôme égal, vous passez derrière le Français qui vient de Lyon", témoigne Mehdi, 29 ans, abonné aux contrats précaires. Les propos des jeunes ressemblent à ceux de leurs aînés dans les années 1990. Comme si, sur le front de l'emploi, rien n'avait vraiment évolué.
 
Ces quelques centaines de jeunes hommes en situation de rupture professionnelle et sociale inquiètent. "Le dialogue avec eux est très compliqué. Ils sont facilement dans la fuite ou la provocation. On a parfois envie de leur coller une taloche et en même temps on sent une très grande souffrance", témoigne le maire. Ces "glandouilleurs", comme dirait Fadela Amara, continuent de se confronter durement avec les forces de l'ordre. Et si demain un jeune devait trouver la mort dans un accident avec une voiture de police ? "S'il arrivait la même chose qu'à Clichy-sous-Bois ou Villiers-le-Bel, on pourrait avoir les mêmes conséquences", avoue Maurice Charrier. En matière de politique de la ville, rien n'est jamais gagné.
 
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15 janvier 2008 2 15 /01 /janvier /2008 21:30
Denis Gautier-Sauvagnac mis
 
en examen dans l'affaire de l'UIMM
 
 
 
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 15.01.08 | 19h47  •  Mis à jour le 15.01.08 | 19h55
 

 Denis Gautier-Sauvagnac, ancien président de l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM), a été mis en examen, mardi 15 janvier, pour "abus de confiance, recel d'abus de confiance et travail dissimulé" dans l'affaire des retraits suspects des caisses de l'organisation patronale, selon des sources judiciaires. Le juge d'instruction Roger Le Loire a informé M. Gautier-Sauvagnac de ces poursuites durant une audition d'une heure et demie au pôle financier du palais de justice de Paris.
 
Le chef d'accusation d'abus de confiance vise l'ensemble des retraits en liquide effectués entre 2000 et 2007 sur les comptes de l'UIMM pour un montant total d'une vingtaine de millions d'euros. Celui de recel d'abus de confiance porte sur les 15 000 euros annuels que Denis Gautier-Sauvagnac touchait en espèces. Enfin, l'accusation de travail dissimulé concerne le versement de primes en espèces à des collaborateurs du syndicat patronal, dont le montant est estimé à 3 millions d'euros par le parquet et à 1 million d'euros par l'entourage du syndicaliste. La mise en examen n'est pas assortie d'une mesure de contrôle judiciaire. Le parquet n'avait pas requis de mesure coercitive, étant donné l'absence d'enrichissement personnel.

"COMME MON PRÉDÉCESSEUR"
 
Avant son audition, l'entourage de Denis Gautier-Sauvagnac avait indiqué que celui-ci resterait muet devant le juge sur l'utilisation des sommes retirées, comme cela avait été le cas lors de sa garde à vue en novembre. "J'ai procédé, comme mon prédécesseur, à des remises de fonds aux représentants des organismes participant à la vie sociale de notre pays", s'était-il alors contenté de déclarer. S'il a reconnu être à l'origine des retraits, M. Gautier-Sauvagnac a toujours rejeté les accusations pénales à son encontre.
Le juge Le Loire doit maintenant auditionner Dominique Renaud, chef comptable de l'UIMM chargée des retraits en liquide, qui pourrait également être mise en examen pour "complicité d'abus de confiance, recel et destruction de preuves".
 
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13 janvier 2008 7 13 /01 /janvier /2008 21:36
Communiqué des FARC sur la libération de Clara et Consuelo
 
 
vendredi 11 janvier 2008, par COMAGUER
 
 
 
 
1 - Respectant leur parole et l’accord conclu, les Forces Armées révolutionnaires de Colombie, remettent aujourd’hui au Président de la République Bolivarienne du Venezuela, Hugo Chávez, à la sénatrice Piedad Cordoba et à la Communauté internationale, Clara Rojas et Consuelo González de Perdomo.
Si l’enfant Emmanuel n’est pas dans des bras de sa mère, c’est parce que le Président Uribe Vélez le séquestre à Bogota. Qu’il le libère pour que nous puissions tous célébrer cette réussite.
 
2. Cette libération humanitaire et unilatérale, s’est faite malgré les bâtons mis dans les roues par le Président Uribe lui-même, ennemi juré de l’échange de prisonniers et ennemi de la paix et de la justice sociale, suivant en cela les orientations de Washington. Par delà les opérations intenses de guerre du Plan Patriote, par delà la saisie des preuves de survie, de la capture des messagers humanitaires qui les portaient, par delà le kidnapping du petit Emmanuel à Bogota, et par delà la prétention absurde d’exclure la commission humanitaire internationale de la facilitation (NDT : de l’accord), nous avons fait ce premier pas prometteur qui invite à penser à la possibilité de la paix en Colombie.
 
3. Les efforts doivent porter maintenant sur l’obtention du dégagement militaire de Prairie et de Floride comme objet du dialogue gouvernement- FARC pour l’accord et la matérialisation de l’échange qui rendrait possible la libération de tous les prisonniers au pouvoir des forces adverses, des captifs dans la montagne et des guérilleros emprisonnés dans les prisons du régime, y compris Sonia et Simón. Notre volonté est indiscutable. Sans oublier que dans le passé récent nous avons libéré unilatéralement 304 militaires et policiers, capturés au combat, la livraison que nous faisons aujourd’hui de Clara et Consuelo, réaffirme notre disposition.
 
4. En réalité, nous sommes une force combattante dans l’attente d’être reconnue par les gouvernements du monde. Ce pas aplanirait le chemin tortueux du peuple de la Colombie à la recherche de la paix. Notre lutte est légitime. Elle trouve sa source dans le droit universel qui reconnu à tous les peuples du monde à se soulever contre l’oppression. Notre père, le Libérateur Simón Bolivar nous enseigne que, quand le pouvoir est oppresseur la vertu a le droit de l’abattre, et que l’homme vertueux se lève contre l’autorité oppressive et insupportable pour la remplacer par une autre respectée et douce. Et ce c’est, précisément, la tâche acharnée des FARC.
 
5. Président Chávez merci beaucoup. Le monde ne doute pas que ton immense coeur, bat sincèrement, pour la paix de la Colombie et pour la rédemption des peuples. Nous remercions aussi les gouvernements et les personnalités du monde qu’ils l’ont entouré sans réserve dans ce noble effort. Et surtout, grâce au courageux peuple du Venezuelapar son appui et fraternité. Nous appelons les parents des prisonniers et les amis de l’échange humanitaire à persister. Nous obtiendrons l’échange.
Secrétariat de l’État Plus grand Central du FARC Montagnes de la Colombie, 10 janvier de 2008
11 JANVIER 2008
TRADUCTION COMAGUER
COMMENTAIRES COMAGUER
Nous publions ce texte parce qu’il rend un hommage justifié à CHAVEZ dont l’honnêteté et la persévérance ont rendu possible cette libération.
 
Que ceux qui en France se laissent convaincre par la propagande gouvernementale que notre diplomatie aurait joué un rôle important veuillent bien ouvrir les yeux. Ce qui est en jeu, ce n’est pas la libération d’une prisonnière franco-colombienne, mais un changement de régime en Colombie pour chasser du pouvoir un gouvernement narcoterroriste, un peu des plus sanglants du monde.
 
En niant l’aspect principal du combat en cours, l’équipe de l’Elysée poursuit un simple objectif tactique de politique intérieure : celui de rallier les courants humanitaires de l’opinion en pleine déshérence devant l’effondrement politique et théorique de la gauche.
 
SARKOZY et son gouvernement sont farouchement opposés, ils en administrent quotidiennement la preuve, à la révolution bolivarienne en cours au Venezuelaet à son extension à la Colombie et à tout ce qui peut représenter l’espoir d’un Socialisme du XXI° siècle et d’un terme à la domination impérialiste europeo-etasunienne.
 
Il convient également de souligner que la fourberie d’URIBE tout au long de cette opération a eu un coût militaire important pour les FARC. Les émissaires apportant les preuves de la vie des prisonniers ont été capturés avec leur matériel. Ils ont probablement été soumis à la question ordinaire et extraordinaire par les militaires colombiens. Le matériel vidéo qu’ils apportaient a pu être trafiqué avant d’être livré par URIBE aux médiasinternationaux.
 
L’armée colombienne au lieu de desserrer son étreinte sur les zones tenues par les FARC pour permettre la libre circulation - à pied dans la jungle - des prisonniers libérés a multiplié les interventions et les FARC ont perdu des combattants, dont un commandant dans ces combats. C’est cette intense activité militaire qui a fait capoter la première tentative de libération en Décembre
 
Source : COMAGUER
 
 
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