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20 octobre 2007 6 20 /10 /octobre /2007 20:36
   
Une présidence belliciste, antidémocratique et antisociale de l’Union européenne se prépare pour l’année 2009 à huis clos à Prague
 
Par Karel Kostal, socialiste franco tchèque, cercle PRS Fontaine Rive Gauche
 
 
L’administration Bush installe actuellement un système de défense antimissile en République Tchèque, avec l’accord et le concours actif du gouvernement de ce pays, malgré l’hostilité massive de l’opinion publique nationale. En ouvrant le territoire tchèque aux bases militaires américaines, le gouvernement  Klaus-Topolanek foule aux pieds les droits élémentaires des citoyens tchèques et européens. La République Tchèque fait partie de l’Union Européenne. Aucun peuple d’Europe n’a été ni consulté ni informé. La Commission de Bruxelles se tait.   
 
 Officiellement, le dispositif américain n’est même pas destiné à protéger le sol européen. Il est destiné à protéger le territoire des Etats-Unis contre la « menace terroriste » des « Etats voyous », l’Iran et la Corée du Nord. Le gouvernement Bush et le gouvernement Klaus nous expliquent sans rire que les missiles tirés du territoire iranien ou nord-coréen en direction de l’Alaska ou des Iles Salomon sont susceptibles de survoler la banlieue de Prague.
 
Le gouvernement tchèque, appelé à présider l’Union Européenne en 2009, a établi un traité militaire bilatéral secret avec les Etats-Unis, dans le dos des peuples d’Europe.  La droite ultralibérale a soigneusement caché ses intentions bellicistes et a commencé à dévoiler ses projets après avoir remporté de justesse les élections législatives. La direction du Parti civique démocratique, (ODS), dont Vaclav Klaus est le président d’honneur, agit comme un véritable agent secret américain infiltré dans le pays. C’est par Internet que les citoyens tchèques ont appris l’existence de la « lettre d’invitation » du gouvernement Klaus à Bush, sur le modèle de la fameuse « lettre d’invitation » que la clique stalinienne de Prague avait envoyée à Brejnev, en août 1968. Décidément, le  gouvernement Klaus–Topolanek était à bonne école. La ministre de la défense a fait composer une chanson qui reproduit la musique de la fameuse chanson à la gloire du premier cosmonaute soviétique : à la place de « Bonjour commandant Gagarine », c’est « Bonjour radar américain ». Quant à l’ancien président Havel, ancien dissident, ancien démocrate, il estime qu’ « il faut être borné mesquinement pour ne pas saisir la grandeur de la proposition américaine ».
 
Les dominants défendent leur pouvoir et leurs privilèges. Le fanatisme et la précipitation avec lesquels ils veulent imposer la présence militaire américaine en République Tchèque, malgré l’hostilité massive de l’opinion démocratique nationale, m’amène à croire qu’ils sont persuadés que l’armée américaine les protègera. Leurs richesses matérielles accumulées, dans les conditions que l’on sait, sont trop précieuses pour qu’ils puissent risquer de les perdre un jour. Il n’est pas vain de signaler que ceux qui profitent des récentes « réformes » ultralibérales du gouvernement Klaus, largement favorables aux riches, sont « favorables » aux bases militaires américaines sur le sol tchèque.
  
Le gouvernement Klaus-Topolanek est le seul gouvernement de l’Union au pouvoir à l’heure actuelle à aller jusqu’à dénigrer ouvertement la Déclaration universelle des droits de l’homme. Le président Klaus dénonce régulièrement le caractère « inutile » et « nuisible » de ce document, il lui plaît de comparer les droits de l’homme à de la « mauvaise herbe qui nuit à l’économie qu’elle envahit ». Le gouvernement Klaus n’a pas ratifié la Charte sociale européenne. La Commission de Bruxelles a « omis » de nous signaler ces  « détails ».
Le gouvernement tchèque est le seul gouvernement de l’Union Européenne qui utilise publiquement l’expression « l’Etat privé ». Pour la droite ultralibérale au pouvoir en République Tchèque, il ne s’agit plus seulement de « supprimer l’Etat social », il s’agit de « privatiser l’Etat ». « Nous avons toutes les raisons de penser que tout peut et doit être privatisé », annonce la profession de foi du Parti civique démocratique au pouvoir, « parti du président Klaus ». Qu’est-ce que tout cela veut dire ?
 
On annonce la privatisation « prochaine », « complète » et « définitive » des services publics : santé, éducation, eau, gaz, électricité, transports en commun, services municipaux. Le programme du gouvernement prévoit la fin prochaine de l’école gratuite, « à partir de la maternelle ».La nouvelle franchise médicale, par un rapport de comparaison, est déjà cinq fois plus élevée en République Tchèque qu’en France. Dans les couloirs des ministères on entend : « Ceux qui ne pourront pas payer ne se soigneront pas. » Cela s’appelle « contracting out ». La privatisation des prisons existantes est annoncée, les prisons sont « une  source potentielle importante de profit », et on apprend la construction en catimini de  nouvelles prisons privées. La privatisation des fonctions de juges et de procureurs  est « envisagée », par l’achat de leurs charges. La création d’une « justice privée » progresse à huis clos rapidement. La question  de la privatisation de la police et son remplacement par des « détachements privés d’hommes armés » est âprement discutée dans les ministères concernés, toutes portes fermées. Les ministères compétents s’interrogent publiquement : « comment privatiser la culture ?». La protection de la nature sera confiée aux « entreprises privées outsourcing ». Les élites libérales tchèques parlent à présent tchéco-américain. 
 
Enfin, le ministre de l’économie a récemment posé cette question : « Comment privatiser le chômage ? »La contribution du gouvernement Klaus-Topolanek à l’œuvre européenne commune a incontestablement quelque chose de sensationnel. Je n’arrive pas à savoir si monsieur le ministre  veut « privatiser » aussi les chômeurs, s’il veut  privatiser seulement les chômeurs tchèques, ou s’il a l’intention de profiter avantageusement de la présidence tchèque en 2009  pour privatiser aussi  les chômeurs européens. J’attend impatiemment les premiers éléments d’explication.    
   
Aucune droite européenne n’ose afficher aussi ouvertement son appartenance aux  nouveaux riches. Un sénateur affirme sans vergogne qu’il s’agit d’ « imposer des sacrifices indispensables aux classes moyennes, fonctionnaires et retraités », d’une part, et d’autre part, d’ « aligner les salaires des parlementaires tchèques sur les traitements  des eurodéputés ». Le cynisme des parvenus tchèques dépasse largement  le cynisme des classes possédantes de la vieille Europe.   
 
Le président de la République Tchèque Vaclav Klaus est le seul chef d’Etat européen qui nie, à l’aide d’arguments « scientifiques », le réchauffement de la planète, et classe l’écologie parmi les « idéologies totalitaires des temps modernes ». Vouloir s’occuper des générations futures est selon Klaus « prétentieux », « économiquement incorrect », « nuisible », et de toute façon « inutile », « l’adaptabilité de l’homme semble infinie ». Dans un an, le président Klaus pourra répandre ses idées massivement, dans le cadre des institutions européennes.
 
Il y a lieu d’ajouter encore quelques détails au tableau. Le gouvernement tchèque veut « supprimer » la fête du 1er Mai. Officiellement, il s’agit d’effacer « toutes les survivances du communisme ». Mais  surtout, il s’agit de supprimer cette journée revendicative. La droite tchèque a horreur de la « foule » dans la rue. Je préfère avertir de suite tous ceux qui auraient l’intention de provoquer des « attroupements » en France durant la présidence tchèque en 2009.    
 
Le Sénat de la République Tchèque a « décrété » récemment que faucille et marteau sont des « symboles criminels ». Je ne sais pas si la droite tchèque a l’intention d’interdire d’autres « symboles criminels » pendant sa présidence européenne. Elle a déjà dans son collimateur le chant de l’Internationale et la Journée internationale de la femme.   
 
Plus de doute possible désormais, le nouveau traité a désormais la faveur de la droite ultralibérale tchèque. Le gouvernement Klaus-Topolanek a soudainement cessé d’être « eurosceptique », et pour cause, il se prépare à soutenir le  nouveau traité « simplifié », certes « un peu compliqué » à ses yeux, mais suffisamment antisocial, antidémocratique et atlantiste. 
  Voilà le gouvernement que les puissants ont désigné pour présider l’Union Européenne en 2009.   
  
L’arrivée à la présidence européenne de ce gouvernement belliciste, antisocial et antidémocratique, par le procédé de simple alternance,  révèle en effet au grand jour que le déficit démocratique de la communauté européenne n’est pas qu’un simple défaut de construction facilement réparable par des méthodes administratives. Cet événement révèle au grand jour une faille majeure dans laquelle s’engouffrent les pires adversaires de l’Europe des Lumières. Les récents élargissements « globalement positifs » se conjuguent avec l’arrivée des fauteurs de guerre d’outre-Atlantique .
 
Avec la présidence tchèque de 2OO9, la militarisation de l’Europe, sous la conduite des Etats-Unis, est en marche forcée. L’accélération de la militarisation de l’Europe commence déjà avec les préparatifs de la présidence tchèque. Les gouvernements européens laissent faire ainsi que la commissions de Bruxelles. L’intégration européenne est virtuellement rompue.
 
Je ne saurais poser la plume sans dire que je suis convaincu que les citoyens de la République Française, eux aussi odieusement trompés et tenus à l’écart par les puissants et médias, sauront se prononcer, le moment venu, sur la présidence tchèque de 2009 en particulier et sur la construction européenne en général. J’en appelle à tous mes amis politiques en France.
 

 
consulter la Déclaration de Prague: si vous souhaitez vous porter signataires de l’Appel, indiquez vos noms, prénoms, adresse électronique et appartenance et envoyez un courrier à l’une des deux adresses suivantes : n’hésitez pas en signant à consigner vos propres commentaires dans le mail :
 
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20 octobre 2007 6 20 /10 /octobre /2007 20:36
France : Un sénateur communiste approuve le bombardement israélien du 

Liban de 2006
 
 
 
 
Le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) a reçu le sénateur communiste du Nord, Ivan Renar, le 10 octobre 2007. Celui-ci a déclaré qu’il « considérait le Hezbollah, non comme une organisation patriotique libanaise mais comme un groupe terroriste agissant pour le compte de la Syrie et de l’Iran et trouvait "l’action militaire israélienne durant l’été 2006, justifiée, pour faire cesser les bombardements du Hezbollah sur les villes et les villages d’Israël" », indique le site internet de l’organisation.
Le sénateur Ivan Renar était l’invité du CRIF en tant que représentant des élus locaux du Parti communiste français. Ses déclarations engagent donc son parti, bien qu’elles ne soient pas l’expression d’une délibération interne de cette formation.
Cette position individuelle, prise en nom collectif et n’ayant fait l’objet d’aucune mise au point ni de l’élu ni du Parti, illustre la dérive idéologique des responsables politiques français depuis l’élection de Nicolas Sarkozy et leur alignement progressif sur les thèses de Washington et de Tel-Aviv.
 
 
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19 octobre 2007 5 19 /10 /octobre /2007 19:33
Le lobby pro-israélien
 
aux USA : interview de
 
Stephen Walt
 
 
 
Interview par Michelangelo COCCO (Il Manifesto) de Walt, co-auteur, avec Maersheimer (Université de Harvard et Institut de sciences politiques à Chicago), de "Israel lobby"*, un livre qui fait du bruit aux Etats-Unis, après celui de Carter. Traduction de Marie-Ange Patrizio.
 
Un chèque en blanc signé « Israël lobby »
 
MICHELANGELO COCCO
 
Professeur Walt, qu’est-ce exactement, ce que vous avez baptisé « Israël lobby » ?
Un groupe de pression comme de nombreux autres dans le système politique étasunien, où les citoyens peuvent s’associer pour faire avancer une cause politique ou défendre un intérêt particulier. La National rifle association s’oppose à la réglementation de la vente d’armes, les compagnies pétrolières font pression sur le Congrès pour obtenir des politiques énergétiques qui leur soient favorables. Le lobby pro-israélien est une coalition d’individus et organisations qui ont pour but d’encourager un soutien inconditionnel à Israël de la part des Etats-Unis. Certains de ces groupes sont constitués surtout de juifs américains, d’autres non.
Vous décrivez un lobby capable d’influencer la politique extérieure des Etats-Unis. D’où viendrait tout ce pouvoir ?
Prenons l’Aipac (American-Israël Public Affairs Comittee), une des organisations les plus puissantes à l’intérieur du lobby. Il travaille principalement sur le Congrès, en essayant de persuader les parlementaires de soutenir ses positions. Il le fait avec succès parce que, aussi, il arrive à diriger les campagnes de récolte de fonds de divers candidats : il dispose de fonds importants avec lesquels il finance des candidats qu’il estime pro-israéliens. Il s’agit d’une caractéristique typique du système étasunien : l’argent est quelque chose de très important dans les élections. La deuxième source d’influence vient de la tentative de définir ou d’influencer la façon dont Israël est décrit par les médias étasuniens : il y a des écrivains, journalistes et centres d’études qui travaillent constamment pour diffuser une image très favorable d’Israël et très négative de toute personne qui soit opposante. Enfin certains de ces groupes se consacrent à attaquer-en recourant le plus souvent à l’accusation d’anti-sémitisme- quiconque est critique de la politique israélienne ou de l’appui des Etats-Unis à Israël.
Vous soutenez qu’Israël ne représente pas une ressource stratégique pour les Usa et que même le facteur moral pour le soutien à l’Etat fasse défaut.
L’appui inconditionnel à Israël est justifié en déclarant qu’il est d’importance stratégique pour les Etats-Unis, ou en soutenant qu’il s’agit d’une démocratie qui partage les mêmes valeurs que nous et se comporte bien mieux que d’autres états. Nous soutenons que même s’il peut avoir été une ressource stratégique pendant la Guerre froide, Israël, à présent, est devenu un poids pour les Etats-Unis. Donner à Israël tout cet appui, et le lui donner de façon inconditionnée, rend les Etats-Unis beaucoup moins populaires au Moyen-Orient. En même temps nous croyons qu’il y a une forte obligation morale envers l’existence de l’Etat d’Israël, mais que rien ne nous oblige à donner une aide inconditionnelle à Israël. Avant tout à cause du traitement qu’Israël réserve aux Palestiniens, et à cause de la colonisation continue de la Cisjordanie.
Vous avez indiqué 1967 et les années 70 comme moment de virage : dans cette période l’appui de Washington à Tel Aviv serait devenu inconditionnel.
Après 1967, les présidents étasuniens, Nixon surtout, arrivent à la conclusion qu’Israël serait un allié très important pour lutter contre l’influence soviétique au Moyen Orient. Nixon et Kissinger commencèrent à augmenter de façon dramatique les aides à Israël, qui, avant 1967, étaient plutôt modestes. En outre, les organisations clés du lobby pro-israélien à cette époque devinrent plus influents à l’intérieur du système politique étasunien, et pour les présidents américains il devint de plus en plus difficile de faire pression sur Israël. La seule façon d’avoir une influence fut de les « corrompre » avec des aides économiques et militaires toujours plus importantes.
Dans quelle direction le lobby pro-israélien pourra-t-il influencer la politique extérieure Us avant l’échéance du mandat du président Bush ?
Il y a plusieurs programmes à l’intérieur du lobby. Cependant les groupes les plus puissants comme l’Aipac ou des sionistes chrétiens comme Christians united for Israël (Cufi), la Conference of major jewish american organisations tendent à être outranciers et continuent à faire pression sur trois objectifs principaux au moins. Premièrement : ils veulent que les Usa continuent à donner des aides économiques et militaires importantes à Israël. Deuxièmement : que les Usa restent en Irak, même si la guerre est devenue impopulaire chez les américains, et même chez les juifs américains. Troisièmement : certains groupes clés du lobby, surtout les néo-conservateurs, représentent la voix la plus forte parmi ceux qui demandent aux Etats-Unis d’aller à l’affrontement, même militaire, contre l’Iran.
Tous les juifs étasuniens n’appuient pas ce que vous appelez « Israël lobby ». Pourquoi est-ce seulement la voix de ce dernier dont on parle ?
C’est un point très important : nous n’avons jamais utilisé le terme « lobby juif », mais Israël lobby, une coalition définie non pas par une ethnie ni par une religion, mais par un programme politique. Les sondages montrent qu’un tiers des juifs étasuniens ne s’intéresse pas tellement à Israël, et que beaucoup d’autres n’appuient pas la ligne pour laquelle le lobby se bat. Ceci est typique de la politique des groupes d’intérêt : les personnes qui sont le plus engagées, le plus déterminées, qui consacrent le plus d’attention et d’argent à un problème particulier sont souvent les plus extrémistes. Les organisations du lobby pro-israélien sont plus conservatrices que la moyenne des étasuniens et des juifs étasuniens.
Comment opère le lobby israélien en vue de la rencontre sur le Moyen-Orient qui devrait se tenir en novembre aux Usa ?
Certains groupes parmi les plus extrémistes sont déjà en train de faire entendre leur voix avec force : Israël ne doit faire aucune concession. Les plus modérés espèrent qu’on puisse faire quelque progrès vers quelque forme d’accord de paix. Mais je ne connais personne qui soit optimiste sur cette rencontre. Un tournant est vraiment improbable. Certains groupes à l’intérieur du lobby sont fortement favorables à la solution de deux états, même s’ils ne se battent pas pour que les Usa fassent pression sur Israël. Ils veulent que les Usa aident, mais ne fassent pas pression. D’autre groupes principaux, comme l’Aipac, ne veulent pas la solution des deux états mais seulement continuer à avoir l’appui des Etats-Unis.
Avez-vous eu des problèmes après la publication de votre étude ?
Oui, Comme l’ex-président Jimmy Carter, qui, l’an dernier, a écrit un livre critique contre la politique israélienne dans les Territoires occupés, nous avons été marqués comme anti-sémites, même s’il n’existe absolument aucun fondement pour une telle accusation. Ce n’est qu’une tactique utilisée pour essayer de nous discréditer.
Sur quelles sources vous êtes-vous fondés ?
Des livres, des articles, étasuniens ou israéliens, des interviews que nos avons faites à de nombreux politiciens, des témoignages de personnes qui ont travaillé dans des organisations du lobby pro-israélien.
Carter a utilisé dans le titre de son ouvrage le mot « apartheid », vous « Israël lobby ». Après la publication de ces deux livres, un débat est-il es train de naître aux Usa ?
Il est trop tôt pour le savoir, mais il y a des signaux montrant qu’au moins la discussion dans les mass medias se fait un peu plus ouverte. Avec Carter, nous avons ouvert une brèche, mais le changement se verra chez les politiciens, qui sont encore sensibles aux conséquences qui peuvent dériver de l’opposition à des groupes comme l’Aipac. Nous avons fait, en somme, un progrès dans la discussion, mais pour changer les politiques il faudra encore attendre.
Sera-t-il possible de rééquilibrer le rapport entre Israël et les Usa ?
Les Etats-Unis devraient traiter Israël comme n’importe quelle autre démocratie : l’appuyer quand elle fait quelque chose avec quoi nous sommes d’accord, s’opposer à sa politique quand elle opère contre nos intérêts. Pour arriver à cela il faut intervenir sur l’influence politique du lobby, parce que c’est le lobby qui veut que les Etats-Unis traient Israël comme un pays spécial. Il est très difficile que ce changement puisse se produire rapidement, mais nous espérons que notre livre encouragera une discussion plus ouverte sur cet argument qui jusqu’à présent était tabou : personne ne voulait en parler ouvertement. En outre, nous espérons pousser certaines organisations à l’intérieur du lobby à repenser leurs positions parce qu’il s’agit de politiques qui ne profitent ni aux Etats-unis ni à Israël. La colonisation de la Cisjordanie ne profite pas à Israël, l’invasion de l’Irak -que le lobby a soutenu activement- ne profite pas à Israël, le comportement d’Israël au Liban, pendant l’été 2006, ne profite pas à Israël (ni aux Palestiniens, ni aux Irakiens, ni aux Libanais, NdT). Un lobby israélien puissant sera une bonne chose s’il se bat pour des politiques justes.
Edition de vendredi 6 octobre de il manifesto http://www.ilmanifesto.it/Quotidiano-archivio/06-Ottobre-2007/art48.html
(Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio)
* "Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine" Editions La Découverte (En vente à la librairie Résistances http://www.librairie-resistances.com )
CAPJPO-EuroPalestine
 
 
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19 octobre 2007 5 19 /10 /octobre /2007 19:25
Le pouvoir du lobby pro israélien
 

Uri Avnery
 
 
 
 
4 octobre 2007 – www.counterpunch.org
 
 
Il y a des livres qui changent la conscience des gens et change l'histoire. Certains racontent une histoire, comme celui d'Harriet Beech Stowe 1851 «La Case de l'Oncle Tom» qui a donné un vaste élan à la campagne pour l'abolition de l'esclavage. D'autres prennent la forme d'un traité de politique, comme « Der Judenstaat » de Théodore Herzl, qui a donné naissance au mouvement sioniste. Ou il peuvent être de nature scientifique, comme «L'Origine des Espèces » de Charles Darwin, qui a changé la façon dont l'humanité se percevait. Et ce peut être aussi une satire politique, qui peut secouer le monde comme « 1984 » de George Orwell ;

L'impact de ces livres a été amplifié avec le temps. Ils ont été publiés juste au bon moment, alors qu'un public étendu était prêt à absorber leur message.

Il se pourrait que le livre des deux professeurs, John Mearsheimer et Stephen Walt, «The Israël Lobby and US Foreign Policy « (Le Lobby israélien et la politique étrangère américaine) soit l'un de ceux là.

C'est un rapport de recherche scientifique ardu, de 355 pages, s'appuyant sur 106 autres pages contenant des milliers de référence aux sources.

Ce n'est pas un livre belliqueux. Au contraire, son style est restreint et factuel. Les auteurs font bien attention de ne pas évoquer le moindre commentaire critique sur la légitimité du Lobby, et effectivement se mettent en quatre pour exprimer leur soutien à l'existence et la sécurité d'Israël. Ils laissent les faits parler d'eux-mêmes. Avec le talent d'excellents maçons, ils posent systématiquement brique sur brique, rangée sur rangée, ne laissant aucun vide dans leur argumentation.

Ce mur ne peut être mis à bas par un argument raisonné. Personne n'a essayé, et personne n'essaiera. Au lieu de cela, les auteurs sont diffamés et accusés de motivations sombres. Si le livre pouvait être totalement ignoré, cela aurait été fait – comme cela est arrivé à d'autres livres qui ont été enterrés vivants.

Il y a quelques années, est apparu en Russie un gros tome d'Aleksandr Solzhenitsyn, le lauréat mondialement connu du Prix Nobel de littérature, sur la Russie et ses juifs. Ce livre intitulé « 200 ans ensemble » a complètement été ignoré. De ce que j'en sais il n'a été traduit dans aucune autre langue, certainement pas en hébreu. J'ai demandé à plusieurs intellectuels israéliens renommés, et aucun d'eux n'a jamais entendu parler de ce livre. Il n'apparaît pas non plus sur la liste d'Amazon.com, qui inclut tous les autres livres de l'auteur.

Les deux professeurs prennent le taureau par les cornes. Ils traitent d'un sujet qui est absolument tabou aux US, un sujet que personne de sensé n'oserait même mentionner : l'énorme influence du Lobby Pro Israël sur la politique étrangère américaine.

D'une façon implacable et systématique, le livre analyse le Lobby, le démantèle, décrit son «modus operandi « (mode opératoire), découvre ses sources financières et met a nu ses relations avec la Maison Blanche, les deux chambres du Congres, les dirigeants des deux principaux partis et les dirigeants des médias.

Les auteurs ne mettent pas en question la légitimité du Lobby. Au contraire, ils montrent que des centaines de lobbys de ce type jouent un rôle essentiel dans le système démocratique américain. Les lobbies des armes et des médias, par exemple, sont aussi des forces politiques très puissantes. Mais le Lobby Pro Israël s'est développé de façon disproportionnée. Il a un pouvoir politique incomparable. Il peut réduire au silence toute critique d'Israël au Congres et dans les médias, provoquer la disparition politique de quiconque ose briser le tabou, empêcher toute action qui ne se conforme pas avec la volonté du gouvernement israélien.

Dans sa deuxième partie, le livre montre comment le Lobby utilise en pratique son immense pouvoir : comment il a empêché que soit exercée une quelconque pression sur Israël pour la paix avec les palestiniens, comment il a poussé les US à envahir l'Irak, comment il pousse actuellement pour des guerres avec l'Iran et la Syrie, comment il a soutenu la direction israélienne dans sa récente guerre au Liban, et bloqué des appels pour un cessez le feu quand elle ne le voulait pas.

Chacune de ces accusations s'appuie par de si nombreuses preuves indéniables et citations de documents écrits (principalement de sources israéliennes) qu'elles ne peuvent être ignorées.

La plupart de ses découvertes ne sont pas nouvelles en Israël pour quelqu'un qui s'occupe de ce sujet.

Je pourrais moi-même ajouter un chapitre entier au livre, sur mon expérience personnelle.

A la fin des années 50, j'ai visité les US pour la première fois. Une importante radio de New York m'a invité pour une interview. Plus tard, ils m'ont mis en garde : « vous pouvez critiquer le président (Dwight D. Eisenhower) et le secrétaire d'état (John Foster Dulles) comme bon vous semble, mais s'il vous plaît ne critiquer pas les dirigeants israéliens ! ». L'interview a été annulée au dernier moment, et l'ambassadeur irakien a été invité à la place. Apparemment, la critique, venant d'un arabe, était acceptable, mais absolument pas quand elle venait d'un israélien.

En 1970, l'organisation américaine respectable «Fellowship Réconciliation » m'a invité pour une tournée de conférences de 30 universités, sous les auspices des rabbins d'Hillel. Quand je suis arrivé à New York, j'ai été informé que 29 des conférences avaient été annulées. Le seul rabbin qui n'avait pas annulé, Balfour Brickner, m'a montré une note secrète de l'Anti Diffamation Ligue qui interdisait mes conférences. Elle disait : « bien que le membre de la Knesset (du parlement israélien ndlt) Uri Avnery ne peut en aucune façon être considéré comme un traître, son apparition en ce moment serait un facteur profond de division ». Finalement toutes les conférences ont eu lieu sous les auspices de chapelains chrétiens.

Je me souviens tout spécialement d'une expérience déprimante à Baltimore. Un bon juif, qui s'était porté volontaire pour m'accueillir, en colère à cause de l'annulation de ma conférence dans la ville, a insisté obstinément pour qu'elle ait lieu. Nous avons arpenté toutes les rues des quartiers juifs – des kilomètres de noms juifs - - et nous n'avons pas trouvé une seule salle où le directeur accepterait la tenue d'une conférence par un membre de la Knesset. A la fin, la conférence a effectivement eu lieu dans le sous sol de l'immeuble où se trouvait l'appartement de mon hôte - - et des fonctionnaires de la communauté juive sont venus protester.

Cette année là, pendant le Septembre Noir, j'ai tenu une conférence à Washington DC sous les auspices des Quakers. Cela semblait être un vaste succès. Les journalistes sont venus directement d'une conférence de presse donnée par Golda Meir et m'on submergé de questions. Presque tous les médias importants étaient représentés - - Chaînes de TV, radios, les principaux journaux. Apres que l'heure se fut écoulée ils n'ont pas voulu me laisser partir et m'ont gardé pour que je puisse encore parler une heure et demie. Mais le jour suivant, pas un seul mot de tout cela n'est apparu dans les medias. 31 ans après, en octobre 2001, j'ai tenu une conférence de presse à Capitol Hill à Washington, et exactement la même chose s'est produite : beaucoup de medias étaient présents, ils m'ont retenu pendant une heure - - et pas un seul mot n'a été publié.

En 1968, une maison d'édition américaine très respectée (Macmillan) a sorti un de mes livres « Israël sans sioniste » qui a été ensuite traduit dans 8 autres langues. Le livre décrivait le conflit israélo arabe d'une manière toute différente et proposait l'établissement d'un état palestinien à côté d'Israël - - une idée révolutionnaire à l'époque. Aucune revue du livre n'a été publiée dans les médias. J'ai vérifié dans l'un des plus importants magasins de livres de New York et je n'ai pas trouvé le livre. Quand j'ai demandé au vendeur, il l'a trouvé enterré sous une pile de livres et l'a mis sur le dessus. Une demi heure plus tard il était de nouveau dissimulé.

Le livre portait sur la solution « Deux Etats pour Deux Peuples » bien avant que cela devienne un consensus mondial, et avec ma proposition pour l'intégration d'Israël dans la « Région Sémite ». C'est vrai que je suis un patriote israélien et que j'ai été élu à la Knesset par des électeurs israéliens. Mais j'ai critiqué le gouvernement israélien - - et cela suffisait.

Le livre par les deux professeurs qui critique le gouvernement israélien sous un angle différent, ne peut plus être enterré. Ce fait, en lui-même en dit long.

Le livre est basé sur un essai écrit par les deux et qui a été publié l'année dernière dans un journal britannique, après qu'aucune publication américaine n'ait osé le faire. Maintenant, une maison d'édition respectée l'a publié - - une indication que quelque chose bouge. La situation n'a pas changé, mais il semble que c'est maintenant possible d'en parler.

Tout dépend du moment - - et apparemment le temps est mûr pour un tel livre, qui choquera de nombreux gens biens en Amérique. Il provoque actuellement un tollé.

Les deux professeurs sont biens sûr accusés d'antisémitisme de racisme et de haine d'Israël. Quel Israël ? C'est le Lobby lui –même qui hait une grande partie d'Israël. Ces dernières années, il s'est déplacé encore plus à droite. Certains des groupes qui le constituent - - tels que les néo cons qui ont poussé les US à la guerre en Irak - - sont ouvertement lié au Likoud de droite et spécialement à Benjamin Netanyahu. Les milliardaires qui financent le lobby sont les mêmes personnes qui financent l'extrême droite israélienne, et la plupart des colons.

Les petits groupes de juifs déterminés aux US qui soutiennent les mouvements pour la paix en Israël sont implacablement persécutés. Certains d'entre eux laissent tomber au bout de quelques années. Des membres des groupes de pais israéliens qui sont envoyés aux US sont boycottés et accusés d'être « des juifs ayant la haine de soi ».

Les points de vue politiques des deux professeurs, brièvement stipulés à la fin du livre, sont identiques à la position des forces de paix israéliennes : la solution de deux états, fin de l'occupation, des frontières sur la base de la ligne verte, et un soutien international pour un règlement pacifique.

Si cela c'est de l'antisémitisme, alors nous sommes tous ici antisémites. Et seulement les chrétiens sionistes - - ceux qui demandent ouvertement le retour des juifs dans ce pays mais secrètement prophétisent l'annihilation des juifs non convertis lors de la deuxième venue du Christ - - sont les vrais amants de Sion.

Même si pas un seul mot négatif ne peut être murmuré aux US sur le Lobby Pro Israël, c'est loin d'être une société secrète, planifiant des complots tel que « Le Protocole des Sages de Sion ». Au contraire, AIPAC, l'Anti Defamation Ligue, la Federation Sioniste et les autres organisations se vantent en vociférant de leurs actions et affirment publiquement leurs incroyables succès.

C'est presque naturellement que les différentes composants du Lobby mènent une compétition entre elles - - Qui a la plus grande influence sur la Maison Blanche, Qui effraie le plus les sénateurs, Qui contrôle le plus grand nombre de journalistes et commentateurs,. Cette compétition est à l'origine d'une escalade permanente - - parce que chaque succès de l'un des groupes poussent les autres à redoubler d'efforts.

Ceci pourrait être très dangereux. Un ballon qui est gonflé jusqu'à des dimensions monstrueuses peut un jour éclater à la face des juifs américains (qui, entre parenthèses, selon les sondages, sont contre de nombreuses positions adoptées par le Lobby qui affirme parler en leur nom).

La majeure partie du public américain s'oppose maintenant à la guerre en Irak et la considère comme un désastre. Cette majorité ne lie pas encore la guerre avec les actions du Lobby Pro Israël. Aucun journal et aucun politicien n'osent mentionner un tel lien - - pour l'instant. Mais si ce tabou est brisé, le résultat pourrait être très dangereux pour les juifs et pour Israël.

Sous la surface, beaucoup de colère s'accumule contre le Lobby. Les candidats à la présidentielle, qui sont obligés de ramper aux pieds du Lobby, les sénateurs, les élus du Congres, qui sont devenus des esclaves du Lobby, les gens des médias, qui ont interdiction d'écrire ce qu'ils pensent réellement - - tous ceux là détestent secrètement le Lobby. Si cette colère explose cela pourrait nous faire du mal à nous aussi.

Le Lobby est devenu un Golem. Et tout comme le Golem de la légende, à la fin il amènera la catastrophe sur son créateur.

Si je peux me permettre une critique personnelle:

Quand l'article originel des deux professeurs a été publié, j'ai argumenté en disant que «la queue court après le chien et le chien court après sa queue ». La queue bien sûr c'est Israël.

Les deux professeurs ont confirmé la première partie de l'équation, mais ont repoussé la seconde. La thèse centrale du livre c'est que la pression du Lobby pousse les US à agir contre ses propres intérêts (et, à long terme, aussi contre les intérêts d'Israël). Ils n'acceptent pas mon approche, citée dans le livre, qu'Israël a agit au Liban comme « le Rottweiler américain » (le Hezbollah étant le Doberman de l'Iran).

Je suis d'accord sur le fait que les US agissent contre leurs vrais intérêts (et ceux d'Israël)- - mais la direction américaine ne le voit pas de cette façon. Bush et ses gens croient - - même sans la pression du Lobby - - que ce serait avantageux pour les US d'établir une présence militaire permanente au milieu de cette région contenant de vastes réserves de pétrole. De mon point de vue, cet acte contre productif était l'un des principaux objectifs de la guerre à coté de celui d'éliminer l'un des ennemis les plus dangereux d'Israël. Malheureusement le livre se penche peu sur ce point.

Cela ne diminue en rien ma profonde admiration pour les qualités intellectuelles, l'intégrité et le courage de Mearsheimer et Walt, deux chevaliers qui, comme St George, se sont mis en route avec entrain pour affronter l'effrayant dragon.

Uri Avnery est un écrivain israélien et activiste pour la paix au sein de Gush Shalom. Il a aussi contribué au livre de Counterpunch « the Politics of Anti Semitism » ( L'utilisation en politique de l'antisémitisme)

Traduction Mireille Delamarre pour
www.planetenonviolence.org
Note

Ce livre vient de sortir en français sous l'intitulé: « Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine - John J. Mearsheimer, Stephen M. Walt (Traduit de l'américain par Nicolas Guilhot, Laure Manceau, Nadia Marzouki et Marc Saint-Upéry) - La Découverte, Paris, 2007 - 504 p., 20 €

John J. Mearsheimer est professeur de sciences politiques à l'université de Chicago et est l'auteur de « The Tragedy of Great Power Politics ». Consulter le site personnel de John J. Mearsheimer.

Stephen M. Walt est professeur de relations internationales à la Kennedy School of Government d'Harvard. Son dernier livre s'intitule : « Taming American Power : The Global Response to US Primacy » (Traduction française à paraître aux Éditions Demopolis en octobre 2007).
 
 
Source : Planète non violence 
http://www.planetenonviolence.org/...
 
 
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19 octobre 2007 5 19 /10 /octobre /2007 16:05
Embarrassée par la découverte d’une caisse noire à l’UIMM, Laurence Parisot a promis une «nouvelle ère de transparence».
 
FRANçOIS WENZ-DUMAS 
 
QUOTIDIEN : mercredi 17 octobre 2007
 
 
Hier matin, 9 h 30. Au siège du Medef, avenue Bosquet à Paris, Laurence Parisot répond aux questions des journalistes. «J’ai demandé que l’on modifie les statuts, annonce la présidente de l’organisation patronale, pour qu’ils intègrent l’adhésion à une charte éthique. Aucune fédération ne pourra adhérer au Medef si elle ne dispose pas de comptes certifiés.»
 
«Ubuesque». Au même moment, au 56 avenue de Wagram, les policiers pénètrent au siège de l’UIMM (Union des industries et métiers de la métallurgie), la plus puissante fédération qui compose le Medef (lire page 4) pour une nouvelle perquisition. Ils cherchent depuis bientôt trois semaines à mettre la main sur la comptabilité parallèle permettant de découvrir dans quelles poches ont bien pu aller les 17 millions (minimum) d’argent liquide que ses dirigeants ont retiré des comptes de l’organisation depuis 2007.
Cette situation que Laurence Parisot qualifie elle-même d’«ubuesque» en dit long sur la crise qui traverse les milieux patronaux, et avec eux les syndicats de salariés entraînés dans une même suspicion par Denis Gautier-Sauvagnac, le président de l’UIMM, qui justifie ses retraits d’argent liquide par la nécessité de «fluidifier les relations sociales». Hier, lors de sa conférence de presse, Laurence Parisot a comparé la situation des partenaires sociaux à celle d’une famille découvrant que l’un de ses secrets les mieux gardés était étalé sur la place publique. «Cela me fait l’effet de la révélation d’un secret de famille», commentait hier la patronne du Medef : «C’est quelque chose que nous ignorions totalement pour l’UIMM et que sûrement nous ignorons pour d’autres.» Mais, ajoute-t-elle, «probablement beaucoup savaient, inconsciemment».
Elue en juillet 2005 contre le candidat soutenu par l’UIMM, Yvon Jacob, l’actuelle présidente du Medef peut plaider l’ignorance. Ce n’est pas le cas de ses prédécesseurs. Hier, Yvon Gattaz, qui a dirigé le Conseil national du patronat français (CNPF) de 1981 à 1986, a carrément admis, sur France Inter, que, «dès 1884, il y a eu une caisse qui alimentait les syndicats» et que, selon lui, «il était de notoriété publique que cet argent donné de la main à la main servait au financement des syndicats».
 
«Infâme suspicion». Cette façon de mettre dans le même bain organisations patronales et syndicales fait bondir leurs dirigeants, en particulier ceux de la CFDT et de la CGT. François Chérèque estimait la semaine dernière que la CFDT et ses militants se sentaient «agressés par l’infâme suspicion». Quant à Bernard Thibault, il parlait hier de «scandale national», en ajoutant qu’il était «assez facile pour le patronat, pour ne pas avoir à avouer d’autres utilisations de cet argent liquide, de pointer les organisations syndicales comme étant a priori les bénéficiaires».
Hier, les Echos évoquaient un véritable trésor de guerre de 160 millions d’euros, voire davantage, qui aurait été constitué après les événements de Mai 1968 pour aider les entreprises adhérentes de l’UIMM à ne pas céder aux syndicats lors de conflits sociaux. Cette «caisse antigrève» existait en réalité depuis l’époque de la guerre froide. Elle avait été constituée en 1952 (Libération d’hier) et était utilisée de manière plus ou moins discrète dans les conflits sociaux pour contrer l’influence communiste dans le mouvement syndical français. Elle était alimentée par des versements «volontaires» d’entreprises, une «surcotisation». Son existence n’est pas contestée par les dirigeants de l’UIMM.
Les enquêteurs risquent de rencontrer des difficultés pour identifier les bénéficiaires des «largesses» de l’IUMM, car il est fort peu probable qu’il s’agisse de flux financiers au niveau des grandes confédérations. Les «enveloppes en liquide» de l’UIMM ont plus vraisemblablement eu comme destinataires des individus, négociateurs d’accords par exemple, permettant de débloquer des aides publiques importantes (mécanisme de préretraites anticipées notamment) au bénéfice des entreprises de la métallurgie et de la construction automobile. Autre cible potentielle : certains parlementaires auprès desquels la fédération patronale exerce un lobbying efficace pour qu’ils défendent des amendements favorables à leurs adhérents. Les députés et les sénateurs connaissent bien les «amendements de nuit de l’UIMM».
 
Perche. Hier, Laurence Parisot a saisi la perche qui lui était tendue par la CGT, en acceptant comme le lui demandait Bernard Thibault d’ouvrir une négociation sur la représentativité syndicale et le financement du dialogue social. La première phase de cette discussion sera celle de la «délibération sociale», a-t-elle annoncé.
 
Présomption d’innocence. De son côté, l’UIMM a promis de revoir sa «gouvernance». Mais pas question de démettre son président, Denis Gautier-Sauvagnac. Et comme c’est ès qualités qu’il siège au Conseil exécutif du Medef, Laurence Parisot ne pouvait pas lui demander d’abandonner ses responsabilités au sein de l’organisation patronale, même s’il a accepté de renoncer à conduire les négociations sur la modernisation du marché du travail. «La présomption d’innocence», s’est défendu Laurence Parisot, à qui l’on demandait pourquoi elle n’était pas allée jusqu’au bout en exigeant du président de l’UIMM qu’il abandonne tout rôle dans les instances du Medef.


http://www.liberation.fr/actualite/politiques/285388.FR.php
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17 octobre 2007 3 17 /10 /octobre /2007 21:18
Les mensonges de Bernard-Henry Lévy au sujet d’Oumma.com
 
Par la rédaction
lundi 15 octobre 2007
 
 
 
 
Le vendredi 12 octobre sur France 2, au cours de l’émission « Esprit Libre » présentée par Guillaume Durand, Bernard-Henry Lévy a tenu des propos scandaleux et diffamatoires à l’endroit d’ Oumma.com, durant le débat "Comment être de gauche ?" auquel participaient Philippe Torreton, Éric Besson, Laure Adler, Alain Minc, Philippe Tesson et Sylvain Bourmeau (voir l’extrait vidéo à la fin de l’article).
Interpellé par Eric Besson, secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre, qui reprochait à Ségolène Royal d’avoir confié une mission à José Bové, l’histrion à la chemise blanche, lui répond alors : « Pour moi José Bové est un crypto-fasciste. Quand José Bové rentre d’Israël et qu’il va déclarer à Oumma.com que les attentats […] Bernard-Henry Lévy qui est légèrement interrompu, poursuit et affirme de nouveau : « Quand José Bové rentre d’Israël et qu’il déclare au site de Tariq Ramadan que les attentats antisémites à Paris sont l’œuvre du Mossad, c’est du fascisme des années 30. » (Voir l’extrait vidéo à la fin de l’article).
Il y a deux mensonges dans les propos de BHL qu’il est très facile de démentir.
-Premier mensonge : Le site Oumma.com n’est en rien celui de Tariq Ramadan qui a son propre site. Tariq Ramadan n’ a jamais été membre de l’équipe Oumma.com, ni participé à sa création. A moins d’en déduire comme le fait Bernard-Henry Lévy, que les articles de Tariq Ramadan publiés sur ce site, font automatiquement de lui le propriétaire d’Oumma.com.
Si le « raisonnement » grotesque de BHL est appliqué à tous les auteurs qui écrivent sur ce site, ils seraient donc des centaines à être propriétaire d’Oumma.com sans le savoir. Précisons par ailleurs à BHL qu’Oumma.com a suscité à plusieurs reprises l’agacement de Tariq Ramadan en raison de certaines analyses critiques sur sa pensée diffusées sur ce même site. Oumma.com n’est ni pro, ni anti- Tariq Ramadan.
-Second mensonge : José Bové qui a donné 3 entretiens à Oumma.com, n’ a jamais bien sûr tenu les propos cités par BHL, comme le prouvent les liens situés ci-dessous.
On sait en revanche que BHL a des méthodes particulières et douteuses pour imposer son influence sur les médias qu’il préfère aux ordres. Ne tolérant aucune critique sur sa personne, il déploie des ressources considérables pour faire taire toute voix discordante, ce qui nous semble à tout le moins peu compatible avec l’esprit du philosophe soucieux de liberté qu’il prétend incarner. Nous vous invitons à ce sujet à lire quelques extraits du livre « Une imposture française » de Nicolas Beau (journaliste au Canard Enchaîné) et Olivier Toscer (du Nouvel Observateur) paru en 2006 aux éditions Les Arènes.
Les extraits de ce livre « Une imposture française » de Nicolas Beau et Olivier Toscer
« Il suffit de trouver dans chaque rédaction des affidés qui lui doivent tous quelque chose (complément de salaire, position sociale, honneur quelconque)... et de les activer au gré de ses besoins promotionnels. Du clientélisme classique appliqué à la gent intellectuelle. »
« Bernard-Henri Lévy contrôle tout ce qui s’écrit sur lui ou sur ses proches (...) La censure béachélienne dans la presse française ne passe pas toujours par les liens d’argent. Dans les médias, Bernard- Henri Lévy passe- à tort ou à raison- pour une vache sacrée que peu de patrons de rédaction, de gauche comme de droite , osent défier. »
Pour de plus amples informations sur le système BHL, vous pouvez également lire l’article paru sur Oumma.com : Bernard-Henri Lévy : de Kant aux surgelés Picard : http://oumma.com/Bernard-Henri-Levy-de-Kant-aux
Ces deux mensonges sont en fait caractéristiques des méthodes de ce scribouillard qui a été traité récemment de « petit con prétentieux » par Henri Guaino, conseiller et plume de Nicolas Sarkozy et de "petit télégraphiste de l’Empire" par Jean-Pierre Chevènement. (2)
 
 
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17 octobre 2007 3 17 /10 /octobre /2007 11:11
Le couple Sarkozy aurait formalisé son divorce
 
PARIS (Reuters)
 
 
 Le président Nicolas Sarkozy et son épouse Cécilia ont matérialisé devant un juge leur procédure de divorce, croit savoir mercredi Le Nouvel Observateur.
 
Interrogé sur cette information, publiée sur le site internet de l'hebdomadaire, Nouvelobs.com, le porte-parole de l'Elysée, David Martinon, a répondu en deux mots : "Aucun commentaire".
Le Nouvel Observateur écrit que "selon nos informations, Nicolas et Cécilia Sarkozy se sont rendus ensemble devant un juge, lundi 15 octobre en fin de journée, pour matérialiser la procédure de séparation du couple".
Depuis une dizaine de jours, l'Elysée refuse de commenter les multiples rumeurs de divorce du couple présidentiel, la presse française faisant état de l'annonce imminente de la séparation de Nicolas et Cécilia Sarkozy, qui sont mariés depuis 1996 et ont traversé une crise conjugale en 2005.
Ils n'ont pas été vus ensemble en public en France depuis le 14 juillet.
 
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16 octobre 2007 2 16 /10 /octobre /2007 21:13
«On tuera le temps en faisant l'amour»
 

20Minutes.fr, éditions du 16/10/2007 - 19h05
dernière mise à jour : 16/10/2007 - 22h20
 
Ils ont eu beau s'époumoner ( «Des logements pour les étudiants!»), hisser leurs drapeaux («étudier sans précarité»), défier les CRS en de gentilles mêlées (aux cris de «Chabal avec nous»), et résister de toutes leurs forces et surtout de tout leur esprit («Nous sommes dans notre bon droit»), ils n'ont rien pu faire. A 16h, Les CRS ont eu raison de leur volonté et ont pénétré dans l'immeuble du 85 boulevard Montparnasse (6e). C'est là, dans un immeuble que l'Etat avait revendu il y a quelques mois à la compagnie d'assurance MAIF, qu'une cinquantaine d'étudiants s'étaient installés depuis cinq jours. Des étudiants lassés de ne pouvoir se loger, et qui avaient décidé de faire d'une pierre deux coups: trouver un toit, et alerter les pouvoirs publics sur le manque de structures.

«Assureur militant»

Jusqu'au bout, ils y ont crû. «Peut-être que la MAIF, qui se dit assureur militant, ne va pas oser assumer une expulsion», voulait encore croire Julien quelques minutes avant les faits. «Comme d'habitude, ils attendront 5 heures du mat' pour agir loin des caméras. C'est la France qui se lève tôt et qui n'oublie pas sa matraque», corrigeait amèrement un autre. Les forces de l'ordre n'ont pas attendu si longtemps.

Mais dès mardi matin, leur intervention se dessinait. Des ouvriers du bâtiment, se rendant sur les lieux et trouvant porte close, ont en effet cru à un cambriolage et ont alerté la police. Macaq et Jeudi noir, les deux organisations à l'origine de l'action, voulaient communiquer le lendemain, sûr de leur bon droit de rester sur place après cinq jours d'occupation. L'intervention des ouvriers, non prévue, a bouleversé leur calendrier. Et mis subitement fin à leur rêve d'offrir 40 chambres à de jeunes étudiants trop fauchés pour se payer un loyer.

«Pas squatter l'immeuble d'une personne qui a trimé toute sa vie»

Tout semblait pourtant parfaitement ficelé. Depuis des semaines, les militants préparaient leur coup, de réunions en repérages des lieux. «Trouver des logements vides, ça devient vite une obsession», explique Alex, qui a monté l'opération. «On se balade à scooter, et on regarde. Les fenêtres noircies ou au contraire les volets qui ne s'ouvrent jamais. On revient, on s'aperçoit qu'il n'y pas de passage, on mène une enquête...» Les Macaq n'en sont pas à leur premier d'essai. Dans Paris, ils occupent déjà cinq immeubles, parfois luxueux.

Sauf que trouver un immeuble inoccupé n'est pas le tout. «Encore faut-il qu'il y ait un accès facile, qu'il ne soit pas gardienné, qu'il n'y ait pas de voisins directs. Puis on doit vérifier le cadastre. On ne va pas squatter l'immeuble d'une personne qui a trimé toute sa vie», explique Jean-Marc, étudiant en master de philosophie, qui vise donc «des fonds de pension ou des grandes boîtes».

Cette fois, le plan est venu directement d'un site Internet du gouvernement, relatant la vente de ce qui fut précédemment un siège du secrétariat d'Etat à l'Economie solidaire, et de la Défenseure des enfants. On peut difficilement faire plus symbolique.

«On tuera le temps en faisant l'amour»

Vendredi après-midi, matelas, linge, ordinateurs, couvertures sont emportés sur place par camion. Il est même envisagé de se munir de poubelles déjà pleines. «Un huissier de justice peut venir à tout moment. Il faut qu'il croit qu'on est là depuis plus de cinq jours. Car au-delà de ce laps de temps, il faut une décision de justice pour nous virer», explique Manuel. «On y va en sous-marins, on a assez de bouffe pour tenir une semaine sans sortir», explique Dimitri, qui regrette seulement l'oubli du tarot et du Monopoly: «Tant pis, on tuera le temps en faisant l'amour.»

En fait, le week-end sera surtout consacré à l'installation de nouveaux étudiants. Mais au cinquième jour, réellement atteint, la police débarque. «Vous n'avez pas le droit, c'est illégal, il n'y a pas d'huissier» ont crié les étudiants. Les CRS n'ont rien rétorqué. Ils sont rentrés par les fenêtres, et les ont évacués.

document.getElementById("legendePhotoVisible").innerHTML = document.getElementById("legendePhotoInVisible").innerHTML;
Michaël Hajdenberg


20Minutes.fr, éditions du 16/10/2007 - 19h05
dernière mise à jour : 16/10/2007 - 22h20
 
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15 octobre 2007 1 15 /10 /octobre /2007 20:59
Un ancien général américain en Irak s'en prend à 

l'administration Bush
 

 
 
 
La gestion de la guerre en Irak par l'administration Bush est "un échec catastrophique" qui a plongé les Etats-Unis dans un conflit cauchemardesque dont on ne voit pas la fin, a déclaré vendredi un ancien commandant des forces terrestres américaines d'occupation en Irak.

S'exprimant devant des journalistes, le général Ricardo Sanchez a violemment tancé la manière dont les autorités américaines ont géré le conflit depuis le début de l'intervention, en 2003.

"Nos dirigeants ont fait étalage d'une incompétence stratégique patente", estime le militaire, qui a dirigé les forces de la coalition de juin 2003 à juillet 2004.

"L'Amérique continue son combat désespéré en Irak, sans être capable d'élaborer une stratégie permettant d'aboutir à une "victoire" dans ce pays déchiré, ni même dans la lutte contre l'extrémisme."

Sans jamais nommer George Bush, il a qualifié la stratégie de renforcement de la présence militaire américaine en Irak de "tentative désespérée menée par une administration qui n'a pas pris en compte la portée politique et militaire de cette guerre."

"Il ne fait aucun doute que l'Amérique vit un cauchemar dont on ne voit pas la fin", a-t-il déploré.

Sanchez n'a pas ménagé le Conseil de sécurité national de la Maison blanche, qui était dirigé, alors qu'il servait en Irak, par Condoleezza Rice. "Notre Conseil national de la sécurité est un échec catastrophique", a-t-il dit, reprochant à ses membres d'avoir préféré une approche reposant uniquement sur les militaires sans parvenir à impliquer les forces politiques.

Sanchez a également vilipendé l'attitude du Congrès et de l'ensemble de la classe politique. "L'Amérique n'a pas fournis les efforts nécessaires pour remporter cette guerre", juge-t-il, "les querelles partisanes ont entravé l'effort de guerre."

Il a déclaré que les commandants militaires déployés sur le terrain continueraient à obtenir des résultats, si on leur donne du temps et qu'on leur fournit "une stratégie globale", mais qu'en attendant, les militaires continueraient à mourir.

Sanchez a déclaré qu'il fallait une réduction des effectifs "étant donnée l'absence de stratégie", même s'il a reconnu que les Etats-Unis resteraient encore longtemps en Irak, car un retrait précipité ajouterait à l'instabilité régionale.

"Ce qui se passe aujourd'hui à Washington ne me donne aucun espoir", a-t-il regretté.
 
Dimanche 14 Octobre 2007
aloufok.net
 
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15 octobre 2007 1 15 /10 /octobre /2007 20:49
France: La lutte contre Sarkozy nécessite une nouvelle perspective politique
 
 
Déclaration du Comité de rédaction du World Socialist Web Site
 
La déclaration ci-dessous sera distribuée sous forme de tract par les sympathisants du World Socialist Web Site lors de la manifestation à Paris du 13 octobre et dans les rassemblements et assemblées générales du 18 octobre contre les attaques sur les acquis sociaux du président Sarkozy.
Le World Socialist Web Site apporte son soutien aux travailleurs qui prennent part à la manifestation du 13 octobre et à la grève du 18 octobre contre les énormes attaques sociales du président Nicolas Sarkozy. Ce mouvement a un rôle essentiel à jouer, étant la première expression organisée de l’opposition des travailleurs à la politique réactionnaire du nouveau gouvernement.
Malgré l’aura passagère de popularité que les médias capitalistes ont créée autour de Sarkozy, la promotion de l’inégalité sociale que cette politique incarne a déjà été rejetée à plusieurs reprises par les Français. Aucune des mesures actuellement annoncées — fin des régimes spéciaux de retraite qui concernent 1,6 million d’employés du service public, réforme du code du travail afin de faciliter l’embauche et le licenciement, imposition dissuasive et pénalisation de la retraite anticipée, pour n’en citer que quelques-unes — ne sont pas des nouveautés.
De similaires attaques sur les retraites, proposées par Alain Juppé en 1995 et Jean-Pierre Raffarin et François Fillon en 2003 et le Contrat première embauche (CPE) de Dominique de Villepin en 2006 avaient déclenché des manifestations auxquelles avaient pris part des millions de personnes et avaient été massivement soutenues par la population.
Néanmoins, avec Sarkozy, les travailleurs sont confrontés à un adversaire politique d’un genre très différent, beaucoup plus à droite que ses prédécesseurs. Il ne fait pas un secret de sa détermination à mettre en place sa politique, malgré toute cette opposition, au nom de la « rupture » d’avec l’ancien ordre social.
Pour ce faire, Sarkozy recrute dans son gouvernement des représentants du Parti socialiste et collabore avec les dirigeants syndicaux dans ses attaques contre la classe ouvrière, tout en courtisant en même temps l’extrême-droite. Peu après avoir été élu, il a invité pour la première fois au palais présidentiel de l’Elysée le dirigeant néofasciste du Front national, Jean-Marie Le Pen. Son ministère de l’Immigration et de l’identité nationale a commencé des rafles à grande échelle de milliers d’immigrés et contraint à présent les étrangers qui souhaitent, par le regroupement familial, rejoindre leur famille installée en France, à se soumettre à des tests ADN, une mesure en violation des droits humains fondamentaux.
Son intransigeance impitoyable pour le tout sécuritaire en politique intérieure va de pair avec son chauvinisme et le militarisme de sa politique étrangère.
Sarkozy s’est rangé derrière les pyromanes de l’administration Bush dans leur course pour étendre la guerre au Moyen-Orient. Il a déclaré dans son discours de politique étrangère du 28 août que si les négociations sur le programme nucléaire iranien échouaient, les alternatives seraient « la bombe iranienne ou le bombardement de l’Iran », qualifiant la première de « risque inacceptable. » Le 16 septembre, le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a confirmé que les forces armées françaises mettaient des plans au point en vue d’attaques contre l’Iran et dit qu’« il est normal que l’on fasse des plans ».
 
La bourgeoisie française et la mondialisation
L’émergence d’un régime aussi droitier que celui de Sarkozy ne peut s’expliquer simplement en disant qu’il est le produit de bizarreries personnelles des politiciens au pouvoir. Ce régime est la réponse collective de la bourgeoisie française face aux changements énormes qui déstabilisent le capitalisme mondial — l’émergence des puissantes industries à main-d'œuvre bon marché des pays en voie de développement et la débâcle de l’impérialisme américain en Irak, Afghanistan et plus largement au Moyen-Orient.
Dans les secteurs traditionnels, la France est en train de perdre ses marchés face à ses rivaux européens, notamment l’Allemagne. Le Conseil d’analyse économique (CAE) du gouvernement fait remarquer l’évolution défavorable du coût des salaires en France (notamment par rapport à l’Allemagne) et que « l'amélioration de la compétitivité en Allemagne s'est accompagnée d'un rétablissement spectaculaire des marges des entreprises » et d’une « ré-accélération des dépenses d'investissement productif outre-Rhin ». En un mot, les attaques réussies de la bourgeoisie allemande contre le niveau de vie des travailleurs allemands, ces dernières années, la rendent plus compétitive.
En conséquence, la totalité des acquis sociaux conquis par la classe ouvrière française — des programmes sociaux financés par un système d’impôts progressifs, des soins médicaux abordables, des augmentations de salaire, etc. — doivent être supprimés pour rétablir la compétitivité de l’industrie française sur le marché mondial. Les entreprises plus petites et moins efficaces doivent disparaître et être remplacées par de grandes entreprises françaises en liens directs avec le marché mondial du travail.
Cependant, au fur et à mesure que la bourgeoisie française se tourne davantage vers le marché mondial, elle se trouve confrontée aux effets géopolitiques de l’aventure ratée des Etats-Unis en Irak. L’impérialisme français doute de pouvoir, sur le long terme, s’assurer des conditions favorables de livraisons de produits en provenance des pays émergeants, notamment de pétrole du Moyen-Orient.
Un éditorial du Figaro fait remarquer que le rapport de force de l’industrie pétrolière « promet d’[être] de moins en moins favorable » aux « démocraties comme la France ». La réaction de Sarkozy face à de telles inquiétudes a consisté à appeler à un renforcement militaire de l’Europe et à s’aligner à l’impérialisme américain au Moyen-Orient.
 
Pour une nouvelle direction politique de la classe ouvrière
Les questions de dépenses sociales, d’emplois et de guerre n’étaient peut-être pas liées dans l’esprit de bien des gens qui avaient fait grève contre les ministres de Chirac en 2003 et 2006. Aujourd’hui la lutte contre les attaques de Sarkozy intègre ces questions pour n’en faire qu’une. A la guerre et à la réorganisation de l’économie sur la base du principe de profit — fermetures d’usines, licenciements massifs, réductions des retraites, et le prix des soins médicaux et d’éducation qui ne cessent d’augmenter — les travailleurs doivent contrebalancer la solidarité internationale de la classe ouvrière et une économie internationalement planifiée pour répondre aux besoins sociaux de l’humanité.
Est-il seulement nécessaire de faire remarquer que nos dirigeants actuels de la gauche française ne défendent pas une telle perspective. Le Parti socialiste, principal parti de la gauche bourgeoise de ces 40 dernières années, voit à présent ses anciens principaux cadres, dont Dominique Strauss-Kahn, Jack Lang et plus encore l’actuel ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, accepter de Sarkozy des postes officiels. Ils offrent à Sarkozy une couverture politique idéale. En effet, quel autre politicien, sinon un « socialiste » humanitaire de longue date comme Kouchner, aurait réussi à éviter de causer l’écoeurement populaire à l’annonce de projets de bain de sang au Moyen-Orient ? 
Les dirigeants des principaux syndicats ont des réunions régulières avec Sarkozy pour discuter des attaques sociales. Après l’une de ces réunions, début septembre, avec le dirigeant de la CFDT François Chérèque dans le très chic restaurant « Violon d’Ingres », Sarkozy a dit que Chérèque « comprend que la France a besoin d’un puissant mouvement de réforme. »
En accord avec sa politique réformiste, la direction syndicale considère la destruction des acquis sociaux de la classe ouvrière française comme incontournable. Elle n’appelle à la grève que lorsqu’elle sent qu’elle ne peut faire autrement et déclare ouvertement son accord fondamental avec les objectifs de Sarkozy. Ainsi Jean-Christophe Le Duigou de la CGT a indiqué qu’il était prêt à discuter de la réforme des régimes spéciaux de retraite, mais uniquement « entreprise par entreprise, branche par branche ». Le but est d’éviter une mobilisation collective des travailleurs sur une plateforme politique basée sur une totale hostilité aux plans de rigueur de Sarkozy.
En rapport avec cet objectif, et en accord avec leurs précédentes trahisons des luttes de 1995, 2003 et 2006, les syndicats ont attendu un mois avant d’organiser une grève, un mois après le discours-programme de Sarkozy sur la baisse des retraites du 18 septembre. Le but, comme cela avait été le cas en 2003 et 2006, est l’usure politique des travailleurs avec une série de grèves très espacées et inefficaces. Entre deux grèves, la législation régressive aura déjà été votée.
La faillite politique des partis et syndicats réformistes est un phénomène international. Le développement de la production mondialisée sous le capitalisme a détruit la base de la politique réformiste qui s’appuie sur des accords nationaux entre les patrons et l’Etat. Les dirigeants syndicaux sont ainsi transformés en instrument du patronat et de l’Etat et sont devenus une couche sociale privilégiée complètement aliénée de la classe ouvrière.
Tandis que les cheminots français luttent pour défendre leurs retraites et leurs emplois menacés de privatisation, les conducteurs de trains allemands font grève pour défendre leur niveau de vie face à des tentatives de limitation de leur droit de grève par des injonctions du tribunal et le sabotage de leur lutte par les principaux syndicats de cheminots.
Aux Etats-Unis, le syndicat de l’automobile UAW a mis fin à une grève qui paralysait General Motors et négocié un accord qui réduit de moitié le salaire des nouveaux embauchés, réduit de façon draconienne leur assurance maladie et les droits de retraite et fait de la bureaucratie syndicale les administrateurs des fonds de pension des travailleurs et un des plus importants acteurs de Wall Street.
Il est nécessaire que les travailleurs tirent les leçons de la faillite de ces organisations réformistes. L’arrivée au pouvoir de Sarkozy après dix années de luttes sociales intenses n’a été rendue possible que par les trahisons continues des partis socialiste et communiste et des syndicats. Une rupture politique et organisationnelle d’avec ces organisations est le préalable indispensable à une lutte victorieuse contre les attaques de Sarkozy.
On ne peut absolument pas faire confiance à cette direction actuelle et à ceux qui essaient de s’allier politiquement avec eux. Au contraire, les grévistes doivent lutter pour que la grève s’étende le plus possible, doivent organiser des comités de grève et des assemblées générales, indépendantes des syndicats, sur leur lieu de travail et mener une dénonciation politique intransigeante de la collaboration de ces bureaucraties avec la politique antisociale de Sarkozy.
Afin de mener à bien une telle lutte, les travailleurs doivent former leur propre parti politique indépendant, sur la base de l’internationalisme socialiste pour coordonner leurs actions. En cette période de spirale de guerres et de rigueur sociale, ils doivent s’allier aux travailleurs d’Europe et du reste du monde et raviver la culture de l’internationalisme socialiste et de la solidarité des travailleurs qui sous-tendait les grandes luttes révolutionnaires des 19e et 20e siècles. C’est pour cette perspective que se bat le Comité international de la Quatrième Internationale (CIQI).
Le Comité international de la Quatrième Internationale a pour objectif de bâtir une société qui place les besoins de la population au-dessus des intérêts de profit des grandes entreprises. Nous reconnaissons que les intérêts de la grande majorité de la population sont incompatibles avec un système social basé sur la propriété privée des moyens de production et l’Etat-nation et que la crise sociale ne peut pas être surmontée dans le cadre des conditions capitalistes existantes. Aucun problème social ne peut trouver de solution dans les limites du cadre national.
 
Cela veut dire qu’il faut construire des sections du CIQI en France et dans toute l’Europe.
 
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