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11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 19:37

http://www.europalestine.com/spip.php?article12038&lang=fr

Manifestation à Istanbul contre l’accord entre la Turquie et Israël

« Le mouvement pour le Boycott, pour le Désinvestissement et pour les Sanctions (BDS) de Turquie a organisé une manifestation à Istanbul, Vendredi Premier Juillet 2016, avec la participation des partis politiques et des groupes opposés au nouvel accord de normalisation entre le gouvernement turc et l’état sioniste, exprimant l’indignation face à cet accord qui ne sert que les intérêts de l’occupant », rapporte le Front Populaire pour la Libération de la Palestine (FPLP).

Les manifestants ont publié une déclaration contre l’accord, notant qu’il sert les intérêts stratégiques de l’état sioniste. « L’accord sera d’une importance stratégique vitale pour l’état d’occupation sioniste. L’état turc va accepter implicitement la légitimité du blocus imposé sur la bande de Gaza et l’adhésion de l’état d’occupation à l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), en plus d’être une ressource économique stratégique pour l’entité sioniste ».

De plus, les manifestants ont souligné que « l’importation du gaz de Tel Aviv est là pour servir de partenaire dans tous les crimes de l’occupant contre le peuple palestinien », indiquant que ce qui est appelé gaz israélien est en réalité le gaz palestinien volé au peuple palestinien et pillé par l’état de l’occupation comme moyen systématique de confisquer les ressources des terres palestiniennes et du peuple palestinien , y compris le gaz naturel.

Les participants ont appelé le parlement turc à rejeter l’accord, le décrivant comme une insulte pour le sang des martyrs du navire turc Mavi Marmara, qui ont perdu leur vie pour mettre fin au siège de Gaza.

En outre, les manifestants ont dénoncé les propos du président turc, Recep Tayyip Erdogan, qui a déclaré « qu’ils ne m’ont pas demandé quand ils sont allés à Gaza par voie maritime. Nous aidons Gaza mais sans fanfaronnade », ce qui constitue à leurs yeux une menace à peine voilée de mesure d’intimidation à l’encontre des actions de solidarité avec le peuple palestinien en Turquie.

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11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 17:31

http://www.marianne.net/les-petits-arrangements-du-cimentier-lafarge-daech-syrie-100243841.html

Les petits arrangements du cimentier Lafarge avec l’Etat Islamique en Syrie

La cimenterie du groupe français Lafarge en Syrie a-t-elle accepté de faire des affaires avec des groupes armés comme l’Etat Islamique pour maintenir sa production jusqu'en 2014 ? C'est ce que détaille une grande enquête publiée par le Monde, Mardi 21 Juin 2016.

Lafarge a travaillé en Syrie avec l'Etat Islamique pour maintenir sa production, révèle une grande enquête du Monde.

Le cimentier français Lafarge, numéro un mondial du ciment, a-t-il accepté, sur son site de Jalabiya, dans le nord-est de la Syrie, l’un des plus modernes et importants du Proche-Orient, de travailler avec des groupes armés, dont les terroristes de l’Etat Islamique, pour maintenir sa production ? C’est ce qu’affirme le Monde, dans une grande enquête publiée Mardi 21 Juin 2016.

« Des courriels envoyés par la direction de Lafarge en Syrie, publiés en partie par le site syrien proche de l’opposition Zaman al Wasl, révèlent les arrangements de Lafarge avec le groupe djihadiste pour pouvoir poursuivre la production jusqu’au 19 septembre 2014, date à laquelle l’Etat Islamique s’empare du site et Lafarge annonce l’arrêt de toute activité », écrit en effet le quotidien.

Autorisations pour circuler

De quels arrangements s’agit-il ? Selon le Monde, il a d’abord été question pour Lafarge d’obtenir des autorisations afin de pouvoir circuler librement sur les routes contrôlées par l’Etat Islamique. « Lafarge continuait d’alimenter le marché syrien du ciment et, pour cela, avait besoin d’acheminer sa production par les routes », explique de fait un ancien employé de Lafarge. Pour cela, la multinationale française a eu recours à un intermédiaire, un certain Ahmad Jaloudi, un jordianien, employé comme gestionnaire de risques.

Chargé, entre autres, de négocier avec les responsables de l’Etat Islamique, l’intéressé a notamment détaillé dans un courriel daté du 28 août 2014 adressé au tout nouveau Président Directeur Général (PDG) de la filiale de Lafarge en Syrie, Frédéric Jolibois, ses efforts pour obtenir des autorisations de circulation pour le personnel. Mais les autorisations lui ont été refusées, l’Etat Islamique ayant demandé une liste des employés du groupe au préalable.

Un courriel qui révèle surtout que « la direction de Lafarge à Paris était au courant de ces efforts », explique le Monde. Car lorsque Frédéric Jolibois répond à Ahmad Jaloudi, l’intermédiaire, il met en copie Jean-Claude Veillard, directeur sûreté du groupe Lafarge à Paris.

« Les points sur la sécurité avec Jean-Claude Veillard à Paris étaient quotidiens », précise un autre employé interrogé par le Monde. « Ils se tenaient par conférence téléphonique à 11 heures du matin », ajoute-il.

Un laissez-passer estampillé du tampon de l’Etat Islamique et visé par le directeur des finances de la région d’Alep, daté du 11 septembre 2014, sera par ailleurs retrouvé par le Monde, permettant d’attester, conclut le quotidien, que des accords passés avec l’Etat Islamique ont bel et bien été validés.

Lafarge et le pétrole de l’Etat Islamique

Autre arrangement de taille, pour fabriquer du ciment, raconte le Monde, « des matières actives comme le gypse et la pouzzolane sont mélangées au clinker, résultat du chauffage de la matière crue à mille quatre cent cinquante degrés dans un four rotatif ». Un processus qui ne pouvait se faire sans carburant afin de « faire chauffer le pré-calcinateur et le four rotatif à de telles températures ». Un employé proche de la production déclare au Monde que Lafarge n'avait pas d'autre choix que d’acheter du pétrole à l’Etat Islamique, qui contrôlait alors toutes les sources de production à Rakka et à Deir al Zor.

« La situation en Syrie était très compliquée et évolutive en 2013 et en 2014. Les personnes ayant travaillé sur place ne sont pas toutes joignables. Il nous est difficile de réagir à des courriels sans avoir tout vérifié, l’usine est fermée depuis le mois de septembre 2014 », s'est pour sa part défendue auprès du quotidien du soir la chargée de la communication du groupe Lafarge à Paris.

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11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 17:12

http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/07/11/guerre-des-chefs-au-labour-britannique_4967518_3214.html

Guerre des chefs au parti travailliste britannique

Par Philippe Bernard, correspondant permanent du Monde à Londres

Secoué par le Brexit, le parti travailliste britannique est menacé d’implosion. La crise qui l’agite depuis la victoire du Brexit au référendum et le vote dans la foulée d’une motion de défiance par quatre vingt pour cent des députés du parti travailliste contre son leader, Jeremy Corbyn, s’est accélérée avec la décision de la députée Angela Eagle de se présenter contre lui à la direction du parti. « Il ne s’agit pas de diviser le parti mais de le consolider et d’en assurer l’unité », a-t-elle assuré en confirmant son défi, Dimanche 10 Juillet 2016.

Le dirigeant en poste s’est dit « déçu » par cette initiative et a averti qu’il saisirait la justice s’il était empêché de concourir lors du scrutin provoqué par Angela Eagle. Les opposants à Jeremy Corbyn lui reprochent son manque d’implication dans la campagne pour le maintien dans l’Union Européenne et son défaut de leadership dans l’éventualité d’élections législatives anticipées à l’automne 2016.

Risque de scission

La bataille ainsi lancée par Angela Eagle, qui a démissionné du cabinet fantôme dirigé par Jeremy Corbyn comme la plupart de ses membres, met à nu un conflit aigu sur les règles d’élection du leader qui porte en germe un risque de scission du parti. Les règles en vigueur exigent que tout candidat doit avoir le soutien de vingt pour cent des députés et députés européens du parti, soit cinquante et un élus.

Angela Eagle, candidate aux positions centristes, en dispose sans problème. Mais Jeremy Corbyn, représentant de la tendance la plus à gauche soutenu par les syndicats, n’est pas certain de les réunir. Il soutient que, étant en poste et ayant été élu en septembre dernier par soixante pour cent des adhérents, il est automatiquement candidat en cas de nouvelle élection.

Les statuts du parti ne sont pas clairs sur ce point et ses instances, divisées entre partisans et adversaires de Jeremy Corbyn, doivent en délibérer, Mardi 12 Juillet 2016.

Alors que la tension monte entre les deux camps, le débat sur le renouvellement de la force de frappe nucléaire prévu le Lundi 18 Juillet 2016 au parlement pourrait porter le coup de grâce au parti travailliste dans sa forme actuelle, la grande majorité des députés travaillistes y est favorable alors que Jeremy Corbyn et ses amis militent pour la fin du nucléaire militaire au Royaume-Uni.

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10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 19:01

Trois chefs de la sécurité limogés après l'attentat de Bagdad (Reuters)

Le premier ministre irakien Haïdar al Abadi a démis Vendredi 8 Juillet 2016 de leurs fonctions trois hauts responsables des services de sécurité de Bagdad après l'attentat à la bombe qui a tué près de trois cents personnes dans la capitale irakienne le week-end dernier.

Dans un message posté sur son compte Facebook, Haïdar al Abadi précise qu'il a limogé le chef des opérations militaires de la ville ainsi que celui des services de sécurité et celui du renseignement.

L'attentat, revendiqué par le groupe Etat Islamique, est le plus meurtrier commis en Irak depuis la chute de Saddam Hussein renversé par une coalition internationale menée par les Etats-Unis il y a treize ans.

Un haut responsable des services de sécurité a jugé que le chef des opérations militaires de la capitale avait accumulé les erreurs.

« La voiture piégée venait de l'extérieur de la capitale. Elle a traversé des dizaines de checks points avant d'atteindre sa cible. Tous ces barrages dépendent du commandement opérationnel », a-t-il expliqué.

L'attentat a déjà conduit le ministre de l’intérieur, Mohamed Ghabban, à démissionner, Mardi 5 Juillet 2016, en déplorant le manque de communication entre les multiples organismes de sécurité chargés de la sécurité de la capitale irakienne.

Le grand ayatollah chiite Ali al Sistani, la plus haute figure religieuse du pays, a critiqué, Vendredi 8 Juillet 2016, dans son sermon hebdomadaire, l'incapacité des autorités à agir avec efficacité contre la menace présentée par les extrémistes sunnites de l'Etat Islamique.

Il a qualifié « d’insupportable l'auto satisfaction des responsables corrompus et ratés aux dépens du sang et de l'âme de civils innocents ».

L'Etat Islamique a revendiqué Vendredi 8 Juillet 2016 un triple attentat suicide contre un mausolée chiite dans une ville au nord de Bagdad, qui a fait, Jeudi 7 Juillet 2016, au moins trente cinq morts et une soixantaine de blessés.

L'attaque a visé le mausolée de Sayid Mohamed bin Ali al Hadi, situé à Balad, à quatre vingt dix kilomètres de la capitale irakienne, un site sacré pour les chiites.

En 2006, la destruction par les insurgés sunnites du dôme doré du mausolée de l'imam Ali al Hadi, le père de Sayid Mohamed, dans la ville voisine de Samarra, avait fait sombrer l'Irak dans une guerre confessionnelle impitoyable.

Après l'attaque du Jeudi 7 Juillet 2016, le puissant dignitaire chiite Moqtada Sadr a ordonné à sa milice de se déployer autour du mausolée de Sayid Mohamed.

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10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 18:47

http://filiu.blog.lemonde.fr/2016/07/09/comment-les-etats-unis-viennent-de-sauver-daech-dune-defaite-annoncee-en-syrie

Comment les Etats-Unis viennent de sauver l'Etat Islamique d’une défaite annoncée en Syrie

Par Jean Pierre Filiu

Samedi 9 Juillet 2016

La réalité dépasse parfois la fiction. En pire, l'Etat Islamique était sur le point de perdre son bastion syrien d'al Boukamal, verrou stratégique à la frontière de l’Irak, cette ville est parfois orthographiée Albou-Kamal, Abou Kamal ou Bukamal. Mais les Etats-Unis ont suspendu leur soutien aérien à la Nouvelle Armée Syrienne (NAS), la milice révolutionnaire qui menait l’assaut, permettant aux commandos djihadistes de réussir leur contre-offensive.

Cet invraisemblable fiasco a été révélé dans une enquête détaillée du Washington Post. Il est d’autant plus troublant que l’aviation américaine a abandonné ses partenaires syriens pour participer à une orgie de bombardements en Irak, lors de la reconquête de Fallouja après deux ans et demi aux mains de contrôle djihadiste. Comme si les Etats-Unis, à la différence de l'Etat Islamique, étaient incapables de se battre à la fois en Syrie et en Irak.

La NAS

Cette NAS, malgré son titre ronflant, n’est qu’une composante relativement mineure de l’Armée Syrienne Libre (ASL). Elle a été établie au mois de novembre 2015 autour de déserteurs des forces de Bachar al Assad, qui ont été formés et équipés en Jordanie par la Central Intelligence Agency (CIA), dans le cadre d’un programme train and equip richement doté par Washington.

Les services américains, plutôt que de répéter les échecs des infiltrations menées depuis la Turquie, avaient cette fois choisi le front sud. Le premier succès de la NAS fut la prise à l'Etat Islamique au mois de mars 2016 du poste de Tanaf, parfois orthographié Tanf, al Tanf, voire Tinf, à la frontière entre la Syrie et l’Irak. Malgré des attentats-suicides et des contre-attaques djihadistes, Tanaf était resté de fait aux mains de la NAS.

Les combattants de la NAS ont pu accéder au soutien américain en s’engageant à lutter exclusivement contre l'Etat Islamique et non contre le régime de Bachar al Assad, une condition draconienne qui interdit à la plupart des autres groupes révolutionnaires de bénéficier du programme train and equip. Cet engagement exclusif contre l'Etat Islamique n’avait pas empêché l’aviation russe de bombarder le 16 juin 2016 les positions de la NAS à Tanaf. Ce pilonnage russe est cohérent avec la volonté constante de Moscou d’éliminer toute troisième voie en Syrie entre le régime de Bachar al Assad et l'Etat Islamique. Le bombardement du 16 juin 2016 avait provoqué une vive réaction du Pentagone et les démentis russes d’usage. La NAS avait pu déjà apprécier la fragilité de la protection aérienne des Etats-Unis puisqu’un des pilonnages russes s’était produit alors que les avions américains étaient en train de refaire le plein.

La curée de Fallouja

C’est dès le 26 juin 2016 que les autorités irakiennes ont annoncé la libération de Fallouja. Mais une importante colonne djihadiste, forte de centaines de véhicules, a tenté de quitter la ville le 28 juin 2016, date où la NAS, à trois cent quarante kilomètres plus à l’ouest, lançait son offensive contre al Boukamal. Le soutien aérien des Etats-Unis à cet assaut était déterminant pour des unités révolutionnaires très exposées en milieu désertique et très éloignées de leur base arrière de Tanaf. La population d'al Boukamal, sans doute prête à se rallier aux assaillants, dont beaucoup ont des attaches locales, restait passive dans l’attente d’une percée révolutionnaire.

Cette percée n’interviendra pas, car l’aviation américaine est détournée le 29 juin 2016 sur Fallouja, abandonnant ses alliés syriens à découvert face aux mortiers djihadistes. Les B 52 et les AC 130 vont en effet se joindre à la curée de Fallouja, où les appareils irakiens ont commencé d’éliminer par des frappes systématiques les commandos djihadistes en fuite. Cet acharnement aérien n’est pas sans rappeler l’autoroute de la mort où la chasse américaine avait liquidé au mois de février 1991 les colonnes irakiennes qui évacuaient précipitamment le Koweït.

Les Etats-Unis étaient convaincus du succès de leurs partenaires syriens à al Boukamal, au point que le très sérieux Institute for the Study of War de Washington annonçait la reconquête de cette ville, entourée donc en rouge, sur sa carte du territoire aux mains de l'Etat Islamique en Syrie et en Irak à la date du Vendredi Premier Juillet 2016. Ce n’était qu’une auto-intoxication, puisque le lâchage américain permettait au même moment à l'Etat Islamique de repousser la NAS vers Tanaf et le désert.

Avant ce Ramadan de sang, des commentateurs un brin pressés s’interrogeaient pour savoir non pas si Raqqa allait être libérée de l'Etat Islamique, mais qui allait emporter ce trophée, entre le régime de Bachar al Assad, soutenu par la Russie, et les milices kurdes, inféodées au parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) turc et appuyées par les Etats-Unis.

L’offensive de la Russie et de l’armée gouvernementale syrienne a depuis été mise en déroute et les unités kurdes ont dû se détourner vers l'ouest et l’objectif supposé plus accessible de Manbij, devant lequel elles continuent de piétiner.

En lâchant à al Boukamal la proie syrienne pour l’ombre irakienne, les Etats-Unis ont fait preuve une fois encore d’une grande myopie stratégique.

Nous savons que la chute de Fallouja n’a pas préservé Bagdad du pire attentat depuis le renversement de Saddam Hussein. Et dans la ville de Raqqa où Abou Bakr al-Baghdadi proclama au mois d'avril 2013 son Etat Islamique en Irak et au Levant, les responsables djihadistes peuvent continuer de pavoiser et de recruter dans le monde entier.

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10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 18:27

http://www.lemonde.fr/politique/article/2016/07/08/treve-generale-a-nuit-debout_4965985_823448.html

Trêve générale à Nuit Debout

Par Raphaëlle Besse Desmoulières et Violaine Morin

Que reste-t-il du mouvement des Nuits Debout ? Place de la République, à Paris, plus grand-chose, à part quelques dizaines de personnes quand le temps le permet. L’assemblée générale a levé le camp, les curieux aussi. Envolés les slogans « un joyeux bordel est possible » et « à la fin, c’est nous qu’on va gagner ».

Lancé Jeudi 31 Mars 2016, au soir de l’une des plus grosses manifestations contre la loi travail, le mouvement des Nuits Debout fêtait ses cent jours, Vendredi 8 Juillet 2016. Trois mois plus tard, rares sont les commissions thématiques, qui pullulaient au plus fort du mouvement, à subsister.

Idem pour toutes les déclinaisons qui avaient pu voir le jour, de Radio Debout à Banlieues Debout.

Tout sauf spontané, ce mouvement a été planifié par une poignée de militants autour de François Ruffin, réalisateur du film Merci Patron. L’idée était de « ne pas rentrer chez soi » et de se réapproprier une place comme espace citoyen.

Jusqu'à la moitié du mois de mai 2016, le mouvement des Nuits Debout a attiré de petites foules, sympathisants de gauche, syndicalistes, déçus de François Hollande, jeunes, riverains et simples passants. Les politiques n’y sont pas les bienvenus, les chefs non plus.

La parole est libre et les assemblées générales n’en finissent plus de ne pas décider. « L’un des acquis du mouvement des Nuits Debout, c’est d’avoir fait émerger plusieurs questions dans le débat public, celles de la démocratie, du capitalisme financier, du rapport au pouvoir politique, des nouvelles formes de solidarité ou de la contestation du productivisme », explique le politologue Gaël Brustier. « C’est gros de promesses ».

Même si le mouvement s’est essoufflé place de la République, nombreux sont ceux qui considèrent que « son esprit » lui survit. Pour Killian, de l’équipe de la communication en ligne, le rassemblement au cœur de la capitale a servi de catalyseur. « Mais nous n’avons jamais rien fait avec une occupation », ajoute-t-il. Karine Monségu n’a aucun regret non plus, « la place de la République, ce n’était pas une fin en soi », indique cette syndicaliste de la Confédération Générale du Travail (CGT) d’Air France, membre du Parti de Gauche. « Ce qui compte, c’est l’occupation des esprits plus que de la place ».

Bureaucratie démocratique

Des Nuits Debout ont essaimé dans des villes de province, mais le mouvement a eu du mal à franchir le périphérique et à sortir de l’entre-soi, comme le voulait François Ruffin. Le rédacteur en chef du journal Fakir l’a d’ailleurs regretté dans une interview à Libération, Dimanche 5 Juin 2016.

« Dès le premier soir, j’en ai senti les limites, notamment en raison de la sociologie parisienne, une masse de diplômés, peu de classes populaires, pas d’usine aux alentours et une méfiance envers les syndicats, qui a très vite débouché sur une bureaucratie démocratique sans volonté de s’organiser », a-t-il critiqué.

Trois mois d’occupation ont cependant permis à chacun de se connaître. Si la convergence des luttes n’a pas eu lieu, le mouvement des Nuits Debout a permis de réveiller des réseaux militants en sommeil ou d’en créer de nouveaux.

« Certains avaient l’habitude de se croiser mais pas de travailler ensemble », souligne Leïla Chaïbi, figure de Jeudi Noir et ancienne dirigeante du Parti de Gauche. Même sentiment pour Dominique, un des fondateurs d’Avocats Debout qui, comme la plupart, ne souhaite pas donner son nom. « Ce qui m’a frappé, c’est qu’un tas de jeunes élèves avocats qui ne se sentaient à l’aise dans aucun parti politique trouvaient là un lieu de mobilisation ouvert sans arrière-pensée idéologique », relate-t-il. « C’est un réseau fort et riche qui s’est constitué ».

Les participants sont toujours connectés à Telegram, cette application de messagerie cryptée, et des dizaines de messages arrivent encore pour informer et mobiliser. Mardi 5 Juillet 2016, jour de l’annonce de l’utilisation du quarante neuvième article de la constitution pour adopter en deuxième lecture la loi travail à l’assemblée nationale, le mot d’ordre avait été donné de se retrouver devant le Palais-Bourbon. Ils seront deux cent à s’y rendre.

Espace d’expression

Le mouvement des Nuits Debout a aussi été une école de l’action militante.

Des jeunes ont appris à manifester, à s’organiser et à lutter. Les réseaux sociaux les y ont aidés.

Marie, une membre de la commission coordination, n’avait ainsi jamais trouvé un espace d’expression qui lui corresponde.

« Les gens comme moi ont évolué et mûri avec le mouvement », relève-t-elle.

La suite reste maintenant à inventer. Julien Bayou, porte-parole d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV), invite à se projeter sur le temps long. Il rappelle que Podemos, en Espagne, est né trois ans après l’émergence des indignés madrilènes. « Quant à Occupy Wall Street, c’est très confortable de se dire qu’ils sont tombés amoureux d’eux-mêmes », note-t-il. « Mais ils ont percé un triple mur, la dérégulation sous Bill Clinton, la fin des libertés sous Georges Bush et la déception sous Barack Obama. Et ils ont trouvé un écho avec Bernie Sanders ».

D’autres regardent à plus court terme. Que faire, en 2017, pour les élections présidentielles ?

Prôner l’abstention, prôner le vote blanc ou soutenir un candidat ? Membre du service d’ordre quand il existait, Romain souhaite que le mouvement des Nuits Debout devienne « un élément perturbateur et un grain de sable en s’incrustant, par exemple, dans les meetings du Parti Socialiste. C’est dans ce rapport de force que le mouvement des Nuits Debout peut jouer », veut-il croire.

Certains ont déjà commencé à s’organiser avec la volonté de « pirater 2017 ». C’est le cas d’Arthur, étudiant à l’Institut d’Etudes Politiques (IEP), plus motivé que jamais, « tous ces candidats qui ne vivent pas comme nous et qui veulent nous imposer leur loi travail, on va leur pourrir leur campagne ».

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10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 18:01

Nouvelles manifestations aux Etats Unis contre les violences policières (Reuters)

Des routes ont été bloquées et plusieurs personnes ont été arrêtées Samedi 9 Juillet 2016 lors de manifestations contre les violences policières à l'encontre des noirs qui se sont étendues aux Etats-Unis et ont été marquées par des heurts entre manifestants et policiers.

En dépit d'inquiétudes accrues quant à la sécurité après la fusillade de Dallas, où un homme a tué cinq policiers, Jeudi 7 Juillet 2016, les organisateurs avaient maintenu leurs marches dans les grandes villes et, notamment, à New York et à Washington.

C'était la troisième journée de grandes manifestations contre les violences policières après la mort de Philando Castile, trente deux ans, Mercredi 6 Juillet 2016, à Saint Paul, dans la banlieue de Minneapolis, dans le Minnesota, et d'Alton Sterling, trente sept ans, Mardi 5 Juillet 2016, à Bâton-Rouge, capitale de la Louisiane, deux noirs tués par les forces de l'ordre.

Les deux villes ont été le théâtre de manifestations tendues, Samedi 9 Juillet 2016.

A Minneapolis, les manifestants se sont vus interdire l'accès à un festival de musique, puis ils ont bloqué un grand axe de circulation en début de soirée pendant environ deux heures.

En dépit des consignes de dispersion de la police, les manifestants ont jeté pierres, bouteilles et armatures de construction sur la police, blessant au moins trois agents, rapportent les forces de l'ordre de Saint Paul.

Plusieurs personnes ont été arrêtées et la police a fait usage de fumigènes et de cartouches de marquage pour disperser la foule.

Des manifestants rapportent que la police a fait usage de gaz lacrymogènes et que des balles en caoutchouc ont été tirées.

A Bâton-Rouge, des altercations ont eu lieu entre la police et des militants des Black Panthers, dont certains portaient une arme, comme la loi le permet.

Plusieurs personnes ont été arrêtées et deux armes confisquées, a précisé un porte-parole de la police. Près de trente arrestations ont eu lieu après de brèves altercations dans la soirée.

A Nashville, dans le Tennessee, les manifestants ont momentanément bloqué une route, comme à San Francisco, en Californie, où le trafic a été interrompu sur une bretelle d'autoroute, rapportent les médias locaux.

A New York, où les manifestants ont rejoint Union Square sous la pluie depuis le City Hall, certains dans la foule chantaient « pas de police raciste, pas de justice, pas de paix ». Des pancartes proclamaient « pas d'allégeance au massacre sans fin » et « Pas d'allégeance à la suprématie blanche ».

Au plus fort de la mobilisation, le défilé, qui s'est achevé sur la Cinquième Avenue, a rassemblé un millier de personnes à New York.

La police de New York a annoncé avoir arrêté une dizaine de manifestants qui bloquaient un axe autoroutier.

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9 juillet 2016 6 09 /07 /juillet /2016 15:49

http://www.agencemediapalestine.fr/blog/2016/06/07/depuis-2001-israel-a-detruit-pour-74-millions-de-dollars-de-projets-finances-par-lunion-europeenne

https://electronicintifada.net/blogs/charlotte-silver/israel-has-destroyed-74-million-worth-eu-projects

Depuis 2001, Israël a détruit pour soixante quatorze millions de dollars de projets financés par l’Union Européenne

Par Charlotte Silver

Dimanche 5 Juin 2016

Un projet agricole de onze millions de dollars dans la vallée du Jourdain, un terrain de jeu de soixante et un mille deux cent dollars et une école primaire ouverte pour la communauté bédouine à l’est de Jérusalem, tout a été détruit par Israël.

Ce ne sont là que quelques exemples sur au moins cent cinquante structures, financées par l’Union Européenne en Cisjordanie occupée, qu’Israël a démolies au cours des trois premiers mois de 2016.

Israël a détruit plus de maisons, d’entreprises et d’infrastructures publiques dans ces mois-là que dans toute l’année 2015, selon un nouveau rapport de l’organisation à but non lucratif Euro Mediterranean Human Rights Monitor, ou Euro Med.

Chaque mois, c’est une moyenne de cent soixante cinq structures à financement privé ou international qui ont été démolies ou partiellement détruites, un total trois fois plus élevé que le précédent de cinquante démolitions par mois, entre 2012 et 2015.

Plus de neuf cent palestiniens sont devenus des sans-abri cette année, selon les statistiques de l’Organisation des Nations Unies (ONU), et des milliers d’autres ont vu leurs moyens de subsistance affectés par la vague des destructions.

D’après Euro Med, le coordinateur adjoint de l’ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient, Robert Piper, a laissé entendre que l’augmentation du nombre de démolitions est une réponse à l’escalade dans les confrontations violentes entre les palestiniens et les forces d’occupation israéliennes, commencée en octobre 2015.

Mais, pour le politicien israélien Moti Yogev, qui a exercé une pression sur les forces d’occupation israéliennes pour que s’accélèrent les démolitions, « je n’ai aucun doute que la position ferme du gouvernement résulte en partie des mesures unilatérales prises par l’Europe », se référant à la décision de l’Union Européenne concernant l’étiquetage des produits des colonies de fin de l’année dernière.

Si tel est le cas, les démolitions peuvent s’assimiler à des agressions du « prix à payer » contre les palestiniens et leurs biens commises par les colons, comme une forme de vengeance pour des politiques qu’ils n’aiment pas.

L’inaction de l’Union Européenne

La divergence dans ces explications peut venir en partie du fait que les responsables européens ont tenté de minimiser l’ampleur des destructions par Israël des infrastructures financées par l’Union Européenne afin d’éviter tout embarras, selon Cécile Choquet, chercheure à Euro Med.

En 2012, Chris Davies, député britannique du parlement européen, et Štefan Füle, ancien commissaire européen à l’élargissement et à la politique européenne de voisinage, ont présenté une liste de projets financés par l’Union Européenne qu’Israël a détruits au cours des onze premières années de ce millénaire.

La liste, en quatre vingt deux points, s’élève à cinquante six millions de dollars de pertes.

Mais depuis, les bureaucrates de l’Union Européenne ont gardé ce genre de données classifiées, selon Euro Med qui estime que le montant total des aides européennes dilapidées depuis 2001 se monte à soixante quatorze millions de dollars. Quelque vingt six millions de dollars sur cette somme ont été détruits durant le bombardement de Gaza par Israël, en 2014.

Si les diplomates européens ont bien publié des déclarations le dénonçant, il leur reste encore à remettre en question les accords commerciaux, militaires et économiques, qui sous-tendent les relations entre l’Union Européenne et Israël.

Au mois de mai 2016, par exemple, l’Union Européenne a critiqué « la tendance regrettable, depuis le début de l’année, aux confiscations et aux démolitions, y compris de l’aide humanitaire financée par l’Europe », après la démolition par Israël des abris d’une communauté bédouine près de Jérusalem.

Mais la déclaration ne contenait aucune allusion à de quelconques mesures pour en tenir réellement Israël comme responsable.

Selon Haaretz, l’augmentation de la pression politique se porte sur la responsable des affaires étrangères de l’Union Européenne, Federica Mogherini, pour qu’elle affronte Israël sur la question des démolitions des projets financés par l’Union Européenne.

Federica Mogherini a rapporté que certains membres de l’Union Européenne demandaient de faire payer des indemnisations à Israël.

L’envoyé de l’Union Européenne en Israël, l’ambassadeur Lars Faaborg-Andersen, aurait averti les officiers supérieurs israéliens la semaine dernière que si les démolitions restaient à ce niveau, les relations entre l’Union Européenne et Israël pourraient se dégrader.

La mission de l’Union Européenne à Tel Aviv n’a pas répondu à la demande de commentaires, faite par Electronic Intifada, pour savoir quelles pourraient en être les conséquences si, le cas échéant, Israël n’arrêtait pas ses démolitions.

Une autre réunion entre des responsables de l’Union Européenne et le ministère des affaires étrangères d’Israël est prévue au plus tard pour le mois de juin 2016, afin de discuter d’un gel des démolitions des structures financées par l’Union Européenne.

Impossible de construire

Ces démolitions se produisent de façon massive dans la zone C, qui représente soixante pour cent de la Cisjordanie occupée et qui est sous le contrôle total des israéliens en vertu des conditions des accords d’Oslo de 1993.

Plus de soixante dix pour cent des palestiniens dans cette zone ne sont reliés à aucun réseau d’eau. Entre 2000 et 2014, les autorités israéliennes n’ont approuvé que deux pour cent des demandes palestiniennes pour obtenir des permis de construire dans la zone C.

Mais COGAT, la bureaucratie de l’occupation israélienne qui gère le régime militaire des palestiniens dans la zone C, a insisté sur le fait que les démolitions sont des mesures « contre les constructions illégales ».

REGAVIM, une organisation israélienne d’extrême droite, s’est emparée du langage des groupes internationaux qui critiquent les constructions de colonies d’Israël, pour qualifier les projets de l’Union Européenne en Cisjordanie de « constructions illégales dans la zone C ».

L’investissement de l’Union Européenne dans la zone C est conforme à son engagement politique qui appelle à la solution à deux états.

Dans le même esprit, l’Union Européenne est le principal donateur pour l’Autorité Palestinienne. Depuis 1994, elle a fourni pour six milliards trois cent millions de dollars d’aides à l’entité qui, théoriquement, gouverne les palestiniens de la Cisjordanie et de la bande de Gaza occupées.

La plus grande partie des aides que l’Union Européenne achemine vers l’Autorité Palestinienne vise à soutenir les opérations quotidiennes et les salaires des employés et des forces de sécurité.

Entre 2007 et 2015, l’Union Européenne a attribué deux milliards huit cent millions de dollars à la gouvernance de l’Autorité Palestinienne. Depuis l’année 2000, la commission européenne, l’exécutif de l’Union Européenne, a attribué sept cent quatre vingt douze millions de dollars aux besoins humanitaires basiques de la population palestinienne de la Cisjordanie et de la bande de Gaza occupées.

L’Union Européenne et ses états membres, en attendant, poursuivent leurs commerces d’armes avec Israël.

La politologue française, Caroline du Plessix, a déclaré à Euro Med « qu’il n’y a pas d’état palestinien aujourd’hui. La question est la question de savoir ce que nous finançons. Sommes-nous en train d’aider Israël à maintenir son occupation, ou sommes-nous vraiment en train d’aider les palestiniens à construire leur indépendance ».

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9 juillet 2016 6 09 /07 /juillet /2016 15:18

http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/05/30/comment-le-gouvernement-cree-une-fabrique-a-coupables_4929169_3232.html

Pourquoi, dès que la victime est policier, y a-t-il deux poids et deux mesures ?

Par Noël Mamère, Olivier Besancenot, Annick Coupé et Jean-Baptiste Eyraud

Lundi 30 Mai 2016

Les faits sont têtus. Mercredi 18 Mai 2016, une voiture de police est incendiée par des manifestants. Une vidéo montrant des individus non identifiables tourne en boucle sur les chaînes d’information en continu. Mercredi 18 Mai et Jeudi 19 Mai 2016, quatre personnes sont arrêtées et mises en examen « pour tentative d’homicide volontaire, destruction du bien d’autrui en bande organisée, violences en bande organisée et participation à un attroupement armé », passibles d’un déferrement devant une cour d’assises, sur la seule base de leur participation à la manifestation parisienne non déclarée du Mercredi 18 Mai 2016 et d’un témoignage sous X ultérieur d’un policier, probablement infiltré dans les réseaux antifascistes.

Comme le soulignent leurs avocats, le dossier est totalement vide et aucun élément objectif n’indique leur participation aux faits incriminés.

Incarcérés en préventive, trois d’entre eux sont libérés par le juge des libertés et de la détention. Dans le cas présent, outre le vide du dossier, les éléments concernant la qualité des présumés « agresseurs » plaident en leur faveur. Ils disposent de domiciles connus, sont étudiants ou travailleurs et ne peuvent être suspectés de fuir le procès.

Farce honteuse

Un tollé s’ensuit dans les médias, animé par le syndicat policier Alliance, le même qui avait organisé la manifestation de la police Mercredi 18 Mai 2016 sur la place de la République à Paris. Rappelons qu’en France l’incarcération préventive est l’exception et la mise en liberté jusqu’au procès est la règle. Sinon les policiers, eux non masqués et reconnus dans des vidéos pour avoir tabassé de jeunes lycéens, se retrouveraient en prison.

La question posée est donc simple, pourquoi dès qu’il s’agit d’actes dont les victimes sont des policiers, y a-t-il deux poids et deux mesures ? En réalité, cette affaire dans l’affaire de la voiture incendiée est symptomatique d’un climat créé par le pouvoir qui ne peut déboucher que sur des farces honteuses, préjudiciables au bon fonctionnement des rapports entre police et justice, pour ne rien dire des rapports entre police et citoyens.

Cette farce honteuse pour le pouvoir politique et les syndicats de policiers est le produit de plusieurs facteurs.

Elle est d'abord le produit de la délégitimation des institutions judiciaires en général et des magistrats en particulier par des responsables politiques de haut niveau. Au lieu de s’inquiéter des errements et des insuffisances de l’enquête policière, les politiques se contentent de reprendre à leur compte les déclarations des principaux syndicats de police, selon lesquels la violence de l’adversaire exonère le dispositif de maintien de l’ordre. La rhétorique de Manuel Valls est de ce point de vue préoccupante. Il commente les décisions de justice un peu à la manière de Nicolas Sarkozy, mettant en cause systématiquement les décisions de la justice.

En faisant pression de fait sur le cours d’une procédure, les responsables des syndicats de policiers et leurs soutiens au sein du pouvoir exécutif organisent de fait une fabrique à coupables. En bafouant les principes de séparation du pouvoir, ils empêchent que le dossier de cette affaire ne soit examiné sereinement à l’aune des faits vérifiables, des preuves à charge et à décharge et des principes fondamentaux du droit.

Depuis les attentats de 2015, le discours martial des dirigeants politiques masque leur impuissance à rassurer une population légitimement inquiète.

Ils multiplient les mesures d’affichage, dont l’instauration de l’état d’urgence que nous combattons depuis le début comme un état d’exception inefficace et attentatoire aux libertés.

En tentant de faire passer en force une loi travail rejetée par la société, ils accentuent cette stratégie de la tension qui ne peut déboucher que sur la mise en scène d’affrontements de plus en plus violents. Les forces de l’ordre se retrouvent en première ligne mais leurs commanditaires, eux, se réfugient dans une hypocrisie sans limites.

Des militants stigmatisés et dépersonnalisés

Ce climat de peur ressemble à celui qui existait il y a plus de quarante ans et qui allait déboucher sur la première loi anticasseurs. Ce terme de casseurs est lui-même connoté. Il dépersonnalise des militants qui, au-delà des désaccords avec leurs méthodes, sont ainsi stigmatisés. Ils n’apparaissent que comme motivés par la casse et assimilés à de simples voyous quand ce n’est pas à des terroristes. De proche en proche, les casseurs sont assimilés aux manifestants et à leurs causes légitimes par un pouvoir qui lui-même orchestre la répression à coups de gazages massifs et systématiques, de flashballs et de LDB. Nous devons arrêter cette dégradation de l'état de droit qui entraîne une criminalisation du mouvement social.

Nous refusons que la justice soit sous la surveillance de l’alliance entre des syndicats de policiers d’extrême droite et d’un pouvoir politique à la dérive.

Nous soutenons le magistrat qui, pour avoir exercé son office de gardien des libertés, pour avoir pris une décision que la loi lui commandait de prendre et pour avoir pris ses responsabilités en qualité de juge des libertés et de la détention, en opposition à la volonté de l'état, est la cible d’une campagne médiatico-politique orchestrée.

Une justice indépendante est garante de la démocratie. En s’ingérant dans une enquête en cours, le pouvoir exécutif met en cause les fondements mêmes de notre état de droit. La démocratie a un prix, l’indépendance de la justice et des juges.

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9 juillet 2016 6 09 /07 /juillet /2016 14:14

http://www.france-irak-actualite.com/2016/07/pourquoi-je-porte-plainte-pour-menace-de-mort-contre-le-groupuscule-brigade-juive.html

Pourquoi je porte plainte pour menace de mort contre le groupuscule Brigade Juive

Par Gilles Munier

Vendredi Premier Juillet 2016

J’ai reçu la semaine dernière, comme de nombreuses personnalités et militants anticolonialistes et antisionistes avant moi, un courriel d’un groupuscule se faisant appeler Brigade Juive menaçant de me « scalper » et de transformer ma vie en « cauchemar ».

Cette Brigade Juive, nom tiré d’une bande dessinée, me reproche d’avoir diffusé sur internet des articles justifiant le boycott des produits manufacturés en Israël et dans ses colonies en Palestine.

Ces menaces font suite à des informations parues dans la presse israélienne annonçant la création, au sein du Shin Bet, d’un « département de délégitimation » qui répertorie et espionne les organisations étrangères faisant la promotion de la campagne pour le Boycott, le Désinvestissement et les Sanctions (BDS), et à la nomination de coordinateurs contre la campagne BDS dans les principales ambassades israéliennes. Une unité spéciale dite des « sales tours » est en voie de constitution pour intimider et diffamer les « boycotteurs » les plus en vue.

Je prends au sérieux le message de la Brigade Juive, car il émane d’un groupuscule dépendant de la Ligue de Défense Juive (LDJ), organisation terroriste interdite aux Etats-Unis et en Israël, mais tolérée, voire soutenue et encouragée, en France.

La LDJ est-elle intouchable ?

Depuis des années, des membres de la LDJ sont accusés d’avoir vitriolé, attaqué au couteau ou à coup de barres de fer, avec des gaz ou des bombes de peinture, des personnes opposées à la politique du gouvernement israélien. Certains ont été arrêtés, mais rarement condamnés.

Pour échapper à la justice française les plus dangereux se réfugient en Israël, pays avec lequel la France n’a pas signé de traité d’extradition.

L’unité dite des « sales tours » provoquera des drames. Un certain Grégory Chelli, alias Ulcan, membre de la LDJ réfugié en Israël, s’en est fait une spécialité avec ses « canulars » téléphoniques en attaquant des journalistes et des personnalités selon lui trop critiques à l’égard d’Israël. A la fin du mois de juillet 2014, il s’en est pris à Benoît le Corre, du site www.rue89.com, auteur d’un article dénonçant ses activités de hacker.

Pour se venger, il a téléphoné aux parents de ce dernier en se faisant passer pour un policier et leur a annoncé la mort de leur fils dans un accident de voiture. Puis, deux jours plus tard, il a téléphoné à la police en se faisant cette fois passer pour le père du journaliste, disant qu’il venait de tuer sa femme et son fils. Résultat, le père du journaliste, choqué par l’irruption en pleine nuit de policiers en armes à son domicile, est mort d’une crise cardiaque.

Certes Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, a évoqué cette affaire lors d’une entrevue avec Benjamin Netanyahou, mais il n’a obtenu que la fermeture du compte Facebook du hacker, autant dire peanuts. « Ni Laurent Fabius, ni Manuel Valls, ni François Hollande, n'ont dénoncé publiquement les agissements d'Ulcan », remarquait alors l’hebdomadaire l’Express.

Terrorisme israélien, la politique du deux poids et deux mesures

Si j’ai porté plainte pour « menace de mort » contre la soi-disant Brigade Juive, je ne me fais aucune illusion quant au résultat. Je garde à l’esprit celle que j’ai reçue en août 2003 et adressée à une vingtaine d’autres personnes, accompagnée d’une balle de vingt deux Long Rifle et du message, « la prochaine n’arrivera pas par la poste ». A l’époque, un juge avait regroupé les plaintes et la police était parvenue à mettre la main sur le coupable, un extrémiste pro-israélien, retraité d’une société d’import export.

La perquisition effectuée à son domicile avait permis de découvrir un dépôt d’armes et de munitions, parmi lesquelles une lunette de visée de nuit et des réducteurs de sons. Lors du procès, l’individu s’était montré agressif, nous assimilant à des animaux nuisibles à éliminer.

Nous pensions tous que sa condamnation serait exemplaire. Nous nous trompions. Il ne fut condamné qu’à un euro de dommages et intérêts.

La justice française est à géométrie variable lorsqu’elle juge des activités délictueuses liées aux conflits du Proche-Orient. Imaginez le tapage qu’aurait provoqué l’envoi de menaces de mort à des militants pro-israéliens et la peine écopée par son auteur s’il s’était appelé Muhammad.

Le gouvernement français a décrété l’état d’urgence pour répondre aux menaces de l’Etat Islamique. Ordre a été donné de fermer des sites Internet dits salafistes et d’arrêter les islamistes soupçonnés d’appartenir à des cellules terroristes. Pour ne plus être accusé de faire deux poids et deux mesures, le ministère de l’intérieur devrait s’en prendre avec la même rigueur aux extrémistes juifs sionistes.

Les menaces de la soi-disante Brigade Juive et des services spéciaux israéliens n’étoufferont pas la campagne BDS. Elle gagne du terrain et elle se développe chaque jour un peu plus en France et dans le monde, car c’est un mouvement de protestation pacifique et efficace pour faire entendre raison à la dernière colonie occidentale au Proche-Orient, la contraindre à respecter les résolutions de l’Organisation des Nations Unies (ONU) et les droits de l’homme. En résumé, comme l’a écrit le premier mai 2016 Gideon Levy, journaliste du quotidien Haaretz, c’est « le seul moyen pour empêcher Israël de persister dans ses crimes ».

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