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9 décembre 2007 7 09 /12 /décembre /2007 21:32
Le PS redouble de critiques contre la visite de Kadhafi
 
PARIS (AFP)
 
 Les socialistes ont redoublé dimanche leurs critiques contre la visite en France du colonel Kadhafi, dont les députés PS boycotteront la venue à l'Assemblée, tandis qu'à l'UMP, on rappelait l'"usage" et on affirmait l'utilité d'un dialogue.
 
Le chef de file des députés PS, Jean-Marc Ayrault, a demandé, à la veille de l'arrivée à Paris du "guide" libyen, l'annulation de sa venue "inacceptable" au Palais-Bourbon.
 
Dans le cadre de sa visite officielle en France, M. Kadhafi doit s'entretenir mardi avec le président de l'Assemblée, Bernard Accoyer (UMP).
 
Les députés socialistes "refusent d'accueillir le chef d'Etat libyen" et "ils demandent solennellement au président de l'Assemblée nationale d'annuler cette réception", a souligné le député-maire de Nantes dans un communiqué.
 
"Si le colonel Kadhafi veut être invité, il doit mettre fin à son système d'exactions. Il doit cesser de promouvoir, en actes et en paroles, le terrorisme international", a poursuivi M. Ayrault, relevant que "la commission d'enquête parlementaire sur la libération des otages bulgares de Libye a révélé les tortures et les sévices dont ils ont été victimes". Elle "a confirmé que ce recours à la torture était systématique et continuait d'être pratiqué dans les prisons libyennes".
 
M. Accoyer a répondu dans la foulée que "comme il est d'usage" pour une visite officielle, le chef de l'Etat libyen serait reçu à la présidence de l'Assemblée.
 
"Cette réception s'inscrit dans le cadre de la visite officielle du chef d'un état qui, depuis 2003, a montré sa volonté de normaliser ses relations avec la communauté internationale", a argumenté M. Accoyer dans un communiqué.
 
Sur la radio RCJ, le numéro un socialiste François Hollande s'est insurgé contre des propos de Nicolas Sarkozy se disant à Lisbonne "très heureux" d'accueillir son homologue libyen.
 
Il "sera donc très heureux de recevoir un dictateur", un "dictateur qui s'est compromis dans des actes terroristes", a déploré M. Hollande, un "dictateur qui justifie encore aujourd'hui le terrorisme", "qui vient ici avec ses pétrodollars acheter des armes".
 
Sur Canal +, l'ex-candidate Ségolène Royal a jugé "tout simplement odieux, très choquant, même inadmissible que la France aille cautionner un système de tortures en prison". "Faut-il se mettre à genoux devant les intérêts financiers?", a-t-elle demandé.
 
Pour l'ex-Premier ministre (UMP) Jean-Pierre Raffarin en revanche, "recevoir, ce n'est pas se soumettre".
 
"Les infirmières bulgares, cela vaut bien une visite", a ajouté le sénateur sur Radio J. Il voit aussi dans le "grand projet de Nicolas Sarkozy d'Union méditerranéenne" une raison pour parler avec le "guide".
 
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9 décembre 2007 7 09 /12 /décembre /2007 21:20
Lancement à Buenos Aires de la
Banque du Sud, l'anti-FMI
 
BUENOS AIRES (AFP)
 
  La Banque du Sud, qui se veut une riposte latino-américaine au Fonds monétaire international (FMI), devait être lancée dimanche à Buenos Aires au cours d'une cérémonie à laquelle participeront six des sept présidents des pays d'Amérique du Sud impliqués dans ce projet.
La banque sera dotée au départ d'un capital de sept milliards de dollars. Elle est née de la volonté du président vénézuélien Hugo Chavez, lancé dans une croisade contre les Etats-Unis et les institutions financières internationales comme le FMI, qu'il considère comme des "instruments de Washington" ayant appauvri les peuples d'Amérique latine.
La Banque du Sud rassemble pour le moment le Venezuela, le Brésil, la Bolivie, l'Equateur, l'Argentine, l'Uruguay et le Paraguay. Elle aura vocation à financer des projets de développement dans la région.
 
Le président uruguayen Tabare Vasquez, qui aurait dû participer à la cérémonie de signature à Buenos Aires, n'arrivera que lundi pour assister à l'investiture de la présidente argentine élue Cristina Kirchner, a-t-on indiqué de source proche du ministère argentin des Affaires étrangères.
 
L'Uruguay et l'Argentine s'opposent depuis des mois sur l'implantation d'une usine à papier en Uruguay au bord du fleuve du même nom qui sépare ce pays de l'Argentine.
 
Les habitants de Gualeguaychu, sur la rive argentine du fleuve, s'opposent depuis deux ans à ce projet, qu'ils jugent potentiellement polluant, et ont reçu l'appui des autorités argentines.
 
L'absence du président uruguayen ne devrait toutefois pas retarder le lancement officiel de cette banque, même si certaines questions restent encore à régler.
 
La quote-part de chaque pays au capital de la banque n'a pas encore été déterminée, tout comme la répartition des droits de vote, avait indiqué en fin de semaine une source officielle argentine.
 
Les sept pays fondateurs ont soixante jours à compter du lancement officiel de la banque dimanche pour trouver un accord sur les modalités de son fonctionnement, selon cette source.
 
La Banque du Sud aura son siège à Caracas et les sept pays fondateurs espèrent obtenir l'adhésion des cinq autres pays sud-américains: le Chili, la Colombie, le Pérou, le Guyana et le Surinam. Statutairement, la Banque du Sud devra limiter ses activités à la seule Amérique du Sud.
 
"La banque du Sud n'est contre personne, elle est pour l'Amérique du Sud", avait affirmé le mois dernier à Washington le ministre vénézuélien de l'Economie Rodrigo Cabezas, interrogé sur les motivations du lancement de cette institution.
 
La Banque Mondiale et surtout le FMI ont été vivement critiqués par les dirigeants du Venezuela, mais aussi de l'Argentine, de la Bolivie ou de l'Equateur pour avoir contribué, selon eux, à l'endettement et à l'appauvrissement du continent sud-américain dans les années 80 et 90.
 
M. Cabezas avait précisé en octobre que la nouvelle banque n'imposerait "aucun monitoring indigne pour les peuples, contrairement au Fonds monétaire international ou à la Banque Mondiale".
 
Les présidents argentin Nestor Kirchner, brésilien Luis Inacio Lula da Silva, vénézuélien Hugo Chavez, paraguayen Nicanor Duarte Frutos, bolivien Evo Morales et équatorien Rafael Correa devaient signer dimanche en début de soirée l'acte fondateur de cette banque.
 
Tous ces chefs d'Etat doivent assister le lendemain à la cérémonie d'investiture de la nouvelle présidente argentine, en présence également du Français Dominique Strauss-Kahn, nouveau directeur général du FMI.
 
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8 décembre 2007 6 08 /12 /décembre /2007 22:10
Annapolis : les Etats-Unis préparent la guerre civile en Palestine et
 
obtiennent le soutien arabe contre l’Iran
 
Par Chris Marsden
4 décembre 2007
 
 
 
Parfois, le sommet d’Annapolis semblait être une pièce de théâtre amateur mal montée : des poignées de main manquées, les pannes du service de traduction, le président Bush qui ne peut nommer correctement le président palestinien Mahmoud Abbas et Abbas lui-même qui suit Bush et le premier ministre israélien Ehoud Olmert comme s’il avait oublié sa prochaine ligne.
 
 
Mais toutes ces gaffes ne font que souligner à quel point le spectacle n’avait pour seul but que de cacher les ambitions de conquête que nourrissent les Etats-Unis envers le Moyen-Orient.
 
 
Un public composé des représentants de 40 nations, y compris les puissances européennes, la Russie et seize États arabes, dont la Syrie et l’Arabie saoudite qui ne reconnaissent pas Israël, a dû subir la performance pénible de Bush, Olmert et Abbas.
 
 
Ils s’étaient rassemblés en partie dans le but de donner leur soutien officiel à l’affirmation peu crédible de l’administration Bush qu’Annapolis servirait à lancer une campagne s’échelonnant sur toute une année pour faire la paix entre Israël et la Palestine, et créer un État palestinien.
 
 
En faisant semblant de croire au supposé désir de paix de Washington pour la région, les participants cherchaient à cacher l’accord qu’ils ont donné à l’escalade des hostilités, tant militaires qu’économiques, engagées par les États-Unis contre l’Iran.
 
 
Le plan dévoilé à la base de la marine américaine au Maryland a été décrit de façon grandiloquente comme la fin d’un gel de sept ans des pourparlers de paix. Il aurait exigé le soutien et l’implication personnelle de Bush et forcé sa secrétaire d’État, Condoleezza Rice, à parcourir des milliers de kilomètres dans ses efforts diplomatiques au Moyen-Orient. Le but, tel que décrit dans la propagande officielle, est que Bush laissera comme héritage une entente juste entre Israël et la Palestine plutôt que la débâcle en Irak à la fin de son mandat en janvier 2009. Le véritable motif est plutôt que l’Iran doit être neutralisé pour pouvoir consolider l’hégémonie américaine sur les richesses pétrolières du Moyen-Orient.
 
 
A cette fin, Bush a tenté de se présenter comme un conciliateur honnête entre Israël et la Palestine, se basant sur le fait que les médias et les régimes arabes étaient prêts à oublier qu’Israël est le plus important protégé des Etats-Unis. La soi-disant déclaration d’Annapolis, comptant un total de 437 mots, confirme que les Etats-Unis continuent à ne faire aucune demande qu’Israël pourrait trouver inacceptable tout en insistant pour que l’Autorité palestinienne dirigée par le Fatah écrase toute résistance à Israël comme condition préalable à toute entente.
 
 
On n’a pu s’entendre même sur une simple déclaration de principes conjointe que trente minutes avant que Bush la lise. La façon dont cet accord fut conclu est une description des véritables rapports politiques à Annapolis : un bloc entre les Etats-Unis et Israël dictant le programme de leur marionnette Abbas.
 
 
Le quotidien Haaretz a cité des sources palestiniennes qui lui auraient dit que le blocage avait été réglé à Annapolis même après que « la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice a pris le président palestinien Mahmoud Abbas à part alors qu’il effectuait une rencontre diplomatique avec le président américain Georges Bush et le premier ministre Ehoud Olmert pour faire pression sur lui afin qu’il approuve l’ébauche du document. Éventuellement, c’est ce qu’il a fait, ce qui a permis à Bush de le présenter à la conférence. »
 
 
Les sources israéliennes ont décrit un tableau encore plus condamnable, déclarant que lorsque les Palestiniens avaient refusé de signer, le ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, qui est la tête de l’équipe israélienne, a perdu son sang-froid et a dit au [négociateur palestinien Ahmed Qureia] « d’accepter ce qui lui était offert ou de tout perdre ».
 
 
Des sections de l’équipe de négociateurs d’Israël ont dit à Livni qu’une déclaration « était une "perte de temps" et lui ont suggéré d’oublier cela ».
 
 
Pendant des mois, aucun document n’a été produit parce qu’Israël refusait d’accepter d’être forcé de prendre position sur les demandes essentielles des Palestiniens, comme le droit de revenir en Palestine, la fin des colonies juives, les frontières, l’approvisionnement en eau et accepter que Jérusalem Est soit la capitale d’un futur État palestinien. Beaucoup a été dit sur l’affirmation que les deux parties entreprendront des négociations pour un traité « qui résoudra toutes les questions en suspens, y compris les questions fondamentales sans exception ». Aucune de ces questions n’est même nommée.
 
 
Le propre porte-parole d’Abbas, Nabil Abu Rudeina, a rejeté la déclaration, expliquant que « Nous avons échoué à nous entendre sur un document depuis trois ou quatre mois. Nous ne nous sommes pas entendus sur une seule question. »
 
 
Et comme le New York Times l’a souligné, « Bien que les deux parties aient affirmé que leurs pourparlers viseraient à conclure une entente sur toutes les "questions fondamentales", elles n’ont pu déterminer en quoi consistaient ces questions et comment elles pouvaient être réglées. »
 
 
La déclaration affirme plutôt que « l’implémentation d’un futur traité de paix sera conditionnelle à l’implémentation d’une feuille de route, telle que décidée par les Etats-Unis ».
 
 
Cet extrait donne à Washington le seul droit de décider si les dispositions de la feuille de route ont été respectées, ce qui vient démasquer la prétention que dans le « Quartet », qui comprend les Etats-Unis, les Nations unies, la Russie et l’Union européenne, les partenaires influencent dans une même mesure le processus de paix.
 
 
La principale demande comprise dans la feuille de route et sur laquelle le succès d’Abbas sera jugé consiste pour ce dernier à assurer la « sécurité d’Israël » en procédant au démantèlement des « organisations terroristes ». Abbas est de nouveau prévenu qu’il doit écraser toute résistance à Israël parmi les Palestiniens en commençant par reprendre au Hamas le contrôle de la bande de Gaza.
 
 
Abbas est dans une position faible pour s’attaquer au Hamas, qui a organisé une manifestation de dizaines de milliers de personnes à Gaza, accusant Abbas d’être un « collaborateur » et un « traître » pour avoir participé à la conférence d’Annapolis. Même dans le château fort du Fatah en Cisjordanie, de plus petites manifestations se sont déroulées. La police a brutalement dispersé les manifestants, arrêtant des centaines de personnes et tuant même un homme de 36 ans à Hébron.
 
 
Les puissances européennes subissent présentement du chantage de la part de Washington afin qu’elles financent Abbas dans son conflit contre le Hamas. La France sera l’hôte d’une conférence de donateurs plus tard le mois prochain.
 
 
Il se pourrait aussi qu’Israël décide d’intervenir directement par une incursion militaire dans Gaza. Cela fut indiqué comme étant une forte possibilité par le quotidien de droite, le Jerusalem Post, qui nota qu’au moment même où la conférence d’Annapolis se terminait, « l’establishment de la défense a commencé à se préparer à la possibilité que le ministre de la Défense Ehoud Barak, dès son retour des Etats-Unis, ordonne une opération militaire de grande envergure dans la bande de Gaza ».
 
 
Le journal cita un responsable à la Défense qui a déclaré : « Israël a jugé bon de ne pas déclencher une telle opération avant le sommet, ne voulant pas être accusé de l’avoir gâché. Lorsque le sommet sera terminé, nous pourrons entrer dans Gaza et répliquer au Hamas. »
 « Pour la réalisation d’une opération d’une telle importance dans Gaza, les FDI devront rappeler un grand nombre de réservistes et mobiliser près de deux divisions d’infanterie, de blindés et d’ingénieurs », concluait-il.
 
 
Le Los Angeles Times félicita Abbas pour avoir tenté de « démontrer à Israël qu’il allait véritablement renforcer son contrôle, en commençant par la Cisjordanie. Il a déployé des centaines d’agents de police supplémentaires dans la ville turbulente de Nablus. Il a fait fermer des dizaines d’organismes de charité du Hamas, congédié plusieurs de leurs prédicateurs, fait arrêter des centaines d’activistes du Hamas, dont de nombreux hommes armés, fait confisquer leurs armes et imposé un décret visant à couper le transfert de millions de dollars de dons au Hamas de l’étranger. »
 
 
Mais cela ne suffit pas pour Israël. On exige d’Abbas rien de moins que le déclenchement d’une guerre civile totale, qui pourrait précipiter sa chute en raison de l’opposition populaire. Un représentant du Hamas a déclaré, « Abbas serait stupide de retourner dans la bande de Gaza à l’intérieur d’un tank israélien. Tout Palestinien qui entre dans la bande de Gaza avec l’aide d’Israël sera considéré comme un ennemi. »
 
 
La propre position d’Olmert au pouvoir est précaire. Même les concessions verbales qu’il a faites ont provoqué une réaction déchaînée chez les partis de l’opposition menés par le Likoud, les colons et leurs partenaires de la coalition orthodoxe d’extrême droite, ce qui pourrait provoquer la chute de son gouvernement.

 
 
Avant la conférence d’Annapolis, le Knesset a approuvé un projet de loi empêchant tout accord qui viserait à partitionner Jérusalem. Eli Yishai, chef du parti Shass, a menacé de se retirer du gouvernement si « Jérusalem était mentionné à Annapolis ». Environ 25.000 personnes auraient pris part à une prière de masse au Mur occidental pour protester contre la conférence d’Annapolis avant de se diriger vers la résidence d’Olmert à Jérusalem. Des groupes nationalistes ont même bloqué des rues à Jérusalem et Tel-Aviv.

 
 
À la suite du sommet, Zevouloun Orlev, le président du parti de l’Union nationale, a déclaré que « l’Etat d’Israël faisait face à une vente de feu » et demandé au président du Shass, Eli Yishai, et au chef du Yisrael Beitenu, Avigdor Lieberman, de quitter immédiatement la coalition gouvernementale. Yishai s’est défendu en déclarant catégoriquement que la partition de Jérusalem n’était pas considérée, car « les dirigeants palestiniens n’ont pas terminé la première phase de la Feuille de route : le démantèlement des organisations terroristes ».

 
 
Le véritable critère de succès pour Bush fut la participation des régimes arabes à la mascarade d’Annapolis et l’approbation des puissances européennes et de la Russie.

 
 
Lorsque Bush a déclaré dans son discours qu’« une bataille pour l’avenir du Moyen-Orient est en cours et nous ne devons pas céder la victoire aux extrémistes », les délégués présents savaient bien qu’il ne parlait pas que du Hamas. L’évaluation la plus honnête du sommet d’Annapolis dans les médias américains fut faite par Steven Erlanger du New York Times : « La conférence de paix sur le Moyen-Orient qui a pris place ce mardi avait pour but officiel de mettre un terme au conflit israélo-palestinien. Mais un objectif non avoué se cachait sous la surface : stopper la montée de l’influence régionale de l’Iran et du radicalisme islamique. »
 
 
Un conseiller de l’équipe de négociation palestinienne, « parlant dans des conditions d’anonymat », a dit ceci à Erlanger : « Les Arabes sont venus ici non pas parce qu’ils aiment les juifs ou même les Palestiniens. Ils sont venus parce qu’ils ont besoin d’une alliance stratégique avec les États-Unis contre l’Iran. »
 
 
Dan Gillerman, l’ambassadeur israélien pour les Nations unies, ajouta que les régimes arabes étaient présents à cause « de leur peur de l’extrémisme islamiste en Iran, qu’ils appellent la menace perse. C’est ce qui les a amenés ici. »
 
 
Le Jerusalem Post était également candide en déclarant que la rencontre d’Olmert avec Bush après Annapolis allait chercher à « traduire le momentum du sommet en un effort plus efficace pour bloquer la monté nucléaire de Téhéran ». Il était satisfait qu’« aux côtés des États arabes, des partenaires vitaux pour les États-Unis et Israël dans leurs efforts de bloquer l’Iran étaient présents à Annapolis : la France, l’Angleterre, l’Allemagne, l’Italie, la Chine et la Russie, chacun représenté par son ministre des Affaires étrangères ».
 
 
La Chine et la Russie, présentées comme étant « les deux principaux opposants à l’intensification des sanctions », ont dit qu’ils allaient « réévaluer leurs positions » après les discussions du Conseil de sécurité des Nations unies, prévues le mois prochain, qui porteront sur « l’étendue du mandat de l’Agence internationale d’énergie atomique (IAEA) et le degré de collaboration des Iraniens aux inspections », notait avec satisfaction le Post.  
 
 
L’Iran savait parfaitement qu’il était la cible des manœuvres de Washington à Annapolis. Téhéran a répondu en annonçant le jour même de la réunion qu’il avait développé un nouveau système de missile Ashura, qui a un rayon d’action de 2000 kilomètres et est capable de frapper les bases israéliennes et américaines au Moyen-Orient.
(Article original anglais paru le 29 novembre 2007)
 
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8 décembre 2007 6 08 /12 /décembre /2007 21:57
Politique et mouvement social
 
22 novembre 2007
 


 
Pendant que la cote de popularité des responsables de l’État fléchit sérieusement, les mouvements sociaux, catégoriels se multiplient dans le désordre. La mécanique sarkozyste commence à s’enrayer. Incertain de l’issue, le président s’est bien gardé de se montrer à la foule. Ce n’est pas « le grand soir », ni même la réédition de 1995, contrairement aux spéculations de certains, mais c’est un signe sérieux que la « gauche réelle », le mouvement ouvrier, existent toujours dans ce pays et que l’élection de Sarkozy n’a été très largement due qu’à la nullité absolue de la « candidate de gauche » qui lui a été opposée par suite d’une incroyable campagne médiatique (initiée par le Nouvel Obs) et des magouilles de l’appareil corrompu jusqu’à la moelle du parti dit par antiphrase « socialiste ». La situation reste encore instable et peut soit pourrir soit devenir très chaotique dans les semaines qui viennent. C’est peut-être même un des espoirs secrets de certains dirigeants de la droite au pouvoir.
 
Cependant, après plus d’une semaine de grève à la SNCF et à la RATP, on peut commencer à porter une appréciation plus précise des évènements courants.
 
L’hypothèse de la transformation du mouvement pour la défense des régimes spéciaux en une réédition de l’automne 1995 est fort peu probable. À l’heure où nous écrivons la grève s’étiole et concerne encore environ un quart des salariés alors que chaque jour le retour à la normale se confirme dans les gares et dans les stations de métro. Une minorité décidée refuse de baisser les bras et tente de sauver l’honneur. Mais globalement tout le monde sait que le choix est entre limiter la casse - c’est-à-dire faire payer au pouvoir sa réforme - et une défaite rase campagne. La raison de cette situation est assez claire. Le jour même où commence la grève, Bernard Thibaud, le secrétaire général de la CGT, annonce qu’il est favorable à des négociations tripartites, entreprise par entreprise sur l’aménagement de la réforme. C’est donc qu’il considère que le mot d’ordre des grévistes pour la défense des 37,5 annuités est désormais caduc. S’il avait voulu poignarder les grévistes dans le dos, il ne s’y serait pas pris autrement. Le même jour d’ailleurs, les dirigeants socialistes (sic) se relayent pour déclarer leur accord avec le passage aux 40 annuités et Hollande [1] demande même que la grève cesse le soir même. Dès le vendredi 16, la CFDT appelait à la reprise du travail [2]. Seuls SUD et FO maintiennent la revendication, SUD clairement, FO avec quelques restrictions mentales et une assurance d’autant plus grande que son poids réel chez les cheminots est assez relatif.
 
L’espoir d’un certain nombre de groupes et de militants se jouait sur la « jonction » entre le mouvement des régimes spéciaux avec la journée d’action des fonctionnaires du 20 novembre. Cette journée d’action, n’était-ce la situation du moment, ressemblait à n’importe laquelle de ces journées d’action bisannuelle (une à l’automne, une au printemps) qui servent à donner l’illusion de l’action pendant que les gouvernements suppriment les postes, rognent les salaires et détruisent les statuts. La relativement forte mobilisation (entre 30 et 50% de grévistes) et une bonne participation aux manifestations (même en tenant compte des traditionnels comptes fantaisistes tant des organisateurs que de la police) témoignent du mécontentement réel. D’autant qu’un nombre important de non grévistes partageait ce mécontentement mais trouvait peu utile d’aider le gouvernement à boucler ses fins de mois en lui faisant cadeau en pure perte d’une journée de salaire. Mais ce mécontentement ne signifie pas que les fonctionnaires sont prêts en découdre dans un affrontement général avec le gouvernement. Les dirigeants syndicaux, en effet, sont loin d’être d’accord sur la plate-forme revendicative. La FSU, le CFDT et la CGT (confédérale) se sont opposées à ce que la question des retraites figure dans un appel commun... Quand à l’hypothèse d’une grève reconductible - agitée par certains secteurs de FO et par SUD, seuls les militants y croyaient mais ils avaient omis d’en informer les travailleurs.
 
Le troisième front, celui des étudiants, est lui aussi dans une situation extrêmement précaire. On sait que la réforme Pécresse avait été négociée au début de l’été avec les présidents d’université (et indirectement avec les principaux syndicats enseignants) et avec l’UNEF dirigée par un socialiste, le PS appuyant lui aussi cette réforme comme Mme Royal vient encore de le rappeler. Une partie des étudiants à la rentrée a commencer à se mobiliser contre cette réforme passée en douce pendant les vacances. L’autonomie et le financement privé des universités sont, à juste titre perçus comme une menace grave contre l’égalité de traitement et la gratuité. L’introduction en France d’un modèle anglo-saxon que louent des universitaires de toutes couleurs politiques et parmi eux de très nombreux socialistes (sic), tel est bien l’objectif de la loi Pécresse. À cela il faut ajouter que la situation matérielle de très nombreux étudiants est de plus en plus précaire et que, dans bien des facs, les conditions d’étude sont déplorables. Mais là encore le mouvement a du mal à embrayer. On voudrait renouveler la mobilisation contre le CPE. Mais si l’histoire se répète, la première fois c’est en tragédie et la seconde en farce. Le mouvement reste minoritaire et le blocage est souvent plus le témoignage de l’impuissance des militants à entrainer la masse des étudiants que de la force du mouvement lui-même. Les syndicats étudiants « chevauchent » le mouvement mais sont clairement hostiles à la revendication d’abrogation de la loi Pécresse et les coordinations, selon une vieille habitude sont surtout le théâtre des coups de force des groupes bien organisés qui prétendent agir ainsi sous le couvert de la démocratie. Minoritaire et isolé, le mouvement a bien peu de chance de durer.
 
Pour comprendre cette situation combinant un réel mécontentement contre le pouvoir et l’extrême difficulté à engager la mobilisation, il faut tout simplement revenir à la situation politique. Et dire clairement que le principal obstacle au mouvement social ne réside pas dans la force du gouvernement mais dans l’absence d’un débouché politique à gauche qui donnerait aux mouvements sociaux une perspective politique. Le fait majeur, c’est que sur les retraites comme sur la loi Pécresse, le parti socialiste appuie Sarkozy et fait tout ce qu’il faut pour briser les grèves et donner des coups de poignards dans le dos aux salariés ou aux étudiants en lutte. Jadis quand le PS était dans l’opposition, il faisait au moins semblant d’être dans l’opposition. Ce n’est plus le cas. Ses principaux dirigeants sont des sarkozystes à peine cachés. Ce sont des gens de droite, ralliés par conviction à la droite et qui continuent de s’appeler « socialistes » soit par habitude, soit, et c’est plus probable parce qu’ils jouent un rôle indispensable dans la stratégie du président de la république. Hollande, Royal, Valls, Moscovici, Dray, etc. sont bien plus précieux pour la droite que les ralliés comme Bockel, Besson ou l’inénarrable Kouchner qui a disparu de la scène.
 
Mais le pire n’est peut-être pas là. Après tout, l’évolution de l’aile droite du PS était prévisible et elle vient de si loin... Le pire est que l’aile gauche de ce parti est comme frappée d’impuissance. Que font les Fabius, Emmanuelli, Mélenchon, Filoche, Dolez, et tutti quanti. Rien. Quelques déclarations mais ils ne posent jamais la question de la rupture avec ce parti. Ils sont, qu’ils le veulent ou non, des faire-valoir de la bande hollandiste. Ils maintiennent l’illusion, si nécessaire à la droite « socialiste », que le PS reste le PS, que la gauche est toujours la gauche et que tout continue comme avant, même si le « camarade » Hollande, le « camarade » Dray et les autres appuient la réforme des régimes spéciaux, l’autonomie des universités, le nouveau traité européen et le viol de la souveraineté populaire. Quant aux partis et organisations à l’extérieur de PS, il n’en va pas mieux. Le PCF est paralysé, par ses querelles internes et par la crainte de nouvelles pertes au municipales - d’autant que le PS semble décidé à faire mordre la poussière aux amis de Marie-George en Seine-Saint-Denis. Et tous les autres groupes restent éparpillés, impuissants, tentant de relancer la dynamique d’opposition au traité européen, espérant le salut dans le possibilité, là aussi, de rejouer une pièce qui a déjà été jouée. Au royaume des aveugles, les borgnes sont roi et le seul dirigeant de gauche qui surnage est Besancenot, propulsé par les médias d’autant plus vigoureusement qu’en voulant créer un « parti anticapitaliste » qui refuse toute alliance de gouvernement, il permet de geler la situation à gauche et constitue ainsi un obstacle non négligeable à toute entreprise de reconstruction.
 
La situation est sérieuse. Le capital de sympathie qui demeure en faveur des idées de gauche dans ce pays est en train d’être gaspillé par des chefs ou pusillanimes et préoccupés seulement de leurs combines, ou aveugles et sourds à une réalité qui leur est masquée par le brouhaha médiatique dans lequel ils sont accoutumés à vivre. Ceux de ces chefs qui croient encore un peu à ce qu’ils disent, ceux qui n’agissent pas par pur calcul cynique, ceux-là devraient se rendre compte qu’avoir table ouverte sur i-Télé ne suffit pas pour ouvrir une issue politique à un mécontentement et une révolte qui peuvent se transformer en ressentiment et hargne et profiter à d’autres. Les exemples européens de l’Italie du Nord, de la Suisse, etc. devraient servir d’avertissement. Il n’y a plus une minute à perdre pour avancer vers un nouveau rassemblement de la gauche socialiste, républicaine, à la fois réformiste, prête à gouverner mais fidèle à la défense des intérêts des classes sociales opprimées.

[1] Depuis, le même Hollande s’est déclaré favorable au passage général à 41 annuités comme le demande le rapport du COR et comme l’avait prévu la réforme Fillon de 2003.
[2] Dans les autres secteurs concernés par la réforme des régimes spéciaux comme EDF/GDF, la grève n’a duré qu’une seule journée...
 
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7 décembre 2007 5 07 /12 /décembre /2007 22:42
La police maintient son occupation
de Villiers-le-Bel, banlieue ouvrière
au nord de Paris
 
 
Par Antoine Lerougetel
3 décembre 2007
 
La réponse du président Nicolas Sarkozy aux trois nuits d’émeutes anti-policières dans les banlieues nord défavorisées de Paris a été l’intensification des pouvoirs répressifs de l’Etat.
 
 
Les émeutes avaient commencé à Villiers-le-Bel après la mort de deux jeunes d’origine immigrée, Larami, 16 ans, et Moushin, 15 ans, dans une collision avec une voiture de police.
Une force d’occupation d’un millier de policiers restera postée dans cette banlieue à forte population immigrée jusqu’à dimanche, selon Michèle Alliot-Marie, la ministre de l’Intérieur. Les CRS, déployés depuis mardi, sont équipés de l’attirail complet de la tenue anti-émeute, de gaz lacrymogènes, de flash-balls et d’au moins deux hélicoptères munis d’un puissant faisceau lumineux.
 
 
Jeudi après-midi, les autorités faisaient état de 60 personnes mises en garde à vue. Sept ont été condamnées pour des faits en relation avec les émeutes. Le tribunal de Pontoise a fait état de peines de prison ferme allant de 3 à 8 mois à l’encontre de trois jeunes adultes.
 
 
Sarkozy s’est longuement exprimé jeudi sur la situation à Villiers-le-Bel. Le matin il s’était adressé à un rassemblement de quelque 2000 policiers. Dans la soirée il a accordé un entretien télévisé à une heure de grande écoute, qui a aussi été consacré à des questions économiques.
 
 
Dans son discours à la police, Sarkozy a dit qu’il voulait que la police et la gendarmerie soient « les plus modernes d’Europe. » Il a dit qu’il était nécessaire de développer des armes « non létales » tels les pistolets taser et une nouvelle génération de flash-balls d’une portée de 40 mètres ; il a aussi promis de fournir des hélicoptères pour la recherche d’armes qui seraient cachées sur le toit des immeubles.
 
 
Il a exposé les grandes lignes de sa vision d’un ordre social maintenu à grand renfort de mesures toujours plus répressives et a catégoriquement rejeté toute conception que la pauvreté et le chômage dans les banlieues abritant 6 millions de Français soient à l’origine des émeutes anti-policières.
 
 
A Villiers-le-Bel, ville de 27 000 habitants, 39,5 pour cent des jeunes de 16 à 25 ans sont au chômage.
 
 
« Ce qui s'est passé à Villiers-le-Bel n'a rien à voir avec une crise sociale, a dit Sarkozy. Ça a tout à voir avec la voyoucratie. » Il s’est ensuite adonné à un exercice de recherche raciste d’un bouc émissaire à la manière du néofasciste Jean-Marie Le Pen : « Il y a le malaise social, il y a une immigration qui pendant des années n'a pas été maîtrisée, des ghettos qui ont été créés des personnes qui se sont pas intégrées. »
 
 
Il a déclaré avec impudence que l’explosion de colère contre la police était le fait de « trafiquants de drogue ». Ceux qui tirent sur la police, a-t-il menacé, « nous [les] retrouverons un par un ».
 
 
Une campagne médiatique s’est développée affirmant que la police est confrontée à une guerre de guérilla urbaine et est constamment sous les tirs de feu. Un reportage du New York Times fait état de 30 policiers qui seraient blessés par balles. Mais on ne sait pas vraiment d’où le Times tient ces chiffres.
 
 
Sarkozy a dit que 82 policiers avaient été blessés depuis cette collision mortelle et a déclaré que « des individus ont tiré sur la police ». Il a dépeint la police, qui brutalise quotidiennement les jeunes des banlieues à forte population immigrée, comme les victimes et les jeunes comme les agresseurs.
 
 
L’optique de Sarkozy a été soutenue sur toute la ligne par la secrétaire d’Etat à la politique de la ville, Fadela Amara. « Le respect de la police, c'est très important, a-t-elle dit. On est dans la violence urbaine, anarchique, portée par une minorité qui jette l'opprobre sur la majorité. Ce petit noyau dur, utilise le moindre prétexte pour casser, brûler, tout péter dans le quartier. »
 
 
Amara est issue d’une famille ouvrière originaire d’Algérie. Membre du Parti socialiste et féministe, elle a rejoint le gouvernement de droite, gaulliste, de Sarkozy peu après son élection à la présidence en mai dernier.
 
 
L’utilisation par Sarkozy de la tragédie de Villiers-le-Bel pour intensifier les pouvoirs répressifs de l’Etat est la continuation de la politique qu’il avait mise en place quand il était devenu ministre de l’Intérieur sous le gouvernement gaulliste du président Jacques Chirac en 2002.
 
 
Un vaste déploiement de mesures législatives, pour la plupart promues par lui-même, a accru les pouvoirs de l’Etat en matière de surveillance et de répression : trois lois sur l’immigration, la Loi sur la prévention de la délinquance, une loi anti-terroriste qui implique les maires, les médecins, les travailleurs sociaux et les enseignants dans la surveillance et le contrôle de la population.
 
 
La loi sur l’Etat d’urgence avait été réactivée il y a deux ans, avec pour justification les émeutes des jeunes des cités en 2005. Précédemment utilisée en 1955 durant l’occupation coloniale française en Algérie, elle avait été utilisée pour la première fois contre des citoyens français en 2005.
 
 
Aucune de ces mesures n’avait fait l’objet d’une opposition significative de la part du Parti socialiste, du Parti communiste ou des syndicats. A présent, ces organisations, soit explicitement soit par défaut, ne font rien pour défendre les communautés ouvrières des attaques des forces de l’Etat. Elles ont refusé de venir en aide à ces jeunes et ces familles de Villiers-le-Bel. Aucune de ces organisations n’a appelé au retrait du millier de policiers.
 
François Hollande, premier secrétaire du Parti socialiste, a dit regretter l’utilisation par Sarkozy du terme de « voyoucratie » et le refus de ce dernier de reconnaître l’existence de la crise sociale, mais a ensuite apporté son entier soutien à l’intensification par le président des forces de l’Etat. « On a effectivement des bandes qui ont des actions criminelles et qu'il faut absolument éradiquer, » a-t-il déclaré, ajoutant que « toutes les violences doivent être non seulement condamnées, mais punies ». Quasiment tous les autres commentateurs du Parti socialiste ont adopté la même ligne et appelé à une augmentation de la police de proximité.
 
 
La gauche petite-bourgeoise, Lutte ouvrière (LO) et la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) ont quasiment ignoré les émeutes anti-policières et l’intensification massive de la police. Tous deux se sont contentés de quelques lignes affichées sur leur site Web.
 
 
Le journal de Lutte ouvrière a publié un article déplorant le fait que les jeunes ne pouvaient plus avoir « confiance dans les autorités, les préfets et la police ».
 
 
« Il y avait sans doute, poursuivait l’article, dans ces affrontements un certain nombre de meneurs de petites mafias qui empoisonnent souvent la vie des cités et qui ont peut-être été les premiers à incendier les magasins, une bibliothèque ou un bâtiment scolaire… Mais cela n’explique pas que sous l’émotion des centaines d’autres jeunes les aient si rapidement joints. »
 
 
L’article déplore les conditions sociales de misère qui règnent dans les banlieues et fait remarquer : « Mais l’usage de la force et de la répression ne résoudront évidemment pas les problèmes de fond à l’origine de ces dramatiques explosions qui périodiquement enflamment certains quartiers. » L’article se termine par un appel à accroître « de toute urgence » le nombre d’établissements scolaires et d’enseignants. L’Etat doit donner « un peu moins aux riches et consacrer les moyens nécessaires pour rendre la vie acceptable dans les quartiers populaires. »
 
 
Cela aurait tout aussi bien pu être publié par le Parti socialiste ou la presse de gauche. Il n’y a aucun appel au retrait de la police, ni même de dénonciation de la présence policière massive.
 
 
Il y a quatre ans, LO avait apporté un fort soutien à la campagne de Fadela Amara consistant à refuser aux jeunes filles portant le voile islamique l’accès aux établissements scolaires. LO avait de ce fait soutenu une loi du gouvernement droitier renforçant la discrimination de l’Etat contre les immigrés.
 
 
La LCR s’est montrée plus rusée encore dans ses commentaires sur les évènements de Villiers-le-Bel. Son porte-parole, Olivier Besancenot, a envoyé ses condoléances aux parents des deux jeunes tués dans la collision et a appelé à une « commission d’enquête indépendante » sur l’incident, sans spécifier comment et par qui cette enquête devrait être menée.
 
 
L’éditorial de l’hebdomadaire de la LCR, Rouge, déclare, « Nous devons imposer au gouvernement la mise en place d’un plan d’urgence pour les quartiers. » Il en appelle à « la création d’emplois, services publics renforcés et étendus, garantie du versement des subventions aux associations qui créent du lien social, arrêt des contrôles d’identité permanents et suppression de la BAC [brigade anti-criminalité] ».
 
 
Tout comme LO, la LCR n’appelle pas au retrait des forces de police et à la mobilisation de la classe ouvrière pour défendre les jeunes et les familles de Villiers-le-Bel.
 
 
Leurs propositions molles esquivent une lutte politique contre le gouvernement de Sarkozy. Ils désarment la classe ouvrière face aux menaces sur les droits démocratiques de la population travailleuse toute entière que pose la répression d’Etat à Villiers-le-Bel.
 
 
Ayant oeuvré à fournir une couverture politique à la trahison de la grève des cheminots par les syndicats, ils avancent à présent l’illusion qu’il est possible de faire pression sur le gouvernement pour qu’il mette sur pied un programme intensif en faveur des sections les plus pauvres de la classe ouvrière, travaillant ainsi à aveugler la classe ouvrière sur la nature du régime de Sarkozy et sur la nécessité d’une lutte politique indépendante contre l’ensemble de l’élite dirigeante française et de l’establishment politique bourgeois – de « gauche » comme de droite.
(Article original anglais paru le 1er décembre 2007)
 
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6 décembre 2007 4 06 /12 /décembre /2007 21:56
L’Irak d’aujourd’hui, à l’aune de ses universités
 
 
 
Lundi 26 novembre 2007, le Service d’Analyse et de Prévention (SAP) de l’Office Fédéral de la Police (OFP) suisse activait le plan OSIRIS destiné à parer à une catastrophe. Cette activation faisait suite à une menace d’attentat contre le Palais des Nations Unies à Genève, à l’aide d’un aéronef ! L’alerte émanait, le matin même, des Etats-Unis[1].
C’est dans ce contexte de tensions leur rappelant leur terrible quotidien, qu’une vingtaine d’universitaires et d’officiels irakiens (dont le Vice-Ministre en charge de l’enseignement supérieur et de la recherche) étaient accueillis à l’occasion d’un séminaire sur la reconstruction des universités irakiennes (SEGUI[2]). A leurs cotés étaient présents, une quarantaine de chercheurs, d’experts, de diplomates, de fonctionnaires internationaux, de journalistes et de responsables humanitaires, venus d’Allemagne, de Belgique, de Côte d’Ivoire, de France, d’Italie, de Jordanie, du Maroc, des Pays-Bas et de Suisse. Tous étaient les invités du Geneva International Peace Research Institute (GIPRI[3]), co-organisateur avec le bureau de l’UNESCO à Amman de cette initiative soutenue financièrement  par la République et le Canton de Genève, ainsi que par le Ministère des affaires étrangères français.
En 2006, le GIPRI, qui se définit comme « un Peace builder » (constructeur de la Paix), organisant « des conférences sur des thèmes critiques afin de tenter d’apporter des réponses aux grands problèmes de la Paix », avait déjà initié la constitution du Réseau International de Solidarité avec les chercheurs Irakiens pour la Paix et les Recherches Interdisciplinaires (RISIPRI[4]).
Poursuivant sur cette lancée, il s’agit, une année plus tard, d’approfondir et de renforcer le processus engagé. Pour ce faire, le GIPRI, dans le cadre du RISIPRI, est le maître d’œuvre d’un ambitieux programme de recherche intitulé BABYLONE, sur « l’impact des crises internationales sur l’enseignement supérieur en Irak et la place de l’université dans la reconstruction de la société irakienne ».  L’enseignement supérieur est ainsi considéré comme un moyen structurel de prévention et de résolution des conflits, contribuant à la fondation de sociétés pacifiées et pacifiques. BABYLONE s’articule autour de trois axes : 1) la constitution d’une vaste ressource documentaire sur les universités irakiennes 2) la production de données statistiques 3) le recueil de matériel humain (entretiens avec des universitaires irakiens). L’objectif proclamé est de contribuer à la préservation et au développement du capital social et cognitif de l’Irak.
Si le SEminaire Genevois sur les Universités Irakiennes (SEGUI) visait à « lancer » le projet BABYLONE, il a constitué également un moment privilégié de « diplomatie discrète » à l’abris du Palais des Nations. Le choix de la Suisse n’est d’ailleurs pas fortuit. La Confédération helvétique est restée neutre jusqu’à présent dans le conflit irakien. A Genève, la diplomatie française et son homologue allemande présente, mais pour ainsi dire cachée dans l’ombre hexagonale, ont pu œuvrer en toute tranquillité où presque. En effet, certains ont tenté d’user de tout leur pouvoir pour multiplier les obstacles.  La veille du SEGUI, le GIPRI, qui a prévu la publication des actes du séminaire et un film documentaire rassemblant les témoignages des universitaires irakiens présents, se voyait signifier une interdiction totale de filmer et de photographier dans l’enceinte du Palais des Nations. Toutefois, cette prohibition affirmée par une armée bureaucratique de juristes ne résista pas à l’épreuve de la réalité…
Au delà de ses aspects accessoires mais non moins « symboliquement significatifs », le SEGUI a été organisé en deux temps. Premièrement, ont eu lieu des interventions thématiques : par exemple sur « le niveau de développement humain dans les universités irakiennes », « la condition d’universitaire dans l’Irak d’aujourd’hui », « l’immigration des étudiants et universitaires irakiens au Kurdistan », etc. Deuxièmement, ont été réunis, parallèlement, 5 groupes disciplinaires s’interrogeant sur l’état de l’enseignement supérieur dans les disciplines considérées, sur l’évaluation des effets de l’embargo et des guerres et sur les perspectives immédiates et à long terme : GD1 (Sciences exactes et naturelles – Santé), GD2 (Sciences humaines et sociales), GD3 (Architecture, urbanisme, environnement géographie et archéologie), GD4 (Ingénierie, pétrochimie, mécanique, BTP, NTIC) et GD5 (genre[5]).
De cet ensemble de réflexions, plusieurs idées ont été dégagées quant la situation globale de l’Irak, la dégradation de l’enseignement supérieur irakien, la violence dans les universités, l’exil forcé de milliers d’universitaires et d’étudiants irakiens, le rôle et la place de la Communauté Internationale en Irak aux cotés notamment des universitaires.
 
 
 
 
L’Irak, source d’insécurité régionale et d’instabilité mondiale
 
Introduisant le SEGUI, Gabriel Galice, Directeur du GIPRI notait que « l’insécurité régionale est source d’instabilité mondiale ». Il ajoutait qu’il est important de « respecter la loi internationale et le droit des peuples à disposer d’eux-même », affichant sa volonté de « travailler à une paix positive ».
Dans la foulée, et ce fût l’un des apports les moins négligeables de cette initiative, la diplomatie française, précisait sa position, par le biais de Christophe Guilhou, représentant permanent adjoint de la mission de la France auprès des Nations Unies : « La crise en Irak est une des plus graves crises au monde. Elle porte des dangers pour l’ensemble du monde ».  Il définissait également la voie pour sortir de la crise : « La restauration de l’autorité de l’Etat est indispensable ainsi que la résolution de la question des milices (...) La normalisation de la situation passe par une réconciliation nationale, le rejet de toute solution militaire et le respect de l’unité et de la souveraineté de l’Irak ». Voulant démontrer, le caractère différent de la l’approche française, il soulignait qu’à Bagdad, la représentation française se trouve en zone rouge et non en zone verte (partie de la Ville ultra sécurisée par les forces américaines) ; que la France allait bientôt étendre sa présence politique en Irak par l’ouverture à Erbil (Kurdistan) d’un nouveau bureau. Le cadre général étant dépeint, restait à aborder le fond du problème : l’université irakienne.
 
 
 
 
L’université irakienne, une situation critique qui n’a de cesse de se dégrader
 
Comme le rappelait, Mohamed Djelid, Directeur de l’UNESCO Amman – Irak, le problème de l’enseignement supérieur irakien « existait bien avant 2003 ». Les universités irakiennes ont du faire face « à des guerres successives » (contre l’Iran - guerre du Golfe de 1991 – guerre de 2003) et à l’embargo.  Or, « depuis 2003, la situation ne s’est pas améliorée ». Elle est même « triste à voir », car l’Irak est « un Etat complètement détruit, aux universités, aux laboratoires, et bibliothèques dévastés ».
Ce constat a été confirmé par de nombreux universitaires irakiens, comme Fawzia Al-Attia, professeur de sociologie à l’université de Bagdad pour qui « la guerre a détruit toutes les infrastructures de la société », entraînant « une Paupérisation généralisée » et n’épargnant pas l’université irakienne dont  « 6 000 bâtiments sont à réhabiliter ». Dressant un diagnostic cruel mais réaliste, Kamel Al-Kenani, Doyen de l’Institut de planification urbaine et rurale de Bagdad évoquait « une régression de l’enseignement supérieur irakien », « une stagnation du savoir des universitaires irakiens », « une limitation de la recherche scientifique et des expériences dans les laboratoires », « une rareté du matériel didactique », conjuguées à « une du nombre d’étudiants ». Aux causes préexistantes et évoquées ci-dessus, il en ajoutait une autre dont la qualification est précise et sans appel: « l’occupation américaine » ; terminologie reprises par plusieurs intervenants irakiens. Ce n’est donc pas un hasard, si le système universitaire irakien se caractérise par « une gouvernance affaiblie », selon les propos de Govand Sherwani, coordinateur des universités du Kurdistan et Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche au sein du gouvernement régional du Kurdistan.
Mohamed Al-Assadi Doyen de l’université de Bassorah et de Mukadad Al-Jababari professeur en sciences de l’environnement à l’université de Bagdad soulignaient, pour leur part, avec force, « le caractère obsolète des équipements de recherche de leur établissement, acquis au début des années 70 ».
L’isolement de l’enseignement supérieur irakien s’est également traduit par la réduction à néant de son rayonnement international. Mukadad Al-Jababari constatait, ainsi, que le journal scientifique dans lequel il écrivait, disposait, dans les années 80, de 700 abonnés de part le monde. Or, aujourd’hui, il lui est impossible de produire un seul exemplaire de ce journal. Ce fait est à relier au manque criant de moyens financiers, malgré des augmentations importantes et successives du budget de l’enseignement supérieur qui feraient rêver bien des universitaires étrangers : 1,98% en 2005, 2,36% en 2006 et 8,64% en 2007. Mais ces accroissements consécutifs, ne doivent pas faire oublier, comme l’indiquait Abbas Al-Hashimi, Président de la commission irakienne pour les ordinateurs et l’informatique, qu’une seule université américaine de Californie dispose de recettes équivalentes à ce que dépense l’ensemble des pays arabes pour leurs universités. Ces dernières ne constituent pas une priorité. L’Irak ne déroge pas à cette règle. D’autant que « le budget du supérieur reste minime par rapport à ce qui a été alloué au secteur de la sécurité nationale » (Kamel Al-Kenani). Avec l’explosion de la violence, le secteur sécuritaire a financièrement de beaux jours devant lui.
 
 
 
 
Des universitaires et des étudiants irakiens, objets de violences multiformes et généralisées
 
Après avoir observé que « les universitaires irakiens sont exilés, assassinés, entravés », Gabriel Galice faisait appel à Spinoza « ne pas rire, ne pas pleurer, comprendre », tout en précisant qu’il est impossible parfois de ne pas pleurer[6] mais que nos émotions ne doivent pas guider notre réflexion.
Et pour comprendre, il faut s’attacher à l’analyse de la question de la sécurité qui constitue « une contrainte permanente » pour Mohamed Djelid, Directeur de l’UNESCO Amman – Irak. Il n’oubliait pas l’appel du Directeur général de l’UNESCO, en date du 14 avril 2006. Koichiro Matsuura avait alors dénoncé « une campagne haineuse de violence contre les universitaires et intellectuels irakiens ».[7] Aucune portion du territoire irakien n’échappe à la violence. Bruno Jochum, de Médecins Sans Frontière (MSF) Suisse, notait d’ailleurs que « des patients ont été violentés, voire tués au sein même dans des hôpitaux qui ne sont plus un sanctuaire inviolable ».
La violence est donc partout. Elle revêt différentes formes : pression sur les étudiantes et les enseignantes pour qu’elles adoptent certaines tenues vestimentaires, menaces, limitation de la liberté d’expression et de recherche, attaques contre des bâtiments universitaires et assassinats.
Fawzia Al-Attia, professeur de sociologie à l’université de Bagdad en témoignait : « La situation se dégrade en raison de la violence », « le conflit marginalise la place et le rôle des intellectuels ». Elle relatait, de plus, « une augmentation du taux d’absentéisme, notamment des étudiantes » et un « développement du port du voile ». Et elle comptabilisait « entre février 2006 et août 2006, 180 professeurs tués par des étudiants ». Govand Sherwani, coordinateur des universités du Kurdistan et Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche au sein du gouvernement régional du Kurdistan allait dans le même sens en dénonçant les « menaces directe sur la vie et les attaques contre les centres universitaires », tandis que Mohamed Al-Assadi Doyen de l’université de Bassorah soulignait que « la violence s’exerce aussi sur les pensées ».
Kamel Al-Kenani, Doyen de l’Institut de planification urbaine et rurale de Bagdad percevait pour sa part, un processus dont l’objectif est « l’élimination des cadres scientifiques et surtout les  universitaires, par les attentats, l’enlèvement et les menaces ». Le corps professoral a ainsi payé un lourd tribut à Bagdad qui concentre 70% des victimes : université de Bagdad 185 morts, université de technologie de Bagdad 64 morts, université El Mustansiryia 57 morts. Les médecins et les ingénieurs ont été principalement visés et représentent respectivement 39% et 38% des tués. Les étudiants ont eux aussi été ciblés. A l’université de Bagdad, 216 ont perdu la vie, 77 à l’université de technologie de Bagdad et 29 à l’université El Mustansiryia. Selon Mukadad Al-Jababari professeur en sciences de l’environnement à l’université de Bagdad, seuls 26% des universitaires attaqués survivent à une attaque.
Ammar Azeez Ali Hassan, Vice-Ministre irakien de l’enseignement supérieur et de la recherche pouvait donc considérer qu’il « existe une corrélation évidente entre l’amélioration de la sécurité et l’amélioration de la situation de l’enseignement supérieur ».
Effet pervers, s’il en est, de la violence, les universitaires irakiens se trouvent contraints à un exil intérieur, voire à quitter le pays, pour ne pas perdre la vie…
 
 
 
 
Des universitaires contraints à l’exil interne ou à l’étranger pour éviter la mort
 
La violence généralisée en Irak est à l’origine de déplacements massifs de population. La sociologue bagdadi, Fawzia Al-Attia estimait que 2,5 millions d’irakiens ont fui à l’étranger (pour beaucoup en Jordanie et en Syrie) et qu’autant sont des exilés de l’intérieur. La situation est tel que l’Iraqi Federal Goverment (IFG, le gouvernement fédéral irakien) a du créer pour faire face, un ministère de l’immigration et des migrants. Cet exode a des conséquences humanitaires majeures. Selon MSF Suisse 18 000 médecins irakiens auraient quitté le pays, entraînant une dégradation sans précédent du système médical qui n’est plus à même aujourd’hui de fournir une simple aiguille de seringue.
L’enseignement supérieur irakien n’échappe pas à ce phénomène. L’économiste Kamel Al-Kenani constatait, à ce sujet, que plus de « 4000 universitaires depuis l’occupation américaine de l’Irak » ont fui à l’étranger. A Bagdad, 40% des enseignants de la Faculté des Lettres ont quitté l’Irak. A Bassorah, 72% des enseignants ont émigré et seuls 5,4% des étudiants qui partent étudier au Canada reviennent. Mais cet exil n’est pas doré. Mohamed Djelid , Directeur de l’UNESCO Amman – Irak observait que « les universitaires menacés sont obligés de quitter le pays » et qu’ils se retrouvent bien souvent « exilés et sans statut, sans droit à l’étranger ». D’autant que les visas constituent une denrée rare. Les discours de solidarité des pays frères arabes, des Etats européens et des Etats-Unis ne se matérialisent pas en autorisations de séjour. Ceux qui ne peuvent obtenir ces sésames se contentent de quitter Bagdad, pour rejoindre une région considérée comme plus calme, moins dangereuse.
Le Kurdistan est regardé comme tel. Govand Sherwani, coordinateur des universités du Kurdistan et Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche au sein du gouvernement régional du Kurdistan indiquait que de ce point de vue « la 1ère moitié de l’année 2007 a été particulièrement difficile », avec une accélération de « cet exode qui prive l’enseignement supérieur de ses meilleurs éléments ». En effet, en 2007, 1830 universitaires irakiens ont rejoint le Kurdistan contre 1237 en 2006 (et l’année 2007 n’est pas terminée), soit sur deux ans : 3067 enseignants. Ce nombre est à comparer aux 3000 universitaires que compte cette région. Le phénomène s’étend aux étudiants. 4026 d’entre eux ont migré également vers le Nord de l’Irak, en général avec leur famille. Les universités kurdes ont du s’adapter, notamment sur le plan linguistique, en adoptant un système utilisant trois langues l’anglais, l’arabe et le kurde. Si « tout irakien menacé est le bienvenue au Kurdistan », « nous ne pouvons accepter 100% des demandes. Les ressources du Kurdistan Regional Gouvernement (KRG) sont limitées » affirmait Govand Sherwani. Le nombre de réfugiés est tel que les zones d’accueil (à l’étranger ou en Irak) sont désormais saturées, au-delà des questions liées à certains équilibres « entre populations ».
 
 
 
 
Une aide concrète, un dialogue inter-irakien
 
Le SEGUI a ouvert des perspectives d’actions à divers niveaux : international, européen et irakien.
Si le Ministère français des affaires étrangères a apporté son soutien financier au SEGUI, c’est qu’il constitue « une initiative positive qui vient en aide à l’enseignement supérieur et à la recherche », selon les mots de Christophe Guilhou, représentant permanent adjoint de la mission de la France auprès des Nations Unies . Le SEGUI est apparu comme une occasion également pour la France d’appeler au « retour en Irak de la Communauté Internationale, notamment des Nations Unies », ces dernières étant un élément clef « de la résolution de la crise irakienne ». Là où certains financent l’armement et l’entraînement de forces locales de sécurité, d’autres envisagent d’apporter leur aide au développement du savoir et de la connaissance. Les Européens sont perçus à travers ce prisme. Ammar Azeez Ali Hassan, Vice-Ministre irakien de l’enseignement supérieur et de la recherche en témoignait en se disant, à la vue « de la pauvreté de la coopération universitaire entre l’Irak et ses voisins », « compter beaucoup sur l’Union européenne ». Un représentant du bureau de l’ICESCO[8] au Maroc lui répondait que son organisation était prête à examiner toute demande de financement de programme irakien de recherche.
A Mohamed Djelid  qui leur assénait un direct « nous ne savons pas comment vous aider », les universitaires irakiens précisaient leurs besoins : échanges universitaires internationaux, bourses doctorales, aide à l’obtention de visas, venues de professeurs étrangers en Irak, supports pédagogiques, autonomie des universités face à un tutelle centrale omnipotente. Des propositions concrètes étaient présentées par les experts et les universitaires occidentaux présents : création de bibliothèques virtuelles, sessions de formation intensive, structuration des universitaires irakiens en associations par champ disciplinaire, participation à des programmes internationaux comme le « Synchrotron-Light for Experimental Science and Applications in the Middle East » (SESAME)[9].
Mais l’apport principal du SEGUI n’est peut-être pas dans ces éléments terre à terre. Il est souvent dit que « le diable se cache dans les détails ». Le SEGUI fût un lieu et un moment hautement symboliques à rebours de la violence confessionnelle et sectaire qui se déchaîne actuellement en Irak. En effet, il a abrité et fait dialoguer des irakiens qui se sont considérés comme tel avant toute autre forme identitaire : arabe, kurde, turcoman, ou chiite, sunnite, juif, chrétien, ou irakiens du nord, du centre, du sud. Irakiens. Ils ont fait preuve d’acceptation de leur diversité. Universitaires, ils se sont également inscrits dans une dimension universelle rappelant que l’université constitue dans une société donnée « l’ensemble des moyens dont disposent des hommes pour prendre en charge leur propre évolution »[10],  « un foyer de progrès général pour la société »[11] et « sert d’agent à la fusion d’activités progressives de tous genres en un instrument de progrès »[12].
 
Karim Lakjaa
Membre fondateur du RISIPRI
Rapporteur du groupe interdisciplinaire Sciences Humaines et Sociales du SEGUI
 
 


« Menace terroriste sur le Palais des Nations », le Matin, 27.11.2007, Genève, page 4 et en une.

[1]

« Universitaires irakiens de passage à Genève » et « Les étudiants irakiens n’ont plus les moyens de travailler », Caroline Stevan, Le Temps, Genève, 27.11.2007.

[2]

Le GIPRI a reçu en 1988 des Nations Unies le titre de la Messager de la Paix. Organisation Non Gouvernementale (ONG), il bénéficie du statut consultatif spécial auprès du Conseil Economique et Social des Nations Unies (ECOSOC). Il apparaît comme un institut de recherche développant des missions de  « bons offices ». [www.gipri.ch].

[3]

« Solidarité avec les universitaires d’Irak », L’humanité, 26 juin 2006. [www.gipri.ch/risipri].

[4]

Selon la définition d’Emile Ricard, rapporteur du GD5, « le genre est l’étude des rapports sociaux entre hommes et femmes ».

[5]

Les participants au SEGUI marqueront une minute de silence en hommage à toutes les victimes de la violence en Irak et en 1er lieu en mémoire aux Universitaires irakiens.

[6]

UNESCO Director General appeals for solidarity with Iraqi academics, Press Release n° 2006-31, 14 avril 2006. Dans son appel, Koïchiro Matsuura avait indiqué que 180 Universitaires avaient été tués entre 2003 et 2006 et que des milliers avaient été contraints à l’exil.

[7]

L’ICESCO est la branche « islamique » de l’UNESCO, à l’image de ce que le croissant rouge est à la croix rouge.

[8]

Le SESAME est articulé autour d’un synchrotron : un accélérateur de particules. Sont membres du SESAME : Bahreïn, l’Égypte, les Émirats Arabes Unis, la Grèce, l’Iran, Israël, la Jordanie, le Koweït, le Maroc, le Pakistan, le Sultanat d'Oman, la Turquie et l’Autorité Palestinienne. L'Arménie, le Brésil, Chypre, la Libye, le Soudan y participent en qualité d'observateurs, au même titre que l'Allemagne, la Fédération Russe, les États-Unis, la France, l'Italie, le Japon et le Royaume-Uni.  L’ambition suprême de SESAME est d’esquisser un rapprochement scientifique au Moyen - Orient à travers les collaborations entre chercheurs des pays impliqués, conduisant à terme à un consensus politique permettant le règlement du conflit israélo-arabe.

[9]

« Pour l’université », Chombart de Lauwe, 1968, page 44.

[10]

Whitehead.

[11]

« Eléments de réflexion sur l’université sa vocation et ses fonctions », Ghalamallah, URASC, 1993, Oran.

[12]
 
 
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6 décembre 2007 4 06 /12 /décembre /2007 21:51
Régimes spéciaux: vers une nouvelle grève de 24 heures à la SNCF et la RATP
 
 
PARIS (AFP)
 
  Des grèves de 24 heures sont prévues à la SNCF, à une date non encore fixée, et à la RATP, le 12 décembre, à l'appel de la CGT, les syndicats des deux entreprises voulant peser sur la phase finale des négociations sur la réforme des régimes spéciaux de retraite.
 
"Le principe est acquis d'une nouvelle étape de grève +carrée+ (24 heures) des cheminots pour peser sur la négociation", a déclaré le secrétaire général de la CGT-cheminots, Didier Le Reste, au nom de six syndicats (CGT, FO, Unsa, CFTC, CFDT, CFE-CGC) au terme d'une réunion commune.
A la RATP, la CGT a annoncé déposer un préavis de grève pour mercredi prochain, lendemain de la dernière séance de discussions prévue avec la direction de l'entreprise francilienne et des représentants de l'Etat.
L'Unsa et Sud de la RATP ont indiqué ne pas se joindre à cet appel, la première jugeant la date "prématurée" et la seconde refusant encore le processus de négociations.
A la SNCF, aucune date n'a pu être fixée jeudi, CFDT et CFTC souhaitant d'abord consulter leurs organes dirigeants, alors que le 12 décembre était évoqué. La décision sera prise vendredi.
La direction de la société ferroviaire a aussitôt fait part de sa "stupéfaction", une nouvelle grève étant pour elle "incompréhensible" et "dépourvue d'objet en plein coeur d'un processus de négociation" dans "un climat constructif et sérieux".
Les fêtes de fin d'année sont une période sensible pour l'entreprise. Ce "n'est pas un objectif en soi d'avoir une grève en fin d'année", a cependant souligné M. Le Reste.
Les "avancées" de la direction de la SNCF sont "significatives", a expliqué la CFDT, au diapason de plusieurs syndicats, mais "nous demandons des réponses claires et un effort de la part du gouvernement".
Sud-Rail, 2e syndicat à la SNCF, qui n'était pas invité à la réunion intersyndicale et en a été rejeté, a aussi prévu de consulter ses représentants régionaux pour fixer quelles actions à mener.
De son côté, la Fgaac (agents de conduite autonomes), qui négocie avec la direction depuis mi-octobre et n'appelait pas à la grève en novembre, n'était pas présente à la réunion.
La réforme a déjà suscité une journée de grève le 18 octobre, avec des taux de participation historiques, et surtout dix jours en novembre. Le mouvement reconductible avait cessé avec l'ouverture de négociations tripartites Etat-direction-syndicats par entreprises.
Ces négociations, prévues jusqu'au 18 décembre à la SNCF et jusqu'au 11 décembre à la RATP, se tiennent "sous le contrôle des cheminots", selon l'expression de la CGT, qui a toujours prévenu qu'elle "sollicitera(it) leur intervention" si nécessaire.
Le secrétaire général de la CGT-RATP, Gérard Leboeuf, a expliqué avoir "pris (ses) responsabilités" en entrant dans les négociations. Mais, a-t-il souligné, "les salariés sont mécontents du niveau de réponse de la direction et de l'Etat". Des avancées lors de la réunion conclusive mardi "pourraient permettre que l'appel à la grève soit suspendu", a-t-il précisé.
La réforme des régimes spéciaux n'en finit pas de provoquer des remous également dans les industries électriques et gazières (IEG), où une journée de grève a eu lieu jeudi, et à l'Opéra de Paris, où la FSU est prête à maintenir son préavis "jusqu'au 20 décembre" et même au-delà si nécessaire.
Alors que le conseiller social de l'Elysée, Raymond Soubie, avait estimé mardi que la réforme allait "aboutir dans les toutes prochaines semaines", le secrétaire général de la CGT-cheminots l'a invité à "respecter les partenaires sociaux" car "la réforme n'est pas faite".
 
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6 décembre 2007 4 06 /12 /décembre /2007 21:30
Un mort dans l'explosion d'un colis piégé à Paris
 
PARIS (Reuters)
 
 
 Un colis piégé a explosé dans un cabinet d'avocats parisien jeudi, faisant un mort et un blessé grave.
L'explosion s'est produite dans un immeuble du VIIIe arrondissement de Paris, où travaillait Nicolas Sarkozy quand il était encore avocat d'affaires mais le chef de l'Etat n'était semble-t-il pas visé.
Il n'y a "pas de raison d'aller à l'encontre" des déclarations du procureur de Paris, selon qui le président n'était pas la cible, a déclaré sur RTL le porte-parole de l'Elysée, David Martinon.
Nicolas Sarkozy se tient informé de la situation, a-t-il ajouté. "C'est un acte atroce, abominable qui ne laisse pas indifférent, qu'il condamne totalement".
"Il n'y a pas de piste privilégiée", a souligné Michèle Alliot-Marie, lors d'un point de presse place Saint Augustin après s'être rendue sur les lieux de l'explosion, un immeuble haussmannien de six étages.
Selon la ministre de l'Intérieur, rentrée de Bruxelles en urgence, "il s'agit d'un cabinet qui s'occupe d'affaires civiles, principalement immobilières" et les plaques apposées à l'entrée de l'immeuble sont "très nettes". "C'est donc apparemment quelqu'un de ce cabinet qui était visé", a-t-elle ajouté.
Le colis a explosé au quatrième étage, dans le hall d'entrée du cabinet Gouet-Jenselme, alors que le cabinet Arnaud Claude et Associés, co-fondé par le président en 1987 se situe au premier.
"Il y a une telle différence entre le cabinet dont vous parlez et le lieu des faits qu'il n'y a aucun rapport", a déclaré le procureur de Paris, Jean-Claude Marin, sur place.
La Fondation pour la mémoire de la Shoah qui se situe sur le même palier n'était apparemment pas visée non plus.
Serge Klarsfeld, son président, est venu dans l'après-midi réconforter le personnel, évacué dans un café des environs.
 
COURSIER CASQUÉ
 
"Il n'y a jamais eu de menace" contre la fondation, a-t-il assuré à la presse. "Un colis adressé à un destinataire qui arrive dans un bureau, il ne peut pas y avoir d'erreur", a-t-il ajouté.
L'explosion a eu lieu à 12h50 au 52 boulevard Malesherbes, derrière l'église Saint-Augustin. L'assistante d'un avocat qui a réceptionné et ouvert le paquet a été tuée.
Me Olivier Brane, qui occupe les mêmes bureaux, a été grièvement blessé et transporté à l'hôpital de la Pitié Salpêtrière. Ses jours ne sont pas en danger.
Le hall d'entrée du cabinet est très endommagé, selon le procureur, mais de l'extérieur, seule une fenêtre du quatrième étage brisée est visible. Dans l'après-midi, une grande échelle de pompiers avait été installée devant l'immeuble.
Deux charges explosives se trouvaient dans le même colis, à l'intérieur d'une "caissette en bois" mais un seul des dispositifs de mise à feu a fonctionné, selon la ministre de l'Intérieur, qui condamne un "acte odieux".
Selon le procureur, le coursier qui a apporté le paquet était casqué et n'a pas été identifié. On ignore l'heure à laquelle il a déposé le paquet. Les enquêteurs de la brigade criminelle travaillent sur les vidéos des caméras de surveillance, a-t-il ajouté.
"C'est un acte particulièrement condamnable (...) je veux exprimer ma condamnation la plus nette de cet acte criminel", a dit le maire de Paris, Bertrand Delanoë, qui s'est rendu sur place dans l'après-midi.
"C'est un acte absolument odieux, ce sont des innocents. Cette femme a payé de sa vie en ouvrant un paquet, en faisant son devoir", a déclaré Françoise de Panafieu, maire du XVIIe arrondissement voisin et candidate à la mairie de Paris lors des prochaines municipales.
"Cet attentat odieux, lâche et barbare correspond à une volonté terrible de tuer", a déclaré François Hollande avant un meeting à Toulouse. "Il faut non seulement le condamner mais aussi chercher à punir ses auteurs. Je fais confiance aux autorités de la République pour les trouver", a ajouté le premier secrétaire.
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5 décembre 2007 3 05 /12 /décembre /2007 22:04
La police veut briser "la chape de silence" à Villiers-le-Bel
 
PARIS (Reuters)
 
  La police invite les habitants de Villiers-de-Bel à témoigner pour faire la lumière sur les incidents du mois dernier dans le Val-d'Oise où des policiers ont été la cible de tirs.
Plusieurs milliers de tracts ont été distribués dans plusieurs quartiers de la ville de la banlieue nord de Paris, théâtre de plusieurs nuits de violences après le décès, dimanche 25 novembre, de deux jeunes gens dans la collision de leur moto avec une voiture de police.
Les tracts appellent d'éventuels témoins de "coups de feu tirés contre des policiers" à témoigner anonymement et contre une rémunération pouvant atteindre "plusieurs milliers d'euros".
"La police judiciaire de Versailles recherche tout témoignage relatif aux coups de feu tirés contre des policiers au cours des soirées et des nuits du 25 au 26 et du 26 au 27 novembre 2007", peut-on lire dans le document.
"On peut imaginer la pression qui règne dans ce quartier. Cette pression est le fait d'un certain nombre d'individus déjà très connus de chez nous. Je pense que ces individus font peser sur le quartier une chape de silence", a déclaré à la presse Jean Espitalier, le directeur régional de police judiciaire de Versailles chargé de l'enquête sur les coups de feu.
Des dizaines de policiers ont été blessés, certains par des tirs de chevrotines, lors de deux nuits de violences à Villiers-le-Bel et dans d'autres communes du Val d'Oise.
Une information judiciaire a été ouverte contre X pour "homicides involontaires" et une juge d'instruction a été désignée pour élucider les circonstances des décès lors de la collision entre une mini-moto et une voiture de police.
Une enquête préliminaire a également été ouverte pour "tentative d'homicide volontaire" après les blessures infligées à un commissaire de police. D'autres enquêtes portent sur des "tirs d'armes" sur les forces de l'ordre.
 
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5 décembre 2007 3 05 /12 /décembre /2007 21:57
Nicolas Sarkozy affirme que la France doit réparation aux harkis
 
PARIS (Reuters)
  De retour d'Algérie, Nicolas Sarkozy a rendu hommage mercredi soir aux anciens supplétifs musulmans de l'armée française durant la guerre d'Algérie, les harkis, à qui la France doit selon lui réparation.
"Pour la France, pour moi, la cause des harkis est une cause sacrée car on ne peut pas les tenir responsables d'avoir cru en la parole de la France", a déclaré le président à l'Elysée à l'occasion de la journée d'hommage aux combattants morts pour la France pendant la guerre d'Algérie (1954-62).
"Si une faute a été commise ce n'est pas par eux, c'est par la collectivité nationale qui leur a demandé de faire cela", a-t-il ajouté sous les applaudissements de quelque 150 représentants d'anciens combattants d'Afrique du Nord et de harkis réunis dans la salle des Fêtes du palais présidentiel.
Aux yeux du chef de l'Etat, il est "légitime et juste" que les harkis "reçoivent l'hommage solennel de la Nation".
C'est une "question d'honneur", a-t-il dit. "Il faut réparer les fautes qui ont été commises".
"A tous les harkis envers qui la France a une dette, je dis, au nom de la République, que la France leur doit réparation", a ajouté le président.
Nicolas Sarkozy n'a cependant pas répondu à la principale revendication des harkis, à savoir la reconnaissance de la responsabilité de l'Etat français dans le massacre de leurs pairs lorsque la France a quitté l'Algérie.
"Ce discours est dans la continuité de ceux que l'on a depuis 45 ans, c'est-à-dire un discours d'une grande lâcheté politique", a dit à la presse Bernard Coll, secrétaire général de l'association Jeunes pieds noirs, qui a déploré que le président ne tienne pas ses promesses de campagne électorale.
 
"RÉCONCILIATION"
 
"Si je suis élu président de la République, je veux reconnaître officiellement la responsabilité de la France dans l'abandon et le massacre des harkis", avait déclaré Nicolas Sarkozy le 31 mars dernier devant des représentants de harkis réunis à son QG de campagne, à Paris.
Selon les historiens, entre 60.000 et 80.000 musulmans français ont été tués entre les accords d'Evian de mars 1962, qui mirent fin à la guerre proprement dite, et l'indépendance algérienne, en juillet 1962.
Seuls 10% du million de harkis qui s'étaient placés sous la protection de l'armée française ont pu s'établir en France entre 1962 et 1968. Le nombre des harkis et de leurs descendants en France est aujourd'hui évalué à plusieurs centaines de milliers.
Les harkis réclament l'indemnisation des biens spoliés et la réparation des préjudices moraux subis - soit au total plus de 40 milliards d'euros.
Nicolas Sarkozy a déclaré que le Conseil économique et social avait été saisi "pour étudier les conditions financières concrètes" et rappelé les termes la loi du 23 février 2005 "portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés".
Le chef de l'Etat a dit avoir demandé au gouvernement de "mobiliser tous les moyens" pour aider les enfants de harkis en matière de recherche d'emploi.
Il a également confirmé la création, en 2008, d'une Fondation pour la mémoire de la guerre d'Algérie, des combats du Maroc et de Tunisie.
Durant sa visite en Algérie, de lundi à mercredi, Nicolas Sarkozy a dénoncé le système colonial "injuste" mis en place par la France en Algérie (1830-1962), tout en invitant les deux pays à se tourner vers l'avenir.
Dans son discours de l'Elysée, le chef de l'Etat a utilisé à maintes reprises le mot "réconciliation".
"Ma génération doit porter le discours de la réconciliation, justement parce que ma génération n'a pas connu les souffrances que vous avez connues", a dit le chef de l'Etat, qui avait sept ans en 1962.
Le chanteur pied-noir Enrico Macias, a été "profondément ému" par le discours du président, qui a "dès son retour d'Algérie, tendu la main à tous les pieds noirs, à tous les harkis, à tous les rapatriés".
 
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