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3 mars 2008 1 03 /03 /mars /2008 22:33
Yorongar vivant était codétenu avec Lol Mahamat Choua et Ibn Oumar Mahamat Saleh et d’autres opposants
 
 
 
Yorongar vivant était codétenu avec Lol Mahamat Choua et Ibn Oumar Mahamat Saleh et d’autres opposants
 
La famille du député Ngarléjy Yorongar confirme qu’il est en vie mais qu’il n’est pas en sécurité.
Son fils Rokoulmian confirme que son père a bien donné une interview par téléphone au directeur du bi-mensuel "Afrique Education", Jean Paul TEDGA (www.afriqueeducation.com). Jean Paul TEDGA a expliqué à THOTEP que l’interview a été réalisée en plusieurs temps pour des raisons de sécurité.
 
Cette interview fournit des éléments importants et soulèvent des questions voire fournit des réponses à des questions essentielles sur les dessous de l’opération.
 
Il apparaît clairement que les trois chefs de file de l’opposition non armée étaient codétenus dans des geôles du pouvoir le 6 février, date de la visite du Ministre de la Défense français , Hervé MORIN, à Idryss Déby Itno.
 
Il apparaît clairement que les trois chefs de file de l’opposition non armée étaient des codétenus dans des geôles du pouvoir au moins jusqu’au 9-13 février. On sait par ailleurs que le jeudi 14 février, l’ambassadeur de France au Tchad, Bruno FOUCHER, a pu rencontrer Lol Mahamat Choua dans une prison militaire, à la demande du ministre des Affaires étrangères français, Bernard Kouchner.
 
Il apparaît clairement que la mise en scène de la "ré-apparition" de Yorongar "dans" son domicile le 22 février était une tentative de dédouaner le pouvoir de toute responsabilité dans l’arrestation du député. Ils l’ont lâché dans un cimetière aux environs de deux heures du matin.
 
Et la déclaration du 22 février publiée par le site du gouvernement du Tchad selon laquelle Yorongar "a été vu hier ’dans’ son domicile ’par les agents de la police nationale’, chargés d’enquêter sur la ’supposée disparition’ de certains leaders des partis de l’opposition" et précisant que "Le Gouvernement poursuit son enquête quant à, la disparition de Ibni OUMAR MAHAMAT SALEH", cette déclaration apparaît comme une réelle volonté de tromper les opinions nationale et internationale.
 
Dès lors il est légitime de se demander pourquoi la France a-t-elle cautionné les dires de Déby selon lesquels les chefs de file de l’opposition n’avaient pas été arrêtés par le pouvoir ?
Pourquoi la France n’exige pas de son ami qu’il donne des informations précises sur le sort de Ibni OUMAR MAHAMAT SALEH ?
 
Pourquoi la France n’exige pas de son ami qu’il libère Lol Mahamat Choua ? Pourquoi la France n’exige pas de son ami qu’il cesse de menacer les opposants ?
 
Les fils de Ibni Oumar Mahamat Saleh et de Ngarlejy Yorongar étaient présents à la manifestation du samedi 1er mars à Paris pour exiger une réponse à ces questions .
 
 


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2 mars 2008 7 02 /03 /mars /2008 20:55
LETTRE OUVERTE AUX ASSOCIATIONS FRANCAISES POUR LA PAIX EN PALESTINE
 
 
         N’EN AVONS-NOUS PAS ASSEZ DE CONSTATER QUE L’IMMENSE TRAVAIL QUE NOUS ACCOMPLISSONS DEPUIS TANT D’ANNEES NE CHANGE RIEN EN PALESTINE ? Au mieux, il ne fait que retarder très temporairement et ponctuellement la meurtrière activité répressive et colonialiste israélienne, mais il n’arrête pas son rouleau compresseur…
 
       N’EN AVONS-NOUS PAS ASSEZ DE CONSTATER L’ABSENCE TOTAL DE COMPTE-RENDU DE NOS ACTIVITES DANS LES PRINCIPAUX MEDIAS? Avant de parler de lobbying pro israélien (pourquoi pas ?), c’est le plus souvent le spectacle et leur harcèlement qui les font réagir…
 
         N’EN AVONS-NOUS PAS ASSEZ DE CONSTATER LA LENTE MAIS INEXORABLE DIMINUTION PAR LASSITUDE DU NOMBRE DES MILITANTS ACTIFS ? Tandis que, c’est évident, toujours plus de français sont choqués par le comportement inqualifiable des dirigeants militaristes - et le plus souvent militaires eux-mêmes - israéliens...
 
         N’EN AVONS-NOUS PAS ASSEZ DE CONSTATER L’ABSENCE PRESQUE TOTALE DE JEUNES GENS DANS NOS LISTINGS ET MANIFESTATIONS ? Ceux-ci préférant des actions concrètes, fortes, aux agitations urbaines de leurs aînés, la tête de ces derniers restée le plus souvent sur les méthodes des années 70...
 
         N’EN AVONS-NOUS PAS ASSEZ DE NOS DECLARATIONS, NOS REUNIONS ET AUTRES  MANIFESTATIONS QUI N’ARRIVENT MEME PLUS A NOUS DECULPABILIER ? Tandis que, malgré notre ténacité, la récente nouvelle politique étrangère française est devenue clairement pro israélienne…
 
         N’EN AVONS-NOUS PAS ASSEZ DE VOIR LA JUSTE CAUSE PALESTINIENNE REPRISE PAR UNE MINORITE EXTREMISTE AUSSI HAINEUSE QUE DOUTEUSE, VOIRE PARFOIS RELIGIEUSE ? Et tout cela parce que notre inefficacité donne du grain à moudre à une pseudo radicalité qui, en fait, dissimule souvent bien d’autres objectifs…
 
ALORS, SI VRAIMENT NOUS EN AVONS ASSEZ, TROUVONS ENSEMBLES LES MOYENS D’ACTION NON VIOLENTE MAIS SUFFISAMMENT SPECTACULAIRE ET REPETITIVE POUR FORCER LES ONDES DES MEDIAS ET FAIRE VACILLER LES POLITIQUES QUI NE CRAIGNENT QUE LE BRUIT ET LES VAGUES.
 
Il ne s’agit pas de nier l’utilité du travail d’information et de solidarité effectué par nous tous jusqu’à présent, mais nous sommes forcément nombreux en France, à être prêts à nous mobiliser pour des actions concrètes de grande envergure mais non violentes et à fort contenu symbolique: plusieurs milliers de personnes à relayer régulièrement et pendant suffisamment de temps pour « qu’il se passe quelque chose » en France ; et une fois le support médiatique  « assuré », il sera de plus en plus facile de mobiliser en France et ailleurs, - notamment en Israël où les populations en sont réduites en majorité à « vivre et donc collaborer » comme les français sous Pétain tandis qu’une minorité prend tous les risques de la résistance - et ce, pour des actions toujours plus spectaculaires. De plus, la société civile palestinienne, de plus en plus au désespoir, pourrait ainsi se réconcilier avec la résistance laïque.
 
Le 02/03/08, Dr ALLARD Christian, Médecin, callard003@cegetel.rss.fr
 
Initiateur et ex-président en 2004/05 de La Caravane pour la Palestine, Caravane du Droit, caravane de 125 personnes et trente véhicules qui a échoué dans son objectif initial médiatique par « manque de vigilance organisationnelle » et qui a été refoulée sur le Pont Allenby à la frontière Jordano-Cisjordienne par des forces militaires illégales israéliennes
 
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2 mars 2008 7 02 /03 /mars /2008 20:36
La campagne des élections municipales à Aubervilliers a été l’occasion de ressortir de vieilles calomnies nous visant. Comme nous n’avons aucune intention de nous justifier de nos engagements militants auprès de délateurs professionnels, nous vous adressons ce poème retrouvé de Francis. Bonne lecture. Amicalement.
Francis et Patricia
 
 
La Ballade des tonneaux vides
à Didier Daeninckx
 
 
Depuis que je bats le pavé de Paris
Fréquentant ses tripots, ses librairies
Ses rues encombrées où coule la fange
Maintes fois m’arriva d’ouïr l’étrange
Vacarme que font certains caqueteurs
Qui s’en vont répétant sottes rumeurs
Toujours prompts à colporter des fadaises
Qui, les outrant, semblent les combler d’aise
Si elles salissent la réputation d’autrui.
Ce sont les tonneaux vides qui font le plus de bruit.
 
 
Ces braves gens, de bonne conscience
Ont autant qu’un perroquet de science
Ils savent l’art de ne pas se méfier
Des bobards, répéter sans vérifier.
Esprits forts, respectant l’autorité
Des rapports de police ou des curés,
Pour eux si la chose vient d’en haut
ça ne peut certes pas être un ragot.
Pas fumée sans feu « » disent-ils à l’envie. 
Ce sont les tonneaux vides qui font le plus de bruit.
 
 
Ils vous connaissent, mais iront raconter
Qu’on vous a vu chevaucher un balai
Cracher sur la croix ou porter des bas
Rouges et noirs par un soir de sabbat
Et bien qu’on ait vu votre sang couler
En certains lieux ils pourront affirmer
Que vous avez le sang nocif et brun
De qui a signé avec le Malin
Ou que vos cerisiers ne donnent pas de fruits.
Ce sont les tonneaux vides qui font le plus de bruit.
 
 
S’ils font autant de bruit, c’est qu’ils sont vains
Ils ne cachent dans leurs flancs nul bon vin
Ils sonnent creux et n’ont rien dans le ventre
En eux, seuls les vents de la rumeur entrent
Il y a longtemps qu’aucun sage penseur
N’a élu leur antre obscur pour demeure
Ils roulent par les rues leur bruit mauvais
Ils roulent mais ils se font aussi rouler
Ces enfants de cochon font un grand tort aux truies.
Ce sont les tonneaux vides qui font le plus de bruit.
 
                                                                       Francis Combes
 
 
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2 mars 2008 7 02 /03 /mars /2008 20:26
Auschwitz-Gaza
 
 
Des assassinats programmés sont en train d’être perpétrés sous nos yeux, des enfants, des nourrissons sont tués, le sang coule et le monde se tait, pourquoi ?
 
 
Pourquoi en France, les partis de gauche, les communistes, les syndicats, les associations n’'appellent-ils pas à une grande manifestation devant l'’ambassade d'’Israël celle des Etats-Unis, pourquoi n’'appellent-ils pas à camper jour et nuit devant le CRIF complice ? Pourquoi toutes les belles âmes qui pour cause de pétrole sont prêtes à nous envoyer au Darfour se taisent-elles devant ce massacre d’innocents ?
 
 
Parce que notre pays est allié des Etats-Unis, qu'’il se met dans le sillage des bourreaux pour voler aux peuples leur pétrole, leurs ressources, c'’est tout le Moyen-orient que ces monstres avides veulent recomposer et pour alimenter les moteurs des voitures il faut que le sang des enfants coulent à Gaza, demain dans le Liban et que l'’armée israélienne garantisse l’'exploitation dans tout le Moyen Orient avec la complicité des dirigeants arabes dits modérés, les Saoud et autres Moubarak qui gonflent comme des grosses tiques sur le meurtre de leurs frères palestiniens et demain libanais.
 
 
Parce que notre pays qui donne volontiers des leçons au reste de l’humanité est l’'allié des Etats-Unis, parce que droite et gauche s'’entendent pour ce nouveau néo-colonialisme meurtrier, Kouchner en est le nom et le CRIF l’'inspirateur. Pourquoi les communistes se taisent-ils, parce que nous sommes en pleine municipales, et que le PCF a décidé de vendre ce qui lui reste d’'âme pour une place d'’élu à Paris, parce qu'’ils n’'ont plus de communistes que le nom ces gens capables de se taire pour les émolument d'’un conseiller d’'arrondissement.
 
 
Pourquoi se tait-on en France aujourd’hui, pour quoi la presse, les éditions en ligne se contentent-elles d'’égrener les morts et de les justifier non sans timidité ; Israël se protège des tirs de roquette, « insupportables » a même osé dire le Monde, sans paraître voir cet enfant au maillot dont les yeux sont fermés à jamais.
 
 
Au nom de quoi veut-on nous faire accepter que le droit soit du côté des meurtriers, parce qu'’il y a eu hier Auschwitz hier on justifierait aujourd’hui Gaza ? Assez d'’hypocrisie, vous avez toléré hier Auschwitz vous français peuple pétainiste, vous avez fermé les yeux sur le martyr des juifs, enfermés les républicains espagnols que vous aviez trahis dans des camps, vous avez offert à Montoire avec des applaudissements toutes ces victimes, vous avesz envoyé des lettres pour vendre les juifs, pour vous approprier leurs biens, et c'’est vous les collabos qui régnez en France aujourd’hui. En ce temps là il y avait des communistes, des combattants  capables d’'aller rejoindre dans  les camps les victimes, ils ont été eux-aussi trahis par leurs dirigeants collabos.
 
 
Et moi qui n'’en peut plus de voir se rejouer éternellement Auschwitz, je n'’ai plus de parti, plus de collectif pour agir, mon cri ne s'’entend pas, je suis seule à errer comme une folle sur les ruines d’Auschwitz-Gaza, que les bourreaux soient maudits.
 
 
Danielle Bleitrach


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2 mars 2008 7 02 /03 /mars /2008 20:19
Monsanto à Babylone, Par Joëlle Pénochet
 
 
“Contrôlez le pétrole, et vous contrôler des nations entières ; contrôlez le système alimentaire, et vous contrôlez les populations. » Henry Kissinger
 
L'agriculture millénaire irakienne détruite par les multinationales agro-alimentaires américaines

C'est au cœur de la Mésopotamie qu'a été inventée l'agriculture - avec un système d'irrigation sophistiqué -, voici plus de dix mille ans. La plaine alluviale exceptionnellement fertile située entre le Tigre et l'Euphrate offre des conditions idéales pour la culture des céréales. C'est là qu'est apparu le blé sauvage dans l'Antiquité. On y faisait pousser presque toutes les variétés connues aujourd'hui dans le monde (plus de 200 000). Les palmiers dattiers, qui fournissaient l'autre ressource vitale du pays, abritaient des plantes potagères très variées.
 
 
“Contrôlez le pétrole, et vous contrôler des nations entières ; contrôlez le système alimentaire, et vous contrôlez les populations. »
 
 
Depuis son invasion en 2003, l'Iraq n'a pas été seulement spoliée par ses agresseurs de sa souveraineté politique, de son patrimoine archéologique, de ses ressources pétrolières, mais aussi de sa souveraineté alimentaire.
 
En violation de la Constitution irakienne, et des conventions de la Haye et de Genève qui stipulent que l'occupant doit respecter la juridiction du pays occupé, l'administrateur provisoire Paul Bremer (un ancien collaborateur de Kissinger) a édicté, avant l'installation d'un gouvernement fantoche par Washington, cent ordonnances scélérates qui ont force de loi et qui ne peuvent être abolies ni modifiées par aucun gouvernement irakien (article 26 de la nouvelle constitution). Le pays tombait ainsi sous le joug économique total de l'Occupant, qui avait décidé de réformer drastiquement son économie sur le modèle économique néo-libéral américain.
 
L'ordonnance 81 du 26 avril 2004 a livré le pays en pâture aux nécro-entreprises géantes qui contrôlent le commerce mondial des graines, comme Monsanto (le fabriquant de l'agent Orange), Syngenta et Dow Chemicals. Elle conduit à la destruction irréversible de l'agriculture Iraqienne. L'Afghanistan avait subi le même sort en 2002.
 
Biopiratage dans le jardin d'Eden
 
 Cette ordonnance, rédigée de façon très perverse, a institué de fait une obligation pour les fermiers irakiens d'acheter chaque année une licence et des semences transgéniques aux multinationales américaines - alors que la juridiction irakienne interdisait toute privatisation des ressources biologiques.
 
La règle de« Protection des variétés des plantes » (PVP), au centre de cette loi, ne traite pas de conservation de la biodiversité, mais de la protection des intérêts des transnationales semencières américaines (qui, en vertu des ordonnances Bremer, sont exonérées d'impôts, ne sont pas obligées de réinvestir dans le pays et possèdent le droit de rapatrier tous leurs profits). Pour être qualifiées, les plantes doivent être « nouvelles, distinctes, uniformes et stables »,  des critères que les plantes traditionnelles ne peuvent pas remplir.
 
Ces sociétés étrangères détiennent un droit de propriété intellectuelle (semblable à ceux que Washington a introduit dans les règles de l'OMC- dont l'Iraq ne fait pas partie) qui leur concède pendant vingt ans le monopole sur la production, la reproduction, la vente, l'exportation, l'importation et le stockage de toutes les semences génétiquement modifiées et les variétés de plantes «similaires».
 
Monsanto a fait un hold-up sur les semences millénaires de l'Iraq pour les modifier génétiquement et les breveter. Et les agriculteurs sont maintenant contraints de payer pour pouvoir les cultiver (1).
 
Dans un premier temps, pour faciliter l'introduction de l'agriculture transgénique, le « ministère » irakien de l'Agriculture, à la façon d'un dealer de drogue dure, a distribuées quasi gratuitement les « nouvelles semences » aux fermiers irakiens. Sans leur dire qu'ils entraient ainsi dans un système infernal dont ils ne pourraient plus sortir.

 
 Les fermiers iraqiens rançonnés par les géants semenciers

L'ordonnance 81 a rendu illégales les traditions antiques de sélection des meilleures semences par les agriculteurs pour les réutiliser d'une année sur l'autre, et les échanges entre voisins. (Selon la FAO, 97% des fermiers irakiens réutilisaient encore leurs graines, ou les achetaient sur le marché local en 2002). Par croisements, au fil des générations, ils avaient créé des variétés hybrides adaptées au dur climat de la région.
 
Les agriculteurs « coupables » d'avoir semé des graines non achetées, ou dont le champ aurait été contaminé accidentellement, encourent de fortes amendes, voire des peines d'emprisonnement, la destruction de leurs récoltes, de leurs outils et de leurs installations!
 
Le terrorisme alimentaire pratiqué par les multinationales comme Monsanto dans les pays qu'elles colonisent a conduit au suicide de dizaines de milliers paysans du Tiers Monde - ruinés par l'achat annuel de semences transgéniques et des pesticides, herbicides et fongicides très toxiques qui leur sont nécessairement associés. Ainsi, pour la seule année 2003, 17 000 agriculteurs indiens auxquels les banques ne voulaient plus prêter d'argent pour acheter les semences de Monsanto se sont suicidés.
 
Vers le contrôle total de la chaîne alimentaire par les transnationales américaines
 
Les bombardements incessants depuis 1991 avec des armes à l'uranium appauvri - qui ont transformé le pays en une vaste déchetterie radioactive - et l'embargo de treize ans, avaient déjà commencé de détruire l'agriculture irakienne - anéantissement du système d'irrigation, du matériel agricole et des palmiers dattiers (2). De 1990 (date de l'instauration des sanctions) à 2003, le volume de la production de céréales avait diminué de moitié. Les troupeaux d'animaux d'élevage ont été décimés.
 
En plus de subir les exactions quotidiennes des occupants, les fermiers iraqiens, devenus des serfs, sont désormais condamnés à produire des plantes artificielles, destinées pour moitié à l'exportation mondiale (ou aux troupes d'occupation, comme les variétés de blé réservées à la fabrication de pâtes, étrangères au régime alimentaire irakien), au seul bénéfice de Monsanto et consorts. Ceci alors même que la population irakienne meurt de faim (3). C'est pourquoi, à l'instar de leurs homologues afghans, de plus en plus de fermiers désespérés abandonnent la culture des céréales pour celle de l'opium.
 
Les chimères issues des nécro-technologies représentent un très grave danger sur les plans environnemental, sanitaire, économique et éthique. Elles entraînent une pollution environnementale aussi irréversible que celle qui est provoquée par l'uranium appauvri. Par ailleurs, elles peuvent être utilisées dans le cadre de guerres biologiques ou bactériologiques silencieuses (3).
 
Les OGM constituent l'une des principales armes des instigateurs du Nouvel Ordre Mondial pour asservir l'une après l'autre les populations du monde entier. L'Iraq est devenue le nouveau laboratoire en grandeur réelle de cet instrument de domination diabolique, et les Irakiens les cobayes.
 

* Allusion à la phrase de Bush peu après l'invasion : « Nous sommes en Irak pour y répandre les semences de la démocratie de façon à ce qu'elles y prospèrent et se propagent dans toute la région où règne l'autoritarisme." (George Bush).

Notes
(1) Des échantillons de chacune de leurs variétés avaient été conservés dans la Banque nationale de semences… d'Abu Ghraib, qui a été détruite par l'Occupant.
Non-violence-ecologie-Une-catastrophe-ecologique-passee-sous-silence-la-destruction-des-palmeraies-en-Iraq_a225.html .

(3) En 2004, la police militaire américaine a fermé le journal al Hawza, qui avait publié un article affirmant que Bremer "menait une politique visant à affamer le peuple irakien afin, qu'entièrement occupé à se procurer son pain quotidien, il n'ait aucune chance de réclamer des libertés politiques et individuelles."

(4) Cf. les articles de Mae Wang Ho et Joe Cumming, de l'Institute of Science in Society (ISIS).

 
 
 
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2 mars 2008 7 02 /03 /mars /2008 20:07
Israël, « invité d’honneur » aux salons du livre de Paris et de Turin, doit être boycotté
par Silvia Cattori*
 
 
Alors qu’en Italie l’annonce de la venue d’écrivains israéliens à la « Fiera del libro » de Turin, où l’État d’Israël est invité d’honneur, a immédiatement suscité une vague de protestations, et que de nombreuses personnalités ont soutenu l’appel au boycott lancé par les syndicats d’écrivains palestiniens, jordaniens, et égyptiens , en France, curieusement, la même invitation au « Salon du livre de Paris » n’a pas fait grand-bruit. Parmi les 40 écrivains israéliens invités, seul le poète Aharon Shabtaï a refusé d’y participer. Il explique ici pourquoi il faut boycotter ces salons - qu’il qualifie d’entreprise de propagande en faveur d’Israël - ainsi que tout événement culturel où cet État est célébré.
 
Silvia Cattori : En décembre 2007, ayant appris que votre nom figurait parmi les noms de quarante écrivains israéliens invités au Salon du Livre de Paris, dont Israël sera le « pays hôte d’honneur », vous avez affirmé qu’il est impossible de participer à un « événement culturel où Israël, qui commet des crimes contre des civils quotidiennement », est, lui aussi, invité [1]. Apparemment, trente-neuf écrivains israéliens ne considèrent pas leur participation comme problématique ?
 
Aharon Shabtai : [2] Ce salon sera inauguré par le président français, Nicolas Sarkozy, ainsi que par le président israélien, Shimon Peres. Dans ces conditions, aller au Salon du Livre de Paris en tant qu’écrivain, figurant dans la délégation officielle israélienne, cela signifie que vous vous drapez dans les couleurs du drapeau israélien. Tous les jours, Israël perpètre des crimes de guerre, et inflige des punitions collectives aux Palestiniens. Il n’y a aucune raison de célébrer quoi que ce soit. Israël viole toutes les lois internationales. Pas seulement la Convention de Genève. La Cour Internationale de Justice de La Haye a condamné la muraille illégale qu’Israël a érigée sur le territoire palestinien confisqué. Ce salon du livre, ainsi d’ailleurs que toute autre sorte de manifestation où l’État d’Israël est invité, n’est pas un moyen de promouvoir la paix au Moyen-Orient, ni un moyen d’apporter la justice aux Palestiniens. Il s’agit uniquement de propagande, visant à donner à Israël une image de pays libéral et démocratique. Un État qui perpétue une occupation militaire et commet, quotidiennement, des crimes à l’encontre de civils, ne mérite pas d’être invité à une manifestation culturelle quelle qu’en soit la nature. Nous ne saurions accepter d’être considéré comme faisant partie de cet Israël là, qui n’est pas un pays démocratique, mais bien un pays d’apartheid. Nous ne saurions soutenir cet État, en quoi que ce soit.
 
Silvia Cattori : Donc, en invitant l’État d’Israël à célébrer ses soixante années d’existence, la France et les organisateurs de ce Salon sont en train, à votre avis, de faire une énorme erreur ?
 
Aharon Shabtai : Cela n’est pas une erreur ! C’est une politique ! Je pense que, pour M. Sarkozy, c’est une façon de participer à l’occupation israélienne [3]. Il y a une collaboration entre les gouvernements européens et Israël. L’invitation d’Israël en fait partie. Sans l’aide des États-Unis, et désormais, sans l’aide de la France, Israël ne pourrait pas poursuivre une telle politique à l’encontre des Palestiniens. Cette aide donne à Israël le feu vert pour attaquer et tuer des Palestiniens, en particulier à Gaza. Il est très regrettable de constater que la France, l’Allemagne et les autres pays européens – qui ont un passé de persécution à l’encontre des juifs – participent, aujourd’hui, à la persécution, par Israël, des Palestiniens et des peuples arabes et musulmans.
 
Silvia Cattori : Que répondez-vous à ceux qui disent qu’il faut ne faut pas mélanger la culture et la politique ?
 
Aharon Shabtai : Pourquoi les séparer ? Dans la tradition européenne, comme chez les Grecs, des écrivains, tels Voltaire, Rousseau et Thomas Mann, ont toujours lutté contre l’oppression et pour la liberté. Les intellectuels et les écrivains progressistes se sont de tout temps engagés dans la critique politique.
 
Silvia Cattori : Donc, vous condamnez ceux qui s’apprêtent à participer à ce Salon, comme Amoz Oz [4], Avraham B. Yehoshua, Aharon Appelfeld, David Grossman, Zeruya Shalev, Etgar Keret, Orly Castel-Bloom, et autres ?
 
Aharon Shabtai : Oui ! Bien entendu ! Je les condamne, car, en agissant comme ils le font, ils contribuent à la propagande israélienne, et ils collaborent avec les occupants israéliens !
 
Silvia Cattori : Les avez-vous appelés à se joindre à votre action de boycott ?
 
Aharon Shabtai : Mais des écrivains tels Amoz Oz, David Grossmann et autres, ne veulent absolument pas boycotter Israël ! Je n’attends rien d’eux : ce sont des ambassadeurs d’Israël. Ils sont tout à fait coutumiers de la collaboration avec le gouvernement israélien ; ils font partie de l’appareil de propagande israélien. Aussi, il est tout-à-fait naturel, pour eux, d’aller partout où Israël est officiellement invité. Ils travaillent pour le gouvernement israélien.
 
Silvia Cattori : Ces écrivains israéliens sont donc bien des « collaborateurs » ?
 
Aharon Shabtai : Oui, bien sûr. Ces invitations sont, en effet, généralement lancées par un gouvernement qui perpétue le maintien du peuple palestinien sous une occupation militaire. Je pense que tout intellectuel, que tout écrivain, doit refuser de participer à toute réunion durant laquelle un anniversaire d’Israël puisse être célébré. Au lieu d’y aller, ils doivent aider les Palestiniens à recouvrer leurs droits, leurs terres et leur eau. Il est de notre devoir de combattre les discriminations et les persécutions israéliennes ; d’avoir la même attitude que celles qu’eurent les écrivains, durant la lutte contre le régime d’apartheid sud-africain ; l’attitude qu’eurent des écrivains progressistes radicaux comme Brecht, Aragon, Breton, qui organisèrent, sous le nazisme, un Congrès et s’efforcèrent de lutter autant qu’il était possible contre la discrimination et la persécution dont les juifs étaient les victimes.
 
Silvia Cattori : Est-il vrai alors que le gouvernement israélien se sert des Israéliens œuvrant dans les domaines des arts et des lettres dans le cadre de son réseau de relations publiques, pour mener sa guerre d’information, comme un moyen visant à afficher un visage avenant d’Israël ? [5].
 
Aharaon Shabtai : Oui ; le régime israélien utilise des artistes, ces créateurs, comme des agents de relations publiques ; tout-à-fait à la manière dont les écrivains soviétiques, à l’époque de l’URSS, étaient mobilisés par le régime. Ainsi, les écrivains israéliens se rendent, aujourd’hui, à Paris, en tant que collaborateurs d’un régime odieux, et comme partie prenante à ce régime. Dans une telle situation, quand de tels crimes sont perpétrés, jour après jour, par Israël à l’encontre des Palestiniens, quiconque ne coupe pas tous liens avec le gouvernement israélien – c’est une donnée objective – collabore avec Israël, et fait œuvre de propagandiste pour cet Etat.
 
Silvia Cattori : À vos yeux, toutes les personnes honnêtes et humaines devraient boycotter non seulement les expositions de Paris et de Turin, mais aussi l’ensemble des célébrations des « Soixante ans d’Israël » ? Donc, la seule solution, pour les écrivains israéliens, serait d’avoir suffisamment de courage pour perdre certains de leurs privilèges, de répondre aux Palestiniens, qui en appellent désespérément à un boycott [6], et d’appliquer à Israël un traitement identique à celui qui a été appliqué à l’Afrique du Sud ?
 
Aharon Shabtai : Oui, exactement. Je pense que nous Israéliens devons œuvrer à notre avenir commun, avec les Palestiniens, et ne pas soutenir le militarisme d’Israël. La poursuite de l’occupation et la guerre sont de très graves dangers pour l’avenir des Juifs, des Israéliens, et de nos enfants. Nous pouvons contribuer à mettre un terme à cette occupation en cessant de flagorner l’Etat d’Israël.
 
Silvia Cattori : Un écrivain israélien arabe, M. Sayed Kashua, a apparemment accepté d’aller au Salon du Livre, à Paris, et à Turin, avec la délégation israélienne !
 
Aharon Shabtai : Son nom a été mis par Israël sur la liste officielle, comme ceux des trente-neuf autres écrivains. C’est quelqu’un de bien. Mais sa situation d’Arabe israélien n’a rien de confortable. C’est sans doute dangereux, pour lui, de boycotter Israel. Il doit avoir peur. Il pourrait perdre son travail. La vie des Arabes israéliens, vivant en Israël, est très dégradée ; c’est très difficile, pour eux, de survivre. Comme tous les Arabes israéliens, Kashua est considéré comme un citoyen de deuxième catégorie, par Israël. Cela n’est pas mon cas ; j’appartiens, en ce qui me concerne, à la classe dominante, je suis juif, je peux boycotter sans encourir personnellement de danger ; mais un Arabe israélien doit faire extrêmement attention.
 
Silvia Cattori : A l’extérieur aussi ; les intellectuels qui appellent au boycott contre Israël ne sont pas dans une position aisée !
 
Aharon Shabtai : Vous, les Européens, vous avez décidé de boycotter le peuple occupé de Palestine parce qu’ils ont élu démocratiquement le gouvernement Hamas ; et voilà que maintenant, vous continuez à boycotter la population de Gaza et à collaborer avec Israël contre le peuple palestinien et contre son gouvernement ! Gaza est un ghetto, un camp de concentration ! En même temps, vous, les Européens, vous célébrez Israël, sans la moindre considération pour le calvaire de près de quatre millions de Palestiniens, qui vivent dans une situation similaire à celle des Noirs soumis au régime de l’apartheid, dans l’Afrique du Sud blanche. Il est difficile de trouver les mots justes permettant d’exprimer une telle absurdité. Le calvaire des Palestiniens est pire que celui des Noirs en Afrique du Sud soumise à l’apartheid. Les Palestiniens sont affamés, ils sont bombardés quotidiennement, ils se font tuer à grande échelle. La situation, à Gaza, soumise aux opérations militaires agressives d’Israël, est horrible. En invitant Israël, le gouvernement Sarkozy sait que cela va l’encourager à poursuivre son occupation et ses crimes contre les Palestiniens. Je ne pense pas que les Européens, avec les valeurs qui sont les leurs, puissent inviter un pays tel qu’Israël, et participer aux célébrations de son soixantième anniversaire. Les Salons de Paris et de Turin ne sont qu’une énième occasion, pour Israël, de faire de la propagande et de se gagner un surcroît de soutien à son occupation militaire. Quand le Kosovo se battait contre la Serbie, l’Europe a pris partie pour le Kosovo, et elle a fait la guerre à la Serbie. La Serbie était le propriétaire en titre du Kosovo, mais, en dépit de cela, le monde a combattu la Serbie et il l’a bombardée. Dans le cas qui nous occupe, c’est exactement l’opposé. Israël écrase un territoire occupé. Et vous, les Européens, vous allez aider les occupants israéliens, et pas les Palestiniens, qui souffrent, sous cette occupation ? Pourquoi, ce deux poids – deux mesures ?
 
Silvia Cattori : Jusqu’à présent, il était impossible, fût-ce au sein du mouvement de solidarité avec les Palestiniens, de traiter Israël avec la même sévérité que le régime sud-africain d’apartheid. Quand l’intellectuel helvétique Tariq Ramadan a simplement déclaré que si nous voulons être cohérents et respecter la dignité de l’être humain, nous devons boycotter cette manifestation, il a été vilipendé et accusé d’encourager l’« antisémitisme » [7]. Dans le cas d’Israël, le boycott est souvent considéré par les gens de religion juive, ainsi que par les représentants des partis de gauche, comme un acte « antisémite » !
 
Aharon Shabtai : Les juifs refusent de voir que près de quatre millions de Palestiniens vivent, actuellement, dans des camps de concentration, dans des camps de prisonniers, comme à Gaza. Les gens, en Europe, ne savent pas exactement quelle est la réalité, ici. C’est totalement stupide, d’utiliser le mot « antisémite », et de blâmer ceux qui appellent à boycotter Israël ! Je suis né ici, mes enfants vivent ici, et moi aussi, j’exige le boycott d’Israël, moi aussi, je pense comme ceux que l’on accuse « d’antisémitisme ». Récemment, Benny Ziffer, le rédacteur en chef du supplément littéraire du quotidien israélien Haaretz, a appelé au boycott du Salon du Livre, lui aussi. Ces allégations d’« antisémitisme » ne sont que pure propagande. Jusqu’à récemment, Israël a réussi à faire en sorte que les Européens soutiennent l’occupation. Mais, après la guerre contre le Liban, et après le blocus de Gaza, les peuples européens ne peuvent continuer à soutenir Israël. Les appels au boycott n’ont strictement rien à voir avec je ne sais quel racisme.
 
Silvia Cattori : Alors que, dans les universités britanniques, il est possible de refuser d’inviter des écrivains ou des scientifiques israéliens, en Europe continentale, la gauche consensuelle ne répond jamais à l’appel au boycott lancé par les Palestiniens. Pourquoi ?
 
Aharon Shabtai : Je ne comprends pas ce que signifie ce terme de « la gauche », dès lors que ses tenants ne coupent pas toutes relations avec Israël ? Je pense qu’énormément de gens ont peur de se voir accuser d’« antisémitisme ». Aujourd’hui, la signification réelle de l’Holocauste est totalement falsifiée. Il y a bel et bien une industrie de l’Holocauste, qui a été privatisé par la propagande israélienne ; c’est répugnant.
 
Silvia Cattori : Des gens manifestent-ils leur soutien à votre prise de position ?
 
Aharon Shabtai : Naturellement. Je reçois beaucoup de lettres d’Europe. Je sais que les gens se sentent concernés ; ils n’ont rien contre les juifs, mais ils condamnent la brutalité de la politique israélienne. C’est cela, que les médias taisent. Les gens ont soutenu Israël durant tellement d’années ! Mais aujourd’hui, par leurs réactions, nous constatons que les sentiments des gens ordinaires sont très majoritairement opposés à la domination et au militarisme d’Israël. Mais, dans les médias, vous n’en trouvez aucune trace ! Parce que les médias - nous l’avons vu, à propos de la guerre contre l’Irak- sont du côté du pays qui fait la guerre. Les médias sont pro-israéliens.
 
 
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2 mars 2008 7 02 /03 /mars /2008 19:54
Ce texte a été publié en 1988 dans la « Revue d’Etudes Palestinienne » en hommage à Khalil Al-Wazir, alias Abou Jihad, l’un des fondateurs avec Yasser Arafat du Fatah, et qui venait d’être assassiné en avril 1988 par un commando israélien devant sa famille en Tunisie.
 
Ce témoignage d’Abou Jihad fut publié sous le titre « Hommage à Abou Jihad ». Or nous pouvons peut-être l’actualiser en le nommant « Mémoire d’un enfant palestinien de la Naqba de 1948 », et proposer que ce texte soit aussi étudié, pas uniquement en classe de CM2, mais aussi dans les cabinets du président de la république et de ses ministres. Peut-être que nos dirigeants feront alors quelque chose pour arrêter les horreurs du présent avant de penser à celles de l’avenir.
 
 
 
Hommage à Abou Jihad
Ou
Mémoire d’un enfant palestinien de la Naqba de 1948
 
« Je ne peux oublier… »
 
« Je me souviens comme si c'était hier du jour où les forces sionistes ont attaqué Jaffa. Les Arabes de cette ville envoyèrent quelques voitures et des camions chez nous à Ramleh. "De l'aide pour Jaffa !, De l'aide pour Jaffa !", criaient-ils. Je vois encore les hommes et les femmes de Ramleh montant dans les voitures et les camions. L'un d'eux avait un très vieux revolver, quelques couteaux et des gourdins. Nous nous portions ainsi secours les uns aux autres. Nous savions que les juifs attaqueraient Ramleh et Lodd s'ils arrivaient à prendre Jaffa. C'est exactement ce qui arriva. Une nuit ils encerclèrent Ramleh et Lodd et ils y parvinrent aisément parce que les soldats jordaniens s'étaient retirés sans combattre. Nous étions encerclés et seuls.
 
Nos gens ne pouvaient se battre - avec quoi l'auraient-ils fait, nous n'avions pas d'armes. Le maire et une délégation municipale se rendirent auprès des commandants juifs. Le maire leur dit : "D'accord, vous pouvez entrer dans la ville, mais vous ne devez ni faire du mal aux gens ni prendre des prisonniers ; et vous devez permettre aux gens de rester dans leurs maisons et d'y vivre normalement". Les juifs lui répondirent "non". Ils voulaient que nous quittions nos maisons, que nous abandonnions notre ville.
 
Après notre décision de ne pas bouger, Ramleh et Lodd furent soumis au tir de l'artillerie. Je ne peux oublier ce qui alors se passa. Le toit de notre maison fut touché. Nous étions au rez-de-chaussée. Puis un autre obus tomba dans la rue, et notre porte vola en éclats. Les obus tombaient partout sur la ville, et le maire demanda à la population d'aller se mettre à l'abri dans les mosquées et les églises. Nous vivions dans la partie chrétienne de Ramleh et nous nous hâtâmes vers l'église des catholiques. C'est à ce moment que certains de nos voisins furent tués par les obus.
 
Nous vécûmes deux jours dans l'église avant que les juifs n'entrent dans la ville. Hommes, femmes et enfants, nous dormions collés les uns aux autres. On ne pouvait pas poser le pied entre les corps tant ils étaient serrés. Quand les juifs entrèrent dans la ville, je montai au cinquième étage. A travers les volets, je les vis de mes yeux abattre des femmes et des enfants qui étaient encore dans la rue. Je ne peux l'oublier. Puis je regardai les soldats juifs entrant dans nos maisons, défonçant ou cassant les portes et faisant feu à l'intérieur. Parfois, ils en faisaient sortir des gens qu'ils abattaient dans la rue.
 
Dans l'église les gens pleuraient. Certains criaient "Deir Yassine, Deir Yassine". Nous étions convaincus que nous allions être à notre tour massacrés. Le prêtre confectionna un drapeau blanc et quand les soldats juifs se dirigèrent vers l'église, il sortit à leur rencontre. Puis il y revint avec eux. Ils nous dirent : "Les mains en l'air". Tout le monde s'exécuta. Alors ils commencèrent à nous trier. Ils nous dirent qu'ils voulaient tous les jeunes et les hommes âgés de quatorze à quarante cinq ans. Puis ils les emmenèrent vers les prisons et les camps de détention. Seuls demeuraient les enfants, les femmes et les vieux.
 
Le lendemain, les juifs nous autorisèrent à regagner nos maisons, et je n'oublierai jamais ce qui arriva alors. Durant la nuit, les soldats juifs firent plus de dix fois irruption dans notre maison. Ils forçaient leur chemin et mettaient tout sens dessus dessous. Ils disaient qu'ils cherchaient des armes. En réalité, ils visaient - c'était partie de leur politique - à nous donner un sentiment permanent de panique et d'insécurité. C'était leur tactique pour nous faire fuir nos maisons et notre patrie. Ma grand-mère était à l'époque très vieille et très malade. A chaque fois que les juifs débouchaient dans notre maison, ils tiraient brutalement les couvertures de son lit. Quand ils réalisèrent néanmoins que malgré tout nous n'avions pas l'intention de bouger, ils devinrent de plus en plus agressifs.
 
Deux jours plus tard, ils firent une annonce par haut-parleurs. Ils nous ordonnèrent de quitter nos maisons et de nous rassembler en certains points de la route. Ils dirent qu'ils préparaient des autobus pour nous emmener à Ramallah. Nous passâmes ainsi trois jours au bord du chemin. La nuit, ils tiraient au-dessus de nos têtes. Le deuxième jour, comme les autobus n'arrivaient pas, ils donnèrent l'ordre aux vieux de marcher vers Ramallah. Je restai seul avec trois de mes frères - l'un d'eux était encore un nourrisson -, mes trois soeurs, ma mère, ma grand-mère et ma tante.
 
Le troisième jour, les autobus arrivèrent. Nous avions quelques sacs avec nous. Dans l'un d'eux du pain, du fromage et un pyjama neuf dont j'étais très fier. Lorsque les juifs nous dirent que nous ne pourrions pas emporter nos sacs, je tentai d'en sortir le pain, le fromage et mon nouveau pyjama. Innocent comme un tout jeune enfant, je m'adressai au chauffeur. Je lui dis en hébreu : " Monsieur, je veux emporter un peu de nourriture ", et je désignai l'un de nos sacs. Il me dit "d'accord, d'accord". Lorsque j'y glissai ma main il y eut des cris d'énervement en hébreu. A cet instant, ma mère me tira brutalement contre sa poitrine. Elle avait vu un soldat juif qui me mettait en joue. Il tira plusieurs fois. J'aurais été probablement abattu si ma mère n'avait pas vu ce qui se passait. Les balles me manquèrent, mais touchèrent l'un de nos voisins de la famille al-Marsala à la jambe. Il vit aujourd'hui à Amman. Si vous allez le voir, il vous racontera comment les balles qui l'ont touché sont le sacrifice qu'il fit pour la vie de Khalil al-Wazir !
 
A quelque 16 kilomètres de Ramallah, les juifs firent stopper les autobus et nous ordonnèrent de descendre et de continuer à pied. "Ramallah est par là, vous devez couper à travers ces vallées et ces collines. "Nous nous mîmes en marche, lentement. Quelques-unes des femmes étaient vieilles et malades, et il fallait qu’elles s'arrêtent toutes les cinq minutes pour reprendre leur souffle. D'autres qui étaient en meilleure forme étaient quand même épuisées car elles portaient leurs enfants.
 
La deuxième nuit, les juifs nous bombardèrent au canon et au mortier. Nous commençâmes par nous mettre à l'abri derrière les rochers. Mais comme le bombardement se prolongeait, tout le monde commença à pleurer et à paniquer... et nous nous mîmes à courir, courir, courir jusqu'à Ramallah.
 
Je n'oublierai jamais. Des mères abandonnèrent leurs enfants : elles ne pouvaient plus les porter plus loin. Même ma tante conseilla à ma mère de laisser quelques-uns de mes frères et sœurs. Ma mère portait trois enfants. Ma tante lui dit "Tu ne eux pas courir avec trois enfants. Tu vas te faire tuer. Laisses-en deux et nous enverrons des secours les reprendre dès que nous atteindrons Ramallah". Ma mère refusa. Elle me dit : "Khalil, tu n'as que douze ans et tu n'es pas bien fort, mais penses-tu pouvoir porter l'une de tes sœurs et courir ?" Je répondis "oui" et c'est ce que je fis. Des enfants furent abandonnés car il n'y avait personne pour les porter ; d'autres parce que leur mère avait été tuée. Comment l'oublier ?
 
Il n'y avait pas de troupes arabes dans le secteur, ni soldats réguliers, ni volontaires, aucun contingent arabe d'aucune sorte. Les juifs savaient qui nous étions et où nous nous trouvions. L'attaque était délibérée et calculée et avait un seul objectif. Ils voulaient être sûrs que nous arriverions à Ramallah dans un grand état de panique et de détresse. Ils espéraient que notre état, ce que nous raconterions, inciterait d'autres pris de panique à quitter leurs foyers. Ce n'était qu'une partie de la stratégie intelligente et réussie des sionistes pour nous forcer à abandonner notre patrie sous l'effet de la peur.
 
Je' sais que cela peut vous sembler difficile à croire, mais c'est ce qui est arrivé. »
 
Quarante ans plus tard, l'enfant qui avait réussi à atteindre Ramallah fut rejoint par ses tueurs et assassiné à son domicile de Sidi-Bou-Saïd, dans la banlieue de Tunis à l'aube du 15 avril 1988. Auparavant Khalil al-Wazir était devenu Abou Jihad, et il n'avait "jamais oublié".
 
Ce témoignage est extrait de l'ouvrage d'Aran Hart, « Arafat, Terrorist or Peacemaker ? » Londres, 1984, p. 91 et s.
 
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1 mars 2008 6 01 /03 /mars /2008 22:08
Ce député-maire UMP qui touche les Assedic.
 
 
Et à l’insu de son plein gré depuis huit mois...
 
jeudi 21 février 2008
 
Le 8 novembre 2007, Gérard Gaudron, député-maire d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), signe avec une partie du groupe UMP de l’Assemblée une "proposition de résolution" demandant la création d’une "commission d’enquête sur les fraudes aux prestations et aux prélévements sociaux".
 
Le texte se veut implacable :
"La lutte contre ces fraudes, qui sapent les fondements de notre cohésion nationale, est aussi un devoir moral. Comment demander à nos concitoyens de faire plus d’efforts alors que certains abusent de la générosité de notre pays ? Comment leur demander de financer les comportements indignes de quelques-uns ?"
 
Gaudron parle en expert.
 
Depuis son élection comme député, le 17 juin 2007, il cumule, chaque mois, ses indemnités de maire (4 094 euros) et de parlementaire (6 952euros) avec son allocation de retour à l’emploi versée par les Assedic (55,79 euros par jour, soit près de 1 500 euros mensuels).
 
Au total, environ 12 500 euros bruts.
 
Pourtant, le réglement de l’Assemblée est formel. A la différence des maires et des autres élus locaux, les députés ne peuvent bénéficier en aucun cas des allocations de chômage. Ils en sont d’ailleurs informés en début de mandat. Mais Gérard Gaudron a eu un instant de distraction.
 
Maire d’Aulnay (80 000 habitants) depuis 2003, Gaudron a commencé à toucher les Assedic en août 2005,après avoir travaillé comme hydrogéologue durant de longues années.
 
Le 11 mai 2007, l’ANPE le convoque pour réexaminer sa situation.
 
Monsieur le maire "sèche" le rendez-vous, mais l’agence d’Aulnay "oublie" de le radier, comme c’est pourtant la règle pour toute absence injustifiée.
 
A cette époque, il est vrai, l’élu a fort à faire : après la présidentielle, voici les législatives.
 
Une campagne électorale qu’il mène tambour battant dans la 10e circonscription (Aulnay et Pavillon-sous-Bois), en appelant "à une politique saine des finances publiques".
Gaudron touche, fin juillet, son premier "salaire" de député, tout en continuant d’empocher ses 1 500 euros de chômage.
 
Robinet miraculeux.
 
Mais le 7 août 2007, les Assedic coupent brutalement le robinet.
 
Le député est sanctionné par une "exclusion temporaire" des allocations de retour à l’emploi pour ne pas s’être présenté à une autre convocation, des Assedic, cette fois.
 
Ce n’est qu’une brève alerte.
 
Le 7 octobre, à la demande expresse du directeur départemental du Travail et de l’Emploi, l’exclusion est annulée et l’argent du chômage atterrit de nouveau, chaque mois, sur le compte en banque de Gaudron.
 
Contacté par "Le Canard" le 18 février, le député-maire, qui est tête de liste aux municipales, perd toute contenance.
 
Très éprouvé, il commence par affirmer qu’il ne touche plus les Assedic - avant de reconnaître les faits : "Ahlàlà !se lamente-t-il. C’est pas possible, c’est ma faute, je ne savais pas quoi vous dire... j’ai été négligeant ! Mais pourquoi j’ai fais ça ! Je vai tout rembourser...".
 
Quelques heures plus tard, ce repenti paraît reprendre ses esprits et déclare au "Canard" : J’ai écrit deux fois, à l’automne dernier, pour dire que je ne souhaitais plus bénéficier des allocations, mais personne n’en a tenu compte.".
 
De fait, Gaudron a envoyé deux courriers.
 
L’un, le 12 septembre 2007, à la Direction départementale de l’emploi, pour informer de sa nouvelle situation.
 
L’autre, le 26 novembre suivant, aux Assedic, dans lequel il proposait de rembourser le trop-perçu.
 
Ce qu’il n’a pas fait.
 
Ces lettres n’ont eu aucun effet.
 
Elles n’ont pas empêché le rétablissement de ses allocations (le 7 octobre), ni sa poursuite des versements jusqu’à ce jour.
 
Les Assedic ont été négligentes, et le député s’est accommodé de la situation...
 
Par Hervé Liffran dans Le Canard enchaîné du 20/02/2008
 
Transmis par Linsay
 


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1 mars 2008 6 01 /03 /mars /2008 21:53
Opération israélienne à Gaza: au
 
moins 49 morts et 150
 
blessés Palestiniens
 
GAZA (AFP)
 
  Au moins 49 Palestiniens dont des femmes et des enfants ont été tués et quelque 150 blessés samedi, jour marqué dans la bande de Gaza par une intensification de l'opération de l'armée israélienne, qui a de son côté annoncé avoir perdu deux soldats
 
Il s'agit de la journée la plus meurtrière dans le territoire depuis - au moins - l'été 2005 et le retrait israélien de la bande de Gaza, où le mouvement islamiste Hamas a pris le pouvoir en juin 2007.
 
Depuis le début de l'offensive mercredi, qui vise à interrompre les tirs de roquettes à partir de Gaza, plus de 80 Palestiniens ont été tués. Un civil israélien a péri dans le tir d'une roquette mercredi.
 
Samedi, les groupes armés palestiniens ont tiré plus de 50 roquettes contre Israël, où sept personnes, dont deux enfants et une femme, ont été blessées dans la ville d'Ashkélon, distante de 10 km de la bande de Gaza, selon l'armée.
 
De même source, outre les deux soldats tués à Gaza, sept autres militaires dont un officier ont été blessés.
 
Saëb Erekat, l'un des principaux négociateurs palestiniens, a affirmé à l'AFP que les négociations de paix avec Israël étaient, pour l'heure, "enterrées sous les maisons détruites de Gaza".
 
"Le processus de paix a été ruiné par les agressions israéliennes", a ajouté ce négociateur.
 
Auparavant, le chef de la délégation palestinienne Ahmed Qoreï avait aussi laissé entendre que les négociations étaient suspendues.
 
Le président palestinien Mahmoud Abbas a lui jugé que l'offensive israélienne, était "plus qu'un Holocauste", renouvelant son appel à "une protection internationale du peuple palestinien".
 
"Il est impensable que la réaction israélienne à des tirs de roquettes palestiniens, que nous condamnons, soit aussi terrible et effroyable", a commenté le président Mahmoud Abbas, qui tente d'obtenir des réunions d'urgence de la Ligue arabe et du Conseil de sécurité de l'ONU.
 
Selon le palais royal jordanien, lors d'un entretien téléphonique avec Abdallah II, le président palestinien a en outre qualifié l'opération israélienne de "terrorisme d'Etat".
 
M. Abbas a toutefois été accusé par le chef du mouvement rival Hamas, Khaled Mechaal, qui vit en exil à Damas, de "couvrir, volontairement ou involontairement", l'opération israélienne.
 
Parmi les victimes palestiniens, au moins 13 morts sont des civils, dont quatre jeunes et sept femmes. Seize tués ont été identifiés comme des membres de groupes armés, presque tous membres du bras armé du Hamas.
 
Une porte-parole de l'armée israélienne a indiqué dans la soirée à l'AFP que "l'opération se poursuivait".
 
De source militaire israélienne, de violents combats continuaient d'opposer les soldats et des activistes à Jabaliya, où opéraient des unités d'infanterie et de blindés israéliens appuyés par des hélicoptères.
 
Tandis que les imams des mosquées récitaient des versets du Coran par haut-parleurs, les habitants de Jabaliya sont restés terrés chez eux.
 
"Nous vivons une ambiance de guerre totale", a résumé Abou Alaa, 40 ans, un habitant de Jabaliya.
 
Le Dr Mouawiya Hassanein, chef des urgences à Gaza, a affirmé que ses services étaient débordés. "Nous ne pouvons pas nous déplacer facilement, 12 de nos ambulances sont bloquées faute de carburant et les autres doivent coordonner au préalable avec l'armée israélienne".
 
En Cisjordanie, 300 Palestiniens ont manifesté à Ramallah contre l'offensive israélienne.
 
Selon le vice-ministre israélien de la Défense, Matan Vilnaï, il s'agit d'une opération terrestre "élargie" dans le nord de la bande de Gaza. "Nous agissons surtout avec l'aviation, même si nous recourrons aussi à des forces terrestres".
 
Il a nié que l'objectif soit une réoccupation partielle de la bande de Gaza, évacuée en 2005.
 
Les derniers décès portent à 6.245 le nombre de personnes tuées dans les violences israélo-palestiniennes depuis 2000, pour la plupart des Palestiniens, selon un bilan établi par l'AFP.
 


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1 mars 2008 6 01 /03 /mars /2008 21:48
 
Raul Reyes, numéro 2 des Farc, tué
 
par l'armée
 
colombienne en Equateur
 
BOGOTA (AFP)
 
  L'armée colombienne a annoncé samedi avoir tué en territoire équatorien Raul Reyes, le numéro deux des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), le plus dur échec jamais infligé à la guérilla marxiste.
 
Le ministre colombien de la Défense Juan Manuel Santos a précisé lors d'une conférence de presse que l'opération lancée contre un camp de guérilleros, où se trouvait Reyes, avait commencé par un bombardement aérien, suivi d'une attaque terrestre de soldats héliportés.
 
"C'est le coup le plus décisif jamais porté jusqu'à présent à ce groupe terroriste", a affirmé le ministre.
 
M. Santos a révélé que le camp attaqué se trouvait "du côté équatorien, à 1.800 mètres de la frontière" commune. Le président colombien Alvaro Uribe a eu un entretien téléphonique sur cette question territoriale délicate avec son homologue équatorien Rafael Correa, a ajouté le ministre sans dire si la conversation avait eu lieu avant ou après l'attaque.
 
A Quito, M. Correa a annoncé avoir déplacé une division de l'armée équatorienne sur la frontière afin "de vérifier" ce qui s'était passé.
 
L'opération commando contre les guérilleros du Front 48 des Farc a débuté par un bombardement de l'aviation samedi à 00H25 locales (vendredi 19H25 GMT).
 
Des unités héliportées se sont rendues sur les lieux du campement en territoire équatorien où des combats se sont produits, faisant au total un mort parmi les soldats colombiens et 17 dans les rangs de la guérilla.
 
Un idéologue des Farc, Guillermo Enrique Torres, alias Julian Conrado, a également été tué dans cette attaque.
 
Le corps de Raul Reyes a été rapatrié par l'armée en territoire colombien.
 
Selon des sources militaires citées par la radio privée Caracol, des avions espions ont localisé le chef rebelle grâce à une communication satellitaire.
 
Un correspondant de l'AFP, qui a rencontré Reyes dans cette même région, a indiqué que ce dernier était entouré d'un dispositif de sécurité très élaboré.
 
Agé de 59 ans, le No 2 des Farc, dont le vrai nom est Luis Edgar Devia, était au début de sa carrière un dirigeant syndical dans le département de Caqueta (sud) où il travaillait pour le groupe multinational Nestlé.
 
Membre de la guérilla depuis près de 30 ans, il a franchi tous les échelons de la hiérarchie pour devenir le porte-parole des Farc. Son nom était fréquemment cité pour la succession de Manuel Marulanda, le chef suprême des rebelles âgé de 77 ans.
 
Reyes était l'un des sept membres du secrétariat des Farc, l'organe dirigeant, et était présenté par ses compagnons comme l'un des représentants de la faction la plus dure du mouvement rebelle.
 
Ces derniers mois, l'armée avait annoncé avoir tué plusieurs chefs importants des Farc, dont Tomas Medina, alias Negro Acacio, et Martin Caballero.
 
Principal mouvement de guérilla colombien, les Farc comptent aujourd'hui 17.000 combattants, principalement des paysans, répartis sur 60 fronts et occupant une partie importante du pays.
 
Les Farc détiennent dans la jungle 39 otages dits "politiques", dont l'ex-candidate présidentielle franco-colombienne Ingrid Betancourt et trois Américains, qu'ils veulent échanger contre 500 guérilleros emprisonnés.
 
La mort de Raul Reyes intervient alors que la guérilla a relâché unilatéralement six otages depuis le début de l'année et que la pression internationale s'accentue pour obtenir la remise en liberté de Mme Betancourt en raison de son mauvais état de santé.
 
Le président français Nicolas Sarkozy a réagi samedi à l'annonce de cette mort en appelant "toutes les parties concernées à faire prévaloir les considérations humanitaires" et à "conforter la dynamique positive" en vue d'une libération des otages.
 


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