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2 décembre 2007 7 02 /12 /décembre /2007 18:03
Juger les crimes de guerre israéliens au Liban
 
 
Du 1er au 3 février 2008, se tiendra à Bruxelles,
à la Maison des Associations internationales,
40 rue de Washington,
un tribunal où seront jugés les crimes de guerre israéliens au Liban.
 
 
La poursuite de l’agression israélienne contre le Liban pendant 33 jours au cours de l’été 2006 sans que le conseil de sécurité de l’ONU n’émette une résolution pour exiger le cessez-le-feu a prouvé son approbation et son soutien à l’agression.
Le fait de ne pas juger les criminels de guerre et les crimes contre l’humanité qui ont ensanglanté le Liban au cours de cette agression prouve que la communauté internationale officielle encourage l’agression et qu’elle a abandonné ses responsabilités évidentes.
C’est pourquoi la société civile internationale doit prendre en charge le jugement des criminels de guerre et briser le droit à l’exception dont jouit Israël, l’un des devoirs de la communauté civile internationale étant d’instituer une légalité internationale plus juste et plus humaine.
C’est pourquoi des personnalités dans le monde ont lancé l’initiative du
 
 
Jury International de la conscience en faveur du Liban
 
 
Cette initiative a déjà reçu l’approbation signée de 2000 personnalités dans le monde, des juristes, savants, parlementaires ainsi que des sénateurs et des professionnels des médias.
Elle a été soutenue par plusieurs forums internationaux : Nairobi, Mali, Calcutta et Istanbul.
Elle a été adoptée par la coalition des associations et organismes civils au Liban.
Elle est appuyée par des associations qui avaient déjà constitué des tribunaux populaires à Bruxelles, Istanbul, Le Caire et en Amérique Latine, comme le Tribunal des Peuples et la Commission Arabe des Droits de l’homme.
 
 
Les dossiers d’accusation sont préparés par un conseil de juristes confirmés du Liban.
Un expert international a été nommé : Dr Hugo RUIZ DIAZ BALBUENA, avocat et représentant de l’Association américaine des juristes auprès du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies.
Le Jury est composé de 5 personnes, représentant les cinq continents et exerçant la profession de magistrat.
Plusieurs victimes seront présents pour témoigner.
Le " Jury international de la conscience en faveur du Liban" s'inscrit dans la lutte contre l'impunité de tous les crimes commis. Il entend promouvoir le droit international et en particulier le droit humanitaire en plaçant le respect des droits humains fondamentaux au dessus de toute autre considération. Les débats se dérouleront dans la plus grande sérénité et la publicité qui en sera faite s'inscrira exclusivement dans le cadre du droit humanitaire. Il ne sera question que des faits survenus pendant le conflit de juillet-août 2006 en rapport avec le respect de ce droit.
 
 
Les travaux du jury seront traduits en quatre langues et seront filmés. Ils seront diffusés en direct par plusieurs chaînes satellitaires.
Des expositions et des projections de films documentaires seront assurées dans des salles annexes.
 
 
La coalition des associations et organismes civils au Liban appelle les juristes, les intellectuels, les responsables économiques ou sociaux, ainsi que les associations civiles et les courants politiques au Liban et dans les mondes arabe et musulman, ainsi que les hommes et femmes libres dans le monde à participer et à contribuer au succès de cette initiative.
A - en faisant signer l’appel par des personnalités morales, intellectuelles, spirituelles et politiques.
B – En diffusant documents, informations et photos sur internet et dans les autres moyens d’information de façon à assurer le succès du tribunal.
C- En constituant des comités locaux pour lancer une campagne médiatique.
D – En participant par l’envoi de délégations et de médias pour couvrir le tribunal.
E – En contribuant financièrement à la tenue du tribunal pour couvrir les frais du tribunal, de la traduction, de la diffusion des documents et du déplacement des juges et des victimes.
 
Coalition des associations et organismes civils au Liban
 
Pour plus d’informations, veuillez écrire à
 
 
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2 décembre 2007 7 02 /12 /décembre /2007 17:52
Samedi 1 décembre 2007
 
 
 
Ci-joint un article publié dans une version légèrement remaniée dans le journal Bastille-République-Nation de décembre 2007 (et reproduit avec l'aimable autorisation de son rédacteur en chef) :
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La zone sahélienne au Sud-Est du Sahara traverse depuis un quart de siècle des convulsions dramatiques sur fond de désertification, de rivalités pétrolières, et d’engagement néo-colonial de la France , du Royaume-Uni et des Etats-Unis.
 
L’épicentre de la crise, qui se diffuse de plus en plus dans les pays voisins, est le Soudan anglophone, un des plus grands pays d’Afrique mais aussi un des plus fragiles, où coexistent des populations très diverses (572 langues y sont parlées), avec un clivage important entre les populations musulmanes arabophones du nord et les populations noires chrétiennes ou animistes du sud. Ravagé depuis 1983 par la guerre civile qui opposait les rebelles sudistes l’Armée populaire de libération du Soudan aux forces régulières (un conflit à peine apaisé par un accord de paix précaire officiellement conclu le 9 janvier 2005 après qu’1,5 million de personnes aient perdu la vie), il doit faire face depuis février 2003 au développement d’une nouvelle guérilla dans sa partie occidentale, le Darfour.
 
Dans la guerre du Sud l’enjeu de la distribution de la manne pétrolière n’était pas négligeable. Le contrôle de l’or noir, découvert dans les provinces méridionales en 1980, était à l’arrière plan de la revendication autonomiste. Il n’est pas absent non plus du Darfour dont une partie couvre une concession pétrolière chinoise. L’eau est aussi  au centre des conflits : les éleveurs arabes de chameaux, de plus en plus privés de pâturages, poussent de plus en plus vers le Sud, où ils entrent en compétition pour les terres avec les fermiers et les éleveurs sédentaires locaux, dans une province dont la population a doublé en vingt ans.
 
L’Etat fédéral soudanais, appauvri par la guerre et par les régimes draconiens imposés par le FMI (avec une dette de 29 milliards de dollars, le Soudan est douze fois plus endetté en proportion de son PNB que le Nigeria, quatre fois plus que le Tchad et que l’Ethiopie), tente difficilement de préserver une politique de souveraineté et de non-alignement sous l’impulsion d’un gouvernement à dominante islamiste depuis 1989. Il est aujourd’hui une proie facile pour des politiques impériales « décomplexées »
 
Les Etats-Unis qui, à partir de 1993, ont classé Khartoum dans la liste des « Etats voyous » (rogue states), ne se sont pas privés d’armer la guérilla sudiste, d’infliger au gouvernement fédéral des sanctions économiques à partir de 1997, et même un bombardement en 1998 contre l’unique usine pharmaceutique du pays, privant de médicaments une bonne partie de la population déjà soumise à l’embargo. La construction d’un oléoduc en 1999 par les Malaisiens, les Canadiens et les Chinois (qui importent 60 % du pétrole soudanais chaque année), et les royalties qu’elle génère, ont redonné une bouffée d’oxygène au pays. Mais Washington, qui avait été contraint de prêter main forte au processus de paix dans le Sud pour empêcher que TotalFinaElf soit le seul à tenir tête aux Chinois pour décrocher de nouveaux contrats pétroliers dans cette zone, a trouvé un moyen de peser à nouveau sur l’avenir du Soudan en s’ingérant lourdement sur le conflit du Darfour. Les lobbies évangélistes et sionistes, qui étaient actifs sur le front du Sud, ne cessent depuis quelques années d’accuser Khartoum d’organiser un « génocide » au Darfour, une position à laquelle s’est ralliée la quasi-unanimité du Congrès états-unien en juillet 2004, mais que ne partage pas le reste du monde.
 
En alliance avec les Britanniques, l’administration Bush a mené un lobbying insistant au sein des instances internationales pour l’intervention militaire au Darfour. Dès le 3 février 2005,  le secrétaire général de l’OTAN a déclaré que son organisation était « prête à jouer un rôle » dans cette province. Le 1er septembre 2006, les anglo-américains ont obtenu du Conseil de Sécurité l’envoi de 20 000 casques bleus de l’ONU en remplacement des 7 000 soldats de la force d’interposition de l’Union africaine au Darfour. Depuis lors les pressions sur le gouvernement de Khartoum se poursuivent, des ingérences favorisées par la nomination au sein de l’administration onusienne d’amis de George W. Bush comme Francis Deng, un Soudanais du Sud, directeur du Sudan Peace Support Project à l'Institut américain pour la paix, au poste de conseiller spécial pour la prévention des génocides auprès du secrétaire général de l’ONU. Mais la partie n’est pas gagnée d’avance face aux pays du Tiers-Monde (notamment africains), à la Russie et à la Chine de plus en plus résolus à contrer, là comme ailleurs, l’hégémonisme occidental.
 
Le conflit du Darfour est d’autant plus difficile à gérer qu’il met en présence des groupes rivaux eux-mêmes subdivisés en factions : le Mouvement de libération du Soudan (MLS), présidé par l’avocat basé en France Abdel Wahid Mohamed el Nour, défenseur des tribus Four, un dur qui prône la mise en place d'un programme "pétrole contre nourriture" et l'interdiction de survol du Darfour sur le modèle irakien en vue du renversement final du gouvernement soudanais ; le Mouvement pour la justice et l’égalité (MJE), présidé par le docteur Khalil Ibrahim, un islamiste dissident qui plaide pour les intérêts du Soudan central ; le Front uni pour la libération et le développement (UFLD) ; ainsi que des chefs de guerre non affiliés à des mouvements comme Djar el Neby et Souleiman Maradjane, Cela complique les négociations menées à l’échelle régionale (la dernière en date en octobre dernier sous le patronage du colonel Kadhafi à Tripoli fut boycottée par le MLS et par sept factions du MJE).
 
Les effets « collatéraux » sur les voisins du Soudan – le Tchad, et la République centrafricaine – sont sensibles : sur les 2 millions de personnes déplacées depuis 2003 pour échapper aux tueries, 200 000 se sont réfugiées au Tchad ; et les frontières poreuses permettent des incursions armées de part et d’autre. Le gouvernement tchadien du président Idriss Déby (qui appartient lui-même à l’ethnie zaghawa également présente au Darfour), s’étant rallié aux rebelles du Darfour après avoir soutenu le gouvernement soudanais, doit maintenant affronter une Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD), groupe armé du  général Mahamat Nour directement appuyé par Khartoum. En République centrafricaine où se sont réfugiés 36 000 civils du Darfour, le régime de François Bozizé doit affronter une Union des forces démocratiques pour le rassemblement dont toutefois les liens avec la crise du Darfour sont loin d’être établis.
Jusqu’à très récemment, la France de Jacques Chirac a défendu deux axes d’action dans cette région du monde. Au Darfour elle a tenté de contribuer à la pacification en faisant entendre des nuances par rapport à ses alliés anglo-américains, refusant de parler de « génocide », et s’opposant à la création d’un tribunal ad-hoc (sur le modèle rwandais et yougoslave) pour juger les crimes de guerre. Dans les pays voisins, elle a poursuivi sa politique traditionnelle de soutien aux gouvernements vassaux du Tchad et de République centrafricaine (auxquels elle est liée par des accords de défense), jusqu’à même s’impliquer lourdement dans des combats d’un autre siècle (à l’abri des projecteurs médiatiques et en dehors de tout débat public). Ainsi en avril 2006, fournissait-elle un soutien logistique à l’armée tchadienne aux portes de N’Djamena. En novembre 2006, puis à nouveau en mars dernier, l’armée française prenait directement part à la bataille de Birao contre l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement en République centrafricaine.
 
Le tandem Sarkhozy-Kouchner a sensiblement modifié cette orientation chiraquienne. Sur le dossier du Darfour, Paris s’est aligné sur l’axe anglo-américain. Certes le docteur Kouchner n’a pu pour l’heure faire triompher son projet de « couloir humanitaire » pour acheminer l’aide aux civils, paravent chimérique d’une invasion militaire véritable (puisqu’il faudrait une infanterie nombreuse pour les sécuriser), mais la France a fait voter le 31 juillet dernier au Conseil de Sécurité de l’ONU en association avec l’Australie une résolution autorisant le déploiement de 26 000 soldats et policiers au Darfour dans le cadre de la Mission des Nations unies et de l'Union africaine au Darfour (Unamid) et l’usage de la force pour protéger les civils baptisée. En échange la France espérait obtenir une implication de ses partenaires européens dans l’ensemble de la zone. Ce vœu est déjà partiellement exaucé, puisque Paris, au cours de la session spéciale du Conseil de sécurité de l'ONU le 25 septembre dernier, a pu faire adopter à l’unanimité par le Conseil de Sécurité des Nations Unies l'envoi, au Tchad et en République centrafricaine, d'une force pouvant comporter jusqu'à 4 000 soldats.  L'opération comporte deux volets : l'un, policier, relevant de l'ONU (300 policiers onusiens appuieront environ 850 policiers tchadiens devant être déployés dans les camps de réfugiés fuyant le Darfour voisin) ; l'autre militaire, sous l'égide de l'Union européenne (UE), dont le contingent aura pour mission de "sécuriser "des zones parcourues de milices armées, dans l'est du Tchad et le nord-est de la République centrafrique. Un général irlandais en prendra bientôt le commandement.
 
L’idée s’inspire des précédents congolais (BRN du 23 mai 2006), mais aussi, dans un sens, macédonien et afghan, où le contribuable européen fut lourdement sollicité pour éteindre des braises de conflits en partie suscités par Washington, et suppléer l’US Army pour la défense des intérêts économiques occidentaux dans ces régions. Il n’est pas exclu qu’elle fasse bientôt école dans d’autres parties de l’Afrique. Ainsi, le jour même du vote sur l’envoi d’une force européenne au Tchad, le ministre des affaires étrangères britannique Kim Howells a-t-il attiré l’attention des Nations-Unies, sur le problème des réfugiés du Zimbabwe – un pays dans le collimateur de Londres du fait de sa politique de redistribution des terres. L’expérience toutefois demeure pour le moment d’une portée limitée, du fait des réticences émises par le Tchad (de plus en plus méfiant à l’égard de la France , pas seulement à cause de l’affaire de l’Arche de Zoé), par certaines ONG, mais aussi par les partenaires européens de la France peu désireux d’engager leurs armées dans la protection de régimes issus du dispositif de la Françafrique.

Frédéric Delorca
 
 
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2 décembre 2007 7 02 /12 /décembre /2007 17:42
France: Justice sommaire et
menaces de méthodes répressives
 d’Etat policier
 
Par Alex Lantier
1er décembre 2007
 
La réponse du gouvernement aux trois nuits d’émeute contre la police dans une banlieue défavorisée du nord de Paris est une attaque impitoyable sur les habitants du quartier et sur leurs droits démocratiques. Avec un millier de policiers déjà déployés contre les émeutiers, le président Nicolas Sarkozy a prononcé deux discours belliqueux hier, l’un devant un rassemblement de 2000 policiers dans le quartier des affaires de la Défense, l’autre à la télévision à une heure de grande écoute. Il a proféré la menace de peines de prison lourdes à l’encontre des émeutiers et promis à la police d’importants achats d’équipement. En même temps, les tribunaux condamnent, en comparution immédiate, à des peines très sévères et souvent sur la base de preuves très minces, les jeunes qui ont été pris par la police dans les rues du quartier.
 
Les émeutes avaient été déclenchées par la mort de deux jeunes à Villiers-le-Bel, Larami et Moushin, dimanche après-midi, dans une collision entre leur mini-moto et une voiture de police.
 
D’après des témoignages de résidents, la police aurait fui le lieu de l’accident, sans porter secours aux deux jeunes. L’IGPN (Inspection générale de la police nationale) avait publié un rapport lundi disculpant en grande partie les policiers, mais ce rapport s’est avéré être en contradiction avec une vidéo de l’accident et la version donnée par des habitants de Villiers-le-Bel.
 
A Villiers-le-Bel et ses environs, toujours quadrillés par la police après une nuit sans émeute, les habitants ont exprimé leur frustration. L’un d’eux a dit au journal Le Monde : « Les policiers, ils font du cinéma, ils viennent avec des armes et des cagoules. » Le Monde avait publié des photos dérangeantes de policiers, en civil bizarrement et portant des masques de ski, mais qui tenaient des pistolets et des fusils d’assaut avec vision infrarouge, et qui étaient postés aux intersections.
 
Des hélicoptères, qui volaient bas, projetaient de puissants faisceaux sur les routes et les bâtiments. Un résident a commenté : « On se croirait en guerre, ils provoquent les jeunes. » Un autre a hurlé, « Hé! Ho! Les extra-terrestres! » aux hélicoptères qui tournaient au-dessus de leur tête.
 
Le premier ministre François Fillon a confirmé que ce déploiement avait pour but d’intimider la population. « La situation est beaucoup plus calme que les deux nuits précédentes, mais tout cela reste, on le sent bien, fragile et il faut une force de dissuasion importante sur le terrain pour empêcher que ce qui s'est passé la nuit dernière, se reproduise. »
 
L’identité des jeunes arrêtés dans la rue et qui se sont vus infliger des peines sommaires confirme que ce que qui est en train de se passer n’est pas une répression dure contre des gangs violents, mais bien la tentative de terroriser des jeunes de la classe ouvrière issus des sections opprimées de la population. Trente-cinq jeunes sont encore en garde à vue, d’après le quotidien Libération, et à ce jour huit ont été jugés.
 
Cédric, sans casier judiciaire, est plombier-chauffagiste en alternance dans le cadre d'un bac professionnel. Accusé d’avoir lancé des cocktails Molotov sur la police, il a dit « avoir paniqué » quand il s’est vu pris au milieu de jets de gaz lacrymogène en rentrant chez lui après la fête d’anniversaire organisée pour ses 20 ans, et a dit avoir essayé de s’échapper en escaladant un grillage. Le procureur a réclamé 30 mois de prison ferme, ce qui a causé « la stupeur dans la salle. » d’après des reportages dans la presse. L’avocat de Cédric a plaidé pour que le juge « ne prenne en compte que ce qui est dans le dossier. » Cédric a été condamné à un an de prison ferme.
 
Deux adolescents, Jean-Matthieu et Alan, l’un vient de finir un CDD de préparateur de commandes, l'autre est magasinier à temps partiel, ont écopé de trois mois de prison ferme pour avoir été interpellés en possession de paquets de bonbons qu’ils disent avoir trouvé dans la rue. Ils ont été tirés des bras de leurs parents pour être directement conduits en prison. Tous deux avaient des casiers judiciaires vierges.
 
Noël, agent de sécurité à temps partiel de 21 ans, était le seul jeune jugé hier, à avoir un casier judiciaire — suspension de permis de conduire l’an dernier pour conduite sans assurance. La police l’a accusé d’avoir incendié des voitures avec de l’essence et de « s'affairer sur un véhicule en flammes ». Le procureur a annoncé, « les faits sont constitués », et ajouté « à moins de suspecter le complot partout, il n'y a pas de raison de douter de leurs  [les policiers] paroles ».
 
L’avocat de Noël a fait remarquer qu’une voiture qui brûle dégage de fortes odeurs, « ça imprègne vos cheveux, vos vêtements » et que son client ne portait pas de telles traces.  Noël a été le seul jeune à être relaxé.
 
Comme l’un des avocats de la défense, Laurence Benitez de Lugo l’a dit au Monde: « il y a une volonté de réponse ferme, immédiate, qui n'est pas donnée dans la sérénité. » Pour dire les choses plus clairement, les tribunaux exécutent des procès de vitrine, politiquement motivés, dans ce qui est une attaque ouverte sur les droits démocratiques des accusés et par extension, sur l’ensemble de la population française.
 
Sarkozy et ses représentants cherchent délibérément à créer la panique en calomniant les habitants de Villiers-le-Bel, en exagérant la gravité des émeutes et en appelant à des augmentations drastiques des pouvoirs de la police et de son équipement.
 
Lorsqu’il s’est exprimé lors journal télévisé de 8 heures sur TF1 et France 2, Sarkozy a nié de façon provocatrice l’existence d’« une crise sociale » dans les banlieues et prétendu que les récents événements étaient le résultat de la « voyoucratie. » Il a dit que les jeunes qui s’opposaient aux forces de police à Villiers-le-Bel étaient des « trafiquants de drogue. »
Sarkozy a fait des commentaires semblables, mais plus détaillés devant une assemblée de 2000 policiers dans le quartier de la Défense en banlieue ouest de Paris. Il a dit, « La réponse aux émeutes, c'est l'arrestation des émeutiers, pas plus d'argent sur le dos du contribuable.» Il a insisté pour dire qu’il n’y avait pas de crise sociale dans les banlieues et a attaqué avec démagogie les « donneurs de leçons qui ignorent eux ce que c'est d'être en uniforme et face à une bande d'enragés ».
 
On peut apprécier le degré d’impudence des propos de Sarkozy en remarquant que, dès avril 2007, sa campagne présidentielle disait officiellement soutenir un « nouveau plan Marshall » pour les banlieues défavorisées, une référence à l’aide financière américaine qui avait aidé à reconstruire le capitalisme de l’Europe de l’Ouest au sortir de la Deuxième Guerre mondiale.
 
Évidemment, engagé dans un budget d’austérité et faisant appel au vote anti-immigrés, Sarkozy n’avait jamais sérieusement envisagé de mettre en place un tel projet. Néanmoins, la dénégation d’une réalité élémentaire, à savoir que les banlieues défavorisées à forte population immigrée abritent les couches les plus opprimées de la classe ouvrière et sont confrontées à une crise sociale majeure, est qualitativement un élément nouveau de la politique française.
 
Bien qu’il ait récemment réussi à utiliser la bureaucratie syndicale pour mettre fin à une grève des cheminots, des gaziers et électriciens contre les attaques sur les retraites, le régime de Sarkozy est confronté à une situation politique qui se détériore. D’après un récent sondage fait par la Sofres pour le quotidien conservateur Le Figaro, les opinions favorables à Sarkozy sont récemment tombées au-dessous des 50 pour cent pour la première fois depuis son élection à la présidence. Le taux d’approbation concernant son premier ministre François Fillon est tombé à 44 pour cent.
 
Les cercles dirigeants sont très conscients que la rancoeur du secteur public sur la question des salaires et des attaques sur les retraites, s’étend jusqu’aux forces de police et particulièrement à la gendarmerie, qui est chargée du maintien de l'ordre dans les zones rurales, de la sécurité d’Etat et a des obligations de police militaire lors des interventions à l’étranger des forces armées françaises. Faisant partie de l’armée, les gendarmes n’ont pas droit à une représentation syndicale. Néanmoins, plusieurs détachements de gendarmes avaient participé aux grèves de novembre contre les attaques sur les retraites. Ils ont aussi du mal à accepter que la police soit substantiellement mieux payée.
 
Dans son discours à la Défense, Sarkozy a promis de réunir un « groupe de travail conjoint » pour étudier comment « gommer » les différences entre la police et les gendarmes. Néanmoins, la méthode principale qu’il a utilisée pour en appeler aux forces de police a été la promotion de l’hostilité à l’égard des banlieues et l’alimentation d’un climat de guerre civile.
 
Faisant référence au fait que plusieurs policiers avaient été blessés par des plombs de chasse,  lors des émeutes de Villiers-le-Bel, Sarkozy a promis aux policiers que ceux qui ont « pris la responsabilité de tirer sur des fonctionnaires se retrouveront devant la cour d'assises. »
Il a ensuite appelé à l’augmentation massive de l’utilisation de caméras de vidéosurveillance, de pistolets à flash-balls de grande portée, et de pistolets taser. Donnant l’impression que de chaque immeuble de la cité on tirait sur la police, il a ajouté que des hélicoptères de surveillance se seraient avérés très utiles pour trouver « des stocks d'armes au sommet des immeubles » et a appelé à l’achat de davantage d’hélicoptères de la sorte.
 
Il y a une logique politique bien définie dans une rhétorique aussi incendiaire. Du point de vue des clients de Sarkozy issus des milieux d’affaires, la tâche du président consiste à éliminer les concessions sociales accordées à la classe ouvrière et qui diminuent la compétitivité des entreprises françaises. Ses prédécesseurs avaient essayé, durant la décennie précédente, de démanteler entièrement ces concessions, mais sans succès. Ils sont entièrement conscients des puissantes tensions sociales qu’une telle politique va provoquer.
 
Ainsi, peu après l’élection de Sarkozy, l’économiste Nicolas Baverez écrivait dans le magazine de droite La revue des deux mondes: « L'élection de 2007 est la dernière occasion, la dernière chance, de moderniser notre pays sans guerre civile. »
 
La manière dont le gouvernement a réagi à la crise de Villiers-le-Bel devrait être considérée comme le signe que, devant l’opposition politique grandissante au régime de Sarkozy, l’élite dirigeante française envisage de plus en plus l’option de la guerre civile contre la population.
(Article original anglais paru le 30 novembre 2007)
 
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2 décembre 2007 7 02 /12 /décembre /2007 17:25
Venezuela, Jour J – le référendum constitutionnel du 2 décembre : socialisme démocratique ou contre-révolution impériale
 
  Le 26 Novembre le gouvernement vénézuélien a rendu publique une note confidentielle de l'ambassade des USA à la CIA, qui révèle de manière dévastatrice les opérations clandestines des USA et qui aura une influence sur le référendum de ce dimanche 2 décembre 2007.

AUTEUR: James PETRAS

Traduit par Fausto Giudice
 
 
 
La note envoyée par un fonctionnaire d'ambassade, Michael Middleton Steere, a été adressée au chef de la CIA, Michael Hayden. La note était intitulée « Avancer vers la dernière phase de l'Opération Tenaille » et fait le point sur l'activité d'une unité de la CIA portant l'acronyme HUMINT (Renseignement humain) qui est engagée dans l'action clandestine pour déstabiliser le prochain référendum et coordonner le renversement civilo-militaire du gouvernement élu de Chávez . Les sondages de l'ambassade et de la CIA  concèdent que 57% des électeurs approuvent les amendements constitutionnels proposés par Chávez mais prévoient également une abstention de 60%.

Les agents US soulignent leur capacité à recruter d'anciens supporters de Chávez  parmi les sociaux-démocrates (PODEMOS) et l'ancien ministre de la défense Baduel, prétendant avoir réduit la part de OUI de 6%. Néanmoins les agents de l'ambassade reconnaissent qu'ils ont fait leur maximum et qu'ils ne pourront obtenir le rejet des amendements par la voie électorale.

La note recommande donc que l'Opération Tenaille (OP = Operation Pincer/ Operación Tenaza] entre dans sa phase opérationnelle. OP implique une stratégie en deux volets : empêcher le référendum et rejeter ses résultats tout en appelant à voter NON. La campagne inclut de faux sondages, des attaques contre des fonctionnaires électoraux et une propagande dans les médias privés accusant le gouvernement de fraude et appelant à voter NON. Les contradictions, souligne cyniquement le rapport, ne sont pas un problème.

L'ambassade et la CIA rapportent les divisions internes et les récriminations parmi les opposants aux amendements, y compris plusieurs défections du groupe qui les chapeaute. Les menaces principales et les plus dangereuses pour la démocratie évoquées par la note de l'ambassade sont le succès dans la mobilisation des étudiants des universités privées (soutenus par leur hiérarchie) pour attaquer des bâtiments clé comme le palais présidentiel, la Cour suprême et le Conseil électoral national. L'ambassade ne tarit pas d'éloges pour le groupe ex-maoïste « Drapeau rouge » et ses combats de rue violents. Ironiquement, des petits sectes trotskystes et leurs syndicalistes rejoignent les ex-maoïstes dans l'opposition aux amendements constitutionnels. L'ambassade, tout en rejetant leur « rhétorique marxiste », considère que leur opposition s'inscrit dans sa stratégie d'ensemble.

L'objectif final de l'Opération Tenaille est de s'emparer d'une base territoriale ou institutionnelle avec l'appui massif de la minorité électorale défaite dans les trois ou quatre jours (avant ou après les élections, ce n'est pas clair, JP), soutenus par un soulèvement d' officiers militaires d'opposition, principalement de la Garde nationale. L'agent de l'ambassade concède que les comploteurs militaires ont eu des problèmes sérieux : des agents opérationnels de renseignement ont été démasqués, des stocks d'armes ont été neutralisés et plusieurs comploteurs sont sous surveillance étroite.

Outre l'engagement poussé des USA, l'organisation du patronat vénézuélien (FEDECAMARAS), ainsi que les principaux médias privés (télévision, radio et presse écrite) ont été engagés dans une campagne vicieuse de peur et d'intimidation. Les producteurs et distributeurs en gros et au détail de nourriture ont créé des pénuries artificielles d'articles d'alimentation de base et ont provoqué une fuite de capitaux à grande échelle pour semer le chaos dans l'espoir de faire gagner le NON.

Le Président Chávez  contre-attaque

Dans un discours devant des hommes d'affaires nationalistes qui soutiennent les amendements (Entrepreneurs pour le Venezuela. EMPREVEN), Chávez a averti le président de FEDECAMARAS que s'il continuait à menacer le gouvernement de coup d'État, il nationaliserait toutes les entreprises qui lui sont affiliées. À l'exception des trotskystes et d'autres sectes, la grande majorité des travailleurs organisés, des paysans, des petits fermiers, des conseils de quartiers pauvres, des travailleurs du secteur informel et des étudiants des écoles publiques se sont mobilisés et ont manifesté en faveur des amendements constitutionnels.

La raison de la majorité populaire se trouve dans quelques amendements clé : Un article stipule l'expropriation de terres, facilitant leur redistribution aux petits producteurs sans terre. Chávez  a déjà installé plus de 150.000 travailleurs sans terre sur 1 millions d'hectares. Un autre amendement institue une couverture universelle de sécurité sociale pour l'ensemble du secteur informel (marchands ambulants, domestiques, auto-employés) qui représente 40% de la main-d'oeuvre. La semaine de travail des travailleurs organisés et non organisés sera réduite de 40 à 36 heures (du lundi au vendredi midi) sans réduction de salaire. L'accès libre et gratuit à l'éducation supérieure sera garanti aux étudiants des classes subalternes. Des amendements permettront au gouvernement de contourner les blocages bureaucratiques à la socialisation d'industries stratégiques, qui permettra de créer plus d'emplois et d'abaisser les coûts des services. Et le plus important, un amendement augmentera le pouvoir et le budget des conseils de quartier, qui pourront légiférer et investir dans leurs communautés.

L'électorat soutenant les amendements constitutionnels votera en faveur de ses intérêts socio-économiques et de classe ; la question du renouvellement du mandat électif du président n'est pas dans ses priorités : et c'est la question sur laquelle la droite s'est focalisée, en qualifiant Chávez  de « dictateur » et le référendum de « coup d'État ».

L'Opposition

Avec une forte aide financière de l'ambassade US (8 millions de $ pour la seule propagande selon la note de l'ambassade) et du patronat et du « temps libre » accordé par les médias de droite, la droite a organisé une majorité des étudiants de la grande bourgeoisie des universités privées, soutenue par la hiérarchie de l'église catholique, de grands pans des quartiers riches de la bourgeoisie, des secteurs entiers des classes moyennes engagées dans dans le commerce, l'immobilier et la finance et apparemment des secteurs militaires, particulièrement des officiers de la Garde nationale. Tandis que la droite contrôle les principaux médias privés, la télévision et la radio publiques soutiennent les réformes constitutionnelles. Tandis que la droite a ses supporters parmi quelques généraux et la Garde nationale, Chávez  a le soutien des parachutistes et des officiers de rang intermédiaire et de la plupart des généraux.

Les résultats du référendum du 2 Décembre seront un événement historique décisif en premier lieu pour le Venezuela mais également pour le reste des Amériques. Un vote positif (Vota « SI ») fournira le cadre juridique pour la démocratisation du système politique, la socialisation des secteurs économiques stratégiques, donnera du pouvoir aux  pauvres et fournira la base pour un système d'autogestion des entreprises. Un vote négatif (ou un soulèvement civilo-militaire réussi avec l'appui US) renversera l'expérience vivante la plus prometteuse d'autogouvernement populaire, de welfare social avançé et de socialisme à base démocratique. Un revers, et en particulier un renversement militaire, mènerait à un bain de sang massif, tel que nous n'en avons pas vu depuis le coup d'État des généraux indonésiens en 1966, qui tua plus d'un million de travailleurs et de paysans ou le coup d'État en Argentine en 1976, suite auquel plus de 30.000 Argentins furent assassinés par les généraux soutenus par les USA.

Un vote décisif en faveur du oui ne mettra pas un terme aux campagnes militaires et politiques de déstabilisation étatsunienne mais il saperait et démoraliserait certainement leurs collaborateurs. Le 2 décembre 2007, les vénézuéliens ont rendez vous avec l’histoire.
 
 

Source : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=4229&lg=en

Article original publié le 27 Novembre 2007

Sur l'auteur

Fausto Giudice est membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l'intégrité et d'en mentionner l'auteur, le traducteur, le réviseur et la source.

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1 décembre 2007 6 01 /12 /décembre /2007 21:55
Mohamed Cherif Abbés : « le voyage de Nicolas Sarkozy en Algérie n’est qu’une visite de courtoisie »
 
Alors que le président français, Nicolas Sarkozy, est attendu à Alger du 3 au 5 décembre, le ministre algérien des Moudjahiddines (Anciens combattants) a livré un entretien au principal quotidien national, El-Khabar. Il y démarque son gouvernement du projet français d’Union méditéranéenne, projet dont se sont également démarqués de nombreux États membres de l’Union européenne attachés au « Processus de Barcelone ». En outre, contrairement à ce qui a été indiqué dans la presse française, M. Cherif Abbès a souligné qu’il n’attendait rien de MM. Sarkozy et Kouchner, non parce que ceux-ci étaient d’origine ou de confession juive, mais parce que, à ses yeux, ils doivent leur carrière au groupe de pression de l’État d’Israël. Dès lors, il y aurait une continuité logique entre l’incapacité à reconnaître les crimes de la colonisation et les liens avec un État colonial. Nous reproduisons cet entretien indispensable à la compréhension des relations régionales.
 
 
 
 
El-Khabar : Dans quel contexte placez-vous la visite de Nicolas Sarkozy, le mois prochain ?
 
Mohamed Cherif Abbés : C’est une visite de courtoisie, sans plus, qui vise à garder les relations bilatérales actuelles en attendant de voir ce que nous réserve l’avenir.
 
El-Khabar : Cela signifie-t-il que des relations de parité entre Alger et Paris ne sont pas envisageables ?
 
Mohamed Cherif Abbés : Au jour d’aujourd’hui cela n’est pas envisageable, les Français ne sont pas prêts et en particulier durant le mandat de M. Sarkozy. Vous connaissez les origines du président français et les parties qui l’ont amené au pouvoir. Saviez-vous que les autorités israéliennes avaient mis en circulation un timbre à l’effigie de Nicolas Sarkozy, en pleine campagne électorale ? [1] Le gouvernement d’ouverture que dirige M. Sarkozy, qui a vu plusieurs personnalités de gauche rejoindre un gouvernement de droite soulève plusieurs interrogations comme pourquoi Bernard Kouchner a décidé de sauter le pas, cela ne s’est pas fait pour des croyances personnelles. Ceci était le résultat d’un mouvement qui reflète l’avis des véritables architectes de l’arrivée de Sarkozy au pouvoir, le lobby juif qui décide tout en France [2].
 
El-Khabar : Certains estiment que la remise des plans des mines de l’ère coloniale est un geste qui reflète les bonnes intentions de la France, alors que d’autres voient que cela ne vise qu’à racheter des erreurs. Etes-vous d’accord ?
 
Mohamed Cherif Abbés : Je crois que la remise des plans des mines n’est rien d’autre qu’un coup de pub et je ne vois en aucun cas de bonnes intentions en cela. Cependant cela peut être perçu comme un aveu de la France, elle reconnaît ainsi que la guerre menée en Algérie n’a rien d’honorable, car elle a utilisé des procédés barbares comme les mines.
 
El-Khabar : Sarkozy a appelé les pays du bassin méditerranéen, anciennes colonies de son pays, à tourner la page et à se concentrer sur le projet de l’Union méditerranéenne qu’il considère comme l’avenir de la région. N’est ce pas une approche pragmatique qui sert l’Algérie dans un monde d’intérêts ?
 
Mohamed Cherif Abbés : Il cherche une politique qu’il peut « sarkoziser » et je crois qu’il s’est un peu précipité. En tout cas il a le droit de lancer tout les projets qu’il veut, mais ce qui nous importe c’est sa politique vis-à-vis de l’Algérie. À mon avis, si la France ne reconnaît pas les crimes qu’elle a commis en Algérie, une normalisation ou une réconciliation n’est pas envisageable. Les relations ne dépasseront pas le cadre des échanges commerciaux. Parler d’un traité d’amitié ou de réconciliation sans excuses ?...impossible.
 
El-Khabar : Que pensez-vous de la position algérienne concernant ce projet ?
 
Mohamed Cherif Abbés : Certains responsables se sont précipités en approuvant ce projet. La position de l’État n’a pas changée, il ne reconnaît pas ces projets car il ne connaît pas leur contenus. Pour faire court nous n’approuvons pas et nous ne refusons pas…telle est la position officielle.
 
El-Khabar : L’arrivée d’Enrico Macias en Algérie a déclenché une polémique, que pensez-vous de cette visite ?
 
Mohamed Cherif Abbés : l’arrivée de Hamlaoui Mekachera, ex-ministre des Anciens combattants avec Jaques Chirac était une provocation [3]. La venue d’Enrico Macias est une provocation mais à un degré moindre car il n’est pas d’origine algérienne, contrairement au premier qui a été considéré comme un traitre. Je crois qu’Enrico Macias ne fera pas partie de la délégation qui va accompagner M. Sarkozy.
 
El-Khabar : Que diriez-vous à Nicolas Sarkozy, si vous venez à parler de l’histoire commune et des relations entre les deux pays ?
 
Mohamed Cherif Abbés : Je ne lui dirai que « faute avouée est à moitié pardonnée ».
 

Version originale arabe publiée par El-Khabar, le 26 novembre 2007.
 

[1] La Poste israélienne édite sur commande des timbres personnalisés, cependant son règlement stipule que ce service commercial ne peut être utilisé pour éditer des timbres politiques. Or, à la demande de la section UMP des Français résidant en Israël, elle a édité un timbre à l’effigie du candidat Nicolas Sarkozy, ce qui suppose soit une improbable négligence, soit une autorisation administrative. Ndlr.
[2] L’expression « lobby juif » doit être comprise ici dans son contexte culturel. Elle désigne le groupe de pression en faveur de l’État d’Israël qui se définit comme « État juif », et non pas un groupe de pression en faveur des personnes d’ascendance ou de confession juive, comme dans la littérature antisémite européenne. Ndlr.
[3] M. Merkachera était officier d’infanterie dans l’armée française et a participé à ce titre à la représsion des mouvements indépendantistes algériens. Resté Français après l’indépendance, il est considéré comme héros en France et comme traître en Algérie. Ndlr.
 
 
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30 novembre 2007 5 30 /11 /novembre /2007 22:26
Européens, empêchons la guerre contre l’Iran. Michel Rocard, ancien Premier ministre , député européen Yehuda Atai membre du Comité israélien pour un Moyen-Orient sans armes de destruction massive, secrétaire exécutif du Réseau pour une Méditerranée sans nucléaire et Jean-Marie Matagne docteur en philosophie, président d’Action des citoyens pour le désarmement nucléaire.
 
 

 
Nous en sommes avertis de toute part : les Etats-Unis sont sur le pied de guerre, prêts à bombarder l’Iran. Il ne manquerait plus que l’ordre présidentiel. Début octobre, des dizaines de personnalités américaines, politiques, religieuses, militaires, intellectuelles ou artistiques ont appelé les chefs d’état-major, officiers et soldats des Etats-Unis à refuser tout ordre d’attaquer l’Iran. Cet appel sans précédent souligne à quel point le risque est réel de voir la guerre éclater dans les jours, les semaines ou les mois à venir, et impératif le devoir de prévenir ce risque. C’est pourquoi nous soutenons cet appel lancé outre-Atlantique et souhaitons l’élargir à l’Europe.

L’invasion de l’Irak par la coalition que dirigent les Etats-Unis était contraire à la charte des Nations unies, et s’est révélée catastrophique. Une agression contre l’Iran serait tout aussi illégale et encore plus catastrophique.

 
La charte des Nations unies, article 2, paragraphe 4, énonce : «Les membres de l’Organisation s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout Etat, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations unies.» Comme l’observent les auteurs de l’appel déjà cité, l’Iran n’a pas attaqué les Etats-Unis, les Etats-Unis sont signataires de la charte de l’ONU, toute attaque de l’Iran par les Etats-Unis serait donc illégale au regard de la loi internationale mais aussi d’après la Constitution des Etats-Unis, qui reconnaît les traités comme loi suprême du pays – y compris bien sûr pour les militaires, qui ont prêté serment à la Constitution.
 
Ces remarques valent tout autant pour les gouvernants, les militaires et les citoyens des Etats européens membres de l’ONU, qu’ils soient ou non alliés aux Etats-Unis dans le cadre de l’Otan. Nous les appelons donc à refuser par avance toute coopération, toute aide politique, économique ou militaire et tout soutien logistique en cas de guerre.
 
La guerre qui se poursuit en Irak a fait des milliers de victimes parmi les militaires, des centaines de milliers dans la population. Elle représente une catastrophe écologique et sanitaire qu’on est encore loin de mesurer. Elle alimente les haines, le fanatisme et le terrorisme qu’elle était censée combattre.
 
Une attaque contre l’Iran, quelles que soient ses cibles, ses méthodes et son ampleur initiale, aggraverait considérablement la situation en aboutissant à des résultats similaires, sans parler de ses effets désastreux sur l’économie mondiale. Ce serait encore pire si l’idée folle d’utiliser des armes nucléaires tactiques – qui existent – était mise en œuvre pour empêcher l’Iran de construire, malgré ses dénégations, des armes nucléaires dont les récentes inspections de l’AIEA n’ont pas trouvé trace.
 
Le peuple iranien a supporté, sous la direction des mollahs, une guerre de huit ans contre son agresseur Saddam Hussein. Ce n’est pas en l’attaquant à nouveau qu’on l’éloignera de ces mêmes dirigeants. Ce n’est pas en faisant dans ses rangs des milliers ou des centaines de milliers de morts qu’on améliorera le respect de ses droits humains.
 
Ce n’est pas en cherchant à vendre partout, sauf à l’Iran, de la technologie nucléaire qu’on le convaincra de renoncer à cette technologie. Ce n’est pas en conservant et en modernisant leurs propres armes nucléaires comme le font les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne (outre la Russie, la Chine, l’Inde, le Pakistan et Israël) qu’on pourra exiger de l’Iran qu’il y renonce. Et ce n’est pas en continuant à bafouer l’article 5 du traité de non-prolifération (TNP) que les Etats dotés d’armes nucléaires peuvent exiger quoi que ce soit des autres Etats signataires du TNP, Iran compris. Non-prolifération et désarmement nucléaires vont de pair. Il est urgent de l’admettre.
 
C’est même seulement en s’engageant dans la voie du désarmement nucléaire négocié, tel que prévu par l’article 6 du TNP, que la communauté internationale a quelque chance de voir l’Iran offrir toutes les garanties concrètes et vérifiables, s’il en existe, qu’il ne se procurera jamais d’arme nucléaire. Cette spirale vertueuse devrait tout à la fois dissuader d’autres Etats de la région de vouloir «proliférer», et conduire les Etats nucléaires de facto comme Israël, le Pakistan et l’Inde à s’engager eux aussi dans la voie d’un monde libéré de toutes les armes nucléaires et des autres armes de destruction massive, au Moyen-Orient comme ailleurs.
Refuser la guerre aujourd’hui, ce n’est donc pas accepter le statu quo ni repousser la guerre à demain.
 
C’est au contraire donner à la diplomatie le temps, la chance et l’impératif d’aboutir à une solution globale de paix et de sécurité pour tous les Etats et tous les peuples du Moyen-Orient, et au-delà pour toute la planète. C’est éviter de nouvelles larmes de sang. C’est permettre à la raison de prévaloir, à nos enfants et nos petits-enfants de vivre dans un monde moins violent, plus juste et plus humain. Sans guerres, sans armes ni menaces nucléaires.
 
L’Europe peut y contribuer. Les Européens doivent se dresser contre la guerre qui approche.


http://www.liberation.fr/rebonds/291732.FR.php
 
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30 novembre 2007 5 30 /11 /novembre /2007 21:37
Interview de Gilles Munier

Secrétaire général des Amitiés franco-irakiennes
 
 
Q : Bonjour, vous êtes Gilles Munier, secrétaire général des Amitiés franco-irakiennes, pouvez-vous nous dire en quoi consistent vos activités ?
 
G.M : Je suis devenu secrétaire général en 1986. Mes activités, depuis, ont consisté à mieux faire connaître l’Irak aux Français. J’ai organisé dans ce pays de nombreuses missions composées de parlementaires, de journalistes, d’hommes d’affaires, d’universitaires. En France, j’ai accueilli des groupes culturels irakiens, organisé des expositions et des conférences. J’ai apporté mon soutien à l’Irak pendant sa guerre avec l’Iran, pendant les deux guerres du Golfe et l’embargo.
 
L’Association des Amitiés franco-irakiennes a été créée en 1985 par des personnalités connues pour le soutien qu’elles apportaient à la politique arabe de la France, comme le grand orientaliste Jacques Berque, le journaliste et écrivain Paul Balta, Pierre Rossi fondateur du Centre Culturel français à Bagdad, Jean-Pierre Chevènement alors député, Georges Gorse ancien ministre du Général de Gaulle… etc…. Après Jacques Berque, elle a été présidée par deux ambassadeurs : Paul Dépis, puis Marc Bonnefous. Actuellement, ses co-présidents sont l’avocat Maurice Buttin et l’écrivain Philippe de Saint Robert, ancien Haut-commissaire à la langue française sous François Mitterrand.
 
Depuis l’agression américaine d’avril 2003 contre l’Irak, mes activités se résument à informer l’opinion publique française - principalement via Internet - sur ce qui se passe dans ce pays, à organiser des réunions-débat, et à demander que la résistance irakienne soit reconnue comme représentante légitime du peuple irakien, à commencer par le gouvernement français.
 
Q : L'intitulé de notre travail étant « Intervention américaine en Irak : enjeux et opinions», pensez vous, aujourd'hui, avec le recul nécessaire que le 11 septembre et l'attentat des WTC furent l'élément déclencheur de la nouvelle politique extérieure du gouvernement Bush?
 
G.M : L’attentat du 11 septembre a permis aux membres du think tank néo conservateur PNAC (Project for the New American Century), qui constitue l’entourage de George W. Bush et dont l’influence est déterminante dans le Parti républicain, de mettre en œuvre leurs idées. C’est le « Pearl Harbour » qui leur manquait pour justifier leur guerre contre l’Afghanistan et l’Irak et la nécessité de redessiner la carte du Proche-Orient. Mais, il ne faut pas se faire d’illusions : si cet attentat n’avait pas eu lieu, Bush et son équipe auraient trouvé un autre motif pour attaquer l’Irak.
 
Les fondateurs du PNAC s’inspirent, concernant le Proche-Orient, des idées de l’orientaliste britanico-israélien Bernard Lewis, de Francis Fukuyama et d’un certain Oded Yinon, fonctionnaire au ministère des Affaires étrangères israélien qui a publié en 1982 un article intitulé « Une Stratégie pour Israël dans les années 80 ». Il préconisait le remodelage de la région avec, notamment, la partition de l’Irak en trois Etats.
 
Après, l’Irak : à qui le tour ? La Syrie, le Liban, le Soudan, ou l’Iran ? Quel sera l’élément déclencheur et que fera la France, cette fois ? Le fait - peu connu - que Bernard Kouchner est membre du PNAC ne présage rien de bon. Sa nomination comme ministre des Affaires étrangères explique en partie l’alignement du Quai d’Orsay sur la politique étasunienne.
 
Q : On voit souvent revenir aujourd'hui le fait que le gouvernement US a « menti» à l'opinion publique, sur le fait des ADM et sur les liens entre Al-Qaïda et Saddam Hussein. Comment cela fut-il possible; comment peut-on déclarer une guerre à un pays sans réelle preuve mais avec seulement des soupçons qui se trouvent aujourd'hui infondés ?
 
G.M :Oui, on peut agresser un pays sans réelle preuve et, qui plus est, sans risque. Pour cela, il faut fabriquer une excuse, avoir une bonne machine de propagande, des médias aux ordres, être une puissance économique capable de faire chanter ses alliés récalcitrants, et posséder… des armes de destruction massive.
 
Dans l’histoire, de nombreuses guerres ont été déclarées en s’appuyant sur des mensonges. L’agresseur n’a de problèmes que s’il est finalement vaincu. C’est ce qui est arrivé à Adolphe Hitler.
 
Mais, aujourd’hui, on ne déclare même plus les guerres. On manipule l’opinion publique, on lance un ultimatum et on attaque. Il a fallu attendre le 16 septembre 2004 pour que Kofi Annan, secrétaire général de l’ONU, ose dire que les Etats-Unis avaient violé la Charte des Nations unies ! L’Irak était alors occupé, ses dirigeants arrêtés, des dizaines de milliers d’Irakiens avaient été tués. Aucun pays n’a réclamé de sanctions contre George Bush ni Tony Blair. La France qui ne s’était pas associée à l’agression a quand même voté, en octobre 2003, la résolution 1511 de l’Onu avalisant l’occupation…
 
Tous ceux qui, comme moi, connaissaient l’Irak des années 1991- 2003 étaient convaincus qu’il ne pouvait plus y avoir d’armes de destruction massive. Scott Ritter, chef des inspecteurs de l’UNSCOM, avait passé le pays au peigne fin et détruit tout ce qui pouvait y ressembler. Il a démissionné de son poste quand l’administration américaine lui a demandé de mentir.
 
L’Irak n’était une menace pour personne : son économie était à genoux, asphyxiée par douze ans d’embargo. Dans la perspective d’une nouvelle guerre, les Américains avaient bombardé systématiquement les infrastructures civiles et militaires susceptibles de les gêner. L’armement des troupes irakiennes était obsolète et en très mauvais état.
 
Personne, non plus, ne croyait à la fable des liens entre Al-Qaïda et Saddam Hussein. Le baasisme – c'est-à-dire le nationalisme arabe – ne fait pas bon ménage avec le panislamisme du genre salafiste ou wahhabite qu’il considère comme une forme d’obscurantisme. Oussama Ben Laden, lui, tenait Saddam Hussein pour un mécréant qu’il fallait renverser.
 
Les Etats-Unis ont fait la preuve, avec la guerre contre l’Irak, qu’on peut violer les conventions internationales et commettre des crimes de guerre sans encourir les foudres de la justice internationale. Il a suffi pour cela de faire voter par le Congrès, en août 2002, une loi décidant que les GI’s ne peuvent pas être poursuivis par la Cour Pénale Internationale lorsqu'ils sont " stationnés dans le monde entier pour protéger les intérêts vitaux des USA " pour que la « communauté internationale » l’accepte. Des millions de personnes dans le monde ont dénoncé les médias-mensonges américains, manifesté contre la guerre annoncée, sans résultat sinon témoigner pour l’histoire.
 
Q : On ne peut parler d'Irak sans hélas parler d'Abou Ghraib et de Guantanamo. Quel est votre point de vue sur ces prisons, et pensez vous que nous sommes réellement au courant de ce qui s’y passe ou alors que beaucoup de choses nous sont cachées, ou encore que les médias enjolivent grandement les choses ?
 
G.M : Ce qui s’est passé ou se passe encore à Abou Ghraib et à Guantanamo est en partie connu. Dernièrement, un Jordanien libéré de Guantanamo, après six ans de détention illégale, a raconté sur Al-Jazeera que plusieurs détenus ont été suicidés par leurs geôliers. L’information a été quasiment passée sous silence. Leurs gardiens ou interrogateurs n’ont pas été inquiétés.
 
En Irak, selon la Croix-Rouge Internationale, il y aurait actuellement environ 60 000 prisonniers détenus par les Américains et le gouvernement fantoche irakien. C’est énorme, mais en dessous de la réalité car la Croix-Rouge n’a pas accès aux prisons secrètes en Irak et à l’étranger. Quant à ce qui se passe à l’intérieur, on sait peu de chose, car la Croix-Rouge a une obligation de réserve.
 
Il a fallu le scandale d’Abou Ghraib pour que les médias parlent enfin de la situation dans cette prison. Tant mieux, mais ce n’est malheureusement pas la pire. En juin 2005, à Damas, j’ai rencontré une ancienne prisonnière d’Abou Ghraïb. Elle avait été libérée car son état de santé était alarmant. La direction de la prison craignait qu’elle meure dans sa cellule. C’était mauvais pour les statistiques au moment où les médias braquaient leurs caméras sur la moindre information liée au scandale. Elle m’a dit, paradoxalement, qu’en arrivant à Abou Ghraïb, elle s’était estimée sauvée. Elle était enfin enregistrée comme prisonnière. Pour elle, et pour la plupart des détenus, le pire c’est ce qui se passe avant l’incarcération officielle. Vous n’imaginez pas les tortures qui sont pratiquées. Les cadavres de ceux – ou de celles - qui ne tiennent pas le coup sont jetés dans des terrains vagues.
 
Cette femme, à qui on avait arraché une partie du cuir chevelu pour lui faire avouer des liens avec la résistance, cherchait en vain à se faire soigner dans un pays occidental. Aucune ambassade ne voulait lui délivrer de visa. Aucune ONG ne voulait la prendre en charge, car son témoignage était trop explosif.
 
En Irak, la marge de manœuvre des journalistes est restreinte. 250 journalistes irakiens ont été assassinés sans que cela émeuve outre mesure l’organisation « Journalistes sans frontières ». Les journalistes étrangers sont pour la plupart « embedded », c'est-à-dire intégrés à des unités de l’armée américaine. Ils ne parlent que de ce qu’on veut bien leur montrer. Quant aux journalistes indépendants, ils risquent leur vie et leur carrière. Comment voulez-vous informer honnêtement l’opinion publique quand les principaux médias font partie de groupes de presse appartenant à des marchands d’armes ?
 
Gilles Munier, secrétaire général des Amitiés franco-irakiennes depuis 1986, s’est rendu environ 150 fois en Irak entre 1975 et mars 2003.

Il a publié un « Guide de l’Irak » en 2000 (Jean Picollec Ed.), ouvrage traduit aux Etats-Unis (Interlink Publishing) et en Grande-Bretagne (Arris Books) sous le titre : « Iraq, an illustrated history ». Il a également dirigé la traduction de « Zabiba et le Roi », un conte écrit par le Président Saddam Hussein (Ed. du Rocher).

Il dirige actuellement « AFI – Flash », une lettre d’information spécialisée sur l’Irak.
 
Publié le 28 novembre 2007 avec l'aimable autorisation de Gilles Munier
 
 
Source : Blog de Gilles Munier 
 
 
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30 novembre 2007 5 30 /11 /novembre /2007 21:10
Résolution 3379 de l'Assemblée générale de 
l'ONU (10 novembre 1975): ''Décrète que le 

sionisme est 
une forme de racisme et de discrimination raciale.''
 
 
 
 
L'Assemblée générale,
Rappelant sa résolution 1904 du 20 novembre 1963, promulguant la Déclaration des Nations Unies sur l'Elimination de Toutes les Formes de Discrimination Raciale, et en particulier son affirmation que "toute doctrine de différenciation ou de supériorité raciales est toujours scientifiquement fausse, moralement condamnable, socialement injuste et dangereuse", et son cri d'alarme face aux "manifestations de discrimination raciale qui ont encore lieu dans quelques régions du monde, et dont certaines sont imposées par des gouvernements par le biais de mesures législatives, administratives ou autres",
 
Rappelant en outre que, dans sa résolution 3151 G du 14 décembre 1953, l'Assemblée générale avait condamné, entre autres, l'alliance impie entre le racisme sud-africain et le sionisme,
 
Prenant acte de la Déclaration de Mexico sur l'Égalité des Femmes et Leur Contribution au Développement et à la Paix, en 1975, proclamée par la Conférence Mondiale de l'Année Internationale des Femmes, qui s'est tenue à Mexico du 19 juin au 2 juillet 1975, et qui a promulgué le principe selon lequel "la coopération et la paix internationales requièrent la réalisation de la libération et de l'indépendance nationale, l'élimination du colonialisme et du néo-colonialisme, de l'occupation étrangère, du Sionisme, de la ségrégation et de la discrimination raciale sous toutes ses formes, ainsi que la reconnaissance de la dignité des peuples et de leur droit à l'autodétermination ",
 
Prenant acte en outre de la résolution 77, adoptée par l'Assemblée des Chefs d'États et de Gouvernements des Organisations de l'Unité Africaine, lors de sa douzième session ordinaire, tenue à Kampala, du 28 juillet au 1er août 1975, qui a estimé "que le régime raciste en Palestine occupée et le régime raciste au Zimbabwe et en Afrique du Sud ont une origine impérialiste commune, qu'ils forment un tout et ont la même structure raciste, et qu'ils sont organiquement liés dans leur politique destinée à opprimer la dignité et l'intégrité de l'être d'humain",
 
Prenant acte également de la Déclaration Politique et Stratégique de Renforcer la Paix et la Sécurité Internationales et d'Intensifier la Solidarité et l'Assistance mutuelle entre les Pays Non-Alignés, adoptée lors de la Conférence des Ministres des Affaires Etrangères des Pays Non-Alignés, qui s'est tenue à Lima, du 25 au 30 août 1975, qui a très sévèrement condamné le Sionisme comme une menace pour la paix et la sécurité du monde, et a appelé tous les pays à s'opposer à cette idéologie raciste et impérialiste,
 
Décrète que le sionisme est une forme de racisme et de discrimination raciale.
 
 
 
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28 novembre 2007 3 28 /11 /novembre /2007 17:38
Une part des revenus pétroliers irakiens
pour les réfugiés irakiens
 
 
Plus de 4,5 millions d'Irakiens — un cinquième de la population — ont été déplacés à l'intérieur et à l'extérieur de leur pays, en raison des politiques sectaires menées par l'occupation et les gouvernements qu’elle a installés depuis l'invasion illégale de l'Iraq en 2003
 
La communauté internationale, les forces d'occupation et le gouvernement en Irak, sont légalement tenus de soutenir et de protéger les réfugiés irakiens
 
Les réfugiés irakiens sont des citoyens irakiens. Ils ont les pleins droits de vivre dans la dignité, de bénéficier équitablement des ressources nationales, ainsi que de rentrer dans leurs foyers
 
Le Conseil de sécurité de l'ONU, en tant que plus haut organe des Nations Unies, a le pouvoir et l'obligation légale, d’assurer  les besoins des réfugiés irakiens, en adoptant une résolution qui exige de l'Etat irakien de répartir proportionnellement les revenus nationaux aux agences responsables et aux pays d’accueil
 
 
Après les 13 ans de sanctions désastreuses, imposées par l’ONU, qualifiées comme  génocide, l’invasion illégale américaine et l'occupation de l'Irak, avec la complicité du Conseil de Sécurité (CSNU) incapable de protéger le peuple et l’Etat Irakien ou de s’acquitter de ses propres obligations, ont débouché sur une catastrophe humanitaire sans pareil depuis la Seconde Guerre mondiale.
 
En plus d'avoir causé la mort violente de plus d'un million d'Irakiens, 2,3 million d'Irakiens ont été déplacés à l'intérieur de leur propre pays, tandis que plus de deux millions d'autres sont dispersés principalement dans les états voisins. La Société du Croissant-Rouge irakien rapporte que à intérieur de l'Iraq, au mois d’octobre 2007, 368479 Iraquiens ont été forcés de quitter leurs foyers, tandis qu’environ 60000 Irakiens fuient le pays vers les pays voisins chaque mois.
 
La classe moyenne irakienne moderne et instruite, dont le rôle est nécessaire — maintenant et dans l'avenir — pour faire fonctionner l'Etat, l'économie, et construire la culture irakienne, a été décimée. Suite aux assassinats systématiques, aux emprisonnements, aux raids et sieges militaires, aux menaces et à la discrimination, la plupart de ceux qui restent de cette classe a quitté le pays. L'absence de cette classe moyenne a abouti à la rupture de tous les services publics pour l'ensemble de la société irakienne.
 
Toutes les informations en provenance de l'Irak, montrent que la peur pour leur vie, imposée aux Irakiens est à l'origine du déplacement de millions d’entre eux à l'intérieur et à l'extérieur de leur pays. Les Irakiens déplacés sont des réfugiés, par définition, et conformément au droit international. La Convention des Nations Unies sur les refugiés de 1951, et ses protocoles additionnels de 1967, stipulent qu'un réfugié est une personne " qui craignant avec raison d'être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays".
 
Les réfugiés irakiens, ont le droit à la vie et à la dignité
 
L’occupation menée par les Etats-Unis et les gouvernements qu’elle a installés, ont le devoir, en vertu du droit international, selon la IVeme Convention de Genève et ses protocoles additionels, et par les resolutions 1265, 1296, et 1674, de protéger la vie des civils en Irak et d’assurer les besoins fondamentaux. Au lieu de cela, l'occupation et les gouvernements qu’elle a installés, imposent un état de terreur, en recourant à l'emploi disproportionné et aveugle de la force, et en mettant en œuvre des politiques sectaires au point de sponsoriser des milices sectaires qui perpetrent des nettoyages ethniques. Ils demeurent incapables, ou peu désireux, de fournir les services les plus fondamentaux, y compris l’accès adéquat à l'eau et l'électricité. Ces politiques obligent des millions de personnes à vivre dans la pauvreté et / ou à fuir pour leur survie.
 
Ni l'occupation et les gouvernements qu’elle a installés, ni les différents Etats et la communauté internationale, se sont acquittés de leurs obligations juridiques et morales envers les Irakiens déplacés ou les pays d'accueil. Non seulement  les conditions de vie des Irakiens se détériorent, mais de plus ils deviennent un fardeau social, économique et financier pour les pays hôtes, dont plusieurs ont déjà d'importantes populations de réfugiés.
 
Les réfugiés irakiens ont droit à la sécurité, à des passeports reconnus et à des permis de séjour, à l'alimentation, au logement, à la santé et à l'éducation. Les pays hôtes n’ont pas la capacité de scolariser le grand nombre de jeunes réfugiés irakiens dans des écoles et dans l'enseignement supérieur. Si aucune mesure urgente n’est prise pour trouver une solution à ce problème, alors une génération d'Irakiens perdront leur droit d'accès universel à l'éducation. Ce n'est pas seulement nuisible aux réfugiés irakiens, mais aussi à l'avenir de l'Irak. Il est urgent que les élèves et étudiants aient accès à l'école. Aider les pays d'accueil pour répondre aux besoins des réfugiés irakiens se traduirait également par le renforcement et la mobilisation du riche potentiel des réfugiés.
 
Une solution est nécessaire de toute urgence. La vraie réponse est la fin des causes de la violence en Irak, pour permettre aux réfugiés irakiens de retourner en toute sécurité dans leurs foyers. Toutefois, bien que la protection des civils contre la violence, conformément au droit international humanitaire, soit de la responsabilité de l'occupation et des gouvernements qu’elle a installés, aucun signe montre qu'ils s'acquittent de ce devoir. Chaque jour, la violence contre les civils se répand dans de nouvelles régions. L'exode continuel des Irakiens est la preuve que le gouvernement de l'Iraq, appuyé par l'occupation, ne protège pas sa population.
 
Le Conseil de sécurité devrait adopter une résolution, maintenant
 
Le Conseil de sécurité a le droit et le pouvoir politique d’adopter une résolution exigeant que l'Etat irakien alloue une part des revenus provenant du pétrole irakien - en proportion avec le nombre de citoyens irakiens temporairement déplacés - pour les réfugiés irakiens aux pays hôtes. Aucune objection juridique ne peut être soulevée contre cette action. Les réfugiés irakiens sont des citoyens irakiens. Ils ont le droit de bénéficier des ressources nationales, et de faire valoir les nécessités de protection et de soutien de l'Etat irakien. Leur droit de retour est garanti.
 
Il existe meme un précédent dans la jurisprudence pour une telle action concernant l'Irak, avec la résolution 986 de 1995 du CSNU. Cette résolution, elle aussi a été adoptée pour des motifs humanitaires. Elle exigeait que l'État irakien alloue une partie des revenues irakiens au Programme inter agency des Nations Unies afin d’" assurer une distribution équitable des secours humanitaires à tous les segments de la société irakienne", y compris aux citoyens irakiens qui résidaient dans les trois gouvernorats du Nord, qui n'etaient pas supervisés administrativement par le gouvernement central. Les réfugiés irakiens, a l’heure actuelle, sont dans la même situation en étant dehors de l’administration du gouvernement central de l'Irak.
 
La responsabilité des États envers les réfugiés est établie dans le droit international. Obliger l'Etat irakien, par le biais d'une résolution du CSNU, à répartir proportionnellement les revenus pour les citoyens irakiens déplacés, est le seul moyen efficace pour les pays d'origine et la communauté internationale de s'acquitter de leurs obligations vis-à-vis des réfugiés irakiens et des pays hôtes, tout en préservant les droits des réfugiés et leur dignité de citoyens irakiens. Les organismes de secours des Nations Unies, les institutions des pays hôtes, les organisations non gouvernementales et les représentants des réfugiés irakiens pourraient administrer la distribution des recettes affectées.
 
Appel à l'action
 
Les déplacés et réfugiés Irakiens ne peuvent pas attendre de pouvoir rentrer chez eux pour que leurs besoins essentiels soient satisfaits. La communauté internationale a le devoir moral d'agir dès maintenant. La résolution CSNU 986 de 1995, a établi que les recettes du pétrole irakien sont celles de tous les Irakiens. En tant que citoyens Irakiens, les réfugiés irakiens, ont les mêmes droits de partage des richesses de l'Iraq.
 
Nous faisons appel à tous les gouvernements, aux agences et organisations des Nations Unies, aux associations de droit, des droits de l'homme, humanitaires, et à toutes les personnes de conscience à travailler ensemble pour veiller à ce que le Conseil de sécurité adopte et mette en œuvre cette proposition obligeant l'Etat irakien à allouer les revenus pétroliers aux réfugiés irakiens.
 
Nous exigeons que les Etats - en particulier ceux qui sont impliqués dans l'invasion illégale et la destruction de l'Iraq – remplissent leurs obligations et responsabilités et apportent les fonds nécessaires au Haut Commissariat des Nations Unies (HCR) pour sa mission de protection des réfugiés et déplacés Irakiens.
 
Nous demandons à tous de recueillir des fonds et de prendre toutes les mesures pour fournir une aide directe aux réfugiés irakiens et aux organisations les aidant.
 
L'humanité est en détresse en Iraq. Notre responsabilité morale est de la sauvegarder. Rejoignez-nous.
 
 
Initiative Irakienne Internationale pour les refugiés irakiens
 
26 November 2007
 
Premiers signataires:
 
Hans von Sponeck, UN Humanitarian Coordinator for Iraq (1998-2000), Germany. 
Denis Halliday, UN Humanitarian Coordinator for Iraq (1997-1998), Ireland.
Ms. Niloufer Bhagwat, Advocate, Vice President of the Indian Association of Lawyers.
Mathias Chang, 37 years in the antiwar movement, Malaysia.
Sabah Al-Mukhtar, President Arab Lawyers Association, UK.
Issam Al-Chalabi, Former Iraqi Oil Minister, Iraq-Jordan.
Saeed .H. Hassan, Former Iraqi Permanent Representative to the UN, Iraq -Egypt.
Dr Curtis F J Doebbler, Professor of law, at Najah National University, Nablus, Palestine. 
Dirk Adriaensens, Member Executive Committee BRussells Tribunal, Belgium. 
Dahr Jamail, Independent Journalist, Author of "Beyond the Green Zone: Dispatches from an Unembedded Journalist in Occupied Iraq”, USA.
Paola Manduca, Geneticist and Antiwar Activist, New Weapons, Italy. 
Bert De Belder, M.D., Coordinator, Medical Aid for the Third World, Belgium.
Mohammed Aref, Science Writer, Advisor for ‘Arab Science&Technology Foundation’, UAE. 
Abdul Ilah Albayaty, Writer, Iraqi Political Analyst, Iraq-France. 
Dr Ian Douglas, Writer, Egypt. 
Hana Al Bayaty, Iraqi International Initiative Coordinator, France-Iraq / Egypt. 
 
 
 
 
 
 
 
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27 novembre 2007 2 27 /11 /novembre /2007 22:35
Lutte ouvrière négocie des alliances avec le PCF et le PS
LE MONDE | 27.11.07 | 14h35  •  Mis à jour le 27.11.07 | 14h35

   Le changement de stratégie de Lutte ouvrière se confirme. L'organisation d'Arlette Laguiller a ouvert dans plusieurs villes des pourparlers avec le PCF et le PS, tout en refusant les offres d'alliance que lui proposait la LCR. Une première pour l'organisation trotskiste, jusqu'ici prompte à fustiger la gauche "qui trahit".
 
Marginalisée par le faible score d'Arlette Laguiller à l'élection présidentielle, L0 - qui compte seulement 33 conseillers municipaux, élus en 2001 sur des listes autonomes - a décidé d'adopter une politique à géométrie variable pour les élections de mars 2008. Là où ses troupes sont bien implantées, LO présentera des listes seule. Sa direction envisage un total de 200 listes autonomes. Ailleurs, des contacts ont été pris "avec tout le monde". Mais plus particulièrement avec le PCF et le PS.
LO ne veut pas se laisser isoler à gauche ni porter la responsabilité de la perte de mairies. Ainsi un accord a-t-il été conclu à Aubervilliers, sous la houlette de Jean-Jacques Karman, maire adjoint (PCF) : les militants de LO soutiennent la liste de Pascal Baudet, maire PCF de la ville, et devraient être en position éligible. Même chose à La Courneuve, où le maire Gilles Poux obtient le soutien des amis d'Arlette Laguiller : "Ils ont même accepté l'hypothèse d'une fusion de liste avec le PS au second tour", précise M. Poux. Des discussions ont eu lieu, samedi 24 novembre, à Saint-Denis, à Bobigny, au Blanc-Mesnil et à Aulnay-sous-Bois. LO a même demandé un rendez-vous à la fédération PCF de Seine-Saint-Denis.
"NOUS DISCUTONS"
Pour LO, il s'agit de "ne pas nuire au PCF là où le PS veut lui prendre la mairie". "Il ne nous est pas indifférent qu'il y ait 40 % de logements sociaux dans une ville", précise Georges Kaldy, membre de la direction de LO, qui se dit ouvert à la participation à un exécutif local : "Gérer une municipalité ne nous gêne pas. Il y a des petites marges pour faire avancer nos propositions." "Cette ligne semble s'appliquer partout", confirme Michel Laurent, membre de l'exécutif communiste.
Dans l'Ouest, c'est avec les socialistes que Lutte ouvrière a ouvert les "discussions". A Saint-Brieuc, la liste conduite par la députée PS Danielle Bousquet comptera un siège pour LO. Des contacts ont aussi été noués à Lorient (Morbihan), Angers et Avrillé (Maine-et-Loire). "Nous n'offrons pas nos services au PS, mais là où la gauche peut être supplantée par la droite ou regagner une municipalité, nous discutons. Nous ne voulons pas que notre score puisse favoriser la droite", insiste M. Kaldy. Ces contacts restent "isolés", précise Bruno Le Roux, secrétaire national aux élections du PS.
Il ne s'agit pas d'une révolution, assure la direction de LO, juste d'un "changement de contexte politique". "En 2001, on n'avait pas envie de cautionner la gauche au pouvoir. L'élection de Sarkozy et son offensive générale contre les travailleurs ont changé la donne", explique M. Kaldy.
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