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13 août 2007 1 13 /08 /août /2007 20:43
«On risque de retrouver un mort sous une bâche»
 
Régis Garrigue, du Samu lillois, dénonce le sort des sans-papiers en grève de la faim :
 
Par Eric Favereau
 
QUOTIDIEN : lundi 13 août 2007
 
Le Dr Régis Garrigue est médecin urgentiste. Il travaille au Samu de Lille. Ce n’est pas dans ses habitudes de parler publiquement. Mais là, depuis l’expulsion de la Bourse du travail, le 1er août, des sans-papiers en grève de la faim depuis le 15 juin , ce qu’il voit l’inquiète au plus haut point.
 
Pourquoi cette inquiétude ? 
Vu la situation éclatée, sans repères, j’ai peur qu’un jour on arrive avec une ambulance du Samu et que l’on découvre une personne sans vie.
Aujourd’hui, à Lille, les sans-papiers en grève de la faim sont précarisés. Ils sont certes libres, mais dispersés, invisibles. Après avoir été évacués il y a deux semaines par la police de la Bourse du travail où ils s’étaient regroupés, on les voit errer, sans abri et sans aucun suivi médical, alors qu’ils risquent, après bientôt soixante jours de grève de la faim, de graves séquelles. Cet isolement met leur vie en danger. Seuls les hôpitaux, les urgences, le Samu et, plus généralement, le service public hospitalier leur permettent de maintenir un accès aux soins d’urgence. Mais ce n’est pas suffisant.
 
Que peuvent faire les services d’urgence ?  
Depuis quelques jours, nous sommes confrontés à plusieurs cas de figure. Parfois, ils arrivent en groupe, de 5 à 10. Ils sont examinés, et hospitalisés s’il y a signe de gravité. Et les autres, on leur dit d’aller voir leur médecin, mais ils n’en ont pas.Vendredi soir, par exemple, nous avons été appelés. Là, on découvre qu’ils sont plus d’une vingtaine. Ils sont transis de froid. On ne peut pas les examiner sous la pluie. Ils ne veulent pas aller aux urgences. Ils restent sur place, mais personne ne les aide.
D’autres, à l’inverse, viennent à l’hôpital. Et ils restent, campent dans le hall des urgences, et peu après la sécurité vient pour les déloger. Personne ne les connaît, ils squattent un peu partout, personne ne les suit, et je suis sûr qu’un grand nombre d’entre eux sont mal informés des conséquences sur leur santé de leur grève de la faim.
 
Mais que font les médecins de ville et les associations humanitaires ? 
Nous sommes au mois d’août, les médecins de ville sont tous, ou presque, en vacances. Et la situation est d’autant plus lourde que, ces derniers jours, nous avons connu une météo d’hiver, extrêmement pénible pour ceux qui n’ont pas de toit. De fait, il n’y a personne, et les associations ne sont pas là. Où sont-elles passées ?
Où sont passées les associations humanitaires ? Où sont ceux qui organisent de grandes campagnes nationales coûtant des millions d’euros à renfort de stars et de médias ? En ce moment, les sans-papiers grévistes de la faim de Lille sont aussi des «pauvres», des «SDF», des «exclus de l’accès aux soins», des «oubliés», des «malades», des «sans-droits». Ils ont besoin d’aide. Faut-il être à Paris pour bénéficier d’une toile de tente et de la mobilisation de soignants bénévoles ?
 
Quel est votre regard de médecin, devant cette grève de la faim? 
Soyons clairs, aucun médecin ne peut cautionner ni même soutenir la grève de la faim comme modalité d’action et de révolte. Mais les associations médicales humanitaires qui soutiennent la cause des migrants sans papiers, des précaires et des exclus doivent rapidement prendre la mesure de ce qui se passe à Lille et leur apporter au plus tôt une aide indépendante et professionnelle. Car, aujourd’hui, le Samu et les urgences des hôpitaux ne peuvent plus répondre. Ils sont sollicités des dizaines de fois par jour pour leur venir en aide. Ces derniers sont pris en charge avec la même attention et rigueur que tous les patients qui font appel à nous. Mais ils arrivent dans des services hospitaliers en suractivité qui «débordent» de malades.
 
Que proposez-vous ? 
Je crois qu’il faut que le préfet accepte un point médical, identifié, dans un lieu qui soit respecté, et qu’il y ait des associations qui viennent et qui suivent les grévistes de la faim, car, autrement, on va retrouver un mort sous une bâche.
Je crois qu’il faut que la préfecture comprenne qu’il faut favoriser leur regroupement auprès d’une structure humanitaire de soins indépendante.
Les comités de soutien et la préfecture doivent au plus vite se mettre d’accord sur une sortie de crise négociée. Les urgences et le Samu doivent retrouver leur rôle de prise en charge des urgences vitales. Chacun doit retrouver sa place, assumer ses responsabilités et sortir des logiques de groupe.


http://www.liberation.fr/actualite/societe/271980.FR.php
© Libération
 
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12 août 2007 7 12 /08 /août /2007 21:13
World Socialist Web Site www.wsws.org

 
Tensions aiguës entre l’armée américaine et le premier ministre irakien
 
Par James Cogan

11 août 2007
 
 
Les relations sont quasiment rompues entre le général David Petraeus, commandant militaire de l’armée américaine en Irak, et le premier ministre irakien, Nouri al-maliki. Depuis plus d’un bon mois, il y a fuite de rumeurs de disputes féroces entre les deux hommes. Selon des politiciens irakiens qui ont parlé le week-end dernier à Associated Press, les tensions sont telles que Maliki a dit à Petraeus : « Je ne peux plus négocier avec vous. Je vais demander à ce qu’on vous remplace. »
La raison de cette animosité est l’opposition du premier ministre chiite à l’une des tactiques clé du général pour tenter de refréner les insurrections principalement arabes sunnites organisées contre l’armée américaine et le gouvernement fantoche soutenu par les Etats-Unis à Bagdad. Petraeus a encouragé ses subordonnés à proposer une amnistie, de l’argent et le pouvoir politique local aux combattants de la guérilla sunnite et aux combattants tribaux qui acceptent de renoncer à la résistance à l’occupation américaine.
Maliki voit dans les amnisties aux insurgés sunnites une menace mortelle à l’encontre de son gouvernement. Les groupements sunnites impliqués ne cachent pas leur hostilité à l’égard des partis chiites. La plupart d’entre eux sont constitués d’anciens membres nationalistes arabes ou sympathisants du Parti Baas de Saddam Hussein dont le gros du soutien découle de la population sunnite. Ils considèrent les organisations fondamentalistes chiites qui dominent le régime de Bagdad soutenu par les Américains, tel le Parti Da’wa de Maliki et le Conseil suprême islamique en Irak (SCII) comme rien moins que des agents de l’Iran voisin.
Maliki et l’establishment chiite irakien s’inquiètent et s’agitent de plus en plus tandis que Petraeus avance son plan. A l’origine, cette politique avait commencé comme une tentative pragmatique de réduire les attaques à l’encontre des troupes américaines dans la province occidentale explosive d’Al Anbar. Un contrôle effectif sur la ville irakienne de Ramadi fut accordé à un conseil tribal sunnite en contrepartie de l’aide apportée aux opérations américaines contre des insurgés encore plus durs, et que l’armée américaine qualifie comme étant « d’Al Qaïda ».
Les ouvertures faites aux tribus et aux groupes de résistance sunnites se sont faites depuis à une plus grande échelle. Des accords sont conclus avec des groupes des banlieues de Bagdad et des régions à majorité sunnite des alentours des provinces de Diyala, Saladhuddin et de Babil. Des milliers d’hommes qui ont probablement combattu les troupes américaines et les troupes gouvernementales irakiennes à un moment ou à un autre au cours des quatre dernières années sont à présent payés par les officiers américains pour faire fonction de « vigiles de proximité », de « police provisoire » ou d’« unités de réaction d’urgence ».
En procédant de la sorte, l’armée américaine a fait peu cas des craintes du gouvernement irakien, en tournant en dérision les affirmations de la Maison Blanche selon lesquelles Maliki dirige un gouvernement démocratiquement élu et un Etat souverain. La réalité est que Maliki est totalement impuissant à empêcher que Petraeus ne remette de vastes régions du pays entre les mains des forces sunnites qui rejettent son autorité et qui sont engagées à renverser son régime. Ses objections ont été balayées à grands cris par le général américain et repoussées d’emblée par le gouvernement Bush.
Des tensions sectaires entre Sunnites et Chiites qui ont déjà causé la mort de milliers de personnes et qui ont poussé des centaines de milliers d’Irakiens à quitter leurs maisons sont à présent attisées en conséquence. Sami Askari, un assistant de Maliki, a dit la semaine dernière au Los Angeles Times que la politique américaine à l’égard des insurgés sunnites était « le germe de la guerre civile ».
Lors d’une conférence vidéo avec Bush, le mois dernier, le ministre irakien frustré aurait à plusieurs reprises menacé d’armer la milice chiite si Petraeus continuait à aider les opposants sunnites de son gouvernement. La réponse méprisante de Bush fut de dire à Maliki de « se calmer ». L’armée américaine a ordonné aux unités à dominante chiite de se tenir à l’écart des régions où opéraient ses forces sunnites nouvellement recrutées mais des affrontements ont déjà failli avoir lieu. Le New York Times a rapporté le 16 juillet que des troupes américaines avaient fait appel à des hélicoptères armés pour le combat au sol et avaient pointé leurs armes sur des soldats chiites pour empêcher qu’ils ne s’attaquent à d’anciennes guérillas sunnites dans une banlieue de Bagdad.
Au sein du parlement irakien, les partis sunnites ont été encouragés à rompre avec le gouvernement Maliki. Après avoir boycotté le parlement pendant plus d’un mois, le principal bloc sunnite, le Iraqi Accordance Front (IAF), a annoncé mercredi qu’il retirait ses ministres du gouvernement après que Maliki ait rejeté une liste de revendications comprenant onze points. On trouve dans ces points, la revendications d’une influence sunnite plus grande sur les forces de sécurité irakiennes, une purge dans la nouvelle armée irakienne des loyalistes chiites fondamentalistes et la libération de milliers de Sunnites détenus pour avoir, paraît-il, participé ou soutenu l’insurrection anti-occupation. En coulisses, l’IAF s’efforce de former une coalition avec des partis kurdes, avec des formations séculaires et des opposants chiites de Maliki, une alliance qui pourrait potentiellement renverser le gouvernement.
 
Les motifs américains
 
La situation devenant chaque jour de plus en plus explosive, les médias américains évitent assidûment d’examiner les contradictions qui entourent les tractations de l’armée américaine avec les tribus sunnites et les mouvements de résistance ou leurs implications plus générales.
Petraeus a affirmé que de telles organisations collaboraient avec ses forces parce qu’elles avaient réalisé que les extrémistes sunnites inspirés par Al Qaïda représentaient un obstacle plus direct à leurs intérêts que l’occupation américaine. Des ex-baasistes et des milices tribales engagées dans une lutte pour le pouvoir avec des groupements sunnites religieux ont accepté de l’argent américain et une aide logistique et militaire dans le but de détruire leurs rivaux.
Le conflit entre les factions sunnites sert à mettre l’accent sur l’absurdité des affirmations américaines selon lesquelles Al Qaïda a été le principal protagoniste durant les quatre années que dure la guerre de guérilla anti-occupation. Le type de réaction islamique d’Al Qaïda est vu avec hostilité par les principales organisation de résistance irakiennes dont la perspective n’est pas la mise en place d’un califat sunnite islamique, comme Bush ne cesse de l’affirmer, mais de se débarrasser de l’occupation américaine. Il n’y a aucune garantie à ce que les alliés sunnites ostensibles de l’armée américaine ne retournent à nouveau leurs armes contre les troupes américaines.
L’attitude de ces factions sunnites dépendra de la poursuite ou non du soutien du gouvernement Bush au gouvernement Maliki qu’elles considèrent être une menace encore plus grande que les extrémistes religieux sunnites. Le général Rick Lynch, l’un des commandants de Petraeus, a rapporté en juin que des chefs de tribus sunnites de la province d’Al Anbar lui disaient carrément : « Nous vous haïssons parce que vous êtes des occupants, mais nous haïssons Al Qaïda encore plus et nous haïssons plus encore les Perses [c’est-à-dire les partis chiites iraniens et irakiens]. »
Le fait que l’occupation américaine facilite la montée des milices sunnites laisse supposer que la Maison Blanche a abandonné son objectif avoué d’établir un gouvernement central fort en Irak et pourrait bien préférer voir le pays se désagréger en régions se faisant la guerre. Du point de vue des objectifs américains de dominer le Proche-Orient et ses ressources, le présent arrangement politique n’est pas tenable. Maliki dirige un régime qui est dominé par les partis fondamentalistes chiites qui sont en désaccord avec des factions rivales sunnites, kurdes et chiites. La conséquence en a été la paralysie du parlement. Le gouvernement de Maliki s’est révélé incapable de faire face à la moindre demande américaine, notamment d’une loi sur le pétrole qui légaliserait l’ouverture de l’industrie pétrolière irakienne aux investisseurs étrangers et sa prise de contrôle.
Une inquiétude d’égale ou plus grande importance pour Washington est le fait que les partis chiites irakiens continuent de maintenir leurs liens politiques de longue date et leurs affinités religieuses avec le régime iranien. Compte tenu du fait que dans la région des Etats dominés par les Sunnites, tels l’Arabie saoudite, la Jordanie et l’Egypte, cachent à peine leur hostilité à l’égard de Maliki et leur sympathie vis-à-vis des insurgés sunnites, l’Iran se présente comme le seul allié régional vers lequel le gouvernement Maliki peut se tourner. Dans une situation où le gouvernement Bush est engagé dans un conflit diplomatique voire peut-être militaire avec Téhéran, des doutes existent au sein des milieux politiques américains quant à la sagesse de laisser l’Etat irakien entre les mains de Maliki. En cas de guerre avec l’Iran, les analystes de l’armée américaine ont exprimé leurs craintes que les troupes américaines et les lignes d’approvisionnement en Irak pourraient être attaquées par la milice chiite ou par des unités chiites de l’armée et de la police armées par les Etats-Unis.
Il est indéniable que de tels calculs se cachent derrière la promotion de la milice chiite tout comme derrière les exigences américaines incessantes pour qu’un rôle plus important soit confié aux personnalités sunnites au sein du gouvernement et des forces de sécurité irakiennes. Petraeus et ses officiers sont en train de rassembler un contrepoids à la force armée chiite alors que la Maison Blanche cherche à cultiver une potentielle alternative à la dominance politique chiite. Ce faisant, les Etats-Unis ne font qu’attiser la guerre sectaire qui a déjà coûté la vie à un grand nombre de personnes et causé une immense destruction.
(Article original paru le 3 août 2007)
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9 août 2007 4 09 /08 /août /2007 20:06
Le message ci dessous est la conclusion d'une brochure d'une cinquantaine de pages, une centaine de pages en format livre, de Jean Baumgarten pour la Palestine contre le sionisme.
 
  Jean Baumgarten cherche un éditeur.
 
  Pour toute information supplémentaire relative à cette brochure, répondez moi à fischer02003@yahoo.fr ou bien écrivez directement à son rédacteur à son adress électronique, jean.baumgarten@club-internet.fr     
 
  Amicalement
 
 
 
Nous pouvons maintenant résumer ici l’essentiel de notre argumentation sur le Sionisme et ses méfaits. Le sionisme dès le début, mais surtout après les années 1920, a été un outil de transformation progressif des Juifs en Palestine  (pour l’aile militarisée du sionisme c’était clair dès la fin de la première guerre mondiale) de peuple humilié en peuple exploiteur, raciste et colonisateur. Comme l’écrit Rashid Khalidi (1) « si les juifs disent nous avons un lien avec ce pays depuis des milliers d’années, pourquoi les Palestiniens n’auraient - ils pas le droit de dire eux aussi qu’ils ont un lien historique avec cette terre ?… Il est clair qu’il y a  des liens anciens entre le peuple juif, la religion juive, et Israël-Palestine. Mais nous les Arabes, nos villages, nos villes, notre civilisation, nos religions, notre présence ne comptent pour rien ? »
Dans cette phrase contenue, modérée qui convient à un colloque poli et universitaire, s’exprime en réalité une colère rentrée contre l’attitude des Juifs israéliens vis à vis des Arabes palestiniens.
C’est sous la plume d’Alain Joxe (2) que la description des faits est la plus forte : « Or le problème des Israéliens et des Palestiniens n’est pas un problème théologique mais un problème strictement local de décolonisation qu’une négociation solide avec aide internationale pourrait mener à bien. »
Bien entendu le gouvernement israélien (je devrais dire tous les gouvernements israéliens) montre depuis plus d’un an qu’il n’y a pour lui qu’une seule solution : pousser à chaque fois le « gouvernement » palestinien vers la rupture de la trêve et démontrer ainsi à l’opinion mondiale qu’il n’y a pas d’autres solutions que de lutter contre le « terrorisme » … 
 
 
 
(1) Rencontres d’Averoès.
(2) Idem.
 
Nous avons montré dans cette étude qu’il n’y avait pas de différences quantitatives entre l’attitude « modérée » sioniste et celle brutale du Likoud et de l’extrême droite.     Par  exemple  nous avons vu  que  déjà  en  1967,   les   Travaillistes promettaient la paix aux Palestiniens … alors qu’en occupant la Cisjordanie et la bande de Gaza conquises sur les  armées arabes ils allaient encore et encore se créer de nouveaux problèmes. Mais il semble bien que les désirs profonds des plus radicaux soient qu’apparaissent sans cesse de nouvelles difficultés à surmonter, à vaincre. Ainsi même « l’homme de la paix » que fut Itzhac Rabin, n’hésita pas, tout en entamant les pourparlers de paix avec les Palestiniens, à poursuivre l’œuvre de construction des colonies en Cisjordanie ! Toujours l’attitude des israéliens a été dans les négociations, de tenter d’imposer par la politique du fait accompli, leur volonté.
 Il faut rejeter, s’opposer aux « propositions conciliatrices » apparentes qui visent en réalité à endormir et à créer des obstacles au peuple palestinien. Ainsi il convient de refuser de prendre pour argent comptant les affirmations de l’aile modérée du « gauchisme » israélien dont Ilan Greisamler (correspondant du Monde Diplomatique en Israël) nous donne un exemple (1) :  « L’impossibilité à trouver chez l’autre partie des interlocuteurs capables de percer une brèche dans le refus arabe, les revendications sionistes même les plus modestes étant irrecevables, même aux yeux des Arabes les plus modérés… Nombreux ont été les intellectuels sionistes-socialistes, qui ont très tôt
 voulu multiplier les tentatives d’apaisement et de conciliation, tout en ne cédant rien sur l’édification de l’Etat Juif… » ainsi ce «  tout en ne cédant rien sur l’édification de l’Etat
juif », c’est-à-dire sans aucun doute le maintien des  colonies en Cisjordanie, l’absence du  droit au retour des réfugiés palestiniens, et le maintien des inégalités scandaleuses pour les citoyens arabes-israéliens, constituent la base intangible de la domination israélienne … 
 Le droit au retour est inaliénable, et constitue pourtant la pierre d’achoppement principale de toutes négociations ( à condition qu’elles aient lieu…).
Nous avons vu les propositions avancées dès 1967 par Maxime Rodinson et par Uri Avnery : on peut certes discuter des modalités du droit au retour, prévoir différentes étapes, accepter le dédommagement des victimes, mais on ne peut pas, il est impossible de dire « non » ! Et Ilan Greisamler affirme que « D’un point de vue purement démographique, accepter le droit au retour c’est accepter la fin de l’Etat juif. » Cette simple phrase justifie toutes les mesures militaires prises en avril et mai 1948 pour chasser la population arabe de la Palestine ! Il est clair qu’Ilan Greisamler justifie ainsi (sans doute involontairement ) tous les massacres et toutes les mesures prises à l’époque pour chasser un maximum de Palestiniens de l’Etat d’Israël en création ! Et pourtant, dans la mesure où le problème demeure le même aujourd’hui il aurait mieux valu pour les Sionistes, d’un point de vue démographique, éviter de chasser une partie des populations arabes en 1948 (et aussi en 1967). Les Arabes qui ont quitté la Palestine  ne représentaient que quelques centaines de milliers de personnes, ils sont aujourd’hui plus de 4.000.000  dont environ 1/3  croupissent  dans les camps de réfugiés ( à Gaza, en Syrie , au Liban en Jordanie  et en Cisjordanie ).  De toute manière comme on dit vulgairement « les carottes sont cuites » : dans quelques dizaines d’années il y aura un basculement de la population au sein de l’Etat Juif.
 
(1) Le Monde diplomatique.
 De 23, 2 % en 2.002, de 26% en 2006 les non-Juifs doubleront d’ici 20 ou 30 ans : il sera alors grand temps d’abolir le concept même d’Etat Juif, et de le laïciser. (Au sens français). Mais évidemment les Palestiniens, ont attendu tellement longtemps, ont espéré tant de fois, qu’ils sont aujourd’hui dans un état de désespoir et de colère infinie.
Il existe depuis quelques années un gadget donné en pâture au peuple palestinien :  officiel, pompeux et solennel. Il s’appelle « la feuille de route », et a été concocté par les Etats-Unis (avec l’accord  du gouvernement israélien) puis avalisé par l’Union Européenne et la Russie. Ce document qualifié de « mort-né » par le Canard Enchaîné dès sa publication, semble donner les mêmes droits aux israéliens et aux Palestiniens, mais il s’agit en réalité d’un leurre, d’un faux semblant. La première condition imposée aux deux parties (considérées comme « égales » ce qui est un non sens), c’est que la violence et le terrorisme cessent, alors que l’Etat d’Israël ne cesse de multiplier depuis plus de sept ans sa propre violence, brutale, inhumaine, terroriste d’Etat, contre l’embryon d’Etat palestinien. Prenons en exemple ce morceau d’anthologie : « La direction palestinienne doit lutter effectivement contre le terrorisme et respecter les principes de démocratie et de liberté. »  Que fait donc l’Etat israélien ? applique-t-il les principes de démocratie et de liberté ? l’occupation de l’embryon d’Etat palestinien par les troupes israéliennes laissant 10 % de libertés aux Palestiniens, l’entrée et le retrait permanents des troupes (les chars, les hélicoptères, les troupes d’assaut) sur le territoire palestinien, le confinement inextricable des frontières et la complexité  incroyable des conditions de circulation pour les travailleurs palestiniens, pour les médecins, pour les ambulanciers, pour les enfants des écoles, les étudiants : voilà dans quelles conditions les Israéliens exigent des Palestiniens qu’ils respectent « les principes de démocratie et de liberté » ! Comment la société israélienne peut-elle se prévaloir des principes de « démocratie et de liberté » ? Souvenons nous ici en France de la guerre d’Algérie, de ce que nous avons vécu : mesures d’exceptions en octobre 1955 contre les « rappelés » ; après l’élection triomphale de la gauche en janvier 1956, (sur un programme de « paix en Algérie ») Guy Mollet le nouveau premier Ministre fait voter par la chambre (avec le soutien des communistes) les fameux « pouvoirs spéciaux » en mars 1956, la guerre en Algérie continue, ce sera 2 ans après le putsch des généraux et  l’arrivée au pouvoir de de Gaulle qui, 4 ans après, entamera les négociations de paix : voilà le schéma auquel se raccrochent un certain nombre d’israéliens « de gauche », qui ont voté pour le Likoud pensant qu’il était mieux à même que la gauche (les travaillistes) d’appliquer  (ou plutôt d’imposer aux Palestiniens) un plan de paix. Il semble toutefois que les conditions soient totalement différentes au Proche-Orient et que la paix sera essentiellement en Israël l’œuvre d’une véritable gauche, autre que le parti travailliste. Nous espérons que cette vraie gauche verra un jour ( dans combien de temps ?) une perspective de paix se profiler … Mais  revenons à la «  feuille de route » : Dans la première phase …   « les Palestiniens doivent procéder aux arrestations de ceux qui entendent poursuivre la violence et détruire les infrastructures des terroristes, notamment en confisquant leurs armes… ». Tout est à l’avenant. Ce sont par définition les Palestiniens qui doivent commencer, ensuite Israël « démantèlera ses implantations sauvages » ( devinez quelles sont les implantations qui ne sont pas « sauvages »). Le calendrier de cette feuille de déroute est déjà en retard de plusieurs  années, et la politique menée actuellement par Emut Olmert (dans la droite ligne de celle d’Ariel Sharon) qui consiste en permanence à  l’assassinat  par avions de militants  (ou de supposés tels) du Hamas, le harcèlement militaire de Gaza  de Beit jenoun  ou d’autres lieux est l’aveu manifeste de la non volonté de paix des Israéliens. Ils sont en train d’appliquer à nouveau la politique traditionnelle qu’ils mènent depuis les années 94 – 95 : chaque seconde de gagnée pour le sionisme a une valeur !
La feuille de route est un alibi grossier pour les puissances dominantes, servant à masquer soit leur veulerie devant les actes du gouvernement israélien, soit leur accord avec la politique «anti-terroriste » de ce dernier, soit leur incapacité congénitale à intervenir dans ce conflit interminable.
Il existe un autre document c’est le pacte dit de Genève.  Ouvre t-il de nouvelles perspectives ? Il semble à priori plus crédible que la feuille de route, mais il n’a aucune légitimité pour le moment. Etant donné l’enthousiasme dont font preuve un certain nombre d’intellectuels et d’hommes politiques à son égard, on serait tenté de  croire à sa crédibilité. Cependant Michel Warschawski et Shiko Behar (1) donnent un autre son de cloche :  
« Certains des participants israéliens les plus cyniques du processus de Genève savent parfaitement bien qu’il y a une contradiction explosive entre la lecture palestinienne de l’accord et la manière dont ils le vendent au public israélien. »   Il faut savoir que le Parti Travailliste aujourd’hui est pratiquement mort. Amram Mitzna (2) ex-chef du Parti Travailliste , avec la démission des déçus du Parti Travailliste que sont Beilin et Yael Dayan (3), sont en train de former un nouveau Parti Social-Démocrate. Le Parti Travailliste s’est aligné sur la position du Likoud dans les domaines économiques et sociaux. Des parlementaires travaillistes comme les généraux Benjamin Ben Eliezer, Efraim Sneh et Dany Yatom sont probablement pires que certains députés du Likoud. Ils soulignent dans cet article que le vrai problème, (celui qui se pose depuis 1948) est d’exposer au peuple israélien et non à son « élite », les données franches du problème :
« Tout d’abord les Israéliens critiques doivent dire au public israélien que le conflit n’est pas le résultat du terrorisme palestinien ou du fanatisme, mais bien le résultat de la dépossession et de l’occupation israéliennes. La responsabilité d’Israël dans le conflit doit être établie par les Israéliens.  »
Ensuite il convient de tenir l’engagement du départ des colonies de peuplement, et, point le plus important, de régler équitablement le droit au retour des réfugiés palestiniens :
 « Enfin le droit au retour est un droit essentiel. Que certains palestiniens soient prêts à en faire un objet de négociation, prenant en considération les angoisses démographiques d’Israël, doit être compris comme une œuvre généreuse de plus de la part des Palestiniens.
 
 
 
 (1) Michel Warschawski est directeur de l’Alternative Information Center (AIC) organisation israélo-      palestinienne dont Shiko Behar est le Vice-Président. ils publient leur position sur l’accord de Genève
(2) Amram Mitzna est né en 1945 dans un kibboutz. Il fut un des militaires les plus décorés lors de la guerre de 1967 ; à l’occasion de la première Intifada il a manifesté comme général dans les territoires occupés, une détermination et une dureté dans la répression qui ne laissaient rien à envier aux faucons. ; Il fut maire de Haïfa. Arrivé en tête du Parti Travailliste en nov. 2.002, il a démissionné 9 mois plus tard à la suite de la défaite du Parti Travailliste.
Yossi Beilin , ancien ministre israélien à la Justice ; il a été l’un des responsables des négociations secrètes d’oslo.
(3) Yael Dayan fille de Moshe Dayan est membre du parti Travailliste. A la Knesset, elle a été élue régulièrement sur des listes du Parti Travailliste.
Les Israéliens critiques doivent demander à leurs concitoyens – y compris le groupe de Genève – comment ils s’y prendront pour demander aux Palestiniens de renoncer au droit du retour, avant qu’ Israël ait reconnu sa simple existence.
Comme ce fut le cas avec les accords d’Oslo de 1993, dans les « accords de Genève » le contexte est bien loin d’être plus important que le texte, et c’est toujours comme ça quand l’opinion israélienne est concernée. » Autrement dit tant que les Israéliens ne s’engageront pas, dans un texte écrit et public, à retirer les colonies de peuplement et à accorder aux Palestiniens ( au niveau des principes au minimum ) le droit au retour, la situation continuera de pourrir. Il est absolument scandaleux que des intellectuels ou des hommes politiques français croient encore aujourd’hui que l’échec de Camp David a été l’œuvre d’un Palestinien fou et sanguinaire appelé Arafat ! les problèmes cruciaux demeurent toujours 59 ans après, la question du droit au retour des réfugiés palestiniens que ni la feuille de route ni non plus les accords de Genève ne prennent en compte, ainsi que la suppression de l’ensemble des colonies de peuplement.
il n’y aura pas de changement, car les jeunes Palestiniens n’ont plus rien à perdre : ils ont montré leur véritable détermination leur obstination ainsi que leur force !
 « Les Etats-Unis se servent d’Israël comme d’une espèce de cobaye, non pour sauver ce pays mais pour l’utiliser. Et à mon avis les Israéliens vivent dans l’illusion lorsqu’ils pensent qu’au contraire ils utilisent habilement les Etats-Unis pour leur défense. » (1)
Enfin depuis quelques mois les Etats-Unis et l’Union européenne après avoir supprimé l’aide qu’ils apportaient au gouvernement palestinien ( 50.000.000 de dollars par mois pour les Etats-Unis et la même somme pour l’Union Européenne,) depuis la victoire du Hamas aux élections  du 26 janvier 2006, élections tenues par l’ensemble des observateurs occidentaux comme les plus démocratiques qui existent dans un pays arabe, et après qu’Israël ait lui même refusé de payer au gouvernement israélien le produit des droits perçus, c’est -à dire à nouveau 50.000.000 de dollars par mois ! Faisons le calcul : cela fait au total 150.000.000 de dollars par mois qu’a perdu l’autorité palestinienne soit 1 milliard 800 millions de dollars  pour toute une année.  Mais ce n’est pas tout : pour contrer le Hamas (2) il est tellement facile aujourd’hui pour les dirigeants américains de jouer le Fatah contre le Hamas ( avec évidemment le soutien de l’Union Européenne…) Mahmoud Abbas qui était considéré il y a peu de temps comme le continuateur d’Arafat est devenu actuellement le chouchou des Américains : ah comme une guerre civile inter palestinienne serait belle aujourd’hui et ferait du bien aux Etats-Unis et à l’Europe !!!
 
Les Refuzniks.
 
Il y a aujourd’hui une nouvelle composante du conflit, ou plutôt de la guerre israélo-palestinienne, qui n’est pas entièrement nouvelle mais qui depuis peu a pris une dimension inquiétante pour les politiciens israéliens : les « Refuzniks ». (3)  Dans le livre
 
(1) Rencontres d’Averroès
(2) Le Hamas parti religieux anti-sioniste devenu après les élections du 26 janvier un parti  qui tient ses promesses pour les électeurs . Lire à ce sujet : Eric Hazan. Notes sur l’occupation. La fabrique . 2.006.
(3) Ronit Chacham : « Rompre les rangs » - Fayard 2.003.
 
 
de Ronit Chacham paru au début de l’année 2.004, on apprend à mieux connaître ces « Refuzniks ». Une dizaine d’entre eux sont interviewés et montrent par quel cheminement, parfois long, ils ont été amenés à refuser la sale guerre qu’on leur impose. Pour comprendre la nature de ce mouvement citons trois cas caractéristiques. Il y a d’abord Rami Kaplan (qui est commandant, c’est-à-dire le plus haut gradé des Refuzniks), qui décrit ainsi le processus dans lequel sont engagés les soldats israéliens : « Nos jugements moraux sont systématiquement entravés par une diversité de facteurs. Nous entretenons une idéologie qui présente l’Arabe comme un ennemi dégénéré, sournois, déshumanisé… On nous encourage à faire partie du gang… Personnellement je suis partisan d’un Etat qui serait celui de tout le peuple et ne se définirait pas selon la race et la nationalité. » On est frappé de retrouver dans la description faite des « Arabes », celle que nous entendions en France durant la guerre d’Algérie, de la part des partisans de l’Algérie Française et des militaires de carrière engagés depuis l’Indochine dans un processus inéluctable de décolonisation.
Toujours existe le besoin de réduire l’adversaire à moins que rien, de le déshumaniser…
 Et il poursuit son raisonnement par cette phrase terrible pour la gauche israélienne : 
 « Les mouvements de gauche israéliens, du Parti Travailliste au Meretz en passant par le mouvement La Paix Maintenant n’ont jamais brandi le drapeau de la conscience, mais celui de l’utilitarisme. Plus l’occupation était bénéfique, moins on y opposait d’objections. » Ainsi outre l’accusation portée par Rami Kaplan contre la politique menée depuis toujours par les gouvernements israéliens, on trouve dans ce dernier extrait une accusation implacable contre la gauche qui n’a pour seul guide (sans doute au nom de « l’efficacité pragmatique ») que l’opportunisme, qualifié pour l’occasion de « pacifiste ».
Shamai Leibowitz, petit fils de Yesha’Ayahu Leibowitz, penseur religieux israélien et respecté par une partie de l’opinion , qui juste après la guerre de 1967 a supplié Israël d’abandonner les territoires et de mettre un terme à l’occupation de la terre d’un autre peuple, s’exprime ainsi :
« L’armée s’est servie de Palestiniens innocents comme boucliers humains. Ceux qui résistaient étaient abattus à bout portant. Et le plus répugnant dans tout cela c’est que la cour suprême a entériné les crimes de guerre. C’est pourquoi je suis favorable à l’idée de faire juger ses membres par le Tribunal Pénal International… De la même façon, les assassinats de Palestiniens par Israël pourraient faire l’objet d’un procès… Je compte sur les pilotes d’hélicoptères Apache et de F-16 pour refuser les ordres qu’on leur donne et réclamer un procès… »     Enfin plus loin  il  déclare :   « Soit  on défend la démocratie
 jusqu’au bout soit on renonce à l’idée même d’un Etat Juif… Le principe d’un Etat Juif m’est cher, mais pas celui qui ressemblerait à l’Egypte de Pharaon… » Cependant malgré cette vision forte, la conclusion ne manque pas d’ambiguïté : « Ce jour là (jour de la révolte des soldats, des professeurs, des rabbins,  des intellectuels …) le régime d’occupation s’effondrera… Une société authentiquement juive, une société de justice, d’équité et de compassion apparaîtra. » On voit là le ton fort, passionné du plaidoyer de Shamai Leibowitz,  mais en filigrane il reste une question mal réglée : celle du sionisme. Il est toujours difficile en Israël de s’afficher comme « anti-sioniste », et l’on comprend pourquoi. Cependant si on lit parfaitement les citations de tous les Refuzniks il est clair que l’Etat juif, ( c’est-à-dire l’Etat raciste et colonial) doit être aboli.
 Citons un troisième Refuznik, Ishay Rozen-Zvy , Sergent chef de réserve : « On n’a jamais emprunté le chemin de la paix. Les constructions dans les colonies n’ont jamais été interrompues. Bien au contraire elles n’ont fait que prospérer depuis Oslo. Jamais les Palestiniens n’ont eu d’authentique partenaire pour la paix.  Un gouvernement qui parle de paix tout en continuant à créer des colonies dans les territoires occupés est soit idiot soit malhonnête….. » Cette phrase résume tout ce que l’on peut raconter sur la « bonne volonté » des dirigeants palestiniens depuis Oslo et … depuis toujours, si on étudie sérieusement l’histoire du Sionisme et d’Israël. Citons enfin Uri Natan qui condamné en janvier 2006 à 28 jours de prison, en est à sa sixième condamnation et a déjà passé 98 jours en prison pour le même motif : «  l’Etat veut m’enrôler dans son armée d’occupation contre une population civile qui résiste. Peu importe que sa résistance soit violente ou pas. Cela dure depuis trente huit ans. Cette politique d’occupation fondée sur les points de contrôle, les barrages militaires, les couvre-feux a ruiné l’économie palestinienne. Le niveau de pauvreté de la population a atteint une limite inacceptable … »
 
Que faire ?
 
La situation économique et sociale en Israël devient désastreuse en Israël : cette situation accompagnée comme partout dans le monde des mesures libérales néo-conservatrices va avoir inévitablement comme corollaire un éveil de la lutte des classes, que comme partout, les milieux sionistes vont essayer de noyer par leurs appels à la patrie, à la religion, etc. On peut escompter par conséquent davantage de conflits sociaux au sein de la société israélienne d’où pourraient (quand ?) émerger une force irrésistible conduisant d’une part vers la paix et d’autre part,  changeant les règles de la société israélienne. (Accès égalitaire aux mêmes droits pour les citoyens israéliens d’origine non juive.)
Nous ne pouvons qu’espérer ces changements profonds  en Israël. En attendant c’est  sur la scène internationale que se joue l’avenir du peuple palestinien. Il faut dans tous les pays faire pression sur les gouvernements pour que des mesures concrètes soient prises : à commencer par le boycott des produits israéliens !(1) Il faut obliger l’Union Européenne à prendre des mesures coercitives. Il faut absolument que l’Union Européenne retrouve le chemin de la justice et de la démocratie et qu’elle reprenne son aide au gouvernement israélien interrompue depuis mars 2006. (2) Il faut en même temps que l’Union européenne attaque le gouvernement Bush et l’oblige lui aussi à reprendre le financement du gouvernement palestinien. Enfin il faut faire pression ( cela serait si simple !) sur le gouvernement israélien pour qu’il rembourse les centaines de millions de dollars qu’il doit au gouvernement israélien pour le remboursement des taxes perçues sur les produits qui passent en Palestine…  Nous devons démontrer par tous les moyens à notre disposition  au peuple israélien que la construction du mur de la honte, les destructions de milliers de maisons, l’absence de toute perspective véritable de paix (le droit au retour des réfugiés palestiniens) constituent dans leur ensemble l’obstacle véritable à la paix entre Israël et la palestine.
 
 
(1) Le boycott a été récemment décidé par une Union de syndicats britanniques : il a également été décidé en Norvège. Dans différents pays d’Europe on continue à discuter du boycott …
(2)Cette aide aujourd’hui « devrait » (conditionnel absolu !) être reprise au compte gouttes … et profiter à l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas ! Au détriment du Hamas évidemment.
 
Ce qui bien entendu ne pourra nullement empêcher tous les hommes libres et conscients sur cette terre d’exiger en Israël l’égalité des droits entre citoyens et la suppression de « l’Etat juif et démocratique » !
Oui il faudra bien supprimer ce Etat Hébraïque, théologique, et le remplacer par un Etat démocratique, véritablement laïque où règnera l’égalité absolue entre tous les citoyens quelle que soit leur origine : le droit au retour sera accordé aux citoyens palestiniens selon les méthodes examinées dans le cours de cet ouvrage : Israël, les Etats - Unis et l’Europe qui se  sont  opposés depuis 59 ans à régler ce droit contribueront, en plusieurs années, aux compensations exigées : celles ci pourraient être calculées de la même manière dont à été calculé en 2005 par Sharon le montant des dédommagements alloué aux colons de Gaza ! On considère qu’il existe aujourd’hui 250.000 familles  victimes des expropriations  de 1948 et 1967 . A chaque famille acceptant de revenir ou de rester à l’extérieur de la Palestine il sera versé une somme différente : disons deux fois plus pour celles qui ne reviendraient pas …
Il y aura beaucoup de Palestiniens qui reviendront mais sûrement pas tous, peut-être la moitié ou un bon tiers. En même temps il faut s’attendre au départ d’Israël d’au moins un million de Juifs qui, pour des raisons diverses mais liées à leur esprit colonial ne pourront s’empêcher de partir.
Ceci, c’est pour le long terme. Dans l’immédiat il nous faut lutter en Europe et en France contre une nouvelle forme de terreur qui est en train de s’imposer : la peur de voir s’installer au Proche-Orient les émules de Ben-Laden, qui s’appellent  pour les néos-cons sarkosystes le Hezbollah, le Hamas et tous ces « terroristes cachés » dont on va nous reparler !
Il faut déclarer notre solidarité avec le Hamas, le Hezbollah, même si nous n’avons pas les mêmes idées que ces groupes qui luttent authentiquement pour la libération de leur pays et contre l’impérialisme américain et européen !
Honte aux collaborateurs de ces Messieurs qui s’appellent Mahmoud Abbas et ses serviteurs du Fatah.
Vive enfin le FDPLP palestinien et le FPLP qui cherchent à regagner une partie de l’opinion. Enfin que la honte s’abatte sur l’Union européenne, et sur un gouvernement français qui s’aligne sur l’attitude coloniale-pétrolière  des Etats-Unis au Proche et au Moyen –Orient .
Comme il est curieux ainsi, une soixantaine d’années  après la fin de l’occupation allemande,  de retrouver comme adversaire le CRIF, continuateur de L’UGIF, dont on a vu au début le caractère collaborationniste ( par lâcheté et/ou par Sionisme) durant la dernière guerre mondiale.
Il faut le plus vite possible en finir avec le Sionisme, c’est le souhait ardent des Palestiniens, c’est le souhait des Juifs nombreux qui dans tous les pays et en Israël même veulent la paix immédiate, c’est le souhait de tous les êtres humains épris de lumière ! (1)
 
Jean Baumgarten
 
Juin 2007
 
(1) Avraham Burg ,ex-président de la Knesset de 1999 à 2003 et ex-président de l’agence juive dans un entretien paru dans le quotidien Haaretz, définit l’Etat juif de « ghetto sioniste » : il a quitté Israël pour vivre en France et considère qu’il est temps de dénoncer la théorie de Théodor Hertzl. Il estime que la loi du retour ( pour les Juifs) doit être remise en cause : «  c’est le miroir de l’image d’Hitler » … Quant à l’occupation de la Cisjordanie «  c’est l’anschluss… »
Signalons à ce propos que beaucoup d’intellectuels israéliens quittent Israël pensant qu’ils ne peuvent plus lutter contre un gouvernement réactionnaire et qu’ils n’ont plus de perspectives : c’était le  cas de Tanya Rheinhart ( auteur notamment de …….  Et de …..) qui avait quitté Israël il y a quelques mois et qui est  morte à New-York d’un arrêt cardiaque, c’est aussi le cas de l’historien Ilan Pappé qui vient de partir en Angleterre.
 
 
 
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8 août 2007 3 08 /08 /août /2007 21:19
Lettre ouverte au responsable des relations internationales au PCF
 
 
 
 A l’inverse de ton prédécesseur à ce poste, tu m’envoies régulièrement copie de tes interventions et appels à rassemblement au nom du PCF. Dans la période d’interrogations qui secoue l’organisation après sa récente défaite électorale, je le reçois comme la reconnaissance,
enfin, que l’avenir du parti passe aussi par les dizaines de milliers de communistes qui ne sont plus adhérents du PCF, parce qu’ils sont en désaccord absolu avec ses orientations opportunistes : il limite aujourd’hui ses ambitions à atténuer les effets du capitalisme et de l’impérialisme, au lieu de les combattre et de vouloir les supprimer.
Tu connais mon parcours, puisque nous nous sommes côtoyés de longues années au sein de ce que l’on nommait jusque dans les années 2000, la section de politique extérieure du PCF. Militant depuis 1957, élu du PCF en Val d’Oise quand ce département comptait plus de 10.000 adhérents, je m’honore d’avoir protesté contre les dérives conciliatrices de nos dirigeants dès 1981, quand ils prônaient le soutien sans principe aux mesures « d’austérité salariale » prises par un gouvernement de gauche avec des ministres communistes, contre la volonté des salariés que nous étions supposés représenter. Pour être des gouvernements successifs, pour se faire élire localement grâce aux voix « de gauche », la dérive s’est aggravée durant vingt ans : peu à peu, les dirigeants du PCF n’eurent plus pour objectif premier, que les alliances nécessaires à conquérir des strapontins de pouvoir, à les conserver. Les visées de transformation de la société, de ce fait, disparurent, au profit d’un ralliement à la croyance de la pérennité du capitalisme, qu’il suffirait « d’humaniser », y compris dans ses comportements guerriers.
L’effondrement de l’URSS, et des espoirs parfois naïfs qu’elle incarnait, facilita cette décrépitude du PCF, elle n’en fut pas la cause essentielle.
En 2007, nous sommes au terme du processus : le tissu militant, découragé, écoeuré délibérément, a progressivement disparu du PCF : le Val d’Oise n’a plus qu’un dixième des adhérents d’il y a trente ans, et j’ai moi-même abandonné l’adhésion, devenue non-sens, après vingt ans de protestations internes totalement méprisées. Plus grave encore, le PCF est contrôlé sans partage, nationalement et localement, par des carriéristes politiciens, prêts pour conserver leur pouvoir à ne pas déplaire à un parti socialiste, qui n’a « de gauche » que le nom et le verbiage. Les dirigeants européens, étasuniens, organisateurs de la mondialisation capitaliste, le savent bien, puisqu’ils ont fait de Strauss-Kahn et Lamy, socialistes français, les dirigeants du Fonds Monétaire International et de l’Organisation Mondiale du Commerce. Evidemment, le discrédit du PCF auprès de salariés qu’il ne représente plus guère, ne pouvait que devenir massif : Marie-George Buffet en a fait l’amère expérience, qui s’évertuait à expliquer qu’elle voulait « faire élire la gauche » !
Ce dernier traumatisme électoral, pour prévisible et mérité qu’il soit, annonce-t-il la disparition du PCF, s’il continue sur les mêmes bases opportunistes et suicidaires, ou sa renaissance en tant qu’organisation révolutionnaire en France ? La seconde solution est possible : il existe encore au sein du PCF des dizaines de milliers de communistes honnêtes, désireux de transformation sociales anti-capitalistes, et qui n’ont jamais retiré de leur adhésion le moindre avantage personnel, salaire ou pouvoir. Il existe aussi des milliers de communistes convaincus, rejetés par leur parti au cours des ans, souvent désespérés de cette éviction. Ils ne demanderaient qu’à affluer vers une organisation qui aurait enfin retrouvé ses idéaux fondateurs.
Malheureusement, depuis l’échec du printemps 2007, de nombreux responsables nationaux et locaux du PCF se répandent en déclarations sur la refondation nécessaire du parti, en proposant de le tirer encore plus vers la droite ; « à l’italienne », « à l’allemande », ils veulent le transformer définitivement en « machin » politicien à l’image des partis sociaux- libéraux de la gauche européenne, qui ne combattent pas le capitalisme et l’impérialisme, mais se contentent au plus d’en dénoncer les excès. Paradoxalement, leur envie peut être une chance pour le PCF : que tous les carriéristes sans principes, les partisans de ce nouveau parti social-démocrate français le forment et laissent les communistes, enfin, restaurer leur parti.
Car la France et son peuple ont plus que jamais besoin d’un parti communiste, seul capable d’organiser les aspirations populaires anti-capitalistes et anti-impérialistes. Il peut, il doit réunir les communistes véritables, dans leur diversité, qui enrichit le combat collectif au lieu de le limiter. Encore faut-il pour cela qu’il rassemble en son sein des militants sur la base de quelques principes simples, élémentaires, mais en rupture avec les dérives droitières des années passées.

~ Dans un pays capitaliste comme la France, dont la majorité des citoyens, ouvriers, chômeurs ou salariés est exploitée, au profit de minorités privilégiées, un parti organisé est nécessaire à toute stratégie de transformation sociale. Encore faut-il préciser que son objectif premier n’est pas d’accéder au pouvoir, de conquérir des postes de ministres, de responsables nationaux ou locaux, de députés ou de maires. Son rôle est essentiellement pédagogique ; il est l’outil nécessaire à convaincre la population du caractère néfaste du capitalisme, de la nécessité de le supprimer pour aboutir à une société socialiste, interdisant l’exploitation de l’homme par l’homme. Quand, et seulement alors, la majorité des citoyens aura admis ces objectifs, les communistes ne rechigneront pas aux responsabilités, pour transformer la société selon la volonté populaire, et non pour en tirer profit.

~ Le parti communiste ne peut convaincre les citoyens de ces objectifs, qu’en élaborant un programme, incluant des objectifs concrets de lutte, mais aussi un projet de société nouvelle. Il devient infantile, quinze ans après l’effondrement du modèle soviétique, de répéter avec les conservateurs de tout poil, que ce fut un échec, et d’en conclure que la société socialiste, basée sur la propriété collective des grands moyens de production, est obligatoirement condamnée aux exactions étatiques, à l’absence de démocratie politique, ou à l’inefficacité économique. Un projet socialiste autogestionnaire pour la France, déjà esquissé par le PCF il y a trente-cinq ans, est tout à fait plausible et nécessaire aujourd’hui. Il serait le moyen de reconquérir l’audience du parti, acquise quand ses membres combattaient les nazis et leurs alliés, ou quand ils luttaient pour la paix dans le monde et contre les guerres coloniales.

~ Encore faut-il que, parallèlement, le PCF ne présente plus le visage d’apparatchiks plus ou moins médiatisés, ignorant tout des préoccupations quotidiennes de la majorité des citoyens, qu’ils ne partagent plus depuis parfois des décennies de professionnalisme politicien. Il doit redonner l’image, trop souvent perdue, de responsables et d’élus immergés dans la vie réelle, le monde du travail, à l’écoute des salariés et travailleurs indépendants, avec un seul objectif militant : expliquer, convaincre, et animer les luttes populaires, sans s’ériger en donneur de leçons impératives.

~ Les communistes savent bien que le combat politique exige des alliances, y compris électorales, avec d’autres forces qui partagent certains de nos objectifs anti-capitalistes et anti-impérialistes : altermondialistes, trotskistes, écologistes de gauche, socialistes, chrétiens, etc…La liste est très longue de ces acteurs possibles d’un rassemblement progressiste, fugace ou durable. Mais cette tactique unitaire ne doit en aucun cas nous amener à nous dissoudre dans les convictions du partenaire. Et il faut en finir avec cette pratique inepte qui consiste depuis longtemps pour le PCF à réduire le niveau de ses objectifs pour parvenir aux alliances recherchées (notamment avec le PS), l’alliance n’a de sens, au contraire, qu’en fonction de l’objectif de lutte nécessaire.

~ Ce projet d’une France socialiste du XXIème siècle, doit avoir une dimension politique claire, seule capable de réconcilier les citoyens avec la République : des millions d’entre eux, parmi les plus exploités, ne votent plus ou se laissent attirer par la démagogie de droite ou d’extrême droite, parce qu’ils jugent tous les dirigeants politiques y compris ceux du PCF, inefficaces, menteurs et corrompus. Les communistes ont donc le devoir, en 2007, de dénoncer un système de plus en plus monarchique, soutenu par les dirigeants politiciens et affairistes des médias et notamment des télévisions, qui manipulent l’opinion au lieu de l’informer, et par des élus-notables prêts à oublier leurs engagements sitôt passée l’élection. A l’inverse, les communistes doivent proposer une République parlementaire, gérée à tous niveaux par les représentants de l’opinion élus à la proportionnelle, des élus responsables devant leurs mandants et révocables par eux à tout instant, et une information télévisée dont le pluralisme et l’honnêteté soit contrôlée par la représentation nationale, dans sa diversité.

~ Ce projet d’une France socialiste du XXIème siècle, doit avoir un contenu économique et social précis, qui ne peut se limiter à la défense des conquêtes du passé. Car s’il est juste de s’opposer au démantèlement de la Sécurité Sociale, des retraites, des services publics, à la privatisation des sociétés nationalisées, à la précarité de l’emploi, aux délocalisations, au manque de logements sociaux, etc…il est illusoire et démagogique de promettre le plein emploi, les logements populaires et services publics nécessaires, si l’on se refuse à mettre en cause le pouvoir de décision, qui relève de la propriété des moyens de production et d’échange. Ainsi le chômage, les délocalisations, la précarité de l’emploi sont aujourd’hui organisés à leur profit par les capitalistes, financiers et spéculateurs internationaux, qui possèdent les trois-quarts des grandes entreprises de France. Les décisions inverses, au profit des salariés et consommateurs, ne pourront que suivre la réappropriation par la nation des dites entreprises et des richesses qu’elles produisent. Les seuls pays qui, aujourd’hui, réalisent des avancées sociales révolutionnaires, comme le Venezuela, nationalisent leur patrimoine, au lieu de le livrer au pillage spéculatif. Le gouvernement Chavez n’attend pour cela ni l’autorisation des dirigeants US, ni l’assentiment de ceux d’Europe.
Autre exemple flagrant, dans une France qui compte chaque année plus de riches, et plus de sans abris : la spéculation a conduit en quelques années le prix des terrains à bâtir à un tel taux, qu’aucune collectivité ne peut réaliser les logements sociaux nécessaires, même quand elle en a la volonté. Construire assez pour loger les plus pauvres implique donc la réquisition effective des logements vides, mais surtout le blocage total, par la loi, du prix des terrains à bâtir, à un taux non spéculatif. Le PCF s’honorerait en faisant campagne pour cette mesure, révolutionnaire certes, mais susceptible d’entraîner une majorité de Français, s’ils en comprennent les enjeux.

~ Dans le monde actuel, il ne peut y avoir de lutte conséquente pour une autre société en France, sans tenir compte des problèmes internationaux, en refusant le chantage selon lequel on ne peut rien changer dans notre pays, enfermé dans les obligations de la mondialisation capitaliste et de l’Europe libérale supranationale. Le changement dans un pays est affaire de volonté politique et de soutien populaire. Plusieurs pays d’Amérique latine et Cuba prouvent que les dirigeants de l’impérialisme mondial, malgré tous leurs efforts, ne peuvent empêcher un peuple de construire son avenir quand il le veut suffisamment. Mais il faut qu’enfin le PCF retrouve dans son programme les traditions de lutte pour la paix, contre l’impérialisme, qui firent sa grandeur et sa force.
Il les a, depuis des années, abandonnées au profit de discours humanistes creux, lorgnant vers la social démocratie européenne et atlantiste, au détriment des solidarités de lutte contre l’impérialisme étasunien ou français. Exemples flagrants de cette dérive, l’inaction du PCF contre l’invasion et l’occupation de l’Irak, sous prétexte que Saddam Hussein était un dictateur ; et encore, en juillet 2007, l’absence une nouvelle fois du PCF aux côtés des trente-neuf partis communistes et ouvriers, protestant ensemble contre le projet US de bases nucléaires en Europe de l’est (parmi lesquels les PC Tchèque, de Grèce, du Portugal, de Turquie, de Chypre, le DKP allemand, le PDCI d’Italie, etc…).
Le PCF doit au contraire proclamer le droit inaliénable de la nation française de déterminer elle-même son avenir économique, social, politique, diplomatique et militaire, et son droit de ne pas subir les diktats impérialistes extérieurs. Cela implique le rejet du traité de Maastricht et de l’autorité monétaire de la banque européenne de Francfort, et la sortie de l’alliance occidentale de l’OTAN. Ceci au profit d’une diplomatie de neutralité et de solidarité avec tous les peuples, notamment ceux d’Afrique et d’Amérique latine. Les communistes doivent organiser, en France, la lutte internationale contre le colonialisme israélien, le chaos sanglant généré par l’impérialisme des USA et de leurs alliés en Irak. Mais ils doivent aussi exiger la fin des interventions militaires françaises en Afghanistan, au Tchad. Ils doivent dénoncer les rodomontades du ministre Kouchner sur le « droit d’ingérence » de la France et des grandes puissances, la pratique des dirigeants européens et de Sarkozy de piller les compétences des pays africains par « l’immigration choisie ». Ils doivent enfin proposer une solidarité réelle entre les peuples, plutôt qu’une concurrence brutale organisée par le FMI et l’OMC.

~ Telles sont les conditions essentielles d’une refondation du Parti Communiste Français, dont la permanence du nom doit garantir la fidélité aux principes qui firent sa grandeur. En tant que communiste, j’ai cru devoir apporter mon avis, et j’espère être écouté pour, comme tu le dis, « construire ensemble ».
 
Francis Arzalier
 
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8 août 2007 3 08 /08 /août /2007 21:17

 
 
Les perspectives d’Armageddon
 
 
La logique qui défend les atrocités nucléaires du passé est actuellement utilisée pour soutenir une frappe contre l’Iran
 
Abbas Edalat et Mehrnaz Shahabi
 
Le mardi 7 août 2007
 
 
Il est terrifiant, bien que non surprenant, de lire le meneur d’idées néoconservateur Oliver Kamm (écrivain et chroniqueur britannique, il est partisan de l’interventionnisme étranger. Ndt.) soutenant sur ces pages (dans un article daté du 6 août intitulé ‘Terrible, mais pas un crime’) que les bombes atomiques qui avaient ravagé Hiroshima et Nagasaki il y a 62 ans, ont sauvé des vies et mis un terme à des souffrances. Le thème sous-jacent est évident. Le même camp dont l’approbation vigoureux avait mené à la catastrophe en cours en Irak, est maintenant en train de fixer l’Iran avec un regard belliciste. La même logique absurde et dangereuse qui défend les atrocités nucléaires de 1945 peut maintenant être utilisée pour soutenir l’utilisation préventive des armes nucléaires contre l’Iran – dont la menace à son tour rend l’idée d’une attaque conventionnelle plus acceptable. Maintenant, plus que jamais, nous devons être clairs dans notre position morale : Comme Mohamed Elbaradei, le chef de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique, avait dit, la simple possession des armes nucléaires aujourd’hui devrait être considérée avec la même condamnation et l’horreur que nous regardons l’esclavage et le génocide dans notre monde moderne et civilisé.
 
Etonnamment, la catastrophe en Irak a échoué de refroidir la clique belligérante à la Maison Blanche. Il est improbable que l’arrivée hier d’une équipe de l’AIEA à Téhéran dissuade les partisans d’une frappe, nucléaire ou conventionnelle. Un tel assaut serait une violation flagrante du traité de non–prolifération nucléaire, mais ça ne serait pas la première fois que les Etats-Unis dédaignent l’accord de 1968.
 
Le traité oblige les états nucléaires de poursuivre des négociations de bonne foi pour l’arrêt de la course vers les armes nucléaires et puis vers le désarmement. Il garantit de l’aide aux états non-nucléaires pour accéder au savoir-faire et à la technologie nucléaire pacifique.
 
Les cinq premiers états nucléaires sont tous en violation du traité pour avoir échoué de prendre des mesures effectives envers le désarmement. Les USA ont systématiquement enfreint le traité dans les années 1980 et 1990 en exerçant, avec succès, des pressions sur les états et les entreprises occidentaux, tout comme la Chine et la Russie, pour ne pas entamer des collaborations nucléaires avec l’Iran – qui en tant que signataire du traité fut autorisé depuis 1970 à recevoir matériel, technologie et information pour l’usage pacifique de la puissance nucléaire. Ceci a finalement conduit l’Iran, après le bombardement par Israël en 1981 de la centrale nucléaire irakienne Osirak, vers le marché noir pour poursuivre son programme nucléaire. La dissimulation partielle consécutive des activités nucléaires de l’Iran a levé des suspicions occidentales concernant ses ambitions nucléaires, mais il est rare que la présentation des médias fasse référence au contexte dans lequel ait pris place le recours au marché noir. Il est aussi rare de voir mentionné le fait que l’AEIA n’a pas trouvé de preuve d’un programme d’armes après plus de 2200 heures d’inspections fortuites des sites nucléaires iraniens.
 
En contraste marqué des suspicions occidentales de l’Iran, le vrai programme nucléaire en Israël a été avidement sponsorisé par les gouvernements de la France, la grande Bretagne et les USA. Ils ont activement soutenu le développement israélien d’un arsenal estimé à plus de 200 ogives. C’est un programme d’armes que Tel Aviv est déterminé à envelopper dans le secret. Mordechai Vanunu a exécuté une sentence de 18 ans de prison, dont 12 ans en détention solitaire, pour avoir parlé en public en 1986 de la possession d’armes nucléaire par Israël. Le mois dernier, il a été condamné à six mois supplémentaires de prison pour avoir parlé à des étrangers.
 
Même si l’Iran discute des nouvelles inspections avec l’AEIA, le risque d’une attaque militaire à ses sites nucléaires demeure élevé. La menace israélienne de déployer des armes de destruction de bunkers nucléaires afin de détruire le potentiel d’armes iranien, est en ligne avec la stratégie de 2006 de sécurité nationale des USA, et de la doctrine du Pentagone pour les opérations nucléaires communes qui justifient l’usage des armes nucléaires tactiques conte des états à armes non-nucléaires comme une « force de dissuasion ». Le comble de l’ironie est que le principal violeur du traité, les USA, et la seule et non-signataire puissance nucléaire de la région, Israël, considèrent les frappes nucléaires sous prétexte de la limitation nucléaire.
 
L’année dernière, on a interrogé John McCain, un candidat républicain à la candidature présidentielle et un défenseur de la nécessité de garder l’option militaire contre l’Iran sur la table, sur ce que pourraient être les conséquences d’une attaque contre l’Iran. Sa réponse était seulement un mot : « Armageddon ». Après trois guerres ravageuses menées par les USA, la Grande Bretagne et Israël depuis le 9/11, la perspective d’une guerre catastrophique contre l’Iran plane sur la région.
 
Tandis que le monde se souvient de Hiroshima et Nagasaki, une déclaration internationale approuvée par une douzaine d’organisations principales pour la paix, anti-nucléaire et communautaires en Grande Bretagne, les USA et Israël, tout comme cinq prix Nobel, appelle pour un Moyen Orient sans armes de destruction massive. Israël pourrait apporter un grand service à la région en annonçant immédiatement qu’il pour le démantèlement de son arsenal nucléaire.
 
 
Abbas Edalat est professeur de Sciences Informatiques et de Mathématiques à l’Imperial College de Londres et fondateur de la Campagne contre les Sanctions et l’Intervention Militaire en Iran ; Mehrnaz Shahabi est le rédacteur en chef de la campagne www.campaigniran.org
 
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8 août 2007 3 08 /08 /août /2007 21:14
Tous ensemble, tous en blanc, le dimanche 26 août 2007 à 14 H à Paris devant la Mairie du Treizième Arrondissement
Métro Place d’Italie
 
AVI du 26 août
(Association des victimes de l'incendie du 26 août 2005)
88-90 boulevard Ney 75018 Paris .
Tél : 01.42.63.96.12 Mail : avi26a2OO5@.yahoo.fr
 
HALTE AUX CRIMES RACISTES ENCOURAGES PAR L'INERTIE
DES POUVOIRS PUBLICS
 
HOTEL PARIS-OPERA, PIXERICOURT,
VINCENT-AURIOL, ROI DORE...
MEME COMBAT !!!
 
Personne n'a pu oublier les incendies qui ont ravagé il y a deux ans plusieurs immeubles parisiens qui abritaient essentiellement des ressortissants étrangers en situation régulière et certains de nationalité française.
 
Le bilan humain est lourd
- plus de 50 personnes - parmi lesquels 33 enfants - ont péri dans les flammes ;
- 5 personnes sont lourdement handicapées, parmi elles une victime est encore hospitalisée;
- enfin, plus de 200 personnes sont toujours traumatisées.
 
Le traitement judiciaire et politique de ces tragédies ne nous permet pas aujourd'hui de faire notre deuil et de nous recueillir à l'occasion du triste anniversaire de l'incendie du boulevard Vincent Auriol (13e) survenu le 26 août 2005.
 
Pourquoi l'enquête sur cet incendie « piétine» encore alors que les responsabilités sont clairement établies ???
 
AU DELA DU DEVOIR DE MEMOIRE POUR NOS FAMILLES ET AMIS, BATTONS-NOUS POUR QUE CETTE VERITE QUI DERANGE TANT SOIT ETABLIE
 
 
 
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8 août 2007 3 08 /08 /août /2007 21:11
Le succès du site Rue89.com attire les investisseurs
LE MONDE | 08.08.07 | 15h31  •  Mis à jour le 08.08.07 | 15h31

 Les nouveaux locaux parisiens de Rue89.com, le site d'information fondé par quatre anciens journalistes du quotidien Libération, ont été cambriolés dans la nuit du vendredi 3 août. Selon Pierre Haski, responsable du site, les cambrioleurs n'ont dérobé que trois ordinateurs portables et rien n'a été fouillé. Une plainte a été déposée au commissariat du XXe arrondissement, quartier où Rue89.com est désormais installé.
 
"Rien n'est à exclure, mais je ne pense pas qu'il s'agisse d'une affaire d'Etat, explique M. Haski. C'est un cambriolage banal du mois d'août. Nos locaux, qui regroupent plusieurs start-up, sont en rez-de-chaussée et nous avons essuyé les plâtres d'un système de sécurité qui, a priori, n'a pas été très efficace..."
Créé début mai par des journalistes de Libération (Pierre Haski, Pascal Riché, Laurent Mauriac et Arnaud Aubron) ayant choisi le "plan départs" proposé par les nouveaux patrons du journal, Rue89.com s'est fait connaître rapidement grâce à plusieurs "révélations", dont celle concernant le Journal du dimanche qui avait renoncé à publier un article sur l'abstention de Cécilia Sarkozy au second tour de l'élection présidentielle.
Aujourd'hui, le site revendique 400 000 visites uniques par mois et s'est placé, en juin, en tête des durées de visites (28 minutes en moyenne) des sites d'informations. Il a même capté des recettes publicitaires dès ses débuts, ce qui, selon ses créateurs, était "inespéré".
 
"ORIGINALITÉ ET FIABILITÉ"
 
"Notre image d'indépendance joue pour beaucoup dans cette affluence, note Pierre Haski. Les internautes y trouvent aussi une grande visibilité grâce à l'importance donnée à la vidéo et à nos commentaires. De plus, nous ne nous mettons pas en concurrence avec les autres sites en courant après l'actualité. Notre originalité tient dans la fiabilité de nos informations et la plus-value que nous offrons."
Le site, lancé avec seulement 100 000 euros, emploie désormais quinze salariés dont huit journalistes. Et 280 000 euros ont pu être levés ces dernières semaines grâce à des dons d'amis, joliment baptisés "love money". Les créateurs sont également en contact avec des investisseurs extérieurs (groupes de presse, fonds d'investissement) pour une entrée minoritaire dans le capital de la société.
Déjà, Le Nouvel Observateur s'est associé au site pour créer en septembre "un portail communautaire sur l'actualité des livres" qui s'appellera bibliobs.com. Il sera piloté par Jérôme Garcin, directeur adjoint de la rédaction du Nouvel Obs, et permettra aux libraires, bibliothécaires, enseignants et passionnés de soumettre leurs critiques ou de tenir des blogs.
 
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7 août 2007 2 07 /08 /août /2007 18:53
Jean-Marie Le Pen juge "efficaces" les premiers mois de Nicolas Sarkozy à la présidence     
          
 
AP - Mardi 7 août, 09h51
 
PARIS - Les premiers mois de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République se sont déroulés avec "efficacité", a estimé mardi le chef du Front National Jean-Marie Le Pen, qui a reconnu du "talent" au chef de l'Etat.
 
"Il a passé la première phase de sa lune de miel avec je crois assez d'efficacité" , a-t-il déclaré sur RTL, soulignant qu'après trois mois passés à la tête de l'Etat, "il n'y a pas de sujet de contestation grave".
"Je crois que chacune de ses actions est mûrement réfléchie, pesée, très bien informée et jusqu'ici assez bien réalisée, il faut le dire", a-t-il ajouté tout en saluant un aspect "moralement positif" de l'action du chef de l'Etat: "il tient un certain nombre de ses promesses électorales".
"Même si je le prends un peu pour un illusionniste" , a toutefois tempéré M. Le Pen, considérant le chef de l'Etat comme "un illusionniste de grand talent" qui "tient à son image d'omniprésence, de travailleur infatigable" . "Et cela c'est pour l'instant assez payant", a-t-il estimé.
Le président du FN a également salué l'indépendance du président de la République qui "reçoit qui il veut, quand il veut, où il veut", a souligné Jean-Marie Le Pen, qui a lui-même été reçu à l'Elysée à deux reprises depuis l'élection de M. Sarkozy, dont une "un quart d'heure avant la réunion du conseil des ministres".
"Je crois que ce n'était pas tout à fait innocent de sa part", a estimé le chef du FN, qui rappelle qu'il n'a jamais été reçu par Jacques Chirac en douze ans de mandat.
Jean-Marie Le Pen a toutefois regretté que son courant ne soit pas représenté au sein du comité de réflexion sur la réforme des instituions de la Ve République mis en place par le président.
"Il dit que cette commission représente tous les courants politiques, philosophiques de la nation", a dénoncé le leader frontiste, mais "il n'y a pas de représentants du Front national alors que nous avons des candidats de compétence au moins égale à celle des gens qui ont été désignés", a-t-il revendiqué, citant en exemple Bruno Gollnisch, docteur en droit, et le professeur Jean-Claude Martinez, agrégé de droit public.AP
pf/ma
 
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7 août 2007 2 07 /08 /août /2007 18:44
Malgré le vote, l'impasse libanaise, par Mouna Naïm
LE MONDE | 07.08.07 | 13h52  •  Mis à jour le 07.08.07 | 13h52

 Au Liban, même les chiffres sont politiques", a dit un jour l'ancien premier ministre Sélim Al-Hoss. La preuve éclatante vient d'en être faite par l'interprétation divergente que la majorité et l'opposition donnent des résultats de l'élection législative partielle organisée dimanche 5 août, dans la région du Metn nord, au nord-est de Beyrouth. Au comptage des voix, l'opposition, représentée par le Courant patriotique libre (CPL) du général Michel Aoun, l'a indiscutablement emporté, même si ce n'est que d'une courte tête. Mais, à l'aune de l'exégèse de la répartition des voix, la majorité revendique une victoire.
 
Dans les faits, la majorité a perdu un siège au Parlement, mais elle demeure majoritaire. L'opposition en a gagné un, mais elle demeure minoritaire. Et au final, quelles que soient les interprétations des uns et des autres, le scrutin révèle l'impasse dans laquelle la majorité et l'opposition et, dans ce cas précis, les formations politiques chrétiennes, se sont fourvoyées.
Au Liban, compte tenu de la pluralité communautaire, les sièges sont répartis entre chrétiens et musulmans. Dimanche, les électeurs étaient invités à choisir un successeur maronite (catholique) à Pierre Gemayel (maronite), membre de la majorité politique, assassiné le 21 novembre 2006. La personnalité des candidats comptait relativement peu au regard des enjeux ouvertement définis par les forces en présence, à savoir le choix d'une "ligne politique" pour l'avenir du pays. Chacune des deux parties s'est présentée comme le héraut du respect de l'indépendance, de la souveraineté du Liban et de l'intégrité de son territoire, en déniant à l'autre le droit de s'en revendiquer.
Alors que l'exacerbation des tensions à la veille du scrutin faisait craindre une dégradation de la situation sur le terrain, le vote s'est déroulé sans incident notable. Près de 80 000 électeurs sur les plus de 169 000 inscrits sont allés aux urnes, dans cette région tant côtière que montagneuse du nord-est de Beyrouth. Ici, l'écrasante majorité de la population est chrétienne, mais elle compte des maronites (catholiques), des grec-orthodoxes et des Arméniens grec-catholiques et grec-orthodoxes, selon une répartition géographique nettement identifiable.
C'est cette répartition, et le décompte détaillé des résultats des bureaux de vote, qui permettent à la majorité d'affirmer que le général Aoun ne peut plus prétendre représenter 70 % des chrétiens toutes régions confondues, comme il le faisait depuis les élections législatives générales de 2005. Dressant l'inventaire de la répartition des voix, M. Gemayel a notamment constaté qu'il avait obtenu 57 % des voix des chrétiens maronites, imputant la victoire de son rival aux minorités chiite et sunnite de la région, ainsi qu'au parti arménien Tachnag. Il a dénoncé lundi des irrégularités dans le vote arménien et annoncé qu'il allait présenter une protestation auprès des autorités concernées.
Dans la région du Metn nord, le CPL avait décroché en 2005 63 % des suffrages. S'il n'en engrange cette fois-ci que 51 %, c'est, selon ses responsables, parce qu'il n'a vraiment mené campagne que 72 heures avant le scrutin. Il aurait espéré jusqu'à la dernière ligne droite que les tentatives de conciliation entre les deux camps, conduites par la hiérarchie religieuse maronite, porteraient leurs fruits. Ils font également valoir que la bataille était d'autant plus rude que leur candidat, nonobstant ses qualités personnelles, pesait politiquement de peu de poids contre son rival, ancien président de la République, après avoir été longtemps député.
Cette version est contestée par la majorité. Elle considère que le CPL a perdu du terrain en raison de son alliance avec des formations politiques ouvertement alliées à la Syrie - et aussi à l'Iran pour le Hezbollah, par ailleurs tenu pour responsable d'avoir entraîné le Liban dans une guerre contre Israël à l'été 2006. Aussi, dit la majorité, est-ce contre cette "ligne politique" que les "chrétiens" ont massivement refusé leurs voix au CPL.
Walid Joumblatt, chef du Parti socialiste progressiste (druze) et l'un des chefs de file de cette majorité, a aussitôt projeté cette conclusion sur l'avenir immédiat, c'est-à-dire sur l'élection présidentielle de l'automne. Dès dimanche soir, il a estimé que la majorité a "désormais une meilleure chance de porter à la présidence de la république un homme parmi les siens". Les responsables du CPL réaffirment de leur côté à l'envi que "dans une démocratie consensuelle", le futur président doit refléter une entente entre toutes les parties, "ce qui ne peut se faire que par un apurement des contentieux" et la formation d'un gouvernement "de salut national".
L'élection partielle du Metn nord en a éclipsé une autre à Beyrouth, à l'issue de laquelle le candidat de la majorité a remporté le siège sunnite (musulman) laissé vacant par l'assassinat le 13 juin 2007 de Walid Eïdo, député de cette majorité. Le Liban n'étant pas à une contradiction près, ce double scrutin décidé par le gouvernement n'a pas échappé à la règle.
Une partie des opposants s'y est en effet engagée, alors même que l'opposition dans son ensemble en contestait au départ la validité, au même titre qu'elle dénie toute légitimité au gouvernement, considéré comme constitutionnellement illégitime depuis la démission en novembre 2006 des cinq ministres chiites. Aux yeux de la majorité, cet engagement dans la bataille électorale a valeur de validation de la part des opposants.
Au point où en sont les choses, les perspectives de solution de la crise dans laquelle le Liban est plongé depuis au moins neuf mois sont toujours au point mort. Mais le compteur tourne. L'élection présidentielle doit avoir lieu dans les deux mois précédant la fin du mandat du chef de l'Etat, le 23 novembre à minuit.
 
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7 août 2007 2 07 /08 /août /2007 18:32
Fatah et Hamas s’affrontent sur le campus de Naplouse
 
Tensions accrues entre étudiants des factions rivales après des heurts qui ont fait un mort.
 
Par DELPHINE MATTHIEUSSENT
 
QUOTIDIEN : mardi 7 août 2007
 
«N ous défions le présent pour façonner le futur.» Le slogan surmonte fièrement la porte d’entrée de l’université Al-Najah à Naplouse, une des principales universités de Cisjordanie. Pour Bayan Dahaghmeh, 20 ans, étudiante en arabe, le défi, ces derniers jours, lorsqu’elle se rend à l’université, est d’oublier. Elle tente d’effacer de son esprit les scènes de violence
auxquelles elle a assisté le 24 juillet sur le campus, lorsque des heurts opposant des sympathisants du Fatah et du Hamas ont fait un mort et plusieurs blessés.
 
«Provocation».  «Les images du meurtre de Mohammed [étudiant membre du Hamas tué pendant les affrontements par un homme du Fatah, ndlr] - la façon dont ils lui ont tiré dessus à bout portant, alors qu’il avait le dos tourné - m’obsèdent», explique d’une voix saccadée la jeune fille, une sympathisante du Hamas, la tête couverte d’un hijab blanc. «J’étais juste à côté. Le bas de ma robe a été éclaboussé de son sang. Chaque fois que je me souviens de ce qui s’est passé, j’ai l’impression que je vais m’effondrer.» Les étudiants en sont venus aux mains après la publication par des représentants Hamas du campus d’un communiqué condamnant l’arrestation de trois Palestiniens armés par des militaires ­israéliens.
Les organisations étudiantes s’étaient engagées en juin, peu de temps après la prise du pouvoir du Hamas à Gaza, à s’abstenir de toute activité à caractère politique afin de ne pas menacer le fragile équilibre au sein de l’université, où les partis rivaux sont arrivés à égalité lors des dernières élections universitaires, en novembre 2006. Suite à la publication du communiqué, des membres des Brigades Al-Aqsa, un groupe ­armé affilié au Fatah, le parti du président palestinien Mahmoud Abbas, ont dénoncé la «provocation» du Hamas et sont ­intervenus sur le campus, où ils ont ouvert le feu. Sept étudiants ont été blessés, dont trois par balles. L’un d’entre eux, grièvement atteint, est décédé peu de temps après.
Depuis la violente prise de pouvoir du mouvement islamiste dans la bande de Gaza mi-juin, les arrestations de membres du Hamas par les services de sécurité du Fatah en Cisjordanie ont provoqué un regain de tension sur les campus universitaires. L’hostilité latente entre étudiants du Hamas et du Fatah s’est à plusieurs ­reprises transformée en violences ouvertes. Mi-juillet, quelques jours avant les incidents de l’université de Naplouse, l’université de Bir Zeit, près de ­Ramallah, a ainsi fermé ses portes pour quelques jours en raison d’incidents entre étudiants des deux mouvements palestiniens rivaux.
«Depuis la fusillade d’il y a dix jours, l’atmosphère est complètement viciée sur le campus, explique Leyali Ya’iish, 21 ans, qui suit des cours en quatrième année d’art à l’université de Naplouse. La division entre Hamas et Fatah est devenue très claire, les groupes d’étudiants du Fatah sont d’un côté, ceux du Hamas de l’autre. Ils ne se parlent pas, ne se regardent pas et s’évitent dans les couloirs. Je reste avec mon groupe des ni Fatah ni Hamas , et quand je vois [les groupes du Fatah et du Hamas] je tremble et je fiche le camp. Comment étudier normalement dans ces conditions ?»
Les événements de Gaza n’expliquent pas à eux seuls les incidents récents. «En 1982, lorsque les islamistes avaient remporté les élections universitaires, le Fatah n’avait pas accepté le résultat, cela avait dégénéré en violence, et l’université avait fermé pendant deux mois. Le fond du problème est toujours le même : l’administration de l’université de Naplouse est traditionnellement pro-Fatah et les étudiants islamistes s’y sentent discriminés. Quand vous ajoutez à cela les événements de ­Gaza et la présence massive des groupes armés à Naplouse, vous parvenez au drame d’il y a dix jours», explique Iyad Barghouti, professeur de sciences politiques et directeur du Centre de Ramallah pour les droits de l’homme.
 
«Orage».  Une discrimination anti-Hamas formellement récusée par la direction d. «L’éducation est notre priorité, et nous tenons à maintenir une stricte neutralité à l’égard des étudiants du Fatah et du Hamas, assure Nabil Alawi, directeur de la communication de l’université de Naplouse. La situation sur le campus est stable, les étudiants sont ­occupés à s’inscrire pour le semestre d’automne. Nous avons pris tous les ­contacts auprès des responsables du ­Fatah et du Hamas pour éviter toute nouvelle violence sur le campus.» Pour ­Ahmad Daas, 21 ans, membre Fatah du conseil des étudiants, le calme actuel sur le campus pourrait n’être qu’illusoire. «C’est le calme avant l’orage. Quand le ­semestre d’automne commencera, il n’y aura non pas 7 000 étudiants, comme c’est le cas actuellement, mais 16 000, et les tensions seront amplifiées d’autant, explique le jeune homme, étudiant en tourisme et en archéologie. La communication a été complètement rompue entre le Hamas et le Fatah. Il s’agit maintenant d’une division totale, d’un tournant à 180 degrés. Après ce qui s’est passé, le Hamas veut se venger.»


http://www.liberation.fr/actualite/monde/271067.FR.php
 
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