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13 mai 2016 5 13 /05 /mai /2016 19:12

http://www.liberation.fr/france/2016/05/13/a-rennes-la-maison-du-peuple-evacuee_1452414

A Rennes, la Maison du Peuple évacuée

Par Pierre-Henri Allain, correspondant de Libération à Rennes

La salle de la cité, ancien fief de la Confédération Générale du Travail (CGT) et des Transmusicales, était occupée depuis une semaine par des opposants à la loi travail, des intermittents du spectacle et des militants du mouvement des Nuits Debout. Ils ont été délogés par le RAID, Vendredi 13 Mai 2016, sans heurts.

Après une douzaine de jours d’occupation, la Maison du Peuple, ou salle de la cité, à Rennes, a été évacuée, Vendredi 13 Mai 2016, sans heurts majeurs, ni blessés, comme on pouvait le craindre. Depuis la décision de la ville de Rennes, Mercredi 11 Mai 2016, de ne pas prolonger l’autorisation d’occupation de cet ancien fief de la CGT et des Transmusicales, situé dans le centre névralgique de la ville, opposants à la loi travail, précaires, chômeurs et intermittents avaient pris leurs dispositions, barricadant les accès à la salle dans l’attente d’une intervention.

Celle-ci a eu lieu vers 6 heures du matin Vendredi 13 Mai 2016 avec les grands moyens. Des gendarmes mobiles et une équipe du RAID ont d’abord forcé les barrières métalliques du côté de la rue Saint-Louis pour accéder à la salle. Une cinquantaine de militants ont alors été délogés sans violences.

« Nous nous tenions tous les uns contre les autres et les gendarmes ont dû nous saisir un par un pour nous évacuer », raconte Camille, jeune mère de famille de vingt quatre ans. « Mais cela n’a pas été trop violent. Lorsque certains gendarmes ont voulu nous prendre par la tête, nous avons protesté et cela s’est fait plutôt en douceur. Nous sommes sortis en faisant un maximum de bruit et en chantant ».

Mélange bigarré

Pendant ce temps, une vingtaine de militants s’étaient réfugiés sur le toit de la salle de la cité où des policiers du RAID, suspendus dans une nacelle accrochée à la grue d’un chantier voisin, étaient prêts à intervenir. Finalement, la grande échelle des pompiers a pu s’approcher du toit du bâtiment et permettre d’évacuer un à un les derniers militants. L’un d’eux a fait état « de clés de bras pour nous maîtriser » et les forces de l’ordre ont procédé à une interpellation. Après environ trois heures d’opération, la salle de la cité était vidée de ses derniers occupants et les policiers ont alors repoussé à l’aide de gaz lacrymogènes les quelque deux cent manifestants qui s’étaient regroupés dans les rues adjacentes. Vers midi, le quartier était bouclé mais avait retrouvé un certain calme.

Camille, assise à la terrasse d’un café avec son bébé, regrettait toutefois une occupation pacifique et inédite à Rennes, ayant pendant près de deux semaines mobilisé un mélange bigarré d’opposants à la loi travail et autres adeptes du mouvement des Nuits Debout. « C’était génial », lâche la jeune femme, qui s’est occupée plus spécialement de la cantine collective. « Il y a toujours eu une très bonne ambiance, avec beaucoup de débats. Sans tapage pour le voisinage et sans que personne ne pose de problème ».

Au lendemain du premier mai, une bonne centaine de militants en avait fait leur quartier général, multipliant les initiatives, projections de films, concerts, soirées débats, kermesse, assemblées générales et groupes de réflexion autour des thèmes du moment, l’état d’urgence, les violences policières et la loi travail. Le tout relayé par une « radio pirate » diffusant musiques et informations tout au long de la journée. Dès la Maison du Peuple évacuée, des agents de la ville sont allés inspecter les lieux. Selon la préfecture, une remise en état sera nécessaire en raison de dégradations. Camille, comme beaucoup de militants, ne songeait plus, elle, qu’à récupérer ses biens personnels restés à l’intérieur du bâtiment.

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13 mai 2016 5 13 /05 /mai /2016 15:00

http://www.revolutionpermanente.fr/Derniere-minute-Occupation-de-l-ecole-de-Beaux-Arts-de-Paris

Occupation de l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux Arts (ENSBA) de Paris

Aujourd’hui, jeudi 12 mai 2016, étudiants et amis de l'ENSBA, décidons d’habiter durablement notre école.

Les semaines passées, nous avons tenté de construire des châteaux communs sur la place de la République à Paris, ils ont été systématiquement détruits. Puisque ces expulsions ne se font jamais sans violence, puisque deux étudiants ont été hospitalisés dans la nuit du Jeudi 28 Avril au Vendredi 29 Avril 2016 et puisque nous n’avons plus d’endroits où nous réunir, nous déclarons l’ouverture du cinquième château commun, ici près de nos ateliers, à l’école.

À l’instar des précédentes constructions, le château commun est ouvert, joyeux et déterminé. Il s’y passera ce que vous en ferez et, ensemble, nous construirons des formes et nous continuerons le début. Parce que nous sommes ouvert aux mondes, nous sommes radicalement fermés aux mondes du travail, de la police et du marché. Le pont-levis est en revanche bien baissé pour les étudiants qui veulent bosser la nuit, pour les amis des manifestations contre la loi travail et pour les précaires en tous genres, les camarades qui ne se plient pas aux injonctions de la préfecture et les syndicalistes prêts à saboter.

Nous saluons les occupations de ces dernières semaines, la maison du peuple à Rennes, la commune Saint-Nicaize à Rouen, les intermittents au théâtre de l’Odéon et les étudiants de l'université de Saint Denis.

Nous sommes également solidaires des luttes des écoles d’art pour le maintien d’un enseignement artistique plutôt qu’une marchandisation de nos pratiques. Nous refusons la fermeture d’écoles au motif d’infinies restrictions budgétaires. Aussi informel et radical soit-il, nous nous réclamons de ce mouvement et, puisque demain s’ouvre au pied de biche, nous appelons tout le monde à occuper la place qui est la leur, à bloquer les entreprises qui exploitent et à habiter les lieux qui nous sont chers.

Avec le troisième alinéa du quarante neuvième article de la constitution et les violences policières, déjà dénoncées par nos professeurs dans une tribune commune, l'état se radicalise dans son autorité. S’il vient à montrer ses bras à nos meurtrières une nouvelle fois, montrons que nous saurons fortifier notre école, que nous sommes ingouvernables et que nous resterons tant que nous en aurons besoin.

Nous invitons tout le monde à participer à une grande assemblée générale inter-écoles, inter-luttes et inter-professions, demain, Vendredi 13 Mai 2016, à 18 heures, ici, à l'ENSBA.

La préfecture et ses policiers ont tenté de nous détruire, à nouveau nous reconstruisons.

Tenons la rue, tenons nos lieux, prenons les autres et dansons sur le cadavre du vieux monde.

Château Commun

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12 mai 2016 4 12 /05 /mai /2016 19:17

Dilma Rousseff écartée du pouvoir au Brésil (Reuters)

Dilma Rousseff a été suspendue de ses fonctions Jeudi 12 Mai 2016 après le feu vert donné par les sénateurs à l'ouverture d'un procès en destitution visant la présidente brésilienne, accusée d'avoir maquillé les comptes publics pour faciliter sa réélection en 2014.

La chef de l’état sera remplacée par son vice-président Michel Temer le temps que durera le procès, d'une durée maximale de cent quatre vingt jours, dont l'organisation a été approuvée par cinquante cinq sénateurs sur quatre vingt un. Une majorité simple de quarante et un sénateurs suffisait.

Au terme de ce procès en destitution, une majorité des deux tiers, soit cinquante quatre voix sur quatre vingt une, sera nécessaire pour acter la mise à l'écart définitive de Dilma Rousseff. Dans cette hypothèse, Michel Temer, membre du Parti du Mouvement Démocratique Brésilien (PMDB), assurerait la présidence jusqu'à la fin de son mandat, le 31 décembre 2018.

Agé de soixante quinze ans, centriste, spécialiste de droit constitutionnel qui a passé des décennies au congrès, Michel Temer devrait annoncer dès le Jeudi 12 Mai 2016 la composition de son gouvernement. Il promet des politiques favorables aux marchés afin de réduire le déficit budgétaire et l'inflation.

Henrique Meirelles, ancien président de la Banque Centrale du Brésil, sera nommé aux finances, a indiqué un de ses conseillers.

L'opposition reproche à Dilma Rousseff d'avoir ruiné une économie qui fut un temps l'une des plus performantes des pays en développement en mettant en oeuvre des mesures qualifiées de populistes qui se sont traduites par une envolée des prix à la consommation, une entrée en récession et une explosion du chômage.

Un traitement douloureux mais nécessaire

« Aujourd'hui, nous essayons de surmonter cette situation en révoquant ce gouvernement irresponsable. Nous n'avons pas d'alternative », a déclaré le sénateur Blairo Maggi, l'un des plus gros producteurs brésiliens de soja, qui devrait entrer au gouvernement de Michel Temer pour prendre le portefeuille de l'agriculture.

« La destitution est une tragédie pour ce pays, c'est un traitement douloureux mais nécessaire et continuer avec le gouvernement de Dilma Rousseff serait une tragédie encore plus grande », a renchéri le sénateur José Serra, pressenti pour devenir ministre des affaires étrangères, pendant les vingt heures de débat qui ont précédé ce vote historique à Brasilia.

La présidente a également souffert des multiples scandales de corruption qui éclaboussent depuis des années une grande partie de la classe politique brésilienne.

Au coeur de ces scandales figure la tentaculaire affaire Petrobras, du nom du géant pétrolier brésilien que Dilma Rousseff a dirigé avant son élection.

La chef de l’état n'est pas accusée de corruption, Michel Temer non plus, contrairement à certains de ses alliés et collègues au sein du PMDB. Le parquet souligne qu'il est loin d'avoir terminé son enquête.

A l'extérieur du sénat, protégé par une clôture métallique érigée pour séparer les manifestants, près de six mille partisans de la destitution se sont réunis pour exprimer leur joie tandis que la police utilisait des gaz lacrymogènes pour disperser les soutiens de la présidente.

Dilma Rousseff a dissous son gouvernement, montre le Journal Officiel, et a donné des instructions pour ne pas faciliter la transition, car elle considère sa suspension comme illégale.

Son gouvernement s'était tourné vers la cour suprême pour contester la procédure mais son recours a été rejeté Mercredi 11 Mai 2016.

Dans son bureau du Planalto, le palais présidentiel, ses conseillers ont rangé ses affaires et débarrassé les étagères.

Le parti des travailleurs a tellement fait pour nous

Première femme élue à la tête de la première puissance économique d'Amérique Latine, en 2010, Dilma Rousseff, soixante huit ans, a dénoncé à de multiples reprises un coup d’état.

Elle s'exprimera à 10 heures du matin, 13 heures GMT, avant de quitter le palais présidentiel du Planalto. En tant que présidente suspendue, elle pourra continuer à habiter dans sa résidence officielle et à utiliser un avion de l'armée de l'air pour ses déplacements.

Les sondages d'opinion montrent qu'une écrasante majorité de brésiliens souhaitaient que Dilma Rousseff soit destituée, mais Michel Temer ne jouit pas non plus d'une immense popularité.

Selon un récent sondage de l'institut Datafolha, seul un pour cent des électeurs brésiliens voteraient pour lui s'il se présentait comme candidat à la présidence en 2018, ce qu'il assure ne pas avoir l'intention de faire.

D'autres enquêtes d'opinion montrent qu'environ soixante pour cent des brésiliens souhaitent qu'il soit destitué lui aussi.

Michel Temer hérite d'un pays dont le déficit budgétaire dépasse dix pour cent du Produit Intérieur Brut (PIB), où le chômage est en hausse et où l'investissement est en baisse. Les projections anticipent une contraction de plus de trois pour cent du PIB en 2016.

« Seules de grandes réformes peuvent empêcher le Brésil de sauter de crise en crise », estime Eduardo Giannetti da Fonseca, économiste et écrivain.

Même si les partisans de l'opposition ont fait la fête sur l'avenue Paulista, l'avenue centrale de Sao Paulo, la plus grande ville du pays, beaucoup de brésiliens s'inquiètent de la fin des plus de treize années au pouvoir du parti des travailleurs, une époque ouverte avec l'élection en 2002 de Luiz Inácio Lula da Silva, mentor de Dilma Rousseff.

« Est-ce que Dilma a fait des erreurs, évidemment. Mais le parti des travailleurs a tellement fait pour nous, pour le peuple », souligne Benedito Polongo, un concierge de soixante trois ans, qui se souvient qu'il n'avait ni travail ni compte en banque avant l'accession de Lula à la présidence en janvier 2003. « Je crains que ceux qui vont lui succéder vont effacer tout ce qui avait été fait pour les pauvres ».

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12 mai 2016 4 12 /05 /mai /2016 18:55

http://www.motiondecensure.fr

Motion de censure citoyenne

Nous lançons aujourd’hui avec cent cinquante personnalités une motion de censure citoyenne. Vous aussi, ajoutez votre nom pour censurer ce gouvernement

Depuis des mois, nous sommes des millions à exprimer notre opposition et notre colère contre le projet de loi travail.

Nous ne voulons pas d’un texte qui facilite les licenciements, permette de contourner la loi dans les entreprises pour abîmer nos conditions de travail et menace notre vie quotidienne.

Le gouvernement n’a pas de majorité pour voter cette loi, ni dans le pays, ni à l'assemblée nationale. Il a décidé de passer en force, en utilisant une anomalie démocratique, le troisième alinéa du quarante-neuvième article de la constitution.

Ce gouvernement n’a plus la confiance des salariés. Il n’a plus notre confiance.

En ajoutant mon nom à ce texte, je le censure.

Premiers signataires

Christophe Alévêque, Etienne Balibar, Eric Beynel, Michelle Biaggi, Michel Broué, Samuel Churin, Annick Coupé, Thomas Coutrot, Caroline de Haas, Rokhaya Diallo, Eric Fassin, Susan George, Karl Ghazi, Denis Gravouil, Razmig Keucheyan, Pierre Khalfa, Philippe Marlière, Roger Martelli, Mohammed Oussedik, Willy Pelletier, Didier Porte, François Ruffin, Philippe Torreton, Sophie Wahnich

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12 mai 2016 4 12 /05 /mai /2016 18:32

Faible mobilisation contre la loi travail (Reuters)

Les sept syndicats opposés à la loi travail n'ont pas réussi Jeudi 12 Mai 2016 à donner un nouvel élan à la mobilisation en dépit de la colère provoquée par le passage en force du gouvernement, qui a recouru la veille au troisième alinéa du quarante-neuvième article de la constitution.

Lors de cette cinquième journée nationale de manifestations, la Confédération Générale du Travail (CGT), la CGT Force Ouvrière, la Fédération Syndicale Unitaire (FSU), l’Union Syndicale Solidaire (USS), l’Union Nationale des Etudiants de France (UNEF), l’Union Nationale Lycéenne (UNL) et la Fédération Indépendante et Démocratique Lycéenne (FIDL), ont rassemblé de maigres cortèges dans la plupart des villes et la CGT n'a pas donné de chiffre national de participation.

De nouvelles violences ont émaillé les défilés à Paris, Nantes, Toulouse ou Caen. L'opposition de droite a de nouveau reproché au gouvernement de laisser se transformer les rues et places en scènes de guérilla urbaine.

A Paris, où entre onze mille cinq cent et douze mille cinq cent personnes ont manifesté, selon la police, et cinquante mille personnes selon la CGT, des groupes de jeunes masqués ont jeté des projectiles sur des membres du service d'ordre des syndicats, faisant plusieurs blessés.

Ils s'en sont ensuite pris aux forces de l'ordre et ont dégradé des biens publics. Deux personnes ont été interpellées, selon la préfecture de police.

Les responsables syndicaux, qui appellent à deux nouvelles journées de grèves et de manifestations les Mardi 17 Mai et Jeudi 19 Mai 2016, ont rejeté l'idée d'un baroud d'honneur et veulent continuer à faire pression sur les élus pour obtenir gain de cause.

« Nous rentrons dans un bras de fer », a assuré Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de la CGT Force Ouvrière présent dans le cortège parisien, qui devait arriver devant l’assemblée nationale lors du vote d'une motion de censure de l’opposition de droite vouée à l'échec.

La mobilisation contre la loi travail avait culminé le Jeudi 31 Mars 2016, avec entre trois cent quatre vingt dix mille et un million deux cent mille personnes, selon les sources, défilant à travers la France, avant de s'étioler au fil des manifestations.

Dénonçant le recours du gouvernement au troisième alinéa du quarante-neuvième article de la constitution, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a appelé jeudi dans l'Humanité à « passer à la vitesse supérieure ».

Il a rappelé que le Contrat Première Embauche (CPE) avait été adopté en 2006 grâce au quarante-neuvième article de la constitution avant d'être abandonné par le gouvernement face à la pression de la rue.

Stéphane le Foll exclut un retrait

Le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, a fermement écarté l'éventualité de voir le projet de loi travail partager le même sort que le CPE. « Il n'y aura pas de retrait de cette loi », a-t-il affirmé.

A Toulouse, entre trois mille et douze mille personnes selon les sources ont défilé, Jeudi 12 Mai 2016, fustigeant le passage en force du gouvernement et son refus du débat démocratique.

« La manifestation d'aujourd'hui n'est pas un baroud d'honneur et la bataille se poursuit », a dit à Reuters Bernard Dedeban, secrétaire général de la FSU du département de la Haute Garonne.

« L'enjeu de cette journée et de celles des Mardi 17 Mai et Jeudi 19 Mai 2016 est de peser afin que lors des prochains examens du texte devant l’assemblée nationale, les députés de gauche déposent une motion de censure », a-t-il ajouté.

A Marseille, les organisateurs ont dénombré sept mille manifestants, mais la police en a dénombré mille trois cent. A Strasbourg, les manifestants étaient environ mille cinq cent, a constaté Reuters et, à Lyon, la police en a compté sept cent cinquante et les organisateurs en ont compté mille cinq cent.

A Nantes, dix manifestants ont été interpellés à la suite de nouveaux débordements. Des bouteilles de verre et des pierres ont été jetées sur les forces de l'ordre, blessant un policier, et contre des vitrines des magasins.

Les syndicats espèrent profiter à partir de la semaine prochaine du renfort des routiers, les fédérations des transports de la CGT, de la CGT Force Ouvrière et du Syndicat Unitaire et Démocratique (SUD), ayant appelé à une grève reconductible à partir de la nuit du Lundi 16 Mai 2016, avec la menace de bloquer une partie de l'activité du pays.

Les syndicats de cheminots, mobilisés par ailleurs pour peser sur les négociations en cours, consécutives à la réforme ferroviaire de 2014, devraient venir se greffer au mouvement.

La fédération CGT des cheminots a déposé un préavis de grève illimité à compter du Mardi 17 Mai 2016 à 19 heures. L'organisation, majoritaire à la Société Nationale des Chemins de Fer (SNCF), précise que le mouvement couvrira chaque semaine la période courant du Mardi à 19 heures au Vendredi à 8 heures du matin.

Le Syndicat Unitaire et Démocratique du Rail, troisième syndicat à la SNCF, avait également appelé Mercredi 11 Mai 2016 à une grève reconductible à partir du Mercredi 18 Mai 2016.

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12 mai 2016 4 12 /05 /mai /2016 18:00

La loi travail adoptée après l'échec de la censure de droite (Reuters)

Les députés ont rejeté Jeudi 12 Mai 2016 une motion de censure de l'opposition de droite contre le gouvernement, ce qui a entraîné l'adoption en première lecture du projet de loi travail malgré la contestation de la rue et d'une partie de la gauche.

Pour être adoptée, la motion de censure, déposée en réponse au passage en force permis par le troisième alinéa du quarante neuvième article de la constitution, devait recueillir la majorité absolue des suffrages, soit deux cent quatre vingt huit voix, trois sièges étant actuellement vacants.

Elle n’a obtenu que deux cent quarante six voix, dont cent quatre vingt seize Républicains, vingt sept centristes de l'Union des Démocrates et des Indépendants (UDI) sur trente, deux écologistes sur seize, un radical de gauche sur dix huit et dix députés du Front De Gauche (FDG).

« Demain, si ce texte venait à être adopté, ce sont de nouveaux freins et de nouveaux blocages à l’emploi dont vous porterez la responsabilité », a dit avant le vote le président du groupe des Républicains à l’assemblée nationale.

Christian Jacob a estimé qu'après la fronde d'une partie des socialistes, qui ont tenté en vain de déposer Mercredi 11 Mai 2016 une motion de censure, aggravant la fracture au sein du Parti Socialiste, Manuel Valls était privé de majorité.

« Vous n'avez plus le pouvoir, vous n'en avez plus que l'apparence », a-t-il dit. « Le bilan de François Hollande est accablant. La France est à la traîne sur tous les indicateurs. Elle est la très mauvaise élève de l’Europe ».

Philippe Vigier, président du groupe UDI signataire de la motion, a abondé dans le même sens.

« François Hollande vous a entraîné dans sa chute. Votre majorité vous a entraîné dans sa chute. Nous ne nous résignons pas à ce que vous entraîniez maintenant la France dans votre chute », a-t-il lancé.

Le premier ministre lui a répondu en plaidant pour la nécessaire modernisation du modèle social français, tout comme François Hollande l'avait fait dans la matinée.

« Je cherche, mais je ne vois pas ici sur ces bancs une autre majorité », a-t-il dit en attaquant les propositions économiques et sociales des prétendants aux élections présidentielles de 2017, « irresponsables » car elles risquent selon lui, par leur radicalité, de provoquer « davantage de violence » dans le pays.

Le projet va au sénat

Le 19 février 2015, une motion de censure de l'opposition déposée après le recours par Manuel Valls au quarante neuvième article de la constitution sur la loi croissance et emploi d’Emmanuel Macron avait obtenu deux cent trente quatre voix, y compris celles d'élus du FDG.

Comme en 2015, les députés socialistes frondeurs n'ont pas voté Jeudi 12 Mai 2016 celle déposée par la droite, contrairement à leurs homologues du FDG ulcérés par le procédé.

« Malgré l'absence de majorité parlementaire et de soutien populaire, le gouvernement opte pour le passage en force alors que la sagesse politique aurait dû le conduire à retirer un texte rejeté de toute part », a déclaré André Chassaigne, président du groupe composé essentiellement de communistes.

« Mais au-delà de ce texte, c'est aussi la politique gouvernementale dans son ensemble qui est contestée. Il vient ponctuer un quinquennat frappé du sceau du renoncement aux principes des valeurs de la gauche et de la trahison des engagements de la campagne présidentielle ».

Manuel Valls avait engagé Mardi 10 Mai 2016 la responsabilité de son gouvernement sur ce projet de loi controversé faute d'être certain de réunir une majorité sur ce texte qui a suscité Jeudi 12 Mai 2016 une nouvelle journée de mobilisation syndicale pour obtenir son retrait, même si elle a été en baisse.

Le texte du projet de loi instituant « de nouvelles libertés et de nouvelles protections pour les entreprises et les actifs » adopté en première lecture a encore été modifié par rapport à celui sorti de la commission des affaires sociales de l’assemblée nationale.

En matière de licenciements économiques, les difficultés d'un groupe ne sont plus évaluées sur les seules filiales françaises, le périmètre étant celui de l'ensemble du groupe.

Le texte ne prévoit plus de surtaxer les Contrats de travail à Durée Déterminée (CDD). La primauté des accords d'entreprise sur les accords de branche, prévu dans le texte initial, demeure, mais chaque branche devra chaque année dresser un bilan des accords d'entreprise.

Le projet de loi va être transmis dans la foulée au sénat. La commission des affaires sociales de la haute assemblée devrait l'examiner dès la semaine prochaine. Il devrait l'être en séance publique à partir du 13 juin 2016.

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11 mai 2016 3 11 /05 /mai /2016 19:24

http://www.eldiario.es/politica/Texto-Podemos-IU-confluir-Unidos_0_514099474.html

Accord entre Podemos et Izquierda Unida pour participer ensemble aux élections générales du Dimanche 26 Juin 2016

Izquierda Unida a envoyé à ses militants le projet d’accord conclu Lundi 9 Mai 2016 avec Podemos pour participer avec d’autres organisations aux élections générales du Dimanche 26 Juin 2016. Ce document sera celui sur lequel se prononceront les militants et les sympathisants de la coalition dans une consultation qui commence aujourd’hui à minuit et qui se terminera dans la nuit du Mercredi 11 Mai 2016, selon la lettre envoyée par le secrétaire à l’organisation d’Izquierda Unida, Adolfo Barrena, à ses bases et à laquelle www.eldiario.es a eu accès.

Le document « garantit l'affichage des images et des sigles de chaque organisation dans le matériel de communication, la campagne et les bulletins de vote » et comprend le programme économique qui sera celui de toutes les composantes. Le texte indique que les subventions pour les dépenses de campagne se réfèreront uniquement aux factures effectivement payées dans le cadre d’un budget « austère ». Le reste des dépenses sera proportionnel « aux subventions prévues par la loi de financement des partis politiques, la part correspondant aux dépenses prévues par l’accord avec une augmentation de cinq pour cent pour Izquierda Unida et Unidad Popular ».

En ce qui concerne les listes, celles-ci ne seront pas discutées avant que l'accord ne soit ratifié par les bases. Cependant, deux éléments sont déjà confirmés, dans le congrès, et sur la base des résultats des élections générales du Dimanche 20 Décembre 2015, Izquierda Unida tendra à « garantir le rapport de un à six dans le résultat prévisible final des sièges ». Pour le sénat, Izquierda Unida « sera en première position dans au moins six circonscriptions ».

Le document contient également le texte de la question qui sera posée par Izquierda Unida à ses bases, « êtes-vous d'accord pour qu’Izquierda Unida participe aux élections générales du Dimanche 26 Juin 2016 dans une alliance électorale avec Podemos, Equo, les composantes d’Unidad Popular, d’En Comu Podem en Catalogne, d’En Marea en Galice, de Compromis dans la région de Valence et d’autres forces qui se sont engagées à un changement réel dans ce moment historique et de le faire dans les conditions qu’elles acceptent ».

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11 mai 2016 3 11 /05 /mai /2016 18:28

http://www.lemonde.fr/politique/article/2016/05/11/quand-le-depute-jean-lassalle-vient-soutenir-nuit-debout-devant-l-assemblee-nationale_4917431_823448.html

Quand le député Jean Lassalle vient soutenir le mouvement de la Nuit Debout parisienne devant l'assemblée nationale

Par Etienne Girard

Comme une vague, ils déferlent sur le bitume mouillé de la place de la Concorde. « Ce n'est pas au patronat de faire sa loi, la vraie démocratie, elle est ici » s’époumonent ces jeunes habitués des rassemblements du mouvement de la Nuit Debout parisienne, le mouvement d’occupation de la place de la République. Il est 18 heures pétantes. Ce Mardi 10 Mai 2016 pluvieux, ils ont décidé de délocaliser exceptionnellement le rassemblement devant l'assemblée nationale, afin de dénoncer le recours de l’exécutif au troisième alinéa du quarante neuvième article de la constitution pour faire adopter la loi travail. « Hier soir, déjà il y avait quelques personnes. Aujourd’hui, nous avons commencé à parler d’un appel à se rassembler vers 11 heures, quand nous avons su que le troisième alinéa du quarante neuvième article allait être utilisé », raconte Théo, vingt trois ans, un habitué de la place de la République qui souhaite « faire la révolution ».

Ils sont plusieurs centaines, cinq cent selon la police, à avoir répondu à l’appel du mouvement de la Nuit Debout parisienne sur les réseaux sociaux. Parmi eux, des militants de la Confédération Générale du Travail (CGT), du Syndicat Unitaire et Démocratique (SUD), du Parti Communiste Français (PCF), du Parti de Gauche et du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), mais aussi de simples citoyens opposés à la loi travail. « Je ne suis jamais allé place de la République. Mais j’ai été sensible à la démarche, le peuple doit s’adresser directement aux députés pour empêcher cette très mauvaise loi pour les salariés », explique Julien, trente sept ans, fonctionnaire, en observant le rassemblement un peu en retrait. Les manifestants savent que l’initiative n’a aucune chance de faire plier le gouvernement mais entendent maintenir l’exécutif sous pression, à l’instar de Julien, trente ans, membre de la commission écologie du mouvement de la Nuit Debout parisienne, « en étant là ce soir devant l’Assemblée nationale, nous montrons que le peuple, c’est nous, et que nous sommes actifs et pas d’accord. Jeudi 12 Mai 2016, il y aura un mouvement de grande ampleur pour faire tomber la loi travail ».

Absence de « casseurs »

Devant le Palais Bourbon, les participants entonnent des chants hostiles au gouvernement et à l'article quarante neuf. « Assemblée nationale, assemblée du capital » vire en tête du hit-parade de la soirée, devançant de peu « tout le monde emmerde l'article quarante neuf ». Dans le même temps, une vingtaine de personnes bloque la circulation à l’entrée du pont de la Concorde, en s’accroupissant en file indienne. « Sans haine et sans violence », clament ces militants devant les Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS). Beaucoup constatent, parfois incrédules, l’absence totale de « casseurs », parmi les participants au rassemblement. « Ils n’ont sûrement pas eu le temps de s’organiser. Mais Jeudi 12 Mai 2016, ils seront là et ils ont déjà leur billet de train », imagine Sylvain, un photographe, habitué des mouvements sociaux.

Même si l’ambiance est relativement sereine, les policiers n’hésitent pas à gazer les manifestants qui s’approchent trop de l'assemblée nationale.

Ce qui exaspère Danielle Simonnet, coordinatrice du Parti de Gauche, « utiliser les gaz lacrymogènes quand il y a une bonne ambiance, c’est lamentable ».

La conseillère de Paris est une des rares responsables politiques à voir faire le déplacement, en compagnie du conseiller régional Eric Coquerel ou de Martine Billard, une ancienne députée du Parti de Gauche. Olivier Besancenot est lui aussi présent, encapuchonné, en anorak bleu. Mais pas un parlementaire en exercice à l’horizon. « Ils sont juste à côté, il faut qu’ils descendent », râle un militant communiste en constatant l’absence de députés de son parti parmi les manifestants. Selon plusieurs participants, seul André Chassaigne, le président des députés du Front De Gauche (FDG), serait passé pour saluer les militants. Danielle Simonnet en remet une couche, « moi, je considère que ma place en tant qu’élue est ici, aux côtés du peuple. Après, chacun fait son examen de conscience. Demandez aux communistes pourquoi ils ne sont pas là ».

« Ces jeunes ont raison »

Vers 20 heures, une rumeur parcourt la foule, un parlementaire est là, parmi les manifestants. Il s’agit de Jean Lassalle, récent démissionnaire du mouvement démocrate (MODEM) de François Bayrou et candidat aux élections présidentielles de 2017.

Sous le regard interloqué des CRS, le député en costume cravate discute avec quelques jeunes en colère. Il en prend même certains dans ses bras. Le député des Pyrénées-Atlantiques a beau avoir voté pour Nicolas Sarkozy au deuxième tour des élections présidentielles de 2012, il se sent aujourd’hui en phase avec les manifestants, « Je soutiens le mouvement de la Nuit Debout parisienne de tout mon cœur. Je vais d’ailleurs place de la République presque tous les soirs. Ces jeunes ont raison, la finance a pris trop de place dans notre société. La loi travail est une loi au service du monde de l’argent ».

Comme la plupart de ces jeunes manifestants, le député souhaite-t-il faire la révolution ? « Je suis pour une transition pacifique, mais le régime doit changer. C’est pour cela que je voterai la motion de censure. Et je suis favorable à une dissolution, il est aujourd’hui trop tard pour le président François Hollande ».

Quelques accolades plus tard, Jean Lassalle doit repartir, on l’attend à l'assemblée nationale. Une jeune femme s’agrippe à lui, « ne partez pas. Quand vous êtes là, la police n’ose pas nous gazer », lance-t-elle. Le député promet de revenir. Un autre manifestant s’approche et lui demande de rapporter de l’alcool. Le candidat à l’élection présidentielle fouille dans sa poche et en ressort quelques pièces, « voilà quatre euros pour toi ». Puis il repart pour l'assemblée nationale, cette fois pour de bon. Certains manifestants sont conquis. « Il est peut-être centriste mais au moins il a le courage de venir nous voir », affirme un jeune homme en tête de cortège.

Quand un de ses amis lui fait remarquer que Jean Lassalle est candidat à l’élection présidentielle, son visage se ferme. « Oui d’accord, il est venu pour nous récupérer. Mais cela reste courageux de sa part ».

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11 mai 2016 3 11 /05 /mai /2016 18:02

Le Front De Gauche (FDG) votera la motion de censure de la droite (Reuters)

Les députés du FDG voteront la motion de censure du gouvernement de la droite et du centre, faute d'avoir pu déposer une motion distincte avec les frondeurs socialistes, a fait savoir Mercredi 11 Mai 2016 le communiste André Chassaigne.

Les députés de gauche les plus opposés à la loi travail ont réuni cinquante six signatures, échouant ainsi à deux voix du quota requis pour valider une motion de censure dans le cadre de la procédure du troisième alinéa du quarante-neuvième article de la constitution engagée Mardi 10 Mai 2016 par le gouvernement.

« Le seul moyen dont nous disposons pour obtenir le retrait de cette loi du travail, c'est de voter une motion de censure quels que soient ceux qui la présentent », a déclaré André Chassaigne, chef de file du groupe Gauche Démocrate et Républicaine (GDR).

La seule motion de censure, déposée par les groupes des Républicains et de l’Union des Démocrates et des Indépendants (UDI), a toutefois peu de chances d'être adoptée dans la mesure où les frondeurs du Parti Socialiste ont annoncé qu'ils ne souhaitaient pas mêler leurs voix à celles de la droite.

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11 mai 2016 3 11 /05 /mai /2016 17:49

http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/05/11/non-m-cazeneuve-nos-etudiants-n-ont-pas-a-payer-votre-derive-securitaire_4917607_3232.html

Non, Bernard Cazeneuve, nos étudiants n’ont pas à payer votre dérive sécuritaire

Le Jeudi 28 Avril 2016, vers minuit, place de la République à Paris, un certain nombre d’étudiants de l'Ecole Normale Supérieure des Beaux Arts (ENSBA) ont été les victimes d’une agression, gratuite mais manifestement préméditée, d’une rare violence. Les coupables, comme l’attestent de nombreuses images accessibles à tous, sont les agents d’une Compagnie Républicaine de Sécurité (CRS). Aucune provocation de la part des étudiants ne motivait ces voies de fait et ils n’eurent pas le temps, assaillis par surprise, d’y opposer de véritable résistance. Des films, des photographies, des certificats médicaux et le procès-verbal de leur plainte auprès de l’Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN) démontrent la gravité des faits. Leur contexte est connu, la police avait décidé de façon unilatérale de vider coûte que coûte la place de la République pour mettre fin au rassemblement de la Nuit Debout parisienne. Le seul tort des étudiants brutalisés, et des amis venus leur prêter main-forte, était d’y construire un « château commun » avec des matériaux de fortune.

Or cette intervention artistique dans la ville, à la fois généreuse, festive et pacifique, avait été décidée collectivement à l’école. Elle avait été non seulement encouragée, mais accompagnée par plusieurs d’entre nous, sur la place, le jour même. Ce saccage et ce tabassage atteignent donc l'ENSBA dans son ensemble. Ils bafouent ses principes et compromettent sa mission, proposer un enseignement ouvert sur le monde extérieur et assurer la protection des étudiants et de leur travail.

Mais cette bavure n’est pas isolée, loin de là. Depuis les premières manifestations du mois de mars 2016, les violences policières se sont multipliées et aggravées continûment. Tous les jours nous parviennent de nouveaux témoignages, de nouvelles preuves et de nouvelles protestations émanant d’enseignants, de parents d’élèves, de militants et de simples manifestants.

Nombreuses sont les images filmées qui montrent des fonctionnaires de police frappant des manifestants, parfois mineurs, déjà menottés ou à terre. Même dans les rangs de la police on reconnaît que ces dernières semaines ont connu un niveau de violence dans la répression, et de sévérité sur son versant légal, jamais atteint depuis des décennies. La composition et l’usage de l’armement des CRS et des gendarmes mobiles jouent sur les ambiguïtés de la loi et y contreviennent de fait. Enfin, la stigmatisation des « casseurs » repose sur un mensonge grossier. Un étudiant qui se protège le nez contre les gazages à bout portant et une lycéenne qui se protège la tête contre les matraquages ne sont coupables de rien. À ce ciblage arbitraire, la foule bigarrée nassée pendant des heures boulevard Diderot le jour de la fête du travail a eu raison de répliquer « nous sommes tous des casseurs ».

En réalité, le gouvernement dont vous faites partie, Bernard Cazeneuve, projette dans cette figure fantasmatique le reflet de sa propre radicalisation répressive. Il flatte le bas instinct de la xénophobie en infligeant aux réfugiés un traitement plus cruel et des conditions de vie plus honteuses que chez tous nos voisins européens. Et voilà qu’aujourd’hui, pour imposer une loi rétrograde que même sa majorité parlementaire refuse de voter, il monte encore d’un cran dans la surenchère policière et il s’en prend aux plus jeunes. Nous, enseignants et personnels de l'ENSBA de Paris, refusons que nos étudiants paient le prix de cette dérive sécuritaire. Nous nous déclarons choqués par les violences qu’ils ont subies et solidaires de la plainte qu’ils ont déposée.

Nous demandons à l’IGPN de diligenter une enquête et de sanctionner les fonctionnaires incriminés. Nous appelons toutes les victimes des violences policières de ces derniers jours dans toute la France, jeunes et vieux, lycéens, étudiants, militants et simples passants, à se constituer partie civile eux aussi et nous espérons que le cas présent, par l’écho qu’il peut rencontrer, les y encouragera. Contre l’intimidation systématique, les gazages massifs, les matraquages arbitraires, les brimades et les tirs tendus de flash-balls, nous réaffirmons le droit à manifester, à construire des abris pour y débattre et à investir l’espace public pour le réinventer.

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