Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 16:31

Procès pour harcèlement moral demandé pour France Télécom (Reuters)

La balle est désormais dans le camp des juges

Les parties civiles veulent une requalification

En cause, une politique d'entreprise jugée déstabilisante

Le parquet de Paris a requis le renvoi devant le tribunal correctionnel de France Télécom, rebaptisé Orange, et de son ancien patron Didier Lombard, pour harcèlement moral, dans l'enquête liée à une vague de suicides de salariés en 2008 et en 2009, a-t-on appris Jeudi 7 Juillet 2016 de sources proches du dossier.

Le parquet a aussi requis le renvoi devant le tribunal correctionnel de six autres anciens dirigeants de l'entreprise, pour harcèlement moral ou complicité de ce délit, a-t-on précisé, confirmant une information de France Inter.

Trois d'entre eux travaillent toujours chez Orange, apprend-on de source proche du dossier.

Ce réquisitoire, qui date du Mercredi 22 Juin 2016, vient d'être notifié aux parties. Il appartiendra désormais aux juges d'instruction de décider s'ils renvoient l'entreprise et ses anciens dirigeants en procès, ou s'ils prononcent un non-lieu.

« Cet acte ne présume pas de la décision des juges », souligne un porte-parole d'Orange, se refusant à tout commentaire sur le fond du dossier.

L'avocat de Didier Lombard, Jean Veil, a dit ne pas souhaiter faire de commentaire en l'état, jugeant simplement le réquisitoire « d'une exceptionnelle innovation au plan juridique ». Durant l'enquête, son client, qui a dirigé France Télécom du mois de février 2005 au mois de mars 2010, avant d'être remplacé par Stéphane Richard, a contesté les faits qui lui sont reprochés.

Didier Lombard, soixante quatorze ans, est actuellement présent au conseil d'administration de plusieurs sociétés françaises. S'il était poursuivi pour harcèlement moral, il encourrait un an de prison et quinze mille euros d'amende.

L'une des parties civiles, la Confédération Française de l’Encadrement Confédération Générale des Cadres (CFE CGC), a de son côté déploré des réquisitions très réductrices.

« Nous sommes bien au-delà du harcèlement moral », a déclaré à Reuters son avocat, Frédéric Benoist, précisant qu'il demanderait la requalification des faits, pour y inclure la mise en danger de la vie d'autrui et l'homicide involontaire.

Agissements répétés

Ce sont les méthodes de gestion de l'entreprise, lors de sa réorganisation, au travers des plans NEXT et ACT, qui sont visées par l'enquête des juges.

Ces plans visaient à la suppression de vingt deux mille emplois, à la mobilité de dix mille agents et au recrutement de six mille autres, d'après un rapport de l'Inspection du travail versé au dossier.

France Télécom est soupçonnée d'avoir mis en place « une politique d'entreprise visant à déstabiliser les salariés et agents et à créer un climat professionnel anxiogène », notamment par des « incitations répétées au départ, des mobilités géographiques forcées et un contrôle excessif et intrusif », indique une source proche du dossier.

« Les mis en examen ont commis des agissements répétés ayant pour effet une dégradation dangereuse des conditions de travail », ajoute-t-elle.

Plusieurs des victimes présumées du harcèlement reproché à France Télécom se sont suicidées ou ont tenté de se suicider. D'autres ont eu des arrêts maladie ou ont fait une dépression, dit une source proche du dossier.

« Mais ces suicides, tentatives de suicide et problèmes de santé sont sans influence sur l'existence du harcèlement moral » tel que défini par le parquet, rapporte-t-elle.

D'après l'enquête des juges, la direction du groupe a été alertée « à plusieurs reprises de l'existence de risques psycho sociaux », notamment par la médecine du travail, ajoute cette source.

Le Syndicat Unitaire et Démocratique (SUD) a porté plainte dès 2009 contre la direction du groupe, dénonçant des « méthodes de gestion d'une extraordinaire brutalité » et évoquant une « épidémie » de suicides.

Une information judiciaire contre X a été ouverte le 8 avril 2010 sur cette affaire, puis des perquisitions ont été menées en 2012 au siège de France Télécom.

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 15:50

https://nuitdebout.fr/blog/2016/07/06/venez-feter-les-100-jours-les-8-9-et-10-juillet/

Venez fêter les cent jours du mouvement des Nuits Debout, Vendredi 8 Juillet, Samedi 9 Juillet et Dimanche 10 Juillet 2016, place de la République à Paris.

A celles et ceux qui, depuis trois mois, ont échangé, chanté, dansé, bu et mangé sur les places de France et d’ailleurs.

A celles et ceux qui construisent des châteaux en Espagne et des tentes place de la République, du bocage nantais aux rues de Mayotte, du Chili au Rojava.

Ce week-end, le mouvement des Nuits Debout célèbre les cent jours d’occupation de la place de la République à Paris depuis le Jeudi 31 Mars 2016.

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 09:32

Cinq policiers abattus par des snipers dans le centre de Dallas (Reuters)

Vendredi 8 Juillet 2016

Des tireurs embusqués sur des toits d'immeubles du centre de Dallas ont abattu cinq policiers et en ont blessé six autres en marge d'une manifestation organisée pour dénoncer les violences policières après la mort cette semaine de deux afro américains aux Etats-Unis.

Selon la police, l'embuscade tendue par les snipers avait été soigneusement préparée et a été menée d'une manière méthodique. L'attaque est l'une des plus meurtrières commises contre des policiers dans l'histoire américaine récente.

Trois personnes ont été arrêtées et un quatrième suspect est mort après des échanges de coups de feu avec les forces de sécurité alors qu'il s'était retranché dans un garage du centre-ville et affirmait avoir placé des engins explosifs dans différents endroits de la ville.

Selon la presse locale, le suspect se serait donné la mort mais l'information n'a pas été confirmée par la police.

Barack Obama, qui doit participer à un sommet de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN) à Varsovie, a été tenu informé de l'évolution de la situation et a transmis ses condoléances au maire de Dallas, Mike Rawlings, lui offrant l'assistance de la présidence.

Les motivations des snipers n'ont pas été établies pour l'instant alors que la manifestation contre les violences policières se déroulait de manière pacifique, Jeudi 7 Juillet 2016. « Toutes les hypothèses sont envisagées concernant les raisons de ce qui s'est produit et la manière dont cela s'est produit », a déclaré David Brown, le chef de la police de Dallas.

Un suspect a été arrêté après avoir été encerclé dans un garage et un autre homme, dont la photographie avait été diffusée sur les réseaux sociaux, s'est rendu à la police mais n'était pas impliqué dans la fusillade, a indiqué la police.

« Ils opéraient de manière concertée avec des fusils, procédant à des tirs croisés à partir de positions élevées en différents points de la zone du centre-ville où la manifestation s'est achevée », a commenté David Brown.

Certaines des victimes ont été atteintes par des balles dans le dos.

Un colis suspect a par ailleurs été retrouvé à proximité du suspect arrêté et une équipe de démineurs a été envoyée sur place.

La police a indiqué que trois personnes avaient été interpellées dont deux ont été appréhendées dans une Mercedes qui circulait à vive allure dans le centre de la ville. Une femme a également été arrêtée près d'un garage du centre de Dallas.

Disparités raciales

Le trafic aérien a été limité dans la région de Dallas, une des plus grandes agglomérations des Etats-Unis dont le centre métropolitain avec Fort Worth compte sept millions d'habitants.

La fusillade a éclaté à la fin d'une manifestation pacifique qui avait rassemblé plusieurs centaines de personnes pour dénoncer les violences policières après la mort de deux noirs, abattus par des policiers blancs à Baton Rouge, en Louisiane, et à Minneapolis, dans le Minnesota.

Barack Obama a déploré la mort tragique des deux afro américains et a qualifié ces incidents de symptomatiques des différences de traitement entre les races aux Etats-Unis.

« Tous les américains devraient être troublés par ces fusillades, parce que ce ne sont pas des incidents isolés », a souligné le président américain pendant un déplacement en Pologne.

« Ils sont symptomatiques d'un ensemble plus large de disparités raciales qui existent dans notre système judiciaire », a-t-il ajouté.

Un policier de la banlieue de Minneapolis, dans le Minnesota, a mortellement blessé par balle un noir, Mercredi 6 Juillet 2016, au cours d'un contrôle routier, vingt-quatre heures après la mort à Baton Rouge, en Louisiane, d'un autre afro américain, abattu par deux policiers blancs qui l'avaient plaqué au sol.

Ces nouvelles violences policières ont provoqué de vives condamnations et des manifestations aux Etats-Unis, où les bavures dont ont été victimes ces dernières années des noirs à Ferguson, Baltimore ou New York, n'ont pas été oubliées.

Les autorités ont rapidement réagi pour tenter d'apaiser la situation.

Le gouverneur de Floride et celui du Minnesota ont demandé l'ouverture d'une enquête criminelle contre les policiers mis en cause et ceux-ci ont été immédiatement suspendus de leurs fonctions.

Dans le Minnesota, Philando Castile, trente deux ans, est décédé Mercredi 6 Juillet 2016 après son transfert à l'hôpital après avoir été blessé par balle pendant un banal contrôle routier dans la ville de Falcon Heights.

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
7 juillet 2016 4 07 /07 /juillet /2016 19:08

http://www.7sur7.be/7s7/fr/34022/Dette-grecque/article/detail/2783161/2016/07/01/Le-port-d-Athenes-devient-officiellement-chinois.dhtml

Le port d'Athènes devient officiellement chinois

La cession de soixante sept pour cent de la société du Pirée (OLP), le plus grand port de Grèce, au géant chinois du transport maritime COSCO a été validée Vendredi Premier Juillet 2016 par le parlement grec, juste avant une visite du premier ministre Alexis Tsipras à Pékin.

La majorité des députés présents ont voté en faveur de cette concession d'exploitation de l'OLP jusqu'à 2052, signée au mois d'avril 2016 entre COSCO et l'agence grecque de privatisations, pour trois cent soixante huit millions d'euros.

La cession controversée de l'OLP, l'une de plus importantes privatisations effectuées par le gouvernement de SYRIZA, doit renforcer les relations entre la Grèce et la Chine.

China Ocean Shipping COmpany (COSCO) basée à Hong Kong, le seul candidat en lice pour la concession, était déjà présente au Pirée depuis 2008, avec l'acquisition alors de deux terminaux de ce port, le plus important du pays. Il aspire à transformer le Pirée en plus grand centre de transit du sud-est de l'Europe, et à en faire « un pont entre l'Asie et l'Europe ».

A l'invitation de son homologue chinois Li Keqiang, Alexis Tsipras a quitté Vendredi Premier Juillet 2016 Athènes pour se rendre à Pékin pour une visite de six jours en Chine.

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
7 juillet 2016 4 07 /07 /juillet /2016 18:57

https://www.essonneinfo.fr/91-essonne-info/95473/evacues-de-paris-centaine-de-migrants-heberges-hotel-de-palaiseau

Une centaine de migrants évacués de Paris et hébergés dans un hôtel de Palaiseau

A la suite de l'évacuation de campements occupés par des migrants à Paris dans le dix huitième arrondissement, deux cars ont amené Mercredi 29 Juin et Jeudi 30 Juin 2016 une centaine de personnes dans un hôtel de Palaiseau pour y être hébergées, ce qui provoque la colère du maire.

Alors qu’un camp humanitaire doit voir le jour à Paris au mois de septembre 2016, mille cent trente neuf migrants ont été évacués cette semaine de la halle Pajol dans le dix huitième arrondissement de Paris.

La préfecture régionale a géré l’opération, en lien avec la préfecture de police, la ville de Paris et les associations Emmaüs et France Terre d'Asile (FTA). L’Office Français de l'Intégration et de l'Immigration (OFII) a également participé.

Mercredi 29 Juin 2016 à 6 heures 30 du matin, ces personnes se sont vues proposées de se rendre dans des centres ou des hôtels.

Essentiellement soudanais, afghans et érythréens, ces migrants ont été transportés en bus dans soixante dix centres d’hébergement en Ile-de-France. La préfecture régionale a indiqué que certains migrants « ont refusé de descendre des bus, malgré des propositions de mise à l’abri dans des sites avec des lits, un accès aux sanitaires, des repas et des conditions qui nous paraissent dignes ». Dans la journée du Mercredi 29 Juin 2016, un premier bus est arrivé dans la commune de Palaiseau avec une cinquantaine de personnes à bord, pour les conduire à l’hôtel Relais de la zone Gutenberg.

Jeudi 30 Juin 2016, un second bus est arrivé sur place. Ce qui a provoqué la consternation de la municipalité de Palaiseau, « plus de cent dix personnes sont donc maintenant logés dans un hôtel palaisien. Aucune information les concernant n’a été transmise à la commune de Palaiseau. C’est une nouvelle insulte à l’égard des gens concernés et des populations locales. La préfecture gère tout, je n'ai aucune information », se plaint le maire de Palaiseau, Grégoire de Lasteyrie. De leur côté, les services de l'état ne s’expriment pas sur le sujet.

Les migrants arrivés à Palaiseau semblent pour leur part éreintés par ces bouleversements, « personne ne voudra vous parler. Ils sont très fatigués, cela a été une longue journée pour eux. Nous les avons reçus à la demande de la préfecture, ils sont arrivés Mercredi 29 Juin et Jeudi 30 Juin 2016 », confie un employé de l’hôtel concerné Jeudi 30 Juin 2016.

Un autre fait le point, « nous venons de leur servir à manger, ils sont tous en train de se reposer et ils sont exténués. Ce n’est vraiment pas facile pour eux ». Le maire de la commune juge de son côté que « cette situation ne doit plus durer, il est temps que l'état et la mairie de Paris prennent enfin leurs responsabilités et respectent un minimum de décence ».

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
7 juillet 2016 4 07 /07 /juillet /2016 18:39

http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/07/07/apres-le-brexit-jeremy-corbyn-resiste-le-labour-se-delite_4965640_3214.html

Après le Brexit, Jeremy Corbyn résiste, le parti travailliste se délite

Le dirigeant travailliste met à profit les critiques du rapport de John Chilcot contre Tony Blair et la guerre en Irak pour attaquer ses opposants qui ont soutenu l'engagement britannique en 2003

Par Philippe Bernard, correspondant permanent du Monde à Londres

Deux semaines après le choc du Brexit, le parti travailliste continue de s’enfoncer dans une crise interne dont nul n’entrevoit l’issue. Les partisans du leader contesté, Jeremy Corbyn, ont tenté d’utiliser l’occasion que leur a fournie la publication, Mercredi 6 Juillet 2016, du rapport de John Chilcot.

Ce document accable l’ancien premier ministre Tony Blair qu’ils haïssent pour sa décision de participer à l’invasion de l’Irak en 2003.

« Notre parti ne peut pas être dirigé par quelqu’un qui ne s’est pas repenti d’avoir soutenu la guerre », a lancé, Mercredi 6 Juillet 2016, lors d’un meeting à Londres, un dirigeant de Momentum, le mouvement qui soutient Jeremy Corbyn. Le propos visait la députée Angela Eagle, qui avait approuvé l’intervention en Irak en 2003 et qui proclame depuis plusieurs jours qu’elle s’apprête à défier Jeremy Corbyn, sans passer à l’acte. En fait, depuis la démission de la quasi totalité du « cabinet fantôme » et le vote de défiance de quatre vingt pour cent des députés du parti travailliste contre Jeremy Corbyn au lendemain du référendum, le parti semble se décomposer à vue d’œil.

La grande majorité des élus et beaucoup d’adhérents reprochent à Jeremy Corbyn, issu de l’aile gauche du parti traditionnellement eurosceptique, d’avoir insuffisamment fait campagne pour le maintien du Royaume-Uni dans l’Union Européenne. Presque chaque jour, ils réclament la démission du leader, mais celui-ci s’accroche. Elu au mois de septembre 2015 à la surprise générale avec une majorité de soixante pour cent grâce à un nouveau système de désignation qui fait la part belle aux sympathisants, il se prévaut de la légitimité de la base. Les députés, eux, estiment que leur réélection est en péril si la ligne très à gauche de Jeremy Corbyn, marquée notamment par un soutien de principe à l’immigration, est maintenue.

L’éventualité d’élections législatives anticipées à l’automne, après la désignation d’un nouveau premier ministre désireux d’obtenir un mandat populaire pour débuter les négociations de sortie de l’Union Européenne, inquiète les élus travaillistes et exacerbe leurs pressions pour obtenir le départ de Jeremy Corbyn. Ils lui ont proposé un poste honorifique de président comme porte de sortie honorable, mais se sont heurtés à un mur.

Les opposants envisagent de provoquer une nouvelle élection du leader, mais ils craignent de voir Jeremy Corbyn, fort du soutien de nombreux jeunes radicalisés, la gagner à nouveau.

Chaque camp mobilise en incitant des sympathisants à adhérer sur internet. Depuis le référendum, le parti travailliste aurait ainsi gagné pas moins de cent mille membres nouveaux, cette ruée portant ses effectifs à cinq cent mille. « Jeremy Corbyn perd chaque jour des soutiens parmi les adhérents, mais il les remplace par de nouveaux venus. On dirait qu’il est en téflon », témoigne un député anonyme dans le Telegraph.

Mercredi 6 Juillet 2016, Jeremy Corbyn, qui était l’un des leaders du mouvement contre la guerre en 2003, a dressé implicitement un parallèle entre la justesse des protestations pacifistes de l’époque et la légitimité que lui donne aujourd’hui la base du parti. « Pendant que la classe gouvernante se trompait si cruellement en 2003, une large partie de notre peuple a eu raison de manifester », a-t-il déclaré.

Pendant sa campagne pour la tête du parti, voici un an, Jeremy Corbyn avait estimé à propos de Tony Blair que « s’il avait commis un crime de guerre, il devrait être poursuivi ». Mercredi 6 Juillet 2016, à la chambre des communes, il a été plus elliptique. « Tous ceux qui ont pris les décisions mises en évidence dans le rapport de John Chilcot sur l’engagement en Irak doivent subir les conséquences de leurs actes quelles qu’elles soient », a-t-il déclaré, visant implicitement Tony Blair.

Sans prononcer une seule fois le nom de l’ancien premier ministre honni, Jeremy Corbyn a enfoncé le clou en présentant des « excuses au nom de son parti pour la décision désastreuse de partir en guerre en Irak », puis il a passé la soirée en compagnie des familles des soldats tués. Le rappel du rôle du parti travailliste dans l’engrenage guerrier ne fait que jeter du sel sur une plaie béante plus récente, celle ouverte par l’échec au référendum. Pour l’heure, le parti travailliste ne tend pas la main aux quarante huit pour cent d’électeurs qui ont voté contre le Brexit et qui sont effarés par ses conséquences. Le désarroi est tel que certains observateurs évoquent l’hypothèse de la scission du parti travailliste en vue de la création d’un nouveau parti résolument pro-européen.

Le chef du parti travailliste britannique, Jeremy Corbyn, s’est excusé de la guerre en Irak au nom de son parti, lors d’une brève déclaration, Mercredi 6 Juillet 2016. Plus tôt, un rapport d’enquête mené par John Chilcot, a dressé un bilan accablant de l’intervention militaire de 2003 et a dénoncé une offensive non préparée et non nécessaire.

« Je veux aujourd’hui m’excuser au nom de mon parti pour la décision désastreuse de partir en guerre en Irak », a déclaré Jeremy Corbyn, pacifiste convaincu qui, il y a treize ans, avait voté contre la décision de l’ancien premier ministre travailliste Tony Blair d’envahir l’Irak.

Jeremy Corbyn a jugé que ce dossier montrait qu’il était important que Londres s’émancipe des Etats-Unis, pour éviter qu’une telle erreur se reproduise. « Comme l’a dit John Chilcot, la guerre n’était pas le dernier recours », a-t-il déclaré au parlement. « Franchement, il s’agissait d’un acte d’agression militaire lancé sous un mauvais prétexte, comme le dit la commission d’enquête ».

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 19:56

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/06/30/01016-20160630ARTFIG00280-nuit-debout-s-est-recouche.php

Nuit Debout s'est recouché

Jeudi 30 Juin 2016

Par Eugénie Bastié

Le mouvement de la place de la République à Paris s'est éteint progressivement, même s'il poursuit son activisme sous d'autres formes. Ses militants veulent croire à une transformation politique.

La place de la République s'est vidée peu à peu, finies les assemblées générales à ciel ouvert, finis les stands du type de la fête de l'Humanité et finies les commissions-débats. Quelques tags qui demeurent dans la station de métro et sur les dalles de la place sont les derniers vestiges de l'activité révolutionnaire. Sur le site pour la convergence des luttes, qui postait jour après jour les comptes rendus de l'assemblée populaire, le compteur s'arrête au 31 mai 2016. Trois mois après son commencement, le mouvement des Nuits Debout s'est recouché. Pour autant, doit-on en conclure qu'il ne s'agissait que d'un épiphénomène grossi par les journalistes ? Ou bien le mouvement s'est-il déplacé ailleurs ? Il est difficile de mesurer la fécondité d'un mouvement qui revendiquait pour principes une absence de centralisation et de leadership.

« La période de débat à ciel ouvert est terminée et le moment le plus visible du mouvement est fini », estime Julien Bayou, le porte-parole d'Europe Ecologie Les Verts (EELV) qui était très présent place de la République. Patrick Farbiaz, ancien militant de mai 1968 et membre de la commission écologie de la Nuit Debout parisienne, s'est rendu quotidiennement place de la République, de 16 heures à 24 heures, pendant deux mois et demi.

Il constate aujourd'hui une « baisse d'intensité indéniable ». Mais selon lui, « le mouvement n'est pas éteint et il se prolonge dans les esprits. Nuit Debout, c'est comme mai 1968, c'est un film, pas un clip comme ont pu l'être le mouvement du Contrat Première Embauche (CPE) ou pour la défense des retraites », assure-t-il. « Une génération a pris conscience d'elle-même ».

Absence de leadership

Le pic du mouvement a sans doute été atteint au mois d'avril 2016, avec la venue de l'ancien ministre grec des finances Yanis Varoufakis le 16 avril 2016, suivie le lendemain de l'expulsion d'Alain Finkielkraut qui avait indigné nombre de commentateurs. Le mouvement fait alors la une des médias et certains politiques demandant même son interdiction. Depuis, il s'est davantage synchronisé avec la mobilisation syndicale contre la loi travail et s'est muté en actions ponctuelles, blocages, manifestations, occupations éphémères et accueils de ministres.

« Ceux qui disent qu'ils savent où cela va se font plaisir » affirme Julien Bayou, se réjouissant que le mouvement ait essaimé hors de la place, tout en ne voyant pas pour le moment quelle tournure politique il pourrait prendre. Patrick Farbiaz veut croire lui à un prolongement politique, peut être avec «des listes citoyennes aux prochaines élections municipales. Une génération d'intellectuels précaires s'est levée. Ce sont eux qui ont fait la révolution tunisienne, les indignados qui se sont transformés en Podemos et Occupy Wall Street qui a donné lieu à la campagne de Bernie Sanders », dit-il. La durée d'occupation physique a été plus courte que celle d'autres mouvements similaires. Le mouvement Occupy Wall Street a duré environ un an, avec un pic de trois mois entre le mois de septembre 2011 et le mois de novembre 2011. Quant au mouvement des indignados, né à la Puerta del Sol le 15 mai 2011, il a duré jusqu'à l'automne 2011. Ces mouvements ont mis du temps à se traduire politiquement, le mouvement Podemos n'a émergé qu'en 2014, tandis que la candidature de Bernie Sanders aux élections primaires, qui reprenait certains thèmes chers aux indignés new-yorkais, date de 2016. De quoi laisser venir une traduction politique du mouvement des Nuits Debout. À court terme, le mouvement pourrait être favorable à Jean-Luc Mélenchon, ou à Nicolas Hulot s'il se présente. À long terme, personne ne peut prédire ce qu'il donnera.

Ses prochains combats sont Notre-Dame-Des-Landes et l'université d'été du Parti Socialiste.

Le mouvement se heurte à une absence de leadership. « Il n'y aura pas de Daniel Cohn-Bendit du mouvement des Nuits Debout », résume Patrick Farbiaz. La critique radicale de la démocratie représentative qui était au cœur du mouvement empêche tout soutien politique. La notion « d'empowerment », née aux États-Unis et utilisée notamment par Barack Obama, est au cœur de la nouvelle façon de faire de la politique que veulent prôner les activistes du mouvement des Nuits Debout. Ce concept de la gauche radicale prône une réappropriation de la capacité d'agir par les groupes et les individus, au détriment des partis et de la démocratie représentative traditionnelle. « Ce n'était pas les états généraux de 1789, ni l'école des fans », dit Julien Bayou qui relativise le déclin médiatique du mouvement. « Il y a eu un intérêt complètement démesuré des médias qui s'est suivi par des attentes et des critiques complètement démesurées ». « Il y a des intellectuels qui devraient percer assez vite. Et des thématiques qui vont irriguer l'ensemble des voies progressistes dans les prochaines années », prédisait il y a quelques semaines le politologue Gaël Brustier.

En attendant, les prochains combats en ligne de mire sont plutôt disparates et les vacances pourraient donner un coup d'arrêt à la mobilisation.

Notre-Dame-Des-Landes, bien sûr, reste l'objectif numéro un après la loi travail. Le Samedi 9 Juillet et le Dimanche 10 Juillet 2016, comme chaque année depuis 2013, une grande mobilisation aura lieu sur la Zone A Défendre (ZAD), organisée par la confédération des opposants. L'université d'été du Parti Socialiste est aussi en ligne de mire des activistes du mouvement des Nuits Debout. Elle se tiendra cette fois à Nantes, soit tout près des zadistes, qui n'hésiteront pas à se mobiliser. Certains parlent aussi de préparer le blocage de la rentrée scolaire.

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 19:31

http://www.clubpolitiquebastille.org/spip.php?article169

Compte rendu de la réunion du Club Politique Bastille du Samedi 18 Juin 2016

Cette rencontre initialement prévue avec des jeunes militants du mouvement des Nuits Debout qui n’ont pas pu venir, a donné lieu à un débat autour du texte publié sur le site du Club Politique Bastille le Vendredi 17 Juin 2016, « le mouvement actuel est considérable ».

Trois thématiques ont été abordées, la question des relations entre le mouvement social contre la loi travail et le mouvement des Nuits Debout, la question de la violence dans les manifestations et des pistes de réflexion sur le néo libéralisme et la manière de le combattre

La question des relations entre le mouvement social contre la loi travail et le mouvement des Nuits Debout

La puissance du mouvement populaire contre la loi est considérable, peut-être pas en nombre mais en longueur, en radicalisation et en détermination.

Son prolongement dans le mouvement des Nuits Debout ouvre la voie d’une réflexion générale sur la société et l’exploitation des travailleurs. La rupture avec la loi travail entraîne la rupture avec le monde qu’elle implique dans lequel l'homme est réduit à un état de marchandise.

Dans les manifestations populaires et syndicales comme dans le mouvement des Nuits Debout, il est exagéré d’y voir la montée d’une conscience de classe. Ce qui est clairement perceptible, c’est le sentiment d’être ensemble dans le même mouvement à la recherche de voies politiques différentes de celles proposées par les organisations et les partis institutionnels.

Le mouvement des Nuits Debout combine la libération de la parole, la volonté d’action et la réflexion sur le vivre ensemble. Le mouvement social est populaire car il est soutenu par l’opinion publique, mais ce n’est pas l’ensemble de la classe ouvrière et de la jeunesse qui se mobilise dans la rue.

Nous assistons plutôt à une mobilisation par secteurs au sein de celles-ci. Cependant, au sein des syndicats, si les directions continuent le mouvement d’accompagnement du néo libéralisme et de négociation avec le patronat, il y a eu une insurrection de la base pour radicaliser la lutte qui appuie et qui complète la résistance et la détermination des opposants à la loi.

Globalement et sans augurer de l’avenir, nous sommes dans une nouvelle configuration des rapports entre salariés et patronat, citoyens et pouvoir politique. D’une part, les salariés prennent conscience qu'ils ne feront pas reculer le gouvernement par les voies classiques, d’autre part, le mouvement des Nuits Debout on prend conscience qu’il n’est pas suffisant de défendre les droits acquis en 1936 et à la Libération. Dans la rue comme sur les places, à l’instar du mouvement des indignés, la nouveauté du vingt et unième siècle est bien le slogan « ils ne nous représentent pas », y compris le Parti Socialiste qui a perdu sa légitimité de représentation du peuple de gauche.

La question de la violence dans les manifestations

Pour certains la violence du cortège de tête est l’expression d’une minorité qui impose sa manière d’agir aux manifestants et accompagne, inconsciemment ou pas, la propagande des médias et du gouvernement pour délégitimer le mouvement social. Elle facilite la tâche des médias qui occulte l’amplitude des manifestations pour ne montrer que les images de violence.

De plus, les dégradations contre un hôpital ou des abris bus sont des messages négatifs car elles s’attaquent à des symboles de ce qui est commun à tous. Il ne faut pas confondre la violence légitime d’un mouvement unitaire comme en 1968 avec la violence provocatrice qui dessert le mouvement social.

Pour d’autres, les manifestations de violence sont un phénomène inhérent à tout mouvement et répondent avant tout à la violence institutionnelle et policière. Contrairement à la propagande des médias qui parlent de casseurs et de voyous, les acteurs des actes de violence sont des militants autonomes et anarchistes structurés politiquement et stratégiquement qui se réclament de la lutte contre l’ordre capitaliste. A l’occasion des dernières manifestations, nous avons pu observer une progression numérique du cortège de tête et des démonstrations de sympathie voire de protection à son égard. Cette stratégie de la violence comme incontournable dans tout mouvement insurrectionnel doit être replacée dans un contexte historique, politique et sociologique. Elle relève des mouvements de résistance et de désobéissance, comme par exemple les forums sociaux et Notre Dame Des Landes, de l’échec de la représentation syndicale et enfin du sentiment de révolte contre l’injustice de la violence policière, Rémi Fraisse, Rennes et Nantes. En tout cas, il faut en prendre acte, essayer de comprendre et surtout ne pas hurler avec les loups.

Pour tout le monde il est évident que la police a des ordres pour laisser faire afin que le gouvernement, au travers de communiqués et via ses chiens de garde puisse utiliser et dénaturer les actions violentes pour occulter le contenu du message d’opposition à la réforme du code du travail.

Des pistes de réflexion sur le néo libéralisme et la manière de le combattre

Le prochain travail du Club Politique Bastille pourrait consister à confronter le « new way of life » du néo libéralisme avec les méthodes de lutte héritées du dix neuvième et du vingtième siècle et l’émergence de mouvements qui se situent en dehors de la gauche radicale institutionnelle.

Sur la base du constat de Pierre Dardot et de Christian Laval, « ce cauchemar qui n’en finit pas », et la panoplie des mesures qui établissent une codification du néo libéralisme avec le Compte Personnel d'Activité (CPA), quid des organisations syndicales et politiques qui continuent le combat sur la base de défense des acquis du Conseil National de la Résistance (CNR) ? N’est-ce pas un combat ancien qui appartient à un monde ancien ?

La forme nouvelle du mouvement social actuel, le mouvement des Nuits Debout et les différentes praxis qui expérimentent un vivre autrement, augurent, peut-être, du désir de construction d’un mouvement qui réponde au monde tel qu’il est, dans la nouvelle configuration du néo libéralisme.

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 19:11

http://www.liberation.fr/debats/2016/06/27/le-brexit-cet-anti-grexit_1462429

Le Brexit, cet anti-Grexit

Par Etienne Balibar

Lundi 27 Juin 2016

Faible, Athènes a été ostracisé à l’intérieur des frontières de l’Union Européenne. Il y a fort à parier que le processus sera inverse pour les britanniques, la géométrie du système européen s’adaptera pour les réintégrer par la bande.

Loin de moi l’idée de minimiser le caractère dramatique des conséquences que va entraîner le vote du Royaume-Uni, pour les britanniques et pour l’Europe. Mais je suis frappé de la façon dont les titres de la presse française et étrangère nous présentent les choses, « après le Brexit ».

A de rares exceptions près, tous semblent tenir pour acquis que le divorce a eu lieu. En réalité, nous entrons certainement dans une phase de turbulences, mais dont l’issue n’a rien de clair.

C’est cette incertitude que je voudrais essayer de commenter et d’interpréter. Nous le savons bien, comparaison n’est pas raison, et cependant comment ne pas rappeler que, dans l’histoire récente de la politique européenne, les référendums nationaux ou transnationaux ne sont jamais mis en application. Ce fut le cas en 2005 et en 2008 à propos de la constitution européenne et du traité de Lisbonne, plus encore évidemment en 2015 à propos du mémorandum imposé à la Grèce. Il en sera très probablement de même cette fois-ci.

La classe dirigeante britannique, par-delà les conflits de personnes qui l’ont divisée tactiquement, est à la manœuvre pour retarder l’échéance et négocier au mieux les termes de la sortie. Certains gouvernements, le gouvernement français en tête, ainsi que les porte-parole de la commission européenne, multiplient les rodomontades, « out c’est out » et « leave means leave ». Mais l’Allemagne ne l’entend pas de cette oreille et il n’y aura aucune unanimité, sauf de façade.

Le plus vraisemblable, au terme d’une période de tensions, dont l’issue ne sera pas tant déterminée par les opinions publiques que par les fluctuations des marchés financiers, c’est que nous aboutirons à la fabrication d’une nouvelle géométrie du système des états européens, dans lequel l’appartenance formelle à l’Union Européenne sera toujours compensée par d’autres structures, la zone euro, mais aussi l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), le système de sécurité aux frontières qui succédera à Schengen et une zone de libre échange à définir en fonction des rapports de force économiques. De ce point de vue aussi la comparaison entre le Grexit et le Brexit peut s’avérer instructive. La faiblesse de la Grèce, abandonnée par tous ceux qui, logiquement, auraient dû soutenir ses revendications, a mené à un régime d’exclusion intérieure.

La force relative du Royaume-Uni, qui peut compter sur de solides appuis dans l’Union Européenne, conduira sans doute à une forme accentuée d’inclusion extérieure. Est-ce à dire qu’aucun tournant ne vient d’être pris ?

Evidemment non, examinons brièvement le côté anglais et le côté européen, avant de dire pourquoi ils ne sont pas séparables, mais représentent les deux côtés d’une même médaille.

Il est évident que l’histoire particulière de la Grande-Bretagne, son passé impérial et son histoire sociale faite de renversements brutaux, doivent être pris en compte pour expliquer l’émergence d’un sentiment anti européen hégémonique. Les analyses qui nous sont proposées montrent que celui-ci recouvre une extraordinaire diversité de mobiles, répartis selon des facteurs de classe, de génération, de nationalité et d’ethnicité.

Potentiellement, ils sont contradictoires entre eux et c’est cette contradiction que recouvre le discours souverainiste qui a été manipulé par les partisans du Brexit. Nous devons donc nous poser la question de savoir pendant combien de temps il sera en mesure de masquer le fait que, tout particulièrement, les ravages économiques et sociaux dont sont aujourd’hui victimes une proportion croissante des nouveaux pauvres du Royaume Uni sont dus aux effets cumulés des politiques néo libérales que l’Union Européenne n’a pas imposées seule à la Grande-Bretagne, puisque celle-ci en a été au contraire, dès l’époque de Margaret Thatcher, puis celle de Tony Blair, un des plus actifs soutiens pour l’Europe entière. Par lui-même, le Brexit, quelles qu’en soient ses modalités, n’apportera aucun correctif à cette situation. Sauf si, évidemment, une politique alternative devenait majoritaire. Mais il faudrait pour cela, et ce n’est pas le moindre paradoxe de la situation, qu’elle ait sa contrepartie sur le continent, car la loi de la concurrence entre les territoires va s’imposer plus que jamais.

Ce qui nous mène au côté européen. Toutes spécificités dûment prises en compte, aucun des problèmes qui frappent le Royaume-Uni n’est absent des nations européennes. C’est ce qu’il y a de vrai dans la propagande populiste du ni droite ni gauche qui se déchaîne maintenant dans toute l’Union Européenne, réclamant des référendums sur le modèle anglais.

Déjà en 2005, le chancelier Helmut Schmidt avait observé que, sauf exception, des consultations sur le modèle français et néerlandais auraient donné partout des résultats négatifs. La crise de légitimité, le retour du nationalisme et la tendance à projeter le malaise social et culturel sur un ennemi de l’intérieur ciblé par des partis xénophobes et islamophobes, se sont développés partout. La crise grecque a été utilisée par des gouvernements acquis à l’austérité sociale pour faire de la dette publique le fantasme des contribuables. La crise des réfugiés a été amalgamée avec les questions de sécurité. En clair, ce qui se manifeste outre-Manche comme séparatisme se traduit partout en Europe comme tendance à l’éclatement des sociétés et à l’aggravation de leurs fractures internes et externes.

Disons mieux, nous avons franchi un seuil dans le processus de désagrégation de la construction européenne, non pas à cause du vote britannique, mais en raison de ce qu’il révèle de tendances à la polarisation de l’ensemble européen et de crise politique, qui est aussi morale. Non seulement, comme je l’ai écrit, nous sommes dans un inter règne, mais nous assistons à un processus destituant qui, pour l’instant, n’a pas de contrepartie constituante.

Sommes nous impuissants, c’est toute la question. A court terme, je suis très pessimiste, parce que les discours de refondation de l’Europe sont entre les mains d’une classe politique et technocratique qui n’envisage aucune transformation des orientations qui lui assurent la bienveillance du pouvoir occulte, celui des marchés financiers, et ne veut pas réformer en profondeur le système de pouvoir dont elle tire son monopole de représentation. Et par voie de conséquence, la fonction de contestation est assumée par des partis et des idéologues qui tendent à détruire les liens entre les peuples, ou plus généralement les résidents, européens. Il faudra une très longue marche pour que se conjuguent et se précisent aux yeux d’une majorité de citoyens, à travers les frontières, l’étroite interdépendance entre souveraineté partagée, démocratie transnationale, alter mondialisation, codéveloppement des régions et des nations et traduction entre les cultures. Nous n’en sommes pas là et le temps court. Raison de plus, si nous croyons à l’Europe, pour en poursuivre l’explication sans relâche.

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 18:53

Aucune motion de censure déposée, la loi travail adoptée (Reuters)

Le projet de loi travail a été adopté Mercredi 6 Juillet 2016 en nouvelle lecture par l’assemblée nationale, les opposants de gauche ayant échoué à réunir le nombre de députés nécessaires pour déposer une motion de censure du gouvernement de Manuel Valls.

Faute d'une majorité assurée, le premier ministre avait une nouvelle fois engagé Mardi 5 Juillet 2016 la responsabilité de son gouvernement en vertu du quarante neuvième article de la constitution.

Les opposants à la réforme disposaient d'un délai de vingt quatre heures pour déposer une motion de censure. L'opposition de droite, contrairement à ce qu'elle avait fait lors de la première lecture du texte au mois de mai 2016, a décidé de ne pas en déposer cette fois-ci.

Quant à la gauche de la gauche, qui rassemble le Front De Gauche (FDG), des écologistes, des frondeurs socialistes et quelques divers gauche, elle n'a pu rassembler les cinquante huit signatures de députés nécessaires pour pouvoir déposer une motion de censure progressiste.

Seuls cinquante six députés ont apporté cette fois-ci leur paraphe à cette motion, comme au mois de mai 2016 lors de la première lecture du projet de loi présenté par Myriam el Khomri, la ministre du travail.

« Une nouvelle fois, nous nous sommes battus contre le cynisme, les pressions et la loi travail, cinquante six députés de toute la gauche nous ont accompagnés dans cette démarche », a dit le chef de fil des frondeurs socialistes, Christian Paul.

Dans un communiqué, le FDG regrette « que les députés socialistes qui disaient s’opposer au texte ou même à la brutalité gouvernementale n’aient pas saisi ce seul levier institutionnel pour mettre un terme au mépris affiché par le gouvernement envers le peuple et ses représentants ».

Recours devant le conseil constitutionnel

Les députés du FDG, poursuit le communiqué, « utiliseront tous les moyens institutionnels pour obtenir le retrait de ce texte, comme le recours au conseil constitutionnel, et en appellent à la poursuite de la mobilisation, sans laquelle rien n’est possible ».

Plusieurs frondeurs ont refusé cette fois de tenter de censurer le gouvernement. L'approche, dans neuf mois, des élections présidentielles et des élections législatives en a, semble-t-il, dissuadé plusieurs.

La direction du Parti Socialiste avait averti que les signataires d'une motion de censure votée seraient exclus du parti et ne pourraient donc pas obtenir leur investiture.

Les dix députés écologistes proches de Cécile Duflot ont signé cette motion de même que les dix députés du FDG et trois apparentés ultra marins. Une dizaine de députés divers gauches non-inscrits, pour la plupart des anciens députés du Parti Socialiste, l'ont également voté, ainsi qu'une vingtaine de députés socialistes.

Aucune motion de censure n'ayant été déposée dans le délai imparti, le projet de loi est considéré comme adopté et sera transmis au sénat.

La haute assemblée l'examinera le Mercredi 13 Juillet 2016 en commission des lois et le Lundi 18 Juillet 2016 en séance publique. La majorité de droite déposera et fera voter une motion de procédure qui abrégera l'examen du texte et entraînera son rejet.

L’assemblée nationale procédera le Mercredi 20 Juillet 2016 à la lecture définitive du texte. A quelques heures de la pause estivale, le projet de loi devrait être voté par une poignée de députés encore présents dans l'hémicycle, sans quarante neuvième article de la constitution et donc sans motion de censure.

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article

Présentation

  • : fischer02003
  • fischer02003
  • : actualité politique nationale et internationale
  • Contact

Recherche

Pages

Liens