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11 décembre 2007 2 11 /12 /décembre /2007 21:35

                   A.R.M.A.D.A    

               

Agir pour les Réparations Maintenant  pour les Africains et Descendants d'Africains

assoc.armada@yahoo.fr

 

 

Tous et toutes

mardi 18 décembre à 9h

Conseil de Prud'hommes de Paris

27 rue Louis Blanc 75010  Paris.
métro : Louis Blanc.

 

 

Affaire Badjeck : Les syndicats 

 

 soutiennent-ils la discrimination au

 

travail ?

 

 

Le 18 décembre prochain, l’affaire des 4 d’ADP va à nouveau être portée devant les tribunaux : Thierry Badjeck  attaque son employeur pour discrimination, en raison d’origines raciales supposées. Le syndicat FO a déjà prêté main forte au patronat contre lui…

 

 

Licenciés abusivement en 2006, les 4 d’ADP ont gagné en appel : après plus de 1 an de licenciement injustifié, l’employeur Aéroports de Paris a été condamné à les réintégrer et à leur verser le paiement des salaires correspondant à la période de licenciement sous astreinte de 100 euros par jour et par personne.  Dans cette affaire, l’inspecteur du travail et les syndicats avaient outrageusement soutenu la hiérarchie.

 

 

Toute l’affaire avait commencé par une manœuvre discriminatoire : empêcher Thierry Badjeck de postuler pour une promotion interne. Badjeck avait tous les diplômes universitaires requis, outre l’expérience des responsabilités dans sa profession. Il a choisi de se battre pour tous ceux qui sont quotidiennement discriminés, et qui n’ont pas les moyens de sacrifier comme lui plusieurs années dans le combat judiciaire pour leur dignité.

 

 

Rappel des questions qui se posent : Comment la CGT qui est majoritaire parmi les élus prud’hommaux de cette branche professionnelle a-t-elle pu laisser faire autant de violations du droit des salariés et des droits humains (la négrophobie) lors des différentes audiences prud’hommales ? Comment a-t-elle pu laisser passer tous les faux produits lors de chaque séance par la direction de ADP ? Comment a-t-elle pu accepter le camouflage d’actes racistes négrophobes avérés de la part de certains responsables locaux de ADP alors que les preuves en étaient apportées lors de chaque audience ?

 

 

Une négrophobie institutionnelle qui doit être enrayée ! Dans cette affaire des manoeuvres totalement illégales ont été accumulées pour casser détruire des êtres humains : diffamation, exactions, vols avec effraction, ethnicisation des rapports entre salariés, violation de correspondance et de vie privée, harcèlement moral. Le but avoué de ces pratiques était « la mort sociale », il s’agissait de faire un exemple, de casser la résistance à l’arbitraire en ciblant un camerounais pour dissuader tous les moins blancs ou moins français de faire respecter leurs droits tandis que l’on châtiait sévèrement les trois blancs solidaires de Thierry afin de stopper net une mobilisation sans barrière de couleur. C’est le principe du lynchage, et les syndicats ont accepté de participer au lynchage, par des tracts ignobles pour discréditer Thierry, par des pressions pour qu’il renonce à exercer ses droits et à exiger le respect du droit pour tous.

 

 

La Cour d’Appel dans son arrêt du 5 juillet 2007, en donnant tort à l’employeur ADP, en fustigeant tous les autres acteurs complices de celui-ci, en intimant l’ordre de réintégration immédiate sous astreinte financière, a très clairement dit « Stop à la discrimination négrophobe et à la violation des droits des salariés dans l’entreprise ! » Un chemin qu’il faut suivre...et que nous invitons les syndicats dignes de ce nom à suivre également !

 

 

Face au racisme qui structure l’autorité de la hiérarchie, le préambule de la constitution de 1958 garantit l’égalité des droits et le principe de non-discrimination. La lutte contre les discriminations est un objectif de l’Union Européenne et un engagement de la France conformément au Traité d’Amsterdam. C’est donc la combinaison de dispositions constitutionnelles et d’engagements internationaux que l’employeur a violés par une rupture de l’égalité des droits.

 

 

« La discrimination raciste est une déshumanisation de l’autre, une chosification de l’être, un crime sans cadavre, une mise à mort sociale. Elle met en péril l’intégrité de l’Etat de droit, et à ce titre ne peut bénéficier d’aucun égard. La discrimination raciste est un mode de domination d’un genre particulier qui assigne l’être à domesticité et nie fondamentalement le sujet de droit. C’est, absolument, une atteinte aux droits premiers de la personne. »  Thierry Badjeck

 

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11 décembre 2007 2 11 /12 /décembre /2007 12:26

Lundi 10 décembre 2007

 

Sarkozy, le PS et la Libye

 

www.atlasalternatif.over-blog.com

 

Y aurait-il deux sensibilités dans l'aile pro-israëlienne de la classe dirigeante française : l'une moralisatrice et l'autre plus sensible aux intérêts des milieux d'affaire nationaux ? L'une serait incarnée par les dirigeants du Parti socialiste (dans l'opposition) et Bernard Kouchner (au gouvernement), l'autre, par l'UMP et Nicolas Sarkozy.


C'est l'impression que donnent les réactions à la venue du président libyen Muammar Kadhafi en France.


Alors que le président libyen devait rencontrer le président de l'Assemblée nationale, les députés socialistes ont refusé de l'accueillir. Sur la radio communautaire juive RCJ, le numéro un socialiste François Hollande s'est insurgé contre des propos de Nicolas Sarkozy se disant à Lisbonne "très heureux" d'accueillir son homologue libyen. Il "sera donc très heureux de recevoir un dictateur", un "dictateur qui s'est compromis dans des actes terroristes", a déploré M. Hollande, un "dictateur qui justifie encore aujourd'hui le terrorisme", "qui vient ici avec ses pétrodollars acheter des armes". Sur Canal +, l'ex-candidate Ségolène Royal a jugé "tout simplement odieux, très choquant, même inadmissible que la France aille cautionner un système de tortures en prison". "Faut-il se mettre à genoux devant les intérêts financiers?", a-t-elle demandé (AFP 9 décembre 2007). Dans la même veine le journal de centre-gauche Le Monde accuse : "M. Sarkozy profite de l'incapacité de l'Europe à adopter une position commune sur ces questions (des droits de l'homme) pour se "placer" auprès des dirigeants les moins respectueux des libertés." (éditorial de l'édition du 11 décembre 2007)


Au sein du gouvernement, le ministre des affaires étrangères issu du PS Bernard Kouchner s'est dit "résigné" à la venue du dirigeant libyen (AP 10 décembre),  et  n'a pas désapprouvé les propos de Rama Yade, la secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme UMP, qui avait déclaré à propos de la visite du chef d'Etat libyen: "Notre pays n'est pas un paillasson, sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s'essuyer les pieds du sang de ses forfaits". (Ce qui n'est pas un signe d'une grande  cohésion gouvernementale sur la question). 


Ces attaques rejoignent celles de la plupart des partis d'opposition qui ont aussi critiqué la venue du dirigeant libyen. "Les député(e)s communistes et républicains qui condamnent fermement cette initiative de Nicolas Sarkozy, et la réception prévue à l’Assemblée nationale, réclament une éthique de la diplomatie française" par la voix de leur porte-parole Alain Bocquet (www.bdr13.pcf.fr/Declaration-d-Alain-Bocquet,5281.html). En dehors de la représentation parlementaire, le Front national dénonce aussi les motivations financières de cette visite (http://www.frontnational.com/communique_detail.php?id=1536). 


Toutefois s'agissant du PS et de Bernard Kouchner dont la sympathie pour Israël est connue (voir sur le long terme http://pagesperso-orange.fr/shalom-salam/ps.htm, et pour la période récente divers articles de http://atlasalternatif.over-blog.com/), il n'est sans doute pas anodin que leur position coïncide avec celle du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) - une institution qui défend les intérêts d'Israël en France. Celui-ci rappelle dans un communiqué du 10 décembre 2007 qu'il "n’oublie pas que la Libye : - a organisé et encouragé de nombreux attentats meurtriers, - a déclaré, par la voix du Colonel Kadhafi, le 7 décembre 2007 à Lisbonne qu’il était "normal que les faibles aient recours au terrorisme », - a régulièrement utilisé la torture, y compris sur le personnel soignant bulgare, totalement innocent, qui a été incarcéré dans des conditions terrifiantes, pendant plusieurs années avant d’être libéré cet été, notamment grâce à l’action de la France. - Il serait scandaleux que la Libye, étant donné son « palmarès » en la matière, soit chargée de préparer la conférence dite de Durban 2, dont le CRIF espère qu’elle ne sera pas une répétition de Durban 1 en 2001, qui s’est transformé en meeting antisémite. Le CRIF demande au Président de la République et au gouvernement de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour éviter qu’une telle situation ne puisse se reproduire. -  n’accepte pas de façon permanente l’existence de l’Etat d’Israël, une ligne de conduite encore confirmée par le propre fils du Colonel Kadhafi qui refuse l’entrée d’Israël dans l’Union méditerranéenne, ce projet de paix initié par la France."www.desinfos.com/article.php.


La position de Sarkozy à gauche n'est soutenue que par le socialiste Hubert Védrine qui a déclaré sur LCI : "Je crois que les interdictions de principe sont absurdes sur le plan de nos intérêts et même de nos idées" (AP 10 décembre 2007 - on rappellera que le CRIF s'était opposé à la nomination de Védrine comme ministre de Sarkozy. 


La Libye a renoncé à son programme nucléaire militaire en 2003 et recherche aujourd'hui des équipements nucléaires civils. Au menu de la visite du colonel Kadhafi sont prévus «des contrats de collaboration pour une usine de dessalement d’eau de mer avec un réacteur nucléaire», «une coopération en matière d’armement, et différents contrats économiques» (Libération).

 

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11 décembre 2007 2 11 /12 /décembre /2007 12:20

Duel serré PS-UMP dans une élection législative partielle dans le Val-Oise

 

LE MONDE | 10.12.07 | 08h51  •  Mis à jour le 10.12.07 | 08h51

 


  Le niveau de participation particulièrement bas (25,06 %) n'y a rien changé. Encore une fois, le premier tour de l'élection législative organisée dimanche 8 décembre dans la 8e circonscription du Val-d'Oise (Sarcelles, Villiers-le-Bel, Garges-lès-Gonesse, Arnouville-lès-Gonesse, Bonneuil-en-France) s'est joué à peu de choses. Candidat à la succession de Dominique Strauss-Kahn, démissionnaire après son accession au poste de directeur général du Fonds monétaire international (FMI), le maire socialiste de Sarcelles, François Pupponi (38,83 %) est arrivé en tête de cette législative partielle avec 168 voix d'avance sur la candidate UMP, Sylvie Noachovitch (37,43 %). Le 10 juin, cette dernière avait devancé de 90 voix l'ancien ministre socialiste des finances qui l'avait finalement emporté avec plus de 55 % des suffrages au deuxième tour.

Deux semaines après les événements de Villiers-le-Bel, les électeurs de cette commune, qui porte encore la trace des affrontements, n'ont été que 22 % à voter. Le candidat du Front national y a réalisé un score de 10 %, en nette progression.

Sur l'ensemble de la circonscription, le FN – qui a diffusé une affiche montrant des voitures brûlées et proclamant "dehors, les clandestins et les casseurs" _ réalise un bond de 4 % à 7,4 %. Le PCF, se redresse lui aussi, passant de 3,5 % à 6 % et bénéficie de la diminution du nombre de candidats.

PAS DE CONSIGNES DU MODEM

"C'est bon pour le report des voix au second tour", se félicitait, dimanche soir, Sylvie Noachovitch en apprenant le score du Front national. Cette avocate, ancienne collaboratrice vedette de l'émission "Sans aucun doute" sur TF1, assure que "tout peut encore se faire" compte tenu "de l'écart quasi-inexistant" qui la sépare de son adversaire.

Pour sa part, François Pupponi gagne un demi-point en pourcentage par rapport au résultat de "DSK" – avec lequel il a communiqué par SMS pendant toute la soirée – et considère aborder le second tour en bonne position.

"Le PS arrive en tête à Villiers-le-Bel, où les graves événements de ces dernières semaines ont démoralisé beaucoup d'électeurs. Dans ces quartiers populaires, la gauche est toujours là", a souligné le maire de Sarcelles qui a lancé un appel aux abstentionnistes.

"Le drame de Villiers-le-Bel a changé la nature de cette campagne peu médiatisée. Beaucoup de gens n'ont pas eu à cœur de se rendre au bureau de vote; d'autres ne savaient même pas qu'une élection avait lieu", commentait, désabusé, Jean-Michel Cadiot, candidat du MoDem. Ce dernier, qui a rassemblé un peu plus de 3 % des voix, ne donnera pas de consigne pour le second tour.

 

Jean-Michel Normand

 

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10 décembre 2007 1 10 /12 /décembre /2007 22:24
Eléments de réponse à l’analyse collective de la défaite au Referendum sur la Réforme constitutionnelle
 
jeudi 6 décembre 2007, par Romain Migus
 
Les résultats du référendum sur la Réforme partielle de la Constitution de la République bolivarienne sont désormais connus de tous. Le "Non" l’a emporté de peu. Devant la surprise de ces résultats, diverses analyses ont été publiées. Nous y ajoutons ici la notre.
 
 
A propos de Podemos, de Baduel et du "mouvement étudiant virtuel"
Comment interpréter leur poids dans l’élection de dimanche ?
Si l’on regarde les chiffres de l’élection, on peut noter que l’opposition augmente son score de 211.888 électeurs (soit 1.3% du corps électoral). Où sont donc passés les 759.826 électeurs qui avaient choisi de voter pour Podemos à l’élection présidentielle de décembre 2006 ? Où sont passés les soit disant partisans du général Baduel ? Où sont "les multitudes" d’étudiants surgis lors de la non-rénonvation de la concession hertzienne publique à RCTV et qui manifestaient contre la Réforme de la Constitution  ?
Il n’est point né de nouvelle force politique au Venezuela. L’opposition a réussi à mobiliser son habituel potentiel électoral. En fait, c’est plus l’apparition médiatique de ces "nouveaux acteurs" de l’opposition, qui a eu pour tache de faire douter les électeurs chavistes. Il en est de même pour les anarchistes libertaires ou une fraction minoritaire du trotskysme. Leurs appels à l’abstention ont été immédiatement relayés dans les media de droite. C’est l’utilisation de nouvelles têtes ou de dissidents revenus à la Raison par les anciens partis et les media commerciaux qui a permis une forte mobilisation de l’opposition et une apathie des secteurs chavistes.
Donc, pas nouveaux leaderships au sein de l’opposition. Au contraire, dans l’Etat d’Aragua, le "Oui" l’a emporté avec plus de 52%, en dépit du fait que le gouverneur soit de Podemos, que le secrétaire général de Podemos soit élu député dans une circonscription de l’Etat d’Aragua, et surtout que le général Baduel soit originaire de cet Etat et fut longtemps commandant de la base de parachutistes basée dans la capitale de l’Etat.
Quant au "mouvement étudiant virtuel" formé pour les coups d’État soft, leur popularité ne survit jamais à l’échéance politique pour laquelle ils ont combattu. Rappelons par exemple que Pora, l’élève ukrainien d’Otpor n’a totalisé que 1.47% des voix aux élections législativesqui ont suivi la Révolution Orange.
 
 
Derrière l’arbre, une forêt de problèmes à régler.
Si l’opposition peut compter sur tout le potentiel électoral qu’elle avait capitalisé en décembre 2006, en revanche dans le camp chaviste, il y a une différence de 2.929.688 voix entre l’élection présidentielle et celle du referendum pour le bloc A, dont la majorité des articles furent proposés par le président Chavez.
Constat : les chavistes sont restés chez eux. Pourquoi ?
Premièrement, un certain triomphalisme régnait dans le camp du président Chavezdepuis sa récente élection. Certain ne se sont pas déplacé sûrs de la victoire du "Oui".
Deuxièmement, certains électeurs qui avaient voté Chavezne se sont pas déplacés car le gouvernement n’a pas donné de réponses à un problème concret : l’insécurité. Bien que l’insécurité au Venezuelane soit pas arrivée avec Chavez, et bien que celle-ci était tout aussi élevée lors des élections présidentielles, l’opposition a su particulièrement bien utilisé ce facteur pour assimiler le "Non" à l’insécurité au "Non" à la réforme constitutionnelle. Plus généralement, une partie du chavisme a décidé de ne pas aller voter pour exprimer son mécontentement sur la lenteur de certains changements, sans pour autant voter pour une opposition qu’ils détestent. C’est ce qui a permis à deux grands quartiers populaires (Petare et Caricuao) de Caracas de donner le "Non" vainqueur.
Troisièmement, la guerre psychologique et médiatique menée par les media commerciaux fut particulièrement forte et les moyens de communication du gouvernement ou du Parti Socialiste Uni du Venezuelan’ont pas été à la hauteur. Les messages de l’opposition et des media commerciaux étaient généralement courts, basé sur leur interprétation des articles, et très chargés émotionnellement. En résumé, c’était "avec la Réforme, c’est la fin de la liberté et de la démocratie", "l’Etat sera propriétaire de ta maison, ton téléviseur, tes enfants, etc.". Au lieu de répondre sur le même registre, la télévision d’Etat a fait défilé un grand nombre d’intellectuels certes passionnant mais présentés de manière très ennuyeuse, pour venir expliquer pendant des heures la réforme constitutionnelle, texte en main.
Explication rationnelle Vs. Conquête émotionnelle : les vénézuéliens ont exprimés dans les urnes quelle fut la meilleure stratégie. Dans les témoignages que nous avions pu recueillir peu avant le vote, nous avions noté que l’appel à la réaction émotionnelle fait par l’opposition entraînait un vote contraire aux propres intérêts de l’électeur. Ainsi, une ouvrière agricole de l’État du Tachira allait voter "Non" par peur de voir ses jeunes enfants enlevés par des fonctionnaires pour les emmener à Cuba. S’il n’y avait évidemment rien de tel dans la proposition de Réforme partielle de la Constitution, en revanche l’article 307 interdisait le latifundio, et ouvrait donc la voie à une possible propriété pour cette ouvrière agricole. Dans un autre registre, cet homosexuel du centre de Caracas, qui a voté "Non" pour défendre la liberté. Moins vague que la défense de la liberté, l’article 21 interdisait toute discrimination en raison de l’orientation sexuelle. Ou encore cette personne d’un quartier populaire de Caracas qui n’allait pas aller voter par peur que le gouvernement lui enlève sa maison, sans vouloir se rendre compte que le titre de propriété du terrain de sa maison lui a été donné par ce même gouvernement, ou que la réfection de sa maison a été rendu possible par un micro-crédit donné par.le gouvernement. Le résultat de l’élection de dimanche met en évidence une mauvaise gestion communicationnelle de la part du gouvernement dès lors qu’il ne s’agit pas de Hugo Chavezen tant que personne.
Ce que met aussi en lumière le résultat du 2 décembre 2007, c’est la confusion qui règne au Parti Socialiste Uni du Venezuela. Plus de 6.000.000 de militants, et à peine 2/3 qui se retrouvent dans les urnes (car n’oublions pas les apports des sympathisants et des militants du Parti Communiste et du parti Patrie Pour Tous). Où sont donc passés ces militants ? Quel est le nombre réel de militants sincères ?
Certains élus de municipios, dont l’élection s’explique seulement parce qu’ils sont membres du Parti du président Chavez, appelaient ouvertement à voter "Non". Une certaine clarification devrait être nécessaire dans le camp de la Révolution pour continuer à approfondir la transition vers le Socialisme. C’est ce que demandait, dés le lundi après-midi, environ 2000 manifestants concentrés au pied du Palais Présidentiel, aux cris de "Dehors les traîtres à la Révolution", ou encore "Nettoyage général".[1] (1)
 
 
Deux pièges à éviter
Certaines analyses montrent que la réaction du président Chavezempêchera désormais les entreprises de communications internationales de le traiter de dictateur. Rien n’est moins sûr ! Il n’y a qu’à regarder comment Courrier International en France préparait une victoire du "Oui" au référendum[2] (2). Quelques jours plus tard, dans son émission "Tout le Monde en parle", Laurent Ruquier s’enthousiasmait de la défaite des chavistes au motif que "la réforme constitutionnelle donnait les pleins pouvoirs à Chavezet lui permettait de devenir président à vie" (sic). Si ces réactions nous montrent comment aurait été reçu la décision du Peuple vénézuélien si celui-ci avait majoritairement voté pour le "oui", elles nous indiquent surtout que les entreprises médiatiques continueront leurs entreprises de désinformation sur le Venezuela. De la même manière qu’elles ont oubliés le coup d’Etat, le lock-out et le sabotage de l’économie pétrolière dans l’explication du contexte vénézuélien, elles oublieront bien vite le résultat défavorable des urnes accepté par un président démocratiquement élu, pour présenter un dictateur assoiffé de pouvoir au fur et à mesure que le gouvernement continuera sur la voie du Socialisme.
L’autre piège est de croire que l’opposition est soudainement devenue démocratique car elle accepte le résultat des urnes. Dés le début de l’après midi du 2 décembre, de nombreux leaders de l’opposition, dont le général parachutiste Raul Baduel, appelaient à ne reconnaître les résultats qu’en cas de victoire de l’opposition. Drôle de vision de la démocratie. On ose imaginer ce qui se serait passé si Chavezou un membre du gouvernement bolivarien eut tenu un tel discours. Comme nous l’avions déjà montré, l’opposition au gouvernement bolivarien n’est démocratique que lorsque cela arrange son image internationale.[3] (3) Toute une infrastructure était prête pour lancer une Révolution colorée en cas de victoire du "Oui". On peut même avancer que l’intense campagne médiatique nationale et internationale contre la Réforme, l’action des étudiants du "mouvement étudiant virtuel" qui ont bien réussi à imposer une vision d’un gouvernement "répressif" et "totalitaire", le blocus organisé sur des aliments de première nécessité, la guerre psychologique, ont réussi leur objectif d’empêcher l’approbation de la Réforme constitutionnelle. Pour être démocratique, il serait aussi bon de laisser la démocratie se développer sans influer de manière anti-démocratique sur une élection.
L’acceptation des résultats par le président Chavezjuste après leur annonce officiel va permettre de desserrer un instant l’étau médiatique autour du Venezuela. Un cours instant puisque le président a annoncé le 5 décembre 2007, qu’il ne pouvait plus présenter de réforme constitutionnelle durant son mandat mais que le Peuple le pouvait. En effet, l’article 342 de la Constitution (défendue désormais par l’opposition "démocratique") prévoit que si 15% du registre électoral présente une proposition de réforme à l’Assemblée Nationale, celle-ci peut décider l’organisation d’un référendum. On peut donc s’attendre à ce qu’une deuxième version de la Réforme constitutionnelle soit proposée aux vénézuéliens dans les années qui viennent. Nous verrons alors la posture des entreprises de communication internationales et l’attitude de l’opposition vénézuélienne.
Pour le reste, le président Chavezreste au pouvoir jusqu’en 2012 malgré la demande de démission lancé par certains membres de cette opposition "démocratique". Le Socialisme vénézuélien a encore plusieurs années d’approfondissement devant lui. En espérant que les erreurs qui ont conduit à la défaite du 2 décembre sauront être analysées par le gouvernement et les militants révolutionnaires pour pouvoir pallier à certaines défaillances et éviter ainsi une répétition du scénario du 2 décembre 2007.
 
Notes :
(1)[1] Voir la video : http://www.aporrea.org/actualidad/n105883.html
(2)[2] Voir Maxime Vivas, "Courrier International dégaine plus vite que son ombre... et nous donne le ton", Le Grand Soir, http://www.legrandsoir.info/article.php3 ?id_article=5785
(3) [3] Voir par exemple "La Contre-révolution endogène unifié" : http://www.legrandsoir.info/article.php3 ?id_article=4007 , "Le Rose Brun" http://www.legrandsoir.info/article.php3 ?id_article=4086 , ou plus récemment "Réforme Constitutionnelle ou Déstabilisation" http://www.legrandsoir.info/article.php3 ?id_article=5755 .
 
 
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10 décembre 2007 1 10 /12 /décembre /2007 22:14
Les sites d'information autonomes cherchent leur équilibre économique
LE MONDE | 10.12.07 | 14h21  •  Mis à jour le 10.12.07 | 14h21

 Face à la crise qui secoue le secteur de la presse écrite, les difficultés économiques qu'elle rencontre et la contestation de son indépendance, de plus en plus de journalistes migrent sur le net. A l'instar des Etats-Unis, où des plumes de titres réputés comme le Washington Post ont quitté leur journal pour participer à des sites d'investigation, des "signatures" de la presse française tentent également l'aventure du net avec l'ambition de renouveler le métier et de changer les rapports entre les journalistes et les lecteurs.
 
Edwy Plenel, ancien directeur de la rédaction du Monde, a ouvert dimanche 2 décembre la présentation de son site d'information, pour l'instant appelé MediaPart (www.mediapart.fr) qui sera lancé au premier trimestre de 2008. Il prône "une presse profondément repensée et totalement refondée".
 
"Partant du constat qu'il y a une crise de l'information, très particulière en France au regard de l'indépendance des journaux, nous voulons proposer un journalisme d'enquête en offrant un nouveau type d'information, totalement indépendant, sur un mode participatif", explique François Bonnet, ancien chef du service international du Monde, directeur éditorial de Mediapart.
 
Ce site, "cherche à inventer une réponse aux trois crises - démocratique, économique, morale - qui minent l'information en France, sa qualité et son utilité, son honnêteté et sa liberté", écrit M. Plenel. L'équipe, qui compte aujourd'hui sept à huit personnes (dont Laurent Mauduit, ancien rédacteur en chef du Monde, Gérard Desportes, Marie-Hélène Smiejan...), en comprendra une quarantaine à terme, dont 25 à 30 journalistes. "Le défi est aussi de créer une communauté", insiste Benoît Thieulin, partenaire du projet, fondateur de l'agence la Netscouade, ancien responsable de la campagne présidentielle de Ségolène Royal sur le web.
 
Le site MediaPart s'appuie sur un nouveau modèle économique, qui ne mise pas sur les recettes publicitaires : l'adhésion payante, de 9 euros par mois (5 euros pour les chômeurs et les moins de 25 ans). Ce qui exige selon ses concepteurs "de fortes plus-values". Le point mort sera atteint avec 75 000 adhérents la troisième année. Les besoins de financement sont de 4 millions d'euros.
 
Pour garantir l'indépendance du site, les fondateurs, dont M. Plenel qui a investi 500 000 euros à titre personnel, détiendront entre 57 % et 59 % du capital. Ils vont apporter 1,3 million d'euros. Des investisseurs partenaires, "acteurs dans le domaine des nouvelles technologies mais sans liens avec les puissances financières en place", sont appelés à investir entre 100 000 et 500 000 euros chacun. Une société des amis sera composée d'individuels mettant entre 5 000 et 50 000 euros chacun.
 
En France, les pionniers de Rue89 (www.rue89.com), se sont lancés le 6 mai 2007, jour du second tour de l'élection présidentielle. Quatre anciens de Libération, Pierre Haski, M. Mauriac, Pascal Riché et Arnaud Aubron, partis dans le cadre du plan de départ du quotidien début 2007, ont lancé ce site, qui "marie le journalisme professionnel et la culture participative de l'Internet".
 
PASSER À LA "VITESSE SUPÉRIEURE"
 
"Le lancement de MediaPart valide notre approche", estime M. Haski, cofondateur de rue 89. Il annonce que "la troisième phase de l'augmentation de capital" est en préparation. Rue89 recherche 2 millions d'euros. Cette phase devrait être bouclée au premier trimestre de 2008, les fondateurs et "les amis de rue89" détiendront 70 % du capital, le maître mot étant l'indépendance. Rue89 veut aussi créer une société des lecteurs internautes en partant du principe "qu'il est plus intéressant de devenir actionnaire que de s'abonner", selon M. Haski. Le site compte 450 000 visiteurs uniques par mois et un "bon niveau" de recettes publicitaires atteint en novembre. "Le journalisme était décrit comme moribond il y a un an. Or, il y a un avenir pour les journalistes sur Internet", affirme M. Haski. Signe des temps, les stagiaires des écoles de journalistes affluent.
 
Le site "d'informations et d'enquête" Bakchich (www.bakchich.info) qui revendique un certain "mauvais esprit", annonce, après quinze mois d'existence, être "passé à la vitesse supérieure". Ce qui suppose de nouveaux partenaires financiers, dont la publicité. "Il faut au moins un million de visiteurs par mois pour intéresser les annonceurs", affirment ses responsables. Pour l'instant, les recettes publicitaires sont quasi-nulles. Bakchich, qui a enregistré, selon Google Analytics, 400 000 visiteurs en novembre, estime qu'il faudra trois ans pour trouver un réel équilibre économique.
 
Le journaliste Nicolas Beau, auteur de livres d'investigation, après onze ans passés au Canard Enchaîné, a rejoint le site, pour "tenter l'aventure du Net". En janvier 2008, Philippe Labarde (ancien directeur de la rédaction du Monde) deviendra président du comité éditorial de Backchich.
 
En octobre, le site ne comptait que trois permanents avec un budget de 10 000 euros par mois. Il était financé par deux mécènes, dont un opposant tunisien, ami de M. Beau. Depuis, 200 000 euros ont été levés dont 120 000 fournis par Jean-Jacques Coppée, un homme d'affaires belge et 80 000 euros par trois autres hommes d'affaires. L'équipe, qui est désormais passée à quatre permanents et une quinzaine de pigistes, espère arrondir les fins de mois avec la vente de la déclinaison de Backchich en version PDF et papier.
 
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9 décembre 2007 7 09 /12 /décembre /2007 21:32
Le PS redouble de critiques contre la visite de Kadhafi
 
PARIS (AFP)
 
 Les socialistes ont redoublé dimanche leurs critiques contre la visite en France du colonel Kadhafi, dont les députés PS boycotteront la venue à l'Assemblée, tandis qu'à l'UMP, on rappelait l'"usage" et on affirmait l'utilité d'un dialogue.
 
Le chef de file des députés PS, Jean-Marc Ayrault, a demandé, à la veille de l'arrivée à Paris du "guide" libyen, l'annulation de sa venue "inacceptable" au Palais-Bourbon.
 
Dans le cadre de sa visite officielle en France, M. Kadhafi doit s'entretenir mardi avec le président de l'Assemblée, Bernard Accoyer (UMP).
 
Les députés socialistes "refusent d'accueillir le chef d'Etat libyen" et "ils demandent solennellement au président de l'Assemblée nationale d'annuler cette réception", a souligné le député-maire de Nantes dans un communiqué.
 
"Si le colonel Kadhafi veut être invité, il doit mettre fin à son système d'exactions. Il doit cesser de promouvoir, en actes et en paroles, le terrorisme international", a poursuivi M. Ayrault, relevant que "la commission d'enquête parlementaire sur la libération des otages bulgares de Libye a révélé les tortures et les sévices dont ils ont été victimes". Elle "a confirmé que ce recours à la torture était systématique et continuait d'être pratiqué dans les prisons libyennes".
 
M. Accoyer a répondu dans la foulée que "comme il est d'usage" pour une visite officielle, le chef de l'Etat libyen serait reçu à la présidence de l'Assemblée.
 
"Cette réception s'inscrit dans le cadre de la visite officielle du chef d'un état qui, depuis 2003, a montré sa volonté de normaliser ses relations avec la communauté internationale", a argumenté M. Accoyer dans un communiqué.
 
Sur la radio RCJ, le numéro un socialiste François Hollande s'est insurgé contre des propos de Nicolas Sarkozy se disant à Lisbonne "très heureux" d'accueillir son homologue libyen.
 
Il "sera donc très heureux de recevoir un dictateur", un "dictateur qui s'est compromis dans des actes terroristes", a déploré M. Hollande, un "dictateur qui justifie encore aujourd'hui le terrorisme", "qui vient ici avec ses pétrodollars acheter des armes".
 
Sur Canal +, l'ex-candidate Ségolène Royal a jugé "tout simplement odieux, très choquant, même inadmissible que la France aille cautionner un système de tortures en prison". "Faut-il se mettre à genoux devant les intérêts financiers?", a-t-elle demandé.
 
Pour l'ex-Premier ministre (UMP) Jean-Pierre Raffarin en revanche, "recevoir, ce n'est pas se soumettre".
 
"Les infirmières bulgares, cela vaut bien une visite", a ajouté le sénateur sur Radio J. Il voit aussi dans le "grand projet de Nicolas Sarkozy d'Union méditerranéenne" une raison pour parler avec le "guide".
 
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9 décembre 2007 7 09 /12 /décembre /2007 21:20
Lancement à Buenos Aires de la
Banque du Sud, l'anti-FMI
 
BUENOS AIRES (AFP)
 
  La Banque du Sud, qui se veut une riposte latino-américaine au Fonds monétaire international (FMI), devait être lancée dimanche à Buenos Aires au cours d'une cérémonie à laquelle participeront six des sept présidents des pays d'Amérique du Sud impliqués dans ce projet.
La banque sera dotée au départ d'un capital de sept milliards de dollars. Elle est née de la volonté du président vénézuélien Hugo Chavez, lancé dans une croisade contre les Etats-Unis et les institutions financières internationales comme le FMI, qu'il considère comme des "instruments de Washington" ayant appauvri les peuples d'Amérique latine.
La Banque du Sud rassemble pour le moment le Venezuela, le Brésil, la Bolivie, l'Equateur, l'Argentine, l'Uruguay et le Paraguay. Elle aura vocation à financer des projets de développement dans la région.
 
Le président uruguayen Tabare Vasquez, qui aurait dû participer à la cérémonie de signature à Buenos Aires, n'arrivera que lundi pour assister à l'investiture de la présidente argentine élue Cristina Kirchner, a-t-on indiqué de source proche du ministère argentin des Affaires étrangères.
 
L'Uruguay et l'Argentine s'opposent depuis des mois sur l'implantation d'une usine à papier en Uruguay au bord du fleuve du même nom qui sépare ce pays de l'Argentine.
 
Les habitants de Gualeguaychu, sur la rive argentine du fleuve, s'opposent depuis deux ans à ce projet, qu'ils jugent potentiellement polluant, et ont reçu l'appui des autorités argentines.
 
L'absence du président uruguayen ne devrait toutefois pas retarder le lancement officiel de cette banque, même si certaines questions restent encore à régler.
 
La quote-part de chaque pays au capital de la banque n'a pas encore été déterminée, tout comme la répartition des droits de vote, avait indiqué en fin de semaine une source officielle argentine.
 
Les sept pays fondateurs ont soixante jours à compter du lancement officiel de la banque dimanche pour trouver un accord sur les modalités de son fonctionnement, selon cette source.
 
La Banque du Sud aura son siège à Caracas et les sept pays fondateurs espèrent obtenir l'adhésion des cinq autres pays sud-américains: le Chili, la Colombie, le Pérou, le Guyana et le Surinam. Statutairement, la Banque du Sud devra limiter ses activités à la seule Amérique du Sud.
 
"La banque du Sud n'est contre personne, elle est pour l'Amérique du Sud", avait affirmé le mois dernier à Washington le ministre vénézuélien de l'Economie Rodrigo Cabezas, interrogé sur les motivations du lancement de cette institution.
 
La Banque Mondiale et surtout le FMI ont été vivement critiqués par les dirigeants du Venezuela, mais aussi de l'Argentine, de la Bolivie ou de l'Equateur pour avoir contribué, selon eux, à l'endettement et à l'appauvrissement du continent sud-américain dans les années 80 et 90.
 
M. Cabezas avait précisé en octobre que la nouvelle banque n'imposerait "aucun monitoring indigne pour les peuples, contrairement au Fonds monétaire international ou à la Banque Mondiale".
 
Les présidents argentin Nestor Kirchner, brésilien Luis Inacio Lula da Silva, vénézuélien Hugo Chavez, paraguayen Nicanor Duarte Frutos, bolivien Evo Morales et équatorien Rafael Correa devaient signer dimanche en début de soirée l'acte fondateur de cette banque.
 
Tous ces chefs d'Etat doivent assister le lendemain à la cérémonie d'investiture de la nouvelle présidente argentine, en présence également du Français Dominique Strauss-Kahn, nouveau directeur général du FMI.
 
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8 décembre 2007 6 08 /12 /décembre /2007 22:10
Annapolis : les Etats-Unis préparent la guerre civile en Palestine et
 
obtiennent le soutien arabe contre l’Iran
 
Par Chris Marsden
4 décembre 2007
 
 
 
Parfois, le sommet d’Annapolis semblait être une pièce de théâtre amateur mal montée : des poignées de main manquées, les pannes du service de traduction, le président Bush qui ne peut nommer correctement le président palestinien Mahmoud Abbas et Abbas lui-même qui suit Bush et le premier ministre israélien Ehoud Olmert comme s’il avait oublié sa prochaine ligne.
 
 
Mais toutes ces gaffes ne font que souligner à quel point le spectacle n’avait pour seul but que de cacher les ambitions de conquête que nourrissent les Etats-Unis envers le Moyen-Orient.
 
 
Un public composé des représentants de 40 nations, y compris les puissances européennes, la Russie et seize États arabes, dont la Syrie et l’Arabie saoudite qui ne reconnaissent pas Israël, a dû subir la performance pénible de Bush, Olmert et Abbas.
 
 
Ils s’étaient rassemblés en partie dans le but de donner leur soutien officiel à l’affirmation peu crédible de l’administration Bush qu’Annapolis servirait à lancer une campagne s’échelonnant sur toute une année pour faire la paix entre Israël et la Palestine, et créer un État palestinien.
 
 
En faisant semblant de croire au supposé désir de paix de Washington pour la région, les participants cherchaient à cacher l’accord qu’ils ont donné à l’escalade des hostilités, tant militaires qu’économiques, engagées par les États-Unis contre l’Iran.
 
 
Le plan dévoilé à la base de la marine américaine au Maryland a été décrit de façon grandiloquente comme la fin d’un gel de sept ans des pourparlers de paix. Il aurait exigé le soutien et l’implication personnelle de Bush et forcé sa secrétaire d’État, Condoleezza Rice, à parcourir des milliers de kilomètres dans ses efforts diplomatiques au Moyen-Orient. Le but, tel que décrit dans la propagande officielle, est que Bush laissera comme héritage une entente juste entre Israël et la Palestine plutôt que la débâcle en Irak à la fin de son mandat en janvier 2009. Le véritable motif est plutôt que l’Iran doit être neutralisé pour pouvoir consolider l’hégémonie américaine sur les richesses pétrolières du Moyen-Orient.
 
 
A cette fin, Bush a tenté de se présenter comme un conciliateur honnête entre Israël et la Palestine, se basant sur le fait que les médias et les régimes arabes étaient prêts à oublier qu’Israël est le plus important protégé des Etats-Unis. La soi-disant déclaration d’Annapolis, comptant un total de 437 mots, confirme que les Etats-Unis continuent à ne faire aucune demande qu’Israël pourrait trouver inacceptable tout en insistant pour que l’Autorité palestinienne dirigée par le Fatah écrase toute résistance à Israël comme condition préalable à toute entente.
 
 
On n’a pu s’entendre même sur une simple déclaration de principes conjointe que trente minutes avant que Bush la lise. La façon dont cet accord fut conclu est une description des véritables rapports politiques à Annapolis : un bloc entre les Etats-Unis et Israël dictant le programme de leur marionnette Abbas.
 
 
Le quotidien Haaretz a cité des sources palestiniennes qui lui auraient dit que le blocage avait été réglé à Annapolis même après que « la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice a pris le président palestinien Mahmoud Abbas à part alors qu’il effectuait une rencontre diplomatique avec le président américain Georges Bush et le premier ministre Ehoud Olmert pour faire pression sur lui afin qu’il approuve l’ébauche du document. Éventuellement, c’est ce qu’il a fait, ce qui a permis à Bush de le présenter à la conférence. »
 
 
Les sources israéliennes ont décrit un tableau encore plus condamnable, déclarant que lorsque les Palestiniens avaient refusé de signer, le ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, qui est la tête de l’équipe israélienne, a perdu son sang-froid et a dit au [négociateur palestinien Ahmed Qureia] « d’accepter ce qui lui était offert ou de tout perdre ».
 
 
Des sections de l’équipe de négociateurs d’Israël ont dit à Livni qu’une déclaration « était une "perte de temps" et lui ont suggéré d’oublier cela ».
 
 
Pendant des mois, aucun document n’a été produit parce qu’Israël refusait d’accepter d’être forcé de prendre position sur les demandes essentielles des Palestiniens, comme le droit de revenir en Palestine, la fin des colonies juives, les frontières, l’approvisionnement en eau et accepter que Jérusalem Est soit la capitale d’un futur État palestinien. Beaucoup a été dit sur l’affirmation que les deux parties entreprendront des négociations pour un traité « qui résoudra toutes les questions en suspens, y compris les questions fondamentales sans exception ». Aucune de ces questions n’est même nommée.
 
 
Le propre porte-parole d’Abbas, Nabil Abu Rudeina, a rejeté la déclaration, expliquant que « Nous avons échoué à nous entendre sur un document depuis trois ou quatre mois. Nous ne nous sommes pas entendus sur une seule question. »
 
 
Et comme le New York Times l’a souligné, « Bien que les deux parties aient affirmé que leurs pourparlers viseraient à conclure une entente sur toutes les "questions fondamentales", elles n’ont pu déterminer en quoi consistaient ces questions et comment elles pouvaient être réglées. »
 
 
La déclaration affirme plutôt que « l’implémentation d’un futur traité de paix sera conditionnelle à l’implémentation d’une feuille de route, telle que décidée par les Etats-Unis ».
 
 
Cet extrait donne à Washington le seul droit de décider si les dispositions de la feuille de route ont été respectées, ce qui vient démasquer la prétention que dans le « Quartet », qui comprend les Etats-Unis, les Nations unies, la Russie et l’Union européenne, les partenaires influencent dans une même mesure le processus de paix.
 
 
La principale demande comprise dans la feuille de route et sur laquelle le succès d’Abbas sera jugé consiste pour ce dernier à assurer la « sécurité d’Israël » en procédant au démantèlement des « organisations terroristes ». Abbas est de nouveau prévenu qu’il doit écraser toute résistance à Israël parmi les Palestiniens en commençant par reprendre au Hamas le contrôle de la bande de Gaza.
 
 
Abbas est dans une position faible pour s’attaquer au Hamas, qui a organisé une manifestation de dizaines de milliers de personnes à Gaza, accusant Abbas d’être un « collaborateur » et un « traître » pour avoir participé à la conférence d’Annapolis. Même dans le château fort du Fatah en Cisjordanie, de plus petites manifestations se sont déroulées. La police a brutalement dispersé les manifestants, arrêtant des centaines de personnes et tuant même un homme de 36 ans à Hébron.
 
 
Les puissances européennes subissent présentement du chantage de la part de Washington afin qu’elles financent Abbas dans son conflit contre le Hamas. La France sera l’hôte d’une conférence de donateurs plus tard le mois prochain.
 
 
Il se pourrait aussi qu’Israël décide d’intervenir directement par une incursion militaire dans Gaza. Cela fut indiqué comme étant une forte possibilité par le quotidien de droite, le Jerusalem Post, qui nota qu’au moment même où la conférence d’Annapolis se terminait, « l’establishment de la défense a commencé à se préparer à la possibilité que le ministre de la Défense Ehoud Barak, dès son retour des Etats-Unis, ordonne une opération militaire de grande envergure dans la bande de Gaza ».
 
 
Le journal cita un responsable à la Défense qui a déclaré : « Israël a jugé bon de ne pas déclencher une telle opération avant le sommet, ne voulant pas être accusé de l’avoir gâché. Lorsque le sommet sera terminé, nous pourrons entrer dans Gaza et répliquer au Hamas. »
 « Pour la réalisation d’une opération d’une telle importance dans Gaza, les FDI devront rappeler un grand nombre de réservistes et mobiliser près de deux divisions d’infanterie, de blindés et d’ingénieurs », concluait-il.
 
 
Le Los Angeles Times félicita Abbas pour avoir tenté de « démontrer à Israël qu’il allait véritablement renforcer son contrôle, en commençant par la Cisjordanie. Il a déployé des centaines d’agents de police supplémentaires dans la ville turbulente de Nablus. Il a fait fermer des dizaines d’organismes de charité du Hamas, congédié plusieurs de leurs prédicateurs, fait arrêter des centaines d’activistes du Hamas, dont de nombreux hommes armés, fait confisquer leurs armes et imposé un décret visant à couper le transfert de millions de dollars de dons au Hamas de l’étranger. »
 
 
Mais cela ne suffit pas pour Israël. On exige d’Abbas rien de moins que le déclenchement d’une guerre civile totale, qui pourrait précipiter sa chute en raison de l’opposition populaire. Un représentant du Hamas a déclaré, « Abbas serait stupide de retourner dans la bande de Gaza à l’intérieur d’un tank israélien. Tout Palestinien qui entre dans la bande de Gaza avec l’aide d’Israël sera considéré comme un ennemi. »
 
 
La propre position d’Olmert au pouvoir est précaire. Même les concessions verbales qu’il a faites ont provoqué une réaction déchaînée chez les partis de l’opposition menés par le Likoud, les colons et leurs partenaires de la coalition orthodoxe d’extrême droite, ce qui pourrait provoquer la chute de son gouvernement.

 
 
Avant la conférence d’Annapolis, le Knesset a approuvé un projet de loi empêchant tout accord qui viserait à partitionner Jérusalem. Eli Yishai, chef du parti Shass, a menacé de se retirer du gouvernement si « Jérusalem était mentionné à Annapolis ». Environ 25.000 personnes auraient pris part à une prière de masse au Mur occidental pour protester contre la conférence d’Annapolis avant de se diriger vers la résidence d’Olmert à Jérusalem. Des groupes nationalistes ont même bloqué des rues à Jérusalem et Tel-Aviv.

 
 
À la suite du sommet, Zevouloun Orlev, le président du parti de l’Union nationale, a déclaré que « l’Etat d’Israël faisait face à une vente de feu » et demandé au président du Shass, Eli Yishai, et au chef du Yisrael Beitenu, Avigdor Lieberman, de quitter immédiatement la coalition gouvernementale. Yishai s’est défendu en déclarant catégoriquement que la partition de Jérusalem n’était pas considérée, car « les dirigeants palestiniens n’ont pas terminé la première phase de la Feuille de route : le démantèlement des organisations terroristes ».

 
 
Le véritable critère de succès pour Bush fut la participation des régimes arabes à la mascarade d’Annapolis et l’approbation des puissances européennes et de la Russie.

 
 
Lorsque Bush a déclaré dans son discours qu’« une bataille pour l’avenir du Moyen-Orient est en cours et nous ne devons pas céder la victoire aux extrémistes », les délégués présents savaient bien qu’il ne parlait pas que du Hamas. L’évaluation la plus honnête du sommet d’Annapolis dans les médias américains fut faite par Steven Erlanger du New York Times : « La conférence de paix sur le Moyen-Orient qui a pris place ce mardi avait pour but officiel de mettre un terme au conflit israélo-palestinien. Mais un objectif non avoué se cachait sous la surface : stopper la montée de l’influence régionale de l’Iran et du radicalisme islamique. »
 
 
Un conseiller de l’équipe de négociation palestinienne, « parlant dans des conditions d’anonymat », a dit ceci à Erlanger : « Les Arabes sont venus ici non pas parce qu’ils aiment les juifs ou même les Palestiniens. Ils sont venus parce qu’ils ont besoin d’une alliance stratégique avec les États-Unis contre l’Iran. »
 
 
Dan Gillerman, l’ambassadeur israélien pour les Nations unies, ajouta que les régimes arabes étaient présents à cause « de leur peur de l’extrémisme islamiste en Iran, qu’ils appellent la menace perse. C’est ce qui les a amenés ici. »
 
 
Le Jerusalem Post était également candide en déclarant que la rencontre d’Olmert avec Bush après Annapolis allait chercher à « traduire le momentum du sommet en un effort plus efficace pour bloquer la monté nucléaire de Téhéran ». Il était satisfait qu’« aux côtés des États arabes, des partenaires vitaux pour les États-Unis et Israël dans leurs efforts de bloquer l’Iran étaient présents à Annapolis : la France, l’Angleterre, l’Allemagne, l’Italie, la Chine et la Russie, chacun représenté par son ministre des Affaires étrangères ».
 
 
La Chine et la Russie, présentées comme étant « les deux principaux opposants à l’intensification des sanctions », ont dit qu’ils allaient « réévaluer leurs positions » après les discussions du Conseil de sécurité des Nations unies, prévues le mois prochain, qui porteront sur « l’étendue du mandat de l’Agence internationale d’énergie atomique (IAEA) et le degré de collaboration des Iraniens aux inspections », notait avec satisfaction le Post.  
 
 
L’Iran savait parfaitement qu’il était la cible des manœuvres de Washington à Annapolis. Téhéran a répondu en annonçant le jour même de la réunion qu’il avait développé un nouveau système de missile Ashura, qui a un rayon d’action de 2000 kilomètres et est capable de frapper les bases israéliennes et américaines au Moyen-Orient.
(Article original anglais paru le 29 novembre 2007)
 
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8 décembre 2007 6 08 /12 /décembre /2007 21:57
Politique et mouvement social
 
22 novembre 2007
 


 
Pendant que la cote de popularité des responsables de l’État fléchit sérieusement, les mouvements sociaux, catégoriels se multiplient dans le désordre. La mécanique sarkozyste commence à s’enrayer. Incertain de l’issue, le président s’est bien gardé de se montrer à la foule. Ce n’est pas « le grand soir », ni même la réédition de 1995, contrairement aux spéculations de certains, mais c’est un signe sérieux que la « gauche réelle », le mouvement ouvrier, existent toujours dans ce pays et que l’élection de Sarkozy n’a été très largement due qu’à la nullité absolue de la « candidate de gauche » qui lui a été opposée par suite d’une incroyable campagne médiatique (initiée par le Nouvel Obs) et des magouilles de l’appareil corrompu jusqu’à la moelle du parti dit par antiphrase « socialiste ». La situation reste encore instable et peut soit pourrir soit devenir très chaotique dans les semaines qui viennent. C’est peut-être même un des espoirs secrets de certains dirigeants de la droite au pouvoir.
 
Cependant, après plus d’une semaine de grève à la SNCF et à la RATP, on peut commencer à porter une appréciation plus précise des évènements courants.
 
L’hypothèse de la transformation du mouvement pour la défense des régimes spéciaux en une réédition de l’automne 1995 est fort peu probable. À l’heure où nous écrivons la grève s’étiole et concerne encore environ un quart des salariés alors que chaque jour le retour à la normale se confirme dans les gares et dans les stations de métro. Une minorité décidée refuse de baisser les bras et tente de sauver l’honneur. Mais globalement tout le monde sait que le choix est entre limiter la casse - c’est-à-dire faire payer au pouvoir sa réforme - et une défaite rase campagne. La raison de cette situation est assez claire. Le jour même où commence la grève, Bernard Thibaud, le secrétaire général de la CGT, annonce qu’il est favorable à des négociations tripartites, entreprise par entreprise sur l’aménagement de la réforme. C’est donc qu’il considère que le mot d’ordre des grévistes pour la défense des 37,5 annuités est désormais caduc. S’il avait voulu poignarder les grévistes dans le dos, il ne s’y serait pas pris autrement. Le même jour d’ailleurs, les dirigeants socialistes (sic) se relayent pour déclarer leur accord avec le passage aux 40 annuités et Hollande [1] demande même que la grève cesse le soir même. Dès le vendredi 16, la CFDT appelait à la reprise du travail [2]. Seuls SUD et FO maintiennent la revendication, SUD clairement, FO avec quelques restrictions mentales et une assurance d’autant plus grande que son poids réel chez les cheminots est assez relatif.
 
L’espoir d’un certain nombre de groupes et de militants se jouait sur la « jonction » entre le mouvement des régimes spéciaux avec la journée d’action des fonctionnaires du 20 novembre. Cette journée d’action, n’était-ce la situation du moment, ressemblait à n’importe laquelle de ces journées d’action bisannuelle (une à l’automne, une au printemps) qui servent à donner l’illusion de l’action pendant que les gouvernements suppriment les postes, rognent les salaires et détruisent les statuts. La relativement forte mobilisation (entre 30 et 50% de grévistes) et une bonne participation aux manifestations (même en tenant compte des traditionnels comptes fantaisistes tant des organisateurs que de la police) témoignent du mécontentement réel. D’autant qu’un nombre important de non grévistes partageait ce mécontentement mais trouvait peu utile d’aider le gouvernement à boucler ses fins de mois en lui faisant cadeau en pure perte d’une journée de salaire. Mais ce mécontentement ne signifie pas que les fonctionnaires sont prêts en découdre dans un affrontement général avec le gouvernement. Les dirigeants syndicaux, en effet, sont loin d’être d’accord sur la plate-forme revendicative. La FSU, le CFDT et la CGT (confédérale) se sont opposées à ce que la question des retraites figure dans un appel commun... Quand à l’hypothèse d’une grève reconductible - agitée par certains secteurs de FO et par SUD, seuls les militants y croyaient mais ils avaient omis d’en informer les travailleurs.
 
Le troisième front, celui des étudiants, est lui aussi dans une situation extrêmement précaire. On sait que la réforme Pécresse avait été négociée au début de l’été avec les présidents d’université (et indirectement avec les principaux syndicats enseignants) et avec l’UNEF dirigée par un socialiste, le PS appuyant lui aussi cette réforme comme Mme Royal vient encore de le rappeler. Une partie des étudiants à la rentrée a commencer à se mobiliser contre cette réforme passée en douce pendant les vacances. L’autonomie et le financement privé des universités sont, à juste titre perçus comme une menace grave contre l’égalité de traitement et la gratuité. L’introduction en France d’un modèle anglo-saxon que louent des universitaires de toutes couleurs politiques et parmi eux de très nombreux socialistes (sic), tel est bien l’objectif de la loi Pécresse. À cela il faut ajouter que la situation matérielle de très nombreux étudiants est de plus en plus précaire et que, dans bien des facs, les conditions d’étude sont déplorables. Mais là encore le mouvement a du mal à embrayer. On voudrait renouveler la mobilisation contre le CPE. Mais si l’histoire se répète, la première fois c’est en tragédie et la seconde en farce. Le mouvement reste minoritaire et le blocage est souvent plus le témoignage de l’impuissance des militants à entrainer la masse des étudiants que de la force du mouvement lui-même. Les syndicats étudiants « chevauchent » le mouvement mais sont clairement hostiles à la revendication d’abrogation de la loi Pécresse et les coordinations, selon une vieille habitude sont surtout le théâtre des coups de force des groupes bien organisés qui prétendent agir ainsi sous le couvert de la démocratie. Minoritaire et isolé, le mouvement a bien peu de chance de durer.
 
Pour comprendre cette situation combinant un réel mécontentement contre le pouvoir et l’extrême difficulté à engager la mobilisation, il faut tout simplement revenir à la situation politique. Et dire clairement que le principal obstacle au mouvement social ne réside pas dans la force du gouvernement mais dans l’absence d’un débouché politique à gauche qui donnerait aux mouvements sociaux une perspective politique. Le fait majeur, c’est que sur les retraites comme sur la loi Pécresse, le parti socialiste appuie Sarkozy et fait tout ce qu’il faut pour briser les grèves et donner des coups de poignards dans le dos aux salariés ou aux étudiants en lutte. Jadis quand le PS était dans l’opposition, il faisait au moins semblant d’être dans l’opposition. Ce n’est plus le cas. Ses principaux dirigeants sont des sarkozystes à peine cachés. Ce sont des gens de droite, ralliés par conviction à la droite et qui continuent de s’appeler « socialistes » soit par habitude, soit, et c’est plus probable parce qu’ils jouent un rôle indispensable dans la stratégie du président de la république. Hollande, Royal, Valls, Moscovici, Dray, etc. sont bien plus précieux pour la droite que les ralliés comme Bockel, Besson ou l’inénarrable Kouchner qui a disparu de la scène.
 
Mais le pire n’est peut-être pas là. Après tout, l’évolution de l’aile droite du PS était prévisible et elle vient de si loin... Le pire est que l’aile gauche de ce parti est comme frappée d’impuissance. Que font les Fabius, Emmanuelli, Mélenchon, Filoche, Dolez, et tutti quanti. Rien. Quelques déclarations mais ils ne posent jamais la question de la rupture avec ce parti. Ils sont, qu’ils le veulent ou non, des faire-valoir de la bande hollandiste. Ils maintiennent l’illusion, si nécessaire à la droite « socialiste », que le PS reste le PS, que la gauche est toujours la gauche et que tout continue comme avant, même si le « camarade » Hollande, le « camarade » Dray et les autres appuient la réforme des régimes spéciaux, l’autonomie des universités, le nouveau traité européen et le viol de la souveraineté populaire. Quant aux partis et organisations à l’extérieur de PS, il n’en va pas mieux. Le PCF est paralysé, par ses querelles internes et par la crainte de nouvelles pertes au municipales - d’autant que le PS semble décidé à faire mordre la poussière aux amis de Marie-George en Seine-Saint-Denis. Et tous les autres groupes restent éparpillés, impuissants, tentant de relancer la dynamique d’opposition au traité européen, espérant le salut dans le possibilité, là aussi, de rejouer une pièce qui a déjà été jouée. Au royaume des aveugles, les borgnes sont roi et le seul dirigeant de gauche qui surnage est Besancenot, propulsé par les médias d’autant plus vigoureusement qu’en voulant créer un « parti anticapitaliste » qui refuse toute alliance de gouvernement, il permet de geler la situation à gauche et constitue ainsi un obstacle non négligeable à toute entreprise de reconstruction.
 
La situation est sérieuse. Le capital de sympathie qui demeure en faveur des idées de gauche dans ce pays est en train d’être gaspillé par des chefs ou pusillanimes et préoccupés seulement de leurs combines, ou aveugles et sourds à une réalité qui leur est masquée par le brouhaha médiatique dans lequel ils sont accoutumés à vivre. Ceux de ces chefs qui croient encore un peu à ce qu’ils disent, ceux qui n’agissent pas par pur calcul cynique, ceux-là devraient se rendre compte qu’avoir table ouverte sur i-Télé ne suffit pas pour ouvrir une issue politique à un mécontentement et une révolte qui peuvent se transformer en ressentiment et hargne et profiter à d’autres. Les exemples européens de l’Italie du Nord, de la Suisse, etc. devraient servir d’avertissement. Il n’y a plus une minute à perdre pour avancer vers un nouveau rassemblement de la gauche socialiste, républicaine, à la fois réformiste, prête à gouverner mais fidèle à la défense des intérêts des classes sociales opprimées.

[1] Depuis, le même Hollande s’est déclaré favorable au passage général à 41 annuités comme le demande le rapport du COR et comme l’avait prévu la réforme Fillon de 2003.
[2] Dans les autres secteurs concernés par la réforme des régimes spéciaux comme EDF/GDF, la grève n’a duré qu’une seule journée...
 
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7 décembre 2007 5 07 /12 /décembre /2007 22:42
La police maintient son occupation
de Villiers-le-Bel, banlieue ouvrière
au nord de Paris
 
 
Par Antoine Lerougetel
3 décembre 2007
 
La réponse du président Nicolas Sarkozy aux trois nuits d’émeutes anti-policières dans les banlieues nord défavorisées de Paris a été l’intensification des pouvoirs répressifs de l’Etat.
 
 
Les émeutes avaient commencé à Villiers-le-Bel après la mort de deux jeunes d’origine immigrée, Larami, 16 ans, et Moushin, 15 ans, dans une collision avec une voiture de police.
Une force d’occupation d’un millier de policiers restera postée dans cette banlieue à forte population immigrée jusqu’à dimanche, selon Michèle Alliot-Marie, la ministre de l’Intérieur. Les CRS, déployés depuis mardi, sont équipés de l’attirail complet de la tenue anti-émeute, de gaz lacrymogènes, de flash-balls et d’au moins deux hélicoptères munis d’un puissant faisceau lumineux.
 
 
Jeudi après-midi, les autorités faisaient état de 60 personnes mises en garde à vue. Sept ont été condamnées pour des faits en relation avec les émeutes. Le tribunal de Pontoise a fait état de peines de prison ferme allant de 3 à 8 mois à l’encontre de trois jeunes adultes.
 
 
Sarkozy s’est longuement exprimé jeudi sur la situation à Villiers-le-Bel. Le matin il s’était adressé à un rassemblement de quelque 2000 policiers. Dans la soirée il a accordé un entretien télévisé à une heure de grande écoute, qui a aussi été consacré à des questions économiques.
 
 
Dans son discours à la police, Sarkozy a dit qu’il voulait que la police et la gendarmerie soient « les plus modernes d’Europe. » Il a dit qu’il était nécessaire de développer des armes « non létales » tels les pistolets taser et une nouvelle génération de flash-balls d’une portée de 40 mètres ; il a aussi promis de fournir des hélicoptères pour la recherche d’armes qui seraient cachées sur le toit des immeubles.
 
 
Il a exposé les grandes lignes de sa vision d’un ordre social maintenu à grand renfort de mesures toujours plus répressives et a catégoriquement rejeté toute conception que la pauvreté et le chômage dans les banlieues abritant 6 millions de Français soient à l’origine des émeutes anti-policières.
 
 
A Villiers-le-Bel, ville de 27 000 habitants, 39,5 pour cent des jeunes de 16 à 25 ans sont au chômage.
 
 
« Ce qui s'est passé à Villiers-le-Bel n'a rien à voir avec une crise sociale, a dit Sarkozy. Ça a tout à voir avec la voyoucratie. » Il s’est ensuite adonné à un exercice de recherche raciste d’un bouc émissaire à la manière du néofasciste Jean-Marie Le Pen : « Il y a le malaise social, il y a une immigration qui pendant des années n'a pas été maîtrisée, des ghettos qui ont été créés des personnes qui se sont pas intégrées. »
 
 
Il a déclaré avec impudence que l’explosion de colère contre la police était le fait de « trafiquants de drogue ». Ceux qui tirent sur la police, a-t-il menacé, « nous [les] retrouverons un par un ».
 
 
Une campagne médiatique s’est développée affirmant que la police est confrontée à une guerre de guérilla urbaine et est constamment sous les tirs de feu. Un reportage du New York Times fait état de 30 policiers qui seraient blessés par balles. Mais on ne sait pas vraiment d’où le Times tient ces chiffres.
 
 
Sarkozy a dit que 82 policiers avaient été blessés depuis cette collision mortelle et a déclaré que « des individus ont tiré sur la police ». Il a dépeint la police, qui brutalise quotidiennement les jeunes des banlieues à forte population immigrée, comme les victimes et les jeunes comme les agresseurs.
 
 
L’optique de Sarkozy a été soutenue sur toute la ligne par la secrétaire d’Etat à la politique de la ville, Fadela Amara. « Le respect de la police, c'est très important, a-t-elle dit. On est dans la violence urbaine, anarchique, portée par une minorité qui jette l'opprobre sur la majorité. Ce petit noyau dur, utilise le moindre prétexte pour casser, brûler, tout péter dans le quartier. »
 
 
Amara est issue d’une famille ouvrière originaire d’Algérie. Membre du Parti socialiste et féministe, elle a rejoint le gouvernement de droite, gaulliste, de Sarkozy peu après son élection à la présidence en mai dernier.
 
 
L’utilisation par Sarkozy de la tragédie de Villiers-le-Bel pour intensifier les pouvoirs répressifs de l’Etat est la continuation de la politique qu’il avait mise en place quand il était devenu ministre de l’Intérieur sous le gouvernement gaulliste du président Jacques Chirac en 2002.
 
 
Un vaste déploiement de mesures législatives, pour la plupart promues par lui-même, a accru les pouvoirs de l’Etat en matière de surveillance et de répression : trois lois sur l’immigration, la Loi sur la prévention de la délinquance, une loi anti-terroriste qui implique les maires, les médecins, les travailleurs sociaux et les enseignants dans la surveillance et le contrôle de la population.
 
 
La loi sur l’Etat d’urgence avait été réactivée il y a deux ans, avec pour justification les émeutes des jeunes des cités en 2005. Précédemment utilisée en 1955 durant l’occupation coloniale française en Algérie, elle avait été utilisée pour la première fois contre des citoyens français en 2005.
 
 
Aucune de ces mesures n’avait fait l’objet d’une opposition significative de la part du Parti socialiste, du Parti communiste ou des syndicats. A présent, ces organisations, soit explicitement soit par défaut, ne font rien pour défendre les communautés ouvrières des attaques des forces de l’Etat. Elles ont refusé de venir en aide à ces jeunes et ces familles de Villiers-le-Bel. Aucune de ces organisations n’a appelé au retrait du millier de policiers.
 
François Hollande, premier secrétaire du Parti socialiste, a dit regretter l’utilisation par Sarkozy du terme de « voyoucratie » et le refus de ce dernier de reconnaître l’existence de la crise sociale, mais a ensuite apporté son entier soutien à l’intensification par le président des forces de l’Etat. « On a effectivement des bandes qui ont des actions criminelles et qu'il faut absolument éradiquer, » a-t-il déclaré, ajoutant que « toutes les violences doivent être non seulement condamnées, mais punies ». Quasiment tous les autres commentateurs du Parti socialiste ont adopté la même ligne et appelé à une augmentation de la police de proximité.
 
 
La gauche petite-bourgeoise, Lutte ouvrière (LO) et la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) ont quasiment ignoré les émeutes anti-policières et l’intensification massive de la police. Tous deux se sont contentés de quelques lignes affichées sur leur site Web.
 
 
Le journal de Lutte ouvrière a publié un article déplorant le fait que les jeunes ne pouvaient plus avoir « confiance dans les autorités, les préfets et la police ».
 
 
« Il y avait sans doute, poursuivait l’article, dans ces affrontements un certain nombre de meneurs de petites mafias qui empoisonnent souvent la vie des cités et qui ont peut-être été les premiers à incendier les magasins, une bibliothèque ou un bâtiment scolaire… Mais cela n’explique pas que sous l’émotion des centaines d’autres jeunes les aient si rapidement joints. »
 
 
L’article déplore les conditions sociales de misère qui règnent dans les banlieues et fait remarquer : « Mais l’usage de la force et de la répression ne résoudront évidemment pas les problèmes de fond à l’origine de ces dramatiques explosions qui périodiquement enflamment certains quartiers. » L’article se termine par un appel à accroître « de toute urgence » le nombre d’établissements scolaires et d’enseignants. L’Etat doit donner « un peu moins aux riches et consacrer les moyens nécessaires pour rendre la vie acceptable dans les quartiers populaires. »
 
 
Cela aurait tout aussi bien pu être publié par le Parti socialiste ou la presse de gauche. Il n’y a aucun appel au retrait de la police, ni même de dénonciation de la présence policière massive.
 
 
Il y a quatre ans, LO avait apporté un fort soutien à la campagne de Fadela Amara consistant à refuser aux jeunes filles portant le voile islamique l’accès aux établissements scolaires. LO avait de ce fait soutenu une loi du gouvernement droitier renforçant la discrimination de l’Etat contre les immigrés.
 
 
La LCR s’est montrée plus rusée encore dans ses commentaires sur les évènements de Villiers-le-Bel. Son porte-parole, Olivier Besancenot, a envoyé ses condoléances aux parents des deux jeunes tués dans la collision et a appelé à une « commission d’enquête indépendante » sur l’incident, sans spécifier comment et par qui cette enquête devrait être menée.
 
 
L’éditorial de l’hebdomadaire de la LCR, Rouge, déclare, « Nous devons imposer au gouvernement la mise en place d’un plan d’urgence pour les quartiers. » Il en appelle à « la création d’emplois, services publics renforcés et étendus, garantie du versement des subventions aux associations qui créent du lien social, arrêt des contrôles d’identité permanents et suppression de la BAC [brigade anti-criminalité] ».
 
 
Tout comme LO, la LCR n’appelle pas au retrait des forces de police et à la mobilisation de la classe ouvrière pour défendre les jeunes et les familles de Villiers-le-Bel.
 
 
Leurs propositions molles esquivent une lutte politique contre le gouvernement de Sarkozy. Ils désarment la classe ouvrière face aux menaces sur les droits démocratiques de la population travailleuse toute entière que pose la répression d’Etat à Villiers-le-Bel.
 
 
Ayant oeuvré à fournir une couverture politique à la trahison de la grève des cheminots par les syndicats, ils avancent à présent l’illusion qu’il est possible de faire pression sur le gouvernement pour qu’il mette sur pied un programme intensif en faveur des sections les plus pauvres de la classe ouvrière, travaillant ainsi à aveugler la classe ouvrière sur la nature du régime de Sarkozy et sur la nécessité d’une lutte politique indépendante contre l’ensemble de l’élite dirigeante française et de l’establishment politique bourgeois – de « gauche » comme de droite.
(Article original anglais paru le 1er décembre 2007)
 
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