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31 juillet 2016 7 31 /07 /juillet /2016 16:41

http://www.blogyy.net/2016/07/28/syriza-jusquau-bout-de-labject

Syriza jusqu’au bout de l’abject

Par Yannis Youlountas

Jeudi 28 Juillet 2016

Un an après la capitulation d'Alexis Tsipras, ce qui subsiste de son parti n’est plus qu’une machine à collaborer, à mentir et à frapper dans le dos.

Nous venons d’en faire à nouveau l’expérience.

Nous l’avions diversement remarqué ces derniers jours, le gouvernement d'Alexis Tsipras observait d’un mauvais œil le « no border camp » à Thessalonique, ses débats avec plus de deux mille participants venus de toute l’Europe, ses manifestations dans les rues de la ville et au-delà et ses actions de soutien aux migrants et aux réfugiés. Le plus inacceptable était manifestement l’ouverture d’un squat supplémentaire pour les accueillir, en protestation contre l’accord entre l’Union Européenne et la Turquie et ses conséquences en matière de renforcement des arrestations, des déportations, des détentions et des expulsions.

Attendant son heure, le gouvernement d’Alexis Tsipras n’avait quasiment pas réagit ou très peu durant la semaine, juste quelques contrôles d’identité, une poignée d’affrontements avec leur lot habituel de coups de matraques, de provocations policières et de gaz lacrymogènes, la routine.

Mais sitôt l’événement terminé et la plupart des participants partis, la vengeance, lâche et brutale, n’a pas tardé. Et cette vengeance s’est abattue principalement sur les familles de réfugiés, alors que beaucoup moins de monde pouvait les défendre. Alexis Tsipras, tel qu’en lui-même depuis un an, faible avec les forts, fort avec les faibles et, surtout, particulièrement fourbe, hypocrite et bonimenteur.

Mercredi 27 Juillet 2016, c’est non seulement le nouveau squat, ouvert durant l’événement, mais aussi deux autres, plus anciens, qui ont été attaqués. Même le célèbre squat Nikis, l’un des bastions de la résistance dans la ville, occupé par des membres du mouvement anti-autoritaire pour la démocratie directe depuis décembre 2008, a été expulsé violemment, à la surprise générale, alors qu’il n’avait jamais été menacé sous la droite au pouvoir.

Durant ces trois expulsions simultanées, les envoyés du gouvernement en ont également profité pour déporter en centres de détention de nombreuses familles de réfugiés qui ne demandaient rien à personne, qui avaient tissé des liens avec la population locale et dont les enfants participaient à un projet d’éducation coopérative et anti autoritaire en partenariat avec l’espace social libre Mikropolis.

Parallèlement plus d’une centaine de militants ont été interpellés et soixante quatorze d’entre eux ont passé la nuit en prison, en attendant un procès qui devait se tenir Jeudi 28 Juillet 2016.

Quelques minutes plus tard, une pelleteuse sous escorte policière venait détruire, sans même attendre le procès, le squat Orphelinat, laissant sous les décombres une grande quantité de matériel médical envoyé via plusieurs réseaux de solidarité et des stocks de nourriture complètement détruits, mais aussi tous les vêtements et effets personnels des réfugiés, y compris la plupart des jouets d’enfants. Des enfants déjà choqués par le désastre de la guerre et qui n’imaginaient pas subir un tel fracas, une telle brutalité et une nouvelle destruction de leurs affaires dans une ville de Grèce, un bombardement de plus.

La riposte n’allait pas tarder, une trentaine de camarades et compagnons de luttes se regroupaient discrètement et parvenaient à occuper le siège de Syriza à Thessalonique, tenant bon toute la nuit, barricadés dans les locaux, déployant une banderole au balcon et jetant des tracts aux passants, puis aux manifestants venus les rejoindre autour du bâtiment, malgré le verrouillage du quartier par les MAT, les Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS) grecques.

Ailleurs en Grèce, d’autres sièges de Syriza allaient également être pris d’assaut et occupés, par exemple à Larissa, à cent cinquante kilomètres plus au sud.

Dès lors, devant le tollé dans la population, le savoir-faire de Syriza en matière de mensonge surgit avec ses méthodes habituelles, créer de la confusion et invoquer une diversité d’opinions au sein du parti, rôle que jouent également certains membres du Parti Socialiste en France, sans jamais quitter ce parti malgré son passif. La section de Syriza de Thessalonique, privée de son local, publia rapidement un communiqué fallacieux dicté par la direction nationale du parti, présidée par Alexis Tsipras lui-même. Le communiqué prétendait que « Syriza n’était pas d’accord avec les expulsions et n’était en rien responsable d’agissements qui n’avaient rien à voir avec les principes et valeurs de la gauche ». Qui sont les deux ministres responsables du dossier ? Le ministre de l’intérieur, Panayótis Kouroumblís, membre éminent de Syriza, proche d’Alexis Tsipras et ancien cadre du Pasok, et le ministre de l’ordre public et de la protection des citoyens, Nikos Toskas, également membre éminent de Syriza, proche d’Alexis Tsipras et ancien général de l’armée grecque. De qui se moque Syriza ? L’autre argument avancé est le problème des conditions sanitaires. Là encore, c’est abject quand on sait l’horreur sanitaire des camps de détention en Grèce et les traitements infligés par la police grecque et les polices européennes détachées, dont trois cent policiers français actuellement en Grèce.

Les camps de détention en Grèce sont une honte pour l’état grec et pour l’Europe toute entière.

Et c’est le mouvement social en Grèce et la solidarité internationale qui ne cessent d’agir contre ces conditions d’accueil indignes, à l’inverse des autorités grecques, par exemple à Idomeni, avec les réseaux de Thessalonique, notamment l’extraordinaire Mikropolis, ou encore à Notara26, avec nos camarades d’Exarcheia.

Alors, où est le véritable problème sanitaire, dans les squats solidaires et fraternels ou dans les camps de détention sordides ?

Jeudi 28 Juillet 2016, le rassemblement de protestation, autour et dans le tribunal de Thessalonique, a tellement été suivi que les juges ont du essayer de calmer le jeu. Devant l’énorme pression populaire, le procès d’une partie des personnes arrêtées a finalement été reporté, du 3 août au 5 août 2016, au prétexte du manque d’interprètes pour communiquer avec certains inculpés ne parlant pas ou peu le grec. Vers 17 heures 30, est finalement tombé le jugement des autres, avec six condamnations à quatre mois de prison avec sursis. Donc tout le monde est ressorti libre du tribunal, rejoignant un grand rassemblement qui devait commencer à 19 heures. Par contre, il y aura probablement de lourdes amendes et, surtout, des dommages et intérêts pour des pseudo-dégradations du bien public, totalement absurdes vu que les lieux ont, au contraire, été réparés et très bien entretenus alors qu’ils étaient en piteux état.

Parallèlement, plusieurs rassemblements viennent de commencer ailleurs en Grèce, notamment à Athènes, où une grande manifestation se déroule depuis 18 heures au départ des Propylées, à mi-chemin entre Exarcheia et le parlement. L’ambiance est chaude également.

Ce qui vient de se passer à Thessalonique est une nouvelle déclaration de guerre d’Alexis Tsipras au mouvement social en Grèce, qui est à rapprocher, par exemple, de l’instrumentalisation de la drogue à deux euros et de la protection policière de certains dealers à l’ouest d’Exarcheia, de l’autre côté de l’école polytechnique, provoquant de nombreuses violences récemment et l’assassinat d’un caïd de la drogue par un groupe anarchiste, après qu’il ait blessé et menacé à plusieurs reprises de nombreux habitants du quartier. Un peu partout, le pouvoir cherche à semer la confusion et à affaiblir tous ceux qui lui résistent, dénoncent ses turpitudes, combattent sa politique et proposent des alternatives concrètes.

Le mouvement anti autoritaire pour la démocratie directe, directement visé par les attaques d’hier, avait très bien anticipé puis analysé la dérive de Syriza dans un texte du 5 août 2015, avec pour titre « Syriza était le parti de la défaite du mouvement social ».

De mon côté, le 22 juillet 2015, j’avais écrit un petit texte, faisant le parallèle entre l’élimination politique du non en Grèce et la tentative d’élimination physique de l’utopie de Rojava en Turquie et en Syrie au même moment, « l’été meurtrier des utopies bafouées ».

Il y a un an déjà, les utopies au sud-est de l’Europe étaient diversement menacées, attaquées et bâillonnées.

Hier matin encore, au moment même où la police de Tsipras attaquait les squats de Thessalonique, un attentat causait la mort de dizaines de personnes au Rojava. Sans faire de lien direct entre ces deux actes, ils ont la même signification dans une même temporalité, contenir l’utopie, une utopie qui grandit malgré tout.

Du Chiapas au Rojava et de Notre-Dame-des-Landes à Thessalonique, d’une façon ou d’une autre, c’est le même désir de changer le monde.

C’est la même volonté de tenir bon malgré les épreuves. C’est la même certitude qu’il est urgent de rompre avec la société autoritaire et d’essayer autre chose.

Sortir de la préhistoire politique en prenant nos vies en mains.

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31 juillet 2016 7 31 /07 /juillet /2016 16:06

https://socialistworker.co.uk/art/43124/Why+Lenin+said+Communists+must+try+to+affiliate+to+Labour

Pourquoi Vladimir Lénine a dit que les communistes doivent essayer de s’affilier au parti travailliste

Par Nick Clark

Mardi 26 Juillet 2016

La question des relations avec les membres du parti travailliste a toujours été l'une des questions les plus importantes pour les révolutionnaires en Grande-Bretagne. En 1920, lorsque le Parti Communiste de Grande-Bretagne (CPGB) a été fondé, c’était un débat central.

C’était une période de crise internationale, juste après la révolution russe et la première guerre mondiale.

De grandes grèves avaient balayé la Grande-Bretagne et il y avait eu une insurrection en Irlande.

De nouveaux partis ont été formés, des anciens partis se sont transformés et des centaines de millions de travailleurs à travers le monde étaient à la recherche d'idées socialistes.

La révolution russe avait montré l'importance de l'organisation révolutionnaire indépendante, mais une telle organisation a dû communiquer avec la masse des travailleurs en dehors de ses rangs.

Ce fut le point de départ du révolutionnaire russe Vladimir Lénine quand il a fait valoir que les communistes en Grande-Bretagne devraient demander leur affiliation au parti travailliste.

Il a fait valoir que le « parti travailliste britannique se trouve dans une position très spéciale, c’est un type très original de parti ou, plutôt, il n’est pas du tout un parti au sens ordinaire du terme ».

Le parti travailliste a été constitué par différents syndicats et sociétés socialistes.

Vladimir Lénine a dit que l’affiliation au parti travailliste était la base de l’existence d’une organisation ouvertement révolutionnaire.

Les communistes ne devaient pas essayer de cacher leur programme et ils ne croyaient pas que le parti travailliste pourrait être transformé en un parti révolutionnaire.

A cette époque de tumulte, il semblait que l'affiliation pourrait être possible, au moins temporairement.

Cela pourrait permettre aux communistes de gagner un grand nombre de membres du parti travailliste aux idées révolutionnaires.

Après un débat interne fort, les communistes ont suivi le plan de Vladimir Lénine et ils ont appliqué son plan d’affiliation avec une lettre par laquelle ils rejetaient clairement « les méthodes ordinaires de la démocratie parlementaire ». Leur adhésion a été refusée.

Ce ne fut pas un choc et Vladimir Lénine a fait valoir que ce serait « une grande victoire pour la classe ouvrière communiste et révolutionnaire en Grande-Bretagne si le parti travailliste excluait le parti communiste en raison de son action révolutionnaire ».

Cela montrait que le parti travailliste et sa politique de travail à l’intérieur du système étaient tous les deux non révolutionnaires et un obstacle à l'unité des travailleurs.

En même temps, les militants communistes ont travaillé aux côtés des membres du parti travailliste pour construire la lutte des classes. Ils sont passés de près de deux mille membres en 1921 à six mille en 1926.

Dans deux circonscriptions, des communistes ont même été élus au parlement avec le soutien local du parti travailliste. Walton Newbold a été élu à Motherwell et Shapurji Saklatvala a été élu à Battersea North sur des listes du parti travailliste ouvertes à des militants communistes.

En quelques années, le parti communiste s’est lié à des responsables syndicaux et à des militants du parti travailliste pour changer la société.

Ils avaient oublié l’argument initial de Vladimir Lénine. Il a fait valoir que, si le parti travailliste était « composé de travailleurs, il était dirigé par des réactionnaires et les pires des réactionnaires qui agissent tout à fait dans l'esprit » du capitalisme.

Aujourd'hui, le parti travailliste ne permet pas l'affiliation à des organisations indépendantes qu’il ne peut pas contrôler.

Les révolutionnaires entrant dans le parti travailliste deviennent presque toujours obsédés à essayer de transformer le parti travailliste, en se concentrant sur les batailles internes au sein du parti plutôt que de construire la lutte des classes.

Ils peuvent finir par encourager l'idée que le parti travailliste est un moyen pour un vrai changement.

Mais le principe d'essayer de se lier aux membres du parti travailliste tout en construisant une organisation révolutionnaire indépendante est aussi pertinent aujourd'hui qu'elle l'était en 1920.

Les révolutionnaires doivent trouver des moyens pour défendre Jeremy Corbyn contre l’aile droite tout en montrant une alternative au parlement sur la base de la lutte dans les lieux de travail et dans les rues.

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30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 16:48

http://www.nytimes.com/2016/07/29/opinion/black-lives-matter-in-france-too.html?_r=0

La vie des noirs compte aussi en France

Editorial du New York Times

Vendredi 29 Juillet 2016

La mort en garde à vue d’Adama Traoré, un homme noir de vingt quatre ans, dans une ville près de Paris, Mardi 19 Juillet 2016, a provoqué pendant plusieurs jours de violents affrontements entre les minorités en colère et des policiers.

La police a d'abord prétendu qu’Adama Traoré était mort d'une crise cardiaque. Puis, après une autopsie, les autorités ont dit que sa mort était le résultat d’une grave infection. La famille d’Adama Traoré a demandé une autre autopsie, en disant qu'il est entré dans un fourgon de police vivant pour être retrouvé mort à la sortie du fourgon. Cette autopsie a suggéré qu’Adama Traoré était mort d’asphyxie, mais elle n'a pas indiqué comment.

L'épisode a rappelé les émeutes qui ont suivi la mort au mois d’octobre 2005 de deux adolescents qui sont morts d'électrocution dans un poste de transformation où ils s’étaient réfugiés alors qu’ils étaient poursuivis par des agents de police. Cette fois-ci, pour la première fois en France, la mort d’Adama Traoré a été immédiatement reprise sous la bannière de Black Lives Matter. Le hashtag Black Lives Matter France est devenu viral sur Twitter et les manifestants lors d'un rassemblement contre la brutalité policière et le racisme à Paris, Samedi 23 Juillet 2016, ont chanté Black Lives Matter en anglais.

Il existe des différences importantes entre les histoires des relations raciales aux États-Unis et en France, où les attitudes racistes ont des racines dans le passé colonial de la France.

Cependant, le fait que le mouvement Black Lives Matter résonne en France ne devrait pas surprendre, plusieurs rapports au cours des dernières années de groupes de défense des droits ont détaillé une culture bien ancrée de l'impunité parmi les policiers français, conduisant à des violations des minorités. Une étude de 2009 a indiqué que des personnes identifiées comme noires ou nord africaines étaient six à huit fois plus susceptibles d'être arrêtées par la police à Paris par rapport aux personnes identifiées comme blanches.

Malheureusement, les attaques terroristes ont fait que le gouvernement français et les législateurs ne sont pas d'humeur à demander des comptes à la police pour tenir compte des abus contre les minorités africaines et nord africaines en France. Ces abus se sont multipliés sous l'état d’urgence en France déclaré par le président François Hollande au mois de novembre 2015 après les attentats terroristes à Paris. Il avait promis lors de sa campagne de 2012 de mettre fin à un profilage ethnique par la police et l'an dernier une cour d'appel de Paris a jugé que cette pratique était discriminatoire. Même ainsi, le parlement français, au mois de juin 2016, a mis en veilleuse une proposition visant à exiger la délivrance par la police d’un document écrit aux personnes arrêtées pour des contrôles d'identité, une mesure visant à éviter la répétition des contrôles abusifs, après que le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve ait fait valoir que ce n'était pas le moment de jeter la suspicion sur la police.

C’est un argument dangereux. L'État Islamique a montré qu'il est en mesure d'exploiter les sentiments de colère et d'aliénation dans une intention meurtrière. Maintenant, plus que jamais, la police a besoin de bâtir la confiance avec les communautés minoritaires en démontrant le respect des droits de tous les citoyens français, quelle que soit leur foi ou leur couleur, et une application impartiale de la justice qui ne fait aucune exception par la police.

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30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 14:10

https://www.latribunedestravailleurs.fr/2016/06/24/brexit-communique-poid-du-24-juin-2016-brexit

Communiqué du Parti Ouvrier Indépendant et Démocratique (POID) du Vendredi 24 Juin 2016

La large victoire du vote pour le Brexit, Jeudi 23 Juin 2016, a tranché, le Royaume-Uni sortira de l’Union Européenne. Ce résultat est une victoire pour la classe ouvrière britannique. Au-delà, c’est une victoire pour les travailleurs et les peuples de toute l’Europe.

A l’annonce du résultat, une députée, membre du parti travailliste, qui a mené campagne pour le Brexit, a déclaré sur la British Broadcasting Corporation (BBC) que « ceux qui ont voté pour le Brexit sont particulièrement concentrés dans les municipalités frappées par l’austérité. Quarante pour cent des électeurs et des sympathisants du parti travailliste se sont prononcés pour le Brexit. Mon désaccord avec Jeremy Corbyn, dirigeant du parti travailliste et partisan du maintien dans l’Union Européenne, c'est que Jeremy Corbyn pense que l’Union Européenne doit être réformée. Or, elle est irréformable, c’est pourquoi il fallait voter pour le Brexit ». Quels que soient les maquillages dont les commentateurs avisés veulent l’entourer, le fait est là, ce vote est un vote de classe.

C'est une victoire pour les travailleurs britanniques.

C'est une défaite pour les capitalistes et les spéculateurs de la City de Londres.

C'est une défaite pour le premier ministre David Cameron contraint de démissionner.

C'est une défaite pour l’Union Européenne et la Banque Centrale Européenne (BCE) et toute leur politique, qu’il s’agisse des plans destructeurs contre les travailleurs et la démocratie ou qu’il s’agisse de leur politique honteuse visant à travers l’accord avec la Turquie à renvoyer chez eux les centaines de milliers de migrants qui fuient les guerres provoquées par les grandes puissances impérialistes.

C'est une défaite pour le Fonds Monétaire International (FMI), pour Barack Obama et tous les chefs d'état des grandes puissances capitalistes qui voulaient dicter le maintien dans l’Union Européenne.

C'est une défaite pour les dirigeants du parti travailliste qui ont fait campagne pour le maintien dans l’Union Européenne contre la volonté de leurs propres électeurs et la position prise par nombre d’organisations syndicales et sections du parti travailliste.

C'est une défaite pour tous ceux qui, aux sommets des organisations se réclamant de la classe ouvrière, ont, dans toute l’Europe, mené campagne pour le maintien de la Grande-Bretagne dans l’Union Européenne, à commencer par les dirigeants de la Confédération Européenne des Syndicats (CES) et tous ceux qui, à leur suite, ont, dans chaque pays, joint leurs voix au concert des partisans de l’Union Européenne.

C'est, en France, une défaite pour tous les partis, de droite comme de gauche, y compris le Parti Socialiste et le Parti Communiste Français (PCF), qui s’étaient prononcés pour le maintien dans l’Union Européenne.

Et maintenant, une brèche est ouverte.

Qu'on ne vienne pas nous tenir les sempiternels discours sur la nécessité de rénover, de réformer, de changer et de refonder l’Union Européenne.

Qu’on ne vienne pas nous parler d’une Europe plus sociale ou plus démocratique. Non, une brèche est ouverte. Et à travers cette brèche, peuvent s’engouffrer les travailleurs et les peuples de toute l’Europe pour dire « dehors, l’Union Européenne ». Aujourd’hui, ce mot d’ordre vient à l’ordre du jour en France, en Allemagne, en Grèce, au Portugal, en Espagne et dans chacun de nos pays.

En France, « dehors l’Union Européenne » se relie à l’exigence « dehors le gouvernement de François Hollande et de Manuel Valls, dehors la loi travail ». Car les travailleurs le savent, la loi travail découle de l’application des traités européens. Ce qui est à l’ordre du jour, en France comme dans tous les pays, c’est l’abrogation des traités européens, la rupture avec la BCE et sa monnaie unique, l’annulation de toutes les mesures de privatisation et de déréglementation, les pactes d’austérité et de responsabilité.

Le POID est fier d’avoir, depuis six mois, apporté tout son soutien aux organisations ouvrières et aux militants de Grande-Bretagne qui ont mené campagne pour la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union Européenne en le reliant au combat pour la sortie des travailleurs et des peuples de toute l’Europe.

Il se félicite d’avoir été partie prenante de meetings publics à Paris, le 26 septembre 2015 et surtout le 28 mai 2016 en compagnie des camarades venus de Grande-Bretagne, d’Allemagne, d’Italie, de Grèce et de Belgique, en grève générale le 24 juin 2016, soutenus par des travailleurs et militants venus de vingt-cinq pays d’Europe.

Saluant la victoire des travailleurs d’outre-Manche, le POID apporte tout son soutien à l’appel lancé en France par mille travailleurs et militants de toutes tendances pour la conférence nationale de travailleurs et de jeunes « pour la rupture avec l’Union Européenne et la cinquième république ».

Le POID invite ses militants et ses sympathisants à intensifier la campagne en soutien à cet appel, plus que jamais la question centrale est celle de la rupture.

La victoire du Brexit, c’est la victoire des travailleurs et des peuples de toute l’Europe, pour leurs droits et pour la démocratie.

La victoire du Brexit ouvre la voie à l’établissement de relations fraternelles entre les travailleurs et les peuples de toute l’Europe.

Dehors l’Union Européenne et la cinquième république.

Oui à la démocratie.

Oui à la classe ouvrière combattant pour ses droits.

Oui aux droits ouvriers.

Oui à l’union libre des peuples et des nations libres de toute l’Europe

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30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 13:46

https://www.zamanfrance.fr/article/huit-militaires-turcs-condamnes-a-2-mois-sursis-22789.html

Huit militaires turcs condamnés à deux mois de prison avec sursis (Reuters)

Les huit militaires turcs qui ont fui en Grèce dans la foulée de la tentative de coup d'état de la semaine dernière ont été condamnés Jeudi 21 Juillet 2016 à deux mois de prison avec sursis pour être entrés illégalement sur le territoire grec, a annoncé une de leurs avocats.

Les huit hommes, trois commandants, trois capitaines et deux sous-officiers, ont atterri à Alexandroupolis, une ville de la côte nord de la Grèce, après avoir fui à bord d'un hélicoptère.

Ils ont ensuite été arrêtés et inculpés pour être entrés illégalement sur le territoire. Tous ont demandé l'asile politique à la Grèce car ils craignent d'être tués s'ils retournent en Turquie.

« Peu importe que la peine de mort soit rétablie ou non, ils croient qu'au bout du compte, ils seront tués », a déclaré une de leurs avocats, Vasiliki Ilia Marinaki.

La Turquie a qualifié les militaires de traîtres et d’éléments terroristes et a demandé leur extradition. La Grèce a indiqué qu'elle examinerait leurs demandes d'asile rapidement. Les militaires seront interrogés par les services d'immigration la semaine prochaine.

La Turquie a aboli la peine de mort en 2004 mais le président Recep Tayyip Erdogan a évoqué son rétablissement après la tentative de coup d’état.

Les huit militaires, qui ont caché leurs visages lors du procès, disent avoir obéi aux ordres de leur hiérarchie et transporté des blessés dans des ambulances sans savoir qu'un coup d’état avait lieu.

Ils disent avoir pris la fuite lorsque la police a tiré sur leur hélicoptère.

« Ils étaient dans un état de nécessité et c'est pour cela qu'ils sont entrés sur le territoire grec », a expliqué Vasiliki Ilia Marinaki.

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30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 13:35

http://www.alencontre.org/asie/turquie/la-plus-grande-chasse-aux-sorcieres-de-lhistoire-de-la-turquie.html

https://www.theguardian.com/commentisfree/2016/jul/22/biggest-witch-hunt-turkish-history-coup-erdogan-europe-help

La plus grande chasse aux sorcières de l’histoire de la Turquie

Par Can Dündar

Vendredi 22 Juillet 2016

La tentative de coup d'état s’est produite le Vendredi 15 Juillet 2016. Le Dimanche 17 Juillet 2016 avait été diffusée sur un compte pro-gouvernemental des réseaux sociaux une liste de soixante treize journalistes qui devaient être détenus. Mon nom figurait au haut de la liste.

En trois jours, vingt portails ont été rendus inaccessibles et les licences de vingt quatre émetteurs radio ont été supprimées. Une attaque contre le quotidien Meydan a été lancée et ses quatre directeurs furent arrêtés, puis libérés vingt quatre heures plus tard. Jeudi 21 Juillet 2016, le journaliste Orhan Kemal Cengiz, aussi inclus dans la liste mentionnée, fut arrêté à l’aéroport conjointement avec sa femme. Il est quasi impossible d’écouter aujourd’hui des voix dissidentes dans les médias largement contrôlés par le gouvernement. La Convention Européenne des Droits de l'Homme (CEDH) a été suspendue jusqu’à nouvel ordre. Un climat de crainte plane sur le pays.

Quand cette semaine le président Recep Tayyip Erdogan a déclaré l’état d’urgence pour trois mois, j’ai pensé que rien n'avait changé. En tant que journaliste qui a produit des documentaires sur tous les coups d'état qui se sont déroulés dans le pays et qui a vécu les trois derniers, je savais trop bien quelle pourrait être la terreur que produirait un régime issu de la tentative de coup d'état militaire du Vendredi 15 Juillet 2016.

Toutefois, je savais aussi que son échec renforcerait Recep Tayyip Ergodan, le transformant de même rapidement en un oppresseur.

La politique de la Turquie a fonctionné toujours comme un pendule, elle passe des mosquées aux casernes et revient. Quand il oscille trop du côté de la mosquée, les soldats apparaissent et cherchent à le basculer vers les casernes. Et lorsque la pression en faveur de la sécularisation se fait trop grande, le pouvoir des mosquées augmente. Et les démocrates éduqués, se situant entre ces deux extrêmes, sont toujours ceux qui prennent des coups.

Pourquoi ne pouvons-nous pas échapper à ce dilemme ? Il est facile de l’expliquer et difficile de le résoudre. Les militaires turcs ont été, malheureusement, les seuls gardiens du sécularisme, dans un pays au sein duquel la société civile n’a pas pu maturer, où les partis d’opposition sont faibles, où les médias ont été censurés et où les syndicats, les universités et les autorités locales ont été neutralisés. Les forces armées ont toujours prétendu être les uniques protecteurs de la modernité du pays.

Néanmoins, paradoxalement, chaque coup planifié a non seulement porté atteinte à la démocratie, mais a stimulé le radicalisme islamique. Un récent événement lors des funérailles d’une manifestante contre le coup d'état symbolisait à la perfection cette situation. Le président était présent. L’imam a prêché de la sorte, « dieu, protégez-nous de la malignité, avant tout celle des éduqués ». Amen, a lancé la foule.

Ainsi, la tentative de coup de la semaine passée n’est que le dernier exemple d’une oscillation centenaire. Mais elle se développe de telle façon à être une des pires. Durant la tentative de coup d'état du Vendredi 15 Juillet 2016, la foule répondit à l’appel des mosquées à chaque heure. Lançant le cri Allah o Akbar tout en lynchant des soldats, ils agitaient des drapeaux turcs et les drapeaux verts de l’islam en criant « nous voulons des exécutions ».

Immédiatement ont circulé des listes de toutes sortes de dissidents et pas seulement de journalistes. Quelque soixante mille personnes, parmi lesquelles dix mille policiers, trois mille juges et procureurs, plus de quinze mille enseignants et tous les doyens universitaires, ont été détenues ou licenciées. Et le nombre a augmenté chaque jour. La torture, interdite formellement depuis le coup d'état de 1980, a refait surface. Une campagne visant à ressusciter la peine de mort a été lancée, mesure abolie en 2002. C’est la plus grande chasse aux sorcières de l’histoire de la république.

Que signifie cela ? Avec l’instauration de l’état d’urgence, le pouvoir législatif est neutralisé à grande échelle et l’autorité se déplace vers l’exécutif.

Obstacle sera fait à la possibilité de procès équitables et des restrictions accrues s’imposeront aux médias. Recep Tayyip Erdogan a déclaré que si le parlement se manifestait en faveur de la peine de mort, il l’approuvera. S’il ne bluffe pas, cela peut provoquer une rupture totale avec la famille européenne dont la Turquie se sent déjà exclue.

Pour des raisons que nous ne pouvons toujours pas comprendre, les soldats qui ont essayé de prendre le pouvoir Vendredi 15 Juillet 2016 n’ont bloqué que la route qui conduit de l’Asie à l’Europe. Les voies en direction de la Russie, de l’Arabie Saoudite, du Qatar et de l’Iran n’ont pas été bloquées. Je le vois comme une décision symbolique, pour une Turquie qui apparaît aujourd’hui piégée en Asie. La porte de l’Europe se ferme.

Et les problèmes auxquels nous sommes confrontés sont les suivants. Certes, nous nous sommes libérés d’un coup d'état, mais qui va nous protéger d’un état policier ? Certes, nous avons échappé à la malignité des éduqués, quoi que cela signifie, mais comme nous défendrons-nous de l’ignorance ? Certes, nous avons renvoyé les militaires dans leurs casernes, mais comment allons-nous protéger la politique, qui se loge dans les mosquées ?

La dernière question doit être adressée à une Europe préoccupée par ses propres problèmes.

Va-t-elle fermer les yeux à nouveau et coopérer parce que Recep Tayyip Erdogan tient les clés de la question des réfugiés ? Ou allez-vous avoir honte du résultat de votre appui et vous placer aux côtés de la Turquie moderne ?

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29 juillet 2016 5 29 /07 /juillet /2016 19:59

http://www.jonathan-cook.net/blog/2016-07-22/why-corbyn-so-terrifies-the-guardian

Pourquoi Jeremy Corbyn fait peur au Guardian

Vendredi 22 Juillet 2016

Les développements politiques en Grande-Bretagne semblent plus qu'un peu confus en ce moment.

Les parlementaires du parti travailliste sont en révolte ouverte contre un leader récemment élu avec le plus grand mandat dans l'histoire du parti.

La plupart des députés du parti travailliste appellent Jeremy Corbyn « inéligible », alors qu’ils ont travaillé sans relâche pour lui porter atteinte à partir du moment où il est devenu leader, ne lui donnant aucune chance de prouver qu'il pouvait conquérir un public britannique plus large.

Maintenant, ils lancent une campagne pour la direction du parti et ils essaient de truquer les élections en refusant le droit de vote à des dizaines de milliers de membres du parti travailliste qui ont récemment rejoint le parti. Si les députés perdent cette élection, comme cela semble presque certain, il y a des informations selon lesquelles ils vont continuer leur guerre d'usure contre Jeremy Corbyn, insensibles au fait que leurs actions détruisent le parti qu'ils prétendent aimer.

Pendant ce temps, le Guardian, le journal de référence de la gauche britannique, pendant longtemps le journal préféré des enseignants, des travailleurs sociaux et des militants du parti travailliste, critique aussi Jeremy Corbyn, provoquant une hémorragie de ses lecteurs et des revenus de la vente du journal. Les rapports et les commentaires du Guardian au sujet du leader travailliste, qui ont généralement un caractère d’assassinat ou de diffusion de ragots et d'insinuations, sont ridiculisés par ses propres lecteurs.

Le parti travailliste ignore le point de vue de ses membres, comme le Guardian ignore le point de vue de ses lecteurs. Que se passe-t-il ?

Curieusement, une manière de comprendre ces évolutions peut avoir été trouvée par un philosophe scientifique nommé Thomas Kuhn.

Dans les années 1960, il a écrit un livre influent intitulé « la structure des révolutions scientifiques ». Son argument était que la pensée scientifique n’évolue pas de manière linéaire, comme les connaissances scientifiques. Au contraire, l'histoire humaine moderne a été marquée par une série de perturbations importantes dans la pensée scientifique que Thomas Kuhn appelle des « changements de paradigme ».

Un moment, il y a la domination d’un paradigme comme la mécanique de Newton, ensuite un modèle totalement différent, comme la mécanique quantique, prend sa place, comme si elle arrivait de nulle part.

Le fait important est qu’un changement, ou une révolution, n’est pas lié à l'instant où la théorie scientifique précédente a été discréditée par les preuves croissantes contre elle. Il y a un décalage, habituellement un long retard, entre le moment ou il devient évident que la nouvelle théorie est meilleure et le moment ou la vieille théorie est éliminée.

Thomas Kuhn aboutit à la conclusion selon laquelle cette situation est le résultat d'une inertie émotionnelle et intellectuelle dans la communauté scientifique. Trop de personnes, des universitaires, des instituts de recherche, des organismes de financement et des experts, sont investis dans la théorie établie. Ils ont progressé dans leurs études en raison de leur connaissance de la théorie. Les professeurs de premier plan dans leur domaine ont fait leur réputation en donnant des preuves de la théorie.

De vastes sommes ont été dépensées pour essayer de confirmer la théorie. Les départements universitaires ont été mis en place sur la base que la théorie était correcte. Trop de personnes avaient trop à perdre à admettre qu'ils avaient tort.

Un changement de paradigme, fait valoir Thomas Kuhn, arrive lorsqu’une nouvelle génération de chercheurs exposés à la théorie rivale se sent suffisamment frustrée par cette inertie et atteint des postes suffisamment élevés pour pouvoir lancer un assaut contre la vieille théorie. À ce moment-là, les partisans de la théorie traditionnelle font face à une crise.

L'establishment scientifique résiste, souvent de manière agressive, mais à un moment donné les fortifications protégeant la vieille théorie croulent et s’effondrent. Puis, soudain, presque tout le monde passe à la nouvelle théorie, traitant la vieille théorie comme si elle était une relique des âges sombres.

La science et la politique ne sont pas, bien sûr, précisément analogues. Néanmoins, je dirais que ceci est un moyen utile de comprendre ce qui arrive à la gauche britannique en ce moment.

Une jeune génération n'accepte plus les hypothèses du néo libéralisme qui ont guidé et enrichi une élite pendant près de quatre décennies.

Les idées de la croissance économique sans fin, le pétrole inépuisable et une planète infiniment adaptable n'ont plus de sens pour une génération qui cherche son avenir plutôt que son passé glorieux. Ils voient une élite avec deux têtes qui crée une illusion de choix, mais qui applique un strict conformisme. Sur les fondements de la politique économique et internationale, les conservateurs rouges sont peu différents des conservateurs bleus.

Ou du moins ce fut le cas jusqu'à l’avènement de Jeremy Corbyn.

Jeremy Corbyn et ses partisans menacent un changement de paradigme. Les anciennes élites, que ce soit dans le parti travailliste parlementaire ou dans les éditoriaux de la rédaction du Guardian, sentent le danger, même si elles manquent de la conscience nécessaire pour apprécier l'importance de Jeremy Corbyn. Elles se battront bec et ongles pour protéger ce qu’elles ont. Elles le feront, même si leurs efforts créent tant de colère et de ressentiment qu’ils risquent de libérer les forces politiques les plus sombres.

Le style de socialisme de Jeremy Corbyn puise dans les traditions et les valeurs durables de la compassion, de la communauté et de la solidarité, que les jeunes n’ont jamais vraiment connues, sauf dans les livres d'histoire. Ces valeurs semblent très attrayantes pour une génération piégée dans les derniers jours d'un monde profondément atomisé, matérialiste et hyper compétitif. Ils veulent le changement et Jeremy Corbyn leur offre un moyen de changement.

Mais en dépit de ce qu’affirment ceux qui le critiquent, Jeremy Corbyn n’est pas seulement une relique de la politique du passé. Malgré son âge, il est aussi un personnage très moderne. Il affiche un calme zen, une conscience de soi et une abnégation qui inspirent ceux qui ont été élevés dans le monde du narcissisme de vingt quatre heures.

En ces temps de plus en plus désespérés, le message de Jeremy Corbyn porte bien au-delà des jeunes, bien sûr. Un changement de paradigme ne se produit pas seulement parce que les jeunes remplacent les vieux. Il implique que les vieux viennent à accepter, à contre cœur, que les jeunes peuvent avoir trouvé une réponse à une question dont ils avaient oublié la réponse nécessaire.

Beaucoup de membres de l'ancienne génération connaissent la solidarité et la communauté. Ils peuvent avoir été éblouis par les promesses d'un style de vie ambitieux et les hochets de la consommation effrénée, mais ils prennent conscience lentement eux aussi que ce modèle a une date limite de vente qui approche rapidement.

Les personnes les plus liées au modèle néo libéral, les élites politiques, économiques et médiatiques, seront les dernières à être sevrées d’un système qui les a si richement récompensées.

Elles préfèrent détruire toute la maison que de donner à Jeremy Corbyn et à ses partisans la chance de la réparer.

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29 juillet 2016 5 29 /07 /juillet /2016 18:57

https://www.zamanfrance.fr/article/calvaire-journalistes-intellectuels-turcs-apres-putsch-avorte-22959.html

Le calvaire des journalistes et intellectuels turcs après le putsch avorté

Vingt et un des quatre vingt neuf journalistes qui font l’objet d’un placement en garde à vue ont été présentés aux juges chargés de l'enquête sur la tentative du coup d'état du Vendredi 15 Juillet 2016.

Parmi eux, figurent des pointures de la vie médiatique et intellectuelle de la Turquie.

Vendredi 29 Juillet 2016

La libérale Nazli Ilicak, le conservateur Ahmet Turan Alkan, l’islamiste Ali Bulaç et le nationaliste Mümtazer Türköne, voici quelques-uns des quatre vingt neuf journalistes et chroniqueurs arrêtés ou recherchés dans le cadre de la vague de répression qui s’est abattue sur la Turquie depuis la tentative de putsch du Vendredi 15 Juillet 2016.

Ces personnalités, dont la diversité de profil en dit long sur la proportion alarmante des purges, sont accusées de faire partie d’un groupe terroriste.

Des rafles contre des intellectuels, journalistes et chroniqueurs

« Il est difficile de croire que ces rafles toujours plus larges ne servent que l’objectif légitime de démasquer les putschistes et leurs complices », a déclaré Johann Bihr, responsable du bureau de l’Europe de l’Est et de l’Asie Centrale de Reporters Sans Frontières (RSF). « Il est triste d’avoir à le répéter, critiquer le gouvernement ou travailler pour des médias favorables à la confrérie de Fethullah Gülen ne sont en aucun cas des preuves d’une implication dans le coup d’état raté. Si les autorités ne peuvent apporter d’éléments plus crédibles, elles ne font que poursuivre des délits d’opinion, ce qui est intolérable ».

Le journaliste Mahir Zeynalov a écrit des tweets pour les présenter et donner un bref récit de leur carrière.

C’est donc, pour certains, les menottes aux mains que vingt et un d’entre eux ont été présentés devant le juge, Vendredi 29 Juillet 2016.

Nazli Ilicak, un vétéran du journalisme, soixante douze ans, et une femme entêtée qui n'a eu de cesse de défendre la démocratie libérale. Elle a été arrêtée.

Ahmet Turan Alkan, l’une des plus grandes plumes de Turquie et virtuose de la satire, c’est la tête haute qu'il va en prison.

Hilmi Yavuz, aussi vieux que la république, un grand cerveau littéraire et un immense poète et chroniqueur, il a été arrêté.

Sahin Alpay, politologue d’obédience sociale libérale, il avait dû s’exiler en Suède après le coup d’état de 1980. On ne connaît pas mieux que lui pour défendre la démocratie en Turquie. C’est un grand défenseur des libertés. Il a été arrêté.

Mümtazer Türköne, professeur de sciences politiques, arrêté et torturé après le coup d’état de 1980, avec un style exceptionnel, il a toujours défendu les libertés. Il a été arrêté.

Ali Bulaç, un esprit élevé et un des rares sociologues islamistes de la Turquie, il a refusé de prêter allégeance à Recep Tayyip Erdogan. Il a été arrêté.

Nuriye Akman, l’une des plus grandes intervieweuses de Turquie, donnez-lui un café et elle vous pose toutes les questions les plus surprenantes.

Cevheri Güven, rédacteur en chef de Nokta, ce magazine avait publié en 2007 le journal intime du chef de la marine, l’amiral Özden Örnek, révélant des plans de coup d’état au sein de l’armée après l’arrivée au pouvoir du parti de la justice et du développement (AKP) en 2002.

Emre Soncan, si vous vouliez tout savoir sur l'armée, il était le journaliste à suivre. Il a été arrêté.

Büsra Erdal, grande chroniqueuse judiciaire, admirée et vilipendée, elle s'est fait beaucoup d'ennemis. Elle a été arrêtée.

Bülent Mumay, ancien rédacteur en chef du site internet d’Hürriyet, un homme habitué à travailler dur, qui s'est fait beaucoup d'ennemis dans le cercle le plus intime de Recep Tayyip Erdogan pour son journalisme de qualité. Il a été arrêté.

Mehmet Gündem, un grand interviewer qui captive l'attention des lecteurs avec brio, il a été arrêté.

Cihan Acar, ses collègues l'appelaient « Cihan le cimetière » pour ses exceptionnelles couvertures des cérémonies funéraires, des kurdes aux célébrités.

Yakup Cetin, tout le monde connaît son visage. Comme tout grand reporter, il a été arrêté.

Bayram Kaya a passé sa carrière à écrire sur l'économie turque. Il a été arrêté pour ses reportages dans le monde judiciaire.

Hasim Söylemez, un journaliste d'investigation qui a écrit sur presque tout. Il a été arrêté.

Ufuk Sanli, chroniqueur économique à al Monitor, lecteur avide et excellent reporter, il a été arrêté.

Abdullah Kiliç, ironie suprême, il était connu pour ses recherches sur le coup d’état de 1960. Il a été arrêté pour tentative de putsch.

Cemal Kalyoncu, toute une vie passée aux reportages et à l'édition, il a été arrêté pour avoir refusé de se soumettre au pouvoir.

Arda Akin, ancien journaliste d’Hürriyet, connu pour ses articles qui dérangeaient le gouvernement. Un homme capable de rugie quand cela s'impose et un homme sans crainte. Il a été arrêté.

Bünyamin Köseli, un grand esprit et un excellent journaliste d'investigation, il a été arrêté pour avoir fait son métier.

Ahmet Memis, un gourou du journalisme digital, confiez-lui un site d'information et vous verrez qu'il en fait grimper la popularité, un homme critique du pouvoir. Il a été arrêté.

Yakup Saglam, des manifestations aux guerres, Yakup Saglam a été sur le terrain à chaque fois que les choses tournaient mal. Il a refusé de se soumettre au gouvernement. Il a été arrêté.

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29 juillet 2016 5 29 /07 /juillet /2016 15:14

http://www.aubervilliers.fr/La-Cour-administrative-d-appel-de-Versailles-reconnait-a-la-commune-la

La cour administrative d’appel de Versailles reconnaît à la commune d’Aubervilliers la possibilité de nommer Marwan Barghouti citoyen d’honneur de la ville.

Suite à cette décision de justice, la municipalité d’Aubervilliers présentera une nouvelle délibération au conseil municipal.

Au mois de septembre 2015, la ville d’Aubervilliers a fait appel du jugement rendu par la tribunal administratif de Montreuil qui annulait sa délibération nommant le député palestinien Marwan Barghouti citoyen d’honneur de la ville.

Dans son jugement du 7 juillet 2015, le tribunal administratif considérait notamment que la délibération « n’est pas justifiée par un intérêt public local mais porte sur une affaire relevant de la politique étrangère de la France ».

Mardi 19 Juillet 2016, la cour administrative d’appel de Versailles a rendu son arrêt.

Si celle-ci maintient l’annulation de la délibération au motif qu’elle « relève de la politique étrangère de la France et son intervention dans un conflit de portée internationale », la cour se positionne cependant différemment sur la notion d’absence d’intérêt local. En effet, le seul fait d’attribuer « la qualité de citoyen d’honneur par un conseil municipal a, par elle-même, le caractère d’un hommage public dont la nature la fait entrer par principe dans la catégorie des affaires de la commune ».

Parce qu’Aubervilliers maintient sa volonté de rendre un hommage public à Marwan Barghouti, au même titre que plusieurs autres communes françaises, la municipalité présentera une nouvelle délibération au conseil municipal, conforme à l’arrêt qui vient d’être rendu par la juridiction d’appel.

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29 juillet 2016 5 29 /07 /juillet /2016 15:02

La Turquie réorganise son armée, Washington regrette les purges (Reuters)

La Turquie a commencé à réorganiser son armée à la suite du putsch manqué du Vendredi 15 Juillet 2016, mais les Etats-Unis se plaignent de l'impact négatif de cette purge sur sa coopération avec Ankara dans la lutte contre l'organisation Etat Islamique.

Le Premier ministre turc, Binali Yildirim, a annoncé lors d'un discours retransmis en direct, Vendredi 29 Juillet 2016, que les casernes d'où étaient partis des putschistes au soir du Vendredi 15 Juillet 2016 allaient être fermées, y compris une base aérienne proche d'Ankara qui avait servi aux comploteurs.

Réuni Jeudi 28 Juillet 2016 pendant cinq heures, le conseil militaire suprême (YAS), organe de supervision des forces armées en Turquie, a promu quatre vingt dix neuf colonels au rang de général ou d'amiral et placé quarante huit généraux à la retraite.

Près de deux semaines après la tentative de coup d’état d'un groupe au sein de l'armée, qui a fait au moins deux cent quarante six morts et qui a valu à près de mille sept cent militaires, dont quarante pour cent des généraux et des amiraux, d'être congédiés pour conduite déshonorante, les principaux responsables de l'état-major sont maintenus à leur poste.

Seuls changements notables, le chef d'état-major adjoint, le général Yasar Guler, est nommé commandant de la gendarmerie et le chef de la prestigieuse première armée, le général Umit Dundar, le remplace en tant que numéro deux de l'état-major, toujours dirigé par Hulusi Akar.

Jeudi 28 Juillet 2016, à l'issue de la réunion du YAS, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a fait savoir qu'il souhaitait que l'armée et les services secrets (MIT) soient placés sous le contrôle de la présidence et non plus du premier ministre.

Recep Tayyip Erdogan accuse l'imam Fethullah Gülen, installé aux Etats-Unis, d'avoir fomenté le coup d’état, ce que ce dernier dément.

Cet ancien allié, devenu ennemi juré du chef de l’état, a estimé dans une interview au Corriere della Sera publiée Vendredi 29 Juillet 2016 que Recep Tayyip Erdogan était empoisonné par le pouvoir.

Le nombre d'employés du secteur public limogés depuis le putsch avorté s'élève désormais à soixante six mille, dont quarante trois mille dans l'enseignement, a rapporté l'agence de presse officielle Anadolu.

Les adversaires du président turc, qui a échappé de justesse à un enlèvement voire à une possible exécution pendant la tentative de coup de force, accusent Recep Tayyip Erdogan de se servir du putsch comme prétexte pour procéder à une répression aveugle de toute opposition dans le pays de quatre vingt millions d'habitants.

Les Etats-Unis et l'Union Européenne ont déjà fait part de leur inquiétude face à l'ampleur des purges.

Jeudi 28 Juillet 2016, le directeur du renseignement américain, James Clapper, a déclaré que les limogeages d'officiers avaient un impact sur la coopération entre Ankara et Washington contre l'Etat Islamique.

« Beaucoup de nos interlocuteurs ont été arrêtés », a-t-il relevé. « Nul doute que cela va rendre la coopération plus difficile avec les turcs ».

Le ministre turc des affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a balayé ces inquiétudes Vendredi 29 Juillet 2016 en jugeant que l'armée turque sortirait renforcée une fois nettoyée de ses éléments gülénistes.

La Turquie autorise les Etats-Unis à utiliser sa base aérienne d'Incirlik pour mener des raids contre l'Etat Islamique en Irak et en Syrie. Ces opérations ont été temporairement interrompues à la suite de la tentative de coup d’état.

Autre critique émanant de Washington, le département d’état s'est dit profondément préoccupé par les arrestations de journalistes lancées depuis le début de la semaine en Turquie.

Mevlut Cavusoglu a répondu que les personnes interpellées dans les médias n'étaient pas de vrais journalistes.

Vendredi 29 Juillet 2016, la police a également appréhendé le président du conglomérat Boydak Holding et deux cadres du groupe. Six membres de la famille Boydak font au total l'objet d'un mandat d'arrêt. Ils sont accusés de financer le mouvement de Fethullah Gülen, qui chapeaute de nombreuses écoles et organisations caritatives.

Le parquet d'Izmir, sur la mer Egée, a de son côté ordonné l'arrestation de deux cent policiers, rapporte l'agence Dogan.

Le ministre du travail, Suleyman Soylu, a déclaré de son côté Vendredi 29 Juillet 2016 que les autorités enquêtaient sur les liens éventuels de mille trois cent agents du ministère avec la tentative de putsch.

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