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7 octobre 2007 7 07 /10 /octobre /2007 19:25
La corruption en Irak ne connaît aucun frein
 
 
 
 
La corruption endémique en Irak s'étend au gouvernement du Premier ministre Nouri al Maliki, a déclaré jeudi un juge irakien devant des députés américains.

Le juge Razi Hamza al Razi, nommé en 2004 par les Etats-Unis à la tête de la Commission irakienne d'intégrité publique, a indiqué que son organisation estimait que la corruption avait coûté au gouvernement irakien jusqu'à 18 milliards de dollars.

Selon le juge, l'enquête menée par la Commission a été entravée par le Premier ministre irakien qui a protégé certains de ses proches et autorisé les ministres à protéger des employés soupçonnés de corruption.

Razi a été contraint de quitter l'Irak en août après avoir été victime de menaces. Il a dit aux députés américains que 31 employés de sa commission avaient été tués. Il dit ne disposer d'aucunes preuves incriminant Maliki personnellement mais le "Premier ministre a protégé certains de ses proches qui étaient impliqués dans des faits de corruption".

L'une de ces personnes était l'ancien ministre des Transports, a précisé le juge devant la Commission de la Chambre des représentants chargée de la surveillance et de la réforme du gouvernement.

Lors de cette audition, l'inspecteur général pour la reconstruction de l'Irak, Stuart Bowen, a déclaré qu'il avait constaté une hausse de la corruption en Irak. Il a ajouté que les efforts menés par les Etats-Unis pour combattre ce phénomène étaient "décevants", en raison du manque de financements notamment.

Le représentant démocrate Henry Waxman, qui dirige la Commission, s'est interrogé sur la capacité du gouvernement irakien à mener à bien ses missions en étant "si corrompu" et il a parlé de "débâcle totale" à propos de la lutte des autorités américaines contre la corruption en Irak.

Il a par ailleurs critiqué les résistances du département d'Etat à l'enquête de la Commission d'intégrité publique, affirmant que le gouvernement américain craignait apparemment trop les révélations auxquelles elle pourrait aboutir, qui "pourraient embarrasser ou mettre à mal nos relations avec le gouvernement Maliki".
 

 

Samedi 06 Octobre 2007
 
 
 
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6 octobre 2007 6 06 /10 /octobre /2007 20:49
Barack Obama : la leçon des ghettos
LE MONDE | 05.10.07 | 14h24  •  Mis à jour le 05.10.07 | 14h25
CHICAGO ENVOYÉE SPÉCIALE

 S'il revient de temps en temps ? Debra Strickland sourit, gênée. Non, on ne le voit plus très souvent dans les quartiers déshérités de Chicago. Barack Obama est devenu sénateur, star médiatique, il rêve de la présidence des Etats-Unis. Quand il n'est pas à Washington, il habite Hyde Park, près de l'université, un quartier qui fait l'effet d'une oasis en noir et blanc dans une métropole divisée. A Chicago, les Blancs vivent au nord, le long du lac. Les Noirs dans le South Side, ce "côté sud" qui détient, dit-on, "la plus grande concentration d'Africains-Américains" de tous les Etats-Unis.
 
Peut-être viendra-t-il en novembre ? Debra Strickland a invité "Barack" pour la soirée annuelle de son association de développement social, Developing Communities Project. "En 2004, il est passé,dit-elle. Mais nous avons été prévenus quand il tournait le coin de la rue." A l'approche des primaires qui doivent désigner le candidat démocrate pour l'élection présidentielle de 2008, Barack Obama a fait répondre qu'il ne peut rien promettre. Mais ses anciens amis sont optimistes. Sur les chemins de campagne, il ne manque jamais d'évoquer ses trois années de militantisme social dans le South Side. "C'est là que j'ai reçu la meilleure éducation que j'aie jamais eue", a-t-il dit dans son discours de candidature en janvier. Un autre jour, il a fait allusion à ce qu'il y avait appris : "Vous pouvez regarder une carte : elle ne représente pas le territoire tel qu'il est en réalité."
Debra Strickland occupe la fonction qu'exerçait Barack Obama lorsqu'il est arrivé à Chicago en 1985. Developing Communities Project venait de se créer, à l'initiative d'un militant radical, Gerald Kellman, qui essayait de rassembler les Eglises, sans lesquelles rien ne peut se faire dans les quartiers. Juif, il avait besoin d'un jeune Afro-Américain pour approcher les habitants. Barack avait 23 ans. Diplômé de l'université de Columbia, il travaillait depuis deux ans dans une entreprise de communication financière à New York. Il aurait pu faire carrière dans le privé. "Moins de 10 % des jeunes Afro-Américains font des études de troisième cycle. Ceux qui ont des diplômes peuvent gagner énormément d'argent dans le monde des affaires, relève Marilyn Katz, une ancienne activiste qui est aujourd'hui l'une des principales bailleuses de fonds de la campagne du démocrate. Rares sont ceux qui choisissent le service public."
Mais Barack Obama avait l'âme militante et il voulait "donner une voix aux sans voix". Quand il a vu une petite annonce pour un job d'animateur social à Chicago, la capitale de la conscience politique noire, il a embarqué ses affaires dans sa petite Honda. "Il était d'un idéalisme qui confinait au ridicule", a confié plus tard Gerald Kellman. Le jeune homme n'avait pas encore redécouvert ses racines africaines, et se faisait appeler "Barry" plutôt que Barack, le prénom qui lui vient du Kenya de son père. A Chicago, les aciéries venaient de fermer. Les Eglises essayaient de réagir à l'effondrement du tissu social. Le quartier comptait plus de 300 000 chômeurs. Mais la ville avait élu son premier maire noir, Harold Washington, et le South Side était euphorique. La fierté rejaillissait sur tous.
L'annonce proposait un emploi d'"organisateur de communauté". Community organizer : un rôle important dans un pays où les partis politiques font peu de travail militant en dehors des périodes électorales. L'organisateur de communauté est à la fois travailleur social, agitateur professionnel, éducateur de conscience politique. Il essaie de faire naître les revendications, d'organiser la lutte. L'organisateur fonctionne selon les préceptes du sociologue Saul Alinsky, le théoricien du mouvement, natif de Chicago : écouter les individus un à un pour discerner leur "intérêt propre". La masse ne peut se mobiliser que si chacun y trouve une satisfaction égoïste. "Quel que soit le souhait de la communauté, vous l'organisez. Et le processus lui-même est censé produire des acteurs de changement, dit Marilyn Katz. Il y entre pas mal de manipulation, en fait."
Alinsky, auteur du manifeste du groupe (Rules for radicals), a étendu sa méthode après les émeutes raciales de Chicago, en 1964, quand les Blancs avaient fui vers les banlieues. Des quartiers entiers se sont retrouvés sans commerces, sans banques, sans activités. "Toute une économie historique s'est écroulée, poursuit l'activiste. Les groupes d'Alinsky ont commencé à devenir des entrepreneurs de substitution."
Ironie de l'histoire : seize ans avant Obama, Hillary Clinton s'est elle aussi intéressée à Alinsky. Née à Park Ridge, dans la banlieue nord-ouest de Chicago, étudiante à l'université Wellesley, elle a consacré sa thèse au sociologue en 1969 : Une analyse du modèle Alinsky (pendant ses années de "First Lady", la thèse a été maintenue sous scellés, à la demande de la Maison Blanche). Le maître, qui vivait toujours, lui a même offert un job, mais elle a décliné. A des époques différentes, Hillary Clinton et Barack Obama, les deux rivaux d'aujourd'hui dans la course présidentielle, ont tiré les mêmes conclusions de leur engagement militant : le système peut être changé de l'intérieur.
En 1985, Barack Obama circulait dans Roseland, l'ancien jardin des immigrants hollandais de Chicago, devenu à 95 % africain-américain. Aujourd'hui, Debra Strickland parcourt les rues bordées de pavillons de briques jaunes dans sa BMW noire. "Tout a changé et rien n'a changé", comme l'écrit Jonathan Alter, un enfant de Chicago devenu journaliste à Newsweek. Le quartier compte 135 000 habitants. La municipalité a construit ou rénové des milliers de logements sociaux. Plusieurs dizaines d'associations, comme Developing Communities Project, s'occupent de réhabilitation, d'éducation, de prévention, avec le financement de fondations philanthropiques. Des ruches sont installées dans les terrains vagues pour faire du miel qui sera vendu dans les marchés. Des comptes en banque sont ouverts aux habitants pour les habituer à épargner (un tiers d'entre eux n'en ont pas).
Aujourd'hui comme hier, 40 % des habitants sont au chômage. Et quand Debra Strickland interroge les gens sur leurs préoccupations, "la réponse est la même que du temps de Barack, dit-elle : les jobs, la couverture médicale, la criminalité." N'était le panneau "Vitesse limitée. Gangs interdits", dans la journée, la 100e Rue respire la banalité. La nuit, son surnom est "Murder Row". L'"allée du Meurtre". En juillet, Barack Obama a poussé un cri d'alarme : 32 jeunes des écoles publiques de Chicago ont été tués pendant l'année scolaire 2006-2007. Plus que le nombre de soldats originaires de l'Illinois tombés pendant la même période en Irak.
Altgeld Gardens, dans le Far South Side, est un autre ghetto encore plus au sud. Il est fait de parpaings gris mais porte le nom de "jardin" parce qu'il longe une rangée d'arbres qui cache les dépôts d'ordures. Hier, Barack Obama s'y battait contre l'amiante. Une femme du quartier avait découvert que la municipalité rénovait discrètement la maison du gardien sans se soucier de savoir si les autres logements étaient contaminés. Aujourd'hui, les travaux ne sont pas encore terminés. Après cinq ans de réclamations, une bibliothèque a ouvert. Elle est toute neuve, protégée par des caméras. A l'intérieur, les enfants sont assis sagement devant une demi-douzaine d'ordinateurs. Mais le quartier a toujours le même surnom : "Toxic Donut", le "Beignet toxique", parce qu'il est entouré par 53 dépôts de déchets nocifs.
En 1986, Barack Obama s'efforçait d'obtenir l'implantation d'une "job bank", une agence pour l'emploi, dans le quartier, pour éviter aux chômeurs les longs déplacements vers le centre-ville, en l'absence de transports en commun. Aujourd'hui, le métro n'a toujours pas gagné le Far South Side. Developing Communities Project en a fait sa revendication principale : l'extension de la "ligne rouge" jusqu'à la 130e Rue. "Ils essaient d'isoler les habitants à faibles revenus du reste du monde", accuse Debra Strickland. En vingt ans, il y a quand même eu quelques progrès. L'association a reçu des fonds pour financer des études de faisabilité. Dans ses bureaux, situés dans les locaux de l'Eglise méthodiste de Wesley United, la directrice expose divers plans et maquettes : le quartier rêve de l'éventuelle future gare qui desservirait le Sud.
Loin du South Side, Barack Obama a installé son quartier général de campagne dans les beaux quartiers : 3 000 m2 au 11e étage d'une tour de Michigan Avenue, à quelques centaines de mètres du Magnificent Mile, la rue qui est à Chicago ce que la 5e Avenue est à New York. L'endroit est très banal, peuplé du même personnel que les bureaux démocrates ou républicains de Washington, invariablement jeune, impersonnel et blanc. Ceux-là s'occupent de la communication nationale, du site Web...
Pour faire passer le message à la base, Barack Obama continue de s'appuyer sur les méthodes d'Alinsky, rebaptisées "démocratie participative". Les militants sont conviés à des stages de formation, appelés "Camp Obama", qui "utilisent les mêmes techniques que lorsqu'il était organisateur dans le South Side". On leur explique "comment définir l'intérêt de chacun", l'objectif étant de transformer les stagiaires en "organisateurs pour Obama". Comme dit le pasteur Alvin Love, de Developing Communities Project, l'élection présidentielle "c'est juste une communauté plus large à organiser".
 
Corine Lesnes
 
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6 octobre 2007 6 06 /10 /octobre /2007 20:31
Brice Hortefeux, 49 ans, ministre de l’Immigration, de l’Identité nationale, de l’Intégration et du Codéveloppement, est à la peine entre faits divers tragiques et tests ADN.
 
Par Sibylle Vincendon
 
QUOTIDIEN : samedi 6 octobre 2007
 
Brice Hortefeux n’est pas toujours d’une humeur de rêve. Aurait-il du mal avec l’étrange ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale que lui a fabriqué Nicolas Sarkozy ? En tout cas, quand il reçoit, c’est rude.  Jean-Michel Bavard, venu avec deux autres membres du Réseau Education sans frontière (RESF), a eu droit à sa douche : «Il a commencé par nous passer un savon autour de l’utilisation que nous faisons du mot rafle, qu’on insultait un ministre de la République, que ça pouvait aller très loin…»
 
Nathalie Ferré, du Groupe d’information et de soutien des immigrés (Gisti), arrivée avec le vice-président de l’association, a été accueillie par une réflexion sur la subvention que touche le Gisti. «Puis il nous a parlé d’un de nos visiteurs en zone d’attente, qui a eu une petite condamnation.» Et il a coupé court à toute présentation : «Il nous a dit : C’est pas la peine, je sais qui vous êtes. »
 
Pour Libération, même traitement. On a à peine dit bonjour qu’on entend : «De toute façon, cet entretien va durer quarante-sept secondes puisque vous savez parfaitement ce que vous pensez de moi…» 

Justement, non. On pensait trouver un homme heureux, titulaire d’un ministère tout neuf qui correspond pile-poil à ses idées. On tombe à la place sur une personne mal à l’aise qui positive tant qu’elle peut. On lui demande s’il n’aurait pas préféré avoir le ministère de l’Intérieur, comme le dit la rumeur. Il rassemble ses pensées, et répond posément, mains jointes : «J’ai bien conscience d’avoir un ministère emblématique au cœur de la campagne.» Puis, droit dans les yeux : «Ça nécessite de ne pas se laisser impressionner par toute une série d’intermédiaires qui se croient prescripteurs d’opinion.» Là, il se lève brusquement, saisit sur la cheminée un cadre où figure la une du quotidien auvergnat la Montagne avec ce titre : «De l’ultrasensible pour Hortefeux». Il tapote le cadre du doigt : «Oui, c’est exactement ça, de l’ultrasensible !» Il est debout, s’agite entre son bureau et le fauteuil pour dégoter une autre publication à son sujet, se rassoit. On reformule la question : «C’est un ministère casse-gueule ?» Du tac au tac : «A l’évidence, oui.» Un ton plus bas : «Ça touche à des réalités… A certains fantasmes.» Un soupir, et un accès de nostalgie : «J’ai fait un gros boulot quand j’étais au ministère des Collectivités territoriales. J’ai vu tout le monde, j’ai fait adopter un texte sur la fonction publique territoriale sans une seule voix contre.» C’était le bon temps.
 
Non, décidément, Brice Hortefeux a beau plaider que l’immigration est «à l’évidence le sujet majeur qui a permis à Nicolas Sarkozy d’inverser la tendance pendant la campagne», on voit vite que la réalité qu’il vit aujourd’hui ressemble davantage à ce que décrit Etienne Pinte, député UMP des Yvelines : «Un ministère hybride qui n’a pas de passé, pas d’histoire et qui est fait de bric et de broc. Il travaille avec un patch­work, des bouts de service.» D’où la nervosité du titulaire ? Pinte, fervent adversaire de l’amendement ADN, résume le personnage comme «un garçon ambigu qui souffle le chaud et le froid. On ne sait pas sur quel pied danser avec lui».
 
Hortefeux, natif d’une bonne famille de Neuilly, père de trois jeunes enfants, a vécu jusqu’à présent dans le sillage de Nicolas Sarkozy, dévoué à ce politique prometteur depuis ses 17 ans. Leur modèle d’amitié asymétrique - Nicolas, devant, qui décide ; Brice, derrière, qui suit à son service - a été maintes fois raconté dans les journaux. La politique produit de temps à autre de ces paires-là. Au fur et à mesure que la notoriété du fidèle second montait, il a été qualifié tour à tour de «lieutenant», de «première gâchette», de «porte-flingue» de Sarkozy. C’est déplaisant pour l’ego, mais flatteur pour la virilité. Premier flic de France aurait agréablement couronné le parcours.
 
Mais voilà, l’imprévisible Sarkozy a appris à bonne école qu’on ne faisait pas de cadeau à un ami de trente ans. Et collé Hortefeux au ministère de l’Immigration, de l’Identité nationale, de l’Intégration et du Codéveloppement.
 
Comment démarrer enfin une carrière politique autonome avec un boulet pareil ? Pour un garçon qui rêve de piquer la mairie de Clermont-Ferrand à une gauche implantée là depuis soixante ans, ce poste à faible teneur humaniste n’est pas la meilleure entrée en matière. Depuis une quinzaine d’années, Brice Hortefeux prend racine dans l’Auvergne, d’où vient sa mère. Ce n’est pas simple : Giscard lui-même a chuté sur la mairie de Clermont et s’est fait éjecter il y a trois ans de la région. Comment se bâtir une image potable quand, en quatre mois, se sont succédé polémiques, tests ADN et faits divers tragiques ?
 
Sur les deux affaires de sans-papiers qui se sont défenestrés, un adolescent russe et une femme chinoise, Hortefeux parle de «désinformation», parce que la femme n’était pas visée par la police qui débarqua chez elle ce jour-là.
 
«Quant au jeune Ivan cet été, j’ai immédiatement accordé un titre de séjour à ses parents pour l’accompagner pendant toute sa convalescence», plaide-t-il.
 
Tant qu’il suffisait de faire des appels du pied au FN pendant la campagne en évoquant la proportionnelle, le rôle du méchant ne dérangeait pas Brice Hortefeux. Maintenant, il n’en veut plus : «Je ne suis pas le secrétaire d’Etat à la répression de l’immigration. On ne peut pas réduire mon ministère à la seule gestion des expulsions.» Certes, il fixe des objectifs chiffrés aux préfets, et les morigène s’ils ne les tiennent pas. Mais il dit à Libération que c’est «seulement un signal public», que «ce n’est pas satisfaisant» et qu’il «réfléchit à un autre système». Pour prouver sa bonne foi, il raconte l’impression que lui a laissée le regard d’un adolescent lors de la visite du centre de rétention de Lampedusa, en Italie, «toute la peur et le désarroi dans ce regard…». Le récit a été servi à nombre de visiteurs. La délégation de RESF l’a entendu, et celle de l’Eglise catholique - emmenée par Mgr Schockert, évêque de Belfort, et Stéphane Joulain, directeur adjoint de la Pastorale des migrants - aussi. Procédé sincérité ? Le père Joulain ne veut pas en juger : «On ne va pas dans le for intérieur des gens.» Hortefeux est catholique, se dit «croyant». «Mais il n’est peut-être pas prêt à entendre tout ce que l’Eglise a à dire», nuance le prêtre. Et ce que dit l’Eglise n’est guère favorable à la politique que mène le ministre.
 
Cela ne l’ébranle pas. Lui est convaincu qu’il «écoute». Plus exactement, il dit : «J’écoute d’abord le peuple, pas les élites.» L’intitulé du ministère a choqué les élites en question ? «Le peuple français a tranché», coupe-t-il. Il ajoute : «Je ne comprends pas comment l’identité nationale, c’était formidable pour les pays colonisés et pas pour la France…» Parce qu’elle n’est pas colonisée, précisément ? Un blanc. On enchaîne. Les flux migratoires, les impératifs des traités internationaux qui garantissent le droit à la vie de famille, toutes ces questions relèvent peut-être d’une complexité technique, juridique, que la majorité peine à saisir ? Nouveau blanc. Puis : «Ecoutez, si vous considérez que la politique d’immigration depuis trente-cinq ans est un succès, il faut le dire. S’il y en a qui pensent que ça marche très bien, qu’ils se lèvent et qu’ils le disent !» La réponse ne fait pas dans la complexité, elle. «Non, mais c’est la clarté, en revanche», pose-t-il. Et là-dessus, on se quitte parce qu’on s’est tout dit.


http://www.liberation.fr/transversales/portraits/282917.FR.php
© Libération
 
 
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6 octobre 2007 6 06 /10 /octobre /2007 17:01
AMITIES FRANCO - IRAKIENNES
 
Communiqué de presse 
 
Une lettre à Nicolas Sarkozy :
Sept propositions pour contribuer au rétablissement de la paix en Irak
 
Le Bureau des Amitiés franco-irakiennes, élargi à des personnalités de la société civile connues pour l’intérêt qu’elles portent à la situation en Irak et au Proche-Orient et pour leur attachement à la politique arabe de la France, s’est réuni le jeudi 4 octobre à Paris sous la présidence de Maurice Buttin, co-président de l’association.
 
Le Bureau a décidé d’adresser à Monsieur Nicolas Sarkozy, Président de la République, sept propositions dont la mise en œuvre permettrait à la France de contribuer au rétablissement de la concorde et de la paix en Irak.
 
L’Association des Amitiés franco-irakiennes se réunira à nouveau d’ici la fin novembre pour analyser la suite donnée à ces propositions.
 
Paris, le 6  octobre 2007
 
Contact : Gilles Munier, Secrétaire général - 06 19 74 45 99 – gilmun@club-internet.fr
 
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6 octobre 2007 6 06 /10 /octobre /2007 16:53
Dominique Strauss-Kahn, l’homme de « Condi » au FMI
 
 

par Thierry Meyssan*
 
Dominique Strauss-Kahn est un homme aimable et cultivé. Il s’est construit une image positive d’homme de gauche soucieux du bien être des plus démunis. Mais alors, comment est-il devenu directeur général du Fonds monétaire international, l’organisation internationale qui a institutionnalisé le pillage des pays du Sud ? Thierry Meyssan répond en révélant tout ce que la presse mainstream vous a caché depuis des années sur les relations de DSK avec les États-Unis.
 
 
La nomination triomphale de Dominique Strauss-Kahn à la direction générale du Fonds monétaire international (FMI), le 28 septembre 2007, a donné lieu à deux messages contradictoires. D’un côté la presse occidentale exalte la capacité du bloc altantiste à imposer son candidat face à celui de la Russie, Josef Tosovsky ; d’autre part, elle affirme que la principale mission de M. Strauss-Kahn sera d’associer plus largement les pays du Sud aux décisions, c’est-à-dire de mettre fin à la domination du bloc atlantiste.
 
Avec chauvinisme, la presse française se félicite que des Français se trouvent aujourd’hui à la tête de quatre grandes organisations internationales. En effet, outre Dominique Strauss-Kahn au FMI, Pascal Lamy dirige l’Organisation mondiale du Commerce (OMC), Jean Lemierre préside la Banque européenne de reconstruction et de développement (BERD), et Jean-Claude Trichet la Banque centrale européenne (BCE). Mais doit-on mettre ces quatre institutions sur le même plan ? Et surtout, doit-on se réjouir d’une situation qui, loin de manifester la place de la France dans le monde, illustre l’intégration des élites françaises dans la mondialisation, c’est-à-dire leur acharnement à détruire leur pays, en tant qu’État-nation, un cadre politique qu’ils jugent dépassé ?
 
Le dernier exploit en date laisse songeur : le FMI est une des organisations internationales la plus critiquée dans le monde. Il a abondamment financé l’installation de dictatures dans les pays du Sud, notamment en Argentine, au Brésil, en Indonésie, au Nigéria, aux Philippines, en Thaïlande etc… En outre, ses exigences soudaines de remboursement immédiat de prêts ont contraints des États à sacrifier leur avenir en dévaluant et en fermant écoles et hôpitaux. Ses adversaires l’accusent donc d’avoir provoqué, par l’oppression et la famine, des centaines de millions de morts en un demi-siècle, c’est-à-dire bien plus que les agressions militaires des États-Unis durant la même période. De son côté, le FMI considère au contraire que ses politiques « d’ajustement structurel » loin d’avoir provoqué ces catastrophes y ont mis fin. Des « Prix Nobel » d’économie aussi divers que le néo-keynésien Joseph Stiglitz ou le libertarien Milton Friedman ont accusé le FMI d’être le grand organisateur des déséquilibres Nord-Sud. En effet, l’action principale du FMI aura été de financiariser l’économie mondiale, permettant ainsi aux spéculateurs du Nord de s’enrichir en exploitant le travail, plus encore que les ressources, des pays du Sud. S’il n’était la vénération que la société de consommation voue à ses banquiers, il y a longtemps que le FMI aurait été déclaré organisation criminelle. Pourtant, c’est bien cette institution que le socialiste Dominique Strauss-Kahn a ambitionné de diriger, et c’est bien M. Strauss-Kahn qui a obtenu le soutien appuyé des grands argentiers de la planète, pressés de toutes parts par les multinationales les moins scrupuleuses.
 
Si l’on laisse de côté l’intérêt personnel de Dominique Strauss-Kahn, qui devient ainsi le haut-fonctionnaire le mieux payé de Washington avec un salaire annuel de base de 461 510 dollars net d’impôts, l’on doit se poser la question de ses objectifs politiques. Pour y répondre, jettons un coup d’œil sur sa biographie et découvrons-y ce que la presse mainstream cache depuis des années : ses liens avec les principaux dirigeants de l’administration états-unienne.
 
Issu d’une famille aisée de gauche, « DSK » a été élevé au Maroc, puis à Monaco. Il reçoit une éducation juive —plus séfarade qu’ashkénaze—, à laquelle il accorde plus d’importance au plan culturel que religieux. Il est diplômé de Sciences-Po Paris, ancien élève d’HEC, licencié en droit et agrégé de sciences économiques. Il se destine à être avocat d’affaires.
 
Il entre en 1976 au Parti socialiste où il milite au Cères, le courant social-étatiste animé par Jean-Pierre Chevènement. Il ne tarde pas à s’en séparer pour se rapprocher de Lionel Jospin et Jean-Christophe Cambadélis, les deux meilleurs élèves français d’Irving Brown, l’agent de liaison de la CIA avec la gauche ouest-européenne [1]. Jospin et Cambadelis sont issus d’un petit parti trotskiste (les « Lambertistes ») traditionnellement lié à la CIA. Avec une centaine de camarades, ils ont infiltré le PS et ont réussi à prendre les renes.
 
Il entre en 1986 à l’Assemblée nationale à la faveur du scrutin proportionnel alors brièvement mis en place. Il choisit de s’implanter, en 1988, dans une circonscription du Val-d’Oise, à Sarcelles, qui abrite une forte communauté juive. Il s’y fait élire en faisant jouer le réflexe identitaire. Il devient président de la Commission des finances de l’Assemblée, puis, en 1991, ministre délégué à l’Industrie et au Commerce extérieur auprès du ministre de l’Économie Pierre Bérégovoy. Tout oppose les deux hommes : « DSK » est un brillant dilettante vivant au milieu des grandes fortunes comme un poisson dans l’eau, tandis que « Béré » est un pénible tâcheron partagé entre ses idéaux ouvriers et son besoin de reconnaissance personnelle par le monde de la finance. « DSK » s’amuse de se dire socialiste tout en faisant le contraire, tandis que « Béré » a des états d’âme.
 
Alors qu’il est ministre délégué à l’Industrie, il a connaissance des problèmes rencontrés par son ami Jean Peyrelevade à la tête du Crédit Lyonnais. Il intervient personnellement pour favoriser diverses opérations hasardeuses réalisées en faveur de son ami Franck Ullman-Hamon. Cet homme d’affaires est connu pour avoir par ailleurs réalisé diverses interventions en Amérique latine pour le compte d’Israël et pour être actionnaire-fondateur du magazine Marianne de Jean-François Kahn. Les montages de M. Ullman-Hamon avec les filiales du Crédit lyonnais coûteront plusieurs dizaines de millions de francs au contribuable français.
 
À la même époque, Dominique Strauss-Kahn épouse à la synagogue —en troisièmes noces— une star d’une rare beauté, Anne Sinclair, la journaliste préférée des Français. Le couple choisit de tenir la presse à l’écart de la cérémonie, mais de donner de l’éclat à la fête au sein de la communauté juive, où ils s’affirment comme des personnalités brillantes. Leurs deux témoins de mariage sont le professeur de philosophie Élisabeth Badinter (héritière du Groupe Publicis et épouse du Garde des Sceaux Robert Badinter) et la journaliste Rachel Assouline (épouse du patron de presse Jean-François Kahn).
 
En 1987, il se démarque de François Mitterrand, il conduit une délégation du Parti socialiste en Israël et se rend à la mairie de Jérusalem qu’il considère comme capitale de l’État hébreu. En 1991, il participe à un voyage de solidarité en Israël, organisé par le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) en pleine Guerre du Golfe.
 
En 1994, usant de sa qualité d’ancien ministre de l’Industrie, il créé le Cercle de l’Industrie auquel il parvient à faire adhérer en six mois 48 des 50 plus grands patrons français. La moitié d’entre eux au moins payent une cotisation annuelle de 200 000 F pour que leurs intérêts soient défendus à Bruxelles. Il laisse la présidence de cette association patronale à Raymond Lévy (ex-Pdg de Renault) et en assure la vice-présidence. Incidemment, le même Raymond Lévy sera nommé à la tête du Consortium de réalisation, chargé de liquider les placements pourris du Crédit Lyonnais et, au passage, d’étouffer les affaires Ullman-Hamon.

Simultanément, DSK devient consultant auprès des mêmes patrons ou avocat d’affaires et établi son bureau dans les locaux du Cercle. La Cogema, la Sofres et EDF, entre autres, lui versent des émoluments exorbitants pour quelques conseils ou un mot transmis à un grand de ce monde. Cette activité peu contraignante lui assure des revenus de plus de 2 000 000 F par an [2].

Par la suite, il donne des cours à l’université, à Stanford et Casablanca, sans compter des conférences ici et là, toujours royalement payées.

Précisément, aux États-Unis Stanford est le bastion des Républicains. C’est là qu’ils ont leur propre centre de recherches, la Hoover Institution [3]. À l’époque, le prévôt de Stanford —c’est-à-dire la personne qui négocie l’engagement de Dominique Strauss-Kahn— n’est autre que Condoleezza Rice [4]. Sur place, Dominique Strauss-Kahn fait la connaissance de George P. Schultz et des universitaires qui formeront le vivier de l’administration Bush.
 
En 1995, il rédige la partie économique du programme électoral de Lionel Jospin, candidat à la présidence de la République, Propositions pour la France. Il défend alors le principe de la « taxe Tobin » sur les transactions en devises, dont il affirmera plus tard qu’elle est impraticable.
 
Député de Sarcelles, il en est aussi brièvement le maire, avant d’en confier les clefs à son fidèle François Pupponi. Le temps de « jumeler la plus juive des communes françaises avec la plus française des communes d’Israël », Netanya.
 
De 1997 à 1999, il est ministre de l’Économie et des Finances. Il pilote le passage à l’euro et la privatisation de France-Télécom. Surtout, il fait entrer la France dans le processus de financiarisation de l’économie en multipliant les mesures démagogiques sectorielles. L’adoption de la semaine de 35 heures diminue considérablement le nombre d’heures travaillées ; tandis que l’exonération de charges sociales sur les stock-options déplace les revenus des cadres du travail vers la finance. Il résulte de cette politique que le début de décroissance de la production française est compensée, au plan statistique, par un développement des profits financiers. Cependant, en fin de compte, le pouvoir d’achat des classes moyennes s’effrite sensiblement.
 
Dominique Strauss-Kahn fréquente les cercles les plus prestigieux du pouvoir. Dès 1993, on le voit au Forum de Davos. Anne Sinclair l’introduit au Siècle, l’association la plus mondaine de Paris. Puis, Antoine et Simone Veil le font entrer au Club Vauban. En 2000, l’OTAN l’invite au Club de Bilderberg où il retrouve Pascal Lamy et Jean-Claude Trichet qui occupent avec lui aujourd’hui de prestigieux fauteuils dans les institutions internationales.
 
Dominique Strauss-Kahn est piégé par son perpétuel mélange des genres entre engagement politique et lobbying rémunéré. Il fait l’objet d’une mise en examen dans une affaire concernant la principale mutuelle étudiante, la MNEF, puis dans une autre relative à la caisse noire de la compagnie pétrolière nationale Elf. Les magistrats estimeront en définitive que ses activités étaient licites, à défaut d’être morales.

Cependant les instructions pénales et une commission d’enquête parlementaire mettront en évidence ses méthodes peu orthodoxes. Lionel Jospin, lorsqu’il était ministre de l’Éducation, avait modifié par décret le taux des remboursements effectués à la MNEF par la Sécurité sociale, transformant la Mutuelle en véritable pompe à finances pour le compte du PS. Puis, il avait étendu les activités de la MNEF dans les campus toujours pour détourner plus d’argent. Dominique Strauss-Kahn lui-même recevait des émoluments considérables pour des prestations imaginaires. Plus tard, il avait fait prendre en charge le salaire de sa secrétaire au Cercle de l’Industrie (ou à son cabinet, il n’est guère possible de différencier) par le groupe Elf.
 
Derrière des manières policées, un goût prononcé pour la bonne chère et les belles femmes, Dominique Strauss-Kahn est un tueur : lorsqu’apparaît, à titre posthume, l’enregistrement vidéo du promoteur immobilier Jean-Claude Méry mettant en cause Jacques Chirac, on ne tarde pas à découvrir qu’il est un des organisateurs de ce mauvais coup.
 
Ses démêlées avec la Justice l’écarteront un temps de la scène politique. Pendant sa traversée du désert, son épouse, Anne Sinclair, fera preuve de sang-froid et de dignité, plaidant auprès du public en sa faveur par sa seule attitude.
 
Opérant son grand retour, en 2001, après avoir bénéficié de non-lieux, il prend en mains le développement de la Fondation Jean-Jaurès, le partenaire de la National Endowment for Democracy (NED) pour la gauche française [5]. La chose est d’autant plus aisée que, depuis Stanford, il connaît la nouvelle conseillère nationale de sécurité des États-Unis Condoleezza Rice, et que c’est la sœur adoptive [6] de celle-ci, Mardeleine Albright qui dirige le National Democratic Institute (NDI), organisme tampon de la NED chargé d’acheminer les subsides du département d’État US dans les caisses du Parti socialiste français.
 
En 2003, le German Marshall Fund of the United States, une des principales officines atlantistes, crée un Forum sur le commerce et la pauvreté. DSK devient l’un des six administrateurs, rémunéré comme toujours [7]. Il y écrit, ou tout au moins signe, divers rapports en faveur du libre-échange absolu.
 
La même année, il contraint un expert du Parti socialiste, Pascal Boniface, à démissionner. Ce spécialiste en relations internationales a eu le toupet de souligner que le soutien aveugle du parti à Israël est idéologiquement incohérent et électoralement contre-productif alors que le PS doit ambitionner de réunir derrière lui les six millions de Français de culture arabe.
En outre, Dominique Strauss-Kahn pilote la création du Cercle Léon Blum, au sein du PS, dont l’objectif est de veiller au soutien du parti au mouvement sioniste.
 
En 2004, il déclare lors d’une interview sur France-Inter : « Je considère que tout juif de la diaspora et de France doit apporter son aide à Israël. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il est important que les juifs prennent des responsabilités politiques. En somme, dans mes fonctions et dans ma vie de tous les jours, à travers l’ensemble de mes actions, j’essaie d’apporter ma modeste pierre à la construction d’Israël. » [8]
 
En 2005, il lance les clubs « À gauche en Europe » (AG2E) en faveur du « oui » au référendum d’approbation du projet de Traité constitutionnel européen. Il travaille alors en lien avec le Policy Network (Grande-Bretagne) et la Fondation Friedrich-Ebert (Allemagne). Mais les Français votent « non ».
 
En 2007, alors que l’écrivain Claude Ribbe ouvre un débat sur les conséquences sociales actuelles de l’esclavage et de la colonisation, DSK participe activement à la création du Conseil représentatif des noirs de France (CRAN), une organisation qui bénéficie de conseils techniques de spécialistes israéliens et reproduit le modèle du Conseil représentatif des juifs de France (CRIF) [9]. À défaut de trouver un écho parmi les noirs de France, cette initiative sera une réussite médiatique, comme l’avait été quelques années plus tôt la création de SOS Racisme pour stopper la structuration des beurs.
 
Lorsque s’ouvre la compétition au Parti socialiste pour désigner le candidat à l’élection présidentielle de 2007, Dominique Strauss-Kahn apparaît à la fois comme le candidat le mieux placé face à son rival déclaré, l’ancien Premier ministre Laurent Fabius, et comme le candidat officiel des États-Unis pour la gauche française.
Ainsi, il donne un entretien à la revue néo-conservatrice Le Meilleur des mondes, dans lequel il brocarde la politique arabe de la France et plaide pour un rapprochement avec Washington et Tel-Aviv [10].
 
Tout semble réglé à l’avance. Les cotisations d’adhésion au Parti socialiste ont été réduites à un montant négligeable de sorte que les quelques milliers de membres de parti lambertiste ont pu acquérir des cartes, juste pour participer au vote de désignation interne du candidat. La manœuvre a été organisée par le lieutenant de DSK, Jean-Christophe Cambadelis, lui-même ancien dirigeant de ce parti et que nous avons déjà présenté à propos de ses relations avec la CIA.
Pourtant, contre toute attente, c’est un outsider, Ségolène Royal, qui est désigné. C’est qu’à Washington on a un autre projet : placer Nicolas Sarkozy à l’Élysée. Pour cela, il convient d’installer face à lui un concurrent peu crédible. En échange de son retrait silencieux, DSK sera largement récompensé par la direction générale du FMI.
 
Peu après son accession à la présidence de la République, Nicolas Sarkozy présente la candidature de DSK à Washington, et Condoleezza Rice lui apporte son soutien. Tout en participant à la création de l’European Council on Foreign Relations (E-CFR) [11], il sillonne le monde, officiellement pour convaincre les États du Sud de soutenir également sa candidature. En réalité, leur vote importe peu, puisque les USA et l’Union européenne ont à eux seuls 48 % des voix. La campagne de DSK est payée par la France et organisée par l’agence de relations publiques TD International. Ce que le cabinet de M. Strauss-Kahn minimisera en prétendant ne travailler qu’avec la correspondante française de l’agence. TD International « vendra » à la presse la légende d’un DSK désœuvré, téléphonant au Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker lors d’un colloque à Yalta, lequel lui aurait suggéré d’ambitionner le FMI. En réalité, Dominique Strauss-Kahn et Christine Ockrent participaient au Yalta European Seminar, moyennant un défraiement de 7 000 euros chacun indirectement versés par George Soros. Ce colloque avait pour but de soutenir la « révolution orange » et l’arrimage de l’Ukraine à l’OTAN. Or, TD International est une officine de la CIA, notamment chargée de la construction de l’image publique de la « révolution orange ». Elle est dirigée par William A. Green III, un célèbre agent qui n’était ni plus ni moins que le chef de poste du stay-behind en France et qui fut expulsé en 1995 pour des motifs d’une extrême gravité qui ne furent jamais dévoilés au public.
 
Hugo Chavez, le président de la République bolivarienne du Vénézuela, quant à lui, n’a pas été convaincu par le show de Dominique Strauss-Kahn. Il a confirmé le retrait de son pays du FMI « avant qu’ils ne nous pillent » et invité tous les États du Sud qui le peuvent à faire de même.
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5 octobre 2007 5 05 /10 /octobre /2007 20:24
États-Unis : Un ouvrage dénonce le soutien inconditionnel de
Washington à Israël
 

Philippe Grangereau
 
 
 
 
Lorsqu’en 2006, l’ambassadeur de France aux Etats-Unis a invité la candidate à l’élection présidentielle, Hillary Clinton, celle-ci lui a adressé ce message très direct : « Je ne parle avec aucun ambassadeur, sauf un, l’ambassadeur d’Israël. » Cet échange confirme l’importance cardinale d’Israël dans la politique intérieure des Etats-Unis.
 
L’influence profonde du lobby pro-israélien dans la diplomatie américaine au Moyen-Orient est indiscutable. Mais jusqu’où va-t-elle ? Ce soutien sert-il les intérêts américains ? Telles sont les questions explorées par le Lobby pro-israélien et la Politique étrangère des Etats-Unis (1), un livre dont débat le tout-Washington depuis sa sortie, voilà quelques semaines. « Aucun autre essai académique n’a eu un tel impact, écrit la New York Review of Books, depuis la publication du livre de Samuel Huntington le Choc des civilisations [1993]. » Compte tenu des tabous historiques et sémantiques qu’elle aborde, cette étude a demandé un courage considérable à ses deux auteurs, John Mearsheimer, de l’université de Chicago, et Stephen Walt, de Harvard. Les deux universitaires ont conscience de marcher sur un champ de mines.
 
A la suite d’un article à l’origine de l’ouvrage actuel publié dans la London Review of Books, en 2006, « nous avons été dénoncés comme antisémites [...] par des éditorialistes du Jerusalem Post, du New York Sun, du Wall Street Journal et du Washington Post », constatent-ils dans leur préface. « Dès qu’on critique Israël ou l’Aipac [le Comité des affaires publiques américano-israélien, qui s’intitule sur son site web « le lobby pro-israélien en Amérique », ndlr] , on est sûr d’être accusé d’antisémitisme. C’est la tactique diffamatoire classique. La plupart des gens hésitent à aborder ce genre de questions, en raison de ces attaques », dit Stephen Walt. Leurs pressentiments ont été amplement confirmés. La charge a été sonnée par Eliot Cohen, un professeur de l’université Johns-Hopkins, dans une opinion, publiée dans le Washington Post, intitulée « Oui, c’est antisémite ». Eliot Cohen reproche aux auteurs, non sans une certaine mauvaise foi, le fait que leur ouvrage ait été applaudi par l’ancien chef du Ku Klux Klan. D’autres critiques ont qualifié les universitaires de « sombres obsédés du complot ». Et ce n’était qu’un début. En septembre 2007, un livre a été publié pour dénoncer les deux auteurs : les Mensonges les plus mortels, le lobby israélien et le mythe du contrôle juif. Selon son auteur, Abraham Foxman -président très controversé, y compris au sein de la communauté juive américaine, de l’Anti-Defamation League-, l’idée « pernicieuse » qu’il existe un lobby israélien doté d’une influence hors de proportion sur la diplomatie des Etats-Unis « fait partie du mythe antisémite traditionnel du complot juif ». « Les stéréotypes antisémites haineux refont surface et deviennent acceptables », s’inquiète Abraham Foxman.
 
Que disent Walt et Mearsheimer ? Qu’il y a un lobby pro-israélien composé d’organisations juives, mais aussi d’éditorialistes, d’hommes d’affaires et de « chrétiens sionistes ». Cette importante minorité fondamentaliste, qui vote républicain, croit littéralement que le Christ reviendra lorsque les juifs auront repris possession de la « Terre sainte ». « Ce n’est en aucun cas, insistent les auteurs, un mouvement unifié doté d’une direction, et ce n’est pas un complot ou une conspiration qui contrôle la diplomatie américaine », mais plutôt « une coalition disparate d’individus et d’organisations qui œuvre pour aiguiller la politique américaine sur une voie pro-israélienne ».
 
Les auteurs n’ont aucun mal à démontrer la nature exceptionnelle de la relation entre les Etats-Unis et Israël. Entre 1972 et 2006, les Etats-Unis ont mis leur veto à 42 résolutions des Nations Unies critiquant Israël. En 2006, pendant qu’Israël bombardait le Liban, la Chambre des représentants a adopté, par 410 voix contre 8, une motion de soutien inconditionnel à Israël. L’ouvrage devient discutable lorsqu’il affirme que, sans le lobby pro-israélien, « la guerre [d’Irak] n’aurait presque certainement pas eu lieu ». La démonstration : « La quasi-totalité des néoconservateurs est fortement engagée aux côtés d’Israël », ajoutent-ils. Mais les vrais maîtres d’œuvre de la guerre d’Irak demeurent George W. Bush et le vice-président, Dick Cheney. Et c’est oublier que plusieurs son­dages, comme le concèdent les auteurs, ont démontré que la communauté juive amé­ricaine était plus opposée à ­cette guerre que l’Américain moyen.
 
L’influence du lobby serait telle qu’il compromettrait l’intérêt national américain, avancent les auteurs. L’alliance entre les Etats-Unis et Israël, utile pendant la guerre froide, suscite l’hostilité des pays arabes à l’égard des Etats-Unis, qui sont la cible des terroristes islamistes. Et s’il n’est pas dans l’intérêt de Washington de poursuivre son soutien inconditionnel à Israël, c’est que le lobby pro-israélien y est pour quelque chose. Pour Stefen Walt et John Mearsheimer, les Etats-Unis devraient considérer Israël comme un « pays normal », car son existence, selon eux, n’est plus en danger : « L’influence politique du lobby et sa sagacité en termes de relations publiques ont découragé les leaders américains à rechercher des politiques moyen-orientales conformes à leurs intérêts, qui protégeraient aussi Israël de ses pires erreurs. L’influence du lobby, pour résumer, est mauvaise pour les deux pays. » Ils préconisent « une discussion franche et civilisée sur l’influence du lobby ».
(1) John J. Mearsheimer et Stephen M. Walt, éditions la Découverte, 20 euros
 
 
Source : Intérêt Général   
http://www.interet-general.info/...
 
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5 octobre 2007 5 05 /10 /octobre /2007 20:15
Le procureur général d'Agen tient tête à Rachida Dati
 
PARIS (Reuters)
 
 Le procureur général d'Agen, Bernard Blais, soutenu par les syndicats du corps judiciaire et par tous ses collègues de la cour d'appel, refuse de solliciter sa mutation comme avocat général à la Cour de cassation, comme le ministère de la Justice le lui demande.
Il a écrit le 2 octobre au ministère pour exprimer ce refus, a-t-on appris vendredi de source syndicale dans la magistrature.
"D'ores et déjà, je tiens à vous indiquer que je refuse de présenter une telle demande", dit le magistrat. Il propose dans sa lettre de partir en retraite en juillet prochain.
La ministre de la Justice, Rachida Dati, avait donné jusqu'à vendredi au magistrat pour fournir sa réponse. Son porte-parole, Guillaume Didier, a cependant expliqué à Reuters que le ministère attendrait désormais jusqu'à lundi pour réagir.
Le dossier suscite de vives protestations des magistrats, qui estiment la démarche irrégulière au regard du statut de la magistrature. Le premier président de la cour d'appel d'Agen, René Salomon, a dit à la presse qu'il avait saisi le Conseil supérieur de la magistrature (CSM).
A Paris, l'Union syndicale des magistrats (majoritaire) et le Syndicat de la magistrature (gauche) ont, dans un communiqué commun, dénoncé "une véritable tentative de caporalisation des magistrats du parquet, inédite dans un Etat de droit".
Dans une lettre adressée jeudi au syndicat FO-Magistrats, Rachida Dati souligne que les procureurs sont nommés en conseil des ministres, comme des préfets. "Il s'agit donc d'emplois supérieurs à la discrétion du gouvernement", dit-elle.
La ministre assure qu'elle prend cette mesure concernant Agen en raison de l'ancienneté du magistrat à un poste qu'il occupe depuis treize ans.
 
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5 octobre 2007 5 05 /10 /octobre /2007 20:10
Quinze millions auraient été sortis des comptes de l'UIMM
 
PARIS (Reuters)
 
 Denis Gautier-Sauvagnac aurait sorti en liquide, entre 2000 et 2007, non pas cinq mais quinze millions d'euros sur le compte de l'Union des industries des métiers de la métallurgie (UIMM), écrit vendredi l'Express.fr.
Selon l'hebdomadaire, la piste privilégiée par les enquêteurs concerne le financement occulte des syndicats, ce qui ferait de cette affaire "une bombe politico sociale."
Le parquet a confirmé implicitement vendredi qu'une importante somme d'argent en espèces, dont il n'a pas précisé le montant, avait été saisie mercredi au siège d'un des plus importants adhérents du Medef.
Le journal Le Monde daté du 5 octobre fait état d'une somme de 350.000 euros et l'Express parle de "plus de 400.000 euros."
La brigade financière agissait dans le cadre d'une enquête préliminaire pour "abus de confiance" ouverte la semaine dernière par le parquet de Paris sur des retraits en espèces sur le compte de l'UIMM.
La police a également perquisitionné au domicile parisien de Denis Gautier-Sauvagnac, président de l'UIMM et haut responsable du Medef, qui était l'ordonnateur des retraits en espèces.
Dans sa première déclaration sur l'affaire, Laurence Parisot, présidente du Medef, a déclaré jeudi qu'elle maintenait Denis Gautier-Sauvagnac à son poste de négociateur en chef sur la modernisation du marché du travail.
Denis Gautier-Sauvagnac a nié toute malversation.
 
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5 octobre 2007 5 05 /10 /octobre /2007 20:05
Evacuation des tentes installées à Paris par le DAL
 
PARIS (Reuters)
 
  La police a évacué vendredi matin les 170 personnes qui s'étaient installées la veille dans des tentes à Paris, rue de la Banque , près de la Bourse , pour réclamer des mesures d'urgence en faveur du logement, annonce la préfecture de police.
"L'opération a débuté vers 04h55 et s'est déroulée sans incidents", annonce la cabinet du préfet dans un communiqué. Selon Droit au logement, l'association à l'origine de l'action, l'opération menée par 120 policiers a été violente.
Le campement précaire d'une centaine de tentes "entravait totalement la circulation", souligne la préfecture. Les occupants ont été pour certains conduits dans un foyer du XVIIIe arrondissement, d'autres ont fui par le métro, une personne blessée à la cheville a été prise en charge par les pompiers, dit la préfecture. Aucune personne n'a été arrêtée.
Le président de l'association Droit au logement, Jean-Baptiste Eyraud, ne se trouvait pas sur le site et la préfecture explique par cette absence le fait qu'elle n'a pas dialogué avec lui.
Denis Baupin, a adjoint au maire de Paris et élu du parti des Verts, a exprimé sa réprobation. "Je suis choqué de l'expulsion à l'aube des militants du Droit au Logement (...) Encore une fois face à la misère, et face à ceux qui tentent de briser le silence, le gouvernement n'a que deux réponses : mépris et répression", a-t-il dit dans un communiqué.
Un rassemblement de soutien au DAL est prévu dans la soirée de vendredi, rue de la Banque.
L'opération du DAL intervenait un an après la mobilisation des "Enfants de Don Quichotte", qui avaient lancé une action très médiatisée en installant des tentes de SDF le long du canal Saint-Martin, dans le Xe arrondissement de la capitale.
 
 
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4 octobre 2007 4 04 /10 /octobre /2007 21:18
L’aide militaire israélienne au régime Birman
 
jeudi 4 octobre 2007 , par gélinotte
 
 
David Bloom
La junte birmane qui tire sur des protestataires désarmés a reçu du gouvernement israélien un appel cynique à la retenue le 29 septembre. D’après le journal israélien Ha’aretz, le ministère des Affaires Etrangères israélien a annoncé qu’ « Israël s’inquiète de la situation au Myanmar, et presse le gouvernement de montrer de la retenue et d’éviter de causer du mal aux manifestants. » L’article se terminait en remarquant qu’ « Israël nie la vente d’armes à la Birmanie/Myanmar. » (Ha’aretz, 29 septembre).
C’est faux, d’après un rapport du 1er mars 2000 par William Ashton dans la publication britannique qui fait autorité, Jane’s Intelligence Review. L’article, intitulé « Myanmar et Israël développent un pacte militaire », détaille comment les compagnies israéliennes et le gouvernement israélien ont fourni et perfectionné des armes pour le gouvernement birman, et échangé des renseignements :
En août 1997, il a été révélé que la société Elbit du Ministère de la Défense israélien avait gagné un contrat pour une mise à niveau des trois (à l’époque) escadrons de chasseurs chinois F7 et avions d’entraînement FT-7. Le F-7 est un dérivé du chasseur Mikoyan MiG-21 ‘Fishbed’. Le FT-7 est la version d’exportation du GAIC JJ-7, lui-même une copie de l’avion d’entraînement MiG-21 ‘Mongol B’. Depuis qu’ils ont commencé à être livrés par la Chine en 1991, les forces aériennes du Myanmar ont acquis environ 54 (quatre escadrons) de ces avions, le dernier parvenant à la base de Hmawbi l’an dernier. Dans des ventes associées, les forces aériennes ont acquis environ 350 missiles air-air (MAA) PL-2A chinois et au moins une livraison de MAA plus sophistiqués PL-5.
 
 
Depuis leur livraison au Myanmar, ces nouveaux avions ont causé de gros problèmes aux forces aériennes. Plusieurs avions (et pilotes) ont déjà été perdus lors d’accidents, soulevant des questions sur la fiabilité de la technologie chinoise. Aussi, selon des sources fiables, les F-7s ont été livrés sans les logiciels permettant le tir en vol des MAAs. De plus, les forces aériennes se sont plaintes de difficultés de maintenance des F-7s, reflet en partie de différences majeures entre les structures et la philosophie sous-jacente des logistiques myanmares et chinoises. Les pièces de rechange ont été très peu disponibles. Ensuite, les forces aériennes semblent avoir rencontré des difficultés à utiliser les F-7 (conçus d’abord pour la défense aérienne) pour l’attaque au sol. Ces problèmes, et d’autres, semblent avoir décidé les forces aériennes à se tourner vers Israël pour une aide.
D’après les sources du marché international des armes, 36 F-7 du Myanmar ont été réaménagés avec le radar air-air Elta EL/M-2032, des AMMs courte portée Rafael Python 3 à guidage infrarouge, et des désignateurs laser Litening. Le même équipement sera installé sur les TF-7 d’entraînement biplaces. Dans un contrat associé, Israël vendra aussi au Myanmar au moins un chargement de bombes à guidage laser. Depuis que le contrat d’Elbit a été gagné en 1997, les forces aériennes ont acquis un moins un escadron supplémentaire de F-7 et FT-7 chinois, mais on ne sait pas si le programme de mise à niveau israélien sera étendu à ces avions supplémentaires. Le manque critique de devises du Myanmar sera déterminante dans la décision du SPDC [2].
L’armée a aussi bénéficié de la nouvelle intimité du Myanmar avec Israël. Dans le cadre du programme massif de modernisation et d’expansion militaire du régime, un effort énorme a été mis dans la mise à niveau des capacités d’artillerie. Fidèle à sa pratique de ne jamais abandonner un matériel de valeur, l’armée cherche, autant que possible, à maintenir ses vieux équipements opérationnels. (Le Pakistan, par exemple, a fourni au Myanmar des munitions pour les 25-pounder field guns (mitrailleuses tractées)). Les pièces d’artillerie anglaises, américaines et yougoslaves plus anciennes du Tatmadaw (forces armées du Myanmar) ont été complétées au cours des dix dernières années par une gamme de pièces d’artillerie tractées ou autonomes. Achetées de Chine principalement, elles comprennent des mortiers 122mm, des pièces antichar, des DCA 57mm type 80 et 37 mm type 74, et des lanceurs de missiles multiples 107mm type 63. Dans un accord de troc avec la Chine l’an dernier, le SPDC s’est aussi arrangé pour acquérir environ 16 pièces d’artillerie de 130mm de Corée du Nord. Malgré toute cette nouvelle puissance de feu, l’armée a regardé vers Israël pour équiper ses nouveaux bataillons d’artillerie.
Vers 1998, le Myanmar a négocié l’achat de 16 mortiers tractés Soltam 155mm, peut être par l’intermédiaire de Singapour. On pense que ces canons sont des 2eme main dont l’armée israélienne n’a plus besoin. L’an dernier, des munitions pour ces canons (dont des charges à haut pouvoir explosif ou au phosphore blanc) ont été commandées à des usines gouvernementales du Pakistan. Avant l’achat des nouvelles armes chinoises et nord-coréennes, les grandes pièces d’artillerie du Myanmar étaient des canons de 105mm fournis par les USA il y a près de 40 ans. L’acquisition d’armes israéliennes marque donc un bond majeur en puissance pour les artilleurs de l’armée birmane. Il est possible qu’Israël ou le Pakistan aient fourni des instructeurs pour l’entraînement et la maintenance de ces nouvelles armes.
La marine du Myanmar n’a pas été oubliée. Plusieurs rapports indiquent qu’Israël joue un rôle crucial dans la construction et l’équipement de trois nouveaux navires de guerre en cours de construction à Rangoon. Les chefs militaires du Myanmar ont longtemps souhaité acquérir deux ou trois frégates pour remplacer les corvettes obsolètes de classe PCE-827 ou Admirable, décommissionnées en 1994, et ses deux corvettes des années 60 de classe Nawarat, graduellement abandonnées après 1989. Alors que les liens militaires avec la Chine montaient rapidement pendant les années 90, le SLORC [2] a espéré acheter deux ou trois frégates de classe Jiangnan, ou même Jianghu, mais n’a pu se permettre le ‘prix d’ami’ spécial demandé par Pékin. Comme compromis, le SPDC a acheté trois coques chinoises, et les équipe progressivement en corvettes dans les chantiers navals Sinmalaik de Rangoon.
D’après des sources fiables, les trois navires auront 75 mètres environ et un déplacement d’environ 1200 tonneaux. Malgré l’embargo européen des ventes d’armes au Myanmar, les canons principaux des bateaux ont été importés (apparemment via un tiers) d’Italie. Selon l’information actuellement disponible, ce sont probablement des canons 76mm OTO Melara Compact, armes qui (coïncidence ?) ont été testés intensément pour le combat par la marine israélienne sur ses patrouilleurs d’attaque rapide de classe Reshef. Les corvettes seront aussi probablement équipées d’armes anti-sous-marins, mais on ne sait pas si et quels missiles de surface et anti-aériens elles porteront.
Le rôle principal d’Israël en installant ces trois corvettes est apparemment de fournir leurs équipements électroniques. Les détails ne sont pas connus mais il faut s’attendre à ce que chaque ensemble comprenne au moins un radar d’horizon, un radar de contrôle de feu, un radar de navigation et un sonar. Le premier de ces navires de guerre sera probablement armé et en essai sur mer plus tard cette année.
Rien que des ventes, ou un impératif stratégique ?
Tant que le Myanmar reste un Etat paria, soumis à des sanctions globales par les USA et l’Europe, il est peu probable qu’Israël admette publiquement avoir des liens militaires avec le Tatmadaw. Tant que ça dure, les raisons du partenariat secret avec le régime de Rangoon resteront floues. Cependant, certains facteurs ont probablement joué un rôle en influençant la politique de Tel Aviv.
Clairement, il y a une motivation commerciale forte derrière certaines initiatives. A partir d’une base régionale à Singapour, avec lequel il a une relation très étroite, Israël est déjà parvenu à pénétrer le marché lucratif des armes chinoises. Il recherche maintenant, agressivement, de nouvelles cibles pour la vente d’armes et d’équipements militaires en Asie-Pacifique. Ces ventes sont soutenues parfois par des offres de transfert technologique et de conseil spécialisé. Cette approche a causé des peurs, parmi certains pays, qu’Israël introduirait de nouvelles capacités militaires dans la région, qui pourraient encourager une mini course aux armes, d’autres souhaitant rester à flot. Les systèmes d’armes fournis au Myanmar ne sont pas si nouveaux, et la crise économique asiatique a énormément réduit le pouvoir d’achat de bien des pays de la région, mais les activités en cours au Myanmar renforceront ces inquiétudes.
Vu la nature de certaines ventes, et d’autres formes probables d’assistance militaire au Myanmar, ces initiatives recevraient probablement un fort soutien du gouvernement israélien. En plus de l’impératif commercial - toujours présent - une raison de ce soutien pourrait être le calcul, par des officiels israéliens de haut rang, que des liens avec le Myanmar pourraient rapporter des dividendes en diplomatie et en renseignement. Par exemple, le Myanmar est maintenant un membre de plein droit de l’ASEAN, qui en dépit de la crise économique est encore une force majeure dans partie du monde qui a reçu beaucoup d’attention de la part des politologues depuis la fin de la guerre froide. La base régionale d’Israël restera Singapour, mais il se peut que Tel Aviv croie que le Myanmar puisse offrir une autre avenue pour influencer l’ASEAN, et un point d’observation avantageux pour suivre les développements stratégiques essentiels dans des lieux comme la Chine et l’Inde.
En particulier, Israel s’intéresse à la diffusion des armes nucléaires, chimiques et biologiques, et au transfert de technologies liées au développement des missiles balistiques et autres. Le Myanmar a des liens étroits avec la Chine et le Pakistan, qui ont tous deux été accusés de transférer des technologies ‘sensibles’ d’armements à des Etats ‘voyous’, comme l’Iran. Le Myanmar est aussi un Etat voisin de l’Inde, autre puissance nucléaire qui a résisté aux pressions internationales visant à réduire ses activités de prolifération. Rangoon pourrait donc être vu, par Israël, comme un poste d’observation utile d’où suivre et rapporter sur ces pays.
En outre, malgré des accusations au cours des ans que le Myanmar a développé des armes chimiques et biologiques, et d’autres arguments plus convaincants qu’Israël a son propre arsenal nucléaire, les deux pays partagent un intérêt pour la prévention de la prolifération des armes de destruction massive. Le soutien du Myanmar dans les initiatives anti-prolifération, dans des forums multilatéraux comme l’AG des Nations Unies et le Comité sur le Désarmement, semble mériter un investissement modeste du gouvernement israélien dans des relations bilatérales avec le SPDC. En plus de former des agriculteurs du Myanmar en Israël, assister le Tatmadaw pour rehausser ses capacités militaires semble être un moyen certain d’être proche du régime de Rangoon.
La négation répétée de tout lien militaire avec le Myanmar ne surprend pas venant d’Israël. Israël n’a jamais aimé la pub sur de tels liens, particulièrement avec des pays comme le Myanmar, l’Afrique du Sud ou la Chine, condamnés par la communauté internationale pour leurs violations manifestes des droits de l’homme. Même les liens militaires étroits avec Singapour sont niés des deux côtés. Pourtant, il semble ne faire guère de doute qu’après le coup d’Etat de 1988, Israël a commencé à développer des liens étroits avec le SLORC, qui ont continué à croître sous le SPDC. Dans ces conditions, il serait étonnant qu’Israël ne continue pas à rechercher les occasions de restaurer le genre de relation bilatérale mutuellement avantageuse qui fut établie dès que les deux pays devinrent des Etats indépendants modernes en 1948.
On peut remarquer qu’Elbit Systems est une des sociétés israéliennes impliquées au Myanmar. Elbit fournit l’électronique utilisée dans le mur de séparation qu’Israël construit illégalement dans la Cisjordanie palestinienne occupée, enfermant 10% des terres palestiniennes du côté « israélien ». Il est ironique qu’Israël exprime du souci pour les protestataires tués par l’armée birmane qu’il fournit, alors qu’Israël a tué des dizaines de Palestiniens protestant contre l’annexion de vastes sections de leurs terres agricoles, et blessé des centaines d’autres, y compris des Israéliens et des manifestants internationaux, qui ont été battus, arrêtés et expulsés par l’armée israélienne (JPost, 5 sept.). Aujourd’hui même, dans le village de Bil’in en Cisjordanie, l’armée israélienne a blessé neuf manifestants non-violents, d’après l’International Middle East Media Center (IMEMC, 29 sept.).
Que l’armée birmane ait tiré dans la foule rappelle que le premier mois de la seconde Intifada, avant qu’aucune attaque armée ou aucun tir ne soit venu du côté palestinien, les forces israéliennes ont tiré 1,3 millions de balles sur les Palestiniens, d’après Yitzhak Laor, un éditorialiste israélien qui écrit souvent pour Ha’aretz (Counterpunch, 20 octobre 2004, [3] ) :
Un mois après le début de l’Intifada, il y a quatre ans, le général de division Amos Malka, alors 3eme dans la hiérarchie militaire et chef du renseignement militaire jusqu’en 2001, a demandé à un de ses officiers (le lieutenant Kuperwasser) combien de balles de 5.56 le commandement central avait tiré pendant ce mois là (rien qu’en Cisjordanie). Trois ans plus tard, Malka a parlé de cet horrible décompte. Voici ce qu’il a dit au commentateur diplomatique de Ha’aretz, Akiva Eldar, sur le premier mois de l’Intifada, 30 jours d’agitation, encore aucune attaque terroriste, pas de tirs palestiniens :
Kuperwasser est revenu avec le nombre, 850.000 balles. J’avais le nombre de 1,3 millions pour la Cisjordanie et Gaza. C’est un nombre stratégique qui dit que nos soldats tirent et tirent et tirent. J’ai demandé : « Est-ce ce que vous envisagiez dans vos préparatifs ? » et il a répondu par la négative. J’ai répondu : « Alors ça signifie que c’est nous qui déterminons la hauteur des flammes. » (Ha’aretz, 11 juin 2004).
C’était une balle pour chaque enfant palestinien, a dit un des officiers à ce meeting, ou du moins c’est ce que le quotidien Maariv révéla il y a deux ans, quand cet horrible nombre fut révélé pour la première fois. Ceci ne changea pas l’ « opinion publique », ni ici ni en Occident, ni il y a eux ans ni il y a quatre mois quand Malka ouvrit enfin la bouche. C’est comme si ça avait eu lieu ailleurs, ou il y a très longtemps, ou comme si ce n’était qu’une version, une voix dans une polyphonie, cachée derrière le thème principal : nous, les Israéliens, avons raison, et ils ont tort .
[1] http://www.ibiblio.org/obl/reg.burma/archives/200008/msg00005.html
[2] SLORC : State Law and Order Restoration Council et SPDC, State Peace and Development Council, noms successifs de la junte militaire birmane.
[3] http://www.counterpunch.org/laor10202004.html
Traduction JPB pour CCIPPP
Article imprimé à partir du site de la Campagne Civile Internationale pour la Protection du Peuple Palestinien : ICI
 
 
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