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20 mai 2017 6 20 /05 /mai /2017 16:47

 

https://rsf.org/fr/actualites/rsf-et-21-medias-et-organisations-demandent-la-liberation-immediate-de-mathias-depardon

 

Lettre au ministre turc de l'intérieur

 

Vendredi 19 Mai 2017

 

Les médias et organisations soussignés vous demandent de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour assurer la libération immédiate et inconditionnelle du photographe français Mathias Depardon, détenu depuis dix jours dans le sud-est de la Turquie.

 

Mathias Depardon a été arrêté Lundi 8 Mai 2017 à Hasankeyf, dans la province de Batman, au cours d’un reportage sur le Tigre et l’Euphrate pour le magazine National Geographic. Il a été transféré le lendemain vers un centre géré par la direction des affaires migratoires à Gaziantep, où il se trouve depuis lors. Il y a maintenant une semaine, Jeudi 11 Mai 2017, la direction a ordonné son expulsion. Pourtant, le journaliste est encore en détention à ce jour.

 

Cette situation est une expérience très difficile pour Mathias Depardon et sa famille. Il ne peut communiquer avec l’extérieur que par l’intermédiaire de son avocat. Le journaliste est laissé sans explications quant aux raisons du prolongement de sa détention. Cette absence d’informations nous inquiète de plus en plus et nous vous demandons respectueusement d’autoriser les diplomates français à venir lui rendre visite.

 

Âgé de trente sept ans, Mathias Depardon est basé en Turquie depuis cinq ans. Il est en train de faire renouveler sa carte de presse. Les médias soussignés ont tous travaillé avec lui durant ces dernières années et tous le décrivent comme un journaliste extrêmement professionnel et respectueux de la loi.

 

Comme l’a confirmé National Geographic, Mathias Depardon se trouvait à Hasankeyf dans le cadre de son travail journalistique. Nous comprenons les inquiétudes d’ordre sécuritaire légitimes dans cette zone et respectons le devoir des autorités de protéger les citoyens turcs. Mais rien ne nécessite la détention ou l’expulsion de Mathias Depardon. Nous considérons qu’il devrait pouvoir être autorisé à continuer son travail en Turquie.

 

Premiers signataires

 

Reporters Sans Frontières (RSF), Association des Journalistes Professionnels (AJP), Elle, l'Express, Fédération Européenne des Journalistes (FEJ), le Figaro, l'Humanité, Internazionale, Libération, Mediapart, le Monde, National Geographic, l'Observateur, le Parisien, Paris Match, Polka, der Spiegel, Society, Sunday Times Magazine, Télérama, Visa pour l'Image, Vendredi Samedi Dimanche (VSD)

 

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20 mai 2017 6 20 /05 /mai /2017 16:31

 

Hassan Rohani réélu, sa politique de détente confortée (Reuters)

 

Le président iranien Hassan Rohani, qui briguait un second mandat, a été réélu dès le premier tour des élections présidentielles Vendredi 19 Mai 2017 avec cinquante sept pour cent des voix, confortant la politique de détente engagée durant son premier mandat.

« Sur les quelque quarante et un millions de suffrages exprimés Vendredi 19 Mai 2017, Hassan Rohani en a obtenu vingt trois millions cinq cent mille et a remporté l'élection », a annoncé Samedi 20 Mai 2017 le ministre de l’intérieur, Abdolreza Rahmanifazli, en direct à la télévision.

Son principal rival, le conservateur Ebrahim Raisi, protégé de l'ayatollah Ali Khamenei, le guide suprême de la révolution, a réuni quinze millions huit cent mille voix, soit un peu plus de trente huit pour cent.

Comme en 2013, mais au terme d'une campagne plus âpre, Hassan Rohani, âgé de soixante huit ans, s'épargne un second tour. Et si dans l'architecture institutionnelle de la république islamique les prérogatives du président sont limitées par le pouvoir du guide suprême, l'ampleur de son nouveau succès donne un mandat solide au camp des réformateurs.

La participation était l'une des inconnues de l'élection, le camp modéré redoutant que les difficultés économiques qui pesaient sur le bilan du président sortant, en matière de pouvoir d'achat et de chômage, ne détournent des urnes une partie des électeurs qui l'avaient porté au pouvoir il y a quatre ans.

Car nombre d’iraniens estiment que l'accord de 2015 qui a permis une levée des sanctions internationales en échange de concessions de Téhéran sur son programme nucléaire n'a pas permis de créer les emplois et la croissance attendus, ni d'attirer les investissements étrangers que promettait Hassan Rohani. Et l'économie a été un enjeu majeur de la campagne, Ebrahim Raisi cherchant à attirer à lui le vote des classes défavorisées en promettant de créer des millions d'emplois.

Finalement équivalente à celle du scrutin de 2013, autour de soixante dix pour cent, la participation électorale a favorisé la candidature d’Hassan Rohani.

« La large mobilisation des groupes radicaux et la perspective réelle de voir Ebrahim Raisi l'emporter ont effrayé de nombreux électeurs qui sont finalement allés voter », explique Nasser, un journaliste de cinquante deux ans.

La réélection d’Hassan Rohani devrait selon toutes vraisemblances garantir la pérennité de l'accord conclu au mois de juillet 2015 avec les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne, sur le programme nucléaire iranien.

Le dénouement de cette longue crise, grande réalisation du premier mandat d’Hassan Rohani, a permis de sortir l'Iran de son isolement diplomatique et de lever la plupart des sanctions internationales qui frappaient le pays. La reconduction d’Hassan Rohani pourrait accélérer le retour de Téhéran dans le concert des nations.

C'est aussi un revers pour les gardiens de la révolution, corps d'élite des forces de sécurité qui contrôlent de vastes secteurs dans l'économie iranienne et qui avaient apporté leur soutien à Ebrahim Raisi.

Pour autant, le président réélu va devoir composer avec les mêmes limites qui ont réduit sa capacité à transformer l'Iran. Le guide suprême peut opposer son veto à toutes les politiques et dispose du contrôle ultime sur les forces de sécurité.

« L'histoire des deux dernières décennies d'élections présidentielles se résume à quelques jours d'euphorie suivis de longues années de désillusion », rappelle Karim Sadjadpour, chercheur associé au Carnegie Endowment et spécialiste de l'Iran. « En Iran, la démocratie n'est autorisée à fleurir que quelques journées tous les quatre ans, tandis que l'autocratie est elle à feuillage persistant », ajoute-t-il.

Le corps des gardiens de la révolution islamique pourrait aussi être tenté de faire capoter tout nouveau rapprochement avec l’occident par des interventions de leurs troupes d'élite au Moyen-Orient, estime Meir Javedanfar, chercheur israélien né en Iran au centre interdisciplinaire de Herzliya.

« Depuis la révolution de 1979, chaque fois que les tenants de la ligne dure ont perdu une bataille politique, ils ont essayé de marquer des points. Je redoute une politique plus hostile des gardiens de la révolution dans le golfe persique et une politique plus hostile vis-à-vis des Etats-Unis et de l'Arabie Saoudite », dit-il.

Hassan Rohani devra aussi mener une relation délicate avec les Etats-Unis, où la nouvelle administration entretient le doute sur l'accord de 2015, que Donald Trump considère comme « l'un des plus mauvais accords jamais signés » sans pour autant revenir sur la suspension des sanctions.

Religieux modéré, considéré comme un pragmatique plutôt qu’un réformateur enflammé, Hassan Rohani a cependant accentué, voire radicalisé son discours durant la campagne, brisant au passage plusieurs tabous en s'en prenant aux élites conservatrices du pays, de la justice aux gardiens de la révolution, et en dénonçant le bilan de la théocratie en matière de droits de l'homme.

Lors d'un meeting de campagne, Hassan Rohani a ainsi évoqué les ultra conservateurs comme « ceux qui coupaient les langues et cousaient les bouches ». Au cours du dernier débat télévisé qui s'est tenu une semaine avant le scrutin et qui a été marqué par la violence inédite des échanges entre les candidats, il a enjoint à Ebrahim Raisi « de ne pas se servir de la religion pour atteindre le pouvoir ».

L'objectif était de mobiliser l'électorat jeune et réformateur contre Ebrahim Raisi, un religieux ultra conservateur de cinquante six ans mentionné comme possible successeur d'Ali Khamenei, qui aura soixante dix huit ans au mois de juillet 2017, et qui fut l'un des quatre juges islamiques qui avaient ordonné l'exécution de plusieurs milliers de prisonniers politiques en 1988.

« Hassan Rohani a fait monter les enchères ces dix derniers jours en recourant à ce discours. A l'évidence, il sera difficile de céder sur ces sujets », dit Abbas Milani, directeur du programme des études iraniennes à l'université Stanford en Californie.

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20 mai 2017 6 20 /05 /mai /2017 16:06

 

http://es.reuters.com/article/topNews/idESKCN18F15Z-OESTP?sp=true

 

Podemos dépose une motion de censure contre Mariano Rajoy (Reuters)

 

Unidos Podemos a déposé Vendredi 19 Mai 2017 une motion de censure contre le premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, en raison des scandales récents de corruption, une initiative qui a peu de perspectives tangibles de succès, car elle n'a pas le soutien nécessaire d'autres groupes.

La motion, qui présente comme candidat alternatif le leader de la formation violette, Pablo Iglesias, a été déposée au parlement trois semaines après l'annonce qu'il chercherait des alliances pour chasser du pouvoir le Parti Populaire, qui gouverne maintenant en minorité.

« Il y a une alternative sérieuse, solide et possible, au Parti Populaire, une alternative qui respecte les droits de l'homme et la démocratie et qui ne tolère plus les pratiques autoritaires, du pillage des fonds publics et de la corruption, une alternative sérieuse et forte qui vise à dire que, ici et maintenant, nous pouvons renverser le gouvernement du Parti Populaire », a déclaré la porte-parole parlementaire de Podemos, Irene Montero, après avoir déposé la proposition.

Podemos et ses alliés, qui ont soixante et onze sièges au parlement, doivent unir leurs forces dans un parlement fragmenté pour obtenir une majorité absolue de cent soixante seize sièges pour renverser le pouvoir du Parti Populaire, qui ces derniers mois a vu émerger de nouveaux cas de corruption parmi ses anciens dirigeants et qui a dû se défendre des accusations d'ingérence dans le système judiciaire.

Le dépôt de la motion, dont le débat au congrès pourrait avoir lieu la semaine prochaine, arrive deux jours avant les élections primaires du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE), sur lequel Podemos doit nécessairement compter s’il veut réussir son initiative.

Les deux candidats les plus susceptibles de gagner les élections primaires du PSOE, Susana Díaz et Pedro Sánchez, ont refusé de se joindre à la proposition de la formation violette, mais ils n’excluent pas de déposer leur propre motion de censure au cours de la législature.

« Les motions de censure sont constructives et nécessaires s’il y a une majorité alternative, mais il n’y en a pas », a dit Susana Diaz, la candidate qui a le plus de chance de gagner les élections primaires du PSOE, Dimanche 21 Mai 2017.

« Ce que fait Pablo Iglesias, c’est d’abord de vouloir intervenir dans les élections primaires du PSOE et ensuite d’être candidat lui-même », a-t-elle ajouté.

Pedro Sanchez, qui est le principal rival de Susana Diaz pour le secrétariat général du PSOE et qui est considéré comme plus proche de Podemos, a déclaré qu'une initiative de ce genre devait être dirigée par le PSOE, qui est actuellement le leader de l’opposition à Mariano Rajoy au congrès.

« Nous n’excluons pas de déposer une motion de censure, mais nous excluons de déposer une motion de censure perdante », a déclaré Pedro Sanchez, qui l'an dernier a tenté en vain de gouverner avec Podemos, Vendredi 19 Mai 2017 dans une interview à la Radio Nacional de Espana (RNE).

Pour renforcer la « clameur sociale de rejet » du Parti Populaire, Podemos a appelé à une manifestation citoyenne de soutien Samedi 20 Mai 2017 à Madrid.

Bien qu’elle n’ait aucune chance de succès, l'initiative augmente la pression contre Mariano Rajoy, qui devra apparaître dans tous les cas devant le parlement pour discuter du financement illégal présumé du Parti Populaire, elle obligera les autres partis à prendre position et elle présentera Podemos comme la seule opposition active au Parti Populaire.

Le gouvernement a déclaré Vendredi 19 Mai 2017 qu’il n'y avait aucune raison objective de présenter une motion de censure qualifiée de propagande, mais il écoutera les propositions de Pablo Iglesias pour l'Espagne.

« Jusqu'à présent, nous n’avons vu que les propositions négatives. Maintenant, nous allons voir les propositions positives et il devra convaincre les députés de voter en sa faveur », a déclaré le porte-parole du gouvernement, Íñigo Méndez de Vigo, dans une conférence de presse après le conseil de ministres.

Ciudadanos, le parti qui a fait de la régénération démocratique sa devise et qui soutient Mariano Rajoy, a rejeté également les « feux d'artifice » de Podemos et a plaidé pour insister sur des mesures visant à consolider la démocratie des institutions.

« Ni le gouvernement, ni Mariano Rajoy ne sont nécessaires pour renouveler l'illusion du pays, mais il faut reconnaître qu’ils ont gagné les élections à deux reprises et maintenant, même s’il n’y a pas d’alternative, il faut travailler dur pour imposer des changements à un gouvernement minoritaire », a dit à Barcelone le leader du parti orange, Albert Rivera.

 

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19 mai 2017 5 19 /05 /mai /2017 19:54

 

http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/05/19/espagne-les-ambitions-de-la-socialiste-susana-diaz_5130340_3214.html


 

Les ambitions de Susana Diaz

 

Par Sandrine Morel, correspondante permanente du Monde à Madrid

 

Vendredi 19 Mai 2017

 

Déterminée et tenace, selon ses proches, impitoyable et calculatrice, selon ses adversaires, Susana Diaz a médité longtemps quel serait le meilleur moment pour franchir le Rubicon et briguer le poste de secrétaire générale du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE).

Depuis trois ans, la présidente de l’Andalousie hésitait. A quarante deux ans, elle, qui se voit à terme présidente du gouvernement espagnol, ne voulait pas se brûler les ailes à vouloir aller trop vite.

Surtout, elle rechignait à concourir à des élections primaires, attendant qu’on lui déroule le tapis rouge, puisqu’elle est, et c’est sa principale qualité, une gagnante. Un mot qui revient sans cesse dans la bouche de celle qui préside depuis 2013 la région la plus peuplée d’Espagne, avec huit millions quatre cent mille habitants, et la principale fédération du PSOE, avec un tiers du total des membres.

Ses plans ont été bousculés par l’opiniâtreté de l’ancien secrétaire général du PSOE, Pedro Sanchez. Dimanche 21 Mai 2017, elle lui disputera, lors d’une élection primaire interne réservée aux militants qui s’annonce très serrée, la direction du PSOE.

C’est en fait le second round du combat que se sont livrés les deux chefs du PSOE au mois d’octobre 2016. Susana Diaz a remporté la première manche, organisant la démission de la moitié du comité de direction du PSOE pour forcer la chute de Pedro Sanchez. Elle ne tolérait pas que le candidat du PSOE tente de sceller, dans le dos du comité de direction du PSOE, une alliance avec le parti de la gauche radicale Podemos et les indépendantistes catalans pour devenir président du gouvernement malgré leurs exigences et ses mauvais résultats électoraux, quatre vingt cinq députés sur les trois cent cinquante députés du parlement espagnol.

Au terme d’une réunion tendue, Pedro Sanchez avait été contraint à démissionner. Fracturé, le PSOE décide de s’abstenir lors du vote d’investiture du conservateur Mariano Rajoy pour éviter la tenue de nouvelles élections législatives, les troisièmes en un an. De cet épisode est restée de Susana Diaz l’image d’une femme d’appareil, qui tire les ficelles depuis son fief andalou.

Susana Diaz n’a que dix sept ans quand elle prend sa carte au PSOE, le parti qui gouverne l’Andalousie depuis le retour de la démocratie, en 1979. Aînée de quatre sœurs, née d’un père plombier et d’une mère au foyer, cette catholique pratiquante, membre d’une confrérie locale, a grandi dans un quartier populaire de Séville, la Triana, là où elle vit encore avec son mari, un employé administratif au chômage, et son fils de deux ans.

Etudiante en droit, elle met dix ans à obtenir sa maîtrise, elle devient en 1997 secrétaire d’organisation des jeunesses socialistes. Elle y apprend les rouages du parti. A vingt quatre ans, elle est conseillère municipale à Séville. A trente ans, elle est députée au parlement. En 2008, elle retourne dans sa région comme députée régionale et elle devient secrétaire d’organisation du PSOE andalou, puis sénatrice.

Le président régional, Antonio Griñan, l’a prise sous son aile, fasciné par cette jeune femme issue du peuple qui possède un sens politique aiguisé. En 2013, lorsqu’Antonio Griñan, éclaboussé par une affaire de détournement de fonds dépendant du ministère de l’emploi andalou, abandonne la présidence de la région, il lui cède sa place. Quelques semaines plus tard, la nouvelle présidente régionale, qui n’a jamais travaillé en dehors de la politique, devient ­secrétaire général du PSOE andalou avec quatre vingt dix neuf pour cent des voix des militants. Une victoire qui en fait une référence incontournable à l’échelle nationale.

« Elle est ambitieuse, battante, proche des gens, sympathique et naturelle », résume Luis Arroyo, consultant en communication qui a travaillé avec Susana Diaz quand elle s’est présentée aux élections andalouses de 2015, « c’est l’archétype de l’andalouse, gaie et positive, ce qui est à la fois une force et une faiblesse car elle est perçue comme trop folklorique et conservatrice dans une partie du pays. Elle a aussi du mal à se défaire de son image d’apparatchik familière des manœuvres politiques ».

En 2014, Susana Diaz hésite à se présenter à l’élection primaire destinée à nommer le nouveau secrétaire général du PSOE. Elle décide finalement de passer son tour, pour conforter son pouvoir en Andalousie. Mais elle veut s’assurer d’avoir à Madrid un secrétaire général dévoué. Pour contrer l’ascension de l’ambitieux député basque Eduardo Madina, sur lequel elle n’a aucun ascendant, elle apporte son soutien à un député méconnu, économiste au physique de jeune premier, Pedro Sanchez.

Son poulain, bénéficiant de l’appui de la fédération andalouse et du parrainage de nombreux cadres socialistes, l’emporte. Mais celui-ci ne veut pas être manipulé. Il n’apprécie pas l’autonomie des dirigeants régionaux et reproche à Susana Diaz de ne pas le prévenir quand elle décide de convoquer des élections régionales anticipées, en 2015. Sa décision, cependant, est un coup de maître. Elle prend à contre-pied Podemos, qui n’a pas encore de candidat local, et elle remporte aisément la victoire, bien que sans majorité absolue, alors que le PSOE s’effondre partout ailleurs. Après quatre vingt jours de négociation, marqués par de fortes tensions avec Podemos, elle obtient le soutien de la formation centriste libérale Ciudadanos, ce qui lui donne l’image, dont elle ne parvient pas à se défaire, d’être à la droite du PSOE.

Dépourvue en réalité de grandes convictions, son programme se résume en une phrase, elle veut un PSOE « sans complexe, utile et gagnant ».

« Cette fois, il n’est pas question d’utiliser la même méthode que lors des précédentes élections primaires », avoue le président de la région de Valence, Ximo Puig, qui soutient sa candidature, tout comme les principaux cadres du parti, ainsi que les anciens présidents du gouvernement Felipe Gonzalez et José Luis Rodriguez Zapatero, « nous ne pouvons pas inventer un leader. Il faut avoir l’ambition et la vocation, tout comme la force, la persistance, la constance et la capacité de travail. Susana Diaz les a ».

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19 mai 2017 5 19 /05 /mai /2017 19:37

 

http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/05/19/espagne-les-ambitions-de-la-socialiste-susana-diaz_5130340_3214.html

 

Podemos organise une manifestation en faveur de sa motion de censure contre Mariano Rajoy

 

Podemos est bien décidé à peser sur les élections primaires du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE). Le parti de Pablo Iglesias a annoncé à la fin du mois d’avril 2017 son souhait de déposer une motion de censure contre Mariano Rajoy du fait de nouvelles affaires de corruption qui secouent le Parti Populaire. Une décision qui fait écho à une possible victoire de Pedro Sanchez, qui fut le plus farouche opposant à l’abstention du PSOE en faveur de Mariano Rajoy et qui se dit prêt à demander immédiatement la démission du chef du gouvernement s’il sort vainqueur des élections primaires du PSOE. La direction intérimaire du PSOE a critiqué la démarche de Pablo Iglesias en rappelant que, il y a un an, il avait refusé de voter l’investiture de Pedro Sanchez et qu’il prétendait « revenir en sauveur sur les lieux du crime ». Pour augmenter la pression, Podemos a convoqué une grande manifestation en faveur de la motion de censure Samedi 20 Mai 2017 à Madrid, la veille des élections primaires du PSOE.

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19 mai 2017 5 19 /05 /mai /2017 19:16

 

https://rsf.org/fr/actualites/rsf-et-21-medias-et-organisations-demandent-la-liberation-immediate-de-mathias-depardon

 

Reporters Sans Frontières (RSF) et vingt et un médias et organisations demandent la libération immédiate de Mathias Depardon

 

RSF, deux autres organisations de défense de la liberté de la presse et dix neuf rédactions avec lesquelles collaborait Mathias Depardon demandent à Ankara la libération immédiate du photographe français incarcéré depuis onze jours en Turquie.

 

Voilà onze jours que le photographe français Mathias Depardon est arbitrairement détenu en Turquie. RSF, deux autres organisations de défense de la liberté de la presse et dix neuf médias écrivent Jeudi 18 Mai 2017 au ministre de l'intérieur turc Süleyman Soylu pour lui demander la libération immédiate du journaliste âgé de trente sept ans.

 

Basé en Turquie depuis cinq ans, Mathias Depardon a été arrêté Lundi 8 Mai 2017 au cours d’un reportage dans le sud-est du pays pour le magazine National Geographic. Malgré un ordre d’expulsion prononcé Jeudi 11 Mai 2017, il se trouve toujours en détention à Gaziantep, non loin de la frontière syrienne.

 

« Les autorités n’avaient aucune raison d’arrêter Mathias Depardon. Le prolongement de sa détention, alors qu’il devait être expulsé il y a une semaine, est d’autant plus incompréhensible et inacceptable », souligne Christophe Deloire, secrétaire général de RSF, « nous demandons instamment aux autorités turques de mettre sans délai un terme à ce calvaire ».

 

Cette arrestation n’est pas isolée. Plusieurs dizaines de journalistes étrangers ont été expulsés de Turquie depuis la reprise des affrontements entre l’armée turque et le parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans le sud-est du pays, au mois de juillet 2015. Au mois de novembre 2016, le journaliste du site des Jours, Olivier Bertrand, avait été arrêté au cours d’un reportage dans la province de Gaziantep et expulsé vers la France. Au mois d’avril 2017, c’était au tour de son confrère italien, Gabriele del Grande, de se faire interpeller dans la province d’Antioche, non loin de la frontière syrienne. Il avait été expulsé après trois semaines de détention.

 

La Turquie occupe la cent-cinquante-cinquième place sur cent quatre vingt pays au classement de la liberté de la presse pour l’année 2017 établi par RSF.

 

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19 mai 2017 5 19 /05 /mai /2017 18:52

 

http://blogs.publico.es/tomar-partido/2017/05/19/una-mocion-de-censura-en-clave-destituyente/

 

Une motion de censure pour la destitution

 

Par Miguel Urban

 

Vendredi 19 Mai 2017

 

Ces dernières semaines, les événements entourant la corruption du Parti Populaire ont engendré une situation politique extraordinaire qui rappelle trop la crise de l’opération Mani Pulite qui a pris fin avec le déclin du régime bipartite italien qui a émergé de la guerre. On pourrait dire que c'est un scandale public dont l'intensité et l'impact sont supérieurs par rapport aux épisodes précédents. La normalité politique est rompue de façon spectaculaire, cela devient chaque jour plus évident, non seulement par les révélations sur la mafia de la communauté de Madrid et de son actuelle présidente Cristina Cifuentes, mais par l'utilisation flagrante de la justice et d’une partie de l'appareil d’état par le gouvernement pour tenter de dissimuler des cas de corruption. C’est une preuve supplémentaire que la corruption a été et reste une forme de gouvernement dans notre pays.

Il y a quelques années lors d'une manifestation étudiante, une personne a écrit sur les marches du congrès des députés « à bas le régime ».

C’est une inscription qui symbolise un slogan qui a été progressivement étendu au cours des mouvements sociaux qui ont émergé avec le mouvement du 15 mai 2011 et qui montre le rejet croissant de toutes les institutions et de la culture politique construite à partir du pacte constitutionnel de 1978. C’est à la fois la cause et l'effet de la dévastation économique du pays, nous assistons à un véritable processus de délégitimation et de décomposition des piliers centraux du régime espagnol de 1978, la monarchie, le système judiciaire, le cadre territorial et, en fin de compte, le système des partis et le bipartisme.

Les institutions zombies sont actuellement incapables de répondre aux besoins et aux exigences sociales. Des institutions qui, dans tous les cas, survivent encore comme un simple réflexe de survie.

Bien que vous puissiez avoir des nuances sur la mesure ou le caractère tardif de la crise du régime dans lequel nous nous trouvons, personne n’est insensible aux changements profonds qui ont déjà eu lieu dans le système politique espagnol, dont Podemos et les confluences sont la preuve palpable. Un moment exceptionnel, qui ne fait apparemment que commencer, auquel ne peut pas faire face la normalité parlementaire et sociale. Il exige une réponse qui soit à la hauteur du défi politique auquel nous sommes confrontés, qui est non seulement la crise du parti au pouvoir, mais qui est aussi l'aggravation de la crise elle-même du système de parti né de la transition.

La motion de censure est la réponse. Parce que, même si elle n’obtient pas le soutien parlementaire nécessaire pour prospérer, dans la situation politique et le cycle à long terme ouvert par le mouvement du 15 mai 2011, elle constitue un événement perturbateur de la normalité politique et, en même temps, elle apporte une perspective importante dans le sens de l’ouverture d’une forme de destitution du régime de 1978.

Pourquoi la motion de censure est-elle si bouleversante, selon tous les porte-paroles du régime, si elle n'a aucune chance de succès ? On pourrait dire, en ce sens, que c’est parce que ce qui est en jeu est plus qu'un simple changement de cycle politique ou même de gouvernement.

La crise des grands partis de la transition, comme cause et conséquence de la crise générale qui menace l'ensemble du régime politique, a touché jusqu'à présent en particulier le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE). C’est un pilier fondamental du bipartisme et de la construction de l'ensemble de l'architecture institutionnelle et des fondations économiques du modèle espagnol. Mais ces derniers temps, la grande nouvelle a été l'érosion du Parti Populaire qui, en dépit du fait qu’il reste au gouvernement, souffre des dommages politiques de l'effondrement du complot de corruption truqué de son financement illégal. Et ses conséquences pour le système politique sont dévastatrices dans la mesure où elles remettent en cause les possibilités de survie du système de bipartisme.

La crise des partis est la crise de leurs appareils et de leur manque de projet social et démocratique. Il y a donc une désaffection politique des citoyens, ce que montre le niveau élevé de mobilisation sociale que le pays a connu depuis des années. C’est une manière de faire de la politique. C’est une demande d’une plus grande intervention populaire et d’une redéfinition des pratiques militantes encouragées par une nouvelle exigence démocratique et culturelle en relation avec les transformations sociales.

Le potentiel de la motion de censure devrait être de rendre la parole aux citoyens, de dépasser et de rompre les étroites limites parlementaires.

La manifestation du Samedi 20 Mai 2017 ne doit pas être une fin en soi, mais le début d'un processus de convergence qui va au-delà de la dynamique des partis. Si le mouvement du 15 mai 2011 a ouvert le cycle politique qui a permis l'émergence et le développement de Podemos, le retour à la mobilisation sociale devient une condition sine qua non pour sortir de l'impasse institutionnelle actuelle et faire pencher la balance vers le chemin du changement politique et non pas vers le rétablissement du régime. Restauration ou régénération, comme dit Perry Anderson, le système lui-même prépare des « anticorps de simulacres populistes, comme Albert Rivera en Espagne ou Emmanuel Macron en France, contre les impasses et les corruptions présentes et il promet une politique plus propre et plus dynamique à l'avenir, au-delà des partis décadents ».

La mobilisation peut non seulement se tenir dans des « moments dramatiques », mais elle doit territorialiser la politique, ce qui ne veut pas dire autre chose que de s'impliquer dans la construction collective et de tisser le mouvement dans tous les domaines de la vie sociale, en collaboration avec d'autres acteurs pour générer des institutions de classe autonomes. Des initiatives telles que le Syndicat des Locataires de création récente, la réactivation des marées blanches ou vertes, la lutte pour un modèle de cité différente avec des espaces auto-organisés comme ingouvernables et/ou les conflits les plus probables dans les ports, sont des éléments qui vont dans la bonne direction.

Une motion de censure pour la destitution du système de la corruption est à son tour une occasion d'entrevoir un horizon constituant. Ce n’est pas seulement pour arrêter l’hémorragie de la perte des droits, mais c’est un moment historico-politique pour garantir de nouveaux droits et pour inventer de nouvelles formes de démocratie par la promotion de nouvelles expressions politiques.

Contre ceux d’en haut qui voient la crise socio politique comme une époque de décadence, ceux d’en bas devraient voir la scène, toute aussi dramatique, comme une occasion irremplaçable pour la recréation démocratique, la redéfinition de la logique de la représentation et la subversion de toutes les règles du système social qui nous ont conduit à la catastrophe actuelle. Il n’y a pas de temps à perdre, l'urgence sociale et écologique appelle des pas en avant nécessaires.

 

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18 mai 2017 4 18 /05 /mai /2017 19:45

 

http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/05/14/en-turquie-deux-enseignants-en-greve-de-la-faim-pour-denoncer-les-purges_5127624_3214.html

 

En Turquie, deux enseignants en grève de la faim depuis soixante sept jours pour dénoncer les purges

 

Victimes des purges après le coup d'état manqué en Turquie, l’universitaire Nuriye Gulmen et l’instituteur Semih Ozakça jeûnent, dans l’indifférence des autorités turques.

 

Par Marie Jégo, correspondante permanente du Monde à Istanbul

 

Nuriye Gulmen et Semih Ozakça, deux enseignants victimes des purges après le coup d'état manqué en Turquie, sont entrés dans leur soixante-septième jour de grève de la faim, Dimanche 14 Mai 2017.

Elle a perdu neuf kilogrammes et lui quinze kilogrammes, mais ils continuent à se rendre chaque jour, lui d’un pas lent, elle en chaise roulante, jusqu’à leur espace de protestation, une petite place de l’avenue Yüksel au centre d’Ankara pour réclamer leur réintégration.

« Rendez-nous notre travail » est leur principal slogan. Brandissant des pancartes et chantant des slogans, les parents des grévistes et les représentants de la société civile, Organisations Non Gouvernementales (ONG), intellectuels et syndicalistes, se relaient pour les soutenir. Samedi 13 Mai 2017, journée dédiée aux cent quarante cinq mille fonctionnaires limogés, Nuriye Gulmen a expliqué que « nous pouvons nous remettre des douleurs physiques. Mais les atteintes à notre honneur, il faudra vivre avec toute notre vie ». Des députés du parti républicain du peuple (CHP) et du parti démocratique des peuples (HDP) ont fait le déplacement à leur rencontre. Vendredi 12 Mai 2017, le député européen Gianni Pitella, chef du groupe des socialistes et des démocrates du parlement européen, est venu en personne saluer leur combat.

Subsistant depuis soixante sept jours avec de l’eau sucrée ou salée, Nuriye Gulmen et Semih Ozakça voient leur état de santé se dégrader de jour en jour. « Ils souffrent de troubles de la perception, de difficultés d’élocutions et de problèmes physiques », a constaté Vedat Bulut, président de la chambre professionnelle des médecins à Ankara. Les grands médias du pays restent muets sur leur lutte, seuls les réseaux sociaux en parlent. Le gouvernement regarde ailleurs.

Questionné par des députés de l’opposition sur la grève de la faim des deux enseignants, le vice premier ministre Numan Kurtulmus, dont les bureaux sont situés à quelques centaines de mètres du lieu de la protestation, a déclaré qu’il n’était pas au courant.

Une ambulance et deux médecins ont été dépêchés par le ministère de la santé. Pour le reste, la police est en première ligne, intervenant régulièrement pour chasser les manifestants et confisquer leurs pancartes. Devenu emblématique du sort fait aux victimes des purges, l’espace de protestation a été investi à trente reprises par les forces de l’ordre en cent quatre vingt deux jours d’occupation.

Affaiblis mais déterminés, Nuriye Gulmen et Semih Ozakça réclament leur réintégration dans l'éducation nationale et l’annulation de tous les décrets de l’état d’urgence. Comme eux, cent quarante cinq mille fonctionnaires ont été limogés d’un trait de plume depuis la tentative de renversement du président Recep Tayyip Erdogan du Vendredi 15 Juillet 2016. Policiers, militaires, magistrats, diplomates et enseignants, aucune catégorie sociale n’a été épargnée.

Semih Ozakça était instituteur dans un village de la région de Mardin dans le sud-est de la Turquie, lorsque son nom est apparu sur le décret du 29 septembre 2016. Nuriye Gulmen enseignait la littérature à l’université Selçuk de Konya et elle a été limogée par le décret du 6 janvier 2017.

« Ces décrets de l’état d’urgence ne peuvent être contestés, aucun recours juridique n’est possible », rappelle leur avocat Engin Gökoglu, déplorant « le comportement archaïque » des autorités. Aucune explication n’est par ailleurs fournie aux « purgés », désignés collectivement comme une « menace à la sécurité nationale ».

Au départ, les purges visaient les sympathisants du chef religieux réfugié aux Etats-Unis, Fethullah Gülen, décrit par les autorités turques comme l’instigateur du coup d'état. Très vite, elles se sont étendues aux syndicalistes, aux militants de gauche, aux partisans de la cause kurde et à toutes les voix dissidentes.

Le fonctionnement de la machine à purges est simple. Dans un premier temps, des listes de suspects sont dressées par les administrations concernées, fortement incitées par leur hiérarchie à s’auto-nettoyer. Ces listes remontent ensuite au cabinet du premier ministre, où elles sont examinées. Puis vient la publication des décrets, des listes de noms, au journal officiel.

Voir son nom apparaître sur l’une de ces listes est synonyme de mort sociale. Non content de perdre leur emploi et leurs droits sociaux, les personnes concernées ne peuvent plus sortir du pays. Pas question pour elles de retravailler selon leur spécialité. Il ne leur reste qu’à chercher à se caser comme vendeur ou vendeuse de simits, des petits pains au sésame, ou comme laveur de vitres. Car aucun employeur ne se risquera à embaucher quelqu’un dont le nom de famille figure en rouge dans le système électronique du gouvernement. Du jour au lendemain, cent quarante cinq mille personnes sont ainsi devenues des parias de la société.

 

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18 mai 2017 4 18 /05 /mai /2017 19:17

 

https://www.wsws.org/fr/articles/2017/mai2017/grec-m18.shtml

 

Les travailleurs grecs font grève contre le nouveau projet d'austérité de l'Union Européenne

 

Par Alexandre Lantier

 

Mercredi 17 Mai 2017, les travailleurs à travers la Grèce se sont mobilisés pour une grève générale d'un jour à l'appel des syndicats grecs contre de nouvelles mesures d'austérité dictées par l'Union Européenne et imposées par le gouvernement de Syriza.

Le projet de loi préparé par l'Union Européenne et par Syriza, qui fait environ neuf cent pages, contient encore une réduction des retraites, de neuf à dix huit pour cent, l'imposition de l'impôt sur le revenu à tous ceux qui gagneraient plus de cinq mille six cent quatre vingt un euros par an, des réductions allant jusqu'à cinquante pour cent des subventions pour le chauffage et des allocations contre le chômage, des mesures pour faciliter les licenciements de masse et davantage de privatisations. L'accord contiendrait également des promesses de Syriza d'introduire des lois pour limiter le droit de grève et faciliter l'interdiction des grèves.

C'est une étape de plus dans la trahison par Syriza de toutes les promesses qu'elle avait faites au peuple grec de mettre fin à l'austérité, en arrivant au pouvoir au mois de janvier 2015. Le premier ministre, Alexis Tsipras, a déclaré hier que ces mesures provoqueraient « un tsunami d'investissement », manifestement parce que les capitaux seraient attirés par une main d'oeuvre grecque surexploitée et payée à des salaires comparables à ceux de ses frères et soeurs de classe en Chine.

Parmi les travailleurs, par contre, la colère monte contre Syriza et la grève a été largement suivie sur fond de tensions explosives également au sein de l'appareil de l'état bourgeois.

Mercredi 17 Mai 2017, les trains, les bus, les transports en commun d'Athènes et les hôpitaux publics étaient tous en grève ou fonctionnaient avec des équipes et des horaires réduits.

Les aiguilleurs du ciel ont fait grève pendant quatre heures, Mercredi 17 Mai 2017, et le feront à nouveau Jeudi 18 Mai 2017.

Des dizaines de milliers de personnes ont défilé dans plusieurs manifestations à Athènes organisées par les différents appareils syndicaux, le syndicat de la fonction publique ADEDY, le syndicat du privé GSEE et le syndicat PAME lié au parti communiste grec (KKE).

La fédération panhellénique de marins a annoncé la prolongation de leur grève, projetée pour Mardi 16 Mai et Mercredi 17 Mai 2017, jusqu'au Vendredi 19 Mai 2017. Dans un communiqué, le syndicat a demandé « la compréhension et le soutien des usagers voyageurs et de tous les travailleurs grecs », expliquant que les nouvelles mesures exposeraient les marins « à la pauvreté et à la misère ». Leur grève touche notamment les îles grecques, privées de ferries et donc isolées du continent.

A Thessalonique, la deuxième ville du pays, les travailleurs des transports en commun ont continué une grève lancée Lundi 15 Mai 2017. Les deux mille trois cent travailleurs des transports publics de Thessalonique exigent le paiement de leurs salaires des mois de mars et d'avril 2017, que leur refuse toujours la direction, qui a riposté en exigeant des tribunaux l'interdiction de la grève. La direction a été déboutée par le tribunal de première instance, qui a estimé que sa requête n'avait aucun fondement juridique et a remis la prochaine audience au 26 septembre 2017.

Une confrontation tendue s'est déroulée à Athènes entre les forces de l'ordre et des grévistes en uniforme, pompiers, soldats et policiers, qui perçoivent des salaires spéciaux menacés par la réforme actuelle.

Mercredi 17 Mai 2017 à 12 heures, les représentants syndicaux de la police, des militaires et d'autres forces de l'ordre, ont occupé le bureau général des comptes et ont insisté à voir le ministre adjoint des finances, Georges Chouliarakis.

Ils ont aussi déployé une bannière qui demandait au premier ministre Alexis Tsipras en grec et à la chancelière Angela Merkel en allemand, « combien vaut la vie d'un policier grec ».

Ils ont finalement marché sur le parlement. Trois escadrons de gardes mobiles non grévistes les ont bloqués à la porte Vasilissis Sofias du parlement pour les empêcher de prendre le bâtiment d'assaut.

Des responsables syndicaux et des dirigeants d'associations de professions libérales ont toutefois pu pénétrer dans le parlement pour dénoncer les parlementaires Syriza qui discutaient du projet de loi. Des cris de « vous n'avez pas honte », « vous n'avez rien à voir avec la gauche » et « vous trahissez tout » ont fusé dans l'assemblée.

Un militant d'ADEDY a pris à part l'ancien ministre du travail Giorgios Katrougalos, qui avait promis lors de l'arrivée au pouvoir de Syriza qu'il n'a aurait plus de réformes des retraites. Le dirigeant du syndicat des handicapés grecs a dénoncé la réduction des aides sociales et les représentants des syndicats des soldats et des policiers ont dénoncé l'appauvrissement de leurs membres et la trahison des promesses faites par Syriza au peuple grec.

La responsabilité de cette crise politique aigüe en Grèce appartient avant tout à Syriza. Dans des conditions d'effondrement économique et de chômage de masse, quand la faillite du capitalisme grec et européen était évidente après six ans d'austérité, Syriza a pris le pouvoir en promettant de mettre fin à l'austérité, mais en insistant sur la nécessité d'un accord avec l'Union Européenne. Ils ont refusé de faire un appel plus large aux travailleurs européens pour défendre les travailleurs grecs contre l'Union Européenne, qui menaçait de couper les flux de crédit vers la Grèce et d'imposer la faillite au pays.

Il y avait sans aucun doute une base objective puissante pour une politique révolutionnaire. Un an après l'arrivée de Syriza au pouvoir, un mouvement des jeunes et des travailleurs faisait éruption en France contre la loi travail réactionnaire du Parti Socialiste. Selon un sondage plus récent des jeunes européens, une majorité accepterait de participer à une insurrection contre les régimes établis.

Syriza a refusé une pareille stratégie, préférant travailler dans les intérêts de la classe capitaliste grecque. Elle a immédiatement répudié sa promesse de mettre fin au mémorandum d'austérité entre la Grèce et l'Union Européenne et elle a organisé un référendum sur l'austérité au mois de juillet 2015 afin d'obtenir un vote populaire pour l'austérité et justifier une capitulation face à Bruxelles. Quand les grecs ont voté contre l'austérité, à leur grande surprise, Syriza a foulé le vote aux pieds et a imposé des mesures d'austérité féroces afin de garder l'euro et la place du capitalisme grec dans l'Union Européenne et dans l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN).

Ces événements historiques ont justifié les mises en garde adressées au travailleurs par le Comité International de la Quatriéme Internationale (CIQI), la seule organisation politique ayant dit avant l'élection de Syriza que ce parti, tiré des classes moyennes aisées et nourri de théories contre le marxisme et post modernistes, trahirait toutes ses promesses. Pour aller de l'avant, les travailleurs grecs ne peuvent pas compter sur des manifestations ponctuelles organisées par les appareils syndicaux proches de Syriza ou du KKE. Il s'agit de construire une avant-garde révolutionnaire qui peut mobiliser les travailleurs européens en lutte pour les socialisme et le renversement du capitalisme.

Cette stratégie de lancer des manifestations syndicales et de faire appel à des sections de l'état grec afin d'influencer le pouvoir grec ou l'Union Européenne s'est avérée impuissante.

Depuis 2008, la Grèce a connu quatorze réformes des retraites qui ont collectivement réduit les retraites de quarante pour cent en moyenne.

Alors que le quart des travailleurs et la moitié des jeunes sont au chômage et dépendent donc des retraites de leurs parents, cette dernière réforme aura un impact dévastateur.

Les manifestations et les appels à la conscience de l'Union Européenne n'ont rien donné et seule une politique révolutionnaire peut indiquer un chemin qui permettra aux travailleurs de sortir de cette crise.

A Athènes, le comité parlementaire scientifique a décidé que le nouveau projet de loi, qui attaque les retraites et les salaires spéciaux, est anticonstitutionnelle. Toutefois, Syriza et l'Union Européenne se préparent à fouler aux pieds la constitution, comme ils l'ont fait avec le vote de leur référendum en 2015, pour amadouer l'Union Européenne et maintenir les alliances du capitalisme grec avec Washington et l'Union Européenne.

 

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18 mai 2017 4 18 /05 /mai /2017 18:52

 

http://fr.reuters.com/article/topNews/idFRKCN18E0DC-OFRTP?sp=true

 

Un procureur spécial nommé pour enquêter sur Donald Trump et la Russie (Reuters)

 

Le département américain de la justice a annoncé Mercredi 17 Mai 2017 la nomination de l'ancien directeur du Federal Bureau of Investigation (FBI) Robert Mueller comme procureur spécial pour enquêter sur les soupçons de collusion entre la Russie et l'équipe de campagne de Donald Trump.

Cette mesure intervient alors que le président américain est empêtré dans une série de controverses depuis qu'il a limogé le directeur du FBI James Comey, le Mardi 9 Mai 2017, qui enquêtait sur le dossier.

Dans un communiqué diffusé par la Maison Blanche, le président américain dit avoir « hâte de voir cette affaire se conclure rapidement. Comme je l'ai déclaré à de nombreuses reprises, une enquête minutieuse confirmera ce que nous savons déjà, il n'y a eu aucune collusion entre ma campagne et une quelconque entité étrangère », affirme-t-il.

Robert Mueller, qui a dirigé le FBI pendant douze ans, de 2001 à 2013, a dit « accepter cette responsabilité » dans un communiqué.

De plus en plus d'élus du congrès réclamaient une enquête indépendante sur l'influence qu'aurait cherché à exercer Moscou pour favoriser l'élection de Donald Trump au détriment d’Hillary Clinton.

Les agences américaines de renseignement ont conclu au début de l’année 2017 dans un rapport que la Russie avait interféré dans la campagne électorale, des accusations rejetées par le Kremlin.

Donald Trump s'est toujours montré agacé à l'idée que Moscou puisse avoir joué un rôle dans sa victoire du Mardi 8 Novembre 2016, mais la question plombe ses premiers mois de mandat.

Les pressions se sont intensifiées avec le limogeage de James Comey, qui dirigeait l'enquête ouverte par le FBI à ce sujet, puis des révélations du New York Times selon lesquelles Donald Trump aurait demandé à James Comey de clore les investigations sur d'éventuels contacts entre la Russie et son ancien conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn.

Ces polémiques inquiètent les investisseurs à Wall Street, où le Dow Jones a cédé près de deux pour cent, Mercredi 17 Mai 2017.

« Ma décision de nommer un procureur spécial ne signifie pas que nous avons découvert que des délits avaient été commis ou qu'il faut engager des poursuites », a déclaré le numéro deux du département de la justice, Rod Rosenstein.

« J'ai estimé que la nomination d'un procureur spécial était nécessaire pour que le peuple américain ait pleinement confiance dans le résultat de l'enquête », a-t-il ajouté.

Les élus du congrès ont approuvé cette nomination, mais les chefs républicains au sénat et à la chambre des représentants ont précisé que leurs propres enquêtes allaient se poursuivre.

La nomination de Robert Mueller a été saluée par le chef de la minorité démocrate au sénat, Chuck Schumer, qui a jugé qu'elle était « tout à fait nécessaire », ajoutant que Robert Mueller était « la personne adaptée » pour exercer cette tâche.

Nancy Pelosi, son homologue de la chambre des représentants, s'est déclarée satisfaite de la nomination de ce « fonctionnaire respecté ».

Robert Mueller, qui a soixante douze ans, a été soldat dans la marine pendant la guerre du Vietnam. Ancien procureur fédéral, il a été nommé à la tête du FBI par George Bush une semaine après les attentats du 11 septembre 2001. En 2011, Barack Obama lui a demandé d'effectuer deux années supplémentaires, avant de nommer James Comey.

Certaines enquêtes indépendantes ont pu s'étaler sur des années. Ce fut le cas, par exemple, de l'enquête du procureur Kenneth Starr sur l'ancien président Bill Clinton, qui avait débuté sur des soupçons d'infraction dans des contrats immobiliers avant de s'étendre aux relations entre le président et sa stagiaire Monica Lewinsky.

Le sénateur républicain John Cornyn a déclaré que l'annonce du département de la justice permettrait sans doute d'apaiser les tensions au congrès et faciliterait le processus de remplacement de James Comey à la tête du FBI.

Il a fait l'éloge de l'ancien sénateur indépendant Joe Lieberman, estimant que ce dernier obtiendrait un large soutien si son nom était proposé pour diriger la police fédérale.

 

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