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23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 18:01

 

http://www.aurdip.fr/declaration-de-bnc-sur-la-campagne.html

 

Déclaration du comité national palestinien du mouvement pour le Boycott, pour le désinvestissement et pour les Sanctions (BDS) sur la campagne israélienne en cours pour réduire au silence Omar Barghouti et réprimer le mouvement pour le BDS

 

Le Dimanche 19 Mars 2017, les autorités fiscales israéliennes ont fait irruption dans la maison d’Omar Barghouti, éminent défenseur palestinien des droits de l’homme et cofondateur du mouvement pour le BDS, la liberté, la justice et l’égalité du peuple palestinien. Ce jour-là ils ont détenu et interrogé Omar Barghouti et son épouse Safa Barghouti pendant seize heures.

 

Omar Barghouti subit actuellement son quatrième jour d’interrogatoire.

 

Vous trouverez ci-dessous la réponse du comité national palestinien du mouvement pour le BDS à ces développements et aux efforts systématiques du gouvernement israélien pour criminaliser le mouvement pour le BDS, intimider ses militants et bloquer la libre expression.

 

Un éminent défenseur palestinien des droits de l’homme, cofondateur du mouvement pour le BDS, Omar Barghouti, a subi pendant des années menaces intensives, intimidation et répression par une variété de moyens de la part du gouvernement d’extrême droite d’Israël, particulièrement depuis que celui-ci considère le mouvement pour le BDS comme une menace stratégique envers son système entier d’injustices contre les palestiniens.

Lors d’une conférence au mois de mars 2016 dans Jérusalem occupée, plusieurs ministres du gouvernement israélien ont menacé Omar Barghouti et des défenseurs clés des droits de l’homme du mouvement pour le BDS de mesures sévères, incluant l’élimination civile ciblée, un euphémisme pour un assassinat civil. Le ministère des affaires stratégiques a établi l’an dernier une unité de salissure, comme l’a révélé le quotidien israélien Haaretz. Le travail de cette unité est de ternir la réputation des défenseurs des droits de l’homme et des réseaux liés au mouvement pour le BDS.

C’est dans ce contexte que doit être comprise l’investigation du département fiscal israélien concernant Omar Barghouti et son épouse Safa Barghouti. Ayant échoué à les intimider par la menace de révoquer le permis de résident permanent d’Omar Barghouti en Israël et après que l’interdiction effective de voyager imposée à Omar Barghouti n'ait pas réussi à bloquer son travail pour les droits de l’homme, le gouvernement israélien en a été réduit à fabriquer une affaire relative à un prétendu revenu d’Omar Barghouti hors d’Israël pour ternir son image et l’intimider.

Le fait que cette investigation inclut une interdiction de voyager et arrive quelques semaines avant le déplacement prévu d’Omar Barghouti aux États-Unis pour recevoir le Gandhi Peace Award conjointement avec Ralph Nader dans une cérémonie à l’université de Yale prouve son véritable motif, la répression.

Le fait que le gouvernement israélien a rendu publiques les inventions incendiaires contre Omar Barghouti seulement vingt quatre heures après son arrestation pour interrogatoire montre sans aucun doute que le véritable objectif de l’investigation est de ternir sa réputation.

Aucune mesure de répression, si extrême soit-elle, exercée par Israël contre le mouvement pour le BDS ou ses défenseurs des droits de l’homme et son vaste réseau de soutiens ne peut arrêter ce mouvement pour les droits de l’homme. L’intimidation et la répression peuvent à peine affecter un mouvement populaire qui croit dans les coeurs et les esprits des gens, les encourageant à faire ce qu’il faut, se tenir du bon côté de l’histoire, contre le régime fanatique d’Israël, un régime d’apartheid, d’occupation et de nettoyage ethnique, et pour la liberté, la justice et l’égalité du peuple palestinien.

Ce dernier chapitre désespéré dans la répression et l’intimidation exercée par le gouvernement israélien contre Omar Barghouti est pourtant l’indicateur le plus fort de l’échec du régime israélien d’occupation, de colonialisme et d’apartheid à ralentir l’impressionnante expansion du mouvement pour le BDS pour les droits palestiniens.

Le comité national palestinien du mouvement pour le BDS est le plus grand regroupement de la société civile palestinienne. Il conduit et soutient le mouvement global pour le BDS.

 

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23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 17:35

 

http://www.lemonde.fr/syrie/article/2017/04/19/pour-l-oiac-khan-cheikhoun-a-ete-attaque-au-sarin_5113624_1618247.html

 

Utilisation irréfutable de gaz sarin en Syrie à Khan Cheikhoun, affirme l'Organisation pour l'Interdiction des Armes Chimiques (OIAC)

 

Les analyses de l'OIAC ont été réalisées sur dix victimes de l'attaque de Khan Cheikhoun qui a fait quatre vingt sept morts

 

Par Stéphanie Maupas, correspondante du Monde à La Haye

 

Pour au moins la deuxième fois en six ans de guerre, du gaz sarin, un puissant neurotoxique mortel de la famille des organophosphorés, a bien été employé contre des populations civiles en Syrie. L’OIAC a jugé, Mercredi 19 Avril 2017, que les premières analyses montrent de façon irréfutable que du gaz sarin, ou un gaz dérivé, a été utilisé lors de l’attaque du Mardi 4 Avril 2017 contre Khan Cheikhoun, une ville contrôlée par la rébellion dans le nord-ouest du pays.

La mission d’établissement des faits de l’OIAC a débuté ses analyses dès le lendemain de cette attaque qui a fait quatre vingt sept morts et plus de cinq cent blessés et elle devrait rendre ses conclusions d’ici deux semaines. Les résultats seront ensuite transmis à la mission d’enquête conjointe de l'OIAC et de l'Organisation des Nations Unies (ONU) chargée de désigner les auteurs.

Le directeur général de l’OIAC, Ahmet Uzumcu, qui s’exprimait à huis clos lors du conseil exécutif de l’organisation, a particulièrement insisté sur le professionnalisme et l’impartialité des enquêteurs et il a précisé que les analyses ont été réalisées sur dix victimes, dans quatre laboratoires certifiés par l’organisation. Moscou et Téhéran, qui depuis plusieurs mois dénoncent une politisation de l’organisation, ont régulièrement mis en doute le travail de la mission et proposé à l’OIAC de constituer une équipe d’experts.

La Russie reproche notamment à l’OIAC de ne pas être allée sur place. « Il est inacceptable que l'OIAC analyse ce qui s’est passé à distance », avait ainsi déclaré, Vendredi 14 Avril 2017, Sergueï Lavrov, le ministre des affaires étrangères russe, lors d’une conférence de presse à Moscou avec ses homologues iraniens et syriens. Faute de pouvoir se rendre à Khan Cheikhoun, pour des raisons de sécurité, les enquêteurs continuent de recueillir les témoignages et de procéder à des analyses hors de la zone.

De son côté, la France a annoncé qu’elle apportera, dans quelques jours, « la preuve que le régime syrien a bien organisé la frappe chimique », a déclaré Mercredi 19 Avril 2017 le chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault, lors de l’émission « question d'information » sur La Chaîne Parlementaire (LCP) en partenariat avec le Monde, l'Agence France Presse (AFP) et France Info. « Nous avons des éléments qui nous permettront de démontrer que le régime a sciemment utilisé l’arme chimique », a assuré Jean Marc Ayrault. « Ma conviction, et c’est aussi la conviction de nos services, c’est que c’est le régime qui a la responsabilité » de cette attaque.

L’attaque contre ce village, attribuée par les occidentaux à l’aviation de Bachar al Assad, a conduit Donald Trump à ordonner, trois jours plus tard, la première action militaire directe des Etats-Unis contre le régime syrien en six ans de guerre, bombardant la base aérienne d'al Chayrat, d’où serait parti un avion de combat syrien impliqué dans le bombardement de Khan Cheikhoun. Dans un entretien accordé à l'AFP, Mercredi 12 Avril 2017, le président syrien Bachar al Assad avait affirmé que l’attaque chimique de Khan Cheikhoun était une fabrication à cent pour cent et que le pays ne possédait pas d’armes chimiques.

La question des stocks d’armes chimiques présents sur le territoire syrien est donc de nouveau posée, alors que le régime était censé avoir été désarmé au terme du processus accepté par la Syrie au mois de septembre 2013. L’OIAC, prix Nobel de la paix en 2013, a détruit, en dix-huit mois, mille trois cent tonnes d’agents chimiques et vingt quatre installations. Mais l’attaque contre Khan Cheikhoun a rappelé crûment les doutes persistant sur l’ampleur de l’arsenal chimique syrien résiduel. En adhérant à l’OIAC au mois d'octobre 2013, sous la menace de frappes occidentales à la suite d’une attaque au gaz sarin qui avait fait quelque mille cinq cent morts dans la banlieue de Damas au mois d'août 2013, les autorités syriennes avaient remis à l’organisation une liste, censée être complète, de son arsenal.

Mais dès la fin des opérations de désarmement, des diplomates à La Haye, jusque-là discrets, commençaient à dénoncer l’arsenal non déclaré par Damas. Une équipe spécifique de l’OIAC, chargée d’identifier les stocks oubliés par la Syrie, était mise sur pied en 2014.

Depuis, le directeur de l’OIAC, Ahmet Uzumcu, dénonce régulièrement des écarts, des incohérences et des divergences, entre la déclaration faite par la Syrie lors de son adhésion et la réalité de son programme chimique.

Dans un rapport du 6 juillet 2016, Ahmet Uzumcu expliquait « ne pas avoir accès aux dirigeants du programme d’armes chimiques syriennes » et il reprochait à Damas de rester flou sur le rôle du Centre d'Etude et de Recherche Scientifique (CERS) qui serait au cœur du programme syrien.

Il ajoutait que « la majorité des résultats d’analyse ont indiqué la présence de composés chimiques inattendus ou non déclarés », regrettant que « bon nombre des explications fournies par la république arabe syrienne ne sont pas scientifiquement ou techniquement plausibles ».

« A chaque fois que les inspecteurs se rendent sur place, la liste des questions s’allonge et elles ne sont pas cochées », déplore une source diplomatique à La Haye. Les incohérences de Damas sont parvenues lentement à saper la confiance grâce à laquelle l’organisation de désarmement fonctionne avec un certain succès depuis soixante ans. L’accord entre la Russie et les Etats Unis de 2013, prévalant à la mission de l’OIAC, prévoyait que, en cas de non-coopération, des sanctions pourraient être prises par le conseil de sécurité de l’ONU.

Le 11 novembre 2016, l’OIAC, divisée, a simplement condamné l’utilisation continue d’armes chimiques en Syrie, notamment du gaz chloré, non interdit, contrairement au sarin, car issu de produits en vente libre. La non-coopération de Damas avec l’OIAC a néanmoins servi de base à un projet de résolution présenté par Paris, Londres et Washington, et débattu à New York le 28 février 2017. Le projet, auquel Pékin et Moscou ont opposé leur veto, prévoyait des sanctions contre le CERS, neuf entités associées et douze hauts responsables syriens de l’armée, des services de renseignements militaires et du programme chimique de Damas, dont le gel des avoirs, l’interdiction du transfert de chlore et de substances interdites ou de matériel permettant de fabriquer des armes chimiques.

Parmi les responsables visés par d’éventuelles sanctions, se trouvaient le directeur général du CERS, Amr Armanazi, « responsable de la mise au point et de la production d’armes chimiques et des missiles utilisés » lors d’attaques, le colonel Muhammad Bilal, haut responsable des services de renseignement de l’armée de l’air, le commandant des forces aériennes syriennes, Ahmad Ballul, et des commandants de la soixante troisième brigade aérienne qui auraient dirigé les attaques de Tell Méniss, de Qaminas et de Sarmin. Trois attaques au chlore qui ont été attribuées au régime syrien par le mécanisme d’enquête conjoint, réunissant depuis le mois de septembre 2015 enquêteurs de l’ONU et de l’OIAC et chargé d’identifier les auteurs des attaques chimiques. Les enquêteurs ont aussi souligné la responsabilité de l’organisation Etat Islamique dans une attaque au gaz moutarde au mois d'août 2015.

 

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23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 17:09

 

https://m6info.yahoo.com/donald-trump-est-il-atteint-de-demence-precoce-095614080.html

 

Donald Trump est-il atteint de démence précoce ?

 

Jeudi 20 Avril 2017

 

Donald Trump présente-t-il les premiers signes de démence ? C’est en tout cas la conviction d’éminents professionnels de santé américains spécialisés dans le trouble du comportement. Un journaliste tire également la sonnette d’alarme. Selon eux, tout dans le comportement et le vocabulaire du président Donald Trump semble indiquer qu’il est atteint de sénilité précoce, voire d’un début d’Alzheimer.

 

Selon le journaliste américain, David Pakman, Donald Trump présente des signes évidents de démence précoce qui pourraient s’apparenter à un début de la maladie d’Alzheimer dont son père a lui-même souffert.

 

Le premier indice relevé par le journaliste est le vocabulaire très pauvre du président qui utiliserait de plus en plus de locutions simples et enfantine, comme les mots « chose », « bon » et « mauvais », avec de moins en moins de nuances.

 

Une perte progressive de vocabulaire

 

C’est en analysant les allocutions non préparées du président américain et en les comparant avec d’autres lorsqu’il était plus jeune que David Pakman dresse ce constat, remarquant que la pauvreté du vocabulaire de Donald Trump est de plus en plus flagrante, année après année. Or, selon lui, la perte progressive du vocabulaire était aussi caractéristique du mandat de Ronald Reagan, atteint d’une maladie neuro dégénérative alors qu’il était au pouvoir. A l’inverse, le journaliste montre que George Bush Senior n’avait rien perdu de son vocabulaire entre le début et la fin de son mandat.

 

Une maladie mentale

 

Autres signes préoccupants selon le journaliste, son manque d’équilibre lorsqu’il s’est raccroché au bras de Theresa May récemment, sa phobie des escaliers, son oubli de poser la main sur le cœur pendant l’hymne américain et bien sûr ses excès qui seraient l’apanage d’une maladie mentale plus que d’une simple personnalité narcissique.

 

Un spécialiste des troubles de la personnalité se mobilise

 

Un avis totalement partagé par le docteur John Gartner, spécialiste des troubles de la personnalité et enseignant à Baltimore et à New York. Ce dernier a carrément fondé une association intitulée Duty to Alert afin de prévenir le monde, dit-il, que le président américain est malade et incapable d’assurer sa fonction.

 

« Donald Trump est toujours mentalement malade. Il est toujours notre président et il continue à générer autour de lui du chaos. Voilà plusieurs mois que je le dis, Donald Trump est un narcissique malin qui se vengera de tout ce qu’il ressentira comme un affront, aussi infime soit-il, dieu garde Kim Jong Un de ce qui énerverait le président. C’est un homme qui sur-réagira à toute attaque et à toute menace terroriste de manière impulsive, brutale, et malheureuse », a-t-il déclaré à l’Observateur qui l’a contacté. Décidé à donner l’alerte, il a mis en ligne une pétition pour réclamer sa destitution au nom de son instabilité mentale, avec près de cinquante mille signatures déjà recueillies.

 

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23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 16:51

 

https://www.essonneinfo.fr/91-essonne-info/106920/marche-anti-corruption-escale-essonne

 

La marche contre la corruption fait escale en Essonne

 

Par Julien Monier

 

Mercredi 19 Avril 2017

 

Une demi-douzaine de marcheurs membres du Mouvement Stop Corruption ont parcouru cent quarante kilomètres en cinq étapes d’Orléans à Paris. L’occasion pour ces citoyens d’exiger la transparence des élus et des candidats.

 

Le sujet de la transparence de la vie publique a ressurgi lors de cette campagne présidentielle, avec la médiatisation d’affaires touchant plusieurs candidats. A quelques jours du premier tour des élections présidentielles, le Mouvement Stop Corruption, dont l’appel est soutenu par sept mille cinq cent personnes, entend rappeler aux citoyens et à nos élus les principes éthiques nécessaires pour retrouver la confiance envers nos représentants.

 

Ce réseau de citoyens, non partisans comme ils se présentent, a lancé un premier rassemblement le 19 février 2017 à Paris, et compte poursuivre sa campagne jusqu’aux élections législatives. Pour cela, une marche de cinq jours a été organisée d’Orléans à Paris pour continuer à sensibiliser sur leurs principales revendications. Présents à Etampes, Jeudi 13 Avril 2017, ils ont fait escale à Evry, Vendredi 14 Avril 2017, puis à Juvisy sur Orge, Samedi 15 Avril 2017, avant de finir leur parcours à Paris.

 

Une rencontre était organisée Vendredi 14 Avril 2017 à la Maison du Monde d’Evry pour leur arrivée, lors de laquelle les marcheurs ont pu rappelé leurs trois revendications immédiates et non négociables, le retrait de l’amendement donnant prescription après douze ans à partir des faits pour les infractions occultes et dissimulées, le vote d’une loi citoyenne sur la transparence pour obliger les élus à justifier toutes leurs dépenses et le retrait de la vie politique des élus condamnés pour corruption ou abus de biens sociaux.

 

« Nous voulons que toutes les personnes candidates aux élections législatives se positionnent et, au delà, tous les élus » résume Célia, une des marcheuses. Originaires de Bordeaux ou encore de Franche-Comté, les membres du collectif ont également saisi les onze candidats au premier tour des élections présidentielles et trois d'entre eux leur ont pour l’instant répondu, « Philippe Poutou, Jean Luc Mélenchon et Jacques Cheminade », poursuit Jonathan, « mais nous avons eu un maire qui a signé notre attestation sur la route », se réjouit-il. L’échange s’est poursuivi avec les militants locaux, avec la visite notamment de l’ancien élu d’Evry et initiateur de la pétition pour le casier judiciaire vierge pour les élus, Philippe Pascot, venu leur apporter son soutien.

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22 avril 2017 6 22 /04 /avril /2017 18:58

 

QUE PODEMOS

 

Vous trouverez ci-dessous la troisième et dernière partie du message d’Héloïse Nez relatif à Podemos.

 

Le message est disponible en totalité à l’adresse ci-dessous.

 

Bernard Fischer

 

http://www.laviedesidees.fr/Que-podemos.html

 

Une démocratisation partielle de l’organisation

 

La démocratie interne avait été l’un des principaux enjeux du premier congrès de Vistalegre. Plus que le document politique qui était alors assez consensuel, les fractures concernaient le texte organisationnel. Plusieurs équipes avaient promu une participation importante des cercles et une collégialité du pouvoir, en reprenant des principes du mouvement du 15 mai 2011. Le projet de Pablo Echenique et de Teresa Rodríguez proposait ainsi un système de portes paroles multiples à tous les échelons de l’organisation et une implication des cercles dans les décisions stratégiques. Une autre candidature, portée par un militant de Barcelone issu du mouvement du 15 mai 2011, allait encore plus loin en ayant recours au tirage au sort pour élire les membres du conseil citoyen national. Mais l’équipe de l’université de la Complutense avait réussi à imposer une structure très verticale et centralisée, la succession de plusieurs scrutins décisifs en 2015 justifiant à ses yeux de sacrifier la démocratie interne au profit d’une organisation efficace.

Les deux ans et demi d’activité de cette architecture ont montré de nombreux dysfonctionnements. Même ses promoteurs reconnaissent aujourd’hui que les risques pointés par leurs adversaires d’hier étaient justifiés, tout en soulignant que cette organisation leur a permis d’obtenir de très bons scores électoraux. La réduction du pouvoir des cercles a d’abord démobilisé des militants de base et elle a affaibli la dynamique initiale du mouvement, dont l’originalité reposait sur l’auto organisation d’assemblées à travers le pays. La forte centralisation du pouvoir dans les mains du secrétaire général a ensuite entraîné des décisions autoritaires comme la destitution de Sergio Pascual, secrétaire d’organisation jusqu’au mois de mars 2016, ou de José Manuel López, porte-parole du parlement régional à Madrid jusqu’au mois de décembre 2016, qui ont accru les tensions internes. En outre, les consultations périodiques des inscrits ont eu tendance à se transformer en plébiscites, au moment par exemple de ratifier les alliances électorales à l’échelle nationale. Pour Alfredo Ramos, un politiste qui a analysé les processus participatifs au Brésil et est aujourd’hui assistant parlementaire de Podemos à Madrid, ce parti est « devenu un modèle de césarisme plébiscitaire assez éloigné des idéaux démocratiques du mouvement du 15 mai 2011 ».

Au deuxième congrès de Vistalegre, toutes les équipes ont mis en avant la nécessité de démocratiser l’organisation et de « transformer la machine de guerre électorale en mouvement populaire ». Ce projet avait été initié avec la nomination de Pablo Echenique au secrétariat d’organisation au mois de mars 2016, qui avait alors prévenu, « ou bien nous avons une organisation radicalement distincte de ceux qui nous ont précédés, ou bien notre destin sera inévitablement celui de la normalisation ». La principale modification qu’il proposait et qui fait désormais consensus est la décentralisation de Podemos. Elle implique de donner plus de pouvoir et une autonomie financière aux conseils citoyens régionaux et municipaux, ainsi qu’aux cercles territoriaux et thématiques. Par exemple, les décisions concernant les élections municipales et régionales, qui étaient prises par la direction nationale, le seront à l’avenir par les organes de direction à l’échelle territoriale correspondante.

Les autres changements organisationnels ont été plus conflictuels. Une consultation en amont du deuxième congrès de Vistalegre a concerné le mode d’élection du conseil citoyen national. Alors que Podemos défend une plus grande proportionnalité du système électoral espagnol, son organisation interne favorisait fortement l’équipe arrivée en tête.

Face à ce paradoxe, le projet d’Íñigo Errejón prévoyait une proportionnelle intégrale, mais l’option retenue a été une adaptation du système Borda proposée par Pablo Echenique, chaque électeur vote pour les candidats de son choix parmi une ou plusieurs listes en indiquant un ordre de préférence. Il en résulte un classement établi à partir du nombre de points obtenus par chaque candidat. L’application de ce système au deuxième congrès de Vistalegre montre le maintien d’effets majoritaires, qui a pénalisé la liste arrivée en troisième position.

Un autre sujet de désaccord concerne les procédures participatives internes. Si toutes les équipes affirment que la participation est un principe fondamental de Podemos, les mécanismes concrets diffèrent.

Le document de Pablo Iglesias ne propose quasiment aucun changement par rapport aux dispositifs existants, qui se résument à des consultations périodiques des inscrits sur des questions mises à l’ordre du jour par la direction nationale. La seule adaptation est de diminuer le seuil du nombre d’inscrits pour que ces derniers puissent impulser un référendum décisionnel sur un enjeu politique majeur, dix pour cent au lieu de vingt pour cent, ou un processus de révocation d’un membre de la direction nationale, vingt pour cent au lieu de vingt cinq pour cent. Ces pourcentages élevés et l’absence de mise à jour des effectifs, plus de quatre cent quatre vingt mille inscrits au mois de mars 2017, ont fait qu’aucune initiative de la base n’a pu aboutir jusqu’ici. C’est pourquoi l’équipe d’Íñigo Errejón envisageait de réduire ce seuil à trois pour cent des inscrits actifs pour les consultations générales et à quinze pour cent pour le vote révocatoire. Elle proposait aussi d’introduire de nouveaux mécanismes de participation interne, comme les consultations délibératives, pour que les référendums soient précédés d’une délibération, ou les laboratoires d’innovation politique, visant à organiser des débats sur certaines questions.

Comme lors du congrès fondateur, c’est le document organisationnel le moins démocratique qui a reçu le plus de votes. Il octroie toujours une place centrale au leader qui pourra continuer à profiter de sa forte médiatisation pour imposer ses idées lors des consultations auprès des inscrits, comme cela a été le cas lors de ce deuxième congrès. La place des militants a d’ailleurs été réduite dans cet événement qui relevait plus du meeting que de l’assemblée citoyenne annoncée. Au premier congrès de Vistalegre, la tribune était largement partagée entre les militants des cercles et les têtes visibles du parti, tandis que le public pouvait interagir avec les orateurs en posant des questions via une application en ligne. Au deuxième congrès de VistalegreI, une seule équipe composée de personnes non médiatiques, Podemos en Equipo, est venue défendre ses textes à la tribune aux côtés des trois listes principales. La participation du public s’est résumée à un vote présentiel pour élire les quatre membres du conseil citoyen national issus des cercles. Une vingtaine de militants de base ont ainsi eu une heure pour présenter leur candidature et défendre le message d’unité venu de la foule.

 

Quelle stratégie européenne ?

 

Unité et humilité, le mot d’ordre sorti du deuxième congrès de Vistalegre a été imposé par le public, formalisé dans une intervention très applaudie de Teresa Rodríguez, puis repris par Pablo Iglesias dans son discours final. La nouvelle répartition des responsabilités votée lors de la première réunion du conseil citoyen national le 18 février 2017 suite à un accord entre Pablo Iglesias, qui a conforté son assise sur le parti, et Íñigo Errejón, qui a accepté de faire un pas en arrière sur le plan national pour se concentrer sur les prochaines élections régionales à Madrid, semble écarter pour un temps le risque d’enlisement dans des divisions internes. La responsabilité est grande.

Ce qui est en jeu n’est pas seulement le futur de Podemos, mais aussi celui des formations progressistes en Europe face à la montée des forces conservatrices et xénophobes. Miguel Urbán, nouveau secrétaire de Podemos sur les questions européennes, n’était pas le seul à l’affirmer à ce congrès, « nos ennemis sont les fantômes du fascisme, des fantômes qui s’appellent Donald Trump et Marine Le Pen et qui sont bien présents. Et l’antidote contre ces fascismes s’appelle Podemos ».

Reprenant la célèbre formule d’Antonio Gramsci, « le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres », le député européen affirmait au mois de novembre 2016 que « les monstres surgissent quand le champ de bataille politique se structure autour des questions d’identité ou d’appartenance nationale plutôt que de démocratie et de justice sociale ».

L’une des grandes différences entre l’Espagne et d’autres pays européens comme la France réside, en effet, dans les questions qui dominent le débat public national. Ce ne sont pas la sécurité, l’immigration ou l’islam qui sont au centre de l’agenda médiatique et des conversations ordinaires en Espagne, mais la lutte contre la corruption et les inégalités sociales. Il s’agit d’un résultat majeur du processus de transformation politique et sociale que connaît le pays depuis 2011, avec le mouvement du 15 mai 2011 et l’émergence de formations politiques comme Podemos. C’est en cela que le nouveau parti peut constituer un rempart à la poussée de l’extrême droite en Europe, en proposant une autre lecture de la crise économique. La responsabilité des problèmes sociaux auxquels est confrontée la population n’est pas imputée au voisin étranger ou à l’assisté qui abuseraient des aides sociales, mais au banquier et à l’élu corrompu.

L’Espagne est d’ailleurs l’un des rares pays européens où la crise n’a pas profité au développement de formations xénophobes. La tentative de créer un parti d’extrême droite à la fin de l’année 2013 s’est soldée par un cinglant échec, Vox n’ayant obtenu que 1,56 % des suffrages aux élections européennes de 2014 et 0,23 % des suffrages aux élections législatives de 2015.

Pour que ce changement se traduise par une réorientation des politiques publiques, la stratégie européenne de Podemos serait toutefois à préciser et à renforcer. Dans les documents défendus au deuxième congrès de Vistalegre, seuls les anticapitalistes font référence aux leçons à tirer de l’expérience grecque, constatant que la stratégie de la négociation est condamnée à l’échec, ils défendent un plan B de désobéissance aux traités européens. Alors que Pablo Iglesias continue à soutenir Alexis Tsípras, leur proposition reprend des revendications défendues par Podemos à ses débuts puis abandonnées, comme le moratoire et l’audit de la dette publique. La question qu’ils soulèvent se pose à tous les partis politiques qui visent une transformation sociale en Europe, « gagner pour quoi faire ? Il ne s’agit pas seulement de gagner sur le terrain électoral, mais de livrer la bataille sur le terrain du pouvoir réel, là où le pouvoir du capital impose ses normes ».

 

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22 avril 2017 6 22 /04 /avril /2017 18:09

 

http://www.revolutionpermanente.fr/Etats-Unis-Appel-a-fermer-les-universites-contre-la-politique-de-Trump-le-1er-mai

 

Solidarité avec les travailleurs migrants des Etats Unis

 

Appel à fermer les universités contre la politique de Donald Trump le premier mai 2017

 

Professeurs, étudiants et intellectuels reconnus ont lancé une campagne appelant à fermer les universités le premier mai 2017, jour de la fête des travailleuses et des travailleurs. Aux Etats-Unis, cette journée n'est pas fériée. Nancy Fraser, Judith Butler, Cornell West et Etienne Balibar, entre autres, entourés de nombreux étudiants, font partie des premiers signataires.

 

Vendredi 14 Avril 2017

 

Nous relayons ci-dessous cet appel à la grève et à des actions de lutte, intitulé « academics and students call for a nation wide university shut down on may day » et publié originellement sur Left Voice.

 

Cette pétition circule actuellement parmi les étudiants, personnels et professeurs aux Etats-Unis.

 

Face à un climat dans lequel augmentent l’intolérance et la violence, nous appelons la communauté universitaire à cesser toute activité et à agir en solidarité avec la grève des travailleurs immigrés le premier mai 2017.

Nous faisons face à un moment de grande incertitude. Les mesures de sécurité sociale et les droits de base sont remis en cause avec une rapidité plus grande encore que ne le permettaient les interventions légales et législatives traditionnelles. Des millions de migrants vivent sous la menace quotidienne d’être séparés de leurs familles et communautés par des raids intensifiés du contrôle de l’immigration et des douanes (ICE).

De nombreuses attaques auxquelles nous faisons face affectent directement l’université. Les arts, les humanités et les sciences, subissent des coupes budgétaires, ainsi qu’une attaque contre le concept même de liberté de la recherche. Les enquêtes concernant le changement climatique sont exclues du domaine public, les budgets des universités sont pris en otage par les gouvernements des états et nous sommes sous la menace de subir des représailles de la part du gouvernement fédéral. Les suprémacistes blancs prennent l’offensive pour commettre des crimes sur nos campus et de tels faits sont minimisés dans le débat national.

Le premier mai 2017 sera un jour de lutte contre l’administration de Donald Trump et les conditions structurelles dans lesquelles il a émergé. Un jour où les travailleurs de tout le pays, salariés et chômeurs, entreront en grève, manifesteront, se rassembleront et feront entendre nos voix contre le sexisme, le racisme, la xénophobie et l’homophobie de cette administration et contre le système global de production qui les rend possibles. Les travailleurs migrants prendront la tête de cette offensive, des centaines de milliers d’entre eux ont déjà appelé à la grève et plusieurs centaines de milliers d’autres sont attendus, dans ce qui peut être la plus grande grève de l’histoire des Etats-Unis.

Nous appelons la communauté universitaire à faire vivre la promesse d’une plus haute éducation, en arrêtant les activités pour le premier mai 2017, comme acte de solidarité. Alors que les forces productives de la nation arrêteront le travail pour cette journée d’action, les universités doivent s’arrêter aussi, car les travailleurs et les étudiants salariés de nos campus connaissent bien la brutalité des politiques néolibérales et la précarisation des conditions de travail, tandis que certains des étudiants font d’ores et déjà face à la terreur des raids de l’ICE.

Nous appelons les universités de tout le pays à s’engager dans l’action du premier mai 2017 pour que les étudiants, les travailleurs et les professeurs américains ou étrangers, avec ou sans papiers, puissent participer à ce jour de manifestations et à des cours ouverts alternatifs, en solidarité avec le jour sans les migrants, nom qu’a pris le jour de grève des travailleurs migrants. Nous appelons les administrateurs d’universités et les professeurs à annuler les cours, fermer les bureaux et reporter les activités de maintenance, pour démontrer notre solidarité avec les travailleurs migrants et notre soutien à leurs stratégies de résistance.

En tant qu’administrateurs, nous nous engageons à cesser tout activité normale à l’université pour permettre aux professeurs, travailleurs et étudiants de participer à ce moment d’engagement, sans perte de salaire ni représailles.

En tant que professeurs, nous nous engageons à organiser des cours ouverts alternatifs ou à rejoindre nos étudiants participant aux manifestations, à la place des cours habituels.

En tant que travailleurs de l’université, nous nous engageons à ne pas travailler et à permettre aux étudiants salariés de faire de même.

En tant qu’étudiants, nous nous engageons à participer aux cours ouverts alternatifs et aux manifestations, au lieu d’aller en cours.

En tant que membres de la communauté universitaire, nous nous engageons à agir pour soutenir tous ceux qui feraient face à des représailles pour leur participation à cet arrêt de travail ou à d’autres actions du premier mai 2017.

 

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22 avril 2017 6 22 /04 /avril /2017 17:33

 

Les scientifiques se mobilisent contre les politiques de Donald Trump (Reuters)

 

Des milliers de scientifiques américains ont commencé à défiler Samedi 22 Avril 2017 dans les rues de Washington et de New York pour dénoncer les coupes financières souhaitées par Donald Trump dans les budgets de la recherche, les faits alternatifs et les autres remises en cause de la science qu'ils reprochent à la nouvelle administration américaine.

Ces manifestations, sans précédent, coïncident avec la journée de la terre.

D'autres marches pour les sciences sont organisées à travers le monde, comme en Australie, en France ou au Brésil, et dans d'autres villes des Etats-Unis.

En France, plusieurs milliers de personnes se sont mobilisées dans une dizaine de villes. D'après les organisateurs, elles étaient environ cinq mille à Paris, un millier à Toulouse et à Montpellier, cinq cent à Lyon et à Marseille, quatre cent à Nantes et une centaine à Brest et à Orléans.

« La science n'est pas démocrate ou républicaine, libérale ou conservatrice », souligne le réseau à l'origine de la manifestation de Washington, insistant sur le caractère apolitique de la démarche.

« Il nous est récemment apparu qu'il était temps de prendre la parole », a expliqué Rush Holt, directeur de l’association américaine pour l'avancement des sciences et ancien élu démocrate, lors d'une conférence de presse.

« Je ne dirais pas que c'est fondamentalement à cause de Donald Trump, mais il ne fait aucun doute que des inquiétudes sont apparues ces derniers mois sur toutes sortes de sujets », a ajouté ce spécialiste de physique nucléaire.

Parmi les sujets qui inquiètent la communauté scientifique américaine, le projet de Donald Trump de réduire les budgets des agences fédérales intervenant dans le champ scientifique, comme l’agence de protection de l'environnement (EPA) dont le président américain veut réduire de trente et un pour cent la dotation financière dans le budget 2018.

Sa remise en cause du changement climatique, que Donald Trump a présenté comme une invention des chinois visant à nuire à la compétitivité des entreprises américaines, inquiète aussi les scientifiques au moment où la Maison Blanche réfléchit à la nécessité de maintenir ou non les Etats-Unis dans l’accord de Paris sur le climat.

« Il est important de montrer à cette administration que nous croyons aux faits », souligne Chris Taylor, un doctorant en robotique de la George Mason University, dans l’état de Virginie, l'un des quelque deux mille premiers manifestants arrivés sur le National Mall, l'esplanade qui s'étend au pied du Capitole, à Washington.

Plus globalement, les chercheurs américains dénoncent ce qu'ils voient comme un scepticisme croissant dans la classe politique et d'autres catégories de la société à l'égard des sciences qui se manifeste aussi sur des sujets comme les Organismes Génétiquement Modifiés (OGM), l'évolution ou les vaccinations.

« C'est vraiment l'éternel débat entre les conceptions rationnelles et irrationnelles de l'univers », observe Elias Zerhouni, ancien directeur des instituts nationaux de la santé.

Les organisateurs de la manifestation française notent que « la marche pour les sciences, initiée au Etats-Unis en réponse aux multiples positions contre les sciences du nouveau président des Etats-Unis, a pour objectif de défendre l'indépendance et la liberté des sciences. En France, la question du changement climatique, pourtant essentielle à l'échelle de la planète, est trop peu présente dans les débats de la campagne présidentielle ».

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22 avril 2017 6 22 /04 /avril /2017 17:17

 

http://www.marchepourlessciences.fr/a-propos/pourquoi-marcher

 

http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/02/15/marchons-le-22-avril-pour-signifier-l-immense-danger-que-represente-la-mise-au-pas-des-sciences_5080007_3232.html

 

Samedi 22 Avril 2017, marchons pour les sciences

 

Comité d'organisation de la marche pour les sciences

 

Mercredi 15 Février 2017

 

Depuis le 20 janvier 2017 et l’investiture de Donald Trump, chaque jour amène son lot d’annonces fracassantes et de décrets liberticides. Les sciences, et plus généralement le monde académique, font partie des premières cibles de la nouvelle administration. Une hostilité idéologique à l’égard des sciences s’exprime désormais dans la doctrine officielle de la Maison Blanche. Le président Donald Trump a ainsi dès les premiers jours cherché à contrôler les programmes de recherche susceptibles de recevoir des crédits fédéraux et il a restreint la diffusion des résultats de grandes agences fédérales comme l'agence pour la protection de l'environnement (EPA), à la tête de laquelle a été placé un climatosceptique proche des lobbies de l’énergie.

Pourquoi Donald Trump cible-t-il ainsi le monde universitaire et la recherche ? Pour la même raison qu’il cible le journalisme d’investigation.

Les scientifiques comme les journalistes utilisent une méthode basée sur la collecte, la vérification et l’analyse des faits. Impossible pour eux de souscrire à la fabrication pure et simple et à l’utilisation d'alternative facts et de post vérités pour donner crédit à des positions idéologiques favorisant les grands lobbies industriels ou religieux sur des sujets aussi divers que le changement climatique, la vaccination, l’économie, le port d’armes, l’interruption de grossesse, les mouvements migratoires ou les relations internationales. À la pointe de cet obscurantisme, négateurs et idéologues de l'Alt Right s’allient à la Maison Blanche et à de puissants lobbies industriels pour semer le doute sur les faits pourtant rigoureusement documentés et consensuels au sein de la communauté des sciences du climat et de l’environnement. Niant le consensus scientifique autour de l’impact des activités humaines sur le réchauffement de la planète et la nécessité d’y remédier par des stratégies d’adaptation globales et aiguillées par des résultats scientifiques sûrs, les nouveaux pouvoirs en place cherchent à asservir le travail des agences scientifiques aux intérêts à court terme des grandes firmes industrielles.

Les communautés scientifiques des Etats Unis, pourtant peu politisées, n’ont pas tardé à mettre en place des stratégies de résistance comme la sauvegarde de données sensibles susceptibles d’être effacées sur ordonnance et des manifestations contre le décret contre l'immigration affectant les ressortissants de sept pays à majorité musulmane, qui aurait des effets désastreux sur la collaboration scientifique, mais aussi la création de comptes de réseaux sociaux renégats ou alternatifs pour la National Aeronautics and Space Administration (NASA), l’EPA ou les instituts nationaux de santé, qui tous échappent au contrôle de l'état.

Inspirée de la Women’s March, l’organisation d’une March for Science à Washington et dans d’autres villes des Etats Unis fait partie de ces initiatives. Elle aura lieu le Samedi 22 Avril 2017, le jour de la terre, pour signifier l’immense danger que représente la mise au pas des sciences.

Ces mouvements décentralisés et spontanés se sont étendus à l’étranger.

« La science n’a pas de patrie », disait Louis Pasteur, son universalisme fait sa force et sa grandeur.

Si la négation des résultats scientifiques, issus des sciences de la nature comme des sciences humaines et sociales, est pour l’heure moins développée en France qu’aux États-Unis, les motifs d’inquiétude n’en restent pas moins nombreux. Cela concerne des prises de position répétées de nos responsables politiques, du haro contre la soi-disant culture de l’excuse des sciences humaines et sociales au retour du roman national dans les programmes d’histoire, jusqu’aux sorties de route climato sceptiques d’un ancien président de la république, sans oublier l’intronisation du moteur diesel au cœur de la mobilité environnementale.

Les orientations stratégiques de l'état sur la recherche et l’enseignement supérieur ces dernières années sont une autre source de préoccupation.

Dans la maigre part consacrée aux sciences des programmes politiques des principaux candidats à la prochaine élection présidentielle de 2017, et ce quel que soit leur bord, celles-ci ne comptent qu’à travers leur mise au service de l’innovation et de l'économie de la connaissance. Cette vision étriquée et à court-terme contribue à l’affaiblissement des recherches fondamentales, menées sur le long terme, qui seules permettent de suffisamment comprendre notre monde et nos sociétés pour détecter et aider à anticiper ses évolutions futures.

Aux États-Unis, en France et partout ailleurs, les sciences doivent être remises au cœur du débat public. Marcher en nombre, comme ont décidé de le faire les scientifiques des Etats Unis, et ceux d’au moins huit pays européens, est un moyen d’y parvenir. La marche citoyenne pour les sciences en France initiée le 27 janvier 2017 participe de ce mouvement international. Synchronisée dans plusieurs villes de France où des comités locaux sont en cours d’organisation, elle rassemblera Samedi 22 Avril 2017 toutes les citoyennes et tous les citoyens qui estiment que, dans notre démocratie, la reconnaissance de la démarche scientifique fondée sur la collecte, la vérification et l’analyse rationnelle de faits, et la garantie de son indépendance vis-à-vis des pouvoirs en place, sont des enjeux essentiels.

Hasard du calendrier, cette grande manifestation aura lieu la veille du premier tour des élections présidentielles. C’est une formidable opportunité de montrer que science et démocratie forment un couple inséparable.

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21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 17:04

 

https://reporterre.net/Le-premier-tour-mobilise-aussi-dans-la-rue

 

Le premier tour mobilise aussi dans la rue

 

Premier tour social, jour debout et nuit des barricades, différentes initiatives sont prévues le week-end du premier tour des élections présidentielles. Le point commun de ces mouvements sociaux est que le vote ne suffit pas.

« Soyons toutes et tous au rendez-vous avec notre avenir, celui de nos enfants et de nos petits-enfants, reprenons ce qui nous appartient et ne laissons pas notre devenir entre les mains d’une poignée qui décide depuis trop longtemps sans et contre nous ». Ainsi débute l'appel du Samedi 22 Avril 2017, lancé par des organisations syndicales de la Confédération Générale du Travail (CGT) et de l'Union Syndicale Solidaire (USS), mais également des collectifs comme Urgence Notre Police Assassine (UNPA) et des associations comme la compagnie Jolie Môme ou le Droit Au Logement (DAL). Le mot d’ordre de ce premier tour social est simple, « prenons la rue pour imposer notre programme ».

Rendez-vous est donné Samedi 22 Avril 2017 place de la République, à Paris, afin de « porter le programme du mouvement social », explique Gaël Quirante, employé de la poste et militant du Syndicat Unitaire et Démocratique (SUD) de la poste. Abrogation de la loi travail, fin des répressions dans les entreprises et dans les quartiers populaires, défense des services publics et renforcement des acquis sociaux, « quelle que soit l’issue des élections, il y a une nécessité de multiplier les luttes pour se faire entendre et ne pas croire aux belles promesses d’un homme providentiel », poursuit Romain Altmann, du syndicat de l'information et de la communication de la CGT, citant les grèves et les occupations de 1936, « les congés payés et les augmentations de salaires n’étaient pas dans le programme du Front Populaire, c’est la rue qui a obtenu ces droits sociaux ».

« Ce n’est ni à travers les élections ni à travers les institutions que l’on arrive à changer la vie », résume Gaël Quirante, « c’est en établissant un rapport de force ». Pour autant, tous se défendent d’un événement anti-électoraliste. « Il y a parmi nous des abstentionnistes et des votants », précise Loïc Canitrot, de la Compagnie Jolie Môme. « La question n’est donc pas de savoir s’il faut voter ou manifester mais de rappeler que, quel que soit le prochain locataire de l’Élysée, c’est toujours dans la rue que cela se passe ». En cas de victoire de Jean Luc Mélenchon, il faudra donc « pousser le changement par la pression populaire ». Sinon, il s’agira de « constituer un front social pour résister au détricotage programmé des acquis de la jeunesse et du monde social ». Pour le comédien, ce premier tour social s’inscrit en miroir de l’isoloir, « pour changer le système, nous voulons nous retrouver tous ensemble et pas chacun dans son coin avec son bulletin de vote ».

Cette manifestation s’inscrit dans la droite, plutôt la gauche, en l’occurrence, ligne des mobilisations contre la loi travail et de Nuit Debout.

« Nous avons été nombreux au printemps 2016 à réfuter l’idée que cela se réglerait électoralement. Il y a eu une réappropriation du débat politique et de l’espace public par les citoyens, hors du cadre institutionnel », rappelle Loïc Canitrot. Mais la fin abrupte du mouvement, le 15 septembre 2016, sur décision des centrales syndicales, en a dégoûté plus d’un. « Les directions nationales ont enterré un peu vite une mobilisation inégalée et inédite depuis plusieurs années », raconte Gaël Quirante. « Cela nous a renforcés dans l’idée que nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes et nous avons décidé de poursuivre ce travail de convergence des luttes et de constitution d’un front social ».

« Les appareils syndicaux sont frileux par rapport à cette idée de rassemblement unitaire », renchérit Romain Altmann. « Nous avons donc décidé de faire ce travail à partir de la base ». Meetings et réunions publiques s’enchaînent ainsi depuis l’automne 2016, réunissant des militants d’horizons variés. Guyanais en grève, livreurs auto entrepreneurs en lutte contre l’ubérisation ou sans-papiers se retrouvent donc ensemble.

Pour Gaël Quirante, la bataille contre la loi travail a ainsi permis de créer des liens entre des organisations différentes et des fronts de lutte a priori sans relation, « en semant les graines de la convergence des luttes, ce mouvement a remporté une belle victoire ».

Romain Altmann voit dans le premier tour social un point de départ, mais également un aboutissement des luttes menées depuis la loi travail.

« Nous voulons donner un écho à toutes les mobilisations partout en France, pour montrer qu’il n’y a pas de trêve électorale ». Face à une situation sociale dégradée, le syndicaliste observe une forte combativité de la part des citoyens, qui n’attendent plus rien ou presque des politiques. La page Facebook des luttes invisibles recense ainsi chaque jour plus de cent cinquante mobilisations en métropole et en outre-mer.

« Ne pas se satisfaire de l’élection comme seul moyen de participation », c’est également le but d’une autre mobilisation prévue ce week-end, Jour Debout. « De nombreuses personnes ne se satisfont plus du système politique actuel qui consiste à glisser un bulletin dans l’urne et à ne plus rien faire pendant cinq ans », expose Thomas, membre de Jour Debout Paris. « Nous voulons un changement des règles du jeu, donc de la constitution, pour que les citoyens soient vraiment impliqués dans les décisions ».

De même que pour le premier tour social, Jour Debout ne se revendique d’aucun candidat, même si Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon se sont engagés à passer à la sixième république. « Dans l’éventualité où ils seraient élus, il faudrait de toute façon un fort engagement citoyen pour faire pression sur le conseil constitutionnel et les autres institutions qui pourraient bloquer le processus constituant », explique Thomas. D’où l’idée de créer une « forme d’expression nouvelle, citoyenne, non violente et collective », pour réclamer au-delà des élections un chamboulement institutionnel. Casserolades, assemblées à la Nuit Debout et ateliers sont ainsi prévus sur des places publiques partout en France.

L’appel national se décline ainsi dans plusieurs villes sous forme d’actions variées. À Montpellier, Frank Bernard entend avec d’autres présenter toutes les alternatives initiées dans l’agglomération pour faire émerger ce nouveau monde. « Les gens ont besoin de réponses concrètes et d’outils pour savoir comment changer la société au jour le jour », explique-t-il.

Dimanche 23 Avril 2017 à partir de 14 heures, des ateliers de désobéissance civile, des échanges sur les relations entre policiers et citoyens ou des rencontres autour des monnaies libres et locales se tiendront place de la Comédie à Montpellier.

D’autres événements sont prévus partout en France ce week-end, comme la nuit des barricades, lancée par Génération Ingouvernable, Dimanche 23 Avril 2017 à 18 heures place de la Bastille à Paris.

Malgré leur diversité de forme, toutes ces actions s’inscrivent dans une même logique, résumée par Loïc Canitrot, « cette période électorale ne doit pas être un long couloir sans issue. Les gens ne veulent plus être de simples consommateurs de politique par l’intermédiaire du vote ».

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21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 16:29

 

https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/210417/le-jour-d-apres

 

Le jour d’après le premier tour des élections présidentielles

 

Vendredi 21 Avril 2017

 

Insatisfaits de l'offre politique à gauche, treize militants de partis, de syndicats et du monde associatif, expliquent pourquoi ils se projettent déjà dans l'après-élection.

 

La refondation d'un projet politico-social et idéologique alternatif à ce capitalisme destructeur de droits sociaux et de l'environnement ne sera crédible et attractive que si elle émerge de pratiques pluralistes et démocratiques, ancrées dans les réseaux militants

Nous sommes de ceux et celles qui se sont mobilisés avec Nuit Debout contre la loi travail. Derrière elle, nous rejetions une république française de plus en plus liberticide et discriminatoire, rouage d'un capitalisme du vingt et unième siècle qui nous ramène au dix neuvième siècle, et d'une Union Européenne qui nous y enfonce. Nous cherchions aussi ce que pourrait être l'alternative à la profonde crise de la démocratie représentative, incluant celle des partis, sans réponse claire à ce jour, mais certainement pas convaincus par la stratégie dite de populisme de gauche opposée au populisme de droite.

Nous faisons nôtres les objectifs des réseaux associatifs contre l'état d'urgence et de guerre, ou encore défendant nos droits contre leurs privilèges comme ceux de la manifestation du Dimanche 19 Mars 2017 pour la justice et la dignité, reprenant les slogans des soulèvements du monde arabe. Nous combattons les politiques prétendument universalistes de mise en concurrence généralisée des populations, de même que les pseudo alternatives nationales et libérales qui dressent des murs contre les étrangers, roms, musulmans, non blancs ou non français, qui nous voleraient notre sécurité sociale, nos emplois et notre identité. Ce sont les mêmes faux dilemmes qui sont à l'oeuvre aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en Hongrie comme en France. Hilary Clinton n'était pas davantage une réponse à Donald Trump qu'Emmanuel Macron ne le serait à Marine Le Pen ou à François Fillon.

L'espoir d'une recomposition progressiste, à gauche d'un Parti Socialiste discrédité qui tarde à mourir, ne trouvera pas de réponse dans ces élections, ni du côté de Benoît Hamon, valorisant la politique de François Hollande au Mali et confronté à l'impasse de tout colmatage du Parti Socialiste, ni de celui de Jean-Luc Mélenchon, qui combat la monarchie présidentielle en reprenant ses méthodes et dont la stratégie politique est ancrée dans un discours tricolore aux dérives internes et internationales inquiétantes. Pourtant, des axes communs de ces deux candidats s’opposant à la loi travail et aux politiques d'austérités françaises et européennes, soulignant les urgences écologiques et refusant les politiques racistes et sécuritaires, ont fait légitimement naître l'espoir d'une candidature unique sur de telles bases. Et, à défaut, le vote pour Jean Luc Mélenchon est apparu de plus en plus comme susceptible de l'emporter à la fois contre Marine Le Pen, François Fillon et Emmanuel Macron, et d’ouvrir une crise politique autour de l’exigence d’une sixième république.

Pourtant, la conception populiste de Jean Luc Mélenchon ne permet pas de concevoir le Mouvement de la France Insoumise (MFI) comme émanant d'une dynamique d'en bas, réellement plurielle et démocratique.

La candidature de Philippe Poutou a dans ce contexte plusieurs mérites, exprimer une rupture avec le présidentialisme, ne pas laisser l'expression politique aux politiciens et mettre l'accent sur la nécessité des mobilisations sociales et auto-organisées pour bâtir d'autres possibles, tout en affichant un programme internationaliste. Mais pas plus que Nathalie Arthaud, Philippe Poutou ne s’inscrit dans une démarche politique et sociale pluraliste crédible, permettant de construire un bloc alternatif qui réponde aux enjeux majeurs de société, respectant l'autonomie et la diversité des cheminements pour assurer la convergence des mobilisations.

Il y aura donc aussi beaucoup d'abstentions et d'hésitations et les signataires de ce texte n'opteront pas nécessairement pour le même bulletin. Mais face aux menaces, quels que soient les choix tactiques de votes et les résultats des élections présidentielles et des élections législatives, à ce jour totalement imprévisibles, l'indispensable troisième tour doit être, mais ne peut être seulement, social et dans la rue. La refondation d'un projet politico-social et idéologique alternatif à ce capitalisme destructeur de droits sociaux et de l'environnement ne sera crédible et attractive que si elle émerge de pratiques pluralistes et démocratiques, ancrées dans les réseaux militants, rejetant la subordination des mouvements sociaux aux partis politiques et donc en inventant une redéfinition radicale du politique. Celle-ci doit imprégner les luttes comme les futures campagnes législatives et européennes.

Le jour d'après le premier tour, quels qu'en soient les résultats, nous appelons celles et ceux se réclamant d'une alternative au capitalisme à multiplier les rencontres en ce sens.

 

Les signataires sont des militants des réseaux associatifs, altermondialistes, syndicalistes, antiracistes, féministes, LGBT et autogestionnaires, pour certains membres de diverses organisations de la gauche radicale.

 

Premiers signataires

 

Bernard Chapnik, Florence Ciaravola, Thomas Coutrot, Bruno Della Sudda, Jacques Fortin, Laurent Lévy, Philippe Marlière, Richard Neuville, Catherine Samary, Nadine Slyper, Patrick Silberstein, Josette Trat et Sophie Zafari.

 

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