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21 mars 2017 2 21 /03 /mars /2017 21:15

 

François Hollande et Bernard Cazeneuve tranchent le cas de Bruno Le Roux (Reuters)

 

François Hollande et Bernard Cazeneuve ont tranché Mardi 21 Mars 2017 le cas du ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux, qui a démissionné moins de vingt quatre heures après des révélations sur l'emploi de ses filles comme assistantes parlementaires à l’assemblée nationale.

A trente trois jours du premier tour des élections présidentielles, le chef de l’état et le premier ministre ont ainsi évité de prêter le flanc aux accusations d'instrumentalisation de la justice brandies par le candidat de la droite, François Fillon.

L'ancien premier ministre, mis en examen dans l'affaire des emplois fictifs présumés dont aurait notamment bénéficié son épouse Pénélope Fillon comme assistante parlementaire, n'a de cesse de dénoncer le traitement particulier dont il se dit la cible.

Le Parquet National Financier (PNF) a agi avec une célérité plus grande encore dans le cas de Bruno Le Roux, en annonçant Mardi 21 Mars 2017 en début d'après-midi l'ouverture d'une enquête préliminaire visant le ministre de l’intérieur.

L’ancien chef de file des députés socialistes a alors été reçu par François Hollande en présence de Bernard Cazeneuve.

Mardi 21 Mars 2017 peu après 18 heures, après une rencontre avec des élus de Seine-Saint-Denis, il a annoncé à la préfecture de Bobigny sa démission d'un ministère où il avait succédé à Bernard Cazeneuve il y a seulement trois mois et demi, le 6 décembre 2016.

Peu après, l'Elysée annonçait son remplacement par une étoile montante du Parti Socialiste, Matthias Fekl, jusqu'ici secrétaire d’état au commerce extérieur et soutien du candidat socialiste au premier tour des élections présidentielles, Benoît Hamon.

L'enquête ouverte par le PNF et confiée à l'Office Central de Lutte contre la Corruption et les Infractions Financières et Fiscales (OCLCIFF) vise des faits révélés Lundi 20 Mars 2017 par une émission de la chaîne de télévision TMC.

Selon cette émission, les filles de Bruno Le Roux, âgées aujourd'hui de vingt trois et de vingt ans, auraient cumulé respectivement quatorze et dix Contrats à Durée Déterminée (CDD) effectués pendant les vacances scolaires, entre 2009 et 2016.

Lors de deux contrats spécifiques, l'aînée était en même temps en stage à plein temps chez Yves Rocher, en Belgique, et la benjamine en cours en classe préparatoire à Paris.

Bruno Le Roux a admis avoir embauché ses deux filles comme collaboratrices parlementaires pour des emplois d'été.

« Ces contrats, ponctuels et officiels, conformes aux règles juridiques des services de l’assemblée nationale, correspondaient tous bien sûr à des travaux effectivement réalisés », s'est-il défendu dans son discours de Bobigny.

Mais « je ne veux à aucun prix que ce débat fait d’amalgames puisse porter atteinte au travail du gouvernement », a-t-il poursuivi. « La responsabilité particulière qu'impose la lutte quotidienne contre le terrorisme, contre la délinquance et pour la maîtrise des flux migratoires, implique de ne prêter le flanc à aucune instrumentalisation. J'affirme mon honnêteté dans les rapports humains comme dans tous mes actes politiques. Mais ma responsabilité est aussi de préserver totalement l’action gouvernementale, c’est pourquoi j’ai adressé ma démission au président de la république ».

Bruno Le Roux est le troisième ministre de François Hollande contraint de démissionner dans ce type de conditions, après l’ancien ministre du budget Jérôme Cahuzac, accusé de fraude fiscale, il y a quatre ans, et l’ancien secrétaire d’état au commerce extérieur, Thomas Thévenoud, lui aussi en délicatesse avec le fisc, au mois de septembre 2014.

Cette affaire intervient alors que la moralisation de la vie publique est devenue un des thèmes de la campagne présidentielle après la mise en examen de François Fillon et les déboires judiciaires de la candidate du Front National, Marine Le Pen.

Le candidat du Mouvement En Marche, Emmanuel Macron, a promis une « grande loi de moralisation de la vie publique ».

Lors du premier débat télévisé des prétendants à l'Elysée, Lundi 20 Mars 2017, François Fillon a pour sa part promis, s'il est élu, la création d'une commission chargée de faire des propositions en matière de transparence de la vie publique.

La plupart des candidats se sont dits pour une interdiction de l'emploi par les parlementaires de membres de leur famille.

 

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20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 21:02

 

https://socialistworker.co.uk/art/44285/Large+march+in+Paris+caps+off+international+weekend+of+anti+racism

 

Grande manifestation à Paris pour le week-end international de lutte contre le racisme

 

Plus de dix mille personnes ont manifesté à Paris, Dimanche 19 Mars 2017, contre le racisme et les violences policières. La marche pour la justice et la dignité a été convoquée par les familles des victimes de violences policières, majoritairement de milieux noirs et arabes.

Des partis de gauche se sont également joints à la marche, ainsi que des syndicats et des dizaines d'organisations locales antiracistes et de soutien aux migrants.

Cette manifestation arrive après l’agression et le viol du jeune noir Theo par la police, ce qui a suscité des protestations de colère dans les dernières semaines.

La campagne électorale présidentielle est également en plein essor et la candidate d’extrême droite Marine Le Pen est en tête des sondages.

Elle et la plupart des autres candidats promettent de renforcer la police et d'augmenter son financement.

Un mouvement de masse contre Marine Le Pen est désespérément nécessaire.

Le Front National ne sera pas battu de manière décisive par des pactes électoraux. Au lieu de cela, l'unité active dans les rues et sur les lieux de travail est nécessaire.

Dans la manifestation, l'ouvrier sénégalais Lhadji a déclaré à Socialist Worker que « l’état français avait eu besoin de soldats sénégalais pour gagner la seconde guerre mondiale et de travailleurs migrants pour reconstruire le pays par la suite. Mais aujourd'hui on nous dit que nous ne sommes plus nécessaires. Nous sommes confrontés à des pressions quotidiennes de la part de la police et du gouvernement qui veulent fermer nos logements et nos restaurants communautaires, essentiellement partout où les migrants peuvent se rencontrer et être ensemble ».

Il a ajouté « qu’on nous dit que notre mode de vie cause des problèmes. Mais c'est une excuse raciste pour diviser et isoler les migrants. L'unité est notre force et c'est pourquoi nous nous organisons dans nos quartiers avec l'aide des militants de gauche. Nous démontrons aujourd'hui que nous ne serons pas intimidés par la police ».

Pour Luisa, une militante des banlieues pauvres de Paris, la manifestation a été l'occasion de replacer la politique dans l'antiracisme.

« Nous avons été nourris d'un antiracisme moraliste et humaniste par l’état raciste qui opprimait les colonies hier et envoie sa police pour opprimer les banlieues aujourd'hui », a-t-elle déclaré.

« Les personnes d'origine immigrée doivent s'organiser et parler de leur propre voix contre le racisme traditionnel ».

Catherine, une représentante syndicale de la Confédération Générale du Travail (CGT), a déclaré que « les syndicats ont le devoir de protéger les travailleurs sans papiers qui sont surexploités par les patrons et constamment menacés de licenciements. Ils paient des impôts mais ne récoltent aucune des prestations de soins de santé ou de chômage. C'est inacceptable ».

La manifestation du Dimanche 19 Mars 2017 était une manifestation prometteuse d'unité entre ceux qui subissent le racisme d’état en France.

Ce doit être le point de départ pour une organisation et une convergence plus poussées entre les gens ordinaires de tous les horizons. La résistance contre Marine Le Pen et Donald Trump ne fait que commencer.

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20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 18:37

 

http://www.liberation.fr/france/2017/03/19/contre-les-violences-policieres-une-manif-plusieurs-familles_1556908

 

Contre les violences policières, une manifestation et plusieurs familles

 

Par Ismaël Halissat

 

Des milliers de personnes ont défilé Dimanche 19 Mars 2017 à Paris de la place de la Nation à la place de la République à l'appel d'organisations hétéroclites, mais sans la famille d’Adama Traoré.

Balle de football au pied, jogging bleu et coupe de cheveux dans le genre de celles des rappeurs de PNL, un adolescent, la quinzaine, se demande ce qu’il se passe au loin. De là, on n’aperçoit que les gyrophares des camions de gendarmes mobiles. Il s’approche et voit un cortège avancer. Une banderole ouvre la marche avec les figures et les noms de plusieurs hommes tués ou blessés lors d’interventions des forces de l’ordre. En lettres blanches sur fond noir, « stop à l’impunité policière ». Plusieurs milliers de personnes ont défilé à Paris, Dimanche 19 Mars 2017 de la place de la Nation à la place de la République, pour la justice et la dignité.

Cette marche, prévue depuis plusieurs mois, a été organisée par Amal Bentounsi, du collectif Urgence Notre Police Assassine (UNPA). En 2012, son frère Amine Bentounsi a été tué d’une balle dans le dos par un agent. Ce policier a été condamné en appel il y a quelques jours à cinq ans de prison avec sursis. La thèse de la légitime défense a été écartée par la cour d’assises. « Une victoire », disait Amal Bentounsi après l’audience. Micro en main, elle est en première ligne aujourd’hui.

« Nous allons écouter les paroles de plusieurs familles de victimes de violences policières », annonce-t-elle. La mère d’Hocine Bouras, détenu tué par un gendarme lors d’un transfert entre la maison d’arrêt de Strasbourg et le palais de justice de Colmar, prend la parole.

L’instruction avait conclu au mois de septembre 2016 à un non-lieu. Dans le cortège, de nombreuses organisations sont représentées. On croise Lutte Ouvrière, l'Union Syndicale Solidaire (USS), la Ligue des Droits de l'Homme (LDH), ATTAC et Droit Au Logement (DAL), mais pas SOS Racisme, qui n’a pas pris part à l’appel. Plusieurs de ces associations ont participé aux réunions préparatoires. Des politiques sont également là, Philippe Poutou, candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) au premier tour des élections présidentielles, Eric Coquerel, coordinateur du Front De Gauche (FDG), et Pierre Laurent, secrétaire national du Parti Communiste Français (PCF). Une présence qui n’est pas du goût de tous. « Il ne faut pas que les premiers concernés soient dépossédés de leur lutte », réagit une militante antiraciste.

« La marche est ouverte à tous ceux qui souhaitent nous soutenir, car même si les quartiers populaires restent les premières victimes, ils ne sont plus les seules », se justifiait Amal Bentounsi au Monde ce week-end. Le portrait de Rémi Fraisse sur la banderole l’atteste. Le militant écologiste avait été tué par la grenade d’un gendarme au mois d'octobre 2014 lors d’affrontements à Sivens, dans le département du Tarn.

Les mois de mobilisation contre la loi travail ont également fait émerger la question des violences policières dans le centre des villes. Jusqu’à devenir un motif de revendication lors des manifestations.

« Ce qui est important, c’est que l’appel à manifester vienne avant tout des familles », estime Annick Coupé, d’ATTAC, qui a participé aux réunions de préparation. « D’habitude c’est l’inverse, c’est mieux comme cela ». Au mois de février 2017, une manifestation organisée notamment par SOS Racisme, le Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP) et le Conseil Représentatif des Associations Noires (CRAN) avait été critiquée par des militants antiracistes, qui jugeaient ces organisations déconnectées de la réalité des quartiers populaires.

Très mobilisée depuis plusieurs mois, une famille était absente Dimanche 19 Mars 2017, celle d’Adama Traoré, tué au mois de juillet 2016 lors de son interpellation. Son nom est présent dans les slogans, mais Adama Traoré ne figure pas sur la banderole en tête de cortège.

Sa sœur Assa Traoré, devenue la porte-parole de la famille, a fait le choix de ne pas participer à la manifestation. « Nous n’avons pas besoin de signer un texte pour marcher. L’appel ne nous correspondait pas. Mais si cela permet d’aider les familles des victimes de violences policières, c’est très bien », a-t-elle indiqué à Libération.

 

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20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 18:16

 

Angela Merkel hausse le ton après les propos de Recep Tayyip Erdogan sur le nazisme (Reuters)

 

La chancelière allemande Angela Merkel a haussé le ton Lundi 20 Mars 2017 et elle a demandé à la Turquie de cesser de prêter aux dirigeants allemands des méthodes nazies, ajoutant que Berlin se réservait le droit d'interdire les interventions de responsables turcs sur le sol allemand.

Berlin est de plus en plus irrité face aux accusations répétées de Recep Tayyip Erdogan qui taxe l'Allemagne de pratiques nazies en interdisant des rassemblements et la présence de certains dirigeants politiques turcs sur le sol allemand, en vue du référendum constitutionnel du 16 avril 2017 sur un régime présidentiel, qui conférerait des pouvoirs élargis au chef de l’état turc.

« Ma demande à la Turquie pour qu'elle cesse les comparaisons avec le nazisme est toujours d'actualité. Malheureusement, nous avons constaté qu'elles ne cessaient pas et nous ne tolérerons pas que tous les tabous soient enfreints », a dit la chancelière à Hanovre, où elle se trouvait au salon des technologies CEBIT.

Le ministère allemand des affaires étrangères, a dit Angela Merkel, a adressé à Ankara une note verbale sans ambiguïté, ces derniers jours, pour signifier que les hommes politiques ne pourraient venir s'exprimer en Allemagne que s'ils respectaient les lois allemandes, lesquelles interdisent de manière très claire les accusations particulièrement malveillantes visant le gouvernement.

Si les lois sont violées, « le gouvernement allemand se réserve le droit de prendre toutes mesures nécessaires, y compris de réexaminer les interventions déjà approuvées », a dit la chancelière.

Un peu plus tôt, une porte-parole du gouvernement avait jugé inacceptables les déclarations du président turc accusant la chancelière fédérale d’appliquer des méthodes nazies contre la communauté turque d'Allemagne et contre les responsables turcs désireux de se rendre dans ce pays.

« Les comparaisons avec le nazisme sont inacceptables, sous quelque forme que ce soit », a déclaré la porte-parole en ajoutant qu'il appartenait désormais à la Turquie de mettre un bémol à sa rhétorique et d'éviter de nuire durablement aux relations bilatérales.

De son côté, le chef de la diplomatie allemande, Sigmar Gabriel, estime dans une interview publiée Lundi 20 Mars 2017 qu'une limite a été franchie par les dirigeants turcs dans leurs accusations contre Berlin et leurs comparaisons avec les méthodes nazies.

« J'ai dit de ce fait très clairement à mon homologue turc qu'une limite avait été franchie », dit Sigmar Gabriel dans une interview parue Lundi 20 Mars 2017 dans le Passauer Neuen Presse. « Nous sommes tolérants, mais pas idiots », ajoutait-il.

Le ministre allemand a clairement indiqué que les interventions d'hommes politiques turcs en Allemagne, dans l'optique du référendum constitutionnel turc du 16 avril 2017, ne seraient tolérées que si les « comparaisons choquantes et les reproches absurdes » cessent.

Dimanche 19 Mars 2017, dans un discours prononcé à Istanbul, Recep Tayyip Erdogan, le président turc, a dit qu'Angela Merkel « applique des méthodes nazies contre mes frères qui vivent en Allemagne et contre mes ministres et députés qui se rendent là-bas. Est-ce que cela respecte l'éthique de la politique ? Votre mission n'est pas de soutenir des organisations terroristes, mais d'en extrader les membres ».

Recep Tayyip Erdogan a aussi accusé Dimanche 19 Mars 2017 le journaliste turco-allemand Deniz Yücel, incarcéré en Turquie, d'être un agent terroriste, tout en assurant qu'il serait jugé en toute indépendance par la justice turque.

L'arrestation à la fin du mois de février 2017 du correspondant du quotidien die Welt, pour propagande en faveur d'une organisation terroriste et incitation à la violence, est l'un des facteurs à l'origine de la vive crise dans les relations entre Ankara et Berlin.

Autre illustration des échanges acerbes presque quotidiens entre Ankara et Berlin, le porte-parole de Recep Tayyip Erdogan a accusé les autorités allemandes de soutenir le réseau du prédicateur musulman et opposant Fethullah Gülen, tenu responsable par le pouvoir turc de la tentative de putsch du mois de juillet 2016.

A ce propos, le vice-premier ministre turc Numan Kurtulmus a vilipendé lundi l'attitude antidémocratique des pays européens envers la Turquie, la jugeant contraire aux valeurs européennes et aux droits de l'homme.

Il s'en est pris aux propos tenus dans le week-end par le patron des services de renseignement allemands, selon qui Ankara n'a pas fourni de preuve convaincante d'une implication de Fethullah Gülen et de son réseau dans le putsch avorté du Vendredi 15 Juillet 2016.

Il a jugé de même inacceptable que la presse allemande consacre autant de titres à la Turquie, y voyant une ingérence dans les affaires intérieures de ce pays.

 

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20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 17:40

 

https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1911/04/vil19110414.htm

 

À la mémoire de la Commune de Paris

 

Par Vladimir Lénine

 

Samedi 15 Avril 1911

 

Quarante ans se sont écoulés depuis la proclamation de la Commune de Paris. Selon la coutume, le prolétariat français a honoré par des meetings et des manifestations la mémoire des militants de la révolution du 18 mars 1871. A la fin du mois de mai, il ira de nouveau déposer des couronnes sur la tombe des communards fusillés, victimes de l’horrible semaine sanglante du mois de mai 1871 et jurer une fois de plus de combattre sans relâche jusqu’au triomphe complet de leurs idées, jusqu’à la victoire totale de la cause qu’ils lui ont léguée.

Pourquoi le prolétariat, non seulement français, mais du monde entier, honore-t-il dans les hommes de la Commune de Paris ses précurseurs ? Et quel est l’héritage de la Commune de Paris ?

La Commune de Paris naquit spontanément. Personne ne l’avait consciemment et méthodiquement préparée. Une guerre malheureuse avec l’Allemagne, les souffrances du siège, le chômage du prolétariat, la ruine de la petite bourgeoisie, l’indignation des masses contre les classes supérieures et les autorités qui avaient fait preuve d’une incapacité totale, une fermentation confuse au sein de la classe ouvrière qui était mécontente de sa situation et aspirait à une autre organisation sociale, la composition réactionnaire de l'assemblée nationale qui faisait craindre pour la république, tous ces facteurs, et beaucoup d’autres, poussèrent la population de Paris à la révolution du 18 mars 1871 qui remit inopinément le pouvoir entre les mains de la garde nationale, de la classe ouvrière et de la petite bourgeoisie qui s’était rangée de son côté.

Ce fut un évènement sans précédent dans l’histoire. Jusqu’alors, le pouvoir se trouvait ordinairement entre les mains des grands propriétaires fonciers et des capitalistes, c’est-à-dire d’hommes de confiance à eux, constituant ce qu’on appelle le gouvernement. Mais après la révolution du 18 mars 1871, lorsque le gouvernement d'Adolphe Thiers s’enfuit de Paris avec ses troupes, sa police et ses fonctionnaires, le peuple devint le maître de la situation et le pouvoir passa au prolétariat. Mais dans la société actuelle, le prolétariat, économiquement asservi par le capital, ne peut dominer politiquement s’il ne brise les chaînes qui le rivent au capital. Et voilà pourquoi le mouvement de la Commune de Paris devait inévitablement revêtir une couleur socialiste, c’est-à-dire chercher à renverser la domination de la bourgeoisie et du capital et à détruire les assises mêmes du régime social actuel.

Au début, ce mouvement fut extrêmement mêlé et confus. Y adhéraient des patriotes qui espéraient que la Commune de Paris reprendrait la guerre contre les allemands et la mènerait à bonne fin.

Il était soutenu par les petits commerçants menacés de ruine si le paiement des traites et des loyers n’était pas suspendu, ce que le gouvernement leur avait refusé, mais que la Commune de Paris leur accorda. Enfin, au début, il bénéficia même en partie de la sympathie des républicains bourgeois qui craignaient que l'assemblée nationale réactionnaire, les ruraux et les hobereaux sauvages, ne restaurât la monarchie. Mais dans ce mouvement, le rôle principal fut naturellement joué par les ouvriers, surtout par les artisans parisiens, parmi lesquels une active propagande socialiste avait été menée durant les dernières années du second empire et dont beaucoup appartenaient même à la première internationale.

Les ouvriers seuls restèrent fidèles jusqu’au bout à la Commune de Paris. Les républicains bourgeois et les petits bourgeois s’en détachèrent bientôt, les uns effrayés par le caractère prolétarien, socialiste et révolutionnaire du mouvement et les autres lorsqu’ils le virent condamné à une défaite certaine. Seuls les prolétaires français soutinrent sans crainte et sans lassitude leur gouvernement. Seuls ils combattirent et moururent pour lui, c’est-à-dire pour l’émancipation de la classe ouvrière et pour un meilleur avenir de tous les travailleurs.

Abandonnée par ses alliés de la veille et dépourvue de tout appui, la Commune de Paris devait inéluctablement essuyer une défaite. Toute la bourgeoisie de la France, tous les grands propriétaires fonciers, toute la bourse, tous les fabricants, tous les voleurs grands et petits et tous les exploiteurs se liguèrent contre elle. Cette coalition bourgeoise soutenue par Otto von Bismarck, qui libéra cent mille prisonniers français pour réduire Paris, réussit à dresser les paysans ignorants et la petite bourgeoisie provinciale contre le prolétariat parisien et à enfermer la moitié de Paris dans un cercle de fer, l’autre moitié étant investie par l’armée allemande.

Dans certaines grandes villes de France, Marseille, Lyon, Saint-Etienne, Dijon et ailleurs, les ouvriers tentèrent également de s’emparer du pouvoir, de proclamer la Commune et d’aller secourir Paris, mais ces tentatives échouèrent rapidement. Et Paris, qui leva le premier le drapeau de l’insurrection prolétarienne, se trouva réduit à ses seules forces et voué à une perte certaine.

Pour qu’une révolution sociale puisse triompher, deux conditions au moins sont nécessaires, des forces productives hautement développées et un prolétariat bien préparé. Mais en 1871 ces deux conditions faisaient défaut. Le capitalisme français était encore peu développé et la France était surtout un pays de petite bourgeoisie, artisans, paysans et boutiquiers. Par ailleurs, il n’existait pas de parti ouvrier. La classe ouvrière n’avait ni préparation ni long entraînement et dans sa masse elle n’avait même pas une idée très claire de ses tâches et des moyens de les réaliser. Il n’y avait ni sérieuse organisation politique du prolétariat, ni syndicats ou associations coopératives de masse.

Mais ce qui manqua surtout à la Commune de Paris, c’est le temps et la possibilité de s’orienter et d’aborder la réalisation de son programme. Elle n’avait pas encore eu le temps de se mettre à l’oeuvre que le gouvernement de Versailles, soutenu par toute la bourgeoisie, engageait les hostilités contre Paris. La Commune de Paris dut, avant tout, songer à se défendre. Et jusqu’à la fin, survenue entre le 21 mai et le 28 mai 1871, elle n’eut pas le temps de penser sérieusement à autre chose.

Au demeurant, malgré des conditions aussi défavorables, malgré la brièveté de son existence, la Commune de Paris réussit à prendre quelques mesures qui caractérisent suffisamment son véritable sens et ses buts. La Commune remplaça l’armée permanente, instrument aveugle des classes dominantes, par l’armement général du peuple.

Elle proclama la séparation de l'église et de l'état. Elle supprima le budget des cultes, c’est-à-dire l’entretien des curés par l'état. Elle donna à l’instruction publique un caractère tout à fait laïc et par là même porta un coup sérieux aux gendarmes en soutane. Dans le domaine purement social, elle n’eut pas le temps de faire beaucoup de choses, mais le peu qu’elle fit montre avec suffisamment de clarté son caractère de gouvernement ouvrier et populaire. Le travail de nuit dans les boulangeries fut interdit. Le système des amendes, ce vol légalisé des ouvriers, fut aboli. Enfin, la Commune de Paris rendit le fameux décret en vertu duquel toutes les fabriques, usines et ateliers abandonnés ou immobilisés par leurs propriétaires étaient remis aux associations ouvrières qui reprendraient la production. Et comme pour souligner son caractère de gouvernement authentiquement démocratique et prolétarien, la Commune de Paris décida que le traitement de tous les fonctionnaires de l’administration et du gouvernement ne devait pas dépasser le salaire normal d’un ouvrier et en aucun cas s’élever au-dessus de six mille francs par an.

Toutes ces mesures montraient assez clairement que la Commune de Paris s’avérait un danger mortel pour le vieux monde fondé sur l’asservissement et l’exploitation. Aussi la société bourgeoise ne put-elle dormir tranquille tant que le drapeau rouge du prolétariat flotta sur l’Hôtel de Ville de Paris. Et lorsque, enfin, les forces gouvernementales organisées réussirent à l’emporter sur les forces mal organisées de la révolution, les généraux bonapartistes, battus par les allemands et courageux contre leurs compatriotes vaincus, firent un carnage comme jamais Paris n’en avait vu.

Près de trente mille parisiens furent massacrés par la soldatesque déchaînée, près de quarante cinq mille furent arrêtés dont beaucoup devaient être exécutés par la suite et des milliers furent envoyés au bagne ou déportés. Au total, Paris perdit environ cent mille de ses fils et parmi eux les meilleurs ouvriers de toutes les professions.

La bourgeoisie était contente. « Maintenant, c’en est fait du socialisme, et pour longtemps », disait son chef, le nabot sanguinaire Adolphe Thiers, après le bain de sang qu’avec ses généraux il venait d’offrir au prolétariat parisien. Mais ces corbeaux bourgeois croassaient à tort. À peine six ans après l’écrasement de la Commune de Paris, alors que nombre de ses combattants croupissaient encore au bagne ou languissaient en exil, le mouvement ouvrier renaissait déjà en France.

La nouvelle génération socialiste, enrichie par l’expérience de ses aînés et nullement découragée par leur défaite, releva le drapeau tombé des mains des combattants de la Commune de Paris et le porta en avant avec assurance et intrépidité aux cris de « vive la révolution sociale, vive la Commune de Paris ». Et quelques années plus tard, le nouveau parti ouvrier et l’agitation qu’il avait déclenchée dans le pays obligeaient les classes dominantes à remettre en liberté les communards restés aux mains du gouvernement.

Le souvenir des combattants de la Commune de Paris n’est pas seulement vénéré par les ouvriers français, il l’est par le prolétariat du monde entier. Car la Commune de Paris lutta non point pour quelque objectif local ou étroitement national, mais pour l’affranchissement de toute l’humanité laborieuse, de tous les humiliés et de tous les offensés. Combattante d’avant-garde de la révolution sociale, la Commune de Paris s’acquit des sympathies partout où le prolétariat souffre et lutte. Le tableau de sa vie et de sa mort, l’image du gouvernement ouvrier qui prit et garda pendant plus de deux mois la capitale du monde et le spectacle de la lutte héroïque du prolétariat et de ses souffrances après la défaite, tout cela a enflammé l’esprit de millions d’ouvriers, fait renaître leurs espoirs et gagné leur sympathie au socialisme. Le grondement des canons de Paris a tiré de leur profond sommeil les couches les plus arriérées du prolétariat et donné partout une impulsion nouvelle à la propagande révolutionnaire socialiste. C’est pourquoi l’oeuvre de la Commune de Paris n’est pas morte. Elle vit jusqu’à présent en chacun de nous.

La cause de la Commune de Paris est celle de la révolution sociale, celle de l’émancipation politique et économique totale des travailleurs et celle du prolétariat mondial. Et en ce sens, elle est immortelle.

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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 19:14

 

CAMPAGNE POUR OZGUR GUNDEM

 

Le site www.kedistan.net publiait récemment un très long message relatif à la répression du gouvernement turc contre le quotidien turc Ozgur Gundem.

 

Vous trouverez ci-dessous la deuxième et dernière partie de ce message.

 

Le message est disponible en totalité si vous consultez le site www.kedistan.net à l’adresse ci-dessous.

 

Bernard Fischer

 

http://www.kedistan.net/2017/03/16/campagne-pour-ozgur-gundem

 

CAMPAGNE POUR OZGUR GUNDEM

 

Mais qu’était donc cette campagne pour Özgür Gündem ?

 

Par Anne Rochelle

 

Jeudi 16 Mars 2017

 

Bloqué une première fois le premier juillet 2016 par les autorités, le site internet d’Özgür Gündem est de nouveau rendu inaccessible le 27 juillet 2016. Et le 16 août 2016, c’est le quotidien lui-même qui est fermé par un décret statutaire, au prétexte qu’il fait régulièrement la propagande du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et qu’il est ni plus ni moins que l’organe de presse d’une organisation terroriste armée, sous entendu le PKK.

Ce n’est certes pas la première fois que le journal est aux prises avec le pouvoir. Né en 1992, Özgür Gündem a été fermé sur décision judiciaire en 1994, faisant alors l’objet d’environ cinq cent actions en justice, et jusqu’en 2011, il a été imprimé sous d’autres noms. Pire, il a déjà du faire face à des attentats, mais aussi à l’assassinat ou aux tentatives d’assassinat de plusieurs de ses contributeurs, Hafız Akdemir, tué le 8 juin 1992, Yahya Orhan, tué le premier juillet 1992, Burhan Karadeniz, blessé et paralysé le 5 aout 1992, Hüseyin Deniz, tué le 9 aout 1992, et Musa Anter, tué le 20 septembre 1992. Du reste, même après avoir repris son activité légale, le journal a encore fait l’objet d’une descente policière à la fin de l'année 2011 et ses derniers journalistes emprisonnés n’ont été libérés qu’au printemps 2014, après avoir pour certains passé deux ans et demi derrière les barreaux.

Alors, l’équipe n’est pas tout à fait surprise par le raid policier qui suit immédiatement l’arrêté de fermeture du journal, même si l’intervention est brutale. Les arrestations qui vont suivre s’inscrivent somme toute elles aussi dans une logique prévisible. Reste qu’elles ne vont pas se limiter aux « rédacteurs en chef de garde » et aux journalistes du quotidien. Mais toucher également des chroniqueurs plus ou moins occasionnels, voire de simples conseillers éditoriaux. C'est ainsi que, suite au raid dans les locaux du journal, la police fait une descente infructueuse aux domiciles d’Eren Keskin, avocate chroniqueuse, de Filiz Koçali, femme politique et journaliste, de Ragıp Zarakolu, activiste et éditeur, ou encore de la romancière Aslı Erdoğan, qui se retrouve mise en joue chez elle par des policiers armés, puis menottée et embarquée.

Au bilan, après la mise sous scellés des locaux d’Özgür Gündem, le journal sera liquidé par décret le 29 octobre2016 et, sur cinquante six personnes ayant participé à la campagne de solidarité, pas moins de cinquante personnes feront l’objet de poursuites judiciaires. Parmi elles, trente six personnes devront faire face à un procès, une vingtaine de personnes seront mises en garde à vue et l’une d'entre elles va passer plusieurs mois en détention provisoire, la linguiste Necmiye Alpay. Vont également être emprisonnés la romancière Aslı Erdoğan, pour des chroniques et pour sa collaboration en tant que conseillère éditoriale, le rédacteur en chef du quotidien, Zana Kaya, mais aussi Hakan Ergün, distributeur du journal ainsi que du quotidien kurde Azadiya Welat, İnan Kızılkaya, directeur de la rédaction du journal, et Kemal Sancili, propriétaire du titre. Ces trois derniers sont toujours derrière les barreaux. Quand sortiront-ils ? Certains des inculpés risquent-ils de les rejoindre ?

Difficile de se prononcer pour l’instant. Les premières condamnations sont tombées le 13 janvier 2017, le musicien et défenseur des droits de l’homme Şanar Yurdatapan et l’éditeur İbrahim Aydın Bodur ont été reconnus coupables de propagande pour une organisation terroriste et de publication de communiqués d’une organisation terroriste par un tribunal d’Istanbul et ils ont été condamnés chacun à quinze mois de prison avec sursis et six mille lires turques d’amende, soit environ mille cinq cent euros.

Depuis, d’autres « rédacteurs en chef de garde » ont écopé de peines similaires ou du même ordre. L'écrivain et journaliste Cengiz Baysoy, l’élue du parti démocratique des peuples (HDP) Çilem Küçükkele et la journaliste et auteure Nadire Mater, ont été condamnés à quinze mois de prison avec sursis et à six mille lires turques d'amende.

Le scénariste Yıldırım Türker a été condamné à vingt deux mois et quinze jours de prison avec sursis. L'écrivain Murat Uyurkulak et les journalistes Kumru Başer et Ayşe Batumlu ont été condamnés à quinze mois de prison avec sursis. La journaliste Derya Okatan et le fils de Musa Anter ont été condamnés à sept mille lires turques d'amende et les journalistes Faruk Balıkçı et Hasan Cemal ont été condamnés à six mille lires turques d'amende, des dossiers où le chef d’accusation de « propagande pour une organisation terroriste » n’a pas été retenu.

D'ici le 4 juillet 2017, pas moins de huit audiences sont encore prévues, sans compter les reports, et notamment celui du procès de la romancière Aslı Erdoğan. Des audiences où vont se jouer la destinée d’une vingtaine de personnes, dont le seul crime est de s’être montrées solidaires envers un journal persécuté et, plus largement, de défendre les droits et la liberté de la presse. Alors nous aussi, nous devons faire preuve de solidarité. Parler d’eux et d’elles. Les lire. Les faire lire. Les faire connaître. Et surtout, ne pas les oublier.

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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 18:37

 

REDACTEURS EN CHEF DE GARDE

 

Le site www.kedistan.net publiait récemment un très long message relatif à la répression du gouvernement turc contre le quotidien turc Ozgur Gundem. 

 

Vous trouverez ci-dessous la première partie de ce message.

 

Le message est disponible en totalité si vous consultez le site www.kedistan.net à l’adresse ci-dessous.

 

Bernard Fischer

 

http://www.kedistan.net/2017/03/16/campagne-pour-ozgur-gundem

 

REDACTEURS EN CHEF DE GARDE

 

Mais qu’était donc cette campagne pour Özgür Gündem ?

 

Par Anne Rochelle

 

Jeudi 16 Mars 2017

 

C’était il y a un peu moins d’un an, le 18 mai 2016, très précisément.

Ce jour-là, en Turquie, les autorités ouvraient une enquête judiciaire contre six journalistes et syndicalistes. On leur reprochait d'avoir participé à une campagne de solidarité, pas n’importe laquelle. La campagne en question avait pour but de soutenir le quotidien Özgür Gündem attaqué des dizaines et des dizaines de fois par la justice, en associant symboliquement à la direction du journal des chroniqueurs, des écrivains ou des personnalités engagées. Or, le moins que l’on puisse dire, c’est que cette campagne, baptisée « rédacteurs en chef de garde », a fait parler d’elle et même au-delà des frontières de la Turquie. Il en était question avant hier, lors du procès de la célèbre romancière Asli Erdogan.

Ces noms, Özgür Gündem, « rédacteurs en chef de garde », nous allons les lire encore et encore dans les compte rendus d’audience au moins jusqu’à cet été. Alors il faut peut-être expliquer un peu. Donner quelques éléments de compréhension sur le contexte dans lequel cette campagne de solidarité a émergé, sur ses objectifs premiers.

Cette campagne a vu le jour le 3 mai 2016 avec l’idée d’ouvrir les colonnes du journal à des chroniqueurs extérieurs et même de confier chaque jour les rênes du quotidien à un binôme de « rédacteurs en chef de garde ». Le choix du 3 mai 2016 ne doit rien au hasard. Car depuis 1993, et à l’initiative de l'Organisation des Nations Unies (ONU), cette date correspond à la journée mondiale de la liberté de la presse.

Ce 3 mai 2016 à Istanbul, au cœur du vieux Péra, Uğur Güç prend la parole et s’adresse à tous ceux qui défilent, pancartes à la main, pour défendre la presse. Président de l'union des journalistes de Turquie, il ne mâche pas ses mots. « Aujourd’hui, il n’y a pas de liberté de la presse, nous ne pouvons donc pas célébrer cette journée. Au mieux, c’est une journée où le journalisme résiste et où il ne cède pas devant l’oppression ». Hakkı Boltan, coprésident de l'association des journalistes libres, enchérit. « Il n’y a pas de liberté de la presse en Turquie. Depuis les années 1990 nous nous sommes battus contre l’oppression et nous avons fait beaucoup de progrès. Si nous pouvions réunir nos expériences et faire preuve de solidarité, alors nous aurions une chance de faire progresser la liberté de la presse ».

A l’époque, le nombre de journalistes arrêtés ne dépasse pas la trentaine, bien davantage qu’aux tout débuts de l’ascension du parti de la justice et du développement (AKP) et de Recep Tayyip Erdoğan, mais beaucoup moins que maintenant. A l’époque, aussi, ce sont souvent des journalistes kurdes qui sont ciblés, suite à la reprise des combats dans le sud est de la Turquie l’année précédente. Dix huit d’entre eux sont alors derrière les barreaux. Mais en prenant la défense des kurdes et en informant sur leur sort, le journal Özgür Gündem est également dans le collimateur. Et depuis longtemps, non seulement il a été perquisitionné à maintes reprises, mais il a déjà été fermé et il doit faire face à quelque quatre vingt actions en justice avec, dans les peines requises contre les uns et les autres, de la prison qui se compte en années et des amendes se chiffrant à plus de cent mille euros. Autant de raisons qui poussent le journal à lancer une campagne de solidarité.

Les deux coprésidents de l'association des journalistes libres, Hakkı Bolta et Nevin Erdemi, seront les premiers à endosser la casquette de « rédacteurs en chef de garde ». Mais d’autres vont rapidement leur emboîter le pas, la journaliste et membre du parti républicain du peuple (CHP) Melda Onur, le journaliste d’opposition Ertuğrul Mavioğlu, l’avocat, écrivain et militant des droits de l’homme Eşber Yağmurdereli, le journaliste et représentant de Reporters SansFrontières (RSF) Erol Önderoğlu, la journaliste, écrivaine et féministe Ayşe Düzkan, le journaliste engagé et pro-kurde Fehim Işık, le poète, écrivain, journaliste et scénariste Yildirim Türker, l’économiste, journaliste et auteur Mustafa Sönmez, le journaliste et syndicaliste Faruk Eren, le journaliste et écrivain Ahmet Abakay, le journaliste d’opposition Celal Başlangıç, le président de l'union des journalistes de Turquie Uğur Güç, la journaliste, auteure militante et fondatrice de l'institut des sciences politiques et sociale à Diyarbakır, Nurcan Baysal, et le journaliste et auteur Ragıp Duran.

Quinze jours après le début de la campagne, Günay Aksoy, l’un des journalistes du quotidien, se montre plutôt enthousiaste. Le mouvement ne vise pas selon lui qu’à soutenir Özgür Gündem, mais plus largement à défendre la presse et la liberté d’expression. Et déclarant que la campagne va se poursuivre durant un mois minimum, il appelle tous ceux qui le souhaitent à s’exprimer librement, dans le « coin des lecteurs ». Sauf que Recep Tayyip Erdoğan et ses sbires ne vont pas laisser faire.

Ce 18 mai 2016, une première enquête judiciaire est en effet ouverte contre plusieurs contributeurs. Et le 23 mai 2016, les autorités demandent à dix d’entre eux de venir s’expliquer devant le tribunal, en les accusant de « propagande pour une organisation terroriste ». A ce moment-là, une vingtaine de personnes se sont déjà impliquées dans la campagne et toutes ne sont pas encore inquiétées. Mais les choses vont se corser le 20 juin 2016. Car les contributeurs ne sont plus seulement appelés à témoigner. Ils sont arrêtés. C’est le cas de l’éminente Şebnem Korur Fincancı, présidente de la fondation de Turquie pour les droits humains (TIHV) et directrice de l'institut de médecine légale de la faculté de Cerrahpaşa, mais aussi de l’écrivain et journaliste Ahmet Nesin, et enfin du journaliste Erol Önderoğlu, le représentant en Turquie de RSF. Tous trois sont arrêtés lors d’une audience, au motif de « propagande pour une organisation terroriste ».

La première a participé à la campagne d’Özgür Gündem dans le numéro du 29 mai 2016, le second dans le numéro du 7 juin 2016. Et tous deux interprètent la décision comme une tentative d’intimidation et une volonté de rompre la chaîne de solidarité. Au total, quarante quatre personnes ont alors joué le jeu. Mais la chaîne ne va pas se rompre.

« Les arrestations d’hier sont à prendre comme un message, si vous êtes du côté de la vérité, vous êtes arrêtés. Nous avons bien reçu le message. Nous ferons tout ce que nous pourrons. S’ils nous disent de ne pas regarder une chaîne, nous la regarderons. C’est ainsi que nous protégerons nos droits Nous allons poursuivre le combat », déclare le journaliste Can Dündar.

Un combat, c’est bien le mot. Car au fil des jours, les arrestations vont se multiplier. Le 27 juin 2016, six autres contributeurs sont entendus, les journalistes Nadire Mater, Tuğrul Eryılmaz et Faruk Balıkçı, l’écrivain et scénariste Yıldırım Türker et le photographe Veysi Altay. Eux aussi font face à l’accusation de « propagande pour une organisation terroriste ». Alors bien qu’ayant déjà plus de cent actions en justice contre sa propre personne, le directeur de la rédaction d’Özgür Gündem réagit.

« L’objectif de cette campagne, c’était de rendre visible les violations du droit et de la liberté de la presse en Turquie et d’attirer l’attention sur la guerre menée depuis une an. Il y a une guerre dans ce pays qui dure depuis un an et ce n’est pas la guerre du peuple mais celle du palais présidentiel », tonne İnan Kizilkaya.

Il n’est pas seul à donner de la voix. Dès le 21 juin 2016, l’avocat des trois premiers inculpés, mais aussi des juristes, des représentants d’organisations de défense des droits de l’homme, d’associations de journalistes ou de syndicats protestent haut et fort. Et de fait, très vite, Erol Önderoğlu et Şebnem Korur Fincancı, le 30 juin 2016, puis Ahmet Nesin, le premier juillet 2016, sont remis en liberté. Mais la trêve va être de courte durée. Car suite à la tentative de coup d'état, tout va se précipiter.

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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 17:56

 

http://www.lavoixdunord.fr/133464/article/2017-03-16/la-justice-se-prononcera-la-semaine-prochaine-sur-l-interdiction-de-distribuer

 

La justice se prononcera la semaine prochaine sur l’interdiction de distribuer des repas

 

Pour contester l’arrêté pris par la maire de Calais Jeudi 2 Mars 2017 interdisant la distribution de repas aux migrants dans certains secteurs de la ville, des associations ont déposé un recours au tribunal administratif de Lille. L’audience a eu lieu Jeudi 16 Mars 2017. La décision sera rendue en début de semaine prochaine.

 

Jeudi 2 Mars 2017, la maire de Calais Natacha Bouchart prenait un arrêté interdisant la distribution de repas aux migrants dans la zone industrielle des Dunes. Quatre jours plus tard, elle élargissait le périmètre défini par cet arrêté au bois Dubrulle et à la place d’Armes. La maire de Calais voulait ainsi éviter tout point de fixation. Plusieurs associations d’aide aux migrants ont alors demandé une autorisation spéciale à la maire pour distribuer les repas dans la zone des Dunes. La municipalité a refusé, justifiant que des Centres d'Accueil et d'Orientation (CAO) existaient pour prendre en charge les migrants.

 

Mardi 14 Mars 2017, ce collectif d’associations a déposé un recours au tribunal administratif de Lille pour contester cet arrêté. Ces associations sont l'Auberge des Migrants, Médecins Du Monde (MDM), Care Calais, le Groupe d'Information et de Soutien des Travailleurs Immigrés (GISTI), la Ligue des Droits de l’Homme (LDH), Réfugiés Calais Kitchen, le Réveil Voyageur, le Secours Catholique et Utopia Cinquante Six.

 

L’audience devant le tribunal administratif s’est tenue Jeudi 16 Mars 2017. Représentées par leurs avocats, la mairie et deux associations, le Secours Catholique et Utopia Cinquante Six, se sont opposées sur la question de la prise en charge des migrants à Calais. L’avocat de la mairie a mis en avant les échanges entre la municipalité et la préfecture du Pas-de-Calais concernant les dispositifs d’accueils des migrants dans le département, « où il y a encore de la place », précisant qu’ils avaient été renforcés pour l’accueil des mineurs.

 

Selon la mairie de Calais, le rôle des associations n’est donc pas d’aider les migrants à rester à Calais en leur proposant douches et nourriture, mais bien de les orienter vers ces dispositifs d’accueils. Une approche que les associations ont tempérée, expliquant au contraire que les dispositifs d’accueils étaient selon elles saturés. Elles ont par ailleurs mis en avant le fait que lorsqu’elles amenaient des mineurs au commissariat de Calais, elles les retrouvaient à l’extérieur quelques heures plus tard. Non représenté à l’audience, l'état n’a pas pu répondre sur ce point.

 

Concernant la distribution des repas, l’avocat de la mairie a indiqué qu'elle n’interdisait pas la distribution de repas aux migrants, mais les rassemblements autour de ces distributions. Le président du tribunal a néanmoins pointé le fait qu’aucun heurt ne s’était produit récemment lors des distributions de repas organisées par les associations. Un argument repris par ces dernières. « Il y a une volonté de décourager notre action », a confié Vincent Deconinck, président départemental du Secours Catholique, à la sortie de l’audience. « Ce qui ressort de ces échanges, c’est que tout le monde est conscient qu’il s’agit d’interdire la distribution des repas ».

 

Le tribunal administratif de Lille rendra sa décision en début de semaine prochaine.

 

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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 17:26

 

http://www.lemonde.fr/politique/article/2017/03/18/entre-bastille-et-republique-melenchon-reussit-son-pari_5096932_823448.html

 

Entre la place de la Bastille et la place de la République, Jean Luc Mélenchon réussit son pari

 

Le candidat du Mouvement de la France Insoumise a réuni plusieurs dizaines de milliers de personnes, Samedi 18 Mars 2017 à Paris, pour une sixième république.

 

Par Raphaëlle Besse Desmoulières

 

« Nous l'avons fait ». A la tribune, Charlotte Girard, l’une des proches de Jean-Luc Mélenchon, annonce que cent trente mille personnes ont répondu à l’appel du candidat du Mouvement de la France Insoumise à venir défiler, Samedi 18 Mars 2017 à Paris, pour une sixième république. Dans la foule massée face à elle, un souffle de plaisir traverse les rangs et les applaudissements fusent.

Le leader de la gauche radicale, lui aussi, savoure le moment. A la peine dans les sondages et peu audible ces dernières semaines, Jean-Luc Mélenchon a réussi son pari. Et à l’heure où Benoît Hamon réunit ses partisans, Dimanche 19 Mars 2017 à Bercy, le député européen a donné à voir une démonstration de force.

Dans le cortège qui le mène de la place de la Bastille à la place de la République, il sait déjà que sa marche est un succès, comparable à celle qu’il avait convoquée il y a cinq ans sur le même mot d’ordre et qui avait constitué un tournant dans sa campagne. En 2012, celui qui était alors le candidat du Front De Gauche (FDG) avait revendiqué cent vingt mille personnes.

« Cela témoigne de la permanence d’une force. Tout cela ne sort pas de l’œuf. C’est cinq ans de travail », confie-t-il au Monde.

A ses côtés, il y a plusieurs personnalités, Chantal Mouffe, Xavier Mathieu, Pierre Laurent, Clémentine Autain et Sergio Coronado, et bien sûr son premier cercle, Alexis Corbière, Manuel Bompard et Eric Coquerel.

« Comme en 2012, nous faisons le plus gros rassemblement de la campagne, c’est une force propulsive pour la suite », assure le conseiller régional d’Ile-de-France. « C’est de nature à donner un élan à la candidature. Prendre la rue, c’est quelque chose de positif, de populaire », ajoute Clémentine Autain.

Le carré des personnalités est parti en retard, a perdu la tête de cortège et finira par renoncer à rattraper les premiers manifestants.

Parmi les dizaines de milliers de personnes présentes, chacun est venu avec sa pancarte où il était inscrit un point du programme du candidat du Mouvement de la France Insoumise, droit de vote à seize ans, suppression du sénat, fin des contrôles au faciès et inéligibilité des corrompus.

Les bonnets phrygiens, rouge et frappés de la cocarde tricolore, ont également refait leur apparition. Et n’en déplaise à l'ancien socialiste qui avait appelé les militants des partis politiques à défiler en queue de cortège, des drapeaux du Parti Communiste Français (PCF), du Parti de Gauche et d’Ensemble se sont mêlés aux drapeaux français, particulièrement nombreux.

Quand Jean-Luc Mélenchon parvient enfin à rallier la place de la République, il est déjà largement en retard sur le timing prévu. Le candidat du Mouvement de la France Insoumise s’avance sur scène en rendant hommage au lion qui trône au pied de la Marianne et dont « l’auteur a voulu qu’il symbolise le suffrage universel ». Et que dire de cette statue de bronze qui le domine et qui « porte fièrement le bonnet des affranchis, celui de la liberté retrouvée et de la servitude rompue. Nous la faisons nôtre », s’exclame le tribun de la gauche radicale.

Pendant plus d’une heure, le député européen a déroulé un discours centré autour de cette sixième république qu’il veut mettre en place, souhaitant abolir « la monarchie présidentielle » et cette cinquième république mise en place par l’homme néanmoins « exceptionnel » qu’était le général de Gaulle.

Jean Luc Mélenchon a mis en garde les français contre les « pouvoirs incroyables » de l’actuelle constitution et les a appelés à ne pas les déléguer à « des apprentis sorciers ». S’il n’a pas cité les noms de Marine Le Pen, de François Fillon ou d'Emmanuel Macron, ses adversaires étaient clairement désignés.

« Ne confiez pas, fut-ce pour une période transitoire, de tels pouvoirs à des gens déterminés à en faire l’usage quand ils se prosternent devant l’ethnie ou devant l’argent », a lancé l'ancien socialiste qui propose une « issue positive » avec le bulletin de vote à son nom. « Notre marche prouve que nous sommes capables de diriger le pays », a-t-il assuré.

Dans la nouvelle constitution qu’il appelle de ses vœux, le candidat souhaite voir figurer plusieurs mesures, le droit de révoquer des élus en cours de mandat, le droit à l’avortement et au suicide assisté, la règle verte, ne pas prendre plus à la nature qu’elle ne peut reconstituer, l’interdiction du brevetage du vivant ou encore un référendum obligatoire pour ratifier tout nouveau traité européen.

« Il faut que les bulletins de vote donnent le coup de balai qui efface tout sans exception », clame-t-il avant d’ajouter « dégagez ». Et la foule de reprendre « dégagez ».

La Marseillaise est entonnée a capella par un chanteur lyrique et, quand les derniers couplets ont fini de retentir, Jean Luc Mélenchon s’avance de nouveau sur scène pour appeler ses partisans à chanter l'Internationale. Cela fait bien longtemps qu’il ne l’a pas fait mais, en ce jour anniversaire de la Commune de Paris, il y a des symboles qu’on n’efface pas si facilement.

 

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18 mars 2017 6 18 /03 /mars /2017 17:49

 

Euskadi Ta Askatasuna (ETA) s'apprête à annoncer un projet massif de désarmement (Reuters)

 

Le groupe séparatiste basque ETA s'apprête à annoncer un projet de désarmement, rapporte Vendredi 17 Mars 2017 le journal le Monde, précisant qu'une opération d'une ampleur inédite est prévue pour le Samedi 8 Avril 2017.

A Madrid, l'agence espagnole Europa Press dit avoir eu confirmation de l'information auprès de sources proches des services espagnols de l'antiterrorisme.

Contactés par le Monde, les services du premier ministre français et du ministère de l’intérieur n'ont pas souhaité s'exprimer sur le sujet.

A Madrid, le porte-parole du gouvernement espagnol, Inigo Mendez de Vigo, s'est refusé à toute spéculation. Mais il a observé « qu’ETA a deux choses à faire, se désarmer et se dissoudre ».

Le président du gouvernement autonome du pays basque espagnol, Inigo Urkullu, a déclaré pour sa part que son gouvernement régional avait été informé d'un possible désarmement. « Le gouvernement basque fera tout ce qui est en son pouvoir pour faire en sorte que les choses se déroulent comme prévu, même si tout ne dépend pas de nous », a-t-il ajouté.

Le Monde, qui cite Txetx Etcheverry, militant de Bizi, organisation basque intervenant sur des thèmes sociaux et environnementaux, écrit « qu’une initiative d'ampleur permettant de restituer l'ensemble de l'arsenal d'ETA, le stock de dix caisses saisi au mois de décembre 2016 ne représente que quinze pour cent de l'ensemble de l'armement de l'organisation, est prévue le Samedi 8 Avril 2017 ».

« ETA nous a confié la responsabilité du désarmement de son arsenal et, au soir du Samedi 8 Avril 2017, ETA sera totalement désarmée », a déclaré ce militant au quotidien français.

Le Monde précise que plusieurs centaines de personnes de la société civile et de nombreux élus de la région pourraient participer à cette opération d'une ampleur inédite.

ETA a annoncé au mois d’octobre 2011 l'abandon définitif d'une lutte armée contre l’état espagnol qui a fait plus de huit cent morts en quarante ans.

Aucun accord avec les autorités espagnoles et françaises n'a jusqu'à présent été trouvé sur les modalités de son désarmement.

Depuis l'abandon de la lutte armée, rappelle le Monde, « des centaines de fusils d'assaut, de pistolets et d'explosifs restent disséminés dans la nature et chez des particuliers ».

Au mois de décembre 2016, une précédente tentative de désarmement près de Bayonne, dans le département des Pyrénées-Atlantiques, avait donné lieu à une opération policière présentée par les autorités françaises comme un « coup dur porté à ETA ».

Cinq personnes avaient été interpellées, parmi lesquelles Txetx Etcheverry, du mouvement Bizi. Mises en examen et transférées à Paris, elles se disent membres de la société civile et non de l'organisation séparatiste. Elles ont été remises en liberté sous contrôle judiciaire.

L'intervention policière avait été dénoncée par de nombreux élus, représentants syndicaux et associatifs qui ont apporté leur soutien aux cinq militants. Selon leur entourage en effet, ces derniers avaient entrepris une démarche en faveur du processus de paix en voulant détruire une partie de l'arsenal d’ETA qui se trouvait sur place lors de l'opération policière.

« Espérons que cette fois le désarmement sera définitif », a commenté Arnaldo Otegi, dirigeant du parti indépendantiste basque d'extrême gauche Euskal Herria Bildu.

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