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18 août 2017 5 18 /08 /août /2017 18:47

 

 

Peines de prison à Hong Kong pour trois militants pour la démocratie (Reuters)

 

Trois jeunes leaders du mouvement pour la démocratie surgi à Hong Kong à l'automne 2014 ont été condamnés Jeudi 17 Août 2017 à des peines de prison de plusieurs mois pour rassemblement illégal.

 

Joshua Wong, vingt ans, le chef de file du mouvement qui avait partiellement paralysé la ville pendant près de trois mois, Alex Chow, vingt six ans, et Nathan Law, vingt quatre ans, ont été condamnés en appel respectivement à six, sept et huit mois de prison.

 

Il y a un an, ils avaient été condamnés à des peines plus légères, des travaux d'intérêt général pour deux d'entre eux, mais le parquet avait fait appel.

 

Ces trois militants avaient conduit ce qu'on a appelé le mouvement des parapluies dont les sympathisants s'opposaient au gouvernement chinois qui souhaitait revoir les modalités de l'élection au suffrage universel du chef de l'exécutif de l'ancienne colonie britannique.

 

L'annonce de leur condamnation fait suite aux cérémonies ayant marqué au mois de juillet 2017 le vingtième anniversaire de la rétrocession de Hong Kong à la Chine et auxquelles a assisté le président chinois, Xi Jinping.

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18 août 2017 5 18 /08 /août /2017 18:34

 

 

http://www.alternativelibertaire.org/?El-Libertario-Venezuela-Le-chavo-madurisme-n-est-rien-moins-qu-une-dictature

 

Le chavo-madurisme n’est rien moins qu’une dictature pure et simple

 

Vendredi 4 Août 2017

 

Le Venezuela est aux prises avec un mouvement social sans précédent. Le gouvernement de Nicolas Maduro se maintient au pouvoir et use d’une sanglante répression, faisant peser le spectre d’une véritable guerre civile. L’illusion d’une prétendue révolution bolivarienne au service du peuple, telle qu’elle était vendue par Hugo Chavez à l’aube du vingt et unième siècle, craque devant une réalité sociale dramatique. Entretien avec des militantes et militants du groupe anarchiste el Libertario, de Caracas, sur leur action et leur analyse.

 

Alternative Libertaire. Depuis quatre mois, la situation politique et sociale au Venezuela est très tendue avec des manifestions constantes contre le gouvernement de Nicolas Maduro. Pouvez-vous revenir sur les raisons de cette révolte ?

 

El Libertario. Le gouvernement prétend que ce mouvement est le résultat d’une vaste conspiration de l’impérialisme américain, de la bourgeoisie et de l’opposition d’extrême droite. Cette explication, très empreinte de vieilles recettes staliniennes, est simpliste et en grande partie fausse. Les causes essentielles du mécontentement sont en lien avec la situation économique qui est catastrophique, comme conséquence de la dépendance exclusive à l’exportation de notre pétrole. Maintenant, que cette extraction est moindre et, surtout, que les cours sont en chute libre, c’est toute l’économie du pays qui s’en ressent. Le mirage économique du Venezuela d'Hugo Chavez et l’idée fausse de cette inépuisable rente pétrolière, qui il y a quelques années encore nourrissait l’illusion de construire le socialisme, sont en train de s’effondrer et avec eux les acquis sociaux, d’où une paupérisation vertigineuse des classes populaires. Un autre aspect à mettre en avant, dans ce contexte de révolte populaire, a trait à la nature même des gouvernements qui se sont succédé depuis 1999, avec comme caractéristiques communes une corruption galopante, une incompétence réelle et un autoritarisme exaspérant avec son lot de répression et de violence d'état. Aujourd’hui, le chavo-madurisme n’est rien moins qu’une dictature pure et simple. L’opposition institutionnelle au chavisme, une alliance de partis sociaux-démocrates et de droite, appelée Mesa de la Unidad Democratica (MUD), prétend être l’unique représentante de ces manifestations de masse. Dans les faits, le mouvement est la conséquence de la crise économique et de la lassitude populaire de voir cette caste politico-militaire s’accrocher au pouvoir.

 

Alternative Libertaire. L’élément relativement nouveau, c’est la participation désormais massive aux manifestations du peuple d’en bas. Quels éléments expliquent cette rupture entre le peuple et le chavisme ?

 

El Libertario. Il y a toujours eu des secteurs critiques au sein du peuple, notamment dans le monde syndical, qui ne nourrissaient aucune confiance envers Hugo Chavez. Ces groupes minoritaires il y a encore douze ou quatorze ans, n’ont cessé de croître avec la disparition de l’incontestable charisme d'Hugo Chavez, dont la mort a coïncidé avec le recul des recettes pétrolières. A partir de là, a cessé l’illusion de l’inconditionnel appui populaire au régime et ce d’autant plus que ses dérives, corruption, inefficacité et répression, crevaient les yeux. Un des symboles de ce divorce concerne la politique sociale du chavisme. Pendant des années, le régime vantait sa politique sociale, en lien avec une supposée répartition et redistribution des ressources issues du pétrole. Il mettait, notamment, en avant ce que l’on appelait les missions, à savoir un vaste programme d’amélioration du quotidien des plus pauvres, magasins populaires, assainissement des quartiers et droit à la santé et à l’éducation. Depuis l’avènement de Nicolas Maduro, les missions ont été stoppées net. D’où la montée du mécontentement et l’implication des classes populaires dans le processus actuel de mobilisation.

 

Alternative Libertaire. Quel est le rôle joué et le poids du mouvement libertaire au sein de ce mouvement contre Nicolas Maduro ?

 

El Libertario. L’anarchisme a toujours été présent dans la tradition historique de la lutte de classe au Venezuela, comme dans une grande partie, d’ailleurs, des pays d’Amérique Latine. Cette tradition, néanmoins, est plus faible aujourd’hui, en dépit des efforts que nous faisons, depuis 1995, autour de notre groupe et de notre journal el Libertario. Même si, incontestablement, nous représentons une minorité militante dans le paysage politique du pays, nous tâchons de nous inscrire dans toutes les luttes sociales. Nous y affirmons notre identité en opposition à toute forme de pouvoir autoritaire, qu’il se dénomme gouvernement ou partis d’opposition. Nous y défendons nos mots d’ordre, autogestion, action directe et autonomie des mouvements sociaux.

 

Alternative Libertaire. Quelles perspectives ouvre ce cycle de contestation ? Ne craignez-vous pas que la fin possible du chavisme soit du pain bénit pour un retour aux affaires de la vieille oligarchie aux ordres de Washington ?

 

El Libertario. Nous luttons pour une société égalitaire, la liberté et la fraternité. Aussi, notre perspective immédiate est la bataille, frontale et sans concession, que nous menons contre la caste chavo-maduriste qui, sous couvert de discours pseudo-socialistes et pseudo-révolutionnaires, détient, pour l’heure encore, les rênes du pouvoir. En même temps, nous ne nous faisons aucune illusion sur ce qui pourrait advenir sitôt le chavisme renversé. Nous avons la conviction, en tant qu’anarchistes, que notre lutte se poursuivra quel que soit le gouvernement au pouvoir, qu’il soit aux ordres de l’impérialisme yankee ou de la Havane.

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18 août 2017 5 18 /08 /août /2017 18:14

 

 

http://www.leparisien.fr/paris-75015/paris-un-nouveau-camp-de-migrants-prepare-en-grand-secret-17-08-2017-7198146.php

 

Les migrants de la porte de la Chapelle évacués, un nouveau camp préparé en grand secret

 

Vendredi 18 Août 2017, à l’aube, les bus de police ont repris leur ballet. Après l’opération colossale du 7 juillet 2017, ils ont commencé à évacuer le campement de migrants situé porte de la Chapelle, dans le dix huitième arrondissement de Paris. Vendredi 18 Août 2017, peu après 8 heures du matin, selon nos envoyés spéciaux, deux mille deux cent migrants avaient été répartis sur dix huit sites en Ile-de-France. L'opération a pris fin Vendredi 18 Août 2017 vers 11 heures du matin. 

Une partie d’entre eux a été transférée dans un campement installé en grand secret dans le quinzième arrondissement de Paris, rue Lacretelle. L'état, la préfecture de région, la préfecture de police de Paris et la ville de Paris y ont aménagé un terrain près de la porte de Versailles. 

Géré par l’association Aurore, ce campus sportif de l’Institut d'Education Physique, de la deuxième université de Paris Panthéon Assas, propriété de l'université de Paris, devrait accueillir plusieurs centaines de migrants sur ce terrain qui s’étale sur plusieurs hectares entre les rues de Vaugirard et Lacretelle. 

Jeudi 17 Août 2017 dans l'après-midi, des ouvriers montaient les latrines du camp. « Nous avons bien travaillé », commentait un ouvrier devant un horizon de tentes géantes montées au centre de la piste d’athlétisme. 

Le bon travail n’est pas du goût de Philippe Goujon, le maire du quinzième arrondissement de Paris. « J’ai appris fortuitement qu’un camp de cinq cent migrants allait s’installer sur mon arrondissement, sur un site universitaire », s’étrangle le maire des Républicains du quinzième arrondissement, « un camp avec des tentes du Comité International de la Croix Rouge (CICR) comme en Syrie ou au Liban. Le préfet de région m’a dit qu’il n’avait pas trouvé d’autres sites en Île de France ». Le maire du quinzième arrondissement cite ses gymnases Cévennes et Keller, déjà réquisitionnés pour y accueillir ponctuellement des migrants. 

Reste que rue Lacretelle, les migrants ne devraient rester que quinze jours. « C’est ce qu’on m’a dit en tout cas, mais est-ce pour me rassurer ? », s’inquiète le maire. Sur l’association Aurore qui gère le camp, le maire n’a pas de reproches, « ils gèrent cela très bien ». 

Du côté des riverains du quinzième arrondissement, certains sont déjà montés au créneau, sur les réseaux sociaux, notamment Twitter, mais également au standard de la mairie du quinzième arrondissement.

Anne, habitante du quinzième arrondissement, s’indigne « d’un camp installé en douce dans la nuit par la mairie de Paris ». 

« C’est une décision qui ne nous appartient pas », recadre le porte-parole de la mairie de Paris, « et c’est un terrain qui appartient à l’état ». 

L’Hôtel de Ville de Paris demande « une orientation des migrants vers des Centres d’Accueil et d’Orientation (CAO) répartis sur le tout le territoire ». Sur l’évacuation du camp de la porte de la Chapelle, « il n’a que trop duré. Deux mille personnes qui dorment dans la rue, ce n’est pas possible ». 

Vendredi 18 Août 2017, à l’aube, les agents de la ville devaient aussi participer à l’évacuation du camp de la porte de la Chapelle, « nous serons présents pour les publics vulnérables, les mineurs, les familles avec des enfants de moins de trois ans et les femmes enceintes ».

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18 août 2017 5 18 /08 /août /2017 17:51

 

 

https://fr.reuters.com/article/topNews/idFRKCN1AY0F1-OFRTP

 

Quatorze morts en Catalogne, une attaque d'ampleur sans doute évitée (Reuters)

 

La police espagnole n'a toujours pas identifié le conducteur de la fourgonnette dont la course folle Jeudi 17 Août 2017 à Barcelone a fait au moins treize morts, selon un mode opératoire recommandé par l'Etat Islamique et déjà utilisé dans plusieurs villes d'Europe ces derniers mois.

Une vaste opération antiterroriste a été lancée Vendredi 18 Août 2017 en Catalogne au lendemain de cet attentat sur les Ramblas, la célèbre artère du centre-ville, qui était bondée de touristes . Des témoins disent avoir vu son auteur s'enfuir à pied.

Quelques heures plus tard, la police a abattu cinq suspects à Cambrils, à cent vingt kilomètres au sud de Barcelone, après une apparente tentative d'attaque à la voiture-bélier.

Au total, les deux attaques ont fait cent vingt six blessés, dont soixante cinq sont encore hospitalisés. Le pronostic vital est engagé pour dix sept d'entre eux, ce qui fait craindre que le bilan ne s'alourdisse.

La course meurtrière d'un véhicule projeté sur des piétons rappelle les attaques commises depuis environ un an à Nice, Londres, Berlin ou Stockholm, qui ont fait plus d'une centaine de morts, et les circonstances du drame ont à nouveau alimenté le débat sur les mesures de sécurité à prendre face à de telles attaques.

Le groupe Etat Islamique a revendiqué l'attaque sur les Ramblas qui, selon la police, s'inscrivait dans un projet plus large d'attentats coordonnés.

Les enquêteurs estiment qu'une cellule de huit personnes pourrait être impliquée et avoir planifié à l'origine un attentat avec des bonbonnes de gaz.

Moins de huit heures après l'attaque de Barcelone, la police catalane a annoncé dans la nuit avoir tué cinq assaillants dans la station balnéaire de Cambrils, où une femme espagnole a aussi trouvé la mort.

Les suspects portaient de fausses ceintures explosives et étaient armés de couteaux et d'une hache.

Circulant en voiture, ils ont voulu foncer sur des passants sur le front de mer mais leur véhicule s'est retourné. Ils ont alors essayé de poignarder des gens avant d'être abattus, quatre sur place et le cinquième à quelques centaines de mètres. Plusieurs civils et un policier ont été blessés au cours de cette attaque, pour laquelle un lien a été établi avec l'attentat mené sur les Ramblas.

Ces deux événements sont eux-mêmes liés à une explosion survenue dans une maison d'Alcanar, toujours en Catalogne. La déflagration Mercredi 16 Août 2017 a fait un mort et c'est dans cette maison que les attentats ont été préparés, a dit le chef de la police catalane, Josep Lluis Trapero.

Avant son intervention à Cambrils, la police catalane a annoncé l'arrestation de deux individus, un marocain et un homme originaire de Melilla, enclave espagnole en Afrique du Nord, à Ripoll et à Alcanar.

Une troisième personne a été arrêtée Vendredi 18 Août 2017 à Ripoll, a dit la police, sans préciser son identité ni son rôle éventuel. Elle a fait état plus tard de l'arrestation d'un quatrième suspect.

A Barcelone, les habitants ont observé une minute de silence Vendredi 18 Août 2017 à 12 heures en mémoire des victimes, en présence du roi Felipe et du président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy.

Des témoins ont rapporté que le véhicule qui a semé la mort avait descendu les Ramblas à partir de la place de Catalogne en zigzaguant dans la foule à vive allure, fauchant ou projetant dans les airs piétons et cyclistes. Les victimes, morts et blessés, sont de trente quatre nationalités différentes, Barcelone et la côte méditerranéenne espagnole attirant un grand nombre de touristes du monde entier.

Vingt-huit blessés sont de nationalité française, dont huit sont dans un état grave, a dit le ministre français des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, qui s'est rendu à Barcelone dans la journée du Vendredi 18 Août 2017.

« La France paie un lourd tribut dans cette terrible attaque de Barcelone, plein soutien aux victimes, à leurs familles et à leurs proches », a écrit Emmanuel Macron sur Twitter.

Le ministre français de l’intérieur, Gérard Collomb, a indiqué qu'aucune ramification en France des attentats en Catalogne n'avait été établie pour le moment.

L’Etat Islamique a revendiqué cette attaque par l’intermédiaire de son organe de communication Amak.

« Les auteurs de l'attaque de Barcelone sont des soldats de l'Etat Islamique qui ont mené une opération en réponse aux appels à cibler les états membres de la coalition », écrit Amak, en référence à la coalition internationale luttant contre l'Etat Islamique en Irak et en Syrie.

L'Espagne a déployé plusieurs centaines de militaires en Irak pour participer à la formation des forces locales, mais il ne s'agit pas de troupes combattantes.

La France, par la voix d'Emmanuel Macron, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la Russie ou encore le Vatican, ont exprimé leur solidarité envers l'Espagne, qui n'avait plus connu d'attentat aussi meurtrier depuis les explosions dans des trains de banlieue qui firent cent quatre vingt onze morts et plus de mille huit cent blessés au mois de mars 2004 à Madrid. Mariano Rajoy a annoncé trois jours de deuil national.

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17 août 2017 4 17 /08 /août /2017 19:42

 

 

https://fr.reuters.com/article/companyNews/idFRL8N1L25E5

 

Donald Trump préfère couper les ponts avec les Présidents Directeurs Généraux (PDG) qui le conseillaient (Reuters)

 

Donald Trump a démantelé Mercredi 16 Août 2017 deux commissions consultatives formées de chefs d'entreprises prestigieuses qui étaient de plus en plus nombreux à avoir annoncé leur démission pour protester contre sa réaction aux violences du week-end dernier lors d'un rassemblement de l'extrême droite à Charlottesville, en Virginie.

« Plutôt que de faire pression sur les hommes d'affaires du conseil des industriels et sur le forum de stratégie et de politique, je les arrête tous les deux, merci à tous », a tweeté le président.

Ces deux commissions censées le conseiller sur sa politique industrielle et économique enregistraient un nombre croissant de démissions qui rendaient leur avenir hypothétique, du moins dans leur composition actuelle.

Dans la journée, Stephen Schwarzman, PDG du fonds d'investissement Blackstone qui présidait le forum de stratégie et de politique, a pris l'initiative d'une conférence téléphonique pour sonder ses pairs et constaté qu'une majorité écrasante de ses membres étaient partisans d'une auto dissolution, ont rapporté deux sources à Reuters. Ce proche allié de Donald Trump dans le monde des affaires l'a alors appelé pour l'informer et le président a annoncé que c'était lui qui avait débranché ces deux commissions.

Dans une déclaration, le forum de stratégie et de politique explique que « l'intolérance, le racisme et la violence n'ont absolument aucune place dans notre pays ».

Quelques minutes avant le tweet de Donald Trump, une source avait confirmé à Reuters que des membres du forum de stratégie et de politique avaient décidé d'auto dissoudre cette instance.

Consumer News and Business Channel (CNBC), premier média à donner l'information, précisait que ces hommes d'affaires avaient décidé d'agir en tant que groupe pour condamner les propos de Donald Trump sur les violents incidents de Charlottesville et notamment son revirement du Mardi 15 Août 2017.

La double dissolution a mis sous pression la Bourse de New York, qui a fini en légère hausse mais en retrait par rapport à ses pics du jour.

« Cela fait encore un peu plus douter des capacités du président à mettre en oeuvre sa politique », a expliqué David Schiegoleit, directeur des investissements chez Bank Private Wealth Management.

Le président américain, qui avait condamné dans une courte allocution Lundi 14 Août 2017 à la Maison Blanche le racisme, le Ku Klux Klan, les néonazis et les suprémacistes blancs, a en effet de nouveau renvoyé dos à dos les extrémistes de droite et de gauche au cours d'une conférence de presse houleuse Mardi 15 Août 2017 à la Trump Tower de New York, reprenant ses déclarations déjà contestées du week-end où il avait condamné les violences provenant de nombreuses parties.

« Cela a été une véritable tempête. Nous ne savons pas ce qui nous attend et nous ne savons pas ce qu'il va dire ou faire », a expliqué un de ces membres à CNBC.

Le revirement de Donald Trump a réactivé les démissions de chefs d'entreprise.

Le mouvement avait été initié Lundi 14 Août 2017 par le PDG du groupe pharmaceutique Merck, Kenneth Frazier. Dans sa déclaration, Kenneth Frazier, qui appartient à la communauté africaine-américaine, soulignait que « la force de notre pays découle de sa diversité et des contributions d'hommes et de femmes de fois, de races, d'orientations sexuelles et de convictions politiques différents ».

D'autres avaient pris la suite, parmi lesquels Brian Krzanich, du géant des semi-conducteurs Intel, ou encore Kevin Plank, de l'équipementier sportif Under Armour.

Donald Trump avait alors réagi avec ironie à ces démissions. « Pour chaque PDG qui se retire du conseil des industriels, j'en ai plein d'autres disposés à prendre leur place », avait-il notamment écrit sur son compte Twitter.

Mais le mouvement s'est intensifié après sa conférence de presse du Mardi 15 Août 2017, avec les démissions annoncées Mercredi 16 Août 2017 de Larry Fink du fonds d'investissement Blackrock, d'Alex Gorsky du groupe pharmaceutique diversifié Johnson and Johnson, ou bien encore d'Inge Thulin du groupe MMM, le fabricant du scotch et des post-it.

« Le racisme et le meurtre sont condamnables sans équivoque possible et ne sont moralement équivalents à aucun autre fait qui s'est produit à Charlottesville », a déclaré Denise Morrison, la PDG des soupes Campbell, qui était elle aussi démissionnaire.

Jamie Dimon, le président de la banque JP Morgan Chase, a également marqué sa forte opposition aux propos de Donald Trump. « Le racisme, l'intolérance et la violence sont toujours une faute », a-t-il dit dans un communiqué, « attiser les divisions n'est pas la réponse ».

Richard Trumka, président de l'American Federation of Labor Congress of Industrial Organisations (AFL CIO), et Thea Lee, secrétaire générale adjointe de la confédération syndicale, avaient également quitté le conseil des industriels, Mardi 15 Août 2017. « Je ne peux pas siéger dans un conseil pour un président qui tolère le sectarisme et le terrorisme intérieur », a dénoncé Richard Trumka.

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17 août 2017 4 17 /08 /août /2017 19:19

 

 

http://www.liberation.fr/planete/2017/08/17/mort-de-fadwa-suleiman-icone-de-la-revolution-syrienne_1590477

 

Mort de Fadwa Suleiman, icône de la révolution syrienne

 

Par Alexandra Schwartzbrod

 

Exilée en France, la comédienne s'est éteinte à Paris des suites d'un cancer.

 

Debout dans la foule manifestant à Homs contre Bachar al Assad, bravant les armes et les hommes de main du tyran de Damas, c’est l’image que le monde gardera de la comédienne syrienne Fadwa Suleiman, dont nous avons appris Jeudi 17 Août 2017 la mort à Paris des suites d’un cancer. Elle avait quarante cinq ans. Devenue très vite une icône de la révolution syrienne, dans laquelle elle s’était engagée corps et âme dès les premiers jours, elle avait dû fuir la Syrie un an après le début du soulèvement pour des raisons de sécurité et elle s’était réfugiée en France où elle continuait, comme elle le pouvait, à combattre le régime syrien. « Le monde entier a laissé les mains libres à Bachar al-Assad, pas seulement la Russie et la Chine, il a poussé le peuple syrien à prendre les armes, exactement ce que voulait Bachar al Assad, et voilà où nous en sommes », nous avait-elle confié au mois de juillet 2012, peu de temps après son arrivée en France. A la tribune d’une conférence organisée à l’université d’Avignon, dont elle était l’invitée, elle avait harangué ce jour-là les chefs d'état d’une voix vibrante, « messieurs les leaders du monde, bougez-vous un peu pour que le fou qui nous tient dans sa toile s’arrête. Après seulement, vous aurez la solution ». Cette supplique apparaît poignante aujourd’hui quand on sait tous les renoncements qui ont suivi, notamment celui de Barack Obama en 2013, après que Bachar al-Assad ait utilisé l’arme chimique contre sa propre population.

 

Fadwa Suleiman avait une beauté sombre à la Anna Magnani ou à la Ronit Elkabetz, elle brûlait de l’intérieur d’une rage illimitée contre « les dirigeants du monde entier » qui avaient « oublié les valeurs humaines et fait passer l’intérêt de leur état avant la vie du peuple syrien ». Elle n’aimait pas qu’on souligne qu’elle était de même confession que Bachar al-Assad, même s’il ne lui déplaisait pas d’avoir amélioré l’image désastreuse des alaouites au sein de la population. Pour elle, le peuple syrien « valait bien mieux que d’être réduit à des sunnites et des alaouites ». Alors qu’elle jouait des rôles glamour et sophistiqués dans des films ou des séries à succès avant la révolution, elle s’était transformée dès les premiers jours de combat, coupant ras ses cheveux, ce qui lui donnait l’allure d’une pasionaria, et consacrant son immense énergie à la seule mission de convaincre encore et encore les occidentaux d’intervenir dans son pays pour mettre fin aux exactions du régime et sauver ce qui restait de son peuple. Elle s’est éteinte, et c’est doublement cruel, avant d’avoir vu tomber Bachar al-Assad.

 

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17 août 2017 4 17 /08 /août /2017 18:43

 

 

http://www.lemonde.fr/televisions-radio/article/2017/08/14/hannah-arendt-une-ethique-de-la-pensee_5172097_1655027.html

 

Hannah Arendt, une éthique de la pensée

 

La vie et l’œuvre de la philosophe allemande dans une formidable traversée radiophonique.

 

Par Josyane Savigneau

 

Lundi 14 Août 2017

 

Voici une grande traversée à ne pas manquer si l’on veut aller au-delà des clichés et des polémiques sur Hannah Arendt, née en 1906 et morte en 1975, et sur Martin Heidegger, né en 1889 et mort en 1976. 

« Hannah Arendt, la passagère », ce sont quatre épisodes d’une heure cinquante minutes, « la jeune fille venue d’ailleurs », « le chemin de l’exil », « le sens de l’action » et « la maison sur l’océan ». On ne s’ennuie pas un instant tant Christine Lecerf a magnifiquement composé son enquête réalisée par Julie Beressi. 

On y entend beaucoup Hannah Arendt s’expliquer sur elle-même en allemand. Des extraits de ses livres sont lus. Les nombreux témoins et experts qui interviennent sont tous passionnants. 

On ne fait pas l’impasse sur les sujets délicats, sur les attaques ni sur les ennemis, tout en donnant la parole, en priorité, à ceux qui ont aimé Hannah Arendt, l’ont accompagnée et font vivre sa mémoire et son œuvre, comme Jerome Kohn, son légataire, Leon Botstein, le président du Bard College dans l’état de New York, Margarethe von Trotta, la réalisatrice du film Hannah Arendt en 2012, ou encore Antonia Grunenberg, politologue, auteur de « Hannah Arendt et Martin Heidegger, histoire d’un amour », aux éditions Payot en 2009. 

Avant qu’on ne découvre la petite fille rebelle, très affectée par la mort précoce de son père, en 1913, ses amis parlent de sa beauté, de sa voix profonde et de son charisme hypnotique. « Ma mère était complètement irréligieuse », explique Hannah Arendt, « elle était juive, mais elle ne m’aurait jamais fait baptiser, par exemple ». 

Sachant que tous les enfants juifs étaient confrontés à l’antisémitisme, elle avait posé une règle. Si le propos était tenu par un adulte, Hannah Arendt devait en informer sa mère qui agirait. Si cela venait d’un autre enfant, elle devait se défendre elle-même. 

Brillante jeune femme, elle commence ses études de philosophie à Marburg. Son professeur est Martin Heidegger. Ils ont une liaison. Pour certains, c’est une banale histoire d’étudiante amoureuse de son professeur, ou « la jeune juive allemande avec son professeur qui va devenir un symbole de la nazification de l’Allemagne ». 

D’autres refusent ces simplifications et tracent le portrait d’un enseignant qui faisait « vivre les textes » et ne proposait pas « une érudition morne ». 

Pour Margarethe von Trotta, « c’était un homme avec des idées neuves. Il a compris qu’elle était capable de saisir sa pensée et cela les a liés jusqu’à la fin ». 

Pourtant, elle part pour Heidelberg suivre les cours de Karl Jaspers. Très vite, comme le montre Antonia Grunenberg, qui a aussi travaillé sur Walter Benjamin, l’antisémitisme se répand en Allemagne et il lui faut songer à prendre le chemin de l’exil. C’est d’abord à Paris, où son premier mari, Günther Stern, s’est installé après l’incendie du Reichstag, le 27 février 1933, et duquel elle divorcera en 1937. Elle épousera Heinrich Blücher en 1940. 

Depuis l’incendie du Reichstag, Hannah Arendt sait que son destin est politique. Elle déteste être appelée une réfugiée, avec ce que cela comporte de dépersonnalisation. Elle apprend le français et elle donne des conférences « pour comprendre ce qu’il en est de l’antisémitisme ». 

Elle se sent bien à Paris mais, comprenant qu’elle ne pourra pas rester en France, elle prend le chemin de New York où elle entame la deuxième partie de sa vie. Elle est naturalisée américaine en 1951 et publie la même année « les origines du totalitarisme ». 

Mais elle n’en a pas fini avec l’Allemagne. Elle y retourne en 1949 et revoit Martin Heidegger. Ils parlent du langage, de la vengeance et de la réconciliation. On le sait grâce à des lettres du philosophe. 

Pour Antonia Grunenberg, « Martin Heidegger emporté par l’antisémitisme, c’était une sorte de trahison. On voit qu’elle hésite entre deux attitudes, contribuer au meurtre ou comprendre dans quoi ce philosophe s’est laissé embarquer. Cette division interne n’a jamais vraiment cessé. Pour elle, on ne pouvait pas dire que la philosophie de Martin Heidegger était mauvaise dès le début et il fallait accepter le fait qu’une grande pensée puisse se précipiter dans cet abîme ». 

Dans les années 1960, Hannah Arendt doit faire face à un combat plus dur encore. Quand Adolf Eichmann va être jugé à Jérusalem, elle demande au New Yorker de couvrir le procès. Et elle en tire un ouvrage sous-titré « rapport sur la banalité du mal », publié en 1963. Aussitôt polémique, le livre suscite de nombreuses insultes, « antisémite », « putain », et des menaces. 

Dans l’émission, plusieurs témoins reviennent sur ces moments terribles. Hannah Arendt parle du malentendu. « On a cru que je disais que chacun pouvait avoir un Adolf Eichmann en lui. Ce n’est pas du tout cela ». Au fond, elle ne s’est jamais vraiment remise de ces attaques, en dépit de son bel appartement sur Riverside Drive, une avenue de Manhattan, à New York, où elle recevait la tribu de ses amis.

Heinrich Blücher meurt en 1970. Elle a l’impression que le monde se vide. Mais elle revoit Martin Heidegger.

Physiquement, elle vieillit terriblement. Malgré son état mélancolique, Hannah Arendt entreprend un nouveau livre, « la vie de l’esprit ». 

Elle vient d’en commencer la troisième partie quand elle meurt, dans la nuit du 4 décembre 1975, à l’âge de soixante neuf ans. Elle lègue « une éthique de la pensée », conclura le philosophe Etienne Tassin. 

« Hanna Arendt, la passagère », de Christine Lecerf, du Lundi 14 Août au Vendredi 18 Août 2017 de 9 heures à 11 heures du matin sur France Culture.

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17 août 2017 4 17 /08 /août /2017 18:27

 

 

https://www.mediapart.fr/journal/france/150817/le-devoir-d-hospitalite

 

Le devoir d’hospitalité

 

Par Edwy Plenel

 

Mardi 15 Août 2017

 

Tandis qu’en France la solidarité est devenue un délit, sanctionné par les tribunaux, l’Union Européenne laisse l’Italie criminaliser les Organisations Non Gouvernementales (ONG) qui viennent au secours des migrants en Méditerranée. Cette politique de rejet et d’indifférence est aussi irréaliste qu’elle est inhumaine.

Un jour, on se souviendra avec honte que, en France, au début du vingt et unième siècle, une démocratie, son état, ses gouvernants et ses juges, ont criminalisé ce geste élémentaire d’humanité, la solidarité. Et qu’ils l’ont fait alors que notre continent, face à un défi humanitaire sans précédent depuis les catastrophes européennes du siècle passé, avait rendez-vous avec son âme, pour reprendre la forte formule du président de SOS Méditerranée, Francis Vallat, ancien armateur fidèle aux solidarités élémentaires, comme tout marin l’a appris de la mer, « à un moment donné, quand quelqu’un coule, vous le sauvez. Nous, nous essayons de sauver notre âme, celle de l’Europe ».

Pour l’heure, nous nous demandons comment, lors de la prochaine rentrée des classes, les enseignants s’en sortiront face aux élèves qui les interrogeront sur la condamnation en appel de l’agriculteur Cédric Herrou à quatre mois de prison avec sursis pour avoir aidé des migrants avec la motivation, jugée aggravante par les magistrats, « d'une démarche d’action militante ».

Une peine qui ne témoigne d’aucune mansuétude puisque, de nouveau mis en examen pour des faits similaires et n’ayant aucune intention de renoncer à son engagement avec tous les solidaires de la vallée de la Roya, Cédric Herrou risque désormais la prison ferme à sa prochaine récidive.

Car la solidarité figure explicitement aux programmes de l’enseignement moral et civique, dispensé aussi bien en école élémentaire qu’au collège et au lycée. En bonne place, ce mot venant juste après les trois mots de la devise républicaine, liberté, égalité et fraternité, et celui de laïcité, fait partie des principes et des valeurs que l’éducation nationale est supposée transmettre à notre jeunesse afin que son « aptitude à vivre ensemble soit portée par une même exigence d’humanisme ». Selon son énoncé officiel, cet enseignement prévoit même d’éduquer les élèves à « la sensibilité comme composante essentielle de la vie morale et civique, il n’y a pas de conscience morale qui ne s’émeuve, ne s’enthousiasme ou ne s’indigne ».

Dès l’école primaire, le secours à autrui est cité comme exemple de ce nécessaire engagement dans les affaires de la cité et la marche de l’humanité auquel préparent ces leçons, invitation à « agir individuellement et collectivement afin de s'impliquer dans la vie collective ». Quand on arrive au lycée, le refrain se fait encore plus insistant, ambitionnant la formation d’une conscience morale, vantant l’exercice du jugement critique et plaidant pour le sens de l’engagement.

L’affaire de Cédric Herrou est donc bien, littéralement, un cas d’école qui illustre le divorce entre des gouvernants ayant renoncé aux principes dont notre république se réclame et des individus qui s’efforcent de les sauver en les faisant vivre, au-delà des grands discours.

Tout comme le maire de Grande-Synthe, Damien Carême, qui a refusé de se dérober face au devoir d’hospitalité, Cédric Herrou est une figure morale, incarnant cette résistance éternelle à la raison d'état, à son cynisme froid et à son égoïsme imprévoyant. Les tenants de celle-ci ont coutume de ricaner au seul énoncé de ce mot, la morale, oubliant que l'état dont ils se prétendent les gardiens l’enseigne aux générations à venir, lui conférant une dimension civique en refusant de la reléguer au seul domaine de l’intime ou du spirituel. C’est pourquoi la désobéissance éthique que revendiquent les militants solidaires des migrants et des réfugiés restera comme l’exemple même des combats par lesquels l’humanité s’est grandie quand les noms de ceux qui les ont méprisés ou réprimés seront définitivement oubliés.

Inventeur du concept de désobéissance civile en 1849, l’Américain Henry David Thoreau refusa de payer ses impôts pour empêcher qu’ils financent l’injuste guerre de conquête des États-Unis au Mexique, tout comme la féministe Hubertine Auclert fit de même en 1879 afin de revendiquer le droit de vote si longtemps refusé aux femmes. Qui ne convient, aujourd’hui, que l’une comme l’autre furent précurseurs et visionnaires quand les politiciens et les administrations auxquels ils s’opposaient ne voyaient pas plus loin que leur pouvoir immédiat, borné et limité, sans imagination ni anticipation ? Ainsi l’attitude des désobéissants d’hier et d’aujourd’hui est-elle autant politique que morale. En prenant leur risque, en s’indignant et en résistant, ils font de la démocratie un chantier toujours ouvert, en construction permanente.

Le citoyen, demandait Henry David Thoreau, « doit-il un seul instant, dans quelque mesure que ce soit, abandonner sa conscience au législateur ? Pourquoi, alors, chacun aurait-il une conscience ? Je pense que nous devons d’abord être des hommes, ensuite des sujets ».

Un peu plus d’un demi-siècle auparavant, la déclaration des droits de l’homme de 1789 ne disait pas autre chose en énonçant, dès son deuxième article, la résistance à l’oppression parmi les droits naturels et imprescriptibles de l'homme. Or, sauf à ignorer tout principe d’humanité, qui ne voit, parmi nous, qu’il y a en effet oppression quand des états se refusent à aider des hommes, des femmes et des enfants en détresse ou en péril, ne les secourent pas quand ils risquent la mort dans le simple espoir de survivre, ne les accueillent pas alors qu’ils fuient guerres et misères, violences et sécheresses, désordres économiques, dénis démocratiques et dérèglements climatiques, ne les nourrissent ni ne les hébergent, ne leur accordant même pas le minimum vital ?

Loin de relever de pétitions de principe abstraites, ces mots, qui fondent une éthique de la solidarité, sont concrètement inscrits dans une foultitude de textes internationaux et européens, traités, conventions, résolutions, déclarations et directives, qui, depuis la seconde guerre mondiale, font obligation aux états de les respecter.

Quand ces derniers les bafouent, avec la complicité active de gouvernants incapables d’être au rendez-vous de leur responsabilité historique, flattant les égoïsmes nationaux et jouant sur les replis identitaires, il revient donc à la société de les défendre.

Tel est le sens de l’action de Cédric Herrou ainsi que de tant d’autres militants associatifs. Et c’est bien parce qu’elle dévoile l’injustice et la lâcheté des politiques officielles, de tri entre les migrants et de fermeture des frontières, qu’elle devient insupportable au pouvoir en place.

Car, contrairement à ce que nous serine depuis des années la vulgate politicienne et médiatique, le réalisme est du côté de ce monde associatif et militant. Réalisme des principes, évidemment, qui, à force d’être piétinés par les administrations étatiques et les gouvernements en place, deviennent des mots vidés de leur sens et, pour le coup, des digues immensément fragiles face aux régressions xénophobes, autoritaires et identitaires. Ainsi, comment ne pas être alarmé par le fossé abyssal qui s’est creusé entre le monde unanime des défenseurs des droits humains et les politiques mises en œuvre, sous cette présidence comme sous les deux précédentes, à l’encontre des migrants ? Leur expertise, nourrie de l’expérience vécue, est tenue pour négligeable par un état qui ne raisonne qu’en termes de flux, de stocks et de chiffres, sans jamais prêter attention aux réalités humaines qu’ils recouvrent et à ce qu’elles pourraient lui apprendre.

Le très indépendant et fort respecté défenseur des droits, la Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme (CNCDH), à l’unanimité de la soixantaine d’associations qu’elle regroupe, des ONG aussi diverses qu’Amnesty International, la CIMADE, Médecins Du Monde (MDM), Médecins Sans Frontières (MSF) et le Secours Catholique, tous ont beau avoir pris position contre cette criminalisation de la solidarité, proclamant qu’elle n’est que la mise en pratique de la défense des droits humains fondamentaux, rien n’y fait.

L'état continue son aveugle et irresponsable bonhomme de chemin, contrôle, réprime, interpelle, garde à vue, poursuit, met en examen, traduit en justice et condamne. Ni trafiquants, ni délinquants, lui ont récemment rétorqué plusieurs ONG et associations, « ces personnes, qui viennent en aide aux migrants, inquiétées, intimidées, poursuivies et désormais condamnées, sont avant tout des défenseurs des droits humains. Car il s’agit bien de protéger les droits violés des personnes migrantes et réfugiées, qui sont confrontées à l’inaction, aux défaillances et même aux atteintes à ces droits portées par les autorités françaises ».

Mais ce que donne à voir ce divorce entre un état, qui parie sur une indifférence collective qu’il entretient, et des militants, dont les actes individuels s’efforcent de réveiller les consciences, c’est aussi l’irréalisme inopérant des politiques officielles quand, au contraire, le monde associatif fait preuve d’un pragmatisme efficace. Car qu’ont fait nos gouvernants depuis que l’accentuation interdépendante de crises démocratiques, humanitaires, sécuritaires, sociales et écologiques, a accéléré la mise en branle d’une humanité en quête de survie et de dignité, venue du monde arabe et du continent africain ? Ils n’ont rien voulu comprendre ni entendre. Au lieu de prendre la mesure durable et persistante de cet ébranlement, ils s’entêtent à fuir le monde nouveau qu’il dessine, où réfugiés politiques et migrants économiques sont emmêlés, où les désastres guerriers et les désordres climatiques avancent de concert et où l’Europe est définitivement requise par un devoir d’hospitalité.

La même Union Européenne, qui impose à ses peuples des politiques économiques uniformes, sur lesquelles ils n’ont guère prise, a été incapable d’élaborer des réponses communes, solidairement partagées par ses états membres, sur les questions migratoires.

Impuissante à inventer des solutions à la hauteur d’un défi historique, elle a préféré se défausser, écarter, repousser et mettre à distance, cette réalité humaine qui la bouscule et la dérange. C’est ainsi que, en 2015, elle a pressé le gouvernement italien de mettre fin à l’opération de secours en mer Mare Nostrum, pour donner la priorité, avec Frontex, à la surveillance de ses frontières. Puis, en 2016, elle a conclu un accord de la honte avec la Turquie, sous traitant à Ankara le blocage des réfugiés, moyennant finances, les migrants ne sont plus qu’une monnaie d’échange, et silences, la dérive autoritaire du régime turc a continué de plus belle.

Or c’est ce même accord que, avec le concours zélé de la France, l’Union Européenne veut aujourd’hui reproduire en Libye, dans un pays encore plus instable, dévasté et déchiré, où les violences et sévices subis par les migrants sont attestés. Comment ne pas redouter que cette promotion de la Libye en auxiliaire des politiques de contrôle migratoire ne s’accompagne d’une tolérance coupable envers les atteintes aux droits humains et aux principes démocratiques subies par son peuple ? Et d’autant plus que le semblant d’autorités libyennes et les autorités italiennes paraissent soudain s’être donné le mot, les premières pourchassant les navires de sauvetage en mer et les secondes criminalisant les ONG qui les affrètent. C’est comme si, pour guérir une maladie, on s’en prenait aux médecins qui, vaille que vaille, tentent de la soigner.

Le repli sur nous-mêmes, nos frontières, nos nations, nos conforts et nos indifférences, est une dangereuse illusion qui ne nous protégera pas des bouleversements de ce nouveau monde où « nous ne sommes plus seuls », selon la pertinente formule de Bertrand Badie qui aimerait trouver des gouvernants capables de voir loin, de penser large et d’agir au-delà du court terme. Politistes, géographes, historiens et démographes, nombreux sont les chercheurs qui documentent cette complexité inédite de la question migratoire qu’une politique digne de ce nom devrait oser prendre à bras-le-corps. S’ils étaient lus et mieux écoutés, nous entendrions cette pédagogie qui manque, capable à la fois de dire les difficultés objectives de l’accueil et de l’intégration tout en énonçant cette vérité que nous n’avons plus le choix, sauf à nous couper du mouvement du monde et de l’exigence d’humanité.

François Gemenne est l’un des plus notables d’entre eux qui, dans un appel lumineux à ouvrir les frontières, a mis en évidence le vide politique abyssal des réponses européennes à une crise qui, souligne-t-il, n’est pas celle des réfugiés, « cette crise est d’abord celle de l’Europe. Parce qu’elle révèle son incapacité à répondre de façon digne et cohérente à l’une des plus graves crises humanitaires qu’elle ait connues à ses portes ». Europe, on le sait, fut une divinité de la mythologie grecque. Il y a un quart de siècle, le philosophe René Schérer exhumait l’une des figures qu’y prend Zeus, le dieu des dieux, Zeus hospitalier, dieu de l’hospitalité. Ce Zeus que l’on retrouve dans l’Odyssée, lors du retour final du pérégrinant Ulysse à Ithaque.

Déguisé en mendiant, crasseux et misérable, Ulysse, méprisé des puissants dont il fut, est accueilli de bonne grâce par un humble porcher qui, à ses remerciements, fait la réponse suivante, « étranger, je n’ai pas le droit, quand même viendrait quelqu’un de plus miséreux que toi, de manquer de respect envers un hôte. Ils sont tous envoyés de Zeus, étrangers et mendiants ». Lui-même helléniste, Jean-Pierre Vernant, cette haute figure de résistance démocratique et d’exigence intellectuelle, creusait ce sillon, où se mêlent antiques sagesses et compassions spirituelles, en nous invitant à jeter des ponts, à faire lien, à tendre la main et à être solidaires, « pour qu’il y ait véritablement un dedans, encore faut-il qu’il s’ouvre sur le dehors pour le recevoir en son sein. Pour être soi, il faut se projeter vers ce qui est étranger et se prolonger dans et par lui. Demeurer enclos dans son identité, c’est se perdre et cesser d’être. On se connaît, on se construit par le contact, l’échange et le commerce avec l’autre. Entre les rives du même et de l’autre, l’homme est un pont ».

Cédric Herrou et ses semblables sont de ces hommes qui, jetant des ponts, sauvent l'âme de l'Europe.

 

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16 août 2017 3 16 /08 /août /2017 19:10

 

 

FRONT SOCIAL CONTRE LOI TRAVAIL

 

Par Bernard Fischer

 

Mercredi 16 Août 2017

 

Le Front Social écrivait et diffusait récemment une lettre aux syndicats, aux associations et aux fronts de lutte, dans la perspective de la préparation et du succès de la journée d’action du 12 septembre 2017 contre les ordonnances du gouvernement d’Emmanuel Macron et dans la perspective de la suite de la mobilisation après le 12 septembre 2017.

J’écrivais déjà un premier message relatif à ces questions. Je constatais l’absence d’appel en direction des organisations politiques pour la préparation de la journée d’action du 12 septembre 2017. Je constatais donc l’existence de la situation suivante. Il y aurait d’une part la journée d’action syndicale du 12 septembre 2017 et cette journée d’action syndicale ne concernerait pas les organisations politiques. Il y aurait d’autre part la manifestation nationale du Mouvement de la France Insoumise (MFI) du 23 septembre 2017 et cette manifestation nationale ne concernerait pas les organisations syndicales.

La préparation de la journée d’action du 12 septembre 2017 pose d’autres problèmes.

Premièrement, qui organise cette journée d’action ? La Confédération Générale du Travail (CGT) est-elle l’unique organisatrice de cette journée d’action ou bien y a-t-il un appel d’une intersyndicale dans laquelle il y aurait par exemple la CGT, l’Union Syndicale Solidaire (USS), la Fédération Syndicale Unitaire (FSU) et l’Union Nationale des Etudiants de France (UNEF) ?

L’organisation de cette journée d’action pose des problèmes à l’intérieur de la CGT Force Ouvrière. Le secrétaire général de la CGT Force Ouvrière, Jean Claude Mailly, participe totalement au faux dialogue social d’Emmanuel Macron. Des fédérations professionnelles et des unions départementales de la CGT Force Ouvrière contestent la stratégie de leur secrétaire général et appellent à la participation à la journée d’action du 12 septembre 2017.

Comme nous le savons tous, de nombreux militants du Parti Ouvrier Indépendant (POI) occupent des postes de permanents syndicaux au plus haut niveau à l’intérieur de l’appareil de la CGT Force Ouvrière et ils soutiennent activement Jean Claude Mailly contre les unions départementales contestatrices. Les appels incantatoires à la grève générale ici et maintenant ne sont manifestement plus à la mode. Jean Claude Mailly défend aujourd’hui le syndicalisme d’accompagnement contre le syndicalisme de contestation.  

Une autre question est la question de la composition interne du Front Social. Les trois principales composantes fondatrices du Front Social sont l’ancienne section syndicale CGT Goodyear, le Syndicat Unitaire et Démocratique (SUD) de la poste des Hauts de Seine et le syndicat de l’information et de la communication de la CGT. Quelles sont les relations entre la CGT Goodyear, le syndicat de l’information et de la communication de la CGT et le bureau confédéral de la CGT ? Quelle est aussi la stratégie des militants du POI à l’intérieur de la CGT ?

Des militants posent la question de l’adhésion de l’USS dans sa totalité au Front Social et la stratégie du Front Social est-elle une stratégie d’élargissement interne dans la perspective de la fondation d’une nouvelle confédération syndicale ?

Quelle est la place du Front Social dans la manifestation nationale ou parisienne du 12 septembre 2017 ? Y aura-t-il un cortège du Front Social ? Ce cortège sera-t-il en tête de la manifestation devant les autres cortèges syndicaux ? Quel bilan tire-t-on des cortèges de tête des manifestations contre la première loi travail ? Comment pose-t-on la question des violences policières et de la réaction face aux violences policières ?

Quelle est la place des organisations politiques dans la manifestation nationale ou parisienne du 12 septembre 2017 ? La manifestation passera-t-elle devant les stands fixes des organisations politiques, en application d’une curieuse tradition depuis dix ans, ou bien y aura-t-il des cortèges des organisations politiques dans la manifestation ?

Enfin, le Front Social pose très justement la question de la continuité de la mobilisation après le 12 septembre 2017. Qui fera quoi le soir du 12 septembre 2017 ? Nous nous souvenons du mouvement des Nuits Debout en 2016. Tout commençait le soir de la journée d’action du 31 mars 2016. Des militants ne rentraient pas chez eux, ils passaient la nuit place de la République à Paris, c’était le début du mouvement des places et ce mouvement durait plusieurs mois.

C’est le moment d’une discussion relative au bilan et aux perspectives de ce mouvement, sous cette forme ou bien sous une autre forme.          

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16 août 2017 3 16 /08 /août /2017 18:33

 

 

https://fr.reuters.com/article/companyNews/idFRL8N1L15V0

 

Le syndicat American Federation of Labor Congress of Industrial Organisations (AFL-CIO) accuse Donald Trump de tolérer le sectarisme (Reuters)

 

Le président de l'AFL CIO, Richard Trumka, et la secrétaire générale adjointe de cette confédération syndicale, Thea Lee, ont démissionné Mardi 15 Août 2017 du Manufacturing Council, comité consultatif conseillant l'administration des Etats-Unis en matière de politique industrielle, en accusant Donald Trump de tolérer le sectarisme et le terrorisme intérieur.

 

La confédération syndicale évoque dans un communiqué à l'appui de sa décision les dernières déclarations du président américain sur les violences survenues au cours du week-end lors d'un rassemblement de l'extrême droite américaine en Virginie.

 

Ce rassemblement de suprémacistes blancs à Charlottesville a coûté la vie Samedi 12 Août 2017 à une contre-manifestante, tuée par un jeune automobiliste soupçonné de sympathies nazies qui a précipité sa voiture dans la foule.

 

Donald Trump a une nouvelle fois Mardi 15 Août 2017 renvoyé dos à dos les militants d'extrême droite et les contre-manifestants alors que, face aux critiques sur sa réaction initiale jugée tardive et timide, il avait dénoncé Lundi 14 Août 2017 le racisme et les membres du Ku Klux Klan (KKK) et des mouvements néo-nazis aux Etats-Unis.

 

« Les remarques du président Donald Trump Mardi 15 Août 2017 désavouent ses remarques forcées hier sur le KKK et les néo-nazis. Nous devons démissionner au nom des travailleurs américains, qui rejettent toute notion de légitimation de ces organisations intolérantes », écrivent Richard Trumka et Thea Lee dans un communiqué.

 

L'AFL-CIO représente environ douze millions cinq cent mille travailleurs américains.

 

Les patrons de trois grandes entreprises américaines, Merck, Under Armour et Intel, ont déjà annoncé Lundi 14 Août 2017 leur démission du Manufacturing Council.

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