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23 juin 2016 4 23 /06 /juin /2016 19:49

Des diplomates américains veulent frapper le régime syrien (Reuters)

Vendredi 17 Juin 2016

Une cinquantaine de responsables du département d’état ont signé une note interne très critique sur la position américaine en Syrie et appellent à des frappes contre le régime de Bachar al Assad afin d'arrêter ses violations chroniques du cessez-le-feu.

La note, signée par cinquante et un fonctionnaires de la diplomatie américaine impliqués dans l'élaboration de la stratégie en Syrie, a été dévoilée par le Wall Street Journal.

Elle appelle à des « frappes militaires ciblées » contre le gouvernement syrien au vu du non respect de la trêve mise en place à la fin du mois de février 2016, rapporte le quotidien américain qui s'appuie sur des copies du câble diplomatique qu'il a pu consulter.

Des frappes militaires contre le gouvernement de Bachar al Assad représenteraient un changement majeur dans la politique du gouvernement de Barack Obama qui concentre pour l'instant ses opérations aériennes en Syrie contre les positions de l'Etat Islamique, via la coalition internationale.

Un responsable américain, qui n'a pas signé le câble mais l'a lu, souligne que la Maison Blanche reste opposée à une implication militaire plus poussée dans le pays.

En visite à Copenhague, le secrétaire d’état John Kerry a estimé que cette note constituait un « document important » qui serait discuté à son retour à Washington.

« C'est un document important et je respecte très fermement le processus. J'aurai l'occasion de rencontrer les auteurs à mon retour », a ajouté John Kerry précisant ne pas avoir consulté le document.

La note utilise un canal de communication interne habituel qui permet aux fonctionnaires du département d’état d'exprimer des vues différentes, explique John Kirby, porte-parole du département d’état.

« Nous sommes en train d'examiner la note, parue très récemment, et je ne vais pas commenter les commentaires », a-t-il déclaré dans un courriel.

Pour Robert Ford, qui a quitté son poste d'ambassadeur des Etats-Unis en Syrie en 2014 en raison de désaccords stratégiques, la note comporte « un nombre stupéfiant » de signatures.

« Depuis quatre ans, le niveau opérationnel du département d’état appelle à davantage de pression contre le gouvernement de Bachar al Assad en vue d'aller vers une solution négociée », a poursuivi l’ancien diplomate, désormais employé par le groupe de réflexion Middle East Institute.

Le directeur de la Central Intelligence Agency (CIA), John Brennan, a estimé jeudi devant le congrès américain que Bachar al Assad bénéficiait d'une position plus favorable qu'il y a un an de cela, grâce notamment aux frappes russes menées contre l'opposition. Il a également indiqué que la capacité terroriste de l'Etat Islamique n'avait pas été entamée.

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23 juin 2016 4 23 /06 /juin /2016 19:13

http://www.mediascop.tumblr.com/post/145850659661/premiers-jours-de-campagne-en-espagne-unidos

Le blog Mediascop appartient à l'agence Mediascop, spécialisée en communication politique et sociale et dirigée par Sophia Chikirou.

Nous y partageons nos réflexions, nos coups de cœur et nos coups de gueule. Nous y faisons un peu notre promotion aussi.

Premiers jours de campagne en Espagne, Unidos Podemos centralise l’attention

A peine arrivée à Madrid, je me rends au local de Podemos situé rue Zurita, dans le quartier mythique de Lavapiés. Les rues peuvent être étroites et arborées, les bâtiments y sont colorés et les habitants sont cosmopolites. Pour faire un parallèle avec ce que je connais à Paris, Lavapiés ressemble à Ménilmontant, surtout avec ses rues pentues.

L’accueil qu’on me fait est très chaleureux mais témoigne d’un certain automatisme, « encore une française qui vient étudier Podemos sur le terrain ». Ils me prennent pour une étudiante et me questionnent tout de suite sur mon sujet de thèse. J’ai à peine le temps de dire que je n’en fais pas, qu’ils enchaînent en me prenant pour une journaliste et me servent alors parfaitement les explications enjolivées de comment les cercles de Podemos, assemblées par quartier, s’organisent de façon participative, sans hiérarchie, pour réinvestir l’espace public et amener les vrais problèmes des vraies gens jusque dans les conseils municipaux, régionaux et bientôt nationaux.

Quand enfin, je peux dire qui je suis et pourquoi je suis là, on m’embrasse et on m’inclue dans une liste d’organisation sur Telegram où j’ai accès au calendrier des actions militantes. On me demande tout de suite de participer autant que possible et dès le lendemain, je suis parmi les volontaires qui se rendent à la conférence de presse de Pablo Iglesias, le leader de Podemos, et Alberto Garzon, le leader d’Izquierda Unida, pour le lancement officiel de la campagne.

Première surprise pour moi, et pour vous certainement, la conférence de presse a lieu à minuit dans un parc madrilène où, pour la circonstance, une estrade est placée face à un mur de caméras. En questionnant, j’apprends que la loi électorale espagnole interdit tout acte de campagne préalable à la période officielle. La campagne démarre donc Vendredi 10 Juin 2016 pour s’achever Samedi 25 Juin 2016 à minuit. Unidos Podemos a choisi de mettre en scène son début de campagne pour dire qu’ils ne perdront pas une seconde du temps de campagne, tous les volontaires sont venus avec des seaux et des balais, des affiches sont distribuées en grande quantité et voilà que, à peine la conférence achevée, les groupes se répartissent pour les premiers collages de nuit.

Le matériel de campagne est alors dévoilé ainsi que le style original donné à ce qui est la sixième élection en deux ans à laquelle sont convoqués les électeurs.

En deux ans, les espagnols ont été appelés à voter plus de cinq fois, élections régionales, élections municipales, élections européennes et déjà deux fois aux élections législatives. Le Dimanche 26 Juin 2016, ils voteront pour désigner de nouveaux députés après l’échec de constitution d’un gouvernement depuis le mois de décembre 2015. De quoi se lasser, de quoi désespérer de la politique et de quoi s’abstenir de voter.

Pour le mouvement Podemos, le Dimanche 26 Juin 2016 prend des allures de test de la mobilisation populaire et de la stratégie électorale d’alliance avec Izquierda Unida. Pour la première fois depuis sa création, Podemos lie son sort à celui d’un parti traditionnel qu’il avait largement battu dans les urnes.

Ce front de gauche, que les espagnols comparent volontiers à Syriza plutôt qu’au Front De Gauche (FDG) français, représente un changement considérable de stratégie voire même de principes fondamentaux pour le mouvement issu du mouvement des indignés. Jusque-là, Podemos a connu un succès phénoménal sans alliance classique, au contraire, les alliances qui ont remporté les villes de Madrid ou de Barcelone par exemple étaient complètement inédites.

Des personnalités locales et issues du mouvement des indignés, des associations citoyennes et des militants de Podemos ont constitué des listes autonomes, en fonction des réalités territoriales, qui ont eu le succès surprenant que l’on sait. Ainsi, Podemos a démontré sa capacité à nouer des alliances, à s’ouvrir et à faire passer le parti après l’intérêt général en acceptant de céder des places sur des listes dont il était souvent le premier apporteur en force militante.

L’alliance avec Izquierda Unida représente un virage essentiel par rapport à la ligne directrice de transversalité que s’était donné le parti à sa naissance, Podemos refusait de se définir sur l’échiquier entre la droite et la gauche, préférant parler de peuple et de patrie contre l’oligarchie.

Cette identité transversale, construite à partir de réflexions sociologiques, philosophiques et politiques, inspirée du nouveau monde, péronisme argentin, chavisme et révolution citoyenne équatorienne, n’en faisait pas moins que Podemos séduisait largement des électeurs progressistes, s’affirmant eux-mêmes comme de gauche.

En rattachant son nom à celui d’Izquierda Unida, Podemos plante son drapeau à gauche et mêle son destin à celui du Parti Communiste Espagnol (PCE) dont les électeurs n’ont jamais oublié les sombres années franquistes. Podemos se lie ainsi à une partie de l’histoire espagnole, celle d’une Espagne patriote, républicaine et résistante. De plus, mathématiquement, l’alliance Unidos Podemos permet de passer devant le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE), qui n’a rien à envier au Parti Socialiste français en matière de collaboration avec l’oligarchie, de politiques antisociales, de corruption et de promesses mensongères.

Unidos Podemos est donné première force politique de gauche, deuxième force nationale, à deux points derrière le Parti Populaire, qui lui non plus n’a rien à envier au parti des Républicains français, que ce soit dans les affaires de corruption, de détournement de fonds, de politiques austères et de destruction des services publiques.

Quant à Izquierda Unida, c’est un parti qui a souvent été la force d’appoint du PSOE, acceptant ce rôle avec d’autant plus de résignation que les élections lui permettaient de maintenir des élus, des permanents et quelques bastions. Tout comme le Parti Communiste Français (PCF) en réalité.

A ceci près qu’Izquierda Unida a appris de ses récents échecs dans les élections notamment européennes. Avec la jeune figure d’Alberto Garzon, qui cultive le style « jeune décontracté », marque de fabrique de Podemos, Izquierda Unida s’est bien rafraîchie.

C’est en Andalousie, à Cordoue, où je me rends avec François Ralle et des camarades de Podemos, que je vais pouvoir me rendre compte de ce que représente cette alliance pour les volontaires et militants des deux organisations.

Là-bas, d’abord et avant tout, il fait chaud, très chaud. Ce qui justifie parfaitement qu’entre 14 heures et 18 heures, la ville soit vide. J’ai profité de ces heures creuses pour faire du tourisme avec tous les français, heureux retraités et joyeux bénéficiaires des RTT, et quelques chinois, nouveaux touristes culturels.

A 18 heures, se tient un « acto », c’est-à-dire une réunion publique en pleine place de la Corredera. Le démarrage est poussif , tout le monde commence par squatter les terrasses des bars et commandent des « canas », des demis de bière, des cafés glacés, des bouteilles d’eau et quelques tapas.

Vers 19 heures, des animateurs de Podemos appellent à un petit jeu de questions et de réponses qui permet à quelques chanceux de gagner le programme de campagne présenté sous forme de catalogue IKEA. L’objet est désiré. Tout le monde le veut. D’ailleurs, un dirigeant national de Podemos m’explique qu’ils vont être en rupture de stock très rapidement car tout le monde veut son exemplaire. Moi, je repars bredouille pour cette fois.

L’idée de présenter les propositions d’Unidos Podemos en parodiant le fameux catalogue IKEA fait beaucoup de bruit, certains, souvent des adversaires, dénoncent une pure opération marketing mais, en réalité, l’efficacité de l’initiative est percutante. Les communicants de Podemos souhaitent que le programme soit lu et connu et ils ont pensé qu’en le présentant sous une forme familière, en jouant sur l’ironie et en créant le buzz aussi, ils attireraient l’attention des électeurs sur leurs idées. C’est un pari osé et réussi.

Je disais que Cordoue m’a permis de voir que les deux organisations d’Unidos Podemos se lancent ensemble dans une campagne nationale qui se heurte aux réalités locales. L’histoire longue d’Izquierda Unida dans les terres provinciales et rurales en fait une force politique assimilée à ceux qui gouvernent depuis toujours. A Cordoue, le lancement de campagne se fait séparément, je m’en étonne auprès d’un des jeunes organisateurs. Il m’explique que les deux cultures militantes sont différentes et qu’il est important que chacun ne se sente pas absorbé par l’autre. Ils auront des actions communes dans les jours à venir.

Il faut que je parle de Manolo Monereo. Quel personnage, grand et fort, cet ancien d’Izquierda Unida, qui a rejoint Podemos dès son origine est une personnalité locale mais aussi un grand intellectuel admiré par Pablo Iglesias. Manolo Monereo est le candidat d’Unidos Podemos et ses chances d’élection, en fait de réélection, sont assez importantes, les sondages le donnent à vingt cinq pour cent.

Il parle de souveraineté nationale et de fierté d’être espagnol face à une Union Européenne qui les a méprisés après la crise de 2008 et les a traité d’assistés et de fainéants. Ici, ils ont la blessure encore vive des propos de la presse allemande. Manolo Monereo dira, en s’adressant à Angela Merkel, en substance, « venez vivre ici dans ces terres où la chaleur vous écrase. Venez ici travailler dans nos champs, à récolter le coton, à vous abîmer le dos et les mains et à vous brûler la peau » et « nous sommes courageux, et le peu que nous avons, nous l’avons à force de travail ».

Manolo Monereo me dira ensuite qu’il a lu « le hareng de Bismarck » de Jean-Luc Mélenchon et qu’il en fait son livre de chevet car il partage l’analyse selon laquelle le principal enjeu est de tenir tête à Angela Merkel en Europe si nous voulons continuer de vivre au sein de l’Union Européenne.

Autre personnalité incroyable que j’ai découvert à l’occasion de ce meeting, l’avocat Rafael Mayoral, dirigeant national de Podemos. Rafael Mayoral parlera de la répression dont sont victimes les syndicalistes et de l’emprisonnement de l’un d’eux pour des faits de blocage. Il rappelle que, face à la résistance sociale et citoyenne, le gouvernement use de la justice pour menacer et décourager ceux qui luttent.

A écouter ces interventions, je suis frappée par leur écho avec la situation française. J’entendais dans les médias français que la crise espagnole n’avait rien à voir avec notre réalité française et qu’ils étaient responsables de leurs problèmes car tous auraient joué à spéculer sur l’immobilier. Il n’en est rien. Encore une construction médiatique et argumentaire qui vise à éviter que l’on puisse s’inspirer de ce que des citoyens font en Espagne.

Ce que je vois, c’est une réalité qui nous est très proche, des citoyens qui galèrent, sont sous payés, ont du mal à se loger et font face à des politiques au service d’une minorité d’évadés fiscaux.

L’Espagne sera peut-être le deuxième pays d’Europe à voir un mouvement issu de la crise gouverner. Tout le monde ici a en tête la Grèce et Syriza.

Les volontaires, comme Marisa ou Belen, me disent qu’il faut qu’ils gagnent cette fois-ci et qu’il faut le changement, même si tout ne fera que commencer, « ce sera compliqué mais nous avons confiance en Pablo Iglesias pour ne pas céder comme Alexis Tsipras ».

La semaine prochaine, je vais m’intéresser plus spécifiquement aux stratégies de communication de Podemos et d’Izquierda Unida, en particulier sur le web et observer le traitement médiatique qui lui est réservé.

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23 juin 2016 4 23 /06 /juin /2016 18:38

Les kurdes pressent pour une fédération dans le nord de la Syrie (Reuters)

Jeudi 16 Juin 2016

Alors que l'Organisation des Nations Unies (ONU) ne parvient pas à trouver un terrain d'entente entre les rebelles et le pouvoir syriens, les organisations kurdes qui occupent le nord de la Syrie progressent rapidement dans la création d'un système fédéral de nature à redessiner la carte du pays au grand dam de la Turquie.

Les trois zones autonomes tenues par les kurdes, le long de la frontière turque, avaient approuvé au mois de mars 2016 la création d'un « système fédéral démocratique du Rojava », nom kurde désignant la partie septentrionale de la Syrie.

Un responsable kurde a expliqué que la rédaction d'une constitution, baptisée « contrat social », était presque achevée et que son adoption par une assemblée de cent cinquante et un membres pourrait être suivie dans un délai de trois mois par l'élection d'une instance législative, la conférence du peuple, puis par celle d'assemblées régionales.

L'ensemble du processus pourrait prendre six mois, voire moins, selon les dirigeants kurdes.

Les kurdes affirment ne pas nourrir d'ambitions séparatistes mais rappellent que les efforts de l'ONU pour trouver une solution à un conflit qui dure depuis plus de cinq ans se trouvent dans l'impasse et qu'aucune solution ne semble devoir se dégager à court terme.

A l'appui de leur démarche, les kurdes font valoir que leurs milices, les unités de protection du peuple (YPG), jouent un rôle moteur au sein des Forces Démocratiques Syriennes (FDS), alliance de groupes combattants kurdes et arabes engagés dans la lutte contre l'organisation Etat Islamique.

Sur le terrain, les progrès sont notables et les rebelles sont parvenus à isoler totalement la ville de Manbij, dernier bastion des djihadistes près de la frontière avec la Turquie.

La semaine passée, a été discutée avec les membres des FDS le projet d'intégrer chaque nouveau territoire libéré au sein du système fédéral du Rojava.

« Nous leur avons expliqué l'idée du projet sur lequel nous travaillons et nous leur avons fait part de notre désir que Manbij fasse partie de la zone fédérale démocratique après sa libération », a déclaré Hadiya Youssef, coprésidente de l'assemblée qui pilote le projet.

Continuité territoriale

Selon elle, la proposition a été bien accueillie mais toute décision définitive devra être entérinée par un organe représentatif pérenne et non par l'actuelle structure transitoire.

Un membre du conseil municipal de Manbij a dit à Reuters s'attendre à se voir présenter le projet de système fédéral, tout en reconnaissant que son approbation ne relevait pas de sa compétence.

La fédération politique réclamée par les kurdes s'étendrait sur les trois régions autonomes sur lesquelles les YPG ont établi leur contrôle depuis le début de la guerre civile en Syrie. Les miliciens kurdes soutenus par les Etats-Unis ont peu à peu étendu ce territoire, réussissant à reprendre la ville de Tal Abyad à l'Etat Islamique au mois d’octobre 2015.

Les Kurdes syriens ne cachent pas leur volonté de créer une continuité territoriale en réunissant les régions de Kobané et de Djézireh contiguës dans le nord-est de la Syrie avec celle d'Afrine située au nord-ouest.

Pour ce faire, ils doivent prendre le contrôle d'une bande de territoire de quatre vingt kilomètres de long englobant Manbij le long de la frontière turque et dans laquelle opèrent des rebelles soutenus par la Turquie hostiles aux YPG. Ankara considère ces milices comme des émanations du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), interdit en Turquie pour terrorisme.

Les kurdes doivent également composer avec l'hostilité des Etats-Unis, du gouvernement syrien de Bachar al Assad et même de l'opposition syrienne qui soutiennent l'idée d'une Syrie unifiée et non religieuse.

Des rencontres ont été organisées avec les Etats-Unis, la Russie et les européens pour leur expliquer que les kurdes ne souhaitaient pas constituer un état indépendant, a précisé Haidya Youssef.

Les kurdes ont aussi écrit à Barack Obama et à Staffan de Mistura, le négociateur de l’ONU pour la Syrie, qui n'a pas convié le parti de l’union démocratique (PYD), principale formation politique kurde de Syrie, aux négociations indirectes de paix à Genève.

« Nous espérons faire accepter ce plan et nous travaillons à obtenir un soutien international, national et régional », a précisé Haidya Youssef.

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22 juin 2016 3 22 /06 /juin /2016 18:46

http://www.npa2009.org/idees/international/tribune-pour-un-lexit-un-brexit-de-gauche

Tribune pour un Brexit de gauche

Par Joseph Choonara, membre de la direction du Socialist Workers Party (SWP) de Grande Bretagne

Mardi 21 Juin 2016

Le débat sur le référendum en Grande-Bretagne est dominé des deux côtés par des arguments pro-business et anti-immigrés. Dans ce contexte, le SWP de Grande Bretagne a développé des arguments pour une position indépendante de gauche, en faveur d’une sortie.

Il existe des raisons puissantes de s’opposer à l’Union Européenne. La plus évidente est la façon dont elle a traité plusieurs pays de l’Europe du Sud depuis le début de la crise économique.

L’Union Européenne a été en première ligne pour imposer l’austérité en Grèce et ailleurs. Lors de la dernière phase du programme de sauvetage grec, nous avons assisté au spectacle du gouvernement de Syriza, applaudi par l’Union Européenne, taillant en morceaux les retraites. Au moment même où la mesure était votée au parlement et soutenue par le parti de droite des grecs indépendants, dehors, sur la place Syntagma, la police anti-émeute attaquait les manifestants à coups de gaz lacrymogène. Cela illustre la version brutale de la mise en place du néo libéralisme par l’Union Européenne.

Prenez aussi par exemple le pacte fiscal qui impose des limites automatiques aux dépenses des gouvernements européens, ou bien la succession de traités de commerce néo libéraux, dont le TAFTA n’est que le plus infâme, négocié actuellement en secret par l’Union Européenne.

L’Europe forteresse

L’Union Européenne a toujours été un projet capitaliste. Mais aujourd’hui, l’Union Européenne fonctionne ouvertement dans les intérêts des grandes puissances européennes, des grandes sociétés et des banques. Loin d’assurer la paix en Europe, elle est empêtrée dans les rouages de l’impérialisme, comme en témoigne la poussée coordonnée par l’Union Européenne et l’Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN) en Europe de l’Est.

Même la liberté de travailler et d’étudier à l’étranger, accordée par l’Union Européenne, ne l’est qu’à un prix important. La coordination des frontières de l’Europe a créé une Europe forteresse qui nie la liberté de circulation à celles et ceux qui n’ont pas la chance d’être des citoyens de l’Union Européenne.

Encore une fois, c’est la Grèce qui est en première ligne. Récemment, le gouvernement grec a évacué le camp de réfugiés non officiel d’Idomeni, qui se trouve sur la frontière macédonienne, interdisant aux journalistes de s’approcher du camp pendant que la police a forcé sa population à intégrer des camps officiels. L’action faisait partie du pacte avec la Turquie, accompagné d’un durcissement de la répression des migrants, tandis que, à l’heure actuelle, seuls cent soixante dix sept des deux millions sept cent mille syriens coincés en Turquie ont été accueillis en Europe.

L’Union Européenne peut-elle être réformée ?

Devant ce constat, le SWP de Grande Bretagne s’est joint à ceux qui s’identifient comme des opposants internationalistes à l’Union Européenne pour lancer Lexit, the Left Leave Campaign, la campagne pour une sortie de gauche.

Nous sommes confrontés à deux arguments venant de la part d’autres forces de la gauche. Le premier argument affirme que l’Union Européenne peut être réformée. Cette idée est défendue par le dirigeant de gauche du parti travailliste, Jeremy Corbyn. Bien qu’il ait été historiquement un opposant de l’Union Européenne, il a conclu un accord, assez tôt après son élection comme dirigeant, avec la droite du parti travailliste très majoritaire parmi les députés du parlement, pour faire campagne en faveur du vote pour rester dans l'Union Européenne.

Cependant, je n’ai pas encore entendu quelqu’un nous proposer une méthode pour réellement réformer l’Union Européenne. Celle-ci est remplie de bureaucraties non élues qui encadrent des institutions comme la commission européenne et la Banque Centrale Européenne (BCE). Les décisions clés de l’Union Européenne sont prises après des marchandages entre les différents gouvernements nationaux qui se réunissent dans le conseil européen.

Il n’existe aucun forum pan-européen, démocratique et crédible, qui puisse pousser pour des réformes. Le parlement européen, qui n’a même pas le droit de proposer des lois, ne peut certainement pas remplir cette fonction. Changer fondamentalement les choses signifierait la réécriture des traités de l’Union Européenne, ce qui nécessiterait un accord des vingt huit états membres.

Si la gauche gagnait dans les vingt huit pays, nous ne réformerions pas l’Union Européenne, nous construirions des institutions authentiquement internationalistes pour promouvoir les intérêts des travailleurs.

Par ailleurs, la possibilité d’une marée montante de forces de gauche favorables à l'Union Européenne capable de transformer les institutions de l’Europe est morte dans les rues d’Athènes. Est-ce que Syriza est en train de remodeler l’Union Européenne ? Ou est-ce l’inverse ? Il est temps de commencer à traiter l’Union Européenne comme nous traitons le Fonds Monétaire International (FMI) ou l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), comme une institution capitaliste néo libérale que nous devrions abolir et non réformer. Cela signifie que les pays doivent voter pour la quitter.

Les conséquences d’un Brexit, l’affaiblissement du capital et de l’impérialisme

Le deuxième argument est qu’un vote pour le Brexit déplacerait le curseur de la politique vers la droite. Une sortie, nous dit-on, nous laisserait à la merci d’un gouvernement dirigé par Boris Johnson, le conservateur qui dirige la campagne pour le Brexit. Je ne vois pas bien pourquoi Boris Johnson est considéré comme pire que David Cameron. La gauche radicale est peut-être petite, mais réduire nos attentes au niveau de vouloir soutenir une aile du parti conservateur contre une autre pousse le pessimisme à un niveau encore jamais atteint.

De toute façon, un déplacement à droite est loin d’être inévitable. Le débat sur l’Union Européenne est en train de déchirer le parti conservateur. Le résultat en a déjà été l’annulation de beaucoup d’attaques récentes du gouvernement.

Si la Grande-Bretagne vote pour sortir de l’Union Européenne, cela affaiblira non seulement le capital et l’impérialisme, mais il provoquera aussi la démission de David Cameron comme premier ministre. Quel que soit son successeur, il ou elle héritera d’un gouvernement profondément divisé qui aura beaucoup de mal à rester au pouvoir. Cela donne la possibilité d’élections que Jeremy Corbyn devrait gagner, ce qui créerait un terrain bien plus favorable pour la lutte contre l’austérité et le racisme.

La gauche devrait se réjouir de cette perspective et chercher à formuler les arguments ­socialistes pour une sortie.

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22 juin 2016 3 22 /06 /juin /2016 18:24

http://www.pardem.org/actualite/point-de-vue-du-pardem/406-appel-pour-la-defense-des-libertes-et-du-droit-de-manifester

Appel pour la défense des libertés et du droit de manifester

Mardi 21 Juin 2016

Initiateurs de l’appel des trois cent trente trois pour la levée de l’état d’urgence qui a rassemblé plus de dix mille signatures, nous étions à la tribune du meeting unitaire qui le 23 janvier 2016 réunissait plus de mille cinq cent personnes à Paris.

Les atteintes aux libertés démocratiques se font chaque jour plus pressantes, interdictions administratives individuelles de se rendre sur les lieux des manifestations sur la base de l’état d’urgence, multiplications des gardes à vue, des déferrements et des comparutions immédiates contre les militants, et menaces de réquisitions contre les grévistes.

Et maintenant, au lendemain des manifestations du Mardi 14 Juin 2016 pour le retrait de la loi travail à l’appel des organisations syndicales, ils enjoignent aux syndicats de ne plus organiser de manifestations, brandissant la menace de leur interdiction.

Les déclarations de Manuel Valls, de François Hollande, de Jean-Christophe Cambadélis et de Marisol Touraine, sont d’une extrême gravité.

En instrumentalisant les « casseurs », en faisant le rapprochement entre l’orphelin de deux policiers sauvagement assassinés et le bris des baies vitrées de l’hôpital Necker, le président de la république, le premier ministre et le premier secrétaire du Parti Socialiste, proposent de remettre en cause le droit de manifester en France.

Ils annoncent qu’ils vont bafouer un des droits de l’homme et du citoyen les plus fondamentaux, soumettant les libertés publiques à leur arbitraire.

Comme nous l’avons fait au mois de janvier 2016 en nous adressant à tous les citoyens, nous appelons à signer massivement ce texte pour la défense des libertés démocratiques.

Tous ensembles, nous affirmons notre refus d’une telle atteinte au droit démocratique de manifester.

Nous dénonçons cette provocation inadmissible.

Nous affirmons notre refus de nous laisser intimider et notre détermination à faire valoir tous nos droits démocratiques, gagnés de haute lutte.

Nous exigeons le respect du droit de manifestation.

Premiers signataires

Esther Benbassa, Denis Collin, Jacques Cotta, Daniel Gluckstein, Jean Jacques Karman, Noel Mamère, Jacques Nikonoff, Vincent Presumey, Danielle Simonnet

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22 juin 2016 3 22 /06 /juin /2016 17:48

https://www.solidaires.org/Enquete-parlementaire-a-propos-des-violences-policieres-dans-les-manifestations

Enquête parlementaire à propos des violences policières dans les manifestations

Lettre commune de la Confédération Générale du Travail (CGT), de la Fédération Indépendante et Démocratique Lycéenne (FIDL), de la Fédération Syndicale Unitaire (FSU), de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH), du Syndicat des Avocats de France (SAF), de l'Union Syndicale Solidaire (USS), de l'Union Nationale des Etudiants de France (UNEF) et de l'Union Nationale Lycéenne (UNL), à Claude Bartolone, président de l'assemblée nationale, et aux présidents des groupes de l'assemblée nationale

Demande d’ouverture d’une enquête parlementaire, ou d’une mission d’information, sur les choix opérés par le ministère de l’intérieur quant au maintien de l’ordre durant les manifestations en lien avec la loi « visant à instituer de nouvelles libertés et de nouvelles protections pour les entreprises et les actifs » et sur le rôle joué par le ministère public durant cette période.

Mardi 21 Juin 2016

Lundi 6 Juin 2016 à Genève, plusieurs membres du Comité des Droits Economiques et Sociaux (CDES) de l'Organisation des Nations Unies (ONU) ont interpellé les représentants du gouvernement français lors du cinquante-huitième examen final de la France par le CDES de l'ONU pour dénoncer la répression syndicale et le climat social délétère en France. En cette période de fortes mobilisations contre le projet de loi travail, déjà quarante huit enquêtes judiciaires ont été ouvertes par l’Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN) pour des violences contre des manifestants. Le défenseur des droits s’est saisi d’enquêtes sur des violences commises par les policiers lors des manifestations.

Pour rappel aussi, le comité contre la torture de l’ONU a épinglé la France, lors de son rendu des recommandations le 13 mai 2016, sur l’usage excessif voire illégal de la force par la police. Il recommande entre autres des enquêtes indépendantes et transparentes sur ces problématiques. Nous avons reçu de la part de nos militants et de nos sympathisants divers témoignages de comportements disproportionnés et illégitimes perpétrées par des fonctionnaires dépositaires de l’autorité publique. De nombreux militants racontent comment ils se voient délogés, pourchassés et visés par les forces de police sans qu’aucune infraction n’ait été commise, tout en observant que les casseurs arrivent à s’insérer dans les cortèges, voire en prendre la tête sans être arrêtés dans leur progression.

Plus largement, ces éléments mènent nos organisations à nous questionner sur la gestion de l’ordre public durant les manifestations. En effet, comme l’ont signalé des policiers syndiqués, les ordres semblent tarder dans des situations qui exigent une forte réactivité. De plus, comment expliquer que soient visés des groupes de manifestants sans discernement quand certains individus violents semblent volontairement contenus en tête de cortège des manifestations ?

S’agirait-il d’une stratégie délibérée visant à accroître les tensions durant les manifestations ? Enfin, nos organisations s’étonnent de la sévérité avec laquelle le parquet requiert certaines peines manifestement disproportionnées à l’encontre des manifestants.

Certaines réquisitions, pour des dossiers vides de preuve dans lesquels sont retenus à charge le fait de participer à l’organisation des manifestations ou d’être responsable syndical, conduisent des militants à être interdits de manifester, à de la détention provisoire, puis à des peines d’emprisonnement ferme. La participation aux manifestations ou l’appartenance syndicale semble devenir des circonstances aggravantes, au mépris des libertés fondamentales. Le rôle joué par le ministère public dans les procédures en lien avec ces mobilisations mériterait d’être révélé et clarifié.

Nous demandons l’ouverture d’une enquête parlementaire, ou d’une mission d’information, sur les choix opérés par le ministère de l’intérieur quant au maintien de l’ordre durant les manifestations en lien avec la loi « visant à instituer de nouvelles libertés et de nouvelles protections pour les entreprises et les actifs » et sur le rôle joué par le ministère public durant cette période.

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22 juin 2016 3 22 /06 /juin /2016 17:28

La manifestation syndicale du Jeudi 23 Juin 2016 finalement autorisée à Paris (Reuters)

Les syndicats hostiles au projet de loi travail ont obtenu Mercredi 22 Juin 2016 le droit de manifester Jeudi 23 Juin 2016 à Paris en vertu d'un compromis trouvé avec le gouvernement, qui avait dans un premier temps choisi d'interdire tout défilé dans la capitale.

Le communiqué de la préfecture de police annonçant cette interdiction, décidée pour des raisons de sécurité, a déclenché Mercredi 22 Juin 2016 dans la matinée une poussée de fièvre chez les syndicats et au sein même de la gauche, où l'on a dénoncé un coup de force.

Aussitôt, les patrons de la Confédération Générale du Travail (CGT) et de la CGT Force Ouvrière, Philippe Martinez et Jean-Claude Mailly, ont demandé une audience au ministère de l’intérieur et ces ultimes tractations avec Bernard Cazeneuve ont permis d'aboutir à un accord.

Les syndicats pourront donc défiler, mais seulement sur une boucle d'un peu plus d’un kilomètre et cinq cent mètres, dont les points de départ et d'arrivée se trouvent place de la Bastille, et non le long d'un parcours entre la place de la Bastille et la place de la Nation comme ils le prévoyaient.

« Nous appelons les salariés, jeunes, privés d’emploi et retraités à participer massivement aux manifestations du Jeudi 23 Juin et du Mardi 28 Juin 2016 », a déclaré Philippe Martinez lors d'une conférence de presse conjointe des sept organisations opposées au projet de réforme du code du travail.

« Le gouvernement avait franchi un nouveau cap dans sa volonté de bâillonner le mouvement social en interdisant la manifestation parisienne », a dit le secrétaire général de la CGT, qui en a appelé à François Hollande.

« Le président François Hollande n’a d’autre issue, pour sortir de cette impasse, que de réunir les organisations syndicales et de jeunesse très rapidement », a-t-il affirmé.

Philippe Martinez a par ailleurs promis que « le service d'ordre sera renforcé », Jeudi 23 Juin 2016.

Bernard Cazeneuve à l’origine de l’interdiction

Obéissant aux consignes de l'exécutif, la préfecture de police avait invoqué la crainte de nouveaux débordements et l'état de fatigue des policiers pour justifier l'interdiction du cortège parisien.

Des violences ont régulièrement éclaté en marge des cortèges dans la capitale et les grandes villes de province depuis le début du mouvement contre la loi travail, au mois de mars 2016, donnant lieu à plusieurs centaines d'interpellations.

« Les dégradations et violences contre les agents de la force publique commises lors du dernier mouvement en date du Mardi 14 Juin 2016 ont atteint un pic de violence inégalé », pouvait-on lire dans le communiqué de la préfecture.

Les services du préfet expliquaient alors ne pas avoir pas d'autre choix que l'interdiction, les syndicats ayant catégoriquement refusé la proposition qui leur était faite de se rassembler sur la place de la Nation, sans défiler.

Mercredi 22 Juin 2016 en milieu de journée, Bernard Cazeneuve a admis avoir été à l'origine de l'interdiction, qu'il a « demandée personnellement au préfet de police ».

Cette décision aurait été une première depuis 1962.

Le député Christian Paul, l'un des chefs de file des frondeurs du Parti Socialiste, avait dénoncé une faute historique et jugé que le chef du gouvernement, Manuel Valls, prenait là une lourde responsabilité.

« Nous sentons bien qu'il y a depuis huit jours de la part du premier ministre une volonté de durcissement. Et c'est d'autant plus paradoxal que nous sommes à un moment où un compromis pourrait être trouvé sur la loi travail », avait-il dit sur BFM Télévision.

Nous poursuivrons ce texte

A droite, de nombreux responsables avaient réclamé ces derniers jours une telle interdiction mais Nicolas Sarkozy, président des Républicains, a pris Mardi 21 Juin 2016 le contre-pied en estimant que cette mesure ne serait pas raisonnable.

L'attitude du gouvernement a changé après la dernière grande journée de mobilisation, Mardi 14 Juin 2016, au cours de laquelle une poignée de manifestants s'en était pris à une façade vitrée de l'hôpital Necker, dans le sud de Paris.

Le lendemain, Manuel Valls a exhorté les syndicats à ne plus organiser ce type de manifestations, faute de quoi le gouvernement prendrait ses responsabilités.

Le front syndical avait malgré tout maintenu deux nouvelles journées d'action contre le projet de loi défendu par Myriam el Khomri, qui doit revenir au cours du mois de juillet 2016 à l’assemblée nationale après son passage au sénat.

En dépit de ses hésitations au sujet de la manifestation du Jeudi 23 Juin 2016, l'exécutif n'entend pas abandonner son projet, a redit Manuel Valls.

« Nous poursuivrons ce texte et nous le ferons adopter parce qu’il en va de l’intérêt du pays », a assuré le chef du gouvernement lors d'une séance de questions publiques à l’assemblée nationale.

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21 juin 2016 2 21 /06 /juin /2016 19:57

http://www.lemonde.fr/politique/article/2016/06/20/l-ultragauche-est-engagee-dans-une-logique-de-confrontation-avec-l-etat_4953771_823448.html

L’ultra gauche est engagée dans une logique de confrontation avec l'état

Par Marc Lazar, directeur du centre d’histoire de Sciences Politiques

Lundi 20 Juin 2016

Les manifestations contre la loi travail ont été émaillées de violents incidents attribués généralement aux « casseurs ». Ce mot trop usité occulte la stratégie délibérément mise au point par des groupes de l’ultra gauche engagés dans une logique implacable de confrontation avec l'état.

Depuis quelques années, nombre de regroupements, d’activistes et de sites, tel le Mouvement Inter Luttes Indépendant (MILI) apparu lors des mobilisations lycéennes contre l’expulsion de la jeune collégienne rom Leonarda en 2013, prônent le recours à la violence et la pratiquent de manière organisée et déterminée. La mort de Rémi Fraisse, en octobre 2014 sur la Zone A Défendre (ZAD) de Sivens, a accéléré le processus.

Quelques-uns de leurs slogans sont évocateurs, « un flic, une balle, justice sociale », « tout le monde déteste la police ». Cette galaxie, qui mélange des références anarchistes, nihilistes et marxistes, dénonce le capitalisme, exprime son rejet de l'état comme du gouvernement et entend préparer l’insurrection.

La violence de ces activistes s’exerce contre les symboles de ce qu’ils exècrent, les policiers, les banques, les agences d’intérim ou encore les sièges du Parti Socialiste. Ils harcèlent continûment les policiers afin de pouvoir mieux dénoncer la répression qui a, en effet, dérapé à plusieurs reprises. Ces militants fustigent l’état d’urgence qui, à leurs yeux, dévoile le vrai visage répressif de l'état, puisqu’ils n’accordent aucune considération à la menace djihadiste, considérée par eux comme étant un dérivatif des luttes sociales.

La plupart des manifestants condamnent ces violences. Mais une minorité d’entre eux, surtout parmi les jeunes, disent les comprendre et même les justifient au nom de la crise sociale, de la « dureté » de la loi travail, du procès en « trahison » qu’ils font de l’exécutif socialiste et surtout parce qu’ils s’indignent de la violence policière qui leur semble disproportionnée, discriminante à leur égard, et injuste.

Regardons l’Italie

La question qui se pose est bien de savoir jusqu’où peut désormais porter cette dynamique. C’est là que l’histoire nous amène à regarder l’Italie. Il y a plus de quarante ans, s’y déroulaient de vastes mobilisations sociales accompagnées de la plus grande vague de violence qu’ait connue un pays ouest-européen. Comment en est-on arrivé là ? A la fin des années 1960 se développa une contestation étudiante, avec parfois des occupations d’universités et des affrontements particulièrement rudes avec la police, comme à Rome en mars 1968.

La violence était revendiquée et mise en œuvre par des groupes d’extrême gauche critiques de la Démocratie Chrétienne au pouvoir, et du Parti Communiste Italien (PCI), accusé d’être devenu réformiste.

Désireux de préparer la révolution, voire la guerre civile, ces groupes se battaient avec la police et les mouvements néo fascistes. Les affrontements se durcirent avec la politique en accordéon de l'état, alternant des phases de rude répression, parfois disproportionnée par rapport aux actes commis, et des moments d’étrange laxisme.

Dix millions de grévistes

L’attentat du 12 décembre 1969 de la banque nationale du travail à Milan, piazza Fontana, attribué dans un premier temps à des anarchistes, mais qui se révéla être l’œuvre de membres de l’ultra droite bénéficiant de complicités dans des secteurs de l’appareil d'état, accéléra les phénomènes de radicalisation. La stratégie dite « de la tension », marquée par la pose de bombes dans des lieux publics, venait de commencer. D’autant que depuis l’automne 1969, les travailleurs s’étaient engagés dans des grèves importantes qui s’étalèrent dans le temps.

En 1975, on enregistra plus de dix millions sept cent mille grévistes, un record sans équivalent en Europe. Une contestation généralisée déferla sur l’Italie affectant toute la vie sociale et culturelle et atteignant son acmé en 1977. L’extrême gauche se divisait non pas sur la légitimité du recours à la violence, mais sur sa nature et ses modalités. Une partie d’entre elle décida d’augmenter le niveau de la confrontation avec l'état.

Des groupes choisirent progressivement la lutte armée et la clandestinité, à l’instar du plus connu d’entre eux, les Brigades Rouges. Ils organisaient des sabotages, des séquestrations, des humiliations publiques, par exemple de cadres ou des contres maîtres, des gambizzazioni, actions consistant à tirer dans les jambes de leurs cibles, et enfin des meurtres purs et simples.

Etaient visés des policiers, des carabiniers, des magistrats, des journalistes, des universitaires, des politiciens démocrates-chrétiens ou de gauche et des syndicalistes.

L’une des opérations les plus spectaculaires et dramatiques fut l’enlèvement par les Brigades Rouges, en plein Rome, le 16 mars 1978, du dirigeant démocrate-chrétien Aldo Moro, exécuté le 9 mai 1978 après cinquante-cinq jours de détention. Entre 1969 et 1988, il y eut quatre cent quatre vingt onze morts dus aux attentats aveugles de l’extrême droite et à ceux, ciblés, de l’ultra gauche.

Trois enseignements peuvent être tirés des années de plomb. La violence politique redoubla d’intensité lorsque les mouvements sociaux commençaient à décliner, les organisations extrémistes de gauche cherchant ainsi à les réanimer en s’affrontant à l'état et aux partis qui le défendaient. Ensuite, s’enclencha une spirale vertigineuse de la violence avec le passage d’affrontements de rue de plus en plus durs à la décision mûrement réfléchie à un moment donné de franchir un seuil décisif en utilisant les armes à feu et en décidant de tuer froidement.

La zone grise

Enfin, ceux qui se sont engagés dans cette voie ont bénéficié, dans un premier temps, de l’empathie, voire du soutien, d’une zone grise qui leur servait de base arrière. Une zone composée d’étudiants, de jeunes et d’ouvriers vivant souvent dans un milieu alternatif, qui ne se reconnaissaient pas dans l'état, en proie à des difficultés sociales, révoltés et indignés, acceptant l’usage de la violence contre leurs « ennemis ». Mais aussi de militants gauchistes et, au tout début, du PCI, qui baignaient dans un même bain idéologique, utilisant à propos des adeptes de la lutte armée une formule célèbre, « compagni che sbagliano », « des camarades qui se trompent ».

Face à cette violence, l'état déploya une forte répression, restreignit des libertés et recourut au système des repentis et des dissociés, des clandestins qui acceptaient de collaborer avec la justice, qui se révéla fort efficace. Les puissants partis, dont le PCI, qui, à partir de 1974, combattit avec intransigeance les groupes de l’ultra gauche, comme les syndicats, se mobilisèrent contre les agissements terroristes. Quant à l’opinion publique, elle condamna de plus en plus nettement ces derniers, l’enlèvement d'Aldo Moro constituant un vrai tournant, y compris chez ceux qui jusqu’alors avaient fait preuve d’une certaine complaisance envers les groupes armés. Ceux-ci furent progressivement démantelés et isolés, ce qui n’empêcha pas des soubresauts, jusqu’au début des années 2000.

Evidemment, tout est différent entre ce qui s’est produit en Italie et la France d’aujourd’hui, le contexte international et les réalités politiques, idéologiques et sociales des deux pays. Néanmoins, revenir sur le « terrorisme rouge » de cette époque permet de réfléchir sur ce qui pourrait survenir en France maintenant ou dans les mois à venir avec quelques interrogations majeures.

Que vont faire désormais les adeptes de la guérilla urbaine ? Vont-ils passer à une étape supérieure dans leurs actions violentes ? Réussiront-ils à se constituer une base arrière parmi la jeunesse radicalisée et les opposants à la loi travail déçus de l’issue de leur mobilisation et tentés d’exprimer leur « haine », un mot que l’on entend de plus en plus souvent, du gouvernement socialiste et des forces de l’ordre ? Quelle politique mettra en œuvre l'état envers ces groupements, répression pure et simple, stigmatisation ou bien actions diverses et variées en direction de la jeunesse pour éviter qu’elle ne constitue un vivier de recrutement pour les activistes extrémistes ?

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21 juin 2016 2 21 /06 /juin /2016 19:28

http://www.questionsdeclasses.org/?Le-bruit-assourdissant-des-pales-de-l-helicoptere

Le bruit assourdissant des pales de l’hélicoptère

Dimanche 19 Juin 2016

Une collègue énervée m’a interpellé ce matin, « tu as vu ? Tu as entendu Manuel Valls, les médias, pas un mot sur le million de gens dans la rue, tout sur le meurtre du commandant de police et les casseurs et rien sur le mouvement social ».

Je n’ai pas fait mon blasé. Bien que j’ai participé à cinq manifestations sur les trente derniers jours, dans une ambiance tout aussi tendue et tout aussi délétère, elle a raison de s’émouvoir. Le gouvernement a passé un cran dans l’obscénité.

Dans la salle des professeurs, j’avais un nouveau témoin qui pouvaient raconter aux autres ce qui se passait sur le front social. Un nouveau témoin qui pouvait dénoncer les mensonges et dire combien les médias décomplexés véhiculaient une propagande anxiogène et antisociale.

Bien sûr, le meurtre d’un commandant de police et son épouse est une monstruosité. Mais doit-on parler maintenant de terrorisme chaque fois qu’un dingue et un voyou déséquilibré prête allégeance à l’Etat Islamique ? Si c’est le cas, la démocratie formelle dans laquelle nous continuons à mener nos luttes est déjà morte car aucune loi sécuritaire n’empêchera ces attentats.

Avec Manuel Valls, les français n’ont même plus besoin de voter pour le Front National, il organise méthodiquement l’état policier. Ne vient-il pas d’annoncer que, dans le cadre de l’état d’urgence, il allait interdire le droit de manifester ? Non content de ne pas assumer ses responsabilités, le gouvernement poursuit dans la provocation.

Il ne reste à ce gouvernement que la peur du terrorisme à opposer aux mouvements sociaux de contestation de ses réformes libérales et de ses lois de régression sociale. A la demande de débats, il répond par la rhétorique et l’amalgame en cherchant à délégitimer toute opposition.

Ce n’est pas seulement une question de hiérarchie de l’information, on dirait bien une entreprise brouillonne de propagation de la trouille.

Malgré le ridicule de la posture, les médias relaient.

Personne pour contester qu’on puisse mettre sur le même plan les casseurs, les hooligans et les égorgeurs de l’Etat Islamique ? Personne dans les médias pour dénoncer le choix agressif et provocateur du ministère de l’intérieur pour encadrer les manifestations ? Personne pour dénoncer les nombreuses violences et intimidations policières vis à vis des manifestants ?

Comment tous les médias peuvent-ils résumer une des plus grosses manifestations depuis 2003 aux violences de la place des Invalides, spectaculaires et orchestrées ?

Combien de journaux soulèvent de légitimes questions à propos des mensonges du gouvernement autour de la casse des vitres de l’hôpital Necker ?

Quoi, deux cent hooligans russes et quatre cent hooligans anglais cassent le Vieux Port de Marseille et le gouvernement n’interdit pas le championnat d’Europe de football au nom de la sécurité et de la lutte antiterroriste. Soyons cons, exigeons son arrêt au nom de la sécurité.

Un tel mépris du peuple et de l’intelligence demande plus qu’un droit de réponse des organisations syndicales et des mouvements sociaux contestataires.

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21 juin 2016 2 21 /06 /juin /2016 19:16

http://www.cgt.fr/Votation-citoyenne-en-ligne.html

Votation citoyenne en ligne

Mardi 21 Juin 2016

Pour ou contre la loi travail et pour ou contre de nouveaux droits, exprimez-vous.

La démocratie ayant un sens pour les salariés, les jeunes, les privés d’emplois et les retraités, les organisations syndicales et de jeunesse, mobilisées depuis presque trois mois décident d’une votation citoyenne dans les entreprises, les administrations et les lieux d’étude.

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