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18 juin 2016 6 18 /06 /juin /2016 19:42

https://www.ensemble-fdg.org/content/attaques-contre-les-syndicats-le-droit-de-manifester-et-le-droit-du-travail-uni-es-pour-dire

Attaques contre les syndicats, le droit de manifester et le droit du travail, unis pour dire non

Depuis des semaines le gouvernement tente de discréditer la mobilisation sociale contre la loi travail en fustigeant tout particulièrement la Confédération Générale du Travail (CGT) et son leader Philippe Martinez, alors que sept syndicats soutiennent le mouvement. Les grèves sont assimilées à des « prises d’otage » et tout est bon pour appeler à leur fin, les inondations, le championnat d'Europe de football et les menaces contre les personnes et les biens.

Depuis Mardi 14 Juin 2016, Bernard Cazeneuve puis Manuel Valls ont franchi un nouveau cap. Sur la deuxième chaîne de la télévision française, le ministre de l'intérieur n’a pas hésité à instrumentaliser le crime terroriste contre les deux policiers des Yvelines pour faire l’amalgame avec les violences constatées en marge des manifestations. Manuel Valls, sur France Inter, est allé jusqu’à dénoncer la complicité des syndicats avec une partie des manifestants venus dans l’objectif de « tuer » des policiers. Dans la foulée, le préfet de police de Paris dénonce aujourd’hui une forme de solidarité entre « casseurs » et syndicalistes.

La boucle est ainsi bouclée, les manifestants sont assimilés aux « casseurs » et les « casseurs » sont assimilés aux terroristes, appliquer l’état d’urgence à tous devient la conséquence logique. Manuel Valls et son gouvernement reprennent en définitive à leur compte la logique du mouvement des entreprises de France (MEDEF) qui avait accusé les syndicats de terrorisme et usent de ce prétexte pour annoncer la possible interdiction des manifestations contre la loi travail, approuvé en cela par la direction du Parti Socialiste à travers son premier secrétaire.

Nous condamnons les violences qui entravent la vie des citoyens et attaquent le service hospitalier public et qui sont d’ailleurs préjudiciables au mouvement social. Mais imputer cette violence aux organisateurs et organisatrices de la mobilisation est un mensonge, le maintien de l’ordre en marge des manifestations est de la responsabilité du gouvernement.

Pour la première fois depuis des décennies, un gouvernement propose d’interdire une manifestation syndicale. Cette annonce est d’une extrême gravité pour les libertés publiques.

Sans légitimité populaire ni parlementaire pour imposer sa loi, le gouvernement aura donc tout tenté, l’état d’urgence maintenu et utilisé contre les mobilisations écologistes et sociales, le passage en force via le quarante neuvième article de la constitution et l’utilisation de la division comme de la répression pour tenter de juguler le mouvement. Il en vient maintenant à cette menace inacceptable pour la démocratie.

Les organisations politiques signataires demandent à François Hollande de cesser d’attaquer le mouvement syndical et le monde du travail.

Elles défendent une tout autre politique, respectueuse des salariés et non guidée par les intérêts des grandes entreprises.

Elles rappellent que la loi travail est rejetée par trois confédérations syndicales sur cinq et que les manifestations sont organisées par sept syndicats de salariés et de jeunes.

Elles dénoncent les attaques intolérables contre les syndicats et tout particulièrement contre la CGT.

Elles appellent à refuser toute remise en question du droit de manifester et à se mobiliser plus fortement encore aux côtés des syndicalistes lors des prochaines manifestations.

Elles exigent enfin le retrait de la loi travail, seule décision raisonnable à même de calmer les tensions sociales dont le gouvernement est le principal responsable.

Premiers signataires

Ensemble, Europe Ecologie Les Verts (EELV), Mouvement Républicain et Citoyen (MRC), Nouvelle Donne, Parti Communiste Français (PCF), Parti Communiste des Ouvriers de France (PCOF), Parti de Gauche, Parti Ouvrier Indépendant (POI), République et Socialisme.

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18 juin 2016 6 18 /06 /juin /2016 19:23

http://www.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2016/06/18/un-convoi-britannique-d-aide-aux-migrants-refoule-par-la-france-a-douvres_4953448_1654200.html

Un convoi britannique d’aide aux migrants refoulé par la France à Douvres

Un convoi britannique, en route pour le nord de la France afin d’y distribuer de l’aide aux migrants mais interdit cette semaine par les autorités françaises, a été refoulé Samedi 18 Juin 2016 au poste frontière français dans le port de Douvres, dans le sud-est de la Grande Bretagne.

« Un camion de trente huit tonnes rempli d’aide a réussi à passer mais la plupart des deux cent cinquante voitures individuelles l’accompagnant ont été refoulées. C’est la France qui nous empêche de passer », a expliqué un des organisateurs du convoi, John Rees. « Nous allons rebrousser chemin pour aller protester devant l’ambassade de France » à Londres, a-t-il ajouté, alors que le convoi s’était mis en route pour Calais, dans le nord de la France, en début de matinée près du parlement de Westminster.

La police du Kent, comté où se trouve Douvres, a déclaré avoir reçu la notification de la décision des autorités françaises de ne pas laisser entrer le convoi sur le territoire français et qu’elle n’était « pas en mesure de s’y opposer ».

Plusieurs centaines de personnes, interdites de passage, protestaient de cette décision devant l’entrée du port de Douvres. « Les réfugiés sont les bienvenus ici » ou « solidarité avec les réfugiés », pouvait-on lire sur plusieurs drapeaux de manifestants, selon des photographies de manifestants diffusées sur Twitter.

« Tout sera fait côté britannique pour empêcher le convoi de passer », avaient fait savoir en début d’après-midi les autorités du Pas-de-Calais, dans le nord de la France, précisant travailler « en totale coopération » avec les autorités britanniques.

Craintes de « troubles graves à l’ordre public »

La préfète du Pas-de-Calais, Fabienne Buccio, avait pris, Mercredi 15 Juin 2016, au nom de « l’ordre public », un arrêté interdisant la circulation du convoi vers Calais où se trouve le plus grand bidonville de France dans lequel s’entassent entre quatre mille et cinq mille migrants. Un arrêté similaire a également été pris Vendredi 17 Juin 2016 par la préfecture du Nord, département voisin qui abrite un autre camp, celui de Grande-Synthe où vivent un peu moins de huit cent réfugiés, principalement des kurdes.

Les autorités françaises ont expliqué l’interdiction de ce convoi par la « très forte mobilisation des forces de sécurité » pour la lutte antiterroriste et pour le maintien de l’ordre en liaison avec le match entre la France et la Suisse pour le championnat d'Europe de football, Dimanche 19 Juin 2016, à Lille.

De ce fait, « les forces de l’ordre ne pourront être mobilisées en nombre suffisant » à Calais, estiment-elles, craignant des « troubles graves à l’ordre public ».

En octobre 2015, une manifestation similaire avait débouché sur « l’intrusion d’un cortège de six cent cinquante personnes » dans la zone d’embarquement du port de Calais, a également fait valoir la préfète Fabienne Buccio.

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18 juin 2016 6 18 /06 /juin /2016 19:10

Ouverture en Irak d’un second front en direction de Mossoul (Reuters)

Les forces irakiennes ont gagné du terrain Samedi 18 Juin 2016 en direction de Qayara, ville qui pourrait devenir le point d'appui de la reconquête de Mossoul, métropole du nord tenue par l'Etat Islamique, au lendemain de la proclamation de leur victoire à Falloudja.

Deux divisions de l'armée de terre et des unités des forces antiterroristes se sont emparées de deux villages et ont progressé de vingt kilomètres à l'ouest de Baïdji, rapportent les autorités. La ville a été reprise aux djihadistes au mois d’octobre 2015 mais les forces gouvernementales n'avaient pas progressé depuis.

Une base aérienne se trouve à Qayara, ville situé à cent quinze kilomètres au nord de Baïdji, qui pourrait donc jouer un rôle crucial dans la reprise de Mossoul, à soixante kilomètres plus au nord.

« Les opérations pour libérer Qayara ne laisseront pas une chance aux terroristes de reprendre leur souffle, en particulier avec le début du compte à rebours pour le nettoyage de Falloudja », promet le ministre de la Défense, Khaled al Obaïdi, sur Twitter.

L'armée, qui a pris position au début de l'année à Makhmour, à une centaine de kilomètres au sud de Mossoul, sur l'autre rive du Tigre, y menait sans grand succès depuis le mois de mars 2016 des opérations présentées comme les préparatifs de la reconquête de Mossoul.

A Falloudja, à cinquante kilomètres à l'ouest de Bagdad, les forces irakiennes ont pénétré Vendredi 17 Juin 2016 dans le centre de la ville, au terme d'un mois de siège.

Le premier ministre a proclamé leur victoire, Vendredi 17 Juin 2016, mais sept quartiers du nord de la ville sont toujours aux mains de l'Etat Islamique et le sud de la ville est encore en cours de nettoyage, a-t-on appris Samedi 18 Juin 2016 de sources policières. Des combats se déroulent par ailleurs rue de Bagdad, le principal axe entre l’est et l’ouest de la ville.

Les forces antiterroristes se sont emparées de l'hôpital, l'une des principales positions des djihadistes, qui en ont incendié une bonne partie avant de s'enfuir, et sécurisent le quartier oriental d’al Dhoubat, précise l'armée dans un communiqué.

La bataille de Falloudja, ville qui comptait plus de trois cent mille habitants avant de tomber aux mains de l'Etat Islamique au mois de janvier 2014, a fait quatre vingt un mille déplacés qui ont aujourd'hui besoins de tentes, d'eau et de vivres, selon l'Organisation Internationale pour les Migrations (OIM).

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17 juin 2016 5 17 /06 /juin /2016 20:01

http://www.clubpolitiquebastille.org/spip.php?article168

Le mouvement actuel est considérable

Par Charles Jérémie

Vendredi 17 Juin 2016

L’interview de Julien Coupat dans Mediapart est intéressante. Au delà même de ce qu’il déclare, d’une certaine manière, c’est l’expression « consciente du processus inconscient » de politisation et de radicalisation d’un secteur de la jeunesse. Il faut donc prendre au sérieux ce que, au delà du groupe de Tarnac, ces jeunes expriment.

Dorénavant, il y a une certitude. Le mouvement qui dure depuis quatre mois avec la participation de millions qui ont manifesté, plusieurs dizaines de milliers ont fait grève, est l’événement majeur depuis 1968. Répétons que le mouvement ne mobilise pas l’écrasante majorité des salariés et des jeunes mais il est puissant, pugnace et volontaire. Le sentiment se fait jour que la lutte contre la loi travail est le début effectif de la bataille contre le système néo libéral dans sa totalité.

En cela, le mouvement est considérable.

Une fois encore, les salariés du privé et la majorité des fonctionnaires se sont tenus à l’écart, sympathisant mais passif. Sans prophétie, cela ne durera pas. Tôt ou tard, ils devront prendre leur place dans la bagarre.

C’est une question de vie ou de mort. Mais surtout, avec ces quatre mois de lutte, s’impose l’idée que pour vaincre il faut défaire l’adversaire totalement. Maintenant, dit un manifestant, « je rentre en résistance ». Il exprime un sentiment partagé. Si la droite se droitise, les salariés et la jeunesse opèrent par la lutte des classes un mouvement vers la gauche. La lutte a modifié la psychologie et le « moral » des salariés. Ils commencent à relever la tête.

Place à la jeunesse, elle arrive mais, là encore, soyons lucide, la masse des lycéens et étudiants ne se sont pas mobilisés. Mais des dizaines de milliers d’entre eux se sont engagés à la tête du mouvement. Participant ou non aux Nuits Debout, c’est l’arrivée d’une avant garde générationnelle. Et c’est considérable.

Contrairement au Contrat Première Embauche (CPE) ou, après la victoire, il n’est resté que de futurs apparatchiks préparant leur carrière au Parti Socialiste.

Une partie de cette jeunesse a intégré les fondamentaux. Le Parti Socialiste, c’est la bourgeoisie. Les dirigeants syndicaux, malgré tout, marchent avec eux. La politique institutionnelle les fait vomir. À la manifestation du Jeudi 14 Juin 2016 avec Jacky nous avons assisté à la constitution du carré de tête, devant le cortège officiel. D’abord, des centaines, essentiellement des jeunes intermittents, le « meilleur » de la précarité, ils lancent des mots d’ordre offensifs contre la loi de François Hollande et contre le Parti Socialiste et ils revendiquent la grève générale, entonnant des chants révolutionnaires. Ils sont progressivement rejoints par des centaines de jeunes qui viennent, avec des drapeaux de la Confédération Générale du Travail (CGT), de la CGT Force Ouvrière ou du Syndicat Unitaire et Démocratique (SUD) à la main, prendre naturellement la tête de la manifestation. Une partie d’entre eux sera à la pointe des affrontements avec la police.

Les violences sont, j’y reviendrai, absurdes, contre-productives et finalement dangereuses pour constituer un mouvement de classe victorieux. Mais constatons d’abord que c’est la première fois depuis 1968 que les jeunes et les policiers s’affrontent sur une aussi longue période. « Tout le monde déteste la police » est aussi ridicule et faux que « CRS SS », mais cela a pris. Car, bien sûr, la police est prise comme l’expression de l’état.

Nul ne sait comment le gouvernement et les syndicats parviendront à mettre un terme et s’ils parviendront même à aboutir. La certitude, c’est que cela ne suffira pas. C’est un mouvement profond. Il va s’enraciner. Il prépare d’autres mobilisations. Aucun ministre ne pourra dorénavant mettre son nez dehors. Cette fois, ce n’est pas une formule, la lutte va se poursuivre d’autant que le pouvoir est aux abois et qu’il n’y a pas d’appétence pour la droite.

Il est donc possible, même probable, que cette bataille soit la première d’une guerre plus longue. Et encore possible que cette lutte s’inscrive dans un basculement général anti libéral dans de nombreux autres pays. N’oublions pas que tous les experts sérieux s’attendent à une nouvelle crise financière internationale.

Je reste prudent mais on ne peut exclure que cette lutte magnifique débouche sur une nouvelle période politique en France et à l’étranger. La presse n’a dit mot mais, comme à Paris, les salariés belges se sont mobilisés contre une loi de même type.

Qui veut l’emporter doit se rappeler que la force de la révolution, ce sont ses idées, ses convictions, les rêves qu’elle fait partager à la multitude et sa capacité à rassembler. Pour l’emporter, il faut que tout ou partie des forces de répression bascule dans le camp de la révolution. Dans le cas contraire, c’est l’écrasement d’Oviedo, Rosa Luxembourg assassinée, l’Italie des années 1920, le Portugal de Salazar et l’Espagne de Franco.

Pour vaincre Kerensky et Kornilov, il faut conquérir les régiments de soldats, officiers compris. Je n’ai jamais participé à une révolution, mais comme d’autres, j’en ai étudié un certain nombre. Si on parle « d’insurrection », il faut en parler sérieusement et ne pas oublier cette question stratégique.

L’interview de Julien Coupat dans Mediapart est non seulement intéressante, intelligente mais brillante, plus, séduisante. Je pense que des centaines de jeunes, notamment, se reconnaissent dans l’essentiel. Pour des raisons qui tiennent, probablement mais pas seulement, à mon âge, ce n’est pas mon cas. Une précision, les attaques policières et judiciaires contre les militants de Tarnac sont évidemment une provocation attentatoire aux libertés. Nous sommes solidaires de ces militants. C’est une opération de basse police qu’il faut combattre.

Julien Coupat explique que la mobilisation contre la loi du travail est autre chose que la lutte contre la loi elle-même. Bien sûr, mais il faut être précis, c’est la mobilisation contre la casse du code du travail qui débouche sur une mise en cause plus générale du système capitaliste, la mobilisation n’est pas idéologique. Elle cherche à vaincre et à faire reculer le gouvernement et le patronat. C’est la vigueur de la lutte des classes qui caractérise la situation sociale et politique.

Ainsi la manifestation du Mardi 14 Juin 2016 était une formidable manifestation de classe contre la bourgeoisie.

Je comprends que des jeunes et des moins jeunes affrontent la police mais je ne suis pas d’accord avec ce qui devient une stratégie théorisée. L’objectif c’est de vaincre le patronat, la bourgeoisie et son gouvernement. Quand la police s’interpose, nous nous défendons. Mais l’objectif, ce n’est pas la police. De plus, quand l’affrontement se traduit pas des destructions systématiques des commerces et des abribus, je ne suis pas d’accord. Et je ne dis rien du caillassage des cars de militants syndicaux et bien sûr de l’incident de l’hôpital Necker. Et qu’on ne cherche pas de circonstances atténuantes. Les militants révolutionnaires ne sont pas condamnés à suivre et justifier tous les événements.

Quand on jette des cocktails Molotov contre des Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS) et qu’on incendie des voitures de police, cela met actuellement en danger la mobilisation générale contre le gouvernement. C'est un cadeau au patronat et à François Hollande. Julien Coupat suggère qu’il s’agit là du développement inévitable et positif de la mobilisation anti gouvernementale. Au contraire, j’affirme que c’est un danger. À chaque fois qu’une minorité pour des objectifs « révolutionnaires » a prétendu agir de la sorte, l’échec était au bout de ce mouvement. Jamais, nous ne pouvons nous substituer à l’action des masses, jamais. Toute l’interview de Julien Coupat et de son camarade est sur cette ligne. Ils se trompent. J’ajoute que, quand l’appareil d'état le décidera, s’il le décide, il arrêtera les prétendus casseurs pour les envoyer, pour de longues années, en prison, justifiant par la même une véritable répression policière. On ne peut pas jouer avec le feu.

L’origine de l’apparition de cette mouvance ultra gauche, blanquiste et gauchiste a une double origine.

C'est premièrement le refus et l’insupportabilité de la politique des partis et des syndicats ouvriers ou prétendus tels, à partir bien sûr de l’insupportabilité matérielle, psychologique, politique, sociale et culturelle de la société capitaliste. Le néo libéralisme, nous n'en pouvons plus.

Si les directions syndicales avaient cessé de saucissonner le mouvement en multipliant les appels à des grèves tournantes, les unes après les autres, si la CGT, la CGT Force Ouvrière et SUD avaient appelé non à la grève générale qui ne se décrète pas, mais simplement au « tous ensemble », pendant vingt quatre ou quarante huit heures, voilà longtemps que le patronat et le gouvernement auraient capitulé. Ce qui illustre la force du mouvement, c’est que malgré la politique de Philippe Martinez et de Jean Claude Mailly, les salariés et les jeunes ne lâchent rien.

Voilà pourquoi cette bataille ne peut pas être un échec. la politique des appareils provoque toujours l’apparition de mouvements ultra gauches.

Évidemment la mort du Parti Communiste Français (PCF), l’agonie du Parti Socialiste et le rejet de la politique institutionnelle nourrissent ces processus, car il n’y a pas de proposition alternative politique et organisationnelle.

Julien Coupat et ses camarades vont vers une illusoire « insurrection ». Avant l’heure, ce n’est pas l’heure. Les trotskystes ont également leur responsabilité, les organisations trotskystes, toutes les organisations, ont refusé de mener une campagne politique systématique et pédagogique pour le tous ensemble. La plupart des militants se sont réfugiés dans les syndicats appliquant, en la gauchisant, la politique des sommets syndicaux. Je ne stigmatise pas, je constate.

Le gauchisme, c’est toujours le prix à payer de l’opportunisme des sommets politiques et syndicaux, mais aussi de l’impuissance de l’extrême gauche.

Voilà à mon avis le type de discussions que nous devons mener avec cette fraction de la jeunesse en voie de politisation et de radicalisation.

Car il s’agit de discuter, pas de stigmatiser. D’autant que, pour cette fois, ce n’est qu’un début.

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17 juin 2016 5 17 /06 /juin /2016 17:09

http://www.marianne.net/manif-du-14-juin-demonstration-force-autonomes-100243680.html

Manifestation du Mardi 14 Juin 2016, la démonstration de force des autonomes

Par Mathias Destal

Depuis le début du mouvement de contestation contre le projet de loi travail, un groupe de manifestants autonomes prend la tête du cortège. La journée de mobilisation nationale organisée Mardi 14 Juin 2016 n'a pas échappé à cette règle. Mais cette fois, le nombre des manifestants radicaux était nettement plus important que d'habitude, donnant du fil à retordre à des forces de l'ordre dépassées.

« Black bloquons tout ». Ce message tagué des dizaines de fois sur le trajet de la manifestation contre la loi travail, Mardi 14 Juin 2016, résume à lui seul l’état d’esprit qui régnait en tête de cortège. Rien de nouveau, a priori, depuis le début de la contestation initiée dans la rue le 9 mars 2016, des militants véhéments prennent la tête de la marche. En rang serré derrière des banderoles renforcées, elles sont faites en toile épaisse et équipées de poignées, ils imposent leur tempo, attirant toujours plus de monde dans leur sillage.

Cagoulés et vêtus de noir, en civil mais équipés de foulards et de lunettes de piscine pour se protéger des gaz et affublés de casques flanqués de la croix rouge des « street medics », ils avancent en scandant leurs slogans, « parce que nos vies valent plus que leur profit, retrait de la loi travail », « Paris debout, soulève-toi », « tout le monde déteste la police » ou « qui ne saute pas est au Parti Socialiste ». Depuis maintenant plus de trois mois, c’est devenu un rituel.

Tous ceux qui dans la manifestation se retrouvent devant le savent, ils risquent de prendre des coups, d’être blessés, parfois grièvement, ou d’être interpellés, souvent violemment, par des policiers tendus et sous pression. Selon la préfecture de police, cinquante huit manifestants ont été arrêtés, Mardi 14 Juin 2016, et plusieurs dizaines d’autres ont été blessés dont au moins un très grièvement. Ce dernier a été victime d’un tir tendu de grenade qui l’a touché dans le dos.

Une photographie de la plaie publiée Mercredi 15 Juin 2016 montre la gravité de la blessure.

L'hôpital Necker touché

Malgré les risques encourus, Mardi 14 Juin 2016, le groupe de tête, aussi appelé cortège autonome, était plus que jamais présent. Un ou plusieurs milliers, difficile à dire, néanmoins, le nombre de ceux qui ont choisi l’anonymat du « bloc » ou qui ont pris le parti de l’appuyer dans sa démonstration de force est inédit. Des hommes, des femmes, des jeunes, des moins jeunes, des actifs, des chômeurs, des syndicalistes, des militants aguerris, des lycéens, ainsi que quelques étrangers, des allemands, des italiens et des anglais, unis comme un seul homme.

Autre nouveauté de cette journée de mobilisation nationale, les autorités évoquent le chiffre peu vraisemblable de cent vingt cinq mille participants contre celui manifestement surestimé d'un million trois cent mille participants d'après la Confédération Générale du Travail (CGT), les adeptes de la casse et les fous de la caillasse étaient eux aussi nombreux, très nombreux.

Equipés de marteaux brise-vitre, de bombes de peinture et de projectiles en tout genre, ils ont détruit les vitrines de la quasi-totalité des banques, des agences immobilières, des abribus ou des panneaux publicitaires qui se trouvaient sur le parcours, soit du boulevard de Port-Royal jusqu’à l’esplanade des Invalides, en passant par le boulevard du Montparnasse. Un Starbuck, un laboratoire d’imagerie médical, un Franprix, une boutique Rip Curl, des fenêtres du ministère de l’Outre Mer ou encore des vitres de l'hôpital Necker ont subi le même sort. Concernant ce dernier, la ministre de la santé, Marisol Touraine, a réagi sur Twitter, fustigeant une « attaque insupportable de casseurs contre l’hôpital Necker ». Des vidéos tournées au moment des faits montrent un manifestant attaquer des vitres de l'institution publique à coups de masse et un autre mettre un coup de pied dans l'une d'elle. Pour les autres vitres endommagées, il s'agirait plutôt de projectiles lancés en direction de policiers positionnés rue de Sèvres, à côté de l'hôpital pour enfants. Eux, à la différence de l'hôpital Necker ont bel et bien été la cible de plusieurs ultras.

Conscients que de nombreux manifestants parisiens, banlieusards mais aussi rennais ou nantais, viendraient nourrir les rangs agités du « bloc », les pouvoirs publics ont vu grand. Une vingtaine de Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS) et d’escadrons de gendarmes mobiles ont été mobilisés, sans compter l’important renfort de policiers et la présence d’un camion à eau anti-émeute. Disposées à l’avant de la manifestation ainsi que sur les côtés et dans l’ensemble des rues croisant le défilé, les forces de l’ordre étaient présentes tout au long du trajet. Et pourtant, elles ont éprouvé une grande difficultés à contenir la détermination des adeptes du débordement.

Nouveaux débordements place de la République

Les premiers affrontements, très intenses, ont eu lieu dès 13 heures 30, à proximité de l’hôpital militaire du Val-de-Grâce, gaz lacrymogènes et violents coups de matraques contre mortiers, feux d’artifice et projectiles en tout genre, batteries, morceaux de macadam, pierres et cocktails Molotov. A plusieurs reprises, les hommes en bleu, lancés dans des charges contre la première ligne des manifestants en noir, ont été contraints de reculer. Là aussi, c'était du jamais-vu à Paris. Selon la préfecture de police, vingt neuf policiers ont été blessés au cours de la journée.

Contre onze du côté des manifestants, un chiffre quelque peu fantaisiste au regard du nombre de personnes que nous avons vues salement amochées, pas moins de neuf, et de la foultitude de photos qui circulent sur internet.

Le début de la manifestation est arrivé sur l’esplanade des Invalides autour de 16 heures 30, soit quatre heures après le départ. Pendant ce temps, le gros des troupes d'opposants au projet de loi battait encore le pavé. Le « black bloc », lui, s’était dissous, il suffit d'une poignée de minutes au manifestant en noir pour enlever son accoutrement de « casseur » et se fondre dans la foule. En faisant le trajet de la manifestation en sens inverse, nous pouvions voir les traces laissées sur son passage par cette masse d'anonymes. Notamment les innombrables phrases inscrites à la bombe sur les murs du boulevard des Invalides, petit florilège, « nous sommes les indigènes d’une colonie intérieure devenue incontrôlable », « nous sommes en marche, pas en marge », « quand le gouvernement ment, la rue rue », ou encore « jusqu’ici tout va bien. Ce qui compte, ce n'est pas la loi travail, c’est l’insurrection qui vient ».

Plus tard dans la soirée, certains de ces manifestants radicaux ont continué à faire entendre leur petite musique. Place de la République, une voiture de la Régie Autonome des Transports Parisiens (RATP) a ainsi été incendiée par un groupe masqué qui a ensuite filé en direction du quartier de Belleville. Arrivés rue Saint-Maur, les mêmes ont incendié deux voitures Autolib avant de s'en prendre à la vitrine d’un supermarché. Selon les témoins que Marianne a interrogés sur place, ils étaient entre cent et deux cent. Habillés en noir, ils scandaient un même refrain, « anti anti anticapitaliste ». Quand la police est arrivée sur les lieux, ils s'étaient évanouis dans la nature.

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17 juin 2016 5 17 /06 /juin /2016 16:45

https://www.essonneinfo.fr/91-essonne-info/94418/inondations-temps-premiers-bilans

Inondations, le temps des premiers bilans

Par Jérôme Lemonnier

Vendredi 17 Juin 2016

Dix jours après ces dramatiques inondations qui ont touché le département, place aux premiers constats, entre les premières estimations des préjudices et le nombre de dossiers en catastrophe naturelle, ces premiers bilans sont édifiants.

Les eaux se sont enfin retirées du centre des villes, des jardins ou encore des habitations, même si elles sont parfois toujours présentes dans les caves. Ces différentes crues qui ont impacté de nombreux secteurs du département ont livré un lot d’images ahurissantes, le centre-ville de Longjumeau totalement noyé sous plusieurs centimètres d’eau, le campus de la faculté d’Orsay évacué en barque, l’Yerres qui inonde totalement des communes comme Montgeron ou Crosne, ou encore les quais de Seine à Juvisy et Draveil littéralement submergés par un fleuve incontrôlable.

Bref, c’est une situation que le département n’avait pas connue depuis plusieurs décennies. Plus d’une semaine après ces épisodes de crue, voici maintenant venu le temps des premiers constats. Les premières estimations sont déjà saisissantes.

Des dégâts difficilement chiffrables

« Pour le moment, les dégâts se chiffrent à plus de dix neuf millions d’euros pour notre département. Et il ne s’agit là encore que des dégâts recensés pour le compte des collectivités territoriales, car il est encore impossible de connaître aujourd’hui le montant global de la facture pour les riverains », annonce la préfète de l’Essonne, Josiane Chevalier, avant de préciser que « ce total devrait s’affiner et certainement augmenter dans les prochains jours ». En effet, le montant des préjudices est difficile à estimer près de deux semaines après la fin de cet épisode de crue. Au Val Saint-Germain, inondé par la Rémarde, aucun montant n’est avancé pour le moment. « Ce n’est pas encore évident pour nous de calculer les préjudices pour notre commune », admet son maire Serge Deloges. « Une trentaine de maisons ont été inondées et la voirie a été impactée, mais nous y verrons plus clair dans quelques jours », confirme ce dernier.

Même cas de figure pour son homologue de Viry-Châtillon, Jean-Marie Vilain. Durement touchée par la montée de la Seine d’un côté et celles de l’Orge et de l’un de ses bras de l’autre, la commune est pour l’instant incapable de donner une estimation des dégâts. « Nous avons quelques dégâts sur nos voiries, notamment avec des égouts qui ont été saturés », note l’édile de Viry Châtillon. « Pour notre commune, les frais reposent essentiellement sur la mobilisation des agents durant cette période de crise ».

Plus au nord dans la vallée de l’Yerres, Mickaël Damiati, le maire de Crosne évoque plus de cent cinquante mille euros de dégâts pour sa commune. « Le parc du Moulin aux abords de l’Yerres, ainsi qu’une passerelle, ont été très touchés par ces inondations », informe celui-ci.

« Mais le plus important reste qu’une trentaine de foyers ont été très durement impactés. Le Centre Communal d’Action Sociale (CCAS) est toujours en activité pour ces personnes d’ailleurs », note le maire de Crosne.

Du côté d’Orsay, c’est à coup de millions que cela se joue. « Le montant des préjudices est énorme, il y en a pour plusieurs millions d’euros », commente le maire, David Ros. Outre la piscine municipale, les courts de tennis, la piste d’athlétisme ou encore un terrain en synthétique « ont été la proie des eaux et du fioul », assure le maire. « Nous allons attendre de voir comment cela sèche et voir s’il y a des détériorations, pour savoir s’il faut faire des travaux ou non ».

Cent quinze communes retenues en état de catastrophe naturelle

Une prise en charge de ces dépenses est notamment prévue. En effet, le premier ministre Manuel Valls, en visite à Longjumeau a annoncé que l’état de catastrophe naturelle avait été reconnu. Celui-ci permet l’indemnisation systématique des victimes de dommages et de sinistres.

Ainsi, de nombreuses communes ont fait une demande dans les heures qui ont suivi cette période de crise. Mercredi 8 Juin 2016, à l’issue du conseil des ministres, pas moins de « sept cent quatre vingt deux communes réparties dans seize départements ont été identifiées », lançait alors le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll. Pour l’Essonne, quatre vingt cinq communes étaient répertoriées. Mercredi 15 Juin 2016, cette liste s’est étoffée avec l’intégration de nouvelles communes. Trente autres communes du département ont été classées en état de catastrophe naturelle, ce qui représente un total de cent quinze communes. « Cela correspond à près des deux tiers des communes de l’Essonne. Aucun dossier n’a été recalé par ailleurs », se félicite la préfète. « C’est vraiment une crise sans précédent ».

« Les communes ont été reconnues très rapidement en catastrophe naturelle. Nous ne pouvons que nous en satisfaire », indique la maire d’Athis-Mons, Christine Rodier, également présente dans cette liste.

« Depuis 2014, les procédures ont été simplifiées, passant de quelques mois à une dizaine de jours », résume Stéphane Le Foll.

Outre cet état destiné aux collectivités et aux particuliers, les communes ayant subi des dégâts seront aussi « éligibles à la dotation de solidarité en faveur de l’équipement », affirme Stéphane Le Foll. « Ces subventions couvrent trente pour cent à cinquante pour cent des dépenses éligibles pour chaque commune ».

Quelles mesures à mettre en place ?

Le temps du constat économique est maintenant à l’ordre du jour. Tout comme le temps des mesures à mettre en place pour éviter qu’un phénomène de ce genre ne se réitère d’ailleurs.

« Cela va être difficile de pouvoir faire quelque chose d’efficace contre la montée des eaux », lance David Ros, le maire d’Orsay. « Dans certains cas, il faudra revoir quand c’est possible le Plan Local d’Urbanisme (PLU) pour imposer une surélévation plus importante des logements. Il est préférable que les caves et parkings souterrains soient inondés, plutôt que les habitations ».

Toutes les communes concernées ne peuvent en dire autant. « À Crosne, nous ne pouvons plus construire, car tout est déjà urbanisé », rappelle Mickaël Damiati. « Nous ne pouvons pas raser les anciens pavillons, car ils peuvent être de nouveau inondés. Nous n’avons d’autre choix que de vivre avec le risque ».

« Nous devons aussi axer sur l’information », explique David Ros. « D’autant plus que sur la vallée de l’Yvette, les élus ont été avertis de l’arrivée de l’eau seulement une heure avant. Le laps de temps est minime pour s’organiser », tonne la députée socialiste Maud Olivier. Un meilleur dialogue entre les structures fait notamment partie des points que souhaite améliorer la préfète de l’Essonne. Celle-ci voudrait également miser sur la prévention individuelle. « Il faudrait mobiliser les riverains sur cette question. Nous pourrions imprimer des brochures sur lesquelles nous pourrions indiquer les choses à faire en cas de nouvelle crue et les numéros importants. Nous l’avions mis en place dans l’un des départements que j’ai administré et cela s’est avéré très utile », relate Josiane Chevalier.

En plus de cela, certains misent sur la réalisation d’exercices grandeur nature, comme ce fut le cas au mois de mars 2016 avec l’exercice Sequana. Ce dernier mettait en scène la fameuse crue centennale de la Seine en Ile-de-France. « Au final, les modélisations de l’exercice étaient proches de la réalité », reconnaît Mickaël Damiati, le maire de Crosne.

« Sans notre participation à cet exercice, cela aurait été plus difficile pour nous mettre en ordre de bataille. Grâce à cela, nous avons réussi à limiter les dégâts ». Même constat du côté de Viry-Châtillon. « Au niveau de l’organisation des services, cet exercice nous a apporté beaucoup dans la gestion de la crise, principalement sur la communication avec les habitants », confie Jean-Marie Vilain. « Nous avons été très actifs sur les réseaux sociaux et cela a payé. Si bien que nous allons conserver cette manière de faire dans notre communication avec les habitants ».

« Nous allons très certainement multiplier ce genre d’exercice », confirme Josiane Chevalier.

D’autres mesures seront avancées dans les jours qui viennent, suite aux différents débriefings qui seront organisés d’ici à la fin du mois de juin 2016. Des idées « mettant en avant une meilleure gestion des affluents de la Seine seront présentées », affirme la préfète. Bref, il y a encore du pain sur la planche.

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17 juin 2016 5 17 /06 /juin /2016 15:23

http://www.lepcf.fr/spip.php?page=article&id_article=3284

Après la manifestation, de retour des Invalides, témoignage et commentaires

L’écoute des médias du Mercredi 15 Juin 2016 est terrible. Pourtant, comme tous les militants avec un peu d’âge, nous en avons vu et entendu. Mais l’effort méthodique et systématique pour cacher la réalité d’un mouvement qui surprend tout le monde, même ceux qui l’organisent, derrière la seule question de la violence devient réellement impressionnante.

J’ai participé avec d’autres communistes de Vénissieux à la manifestation parisienne du Mardi 14 Juin 2016. Je pense important de témoigner d’un certain nombre de faits et d’en tirer des éléments de réflexion qu’il me semble urgent de mettre en débat dans le mouvement et, pour ce qui les concerne, entre communistes.

Le témoignage de l’énormité de la manifestation et de la manipulation gouvernementale.

Départ en car de la CGT aux aurores pour une arrivée prévue Mardi 14 Juin 2016 entre 12 heures et 13 heures place d’Italie à Paris, un voyage aller avec beaucoup de discussions et d’impatience pour savoir si, oui ou non, nous allions faire la démonstration d’un mouvement fort et déterminé, malgré toutes les annonces de sa fin inéluctable. A Lyon, la mobilisation pour Paris a été perturbée par l’annonce assez tôt d’une manifestation sur Lyon.

Cela commence à se compliquer à l’entrée du périphérique et de la traditionnelle circulation saturée parisienne. Une fois enfin sur le périphérique, nous avançons de moins en moins jusqu’à constater que, visiblement, nous allons mettre plusieurs heures pour arriver au point de départ de la manifestation. C’est bloqué. Nous décidons après hésitation de sortir et de terminer à pied en manifestation. Nous nous retrouvons ainsi plus de mille personnes à manifester dans le périphérique avant de pouvoir ressortir porte d’Italie.

Surprise, ce sont deux motards des Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS) qui bloquent la sortie de la file de car, premier message aux manifestants. Le gouvernement n’est pas là pour permettre le bon déroulement de la manifestation, comme il le fait pour le championnat d'Europe de football ou les rencontres avec le pape. Imaginez les pèlerins bloqués dans le périphérique au risque de rater l’homélie.

Nous faisons donc une première manifestation de la porte d’Italie à la place d’Italie et, bien entendu, nous avons déjà une heure trente minutes de retard puisque nous arrivons devant la place d’Italie à 14 heures et qu’il nous faut plus d’une demi-heure pour la traverser et rejoindre notre point de rencontre au carrefour des Gobelins.

La tête de manifestation est partie depuis plus d’une heure et nous décidons d’organiser le point de diffusion du tract au carrefour des Gobelins. Jusqu’ici, aucune casse ni aucun incident constaté, même si la police est très présente et bloque toutes les rues transversales sur le trajet de la manifestation.

Un souvenir mémorable, le cortège de la fédération des dockers, un millier très groupé et très organisé, un service d’ordre qu’aucun casseur ne tentera de pénétrer et une rangée de tambours expérimentés qui font une ambiance du tonnerre. Une image de force sociale extraordinaire, l’image d’une classe sociale qui a conscience d’elle-même et de son rôle. Voila un bon sujet de discussion politique, car le corporatisme existe évidemment ici comme ailleurs et les dockers n’ont résolu nulle part le défi politique de l’organisation nécessaire à la mise en cause jusqu’au bout du capitalisme, mais ils existent comme une force sociale à respecter. Si l’ensemble de la classe ouvrière élargie avait cette capacité.

L’ampleur de cette manifestation parisienne étonne. Nous n’avons pas les mêmes repères de masse à Lyon mais, au bout d’une heure, nous avons déjà diffusé cinq mille tracts tellement la manifestation est dense. Nous devons récupérer les cars à 17 heures 30 aux Invalides, donc nous décidons d’avancer rapidement le long de la manifestation en espérant continuer la diffusion à l’arrivée, en étant proche des cars. Finalement les parisiens continuent la diffusion aux Gobelins et la manifestation est loin d’être entièrement partie.

Ce n'est pas facile de remonter la manifestation tellement les trottoirs sont occupés par des manifestants qui vont en avant ou en arrière, des passants et d’innombrables diffuseurs de journaux militants que nous ne trouvons qu’à Paris. Nous voyons deux points de diffusion de la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, amusant de penser que la France insoumise est sur les trottoirs à regarder passer le peuple en marche dans la rue, tout un symbole de la délégation de pouvoir.

Mais plus nous avançons, plus nous constatons les traces de caillassages de barrages de CRS sur les voies de coté et de vitrines ou mobiliers de rues démolis de plus en plus à l’approche des Invalides.

Nous assistons à une opération chirurgicale des CRS d’interpellation d’un jeune en plein milieu de la manifestation. Une formation en V de moins de quinze CRS très expérimentés qui s’infiltrent dans la manifestation et en exfiltre leur cible pour l’amener au bord. Très vite, le groupe du jeune qui n’a rien vu venir tente d’organiser la protestation, les cris fusent et la manifestation est partagée entre, d’une part, ceux qui dénoncent l’interpellation sans savoir d’ailleurs sa cause et expriment une solidarité contre une répression supposée injuste et, d’autre part, ceux qui appellent à poursuivre la manifestation en refusant les provocations. « Libérez notre camarade » crient certains. Toute la difficulté, c’est que, à ce stade, nous n’avons aucune idée de savoir si c’est un camarade de lutte contre la loi travail ou un casseur qui se cache dans la manifestation entre deux caillassages.

Arrivés vers les Invalides, nous comprenons vite que l’ambiance n’est pas à une dispersion tranquille. Des affrontements ont lieu devant la rue de Talleyrand et nous ne savons pas où doit aller la manifestation. Il y a des tags partout sur les murs avec des slogans appelant à la violence et glorifiant les incendies. Des charges de CRS en petits groupes se suivent apparemment dans tous les sens. Un camion à eau circule sur le trajet supposé de la manifestation. Quand un groupe de CRS charge d’un coté, il est souvent suivi par un groupe de casseurs qui les caillassent avant de se disperser.

Les groupes de casseurs ne sont pas intégrés dans la manifestation, mais nous ne pouvons pas dire qu’ils lui sont étrangers. Ils y entrent, en sortent et s’y réfugient. Et quand ils lancent ce slogan imbécile « personne n’aime la police », le slogan est repris par une partie des manifestants, notamment dans le cortège de l’Union Syndicale Solidaire (USS) qui joue sur leur slogan, avec l’affiche « tout le monde déteste la loi travail », référence implicite au « tout le monde déteste la police », mais sans le courage de l’assumer. C’est typiquement gauchiste.

En discutant avec des militants, la première réaction est bien sûr de dénoncer ce slogan. Les policiers sont des travailleurs qui appliquent les ordres qu’ils reçoivent, ce sont les ordres qu’il faut dénoncer et ce ne sont pas les acteurs. Nous pourrions nous demander si ceux qui répandent ce slogan diraient la même chose des autres catégories de travailleurs de l’état qui appliquent aussi des consignes et mettent en œuvre des politiques publiques critiquables, les travailleurs sociaux qui font le tri des ayants-droits, les enseignants qui assurent la reproduction des différences de classes ou les ouvriers qui fabriquent les bombes lacrymogènes.

Un jeune militant me dit qu’il faudrait dénoncer leurs chefs mais, quand ils nous chargent comme cela, il faut quand même répondre.

Oui, mais répondre comment ? A ce moment, la manifestation est totalement désorganisée et personne ne peut donner de consigne permettant de reconstituer des groupes et de les orienter. Nous avons bien compris que nous ne distribuerons plus de tracts, notre groupe est dispersé et nous cherchons sur la grande pelouse des Invalides comment nous regrouper et retrouver le car. Cela gaze dans tous les sens et il est impossible de comprendre une logique d’affrontements que nous ne voyons que sporadiquement. Par contre, ce qui est clair, c’est que la police nettoie progressivement tous les espaces où nous avons supposé que cela pouvait être tranquille. Nous décidons de sortir de la grande pelouse en traversant un rang de CRS qui ferme la rue de l'Université à la recherche des cars.

Finalement, le copain correspondant du car nous donne un nouveau point de rendez-vous. Il avait pourtant bien préparé en distribuant à chacun un papier avec son téléphone et le point de rendez-vous prévu, sauf que ce lieu est rempli de cars de CRS. Un copain nous signale quelques jeunes qui montent tranquilles au milieu des casques dans un car de CRS, mais il n’a pas pu prendre de photographies.

Nous retrouvons place Vauban les autres manifestants lyonnais de notre car et nous nous comptons. Il n’y a aucun incident ici, même si nous repérons un groupe de jeunes équipés pour l’affrontement visiblement en lien avec quelques anciens, mais ils sont eux aussi sur le retour.

Sauf que la police continue visiblement à dissoudre de force la manifestation et envoie des lacrymogènes au milieu des cars. Nous tentons de rester groupés mais il est impossible de tenir, je compte au moins quatre salves de suite qui tombent sur le rond-point où nous sommes en attente des derniers, au milieu des cars, alors qu’aucun incident ne s’y produit et qu’aucun caillassage n’en part. Nous repartons sur le début de l’avenue de Breteuil, de nouveau dispersés et, rebelote, il faut se regrouper, les yeux pleurent et les copains qui font le ramadan souffrent encore plus.

Nous arrivons enfin à nous regrouper et à monter dans le car avenue de Ségur vers 20 heures.

Cela fait pratiquement trois heures que nous nous faisons gazer, disperser et repousser plus loin. Nous arriverons à la maison Mercredi 15 Juin 2016 vers 3 heures du matin. C’est dur pour ceux qui bossent. Je n’ai pas de souvenir d’une manifestation aussi violemment bousculée et dissoute de force par la police.

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16 juin 2016 4 16 /06 /juin /2016 19:27

http://www.frontsyndical-classe.org/2016/06/puissance-de-la-manifestation-a-paris-traitement-scandaleux-de-l-information-et-casseurs-au-service-de-qui.html

Puissance de la manifestation à Paris, traitement scandaleux de l'information et casseurs au service de qui ?

Mardi 14 Juin 2016, nous avons été confrontés à une vaste série de manipulations pour escamoter l'ampleur de la manifestation et en ternir l'effet auprès de la population.

L'ampleur et la puissance de la manifestation

D'abord cette querelle de chiffres reprise en coeur par tous les médias, France Inter par exemple reprenant elle tout de go sans aucune espèce de commentaire carrément le chiffre de la police de quatre vingt mille manifestants.

Alors qu'ils savent pertinemment que dans une manifestation à Paris où les participants doivent stationner plusieurs heures en faisant du surplace, c'est par centaines de milliers qu'il faut compter.

D'autant que nombre de manifestants découragés par l'attente n'ont même pas démarré de la place d'Italie.

Le traitement de l'information

Certes l'horrible crime commis contre le commandant de police et sa famille méritait un traitement particulier.

Mais tout s'est passé néanmoins et se passe encore Mercredi 15 Juin 2016 pour les salles de rédaction et le pouvoir politique comme si ce crime avait servi à occulter l'ampleur, la détermination et la force de la manifestation contre la loi travail.

D'autant qu'un certain nombre de journalistes et le ministre de l'intérieur lui-même n'hésitent pas à se livrer à un odieux amalgame implicite, passant dans la même foulée de la dénonciation du terrorisme djihadiste au comportement des casseurs qui effectivement s'en sont pris à la devanture vitrée de l'hôpital Necker des enfants malades. Bernard Cazeneuve mettant cette exaction en lien avec le fait que l'enfant du couple de policiers était précisément présent dans cet hôpital.

Les casseurs

On peut légitimement s'interroger sur leur rôle.

Car contrairement à BFM Télévision qui, dans son reportage, a trouvé des manifestants complaisants, soit disant de la Confédération Générale du Travail (CGT), comprenant la « violence des jeunes », nous avons rencontré un grand nombre de manifestants condamnant les actes de saccage et les désignant comme complices du pouvoir socialiste, avec le but de salir le mouvement et de permettre aux médias de parler davantage de la casse que de la manifestation et de ses objectifs.

Et de permettre aux médias d'information en continu de s'appesantir avec délectation sur les vitrines brisées des « petits commerçants ruinés par le vandalisme ».

Et que dire du bus des manifestants du Limousin entièrement caillassé et sans doute mis hors service, dans quel but ?

Car le comportement de ces groupes est devenu récurrent, ils se donnent au travers les réseaux systématiquement rendez-vous en tête de manifestation, se livrant aux saccages de commerce, bloquant souvent la manifestation elle-même et permettant aux forces de police d'intervenir directement quelque fois contre les manifestants qui n'ont strictement rien à voir avec ces groupes.

Leur comportement s'apparente à des comportements de provocateurs au service de causes qui n'ont strictement rien à voir avec l'objectif de l'immense majorité des manifestants et leurs actions servent de prétexte y compris à la volonté d'interdiction des manifestations.

Volonté d'interdiction reprise Mercredi 15 Juin 2016 fortement par la droite, Eric Ciotti et Jean Pierre Raffarin, s'appuyant sur la situation d'état d'urgence, l'assassinat de la famille de policiers en passant par le hooliganisme.

Tout cela ne pourra cacher totalement l'ampleur et l'importance de ce qui s'est passé hier et la détermination à poursuivre le mouvement, incluant les rendez-vous déjà fixés le Jeudi 23 Juin 2016 et le Mardi 28 Juin 2016.

Mais plus que jamais la vigilance s'impose sans aucune espèce de complaisance à l'égard d'individus qui en plusieurs occasions n'ont pas hésité à s'en prendre aux organisateurs du mouvement de résistance à la loi scélérate.

Le bus des limousins caillassé

Source France Bleu

En marge de la manifestation à Paris des opposants à la loi travail, des heurts violents ont opposé policiers et casseurs. Des bus qui avaient amené les manifestants de toute la France ont été caillassés, dont un du Limousin.

Six cent salariés et syndicalistes de la Haute-Vienne et de la Corrèze participaient à cette nouvelle manifestation contre la loi travail. Pour eux, ces casseurs décrédibilisent le mouvement.

« Ils nous pourrissent notre mouvement », dit même Bruno Grimaud, délégué de la CGT Force Ouvrière de l'entreprise Steva de Bessines qui était sur place. Et ils s'en sont pris aussi aux cars qui ont été utilisés par les manifestants pour venir à Paris. Ces derniers avaient été stationnés devant les Invalides où devait se terminer le rassemblement, les uns derrière les autres. Et par malchance celui qui était en premier était celui de l'entreprise Lavalade de Bellac.

« Les casseurs ont jeté des pavés sur les vitres », raconte le patron Daniel Lavalade qui était en ligne avec son chauffeur pendant le caillassage.

« Mon chauffeur est très choqué », ajoute-t-il. Ce sont les Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS) qui l'ont fait sortir. Il n'a heureusement pas été blessé. Mais le bus est très endommagé. Daniel Lavalade se demande pourquoi l'ordre avait été donné de garer les cars à cet endroit.

« On les a amenés au casse-pipe », selon lui. Qui précise qu'il n'amènera plus jamais de syndicaliste à une manifestation.

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16 juin 2016 4 16 /06 /juin /2016 18:57

http://www.cgt.fr/La-CGT-condamne-sans-reserve-les.html

Communiqué commun de la Confédération Générale du Travail (CGT) et de la fédération de la santé et de l'action sociale de la CGT

La CGT condamne sans réserve les violences commises Mardi 14 Juin 2016 contre l'Assistance Publique des Hôpitaux de Paris (APHP)

La CGT apporte tout son soutien à l’ensemble des personnels de l’APHP face aux dégradations commises sur certains de leurs établissements et particulièrement l'hôpital Necker en marge de la manifestation parisienne.

Nous ne tolérons aucune de ces violences perpétrées par quelques individus en dehors des manifestations, comme celles qui gratuitement endommagent des établissements de soins au service des populations.

Ces actes aveugles n’ont d’autre objectif que de tenter de discréditer le mouvement qui légitimement s’oppose à la loi travail.

Ces casseurs ont détruit des biens publics, ce qui a provoqué des ripostes de la part des forces de l’ordre, vis-à-vis des manifestants pacifiques.

Dans le cortège, des militants de la fédération de la santé et de l'action sociale de la CGT ont été blessés alors qu’ils soignaient une personne à terre.

Des casseurs brisent les vitres d’un hôpital et des Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS) chargent et gazent des soignants pendant qu’ils portent secours aux victimes. Voilà le vécu et la description de certains témoignages.

Ce cortège gigantesque était composé de centaines de milliers de personnes, soit un million trois cent mille personnes dans toute la France, venues simplement manifester pacifiquement pour le rejet de la loi travail.

Il est regrettable que certains médias ne retiennent que les actes de violence, certes condamnables, et relèguent au deuxième plan les revendications légitimes contre le projet de cette loi.

La CGT condamne sans réserve tous les actes de violence, d’agression et de vandalisme. Une nouvelle fois, nous réaffirmons qu’il est de la responsabilité de la puissance publique d’assurer la sécurité des biens et des personnes et le maintien de l’ordre.

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16 juin 2016 4 16 /06 /juin /2016 18:45

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/06/15/degradations-a-l-hopital-necker-ce-qu-il-s-est-passe_4951016_4355770.html

Dégradations à l’hôpital Necker, ce qu’il s’est passé

Par Adrien Sénécat

Des violences et des dégradations ont de nouveau entaché une partie de la manifestation parisienne contre la loi travail, Mardi 14 Juin 2016. Vingt-neuf représentants des forces de l’ordre et onze manifestants ont été blessés, selon la préfecture. Des actes de vandalisme ont été commis à l’hôpital Necker-Enfants Malades, dans le quinzième arrondissement de la capitale, comme le montre une photographie de notre journaliste Pierre Trouvé.

Ces dégradations ont été vivement dénoncées par la classe politique et nombre d’observateurs. La ministre de la santé, Marisol Touraine, a dénoncé une « attaque insupportable de casseurs ». Alain Juppé y voit « le signe de l’irresponsabilité totale de certaines organisations syndicales ».

Dans la soirée du Mercredi 15 Juin 2016, la Confédération Générale du Travail (CGT), critiquée par Manuel Valls pour son « ambiguïté » face aux casseurs, a condamné « sans réserve les violences commises » à l’hôpital Necker. Voici, précisément, ce que l’on sait des événements.

Que s’est-il passé ?

Des affrontements ont éclaté entre des manifestants en tête de cortège et des policiers à l’angle du boulevard des Invalides et de la rue de Sèvres, juste à côté de l’hôpital. Hugo Melchior, un manifestant, témoigne, « il y a eu des affrontements sur ce point de fixation pendant une heure environ. Des centaines de projectiles ont été lancées, mais ils ne visaient pas l’hôpital ».

Selon lui, les dégâts sur la façade relèvent plus des « dommages collatéraux » que d’une intention d’un groupe de s’en prendre à l’hôpital. Des images tournées par un journaliste du Monde sur place montrent néanmoins un homme en noir muni d’une masse donner plusieurs coups sur les vitres du bâtiment. Un autre, en blanc, un peu plus loin, donne également des coups de pied. « C'est un hôpital de gosses », les interpelle un passant. Des tags ont été inscrits sur certaines vitres.

Notre journaliste n’a pas vu d’autres casseurs s’en prendre directement à l’hôpital. Les images montrent néanmoins de nombreux projectiles sur le sol au pied de l’établissement pédiatrique, ce qui tend à montrer qu’ils ont bien été lancés dans sa direction, que le responsable ait conscience de sa nature ou non.

Quelles dégradations ont été causées ?

L’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a dénoncé une attaque « inadmissible », annonçant vouloir « porter plainte ». Une quinzaine de baies vitrées ont été cassées, selon la direction de l’établissement. Et la façade dégradée comportait très distinctement l’inscription « hôpital universitaire Necker Enfants Malades ».

Le directeur général de l’AP-HP, Martin Hirsch, rappelle dans un message aux personnels que « juste derrière les vitres visées, il y a des blocs opératoires ». Au-delà des dégâts matériels, il insiste sur les perturbations engendrées pour les patients et le personnel.

« Pendant ces attaques, il y avait des enfants qui étaient opérés et des équipes soignantes au travail, sous les bruits et les menaces des projectiles. Les soins ont été perturbés. Les équipes que nous avons rencontrées sont sous le choc ».

Contactée pour avoir des précisions sur les dégradations, l’AP-HP n’a pas souhaité réagir.

L’enfant du couple de policiers assassiné se trouvait-il dans l’hôpital au moment des faits ?

C’est vrai. Bernard Cazeneuve s’est indigné de ces dégradations, le soir même sur la deuxième chaîne de la télévision française. Le ministre de l’intérieur a fait savoir que l’enfant du couple de policiers assassinés à Magnanville avait justement été admis dans la journée à l’hôpital. « Les vitres de l’hôpital Necker brisées alors que l’enfant des policiers s’y trouve. Tout cela est inacceptable », a-t-il déclaré.

Jusque-là, l’information était restée relativement confidentielle. On ne la trouvait par exemple pas dans les dépêches de l’Agence France Presse (AFP) avant l’intervention du ministre sur la deuxième chaîne de la télévision française. Tout juste était-elle mentionnée au détour de quelques articles, par exemple dans le Figaro.

Si l’information est exacte, le lien établi par le ministre entre le crime terroriste de Magnanville et les casseurs de la manifestation contre la loi travail à travers le petit orphelin de trois ans divise. Certains l’ont reprise à leur compte, d’autres l’ont au contraire trouvée déplacée.

Y avait-il un policier en civil à côté du casseur ?

C'est faux. Des internautes ont affirmé, à partir d’une capture d’écran des images du Monde, qu’un policier en civil aurait « fait mine de ne rien voir » alors que l’homme muni d’une masse s’en prenait à la façade de l’hôpital Necker.

Rien ne permet pourtant de l’affirmer. Contrairement à ce que soutient cet internaute, l’homme à l’image porte un brassard en cuir orange-marron réservé à la presse et pas un brassard de policier. Nous le voyons sur d’autres images muni d’un appareil photographique, d’un casque et d’un sac à dos. Le photojournaliste Philippe Sterc s’est reconnu à l’image et s’est signalé auprès du Monde après publication de cet article, confirmant qu’il n’était pas un policier, mais bien un reporter.

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