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6 mars 2017 1 06 /03 /mars /2017 20:33

 

Donald Trump signe un nouveau décret contre l'immigration (Reuters)

 

Donald Trump a signé Lundi 6 Mars 2017 une nouvelle version de son décret suspendant temporairement l'entrée sur le territoire des Etats-Unis des ressortissants de six pays musulmans d'Afrique et du Moyen-Orient au lieu de sept précédemment, l'Irak ne figurant plus sur la liste.

Le décret, qui devrait entrer en vigueur le Jeudi 16 Mars 2017 selon une porte-parole de la Maison Blanche, maintient pour quatre vingt dix jours l'interdiction d'entrée sur le territoire américain des ressortissants d'Iran, de Syrie, de Libye, du Yémen, de Somalie et du Soudan.

Ces six pays figuraient déjà dans la première version signée le 27 janvier 2017 mais qui a été bloquée par la justice fédérale le 3 février 2017.

Donald Trump avait publiquement critiqué les juges et promis tout d'abord de porter l'affaire devant la cour suprême, avant de se rétracter et de décider de prendre un nouveau décret amendé, plus aisé à défendre devant la justice.

Le délai entre la signature du nouveau décret et sa mise en oeuvre doit permettre d'éviter les difficultés techniques apparues après le premier décret. Celui-ci, applicable immédiatement, avait provoqué des scènes de chaos dans les aéroports où des voyageurs concernés par le décret mais déjà en vol au moment de sa publication avaient été interpellés et stoppés à leur descente d'avion.

« C'est le devoir solennel du président de protéger le peuple américain », a déclaré à la presse le secrétaire d’état Rex Tillerson après la signature du décret. « Comme les menaces pour notre sécurité continuent à évoluer et à se modifier, notre bon sens nous dicte de réévaluer et de réexaminer en permanence le système sur lequel nous comptons ».

Le leader de la minorité démocrate au sénat, Chuck Schumer, a dit s'attendre à ce que le décret révisé connaisse les mêmes difficultés devant les tribunaux que la première version.

« Une interdiction diluée reste une interdiction », a-t-il déclaré. « Malgré les modifications du gouvernement, nous sommes moins en sécurité, et pas plus, avec ce décret dangereux. Il est mesquin et anti-américain. Il doit être abrogé ».

L'Irak en a été retiré parce que le gouvernement irakien, depuis la signature de la première version du décret, a mis en place de nouvelles procédures de vérifications, explique-t-on à la Maison Blanche. Il s'agit aussi, ajoute-t-on, de tenir compte de la collaboration entre Washington et Bagdad dans la lutte contre l'Etat Islamique.

Le ministère irakien des affaires étrangères a évoqué son profond soulagement.

« Cette décision est un pas important dans la bonne direction, elle renforce l'alliance stratégique entre Bagdad et Washington dans de nombreux domaines, en tête desquels la guerre contre le terrorisme », a estimé le ministère irakien des affaires étrangères.

Depuis l'intervention des Etats-Unis en Irak en 2003, plusieurs milliers d’irakiens ont combattu auprès de l'armée américaine ou ont travaillé comme interprètes. Beaucoup, ayant fait l'objet de menaces pour avoir travaillé avec les Etats-Unis, se sont installés aux Etats-Unis.

Les dizaines de milliers de ressortissants des six pays toujours concernés bénéficiant d'un statut de résident permanent aux Etats-Unis, détenteurs de la carte verte, ne sont plus affectés par le nouveau décret présidentiel.

Le nouveau décret énumère les catégories de personnes qui pourront, quoi qu'il en soit, entrer aux Etats-Unis. Cela sera le cas pour les voyages d'affaires, pour les séjours à caractère médical, pour les personnes ayant de la famille aux Etats-Unis ou pour les personnes qui sont connues en tant que partisanes des Etats-Unis.

Le décret initial prévoyait que l'entrée de tous les réfugiés était suspendue aux Etats-Unis pour une durée de cent vingt jours et que les réfugiés syriens seraient interdits d'accès aux Etats-Unis pour une période indéterminée. Dans la nouvelle version, les réfugiés syriens n'ont plus de statut particulier.

Les réfugiés qui sont en transit et qui ont déjà reçu le feu vert des autorités pourront se rendre aux Etats-Unis.

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6 mars 2017 1 06 /03 /mars /2017 20:15

 

http://www.humanite.fr/jacky-henin-va-saisir-le-prefet-face-la-decision-de-la-maire-de-calais-dinterdire-la-distribution-de

 

Jacky Hénin va saisir le préfet face à la décision de la maire de Calais d'interdire la distribution de repas aux réfugiés

 

Par Laurence Mauriaucourt

 

Jeudi 2 Mars 2017, sur son compte Facebook, l’ancien maire du Parti Communiste Français (PCF) de Calais, Jacky Hénin, publiait un long texte appelant à résister. Il venait d’apprendre que Natacha Bouchart, maire des Républicains de Calais interdit désormais aux associations de distribuer des repas aux réfugiés. Le responsable du PCF saisira le préfet dès Lundi 6 Mars 2017 pour dénoncer l'illégalité du décret paru.

Au lendemain de la visite du ministre de l'intérieur Bruno Le Roux dans sa ville, la maire de Calais, Natacha Bouchart a signé, Jeudi 2 Mars 2017, un arrêté visant à interdire la distribution des repas aux migrants.

Plus de trois cent repas distribués chaque jour, cela constitue selon l’élue de droite le risque d’un appel d’air. Autrement dit, le risque d’attirer d’autres réfugiés sur la commune, dont la population a déjà trop souffert, selon l’élue.

« Nous distribuons de la nourriture de jour comme de nuit depuis deux mois et nous continuerons à le faire pour une simple raison, les gens ont faim », a rétorqué Gaël Monzy, de l’association Utopia Cinquante Six au quotidien local de la Voix du Nord.

Apprenant, cette nouvelle, l’ancien maire du PCF de Calais, Jacky Hénin, a immédiatement publié le message suivant sur son compte Facebook.

« A tous ceux qui sont des amis, j'ai besoin que vous m'aidiez à populariser la position qui suit, d’avance, merci à tous. Natacha Bouchart veut empêcher les distributions de repas aux migrants.

Éloigné de Calais pour raisons professionnelles la semaine, je me tiens cependant quotidiennement au courant de la vie locale par l’intermédiaire de mon abonnement numérique à la presse locale, mais également par les informations que mon épouse et mes camarades ne manquent pas de m’envoyer.

Ce matin très tôt, j’ai failli tomber de ma chaise à la lecture des décisions que Natacha Bouchart entendait prendre au nom de Calais.

Un positionnement qui appelle de ma part la réaction suivante. J’ai honte.

C’est à l’occasion d’une visite du ministre de l’intérieur Bruno Le Roux dans notre ville que l’ancienne sénatrice, aujourd’hui vice présidente de la région, présidente de la communauté d’agglomération du Calaisis et maire de Calais, a réalisé cette magnifique saillie médiatique.

Alors que le ministre de l’intérieur rappelait la position de l’état d’empêcher tout lieu de fixation des migrants à Calais, nous en reparlerons d’ici l’été, mais pas les distributions de repas, Natacha Bouchart, selon la presse, a aussitôt réagi en annonçant qu’elle ferait tout pour s’opposer à ces distributions. Elle dit vouloir prendre un arrêté en ce sens dès aujourd’hui.

C’est donc au nom de tous les calaisiens que notre maire entend non pas refuser de participer, mais interdire aux associatifs de distribuer un repas aux migrants qui sont à la rue. Ainsi, cette élue du peuple qui émarge à huit mille euros par mois, dont les repas et les boissons au restaurant sont réglés par le contribuable, qui est venue un jour au conseil municipal nous expliquer qu’elle aurait des difficultés à vivre avec juste ses huit mille euros et qui n’avait pas hésité à solliciter de son successeur au sénat un contrat d’assistante parlementaire pour percevoir un salaire supplémentaire, veut interdire que des femmes et des hommes de cœur puissent offrir à ceux qui errent dans les rues, dont de nombreux mineurs, un repas chaud. Il s’agit ni plus ni moins que de la non-assistance à personne en danger.

C’est un positionnement abject qui donne presque envie de vomir. Jusqu’à présent je n’ai jamais participé à une distribution estimant que cela aurait pu être pris pour de la récupération, par contre bon nombre de mes camarades qui se reconnaîtront participent depuis de nombreuses années à la solidarité entre les peuples. Après avoir pris connaissance des propos de Natacha Bouchart, je me sens obligé d’entrer en résistance et d’appeler à résister. Si les associations veulent bien accepter ma présence, en fonction de mes disponibilités, alors je participerai aux distributions de repas. Rien ni personne ne m’empêchera d’avoir ce simple geste d’humanité. Aujourd’hui, c’est l’interdiction d’aider l’autre à survivre et, demain, ce sera quoi, l’ouverture de camps ou bien l’autorisation du tir à vue ?

La France, celle qu’a chantée Jean Ferrat, n’a rien à voir avec ce type de comportement honteux. Calais, notre ville, cette ville reconnue et honorée par la république pour son courage, cette ville qui s’est toujours efforcée de respecter et d’aider ceux qui souffrent, n’a rien à voir avec ce type de positionnement. Oui, j’ai honte et j’ai la rage qu’on puisse vouloir prendre de telles décisions en mon nom et au nom de milliers d’hommes et de femmes qui, je le sais, ne seront pas d’accord. Ensemble, rendons à Calais son honneur, entrons en résistance et opposons-nous à un véritable trouble à l’ordre public ».

Samedi 4 Mars 2017, Jacky Hénin, interrogé par téléphone, déclare qu’il saisira le préfet du Pas-de-Calais, Lundi 6 Mars 2017, pour dénoncer le caractère illégal de cet arrêté municipal.

Au niveau national, dans un communiqué, le PCF juge « l'arrêté municipal décrété par Natacha Bouchart non seulement infâme mais illégal au regard du respect des droits humains fondamentaux ». Le PCF analyse qu’il s’agit là « pour la droite, de courir toujours davantage après le Front National ». Aux dernières élections régionales, le Front National a devancé la droite avec plus de cinquante pour cent des voix à Calais.

Cette décision de la maire de Calais « en dit long sur le projet brutal d'une droite de plus en plus extrême, cultivant elle aussi désormais populisme et xénophobie et tirant toute la société vers le bas sur fond de régression sociale sans précédent pour tous », poursuit le PCF, qui apporte sa « totale solidarité aux bénévoles et aux associations qui viennent en aide aux migrants » et demande à l’état « de casser cet arrêté municipal honteux ».

 

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6 mars 2017 1 06 /03 /mars /2017 19:44

 

http://www.leparisien.fr/elections/presidentielle/fillon-concert-de-casseroles-contre-la-corruption-a-republique-05-03-2017-6735144.php

 

Concert de casseroles contre la corruption à République

 

Par Pauline Théveniaud

 

Tandis que François Fillon s'adressait Dimanche 5 Mars 2017 aux dizaines de milliers de militants venus le soutenir au Trocadéro, un millier de manifestants se sont rassemblés place de la République à Paris pour dire non à la corruption.

Tandis que François Fillon s'accroche au Trocadéro, le millier de manifestants rassemblé Dimanche 5 Mars 2017 place de la République à Paris lui indique, comme à sa rivale du Front National, la sortie dans un assourdissant concert. Ils crient « Le Pen, Fillon, pas d'élections ».

Armés de casseroles, ou de tout ustensile de cuisine pouvant élever le niveau sonore, ils sont venus dire non à la corruption et à l'impunité.

« Moi, j'ai amené une tourtière, parce que j'ai envie de leur balancer des tartes », lâche Pascal, agent du service public. « Comment peut-on leur faire confiance pour être garant des institutions ? C'est un oxymore, une contradiction », enrage ce futur électeur d'Emmanuel Macron. Des militants du Parti de Gauche sont priés de remettre leur drapeau dans leur poche. Le rassemblement est apolitique. Xavier, vingt deux ans, l'un de ces partisans de Jean-Luc Mélenchon, gronde, « François Fillon persiste à être candidat. Ce n'est pas acceptable ».

Katia, ciré rouge et petite casserole, s'en étouffe. « C'est de la démence. C'est n'importe quoi. Lui qui a passé son quinquennat à dire qu'il n'avait jamais cédé à la rue, en appelle à une manifestation. On aura tout vu. L'exemplarité, pourquoi ce n'est pas possible », s'offusque la quadragénaire qui, pour la première fois au mois d'avril 2017, ne votera pas. « François Fillon s'appuie sur le peuple pour s'absoudre d'un présumé délit, en cognant sur la justice. Il verse dans le populisme le plus basique », dézingue, poêle à la main, Delphine, dont le coeur balance entre Benoît Hamon et Emmanuel Macron. Tout en martelant une casserole, Aurélie s'inquiète, « il faut être vigilant. Si nous ne réagissons pas, une impunité va s'installer ».

« En Roumanie, des gens étaient dans la rue contre la corruption. Chez nous, ils défilent pour défendre François Fillon », embraie Jacques, directeur commercial qui soutient Benoît Hamon. L'essayiste Raphaël Glucksman, l'un des coordinateurs de l'événement, déplore ce retard de la France. « Il faut que nous décidions si nous voulons une république bananière ou un état de droit », balance-t-il. Justement, Gérard, électeur de Jean Luc Mélenchon, est déçu par l'affluence. « Quand nous voyons que cela ne fait pas bouger les gens, cela veut dire que, en France, il y a une certaine permissivité ».

 

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6 mars 2017 1 06 /03 /mars /2017 19:19

 

http://www.liberation.fr/france/2017/03/05/republique-resonne-au-son-des-casseroles_1553488

 

La place de la République résonne au son des casseroles

 

Par Ramsès Kefi

 

Une manifestation contre l’impunité des élus a rassemblé un millier de personnes, venues à Paris faire du bruit et dénoncer une campagne hallucinante.

Un type trimbale une croix de Jésus, sur laquelle il a épinglé les trombines de tous les candidats à la présidentielle. L’homme, Thierry Paul Valette, dit qu’il a crucifié cette élection et parle d’un brunch qu’il aimerait organiser au mois de mai 2017 près de l’Elysée, pour protester contre les combines politiques. Michelle, une septuagénaire qui a tout entendu, nous demande de lui écrire son nom sur un bout de papier.

Puis elle tire de son sac une petite casserole pour faire du boucan, comme l’ont réclamé les organisateurs sur les réseaux sociaux. « Pas trop de bruit quand même, je pense aux riverains ».

Dimanche 5 Mars 2017, place de la République à Paris, il y avait la manifestation « pour le respect du peuple, de la justice et de la presse ».

C’était un contre-rassemblement à celui du Trocadéro, dans lequel François Fillon a été vilipendé et les juges ovationnés. Dont l'intitulé rappelle que les choses ne tournent vraiment plus rond.

Sur place, autour d’un millier de personnes s'étaient réunies, avec ou sans matériel de cuisine. On a écouté des militants de gauche, des curieux qui voteront blanc, des jeunes couples et Raphaël Glucksmann, le philosophe qui a largement relayé l’appel à manifester. Au micro, qui fonctionne très mal, il a répété son exemple préféré. Il y a quatre ans, une ministre allemande a dû démissionner après avoir été accusée d’avoir plagié sa thèse alors que, en France, jeter l’éponge pour un politique dans la tourmente est bien plus compliqué.

On a croisé des gens arrivés trop tard au Trocadéro, plus de place, périmètre bouclé, et qui se sont rabattus sur République. D’autres qui tapaient sur une boîte de conserve ou de Ricoré en bougeant la tête, comme s'ils faisaient de la vraie musique. Et une majorité qui se pose des questions plus profondes que les slogans contre la corruption, sur le mode « une fois que nous avons dit que les politiques étaient tous pourris, que fait-on ».

La place de la République s'est alors transformée en forum, genre Nuit Debout, où chacun a des théories pour la suite et une histoire personnelle avec la politique à raconter. Un quadragénaire se souvient ainsi comment son père est passé, au fil des élections présidentielles, du Parti Communiste Français (PCF) à la droite dure. Robert, retraité et ancien de la Confédération Générale du Travail (CGT), explique pourquoi il vote blanc depuis le referendum européen du mois de mai 2005. « C’est très bizarre, nous nous faisons avoir à chaque fois et nous en redemandons », avant de glisser, en regardant la foule, que « la France est un pays de droite, contrairement à ce que racontent ces bobos parisiens qui voient tout en blanc ou en noir ».

Amaury Gaillard se dit satisfait de la mobilisation. C’est lui qui a lancé la page Facebook du rassemblement, Mercredi Premier Mars 2017. Le jeune homme se décrit comme un ancien socialiste désormais « militant de gauche un peu perdu », prêt à remettre cela si les circonstances l'imposent, « c’est quand même hallucinant, deux candidats à l’Elysée sont dans le viseur de la justice ».

 

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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 17:47

 

Recep Tayyip Erdogan accuse l'Allemagne de pratiques « nazies » (Reuters)

 

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a estimé que les mesures d'annulation de meetings que devaient tenir des responsables turcs en Allemagne relevaient de pratiques « qui ne diffèrent en rien de celles de la période nazie ».

Les autorités allemandes ont annulé deux meetings dans des villes allemandes, cette semaine, dans le cadre de la campagne pour le référendum turc du 16 avril 2017, lors duquel sera soumis aux électeurs turcs un projet d'extension des pouvoirs de Recep Tayyip Erdogan.

L'Allemagne compte une communauté d’un million cinq cent mille turcs.

« Allemands, vous ne faites en rien de la démocratie et vous devriez savoir que vos mesures, actuellement, ne diffèrent en rien de celles de la période nazie », a déclaré Recep Tayyip Erdogan lors d'un rassemblement à Istanbul.

« Nous ne voulons pas de leurs actes fascistes. Nous pensions que cette époque-là était révolue, mais manifestement ce n'est pas le cas », a ajouté le numéro un turc.

La chancellerie fédérale n'a pour le moment pas réagi officiellement aux propos de Recep Tayyip Erdogan mais Julia Klöckner, vice présidente de l’union chrétienne-démocrate (CDU), la formation d'Angela Merkel, a estimé que le chef de l’état turc « réagissait comme un gamin têtu qui n'arrive pas à obtenir ce qu'il veut ».

Julia Klöckner a déclaré au journal Bild que « la comparaison avec la période nazie traduit un nouvel accès d'intempérance ».

 

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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 17:32

 

Un nouveau parti à gauche en Italie, épine dans le pied du gouvernement de Paolo Gentiloni (Reuters)

 

Un nouveau mouvement de gauche détient l'équilibre du pouvoir au sein du sénat italien, ce qui complique les choses pour le président du conseil Paolo Gentiloni alors qu'il va devoir prendre une série de décisions économiques délicates.

Le Mouvement Démocratique et Progressiste (MDP) a été créé par plusieurs frondeurs qui ont fait scission avec le reste du Parti Démocrate durant le week-end du Samedi 25 Février et du Dimanche 26 Février 2017, à la suite d'une brouille avec l’ancien chef du gouvernement Matteo Renzi, lequel a remis en jeu son mandat à la tête du parti afin de réaffirmer son contrôle sur les instances dirigeantes.

Plutôt que d'essayer de faire élire à la tête du Parti Démocrate l'un des leurs, les frondeurs ont préféré partir et créer un nouveau parti. Ils ont annoncé Mardi 28 Février 2017 qu'ils avaient le soutien de trente sept députés et de quatorze sénateurs.

Lorsque la rumeur de la scission a enflé la semaine dernière, certaines sources au sein du Parti Démocrate laissaient entendre qu'un nombre plus grand de parlementaires allaient quitter le parti. Mais même si, au bout du compte, ils sont relativement peu, ils risquent de causer des problèmes à Paolo Gentiloni.

« Il suffit de quelques voix pour que la coalition tangue au sénat », a déclaré le chef des députés du Parti Démocrate, Luigi Zanda. « Sans aucun doute, cette scission accroît l'instabilité du pays », dit-il au journal Il Messaggero.

Matteo Renzi a démissionné de la tête du gouvernement au mois de décembre 2016 à la suite de sa cinglante défaite au référendum sur la réforme constitutionnelle et il a été remplacé par Paolo Gentiloni, un pilier du Parti Démocrate.

Pour entrer en fonctions, celui-ci a dû obtenir la confiance des parlementaires et, si cela a été aisé à la chambre des députés, il n'a eu que onze sièges de majorité au sénat, ce qui signifie que le MDP dispose de suffisamment de sièges pour le faire tomber lors des votes à venir, si tel est son souhait.

Le nouveau mouvement, qui compte parmi ses partisans l'ancien président du conseil Massimo d’Alema et l’ancien ministre de l’industrie Pier Luigi Bersani, s'est engagé à soutenir Paolo Gentiloni, mais sa fidélité effective sera testée dès les semaines à venir, lorsque le gouvernement devra affronter le casse-tête budgétaire.

L'Union Européenne demande à l'Italie de réduire de trois milliards quatre cent millions d'euros le budget de l’état cette année. Le cabinet de Paolo Gentiloni n'a pas dit pour l'heure s'il s'y soumettrait mais, si tel est le cas, il pourrait envisager de procéder soit à des privatisations soit à des hausses d'impôt, ce que le MDP risque fort de frapper d'anathème, alors même qu'il doit affirmer son image de gauche.

L'un des grands bénéficiaires des turbulences au sein de la gauche italienne pourrait bien être le Mouvement Cinq Etoiles (MCE) qui, à en croire certains sondages, dépasse d'ores et déjà le Parti Démocrate en termes d'intentions de vote.

 

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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 16:47

 

http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/03/01/berlin-critique-ankara-apres-le-placement-en-detention-du-journaliste-deniz-yucel_5087385_3214.html

 

Berlin critique Ankara après le placement en détention du journaliste Deniz Yücel

 

Le correspondant du quotidien Die Welt en Turquie est poursuivi pour propagande terroriste.

 

Par Marie Jégo, correspondante permanente du Monde à Istanbul, et Thomas Wieder, correspondant permanent du Monde à Berlin

 

Des tee-shirts et des affiches à son effigie, un hashtag, Free Deniz Yücel, sur les réseaux sociaux, une manifestation devant l’ambassade de Turquie à Berlin, et une lettre ouverte signée par cent soixante députés du parlement allemand, en Allemagne, la mobilisation en faveur du journaliste Deniz Yücel, le correspondant du quotidien Die Welt en Turquie, mis en garde à vue le Mardi 14 Février 2017 à Istanbul, prend chaque jour un peu plus d’ampleur.

Mardi 28 Février 2017, l’affaire a toutefois pris une dimension nouvelle outre-Rhin après la décision, la veille par un tribunal d’Istanbul, de placer en détention préventive le journaliste turco-allemand, accusé d'incitation à la haine et de propagande terroriste. Une décision qui a conduit le ministère allemand des affaires étrangères, Mardi 28 Février 2017, à convoquer l’ambassadeur de Turquie à Berlin pour protester contre cette arrestation, qualifiée de « ni nécessaire, ni proportionnée » par Sigmar Gabriel, le chef de la diplomatie allemande.

Agé de quarante trois ans, Deniz Yücel est notamment accusé par la justice turque d’avoir publié le contenu de la messagerie électronique de Berat Albayrak, ministre de l’énergie et gendre du président, Recep Tayyip Erdogan. La publication d’une blague à caractère ethnique, mettant en scène un turc, un kurde et un laze, jugée de mauvais goût, a également été versée au dossier d’instruction.

Les courriels du beau-fils avaient été piratés par un mystérieux groupe baptisé Red Hack. Le 23 septembre 2016, ils tournaient en boucle sur les réseaux sociaux, révélant de manière crue les pressions exercées par le gouvernement turc sur les médias, les mécanismes à l’œuvre pour manipuler l’opinion, ainsi que le népotisme régnant au sein du parti de la justice et du développement (AKP), parti islamo-conservateur au pouvoir depuis 2002.

Y figurait notamment un enregistrement d’Aydin Dogan, le magnat des médias d’opposition, recommandant à ses journalistes de ne pas trop s’en prendre au gouvernement de l’AKP et leur conseillant, s’ils avaient formulé une critique un jour, de changer de sujet le lendemain. Des révélations sur les compromissions de Mehmet Ali Yalcindag, le gendre du magnat, président des médias du groupe Dogan, avaient fait couler beaucoup d’encre en Turquie, au point de l’acculer à la démission.

En publiant ces informations dans Die Welt, Deniz Yücel est devenu, aux yeux d’Ankara, un « porte-voix du terrorisme ». Lundi 27 Février 2017, plusieurs associations de défense de la presse, ainsi que des écrivains, se sont réunies à Istanbul pour protester contre son placement en détention.

L’état d’urgence mis en œuvre après le putsch raté du Vendredi 15 Juillet 2016 permet aux autorités d’emprisonner ou de faire licencier les journalistes critiques, accusés de soutenir le « terrorisme ». En Turquie, ils sont près de cent cinquante à se trouver actuellement en prison.

En Allemagne, le ministre des affaires étrangères ne s’en cache pas. L’affaire de Deniz Yücel aura des conséquences diplomatiques.

« Cela doit être clair pour la Turquie que les temps sont tout sauf faciles pour les relations germano-turques et que le cas de Deniz Yücel rend les choses encore beaucoup plus compliquées », a déclaré, Mardi 28 Février 2017, Sigmar Gabriel. Une allusion aux différents dossiers qui, ces derniers mois, ont opposé les deux pays, comme le vote d’une résolution du parlement allemand qualifiant de génocide les massacres des arméniens perpétrés par l’empire ottoman au début du vingtième siècle, ou l’accusation formulée par Ankara contre Berlin d’avoir accueilli plusieurs responsables du putsch avorté contre Recep Tayyip Erdogan.

Sur le plan politique, l’affaire pourrait également se révéler délicate pour Angela Merkel. Outre-Rhin, plusieurs observateurs ont en effet noté que Deniz Yücel avait été arrêté seulement douze jours après la dernière visite de la chancelière à Ankara, lors de laquelle elle était pourtant venue rappeler à Recep Tayyip Erdogan son attachement aux valeurs démocratiques. La preuve, à leurs yeux, que l’Allemagne doit désormais se montrer beaucoup plus ferme vis-à-vis de la Turquie.

« Angela Merkel doit se demander si elle n’a pas été, pendant trop longtemps, trop compréhensive vis-à-vis de Recep Tayyip Erdogan. L’accord du mois de mars 2016 avec la Turquie a certes permis de faire baisser le nombre de réfugiés arrivant en Allemagne. Mais cela ne doit pas empêcher Angela Merkel de voir que la Turquie est en train de devenir un état autoritaire qui bafoue chaque jour un peu plus les valeurs et les principes de l’Europe démocratique, ce qui saute aux yeux avec l’affaire de Deniz Yücel », écrivait, Mardi 28 Février 2017, le quotidien munichois de centre gauche, la Süddeutsche Zeitung. Une opinion assez largement partagée à gauche et chez les écologistes, qui demandent à Angela Merkel de démontrer qu’elle n’est pas l’otage de Recep Tayyip Erdogan.

 

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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 16:19

 

Les forces spéciales russes impliquées dans la reprise de Palmyre (Reuters)

 

Le ministère russe de la défense a annoncé Vendredi 3 Mars 2017 que des membres des forces spéciales russes ainsi que l'aviation avaient joué un rôle décisif dans la reprise de la cité antique de Palmyre, où les destructions semblent moins importantes que ne le redoutaient les spécialistes des Antiquités.

Moscou a ajouté que des conseillers militaires russes avaient planifié et supervisé les opérations militaires qui se sont achevées Jeudi 2 Mars 2017.

Palmyre, située au nord-est de Damas dans une région désertique de la Syrie, était de nouveau sous le contrôle de l'Etat Islamique depuis le mois de décembre 2016. Les djihadistes, qui en avaient été délogés une première fois au mois de mars 2016, l'avaient reprise alors que les forces gouvernementales syriennes étaient mobilisées dans la bataille d'Alep.

Dans un communiqué diffusé Jeudi 2 Mars 2017, l'armée de Bachar al Assad a indiqué que la reconquête s'était faite avec le soutien de ses alliés et de frappes aériennes russes.

Le général Sergueï Roudskoï, haut responsable de la défense russe, a précisé lors d'un point de presse Vendredi 3 Mars 2017 à Moscou que plus de mille djihadistes avaient été tués ou blessés dans l'opération de reconquête.

Des images diffusées en direct de Palmyre par la télévision publique syrienne ont montré Vendredi 3 Mars 2017 des soldats syriens et des membres des forces gouvernementales célébrant leur victoire en haut de la citadelle historique qui domine la ville.

Un commandant a expliqué que la contre-offensive s'était déroulée suivant trois axes différents. « Nous avons ouvert les lignes de front sur ces trois directions », a-t-il dit.

L'oasis abrite de précieux vestiges romains classés au patrimoine mondial de l'humanité par l'United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization (UNESCO).

A Damas, le chef du service des Antiquités a déclaré à Reuters que des images prises depuis Jeudi 2 Mars 2017 suggéraient que les dommages infligés par les djihadistes étaient nettement moins importants qu'on ne le craignait.

« Nous pensions que la situation serait bien pire et qu'ils auraient achevé les crimes commis pendant leur première occupation », a dit Maamoun Abdulkarim.

Au mois de janvier 2017, des photographies suggéraient notamment que la façade du théâtre romain, datant du deuxième siècle, avait été dégradée.

Mais le chef des Antiquités a observé qu'une restauration semblait possible.

« Des dégâts ont été commis, mais en général la citadelle est en bon état », a-t-il ajouté.

Lors de leur précédente occupation de Palmyre, entre le mois de mai 2015 et le mois de mars 2016, les djihadistes de l'Etat Islamique avaient détruit plusieurs sites, dont une arche vieille de mille huit cent ans située près du temple de Bêl.

 

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4 mars 2017 6 04 /03 /mars /2017 20:22

 

Donald Trump accuse Barack Obama de l'avoir mis sur écoute téléphonique (Reuters)

 

Le président Donald Trump a accusé Samedi 4 Mars 2017 son prédécesseur Barack Obama de l'avoir fait placer sur écoute téléphonique au mois d'octobre 2016 durant les dernières semaines de la campagne présidentielle.

Il n'a fourni aucun élément à l'appui de cette accusation.

Dans une série de tweets, le nouveau locataire de la Maison Blanche dit qu'une de ces tentatives d'espionnage téléphonique avait eu lieu à la Trump Tower à New York et qu’elle n'a rien donné.

« Comment le président Barack Obama a-t-il pu tomber si bas pour mettre mes téléphones sur écoute durant ce processus électoral sacré. C'est le Watergate de Richard Nixon », dit-il encore.

Les services de Barack Obama n'ont pas donné suite à une demande de commentaire. La Maison Blanche n'a de même pas répondu aux sollicitations de Reuters.

En revanche, un ancien conseiller de Barack Obama, Ben Rhodes, a balayé les allégations du nouveau président.

« Aucun président ne peut ordonner des écoutes téléphoniques », a-t-il dit sur Twitter. « Ces restrictions ont justement été mises en place pour protéger les citoyens de gens comme vous », ajoute-t-il à l'adresse de Donald Trump.

La chef des démocrates à la chambre des représentants, Nancy Pelosi, a tourné en ridicule les tweets du président, l'accusant de détourner l'attention des vrais problèmes du pays et l'affublant du sobriquet de Deflector in Chief.

Une porte-parole du président s'est contentée de dire que le milliardaire républicain « a des réunions, passe des coups de téléphone et frappe quelques balles » sur son terrain de golf à West Palm Beach, en Floride.

L'administration de Donald Trump est sous le feu d'attaques presque quotidiennes, notamment des démocrates, à la suite de révélations dans la presse sur des contacts entretenus par certains de ses membres avec des diplomates russes durant la campagne présidentielle, au mépris de la loi.

Dernière personnalité en date accusée par la presse de tels agissements, le ministre de la justice, Jeff Sessions, a été contraint Jeudi 2 Mars 2017 d'annoncer qu'il se déclarerait incompétent dans toutes les investigations en cours ou à venir sur une possible intervention russe dans la campagne électorale.

Les agences américaines de renseignement sont parvenues l'an dernier à la conclusion que la Russie avait piraté des adresses électroniques du camp démocrate pour favoriser l'élection de Donald Trump. Le Kremlin a rejeté ces accusations.

 

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4 mars 2017 6 04 /03 /mars /2017 18:16

 

http://socialisme-2010.fr/blog2016/mars2017.php#mars05

 

Elections présidentielles, est-il si difficile de refuser d’y participer ?

 

Par Robert Duguet

 

Samedi 4 Mars 2017

 

« Un socialiste est plus que jamais un charlatan social qui veut, à l’aide d’un tas de panacées et avec toutes sortes de rapiéçages, supprimer les misères sociales, sans faire le moindre tort au capital et au profit », c’est une citation de Friedrich Engels.

 

Ce blog considère utile de publier les analyses de la situation politique réfléchies et intelligentes qui peuvent aider à servir de boussole dans les événements actuels. En revanche, les articles signés par différents auteurs, voire même organisations, ne signifient pas qu’il y a pour moi accord sur les conclusions des uns ou des autres. Et, pour ce qui me concerne, le point de clivage dans l’immédiat porte sur la question de la participation au vote des élections présidentielles de 2017.

Nous ne pouvons pas durant des décennies dénoncer les institutions réactionnaires du bonapartisme, ce coup d’état permanent contre la démocratie, cette cinquième république qui n’en finit pas de se décomposer avec son cortège de corruption gagnant tous les partis institutionnels, ses violences policières contre les salariés et la jeunesse et son torpillage systématique de tous les acquis sociaux et culturels du Conseil National de la Résistance (CNR), et en même temps continuer de présenter des candidats dans cette élection.

Curieuse génération révolutionnaire que la mienne, qui a forgé sa pensée dans une grève générale qui fait vaciller le régime de Charles de Gaulle et qui s’est globalement perdue dans la gestion de ces institutions. D’un côté la lutte des places a remplacé la lutte des classes et une caste de petits marquis a fait carrière. Ils s’appellent Lionel Jospin, Jean Christophe Cambadélis, Henri Weber et Jean Luc Mélenchon. D’un autre côté, nous, les sans-grades, les militants qui descendent sur le trottoir pour diffuser les tracts et coller les affiches, tenir les réunions et organiser meeting et manifestations, ceux-là sont orphelins des partis et du socialisme. Est-il si difficile que cela d’affirmer qu’on ne peut pas subvertir ces institutions de l’intérieur ?

Qu’aujourd’hui entrer dans le débat que nous impose le matraquage médiatique du matin au soir, c’est d’avance servir une cause perdue.

Denis Collin brocarde les pleureuses de l’unité et il a raison. Divers militants de la gauche radicale se prononcent pour l’unité entre le rocardien Benoît Hamon et Jean Luc Mélenchon, afin que la gauche soit présente au second tour des élections présidentielles contre l’extrême droite. C’est du Gérard Filoche, du Vincent Présumey et d'autres nostalgiques d’une lecture très particulière du front unique.

Pour qu’un accord de front unique soit possible, entre anticapitalistes et réformistes, il faut que les réformistes s’engagent à défendre jusqu’au bout les revendications légitimes qu’ils reconnaissent comme telles dans leur propre programme. Où trouve-t-on cela dans la politique de Benoît Hamon aujourd’hui ? La loi travail, il a d’ores et déjà reculé sur la nécessité de son abrogation. Le salaire universel, c’est l’adaptation pure et simple à la destruction de l’emploi salarié. Ce n’est certainement pas avancer vers une perspective anticapitaliste par les voies légales et démocratiques, qui était le point de vue fondateur du parti d’Epinay.

Nous trouvons un point de vue pour le moins surprenant défendu dans l’éditorial du Parti Ouvrier Indépendant et Démocratique (POID) du 22 février 2017 sous la signature de Daniel Glückstein. Nous pouvons lire que « Benoît Hamon se propose de convaincre le gouvernement de grande coalition d’Allemagne de négocier un nouveau traité européen. Jean Luc Mélenchon conclut l’exposé de son programme par l’engagement de renégocier les traités européens pour obliger la Banque Centrale Européenne (BCE) à racheter les dettes de la France. Nous leur souhaitons bonne chance. Depuis Alexis Tsipras en Grèce, nous savons comment se déroulent les négociations avec l’Union Européenne, le pistolet sur la tempe, et sur quoi elles débouchent. Nous ne saurions donc affirmer que ces candidats sont, à ce stade, engagés sur la voie de la rupture avec l’Union Européenne et la cinquième république. Il reste que sur une question essentielle, une unité, certes limitée, était possible. Elle reste possible. Qui lui tourne le dos prendra la responsabilité qu’au 8 mai 2017 au matin la loi travail continuera de s’appliquer ».

Autrement dit, aux conditions d’un accord portant sur l’abrogation de la loi travail, l’unité entre Benoît Hamon et Jean Luc Mélenchon serait possible et nécessaire. A l’heure qu’il est du reste le point de vue de Benoît Hamon est en recul sur l’abrogation de la loi travail. Le contenu objectif d’un accord entre Benoît Hamon et Jean Luc Mélenchon reviendrait ni plus ni moins qu’à tenter de remettre en selle le Parti Socialiste. Merci, nous avons déjà donné. Nous ne jouons plus.

Quant à trouver des vertus à la candidature de Jean Luc Mélenchon, comme l’analyse Denis Collin, c’est un peu, il faut bien prendre une position dans cette élection présidentielle. Nous prenons ce qui reste. Cela ne me convainc pas. Toute l’évolution théorique de Jean Luc Mélenchon le conduit aujourd’hui vers une forme de bonapartisme ou de chavisme étrangère au mouvement ouvrier, compatible d’ailleurs avec les institutions.

L’effondrement du Front De Gauche (FDG) l’a conduit sur cette position. Il y a le peuple d’un côté et la caste dirigeante de l’autre. Charles de Gaulle parlait du régime des partis. Les classes sociales et leur place dans la production du travail social, qui est le point de départ de la méthode marxiste, tout cela disparait. Quant à voir dans son évolution une rupture avec le mitterrandisme, je renvoie mon camarade Denis Collin à la lecture qui m’a semblé pour le moins effarante de l’ouvrage publié au mois de septembre 2016, « Jean Luc Mélenchon, le choix de l’insoumission », de Marc Endeweld. Il se présente sous forme d’interview. Jean Luc Mélenchon consacre près de soixante pages à sa fidélité à François Mitterrand, jusqu’à trouver des justifications aux pages de sa vie les plus obscures, la collaboration et les guerres coloniales. Nous trouvons notamment ce point de vue sur la cinquième république. Avec les présidents de droite de la cinquième république après la disparition de Charles de Gaulle, ce n’était pas bien. Mais avec François Mitterrand c’était bien. C’était de la bonne utilisation des institutions.

L’année qui s’écoule est aussi celle du centenaire de la révolution russe d'octobre 1917. Nous ouvrons un dossier sur cette question en publiant un extrait des travaux d’historien de Nicolas Werth sur la révolution de février 1917. En pleine guerre mondiale, au cours de laquelle les partis dits socialistes demandent aux prolétaires allemands d’aller crever la panse de leurs frères français et réciproquement, alors même qu’un nommé Jules Guesde représentant de l’aile prétendument marxiste de la Section Française de l'Internationale Ouvrière (SFIO) entrait dans un cabinet d’union sacrée en 1916, la révolution se répand comme une trainée de poudre en Russie. En trois jours le flot révolutionnaire détruit les institutions d’une dynastie vieille de trois siècles. Chose tout à fait étonnante, dans ce type de situation, ce sont les révolutionnaires qui sont les plus surpris par la force du mouvement de l’histoire. Si demain nous avons un mouvement social débouchant sur une assemblée constituante et sur une reconstruction de la république, qui ne peut être qu’une république sociale, elle sera le produit de ce mouvement et elle en aura le contenu. En dehors de cette perspective qui est celle de la lutte des classes, il n’y a pas d’issue. Les élections du mois de mai 2017 ne seront qu’une pitoyable pantomime.

Par contre nous serons très attentif aux regroupements, partis de l’activité de la base et répondant aux revendications des citoyens, qui pourront s’opérer lors des élections législatives qui suivront les élections présidentielles. Là il peut se passer des choses intéressantes. Un comité de campagne Picardie Debout qui rassemble aujourd’hui plus de six cent personnes au cœur d’une circonscription ouvrière, soutenu par Ensemble, Europe Ecologie Les Verts (EELV), le Parti Communiste Français (PCF) et le Mouvement de la France Insoumise, peut nous fournir quelques indices sur la situation après les élections présidentielles. Par ailleurs, si localement, le mouvement manque de clarté programmatique, cela a le mérite d’exister dans l’affligeant spectacle de cette élection présidentielle.

 

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