Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
23 août 2017 3 23 /08 /août /2017 18:02

 

 

http://24-aout-1944.org/jeudi-24-aout-2017-Hommage-a-la

 

https://paris.demosphere.eu/rv/56386

 

http://www.cnt-f.org/urp/agenda-cnt/hommage-aux-antifascistes-de-la-nueve

 

Hommage aux espagnols antifascistes de la Nueve et à tous les étrangers engagés dans la lutte pour la liberté contre le nazisme

 

« Nous allons vivant, gémissant, oubliant,

Oubliés, changeant de chemin,

Il n’y a pas de coin sur terre,

Sans qu’on entende nos soupirs,

Réfugié, toi, l’étranger,

Celui qui gêne le monde entier »

 

Poème de Juan Sanchez, directeur de la revue Recordatoria, exilé en France puis en Suède

 

Jeudi 24 Août 2017 à 17 heures 15 devant le jardin des combattants de la Nueve, 3 rue Lobau, métro Hôtel de Ville, à Paris

 

Hommage aux espagnols antifascistes de la Nueve et leur rôle dans la libération de Paris, des paroles évoqueront leurs idéaux et la grande richesse humaine qu’ils apportent à notre société.

 

Diverses prises de paroles évoqueront le combat des étrangers engagés dans la lutte pour la liberté contre le nazisme.

 

Venez participer à cette évocation particulière au cours de laquelle nous rendrons hommage à ces défenseurs de Paris et partisans de la liberté, en présence des élus de Paris.

 

Jeudi 24 Août 2017 à 15 heures 15, l’association du 24 août 1944 se joindra à la cérémonie organisée par la mairie de Paris et l’Amicale des Anciens Guerilleros Espagnols en France des Forces Françaises de l’Intérieur (AAGEF FFI), pour le dévoilement de la plaque en hommage à José Baron Carreño à l’angle du boulevard Saint-Germain et de la rue Villersexel dans le septième arrondissement de Paris.

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
22 août 2017 2 22 /08 /août /2017 19:14

 

 

https://ftdes.net/crime-contre-lhumanite/

 

Crime contre l’humanité

 

Déclaration commune de l'Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT), du Forum Tunisien pour les Droits Économiques et Sociaux (FTDES), de la Ligue Tunisienne des Droits de l'Homme (LTDH) et du Réseau Euro Méditerranéen des Droits de l'Homme (REMDH)

 

Vendredi 18 Août 2017

 

Les organismes signataires expriment tout leur soutien aux Organisations Non Gouvernementales (ONG) de sauvetage qui se trouvent dans les eaux méditerranéennes et qui sont criminalisées par certains pays européens qui veulent les réduire à l’inaction dans leur mission humanitaire de sauvetage dans le sud de la Méditerranée et qui veulent laisser les migrants se noyer sans témoins. Ce qui résulte de l’arrêt de travail de trois bateaux de recherche et de sauvetage qui sont le navire Iuventa de Jugend Rettet, arrêté et saisi le 2 août 2017 par les autorités italiennes et accusé de favoriser l’immigration clandestine, le navire Prudence affrété par Médecins Sans Frontières (MSF) et le navire Sea Eye qui ont arrêté leur mission à cause de l’insécurité qui règne actuellement au sud de la Méditerranée. Ce blocage des activités des ONG humanitaires de sauvetage est bien réel puisque la Libye a annoncé la création au large de ses côtes en méditerranée d’une zone de sécurité illimitée de recherche et de sauvetage interdite, sauf autorisation préalable, aux navires étrangers.

A ce sujet l’ONG espagnole Proactiva Open Arms a annoncé le 15 août 2017 que l’équipe de son bateau Golfo Azzurro a eu une confrontation avec des gardes côtes libyens dans les eaux internationales.

Les organisations signataires dénoncent fermement la politique migratoire restrictive et inhumaine de l’Union Européenne. En effet, celle-ci, dans le cadre d’une gouvernance sécuritaire des migrations, se renferme de plus en plus sur elle-même, au détriment du respect de toutes les conventions internationales relatives aux droits des migrants.

L’Union Européenne, au lieu d’agir humainement face aux flux migratoires en favorisant le sauvetage des vies et en leur offrant une protection, préfère fermer ses frontières et s’engager dans un processus de refoulement des migrants irréguliers et l’encouragement au retour des migrants réguliers.

La priorité pour les pays européens est donc de garantir la cohésion de l’espace Schengen en intervenant directement, dans le cadre d’une externalisation de la gestion de ses frontières, auprès des états tiers afin qu’ils contrôlent ses portes. Pour y arriver, l’Europe est maintenant contrainte de se tourner vers la Libye, le pays principal à partir duquel les migrants prennent le départ pour appliquer la même démarche qu’elle a suivi avec la Turquie. Cette option risque de coûter plus cher que ce qui était prévu, mais l’Union Européenne semble prête à tout pour empêcher l’arrivée des migrants sur son territoire.

En effet, les différentes forces libyennes au pouvoir veulent profiter de cette manne pour renforcer leur emprise, faisant de la migration une carte à jouer pour légitimer leurs existences respectives. Elles ont demandé à l’Union Européenne de mettre plus d’argent sur la table pour les aider à contenir les départs de migrants dans des centres de rétention en violation des droits fondamentaux de l’homme. Les garde-côtes libyens ont alors reçu des équipements pour empêcher les traversées et des formations en techniques d’opération de recherche et de sauvetage en mer. Par ailleurs, l’effort européen nécessaire pour aider à bloquer les flux de migrants dans le désert libyen dans l’insécurité, le servage et l’exploitation par les forces terroristes, a été estimé par les libyens à vingt milliards de dollars sur vingt ou vingt cinq ans.

Les organisations signataires mettent en doute la fiabilité du partenariat avec les autorités et les factions en Libye, car la situation du pays reste instable et imprévisible et il y règne encore le chaos et l’insécurité. Jusqu’à ce jour, la Libye n’a ratifié ni la convention de Genève sur les droits des réfugiés de 1952 ni la quatre-vingt-dix-septième ni la cent-quarante-troisième convention de l'Organisation Internationale du Travail (OIT) relatives aux droits des travailleurs migrants. La Libye a ratifié la convention de l'Organisation des Nations Unies (ONU) sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille de 1990 mais les informations recueillies font état de vivent inquiétudes au sujet de la situation des travailleurs migrants et des membres de leur famille pris au cœur de la crise humanitaire, sociale et politique qui s’aggrave de jour en jour.

 Les organisations signataires décident de se constituer en comité de vigilance pour le suivi de cette situation dramatique et pour développer des actions de plaidoyer auprès des pays de l’Union Européenne, des organisations internationales compétentes, de l’Union Africaine, des forces démocratiques en Libye et des autorités tunisiennes, pour adopter une gouvernance basée sur les droits des migrations en Méditerranée,

Les organisations signataires appellent instamment l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) à se mobiliser pour condamner les violations des droits et des réfugiés et les restrictions contraires aux normes internationales imposées aux ONG humanitaires de sauvetage en Méditerranée tout en exprimant leur solidarité active avec ces ONG.

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
22 août 2017 2 22 /08 /août /2017 18:48

 

 

LA QUESTION DES RELATIONS ENTRE PODEMOS ET LE PSOE

 

Vous trouverez ci-dessous la deuxième et dernière partie du message du site Le Vent Se Lève (LVSL) relatif à l’actuelle situation politique espagnole.

Le message est disponible en totalité si vous consultez le site LVSL à l’adresse ci-dessous.

 

Bernard Fischer

 

http://lvsl.fr/lvsl-dans-le-laboratoire-des-gauches-espagnoles

 

Vers un rapprochement entre Podemos et le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) ?

 

Vendredi 11 Août 2017

 

Le 21 mai 2017, Pedro Sánchez remportait l'élection primaire du PSOE devant la présidente du gouvernement régional d’Andalousie, Susana Díaz. Cette dernière bénéficiait de l’appui sans faille des barons du parti hostiles à toute alliance avec Podemos, au premier rang desquels l’ancien président du gouvernement Felipe González. Ce résultat représente donc une lourde défaite pour l’appareil du PSOE et un triomphe personnel pour Pedro Sánchez, candidat malheureux à la présidence du gouvernement lors des deux dernières élections générales.

Au mois d'octobre 2016, désavoué par un comité fédéral dominé par l’aile droite du parti, Pedro Sánchez démissionnait de son poste de secrétaire général. Quelques jours plus tard, la direction du PSOE par intérim enjoignait aux députés du PSOE de s’abstenir lors du vote d’investiture de Mariano Rajoy, ce qui a ainsi permis au Parti Populaire de rempiler pour quatre ans au gouvernement. En désaccord avec cette décision, Pedro Sánchez renonçait à grand bruit à son siège de député et plaidait pour un PSOE fermement opposé à Mariano Rajoy et respectueux de ses engagements vis-à-vis des militants. Il laissait déjà entrevoir son probable retour en force en annonçant vouloir « prendre sa voiture pour parcourir de nouveau tous les recoins de l’Espagne ».

Sa stratégie de reconquête du parti par la base militante a porté ses fruits. Celui qui déclarait dans une interview remarquée avoir subi des pressions des pouvoirs économiques et médiatiques pour ne pas s’allier à Podemos retrouve donc le poste de secrétaire général qu’il avait déjà occupé de 2014 à 2016. Le 21 mai 2017, devant le siège du PSOE à Madrid, les militants entonnaient l’Internationale. Depuis, Pedro Sánchez réaffirme ostensiblement l’ancrage à gauche d’un PSOE bien décidé à faire oublier les errements des derniers mois. Une victoire de Susana Díaz aurait permis à Pablo Iglesias de se positionner en unique recours à la triple alliance entre le Parti Populaire, le PSOE et Ciudadanos, mais la victoire de Pedro Sánchez inaugure une configuration bien différente.

Depuis les résultats de l'élection primaire du PSOE, les relations entre Podemos et le PSOE se sont nettement détendues. En témoigne la cordialité des échanges lors des débats sur la motion de censure entre Pablo Iglesias et José Luis Abalos, nouveau porte-parole du groupe socialiste et proche de Pedro Sánchez. Le temps où Iglesias attaquait rudement le PSOE, reprochant à l’ancien président Felipe González son passé « entaché de chaux vive », en référence aux exactions commises dans les années 1980 par les Groupes Antiterroristes de Libération (GAL) dans leur lutte contre Euskadi Ta Askatasuna (ETA), semble bien révolu.

Au mois de juillet 2017, le PSOE et Podemos ont formé une équipe de travail parlementaire afin de coordonner leur opposition au Parti Populaire et de fixer un agenda social en commun, lutte contre la précarité, le chômage des jeunes et le mal-logement, hausse du salaire minimum et revalorisation des pensions de retraite.  Selon les députés de Podemos, la création de cette équipe de travail préfigure un futur gouvernement alternatif à celui du Parti Populaire. Ils encouragent d’ailleurs le PSOE à déposer à son tour une motion de censure pour destituer Mariano Rajoy et ouvrir la voie à une coalition des forces progressistes.  L’idée d’un scénario à la portugaise semble avoir fait son chemin. Au Portugal, le Parti Socialiste Portugais (PSP) gouverne avec l’appui parlementaire du Parti Communiste Portugais (PCP) et du Bloco de Esquerda. En Espagne, les rapports de force entre la gauche radicale et le PSOE sont plus équilibrés que chez le voisin portugais, ce qui conduit Pablo Iglesias à envisager une possible coalition au sein de laquelle LE PSOE et Podemos seraient sur un pied d’égalité.

Le PSOE préfère minimiser la portée de cette coopération parlementaire et freiner les ardeurs de Podemos. Le PSOE écarte l’éventualité d’une motion de censure dans l’immédiat et il s’évertue à rappeler que Pablo Iglesias a déjà eu l’opportunité d’éjecter Mariano Rajoy. Au mois de mars 2016, lorsque les députés de Podemos ont rejeté l’investiture de Pedro Sánchez, alors allié avec la droite libérale de Ciudadanos.  Le PSOE temporise et observe d’un bon œil les dernières enquêtes électorales. Le baromètre du centre de recherches sociologiques du mois de juillet 2017 indique une forte progression des intentions de vote en faveur du PSOE depuis la victoire de Pedro Sánchez. Pour la première fois, le bloc des gauches du PSOE et d'Unidos Podemos surpasse le bloc des droites du Parti Populaire et de Ciudadanos, comme l’a souligné le secrétaire à l’organisation de Podemos, Pablo Echenique. Néanmoins, l’enquête suggère également une évolution des rapports de force internes au bloc des gauches. La perspective du sorpasso semble s’éloigner pour Pablo Iglesias, ce qui ne peut qu’inciter le PSOE à temporiser davantage afin de reconquérir les franges de son électorat récupérées ces dernières années par Podemos.

Au-delà de ces différences de rythmes et de stratégies politiques, le dialogue entre les deux formations achoppe également sur la question de l’organisation territoriale et de la Catalogne. Sous l’impulsion de Pedro Sánchez et au grand désarroi des barons du PSOE, les positions du PSOE évoluent aujourd’hui vers la reconnaissance de la pluri nationalité de l’Espagne, un concept habituellement employé par les dirigeants de Podemos. Néanmoins, le PSOE reste fermement opposé à la tenue d’un référendum sur l’indépendance de la Catalogne. Ce n’est pas le cas de Podemos, qui défend l’idée d’une patrie pluri nationale ainsi que le droit à l’auto détermination du peuple catalan. L’annonce par le gouvernement régional catalan de l’organisation d’un nouveau référendum unilatéral le premier octobre 2017 devrait de nouveau placer la crise territoriale espagnole sur le devant de la scène politique et médiatique.

Malgré ces divergences notables, le rapprochement entre Podemos et le PSOE s’est matérialisé ces derniers jours par la signature d’un accord de gouvernement entre les deux partis dans la communauté autonome de Castille la Manche. Au mois de juillet 2017, le président du PSOE de la communauté, Emiliano García-Page, a offert à Podemos d’entrer au gouvernement afin de garantir la stabilité de la région, dans un contexte de débats inextricables autour du budget. Les militants de Podemos dans la région se sont prononcés à près de soixante dix huit pour cent en faveur d’un accord de gouvernement. Pour la première fois, les deux partis gouverneront donc ensemble, dans une région comptant plus de deux millions d’habitants, qui sera désormais scrutée comme le laboratoire de la coopération entre les deux principales forces de la gauche espagnole.

Ce rapprochement avec le PSOE ne fait pas l’unanimité parmi Podemos et ses alliés. L’accord de gouvernement en Castille la Manche a donné lieu à d’âpres débats dans la sphère militante et suscité l’opposition résolue du courant anticapitaliste. Les anticapitalistes, par la voix de Teresa Rodríguez et de Miguel Urbán, ont fait entendre leur désaccord vis-à-vis de ce qu’ils perçoivent comme le prélude à une subalternisation de Podemos vis-à-vis du PSOE. Cette critique fait d’autant plus sens que les membres du courant anticapitaliste avaient déjà fait scission avec Izquierda Unida en 2008, qu’ils accusaient d’être devenue le supplétif du PSOE.

Izquierda Unida, désormais alliée à Podemos au sein de la coalition Unidos Podemos, ne ménage pas non plus ses critiques à l’égard du parti de Pablo Iglesias. Dans un rapport interne du mois de juin 2017, le coordinateur fédéral d’Izquierda Unida Alberto Garzón exprime sa méfiance à l’égard du supposé virage à gauche du PSOE et il insiste sur la nécessité « d'organiser politiquement les classes populaires ».

Pour Alberto Garzón, à la tête d’une formation politique qui a vu la majorité de ses électeurs de 2011 se tourner vers Podemos en 2015, Izquierda Unida doit davantage se démarquer de son allié, en réinvestissant notamment l’arène des mouvements sociaux.

L’intensité des débats internes et des discussions stratégiques est l’une des caractéristiques premières de Podemos, un parti politique qui regroupe en son sein des militants de cultures politiques diverses. Les désaccords manifestés à l’égard du réchauffement des relations avec le PSOE sont en réalité révélateurs d’une tension constitutive de Podemos, parfaitement mise en lumière et théorisée par le politiste Javier Franzé, la tension entre régénération et contestation. Au cours de sa première année d’existence, Podemos affirmait ouvertement sa volonté de rompre avec le régime de 1978 et ses deux grands partis, le Parti Populaire et le PSOE, agglomérés sous les expressions de PPSOE et de caste. Désormais, la priorité semble aller à la destitution du Parti Populaire et du bloc de la restauration qui a séquestré et dénaturé les institutions.

Des institutions qu’il ne s’agit plus tant de contester en elles-mêmes que de débarrasser de ses éléments perturbateurs afin de les rendre aux gens. De l’évolution de cette tension propre à Podemos et des choix stratégiques de Pedro Sánchez dépendra l’avenir politique de l’Espagne et d’une Europe du sud encore marquée par les espoirs déçus d’Alexis Tsipras en Grèce.

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
22 août 2017 2 22 /08 /août /2017 18:15

 

EN QUEL TEMPS VIVONS-NOUS

Vous trouverez ci-dessous la deuxième partie d’une interview de Jacques Rancière par Aude Lancelin.

L’interview est disponible en totalité si vous consultez le site www.elcorreo.eu.org à l’adresse ci-dessous.

Bernard Fischer

http://www.elcorreo.eu.org/En-quel-temps-vivons-nous-Entretien-avec-Jacques-RANCIERE

EN QUEL TEMPS VIVONS-NOUS

Lundi 7 Août 2017

Aude Lancelin. Vous ne croyez pas au fait de passer par les institutions pour les réformer voire les mettre à bas ?

Jacques Rancière. Je crois que, à ce moment-là, il faut jouer un jeu unique avec l’institution, ne pas être à la fois président sur le mode des présidents de la cinquième république et en même temps dire vouloir le détruire. Si nous ne sommes là que pour le détruire, nous n’avons qu’un seul mot d’ordre et nous n’allons pas chercher à ramasser un peu de protection sociale, un peu d’écologie, un peu de républicanisme et un peu de socialisme, pour faire un programme. Nous disons que nous ne voulons que cela et que nous sommes ceux qui nous nous présentons pour l’abolition de la présidence. Cela, c’est clair. A ce moment, nous utilisons l’institution.

Aude Lancelin. C’était d’une certaine façon le programme du Mouvement de la France Insoumise (MFI), une assemblée constituante, puis la mise à bas de la monarchie présidentielle. Vous ne le voyez que comme un instrument de conquête du pouvoir ?

Jacques Rancière. Je pense que nous pouvons jouer un jeu avec les institutions, mais c’est un jeu qui est déterminé et que ce n’est pas ce double jeu qui a quand même abouti à cette chose très misérable, les affiches que nous avons vues pour le deuxième tour des élections présidentielles avec la cohabitation pour des jours heureux. Excusez-moi, les jours heureux, pour les gens de mon âge, cela veut dire autre chose que le fait d’avoir un ministre du MFI avec un président de la République En Marche (REM). Il faut être sérieux. La cohabitation pour les jours heureux a quand même quelque chose d’un peu grotesque. Jean Luc Mélenchon a repris exactement les vieux mots d’ordre de la droite, à savoir qu’il ne faut pas donner tous les pouvoirs aux socialistes. Il a dit qu’il ne faut pas donner tous les pouvoirs à Emmanuel Macron. Est-ce vraiment un mot d’ordre de mobilisation d’un peuple nouveau ? C’est quoi cette grande déclaration du MFI qui reprend le mot d’ordre le plus misérable, à savoir qu’il ne faut pas donner tous les pouvoirs à ceux qui ont gagné et qu’il faut nous en donner un peu aussi. C’est un premier problème. Il y a un deuxième problème dans l’idée que nous allons élire une assemblée constituante. Mais ce ne sont pas les assemblées constituantes qui ont fait quelque chose dans l’histoire. Les assemblées constituantes naissaient de mouvements révolutionnaires ou de mouvements de masse importants. Ce ne sont pas les assemblées constituantes décrétées simplement comme application de mesures proposées dans un programme électoral.

Aude Lancelin. Par rapport au slogan « abolissons les élections présidentielles, plus de président », pensez-vous vraiment que l’incarnation soit l’objet d’un rejet au sein de la population ? Ne pensez-vous pas que par hyper-démocratisme nous risquons de promouvoir des revendications tout sauf populaires ?

Jacques Rancière. La question est de savoir si nous favorisons des formes autonomes de discussion et de décision qui soient un peu à l’écart du jeu ? Ou est-ce que, d’une manière générale, nous ouvrons l’initiative au plus grand nombre de ceux qui le veulent. Je ne pense pas qu’il faille se reconnaître dans un chef plus ou moins charismatique qui, malgré tout, se rappelle que tous les quatre ans il y a une élection. Un leader populaire authentique, c’est autre chose. Auguste Blanqui, au dix neuvième siècle, ce n’était pas quelqu’un qui tout à coup disait qu’il y a une élection l’année prochaine et qu’il va falloir soulever le peuple des profondeurs. Si nous sommes vraiment les leaders d’un mouvement populaire, nous participons à ce mouvement populaire, à ses initiatives et à la création de formes autonomes, au lieu de chercher à ramasser la mise tous les cinq ans.

Aude Lancelin. Pour remettre de la démocratie dans notre système, vous proposez toutefois dans votre livre de 2005, « la haine de la démocratie », d’introduire du tirage au sort, d’introduire évidemment des mandats courts non cumulables et non renouvelables et toutes sortes de mesures dont nous avons discuté depuis notamment dans le mouvement des Nuits Debout. Est-ce à dire que pour vous quelque chose de bon malgré tout peut encore sortir des urnes ? Est-ce qu’il y a encore quelque chose à sauver dans le système électoral ?

Jacques Rancière. Le système électoral crée des comportements, des attitudes, des croyances et toute une série de choses qui affectent les vies. Mon idée, c’est que nous n’allons pas faire la révolution en élisant un président de la république de gauche, mais nous n’allons pas attendre que les vraies luttes et l’insurrection généralisée amènent un pouvoir révolutionnaire en ignorant totalement l’existence de tout cela. Un mouvement politique marche sur deux pieds et par conséquent peut se servir de ses institutions, ou en tout cas se définir par rapport à elles, ce qui n’est pas la même chose. Nous pouvons avoir une stratégie par rapport aux élections présidentielles, une stratégie de déclaration de refus de ces élections et de déclaration de candidature à la non-présidence ou que sais-je. C’est possible. A ce moment-là, nous nous rapportons à ce système qui existe, comme nous nous rapportons à toute une série de systèmes qui existent. C’est une forme de domination comme une autre. Par conséquent, nous avons un comportement par rapport à cette forme de domination comme nous en avons par rapport à d’autres. Nous pouvons proposer des mesures institutionnelles, mais nous les proposons en sachant que tout cela prend un sens quand c’est l’émanation d’un mouvement qui a sa propre dynamique et ses propres structures. C’est cela qui est important. Les mouvements qui disent simplement « sixième république, assemblée constituante et puis tout ira bien », n’ont pas de sens. Nous pouvons toujours écrire sur le papier une constitution de la sixième république, cela ne prend un sens que si c’est l’émanation d’un mouvement capable de porter les revendications par ailleurs inscrites dans cette constitution.

Aude Lancelin. Vous avez suivi ce qui s’est passé dans le mouvement des Nuits Debout au printemps 2016. Quelles ont été selon vous les erreurs stratégiques, par exemple le fait de se focaliser sur le Parti Socialiste et sur le bilan catastrophique de la gauche de gouvernement ?

Jacques Rancière. Je ne suis pas du tout là pour dire ce que le mouvement des Nuits Debout a mal fait ou aurait dû faire. Je pense qu’un mouvement comme le mouvement des Nuits Debout est de toute façon un mouvement hétérogène avec des vieux routiers de la lutte sociale ou de la révolution et des gens qui débarquent. Et puis il y a ce problème que nous retrouvons avec tous les mouvements des places. A savoir qu’il y a comme une réalisation directe de la démocratie. Nous sommes ensemble, nous sommes une assemblée, nous sommes égaux et nous sommes heureux d’être égaux. Cela devient très difficile de conjuguer la forme de l’être ensemble avec la forme de l’être contre. Ce n’est pas la question de savoir qui est responsable de quoi. Je crois que nous n’avons pas dépassé cette juxtaposition entre, d’une part, les gens pour qui l’important c’est d’abord d’être ensemble et de constituer un peuple ensemble et, d’autre part, ceux pour qui l’important c’est de se battre contre l’ennemi avec l’idée que nous allons constituer un peuple en déclarant la lutte violente et en obligeant les gens à choisir leur camp. Nous n’avons pas encore inventé de logique qui aille au-delà. Il y a des pays où cela a été un petit peu plus loin. Nous pensons à la Grèce et à tout le mouvement des espaces sociaux libres qui essaient d’institutionnaliser des formes d’être ensemble qui en même temps ne sont pas les formes du parti et qui ne sont pas non plus des formes éphémères d’assemblée générale. Il y a quelque chose qui se passe là.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
22 août 2017 2 22 /08 /août /2017 14:46

 

https://columnacero.com/espana/4609/la-nueve-la-gran-olvidada-por-la-historia/

 

La Nueve, la grande oubliée de l’histoire

 

Par Ivan Leal Ramos

 

Mercredi 16 Août 2017

 

La Nueve était une compagnie d'environ cent cinquante soldats républicains espagnols qui ont été décisifs pour la défaite des nazis à Paris au mois d’août 1944.

 

Le 26 août 1944, Charles de Gaulle entrait triomphalement dans les rues de Paris. L'armée alliée avait libéré la capitale française après quatre années d'occupation nazie.

 

Deux jours avant la victoire des alliés contre les nazis, les grands protagonistes de la libération de Paris et  en même temps les grands oubliés de l'histoire sont les cent cinquante soldats républicains espagnols, membres de la Nueve qui ont été décisifs dans la défaite des nazis à Paris.

 

Le groupe de cent cinquante soldats républicains espagnols est entré dans les rues de la capitale française dans la nuit du 24 août 1944. Ils battent les troupes allemandes, ils traversent la porte d'Italie et la place de la Concorde, ils arrivent à l'Hôtel de Ville et ils obtiennent  la capitulation nazie à Paris. La Nueve, composée d'espagnols et de français, est la première compagnie à entrer à Paris et à libérer Paris de la domination nazie.

 

Histoire de la Nueve

 

La victoire franquiste dans la guerre civile a entraîné l'exil forcé de milliers de républicains, de communistes et d'anarchistes. Beaucoup d'entre eux sont arrivés en France. Après l'occupation nazie de la France en 1940, beaucoup de républicains exilés sont arrivés en Afrique du Nord, où la France a toujours conservé des colonies.

 

À l'appel de Charles de Gaulle pour résister et récupérer la France, certains d'entre eux ont vu l'opportunité de survivre dans la légion étrangère de l'armée française. Les soldats, avec une expérience de durs combats, étaient intégrés dans la deuxième division blindée du général Philippe Leclerc. Ils formaient une partie de la neuvième compagnie blindée.

 

Formée d’une majorité de soldats espagnols, la compagnie était  surnommée la Nueve. En particulier, les soldats républicains espagnols dénommaient leurs groupes de combat avec des noms faisant référence à des lieux de la géographie espagnole ou des aspects de la culture populaire, entre autres Don Quichotte, Cap Serrat, Madrid, Guadalajara, Teruel, Guernica et Espana Cañí.

 

Bien que nous nous souvenions de la Nueve pour son rôle décisif dans la libération de Paris, elle a également participé à plusieurs combats en Afrique du Nord contre les troupes allemandes et italiennes.

 

L'oubli de la Nueve

 

En France et en Espagne, nous avons enterré décennie après décennie le souvenir et la mémoire de la Nueve. Tout récemment, ces dernières années, a commencé un processus de récupération pour se rappeler ce que ces soldats espagnols ont fait pour défendre les valeurs de la démocratie et de la liberté.

 

Au mois d’avril 2017, la maire de Madrid, Manuela Carmena, et la maire de Paris, Anne Hidalgo, ont assisté à l'inauguration du « jardin des combattants de la Nueve » qui a été le premier hommage officiel de la capitale espagnole à cette compagnie formée par cent cinquante exilés espagnols.

 

D'autre part, Anne Hidalgo, maire de Paris, a promu la reconnaissance de la Nueve en plaçant douze plaques en différents points de la route suivie par le bataillon des espagnols.
 

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
21 août 2017 1 21 /08 /août /2017 21:26

 

 

http://www.leparisien.fr/paris-75/paris-au-coeur-du-camp-de-migrants-de-la-porte-de-versailles-19-08-2017-7202022.php

 

Au coeur du camp de migrants de la porte de Versailles

 

Evacués Vendredi 18 Août 2017 manu-militari de la porte de la Chapelle, deux mille cinq cent migrants ont été répartis entre différents sites en Ile-de-France. Vous trouverez ci dessous un reportage relatif au très contesté campement aménagé rue Lacretelle dans le quinzième arrondissement de Paris. 

Gardé comme une forteresse, infranchissable comme un bunker, avec un car de police devant vingt quatre heures sur vingt quatre, des vigiles dedans et dehors et, à l’intérieur, quatre cent cinquante migrants, que des hommes, originaires d'Afghanistan, du Soudan et d'Erythrée, d’une moyenne d’âge de trente ans, le visage fermé, bienvenue au nouveau camp de migrants de la rue Lacretelle, à la porte de Versailles, dans le quinzième arrondissement de Paris, installé sur un campus universitaire sportif pour quinze jours. Et que nous avons pu exceptionnellement visiter. 

C’est le dossier politique tabou qui, depuis le Vendredi 18 Août 2017, a mis le feu aux poudres en accueillant ces migrants déplacés par trois cent cinquante Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS) du camp sauvage de la porte de la Chapelle, dans le dix huitième arrondissement de Paris, la trente cinquième évacuation en deux ans.

Le dossier inquiète certains riverains du quinzième arrondissement de Paris et il agace Philippe Goujon, le maire des Républicains de l’arrondissement. 

« Nous avons vingt tentes », précise Nicolas Hue, responsable de ce site réquisitionné par l’état, assistant opérationnel d’Aurore, l’association en charge, « elles accueillent chacune dix lits, soit deux cent lits, ainsi que deux gymnases de trois cent lits ». 

Le montage du camp s’est fait dans le plus grand secret. En même temps, recadre un élu sous couvert d’anonymat, « si la population avait été informée, Jean-François Lamour aurait dégainé son sabre pour barrer la route aux migrants avec Philippe Goujon, le maire, et les opposants se seraient enchaînés aux grilles ». 

Samedi 19 Août 2017, la bronca est retombée. Hubert Martinez, adjoint de Philippe Goujon, chargé de la tranquillité publique se disait rassuré par la présence policière. Le campus est tranquille. Sur la piste d’athlétisme, deux jeunes migrants jouent au foot avec un ballon de plage. Entre les tentes, autour d’une table, un petit groupe tape le carton.

Du côté des latrines, d’autres lavent leur linge. Les bornes de charge téléphone sont toutes surbookées par les smart phones de marque chinoise, « le truc un peu sacré et essentiel », précise Nicolas Hue, « qui les maintient connectés au monde et surtout aux leurs ». Dans les deux gymnases, un horizon de lits de camps, beaucoup dorment, épuisés par leur long périple. 

C’est dans une tente bleue le long de la piste d’athlétisme, centre névralgique du camp, transformée en bureau de l’état civil, dans laquelle une bagarre a éclaté, Vendredi 18 Août  2017 dans la soirée, vite recadrée, insiste un vigile, que tout se passe. 

Les agents de l’association Aurore y reçoivent chaque migrant, ils le photographient et lui établissent un laisser passer où figure le nom qu’ils donnent ainsi que la tente où ils dorment. C’est le sésame pour pouvoir sortir du camp. Il n’est pas question de recueillir d’autres migrants. 

Un espoir dans ce climat tendu, à la sortie, Julien, étudiant en master de droit social, vingt et un ans, passe une tête, « je n’ai pas beaucoup d’argent, mais j’ai acheté un pack d’eau et des fruits. La mentalité de certaines personnes me désole. Ces migrants n’ont pas choisi leur situation. Nous sommes en France, pays des droits de l’homme. Nous devons les accueillir avec dignité ».

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
21 août 2017 1 21 /08 /août /2017 19:38

 

 

INTERVIEW DE JACQUES RANCIERE PAR AUDE LANCELIN

 

Vous trouverez ci-dessous la première partie d’une interview de Jacques Rancière par Aude Lancelin.

L’interview est disponible en totalité si vous consultez le site www.elcorreo.eu.org à l’adresse ci-dessous.

 

Bernard Fischer

 

http://www.elcorreo.eu.org/En-quel-temps-vivons-nous-Entretien-avec-Jacques-RANCIERE

 

En quel temps vivons-nous ? Que sauver d’un système politique français à la dérive ?

 

Interview de Jacques Rancière par Aude Lancelin

 

Lundi 7 Août 2017

 

Le philosophe Jacques Rancière était l’invité d’Aude Lancelin dans la guerre des idées du 20 juin 2017. Voici la transcription de cet entretien.

 

Aude Lancelin. Jacques Rancière, bonjour, je remercie le grand philosophe de la politique que vous êtes de venir nous aider à comprendre ce qui se passe dans un pays démocratique où l’on peut obtenir les pleins pouvoirs avec le soutien de moins de onze pour cent du corps électoral. Une des leçons très cruelles de votre nouveau livre de dialogue avec l’éditeur Eric Hazan, « en quel temps vivons-nous », c’est que, quelle que soit l’abstention de masse et quels que soient les dysfonctionnements du système représentatif, celui-ci tient le coup. Il organise même un fonctionnement de plus en plus oligarchique de nos sociétés, sans rencontrer d’obstacle sérieux. Il ne suffit pas de tourner le dos au système électoral pour qu’il s’effondre de lui-même, il continue à fonctionner sans les classes populaires, sans la gauche, jusqu’à quand ?

 

Jacques Rancière. Je pense que le système représentatif est fait pour fonctionner sur l’appui d’une minorité. Il y a toujours cette confusion entre démocratie comme pouvoir de tous et système représentatif. Le système électoral fait qu’on confond les deux mais fondamentalement le système représentatif est dans son essence un système oligarchique. Au dix huitième siècle le système représentatif est ainsi fait pour qu’une petite partie de la population supposée éclairée, représentative et consciente des intérêts généraux pour la société, puisse gouverner avec le moins d’obstacles possibles. Au moment des révolutions du dix neuvième siècle et du vingtième siècle a émergé une croyance dans le pouvoir du peuple, qui pourrait s’exprimer à travers le système électoral et la représentation. Aujourd’hui, on en revient au fait que, de différentes manières, le pouvoir est toujours celui d’une petite minorité. Avant, c’était une classe sociale. Maintenant, il est difficile de dire quelle classe sociale peut véritablement gouverner le pays, même si on sait quels intérêts ce système sert. Par conséquent, on a eu une professionnalisation qui a produit ce rapport entre une gauche et une droite qui fondamentalement pensaient et faisaient la même chose. Et du même coup, se désignaient eux-mêmes comme représentants du système et appelaient à un sursaut hors système ou antisystème. Pour résumer, le système produit lui-même son antisystème. Ce que nous voyons avec Emmanuel Macron et la République En Marche (REM), c’est une forme inédite et inattendue de production par le système de son antisystème. Je veux dire que le système représentatif a engendré en creux plusieurs alternatives possibles. Il y a l’alternative du style de Marine Le Pen, à savoir le peuple des profondeurs qui va balayer tous les gens du système, et puis bien sûr il y a la forme d’Emmanuel Macron, qui est une forme plus adaptée parce qu’elle remplace le système par le système lui-même. Au fond, qu'avons nous comme grande nouveauté sous la bannière de la REM ? Ce sont des alliances que nous avons déjà connues dans d’autres pays européens, nous pouvons penser à l’Allemagne, à la différence que les partis gardaient leur autonomie, tout en faisant fondamentalement la même politique, tantôt adversaires et tantôt alliés.

 

Aude Lancelin. Vous affirmez dans ce livre qu’une sorte d’incroyance radicale à l’égard des élections et de leur capacité à changer nos vies est devenue le mode normal de rapport à la chose politique, autant chez les gens qui votent que chez ceux qui ne votent pas. Pourquoi une telle résignation s’est-elle installée au fil du temps au sein du peuple ?

 

Jacques Rancière. Je crois qu’il y a toujours l’idée un peu fausse qu’un système d’adhésion fonctionne sur de la croyance et sur le fait que véritablement on a des convictions. Cela renvoie à l’idée que la majorité des gens sont des ignorants ou des gens qui s’illusionnent et qui bien sûr votent en fonction de leurs illusions, avec l’idée que, le jour où ils perdent leurs illusions, tout s’effondre. Je ne le pense pas. Je pense que dans tous les domaines où la croyance est en jeu, il y a une espèce de glissement de l’intelligence dominante. Parce que maintenant, tout le monde est intelligent. Il y a un système d’incroyance qui s’est généralisé et qui par conséquent permet à la fois l’adhésion et la distance. L’important, dans les types de société dans lesquelles nous vivons, c’est de pouvoir à la fois croire et ne pas croire. Au fond, c’est ce que j’ai essayé d’analyser dans « le maître ignorant » à la suite de Joseph Jacotot, à savoir cette logique des inférieurs supérieurs. Si nous pouvons mépriser le système qui nous domine, nous pensons que cela va. Si nous pouvons mépriser les journalistes, si nous pouvons mépriser la publicité et si nous pouvons mépriser finalement tout ce qui nous gouverne, à ce moment-là, nous nous sentons supérieurs aux gens qui nous dominent. C’est une forme d’adhésion.

 

Aude Lancelin. Est-ce qu’il n’y a pas une croyance qui demeure, ne serait-ce que par le fait que nous vivons dans une démocratie effective ? Par exemple, l’élection présidentielle est une élection qui demeure populaire et pour laquelle les gens se déplacent. C’est l’une des critiques que vous adressez dans ce livre au mouvement des Nuits Debout. Plutôt que d’appeler à ne plus jamais voter pour le Parti Socialiste par l’entremise de François Ruffin, mieux aurait fallu appeler à abolir l’élection présidentielle. Est-ce qu’un tel mot d’ordre ne reste pas élitiste ? Est-ce qu’il ne peut pas être entendu seulement de cercles intellectuels restreints et déjà très politisés ?

 

Jacques Rancière. Pourquoi serait-il spécifiquement élitiste ? Effectivement nous sommes dans une situation paradoxale où l’élection présidentielle, qui au fond est la confiscation la plus résolue de la puissance supposée être celle de tous, apparaît comme celle qui véritablement est l’essence de la démocratie. Nous savons bien que l’élection présidentielle a été créée en 1848 essentiellement contre le peuple des clubs, contre le peuple démocrate et contre le peuple ouvrier. Même ceux qui l’ont créée pensaient que le président de la république en question allait rappeler le roi. C’était destiné à cela, au départ. Après, cela a été réinventé en France par Charles de Gaulle, d’une manière très claire, pour lui donner une majorité et une assise en créant un rapport plus ou moins mythique avec un peuple des profondeurs qui s’opposerait aux jeux politiques et qui s’opposerait aux partis, et ainsi de suite. En fait, l’élection présidentielle est la forme extrême de la dépossession sous l’apparence de l’expression directe du peuple. Le rôle qu’a joué d’ailleurs le vote négatif dans toutes ces élections présidentielles a été significatif, de même que les abstentions aux dernières élections législatives. Et dans quatre ans la machine va repartir. Je pense que si nous ne visons pas le système en son cœur, nous manquons quelque chose. Du même coup, nous nous redéclarons et nous nous défoulons un peu avant de passer aux choses sérieuses. C’est un peu comme cela que la fin du mouvement des Nuits Debout et la montée de l’entreprise de Jean Luc Mélenchon a été vécu, à savoir que nous nous sommes fait plaisir, ou vous vous êtes fait plaisir, ce qui est différent, et maintenant, nous passons aux choses sérieuses. Le problème est de savoir si nous pouvons casser, ou au contraire outrepasser, cette partition entre les moments où les gens entre eux peuvent se libérer et les moments où les choses sérieuses reprennent.

 

Aude Lancelin. Restons sur le Mouvement de la France Insoumise (MFI) et le phénomène de Jean Luc Mélenchon pendant les élections présidentielles. Vous êtes très sceptique à l’égard de la figure du tribun qui va parler au nom des souffrances d’un peuple et se faire le héraut de sa cause. Cette posture est suspecte à vos yeux. Quel est le fond de votre critique ?

 

Jacques Rancière. Il y a plusieurs choses. Déjà, adopter cette posture, c’est adopter aussi la posture que la logique même du système impose, à savoir qu’il y a le jeu de la politique officielle et qu’il y a le peuple des profondeurs qui n’est pas représenté, ou par l’extrême droite à laquelle il faut l’arracher. C’est cette idée que le peuple existe, qu’il y a des gens qui le représentent plus ou moins bien ou plus du tout et qu’il faut quelqu’un pour l’incarner. Cette incarnation du peuple, c’est ce que prétendait faire Charles de Gaulle. Je ne pense pas que ce soit une idée démocratique qui véritablement permette de mobiliser et d’avancer. C’est un premier point. Le deuxième point, c’est que je trouve paradoxal de demander l’investiture suprême au sein de ce système, en disant que, si vous m’élisez, voilà mon programme. Et en même temps dire que ce système est mauvais, donc tout va changer. Je pense qu’il y a une contradiction fondamentale. Vous me disiez que ce mot d’ordre anti-présidentiel est un peu paradoxal ou difficile à avaler. Mais je pense que c’est encore plus difficile à avaler de vouloir à la fois demander à être investi des pouvoirs qui sont donnés au président de la cinquième république et de dire en même temps que nous voulons la sixième république et que nous voulons en finir avec la cinquième république. C’est l’un ou l’autre.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
21 août 2017 1 21 /08 /août /2017 18:50

 

 

La police a tué le dernier suspect de l’attentat de Barcelone (Reuters)

        

La police autonome de Catalogne a confirmé Lundi 21 Août 2017 avoir tué Younès Abouyaaqoub, dernier membre encore en fuite de la cellule djihadiste responsable des attentats qui ont fait quinze morts et cent vingt blessés la semaine dernière en Catalogne.

« Nous confirmons que l'individu abattu lors d'une opération à Subirats est Younès Abouyaaqoub, l'auteur de l'attentat terroriste à Barcelone », déclare-t-elle sur son compte Twitter. La commune de Subirats est située à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest de Barcelone.

Younès Abouyaaqoub, un jeune marocain âgé de vingt deux ans, conduisait la camionnette qui a semé la mort Jeudi 17 Août 2017 sur les Ramblas de Barcelone, tuant treize personnes et faisant cent vingt blessés.

La police catalane lui a également attribué un quatorzième décès, celui d'un homme qu'il a poignardé à mort et dont il a volé la voiture dans sa fuite hors de la capitale catalane.

Unique suspect encore en fuite dans l'enquête sur les attentats du Jeudi 17 Août 2017 à Barcelone puis dans la station balnéaire de Cambrils, il faisait l'objet d'un avis de recherche largement diffusé en Espagne et dans le reste de l'Europe. Sa mère l'avait exhorté à se rendre, disant préférer le voir en prison que tué.

Selon des médias espagnols, Younes Abouyaaqoub a été repéré par une habitante de Subirats Lundi 21 Août 2017 en début d'après-midi. Il a pris la fuite dans les vignobles des environs et la police a réussi à le localiser et à l'abattre, sur une route, non loin d'une usine de traitement des eaux. Un habitant de Subirats a repéré sa présence et il a alerté les policiers.

Younes Abouyaaqoub portait un dispositif ressemblant à une ceinture d'explosifs. Il a fallu l'intervention d'un robot de déminage avant que les Mossos d'Esquadra, la police autonome de Catalogne, confirment son identité. Sa mort met fin à une traque qui s'était élargie à toute l'Europe.

Sur les onze autres membres de la cellule, sept ont trouvé la mort et les quatre autres, trois marocains et un habitant de l'enclave espagnole de Melilla, ont été arrêtés par les forces de l'ordre. Ils seront traduits devant l’audience nationale, la haute cour de justice de Madrid, compétente pour les affaires de terrorisme.

Revendiqués par l'organisation Etat Islamique, les attentats, les plus meurtriers subis par l'Espagne depuis les attaques à la bombe du mois de mars 2004 contre des trains de banlieue à Madrid, ont fait au total quinze morts et cent vingt blessés. Sur les cinquante victimes qui étaient toujours hospitalisées, Lundi 21 Août 2017, huit sont dans un état critique et douze sont dans un état grave, selon les autorités.

La plupart des membres de la cellule djihadiste étaient issus de la communauté marocaine et vivaient à Ripoll, une petite commune de onze mille habitants située au pied des Pyrénées, dans le nord de la Catalogne.

Un ancien imam de la ville, Abdelbaki es Satty, est considéré comme le cerveau du groupe, à l'origine de l'endoctrinement des onze autres. Ainsi que les enquêteurs le pensaient depuis plusieurs jours, le chef de la police autonome de Catalogne, Josep Lluis Trapero, a confirmé Lundi 21 Août 2017 que des indices solides établissaient qu’Abdelbaki es Satty avait péri dans l'explosion d'une maison à Alcanar, au sud de Barcelone, Mercredi 16 Août 2017, la veille des attentats.

Les enquêteurs, qui ont découvert dans cette maison une centaine de bonbonnes de gaz et du tripéroxyde d'acétone (TATP), une substance explosive, sont persuadés que les djihadistes y préparaient des attentats de plus grande envergure. L'explosion accidentelle les a conduits à revoir leurs plans et à mener des attaques moins sophistiquées. Aucun des membres de la cellule djihadiste n'était connu des services de sécurité.

Les autorités belges ont confirmé lundi qu’Abdelbaki es Satty avait séjourné du mois de janvier au mois de mars 2016 dans la région de Bruxelles. Mais un porte-parole du parquet fédéral belge a déclaré qu'il n'était jamais apparu sur le radar de l'antiterrorisme. « L'imam était absolument inconnu des services du procureur fédéral », a dit Jean Thoreau.

Il a quitté Bruxelles au moment des attentats du 22 mars 2016 contre l'aéroport de Zaventem et dans la station de métro de Maelbeek, mais aucun lien n'a été établi entre ces carnages et l'imam, a précisé Jean Thoreau.

Concernant la France, le Parisien a rapporté Dimanche 20 Août 2017 que l'Audi utilisée dans l'attaque à Cambrils avait été flashée par un radar une semaine plus tôt en région parisienne.

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
20 août 2017 7 20 /08 /août /2017 17:36

 

 

https://www.elconfidencial.com/espana/cataluna/2017-08-17/atentado-ramblas-barcelona-pugidemont-mensaje-unidad-evita-foto_1430209/

 

Carles Puigdemont envoie un message d'unité mais il évite la photographie avec Mariano Rajoy

 

Oriol Junqueras n'a pas pris la parole mais dans un tweet il a remercié Soraya Sáenz de Santamaría qui l'avait contacté à l'occasion de l’attaque terroriste

 

Après l’attentat qui a provoqué une indignation massive à Barcelone, le président du gouvernement catalan, Carles Puigdemont, a envoyé Jeudi 17 Août 2017 un message d'unité quand il est apparu devant les médias, bien qu'il ait choisi d'éviter la photographie avec le président du gouvernement, Mariano Rajoy, malgré son déplacement à Barcelone avec Soraya Saenz de Santamaria et le ministre de l'intérieur Juan Ignacio Zoido, Jeudi 17 Août 2017 dans l’après-midi.

La conférence de presse de Carles Puigdemont a eu lieu au palais de la Generalitat, juste après le cabinet de crise qui a eu lieu dans la capitale catalane et auquel ont participé la maire de Barcelone, Ada Colau, en plus du ministre de l'Intérieur, Joaquim Forn, et du porte-parole du gouvernement catalan, Jordi Turull, entre autres. Le cabinet de crise a également été rejoint par le délégué du gouvernement espagnol en Catalogne, Enric Millo, et par des membres de la police nationale et de la garde civile en Catalogne.

Carles Puigdemont a souligné dans son discours « le travail des Mossos d'Esquadra » et il a remercié la collaboration de la garde urbaine de Barcelone et des organismes de sécurité de l’état. « Il n'y a pas eu de division », un message d'unité qui a essayé d’éviter les divisions politiques de la tension souverainiste de ces derniers jours, mais qui n’est pas une vraie image de l'unité.

Le président catalan est apparu devant les médias sans accepter des questions communes avec la maire, qui voulait aussi souligner dans son discours que Barcelone est une ville de paix. Ada Colau n’a pas hésité à insister sur le fait que « la terreur n’arriverait pas à nous faire cesser d'être ce qui nous sommes, un monde ouvert et une ville courageuse et unie ».

Dans l'apparence institutionnelle était également présent le leader d’Esquerra Republicana de Catalunya (ERC) et vice-président du gouvernement catalan.

Oriol Junqueras n’a pas pris la parole, mais il a remercié dans un tweet la vice-présidente du gouvernement espagnol Soraya Sáenz de Santamaría qui l'avait contacté à l'occasion de l'attaque, avec des nuances, mais c’est un autre message d'unité.

« Ensemble, avec toutes les institutions, avec tous les citoyens, nous combattons ceux qui tentent de confronter les civilisations », a dit Carles Puigdemont, renforçant la démonstration unitaire de cette trêve politique devant un attentat de cette taille, qui a fait au moins treize morts et environ cent blessés, beaucoup d'entre eux dans un état très grave. Les déclarations de Carles Puigdemont ont été faites avant que l'Etat Islamique ne revendique l’attentat.

Mariano Rajoy est apparu deux heures plus tard dans les bureaux de la délégation gouvernementale en Catalogne, où il n'a pas hésité à affirmer que « les terroristes seront battus par l'unité institutionnelle, la coopération politique, le soutien international et les accords entre les partis politiques », dans une claire déclaration pour insister sur une image d'unité qui n'a pas fini d'arriver. Le président de l'exécutif a également annoncé trois jours de deuil officiel, qui commenceront Vendredi 18 Août 2017 et qui se termineront Dimanche 20 Août 2017, et la convocation dans les prochains jours du pacte antiterroriste, auquel ne participe pas l’ERC.

Le président du gouvernement a consacré ses premiers mots aux victimes et à leurs familles, « elles sont actuellement notre priorité », a-t-il dit et il a exprimé « la solidarité de toute l'Espagne avec Barcelone, aujourd'hui frappée par le terrorisme djihadiste comme beaucoup d'autres villes voisines ». Mariano Rajoy a insisté sur le fait que « toute l'Espagne partage les sentiments de ceux qui vivent ici » et il a rappelé que « la lutte contre le terrorisme est la principale priorité pour les sociétés libres ».

Quelques minutes après les premières nouvelles sur le terrible attentat qui a frappé le cœur de la Catalogne, Jeudi 17 Août 2017, une première communication téléphonique a eu lieu  entre Mariano Rajoy et Carles Puigdemont. « Coordination absolue », a insisté le palais de Moncloa. Le président du gouvernement a mis au service du gouvernement catalan toutes les ressources de l’état « pour faire tout ce qu’il faut faire » et ils ont convenu de maintenir le contact de manière permanente. Peu de temps après, le chef de l'exécutif espagnol a décidé de se déplacer à Barcelone avec la vice-présidente et le ministre de l’intérieur.

Le cabinet de crise ouvert par le gouvernement catalan pour l'étude et l'analyse des événements a immédiatement intégré le délégué du gouvernement en Catalogne, Enric Millo, et les responsables de la police nationale et de la garde civile dans la communauté autonome. Toutes les actions sont coordonnées avec les Mossos et le ministère que dirige Juan Ignacio Zoido est en contact permanent avec les autorités catalanes.

De plus, Mariano Rajoy a pris contact avec les grands leaders de l'opposition nationale, Pedro Sánchez, Pablo Iglesias et Albert Rivera, et leurs équipes sont également en communication constante. Le leader de Podemos a également insisté sur l'unité nécessaire dans un message sur Twitter, où il a souligné ses conversations avec Mariano Rajoy, Ada Colau et Carles Puigdemont. L’exécutif a insisté pour demander de la prudence et attendre plus de données officielles de l'enquête. Pour sa part, le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) est également en contact avec le ministère de l’intérieur. Selon des sources en provenance du PSOE, le gouvernement a transmis au secrétaire général du PSOE que le pacte antiterroriste sera convoqué dans les prochains jours.

Vendredi 18 Août 2017 à 12 heures, les principaux dirigeants politiques assisteront à la minute du silence organisé en hommage aux victimes sur la Place de Catalogne à Barcelone. La Maison Royale a également confirmé la présence de Felipe VI à Barcelone.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
20 août 2017 7 20 /08 /août /2017 16:38

 

 

Des dizaines de milliers de manifestants antiracistes à Boston (Reuters)

 

Des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues de Boston Samedi 19 Août 2017 pour protester contre un rassemblement pour la liberté d'expression auquel étaient conviés des membres de l'extrême droite, une semaine après la mort d'une manifestante antiraciste à Charlottesville.

Près de quarante mille personnes se sont déployées autour du parc historique de Boston Common, où étaient confinés les représentants de l’Alt Right.

Manifestants et contre-manifestants ont été tenus séparés par les forces de l'ordre, évitant la répétition des violences du week-end dernier à Charlottesville, en Virginie.

Les activistes d'extrême-droite ne dépassaient pas quelques dizaines de personnes, et leur voix étaient couvertes par les cris de « honte » des manifestants antiracistes à proximité.

Donald Trump a salué sur Twitter les contre-manifestants de Boston. « Je veux applaudir les nombreux manifestants à Boston qui ont protesté contre la bigoterie et la haine. Notre pays va bientôt se rassembler pour ne faire qu'un », a-t-il écrit.

« Notre grand pays est divisé depuis des décennies. Parfois il faut une manifestation pour guérir ces divisions et nous allons guérir et devenir plus fort que jamais », a-t-il poursuivi.

Vingt-sept personnes ont été interpellés après des heurts, où des manifestants ont jeté des pierres et des bouteilles remplies d'urine sur les policiers, a annoncé le commissaire William Evans à des journalistes.

« Il y a eu quelques confrontations », a-t-il déclaré, « quatre vingt dix neuf pour cent des personnes présentes étaient là pour les bonnes raisons », a-t-il ajouté.

Certains contre-manifestants ont également jeté des bouteilles en plastique sur les participants et tenté de bloquer leur passage.

Deux participants au rassemblement portant des casquettes rouges brodées du mot d'ordre de campagne de Donald Trump, « Make America Great Again », ont ainsi tenté de rejoindre la zone réservée aux intervenants nationalistes mais ils ont été bloqués par des manifestants masqués vêtus de noir.

« Rentrez chez vous, pas de haine », pouvait-on entendre du côté des manifestants antiracistes.

Face à l'ampleur de la contre-manifestation, le rassemblement pour la liberté d'expression a pris fin de manière anticipée.

« Ils ont entendu notre message haut et fort, Boston ne tolérera pas la haine », déclarait Owen Toney, un activiste de cinquante huit ans. « Je pense qu'ils y réfléchiront à deux fois avant de venir ici », ajoutait-il.

Environ cinq cent policiers ont été déployés Samedi 19 Août 2017 dans les rues de Boston afin de prévenir des violences et des barricades et des camions ont été placés autour du parc afin d'empêcher une attaque à la voiture bélier similaire à celle qui a coûté la vie à une jeune femme de trente deux ans Samedi 12 Août 2017 à Charlottesville.

Les autorités municipales ont fermé en outre plusieurs artères de la ville et elles ont interdit les armes de toute nature, y compris les bâtons destinés à porter des pancartes, et les marchands ambulants de nourriture ne pouvaient accéder au parc de Boston Common situé dans le centre de la ville.

Le maire de Boston, Marty Walsh, avait appelé Vendredi 18 Août 2017 les contre-manifestants à éviter le quartier de Boston Common, expliquant que leur présence serait de nature à provoquer les activistes de droite.

Monica Cannon, l'une des organisatrices de la marche baptisée « combattre la suprématie blanche », a rejeté l'appel de l'élu local.

« Ignorer un problème n'a jamais aidé à le résoudre », a-t-elle déclaré dans un entretien téléphonique, « nous ne pouvons pas continuer à ignorer le racisme, ignorer le suprémacisme blanc, ignorer les néo-nazis et prétendre que ce n'est pas un problème ».

Les organisateurs de la manifestation pour la liberté d'expression ont dénoncé la violence et les chants racistes entendus lors du rassemblement pour unifier la droite à Charlottesville.

« Nous sommes une coalition de libertariens, de progressistes, de conservateurs et d'indépendants et nous acceptons toutes les personnes et organisations, quelle que soit leur affiliation politique, qui souhaitent entamer un dialogue pacifique à propos des menaces qui pèsent sur la liberté d'expression et les libertés civiques », expliquent les organisateurs sur Facebook.

Les violences survenues la semaine passée à Charlottesville ont ouvert la plus grave crise politique de la présidence de Donald Trump qui a d'abord tardé à condamner les extrémistes de droite avant de les placer sur le même plan que les manifestants antiracistes auxquels ils se sont heurtés en Virginie.

Outre le rassemblement à Boston, d'autres défilés étaient prévus dans le pays, notamment à Houston au Texas à l'appel de l'antenne locale du mouvement Black Lives Matter qui souhaite le retrait d'un monument confédéré dans un parc.

La prestigieuse université de Duke en Caroline du Nord a retiré une statue du général confédéré Robert Lee qui se trouvait devant la chapelle du campus et qui avait été vandalisée il y a deux jours, a annoncé Samedi 19 Août 2017 le président de l'université.

Des militants des droits civiques ont également prévu de se réunir à Dallas pour dénoncer les idées défendues par les suprémacistes blancs.

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article

Présentation

  • : fischer02003
  • fischer02003
  • : actualité politique nationale et internationale
  • Contact

Recherche

Pages

Liens