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4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 19:46

 

http://www.jourdebout.net

 

Avant et après le Dimanche 23 Avril 2017

 

Que ce soit entre amis, en famille ou lors d'un débat public, les discussions relatives aux élections présidentielles et législatives de 2017 seront pour chacun d'entre nous autant d'occasions de rappeler la nécessité, l'urgence et l’importance de changer le fonctionnement de nos institutions et d'entamer un processus constituant.

Elles seront autant d'occasions d'informer à propos des alternatives telles que le référendum d'initiative citoyenne et le sénat citoyen.

Elles seront autant d'occasions de convaincre que c'est le seul sujet susceptible de nous rassembler.

Elles seront autant d'occasions de mobiliser les citoyens, les collectifs et les élus au-delà des sensibilités politiques, afin que notre présence sur les places publiques le Dimanche 23 Avril 2017 ne puisse être ignorée.

Elles seront autant d'occasions de promouvoir notre site en tant que portail vers les initiatives locales dans l'objectif de rendre visible l'ensemble des rassemblements.

Nous ne pouvons pas savoir à l'avance les conséquences de cet événement au sein de notre classe politique. Cependant, nous en sommes certains, il provoquera une onde de choc, une prise de conscience et un enthousiasme des citoyens, et la démocratie deviendra une question de temps.

Si nous ne sommes pas entendus lors des élections présidentielles, les élections législatives seront de nouvelles occasions de montrer notre volonté de changer les institutions. Toutes les élections à venir seront autant de Jours Debout tant que nous ne seront pas en démocratie.

La démocratie ne se fera pas sans nous.

Il n'y a pas d'alternative.

Soyons l'alternative.

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4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 19:25

 

http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/04/03/les-socialistes-espagnols-au-bord-de-l-eclatement_5104946_3214.html

 

Le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) au bord de l’éclatement

 

Par Sandrine Morel, correspondante permanente du Monde à Madrid

 

Lundi 3 Avril 2017

 

Sera-t-il possible de reconstruire le PSOE après les élections primaires internes ? C’est la question qui agite la formation, appelée à désigner son prochain secrétaire général le 21 mai 2017. Cerné sur sa gauche par le parti anti-austérité Podemos et sur sa droite par le parti centriste et libéral Ciudadanos, le PSOE doit définir son orientation pour les prochaines années alors qu’il traverse une crise profonde, qu'il a obtenu un piètre résultat aux élections législatives du mois de juin 2016, vingt deux pour cent des voix, et qu'il a perdu six millions d’électeurs depuis 2008.

Or les élections primaires pourraient rouvrir de vieilles blessures. Cinq candidats ont annoncé leur pré-candidature, dont l’ancien président basque Patxi Lopez, la puissante baronne andalouse Susana Diaz ou encore l'ancien secrétaire général évincé au mois d'octobre 2016, Pedro Sanchez. Mais c’est un duel entre ces deux derniers, rivaux irréconciliables, représentant deux visions diamétralement opposées du parti, qui est attendu.

Tous deux s’étaient déjà affrontés au mois d'octobre 2016 quand plusieurs ténors régionaux et cadres du parti, menés par la présidente andalouse, avaient brutalement poussé Pedro Sanchez à la démission. Ils ne toléraient plus ses tentatives de sceller un accord de gouvernement avec le parti de la gauche radicale Podemos et les indépendantistes catalans.

Tenante de la ligne de l'ancien premier ministre Felipe Gonzalez, Susana Diaz, qui gouverne l’Andalousie grâce au soutien de Ciudadanos, estimait qu’il valait mieux faciliter un deuxième mandat du conservateur Mariano Rajoy au lieu de tenter de former un gouvernement Frankenstein ou d’aller vers de troisièmes élections. Pedro Sanchez, lui, ne démordait pas de son mantra, le no es no à Mariano Rajoy, et se posait en représentant des militants de gauche face aux cadres du parti dont il dénonçait le virage à droite.

Susana Diaz a remporté la bataille. Une direction intérimaire qui lui est favorable a pris les rênes du parti il y a six mois, Mariano Rajoy a obtenu l’investiture du parlement grâce à l’abstention des députés du PSOE et Pedro Sanchez a perdu la plupart de ses soutiens parmi les cadres du PSOE. Mais gagnera-t-elle la guerre ?

À quarante deux ans, Susana Diaz part favorite et ne se serait pas présentée si elle n’était pas convaincue qu’elle allait l’emporter, elle qui prépare son ascension à la tête du PSOE depuis des années.

Adoubée Dimanche 26 Mars 2017 lors d’un meeting à Madrid par les principales figures du PSOE, des anciens présidents du gouvernement Felipe Gonzalez ou José Luis Rodriguez Zapatero à la majorité des présidents des fédérations régionales, elle contrôle l’appareil du PSOE.

« En se présentant ainsi entourée, elle a transmis un avertissement à ceux qui pourraient être derrière Pedro Sanchez. S’il gagne, le parti perd. C’est un jeu dangereux et plein de risques », souligne le politologue Fernando Vallespin dans le Pais. « Le grand défi de Susana Diaz si elle remporte les primaires n’est pas tant de ressouder l’organisation que de montrer si elle est capable d’apporter de la valeur ajoutée à un parti qui traverse le pire moment électoral depuis la transition ».

« Si Susana Diaz l’emporte, il est possible que se produise une scission de la gauche du PSOE. Si c’est Pedro Sanchez, il aura de grandes difficultés pour obtenir un soutien interne », ajoute le politologue Pablo Simon, professeur d’université et cofondateur du think tank Politikon. « Mais la vraie question n’est pas abordée par le PSOE qui ne cesse de perdre des voix depuis 2011. Il a un concurrent à gauche qui rogne sur son électorat jeune et urbain. Il a de graves difficultés pour rénover ses cadres vieillissants et attirer des jeunes talents. Or, d’un côté, Pedro Sanchez paraît être mû par la vengeance et, de l’autre côté, les barons régionaux pensent qu’il faut opter pour le repli sur soi pour attendre que passe la tempête ».

Pour le politologue, Pedro Sanchez peut encore créer la surprise. Car si le vote des élections primaires était ouvert aux électeurs du PSOE, il aurait de grandes chances de l’emporter. « Il est de loin le préféré des électeurs du PSOE, selon les sondages, alors que Susana Diaz est celle qui provoque le plus de rejet », souligne Pablo Simon.

Cependant, le vote est limité aux quelque cent soixante dix mille militants dont le principal vivier est l’Andalousie, le fief de Susana Diaz.

Aucun sondage ne permet de connaître leurs préférences. Mais il ne faut pas minimiser la force de Pedro Sanchez, qui se pose en Spartacus, seul face à Rome, comme l’a souligné le chroniqueur politique Ruben Amon dans le Pais.

Consciente de sa mauvaise image, Susana Diaz ne cesse de répéter qu’il « n’y a pas de bons ni de mauvais socialistes au PSOE » et elle demande, face au « vote de la rancœur », le vote « de l’espoir et de l’avenir, de tourner la page et rendre la confiance en soi à une organisation qui a donné les meilleures années à ce pays ». Elle se définit comme « cent pour cent socialiste, sans additif ». Car face à elle, Pedro Sanchez, qui est parvenu à récolter cent mille euros en un mois par financement participatif et qui parcourt l’Espagne à la rencontre des bases socialistes, remplissant les salles, se définit comme le « candidat des militants, capable de récupérer le vrai PSOE ».

Depuis six mois, la direction intérimaire du PSOE tentait de recoller les morceaux et elle semblait sur la bonne voie, ayant renoué les liens avec le Parti Socialiste Catalan (PSC) qui avait refusé de faciliter l’investiture de Mariano Rajoy, démontrant que le PSOE pouvait faire une opposition utile au parlement, imposant au gouvernement de Mariano Rajoy des réformes telles que la hausse du salaire minimum ou l’augmentation des congés paternité ou lançant des propositions de loi pour abroger les mesures les plus polémiques de la précédente législature, telle que la loi de sécurité, dite loi bâillon. Dans les sondages, le PSOE commence tout juste à remonter.

 

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4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 18:58

 

http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/04/03/les-detenus-kurdes-denoncent-leur-conditions-d-incarceration-en-turquie_5104990_3214.html

 

Les détenus kurdes dénoncent leurs conditions d’incarcération en Turquie

 

Depuis le mois de février 2017, une centaine de prisonniers politiques suivent des grèves de la faim pour dénoncer le bafouement de leurs droits élementaires par les autorités turques.

 

Par Marie Jégo, envoyée spéciale du Monde à Diyarbakir

 

A deux semaines du référendum constitutionnel, le gouvernement islamo-conservateur turc ne veut pas de vagues autour des prisonniers politiques kurdes. C’est ce que semble indiquer la réponse des autorités à la grève de la faim de Selahattin Demirtas, le coprésident du parti démocratique des peuples (HDP), incarcéré dans la prison d’Edirne, à l’ouest de la Turquie, avec quelques-uns de ses compagnons. Entamée Vendredi 31 Mars 2017, sa grève a pris fin le soir même sur la foi des promesses de la direction pénitentiaire de résoudre les problèmes.

 

La nouvelle a été annoncée dans un communiqué diffusé le jour même par le HDP et signé par les prisonniers politiques d’Edirne. Visé par plusieurs procédures judiciaires, le chef kurde est accusé de diriger une organisation terroriste et de faire de la propagande terroriste pour le compte du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), ce pour quoi il risque cent quarante-deux ans de prison.

 

Dès le mois de février 2017, des centaines de détenus kurdes ont entamé des grèves de la faim afin de dénoncer les pratiques punitives et inhumaines ayant cours dans les prisons. Ils reprochent à l’administration pénitentiaire de ne pas respecter les droits élémentaires des détenus, lesquels sont limités dans leurs visites, leurs lectures et leur communication. Ils dénoncent l’isolement, les fouilles, les saisies abusives de leurs objets personnels et le manque d’accès à la télévision, à la radio, aux journaux, aux livres et au courrier. Une centaine de détenus étaient toujours en grève Vendredi 31 Mars 2017. Selon le HDP, l’état de santé de certains d’entre eux est critique.

 

Lundi 3 Avril 2017, une délégation du HDP comprenant le député Sirri Süreyya Önder et sa collègue Pervin Buldan va rencontrer Bekir Bozdag, le ministre de la justice, afin d’évoquer la situation des détenus kurdes en prison. Si la rencontre a lieu, elle marquera la première prise de contact entre le parti de la justice et du développement (AKP) et le HDP depuis 2015, l’année où les pourparlers de paix ont volé en éclats. Vendredi 31 Mars 2017, lors d’une conférence de presse, Sirri Süreyya Önder a tourné en dérision l’accusation de liens avec le PKK retenue contre les treize députés du HDP emprisonnés. Si quelqu’un est à blâmer pour ses relations avec le PKK, c’est moi, a-t-il expliqué. Au moment des pourparlers entre les autorités turques et le PKK, entre 2008 et 2015, il a bien parlé une centaine de fois à des représentants du PKK avec le plein accord du gouvernement alors très impliqué dans les négociations.

 

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4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 18:43

 

L'Union des Organisations de Secours et de Soins Médicaux (UOSSM) porte à une centaine le nombre de tués dans une attaque au gaz en Syrie (Reuters)

 

Des avions, appartenant vraisemblablement à l'armée syrienne, auraient mené Mardi 4 Avril 2017 des attaques au gaz qui ont tué une centaine de personnes et qui en ont intoxiqué quatre cent autres, dans une ville tenue par les rebelles dans le nord-ouest de la Syrie, selon le dernier bilan fourni par l'UOSSM.

Le conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies (ONU), actuellement présidé par les Etats-Unis, a annoncé qu'il se réunirait Mercredi 5 Avril 2017 à 14 heures pour évoquer ces attaques. Un peu plus tôt, la France avait, par la voix de son ministre des affaires étrangères Jean-Marc Ayrault, réclamé la tenue d'une telle réunion d'urgence.

L'attaque a visé Khan Cheikhoune, dans le sud de la province d'Idlib. Les personnes touchées ont été victimes d'intoxication, de suffocation ou d'évanouissement, selon l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH), qui ajoute que certaines présentaient de l'écume à la bouche.

D'après des sources médicales, ces symptômes correspondent à une attaque à l'aide d'agents chimiques.

« Mardi 4 Avril 2017 à 17 heures 15, le bilan des attaques chimiques est d’une centaine de morts par suffocation et quatre cent victimes suite à plusieurs attaques chimiques massives au gaz toxique depuis ce matin dans le village de Khan Cheikhoune au sud de la région d'Idlib », indique l'organisation basée à Paris, dans un communiqué.

« Le centre des casques blancs de Khan Cheikhoune, ainsi que l’hôpital al Rahme ont été aussi touchés par une attaque chimique », ajoute-t-elle.

« Nous recensons plus d’une quarantaine d’attaques depuis ce matin. Elles continuent encore en ce moment ».

« Mardi 4 Avril 2017 à 6 heures 30, des avions militaires ont pris pour cible Khan Cheikhoune avec des gaz qui seraient du sarin ou du chlore », a dit Mounzer Khalil, directeur des services de santé d'Idlib, lors d'une conférence de presse, en parlant d'hôpitaux débordés.

Il s'agirait, si elle est confirmée, de l'attaque chimique la plus meurtrière en Syrie depuis celle au gaz sarin qui a tué plusieurs centaines de civils dans la région de la Ghouta, près de Damas, au mois d’août 2013. Les pays occidentaux avaient tenu le régime syrien responsable de cette attaque, alors que Damas l'avait imputée aux rebelles.

Le commandement syrien a démenti catégoriquement que l'armée de l'air du régime de Damas ait jamais utilisé des armes chimiques.

« Nous réfutons absolument l'usage d'armes chimiques ou toxiques à Khan Cheikhoune aujourd'hui et l'armée n'a jamais utilisé et n'utilisera jamais d'armes chimiques », dit l'armée gouvernementale syrienne dans un communiqué.

A Moscou, le ministère de la défense a assuré qu'aucun avion russe n'avait mené de raid tout récemment dans la province d'Idlib.

« L'armée de l'air russe n'a mené aucun raid dans le secteur de Khan Cheikhoune dans la province d'Idlib », a déclaré le ministère russe cité par l'agence de presse Russian news aud Information Agency (RIA).

Des membres de la commission d'enquête de l’ONU sur la Syrie ont déclaré qu'il était « impératif que les auteurs de telles attaques soient identifiés et rendent des comptes ». Le recours aux armes chimiques et le fait de viser délibérément des centres médicaux « équivalent à des crimes de guerre et à des graves violations des droits humains », ajoute cette commission indépendante, dirigée par le brésilien Paulo Pinheiro.

La Maison Blanche a imputé directement l'attaque chimique au régime de Bachar al Assad et a jugé que cet acte était un acte « répréhensible que le monde civilisé ne peut pas ignorer ». Elle a ajouté qu'elle n'était pas disposée à parler des prochaines mesures à prendre sur la Syrie.

A Paris, François Hollande a pointé la responsabilité « politique, stratégique et morale » des soutiens du régime de Bachar al Assad après cette attaque.

« Le président de la république française dénonce avec indignation l'attaque aérienne à l’arme chimique perpétrée Mardi 4 Avril 2017 vers 7 heures du matin à Khan Cheikhoune, une ville du nord-ouest de la Syrie tenue par les rebelles », lit-on dans un communiqué de l'Elysée.

L'Union Européenne a estimé que le président syrien Bachar al Assad était le premier responsable de l'attaque du Mardi 4 Avril 2017.

« Les nouvelles reçues aujourd'hui sont abominables. Cela nous rappelle tristement que la situation sur le terrain continue d'être dramatique dans nombre de secteurs de Syrie », a dit à la presse Federica Mogherini, porte-parole de la diplomatie européenne. « Manifestement, le premier responsable est le régime, car c'est lui avant tout qui a le devoir de protéger sa population », a-t-elle continué.

Pour le ministre britannique des affaires étrangères, Boris Johnson, Bachar al Assad sera coupable de crimes de guerre s'il s'avère que le régime est responsable de ces attaques à l'arme chimique.

Quant à la Turquie, dont la frontière jouxte la province d'Idlib, elle a condamné un crime contre l'humanité susceptible de faire échouer le processus de paix en cours à Astana au Kazakhstan. Elle demande à l'Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques (OIAC) d'ouvrir sans attendre une enquête sur les événements de Khan Cheikhoune.

 

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3 avril 2017 1 03 /04 /avril /2017 20:13

 

http://www.kedistan.net/2017/03/31/appel-urgent-monde-enseignant
 

Appel urgent au monde enseignant, aux associations et aux syndicats

Vendredi 31 Mars 2017

Nuriye Gülmen et Semih Özakça, enseignants en grève de la faim, font appel aux consoeurs, confrères, associations et syndicats du monde enseignant, en Europe et ailleurs, pour soutenir leur lutte.

Prenez contact avec elles et avec eux, envoyez des messages, publiez des communiqués solidaires et portez votre soutien en leur rendant visite sur place sous forme de délégations.

Nuriye Gülmen, chercheuse à l'université de Selçuk, Acun Karadağ, professeur de sciences sociales au collège Halim Şaşmaz à Ankara, Semih Özakça, instituteur à l’école primaire Cumhuriyet de Mazdağ à Mardin sont tous les trois licenciés en application du décret du 29 octobre 2016.

Veli Saçılık est un autre lésé du même décret. Il travaillait comme sociologue au ministère de la famille et des politiques sociales. Il s’est trouvé au chômage subitement, comme des centaines de milliers de fonctionnaires licenciés par décret et projetés dans la précarité. Veli Sacilik a rejoint la lutte de Nuriye Gulmen, d'Acun Karadag et de Semih Ozakça.

Nuriye Gulmen et Semih Ozakça ont démarré une grève de la faim depuis le 11 mars 2017 et sont tous les jours sur leur lieu de résistance sur le boulevard Yüksel à Ankara.

Leur grève de la faim se poursuit depuis plus de vingt jours. Leur état de santé se dégrade.

Les réseaux sociaux sont leur arme et votre soutien est leur protection.

Plus leur histoire est partagée et plus ils seront protégés.

Parlez d'eux et relayez leur résistance.

Nous nous appelons Nuriye Gülmen et Semih Ozakça. Nous vivons en Turquie. Nous sommes universitaires. Nous avons été licenciés. Nous résistons depuis le 9 novembre 2016. Nous sommes en grève de la faim jusqu’à ce qu’on nous rende notre travail. Entendez nos voix et soutenez notre résistance.

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3 avril 2017 1 03 /04 /avril /2017 17:50

 

http://www.cadtm.org/Le-Reseau-espagnol-des

 

Le réseau espagnol des municipalités contre la dette illégitime accuse le ministre espagnol des finances Cristobal Montoro à Bruxelles

 

Mardi 22 Mars 2017

 

À l’invitation de Podemos, une délégation espagnole de représentants du réseau des municipalités contre la dette Illégitime et les coupes budgétaires, à laquelle ont adhéré plus de cent quarante municipalités où vivent près de dix millions de personnes, a visité le parlement européen et s’est réunie avec des parlementaires européens de différents pays afin de dénoncer les politiques d’austérité et restrictions budgétaires imposées aux municipalités par le gouvernement castillan.

 

L’adjointe au maire d’Oviedo Ana Taboada, le conseiller des finances de Cadix David Navarro et l’adjoint au maire de Badalona José Tellez ont participé à l’événement. Avec les députés européens de Podemos Miguel Urbán et Tania González, ils ont dénoncé la grave situation à laquelle se trouvent confrontées un grand nombre de municipalités, les régulations néfastes des finances locales imposées par l’actuel ministre espagnol des finances et de la fonction publique Cristobal Montoro, de même que la pression et les extorsions imposées aux municipalités alors qu’elles respectent la loi et que leur dette ne représente que cinq pour cent du total de la dette des administrations publiques.

 

Pendant la réunion, à laquelle ont participé des représentants de partis politiques de différents pays tels que l’Italie, la Grèce et le Portugal, et des municipalités qui vivent des situations similaires comme Naples, les lois du ministre Cristobal Montoro, qui sont encore plus restrictives que les régulations européennes, ont été dénoncées. « Les politiques d’austérité de la troïka sont similaires à celles du ministre Cristobal Montoro, leur élève le plus zélé, qui non seulement les applique, mais va encore plus loin » a déclaré Ana Taboada.

 

Les parlementaires européens présents se sont engagés à faire connaître le réseau aux municipalités où sont représentés leurs partis afin d’étendre et renforcer cette initiative qui vise à affronter les politiques d’austérité, les coupes budgétaires et le poids de la dette au niveau européen, pour en finir avec la situation difficile que vivent des millions de personnes.

 

Le chef de la délégation de Podemos en Europe, Miguel Urbán, sa collègue Tania Sánchez et le député européen d’Equo Florent Marcellesi se sont engagés à chercher des soutiens au sein des députés européens de la délégation espagnole pour envoyer une lettre à Cristobal Montoro, lui demandant d’écouter les exigences des municipalités et d’abroger les lois injustes qu’il a imposées et qui rendent impossible aux mairies de satisfaire les besoins des citoyens et de créer des emplois. « De la part de la délégation de Podemos en Europe, nous nous engageons à appuyer ce réseau pour qu’il s’étende à d’autres pays européens et pour que Cristobal Montoro tout autant que la troïka soient obligés de nous écouter et de faire marche arrière dans leur politique d’austérité », a déclaré Miguel Urbán dans la conférence de presse. Ils se sont par ailleurs engagés à préparer une question parlementaire pour mener le débat au parlement européen et pour solliciter une réunion avec la commission européenne.

 

Le réseau a invité les autres représentants européens à assister à la deuxième rencontre municipaliste contre la dette illégitime et les coupes budgétaires à Cadix du 2 juin au 4 juin 2017. De plus, a été annoncée l’intention d’organiser une rencontre des municipalités européennes contre la dette et l’austérité.

 

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2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 18:01

 

La cour suprême du Venezuela recule pour tenter de calmer le jeu (Reuters)

 

La cour suprême du Venezuela est revenue Samedi Premier Avril 2017 sur sa décision controversée d'assumer les pouvoirs de l’assemblée nationale, une initiative qui avait été critiquée à l'étranger et que l'opposition avait qualifiée de coup d’état.

Prise Mercredi 29 Mars 2017, la décision de la cour suprême de se substituer à l’assemblée nationale, où l'opposition est majoritaire, a suscité un regain de tension dans un pays où les opposants au président Nicolas Maduro tentent depuis des mois d'obtenir la tenue d'un référendum révocatoire visant à écourter son mandat.

La cour suprême a annulé ses deux décisions controversées dans la matinée du Samedi Premier Avril 2017, a indiqué le gouvernement.

Son président Maikel Moreno qui a rencontré des émissaires étrangers et la presse a expliqué la décision et il a affirmé qu'il n'avait jamais été question de priver l’assemblée nationale de ses pouvoirs.

« La controverse est close », avait déclaré le président Nicolas Maduro devant le conseil de défense du gouvernement qui avait été réuni pour inviter la cour suprême à réexaminer sa décision.

La décision du président pourrait ne pas être suffisante pour apaiser la colère de la population.

« On ne peut prétendre simplement normaliser la nation après avoir réalisé un coup d’état », a déclaré Julio Borges, président de l’assemblée nationale. Il a déchiré en public cette semaine les décisions controversées de la cour suprême et il a refusé d'assister au conseil de défense où siègent les présidents des principales institutions du pays.

Ayant déjà annulé la plupart des mesures prises par le congrès depuis sa prise de contrôle par l'opposition en 2015, la cour suprême a fait un pas de plus Mercredi 29 Mars 2017 en décidant de reprendre les fonctions de l’assemblée nationale parce que la loi n'avait pas été respectée.

Elle soutenait ne pas avoir eu d'autre choix au motif que le parlement ne s'était pas séparé de trois députés de l'opposition accusés d'avoir acheté des voix lors des élections législatives de 2015.

Cela a remobilisé une opposition divisée. Dénonçant un coup d’état, les militants contre Nicolas Maduro sont descendus dans la rue Vendredi 31 Mars 2017 et ils ont reçu dans la journée le soutien du procureur en chef du Venezuela, Luisa Ortega, pourtant considérée comme une proche alliée du pouvoir.

En poste depuis dix ans, la magistrate est sortie de son devoir de réserve pour dénoncer la décision de la cour suprême. « Cela constitue une rupture de l'ordre constitutionnel et j'ai l'obligation d'exprimer ma grave inquiétude pour notre pays », a-t-elle dit dans un discours prononcé à la télévision publique.

Les pressions internationales se sont également accrues. A la suite de l'Organisation des Etats Américains (OEA) qui avait réagi Jeudi 30 Mars 2017, l'Argentine a annoncé que les ministres des affaires étrangères des pays du MERCOSUR se réuniraient Samedi Premier Avril 2017 pour discuter de la situation au Venezuela.

De Genève, le haut commissaire aux droits de l'homme de l’Organisation des Nations Unies (ONU), le Jordanien Zeid Raad al Hussein, a demandé à la cour suprême de reconsidérer sa décision.

D'autres condamnations sont aussi venues des Etats-Unis et de l'Union Européenne.

La décision de la cour suprême devrait apaiser les tensions dans l'immédiat, mais les opposants au président Nicolas Maduro, au Venezuela et à l'étranger, n'ont toujours pas digéré que les autorités aient empêché la tenue d'un référendum révocatoire l'an dernier et reporté les élections locales prévues pour 2016.

L'opposition demande désormais que l'élection présidentielle de 2018 soit avancée et que les élections locales se tiennent effectivement.

Samedi Premier Avril 2017, l’assemblée nationale tenait un réunion en plein air à Caracas, à laquelle participaient plusieurs centaines de sympathisants de l'opposition.

Dès avant les événements de cette semaine, le secrétaire général de l'OEA, Luis Almagro, s'est dit favorable à une suspension du Venezuela, mais il est peu probable qu'il réunisse les deux tiers des voix nécessaires.

Une réunion spéciale de l'OEA est prévue Lundi 3 Avril 2017 à Washington.

 

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2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 17:40

 

Arrestation d'une trentaine de manifestants à Moscou (Reuters)

 

Entre vingt et trente personnes qui participaient à une manifestation pour dénoncer la corruption du pouvoir en Russie ont été arrêtées par la police Dimanche 2 Avril 2017 à Moscou, rapporte un journaliste de Reuters.

 

Des officiers en civil et des policiers en uniforme ont appréhendé entre vingt et trente manifestants dans le centre de la capitale russe alors qu'ils tentaient d'organiser une marche en direction du Kremlin.

 

Citant la police, l'agence de presse Interfax a rapporté que vingt neuf personnes avaient été interpellées pour infraction à l'ordre public.

 

« Il est désormais évident que le problème a pris de l'ampleur en raison d'un important nombre de détenus dans différentes villes de Vladivostok à Kaliningrad », a déclaré Ilya Kourzinkov, un étudiant faisant partie d'un groupe venu de Novossibirsk en Sibérie pour assister à la manifestation moscovite.

 

Une centaine de personnes se sont rassemblées dans le centre de Moscou Dimanche 2 Avril 2017, soit une mobilisation très faible par rapport à celle de la semaine passée qui était la plus importante depuis les grandes manifestations de 2011 et de 2012.

 

Cette contestation intervient à un an de l'élection présidentielle à laquelle Vladimir Poutine devrait briguer un quatrième mandat.

 

Les autorités russes ont bloqué cette semaine l'accès à plusieurs sites internet afin d'empêcher ce que le gouvernement a qualifié de manifestations anti gouvernementales illégales.

 

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2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 17:31

 

https://reporterre.net/Frederic-Lordon-Nuit-debout-a-ete-un-retour-a-l-essence-de-la-politique

 

Nuit debout a été un retour à l’essence de la politique

 

Interview de Frédéric Lordon par Hervé Kempf

 

Samedi Premier Avril 2017

 

Il y a un an, des gens prenaient les places pour se réapproprier les affaires publiques. Frédéric Lordon revient pour Reporterre sur le mouvement des Nuits Debout, ses succès, sa dynamique et ce qu’il dit du rapport de la société à sa représentation politique.

 

Hervé Kempf. Que s’est-il passé l’an dernier à Nuit Debout ?

 

Frédéric Lordon. C'était une irruption. L’autre nom de cette irruption, c’est la déconfiscation. Des gens ont pris l’espace public, qui est le lieu même de la politique, n’en déplaise à Anne Hidalgo, qui avait qualifié Nuit Debout de privatisation de la place de la République. Faut-il s’être définitivement perdue pour proférer des énormités pareilles. Des gens, donc, ont pris l’espace public pour dire qu’il était leur, comme est leur la politique dont cet espace est le lieu. Les affaires publiques sont nos affaires, voilà ce qui a été dit à Nuit Debout, énoncé en fait élémentaire, trivial même, mais dont l’évidence est systématiquement recouverte par les fonctionnements institutionnels réels, qui œuvrent tous à la dépossession. Nuit Debout en quelque sorte, cela a été un retour à l’essence de la politique, retour qui n’a pu sembler inouï que du fait que cette essence est obscurcie par les captures de la représentation étatique et parlementaire

 

Hervé Kempf. Le mouvement a-t-il échoué ?

 

Frédéric Lordon. Il faudrait pour répondre, commencer par mettre en question la question. Les critères de la réussite et de l’échec sont-ils pertinents pour interroger Nuit Debout ? Sous un certain angle, Nuit Debout aura été une sorte de pur mouvement, j’entends un mouvement sans but, un mouvement qui se satisfait de sa propre effectuation. À un tel mouvement, on ne demande pas s’il réussit ou s’il échoue. La question n’a même plus de sens. On ne peut pas se contenter d’écarter cette part-là de Nuit Debout d’un revers de main. À maints égards, les assemblées générales intransitives de Nuit Debout exprimaient la seule joie, quasi cathartique, de la réappropriation et de la reprise de la parole. Que Nuit Debout ait été ainsi un flot de paroles, dont la prolifération des commissions, presque quatre vingt dix, donne à soi seule une idée assez frappante, c’est évidemment le corrélat nécessaire des décennies de privation qui avaient précédé. On ne peut pas s’attendre à un goutte-à-goutte bien ordonné quand un barrage rompt.

Maintenant, s’il m’est permis de m’exprimer à titre personnel, je suis de ceux qui ne pouvaient pas s’en satisfaire entièrement. Nous savons depuis Edouard Bernstein où mène l’exaltation du mouvement pour le mouvement et du chemin dissous dans le cheminement. Il se trouve que le groupe qui a initié Nuit Debout avait une intention bien plus arrêtée que de célébrer la simple réappropriation de la parole, si désirable soit-elle par ailleurs. Il s’agissait de produire, en dehors du cadre institutionnel, un effet de cristallisation autour de la loi travail. Pour nous le chemin avait un but et ce but était très bien défini. Contribuer aussi vigoureusement que possible à faire tomber la loi travail et puis, plus encore, remettre au centre du débat public la question salariale, en toute généralité, le salariat comme un rapport social essentiellement odieux que la loi travail, précisément, se proposait de porter à un plus haut point d’ignominie, puisque dans cette affaire, comme en réalité depuis trois décennies, il ne s’agit que d’organiser la liquéfaction du travail, c’est-à-dire la remise des salariés à la merci sans restriction des employeurs.

À l’évidence, il y a eu là une ligne de partage des eaux au sein de Nuit Debout, entre ceux qui avaient une idée très précise du but et ceux qui n’en voulaient pas, c’est-à-dire entre ceux qui reconnaissent que l’idée même d’un but déterminé crée ipso facto du conflit, et ceux pour qui l’agora démocratique a nécessairement vocation à inclure tout le monde dans une sorte d’irénisme de la délibération. Aux premiers, on peut alors certainement poser la question de la réussite et de l’échec.

Cependant, la réponse ne s’apprécie que dans des temporalités différenciées. À court terme, on peut bien reconnaître que Nuit Debout a échoué, ni la loi travail n’a été défaite ni le soulèvement ne s’est amplifié. Mais s’en tenir là serait méconnaître la profondeur de ce qui s’est passé. Tous ceux qui ont pris la rue au printemps 2016 sont rentrés chez eux avec une disposition d’esprit tout autre que celle, par exemple, qui avait marqué l’échec du mouvement pour les retraites en 2010. Autant le sentiment d’abattement, alors, nous avait coupé les pattes, autant la combativité d’après Nuit Debout est intacte, prête à se ré-enflammer à tout instant.

Le principal succès de Nuit Debout en fait demeure invisible. Il s’est silencieusement inscrit au fond des esprits, car Nuit Debout a précipité au travers de tout le pays cette idée simple, mais puissante que quelque chose ne va pas et que cela ne peut plus durer comme cela. Nuit Debout a clarifié le sentiment confus d’une séquence politique de longue période, nous pourrions dire pour faire simple celle de la cinquième république mais, en fait, c’est tellement plus profond, arrivée en phase terminale. La combinaison du désastre néolibéral et de la confiscation institutionnelle n’est plus tolérable. Si les hommes de la politique instituée pensent que, la place de la République désertée, ils ont la paix et peuvent revenir tranquillement à leurs petites affaires, ils se trompent, et de beaucoup. Ce qui s’est inscrit dans les esprits ne s’effacera pas de sitôt. Les places peuvent être réoccupées et les rues peuvent être reprises à tout instant.

 

Hervé Kempf. La convergence des luttes espérée par beaucoup ne s’est pas concrétisée. Pourquoi ?

 

Frédéric Lordon. Pour des raisons sociologiques évidentes, dont bon nombre de participants à Nuit Debout avaient d’ailleurs une claire conscience. Comme ils avaient conscience que, s’il était nécessaire, le volontarisme déclamatoire, celui qui a appelé opiniâtrement à la convergence des luttes, ne pouvait être suffisant. Au demeurant une partie de cette convergence a fait plus que s’esquisser. Non seulement des militants syndicaux ont été très présents sur la place à titre personnel, c’est-à-dire, conformément à l’esprit général de Nuit Debout, en ayant laissé au vestiaire leur étiquette d’organisation, mais, et cela n’est nullement contradictoire, la présence ès qualité de certaines directions confédérales lors d’un meeting a été l’un des moments marquants de la lutte contre la loi travail.

Bien sûr, l’autre volet de la convergence, celui avec les quartiers, est resté presque entièrement à l’état de vœu pieux. Je dis presque, car il y a eu tout de même plein d’efforts admirables pour organiser des Nuits Debout dans les villes de banlieue. Mais ne nous racontons pas d’histoire. De ce côté-là, cela n’a pas pris.

Cependant, la crise politique est si générale que tous ses développements, si différents soient-ils, nourrissent le réveil de la contestation, ou plutôt de toutes les contestations. Par exemple, il n’est pas douteux que l’intensification des violences policières, avec comme toujours son supplément particulier à l’encontre des racisés, est l’un des symptômes les plus caractéristiques d’un néolibéralisme qui ne peut plus se maintenir que par la matraque. De ce côté-là, cela n’a pas pris, disais-je à l’instant, mais il faut alors ajouter que cela pourrait bien prendre. Les violences policières pourraient bien être un puissant facteur de réorganisation politique des quartiers et par là créer les conditions de possibilité de cette indispensable convergence. Il faut bien reconnaître que la rencontre de la jeunesse éduquée et précarisée du centre des villes, des salariés syndiqués et des quartiers populaires en voie d’organisation politique créerait une concentration de force à laquelle le régime, quels que soient ses occupants, sait parfaitement qu’il ne pourrait résister. J’y pense, d’ailleurs, en écrivant cela, au nombre des succès invisibles de Nuit Debout, il faut compter la grande peur et la sainte trouille qui s’est emparée du gouvernement de François Hollande et de Manuel Valls, dont la répression policière et judiciaire déchaînée donne une assez juste mesure. Or, leur faire peur, n’était-ce pas l’un de nos mots d’ordre de départ ?

 

Hervé Kempf. Que nous dit ce qui s’est passé à Nuit Debout du rapport entre la société et la représentation politique ?

 

Frédéric Lordon. Que ce rapport est détérioré à un point irréversible, en tout cas sous la forme contemporaine que prend la représentation politique. L’aspiration horizontaliste de Nuit Debout a été en proportion directe de la verticalité dépossédante des institutions de la cinquième république. Elle a été le rappel de ce sujet de la politique, qu’on l’appelle peuple ou multitude, ici cela n’est pas le problème, de ce sujet, donc, que la représentation est supposée représenter. Nuit Debout a rappelé cette évidence qu’une représentation qui a fini par s’éloigner des représentés jusqu’au point de coupure, une telle représentation ne représente plus rien, à part elle-même. Nous ne pouvons pas nous étonner alors que ce soit l’idée même de représentation qui s’en trouve mise en question.

Pour ma part, je ne pense pas qu’il y ait de politique possible dans les grands nombres hors d’une forme ou une autre de représentation et de délégation. Mais précisément, toutes les formes ne se valent pas. Aspirer à l’affranchissement d’avec toute représentation me semble une impasse, mais poser avec vigueur la question de la forme me semble une impérieuse nécessité. La subsidiarité poussée aussi loin que possible, le mandat impératif, la révocabilité et la rotation, voilà par exemple des formes qui réalisent des différences significatives dans la représentation.

C’est ce débat que Nuit Debout a rouvert. Un an plus tard, nous ne pouvons pas dire que la suite des événements lui donne tort. Qui n’est frappé du chaos électoral dont le spectacle ne laisse pas de nous sidérer. Et qui ne voit dans ce désordre et dans cette profonde déstabilisation de toutes les régularités antérieures, le symptôme le plus incontestable d’une crise historique. Ce dont Nuit Debout avait donné l’expression anticipée et que le spectacle actuel de la décomposition ne cesse de confirmer, c’est que le moment est venu de refaire de la politique, j’entends de poser à nouveau les questions les plus essentielles de la politique, celles de la forme et des contenus de notre vie collective.

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2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 16:55

 

http://www.huffingtonpost.fr/2017/03/31/un-an-apres-les-inspirateurs-de-nuit-debout-face-a-la-tentation_a_22019014

 

Un an après, les inspirateurs du mouvement des Nuits Debout face à la tentation de la candidature de Jean Luc Mélenchon

 

De François Ruffin à Frédéric Lordon, les têtes pensantes du mouvement apolitique n'ont pas rejoint le Mouvement de la France Insoumise (MFI).

 

Par Geoffroy Clavel, chef du service politique du Huffington Post

 

Vendredi 31 Mars 2017

 

Sont-ils restés éveillés pour rien ? Si le mouvement des Nuits Debout n'a débouché sur aucun bouleversement immédiat sur la scène politique française, les idées débattues sur l'agora improvisée de la place de la République à Paris ont bel et bien infusé dans le débat présidentiel.

La sixième république, défendue il y a douze mois par nombre de veilleurs en quête d'un nouveau départ démocratique, a réuni près de cent mille personnes sur la même place parisienne à l'initiative de Jean-Luc Mélenchon. Quant au revenu universel, lui aussi longuement débattu pendant le mouvement, celui-ci a activement contribué à la victoire de Benoît Hamon lors de l’élection primaire du Parti Socialiste.

Si ces idées se sont propagées, les inspirateurs du mouvement des Nuits Debout n'ont en revanche pas franchi le cap des indignés espagnols en se réunissant au sein d'un Podemos à la française. Mais à bien des égards, le MFI initié par Jean-Luc Mélenchon en a repris les codes comme la visée ultime, renverser le système partisan et les institutions jugées obsolètes de la cinquième république.

Reste que la démarche du chef de file du MFI suscite encore de la méfiance chez les acteurs et les têtes pensantes du mouvement des Nuits Debout, adeptes de l'action collective et rétifs vis à vis de toute personnalisation du débat politique.

« Moi, je sais que je voterai pour Jean-Luc Mélenchon au premier tour des élections présidentielles parce qu'il représente une gauche qui se tient debout ». Rédacteur en chef du journal alternatif Fakir à l'initiative de la première réunion à la bourse du travail de Paris qui débouchera sur le mouvement des Nuits Debout, François Ruffin semble avoir digéré l'expérience de gouvernance horizontale de la place de la République.

« Il y avait des trucs formidables dans Nuit Debout, mais aussi plein de choses qui relevaient de la branlette », explique-t-il à Regards. « Pas question d'avoir des assemblées générales qui durent des heures et qui ne débouchent sur aucune décision ». Signe qu'il a tiré les leçons de son expérience, François Ruffin s'est lancé en politique en présentant sa candidature au premier tour des élections législatives dans la Somme.

Depuis, cette figure de la gauche antilibérale ne cache pas son soutien pour le candidat du MFI tout en affichant sa compatibilité avec d'autres responsables politiques. « Moi je veux qu'on gouverne. Je considère que Benoît Hamon est quelqu'un de gauche et que la fracture entre la droite et la gauche passe à l'intérieur du Parti Socialiste », plaide le journaliste et réalisateur de Merci Patron, chronique sociale assassine contre le milliardaire Bernard Arnault qui a lui valu le César du meilleur documentaire.

Si François Ruffin soutient la campagne de Jean-Luc Mélenchon, il n'a pas pour autant rejoint les rangs du MFI. Candidat au premier tour des élections législatives, le défenseur des salariés de Whirlpool et pourfendeur des délocalisations a refusé de s'encarter tout en recueillant le soutien des appareils du MFI, du Parti Communiste Français (PCF) et d’Europe Ecologie Les Verts (EELV). Une exception qui confirme la règle puisqu'il a refusé de signer la charte du MFI.

« Moi, dans ma circonscription, j'ai tout fait pour rassembler la gauche en dehors du Parti Socialiste », expliquait-il récemment sur BFM Télévision.

Tête pensante du Mouvement des Nuits Debout, le philosophe et économiste antilibéral Frédéric Lordon n'est pas un homme de ralliement. Il confesse d'ailleurs avoir cessé de voter depuis longtemps pour ne pas apporter sa caution aux institutions de la cinquième république dont il n'a de cesse de pourfendre les dérives.

« D'un certain point de vue, ce qui s'est passé sur Nuit Debout était l'expression de cette disposition d'esprit. Jouer le jeu dans ces institutions est une affaire soit perdue d'avance, soit entièrement privée de sens », expliquait-il récemment au micro de Daniel Mermet.

Défenseur de la grève générale comme seul moyen d'abattre un régime inique, l'intellectuel reconnait toutefois, et c'est rare, que la candidature de Jean-Luc Mélenchon pourrait changer la donne.

« Je pense que cette élection soulève des enjeux politiques d'une intensité qu'on a pas vue depuis 1981, et peut-être même supérieure, et que, par là d'ailleurs, elle s'annonce d'une redoutable violence. Il y a un enjeu autour de la candidature de Jean Luc Mélenchon », plaide le philosophe.

S'il n'apporte techniquement aucun soutien au candidat du MFI, Frédéric Lordon plaide en faveur du basculement institutionnel prôné par Jean-Luc Mélenchon tout en mettant en garde contre la tentation.

« J'ai toujours une méfiance vis à vis des stratégies qui se proposent de passer par les institutions pour changer les institutions. Les institutions de la cinquième république correspondent bien à la personnalité de Jean Luc Mélenchon. Je pense qu'il s'y trouverait pas mal », prévient-il en citant l'exemple de François Mitterrand. Son idée est de contribuer à l'élection de Jean Luc Mélenchon tout en le contraignant à appliquer son programme. « Aussi bien pour le protéger que pour le surveiller, il faudra que l'élection ne soit que le début d'un processus politique d'une toute autre ampleur qui passera nécessairement par des mobilisations populaires », prévient-il en référence des grèves de la joie qui avaient accompagné la victoire du Front Populaire en 1936.

Si certains hésitent encore, d'autres assument le passage de flambeau. Cofondatrice de Jeudi Noir et de Génération Précaire, candidate sous les couleurs du Front De Gauche (FDG) en 2012 et en 2014, secrétaire nationale du Parti de Gauche, Leila Chaibi avait un temps laissé tomber la bannière de Jean Luc Mélenchon pour se lancer à corps perdu dans l'aventure du mouvement des Nuits Debout. Aujourd'hui porte-parole du MFI, celle-ci voit bien la passerelle entre les deux mouvements.

« Quand nous avons lancé le mouvement des Nuits Debout il y a un an, nous étions une dizaine. C'était dingue. Pendant des semaines des milliers de personnes venaient tous les jours pour discuter d'une société meilleure. La leçon de tout cela, c'est que rien n'est écrit à l'avance. Et aujourd'hui, avec la campagne du MFI et de Jean-Luc Mélenchon, j'ai l'envie de revivre cela », explique-t-elle auprès de Regards.

Sera-t-elle suivie par les autres compagnons de route du mouvement des Nuits Debout ? Son ami et conseiller régional écologiste Julien Bayou, lui aussi venu du militantisme associatif, s'est engagé dans l'alliance entre le Parti Socialiste et EELV autour de la candidature de Benoît Hamon.

 

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