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2 septembre 2015 3 02 /09 /septembre /2015 20:08

http://www.haaretz.com/jewish-world/jewish-world-news/1.673550

Le syndicat industriel des Etats Unis vote pour la campagne Boycott Désinvestissement Sanction » (BDS)

United Electrical, Radio and Machine Workers of America (UERMWA), le syndicat des travailleurs de l’industrie, de l’électricité et de la radio des Etats Unis, vote en faveur du boycott d'Israël, soutenant l’accord avec l'Iran

Dimanche 30 Août 2015

Un des plus importants syndicats industriels des États-Unis a voté pour approuver les objectifs de la campagne BDS dans le monde entier contre Israël, citant « sa longue histoire de viol des droits de l'homme des palestiniens », devenant le premier syndicat national à le faire.

Le congrès de l’UERMWA réuni à Baltimore la semaine dernière a voté plusieurs résolutions sur les questions de politique intérieure et de politique internationale, y compris l'appel au boycott d'Israël et le soutien à l'accord nucléaire avec l'Iran.

Selon un communiqué publié par le site internet du syndicat, il a voté en faveur de la « justice et de la paix pour les peuples de Palestine et d'Israël » et il a cité un sordide bilan des droits de l'homme d'Israël, « à commencer par le nettoyage ethnique de sept cent cinquante mille palestiniens en 1947 et en 1948 qui ont quitté la Palestine après la proclamation de l’état d'Israël ».

« L'objectif de l'initiative », dit le syndicat, « est de faire pression contre Israël pour mettre fin à son apartheid contre les palestiniens comme une tactique similaire à celle qui a contribué à mettre fin à l'apartheid en Afrique du Sud dans les années 1980 ». Le syndicat a en outre appelé à la fin de l'aide américaine à Israël et a exprimé son soutien au « droit au retour ».

Le syndicat a également voté sur un certain nombre d'autres questions de politique étrangère, y compris la demande de mettre fin à l'intervention militaire des Etats Unis au Moyen-Orient et dans d'autres régions.

« Nous avons besoin de nous débarrasser de cette culture de guerre », a déclaré Mike Ferritto, un délégué local. « Nous avons fait assez de dégâts. Nous devons sortir du Moyen-Orient », a déclaré Brandon Dutton, un autre délégué.

Le vote contre Israël a été motivé par une rencontre avec les syndicalistes palestiniens pendant le Forum Social Mondial en Tunisie. Le délégué Automne Martinez, qui a coparrainé la résolution et a participé à la rencontre, a déclaré que « ce qui se passe en Palestine est absolument dégoûtant. Palestine libre ».

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2 septembre 2015 3 02 /09 /septembre /2015 19:23

http://www.ft.com/intl/cms/s/0/ba3c77c8-50b4-11e5-b029-b9d50a74fd14.html#axzz3kbWKJM1b

Le parti grec d’extrême gauche espère que les stars qu’il a recrutées vont éblouir les électeurs

Par Kerin Hope, correspondante du Financial Times à Athènes

Mardi Premier Septembre 2015

Le parti grec d’extrême gauche Unité Populaire espère que les stars qu’il a recrutées vont faire sa fortune alors que le nouveau parti se bat pour gagner du terrain avant sa première campagne électorale.

Son leader, Panagiotis Lafazanis, a recruté deux femmes politiques qui sont des francs-tireurs et qui ont été nommées à des postes de haut niveau lorsque le gouvernement dirigé par Syriza a pris ses fonctions en janvier 2015, mais qui ont été impitoyables dans la démonstration de leur opposition par leur défection quand Alexis Tsipras, le premier ministre, a inversé la politique du parti contre l’austérité.

Les deux femmes, Nadia Valavani, ancienne vice-ministre des finances, et Zoé Konstantopoulou, ancienne présidente du parlement, ont la réputation de passer de longues heures à fourbir leurs armes. Elles ne sont pas connues toutes les deux pour leur volonté de compromis, mais comme des femmes politiques de principe, une distinction rare dans la vie publique de la Grèce submergée par la corruption.

« Ce sont de fortes candidates qui ont un bilan de défense de leurs principes. Elles peuvent augmenter le profil de l'Unité Populaire dans tout le pays, en particulier auprès des électrices », a déclaré un militant du parti.

Unité Populaire a été fondée le mois dernier après que Panagiotis Lafazanis et vingt-six autres députés de Syriza aient rompu avec le courant majoritaire dirigé par Alexis Tsipras.

Le parti présente sa forte position anti-austérité aux électeurs durement touchés par cinq années de chômage élevé, de coupes budgétaires dans les retraites et les salaires du secteur public et du contrôle des capitaux qui limite les retraits d'espèces aux distributeurs automatiques à soixante euros par jour.

Mais son mantra selon lequel « un retour à la drachme n’est pas une catastrophe économique » a énervé même des grecs de gauche au milieu de la propagande généralisée selon laquelle il y aura hyperinflation et récession permanente si le pays quitte l'euro.

« Il y a une crainte sous-jacente que quitter la zone euro ferait retourner la Grèce cinquante ans en arrière », a déclaré Alkis Georgiou, un ingénieur civil électeur de Syriza au cours des trois dernières élections.

Le nouveau parti a fait un démarrage lent dans la campagne électorale. Les premiers sondages d'opinion, publiés ce week-end, suggèrent qu'il capturerait seulement cinq pour cent des voix, bien en dessous des huit ou des dix pour cent des voix vus par les analystes comme l’objectif pour gagner la troisième place aux élections et participer à une coalition gouvernementale, considérée comme l'issue la plus probable des élections législatives anticipées du Dimanche 20 Septembre 2015.

Comme Panagiotis Lafazanis, ancien ministre de l'énergie, les deux femmes étaient des alliées de confiance d’Alexis Tsipras jusqu'à ce qu’elles s’opposent au changement de politique du premier ministre en juillet 2015, quand il a accepté les réformes difficiles exigées par les créanciers en échange d'un plan de sauvetage de quatre-vingt-six milliards d’euros.

« La démission était la seule chose décente à faire après l'accord de sauvetage », a déclaré Nadia Valavani, une ancienne dirigeante d’une compagnie d'assurance et ancienne militante du parti communiste grec.

Nadia Valavani est devenue très populaire après avoir défendu une loi votée par le parlement qui a soulagé le sort de centaines de milliers de contribuables ayant des dettes de longue durée envers l’état par la réduction des amendes et par le paiement de leur dette en une centaine de versements mensuels.

Mais elle a fait face à des accusations des médias grecs selon lesquelles elle avait encouragé sa mère à retirer plusieurs centaines de milliers d'euros en liquide à partir d'un compte conjoint en juin 2015, sachant que le gouvernement était sur le point d'imposer un contrôle des capitaux.

Elle a démenti ces accusations. Dans une lettre ouverte à Proto Thema, le premier journal qui avait publié ces accusations, elle a écrit que « ma mère a toujours géré ses propres finances et je ne suis pas impliquée dans ses finances. Nous ne sommes pas, ma sœur et moi, cosignataires d’aucun de ses comptes ».

Zoé Konstantopoulou, une avocate issue de la gauche radicale, dont le père était leader de Synaspismos, un prédécesseur de Syriza, a eu une relation plus problématique avec le parlement et a été critiquée pour avoir provoqué des divisions quand elle était présidente du parlement.

Elle a été critiquée par les députés de presque tous les partis pour la longueur de ses discours et pour la conduite des procédures parlementaires dans des détails exhaustifs, poussant les débats et les votes sur les questions de sauvetage critique bien après minuit.

La défection de Zoé Konstantopoulou pourrait bénéficier à Syriza qui essaie d'attirer plus de soutien centriste, a déclaré Mujtaba Rahman, responsable de l'analyse européenne au conseil des risques Eurasia Group. Mais Unité Populaire pourrait gagner des voix cruciales avec elle sur sa liste.

« Son geste ne va pas aider Unité Populaire à élargir son appel, mais il va renforcer sa position en tant que leader de la Grèce anti austérité. Etant donné le nombre d'électeurs indécis, cela pourrait augmenter la popularité d’Unité Populaire d’un ou de deux pour cent », a déclaré Mujtaba Rahman.

L'ancienne présidente combative voulait former son propre parti politique après avoir rompu publiquement avec Alexis Tsipras. Mais Lundi 31 Août 2015, elle a annoncé qu'elle irait aux élections comme indépendante soutenue par Unité Populaire.

« Le pays ne va pas aux élections parce que le mandat populaire a été violé, comme l’a dit Alexis Tsipras », a-t-elle dit, « mais parce que l’ancien gouvernement veut continuer à le violer ».

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1 septembre 2015 2 01 /09 /septembre /2015 19:18

http://www.cadtm.org/Bilan-de-six-mois-de-presidence-du

Bilan de six mois de présidence du parlement grec par Zoé Konstantopoulou

Mercredi 5 Août 2015, Zoe Konstantopoulou a présenté le compte rendu des actions menées depuis qu’elle exerce la fonction de présidente du parlement grec. Au cours de son discours, elle s’est attaquée au président de la Banque Centrale de Grèce (BCG), Yannis Stournaras.

« Je vous ai invité à cette conférence dans le but de procéder au compte rendu de mes actions depuis que je suis présidente », a-t-elle dit en introduction, « étant donné que demain, Jeudi 6 Août 2015, cela fera exactement six mois que je serai entrée en fonction en tant que présidente du parlement grec. Et c’est avec plaisir que je tiens à vous informer que nombreuses ont été les actions menées à bien ces derniers mois. Grand nombre d’entre elles avaient été annoncées le 6 février 2015, au moment où je prenais mes fonctions ».

Au cours de sa conférence de presse, Zoe Konstantopoulou a parlé de la création de la commission pour la vérité sur la dette publique grecque.

« Dès les toutes premières semaines, j’ai mis en place la commission pour la vérité sur la dette publique grecque. Cette dernière a été créée officiellement le 17 mars 2015. Y participent des personnalités comme Éric Toussaint et des personnes venues du monde entier comme le professeur Cephas Lumina. Je dois dire que cette commission a travaillé dans des conditions très particulières ».

Elle a mentionné à ce sujet que la commission avait présenté ses conclusions préliminaires le 17 juin 2015. Que ces conclusions avaient été mises à disposition de la société grecque, du gouvernement grec et des organismes internationaux. Que la commission allait maintenant réaliser la deuxième partie de l’audit.

Zoe Konstantopoulou a qualifié la dette publique d’illégitime, d’odieuse et d’insoutenable.

Elle a insisté sur le fait que la Grèce ne devait pas la payer. Elle a mentionné que la prochaine séance de la commission de la vérité sur la dette grecque se tiendrait du 22 au 25 septembre 2015, cette séance inaugurant le début des travaux de la commission pour la deuxième partie de l’audit. Elle a également mentionné que, avant ces dates, se tiendraient des conférences publiques présentées par des membres de la commission, dont elle-même, et que, les 13 et 14 novembre 2015, le parlement accueillerait un congrès international de spécialistes du droit public et du droit constitutionnel pour la dette.

Zoe Konstantopoulou a aussi parlé d’une deuxième commission existant au sein du parlement, la commission de revendication des réparations de guerre dues par l’Allemagne, une commission qui a déjà convoqué plus de douze personnes et dont les travaux ne font que commencer.

Les piques à Yannis Stournaras

Zoe Konstantopoulou a eu un discours très critique concernant le président de la BCG, Yannis Stournaras. « Yannis Stournaras », a-t-elle dit, « a refusé de donner à la commission pour la vérité sur la dette les éléments se rattachant à l’enquête et ne s’est pas présenté au comité des lois et de la transparence sous prétexte d’une grosse charge de travail. Il est inimaginable que le parlement grec procède à un contrôle de la dette et que la BCG refuse de communiquer les mouvements des comptes appartenant à l’état. Ils permettraient de retracer la totalité des mouvements bancaires. Normalement la logique voudrait que personne n’ait peur de communiquer de telles informations et les contrats concernant l’état », a-t-elle ajouté.

Activité parlementaire et référendum

Zoe Konstantopoulou a parlé du travail effectué dans le cadre de ses responsabilités au sein du parlement. D’après elle, soixante pour cent environ des questions soulevées dans le cadre de ses fonctions ont pu trouver une réponse satisfaisante.

Se référant au referendum du Dimanche 5 Juillet 2015, elle a souligné que le fait que le parlement ait accepté de procéder à un référendum citoyen, suite à la proposition soumise par le gouvernement, a été une action démocratique du parlement grec.

Les conclusions préalables de l’audit ont-elles été utilisées par le gouvernement ?

Suite à une question concernant l’outil que pourraient constituer, pour le gouvernement grec, les conclusions préalables de l’audit réalisé par la commission pour la vérité sur la dette publique grecque, Zoe Konstantopoulou s’est positionnée en disant que, depuis la création de la commission, elle avait été constamment en contact avec le premier ministre, Alexis Tsipras, et que celui-ci avait soutenu la nécessité de mettre au clair une vérité qui avait une importance historique dès le début des travaux de la commission.

« Je considère que le premier ministre Alexis Tsipras a soutenu de façon sincère et légitime la création de cette commission et qu’il a reconnu sa nécessité et son importance. Mais », a-t-elle ajouté, « les conclusions préalables de l’audit n’ont pas été utilisées par la Grèce à ce jour. Je considère que se servir des conclusions préalables de l’audit est le devoir du gouvernement grec et qu’il est de mon propre devoir d’insister pour que nous avancions dans cette direction ».

Elle a parlé de son rapport au premier ministre, « nous sommes compagnons » a-t-elle décrété, « je ne suis pas quelqu’un qui parle en s’appuyant sur des informations non officielles, encore moins sur des non-papiers. Je ne considère pas que l’on puisse parler de dysfonctionnement lorsque la présidente du parlement veille à préserver l’harmonie parlementaire. De mon côté, je considère que les intentions du premier ministre sont tout à fait sincères. Quand on est contraint d’accepter un chantage et que ce chantage fait son apparition dans l’enceinte d’un parlement, il est du devoir de sa présidente de tout faire pour le refouler », a-t-elle mentionné en se référant aux projets de lois présentés au parlement ces dernières semaines. Des projets de lois qui ont été présentés en adoptant des procédures « d’extrême urgence », dans le cadre des votes nécessaires à la ratification de l’accord du mois de juillet 2015 entre la Grèce et l’Union Européenne.

« De mon point de vue », a-t-elle déclaré, « les trois procédures de vote parlementaire pour lesquelles nous avons adopté le mode de vote d’extrême urgence, resteront des pages noires de notre démocratie parlementaire ».

Elle a fortement critiqué le bureau du budget de l’état en disant qu’il se permettait de faire des interventions éminemment politiques en s’attaquant à l’ancien ministre de l’économie, alors que son rôle était de soutenir le parlement et de permettre la transparence des procédures parlementaires.

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1 septembre 2015 2 01 /09 /septembre /2015 18:57

http://www.lejdd.fr/International/Europe/Zoe-Konstantopoulou-le-typhon-qui-se-dresse-face-a-Tsipras-748579

Zoé Konstantopoulou, le typhon qui se dresse face à Alexis Tsipras

Par Marina Rafenberg, correspondante du Journal Du Dimanche à Athènes

Mardi Premier Septembre 2015

Zoé Kostantopoulou, la présidente du parlement grec, part en campagne contre son ancien camarade Alexis Tsipras avant les élections législatives anticipées du Dimanche 20 Septembre 2015.

Maximilien Robespierre, dame de fer, inquisitrice, les surnoms ne manquent pas pour qualifier Zoé Konstantopoulou élue le 6 février 2015 présidente du parlement grec et désormais l'une des frondeuses les plus pugnaces contre le premier ministre. Depuis la signature du troisième plan d'aide, la guerre est déclarée entre les anciens camarades de Syriza. « Chacun et chacune a le droit et le devoir de résister », avait-elle déclaré mi-juillet 2015 jugeant que l'accord trouvé entre les créanciers et le gouvernement était un « crime contre l'humanité ».

Dans l'entourage d’Alexis Tsipras, on ne mâche plus ses mots, « elle se comporte comme un dictateur, elle a été un mauvais choix ». À trente-neuf ans, du haut de son mètre quatre-vingt, la plus jeune présidente du parlement qu'ait connue la Grèce s'est mis à dos la plupart des députés. L'opposition lui reproche surtout d'avoir retardé le vote des lois qui n'avait souvent lieu qu'au petit matin. Invectivant plusieurs députés, interdisant aux Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS) protégeant l'enceinte du parlement d'utiliser les toilettes, elle est surtout l'initiatrice du comité d'audit de la dette grecque tentant de prouver son caractère « odieux, illégal et illégitime ».

Sensible à l'injustice dès son adolescence, elle est la fille de Nikos Konstantopoulos, ancien président de Synaspismos, parti qui a donné naissance à Syriza. Étudiante en droit pénal européen à la Sorbonne, elle donne des cours d'anglais à des détenus de la prison de Fresnes.

Jeune avocate, elle défend la famille d'Alexis Grigoropoulos, un adolescent tué par un policier à Athènes en décembre 2008, dont la mort avait provoqué des émeutes. Elle se fait connaître du grand public lorsqu'elle devient députée de Syriza en 2012 et rapporteuse dans la commission d'enquête sur l'évasion fiscale des grecs fortunés. Personnalité controversée mais aussi admirée par une partie de Syriza, elle est convoitée par Panagiotis Lafazanis, un autre frondeur, qui a lancé il y a quelques jours son parti, Unité Populaire.

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1 septembre 2015 2 01 /09 /septembre /2015 18:40

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article35732

http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/08/27/le-blues-des-militants-de-syriza-avant-les-elections_4738249_3214.html

Le blues des militants de Syriza avant les élections de septembre

Par Alain Salles, envoyé spécial du Monde à Athènes

Jeudi 27 Août 2015

Les militants de Syriza rentrent de vacances avec une grosse gueule de bois. Le temps politique s’est accéléré en Grèce depuis 2010 mais, en sept mois de pouvoir du gouvernement d’Alexis Tsipras, les grecs et les européens se sont retrouvés sur d’immenses montagnes russes. Ils sont passés de la peur du Grexit, une sortie de la Grèce de la zone euro, à l’euphorie de la victoire du non au référendum du Dimanche 5 Juillet 2015, avant de retomber dans l’humiliation d’une nuit de capitulation à Bruxelles, le Lundi 13 Juillet 2015, suivie de la signature, au cœur du mois d’août 2015, d’un nouveau mémorandum avec la détestée troïka des créanciers du pays, la commission européenne, la Banque Centrale Européenne (BCE) et le Fonds Monétaire International (FMI).

Maître tacticien, Alexis Tsipras ne laisse pas de répit et a accéléré le tempo en annonçant, Jeudi 20 Août 2015, de nouvelles élections législatives anticipées, Dimanche 20 Septembre 2015. Mais si la manœuvre d’Alexis Tsipras est destinée à bousculer ses adversaires politiques, ses partisans ont du mal à suivre et ont été déboussolés par la signature du mémorandum qui prévoit une liste de mesures d’économies et de réformes souvent aux antipodes du programme de Syriza.

Lundi 24 Août 2015, à la section de Syriza du quartier de Gizi, dans le centre d’Athènes, la plupart des militants sont un peu groggy. Ils soutiennent le choix d’Alexis Tsipras et veulent gagner avec lui, mais les dernières semaines ont laissé des traces. « La signature du mémorandum a été un choc, j’ai pleuré pendant une semaine », explique Sula Petrou, une sculptrice. « Et je pleure encore », ajoute-t-elle en s’arrêtant de parler pour laisser passer une larme.

« Il y a dans le parti un grand mécontentement et une difficulté à avaler l’accord. Cela va à l’encontre de ce qu’a dit Syriza depuis cinq ans et de ce qui a poussé le parti vers le pouvoir », reconnaît Stelios Kouloglou, député européen proche d’Alexis Tsipras, « mais les plus réalistes ont compris qu’Alexis Tsipras n’avait pas le choix ».

Le secrétaire de la section de Gizi, Nondas Palamaras fait partie de ces réalistes, « le dilemme a été de choisir entre la faillite et un accord qui permettait au pays de résoudre les problèmes de liquidités provoqués par la décision de la BCE d’instaurer un contrôle des capitaux ».

Devant la peur d’un Grexit, les grecs se sont rués sur les banques pour sortir leurs économies, ce qui a conduit à la fermeture des établissements pendant une dizaine de jours et à l’instauration d’un contrôle des capitaux.

« Un mauvais accord », grogne Sula Petrou. « Dans quelques mois, on pourra profiter des trous du mémorandum pour l’améliorer », réplique Nondas Palamaras.

« Le gouvernement aura la possibilité de suivre sa politique dans d’autres domaines et de prendre des mesures qui soulageront les effets du mémorandum ».

Rupture avec le gouvernement

Comme dans de nombreuses sections du parti, environ un tiers des militants ont décidé de partir. Il s’agit en grande partie des membres de la plate-forme de gauche dirigée par Panagiotis Lafazanis, la minorité qui représentait un tiers des membres de Syriza et qui a décidé, Vendredi 21 Août 2015, de faire sécession pour créer un nouveau parti, Unité Populaire. Mercredi 26 Août 2015, cinquante-trois membres du comité central de Syriza ont annoncé leur démission, pour protester contre ce nouveau mémorandum « qui donnera le coup de grâce à un peuple déjà dévasté ».

Mais l’hémorragie ne s’arrête pas là. Le secrétaire du parti, Tassos Koronakis, nommé en janvier 2015, a quitté ses fonctions, tout en restant au sein de la formation et en critiquant à la fois le gouvernement et Panagiotis Lafazanis. Il faisait partie du groupe des cinquante-trois, créé après les élections européennes de mai 2014 et qui se situait entre la ligne d’Alexis Tsipras et la plate-forme de gauche. L’une de ses figures les plus importantes est le ministre des finances, Euclide Tsakalotos, qui a négocié le mémorandum. Alexis Tsipras lui a rendu hommage, Mercredi 26 Août 2015.

Plusieurs députés qui s’étaient abstenus lors du vote du mémorandum ont annoncé qu’ils ne se représenteraient pas aux élections. La présidente du parlement, Zoé Konstantopoulou, en rupture avec le gouvernement d’Alexis Tsipras, devrait créer son propre parti qui pourrait s’allier à celui de Panagiotis Lafazanis pour les élections législatives anticipées. Le nom de Manolis Glézos, le vétéran de Syriza et héros de la seconde guerre mondiale, qui n’a pas ménagé ses critiques depuis quelques mois contre Alexis Tsipras, est souvent cité comme partant, mais il n’a pas pris encore sa décision. Au moins dix mille membres sur les quelque trente-cinq mille du parti devraient l’avoir quitté, en grande partie pour rejoindre Unité Populaire.

« Abolir le mémorandum »

« Dans ma section, les principaux membres permanents ne sont plus là », explique Voula Hadjiathanassiadou, l’ancienne secrétaire de Syriza dans le quartier de Pangrati, au centre d’Athènes. Proche de la plate-forme de gauche sans y appartenir, cette ancienne professeure de grec a quitté le parti au cœur de l’été avant même la signature du mémorandum. « Syriza a gagné les élections en promettant d’abolir le mémorandum. Et il en signe un nouveau. Depuis des décennies, on attend l’arrivée de la gauche grecque au pouvoir. Pour qu’au bout de quelque mois Alexis Tsipras reprenne la formule de Margaret Thatcher, il n’y a pas d’alternative. Mais, dans toute l’Europe, nous nous sommes battus contre cette formule ».

« Le parti, ce n’est pas Alexis Tsipras, il y avait plus de trente mille militants qui sont contre le mémorandum », s’indigne Ioanna Gaitani, députée d’Unité Populaire.

A la section de Gizi, Ierasmos Zakaratos s’énerve devant ce genre d’argument, les trente-six pour cent recueillis lors des législatives de janvier et les soixante-deux pour cent du non au référendum, cela dépasse largement le nombre des militants de Syriza ». Syriza a changé de dimension, avec la crise, qui lui a permis de dépasser l’étiage des cinq pour cent qu’il avait à chaque élection. Alexis Tsipras a transformé la douzaine de groupes qui composaient la coalition de la gauche radicale en un parti mais la mutation est restée inachevée.

A Gizi, les membres présents restent fidèles à la ligne du premier ministre, mais les murs montrent que les choses vont un peu vite pour eux. Dans la bibliothèque, les œuvres de Lénine figurent en bonne place. Les murs sont tapissés d’affiches qui témoignent des luttes passées. Une caricature représentant l’ancien premier ministre conservateur Constantin Caramanlis, entre 2004 et 2009, surmontée d’un grand non rappelle la lutte contre les projets de privatisation entrepris par le dirigeant de la Nouvelle Démocratie, notamment celui d’une partie du port du Pirée au groupe chinois Cosco.

Le sujet suscite encore la gêne. « Avec la chute des bourses chinoises, la priorité de Pékin ne devrait pas être de privatiser le reste du Pirée », veut croire l’avocat Isidore Saridis. Mercredi 26 Août 2015, le ministre de l’économie, Georges Stathakis, a rappelé qu’il voulait mener à bien le programme de privatisations imposé par les créanciers pour désendetter le pays.

« Les mémorandums sont des machines qui détruisent les partis qui les mettent en œuvre. C’est vrai dans le monde entier. Nous l’avons vu en Grèce avec le Pasok qui était plus puissant que Syriza. Cela va aller très vite quand le plan commencera à être mis en œuvre en octobre 2015. Il ne restera plus rien de Syriza », prophétise Stathis Kouvelakis, l’un des conseillers de Panagiotis Lafazanis à Unité Populaire.

Face à ce risque de délitement, Syriza organise à Athènes une grande réunion de ses cadres de toute la Grèce, Samedi 29 Août et Dimanche 30 Août 2015 pour travailler sur le programme de la campagne électorale pour le scrutin des élections législatives anticipées qui devrait se dérouler Dimanche 20 Septembre 2015.

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1 septembre 2015 2 01 /09 /septembre /2015 16:48

http://en.enikos.gr/ekloges-2015/34277,New-setback-for-Tsipras-as-Syrizas-youth-says-party-is-bankrupt.html

Nouveau revers pour Alexis Tsipras quand la jeunesse de Syriza dit que le parti est en « faillite »

Mardi Premier Septembre 2015

La section de la jeunesse de Syriza a annoncé qu’elle ne soutiendra pas le parti lors des prochaines élections législatives nationales du Dimanche 20 Septembre 2015.

Dans un nouveau revers pour Alexis Tsipras, la majorité des jeunes de Syriza ont annoncé qu'ils ne peuvent pas soutenir un parti qui a accepté de mettre en œuvre le plan de sauvetage avec les créanciers de la Grèce.

Dans un communiqué de presse intitulé « la faillite de Syriza », la jeunesse du parti explique pourquoi elle se différencie de la politique du gouvernement et elle appelle ses membres à soutenir les partis contre les mémorandums dans les élections.

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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 20:02

http://www.orientxxi.info/magazine/insurrection-citoyenne-en-irak,0991

Insurrection citoyenne en Irak contre la corruption et la mainmise iranienne

Par Feurat Alani

Lundi 24 Août 2015

Malgré la guerre qui s’enlise contre l’organisation de l’État Islamique, malgré les tensions attisées pour diviser sunnites, chiites et kurdes, un mouvement citoyen voit le jour en Irak pour en finir avec un pouvoir corrompu et confessionnel. Il exprime, de manière fragile, une volonté de reconstruire une nation irakienne indépendante, loin des ingérences étrangères, y compris celles de l’Iran.

« Cette révolution, on pourrait l’appeler la révolution du thermomètre », ironise Faysal, trente-huit ans, l’un des tout premiers manifestants de la place Tahrir à Bagdad. Faysal aime se présenter comme laïc et libéral, un courant selon lui majoritaire chez les manifestants de la place Tahrir. « Ici, il n’y a que des jeunes qui ne veulent pas du mélange entre la religion et la politique et des personnes plus âgées qui ont milité à gauche durant des années », explique-t-il. « Dans le sud à Nadjaf et à Bassora, c’est différent, ils sont plus à l’écoute des partis religieux, mais ce qui nous rassemble tous, laïcs, religieux et apolitiques, c’est non seulement la lutte contre la corruption et contre les défaillances des services publics mais surtout un besoin de changement de système ».

« La chaleur a eu du bon en Irak, elle a montré que la société civile irakienne est encore là. On ne parle plus de l’organisation de l’État Islamique mais du peuple irakien » se réjouit Mazen, vingt-cinq ans, lui aussi venu manifester sur la place Tahrir.

Le rassemblement, spontané, a été provoqué par une vague de chaleur insupportable, sans l’électricité que les gouvernements irakiens successifs depuis 2003 avaient promis de rétablir.

Or, douze ans après l’invasion américaine, il n’y a en moyenne que trois heures d’électricité par jour, « sauf chez les ministres », note Mazen. Commerçant dans le quartier central de Karrada, il a fermé boutique pour aller scander des slogans comme « non aux voleurs, non au gouvernement, oui à l’Irak ».

Sous la pression de la rue, le premier ministre actuel Haïdar al Abadi a proposé des réformes sans précédent, à commencer par la suppression des postes inutiles et de la gabegie de l’état.

Il s’attelle ainsi à remplacer de hauts fonctionnaires de l’administration centrale et des provinces, tout en « oubliant » volontairement les quotas confessionnels et partisans usuels.

La compétence sera désormais mise en avant.

Le « nouvel empereur »

« Pourquoi avoir attendu douze ans pour donner la priorité aux compétences et non au clientélisme ? Les irakiens ont été trompés durant des années, ils veulent que cela cesse », s’exclame le journaliste et écrivain Sarmad al Taïe à Bagdad. Pour lui, cette crise est beaucoup plus profonde qu’un soulèvement contre l’incompétence des services publics. Il affirme que ce qui se joue actuellement relève d’une lutte interne entre deux courants contradictoires au sein des mouvements chiites, les nationalistes et les partisans de l’Iran. Si les manifestants sont volontairement descendus dans les rues, certaines organisations en ont profité pour tenter de les instrumentaliser. À l’instar du Hachd al Chaabi, les « unités de mobilisation populaire », la milice soutenue militairement par l’Iran en la personne du général Ghassem Souleimani pour lutter contre l’organisation de l’État Islamique. « Cette milice est montée en puissance et se sent aujourd’hui beaucoup plus légitime et probante que les dirigeants actuels. Elle vise désormais une représentation politique et a cherché à utiliser ces manifestations pour renverser le pouvoir représenté par son rival, le premier ministre Haïdar al Abadi », analyse-t-il. Le journaliste va encore plus loin. Selon lui, cette lutte se mène directement entre le pouvoir iranien et le clergé chiite irakien. « D’un côté, le premier ministre Haïdar al Abadi a réussi à rallier la plus haute autorité chiite, Ali al Sistani, de l’autre côté, le général Ghassem Soleimani est soutenu par les courants islamistes et par Nouri al Maliki. Un changement de cap sans précédent est en train de s’opérer », affirme le journaliste spécialiste des mouvements chiites.

L’analyste politique Wathak al Kader abonde dans le même sens. « Haïdar al Abadi a fait des concessions. Il a réussi un coup politique, celui de transformer ces manifestations en combat patriotique et non sectaire. Cela a augmenté sa popularité. La question se pose désormais de la réponse de l’Iran et du courant islamiste de son parti qui voit d’un mauvais œil son approche patriotique », s’inquiète-t-il. De hauts gradés de l’armée irakienne, joints par téléphone et souhaitant rester anonymes, confirment l’implication non seulement militaire mais politique de celui qu’ils surnomment « le nouvel empereur d’Irak », le général Ghassem Souleimani. Ce dernier se sentirait directement menacé par Haïdar al Abadi qui, au détriment de son prédécesseur Nouri al Maliki, est en train de gagner la rue.

Est-ce la fin de l’Irak tel qu’on l’a connu depuis 2003 ? Pour la première fois depuis le changement de gouvernement, les irakiens contestent directement ce qu’ils considèrent comme étant l’obstacle majeur au développement, le système politique mis en place par les américains, avec son paradigme arbitraire de quotas et de séparation des pouvoirs en fonction des confessions, encourageant ainsi un sectarisme perpétuel et sans autre alternative à long terme. Et la mainmise de l’Iran sur les affaires intérieures de l’Irak depuis le départ des soldats américains. Même à Kerbala, fief chiite, les manifestants scandent désormais ce slogan, « l’Iran dehors, Bagdad est désormais libre ».

Rivalité entre Nouri al Maliki et Haïdar al Abadi

Mais une autre menace est à prendre au sérieux. Nouri al Maliki, ancien premier ministre, avait réagi aux manifestations dans un discours tenu le 9 août 2015. Il les avait comparées au soulèvement de Fallouja et de Ramadi dans le département d’al Anbar. « Ces manifestations ne doivent pas se transformer en sit-in prolongé comme ce fut le cas dans la province d’al Anbar. Ces manifestations ne doivent pas demander la chute du gouvernement. Il faut réconcilier ce gouvernement, non pas le faire tomber. Si ce gouvernement tombe, rien n’empêchera de faire tomber le prochain, et que gagnera l’Irak ? Nous regretterons ensuite l’époque d’aujourd’hui et nous regretterons le bain de sang causé par cette chute », a-t-il déclaré devant des centaines de militants. Un discours perçu comme un ultimatum envers les manifestants de Tahrir. « Nous devons faire sortir le Hachd al Chaabi du terrain politique », a ainsi répondu le premier ministre actuel, fort de sa nouvelle popularité. « Il faut qu’il y ait une barrière de séparation. Nous ne pouvons pas impliquer des combattants dans une rivalité politique », a-t-il insisté.

C’est justement en réaction au discours de Nouri al Maliki que l’ayatollah Ali al Sistani, la principale figure religieuse du pays, a officiellement demandé à Haïdar al Abadi « d’avoir le courage d’évincer les hommes qui participent à la corruption et à la gabegie de l’état ». Le parlement a ensuite soutenu Haïdar al Abadi en votant les réformes qu’il proposait. Le lendemain, les manifestants ne demandaient plus la chute du gouvernement, mais le maintien du premier ministre actuel. Nouri al Maliki a ainsi perdu la bataille politique. Reste que sur le plan militaire, Haïdar al Abadi est désavantagé par rapport à Nouri al Maliki qui bénéficie du soutien de l’armée et de forces paramilitaires comme le Hachd al Chaabi et qui vient de se rendre à Téhéran, sans aucun doute pour chercher des appuis. S’il a officiellement soutenu Haïdar al Abadi dans ses réformes, dont la première est de supprimer son poste de vice-président, rien ne dit qu’il soutiendra son rival sur le terrain militaire. En parallèle, une commission parlementaire a désigné l’ancien premier ministre Nouri al Maliki et trente-cinq autres personnes comme les responsables de la chute de Mossoul, la deuxième ville du pays, tombée aux mains de l’organisation de l’État Islamique en juin 2014, un outil de plus pour écarter l’ancien premier ministre.

La fin d’un système ?

Et qu’en sera-t-il des kurdes et des sunnites ? Si les sunnites soutiennent de facto les réformes, c’est également pour revenir au rang d’acteurs à Bagdad et pour contrer l’influence de l’Iran.

Quant aux kurdes, comme à l’accoutumée, ils resteront les faiseurs de roi et choisiront le camp qui protègera leurs intérêts. Pour Sarmad al Taïe, c’est probablement la fin d’un système. « Il se dit dans les couloirs du parlement qu’un comité du parti al Daawa va être organisé pour soutenir Haïdar al Abadi et éloigner le courant de Nouri al Maliki et ainsi prendre un peu de distance avec l’Iran. On parle même de modifier la constitution », s’étonne le journaliste.

Certes, les manifestations actuelles cachent une lutte interne entre les factions chiites, mais elles détermineront aussi la place des autres confessions et des ethnies sur l’échiquier politique. À moins qu’on ne les désigne désormais que par ce qu’elles ont en commun, la citoyenneté irakienne. Reste une question en suspens, quelle sera la réaction du « nouvel empereur », le général Ghassem Souleimani ?

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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 19:26

http://www.coquelicausse.fr/cooperative-integrale-catalane-nous-pouvons-vivre-sans-capitalisme

Coopérative intégrale catalane

Nous pouvons vivre sans capitalisme

Jeudi 27 Août 2015

Ils fraudent le fisc pour financer la révolution. Avec un budget de quatre cent quatre-vingt-dix mille euros, la Coopérative Intégrale Catalane (CIC) tente de construire ses propres « services publics coopératifs » dans le domaine de la santé, du logement, du transport ou encore de l’éducation. Leur but, se passer de l’euro, de l’état et des banques.

Au pied de la Sagrada Familia, des cars venant du monde entier déversent chaque jour des marées de touristes qui rendent laborieuse la progression sur les trottoirs. Tous veulent leur selfie avec en arrière-plan l’Objet Volant Non Identifié (OVNI) architectural d’Antoni Gaudi.

Deux pâtés d’immeubles en contrebas, au numéro deux cent soixante-trois de la rue Sardenya, se niche une autre curiosité, mais elle n’apparaît sur aucun guide touristique.

L’immeuble baptisé Aurea Social a tous les attributs du siège d’une entreprise de service prospère. Pourtant, c’est un squat. Sûrement le plus luxueux de Barcelone qui compte pourtant une soixantaine de centres sociaux autogérés comme celui-ci. Quand on s’approche de l’entrée, la porte automatique s’ouvre sur le guichet en bois verni de la réception. Dans ce dédale de bureaux et de couloirs, des groupes de personnes s’affairent, en réunion ou le visage rivé sur leur ordinateur pendant que d’autres font du yoga ou cultivent des plantes médicinales interdites sur l’immense toit-terrasse avec vue sur le haut de la Sagrada Familia. Quand on rentre dans les toilettes, les lumières s’allument sans que l’on ait besoin d’appuyer sur l’interrupteur. On peut régler le système de ventilation de chaque pièce avec une télécommande.

Mais le faste du bâtiment n’est pas la seule chose qui le distingue des lieux alternatifs barcelonais. Aurea Social abrite aussi le quartier général de la CIC. Ce mastodonte de l’alternative créé en 2010 compte plus de deux mille membres et dispose cette année d’un budget de quatre cent quatre-vingt-dix mille euros dédié à la construction d’un nouveau monde.

Ces activistes ne demandent pas de meilleures retraites, l’instauration d’une taxe carbone ou la séparation entre banques de dépôt et banques d’investissement. Ils ne demandent rien. Et pour cause. « Nous rejetons l’état comme système de contrôle basé sur l’exploitation de l’être humain », expliquent-t-il dans l’appel à la révolution intégrale qui leur sert de manifeste officieux.

La CIC s’est donné pour logo une fleur multicolore inspirée de la permaculture. Chaque pétale représente une commission et un secteur de la vie, santé, éducation, logement, alimentation, transport et technologie, que la coopérative tente d’extraire des griffes du capitalisme et de l’état pour les remettre dans les mains de ses utilisateurs. Ils veulent créer leur propres « services publics coopératifs » gérés par leurs usagers. Exit les politiciens professionnels, les personnes décident de ce qui les concerne lors d’assemblées quinzomadaires ouvertes à tous. Leur but, se passer progressivement de l’euro, de l’état et des banques et prouver que « nous pouvons vivre sans capitalisme ».

Un rêve d’adolescents immatures, peut-être, toujours est-il qu’ils n’attendent pas le grand soir pour commencer à le réaliser. En quatre ans, ils ont financé ou facilité la création de deux logements sociaux coopératifs, d’une école libre, de deux ateliers de machines-outils collectivisées, d’un centre de santé, d’une colonie éco-industrielle qui travaille sur la souveraineté technologique et d’une banque autogérée sans intérêts.

La coopérative a également popularisé des techniques et des machines pour rouler en utilisant le moins possible de pétrole et dynamisé une monnaie parallèle utilisée par deux mille personnes mais aussi un atelier de transformation de produits écologiques, des greniers alimentaires et une centrale de distribution de nourriture biologique couvrant toute la Catalogne.

La CIC a aussi permis à une dizaine de communautés de trouver des terres pour s’installer en zone rurale et aide les personnes sur le point de se faire expulser de leur logement à le garder ou à en trouver un autre.

Pour faire tourner cette grosse machine, la CIC verse des « assignations », sorte d’argent de poche pour activistes, à environ soixante-dix personnes qui touchent entre deux cent et neuf cent euros par mois, en fonction de leurs besoins. Pour financer ses activités, elle ne demande évidemment pas de subventions. En fait, elle se sert elle-même dans les caisses de l’état via l’insoumission fiscale.

L’insoumission fiscale, pour comprendre, je m’éloigne de Barcelone et emprunte les routes ridiculement étroites qui mènent vers un fournil coopératif dans le nord-ouest de la Catalogne.

Angel m’accueille avec un sourire et referme rapidement la porte derrière moi afin de ne pas perdre la chaleur du four. Ce trentenaire aux allures de gendre idéal est boulanger autodidacte, mais il est aussi hors la loi. Sa coopérative tourne bien, pourtant elle ne verse pas un sou au fisc espagnol. D’ailleurs, aux yeux de l’état, l’entreprise n’existe pas. Angel et ses cinq collaborateurs se répartissent les revenus de leur activité sans que l’administration ne voie la couleur d’un euro.

Comment cela est-il possible ? Il est membre de Libertanonima, nom modifié pour ne pas faciliter le travail du fisc, une coopérative créée par la CIC qui sert de parapluie juridique à des petits artisans et commerçants, les dispensant ainsi de créer leur entreprise. Elle propose à ses « socios auto ocupados », membres auto entrepreneurs, un service comptable et administratif mutualisé et sert d’interface entre eux et l’état. En échange de ces services, les membres paient une participation à la coopérative proportionnelle à leurs recettes et lui versent la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) qu’ils auraient dû payer à l’état. Dans le cas d’Angel, un peu plus de mille euros par an, une somme largement inférieure aux charges qu’il aurait dû payer s’il avait monté une entreprise classique.

« Aux yeux de la loi, nous sommes des coopérateurs bénévoles de la coopérative », m’explique-t-il en me montrant l’attestation fournie par Libertanonima qu’il garde dans un tiroir en cas de contrôle. « C’est comme si nous étions un groupe de cyclistes, que nous avions un local et que nous travaillions dessus ensemble ». Sauf qu’ici, les cyclistes sont boulangers et tirent un revenu de leur activité. « Ce n’est pas illégal, ce n’est pas légal », précise-t-il. « Nous jonglons avec la loi ». D’ailleurs il parle de sa situation avec détachement et ne requiert pas l’anonymat. Et si jamais les enquêteurs du fisc décident de le contrôler, il les renvoie vers le siège de Libertanonima.

La banquière devenue révolutionnaire

Ils seront reçus à Aurea Social par Angels, une ancienne banquière qui a décidé de rejoindre les rangs révolutionnaires. Dans son bureau aux parois de verre, cette femme au chignon sévère et aux cheveux grisonnants les attend de pied ferme. « Ils sont déjà venus deux fois et n’ont rien trouvé à redire, nous jouons au chat et à la souris avec l’état. Et pour l’instant, la souris gagne », dit-elle avec un sourire satisfait, tout en s’affaissant sur le dossier flexible de son siège. Angels fait partie des soixante-dix personnes qui touchent des assignations. Pour m’expliquer le complexe montage juridique qui leur a jusqu’à présent permis de passer outre la vigilance du fisc, elle saisit un crayon et une feuille et se met à dessiner.

L’astuce est la suivante, Libertanonima demande à ses membres de faire passer leurs factures personnelles pour des frais professionnels, ce faisant la coopérative équilibre artificiellement sa balance de TVA. Elle verse donc à l’état une somme dérisoire et réinjecte le reste dans son réseau militant. La CIC a créé plusieurs coopératives comme Libertanonima afin de noyer le poisson et de limiter les risques. Ils font en effet attention à ne jamais excéder les cent vingt mille euros de fraude potentielle, afin de ne pas encourir de poursuites pénales. Quand une coopérative s’approche du chiffre fatidique, une nouvelle entité est créée.

De la fraude fiscale à des fins sociales

A la tête de ces « parapluies juridiques », cinq personnes, pour la plupart insolvables, sont prêtes à assumer les risques judiciaires. Piquete est l’une d’entre elles. Quand il ne chante pas des chansons révolutionnaires, ce cinquantenaire aux allures de rocker qui affiche son engagement anarchiste sur son T-shirt prend part à la commission juridique de la CIC. Volubile, il est adepte de la « désobéissance civile et économique » et prend son rôle très au sérieux. « En 1936, il y a eu une révolution libertaire ici en Catalogne. Des milliers d’entreprises ont été collectivisées et nous avons fonctionné sans chef pendant trois ans. Mais pour rendre cela possible, il a fallu des décennies de préparation morale et culturelle. C’est ce que nous essayons de faire avec la CIC, nous créons des outils pour faciliter la transition. Nous préparons la révolution tout en la faisant ».

Et leurs outils ne s’adressent pas qu’aux militants professionnels. Restaurateurs, maraîchers, bijoutiers, bûcherons, brasseurs, graphistes, documentaristes et éditeurs, ils sont près de sept cent artistes, artisans ou petits commerçants, seuls ou en mini collectifs de travail, à utiliser le statut de « socio auto ocupado ». Mais la CIC n’a rien inventé. Nombre d’entreprises capitalistes font également de l’optimisation fiscale afin de se soustraire à l’impôt. Sauf qu’ici, les gains sont distribués de manière collective à des projets sociaux. De la fraude fiscale en bande organisée, oui, mais à des fins révolutionnaires.

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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 18:57

http://www.impact24.info/appel-du-collectif-pour-une-algerie-unie-et-solidaire

Appel du collectif « pour une Algérie unie et solidaire »

Dimanche 23 Août 2015

Un comité de vigilance et d’alerte s’est constitué sur la base de la conscience aiguë de chacune et de chacun qu’à Ghardaïa se joue le sort de l’Algérie d’une part et la sauvegarde de l’héritage de la lutte de nos ancêtres contre la conquête coloniale dès le 6 juillet 1830.

L’objectif de ce comité est celui de la sauvegarde de cet héritage, à savoir l’existence de notre nation dans le respect des appartenances riches et multiples de notre société. Cette défense suppose le rejet et l’exclusion des éléments qui rejettent l’appartenance et l’édification d’un état national au profit d’un état ethnique ou confessionnel.

C’est pourquoi, fidèles à l’esprit du 20 août 1956 et au projet de société contenu dans la déclaration du congrès de la Soummam, en cette date anniversaire, les membres de ce collectif « pour une Algérie unie et solidaire » se déclarent mobilisés autour des positions suivantes.

Ils dénoncent les luttes de clans qui conduisent le pays à une situation chaotique, chaque partie utilisant la société en vue de régler ses différents. De ce fait, partout dans le pays, nos concitoyens sont pris au piège de manœuvres qui ont, aujourd’hui, pour théâtre la wilaya de Ghardaïa mais déjà observées par le passé dans d’autres régions, Kabylie, Touggourt et Bordj Badji Mokhtar.

Ils observent que la situation économique et le contexte géo politique se détériorent chaque jour davantage et que la cohésion sociale s’affaiblit aussi sous les coups de boutoir de forces étrangères dont certaines se réclament d’une lecture religieuse et que d’autres prétendent défendre des « minorités politiques » alors même qu’elles contribuent à la production d’un chaos qui repose sur leur stigmatisation.

Avec inquiétude, les signataires observent que l’objectif, ici, est précisément la destruction du tissu national algérien. De ce fait la situation dans le pays, et particulièrement pour les catégories les plus fragiles, s’aggrave chaque jour davantage.

Les signataires interpellent le pouvoir algérien dont ils rappellent la charge de protection des biens et des personnes.

Ils condamnent l’instrumentalisation, d’où qu’elle vienne, du communautarisme et du séparatisme qui constituent des menaces pour le tissu national.

Elles et ils dénoncent les appels à la haine.

Ils appellent à la défense des principes de liberté d’expression et de conscience comme d’égalité entre tous les citoyens et les citoyennes.

Ils réaffirment leur attachement à la défense des droits humains.

Enfin les signataires se déclarent ouverts à toute initiative en vue de rétablir le dialogue entre les algériens et les algériennes comme à toute action en faveur d’un renforcement de la démocratie, des droits humains et de la cohésion sociale.

Le collectif appelle la société civile algérienne à se mobiliser afin de faire échec aux agressions de toutes sortes. Nous demandons à tous et toutes de demeurer vigilants et de manifester leur solidarité en se mobilisant en vue de dénoncer toute atteinte aux droits d’où qu’elle vienne, dans la wilaya de Ghardaïa comme partout à travers le territoire national.

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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 18:49

Manifestation nationaliste à Kiev, un garde national tué (Reuters)

Un membre de la garde nationale ukrainienne a été tué et près de quatre-vingt-dix autres ont été blessés, dont quatre grièvement, Lundi 31 Août 2015, par des jets de grenades lors d'une manifestation nationaliste devant le parlement de Kiev.

A l'issue d'une séance houleuse, les députés de la Rada venaient de voter un projet de décentralisation accordant une plus grande autonomie aux régions séparatistes de Donetsk et de Louhansk, dans l'est du pays, aujourd'hui en grande partie contrôlées par les rebelles pro-russes.

Le premier ministre, Arseni Iatseniouk, et son ministre de l’intérieur, Arsen Avakov, ont accusé le principal mouvement nationaliste ukrainien, Svoboda, d'être à l'origine des violences devant le parlement.

Arseni Iatseniouk a accusé « des forces politiques prétendument pro-ukrainiennes de chercher à ouvrir un second front dans le centre du pays alors que la Russie et ses bandes tentent de détruire l’état ukrainien dans l’est ».

Un conseiller du ministre de l’intérieur a annoncé sur facebook qu'un garde national âgé de vingt-cinq ans avait succombé à ses blessures. « En plus d'avoir recours à des grenades, les provocateurs utilisaient des armes à feu », a-t-il dit.

Le président Petro Porochenko doit s'adresser à la nation dans la journée.

Lors du vote du Lundi 31 Août 2015, en première lecture, deux cent soixante-cinq députés de la Rada se sont prononcés en faveur du projet de loi de décentralisation, trente-neuf de plus que ce qui était nécessaire à ce stade pour que le texte ne soit pas enterré.

PROJET CONTESTÉ

A la mi-juillet, la Rada avait déjà appuyé un projet préliminaire allant dans ce sens.

Le texte a été soumis par le président Petro Porochenko, sous la pression des dirigeants occidentaux, dans le cadre de l'accord de cessez-le-feu conclu en février 2015 à Minsk, la capitale biélorusse.

Si ce projet de loi n'est pas jugé contraire à la constitution, il devra recueillir les voix d'au moins trois cent des quatre cent cinquante députés de la Rada pour être adopté lors de son examen final.

De nombreux membres de la coalition au pouvoir, notamment l'ancien premier ministre Ioulia Timochenko, se sont violemment opposés à cette réforme, qui pourrait avoir du mal à recueillir les trois cent voix nécessaires à son adoption définitive.

Les opposants à ce texte jugent qu'il affaiblit l'Ukraine dans sa lutte contre les séparatistes pro-russes, alors que la trêve conclue en février 2015 a été régulièrement violée sur le terrain.

« L'adoption de cette loi permettra à nos partenaires occidentaux de faire pression sur la Russie pour qu'elle applique trois éléments-clés de l'accord de Minsk, le cessez-le-feu, le retrait des forces russes du territoire ukrainien et le rétablissement des contrôles à la frontière », a déclaré lors du débat parlementaire Maksim Bourbak, député du Front Populaire, le parti du premier ministre.

« ILLUSION DE LA PAIX »

« Nous devons aider la coalition internationale contre Vladimir Poutine », a renchéri Youri Loutsenko, du Bloc Porochenko.

Mais ces déclarations n'ont pas convaincu les adversaires du projet.

« Cette modification de la constitution est anti-ukrainienne, elle sert les intérêts de Vladimir Poutine dans son projet de détruire l'Ukraine », a dit le dirigeant du Parti Radical, Oleh Liachko.

Pour Ioulia Timochenko, « cette décentralisation n'est pas le chemin vers la paix, au contraire, et elle nous conduira à abandonner une partie de notre territoire. Vladimir Poutine n'a pas besoin du Donbass. Ce qu'il veut, c'est la guerre en Ukraine. Notre rôle est de remettre les négociations sur le bon chemin afin de ramener la paix, pas l'illusion de la paix », a-t-elle poursuivi.

Plus de six mille cinq cent personnes ont été tuées depuis le début du conflit dans l'est de l'Ukraine en avril 2014, après l'annexion de la Crimée par la Russie en réponse au renversement du président ukrainien pro-russe Victor Ianoukovitch.

Les dirigeants ukrainiens et les séparatistes pro-russes sont convenus Mercredi 26 Août 2015 de mettre un terme à toutes les violations du cessez-le-feu.

Samedi 29 Août 2015, la France, la Russie et l'Allemagne ont soutenu cet appel à un strict respect de la trêve et estimé qu'une nouvelle rencontre avec le président ukrainien pourrait être utile dans les prochaines semaines.

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