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19 février 2016 5 19 /02 /février /2016 17:10

http://www.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2016/02/18/les-associations-nationales-presentes-a-calais-s-opposent-a-l-eviction-de-la-jungle_4867987_1654200.html

Les associations nationales présentes à Calais s’opposent à l’éviction de la jungle

Par Maryline Baumard

Jeudi 18 Février 2016

Elles l’ont toutes signée. Les associations nationales qui œuvrent à Calais viennent d’adresser une lettre au ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, lui demandant de « surseoir à l’évacuation » de la moitié de la jungle. Vendredi 12 Février 2016, la préfète du Pas-de-Calais, Fabienne Buccio, avait annoncé qu’elle donnait une semaine aux exilés qui campaient sur la moitié sud de la lande, à quelques kilomètres de Calais, pour quitter les lieux. Elles leur proposent de s’installer dans des conteneurs, qui offrent sept cent cinquante places, à quelques centaines de mètres, ou de rejoindre un Centre d'Accueil et d'Orientation (CAO) ailleurs en France.

Emmaüs France, Secours Catholique, Secours Islamique, CIMADE, Fédération Nationale des Associations d’accueil et de Réinsertion Sociale (FNARS), Médecins Du Monde (MDM), ATD Quart Monde et Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement (CCFD), ont signé en commun une lettre de deux pages rappelant leur « profonde opposition à ce projet qui ne s’accompagne pas, à ce jour, de véritables solutions alternatives ». Il ne s’agit pas pour ces associations de s’opposer au démantèlement de la jungle, mais de rappeler à l'état ses incohérences passées et l’absence de solutions d’accueil dignes, à leurs yeux, de ce nom. Elles ont dû déménager en avril 2015 les centaines de migrants campant dans la ville de Calais et elles s’agacent du fait que les réfugiés, qui « ont occupé la lande à la demande voire sous la contrainte des forces de l’ordre » pour vider le centre de la ville, en soient aujourd’hui chassés.

Absence de comité de pilotage national

Mais elles analysent surtout les solutions proposées comme défaillantes, ou pour le moins « très loin de répondre aux besoins et aux problèmes rencontrés ». Pour elles, les CAO, qui ont reçu depuis le mois d’octobre 2015 près de trois mille migrants un peu partout en France, ont été « mis en œuvre dans une telle improvisation qu’ils ne sont pas en mesure de répondre à leur objet, absence de comité de pilotage national et de coordination locale entre les services publics, les élus locaux, les opérateurs et les associations ». A cela s’ajoute l’inhumanité du camp de conteneurs voisin, où est censée aller une partie des personnes évacuées, qui ne « dispose pas de lieux de convivialité et où l’on semble vouloir tuer toute vie sociale », comme le regrette un bénévole interrogé cette semaine.

Les associations rappellent également au ministre que l'état a été récemment condamné pour ses « défaillances manifestes y compris pour les plus vulnérables ». Le juge du tribunal administratif de Lille vient en effet de rappeler que la France ne remplissait pas ses devoirs envers les mineurs isolés. Pour les signataires, l’évacuation prévue ne ferait donc « qu’ajouter des tensions aux tensions et fragiliser plus encore les quelques milliers d’exilés que la France et la Grande Bretagne se montrent incapables d’accueillir convenablement ».

Par ailleurs, profitant du contexte de Brexit, qui autorise une mise à plat des relations franco-britanniques, les associations ont élargi leur missive à une requête plus politique, la renégociation des accords du Touquet, qui placent la France et Calais dans cette situation, à leurs yeux inacceptable.

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19 février 2016 5 19 /02 /février /2016 16:54

https://www.npa2009.org/actualite/social-autres/collectifs-goodyear-une-premiere-etape

Collectifs Goodyear, première étape

Par Robert Pelletier

Mercredi 17 Février 2016

Une salle Ambroise Croizat de la bourse du travail de Paris bien remplie avec plus de deux cent militants pour ce qui était censé être une première réunion des collectifs Goodyear de la région parisienne. Dans leurs entrées en matière, Fiodor Rilov, avocat des Goodyear, et Mickaël Wamen, ancien responsable du site d'Amiens, ont rappelé les enjeux juridiques et politiques de la mobilisation en soutien aux huit salariés condamnés, mettre un coup d'arrêt à la criminalisation de l'action militante syndicale et, par la même occasion, empêcher que ne se propage l'idée que revendiquer et défendre son emploi peut mener à des condamnations lourdes voir à la prison.

Des enjeux que Cédric, militant de la Confédération Générale du Travail (CGT) d'Electricité Réseau Distribution France (ERDF), condamné pour « entrave à la liberté du travail », et Patrick Picard, secrétaire de l'Union Départementale CGT de Paris, ont souligné en rappelant la longue liste des mobilisations qui se sont heurtées à la répression. De nombreuses interventions des militants présents ont fait le lien entre la multiplication des cadeaux au patronat, l'état d'urgence, et une répression qui s'amplifie contre toutes celles et tous ceux qui résistent. De nombreuses interventions pour affirmer la nécessité de faire se rejoindre toutes les colères dans une mobilisation nationale « tous ensemble, le même jour ».

Reste à construire cette mobilisation, avec l'exigence que les organisations syndicales, politiques et associatives, permettent cette convergence et proposent des initiatives rassembleuses et inscrites dans la durée.

A cette étape la construction d'un réel réseau de comités contre la répression, les discriminations et la criminalisation, reste le premier enjeu. Les prochaines réunions régionales de soutien aux huit de Goodyear et la réunion nationale du 12 mars 2016 doivent permettre de commencer cette construction notamment en dépassant les hésitations et les sectarismes et en se dotant d'outils de centralisation transparents et démocratiques.

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19 février 2016 5 19 /02 /février /2016 16:37

https://www.npa2009.org/communique/projet-de-loi-el-khomri-droit-du-travail-etat-durgence

Projet de loi de Myriam el Khomri

Droit du travail, état d’urgence

Jeudi 18 Février 2016

Le patronat et la droite osaient à peine en rêver, le gouvernement de François Hollande et de Manuel Valls se propose de passer à l'acte, faire table rase de plus d'un siècle de droits des salariés conquis souvent de haute lutte.

Les soixante et un principes du rapport de Robert Badinter, qui placent le bon fonctionnement de l'entreprise sur le même plan que les libertés fondamentales des salariés, prennent tout leur sens.

Avec ce projet de loi, le gouvernement commence la réécriture du droit du travail avec la méthode préconisée par le rapport de Jean Denis Combrexelle, hormis pour quelques règles élémentaires, les accords d'entreprise peuvent revoir à la baisse tout ce que prévoit le code.

Le premier inventaire est terrifiant.

Le temps de travail hebdomadaire pourrait être poussé jusqu'à soixante heures, le temps de repos minimum descendre sous les onze heures, le temps de travail journalier passer à douze heures et les astreintes prises sur le temps de repos.

Le forfait-jour serait applicable dans les entreprises de moins de cinquante salariés sans accord d'entreprise.

Afin de neutraliser le déclenchement des heures supplémentaires, le temps de travail pourrait être calculé sur trois ans.

La diminution de la rémunération des heures supplémentaires jusqu'à dix pour cent devient possible dans toutes les entreprises.

Les apprentis pourraient travailler jusqu'à dix heures par jour, au lieu de huit heures aujourd'hui, et quarante heures par semaine, au lieu de trente cinq heures aujourd'hui.

Des accords permettant d'augmenter le temps de travail des salariés sans contrepartie deviennent possibles même en l'absence totale de difficultés économiques, accords dits de développement de l'emploi.

Des accords permettant licenciements et baisse des rémunérations pourront être conclus en cas de reconnaissance des difficultés économiques de l'entreprise temporaires, deux trimestres, limitées à la France et à une seule entreprise d'un groupe.

En cas de refus de modification du contrat de travail, conséquence de tels accords, les salariés seront licenciés pour motif personnel, sans possibilité d'en contester la cause réelle.

Elargissement considérable des motifs de licenciement économiques, une baisse de commandes sur plusieurs trimestres devient suffisante.

Plafonnement des indemnités prud'homales à un maximum de quinze mois de salaires pour licenciement illicite ôtant toute possibilité aux juges d'apprécier la réalité du préjudice subi.

Validation par référendum d'un accord d'entreprise même si les syndicats représentant soixante dix pour cent des salariés s'y opposent.

Au total, il s'agit d'un droit du travail où la règle est la liberté totale pour les employeurs avec des salariés « libres » de leurs choix avec un revolver sur la tempe et des syndicats mis hors jeu.

Unitaire, rapide, regroupant partis, syndicats, associations et organisations de chômeurs, la riposte du monde du travail doit être à la hauteur, dans la rue et par la grève.

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19 février 2016 5 19 /02 /février /2016 16:20

http://www.liberation.fr/debats/2016/02/16/une-post-democratie-aux-airs-de-prerevolution_1433769?refresh=36378

Une post démocratie aux airs de pré révolution

Par Sophie Wahnich, directrice de recherche en histoire et science politique au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS)

Mardi 16 Février 2016

Les citoyens n’ont plus aujourd’hui de véritable pouvoir de contrôle sur leur devenir, un peu comme le tiers état à la veille de la révolution

Nous vivons, en France et en Europe, une époque de post-démocratie. Les citoyens n’ont plus de véritable pouvoir de contrôle sur leur devenir. Leurs manifestations sont méprisées et leur vote falsifié. Depuis 2005, les peuples européens savent qu’ils ont face à eux des pouvoirs financiers plus puissants que leur misérable affirmation symbolique et morale.

Le traité de Lisbonne a ainsi enterré Emmanuel Kant et son « véritable enthousiasme pour le droit » comme « aspiration morale du genre humain ». Ne restait manifestement, « entre l’homme et l’homme, que le froid intérêt, les dures exigences du paiement au comptant et les eaux glacées du calcul égoïste ». Plus récemment, le non grec, lui aussi résultat d’une mobilisation massive, n’a pas infléchi la violence de la troïka et la Grèce a été vendue à l’encan au nom de la dette. Chacun sait désormais que la loi comme principe protecteur des pouvoirs du peuple est morte en Europe, retour à l’arbitraire et au rapport de forces mis à nu. Une politique encastrée dans l’économique affirme qu’il est naturel que le un pour cent des plus riches dominent les quatre vingt dix neuf pour cent.

A ce titre notre post démocratie pourrait ressembler à la pré révolution.

Emmanuel Joseph Sieyès, dans « qu'est-ce que le tiers état », affirmait en effet, « qui donc oserait dire que le tiers état n’a pas en lui tout ce qu’il faut pour former une nation complète ? Il est l’homme fort et robuste dont un bras est enchaîné. Si l’on ôtait l’ordre privilégié, la nation ne serait pas quelque chose de moins, mais quelque chose de plus. Ainsi qu’est ce que le tiers état ? Tout, mais un tout entravé et opprimé. Que serait-il sans l’ordre privilégié ? Tout, mais un tout riche et florissant. Rien ne peut aller sans lui, tout irait infiniment mieux sans les autres ».

Or l’on sait que ce tiers état représentait quatre vingt dix huit pour cent de la population. Emmanuel Joseph Sieyès écrit l’hiver 1789 où se préparent encore des cahiers de doléances et les élections des députés aux états généraux.

Il faut les réunir pour trouver une solution à la dette. La campagne électorale se fait dans un climat de crise, disette et chômage augmenté car les marchandises britanniques ont pénétré le marché français après le traité d’Eden, qui a abaissé les droits de douane. L’industrie française est affaiblie, le cours du vin français chute du fait d’une relative surproduction. Le complot de famine ressurgit, il y a bien des gens qui veulent affamer le peuple et ce sont les puissants qui ne se sont donné que le mal de naître.

Le désir d’en finir avec une société qui ne respecte pas l’humanité et la dignité de tous ses membres au nom de privilèges vécus désormais comme iniques attise la construction du mouvement des « patriotes ». Entendez de ceux qui veulent que cela change et s’organisent. Ils obtiennent le doublement du tiers état, une vraie subversion de la vieille institution. Mais rien n’est joué, car il reste à savoir si le tiers votera par tête, car on parle encore des hommes comme on parle du bétail, ou par ordre, et alors cette petite victoire n’aura été que symbolique.

La subversion devra passer par un bras de fer aux états généraux, refuser de reconnaître les ordres et donc réclamer d’emblée que les pouvoirs soient vérifiés en « commun ». Attendre, attendre et dire oui, Emmanuel Joseph Sieyès a raison, nous sommes, sans les nobles, le véritable pouvoir constituant. Les nobles manquent à leur devoir de présence et ne veulent pas siéger à nos côtés ? Nous ferons sans eux.

Aujourd’hui, le changement peut aussi passer par la subversion. Mais suffit-il de fabriquer des élections primaires pour faire bascule ? Encore faudrait-il que l’enjeu des élections soit lui-même subverti. Non pas élire un chef de l’exécutif plus ou moins autoritaire, mais un candidat destituant et instituant qui serait le pivot d’une nouvelle grande transformation constituante en France et en Europe. Obtenir ou préparer des élections primaires sans changer la logique électorale de cette cinquième république, c’est comme obtenir le doublement du tiers sans le vote par tête, obtenir un grand changement apparent pour que rien ne change.

Il n’empêche, le doublement du tiers a ouvert la possibilité de mener une bataille politique intense et incertaine en mai 1789 qui renversa l'ancien régime. Lorsque la victoire de l'assemblée nationale constituante aurait pu être ravie par une répression monarchique et militaire, les parisiens prirent les armes et la Bastille.

Les propositions citoyennes multiples et contradictoires, qui fusent dans notre contexte d’arbitraire politique et d’état d’urgence, témoignent au moins d’une chose, certains sont encore enthousiastes, malgré tout.

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18 février 2016 4 18 /02 /février /2016 20:15

http://www.humanite.fr/espagne-les-huit-syndicalistes-dairbus-acquittes-599435#xtor=RSS-1

Huit syndicalistes d’Airbus acquittés en Espagne

Communiqué de la Confédération Générale du Travail Force Ouvrière (CGT FO)

Les huit syndicalistes espagnols d’Airbus, contre qui le ministère public avait requis de lourdes peines de prison pour fait de grève, ont tous été acquittés, Mercredi 17 Février 2016.

La mobilisation a payé. Une manifestation avait réuni près de dix mille personnes, Mardi 9 Février 2016 à Madrid, alors que s’ouvrait leur procès, à l’appel notamment des deux plus importantes confédérations syndicales du pays, l'Union Générale des Travailleurs (UGT) et la confédération syndicale des commissions ouvrières (CCOO). « Ils ne sont pas huit. Nous sommes des milliers », pouvait-on lire sur la banderole de tête.

Trois cent syndicalistes poursuivis pour fait de grève

Fortes de cette première victoire, les organisations syndicales continuent d’exiger l’abrogation de l’alinéa trois de l’article trois cent quinze du code pénal sur lequel s’appuient les employeurs et les autorités pour criminaliser le droit de grève, pourtant garanti par la constitution.

Le procès des huit d’Airbus a été d’autant plus emblématique que près de trois cent syndicalistes sont aujourd’hui poursuivis en Espagne pour fait de grève.

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18 février 2016 4 18 /02 /février /2016 19:52

http://www.unitepopulaire-fr.org/2016/02/14/un-amendement-de-n-chountis-portant-sur-le-taux-reduit-de-tva-pour-les-iles-approuve-au-parlement-europeen

Un amendement de Nikos Chountis portant sur le taux réduit de Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) pour les îles grecques approuvé par le parlement européen

Le gouvernement SYRIZA ANEL se compromet avec l'augmentation de la TVA pour les îles grecques

Le parlement européen a approuvé Jeudi 4 Février 2016 par quatre cent quatre vingt quinze voix un amendement rédigé et soumis au vote par le député européen d'Unité Populaire, Nikos Chountis, dans le cadre du vote, portant sur le régime spécial accordé aux îles grecques, de la commission de développement régional.

L’amendement « photographie » la Grèce et plus particulièrement les îles grecques, il rapporte ainsi que « sur certaines îles européennes, des régulations fiscales spéciales ont été concédées » et il souligne qu’il convient de maintenir ces régulations, particulièrement dans ceux des états membres qui ont été placés sous programme « d'ajustement fiscal ».

L’amendement de Nikos Chountis a été cosigné par les députés européens de la Gauche Unitaire Européenne (GUE), la députée grecque Sophia Sakorafa, les cinq députés espagnols de Podemos, Tania González Peñas, Miguel Urbán Crespo, Lola Sánchez Caldentey, Xabier Benito Ziluaga et Estefanía Torres Martínez, et deux députés chypriotes du parti progressiste des travailleurs (AKEL), Neoklis Sylikiotis et Takis Chadzigeorgiou.

Nikos Choundis, après le vote d’approbation de l’amendement, a fait la déclaration suivante, « cet amendement, voté à une très large majorité, par le parlement européen, expose au grand jour la compromission du gouvernement SYRIZA ANEL qui s’est hâté de supprimé le taux réduit de TVA pour toutes les îles de la mer Égée, y compris les plus petites, les plus pauvres et les plus isolées, celles qui subissent l’énorme pression migratoire. Il est évident que ce gouvernement s’est refusé à exploiter jusqu’aux traités et aux mécanismes de l’Union Européenne qui autorisent l’existence de régulations fiscales particulières pour les zones insulaires, il a, au contraire, préféré consentir à la suppression du taux réduit de TVA, se pliant ainsi aux exigences des concurrents de la Grèce dans le secteur du tourisme ».

Ci-après, l’amendement tel qu’il a été approuvé, « le parlement européen rappelle qu'il a été concédé à certaines îles des régulations fiscales particulières compensant les désavantages permanents, d’ordre naturel, géographique et démographique, de ces îles, souligne l’importance des régulations particulières en question pour les entités sociales et économiques locales, et demande que ces régulations continuent à s’appliquer, particulièrement dans ceux des états membres soumis à des programmes d’ajustement économique ».

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18 février 2016 4 18 /02 /février /2016 19:28

Avis de tempête politique et syndicale contre la loi de Myriam el Khomri (Reuters)

A peine dévoilé, le projet gouvernemental de réforme du code du travail, salué par le patronat, suscite des réactions de rejet à gauche et de la part des syndicats, ce qui laisse présager une rude bataille au parlement, voire une crise politique.

Le texte confirme la durée légale de trente cinq heures de travail par semaine. Mais pratiquement tout le reste est ouvert à la négociation collective, y compris la rémunération des heures supplémentaires, voire laissé à la discrétion de l'employeur dans certains cas, en l'absence d'accord.

Il assouplit aussi l'établissement de forfaits annuels individuels en jours ou en heures et étend cette possibilité aux entreprises de moins de cinquante salariés, non couvertes par un accord collectif, dans la limite de deux cent trente cinq jours travaillés.

Les syndicats voient dans cette disposition une façon parmi d'autres de contourner la durée légale de trente cinq heures.

Même le premier secrétaire du Parti Socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, a déclaré qu'il ne voterait pas en l'état ce texte, que la ministre du travail, Myriam el Khomri, doit présenter le 9 mars 2016 en conseil des ministres.

Une position partagée par Karine Berger, députée du Parti Socialiste, proche de l'aile gauche du parti, selon qui l'examen du projet de loi par l’assemblée nationale commencera au début du mois d’avril 2016.

« Les propositions sur la réforme du travail sont inacceptables », a renchéri, Jeudi 18 Février 2016 sur son compte twitter, Yann Galut, député « frondeur » du Parti Socialiste. « Je promets à Myriam el Khomri une bataille parlementaire homérique ».

Le chef de file des frondeurs, Christian Paul, avait dénoncé, Mercredi 17 Février 2016, un « contresens » économique et politique et fait état d'une « grande incompréhension au sein de la majorité ».

La gauche de la gauche n'est pas en reste, « face à la casse du code du travail, nous avons un devoir, insoumis sans compromis », a dit sur son compte twitter le cofondateur du Parti de Gauche et candidat aux élections présidentielles de 2017 Jean-Luc Mélenchon.

Vers l’article quarante neuf alinéa trois

Son partenaire du Front De Gauche (FDG), le secrétaire national du Parti Communiste Français (PCF), a jugé que ce texte disqualifiait le chef de l’état et le premier ministre pour ce scrutin, « François Hollande ou Manuel Valls ne peuvent pas représenter la gauche dans cette élection », a déclaré Pierre Laurent sur iTELE.

A droite, Eric Woerth, ancien ministre du travail des Républicains, a salué sur Europe 1 un texte qui « déverrouille les trente cinq heures », la durée légale du travail hebdomadaire.

Mais l'ancien premier ministre des Républicains, François Fillon, a mis en doute la « légitimité démocratique » du gouvernement à faire cette réforme.

Dans ces conditions, l'exécutif, désespérément en quête d'une martingale pour réduire d'ici 2017 un chômage record, risque de devoir recourir à l'article quarante neuf alinéa trois de la constitution, qui permet d'adopter un projet de loi sans vote, obligeant les députés à faire tomber le gouvernement s'ils s'y opposent.

Une procédure évoquée par Myriam el Khomri dans les Echos de Jeudi 17 Février 2016, mais jugée « gravissime » par la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann, classée à la gauche du Parti Socialiste.

« C'est un aveu. Toutes les grandes lois qui remettent en cause les grands acquis sociaux de notre pays ne peuvent passer qu'avec l’article quarante neuf alinéa trois », a-t-elle déclaré sur France Info.

Les syndicats dénoncent par avance un déni de démocratie.

Le secrétaire général de Force Ouvrière (FO), Jean-Claude Mailly, a jugé « cocasse », pour un gouvernement qui a fait du développement du dialogue social une priorité de devoir passer par l’article quarante neuf de la constitution pour un projet de loi comme celui-ci.

« Je suggère au gouvernement, s'il n'arrive pas à avoir une majorité, de faire un référendum », a-t-il dit sur iTELE.

Enfumage manifeste

Le troisième alinéa de l’article quarante neuf a déjà été utilisé pour la loi très contestée sur la croissance et l'activité du ministre de l’économie, Emmanuel Macron, dont les syndicats voient la main dans le nouveau texte, notamment dans deux de ses dispositions les plus controversées, le plafonnement des indemnités pour licenciement abusif et la définition élargie des motifs de licenciement économique.

Ces mesures étaient demandées par le patronat pour remédier à « la peur d'embaucher » des chefs d'entreprises.

Le président du mouvement des entreprises de France (MEDEF), Pierre Gattaz, a jugé que le projet de loi allait « dans le bon sens », de même que la Confédération Générale des Petites et Moyennes Entreprises (CGPME), qui s'est cependant montrée plus prudente en estimant que « les avancées potentielles » risquaient de rester des « mirages » pour les Petites et Moyennes Entreprises (PME) et de profiter surtout aux grandes entreprises.

Si le numéro deux de la Confédération Française et Démocratique du Travail (CFDT), Véronique Descacq, juge positifs le renforcement du rôle de la négociation et l'introduction du Compte Personnel d’Activité (CPA), qui réunira tous les droits du salarié, les autres syndicats sont beaucoup plus sévères.

Joseph Thouvenel, vice-président de la Confédération Française des Travailleurs Chrétiens (CFTC), autre syndicat réformiste, juge ce texte « très dangereux » pour les salariés.

Franck Mikula, secrétaire national de la Confédération Française des Entreprises Confédération Générale des Cadres (CFE CGC), dénonce « un enfumage manifeste qui consiste à laisser croire qu'on va sauver la France en flexibilisant les garanties des salariés » et demande une « réaction commune » des syndicats.

« Je suis très en colère », a-t-il dit à Reuters. « Il n'y a rien pour les salariés. On transforme le code du travail en instrument de sécurisation des entreprises ».

La polémique naissante sur la loi de Myriam el Khomri risque de compliquer la négociation entre les partenaires sociaux sur une nouvelle convention d'assurance-chômage, qui commence Lundi 22 Février 2016.

« Cela va radicaliser les positions », estime Franck Mikula. « Plus ce gouvernement va vouloir flexibiliser les salariés, plus on aura besoin d'une assurance-chômage d'un excellent niveau ».

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18 février 2016 4 18 /02 /février /2016 18:53

Après l’attentat d’Ankara, la Turquie accuse les kurdes syriens (Reuters)

Les plus hautes autorités turques ont affirmé Jeudi 18 Février 2016 que l'attentat à la voiture piégée qui a fait vingt huit morts la veille à Ankara avait été commis par les séparatistes kurdes de Turquie et de Syrie, ce que ces derniers ont aussitôt démenti.

Intervenant en direct à la télévision, le premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, a déclaré que l'attaque suicide dans le centre de la capitale turque était le fait d'un milicien kurde syrien qui a agi en coopération avec le parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), les séparatistes kurdes de Turquie.

« A la lumière des informations que nous avons réunies, il a été clairement établi que cette attaque a été menée par les membres de l'organisation terroriste présente en Turquie, le PKK, avec un membre des unités de protection du peuple (YPG) venu de Syrie », a-t-il dit dans une intervention retransmise en direct à la télévision.

Les YPG, branche armée du parti de l’union démocratique (PYD) kurde syrien, sont considérées comme une organisation terroriste par Ankara.

Le président turc, Tayyip Recep Erdogan, a insisté, « même si les dirigeants du PYD et du PKK disent qu'il n'y a aucun lien avec eux, sur la base des informations obtenues par notre ministre de l’intérieur et nos services du renseignement, il a été établi que l'attentat avait bien été commis par eux ».

Les enquêteurs turcs s'appuient sur des empreintes digitales relevées à l'intérieur de la voiture qui correspondent à celles d'un syrien du nom de Salih Necar, entré en juillet 2014 sur le sol turc. Né en 1992 à Hassaké, dans le nord de la Syrie, Salih Necar appartient aux milices YPG, a dit Ahmet Davutoglu. Ankara dit également qu'il a été en contact avec le PKK et les services syriens.

Mais pour les dirigeants kurdes syriens, les accusations d'Ankara ne sont qu'un prétexte pour justifier l'escalade militaire dans le conflit syrien.

« Nous réfutons absolument cela », a dit Saleh Muslim, coprésident du PYD joint par téléphone par l'agence Reuters. « Je peux vous garantir que pas une seule balle n'a été tirée par les YPG contre la Turquie. Ils ne considèrent pas la Turquie comme un ennemi », a-t-il ajouté.

« Ahmet Davutoglu prépare quelque chose d'autre », a accusé le coprésident du PYD.

Mise en garde à la Russie

Selon l'armée turque, l'attentat visait des cars de transport militaire à l'arrêt à un feu rouge. L'intersection se situe à moins de cinq cent mètres du parlement et l'explosion a eu lieu à l'heure de pointe, vers 18 heures 30. Vingt-six soldats figurent au nombre des vingt huit morts. L'attentat a également fait une soixantaine de blessés.

Ahmet Davutoglu, qui était attendu Jeudi 18 Février 2016 à Bruxelles pour parler d'immigration, a renoncé à s'y rendre et Recep Tayyip Erdogan a reporté une visite en Azerbaïdjan.

Depuis le week-end dernier, l'artillerie turque bombarde les positions des YPG dans le nord de la Syrie, afin notamment de les empêcher de prendre la ville d'Azaz, à une dizaine de kilomètres de la frontière turque.

Ankara redoute que la branche armée du PYD, en s'en emparant, ne prennent le contrôle de la centaine de kilomètres de frontière commune avec la Turquie qui lui échappe encore.

Azaz est situé sur le dernier axe de circulation possible pour les rebelles entre la Turquie et Alep, la grande ville du nord de la Syrie où les forces de Bachar al Assad, appuyées par l'aviation russe, mènent une offensive depuis le début du mois.

Ahmet Davutoglu a précisé que ces tirs de barrages se poursuivraient.

« L'attentat du Mercredi 17 Février 2016 visait directement la Turquie et ses auteurs en sont les YPG et l'organisation terroriste séparatiste du PKK. Toutes les mesures nécessaires seront prises à leur encontre », a-t-il dit.

« J'aimerais prévenir la Russie, qui apporter un soutien aérien aux YPG dans leur progression sur Azaz, de ne pas se servir de ce groupe terroriste contre les populations innocentes de Syrie et de Turquie », a poursuivi le chef du gouvernement turc.

Il a également confirmé que l'aviation turque avait bombardé dans la nuit du Mercredi 17 Février au Jeudi 18 Février 2016 des bases arrières du PKK dans le nord de l'Irak.

Des sources au sein de la rébellion syrienne ont par ailleurs rapporté jeudi matin que les forces turques avaient laissé ces derniers jours quelque deux mille rebelles syriens repasser en Syrie depuis la Turquie pour aller combattre les miliciens kurdes dans le secteur d'Azaz. Ils font également état d'un accroissement des livraisons turques d'armes et de munitions.

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17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 20:02

Un attentat à Ankara fait vingt huit morts et soixante et un blessés (Reuters)

L'attentat commis Mercredi 17 Février 2016 à Ankara contre des cars transportant des militaires a fait vingt huit morts et soixante et un blessés, a annoncé Numan Kurtulmus, porte-parole du gouvernement turc.

Une voiture piégée a explosé à l'heure de pointe à proximité de cars militaires près du quartier général des forces armées et à moins de cinq cent mètres du parlement.

L'attentat n'a pas encore été revendiqué.

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17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 19:38

Feu vert du parlement pour prolonger l’état d’urgence (Reuters)

Le parlement français a donné Mardi 16 Février 2016 son feu vert à une nouvelle prolongation pour trois mois, jusqu'au 26 mai 2016, de l'état d'urgence décrété après les attentats du Vendredi 13 Novembre 2015.

Le texte est définitivement adopté, l’assemblée nationale ayant approuvé dans les mêmes termes que le sénat le projet de loi présenté par le ministre de l’intérieur, seul le groupe Front De Gauche (FDG) et la majorité du groupe Europe Ecologie Les Verts (EELV) votant contre.

Les députés l'ont adopté par deux cent douze voix contre trente et une voix.

« C’est pour permettre à notre pays de faire face à une menace exceptionnellement grave que le gouvernement a décidé de prendre, dans le respect scrupuleux des principes de l’état de droit, des mesures exceptionnelles », a dit Bernard Cazeneuve.

L'état d'urgence avait été prolongé une première fois pour une durée de trois mois, Vendredi 20 Novembre 2015, jusqu'au 26 février 2016.

Prévu à l'origine par la loi du 3 avril 1955, c'est une procédure exceptionnelle qui fut appliquée notamment pendant la guerre d'Algérie ou bien encore en 2005 lors des émeutes dans la banlieue parisienne. Le projet de loi en cours de navette entre les deux assemblées prévoit de le constitutionnaliser.

Le ministre de l’intérieur a précisé devant les députés que trois mille trois cent soixante dix neuf perquisitions administratives avaient été réalisées depuis son instauration.

Elles ont permis la saisie de cinq cent quatre vingt armes, dont deux cent vingt armes longues, cent soixante et onze armes de poing, quarante deux armes de guerre et cent quarante sept autres armes, a-t-il dit. Bernard Cazeneuve a ajouté que trois cent quatre vingt quinze interpellations avaient eu lieu, entraînant trois cent quarante quatre gardes à vue et l'ouverture de cinq cent soixante seize procédures judiciaires.

« Sur les trois cent quarante quatre gardes à vue, soixante sept condamnations ont d’ores et déjà été prononcées et cinquante quatre décisions d’écrou ont été prises, soit respectivement dix neuf pour cent et seize pour cent des gardes à vue, ce qui correspond à des chiffres absolument majeurs », a-t-il dit.

Il a également précisé que quatre cent assignations à résidence avaient été prononcées depuis le début de l’état d’urgence.

Enfin, cent soixante six référés ont été soumis à la juridiction administrative mais douze suspensions seulement ont été prononcées.

Par ailleurs, si cent quinze recours au fond ont été introduits, une seule annulation a été prononcée jusqu’à présent.

« Aujourd’hui, deux cent quatre vingt quatre assignations à résidence sont toujours en vigueur, dont quatre vingt trois pour cent concernent des individus surveillés par nos services de renseignement », a expliqué le ministre.

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