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9 mars 2016 3 09 /03 /mars /2016 20:55

http://paris.demosphere.eu/rv/45371

Manifestation Stop Etat d'Urgence

Samedi 12 Mars 2016 à 14 heures à Paris de la place Saint Michel vers la place Edmond Rostand

Levée immédiate de l'état d'urgence et de l'état d'exception permanent

Abandon de la constitutionnalisation de l'état d'urgence et de la déchéance de nationalité

Arrêt de la répression et de la stigmatisation des manifestants, des militants des mouvements sociaux, des migrants, des musulmans, ou supposés l'être, et des quartiers populaires

Respect de la liberté de manifester, de se réunir et de s'exprimer

Dix arguments contre l'état d'urgence

L'état d'urgence est inutile

Depuis 1986, une vingtaine de lois antiterroristes ont été votées, la plupart du temps en réaction à des attentats, en 1986, en 1996, après le 11 septembre 2001, après les attentats de Madrid, en 2004, ou de Londres, en 2005. Ces lois n'ont pas empêché que des attentats soient commis en France, par contre elles ont multiplié les mesures d'exception et les régimes particuliers.

L'état d'urgence frappe principalement les mouvements sociaux, les quartiers populaires et les musulmans

Depuis le Vendredi 13 Novembre 2015, des manifestations de mal logés, de femmes, de réfugiés, d'écologistes et de salariés ont été interdites. Des militants sont poursuivis pour avoir bravé l'interdiction. Des militants des mouvements sociaux, des musulmans, ou supposés l'être, et des habitants de quartiers populaires ont été assignés arbitrairement à résidence et/ou ont subi des perquisitions violentes et des humiliations, sans lien avec le terrorisme. L'état refuse réparation à certaines victimes collatérales des attentats, comme les habitants de l'immeuble pris d'assaut par le RAID à Saint Denis ou les victimes d'abus policiers.

La déchéance de la nationalité dans la constitution est une menace pour trois millions sept cent mille binationaux

Réclamée par l'extrême droite, cette mesure crée deux catégories de citoyens alors que, selon la constitution, les citoyens sont libres et égaux en droit. Elle est d'autant plus grave qu'elle pourrait être étendue ultérieurement à d'autres délits que le terrorisme.

L'état d'urgence et la déchéance sont inefficaces

D'après les statistiques officielles, les autorités ont procédé à trois mille deux cent quarante deux perquisitions entre le 14 novembre 2015 et le 29 janvier 2016. Quatre perquisitions ont abouti à l'ouverture d'une enquête pénale pour une infraction effectivement liée au terrorisme selon le droit français. Quant à la déchéance de nationalité, tout le monde s'accorde pour dire qu'elle n'arrêtera jamais un terroriste.

L'état d'urgence a été, est et sera toujours dangereux pour la démocratie

La loi sur l'état d'urgence a été votée en 1955, en pleine guerre d'Algérie. C'est sous couvert de l'état d'urgence que, le 17 octobre 1961, le préfet Maurice Papon a fait assassiner des centaines d'algériens à Paris. C’est encore sous l'état d'urgence que, le 8 février 1962, le même Maurice Papon faisait interdire une manifestation pour la paix, ce qui conduira à l'assassinat par la police de neuf militants au métro Charonne. Cette loi a été appliquée ensuite contre la révolte des banlieues en 2005 par le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy. Depuis son instauration, Vendredi 13 Novembre 2015, elle a servi contre les réfugiés et leurs soutiens, les féministes, les écologistes, les musulmanes et musulmans, ou supposés tels, et des syndicalistes.

L'histoire nous montre que toutes les lois d'exception servent à durcir le pouvoir et à réprimer la population. Si l'état d'urgence était inscrit dans la constitution, un gouvernement autoritaire aurait les mains libres pour frapper durement les opposants.

Avec l'état d'urgence, l'armée s'installe dans le paysage

Avec cet état d'exception sans fin, car le terrorisme est aussi sans fin, l'état mobilise inutilement des dizaines de milliers de policiers et de militaires, patrouillant des heures dans les rues uniquement pour laisser croire à la population qu'elle est protégée. Ce climat de militarisation durable de la société nourrit la peur de l'autre. La sur-mobilisation des forces répressives réduit la capacité de faire face au terrorisme que l'on prétend combattre.

L'arbitraire policier et étatique est renforcé, le contrôle du juge est affaibli

C'est un acte de défiance à l'égard des juges qui font leur travail dans des conditions précaires. C'est une grave erreur de limiter son contrôle face aux attentats. Les lois existent, mais les moyens manquent, chaque fait divers le démontre. L'état d'urgence consacre ainsi à la fois la marginalisation du juge et l'accroissement des atteintes aux libertés sur des critères vastes et flous d'ordre public.

Le gouvernement crée un régime d'exception

Inscription de l'état d'urgence dans la constitution et prolongation de l'état d'urgence jusqu'à l'adoption d'une nouvelle loi anti-terroriste qui renforce les pouvoirs de la police, le gouvernement multiplie les régressions démocratiques. Un complexe militaire, sécuritaire et numérique, se met en place, débouchant sur une société de contrainte et d'hyper surveillance. La loi de renseignement et le renforcement du contrôle sur Internet en sont l'illustration.

L'état d'urgence devient la règle

La loi sur le crime organisé et le terrorisme qui arrive en débat va encore plus loin. Elle permettra, sans le contrôle du juge et hors l'état d'urgence, les perquisitions de nuit, les contrôles d'identité, la fouille des bagages et la garde à vue arbitraire pendant quatre heures sans avocat. Un policier pourra ouvrir le feu contre un individu armé qui ne le vise pas, ou garder son arme de service vingt quatre heures sur vingt quatre. Le « délit prédictif » est introduit dans l'état d'urgence, le simple soupçon qu'une personne pourrait commettre un délit pourra suffire à justifier une assignation à résidence, ou une perquisition.

L'Etat renforce la répression et fragilise la cohésion

La guerre est la cause du terrorisme. Au lieu de militariser la société, de réprimer les mouvements sociaux comme les huit de Goodyear et de laisser le ver raciste frayer son chemin, il faudrait rechercher la paix, abolir le contrôle au faciès et les camps de rétention, introduire dans la constitution le droit de vote des étrangers, ouvrir de nouveaux droits sociaux et réduire les inégalités.

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9 mars 2016 3 09 /03 /mars /2016 20:33

Vives critiques au parlement européen contre l’accord entre l’Union Européenne et la Turquie (Reuters)

Le projet d’accord entre l’Union Européenne et la Turquie sur le sort des réfugiés syriens a été accueilli par des réserves, voire de vives critiques Mercredi 9 Mars 2016 au parlement européen, certains groupes politiques évoquant un « ignoble marchandage ».

Le texte, qui a été discuté Lundi 7 Mars 2016 à Bruxelles et qui doit être finalisé au conseil européen du Jeudi 17 Mars et du Vendredi 18 Mars 2016, prévoit qu’Ankara reprenne tous les migrants arrivés en Europe via son territoire en échange d'une aide financière accrue et d'une accélération des négociations d'adhésion à l’Union Européenne.

Pour chaque syrien reconduit en Turquie depuis la Grèce, un autre syrien de Turquie serait par ailleurs accueilli dans un état membre de l'Union Européenne.

Le Parti Populaire Européen (PPE) et le Parti des Socialistes et des Démocrates (PSD), les deux principales formations représentées à Strasbourg mais aussi à la tête des gouvernements des vingt huit pays de l’Union Européenne, se sont félicités du résultat tout en affichant leurs réserves.

« Pour une fois, il semble qu’une solution globale soit à portée de main », a souligné l’allemand Manfred Weber, président du groupe PPE. Angela Merkel, la chancelière allemande, s’est beaucoup investie dans l’accord avec la Turquie.

« Mais attention à ne pas tout mélanger. La crise des migrants, c’est un sujet que nous devons traiter ensemble. Celui de l’adhésion c’est tout à fait autre chose », a-t-il ajouté en rappelant le « scepticisme » de son groupe vis-à-vis de cette perspective.

Un refoulement collectif

L’italien Gianni Pitella, son homologue à la tête du PSD, s’est fait plus précis.

« L’accord avec la Turquie est un pas nécessaire mais cet accord ne peut pas être un marchandage sur la peau de réfugiés. Sur les droits de l’homme, sur la liberté de la presse et sur la liberté d’expression, on ne négocie pas », a-t-il affirmé en rappelant la prise de contrôle du journal d’opposition Zaman par les autorités turques et le sort fait à la minorité kurde bombardée par l’armée dans le sud-est du pays.

Mais d'autres groupes sont beaucoup plus critiques.

« Nous délocalisons nos problèmes. Le sultan Recep Tayyip Erdogan détiendra désormais les clés de la porte de l’Union Européenne », s’est insurgé Guy Verhostadt, à la tête de l’Alliance des Libéraux et des Démocrates Européens (ALDE).

L’ancien premier ministre belge voit dans le projet « un refoulement collectif interdit par la convention de Genève » et juge « très problématique » le fait de déléguer la gestion des réfugiés à un pays qui n’a pas ratifié tous les protocoles relatifs au droit d’asile.

Le directeur du Haut Commissariat pour les Réfugiés (HCR) de l’Organisation des Nations Unies (ONU), Filippo Grandi, s’était lui-même inquiété, la veille à Strasbourg, des risques d’une telle procédure « sans que toutes les mesures de sauvegarde et de protection des réfugiés soient mises en place et respectent le droit international ».

L’allemande Gabriele Zimmer, présidente de la Gauche Unitaire Européenne (GUE) a qualifié l’accord « d’ignoble marchandage » et le belge Philippe Lamberts, co-président du groupe Europe Ecologie Les Verts (EELV), de faillite morale. « Au lieu de le sanctionner, on déroule le tapis rouge à un régime qui soumet la justice et la police à la vindicte d’un seul homme, qui musèle et emprisonne toute presse libre, qui disqualifie toute opposition démocratique et qui, pour gagner une élection, relance la guerre civile et bombarde sa propre population », a-t-il dit en référence au conflit kurdo-turc.

Il a invité les Pays Bas, qui président actuellement l’Union Européenne, mais aussi la France, à respecter leur tradition de défense des libertés.

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9 mars 2016 3 09 /03 /mars /2016 20:14

Le bidonville de migrants de Grande-Synthe vidé de ses occupants (Reuters)

Le déplacement des migrants du bidonville de Grande-Synthe, dans le Nord de la France, vers un camp aux normes internationales ouvert par la mairie de Grande-Synthe et par l’Organisation Non Gouvernementale (ONG) Médecins Sans Frontières (MSF) malgré l'opposition du gouvernement, est achevé.

« Les navettes sont terminées aujourd’hui, Mercredi 9 Mars 2016, il ne reste que quelques personnes qui rejoindront le site plus tard dans la soirée », a déclaré, Mercredi 9 Mars 2016, Yann Manzi, responsable de l’association Utopia Cinquante Six, gestionnaire du nouveau camp.

Depuis Lundi 7 Mars 2016, les migrants avaient commencé à se déplacer d’un bidonville boueux et insalubre vers un camp aux normes humanitaires, composé de cabanes en bois chauffées, avec points d’eau et sanitaires.

Un millier de migrants, en majorité des kurdes irakiens, étaient installés Mercredi 9 Mars 2016 dans les cabanes. Les opérations de nettoyage et de déblaiement de l’ancien site du Basroch, près de Dunkerque, devraient débuter Jeudi 10 Mars 2016.

Le maire de Grande-Synthe, l’écologiste Damien Carême, et l’ONG MSF ont décidé de monter et financer ce nouveau centre situé à une quarantaine de kilomètres de Calais.

La préfecture du Nord a tenté de s’y opposer, ne voulant pas voir s’installer dans la durée des migrants dans cette zone. Le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, a confirmé l'opposition des autorités à ce transfert, rappelant que des actions avaient été entreprises pour vider Grande-Synthe.

« En quelques semaines, je le rappelle, nous sommes passés de trois mille à un peu moins de mille personnes », a-t-il déclaré Mercredi 9 Mars 2016 devant la commission des lois de l’assemblée nationale. « La solution à Grande-Synthe ne passe donc pas par un déplacement du campement vers un autre site qui, en raison de sa localisation très passante, pose des problèmes », a-t-il ajouté, précisant que les conditions de sécurité dans le nouveau camp n'avaient pas été avalisées par les autorités.

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9 mars 2016 3 09 /03 /mars /2016 19:47

Mobilisation en demie teinte contre la loi travail (Reuters)

Plus de deux cent mille personnes ont manifesté Mercredi 9 Mars 2016 en France contre la réforme du droit du travail lors d'une journée de mobilisation en demie teinte, présentée comme une mise en jambes par les opposants les plus résolus au projet du gouvernement.

La Confédération Générale du Travail (CGT), la CGT Force Ouvrière et une vingtaine de mouvements de jeunesse avaient appelé à cette journée d'action qui s'est également traduite par le blocage de quatre vingt dix lycées sur quelque deux mille cinq cent établissements, selon les chiffres du ministère de l’éducation nationale.

Parallèlement à une grève des cheminots, dont les revendications portent sur les conditions de travail, cent soixante seize rassemblements ou défilés ont été organisés.

Les organisateurs évaluent le nombre de participants à quatre cent mille, voire cinq cent mille d'après l’Union Nationale des Etudiants de France (UNEF), dont environ cent mille à Paris, vingt mille à Toulouse, plus de dix mille à Lyon, six mille à Rennes ou quinze mille à Bordeaux.

Le ministère de l’intérieur parle de deux cent vingt quatre mille manifestants sur tout le territoire français, dont vingt huit mille pour le cortège parisien, environ dix mille à Toulouse, sept mille à Lyon, quatre mille cinq cent à Rennes et neuf mille à Bordeaux.

Les manifestants entendaient adresser un coup de semonce à l'exécutif, à cinq jours de la conclusion des consultations menées par le gouvernement sur ce projet de réforme, dont une partie de la gauche et des syndicats ne veulent pas.

« Derrière moi et partout en France, c'est une première grosse mobilisation. Nous démarrons fort et il faut donc continuer à élargir », a déclaré Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, interrogé en tête du cortège parisien.

« Il appartient maintenant au gouvernement de prendre conscience du rejet de son projet et d’en tirer les conséquences », peut-on lire dans un communiqué de la CGT Force Ouvrière, qui promet de « maintenir la pression ».

Soulagement au gouvernement

Mais le gouvernement peut pousser un soupir de soulagement, les jeunes ne s'étant, à ce stade, pas massivement mobilisés.

« Nous regardons les choses avec sérénité », a dit le secrétaire d’état aux relations avec le parlement, Jean-Marie Le Guen, qui a ajouté « avoir vu des mobilisations plus fortes ».

A Lyon, le défilé a donné lieu à des heurts entre manifestants et policiers, qui ont essuyé des jets de pierre et riposté au moyen de gaz lacrymogènes. Trois personnes ont été interpelées.

A Nantes, Marseille ou Rennes, des lycéens et des étudiants ont participé à ce mouvement, lancé à l'origine par des organisations de jeunesse comme l’UNEF, la Fédération Indépendante et Démocratique Lycéenne (FIDL), l’Union Nationale Lycéenne (UNL) et le Mouvement des Jeunes Socialistes (MJS).

« La jeunesse à un rôle à jouer pour entraîner le monde du travail avec elle car avec la loi de Myriam el Khomri, nous avons atteint le point de non-retour et c'est tout le système qu'il faut remettre en cause », disait Marine, une étudiante bordelaise.

Les organisations de jeunes ont prévu une autre journée d'action Jeudi 17 Mars 2016, nouveau test avant la vaste mobilisation du Jeudi 31 Mars 2016, sous la forme de manifestations et de grèves, à laquelle appellent à la fois les syndicats étudiant et lycéens, la CGT, la CGT Force Ouvrière et la Fédération Syndicale Unitaire (FSU).

L'humeur de la jeunesse est suivie attentivement par le gouvernement, dix ans après le mouvement qui a contraint le premier ministre d'alors, Dominique de Villepin, à retirer le Contrat Première Embauche (CPE) sous la pression de la rue.

La Confédération Française et Démocratique du Travail (CFDT), principal syndicat réformiste, n'est pas partie prenante à la mobilisation actuelle mais menace de durcir sa position si elle n'obtient pas une réécriture du texte et notamment le retrait de l'article fixant un plafond pour les indemnités prud'homales en cas de licenciement abusif.

« J'invite le gouvernement à faire des arbitrages conséquents avec des modifications substantielles, sinon la CFDT se mobilisera », a dit Laurent Berger Mercredi 9 Mars 2016 sur BFM TV.

Parallèlement, la grève des cheminots a fortement perturbé le trafic, avec un train sur trois sur certaines lignes des Trains à Grande Vitesse (TGV), des Trains Express Régionaux (TER), des Intercités et des Transiliens.

Le trafic est en revanche demeuré quasiment normal pour le métro parisien.

Montée en puissance

Le taux de participation à ce mouvement unitaire organisé par la CGT, l'Union Nationale des Syndicats Autonomes (UNSA), la CFDT et le Syndicat Unitaire et Démocratique (SUD) du Rail, s'élevait parmi les personnels à trente cinq pour cent selon la direction de la SNCF et à environ cinquante pour cent selon la fédération de la CGT des cheminots.

Pour Philippe Martinez, le report du Mercredi 9 Mars au Jeudi 24 Mars 2016 de la présentation du projet de loi en conseil des ministres pour rattraper l'absence de concertation en amont ne suffira pas.

« La CGT a présenté un projet. Nous avons des propositions très concrètes et nous pouvons en discuter dès que ce texte-là est retiré », a-t-il déclaré sur France Inter.

Son homologue de la CGT Force Ouvrière, Jean-Claude Mailly, a réitéré sur Radio Télévision Luxembourg (RTL) sa demande de suspension du projet de réforme pour le remettre à plat, « ils veulent discuter maintenant, mais quinze jours de report, cela ne sert à rien ».

Il a prédit une montée en puissance du mouvement de contestation si le texte est maintenu.

Selon l'entourage de Manuel Valls et ses interlocuteurs des derniers jours, le gouvernement est prêt à « bouger des curseurs », mais sans remettre en cause l'équilibre général du texte.

Le président du mouvement des entreprises de France (MEDEF), Pierre Gattaz, a demandé Mardi 8 Mars 2016 au premier ministre de ne pas « dénaturer » un projet de loi considéré par l'organisation patronale comme une « rupture » salutaire susceptible de relancer les embauches.

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8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 21:05

http://www.regards.fr/qui-veut-la-peau-de-roger-martelli/article/le-front-de-gauche-est-mort-ce

Le Front De Gauche (FDG) est mort ce week-end

Par Roger Martelli

Mardi 8 Mars 2016

Ce que l’on pouvait redouter est advenu. Ces derniers jours ont marqué la fin de la dynamique enclenchée en 2009. A priori, le FDG s’écrit désormais au passé, mettant fin à une espérance qu’il n’a pas su concrétiser.

Jean-Luc Mélenchon a annoncé que des procédures citoyennes, autour de sa candidature et de son site, gèreraient en même temps la campagne des élections présidentielles et des élections législatives de 2017. Le conseil national du Parti Communiste Français (PCF), de son côté, en a appelé à de larges assemblées pour définir un socle programmatique commun et pour désigner des candidatures aux élections législatives, porteuses d’options communes à la gauche tout entière. Jean Luc Mélenchon considère qu’il n’a plus besoin de la médiation d’un FDG moribond. Pierre Laurent déclare formellement que le FDG continue, mais n’y fait plus référence quand il s’agit de définir les cadres politiques des élections présidentielles ou des élections législatives.

On ne fera pas ici un éloge sans nuance d’une expérience de quelques années seulement. Le FDG n’a pas manqué de défauts, parfois consubstantiels. On pouvait chercher à surmonter les défauts, manifestement, les deux initiateurs de 2008 et de 2009 préfèrent tourner la page. Au risque d’oublier que le FdG ne fut pas qu’une structure et qu’il fut le support d’une espérance. À étouffer l’une, on risque fort d’essouffler la seconde, déjà bien secouée depuis 2012.

La rupture plutôt que l’inflexion

Il est toujours possible de se consoler en se disant que l’acteur essentiel, le peuple, est en train de se mobiliser et qu’il va peut-être s’imposer dans la rue. Or l’expérience historique suggère plutôt que la rue peut accompagner de façon décisive une évolution politique, comme par exemple les grèves du printemps 1936. En général, elle ne la crée pas de toutes pièces. Ni 1968 ni 1995 n’ont débouché sur une structuration politique originale et durable. Et pourtant, ce n’étaient ni le besoin ni l’envie qui manquaient pour le faire.

Qu’on le veuille ou non, tout dépend de l’analyse que l’on fait de la situation actuelle. On peut ainsi avancer que le mal vient exclusivement des choix opérés après 2012 par le tandem majeur de l’exécutif, François Hollande et Manuel Valls. Auquel cas, pour remettre la gauche en ordre de marche, il suffit de revenir au moment qui précède l’élection de 2012 et à l’esprit du premier discours de campagne du candidat François Hollande, au Bourget. Au fond, il suffirait d’une simple inflexion à gauche, c’est, en gros, le modèle proposé par Martine Aubry ou Benoît Hamon.

Mais on peut aussi considérer que la source des maux actuels tient à la conjonction d’une mondialisation capitaliste et financière assumée et d’une réorientation socialiste fondamentale entreprise de 1982 à 1984. Auquel cas, ce qu’il convient d’amorcer est une rupture plus globale avec une logique d’adaptation aux supposées contraintes d’un système et avec un modèle même de développement social. C’est cette rupture que vise, depuis plus de vingt ans, ce que l’on a appelé le mouvement social, critique, antilibéral ou alternatif.

Faiblesse persistante de la gauche radicale

On peut tourner et retourner la question dans tous les sens, toujours finit par revenir le même constat, ce mouvement de contestation n’a pas acquis l’épaisseur d’autonomie nécessaire pour peser dans l’espace socio politique. La réponse à l’attente de 1968 fut la logique keynésienne radicale du programme commun, elle déboucha sur l’hégémonie socialiste et s’enlisa dans les premiers recentrages des années 1980. La réponse à l’espérance de 1995 fut la victoire de la gauche plurielle en 1997, elle se termina comme on le sait en 2002. La victoire du non au traité constitutionnel européen de 2005 finit, difficilement, par trouver une réponse dans l’essor du FDG. Mais la faiblesse persistante et globale de la gauche radicale ne put que contribuer à la victoire d’un social-libéral qui ne s’assumait pas alors comme tel.

Le plus décisif aujourd’hui reste donc l’articulation d’un mouvement social contestataire et d’une gauche politique d’alternative, autour d’un projet en rupture avec plus de trente ans de concurrence et de gouvernance entremêlées.

Sans cette affirmation, la gauche perd son ancrage populaire, émousse sa dynamique, peine à gagner et, plus encore, est incapable de réussir si par chance elle passe à son avantage le test des urnes.

Que le socialisme s’enferme dans un social-libéralisme de moins en moins social et de plus en plus libéral, ou qu’il en revienne à une sociale démocratie plus tempérée n’est pas sans importance. Mais cela ne règle pas la question des questions, comment donner force agissante, dans la société et dans les urnes, à un mouvement critique conscient et à une gauche solidement ancrée à gauche ?

Le PCF et ses errements, Jean Luc Mélenchon et sa méthode

En 1936 et à la Libération, la dynamique était du côté du PCF. Il avait ses travers, les effets du stalinisme. Mais il avait sa qualité populaire et sa capacité à incarner de façon plus moderne la vieille tradition plébéienne, démocratique et révolutionnaire française. Dès lors, tout le système politique français et toutes les forces devaient en tenir compte, à gauche comme à droite. En 2017, le même enjeu devrait être au cœur du débat public. Le FDG était un atout pour le faire. Or, le PCF préfère une démarche qui, qu’il le veuille ou non, le ramène à un dialogue entre communisme et socialisme, dans un moment d’affaiblissement structurel continu du PCF. Quant à Jean-Luc Mélenchon, il choisit une méthode qui l’écarte de toute tractation avec le Parti Socialiste, mais qui pousse à un dialogue direct entre le peuple et son candidat.

La première méthode conduit à des errements dont le PCF a fini par payer le prix, les alliances entre le PCF et le Parti Socialiste aux élections régionales, et qui tournent le dos à toute une histoire électorale de la gauche française, jamais ne s’est imposée une formule de rassemblement à gauche au premier tour d’une élection législative. La seconde fait reposer sur l’arbitrage d’un seul la synthèse politique et le mouvement à construire, ce n’est pas dans la continuité de toute une tradition démocratique et populaire française et cela peut limiter la capacité à intégrer toute la complexité de l’esprit critique contemporain.

Faire vivre une gauche bien à gauche, qui rende possible la rupture avec plus de trente années de petits reculs et de grands abandons. D’une manière ou d’une autre, il faudra trouver la meilleure réponse possible à cette exigence en 2017. D’ores et déjà, soyons sûrs qu’elle ne pourra se penser et s’imposer que dans la clarté la plus grande sur ce qui, depuis si longtemps, produit la désaffection populaire, nourrit la spirale financière et désespère la gauche.

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8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 20:49

http://insurge.fr/16WEB/16TRACT/16_03_07_loi_travail_frapper_vite_et_fort.html

Pour le retrait pur et simple du projet de loi de Myriam el Khomri

Frapper vite et fort, même en bousculant

Pour justifier son projet, la ministre du travail a déclaré Mercredi 2 Mars 2016 que « contre le chômage, il faut frapper vite et fort, y compris en bousculant ».

En réalité, ce n'est pas le chômage mais le code du travail que veut frapper Myriam el Khomri. Son projet forme un tout cohérent. La totalité doit être rejetée, y compris certains aspects tel le Compte Personnel d'Activité (CPA), dans la suite de la loi de François Rebsamen.

Le CPA, la question tabou

Le CPA est officiellement « la mesure phare » du projet de Myriam el Khomri. Il menace tous les travailleurs du privé et du public. Ce livret personnel informatisé accumulera tous les renseignements sur le parcours de chacun, stages, formations et compétences. Jusqu'à maintenant, les droits sociaux et conditions de travail sont définis par la loi et les conventions collectives dans le privé ou par le statut des fonctionnaires. Avec le CPA, ces droits seront rattachés à la personne et non au statut du salarié. Chacun aura « son » compte personnalisé et la concurrence entre travailleurs sera exacerbée.

Assez de précarité, de chômage et de petits boulots

Ce sera « chacun pour sa peau » au grand bonheur des patrons.

Ce que veulent Myriam el Khomri, Manuel Valls et François Hollande, c'est ce que veut le patronat, flexibilité et précarité pour tous, sauf pour les patrons et les actionnaires.

Infliger une défaite à Manuel Valls et à François Hollande

C'est donc contre le projet de Myriam el Khomri qu'il faut « frapper vite et fort ».

Le gouvernement et ses amis manœuvrent et cherchent à diviser les opposants.

A l'inverse, pour imposer le retrait du projet, la mobilisation doit être unie et organisée, notamment avec des assemblées générales et des délégués. Rester uni implique que l'on refuse toute discussion et tout « dialogue » cautionnant ce projet.

Manuel Valls et François Hollande savent que s'ils reculent, ce sera toute leur politique qui sera menacée et le gouvernement lui-même.

Raison de plus pour combattre jusqu'au retrait total du projet.

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8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 20:37

Premières manifestations Mercredi 9 Mars 2016 contre la loi travail (Reuters)

De multiples manifestations sont prévues Mercredi 9 Mars 2016 partout en France à l'appel de syndicats, d'organisations de jeunesse et de groupes citoyens pour exiger le retrait du projet de réforme du code du travail, parallèlement à une grève des cheminots.

Les organisateurs présentent cette mobilisation comme une mise en jambes avant la grande journée de grèves et de manifestations d'ores et déjà prévue Jeudi 31 Mars 2016.

« C'est un tour de chauffe pour montrer au gouvernement que le report du projet de suffit pas et que nous voulons le retrait de cette loi », a dit à Reuters Pauline Collet, de l’Union Nationale des Etudiants de France (UNEF), qui s'attend à une mobilisation variable selon les villes.

Cette journée intervient le jour où le projet de réforme devait initialement être présenté en conseil des ministres, avant que le gouvernement ne le reporte au Jeudi 24 Mars 2016 pour négocier à la fois avec les syndicats et sa majorité, très récalcitrante.

Le Parti Socialiste a réclamé, Lundi 7 Mars 2016, des « améliorations » au texte, au terme de débats « très vifs », selon des participants.

La mobilisation de la jeunesse est suivie attentivement par le gouvernement, qui n'a pas oublié la mobilisation organisée il y a dix ans contre le Contrat Première Embauche (CPE) qui avait contraint le gouvernement de Dominique de Villepin à retirer son projet.

A Paris, la préfecture de police prévoit « un dispositif adapté » à une mobilisation comprenant plusieurs cortèges, sans vouloir en livrer le détail.

Un premier cortège se réunira en fin de matinée devant le siège du mouvement des entreprises de France (MEDEF) pour rejoindre le ministère du travail, rue de Grenelle, à l'appel de la Confédération Générale du Travail (CGT), de la CGT Force Ouvrière, de l’Union Syndicale Solidaire et d'une vingtaine d'organisations de jeunesse de gauche.

Les manifestants sont ensuite invités à se joindre à une mobilisation citoyenne lancée sur facebook et soutenue par certains syndicats de jeunes. Le rendez-vous est donné à 14 heures, place de la République à Paris.

Enfin, une troisième action a été lancée sur le réseau social avec comme point de rencontre la place de la Nation, à 11 heures. Elle invite les participants à « bloquer les usines, les routes, les lycées et les facultés pour bloquer l'économie ».

D'autres manifestations sont organisées partout en France, comme à Marseille, Lyon, Toulouse, Montpellier ou Nice.

Plus de deux cent cinquante rassemblements ou actions diverses sont répertoriées sur le site de l'appel facebook.

Les mouvements de jeunes rêvent d'un nouveau mouvement contre le CPE, l’UNEF estimant que la réforme du code du travail portée par le gouvernement ressemble « trait pour trait à ce que faisait Dominique de Villepin il y a dix ans. La modernité, ce n'est pas toujours plus de précarité. Le message envoyé en 2006, c’est de demander à être respecté dans l’entreprise », a déclaré le président de l’UNEF, William Martinet.

Des leaders étudiants voient dans les dernières déclarations du ministre de l’économie Emmanuel Macron, ou de la ministre du travail Myriam el Khomri, affirmant que le projet est bon pour la jeunesse, une forme de mépris.

La pétition contre la loi travail lancée par la militante Caroline de Haas sur le site www.change.org a atteint Mardi 8 Mars 2016 un million cent quatre vingt douze mille deux cent cinquante signataires.

Les cheminots, qui contestent eux aussi le projet de loi, seront également en grève Mercredi 9 Mars 2016 pour défendre leurs conditions de travail et le trafic sera fortement perturbé.

Les quatre syndicats, qui n'avaient pas appelé à une action commune depuis 2013, demandent de nouvelles embauches ainsi qu'une hausse des salaires.

La Régie Autonome des Transports Parisiens (RATP), où le conflit est essentiellement d'ordre salarial, prévoit pour sa part un trafic à la normale sur les lignes de métro et un train sur deux sur la ligne B du Réseau Express Régional (RER).

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8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 19:41

http://www.lemonde.fr/international/article/2016/03/08/tsipras-soutient-la-perspective-d-un-accord-avec-la-turquie-sur-le-renvoi-de-refugies-syriens_4878782_3210.html

Alexis Tsipras soutient la perspective d’un accord avec la Turquie

Par Adéa Guillot, correspondante permanente du Monde à Athènes

Le premier ministre grec, Alexis Tsipras, est revenu globalement satisfait de Bruxelles après le sommet entre l'Union Européenne et la Turquie du Lundi 7 Mars 2016. « Les résultats du sommet sont un pas en avant. la Grèce n’a pas été isolée, nos besoins ont été reconnus et ce sont même les pays qui souhaitaient notre isolement qui se sont retrouvés isolés », a-t-il déclaré Mardi 8 Mars 2016.

Aux yeux d’Alexis Tsipras, tout ce qui va dans le sens d’un règlement concerté de la crise migratoire, par le biais d’un transfert des responsabilités et de l’effort d’accueil vers la Turquie va dans le bon sens. Cela fasait d’ailleurs des mois qu’il militait pour l’établissement des centres d’accueil et de tri des migrants, non pas sur le territoire grec mais directement en Turquie.

Or, les européens se sont orientés, Lundi 7 Mars 2016, sous l’impulsion conjointe d’Ankara et de Berlin, vers le retour en Turquie de réfugiés d’ores et déjà arrivés sur le sol grec. Un moindre mal pour le gouvernement d'Alexis Tsipras, qui craignait par-dessus tous les effets de la fermeture progressive de la route des Balkans, susceptible à court terme de transformer la Grèce en piège à migrants.

Notre pays ne peut pas faire face tout seul

En proposant de renvoyer tout le monde, syriens fuyant la guerre comme migrants économiques, directement en Turquie, l’Allemagne espère « décourager les migrants de s’embarquer pour la Grèce. C’est une façon de soutenir notre pays, qui ne peut pas faire face tout seul », veut croire Stélios Koúloglou, député européen de SYRIZA, le parti du chef du gouvernement.

Longtemps, cette formation de gauche radicale a milité en faveur d’une ouverture des frontières terrestres entre la Grèce et la Turquie, en faisant tomber le mur d’une douzaine de kilomètres construit le long de l’Evros, en 2012. « La vague sans précédent que nous connaissons depuis l’an dernier nous a forcés à réviser notre position », reconnaît Stelios Koúloglou. « Le poids du réalisme nous force à considérer le renvoi de réfugiés comme une solution possible, car si tout le monde ferme ses frontières au nord, la Grèce ne pourra pas maintenir sa cohésion nationale très longtemps ».

Ce réalisme politique, devenu la marque de fabrique du gouvernement d'Alexis Tsipras, gène aux entournures. « Nous avons déjà avalé pas mal de couleuvres l’été dernier en renonçant à mettre fin à l’austérité et voila qu’on nous demande maintenant d’accepter le renvoi de réfugiés au prétexte que la Turquie serait un pays sûr », s’indigne une personnalité de SYRIZA très impliquée sur la question des droits de l’homme.

L'épreuve du pouvoir change les gens

« Depuis l’arrivée de Syriza au pouvoir nous avons réussi à changer la perception que les grecs avaient des réfugiés, ce qui a participé à la vague actuelle de solidarité. Nous avons aussi mis fin à la politique de rétention systématique, ainsi qu’aux refoulements de barques de migrants qui se déroulaient sous les précédents gouvernements. Et voila que nous allons organiser le retour généralisé de réfugiés. Décidément l’épreuve du pouvoir change les gens », insiste-t-elle.

Pour Dimitris Christopoulos, vice-président de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH) grecque, cette « violation sans précédent de la convention de Genève est humanitairement inadmissible, mais politiquement réaliste. La politique d’accueil en Europe des réfugiés qui nous semblait la seule option humanitaire s’est brisée sur les égoïsmes nationaux », regrette-t-il. « L’Europe ne veut pas des réfugiés, c’est ce que montre la fermeture brutale et unilatérale des frontières », tout au long de la route des Balkans.

« Nous ne pouvons plus nous permettre l’angélisme tant que l’Europe gardera ses frontières fermées », souligne une source gouvernementale. « Notre mission désormais, c’est de pouvoir rapidement héberger dignement environ cent vingt mille réfugiés », précise Stélios Koúloglou.

« Mais nous ne pouvons pas accepter de devenir un entrepôt d’âmes humaines, car alors la situation deviendra incontrôlable et au moindre incident les néo nazis d’Aube Dorée tenteront de profiter de l’occasion. Nous devons accepter un compromis avec la Turquie, même si nous avons une confiance modérée en Recep Tayyip Erdogan qui essaie déjà de pousser son avantage pour réclamer des choses inacceptables ».

La question sensible du partenariat avec la Turquie

Dans un pays où ne sont pas totalement éteintes les braises d’un conflit diplomatique larvé avec Istanbul, la question d’un partenariat avec la Turquie reste sensible. « Personne n’en parle mais, cette semaine, l’aviation turque a de nouveau violé notre espace aérien et tenté d’imposer à l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN) que plusieurs de nos îles, portant des noms grecs, soient désignées sous de simples numéros », affirme une source militaire grecque. « Cela fait des décennies que la Turquie a des visées territoriales sur certaines de nos îles et voilà qu’ils veulent profiter de la situation pour pousser leurs pions ».

Ces points de crispation devaient être discutés Mardi 8 Mars 2016 lors d’un sommet sur la collaboration gréco-turque à Izmir. Alexis Tsipras s’y est d’ailleurs rendu directement à l’issue de la percée controversée esquissée à Bruxelles avec les autorités d’Ankara.

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7 mars 2016 1 07 /03 /mars /2016 20:57

WIR SCHAFFEN DAS

Par Bernard Fischer

Lundi 7 Mars 2016

L’Europe libérale est en crise et la question des migrants est au centre de cette crise.

Des centaines de milliers de migrants arrivent en Europe, la majorité d’entre eux viennent de Syrie et nous connaissons la principale cause de cette émigration de masse, ils fuient la guerre civile en Syrie.

Les deux derniers épisodes les plus importants de la guerre de Syrie sont les suivants. En juillet 2015, c’était l’entrée en guerre de la Turquie par la rupture unilatérale du processus de paix entre l’état turc et le parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). En septembre 2015, c’était l’entrée en guerre de la Russie par le début d’une campagne de bombardements massifs de l’aviation militaire russe contre l’opposition syrienne au nom d’une campagne de propagande soviétique classique contre l’Etat Islamique. Nous en sommes aujourd’hui, cinq ans après le début de la révolution syrienne, à un premier cessez le feu américano russe.

La route des Balkans d’émigration de masse commence en Syrie, elle traverse la Turquie, la Grèce et une dizaine de pays européens, et elle arrive en Italie, en Allemagne, en France, en Grande Bretagne et en Espagne. Elle déstabilise tous les pays de la région.

En Turquie, on assiste à une militarisation croissante du régime turc et à une répression de plus en plus importante contre les kurdes, les journalistes et les intellectuels.

L’Union Européenne refusait pendant des années l’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne, en particulier au moment où il y avait un processus de paix entre le gouvernement turc et le PKK. Aujourd’hui, l’Union Européenne soutient la politique autoritaire et liberticide du gouvernement turc. Sous des apparences contradictoires, c’est une stratégie politique profondément logique et cohérente.

En Grèce, sous des apparences également contradictoires, l’actuel gouvernement grec est le meilleur élève de l’Union Européenne, en matière d’application des diktats économiques de la troïka comme en matière de gestion des flux migratoires. Après la parenthèse de six mois du premier gouvernement de SYRIZA entre le mois de janvier 2015 et le mois de juillet 2015, SYRIZA est aujourd’hui un nouveau parti social démocrate et il connaîtra le sort de son prédécesseur, le PASOK, et de tous les partis sociaux démocrates dans tous les pays d’Europe.

Les pays de destination des migrants sont enfin l’Allemagne, la France, la Grande Bretagne, l’Italie et l’Espagne.

Le gouvernement allemand d’Angela Merkel accueillait en 2015 un million de migrants. Faisons d’abord une précision relative à l’actuel gouvernement allemand, ce n’est pas un gouvernement de la seule droite allemande, c’est un gouvernement d’union nationale de coalition entre l’union chrétienne démocrate d’Allemagne (CDU) et le parti social démocrate d’Allemagne (SPD). Cela n’en fait pas du tout un gouvernement révolutionnaire.

Il en va ensuite du gouvernement allemand d’Angela Merkel comme il en va des accords de Schengen. Nous dénoncions pendant vingt ans les accords de Schengen comme une fausse politique d’ouverture des frontières internes de l’Union Européenne au nom d’une véritable politique d’ouverture de toutes les frontières internes et externes de l’Union Européenne contre l’Europe forteresse.

La totalité des gouvernements de l’Union Européenne suspendent aujourd’hui les uns après les autres les accords de Schengen. Ils ne le font pas au nom de l’ouverture des frontières mais au nom de la défense des vieilles frontières nationales.

De la même manière, on combat et on combattra le gouvernement allemand d’Angela Merkel au nom d’une véritable politique d’ouverture des frontières et d’accueil des migrants, on ne le fera pas au nom de la défense des frontières nationales.

Un gouvernement en Europe bat tous les records de faible et de mauvais accueil des migrants proportionnellement à sa population, c’est le gouvernement français.

Tous les gouvernements français successifs de droite comme de gauche depuis quinze ans entretiennent volontairement un abcès de fixation à Calais. L’actuel gouvernement français démontre tous les jours son incapacité d’accueil de six mille migrants à Calais. Le premier ministre de la fausse gauche sociale démocrate française faisait à Munich un discours dans lequel il donnait des leçons de xénophobie au vrai gouvernement d’union nationale allemand.

Nous nous souvenons du discours de Nicolas Sarkozy à Grenoble en 2010. Nous nous souviendrons du discours de Manuel Valls à Munich en 2016.

Etat d’urgence, réforme du code du travail, fermeture des frontières, le gouvernement de François Hollande et de Manuel Valls est le gouvernement le plus réactionnaire depuis le régime de Vichy.

Préparons nous à une situation dans laquelle dans trois mois, dans six mois ou dans un an, Manuel Valls donnera sa démission de son poste de premier ministre et Martine Aubry annoncera son départ du Parti Socialiste.

La solution du problème des migrants de Calais est simple. Leur pays de destination, c’est la Grande Bretagne, ce n’est pas la France. Ouvrons immédiatement la frontière entre la France et la Grande Bretagne et permettons-leur le passage de la France vers la Grande Bretagne. Ce ne sera pas une expulsion, c’est leur revendication.

Il y a une relation étroite entre cette question et la question du Brexit et de la sortie de la Grande Bretagne de l’Union Européenne. Il y aura un référendum en Grande Bretagne au mois de juin 2016 relatif à cette question.

Ne laissons pas le Brexit à la droite britannique. Comme il y avait en mai 2005 en France une campagne victorieuse pour un non de gauche à la constitution européenne, il faut en juin 2016 en Grande Bretagne une campagne victorieuse pour un non de gauche à l’Union Européenne.

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7 mars 2016 1 07 /03 /mars /2016 20:08

Une attaque islamiste en Tunisie fait au moins cinquante trois morts (Reuters)

Un commando de plusieurs dizaines de combattants islamistes a attaqué lundi des casernes de la police et de l'armée à Ben Guerdane, ville du sud-est de la Tunisie proche de la frontière libyenne, et les combats qui ont suivi ont fait cinquante trois morts, selon un bilan des autorités.

La télévision tunisienne a diffusé des images de policiers et de militaires tapis sur les toits et dans l'embrasure des portes tandis que des tirs résonnaient dans le centre de la ville.

L'armée a finalement repris le contrôle de Ben Guerdane. Les corps des islamistes tués, trente cinq selon le ministère de l’intérieur, gisaient dans les rues près des casernes de l'armée.

Les autorités ont bouclé la station balnéaire de Djerba, située non loin de là, elles ont imposé un couvre-feu sur Ben Guerdane et elles ont fermé deux postes-frontières avec la Libye.

« J'ai vu un grand nombre d'activistes à l'aube, qui couraient avec leurs kalachnikovs », a dit à Reuters un habitant, Hussein, joint par téléphone.

« Ils disaient qu'ils étaient de l'Etat Islamique et qu'ils venaient attaquer l'armée et la police », a-t-il expliqué.

On ne sait pas si le commando venait de l'autre côté de la frontière et l'attentat n'a pas été formellement revendiqué.

Ben Guerdane, ville d'environ soixante mille habitants, est située à une trentaine de kilomètres de la frontière libyenne.

Des islamistes entraînés en Libye ont mené deux attentats d'envergure en Tunisie l'année dernière, contre le musée du Bardo, à Tunis, et contre la station balnéaire de Sousse.

« C'est une attaque sans précédent et très bien organisée. Ils voulaient essayer de contrôler la région de Ben Guerdane et en faire leur nouvelle wilaya », a déclaré à la radio le président tunisien, Beji Caïd Essebsi, en utilisant le nom utilisé par l'Etat Islamique pour les régions qu'il considère comme faisant partie de son califat auto proclamé.

Au total, l'armée a tué trente cinq islamistes et en a arrêté six, a indiqué le ministère de l’intérieur. En outre, sept civils et onze militaires ont été tués, a-t-on appris auprès des hôpitaux et des services de sécurité.

L'armée a par la suite découvert une importante cache d'armes à Ben Guerdane, a dit un membre des services de sécurité.

« Si l'armée n'avait pas été prête, les terroristes auraient pu hisser leur drapeau à Ben Guerdane et auraient remporté une victoire symbolique », a déclaré Abdelhamid Jelassi, vice-président du parti islamiste al Nahda, qui fait partie de la coalition au pouvoir à Tunis.

Plus de trois mille tunisiens sont partis combattre dans les rangs de l'Etat Islamique et au sein d'autres organisations djihadistes en Syrie et en Irak. Les responsables des services de sécurité tunisiens parlent de plus en plus de retours de ces djihadistes qui vont ensuite rejoindre l'Etat Islamique en Libye. L'organisation fondamentaliste sunnite a pris le contrôle de Syrte, sur la côte méditerranéenne libyenne, d'où elle attire des recrues venues de l'étranger.

Face à la menace, le gouvernement de Tunis a renforcé les mesures de sécurité à la frontière. Une tranchée a ainsi été creusée le long de celle-ci et des conseillers militaires occidentaux ont entrepris de former les unités de garde-frontières tunisiens.

A Paris, le ministère français des affaires étrangères a estimé que cette nouvelle attaque menée « par des terroristes venant du territoire libyen » renforçait « l'urgence d'une solution politique en Libye ».

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