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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 20:02

http://www.orientxxi.info/magazine/insurrection-citoyenne-en-irak,0991

Insurrection citoyenne en Irak contre la corruption et la mainmise iranienne

Par Feurat Alani

Lundi 24 Août 2015

Malgré la guerre qui s’enlise contre l’organisation de l’État Islamique, malgré les tensions attisées pour diviser sunnites, chiites et kurdes, un mouvement citoyen voit le jour en Irak pour en finir avec un pouvoir corrompu et confessionnel. Il exprime, de manière fragile, une volonté de reconstruire une nation irakienne indépendante, loin des ingérences étrangères, y compris celles de l’Iran.

« Cette révolution, on pourrait l’appeler la révolution du thermomètre », ironise Faysal, trente-huit ans, l’un des tout premiers manifestants de la place Tahrir à Bagdad. Faysal aime se présenter comme laïc et libéral, un courant selon lui majoritaire chez les manifestants de la place Tahrir. « Ici, il n’y a que des jeunes qui ne veulent pas du mélange entre la religion et la politique et des personnes plus âgées qui ont milité à gauche durant des années », explique-t-il. « Dans le sud à Nadjaf et à Bassora, c’est différent, ils sont plus à l’écoute des partis religieux, mais ce qui nous rassemble tous, laïcs, religieux et apolitiques, c’est non seulement la lutte contre la corruption et contre les défaillances des services publics mais surtout un besoin de changement de système ».

« La chaleur a eu du bon en Irak, elle a montré que la société civile irakienne est encore là. On ne parle plus de l’organisation de l’État Islamique mais du peuple irakien » se réjouit Mazen, vingt-cinq ans, lui aussi venu manifester sur la place Tahrir.

Le rassemblement, spontané, a été provoqué par une vague de chaleur insupportable, sans l’électricité que les gouvernements irakiens successifs depuis 2003 avaient promis de rétablir.

Or, douze ans après l’invasion américaine, il n’y a en moyenne que trois heures d’électricité par jour, « sauf chez les ministres », note Mazen. Commerçant dans le quartier central de Karrada, il a fermé boutique pour aller scander des slogans comme « non aux voleurs, non au gouvernement, oui à l’Irak ».

Sous la pression de la rue, le premier ministre actuel Haïdar al Abadi a proposé des réformes sans précédent, à commencer par la suppression des postes inutiles et de la gabegie de l’état.

Il s’attelle ainsi à remplacer de hauts fonctionnaires de l’administration centrale et des provinces, tout en « oubliant » volontairement les quotas confessionnels et partisans usuels.

La compétence sera désormais mise en avant.

Le « nouvel empereur »

« Pourquoi avoir attendu douze ans pour donner la priorité aux compétences et non au clientélisme ? Les irakiens ont été trompés durant des années, ils veulent que cela cesse », s’exclame le journaliste et écrivain Sarmad al Taïe à Bagdad. Pour lui, cette crise est beaucoup plus profonde qu’un soulèvement contre l’incompétence des services publics. Il affirme que ce qui se joue actuellement relève d’une lutte interne entre deux courants contradictoires au sein des mouvements chiites, les nationalistes et les partisans de l’Iran. Si les manifestants sont volontairement descendus dans les rues, certaines organisations en ont profité pour tenter de les instrumentaliser. À l’instar du Hachd al Chaabi, les « unités de mobilisation populaire », la milice soutenue militairement par l’Iran en la personne du général Ghassem Souleimani pour lutter contre l’organisation de l’État Islamique. « Cette milice est montée en puissance et se sent aujourd’hui beaucoup plus légitime et probante que les dirigeants actuels. Elle vise désormais une représentation politique et a cherché à utiliser ces manifestations pour renverser le pouvoir représenté par son rival, le premier ministre Haïdar al Abadi », analyse-t-il. Le journaliste va encore plus loin. Selon lui, cette lutte se mène directement entre le pouvoir iranien et le clergé chiite irakien. « D’un côté, le premier ministre Haïdar al Abadi a réussi à rallier la plus haute autorité chiite, Ali al Sistani, de l’autre côté, le général Ghassem Soleimani est soutenu par les courants islamistes et par Nouri al Maliki. Un changement de cap sans précédent est en train de s’opérer », affirme le journaliste spécialiste des mouvements chiites.

L’analyste politique Wathak al Kader abonde dans le même sens. « Haïdar al Abadi a fait des concessions. Il a réussi un coup politique, celui de transformer ces manifestations en combat patriotique et non sectaire. Cela a augmenté sa popularité. La question se pose désormais de la réponse de l’Iran et du courant islamiste de son parti qui voit d’un mauvais œil son approche patriotique », s’inquiète-t-il. De hauts gradés de l’armée irakienne, joints par téléphone et souhaitant rester anonymes, confirment l’implication non seulement militaire mais politique de celui qu’ils surnomment « le nouvel empereur d’Irak », le général Ghassem Souleimani. Ce dernier se sentirait directement menacé par Haïdar al Abadi qui, au détriment de son prédécesseur Nouri al Maliki, est en train de gagner la rue.

Est-ce la fin de l’Irak tel qu’on l’a connu depuis 2003 ? Pour la première fois depuis le changement de gouvernement, les irakiens contestent directement ce qu’ils considèrent comme étant l’obstacle majeur au développement, le système politique mis en place par les américains, avec son paradigme arbitraire de quotas et de séparation des pouvoirs en fonction des confessions, encourageant ainsi un sectarisme perpétuel et sans autre alternative à long terme. Et la mainmise de l’Iran sur les affaires intérieures de l’Irak depuis le départ des soldats américains. Même à Kerbala, fief chiite, les manifestants scandent désormais ce slogan, « l’Iran dehors, Bagdad est désormais libre ».

Rivalité entre Nouri al Maliki et Haïdar al Abadi

Mais une autre menace est à prendre au sérieux. Nouri al Maliki, ancien premier ministre, avait réagi aux manifestations dans un discours tenu le 9 août 2015. Il les avait comparées au soulèvement de Fallouja et de Ramadi dans le département d’al Anbar. « Ces manifestations ne doivent pas se transformer en sit-in prolongé comme ce fut le cas dans la province d’al Anbar. Ces manifestations ne doivent pas demander la chute du gouvernement. Il faut réconcilier ce gouvernement, non pas le faire tomber. Si ce gouvernement tombe, rien n’empêchera de faire tomber le prochain, et que gagnera l’Irak ? Nous regretterons ensuite l’époque d’aujourd’hui et nous regretterons le bain de sang causé par cette chute », a-t-il déclaré devant des centaines de militants. Un discours perçu comme un ultimatum envers les manifestants de Tahrir. « Nous devons faire sortir le Hachd al Chaabi du terrain politique », a ainsi répondu le premier ministre actuel, fort de sa nouvelle popularité. « Il faut qu’il y ait une barrière de séparation. Nous ne pouvons pas impliquer des combattants dans une rivalité politique », a-t-il insisté.

C’est justement en réaction au discours de Nouri al Maliki que l’ayatollah Ali al Sistani, la principale figure religieuse du pays, a officiellement demandé à Haïdar al Abadi « d’avoir le courage d’évincer les hommes qui participent à la corruption et à la gabegie de l’état ». Le parlement a ensuite soutenu Haïdar al Abadi en votant les réformes qu’il proposait. Le lendemain, les manifestants ne demandaient plus la chute du gouvernement, mais le maintien du premier ministre actuel. Nouri al Maliki a ainsi perdu la bataille politique. Reste que sur le plan militaire, Haïdar al Abadi est désavantagé par rapport à Nouri al Maliki qui bénéficie du soutien de l’armée et de forces paramilitaires comme le Hachd al Chaabi et qui vient de se rendre à Téhéran, sans aucun doute pour chercher des appuis. S’il a officiellement soutenu Haïdar al Abadi dans ses réformes, dont la première est de supprimer son poste de vice-président, rien ne dit qu’il soutiendra son rival sur le terrain militaire. En parallèle, une commission parlementaire a désigné l’ancien premier ministre Nouri al Maliki et trente-cinq autres personnes comme les responsables de la chute de Mossoul, la deuxième ville du pays, tombée aux mains de l’organisation de l’État Islamique en juin 2014, un outil de plus pour écarter l’ancien premier ministre.

La fin d’un système ?

Et qu’en sera-t-il des kurdes et des sunnites ? Si les sunnites soutiennent de facto les réformes, c’est également pour revenir au rang d’acteurs à Bagdad et pour contrer l’influence de l’Iran.

Quant aux kurdes, comme à l’accoutumée, ils resteront les faiseurs de roi et choisiront le camp qui protègera leurs intérêts. Pour Sarmad al Taïe, c’est probablement la fin d’un système. « Il se dit dans les couloirs du parlement qu’un comité du parti al Daawa va être organisé pour soutenir Haïdar al Abadi et éloigner le courant de Nouri al Maliki et ainsi prendre un peu de distance avec l’Iran. On parle même de modifier la constitution », s’étonne le journaliste.

Certes, les manifestations actuelles cachent une lutte interne entre les factions chiites, mais elles détermineront aussi la place des autres confessions et des ethnies sur l’échiquier politique. À moins qu’on ne les désigne désormais que par ce qu’elles ont en commun, la citoyenneté irakienne. Reste une question en suspens, quelle sera la réaction du « nouvel empereur », le général Ghassem Souleimani ?

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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 19:26

http://www.coquelicausse.fr/cooperative-integrale-catalane-nous-pouvons-vivre-sans-capitalisme

Coopérative intégrale catalane

Nous pouvons vivre sans capitalisme

Jeudi 27 Août 2015

Ils fraudent le fisc pour financer la révolution. Avec un budget de quatre cent quatre-vingt-dix mille euros, la Coopérative Intégrale Catalane (CIC) tente de construire ses propres « services publics coopératifs » dans le domaine de la santé, du logement, du transport ou encore de l’éducation. Leur but, se passer de l’euro, de l’état et des banques.

Au pied de la Sagrada Familia, des cars venant du monde entier déversent chaque jour des marées de touristes qui rendent laborieuse la progression sur les trottoirs. Tous veulent leur selfie avec en arrière-plan l’Objet Volant Non Identifié (OVNI) architectural d’Antoni Gaudi.

Deux pâtés d’immeubles en contrebas, au numéro deux cent soixante-trois de la rue Sardenya, se niche une autre curiosité, mais elle n’apparaît sur aucun guide touristique.

L’immeuble baptisé Aurea Social a tous les attributs du siège d’une entreprise de service prospère. Pourtant, c’est un squat. Sûrement le plus luxueux de Barcelone qui compte pourtant une soixantaine de centres sociaux autogérés comme celui-ci. Quand on s’approche de l’entrée, la porte automatique s’ouvre sur le guichet en bois verni de la réception. Dans ce dédale de bureaux et de couloirs, des groupes de personnes s’affairent, en réunion ou le visage rivé sur leur ordinateur pendant que d’autres font du yoga ou cultivent des plantes médicinales interdites sur l’immense toit-terrasse avec vue sur le haut de la Sagrada Familia. Quand on rentre dans les toilettes, les lumières s’allument sans que l’on ait besoin d’appuyer sur l’interrupteur. On peut régler le système de ventilation de chaque pièce avec une télécommande.

Mais le faste du bâtiment n’est pas la seule chose qui le distingue des lieux alternatifs barcelonais. Aurea Social abrite aussi le quartier général de la CIC. Ce mastodonte de l’alternative créé en 2010 compte plus de deux mille membres et dispose cette année d’un budget de quatre cent quatre-vingt-dix mille euros dédié à la construction d’un nouveau monde.

Ces activistes ne demandent pas de meilleures retraites, l’instauration d’une taxe carbone ou la séparation entre banques de dépôt et banques d’investissement. Ils ne demandent rien. Et pour cause. « Nous rejetons l’état comme système de contrôle basé sur l’exploitation de l’être humain », expliquent-t-il dans l’appel à la révolution intégrale qui leur sert de manifeste officieux.

La CIC s’est donné pour logo une fleur multicolore inspirée de la permaculture. Chaque pétale représente une commission et un secteur de la vie, santé, éducation, logement, alimentation, transport et technologie, que la coopérative tente d’extraire des griffes du capitalisme et de l’état pour les remettre dans les mains de ses utilisateurs. Ils veulent créer leur propres « services publics coopératifs » gérés par leurs usagers. Exit les politiciens professionnels, les personnes décident de ce qui les concerne lors d’assemblées quinzomadaires ouvertes à tous. Leur but, se passer progressivement de l’euro, de l’état et des banques et prouver que « nous pouvons vivre sans capitalisme ».

Un rêve d’adolescents immatures, peut-être, toujours est-il qu’ils n’attendent pas le grand soir pour commencer à le réaliser. En quatre ans, ils ont financé ou facilité la création de deux logements sociaux coopératifs, d’une école libre, de deux ateliers de machines-outils collectivisées, d’un centre de santé, d’une colonie éco-industrielle qui travaille sur la souveraineté technologique et d’une banque autogérée sans intérêts.

La coopérative a également popularisé des techniques et des machines pour rouler en utilisant le moins possible de pétrole et dynamisé une monnaie parallèle utilisée par deux mille personnes mais aussi un atelier de transformation de produits écologiques, des greniers alimentaires et une centrale de distribution de nourriture biologique couvrant toute la Catalogne.

La CIC a aussi permis à une dizaine de communautés de trouver des terres pour s’installer en zone rurale et aide les personnes sur le point de se faire expulser de leur logement à le garder ou à en trouver un autre.

Pour faire tourner cette grosse machine, la CIC verse des « assignations », sorte d’argent de poche pour activistes, à environ soixante-dix personnes qui touchent entre deux cent et neuf cent euros par mois, en fonction de leurs besoins. Pour financer ses activités, elle ne demande évidemment pas de subventions. En fait, elle se sert elle-même dans les caisses de l’état via l’insoumission fiscale.

L’insoumission fiscale, pour comprendre, je m’éloigne de Barcelone et emprunte les routes ridiculement étroites qui mènent vers un fournil coopératif dans le nord-ouest de la Catalogne.

Angel m’accueille avec un sourire et referme rapidement la porte derrière moi afin de ne pas perdre la chaleur du four. Ce trentenaire aux allures de gendre idéal est boulanger autodidacte, mais il est aussi hors la loi. Sa coopérative tourne bien, pourtant elle ne verse pas un sou au fisc espagnol. D’ailleurs, aux yeux de l’état, l’entreprise n’existe pas. Angel et ses cinq collaborateurs se répartissent les revenus de leur activité sans que l’administration ne voie la couleur d’un euro.

Comment cela est-il possible ? Il est membre de Libertanonima, nom modifié pour ne pas faciliter le travail du fisc, une coopérative créée par la CIC qui sert de parapluie juridique à des petits artisans et commerçants, les dispensant ainsi de créer leur entreprise. Elle propose à ses « socios auto ocupados », membres auto entrepreneurs, un service comptable et administratif mutualisé et sert d’interface entre eux et l’état. En échange de ces services, les membres paient une participation à la coopérative proportionnelle à leurs recettes et lui versent la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) qu’ils auraient dû payer à l’état. Dans le cas d’Angel, un peu plus de mille euros par an, une somme largement inférieure aux charges qu’il aurait dû payer s’il avait monté une entreprise classique.

« Aux yeux de la loi, nous sommes des coopérateurs bénévoles de la coopérative », m’explique-t-il en me montrant l’attestation fournie par Libertanonima qu’il garde dans un tiroir en cas de contrôle. « C’est comme si nous étions un groupe de cyclistes, que nous avions un local et que nous travaillions dessus ensemble ». Sauf qu’ici, les cyclistes sont boulangers et tirent un revenu de leur activité. « Ce n’est pas illégal, ce n’est pas légal », précise-t-il. « Nous jonglons avec la loi ». D’ailleurs il parle de sa situation avec détachement et ne requiert pas l’anonymat. Et si jamais les enquêteurs du fisc décident de le contrôler, il les renvoie vers le siège de Libertanonima.

La banquière devenue révolutionnaire

Ils seront reçus à Aurea Social par Angels, une ancienne banquière qui a décidé de rejoindre les rangs révolutionnaires. Dans son bureau aux parois de verre, cette femme au chignon sévère et aux cheveux grisonnants les attend de pied ferme. « Ils sont déjà venus deux fois et n’ont rien trouvé à redire, nous jouons au chat et à la souris avec l’état. Et pour l’instant, la souris gagne », dit-elle avec un sourire satisfait, tout en s’affaissant sur le dossier flexible de son siège. Angels fait partie des soixante-dix personnes qui touchent des assignations. Pour m’expliquer le complexe montage juridique qui leur a jusqu’à présent permis de passer outre la vigilance du fisc, elle saisit un crayon et une feuille et se met à dessiner.

L’astuce est la suivante, Libertanonima demande à ses membres de faire passer leurs factures personnelles pour des frais professionnels, ce faisant la coopérative équilibre artificiellement sa balance de TVA. Elle verse donc à l’état une somme dérisoire et réinjecte le reste dans son réseau militant. La CIC a créé plusieurs coopératives comme Libertanonima afin de noyer le poisson et de limiter les risques. Ils font en effet attention à ne jamais excéder les cent vingt mille euros de fraude potentielle, afin de ne pas encourir de poursuites pénales. Quand une coopérative s’approche du chiffre fatidique, une nouvelle entité est créée.

De la fraude fiscale à des fins sociales

A la tête de ces « parapluies juridiques », cinq personnes, pour la plupart insolvables, sont prêtes à assumer les risques judiciaires. Piquete est l’une d’entre elles. Quand il ne chante pas des chansons révolutionnaires, ce cinquantenaire aux allures de rocker qui affiche son engagement anarchiste sur son T-shirt prend part à la commission juridique de la CIC. Volubile, il est adepte de la « désobéissance civile et économique » et prend son rôle très au sérieux. « En 1936, il y a eu une révolution libertaire ici en Catalogne. Des milliers d’entreprises ont été collectivisées et nous avons fonctionné sans chef pendant trois ans. Mais pour rendre cela possible, il a fallu des décennies de préparation morale et culturelle. C’est ce que nous essayons de faire avec la CIC, nous créons des outils pour faciliter la transition. Nous préparons la révolution tout en la faisant ».

Et leurs outils ne s’adressent pas qu’aux militants professionnels. Restaurateurs, maraîchers, bijoutiers, bûcherons, brasseurs, graphistes, documentaristes et éditeurs, ils sont près de sept cent artistes, artisans ou petits commerçants, seuls ou en mini collectifs de travail, à utiliser le statut de « socio auto ocupado ». Mais la CIC n’a rien inventé. Nombre d’entreprises capitalistes font également de l’optimisation fiscale afin de se soustraire à l’impôt. Sauf qu’ici, les gains sont distribués de manière collective à des projets sociaux. De la fraude fiscale en bande organisée, oui, mais à des fins révolutionnaires.

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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 18:57

http://www.impact24.info/appel-du-collectif-pour-une-algerie-unie-et-solidaire

Appel du collectif « pour une Algérie unie et solidaire »

Dimanche 23 Août 2015

Un comité de vigilance et d’alerte s’est constitué sur la base de la conscience aiguë de chacune et de chacun qu’à Ghardaïa se joue le sort de l’Algérie d’une part et la sauvegarde de l’héritage de la lutte de nos ancêtres contre la conquête coloniale dès le 6 juillet 1830.

L’objectif de ce comité est celui de la sauvegarde de cet héritage, à savoir l’existence de notre nation dans le respect des appartenances riches et multiples de notre société. Cette défense suppose le rejet et l’exclusion des éléments qui rejettent l’appartenance et l’édification d’un état national au profit d’un état ethnique ou confessionnel.

C’est pourquoi, fidèles à l’esprit du 20 août 1956 et au projet de société contenu dans la déclaration du congrès de la Soummam, en cette date anniversaire, les membres de ce collectif « pour une Algérie unie et solidaire » se déclarent mobilisés autour des positions suivantes.

Ils dénoncent les luttes de clans qui conduisent le pays à une situation chaotique, chaque partie utilisant la société en vue de régler ses différents. De ce fait, partout dans le pays, nos concitoyens sont pris au piège de manœuvres qui ont, aujourd’hui, pour théâtre la wilaya de Ghardaïa mais déjà observées par le passé dans d’autres régions, Kabylie, Touggourt et Bordj Badji Mokhtar.

Ils observent que la situation économique et le contexte géo politique se détériorent chaque jour davantage et que la cohésion sociale s’affaiblit aussi sous les coups de boutoir de forces étrangères dont certaines se réclament d’une lecture religieuse et que d’autres prétendent défendre des « minorités politiques » alors même qu’elles contribuent à la production d’un chaos qui repose sur leur stigmatisation.

Avec inquiétude, les signataires observent que l’objectif, ici, est précisément la destruction du tissu national algérien. De ce fait la situation dans le pays, et particulièrement pour les catégories les plus fragiles, s’aggrave chaque jour davantage.

Les signataires interpellent le pouvoir algérien dont ils rappellent la charge de protection des biens et des personnes.

Ils condamnent l’instrumentalisation, d’où qu’elle vienne, du communautarisme et du séparatisme qui constituent des menaces pour le tissu national.

Elles et ils dénoncent les appels à la haine.

Ils appellent à la défense des principes de liberté d’expression et de conscience comme d’égalité entre tous les citoyens et les citoyennes.

Ils réaffirment leur attachement à la défense des droits humains.

Enfin les signataires se déclarent ouverts à toute initiative en vue de rétablir le dialogue entre les algériens et les algériennes comme à toute action en faveur d’un renforcement de la démocratie, des droits humains et de la cohésion sociale.

Le collectif appelle la société civile algérienne à se mobiliser afin de faire échec aux agressions de toutes sortes. Nous demandons à tous et toutes de demeurer vigilants et de manifester leur solidarité en se mobilisant en vue de dénoncer toute atteinte aux droits d’où qu’elle vienne, dans la wilaya de Ghardaïa comme partout à travers le territoire national.

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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 18:49

Manifestation nationaliste à Kiev, un garde national tué (Reuters)

Un membre de la garde nationale ukrainienne a été tué et près de quatre-vingt-dix autres ont été blessés, dont quatre grièvement, Lundi 31 Août 2015, par des jets de grenades lors d'une manifestation nationaliste devant le parlement de Kiev.

A l'issue d'une séance houleuse, les députés de la Rada venaient de voter un projet de décentralisation accordant une plus grande autonomie aux régions séparatistes de Donetsk et de Louhansk, dans l'est du pays, aujourd'hui en grande partie contrôlées par les rebelles pro-russes.

Le premier ministre, Arseni Iatseniouk, et son ministre de l’intérieur, Arsen Avakov, ont accusé le principal mouvement nationaliste ukrainien, Svoboda, d'être à l'origine des violences devant le parlement.

Arseni Iatseniouk a accusé « des forces politiques prétendument pro-ukrainiennes de chercher à ouvrir un second front dans le centre du pays alors que la Russie et ses bandes tentent de détruire l’état ukrainien dans l’est ».

Un conseiller du ministre de l’intérieur a annoncé sur facebook qu'un garde national âgé de vingt-cinq ans avait succombé à ses blessures. « En plus d'avoir recours à des grenades, les provocateurs utilisaient des armes à feu », a-t-il dit.

Le président Petro Porochenko doit s'adresser à la nation dans la journée.

Lors du vote du Lundi 31 Août 2015, en première lecture, deux cent soixante-cinq députés de la Rada se sont prononcés en faveur du projet de loi de décentralisation, trente-neuf de plus que ce qui était nécessaire à ce stade pour que le texte ne soit pas enterré.

PROJET CONTESTÉ

A la mi-juillet, la Rada avait déjà appuyé un projet préliminaire allant dans ce sens.

Le texte a été soumis par le président Petro Porochenko, sous la pression des dirigeants occidentaux, dans le cadre de l'accord de cessez-le-feu conclu en février 2015 à Minsk, la capitale biélorusse.

Si ce projet de loi n'est pas jugé contraire à la constitution, il devra recueillir les voix d'au moins trois cent des quatre cent cinquante députés de la Rada pour être adopté lors de son examen final.

De nombreux membres de la coalition au pouvoir, notamment l'ancien premier ministre Ioulia Timochenko, se sont violemment opposés à cette réforme, qui pourrait avoir du mal à recueillir les trois cent voix nécessaires à son adoption définitive.

Les opposants à ce texte jugent qu'il affaiblit l'Ukraine dans sa lutte contre les séparatistes pro-russes, alors que la trêve conclue en février 2015 a été régulièrement violée sur le terrain.

« L'adoption de cette loi permettra à nos partenaires occidentaux de faire pression sur la Russie pour qu'elle applique trois éléments-clés de l'accord de Minsk, le cessez-le-feu, le retrait des forces russes du territoire ukrainien et le rétablissement des contrôles à la frontière », a déclaré lors du débat parlementaire Maksim Bourbak, député du Front Populaire, le parti du premier ministre.

« ILLUSION DE LA PAIX »

« Nous devons aider la coalition internationale contre Vladimir Poutine », a renchéri Youri Loutsenko, du Bloc Porochenko.

Mais ces déclarations n'ont pas convaincu les adversaires du projet.

« Cette modification de la constitution est anti-ukrainienne, elle sert les intérêts de Vladimir Poutine dans son projet de détruire l'Ukraine », a dit le dirigeant du Parti Radical, Oleh Liachko.

Pour Ioulia Timochenko, « cette décentralisation n'est pas le chemin vers la paix, au contraire, et elle nous conduira à abandonner une partie de notre territoire. Vladimir Poutine n'a pas besoin du Donbass. Ce qu'il veut, c'est la guerre en Ukraine. Notre rôle est de remettre les négociations sur le bon chemin afin de ramener la paix, pas l'illusion de la paix », a-t-elle poursuivi.

Plus de six mille cinq cent personnes ont été tuées depuis le début du conflit dans l'est de l'Ukraine en avril 2014, après l'annexion de la Crimée par la Russie en réponse au renversement du président ukrainien pro-russe Victor Ianoukovitch.

Les dirigeants ukrainiens et les séparatistes pro-russes sont convenus Mercredi 26 Août 2015 de mettre un terme à toutes les violations du cessez-le-feu.

Samedi 29 Août 2015, la France, la Russie et l'Allemagne ont soutenu cet appel à un strict respect de la trêve et estimé qu'une nouvelle rencontre avec le président ukrainien pourrait être utile dans les prochaines semaines.

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30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 15:13

http://www.ccaa.elpais.com/ccaa/2015/07/03/catalunya/1435948450_596656.html

Ada Colau montre son énergie dans ses quinze premiers jours en tant que maire

Les hôteliers admettent que le moratoire faisait partie du programme de Barcelona en Comú

Ada Colau suspend l'octroi de licences touristiques à Barcelone

Samedi 4 Juillet 2015

Le maire de Barcelone, Ada Colau, a terminé hier ses quinze premiers jours de travail dans sa nouvelle fonction. Trois semaines qui ont commencé avec la signature, conjointe avec celle de l’ancien maire Xavier Trias, de la proposition d’extension du Mobile World Center, mais qui a montré qu’Ada Colau était énergique dans ses décisions. Comme les hôteliers l’ont déclaré hier après le moratoire sur les nouveaux permis, « nous ne pouvons pas dire que nous n’avons pas été prévenus, elle nous l’avait dit et c’était écrit dans son programme ». Un argument, celui du programme de Barcelona en Comú et de son plan d'urgence, qu’utilise également le maire pour défendre son action gouvernementale.

Vous trouverez ci-dessous ses principales décisions qui lui ont valu des critiques de l'opposition et des commentaires sévères de la Generalitat de Catalogne.

Retrait de l'acte d'accusation contre les grévistes du 29 mars 2012

Le deuxième jour de son mandat, elle a annoncé le retrait de l'acte d'accusation contre les étudiants Dani Ayyash et Ismaël Benito, accusés de désordres publics pendant la grève générale du 29 mars 2012, ils risquaient huit ans de prison. Elle prenait ensuite la même décision pour Saturnino Mercader et Roger Sanchez. Le conseil municipal a fait valoir que c’est le procureur qui exerce les poursuites.

Abandon des jeux olympiques d'hiver

C’était la première grande décision du conseil municipal. Le premier adjoint au maire, Gerardo Pisarello, a fait valoir que la candidature pour 2026 « n’est pas une priorité, la ville est engagée dans le sport de masse et dans la culture méditerranéenne ». La décision a été saluée par des organisations telles que la Fédération des Associations de Voisins de Barcelone (FAVB) et critiquée par l'opposition municipale et par la Generalitat de Catalogne, qui reproche à Ada Colau d’agir sans concertation avec les maires des Pyrénées.

Révision du code civil

Lors d'une réunion avec Maria Assupció Vilà, Ada Colau a dit qu’elle va réviser le règlement et les sanctions approuvées en 2006 par le Parti Socialiste Catalan (PSC), la gauche républicaine de Catalogne (ERC) et Convergence et Union, qui organisent, selon elle, la « discrimination et la criminalisation de la pauvreté ». La loi prévoit des amendes contre la mendicité organisée et la prostitution de rue. Pour cela, Ada Colau a besoin d’une majorité en séance plénière.

Suppression de la privatisation de deux garderies

A l'ouverture de l’université d’été des enseignants de Rosa Sensat, Ada Colau a confirmé qu’elle allait arrêter l’appel d’offre pour la privatisation de la gestion de deux jardins d'enfants. Face à la loi d’état relative à l'embauche du personnel des administrations, qui était l'argument du précédent maire, Xavier Trias, Ada Colau a répondu « qu’elle cherchera des moyens pour garantir que les garderies soient publiques ».

Réunions avec les banquiers et prévention des expulsions

Ada Colau a averti que sa priorité est la « situation d'urgence du logement », issue des expulsions, et qu’elle rencontrera les institutions financières « au plus haut niveau ». Cela a commencé avec le président de Caixa Bank, Isidre Fainé, et, cette semaine, avec celui de Bankia y Anticipa Blackstone. En outre, Ada Colau a réuni cette semaine soixante-dix personnes dans le bureau de prévention des expulsions (MPD), un organisme qui réunit l’administration, les banques, les associations et les voisins, à l’initiative de la Plataforma de Afectados por la Hipoteca (PAH), et qui n’avait pas été convoqué depuis février 2014. Le maire a dit qu’il ne travaillera pas avec les banques qui expulsent.

Moins de postes de conseillers

Liée par la Loi de Rationalisation des Administrations Locales, la municipalité de Barcelone a dû réduire le nombre de ses conseillers de cent soixante à quatre-vingt-douze. Cela a compliqué les relations avec les autres groupes dans une négociation qui a commencé avec soixante-douze conseillers pour le gouvernement municipal et vingt pour l'opposition et qui a évolué vers cinquante-huit conseillers pour la majorité municipale et trente-quatre pour l’opposition, ce que les groupes considèrent encore comme insuffisants. Ada Colau et l'opposition ont utilisé le même argument, ils ont besoin de techniciens pour faire leur travail. Ada Colau assure que les coupes budgétaires de son côté sont supérieures et qu’elle a moins de conseillers que les autres grandes villes.

Moratoire des hôtels

Jeudi 2 Juillet 2015, par un communiqué, la municipalité a annoncé l’entrée en vigueur d’un moratoire d’un an, extensible à deux ans, dans l'octroi de licences pour les hôtels, les auberges, les appartements et tous les hébergements touristiques. Un moratoire qui gèle les projets hôteliers de grande envergure, comme le Hyatt de la tour Agbar, le Four Seasons de la tour de la Deutsche Bank ou celui qu’Amancio Ortega voulait ouvrir dans l'ancien Banesto. Applaudi par les patrons des appartements pour qui tous les logements doivent avoir le même traitement, l'opposition municipale et l’association des hôteliers ont poussé des grands cris et ont averti des risques qu’il comportait pour les investissements.

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30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 14:14

http://www.jungewelt.de/2015/08-22/001.php

http://www.elcorreo.eu.org/Oskar-Lafontaine-Que-podemos-aprender-del-chantaje-al-gobierno-de-Syriza

http://www.elcorreo.eu.org/Oskar-Lafontaine-Que-pouvons-nous-apprendre-du-chantage-au-gouvernement-de-Syriza

Que pouvons-nous apprendre du chantage au gouvernement de Syriza ?

Par Oskar Lafontaine

Samedi 22 Août 2015

Beaucoup de personnes en Europe ont reçu l’élection d’Alexis Tsipras comme premier ministre de la Grèce comme une nouvelle encourageante. Quand le président de Syriza, après des semaines de négociations épuisantes, a signé le dictat des coupes budgétaires, la déception a été, de la même manière, très grande. Il serait injuste et arrogant de désigner Alexis Tsipras et Syriza avec le doigt accusateur de la morale. Bien meilleur serait de réfléchir au sein de la gauche européenne aux conditions dans lesquelles il est possible aujourd’hui en Europe de faire une politique démocratique et sociale, c’est-à-dire de gauche.

Nous avons appris une chose, tant que la supposée indépendante et apolitique Banque Centrale Européenne (BCE) peut fermer le robinet de l’argent à un gouvernement de gauche, une politique qui s’oriente vers des principes démocratiques et sociaux sera impossible. L’ancien banquier d’investissement Mario Draghi n’est pas indépendant et apolitique. Il travaillait pour la Goldman Sachs, au moment où cette banque de Wall Street a aidé la Grèce à fausser les bilans de sa comptabilité. Ce fut ainsi qu’a été rendue possible l’entrée de la Grèce dans la zone euro.

Ces derniers mois beaucoup d’articles d’opinion se sont occupés de savoir si la drachme devrait être à nouveau introduite. Cela ne sert à rien et c’est une base erronée de réduire le débat à cette question. Pas seulement en Grèce, mais dans tout le sud de l’Europe, le chômage des jeunes est insupportable et chacun des pays qui fait partie de la zone euro est en train d’être désindustrialisé. Une Europe dans laquelle la jeunesse n’a pas d’avenir est en danger de décomposition et de devenir le butin de ses forces nationalistes d’extrême droite renouvelées.

Le retour au système monétaire européen

La question, pour tout cela, ne peut pas être pour nous « drachme ou euro », mais la gauche doit décider si, malgré le développement social catastrophique, il se situe en faveur d’une permanence dans l’euro ou si, au contraire, il se prononce en faveur d’une reconversion échelonnée vers un système monétaire européen plus flexible. Je suis en faveur d’un retour au système européen de monnaies qui prend en compte les expériences apprises avec ce système monétaire et dont la construction bénéficie à tous les pays qui font en partie.

Le système monétaire européen a fonctionné pendant plusieurs années, non sans difficultés, mais mieux que la monnaie unique. Malgré les tensions inévitables, il a facilité à plusieurs reprises les compromis, qui ont aidé à compenser les différents développements économiques.

Et cela parce que les banques centrales des pays membres étaient obligées, malheureusement seulement pour une courte période, à stabiliser les taux de change des associés au système monétaire européen. Dans la zone euro, les travailleurs et les retraités espagnols, grecs ou irlandais, portent seuls le poids de la dévaluation interne à cause de la baisse de salaires, de la baisse des retraites et des augmentations d’impôts.

Le système monétaire européen requérait, et il s’agit de cela, à l’opposé de l’euro, un travail progressif conjoint des peuples d’Europe. À travers des réévaluations et des dévaluations régulières, on a évité une trop forte dénivellation de l’économie européenne. Il est bien vrai que la domination de la banque fédérale allemande a été un gros problème, mais un beaucoup plus petit que l’actuelle tutelle des européens par l’économie allemande et le gouvernement d’Angela Merkel, de Wolfgang Schäuble et de Sigmar Gabriel.

C’est une question de temps jusqu’à ce que, par exemple, l’Italie reconnaisse un gouvernement qui ne peut plus supporter la lente mais ferme désindustrialisation de son pays.

Il est nécessaire de décentraliser

En ce sens il existe, spécialement parmi la gauche allemande, une faille dans la pensée structurelle qui est devenue claire et qui fait tourner le débat sur l’avenir de l’Europe dans une direction erronée. Chacune des exigences sur une réversion des compétences de l’Europe dans la sphère nationale est diffamée comme étant nationaliste ou hostile à l’Europe. Les conglomérats médiatiques qui défendent les intérêts des grandes entreprises allemandes et les banques jouent la musique d’accompagnement correspondant. Et une grande partie de la gauche tombe dans le piège.

Que la cession de compétences dans la sphère internationale ouvre le chemin au néo libéralisme, c’est quelque chose que l’un des penseurs de cette idéologie, Friedrich August von Hayek, a montré dans un article début 1976. D’où le fait que l’Europe du libre marché et de la libre circulation incontrôlée de capitaux ne sera jamais un projet de gauche.

Depuis le moment où il a été mis en évidence à quel point la commission européenne et le parlement européen sont devenus des béquilles exécutrices du lobby financier, transférer plus de compétences au niveau européen équivaut au démontage de la démocratie et de l’état social de droit. À cette conclusion nous aurions dû arriver avant et je le dis en faisant une autocritique, puisque moi-même comme européen convaincu, j’ai défendu pendant longtemps la politique de transmission de travaux à un niveau européen.

Et voilà c’est lamentable que l’influent philosophe allemand Jürgen Habermas et plusieurs hommes politiques et économistes, qui prennent parti dans cette discussion, continuent de s’accrocher à ce chemin, bien que chaque année il semble plus évident qu’il mène à l’erreur et qu’il mène à l’affrontement de peuples européens entre eux. Le désir de Thomas Mann d’une Allemagne européenne est devenu le contraire. Nous avons une Europe allemande.

Démocratie et décentralisation sont mutuellement requises. Plus grande sera l’union, plus elle sera opaque, plus lointaine et moins contrôlable aussi. Le principe de subsidiarité est et reste comme la pierre angulaire de tout ordre dans une société démocratique. Ce qu’au plus bas niveau, à un niveau municipal, il est possible de réguler doit être réglé là. Et au niveau régional ou des pays, au niveau des états nationaux, au niveau de l’Union Européenne ou de l’Organisation des Nations Unies (ONU), cela doit fonctionner sur le même principe. Au plus haut niveau, on doit seulement transmettre ce qui peut être réglé là vraiment mieux.

Il y a beaucoup d’exemples de transferts erronés. Nous n’avons pas besoin de casinos qui fonctionnent au niveau mondial, mais des caisses d’épargne, qui peuvent encore être contrôlées. Pour de plus grandes nécessités financières, on a encore besoin pendant de longues années de banques nationales strictement régulées dès le départ. Nous n’avons pas besoin des géants de l’énergie qui opèrent dans toute l’Europe avec de grandes centrales et des réseaux électriques, mais de centrales municipales qui fonctionnent avec des énergies renouvelables et avec des capacités locales de fourniture.

Les banques nationales émettrices de monnaie ont été sous une pression telle que les portes ont été ouvertes aux flux dérégulés de capitaux et à la spéculation mondiale. Les banques de monnaies devraient faire à nouveau, ce pourquoi elles ont été fondées un jour, financer les états.

La transition à un système monétaire européen renouvelé doit se réaliser pas à pas. Pour réintroduire la drachme par exemple, ce serait un premier pas dans la direction précitée, la BCE devrait appuyer le cours de la monnaie précitée. Peut-être le gouvernement grec devrait avoir demandé à Wolfgang Schäuble qu’il concrétise sa sortie définie de la Grèce de la zone euro. Il a promis une refonte des dettes et un appui humain et technique qui favorisait la croissance.

Développer un « plan B »

Si cette offre était prise au sérieux et l’appui monétaire de la BCE était garanti, alors tout ce scénario terrifiant, que les défenseurs de l’euro ont dessiné contre la réintroduction de la drachme, serait privé de sa base. La Grèce aurait alors, comme le Danemark avec la couronne, l’occasion de participer au mécanisme de change des cours monétaires. C’est surprenant à quel point des économistes de renom international et des experts en monnaie du spectre conservateur et libéral défendent la sortie de la Grèce du système de l’euro.

Le vaillant ministre des finances grec Yanis Varoufakis, qui avait du mal avec ses collèges ministres des finances européens pour cela même, parce qu’en fait il comprend quelque chose en économie politique, avait dessiné un scénario pour l’introduction de la drachme. Il voulait avoir un « plan B » dans le cas où Mario Draghi aurait fermé le robinet de l’argent, c’est-à-dire qu’il faisait usage de « l’option nucléaire » comme on l’appelle dans les cercles financiers. Et effectivement l’ancien banquier d’investissement a fait l’usage de l’arme précitée. À côté de Wolfgang Schäuble, il est le vrai mauvais garçon de la zone euro. Juste après que le gouvernement Syriza prenne le pouvoir à Athènes, la BCE a utilisé les mécanismes de torture pour faire agenouiller Alexis Tsipras.

La gauche européenne doit développer maintenant un « plan B » au cas où un parti de l’un des membres européens se trouve dans une pareille situation. Le cadre européen doit être reconstruit de telle manière que l’on enlève le pouvoir à la BCE, qui n’est pas démocratiquement légitimée, d’annuler la démocratie d’un coup de bouton. L’introduction échelonnée d’un nouveau système monétaire européen aplanirait pour cela le chemin. Aussi la gauche allemande doit démasquer le mantra d’Angela Merkel selon lequel « si l’euro meurt, alors l’Europe meurt ».

L’euro est devenu un instrument de domination économique de l’économie allemande et du gouvernement allemand en Europe. Une gauche qui veut une Europe démocratique et sociale doit changer sa politique européenne et choisir de nouveaux chemins.

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30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 13:44

http://www.lepcf.fr/U-E-ouvrir-en-grand-le-debat-sur-les-alternatives-a-l-austerite

Union Européenne, ouvrir en grand le débat sur les alternatives à l’austérité

Mercredi 19 Août 2015

Cent vingt-quatre communistes de trente-cinq départements lancent un appel pour ouvrir en grand le débat sur l’Union Européenne et les alternatives à l’austérité après le coup grec. Ce texte sera transmis à l’Humanité et nous espérons sa diffusion, car des milliers de communistes et de progressistes sont en attente d’un débat ouvert sur la critique de l’Union Européenne et connaissent la diversité des positions communistes en Europe.

Les signatures sont ouvertes en ligne avec ville et code postal, en précisant si vous êtes adhérent du Parti Communiste Français (PCF), la section et vos éventuelles responsabilités.

Europe sociale ou rupture progressiste, ouvrir vraiment le débat après l’expérience grecque.

Le mémorandum imposé à la Grèce est un séisme politique dans toute l’Europe, bousculant les propositions alternatives à l’austérité. Oui ou Non, une autre politique est-elle possible dans le cadre de l’Union Européenne ?

Le débat européen traverse les courants politiques, à droite comme à gauche.

Depuis Maastricht puis le non français de 2005, on sait qu’il est socialement marqué, opposant d’une part les ouvriers, les employés, les jeunes et les quartiers populaires refusant très majoritairement les politiques européennes et, d’autre part, les professions libérales, les cadres et les centres villes urbains plus favorables à l’intégration européenne.

Le dernier congrès du PCF « rallumez les étoiles » a confirmé l’orientation pour une « Europe sociale » avec l’adhésion au Parti de la Gauche Européenne (PGE). La faucille et le marteau ont été remplacés par les étoiles européennes sur les cartes du parti. Les textes alternatifs, considérant l’Union Européenne comme une construction de la mondialisation capitaliste, sont restés minoritaires.

La force acquise par les mouvements de gauche radicale en Grèce et en Espagne semblait confirmer cette voie pour une autre Europe, avec la victoire de Syriza puis la force des soixante et un pour cent du non grec.

Mais le choc d’une nouvelle vague d’austérité imposée à la Grèce et acceptée par Alexis Tsipras est une douche froide pour tous les militants, pour toutes les luttes sociales et pour la souveraineté des états. Ce choc a conduit à de nombreuses hésitations et discussions des communistes, à l’image des parlementaires communistes hésitant entre le vote oui et le vote non.

La direction du PCF a proposé une analyse de cette situation à partir de trois scénarios, l’Europe de la finance et de l’austérité de la droite et des partis socialistes gouvernementaux, l’Europe de la concurrence nationaliste des extrêmes droites et l’Europe sociale de la gauche radicale.

Nous considérons qu’un débat large et ouvert conduirait à envisager un quatrième scénario.

Que faut-il de plus que soixante et un pour cent du peuple pour imposer une autre politique ?

Faut-il une majorité à l’échelle de toute l’Europe pour mener une autre politique dans un pays ?

Un dirigeant du PCF devrait-il accepter de mettre en œuvre une politique d’austérité plus dure que celle de François Hollande pour éviter une « catastrophe financière » ?

Quelle différence entre François Hollande, élu ennemi de la finance pour la servir quelques mois plus tard, et Alexis Tsipras, élu contre les mémorandums d’austérité, pour en appliquer un autre six mois plus tard ?

Quels points communs entre les mémorandums grecs et la situation française, le MES, le TSCG, l’ANI, le code du travail, les retraites, les privatisations et le démantèlement des services publics ?

Les pertes de souveraineté poussées ne mettent-elles pas la Grèce dans une situation néo coloniale ?

Ces questions conduisent à envisager un quatrième scénario, celui d’une révolution de nature anticapitaliste dans un pays, conduisant à la rupture avec les traités européens existants. Une telle rupture permettrait de ré-ouvrir l’histoire européenne sur la base de l’intérêt des peuples, dans une approche internationaliste, avec les forces diverses qui veulent construire un monde multipolaire s’imposant à l’impérialisme militariste des Etats Unis.

Le plan B proposé par Yanis Varroufakis, les propositions d’Éric Toussaint issues de l’audit de la dette grecque, les analyses de nombreux économistes progressistes et les positions des communistes grecs ou portugais montrent que de plus en plus de progressistes refusent de s’enfermer dans l’Europe sociale et réfléchissent hors du cadre porté par les partis du PGE.

Nous demandons l’ouverture d’un débat pluraliste avec tous les communistes, les syndicalistes et les progressistes pour donner des arguments solides et partagés aux militants sur les alternatives possibles à l’austérité, à la domination des institutions non démocratiques de l’Union Européenne et à la toute-puissance du système banquier et financier. Ce débat doit poser en toute clarté les éléments de crédibilité comparée du scénario de l’Europe sociale et de celui d’une rupture progressiste avec l’Union Européenne.

Premiers signataires

Caroline Andréani, membre du conseil national du PCF ; Paul Barbazange, membre du conseil national du PCF ; Marie-Christine Burricand, membre du conseil national du PCF ; Nicolas Cossange, secrétaire départemental du Mouvement des Jeunes Communistes de France (MJCF) de l’Hérault ; Jean Jacques Karman, maire-adjoint d’Aubervilliers, membre du conseil national du PCF ; Jean-Pierre Meyer, membre du conseil national du PCF ; Pierre-Alain Millet, maire adjoint de Vénissieux ; Michèle Picard, maire de Vénissieux ; Hervé Poly, secrétaire fédéral du Pas de Calais, membre du conseil national du PCF ; Marc Ruer, maire-adjoint d’Aubervilliers ; Danielle Trannoy, membre du conseil national du PCF

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30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 13:05

http://www.okeanews.fr/20150828-appel-un-avenir-pour-la-grece?utm_source=wysija&utm_medium=email&utm_campaign=News+du+jour

UN AVENIR POUR LA GRECE

Cet appel aux forces sociales et politiques grecques, à l’opposé des « institutions » qui prétendent dicter à la Grèce et à son gouvernement ce qu’ils doivent faire et comment, est lancé dans le respect absolu des orientations que le peuple grec et ses élus auront décidées.

Citoyens de toutes origines sociales et politiques, grecs et non grecs de différents pays européens, conscients que ce que nous partageons est plus fort que ce qui nous sépare, ensemble, nous déclarons être prêts à mobiliser nos compétences et notre expérience au service de la Grèce. Nous sommes prêts à contribuer à élaborer les méthodes et les outils nécessaires à la définition et à la mise en œuvre du projet de développement dont la Grèce a impérativement besoin.

La démocratie bafouée, l’économie ruinée

Aujourd’hui, le peuple grec se voit refuser le droit de disposer librement de son avenir. Le parlement est bafoué et le gouvernement sommé d’appliquer un programme auquel il ne croit pas.

Selon la déclaration du sommet de la zone euro du 12 juillet 2015, « le gouvernement grec doit consulter les institutions et doit convenir avec elles de tout projet législatif dans les domaines concernés dans un délai approprié avant de le soumettre à la consultation publique ou au parlement ».

La mise sous tutelle de la Grèce est, une fois de plus dans l’histoire du pays, clairement consommée.

Le troisième mémorandum, ratifié par le parlement de ce pays sans possibilité de véritable examen, impose au pays une nouvelle série de mesures d’austérité, hausse de la TVA, diminution des retraites et baisse des dépenses publiques, sans même que le maintien du pays dans la zone euro, payé d’un prix exorbitant, ne soit assuré.

D’ici quelques semaines ou au plus quelques mois, une récession aggravée va se produire et les grecs ne pourront faire autrement que de tenter de survivre en se réfugiant dans l’économie « grise » ou parallèle afin d’échapper à l’accroissement de la pression fiscale dans un contexte de réduction de leurs revenus.

Les créanciers et les institutions, dont le pouvoir normatif est sensiblement renforcé au détriment du parlement grec, attaqueront alors les autorités grecques pour non-respect de leurs engagements, excédent budgétaire primaire et privatisations, et avanceront alors de nouvelles exigences. Ils menaceront à nouveau et sans répit le gouvernement, quelle que soit sa couleur politique, de ne pas accorder les sommes prévues si de nouvelles mesures d’austérité ne sont pas prises. L’engrenage sans fin broiera le corps social grec et son économie, obligeant les jeunes du pays, souvent de haute qualification, à choisir un exil dont ils ne veulent pas.

La dette, principal vecteur de servitude, ne pourra que croître. Les nouveaux prêts accordés dans le cadre d’un troisième plan « d’aide » ne serviront au mieux qu’au seul roulement de la dette, enfonçant la Grèce dans la spirale infernale du surendettement par le jeu des intérêts et de la baisse du Produit Intérieur Brut (PIB). Dans un document daté du 14 juillet 2015, le Fonds Monétaire International (FMI) indique d’ailleurs que l’endettement de l’état grec devrait atteindre les deux cent pour cent dans les deux ans à venir.

En résumé, ce qui est imposé à la Grèce en pure perte pour elle est une perte de souveraineté, le retour de la troïka et de ses « hommes en noir » à Athènes, une austérité et une récession aggravées.

Le danger, au final, est que le parti d’extrême droite Aube Dorée se présente à plus ou moins brève échéance comme la seule force politique porteuse d’un projet alternatif pour la société grecque. Cette issue désastreuse, si elle devait se produire, serait la conséquence de la poursuite de politiques antisociales. Elu sur une base rompant avec l’austérité ainsi qu’avec les pratiques antidémocratiques et anticonstitutionnelles, force est de constater que, bien malheureusement, l’actuel gouvernement a fait voter un troisième mémorandum assimilant la Grèce à une colonie privée de tout droit à l’autodétermination.

L’avenir de la Grèce s’écrira en grec

Nous affirmons qu’aucune institution internationale, la Banque Centrale Européenne (BCE), la commission européenne, l’Euro-groupe ou le FMI, aucun état ne peut dicter au peuple grec et à son gouvernement la conduite qu’il a à tenir. La souveraineté de la Grèce comme celle de n’importe quel autre état n’est pas négociable et ne peut être soumise à condition.

Nous rappelons la résolution du Conseil des Droits de l’Homme (CDH) de l’Organisation des Nations Unies (ONU) du 23 avril 1999 selon laquelle « l’exercice des droits fondamentaux de la population des pays débiteurs à l’alimentation, au logement, à l’habillement, à l’emploi, à l’éducation, aux services de santé et à un environnement salubre ne peut être subordonné à l’application de politiques d’ajustement structurel et de réformes économiques liées à la dette ».

Enrayer enfin le déclin, assurer le développement économique et social

L’application du troisième mémorandum entraîne la Grèce sur la pente du déclin et de l’abdication de sa souveraineté. Que la Grèce reste membre de la zone euro ou en sorte, il est probable que le corps social grec sera soumis à rude épreuve dans les mois et les années qui viennent. La montée des inégalités produira des effets très visibles avec l’accroissement de la grande pauvreté, alors que les très riches seront largement épargnés, voire pourront tirer profit de la crise en rachetant des actifs cédés par l’état ou les ménages en grande difficulté. Le risque de dislocation peut et doit être conjuré. Promouvoir un développement diversifié des capacités productives et, simultanément, la démocratie constituent le seul moyen d’éviter les dérives délétères de l’économie parallèle, grise ou maffieuse, résultant des choix imposés à la Grèce.

A l’opposé de cette funeste perspective, nous considérons comme indispensable la mise en œuvre d’un projet de développement des capacités productives du pays.

Cinq principes nous semblent devoir guider la définition d’un tel projet, recouvrer la souveraineté politique et économique du pays, développer la démocratie dans tous les domaines de la vie politique, économique et sociale, répondre aux besoins fondamentaux du peuple grec en valorisant le travail et les compétences de tous, protéger la nature et plus généralement tous les biens communs et favoriser le développement des territoires et des économies de proximité.

Sur la base de ces principes, l’enjeu consiste à développer l’industrie et l’agriculture grecque dans leur ensemble en tirant parti des nouvelles technologies, des activités agricoles et agro-alimentaires, de l’activité de rénovation de logements, de la promotion des économies d’énergie et des énergies renouvelables, des industries liées à la santé, de la filière textile-habillement, des matériels de transport et de la construction et de la réparation navale.

Un modèle de développement pour la Grèce ne peut s’appuyer sur une vision moniste fondée uniquement sur l’initiative privée ou bien seulement sur la propriété publique ou encore exclusivement sur l’économie sociale et solidaire. Le nouveau modèle de développement de la Grèce doit être fondé sur la diversité des formes d’économie combinant les initiatives privées, un secteur public rénové et un tiers-secteur performant.

Ce modèle doit, enfin, être fondé sur la complémentarité organisée de trois orientations.

La première orientation concerne des actions à mettre en œuvre valorisant de nouvelles formes d’entrepreneuriat ainsi que des formes collectives innovantes d’organisation économiques et sociales, filières, regroupements de petites et moyennes entreprises et projets collaboratifs.

La deuxième orientation concerne des actions visant à développer des solidarités économiques et sociales, le plus souvent territoriales. Ce deuxième type d’action se situe dans une perspective d’économie sociale et solidaire, systèmes d’échanges localisés, banques temps, circuits courts et économie circulaire.

La troisième orientation, articulant les deux premières, vise à développer des réseaux productifs territorialisés, clusters de différents types associant des entreprises de taille différente à des universités et à des établissement d’enseignement technique portant sur des activités dites traditionnelles comme de haute technologie.

C’est en engageant sans tarder le projet d’un nouveau modèle de développement diversifié, basé sur de nouvelles formes de démocratie et d’implication des forces sociales que la Grèce pourra sortir enfin de l'état de double dépendance, politique et économique, dans laquelle elle se situe, dépendance à l’égard des « institutions » et des formes traditionnelles d’exercice du politique, dépendance économique liée à ses importations et aux financements externes.

Notre appel aux forces sociales et politiques grecques

La Grèce a été le berceau de la démocratie. La « crise grecque » vient de révéler, pour certains, toutes les limites du fonctionnement actuel de la zone euro et le carcan austéritaire et autoritaire qu’elle génère. Pour d'autres, elle ne fait que confirmer le caractère destructeur des dysfonctionnements liés à la nature même d'une monnaie unique entre des économies aux contraintes différentes et dont elle accroît les divergences. Que l'on croit à la possibilité d'une réforme de cette zone qui serait enfin favorable au développement ou à son inévitable et salutaire disparition, si possible ordonnée, le devenir de la Grèce, auquel nous sommes prêts à œuvrer les uns et les autres, grecs et non-grecs, est d'une importance cruciale pour tous les européens.

Nous croyons que l’espoir suscité par la victoire de Syriza lors des élections de janvier 2015 ainsi que par le résultat du référendum de juillet 2015 sont le signe d’un immense besoin de changement qui ne s’arrête pas aux frontières de la Grèce. Nous, grecs comme non-grecs, sommes prêts à nous investir pour aider les forces sociales et politiques qui souhaitent élaborer un projet de développement viable. Ce projet est indispensable pour la Grèce, qu’elle sorte de la zone euro ou qu’elle reste en son sein. Il constitue une première riposte contre une Europe dominée par des marchés financiers qui étouffent la production ainsi que par les forces politiques actuellement au pouvoir en Allemagne et qui poussent ce pays à se comporter de façon hégémonique.

Certains responsables politiques allemands auront, en effet, montré le long des négociations avec le gouvernement grec qu’ils n’hésitent pas à se servir de la puissance économique de leur pays afin d’asservir les gouvernements des autres nations, en particulier lorsque ceux-ci prétendent choisir une voie politique qui n’est pas la leur, voire pour remettre en cause les institutions européennes elles-mêmes, la commission européenne.

Nous appelons les autorités grecques actuelles et futures à ne pas accepter un enfermement de la politique économique et sociale dans une logique financière qui serait dictée par le remboursement de la dette et la réduction des déficits.

Espérant être entendus par elles en dépit des concessions qui ont été acceptées, nous appelons les autorités grecques à se mettre désormais au service du mouvement populaire et à organiser de toute urgence des « états généraux du développement » qui réuniraient les forces sociales du pays afin de tracer la perspective générale et les grands axes du projet de développement dont la Grèce a besoin.

Nous appelons surtout les forces vives du pays à s’investir au plus vite dans l’élaboration de ce projet de développement assurant l’avenir du pays et de sa jeunesse. De nouvelles formes d’organisation politiques et sociales doivent voir le jour ou être dynamisées, permettant de mobiliser des forces sociales qui ne l’ont pas été ces derniers mois. Seul un élan et une mobilisation populaire très larges sont de nature à libérer un potentiel à la fois puissant, créatif et multiforme sans lequel rien n’est possible.

Enfin, nous appelons les forces progressistes grecques à se saisir de l’opportunité des prochaines échéances électorales pour débattre de l’enjeu majeur que constitue un projet de développement articulant démocratie, innovation et production.

Premiers signataires

Ioannis Margaris, docteur en énergie et en technologie à l’université d’Athènes ; Gabriel Colletis, professeur d’économie à l’université de Toulouse Capitole ; Iphigénie Kamtsidou, professeur associée de droit constitutionnel à l’université Aristote de Thessalonique ; Stamos Papastamou, ancien recteur de l’université Panteion d’Athènes ; Dimitris Sakellariou, psychanalyste, docteur en clinique et psychopathologie à l’université Jean Jaurès de Toulouse ; Sophia Mappa, psychanalyste, professeur émérite à l’université de Créteil ; Phebos Gikopoulos, professeur émérite à l’université Aristote de Thessalonique ; Christophe Ventura, animateur de Mémoire des Luttes ; Geneviève Confort-Sabathé, docteur en sciences de l’éducation, porte-parole de la Nouvelle Gauche Socialiste ; Sophie Wahnich, historienne, directrice de recherches au CNRS ; Liem Hoang Ngoc, ancien député au parlement européen ; Daniel Cueff, maire de Langouet, conseiller régional et président de l’établissement public foncier de Bretagne ; Jean-Marc Luce, professeur d’archéologie et d’histoire de l’art du monde grec à l’université de Toulouse ; Jean-Marie Harribey, économiste à l’université de Bordeaux ; François Morin, professeur émérite à l’université de Toulouse Capitole ; Dany Lang, économiste à l’université de Paris-Nord ; David Flacher, économiste à l’université de Paris-Nord ; Nicolas Piluso, économiste à l’université de Toulouse ; Olivier Drot, ingénieur et fondateur du site Okeanews

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29 août 2015 6 29 /08 /août /2015 19:38

http://www.cadtm.org/UEattac-Critiques-lucides-mais-pas#.Vd9462i-cyA.facebook

http://www.lamarseillaise.fr/analyses-de-la-redaction/dossier-du-jour/41251-europe-la-pleniere-d-ouverture-a-focalise-sur-la-grece-tirant-les-enseignements-de-l-echec-tout-en-refusant-la-curee-et-de-pointer-que-seul-un-mouvement-de-fond-permettra-le-changement

Critiques, lucides, mais pas désespérés

La plénière d’ouverture de l’université d’été d’ATTAC a focalisé sur la Grèce, tirant les enseignements de l’échec tout en refusant la curée. Et de pointer que seul un mouvement de fond permettra le changement.

« L’espoir n’est pas mort, même en Grèce, même malgré toute cette déception », Tanos Contargyris est militant d’ATTAC en Grèce. Mardi 25 Août 2015, il a participé à la plénière d’ouverture de l’université d’été d’ATTAC qui se déroule cette semaine à Marseille. Si le sujet est globalement l’Europe et si des représentants espagnols sont aussi à la table, le « cas » grec focalise l’attention. D’autant qu’Aurélie Trouvé, porte-parole d’ATTAC, campe d’emblée le débat, « ce qui s’est passé a suscité un énorme espoir de rupture avec le libéralisme. Force est de constater l’échec. Quelles leçons en tirer ? Quel degré de radicalité faut-il avoir ? Reste-t-il un espoir ».

Si le militant grec refuse le désespoir, il reste critique face à des « décisions qui n’ont pas été prises, un gouvernement qui a abordé la question avec bonne foi » qui pouvait confiner à de la naïveté, l’empêchant de déceler la propagande de la zone euro, transformant ses « propositions inacceptables par cette zone euro en absence de propositions » et de voir que le seul but des créanciers était « de renverser le gouvernement ». Un but qui connaît selon Tanos Contargyris un ultime sursaut dans la volonté de diviser la gauche radicale grecque. « Faut-il prendre parti pour l’un ou pour l’autre », interroge-t-il en faisant référence à Syriza et Unité Populaire, fondée par l’ancien ministre Panayotis Lafazanis, qui s’affronteront aux élections du Dimanche 20 Septembre 2015. « Il ne faut pas tomber dans le piège de la division qui fait partie du plan de la troïka pour que l’expérience de gauche ne soit qu’une parenthèse en Grèce ». Tout au moins au niveau international car, en tant que citoyen grec, il sera amené à « se prononcer ». Et de croire en une « opportunité de rapprochement entre les deux partis » en novembre 2015, quand « le nouveau mémorandum arrivera à sa première échéance, que l’on constatera que les mesures inapplicables n’ont pas été appliquées et qu’il faudra renégocier ».

« Entrer en conflit avec les institutions européennes »

Même refus d’une curée de la part d’Eric Toussaint du Comité pour l’Abolition de la Dette du Tiers Monde » (CADTM), « la responsabilité première de l’échec retombe sur les créanciers. Faire incomber la faute aux grecs ou à Alexis Tsipras est une polémique que nous n’aurons pas ici ». Ce préambule posé, l’homme devient très critique, notamment parce qu’il pense qu’une « autre stratégie était possible ». Cette stratégie repose sur une philosophie, « entrer en conflit avec les institutions européennes », et trois interventions. La première consistait à suspendre le paiement de la dette, seul argument introduisant un « rapport de force avec les créanciers qui n’ont rien à faire de tous les arguments démocratiques ». Comment, en arguant d’un article d’un règlement européen signé en 2013 stipulant que « tout état sous ajustement réalisera un audit de sa dette ». Le deuxième point consiste à une mise en faillite ordonnée des banques, « véritable tonneau des danaïdes » et, enfin, « pour faire face à la raréfaction prévisible des liquidités, il fallait prévoir une monnaie complémentaire ». Un scénario qui n’est pas sans rappeler celui « dévoilé » par Yanis Varoufakis, l’ancien ministre de l’économie démissionnaire après le référendum mais, selon Eric Toussaint, il n’aurait en fait été convaincu que tardivement.

L’audit, la négociation de la dette sont des options qu’envisagent aussi Juan Laborda, économiste de Podemos, même s’il précise que les économies grecques et espagnoles sont différentes, tant par leur taille que par la configuration de leur dette. Malgré ces différences, la purge imposée par l’Europe est identique, provoquant les mêmes effets, une dette publique gonflée pour avoir été sommée de rembourser des dettes privées, en l’occurrence issues de la bulle immobilière en Espagne.

« Ni le peuple grec, ni le peuple espagnol ne pourront relever seuls le défi »

Mais, prévient Pedro Arrojo, membre d’ATTAC Espagne et candidat de Podemos à Saragosse, « ni le peuple grec, ni le peuple ibérique ne pourront relever seuls le défi ». Et d’inviter l’ensemble des forces progressistes européennes à marcher ensemble vers Bruxelles en octobre 2015, dans un cortège démarrant à Gibraltar.

« Partout il faut dire non ». Une marche qui se terminera le 15 octobre 2015 en encerclant symboliquement un sommet de l’Union Européenne avant de se disperser pour rejoindre la conférence européenne citoyenne sur les dettes publiques organisée le lendemain par ATTAC à Bruxelles et pour terminer, le 17 octobre 2015, par une grande manifestation, le jour de la lutte mondiale contre la pauvreté. « Nous vivons des temps historiques de crise et de douleur » lâche Pedro Arrojo, « mais ce sont les douleurs de l’accouchement, pour la naissance d’un monde qu’on revendique comme possible depuis des années ».

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29 août 2015 6 29 /08 /août /2015 19:20

http://www.france-irak-actualite.com/2015/08/revolution-orange-a-bagdad-pour-qui-roule-haidar-al-abadi.html

Révolution orange à Bagdad ?

Pour qui roule Haïdar al Abadi ?

Par Gilles Munier

Samedi 29 Août 2015

Les manifestations qui ont lieu tous les vendredis dans les principales villes d’Irak depuis le début du mois d’août 2015 ne sont pas sans rappeler celles précédent les « révolutions de couleur » organisées par les Etats-Unis dans les pays d’Europe de l’Est, ou la « révolution verte » des « réformateurs » iraniens opposés à Mahmoud Ahmadinejad.

La spontanéité des irakiens accablés par la chaleur, plus de cinquante degrés, le manque d’eau potable et le chômage, sent de plus en plus l’opération politique pour déstabiliser le régime ou pour sauver ce qui peut encore l’être.

Les journées de la colère

Ces manifestations rappellent les rassemblements pacifiques qui se sont tenus dans la province d’al Anbar entre 2012 et 2014, qui ont été sauvagement réprimés par l’ancien premier ministre Nouri al Maliki, notamment à Hawija avec cinquante protestataires massacrés par la milice SWAT. Le résultat du refus du régime de dialoguer avec ses opposants sunnites a été la prise en main du mouvement par Abou Bakr al-Baghdadi, la prise de Mossoul et l’émergence de l’Etat Islamique.

Sur quoi les manifestations du vendredi déboucheront-elles ? Les « journées de la colère » qui se sont déroulées dans plusieurs villes d’Irak, tous les vendredis en 2011, ont été durement réprimées par Nouri al-Maliki qui accusait ses organisateurs d’être des saddamistes ou des membres d’al Qaïda. L’un d’eux qui n’avait rien à voir avec le Baas ou l’islamisme militant, le journaliste Hadi al Mahdi, ancien membre du parti al Dawa, a été assassiné par les sbires du régime. Il s’en prenait simplement à la corruption et à l'incompétence des hommes politiques irakiens.

L’entrée en lice des hommes en noir

Vendredi 28 Août 2015, les irakiens qui manifestaient par centaines de milliers dans les rues de Bagdad, Bassora, Nadjaf et Nasiriya, réclamaient, encore et toujours, de meilleures conditions de vie, des emplois, l’élimination de la corruption et du favoritisme et l’arrestation des dirigeants qui ont conduit la société irakienne au désastre. Principal homme politique visé, Nouri al-Maliki, vice-président de la république qui refuse de démissionner.

L’entrée en lice de Moqtada al-Sadr et de ses hommes en noir parmi les protestataires permettra-t-elle d’éviter que les prochains vendredis de la colère ne tournent au massacre ou au coup d’état ?

En attendant, une question reste en suspens, pour qui roule Haïdar al-Abadi, actuel premier ministre qui annonce réformes sur réformes, tout en se sachant incapable de les mettre en œuvre ?

Ses ennemis en font un agent du MI6, le service secret britannique. C’est mauvais signe.

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