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22 août 2015 6 22 /08 /août /2015 19:15

http://www.politica.elpais.com/politica/2015/08/15/actualidad/1439672847_232855.html

Teresa Rodriguez demande que Podemos « retrouve son premier ADN »

La parlementaire andalouse considère que la récupération des processus participatifs serait positive pour sa formation

Samedi 15 Août 2015

La secrétaire générale de Podemos en Andalousie, Teresa Rodriguez, a défendu que sa formation politique « retrouve son premier ADN », reproduisant les processus de participation qui ont constitué les listes municipales d’unité populaire qui ont gagné les institutions après les élections municipales du Dimanche 24 Mai 2015.

Dans une interview à Europa Press, Teresa Rodriguez a valorisé positivement la réunion organisée par le maire de Cadix, José María González, de la liste « Cádiz oui nous pouvons », entre les membres de ces listes municipales, qui feront une nouvelle réunion en septembre prochain. Le leader andalou de Podemos défend ces réunions, « pour la nécessité urgente et primaire de partager les expériences municipales de ces listes, pour échanger des programmes, des opinions et des propositions », mais aussi « pour récupérer les processus participatifs qui viennent d'en bas ».

Teresa Rodriguez estime que la récupération de ces processus participatifs serait positive pour sa formation, parce que l’organisation des discussions depuis la base est, de son point de vue, la « garantie » pour changer les choses, « un gouvernement isolé qui veut affronter la troïka sans parler aux citoyens rend la bataille plus difficile ».

Selon la parlementaire andalouse, Podemos « a beaucoup à apprendre des listes d’unité populaire. Le meilleur développement pour Podemos est de récupérer l'ADN du pouvoir citoyen, de la maturité politique et de la consultation des citoyens », a-t-elle dit, pour que son objectif soit de « construire la démocratie, pas la consommer ».

En ce qui concerne les élections primaires organisées par son parti pour élaborer les listes des élections générales, Teresa Rodriguez soutient qu’elles ont vu le triomphe de « l’efficacité » sur la « participation » de la base. Le leader de Podemos en Andalousie soutient que son parti a en permanence « un débat contradictoire entre être une force cohérente, centralisée et capable de gérer à court terme un gouvernement et rester un outil de pouvoir de la participation citoyenne, qui tient sa force de ses racines ». Cependant, la parlementaire andalouse affirme que « maintenant il faut faire la meilleure campagne électorale possible, la plus importante des trente dernières années », afin de gagner les élections générales et « renverser le pouvoir à court terme du bipartisme ».

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22 août 2015 6 22 /08 /août /2015 18:30

http://www.politica.elpais.com/politica/2015/08/20/actualidad/1440107999_595330.html

Teresa Rodriguez, « j’ai peur du tremblement des jambes d’Alexis Tsipras »

Le leader andalou de Podemos défend l’ouverture de son parti à « l’unité populaire »

Le premier ministre grec démissionne et appelle à des élections

Vendredi 21 Août 2015

Le leader de Podemos en Andalousie, Teresa Rodriguez, a reconnu qu’elle craignait que son parti souffre du même « tremblement de jambes » que souffre, à son avis, le premier ministre grec, Alexis Tsipras, qui a démissionné de ses fonctions Jeudi 20 Août 2015 et qui a appelé à des élections anticipées en Grèce. Teresa Rodriguez a également défendu que Podemos s’ouvre à une candidature « d’unité populaire » pour les élections générales, même si la direction du parti limite les alliances possibles avec d'autres forces à certaines communautés.

« J’ai peur du tremblement des jambes d’Alexis Tsipras après avoir obtenu un non clair des citoyens pour désobéir à la troïka » a dit Teresa Rodriguez à Ségovie dans son intervention à la sixième université d’été d’Anticapitalistas, organisation politique qui s’est dissoute pour intégrer Podemos, et dont Teresa Rodriguez est militante

« J’ai peur que cela nous arrive. La solidarité avec la Grèce et une stratégie commune restent nécessaires mais, avant tout, il faut avoir un plan », a dit la députée andalouse, selon Europa Press.

Teresa Rodriguez a défendu, par ailleurs, que Podemos participe aux élections générales dans une liste « d’unité populaire », comme le demandent les plates-formes comme Ahora en Comun, Izquierda Unida et d'autres forces régionalistes comme Compromís à Valence.

« Nous allons gagner, mais nous ne savons pas comment faire échec et mat à notre ennemi et terminer la partie », a-t-elle dit, tout en regrettant le peu d’importance dans laquelle sont tombés la mobilisation des gens dans les rues, le mouvement du 15 mai 2011 et les cercles de Podemos. Elle a averti qu’il ne faut pas « pleurer contre le peu de démocratie dans le processus ».

La dirigeante territoriale de Podemos a choisi de continuer à défendre l’ouverture du parti à une liste unitaire. « Faisons un effort et construisons des listes d’unité populaire, tout en faisant des critiques, parce que c’est seulement comme cela que nous allons arriver à convaincre nos partenaires », a-t-elle conclu. La base du parti a approuvé par référendum la stratégie électorale de la direction du parti, qui est de rechercher des partenariats seulement à l'échelle régionale pour les élections générales prévues pour l'automne prochain. Quatre-vingt-cinq pour cent des quarante-cinq mille sympathisants qui ont participé à ce processus, un peu plus de dix pour cent des trois cent soixante-quinze mille inscrits à la formation, ont approuvé ce plan, qui exclut un accord au niveau de l’état avec d’autres forces ou plates formes d’unité populaire comme Ahora en Comun.

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22 août 2015 6 22 /08 /août /2015 17:39

http://www.liberation.fr/monde/2015/08/20/onze-points-melancoliques-sur-le-devenir-de-la-situation-grecque_1366579

Onze points mélancoliques sur le devenir de la situation grecque

Par Alain Badiou

Jeudi 20 Août 2015

En juillet 2015, au lendemain du non au référendum grec, le philosophe Alain Badiou espérait dans Libération qu’une nouvelle séquence s’ouvrirait. Quelques heures avant la démission d’Alexis Tsipras, il déplorait que cette occasion politique unique ait été manquée par le premier ministre grec et ses conseillers.

On avait cru comprendre que Syriza, vainqueur des élections en Grèce, avait pour mot d’ordre un vigoureux non à l’austérité et qu’il allait donc refuser catégoriquement toutes les conditions anti sociales et régressives, portant atteinte aux principes les plus élémentaires de l’aspiration à l’égalité et à une vie populaire acceptable, dont les autorités financières diverses et leur couverture européenne faisaient la condition de leurs prêts. Beaucoup se réjouissaient alors de la possibilité qu’émerge, en Europe, une orientation politique enfin absolument différente du consensus réactionnaire dans lequel tous les états, depuis trente ans, maintiennent leurs opinions publiques, de gré ou de force.

Bien entendu, on pouvait déjà trouver bien des arguments pour modérer cette espérance. Ne serait-ce que ce mot très malheureux, « austérité », qui laissait entendre qu’on pourrait avoir son contraire, sans changer grand-chose. Alors que tout semblait indiquer que les adversaires, les gens au pouvoir et leurs commanditaires de l’économie sauvage mondialisée, n’avaient pas la moindre intention de changer quoi que ce soit et entendaient même consolider et aggraver la tendance dominante dont ils sont les gestionnaires et les profiteurs. On remarquait aussi le péril que représentait l’acceptation, pour parvenir au pouvoir, de règles immuables, élections, majorités incertaines, peu de contrôle sur l’appareil d’état, encore moins sur les puissances financières, tentation organisée du compromis corrupteur, bref, une marge de manœuvre très étroite. Et enfin on voyait que Syriza n’entretenait pas vraiment, avec la masse des gens, des liens politiques étroits et organisés, son succès était un succès d’opinion, versatile par définition, et surtout incontrôlé, sans garantie contre l’assaut, interne comme externe, des opportunismes pour lesquels parvenir au pouvoir et y rester est la seule règle. Pour toutes ces raisons, j’appartenais au camp des sceptiques.

Je dois avouer qu’autant les cinq mois de « négociations », sans que le gouvernement d’Alexis Tsípras prenne quelque initiative spectaculaire que ce soit, étaient décourageants et donnaient raison à mon pessimisme argumenté, autant la décision de recourir au référendum et plus encore son excellent résultat, un non franc et massif aux créanciers, pouvaient être interprétés comme ce qui allait ouvrir, enfin, une séquence politique absolument nouvelle. Il semblait qu’une véritable aventure soit à l’ordre du jour, dans une dialectique retrouvée entre l’état et son peuple. J’ai témoigné dans ces colonnes de cette espérance.

Nous pouvons dire qu’il n’en était rien et que notre jugement a été trompé.

Qu’imaginait-on, semble-t-il à tort, qu’il puisse se passer ? Tout simplement que le gouvernement grec et qu’Aléxis Tsípras définissent une nouvelle étape de leur politique, en décidant de tirer les conséquences du référendum et de lui seul. Ce qui revenait à dire qu’il y a désormais un mandat populaire impératif pour refuser, catégoriquement, et conformément du reste au noyau dur du programme de Syriza, les mesures demandées par les créanciers. Et cela devait être dit, non seulement sans déclarer que la Grèce quittait l’Europe, mais, tout au contraire, en déclarant explicitement et fortement qu’elle restait dans l’Europe, comme le veulent la majorité des grecs. Et que les décisions grecques à venir, prises par l’état sous l’autorité et la surveillance d’un peuple mobilisé, donneraient, à tous les peuples et à tous les gouvernements, l’exemple d’une nouvelle et libre manière d’être dans l’Europe.

Il était, dans la foulée du référendum, possible de renvoyer la balle dans le camp des eurocrates, en ces termes, nous sommes dans l’Europe et dans l’euro, mais nous sommes mandatés par notre peuple pour un refus catégorique de vos conditions. Il faut reprendre la négociation sans répéter la grave erreur de ces conditions, lesquelles, le référendum le montre, travaillent contre l’Europe des peuples et non pour elle. Cela devait faire l’objet d’une déclaration solennelle le soir du référendum, en soulignant avec force les trois points, aucun refus de l’Europe, aucune acceptation des conditions posées pour payer des dettes économiquement injustifiées et impayables et un nouveau chemin ouvert à tous pour une Europe des peuples et non des banques.

Une politique n’existe que si on substitue, au problème posé par l’adversaire, un problème différent. L’adversaire dit, ou bien vous m’obéissez, ou bien vous quittez l’Europe. C’est lui et lui seul qui constitue et brandit le Grexit. Le gouvernement grec ne doit aucunement répondre en jouant la même pièce de théâtre que celle des européens, avec la méchante maman allemande, le gentil mais timide papa français et le mauvais petit gamin grec, pièce de théâtre dans laquelle, hélas, il semble qu’Alexis Tsípras se soit en définitive installé.

Pourquoi ne pas répondre inlassablement, « le Grexit n’est pas dans notre horizon. Il n’en est pas question. Notre problème est le suivant, ou vous changez vos conditions après négociation, ou nous inaugurons, dans l’Europe, dont vous n’avez aucun moyen de nous exclure, et en assumant toutes les conséquences, une autre façon de traiter la crise, autre façon à laquelle nous proposons que se rallient tous les gouvernements, s’il y en a qui en sont capables, et toutes les forces politiques disponibles dans l’Europe tout entière » ?

Autrement dit, il n’y avait peut-être pas, quant à la question monétaire, de plan B immédiatement praticable, et encore, ce n’est pas du tout certain, mais il y avait, et il fallait le porter sans faiblir, un problème politique B, irréductible au problème « vous acceptez, ou c’est le Grexit ». Telle n’a pas été l’attitude d’Alexis Tsípras et du groupe qui le conseille et le soutient. Ils ont accepté de jouer le rôle de l’élève capricieux, mais qui fera des progrès, dans la pièce de théâtre montée par le sérail capitaliste européen. Ils se sont, lentement mais sûrement, installés dans les termes du problème adverse et ils continuent jour après jour à le faire, uniquement pour faire croire qu’il est bon qu’ils soient au pouvoir plutôt que les autres partis grecs, autres partis avec lesquels ils vont gouverner bientôt. En réalité, si les choses sont comme ils disent eux-mêmes qu’elles sont, partir serait plus digne et préparerait infiniment mieux l’avenir. Ce genre de capitulation est pire que la complaisance molle et abjecte des gouvernements antérieurs, parce qu’elle affaiblit un peu plus l’idée, déjà très malade en Europe, d’une véritable indépendance politique et cela pour des gains insignifiants, voire même au prix d’une sensible aggravation de la situation populaire.

Dans toute cette affaire, le référendum, et lui seul, créait une situation que je dirais pré-événementielle. Le gouvernement en appelait au peuple. Le peuple répondait positivement et attendait que le gouvernement réponde à sa réponse dans le registre de l’acte. C’était un moment unique. Aléxis Tsípras a « répondu » en disant qu’il continuait à faire comme avant.

Il a refusé toute pertinence, dans le registre de la décision politique, à cela même qu’il avait organisé. Ce qu’on peut dire d’une telle attitude n’est pas même une question de droite ou de gauche, Alexis Tsípras et ses conseillers se sont montrés incapables de faire ce qu’ont pu faire, je ne parle même pas des grands révolutionnaires, mais des conservateurs comme Charles de Gaulle ou Wiston Churchill. Ils n’ont pas voulu ou pu prendre, ce qui est rare, c’est vrai, une décision politique véritable, celle qui crée une possibilité neuve, dont il va falloir explorer les conséquences, en mobilisant pour ce faire, bien au-delà des seules autorités politiques, tous ceux qui sont saisis par l’urgence de l’acte. Ils n’ont pas adopté envers les bureaucrates européens le style du comte de Mirabeau et des députés du tiers état en 1789, sommés par le roi de se disperser, « nous sommes comme vous dans l’Europe et l’euro. Contrairement à vous, nous sommes porteurs, par la volonté du peuple, d’une autre vision et de l’Europe et de l’euro. Si vous voulez le Grexit, dites-le clairement, et essayez donc de nous l’infliger par la force ».

Bref, la faute, à mes yeux, d’Alexis Tsípras et de son groupe est, tout simplement, de n’avoir pas fait de politique quand, miraculeusement, et peut-être pendant quelques heures, le soir du référendum, il dépendait d’eux d’en faire. Après ce manquement, je crains que nous retournions au micmac ordinaire, la Grèce ne signifiera plus rien pour personne, elle paiera ce qu’elle peut, les gens seront un peu plus démoralisés et misérables et on oubliera tout cet épisode dans le grand chambardement du capital planétaire.

S’il y a un enseignement des grands moments de l’histoire, c’est que l’occasion politique est rare et qu’elle ne revient pas. Depuis le dix-neuvième siècle, on peut dire que la social-démocratie se définit ainsi, ne jamais saisir en acte l’occasion rare de faire exister une possibilité politique neuve. Mais, au contraire, travailler avec acharnement à faire comme si cette occasion n’avait jamais existé. Aléxis Tsípras et son équipe gouvernementale sont-ils les nouveaux sociaux-démocrates, dont le capitalo parlementarisme a grand besoin, vu la vilenie constante et fatiguée des anciens ? Si c’est le cas, si c’est tout simplement, pour l’ordre établi et pour sa garde à gauche, l’heure parlementaire de la relève, n’en parlons plus. Si de nouvelles péripéties, incluant la structuration et la montée en puissance de la fraction de Syriza opposée au cours actuel des choses, montrent que la recherche d’une nouvelle voie politique à échelle de l’Europe, voire du monde, est encore vivante en Grèce, nous nous en réjouirons sans arrière-pensée.

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22 août 2015 6 22 /08 /août /2015 17:07

http://www.humanite.fr/au-front-contre-letat-islamique-et-bombardes-par-larmee-turque-581514

Au front contre l’Etat Islamique et bombardés par l’armée turque

Par Pierre Barbancey, envoyé spécial de l’Humanité

Lundi 17 Août 2015

De Diyarbakir en Turquie à Hassaké en Syrie, en passant par le mont Kandil en Irak, rencontre dans les régions du Kurdistan avec un peuple qui résiste pour obtenir ses droits et n’hésite pas à envoyer ses combattants affronter et défaire les barbares de l’Etat Islamique.

Depuis Samedi 25 Juillet 2015, date d’un attentat commis dans la ville turque de Suruç contre de jeunes militants de gauche qui s’apprêtaient à rejoindre Kobané pour aider à sa reconstruction, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, fait l’amalgame entre l’Etat Islamique et le parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et prétend combattre les deux entités. En réalité, les djihadistes ont toujours bénéficié de la bienveillance et même de l’aide de la Turquie pour passer la frontière et pour acheminer des armes et du ravitaillement. L’aviation turque n’a effectué que trois raids contre les positions de l’Etat Islamique.

En Turquie même, la police de Recep Tayyip Erdogan pourchasse les militants kurdes du PKK mais aussi du parti démocratique des peuples (HDP), formation de Selahattin Demirtas. Les bombardements sont quotidiens contre les bases du PKK, y compris sur le mont Kandil, au Kurdistan irakien.

Dans le Kurdistan syrien, les combattants de l’organisation créée par Abdullah Öcalan sont pourtant venus renforcer les rangs des unités de défense du peuple (YPG) pour repousser l’Etat Islamique, comme à Kobané et plus récemment à Hassaké. Reportage dans ces trois zones, et rencontres avec ces combattants que l’Union Européenne et les États-Unis continuent de désigner comme « terroristes ».

La nuit tombe sur Diyarbakir, la grande ville kurde du sud-est de la Turquie, l’atmosphère se tend tout d’un coup. Le ciel n’est que bruits. Celui des hélicoptères de la police qui surveillent sans relâche une population coupable de ne pas se soumettre à la violente normalisation déclenchée par Ankara Samedi 25 Juillet 2015. Celui des bombardiers qui décollent pour aller répandre la mort sur le mont Kandil, au Kurdistan irakien.

Ferat, un jeune kurde membre du comité populaire du quartier de Lalebey, nous guide dans le dédale des rues de la vieille ville. La veille, le quartier, comme d’autres à Diyarbakir, a décrété son indépendance, dressant des barricades dans les venelles pour empêcher toute intrusion de la police. Les pavés sont descellés et mis en tas alors que des guetteurs sont en place pour signaler toute arrivée des forces dites de l’ordre. Lorsque celles-ci déboulent, arme au poing, les affrontements commencent, déséquilibrés. Dans le quartier de Baglar, un kurde de quarante ans tombe, le ventre transpercé par une balle. Il mourra à l’hôpital où il a été transporté en même temps que d’autres blessés.

« Nous résistons depuis des décennies contre l’hégémonie de l’état », souligne Ferat. « S’il y a eu un dialogue et un cessez-le-feu, c’est grâce à la bonne volonté kurde de réaliser la paix ».

Mais depuis bientôt un mois, le cessez-le-feu a volé en éclats. Prenant prétexte d’un attentat dans la ville turque de Suruç, attribué à l’Etat Islamique, faisant trente-trois morts parmi des jeunes s’apprêtant à se rendre à Kobané, Recep Tayyip Erdogan a lancé ce qu’il appelle une « guerre synchronisée contre le terrorisme », l’Etat Islamique et le mouvement kurde. En réalité, cette offensive militaire est quasi entièrement dirigée contre le PKK et toute forme de résistance kurde. Son aviation cible les camps de l’organisation au nord de l’Irak et les troupes rentrent dans les villages, semant la mort et la désolation. En réponse, le PKK a rompu le cessez-le-feu, qu’il avait décrété unilatéralement en 2013. « La bataille contre les kurdes est menée dans tous les domaines, militaire mais aussi politique, social et culturel », fait remarquer Ferat. « Mais le peuple kurde est habitué à cette oppression. Il sait résister. Nous avons un droit fondamental, celui d’être vivant, c’est pourquoi nous pratiquons l’auto défense. Ce que nous voulons, c’est simplement vivre en tant que nation dans un état démocratique. »

Comment, dans ces conditions, penser l’avenir ?

Ce soir-là, sur une placette de Lalebey, des hommes et des femmes s’activent. Les uns montent une sono sur des tréteaux. D’autres déploient une large banderole où on voit le portrait d’Abdullah Öcalan, le fondateur du PKK. Samedi 15 Août 2015 marque l’anniversaire de la création de la branche militaire de l’organisation et la police est sur les dents. Qu’importe pour les habitants. Les feux d’artifice défient les hélicoptères.

« L’état turc a toujours nié notre existence », dénonce Fatma, cinquante- deux ans. « Le 15 août représente la lutte du peuple kurde ». Elle se souvient, alors qu’elle n’avait que dix-sept ans, de l’intrusion de l’armée dans son village, près de Mardin, des maisons incendiées, de sa fuite à travers champs avec son premier enfant dans les bras « sans regarder derrière moi ».

Elle se rappelle et pleure en évoquant les treize personnes massacrées et « cette petite fille de sept ans, violée par les soldats puis pendue à un arbre ». Comment imaginer que Fatma puisse oublier ces exactions ? « Aujourd’hui, cela continue. Beaucoup de nos enfants sont partis combattre au Kurdistan syrien contre l’Etat Islamique et sont tombés. Cela fait trois semaines que les corps de nos martyrs sont à la frontière et on ne peut pas récupérer leurs dépouilles. Leurs corps pourrissent ».

Comment, dans ces conditions, penser l’avenir ? Masloun Mutlu n’a que seize ans. La lutte, il sait ce que c’est. Son père et ses deux frères sont en prison. Un troisième est parti rejoindre les camps du PKK. C’est lui qui subvient aux besoins de la famille en vendant des « simits », ces petits pains au sésame. « Nous avons tous peur », dit-il. « Nous avons peur de vivre dans nos propres maisons. Avant, on avait de l’espoir et les yeux illuminés en pensant à l’avenir. Maintenant, on se demande comment on va mourir. Si je ne devais pas aider ma famille, je m’engagerais avec le PKK, je partirais à la montagne ».

Terrible, la montagne, c’est là que nous nous rendons, au Kurdistan irakien. Le mont Kandil est d’une beauté à couper le souffle. Les sommets ciselés semblent des silex prêts à découper le ciel. L’eau dévale à profusion des flancs montagneux. Mais la poésie a du mal à s’imposer dans une zone redevenue la cible de l’aviation turque. Le mont Kandil est considéré comme le centre névralgique du PKK. Plusieurs camps de combattants y sont déployés pour accueillir les milliers de jeunes kurdes, hommes et femmes, qui ont décidé de répliquer à la violence turque.

« Le parti de la justice et du développement (AKP), le parti de Recep Tayyip Erdogan, a fait une erreur et va en payer le prix fort », a déclaré à une chaîne kurde Murat Karayilan, leader de la rébellion kurde en l’absence d’Abdullah Öcalan, son chef historique emprisonné. « Nous avons de l’expérience et savons quoi faire. Nous n’avons pas encore de plan de guerre et nous ne menons pour l’instant que des actions de représailles contre la Turquie ». La menace des raids aériens est constante. Le village de Zergele a été totalement détruit, huit civils ont été tués et des pans entiers de la zone incendiés par des bombes. Pour éviter le massacre, les combattants du PKK se sont redéployés dans la montagne, aménageant des abris dans les grottes. C’est dans le frais d’une de ces excavations à laquelle nous accédons par une piste escarpée que nous emmènent Warge Sindar et Ali Zagros. Des noms de guerre pour ces hommes, le premier a vingt-six ans et le second a vingt et un ans. Nous voilà donc face à des « terroristes » puisque le PKK est considéré ainsi par la Turquie mais aussi par les États-Unis et l’Union Européenne. Des « terroristes » qui gardent leurs kalachnikovs à portée de main et leurs grenades à la ceinture pour parler de leur histoire et de leurs motivations. Warge Sindar raconte ses souvenirs de son village incendié par l’armée turque, de son déracinement, de l’interdiction de parler kurde à l’école, des menaces des enseignants alors qu’il n’allait pas à l’école le jour de Newroz, le nouvel an kurde, des premières participations aux manifestations, des jets de cocktails Molotov, de son arrestation en 2009 et des trois ans passés en prison.

« Dans ma cellule, je me suis demandé si j’allais rester dans ce système ou rejoindre le PKK. J’ai choisi la seconde option. Contrairement à ce que tout le monde imagine, la première chose qu’on nous donne en arrivant, ce n’est pas une arme, mais des livres. Tous les jours, nous nous levons à 4 heures 30, nous faisons notre cuisine dans des endroits où l’on ne peut pas déceler notre présence, puis nous rejoignons nos postes. Lorsque quelqu’un a une question politique, nous nous réunissons par groupe de dix et nous lançons la discussion ».

Ali est arrivé récemment. Il raconte, « le jour de Newroz, le 21 mars, cette année, j’ai discuté avec ma copine. Nous avons décidé de rejoindre la guérilla. Elle est arrivée un mois avant moi. Nous savions que nous ne nous verrions plus. Avant de venir, nous nous sommes dit que nous pouvions transformer notre amour en un sentiment fraternel. Dans la guérilla, nous sommes égaux. Nous savions cela avant. Nous sommes heureux d’être ici. Nous luttons pour notre peuple ».

Cette lutte, des centaines d’entre eux, certains depuis Kandil, d’autres partis directement de Turquie, sont allés la poursuivre au Rojava, au Kurdistan syrien. Nous franchissons alors l’Euphrate, frontière naturelle entre l’Irak et la Syrie, pour les rencontrer. Direction Hassaké, au nord-est du pays, d’où les combattants kurdes regroupés dans les forces de défense du peuple, YPG pour les hommes, YPJ pour les femmes, ont chassé les djihadistes de l’Etat Islamique fin juillet. Au sud de la ville, nous nous rendons sur la ligne de front. Les troupes de l’Etat Islamique se sont regroupées à moins d’un kilomètre. Immobiles le jour, leurs mouvements sont décelables la nuit grâce aux jumelles à visée thermique, saisies à l’Etat Islamique. Dans la ville, les destructions témoignent de la violence des combats et de l’impact des bombardements de la coalition. À Hassaké, les États-Unis soutiennent les combattants kurdes, les seuls qui, jusqu’à présent, ont vaincu les djihadistes.

« Nous ne sommes pas des terroristes. Les terroristes sont en face »

En faction, prêtes à toute nouvelle attaque de l’Etat Islamique, Rouken et Ginda, dix-neuf ans chacune, sont arrivées du sud-est de la Turquie « pour défendre le droit et la liberté des femmes, pour la liberté des kurdes et contre ces barbares islamistes ». Comme tous ici, ils ne font pas de différence entre leur engagement avec le PKK ou leur intégration au sein des YPG et des YPJ. « Nous savons pourquoi nous nous battons. Nous ne sommes pas des terroristes. Les terroristes sont en face », affirment-elles, kalachnikov en bandoulière, en désignant un hameau qui se découpe dans le désert rocailleux. Ruban Serhed, vingt et un ans, est originaire de Kars, au nord du Kurdistan turc. Son père a été emprisonné à plusieurs reprises. Casquette vissée sur la tête, il explique avoir décidé de partir aider le Rojava en 2011, « comme l’avait demandé Abdullah Öcalan ». Lui qui a été blessé à deux reprises parle des combats, du moment où, encerclé avec ses camarades, il gardait une grenade dans la main « pour ne pas tomber dans les mains de l’Etat Islamique. Je me suis dit que c’était fini, que j’allais mourir. Des camarades des YPJ m’ont sauvé. Plusieurs camarades sont morts. Le malheur du peuple kurde nous pousse maintenant à continuer jusqu’au bout ». Lui aussi sourit du mot « terroriste » accolé au PKK. « Pourtant, nous nous battons contre la barbarie, contre des gens inhumains. Nous ne défendons pas seulement le Rojava mais l’humanité tout entière », lance-t-il. « Si une organisation qui a le respect de millions de personnes et qui se bat contre l’Etat Islamique est terroriste, alors je suis un terroriste ».

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21 août 2015 5 21 /08 /août /2015 17:50

http://www.humanite.fr/espagne-manuela-carmena-une-grande-dame-au-caractere-trempe-581558

Manuela Carmena, une grande dame au caractère trempé

Par Cathy Ceïbe

Mardi 18 Août 2015

La nouvelle maire de Madrid a une longue carrière de juriste. Engagée sous la dictature de Francisco Franco au sein du Parti Communiste d’Espagne (PCE), elle incarne aujourd’hui le renouveau de la vie politique espagnole avec des plates-formes d’unité populaire citoyenne.

C’est au numéro cinquante-cinq de la rue d’Atocha, dans le centre de Madrid, que des avocats, spécialistes en droit du travail, membres du PCE et des Commissions Ouvrières encore clandestines, officient. Parmi eux se trouve Manuela Carmena. Cette grande dame, qui a aujourd’hui soixante et onze ans, a été investie maire de la capitale le 13 juin 2015, dans la foulée des élections municipales du Dimanche 24 Mai 2015. À l’image d’Ada Colau, son homologue de Barcelone, elle incarne le renouveau de la vie politique espagnole avec l’irruption de listes citoyennes d’unité populaire.

Ce 24 janvier 1977, l’Espagne franquiste n’en finit pas de mourir. Le caudillo n’est plus, mais le pays peine à se défaire du vieil ordre agonisant. Les manifestations d’étudiants et d’ouvriers, comme celles des transports, sont mortellement réprimées. Mais le peuple espagnol ne craint plus de prendre la rue. Les hommes et les femmes de loi s’activent dans une Espagne qui oscille encore entre la lumière et les ténèbres. Au cinquante-cinq de la rue d’Atocha donc, les avocats sont sur le point de se réunir. Par un concours de circonstances, Manuela Carmena est appelée à se rendre à quelques pas de là, dans un autre cabinet, au numéro quarante-neuf, là où, deux ans plus tôt, elle a été arrêtée avec d’autres compagnons pour « réunion illégale ». Ce 24 janvier 1977, à la nuit tombée, deux phalangistes du syndicat vertical font irruption et ouvrent le feu. Cinq avocats sont tués, quatre autres seront gravement blessés.

Cet épisode tragique connu comme le « massacre d’Atocha » va profondément bouleverser le pays et donner un nouvel élan au parcours politique pourtant déjà confirmé de Manuela Carmena. Le 9 avril 1977, le PCE est légalisé. Quelques semaines plus tard, en juin 1977, on la retrouve en vingt-troisième position de la liste conduite par Santiago Carrillo, le leader de la formation, lors des premières élections post franquistes. « Trente-deux communistes pour Madrid, trente-deux madrilènes pour la liberté et le socialisme », affirme leur matériel de campagne. Madrid et Manuela, Manuela et Madrid, dont elle est désormais la maire. C’est dans cette ville qu’elle a vu le jour, le 9 février 1944. C’est là encore qu’elle y a étudié le droit.

Devenue juge, elle se fait un nom en combattant la corruption

À l’aube des années 1980, Manuela Carmena quitte le PCE qu’elle avait rejoint en 1965. Elle embrasse alors pleinement sa carrière de juriste. Déjà sous la dictature, elle défendait les prisonniers politiques. On la retrouve juge et elle se fait un nom en combattant la corruption.

Elle fonde l’association progressiste des juges pour la démocratie en 1984. Deux ans plus tard, elle reçoit le prix national des droits de l’homme de l’Association Pour les Droits de l’Homme d’Espagne (APDHE). Juge d’application des peines de Madrid, la femme à la chevelure blonde est élue doyenne des juges de Madrid en 1993, puis siège au conseil général du pouvoir judiciaire, l’organe constitutionnel de direction du pouvoir judiciaire. En 2010, elle se retire de la magistrature non sans avoir dénoncé, ce qui était rare dans les années 1990, le drame des emprunts hypothécaires qui ont jeté à la rue des centaines de milliers de familles avec l’éclatement de la bulle spéculative.

L’histoire ne dit pas comment s’est déroulée la rencontre. Mais, une chose est sûre, Manuela Carmena est issue du mouvement des indignés, lorsqu’en 2011 des millions d’espagnols sont descendus sur les places publiques pour dénoncer les ravages de la crise sociale et économique. Ahora Madrid, la formation avec laquelle elle s’est présentée aux élections, est le fruit de cette recherche politique. Cette plate-forme, soutenue par Podemos, comprend des assemblées de quartiers, des écologistes et un secteur d’Izquierda Unida. C’est d’ailleurs la formation de Pablo Iglesias qui a demandé à Manuela Carmena de porter la liste.

L’ancienne juge hésite. « Il m’en a beaucoup coûté de me décider, mais je suis disposée à aider », confiera-t-elle tout en se défendant d’appartenir à un parti politique. Mais elle se dit « inquiète de l’éloignement des politiques ». Elle, qui entend gouverner « pour les vulnérables ».

Rien ne lui aura été épargné durant la campagne où elle affrontait la droite dure et réactionnaire incarnée par Esperanza Aguirre, au point que cette dernière l’a même accusée d’accointances avec la bande séparatiste d’ETA. Comme si l’on pouvait passer sous silence le parcours profondément démocrate de cette femme au franc-parler et au caractère bien trempé. Elle souhaite placer son mandat sous le signe des changements dont elle dit d’ailleurs « qu’un à un, ils ne signifient pas grand-chose mais l’accumulation de nombreux petits changements peut faire en sorte que le monde soit différent ».

Sa première mesure n’est pas que symbolique. Elle constitue un geste à l’égard de ces « vulnérables » qu’elle respecte, en amputant son salaire de maire de cinquante-cinq pour cent et celui de ses vingt conseillers municipaux de quarante et un pour cent. Autre geste phare, le conseil municipal de Madrid va débaptiser les rues de la capitale qui portent les noms de figures franquistes.

Cela n’a rien de révolutionnaire. Aux yeux de Manuela Carmena, il s’agit de respecter la loi, tout simplement.

Des primaires au poste de maire de Madrid

Pressentie par Podemos, la formation de Pablo Iglesias, pour porter les couleurs d’Ahora Madrid, Manuela Carmena se présente donc, en mars 2015, aux élections primaires de cette plate-forme diverse et plurielle. Elle remporte haut la main le scrutin avec soixante-trois pour cent des suffrages. Dimanche 24 Mai 2015, sa liste obtient 31,85 % des voix, soit vingt élus, derrière celle de la droite du Parti Populaire portée par Esperanza Aguirre qui totalise 34,55 % des voix et vingt et un conseillers. Manuela Carmena est investie maire de Madrid le 13 juin 2015, grâce au soutien des dix-sept élus du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE).

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21 août 2015 5 21 /08 /août /2015 17:25

Elections législatives anticipées en Turquie Dimanche Premier Novembre 2015 (Reuters)

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a annoncé Vendredi 21 Août 2015 que des élections législatives anticipées auraient lieu Dimanche Premier Novembre 2015, le premier ministre Ahmet Davutoglu n'ayant pas réussi à constituer un gouvernement de coalition.

Recep Tayyip Erdogan a précisé qu'il allait demander à Ahmet Davutoglu en début de semaine prochaine de constituer un gouvernement de transition dont les membres seront choisis au sein du parlement mais également, si nécessaire, à l'extérieur de celui-ci.

Les élections législatives organisées Dimanche 7 Juin 2015 ont vu le parti de la justice et du développement (AKP), islamo-conservateur, perdre la majorité absolue dont il disposait au parlement depuis 2002.

Le président espère que les résultats du prochain scrutin le renforceront. Le précédent avait mis entre parenthèses ses espoirs de modifier la constitution pour donner davantage de pouvoirs au chef de l’état et plongé par la même occasion le pays dans l'incertitude.

« Quelle que soit la personne à qui je confierai le mandat, elle formera un gouvernement intérimaire composé de membres qui seront issus, ou ne le seront pas si c'est nécessaire, du parlement », a dit le président à la presse après avoir pris part à la prière du Vendredi 21 Août 2015.

En vertu de la constitution, tous les partis présents au parlement doivent être représentés dans ce cabinet de transition en fonction du nombre de sièges dont chacun dispose.

Mais le passage de la théorie à la pratique s'annonce délicat, d'une part parce qu'il s'agira d'une première, jamais la Turquie ne s'était trouvée en situation d'appliquer cette disposition constitutionnelle, et d'autre part parce que toutes les formations ne sont pas prêtes à participer.

« PERSONNALITÉS INDÉPENDANTES »

Le parti républicain du peuple (CHP) et le parti d'action nationaliste (MHP) ont fait savoir qu'ils n'étaient pas intéressés et le parti démocratique des peuples (HDP), formation historiquement pro kurde, se dit disposé à entrer dans ce gouvernement uniquement s'il a toute latitude pour choisir ses ministres, ce qui est loin d'être acquis.

« Je crois que le HDP veut que ses dirigeants figurent dans ce gouvernement. Mais il n'y a aucune obligation légale à ce sujet », commente Mehmet Sahin, de l’institut de réflexion stratégique, basé à Ankara.

Selon le principal conseiller de Recep Tayyip Erdogan pour les affaires constitutionnelles, Burhan Kuzu, le cabinet doit être formé dans un délai de cinq jours à partir du moment où le mandat est confié au premier ministre et le président a son mot à dire sur les nominations.

« Si le HDP décide de ne pas participer, des personnalités indépendantes seront désignées », a-t-il dit à Reuters. « Le premier ministre va composer le gouvernement et le présenter au président pour signature. Ce sera fait au plus tard le 31 août 2015 », a ajouté Burhan Kuzu.

En théorie, la composition actuelle du parlement devrait réserver six ou sept portefeuilles au CHP, principal parti d'opposition, dans un cabinet de vingt-cinq membres, et trois chacun au MHP et au HDP.

Si ces formations devaient effectivement décliner l'invitation, les ministres « indépendants » pourraient être des technocrates et d'anciens membres de l'AKP, restés sympathisants du parti au pouvoir, autrement dit ce cabinet, dont la durée de vie sera limitée, sera dominé par des partisans de Recep Tayyip Erdogan.

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21 août 2015 5 21 /08 /août /2015 17:05

http://blogs.mediapart.fr/blog/matthias-de-lozzo/210815/grece-lunite-populaire-est-nee

L’Unité Populaire est née

Par Stathis Kouvelakis

Vendredi 21 Août 2015

Tôt dans la matinée, vingt-cinq députés de Syriza ont quitté le groupe parlementaire de leur parti pour créer un nouveau groupe sous le nom d’Unité Populaire. La plupart de ces députés sont affiliés à la Plateforme de Gauche, mais d'autres également se sont joints comme Vangelis Diamantopoulos ou Rachel Makri, un proche collaborateur de Zoe Kostantopoulou.

C'est une évolution majeure dans la politique grecque, mais aussi pour la gauche radicale, en Grèce et à un niveau international.

Trois éléments doivent être soulignés.

Le premier est qu’Unité Populaire est le nom du nouveau front politique qui regroupera les treize organisations de la gauche radicale qui ont signé le texte du Jeudi 13 Août 2015 appelant à la constitution du front du non. Ce front est, par conséquent, le premier résultat concret d'une recomposition au sein de la gauche radicale grecque. Une recomposition qui tire les leçons de ces cinq dernières années et, bien sûr, de l'expérience de Syriza au pouvoir et de la catastrophe qui en résulte. Mais le but du front est plus large que cela, c'est de donner une expression à ces forces sociales qui ne reconnaissent pas nécessairement comme faisant partie de la gauche mais veulent se battre contre l'austérité, les mémorandums et le retour de la troïka via le nouveau mémorandum.

Le deuxième est que l'objectif du front est de constituer l'expression politique du non, comme il a été exprimé dans les élections du 25 janvier 2015 et lors du référendum du 5 juillet 2015.

Les principales lignes programmatiques sont la rupture avec l'austérité et les mémorandums, le rejet de tous les privatisations et la nationalisation sous contrôle social des secteurs stratégiques de l'économie, en commençant par le système bancaire, l'annulation de la majeure partie de la dette grecque, en commençant par l'arrêt immédiat du remboursement, et, plus largement, un ensemble de mesures radicales qui feront pencher l’équilibre des forces en faveur des travailleurs et des classes populaires et qui ouvrira le chemin de la reconstruction progressiste du pays, de son économie et de ses institutions.

Ces objectifs ne peuvent être réalisés sans sortir de la zone euro, comme la récente catastrophe l’a abondamment démontré, et sans rompre avec l'ensemble des politiques institutionnalisées par l'Union Européenne. Le front du non luttera également pour un combat internationaliste unitaire autour d'objectifs communs à l'échelle européenne et internationale et appuiera la sortie de l'OTAN, la rupture des accords existants entre la Grèce et Israël et l’opposition radicale aux guerres et interventions impérialistes. Ce programme de transition se place dans la perspective d'un socialisme du vingt et unième siècle.

Le troisième est que ce nouveau groupe parlementaire est maintenant le troisième en taille au parlement grec, devant le parti néo nazi Aube Dorée. Cela signifie que, dans les prochains jours, son dirigeant, Panagiotis Lafazanis, aura un mandat de constituer un gouvernement qui durera pendant trois jours, comme le stipule la constitution grecque. Après la démission du gouvernement d’Alexis Tsipras, ce mandat est maintenant entre les mains du deuxième parti du parlement, la Nouvelle Démocratie, le principal parti d'opposition de droite. Ce laps de temps sera utilisé par l’Unité Populaire pour déclencher un vaste débat et la mobilisation de toutes les forces sociales qui veulent combattre l'austérité et les mémorandums, les précédents ainsi que le nouveau.

Le programme du parti et l’ensemble de ses soutiens parmi lesquelles des personnalités de la gauche grecque, ce qui devrait être assez impressionnant, seront rendus publics en début de la semaine prochaine.

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21 août 2015 5 21 /08 /août /2015 16:51

En Grèce, les frondeurs de Syriza créent un parti indépendant (Reuters)

La faction la plus à gauche du parti Syriza du premier ministre démissionnaire, Alexis Tsipras, va faire sécession pour fonder un nouveau parti indépendant avec vingt-cinq parlementaires.

Ce parti s'appellera Unité Populaire, a dit un parlementaire, et sera dirigé par l'ancien ministre de l’énergie Panagiotis Lafazanis, qui a pris la tête de la fronde contre le troisième plan de renflouement financier de la Grèce négocié par Alexis Tsipras.

Avec vingt-cinq députés, cette nouvelle formation sera la troisième en importance du parlement, assemblée de trois cent membres, devant le parti centriste To Potami et le parti d'extrême droite Aube Dorée, qui comptent dix-sept élus chacun.

Cette scission intervient au lendemain de la démission présentée par Alexis Tsipras, une initiative qui devrait aboutir à la tenue d'élections législatives anticipées sans doute Dimanche 20 Septembre 2015.

Elle devrait également permettre au chef du gouvernement sortant de déplacer le centre de gravité de Syriza sur sa droite et essayer de rallier à lui une partie de l'électorat moins ancré à gauche.

La perspective d'un scrutin anticipé à l'automne était attendue après la conclusion du troisième plan d'aide internationale pour un montant de quatre-vingt-six milliards d'euros.

Le premier ministre, qui conserve une bonne cote de popularité, a dû passer à la vitesse supérieure en raison de la fronde d'une partie de son camp, près d'un tiers des élus de sa formation ayant refusé d'approuver le programme de renflouement négocié avec les créanciers d'Athènes.

Pour le vice-ministre des finances sortant, Tryfon Alexiadis, ces élections devraient permettre de stabiliser le pays.

« Les élections vont sûrement avoir un coût indirect mais elles vont clarifier les choses afin que nous puissions aller de l'avant », a-t-il déclaré sur la chaîne de télévision publique ERT.

« Certaines forces politiques considèrent le plan d'aide comme un salut. Syriza a été contraint de faire ce choix politique mais pas par idéologie », a-t-il ajouté.

Conformément à la constitution, le président Prokopis Pavlopoulos a demandé Vendredi 21 Août 2015 au chef de l'opposition conservatrice, Vangelis Meimarakis, de tenter de former un nouveau gouvernement.

JUGÉ SUR SON BILAN

Le leader de la Nouvelle Démocratie, qui compte soixante-seize députés, dispose de trois jours pour convaincre les autres formations de s'allier à lui et constituer une majorité. La tâche s'annonce quasiment impossible dans un paysage politique fragmenté allant des communistes du KKE à l'extrême droite de l'Aube Dorée.

Les élections anticipées n'ont « aucune utilité », a commenté Vangelis Meimarakis devant la presse affirmant vouloir « éviter tous les effets négatifs que cette élection pourrait créer pendant une très longue période ».

Si aucune coalition n'émerge de ces consultations au bout de trois jours, la constitution prévoit qu'une chance doit être offerte au parti suivant en importance, soit le nouveau parti Unité Populaire. L'élection deviendrait alors une quasi-certitude.

Annonçant Jeudi 20 Août 2015 sa démission, Alexis Tsipras a reconnu que le bilan de ses sept mois passés à la tête du pays n'était pas totalement celui espéré.

« Nous ne sommes pas parvenus à conclure l'accord que nous espérions avant les élections de janvier 2015 », a-t-il admis. « J'éprouve la profonde responsabilité morale et politique de soumettre à votre jugement tout ce que j'ai fait, les succès comme les échecs », a-t-il expliqué.

La tenue d'élections ne semble pas inquiéter les dirigeants européens qui estiment que le scrutin n'affectera pas la mise en oeuvre du plan d'aide internationale. Certains y voient même une occasion de consolider la politique du gouvernement même si certains investisseurs craignent un retard dans le calendrier des réformes exigées.

« C'était vraiment une étape attendue », a ainsi dit Thomas Wieser, qui préside le groupe de travail de l'Euro-groupe. « Et pour de nombreuses personnes, c'était une étape voulue pour avoir une structure plus claire dans le gouvernement grec », a-t-il ajouté sur la chaîne de télévision publique autrichienne ORF.

Cette analyse est partagée par le ministre finlandais des finances, Alexander Stubb, qui estime que les conditions du plan d'aide « vont demeurer les mêmes ».

Au ministère allemand des finances, on dit attendre que les réformes promises soient mises en oeuvre d'ici l'automne. « S'il devait y avoir des retards dans l'examen du programme en raison des nouvelles élections, alors cela se traduirait par des retards dans les nouveaux versements » de l'aide financière, a dit un porte-parole.

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20 août 2015 4 20 /08 /août /2015 18:09

Un palestinien interrompt une grève de la faim de soixante-cinq jours (Reuters)

Un détenu palestinien, Mohammed Allan, a mis fin à la grève de la faim qu'il observait depuis soixante-cinq jours pour protester contre sa détention sans jugement par les autorités israéliennes après la décision de la cour suprême israélienne de suspendre son mandat d'arrêt, a indiqué son avocat.

« L'histoire est terminée, la détention administrative est annulée et il n'y a donc plus de grève », a dit Djamel Khatib.

Mohammed Allan, trente et un ans, lié au Djihad islamique, avait été placé en « détention administrative » par les autorités israéliennes qui justifient cette pratique comme nécessaire pour assurer la sécurité nationale.

Hospitalisé en Israël dans un état grave, Mohammed Allan souffre de dommages cérébraux provoqués par le refus de s'alimenter et dans sa situation actuelle il ne présente plus une menace, a jugé la cour suprême.

La situation du jeune homme était observée avec attention tant en Israël que dans les territoires palestiniens et son décès aurait pu se traduire par de nouvelles violences.

Le gouvernement israélien avait pris au sérieux cette initiative contre la détention administrative, pratique dénoncée par les palestiniens et par les associations de défense des droits de l'homme.

Sa remise en liberté pourrait inciter certains des quelque trois cent soixante-dix palestiniens actuellement détenus en vertu de ce régime d'exception.

La cour suprême a ordonné que Mohammed Allan demeure dans l'hôpital israélien où il est actuellement soigné.

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20 août 2015 4 20 /08 /août /2015 17:58

Alexis Tsipras va démissionner, vers des élections législatives anticipées en Grèce le Dimanche 20 Septembre 2015 (Reuters)

Le premier ministre grec Alexis Tsipras va remettre aujourd'hui sa démission au chef de l’état afin d'ouvrir la voie à la tenue d'élections législatives anticipées, Dimanche 20 Septembre 2015, a annoncé Jeudi 20 Août 2015 un responsable gouvernemental grec.

Arrivé au pouvoir en janvier 2015, Alexis Tsipras est confronté à une fronde de l'aile la plus à gauche de son parti, Syriza, depuis qu'il a conclu un accord avec les créanciers d'Athènes sur l'octroi d'un troisième plan d'aide financière à la Grèce en échange de nouvelles mesures d'austérité.

Le premier ministre, qui a perdu sa majorité parlementaire, devrait faire une déclaration télévisée dans la soirée.

« L'objectif est d'avoir des élections Dimanche 20 Septembre 2015 », a dit une source gouvernementale après une rencontre entre Alexis Tsipras, les principaux dirigeants de son parti Syriza et des ministres pour discuter de cette question.

La constitution grecque prévoit une procédure relativement complexe pour l'organisation d'élections législatives anticipées lorsque celles-ci doivent se tenir moins de douze mois après le scrutin précédent.

Une fois que le premier ministre aura remis sa démission, le chef de l’état, Prokopis Pavlopoulos, ne pourra pas convoquer immédiatement un nouveau scrutin mais d'abord consulter les dirigeants des autres partis pour voir s'ils sont en mesure de former un gouvernement.

Ce n'est qu'en cas d'échec de ces consultations, plus que probable compte tenu de la composition du parlement, que des élections seront organisées.

La perspective d'élections législatives anticipées à l'automne était connue depuis plusieurs semaines mais Alexis Tsipras a dû précipiter son calendrier après le refus d'un tiers des élus de son parti de soutenir le nouveau programme gouvernemental, le privant virtuellement d'une majorité dont il dispose au parlement.

Cette accélération s'explique également par la volonté d’Alexis Tsipras de retourner devant les électeurs avant que se fassent sentir les effets des nouvelles mesures d'austérité.

Le chef du gouvernement peut en outre compter sur une solide popularité. Syriza était crédité par un sondage le 24 juillet 2015 de 33,6% des intentions de vote. Ce bon chiffre en fait le parti le plus puissant de Grèce mais n'est pas suffisant pour envisager de gouverner sans des partenaires de coalition.

La Banque Centrale Européenne (BCE) a annoncé Jeudi 20 Août 2015 qu'elle avait reçu, comme prévu, un remboursement de trois milliards deux cent millions d'euros acquitté par la Grèce au titre de sa dette. Ce remboursement portait sur des obligations d’état parvenues à maturité.

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