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9 février 2016 2 09 /02 /février /2016 21:20

http://www.souriahouria.com/events/paris-rassemblement-non-au-massacre-de-la-population-dalep

Rassemblement contre le massacre de la population d'Alep

Il faut sauver la révolution syrienne

Non au massacre de la population d’Alep

N’abandonnons pas un peuple faisant face à son bourreau depuis bientôt cinq ans.

Mobilisation Vendredi 12 Février 2016 à 18 heures 30 à Paris devant le Quai d’Orsay Métro Invalides

Les troupes de Bachar al Assad, secondées par l’aviation russe, par le régime iranien extrémiste des mollahs et ses bras armés dans la région, le Hezbollah libanais et les milices radicales irakiennes, ont lancé une offensive contre les trois cent mille habitants de la partie d’Alep libérée. Des milliers d’entre eux tentent de fuir la ville encerclée.

A Genève, le régime de Damas n’a concédé aucune des mesures humanitaires exigées par le conseil de sécurité de l'Organisation des Nations Unies (ONU) et que le Haut Comité des Négociations (HCN) réclamait en préalable à des négociations sur la transition politique pour parvenir à la paix.

La réponse a été un véritable tapis de bombes larguées par l’aviation russe pour ouvrir la voie à un assaut sur Alep, ceci sans la moindre réaction de la coalition internationale.

Combien de temps encore, les grandes puissances « amis de la Syrie » vont-elles se laisser manipuler par Vladimir Poutine coupable d’imposture visant à masquer une immense catastrophe humanitaire ?

Sans, de leur part , une aide rapide aux rebelles modérés ce sera l’horreur à Alep comme on l’a déploré à Srebrenica ou à Guernica.

Non seulement la dictature syrienne et ses alliés ne combattent pas principalement l'Etat Islamique, mais ils en tirent parti sur le terrain pour prendre en tenaille et écraser les démocrates qui résistent depuis cinq ans aux deux barbaries, celle du régime de Bachar al Assad et celle de l'Etat Islamique.

Nous appelons nos concitoyens à se mobiliser contre l’agression du régime syrien et de ses alliés contre le peuple syrien et porter haut le projet d’une Syrie libre et démocratique.

Premiers signataires

Collectif pour une Syrie Libre et Démocratique, Comité de Coordination de Paris de soutien à la Révolution Syrienne, Conseil National Kurde Syrien, Déclaration de Damas, Appel Solidarité Syrie, Mémorial 98, MRAP, la Vague Blanche, Mouvement du 15 Mars, Appel d’Avignon, Souria Houria

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9 février 2016 2 09 /02 /février /2016 21:05

https://www.buildingtheinternational.wordpress.com/2016/02/04/faussaires-trafiquants-et-recidivistes/#comments

Faussaires, trafiquants et récidivistes

Communiqué de la direction de la Tendance Communiste Internationaliste (TCI)

Un document en date du Jeudi 4 Février 2016, intitulé « informations du comité politique aux militants du Comité Communiste Internationaliste (CCI) » prétend répondre au communiqué de la TCI du Vendredi 29 Janvier 2016, qui lui-même faisait suite au dernier numéro de la lettre de la Vérité.

On se rappelle que notre communiqué se concluait ainsi, « militants du CCI, exigez de vos dirigeants qu’ils produisent les prétendues preuves de leurs affirmations ». Il aura fallu six jours au comité politique du CCI pour réunir deux « preuves ». Que disent-elles ?

Les deux documents cités n’émanent ni de la TCI, ni d’un membre de sa direction. L’intervention d’un adhérent dans une réunion du Parti Ouvrier Indépendant (POI) et l’extrait d’un courrier privé adressé par un militant à un autre militant n’engagent que leurs auteurs.

La TCI n’est engagée que par ses prises de position comme organisation. Les opinions exprimées dans ce courrier privé et dans cette intervention individuelle ne reflètent pas la position de la TCI.

Notons toutefois que les positions exprimées formulent un jugement politique sur l’orientation du Parti des Travailleurs d'Algérie (PTA). On peut les partager ou non, cela ne fait pas de leurs auteurs des « forces liées à l’impérialisme » comme ose l’écrire la lettre de la Vérité et que le communiqué du CCI du Vendredi 4 Février 2016 ne dément pas.

« Les liquidateurs de la quatrième internationale qui jusqu’à présent se contentaient d’attaquer le PTA dans les couloirs le font maintenant dans des réunions et même par écrit » prétend la mal nommée lettre de la Vérité, citée à nouveau dans le communiqué du Vendredi 4 Février 2016. Ces documents sont vieux de sept mois pour l’un et de deux mois pour l’autre.

Tout ce montage pour en arriver à ce morceau de choix, « les faits sont clairs. Les liquidateurs sont pris la main dans le sac. Les faussaires et les trafiquants, ce sont ces liquidateurs qui cherchent à maquiller leur forfait mais qui n’y arrivent pas et qui ne peuvent y arriver. Au moment où ils cherchent à s’intégrer à « l’arc de forces très large » dont parle Olivier Besancenot à propos du meeting du Samedi 23 Janvier 2016, ils participent avec les pablistes, les staliniens ou anciens staliniens à l’offensive concentrée contre le PTA au moment où celui-ci est l’objet d’une offensive sans précédent ». Quel « arc » dans lequel nous nous intégrerions à une « offensive » contre le PTA ?

La direction du CCI s’offusque d’être accusée de « puiser dans l’arsenal du stalinisme, les armes de la calomnie et de la diffamation ». Elle a tort de s’en offusquer puisque son communiqué du Vendredi 4 Février 2016 dépasse encore son écrit précédent dans la grossière et minable falsification.

Nous le répétons, contre l’offensive de l’impérialisme, nous exprimons notre solidarité inconditionnelle avec le PTA, ses dirigeants et ses militants. Nous ajoutons que nous sommes prêts, à tout instant, à rencontrer la direction du CCI pour organiser ensemble une campagne conjointe de défense du PTA.

A supposer, bien sûr, que cette défense soit vraiment la préoccupation de la direction du CCI.

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8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 21:18

Déchéance de nationalité, polémique autour des propos de Cécile Duflot (Reuters)

Les propos tenus par Cécile Duflot Vendredi 5 Février 2016 à l’assemblée nationale sur la déchéance de nationalité et le régime de Vichy ont suscité la controverse, Dimanche 7 Février 2016, les critiques émanant de l'ensemble de l'échiquier politique.

Lors de la présentation Vendredi 5 Février 2016 aux députés du projet de loi controversé de révision constitutionnelle visant à lutter contre le terrorisme, la coprésidente du groupe écologiste à l’assemblée nationale a déclaré que « le dernier régime à avoir massivement utilisé la déchéance de nationalité fut le régime de Vichy », provoquant les protestations à la fois de la majorité et de l'opposition.

L’ancienne ministre du logement du gouvernement de Jean Marc Ayrault a maintenu sa position, Dimanche 7 Février 2016.

« Non seulement mes mots sont le reflet exact de ma pensée, qui est une analyse historique sur ce qu'est la déchéance, mais je les maintiens tous », a-t-elle affirmé au Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI, en accusant le premier ministre « d’avoir organisé une cabale » contre elle.

« Manuel Valls, dans l'hémicycle, a falsifié mes propos et a organisé une polémique artificielle. Je n'ai pas invoqué Vichy, j'ai rappelé l'histoire de la déchéance de nationalité », a-t-elle poursuivi en qualifiant le comportement du premier ministre « d’indigne ».

Le député écologiste de Loire-Atlantique François de Rugy, qui a quitté Europe Ecologie-Les Verts (EELV) cet été, a dénoncé sur Radio J « un parallèle scandaleux. Je demande à Cécile Duflot qu'elle présente des excuses pour ses propos et qu'elle les renie clairement », a-t-il ajouté, en dénonçant la tendance des politiques à « tout le temps instrumentaliser l’histoire ».

La députée de Paris lui a répondu par une pique, l'accusant de vouloir jouer « le bon élève » à l'approche du remaniement gouvernemental.

Christian Estrosi, président des Républicains du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA) et la ministre de la santé Marisol Touraine, qui intervenaient respectivement sur France 3 et au Grand rendez-vous Europe1-iTELE-Le Monde, ont tous deux évoqué des propos inacceptables.

« Je veux croire que les mots de Cécile Duflot ont dépassé sa pensée », a précisé la ministre de la santé.

Le débat sur la réforme de la constitution doit reprendre Lundi 8 Février 2016 à l’assemblée nationale, où un vote solennel sur le texte est prévu Mercredi 10 Février 2016.

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8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 21:05

L’aide turque entre en Syrie pour aider les réfugiés d’Alep (Reuters)

Des camions et des ambulances venant de Turquie sont entrés Dimanche 7 Février 2016 en Syrie pour apporter de l'aide aux populations qui fuient Alep et ses combats tandis que des frappes aériennes visaient des villages reliant la ville à la frontière turque.

Dans les secteurs d'Alep tenus par les rebelles vivent toujours trois cent cinquante mille personnes. Des travailleurs humanitaires ont indiqué que la ville, qui était la plus importante de Syrie avant la guerre, pourrait bientôt tomber.

Selon l'Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH), qui fournit un point quotidien sur la guerre civile, des frappes aériennes, apparemment d'avions russes, ont touché Dimanche 7 Février 2016 des zones autour des villages de Bachkoy, Haritan et Kafr Hamra, au nord d'Alep. Ces deux derniers villages sont proches de la route menant à la Turquie.

L'intervention russe en Syrie a fait basculer l'équilibre des forces en faveur du camp du président Bachar al Assad, en faisant perdre aux rebelles le terrain gagné l'an dernier.

L'avancée de l'armée syrienne et des milices chiites qui la soutiennent, notamment iraniennes, menacent de couper les secteurs d'Alep tenus par les rebelles des voies d'approvisionnement turques.

« Dans certaines parties d'Alep, le régime de Bachar al Assad a coupé le couloir nord-sud. La Turquie est menacée », a déclaré le président turc Recep Tayyip Erdogan cité par le quotidien Hurriyet. Il s'exprimait devant les journalistes à bord d'un avion qui le ramenait d'une visite en Amérique Latine.

La Turquie accueille plus de deux millions cinq cent mille syriens ayant fui la guerre, mais elle fait l'objet de pressions grandissantes de la part de l'Union Européenne pour endiguer l'afflux de migrants et des Etats-Unis pour mieux sécuriser sa frontière.

Ainsi, au point de passage d'Oncupinar, qui est pratiquement fermé depuis près d'un an, les nouveaux arrivants sont installés dans des camps du côté syrien de la frontière. Selon les déclarations du gouverneur d'Oncupinar, Samedi 6 Février 2016, trente cinq mille personnes environ ont atteint la frontière en l'espace de quarante huit heures.

« Si c'est nécessaire, nous laisserons entrer ces frères, nous devons le faire », a déclaré Recep Tayyip Erdogan.

Dans les allées boueuses

A Oncupinar, un responsable de la fondation pour l'aide humanitaire (IHH), une Organisation Non Gouvernementale (ONG) turque, explique que sa priorité pour l'instant est de faire parvenir l'aide alimentaire et médicale du côté syrien de la frontière. Il explique que ses équipes sont en train de mettre en place un nouveau camp.

Dans un camp en territoire syrien non loin de là, à Bab al Salama, des enfants jouent dans les allées boueuses entre des rangées de tentes battues par la pluie. Certaines sont déchirées et pleines de boue, mais d'autres semblent nouvelles.

Le drapeau de l'Armée Syrienne Libre (ASL) flotte au-dessus de la route menant vers la ville syrienne d'Azaz, le long de laquelle cheminent de nombreux déplacés ces derniers jours. Des combattants rebelles armés de kalachnikovs sont visibles dans les parages.

La prise totale d'Alep serait une étape stratégique d'importance pour le gouvernement syrien dans cette guerre civile qui, en cinq ans, a tué deux cent cinquante mille personnes et fait onze millions de déplacés.

Tandis que les zones au nord-ouest d'Alep sont tenues par les forces syriennes d'opposition et les groupes kurdes, les territoires au nord-est sont tenus par l'Etat Islamique.

Selon l'OSDH, il y a eu des combats féroces dans ce secteur. Les médias d’état ont annoncé que les forces gouvernementales avaient repris à l’Etat Islamique une colline stratégique à l'est d'Alep.

Les états arabes sunnites de la région qui, comme la Turquie, veulent voir Bachar al Assad quitter le pouvoir, se sont dits prêts à intervenir avec des troupes au sol, pour peu que leur action soit coordonnée au niveau international.

Les Emirats Arabes Unis (EAU) ont indiqué Dimanche 7 Février 2016 être prêts à envoyer des troupes au sol en Syrie dans le cadre d'une coalition internationale menée par les Etats-Unis.

L'Arabie Saoudite a fait une offre similaire la semaine dernière.

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8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 20:52

http://www.regards.fr/web/article/yanis-varoufakis-nous-voulons

Nous voulons démocratiser l’Union Européenne

Mardi 9 Février 2016, se tient à Berlin la conférence Democracy In Europe Movement 25 (DIEM 25). Le « lancement d’un mouvement », nous explique Yanis Varoufakis, qui veut enrayer la désintégration de l’Union Européenne en rétablissant de véritables processus démocratiques.

L’ancien ministre des finances grec est l’instigateur de cette initiative paneuropéenne. De nombreuses personnalités se sont désormais jointes à lui, Julian Assange, Walter Baier, Brian Eno, Julien Bayou et Toni Negri.

Interview d'Yanis Varoufakis par Fabien Perrier sur ce mouvement, son origine et l’état de l’Union Européenne.

Fabien Perrier. Pourquoi avez-vous lancé cette conférence du Mardi 9 Février 2016 à Berlin ?

Yanis Varoufakis. Ce n’est pas une conférence, mais le lancement d’un mouvement pan européen. Le principe est à la fois simple et radical, nous voulons démocratiser l’Union Européenne. Aujourd’hui, elle se fragmente. C’est le résultat négatif d’un mécanisme qui mêle autoritarisme et politiques économiques en échec. La réponse de Bruxelles est d’accroître l’autoritarisme. L’Union Européenne ne survivra pas à ce cercle vicieux.

Fabien Perrier. Quelle est la nouveauté de votre approche ?

Yanis Varoufakis. Elle réside dans la façon de procéder. Au lieu de nous organiser d’abord à l’échelle locale, celle des états nations avec des partis nationaux formant des alliances entre eux qui coopèrent essentiellement au niveau bruxellois, nous procédons de la manière inverse. Nous créons un mouvement sans frontière, qui œuvre en même temps à travers l’Europe. Ainsi, nous pouvons définir ce que nous, en tant que citoyens européens, voulons faire et mettre en place pour démocratiser l’Union Européenne. Et dès que nous aurons abouti à un consensus, je suis sûr qu’il trouvera sa propre expression électorale dans les états membres. Nous verrons ensuite quelle forme cette représentation doit prendre. C’est donc un mouvement dynamique, européen et transfrontalier qui regroupera les citoyens concernés par l’état de l’Europe, le manque de démocratie, voire sa mort.

Fabien Perrier. Pensez-vous que les européens ressentent ce déficit démocratique au sein de l’Union Européenne ?

Yanis Varoufakis. Jusqu’à l’an passé, peut-être pas, mais la façon dont la troïka, non élue, a écrasé le gouvernement grec, issu des urnes, a alerté de nombreux électeurs et de nombreux citoyens, y compris ceux qui ne partageaient pas nécessairement nos convictions, sur le manque de démocratie en Europe. Et, plus encore, sur le mépris fondamental des principes démocratiques qui règne au sein de l’Union Européenne. Quand j’étais ministre grec des finances, un homologue d’un autre état membre m’a signalé que « les élections ne pouvaient rien changer ». Les gouvernements de l’Union Européenne sont élus, mais les décisions sont ensuite prises dans des enceintes non élues, non représentatives et illégitimes, comme l’Eurogroupe par exemple. Nombre de décisions qu’il prend affecte pourtant la vie de tous les citoyens. Les politiques décidées échouent, sont contestées et conduisent à une fragmentation de l’Union Européenne. La seule réaction de Bruxelles et de Francfort, le siège de la Banque Centrale Européenne (BCE), est d’accroître l’autoritarisme et de réduire la démocratie. Cette spirale devient hors de contrôle.

Fabien Perrier. Mais la démocratisation de l’Union Européenne est-elle possible sur ses bases actuelles ? Dès son origine, les industries en détenaient les rênes.

Yanis Varoufakis. Sans doute, à son commencement, l’Union Européenne était une forme de cartel, celui du charbon et de l’acier. La démocratie ne fait pas partie de son ADN. Est-ce possible de démocratiser l’Europe ? À vrai dire, je ne sais pas. Si nous étions au dix neuvième siècle en train de discuter la création d’un mouvement contre l’esclavage, la même question de fond se poserait, est-ce possible, car il n’y avait jamais eu de société sans esclave auparavant. Mais le fait même de croire à cette possibilité la rend possible. C’est le pouvoir de l’esprit humain et de la politique.

Fabien Perrier. Comment y parvenir ?

Yanis Varoufakis. Nous devons agir en trois étapes. Tout d’abord, nous avons besoin de transparence. Ce que j’ai vécu en tant que ministre, à Bruxelles, à Francfort, à Berlin et à Paris, m’a montré une chose, quand les décisions sont prises derrière des portes closes et dans l’opacité, le processus de décision est toxique et le résultat est terrible pour les européens. Nous devons donc tout faire pour que des rayons de lumière atteignent ces corridors du pouvoir. Transparence, donc, pourquoi ne pas diffuser en direct les réunions importantes, celles du conseil européen et de l’Eurogroupe ? Je peux vous assurer que toutes les terribles décisions qui ont été prises ces six dernières années n’auraient pas été prises aussi légèrement si nos représentants avaient su qu’ils étaient écoutés et regardés par les citoyens. Cette mesure peut être appliquée dès demain. Et si les dirigeants résistent, il faudrait qu’ils expliquent, rationnellement, pourquoi.

Fabien Perrier. Quelles sont les étapes suivantes ?

Yanis Varoufakis. La deuxième mesure devrait être prise en l’espace de six mois. Il s’agit du redéploiement des institutions existantes telles que la BCE, le Mécanisme Européen de Stabilité (MES) et le fonds européen d’investissement afin de mettre un coup d’arrêt à la crise persistante consécutive à l’explosion de la dette publique, aux investissements faibles et au poids du système bancaire. Et d’arrêter la crise humanitaire qui se développe partout en Europe, comme en témoigne la pauvreté grandissante. Cela peut même être mis en œuvre, essentiellement, dans le cadre des traités existants. La troisième phase de démocratisation consiste à créer une assemblée constitutionnelle afin de discuter d’une constitution fédérale et démocratique pour l’Union Européenne dans les dix prochaines années. Sinon, nous courons droit à la désintégration de l’Union Européenne dont les coûts seraient terribles pour tous.

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8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 20:27

Remarques sur un communiqué du Courant Communiste Internationaliste (CCI)

Par Jean Jacques Marie

Vendredi 5 Février 2016

La direction du CCI vient de diffuser un communiqué dont près d’un quart est consacré à ma modeste personne qualifiée, avec l’ironie pesante dont ces mornes apparatchiks sont coutumiers, de « haute personnalité ».

Définissant les militants regroupés dans la Tendance Communiste Internationaliste (TCI) comme un « groupe liquidateur », ils écrivent que « l'une des « hautes personnalités » de ce groupe liquidateur, dans un document, écrit avec la morgue aristocratique du petit bourgeois français à l’égard de ce que les colons français il y a soixante ans appelaient les indigènes, que Louisa Hanoune était dans le camp du régime et du président Abdelaziz Bouteflika ».

En un mot, je suis un petit-bourgeois colonialiste, résidu et nostalgique de l’Algérie française.

Précisons d’abord que ledit « document » est une lettre personnelle adressée à un militant nantais du CCI qui avait tenté par écrit de me convaincre de l’infamie des fondateurs de la TCI et de la justesse profonde de la politique du CCI. Ce brave homme a transmis ma modeste épitre à ses dirigeants et, pour la première fois dans ma longue vie, une de mes lettres accède au statut de « document ».

L’essentiel n’est évidemment pas dans ce détail révélateur mais dans la présentation faite de moi comme un résidu du colonialisme français.

Les dirigeants de la fédération française de l’Union Syndicale des Travailleurs Algériens (USTA) ne s’en étaient pas aperçus, en pleine guerre d’Algérie. Avertis par Marceau Pivert que je devais faire partie d’une mission d’enquête des jeunesses socialistes de la Section Française de l'Internationale Ouvrière (SFIO) en Algérie, dirigée par Pierre Mauroy, en avril 1957, ils me demandèrent de tenter de transmettre un message de leur part à deux des fondateurs de l’USTA internés dans le camp de concentration de Saint-Leu, près d’Oran. Je réussis à m’y rendre, flanqué du seul Pierre Mauroy, et à échapper quelques minutes aux surveillants pour trouver les deux militants, leur transmettre le message et obtenir d’eux quelques brèves informations que je pus communiquer, à mon retour, aux responsables de l’USTA en France. Rien de spécialement courageux dans cette mission, certes, mais rien non plus de vraiment colonialiste.

Ces derniers ne perçurent pas en moi le résidu du colonialisme français décelé près de soixante ans plus tard par les dirigeants extra-lucides du CCI, puisqu’ils m’invitèrent ensuite à leur deuxième congrès tenu à Lille en compagnie d’Alexandre Hébert, d’Auguste Lecœur et de quelques autres militants ouvriers dont j’ai oublié le nom.

Alors que j’adhérais, en décembre 1959, au groupe de Pierre Lambert, très engagé dans la lutte contre la guerre d’Algérie, Pierre Lambert, dont les apparatchiks du CCI citent le nom à tout propos et surtout hors de propos, n’a pas décelé, malgré la situation très tendue de l’époque, le petit-bourgeois colonialiste méprisant qui bouillonnait en moi. La fille de Messali Hadj, Djanina Hadj, ne l’a pas perçu non plus puisque c’est avec moi qu’elle a discuté et signé les conditions de transmission des archives de son père au Centre d'Etudes et de Recherches sur les Mouvements Trotskystes et Révolutionnaires Internationaux (CERMTRI).

A dire vrai, pendant mes cinquante-cinq ans de militantisme à l'Organisation Communiste Internationaliste (OCI), au Parti Communiste Internationaliste (PCI) et au CCI, aucun des dirigeants passés et présents ne s’est rendu compte de ce qu’ils viennent apparemment de découvrir. Cet aveuglement devrait à jamais les disqualifier comme dirigeants et les renvoyer à une base dont ils se sont éloignés depuis des décennies.

Enfin, présenter comme l’expression d’un mépris pour les « indigènes » de jadis et comme un relent colonialiste toute critique, certes discutable comme toute critique et toute politique, de la politique de Louisa Hanoune, c’est un procédé de terreur verbale visant à interdire toute discussion et, en fin de compte, une forme inversée de colonialisme.

Pour couronner leur style et leurs procédés staliniens, je suggère aux dirigeants du CCI d’aller jusqu’au bout de leur entreprise et de me qualifier, avec beaucoup d’autres bien entendu, « d'individu à double face ». Ils se retrouveront ainsi en bonne compagnie historique.

Le document de la direction du CCI se conclut par une citation de Pierre Corneille qui contraste avec la bouillie bureaucratique du reste.

Je suggère à ce petit groupe de méditer un proverbe latin, « quos vult perdere Jupiter dementat », « Jupiter rend fous ceux qu’il veut perdre ».

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7 février 2016 7 07 /02 /février /2016 18:07

ARABIE SAOUDITE SYRIE ET ETAT ISLAMIQUE

Vous trouverez ci dessous les deux derniers paragraphes d'un très long message d'Adam Hanieh relatif à l'Etat Islamique.

Le message est disponible en totalité en français à l'adresse ci dessous.

Le message original en anglais n'est apparemment plus disponible par internet.

J’ignore totalement les raisons de cette situation.

Bernard Fischer

http://www.inprecor.fr/article-état-islamique-en-Irak-et-au-Levant-Une-naissance-sur-les-espoirs-brisés-du-Printemps-arabe?id=1854

Arabie saoudite, Syrie et État islamique

L’utilité de la religion pour étayer les pouvoirs terrestres a, bien sûr, une longue filiation dans la région. Il est maintenant largement admis que les racines organisationnelles des mouvements fondamentalistes islamistes, y compris les ancêtres de l'Etat Islamique, ont leurs origines dans une alliance entre les États-Unis et les états du golfe, en particulier l’Arabie Saoudite, dans les années 1960 et 1970.

Pour faire face à la montée dans la région des mouvements politiques de gauche et nationalistes, le parrainage de l’islamisme a été perçu comme un contrepoids désarmant efficace. Au cours des années 1980, cette politique a été appliquée plus systématiquement à travers le soutien américain et saoudien aux combattants islamistes arabes en Afghanistan. C’est là que les préparatifs pour le djihad armé ont reçu leur première impulsion pratique.

Cette longue instrumentalisation du fondamentalisme islamiste a conduit certains observateurs à faire valoir que l'Etat Islamique est un outil des états du golfe. À première vue, cette argumentation semblerait judicieuse. Sur le plan idéologique, il y a des similitudes étroites entre le régime saoudien et l’État Islamique. Les deux partagent une interprétation particulièrement répressive des châtiments islamiques. En effet, la revendication des décapitations et des amputations réalisées dans les zones contrôlées par l'Etat Islamique ne peut être trouvée nulle part ailleurs dans la région, à l’exception de l’Arabie Saoudite. Lorsque l’État Islamique a cherché des manuels pour les écoles qu’il dirige, les seules versions jugées appropriées ont été celles trouvées en Arabie Saoudite. De même, parmi une importante partie de la population saoudienne on peut observer une sympathie à l’égard de l'Etat Islamique, qui se manifeste par des contributions financières ou l’engagement volontaire de combattants.

Pourtant, alors que des armes fournies par l’Arabie Saoudite et le Qatar à des groupes syriens ont probablement fini dans les mains de l'Etat Islamique à travers des défections ou des captures, il y a peu de preuves convaincantes que l'Etat Islamique est directement financé ou armé par l’Arabie Saoudite ou tout autre état du golfe.

Au niveau de la rhétorique, la relation entre les deux est celle d’une profonde antipathie et de haine. L'Etat Islamique considère la monarchie saoudienne comme l’un de ses ennemis les plus méprisables et le renversement de la famille régnante al Saoud est l’un des buts principaux du groupe. Quant à la monarchie saoudienne, elle ne tolère aucun autre candidat à la direction islamique mondiale et elle craint la menace que l’État Islamique représente pour sa propre domination.

En revanche, la montée en puissance de l'Etat Islamique a un lien clair avec la répression dirigée par le gouvernement de Bachar al Assad contre le soulèvement syrien. Quelques mois après le début du mouvement populaire, Bachar al Assad a libéré des centaines de prisonniers, parmi eux des djihadistes bien entraînés, dont beaucoup deviendront dirigeants et combattants des groupes fondamentalistes islamistes. Des anciens agents de renseignement syrien de haut niveau ont affirmé qu’il s’agissait là d’une tentative délibérée du régime pour attiser les divisions sectaires et pour présenter le soulèvement comme islamiste.

Le gouvernement de Bachar al Assad a une longue tradition de tentatives de manipuler ces groupes, dont la libération des prisonniers au cours des années 2000 et l’aide apportée à des milliers de volontaires djihadistes passant la frontière pour rejoindre le réseau d'Abou Moussab al Zarqaoui en Irak. En effet, pour approfondir leur coopération avec les États-Unis dans le domaine de la sécurité dans la région, en février 2010, des responsables des services de renseignement syrien ont tenté de mettre en valeur leur infiltration et leur capacité de manipuler les groupes djihadistes.

Il n’est guerre surprenant que lorsque les manifestants syriens ont été confrontés aux bombes, aux chars et aux attaques aériennes aveugles de l’armée de Bachar al Assad, c’est vers les groupes les mieux entraînés et les mieux armés, les djihadistes, que certains d’entre eux se sont tournés. Ces groupes comprenaient Jabhat al Nusra, une organisation créée après que l’État Islamique en Irak ait envoyé des combattants en Syrie à la fin de l'année 2011 et qui a fait sa première apparition en janvier 2012.

Au cours de l’année 2013, alors que la violence et la décomposition s’aggravaient, Jabhat al Nusra a subi une scission avec son groupe d’origine sur la question de l’orientation stratégique, fallait-il se concentrer sur l’affrontement avec l’armée syrienne, en mettant sous le boisseau les divergences sectaires, ou bien fallait-il prioriser le contrôle territorial, basé sur la loi islamique et la poursuite d’une stratégie de polarisation contre tous les autres groupes. L’État Islamique en Irak a fait ce dernier choix, annonçant l’expulsion des cadres récalcitrants de Jabhat al Nusra le 9 avril 2013 ainsi que la formation de l’État Islamique en Irak et au Levant, nouvellement configuré.

Reflétant ces priorités stratégiques, et contrairement à la croyance populaire, l'Etat Islamique a ainsi largement évité la confrontation directe avec le régime de Bachar al Assad.

Au lieu de cela, profitant de son contrôle des voies de contrebande et des passages frontaliers qui chevauchent l’Irak et la Syrie, l'Etat Islamique a cherché avant tout à assurer son expansion territoriale, sa profondeur stratégique et la sécurité que lui offre la pratique de la retraite militaire, droit que l'Etat Islamique refuse à toute autre organisation armée, lui permettent cela.

Dans cette entreprise, le conseil militaire d’anciens généraux baasistes de l’époque du Camp Bucca a été la clé de son succès, l’accent a été mis sur la domination des voies d’accès et d’approvisionnement qui relient les nœuds stratégiques, sécurisant les champs de pétrole et contrôlant les infrastructures de base, en particulier la production de l’eau et de l’électricité, plutôt que sur l’obsession des points fixes en soi.

Cette stratégie a non seulement rendu l’organisation immensément riche, elle s’est emparée d’au moins neuf champs de pétrole en Syrie et en Irak, dont le potentiel de vente est estimé à plus d'un million cinq cent mille dollars par jour.

Elle a aussi rendu le reste du territoire syrien, contrôlé tant par l’opposition que par le gouvernement, très dépendant de l'Etat Islamique pour son approvisionnement en énergie et en électricité.

Si l’on additionne de plus les importantes sommes d’argent amassées par les enlèvements, l’extorsion, la vente d’antiquités, la contrebande et les taxes, l’État Islamique, contrairement à presque tous les autres états réels au Moyen-Orient, est devenu indépendant par sa richesse, auto suffisant financièrement et il opère dans des frontières qui transgressent délibérément celles établies par les puissances coloniales au début du vingtième siècle.

Plus d’interventions ?

Dans ces circonstances, les appels à accentuer l’intervention militaire occidentale dans la région ne pourront que renforcer cette organisation. Précisément parce que la guerre et l’occupation ont fertilisé le terrain permettant la croissance de l’État Islamique, il est très clair que ce genre de réponse ne fera qu’aggraver la situation. En effet, conformément à la stratégie de la polarisation, les récentes attaques de l'Etat Islamique ont visé explicitement un tel résultat, accroître les interventions occidentales dans la région afin d’approfondir le sentiment de crise et de chaos.

L’opposition aux interventions étrangères ne doit pas se limiter à celles des États-Unis ou des états européens.

En dépit des affirmations officielles, les bombardements russes de la Syrie commencés le 30 septembre 2015 ont largement évité les zones contrôlées par l’État Islamique et ont été concentrés plutôt sur celles où existent d'autres groupes d’opposition. Ces attaques russes, soutenues sur le terrain par le Hezbollah, les troupes iraniennes, les milices chiites irakiennes et l’armée syrienne, ont d’abord visé à renforcer la position de Bachar al Assad et à prendre l’initiative de ce qui apparaît comme un accord émergeant entre les principaux acteurs régionaux et internationaux en Syrie. Dans ce contexte, la présence de l'Etat Islamique sert actuellement à renforcer la prétention que Bachar al Assad « résiste au terrorisme », une fonction illustrée clairement par le fait que de nombreux états occidentaux ont maintenant glissé vers la tolérance envers son gouvernement qualifié de « mal nécessaire ».

Bien sûr, l’orientation militaire russe peut évoluer à la suite des attentats du Sinaï, de Beyrouth et de Paris, mais c’est un fait que, entre l’État Islamique et le gouvernement de Bachar al Assad, il y a une sorte de longue détente implicite. Jusqu’à maintenant elle a servi les deux parties.

Dans une telle situation, il y a peu de réponses faciles pour la gauche. Oui, nous avons besoin de visions alternatives et radicales fondées sur l’exigence de la démocratie, de la justice sociale et du rejet du sectarisme. Mais cela nécessite également une évaluation objective du rapport des forces ainsi qu’un bilan de ce qui a été erroné au cours des dernières années.

Nous devons nous méfier des analyses qui définissent une causalité automatique entre la montée de l’État Islamique et les manigances de la guerre et de l’impérialisme. Ce résultat n’était nullement inévitable. C’est dans l’inversion des soulèvements de 2011 et dans leur échec à défier les racines de la domination autocratique que l'Etat Islamique a trouvé un écosystème lui permettant de prospérer et de croître.

La politique a horreur du vide et, avec les revers des mobilisations populaires et démocratiques au cours des trois dernières années, l’État Islamique a été une de ces forces venues cueillir les fruits du recul. En mode parasitaire, l’organisation a verrouillé l’explosion des violences sectaires, qui étaient délibérément cultivées par les dirigeants de tous les pays de la région, trouvant un accueil d’abord en Irak, puis en Syrie. Dans ces deux pays, le groupe a rencontré et a contribué à concrétiser une réalité qui correspond de manière macabre à son schéma de « gestion de la barbarie ».

Pourtant, malgré l’apparente désolation de la situation, il y a des raisons d’espérer.

Dans ces circonstances extraordinairement difficiles, des forces locales affrontent l’État Islamique et, ce qui est encore plus important, il s’agit des mouvements kurdes, faisant en même temps face à la répression du gouvernement turc et des forces de l’opposition syrienne opposées à l'Etat Islamique. En même temps, des mouvements sociaux et politiques courageux en Irak, en Syrie, au Liban, en Égypte et partout continuent de défier la logique du sectarisme et démontrent que la lutte pour une alternative progressiste est vivante.

L’État Islamique peut promettre un projet utopique de stabilité et de prospérité, mais c’est loin d’être une réalité sur le terrain. Nous devons être absolument certains qu’il va connaître ses propres révoltes internes, comme l’ont connu dans le passé les autres exemples d'états islamiques proclamés.

En outre, si nous comprenons la montée de l'Etat Islamique à travers le prisme du recul, nous pouvons être un peu confiants en sachant que l’organisation n’offre aucune réponse efficace à la situation actuelle de la région. Elle ne représente nullement une quelconque réponse anti-impérialiste, ni aucune voie plausible vers un Moyen-Orient libéré de la domination et de la répression, que ces dernières soient locales ou internationales.

Malgré tous les revers de ces dernières années, la croissance potentielle d’une véritable alternative de gauche n’a pas été anéantie et, ce qui est plus important, n’a jamais été aussi nécessaire.

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7 février 2016 7 07 /02 /février /2016 17:22

http://www.cadtm.org/Compte-rendu-de-la-conference

Compte rendu de la conférence européenne sur la dette du 16 octobre 2015 à Bruxelles

C’est dans le cadre de la semaine de lutte contre l’austérité, les traités de libre-échange et la pauvreté, que le réseau européen de l'Association pour la Taxation des Transactions financières et pour l'Action Citoyenne (ATTAC) et le Comité pour l'Annulation de la Dette du Tiers Monde (CADTM) ont choisi d’organiser cette journée de réflexion et de débat sur la dette. Elle s’est tenue au siège de la Confédération des Syndicats Chrétiens (CSC) à Bruxelles au lendemain des actions d’encerclement du sommet européen renforcées par les marches européennes et à la veille d’une manifestation qui a rassemblé plusieurs milliers de personnes. Ces mobilisations revendiquent une Europe différente, sous le contrôle des peuples et non des créanciers ou du capital en général, elles nous rappellent aussi que des alternatives sont possibles.

Synthèse de la journée

Alors que se tenaient simultanément d’autres conférences et assemblées pour discuter de ces alternatives, des représentants de la Grèce, de la Belgique, de la France, de l'Italie, de l'Espagne et du Royaume-Uni, sont venus présenter leurs rapports sur les origines de la dette dans leurs pays respectifs ainsi que les campagnes d’audit citoyen.

Cette conférence, pensée lors du dernier Forum Social Mondial (FSM) à Tunis, poursuivait un double objectif, construire modestement un espace public européen de débat sur la dette et un espace d’échange de pratiques, voire de coordination. Le réseau International Citizen Audit Network (ICAN) et la nécessité de s’en saisir ont d’ailleurs été mis en avant à plusieurs reprises.

Cette journée a permis d’établir un état des lieux clair et précis de la dette et des propositions concrètes faites dans différents pays pour faire face à la domination des politiques d’austérité et de contre-réformes structurelles en Europe.

La journée s’est décomposée en deux temps.

La matinée était consacrée à la dette telle qu’elle se présente dans ces six pays, ainsi qu’à l’exposé, par chaque intervenant, de l’état des audits citoyens. Les expériences et constats convergent vers la conclusion que les audits citoyens locaux sont un niveau d’action privilégié, important et pertinent, qu’il convient de les coordonner à l’échelle nationale et, partant, à l’échelle européenne avec ce qui pourrait devenir à terme une commission pour la vérité sur la dette en Europe.

L’après-midi était consacrée aux alternatives économiques et sociales à envisager pour répondre efficacement à cette nouvelle offensive néo libérale, au niveau municipal, national, européen et mondial. Partant du constat que les institutions européennes sont utilisées comme outils de cette offensive, en particulier la Banque Centrale Européenne (BCE) et la commission européenne, des pistes ont été proposées pour créer un espace qui pèserait sur de nouvelles institutions.

On l’a vu, le peuple grec a pu élire un gouvernement de gauche radicale, les institutions n’ont pas moins refusé toute alternative à leurs politiques actuelles. La démocratie ne fonctionnant pas au niveau national, et encore moins à l’échelle européenne, il faut soigner les pathologies de la démocratie dans nos pays en œuvrant à plusieurs échelles et en construisant des espaces politiques et citoyens, renforcés par la convergence de nos réseaux. Malgré les désaccords politiques et les difficultés pratiques, des leçons ont été tirées de l’échec du gouvernement Syriza et ont fait l’objet de débats sereins.

La journée s’est conclue par la synthèse et des propositions d’Éric Toussaint pour poursuivre ce travail en commun de lutte contre la dette et l’austérité et pour une libération des peuples.

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7 février 2016 7 07 /02 /février /2016 16:27

http://www.revolutionpermanente.fr/La-Grece-paralysee-par-la-greve-generale-contre-la-reforme-des-retraites

La Grèce paralysée par la grève générale contre la réforme des retraites

Jeudi 4 Février 2016, la Grèce était paralysée. Arrêts de travail, transports bloqués, la journée de grève générale a mobilisé plus de cinquante mille personnes dans toute la Grèce. Au cœur de ces cortèges une seule et même préoccupation, la lutte contre cette nouvelle « réforme » des retraites défendue par le gouvernement SYRIZA ANEL conduit par Alexis Tsipras.

Plus de quarante mille manifestants à Athènes, quatorze mille à Thessalonique, deuxième ville du pays, ont participé à cette mobilisation, la plus massive depuis l’élection d'Alexis Tsipras et l’arrivée de Syriza au pouvoir, en janvier 2015.

Sur plusieurs bannières on peut lire, « pas touche aux retraites » ou encore « Quand on a cinquante pour cent d’impôts directs et indirects et vingt pour cent de cotisations sociales, vous comprenez que nous allons avoir des problèmes ». Les transports urbains, ferroviaires, aéroportuaires et maritimes étaient également perturbés tandis que la capitale était également plongée dans un calme inhabituel par l’absence des milliers de taxis de la ville.

Les manifestants étaient répartis dans trois cortèges, ceux du PAME proche du parti communiste grec (KKE), le plus important en nombre, des grands syndicats du public (ADEDY), du privé (GSEE) et de la gauche radicale. C’est la troisième fois que le premier ministre Alexis Tsipras affronte une grève générale. Les manifestants étaient deux fois plus nombreux qu’en novembre 2015 et près de trois fois plus qu’en décembre 2015.

Au-delà des secteurs traditionnels, ce sont aussi un nombre record de professions qui sont descendus dans la rue.

Assureurs, vétérinaires, avocats, agriculteurs ou médecins ont défilé aux côtés des fonctionnaires et de nombreux employés du privé. En effet, les professions libérales sont vent debout contre la réforme des retraites qui va fragiliser encore un peu plus leurs sources de revenus, même s’il ne s’agit pas du secteur qui, jusqu’à présent, a le plus souffert de la crise.

Ainsi de nombreux commerces étaient fermés pour dénoncer une réforme qui frappe de plein fouet les travailleurs indépendants, ainsi que les agriculteurs. Depuis Vendredi 22 Janvier 2016, ces derniers campent sur les grands axes routiers. Depuis Lundi Premier Février 2016, ils bloquent les postes-frontières avec la Bulgarie et la Turquie. A Athènes, la police a réprimé des manifestants par des tirs de gaz lacrymogènes, les groupes de jeunes répondants par des cocktails Molotov avant d’être rapidement chassés.

Déjà bien réchauffée par les quarante huit heures de grève, Jeudi 21 Janvier 2016, le monde du travail, ainsi que des travailleurs indépendants, manifestent ensemble contre les nouvelles mesures d’austérité, malgré les nombreuses tentatives de division du gouvernement. Alors que la majorité SYRIZA ANEL ne tient qu’à un fil au parlement, cent cinquante trois députés sur trois cent, non seulement les ministres d'Alexis Tsipras montrent des signes de fébrilité mais aussi les créanciers qui voient d’un mauvais œil ce regain des mobilisations.

En effet, le jour de la grève générale, la dirigeante du Fonds Monétaire International (FMI), Christine Lagarde, a déclaré que le FMI ne voulait pas imposer de « mesures draconiennes » en Grèce, mais réclame toutefois plus d’efforts d’Athènes sur la réforme des retraites. Tandis que Bruxelles et sa commission européenne ont annoncé réviser en hausse Jeudi 4 Février 2016 leurs prévisions économiques pour la Grèce, tablant sur une récession moindre en 2016 et un rebond grâce aux réformes, en Grèce, c'est le retour de la lutte des classes.

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7 février 2016 7 07 /02 /février /2016 16:00

http://www.revolutionpermanente.fr/Paris-Grande-action-ouvriere-en-soutien-aux-8-condamnes-de-Goodyear

Contre la justice de classe

Grande action ouvrière en soutien aux huit condamnés de Goodyear

Près de dix mille personnes se sont rassemblées à l’appel de la Confédération Générale du Travail (CGT), Jeudi 4 Février 2016, Place de la Nation à Paris, pour témoigner de leur soutien aux huit salariés de Goodyear condamnés à deux ans de prison, dont neuf mois de prison ferme, dans le cadre d’un procès engagé par l'état. Retour sur ce succès qui appelle à des suites.

La météo n’aura une fois de plus pas aidé, mais cela n’a pas empêché les dizaines de délégations de travailleurs de plusieurs secteurs de suivre, pendant plus de trois heures et dans un climat très combatif, l’enchainement de prises de paroles entrecoupés de passages musicaux joués par des artistes solidaires tels que Kaddour Hadadi, Yvan Le Bolloch et Sanseverino. Des nombreux cars sont venus du nord de la France, dont cinq avec les anciens salariés de Goodyear Amiens-Nord.

Une journée de grève a été convoquée dans quelques secteurs, comme la Régie Autonome des Transports Parisiens (RATP) et les hospitaliers d’Amiens.

Bien au-delà de Goodyear

Ressortait le fait que derrière l’immense élan de solidarité à l’égard de cette emblème que sont devenu les Goodyear, ce cache une dure réalité de multiples cas de répression syndicale et de la violence engendrée par les licenciements et le chômage.

Le premier intervenant était un travailleur de la mairie de Longwy, en lutte depuis plus d’un an avec ses collègues, avec des mouvements de grève suivis à plus de quatre vingt pour cent du personnel. « On nous qualifie dans la presse de preneurs d’otages et de terroristes, mais ils n’arriveront pas à nous faire taire et il est hors de question de laisser nos camarades se retrouver en prison ». Pendant que les manifestants scandaient « tous ensemble », il s’est exclamé, « n'ayons pas peur, continuons à lutter ».

S’en est suivi une longue série de témoignages poignants de la violence que représentent la répression syndicale et les licenciements, dont celui d’une éducatrice sportive licenciée pour avoir voulu créer une section syndicale, « aujourd’hui je me bats pour rester en vie car je suis atteinte d’un cancer avec métastase osseuse car j’étais tellement déprimée par ces licenciements que j’ai tardé à me soigner. Je le dis pour dépeindre la réalité et soulever l’importance de la liberté syndicale ».

Ou encore celui d’un travailleur de l’agence d’interim Start People ayant renoncé à se présenter Jeudi 4 Février 2016 à un entretien préalable au licenciement, auquel il était convoqué, pour se solidariser des Goodyear et témoigner de son cas. Cible lui-même de répression syndicale, on lui reproche d’avoir accompagné des postiers sur un piquet de grève à Perpignan, alors que la Poste avait embauché illégalement des intérimaires pour remplacer les grévistes, ce à quoi a été ajoutée une accusation mensongère d’agression envers le directeur de ce même bureau de Poste.

C’est à plusieurs que les travailleurs d’ID Logistics sont montés à la tribune pour dénoncer la criminalisation syndicale dont ils font l’objet de la part de celui qu’ils appellent le « tôlier », leur patron. Celui-ci a décidé du licenciement de trente cinq salariés, dont onze délégués syndicaux, pour avoir osé combattre les augmentations de cadences, alors que l’entreprise faisait neuf cent soixante millions d'euros de chiffre d’affaires l’an passé. Les travailleurs menacés de licenciement ont affirmé qu’ils ne lâcheraient rien face aux pratiques mafieuses de leur tôlier et ils ont revendiqué la nécessité de s’unir contre la répression syndicale.

Un travailleur d’Electricité Réseau Distribution France (ERDF) a dénoncé les quatorze mille morts liées au chômage tous les ans, et le fait « qu'aucun patron ne réponde de ce crime de masse ». Il a également dénoncé l’acharnement judiciaire, huit ans de procédures judiciaires avec six relaxes et deux amendes avec sursis, sur huit de ses camarades qui avaient osé s’opposer au licenciement d’une collègue qui avait été témoin d’un accident du travail. Il a insisté sur la nécessité de « fédérer les luttes, l'attaque du gouvernement est massive est totale, il faut une réponse massive et totale, il faut des grèves reconductibles pour arriver si possible à la grève générale et bloquer l’outil de production dans ce pays ».

L’intervention d’un travailleur d’Air France a été particulièrement acclamée. Il a dénoncé le fait que lui et ses camarades soient traités comme des voyous alors qu’ils se battent contre les licenciements. Une criminalisation qui a conduit à cinq licenciements et à des perquisitions, avant d’être « déférés comme des criminels » au parquet de Bobigny.

Une inspectrice du travail et des artistes

Mais il n’y a pas que les ouvriers qui luttent contre les licenciements et pour leurs conditions de travail qui se voient réprimer. L’inspectrice du travail Laura Pfeiffer à été condamnée alors qu’elle était chargée de contrôler l’entreprise Tefal de Rumilly et a dénoncé les pratiques de la direction de cette entreprise. Elle a également témoigné de son soutien aux Goodyear et de sa consternation face aux « attaques subies par les salariés et les syndiqués, qui se multiplient et s’intensifient sur tout le territoire national. Comment peut-on condamner non pas les dirigeants mafieux initiant de tels plans sociaux mais les salariés qui tentent de lutter pour sauvegarder leur emploi contre la machine capitaliste en train de les broyer », s’interrogeait-elle.

L’élan de solidarité touche aussi le milieu artistique. Yvan Le Bolloch, animateur de télévision, acteur et musicien, a affirmé qu’on avait bien « besoin de se serrer les coudes » par les temps qui courent. « Je suis aujourd’hui séquestré par la CGT et c’est un grand plaisir », s’est-il exclamé sous les applaudissements de la foule.

Marcel Trillat, réalisateur connu pour ses films sur la classe ouvrière, a fait le lien entre la condamnation des travailleurs de Goodyear et la situation des quatorze salariés d’une entreprise de peinture sous-traitante qu’il filme actuellement. « Ceux-ci se battent contre leur patron-voyou qui leur doit des mois de salaires, qui les faisait travailler dans des conditions de travail lamentables et qui a mis la clé sous la porte dès qu’ils ont commencé à protester. Ils occupent actuellement les locaux de leur entreprise ».

Violence et justice de classe

Xavier Mathieu, l’ancien leader des Continental qui avait été poursuivi pour le saccage de la sous-préfecture de Compiègne a lui-aussi répondu présent, « tous ceux qui nous traitent de voyous aujourd’hui, ce ne seraient pas les mêmes qui envoient des avions Mirage au Mali et en Syrie pour bombarder des populations civiles, des enfants et des femmes ? Ce ne sont pas ceux-là qui nous accusent de violence ? Ce n’est pas notre justice qui vient d’acquitter un flic qui a tiré dans le dos d’un gamin de vingt ans ? Ce n’est pas Bernard Cazeneuve qui il y a un peu plus d’un an a envoyé une bombe dans le dos du petit Rémi Fraisse ? Et ce sont ces gens-là qui viennent nous parler de violence ».

Il est revenu ensuite sur le drame social crée par la direction de Continental qui a fermé le site de Compiegne, les ruptures familiales et les suicides, « ce ne sont plus des patrons voyous, ce sont des criminels. Quand vont-ils être condamnés ». Il a fini sur une note tranchante, « cette justice, c'est une justice de classe ».

Mickaël Wamen, ancien secrétaire général de la section syndicale CGT Goodyear, est revenu sur le récit de l’arrestation scandaleuse des huit camarades de Goodyear dont il fait partie, leur garde-à-vue et leur condamnation comme de vulgaires criminels. « Non content d’avoir mis plus de mille cinq cent personnes à la porte, non content d’avoir envoyé huit cent personnes à Pôle Emploi, le gouvernement aide Goodyear à aller plus loin avec la condamnation du 12 janvier 2016 qui est la seule et unique condamnation à des peines de prison ferme pour des syndicalistes dans la cinquième république, tout cela avec un gouvernement soi-disant de gauche ». Il a fait le lien avec la condamnation des salariés d'Air France. « Ce n’est quand même pas une poignée qui va décider pour nous et nous empêcher de faire ce que les anciens avaient fait, reprendre la rue ».

Il s’est ensuite adressé à tous les présents en disant que les huit salariés de Goodyear n’étaient pas les seuls condamnés dans cette histoire, « vous êtes tous condamnés, condamnés à agir, nous ne pouvons plus laisser faire ce gouvernement ». Sur la politique actuelle du gouvernement il a affirmé que « sous le couvert des attentats ignobles qui ont eu lieu notamment à Paris, il veut faire une loi pour déchoir de nationalité des gens qui de toute façon ne pourraient plus être déchus parce que depuis les attentats généralement ils ne sont plus là. Par contre la loi va servir de tremplin à attaquer les droits fondamentaux de ceux qui se battent ».

Après avoir entendu tous les témoignages qui lui ont précédé, il a conclu en s’adressant aux partiicipants, « vous ne croyez pas qu’il y a de quoi faire là ? Il faut donc y aller, arrêtons de faire semblant. Je pense qu’il faut qu’on se retrouve vite, tout le monde au même endroit, pas cinquante manifestations en France, tout le monde, même endroit, même jour et même cause ». Il a ensuite interpellé la CGT et son secrétaire général Philippe Martinez qui intervenait quelques minutes plus tard sur les suites à donner, « je m’engage, si les camarades de la CGT veulent bien, à travailler à construire cette unité dont nous avons tous besoin, parce que la seule chose qui leur fait peur c’est nous. Non pas parce que nous sommes des violents, mais parce que nous sommes déterminés, pour nous, mais aussi pour nos gamins. Car qu’est-ce qu’on va leur laisser sinon ? Un pays où les salariés n’ont plus de droits et où ce sont les entreprises du CAC 40 qui gouvernent ».

Moins d’une semaine après le succès de la journée de mobilisation contre l’état d’urgence, ce grand rassemblement en soutien aux condamnés de Goodyear confirme un début de changement dans la situation sociale. Aux travailleurs de saisir l’occasion pour lancer une contre-offensive face à l’escalade liberticide et répressive du gouvernement et les attaques patronaux. D’ici ce prochain rendez-vous prôné par Mickaël Wamen et que nous appelons de nos vœux, rendez-vous le 16 février 2016 à la bourse du travail de Paris pour la première réunion du comité de soutien aux Goodyear qui devrait se poser le défi de s’étendre à chaque lieu de travail et de confluer avec les cadres de lutte contre l’état d’urgence de façon à structurer et élargir la riposte globale qui commence à germer.

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