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13 septembre 2015 7 13 /09 /septembre /2015 16:02

http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/110915/pour-un-plan-b-en-europe

Appel pour un plan B en Europe

Lundi 13 Juillet 2015, le gouvernement grec démocratiquement élu d’Alexis Tsipras a été mis à genoux par l’Union Européenne. « L’accord » du Lundi 13 Juillet 2015 est en réalité un coup d’état. Il a été obtenu par la fermeture des banques grecques par la Banque Centrale Européenne (BCE) et la menace de ne pas les autoriser à rouvrir tant que le gouvernement grec n’accepterait pas une nouvelle version d’un programme qui a échoué. Pourquoi, parce que l'Europe officielle ne pouvait pas supporter l'idée qu’un peuple souffrant de son programme d'austérité auto destructrice ait osé élire un gouvernement déterminé à dire non.

Désormais, avec davantage d’austérité, davantage de privatisations au rabais d’actifs publics, une politique économique plus irrationnelle que jamais et la misanthropie en guise de politique sociale, le nouveau mémorandum ne sert qu'à aggraver la grande dépression grecque et le pillage de la Grèce par des intérêts particuliers, grecs ou non.

Tirons les leçons de ce coup d’état financier. Cet euro est devenu l’instrument de la domination économique et politique de l’oligarchie européenne, cachée derrière le gouvernement allemand et qui se réjouit de voir Angela Merkel faire tout le « sale boulot » que les autres gouvernements sont incapables de faire. Cette Europe ne produit que des violences dans les nations et entre elles, un chômage de masse, un dumping social féroce et des insultes attribuées aux dirigeants allemands contre l’Europe du Sud et répétées par toutes les « élites » y compris celles de ces pays. L’Union Européenne alimente la montée de l’extrême-droite et est devenue un moyen d’annuler le contrôle démocratique sur la production et la distribution des richesses dans toute l'Europe.

Affirmer que l’euro et l’Union Européenne servent les européens et les protègent contre la crise est un mensonge dangereux. C’est une illusion de croire que les intérêts de l’Europe peuvent être protégés dans le cadre de la prison des règles de la zone euro et des traités actuels. La méthode de François Hollande et de Matteo Renzi du « bon élève », en réalité du prisonnier modèle, est une forme de capitulation qui n’obtiendra même pas la clémence. Le président de la commission européenne Jean-Claude Juncker l’a dit clairement, « il ne peut y avoir de choix démocratiques contre les traités européens ». C’est l’adaptation néo libérale de la « souveraineté limitée » inventée par le dirigeant soviétique Léonid Brejnev en 1968. A l’époque, les soviétiques écrasaient le printemps de Prague par les tanks. Cet été, l’Union Européenne a écrasé le printemps d’Athènes par les banques.

Nous sommes déterminés à rompre avec cette Europe. C’est la condition pour reconstruire des coopérations entre nos peuples et nos pays sur une base nouvelle. Comment mener une politique de partage des richesses et de création d’emplois notamment pour les jeunes, de transition écologique et de refondation démocratique face à cette Union Européenne ? Nous devons échapper à l’inanité et l’inhumanité des traités européens et les refonder afin d’enlever la camisole de force du né olibéralisme, abroger le traité budgétaire, refuser le traité de libre-échange avec les Etats-Unis (TTIP).

La période est extraordinaire. Nous faisons face à une urgence. Les états-membres doivent avoir l'espace politique qui permet à leurs démocraties de respirer et d’instaurer des politiques adaptées au niveau national, sans craindre d’être empêchés par un Euro-groupe autoritaire dominé par les intérêts du plus fort des états-membres et du monde des affaires, ni par une BCE utilisée comme un rouleau compresseur menaçant d’écraser tout « pays non coopératif » comme ce fut le cas avec Chypre ou la Grèce.

C’est notre plan A, qui est de travailler dans chacun de nos pays, et ensemble à travers l’Europe, à une renégociation complète des traités européens. Nous nous engageons à collaborer avec la lutte des européens partout, dans une campagne de désobéissance aux pratiques européennes arbitraires et aux règles irrationnelles jusqu'à ce que la renégociation aboutisse.

Notre première tâche est de mettre fin à l’irresponsabilité de l’Euro-groupe. La seconde tâche est d’en finir avec le caractère prétendument « indépendant » et « apolitique » de la BCE alors qu’elle est hautement politisée, de la façon la plus toxique, totalement dépendante de banquiers en faillite et de leurs agents politiques, et prête à mettre fin à la démocratie sur une simple pression de bouton.

La majorité des gouvernements représentant l’oligarchie européenne et se cachant derrière Berlin et Francfort, ont aussi un plan A, ne pas céder à la demande de démocratie des citoyens européens et utiliser la brutalité pour mettre fin à leur résistance. Nous l’avons vu en Grèce en juillet 2015. Pourquoi ont-ils réussi à étrangler le gouvernement démocratiquement élu de la Grèce ? Parce qu'ils avaient aussi un plan B, éjecter la Grèce de la zone euro dans les pires conditions possibles en détruisant son système bancaire et en achevant son économie.

Face à ce chantage, nous avons besoin de notre propre plan B pour dissuader le plan B des forces les plus réactionnaires et anti-démocratiques de l’Europe. Pour renforcer notre position face à leur engagement brutal pour des politiques qui sacrifient la majorité au profit des intérêts d'une infime minorité. Mais aussi pour réaffirmer le principe simple que l'Europe n’est rien d’autre que les européens et que les monnaies sont des outils pour soutenir une prospérité partagée et ne sont pas des instruments de torture ou des armes pour assassiner la démocratie. Si l'euro ne peut pas être démocratisé, s’ils persistent à l’utiliser pour étrangler les peuples, nous nous lèverons, nous les regarderons dans les yeux et nous leur dirons, « essayez un peu, pour voir. Vos menaces ne nous effraient pas. Nous trouverons un moyen d'assurer aux européens un système monétaire qui fonctionne avec eux et non à leurs dépens ».

Notre plan A pour une Europe démocratique, soutenu par un plan B qui montre que les pouvoirs en place ne peuvent pas nous terroriser dans la soumission, vise à faire appel à la majorité des européens. Cela exige un haut niveau de préparation. Les éléments techniques seront enrichis par le débat. Beaucoup d'idées sont déjà sur la table, l'introduction de systèmes parallèles de paiement, les monnaies parallèles, la numérisation des transactions en euros pour contourner le manque de liquidités, les systèmes d'échange complémentaire autour d’une communauté, la sortie de l'euro et la transformation de l'euro en monnaie commune.

Aucune nation européenne ne peut avancer vers sa libération dans l'isolement. Notre vision est internationaliste. En prévision de ce qui peut se passer en Espagne, en Irlande, pourquoi pas de nouveau en Grèce selon l’évolution de la situation politique et en France en 2017, il faut travailler concrètement ensemble à un plan B tenant compte des caractéristiques de chaque pays.

Nous proposons donc la tenue d'un sommet international pour un plan B en Europe ouvert aux citoyens volontaires, organisations et intellectuels. Cette conférence pourrait avoir lieu dès novembre 2015. Nous lancerons ce processus Samedi 12 Septembre 2015 lors de la fête de l'Humanité. Rejoignez-nous.

Premiers signataires

Jean-Luc Mélenchon, député européen, co-fondateur du Parti de Gauche (France) ; Stefano Fassina, député, ancien vice-ministre de l’économie et des finances (Italie) ; Zoe Konstantopoulou, présidente du parlement grec (Grèce) ; Oskar Lafontaine, ancien ministre des finances, co-fondateur de die Linke (Allemagne) ; Yanis Varoufakis, député, ancien ministre des finances (Grèce)

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13 septembre 2015 7 13 /09 /septembre /2015 15:30

http://www.ekurd.net/cizre-mayor-removed-suspended-2015-09-12

Le maire de la ville kurde de Cizre en Turquie suspendu pour des accusations de « terrorisme »

Samedi 12 Septembre 2015

Le maire du district kurde de Cizre en Turquie, Leyla İmret, a été destitué de son poste par le ministère turc de l’intérieur pour des allégations d'incitation du peuple à l'insurrection armée et de « propagande terroriste », quelques heures après l'annonce de la levée du couvre-feu.

Le ministre de l’intérieur a rendu sa décision après une enquête lancée par le bureau du procureur de Cizre, l'accusant d'avoir incité les gens à l'insurrection armée et de « propagande terroriste ».

Ce sont encore une fois les représentants élus du peuple kurde qui deviennent les cibles de l’état turc, la terreur a laissé vingt et un morts dans le district de Cizre de la province de Sirnak depuis le 4 septembre 2015.

Après les récentes arrestations de maires de municipalités kurdes sur de prétendues « relations avec le terrorisme », un moyen dont l’état turc a souvent recours dans sa guerre totale contre les kurdes, le ministère turc de l’intérieur a suspendu cinq maires la semaine dernière.

Le maire adjoint du quartier Eruh de Siirt, Hüseyin Kılıç, le maire adjoint du quartier Nusaybin de Mardin, Sara Kaya, et le maire adjoint du quartier Silvan de Diyarbakir, Yüksel Bodakçı, ont tous été destitués de leur poste au cours de la semaine dernière.

Le maire adjoint de Silvan, Melikşah Teke, et le député et maire adjoint de Silvan, Ayser Yapici, ont également été destitués de leur poste il y a quatre jours.

Alors que les maires adjoints sont accusés « d’appartenance à une organisation terroriste armée », leur enlèvement après leur arrestation le mois dernier se fonde sur les déclarations d’autonomie des populations locales en réponse à la répression et aux attaques incessantes des forces de l’état turc.

La Turquie a levé Samedi 12 Septembre 2015 un couvre-feu de neuf jours dans la ville kurde du sud-est de Cizre dans le Kurdistan turc, révélant les dommages dévastateurs subis lors d'une opération militaire massive contre les rebelles kurdes présumés.

Pendant ce temps, le commissaire du conseil de l'Europe pour les droits de l'homme, Nils Muiznieks, a exhorté les autorités turques à permettre à des observateurs indépendants d'entrer dans Cizre, au milieu des préoccupations croissantes relatives à des violations graves des droits de l'homme.

« Jusqu'à présent, les informations fournies par les autorités ne répondent pas à toutes les préoccupations. Je demande instamment aux autorités d’autoriser un accès immédiat à Cizre d’observateurs indépendants, y compris de structures nationales turques de défense des droits humains, afin de dissiper les rumeurs de violations des droits humains perpétrées par les forces de sécurité. J’espère une fin rapide à cette situation d'urgence ».

Le parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) se bat contre l’état turc, qui nie toujours l'existence constitutionnelle des kurdes, dont le but est l’établissement d’une région kurde autonome et davantage de droits culturels pour les kurdes, qui représentent environ vingt-deux millions cinq cent mille habitants sur les soixante-quinze millions d’habitants du pays, mais qui sont depuis longtemps privés de leurs droits politiques et culturels de base, l’objectif de leur autonomie politique. La communauté kurde de Turquie sympathise ouvertement avec les rebelles du PKK.

Il y a à nouveau des combats terrestres et aériens entre le PKK et les forces turques, rompant le cessez le feu de 2013 entre les deux parties.

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13 septembre 2015 7 13 /09 /septembre /2015 14:44

http://www.leftunity.org/the-peoples-victory-everything-is-possible

La victoire du peuple

Tout est possible

Ceci est le texte d'un journal grand format Left Unity distribué aujourd'hui.

Samedi 12 Septembre 2015

Jeremy Corbyn est le nouveau leader du parti travailliste. Qui aurait pu imaginer écrire une telle phrase, il y a quelques semaines ? Sa victoire brise le consensus d'austérité qui a dominé la politique britannique depuis les cinq dernières années.

C'est une victoire pour le mouvement dans son ensemble. C’est une victoire pour tous ceux qui s’opposent aux coupes sociales, pour tous ceux qui font campagne contre la guerre et le racisme et pour tous ceux qui luttent pour défendre notre National Health Service (NHS) et une foule d'autres questions.

L'élection de Jeremy Corbyn aura l'effet d'un barrage de rupture dans la vie politique britannique. Il va déplacer le centre de gravité politique vers la gauche.

Il y avait deux courants qui se croisaient derrière la croissance spectaculaire de la campagne de Jeremy Corbyn. Tout d'abord il y avait le ressentiment longtemps refoulé contre l'aile blairiste du parti, quand le nouveau processus d'élection des dirigeants a été autorisé à être déclenché.

Malgré le flot ininterrompu des déclarations des grands du parti avertissant de l'apocalypse qui arrivera au Labour Party si Jeremy Corbyn l’emportait, la campagne de Jeremy Corbyn était la seule qui a vraiment inspiré les militants. Les blairistes ont été ignorés et Jeremy Corbyn a gagné, malgré l'exclusion de milliers de ses partisans du bulletin de vote. Nous voulons toujours savoir pourquoi le leader du syndicat Public and Commercial Services (PCS), Mark Serwotka, et tant d'autres ont été empêchés de voter.

Deuxièmement, la campagne de Jeremy Corbyn a parlé aux mêmes forces nouvelles qui sont représentées dans de nombreux mouvements et partis à travers l'Europe, de la Grèce à l'Espagne et au-delà, le peuple qui n’est plus disposé à accepter la brutalité économique et la malhonnêteté politique des élites dirigeantes. En Grande-Bretagne, nous avons vu que ces développements politiques trouvent leur expression partielle dans la flambée des verts avant les dernières élections et les événements dramatiques de la campagne du référendum écossais, qui a vu le Scottish National Party (SNP) éclipser le parti travailliste quand le peuple a cherché une alternative à la politique d'austérité. La campagne de Jeremy Corbyn est une autre expression de cela.

La campagne a amené des dizaines de milliers de personnes dans les réunions publiques à travers le pays et a soulevé un niveau d'espoir politique qui était auparavant presque impossible à imaginer.

La victoire de Jeremy Corbyn annonce une nouvelle période de lutte politique et de possibilité politique. Un mouvement de masse est né de ceux qui partagent sa politique, que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur du parti travailliste. Le déroulement des événements fait que nous devons travailler ensemble pour permettre la réalisation de ces possibilités.

Il ne fait aucun doute que le leadership de Jeremy Corbyn sera soumis à des attaques constantes. Ces attaques viendront non seulement de certains députés travaillistes, mais aussi de la plupart des médias et, surtout, de l’establishment britannique. La pression essaiera d’arrêter les politiques qui remettent en cause le pouvoir de l’establishment. Un soutien de masse de la société civile à ces politiques aidera Jeremy Corbyn à résister et à rejeter cette pression.

Pour nous tous qui soutenons les politiques de Jeremy Corbyn, la question centrale est de savoir comment défendre ce nouveau leadership et comment soutenir et aider à maintenir et à élargir le mouvement qui lui a donné naissance.

Pour nous à Left Unity, ce sera notre priorité politique. Comme un point d'ancrage à gauche dans la politique britannique, nous nous engageons à combattre aux côtés de Jeremy Corbyn et de ses partisans à l’intérieur et à l'extérieur du parti travailliste pour atteindre les politiques que nous partageons tous. Cela inclut la renationalisation des services essentiels tels que le rail et les services publics, la défense de notre service de santé, l’arrêt des coupes sociales coercitives, l'arrêt du programme de remplacement du Trident et bien d'autres choses.

Tous ces objectifs sont maintenant possibles.

Et cela ne signifie pas seulement d'attendre l'élection de 2020. Le gouvernement a déjà dit, par exemple, que la victoire de Jeremy Corbyn peut arrêter les frappes aériennes sur la Syrie, parce que David Cameron ne peut obtenir la réalisation de son plan que si suffisamment de députés travaillistes votent pour lui.

Ce nouveau mouvement doit continuer à se développer et gagner en force. Cela ne peut arriver que dans la mesure où il continue de participer aux nombreuses luttes qui lui ont donné naissance.

Les premières étapes seront la démonstration des syndicats contre la conférence du parti conservateur à Manchester le 4 octobre 2015 et le renforcement de l’action pour la rupture du consensus d'austérité par la proposition de politiques alternatives.

La série d'événements tout au long de la semaine suivante, organisée par l’assemblée du peuple, nous donnera l'occasion d'une discussion détaillée sur les défis à venir.

Left Unity contribuera à faciliter ces discussions dans les prochains mois, travaillant avec les autres, nous allons organiser des événements et lancer un journal en ligne dédié à la compréhension et au développement de ces nouvelles possibilités. Vous pouvez nous contacter à info@leftunity.org pour y participer.

La victoire de Jeremy Corbyn est une occasion mémorable pour le peuple de Grande-Bretagne, pour la classe ouvrière qui a été mise de côté par le parti conservateur et par le parti travailliste de la même manière, pour reprendre notre société, nos ressources et nos priorités et pour le bien commun. Elle est également d'une grande importance pour le reste du monde, pour une Grande Bretagne sans armes nucléaires, pour en finir avec son bellicisme, pour une Grande Bretagne qui traite les autres pays et les peuples avec égalité, dignité et respect. Cette vision, et cette réalité, mérite d'être défendue. C’est maintenant le temps d’y arriver.

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12 septembre 2015 6 12 /09 /septembre /2015 17:46

http://www.liberation.fr/monde/2015/09/09/en-turquie-l-ombre-de-la-guerre-civile_1379168

En Turquie, l’ombre de la guerre civile

Par Marc Semo et Ragip Duran

Les attaques du Mardi 8 Septembre 2015 et les manifestations contre le parti pro kurde marquent un tournant dans l’escalade de violence que connaît le pays depuis la fin du mois de juillet 2015

Les bris de vitres du grand hall jonchent la pelouse et les meubles du rez-de-chaussée ont été fracassés. Orgueilleux building de verre et d’acier qui se dresse près de l’aéroport d’Istanbul, le siège d’Hurriyet, le deuxième quotidien du pays, trois cent soixante-quatre mille exemplaires, a été attaqué Mardi 8 Septembre 2015 pour la seconde fois en quarante-huit heures. « Les agresseurs, environ cent personnes, avec des bâtons et des pierres, ont pu entrer dans le bâtiment principal. Il n’y avait que des femmes qui faisaient le nettoyage. Ils ont cassé les vitres et détruit les bureaux de la réception », raconte Sedat Ergin, directeur de publication, ému et le visage en sueur. « Est-ce un pays démocratique ? Est-ce un état de droit ? J’ai peur. Je crois que le président de la république, le premier ministre et l’ensemble des responsables doivent clairement protester contre ces attaques », précise-t-il sans trop d’illusions. Les caméras de sécurité du quotidien montrent des agresseurs barbus portant les vêtements longs qu’affectionnent les islamistes radicaux et ils criaient « allah o akbar ». Le quotidien du groupe Dogan est de longue date une cible du parti de la justice et du développement (AKP), le parti islamo-conservateur au pouvoir depuis 2002 et surtout de son leader charismatique Recep Tayyip Erdogan, qui n’a jamais supporté ses critiques et sa ligne indépendante. Entre les deux attaques d’Hurriyet, le chef de l’état avait encore accusé ce journal « de déverser son poison sur le pays ».

« Nuit de cristal ». L’attaque a été menée par de jeunes activistes proches de l’AKP. Un député du parti, Abdurrahim Boynukalin, était Lundi 7 Septembre 2015 en tête des assaillants menaçant les journalistes d’Hurriyet, « peu importent les résultats des élections du premier novembre 2015, vous quitterez le pays ». Ses chroniqueurs sont insultés régulièrement par les plumitifs thuriféraires du pouvoir. « Nous pouvons t’écraser comme une mouche. Tu restes encore en vie grâce à notre pitié », écrit le chroniqueur du quotidien Star, Cem Küçük s’en prenant à Ahmet Hakan, un des journalistes vedettes d’Hurriyet. Dès Mardi 8 Septembre 2015, le premier ministre Ahmet Davutoglu, de l’AKP, a réagi sur son compte twitter affirmant que « l’attaque de la presse et des biens des partis est inacceptable ». Mais nul ne doute que « la nuit de cristal de Recep Tayyip Erdogan » comme l’a appelé le député du parti démocratique des peuples (HDP) Ertugrul Kürkçu, en référence au pogrom de 1938 à Berlin, représente un tournant dans la crise turque. Malgré leur caractère spectaculaire et systématique, ces violences n’ont fait qu’un seul mort.

Durant toute la nuit du Mardi 8 Septembre 2015, les attaques se sont multipliées dans toute la Turquie visant des journaux considérés comme « ennemis » par les nationalistes et les partisans du pouvoir mais surtout des sièges et des locaux du HDP, le parti pro kurde longtemps simple vitrine politique de la guérilla mais devenu le parti de toutes les diversités qui avait obtenu pour la première fois treize pour cent des suffrages aux élections législatives du Dimanche 7 Juin 2015, privant l’AKP de sa majorité.

Ces attaques apparemment bien organisées se veulent des réponses à l’intensification des opérations des rebelles kurdes turcs du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui ont tué en deux embuscades trente soldats et policiers depuis Dimanche 6 Septembre 2015. Mardi 8 Septembre 2015, pour la seconde soirée consécutive, des milliers de manifestants sont descendus dans les rues des grandes villes et notamment à Ankara pour dénoncer « les terroristes du PKK ». C’est au même moment qu’une centaine de nervis se sont rendus au siège central du HDP qu’ils ont en partie incendié. Le HDP a recensé en tout plus de quatre cent attaques, contre leurs locaux ou contre de simples militants. Il y avait partout les mêmes foules en colère brûlant les drapeaux du HDP et scandant des slogans contre le PKK et les kurdes, « les martyrs ne meurent pas », « le pays ne se divisera pas », « à bas le PKK, mort aux kurdes ». « La police fermait les yeux et laissait faire », affirme Garo Paylan, député arménien du HDP qui était au siège central. « Ces attaques sont provoquées par le discours nationaliste du pouvoir mais ce n’est pas un mouvement spontané, bien au contraire », croit Fatih Polat, directeur de publication du quotidien de gauche Evrensel, soulignant que dans la plupart des attaques « les agresseurs portaient des bâtons et des sacs pleins de pierre et arrivaient dans des camions ou des bus ». Les partisans du pouvoir s’en sont également pris à des magasins tenus par les kurdes mais aussi des autocars en route vers les villes kurdes. Les compagnies de car de Diyarbakir, la grande ville kurde du sud-est du pays, ont décidé à cause de ces violences de suspendre leurs voyages vers Istanbul et Ankara. Des travailleurs saisonniers kurdes ont aussi été visés. Sedat Akbas, vingt et un ans, de Batman, venu à Istanbul pour trouver un travail, a été poignardé par six militants fascistes des Loups Gris, alors qu’il parlait en kurde au téléphone devant un arrêt de bus. La municipalité d’Istanbul a refusé de donner un corbillard pour rapatrier le corps. « Ils m’ont dit qu’ils ne peuvent pas envoyer un tel véhicule officiel dans le sud est », précise le père de Sedat Akbas.

Incontrôlable. « Le lynchage est organisé et exécuté des mains du gouvernement et de l’état », accuse Selahaddin Demirtas, coprésident du HDP, toutes les charges de ce parti mutant étant dédoublées pour être occupées par un homme et une femme. Le quotidien Yeni Safak a publié à la une Mardi 8 Septembre 2015 sa photographie sous le titre « assassin » et clamant un vengeur « ils seront nettoyés ». Le président n’a cessé de multiplier les déclarations violentes contre ce parti et contre ce leader qu’il accuse d’être un complice des terroristes. « La situation est en train de devenir totalement incontrôlable et risque d’échapper au chef de l’état qui continue ses surenchères dans ses discours, martelant aux électeurs, ou vous donnez à mon parti la majorité absolue permettant l’instauration d’un régime présidentiel ou ce sera le chaos dans tout le pays », analyse Ahmet Insel, universitaire auteur de « la nouvelle Turquie de Recep Tayyip Erdogan », aux éditions de la Découverte.

La reprise du conflit entre les autorités d’Ankara et la guérilla kurde depuis la fin du mois de juillet 2015 s’explique avant tout par les ambitions politiques de Recep Tayyip Erdogan qui, élu triomphalement dès le premier tour de la présidentielle avec 50,8 % des suffrages, n’a pas réussi lors des élections législatives du Dimanche 7 Juin 2015 à obtenir la majorité simple pour former un gouvernement. D’où ce nouveau recours aux urnes, comme l’impose la constitution, Dimanche Premier Novembre 2015. Celui que ses adversaires surnomment « le nouveau sultan » cherche à toujours plus cliver l’opinion pour inciter l’électorat islamiste et nationaliste à faire bloc autour de l’AKP. Et c’est dans le cadre de cette stratégie qu’il a délibérément rallumé la question kurde, entre quinze et vingt pour cent de la population, et la guerre avec le PKK qui, depuis 1984, a fait plus de quarante mille morts.

« Ce sont de véritables scènes de guerre civile dans un pays qui commence à ressembler à la Syrie », s’indigne Cengiz Candar, éditorialiste de renom et spécialiste du Moyen-Orient. Le déclic de la crise avait été un attentat le 20 juillet 2015 à Suruc, dans le sud est à majorité kurde, mené par l’Etat Islamique auquel le PKK a répondu en assassinant deux officiers de police, action revendiquée en outre explicitement par cette organisation toujours classée comme terroriste aussi bien par les Etats-Unis que par l’Union Européenne. Les autorités d’Ankara ont alors procédé à des frappes aériennes massives contre le PKK en Irak du nord en même temps qu’elles annonçaient que leurs aviations participeraient aux bombardements contre l’Etat Islamique en Syrie après des mois d’ambiguïté.

Appels à la haine. Mais la cible principale, aussi bien des vagues d’arrestation que des opérations, était et reste les structures de la guérilla kurde. Le processus de paix entamé à l’automne 2012 par des négociations directes entre des représentants de Recep Tayyip Erdogan et le chef de la guérilla kurde Abdullah Ocalan, emprisonné depuis 1999, est désormais moribond.

Les affrontements s’étendent à de nombreuses parties du sud-est à majorité kurde et la petite ville de Cizré est depuis plusieurs jours en état de siège. Les appels à la haine se multiplient sur les réseaux sociaux. Ahmet Altiparmak, préfet d’Erzurum, grande ville du nord-est a eu une déclaration qui sonne comme un aveu de la gravité de la crise, « nous ferons tout pour que Diyarbakir ne devienne pas Bagdad et qu’Hakkari ne devienne pas Alep ».

Jusqu’ici tous les protagonistes de ce bras de fer avaient évité de commettre l’irréparable. Le PKK a centré ses opérations contre l’armée et la police, faisant en deux mois une centaine de victimes dans leurs rangs. Le parti pro kurde HDP a évité d’appeler à des manifestations de rue qui pourraient devenir incontrôlables. Le pouvoir organisait la répression et menait des opérations contre la guérilla mais évitait de mobiliser ses partisans pour attaquer les ennemis du leader. « Le plus préoccupant, ce sont ces violences des nationalistes et des partisans du pouvoir contre les kurdes même s’il y en avait déjà eu dans les années 1990 au plus fort de la guerre dans les zones où l’extrême droite est forte », relève Ahmet Insel qui, comme nombre d’intellectuels turcs, est d’autant plus inquiet qu’il ne voit pas d’issue à cette crise, « après s’être lancés dans une telle surenchère, Recep Tayyip Erdogan et l’AKP ne peuvent pas reculer, surtout avant les élections, sans être accusés par l’extrême droite de céder devant le PKK. Et la guérilla kurde n’a aucune raison de ralentir ses opérations alors qu’il s’affirme toujours plus clairement comme la force hégémonique du mouvement kurde ».

Malgré cette situation de chaos et les attaques contre son parti, le jeune leader du HDP Selahaddin Demirtas a réussi à garder un cap politique clair, sans se renier mais sans s’aligner sur le PKK, dénonçant la « guerre voulue par le palais » et se légitimant même comme force crédible de gouvernement en acceptant de participer, à la différence des deux autres partis d’opposition, le parti républicain du peuple (CHP) et le parti d’action nationaliste (MHP), au gouvernement technique qui administre le pays jusqu’au scrutin. Contrairement aux espoirs du pouvoir, le HDP continue dans les sondages à se maintenir à son score du mois de juin 2015. Il est donc probable que l’AKP n’aura toujours pas de majorité après l’élection de novembre d’autant que malgré les espoirs du chef de l’état et ses surenchères permanentes, le parti au pouvoir ne remonte guère dans les sondages.

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12 septembre 2015 6 12 /09 /septembre /2015 17:08

http://www.publico.es/politica/vivienda-participacion-ciudadana-y-acogida.html

Le drame des réfugiés au centre de la réunion des maires « Oui Nous Pouvons »

Ada Colau rencontrera Manuela Carmena, José María González et cinq autres maires Vendredi 4 Septembre 2015 à Barcelone pour partager les expériences et renforcer la coopération entre les capitales gouvernées par des listes municipales depuis le Dimanche 24 Mai 2015

Certains sont venus du monde de l'activisme dans les rues, d'autres de différentes institutions, mais ils ont tous intégré des listes municipales et sont connus aujourd'hui comme les maires de « Oui Nous Pouvons ». Barcelone est aujourd’hui le lieu de leur premier grand sommet, Vendredi 4 Septembre et Samedi 5 Septembre 2015, huit maires de différentes villes espagnoles et leurs équipes se rencontreront à la réunion intitulée « Villes pour le Bien Commun », pour partager des expériences de changement.

Le maire de Barcelone Ada Colau reçoit, Vendredi 4 Septembre 2015, le maire de Madrid Manuela Carmena, le maire de Cadix José María González, le maire de la Corogne Xulio Ferreiro, le maire de Saint Jacques de Compostelle Martino Noriega, le maire de Saragosse Pedro Santiesteve, le maire de Badalona Dolors ​​Sabater et le maire d’Iruna Joseba Asiron. C’est la première fois qu'ils sont réunis ensemble dans le même espace comme maires et à Barcelone ils ont expliqué que le but de la réunion est « d’identifier les problèmes communs et d'établir des mécanismes de coordination et de communication » pour partager des solutions aux problèmes rencontrés par ces conseils municipaux. Ils sont tous sur le point de célébrer leurs cent premiers jours de gouvernement.

Plus tôt, les diverses municipalités ont expliqué à ce journal que le droit au logement, les initiatives visant à promouvoir la participation des citoyens, la dette municipale, le drame des réfugiés et le réseau d’accueil promu par Ada Colau seraient certains des points de l’ordre du jour de cette « rencontre informelle » entre les maires, en plus de servir de référence pour traiter les différents ateliers qui auront lieu Samedi 5 Septembre 2015. « Il n'y a pas d'ordre du jour fixe », a insisté le conseil municipal de Manuela Carmena. Elle reviendra à Madrid après un entretien avec Ada Colau, mais elle laissera une partie de son équipe à Barcelone pour continuer à travailler dans la réunion afin d'améliorer « la coopération entre les différentes villes ».

« C’est une rencontre nécessaire, nous devons essayer d'établir une coordination stable », assure à Publico Pedro Santiesteve, maire de Saragosse, qui défend la nécessité de cette réunion « pour un échange de vues, pour voir ce qui fonctionne bien » et pour des questions telles que « l’étranglement financier » auquel les municipalités sont soumises de la part du gouvernement central.

« Il faut tisser des réseaux », dit aussi à Publico le maire de Saint Jacques de Compostelle, Martino Noriega, en ligne avec les vues de son homologue de la Corogne, Xulio Ferreiro, qui tient compte des attentes « élevées » créées par le sommet et qui fait allusion au manque d'expérience de gouvernement de la plupart des nouveaux maires aujourd'hui à la tête des anciens bastions du bipartisme.

De la municipalité de Cadix, l'équipe de Jose Maria Gonzalez soutient que la réunion servira à « créer des instruments pour coordonner les politiques communes » et qu’elle mettra l’accent sur l'importance d'assurer le respect des droits de l'homme au niveau local.

Villes refuges

Certaines de ces municipalités se sont déjà inscrites dans le réseau des villes pour l’accueil des réfugiés à l’initiative du maire de Barcelone qui, jusqu'ici, a donné peu de détails sur cette initiative.

Compte tenu de l'échec des institutions européennes et espagnoles et étant donné le nombre élevé de réfugiés tués ces derniers jours ou des difficultés subies par ceux qui fuient la guerre et qui ne peuvent pas trouver refuge dans l'Union Européenne, Ada Colau a affecté deux cent mille euros pour renforcer le travail du Service pour l’Aide des Immigrants, des Emigrants et des Réfugiés (SAIER), en plus de soulever la création d'un registre des familles volontaires pour accueillir des réfugiés.

A Madrid, l'équipe de Manuela Carmena a annoncé hier son intention d'attribuer dix millions d'euros pour aider les personnes qui demandent l'asile dans la capitale.

Si elle obtient le soutien d'autres groupes, ce budget sera disponible à partir du mois de janvier 2016 et d’ici-là elle affectera d’autres budgets restants pour accueillir les réfugiés.

Barcelone et Madrid disent qu'il n'y a rien de clair encore, mais Cadix et Saragosse parlent déjà de la possibilité d’autres rencontres. « Comme le maire l’a dit, Cádiz veut être le phare du sud », affirme le conseil municipal de Cadix, qui proposera aux autres municipalités d’organiser une deuxième réunion dans la ville qu’il gouverne aujourd'hui.

Saragosse est également volontaire pour accueillir un tel événement hypothétique. Pedro Santiesteve assure assister à cette première rencontre comme un devoir, prêt à montrer le travail qu’il a développé au cours de ces mois, par exemple, sur la question de la dette. En outre, il est partisan d'accueillir les maires des villes comme Valence et Bilbao dans les réunions futures et, en général, les autres maires « qui sont sur la même longueur d'onde », le changement politique. « Nous avons une vision commune pour les citoyens qui ont décidé de prendre ce chemin. Les partis traditionnels ont échoué à le faire et cela provoquera une prise de conscience dans d'autres administrations ».

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12 septembre 2015 6 12 /09 /septembre /2015 16:12

http://www.eitb.eus/es/noticias/politica/detalle/3461254/diada-cataluna-2015--un-onze-setembre-muy-especial

Une grande mobilisation marque le chemin vers la république catalane

Pour la quatrième année consécutive, des centaines de milliers de personnes ont envahi les rues de Barcelone appelant à l'indépendance de la Catalogne.

La mobilisation indépendantiste à l'occasion de la journée nationale de la Catalogne a remplie l’Avenue Meridiana de Barcelone avec la participation de dizaines de milliers de personnes et la présence de représentants de la liste « Ensemble pour le oui » et de la liste de la Candidature d’Unité Populaire (CUP).

La mobilisation, nommée la « Voie Libre à la République Catalane », organisée par l'Assemblée Nationale Catalane (ANC), dont l'ancienne présidente, Carme Forcadell, est le numéro deux de la liste « Ensemble pour le oui », a progressé depuis le début de l’Avenue Meridiana jusqu’au Parc de la Ciutadella, où siège le parlement.

Selon les organisateurs, deux millions de personnes ont participé à la mobilisation indépendantiste. La police locale a, quant à elle, estimé à un million quatre cent mille le nombre de participants à la manifestation.

Environ cinq cent mille personnes s’étaient inscrites préalablement pour occuper différentes sections dans lesquelles a été divisée cette avenue, dont les organisateurs avaient demandé l’occupation d’une voie centrale de six mètres de large. A 17 heures14, elles ont commencé à déplacer un mannequin géant porté par divers athlètes, en direction de la scène située dans l'un des angles du Parc de la Ciutadella, où se tenaient les parlementaires et les organisateurs.

La manifestation, colorée par les chemises des participants qui ont fait avancer un mannequin géant au centre de la Meridiana, coïncidait avec le premier jour de la campagne pour les élections catalanes du Dimanche 27 Septembre 2015.

Au début de la marche, la tête de la liste « Ensemble pour le oui », Raul Romeva, a demandé à « respecter » la volonté majoritaire des catalans, exprimée pour la quatrième année consécutive dans les rues lors de la Diada, « mais aussi dans les urnes », car « c’est un mouvement qui vient d’en bas », a-t-il dit.

Selon Raul Romeva, « une fois de plus, cette manifestation révèle la grande capacité de mobilisation ».

L’ANC et l’Omnium Culturel demandent le futur « respect » des urnes

Sur la scène principale, le président de l'ANC, Jordi Sánchez, et le président de l’Omnium Cultural, Quim Torra, ont dit qu'ils seront aux côtés des futurs députés sur la voie de l'indépendance et leur ont demandé d'être « fidèles » aux urnes et de ne pas « trébucher » face aux difficultés.

Jordi Sanchez a prédit un soutien massif à l'indépendance dans les élections du Dimanche 27 Septembre 2015. Il a demandé aux futurs députés « la loyauté au mandat des urnes, d'être courageux et de ne pas faillir », et il a préconisé un « état catalan hospitalier, ouvert sur le monde et sans corruption ».

« Quand sera déclaré le début du processus d'indépendance, nous serons avec vous, si des moments difficiles arrivent, nous serons avec vous et, quand vous rédigerez la constitution de la république catalane, nous serons avec vous », a déclaré Quim Torra.

Les principaux représentants des partis souverainistes étaient devant la scène, comme Josep Rull, de la Convergence Démocratique de Catalogne (CDC), et Oriol Junqueras, de la gauche républicaine de Catalogne (ERC). Il y avait aussi la tête de la liste « Ensemble pour le oui », Raül Romeva, et d'autres membres de la liste, comme Lluís Llach, et le candidat de la CUP, Antonio Baños.

Au milieu de l’avenue Meridiana, il y avait aussi d'autres noms connus, comme l’arrière central Gerard Piqué, l'économiste Xavier Sala i Martí, l’ancien président du Football Club de Barcelone Joan Laporta, et l’acteur et conseiller de l’ERC à Barcelone, Juanjo Puigcorbé.

C’est la quatrième grande mobilisation promue par l'ANC après la manifestation de masse de 2012 au centre de Barcelone, la chaîne humaine qui a traversé la Catalogne du nord au sud en 2013 et la manifestation en forme de V sur la Gran Via et la Diagonal de la capitale catalane en 2014.
Artur Mas demande au gouvernement espagnol de regarder les images

Le président du gouvernement a choisi de ne pas participer à la manifestation, mais vers 20 heures il a reçu au Palau de la Generalitat une délégation des organisateurs de la marche, dirigée par Jordi Sanchez, de l’ANC, et Quim Torras, de l’Omnium Culturel.

Après la réunion, Artur Mas a souligné la « fierté, la confiance et l’enthousiasme » causés par le « rassemblement de masse » indépendantiste et a appelé l’état à cesser « l’orgueil impérial » et à ne pas « menacer avec des lois » comme si les souverainistes étaient « presque des criminels ».

Artur Mas a lancé depuis la Galerie Gothique du Palau de la Generalitat un message aux institutions de l’état et au gouvernement central pour « prendre note » des images de la Meridiana, qui « parlent pour elles-mêmes ».

« Cessez la myopie politique et la fierté impériale, cesser de menacer avec des lois comme si nous étions presque des délinquants. Nous sommes des gens normaux, sereins, pacifiques et passionnés, faites des lois au service du dialogue et de la démocratie et, quand viendra le moment du changement, nous changerons ensemble, rien ne se passera, le monde ne coulera pas », a-t-il dit.

Le président de la Generalitat a mis en évidence « l'immense capacité de mobilisation » de la Catalogne et son « civisme » qui est, a-t-il souligné, un message « très puissant à l’Europe et au monde entier ».

Il a souligné la « vision » qui a été vue dans les rues, ce qui donne « confiance et fierté », parce que cela signifie, a-t-il dit, que « nous sommes un peuple en marche » à travers un mouvement d'indépendance qui ne va « contre personne », ni contre l’Espagne, a-t-il souligné.

Gerbe de fleurs

La journée a commencé avec le dépôt d’une gerbe de fleurs au monument de Rafael Casanova, le dernier conseiller de Barcelone avant la défaite de 1714. Le président de la Generalitat, Artur Mas, accompagné de ses conseillers, a été le premier à effectuer ce traditionnel dépôt de gerbe.

Ensuite, les représentants des institutions, des partis et des entités ont défilé, comme chaque année, pour déposer leur gerbe, dans une matinée marquée par moment par la pluie.

La délégation de la municipalité de Barcelone qui a déposé le bouquet de fleurs de la municipalité était dirigée pour la première fois par le maire de Barcelone, Ada Colau. Au-delà des institutions, les délégations des différentes listes ont également participé, comme « Ensemble pour le oui », « Catalogne oui nous pouvons », le Parti Socialiste Catalan (PSC) et Unio. L’ANC n’a pas participé à la cérémonie, l’Omnium Culturel non plus.

Une représentation basque, dirigée par les présidents du PNV et d’EH Bildu, a participé à la cérémonie.

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12 septembre 2015 6 12 /09 /septembre /2015 14:34

http://www.theguardian.com/politics/2015/sep/12/jeremy-corbyn-wins-labour-party-leadership-election

Jeremy Corbyn élu avec un énorme mandat à la direction du parti travailliste

L’élection du simple député et militant anti-guerre signifie que le parti a maintenant l’un des leaders anti-establishment les plus à gauche de son histoire

Jeremy Corbin a été élu leader du parti travailliste britannique, dans une superbe victoire au premier tour, qui éclipse même le mandat de Tony Blair en 1994.

Jeremy Corbyn a gagné avec près de 59,5% des voix au premier tour, en battant ses rivaux Andy Burnham, avec 19% des voix, et Yvette Cooper, avec 17% des voix. La candidate « blairiste » Liz Kendall est arrivée dernière avec 4,5% des voix.

Quelques minutes après sa victoire, Jeremy Corbyn a déclaré que les gens veulent en finir avec « l'injustice et l'inégalité » en Grande-Bretagne.

« Les médias et beaucoup d'entre nous ne comprennent tout simplement pas le point de vue des jeunes dans notre pays. Ils se détournent de la façon dont la politique est menée. Nous devons et nous devons changer cela. La riposte arrive », a-t-il dit.

Le député du nord de Londres est l'un des lauréats les plus inattendus de la direction du parti de son histoire, après avoir convaincu les membres et les supporters que le parti avait besoin de tirer un trait sur l'ère du New Labour de Tony Blair et Gordon Brown.

Après avoir été élu à la direction de l’opposition, il va maintenant demander des excuses pour la guerre en Irak et s’opposer fortement aux réductions budgétaires dans les services publics. Il commencera Samedi 12 Septembre 2015 avec un discours lors d'un rassemblement à Londres en faveur des réfugiés.

S’adressant aux nouveaux membres du parti qui l’ont aidé à se propulser vers la victoire, il a dit « bienvenue dans notre parti, bienvenue dans notre mouvement, et je dis à ceux qui reviennent au parti, qui étaient déçus et qui étaient partis, bienvenue à votre retour, bienvenue à la maison ».

Jeremy Corbyn a également lancé une attaque franche contre les médias, affirmant que leur comportement avait été parfois « intrusif, abusif et tout simplement faux. Je dis aux journalistes, attaquez les personnalités politiques publiques, si vous voulez, mais s'il vous plaît n’attaquez pas les personnes qui n’ont pas demandé à être mises sous les projecteurs. Laissez-les tranquilles en toutes circonstances », a-t-il dit.

Dans de généreux hommages aux autres candidats, il a applaudi Andy Burnham pour son travail sur la santé, Liz Kendall pour son amitié pendant la campagne et Yvette Cooper pour son aide à l’élaboration du discours politique de la Grande-Bretagne pour prendre plus de réfugiés.

Le nouveau leader a conclu en disant que les plus pauvres ont souffert du terrible fardeau de l'austérité, ils ont vu leurs salaires diminués et ils ont été obligés de compter sur les banques alimentaires sous les conservateurs.

« Ce n’est pas juste, ce n’est pas nécessaire et cela doit changer », a-t-il dit. « Nous allons de l'avant comme un mouvement et un parti, plus forts, plus grands et plus déterminés que nous avons été depuis très longtemps. Nous allons tendre la main à tout le monde dans ce pays, de sorte que personne ne soit laissé sur le côté et que tout le monde ait une place décente dans la société ».

Tout au long de son discours, Jeremy Corbyn a souligné qu'il serait inclusif, dans des commentaires visant à apaiser la crainte des députés centristes qu'ils n’aient plus beaucoup de place dans son parti.

L'attention va désormais se tourner vers ceux qui serviront dans l’équipe de Jeremy Corbyn, avec des députés comme John Mac Donnell, Angela Eagle, Sadiq Khan et éventuellement son rival Andy Burnham, pressentis pour des rôles principaux.

La difficulté de cette tâche a été soulignée par Yvette Cooper, le ministre de l’intérieur du cabinet fantôme, et Rachel Reeves, le ministre du travail et des retraites du cabinet fantôme, qui ont été les premiers à dire qu'ils ne serviraient pas. Jamie Reed, le ministre de la santé du cabinet fantôme, a publié sa lettre de démission sur twitter alors que Jeremy Corbyn parlait encore.

L'ancien leader Ed Miliband a aussi rompu son silence sur l’élection en disant qu'il apporterait son soutien à Jeremy Corbin, mais il a refusé de faire partie du nouveau cabinet fantôme. Il a également appelé le nouveau leader à réunir toutes les sections du Labour Party, « parce qu'il a un gros travail à faire pour unir le parti. Jeremy Corbin a remporté une victoire très claire dans toutes les sections de notre parti. Je crois que nous devons respecter ce mandat », a déclaré Ed Miliband. « La tâche du leader est d'atteindre toutes les parties de ce mouvement et je crois que c’est ce que Jeremy Corbyn devrait faire. Toutes les sections de notre parti ont voté pour Jeremy Corbyn. C’est une formidable opportunité pour notre parti ».

La victoire de Jeremy Corbyn est d'autant plus remarquable parce qu'il a commencé comme un outsider, derrière ses rivaux Andy Burnham, Yvette Cooper et Liz Kendall, et que son nom est seulement apparu sur le bulletin de vote quand environ quinze députés travaillistes lui ont prêté leurs voix afin d'élargir le débat.

Initialement, ses chances de gagner étaient d’environ un pour cent, mais sa campagne a été renforcée quand il a gagné le soutien de deux des plus grands syndicats, Unity et Unison, et quand il est devenu le seul candidat à voter contre le projet de loi des conservateurs sur la santé tandis que les autres candidats se sont abstenus.

La campagne de Jeremy Corbyn a également été aidée par une poussée des nouveaux membres et sympathisants qui ont payé trois livres pour participer au vote, conduisant à un quasi-triplement des électeurs à environ cinq cent cinquante mille personnes. Tout au long de la campagne, il a organisé des meetings dans des salles combles et il a fait des discours à l'extérieur des bâtiments à des foules rassemblées dans la rue.

Alors que ses partisans sont en liesse après le virage à gauche du Labour Party, son triomphe sera profondément décevant pour le parti parlementaire, qui a soutenu massivement les autres candidats par deux cent dix députés qui ont voté pour eux contre vingt députés qui ont voté pour lui.

Malgré les discussions pendant l'été parmi les députés du Labour Party à propos de la possibilité de contester l'élection de Jeremy Corbyn, cette menace contre son autorité semble s’être dissipée.

Le Labour Party a été sévèrement critiqué pour sa gestion chaotique de l’élection, après qu’Ed Miliband ait présenté le nouveau système par lequel de nouveaux supporters pourraient payer trois livres sterling pour participer au vote.

Cela signifiait que le parti devait se démener pour éliminer les infiltrés des autres partis et de nombreux membres se sont plaints de ne pas obtenir les bulletins de vote. Tous les camps ont toutefois exclu le montage d'une contestation judiciaire du résultat.

Au cours de ses trois décennies au parlement, Jeremy Corbyn a passé beaucoup de son temps à soutenir des causes telles que la Stop the War Coalition, la campagne contre l'initiative de financement privé et le soutien des efforts de paix au Moyen-Orient.

Dans la campagne, il a promis de donner aux membres du Labour Party beaucoup plus leur mot à dire dans le processus d'élaboration de la politique du parti, dans un mouvement qui pourrait marginaliser les députés. Ses propositions clés comprennent la renationalisation des chemins de fer, des excuses pour le rôle du Labour Party dans la guerre en Irak, l’assouplissement quantitatif du financement des investissements pour les infrastructures, l’opposition à l'austérité, le contrôle des loyers et la création d'un service national de l'éducation.

Il est également susceptible de constituer un obstacle à l'ambition de David Cameron de lancer des frappes aériennes contre la Syrie, mais certains députés du Labour Party pourraient le défier pour voter avec le gouvernement.

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11 septembre 2015 5 11 /09 /septembre /2015 17:37

http://www.lemonde.fr/m-actu/article/2015/09/04/payant-partageable-panagiotis-lafazanis-le-rival-de-gauche-d-alexis-tsipras_4745721_4497186.html#xtor=AL-32280515

Panagiotis Lafazanis, le rival de gauche d’Alexis Tsipras

Vendredi 4 Septembre 2015

Marxiste assumé, résistant sous la dictature des colonels, il est devenu l’adversaire d’Alexis Tsipras après avoir été son ministre. Cet eurosceptique tentera de le contrer avec Unité Populaire, son nouveau parti à la gauche de la gauche, lors des élections législatives du Dimanche 20 Septembre 2015.

Jeune communiste

« Pain, éducation, liberté », sous ce slogan, Panagiotis Lafazanis fait en 1973 ses premières armes en politique. Adhérent aux jeunesses communistes grecques, l’étudiant en mathématiques, issu du comité d’occupation de l’université, crie sa colère contre la dictature des colonels, entre 1967 et 1974. A la chute du régime, il poursuit dans les rangs communistes du KKE. Son étiquette de « résistant » lui vaut le respect de ses pairs.

Député marxiste

Père de trois filles, il devient député du Pirée en 2000, en s’appuyant sur l’électorat ouvrier du grand port d’Athènes. Marxiste assumé, il est perçu par ses alliés comme un stratège, patient et réfléchi. Ses détracteurs critiquent son manque de charisme, son dogmatisme et son absence totale d’expérience dans le monde du travail.

Ministre pro russe

Dans le gouvernement d’Alexis Tsipras, il était ministre du redressement productif, de l’environnement et de l’énergie. Les relations entre Athènes et Moscou se sont alors intensifiées. Avec son homologue, il a signé en juin 2015 un document prévoyant la construction d’un gazoduc russe en Grèce. En janvier 2015, l’anticapitaliste qualifiait de « totalement inacceptables » les sanctions économiques de l’Union Européenne contre la Russie.

Frondeur eurosceptique

Figure « radicale » de Syriza, il considère le plan des créanciers pour la Grèce comme une « capitulation ». Panagiotis Lafazanis évoque même la mise en place d’un plan B de retour à la drachme. L’eurosceptique, virulent, accuse « les prétendus partenaires européens et avant tout l’establishment allemand » de s’être comportés avec la Grèce comme si elle était « leur colonie ».

Leader en campagne

Amer après la démission, Jeudi 20 Août 2015, du premier ministre, Alexis Tsipras, il forme Unité Populaire avec vingt-quatre députés, en référence à l’alliance du même nom au Chili dans les années 1970. Prêt pour les élections législatives anticipées du Dimanche 20 Septembre 2015, le politicien envisage de défendre « la suppression d’une partie de la dette, la nationalisation des banques et l’arrêt des privatisations ».

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11 septembre 2015 5 11 /09 /septembre /2015 17:21

http://www.regards.fr/web/article/dimitris-papachristos-syriza-a

Syriza a montré que l’Europe ne tient pas debout

Interview de Dimitris Papachristos par Fabien Perrier

Mardi Premier Septembre 2015

Héros national, co-fondateur de Syriza, Dimitris Papachristos vit « un drame » avec la division du peuple grec. Il analyse les erreurs qui ont conduit Alexis Tsipras dans l’impasse et appelle les grecs à reprendre le chemin de la libération.

Dimitris Papachristos est une figure historique de la Grèce depuis qu’en 1973, alors que les chars de la junte cherchaient à étrangler la résistance à la dictature des colonels menée par les étudiants de l’école polytechnique, il chanta l’hymne national grec à la radio. Sa voix est devenue le symbole de cette résistance. Il dirige aujourd’hui, avec Manolis Glezos, le magazine Politis. Ensemble, ils ont fondé Syriza en 2004, et lui-même a soutenu Alexis Tsipras tout en participant aux luttes dans le pays.

Fabien Perrier. Quel regard portez-vous sur la situation grecque ?

Dimitris Papachristos. Des erreurs ont été commises. Tout d’abord, l’année dernière, au moment de l’élection du nouveau président de la république, Syriza n’aurait pas dû prendre la voie des élections législatives anticipées en janvier 2015. Ensuite, il n’aurait pas non plus fallu choisir Prokopis Pavlopoulos comme président de la république en février 2015 alors que dans le pays, la tendance naturelle était à la progression de la gauche. Puis, une fois au gouvernement, Syriza a signé le pré-accord du 20 février 2015 avec l’Euro-groupe, il ne lui laissait aucune marge de manœuvre. Toute la logique a ensuite conduit là où nous en sommes. Comme le prouve la proposition de quarante-sept pages, remises par Alexis Tsipras, qui a été à la fois considérée comme une « base de négociations » par Jean-Claude Juncker et les autres, avant d’être rejetée.

Fabien Perrier. Le gouvernement d’Alexis Tsipras n’a pas pris la mesure des véritables intentions des institutions européennes ?

Dimitris Papachristos. Le premier ministre lui-même a reconnu que nous avions eu des illusions. Nous avons été dupés par ce qui nous était dit et par ces tapes dans le dos en guise de signes d’amitié quand, en réalité, le néerlandais Jeroen Dijsselbloem, chef de l’Euro-groupe, était le véritable chef d’orchestre. Les européens pensaient que nous allions nous jeter dans la gueule du loup. Alexis Tsipras n’a pas vu les dents, le système capitaliste, la dette et les banques. Il n’a pas compris que nous n’avions pas en face de nous l’Union Européenne, mais l’Europe allemande.

Fabien Perrier. Mais Alexis Tsipras a signé l’accord.

Dimitris Papachristos. Lui et son équipe ont fini par négocier, le pistolet sur la tempe, et ont été obligés de déclencher un référendum à contretemps. Il aurait fallu le faire deux mois plus tôt. Le système et Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des finances, exerçaient un chantage au Grexit, mettant dans une situation de terreur le peuple grec et la zone euro, en disant que c’était l’euro ou la faillite incontrôlée. Le dilemme n’était pourtant pas entre l’euro ou la drachme. Et le non grec le disait. Il dépassait d’ailleurs de loin les soixante-deux pour cent obtenus. C’était un non beaucoup plus grand.

Fabien Perrier. Pourquoi un non plus grand ?

Dimitris Papachristos. Il commence à Marathon. À l’époque, les grecs pensaient ne pas pouvoir combattre car les perses étaient beaucoup plus nombreux. Si nous n’avions pas résisté aux Thermopyles, toute l’Europe aurait été perse. Cette histoire a été répétée de nombreuses fois. Même en 1821, lors de la fondation de la Grèce moderne, après trois cent années d’esclavage et de sainte-alliance européenne, les héros de la guerre d’indépendance grecque comme Theodoros Kolokotronis ou Georgios Karaiskaskis se sont lancés dans la bataille avec ce mot d’ordre, « la liberté ou la mort ». Ils se sont affrontés à leurs agresseurs dans les conditions les plus difficiles. Les grecs ne doivent donc pas avoir peur de dire non. Il n’aurait pas fallu dire non à Adolf Hitler et à Benito Mussolini ? Etions-nous un petit peuple ? Ne pouvions-nous pas nous battre ? Ils se sont battus, en plein hiver, dans la neige. Et les italiens, bien plus forts, sont repartis en Albanie. Le problème, c’est qu’ensuite, nous avons systématiquement dû avoir recours à des emprunts qui nous mettaient dans une situation de dépendance.

Fabien Perrier. Le gouvernement Syriza aurait-il pu inverser cette tendance ?

Dimitris Papachristos. Quand le gouvernement de gauche a été élu en Grèce, il a été évident que cela pouvait créer un précédent en Europe et donc créer des problèmes à ceux qui refusent une réorientation de l’Union Européenne. C’est pourquoi ils ont continué à faire de nous des cobayes et à vouloir nous imposer le néo libéralisme et l’austérité. En 2010, je disais que si la Grèce était un laboratoire, elle pouvait le devenir pour le renversement et la rupture avec ce système, qui n’a rien à voir avec l’Union Européenne et avec cette idée d’après-guerre selon laquelle il fallait favoriser l’unité en Europe, chasser toute nouvelle guerre et vivre en solidarité et en liberté entre peuples. Nous avons résisté. Mais nous avons gouverné sur un autre terrain. Nous n’avons pas préparé le peuple grec à ce qui se produirait sans l’euro et avec la drachme. Les victoires ne sortent pas des urnes mais des luttes et dans les rues avec comme objectif, pour les peuples, de travailler ensemble sans peur.

Fabien Perrier. Que retenir, tout de même, de positif dans l’expérience de ce premier semestre 2015 ?

Dimitris Papachristos. Si Syriza au pouvoir a fait deux bonnes choses, ce sont les suivantes. D’abord, il a mis en évidence le mensonge et l’hypocrisie. Il a montré quels sont ceux qui utilisent les banquiers pour transposer leurs ordres. Ceux-là ont été terrorisés quand ils ont vu que l’axe entre Paris et Berlin était au bord de la rupture. Syriza a donc montré que l’Europe ne tient pas sur ses pieds. Toute sa structure est pourrie. Et la Grèce continue de faire peur. Même si le gouvernement a été obligé de signer, il a empêché la réalisation du dessein poursuivi par Wolfgang Schäuble depuis 1996, la mise en place d’une Europe à deux vitesses. Dans la tribune qu’il a publiée dans le Monde, fin mai 2015, Alexis Tsipras affirmait qu’il ne serait pas l’homme de la division de l’Europe. Il n’est jamais allé à la rupture. La deuxième chose positive concerne la politique à l’intérieur de la Grèce. Les partis qui ont signé les mémorandums n’ont plus d’influence dans la société grecque au-delà de leur propre entourage. Le non a dépassé Syriza. Malheureusement, par la suite, on a continué à faire chanter le peuple grec. Et le gouvernement promet d’appliquer le nouvel accord mieux que les autres.

Fabien Perrier. Que faut-il faire maintenant ?

Dimitris Papachristos. Il faut construire un front de libération national, de classe et patriotique, contre la nouvelle occupation économique que les allemands nous imposent, non avec les armes de l’époque, des tanks, mais avec celles d’aujourd’hui, les banques. Il faut éviter le danger de la division du peuple. C’est le drame que je redoute. Et je ne suis pas le seul. Nous n’avons pas encore eu le temps de créer ce front. Mais nous devons le faire.

Fabien Perrier. Avec Syriza ou avec Unité Populaire ?

Dimitris Papachristos. En ce moment, les divisions sont nombreuses. Le peuple a dit non et il a été poussé dans les bras du oui. Unité Populaire ne peut pas gérer le non, Syriza ne peut pas gérer le oui. La lutte ne se termine pas aux élections. Je veux être dans la rue avec les citoyens. Nous devrons être dans la rue pour saigner pour l’ensemble de l’Europe. Manolis Glezos et moi avons fait Syriza. J’appartiens à une gauche communiste qui n’a pas de relation avec le passé communiste de la vérité absolue et du dogmatisme mais qui revendique la démocratie directe, la citoyenneté active, l’autogestion, la liberté, la justice et le respect de nos différences. Nous devons ramener la révolution française dans les données d’aujourd’hui et faire émerger les nouvelles Lumières. La politique doit renouer avec la société. Elle ne peut avoir que des citoyens actifs. La démocratie est un sac vide si tu ne le remplis pas. Quand nous avons créé Syriza, en 2004, nous l’avons fait avec des citoyens actifs, nous étions ensemble, tous participaient. À l’époque, j’étais candidat. Il faut rendre de nouveau les citoyens actifs.

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11 septembre 2015 5 11 /09 /septembre /2015 17:08

http://www.publico.es/politica/prepara-medidas-urgentes-responder-drama.html

Podemos prépare un ensemble de mesures urgentes pour faire face au drame de l'immigration

Le leader de la formation, Pablo Iglesias, a déclaré qu’il présentera ces initiatives dans les parlements autonomes et au parlement européen. Il déclare dans une interview qu’Alexis Tsipras « a perdu la bataille mais pas la guerre et qu’il a fait tout ce qu'il pouvait faire ». Il laisse également la porte ouverte à la possibilité d’un pacte fiscal pour la Catalogne.

Le secrétaire général de Podemos, Pablo Iglesias, a critiqué Jeudi 3 Septembre 2015 la politique étrangère de l'Union Européenne, qui est responsable d'avoir « jeter de l’essence » sur les conflits armés dans des pays comme la Syrie ou l'Irak, qui ont maintenant abouti à ce qu'on appelle la crise des réfugiés. Pablo Iglesias accuse cette politique « irresponsable » de l'émergence de groupes comme l'État Islamique et demande « plus de solidarité, d’asile, de coopération et d’investissement » pour aider les réfugiés, au lieu de continuer à consacrer des efforts visant à pérenniser les frontières de l'Union Européenne. « Il vaudrait mieux promouvoir une politique de paix au lieu de dépenser de l'argent pour les murs que nous avons fait pour aider les gens », dit-il dans une interview à Cadena Ser.

Son parti a préparé une série de mesures d'urgence qui seront bientôt présentées dans les parlements régionaux, mais aussi au parlement européen. « Si une personne bénéficie du droit d'asile, elle ne risque pas sa vie sur un bateau », dit Pablo Iglesias, qui exige le respect du droit international sur le sujet et l’abrogation de la législation européenne qui empêche les demandes d’asile dans les ambassades et les consulats des pays d'accueil de l’Union Européenne, en application du troisième protocole de l’accord de Dublin.

Le plan B d’Alexis Tsipras, la sortie de l’euro

Pablo Iglesias a reconnu Jeudi 3 Septembre 2015 que le gouvernement grec dirigé par Alexis Tsipras « a perdu la bataille, mais pas la guerre » et que ce sont les grecs qui décideront si Alexis Tsipras doit continuer les négociations avec les créanciers internationaux après les élections générales du Dimanche 20 Septembre 2015.

Pablo Iglesias a défendu les réalisations du leader de Syriza, la cessation des expulsions et la restructuration de la dette grecque qui est maintenant sur la table, et il a dit qu'Alexis Tsipras avait fait « tout ce qu’il pouvait faire ». « En tout cas, son erreur a été la démocratie », a dit le leader de Podemos, assurant qu’Alexis Tsipras avait un « plan B, la sortie de l'euro, qui est devenu le plan A de l’Allemagne ».

D'autre part, le secrétaire général de Podemos et député européen a refusé de préciser quand il abandonnera son siège à Bruxelles pour se consacrer pleinement à la campagne pour les élections générales, qui devraient avoir lieu Dimanche 20 Décembre 2015, il prendra sa décision au dernier moment et il affirme qu'il participera à la campagne tout en conservant le même rythme de travail au parlement européen.

Pablo Iglesias laisse la porte ouverte à la possibilité d’un pacte fiscal pour la Catalogne

Podemos est le parti du droit à décider, mais tous ses principaux dirigeants se sont engagés à essayer de « séduire » les citoyens catalans pour les convaincre de rester en Espagne.

Ce concept comprend l’appel au dialogue et la « fraternité », la construction de « ponts », dans les mots de son secrétaire général, ce qui laisse la porte ouverte à la possibilité d’un pacte fiscal pour la Catalogne, similaire à celui déjà appliqué en Navarre. « Nous devons parler », a dit le leader de Podemos Jeudi 3 Septembre 2015 dans une interview à Cadena Ser, qui considère comme « nécessaire et salutaire l’établissement d’accords fiscaux » pour réduire les inégalités.

« Tout pacte budgétaire doit réduire les inégalités », a affirmé le leader de Podemos favorable à l'ouverture d'un processus constituant pour aborder la situation en Catalogne et également à un référendum sur l’indépendance similaire à celui qui a eu lieu en Ecosse il y a près d'un an.

« Nous n’avons pas peur de la démocratie, mais de la corruption », a déclaré Pablo Iglesias, traçant une ligne claire entre la liste de Podemos, d’Initiative pour une Catalogne Verte (ICV) et d’Esquerra Unida i Alternativa (EUiA), « Catalogne oui nous pouvons », et la liste souverainiste d’Artur Mas, « Ensemble pour le oui », sur laquelle le président est en quatrième position.

« Toute personne qui prétend être président ne doit pas se cacher comme numéro quatre sur une liste », a-t-il dit.

Pour gagner contre cette liste, Pablo Iglesias demande au Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) de reconsidérer sa position en Catalogne, disant que ce territoire a toujours été « une clé pour que les socialistes gouvernent dans notre pays ». Il dit que le PSOE fait une erreur dans ses relations avec le Parti Populaire et il en veut comme preuve que la grande coalition entre les deux forces est toujours en vigueur depuis les déclarations de soutien de la vice-présidente du gouvernement, Soraya Saenz de Santamaria, à Felipe González après la publication d’un article de l’ancien président avertissant des conséquences présumées d'une déclaration hypothétique d’indépendance.

« Felipe González a ressuscité la grande coalition, ce n’est pas moi », a dit le leader de Podemos, qui insiste sur les chances de son candidat à la présidence de la Generalitat de Catalogne, Lluís Rabell.

Comme l’a également annoncé le maire de Barcelone, Ada Colau, il y a quelques jours, ni le leader de la liste « Catalogne oui nous pouvons », ni Pablo Iglesias lui-même, ne participeront à la célébration de la Diada la semaine prochaine, bien que ce dernier ne se prononce pas sur le fait que d'autres dirigeants ou militants de sa formation y participent à titre personnel.

« Artur Mas a réussi à transformer une mobilisation populaire des catalans en une autre chose qu’il prétend manipuler en sa faveur », a dit le leader de Podemos, qui met généralement le président du gouvernement et le président de la Generalitat dans le même sac, comme la majorité des dirigeants des partis corrompus.

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