Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
14 octobre 2015 3 14 /10 /octobre /2015 18:46

Israël établit des barrages aux sorties de Jérusalem Est (Reuters)

Les forces de sécurité israéliennes ont commencé à établir des barrages aux entrées des quartiers arabes de Jérusalem-Est, Mercredi 14 Octobre 2015, quelques heures après en avoir reçu l'autorisation du gouvernement qui espère ainsi enrayer la vague de violence qui secoue le pays.

L'opération n'a toutefois pas empêché deux nouvelles attaques au couteau qui se sont soldées par la mort de deux assaillants palestiniens à Jérusalem.

Lors de la première agression, un palestinien a tenté de poignarder un membre des forces de sécurité israéliennes à l'entrée de la vieille ville de Jérusalem, a dit une porte-parole de la police qui a précisé que l'assaillant avait été abattu.

Lors de la deuxième agression, une femme de soixante dix ans a été poignardée et légèrement blessée devant la principale gare routière de la ville, avant que son agresseur soit lui aussi abattu par la police.

Des responsables palestiniens ont condamné ces mesures de sécurité exceptionnelles, les plus sévères depuis la deuxième intifada au début des années 2000, parlant d'une « punition collective » en réponse à la multiplication des attaques menées par des palestiniens.

A l'issue d'une réunion du cabinet de sécurité qui s'est achevée dans la nuit, le premier ministre, Benjamin Netanyahu, a donné son feu vert au bouclage de Jérusalem-Est, dont étaient originaires la plupart des auteurs des attaques.

Sept israéliens et trente deux palestiniens, dont huit enfants, ont été tués depuis le début de la vague de violences il y a deux semaines, sur fond de tensions autour de l'esplanade des Mosquées à Jérusalem.

Les attaques au couteau, à l'arme à feu ou à la voiture bélier se sont multipliées ces derniers jours, créant un climat de psychose en Israël.

Benjamin Netanyahu a également ordonné le déploiement de soldats supplémentaires sur les principales routes du pays, en particulier le long de la « barrière de sécurité » qui sépare la Cisjordanie du territoire israélien.

Il a en outre donné son feu vert à la révocation du droit de résidence accordé aux palestiniens soupçonnés de « terrorisme » et à la destruction des maisons des auteurs d'attaques, assortie d'une interdiction de reconstruire.

Punition collective

Réagissant à l'établissement de premiers barrages à la sortie du quartier de Djebel Moukabar, Mercredi 14 Octobre 2015, un responsable du Fatah du président Mahmoud Abbas, Dimitrii Delliani, a dénoncé une « punition collective contraire aux textes internationaux ».

« Les décisions du gouvernement israélien ne mettront pas fin à l'intifada. Les peuples qui résistent ne craignent pas les nouvelles restrictions sécuritaires », a de son côté déclaré Houssam Badrawn, porte-parole du Hamas.

Un responsable israélien a assuré sous le sceau de l'anonymat que les forces de sécurité israéliennes ne cherchaient pas à boucler complètement Jérusalem-Est mais à « encercler » les quartiers arabes, où vivent quelque trois cent mille personnes, pour contrôler étroitement les allées et venues.

« Personne ne va boucler Jérusalem-Est », a également assuré Ayelet Shaked, ministre israélienne de la justice sur la radio de l'armée.

La Maison Blanche a fait part de sa « profonde inquiétude » face à ces violences et a condamné les pertes de vie humaines, palestiniennes ou israéliennes. Des contacts réguliers sont menés avec les autorités des deux camps, a précisé le porte-parole de la Maison Blanche, Josh Earnest.

Ces mesures répondent à des impératifs de sécurité et n'augurent pas d'une division politique de la ville, a déclaré de son côté à Radio Israël le ministre des affaires de Jérusalem, Zeev Elkin.

Israël considère Jérusalem comme sa capitale indivisible, tandis que l'Autorité palestinienne veut faire de Jérusalem-Est la capitale de l’état qu'elle espère créer.

L'isolement total des quartiers arabes risquerait d'attiser la violence et serait moralement et politiquement contestable, soulignent certains commentateurs israéliens et les observateurs.

« Le bouclage des quartiers de Jérusalem-Est limiterait la liberté de mouvement de l'ensemble des habitants palestiniens au lieu d'apporter une réponse ciblée à un problème spécifique », prévient l'organisation Human Rights Watch en dénonçant « une politique de harcèlement et d'abus ».

A l'assemblée nationale, le ministre français des affaires étrangères, Laurent Fabius, a souhaité Mercredi 14 Octobre 2015 qu'une action internationale soit menée afin de pousser Israël et les autorités palestiniennes à négocier réellement un accord de paix.

Le secrétaire d’état américain, John Kerry, a dit Mardi 13 Octobre 2015 qu'il se rendrait « prochainement dans la région pour éloigner les deux camps du précipice ».

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 20:17

Les kurdes ne doivent pas passer l’Euphrate, dit la Turquie (Reuters)

La Turquie ne tolérera pas que les unités de protection du peuple (YPG), milice kurde de Syrie, franchissent l'Euphrate pour prendre position près de sa frontière et en a averti les Etats Unis comme la Russie, ont annoncé deux membres de l'administration ayant requis l'anonymat.

« C'est clair et net pour nous et nous ne plaisantons pas avec cela », a dit l'un d'eux.

Ankara craint que la progression des YPG, branche militaire du parti de l’union démocratique (PYD), le long des neuf cent kilomètres de sa frontière avec la Syrie n'attise les velléités séparatistes de sa propre minorité kurde. Or, les Etats-Unis les considèrent comme leur partenaire militaire le plus fiable dans la lutte contre les djihadistes de l'Etat Islamique. Les autorités turques soupçonnent la Russie, dont l'aviation intervient en Syrie depuis deux semaines, de soutenir les YPG et le PYD.

« Le PYD s'est dernièrement rapproché à la fois des Etats-Unis et de la Russie. Nous considérons le PYD comme une organisation terroriste et nous voulons que tous les pays réfléchissent aux conséquences de leur coopération », a déclaré un deuxième haut fonctionnaire turc.

« Avec le soutien de la Russie, le PYD tente de s'emparer d'un secteur situé entre Djarablous et Azaz pour progresser vers l'ouest en direction de l'Euphrate. Nous ne l'accepteront jamais », a-t-il poursuivi, ajoutant que Washington, Moscou et l'Union Européenne en avaient été informés.

Dans le cadre de la « guerre synchronisée » lancée en juillet 2015, l'armée turque bombarde les positions des séparatistes du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans le nord de l'Irak et celles de l'Etat Islamique, mais s'en prendre aux kurdes de Syrie la mettrait aux prises avec la Russie et les Etats-Unis.

Les YPG ont annoncé Lundi 12 Octobre 2015 la formation avec divers groupes arabes syriens d'une alliance militaire baptisée Forces Démocratiques de Syrie. L'armée américaine aurait parachuté le même jour des munitions de petit calibre pour soutenir les insurgés syriens qui combattent l'Etat Islamique.

La Turquie accuse les YPG de vouloir chasser les communautés arabe et turkmène du nord de la Syrie pour assurer une continuité territoriale kurde entre le nord de l'Irak, d'ores et déjà autonome, le nord de la Syrie et le sud-est de son propre territoire.

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 20:07

Recep Tayyip Erdogan évoque une faille du renseignement (Reuters)

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a évoqué Mardi 13 Octobre 2015 une possible défaillance des services de renseignements à propos du double attentat qui a fait quatre vingt dix sept morts samedi à Ankara.

« Ce serait faire preuve d'arrogance que de dire qu'il n'y a pas eu ici d'échec dans le renseignement. Il y a là assurément une erreur, une défaillance, mais son ampleur sera révélée par l'enquête », a déclaré le chef de l’état dans ses premiers commentaires publics depuis l'attentat.

Le premier ministre Ahmet Davutoglu a déclaré Lundi 12 Octobre 2015 que la mouvance de l'Etat Islamique était la piste privilégiée par les enquêteurs. Des responsables à Ankara ont dit centrer leurs recherches autour de la « cellule d'Adiyaman », du nom de la province d'Adiyaman, dans le sud-est de la Turquie, soupçonnée d'avoir été derrière l'attentat du Lundi 20 Juillet 2015 qui a fait trente quatre morts à Suruç, près de la frontière syrienne.

La cellule d'Adiyaman serait également impliquée dans le bombardement d'un rassemblement de l'opposition pro-kurde à Diyarbakir, ville du sud-est de la Turquie, survenu à la veille des élections législatives du Dimanche 7 Juin 2015.

« Il y a une possibilité que quelqu'un du groupe Adiyaman ait pu être responsable de l'attentat d'Ankara », a dit un haut responsable du gouvernement à Reuters, sous le sceau de l'anonymat.

« L'enquête suit son cours. Nous avons quelques suspects et des noms. Des échantillons d'ADN ont été prélevés dans des familles et nous allons essayer de voir s'ils peuvent correspondre. Les noms des auteurs seront révélés sous peu », a-t-il ajouté.

L'Etat Islamique, généralement prompt à revendiquer le moindre attentat qu'il réalise, n'a jamais rien dit sur les attentats d'Ankara, Diyarbakir ou Suruç.

Selon Osman Suzen, chef de la branche d'Adiyaman de l’association des droits de l'homme turque, plusieurs familles de la ville ont fait part ces dernières années aux autorités de leur préoccupation au sujet de leurs fils partis en Syrie pour rejoindre l'Etat Islamique.

« Ce problème se pose depuis 2013 et aucune enquête efficace n'a pour l'instant été menée », a-t-il déclaré.

Les opposants au président Recep Tayyip Erdogan accusent la Turquie d'avoir été trop lente à réagir face à l'Etat Islamique. De nombreux turcs ont traversé la frontière pour se rendre en Syrie combattre aux côté de l'Etat Islamique avant que la Turquie ne commence à prendre des mesures de contrôle.

Selon le journal Radikal de Mardi 13 Octobre 2015, la police a identifié vingt et une personnes soupçonnées d'appartenir à l'Etat Islamique, dont six femmes, qui étaient en train de préparer un attentat en Turquie. Dix-huit d'entre elles seraient d'Adiyaman.

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 17:37

Les rebelles syriens assoient leurs positions dans le nord ouest de la Syrie (Reuters)

Les rebelles syriens renforcent leurs positions dans le nord-ouest du pays, dans les gouvernorats d'Idlib et d’Hama où les forces syriennes et leurs alliés sont passés à l'offensive avec l'appui de l'aviation russe.

D'après l'Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH), des combattants et des armes, dont des quantités significatives de missiles anti chars, y sont acheminés par les insurgés.

Ces renforts sont notamment destinés au secteur de Kfar Nabouda, une ville de la province d’Hama que les forces gouvernementales syriennes disent avoir reprise Lundi 12 Octobre 2015. Selon l'OSDH, des combats étaient toujours en cours Mardi 13 Octobre 2015 dans le secteur et au moins vingt cinq combattants ont péri dans les rangs des forces de Bachar al Assad.

« Ces renforts ont empêché le régime de prendre Kfar Nabouda », a déclaré Mardi 13 Octobre 2015 le directeur de l'OSDH, Rami Abdoulrahmane, précisant que la plupart des combattants rebelles envoyés dans le secteur proviennent de groupes djihadistes.

Un ancien colonel transfuge de l'armée syrienne a confirmé que des groupes rebelles opérant sous la bannière de l'Armée Syrienne Libre (ASL), soutenue par les occidentaux, avaient déployé des missiles anti chars à guidage laser TOW sur la ligne de front qui s'étend de Kfar Nabouda à Maan, à une trentaine de kilomètres à l'est.

Farès al Bayouch, qui dirige aujourd'hui le groupe armé Fursan al Haq, a précisé que l'objectif était de stopper l'avancée des forces gouvernementales vers Khan Chaykhoun, tenue par les rebelles sur la route entre Hama et Alep.

« Des plates-formes de lancement de missiles TOW ont été déployées sur toute la ligne de front », a poursuivi Bayouch.

Plusieurs états étrangers hostiles à Bachar al Assad ont livré à certains groupes rebelles ces armes de haute précision via la Turquie.

Selon Ibrahim al Idlibi, un activiste qui assure les relations avec la presse de plusieurs groupes liés à l'ASL, des dizaines de chars et véhicules blindés syriens ont été détruits par de tels missiles ces derniers jours.

Appuyée par l'aviation russe, l'offensive lancée par les forces syriennes avec leurs alliés du Hezbollah libanais et des soldats iraniens vise à repousser les insurgés de cette région stratégique qui jouxte le « réduit alaouite ».

Pour cela, Damas veut progresser dans un premier temps vers le gouvernorat d'Idlib, pris cette année par des rebelles, notamment les islamistes du Front al Nosra et d'Ahrar al Cham.

D'après des sources au fait des développements politiques et militaires, le Hezbollah a redéployé sur ce front la totalité de ses combattants présents en Syrie.

Les rebelles syriens espèrent recevoir de nouvelles armes en provenance de pays arabes, notamment d'Arabie Saoudite.

Le chef de la diplomatie saoudienne, Adel al Djoubeir, a réaffirmé Mardi 13 Octobre 2015 qu'il n'y avait aucun avenir pour Bachar al Assad en Syrie.

« Depuis le début de la crise, la position saoudienne n'a pas changé, le problème, c'est Bachar al Assad qui a tué des centaines de milliers de syriens, chassé des millions de gens de chez eux et détruit son pays », a-t-il dit. « Pour lui, il n'y a aucun avenir en Syrie ».

Le ministre saoudien s'exprimait lors d'une conférence de presse avec son homologue français Laurent Fabius. Celui-ci a exhorté la Russie à user de son influence sur Damas pour que le gouvernement syrien n'utilise plus de barils d'explosifs contre les insurgés.

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 17:21

Cinq salariés d’Air France jugés le 2 décembre 2015 pour violences (Reuters)

Cinq salariés d'Air France soupçonnés d'être les auteurs des violences qui ont émaillé la réunion du Comité Central d’Entreprise (CCE) du Lundi 5 Octobre 2015 seront jugés pour violences en réunion le 2 décembre 2015, a annoncé mardi le parquet de Bobigny, en Seine-Saint-Denis.

A l'issue de leurs gardes à vue, prolongées Mardi 13 Octobre 2015, ils ont été déférés devant un magistrat du parquet, qui leur a remis cette convocation par procès-verbal pour comparaître devant le tribunal correctionnel de Bobigny.

« Les investigations diligentées sous la direction du parquet de Bobigny ont permis d'identifier les auteurs des violences et des dégradations et le rôle de chacun dans le déroulement des faits », écrit le secrétaire général du parquet dans un communiqué.

Ils seront jugés pour des faits « de violences en réunion ayant entraîné une interruption de temps de travail n'excédant pas huit jours », ajoute-t-il.

Les cinq mis en cause encourent jusqu'à trois ans de prison et quarante cinq mille euros d'amende.

Un sixième salarié, interpellé Lundi 12 Octobre 2015, a quant à lui été « rapidement mis hors de cause » et libéré plus tard dans la journée.

Un porte-parole d'Air France s'est refusé à tout commentaire.

Le parquet de Bobigny a ouvert Mardi 6 Octobre 2015 une enquête pour dégradations, entrave au fonctionnement du CCE et violences en réunion, après le dépôt de cinq plaintes par des cadres de l'entreprise et de neuf plaintes par des agents de sécurité.

La Police Aux Frontières (PAF) a été saisie de cette enquête.

Le directeur des ressources humaines d'Air France, Xavier Broseta, et un responsable de l'activité long-courrier, Pierre Plissonnier, avaient été pris à partie Lundi 5 Octobre 2015 par des salariés lors de la réunion du CCE, après l'annonce de deux mille neuf cent suppressions de postes dans le cadre d'un plan B consécutif à l'échec des négociations avec les personnels navigants.

Trois autres cadres d'Air France avaient été molestés et deux vigiles blessés.

L'interpellation des salariés soupçonnés d'être les auteurs des violences, Lundi 12 Octobre 2015 à leur domicile, a été vivement critiquée par plusieurs syndicats et hommes politiques de la gauche de la gauche.

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
12 octobre 2015 1 12 /10 /octobre /2015 19:54

https://www.ensemble-fdg.org/content/syrie-apres-lintervention-russe

NI POUTINE NI ASSAD NI ETAT ISLAMIQUE

Samedi 10 Octobre 2015

Un débat a lieu sur la situation en Syrie et les positions que pourraient prendre Ensemble dans la situation nouvelle créée. Ce texte et ceux qui suivront exposent différents points de vue.

L’intervention russe en Syrie qui a débuté Mercredi 30 Septembre 2015 entame une nouvelle phase de la répression contre-révolutionnaire en Syrie, clarifiant la stratégie impérialiste russe et sa volonté de négocier et de s’imposer face aux tenants de l’impérialisme occidental.

L’impérialisme russe comme plus respectable ?

Mercredi 30 Septembre 2015, la Russie a lancé ses premières frappes sur la Syrie. Des bombardements d’une grande violence, intervenus la plupart du temps sans laisser le temps aux populations civiles de s’abriter. Ils interviennent avec un soutien tacite de l’Allemagne et de la France, complices d’autres frappes meurtrières aux Yémen. Ces attaques dont l’objectif affiché est de combattre l’Etat Islamique et son expansion visent en réalité en premier lieu à conforter au pouvoir le dictateur Bachar al Assad. Ainsi, les frappes ont touché la ville libérée d’Inkhil et sa population, dans le gouvernorat de Deraa alors qu’elle se situe en dehors des zones gouvernées par l’Etat Islamique. Si l’Etat Islamique n’a pas trop à s’inquiéter de frappes russes, c’est probablement parce que la lutte contre son expansion n’a jamais fait partie des priorités du régime syrien pour qui l’organisation représente un alibi parfait dans une stratégie de polarisation du champs politique afin de fédérer autour de la personne de Bachar al-Assad.

L’alternative politique serait ainsi Bachar al Assad ou l’Etat Islamique, soit la barbarie ou la barbarie. C’est principalement à l’opposition islamiste du Front al-Nosra, liée à al-Qaeda, que s’attaquent les frappes russes du fait de ses avancées militaires depuis le printemps dernier grâce au soutien du Qatar, de l’Arabie Saoudite et de la Turquie. Ceci permet à la Russie de prouver sa volonté de combattre l’islamisme tout en garantissant l’implantation de ses bases militaires et de ses intérêts économiques dans la région intérieure de la Syrie.

C’est en utilisant la même rhétorique, celle de la prétendue lutte contre l’Etat Islamique, que la Turquie attaque les poches de résistance kurde en Syrie afin de servir ses propres intérêts régionaux. Les combattants kurdes ont pourtant fait la démonstration de leur capacité à repousser l’avancée de l’Etat Islamique. L’objectif commun de ces frappes, bien que leurs protagonistes défendent des intérêts divergents, est d’imposer Bachar al-Assad comme unique alternative politique en Syrie. Cet objectif contre-révolutionnaire est porté avec les soutiens tacites des puissances occidentales dont les visées impérialistes dans la région n’ont cessé de s’exprimer depuis le début des révolutions arabes en 2011 et dont l’interventionnisme a entraîné les situations catastrophiques que l’on connait en Irak et en Afghanistan. Cet interventionnisme s’est d’ailleurs très récemment exprimé lors du bombardement d’un hôpital de Médecins Sans Frontières (MSF) par les forces américaines à Kunduz en Afghanistan.

C’est en Bachar al-Assad que la Russie voit la solution à la résolution du « conflit syrien », lui dont le régime autoritaire a pris gare de contrôler et réprimer toute opposition bien avant 2011. C’est lui qui depuis quatre ans a choisi de bombarder ses villes et sa population avec des armes chimiques et des barils explosifs. C’est lui qui, par ses politiques économiques et agricoles et par la répression, a poussé des milliers de personnes parmi les plus défavorisées à quitter d’abord leur région d’origine puis leur pays pour venir s’échouer pour beaucoup au fond de la Méditerranée. C’est lui qui, loin de défendre un projet émancipateur et progressiste a entamé dès son arrivée au pouvoir dans les années 1990, une libéralisation de l’économie syrienne s’appuyant pour cela sur son cercle proche d’amis entrepreneurs et creusant les écarts sociaux dans le pays. Lui enfin, que certains se plaisent à présenter comme défenseur de la cause palestinienne et dont pourtant on a vu le traitement qu’il réserve aux réfugiés palestiniens lors du siège du camp de Yarmouk.

Pour la Russie, ces frappes représentent surtout une étape de plus dans une stratégie bien rouée de développement de ses visées impérialistes au Moyen-Orient, renouant là avec une vieille tradition remontant au début du vingtième siècle. Les visites de Vladimir Poutine dans la région se sont multipliées ces dernières années, tout comme l’activité et la présence des églises russes orthodoxes, relais des intérêts nationaux.

Cet impérialisme n’est en rien plus respectable que l’impérialiste occidental, qu’il soit européen ou américain, et ne peut en aucun cas être soutenu.

Le jeu des coalitions ou le prisme de confessionnalisation

C’est autour de la Syrie et du Yémen que se cristallisent aujourd’hui le jeu et l’organisation de deux coalitions internationales. La Russie, soutenue par la Chine s’est alliée aux régimes iraniens, irakiens et syriens alors que les monarchies sunnites qui financent les mouvements islamistes comme le Front al-Nosra et l’Etat Islamique sont membres de la coalition soutenue par les États-Unis. C’est sous la coupe de l’Arabie Saoudite que cette dernière coalition pilonne aveuglément le Yémen depuis plusieurs semaines entrainant des destructions majeures et faisant des centaines de victimes. Ces deux coalitions dont les intérêts peuvent conjoncturellement converger partagent une même stratégie, celle de fragmentation des sociétés locales sur des bases confessionnelles. Stratégie d’ailleurs utilisée depuis des décennies par la famille Assad en Syrie. Les conflits au Moyen-Orient devraient alors se résumer à une prétendue sempiternelle opposition entre chiites et sunnites, ce qui permet une réécriture discrète de l’histoire régionale et surtout de gommer les enjeux politiques, stratégiques et économiques réels qui expliquent les violences et les interventions dans la région.

L’enjeu est ici d’utiliser la donnée confessionnelle afin d’opérer un glissement vers une rhétorique qualifiant de « guerre civile » la situation syrienne dans le but d’effacer les logiques révolutionnaires.

Cette rhétorique rejoint la vieille rengaine héritée des stratégies coloniales françaises qui à partir des années 1920 avaient entamé la division de la Syrie selon des bases ethno-confessionnelles. Rhétoriques nauséabondes qui retrouvent toute leur place dans l’attention particulière porté par les hommes politiques ou observateurs des franges réactionnaires envers les chrétiens d’Orient, ou les « minorités opprimées » en Irak et en Syrie. Si chrétiens et druzes subissent de fait des exactions et des massacres terribles, cette rhétorique oublie que sunnites et chiites vivent également quotidiennement l’horreur, la torture et l’exil en Irak et en Syrie. Ils connaissent également la répression, les massacres que ce soit par les forces de Bachar al-Assad ou par l’Etat Islamique comme on a pu l’observer lors de la prise de Tadmur ou Palmyre. C’est donc du côté des peuples syriens, irakiens et yéménites en lutte, sans distinction confessionnelle, qu’il nous faut nous tenir.

Cette politique de segmentation a une certaine efficacité au Moyen-Orient et doit être lue dans une double perspective de morcellement des sociétés locales et de cristallisation des dynamiques transfrontalières. Cette stratégie génère pourtant d’importantes oppositions et est largement rejetée dans la région. Ainsi, par exemple, les populations des villes de Bagdad, de Bassora et de Najaf se sont-elles regroupées ces dernières semaines au sein de grandes manifestations décriant la corruption et le confessionnalisme du régime. Des pancartes portaient le slogan suivant : « Il n'y a pas de fin à la corruption sous le confessionnalisme et le nationalisme ». Au Liban, le mouvement « Tala‘at rihtkum » ou « Vous puez » est porteur de la même remise en cause du confessionnalisme.

Ni Poutine, ni Assad, ni Etat Islamique

Les perspectives sont, on le voit bien, de plus en plus compliquées pour le peuple syrien qui revendique en premier lieu, depuis 2011, la démocratie et la liberté. Les capacités d’organisations des opposants et révolutionnaires s’amenuisent à force que le conflit s’intensifie, qu’ils sont exécutés, menacés ou forcés à l’exil. La perspective de constituer une majorité politique au sein de l’opposition demeure un important chantier à mener. De plus, la question de la représentation syrienne, qui se partage entre les différents conseils de la révolution est réellement problématique. Qui peut, aujourd’hui parler au nom des syriens ? Quelles forces peuvent aujourd’hui prendre en charge et affronter la double menace qui pèse sur la Syrie, celle des islamismes et celle du régime ?

La Syrie est au cœur des intérêts impérialistes régionaux et internationaux, qui se traduisent par la constitution de deux coalitions plus ou moins formelles. C’est au-delà de cette tentative de polarisation du champ politique que l’opposition et la société civile syrienne cherchent à tracer leur voie. Des initiatives territorialisées sont porteuses de perspectives et d’espoir, notamment dans les zones qui ont su se libérer du joug du régime syrien et de la menace islamiste. C’est le cas d’Alep où le conseil du gouvernorat d’Alep administre la partie libéré de la ville et organise des élections. La résistance des kurdes constitue un autre exemple d’organisation et d’action des forces révolutionnaires syriennes, auxquelles s’ajoutent les initiatives organisées par différents membres et courants de l’opposition réfugiées dans les pays voisins surtout en Jordanie, au Liban et en Turquie mais également en Europe.

Les frappes russes en Syrie tout comme les frappes saoudiennes au Yémen, confirment le renforcement des visées impérialistes sur la région mais aussi la lourdeur des défis portés par les forces progressistes locales qui seules peuvent décider des solutions politiques à apporter et des modalités d’organisation de l’opposition. Ceci pose également la question des moyens de soutenir ces initiatives à l’international et de notre responsabilité dans la constitution d’un mouvement internationaliste prenant ses distances avec toutes les formes d’impérialisme, se refusant à relativiser la barbarie du régime syrien actuel. Ces révolutions sont au cœur des enjeux politiques internationaux et elles doivent bénéficier d’un soutien internationaliste à la hauteur, qui ne se limite pas au nécessaire accueil et soutien des réfugiés syriens, afin qu’elles ne demeurent pas des « révolutions orphelines », pour reprendre l’expression de Ziad Majed.

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
12 octobre 2015 1 12 /10 /octobre /2015 19:30

http://www.eldiario.es/politica/Podemos-Cataluna-protagonismo-Iglesias-campana_0_440256227.html

L'ancien leader de Podemos en Catalogne critique le rôle excessif de Pablo Iglesias lors de la campagne pour les élections régionales du Dimanche 27 Septembre 2015

Ubasart Gemma dit dans une interview au journal Critic que la présence des dirigeants nationaux « a fait oublier que c’était une liste catalane ».

À son avis, le discours de la campagne était centré sur un axe national et non pas sur les questions de la Catalogne, « nous ne sommes pas sortis de la lumière unioniste marginale ».

Le leader de Podemos en Catalogne a présenté Samedi 10 Octobre 2015 sa démission de secrétaire général au conseil citoyen du parti. Dans une interview avec le journal numérique Critic, Gemma Ubasart fait le bilan de la campagne de Podemos en Catalogne, dont elle critique certains aspects tels que le discours national de la liste Catalogne Oui Nous Pouvons ou la présence massive de Pablo Iglesias et d'autres dirigeants nationaux pendant la campagne.

« Nous n’avons pas su mesurer les interventions des dirigeants nationaux. Il est important de venir ajouter de la valeur, mais leur présence était trop importante », critique Gemma Ubasart. À son avis, la présence massive des dirigeants comme Pablo Iglesias ou le numéro deux, Inigo Errejón, a fait oublier le fait que c’était une liste catalane et pas nationale, ce qui a également fait que le discours a été centré sur un axe national et non sur un axe catalan, dit l'ancienne secrétaire générale de Podemos.

« Nous avons échoué à construire un autre espace au-delà de l'axe national. Autrement dit, pas contre cet axe, ni pour, mais le dépassant pour pouvoir imposer notre dispositif de changement », dit la militante du parti qui considère que le discours était plus centré sur la volonté de la formation d’organiser un référendum, plutôt que des élections référendaires. Pour Gemma Ubasart, les listes d’Ensemble pour le oui, de la Candidature d’Unité Populaire (CUP), du Parti Populaire et de Ciudadanos ont su concentrer la campagne sur le caractère de plébiscite qu’a pris le scrutin. « En ne parlant pas de cette question, nous ne pouvions pas gagner les élections en Catalogne ».

En outre, Gemma Ubasart pense que la liste « n’a pas posé la question de l’indépendance et n’a pas coopérer ni avec Barcelona en Comu ni avec le Procès Constituant ». Ada Colau a disparu pendant la campagne bien qu’elle faisait partie de la liste. Podemos a présenté la victoire, les réalisations et la politique d’Ada Colau comme si elles étaient celles de Podemos.

L'ancienne secrétaire de Podemos en Catalogne appartient à un courant à l’intérieur de Podemos qui considère que le fait de s’adresser aux électeurs de Ciadadanos était une erreur.

En outre, elle qualifie également d’erreur la critique de Pablo Iglesias contre David Fernandez, le leader de la CUP, lorsque le secrétaire général de Podemos dans son premier meeting de campagne en Catalogne a critiqué l’accolade entre David Fernandez et Artur Mas.

« Podemos peut en discuter et ne pas être d’accord, mais je pense que nous devons comprendre et respecter les autres. Nous sommes sur le même côté de la barricade », dit Gemma Ubasart, en parlant de la CUP.

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
12 octobre 2015 1 12 /10 /octobre /2015 18:42

L’Etat Islamique, principal suspect de la tuerie d’Ankara (Reuters)

Le gouvernement turc considère le groupe djihadiste Etat Islamique comme le principal suspect dans l'enquête sur le double attentat suicide qui a fait au moins quatre vingt dix sept morts Samedi 10 Octobre 2015 à Ankara mais l'opposition a crié Lundi 12 Octobre 2015 sa colère contre le président Recep Tayyip Erdogan, notamment lors des obsèques des victimes.

Le premier ministre Ahmet Davutoglu a déclaré que cet attentat, le plus meurtrier jamais commis sur le sol turc, visait à peser sur l'issue des élections législatives anticipées maintenues au Dimanche Premier Novembre 2015.

« C'est sans aucun doute un attentat suicide. Des tests ADN sont en cours. On a pu établir comment les kamikazes étaient arrivés là-bas. Nous sommes sur le point d'avoir un nom, qui désignera un groupe », a-t-il déclaré sur la chaîne de télévision NTV.

Les opposants à Recep Tayyip Erdogan et à son parti de la justice et du développement (AKP) accusent depuis Samedi 10 Octobre 2015 le chef de l’état d'être responsable de la tuerie, soit par incompétence, soit comme complice des terroristes.

Les mesures nécessaires seront prises s'il s'avère que des failles dans la sécurité ont permis l'attentat, a assuré quant à lui le premier ministre.

Dimanche 11 Octobre 2015, deux hauts responsables des services de sécurité ont déclaré à Reuters que la double explosion d'Ankara présentait de fortes similitudes avec l'attentat suicide qui a fait trente quatre morts Lundi 20 Juillet 2015 à Suruç, près de la frontière syrienne, attribué à l'Etat Islamique.

Manifestations contre Recep Tayyip Erdogan

Lundi 12 Octobre 2015, des centaines de personnes scandant des slogans hostiles au gouvernement ont marché vers une mosquée d'un faubourg d'Istanbul où avaient lieu les funérailles de plusieurs des victimes.

Selahattin Demirtas, dirigeant du parti démocratique des peuples (HDP), était présent.

Son parti estime qu'il était la cible de l'attentat du Samedi 10 Octobre 2015 et avance, lui, un bilan de cent vingt huit morts.

La police anti-émeute était sur place, équipée de canons à eau et de véhicules blindés. Dans ce quartier populaire d'Umraniye, la foule criait « Erdogan, voleur, assassin », en agitant des drapeaux du HDP.

Plusieurs syndicats ont également appelé à des manifestations. Des centaines de personnes, dont de nombreux médecins, se sont rassemblées près de la gare principale d'Ankara, site des explosions de samedi. Les manifestants voulaient déposer des oeillets rouges mais la police les a empêchés de passer.

Une manifestation a également eu lieu à l'intérieur d'un tribunal d'Istanbul, où des avocats ont scandé « l’assassin Erdogan devra rendre des comptes ».

« Ceux d’Adiyaman »

Selon le journal Haberturk, qui cite des sources policières, le type d'explosif utilisé Samedi 10 Octobre 2015 et le choix de la cible, une manifestation pour la paix organisée notamment par les groupes pro kurdes, semble désigner comme responsable un groupe affilié à l'Etat Islamique, « Ceux d'Adiyaman », en référence à la province d'Adiyaman, dans le sud-est de la Turquie.

L'AKP a annoncé Lundi 12 Octobre 2015 l'annulation de toutes ses réunions électorales jusqu'à Vendredi 16 Octobre 2015 pour dénoncer le double attentat et rendre hommage aux victimes.

Le HDP, qui envisage également de suspendre ses rassemblements pour des raisons de sécurité, est considéré par les autorités turques comme proche du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), groupe séparatiste armé qui figure sur la liste des organisations terroristes de l'Union Européenne et des Etats-Unis.

Le PKK a annoncé Samedi 10 Octobre 2015 un cessez-le-feu unilatéral jusqu'aux élections législatives du Dimanche Premier Novembre 2015 mais l'aviation turque a poursuivi ses raids durant le week-end contre des positions des séparatistes dans le sud-est de la Turquie et dans le nord de l'Irak.

La Turquie a révisé en baisse ses prévisions de croissance pour les trois prochaines années et livré des perspectives plus moroses concernant l'évolution de l'inflation, l'incertitude politique et les troubles dans le sud-est du pays, à majorité kurde, pesant sur le sentiment des investisseurs.

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
12 octobre 2015 1 12 /10 /octobre /2015 18:21

Six salariés en garde à vue pour les incidents du Comité Central d’Entreprise (CCE) d’Air France (Reuters)

La Confédération Générale du Travail (CGT) dénonce une tentative d'intimidation

La CGT chahute Emmanuel Macron lors d'un déplacement dans le Lot

D'autres salariés pourraient être inquiétés

Une enquête a été ouverte pour « violences en réunion »

Cinq salariés d'Air France soupçonnés d'avoir molesté des cadres de la compagnie Lundi 5 Octobre 2015 ont été interpellés Lundi 12 Octobre 2015 à leur domicile et placés en garde à vue, une procédure dénoncée par la CGT et l'extrême gauche.

Un sixième salarié qui était recherché s'est présenté dans la matinée aux autorités après avoir été contacté et a également été placé en garde à vue, a-t-on appris de sources policières et judiciaires.

Ces six personnes ont été identifiées grâce aux images vidéo des violences, dont ils sont considérés comme les principaux auteurs, a-t-on précisé.

Le directeur des ressources humaines d'Air France, Xavier Broseta, et un responsable de l'activité long-courrier, Pierre Plissonnier, avaient été pris à partie par des salariés furieux après l'annonce de deux mille neuf cent suppressions de postes.

Les images montrant ces dirigeants fuyant les manifestants, chemise arrachée et costume déchiré, ont fait le tour du monde. Trois autres cadres ont été molestés et deux vigiles blessés, dont l'un a sombré brièvement dans le coma.

Le parquet de Bobigny a ouvert Mardi 6 Octobre 2015 une enquête pour dégradations, entrave au fonctionnement du CCE et violences en réunion. Des faits passibles en théorie d'une peine pouvant aller jusqu'à cinq ans de prison.

Le secrétaire général du CCE, Didier Fauverte, a confirmé à Reuters que les cinq salariés interpellés par la Police de l’Air et des Frontières (PAF) appartenaient au personnel au sol, côté fret.

Emmanuel Macron chahuté par la CGT

Selon ce responsable de la CGT, au moins deux ou trois d'entre eux pourraient être licenciés.

Leur interpellation au petit matin « ne va pas calmer les choses », a-t-il dit. Pour lui, elle participe d'une « tentative d'intimidation et d'une volonté de faire peur pour essayer de museler un peu tout le monde. Je pense qu'il y aura d'autres salariés appartenant à d'autres syndicats qui seront mis en cause. Tout cela va continuer à faire bouillir la cocotte », a-t-il dit à Reuters.

Le ministre de l’économie, Emmanuel Macron, s'est fait chahuter par des militants de la CGT lors d'un déplacement.

A son arrivée à Figeac, dans le Lot, pour la visite de deux entreprises, il a été copieusement sifflé et hué par la centaine de manifestants de la centrale syndicale criant « nous sommes tous des salariés d'Air France ».

Tenus à distance par de nombreux policiers, les manifestants arboraient notamment une chemise blanche sur laquelle on pouvait lire « la prochaine, c'est la tienne », en référence à celles déchirées des deux cadres d'Air France il y a une semaine.

Le syndicat Sud aérien a dénoncé dans un communiqué « une interpellation volontairement mise en scène pour criminaliser des salariés ayant pris part à un mouvement social ».

Vers d’autres arrestations

Du côté politique, Jean-Luc Mélenchon, député européen du Parti de Gauche, a évoqué sur twitter un « jour de deuil. Quatre salariés arrêtés pour fait de lutte. Que la résistance et la colère soient plus contagieuses que la peur », a écrit l'un des rares hommes politiques français qui ait justifié les violences du Lundi 5 Octobre 2015.

« Arrêtés chez eux à 6 heures du matin, pourquoi », renchérit l'ancienne ministre écologiste Cécile Duflot, qui se demande si cela visait à les « humilier devant leurs familles ».

Selon Didier Fauverte, une vingtaine de personnes pourraient être inquiétées et d'autres salariés sont menacés de mise à pied temporaire ou d'une retenue sur salaire pour avoir chanté « sans chemise, sans pantalon » lors des incidents du Lundi 5 Octobre 2015.

« Je veux bien que la direction continue les négociations, mais si c'est sur ces bases-là, je crois que cela va être vite réglé », a-t-il ajouté.

Après les incidents, qui ont suscité une vive émotion dans la compagnie aérienne mais également dans le monde politique, la direction a repris contact avec les syndicats.

Les pilotes se sont déclarés prêts à renouer le dialogue sur l'amélioration de la compétitivité face à la concurrence, tandis que le Syndicat National des Personnels Navigants et Commerciaux (SNPNC) a annoncé qu'il serait reçu Mercredi 14 Octobre 2015.

« J'appelle chacun à la responsabilité », a dit Emmanuel Macron à Figeac. « Je pense que la priorité, c'est que les syndicats de pilotes et l'ensemble des partenaires sociaux construisent le meilleur plan possible, l'entreprise ayant des défis de compétitivité à relever ».

Mais Didier Dague, du syndicat CGT Force Ouvrière, représentant des salariés au conseil d'administration, a dit à Reuters qu'il n'y avait pas « officiellement de calendrier de reprise des négociations pour l'instant ».

Contactée par Reuters, la direction d'Air France a refusé de commenter les interpellations, « Air France ne fera aucun commentaire sur l'enquête judiciaire », a dit une porte-parole.

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
11 octobre 2015 7 11 /10 /octobre /2015 15:14

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2015/10/01/l-aviation-russe-engage-le-feu-en-syrie_4779540_3218.html

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article36003

L’aviation russe engage le feu en Syrie

Par Isabelle Mandraud, Gilles Paris, Benjamin Barthe et Jean Michel Riols

Jeudi Premier Octobre 2015

C’est un tournant majeur dans la guerre civile syrienne. Quatre ans et demi après le début du soulèvement contre le régime de Bachar al Assad, Moscou lance ses forces dans la bataille. L’aviation russe est entrée en action Mercredi 30 Septembre 2015, au moment où les sénateurs russes donnaient leur approbation, par cent soixante deux voix contre zéro, à des frappes aériennes et après une demande d’assistance officielle de Damas.

L’intervention du Kremlin, symptôme du retour en force de Vladimir Poutine sur la scène internationale, est susceptible de rebattre en profondeur le jeu diplomatique et militaire en Syrie.

Les rebelles, cibles numéro un

Moscou affirme avoir opéré vingt sorties qui ont visé des « équipements militaires, des centres de communication, des armes et des dépôts de fuel » appartenant tous à l’Etat Islamique. La campagne de bombardements russes est censée s’intégrer dans le projet de « coalition mondiale » contre le terrorisme défendue par le président russe Vladimir Poutine à la tribune de l’assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Or, pour l’instant, aucune information de terrain n’atteste que des positions de l’Etat Islamique ont été touchées, ce qui jette le trouble sur les intentions du Kremlin.

Dans les environs d’Hama, selon l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH), les frappes ont visé des bases du Front al Nosra, la branche syrienne d’al Qaida, et du groupe islamiste Ahrar al Sham. Ces deux formations forment la colonne vertébrale de Jaysh al Fatah, l’alliance rebelle qui a mis en déroute les troupes gouvernementales, au printemps 2015, dans la province d’Idlib. Une autre brigade, Tajamu al Izza, affiliée à l’Armée Syrienne Libre (ASL), la branche modérée de l’insurrection, habilitée à recevoir des missiles anti-tanks par les Etats-Unis, a également été ciblée.

Au nord d’Homs, le Front al Nosra aurait également été touché selon l’OSDH. Mais, dans cette région, les tirs russes ont surtout fait des victimes civiles, au nombre de trente six, selon le chef de l’opposition syrienne en exil, Khaled Khoja. « Les premières positions de l’Etat Islamique sont à cinquante kilomètres plus à l’est », s’insurge Oussama Abou Zayed, un conseiller de l’ASL. « Après ces frappes, il n’y a plus de doutes possible. Le seul objectif de Vladimir Poutine est d’assurer la survie de Bachar al Assad ».

La zone centrale d’Homs et Hama est située sur le couloir qui relie Damas à la plaine côtière, un axe essentiel pour le ravitaillement du régime. Les bombardements russes ont pour objectif d’empêcher les insurgés de Jaysh al Fatah de progresser dans ce secteur stratégique. « Le but des frappes, c’est l’opposition syrienne », prévient Pavel Felgengauer, un expert militaire russe. « Vladimir Poutine ne fait pas de différence, pour lui ce sont tous des terroristes ». A ce titre, le décret trois cent cinquante cinq autorisant le président russe à employer les forces armées en dehors des frontières de la fédération est éloquent. Il ne donne aucune indication de lieu, d’objectif, de moyens, ni même de limitation dans le temps.

Une bouffée d’oxygène pour Bachar al Assad

C’est un diplomate occidental de retour de Damas qui le dit, « avant l’arrivée des russes, le moral des gens du régime était en berne. Mais aujourd’hui, leur état d’esprit a totalement changé. Ils ont le sentiment de voir le bout du tunnel ». D’un point de vue quantitatif, la force de frappe du corps expéditionnaire russe est loin d’être négligeable, trente deux avions de combat, une vingtaine d’hélicoptères, quelques chars et véhicules de transport de troupes et cinq cent soldats d’infanterie de marine.

Mais c’est surtout d’un point de vue qualitatif que l’aide militaire russe peut faire la différence. La vingtaine de Soukhoï 24 et 25, spécialisés dans l’attaque au sol, qui ont été transférés sur l’aéroport Bassel al Assad, à Lattaquié, devraient offrir aux soldats loyalistes un soutien tactique et opérationnel que les vieux MIG syriens, taillés pour les duels aériens, ne pouvaient pas assurer. « La survie de Bachar Al-Assad est assurée à court et moyen terme », estime Emile Hokayem, analyste à l’International Institute for Strategic Studies de Londres. « Les troupes syriennes vont retrouver la capacité d’avancer. Avec la couverture aérienne russe, il n’est pas impossible qu’elles délogent l’Etat Islamique de Palmyre. Ce serait un coup fabuleux pour Vladimir Poutine. Mais est-ce que Bachar al Assad pourra reconquérir tout le terrain perdu depuis 2011, bien sûr que non ».

De retour à Moscou après sa démonstration de force à l’ONU, le chef d’état russe a incité Bachar al Assad au compromis. « Une solution définitive n’est possible en Syrie que sur la base d’une réforme politique », a précisé Vladimir Poutine. Une formule vide de sens, selon le diplomate occidental. « Le processus politique envisagé par les russes est un processus de relégitimation de Bachar al Assad », dit-il. « Ils affirment que c’est au peuple syrien de décider de son sort. Mais depuis quand a-t-il le droit de s’exprimer librement ? »

Une aubaine pour les djihadistes

Avant même le début des frappes russes, l’Armée de l’Islam, l’un des deux plus puissants groupes rebelles avec Ahrar al Sham, avait annoncé entrer en guerre contre les troupes envoyées par Moscou. A l’appui de sa déclaration, cette formation salafiste a diffusé une vidéo montrant des tirs de roquettes contre une base de la côte abritant des forces russes. « Nous renverrons les russes chez eux dans des cercueils, comme nous l’avons fait pour le Hezbollah et les milices irakiennes », promet Oussama Abou Zayed, de l’ASL, « la Syrie sera pour eux un nouvel Afghanistan ». Pour tenir la comparaison, les rebelles devront se procurer des missiles sol-air, à l’image des fameux Stingers, livrés aux moudjahidin, l’une des principales raisons du fiasco soviétique en Afghanistan. Pour l’instant, les Etats-Unis ont interdit à leurs alliés arabes, saoudiens et qataris, de fournir de telles armes à l’ASL. Cet embargo sera-t-il maintenu ?

La métaphore afghane risque d’être plus pertinente en ce qui concerne l’afflux de combattants étrangers. Comme dans les années 1980 en Asie centrale, le déploiement en Syrie de forces russes, perçues dans les milieux islamistes comme une « armée de kouffar », pourrait drainer vers l’Etat Islamique et le Front al Nosra un nouveau flot de recrues.« Cela va donner un nouvel élan au djihad global », pronostic Emile Hokayem. « Le fait que les frappes russes n’aient suscité que des protestations minimales des Etats-Unis renforce l’argument-clé des djihadistes qui consiste à dire que l’occident n’a rien à faire de la Syrie », a tweeté Charles Lister, analyste à la fondation Brookings.

Les occidentaux perplexes et impuissants

Comme en Ukraine, les capitales occidentales sont placées devant un fait accompli. Washington et Paris n’ont été prévenus qu’une heure environ avant le début des opérations. Les Etats-Unis ont appris l’imminence des frappes par une simple note transmise par un officier russe à leur ambassade à Bagdad. Pour autant, les réactions de ces alliés restent pour l’instant prudentes. Sans se prononcer sur la nature des cibles, le porte-parole de la Maison Blanche, Josh Earnest, a jugé que la précipitation russe était « le signe d’une inquiétude à l’idée de perdre leur unique allié au Proche-Orient ».

Au terme d’un tête-à-tête avec son homologue russe à l’ONU, Sergeï Lavrov, le secrétaire d’état John Kerry a annoncé de premiers contacts entre militaires russes et américains pour éviter des incidents dans le ciel syrien, tout en ajoutant à l’intention de Moscou qui prétend vouloir viser l’Etat Islamique que « nous sommes préoccupés parce que manifestement ce n’est pas le cas ». Son homologue français a lui aussi fait part de son inquiétude sur un ton pareillement mesuré. « Si c’est l’Etat Islamique et Jabhat al Nosra qui sont visés, alors les frappes russes sont les bienvenues », a relevé Laurent Fabius. Mais « frapper les opposants et la population civile, c’est une autre affaire », a poursuivi le chef de la diplomatie française.

L’embarras français pourrait croître encore, Vladimir Poutine, le nouveau maître du jeu syrien, est attendu Vendredi 2 Octobre 2015 à Paris pour un sommet sur l’Ukraine.

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article

Présentation

  • : fischer02003
  • fischer02003
  • : actualité politique nationale et internationale
  • Contact

Recherche

Pages

Liens