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15 août 2015 6 15 /08 /août /2015 17:16

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article35651

Quarante-trois parlementaires de Syriza refusent de voter en faveur du nouveau mémorandum

Par Stathis Kouvelakis

Le résultat du vote Vendredi 14 Août 2015 sur le mémorandum était une claque au visage d’Alexis Tsipras et de son gouvernement. Bien sûr, le protocole a été approuvé, grâce à l’appui de la Nouvelle Démocratie, du Pasok et de Potami, avec deux cent vingt-deux voix sur trois cent.

Mais quarante-trois députés de Syriza ont refusé de soutenir le gouvernement, trente-deux voix contre et onze voix « présentes », ce qui équivaut à une abstention, un chiffre plus élevé que dans tout autre vote précédent.

Le vote non regroupait les députés de la plate-forme de gauche, les quatre députés de KOE, Zoe Kostantopoulou et son proche collaborateur Rachel Makri, Nadia Valavani (ancienne vice-ministre des finances), Vangelis Diamatopoulos (député proche du milieu anti autoritaire) et Yanis Varoufakis. Le vote « présent » provient essentiellement des députés du groupe des cinquante-trois, l’aile gauche du bloc majoritaire.

Le discours d’Alexis Tsipras a été particulièrement défaitiste et incohérent. Le résultat du vote l’a forcé à reporter la décision d’appeler à des élections anticipées.

La manœuvre nouvellement inventé sera de demander un vote de confiance au parlement, après le Jeudi 20 Août 2015, de façon à mettre dans une position difficile le camp du non au sein de Syriza.

L’impression largement partagée est que Syriza est purement et simplement en train de se désintégrer en tant que parti, à une vitesse record. Le Moloch des mémorandums dévore une nouvelle victime.

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14 août 2015 5 14 /08 /août /2015 18:53

http://www.politica.elpais.com/politica/2015/08/08/actualidad/1439059239_470409.html

Un pacte avec la gauche républicaine de Catalogne (ERC) est-il possible ?

Samedi 8 Août 2015

Podemos peut-il s’entendre avec l’ERC ? Ses leaders nationaux, à commencer par Pablo Iglesias, ont soutenu depuis la naissance de la formation la formule indéterminée du « droit de décider ».

La majorité de Podemos est contre l'indépendance de la Catalogne. Mais Lluis Rabell, le candidat de la liste « Catalogne oui nous pouvons », soutenue par Podemos, Initiative pour la Catalogne Verte (ICV) et la gauche unitaire et alternative (EUA), tend la main à l'ERC et à la Candidature d’Unité Populaire (CUP) pour former une majorité de gauche après les élections régionales du Dimanche 27 Septembre 2015 en Catalogne. Les deux formations « doivent choisir » après ces élections entre donner la présidence à Artur Mas ou permettre une « majorité sociale de gauche » dirigée par sa candidature.

Dans une interview à EFE, Lluís Rabell considère à la fois que l’ERC comme le candidat de la liste Ensemble pour le Oui, Raul Romeva, ancien député européen d’ICV, ont fait un « mauvais pari » de faire partie d'une liste unitaire conçue, à son avis, pour « sauver la force usée » de la Convergence Démocratique de Catalogne (CDC) du président de la Generalitat.

Pour Lluis Rabell, la CDC a utilisé la « bonne volonté de beaucoup de gens » pour éviter de se présenter seule et a utilisé une « aspiration légitime pour essayer de se maintenir au pouvoir sans faire le bilan de sa politique ou expliquer son programme », se cachant derrière des personnalités de la société civile, qui « ne gouverneront pas » après les élections.

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14 août 2015 5 14 /08 /août /2015 18:04

http://www.gazettevaldoise.fr/2015/07/23/une-centaine-de-familles-rom-expulsee-mercredi-a-villiers-le-bel

Une centaine de familles roms expulsées à Villiers le Bel

Une centaine de familles roms ont été expulsées aux alentours de 6 heures du matin, Mercredi 22 Juillet 2015, du lieu d’occupation, rue Tesson Villiers, dans la commune de Villiers-le-Bel.

Cette expulsion fait suite à une ordonnance du Tribunal de Grande Instance (TGI) de Pontoise, en date du 26 juin 2015, qui « semble-t-il n’a jamais été mise à la disposition des familles roms concernées », déplore la section de Montmagny de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH).

Cette expulsion, qui jette à la rue plus de trois cent personnes, des femmes, une vingtaine de bébés et plus de soixante enfants âgés de moins de douze ans, « revêt un caractère offensant aux droits humains les plus élémentaires. Ces familles en détresse, avec leurs bébés et leurs enfants, errent en ce moment même dans les rues de Villiers-le Bel, de Sarcelles et de Pierrefitte-sur-Seine, en Seine Saint Denis. Alors que le gouvernement avait promis le relogement des familles avant toute expulsion, nous observons dans ce cas précis, que les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Par ailleurs, sachant les risques d’agressions, notamment à Pierrefitte sur Seine, là où un jeune rom a été violenté physiquement au point de finir dans le coma, il est plus qu’indispensable que ces familles soient protégées par les pouvoirs publics », ajoute la section de Montmagny de la LDH.

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14 août 2015 5 14 /08 /août /2015 17:34

http://www.lcr-lagauche.org/grece-vers-la-constitution-politique-du-front-du-non

COMITES POPULAIRES CONTRE L’AUSTERITE

Nous reproduisons ci-dessous un message de Stathis Kouvelakis sur les derniers développements en Grèce après la capitulation d’Alexis Tsipras et le vote du troisième mémorandum d’austérité. De l’avis général, ce mémorandum est encore pire par rapport aux précédents. Le courant de gauche de Syriza et le Red Network ne se contentent pas de s’y opposer au parlement grec, ils lancent un appel large à la constitution de comités populaires contre l’austérité. Cet appel, que nous reproduisons également, constitue clairement un premier pas vers une recomposition de la gauche grecque de gauche sur une base claire. C’est peu dire que cette recomposition est indispensable et que le temps presse, car Alexis Tsipras et ses partisans veulent organiser des élections législatives au plus vite, pour couper l’herbe sous les pieds de l’opposition.

VERS LA CONSTITUTION POLITIQUE DU FRONT DU NON

Par Stathis Kouvelakis

Vendredi 14 Août 2015

Les développements à Athènes sont dramatiques et leur rythme s’accélère. Dans les prochaines heures, le parlement grec votera le nouveau troisième mémorandum d’accord entre le gouvernement Syriza et la troïka en suivant la procédure expresse, qui est maintenant la norme, d’une seule journée et d’une nuit de « débat ». Les députés Syriza de la plate-forme de gauche ont déjà annoncé qu’ils voteront non et le nombre de celles et ceux qui s’apprêtent à faire la même chose est encore inconnu. Parmi eux, il y aura certainement Zoe Kostantopoulou, la présidente du parlement grec qui mène actuellement une lutte acharnée pour que les procédures ultra-minimales du débat parlementaire soient respectées. Son attitude a déclenché contre elle une immense offensive médiatique qui est désormais ouvertement soutenue par les membres du gouvernement et des députés Syriza pro-gouvernementaux.

Un autre développement majeur a été l’appel lancé aujourd’hui pour la mobilisation populaire et la constitution de comités contre le mémorandum à travers le pays par les dirigeants de la plate-forme de gauche de Syriza, Panagiotis Lafazanis du courant de gauche et Antonis Ntavanellos de la Gauche Ouvrière Internationaliste (DEA) Red Network et des personnalités de douze autres organisations de la gauche radicale grecque. Deux d’entre elles, ARAN et ARAS, sont des éléments fondateurs d’Antarsya. Cet appel est largement considéré comme la première étape publique vers la constitution d’un nouveau front politique qui regroupera un large éventail de forces de la gauche radicale opposées au nouveau mémorendum et au revirement néo libéral du gouvernement Syriza.

Le mémorendum sera certainement voté par une large majorité au parlement avec l’appui du centre-droit et des partis de droite. Cependant, il est fort probable que le gouvernement va perdre le soutien au sein de son propre groupe parlementaire et fera appel à des élections anticipées dans un délai d’un mois. La raison principale pour cette initiative sans précédent est d’empêcher l’opposition de gauche émergente à sa politique de s’organiser et aussi d’être en mesure d’organiser des élections avant que l’impact concret des nouvelles mesures d’austérité commence à se faire sentir. Dans tous les cas, ces élections seront le premier test pour le nouveau front anti-austérité qui se cristallise autour de la plate-forme de gauche. Les prochains jours seront cruciaux.

NON AU NOUVEAU MEMORANDUM

Appel à la lutte et à la mobilisation à travers le pays

Les soussignés, qui représentent un large éventail de forces et d’organisations de la gauche, rejettent le troisième mémorandum présenté Jeudi 13 Août 2015 devant le parlement et appellent à de grandes luttes unitaires pour annuler tous les mémorandums et imposer une nouvelle orientation progressiste pour le pays.

La signature d’un nouveau mémorandum par un gouvernement qui a été élu pour abolir les deux précédents équivaut à une catastrophe majeure pour le peuple grec et pour la démocratie. Le nouveau mémorandum signifie encore plus d’austérité, la restriction des droits des citoyens et la perpétuation du régime de tutelle imposé au pays. Le nouveau mémorandum est un renversement complet du mandat du peuple grec qui, lors du référendum du Dimanche 5 Juillet 2015, a rejeté dans leur intégralité les politiques néo libérales d’austérité et de dépendance néo coloniale.

Tout au long des cinq dernières années, le peuple s’est opposé par tous les moyens possibles à la peur et au chantage et a lutté pour une Grèce souveraine, démocratique, reconstruite, juste et indépendante. Comme ce fut le cas pour les précédents, ce mémorandum doit trouver en face de lui la résistance la plus large d’une société unie et déterminée. Nous continuerons dans la voie du non au référendum jusqu’au bout, jusqu’au renversement de la politique des mémorandums, avec une solution de rechange pour le lendemain, pour la démocratie et la justice sociale en Grèce.

La lutte contre le nouveau mémorandum commence maintenant avec la mobilisation du peuple dans toutes les régions du pays. Pour développer et gagner ce combat, il est nécessaire de mettre en place une organisation populaire à tous les niveaux et dans tous les domaines sociaux.

Nous appelons à la constitution d’un vaste mouvement politique et social dans l’ensemble du pays et à la création de comités de lutte contre le nouveau mémorandum, contre l’austérité et contre la mise sous tutelle du pays. Ce sera un mouvement unitaire à la hauteur des aspirations du peuple à la démocratie et à la justice sociale.

La lutte qui a conduit à la victoire du non Dimanche 5 Juillet 2015 se poursuit et va gagner.

Premiers signataires

Panagiotis Lafazanis (Plateforme de Gauche), Alekos Vernardakis (Renouveau Communiste), Nikos Galanis (Intervention de Gauche), Dimitris Kavouras (Organisation pour la Reconstruction Communiste), Dimitris Kaltsonis (Association Yannis Kordatos), Panagiotis Manta (DIKKI Gauche Socialiste), Anthonis Ntavanellos (DEA Gauche Ouvrière Internationaliste), Andreas Pagiatsos (Xekinima), Spyros Sakellaropoulos (ARAN Recomposition de la Gauche), Dimitris Sarafianos (ARAS Regroupement de la Gauche Anticapitaliste), Maria Souani (Lutte Ouvrière), Themis Tzimas (ancien membre du conseil national du PASOK), Lambros Heetas (Initiative des Mille)

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14 août 2015 5 14 /08 /août /2015 16:11

Le drapeau américain flotte à nouveau à Cuba (Reuters)

Le drapeau américain a été hissé Vendredi 14 Août 2015 devant l'ambassade des Etats-Unis à Cuba, une première depuis cinquante-quatre ans, au cours d'une cérémonie symbolique du rapprochement entre les deux pays à laquelle a assisté le chef de la diplomatie américaine, John Kerry.

Trois marines ont hissé la bannière étoilée sous les yeux de trois de leurs aînés, aujourd'hui à la retraite, qui l'avaient abaissée en 1961, deux ans après l'arrivée au pouvoir des révolutionnaires conduits par Fidel Castro.

Conséquence de la guerre froide et des tensions persistantes entre Washington et la Havane, le drapeau américain n'avait plus flotté depuis cette année-là devant le bâtiment situé sur le front de mer de la Havane.

John Kerry, premier secrétaire d’état américain en visite à Cuba depuis soixante-dix ans, a déclaré lors de la cérémonie qu'il était évident à ses yeux que « le chemin de l'isolement réciproque et de la séparation qu'ont emprunté les Etats-Unis et Cuba n'est pas le bon. Il est temps de prendre une direction plus prometteuse », a-t-il ajouté.

Le retour symbolique du drapeau américain intervient un peu moins de huit mois après l'annonce par le président cubain, Raul Castro, et l'américain, Barack Obama, d'une reprise des relations diplomatiques.

Dans l'intervalle, Barack Obama a usé de ses pouvoirs présidentiels pour assouplir les règles en vigueur en matière de voyages et de commerce entre les deux pays mais le congrès, contrôlé par les républicains, résiste à son appel à mettre fin à l'embargo commercial visant Cuba.

Le drapeau cubain a quant à lui été de nouveau hissé à Washington, Lundi 20 Juillet 2015, jour de la reprise formelle des relations diplomatiques entre les deux pays.

« UNE HONTE »

Pour autant, la normalisation en profondeur des relations s'annonce plus complexe, Cuba réclame entre autres la fin de l'embargo, la restitution de la base navale de Guantanamo, dans l'est du pays, et la fin des émissions de radio et de télévision diffusées à Cuba depuis le sol américain.

Les Etats-Unis, eux, demandent au régime de Raul Castro une amélioration de la situation des droits de l'homme, la possibilité pour les réfugiés ayant obtenu le droit d'asile de revenir à Cuba et une indemnisation des américains dont les biens ont été nationalisés lors de l'arrivée de Fidel Castro au pouvoir en 1959.

« Nous restons convaincus que le peuple cubain serait mieux servi par une véritable démocratie dans laquelle les gens sont libres de choisir leurs dirigeants », a affirmé John Kerry, Vendredi 14 Août 2015.

Le chef de la diplomatie américaine devait rencontrer des dissidents cubains à la Havane, mais seulement après la cérémonie pour éviter de froisser les autorités locales.

Les opposants au rapprochement entamé à l'initiative de Barack Obama et de son homologue cubain ont dénoncé le manque d'égard réservé aux dissidents.

« C'est une honte que, sur le sol de notre ambassade à la Havane, le régime cubain puisse dicter au gouvernement américain qui peut et qui ne peut pas assister à la cérémonie », a jugé dans un communiqué Bob Menendez, sénateur du New Jersey et lui-même d'origine cubaine.

L'ambassade américaine est restée fermée de 1961 à 1977, année de sa réouverture en tant que « section d'intérêts ».

Dans la nuit du Jeudi 13 Août au Vendredi 14 Août 2015, des employés ont apposé l'inscription « ambassade des Etats-Unis d'Amérique » au-dessus de l'entrée du bâtiment.

Selon le département d’état américain, le précédent chef de la diplomatie américaine qui avait posé le pied à Cuba, avant John Kerry, était un certain Edward Stettinius, qui y avait fait une brève escale le 9 mars 1945 sur le chemin du retour d'une conférence internationale à Mexico.

La reprise des relations diplomatiques signifie que les diplomates américains pourront plus facilement se déplacer dans l'île et que leurs effectifs pourront augmenter. Cuba a déjà réduit le nombre des gardes affectés à la surveillance des activités de l'ambassade.

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13 août 2015 4 13 /08 /août /2015 20:07

http://www.humanite.fr/etats-unis-kshama-sawant-de-bombay-seattle-le-socialisme-581127

Kshama Sawant, de Bombay à Seattle via le socialisme

Par Christophe Deroubaix

Lundi 10 Août 2015

Élue conseillère municipale socialiste, l’ancienne militante d’Occupy fait adopter le Smic à quinze dollars de l’heure pour tous les salariés de Seattle. Son nouveau combat, c’est le contrôle des loyers.

Une militante socialiste, née en Inde, fraîchement ­naturalisée américaine, élue conseillère municipale, sous l’étiquette « socialiste », d’une grande cité de son nouveau pays face au candidat de la toute-puissante machine démocrate. Un combat pour la justice sociale, un salaire minimum décent, des salariés, ­notamment des femmes afro-américaines et hispaniques, qui vivent pour la plupart leur premier mouvement de grève et, au final, une victoire, pas un salaire en dessous de quinze dollars de l’heure à Seattle, la ville d’Amazon et de Starbucks. Ce petit ­synopsis pourrait ressembler à une fiction pour magazine progressiste, voire à un conte empli de bons sentiments à faire dormir debout d’indécrottables optimistes. Or il s’agit bel et bien d’une histoire américaine du vingt et unième siècle, dont Kshama Sawant est une actrice majeure.

Avant Seattle, il y a eu Pune, deuxième ville de l’état du Maharashtra à cent cinquante kilomètres de Mumbai. C’est là que, le 17 octobre 1973, naît Kshama, fille de Vasundhara et Ramanujam. Famille de classe moyenne avec une mère professeure et un père ingénieur mais qui bascule dans le drame lorsque ce dernier est tué dans un ­accident de voiture par un chauffard ivre. Kshama a treize ans. Ce qui la bouleverse autant et aussi durablement, c’est ce qu’elle observe du système de castes de son pays et de la pauvreté codifiée. Prolégomènes à sa conversion au socialisme, en attendant, la formation continue.

Elle étudie l’informatique, sort diplômée de l’université de Mumbai à 21 ans et épouse Vivek Sawant, un ingénieur travaillant pour Microsoft. Le mari est muté aux États-Unis.

L’Atlantique à traverser. Un monde à découvrir, pas foncièrement différent de celui quitté.

Ici, « classe » remplace « caste ». Elle délaisse sa première peau de « geek » et sort de l’université d’état de Caroline du Nord avec un doctorat en économie. La jeune diplômée traverse le pays d’est en ouest et pose son opposition aux inégalités et son envie d’agir à Seattle. Un discours d’un militant de Socialist Alternative, organisation trotskiste fondée en 1986, la convainc définitivement. En 2010, la toute nouvelle ­socialiste trotskiste est naturalisée.

« Changer la nature du débat politique »

Occupy Wall Street surgit. Elle sera l’une des chevilles ouvrières d’Occupy Seattle. Dans ses discours, elle ne lambine pas, « capitalisme, classe et socialisme ». Mais contrairement à une partie du mouvement, Kshama Sawant estime que le changement peut aussi passer par les urnes. Sa première tentative, en novembre 2012, alors que Barack Obama est réélu, se solde par un échec prometteur, pour un siège de représentant de l’état de Washington, elle défie le président démocrate de la chambre, Frank Chopp. À la surprise générale, elle engrange vingt-neuf pour cent des voix. Un an plus tard, la revoilà en campagne pour un poste de conseillère municipale, les observateurs lui prédisent le même sort que lors de son initiation, même si Seattle est l’une des villes les plus progressistes du pays, une socialiste, trotskiste de surcroît, ne peut défaire un sortant démocrate. D’autant que le vote a lieu, poste de conseiller par poste de conseiller, sur l’ensemble de la ville et non à l’échelle d’un quartier. Le 15 novembre 2013, les résultats tombent, quatre-vingt-treize mille six cent quatre-vingt-deux voix pour Kshama Sawant, trois mille cent cinquante et une voix d’avance sur Richard Conlin, un sortant démocrate sonné. Une socialiste siégera au conseil municipal de Seattle pour la première fois depuis 1877 et Andrew William Piper, un immigré allemand naturalisé. Pierre angulaire de sa campagne, porter le salaire minimum à quinze dollars de l’heure, une revendication partie des fast-foods de New York. Quelques mois plus tard, le maire démocrate de la ville endosse cette proposition.

Deux mois de plus et le conseil adopte la mesure qui entrera progressivement en vigueur dans les années à venir. Depuis, San Francisco et Los Angeles, les deux autres « poids lourds » de la côte ouest, ont également fait passer dans la réalité le Smic horaire à quinze dollars. Seattle peut être considéré comme l’épicentre de ce mouvement qui se répand de métropole en métropole et Kshama Sawant comme la figure initiatrice du débat politique.

En octobre 2014, nous l’avions rencontrée dans son bureau du City Hall de Seattle. Elle disait que « c’est un point de départ. D’abord, c’est une ouverture pour une gauche réelle qui ne veut plus se laisser prendre au piège du moindre des deux maux avec les démocrates. Ensuite, le débat sur les quinze dollars nous a permis de changer la nature du débat politique dans cette ville où les élus, tous démocrates, étaient sensibles aux arguments du monde des affaires ». Les quinze dollars dans la poche des salariés, elle s’attaque désormais à une autre montagne des politiques publiques, le contrôle des loyers dans une ville où ils ont explosé. À quoi cela sert-il d’augmenter les salaires s’ils sont engloutis dans le coût du logement. Comme l’écrit le New York Times, dans un article qu’il lui consacre, « les gens sont habitués au fait que les libéraux, aux États-Unis, les gens les plus à gauche, gèrent les choses par ici, mais personne n’a compté sur Kshama Sawant qui a pris les libéraux sur leur gauche, tout droit vers le socialisme ».

Seattle a ouvert la voie. San Francisco a suivi, après un vote massif des habitants, soixante- quinze pour cent de oui. Puis le phénomène a poursuivi sa descente de la côte ouest en direction de Los Angeles. Le maire Eric Garcetti avait pour projet de porter le salaire minimum à treize dollars. Sa majorité l’a obligé à « monter » jusqu’à quinze dollars. Dans un contexte marqué depuis dix ans par l’explosion des inégalités, la lutte pour un Smic à quinze dollars est devenue le combat progressiste du moment. « Nous offrons ainsi une alternative à la théorie de l’offre », estime David Rolf, responsable du local sept cent soixante-quinze du syndicat SEIU, en pointe dans la lutte à Seattle.

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13 août 2015 4 13 /08 /août /2015 19:44

http://www.lemonde.fr/politique/article/2015/08/12/tel-aviv-sur-seine-demontre-que-la-grille-d-analyse-des-politiques-francais-est-perimee_4721729_823448.html

http://www.plateforme-palestine.org/Tel-Aviv-sur-Seine-une-grille-d,4344

http://www.ujfp.org/spip.php?article4335

Une grille d’analyse périmée

Par Benjamin Barthe, correspondant du Monde à Beyrouth

Un an après la controverse suscitée par l’interdiction de certaines manifestations de solidarité avec la bande de Gaza, la société française se crispe une nouvelle fois sur la question israélo-palestinienne. L’objet de la polémique est la journée Tel Aviv sur Seine organisée Jeudi 13 Août 2015 par la mairie de Paris, qui consiste à récréer sur les berges de la capitale l’ambiance hédoniste de la cité balnéaire israélienne.

Les défenseurs de cette opération vantent une simple fête, permettant de bâtir des ponts avec une ville progressiste opposée à la politique du gouvernement de Benyamin Nétanyahou. Ses opposants dénoncent une manœuvre de communication susceptible de redorer l’image de l’état juif et de l’aider à perpétuer l’occupation des territoires palestiniens.

Au cœur de cet affrontement, il y a ce que l’on pourrait appeler la culture d’Oslo. Les initiateurs de Tel Aviv sur Seine, n’en déplaise à certains pro-palestiniens extrémistes, ne sont pas des sous-marins de la droite israélienne.

Les membres du Parti Socialiste raisonnent simplement, comme la plupart de leurs collègues de droite et de gauche, avec la grille d’analyse du processus d’Oslo, ce mécanisme de règlement du conflit forgé au début des années 1990 par Yasser Arafat, Itzhak Rabin et l’administration américaine de Bill Clinton.

Un paradigme qui présuppose que les torts sont également partagés, que les deux parties sont animées de bonne volonté et qu’en les réunissant donc autour d’une même table la paix finira par émerger sous la forme de deux états pour deux peuples. A ce titre, tout projet visant à créer du lien, notamment par la culture, est bon à prendre. Toute main tendue est bonne à promouvoir, voire à survaloriser. Un travers auquel cède Anne Hidalgo, la maire de Paris, lorsqu’elle vante dans sa tribune publiée Mardi 11 Août 2015 dans le Monde « les manifestations de solidarité impressionnantes » avec la famille du petit palestinien brûlé vif par des extrémistes juifs qui se seraient déroulées à Tel-Aviv. Ceux qui y étaient, comme l’écrivain israélien Etgar Keret, ont été effarés de voir la place Ithzak Rabin « à moitié vide ».

Rupture générationnelle

En face, les pourfendeurs de Tel Aviv sur Seine, n’en déplaise à certains pro-israéliens aveugles, ne sont pas des antisémites masqués. Si la mouvance pro-palestinienne rejette de plus en plus le discours des élites politiques et médiatiques sur ce dossier, c’est parce que, contrairement à celles-ci, elle n’est plus imprégnée de la culture d’Oslo, de son langage et de ses tics. Manifestants d’un jour ou militants de longue date, les pro-palestiniens des années 2010 ne voient plus dans les violences qui ensanglantent la région l’affrontement de deux nationalismes qu’il faut réconcilier, mais un système de discriminations et d’apartheid, qu’il faut mettre à bas. Le maître mot dans les années 1990 était « négociation ». Son homologue aujourd’hui est BDS, l’acronyme du mouvement Boycott Désinvestissement Sanction, qui réclame des sanctions contre Israël. Son ambition est de rompre le sentiment de normalité, dont Tel Aviv est le symbole, qui permet aux israéliens de garder la tête dans le sable.

La première cause de cette rupture est générationnelle. Pour les jeunes qui ont protesté contre l’offensive israélienne dans la bande de Gaza en été 2014, la poignée de main entre Yasser Arafat et Itzhak Rabin, en 1993, sur le perron de la Maison Blanche, est une date dans un livre d’histoire. Et les attentats suicides du Hamas sont une note en bas de page. Les événements fondateurs de leur engagement sont l’attaque de la flottille de Gaza, la construction du « mur de l’apartheid », le bouclage de la bande de Gaza ou l’offensive « plomb durci » contre ce même territoire. Une litanie de crimes de guerre et de violations du droit international, où ils peinent à trouver une trace de bonne volonté israélienne.

La deuxième raison est politique. En vingt ans, l’opinion israélienne a dérapé à droite. A force de participer aux gouvernements dirigés par le Likoud, sous la tutelle d’Ariel Sharon ou de Benyamin Nétanyahou, la gauche travailliste a scié la branche sur laquelle elle était assise.

Quand en novembre 2009, Bernard Kouchner, alors chef de la diplomatie française, déplore « la disparition du camp de la paix israélien », il énonce une évidence que seuls ceux qui ne viennent jamais dans la région peuvent contester.

Les militants pro-palestiniens, s’ils ont des défauts, n’ont pas celui-là. Depuis le début de la deuxième intifada en 2000, des milliers d’entre eux se sont rendus en Cisjordanie et en Israël dans le cadre de missions de solidarité.

La troisième raison, enfin, est culturelle. La nébuleuse « pro-palestinienne » s’est enrichie ces dernières années de nombreux citoyens de culture arabo-musulmane dont le rapport à la Palestine est beaucoup plus sentimental que celui de leurs devanciers des années 1990.

On sait ce qu’il est advenu d’Oslo. Tué à petit feu par le terrorisme, la colonisation et le refus des dirigeants israéliens de laisser se créer, en Cisjordanie et à Gaza, un état digne de ce nom.

Le courant pro-palestinien français a tiré de cet échec ses propres leçons. Judicieuses ou trop radicales, avant de se prononcer, la classe politique, le Parti Socialiste en tête, devrait commencer son autocritique. La grille d’analyse qu’elle applique au conflit israélo-palestinien est définitivement périmée.

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13 août 2015 4 13 /08 /août /2015 19:20

http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/08/12/antimonarchiste-et-partisan-de-l-intervention-de-l-etat-jeremy-corbyn-mene-la-primaire-du-labour_4721732_3214.html

http://tendanceclaire.npa.free.fr/breve.php?id=14315

Jeremy Corbyn bouscule le parti travailliste sur sa gauche

Anti monarchiste et favorable à l’intervention de l’état, le député britannique domine l’élection primaire du parti travailliste

Par Philippe Bernard, correspondant du Monde à Londres

Personne n’aurait misé un penny sur Jeremy Corbyn, lorsque s’est ouverte, à la mi-juin 2015, l’élection primaire du parti travailliste qui doit désigner le successeur d’Ed Miliband, démissionnaire au lendemain de son échec aux élections législatives du 7 mai 2015. Les trois candidats considérés comme sérieux ne l’avaient aidé à obtenir in extremis les parrainages nécessaires que pour affaiblir leurs adversaires.

Presque deux mois plus tard, alors que le vote s’ouvre Vendredi 14 Août 2015, il sera clos le Jeudi 10 Septembre 2015, Jeremy Corbyn, soixante-six ans, député du quartier londonien d’Islington depuis plus de trente ans, considéré comme un dinosaure gauchiste par l’establishment du parti travailliste, fait la course en tête. Mardi 11 Août 2015, un sondage You Gov lui attribuait cinquante-trois pour cent des voix, trente-deux points de plus qu’Andy Burnham, un proche d’Ed Miliband, et trente-cinq points de plus que la candidate modérée Yvette Cooper. Quant à Liz Kendall, qui se réclame de l’héritage centriste de Tony Blair, elle plafonne à huit pour cent. Nombre de militants travaillistes se sont sentis humiliés par la pique de l’ancien premier ministre, désormais très décrié, « ceux dont le cœur penche pour Jeremy Corbyn ont besoin d’une transplantation », avait ironisé Tony Blair.

Alors que l'échec du parti travailliste aux élections législatives est généralement attribué à un positionnement trop à gauche, l'émergence de l'un des rares députés à s'affirmer « socialiste », dans un pays où ce mot équivaut à un chiffon rouge, est considérée comme suicidaire. La presse de gauche a d'ailleurs longtemps traité Jeremy Corbyn avec condescendance, attribuant sa popularité à la mode du vintage et au profond désarroi consécutif à l'échec électoral.

Mais l'affluence à ses meetings, le large soutien des instances locales du parti dont il bénéficie et, surtout, son adoubement par les centrales syndicales Unison et Unite, qui financent la campagne du parti travailliste, obligent désormais les médias à le prendre au sérieux.

« Antidote au virus Blair »

Jeremy Corbyn est « l’antidote au virus Blair au sein du parti travailliste », a déclaré Dave Ward, Jeudi 30 Juillet 2015, en apportant le soutien du syndicat des salariés de la communication, fort de deux cent mille adhérents. « Nous rejetons l'idée que le parti travailliste doit se positionner au centre », a-t-il ajouté en réclamant un programme en faveur « d’une plus juste redistribution des richesses, des emplois et des salaires décents ». Le refus d'Harriet Harman, leader par intérim du parti, de condamner les coupes drastiques dans les prestations sociales décidées par le gouvernement de David Cameron a exacerbé les tensions internes.

Pour l'appareil du parti travailliste, acquis au libéralisme économique débridé et au retrait de l’état, le profil de Jeremy Corbyn relève du non-sens. Assidu des piquets de grève, antimonarchiste, partisan de la renationalisation des chemins de fer, militant du désarmement nucléaire, de la solidarité avec la Palestine et du refus de la guerre en Irak, l'élu d'Islington passe son temps au parlement à s'opposer à la ligne de son propre parti.

Ascétique, végétarien, refusant de boire de l'alcool et de posséder une voiture, il est perçu comme la caricature des intellectuels de gauche du nord de Londres.

De Karl Marx, il y a « beaucoup de choses à apprendre », a-t-il affirmé, faisant frissonner l'auditoire de la British Broadcasting Corporation (BBC). Certes, il est partisan du maintien dans l'Union Européenne, mais « une meilleure Europe défendant la justice sociale et pas la finance ».

Revendications claires

Dénué de charisme mais fort de sa simplicité et de revendications claires qui font totalement défaut à ses concurrents, Jeremy Corbyn mobilise la jeunesse éreintée par la politique d'austérité du gouvernement de David Cameron, qui voit en lui le leader d'un Podemos ou d'une Syriza à la britannique. A ceux qui affirment qu'aucune victoire électorale n'est possible avec son programme, il répond que les écossais ont plébiscité le Scottish National Party (SNP), résolument positionné à gauche, et qu'en Angleterre même, trente-six pour cent de l'électorat n'a pas voté. Il se fait fort de mobiliser les abstentionnistes avec un programme d'interventions étatiques destiné à « supprimer les pires vestiges de la pauvreté en Grande-Bretagne ».

La réforme du mode d'élection du dirigeant, qui donne aux sympathisants le même pouvoir qu'aux adhérents ou aux syndicalistes, est favorable à l'outsider.

Outre les soixante-dix-neuf mille adhésions enregistrées depuis les élections, cent quarante-cinq mille personnes ont payé les trois livres sterling nécessaires pour participer au vote dont le résultat sera annoncé Samedi 12 Septembre 2015. Cela équivaut à un doublement des effectifs, les nouveaux venus soutenant massivement Jeremy Corbyn.

Secouée, la direction du parti dénonce à la fois « l’entrisme » de groupes d'extrême gauche et les manœuvres d'électeurs de droite qui « votent pour Jeremy Corbin » pour tuer le parti travailliste, comme le quotidien conservateur Daily Telegraph les y encourage.

Avec Jeremy Corbyn, « le danger est que le grand parti de gouvernement qu'est le parti travailliste soit réduit à un simple groupe de pression », estime Tristram Hunt, ministre de l'éducation du cabinet fantôme du parti travailliste. Les adversaires du député rebelle évoquent avec fureur le précédent de Michael Foot, dont le programme très à gauche, ayant débouché sur le triomphe de Margaret Thatcher en 1983, est resté dans les annales comme « la plus longue lettre de suicide jamais écrite ». Complexe, à plusieurs tours, le système électoral interne au parti travailliste n'assure nullement la victoire finale de Jeremy Corbyn.

Mais, quel qu'il soit, le prochain leader travailliste ne pourra pas ignorer son message radical.

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13 août 2015 4 13 /08 /août /2015 18:47

Syriza se fissure avant le vote du parlement (Reuters)

Le parlement grec devrait approuver dans la nuit du Jeudi 13 Août au Vendredi 14 Août 2015 l'accord sur un plan d'aide international évitant au pays une situation de défaut mais le parti de gauche radicale au pouvoir continue de se diviser et apparaît au bord de la rupture.

Un vote favorable du parlement sur l'accord ouvrant la voie à un troisième plan de renflouement de plus de quatre-vingt-cinq milliards d'euros sur trois ans ne fait guère de doute dans la mesure où l'opposition s'est engagée à soutenir le gouvernement d'Alexis Tsipras.

Mais il apparaît également acquis que certains députés de Syriza, qui reprochent au premier ministre, porté au pouvoir sur la promesse de combattre l'austérité, d'avoir capitulé face aux créanciers internationaux de la Grèce, voteront contre le texte.

Le scrutin permettra de jauger l'ampleur de la contestation au sein du parti d'Alexis Tsipras et de la capacité de cette dernière à faire pression sur le premier ministre pour convoquer des élections anticipées dès septembre 2015.

« Il est avéré que certains parlementaires de Syriza ne voteront pas en faveur de l'accord », a déclaré la porte-parole du gouvernement, Olga Gerovasili, à la télévision grecque. « Un gouvernement qui n'a pas de majorité ne peut pas aller bien loin ».

Le scénario d'une scission de Syriza se précise avec un communiqué signé Jeudi 13 Août 2015 par douze membres du parti dont le chef de file des frondeurs, l'ancien ministre de l’énergie Panagiotis Lafazanis.

Le texte appelle à une mobilisation nationale contre le plan d'aide et à la fondation « d’un mouvement uni qui justifiera le désir du peuple pour la démocratie et la justice sociale ».

L'EURO-GROUPE VOTERA VENDREDI 14 AOUT 2015

Le texte soumis aux députés couvre la réforme de la fiscalité et des retraites, celle de la fonction publique et la relance du programme de privatisations, qui passe par l'établissement d'un fonds supervisé par les institutions européennes.

Après le vote du parlement grec, il reviendra aux ministres des finances de la zone euro de se prononcer Vendredi 14 Août 2015 sur l'accord ouvrant la voie au plan d'aide.

L'aval de l'Euro-groupe est indispensable à la validation du plan qui permettra dans un premier temps à la Grèce de rembourser trois milliards deux cent millions d'euros à la Banque Centrale Européenne (BCE), Jeudi 20 Août 2015.

La Grèce doit recevoir un premier versement de vingt-trois milliards d'euros avant la fin du mois, a dit à Reuters une source proche du dossier.

Le montant total du plan s'élève à quatre-vingt-onze milliards sept cent millions d'euros en ajoutant aux quatre-vingt-cinq milliards cinq cent millions d'euros d'aide proprement dite les six milliards deux cent millions d’euros de recettes de privatisations prévues d'ici 2018, a ajouté cette source, qui a requis l'anonymat.

RETOUR SURPRISE DE LA CROISSANCE

Selon le protocole d'accord de vingt-neuf pages conclu entre Athènes et ses créanciers, et dont Reuters a pris connaissance, la Grèce doit rapidement procéder à la privatisation de ses ports, de ses aéroports régionaux et de ses réseaux de distribution d'électricité.

Hors de Grèce, l'opposition au plan d'aide au sein de la zone euro paraît s'estomper. La Finlande, qui avait caressé la semaine dernière l'idée de s'en exclure, est ainsi prête à y contribuer, a déclaré Jeudi 13 Août 2015 son ministre des finances, Alexander Stubb.

Contre toute attente, l'institut grec de la statistique a annoncé Jeudi 13 Août 2015 une croissance inattendue du produit intérieur brut de 0,8% au deuxième trimestre 2015, en première estimation, alors que les économistes interrogés par Reuters prévoyaient une contraction de même ampleur.

Et comme le Produit Intérieur Brut (PIB) est finalement resté stable au premier trimestre 2015, alors que l'estimation précédente donnait un recul de 0,2%, la Grèce n'est donc pas retombée en récession en début d'année.

Une récession se définit techniquement comme deux trimestres consécutifs de recul du PIB.

Sur les trois derniers mois de 2014, il a baissé de 0,2%, chiffre également révisé par rapport à une baisse de 0,4%.

Athènes a dégagé en outre sur la période allant de janvier à juillet 2015 un excédent budgétaire primaire, c'est-à-dire hors service de la dette, de trois milliards cinq cent trente millions d'euros, dépassant l'objectif qui était de deux milliards neuf cent quatre-vingt millions d’euros, grâce à une forte réduction des dépenses.

Les institutions créancières de la Grèce n'en nourrissent pas moins de « sérieuses inquiétudes » au sujet de l'endettement d'Athènes mais estiment qu'une décote peut être évitée, selon une nouvelle analyse de la viabilité de la dette de la Grèce, un document que Reuters a pu consulter Jeudi 13 Août 2015.

Les institutions anticipent pour la Grèce une contraction de 2,3% du PIB en 2015 et de 1,3% en 2016 avant une croissance de 2,7% en 2017.

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12 août 2015 3 12 /08 /août /2015 19:17

http://www.france-irak-actualite.com/2015/08/mavi-marmara-des-juges-de-la-cour-penale-internationale-accusent-israel-de-crimes-de-guerre.html

Des juges de la Cour Pénale Internationale (CPI) accusent Israël de crimes de guerre

Par Paul Callagher

Samedi 25 Juillet 2015

La CPI a demandé à son procureur général de rouvrir l’enquête sur la saisie du navire turc Mavi Marmara sur lequel neuf militants des droits de l’homme avaient été tués, en 2010, lors de son arraisonnement par les Forces de Défense Israélienne (FDI) alors qu’il tentait de briser l’embargo imposé à la bande de Gaza.

Dans un rapport étonnant, publié dernièrement, les juges de la CPI ont condamné la décision du procureur général d’origine gambienne, Fatou Bensouda, de ne pas entreprendre d’investigation dans cet incident mortel bien qu’il existât des « éléments fondés » permettant de croire que des crimes de guerre ont été commis. Les juges pensent que la décision de Fatou Bensouda repose sur des conclusions « erronées et simplistes » contenant des erreurs factuelles. Ils concluent que le procureur « a fait des erreurs matérielles dans l’appréciation de la gravité de l’instance » et l’ont pressée de reconsidérer sa position « dès que possible ».

Les commandants des forces israéliennes et les dirigeants politiques peuvent, en définitive, être poursuivis pour cet acte commis dans les eaux internationales, le 31 mai 2010, et qui avait été condamné à l’échelon international. Pour les juges, « le procureur aurait dû admettre que de vraies balles avaient été utilisées avant l’abordage et en tirer les justes conséquences. Ce fait seul doit raisonnablement suggérer que les forces de défense israéliennes, à l’origine des crimes établis, avaient l’intention d’attaquer et si possible de tuer des passagers à bord ».

Le Mavi Marmara était le principal navire civil de la flotte de six bateaux de la « Gaza Freedom Flotilla » où se trouvaient quelque cinq cent militants, des produits humanitaires et du matériel de construction. Le mouvement pour briser l’embargo sur Gaza était organisé par la Gaza Freedom Flotilla et un groupe turc de militants de droits de l’homme dont huit furent tués, le neuvième était un turco-américain.

Le rapport du Conseil des Droits de l’Homme (CDH) de l’Organisation des Nations Unies (ONU) sur ce raid concluait que la plus jeune victime, Furkan Dogan, âgé de dix-huit ans, avait reçu cinq balles dont une au visage alors qu’il était étendu sur le dos. Un dixième passager est mort l’an dernier après être resté quatre ans dans le coma. Près de cinquante militants et plusieurs soldats furent blessés, dont certains sérieusement. La vidéo des FDI montre que certains soldats durent se défendre contre les activistes armés de barres de fer. Le rapport signale que « des preuves claires permettent des poursuites judiciaires » selon les dispositions de la convention de Genève, à savoir crimes prémédités, torture ou traitement inhumain et volonté de causer des souffrances intolérables ou des blessures graves physiques ou à la santé. Il indique de plus qu’il n’existe aucun indice médical attestant que des soldats israéliens furent la cible de tirs et juge que « le blocus de Gaza est totalement intolérable et inacceptable au vingt et unième siècle ».

Le Mavi Marmara fut finalement amené au port d’Ashdod en Israël où les militants furent dénudés et fouillés et l’équipement où ils avaient enregistré le raid, corroborant leur version, fut confisqué.

Les juges à une majorité de deux contre un concluent que « les faits qui sont difficiles à établir ou qui ne sont pas clairs ne constituent pas une raison valable pour ne pas entamer un enquête mais, au contraire, ils appellent à une telle enquête ».

Pour eux, le procureur a mal évalué « la possibilité de poursuivre ces personnes qui peuvent avoir la plus lourde responsabilité dans les crimes établis au cours de l’abordage du navire tout comme dans l’étendue, la nature et la manière dont les crimes furent commis et leur impact ».

Fatou Bensouda a ouvert une enquête initiale après que les Comores, un petit archipel de l’océan indien, eut envoyé un dossier à la CPI, en mai 2013, accusant Israël de crimes de guerre.

Benyamin Netanyahou est furieux contre la position des juges, la qualifiant de « politique cynique » car il prétend que l’armée israélienne exerçait une mission de maintien du blocus et avait réagi en défense légitime. Paveen Yaqub, un des trente-quatre militants britanniques à bord du navire, s’insurge contre l’idée que « l’incident n’était pas suffisamment grave » pour entraîner une enquête et c’est une insulte à toutes les familles de ceux qui ont été tués. La décision des juges permettrait aux militants britanniques du Mavi Marmara de traduire devant les tribunaux les commandants israéliens si d’aventure ils se trouvaient en Grande Bretagne.

Scotland Yard dispose des noms de cinq commandants coupables de crimes de guerre au moment de l’arraisonnement du bateau et se réserve, à cet effet, le droit d’opter pour « la juridiction universelle », utilisée pour arrêter le dictateur chilien Augusto Pinochet en1998.

Les avocats des parties civiles, les Comores, les treize militants britanniques et les centaines d’autres victimes, pensent que « si les juges ont mis le doigt sur les erreurs qui sont apparues, c’est qu’il existe une base raisonnable pour une enquête. C’est maintenant au procureur de décider, les juges ne peuvent rien faire. Mais la manière dont ils se sont exprimés indique qu’il y a matière à une investigation approfondie ».

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