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8 septembre 2015 2 08 /09 /septembre /2015 19:12

http://www.internationalsocialists.org/wordpress/2015/09/statement-of-the-international-socialist-tendency-on-the-european-refugee-crisis

Déclaration de la coordination de la tendance socialiste internationale sur la crise européenne des réfugiés

Vendredi 4 Septembre 2015

L'Europe est confrontée à ce qu'on appelle sa « plus grande crise des réfugiés depuis la seconde guerre mondiale ». Le niveau global des déplacements dus à la guerre et à la persécution atteint des proportions effroyables. Treize millions neuf cent mille personnes ont été déplacées pour la seule année 2014. Le nombre d’arrivées en Europe en juillet 2015 était trois fois plus élevé qu'un an plus tôt.

La plus grande source de réfugiés qui font le voyage désespéré pour l'Europe est la Syrie. Ici, la guerre civile ouverte par la tentative du régime d'Assad d’écraser le soulèvement commencé en 2011 a été exacerbée par la montée de l'Etat Islamique. Toutefois, cela ne peut être compris que dans le contexte de la désastreuse invasion et occupation de l'Irak dirigée par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. L’offensive dirigée par l’occident, la dévastation qu’elle a causée et la tentative des occupants d'utiliser les forces sectaires pour stabiliser le pays a ouvert la voie à l'aiguisement des conflits dans la région.

L’Afghanistan, un autre pays envahi et occupé par les forces occidentales au cours des dernières années, est une seconde source majeure de réfugiés. Ici aussi, loin de la guerre apportant la libération, elle a provoqué une catastrophe humanitaire et la persécution croissante. D'autres réfugiés viennent d'Afrique de l'Est, où l'intervention occidentale dans les conflits de la région a permis d'établir certaines des sociétés les plus militarisées de la planète.

Quelque quatre-vingt pour cent des personnes déplacées par la guerre, la persécution et l'appauvrissement, restent dans les pays en développement. Quand une fraction de ces réfugiés essaie d’arriver en Europe, ils rencontrent la violence policière, le camp de la jungle de Calais en France, le mur de cent dix milles en cours de construction par la Hongrie à sa frontière ou les opérations navales menées par Frontex en mer Egée et en mer Méditerranée qui finissent par des tragédies avec des centaines de noyés.

Et quand certains parviennent à franchir toutes ces barrières, ils rencontrent des opérations de police qui les enferment dans des camps où ils doivent recourir à des émeutes pour se libérer de conditions inhumaines. Cela est arrivé, par exemple, à plusieurs reprises dans le camp de concentration d’Amygdaleza en Grèce, où les réfugiés ont récemment commencé une grève de la faim pour protester contre leurs conditions de détention.

La crise a montré l'hypocrisie du soi-disant engagement de l'Union Européenne en faveur de la « libre circulation ». La contrepartie de la création d'un marché unique du travail à l’intérieur de ses frontières est la création de la « forteresse Europe », défendue par l'agence Frontex avec une rhétorique pas moins raciste que celle du nationalisme européen traditionnel. Le capitalisme exploite les travailleurs partout dans le monde pour alimenter ses bénéfices, mais il utilise le racisme et le contrôle de l'immigration pour diviser les travailleurs et saper leur organisation et leurs luttes.

Le résultat en Europe a été fatal. La semaine dernière, près de trois cent migrants ont été perdus sur un bateau au large de la côte libyenne, soixante et onze migrants, dont quatre enfants, ont été retrouvés morts dans un camion en Autriche, plus récemment, douze syriens se sont noyés au large des côtes de la Turquie, y compris deux petits garçons kurdes et leur mère.

Le climat de racisme et d’islamophobie, alimenté par des politiciens traditionnels au cours des dernières années, a permis aux forces de droite de capitaliser sur la crise des réfugiés. En Grande-Bretagne, Nigel Farage, leader de l’United Kingdom Independence Party (UKIP), a averti que ceux qui fuient pourraient être « des extrémistes de l’Etat Islamique ou d'autres institutions djihadistes ». Marine Le Pen du Front national fasciste de la France a appelé les pays à fermer totalement leurs frontières. Viktor Orban de Hongrie a dit que son pays était « dépassé » par les réfugiés et il déplorait qu’ils soient musulmans plutôt que chrétiens.

La réponse de beaucoup de personnes de la classe ouvrière à travers l'Europe a contrasté avec celle de leurs dirigeants. Vingt mille se sont rassemblés à Vienne, en Autriche, pour accueillir les réfugiés. Des milliers ont protesté contre le racisme en Allemagne. De grandes quantités d'aide ont été recueillies sur les lieux de travail et dans les communautés en Grande-Bretagne pour être amenées dans des camps en France. Sans le soutien des populations locales en Grèce, en Macédoine et en Serbie, les réfugiés en provenance de Syrie n’auraient pas atteint Budapest, s’affrontant avec la police aux frontières et dans les gares.

La réponse montre la voie pour un défi à l'offensive raciste à travers l'Europe.

Les réseaux établis par la coordination des manifestations antiracistes au niveau international en mars 2014 et en mars 2015 ont joué par ailleurs un rôle dans la mobilisation en faveur des réfugiés.

Nous rejetons le racisme dirigé vers ceux qui cherchent à entrer en Europe. Nous appelons à l’ouverture des frontières pour les besoins humanitaires des réfugiés et pour le passage sûr vers la destination qu’ils ont choisie.

Nous condamnons les politiques de la forteresse Europe et appelons à la dissolution de l'agence Frontex.

Nous appelons à la fermeture des camps de réfugiés. Nous sommes solidaires avec les luttes menées par les migrants, qui ont protesté contre la persécution à la gare ferroviaire de Budapest, à Calais, en Grèce et à la frontière hongroise.

Nous soutenons toutes les manifestations antiracistes et d'autres initiatives de solidarité organisée à travers l'Europe.

En tant que socialistes, nous rejetons l'idée que les réfugiés ou les migrants sont une menace pour les intérêts ou le niveau de vie de la classe ouvrière ou que, comme on le dit souvent, « nous devrions nous occuper d’abord de nous-mêmes ». Au contraire, les responsables de l’austérité, des réductions budgétaires, du chômage et de l’émigration des travailleurs sont également les responsables de la crise des réfugiés. Nous disons qu'il est dans l'intérêt des travailleurs partout de s'opposer à toutes les tentatives de nos gouvernants de diviser pour régner, pour accueillir les réfugiés et pour lutter à leurs côtés pour une vie décente pour tous.

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8 septembre 2015 2 08 /09 /septembre /2015 18:39

LAIKI ENOTITA

Vous trouverez ci-dessous la première partie du programme d’Unité Populaire.

Le programme est disponible en totalité à l’adresse ci-dessous.

Bernard Fischer

http://www.unitepopulaire-fr.org/2015/09/07/la-declaration-programmatique-dunite-populaire-front-politique-de-la-gauche-de-combat-en-grece

La déclaration programmatique d’Unité Populaire, front politique de la gauche de combat en Grèce

Par Vangelis Goulas

Lundi 7 Septembre 2015

L‘annonce du programme de l’Unité Populaire

La création d’Unité Populaire a pour point de départ le non massif du peuple grec lors du référendum du Dimanche 5 Juillet 2015. Au terrorisme des forces dominantes dans l’Union Européenne et en Grèce, une vaste majorité sociale, avec une présence forte des jeunes, a opposé une véritable révolte populaire. La résistance du peuple grec, une résistance sans précédent du fait de sa durée comme de son caractère massif, surtout les deux premières années d’imposition des memoranda, constitue également un héritage précieux pour l’Unité Populaire. Notre parti constitue l’expression de la résistance généralisée contre le plan stratégique d’imposition d’une austérité permanente, de dépouillement de tout droit du travail, d’accaparement des biens publics, de démantèlement de la démocratie et d’imposition d’un régime de souveraineté limitée.

Pas plus d’un mois après le non du peuple grec au référendum, l’adoption du troisième mémorandum a causé un bouleversement dans le champ politique. L’équipe dirigeante du gouvernement, portée au pouvoir par les élections du 25 janvier 2015, a brutalement mis en pièces le contrat social qui la liait à la majorité populaire, semant la désolation et attisant de nouveau la peur. Elle est passée sur la rive opposée, celle des forces des mémorandums, bombardant les couches ouvrières et moyennes de nouvelles mesures dirigées contre le peuple. Ce retournement a permis aux créanciers d’avancer encore, avec un coup d’état politique en violation de toute notion de souveraineté populaire. Avec le troisième mémorandum, la surveillance internationale devient plus étouffante encore, l’illustration la plus flagrante de cette humiliation étant la création du fameux fonds chargé de procéder à la mise sous hypothèque des biens nationaux et de la richesse sociale pour des générations entières.

Mais le troisième mémorandum n’est qu’un début. Á l’ordre du jour sont déjà inscrits le démantèlement complet du droit du travail et des relations professionnelles, une nouvelle réduction, jusqu’à des niveaux ridicules, des pensions de retraites principales et complémentaires, une razzia fiscale sur les revenus des agriculteurs ainsi que des strates sociales basses et moyennes, tout comme une série d’autres mesures dont l’application sera mise en œuvre dans les prochains mois.

C’est précisément pour cette raison, et pour empêcher la formation d’un front anti-mémorandum de politique alternative, que le gouvernement a été poussé à démissionner et à entraîner le pays vers des élections express. Il s’agit d’une tentative d’accaparement du vote populaire, avant que le peuple ne puisse s’informer et ne ressente, dans son quotidien et dans toute leur ampleur, les effets du troisième mémorandum. Ces tentatives ont bénéficié du soutien inconditionnel des dominants de l’Europe, Angela Merkel, Jean Claude Junker, Pierre Moscovici et Jeroen Dijsselbloem, lesquels ont tout fait, il y a deux mois, pour empêcher que ne s’exerce le droit d’expression démocratique du peuple grec via un référendum.

Nul ne peut sérieusement croire que ces mesures, aux conséquences sociales catastrophiques, pourraient de quelque façon que ce soit être efficaces, même d’un point de vue strictement financier. Elles sont vouées à l’échec, et cet échec mènera droit à de nouveaux trains de mesures anti populaires, pour nourrir un cercle vicieux que nous avons connu sous les gouvernements pro-mémorandums précédents. Ouvriers, paysans, jeunes, professionnels et petits entrepreneurs sont ravagés à la seule fin d’assurer le versement des tranches « d’aide » qui, sitôt qu’elles sont encaissées, sont reversées à quatre-vingt-dix-neuf pour cent soit aux créanciers, soit aux banquiers. Il ne reste pas une goutte pour l’économie réelle et les citoyens qui sont au bord de l’extinction économique.

Il est ridicule d’attendre de cette équipe dirigeante, qui a signé le troisième mémorandum et qui est depuis encensée par les représentants des créanciers et de l’oligarchie nationale, qu’elle parvienne, un jour lointain, d’une façon encore à déterminer, à se dégager de ce carcan. Si vous prenez le mauvais train, aucune des gares où vous vous arrêterez ne sera la bonne. Et se fourvoie quiconque s’imagine qu’un gouvernement qui a accepté de retirer immédiatement quatre-vingt-treize euros par mois aux plus pauvres des pauvres, réduisant la retraite minimum au plancher humiliant de trois cent quatre-vingt-treize euros, sera en mesure de s’élever contre les intérêts dominants.

Pour un vaste front du « non jusqu’au bout »

Pour toutes ces raisons, le besoin s’est avéré urgent de constituer l’Unité Populaire, un front politique et social de renversement des mémorandums contre l’austérité qui tue, la dérive anti démocratique et la transformation de la Grèce en une colonie au cœur de l’Europe, avec la dette pour levier.

Nous avons besoin d’un large front populaire et patriotique, digne de confiance, cohérent et désintéressé, qui restaurera les espoirs trahis, vaincra la peur et insufflera la victoire au large courant jeune et populaire du non au référendum du Dimanche 5 Juillet 2015. Ils parlent en vain ceux qui dénoncent a priori cette tentative comme une « opération de francs-tireurs », prétendument responsables de la chute du « premier gouvernement de gauche ». Il n’y eut de renoncement que de la part de ceux qui ont choisi de devenir le troisième gouvernement des mémorandums de ce pays.

L’Unité Populaire n’est pas un pavillon de complaisance et ne veut pas davantage ajouter son nom à celui des partis de l’establishment en faillite. Elle constitue une alliance d’organisations politiques, de mouvements et de citoyens engagés sans étiquette, et ambitionne de donner sa voix, d’inspirer et de renforcer un vrai mouvement populaire, avec des initiatives auto-organisées. Nous voulons qu’elle devienne la voix de ceux qui aujourd’hui n’ont pas voix au chapitre, la force des faibles. Nous voulons qu’elle constitue le point de départ du front qui scellera l’alliance des travailleurs, des chômeurs, des paysans, des travailleurs indépendants, des couches urbaines moyennes et inférieures, des intellectuels et des gens de lettres et de culture, dans un effort commun pour que la société grecque change de voie.

Cette perspective n’est pas compatible avec les logiques d’hégémonisme et de vérité exclusive. Toutes les sensibilités sociales, toutes les traditions politiques progressistes et les inclinations idéologiques y ont leur place. Le fonctionnement démocratique constitue, pour ce front, une condition sine qua non de son existence, autour des militants eux-mêmes, de leurs revendications et de leurs questionnements. Les forces, les militants et militantes qui participent à l’Unité Populaire sont liés entre eux par un solide accord politique pour une solution alternative et radicale immédiate, absolument nécessaire, à la tragédie des mémorandums.

Cette solution s’avérera efficace et au profit des classes populaires, aux dépens du grand capital, et débarrassera la Grèce de la domination mortifère des centres impérialistes. Nous sommes unis par la recherche commune, à travers des chemins divers, d’une société nouvelle, libérée des chaînes de l’exploitation et de toute forme d’oppression, une société solidaire, juste et libre, sur la voie du socialisme du vingt et unième siècle.

Les mesures immédiates pour une sortie de la catastrophe sociale

L’Unité Populaire se donne pour objectif immédiat la création, à travers les mouvements sociaux et l’action politique, à l’intérieur et hors du parlement, des conditions pour une solution alternative radicale à la réalité actuelle des mémorandums.

Les coordonnées fondamentales de l’autre voie ont déjà été définies par de nombreuses forces de gauche, mouvements radicaux et scientifiques progressistes. La solution alternative que nous défendons vise à donner des réponses à tous les problèmes cruciaux de l’économie, de la société, de l’état et de la politique extérieure. Elle ne se limite naturellement pas à la question de la politique monétaire, comme l’affirment les faussaires et sycophantes qui dénoncent un supposé « lobby de la drachme ».

Le problème de cette solution alternative ne réside pas dans la prétendue insuffisance de traitement « technique » qu’elle présenterait, mais dans son insuffisante préparation politique, elle n’a pas suffisamment fait l’objet de discussions au sein du peuple et des collectivités sociales. C’est-à-dire parmi ceux qui seront appelés à livrer une lutte acharnée, face à des intérêts énormes, pour faire de cette alternative une réalité. C’est cette lacune que nous aspirons à combler sans tarder, par une vaste campagne de dialogue public, face à ceux qui s’efforcent d’imposer un nouveau « délit sui generis » et de diaboliser, voire de pénaliser, le débat « interdit ».

Les mesures immédiates et urgentes qui doivent être adoptées pour ouvrir une nouvelle voie sont les suivantes.

La suppression des mémorandums assassins tant pour la société que pour l’économie, ainsi que des accords coloniaux d’emprunts signant l’hypothèque de notre futur qui les accompagnent.

L’arrêt du remboursement de la dette, dont même le Fonds Monétaire International (FMI) reconnaît, de son point de vue particulier, qu’elle n’est pas soutenable, avec pour horizon l’annulation globale de la plus grande part de cette dette. La cessation des paiements sera accompagnée d’actions politiques et légales, au niveau international, qui exploiteront également les conclusions en la matière de la commission de vérité sur la dette publique du parlement grec.

Indépendamment, mais parallèlement à l’action internationale sur la question de la dette, seront immédiatement et avec insistance posées des exigences, à caractère politique, juridique aussi bien que citoyen, en ce qui concerne le versement des sommes dues par l’Allemagne au titre de réparation pour les victimes et la dévastation causées par la barbarie nazie.

L’arrêt immédiat de l’austérité et la mise en œuvre d’une politique de redistribution de la richesse sociale au profit des travailleurs et aux dépens des oligarques. Un soin tout particulier doit être accordé aux couches de la population les plus durement touchées par la crise, avec un renforcement de leurs revenus et une augmentation graduelle des salaires minimum, des pensions et des allocations de chômage, la garantie de soins médicaux et de biens fondamentaux, électricité, eau et chauffage, pour tous.

Plus généralement, les salaires, les retraites et les dépenses sociales pour l’enseignement public gratuit, la santé populaire et la culture, seront soutenus. Leur augmentation graduelle sera encouragée en fonction des rythmes de croissance. Les mesures fiscales et autres des mémorandums, qui déciment les paysans et les travailleurs indépendants, seront levées.

L’ENFIA, l’impôt foncier unifié, sera supprimé et seul sera institué un impôt sur la grande fortune foncière.

Les banques seront nationalisées et leur fonctionnement sous contrôle social, assurant une garantie absolue de l’épargne populaire. Le nouveau système bancaire, nationalisé et débarrassé du « parrainage » de la Banque Centrale Européenne (BCE), garantira l’annulation des dettes pour les foyers épuisés par la crise. Il fournira les liquidités tout aussi indispensables aux professionnels et aux Petites et Moyennes Entreprises (PME) qui sont menacés de disparition. Dans cette optique, la Banque Agricole et la Caisse d’Épargne Postale seront rouvertes et les scandales liés à leur bradage seront investigués. La nationalisation des banques permettra que soient détectés et investigués les prêts abusifs, « thalassodània », accordés aux groupes jouissant de monopoles et les cas d’évasion fiscale, au moyen des diverses listes telles que la liste Lagarde.

Reconstruction économique et renaissance culturelle

Parallèlement à ces mesures d’extrême urgence, qui donneront une première bouffée d’air à l’économie et aux couches populaires, des réformes radicales seront mises en œuvre en vue de la transformation du modèle de croissance en faillite et du renversement des rapports de force sociaux en faveur du peuple et aux dépens des oligarques et de leurs réseaux.

Ces réformes comprennent, entre autres :

La révision radicale de la législation du travail avec le rétablissement des conventions collectives et des négociations collectives libres, la prévention contre l’arbitraire patronal avec des mesures de dissuasion et des limitations posées en matière de licenciements, la mobilisation et le renforcement des inspections du travail. Un organisme pour l’emploi de la main-d’œuvre (OAED) réformé, social et public, et la suppression des entreprises privées de sous-traitance de travailleurs.

La création d’un système fiscal stable, socialement juste et basé sur le principe de la redistribution, afin que le coût de la crise soit enfin pris en charge non pas par les bêtes de somme habituelles, mais par les possédants.

L’arrêt des privatisations rapaces, des réductions d’effectif et des liquidations d’entreprises, réseaux et infrastructures, Entreprise Publique d’Électricité, gaz naturel, ports, aéroports, bâtiments et terrains du domaine public, la suppression immédiate du fonds de développement des actifs de la république grecque (TAIPED), la récupération des biens publics cédés au capital privé, par l’annulation des décisions illégales et inconstitutionnelles relatives à leur cession, sans dédommagement, à l’exception des petits porteurs, et la nationalisation, la reconstruction et la remise en marche, sous contrôle ouvrier et social, de toutes les entreprises, réseaux et infrastructures d’importance stratégique, qui assumeront le rôle de locomotives de l’économie. L’objectif est d’assurer une revitalisation rapide de l’économie qui créera des emplois et qui renforcera la place des travailleurs, dans le respect de l’environnement.

La reconstruction du système national de santé, qui a été complètement démantelé, des hôpitaux publics et d’un système de santé assurant des soins de premier degré et de haute qualité, accessibles à tous, dans la capitale comme en province.

La lutte contre la désertification culturelle et la garantie du caractère public des institutions culturelles et de l’accès de l’ensemble de la population à la création culturelle, le soutien public à chaque initiative de création des hommes de culture et de tous les citoyens et la reconstruction économique avec transfert du centre de gravité de la consommation de produits d’importation à la production, principalement à la production industrielle et agricole de produits de haute qualité, et la suppression de la compression du coût du travail à la maximisation de la plus-value. Nous visons, enfin, une transition d’une croissance au service de ceux qui détournent le travail et la nature à une croissance centrée sur le renouveau technologique, l’innovation, l’organisation moderne et, surtout, sur les facteurs de richesse sociale. Cette croissance s’appuiera sur le savoir, l’entrain et la créativité des travailleurs. Cette orientation nécessitera une politique de planification démocratique au niveau central comme à la périphérie avec une dimension environnementale forte.

Le soutien substantiel à l’enseignement public et gratuit et à la recherche qui constitue, en plus de toutes les autres mesures, une condition fondamentale de la conversion vers un nouveau modèle social performant.

Le « troisième » secteur, aux côtés des secteurs public et privé, constitue une composante essentielle de la reconstruction économique, coopératives, entreprises autogérées qui ont été abandonnées par leurs propriétaires et structures solidaires. Il sera exigé un renfort substantiel de la part du système bancaire public et de l’appareil d’état.

La politique de solidarité et d’humanité face aux réfugiés et aux migrants économiques, nous combattrons tout comportement xénophobe et raciste, dont le cas d’Aube Dorée constitue un exemple extrême qui tend à transformer la guerre sociale du capital en guerre « civile » ethnique, à l’intérieur même du monde du travail. Nous lutterons contre les guerres impérialistes qui exacerbent le problème des réfugiés et des migrants. Nous revendiquerons le soutien que les autres pays du nord de l’Europe doivent accorder à notre pays et aux autres pays en « première ligne », tout en exigeant la suppression de l’accord de Dublin qui transforme la Grèce en une gigantesque prison pour migrants.

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8 septembre 2015 2 08 /09 /septembre /2015 18:00

Des réfugiés en provenance de Lesbos débarquent au port du Pirée (Reuters)

Un bateau chargé de milliers de réfugiés essentiellement d'origine syrienne sont arrivés Mardi 8 Septembre 2015 au port du Pirée en provenance de l'île de Lesbos quittée dans la nuit.

Selon le ministre grec par intérim aux migrations, Yannis Mouzalas, la petite île de l'est de la mer Égée abriterait quinze mille à dix-huit mille migrants, soit trois à quatre fois plus que ses capacités. Selon le Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR) de l’Organisation des Nations Unies (ONU), ils sont environ vingt mille.

Yannis Mouzalas a dit Lundi 7 Septembre 2015 à la télévision publique grecque que le gouvernement prévoyait de déplacer douze mille réfugiés de l'île de Lesbos d'ici Samedi 12 Septembre 2015 en augmentant le nombre de bateaux faisant la liaison avec le port du Pirée, le principal port du pays.

Les gardes côtes estiment que, au cours des neuf derniers jours, les autorités ont déplacé près de dix-huit mille réfugiés de Lesbos jusqu'à la Grèce continentale.

Ce chiffre intègre les deux mille cinq cent migrants arrivés Mardi 8 Septembre 2015 à bord de l'Eleftherios Venizelos.

Une grande majorité de ceux qui ont débarqué au Pirée, le grand port de l'agglomération athénienne, espèrent pouvoir poursuivre immédiatement leur chemin vers d'autres pays européens et prendre la direction du nord.

Confrontées à des difficultés économiques, les autorités grecques ont demandé aux autorités européennes de les aider à surmonter la crise en apportant du personnel, du matériel médical et pharmaceutique, des vêtements et des équipements.

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7 septembre 2015 1 07 /09 /septembre /2015 20:51

http://www.publico.es/politica/ayuntamiento-madrid-destinara-10-millones.html

La municipalité de Madrid va allouer dix millions d’euros pour l'aide aux réfugiés

La porte-parole du conseil municipal, Rita Maestre, a dit que l’aide sera disponible à partir de janvier 2016 et servira au paiement des dépenses de logement et de santé de « ceux qui fuient la guerre en Syrie ou dans d’autres zones du Moyen-Orient ».

La crise des réfugiés à laquelle Bruxelles n'a pas encore réussi à s’attaquer a provoqué des réactions à d’autres niveaux du gouvernement en Espagne. La municipalité de Madrid gouvernée par Manuela Carmena destine, à partir du mois de janvier 2016, dix millions d’euros pour faire face à cette réalité et développer un plan complet pour aider ces personnes. Le porte-parole du gouvernement municipal, Rita Maestre, a annoncé Jeudi 3 Septembre 2015 que cette aide sera utilisée pour proposer une solution permanente de logement à « ceux qui fuient la guerre en Syrie ou dans d'autres zones de l’orient », pour assurer l'intégration scolaire des enfants et pour leur apporter une assistance sanitaire et psychologique.

Rita Maestre a rappelé que cette situation n’est pas de la compétence du conseil municipal, mais elle justifie sa décision de le faire sur la base de la « clameur sociale », tandis qu’elle appelle le gouvernement de Mariano Rajoy à « remplir ses engagements » envers ces personnes. « Les quotas sont nécessaires », dit-elle, assurant que la municipalité est prête à prendre davantage de réfugiés que ceux qu’elle devrait prendre en fonction de ce système et qu’elle refuse de réduire le débat sur ce « drame » à une simple question de chiffres.

Selon le communiqué de presse de la municipalité du Jeudi 3 Septembre 2015, ce plan global comprend également « la réalisation de toutes les démarches bureaucratiques nécessaires », comme la régularisation des papiers d’identité, l'enregistrement ou l'obtention de cartes de santé.

Le même communiqué indique que, compte tenu de la gravité de la crise humanitaire, la municipalité met les capacités budgétaires des provisions pour les dépenses imprévues à la disposition des réfugiés qui peuvent rejoindre la capitale.

Ahora Madrid gouverne la capitale avec le soutien des socialistes madrilènes, le conseil municipal de Manuela Carmena doit avoir le soutien d'un autre des quatre groupes municipaux afin de promouvoir ces mesures et Rita Maestre assure que ces mesures seront prises si le gouvernement de l’état ne donne pas le statut de réfugié à ces personnes.

Sur cette ligne, et après l’annonce de la participation de Madrid au réseau des villes refuges promu par le maire de Barcelone, Ada Colau, sur lequel il n'y a pas beaucoup plus de détails, Rita Maestre a reconnu que la situation des réfugiés sera un des points à l'ordre du jour de la réunion des maires de Oui Nous Pouvons organisée par le maire de Barcelone le week end prochain.

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7 septembre 2015 1 07 /09 /septembre /2015 20:00

La France va accueillir mille réfugiés arrivés en Allemagne (Reuters)

La France accueillera en urgence mille réfugiés pour soulager l'Allemagne, sans attendre l'adoption du nouveau plan de répartition que la commission européenne va proposer, a déclaré Lundi 7 Septembre 2015 le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve.

Dès Lundi 7 Septembre 2015, des fonctionnaires de l'Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides (OFPRA) se sont rendus à Munich « pour identifier les personnes en besoin manifeste de protection que la France accueillera », a-t-il dit.

En accord avec les autorités allemandes, les réfugiés reçus en France seront uniquement des ressortissants syriens, irakiens et érythréens, a précisé Bernard Cazeneuve à la presse.

Le président de l'exécutif européen, Jean-Claude Juncker, entend que les pays membres se répartissent un nouveau contingent de quelque cent vingt mille personnes ayant fui les zones de guerre et arrivant dans des pays comme l'Italie, la Grèce ou la Hongrie, a indiqué Lundi 7 Septembre 2015 une source au sein de l'Union Européenne.

Plus de vingt mille migrants sont arrivés le week-end dernier en Allemagne.

François Hollande a annoncé Lundi 7 Septembre 2015 l'accueil de vingt-quatre mille nouveaux réfugiés en France dans le cadre du dispositif proposé par l'exécutif européen.

Les mille migrants accueillis en urgence seront orientés vers une dizaine de centres d'accueil provisoires basés pour l'essentiel en Ile-de-France.

Ils resteront dans ces centres quelques semaines seulement, le temps que leur demande d'asile soit définitivement instruite, a précisé Bernard Cazeneuve. Dès que le statut de réfugié leur sera reconnu, des offres de logement en lien avec les communes volontaires pourront être effectuées.

Le ministre doit réunir Samedi 12 Septembre 2015 les maires qui se sont dits prêts à accueillir des demandeurs d’asile. Plusieurs élus, notamment socialistes, se sont manifestés ces derniers jours.

Le Parti Socialiste a lancé un appel à la constitution d’un réseau de villes solidaires qui s’engageraient à accueillir des réfugiés. « Tout cela est possible dans un contexte d'urgence », a souligné Bernard Cazeneuve.

La Fédération Nationale des Associations d’Accueil et de Réinsertion Sociale (FNAARS), qui regroupe près de neuf cent associations, a réitéré sa demande de création d’au moins vingt mille places supplémentaires et de nouvelles capacités d’accompagnement « pour répondre à la crise de manière concrète et durable ».

Elle affirme dans un communiqué qu'actuellement seul un tiers des demandeurs d’asile « a accès à une place en centre d’accueil pour demandeurs d’asile en France, comme le prévoit pourtant la loi ».

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7 septembre 2015 1 07 /09 /septembre /2015 19:48

http://www.regards.fr/web/article/zoe-konstantopoulou-alexis-tsipras

Alexis Tsipras a accepté de dissoudre Syriza

Interview de Zoe Konstantopoulou par Fabien Perrier

Lundi 7 Septembre 2015

De retour de New York où elle s’est exprimée devant l’Organisation des Nations Unies (ONU), la présidente du parlement grec Zoe Konstantopoulou explique sa rupture avec Alexis Tsipras et rappelle qu’en Grèce comme au sein de l’Europe, « la première question est celle de la démocratie ».

Dix-huit heures de vol à l’aller et au retour, un programme chargé ne laissant que peu de temps au sommeil, en se rendant à New York, pour la quatrième conférence mondiale des présidents de parlement sous l’égide de l’ONU, Zoe Konstantopoulou, la présidente du parlement grec, n’avait pas de temps à perdre, le parlement grec vient en effet d’être dissout.

Mais elle tenait à participer à cette « occasion unique de dialogue et de coopération qui s’offre aux parlements au plus haut niveau » pour faire passer un message, la dette est utilisée comme moyen de pression contre les peuples, quand bien même l’audit mené a démontré qu’elle était illégitime, odieuse et illégale.

« Il est capital que la situation grecque soit connue par les parlementaires du monde et qu’il soit révélé à la face du monde qu’en ce moment, en Grèce, la démocratie est attaquée », confie-t-elle. Elle a voulu défendre ses engagements de campagne et son mandat, avec trente autres députés élus en janvier 2015, elle est critiquée. Alors qu’elle ne sera pas sur les listes établies par l’état-major de Syriza pour les élections du Dimanche 20 Septembre 2015, elle livre son analyse sur la situation grecque à son retour de New York.

Fabien Perrier. Comment faire reconnaître les conclusions présentées dans le rapport sur l’audit de la dette et, ensuite, obtenir l’annulation d’une part de la dette ?

Zoe Konstantopoulou. Il est très important de montrer ce qui s’est vraiment passé en Grèce et de révéler le vrai rôle qu’ont joué les banques, les politiques menées, les politiciens corrompus et les représentants des institutions, dans cette affaire de la dette grecque. C’est celle de la victimisation de toute une population et de la marginalisation de générations innocentes par ceux qui veulent toujours que leurs crimes soient payés par les peuples et les sociétés. La société et l’état grecs disposent de plusieurs voies pour se défendre contre cette injustice, juridique, politique et diplomatique. Chaque fois qu’il y a violation des dispositions internationales, il y a des remèdes, y compris juridiques. À mon avis, la Grèce devrait non seulement revendiquer l’abolition de la dette, mais aussi des réparations pour les dommages provoqués par cette politique criminelle contre la population.

Fabien Perrier. Le gouvernement grec d’Alexis Tsipras a-t-il vraiment pris en compte les conclusions des travaux sur l’audit de la dette fournies le 18 juin 2015 ?

Zoe Konstantopoulou. Malheureusement, l’impression est que ces conclusions n’ont jamais été exploitées sur le plan des négociations, ni sur celui des discussions au sein de l’Euro-groupe ou des institutions créancières.

Fabien Perrier. Vous avez soutenu Alexis Tsipras jusqu’à la fin du mois de juillet 2015. Comment la rupture est-elle survenue ?

Zoe Konstantopoulou. Je ne parlerai pas de rupture, mais d’une prise de conscience, celle qu’après un moment, le premier ministre, qui a démissionné, a non seulement entrepris de faire adopter par le parlement le mémorandum le plus antisocial, le plus injuste et le plus dur contre la société, mais il a aussi accepté de dissoudre notre parti.

Fabien Perrier. Il garde l’étiquette Syriza.

Zoe Konstantopoulou. Syriza a été détruit par la décision de violer toute résolution collective et de passer en force les textes.

Fabien Perrier. Comment la gauche peut-elle survivre dans ces conditions ?

Zoe Konstantopoulou. Cette situation déplorable correspond sans doute à la volonté de faire d’un gouvernement de gauche en Grèce une simple parenthèse. En ce qui me concerne, je lutterai pour que la gauche soit représentée d’une manière sincère, qui corresponde à son histoire, à notre programme et à nos valeurs communes.

Fabien Perrier. Envisagez-vous de créer un parti ?

Zoe Konstantopoulou. Les partis ne sont pas créés du jour au lendemain. Ils sont le produit d’une série de délibérations et de procédures collectives et ils ne sont pas le produit de la décision unilatérale de n’importe quelle personne. Je veux aider à ce que nous créions ensemble un front très étendu, très radical et fidèle à la défense de la société et à la défense du peuple.

Fabien Perrier. Mais Alexis Tsipras dit, lui aussi, qu’il reste fidèle à la défense du peuple et qu’il a été obligé de signer le fusil sur la tempe. En réalité, le cas grec ne pose-t-il pas plutôt la question du rapport de forces au sein de l’Union Européenne et de l’euro ?

Zoe Konstantopoulou. Cette décision a certes été le produit d’un chantage, mais l’histoire ne s’est pas terminée le 13 juillet 2015. Or il n’est pas possible de comprendre les décisions prises par le premier ministre par la suite, notamment son refus de laisser son parti et son groupe parlementaire s’ériger en protection du gouvernement, de la société et du peuple. La décision d’agresser toute personne qui a choisi de résister aux textes et procédures imposés ne peut pas être justifiée par cet argument du chantage. Au moment où nous abandonnons notre collectivité, au moment où les créanciers qui effectuent ce chantage sont plus informés et plus proches du gouvernement que les camarades et les responsables de la procédure parlementaire, nous vivons un glissement dans une direction qui ne correspond plus à notre mandat et qui ne peut être conciliée avec une prise de position radicale.

Fabien Perrier. La Grèce doit-elle donc rester dans l’euro ?

Zoe Konstantopoulou. À mon avis, la première question est celle de la démocratie. Il faut bien voir dans quelles conditions fonctionne l’Europe en ce moment. Il n’est pas acceptable que, sous prétexte de servir l’appartenance à une zone monétaire commune, l’euro fonctionne d’une manière anti démocratique avec, pour conséquence, la violation de toute garantie constitutionnelle et parlementaire et de tout acquis en matière de droits de l’homme. La monnaie n’est qu’un moyen d’atteindre la prospérité sociale. La prospérité des peuples et des sociétés est censée être un but de l’Europe. Alors que la monnaie devrait servir cet objectif, l’euro est actuellement utilisé par des gouvernements des états membres de l’Europe pour adresser des chantages, subordonner des pays et exercer un totalitarisme économique qui va à l’encontre de toute valeur européenne. Je n’accepterai jamais de parler juste de la monnaie avant de résoudre la question de la démocratie.

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6 septembre 2015 7 06 /09 /septembre /2015 20:02

Le flot de migrants se poursuit, l’Union Européenne à l’épreuve de la crise (Reuters)

L'afflux de migrants s'est poursuivi Dimanche 6 Septembre 2015 entre la Hongrie, l'Autriche et l'Allemagne, mettant à rude épreuve la cohésion de l'Union Européenne sur la réponse à apporter à cette crise migratoire.

Le pape François a invité toutes les paroisses et les communautés religieuses d'Europe à accueillir une famille de réfugiés, un geste de solidarité qui débutera au Vatican.

Le président de la commission européenne, Jean-Claude Junker, doit présenter Mercredi 9 Septembre 2015 au parlement de Strasbourg un plan qui prévoit de porter de quarante mille à cent soixante mille le nombre de demandeurs d'asile arrivés en Italie, en Grèce et en Hongrie, à répartir dans les autres pays de l'Union Européenne sur la base de quotas nationaux.

Les mesures seront ensuite examinées par les ministres de l’intérieur de l'Union Européenne Lundi 14 Septembre 2015.

Dimanche 6 Septembre 2015, un convoi de cent quarante véhicules transportant des vivres et de l'eau potable a quitté Vienne pour aller à la rencontre de migrants qui ont quitté Budapest à pied en direction de l'Autriche, d'où ils espèrent gagner ensuite l'Allemagne.

Les pays européens sont divisés sur les mesures à prendre pour faire face à ce flot migratoire en provenance du Proche-Orient, d'Afrique et d'Asie.

L'Allemagne, qui s'attend à accueillir au total huit cent mille migrants et réfugiés cette année, a appelé les autres états membres de l'Union Européenne à partager le fardeau.

La Grande-Bretagne consacrera une partie de son budget d'aide au développement à l'accueil de réfugiés fuyant la guerre en Syrie, a annoncé le ministre des finances, George Osborne. Le premier ministre, David Cameron, a déclaré Vendredi 4 Septembre 2015 que son pays allait accueillir « des milliers » de réfugiés syriens supplémentaires.

TRAITER LE PROBLÈME « À LA SOURCE »

En Turquie, où il participait Samedi 5 Septembre 2015 à une réunion du G20, George Osborne a entrouvert la porte à la participation de la Grande-Bretagne aux frappes aériennes de la coalition internationale contre l'Etat Islamique en Syrie, afin de s'attaquer « à la source » du problème des migrants.

Selon le journal le Monde, la France envisage aussi de mener des frappes aériennes contre l'Etat Islamique en Syrie et non plus seulement en Irak.

En France, le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, a adressé une lettre aux maires du pays pour les inviter à une réunion de travail Samedi 12 Septembre 2015 afin de concrétiser leurs propositions d'accueil des réfugiés. La France pourrait accueillir vingt-sept mille réfugiés si la proposition de Jean-Claude Juncker est entérinée.

Un sondage pour le quotidien Aujourd'hui en France montre cependant que cinquante-cinq pour cent des français sont hostiles à un assouplissement des règles d'octroi du statut de réfugié.

A Munich, dans le sud de l'Allemagne, plus de six cent migrants, la plupart syriens, sont encore arrivés Dimanche 6 Septembre 2015 à bord de deux trains. Un autre convoi était attendu dans la journée, avec à son bord quatre cent cinquante personnes.

Les réfugiés sont conduits dans des centres d'accueil où ils reçoivent soins médicaux, vivres et vêtements propres.

Au total, six mille huit cent migrants sont arrivés Samedi 5 Septembre 2015 en Allemagne et cinq mille sont attendus dans la journée, selon les autorités bavaroises.

L’union chrétienne sociale (CSU), la très conservatrice alliée bavaroise de la CDU d'Angela Merkel, a critiqué la décision de la chancelière d'accueillir ces migrants.

DIVERGENCES EN ALLEMAGNE

Lors d'une téléconférence, le ministre-président CSU de Bavière, Horst Seehofer, et d'autres responsables du parti ont estimé que l'initiative du gouvernement fédéral envoyait un « mauvais signal », rapporte le Bild am Sonntag.

Le porte-parole de la CSU, Simon Rehak, a précisé que sa formation aborderait cette question lors d'une réunion des dirigeants de la coalition gouvernementale dans la soirée à Berlin.

Le parti social-démocrate (SPD), autre partenaire de la « grande coalition » au pouvoir en Allemagne, a défendu la position de la chancelière. « C'était la seule chose à faire », a déclaré Yasmin Fahimi, la secrétaire générale du SPD.

Lors de la réunion de Dimanche 6 Septembre 2015, le gouvernement allemand devrait prendre une série de mesures visant à faciliter la construction de centres d'accueil et à augmenter les subventions aux länder et aux municipalités. Les procédures concernant les demandes d'asile devraient être simplifiées et accélérées.

A Budapest, dans la gare de Keleti, les migrants ont pu embarquer librement Dimanche 6 Septembre 2015 à bord de trains à destination de Hegyeshalom, à la frontière autrichienne.

Des volontaires ont apporté de la nourriture et des vêtements aux centaines de personnes qui attendent toujours dans la gare.

Dimanche 6 Septembre 2015, environ quatre mille personnes avaient franchi la frontière entre la Hongrie et l'Autriche, selon la police autrichienne.

Depuis Samedi 5 Septembre 2015, plus de dix mille migrants qui avaient été bloqués pendant plusieurs jours à Budapest ont pu gagner l'Autriche, le gouvernement du premier ministre Viktor Orban ayant accepté de les conduire en autocar à la frontière.

Sur l'île grecque de Lesbos, en mer Egée, cinq cent afghans dénonçant la lenteur des contrôles d'identité ont affronté Samedi 5 Septembre 2015 les forces de l'ordre. Un ferry a conduit, Dimanche 6 Septembre 2015, mille sept cent quarante-quatre migrants de Lesbos au Pirée, près d'Athènes, et un autre avec deux mille cinq cent passagers était attendu dans la journée.

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6 septembre 2015 7 06 /09 /septembre /2015 19:24

http://www.elconfidencial.com/elecciones-generales/2015-09-05/alberto-garzon-y-podemos-se-acercan-bajo-el-paraguas-de-las-plataformas-de-confluencia_1001405

Alberto Garzón, Podemos et les « plates-formes de convergence »

Le secrétaire de Participation Interne et Unité Populaire, Luis Alegre, se réunit Samedi 5 Septembre 2015 avec les secrétaires régionaux pour mettre en commun la situation des négociations et pour se coordonner.

La convergence entre Podemos et les « plates-formes d’unité populaire » est en cours de négociation province par province et en Andalousie les négociations se concentrent sur Cadix et Malaga. La secrétaire générale andalouse de Podemos, Teresa Rodriguez, a précisé que les négociations ne se déroulent pas sous la direction d’Izquierda Unida, mais avec des plates-formes de convergence, dont le principal partenaire est Ahora en Comun. Les bases d’Izquierda Unida et de Podemos participent à cette plate-forme avec d'autres acteurs politiques et sociaux. Le candidat d’Izquierda Unida à la Moncloa, Alberto Garzón, soutient Ahora en Comun depuis le début. Tant et si bien qu'au début les dirigeants de la formation locale se méfiaient des intentions d’Alberto Garzon et considéraient qu’Ahora en Comun était un projet d’Izquierda Unida.

L’assemblée d’Ahora en Comun à Malaga, la circonscription dont Alberto Garzón est député, est l'une des plus actives et massives et où les accords avec Podemos prennent forme. Cadix, gouvernée par le candidat de Podemos José María González, Kichi, est une autre province où la formation locale a montré son intérêt pour concourir avec d'autres forces. Samedi 5 Septembre 2015, il y aura la première réunion entre le secrétaire de Participation Interne et Unité Populaire, Luis Alegre, et les secrétaires régionaux pour le partage de l'état des négociations avec les différents acteurs politiques et sociaux dans chaque territoire et pour leur coordination auprès du secrétariat.

Les lignes rouges du parti dirigé par Pablo Iglesias, en plus de préserver le sigle, en supposant une alliance hypothétique entre Podemos et Ahora en Comun, ou le nom de la plate-forme d’unité populaire, donnent le temps d’organiser les élections primaires ouvertes et les processus de participation à l’initiative des citoyens et non pas des organisations politiques. Alberto Garzon partage ces conditions et est prêt à les assumer, comme il l'a répété à plusieurs reprises. Alors que le maximum est que la coalition se produise au niveau de l’état, et pas « à la carte », pour des raisons politiques et juridiques, les négociations progressent à un bon rythme.

Madrid et Saragosse sont d'autres territoires où il y a plus de possibilités de parvenir à un accord, comme Pablo Iglesias l’a déclaré cette semaine, rejoignant ceux de Catalogne, de Galice, de Valence et des Baléares. Pour une question de statut, Alberto Garzon doit se présenter dans la capitale, même si les accords qui peuvent finalement se présenter sous le sigle des plates-formes d’unité populaire et participer à un processus d’élection primaire ne devront pas nécessairement appliquer ce règlement. En outre, les têtes visibles de Podemos, Pablo Iglesias, Inigo Errejón, Caroline Bescansa, Rafa Mayoral, Irene Montero et Tania Sanchez, ont déjà obtenu des places sûres à Madrid.

Alberto Garzon à Madrid

Plusieurs dirigeants d’Izquierda Unida consultés par El Confidential affirment, cependant, qu’Alberto Garzon se présentera dans une autre province qui ne sera pas Madrid.

Surtout que la question du conflit ouvert avec sa fédération rebelle, la fédération de Madrid d’Izquierda Unida, a été résolue par l'expulsion. En outre, la disposition légale peut être annulée par une réunion du Conseil Politique Fédéral, l'organe suprême de décision.

Dans la direction d’Izquierda Unida, si vous demandez au secteur le plus proche des candidats à la Moncloa ou au secteur le plus proche du coordonnateur, Cayo Lara, la réponse sera identique, la feuille de route définie dans les organes de direction avant les vacances reste intacte pour le moment, jusqu'à nouvel ordre.

À savoir que l'alternative idéale est de construire une coalition électorale au niveau de l’état, même si elle est de caractère technique, parce qu’il faut « un sigle chapeau » pour optimiser les efforts et les votes et faciliter la création d'un groupe parlementaire solide au congrès.

La fédération défend son choix pour des raisons politiques et arithmétiques. D'abord parce que ce serait « ridicule », selon une dirigeante proche d’Alberto Garzon, de converger avec Podemos dans diverses collectivités et de ne pas articuler une entente dans tout l’état. Surtout depuis qu’un accord a été conclu à Madrid, un territoire clé et épicentre incontesté des élections générales.

Izquierda Unida note que les réticences à l'unité qui ont pu être mises en avant dans les élections régionales et municipales, avec une fédération de Madrid d’Izquierda Unida ruinée et colonisée par un appareil rugueux et réagissant contre la convergence, peuvent se dissiper avec la nouvelle fédération régionale montée par en haut, depuis la direction de Cayo Lara, qui a plus d'un millier d’affiliés, mille quinze au 31 août 2015 pour être exact. Il y a à Madrid un « réservoir de travail unitaire », comme à Barcelone, et il y a des « chances de gagner » contre le bipartisme.

Il y a des raisons arithmétiques. Cette semaine, Cayo Lara a insisté pour dire que l’union est une « nécessité vitale » parce que la loi électorale condamne les petites listes qui ne réalisent pas un pourcentage élevé de voix dans les petites circonscriptions qui ont peu de députés. La division fait perdre des sièges, dit Izquierda Unida. « S’il n’y a pas de processus d'unité populaire, nous perdrons des députés », a déclaré l'exécutif.

A la mécanique électorale s’ajoute le règlement du congrès, les conditions pour pouvoir former un groupe parlementaire, ou bien avoir quinze députés, ou bien des parlementaires de différents partis réunissant cinq sièges et ayant obtenu au moins quinze pour cent des voix dans chacune des circonscriptions où ils se présentent ou bien cinq pour cent dans l'ensemble de l’état. « Qu'on le veuille ou non, les règles sont ce qu'elles sont, et nous devons tous le savoir », dit un haut dirigeant d’Izquierda Unida, en charge de l'unité.

Cours unitaire d’Izquierda Unida

Si ces seuils ne sont pas atteints, les choses se compliquent même si, comme certains dirigeants le disent, « rien n’est impossible », parce que finalement la formation de groupes est une question politique, cela dépend de la volonté d’ouverture ou de fermeture de la majorité. « Rien de ce que nous avons vu jusqu'à présent ne va se reproduire, tout sera nouveau », dit un vieux dirigeant.

Izquierda Unida comprend que Podemos a changé de stratégie, qui est passée d’un refus radical de toute entente avec la fédération à l'ouverture d'alliances régionales, des insultes comme « schtroumph grognon » et de la charge contre sa vieille garde à la main tendue, mais avec des conditions. Par conséquent, Izquierda Unida estime qu'il y a encore de la place pour attirer vers elle. « Pablo Iglesias dit une chose et le contraire au bout de trois mois », a observé un membre de la direction, qui a rappelé qu’une coalition au niveau de l’état est une coalition qui pose comme seule condition d’ajouter sur le bulletin de vote le nom de l'alliance, comme en 2011 avec Izquierda Plural, le nom sous lequel s’est présentée Izquierda Unida et sa constellation de partenaires.

Cependant, alors qu’Izquierda Unida maintient son soutien à une coalition au niveau de l’état, elle est également ouverte à la formule d'alliances provinciales et régionales. Le débat, en fait, est ouvert au sein de l'organisation. Il est apparu Lundi 31 Août 2015 lors d'une réunion de l'exécutif et il se terminera devant la présidence fédérale, Dimanche 13 septembre 2015. Il est trop tôt pour savoir ce qui va arriver, mais certains dirigeants suggèrent que « s’il n’y en a pas d’autre, nous accepterons la feuille de route » de la formation de Pablo Iglesias comme un moyen de préserver l'unité, qu’en tout cas nous en sommes « plus proche » que pendant des semaines.

Les pactes locaux supposent un sigle unitaire, comme Ahora en Comun Podemos, ou bien l’inverse. Le soutien à la convergence est clair à l’intérieur d’Izquierda Unida et cela a été décidé par une résolution adoptée à l'unanimité par la présidence le 17 juillet 2015, ainsi que le soutien à l’approfondissement du processus d’unité populaire.

Izquierda Abierta, le parti codirigé par Gaspar Llamazares et Montse Muñoz, a lancé quelques signaux d’alerte, appelant à « la clarté et à ce que les militants décident finalement par référendum ». « Ces décisions ne peuvent être prises entre quatre murs à la base. Nous sommes déterminés à renforcer les espaces de rencontres larges et horizontales, pluralistes et sans exclusions, comme Ahora en Comun », selon I’expression d’un membre de sa direction.

Alberto Garzon, quant à lui, tente de gonfler ses rangs. Il se réunit Lundi 7 Septembre 2015 au siège fédéral rue Olimpio à Madrid, avec Juan Lopez de Uralde, leader d’Equo, plus proche des thèses du jeune député d’Izquierda Unida plutôt que de celles de Podemos. C’est la deuxième réunion entre eux depuis la prise de contact de juin 2015.

Les ambitions de la Candidature Unitaire des Travailleurs (CUT)

La CUT, dirigée par Juan Manuel Sánchez Gordillo et Diego Cañamero, organisation intégrée à Izquierda Unida depuis sa fondation, mais qui a rompu avec elle en Andalousie pour se présenter avec Podemos, aspire à placer ses représentants dans plusieurs provinces de cette communauté. Diego Cañamero lui-même a déjà annoncé son intention de former la liste à Séville, postulant au poste symbolique de numéro douze, tandis que l'organisation aspire à la tête de la liste dans les provinces de Jaén et Almería. « Nous avons gagné ce droit nous-mêmes », justifiaient les membres de la CUT au cours de l’assemblée qui a précédé le processus d’élection primaire de Podemos, après avoir obtenu le plus de voix dans ces circonscriptions.

Le mois de septembre 2015 sera le mois clé pour avancer dans les négociations et, même si les élections n’ont pas lieu en décembre 2015, la convocation des élections primaires ne doit pas être retardée en octobre 2015 pour enregistrer la coalition hypothétique en temps opportun. Pablo Iglesias a ouvert la période politique avec une référence explicite à la possibilité d'un accord pour une coalition de gauche avant les élections générales et avec des qualificatifs élogieux pour le candidat d’Izquierda Unida. Quelques jours plus tôt, Tania Sanchez a souligné dans une interview à El Confidential qu’elle espérait ne pas avoir à affronter son ancien camarade d’organisation, montrant l'optimisme que « de nombreux camarades qui ont passé des années à se sacrifier pour le changement participent au changement dans ces élections générales ».

Le secrétaire de la Société Civile et des Mouvements Sociaux de Podemos, Rafa Mayoral, a également répété cette semaine qu’Alberto Garzon « est une personne qui peut contribuer beaucoup à un changement politique » et que le dialogue avec lui est ouvert. Le candidat d’Izquierda Unida a accueilli avec optimisme ce virage et a applaudi l'attitude du leader de Podemos. Pour le militant de Malaga, l’option qui intègre les différentes forces de la gauche espagnole est « plus proche » et, à son avis, « l’optimisme revient dans les perspectives actuelles ».

Tous ces gestes rapprochent de plus en plus Alberto Garzón de l'organisation dirigée par Pablo Iglesias. La méthodologie de la convergence et le programme de développement commun sont encore en gestation et tous ceux qui participent soulignent qu'il est trop tôt pour concrétiser. La campagne pour les élections catalanes du Dimanche 27 Septembre 2015, dans laquelle Podemos et la fédération catalane d’Izquierda Unida concourent ensemble sous le sigle de Catalogne Oui Nous Pouvons, sera un test pour mesurer le succès de la convergence et la première occasion de voir ensemble sur scène Pablo Iglesias et Alberto Garzon.

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6 septembre 2015 7 06 /09 /septembre /2015 14:59

http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/09/05/pas-envie-de-voir-d-un-cote-des-riches-de-l-autre-ceux-qui-crevent_4747026_3224.html

La France marche à l’émotion, mais il faut une prise de conscience

Environ huit mille cinq cent personnes se sont réunies à Paris, Samedi 5 Septembre 2015, sous les mots d’ordre « pas en notre nom » ou encore « welcome refugees » pour manifester leur solidarité avec les migrants.

Ce rassemblement, lancé en début de semaine via les réseaux sociaux, se voulait avant tout « citoyen ». Un aspect auquel tenaient de nombreuses personnes présentes. Ainsi, Marie Josée David, une parisienne « engagée auprès des mineurs isolés étrangers », refusait d’être associée à un « mouvement politique ». Mais elle craint que la mobilisation ne dure pas.

« Je suis un peu agacée. Nous recommençons ce que nous avons fait pour Charlie. La France marche à l’émotion. Le problème de l’émotion, c’est qu’elle est passagère. Je préférerais qu’il y ait une prise de conscience ».

A côté d’elle, Ouafa Yassa est justement venue sous le coup de cette « émotion », suscitée chez elle par la diffusion cette semaine de la photographie du petit enfant syrien mort noyé.

Elle a pris ses deux jeunes fils de huit et de cinq ans sous le bras, pour « leur montrer qu’on ne vit pas dans le monde des Bisounours ». Cet été, elle était en vacances à Bodrum, la ville côtière turque où le corps d’Aylan Kurdi s’est échoué, « le fait de voir la photographie m’a fait prendre conscience des conséquences de ce que j’avais vu là-bas ».

« La France, c’est un abri »

Autour de la statue de la République, au centre de la place, un groupe de syriens se faisait entendre aux cris de « Bachar al Assad, al Sissi, assassins ». Sur des pancartes, des messages reviennent, « arrêter les massacres d’Assad, arrêter le flux des réfugiés », dit l’une d’elles.

Une autre montre la photographie d’Aylan Kurdi et cette phrase, « je suis Syrien. Assad et Daesh m’ont tué ». Parmi eux, Ammar Kharboutli, qui a obtenu le statut de réfugié politique il y a deux mois et qui est en France depuis février 2015. « La France, pour moi, c’est un abri », fait-il valoir. « Il faut donner le droit de vivre aux réfugiés syriens qui sont aux frontières ».

Des membres et des élus de partis politiques étaient enfin présents, du Front De Gauche (FDG) ou d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) notamment. « Cette année, je ne nous avais jamais vus aussi nombreux à une manifestation », constate Claire Grover, responsable de la commission nationale immigration chez EELV, à propos des militants de son parti.

La place commençait à se vider aux alentours de 19 heures. Des membres du collectif la Chapelle en lutte passaient encore parmi les gens, « nous faisons une quête pour les réfugiés qui sont dans le lycée hôtelier désaffecté du dix-neuvième arrondissement. Ils sont au moins quatre cent. Environ cent cinquante sont arrivés sur ces trois derniers jours », explique Marguerite Dauvois. « Nous sommes contents de voir qu’il y a du monde », ajoute la militante. « Nous avons fait des manifestations à deux cent ou trois cent maximum ces derniers mois, cela redonne espoir ».

A Nantes, le temps de la « communion »

Un peu plus de mille deux cent personnes place Royale, en plein cœur de Nantes, une vraie foule, mais pas non plus une chaîne humaine exceptionnelle, la manifestation « welcome refugees » commence par une minute de silence.

Dans la foule, Majda, quarante-neuf ans, et trois de ses enfants brandissent une pancarte « bienvenue » rédigée en araméen, arabe, breton et français. Majda a fui en 1991 l’Irak, « le berceau de l’humanité, à cause de la guerre. On ne quitte jamais par plaisir son pays pour l’inconnu, il n’y a aucun bonheur à devenir réfugié ». Elle est venue en France parce que sa famille y avait des amis, « mais nous ne savions pas comment nous allions survivre ».

Désormais fonctionnaire, cet agent des écoles maternelles, qui a obtenu la nationalité française en 1995, manifeste son souhait de venir en aide à une famille de réfugiés. « C’est l’histoire de ma famille, nous comprenons ce qui se passe dans la tête de ces personnes », appuie son fils Christian, étudiant en troisième année à la faculté de sciences de Nantes. « Quand un réfugié part de chez lui, il laisse tout mais il a une force inouïe. Il n’a plus rien à perdre, sauf la vie. Et même cela, cela ne lui fait pas peur ».

« Tout le monde ferme les yeux sur les guerres, les crises et leurs causes », embraye Kotombo, tchadien de trente-deux ans, arrivé en France il y a dix ans, qui met un point d’honneur à épauler les nouveaux arrivants. « L’Europe vend des armes partout. Des multinationales étrangères pillent les sous-sols de l’Afrique. Tous les secteurs de l’économie sont gérés par des entreprises occidentales. L’Europe dit qu’elle ne peut pas accueillir toute la misère du monde. Mais il faut aussi qu’elle cesse de la semer dans ces pays, cette misère ».

Les principaux ténors politiques de la gauche, parmi lesquels la maire socialiste de Nantes, Johanna Rolland, ou Christophe Clergeau, candidat socialiste à la région des Pays de la Loire, passent leurs têtes, des écologistes aussi, tout comme l’ensemble des représentants religieux de la place nantaise. Vendredi 4 Septembre 2015, Johanna Rolland et David Samzun, maire socialiste de Saint-Nazaire, ont dit leur volonté de rejoindre « le réseau de villes solidaires pour l’accueil des réfugiés », répondant ainsi favorablement à l’appel du premier secrétaire du Parti Socialiste, Jean-Christophe Cambadélis. La maire de Nantes promet de prendre au plus vite « de nouvelles initiatives concrètes » et évoque un programme d’accueil de sept familles syriennes porté par une association.

A Lyon, rendez-vous manqué

A Lyon, la mobilisation a été beaucoup moins importante. Moins d’une centaine de personnes se sont rassemblées sur la place Bellecour. La faible participation déçoit profondément les présents, dont beaucoup sont militants dans des associations humanitaires. L’appel est passé par des réseaux sociaux, sans être déclaré officiellement à la préfecture.

Isabelle Moulin, cinquante ans, a eu l’idée de réactiver « le concept des parapluies » pour fédérer les volontaires. Au début des années 2000, une campagne de sensibilisation pour le forum des réfugiés, principal organisme d’accueil de migrants à Lyon, avait utilisé des parapluies blancs avec ce slogan adressé aux populations en détresse, « un petit coin de parapluie pour un coin de paradis ».

Lorsqu’un parapluie s’ouvre au milieu de la grande place Bellecour, c’est effectivement le signal pour ceux qui ne croyaient plus à la manifestation, faute de participants. « Je pensais que Lyon était une ville humaniste et qu’elle se serait mieux mobilisée », estime Virginie, trente-six ans, venue de Villeurbanne avec son bébé. « Je ne comprends pas que nous ne puissions rien faire, nous avons les moyens d’organiser de l’accueil dans les communes et les villages ».

« Il est indispensable de réagir »

La seule prise de parole publique est celle d’Olivier Brachet, soixante-sept ans, ancien directeur du forum des réfugiés, élu démissionnaire de la municipalité de Gérard Collomb, qui appelle à un rendez-vous Lundi 14 Septembre 2015, date d’une réunion européenne sur la question des migrations.

« Il faut pousser les responsables politiques et les inciter à une répartition des populations entre les pays européens. En France, il faut que l’effort d’accueil soit partagé, tous les départements devraient être concernés ».

« Nous pouvons accueillir plein de personnes dans différents endroits », est persuadée Maud Dreano, trente-neuf ans, une bretonne arrivée à Lyon depuis trois ans, qui porte un parapluie avec des hashtags suivis de mots-clés, dignité et réfugiés. « Je serais prêt à accueillir chez moi s’il le faut, les français sont frileux sur la politique de l’immigration, c’est la première fois qu’un tel mouvement se produit en Europe, il est indispensable de réagir », dit Marc Dinguirard, soixante-sept ans, habitant du troisième arrondissement de Lyon, écharpe blanche autour du cou.

Marion, trente-cinq ans, est venue par des messages sur facebook. « Il faut que nous montrions que des gens sont prêts à se bouger. Je n’ai pas envie de voir d’un côté des riches, de l’autre ceux qui crèvent. Les gens ont peur de perdre quelque chose en aidant des migrants », estime la jeune femme. « Ce que nous risquons, c’est de perdre notre âme », glisse un voisin, en référence à la formule de l’ancien maire de Lyon, Michel Noir, contre le Front National.

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6 septembre 2015 7 06 /09 /septembre /2015 14:29

http://paris.demosphere.eu/rv/41524

Rassemblement pour le droit d’asile

Mardi 8 Septembre 2015 à 18 heures 30

Place de la République à Paris

Nous, citoyennes et citoyens d'Europe, sommes de la même humanité que ces femmes, ces hommes et ces enfants qui fuient la guerre et la misère pour ne pas mourir. Comme eux, nous avons des enfants, nous travaillons, nous aspirons au bonheur et nous savons les efforts nécessaires pour construire nos vies dans un monde où la loi du plus fort est toujours en vigueur. Le sort que l'Europe, celle qui a connu tant de guerres, qui a envoyé tant de réfugiés sur les routes, leur réserve nous révolte.

L'Europe ne peut proclamer que ses valeurs reposent sur les droits de l’homme et traiter ces réfugiés comme des envahisseurs, compatir à leur sort et faire si peu, se les rejeter comme des marchandises illégales. Or, force est de constater que même la directive sur l'afflux massif de réfugiés, bien loin de ce qu'exige la situation dramatique actuelle, n'a pas été mise en œuvre.

Le destin de ces réfugiés et de ces migrants, c'est notre destin et notre avenir. En niant leur droit à l'asile, c'est notre propre avenir que nous mettons en péril tant nous aurons, tôt ou tard, à rendre compte de notre aveuglement et de celui de nombre de nos gouvernants.

Déjà en partie responsable des évènements qui poussent sur les routes de l'exil tant de personnes, que restera-t-il de la crédibilité de l'Europe et de la France si nous refusons de les accueillir ?

Nous n'admettons pas, en tant que citoyens européens et français, le déni d'humanité qui est en train de se produire.

En France, nous exigeons du gouvernement qu'il appuie sans équivoque un accueil de ces réfugiés dans tous les pays de l'Union Européenne.

Nous lui demandons de prendre toute sa part, ici en France, de cet accueil et donc d'accroître considérablement les moyens mis en oeuvre.

Nous appelons toute la société civile à se mobiliser pour appuyer cette exigence et pour apporter l'aide et l'assistance nécessaire.

Nous appelons tous les hommes et femmes de bonne volonté à combattre ces discours indignes qui refusent à ces hommes, ces femmes et ces enfants leurs droits élémentaires d'êtres humains.

Ensemble, nous demandons que tous les réfugiés soient accueillis dans des conditions respectueuses de leur dignité, une suspension et une révision des accords de Dublin et l'organisation d'un grand débat public sur la question des réfugiés.

Ensemble, nous pouvons faire que l'intolérable cesse.

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