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9 octobre 2015 5 09 /10 /octobre /2015 16:17

Un général iranien tué près d’Alep, où l’Etat Islamique gagne du terrain (Reuters)

Un commandant iranien des Gardiens de la Révolution Islamique (GRI), le général Hossein Hamadani, a été tué dans la région d'Alep, dans le nord-ouest de la Syrie, où les djihadistes de l'Etat Islamique progressent, rapportent les GRI et l'Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH).

La mort de cet officier de la force al Qods, l'unité d'élite des GRI, remonte à Jeudi 8 Octobre 2015, précise un communiqué des GRI, ajoutant que le général a « joué un rôle important pour renforcer le front de la résistance islamique contre les terroristes ».

Selon l'OSDH, le général est mort près de la base aérienne de Koueires, à trente cinq kilomètres à l'est d'Alep, un site assiégé par l’Etat Islamique.

« Pendant des années, le général Hossein Hamadani a joué un rôle très important de conseiller en Syrie », a déclaré le parlementaire iranien Esmail Kosari, cité par l'agence de presse Tasnim. « Il a notamment contribué à empêcher la chute de Damas. Puis il est rentré chez lui à la fin de sa mission. Il était retourné en Syrie pour quelques jours en raison de sa profonde connaissance du terrain ».

Le général Hossein Hamadani avait orchestré, en tant que commandant de la force du grand Téhéran, la répression des manifestations de l'opposition iranienne en 2009 et en 2010. Il avait par la suite été envoyé en Syrie pour « conseiller l'armée syrienne dans la lutte contre le groupe Etat Islamique », disent les GRI.

Ancien combattant de la guerre entre l’Iran et l’Irak, entre 1980 et 1988, il avait été nommé commandant adjoint de la force al Qods en 2005.

L'Iran est avec la Russie le principal allié du président syrien Bachar al Assad, qu'il soutient sur les plans militaire et économique. Téhéran, qui nie avoir déployé des forces militaires en Syrie, dit fournir « des conseils militaires » aux forces de Bachar al Assad.

Selon des sources contactées par Reuters, plusieurs centaines de soldats iraniens sont arrivés depuis la fin du mois de septembre 2015 en Syrie pour prendre part à une grande offensive terrestre des forces loyalistes dans l'ouest et le nord-ouest du pays coïncidant avec le début de frappes aériennes russes.

L’Etat Islamique à moins de deux kilomètres d’Alep

L'OSDH rapporte de son côté que les combattants de l'Etat Islamique ont conquis ces derniers jours cinq villages jusqu'alors contrôlés par des groupes rebelles rivaux dans la périphérie d'Alep, en dépit des raids de la Russie censés les viser.

La prise de ces villages, dont ceux de Tel Soussine et Tel Karah, constitue le gain territorial le plus important de l'organisation djihadiste depuis le mois d'août 2015 dans cette région, note l'OSDH, qui précise que ses combattants sont désormais à moins de deux kilomètres de la zone industrielle du nord d'Alep tenue par les forces de Bachar al Assad et leurs alliés. L'Etat Islamique a pour sa part annoncé la mort de « plus de dix apostats », nom qu'il donne aux militaires syriens et à leurs alliés.

Les bombardements russes entamés le 30 septembre 2015 se sont concentrés pour le moment sur les régions du nord-ouest et du centre de la Syrie où plusieurs groupes rebelles, dont le Front al Nosra lié à al Qaïda et Ahrar al Cham, menaçaient directement le pays alaouite le long de la côte méditerranéenne, fief de la communauté de Bachar al Assad.

Un chef rebelle a déclaré que l'Etat Islamique avait profité des frappes aériennes russes qui occupent la rébellion dans la région d’Hama pour avancer sur Alep.

Selon le directeur de l'OSDH, Rami Abdelrahmane, seules dix pour cent des frappes russes ont effectivement visé des positions de l'Etat Islamique.

De nouveaux raids ont été menés Vendredi 9 Octobre 2015 dans les régions d’Hama et d’Idlib, a rapporté l'OSDH.

Le ministère russe de la défense a déclaré que l'aviation russe avait effectué soixante sept sorties et atteint soixante cibles au cours des vingt quatre dernières heures.

La coalition contre l’Etat Islamique dirigée par les américains dit de son côté avoir procédé à treize frappes en Irak et deux en Syrie, près de Rakka et de Marea.

La France a quant à elle annoncé avoir mené dans la nuit du Jeudi 8 Octobre au Vendredi 9 Octobre 2015 une nouvelle frappe contre un camp d'entraînement de l'Etat Islamique à Rakka, principal fief des djihadistes en Syrie.

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8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 19:37

http://www.socialistworker.co.uk/art/41414/Mass+march+in+Manchester+shows+fury+at+the+Tories+and+austerity

La manifestation massive de Manchester montre la fureur contre les conservateurs et l'austérité

La résistance de la classe ouvrière a rempli les rues de Manchester aujourd'hui, Dimanche 4 Octobre 2015, où cent mille personnes ont manifesté contre le congrès du parti conservateur.

Le Trade Union Congress (TUC) avait appelé à une manifestation de masse.

L'Assemblée du Peuple a organisé un certain nombre de protestations et de manifestations au cours des trois prochains jours de la conférence.

Mark, un membre du syndicat Unison de Londres, résume l'ambiance de défiance de la protestation. Il a dit à Socialist Worker que « nous sommes ici pour dire aux conservateurs que l'austérité et les attaques contre nos syndicats ne sont pas acceptables ».

« Nous n’avons jamais été aussi nombreux »

Des milliers de personnes sont venues de toute la Grande-Bretagne pour rejoindre le peuple de Manchester. « Le taux de participation est fantastique », a déclaré Katy de Manchester. «Il est beaucoup plus grand qu’il y a deux ans et il montre la colère du peuple ».

Les grands cortèges des syndicats Unison et GMB étaient encore en formation quand les personnes de Londres sont arrivées.

De jeunes médecins et étudiants en médecine sont arrivés en manifestation depuis la Manchester Royal Infirmary.

Saad Ali, un réfugié somalien, marchait dans le cortège de Stand Up to Racism.

Il a dit à Socialist Worker que « je suis passé par la guerre civile, ma famille a été enlevée et rançonnée. Je veux juste soutenir mes frères humains ».

Beaucoup de personnes sont venues pour défendre les droits des travailleurs et le droit de grève.

Hiten Vaibya, un membre du syndicat GMB de Wembley, a dit à Socialist Worker que « nous sommes venus avec environ quatre vingt dix personnes de notre section syndicale parce que nous devons nous opposer à la loi contre les syndicats ».

Les conservateurs veulent faire adopter le projet de loi avant Noël, mais les manifestants étaient optimistes pour battre cette attaque. Hiten Vaibya dit que « les conservateurs veulent nous ramener aux années 1980, mais ils ne comprennent tout simplement pas. Regardez cette foule, les temps changent ».

Les contingents syndicaux d’Unir et d’Unison ont conduit la foule dense dans une marche qui serpentait dans les rues de Manchester.

Les pancartes et les banderoles avançaient au milieu des ballons syndicaux géants. Matthew marchait avec une pancarte qui disait que « le seul bon conservateur est un suppositoire ». Il a dit à Socialist Worker que « je suis issu d'un milieu ouvrier et j’ai vu l'effet de l'austérité sur lui. Il faut renverser les conservateurs, pas seulement faire pression sur eux ou essayer de les persuader ou d’en trouver un ou deux avec un cœur ».

Les manifestants criaient « racaille conservatrice » en lançant des œufs contre un jeune conservateur qui allait à la conférence. Plus tôt dans la journée, des militants en voyage à Manchester avait chassé le ministre conservateur Iain Duncan Smith hors de la station de métro Cannock Norton.

Les manifestants scandaient « dehors les conservateurs » et « conservateur, racaille, nous voilà » quand ils apercevaient le centre de conférence.

Beaucoup ont été inspirés par la victoire de Jeremy Corbyn comme leader du parti travailliste. Le parti travailliste de North Derby a déjà produit un nouveau drapeau avec une photo de Jeremy Corbyn.

Hiten Vaibya dit que « la politique de Jeremy Corbyn est différente, il est toujours avec la classe ouvrière ».

Katy ajoute que « c’est un homme de principe, mais il doit être fidèle à ses principes et ne pas essayer de soutenir tout le monde ».

Nous devons maintenir notre résistance

Le secrétaire général du syndicat Public and Commercial Services (PCS) Mark Serwotka dit à l’Assemblée du Peuple après la fin de la manifestation que « je suis fier que les grévistes de la National Gallery étaient en tête de la manifestation. Il y a des personnes qui disent que les grèves ne fonctionnent jamais. Mais ils vont retourner au travail demain Lundi 5 Octobre 2015 avec le London Living Wage et la garantie que les termes de leur contrat et leurs conditions de travail ne seront pas diminuées. Et ils suivent leur représentante syndicale Candy Udwin parce qu'elle a obtenu leur réintégration ».

La chanteuse Charlotte Church ajoute que « ce n’est pas une frange radicale. C’est un mouvement social en pleine croissance. Le temps travaille pour nous maintenant ».

Michael Byrne est un représentant syndical au conseil de Coventry City. Il a dit que « c’est formidable de voir tant de personnes ici, cela montre qu’elles sont prêtes à se battre ».

Les militants ont convenu de la nécessité de poursuivre la lutte contre l'austérité et le projet de loi contre les syndicats.

La représentante du syndicat PCS Candy Udwin a lancé un appel à l’unité et à la résistance devant quatre cent cinquante personnes après la fin de la manifestation. C’est aujourd'hui le dernier jour de la grève générale des travailleurs de la National Gallery.

Candy Udwin a dit que les grévistes se sont sentis encouragés d'avoir reçu la solidarité des autres travailleurs au cours du conflit.

La grève gagnée par Candy Udwin a obtenu la réintégration de travailleurs licenciés plus tôt dans l'année et la protection des conditions de travail.

« Si nous avons pu le faire, n'importe qui peut le faire », a-t-elle dit devant les manifestants. « La seule raison pour laquelle ils nous attaquent, c’est parce qu'ils ont peur de nous ».

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8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 18:27

http://fr.hdpeurope.com/?p=2374

Meeting de la Candidature d’Unité Populaire (CUP) à Badalona

Samedi 26 Septembre 2015

Le représentant du parti démocratique des peuples (HDP) en Europe Eyyup Doru était l’un des invités d’honneur de la campagne électorale du parti de gauche de la CUP à Badalona, ville de deux cent dix sept mille habitants dont la CUP est aux commandes, dans la banlieue de Barcelone.

La CUP se définit comme étant un mouvement municipaliste qui prône la conquête des institutions à partir d’une politique locale qui passe par l’indépendance et la justice sociale. Le soutien des élus de la CUP, emmenée par le journaliste Antonio Banos, sera nécessaire aux autres grandes forces indépendantistes pour s’assurer la majorité au parlement régional.

Eyyup Doru a pris la parole dans un amphithéâtre en plein air devant trois mille personnes venues participer au meeting pendant lequel les candidats de la CUP et d’autres personnalités se sont succédés, se prononçant principalement contre l’austérité et la spéculation immobilière.

Eyyup Doru a lors de son discours rappelé les lignes directrices du parti du HDP qui représente tous les peuples de la Turquie et qui est représenté par des députés de différentes origines, notamment arméniens, assyriens, chaldéens et yézidis. Eyyup Doru a précisé que le HDP luttait pour la reconnaissance de toutes les minorités ethniques de Turquie et se battait pour une Turquie démocratique qui reconnaisse le droit à l’auto-détermination de tous les peuples qui la compose, dans le respect le plus complet des uns et des autres, car la lutte pour la liberté des peuples est pour le HDP la base des valeurs universelles de la démocratie.

Eyyup Doru a souligné que les objectifs du HDP étaient aussi un objectif à une échelle plus large pour l’ensemble du Moyen-Orient, où le modèle du système de coprésidence adopté par le HDP servira d’exemple en matière d’égalité des genres.

Enfin, il a expliqué que malgré le succès électoral important du HDP aux élections du Dimanche 7 Juin 2015 et les quatre vingt députés qu’ils ont gagné au parlement, le gouvernement turc avait de nouveau commencé une guerre violente contre le peuple kurde et a clôturé son discours en appelant le peuple catalan à envoyer un maximum de délégations qui puisse veiller au bon déroulement des élections législatives du Dimanche Premier Novembre 2015.

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8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 18:04

Offensive terrestre de l’armée syrienne dans le nord ouest de la Syrie (Reuters)

L'armée syrienne et ses milices supplétives, appuyées par des frappes aériennes russes, ont lancé Jeudi 8 Octobre 2015 une offensive terrestre contre les rebelles qui tiennent la plaine stratégique de Sahl al Ghab, dans le nord-ouest de la Syrie, indique l'Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH).

Les insurgés ont enregistré cette année une série de succès dans cette région au sud de la ville de Djisr al Choghour, menaçant la région côtière jugée cruciale pour le contrôle de la partie occidentale du pays par le régime de Damas.

Les forces fidèles à Bachar al Assad pilonnent les zones rebelles à coups de missiles sol-sol et sont appuyées par des frappes de l'aviation russe, a déclaré Rami Abdoulrahmane, directeur de l'OSDH.

A la fin du mois de juillet 2015, des groupes insurgés, dont le Front al Nosra lié à al Qaïda, ont progressé dans cette région fertile du nord-ouest, longue d'environ soixante kilomètres, et se sont rapprochés de la région montagneuse qui constitue le fief des alaouites, communauté à laquelle appartient la famille de Bachar al Assad.

L'OSDH, qui documente le conflit grâce à des sources sur le terrain, rapporte qu'une autre offensive a été lancée Mercredi 7 Octobre 2015 par les forces favorables à Bachar al Assad dans la province d’Hama, où les rebelles ont abattu un hélicoptère.

L'Organisation Non Gouvernementale (ONG) basée à Londres dit ne pas être en mesure de préciser s'il s'agit d'un appareil syrien ou russe.

Le ministère russe de la défense a de son côté fait état de vingt sept raids aériens en vingt quatre heures contre des positions tenues, selon lui, par le groupe Etat Islamique dans les provinces d’Homs, Hama et Rakka, ainsi que de tirs de missiles de croisière depuis ses navires croisant en mer Caspienne, à mille cinq cent kilomètres de distance.

Ces missiles, qui ont survolé Mercredi 7 Octobre 2015 les territoires iraniens et irakiens avant de frapper la Syrie, ont été tirés sans prévenir les Etats-Unis et leurs alliés, a déploré Jeudi 8 Octobre 2015 le chef du Pentagone, Ashton Carter, en qualifiant de « non professionnelle » l'attitude de l'armée russe.

Quinze chars syriens détruits

Les offensives au sol semblent constituer le premier assaut majeur coordonné des forces gouvernementales syriennes et de l'armée russe mais, précise l'OSDH, il ne s'est pas encore traduit par des progrès significatifs.

« Treize membres des forces du régime ont été tués. Parmi les combattants rebelles, seuls onze morts ont été confirmés mais ce nombre est certainement plus important », a détaillé Rami Abdoulrahmane, directeur de l'OSDH.

Une quinzaine de chars et de véhicules blindés gouvernementaux ont été détruits ou immobilisés par des missiles anti chars tirés par les rebelles, a-t-il ajouté.

La campagne de raids aériens entamée il y a huit jours par les forces russes vise principalement les régions occidentales de la Syrie, où Bachar al Assad entend reprendre le contrôle de territoires pris cette année par les insurgés.

La Russie affirme combattre l'Etat Islamique en Syrie mais les djihadistes n'ont guère été pris pour cible par les opérations de l'aviation russe. L'Etat Islamique n'est pas implanté dans les régions visées par les offensives du Mercredi 7 Octobre et du Jeudi 8 Octobre 2015.

Abou al Barra al Hamaoui, membre du groupe rebelle Adjnad al Cham, a indiqué que le pilonnage aérien avait commencé à l'aube et était le plus intense parmi ceux déjà menés sur cette région.

« Le régime tente de progresser mais la situation reste sous notre contrôle », a-t-il affirmé.

Le chef d'état-major de l'armée syrienne, le général Ali Abadllah Ayoub cité par la télévision d’état, a indiqué qu'une « grande offensive » avait commencé pour « libérer les régions et les villes qui souffrent du terrorisme ».

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8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 17:45

http://www.cgt.fr/8-octobre-2015-les-reponses.html

Journée de mobilisation interprofessionnelle

Jeudi 8 Octobre 2015

Les réponses sociales deviennent incontournables

Dans un contexte politique et économique très tendu, fait de beaucoup d’incertitudes dans le monde du travail et où sévit une véritable violence sociale, ce premier rendez-vous d’action inter professionnelle unitaire de la rentrée donne de l’espoir aux salariés, aux retraités et à la jeunesse.

Dans cent soixante rassemblements et manifestations, plus de cent mille salariés, retraités, étudiants et lycéens ont montré leur détermination à revendiquer d’autres choix économiques et sociaux et à combattre l’austérité généralisée.

Dans de nombreux départements, cette journée de mobilisation a été marquée par de multiples initiatives et arrêts de travail dans les entreprises et établissements publics, des signatures de pétitions pour l’augmentation des salaires et des pensions et des informations en direction du grand public. Les luttes locales en cours souvent unitaires, dans le privé ou le public, ont été des lieux de rassemblements exprimant la solidarité des autres salariés. Les salariés d’Air France ont à nouveau manifesté leur refus des restructurations annoncées et des milliers de suppressions d’emplois. Les personnels hospitaliers ont à nouveau réclamé des moyens supplémentaires pour travailler dans de meilleures conditions et maintenir les trente cinq heures.

Ce rendez-vous revendicatif s’ajoute aux multiples luttes locales pour l’emploi, les salaires et les conditions de travail. Sans conteste, ce Jeudi 8 Octobre 2015 résonne comme un démenti à tous ceux qui prônent la fatalité et la résignation.

La Confédération Générale du Travail (CGT) appelle ses organisations à débattre en grand avec les salariés afin d’élargir et amplifier la mobilisation, seule issue pour gagner du progrès social.

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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 19:25

DE SEBASTOPOL A TARTOUS

Par Bernard Fischer

Mercredi 7 Octobre 2015

Emigration massive de plusieurs centaines de milliers de syriens en Europe, bombardements de l’aviation russe en Syrie, la guerre de Syrie change encore une fois de nature.

Dans une situation dans laquelle les médias français en général et l’Agence France Presse (AFP) en particulier diffusent tous les jours la propagande du gouvernement russe, il faut d’abord une caractérisation et une clarification du sens des bombardements de l’aviation russe. Il n’y a aucun doute quant aux cibles de ces bombardements. Ce ne sont pas des bombardements contre l’Etat Islamique, ce sont des bombardements contre les brigades de la résistance militaire syrienne.

La guerre de Syrie n’est pas une guerre du gouvernement syrien contre l’Etat Islamique, ni de l’Etat Islamique contre le gouvernement syrien. De la même manière, la guerre d’Irak n’est pas une guerre des gouvernements irakiens successifs contre l’Etat Islamique. Le gouvernement syrien et les gouvernements irakiens successifs ne faisaient jamais rien contre l’Etat Islamique. Les combats les plus violents ne sont pas les combats entre, d’une part, les gouvernements syriens et irakiens et, d’autre part, l’Etat Islamique.

Quand on observe attentivement la situation militaire et quand on réfléchit un peu, on a l’impression d’une coexistence presque pacifique et d’un partage du territoire entre les gouvernements et l’Etat Islamique, les victoires de l’Etat Islamique sont des victoires sans combats.

Les guerres de Syrie et d’Irak ne sont plus depuis longtemps des guerres civiles.

Ce sont des guerres entre deux coalitions régionales et internationales, il y a, d’une part, une coalition occidentalo sunnite et, d’autre part, une coalition russo chiite. Ce sont des lointaines suites des huit ans de guerre entre l’Irak et l’Iran entre 1980 et 1988. Les projets de constitution d’un califat, d’un état sunnite théocratique mondial, ou bien d’un état chiite théocratique mondial, sont des utopies réactionnaires.

Des organisations françaises d’extrême gauche manifestaient récemment à Paris contre l’intervention militaire en Syrie. De quelle intervention militaire parlaient-elles, de l’intervention militaire russe, ou bien de l’intervention militaire américaine, ou bien des deux ? Ce sont les deux interventions militaires les plus importantes, toutes les autres interventions militaires, par exemple les interventions militaires françaises et britanniques, sont totalement secondaires.

Les mêmes militants et organisations de l’extrême gauche française manifestent à la fois pour l’ouverture des frontières et à la fois pour le soutien à l’intervention militaire russe en Syrie, exactement comme en 1979 le Parti Communiste Français (PCF) de Georges Marchais soutenait l’intervention militaire soviétique en Afghanistan, au nom bien évidemment de la défense de la laïcité et des femmes afghanes. La contradiction est totale.

Le gouvernement turc fait des grands discours contre le gouvernement russe mais le gouvernement russe utilise le faux prétexte des bombardements contre l’Etat Islamique, exactement comme le gouvernement turc utilisait le faux prétexte des bombardements contre l’Etat Islamique pour la rupture du cessez le feu et pour sa nouvelle sale guerre contre le parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), le seul parti du combat terrestre contre l’Etat Islamique.

Il n’y a aucune issue militaire à court terme, aucune perspective militaire à court terme ni de renversement des gouvernements syriens et irakiens ni de défaite de l’Etat Islamique. Les bombardements de l’aviation russe contre les brigades de l’opposition militaire syrienne sont des bombardements pour la défense du gouvernement syrien, ce n’est pas une preuve de la force du gouvernement et de l’armée syrienne, mais c’est à l’inverse une tentative de sauvetage de ce gouvernement par une intervention militaire extérieure directe dans une situation dans laquelle les menaces d’effondrement du régime sont de plus en plus grandes.

Les acteurs de cette guerre ne tiraient aucune leçon des guerres et des catastrophes du vingtième siècle, de la guerre d’Espagne dans les années 1930, des deux guerres du Vietnam, de la guerre française du Vietnam et de la guerre américaine du Vietnam, de la nakbah palestinienne de 1948 et de l’intervention soviétique en Afghanistan en 1979.

De la même manière, c’est aussi la cause la plus profonde de l’émigration massive du peuple syrien, d’abord dans tous les pays de la région et maintenant en Europe.

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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 18:40

http://www.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2015/10/07/dans-la-jungle-de-calais-medicalement-ce-que-nous-avons-vu-est-inacceptable_4784404_1654200.html#xtor=AL-32280515

Dans la jungle de Calais, « médicalement, ce que nous avons vu est inacceptable »

Mercredi 7 Octobre 2015

Par Laurence Thibert, Hannane Mouhim et Mady Denantes, infirmières et médecins de la maison de santé pluri professionnelle de Pyrénées Belleville à Paris, et Pascal Teulade, auteur.

Nous sommes quatre citoyens dont trois soignants. Nous avons l’habitude de gérer la maladie, le malheur de la maladie, c’est notre métier. A l’appel de Médecins Du Monde (MDM), nous nous sommes rendus à Calais cet été pour offrir notre aide. Et nous avons été choqués par ce que nous y avons vu.

Ce qu’on y désigne couramment comme « la jungle » n’est rien d’autre qu’un bidonville de plus de trois mille personnes installé sur une décharge publique battue par les vents, la « zone industrielle des dunes ». On ne s’y croit plus en France mais dans un pays pauvre, ou en guerre, ou victime d’une catastrophe et encore. L’une de nous était en Albanie, près de la frontière du Kosovo en 1999, le camp de réfugiés était mieux tenu, tous avaient un abri.

Sur ce terrain loin de la ville, loin de la vie, on a seulement créé quelques points d’eau, quelques toilettes et quelques douches, rien qui ne réponde aux exigences sanitaires, ni en France, ni dans un camp de réfugiés. Des Organisations Non Gouvernementales (ONG) ont installé quelques cabanons et d’autres distribuent à manger. MDM propose des consultations médicales et des soins infirmiers.

Une épidémie de gale terrible

Depuis quelques mois, le centre de loisir Jules-Ferry a été réquisitionné pour loger une centaine de personnes, sur trois mille, uniquement des femmes et des enfants. Les autres s’abritent dans des cabanes de fortune ou des tentes données par les ONG.

D’autres dorment dehors. Dans le centre Jules-Ferry, un repas est distribué tous les jours et l’on peut se doucher, mais tout cela après des queues longues et éprouvantes. La demande est trop forte pour que chacun ait droit à une douche quotidienne, cinq cent douches par jour pour trois mille personnes. Et nous ne sommes pas sûrs non plus qu’ils accèdent tous à cet unique repas.

Médicalement, ce que nous avons vu dans ce bidonville est inacceptable. Une épidémie de gale terrible, la gale, cela gratte surtout la nuit et cela empêche de dormir. Des jeunes aux mains et aux jambes lacérées par les barbelés qui entourent le site d’Eurotunnel. Ces clôtures déchiquettent la peau de manière anarchique et il est difficile de rapprocher les berges pour les suturer en laissant une cicatrice nette et indolore. Les très mauvaises conditions d’hygiène favorisent, ensuite, les infections.

Nous avons aussi observé de nombreuses fractures du calcanéum, l’os du tarce qui forme la saillie du talon, dues à des chutes de plus de quatre mètres de haut. Leurs séquelles peuvent causer un handicap permanent.

Nous avons vu des enfants livrés à eux-mêmes, sans adulte référent, des femmes seules errant. Comme cette érythréenne de vingt cinq ans affligée d’une profonde cicatrice sous l’oreille gauche, qui souffrait de céphalées chroniques et de troubles de l’audition, séquelles d’une agression survenue quatre mois plus tôt en Libye.

Elle avait passé la nuit dehors et paniquait à l’idée d’en passer une seconde, car des hommes avaient voulu l’emmener de force dans leur tente. Nous avons appelé le centre Jules-Ferry. Qui l’a inscrite en cinquante-sixième position sur la liste d’attente. Nous nous sommes vus lui donner un duvet et lui trouver un petit coin dans la tente d’une autre érythréenne. Le lendemain, on l’a trouvée en pleurs. On saura seulement que le mari de l’autre femme était revenu ivre dans la nuit.

Elle gardera pour elle les détails. Et nous notre honte de ne pas l’avoir mise à l’abri.

Trois heures de queue pour un repas par jour

Nous avons vu beaucoup de cas de varicelles, des patients victimes de coups et de lacrymogènes, des gosses couverts de lésions de gale impétiginisées, des abcès dentaires terriblement douloureux, des grossesses avec beaucoup de demandes d’interruption volontaire de grossesse et beaucoup de viroses avec pharyngite, rhumes et toux.

Et tous les jours, nous avons rencontré des enfants, des femmes et des hommes fatigués, maigres et épuisés par un terrible voyage.

Leur tension artérielle était anormalement basse, à dix pour des hommes de vingt cinq ans. Nous avons calculé des Indices de Masse Corporelle (IMC) à dix neuf et quelques-uns, même, inférieurs à dix huit et demi, ce qui définit la dénutrition.

En France en 2015, on propose à ces personnes dénutries un repas par jour à condition de faire trois heures de queue.

Dans notre maison de santé, nous avons l’habitude d’alerter les services de l’état sur une épidémie, un enfant en danger ou bien une femme victime de violences. Nous sommes habitués à travailler avec l’Agence Régionale de Santé dans un système de santé publique, avec des règles et des protocoles. Dans le bidonville, il n’ a rien. Les autorités sanitaires n’existent pas.

Même les pompiers, nos plus fidèles alliés quand personne ne veut se déplacer, refusent d’y entrer.

Perdre nos valeurs et notre humanité

Une Permanence d’Accès aux Soins de Santé (PASS) a été créée pour les patients sans couverture maladie, un unique médecin, deux ou trois heures par jour, à plus d’une heure de marche du bidonville.

La PASS dentaire ne fonctionne, elle, qu’une demi-journée par semaine. Un migrant de seize ans, en tombant d’un train, s’est cassé les deux incisives supérieures, la pulpe est à vif. Les dents doivent être dévitalisées pour diminuer cette douleur insupportable et éviter une infection. Il faudra chercher des heures un dentiste de Calais qui accepte de le soulager. L’ami qui lui sert d’interprète paraît bien maigre.

Nous insistons pour le peser et le mesurer, quarante huit kilogrammes, un IMC de 17,6, une tension à neuf virgule six. Mange-t-il tous les jours ?

Oui, à la distribution du centre Jules-Ferry, sauf aujourd’hui, car il a préféré accompagner son ami à la clinique de MDM plutôt que de faire la queue.

Qu’est-ce qui est acceptable et qu’est-ce qui ne l’est pas ? Faut-il se dire qu’ils ont déjà de la chance qu’on leur fasse une radio ? La gale, ce n’est pas si grave ? Ils n’avaient qu’à ne pas venir ? Ils ont connu pire en traversant la Méditerranée ? Un repas par jour, c’est déjà pas mal ? Si nous n’y prenons garde, nous allons y perdre nos valeurs et notre humanité.

Le 7 août 2015, le Haut-Commissariat pour les Réfugiés (HCR) de l’organisation des Nations Unies (ONU) a lui-même appelé les autorités françaises à réagir face aux « conditions de vie et d’accueil épouvantables » autour de Calais. Mardi 6 Octobre 2015, c’était au tour du défenseur des droits, Jacques Toubon, de dénoncer « les difficultés d’accès aux droits fondamentaux des exilés » dans le bidonville de Calais. Pourquoi la zone industrielle des dunes n’est-elle pas la France ?

Pourquoi les règles de santé publique usuelles dans notre pays ne s’y appliquent-elles pas ? Voilà les questions que nous nous sommes posées chaque jour. Nous attendons des réponses.

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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 18:24

https://fr.news.yahoo.com/belgique-immense-manifestation-contre-l-austérité-165929682.html

En Belgique, une immense manifestation contre l'austérité

« Rien que des miettes pour nous ». Les manifestants réunis autour de ce mot d’ordre brandissaient des drapeaux rouges et des pancartes montrant des assiettes avec des miettes, Mercredi 7 Octobre 2015 à Bruxelles, lors d’un des plus importants défilés de ces dernières années en Belgique.

En Belgique, une immense manifestation contre l'austérité

Quelque quatre vingt mille personnes, selon la police, cent mille selon le front commun syndical, organisateur de la marche, ont manifesté dans le centre de la capitale contre les mesures d’austérité du gouvernement de droite du premier ministre, Charles Michel.

Projectiles et canons à eau

A l’arrivée du cortège près de la gare du Midi, des affrontements ont éclaté avec un groupe anarchiste qui s’était infiltré dans la manifestation, selon la police. « Il ne faut pas être surpris quand on met tout le monde dans la misère qu'il y ait de la colère », a lancé Filip de Bodt, travailleur socio culturel de cinquante deux ans, originaire d’Herzele, portant le drapeau rouge d’un syndicat flamand.

Des membres du groupe ont lancé des projectiles sur la police, imités par quelques manifestants. Les policiers ont répliqué avec des canons à eau et des gaz lacrymogènes. Au total, la police a recensé quatre blessés dans ses rangs et huit chez les manifestants. Elle a procédé à dix-sept arrestations, selon un communiqué.

Peu d’avancées depuis un an

Le mouvement de protestation sociale ne s’arrêtera pas là. Une grève nationale dans les chemins de fer est prévue Vendredi 9 Octobre 2015.

Le 6 novembre 2014, une manifestation avait rassemblé plus de cent mille personnes à Bruxelles contre les mesures d’austérité du nouveau gouvernement de droite, une mobilisation sociale historique en Belgique, qui compte dix millions d’habitants.

Depuis un an, les revendications des syndicats sont les mêmes et, de leur aveu même, rien ou presque n’a pourtant été obtenu. Ainsi, en juillet 2015, le relèvement de l’âge de la retraite à soixante six ans en 2025 et à soixante sept ans en 2030, contre soixante cinq ans actuellement, a été définitivement approuvé, malgré leur opposition.

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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 16:36

Des suspects identifiés après les violences à Air France (Reuters)

« Un certain nombre » de personnes soupçonnées d'être impliquées dans les violences survenues Lundi 5 Octobre 2015 au siège d'Air France, où deux hauts responsables de la compagnie ont été molestés, ont été identifiées et seront sanctionnées, a confirmé Mercredi 7 Octobre 2015 à Reuters une source proche d'Air France.

Selon Radio Télévision Luxembourg (RTL), une enquête interne menée par la compagnie aurait permis d'identifier vingt suspects, dont trois seraient directement impliqués dans les faits survenus en marge de la réunion du Comité Central d’Entreprise (CCE) du Lundi 5 Octobre 2015 à Roissy, dans le Val d’Oise, près de Paris.

« Il s'agit essentiellement de membres du personnel au sol, de la maintenance et de l'activité cargo notamment, mais également de deux pilotes et d'une hôtesse de l'air », d'après la radio.

Le premier ministre, Manuel Valls, a dit sur RTL attendre de la justice « la plus grande sévérité ».

« Un certain nombre de personnes suspectées d'être impliquées dans les violences ont été identifiées et des sanctions seront prises », a-t-on dit à Reuters de source proche de la direction d'Air France.

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6 octobre 2015 2 06 /10 /octobre /2015 19:59

http://www.revolutionpermanente.fr/Migrants-Expulsion-de-la-Maison-des-Refugie-e-s

Quand la mairie de Paris dévoile son vrai visage devant le tribunal administratif

Parodie de justice pour expulser les réfugiés du lycée Jean Quarré

Vendredi 25 Septembre 2015

À Paris, cachées sous les beaux discours, les expulsions de campements de migrants et la traque aux sans papiers continuent. L’un des lieux occupés par les migrants, le lycée Jean Quarré dans le dix neuvième arrondissement, appelé la « maison des réfugiés », vient d’être convoqué au tribunal administratif, la mairie ayant demandé à la justice une « expulsion sans délai des occupants sans droit ni titre » du bâtiment.

Tout ça bien sûr, pour le respect de la « dignité » des migrants.

Langue de bois, mensonge et brutalité, à la mode de Paris

Le lycée Jean-Quarré, désaffecté depuis des années, est occupé par quelques centaines de migrants depuis la fin du mois de juillet 2015. À l’époque, grand seigneur, le premier adjoint de la mairie de Paris, Bruno Julliard, avait déclaré que « ces migrants ont, au péril de leur vie, traversé le Sahara, la Méditerranée, ils ont fui la guerre en Afghanistan, au Soudan ou, pour les érythréens, une dictature sanglante, la France, mais surtout Paris, leur doivent l’hospitalité et l’accueil ». La maire de Paris elle-même, Anne Hidalgo, affirmait alors dans une tribune avec d’autres maires européens la « nécessité de maintenir nos sociétés généreuses ouvertes sur le monde ». Mais les belles paroles ont une fin, et cette semaine la mairie de Paris a décidé de demander l’expulsion des habitants.

Pour ne pas trop donner l’impression de se renier, il faut quand même sortir les beaux atours. C’est donc dans son beau complet noir que le représentant de la mairie explique à la juge et aux soutiens présents en nombre dans la salle du tribunal administratif que c’est bien par humanisme et grandeur d’âme que la mairie demande l’expulsion du lycée.

Il explique alors, « témoignages » à l’appui, que le lycée n’est pas aux normes de sécurité, que des épidémies se sont déclarées parmi les migrants, que des « rixes » ont été constaté et que les riverains se sont plaints de la situation. Plus encore, le représentant explique à la barre que, justement, le plan de la mairie pour ce bâtiment était de le transformer en centre d’hébergement d’urgence depuis longtemps car « la ville a la plus grande considération pour ces personnes qu’on dit migrants ». Et c’est pour cela, d’après lui, qu’il y a « urgence » à expulser le lycée et à ce que la justice se prononce, même si cela nécessite de ne notifier la séance du tribunal que deux heures avant sa tenue.

Mensonge, l’avocat de la défense, membre des soutiens du lieu, reprend point par point. Les « témoignages », un article de Libération inclus dans le dossier de recours de la mairie qui ne cite que des anonymes et des « on-dit ». Ou encore, une liste d’appel des « riverains », mais aucune plainte enregistrée par la police. Et puis les véritables « riverains », comme le soulève l’avocat, « est-ce que ce ne sont pas ceux qui se mobilisent pour venir en aide ». La volonté de la mairie de transformer le lycée désaffecté en centre d’hébergement ? Il n’en ait aucune trace, ni note, ni compte-rendu, ni mémo, « ni même un post-it », comme le soulignera ironiquement l’avocat. L’urgence invoquée par la mairie ? Cela fait deux mois que les migrants ont trouvé refuge dans ce lycée désaffecté, qui évidemment n’est pas le lieu idéal, mais qui est celui qu’ils ont réussi à obtenir. De nombreux représentants de la mairie sont d’ailleurs passés depuis le début au lycée.

Ont-ils « découvert » l’urgence, d’un jour à l’autre ? Ou bien derrière tout cela, n’y a t-il qu’une simple vitrine politicienne destinée à préserver autant que possible l’image mensongère d’une ville « humaine » ?

Mensonge aussi, dans lequel le représentant s’embourbe dans sa langue de bois, lorsqu’il prétend que c’est pour « préserver la dignité des migrants » que la mairie demande l’expulsion. A la rue, sans abri, est-ce ainsi que les problèmes réels vécus par les migrants vont être réglés ? Les épidémies, les tensions et les bagarres s’arrêtent-elles donc lorsqu’on dort sur le beau trottoir parisien ? Le représentant de la préfecture de police, présent au tribunal, profite d’une intervention pour se plaindre que les occupants du lycée ne laissent pas la police entrer à l’intérieur. Parce que les matraques et les gaz des Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS) devant la halle Pajol, cela aussi, c’était pour la dignité des migrants ?

Et puis parfois, les mensonges doivent cesser, car même cette justice de classe doit parfois se vêtir d’un peu d’impartialité. Ainsi, lorsque la juge lui demande si des logements sont prévus pour accueillir les habitants expulsés, le représentant de la mairie est bien embêté. Il finit pourtant par avouer crûment que « nous voulons une expulsion sans délai, mais ce qui se passe après, je ne peux pas vous dire ». Bien sûr, « autant que possible », la mairie cherche des relogements.

Les relogements que proposent « habituellement » la mairie de Paris sont en effet très critiqués par les migrants et leur soutien. Des habitants du lycée en reviennent d’ailleurs, refusant d’être éparpillés aux quatre coins de la région parisienne, isolés dans des centres, sans ticket de métro pour revenir sur Paris, parfois entassés dans des chambres et sans aide juridique. Isolés et divisés pour mieux cacher la misère, voilà donc la devise de la mairie de Paris et du Parti Socialiste. Mais Vendredi 25 Septembre 2015, devant le tribunal administratif, la mairie dévoile enfin son vrai visage, elle n’a pas de solution et ne cherche même pas à faire semblant d’en avoir.

Pourtant des logements vides, des lycées désaffectés et des casernes abandonnés qui pourraient être réhabilités et reconverties pour ceux et celles qui en ont le plus besoin, il y en a. La solution, ce n’est pas l’expulsion du lycée Jean Quarré, mais des logements pour toutes et tous, dans des conditions décentes, avec l’accès à la santé et à l’éducation.

Mais cela, cette mairie qui relaie les politiques du gouvernement ne peut pas l’offrir, car il faudrait s’attaquer à ceux qui les possèdent et qui spéculent, tout en abandonnant l’image de carte postale qu’ils sont en train d’essayer d’imposer à Paris. Mais, dans cette salle de tribunal, ce sont leurs règles qui dirigent et qui permettent notamment à la juge de refuser le renvoi du procès demandé par l’avocat.

Et leurs règles viennent de décider que le lycée sera évacué de ses « occupants sans titre », comme il est écrit sur le compte rendu du tribunal, « le juge des référés a enjoint aux personnes occupant le site de l’ancien lycée Jean Quarré, dans le dix neuvième arrondissement de Paris, de libérer les locaux sans délai. Au terme d’un mois, la ville de Paris pourra procéder à leur expulsion avec le concours de la force publique ». Deux phrases lapidaires pour expliquer qu’on envoie des gens dormir à la rue, c’est ainsi. A nous de réagir, car décidément dans ce monde-là, même pour être simplement solidaires avec les sans papiers, on ne peut compter que sur ses propres forces.

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