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12 août 2015 3 12 /08 /août /2015 18:47

http://www.alencontre.org/europe/grece/grece-israel-un-type-daccord-militaire-sans-precedent.html

Un type d’accord militaire sans précédent

Par Ali Abunimah

Dimanche 9 Août 2015

Les forces armées grecques ainsi que celles de l’Italie s’entraîneront bientôt en Israël.

C’est le dernier indicateur de l’approfondissement de l’alliance militaire forgée entre Israël et le gouvernement grec sous la direction du parti de gauche Syriza.

Le mois dernier, des pilotes d’hélicoptères israéliens ont réalisé des exercices de combat sans précédent de onze jours près du Mont Olympe en Grèce.

En mai 2015 puis en juillet 2015, le gouvernement dirigé par Syriza a également signé un accord militaire avec Israël, qui n’a d’égal que celui, similaire, qui existe entre Israël et les Etats-Unis, garantissant des immunités légales à chaque personnel militaire lors d’un entraînement dans un autre territoire.

L’accord militaire a été signé au nom du gouvernement par Panagiotis Kammenos, le ministre grec de la défense, membre d’ANEL, le partenaire minoritaire du gouvernement de coalition.

Mais il n’y a pas de doute que Syriza donne son soutien, le 6 juillet 2015, Nikos Kotzias, le ministre des affaires étrangères nommé par Syriza, a voyagé à Jérusalem pour des discussions au sommet avec le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou afin de « renforcer les liens bilatéraux entre les deux pays ».

Plus tôt cette année, des avions de guerre israéliens ont réalisé des missions d’entraînement intensives en Grèce, une expérience qui sera sans aucun doute utilisée pour attaquer la bande de Gaza lors de futurs assauts militaires israéliens.

Des hélicoptères israéliens en Grèce

Selon un communiqué de presse des forces aériennes israéliennes, « la coopération israélo-grecque prend de l’ampleur au cours des dernières années et, à la lumière des succès lors des récents déploiements, des vols mutuels continueront probablement en 2016 ».

Le commandant de la base aérienne de Larissa, où des hélicoptères israéliens étaient basés lors des exercices, le colonel Dormitis Stephzanki a été cité déclarant que « nous comprenons la grande importance d’une activité conjointe avec l’état d’Israël qui contribue à la sécurité des deux pays. Au cours des derniers jours, nous avons travaillé ensemble d’une manière spéciale. Le langage commun, la profonde amitié et les choses que nous avons appris ensemble ont contribué à l’amélioration de la coopération entre les forces ».

Dormitis Stephzanki a déclaré qu’il était convaincu que l’entraînement en Grèce avait amélioré « l’aptitude des israéliens à prendre en charge des vols chaque fois que cela est nécessaire ».

« Nous avons volé au-dessus de zones montagneuses qui n’existent pas en Israël et nous avons pratiqué des vols à longue distance à partir de bases aériennes en Israël en direction de la Grèce », a déclaré le lieutenant-colonel israélien Matan, le commandant d’une escadre d’hélicoptères Apache, fabriqués aux Etats-Unis. Les forces israéliennes ne donnent que les prénoms, probablement afin de protéger le personnel d’accusations potentielles pour crimes de guerre.

Les hélicoptères Apache, baptisés d’après les peuples amérindiens qui ont été la cible de l’expansion coloniale génocidaire en Amérique du Nord, ont été largement utilisés par Israël afin de réaliser des exécutions extra judiciaires de palestiniens. Cet appareil a été utilisé lors des massacres de civils à Gaza l’été dernier.

Le colonel Y, un commandant d’une unité israélienne de reconnaissance, a décrit la participation d’Israël à l’exercice comme étant « historique », ajoutant que « c’était la première fois que les avions qui collectent des informations ont travaillé avec des appareils étrangers sur un terrain inconnu et complexe ».

Soutenir les crimes de guerre

Selon le Jerusalem Post, les pilotes d’hélicoptère grecs s’entraîneront en Israël au cours des prochains mois. Le journal rapporte que des avions de combat grecs « participeront à l’exercice multinational Blue Flag, qui se déroulera au-dessus du sud d’Israël ».

En juin 2015, un reportage d’Haaretz a révélé que les forces aériennes de l’Italie, de la Grèce et des Etats-Unis participeront à cet exercice.

La coopération militaire entre Israël, l’Italie et la Grèce se poursuit malgré le fait qu’une enquête indépendante récemment publiée, commandée par le conseil des droits humains de l’ONU, a découvert des preuves massives de crimes de guerre commis par Israël lors de son attaque contre Gaza au cours de l’été dernier, laquelle a tué plus de deux mille deux cent palestiniens.

Le mois dernier, Amnesty International a publié sa propre enquête sur l’attaque israélienne contre la ville de Rafah au sud de la bande de Gaza. Ici aussi, l’enquête a conclu que des centaines de civils ont été tués alors qu’Israël réalisait de graves crimes de guerre.

Le rapport d’Amnesty International dit que « des déclarations publiques de commandants de l’armée israélienne et de soldats à la suite du conflit fournissent des raisons impérieuses de conclure que certaines attaques qui ont tué des civils et détruit des maisons et des propriétés ont été réalisées et motivées par un désir de vengeance, afin de donner une leçon ou de punir la population de Rafah ».

Inam Ouda Ayed bin Hammad, cité dans le rapport d’Amnesty International, se souvient des pilonnages et des bombardements qui se sont déroulés près de son domicile dans le quartier al-Tannur de Rafah, « à la minute où j’ai quitté la maison, un Apache a commencé à nous tirer dessus ».

Peut-être que les mêmes hélicoptères Apache et leurs pilotes ont partagé des moments de camaraderie en Grèce.

Les rapports de l’ONU et d’Amnesty International ont appelé à ce que des comptes soient rendus pour les crimes de guerre commis à Gaza et en Cisjordanie occupée.

Au lieu de cela, les gouvernements grecs et italiens de gauche ainsi que, bien sûr, l’administration de Barack Obama des Etats-Unis, offrent uniquement à Israël leur complicité et leurs récompenses.

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12 août 2015 3 12 /08 /août /2015 18:20

http://www.courrierinternational.com/article/2012/07/19/tel-aviv-sans-nuit-blanche

En 2012, nous publiions cet article, racontant la colère des artistes de Tel Aviv qui, ne voulant plus être utilisés pour améliorer l’image du pays, ont refusé de participer à la « Nuit Blanche ».

Un boycott qui fait écho à la polémique autour de l’évènement Tel Aviv sur Seine organisé par la mairie de Paris en août 2015.

Les artistes de Tel Aviv ne veulent plus être la vitrine d’Israël

Par Galia Yahav, journaliste à Haaretz

Mercredi 18 Juillet 2012

Au vu du comportement de ses forces de l’ordre et de ses fonctionnaires chargés de la culture, Ron Huldaï, le maire de Tel-Aviv, semble décidé à administrer sa ville comme s’il s’agissait d’une base militaire ou d’une succursale du gouvernement de droite et à traiter ses concitoyens comme l’armée israélienne ose traiter les palestiniens. Par exemple en expulsant les réfugiés africains au lieu de les protéger.

Dès lors, dans le milieu artistique, beaucoup sont déterminés à montrer à Ron Huldaï ce qu’ils pensent de sa politique et de sa vision bling-bling de la culture.

C’est ainsi qu’il faut comprendre la décision de plusieurs galeries d’art de ne pas participer à la « Nuit Blanche de Tel-Aviv », le 28 juin 2012. Cette rupture n’est qu’un épisode de plus dans la dégradation des relations entre la mairie et la scène artistique.

Israël, un label difficile à vendre

En novembre 2011, la mairie mettait sur pied Ir Olam, Ville du Monde ou Global City, une structure censée succéder à l’administration du centenaire de Tel-Aviv. A cette occasion, sa directrice, Hila Oren, organisait un événement tapageur intitulé « 2012, année des arts ».

Devant le gratin des galeries d’art, elle a prononcé un discours dans lequel elle multipliait les appels du pied à la « classe de la création et à la jeune génération créative », qu’elle présentait comme un « moteur économique ». Quant à Tel-Aviv, il ne s’agissait à ses yeux ni plus ni moins que d’un branding, un marqueur censé permettre aux galeries d’art de conquérir le marché international, mais aussi un « outil de contournement du conflit, vu qu’Israël est un label difficile à vendre ».

Les artistes Moran Houb et Jack Faber en sont sortis de leurs gonds. « Déclarer qu’Israël est un label difficile à vendre en raison du conflit avec les palestiniens et que la marque Tel-Aviv permet de le contourner, cela ne relève pas seulement du pur cynisme. Cela nous force à déduire qu’une forme de censure va peu à peu s’imposer à toute activité artistique évoquant peu ou prou le conflit avec les palestiniens, l’occupation ou même la situation politique ».

Les bouffons de la cour

Le soutien de la mairie à la culture et aux arts a toujours été fondé sur des intérêts mêlés de réalisations commerciales et de relations publiques. Les ateliers d’artistes établis en 1988 étaient destinés à servir de vitrine à la ville.

Les « espaces d’artistes » ouverts après la guerre du golfe de 1991 dans les abris antiaériens ont permis de transformer ces derniers en espaces civils rentables, tout en veillant à ce qu’ils restent fonctionnels, au cas où.

Mais c’est sans doute sous Ron Huldaï que l’exploitation touristique et mercantile des arts et des artistes a atteint des sommets de cynisme et de décérébration écœurants. Certes, dans cette ville, les artistes ont toujours joué le rôle de bouffons de cour pour la classe possédante des géants de l’immobilier et de la finance. Ce qui est nouveau, c’est que les artistes ont commencé à comprendre dans quelle pièce on les faisait jouer.

Fini le ludisme culturel

Dans cette ville prétendument libre, les artistes, soi-disant vecteurs de libre expression, ont longtemps intégré qu’ils pouvaient exprimer leur sensibilité politique à travers leur art à condition d’éviter de tenir des propos explicitement politiques. Il était acceptable de dépeindre les réfugiés avec sensibilité, de mettre en scène d’interminables chorégraphies multi culturelles, de produire des séries télé dans les quartiers les plus cool de Tel-Aviv ou de faire de la Gay Pride de Tel-Aviv un objet d’exportation. Mais il n’était pas acceptable de revendiquer concrètement des conditions de vie humaines pour les habitants des quartiers sud, les quartiers pauvres de Tel-Aviv, ou pour les réfugiés.

Depuis l’été 2011, les artistes essaient de dire à la mairie qu’ils sont conscients de la volonté de la ville de transformer cyniquement la création en produit d’exportation. Ce qui est remarquable, c’est que l’appel à boycotter la « Nuit Blanche » provient de l’intérieur même du système, d’un monde de galeries privées qui n’a financièrement nul besoin de l’aide de la mairie. Ce qui est tout aussi remarquable, c’est la solidarité témoignée par les galeries envers de jeunes artistes qui, pour la plupart, n’ont tout simplement plus de quoi se payer un logement ou un atelier, pas même dans les quartiers paupérisés du sud. Le voile d’hypocrisie s’est enfin déchiré. Il n’est plus question de ludisme culturel, mais de rapports de force.

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12 août 2015 3 12 /08 /août /2015 17:47

http://www.europalestine.com/spip.php?article10886&lang=fr

Appel à rassemblement Jeudi 13 Août 2015 à Gaza Plage

Pour faire entendre la voix de la Palestine occupée, colonisée, emmurée et bombardée, nous vous appelons à venir très nombreux à un rassemblement Gaza sur Seine, Jeudi 13 Août 2015, de 12 heures à 21 heures, sur la berge de Paris Plage, entre le Pont Notre Dame et le Pont au Change.

Les associations Coordination des Appels pour une Paix Juste au Proche-Orient (CAPJPO) Europalestine, Droits Devant, Enfants de Palestine, Palmed France, Association des Palestiniens d’Ile de France, les Amis d’Al-Rowwad, Nanterre Palestine, Saint-Ouen Palestine, Muslim-Magazine, Collectif Judeo-Arabe et Citoyen pour la Palestine et Collectif contre le Racisme et l’Islamophobie (CRI), ont déclaré Mardi 11 Août 2015 ce rassemblement à la préfecture de police de Paris.

Elles ont pris l’engagement de laisser la libre circulation des touristes et des familles sur l’espace dédié à Paris Plage, tout en veillant à ce que les personnes attachées aux droits des palestiniens, à la justice et au respect des droits de l’homme et du droit international, n’aillent pas se mêler aux occupants israéliens autorisés par Anne Hidalgo à squatter l’espace adjacent, entre le Pont Notre Dame et le Pont d’Arcole.

Nous pourrons donc informer l’ensemble de la population qui circulera à cet endroit de la réalité de la situation d’occupation, de colonisation et d’apartheid que fait régner le régime israélien sur l’ensemble du peuple palestinien.

Nous avons été très nombreux en France, et même dans le reste du monde, à exprimer notre indignation en apprenant l’existence d’une journée honorant la capitale israélienne dans cet espace public.

Nous avons été entendus et c’est grâce à vous tous que nous pourrons faire valoir les valeurs de dignité humaine, de liberté, d’égalité et d’antiracisme qui sont les nôtres.

Les enfants et les familles sont les bienvenus. La fête, nous allons la faire, en l’honneur de la résistance palestinienne.

Nous invitons tous nos sympathisants à accéder à ce lieu de rassemblement par la rampe du Châtelet, en face du 2 bis Quai de la Mégisserie, Métro Châtelet, et à accepter les contrôles des sacs qui auront lieu, pour s’assurer de l’absence d’armes, et qui s’appliqueront à l’ensemble du public.

Merci à toutes et à tous, femmes et hommes de conscience, qui viendront manifester avec nous pour que nos dirigeants mettent un terme à la collaboration avec le terrorisme d’état israélien.

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11 août 2015 2 11 /08 /août /2015 19:32

http://www.liberation.fr/societe/2015/08/07/migrants-la-chapelle-collectif-tres-solo_1360367

La Chapelle en lutte, collectif très solo

Par Jérémie Lamothe et Sofia Fischer

Vendredi 7 Août 2015

Les militants qui ont installé les deux cent réfugiés dans un lycée parisien désaffecté braquent associations et pouvoirs publics par leurs méthodes. Eux se targuent d’obtenir des résultats.

Ils ont fui la torture au Soudan, la dictature en Erythrée ou la guerre civile en Libye. Ils ont parcouru des milliers de kilomètres pour arriver en France, souvent au péril de leur vie. Paris, fin du calvaire, pas tout à fait, brinquebalés entre squats de fortune et logements fournis par la mairie, les migrants se retrouvent au centre d’une autre bataille. Celle qui sévit entre associations, collectifs de soutien et pouvoir publics, opposés, parfois violemment, sur les stratégies à adopter. Au centre de cette lutte très politique, un tout nouvel acteur, « la Chapelle en lutte », collectif de soutien né de l’évacuation du camp du métro la Chapelle début juin 2015.

Mouvement hétéroclite mêlant riverains et militants d’extrême gauche, le groupe multiplie les occupations, tout en dénonçant la mauvaise gestion des exilés par les associations et les pouvoirs publics. Sa dernière prise de guerre, dont il a fait son camp de base, un lycée désaffecté du dix-neuvième arrondissement de Paris, où sont aujourd’hui hébergés près de deux cent migrants. L’objectif est de créer une seule et unique « maison des réfugiés » dans Paris, autogérée par les intéressés et porteuse « d’une seule voix » pour faire avancer leurs « revendications ».

Rue Jean-Quarré, dans l’ancien lycée hôtelier à l’abandon depuis quatre ans, il n’y a aucun chef, aucun représentant officiel. La vie, néanmoins, commence à s’organiser. Cours de français, théâtre, permanences juridiques, les initiatives se multiplient en direction des migrants. Un règlement intérieur et une charte à destination des médias sont également en cours de rédaction. Les membres refusent cependant de se constituer en association, comme le réclame la mairie.

Gabriel, jeune youtubeur militant, casquette vissée sur la tête, passe d’interviews en match de basket avec des soudanais. « Se constituer en association, pourquoi, pour gérer la misère, devenir salarié et finir par traiter les gens comme des numéros ».

Derrière ce refus, une volonté aussi « d’emmerder le gouvernement et d’être insaisissables face aux pouvoirs publics », lance Hervé Ouzzane, un des doyens du mouvement. Abrité à l’ombre d’un arbre dans la cour du lycée, il défile depuis quelques jours devant les caméras du monde entier.

Coup de poing

Emmerder le gouvernement et les autres acteurs ? La mission semble réussie. « Il y a une volonté chez certains d’entre eux de présenter l’état comme illégitime et de créer des abcès de fixation. Ils sont dans la manipulation, toutes leurs actions visent à démontrer qu’il y a une inaction des pouvoirs publics », glisse, agacée, une source gouvernementale. « Nous préférons traiter avec des associations qui existent et qui ont un statut juridique, des représentants et une expérience sur le terrain de longue date », explique plus poliment la mairie de Paris. Le directeur de France Terre d’Asile (FTA), Pierre Henry, dont l’association est un des principaux acteurs auprès des migrants, dénonce « un mirage politique », considérant « qu’un lieu global et commun n’est pas viable sur la distance, il faut s’occuper individuellement des migrants, et non globalement ». Le collectif balaye cet argument, « une évacuation réussie est une évacuation où tout le monde a pu être relogé. On ne peut pas mettre un toit sur la moitié des têtes et laisser l’autre dans la rue », assène un de ses membres, qui refuse la stratégie du cas par cas, jugée « intolérable et inefficace ».

Le collectif privilégie également les opérations coup-de-poing. C’est même sa marque de fabrique. Comme la tentative d’occupation, début juin 2015, de la caserne de Château-Landon après l’évacuation du camp du Bois Dormoy. Un épisode violent qui a fissuré la scène associative en deux. Avec, d’un côté, les membres du collectif qui, soutenus par des militants du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), se sont enfermés dans la caserne pour refuser les propositions d’hébergement et, de l’autre, les acteurs traditionnels, dont des élus communistes qui avaient accepté les cinquante places de relogement et qui fustigent à présent le modèle « jusqu’au-boutiste prôné par des anarchistes ».

Insultes

La tension fut telle, ce soir-là, que des élus se sont plaints d’avoir été séquestrés par des militants. « Certains privilégient les convictions politiques au sort des migrants. Ils considèrent que dès lors qu’on travaille à trouver des solutions avec la préfecture, la mairie ou le ministère, on est forcément des collaborateurs », lâche, consterné, Pierre Henry. A ce stade, la cohabitation est devenue impossible sur le terrain. Dernier épisode en date, Lundi 3 Août 2015, une association de distribution alimentaire, la Chorba pour tous, a claqué la porte du lycée après avoir apporté trois cent repas. Ses bénévoles ont refusé d’enlever leurs gilets et de laisser les migrants s’occuper de la distribution. Le ton est monté, les injures ont fusé. Un membre du collectif affirme même avoir été victime d’insultes homophobes.

En toile de fond, deux conceptions différentes de l’humanitaire. « On ne veut pas d’une démarche colonialiste avec un rapport entre le dominant et le dominé. Les migrants sont ici chez eux. Pas question que des bénévoles en gilet viennent leur servir la popote comme à des œuvres de charité. Ce sont des sujets, pas des objets », explique Lyes, membre très actif du collectif. « Impossible de changer nos règles », rétorque Hachemi Bourahem, président fondateur de la Chorba pour tous. « Ce n’est pas moi qu’ils punissent, ce sont les migrants. La Chapelle en lutte tire la couverture à eux, ils profitent des migrants pour faire connaître leurs revendications politiques. Je ne reconnais plus les valeurs de l’humanitaire chez ces gens ». L’association ne viendra plus distribuer de repas au lycée.

« Erreurs de jeunesse »

Même au sein des partis de gauche, l’heure est aux séparations. Le NPA est toujours présent, mais le Front De Gauche (FDG) et Europe Ecologie Les Verts (EELV) ont quitté le mouvement, en désaccord stratégique depuis début juin 2015. « Si nous avons une situation avec trois cent migrants sur le carreau et que nous n’avons que deux cent places, il faut que nous les prenions tout de suite », soutient Hugo Touzet, élu municipal du Parti Communiste Français (PCF). « Il y a une volonté chez quelques membres du collectif la Chapelle en lutte de trouver une lutte emblématique. Ils veulent une Zone A Défendre (ZAD) dans Paris. Certains cherchent à tendre la situation plutôt que d’obtenir un atterrissage concret avec des solutions », renchérit Gérald Briant, maire adjoint du PCF de la mairie du dix-huitième arrondissement de Paris. Même au sein du collectif la Chapelle en lutte, des membres reconnaissent « des erreurs de jeunesse. Nous sommes un collectif très récent, nous avons fait des bêtises comme tout le monde, nous apprenons sur le terrain, mais nous faisons bouger les choses », explique Hervé Ouzzane. Cette lutte sans concession a ainsi permis d’obtenir des résultats et d’attirer l’attention sur l’aspect inadapté des premiers logements proposés par la mairie, trop éloignés de Paris et trop précaires et insalubres.

Deux mois après sa naissance, le collectif commence aussi à s’interroger sur la suite à donner au mouvement. Quid des finances et du statut juridique, « nous sommes organisés en comité de lutte pour l’instant », reconnaît Alain Pojolat, membre du NPA et du collectif. « Il faudrait peut-être mieux se structurer, c’est une discussion que nous devons avoir rapidement ».

Conscients que l’identité anarchiste revendiquée par certains peut porter préjudice au lieu, ils sont également plusieurs à essayer de jouer la carte de l’apaisement. « Oui, nous avons deux ou trois tocards parmi nous, mais nous ne pouvons pas les exclure », avoue un jeune du collectif. Faute de pouvoir écarter les quelques membres trop vindicatifs, ils se contentent de passer des coups de peinture sur les slogans un peu trop anarchistes qu’ils inscrivent sur les murs du lycée.

Au centre de ce champ de bataille entre les associations et le collectif, qui s’accusent mutuellement d’instrumentaliser des migrants fatigués par des mois, voire des années d’errance, les réfugiés essayent d’esquiver les coups. Bien loin des considérations politiques, beaucoup ont atterri au lycée Jean-Quarré pour se mettre à l’abri. « Moi, je suis là pour le toit », assure un migrant soudanais, assis sous le préau de l’établissement. Et comme la plupart des habitants du squat qui, pour beaucoup, ne sont que de passage, il n’a aucune idée de la dimension politique du lieu.

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11 août 2015 2 11 /08 /août /2015 18:56

Accord entre la Turquie et les Etats Unis sur une zone de sécurité en Syrie (Reuters)

La Turquie et les Etats Unis se sont mis d'accord sur la création d'une « zone de sécurité » dans le nord de la Syrie, a annoncé Mardi 11 Août 2015 le sous-secrétaire d’état turc aux affaires étrangères sur la chaîne de télévision CNN Türk, une nouvelle étape dans leur campagne commune contre l'organisation Etat Islamique.

En vertu de cet accord, les forces turques et américaines bombarderont les djihadistes de l'Etat Islamique mais aussi les combattants kurdes qui se trouveraient à l'intérieur de cette zone, a précisé Feridun Sinirlioglu.

« Si le parti de l'union démocratique (PYD) ou Daech pénètrent dans cette région, ils seront frappés par la Turquie et par les Etats-Unis », a-t-il dit.

Des combattants rebelles de l'Armée Syrienne Libre (ASL) seront chargés de patrouiller au sol cette zone d'une centaine de kilomètres de long sur quarante-cinq kilomètres de large.

Des sources diplomatiques informées du projet ont déclaré que la création de cette « zone de sécurité » pourrait permettre de couper l'une des voies d'approvisionnement de l’Etat Islamique dans cette région.

Le noyau des rebelles entraînés par l'armée américaine, qui compte moins de soixante combattants, sera lourdement équipé et en mesure de faire appel à un soutien aérien en cas de besoin, ont précisé ces sources.

Fin juillet 2015, Washington et Ankara avaient annoncé leur intention de repousser les djihadistes hors d'une bande de terre sur une portion de la frontière entre La Turquie et la Syrie.

Ces derniers jours, et avant même la concrétisation de cette initiative entre la Turquie et les Etats Unis, l’Etat Islamique a accentué ces opérations dans ce secteur situé au nord d'Alep, notamment dans la ville de Marea, à une vingtaine de kilomètres au sud de la frontière avec la Turquie.

Lundi 10 Août 2015, le Front al Nosra, filiale syrienne d’al Qaïda, a annoncé son retrait de ces zones.

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11 août 2015 2 11 /08 /août /2015 18:36

RASSEMBLEMENT CONTRE TEL AVIV SUR SEINE

Je publiais hier la pétition contre l’organisation de l’évènement Tel Aviv sur Seine par la mairie de Paris et pour son annulation.

Je recevais au moins une dizaine de commentaires de soutien à cette pétition.

Je remercie les rédacteurs et les diffuseurs de ces commentaires.

Je n’en attendais pas tant.

Il y avait aujourd’hui des négociations entre les responsables de la Coordination des Appels pour une Paix Juste au Proche Orient (CAPJPO) Europalestine et la préfecture de police de Paris en vue de l’autorisation d’un rassemblement de protestation après demain Jeudi 13 Août 2015.

Aujourd’hui à cette heure, ni le Front De Gauche (FDG), ni le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), ni l’Association France Palestine Solidarité (AFPS), ni la campagne Boycott Désinvestissement Sanction (BDS) France, ni aucune autre organisation ne demandait à la préfecture de police de Paris l’organisation d’un rassemblement de protestation.

Je constate et je ne diffuserais pas bien évidemment la propagande de la mairie de Paris dans tous les médias pour la défense et la justification de cet évènement.

Anne Hidalgo prend très clairement position contre le boycott du gouvernement d’extrême droite israélien et pour le dialogue entre la mairie de Paris et le gouvernement israélien, ses grands discours relatifs à la mairie de Tel Aviv n’ont aucun sens.

Nous suggérons d’ailleurs l’ouverture d’un grand dialogue entre Anne Hidalgo et Marine Le Pen, ils trouveraient certainement des points de convergence.

La propagande de la mairie de Paris va totalement dans le sens du voyage d’Anne Hidalgo à Tel Aviv au mois de mai 2015. Il y avait bien un entretien entre Anne Hidalgo et Benyamin Netanyahou, c’était bien Benyamin Netanyahou, ce n’était pas le maire de Tel Aviv, mais Anne Hidalgo et les médias socialistes français n’en faisaient bien évidemment pas beaucoup de publicité.

La propagande de la mairie de Paris va totalement dans le sens de la participation de Benyamin Netanyahou à la célèbre manifestation d’union nationale du Dimanche 11 Janvier 2015 à Paris.

Bernard Fischer

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11 août 2015 2 11 /08 /août /2015 16:18

Nouveau rassemblement à Ferguson malgré l’état d’urgence (Reuters)

Des affrontements ont éclaté Mardi 11 Août 2015 entre la police et des manifestants qui sont descendus dans les rues de Ferguson, dans la banlieue de Saint Louis, dans le Missouri, malgré l'état d'urgence déclaré par les autorités après de précédentes violences.

Environ deux cent protestataires, certains brandissant des banderoles, se sont regroupés dans une rue proche du lieu où Michael Brown, un adolescent noir non armé, a été abattu de plusieurs balles le 9 août 2014 par un policier blanc.

Des policiers portant des équipements anti-émeutes ont mené aux alentours de minuit une charge contre la foule. On pouvait alors entendre des cris et voir des manifestants fuir devant l'avancée des forces de l'ordre.

Vingt-trois personnes ont été arrêtées, certaines pour avoir lancé des bouteilles d'eau glacée et des pierres en direction des hommes déployés, selon la police du comté de Saint Louis.

Dimanche 9 Août 2015, au terme d'un week-end de rassemblements pacifiques, des coups de feu ont éclaté dans la nuit entre manifestants et forces de l'ordre, incitant le comté de Saint Louis à déclarer l'état d'urgence pour prévenir de nouveaux incidents. Un homme grièvement blessé par balles a été inculpé de violences contre la police.

Alors que des militants avaient appelé à des actions de désobéissance civile Lundi 10 Août 2015, plusieurs manifestations ont eu lieu.

La police a appréhendé une soixante de personnes ayant franchi des barrières pour pénétrer dans un tribunal de Saint Louis, dont ils ont bloqué l'accès, a déclaré le parquet du district est du Missouri.

Parmi les personnes interpellées figurait le célèbre militant des droits civiques et professeur de l'université de Princeton, Cornel West, selon un organisateur.

« COMME AVANT »

Lundi 10 Août 2015, dans l'après-midi, plusieurs dizaines de manifestants ont également été interpellés alors qu'ils perturbaient la circulation sur l’Interstate soixante-dix, à quelques kilomètres de Ferguson.

Lundi 10 Août 2015, dans la soirée, environ deux cent personnes ont défilé dans les rues aux cris de « c’est à cela que ressemble la démocratie » et « Black Lives Matter », « la vie des noirs compte », le cri de ralliement des militants des droits civiques depuis le drame de l'an dernier.

Selon les manifestants, les relations entre la police et la population n'ont quasiment pas changé depuis un an.

« Ils se comportent comme avant et nient nos droits », a par exemple déclaré Roberta Lynch, résidente de Ferguson. « Il faut qu'ils nous laissent plus de place », a-t-elle ajouté.

Les rassemblements ont pris une autre tournure à la tombée de la nuit, des accrochages entre manifestants et policiers en tenue anti-émeute ont été signalés et des drones ont survolé la ville.

Mardi 11 Août 2015, à l'aube, la plupart des manifestants avaient déserté les lieux et la circulation a pu reprendre.

La mort de Michael Brown et la décision d'un grand jury de ne retenir aucune charge criminelle à l'encontre de Darren Wilson, le policier qui l'a tué, ont déclenché une vague de manifestations parfois violentes dans de nombreuses villes des Etats-Unis et ouvert un débat sur les violences policières à l'encontre des minorités et la question raciale.

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10 août 2015 1 10 /08 /août /2015 19:49

http://www.france-palestine.org/Petition-a-la-maire-de-Paris-Anne-Hidalgo-annulation-de-Tel-Aviv-sur-Seine

https://secure.avaaz.org/fr/petition/La_maire_de_Paris_Anne_Hidalgo_Annulation_de_Tel_Aviv_Sur_Seine/?preview=live

Signez la pétition à Anne Hidalgo, maire de Paris

Annulation de Tel Aviv sur Seine

C’est avec consternation que nous avons appris l’organisation d’une journée Tel Aviv sur Seine à Paris Plage Jeudi 13 Août 2015.

Cette opération ne peut être considérée comme un simple événement culturel, alors qu’elle fait partie intégrante de la propagande israélienne.

Un an après le massacre de Gaza, Israël maintient le blocus, intensifie l’implantation des colonies et continue sa politique d’apartheid ainsi que les arrestations arbitraires de palestiniens.

Nous ne saurions imaginer que la ville de Paris puisse servir à redorer l’image d’un état qui bafoue le droit international. Il est inacceptable de faire la promotion des plages de Tel Aviv, à l’heure où les palestiniens de Cisjordanie ont besoin d’autorisations pour accéder à leurs plages et où les palestiniens de Gaza ne peuvent pêcher qu’à onze kilomètres de leurs côtes.

Au regard d’une telle situation totalement inhumaine, nous, parisiens, citoyens français, refusons que notre ville, notre capitale, soit le théâtre du blanchiment de la politique israélienne.

Nous vous demandons de déprogrammer cet événement qui est en totale inadéquation avec les valeurs de notre république.

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10 août 2015 1 10 /08 /août /2015 19:33

http://www.kedistan.fr/2015/08/10/a-istanbul-un-grand-meeting-pour-la-paix-pas-de-gaz-pas-de-blesse

A Istanbul, un grand meeting pour la paix, pas de gaz, pas de blessé

Dimanche 9 Août 2015

Suite à l’appel du « Barış Bloku », le « Bloc de la Paix », une coalition de plus de quatre-vingt organisations de la société civile et des citoyens, sous le mot d’ordre « l’AKP veut la guerre, nous construirons la paix », un important meeting s’est déroulé à Bakırköy à Istanbul.

De milliers de personnes se sont réunies sous la surveillance des forces de l’ordre, déployées jusqu’aux toits du Palais de Justice avoisinant la place du Marché public de Bakırköy. Entourés de blindés et canons à eau, sous la chaleur aoûtienne, les participants ont crié « basta » à la politique de guerre du parti de la justice et du développement (AKP) et aux morts aussi bien soldats que guérilleros et ont revendiqué la paix.

Contrairement aux meetings précédents, le meeting n’a pas été interdit, comme celui du Dimanche 26 Juillet 2015 à Istanbul, et la police n’a pas chargé comme à Ankara. Tout s’est déroulé donc sans incident.

La manifestation a débuté par une minute de silence faite à la mémoire de celles et ceux qui ont perdu leur vie pour la paix.

Le porte-parole du « Barış Bloku », Gençay Gürsoy, a pris la parole et il a lu un communiqué unitaire, soulignant que l’organisation a pris naissance contre les politiques de guerre de la Turquie contre la Syrie, et il a précisé que le pays s’est retrouvé divisé en deux sur les valeurs politiques, morales et de conscience individuelle.

« Nous sommes témoins des scènes qui ne font pas envier les années 1990. Un policier demande aux jeunes turcs qu’il a forcés à coucher au sol et menottés, « que vous a-t-il fait, cet état ».

Qu’a-t-il fait ? Dressent, Maraş, Çorum, Sivas, Gazi, Gezi, Roboski et Suruç, voulez-vous qu’on en ajoute d’autres ? Nous savons ce que la guerre coûte en vies humaines et nous disons d’une seule voix, non à la guerre.

Les slogans tels que « non à la guerre, la paix, tout de suite, maintenant », « Daesh assassin, AKP complice », « l’AKP veut la guerre, le peuple veut la paix » et « les femmes ne laisseront pas faire la guerre » ont été scandés.

Des proches de victimes ont également pris la parole pour apporter leurs témoignages et leur soutien avec leurs propres mots.

Döndü Engin, membre des « Mères pour la Paix », une mère qui a perdu ses deux enfants, « je ne suis ni avocate, ni écrivaine, ni ministre. Je suis une mère. Pour l’amour de dieu, arrêtez le sang qui coule. Que ni policiers, ni guérilleros ne meurent. Cela suffit, jusqu’à quand allons-nous continuer à mourir ? Je demande aux mères de policiers et de soldats, pourquoi vous taisez-vous ? La perte d’un enfant est la plus grande douleur. Au nord, à l’ouest, à l’est, au sud, partout les larmes des mères sont les mêmes. Venez, apportons la paix avant que cela ne soit trop tard. La guerre est comme l’hiver, elle gèle tout, la paix est comme l’été, les fleurs éclosent partout. Nous voulons vivre ensemble, ils ne nous écoutent pas. Comme disait Pir Sultan Abdal, « bir olalim, pir olalim », « soyons un, soyons grand ». Qu’ils ne sacrifient plus nos enfants pour des biens matériels de ce monde ».

Murat Budak, le père de Vatan Budak, victime de l’attentat de Suruc, s’est aussi exprimé, « bonjour les camarades, je salue tout le monde au nom des victimes et des blessés de Suruç. Ils ont massacré cruellement nos enfants, ils en ont blessé des dizaines. En tant que père qui a perdu son enfant, je suis debout. L’un meurt, plusieurs se mettent debout. Nous n’allons jamais oublier ce massacre inhumain. Tout le monde peut faire ce qui est facile, le plus important est de réaliser le plus difficile. Nous allons faire ce qui est difficile. Nous sommes le peuple, les peuples ne plient pas. Nous allons réussir. Şehid namırın, en kurde, les martyrs ne meurent pas ».

Selahattin Demirtaş, co-président du parti démocratique des peuples (HDP) s’est également exprimé et a clôturé le meeting, en appelant à la paix, à vivre ensemble et à ne pas laisser faire l’AKP.

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10 août 2015 1 10 /08 /août /2015 18:58

Nouvelle journée de violence en Turquie (Reuters)

La Turquie a connu Lundi 10 Août 2015 une nouvelle journée de violences avec des attaques à Istanbul contre un commissariat de la ville et le consulat des Etats-Unis tandis que cinq membres des forces de sécurité ont été tués dans le sud-est majoritairement kurde du pays.

Le pays est en état d'alerte renforcé depuis que le gouvernement a lancé le mois dernier ce qu'il présente comme « une guerre synchronisée contre le terrorisme » incluant des frappes à la fois contre les djihadistes de l'Etat Islamique présents en Syrie et contre les combattants kurdes du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) implantés dans le nord de l'Irak.

Plusieurs centaines de militants ont également été arrêtés sur le sol turc.

Ce revirement stratégique a suivi l'attentat suicide commis Lundi 20 Juillet 2015 par les djihadistes de l'Etat Islamique à Suruç. L'attaque visant des étudiants et militants pro-kurdes a fait au moins trente-deux morts. Les séparatistes kurdes, dénonçant des complicités au sein des forces de sécurité, ont tué des policiers en représailles.

Le mouvement pro kurde de Turquie accuse le président Recep Tayyip Erdogan de se servir de l'Etat Islamique comme d'un prétexte pour combattre les kurdes.

COUPS DE FEU ET EXPLOSION A ISTANBUL

A Istanbul, deux femmes ont tiré des coups de feu Lundi 10 Août 2015 contre le consulat des Etats-Unis dans le quartier de Sariyer, sur la rive européenne du Bosphore. L'une d'elles, blessée dans les échanges de tirs avec les forces de sécurité, a été arrêtée, a-t-on appris auprès des services du gouverneur de la ville.

L'attaque a été revendiquée sur son site internet par le parti front révolutionnaire de libération du peuple (DHKPC), un groupuscule d'extrême gauche qui, dans son communiqué, qualifie les Etats-Unis « d’ennemi des peuples du Moyen-Orient ».

Selon l'agence de presse Dogan, la femme arrêtée, qui est âgée de cinquante et un ans, a déjà fait de la prison pour appartenance présumée au DHKPC.

Considéré comme une entité terroriste par la Turquie et par les Etats-Unis, le groupe, dont plusieurs membres ont été arrêtés ces dernières semaines, avait revendiqué un attentat suicide commis en 2013 contre l'ambassade des Etats-Unis à Ankara, tuant un garde turc.

Sur l'autre rive du Bosphore, dans le quartier de Sultanbeyli, un véhicule piégé a explosé dans la nuit du Dimanche 9 Août au Lundi 10 Août 2015 devant un commissariat de police, suivi de violents échanges de tirs.

Le commandement de la police a annoncé que l'attaque avait fait dix blessés, trois policiers et sept civils. L'agence Dogan fait pour sa part mention de trois morts et d'une dizaine de blessés.

L'un des assaillants a péri dans l'explosion et deux autres, de même qu'un policier, dans la fusillade qui a suivi, ont précisé par la suite les services du gouverneur.

CINQ POLICIERS ET SOLDATS TUÉS DANS LA RÉGION DE SIRNAK

Dans le sud-est de la Turquie, les violences entre les forces de sécurité et des militants kurdes se sont intensifiées.

A Silopi, une ville proche des frontières avec la Syrie et l'Irak, quatre agents de police ont été tués lundi dans l'explosion d'une bombe au passage de leur véhicule blindé, rapportent les services du gouverneur de la province de Sirnak.

La ville avait été le théâtre Vendredi 7 Août 2015 de lourds affrontements provoqués par l'intervention de soldats pour combler des tranchées creusées par des membres du PKK.

Dans la même province de Sirnak, un soldat a été tué Lundi 10 Août 2015 lorsque des militants kurdes ont ouvert le feu contre un hélicoptère de l'armée. De sources proches des services de sécurité, on précise que l'appareil a été visé alors qu'il décollait. Au moins sept soldats ont également été blessés dans l'attaque, ajoute-t-on de même source.

La dégradation de la situation dans le sud-est de la Turquie a stoppé net le processus de paix initié en 2012 par Recep Tayyip Erdogan avec le PKK. Le mois dernier, le président turc a indiqué qu'il serait impossible de relancer les négociations même si aucune des parties en présence n'a pour l'instant déclaré que le processus était définitivement achevé.

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