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30 janvier 2016 6 30 /01 /janvier /2016 16:36

La délégation de l’opposition syrienne en route pour Genève (Reuters)

La délégation du Haut Conseil des Négociations (HCN) mis sur pied par l'opposition syrienne a quitté Ryad Samedi 30 Janvier 2016 pour aller assister à la conférence de Genève afin d'évaluer les intentions de Damas sur les questions humanitaires, avant l'éventuelle ouverture de négociations, a annoncé un représentant de l'organisation.

Parmi ses dix sept membres figurent Riad Hidjab, coordinateur du HCN, et Asaad al Zoubi, chef de la délégation, a précisé Naasan Agha.

« Nous allons à Genève pour tester le sérieux des promesses de la communauté internationale au peuple syrien et celui du régime concernant la mise en oeuvre de ses obligations humanitaires. Nous voulons montrer au monde que nous sommes décidés à aller vers des négociations pour trouver une solution politique », a-t-il déclaré à Reuters.

« Nous ne demandons pas de miracles ni une complète cessation des hostilités, mais l'arrêt des bombardements aveugles de marchés, d'hôpitaux et d'écoles par le régime et ses parrains russes », a ajouté Naasan Agha.

L'arrêt du bombardement des populations civiles figure, au même titre que la levée du siège des villes encerclées par l'armée de Bachar al Assad ou par les rebelles, dans la résolution 2254 du conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies (ONU) adoptée à l'unanimité le 18 décembre 2015.

Le HCN, qui avait dans un premier temps annoncé le boycott de la conférence, a finalement accepté Vendredi 29 Janvier 2016 d'envoyer une délégation pour parler des questions humanitaires, après avoir obtenu auprès de l’ONU et du département d’état américain la garantie que ses exigences seraient satisfaites.

Le chef de la diplomatie française a lui aussi réitéré son soutien aux demandes de l'opposition syrienne Samedi 30 Janvier 2016 en estimant « qu’aucun aspect » de la résolution 2254 ne devait être laissé de côté à Genève.

« Le droit humanitaire doit être respecté et l'objectif d'une transition politique activement poursuivi pour permettre le succès de ces discussions », a insisté Laurent Fabius dans un communiqué envoyé à Reuters.

Le vice-ministre russe des affaires étrangères, Guennadi Gatilov, s'est en revanche montré moins catégorique avant son départ pour Genève, Samedi 30 Janvier 2016, en estimant que les discussions se dérouleraient « sans conditions préalables ».

Il a par ailleurs déclaré à l'agence Interfax qu'il n'y aurait pas de négociations directes entre l'opposition et le gouvernement syrien, mais uniquement des consultations indirectes.

« Staffan de Mistura a toujours prévu de mener des discussions indirectes, c'est à dire de parler tour à tour à chaque délégation », a insisté Guennadi Gatilov

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29 janvier 2016 5 29 /01 /janvier /2016 21:02

https://fr.rsf.org/turquie-rsf-denonce-l-acharnement-coupable-27-01-2016,48774.html

Reporters Sans Frontières (RSF) dénonce l'acharnement coupable du parquet turc contre Can Dündar et Erdem Gül.

Mercredi 27 Janvier 2016, le parquet turc a requis la prison à vie aggravée contre les deux journalistes de Cumhuriyet, en prison depuis deux mois.

Mercredi 27 Janvier 2016, le parquet a remis son acte d’accusation contre Can Dündar et Erdem Gül à un tribunal d’Istanbul. Ce dernier devrait prochainement le valider et fixer la date du début du procès.

« En accréditant les accusations d’une extrême gravité portées contre Can Dündar et Erdem Gül, accusations absolument délirantes, le parquet démontre son manque d’indépendance », déplore le secrétaire général de RSF, Christophe Deloire. « Nous appelons la quatorzième chambre de la cour d’assises d’Istanbul à sauver l’honneur de la justice turque en rejetant ce réquisitoire ridicule ».

Les deux journalistes sont officiellement accusés de divulgation de secrets d’état à des fins d’espionnage, tentative de renverser le gouvernement et assistance à une organisation terroriste. Le parquet requiert pour chacun d’entre eux la prison à vie sans possibilité d’amnistie, assortie d’une autre peine de prison à vie et de trente ans de prison.

Le rédacteur en chef du quotidien indépendant Cumhuriyet et son représentant à Ankara Erdem Gül ont été arrêtés le 26 novembre 2015.

Le président Recep Tayyip Erdogan et le chef des services de renseignements turcs (MIT), Hakan Fidan, leur reprochent leurs révélations sur des livraisons d’armes du MIT à destination de groupes islamistes syriens.

Le ministère de la justice a rejeté une demande de visite aux deux journalistes emprisonnés soumise par une coalition de neuf Organisations Non Gouvernementales (ONG) internationales, dont RSF.

Des représentants de cette coalition se sont rendus devant la prison de haute sécurité de Silivri, Mercredi 27 Janvier 2016, pour protester contre ce refus et réclamer la libération immédiate de Can Dündar et d’Erdem Gül.

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29 janvier 2016 5 29 /01 /janvier /2016 20:25

http://www.regards.fr/web/article/sophie-wahnich-l-etat-d-urgence

L’état d’urgence est le symptôme d’un régime post-démocratique

Sophie Wahnich, historienne dont les travaux ont renouvelé la vision de la révolution française, s’engage contre un état d’urgence dont elle explique qu’il veut détruire le pouvoir judiciaire, gouverner par la peur et nous déposséder du débat public.

Interview de Sophie Wahnich par Gildas Le Dem

Gildas Le Dem. Pourquoi s’opposer à la prolongation de l’état d’urgence et sa constitutionnalisation, en participant à la grève citoyenne du Mercredi 3 Février 2016, après la manifestation du Samedi 30 Janvier 2016 ?

Sophie Wahnich.Les raisons de s’opposer à la constitutionnalisation sont d’abord d’ordre technique, on ne touche justement pas à la constitution dans une période où l’état d’urgence est décrété. Quant à l’état d’urgence lui-même, on a pu le vérifier avec les arrestations, les assignations de militants écologistes et les perquisitions injustifiées, il vise d’abord à porter atteinte au répertoire classique de la mobilisation dans l’espace public démocratique et à faire porter la suspicion sur tout groupement mobilisé par une critique consistante. L’état d’urgence apparaît ici pour ce qu’il est, le symptôme d’un régime post-démocratique. La constitutionnalisation de l’état d’urgence obéirait à une logique post-démocratique qui contrevient à celle du droit habituel et de l'état de droit et le consacrerait juridiquement.

Gildas Le Dem. Vous êtes engagée dans un conseil d’urgence citoyenne, qui appelle à des actions Mercredi 3 Février 2016 et notamment à porter, ce jour-là, des brassards marqués d’un V, pourquoi ?

Sophie Wahnich. Le conseil d’urgence citoyenne est engagé contre cette post-démocratie, c’est donc pour empêcher qu’elle soit juridiquement consacrée que nous appelons à agir, mais aussi pour pouvoir refonder des institutions véritablement démocratiques et républicaines. Nous ne voudrions surtout pas dicter aux gens qui se reconnaîtraient dans cette initiative le sens de leur action et brider leur inventivité. Mais la majuscule V a l’avantage de nous rappeler au sens de la vigilance, face à un régime en voie de devenir un régime policier, et de la vérité, à l’heure où des opérations de police reposent sur des dénonciations mensongères et sur l’usage des fameuses notes blanches issues des services de renseignement, usage qui se voit soustrait à tout examen critique et public. Enfin, nous pensions à V comme volonté, car l’enjeu majeur, aujourd’hui, est de reconstituer une volonté populaire, capable d’opposer un régime de vérité à ces abus de pouvoir. Mais chacun peut l’investir à sa manière, retrouver ainsi sa propre liberté d’agir et d'expliquer la situation.

Gildas Le Dem. Ce régime de vérité est indissociable de la question de la justice.

Sophie Wahnich. Ce qui est en jeu, en effet, c’est la justice elle-même, l’existence de la justice. La prolongation de l’état d’urgence et sa constitutionnalisation représentent une tentative de détruire l’existence de l’autorité judiciaire. La volonté du nouveau ministre de la justice de fusionner ministère de l'intérieur et de la justice conduirait à soustraire le pouvoir de la police à l’autorité judiciaire. Nous avons déjà assisté au rapatriement de la gendarmerie au sein du ministère de l'intérieur, ce qui tend à brouiller la frontière entre police et armée et à faire rentrer la police dans un régime d’action militaire. C’était le cas à Sivens, avec pour conséquence l’issue tragique que chacun a encore en mémoire. Tout ceci contrevient à la logique historique du maintien de l’ordre républicain depuis la fusillade de Fourmies quand, le premier mai 1891, deux compagnies d’infanteries mirent fin, dans le sang, à une manifestation pacifique d’ouvriers, qui a toujours visé, malgré quelques écarts, la dissociation entre régime policier et régime militaire. Or, comme l’écrivait Walter Benjamin, lorsque la police n’applique plus la loi, mais la fait, le règne de l’arbitraire détruit toute fondation démocratique où la force de loi doit dépendre du peuple souverain et non de la violence policière, qu’elle soit physique ou symbolique.

Gildas Le Dem. Mais cette crise ne semble guère susciter de réactions.

Sophie Wahnich. Le moins que l’on puisse dire, en effet, c’est que, face à tous ces dangers, nous nous trouvons aujourd’hui devant une forme d’apathie populaire. Nous sommes évidemment aujourd’hui très minoritaires, il ne servirait à rien de le nier. L’état d’urgence a pour lui la force d’une visibilité et d’une démonstration spectaculaire d’un pouvoir d'état qui vise, dans des circonstances tragiques, à se rallier l’assentiment populaire par une politique de la peur. C’est désormais le cœur de l’action de l'état. Mais nous refusons de nous résigner. Les jalons d’une alternative sont à élaborer dès aujourd’hui. Il est évidemment impossible de prévoir quand prendra fin ce combat. Il s’annonce sans doute comme très long, appelant, comme en 1955 à la suite du déclenchement de la guerre d’Algérie, ou en 2001 aux États-Unis après les attentats du 11 septembre, une forme de ténacité et d’intransigeance. Il faut redonner à ce pays trop tourné sur lui-même une capacité à se ressaisir politiquement, à se replacer dans un contexte mondial où il n’est pas le seul à avoir été atteint, à imaginer et à inventer de nouvelles institutions. Il s’agit de redonner aux gens le goût de se rêver en acteurs de la scène politique, nationale et internationale.

Gildas Le Dem. Dans un texte récemment paru dans Vacarme, vous avez publié sur tous ces sujets un entretien imaginaire avec Maximilien Robespierre. Pourquoi l’historienne de la révolution que vous êtes a-t-elle éprouvé ce besoin ?

Sophie Wahnich. J’étais d’abord effarée d’entendre confondre le terrorisme actuel avec ce qu’on appelle la terreur, ou de lire que l’état d’urgence signait le retour au régime de la terreur. Dans une postface à « la liberté ou la mort », j’avais été amenée en juin 2015 à revenir sur la difficile question de la guerre. Il m’a semblé qu’il fallait lever cette difficulté aux côtés de Maximilien Robespierre. De fait, la France fait la guerre à quantité d’organisations islamiques djihadistes et elle envoie partout des soldats, mais aussi des agents ou des drones pour accomplir des assassinats ciblés, dont les dégâts collatéraux ne sont désormais inconnus que de ceux qui ne veulent pas savoir. Et pourtant le gouvernement ou les commentateurs ont longtemps récusé l’emploi de ce mot, la guerre. C’est que ce déni permettait aussi de passer outre une analyse critique des transformations de la guerre et de ses nouvelles modalités. Comme si celles-ci n’avaient pas évolué depuis Karl von Clausewitz et le dix neuvième siècle.

Gildas Le Dem. Dans quel sens ?

Sophie Wahnich. La guerre est un moment où un ennemi est désigné, au moins momentanément, comme irréconciliable et tuable pour cette raison même. C’est une définition transhistorique. Ensuite il y a des modalités historiques. La guerre conventionnelle, qui en fait a rarement eu lieu, en tout cas ni en 1914 ni en 1939, est supposée s’établir en vue d’une paix avec l’adversaire et elle implique la protection des civils et des buts de guerre déterminés. Mais c’est un mirage. La prendre comme repère de l’historicité des guerres et ne reprendre que la définition inter-étatique de la guerre relève à mon sens du déni. Un tel déni conduit non seulement à éviter de s’affronter à notre nouvelle situation historique, mais à nous déposséder d’un débat public sur la guerre et ses enjeux. Or cette dépossession est inscrite dans les institutions, elle est voulue par le sens des institutions de la cinquième république, où le pouvoir de décider de la guerre et de la paix revient tout entier à l’exécutif et se voit soustrait à toute véritable délibération, contrôle et évaluation du pouvoir législatif.

Gildas Le Dem. Ce n’était pas vrai de la première république ?

Sophie Wahnich. Non, il faut au contraire accepter l’idée qu’il existe plusieurs formes possibles de république, plus ou moins liées à la présence et au pouvoir d'état. Ce que l’on désigne ordinairement comme le moment de la terreur, la période qui va de 1792 à 1794, est bien plus rétive au pouvoir exécutif que le directoire qui a suivi. Dans le premier cas, le pouvoir exécutif se voit subordonné au pouvoir législatif. Et l’espace public délibératif demeure très intense, malgré les restrictions liées à la situation de guerre et à la centralité du pouvoir législatif. Au contraire, avec le directoire, on voit s’opérer un renversement au profit du pouvoir exécutif et, on le sait depuis, lorsque l’exécutif tend à dominer le législatif, la subordination de la police à l’armée n’est jamais loin. La troisième république se constituera également sur ce refoulement de l’espace public délibératif, refoulement plus ou moins reconduit par la quatrième république et très largement renforcé par la cinquième république. C’est en ce sens que j’ai pu déclarer, récemment, que certaines formes de républiques étaient des formes de restauration du pouvoir d'état, quand elles devraient au contraire refonder les rapports entre l’exécutif et le législatif d’une part, les institutions et l’espace public d’autre part, et réaffirmer l’horizon d’égalité entre chacun des citoyens. Le combat contre la constitutionnalisation de l’état d’urgence s’inscrit dans cette reconquête de l’espace public et la refondation des institutions dans le sens d’un gouvernement populaire.

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29 janvier 2016 5 29 /01 /janvier /2016 19:53

CETTE GAUCHE NE DOIT PAS ETRE SAUVEE

Vous trouverez ci-dessous la première partie d’une lettre de Francis Parny au Comité Exécutif National (CEN) du Parti Communiste Français (PCF). Cette lettre est disponible en totalité si vous consultez son blog Mediapart à l’adresse ci-dessous.

Bernard Fischer

https://blogs.mediapart.fr/francis-parny/blog/280116/pourquoi-je-ne-siegerai-plus-au-comite-executif-national-du-pcf

Pourquoi je ne siégerais plus au CEN du PCF

Par Francis Parny

Jeudi 28 Janvier 2016

J’ai décidé de quitter le comité exécutif du PCF. Nous décrétons « l’échec du Front De Gauche (FDG) », mais c’est nous qui l’avons mis en « état de mort clinique » après les élections présidentielles de 2012. Il reste pourtant le seul regroupement cohérent idéologiquement capable de proposer une alternative aux politiques néolibérales poursuivies aujourd’hui.

C’est à partir de cette cohérence portée par le FDG que l’on pourra rassembler largement celles et ceux qui, en France comme en Europe, sont lassés d’alternance et de bipartisme qui ne change rien à leur vie.

Voici la lettre que j’ai adressée à mes amis du comité exécutif du PCF.

Nous avons tenu récemment un séminaire. Comme d’autres, j’ai apporté une contribution. Elle était critique tout comme mes interventions écrites formulées de 2013 à ce jour.

Ni ces interpellations, ni ma dernière note, n'ont permis les débats qui auraient dû en découler.

J’en tire les conséquences en me retirant du CEN tout en restant membre du PCF et de son conseil national.

Ma décision relève aussi, à mon sens, d'une question de démocratie. A quoi sert un exécutif qui ne débat pas des contradictions que ses membres soulèvent ?

Je reviens donc, dans ce courrier, sur des points essentiels de la période que nous vivons et sur les impasses auxquelles nous conduisent les choix faits ces trois dernières années.

Je décide de rendre publique cette réflexion car je crois que de très nombreux camarades sont attachés à la stratégie du FDG, je pense même qu’ils et elles sont la majorité de notre parti.

Ce qui est en question aujourd’hui c’est à la fois l’existence du PCF et celle d’une force de transformation sociale.

Après l’échec de la deuxième candidature de Robert Hue en 2002, j’ai considéré que je pouvais être le meilleur vice-président d’un conseil régional mais que cela ne servait à rien si l’audience de mon parti tombait à un tel niveau.

Lorsqu’on m’a proposé d’être au CEN, j’y suis allé avec la certitude que l’on me demandait de contribuer à la construction d’un avenir pour notre parti et pour la transformation de cette société.

En 2004, nous avons constitué pour la première fois des listes autonomes au premier tour des élections régionales.

Un an après, en 2005, nous avons mis toutes nos forces au service d’un rassemblement contre le projet de traité constitutionnel et une majorité a rejeté ce projet d’Europe libérale. En 2007, malheureusement, de nouvelles élections présidentielles ont montrées que le PCF ne pouvait prétendre, en tout cas à cette époque, être le fédérateur de toutes les forces anti libérales dans une telle élection. En 2008 et en 2009, la sortie de Jean-Luc Mélenchon du Parti Socialiste nous a permis de poursuivre notre politique « des fronts » en créant le FDG. Nous l’avons fait notamment à l’occasion d’une nouvelle campagne contre l’Europe libérale.

Le processus de construction du FDG s’est poursuivie jusqu’aux bons résultats des élections présidentielles de 2012 qui a rendu l’espoir à toutes celles et tous ceux qui pensent encore qu’une transformation sociale est nécessaire et possible. Cette campagne a redonné aussi un nouveau plaisir de militer à des dizaines de milliers de communistes.

Elle a permis une audience nationale visible dans tous les territoires de notre pays. Elle a permis de montrer l’utilité du PCF au service de l’intérêt général du combat progressiste.

Aujourd’hui, on nous dit que le FDG est un échec.

Je ne partage pas ce point de vue. Certes, nous n’avons rien fait pour développer sa dynamique. Au plan national nous l’avons même mis « en état de mort clinique », selon la formule d’un de ses ateliers thématiques. Mais nous pouvons encore lui donner une deuxième vie notamment à partir de la certitude qu’un mouvement politique ne peut se développer aujourd’hui qu’en s’ouvrant à la société civile toute entière et que cela n’est possible que dans le cadre d’une proposition collective de plusieurs partis rassemblés sur un contenu clair de transformation sociale.

La crise de la politique est telle qu’un seul parti ne peut espérer rassembler la confiance nécessaire à l’engagement du plus grand nombre. Il lui faut aussi savoir partager les pouvoirs dans la vie politique comme dans la société.

Les élections présidentielles qui sont toujours le moment d’un débat politique important peuvent constituer l’occasion d’un tel renouveau, ou pas.

Nous ne devons ni perdre du temps ni tergiverser dans des « élections primaires » qui apparaîtront comme des combinaisons politiciennes et qui, de toute façon, n’aboutiront pas tant l’inclinaison « naturelle » des hommes au pouvoir les poussent à se représenter.

Nous pouvons nous mettre rapidement en état de marche autour d’une candidature unique du FDG seule à même de porter une véritable alternative dont nous connaissons les contours si nous voulons vraiment sortir notre pays de la crise.

Le peuple qui vit en France n’attend pas qu’on lui propose dix mesures qui feraient l’unanimité d’une coalition hétéroclite Il ne croit plus depuis longtemps aux programmes des partis ou des alliances.

Il souhaite qu’on lui soumette un projet qui dessine la société dans laquelle nous pensons qu’il faut vivre. Un projet culturel en quelque sorte comme aux heures les plus heureuses de la politique et qui lui permette de savoir ce que nous avons en commun avec lui. Et cela est plus que jamais nécessaire compte tenu du délabrement idéologique dans lequel nous nous trouvons.

Et ce projet nous l’avons nommé. C’est « l’humain d’abord » contre « la finance d’abord ». C’est aussi la paix contre la guerre, la coopération contre la concurrence, le droit de faire ses « humanités » pour chacune et chacun contre l’adaptation de l’école aux besoins en main d’œuvre du patronat, la gestion collective de tous les biens communs contre la privatisation du rentable, le développement des savoirs et des pratiques professionnelles contre leur soumission aux critères d’évaluation du privé, l’ouverture à l’autre et au monde contre le repli sur soi et sur la nation et le sens du devenir de la planète contre son saccage.

Nous sommes dans un monde de plus en plus difficile à vivre.

La globalisation capitaliste mondiale et les exigences de plus en plus grandes des marchés financiers conditionnent et détériorent de plus en plus les conditions de vie de centaines de millions de personnes. La domination du néolibéralisme provoque l’affaiblissement ou même l’effondrement des états et des puissances publiques. La dette est utilisée comme un chantage pour dominer les peuples. Partout cette domination veut imposer un modèle unique de dérèglementation de toute activité humaine au service des profits de quelques-uns.

La répartition inégalitaire des richesses dans le monde ne cesse d’empêcher le développement de nombreux pays comme l’émancipation humaine en général. Le prétendu « choc des civilisations » utilisé pour justifier une politique insupportable engendre de nombreuses guerres inutiles et néfastes qui ont donné sans cesse plus d’ampleur aux terrorismes. Le développement de la crise écologique a atteint un tel niveau que celle-ci en devient un problème planétaire dont la résolution suppose un traitement politique global immédiat dans le cadre d’une coopération de l’intégralité des pays de notre monde.

Mais dans cette situation, des révoltes, des changements politiques et l’émergence de forces nouvelles se manifestent. En Europe, des partis, des coalitions et des mouvements se construisent à partir de la conscience populaire que c’est bien cette orientation libérale qui génère la mal vie et l’échec de cette belle idée que pourrait être l’Europe. Ces partis recueillent des voix très largement. Parfois ils prennent la place des formations de droite, des sociaux-démocrates ou des socialistes divers qui alternativement ou ensemble gèrent loyalement les intérêts des plus grandes puissances financières de ce monde. Dans ces pays ils représentent une alternative aux choix libéraux et les formations d’extrême droite ne progressent pas.

Notre continent est à l’heure des choix, nous aussi.

Nous pouvons rejoindre ce mouvement qui offre une perspective nouvelle aux peuples, sous forme de coalitions, de forces ouvertes à la société civile et qui acceptent de partager le pouvoir au lieu de le confisquer. Ces mouvements qui font la démonstration qu’il est possible de changer les rapports de forces politiques pas seulement entre la droite et « la gauche » mais à l’intérieur même des organisations qui se réclamaient de la transformation. Ces mouvements que la presse française et internationale a identifiés à juste titre comme radicaux, anti libéraux et anti bipartisme.

L’idée est avancée parfois qu’il faudrait en France sauver la gauche, mais quelle gauche ? Indistinctement celles et ceux qui sont passés à droite et celles et ceux qui rechignent restent au milieu du gué comme il a été dit et veulent finalement infléchir les orientations droitières du gouvernement comme s’il était possible de sortir de la crise par des demi-mesures comme la régulation du CICE par exemple.

Un tsunami idéologique a été imposé aux socialistes par leur chef d’état.

Candidat, il proposait la rigueur pour rééquilibrer les comptes de la nation. Cela signifiait l’austérité et cela nous a conduit à refuser d’entrer au gouvernement. Mais devenu président, dès la fin de 2013, François Hollande choisissait le « pacte de compétitivité », le « socialisme de l’offre », la baisse du coût du travail, la destruction du code du travail et la guerre partout sous l’égide des Etats Unis et de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN). Et maintenant il court derrière les thèses du Front National, sur une conception calamiteuse de l’identité et bientôt sur la glorification du patriotisme.

Ce n’est pas rien. Quel communiste peut se sentir quelque chose de commun avec ce président ? François Hollande a rejoint Tony Blair et Gerhard Schröder répondant à l’injonction de Margaret Thatcher et de Ronald Reagan. Il a entraîné définitivement son parti dans l’acceptation du libéralisme et, ce faisant, « la gauche » dans une impasse.

Cette gauche ne doit pas être sauvée.

Si elle meurt pour qu’une autre gauche naisse, tant mieux. Et encore faut-il s’interroger sur le mot gauche qui a perdu l’essentiel de sa signification dans ce ralliement socialiste au libéralisme.

Toute hésitation sur la nécessité de cette rupture laisserait à penser que notre avenir est lié à la réussite de cette gauche alors même que les commentaires du chef de l’état sur la campagne de Claude Bartolone aux élections régionales en Ile de France laissent à penser qu’il aurait fallu se passer de l’alliance à gauche au deuxième tour pour gagner au centre.

Les objectifs du FDG étaient bien affirmés dès 2010, proposer une autre voie à gauche, renverser le rapport de forces à l’intérieur de cette gauche et battre la droite. Cela voulait dire clairement que la victoire nécessite de mettre fin à l’hégémonie socialiste sur la gauche, sinon, aucune transformation sociale n’est possible.

La « crise » grecque a ajouté un élément supplémentaire à la complexité d’une transformation sociale réussie.

Pour gagner en Europe, il faut une majorité, un programme antilibéral certes, mais il faut aussi se préparer à affronter Bruxelles.

Il faut dire comment nous allons gouverner avec quelle mobilisation des forces vives de notre pays et dans quelles alliances au niveau européen pour refuser le diktat des politiques dites « d’ajustement structurel » et d’austérité.

C’est dire que la crise grecque ne pouvait pas seulement s’envisager du seul point de vue de la sortie ou pas de la zone euro. La solidarité avec nos amis grecs ne fait pas débat mais pour notre propre réflexion la question qui est posée est celle de la possibilité de rester dans la zone euro sans appliquer les politiques néfastes voulues par Bruxelles. La réponse à cette question est aujourd’hui un élément essentiel à la conviction populaire sur l’issue d’une alternative.

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28 janvier 2016 4 28 /01 /janvier /2016 21:06

http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/01/24/de-quoi-valls-est-il-le-nom_4852581_3232.html#BLt5MGdhv3YhfOLZ.99

Au lieu de rassembler les français contre le fascisme religieux, Manuel Valls les divise

Par Noël Mamère, ancien candidat aux élections présidentielles, député écologiste de Gironde et maire de Bègles.

Lundi 24 Janvier 2016

Une fois de plus, une fois de trop, Manuel Valls choisit la division de la gauche et accessoirement des français, en réveillant avec cynisme et brutalité le débat ultra-sensible sur la laïcité. Mais quel est donc le but poursuivi par le nouveau porte-parole des néo-conservateurs ? A-t-il décidé de se lancer dans la course à la présidentielle, dès 2017, constatant le rejet de François Hollande et sa faveur dans les sondages ?

Dans ce contexte de mort clinique de la gauche, face à la concurrence de l’extrême droite, qui se précise de jour en jour, il considère que les thèmes de l’ordre, de la nation, de l’autorité et de l’identité sont « porteurs » et cherche la moindre occasion de les remettre sur la table de la société. En s’en prenant avec violence aux deux responsables de l'observatoire de la laïcité, devant les amis du Conseil Représentatif des Institutions juives de France (CRIF), il n’a fait que « communautariser » un peu plus le débat sur la laïcité en tentant d’ostraciser des responsables musulmans et d’absoudre les propos islamophobes.

Idéologie occidentaliste

Au lieu de rassembler les français contre le fascisme religieux, il les divise. Au nom d’un misérable calcul politicien, il met de nouveau la société en tension au moment où elle aurait le plus besoin d’apaisement. D’ailleurs, Marine Le Pen ne s’y est pas trompée qui, dans un exercice de triangulation inversée, vante « une société apaisée » sur ses affiches style « old school », directement inspirées de la campagne de François Mitterrand en 1981.

Manuel Valls est devenu coutumier de ces transgressions néoconservatrices. Il s’en est même fait une spécialité, en déclenchant des polémiques à répétition, le plus souvent avec l’obsession de pourfendre des ennemis de l’identité de la France.

Cette monomanie identitaire recouvre en réalité une idéologie commune à une partie de la droite et de la gauche gouvernementale, l’idéologie occidentaliste. Obsédée par la crainte du déclin de la civilisation occidentale devant la montée des puissances émergentes, par la peur de l’islam considéré comme une menace pour nos « valeurs républicaines », une partie de la classe politique de ce pays s’est constitué un nouvel imaginaire du repli. Il repose sur trois éléments constitutifs.

La laïcité intégriste, ou intégrale, qui considère que l’espace public doit être purgé de tout signe religieux musulman, que l’islam doit retourner à l’âge des caves et qu’il n’y a de bon musulman qu’assimilé. Ainsi conçue et défendue, la laïcité est le nouveau nom d’une guerre antireligieuse fantasmée.

Le deuxième pilier de cette doxa est l’essentialisation. Au lieu d’identifier l’ennemi, le courant djihadiste, c’est-à-dire un fascisme religieux et politique, le premier ministre procède par amalgames récurrents. Ainsi les musulmans qui se réclament de courants relevant de l’orthodoxie seraient par nature les tremplins du djihadisme. Tous sont taxés, pêle-mêle, d’intégristes et d’idiots utiles d'al Qaida et de l'Etat Islamique. A ce compte-là, toute femme voilée devient suspecte, puisqu’elle transgresse les lois imaginaires de la laïcité revue et corrigée par ses nouveaux hérauts.

En réalité, si l’on se place dans la perspective politique de Manuel Valls, le musulman est un « bon client », au même titre que l’émeutier cagoulé des médias quand ils traitent des quartiers populaires. Le premier ministre cherche en permanence des cibles, tel Jean-Louis Bianco, sa dernière victime en date, dans le seul but de réduire une réalité complexe à son imaginaire autoritaire, inégalitaire et guerrier.

La troisième composante de cette idéologie occidentaliste, c’est l’appel permanent à la guerre de civilisation. La république est ainsi réduite à une sorte de forteresse assiégée au nom de l’idée que le premier ministre et ses semblables se font d’une « civilisation » occidentale menacée de toutes parts par les « barbares ». Il faut donc leur opposer une logique de guerre et considérer tous leurs représentants ou supposés tels, présents sur notre territoire, comme une cinquième colonne susceptible de nous attaquer à tout moment. La conséquence de cette logique infernale est une militarisation durable de la société, ainsi que le prouvent la nouvelle prolongation de l’état d’urgence qui s’annonce, la déchéance de nationalité inscrite dans notre constitution et le recul du protecteur de nos libertés, le juge judiciaire, que prépare la réforme du code pénal et du code de procédure pénale.

Jusqu’où ce thuriféraire de Georges Clemenceau ira-t-il pour devenir président de la république ? Pourtant, plus les jours passent et plus il s’installe dans une forme de bonapartisme décomplexé.

Bonapartiste, cette tentation autoritaire de gouverner par l’état d’exception permanent, en se débarrassant du contrôle des juges.

Bonapartiste, cette volonté de gouverner en instaurant un climat de peur.

Bonapartiste, cet attrait pour les ordonnances, en se débarrassant de ces parlementaires inutiles qui empêchent l’exécutif de faire son travail.

Bonapartiste, enfin, ce penchant pour la marginalisation de tous ceux qui osent rappeler les règles de l'état de droit et de la démocratie.

Pour mieux masquer cette dérive, Manuel Valls nous répète en boucle, « république ». Comme s’il s’agissait de nous faire oublier qu’elle a toujours été menacée par des boutefeux autoritaires et des va-t-en-guerre arrogants, tout autant que par les tenants de l’arbitraire et les autocrates de la morale républicaine.

Dans les années 1960, Jean Paul Sartre qualifiait déjà la gauche de « cadavre tombé à la renverse et qui pue ». Déjà, Guy Mollet, le représentant de cette gauche près du tombeau, avait fait voter l’état d’urgence et les pouvoirs spéciaux pour mener la sale guerre d’Algérie, au nom d’une vision étriquée de la France et de la république. Cinquante ans plus tard, nous nous retrouvons face à la même faillite idéologique.

Nous ne pouvons nous résoudre à cette déchéance.

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28 janvier 2016 4 28 /01 /janvier /2016 20:46

http://www.liberation.fr/debats/2016/01/26/lettre-de-soutien-a-jean-louis-bianco_1429073

Lettre de soutien à Jean-Louis Bianco

Mardi 26 Janvier 2016

Dans une lettre au président de la république, cent cinquante universitaires et chercheurs rappellent le « travail salutaire » à la tête de l'observatoire de la laïcité de Jean-Louis Bianco et de Nicolas Cadène alors qu’ils sont contestés par le premier ministre.

Notre pays a été secoué durant l’année 2015 par les événements dramatiques qui ont à la fois rapproché les français et nourri des antagonismes identitaires. Sous votre direction, les services de l'état ont réagi avec rapidité et efficacité face aux attaques terroristes répétées et d’une ampleur inédite sur notre territoire.

Dans l’adversité, alors que les angoisses légitimes des français peuvent conduire à des amalgames qui renforceraient l’adversaire, nous croyons qu’il importe de garder recul et équanimité. C’est à cette condition que l'état de droit républicain sera préservé dans ses principes fondamentaux de liberté, d’égalité et de fraternité. Nous voudrions, à cet égard, en tant que représentants de la communauté des chercheurs et universitaires travaillant sur la laïcité, les phénomènes religieux et les fondements symboliques du lien social, exprimer notre soutien à Jean-Louis Bianco, président de l'observatoire de la laïcité, et à Nicolas Cadène, qui ont su, durant tous ces événements, maintenir contre vents et marées cet organisme dans sa juste fonction, fournir des informations objectives remontant du terrain, prévenir et souligner les dérives contraires à la laïcité, laisser s’exprimer les différentes tendances des mouvements de promotion de la laïcité, permettre un dialogue constructif avec les représentants des grandes religions, et enfin rappeler inlassablement les textes en vigueur, de la loi de 1905 jusqu’à nos jours. Nous incarnons des courants variés, parfois très divergents, mais, au-delà de nos différences, nous reconnaissons unanimement le travail salutaire de Jean-Louis Bianco et de Nicolas Cadène à la tête de l'observatoire de la laïcité. Et il est, à notre sens, absolument indispensable que ce travail continue.

Cette lettre a été signée par cent cinquante personnalités.

Premiers signataires :

Jean Baubérot, Esther Benbassa, Pascal Boniface, François Burgat, Christine Delphy, Jean-Pierre Dubois, Raphaël Liogier, Pierre Rosanvallon, Olivier Roy, Benjamin Stora, Michel Wieviorka

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28 janvier 2016 4 28 /01 /janvier /2016 20:29

L’opposition syrienne dit qu’elle n’ira pas à Genève Vendredi 29 Janvier 2016 (Reuters)

L'opposition syrienne soutenue par l'Arabie Saoudite a annoncé qu'elle ne participerait pas aux pourparlers de paix qui doivent débuter Vendredi 29 Janvier 2016 à Genève, faisant dérailler la première tentative de conciliation organisée depuis deux ans pour mettre fin à la guerre en Syrie.

Le Haut Conseil pour les Négociations (HCN) réuni à Ryad a indiqué que sa délégation ne serait « certainement » pas présente en Suisse, faute d'avoir reçu des réponses satisfaisantes à ses demandes d'arrêt des frappes aériennes et de lever des sièges de villes tenues par les rebelles et encerclées par les forces de Bachar al Assad.

Avec le soutien de la Russie et de l'Iran, le gouvernement syrien est repassé à l'offensive et a enregistré plusieurs succès sur le terrain. Le régime de Bachar al Assad, décidé à négocier en position de force, s'est dit prêt à participer aux discussions indirectes proposées par Staffan de Mistura, l'émissaire de l’Organisation des Nations Unies (ONU).

Un autre responsable de l'opposition a indiqué qu'une délégation pourrait se rendre à Genève si ses demandes sont entendues « dans les deux, trois ou quatre prochains jours », une hypothèse qui paraît très mince.

Ce refus du HCN constitue un revers pour Staffan de Mistura dont les services ont diffusé dans la journée un message vidéo de l'émissaire onusien annonçant que les pourparlers débuteraient « dans les prochains jours ».

Un porte-parole de Staffan de Mistura avait même affirmé avant l'annonce du HCN que les discussions commenceraient Vendredi 29 Janvier 2016.

« Il est certain que nous ne nous rendrons pas à Genève et qu'il n'y aura pas de délégation du HCN demain à Genève », a déclaré Georges Sabra, membre du HCN.

Le HCN réclame des garanties de l’ONU imposant un arrêt des bombardements, une levée des sièges et la libération de prisonniers comme conditions préalables au dialogue. Ces mesures sont contenues dans la résolution approuvée par le conseil de sécurité de l’ONU du mois de décembre 2015.

L'absence de l'opposition syrienne à ces premiers contacts rend le processus « sans valeur », a commenté Monzer Makhous, membre du HCN, sur la chaîne de télévision Arabyia al Hadath.

Opportunité historique

Les discussions devaient démarrer Lundi 25 Janvier 2016 à Genève mais elles avaient été retardées par l’ONU qui voulait se donner du temps pour résoudre les différends entre les deux camps invités à négocier.

L'exclusion des kurdes du parti de l'unité démocratique (PYD), dont les miliciens contrôlent une grande partie du nord et du nord-est de la Syrie, avait déjà incité certains participants à se retirer.

La Turquie refuse la présence des représentants du PYD à la table des négociations car, estime-t-elle, ils sont liés au parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qu'Ankara considère comme terroriste.

Le secrétaire d’état américain, John Kerry, plaide pour un début du processus, Vendredi 29 Janvier 2016, expliquant aux membres de l'opposition qu'il s'agit d'une opportunité historique.

« Nous ne sommes absolument pas certains que cette opportunité soit historique », a répliqué Georges Sabra, s'exprimant également sur la chaîne de télévision Arabyia al Hadath.

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28 janvier 2016 4 28 /01 /janvier /2016 20:13

http://www.france-palestine.org/Boycott-liberte-pour-l-action-citoyenne

https://www.secure.avaaz.org/fr/petition/MFrancois_Hollande_president_de_la_Republique_et_le_gouvernement_francais_Boycott_liberte_pour_laction_citoyenne

http://www.politis.fr/articles/2016/01/pour-le-droit-au-boycott-77

Liberté pour l’action citoyenne

A la suite de la condamnation de citoyens qui avaient appelé au boycott de produits israéliens, plusieurs personnalités ont lancé un appel pour la liberté de l’action citoyenne. Le journal Politis a publié leur texte.

Mercredi 27 Janvier 2016

Nous avons pris connaissance avec stupéfaction de l’arrêt de la cour de cassation du 20 octobre 2015, confirmant la condamnation de citoyens pour avoir appelé à boycotter les produits israéliens, compte tenu des violations du droit international par l'état d’Israël.

Au-delà des positions diverses qui peuvent être les nôtres sur ce boycott, nous voulons dire notre indignation face à une telle atteinte aux libertés publiques. Les actions de boycott pour pousser à des changements sur le plan social, politique ou économique, ont toujours été considérées, par les pays démocratiques, comme des formes protégées de liberté d’expression.

Au nom de quoi en vient-on, en France, à considérer qu’un appel au boycott est une incitation à la discrimination quand il concerne Israël alors qu’il ne poserait aucun problème quand il s’agit d’un autre pays ? Est-ce que le boycott contre l’apartheid sud-africain était une forme de discrimination ?

Cela fait des dizaines d’années que l'état d’Israël viole les conventions internationales et bafoue les droits du peuple palestinien reconnus par l’Organisation des Nations Unies (ONU), notamment son droit inaliénable à l’auto-détermination, sans provoquer de réaction autre que de condamnation verbale de la part de nos gouvernements.

Devant cette inaction, c’est le droit et le devoir des citoyens d’agir par les moyens pacifiques qui sont à leur disposition.

Le boycott par les citoyens, l’appel au désinvestissement que nous adressons aux institutions, aux fonds de retraite et aux entreprises, l’exigence de sanctions de la part des états, de l’Union Européenne et de l'ONU, sont des moyens non violents répondant à l’appel publié par la grande majorité de la société civile palestinienne en 2005.

Cet appel de la société civile palestinienne s’appuie sur les principes de la déclaration universelle des droits de l’homme et le rejet de toute forme de racisme y compris l’islamophobie et l’antisémitisme. Il a de ce fait reçu l’appui de nombreux militants, universitaires et artistes juifs à travers le monde.

L'état d’Israël est mobilisé partout dans le monde pour promouvoir un amalgame extrêmement dangereux, y compris pour les citoyens juifs des différents pays, entre la critique de la politique d’Israël et l’antisémitisme. Il est consternant de voir que l'état français persiste à céder à ce type de pression.

Nous appelons le président de la république et le gouvernement français à réagir de toute urgence en abrogeant immédiatement les circulaires de Michèle Alliot Marie et de Michel Mercier, qui demandent au parquet de poursuivre les citoyens qui appellent au boycott des produits d’origine israélienne exclusivement, et en marquant de manière claire et publique les limites entre l’antisémitisme, qui est un délit, et l’action citoyenne contre les dénis du droit international commis par l'état d’Israël, qui est un droit citoyen imprescriptible.

Cette clarification est particulièrement urgente dans le contexte dramatique que vit particulièrement la France depuis les attentats du Vendredi 13 Novembre 2015, contexte qui exige la plus grande clarté dans le refus de tout amalgame.

A l’opposé, si vous persistez dans cette confusion, allez au bout de votre logique et poursuivez-nous tous pour notre soutien aux citoyens français qui appellent au boycott des produits israéliens tant que ce pays viole le droit international.

Cet appel est adressé au président de la république, François Hollande, au premier ministre, Manuel Valls, et au ministre de la justice, Jean-Jacques Urvoas.

Premiers signataires

Rony Brauman, Jean-Paul Chagnollaud, Christiane Hessel, Monique Chemillier-Gendreau, Ghislain Poissonnier, Guillaume Weill-Raynal, Ivar Ekeland, Sonia Dayan-Herzbrun, Alain Gresh, Patrick Le Hyaric, Denis Sieffert, Jean Claude Lefort, Bernard Ravenel

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27 janvier 2016 3 27 /01 /janvier /2016 21:03

http://www.souriahouria.com/events/32571

Intervention russe en Syrie

Dimanche 31 Janvier 2016 de 17 heures à 19 heures

Association Génériques, 34 Rue de Citeaux 75 012 Paris, Métro Faidherbe Chaligny

Rencontre avec Andreï Gratchev et Alexis Prokopiev

Intervention russe en Syrie, ses enjeux en Russie, au Proche-Orient et à l’échelle internationale

Andreï Gratchev, né en 1941 à Moscou, est historien, politicologue spécialiste des relations internationales et ancien porte-parole de l'ancien président de l'ancienne union soviétique, Mikhaïl Gorbatchev.

Alexis Prokopiev, né en 1983 à Moscou, arrive en France à l’âge de douze ans, en 1995. Diplômé de sciences politiques Paris, il milite aujourd’hui en faveur de l’écologie et des droits de l’homme. Il est co-fondateur et président de l’association Russie Libertés.

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27 janvier 2016 3 27 /01 /janvier /2016 20:31

http://www.revolutionpermanente.fr/Turquie-Chasse-aux-sorcieres-contre-les-universitaires

Solidarité avec les intellectuels turcs

Chasse aux sorcières contre les universitaires

Par Emmanuel Barot et Martin Noda

Lundi 18 Janvier 2016

Une pétition initiée au mois de décembre 2015 signée par plus de mille cent chercheurs et universitaires, de Turquie, rendue publique Lundi 11 Janvier 2016, dénonçait la répression et la violence d'état orchestrées par Recep Tayyip Erdogan contre le peuple et la résistance kurde. Mardi 12 Janvier 2016, Recep Tayyip Erdogan répliquait en lançant une chasse aux sorcières dans un discours rapidement suivi d’effets, avec mesures disciplinaires dans un certain nombre d’universités, une série d’arrestations et des menaces extrêmes relayées largement, extrême-droite mafieuse du pays incluse. Un mouvement de solidarité international avec les universitaires et plus largement toutes les victimes de cette répression doit être relayé et amplifié le plus largement possible.

Accusations de « terrorisme » pour une pétition en faveur de la paix et des libertés démocratiques

Ces derniers mois, les provinces kurdes de Turquie subissent des couvre-feux de plus en plus systématiques, des quartiers entiers sont sous le joug des forces policières et militaires et le nombre des victimes civiles augmente chaque jour, assassinats politiques à la clé naturellement. Le pouvoir de Recep Tayyip Erdogan est véritablement prêt à tout pour museler et briser non seulement la résistance kurde, et le parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) en particulier, mais plus largement toutes les organisations militantes du mouvement ouvrier et toute voix dissonante de la « société civile ». Des journalistes, des avocats et tant d’autres sont ainsi, eux aussi, la cible d’une répression croissante.

Dimanche 10 Janvier 2016, mille cent cinquante huit enseignants, chercheurs, universitaires et intellectuels, ont publié une pétition intitulée « ne soyons pas complice de ce crime par notre silence », dénonçant ces violations répétées des droits de l’homme, ce « massacre délibéré et planifié qui est une violation grave du droit international, des lois turques et des obligations qui incombent à la Turquie en vertu des traités internationaux dont elle est signataire », et appelant à ce que reprennent les négociations de paix. Entre trois cent et quatre cent universitaires européens hors de Turquie ont déjà apporté leur soutien à cette campagne.

La traque de Recep Tayyip Erdogan

La réaction de Recep Tayyip Erdogan, dans la droite ligne de la politique du parti de la justice et du développement (AKP) et de ses acolytes, ne s’est pas fait attendre, Mardi 12 Janvier 2016, il les accusait de trahison et de soutien au terrorisme et le conseil supérieur des universités de Turquie (YOK), dont la direction est nommée par le pouvoir, a dit qu’elle « ferait le nécessaire » contre les signataires de cette « pétition soutenant le terrorisme ». Un des parrains de la mafia turque a carrément annoncé que le sang de ces signataires allait couler à flots. Il est peu de dire que les médias d’opposition sont de plus en plus affaiblis et que les universités sont victimes de pressions de plus en plus massives. Une preuve parmi tant d’autres, les sites internets turcs qui ont publié la pétition du Dimanche 10 Janvier 2016 ont déjà été suspendus. Des enquêtes ont déjà été ouvertes dans un certain nombre de villes par les procureurs, avec comme mobiles supplémentaires, en plus de l’accusation de complicité avec le PKK, « insulte à l'état et aux institutions turques et incitation à violer la loi ». Chaque signataire risque d’un à cinq ans de prison. Une dizaine d’universités ont de leur côté déjà engagé des poursuites disciplinaires contre plus d’une soixantaine d’entre eux.

À l’heure actuelle, la chasse aux sorcières a concrètement bien commencé et la police a déjà interpellé autour d’une vingtaine d’universitaires, même s’ils semblent avoir été relâchés après leur audition. Mais certains n’ont pas pu se rendre à leurs universités, des croix ont même parfois été peintes sur leurs bureaux, méthode qui rappelle de lugubres souvenirs, d’autres encore ont dû fuir leur domicile comme nous l’a rapporté Uraz Aydin, universitaire et syndicaliste, « il y a différents réseaux et pétitions de soutiens et une formidable solidarité d’une part et une criminalisation sans précédent de l’autre. Les organisations de jeunesse de l’AKP et de l’extrême-droite distribuent des tracts avec nos noms cités comme professeurs terroristes. Dans de plus petites villes, des amis ont dû quitter leur maison et leur ville, sous les conseils même du rectorat de leur université, « on ne peut pas vous protéger, nous recevons beaucoup de menaces », ont-ils dit. C’est un véritable déchaînement de haine contre les kurdes, la gauche et les intellectuels. On va probablement se prendre une procédure disciplinaire au sein de l’université et un procès pour propagande d’organisation terroriste et insulte à la nation turque.

La tension n’a pas baissé, le premier ministre a demandé aux signataires de retirer leur signature du texte, en précisant que, dans le cas contraire, tout propos académique venant de leur part serait marqué toute leur vie avec soupçon. C’est une menace claire et nette ».

Une campagne de soutien déjà importante dans le monde anglophone, quand Noam Chomsky décline l’invitation de Recep Tayyip Erdogan et l’accuse de duplicité

Dès le début, le parti républicain du peuple (CHP) et le parti démocratique des peuples (HDP) se sont positionnés contre cette répression et un mouvement de solidarité internationale s’est lancé, au travers notamment de journalistes, de médecins, d’avocats ou encore d’artistes de théâtre et de cinéma et d'écrivains. Trente mille étudiants ont repris à leur compte la campagne, avec le slogan « university students desire peace », Côté anglophone, le soutien s’est organisé notamment autour de l’impulsion de Noam Chomsky, mais aussi de Judith Butler, David Harvey, Slavoj Žižek et Etienne Balibar, signataires de la pétition du Dimanche 10 Janvier 2016. Dans son discours du Mardi 12 Janvier 2016, Recep Tayyip Erdogan avait invité Noam Chomsky à venir voir par lui-même sur place la réalité du « terrorisme » kurde. Par l’intermédiaire d’un message adressé au Guardian, Noam Chomsky a non seulement décliné l’invitation, mais il a accusé Recep Tayyip Erdogan de jouer un double jeu avec l’Etat Islamique qui a revendiqué le récent attentat d’Istambul.

Dans ce contexte, la pétition initiale s’est élargie en pétition de solidarité aux signataires menacés et à l’heure actuelle on dénombre environ trois mille sept cent signatures, dont deux mille deux cent signataures d’universitaires turcs, plus d’un millier ayant été données depuis la répression enclenchée la semaine dernière. Mais c’est pour l’instant loin d’être suffisant, comme on peut le mesurer à l’aune de la contre-campagne évoquée ci-dessus, qui s’est également lancée chez des universitaires de Turquie qui soutiennent ces mesures et la politique « anti-terroriste » du gouvernement et qui a déjà récolté, elle, plus de cinq mille signaturesen trois jours. Ce qui prouve à quel point la chape de plomb orchestrée par le pouvoir de Recep Tayyip Erdogan est puissante.

Beaucoup d’universitaires, mais aussi d’étudiants, conservateurs et nationalistes, accusent leurs collègues, ou leurs enseignants, d’être pro-PKK. Un animateur de télévision, pourtant apolitique, en a même fait les frais, sommé de s’excuser à l’écran le lendemain d’une émission au cours de laquelle il a laissé s’exprimer et invité à applaudir une auditrice appelant à plus d’humanisme et incriminant la situation gravissime de l’Est de la Turquie.

Autant de raisons pour lesquelles la campagne de soutien, dans l’immédiat aux universitaires, et à la liberté de la recherche, mais plus généralement pour la défense des libertés démocratiques fondamentales et contre cette répression sanglante, doit s’intensifier et s’élargir.

Solidarité en France, deux cent cinquante personnes à la conférence publique à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) du Lundi 18 Janvier 2016.

Si la campagne a été dynamisée dans le monde anglophone par la figure de Noam Chomsky, la journée du Lundi 18 Janvier 2016 a été l’occasion de son lancement plus « officiel » en France.

Par-delà divers articles publiés ces derniers jours dans Libération, Télérama ou Mediapart, mais aussi un communiqué d’Amnesty International, une tribune du Monde émanant d’un collectif regroupant notamment certains universitaires de Turquie exerçant en France, publiée Lundi 18 Janvier 2016, se conclut ainsi, « une bataille définitive est engagée en Turquie contre la liberté de recherche et d’enseignement, fondement d’une pensée critique qui insupporte un pouvoir de plus en plus absolu. Les universitaires pour la paix ont annoncé leur intention de répéter leur acte d’engagement. En Turquie, de centaines de journalistes, d’éditeurs, d’avocats, de cinéastes et d’artistes, ont déclaré publiquement leur soutien, élargissant le front démocratique.

Au moment où l’Union Européenne accorde une aide financière ainsi qu’un crédit politique à Recep Tayyip Erdogan, les rapports de solidarité s’établissent entre les chercheurs turcs menacés et leurs collègues du monde entier aussitôt mobilisés. Il a fallu deux jours à peine, Mardi 14 Janvier et Mercredi 15 Janvier 2016, pour que s’organisent, en Europeet en Amérique du Nord, d’impressionnantes initiatives croisées, lettres ouvertes, appels, pétitions, messages et remontées d’informations, preuve que l’internationale des chercheurs, souvent associée à celle des écrivains, est une réalité quand les droits fondamentaux et l’avenir des sociétés sont en jeu. C’est une force vigilante et déterminée qui dure depuis longtemps et qui n’est pas prête de s’éteindre ».

L’une des plus importantes rencontres publiques consacrées à la situation en Turquie, une conférence à l’EHESS qui s’est tenue Lundi 18 Janvier 2016, a fait venir environ deux cent cinquante personnes, en grande majorité des universitaires, mais aussi des étudiants. L’appel à cette conférence diffusée ces derniers jours résumait l’enjeu, « prétextant une pétition dénonçant la violence d'état dans les villes kurdes de Turquie, le pouvoir de Recep Tayyip Erdogan a lancé depuis quelques jours une campagne d’intimidation à l’encontre des chercheurs et des universitaires du pays. Le vocabulaire utilisé par le président turc et ses proches, trahison, cinquième colonne, forces obscures et brouillons d’intellectuels, la campagne de presse d’une rare virulence et les gardes à vue à répétition nécessitent une mobilisation des universitaires en France et dans le monde. Cette conférence de presse et la réunion qui la suivra aura pour objectif d’informer la presse des menaces qui pèsent sur les universités en Turquie, ainsi que de réfléchir collectivement aux actions de solidarité avec nos collègues poursuivis ».

Après un rapport détaillé d'Etienne Balibar sur la situation actuelle, son ambiance de guerre permanente et la dynamique des derniers mois qui les a engendrées, les discussions ont insisté sur les dangers incarnés par cet état autoritaire, Christian Laval est intervenu sur la nécessité de créer des liens institutionnels plus forts avec les universitaires de Turquie et de poursuivre les pétitions, mais ils ont également posé la question de l’interpellation de l’Union Européenne et de l'état français, à la fois pour alerter sur cette persécution et pour pointer les responsabilités de la politique de guerre.

Dans un communiqué, la porte-parole de l'Union Européenne pour les affaires étrangères, tout en validant une fois de plus l’assimilation scandaleuse du PKK à une organisation terroriste, a affirmé que « la lutte contre le terrorisme doit pleinement respecter les obligations du droit international, y compris les droits de l’homme et le droit humanitaire.La liberté d’expression doit être garantie, un climat d’intimidation va à l’encontre de cela ». Et comme le relatait également Libération du Vendredi 15 Janvier 2016, l’ambassadeur américain lui-même a publiquement affirmé « qu'exprimer son inquiétude sur la violence ne signifie pas soutenir le terrorisme, critiquer le gouvernement n’est pas de la trahison ».

Or on sait bien ce que valent les belles paroles scandaleusement cyniques des principales puissantes impérialistes en matière de respect des libertés démocratiques, l’Union Européenne n’ayant pas hésité à s’allier à Recep Tayyip Erdogan lors de la crise migratoire, pour ne rappeler que cet exemple. Mais du côté français, en tous cas, c’est pour l’instant le silence radio. Le soutien qu’apporte de façon récurrente François Hollande à Recep Tayyip Erdogan l’explique sans nul doute. Mais la France, « pays des droits de l’homme, de l’accueil des réfugiés, des arts et des lettres », ne pourrait-elle pas voir, de surcroît, dans cet autoritarisme de Recep Tayyip Erdogan, comme une résonance de sa propre machine liberticide, à l’égard de laquelle les universitaires commencent eux aussi, même si c’est bien sûr seulement à titre de signal avant-coureur pour l’instant, à manifestement ne plus être immunisés ?

Signal, en tous cas, révélateur, de la profondeur avec laquelle s’enracine la politique réactionnaire et liberticide menée « chez nous » au nom de l’état d’urgence et qui n’est que le volet hexagonal de l’intervention militaire en Syrie.

Les organisations syndicales de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (ESR) français doivent se mobiliser

Les premiers éléments qui ont émané de cette conférence de presse reflètent à la fois qu’il y a dans le milieu universitaire français une base pour construire une véritable solidarité, mais encore beaucoup de frilosité à pointer du doigt la responsabilité de l'état français, et, pour l’instant, il y a peu d’adresses à d’autres forces pourtant susceptibles de renforcer un tel mouvement, les Unités de Formation et de Recherche (UFR), départements, associations, collectifs et revues, pourraient produire des motions de soutien. Cet élargissement est à construire. Mais, en priorité, c’est l’ensemble des organisations syndicales de l’ESR français, qui devraient se saisir et prendre publiquement position en soutien à leurs collègues de Turquie. Cela pousserait peut-être les institutions universitaires elles-mêmes, en particulier la conférence de présidents d'université à se prononcer également. Thierry Mandon, François Hollande et Manuel Valls seraient alors peut-être amenés à revoir leur copie.

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