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5 septembre 2015 6 05 /09 /septembre /2015 19:07

http://www.alencontre.org/europe/europe-campagne-internationaliste-pour-lausterexit.html

Campagne internationaliste pour l’Austerexit

Par Olivier Besancenot (NPA, France), Antonis Ntavanellos (Unité Populaire, Grèce) et Miguel Urban (Podemos, Espagne)

Samedi 5 Septembre 2015

Les derniers mois qui se sont écoulés ont été riches en commentaires à propos du bras de fer qui oppose la troïka au peuple grec. Certains économistes se sont donné beaucoup de peine, ne ménageant pas les efforts et s’époumonant parfois, pour propager la bonne parole, l’officielle s’entend, aux quatre coins de l’Europe. Ces avocats des créanciers de l’Union Européenne ont saturé nos écrans de télévision de données comptables afin de ne pas laisser de doutes possibles quant à l’idée que les plans d’austérité étaient l’unique option envisageable pour remettre l’économie grecque d’aplomb. D’abord avec l’air navré de ceux qui s’en veulent un peu de réclamer des sacrifices supplémentaires aux classes populaires, ils nous ont dit que ces nouveaux tours de vis étaient tragiquement nécessaires, une sorte de mal pour notre bien. Puis, agacés par notre tenace manque de compréhension, voire notre franche hostilité, ils sont allés jusqu’à prétendre que le régime de l’expertise prévalait, dans certains cas, sur celui des consultations démocratiques et ont péroré, par là même, sur l’immaturité du peuple grec.

Ces faux-nez du libéralisme sont pourtant les premiers à savoir que le véritable enjeu grec n’est pas tant économique que hautement symbolique du point de vue politique. Car, si la stricte application du programme initial sur lequel a été élu Syriza, sur les salaires, l’emploi, les retraites et le non-remboursement de la dette grecque, vont à l’encontre de l’air du temps, ces mesures n’en demeurent pas moins largement digestibles par le capital européen. Elles appellent des financements modestes au regard de la fortune colossale des créanciers et, quoi qu’il en soit, elles pèsent peu en proportion des gains engrangés par les spéculateurs du système bancaire européen, allemand et français en particulier, qui se sont goinfrés à hauteur de six ou sept pour cent de taux d’intérêt, durant des années, sur le dos des déficits publics grecs.

À la lumière de la réalité des circuits financiers, l’annulation de la dette grecque ne pose pas plus de problèmes que cela pour qui n’a pas oublié qu’en janvier 2015, la Banque Centrale Européenne (BCE) a mis plus de mille milliards d’euros sur la table, fabriqués ex nihilo, pour racheter des dettes publiques ou privées. Rien ne l’empêche donc d’effacer cette dette, si ce n’est sa farouche volonté, toute politique, de troquer ce rachat contre une orientation gouvernementale mise au pas. Chose finalement faite avec Alexis Tsipras malgré la légitimité du non massivement exprimé lors du référendum du Dimanche 5 Juillet 2015, légitimité qu’Unité Populaire entend faire vivre lors des prochaines élections législatives anticipées du Dimanche 20 Septembre 2015.

Les experts-comptables de la pensée unique se sont fait un malin plaisir à s’adresser frauduleusement à nos portes monnaies, répétant en boucle un mensonge éculé et sournois selon lequel les contribuables des autres pays auraient à payer la facture grecque. Cette volonté d’opposer les peuples les uns aux autres est vieille comme le monde et a pour fonction de masquer les véritables ressorts de la bataille en cours. Or, celle-ci se résume à une démonstration politique grandeur nature qui voudrait tuer dans l’œuf la contestation à l’austérité qui monte de toute part.

Pour les dirigeants de l’Union Européenne, il s’agit bien plus de faire un vaincu politique pour exemple que de raisonner en gestionnaires téléguidés par leurs calculatrices. Du traité de Rome en 1957 à l’acte unique de 1986, du traité de Maastricht de 1992 au traité instituant une constitution pour l’Europe, entré en vigueur en 2005, la caste politique et économique n’a finalement jamais été motivée par autre chose que la volonté de construire un vaste marché économique afin de satisfaire les intérêts immédiats de quelques groupes capitalistes et financiers et rivaliser ainsi avec les Etats-Unis puis, plus tard, avec l’Asie également. Une patiente construction financière rythmée, à chaque élection, par la sempiternelle promesse de refondre cette Europe, la changer et la rendre plus sociale.

Aujourd’hui, cette Europe meurt sous nos yeux, implosant sous le poids des contradictions de la crise capitaliste, une crise de suraccumulation et de rentabilité du capital aggravée par des politiques d’austérité qui alimentent la récession économique. Elle meurt aussi car, dans ce bourbier économique et ce marasme social, elle provoque le rejet des peuples qui peuvent constater toujours plus amèrement que les droits sociaux et la démocratie sont définitivement étrangers à l’Union Européenne. Le «cas grec» n’a pas d’autres objectifs que de nous envoyer un message éminemment politique, en nous signifiant qu’aucune alternative à l’austérité menée par un gouvernement ne saurait avoir sa place dans cette Europe-là. L’alternance électorale doit se borner aux limites de l’austérité, version hard ou version light. Revendiquer autre chose, c’est encourir le risque de se faire virer.

L’issue est dorénavant tracée par la troïka, mémorandum ou Grexit. A ce chantage, nous répondons avec la Grèce et Austerexit. Il est urgent de fédérer les résistances sociales et politiques et les mouvements qui, dans les différents pays, se battent pied à pied pour faire sortir l’austérité de nos vies quotidiennes. Cette grande campagne unitaire européenne pour l’Austerexit , dont nous sommes aujourd’hui orphelins, doit d’abord accompagner le souffle qui provient des forces militantes qui se dressent depuis des mois en Grèce et en Espagne. Il s’agit de prendre la mesure de la fin d’époque dans laquelle nous rentrons inexorablement.

Depuis cet été, rien n’est plus tout à fait comme avant pour aucun d’entre nous. Quelle que soit notre filiation politique singulière ou notre nationalité, nous ne pouvons plus ignorer que la moindre mesure progressiste, pour être appliquée, impose un rapport de force immédiat avec le pouvoir des créanciers, c’est-à-dire du capital. Nous savons désormais à quel point l’appartenance au système monétaire de l’euro est, dans le cas grec, contradictoire avec une politique d’émancipation.

Pour nous, l’essentiel réside dans l’arrêt des politiques d’austérité, soit dans le cadre de l’euro si la situation le permet, soit en dehors si la population ne parvient pas à imposer ses aspirations. Ne confondant pas la fin et les moyens, nous ne sommes pas les partisans de telle ou telle monnaie car la véritable question posée est celle de savoir qui contrôle ce système monétaire.

Que le système de crédit soit émis en monnaie nationale ou en monnaie européenne ne change pas grand-chose tant qu’il reste sous l’emprise des traditionnels groupes de la spéculation financière qui font la loi dans le système bancaire. Exproprier les actionnaires de ce secteur en socialisant les banques dans un monopole public, sous contrôle des salariés et des usagers, est une étape d’une brûlante actualité en Grèce, mais c’est aussi un objectif commun à tous les peuples d’Europe. Car, pour notre part, si nous croyons nécessaire de rompre avec cette Europe, ses traités et son système bancaire, nous ne renonçons pas à l’internationalisme. Plus que jamais, l’alliance des peuples est une nécessité si l’on compte faire plier un jour le diktat de l’austérité. Les replis patriotiques et chauvins ne font que sponsoriser à terme l’extrême droite. Sortir de l’Europe du capital ne revient pas, selon nous, à imaginer les frontières comme un parapluie contre l’austérité. Elle est un point d’appui pour bâtir une autre Europe aussi fidèle aux intérêts des peuples que celle-ci l’est aux intérêts des banquiers.

Nous ne voulons pas plus du règne de la troïka que celui de nos castes nationales. Nous proposons à toutes celles et ceux qui ne veulent plus courber l’échine de discuter ensemble pour envisager l’organisation d’une grande conférence européenne de la résistance sociale et politique dans les prochaines semaines et débattre du sens que nous pourrions donner à cette campagne pour l’Austerexit.

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5 septembre 2015 6 05 /09 /septembre /2015 18:59

http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/09/05/des-rassemblements-de-soutien-aux-migrants-organises-un-peu-partout-en-france_4746962_3224.html#

Plusieurs milliers de personnes rassemblées place de la République à Paris en soutien aux migrants

Plusieurs milliers de personnes se sont réunies, Samedi 5 Septembre 2015 à partir de 17 heures, sur la place de la République à Paris pour le rendez-vous fixé en soutien aux migrants et réfugiés. Le rassemblement intitulé « pas en notre nom » avait vocation à « montrer notre solidarité, marquer notre indignation et demander l’accueil des réfugiés et le respect de la dignité humaine de tous les migrants », selon l’une des pages facebook initiant le mouvement.

« Ouvrez les frontières », « droit d’asile pour toute personne persécutée » ou encore « l’accueil pour moi c’est oui », pouvait-on lire sur des pancartes brandies par les manifestants.

D’autres montraient la photo du petit Aylan Kurdi, un syrien de trois ans retrouvé mort sur une plage de Turquie, une image qui a fait la « une » de nombreux quotidiens à travers le monde, suscitant une grande émotion.

Des rassemblements s’étaient organisées simultanément dans d’autres villes, Bordeaux, Montpellier, Lyon, Grenoble, Vannes, Nantes, Briançon, Strasbourg ou encore Arras.

Une manifestation est prévue Dimanche 6 Septembre 2015 à Rouen, ainsi que Dimanche 13 Septembre 2015 à Rennes et Marseille.

A Nantes, jusqu’à mille deux cent personnes se sont retrouvées sur la place Royale. Une minute de silence ainsi que des salves d’applaudissements ont été rendues en hommage aux victimes de la crise migratoire. La maire socialiste de la ville, Johanna Rolland, s’est rendue brièvement sur place. Le rassemblement a pris fin vers 19 heures 30.

A Lyon, moins d’une centaine de personnes seulement a répondu présent au rassemblement organisé place Bellecour. Déçu que les gens n’aient pas bravé le mauvais temps pour montrer leur soutien aux migrants, un participant ironisait, « les gens sont trop frileux ».

Le flou s’est difficilement dissipé autour des organisations soutenant le rassemblement. Bien que se revendiquant « citoyen et spontané », il est apparu comme lancé par Raphaël Glucksmann, fils du philosophe André Glucksmann, à qui des militants reprochent une volonté de « récupération » et une proximité avec Bernard-Henri Lévy. Des associations comme la CIMADE et des groupes politiques ont annoncé qu’ils se joignaient à la manifestation.

Vendredi 4 Septembre 2015, à l’initiative de la LDH, d’autres organisations incluant des syndicats comme la CGT, la FSU et l’Union Syndicale Solidaire, et des entités comme SOS Racisme, la LICRA et le MRAP avaient, elles, appelé à des rassemblements Mardi 8 Septembre 2015.

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5 septembre 2015 6 05 /09 /septembre /2015 18:40

http://www.npa2009.org/communique/migrants-paris-18e-elle-est-ou-lhumanite

Migrants du dix-huitième arrondissement de Paris

Elle est où l’humanité ?

Syndrome Aylan, Vendredi 4 Septembre 2015, le campement de migrants du square Jessaint à la Chapelle qui s'était reconstitué depuis l'évacuation du Jardin d'Eole il y a deux mois a été évacué par les forces de police. Dans un communiqué, la mairie de Paris et le ministère de l’intérieur se sont félicités de cette opération expliquant que cent vingt-trois migrants ont été emmenés vers des centres d'hébergement.

Mais chassez le naturel, il revient au galop. Les services de la préfecture et de la mairie de Paris avaient vu trop petit, une trentaine de migrants ont été refoulés des bus, faute de place.

Ils sont allés manifester devant la mairie du dix-huitième arrondissement de Paris pour réclamer un hébergement. Les responsables qui les ont reçus ont expliqué que ce n'était pas de leur ressort mais qu'ils allaient contacter les services compétents. Les migrants sont restés en rassemblement devant la mairie toute la journée pour attendre une réponse qui n'est jamais venue.

Vendredi 4 Septembre 2015 à 17 heures, une délégation a demandé à être à nouveau reçu pour savoir ce qu'il en était. On leur a répondu que personne ne pouvait plus les recevoir à cette heure. Et on leur a remis une enveloppe vide pour transmettre leurs demandes.

Les forces de police ont encerclé toute la nuit les migrants et leurs soutiens, intervenant violemment chaque fois que des soutiens voulaient leur apporter des couvertures pour la nuit et expliquant qu'ils avaient ordre d'empêcher tout ce qui pouvait ressembler à un campement, plutôt laisser les migrants mourir de froid plutôt que laisser des images ne correspondant pas à la communication de la mairie de Paris.

Samedi 5 Septembre 2015, les migrants sont toujours devant la mairie du dix-huitième arrondissement de Paris et aucun responsable n'a encore daigné se présenter.

Dans la presse, les représentants de l’état français et de la mairie de Paris parlent d'humanité.

Dans la réalité, ils humilient et laissent à la rue les migrants.

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4 septembre 2015 5 04 /09 /septembre /2015 19:36

http://www.publico.es/politica/madrid-y-barcelona-toman-iniciativa.html

Madrid et Barcelone prennent l'initiative d'accueillir des réfugiés

Manuela Carmena va leur allouer une partie du budget de la municipalité et Ada Colau a lancé un réseau de villes d'accueil.

Mercredi 2 Septembre 2015

Compte tenu de la réticence du gouvernement de Mariano Rajoy, les villes de Barcelone et de Madrid ont pris l'initiative de mener l'accueil des réfugiés en Espagne.

Le maire de la capitale, Manuela Carmena, a annoncé que la municipalité a alloué une partie du budget de 2016 pour « le logement et les foyers d’accueil » pour les réfugiés, tandis que le maire de Barcelone, Ada Colau, a présenté hier sa proposition d’un réseau de villes d’accueil avec d'autres villes telles que Madrid, Valence, Sabadell ou Sant Feliu de Llobregat qui se sont montrées disposées à participer. Le maire de Pampelune, Joseba Asiron, a déclaré que la capitale de la Navarre se joignait au réseau.

« Je pense qu'il est important que nous prenions des mesures pour avancer dans le sens de l'accueil des réfugiés », a dit Manuela Carmena dans une déclaration à Onda Cero. Elle a également dit qu’elle veut être « prête à étendre tous les services et à les tenir à jour » sur des questions telles que la langue.

En réponse à une question relative au quota des réfugiés qui peuvent atteindre la capitale, Manuela Carmena a dit que cela doit être « plus précis » et qu’elle était prête « à faire le nécessaire pour accueillir les personnes qui en ont le plus besoin », mais aussi que c’est « au gouvernement lui-même de décider le nombre de personnes qui sont censées arriver à Madrid ».

Barcelone, qui pour l'instant recense les logements destinés aux réfugiés, a attribué deux cent mille euros supplémentaires au Service d’Accueil des Immigrés, des Emigrés et des Réfugiés (SAIER) pour essayer de remédier à la situation « d’effondrement » du service qui ont reçu l'année dernière sept cent vingt-huit demandes d'asile, selon le conseil municipal.

L'initiative principale, cependant, est un registre des familles qui se portent volontaires pour accueillir des réfugiés et pour leur fournir toute autre assistance, y compris le logement, le conseil juridique, le travail social, les conseils psychologiques, les services de traduction et les interprètes. La proposition est née après une réunion hier avec des entités spécialisées dans l’accueil et l'asile, qui a montré leurs difficultés à accueillir plus de personnes.

Ada Colau a demandé au gouvernement de Mariano Rajoy « d’être à la hauteur des circonstances » et a affirmé qu’il dispose de fonds économiques à cette fin qui « ne sont pas utilisés ».

Le président du gouvernement espagnol a affirmé hier devant Angela Merkel qu’il était prêt à accepter davantage de réfugiés en Espagne mais il y a actuellement seulement deux mille sept cent trente-neuf réfugiés sur les près de cinq mille demandés par Bruxelles et le président du gouvernement a exigé des changements dans les critères d'attribution entre les états membres, ainsi que la Grèce et l'Italie construisent des centres d’accueil. La volonté de l'Espagne de collaborer à résoudre la plus grande crise de réfugiés en Europe depuis la seconde guerre mondiale a jusqu'ici été très limitée et la vice-présidente du gouvernement, Soraya Saenz de Santamaria, a affirmé dans une interview hier que le pays est « complètement saturé » par l'immigration clandestine.

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4 septembre 2015 5 04 /09 /septembre /2015 18:43

http://www.publico.es/sociedad/colau-propone-barcelona-integre-red.html

Ada Colau propose que Barcelone intègre un « réseau des villes refuges » pour soulager le drame de l'immigration

« Nous voulons des villes engagées dans les droits humains et la vie, des villes dont nous sommes fiers », a dit le maire de Barcelone

Samedi 29 Août 2015

Le maire de Barcelone, Ada Colau, a proposé que Barcelone intègre un « réseau des villes refuges » pour essayer de résoudre la situation critique des immigrés. Ada Colau a repris la proposition lancée Vendredi 28 Août 2015 par la gauche républicaine de Catalogne (ERC), quand son porte-parole à la municipalité de Barcelone, Alfred Bosch, a proposé que la capitale catalane accueille des réfugiés syriens.

« Nous avons une mer remplie de morts et des frontières remplies de barbelés et de morts. Il y a une partie de l'Europe qui crie qu’elle veut être sauvée et qu’elle ne veut pas mourir, mais nous ne voulons pas qu’elle vienne, nous voulons qu’elle s’en aille et qu’elle disparaisse, nous ne voulons pas la voir à la télévision et encore moins dans nos rues, avec ses couvertures, dans le métro ou sur les marches de nos maisons », a écrit Ada Colau sur facebook.

Le maire de Barcelone estime que « ce que l'Europe a besoin d'urgence est un appel à l'affection et à l'empathie. Ils peuvent être nos enfants, nos sœurs ou nos mères. Ils pourraient être nous-mêmes, comme ont également été exilés nombre de nos grands-parents ».

Les propositions de l'ERC et d’Ada Colau retrouvent l’esprit qui avait déjà pénétré la capitale catalane pendant la guerre de Bosnie il y a vingt ans. Il y avait eu un mouvement remarquable pour les réfugiés bosniaques. Alfred Bosch a rappelé Vendredi 28 Août 2015 que Sarajevo « était devenu le onzième arrondissement de Barcelone ».

Encore aujourd'hui, on a trouvé dans un état critique trois enfants à bord d'un camion en Autriche avec vingt-trois autres réfugiés.

« Nous voulons des villes engagées dans les droits humains et la vie, des villes dont nous sommes fiers », a conclu Ada Colau.

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4 septembre 2015 5 04 /09 /septembre /2015 18:02

http://www.paris.eelv.fr/pas-en-notre-nom-rassemblement-citoyen-en-solidarite-avec-les-migrant-e-s

Pas en notre nom

Rassemblement citoyen en solidarité avec les migrants

Samedi 5 Septembre 2015 à 17 heures Place de la République à Paris

Plus de trois cent personnes, hommes, femmes et enfants, sont mortes ces derniers mois en essayant de rejoindre nos côtes, nos pays et nos villes.

Simples citoyens ne pouvant rester indifférents à une tragédie humaine qui déshonore la France et l’Europe, nous promettons de nous retrouver chaque semaine Place de la République à Paris

Pour montrer notre solidarité et marquer notre indignation.

Pour demander l’accueil des réfugiés et le respect de la dignité humaine de tous les migrants.

Pour dire que l’Europe ne peut se hérisser de murs et transformer ses mers en charniers sans perdre son âme, notre âme.

Pour affirmer que pareilles politiques répressives menant à tant de drames humains ne sauraient être menées en notre nom, pas en notre nom.

Pour partager notre honte, mais aussi nos espoirs.

Les disparus de la mer Méditerranée, les morts d’Eurotunnel, les noyés de la mer Egée et les asphyxiés d’Autriche ont des noms et des destins.

Par-delà nos clivages politiques, nos divergences idéologiques ou nos choix religieux, laissons parler notre humanité et retrouvons-nous Samedi 5 Septembre 2015 à 17 heures Place de la République à Paris.

Signons, commentons, reprenons, partageons et surtout descendons dans la rue samedi.

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4 septembre 2015 5 04 /09 /septembre /2015 17:46

http://www.eldiario.es/andalucia/sindical-Diego-Canamero-detenido-Sevilla_0_424857649.html

Diego Cañamero arrêté à Séville pour l’occupation d’une ferme militaire

Diego Cañemero a été arrêté à proximité du siège du Syndicat Andalou des Travailleurs (SAT) à l’heure du petit déjeuner

Diego Canamero, porte-parole national du SAT, a été arrêté Vendredi 28 Août 2015 par la police pour ses liens avec l'occupation du domaine militaire d’Osuna, dans la province de Séville.

Comme l’a annoncé le SAT dans un communiqué confirmé par la police nationale, des agents l’ont arrêté ce matin à proximité du siège du syndicat à Séville, Avenida Blas Infante, où il y a également un commissariat de police.

Le syndicat a dit qu’un dispositif de huit policiers en uniforme ont procédé à l'arrestation de Diego Cañamero alors qu'il prenait son petit déjeuner à côté du siège national du syndicat.

Son arrestation est intervenue quelques minutes avant le début d'une réunion de la direction avec son équipe de travail sur les tâches du deuxième congrès du SAT, qui se tiendra les 4 et 5 Octobre 2015.

Le SAT souligne que Diego Cañamero avait déjà indiqué dans la journée qu’il ne se cacherait pas et qu’il continuerait d'effectuer son travail quotidien en tant que porte-parole du SAT.

Le syndicat a dit que Diego Cañamero avait été mis en garde à vue en attendant son possible transfert à Osuna, où il sera traduit en justice.

Sa convocation avait été reportée le 14 août 2015

Le leader des ouvriers journaliers, qui sera sur la liste de Podemos à la chambre des députés, avait convoqué les medias le 14 août 2015 pour annoncer son arrestation pour son implication dans l'occupation de la ferme militaire de las Turquillas d’Osuna, dans la province de Séville.

Dans un communiqué de presse, Diego Canamero avait affirmé qu’il serait arrêté le 14 août 2015 à 20 heures 30 à son domicile d’el Coronil, dans la province de Séville, pour être conduit devant le tribunal d’Osuna, ce qui n'avait finalement pas eu lieu.

Le SAT avait ensuite expliqué que l'arrestation avait été reportée pour éviter de la faire publiquement et parce que le syndicat avait appelé ses militants à soutenir le dirigeant syndical.

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3 septembre 2015 4 03 /09 /septembre /2015 18:57

https://www.ensemble-fdg.org/content/grande-bretagne-la-victoire-de-jeremy-corbyn-serait-un-seisme-politique

http://www.grey-britain.net/2015/08/25/philippe-marliere-la-victoire-de-corbyn-serait-un-seisme-politique

http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe-marliere/270815/la-victoire-de-jeremy-corbyn-serait-un-seisme-politique

La victoire de Jeremy Corbin serait un séisme politique

Contrairement à beaucoup de dirigeants réformistes européens acquis au néo libéralisme, Jeremy Corbyn est un authentique social-démocrate, dans la tradition de la première internationale. Membre du Labour Party depuis ses plus jeunes années, il n’a jamais été ni membre d’une organisation de la gauche radicale, ni trotskiste. Son élection à la tête du parti constituerait un séisme politique.

Interview de Philippe Marlière par Nathanaël Uhl.

Samedi 29 Août 2015

Nathanaël Uhl. Le leadership pour le Labour Party rentre dans sa dernière phase avec le vote des adhérents. Le candidat de gauche, Jeremy Corbyn, semble capable de l’emporter. Quelles répercussions cette élection pourrait-elle avoir ?

Philippe Marlière. A mon sens, si Jeremy Corbyn est élu, ce serait potentiellement plus important que la victoire électorale de Syriza en Grèce, au printemps dernier. La Grande-Bretagne est la deuxième économie de l’Union Européenne, le Labour Party est l’un des partis de gauche les plus importants à l’échelle européenne et il rassemble des éléments aussi différents que des socialistes au sens propre du terme, ou appelons les des sociaux-démocrates véritablement sociaux et démocrates, comme Jeremy Corbyn ou John Mac Donnell, et des néo libéraux héritiers du blairisme. C’est un parti de masse avec une emprise solide sur la société britannique, contrairement à Syriza en Grèce, notamment au travers de ses liens historiques et, pour douze d’entre eux, statutaires avec les syndicats. Jeremy Corbyn a d’ailleurs reçu le soutien explicite des deux plus importantes organisations syndicales du Royaume-Uni. Sa victoire créerait un séisme politique, créant une situation nouvelle et originale en Europe.

Nathanaël Uhl. En quoi la victoire de la gauche travailliste peut-elle ouvrir un espace original ?

Philippe Marlière. D’abord, il y a le profil politique de Jeremy Corbyn lui-même. Contrairement à beaucoup de dirigeants réformistes européens acquis au néo libéralisme, c’est un authentique social-démocrate, dans la tradition de la première internationale. Membre du Labour Party depuis ses plus jeunes années, il n’a jamais été ni membre d’une organisation de la gauche radicale, ni trotskiste. Il a travaillé, pendant quelques années pour le mouvement syndical, avant de devenir membre du parlement pour le Labour Party. Il a fait le choix d’un parti de masse et défend, depuis le début, la même ligne socialiste, très à gauche, mais réformiste.

Nathanaël Uhl. Les commentateurs britanniques qualifient Corbyn de socialiste libertarien. Est-ce que ce qualificatif est adapté ?

Philippe Marlière. Il faut d’abord revenir à la tradition britannique qui se nourrit, depuis plusieurs siècles, d’une méfiance vis-à-vis du pouvoir central et de l’état. Le socialisme britannique s’appuie certes sur l’état pour faire progresser le bien commun, c’est tout le sens des nationalisations effectuées par le gouvernement de Clement Attlee au sortir de la deuxième guerre mondiale ou des propositions portées par Jeremy Corbyn de renationaliser les services publics fondamentaux, le rail, l’énergie et la poste. Mais la gauche britannique estime qu'il faut aussi se protéger des excès de l’état vis-à-vis des libertés individuelles et sur les questions sociétales. Rappelons-nous que Jeremy Corbyn s’est engagé en politique à partir du moment où Margaret Thatcher a commencé à gouverner le pays. Le thatchérisme repose sur un socle qui propose une dérégulation économique avec son cortège de privatisations et sa lutte contre les syndicats, mais aussi une gestion policière des conflits sociaux, comme par exemple la grève des mineurs, et des questions sociétales, comme par exemple les droits des minorités ethniques, des femmes, des gays et des lesbiennes. La tradition politiquement libérale de la gauche britannique et l’expérience thatchérienne expliquent le rapport tempéré de Jeremy Corbyn vis-à-vis de l’état. C’est un aspect que la gauche française a beaucoup de mal à saisir parce qu’en France on pense que l’état est bon par nature. En Grande-Bretagne, même à gauche, ce n’est pas le cas. Sur le plan international, ses positions ont souvent été radicales, voire avant-gardistes. C’est un farouche partisan de la libre détermination des peuples, d’où ses engagements en faveur des républicains irlandais dès les années 1970, de la Palestine, mais aussi contre l’apartheid. Il est aussi favorable à la libre détermination des individus, c’est-à-dire la liberté de concevoir pour soi-même ce qu’est la « vie bonne », sans l’intervention de l’état.

Nathanaël Uhl. Quoi qu’il en soit, Jeremy Corbyn apparaît comme un extra-terrestre en Grande-Bretagne. Est-ce que son succès n’est pas aussi l’expression d’une révolte contre l’establishment travailliste ?

Philippe Marlière. C’est exact. Revenons au point de départ. Le Labour Party dirigé par Ed Miliband a perdu les élections, contre toute attente. C’est un moment clé. Le parti est déboussolé et les militants sont abattus. Très vite, les blairistes, l’aile droite du parti, ont développé un discours sur le thème « nous avons été battus parce que le programme électoral était trop à gauche et nous n’étions pas crédibles sur le plan économique ». C’est un récit négatif. Or, Ed Miliband n’a jamais eu les mains libres au sein du Labour Party, confronté à des rumeurs de rébellion interne tous les six mois, il n’a eu de cesse de faire des compromis avec les uns et les autres. Au final, son programme prônait une sorte d’austérité light qui n’a satisfait personne. Jeremy Corbyn s’est démarqué totalement de ce récit négatif et droitier et cela a suscité l’adhésion des militants. Comme le dit Andy Burnham, l'un de ses adversaires au poste de leader, le vétéran socialiste a capté l’humeur du parti travailliste. Mais il bénéficie aussi d’un positionnement positif dans le parti, contrairement à ses trois rivaux, il n’a jamais tenu aucun rôle dans l’establishment blairiste ou browniste. Il apparaît donc crédible sur des positions de gauche. Il fait des propositions qui épousent les attentes de l’électorat. Avec un discours offensif, Jeremy Corbyn a pu marquer des points très rapidement.

Nathanaël Uhl. Mais finalement, en quoi Jeremy Corbyn est-il innovant, politiquement parlant ?

Philippe Marlière. Depuis plus de trente ans, il a été de tous les combats de la gauche. Il est particulièrement connu pour son engagement pacifiste, en tant que président de la Stop The War Coalition, il a contribué à l’événement politique le plus significatif de ces dernières années, deux millions de personnes sont descendus dans les rues de Londres en 2003 contre la guerre en Irak. Il y a aussi son programme politique dont les dimensions sociétales et écologiques, en plus de ses aspects économiques et sociaux, ouvrent la voie à une coalition politique de gauche, avec le Green Party et d’autres composantes de la gauche de transformation en Grande-Bretagne, sans oublier une alliance avec les partis nationalistes, le parti national écossais (SNP) et Plaid Cymru au Pays de Galles. Et cela, c’est vraiment novateur en Grande-Bretagne.

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3 septembre 2015 4 03 /09 /septembre /2015 18:34

http://www.rassemblementcitoyenidf.fr/forum-citoyen-lundi-7-septembre

Lundi 7 Septembre 2015 à 19 heures au Gymnase Japy

2 Rue Japy 75 011 Paris Métro Charonne

Soyons nombreux au Forum Citoyen

C'est l'occasion d'y faire entendre les propositions du rassemblement citoyen en Ile-de-France et de construire la convergence avec les nombreuses initiatives citoyennes dans notre région. Ce grand forum régional sera suivi de forums départementaux dans les semaines à venir.

Rendez-vous sur la page facebook de l'évènement pour se tenir au courant de l'initiative, en temps réel, et le partager autour de vous.

Soyons très nombreux pour affirmer avec force la dynamique citoyenne et dire notre ras-le-bol contre les politiques actuelles.

Quel est l'enjeu ?

Contribuer à impulser une démarche citoyenne innovante, dans laquelle les citoyens pourraient pleinement prendre part à l'élaboration du programme, d'une charte éthique, de la constitution des listes et, dans le même temps, rassembler les forces sociales et écologiques opposées à la politique d'austérité du gouvernement et du Parti Socialiste. Tous rassemblés, nous pouvons enclencher une dynamique citoyenne à même de porter haut ces listes et pourquoi pas en tête de la gauche. Ras le bol de ce gouvernement et de ces collectivités qui se soumettent à l'austérité, conduisent des politiques opposées aux urgences sociales et écologiques ? Alors prenons nos responsabilités et construisons l'alternative.

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3 septembre 2015 4 03 /09 /septembre /2015 18:20

http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/09/03/pablo-iglesias-un-indigne-en-voie-de-normalisation_4744067_3214.html

Un indigné en voie de normalisation

Interview de Pablo Iglesias par Isabelle Piquer, correspondante du Monde à Madrid

Jeudi 3 Septembre 2015

Le chef de file du parti anti austérité espagnol explique sa stratégie pour les élections législatives de décembre 2015

Toujours indigné, Pablo Iglesias, le chef de file du parti Podemos, ne veut plus être l'homme en colère, le « gladiateur », de la vie politique espagnole. Une nouvelle image qui correspond au recentrage du parti anti austérité en vue des élections législatives qui devraient se tenir en décembre 2015. Podemos mise désormais sur des alliances locales avec des plates-formes citoyennes, des candidats indépendants et d'autres formations de gauche afin de « créer des espaces de dialogue », une stratégie qui s'est révélée payante aux élections régionales du mois de mai 2015.

Pablo Iglesias a reçu le Monde dans son modeste domicile du quartier populaire de Vallecas, où il a passé une partie de son enfance. Il arrivera à Paris Samedi 5 Septembre 2015 pour assister à une réunion des sympathisants de Podemos à l'étranger, les jeunes « exilés économiques » qui ont dû quitter l'Espagne en quête d'emploi. Pablo Iglesias a également prévu de s'entretenir avec le cofondateur du Parti de Gauche, Jean-Luc Mélenchon, et avec l'économiste Thomas Piketty. Il espère aussi rencontrer des frondeurs du Parti Socialiste « qui critiquent François Hollande ».

Isabelle Piquer. Vous pensez toujours que vous allez gagner les élections ?

Pablo Iglesias. Si je ne le croyais pas, si je ne pensais pas qu'il est possible de changer les institutions de 1978, date de la constitution espagnole, je ne me serais pas présenté aux élections primaires. Je serais resté député européen. Si je pensais que notre seul but était de devenir la troisième force politique en Espagne, j'aurais demandé à d'autres compagnons d'assumer ce défi.

Isabelle Piquer. Mais, depuis le début de l'année, Podemos plafonne dans les sondages.

Pablo Iglesias. Les sondages ne savent pas expliquer les profondes transformations politiques qui ont lieu en Espagne. En février ou en mars 2015, gagner à Barcelone et à Madrid semblait hors de portée. Certains annonçaient l'apocalypse. Et pourtant cela se passe bien. Je pense qu'il y a un vrai risque de voir une restauration conservatrice et c'est pour cela que nous allons nous battre de toutes nos forces. Le mouvement du 15 mai 2011, le mouvement des indignados, a montré le manque d'espoir et la frustration des nouvelles classes moyennes. Podemos a su traduire ce ras-le-bol social, mais les choses ne vont pas s'articuler de la même manière dans les prochaines années. Pour la simple raison que Podemos va forcément se « normaliser ». C'est une chose d'être un outsider et c'en est une autre de travailler pendant quatre ans au parlement. Nous allons beaucoup apprendre, j'en suis sûr, mais nous allons devenir quelque chose de complètement différent. Pour l'instant, je n'y pense pas. Je me concentre sur les quatre prochains mois.

Isabelle Piquer. Podemos est passé en très peu de temps d'un mouvement populaire à un parti plus classique. Cette transition ne s'est pas faite sans accrocs.

Pablo Iglesias. Nous aurions préféré mûrir plus lentement, mais nous ne pouvions pas nous le permettre. Nous savions que 2015 allait être une année clé et nous devions être prêts. Les problèmes ont été mineurs si l'on tient compte de ce que nous avons bâti. Aujourd'hui, nous sommes en effet plus organisés, mais nous avons su maintenir un grand dialogue interne.

Isabelle Piquer. Ce n'est pas ce que disent tous les cercles, les cellules informelles qui ont assuré la popularité de Podemos. On a aussi critiqué le faible taux de participation aux élections primaires du 22 juillet 2015, 15,8 %, où vous avez été élu candidat pour la présidence du gouvernement.

Pablo Iglesias. Je ne suis pas d'accord. C'est ce que disent les médias. Toutes nos décisions sont soutenues par nos bases. Nous réussissons à dégager des majorités très claires. Quant aux élections primaires, il ne faut pas oublier que nos sympathisants ne sont pas des adhérents qui payent des cotisations, mais tous ceux qui s'étaient inscrits sur notre site. Si les critiques avaient été si fortes, nous n'aurions pas obtenu ces résultats.

Isabelle Piquer. Allez-vous inclure dans votre programme les revendications de vos débuts, comme le « revenu de base » pour tous, « renta basica », ou l'idée de restructurer la dette publique ?

Pablo Iglesias. Nous espérons présenter notre programme début octobre 2015. Le revenu de base est toujours l'un de nos objectifs. Il répond à une idée de justice sociale et, d'un point de vue économique, il peut aussi servir à encourager la consommation. Nous voulons rapprocher le revenu d'insertion qui existe en Espagne du salaire minimum. Il variera selon des critères sur lesquels travaille l'équipe de Podemos. Quant à la dette, nous demandons à voir les comptes. Manuela Carmena, la maire de Madrid, a commencé à faire un audit sur la dette et ce n'est pas la fin du monde. Les citoyens ont le droit de savoir à quoi a servi leur argent.

Isabelle Piquer. Vous avez beaucoup adouci votre ton.

Pablo Iglesias. C'est vrai. Au bout d'un an, on ne peut pas répéter toujours la même chose. Il y a des paroles que l'on doit nuancer. Une image de Podemos a été construite par d'autres autour de l'agressivité et de la colère. Comme ces photos ou j'apparais en fronçant les sourcils. Au début, nous devions crier pour nous faire entendre. Maintenant que l'on nous écoute, nous pouvons parler plus doucement et montrer un côté plus humain. Mon image publique était celle d'un gladiateur dans la fosse aux lions avec son bouclier, son épée et son casque. Et c'est très spectaculaire cette image de type un peu dur, mais elle ne correspond plus au moment actuel.

Isabelle Piquer. Qu'avez-vous appris de la crise de Syriza en Grèce ?

Pablo Iglesias. Nous avons appris que la lutte est très difficile et que nous pouvons perdre des batailles. Le pari était de faire bouger la sociale démocratie, et que Mateo Renzi et François Hollande changent leur position en s'opposant à l'Allemagne. Je crois qu'ils vont payer le prix de ne pas avoir soutenu la Grèce. Alexis Tsipras s'est retrouvé seul contre tous. Son dilemme était de sortir son pays de l'euro ou de gagner du temps. Il a choisi de gagner du temps avec un accord, certes lamentable, mais c'était la seule option qu'il pouvait prendre.

Isabelle Piquer. Mais c'est une défaite.

Pablo Iglesias. Oui, ils ont perdu une bataille, mais pas la guerre. Si Alexis Tsipras gagne les élections du Dimanche 20 Septembre 2015, cela voudra dire que les grecs l'encouragent à tenir bon. Et n'oublions pas qu'il se passe des choses dans la sociale démocratie, dans le Parti Socialiste français par exemple, ou en Italie avec Piero Fassino et les Démocrates de Gauche. Au Royaume-Uni, il est incroyable que Jeremy Corbyn puisse gagner les primaires du Labour Party, le parti de Tony Blair et de Gordon Brown. Même aux Etats-Unis, Bernie Sanders, candidat indépendant en lice pour l'investiture démocrate, a un discours qui ressemble beaucoup à celui de Podemos.

Les héritiers des indignés marquent le pas dans les sondages

Alors qu'au début de l'année tout semblait présager une montée inexorable de Podemos, depuis quelques mois, le parti anti austérité plafonne dans les sondages, malgré sa percée aux élections locales du mois de mai 2015. Les dernières estimations indiquent que, loin de bouleverser le bipartisme espagnol, les héritiers des indignés vont devoir se contenter d'un rôle plus traditionnel, à l'extrême gauche de l'échiquier politique, derrière le Parti Populaire au pouvoir et le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) qu'ils espéraient remplacer.

En janvier 2015, le Centre d’Investigation Sociologique (CIS) plaçait Podemos en deuxième place avec 22,9 % des intentions de vote, devant le PSOE avec 22,2 % des voix, et à cinq points du Parti Populaire, avec 27,3 % des voix. Depuis, la formation recule. En juillet 2015, les dernières estimations du CIS ne lui donnaient plus que 15,7 % des voix, face aux 24,9 % du PSOE et aux 28,2 % du Parti Populaire. « Le flou idéologique qui, au début, a tant contribué à la popularité de Podemos ne joue plus en leur faveur », explique Ignacio Torreblanca, auteur du livre sur Podemos, « Asaltar los cielos », « A l'assaut du ciel ».

« Depuis les élections andalouses du Dimanche 22 Mars 2015, Podemos a dû occuper sa place naturelle dans l'échiquier politique, à gauche des socialistes », poursuit-il, c'est-à-dire l'espace qu'occupaient, jusqu'à leur récente implosion, les écolos-communistes d'Izquierda Unida.

Alliances ponctuelles

Ces derniers, ainsi que les autres mouvements qui ont repris le flambeau des indignés, demandent la création d'un front populaire qui regrouperait toutes les forces de la gauche alternative. Ils soulignent que le système électoral espagnol favorise les majorités et pénalise les petits partis. Podemos s'y refuse. Pablo Iglesias s'est montré cependant favorable à des alliances ponctuelles au niveau local, des « espaces de dialogue qui refléteraient la réalité pluri nationale du pays ». Ces coalitions ad hoc pourraient avoir « des appellations différentes » mais toujours avec le nom de Podemos en tête, comme en Catalogne et bientôt à Valence.

S'il est vrai que Podemos et ses alliés ont enregistré de bons résultats lors des élections régionales et municipales du Dimanche 24 Mai 2015, la réalité est plus nuancée, ni la maire de Madrid, Manuela Carmena, ni celle de Barcelone, Ada Colau, les grandes stars du scrutin, ne sont membres de la formation. Elles ont été élues sur des plates-formes d'unité populaire, Ahora Madrid et Barcelona en Comú, et ne se plient pas aux consignes de Pablo Iglesias.

« Podemos peut profiter de leur popularité, mais elles sont des personnalités à part entière qui ne peuvent être phagocytées », souligne Ignacio Torreblanca.

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