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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 20:07

http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2015/12/02/ce-n-est-pas-le-proces-de-la-manifestation-ni-celui-des-blacks-blocs_4821881_1653578.html

Ce n’est pas le procès de la manifestation, ni celui des black blocs

Ils sont finalement là, les deux premiers condamnés de la place de la République. Venus manifester en marge de la conférence climatique alors que l’état d’urgence l’interdisait, David Meunier et une autre personne ont été interpellés Dimanche 29 Novembre 2015, comme trois cent trente neuf autres manifestants ce jour-là sur cette place. Ils ont ensuite été placés en garde à vue, comme trois cent quinze autres personnes.

Mais seuls eux comparaissaient, Mardi Premier Décembre 2015, devant la vingt-troisième chambre du tribunal correctionnel de Paris. L’un pour violences volontaires sur un agent de police et refus de se disperser malgré les sommations. L’autre pour être restée sur la place malgré les ordres, également, et avoir refusé que l’on prenne ses empreintes.

A vingt huit ans, David Meunier reconnaît « une partie » des faits qui lui sont reprochés. « Le fait d’avoir été là pour la ligne humaine ». Ivre, oui, il l’était. Le jet de projectile, il l’admet aussi. Mais lui a lancé une canette en aluminium, pas une bouteille en verre dont les éclats ont occasionné une « coupure au-dessus de la lèvre » du policer, comme le décrit la présidente du tribunal. Et c’était parce que recevoir du gaz lacrymogène l’avait énervé, se justifie le prévenu. Il ne pouvait donc pas viser volontairement qui que ce soit, puisqu’il en avait « partout dans les yeux ».

Sous l’empire de l’état d’urgence

Pourquoi participer à une manifestation interdite « sous l’empire de l’état d’urgence », s’enquiert la présidente. Et surtout, pourquoi ne pas sortir de la place après les sommations ? David Meunier a été interpellé à 14 heures 46 précises, au moment de la deuxième sommation des forces de l’ordre, au milieu des groupes décrits dans le procès-verbal des policiers comme « anarcho autonomes libertaires ». Lesquels les provoquaient et refusaient de se disperser.

« Ce n’est pas le procès de la manifestation, ni celui des black blocs. C’est le procès de David Meunier », insiste son avocate. Certes, David Meunier connaît des zadistes. Il a même passé une semaine avec ceux d’Agen et en a croisé « deux ou trois » à Paris au cours du week-end de la manifestation. Mais il ne faisait « pas partie de ces groupes-là », insiste-t-il, désignant ceux qui s’en sont pris aux forces de l’ordre sur la place de la République et se sont même emparés « d’éléments issus du mémorial de la statue en hommage aux victimes » des attentats, précise la présidente, ajoutant l’opprobre moral à celle de la loi.

Sur les captures d’écran de la vidéo surveillance, le prévenu est facilement reconnaissable, avec son sac à dos de randonnée et ses habits clairs. « Une tâche de lumière » au milieu des manifestants les plus énervés, vêtus de noir, souligne son avocate. Il ne cherchait d’ailleurs pas à se cacher, selon lui. S’il avait un tee-shirt autour de la bouche, c’était davantage « pour les odeurs de poivre ». Les yeux rivés sur les clichés, la présidente est sceptique. « On voit tout de même que vous êtes au milieu des échauffourées ». Des clichés également « éloquents » pour le procureur.

« Il n’y a que des personnes avec le visage masqué autour de vous. Mais vous ne reculez pas et vous allez au contraire au contact des Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS) après l’ordre de se disperser ».

Les sommations, David Meunier admet les avoir entendues. Mais en regardant dans les rues alentour, les barrages de CRS étaient déjà en place. « J’ai voulu passer, mais je me suis pris un coup de gaz lacrymogène ». Une explication qui ne convainc pas le procureur, qui requiert huit mois de prison dont quatre avec sursis et mandat de dépôt à la clef. Car « quand le masque tombe, ou plutôt le foulard dans le cas de David Meunier, il faut rendre des comptes ».

Soit finalement trois mois de prison ferme, sans mandat de dépôt, et deux cent euros de dommages et intérêts, le parquet de Paris a annoncé avoir fait appel de ce jugement.

La deuxième personne prend sa place dans le box des prévenus. Entre la saison des vendanges et des olives, la jeune femme de vingt cinq ans est venue « visiter des amis » à Paris. Et participer à la manifestation. Ne savait-elle donc pas que c’était interdit ? « Sur les réseaux sociaux, elle était maintenue », répond la militante, certes, écologiste, mais version pacifiste. « La violence, ce n’est pas quelque chose que j’apprécie », insiste-t-elle. Alors elle s’est mise en retrait quand « cela » a commencé. Pas question, en revanche, de quitter la place et « donner raison à cette violence » en s’en allant.

Les sommations, elle affirme ne pas les avoir entendues depuis là où elle se trouvait. Et quand elle a voulu sortir, « impossible ». Les barrages policiers ont été mis en place autour de la place bien avant la première sommation, selon le procès-verbal des policiers lu par la présidente du tribunal. « On fait des sommations dans un piège à rat. Pour que les gens se dispersent ? Je ne crois pas », estime l’avocate de la défense.

Finalement, ce n’est pas vraiment d’être restée qui lui « vaut d’être ici », souligne le procureur. Ce qu’il lui reproche surtout, c’est d’avoir refusé que l’on relève ses empreintes. « Cela a une importance », insiste-t-il, surtout dans « ce contexte ». Il ne dira pas « état d’urgence ».

« Effectivement », admet la jeune femme, droite dans ses bottes de saisonnière. « J’ai considéré que je n’avais pas de raison d’être interpellée ». Alors garder le silence, c’était sa façon de montrer qu’elle n’était « pas d’accord avec la situation ». Pour son avocate, on « frise le ridicule ». Car sur les trois cent dix sept gardés à vue, deux seulement ont été déférés. « Dont celle-là », lance-t-elle en désignant la glaneuse d’olives à la présidente. « Et ce malgré le fait qu’elle a finalement donné son identité trois heures avant que vous ne décidiez de son déferrement pour venir encombrer votre chambre ».

Deux comparutions immédiates, « pour l’instant », lui répond la présidente. Il est 23 heures 30 dans la vingt-troisième chambre du tribunal correctionnel de Paris. La jeune femme est déclarée coupable et écope de mille euros d’amende.

Au moins un autre manifestant devrait passer devant le même tribunal, Mercredi 2 Décembre 2015.

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1 décembre 2015 2 01 /12 /décembre /2015 21:36

http://www.streetpress.com/sujet/1448648139-benjamin-ball-militant-jedi-indignes

Jedi for climate, indignés, No Sarkozy Day

Benjamin Ball, l'hyper militant

par Tiffany Blandin et Michela Cuccagna

Lundi 30 Novembre 2015

Trente et un ans, Benjamin Ball a un Curriculum Vitae militant bien rempli, le No Sarkozy Day et les indignés à la française, c'était déjà lui. Son objectif à l'approche de la conférence climatique, « former une nouvelle génération de militants ». Mais à gauche, il n'a pas que des copains.

Métro Port-Royal, Mardi 3 Novembre 2015, entouré d’une vingtaine de militants, Benjamin Ball franchit le seuil de l’agence de la Banque Nationale de Paris (BNP). « Bonjour, nous venons réquisitionner les chaises », lance l’un d’eux à la cantonade. Cheveux rasés et sweat siglé « on lâche rien », Benjamin Ball s’empare du fauteuil placé à l’entrée, aussi naturellement que s’il aidait pour le déménagement d’un copain. Il ne détourne même pas le regard quand la fille en charge de l’accueil s’époumonne, « non mais vous touchez pas à mon bureau, c’est mort quoi, voyez le directeur ».

Une minute plus tard, sur le trottoir voisin, le groupe de jedi for climate pose pour la photo souvenir avec les onze chaises piquées ce jour-là.

Objectif de ce happening, montrer que les milliards d’euros nécessaires pour lutter contre les effets du réchauffement climatique existent dans les paradis fiscaux. Ces dernières semaines, des dizaines d’actions ont été menées partout en France. Les sièges, cachés chez des militants, seront ressortis Dimanche 6 Décembre 2015, pendant la conférence climatique, pour un « sommet des chaises » qui se tiendra à Montreuil.

En tout, il y aura cent quatre vingt seize chaises, soit autant que d’états représentés lors de la Conférence sur le climat.

Former une nouvelle génération de militants

Benjamin Ball, lui, espère que cette histoire de chaises ira plus loin. « Je voudrais qu’on arrive à voler des dizaines de milliers de chaises pour mettre le pouvoir face à ses contradictions ». Assis dans la salle à manger du Phares, un grand bâtiment de l’Ile-Saint-Denis qui regroupe une quinzaine d’associations et de start-ups de l’économie sociale, il développe son idée, « soit ils répriment massivement et, dans ce cas, ils se heurteront à un mouvement de solidarité de la population. Soit ils ne font rien et les militants se diront que c’est open bar et iront plus loin ».

Pour Benjamin Ball, ce combat est un prétexte pour constituer une armée d’activistes, capable de renverser le système, son rêve.

« En France, il suffirait de dix mille militants conscients, formés, déterminés et capables de se mobiliser ensemble pour tout changer. Le groupe s’élargirait rapidement à cent mille personnes, une masse critique contre laquelle le gouvernement ne pourrait plus rien ».

Bébé militant

A trente et un ans, Benjamin Ball a un Curriculum Vitae de militant bien fourni. Encore lycéen, il organise ses premières manifs et fonde une section locale d’ATTAC. En débarquant à l’université, il rejoint l’Union Nationale des Etudiants de France (UNEF) et les Verts, ouvre des squats et plante la tente avec les enfants de Don Quichotte. Mais son plus haut fait d’arme reste l’importation en France du mouvement des indignés. Quinze ans qu’il porte une idée, créer un mouvement citoyen qui pourrait changer le monde, rien de moins. Et il en est sûr, « il est en train de se passer quelque chose d’extraordinaire, avec la conférence climatique qui approche, nous avons un afflux de personnes qui demandent à être formées à la désobéissance civile. Nous sommes en train de constituer la prochaine génération d’activistes ».

Assis sur le bord d’un canapé, jambes écartées et coudes sur les genoux, il remonte le fil de ses engagements. Son premier combat, il le mène à quinze ans à peine, dans son Calvados natal. A force d’entendre sa mère professeur de français et ancienne militante de la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR) pester contre les réformes de l’éducation de Jack Lang, il attrape le virus.

L’adolescent aux cheveux mi-longs gribouille un tract et, sans l’aide des syndicats, organise sa première grève. Première, terminale, il ne lâche pas le combat lycéen.

Les « coups » du jeune militant ne fonctionnent pas toujours. Comme en 2002, quand il tente d’organiser une grande manifestation après le premier tour des élections présidentielles. Jean-Marie Le Pen se retrouve au second tour face à Jacques Chirac. Benjamin Ball enrage, mais pas pour les mêmes raisons que les autres.

« Comme par magie, les gens ont oublié la politique d’extrême-droite de Jacques Chirac et ses propos racistes, notamment le discours sur le bruit et l’odeur des noirs et des arabes ».

Du coup, Benjamin Ball organise une manifestation contre Jacques Chirac pour le soir du second tour. Le résultat de l’élection tombe, quatre vingt deux pour cent pour le candidat de la droite. La France entière se réjouit, sauf Benjamin Ball. Deux personnes se sont déplacées pour sa grande manifestation, « dont ma mère ».

Entrée dans la cour des grands

Baccalauréat en poche, il frappe à la porte des Verts, « un peu par hasard » et s’inscrit en cours d’histoire. A l’université, il rejoint l’UNEF.

Les premiers temps, tout se passe bien.

« On disait de moi que j’avais l’esprit bien construit pour quelqu’un de mon âge et que je parlais bien. Chez les Verts, on m’appelait même le Besancenot local ».

Mais Benjamin Ball n’a pas les mêmes objectifs que les partis et les syndicats. Chez les Verts, où il est encarté de 2002 à 2004, et même à l’UNEF, on le regarde avec des yeux ronds quand il partage ses idées, « je me définis comme anarcho-républicain. En clair, je pense que la république offre un cadre commun qui est important. Mais il faudrait que chaque ville et chaque établissement ait une assemblée qui décide ce qu’il faut faire et comment utiliser les budgets ».

Le normand défend une ligne jusqu’au-boutiste. Mars 2006, face aux mobilisations, le gouvernement plie et retire son projet de Contrat Première Embauche (CPE). Les étudiants avaient gagné, le contrat précaire spécial jeune était enterré. Mais Benjamin Ball ne veut pas lâcher l’affaire. Dans l’amphithéâtre de l’université de Caen, à laquelle il n’est même plus inscrit parce qu’il a laissé tomber les études, il essaie de faire voter vingt jours de « jeûne revendicatif prolongé », comme il dit.

« Parce que je ne trouve pas cela honnête de dire que nous allons faire une grève de la faim illimitée et mettre notre vie en danger. Parce que nous savons très bien que nous allons finir par remanger ».

Motion refusée, pas grave, lui arrête quand même de s’alimenter, tout seul.

Malgré les faits, le jeune militant continue ses combats. A vingt et un ans, il monte à Paris et décroche un job de réceptionniste. La nuit, il travaille dans son hôtel. Le jour, il est bénévole sur le campement du canal Saint Martin monté par les enfants de Don Quichotte. Il dort dans une tente, comme les sans-abris défendus par le collectif d’Augustin Legrand. L’activiste, aujourd’hui très propre sur lui, raconte, « ce que j’ai trouvé génial, c’est qu’Augustin Legrand a réussi à mobiliser des mecs qui étaient au plus bas pour monter un collectif avec une force politique ».

Web activisme et désobéissance civile

Benjamin Ball, qui s’enthousiasme pour le moindre petit rassemblement, saute au plafond quand il découvre facebook. Il se prend à rêver de créer, en quelques clics, des groupes de plusieurs millions de personnes. Il ouvre alors une dizaine de pages différentes. En espérant que l’une d’elles fasse le buzz.

Et quand un mouvement prend à l’étranger, il tente de le décliner en France. Une journée de mobilisation contre Silvio Berlusconi en Italie ? Sarkozy mérite la sienne. Un campement géant d’indignés en Espagne ? Il faut absolument lancer la branche française. Les américains occupent le quartier financier de Wall Street ? On doit faire pareil à la Défense. Autant d’actions qui auront les honneurs de la presse nationale.

Pour peaufiner ses compétences, Benjamin Ball participe en 2009 à une formation à la désobéissance civile organisée.

Au menu, simulation de confrontation avec la police et cours de droit, entre l’élève et son formateur, Xavier Renou, le boss des désobéissants, le courant passe, « ce qui m’a séduit chez Benjamin Ball, c’est son intelligence vive, son audace et sa sincérité dans son ambition révolutionnaire ». Et le militant expérimenté de poursuivre, « ses idées sont parfois trop grandes pour lui. Mais ce qui est fort, c’est qu’elles ne sont pas tout à fait irréalistes ».

Benjamin Ball tente de mettre en pratique les enseignements de Xavier Renou et lance la campagne Stop Paying. Le principe, trois millions de personnes dans le monde arrêtent en même temps de rembourser leurs crédits et de payer loyers et factures. Le top départ sera donné quand le nombre de signatures requis aura été atteint. Mais l’opération ne prend pas.

Extrême droite friendly

Après la déconvenue de son passage chez les Verts, il veut tenir les partis politiques et syndicats à l’écart. Les militants sont les bienvenus, mais sans leurs banderoles. Revers de la médaille, les actions qu’il organise attirent conspirationnistes et sympathisants d’extrême droite.

Benjamin Ball tient à préciser sa conception des choses, « c’est ma vision de la mobilisation. Il n’y a pas d’ennemis de classe. Le flic, le curé, le patron et même le faschiste sont des êtres humains. C’est sûr, il faut écrire en très gros et crier très fort qu’on est contre les idées d’extrême droite. Après, si les mecs viennent quand même et qu’on arrive à leur faire accepter que l’avis des sans-papiers compte autant que le leur, j’estime que c’est une victoire sur le fascisme ».

Dans la même logique, Benjamin Ball a accepté de débattre avec deux militants « dissidents » sur le média d’extrême-droite Independenza WebTélévision.

Clash avec la gauche

Une ligne qui ne passe pas vraiment à gauche. Les militants aguerris boycottent systématiquement les événements signés Benjamin Ball.

Cette série noire a réellement commencé avec le No Sarkozy Day. Le 27 mars 2010, dix mille personnes se déplacent pour cette journée de mobilisation contre l’ancien président Nicolas Sarkozy organisée dans plusieurs villes françaises. Un bien maigre score, sachant que le groupe facebook dédié flirtait avec les quatre cent mille membres. A l’origine, les blogueurs influents, comme Juan du blog Sarko France, étaient plutôt favorables à l’idée. Mais, voyant que des groupes liés au Front National reprenaient la manifestation à leur compte, ils ont publié un appel pour dissuader badauds et militants d’y participer.

Electron libre multi casquette papillonnant de cause en cause, Benjamin Ball s’est progressivement taillé une réputation désastreuse dans le milieu parisien du militantisme. Pour le site Indymédia Paris, c’est un « opportuniste qui fonde, rejoint ou quitte les mouvements auxquels il participe au gré de la place qui est accordée en leur sein à son ego », ou encore un « boulet connu des luttes sociales à Paris ». Jean-Baptiste Pelé, aujourd’hui membre de la direction du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), qui l’a notamment connu lors des rassemblements des indignés, est lui aussi critique, même s’il se fait plus modéré, « je ne remets pas en cause sa sincérité. Je crois juste qu’il est déconnecté de la réalité. Un mouvement, cela ne se décrète pas. Cela se construit sur plusieurs années. Et puis, on ne peut pas non plus appliquer des recettes toutes faites. Ce qui marche dans un pays ne fonctionne pas forcément dans un autre ».

Les indignés à la française

L’échec du No Sarkozy Day n’arrête pas Benjamin Ball. L’année d’après, rebelote, il tente d’organiser une marche sur l’Élysée après le défilé du premier mai. Ils se retrouvent à cinquante. La déception sera de courte durée. Quinze jours plus tard, une manifestation dénonçant la dictature des marchés débouche sur l’occupation de la Puerta del Sol, à Madrid. Le mouvement citoyen se propage à d’autres villes en Espagne et dans le monde.

Benjamin Ball, vingt six ans, lance sur facebook, un rassemblement place de la Bastille. La mayonnaise prend. Les espagnols vivant dans la capitale le rejoignent. Mais sur la place parisienne, rien ne se passe comme prévu. Les militants se disputent pour savoir s’il faut continuer d’occuper la place ou non. Benjamin Ball est de ceux qui souhaitent rester. Mais les espagnols préfèrent organiser une nouvelle manifestation plusieurs jours plus tard. Ils obtiennent gain de cause. Finalement, il n’y aura pas de campement permanent des indignés à Paris mais des assemblées générales régulières.

Plusieurs mois après le début des indignés, il propose en assemblée générale d’imiter les américains d’Occupy Wall Street et de squatter le quartier d’affaires de la Défense. Une partie de ce qu’il reste des indignados made in France le suit. Mais, au bout de six semaines, il ne reste plus qu’une trentaine d’occupants, un peu paumés, qui finissent en garde à vue pour avoir tenté de rentrer par effraction dans le centre commercial. Cet ultime fail lui fait prendre conscience des limites de son activisme en électron libre.

Baki Youssoufou, un militant rencontré il y a dix ans, devenu son ami, a constaté le changement, « avant, il avait du mal à entendre ceux qui ne partageaient pas ses valeurs. Il est passé d’une situation où il était important pour lui de revendiquer à une situation où il préfère se taire et construire ».

Construire sur la durée

Il décide cette fois de ce mettre au service de mouvements sans forcément revendiquer la place de chef. En 2014, il rejoint Nouvelle Donne, le petit parti de gauche aux grandes ambitions fraîchement créé.

Grâce à son Curriculum Vitae militant long comme le bras, il est bombardé responsable de la campagne web pour les élections européennes. Résultat ? Le parti de Pierre Larrouturou obtient trois pour cent des voix.

« Ce n’est pas mal mais cela n’a pas été le raz de marée qu’on aurait pu avoir. Je suis sûr qu’on aurait pu faire mieux si j’avais eu à ma disposition deux cent ou trois cent personnes motivées et formées ».

Mais l’aventure Nouvelle Donne ne durera pas non plus. Fin 2014, il quitte le mouvement avec un grand nombre d’autres adhérents suite à des désaccords sur l’organisation du parti.

Mais Benjamin Ball l’hyper actif à de nombreuses autres cordes à son arc, il est élu dans plusieurs conseils d’administration d’associations, dont Bio Consom’Acteurs et Artisans du Monde. Et il est surtout salarié de la Boîte Militante, une structure qui chapeaute l’Alter JT, un média alternatif, et le collectif des désobéissants, dont Xavier Renou est le leader, « Benjamin Ball a changé. A force de discuter, de bâtir son réseau et d’évoluer dans des milieux variés, il dispose maintenant d’outils pour réaliser ses rêves, qui, eux, n’ont pas changé ».

Benjamin Ball et Xavier Renou ont fait parti des militants à l’initiative de la manifestation interdite du Dimanche 29 Novembre 2015 place de la République à Paris.

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1 décembre 2015 2 01 /12 /décembre /2015 18:47

http://www.metronews.fr/info/manifestation-de-republique-des-gardes-a-vue-pour-dissuader-et-intimider/mola!OhgxLGNvBBlZM

En garde à vue après la manifestation place de la République, « je n'ai pas compris »

Coriolan fait partie des trois cent quarante et une personnes qui ont été interpellées Dimanche 29 Novembre 2015 place de la République à Paris. Après vingt quatre heures de garde à vue, ce professeur lillois est ressorti libre. Il raconte.

Il avait prévu de venir à Paris depuis longtemps pour manifester à l'occasion de la conférence climatique. Etat d'urgence oblige, Coriolan a su très vite qu'il ne pourrait pas le faire pour des raisons de sécurité.

Pour autant, ce professeur de collège lillois âgé de trente ans a maintenu son week-end dans la capitale et a participé Dimanche 29 Novembre 2015 à la grande chaîne humaine qui s'est formée dans le onzième arrondissement à la veille du lancement de la conférence climatique.

Arrivé en fin de matinée place de la République, Coriolan s'est d'abord retrouvé au cœur de ce rassemblement « calme et encadré par les forces de l'ordre. Les policiers laissaient les gens entrer sur la place de la République et se regrouper. Puis en début d'après-midi, il y a eu une sorte de défilé improvisé autour de la place. C'est à ce moment-là que des groupes sont allés se frotter aux barrages policiers qui étaient mis en place ».

Encerclé par les forces de l'ordre

Vers 14 heures, la place de la République est bloquée. « Apparemment, il y a eu des sommations de se disperser. Mais comme la place était bouclée, c'était compliqué d'obéir », raconte Coriolan. « Je me suis finalement retrouvé au milieu d'un groupe de deux cent personnes environ, au milieu des Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS). Nous avons demandé à ce qu'on nous laisse sortir, en vain. Ils ont commencé par saisir les gens un par un et à les mettre dans des fourgons ».

A 15 heures 30, Coriolan se voit signifier son placement en garde à vue.

A 16 heures 30, il est embarqué avec dix autres personnes au commissariat de la rue de l'Evangile, dans le dix-huitième arrondissement. « On ne va pas se mentir. Dimanche 29 Novembre 2015, plusieurs groupes avaient prévu de passer à l'action pour essayer de forcer les barrages de police y compris par la force, c'est leur technique habituelle. Je n'en faisais pas partie, comme la majorité des manifestants qui étaient pacifiques et dont le visage était découvert. Pourtant, je me suis retrouvé au commissariat, je n’ai pas compris pourquoi », s'indigne Coriolan.

Une fois rue de l'Evangile, Coriolan comme les autres se retrouvent dans des cellules pleines à craquer. « Dans la mienne, nous étions vingt trois », précise le professeur. « Les policiers étaient visiblement débordés par l'afflux de gens. Ils passaient régulièrement pour faire l'appel, ils ne savaient plus qui était où et qui était qui. Puis ils ont commencé à transférer les personnes interpellées vers d'autres commissariats pour pouvoir les entendre ». A 1 heure du matin, le professeur du Nord se retrouve au poste de Rueil-Malmaison, dans les Hauts-de-Seine.

« Nous avons été accueillis par des équipes de nuit particulièrement peu sympathiques. Je me suis fait insulter. On nous a fait croire qu'il n'y avait plus de repas, alors que pour certains nous n'avions rien mangé depuis dimanche matin. Puis, on nous a fait dit qu'il y aurait un plat pour deux, avant que l'on entende un policier faire semblant de cracher dans nos portions avant de nous les apporter ».

Le risque de l'assignation à résidence

Après une nuit en cellule, Coriolan est enregistré dans les fichiers de police, prise d'empreintes et photographies. « J'avais demandé un avocat qui n'était toujours pas là. A 10 heures 20, j'ai été entendu par un officier de police judiciaire, sans conseil. A chaque question, j'ai répondu que je n'avais rien à déclarer. A 11 heures 30, j'ai pu finalement m'entretenir avec l'avocate commise d'office qui m'a indiqué qu'elle avait été prévenue qu'à 10 heures de ma demande. Demande que j'avais formulée à 18 heures la veille ».

Son conseil rédige par la suite une page et demie d'observations. Elle souligne notamment que les droits de son client n'ont pas été notifiés, comme il se doit, dès le début de la garde à vue. L'avocate relève en outre que Coriolan a été mis en cause pour « participation à un attroupement après sommation de se disperser », alors que les sommations ne pouvaient être audibles à l'endroit où il se trouvait, du fait de la distance mais également du bruit, notamment des grenades lacrymogènes utilisées par les forces de l'ordre.

Vers midi, Coriolan retrouve sa cellule avant de quitter le commissariat après vingt quatre heures de garde à vue. « On m'a dit qu'il n'y avait pas de suite. Que le procureur n'a pris aucune décision nous concernant. Et on nous a laissés partir. Mon avocate m'a toutefois mis en garde sur une éventuelle assignation à résidence qui pourrait être formulée. Pour l'instant, je n'en ai pas ».

Rentré chez lui depuis, le professeur déclare avoir été surpris par toutes ces interpellations. « Quand cela a dégénéré, je pensais que les policiers prendraient les manifestants pacifistes, qu'ils les contrôleraient et qu'ils les laisseraient partir. Je ne m'attendais pas du tout à cette garde à vue massive qui, à mon sens, a pour but de dissuader les gens de manifester et de les intimider », confie-t-il.

Comme la majorité des manifestants, il regrette que des individus aient été violents et qu'ils aient dégradé les objets déposés en hommage aux victimes des attentats. « On dit que des manifestants ont pris des bougies et s'en sont servis comme projectiles. C'est peut-être le cas mais je ne l'ai pas vu. Toutefois, il suffit de regarder sur les réseaux sociaux pour voir que des policiers ont aussi piétiné les bouquets de fleurs. Sur twitter ou facebook, les clichés ne manquent pas ».

Au total, trois cent quarante et une personnes ont été interpellées Dimanche 29 Novembre 2015 lors du rassemblement émaillé de violences en marge de la conférence climatique. Sur les trois cent dix sept personnes gardées à vue, seules neuf d'entre elles ont vu leurs gardes à vue prolongées Lundi 30 Novembre 2015. Elles devraient faire l'objet d'une comparution immédiate.

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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 20:43

http://www.ujfp.org/spip.php?article4545

La riposte de Paris au choc des civilisations

Par Michel Warschawski, journaliste israélien

Mercredi 25 Novembre 2015

Les attaques des commandos de l’Etat Islamique à Paris et à Saint-Denis provoquent chez toute personne sensée l’indignation et la colère, des centaines de civils innocents ont été massacrés par des tueurs armés de kalachnikovs et d’une idéologie mortifère. Mais on ne peut se limiter à l’indignation et, même devant les images d’horreur que les chaînes de télévision nous servent en boucle, il nous faut faire l’effort de comprendre, ne serait-ce que pour mettre en garde contre ce qui risque de provoquer de nouveaux attentats de ce genre.

Le langage utilisé par les tueurs de l’Etat Islamique est celui du choc des civilisations. Mais d’où vient cette idéologie ? Certainement pas des quartiers populaires de Bruxelles ou de Paris, pas plus que des banlieues de Damas ou des universités de Tunis. L’idéologie du choc des civilisations est née au milieu des années 1980 dans les think-tanks néoconservateurs américano-israéliens. C’est Samuel Huntington qui, sous forme d’anticipation, l’a théorisé de fait. Les politiques néo conservateurs, en particulier George Bush et Benyamin Netanyahou, vont alors en faire une stratégie, simpliste mais sanglante.

Selon la pensée néo conservatrice, le monde est divisé en deux, l’axe du bien et l’axe du mal, chers à l’ancien locataire de la Maison-Blanche et à ses conseillers, d’un côté le monde civilisé, démocratique et assoiffé de liberté, de l’autre les barbares qui menacent cette civilisation. Si, au début, ils dénommaient l’axe du mal « le terrorisme international », il a rapidement été ré-identifié comme le « terrorisme islamiste » pour devenir finalement, dans la logique du choc des civilisations, l’islam lui-même comme menace civilisationnelle. Pour les néo conservateurs le choc est bel est bien entre ce qu’ils appellent la « civilisation judéo-chrétienne » et le monde musulman.

Le corollaire de cette division civilisationnelle du monde est la guerre globale, permanente et préventive, dans laquelle se lancent les États-Unis et leurs alliés, en Afghanistan, en Iraq, au Liban et en Palestine.

Des millions de morts, des destructions sans nom et des sommes colossales gaspillées dans la guerre et l’armement pour finalement déboucher sur un échec cinglant, la résistance des peuples a tenu tête au terrorisme d’état global et a réussi à faire reculer l’empire. George Bush a dû faire place à Barack Obama et la stratégie de la guerre globale à une politique plus subtile faite, entre autres, de sous-traitance à des régimes locaux, des groupes paramilitaires et d’autres états.

La France s’est chargée de ce qu’elle considère comme sa chasse gardée, l’Afrique subsaharienne francophone où elle fomente des coups d’état, arme des milices et n’hésite pas non plus à bombarder, comme par exemple en Libye, voire à envoyer des troupes au sol, comme c’est le cas au Mali. Et l’appétit vient en bombardant, face à la prétendue mollesse de Barack Obama, François Hollande décide d’intervenir en Syrie et d’y semer la mort et la destruction. Comme les États-Unis en ont fait l’expérience dans des aventures militaires précédentes, les frappes dites chirurgicales sont grosses de bavures et les « victimes collatérales » se multiplient. S’il y avait des guerres unilatérales, on le saurait. Toute agression provoque tôt ou tard une réaction, que ce soit sous forme de résistance sur le terrain ou d’actes de représailles dans la métropole impérialiste. La tuerie des commandos de l’Etat Islamique à Paris et à Saint-Denis est d’abord une action de représailles aux aventures militaires sanglantes de la France en Syrie. François Hollande aurait dû apprendre du cas israélien que toute agression provoque une réaction, quel que soit le rapport de forces d’ailleurs, quarante-cinq ans après le début de l’occupation coloniale israélienne de la Cisjordanie et de Gaza, une nouvelle génération se soulève, avec des couteaux de cuisine et des tournevis et réduit à néant l’illusion d’une normalité et la propagande sur la sécurité des israéliens.

Et pourtant, le gouvernement israélien, une partie des médias locaux et de l’opinion publique, ont le culot de se moquer ces derniers jours de la France, de sa mollesse et de son échec dans la lutte contre le terrorisme. Benjamin Netanyahou s’est même porté volontaire pour enseigner aux autorités françaises comment on fait front au terrorisme.

S’il n’était pas enivré par l’ubris et par ses propres discours, le premier ministre israélien dirait au président français que de nouvelles lois liberticides, l’amendement de la constitution et la criminalisation de tout ce qui est basané, ne produisent ni l’écrasement du terrorisme ni plus de sécurité aux citoyens, bien au contraire. Benjamin Netanyahou est le dernier à pouvoir se moquer de « l’impuissance française », lui qui n’arrive pas à juguler les attaques au couteau de cuisine de jeunes adolescents palestiniens. Mais il faut bien qu’il dise quelque chose, alors que les terroristes de Paris et de Saint-Denis ne lui ont pas servi cette fois son plat préféré, l’attaque d’une synagogue ou un attentat dans un Hyper Cacher aux cris de « mort aux juifs ».

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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 20:19

Incidents avant la conférence climatique, la plupart des gardes à vue levées (Reuters)

La plupart des gardes à vues qui ont suivi les débordements qui se sont produits lors d'une manifestation Dimanche 29 Novembre 2015 à Paris à la veille de l'ouverture de la conférence de l'Organisation des Nations Unies (ONU) sur le climat ont été levées, a-t-on appris Lundi 30 Novembre 2015 de source judiciaire.

Seules neuf personnes ont vu leur garde à vue prolongée, sur trois cent dix sept, a-t-on précisé. Au total, trois cent quarante et une personnes avaient été interpellées, selon un bilan de la préfecture de police.

Les affrontements ont opposé la police à quelques centaines de protestataires, dont certains étaient cagoulés, qui avaient bravé l'interdiction de manifester en vigueur dans le cadre de l'état d'urgence.

La police avait fait état Dimanche 29 Novembre 2015 de cent soixante quatorze gardes à vue à la suite de ces heurts, qui se sont déroulés sur la place de la République où les hommages aux cent trente victimes des attaques du Vendredi 13 Novembre 2015 n'ont pas cessé depuis deux semaines.

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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 19:54

https://www.change.org/p/françois-hollande-nous-manifesterons-pendant-l-état-d-urgence

https://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/301115/lappel-des-58-nous-manifesterons-pendant-letat-durgence

Appel des cinquante huit

Nous manifesterons pendant l’état d’urgence

Lundi 30 Novembre 2015

A l’initiative de Noël Mamère, Jean Baptiste Eyraud et Olivier Besancenot, cinquante huit personnalités de différents mouvements, artistes, intellectuels, députés et responsdables politiques, lancent un appel pour la liberté de manifester, contre la criminalisation des mouvements sociaux et en solidarité avec les manifestants poursuivis.

L’interdiction de manifester met en cause la liberté d’expression et d’opinion et fait le jeu des ennemis de la démocratie et de la liberté.

Suite à la manifestation de solidarité avec les migrantsdu Dimanche 22 Novembre 2015 à Paris, cinquante huit personnes ont été identifiées par la police. Il leur est reproché « la violation de l’arrêté d’interdiction de manifester ». Moins de quarante huit heures plus tard, des forces de police ont été mobilisées pour amener à leur domicile des convocations et mener les auditions. Les poursuites sont lancées.

Notre meilleure arme face aux terroristes et aux désordres du monde c'est de nous réunir, de nous parler, de nous rassembler et de manifester nos opinions. Voilà ce que l’Etat Islamique et d'autres veulent interdire. Voilà ce que nous défendons.

Nous déclarons que nous avons manifesté ou que nous manifesterons pendant l’état d’urgence.

Nous affirmons notre solidarité avec les cinquante huit personnes poursuivies. Nous exigeons la levée immédiate de toute poursuite à leur égard ainsi que pour toutes celles et ceux qui seraient poursuivies pour le même motif.

Nous refusons toute criminalisation des mouvements sociaux.

Nous exigeons la levée des interdictions de manifester.

Si le gouvernement cherche, au travers des cinquante huit convoqués, à nous intimider, nous, cinquante huit signataires, appelons à être cinq mille huit cent puis cinquante huit mille. Nous ne cèderons pas sur nos libertés.

C'est la meilleure façon de rendre hommage aux victimes, de soutenir ceux et celles qui fuient la misère, l’Etat Islamique et la guerre, et de construire la paix.

Premiers signataires

Jean-Claude Amara, Clémentine Autain, Olivier Besancenot, Serge Coronado, Jean-Baptiste Eyraud, Geneviève Fraisse, Bernard Friot, Jacques Gaillot, Eva Joly, Stathis Kouvelakis, Olivier Lecour Grandmaison, Frédéric Lordon, Noël Mamère, Xavier Mathieu

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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 19:34

Message de François de Massot aux militants du Courant Communiste Internationaliste (CCI).

J’ai souhaité m’adresser à vous, même si cela n’est pas facile pour moi, en qualité de renégat, d’agent du corporatisme et ennemi des organisations de la classe et de la quatrième internationale entre autres parmi les nombreuses insultes portées aux membres de la tendance par des dirigeants du CCI.

Ignorant ces calomnies, je souhaitais pour ma part m’adresser à vous conformément aux traditions du mouvement ouvrier, fraternellement, autant que cela puisse être possible, nous avons été camarades ensemble à construire pendant tant d’années le même parti.

Je voulais vous livrer cette information que l’on trouve sur google dès lors qu’on s’intéresse aux nombreux commentaires sur les évènements du Parti Ouvrier Indépendant (POI) et du CCI et notamment de ceux émanant de nos ennemis que je pense communs.

Un club que je ne connaissais pas, le Club Politique Bastille (CPB) où s’expriment apparemment Charles Berg et ses amis, ainsi que des membres de la ligue nous informe de ceci.

Daniel Shapira animera une réunion débat sur la crise au POI. On peut s’interroger sur les motivations de communiquer largement sur la crise du parti qui fut le notre. On peut toujours ne pas être d’accord entre nous, mais gardons le pour nous, non ?

Qui a à gagner ou intérêt à livrer nos désaccords politiques au tout venant et en particulier à des gens qui ont attaqué et calomnié notre organisation ?

En tout cas, le Club Politique Bastille parait très intéressé à communiquer sur le sujet qui en a fait la une de sa page d’accueil.

Vous verrez, le deuxième article de la page est signé Pierre Rousset et François Sabado, deux membres éminents de la ligue, grand défenseur de la quatrième internationale dont vous savez comme moi, que la ligne politique est de confier aux appareils bureaucratiques, le soin de conduire la révolution.

Le quatrième article n’est pas dénué d’intérêt. Il s’agit toujours d’écrits du Club Politique Bastille, relayant les positions de Charles Berg.

« Dégénérescence lambertiste, une bien petite personne que ce Lambert », on ne pourra qu’être d’accord, pour une fois depuis un moment ensemble, à vomir.

Vous trouverez en pièce jointe une petite partie de l’article.

Je me pose des questions sur ce que je viens de découvrir et voulais vous en informer.

Je reste très prudent, il s’agit peut être d’une grossière provocation, auquel cas, un communiqué qui dise que ce camarade n’a jamais eu l’intention de communiquer publiquement sur la crise du POI et qu’il n’a rien à voir avec ce club et ses annonces serait rassurant.

Enfin, je profite de ce mail pour vous communiquer la déclaration du comité national de nos camarades américains de Socialist Organizer, un document politique soumis au débat, tant est qu’il soit encore possible.

Fraternellement

François de Massot

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29 novembre 2015 7 29 /11 /novembre /2015 18:16

http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/11/27/les-militants-de-la-cop21-cible-de-l-etat-d-urgence_4818885_3224.html

Les militants contre la conférence climatique, cibles de l’état d’urgence

Par Laurent Borredon et Adrien Pécout

Quelques jours avant l’ouverture de la conférence climatique, Dimanche 29 Novembre 2015, vingt quatre militants écologistes ont été assignés à résidence dans toute la France. Selon nos informations, au moins six personnes ont été assignées à résidence à Rennes, ainsi qu’un membre de l’équipe juridique de la coalition climat vingt et un, qui rassemble cent trente associations, organisations non-gouvernementales et syndicats. Les policiers ont également tenté de notifier cette mesure à plusieurs personnes à Rouen et à Lyon sans parvenir à les trouver. Des perquisitions ont eu lieu à Ivry-sur-Seine, dans le Val de Marne, et chez des maraîchers bios de Dordogne.

Les assignations à résidence que le Monde a pu consulter prennent fin Samedi 12 Décembre 2015, soit au lendemain de la fin de la conférence sur le climat. Elles visent clairement les éventuels mouvements revendicatifs qui pourraient entourer l’événement. « Des mots d’ordre ont circulé pour appeler à des actions revendicatives violentes », assurent les arrêtés, avant d’affirmer « que la forte mobilisation des forces de sécurité pour lutter contre la menace terroriste ne saurait être détournée pour répondre aux risques d’ordre public liés à de telles manifestations ».

Le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, a justifié, Samedi 28 Novembre 2015, ces mesures administratives, « nous avons assigné vingt quatre personnes parce qu’elles avaient témoigné d’actes violents par le passé à l’occasion de manifestations et qu’elles avaient exprimé le souhait de ne pas respecter les principes de l’état d’urgence. J’assume totalement cette fermeté ».

Mais pour la secrétaire nationale d’Europe Ecologie Les Verts (EELV), Emmanuelle Cosse, « il n’est pas acceptable que des militants de l’écologie soient pris pour cible à quelques jours de la conférence climatique. Nous avons exigé que, dans le cadre du contrôle parlementaire, soit examiné l’ensemble des raisons qui ont conduit à ces assignations et perquisitions ».

La loi du 20 novembre 2015 sur l’état d’urgence autorise l’assignation à résidence d’une personne s’il existe « des raisons sérieuses de penser que son comportement constitue une menace pour la sécurité et l’ordre public ». La coalition climat vingt et un a protesté Samedi 28 Novembre 2015 contre des « abus manifestes » et elle a demandé aux autorités d’y mettre fin immédiatement. « Nous, organisations de la société civile, sommes convaincues que nous ne parviendrons pas à endiguer le réchauffement climatique en renonçant à nos libertés et à nos droits fondamentaux », écrit la coalition dans un communiqué.

Les débordements éventuels lors de la grande marche mondiale pour le climat qui devait avoir lieu Dimanche 29 Novembre 2015 inquiètent le gouvernement depuis des semaines. Elle a finalement été interdite à la suite des attentats du Vendredi 13 Novembre 2015. Si les organisateurs ont prévu des modes d’expression alternatifs, plusieurs associations ou collectifs n’ont pas renoncé. Mardi 24 Novembre 2015 , plusieurs intellectuels ont ainsi lancé, dans Libération, un appel à « braver l’état d’urgence » et l’événement « marche mondiale pour le climat, appel à la désobéissance » créé sur facebook réunissait, Vendredi 27 Novembre 2015, quatre mille sept cent participants.

« Ils ont fouillé partout »

Au squat du Massicot, à Ivry-sur-Seine, le réveil a été plus « mouvementé » que d’ordinaire. « Vers 8 heures, Jeudi 26 Novembre 2015, un ami ouvre la porte, il se fait menotter. Puis deux poliiciers braquent leur arme sur moi et me disent de me mettre à genoux ». Regroupés dans un coin de la pièce sur un canapé, les squatteurs assistent aux investigations. « Ils devaient être une trentaine de policiers. Ils ont fouillé partout, vidé les placards, soulevé les lits et cherché dans nos papiers. Mais ils n’ont rien trouvé ». L’un des dix habitants, Koné, trente cinq ans, est le seul à être placé en garde à vue. « Ils m'ont posé des questions sur la conférence climatique. Ils m'ont demandé si nous allions recevoir des blacks blocs dans le squat, si j’allais à la manifestation de Dimanche 29 Novembre 2015 ». Il est relâché « vers midi ou 13 heures, un peu traumatisé ».

Conférence climatique toujours, en Dordogne, Mercredi 25 Novembre 2015, à 7 heures, les forces de l’ordre ont perquisitionné la ferme d’un couple de maraîchers bios.

« Ils nous ont parlé de la conférence climatique, persuadés de viser dans le mille. L’un des gendarmes nous a demandé si la conférence climatique, les sommets européens et les manifestations pour l’environnement, cela ne nous disait rien », raconte Elodie. « Puis ils nous ont demandé si nous avions des bombes ou des armes. En fait, ils ne savaient pas trop ce qu’ils disaient ».

Membre de la Confédération Nationale du Travail (CNT), un syndicat d’inspiration anarchiste, la cultivatrice fait partie des premières militantes à avoir occupé Notre-Dame-des-Landes pour protester contre le projet d’aéroport. « C’était il y a trois ans et c’était le seul truc tangible qu’ils avaient. Depuis, nous avons ce maraîchage, j’ai un enfant de deux ans ». Ordinateurs et téléphones portables, tout y passe, « ils ont branché des machines sur mon téléphone, ils m’ont dit que c’était un logiciel pour détecter des mots-clés. Mais je ne sais pas ce qu’ils ont fait des données ». Ses carnets ont été compulsés. Une inscription, « Bruxelles », attire l’attention des enquêteurs. « Mon mari a tout simplement habité là-bas. Je leur ai dit que, sérieusement, nous avons été perquisitionnés parce que nous faisons partie de l’extrême gauche et vous vous mettez maintenant à imaginer un lien avec l’islamisme radical ».

Improvisation

A Rennes, où six personnes se sont vu signifier une assignation à résidence, même ambiance musclée. Dans l’un des appartements, les fonctionnaires sont arrivés Jeudi 26 Novembre 2015 vers 9 heures 30. « Une quinzaine de policiers sont entrés arme au poing, en nous criant de nous allonger au sol. Puis ils nous ont menotté. J’ai pensé qu’ils allaient nous interpeller, ils ne nous disaient rien sur le cadre ou l’objet de leur présence. Ils ont fouillé chez nous et c’est seulement à la fin qu’ils nous ont parlé des assignations », explique l’un des habitants.

Le texte des arrêtés réserve des surprises. Pour l’un des militants, il est ainsi évoqué une « participation aux manifestations violentes contre l'aéroport de Notre Dame Des Landes du 22 février 2014 à Nantes », alors qu’il n’a jamais été inquiété par la police ou la justice à ce sujet, et une « participation active aux manifestations violentes à l’encontre de la police à Pont-de-Buis, dans le Finistère, les 23, 24 et 25 octobre 2015 », alors qu’il peut établir qu’il n’y était pas. Des recours devant le tribunal administratif devaient être déposés, Vendredi 27 Novembre 2015.

L’improvisation est encore plus flagrante dans d’autres villes de France. A Rouen, la police s’est présentée dans un appartement que les personnes assignées n’occupaient plus depuis plusieurs mois. A Lyon, plusieurs policiers en civil ont débarqué vers 18 heures dans une maison en colocation pour délivrer une assignation à résidence à un homme qui n’habitait plus là depuis près d’un an. La situation s’est tendue lorsque les forces de l’ordre ont souhaité inspecter la maison.

« Le petit jeu a duré vingt minutes, explique l’un des habitants du logement. Ils nous disaient qu'ils ne savaient pas si ce n'était pas nous, qu'il y avait des gens en haut, qu'ils voulaient aller vérifier et qu'ils faisaient juste leur travail. Nous leur avons répondu que s’ils voulaient faire leur travail, ils pouvaient tout simplement appeler la caisse d’allocations pour vérifier les adresses ».

Des renforts ont été appelés, puis, après un coup de fil reçu par l’un des policiers, les fonctionnaires ont battu en retraite, sans plus d’explications.

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29 novembre 2015 7 29 /11 /novembre /2015 17:39

https://www.npa2009.org/actualite/ecologie/liberation-immediate-de-tous-les-manifestants-contre-la-cop-21-non-letat-policier

Libération immédiate de tous les manifestants contre la conférence climatique, non à l'état policier

La manifestation pour le climat, qui a rassemblé plus de cinq mille personnes, a été violemment réprimée par la police.

Utilisation de gaz lacrymogènes, matraquages et dizaines d’arrestations violentes, le gouvernement n’a pas hésité à utiliser les grands moyens pour empêcher les manifestants de s’opposer à la conférence climatique. Celui-ci laisse les commémorations des attentats du Vendredi 13 Novembre 2015, les matchs de football et les concerts, mais il réprime les manifestations. Ce n’est pas le danger pour les manifestants qui guide le gouvernement, mais le fait de faire passer sa politique.

EDF, BNP Paribas, Air France, GDF Suez, les sponsors de la conférence climatique, sont parmi les premiers pollueurs du monde. Les dictateurs du monde entier sont reçus en grande pompe par Laurent Fabius et François Hollande, mais les manifestants, qui veulent lutter pour un monde meilleur, se font réprimer. Les attentats du Vendredi 13 Novembre 2015 sont le révélateur d’un monde en décomposition. Changer le système, pas le climat. Arrêtons les pollueurs, pas les manifestants.

Des centaines de manifestants contre la conférence climatique sont actuellement encerclés et arrêtés en masse par les policiers place de la République à Paris. Parmi eux figurent Christine Poupin et Olivier Besancenot, portes paroles du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) et plusieurs dizaines d'autres camarades de notre organisation, d'Alternative Libertaire et d'Ensemble. Ces arrestations sont la preuve que ce n'est pas contre le terrorisme de l'Etat Islamique que les mesures d'exception entraînées par l'état d'urgence s'appliquent, mais contre toutes celles et ceux qui exercent la plus fondamentale des libertés, celle de manifester. Alors que les chefs d'état vont se réunir dès demain à Paris pour la conférence climatique, toutes celles et ceux qui ne veulent pas les laisser décider du sort de la planète et de l'humanité sont réprimés. Après les assignations à résidence et les perquisitions visant les militants écologistes depuis avant-hier, ce sont désormais les arrestations en manifestation. A bas l'état policier, liberté pour tous les manifestants arrêtés à Paris.

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29 novembre 2015 7 29 /11 /novembre /2015 17:03

http://www.clubpolitiquebastille.org/spip.php?article149

Sur la crise du Parti Ouvrier Indépendant (POI)

Réunion Débat avec Daniel Shapira

Samedi 12 Décembre 2015 à 14 heures 30

Librairie de l'EDMP

8 impasse Crozatier 75 012 Paris RER Gare de Lyon

Une rupture est intervenue dans le Courant Communiste Internationaliste (CCI), section française de la quatrième internationale, puis dans le POI. Pour en comprendre les enjeux, il semble nécessaire de la replacer dans le contexte de la situation politique.

La situation est contradictoire. D’une part, le gouvernement s’attaque au socle de toutes les conquêtes sociales de 1945 et, d’autre part, ce qui s’est passé à Air France confirme que n’importe quel élément « imprévu » peut tout cristalliser.

C’est la raison pour laquelle l’aide à l’émancipation de la classe ouvrière ne saurait prendre la forme de recherche de substituts quels qu’ils soient. « Ni dieu, ni sauveur suprême » dit le chant de l'internationale.

Fidèle à la devise de Karl Marx, « l’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes », et confiant dans les capacités de la classe ouvrière, Daniel Shapira introduira la discussion sur les questions soulevées par la crise dans la quatrième internationale.

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