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24 janvier 2016 7 24 /01 /janvier /2016 16:57

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2016/01/21/31001-20160121ARTFIG00286-nkm-devedjian-mariton-nous-ne-voterons-pas-la-revision-constitutionnelle.php

Nous ne voterons pas la révision constitutionnelle

Par Sylvain Berrios, Bernard Debré, Patrick Devedjian, Guy Geoffroy, Philippe Gosselin, Jean-Jacques Guillet, Nathalie Kosciusko-Morizet, Thierry Lazaro, Hervé Mariton, Patrice Martin-Lalande, Édouard Philippe, Christophe Priou, Jean-Sébastien Vialatte, Gilbert Barbier, Jérôme Bignon, Jean-Pierre Grand, Michel Heinrich, Claude Malhuret, Louis Pinton et Hugues Portelli.

Jeudi 21 Janvier 2016

Depuis plusieurs semaines déjà, la révision constitutionnelle occupe largement le débat public. Ensemble, nous combattons ce projet inutile et dangereux. Nous dénonçons une manipulation politique et la désinvolture avec laquelle François Hollande la conduit. Nous regrettons enfin l'effacement du débat à droite sur notre position de vote.

Cette révision est d'abord inutile, que de temps perdu et d'énergie gâchée. Certes, les français attendent des mesures fortes dans la lutte contre le terrorisme. Mais ni l'état d'urgence ni la déchéance de nationalité ne requièrent une révision constitutionnelle. Tout peut se faire dans la loi. Sur l'état d'urgence, le conseil constitutionnel a répondu dès 1985 aux objections et à nouveau en décembre 2015. Les termes mêmes de l'exposé des motifs du dernier projet de loi trahissent une forme de gêne, donner un fondement constitutionnel serait « nécessaire pour moderniser le régime » de l'état d'urgence. On est bien loin du rôle de la constitution.

La déchéance de nationalité ne requiert pas plus de modification constitutionnelle. Des décisions du conseil constitutionnel de 1996, puis de janvier 2015, sont venues la conforter. Et l'article vingt trois alinéa sept du code civil prévoit déjà que « le français qui se comporte de fait comme le national d'un pays étranger peut, s'il a la nationalité de ce pays, être déclaré par décret avoir perdu la qualité de français ».

Inutile, donc, cette révision est aussi dangereuse. Tout le monde s'accorde à dire que la déchéance de nationalité ne sert à rien. Et chacun répète qu'il s'agit surtout d'un « symbole ».

En effet, en inscrivant dans la constitution une distinction entre les français uni nationaux et binationaux, on envoie aux derniers un signal de défiance. Voilà finalement le seul effet de cette mesure, un symbole oui, mais pas celui qu'on croit.

« Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires », cette citation de Montesquieu, souvent reprise, trouve ici tout son sens. Les français attendent de l'action. Sur le front du terrorisme, mais aussi sur celui de l'emploi et des réformes. Or on les amuse avec des polémiques stériles.

Le président de la république devrait être le gardien de nos institutions et de la cohésion nationale. Il joue avec les premières et abîme la seconde. Et finalement faillit à ces deux responsabilités.

Nous ne lui prêterons pas main-forte. La constitution n'est pas un panneau électoral où chacun vient inscrire ses slogans. Certains à droite voudraient refermer le débat, au motif des déclarations passées des uns et des autres.

C'est oublier les motifs qui avaient par la suite conduit les mêmes à renoncer. De toute façon à cet argument, nous préférons ceux de notre conscience et de notre responsabilité. Nous voterons contre la révision constitutionnelle et nous appelons les parlementaires qui partagent notre analyse à en faire autant.

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24 janvier 2016 7 24 /01 /janvier /2016 16:31

http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2016/01/23/comment-halim-a-a-convaincu-le-conseil-d-etat-de-sa-bonne-foi_4852428_1653578.html

Comment Halim a convaincu le conseil d'état de suspendre son assignation à résidence

Scène inaccoutumée, Mardi 19 Janvier 2016, lorsque, sous le regard sévère des portraits d’anciens membres du conseil d'état suspendus aux murs lambrissés, l’assistance se retrouve secouée d’un rire discret.

En s’appliquant à mimer les gestes, Halim, assigné à résidence depuis le 15 novembre 2015 à Vitry-sur-Seine, dans le Val de Marne, dans le cadre de l’état d’urgence, est en train de démontrer au juge des référés et à la représentante du ministère de l’intérieur qu’il est possible de tenir son téléphone à bout de bras quand on est en conversation haut-parleur. Et que ce geste ne saurait être confondu avec celui de la prise d’une photographie.

Comique, la démonstration résume à elle seule les incohérences qui, depuis le début, sous-tendent ce premier cas d’assignation suspendue par la haute juridiction administrative, Vendredi 22 Janvier 2016.

« Si j’avais vraiment eu envie de prendre des photographies douteuses du domicile de Riss, directeur de Charlie Hebdo, je ne me serais pas bêtement posté à l’angle de la rue, en plein jour, et devant un camion des Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS) », insiste Halim en plantant ses yeux dans ceux du juge, Francis Lamy, ancien préfet de région. Est-ce à ce moment précis que le magistrat a commencé à se laisser convaincre de sa bonne foi ?

Il est certain que les audiences n’auraient pas été les mêmes si Halim n’avait pas obtenu de sauf-conduit pour pouvoir y assister et se défendre au côté de son avocat, William Bourdon.

Une note blanche de cinq lignes

Ce dossier d’assignation apparemment semblable aux quelques quatre cent autres a pris la tournure d’une saga. Au soir de la première audience, Mardi 19 Janvier 2016, rien ne laisse présager une issue favorable, le juge invite Halim à réfléchir à demander un aménagement de sa mesure, plutôt qu’une suspension. Ce à quoi il s’est toujours refusé, par principe. Le magistrat demande alors un « supplément d’instruction », des éléments complémentaires que le ministère doit fournir pour le lendemain, à midi. Puis il fixe une nouvelle audience au Jeudi 21 Janvier 2016 et le ministère de l’intérieur est à nouveau prié de fournir des éléments prouvant ses accusations, photographies et procès-verbaux d’audition.

Dans l’urgence, la représentante de la place Beauvau, la sous-directrice du conseil juridique et du contentieux, Pascale Léglise, produit pour la deuxième audience une note blanche de cinq lignes sur un document word, librement modifiable et offrant la possibilité à tout un chacun de connaître sa durée de fabrication, sept minutes. « Un tel bricolage au mépris du juge, je n’avais jamais vu cela en trente-cinq ans de barreau », s’exclame William Bourdon.

Tiraillement du juge

Francis Lamy n’aura laissé passer aucun détail, décortiquant pièce après pièce chacun des trois motifs avancés, repérages supposés autour du domicile de Riss, mise en cause dans une affaire de trafic de véhicules et appartenance présumée à la « mouvance islamiste radicale ».

Plus d’une fois, il a semblé tiraillé entre une défense ne pouvant que clamer sa bonne foi et un ministère de l’intérieur campant sur ses affirmations. « Si les services de renseignement ont écrit tout cela, c’est que c’est vrai. Ils ne se lèvent pas le matin pour écrire de fausses notes blanches. Faut-il attendre, un nouvel attentat », a fini par s’impatienter Pascale Léglise.

En vain, à 16 heures, Vendredi 22 Janvier 2016, la nouvelle tombe, l’assignation à résidence est suspendue. Le juge estime que « l’intéressé a pu justifier sa présence et son comportement aux abords du domicile de la personnalité en question, car il rendait visite à sa mère, qui habite à proximité immédiate et ne prenait pas de photographies mais utilisait son téléphone portable en mode haut-parleur, aucun élément suffisamment circonstancié produit par le ministre de l’intérieur ne permet de justifier qu’il appartiendrait à la mouvance islamiste radicale et, enfin, en ce qui concerne l’affaire de trafic de véhicules, l’intéressé a, en réalité, été entendu comme simple témoin ».

Après presque dix semaines enfermé dans sa prison sans barreau de Vitry-sur-Seine et deux audiences éprouvantes où il s’est senti « mis à nu car obligé de se justifier pour des choses qu’il n’avait pas faites », Halim a « retrouvé confiance dans la justice ».

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24 janvier 2016 7 24 /01 /janvier /2016 15:59

https://www.socialistworker.co.uk/art/42041/Jeremy+Corbyn+and+Diane+Abbott+show+solidarity+as+refugees+protest+in+Calais

Jeremy Corbyn et Diane Abbott ont montré leur solidarité avec la manifestation des réfugiés à Calais

Jeremy Corbyn, leader du parti travailliste, et Diane Abbott, membre du cabinet fantôme, ont montré leur solidarité avec les réfugiés en visitant la jungle de Calais, Samedi 23 Janvier 2016.

Ils se sont joints aux militants de Stand Up to Racism dans une visite de solidarité.

La visite de Jeremy Corbyn est très importante, brisant la politique du bouc émissaire de tant de politiciens. Et c’est un changement rafraîchissant par rapport aux précédents dirigeants du parti travailliste.

Jeremy Corbyn a dit qu'il a été ému par le sort des réfugiés et a promis d’agir pour leur cause en Grande-Bretagne. Il soutient les manifestations anti racistes du 19 mars 2016 à Londres, Glasgow et Cardiff.

Une forte manifestation de trois mille personnes dont la majorité était des migrants a défilé dans le centre de Calais, criant « nous ne sommes pas des animaux » et « non à la jungle ».

La manifestation a été appelée par des migrants et des groupes de sans papiers et soutenue par les organisations des droits de l'homme, le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) et d'autres organisations.

Les conditions du camp sont de plus en plus désespérées, alors que des milliers de réfugiés se sont heurtés à la répression de l’état français, soutenu par le gouvernement conservateur de Grande-Bretagne.

Plus tôt dans la journée, la police française a tenté de bloquer les personnes montrant leur solidarité avec les réfugiés en bloquant un tronçon d'autoroute.

Lors d'une réunion avec Diane Abbott, un réfugié a dit que beaucoup d’entre eux sont atteints de la « grippe de la jungle » et il a décrit le froid qu’ils ont à supporter tous les soirs. D'autres ont parlé de la façon dont les hôpitaux locaux leur ont refusé des soins de santé.

Les réfugiés ne veulent rien de plus que d'être capable de vivre avec dignité.

Beaucoup risquent leur vie tous les jours pour essayer de se rendre en Grande-Bretagne.

« Nous sommes confrontés à un choix, ou bien mourir lentement ici ou bien mourir plus vite en essayant d'aller là-bas », a déclaré Hameed, un réfugié afghan.

« La semaine dernière, cinq personnes que je connais se sont accrochés à l'arrière d'un camion réfrigéré, mais il allait en Belgique. Trois d'entre eux sont morts et je n’ai pas entendu parler des autres ».

Les autorités françaises ont dégagé récemment une partie du camp, forçant les réfugiés à vivre dans des containers.

Des réfugiés en colère ont déclaré que la police a détruit beaucoup plus que la zone d’une centaine de mètres qu’elle avait annoncée.

Hameed a dit que la nouvelle zone des containers était « une prison » et que ceux qui y vivent sont soumis à un couvre-feu de 20 heures à 6 heures du matin. Il a dit qu'ils sont séparés de la communauté qui s’est développée dans le camp. Certains sont là depuis plusieurs mois.

« J’ai traversé onze frontières en dix huit jours mais je suis coincé ici depuis plus de quatre mois », a déclaré Hameed. « Nous voulons que les gens nous aident. Un grand nombre de familles et d’enfants ne sont pas dans une bonne situation. Il fait trop froid et la santé de tout le monde est affectée. Je veux que les gens se battent pour notre droit de traverser la frontière ».

Six autocars sont venus de Paris pour rejoindre la manifestation de solidarité. Il y avait aussi des délégations de Grande-Bretagne. Olivier, qui est venu dans un autocar de Paris, était furieux contre les gouvernements occidentaux.

Il a dit que « nous sommes responsables des réfugiés en raison des bombardements contre leurs pays. Nous devrions les accueillir ».

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23 janvier 2016 6 23 /01 /janvier /2016 19:06

L’organe des avocats contre le maintien de l’état d’urgence (Reuters)

Le Conseil National des Barreaux (CNB) a demandé Samedi 23 Janvier 2016 au gouvernement de renoncer à prolonger l'état d'urgence, estimant que « son efficacité s'est épuisée après les premières semaines de sa mise en œuvre ».

Dans une résolution adoptée au terme de son assemblée générale, le CNB, organe représentatif des avocats, critique aussi le projet de constitutionnalisation de l'état d'urgence. Il estime que, ajouté aux autres dispositions votées depuis un an, il « dessine un modèle juridique et social qui rompt durablement avec les principes républicains ».

L'Elysée a annoncé Vendredi 22 Janvier 2016 que le gouvernement présenterait un projet de loi prolongeant l'état d'urgence, en vigueur depuis les attentats du Vendredi 13 Novembre 2015 à Paris et à Saint-Denis, pour une durée de trois mois, lors du conseil des ministres du 3 février 2016.

Le conseil des ministres examinera le même jour le projet de loi renforçant la lutte contre le crime organisé et son financement, l’efficacité et les garanties de la procédure pénale. Le premier ministre, Manuel Valls, en dévoilera les grandes lignes Mercredi 27 Janvier 2016 devant la commission des lois de l’assemblée nationale.

Dans sa résolution, le CNB déplore notamment que le futur projet de loi, à partir des éléments connus jusqu'ici, « octroie à l'autorité administrative des prérogatives en matière de perquisitions de véhicules et de rétention administrative hors la présence d'un avocat et crée un véritable contrôle judiciaire déjudiciarisé à la discrétion du ministre de l’intérieur, sans contrôle de l’autorité judiciaire ».

Il s'inquiète que les prérogatives élargies octroyées au procureur, sous le contrôle du Juge des Libertés et de la Détention (JLD), dans le cadre de l'enquête préliminaire « ne garantissent ni le plein exercice des droits de la défense ni le contrôle effectif du juge du siège ».

Pour y remédier, il réclame notamment que l'exercice des droits de la défense soit ouvert, dans le cadre de l'enquête préliminaire, « dès la mise en œuvre d'une mesure d'audition, de perquisition ou de saisie à l'encontre de la personne soupçonnée ».

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23 janvier 2016 6 23 /01 /janvier /2016 18:57

Les Etats Unis prêts à une solution militaire contre l’Etat Islamique en Syrie (Reuters)

Le vice-président américain, Joe Biden, a déclaré Samedi 23 Janvier 2016 que les Etats Unis et la Turquie étaient prêts à envisager une solution militaire contre l'Etat Islamique en Syrie au cas où un accord politique se révélerait impossible.

Les discussions de paix sur la Syrie doivent en principe commencer Lundi 25 Janvier 2016 à Genève, mais cette date apparaît désormais incertaine notamment en raison d'un différend sur la composition de la délégation représentant l'opposition au président Bachar al Assad.

« Nous savons bien qu'il vaudrait mieux parvenir à une solution politique, mais nous sommes prêts, si cela n'est pas possible, à avoir une solution militaire à cette opération contre l’Etat Islamique », a déclaré Joe Biden lors d'une conférence de presse après un entretien avec le premier ministre turc, Ahmet Davutoglu.

Joe Biden faisait référence à une solution militaire en ce qui concerne l’Etat Islamique et non la Syrie tout entière, a par la suite précisé un responsable américain.

Le vice-président américain a déclaré que les représentants des deux pays de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) avaient aussi discuté de la manière dont ils peuvent approfondir le soutien aux forces arabes sunnites en Syrie qui luttent pour renverser Bachar al Assad.

Saleh Muslim, co-président du parti de l'union démocratique (PYD), principale formation politique kurde en Syrie, a déclaré Vendredi 22 Janvier 2016 que les discussions de paix étaient vouées à l'échec si les kurdes syriens n'y étaient pas représentés.

Menace existentielle

Les Etats-Unis font la différence entre le PYD, dont ils soutiennent les combattants regroupés dans sa branche militaire syrienne, les unités de protection du peuple (YPG), et le parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), formation politique de Turquie en lutte depuis des décennies contre le gouvernement d'Ankara.

Ankara ne fait pas la distinction. Ahmet Davutoglu a réaffirmé Samedi 23 Janvier 2016 la position du gouvernement turc, à savoir que les YPG font partie du PKK et sont soutenues par lui.

Les YPG ont pris à l'Etat Islamique des territoires en Syrie en profitant des frappes aériennes de la coalition internationale menée par les Etats-Unis et ont déclaré ces terres région autonome, au grand dam d'Ankara.

Ahmet Davutoglu a déclaré Samedi 23 Janvier 2016 que les YPG étaient une menace croissante pour la Turquie.

Joe Biden a quant à lui vertement critiqué le PKK, qu'il a qualifié de « groupe terroriste pur et simple. L’Etat Islamique n'est pas la seule menace existentielle, le PKK est également une menace et nous en sommes conscients », a déclaré le vice-président américain.

Ahmet Davutoglu a pour sa part évoqué la présence turque en Irak. L'armée turque est en Irak pour repousser l'Etat Islamique, a-t-il dit, réaffirmant qu'Ankara respectait l'intégrité territoriale de l'Irak.

Par ailleurs, à ses yeux seule l'opposition syrienne « légitime » doit participer aux négociations sur la Syrie.

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23 janvier 2016 6 23 /01 /janvier /2016 18:44

http://www.france-palestine.org/Lettre-ouverte-a-Christiane-Taubira

Lettre ouverte à Christiane Taubira

Par Françoise Dumont, présidente de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH), Philippe Martinez, secrétaire général de la Confédération Générale du Travail (CGT), et Taoufiq Tahani, président de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS)

Mardi 19 Janvier 2016

Depuis maintenant plus de trois ans, nous vous alertons au sujet des circulaires de Michèle Alliot-Marie et de Michel Mercier invitant les procureurs, à partir d’une lecture intentionnellement biaisée de la loi de 1881 sur la presse, à engager des poursuites contre les militants de la campagne internationale Boycott Désinvestissement Sanctions (BDS) à l’égard d’Israël.

Les actions s’inscrivant dans ce cadre sont pourtant clairement la manifestation d’un engagement citoyen relevant de la libre expression de chacun et non d’un quelconque appel à la discrimination, quel que soit le positionnement respectif de nos organisations quant à la campagne BDS. Et le boycott lui-même est une action légitime comme vous l’avez vous-même soutenu naguère.

On avait pu penser que l’effet de ces circulaires s’éteindrait de lui-même. Il n’en est rien. La cour de cassation a rendu le 20 octobre 2015 deux arrêts validant la condamnation de militants de Mulhouse dans une affaire où ils avaient été relaxés en première instance. Cinq autres militants sont poursuivis à Toulouse pour une simple distribution de tracts.

L’action nationale lancée à l’initiative de l’AFPS le 7 novembre 2015 pour demander aux enseignes de la grande distribution de ne plus proposer à la vente des produits en provenance des colonies israéliennes risque fort de se traduire par de nouvelles mises en cause.

Le premier ministre, interrogé sur ces circulaires, a précisé dans un courrier au secrétaire général de l'AFPS que ce dossier relevait de votre responsabilité. Par un courrier en date du 20 novembre 2015, le président de la commission des lois de l'assemblée nationale a lui-même souligné que la question de l’abrogation de ces circulaires « méritait indubitablement d’être posée ».

Le moment dramatique que nous vivons après les monstrueux attentats de Paris ne rend que plus nécessaire la suppression de cette circulaire. Il est impératif, si l’on veut s’opposer de façon crédible par tous à toutes les formes de racisme et singulièrement à l’antisémitisme, de marquer que la critique de la politique d’un état ne saurait être confondue avec la mise en cause d’une population. Ne pas oser le faire ne pourrait que renforcer une fracture et une incompréhension graves dans toute une partie de la population et de notre jeunesse alimentant les fantasmes antisémites que nous combattons.

Les démarches initiées par Jean-Claude Lefort, député honoraire et président d’honneur de l’AFPS, comme les courriers qu’il vous a adressés avec la CGT et la LDH, n’ont abouti à rien. C’est solennellement qu’au nom de nos organisations, intransigeantes vis à vis de toute manifestation de racisme et de discrimination, nous nous adressons aujourd’hui à vous.

Nous vous le demandons, madame la ministre, abrogez sans plus attendre ces circulaires déshonorantes pour notre pays auxquelles il serait paradoxal que votre nom reste à son tour attaché.

Nous vous prions d’agréer, madame la ministre, l’expression de nos sentiments les plus distingués.

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23 janvier 2016 6 23 /01 /janvier /2016 18:26

http://www.legrandsoir.info/petit-aylan-sache-que-je-ne-suis-plus-charlie-depuis-le-13-janvier-2016.html

Petit Aylan, sache que je ne suis plus Charlie, depuis Mercredi 13 Janvier 2016

Par Salah Horchani

Dans une caricature, parue Mercredi 13 Janvier 2016 dans l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, Riss, le directeur de publication, a dépeint le petit Aylan à l’âge adulte, en supposant qu’il ait survécu et grandi, comme un agresseur sexuel, à l’exemple des harceleurs sexuels de la gare de Cologne, Jeudi 31 Décembre 2015.

La meilleure réponse à ce dérapage, je l’ai trouvée dans l’émouvante et combien belle, subtile et juste « lettre ouverte à Charlie » de Tania Hadjithomas Mehanna que je reproduis ci-dessous et qui contient, effectivement, les raisons de ma décision de ne plus être Charlie à compter du Mercredi 13 Janvier 2016 et, cela, après une magistrale description du blues et des états d’âme et du combat acharné des démocrates du monde arabe, aujourd’hui.

« Peu importe qui je suis. Juste te dire Charlie que je suis libanaise. C’est à dire jongleuse, funambule et équilibriste. Cela fait presque cinquante ans que j’essaie d’établir un équilibre très incertain entre extrémisme et ouverture, entre religion et laïcité, entre modernisme et conservatisme entre arabité et occident. Je fais le grand écart. Je fais le dos rond. Je croule sous les bombes, sous la corruption et sous les influences de merde. Je survis. Je rêve d’un monde meilleur. Je crée des soupapes de vie. Je m’essaie à la politique. J’abandonne la politique. Je me remets en question. Je cherche mon identité. Je descends dans la rue. Je proteste. J’écris. Je lis. J’essaie de définir des choses. J’essaie souvent de les redéfinir. Je subis. Parfois j’implose. Parfois j’explose.

Mais jamais je ne vais vers les extrémismes qui pour moi représentent la mort. Alors quand on a voulu te tuer Charlie, j’en suis tombée malade. Tuer la liberté ? Cette liberté de pensée, d’expression qui m’avait fait tenir depuis que je suis née dans cette zone géographique si compliquée, jamais. Alors, j’ai affiché mes couleurs. J’ai pleuré avec toi. Je suis descendue dans la rue pour toi. Et j’ai dit haut et fort que jamais personne ne me fera plier. Que j’avais le droit de dire ce que je voulais.

Que la censure ne passera pas. Que les imbéciles qui veulent me museler et te museler ne savent pas à qui ils ont affaire. J’ai frimé. Mais j’y croyais. Et ceux qui sont venus te tuer Charlie sont exactement les mêmes qui essaient de faire de moi ce que je ne serais jamais. Alors Charlie, mille fois Charlie, mais là, ta caricature du petit Aylan dont je connais très bien les souffrances parce que c’est mon voisin tu vois, elle m’a beaucoup déboussolée. Et là j’ai compris que la haine t’a atteint. Tu vois Charlie, la différence entre toi et moi aujourd’hui, c’est que moi, depuis que je suis enfant, je suis confrontée à cette haine et que, même si je peux aussi être sarcastique, je n’ai jamais laissé ces cons haineux envahir mon espace de pensée. Bien sûr qu'en tant que libanaise, je suis souvent dans la provocation, mais jamais dans la haine. Et là tu vois, d’un dessin, de quelques traits de crayon, tu m’as montré que tu n’as rien compris. Ils t’ont tué. Ils t’ont inculqué leur haine et leur façon unique de penser. Je te pensais plus intelligent. Je suis déçue et triste de voir que tu n’as plus de respect même pour ta liberté. Aylan est parti parce qu’il voulait être libre. Aylan est mort parce qu’il voulait être libre. Tu es mort parce que tu voulais être libre. Alors, Aylan est ton dessin aujourd’hui. Ton outil pour quoi, faire sourire, continuer à vivre, faire vendre ou bien être libre ? Tu n’as rien compris Charlie. Et c’est dommage. Parce qu’à un moment, on a eu les mêmes ennemis. Mais aujourd’hui c’est toi aussi mon ennemi Charlie ».

Que reste-t-il à Riss pour réparer les dommages provoqués par son dessin ?

Il est contenu dans ma réponse sur facebook à un commentaire relatif à ladite caricature, parue Mardi 19 Janvier 2016, à savoir que « je vous avoue que je suis encore choqué par cette caricature. Je me mets à la place du père d’Aylan dont j’ai rapporté la réaction dans un commentaire, unique survivant de toute une famille, qui a vu disparaître ses deux enfants et leur mère dans des conditions horribles. Non, ici, il n’est pas question de liberté d’expression, ni d’humour au premier, deuxième ou énième degré, ni de racisme, ni de xénophobie, ni d’islamophobie, ni de je ne sais quoi encore, il est simplement question d’humanité, des souffrances d’un père qui a pleuré en découvrant le dessin de Riss insultant de façon ignoble et nauséabonde la mémoire de son enfant, conséquence de son humour indécent, offensant et humiliant, prenant le cadavre du gamin comme objet de sa caricature grotesque et inconvenante. Riss a déconné, Riss a choqué, Riss a fait souffrir ce père. Il ne lui reste qu’une seule chose à faire pour réparer les dommages provoqués, s’excuser dans le numéro de Charlie à paraitre demain, lui, le chevalier de la défense de la liberté d’expression et de la presse qui n’a même pas daigné condescendre, du haut du génie de son crayon, à répondre à cette presse, plus précisément à l'Agence France Presse (AFP), qui l’a sollicité pour l’interroger sur la controverse suscitée par son dessin.

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22 janvier 2016 5 22 /01 /janvier /2016 17:57

https://blogs.mediapart.fr/la-parisienne-liberee/blog/140116/les-containers-de-la-honte

Les containers de la honte

Présenté comme « humanitaire », le nouveau camp de Calais est entouré d’un enclos, vidéo-surveillé et contrôlé par un système biométrique, sans eau, ni douche, ni possibilité de cuisiner. Les réfugiés disent qu’il ressemble à une prison et beaucoup refusent d’y aller. Ils ont raison, derrière ces rangées de containers chauffés se dessine un piège sécuritaire.

Au mois de janvier 2016, sur cette zone dunaire de Calais, dire que le climat est rude est un euphémisme. Il y fait froid et humide, il y a beaucoup de vent, peu d’infrastructures et de réels problèmes de santé. Avec l’arrivée annoncée des premières neiges, chacun sera donc rassuré de savoir que les réfugiés de Calais, qui attendent sur notre sol inhospitalier une occasion de passer en Grande Bretagne, dorment enfin au chaud. Sauf qu’il n’en est rien.

Aujourd’hui, seules quelques dizaines de personnes ont accepté de rejoindre les containers. « Ma cabane est assez confortable » a ainsi répondu un habitant de la jungle questionné par Libération. En fait les réfugiés, qui craignent d’être forcés à demander l’asile en France, perçoivent le camp de containers comme un espace carcéral et il faut bien avouer que les personnes qui ont élaboré ce projet ont choisi d’assumer une esthétique et des procédures sécuritaires pour le moins inquiétantes.

Un lieu clos vidéo surveillé à accès biométrique

Le camp de containers est entouré d’un grillage et vidéo-surveillé. Son accès est biométrique. Les responsables politiques ne cessent de le chanter sur toutes les gammes, l’accès au camp ne nécessitera pas de donner ses empreintes digitales. De quoi s’agit-il exactement ?

Le camp est financé par de l’argent public, pourtant je n’ai pu lire nulle part un budget détaillant les dépenses associées aux vingt millions d’euros annoncés, ni trouver la référence des fournisseurs. Dans un article de la Voix du Nord, figure toutefois une photographie du dispositif d’accès.

Sachant que l’image n’a ni source ni légende, il faudrait vérifier si elle correspond au dispositif réellement retenu. Plusieurs entreprises françaises sont susceptibles de construire ce type de « lecteur biométrique par reconnaissance palmaire », Synchonic ou Axiom, par exemple. Celui que présente la Voix du Nord est développé par l’entreprise française Zalix Biométrie, société du groupe Tranchant, qui se définit sur son site comme « précurseur et référence indiscutée dans le domaine de la biométrie ».

Étant donné la taille du camp de containers, on peut supposer que les modèles utilisés auront des caractéristiques proches de celles du ZX-HP 3000 dont le détail est donné sur le site du constructeur. Il est conforme à la description qu’en font les responsables politiques et associatifs lorsqu’ils évoquent le contrôle des accès au camp de containers de Calais, reconnaissance morphologique de la main associée à un code individuel. On peut voir le fondateur de Zalix Biométrie faire la démonstration de ses produits dans une vidéo promotionnelle de 2011, où il évoque rapidement ce système de « biométrie sans trace » utilisant la reconnaissance de la morphologie de la main et le code individuel et montre comment il fonctionne.

Les responsables politiques font porter la responsabilité du choix des modalités d’accès à l’association la Vie Active, qui gère la mise en place du camp. L’argument unique utilisé en faveur de ce système d’accès est qu’il serait « pratique ».

En tout cas, l’accès au camp de containers est tout ce qu’il y a de plus biométrique et les réfugiés, qui doivent échapper à une identification sur le sol français pour avoir une chance d’atteindre la Grande Bretagne, peuvent légitimement s’inquiéter de voir leur main devenir « une clé biométrique, une chaîne de trois cent caractères, résultat du traitement des mesures dans un algorithme spécialisé est associé au code de la personne ».

Le constructeur est un ancien officier des renseignements militaires

L’entreprise retenue pour fabriquer les containers s’appelle Logistic Solutions. Elle est située à Grand Fougeray, entre Rennes et Nantes. Si elle annonce « une gamme très large » de solutions logistiques en containers et diverses formules de Life Camp, elle a tout de même quelques spécialités.

Selon le Journal de Vitré, elle a ainsi signé « le plus gros contrat de son histoire » à l’automne 2014, pour trente millions d’euros, en s’associant avec Sodexo Défense, pour construire une «base de vie » sur l’atoll de Muroroa. En juin 2015, le blog Lignes de Défense évoque l’inauguration de cette « base de vie du chantier Telsite », un chantier militaire lié aux essais nucléaires français en Polynésie. Il est censé surveiller les failles de l’atoll « alors que stagnent à Paris les dossiers sur les indemnisations des victimes de maladies radio induites et qu’à l'assemblée de Polynésie française traîne un texte visant à mettre à mort les exonérations des droits de douane pour l’armée », comme le souligne en mai 2015 une brève de la Dépêche de Tahiti.

Bref, on l’aura compris, quelques mois avant de devenir constructeur du camp « humanitaire » pour les réfugiés de Calais, Logistic Solutions honorait un gros contrat militaire. Les containers livrés étaient certes plus luxueux.

Cela n’est pas très surprenant puisque Norbert Janvier, le patron de Logistic Solutions, a travaillé jusqu'en 2006 à la Direction du Renseignement Militaire (DRM), selon les informations d'Ouest France. Je vous laisse apprécier son parcours tel qu’il apparait sur Viadeo, adjoint attaché de défense à Ankara, officier traitant spécialiste du Moyen Orient au ministère de la défense, attaché défense à Téhéran, mission à l'ambassade de France à Washington, puis directeur de la Société Anonyme à Responsabilité Limitée (SARL) Logistic Solutions.

Ainsi le camp « humanitaire » sans eau, ni douche, ni cuisine, sera fermé par un enclos, vidéo surveillé, à accès biométrique et construit par une société dont le patron est un ancien de la DRM. Non vraiment, vous ne voulez pas aller dans ces containers ?

Oui, il y a l'électricité

Les containers ont l’électricité et c’est à peu près tout. Quand on sait que le camp est situé à quelques kilomètres de la centrale nucléaire de Gravelines et de ses six réacteurs, c’est la moindre des choses.

Un mètre carré par habitant

Douze personnes dans quatorze mètres carrés, cela fait 1,16 mètre carré par habitant. Multiplié par cent vingt cinq containers, le camp aura donc une très forte densité. Pour le dire autrement, les réfugiés vont dormir entassés les uns sur les autres.

Dans une tribune très critique intitulée « à Calais, un camp des années 1930 » et publiée par Libération en octobre 2015, un architecte écrivait que « nous avons eu connaissance du plan du camp qui lui a été commandé par l'état et qu’elle va mettre en œuvre dans les prochains jours. Le plan est pire que tout ce que l’on pouvait craindre. Un camp fermé de soixante quatorze containers rangés et alignés avec une orientation défiant le bon sens, aussi mauvaise pour le soleil que pour le vent, les habitants ne verront pas le soleil en hiver et les rues sont alignées dans le sens des vents dominants, axées sud-ouest, elles font moins de trois mètres de large. Il n’y a aucun raccordement à l’eau. A Calais même, plus de cinq cent cabanes ont été construites, en autoconstruction, pour la plupart bien construites, étanches et isolées et surtout appropriées par leurs habitants. Sur des bases modulaires, il est possible de trouver des dispositions qui sont nettement plus favorables à la qualité de vie. Des architectes travaillent sur le sujet depuis des décennies. Manuel Valls a inauguré la semaine dernière le mémorial du camp de Rivesaltes, ce camp construit en 1941 pour accueillir les réfugiés espagnols, juifs, tziganes et harkis. Alors qu’on en dénonce la forme concentrationnaire, on s’apprête à Calais à en construire un dont la forme architecturale sera encore pire ».

Concentrationnaire, le mot est lâché. Je n’aurais pas osé l’employer. Pourtant c’est bien une des premières idées qui m’est venue en découvrant le projet du camp et la concentration de population qu’elle prévoit.

Je me suis dit , des containers, pour les mettre sur un bateau ? Des containers de quatorze mètres carrés pour douze personnes, comme si les réfugiés étaient des stocks de marchandises ? Des containers, comme ceux dans lesquels ces mêmes réfugiés meurent écrasés en essayant d’emprunter des routes maritimes ? Des containers alignés entourés d’un grillage où mille cinq cent personnes se côtoient avec à peine plus d’un mètre carré d’espace au sol. Il suffirait de rajouter des barbelés au dessus de la grille qui est déjà là et de fermer l’entrée et son système d’accès qui est déjà là. En deux heures, il y aurait un camp de Rivesaltes à Calais. Je me suis dit aussi, on n’y est pas encore, ou bien si ?

Enfermer, disperser et déplacer jusqu'où ?

Outre l’objectif affiché et louable de mettre mille cinq cent personnes « prioritaires » au sec et au chaud, la construction de ce camp obéit à des logiques politiques ouvertement répressives.

Il serait trop long de retracer ici toute l’histoire de la jungle qui est régulièrement évoquée dans les colonnes de Mediapart, voir en particulier « Calais, jour après jour ». Rappelons simplement que les habitants de cette zone subissent depuis plusieurs mois un double mouvement qui consiste à enfermer le réfugiés, c’est-à-dire les placer en centre de rétention loin de Calais. Lire à ce sujet l’article de Carine Fouteau, « l'état français enferme les migrants en transit à Calais par centaines ».

Il consiste en même temps à les disperser, c’est-à-dire à envoyer les réfugiés un peu partout en France dans des centres d’hébergement pour des séjours de courte durée, situés loin de tout et réduisaient à néant leurs espoirs de rejoindre la Grande Bretagne. Lire à ce sujet l’article « comment l'état éloigne les migrants de la jungle ».

Le camp de containers s’inscrit pleinement dans cette stratégie. Pour le construire, il a fallu détruire les cabanes et les tentes d’environ cinq cent personnes sur une grande surface au centre de la jungle. Ces personnes ont été placées sous des tentes provisoires et sont désormais classées « prioritaires » pour l’accès aux containers. Mais l'état ne compte pas s’arrêter là.

Depuis quelque jours la police menace d’envoyer les bulldozers contre une zone qui concerne plus de mille personnes. Si vous lisez l’anglais, je vous recommande vivement cet article du Guardian qui évoque les ultimatums policiers et donne une idée assez précise de ce qui se passe ces jours-ci autour des containers, «Calais jungle residents defy bulldozers as police issue ultimatum to leave ».

A terme, l’objectif est bel et bien de raser la jungle pour ne garder que les containers. Cela n’était pas dit au départ, mais le message est de plus en plus explicite. Ainsi la semaine dernière, on pouvait lire dans la Voix du Nord un article carrément intitulé « Calais, en 2016 après l’ouverture du camp humanitaire, la préfecture ne tolérera pas plus de deux mille migrants ».

Dans le corps de l’article, toutefois, la préfète Fabienne Buccio se montre plus prudente, « idéalement, et le chemin est encore long, notre objectif est que Calais ne dépasse pas deux mille places ». Sachant que, nonobstant les sous-évaluations de la préfecture, environ six mille personnes vivent actuellement sur la zone, on se demande, avec Calais Migrant Solidarity, « what about everybody else ».

L'humanité n'est pas possible

À très court terme, avec ce camps de containers, il s’agit aussi de mettre à distance les mouvements de solidarité qui, parallèlement et de façon complémentaire au travail institutionnel de l’association la Vie Active, soutiennent les réfugiés quotidiennement en les aidant à pratiquer l’auto-construction, en bâtissant des écoles, des lieux de discussion, de prière et des magasins, et en organisant des assemblées, des rencontres musicales et des expositions photographiques. Tant que des collectifs comme Calais Migrant Solidarity sont sur place et témoignent au quotidien de la situation dans la jungle, il est compliqué de réprimer ouvertement les réfugiés et d’appliquer froidement la distinction entre les « bons réfugiés », qui ont vocation a demander l’asile de France et, le plus souvent, à se le voir refuser avant d’être renvoyés vers leur pays de départ, et les « mauvais migrants », censés vouloir profiter d’avantages économiques indus et qui ont vocation à être renvoyés directement dans leurs pays de départ.

Aujourd’hui, dans le club de Mediapart, on peut lire le témoignage de Florence, « Lundi 11 Janvier 2016, à peine installé, le camp de containers de l'état a eu droit à une couverture médiatique conséquente. Pourtant les candidats ne semblent pas se précipiter dans ces baraquements de tôle, alignés militairement et dotés de fenêtres minuscules, dans des espaces sans confort et exigus, sans douches ni lavabos, aux lits superposés, comme en prison. Le camp de l'état est entouré de grillages avec des maîtres-chiens. Il est ouvert la nuit sur présentation de la paume de la main. Vendredi 8 Janvier 2016, les réfugiés ont appris des associations, elles-mêmes informées par la préfète, qu’un espace de cent mètres devait être dégagé autour de la jungle et qu’il fallait ôter les abris, cabanes et tentes s’y trouvant. Au bas mot cette mesure concerne près de mille personnes. Cette destruction illégale n’a été précédée d’aucun jugement d’expulsion. Alors qu'ils ont déjà tout perdu, où vont ils aller ».

Le processus de lutte contre les associations a commencé il y a plusieurs mois déjà avec l’expulsion violente de plusieurs squats qui s’étaient crées dans la ville de Calais. Ces expulsions, si elles ont donné satisfaction à un certain nombre de calaisiens en colère, ont contribué à aggraver la situation dans la jungle en précarisant encore plus les réfugiés et augmentant le nombre de personnes en situation de précarité rassemblées sur le site.

Aujourd’hui, alors que l’état d’urgence s’est abattu sur la France, les langues se délient et les projets politiques répressifs se font plus menaçants. Selon Nord Littoral, la maire de Calais Natacha Bouchart aurait ainsi déclaré le 18 décembre 2015 « qu’il faut sortir les parasites de la lande ». Quels parasites, exactement, l’article ne le dit pas explicitement. L’élue pointe du doigt la responsabilité des passeurs, des activistes et des No Border, « je suis partisane de l’humanité et de la fermeté. Mais avec ces personnes, l’humanité n’est pas possible. Les passeurs, les activistes et les No Border desservent la cause des migrants ». L’humanité n’est donc pas possible. Nous en somme là.

Vingt millions d’euros et toujours pas d’eau

J'y reviens parce que cela me semble important et significatif, le budget annoncé pour le chantier du camp, incluant la construction et le frais de fonctionnement, est d’environ vingt millions d’euros. Cela place à cent soixante mille euros le prix de revient par container soit, pour pousser la logique comptable jusqu’au bout, un investissement de plus de treize mille euros par réfugié. Avec cet argent, n’aurait-on pas pu trouver une autre solution que ce camp de stockage ?

Quand on sait qu’un container neuf coûte environ quatre mille euros et que ceux utilisés pour le camp sont d’anciens containers recyclés, qui valent peut-être approximativement deux mille euros à l’achat, on se demande si l’argent public est vraiment bien employé avec un tel projet.

Certes, il y a quelques embauches locales, mais comment comprendre qu’avec un tel budget, on n’ait pas prévu de raccorder les containers à un réseau d’eau ou de donner des possibilités pour faire un thé ou la cuisine ? Après tout, Logistique Solutions propose sur son site des systèmes d’approvisionnement en eau. Seraient-ils trop donc chers pour qu’un camp humanitaire puisse en bénéficier ?

En tout cas l'entreprise est « prête à relever le défi » d'étendre le camp si besoin. Elle le dit dans un post de blog daté du 6 janvier 2016, intitulé « le camp avance avec nos containers », le camp « accueillera mille cinq cent personnes. Il en restera alors presque cinq mille autour, hors du camp. Nous sommes prêts à relever de nouveaux défis en un temps record, une spécialité Logistic Solutions ».

Il ne manquait plus que les chars

La maire de Calais réclame le soutien de l’armée depuis des mois, à corps et à cris, de préférence lorsque les médias sont nombreux à lui tendre un micro. Eh bien c’est chose faite, les chars sont là. Trois « véhicules blindés à roues de la gendarmerie » sont en effet présents à Calais. Officiellement pour « assurer la sécurité des forces de l’ordre », nous dit-on.

C’est vrai que les « forces de l’ordre », qui harcèlent régulièrement le camp, sont certainement très menacées par des réfugiés à qui l’on distribue un repas par jour. Heureusement qu’elles peuvent compter, à l’occasion, sur l’aide de quelques agités de l'extrême droite.

Nous, peuples unis de la jungle de Calais

Un camp fermé par un enclos, vidéo-surveillé, à accès biométrique, construit par une société dont le patron est un ancien militaire de la direction du renseignement militaire, sans eau, ni douche, ni cuisine, harcelé par la police et des groupuscules d'extrême droite et épaulés par trois chars.

Voilà, en substance, pourquoi les réfugiés n’ont pas hâte d’aménager dans le soi-disant camp humanitaire, bien qu'ils meurent de froid, de maladies, d'accidents liés aux tentatives passage et de colère contre la politique inhospitalière de la France.

Ils ont publié cette semaine un texte qui dit ceci, « nous, peuple unis de la jungle de Calais, refusons les demandes du gouvernement français concernant la réduction de la superficie de la jungle. Nous avons décidé de rester où nous sommes et résisterons pacifiquement aux plans gouvernementaux visant à détruire nos maisons. Nous plaidons pour que les autorités françaises et la communauté internationale comprennent notre situation et respectent nos droits humains fondamentaux ».

Face à cette situation d'urgence, des manifestations de solidarité auront lieu à Calais les 16, 23 et 30 janvier 2016. Pour les franciliens qui voudraient s'y rendre, des départs en bus sont organisés Samedi 23 Janvier 2016.

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22 janvier 2016 5 22 /01 /janvier /2016 17:33

http://www.unitepopulaire-fr.org/2016/01/22/la-privatisation-du-port-du-piree-en-grece-ce-qui-se-passe-reellement

http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=17003

La privatisation du port du Pirée en Grèce, ce qui se passe réellement

Par Anastasia Frantzeskaki

Intervention au débat d'experts organisé à Berlin par le groupe parlementaire de die Linke au parlement allemand Lundi 2 Novembre 2015 sur le thème des privatisations de l’énergie électrique, des ports et des chemins de fer en Grèce.

Anastasia Frantzeskaki travaille depuis 1987 à Organismos Limenos Peiraios (OLP) et est membre de la fédération des travailleurs des ports de Grèce (OMYLE).

L'autorité du port du Pirée (OLP) est un port qui a des activités multiples et un rôle social important. Il s’est développé dans une région à l’habitat dense. C’est un port enclavé dans la ville. Tant le développement économique de l’agglomération du Pirée que sa démographie sont durablement et indissolublement liées au modèle de développement du port.

Les activités multiples du port sont les suivantes.

C'est le plus grand terminal de croisière de la Méditerranée Orientale, l’un des plus grands de la Méditerranée, et le mieux équipé du pays. Plus de deux millions de passagers y transitent chaque année. C’est sur son existence et sur l’offre des services qui lui sont adossés que s’appuie le plan national global pour les croisières. Le terminal a un indice de rentabilité élevé. Son programme d’investissement d’un montant de cent trente millions d’euros a été assuré à quatre vingt quinze pour cent par des financements européens. Dans l’éventualité d’une privatisation, ce financement sera perdu.

C'est le plus grand port de navigation côtière en Europe et l’un des plus grands du monde. Il dessert quatre vingt seize pour cent des liaisons avec les îles de la mer Egée et la Crète. Avec la navette de Pérama, qui assure la liaison entre le continent et Salamine, sa fréquentation annuelle est de seize millions de passagers et de cinq millions de véhicules. La navigation côtière a un caractère social. Ses tarifs sont contrôlés par l'état. Dans une large mesure, ce sont d’autres activités bénéficiaires qui ont financé la construction de ses très coûteuses infrastructures.

C'est le plus grand terminal pour les automobiles en Méditerranée Orientale avec un fort indice de rentabilité. C’est le centre de transit en direction des Balkans et de la Mer Noire.

Il comprend le pôle de réparation navale de Péramata, pour lequel l’OLP fournit la plus grande partie de l’installation portuaire et deux quais flottants.

De plus, le port dispose de deux terminaux de containers. Ces cinq dernières années l’un d’eux a été placé sous la gestion de la China Ocean Shipping COmpany (COSCO), entreprise publique chinoise dont la compagnie chinoise terminal de containers du Pirée (SEP) est une filiale.

Alors que l’OLP l’avait construit et équipé, il a été concédé avec sa liste de clients. Le deuxième terminal qui a été achevé en 2010 a lui aussi été financé dans sa totalité par l’OLP. Il a coûté cent quatre vingt dix millions d’euros et reste sous la gestion de l’OLP.

Appartiennent également au secteur de l’OLP, la zone qui va de Marina Zeas jusqu’à l’Académie Navale, le front de mer de la zone de Lipasmata, un ancien site d’industries chimiques aujourd'hui en friche, Psyttalia, un îlot proche de Salamine, et le site archéologique de Kynosouras.

Du Pirée jusqu’à Pérama et jusqu’à Salamine, l’OLP constitue une entreprise d’importance vitale pour l’ensemble de l’agglomération. Par ailleurs, sur la durée, c’est un organisme public rentable. Il a réalisé avec ses capitaux propres de gros investissements en matière d’infrastructure sans peser sur le budget de l'état et il continue de le faire. Il fournit des emplois directs et indirects. Grâce à son mode de fonctionnement non centralisé et parce que son caractère de service public prédomine sur les aspects économiques, il permet à beaucoup d’entreprises de se développer en fournissant des services autour de lui. Par exemple, pour cette raison, il n’a pas implanté de centre commercial à l’intérieur du terminal de croisières. Au contraire, dans le même temps, il donne à près de six cent petites et moyennes entreprises la possibilité de travailler dans la zone protégée.

Il est important de bien comprendre que l’OLP est un organisme doté d’une double identité. C’est une entreprise du secteur public à caractère de service public qui parallèlement développe aussi des activités commerciales. En tant que telle, elle a le rôle et les pouvoir d’une autorité publique, c’est-à-dire qu’elle gère et répond de biens publics qui ont à voir avec des fonctions vitales de l'état, telle que la sécurité nationale, le contrôle des activités portuaires, la navigation, le relevage des épaves, les liaisons entre nos îles et le continent, le tourisme et le commerce d’import-export. De plus, elle est seule comptable du respect et de l’application du cadre législatif sur l’environnement, elle a le label port vert et dispose de la certification ISO pour l’environnement. Cela se traduit par des dépenses de l’ordre de deux millions d’euros par an. Une condition qui a été ôtée de l’offre officielle de vente, ce qui met en lumière le cadre de développement dans lequel doit s’insérer la privatisation projetée.

L’OLP exerce une série de fonctions d’administration qui découlent du fait qu’elle est une autorité publique. Aucune société privée ne peut, ni ne doit, se substituer à l’autorité publique. Il est inconcevable, même dans le cadre d’une politique de privatisation qu’il n’y ait pas d'autorité publique du port. C’est la règle partout en Europe.

Le modèle de la vente des actions conduit à la création d’un puissant monopole privé, c’est un modèle unique dans toute l’Europe, si ce n’est à un niveau mondial. En Europe on a observé un précédent semblable dans quelques ports en Grande-Bretagne à l’époque de Margaret Thatcher, mais il s’est limité à des ports exclusivement commerciaux et sans caractère stratégique. Par exemple, on n’envisage pas la privatisation du port d’Aberdeen à partir duquel est distribué le pétrole de la Mer du Nord. Dans tous les cas, ce modèle a enregistré des échecs et a été abandonné à partir de 2000, une ample bibliographie signale quels problèmes il occasionne.

Ces problèmes concernent la régularité et la continuité de l’offre en matière de transport. Souvent, l'état est pris en otage par les revendications des compagnies qui exercent un chantage pour que soient créées des infrastructures mises au service des ports privés. Dans d’autres cas, lorsque des « investisseurs » privés ne percevaient pas les profits attendus des ports qu’ils géraient, ou qu’ils changeaient de stratégie, ils se contentaient de tout laisser tomber, sans souci des conséquences économiques et sociales. La Grande-Bretagne a essayé de remédier à certaines d’entre elles à l’aide de trois réformes, sans avoir encore obtenu les résultats espérés.

Ces dernières années s’est développée une politique de communication qui déprécie l’offre et le potentiel de développement de l’OLP publique en vue de faciliter sa cession. On cultive ainsi à nouveau une attente immodérée d’investissements qui pourraient advenir dans la région, bien que dans une large mesure le programme d’investissement de l’OLP ait été mené à terme et que pour les secteurs restants des investissements aient été garantis.

Puisque nous avons déjà la mauvaise expérience de la compagnie chinoise SEP, filiale de COSCO, je souhaiterais vous rappeler quelques aspects de cet investissement stupéfiant.

Le troisième quai a vu le jour, mais tout l’équipement en machines est arrivé tout monté de Chine, quand il n’a pas été acheté en Scandinavie. Rien n’a été fabriqué en Grèce, alors qu’il en existait la possibilité. L’investissement du Pirée alimente le développement de la Chine.

Le tarif du trafic intérieur, dont le volume est constant, a augmenté de trente pour cent. C’est le marché et nous tous qui payons l’augmentation.

Le secteur se transforme en une zone d’emploi à bas coût, précaire et non spécialisé. Huit cent dockers travaillent sur le deuxième et le troisième quai de COSCO. Le statut de docker ne leur est pas reconnu. Deux niveaux de sous-traitance interviennent. Ils sont employés en alternance de quatorze à seize jours dans le mois. Jusqu’à récemment, il n’y avait pas de représentation du personnel. Le syndicat qui s’est créé après une grève-révolte en juillet 2014 n’a pas encore réussi à signer une convention collective. Les contrats de travail individuels continuent donc d’être en vigueur.

Les conditions d’hygiène et de sécurité sont misérables. Il n’y a toujours pas d’ambulance sur place pour éviter d’avoir à déclarer des accidents du travail qui ne sont pas rares. Il n’y a pas de procédure systématique de formation. Les embauches mentionnées plus haut ont détruit cinq cent emplois à temps plein qui bénéficiaient des acquis sociaux et d’une convention collective.

Les quatre dernières années, on a produit beaucoup de richesse dans le secteur, le rang du port dans le classement international s’est élevé mais il est clair que c’est COSCO qui en a profité presqu’exclusivement. Les bénéfices pour l’économie locale et la société ont été extrêmement limités.

On note un autre effet secondaire, le fait que l’espace soit devenu zone interdite. Les visites de l’inspection du travail sont rares et sans enquêtes notables. Cette image est en totale discordance avec la liste des revendications présentées lors de la grève-révolte de juillet 2014.

L’OLP ne peut faire usage des compétences qui reviennent à l'autorité du port à l’intérieur du périmètre de COSCO.

Je mentionne qu’elle n’a pas la possibilité de contrôler dans quelle mesure elle se conforme avec la législation sur l’environnement alors qu’au même moment elle a reçu le label port vert.

Le ministère de la marine n’envisage pas d’enquêter sur ce qui se passe exactement. Le passage à des postes de direction de COSCO de cadres de la douane et de l’administration centrale de la capitainerie ne laisse pas non plus d’étonner. Par exemple, une ancienne directrice des douanes a poursuivi sa carrière à COSCO dans un poste de responsable chargée des relations avec la douane. La douane a accepté de signer un accord avec COSCO et avec l’OLP et en a profité pour avoir la possibilité de gérer seule ses passerelles de transit au cas où la douane est dans l’impossibilité de fournir le personnel nécessaire. En termes simples, après cinq heures de l’après-midi et pendant les week-ends, c’est COSCO qui a la responsabilité de tout ce qui entre et sort dans le port. La douane garde le droit au contrôle inopiné. Le précédent capitaine du port du Pirée est désormais en charge de l’application du protocole de sécurité (ISPS) sur le secteur du port géré par COSCO et personne ne se pose de question.

Quant à la discussion à propos de l'autorité portuaire, qui est censée se dérouler quelque part en ce moment, nous n’en sommes pas informés en tant que syndicats, quelle réalité aura-t-elle si on n'abroge pas l’interdiction de pénétrer dans la zone de la SEP et qu’on ne réintègre pas les compétences qui ont été à tort concédées, par exemple la gestion de l'accostage de ses navires, ou d’avoir un blanc-seing pour gérer en secret les questions d’environnement ?

En tant que syndicats, nous demandons depuis longtemps de quelle façon la valeur du port principal de notre pays a été évaluée et par qui. La réponse nous est parvenue récemment avec l’appel à candidature diffusé par l'organisme chargé de liquider les biens publics grecs (TAIPED), aux mains des institutions européennes, pour une expertise indépendante de la valeur du port du Pirée.

En termes simples, et contrairement aux affirmations constantes de TAIPED, cela fait des mois que se négocie la vente d’un port dont nous ne connaissons pas le prix. A plusieurs reprises le bruit a couru, et il a été écrit, que le montant des recettes prévues pour la vente du port approchait à peine les cinq cent millions d’euros. Il existe aussi le document adressé à la troïka mis en circulation avant le référendum, où on faisait référence à des recettes de six cent dix millions d’euros pour la vente des douze grands ports du pays.

Dans cette discussion, qui se doit d’être publique, nous pouvons apporter quelques paramètres objectifs.

La valeur actualisée nette du contrat de COSCO rien que pour le deuxième et le troisième quai est estimée à un milliard d’euros. Pour le reste des activités du port, croisières, liaisons intérieures, transport de voitures et radoub, à travers quelles procédures sa valeur marchande a-t-elle été évaluée et par qui ? Et quel peut bien être en fin de compte le montant ? Le rôle social du port, à combien l’estime-t-on ? Et ne mentionnons pas les intérêts géostratégiques du pays, qui sont bien sûr inestimables, et si on se base sur la façon de gérer jusqu’ici le problème, ils ne sont pas exclus du lot.

Pour finir, permettez-moi une question rhétorique

Le rôle du port du Pirée dans la récente gestion du problème des réfugiés aurait-il été le même avec COSCO aux commandes du port ? Actuellement on a réservé à cette intention un terminal, deux centres d’accueils de passagers et les autobus intérieurs. L’OLP absorbe le coût de l’opération, elle ne fait pas de profit au détriment des réfugiés et elle aide au moyen de ses ressources et de son infrastructure le travail des réseaux de solidarité qui agissent sur le port. A combien évalue-t-on, donc, le port du Pirée ?

Notez encore deux paramètres intéressants

Le loyer que verse aujourd’hui COSCO à l’OLP et à l'état grec, elle le paiera à elle-même dans la période à venir. Si on calcule le montant du loyer qui sera payé de 2015 à 2025, elle aura remboursé son contrat et couvert également le paquet d’investissements supposé.

Selon la loi de 2013, celui qui contrôle la majorité des parts dans l’OLP a la possibilité de continuer et de mettre en place le système portuaire de l’Attique. Il peut réunir sous sa tutelle les ports d’Eleusis, de Lavrio et de Rafina, et créer de cette façon un monopole privé pour l’ensemble des agglomérations de l’Attique.

Et pour conclure, une question embarrassante, qu'en est-il des exemptions d’impôts dont bénéficie COSCO ? Sur la base de la loi qui a validé l’accord initial de cession entre l’OLP et COSCO, cette dernière s’est vu concéder, en plus d’un contrat léonin, un statut particulier d’exemption fiscale. En tant que syndicats, nous avons déposé un recours auprès de l'Union Européenne, dénonçant cet état de fait. Quatre années plus tard, le conseil européen de la concurrence a statué, ces dispositions ont été concédées à tort, elles constituent une subvention indirecte de l'état et doivent être annulées et des impôts à hauteur de cinquante millions d'euros doivent être restitués à l'état grec pour les années précédentes. Le jugement définitif a été publié dans le journal de l’Union Européenne. L'état grec finira-t-il par les réclamer et par exiger la modification de ce statut à partir de maintenant ?

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22 janvier 2016 5 22 /01 /janvier /2016 16:51

L’opposition syrienne refuse des négociations indirectes (Reuters)

Un représentant de l'opposition syrienne a déclaré Vendredi 22 Janvier 2016 que des négociations de paix, même indirectes, ne pourront s'ouvrir avec le président syrien Bachar al Assad et le gouvernement de Damas sans l'arrêt des bombardements russes et le départ des forces gouvernementales qui assiègent des zones civiles.

John Kerry, le chef de la diplomatie américaine, a plaidé Jeudi 21 Janvier 2016 pour le maintien de la conférence de Genève, prévue Lundi 25 Janvier 2016, quitte à ce que les discussions n'aient pas lieu face à face.

Le gouvernement syrien, soutenu par la Russie, s'est dit prêt à y participer.

Mais pour George Sabra, numéro deux de la délégation de l'opposition mise sur pied pour la conférence de Genève, il reste des « obstacles » à surmonter pour que la conférence du Lundi 25 Janvier 2016 puisse avoir lieu. « Les bombardements russes de zones civiles doivent cesser et les sièges ou blocus doivent être levés », a-t-il déclaré, lors d'un entretien téléphonique accordé à Reuters.

« Les modalités des discussions ne nous concernent pas mais les conditions doivent être réunies pour qu'elles aient lieu », a déclaré George Sabra. Prié de dire si cela signifiait que l'opposition refusait des négociations indirectes, il a répondu « oui ».

Lors de la rencontre, prévue Samedi 23 Janvier 2016, entre John Kerry et Riad Hidjab, qui préside le conseil de l'opposition, « toutes les questions seront clairement exposées », a précisé George Sabra.

Le Haut Comité des Négociations (HCN) a été créé en Arabie Saoudite au mois de décembre 2015 avec des groupes politiques et des opposants armés du président Bachar al Assad.

La tenue des discussions de Genève était déjà rendue aléatoire par des différends entre les parties au conflit sur les personnalités qui doivent représenter l'opposition. La Russie veut que la délégation de l'opposition soit élargie à divers groupes et notamment aux kurdes du parti de l’union démocratique (PYD) qui contrôlent de grandes parties du nord est syrien.

Le HCN a rejeté la participation d'autres parties aux négociations et estime que les kurdes, qu'il accuse de coopérer avec Damas, doivent faire partie de la délégation du gouvernement syrien s'ils veulent participer.

Même mentalité

Un des principaux groupes rebelles au sein du HCN, Djaïch al Islam, a déclaré que l'opposition faisait l'objet de « beaucoup de pressions » pour faire des concessions.

« Nous n'oublions pas qu'il y a des états frères qui nous soutiennent et nous aident à surmonter ces pressions, notamment l'Arabie Saoudite, le Qatar et la Turquie », déclare le groupe dans un communiqué publié par son porte-parole, Islam Allouch.

Djaïch al Islam est considéré comme un groupe terroriste par la Russie.

De nombreux opposants au président Bachar al Assad le considèrent comme une composante légitime de l'opposition.

De leur côté, les kurdes du PYD affirment qu'ils doivent être représentés à Genève sous peine d'échec des discussions et accusent Djaïch al Islam de faire montre de la « même mentalité » qu’al Qaïda et l'Etat Islamique.

« Si certaines parties qui sont efficaces dans le dossier syrien ne sont pas autour de la table, il va se passer la même chose que ce qu'il s'est passé à la deuxième conférence de Genève », a dit Saleh Muslim, qui codirige le PYD, en référence aux négociations de 2014 qui s'étaient terminées sans résultats concrets.

« Leur mentalité est la même que celle du Front al Nosra et de l’Etat Islamique. Ils veulent clairement établir un état islamique », a dit Saleh Muslim, qui a posé le PYD comme le garant de la laïcité lors des négociations.

L'Allemagne est allée dans le sens du PYD, Vendredi 22 Janvier 2016.

« Oui, il y a une grosse minorité kurde en Syrie », a déclaré le porte-parole du ministère allemand des affaires étrangères. « Que cette minorité kurde ait le droit de prendre part à la formation de la Syrie pacifique à venir est tout à fait juste ».

La France semble être sur une ligne moins tranchée.

« Il est évident qu'au bout du compte, le PYD devra être associé à un accord définitif », dit-on de source diplomatique française.

L'opposition estime toutefois que le PYD ne fait pas partie des opposants au régime de Damas et elle refuse d'être associée à la formation kurde dans les négociations, précise-t-on de même source diplomatique.

« Ils ont défini un cadre de négociations qui prévoit des dispositions et en premier lieu que Bachar al Assad doit partir et, à ma connaissance, ce n'est pas la position du PYD », a-t-on déclaré.

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