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3 octobre 2015 6 03 /10 /octobre /2015 15:17

La Russie sommée par l’occident de ne viser que l’Etat Islamique en Syrie (Reuters)

La Russie continue ses frappes aériennes en Syrie en visant essentiellement des zones tenues par des mouvements rebelles autres que l'Etat Islamique qu'elle dit viser, s'attirant une réponse de plus en plus irritée de la part de l’occident.

Barack Obama a critiqué la politique menée par la Russie en Syrie, Vendredi 2 Octobre 2015 lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche. « La tentative de la Russie et de l'Iran de soutenir Bachar al Assad et de tenter de pacifier la population ne va faire que les enfoncer dans un bourbier et cela ne marchera pas », a-t-il déclaré. La guerre civile en Syrie ne doit pas tourner à une « guerre par procuration » entre les Etats Unis et la Russie, a ajouté le président américain.

La coalition internationale menée par les Etats-Unis, qui bombarde l'Etat Islamique en Syrie, a de même appelé la Russie à cesser ses attaques sur les cibles autres que celles de l’Etat Islamique.

« Nous appelons la Fédération de Russie à cesser immédiatement ses attaques contre les civils et l'opposition syrienne et à concentrer ses efforts sur la lutte contre l’Etat Islamique », a déclaré la coalition, qui comprend les États-Unis, les grandes puissances européennes, des états arabes et la Turquie.

« Nous exprimons notre profonde inquiétude en ce qui concerne le déploiement militaire russe en Syrie et en particulier les attaques par l'armée de l'air russe sur Hama, Homs et Idlib depuis hier qui ont fait des victimes civiles et ne visaient pas l’Etat Islamique », poursuit le communiqué de la coalition qui utilise des acronymes pour désigner l'Etat Islamique.

Plusieurs mouvements bombardés Vendredi 2 Octobre 2015 combattent à la fois le régime de Damas et les djihadistes de l’Etat Islamique, ce qui accrédite les accusations des occidentaux selon lesquels la lutte contre l’Etat Islamique n'est qu'un prétexte utilisé par la Russie pour entrer en guerre au côté de Bachar al Assad. Certains de ces groupes ont reçu des armes et une formation militaire de la part d’états ennemis de Bachar al Assad et notamment des Etats-Unis.

A Paris, François Hollande et Vladimir Poutine ont tenté de rapprocher leurs points de vue sur la transition politique en Syrie en marge d'un sommet quadripartite sur l'Ukraine. La France et l'Allemagne ont dit au président russe que l'Etat Islamique était l'ennemi à combattre en Syrie, ont déclaré François Hollande et Angela Merkel à l'issue de cette réunion.

L'Elysée rapporte que les deux hommes ont eu des « échanges approfondis sur la base des trois conditions » posées par la France pour envisager une coopération franco-russe sur le théâtre syrien, frapper l’Etat Islamique et non d'autres objectifs, assurer la sécurité des civils et mettre en oeuvre une transition politique claire qui suppose le départ du président syrien, soutenu par Moscou.

L'opposition syrienne en exil a réaffirmé qu'elle refusait que Bachar al Assad joue un rôle quelconque dans un futur gouvernement de transition.

Au troisième jour de l'intervention militaire russe, Vendredi 2 Octobre 2015, le ministère russe de la défense a indiqué que douze objectifs appartenant à l’Etat Islamique avaient été ciblés, quand bien même la plupart des objectifs désignés, dans l'ouest et le nord de la Syrie, ne se trouvent pas dans des régions où le groupe djihadiste est implanté. L'Etat Islamique est surtout implanté dans l'est.

Des Soukhoï-34, Soukhoï-24M et Soukhoï-25 ont procédé à dix-huit sorties, touchant un poste de commandement et un centre de communication dans la province d'Alep ainsi qu'un camp d'entraînement à Idlib et un poste de commandement dans la province d’Hama, a précisé le ministère dans un communiqué.

Par la suite, un responsable du ministère russe de la défense a déclaré que l'armée de l'air russe avait effectué quatorze vols en Syrie Vendredi 2 Octobre 2015 et effectué six frappes contre l’Etat Islamique. La différence avec les chiffres précédents n'a pu être éclaircie.

Samedi, le ministère de la défense cité par les agences de presse russes rapporte que l'aviation russe a effectué plus de vingt raids en vingt-quatre heures et visé des cibles de l’Etat Islamique.

Selon l'Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH), qui suit le conflit grâce à un réseau d'informateurs sur le terrain, l’Etat Islamique n'est pas du tout présent dans les régions de l'ouest et du nord de la Syrie où les avions russes ont frappé.

L'aviation russe a toutefois mené quelques raids contre des positions de l’Etat Islamique plus à l'est, a déclaré le directeur de l'OSDH, Rami Abdoulrahmane, faisant état de douze djihadistes tués Jeudi Premier Octobre 2015 dans la province de Rakka.

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2 octobre 2015 5 02 /10 /octobre /2015 20:19

http://www.unitepopulaire-fr.org/2015/09/23/arrestation-par-mesure-de-represailles-des-piliers-dertopen

Arrestation par mesure de représailles des piliers d’ERTOPEN

A peine le nouveau gouvernement a-t-il prêté serment qu’est initié le musellement des médias anti mémorandum

Le président de POSPERT, le syndicat des personnels de l’ERT, la radio-télévision publique grecque, Panagiotis Kalfagiannis, le secrétaire général de la fédération syndicale, Dimitris Kounis, ainsi que le citoyen solidaire d’ERTOPEN, Kostas Petrakis, ont été interpellés dans les bureaux de la station ERTOPEN à Galatsi et emmenés à la section de la sécurité du commissariat de Kypséli, Mercredi 23 Septembre 2015. Tous trois doivent être présentés plus tard devant le procureur.

Le procureur compétent en la matière s’est rendu ce matin dans les bureaux de la station sur requête, d’après des sources policières, de la commission nationale des télécommunications et des postes (EETT), au motif de la transmission du programme d’ERTOPEN sur la fréquence 106,7 d’ERT, laquelle se faisait sans autorisation officielle depuis l’époque de la station NERIT.

Cependant, des cadres du syndicat POSPERT dénoncent cet acte survenu ce matin, arguant qu’ils avaient reçu du ministre du développement, Christos Spirtzis, l’assurance que la station serait remise en fonctionnement en toute légalité.

Unité Populaire demande la libération immédiate des personnes arrêtées

Le service de presse d’Unité Populaire, dès qu’il a pris connaissance de ces arrestations, a fait la déclaration qui suit:

« À peine le nouveau gouvernement a-t-il prêté serment que son œuvre mémorandaire a débuté avec l’arrestation autoritaire, arbitraire, cruelle et vengeresse de Panagiotis Kalfagiannis, président du syndicat PROSPERT, du principal acteur de la station de radio autogérée des personnels d’ERT, Dimitris Kounis, trésorier du syndicat PROSPERT, et de Kostas Pétrakis, citoyen solidaire d’ERTOPEN. Les motifs de cette arrestation autoritaire sont infondés et les justifications alléguées constituent un affront à l’intelligence des citoyens et à la démocratie elle-même. Nous exigeons la libération immédiate des personnes arrêtées et la remise en fonctionnement immédiate et sans obstacle aucun d’ERTOPEN ».

Déclaration de Panagiotis Lafazanis

Le gouvernement menace de fermeture une voix démocratique anti mémorandum

Le président d’Unité Populaire, Panagiotis Lafazanis, s’est rendu Mercredi 23 Septembre 2015 au commissariat de police de Kypséli où sont retenus depuis leur arrestation trois des principaux acteurs d’ERTOPEN, Panagiotis Kalfagiannis (président du syndicat des personnels d’ERT), Dimitris Kounis (trésorier du syndicat), et Kostas Petrakis (citoyen solidaire).

Le président d’Unité Populaire a dénoncé dans les medias ces arrestations arbitraires et a exigé la libération immédiate des personnes arrêtées.

Panagiotis Lafazanis, répondant aux journalistes présents devant le commissariat de police, a souligné ce qui suit, « à peine a-t-il prêté serment que le gouvernement lance une campagne de représailles pour bâillonner une voix démocratique anti mémorandum authentique telle qu’ERT. Le gouvernement a déclaré, avant les élections, qu’il s’attaquerait à la collusion des propriétaires de chaînes, au lieu de quoi il a fait arrêter Panaghiotis Kalfagiannis. ERTOPEN fonctionne depuis deux ans et demi en tant que station de radio autogérée des personnels licenciés d’ERT, depuis que le rideau noir est tombé sur la radio-télévision publique de Grèce. Devant les micros libres d’ERTOPEN ont défilé quasiment tous les hommes politiques du pays. Cependant, jusqu’à aujourd’hui, personne n’a jamais songé à se livrer à de tels actes autoritaires, menaçant de fermeture un média hertzien démocratique et anti mémorandaire. Le gouvernement est responsable et il doit rendre des comptes ».

Suite aux réactions, les trois personnes arrêtées ont été libérées. On ignore si les poursuites sont maintenues. Le gouvernement reste exposé.

Suite aux réactions virulentes d’Unité Populaire et d’organisations et de représentants syndicaux, le président de Pospert, Panagiotis Kalfagiannis, et le secrétaire de la section financière de la fédération, Dimitris Kounis, interpellés Mercredi 23 Septembre 2015 au motif d’une prétendue « diffusion illégale de propagande radiophonique », ont été libérés.

On ignore toutefois encore si les poursuites retenues contre eux sont maintenues et leur libération ne constitue qu’une manœuvre d’évitement en vue de faire tomber la tension.

En tout cas, le gouvernement demeure responsable et il s’expose gravement suite à ces arrestations à caractère de revanche qui démontrent l’orientation nette d’une intervention visant à museler des médias qui dérangent.

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2 octobre 2015 5 02 /10 /octobre /2015 15:40

http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/09/14/la-ville-turque-de-cizre-epicentre-de-la-reprise-des-combats-entre-ankara-et-les-kurdes_4756558_3214.html#

La ville turque de Cizre, épicentre de la reprise des combats entre Ankara et les kurdes

Par Marie Jégo, correspondante du Monde à Istanbul

Trente-six heures après avoir levé le couvre-feu établi sur la ville de Cizre, un fief du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans le sud-est du pays, les autorités turques l’ont réimposé « jusqu’à nouvel ordre », Dimanche 13 Septembre 2015.

Privés d’eau, d’électricité, de téléphone et de soins médicaux, depuis Vendredi 4 Septembre 2015, les habitants de Cizre ont profité d’un court répit pour se réapprovisionner et enterrer leurs morts, soit vingt et une personnes tuées lors des récents combats de rue avec l’armée, avant de se barricader à nouveau chez eux.

Les combats entre l’armée turque et le PKK dans les régions du sud-est à majorité kurde ont repris de plus belle depuis la fin du mois de juillet 2015, une fois rompus les pourparlers de paix entre Ankara et les rebelles kurdes.

Depuis, il ne se passe pas un jour sans l’annonce d’un nouvel attentat du PKK contre les forces de l’ordre. Deux policiers ont péri lors d’une attaque à la voiture piégée survenue à Sirnak, Dimanche 13 Septembre 2015. Le même jour, un autre policier a été tué à Silvan, non loin de Diyarbakir, lors d’une attaque à la roquette.

Combats et tirs de roquettes

Située près des frontières irakienne et syrienne, la ville de cent vingt mille habitants est un bastion du mouvement de la jeunesse patriotique révolutionnaire (YDGH), un mouvement constitué de jeunes kurdes du PKK formés à la guérilla urbaine. Récemment, ces jeunes avaient creusé des tranchées dans certains quartiers de Cizre afin d’empêcher les soldats turcs d’y pénétrer.

Avant l’imposition du couvre-feu, Vendredi 4 Septembre 2015, des affrontements violents avaient éclaté. Suite au blocus, plusieurs quartiers de la ville ont été réduits à l’état de ruines par les combats et les tirs de roquettes, donnant à la petite ville des allures « de Beyrouth », selon les rares témoins qui ont pu se faufiler en ville à la faveur de la levée du couvre-feu.

La députée du parti démocratique des peuples (HDP) Sibel Yigitalp a ainsi diffusé les photographies de la dépouille d’une mère de famille de Cizre entourée de bouteilles d’eau glacée. Empêchées de transporter à la morgue ou au cimetière les corps de leurs proches tués dans les accrochages, les familles font l’impossible pour conserver les cadavres.

Situation politique paradoxale

Pendant l’opération de nettoyage menée par les forces turques du Vendredi 4 Septembre au Samedi12 Septembre 2015, aucun journaliste n’a pu entrer dans Cizre. Une trentaine de députés du HDP, dont le coprésident du parti Selahattin Demirtas, ont tenté de marcher vers la ville dès le Mercredi 9 Septembre 2015. Ils ont dû rebrousser chemin après avoir été stoppés par des cordons de police. Dans le groupe de marcheurs figuraient Ali Haydar Konca, ministre de l’intégration européenne, et Muslim Dogan, ministre du développement, inclus dans le gouvernement intérimaire nommé récemment afin de mener le pays vers de nouvelles élections législatives, prévues pour Dimanche Premier Novembre 2015.

La situation est on ne peut plus paradoxale. Seul parti d’opposition ayant accepté de participer au gouvernement intérimaire dominé par les islamo-conservateurs du parti de la justice et du développement (AKP), le HDP détient deux portefeuilles mais il est régulièrement vilipendé par le président turc Recep Tayyip Erdogan pour sa collusion avec le PKK, tandis que son coprésident Selahattin Demirtas est sous le coup d’une double accusation de « terrorisme » et « d’insulte » au chef de l’état.

Tout récemment, une nouvelle organisation pro gouvernementale baptisée « foyer ottoman » s’est livrée à des attaques contre les bureaux du HDP et contre des commerces tenus par des kurdes dans plusieurs villes de Turquie. A Istanbul, Ankara, Alanya et Kirsehir, des hordes de nervis ont lancé des opérations punitives tout en brandissant des drapeaux turcs et en chantant des slogans favorables à Recep Tayyip Erdogan.

Recep Tayyip Erdogan renforcé au sein de l’AKP

La semaine dernière, les bureaux du quotidien Hurriyet à Istanbul ont été caillassés à deux reprises par une foule hostile chantant « allah o akhbar » et « vive le président Recep Tayyip Erdogan ». Sur les réseaux sociaux, des partisans de l’AKP avaient appelé à brûler les locaux du journal d’opposition « tout comme le Madimak », un hôtel incendié en 1993 par des islamistes radicaux à Sivas, en Anatolie, où trente-cinq intellectuels laïcs réunis pour réciter des poèmes perdirent la vie.

La rédaction d’Hurriyet était accusée d’avoir déformé les propos de Recep Tayyip Erdogan, prompt à déclarer à la télévision que la situation serait différente si les élections législatives du Dimanche 7 Juin 2015 avaient donné à l’AKP quatre cent députés au lieu de deux cent cinquante-huit députés. « Si un parti avait obtenu quatre cent sièges aux élections législatives et atteint le nombre requis au parlement pour changer la constitution, la situation serait différente », avait déclaré Recep Tayyip Erdogan.

A la tête du groupe qui a attaqué Hurriyet se trouvait Abdurrahim Boynukalin, député de l’AKP et chef de son mouvement de jeunesse. Une initiative payante puisqu’il a été élu membre du comité exécutif du parti lors du congrès annuel de l’AKP à Ankara, Samedi 12 Septembre 2015. Intitulé « l’amour comme au premier jour », le cinquième congrès de l’AKP a vu l’emprise du président Recep Tayyip Erdogan se renforcer. La majorité des cinquante membres du comité exécutif du parti sont des fidèles du chef de l’état, parmi lesquels son beau-fils Berat Albayrak ainsi que son avocat Hayati Yazici. Les « pères » historiques de l’AKP, à l’instar de l’ancien président Abdullah Gül, qui s’est fait porter pâle Samedi 12 Septembre 2015, ou de l’ancien vice premier ministre Bülent Arinc, apparaissent totalement marginalisés. « Au moment de sa fondation, l’AKP était le parti du nous. Il est désormais le parti du moi », a déclaré Bulent Arinc à la presse une fois le congrès achevé.

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2 octobre 2015 5 02 /10 /octobre /2015 15:14

http://www.revue-ballast.fr/droits-de-reponse

Dans un entretien paru Samedi 19 Septembre 2015, sur le site de Ballast, l’économiste et sociologue Bernard Friot reprochait au sociologue communiste libertaire Alain Bihr de succomber à une forme de domination centrisme, l’histoire s’écrivant toujours du côté des stratégies gagnantes des classes dominantes, de la sociologie critique. Alain Bihr nous a demandé un droit de réponse.

Réponse d’Alain Bihr à Bernard Friot

Selon Bernard Friot, je ferais partie de « ces marxistes, et ils sont hélas nombreux, qui pensent qu’il n’y a pas de sujet révolutionnaire effectivement en train de se construire à l’échelle macro sociale et que la seule classe qui existe est la classe capitaliste ». Bien pire, je serais un digne représentant « d’un bas-clergé de la religion capitaliste d’autant plus efficace qu’il critique une domination capitaliste dont il nie qu’elle ait commencé à être radicalement mise en cause ».

Bigre, sur quoi fonde-t-il donc de pareilles accusations dont il reconnaît lui-même qu’elles sont graves ? Sur le seul fait que je refuse d’accorder une portée révolutionnaire à ce qu’il nomme « les institutions anti capitalistes du salaire » telles que le salaire à la qualification ou la cotisation sociale. En somme, qui n’est pas d’accord avec Bernard Friot sur l’interprétation qu’il donne de ces derniers serait ipso facto un traître à la cause émancipatrice des travailleurs, hors de lui, point de salut. Ce mode de polémique pourrait faire sourire s’il n’évoquait le sinistre souvenir d’une période de l’histoire du mouvement ouvrier, dont on aimerait penser qu’elle appartient définitivement au passé, où l’exclusivisme dogmatique se prolongeait volontiers par des moyens de police pour faire taire ceux et celles que l’argument d’autorité n’impressionnait pas.

Mais sortons du registre de la polémique qui n’a guère d’intérêt. Puisque Bernard Friot m’accorde que « les classes ne préexistent pas à leur conflit et que ce sont les luttes de classes qui produisent les classes », je ne vois pas quelle incohérence il y a à reconnaître qu’une classe puisse être dominée sans pour autant cesser d’être une classe, ainsi qu’il me le reproche. Car qui dit domination dit nécessairement lutte, lutte pour imposer, parfaire, réimposer la domination, en transformer les modalités et répliquer aux coups de l’adversaire, d’un côté, lutte pour résister à la domination, la limiter et l’affaiblir, la subvertir et la défaire, de l’autre, et, de part et d’autre, c’est à travers cette lutte que se constitue la classe sociale. Par conséquent, dire du prolétariat, ou de l’encadrement ou de la petite bourgeoisie, qu’elle est ou reste une classe dominée, ce n’est nullement lui ôter son caractère de classe. Pas plus que la bourgeoisie n’a attendu de devenir classe dominante pour se constituer en tant que classe dans et par sa lutte contre l’aristocratie féodale, pour reprendre sa propre terminologie, pas plus il n’est nécessaire d’attendre que le prolétariat accomplisse sa révolution, qu’il abolisse le capitalisme ou de supposer qu’il est en train de l’abolir par la subversion du rapport salarial pour lui reconnaître son caractère de classe sociale.

Autrement dit, une classe n’a nullement besoin d’être une classe révolutionnaire pour être une classe, comme semble le penser Bernard Friot. Sans quoi, seule la bourgeoisie serait une classe puisque, jusqu’à preuve du contraire, elle seule a réussi à réaliser une révolution jusqu’à présent, à renverser un ordre social dans lequel elle était classe dominée en engendrant un autre ordre social dans lequel elle se trouve classe dominante. Et c’est du coup Bernard Friot qui se retrouverait sur la position qu’il me reproche à tort d’adopter, celui de faire de la bourgeoisie la seule véritable classe. À partir de là, on peut aussi développer une autre compréhension du salaire à la qualification et de la cotisation sociale que celle proposée par Bernard Friot, comme je l’ai fait dans la critique de « l’enjeu du salaire ». Ne pas y voir des institutions anti capitalistes comme lui, ce n’est pas pour autant « faire du mouvement ouvrier concret un idiot utile du capital », c’est tout simplement, là encore, en faire une cristallisation d’un certain rapport de forces entre capital et travailleurs salariés dans un espace géo politique, celui des formations centrales du système capitaliste mondial, et une phase historique, la phase fordiste, bien déterminés de la lutte des classes. Que ces institutions aient contribué à la reproduction du rapport capitaliste de production dans cet espace-temps n’implique pas qu’elles n’aient pas simultanément et contradictoirement permis de satisfaire des revendications fondamentales du salariat et même disposer des points d’appui pour d’ultérieures entreprises de subversion de ce rapport. C’est inscrire la contradiction des intérêts de classe, donc la lutte des classes, au cœur de ces institutions mais refuser d’en faire l’œuvre unilatérale d’une classe qui agirait en toute autonomie de son adversaire, ce qu’il m’accuse à tort de faire pour la bourgeoisie mais qu’il n’hésite pas à faire, de son côté, pour ce qu’il nomme « la classe salariale », bis repetita.

Bernard Friot a tenu à répondre au droit de réponse ci-dessus

Pour disqualifier ma réponse à la critique qu’il fait de mon travail dans l’entretien qu’il avait donné au site Ballast, Alain Bihr la ravale au rang de « polémique », avec une insinuation particulièrement injurieuse, tout en faisant la leçon, comme il en a l’habitude avec moi, à quelqu’un qui n’aurait rien compris à Karl Marx, j’ignorerais qu’une classe peut exister « en soi », même si elle ne l’est pas « pour soi ». C’est lassant, c’est surtout trop facile.

Interrogé sur ce que je dis de la religion capitaliste, j’ai montré que, comme toute religion, elle naturalise la violence de la classe dirigeante. Dans le passage qu’incrimine Alain Bihr, je précise en ajoutant que, comme toute religion, elle tire son efficacité de sa capacité non seulement à faire accepter leur situation par les dominés mais encore à canaliser leur révolte. Une religion traditionnelle, comme dans nos pays les religions chrétiennes, réussissait à consoler le peuple en disant, et c’était là le rôle du bas-clergé en contact avec le peuple, que certes en cette vie il y a des riches et des pauvres et que c’est normal, mais qu’après la mort les riches iront peut-être en enfer et les pauvres au paradis. De même la religion capitaliste, de loin la plus active dans nos sociétés, dispose d’un bas-clergé qui console le peuple en disant que, certes, hier il n’a pas réussi à subvertir de façon décisive la domination du capital, mais que, demain, cela sera peut-être possible. C’est la position de trop de chercheurs en sciences sociales, qui pensent qu’un avenir émancipateur est possible mais qu’il n’y a pas, aujourd’hui, d’institutions, conquises par le mouvement ouvrier, d’une émancipation déjà-là.

Je propose là un cadre analytique que j’estime urgent de soumettre au débat dans une période de désespérance populaire où la laïcité, faute de s’intéresser à la religion capitaliste, est récupérée par la droite et l’extrême droite. J’invite Alain Bihr à le prendre plus au sérieux pour l’interprétation de la situation actuelle tant des sciences sociales que de la classe ouvrière, d’autant qu’il confirme sa pertinence dans son droit de réponse en évoquant, comme toujours, « d’ultérieures entreprises de subversion », c’est moi qui souligne, du rapport capitaliste de production.

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1 octobre 2015 4 01 /10 /octobre /2015 20:10

http://www.lepcf.fr/Bienvenue-aux-refugies

Manifestation contre l’extrême droite

Par Paul Barbazange

Lundi 21 Septembre 2015

Bienvenue aux réfugiés, c’est derrière cette banderole résumant bien l’esprit du mouvement qu’entre cinq cent et six cent biterrois ont manifesté dans les rues de Béziers pour que Béziers et la France restent terre d’accueil des réfugiés et que le maire de Béziers soit publiquement condamné pour ses écrits et ses actes.

Ces six cent personnes se composaient de biterrois de toutes origines, dont un grand nombre de membres de la communauté maghrébine, rejoints d’ailleurs par quelques personnes venues d’autres villes languedociennes. Il y avait des immigrés de première, de deuxième et de troisième génération comme il n’a pas manqué d’être scandé tout au long du cortège. Des filles et fils de réfugiés de la guerre civile en Espagne marquaient leur présence.

J’ai personnellement contribué à porter une banderole, « chrétiens, juifs, musulmans, athées et réfugiés de toutes les guerres, vous êtes les bienvenus à Béziers ».

L’ensemble des autres pancartes, des mots d’ordre et des déclarations, allaient dans le même sens.

Aimé Couquet, conseiller municipal communiste, élu sur une liste du Front De Gauche a concentré son intervention sur la nécessité de l’intervention des citoyens à la fois sur la construction au quotidien des conditions d’accueil et à la fois sur la bataille politique contre le rejet de tous ceux qui sont différents, en particulier s’ils sont affaiblis par leurs conditions d’existence.

Cet appel à l’action et aux actions a été fortement applaudi et repris par la presse écrite régionale.

Devant la mairie, les manifestants ont appelé à la démission du maire et déchiré symboliquement plusieurs centaines de journaux municipaux considéré par beaucoup de biterrois comme une feuille de propagande d’extrême droite payée par leurs deniers.

L’imam de la principale mosquée de la ville s’est alors adressé aux manifestants en reprenant cinq points faisant l’unanimité du mouvement.

La lutte continue, ce soir, par une petite manifestation des pacifistes biterrois rassemblés à l’occasion de la journée mondiale de la paix. Ce sera l’occasion de développer argumentations et débats sur les causes immédiates et profondes de ces monstrueux déplacements de population.

Dans un autre registre, nous savons entre autres qu’une collecte pour les réfugiés est aujourd’hui organisée dans un des grands lycées de la ville par des enseignants, le Secours Populaire Français et le Mouvement des Jeunes Communistes de France.

Les luttes continuent.

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1 octobre 2015 4 01 /10 /octobre /2015 19:56

http://www.humanite.fr/vintimille-face-face-tendu-entre-migrants-et-forces-de-lordre-apres-le-demantelement-dun-camp-585362?IdTis=XTC-FT08-A1SAXH-DD-DLH85-FJMI

Evacuation du camp de migrants jouxtant la frontière franco italienne à Vintimille

Cent cinquante carabiniers ont évacué le campement de la frontière franco-italienne qui a été rasé par les bulldozers. Après des heures de face à face tendu entre les forces de l'ordre et une cinquantaine de migrants qui refusaient de partir, ces derniers ont finalement accepté de quitter les rochers dans le calme.

« En début de soirée, les derniers migrants ainsi que les militants de No Border qui étaient encerclés par un cordon de policiers italiens ont accepté, après négociation, de quitter les lieux. Ils sont remontés en se tenant par les épaules et sont montés dans les bus de la police après des adieux très émouvants à leurs soutiens », raconte Georges Marcel Faye, qui est resté sur place jusqu'à ce que les dernières personnes quittent l'ancien campement, désormais rasé par les bulldozers.

L’opération d’évacuation avait démarré Mercredi 30 Septembre 2015 vers 6 heures du matin.

Des policiers et des carabiniers italiens en tenue anti-émeute ont commencé à retourner les tentes des migrants installés dans ce camp à l’aide de bulldozers. Ils ont également réquisitionné une partie de leurs sacs et de leurs stocks de nourriture.

Le tribunal d’Imperia, en Italie, a décidé cette évacuation pour « occupation illégale du domaine public et vol d’eau et d’électricité ».

Sur place, les riverains qui tentent d'apporter des vivres et de l'eau aux « résistants » sont empêchés d'approcher. C'est le cas d'André Franco qui a livré son témoignage au site internet de l’Humanité.

Militant du Parti Communiste Français (PCF) et soutien de longue date des migrants de ce camp situé à la frontière franco-italienne, André Franco raconte l'intervention des bulldozers et la tension qui règne sur place tandis qu'une cinquantaine de migrants réfugiés sur les rochers et encerclés par les policiers italiens menacent de se jeter à l'eau. Beaucoup ne savent pas nager.

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1 octobre 2015 4 01 /10 /octobre /2015 18:38

https://www.ensemble-fdg.org/content/rassemblement-loccasion-de-la-venue-de-poutine-en-france

Rassemblement à l'occasion de la venue de Poutine en France

Vendredi 2 Octobre 2015 à 18 heures à Paris à côté de l’assemblée nationale à l'angle de la rue de l’Université et de la rue Constantine, Esplanade des Invalides.

A l'initiative de militants syriens, ukrainiens et russes

Initiative soutenue par Alternative Libertaire, Assemblée Européenne des Citoyens, Émancipation, Ensemble, Insurgé, Union syndicale Solidaire

Vendredi 2 Octobre 2015, le président russe Vladimir Poutine vient à Paris pour participer à un sommet portant sur le conflit en Ukraine. Il devrait également discuter de la Syrie avec le couple franco-allemand.

Cependant, le Kremlin emprisonne ses opposants politiques, fournit massivement des armes qui tuent des civils ukrainiens et syriens et envoie des militaires russes en Ukraine et en Syrie.

De plus, la politique et les interventions du Kremlin contraignent, en Syrie et en Ukraine, des millions de personnes à fuir leur maison. Dans ces deux pays, Vladimir Poutine mène la même politique, empêcher un peuple de décider librement de son avenir.

Après quatre ans de soutien militaire de Vladimir Poutine à Bachar al Assad, la situation en Syrie n'a fait qu'empirer, plus de deux cent cinquante mille morts, et l'armée de Bachar al Assad, soutenue notamment par Vladimir Poutine, est responsable de la mort de plus de quatre-vingt-quinze pour cent des civils tués. Et toute intervention, qu'elle soit ou non avec l'appui de la France, ne permet pas d'en finir avec l’Etat Islamique.

Si le gouvernement français défendait vraiment les libertés démocratiques, il faudrait qu'il commence par exiger la fin de tous les massacres et des meurtres, la libération des prisonniers politiques, plus de deux cent quinze mille en Syrie, mais aussi plus de deux cent en Russie, et la fin des agressions militaires.

Nous n'acceptons aucune collaboration avec les dictateurs, ni Vladimir Poutine, ni Bachar al Assad.

Ils sont la cause et non pas la solution des problèmes.

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1 octobre 2015 4 01 /10 /octobre /2015 18:25

Nouvelles frappes aériennes russes en Syrie (Reuters)

La Russie a mené sa deuxième journée de frappes aériennes Jeudi Premier Octobre 2015 en Syrie en précisant qu'elle visait plusieurs organisations « terroristes » et pas seulement l’Etat Islamique, tandis que des sources libanaises annonçaient une offensive au sol des forces pro-gouvernementales syriennes et de leurs alliés.

Cette opération au sol, qui serait menée avec des forces iraniennes et celles du Hezbollah libanais, vise à récupérer les territoires perdus récemment par les troupes de Bachar al Assad en particulier au profit de l'Armée de la Conquête, qui regroupe plusieurs composantes de l'insurrection syrienne, dont le Front al Nosra, affilié à al Qaïda.

Des centaines de soldats iraniens sont arrivés en Syrie il y a dix jours avec leurs armes pour se joindre à cette offensive, a-t-on précisé à Reuters.

Moscou avait d'abord présenté sa campagne aérienne comme visant en priorité l’Etat Islamique, disant craindre que les membres russes et de l’ancienne union soviétique de l'organisation fondamentaliste sunnite ne finissent par s'en prendre à leurs pays d'origine s'il n'était pas mis fin à leur action en Syrie.

Mais, Jeudi Premier Octobre 2015, après les doutes exprimés par les Etats-Unis et les rebelles sur le terrain sur les véritables cibles des frappes russes, le Kremlin a expliqué que ses frappes avaient une portée plus large et qu'elles visaient plusieurs groupes.

« Ces organisations, figurant sur la liste des cibles, sont bien connues et les objectifs sont choisis en coordination avec les forces armées de Syrie », a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, alors qu'on lui demandait si l'Occident et la Russie avaient une définition différente de ce qui constitue un groupe terroriste.

Selon un bilan fourni par le ministère russe de la défense, les Soukhoï 24 et les Soukhoï 25 de l'aviation russe ont effectué huit sorties dans la nuit du Mercredi 30 Septembre au Jeudi Premier Octobre 2015 et elles ont touché quatre objectifs liés à l’Etat Islamique, tout en évitant les zones peuplées.

Un dépôt de munitions a notamment été touché près d'Idlib ainsi qu'un centre de commandement de l’Etat Islamique près de Hama. Un site de chargement en explosifs des véhicules destinés aux attentats suicide a également été détruit au nord de Homs.

Or, l’Etat Islamique, qui est surtout présent dans le nord et l'est de la Syrie, n'a pas de présence importante ni à Hama ni à Homs.

Frappes contre des rebelles formés par la Central Intelligence Agency (CIA)

Selon la chaîne de télévision libanaise al Mayadine, favorable au régime syrien, les avions russes ont mené au moins trente frappes, notamment contre la ville de Djisr al Choughour, tenue par les rebelles de l'Armée de la Conquête dans le nord-ouest de la Syrie.

L'Armée de la Conquête s'est emparée cette année de la ville d'Idlib, et par la suite de Djisr al Choughour, infligeant des revers de taille à Damas non loin des régions méditerranéennes de la Syrie, qui sont un bastion de Bachar al Assad.

Selon al Mayadine, les frappes aériennes ont visé d'autres secteurs de la province d'Idlib, comme la zone montagneuse de Zaouiya, de même que certaines parties de la province de Hama, plus au sud.

La chaîne de télévision Orient News, proche de l'opposition syrienne, a rapporté quant à elle que les avions russes avaient visé des positions des insurgés dans la province de Hama.

Selon Hassan Hadj Ali, chef du groupe rebelle Lioua Soukour al Djabal, une brigade de l'Armée Syrienne Libre (ASL) opérant dans les montagnes de Zaouiya, une vingtaine de missiles lâchés lors de deux sorties russes ont touché Jeudi Premier Octobre 2015 un camp d'entraînement de son groupe dans la province d'Idlib. Ce groupe a été entraîné par la CIA au Qatar et en Arabie Saoudite.

Le sénateur américain John Mac Cain a évoqué sur la chaîne de télévision CNN des frappes russes contre des recrues de l’ASL qui avaient été « armées et entraînées » par la CIA.

Le soutien militaire de la Russie va amener un « grand changement » dans le cours du conflit syrien, notamment grâce à l'entrée en scène d'un matériel de surveillance de pointe, a-t-on déclaré jeudi de source gouvernementale syrienne.

Face à l'affirmation de la présence russe, des officiers russes et américains pourraient se rencontrer dès Jeudi Premier Octobre 2015 pour coordonner leurs opérations militaires en Syrie et éviter que des incidents se produisent lors de leurs bombardements respectifs, a déclaré Mercredi 30 Septembre 2015 le secrétaire d’état américain John Kerry.

De son côté, l'Arabie Saoudite a demandé à la Russie de cesser « immédiatement » ses frappes aériennes en Syrie.

Bachar al Zoubi, le chef de l'Armée de Yarmouk, qui fait partie de l’ASL, a estimé que les frappes russes allaient prolonger le conflit et demandé aux états arabes de fournir des armes anti aériennes aux insurgés.

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30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 19:21

SYRIZA PODEMOS PREMIER BILAN

Par Bernard Fischer

Je l’écrivais à la fin de l’année 2014, l’année 2015 serait l’année de Syriza en Grèce et de Podemos en Espagne. Elle l’était au-delà de tout pronostic.

Le quatrième et dernier trimestre de l’année 2015 nous réserve certainement encore beaucoup de surprises et d’évènements extraordinaires, il y aura encore des élections générales en Espagne au mois de décembre 2015, mais c’est l’heure d’un premier bilan.

Je l’écrivais aussi dans un autre message, on ne comprend rien à ces évènements si on ne caractérise pas ces deux organisations, comme beaucoup d’autres, d’organisations centristes, des organisations intermédiaires entre des organisations réformistes et de véritables organisations révolutionnaires.

Cette caractérisation date des années 1930. La gauche et l’extrême gauche européenne oubliaient cette caractérisation comme elles oubliaient beaucoup d’autres épisodes, expériences, connaissances et leçons de leur histoire, de notre histoire. Dans les années 1930, il y avait le centre marxiste révolutionnaire international et les médias de l’époque connaissaient cette coordination principalement européenne sous le nom de bureau de Londres.

Les principales organisations de cette coordination étaient le Parti Ouvrier d’Unification Marxiste (POUM) en Espagne, le Parti Socialiste Ouvrier et Paysan (PSOP) de Marceau Pivert en France et l’Independent Labour Party (ILP) en Grande Bretagne. La totalité de ces organisations disparaissaient définitivement pendant et après la deuxième guerre mondiale.

Il y a une distinction importante entre les organisations centristes des années 1930 et celles d’aujourd’hui. A l’époque, aucune de ces organisations n’était jamais, à l’exception du POUM en Catalogne, en situation de majorité ou de participation gouvernementale. Les organisations centristes d’aujourd’hui comme Syriza en Grèce ou comme Podemos en Espagne posent clairement la question de la majorité ou de la participation gouvernementale, la question de l’hégémonie, comme disait Antonio Gramsci.

Je ne ferais pas ici, ce n’est pas le sens de ce message, une longue description des évènements de la tumultueuse année 2015 en Grèce et en Espagne.

En Grèce, tout commençait par la victoire de Syriza aux élections législatives de janvier 2015. Il y avait ensuite pendant six mois au premier semestre 2015 un long et violent affrontement frontal entre la troïka et le premier gouvernement de Syriza. Cet affrontement frontal prenait la forme de fausses négociations. Il y avait ensuite le vote non massif au référendum de juillet 2015 et, immédiatement après le référendum, la capitulation d'Alexis Tsipras devant la troïka, la signature du troisième mémorandum et la scission de Syriza.

La scission de Syriza était difficile. Pendant plus d’un mois, entre la signature du troisième mémorandum et la dissolution du parlement, la Plate-Forme de Gauche de Syriza multipliait les appels à l’unité de Syriza. Cette unité n’existait plus depuis longtemps. C’était une fiction totale.

La Plate-Forme de Gauche de Syriza quittait finalement Syriza et fondait Unité Populaire au dernier moment et dans les pires conditions le lendemain de la dissolution du parlement et de la convocation des élections législatives de septembre 2015. Les candidats d’Unité Populaire étaient les candidats d’un parti de vingt-huit jours. Dans ces conditions, ils réalisaient un score légèrement inférieur au score de trois pour cent des électeurs nécessaire pour l’élection d’au moins un député. Même dans ces conditions, soulignons tout de même que la présentation d’une seule liste unitaire d’Unité Populaire et d’Antarsya permettait l’obtention d’un score nettement supérieur au seuil de trois pour cent des électeurs.

La victoire de Syriza est une victoire à la Pyrrhus. La transformation de Syriza en un nouveau parti social-démocrate et la transformation de la Grèce en une colonie allemande précipiteront la chute de Syriza.

En Espagne, l’évènement majeur de l’année 2015 est la victoire des candidatures d’unité populaire aux élections municipales de mai 2015 à Madrid, à Barcelone et dans les plus grandes villes d’Espagne.

Podemos est un parti totalement contradictoire, le parti du peuple tout entier, comme on disait dans le temps. Il y a d’une part la direction nationale de Podemos au niveau de l’état espagnol, la « cupula », comme disent les espagnols, c’est l’équipe de communication de Pablo Iglesias et de son philosophe fétiche, Ernesto Laclau.

Il y a d’autre part les bases de Podemos. Les bases de Podemos, ce sont les cercles de Podemos, mais ce sont aussi les directions des communautés autonomes et des municipalités.

Au printemps 2015, au moment de la fondation et de l’élection des directions régionales de Podemos, Pablo Iglesias présentait des candidats contre les responsables d’Anticapitalistas, Teresa Rodriguez en Andalousie et Pablo Echenique en Aragon, et les responsables d’Anticapitalistas battaient les candidats de Pablo Iglesias. La direction nationale et la base de Podemos disent et font à peu près le contraire l’une par rapport à l’autre.

La question de l’indépendance de la Catalogne concentre les contradictions de la vie politique espagnole et celles de Podemos. Pablo Iglesias veut des candidats de Podemos tout seul aux élections générales de décembre 2015 dans toute l’Espagne, il refuse toute liste unitaire et il multiplie les déclarations contre l’indépendance de la Catalogne.

Que faisait donc Podemos aux élections régionales en Catalogne en septembre 2015 ? La direction régionale de Podemos, dont la principale représentante est maintenant le maire de Barcelone, Ada Colau, présentait la liste Catalogne oui nous pouvons, c’était une liste unitaire d’Initiative pour une Catalogne Verte (ICV), d’Izquierda Unida, de Podemos et de nombreuses autres composantes associatives et citoyennes, et les principaux candidats de cette liste unitaire étaient de vieux militants indépendantistes.

La défaite de la liste Catalogne oui nous pouvons aux élections régionales en Catalogne est la défaite politique personnelle de Pablo Iglesias et de sa position contre l’indépendance de la Catalogne.

Les médias espagnols présentaient les résultats des élections catalanes comme une victoire en nombre de sièges des deux listes indépendantistes, c’était une victoire difficilement contestable, mais comme une victoire en nombre de voix des listes unionistes.

Cette propagande est totalement fausse. Il y a un seul petit problème. Les médias espagnols ignoraient totalement les véritables relations entre Barcelona en Comu, ICV, la Candidature d’Unite Populaire (CUP) de Catalogne et Esquerra Republicana de Cataluna (ERC). Le leader de la liste Ensemble pour le oui était un ancien député d’ICV et l’ERC votait pour l’élection d’Ada Colau à la mairie de Barcelone. Il n’y avait pas deux mais trois listes indépendantistes et celles-ci étaient donc majoritaires en sièges et en voix.

Les résultats des élections régionales catalanes tiennent en un seul chiffre, le résultat le plus important est le score de la liste du Parti Populaire de Mariano Rajoy.

Quand la liste du parti du président du gouvernement de l’état espagnol reçoit le soutien de Nicolas Sarkozy, François Hollande, Angela Merkel et Barack Obama et quand il fait moins de neuf pour cent des voix, on mesure l’ampleur de la crise du bipartisme espagnol.

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30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 18:14

http://www.clubpolitiquebastille.org/spip.php?article138

Et si c’était le contraire ?

Mercredi 30 Septembre 2015

Par Charles Jérémie

« Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, mais c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles ».

Sénèque

De nombreux textes s’interrogent sur l’origine de la crise du Parti Ouvrier Indépendant (POI) et du Courant Communiste Internationaliste (CCI). Nombre d’entre eux insistent sur le fait que la dislocation du courant lambertiste comme la crise du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), l’atonie de Lutte Ouvrière et bien sûr les crises du Parti Communiste Français (PCF) et du Parti Socialiste, sont le produit d’une « intensification de la lutte des classes ». Par exemple, les camarades de la Commune écrivent « qu’il est évident que cette cassure et cette implosion du POI et du CCI a ses racines dans la situation politique historique que nous vivons et qui voit tous les partis sans exceptions entrer en crise car ils sont incapables de répondre aux positions politiques, économiques et institutionnelles qui se posent à toutes les classes, dans une intense lutte des classes que tous s’ingénient à refuser de voir ».

Et si c’était le contraire ?

Depuis 1968, soit près de cinquante ans, aucune lutte des classes en Europe n’a posé le problème du pouvoir. L’intensité de la lutte des classes se mesure à cette aune. En 1968, la question du pouvoir et d’un gouvernement de la mobilisation des masses s’est posée notamment en France et en Tchécoslovaquie. En France, il fallait combler le vide politique créé par la panique de la bourgeoisie. Grâce au PCF et à la Confédération Générale du Travail (CGT) notamment le travail a été fait. À Prague il a fallu les chars.

Et si la dislocation des organisations issues du mouvement ouvrier procédait d’une
situation inverse ? Et si l’implosion, les scissions et le recul généralisé de toutes les organisations révolutionnaires provenaient de l’absence de toute perspective révolutionnaire sérieuse ?

Depuis près de quarante ans, la mondialisation a fait exploser la classe ouvrière. Et là où le chômage de masse n’est pas encore à l’ordre du jour, la surexploitation des travailleurs a fait sauter tous les acquis. Depuis près de quarante ans, les organisations de collaboration de classes du Parti Socialiste et du PCF s’épuisent à assurer les « alternances ». Elles se réduisent à des élus de moins en moins nombreux et à des appareils fragilisés en bout de course. Les organisations syndicales sont, pour les sommets, devenus des rouages des gouvernements et des partenaires du patronat. Malgré le dévouement des militants à la base, elles sont désertées.

Depuis près de quarante ans, les organisations révolutionnaires ne parviennent pas à proposer une alternative sérieuse à la mondialisation néo-libérale et à l’érosion des organisations traditionnelles. Ce sont les attaques contre les salariés qui rythment la situation. Depuis cette époque, notamment après la chute du mur de Berlin, les mots, lorsqu’ils sont encore utilisés, sur l’alternative socialiste, voire communiste, n’impriment plus. Depuis près de cinquante ans, les espoirs issus de la crise révolutionnaire de mai 1968, sur tous les continents, ont disparus.

L’échec de la révolution politique en union soviétique et dans les pays d’Europe de l’Est, la transformation de la Chine en usine du capitalisme mondial, les défaites des classes et des peuples dans toutes l’Amérique Centrale et Latine, l’atonie et le reflux des luttes des classes en Amérique du Nord et en Europe, autant d’éléments majeurs qui battent en brèche les affirmations révolutionnaires. Pour ne prendre qu’un exemple historique, de 1847, parution du manifeste communiste, à 1914, les multiples crises révolutionnaires ont jailli en Europe, en particulier en France, et aux États-Unis. En 1848 et en 1870, la création de partis socialistes de masses et de syndicats puissants et des grèves générales dans toute l’Europe contraignent la bourgeoisie à des reculs d’importance. Le capital développait, composante essentielle des forces productives, un prolétariat massif mondial, classe révolutionnaire.

Ce n’est plus le cas. La Grèce et l’Espagne permettent, peut-être, d’entrevoir une perspective nouvelle. Les luttes des classes, là, sont vraiment intenses, des opprimés, toutes générations confondues, se sont manifestés, moins dans les entreprises que dans les villes sur les places.

Les indignés c’est l’expression du combat du peuple contre le gouvernement néo-libéral.

Podemos est à la fois son produit et sa négation. Il suffit de lire les déclarations du dirigeant de cette formation pour mesurer qu’il préconise une politique électoraliste et surtout une « alternance » au gouvernement bourgeois classique. Le haut de Podemos c’est une nouvelle forme de sociale démocratie. La base c’est évidemment différent. Y aura-t-il un clash ? Qui l’emportera ? Nul ne peut répondre a priori. En partie, cela dépendra des luttes contre l’Union Européenne et contre l’austérité dans les autres pays.

À cet égard, la situation grecque est intéressante. Le mouvement des masses a été trahi de manière spectaculaire par le parti qui était son émanation directe, Syriza. Certes rien n’est définitivement joué mais la démoralisation des masses est considérable et inévitable. En attendant, en Grèce, c’est une victoire des bourgeoisies européennes au premier chef d’Angela Merkel et de son assistant François Hollande. En Espagne et en Grèce, le problème, la solution, c’est bien sûr la démocratie révolutionnaire. Celle qui garantit la volonté des peuples. Celle qui contrôle ses représentants. L’héritage de la Commune. Cette étape exige une expérience historique et une conscience aiguë des obstacles à surmonter.

La bourgeoisie dispose, par sa position dans la société et son expérience historique, de la plupart des outils pour faire face aux explosions révolutionnaires. Les salariés doivent tout créer et inventer. C’est beaucoup plus compliqué. Aujourd’hui, les nouvelles technologies révolutionnent le procès pratique de production et expulsent des millions de travailleurs, isolant ceux qui sont exploités, avec un développement de la précarité physique et psychologique jamais vu. La jeunesse doit s’exiler pour survivre. Les conditions de combat de classe sur les plans politiques et syndicales sont bouleversées. Le service public est privatisé, ou aligné sur le privé, et disloqué. Certes, il reste des prolétaires, des salariés et des exploités. Mais ils sont totalement sur la défensive. Les « luttes » sont désespérées.

Le capital n’a de cesse d’accroitre son offensive permanente jusqu’à menacer l’intégrité de l’humanité. Je n’écris pas ces lignes pour peindre le noir sur le noir, mais pour tenter de cerner la réalité. L’irruption de millions de réfugiés fuyant la guerre et la misère est une formidable arme de guerre pour le patronat et le gouvernement contre les salariés, les statuts et les salaires. Et que dire des fantasmes xénophobes racistes mis en œuvre ? Ajoutons que l’Etat Islamique est le meilleur ennemi possible pour l’impérialisme alors que les progrès de l’islamisme fut-il « modéré » marque un recul du rationalisme et de l’héritage des Lumières. Ces éléments considérables doivent être analysés.

Evidemment, personne n’a établi le bilan.

Rabâcher et répéter des formules usées tourne le dos à l’élaboration de solutions.

La crise du POI et du CCI au bout du bout, c’est l’absence de démocratie qui rend les armes.

Mais la situation n’est pas vraiment différente dans les différents groupes qui se sont constitués, issus de l’Organisation Communiste Internationaliste (OCI).

Ainsi, le groupe de Stéphane Just a explosé, les différentes factions se trainant en justice.

La Commune végète. Il y avait une centaine de militants il y a vingt ans, il y en a à peu près autant aujourd’hui.

S’il existait une « intense » lutte des classes, chers camarades, probablement auriez-vous progressé.

De même, l’explosion de la revue Carré Rouge, et la confiscation du comité de rédaction par trois ou quatre rédacteurs contre la majorité, illustre la pérennité des méthodes lambertistes bureaucratiques.

Et bien sûr, hélas, la dislocation du NPA s’inscrit dans cette crise générale. Pour ces raisons, et quelques autres que je n’ai pas le temps d’aborder, cette fin d’un cycle pour les organisations va se poursuivre encore jusqu’à une atomisation complète. Il faut que tout disparaisse pour que quelque chose puisse renaitre. Mais la mort programmée des partis et des petites organisations va nous faire traverser une période très difficile, celle des sectes, des communautés et des tribus de barbares.

Daniel Bensaïd a écrit cela avec infiniment plus de talent. C’est un passage obligé avant des regroupements possibles. L’absence de jeunes dans tous les partis et regroupements illustre une impuissance absolue. Aujourd’hui, une organisation de jeunesse de masse, radicale et anticapitaliste est pourtant possible et évidemment nécessaire. L’incapacité des groupes à aboutir dit notre échec collectif.

C’est souvent dans les périodes de recul que les révolutionnaires ont reconstruit l’espoir. C’est possible. Encore faut-il ne pas se raconter d’histoire.

Et poursuivre librement cette discussion.

Le modèle « léniniste » est mort. En 1968, nous étions cinquante ans après la révolution d’octobre 1917. Dans deux ans, nous fêterons son centième anniversaire.

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