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29 novembre 2015 7 29 /11 /novembre /2015 16:39

Bernard Cazeneuve dit assumer les assignations à résidence d’écologistes (Reuters)

Bernard Cazeneuve a déclaré Samedi 28 Novembre 2015 assumer « totalement » l'assignation à résidence de vingt quatre militants écologistes jugés susceptibles de manifester violemment à l'occasion de la conférence de l’Organisation des Nations Unies (ONU) sur le changement climatique, qui débute Dimanche 29 Novembre 2015 près de Paris.

Ces assignations à résidence, décidées dans le cadre de l'état d'urgence instauré après les attentats qui ont fait cent trente morts, Vendredi 13 Novembre 2015, à Paris et à Saint-Denis, ont été vivement critiquées par des acteurs du monde associatif.

« Nous avons assigné vingt quatre personnes parce qu'elles avaient témoigné d'actes violents par le passé à l'occasion de manifestations et qu'elles avaient exprimé le souhait de ne pas respecter les principes de l'état d'urgence », a dit le ministre de l’intérieur lors d'un déplacement à Strasbourg.

« J'assume totalement cette fermeté. Ne pas assumer cela devant les français, c'est être, dans un contexte de menace très élevée, dans une prise de risque que les français ne toléreraient pas », a-t-il ajouté.

Les personnes concernées, « déjà condamnées, pour un certain nombre d'entre elles, pour avoir participé à des manifestations violentes », selon le ministre, sont des « activistes » de la mouvance écologiste, a-t-on précisé dans son entourage.

Mais selon le directeur général de Greenpeace France, Jean-François Julliard, « tous les militants qui ont reçu ces assignations à résidence sont des militants pacifistes, qui n'ont jamais commis aucune violence. Nous avons le sentiment qu'il y a une volonté d'étouffer cette critique qui monte dans les milieux militants, mais on s'y prend de la pire des manières, c'est-à-dire de la manière répressive », a-t-il déploré sur BFM TV.

François Hollande, qui a reçu, Samedi 28 Novembre 2015, quatorze représentants d'organisations écologistes, leur a fait savoir que dorénavant il n'y aurait plus d'assignations à résidence de « militants climatiques ordinaires », d'après Benoît Hartmann, de France Nature Environnement.

« Le président de la république a dit qu'il n'y avait lieu bien sûr en aucun cas à ce qu'il y ait des arrestations arbitraires », a confirmé par la suite le ministre français des affaires étrangères, Laurent Fabius, lors d'une conférence de presse au Bourget.

Trois cent douze assignations à résidence ont été prononcées en France depuis l'instauration de l'état d'urgence, Samedi 14 Novembre 2015, a indiqué Bernard Cazeneuve, Samedi 28 Novembre 2015.

Des marches prévues en marge de la conférence climatique ont par ailleurs été interdites pour des raisons de sécurité après les attentats.

Certains collectifs locaux ont par conséquent prévu des formes alternatives de mobilisation.

La première réunion des négociateurs chargés de préparer un projet d'accord pour la conférence climatique a été avancée à Dimanche 29 Novembre 2015, sans attendre l'ouverture officielle de l'événement, Lundi 30 Novembre 2015, à laquelle cent cinquante chefs d’état et de gouvernement participeront.

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28 novembre 2015 6 28 /11 /novembre /2015 16:37

http://tendanceclaire.npa.free.fr/breve.php?id=15767

Création du Parti Ouvrier Indépendant (POI) Démocratique

Vendredi 27 Novembre 2015

Le POI s'est officiellement coupé en deux ce week-end avec deux congrès séparés.

Le POI Démocratique, avec Daniel Gluckstein et Gérard Schivardi, a un nouveau site internet.

On peut y lire notamment un communiqué de bilan de son congrès fondateur et une adresse pour la rupture avec l'Union Européenne.

L'autre composante garde le nom de POI et l'adresse de l'ancien site internet.

Le site n'est plus actualisé depuis plusieurs mois.

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28 novembre 2015 6 28 /11 /novembre /2015 16:28

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/11/23/les-petites-bavures-de-l-etat-d-urgence_4815803_4355770.html#xtor=AL-32280515

Perquisitions musclées, arrestations injustifiées, les abus de l’état d’urgence

Mickaël, vingt sept ans, regardait un film d’action dans le Train à Grande Vitesse (TGV) Marseille-Rennes, Vendredi 20 Novembre 2015, en compagnie d’un autre homme. Mal lui en a pris, selon Sud-Ouest, en gare de Massy, dans l'Essonne, la police évacue le train et lui saute dessus pour l’arrêter. Des passagers auraient trouvé suspects son comportement et son aspect, le jeune homme est barbu et il portait des gants. Choqué, il a été libéré au bout de quatre heures.

Cette histoire n’est qu’un exemple des nombreux cas relevés cette semaine par la presse locale, la France est en état d’urgence. Un état administratif qui donne aux forces de l’ordre de larges moyens d’action, mais aussi un état collectif prompt à l’emballement.

Une fillette de six ans blessée

Autre histoire édifiante, celle que raconte la Voix du Nord sur ce jeune homme, dont le père de soixante sept ans a été interpellé manu militari, Mardi 17 Novembre 2015, à Boulogne-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais. Sophiane avait accompagné son père à la préfecture la veille pour une démarche administrative. Les forces de l’ordre l’auraient alors repéré prenant des photographies, ce qu’il dément. Résultat, la police enfonce la porte du domicile familial, fouille l’appartement de fond en comble et arrête son père, qui passe la nuit en garde à vue.

A Quévrechain, dans le Nord, Fatima et sa fille ont subi une brusque perquisition de nuit au motif qu’un homme, que les autorités suspectaient de détenir des armes de guerre, avait habité dans la maison par le passé. La jeune fille raconte les lasers dans l’appartement, la porte qui vole en éclats et sa mère de quarante trois ans menottée pour une perquisition qui n’a rien donné.

Les victimes des bavures sont parfois très jeunes et impressionnables, à Nice, dans les Alpes Maritimes, une petite fille de six ans a été blessée par des éclats au cou, lors d’une perquisition, Jeudi 19 Novembre 2015. A 4 h 30 du matin, les policiers d’élite du RAID enfoncent la porte de l’appartement familial et plaquent le père au sol. Les voisins évoquent des tirs dans les serrures, que la police dément, mais c’est bien par des éclats de bois qu’a été blessée la fillette, touchée alors qu’elle dormait dans la chambre d’à côté. Et le tout pour rien, la police s’est trompée de porte, elle visait en fait le voisin. Hospitalisée, la petite fille n’a rien de grave et la police a reconnu une « erreur rare ».

Le musicien Ibrahim Maalouf retenu sans motif

Ibrahim Maalouf, trompettiste français renommé, qui a rendu un hommage aux victimes des attentats sur le plateau du « Grand Journal » de Canal Plus, Lundi 16 novembre 2015, a raconté au site spécialisé Clique avoir été retenu plusieurs heures par des policiers, Gare du Nord à Paris, avant de monter dans un train Eurostar pour Londres.

Le natif de Beyrouth aurait alors appris que son passeport avait fait l’objet d’un signalement auprès de l’organisme de coopération policière Interpol. Papiers confisqués, interrogatoire, une fois relâché, il raconte sur son compte facebook sa mésaventure relayée aussitôt par le Parisien, qui impute la responsabilité à la douane au lieu de la police.

Le musicien prend ensuite son train, avant d’être invité à en descendre par « trois agents de la douane », fâchés d’avoir été associés à l’épisode. S’il dit comprendre l’attitude de la police face au signalement d’Interpol, dont il ne saisit pas la raison, Ibrahim Maalouf reproche aux douaniers d’avoir « dépassé les limites en le traitant comme un terroriste potentiel devant tout un wagon juste parce qu’un journaliste a écrit par erreur qu’ils l'avaient arrêté ».

« Acharnement contre un lieu sacré »

Les riverains de la mosquée d’Aubervilliers, eux, sont scandalisés par l’état du bâtiment laissé par la police après sa perquisition musclée, dans la nuit du Lundi 16 Novembre au Mardi 17 Novembre 2015. Un des responsables de la mosquée a assuré avoir proposé les clés à la police, qui a refusé, « préférant forcer la porte ». Un adjoint au maire d’Aubervilliers, Sofienne Karroumi, a posté sur sa page facebook des photographies des dégradations subies par le lieu de culte, qu’il qualifie « d'acharnement contre un lieu sacré ».

Ces personnes pourront-elles obtenir réparation ? En théorie, elles peuvent porter plainte pour violation de domicile et voie de fait, sans garantie, bien entendu, d’obtenir réparation. Il est même possible, si les dommages causés ont été reconnus par la police, d’invoquer la responsabilité de l'état et d’adresser les factures au ministère. Dans certains cas, les forces de police ou les préfectures ont déjà indiqué qu’elles indemniseraient les personnes concernées.

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28 novembre 2015 6 28 /11 /novembre /2015 16:11

http://www.lemonde.fr/attaques-a-paris/article/2015/11/28/l-antiterrorisme-francais-en-etat-de-mort-clinique_4819683_4809495.html

L’antiterrorisme français en état de mort clinique

Par Laurent Borredon et Simon Piel

Samedi 28 Novembre 2015

Le système antiterroriste français, longtemps considéré comme excellent, est en état de mort clinique. Mais personne, ni au gouvernement ni dans l’opposition, n’a envie d’en signer l’acte de décès, faute de savoir par quoi le remplacer.

Au fur et à mesure que l’enquête sur les attentats du Vendredi 13 Novembre 2014 à Paris et à Saint-Denis avance, les défauts de surveillance des auteurs, les mauvais choix opérationnels et la lourdeur du dispositif antiterroriste sont, une nouvelle fois, mis en exergue. Un enquêteur, encore hanté par les images des massacres du Bataclan et des terrasses parisiennes, s’indigne, « donc, on ne fait rien. On attend que cela recommence ».

Ce qui le scandalise, c’est avant tout l’absence totale de remise en question affichée au sein du ministère de l’intérieur et du gouvernement. « Je veux saluer encore une fois le travail exceptionnel de nos services de renseignement », a répété Manuel Valls, devant les députés, Jeudi 19 Novembre 2015, après la mort à Saint-Denis du coordonnateur probable des attentats, Abdelhamid Abaaoud, que lesdits services de renseignement croyaient pourtant en Syrie.

Sentiment d’impuissance

Le système actuel est né d’une période où les attentats étaient autrement plus nombreux, les années 1980. L’année 2015 marque néanmoins un cap d’autant plus brutal que la France, à l'exception de la Corse, avait été épargnée par le terrorisme pendant une longue période, de 1996 à 2012. Cent trente morts en plein Paris, trois commandos coordonnés, des attaques kamikazes et un sentiment d’impuissance devant l’inéluctable progression d’une violence connue, documentée, médiatisée.

De 2012 à 2015, il y a l’affaire Mohamed Merah, sept morts, dont trois enfants assassinés de sang-froid parce que juifs, à Toulouse et à Montauban, il y a les leçons tirées des failles du renseignement que le tueur a révélées, notamment la création de la Direction Générale de la Sécurité Intérieure (DGSI) et le renforcement du renseignement territorial, il y a deux lois antiterroristes, en 2012 et en 2014. Et puis il y a le massacre de Charlie Hebdo et la prise d’otages de l’Hyper Cacher, les 7 et 9 janvier 2015, et la loi sur le renseignement, adoptée par le parlement en juin 2015.

Au fond, aucune de ces réformes de structure ou modifications législatives, dont certaines se sont révélées inutiles, comme la création d’une infraction « d'entreprise individuelle terroriste », n’a changé les deux piliers de la lutte anti­terroriste, l’infraction « d'association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste » et le cumul du judiciaire et du renseignement au sein d’un même service. A l’origine, ce dernier devait permettre à la Direction de la Surveillance du Territoire (DST), devenue Direction Centrale du Renseignement Intérieur (DCRI) en 2008 puis DGSI en 2014, de maintenir une bonne circulation de l’information en son sein.

« Ces gens ont une stratégie de harcèlement »

Dans le cas des attentats de Paris, la DGSI suivait ainsi un certain nombre des auteurs en judiciaire comme en renseignement. A commencer par Abdelhamid Abaaoud. Ce belge, qui apparaissait dans cinq dossiers de projets d’attentats en France, était également impliqué, en Belgique, dans l’animation de la cellule terroriste de Verviers, démantelée en janvier. La DGSI avait déclenché dans la foulée ce que l’on appelle une « enquête miroir » en France.

Une équipe commune franco-belge travaillait même main dans la main, en vain.

Samy Amimour, l’un des kamikazes du Bataclan, était lui mis en examen depuis 2012 dans le cadre d’une information judiciaire ouverte pour un projet de djihad au Yémen. L’enquête était confiée à la DGSI. Placé sous contrôle judiciaire, il disparaît sans que personne ne s’émeuve, jusqu’à ce que les turcs signalent son passage sur leur territoire. Le travail judiciaire a été effectué, notamment des perquisitions chez ses parents. Un mandat d’arrêt international a été émis, jusqu’au massacre du Vendredi 13 Novembre 2015.

Dans le cadre de son rôle judiciaire, la DGSI a également été alertée sur les menaces qui visaient la France. Ainsi, Reda Hame, interpellé au début du mois d'août 2015 de retour de Syrie, qui assure que l’Etat Islamique va viser des « cibles faciles », comme par exemple, « des concerts ». « La DGSI a bien sûr ces éléments dans le viseur, mais comme tout le reste. Ces gens ont une stratégie de harcèlement, y compris via les menaces qu’ils laissent fuiter. Si l’on se met à raisonner en termes de cibles potentielles d’attentat et pas en termes de réseaux, on va s’épuiser », se défend une source proche des services de renseignement.

Au quotidien, certains estiment que ce volet judiciaire a participé à déborder la DGSI. Dans les services territoriaux, les agents sont polyvalents et se retrouvent happés par la judiciarisation du tout-venant syrien. Le nombre de dossiers judiciaires antiterroristes a été multiplié par cinq entre 2013 et 2015, de trente quatre à cent quatre vingt huit, et le nombre de mis en examen par dix, pour atteindre plus de deux cent trente personnes. Cela signifie des dizaines d’auditions, de gardes à vue et d’actes de procédures.

Le fantasme d’un suivi exhaustif

Tout faire, tout le temps. Depuis 2012, à chaque attentat, le même constat, Mohamed Merah était connu mais sa dangerosité mal évaluée, la surveillance des frères Kouachi avait été interrompue parce qu’ils ne paraissaient plus dignes d’intérêt, déclenche la même réaction politique à contretemps. Plutôt que d’encourager les services à cibler davantage, les ministres successifs poursuivent le fantasme d’un suivi exhaustif, tout en rappelant qu’il est impossible lorsque le pire se produit.

Depuis les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher, c’est la création de l’état-major opérationnel de prévention du terrorisme, qui centralise sous l’autorité du ministre les informations des services, et la création du fichier des signalés pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste, qui rassemble plus de onze mille noms. Trop pour être utile. « Les agents passent des heures à remplir des kilomètres de fiches », dénonce un policier.

Pourtant, dans la discrétion, la DGSI s’est donné les moyens d’un meilleur ciblage. Depuis quelques mois, la cellule « Allat », du nom d’une déesse syrienne préislamique, traite des objectifs de la zone irako-syrienne. Les huit principaux services français sont réunis dans une même pièce. « Chacun amène ces objectifs, chacun apporte ses billes et peut se connecter à ses bases de données. Le travail est extrêmement opérationnel », explique une source.

Même la DGSE, la sœur jumelle de la DGSI à l’international, met donc la main à la pâte. Elle s’était tirée à bon compte de l’affaire Mohamed Merah, alors qu’elle avait raté le périple afghano-pakistanais du tueur de Toulouse. Dans le cas des attentats de Paris, la DGSE a au moins fourni un renseignement, mais trop tard pour qu’il puisse être exploitable.

Lors de la surveillance d’une cible en Syrie, le service a découvert des conversations avec une femme en France.

Elle est inconnue, jusqu'au début du mois de novembre 2015, lorsque les agents se rendent compte qu’il s’agit d’une cousine d’Abdelhamid Abaaoud, Hasna Aït Boulahcen.

La DGSI est alertée et découvre ainsi, bien tardivement, l’existence de la famille française de l’une de ses cibles numéro un. Nous sommes Jeudi 12 Novembre 2015, veille des attentats. Et c’est finalement un témoin, après les attentats, qui mettra la police judiciaire sur la piste d’Hasna Aït Boulahcen et d’Abdelhamid Abaaoud, tous deux morts Mercredi 18 Novembre 2015 lors de l’assaut du RAID sur un appartement de Saint-Denis.

« Trois mille agents pour quatre mille objectifs »

C’est que ce travail de coordination, qui suit des années de dialogue heurté entre la myriade de services français, ne peut suffire quand la menace devient transnationale. « Ils s’organisent de Syrie, finalisent le projet en Belgique, arrivent presque la veille à Paris. La DGSI reste un service intérieur, elle ne peut pas faire grand-chose seule », explique une source au ministère de l’intérieur.

La coordination européenne fonctionne, mais là aussi, elle n’a pas suffi car elle se concentre sur le haut du panier. Or, les auteurs des attentats de Paris étaient connus des services belges ou français, mais pas comme des hommes de premier plan. Les frères Abdeslam, Brahim s’est fait sauter boulevard Voltaire et Salah est en fuite, étaient identifiés en Belgique mais pas comme prioritaires, Samy Amimour était considéré comme l’un des moins dangereux de sa cellule yémenite. Ismaël Omar Mostefaï, également kamikaze au Bataclan, était très secondaire pour la DGSI.

« La difficulté, résume une source proche du renseignement, c’est qu’il faut à la fois être sur Yassine Salhi, qui du jour au lendemain décide de décapiter son patron, et sur Abdelhamid Abaaoud. Nous avons trois mille agents pour quatre mille objectifs. Et encore, à Paris et Saint-Denis, il y a parmi les auteurs des belges et des hommes que nous n’avons même pas encore identifiés. Nous n’avons pas des structures qui ont été pensées pour un tel phénomène de masse ».

« Si l’enquête permet de pointer des failles ou des manques, nous nous adapterons », explique-t-on au ministère de l’intérieur. La place Beauvau défend également les mesures poussées par la France au niveau européen. Le renforcement des contrôles aux frontières extérieures de l’espace Schengen d’abord, puisqu’un certain nombre de terroristes ont pu passer par la route des migrants sous de fausses identités. Et puis la mise en place d’un fichier des passagers aériens (PNR) européen, vieux serpent de mer dont on voit moins le lien direct avec les attentats puisque, précisément, il semble que les auteurs des attaques aient suivi une voie terrestre.

Mais, à ce jour, à droite comme à gauche, personne ne souhaite poser la seule question qui vaille, dans un espace de libre circulation des personnes, faut-il européaniser la lutte antiterroriste ? Hors de question de toucher à ce point de souveraineté nationale.

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28 novembre 2015 6 28 /11 /novembre /2015 15:46

http://www.lemonde.fr/international/article/2015/11/28/turquie-assassinat-du-batonnier-de-diyarbakir-figure-de-la-cause-kurde_4819752_3210.html#xtor=AL-32280515

Assassinat du bâtonnier de Diyarbakir, figure de la cause kurde

Par Marie Jégo, correspondante du Monde à Istanbul

Firat Anli, le co-maire de Diyarbakir, la « capitale » à majorité kurde du sud-est de la Turquie, a annoncé, Samedi 28 Novembre 2015, l’assassinat par balle le matin même de Tahir Elçi, le bâtonnier de l’ordre des avocats pour la ville.

Militant actif de la cause kurde, l’avocat a été mortellement touché à la tête, samedi 28 Novembre 2015, alors qu’il s’apprêtait à faire une déclaration sur les destructions survenues quelques semaines plus tôt dans le quartier historique de Sur, situé à l’intérieur des murailles de la vieille ville.

Le tireur, décrit par la presse turque comme un « civil barbu », a commencé par viser Tahir Elçi, qui venait d’achever sa conférence de presse au pied d’un vieux minaret. Avant de prendre la fuite, l’assaillant a mitraillé les personnes présentes, causant la mort d’un policier et blessant plusieurs témoins dont trois agents de police et des journalistes.

Les forces de l’ordre ont riposté sans parvenir à le rattraper.

« Le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) n’est pas une organisation terroriste »

« Je veux dire ma tristesse. Je viens d’apprendre la nouvelle de l’assassinat de Tahir Elçi, le bâtonnier de Diyarbakir. Un policier est mort. Il y a des blessés parmi la police et les journalistes. Je présente mes condoléances à la famille de Tahir Elçi et à celle du policier tué. Cet événement montre combien nous avons raison de lutter contre le terrorisme », a déclaré le président Recep Tayyip Erdogan, en visite à Burhaniye, dans la région de Marmara, dans l’ouest du pays. « Nous avons perdu un homme courageux et bon », dit le compte twitter de l’ambassade du Royaume-Uni.

Né à Cizre en 1969, Tahir Elçi, marié, père de deux enfants, avait pris la tête du barreau de Diyarbakir en 2010.

Engagé dans la lutte pour les droits de la minorité kurde, il n’avait eu de cesse, ces derniers temps, d’appeler l'état turc, ainsi que les rebelles kurdes du PKK, à faire taire leurs armes.

« Il est plus facile de tirer des coups de feu que de faire la paix », avait-il confié au Monde lors d’un entretien réalisé le 18 octobre 2015 à Diyarbakir. Le lendemain, il avait été interpellé et inculpé pour avoir déclaré publiquement, quelques jours plus tôt, que « le PKK n’était pas une organisation terroriste ». Mis en examen, il risquait jusqu’à sept ans de prison.

Combats urbains

A l’automne, alors que les combats urbains faisaient rage, il avait critiqué le fait que les jeunes rebelles kurdes masqués creusent des tranchées au centre des villes, à Cizre, Silvan, Varto et Diyarbakir, ce qui, à ses yeux, empêchait toute vie normale pour les habitants.

Avec ses souks, ses vieilles mosquées, ses ruelles étroites, le quartier de Sur est devenu ces derniers mois le terrain d’affrontement privilégié des jeunes rebelles kurdes du PKK, qui font le coup de feu contre les forces spéciales. A plusieurs reprises, entre septembre et novembre 2015, les habitants de Sur ont été soumis au strict régime du couvre-feu, sans possibilité de communiquer avec l’extérieur, sans électricité. La vieille mosquée Kursunlu et le minaret « à quatre pieds » n’ont pas été épargnés.

La conférence de presse donnée par Tahir Elçi, Samedi 28 Novembre 2015, était censée attirer l’attention des médias sur les dégâts infligés aux monuments lors des combats. Il s’était donc installé en pleine rue, à côté du minaret vieux de cinq cents ans. C’est là que la balle du tueur l’a fauché.

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27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 18:01

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/11/22/01016-20151122ARTFIG00193-jawad-bendaoud-le-malfrat-qui-logeait-des-terroristes.php#xtor=AL-201

Le casier judiciaire chargé de Jawad Bendaoud, le logeur des terroristes

L'homme qui a fourni un logement au commando de terroristes cumule treize condamnations depuis 2010, stupéfiants, détention d'armes, faux, conduite en état d'ivresse, violences conjugales et violences aggravées.

La garde à vue de Jawad Bendaoud, l'homme qui a fourni l'appartement de la rue du Corbillon à Saint-Denis aux terroristes du Vendredi 13 Novembre 2015, a été prolongée Dimanche 22 Novembre 2015.

Mercredi 18 Novembre 2015, il avait déclaré, juste avant son arrestation en direct sur BFMTV, avoir simplement « rendu service » en mettant ce logement à disposition pour une durée de trois jours. « Je leur ai dit qu'il n'y avait pas de matelas, ils m'ont dit que ce n'était pas grave, ils voulaient juste de l'eau et faire la prière », expliquait cet étrange logeur, depuis abondamment brocardé sur internet pour sa supposée naïveté.

Dans son quartier, on le décrit surtout comme « un chef de rue » condamné en 2008 à huit ans de prison pour avoir tué à coups de hachoir un adolescent de seize ans pour une obscure histoire de portable, déjà dans la rue du Corbillon, décidément mal famée. « Il est à la fois bête, violent et dangereux », explique-t-on à la mairie de Saint-Denis, où l'incroyable aplomb du malfrat devant la télévision a fait rire jaune. Son palmarès judiciaire que nous nous sommes procurés est particulièrement chargé. A part ses années de prison pour coups mortels entre 2008 et 2013, il cumule treize condamnations depuis 2010, stupéfiants, détention d'armes aggravée en réunion, faux et usage de faux, conduite en état d'ivresse et sous l'emprise de stupéfiants, violences conjugales et violences aggravées en réunion.

Il a ainsi été condamné à six mois d'emprisonnement le premier mars 2014 pour violences aggravées avec armes à Saint Denis. Puis en avril 2014 alors en détention, il est condamné pour détention de stupéfiants, appel anonyme, faux et recel. Le 25 janvier 2015 , il est condamné à dix mois d'emprisonnement pour dégradation aggravée en réunion et détention d'armes aggravée en réunion à Aubervilliers. En août 2015, il a été condamné pour violences conjugales à une mesure alternative.

Les enquêteurs pensent que la cousine d'Abdelhamid Abaaoud a négocié avec lui Mardi 17 Novembre 2015, cinq jours après les attentats de Paris du Vendredi 13 Novembre 2015 pour obtenir le logement de la rue du Corbillon.

« Avec beaucoup de prudence », Hasna Aït Boulahcen aurait organisé la récupération de deux hommes, dont son cousin, cachés à Aubervilliers dans une zone d'entrepôts. Elle serait allée les chercher dans une voiture pour les amener jusqu'au 8 rue du Corbillon. C'est au troisième étage de cet immeuble délabré du centre-ville, où est géolocalisé le téléphone d'Hasna Aït Boulahcen, que l'assaut sera donné la nuit suivante.

Autour de la cour intérieure, on compte trente huit logements dont dix squats. L'appartement occupé par les terroristes, doté d'une porte blindée qui a donné du fil à retordre à la police, n'était pas un squat, précise la mairie même s'il faisait l'objet depuis 2012 d'une procédure d'insalubrité avec injonction de faire des travaux.

Jawad Bendaouf aurait été l'objet de mains courantes déposées par des riverains excédés par ses menaces verbales

Il appartient à trois frères, domiciliés au Raincy et au Blanc-Mesnil. « Marchands de sommeil » notoires, propriétaires de deux autres appartements dans l'immeuble et de dizaines d'autres en Seine-Saint-Denis, ils avaient été signalés au procureur de la république de Bobigny en 2011 et en 2013, sans résultat selon la mairie.

À sa sortie de prison, en septembre 2013, Jawad Bendaoud, vite devenu le caïd de la rue du Corbillon, est mêlé à ces multiples trafics, selon plusieurs riverains. Il est aussi « l'homme de main » des trois frères marchands de sommeil. Ces derniers le chargent de trouver des locataires « au noir » qui payent en liquide puisqu'ils n'ont plus l'autorisation de louer.

À lui de sélectionner des sans-papiers, des personnes en détresse mais aussi des trafiquants ou consommateurs de drogue qui restent quelques jours ou quelques semaines. Il n'hésite pas à employer la manière forte pour les déloger lorsque ceux-ci ont un retard de loyer. Enfin, il aurait été l'objet de mains courantes déposées par des riverains excédés par ses menaces verbales.

Parmi les soixante dix occupants, dont vingt huit enfants, du 8 rue du Corbillon, certains squattaient, la plupart étaient locataires en bonne et due forme. Depuis l'assaut du Mercredi 18 Novembre 2015, ils sont logés dans un gymnase municipal. La ville a demandé à l'état de prendre en charge leur relogement, « le plus vite possible ».

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27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 17:44

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2015/11/26/a-alep-les-frappes-tres-ciblees-de-l-aviation-russe_4818023_3218.html

A Alep, les frappes très ciblées de l’aviation russe

Pour les rebelles modérés syriens, Moscou cherche avant tout à empêcher l'émergence d'une alternative à Bachar al Assad

Par Benjamin Barthe, envoyé spécial du Monde à Gaziantep

Les bombes larguées le matin ont pulvérisé la boulangerie. Celles expédiées le soir ont soufflé les bureaux d’une unité rebelle et les locaux d’une future université. Mardi 17 Novembre 2015, en deux raids contre Atareb, une bourgade agricole de la province d’Alep, la chasse russe a résumé ses buts de guerre en Syrie. A ceux qui persistent à tenir tête à son protégé, Bachar al Assad, Moscou a rappelé que cette audace se paie au prix fort.

Son intervention militaire, lancée à la fin du mois de septembre 2015, au nom de la lutte contre l’organisation Etat Islamique, s’apparente toujours plus à une opération punitive, à la mode de Bachar al Assad. Le gouvernorat d’Alep, l’un des hauts lieux de la rébellion, qui s’est libéré presque entièrement dans le courant de l’année 2012 et qui résiste toujours à la reconquête ordonnée par Vladimir Poutine, s’avère logiquement l’une des régions les plus châtiées.

Les statistiques de l’Institut syrien pour la justice, une Organisation Non Gouvernementale (ONG) d'Alep exilée dans une ruelle commerçante de Gaziantep, dans le sud de la Turquie, sont éloquentes. Cette organisation réputée pour son sérieux, qui compte un vaste réseau d’informateurs, a calculé qu’au mois d'octobre 2015, dans le seul gouvernorat d’Alep, les Sukhoï russes ont mené cent dix attaques contre des zones d’habitation, soit presque autant que contre des sites militaires, cent vingt huit. Selon l’ONG, seize usines, six hôpitaux, trois écoles et trois mosquées ont aussi été pris pour cible, bilan des morts pendant ce mois, cent quatre vingt civils et vingt combattants.

Le fournil d’Atareb était le seul de la région ouest d'Alep encore en service. Ses trois lignes de production approvisionnaient la ville et treize villages des environs, soit environ cent cinquante mille personnes. Elles sont parties en fumée dans le bombardement du Mardi 17 Novembre 2015 avec cent tonnes de farine, stockées dans un dépôt mitoyen. « L’endroit avait déjà été touché à deux reprises par des bombardements du régime », raconte Ahmed Obaid, un militant révolutionnaire joint à Atareb par Whatsapp, une application de téléphonie par internet, très prisée dans les zones libérées, où les réseaux cellulaires sont souvent coupés. « A chaque fois, les habitants avaient pu réparer les dommages causés. Mais là, on ne peut rien faire. Les tirs russes, c’est une toute autre histoire ».

L’autre site frappé à Atareb était un immeuble désaffecté. Une partie avait été réquisitionnée par le Tajammu Thuwar Atareb, le rassemblement des révolutionnaires d’Atareb, un petit groupe armé.

Cette brigade était censée participer au programme du Pentagone, destiné à former des rebelles syriens à la lutte contre l’Etat Islamique. Dans le cadre de ce projet qui a tourné au fiasco durant l’été, les combattants du Tajammu Thuwar Atareb avaient hérité d’une petite flotte de pick up Toyota flambant neuf.

Hasard ou calcul, les roquettes russes ont explosé à côté de ces véhicules, dont il ne reste plus qu’un amas de ferraille carbonisée.

La déflagration a endommagé l’ensemble du bâtiment dont la rénovation venait d’être décidée.

Le gouvernement de l’opposition syrienne, basé à Gaziantep, avait l’intention d’y aménager une faculté de science et une autre d’agriculture.

Cette « université libre » aurait pu accueillir des centaines de jeunes de la région, privés de la possibilité d’étudier à l’université d’Alep, située dans la partie de la ville toujours sous le contrôle de l’armée régulière.

« Le message envoyé par ces deux raids est limpide », vitupère Hussein Bakri, chargé des collectivités locales au sein du gouvernement de l’opposition, installé à Gaziantep. « L’objectif de Moscou est de détruire l’opposition et sa base sociale, de façon à ce que les syriens n’aient plus le choix qu’entre le régime et l’Etat Islamique. Vladimir Poutine fait le pari que, dans une situation pareille, nous finirons par nous incliner à nouveau devant Bachar al Assad ».

Ce n’est pas le cas au sud d’Alep. Face à l’offensive des forces loyalistes, un patchwork de soldats syriens, de gardiens de la révolution iraniens et de miliciens du Hezbollah, d’Irak et même d’Afghanistan, les insurgés n’ont pas flanché, ils ont même repris quelques villages à leurs adversaires, éloignant la perspective d’une chute de la partie orientale d’Alep, aux mains de l’opposition depuis le mois de juillet 2012. Mais cette résistance, qui se déroule simultanément au nord d’Alep, face aux miliciens de l’Etat Islamique, bizarrement épargnés par les frappes russes, a un coût très élevé. L’Armée Syrienne Libre (ASL), la branche modérée de l’insurrection, a déjà perdu seize commandants dans ces combats.

Ils étaient des cadres de terrain, souvent charismatiques, comme Sadek al Sadek, surnommé le « sniper d’Alep » en raison de son habileté au fusil, ou Hussein Aziza, le protecteur de Salaheddin, un quartier d’Alep où il luttait contre l’infiltration salafiste.

La disparition de ces figures de la scène révolutionnaire d’Alep, à un moment de très grande tension, ouvre un espace pour les extrémistes.

Preuve en est le récent kidnapping par Jabhat al Nosra, la branche syrienne d’al Qaïda, d’Abou Majed Karman, un militant du soulèvement contre Bachar al Assad, très célèbre à Alep. « L’offensive russe fait le jeu de Jabhat al Nosra qui se perçoit en guerre contre le monde entier », dit le journaliste Alaa al Jabar. Depuis 2011, ce trentenaire affable dirigeait le bureau d’Alep d’une chaîne de télévision syrienne qui soutenait l’opposition, Halap Today Television.

Pendant quatre ans, il a résisté aux obus, aux roquettes et aux barils de TNT du régime. Mais la semaine dernière, des hommes en armes l’ont battu et jeté deux jours en prison, parce que sa couverture de l’actualité n’était pas assez islamique à leur goût. Le soir même de sa libération, Alaa al Jabar jetait des habits dans un sac à dos et allait se réfugier en Turquie.

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27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 16:21

http://www.liberation.fr/france/2015/11/26/les-locataires-de-l-immeuble-de-saint-denis-devant-la-justice_1416483

Les locataires de l’immeuble de Saint Denis devant la justice

Arrêtés dans la foulée de l’assaut donné par le RAID contre l’appartement d’Abdelhamid Abaaoud, ces voisins sont blanchis par la justice mais restent sous le coup de procédures d’expulsions.

Lorsqu’il avance en tongs dans la salle d’audience, Mohammed boîte, tousse et se met à pleurer. Le juge des libertés et de la détention lui donne la parole et le jeune homme de vingt trois ans dit en arabe marocain, « je suis traumatisé. Pourquoi on m’a fait tout cela. Je n’ai jamais vécu cela dans mon pays ». Jeudi 26 Novembre 2015, Mohammed devait savoir si lui et ses colocataires, marocains âgés de trente et un et de vingt six ans, ainsi que Mohammed, égyptien de vingt six ans, s’ils resteraient en détention et seraient bientôt expulsés vers leur pays d’origine, huit jours après leur interpellation au 48 rue de la République à Saint-Denis, lors de l’assaut lancé par le RAID. « Allons nous sortir tous ensemble », demande-t-il.

Mercredi 18 Novembre 2015, c’est encore l’aube autour de cet immeuble insalubre où un petit caïd du quartier, Jawad Bendaoud, a l’habitude de louer des chambres au black pour une centaine d’euros par mois. Le RAID lance l’assaut contre Abdelhamid Abaaoud, commanditaire présumé des attentats du Vendredi 13 Novembre 2015. Des tirs et des explosions réveillent les quatre jeunes locataires du quatrième étage, qui vivent chichement de boulots dans le bâtiment. Nordine, trente et un ans, se dirige à la fenêtre et reçoit plusieurs balles dans le bras droit. Tous se retranchent dans l’appartement, jusqu’à leur « libération » par les forces d’intervention vers 7 heures 30. A l’étage d’en-dessous, Abdelhamid Abaaoud, sa cousine, Hasna Aït Boulahcen, ainsi qu’un inconnu sont tués durant l'assaut. Après trois heures sous le feu, les quatre jeunes sortent de là vivants mais sont rapidement interpellés et menés dans les locaux de la sous-section antiterroriste de la police judiciaire à Levallois-Perret. Un égyptien de soixante trois ans qui habitait le pallier d’en face, Ahmed, a lui aussi été blessé au bras et est arrêté, soupçonné de complicité avec les terroristes. Des photographes capturent l’image de ces hommes en slip ou en pyjama entourés de policiers. Parmi les sept arrestations de ce matin-là, seul Jawad Bendaoud sera mis en examen pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ».

Samedi 21 Novembre 2015 à 12 heures 38, les jeunes du quatrième étage sont certes blanchis mais ne sont pas pour autant au bout de leurs peines.

Après une garde à vue prolongée jusqu’à soixante douze heures, la loi autorisant jusqu’à six jours pour les enquêtes pour terrorisme, chacun reçoit une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF) signée par le secrétaire général de la préfecture des Hauts-de-Seine. Ils sont dans la foulée transférés au Centre de Rétention Administrative (CRA) de Vincennes, où ils resteront cinq nuits. Entre temps, ils n’ont toujours pas vu d’avocat ni de magistrat.

« Vous êtes le premier juge qu’ils voient depuis neuf jours », s’exclame leur avocat, Bruno Vinay, devant le magistrat.

« J’ai beau chercher dans la constitution, je n’y vois rien qui permette aucune dérogation aux droits de la défense ». Les pièces du dossier, procès verbaux d’interpellation et de garde à vue, n’ayant pas été transmis à la défense, le juge a finalement mis fin à leur incarcération, estimant que l’état d’urgence n’autorise pas cette sortie du cadre légal. « Voilà l’état d’urgence, les préfets sont tentés de passer au dessus du droit judiciaire. Cela en dit long sur les mois qui viennent », commente Bruno Vinay, selon lequel « ces jeunes gens sont l’inverse du profil des terroristes, ils viennent de l’étranger et se font tout petits en France ».

Séparé d’une femme de nationalité française et père d’un enfant de sept ans, Nordine est le seul des quatre à avoir été blessé par balles pendant l’assaut. Tous souffrent de stress post-traumatique, d'après le médecin qui les a examinés à la suite de leur rétention et dénoncent également des violences physiques subies au cours de leur interpellation.

« J’ai été traité comme un chien » dit Mohammed. « Je n’arrive plus à dormir, je vois des images très violentes dans mon sommeil. C’est trop. Je ne comprends pas ce qui m’est arrivé ».

Jeudi 26 Novembre 2015, Mohammed et ses trois colocataires sont donc libres mais leur OQTF est toujours valable, y compris pour les blessés d’après Bruno Vinay, contrairement à ce qui était indiqué dans le Monde du Mercredi 25 Novembre 2015. Ils prennent désormais de grosses doses de calmants et dormiront sans leurs effets personnels chez des amis, quelque part à Saint-Denis. Mercredi 25 Novembre 2015, la préfecture a annulé l’expulsion d’Ahmed, un égyptien de soixante trois ans blessé, dont le cas avait été médiatisé pendant le week-end. Un autre homme de nationalité égyptienne vivait au deuxième étage de l’immeuble, le cousin de Mohammed. Gravement blessé au bras au cours de l’assaut, il est hospitalisé depuis une semaine. Il est lui aussi menacé d’expulsion.

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27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 16:10

http://www.liberation.fr/france/2015/11/26/cop21-un-militant-de-la-coalition-climat-assigne-a-residence_1416493

Un militant de la coalition climat vingt et un assigné à résidence

Deux jours avant le début du sommet, un membre du conseil juridique de la coalition climat vingt et un a appris qu’il devait pointer trois fois par jour au commissariat

Les assignations à résidence ne concernent pas que les personnes soupçonnées de liens avec l’islam radical. Les militants qui voulaient se faire entendre pendant la conférence climatique viennent de l’apprendre.

Joël Domenjoud, qui participe à la « legal team » de la coalition climat vingt et un, qui regroupe cent trente organisations de la société civile, doit désormais pointer trois fois par jour au commissariat, a indiqué la Ligue des Droits de l’Homme (LDH), dans un communiqué. Selon l’Organisation Non Gouvernementale (ONG), le ministère de l’intérieur reproche à ce membre du collectif de soutien aux opposants à Notre-Dame-de-Landes de faire « partie de l’ultra gauche parisienne qui veut remettre en cause la tenue de la conférence climatique ».

Mediapart rapporte que Joël Domenjoud était convoqué au commissariat Jeudi 26 Novembre 2015. Son assignation dure jusqu'au Samedi 12 Décembre 2015, indique à Libération son avocate, Muriel Ruef, qui déposera Vendredi 27 Novembre 2015 un recours devant le tribunal administratif.

Cette assignation à résidence s’ajoute à d’autres mesures prises dans le cadre de l’état d’urgence, à commencer par l’interdiction de toute manifestation hormis celles organisées dans des « espaces fermés et aisément sécurisables ».

Plusieurs personnes ont déposé un recours contre l’interdiction de manifester.

Joël Domenjoud était l’un des plaignants. Des intellectuels ont par ailleurs lancé un appel à braver l’état d’urgence en manifestant Dimanche 29 Novembre 2015.

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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 20:44

https://blogs.mediapart.fr/eugenio-populin/blog/261115/nous-ne-cederons-pas-appel-unitaire

http://www.gauchemip.org/spip.php?article25680

Attentats, état d’urgence

Nous ne céderons pas

Appel unitaire syndical et associatif

Jeudi 26 Novembre 2015

Ceux qui, au nom de l’Etat Islamique, ont fait subir à Paris et à Saint-Denis un moment d’inhumanité absolue ne nous feront pas céder. Rien ne peut justifier ces assassinats, ici ou ailleurs. Chacune des victimes vit en nous parce que nous appartenons à la même humanité. Notre solidarité à leur égard et à l’égard de leurs familles est totale. Ce crime est immense mais c’est en continuant à vivre librement et fraternellement que notre réponse sera à la hauteur.

Nous ne sommes pas naïfs, nous savons que ces actes de terrorisme appellent des réponses à la mesure du danger qu’ils représentent. Comme nous savons que le rôle des forces de l’ordre et de la justice est essentiel pour protéger nos libertés. Mais cela ne doit pas nous empêcher de réfléchir aux réponses que notre société doit apporter à ces actes et à celles déjà mises en œuvre.

C’est la démocratie qui est mise à mal quand le parlement est appelé à délibérer d’un jour à l’autre sous la pression de l’émotion et les assauts de démagogie de responsables politiques qui cultivent la peur.

Après la prorogation de l’état d’urgence et l’extension des pouvoirs de police, d’autres mesures sont encore annoncées par le président de la république.

Il nous paraît essentiel de rappeler que rien ne doit nous faire sortir de l’état de droit et nous priver de nos libertés. L’état d’urgence ne peut devenir un état permanent et les conditions de sa mise en œuvre ne sauraient entraver la démocratie sociale, l’exercice de la citoyenneté et le débat public.

Depuis 1986, les lois accordant plus de pouvoirs aux forces de l’ordre, organisant une justice d’exception et restreignant nos libertés, au prétexte de lutter contre le terrorisme, s’empilent. L’adoption d’autres dispositifs législatifs, y compris d’ordre constitutionnel, exige de poser la question de leur efficacité et de l’atteinte supplémentaire aux libertés qu’ils constituent. Avant de modifier la loi et de conférer à l’état des pouvoirs accrus, il faut que celui-ci s’interroge sur ce qui n’a pas permis d’éviter une telle abomination. La réponse des autorités se veut martiale, elle n’est pas une assurance de sécurité et ne garantit en rien le respect de nos libertés.

Vouloir priver de leur nationalité jusqu’aux personnes nées françaises, c’est délivrer une nouvelle fois le message d’une France divisée. Le silence du président de la république, lors de la réunion du parlement, sur l’indispensable engagement de l’état en faveur de l’égalité des droits, de la justice sociale, sur le développement des services publics, contre toutes les discriminations et contre toutes les manifestations de racisme, accroît dramatiquement le sentiment d’exclusion que vit toute une partie de notre peuple. Il donne ainsi un peu plus corps à la stigmatisation croissante qui s’exerce mettant en péril notre volonté de vivre ensemble.

Nous voulons que ces dramatiques événements soient, au contraire, l’occasion de construire un autre chemin que celui qui nous est proposé. Un chemin qui refuse de désigner des boucs émissaires et qui refuse que la France soit en guerre contre elle-même. Un chemin qui donne à la paix et à l’égalité des droits toute leur place et qui s’engage en faveur d’une France solidaire, ouverte à l’autre, accueillante, libre et fraternelle.

Pour nos libertés, pour une société où la fraternité a toute sa place, nous ne céderons pas à la peur dans laquelle veulent nous faire vivre ceux et celles qui font de la mort leur raison de vivre.

Nous appelons les femmes et les hommes de ce pays à rester solidaires et à lutter contre toute forme de racisme. Nous appelons aussi à la défense des libertés car nous ferons prévaloir en toutes circonstances notre liberté d’information, d’expression, de manifestation et de réunion. Nos organisations construiront, partout en France, ces lieux qui nous permettront de débattre et nous exercerons une vigilance permanente afin que nos droits et libertés soient préservés et que nul ne soit victime de discriminations.

Premiers signataires

Association France Palestine Solidarité (AFPS), Association Grèce France Résistance (AGFR), Association pour la Taxation des Transactions financières et pour l’Action Citoyenne (ATTAC), Confédération générale du travail (CGT), Collectif des Musulmans de France (CMF), Droit Au Logement (DAL), Fédération Nationale de la Libre Pensée (FNLP), Fédération Internationale des ligues des Droits de l’Homme (FIDH), Fondation Copernic, Fédération Syndicale Unitaire (FSU), Quadrature du Net, Ligue des Droits de l’Homme (LDH), Médecins Du Monde (MDM), Réseau Education Sans Frontières (RESF), Syndicat National des Journalistes (SNJ), Union Nationale des Etudiants de France (UNEF), Union Juive Française pour la Paix (UJFP), Union Nationale Lycéenne (UNL), Union Syndicale Solidaire (USS)

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