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3 septembre 2015 4 03 /09 /septembre /2015 17:41

http://www.cadtm.org/Zoe-Konstantopoulou-a-l-ONU-La

Zoé Konstantopoulou devant l’Organisation des Nations Unies (ONU)

« La dette souveraine est actuellement utilisée contre le peuple et le parlement grec pour affaiblir la démocratie »

Par Zoe Konstantopoulou

Discours prononcé Mercredi 2 Septembre 2015 au siège de l’ONU à New York.

En cette occasion du soixante dixième anniversaire de l’ONU, marquant également les soixante-dix ans depuis la fin de la seconde guerre mondiale, en cette quatrième conférence mondiale des présidents des parlements plaçant la démocratie au service de la paix, du développement durable et de la construction d’un monde tel que les peuples le veulent, je me tiens devant vous et parmi vous, en tant que présidente du parlement grec récemment dissous pour vous adresser un appel à la solidarité envers le peuple grec et envers la Grèce, terre où la démocratie naquit et où elle est aujourd’hui brutalement attaquée et violée. La Grèce et son peuple sont les victimes, depuis cinq ans, de politiques supposées offrir une solution durable au surendettement du pays et une voie pour sortir de la crise économique, ces politiques contenues dans des accords appelés mémorandums, conclus par le gouvernement grec et un trio d’institutions internationales, à savoir le Fonds Monétaire Internationale (FMI), la commission européenne et la Banque Centrale Européenne, connu sous le nom de troïka, et agissant au titre de créanciers de la Grèce, ont eu pour résultat de graves violations des droits humains et particulièrement des droits sociaux, des libertés fondamentales et de l’état de droit lui-même.

Ce qui a été présenté comme un accord de renflouement a eu pour effet la misère, le chômage à des taux jamais vus jusque-là, soixante-douze pour cent parmi les jeunes femmes et soixante pour cent parmi les jeunes hommes, des centaines de milliers de jeunes gens poussés à l’émigration, une explosion des suicides et la marginalisation des jeunes, des vieux, des faibles, des immigrés et des réfugiés, avec la moitié des enfants du pays vivant sous le seuil de pauvreté, une situation relevant d’une crise humanitaire documentée dans les rapports et les déclarations des experts indépendants de l’ONU sur la dette et les droits de l’homme aussi bien que dans toute une série de décisions de justice et de rapports.

Le 25 janvier 2015, il y a de cela sept mois, le peuple grec, à travers un scrutin national, a donné au gouvernement et au parlement un mandat clair et sans équivoque, celui de se débarrasser de ces politiques assassines. Des négociations ont débuté, une commission spéciale du parlement a été formée, baptisée commission pour la vérité sur la dette publique, avec pour mission de conduire un audit et une évaluation juridique de la dette grecque. Cette commission a produit un rapport préliminaire en juin 2015. Le rapport a établi que la dette souveraine de l’état grec est illégale, illégitime, odieuse et insoutenable. Il a établi que la dette souveraine avait été contractée par l’intermédiaire de procédures qui constituent une violation flagrante du droit constitutionnel, justifiant par là même la dénonciation de la dette. Il a établi que les créanciers avaient agi de mauvaise foi en faisant délibérément peser sur la Grèce le fardeau de prêts insoutenables afin de sauver les banques privées françaises, allemandes et grecques.

En dépit de ces conclusions, les créanciers de la Grèce ont exigé qu’on néglige le mandat du peuple.

Le 25 juin 2015, un ultimatum de quarante-huit heures fut posé au gouvernement grec, lui demandant d’accepter, contrairement au mandat populaire, une série de mesures démantelant le droit du travail, abolissant les garanties de sécurité sociale et la protection juridique pour les citoyens surendettés et requérant, dans le même temps, le bradage des biens et entreprises publics les plus précieux, mais aussi des principaux ports, aéroports et infrastructures qui devraient être vendus ou cédés pour rembourser une dette odieuse et insoutenable.

Le parlement grec a entériné la proposition du gouvernement de tenir un référendum portant sur l’ultimatum et le peuple grec, à une large majorité de soixante-deux pour cent, a rejeté les mesures.

Au cours de la semaine du référendum, des représentants des instances internationales et de gouvernements étrangers ont tenté d’influer sur le résultat du référendum, au moyen de déclarations visant à terroriser la population, et le référendum s’est tenu avec les banques fermées et le contrôle des capitaux imposé du fait du refus de la BCE de fournir des liquidités après l’annonce de la tenue du référendum, et pourtant la démocratie a prévalu, le peuple s’est prononcé clairement et a dit non à soixante-deux pour cent à ces mesures assassines.

Ce qui s’en est suivi est un cauchemar pour toute conscience démocratique et une honte. Les créanciers ont refusé d’examiner le résultat du référendum. Ils ont insisté, usant de la menace d’un effondrement du système bancaire et d’un désastre humanitaire, que soient adoptées des mesures plus sévères encore que celles qui avaient été rejetées. Le gouvernement a été contraint d’accepter que le parlement légifère sur des textes pré élaborés de centaines de pages, sans délibération, et à des dates prédéterminées, selon une procédure d’urgence et avec les banques toujours fermées. Cette extorsion fut baptisée « pré requis pour un accord » et le parlement fut appelé à abolir des lois qu’il avait votées durant les quatre mois précédents et à s’abstenir de toute initiative législative sans l’accord préalable des créanciers.

Un projet de loi de cent pages, présenté comme un article unique, fut approuvé le 15 juillet 2015 en moins de vingt-quatre heures, un deuxième, long d’environ mille pages et composé de trois articles a été adopté en moins de vingt-quatre heures le 22 juillet 2015, un troisième de presque quatre cent pages, fut adopté le 14 août 2015 en vingt-quatre heures. Le parlement a légiféré trois fois sous la contrainte et la coercition et cela étant fait, attestant qu’une partie importante des députés du principal parti de gouvernement, incluant la présidente du parlement, refusait de voter un tel texte de loi, le parlement fut dissous de manière subite afin de garantir une majorité plus stable pour mettre en œuvre ce que le peuple a rejeté.

La dette souveraine est actuellement utilisée contre la population grecque et le parlement grec pour affaiblir la démocratie, mais la démocratie est une valeur suprême et le parlement ne peut être réduit à des sceaux, entérinant des normes dictées, rejetées par le peuple et conçues pour anéantir les sociétés et les générations futures.

J’en appelle à vous, parlementaires du monde, soutenez l’exigence de démocratie et de souveraineté parlementaire contre la coercition de la dette, soutenez les initiatives de l’assemblée générale de l’ONU et la commission ad hoc d’audit de la dette souveraine, ainsi que les initiatives des experts indépendants de l’ONU sur la dette et les droits de l’homme.

Ne permettez pas que la démocratie soit annihilée sur la terre où elle naquit. Ne permettez pas qu’un autre parlement soit contraint de voter contre la volonté du peuple et contre le mandat de ses députés. Ne permettez pas que les droits de l’homme, les vies humaines, la dignité humaine et les principes les plus précieux de l’ONU soient foulés pour servir le système bancaire.

Le monde que les peuples veulent ne peut être construit sans les peuples du monde.

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2 septembre 2015 3 02 /09 /septembre /2015 20:48

http://www.ilfattoquotidiano.fr/grece-le-chef-du-parti-de-gauche-allemand-die-linke-denonce-le-pillage-de-letat-grec/#.VedfJEYcB6x

Le leader du parti de gauche allemand die Linke dénonce le pillage de l’état grec par l’Allemagne

Citation de l’intervention du leader de die Linke, Gregor Gysi, devant le Bundestag, Mardi 18 Août 2015, où il fustige le pillage de la Grèce par le gouvernement allemand, à commencer par la vente des quatorze aéroports régionaux bradés à une société publique allemande pour un prix démesurément bas.

« J’apprends que quatorze aéroports grecs rentables vont être vendus à la société allemande Fraport, une société détenue majoritairement par l’état allemand. Nous parlons ici de la privatisation d’une propriété publique grecque au bénéfice d’une propriété publique allemande.

Mais ce n’est pas tout. En fait, le prix de vente est incroyablement bas. En procédant ainsi, le gouvernement grec ne pourra jamais réaliser les cinquante milliards d’euros que vous lui avez demandé de faire avec ces privatisations. Le cinquième point est difficile à croire, mais pourtant vrai. Le gouvernement grec n’est pas autorisé à licencier ou à embaucher, ni directeurs ni managers de banque.

Les institutions européennes sont responsables de cela. Comment voulez-vous dans ces conditions combattre la corruption ? C’est une limitation insensée de la souveraineté grecque.

Et le pire est que le gouvernement grec ne peut pas discuter publiquement des propositions de loi et encore moins la présenter devant le parlement. C’est la destruction de la démocratie parlementaire. Nous ne pouvons pas être complices de ces pratiques.

À ce jour, l’Allemagne n’a pas donné un centime à la Grèce depuis le début de la crise. Il faut le dire et le répéter, cent fois si nécessaire ».

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2 septembre 2015 3 02 /09 /septembre /2015 20:36

https://www.ensemble-fdg.org/content/corbyn-une-campagne-remarquable-en-grande-bretagne

http://www.socialistresistance.org/7659/corbyn-a-remarkable-campaign

Une campagne remarquable en Grande Bretagne

Editorial du site de Socialist Resistance du Vendredi 31 Juillet 2015

Traduction et notes de François Coustal

La campagne de Jeremy Corbyn est un phénomène remarquable. Il a désormais une bonne chance de remporter l’élection comme leader du parti travailliste, à moins que l’élite travailliste ne parvienne à enrayer la marée au cours des prochaines semaines.

Pour l’instant, la marée reste favorable à Jeremy Corbyn. Les dirigeants travaillistes sont comme des lapins pris dans la lumière des phares. De nombreuses personnes, en particulier des jeunes, ont rejoint la campagne de Jeremy Corbyn, ils se pressent à ses meetings ou à ses évènements de campagne. Beaucoup donnent leur signature au parti travailliste afin d’être considérés comme « sympathisants enregistrés » ou comme « sympathisants affiliés » par l’intermédiaire de leurs syndicats. Dès le mois de juin 2015, le parti travailliste a enregistré un afflux de neuf mille cent quinze sympathisants enregistrés et de trois mille sept cent quatre-vingt-huit sympathisants affiliés, ainsi qu’une augmentation significative du nombre d’adhérents à part entière.

Le soutien à la candidature de Jeremy Corbyn au sein des grands syndicats s’est avéré tout à fait extraordinaire. Le parti travailliste s’est toujours distingué de ses partis frères sociaux-démocrates par l’affiliation directe de fédérations syndicales. Il y a aujourd’hui quatorze fédérations syndicales affiliées au parti travailliste. Historiquement, elles ont agi comme une force hostile à l’aile gauche et en soutien à l’élite dirigeante du parti.

Le soutien à Jeremy Corbyn apporté par Unity, dirigé par Len Mac Cluskey, n’a pas été une surprise dans la mesure où cette fédération s’est dotée depuis plusieurs années d’une orientation marquée à gauche. Mais la décision d’Unison se soutenir Jeremy Corbyn marque réellement un tournant dans la situation. Unison est une grande fédération syndicale du secteur public qui s’est beaucoup exprimée contre l’austérité et les restrictions budgétaires concernant la protection sociale et les services publics, mais qui a rarement organisé l’action. Unison compte dans ses rangs le plus grand nombre de membres affiliés au parti travailliste et un bon tiers de son million d’adhérents est inscrit sur la liste électronique du parti travailliste. Une consultation menée auprès des douze unions régionales que compte Unison a indiqué que neuf d’entre elles étaient favorables au soutien à Jeremy Corbyn.

La fédération des travailleurs de la communication est aussi une fédération importante, avec plus de deux cent mille adhérents. Non seulement elle a choisi Jeremy Corbyn, mais Dave Ward, son secrétaire général, a utilisé You Tube pour appeler ses adhérents à se faire enregistrer afin de pouvoir voter pour Jeremy Corbyn sur la base de son orientation politique et afin de marquer ainsi un glissement à gauche et anti-austérité du parti travailliste.

Jeremy Corbyn a également reçu le soutien de plusieurs fédérations de taille plus modeste, comme le syndicat de boulangers, le syndicat des employés des transports, ainsi que celui des conducteurs de trains. Au même moment, GMB, l’importante fédération des employés de la fonction publique et des collectivités territoriales, a renoncé à soutenir quelque candidat que ce soit, ce qui est un camouflet pour la droite du parti travailliste.

Jeremy Corbyn bénéficie également d’une avance décisive en ce qui concerne les soutiens des sections locales du parti travailliste, organisées sur la base des circonscriptions électorales, cent trente sur six cent, les autres candidats plafonnant à cent.

Ainsi la campagne de Jeremy Corbyn a réalisé des percées dans trois directions, les membres traditionnels du parti organisés en sections locales, les syndicalistes affiliés au parti travailliste et enfin les nouveaux adhérents et sympathisants, en très grande majorité des jeunes. Quelle que soit l’issue du vote, cela constitue la manifestation d’une radicalisation en profondeur.

Si Jeremy Corbyn l’emporte et s’engage dans une direction anti-austéritaire, de nouvelles et importantes possibilités s’ouvriront, dont une scission probable à l’instigation des blairistes. S’il échoue, il aura encouragé et radicalisé de nombreux jeunes et de nombreux syndicalistes, renforcé la gauche au sein du parti travailliste et exercé une pression de gauche sur le vainqueur, quel qu’il soit.

En 1981, Tony Benn avait perdu de peu la compétition au sein du parti travailliste après une campagne de masse, alors que la gauche du parti était numériquement importante et à l’offensive et alors que le mouvement syndical était puissant et très actif au sein des entreprises.

Aujourd’hui, Jeremy Corbyn est au seuil de remporter la direction du parti travailliste alors même que la gauche travailliste organisée est plus ou moins inexistante, que le mouvement syndical est très faible et que le niveau de grèves est historiquement bas.

Quelques-uns des éléments d’explication sont évidents. Le parti travailliste vient de perdre une élection qu’il aurait pu et dû gagner et la raison de cette défaite est qu’il a fait preuve de suivisme par rapport aux coupes budgétaires mises en œuvre par les conservateurs. Puis Harriet Harman, le leader par intérim, immédiatement suivie par la gauche des Libéraux Démocrates et par les partis unionistes, a pris la décision épouvantable de ne pas s’opposer au budget présenté par George Osborne. Tous les autres concurrents en lice pour la direction du parti travailliste l’ont soutenue avant de se rallier au programme des conservateurs en soutenant la thèse selon laquelle le parti travailliste avait perdu l’élection parce que sa campagne était allée trop à gauche et que les politiques progressistes qu’il avait adoptées devaient maintenant être abandonnées. Les convictions politiques jouent un rôle. Les gens, dans le parti travailliste et à l’extérieur, considèrent comme un souffle d’air frais que, dans cette campagne interne pour la direction du parti travailliste, quelqu’un exprime ce qu’ils pensent et pense ce qu’ils expriment, sans égotisme.

Il est également évident que la question écossaise a son importance dans ce phénomène, pas uniquement la radicalisation liée à l’influence de la campagne référendaire pour l’indépendance et la montée en puissance du parti national écossais (SNP), mais aussi le rôle des députés du SNP au sein du parlement depuis l’élection. En réalité, ce sont eux la véritable opposition aux conservateurs, comme le montre le vote contre la diminution des allocations sociales, les cinquante-cinq voix contre ce projet venues du SNP ont dépassé les quarante-sept voix des députés travaillistes qui, menés par Jeremy Corbyn, ont rompu la discipline de leur parti.

Lors d’un récent discours, la benjamine du parlement, Mhairi Black, députée du SNP alors qu’elle n’a que vingt ans, en fait c’est la plus jeune parlementaire depuis des siècles, a mis le parti travailliste au défi de s’opposer aux coupes budgétaires des conservateurs et s’est réclamée de Tony Benn. Sur You Tube, la vidéo de son discours en fait l’un des discours parlementaires les plus regardés de tous les temps, plus d’un demi-million de visiteurs, avec de nombreux « like » postés principalement par des jeunes.

Il y a quelques mois, il paraissait très improbable que Jeremy Corbyn puisse même seulement figurer sur la liste des candidats. Il n’a atteint les trente-cinq parrainages de députés nécessaires qu’au tout dernier moment et grâce à un certain nombre de députés de l’aile droite qui ont accepté de le parrainer afin d’offrir à Andy Burnham la possibilité d’apparaître comme le candidat situé au centre du parti plutôt que comme le plus à gauche.

D’ailleurs parmi les députés ayant parrainé Jeremy Corbyn, seuls dix-huit ont voté contre la réduction des allocations sociales. Le fossé entre le groupe parlementaire d’un côté et, de l’autre, la base militante dans les syndicats et dans le parti au sens large est énorme. Une direction autour de Jeremy Corbyn devrait se battre pour composer un cabinet fantôme avec la poignée des députés qui le soutient. Le risque existe qu’il devienne l’otage du groupe parlementaire, s’il n’organise pas de manière plus systématique ses partisans au sein du parti dans son ensemble.

Alors que la gauche dans le parti travailliste a lancé un défi à la fois fort et unitaire, c’est le désordre dans la droite du parti, avec des accusations réciproques assez puériles comme de se traiter de « crétins » en public. Les députés de l’aile droite évoquent ouvertement un coup, le renversement de Jeremy Corbyn par le seul groupe parlementaire et même une scission opérée sur le modèle de la création du Parti Social-Démocrate dans les années 1980, dont la durée de vie fut courte et qui ne constitue pas vraiment un glorieux exemple à suivre.

De toute manière, une victoire de Jeremy Corbyn, ou même une courte défaite, serait une victoire pour toute la gauche. Elle provoquerait une ouverture de la situation politique britannique et la radicalisation de beaucoup de gens, particulièrement parmi les jeunes. Qu’il y ait ou non une scission du parti travailliste, tout cela va créer des conditions nouvelles pour une orientation anti-austérité dans le Royaume Uni.

Left Unity a eu raison de se réjouir de la campagne de Jeremy Corbyn et de comprendre dès le début sa signification et sa dynamique progressiste.

Les conditions de création d’une nouvelle alternative de gauche existent plus que jamais en Grande-Bretagne. La question clé de la période à venir est de rassembler toutes les forces qui croient que l’on peut combattre l’austérité et le changement climatique et de résister au gouvernement conservateur et à la mise en œuvre du consensus néo-libéral. Une modification de la direction du parti travailliste aurait de grandes conséquences. Mais, pour que ce changement soit significatif et durable, il faudra qu’il s’étende. Il faudra qu’il se lie aux millions de gens qui, lors des élections générales, ont voté pour les verts, pour le SNP, pour Plaid Cymru ou pour les groupes de taille plus modeste de la gauche radicale, ceux qui soutiennent Left Unity et, bien sûr, les millions de jeunes qui se battent contre l’austérité.

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2 septembre 2015 3 02 /09 /septembre /2015 20:08

http://www.haaretz.com/jewish-world/jewish-world-news/1.673550

Le syndicat industriel des Etats Unis vote pour la campagne Boycott Désinvestissement Sanction » (BDS)

United Electrical, Radio and Machine Workers of America (UERMWA), le syndicat des travailleurs de l’industrie, de l’électricité et de la radio des Etats Unis, vote en faveur du boycott d'Israël, soutenant l’accord avec l'Iran

Dimanche 30 Août 2015

Un des plus importants syndicats industriels des États-Unis a voté pour approuver les objectifs de la campagne BDS dans le monde entier contre Israël, citant « sa longue histoire de viol des droits de l'homme des palestiniens », devenant le premier syndicat national à le faire.

Le congrès de l’UERMWA réuni à Baltimore la semaine dernière a voté plusieurs résolutions sur les questions de politique intérieure et de politique internationale, y compris l'appel au boycott d'Israël et le soutien à l'accord nucléaire avec l'Iran.

Selon un communiqué publié par le site internet du syndicat, il a voté en faveur de la « justice et de la paix pour les peuples de Palestine et d'Israël » et il a cité un sordide bilan des droits de l'homme d'Israël, « à commencer par le nettoyage ethnique de sept cent cinquante mille palestiniens en 1947 et en 1948 qui ont quitté la Palestine après la proclamation de l’état d'Israël ».

« L'objectif de l'initiative », dit le syndicat, « est de faire pression contre Israël pour mettre fin à son apartheid contre les palestiniens comme une tactique similaire à celle qui a contribué à mettre fin à l'apartheid en Afrique du Sud dans les années 1980 ». Le syndicat a en outre appelé à la fin de l'aide américaine à Israël et a exprimé son soutien au « droit au retour ».

Le syndicat a également voté sur un certain nombre d'autres questions de politique étrangère, y compris la demande de mettre fin à l'intervention militaire des Etats Unis au Moyen-Orient et dans d'autres régions.

« Nous avons besoin de nous débarrasser de cette culture de guerre », a déclaré Mike Ferritto, un délégué local. « Nous avons fait assez de dégâts. Nous devons sortir du Moyen-Orient », a déclaré Brandon Dutton, un autre délégué.

Le vote contre Israël a été motivé par une rencontre avec les syndicalistes palestiniens pendant le Forum Social Mondial en Tunisie. Le délégué Automne Martinez, qui a coparrainé la résolution et a participé à la rencontre, a déclaré que « ce qui se passe en Palestine est absolument dégoûtant. Palestine libre ».

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2 septembre 2015 3 02 /09 /septembre /2015 19:23

http://www.ft.com/intl/cms/s/0/ba3c77c8-50b4-11e5-b029-b9d50a74fd14.html#axzz3kbWKJM1b

Le parti grec d’extrême gauche espère que les stars qu’il a recrutées vont éblouir les électeurs

Par Kerin Hope, correspondante du Financial Times à Athènes

Mardi Premier Septembre 2015

Le parti grec d’extrême gauche Unité Populaire espère que les stars qu’il a recrutées vont faire sa fortune alors que le nouveau parti se bat pour gagner du terrain avant sa première campagne électorale.

Son leader, Panagiotis Lafazanis, a recruté deux femmes politiques qui sont des francs-tireurs et qui ont été nommées à des postes de haut niveau lorsque le gouvernement dirigé par Syriza a pris ses fonctions en janvier 2015, mais qui ont été impitoyables dans la démonstration de leur opposition par leur défection quand Alexis Tsipras, le premier ministre, a inversé la politique du parti contre l’austérité.

Les deux femmes, Nadia Valavani, ancienne vice-ministre des finances, et Zoé Konstantopoulou, ancienne présidente du parlement, ont la réputation de passer de longues heures à fourbir leurs armes. Elles ne sont pas connues toutes les deux pour leur volonté de compromis, mais comme des femmes politiques de principe, une distinction rare dans la vie publique de la Grèce submergée par la corruption.

« Ce sont de fortes candidates qui ont un bilan de défense de leurs principes. Elles peuvent augmenter le profil de l'Unité Populaire dans tout le pays, en particulier auprès des électrices », a déclaré un militant du parti.

Unité Populaire a été fondée le mois dernier après que Panagiotis Lafazanis et vingt-six autres députés de Syriza aient rompu avec le courant majoritaire dirigé par Alexis Tsipras.

Le parti présente sa forte position anti-austérité aux électeurs durement touchés par cinq années de chômage élevé, de coupes budgétaires dans les retraites et les salaires du secteur public et du contrôle des capitaux qui limite les retraits d'espèces aux distributeurs automatiques à soixante euros par jour.

Mais son mantra selon lequel « un retour à la drachme n’est pas une catastrophe économique » a énervé même des grecs de gauche au milieu de la propagande généralisée selon laquelle il y aura hyperinflation et récession permanente si le pays quitte l'euro.

« Il y a une crainte sous-jacente que quitter la zone euro ferait retourner la Grèce cinquante ans en arrière », a déclaré Alkis Georgiou, un ingénieur civil électeur de Syriza au cours des trois dernières élections.

Le nouveau parti a fait un démarrage lent dans la campagne électorale. Les premiers sondages d'opinion, publiés ce week-end, suggèrent qu'il capturerait seulement cinq pour cent des voix, bien en dessous des huit ou des dix pour cent des voix vus par les analystes comme l’objectif pour gagner la troisième place aux élections et participer à une coalition gouvernementale, considérée comme l'issue la plus probable des élections législatives anticipées du Dimanche 20 Septembre 2015.

Comme Panagiotis Lafazanis, ancien ministre de l'énergie, les deux femmes étaient des alliées de confiance d’Alexis Tsipras jusqu'à ce qu’elles s’opposent au changement de politique du premier ministre en juillet 2015, quand il a accepté les réformes difficiles exigées par les créanciers en échange d'un plan de sauvetage de quatre-vingt-six milliards d’euros.

« La démission était la seule chose décente à faire après l'accord de sauvetage », a déclaré Nadia Valavani, une ancienne dirigeante d’une compagnie d'assurance et ancienne militante du parti communiste grec.

Nadia Valavani est devenue très populaire après avoir défendu une loi votée par le parlement qui a soulagé le sort de centaines de milliers de contribuables ayant des dettes de longue durée envers l’état par la réduction des amendes et par le paiement de leur dette en une centaine de versements mensuels.

Mais elle a fait face à des accusations des médias grecs selon lesquelles elle avait encouragé sa mère à retirer plusieurs centaines de milliers d'euros en liquide à partir d'un compte conjoint en juin 2015, sachant que le gouvernement était sur le point d'imposer un contrôle des capitaux.

Elle a démenti ces accusations. Dans une lettre ouverte à Proto Thema, le premier journal qui avait publié ces accusations, elle a écrit que « ma mère a toujours géré ses propres finances et je ne suis pas impliquée dans ses finances. Nous ne sommes pas, ma sœur et moi, cosignataires d’aucun de ses comptes ».

Zoé Konstantopoulou, une avocate issue de la gauche radicale, dont le père était leader de Synaspismos, un prédécesseur de Syriza, a eu une relation plus problématique avec le parlement et a été critiquée pour avoir provoqué des divisions quand elle était présidente du parlement.

Elle a été critiquée par les députés de presque tous les partis pour la longueur de ses discours et pour la conduite des procédures parlementaires dans des détails exhaustifs, poussant les débats et les votes sur les questions de sauvetage critique bien après minuit.

La défection de Zoé Konstantopoulou pourrait bénéficier à Syriza qui essaie d'attirer plus de soutien centriste, a déclaré Mujtaba Rahman, responsable de l'analyse européenne au conseil des risques Eurasia Group. Mais Unité Populaire pourrait gagner des voix cruciales avec elle sur sa liste.

« Son geste ne va pas aider Unité Populaire à élargir son appel, mais il va renforcer sa position en tant que leader de la Grèce anti austérité. Etant donné le nombre d'électeurs indécis, cela pourrait augmenter la popularité d’Unité Populaire d’un ou de deux pour cent », a déclaré Mujtaba Rahman.

L'ancienne présidente combative voulait former son propre parti politique après avoir rompu publiquement avec Alexis Tsipras. Mais Lundi 31 Août 2015, elle a annoncé qu'elle irait aux élections comme indépendante soutenue par Unité Populaire.

« Le pays ne va pas aux élections parce que le mandat populaire a été violé, comme l’a dit Alexis Tsipras », a-t-elle dit, « mais parce que l’ancien gouvernement veut continuer à le violer ».

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1 septembre 2015 2 01 /09 /septembre /2015 19:18

http://www.cadtm.org/Bilan-de-six-mois-de-presidence-du

Bilan de six mois de présidence du parlement grec par Zoé Konstantopoulou

Mercredi 5 Août 2015, Zoe Konstantopoulou a présenté le compte rendu des actions menées depuis qu’elle exerce la fonction de présidente du parlement grec. Au cours de son discours, elle s’est attaquée au président de la Banque Centrale de Grèce (BCG), Yannis Stournaras.

« Je vous ai invité à cette conférence dans le but de procéder au compte rendu de mes actions depuis que je suis présidente », a-t-elle dit en introduction, « étant donné que demain, Jeudi 6 Août 2015, cela fera exactement six mois que je serai entrée en fonction en tant que présidente du parlement grec. Et c’est avec plaisir que je tiens à vous informer que nombreuses ont été les actions menées à bien ces derniers mois. Grand nombre d’entre elles avaient été annoncées le 6 février 2015, au moment où je prenais mes fonctions ».

Au cours de sa conférence de presse, Zoe Konstantopoulou a parlé de la création de la commission pour la vérité sur la dette publique grecque.

« Dès les toutes premières semaines, j’ai mis en place la commission pour la vérité sur la dette publique grecque. Cette dernière a été créée officiellement le 17 mars 2015. Y participent des personnalités comme Éric Toussaint et des personnes venues du monde entier comme le professeur Cephas Lumina. Je dois dire que cette commission a travaillé dans des conditions très particulières ».

Elle a mentionné à ce sujet que la commission avait présenté ses conclusions préliminaires le 17 juin 2015. Que ces conclusions avaient été mises à disposition de la société grecque, du gouvernement grec et des organismes internationaux. Que la commission allait maintenant réaliser la deuxième partie de l’audit.

Zoe Konstantopoulou a qualifié la dette publique d’illégitime, d’odieuse et d’insoutenable.

Elle a insisté sur le fait que la Grèce ne devait pas la payer. Elle a mentionné que la prochaine séance de la commission de la vérité sur la dette grecque se tiendrait du 22 au 25 septembre 2015, cette séance inaugurant le début des travaux de la commission pour la deuxième partie de l’audit. Elle a également mentionné que, avant ces dates, se tiendraient des conférences publiques présentées par des membres de la commission, dont elle-même, et que, les 13 et 14 novembre 2015, le parlement accueillerait un congrès international de spécialistes du droit public et du droit constitutionnel pour la dette.

Zoe Konstantopoulou a aussi parlé d’une deuxième commission existant au sein du parlement, la commission de revendication des réparations de guerre dues par l’Allemagne, une commission qui a déjà convoqué plus de douze personnes et dont les travaux ne font que commencer.

Les piques à Yannis Stournaras

Zoe Konstantopoulou a eu un discours très critique concernant le président de la BCG, Yannis Stournaras. « Yannis Stournaras », a-t-elle dit, « a refusé de donner à la commission pour la vérité sur la dette les éléments se rattachant à l’enquête et ne s’est pas présenté au comité des lois et de la transparence sous prétexte d’une grosse charge de travail. Il est inimaginable que le parlement grec procède à un contrôle de la dette et que la BCG refuse de communiquer les mouvements des comptes appartenant à l’état. Ils permettraient de retracer la totalité des mouvements bancaires. Normalement la logique voudrait que personne n’ait peur de communiquer de telles informations et les contrats concernant l’état », a-t-elle ajouté.

Activité parlementaire et référendum

Zoe Konstantopoulou a parlé du travail effectué dans le cadre de ses responsabilités au sein du parlement. D’après elle, soixante pour cent environ des questions soulevées dans le cadre de ses fonctions ont pu trouver une réponse satisfaisante.

Se référant au referendum du Dimanche 5 Juillet 2015, elle a souligné que le fait que le parlement ait accepté de procéder à un référendum citoyen, suite à la proposition soumise par le gouvernement, a été une action démocratique du parlement grec.

Les conclusions préalables de l’audit ont-elles été utilisées par le gouvernement ?

Suite à une question concernant l’outil que pourraient constituer, pour le gouvernement grec, les conclusions préalables de l’audit réalisé par la commission pour la vérité sur la dette publique grecque, Zoe Konstantopoulou s’est positionnée en disant que, depuis la création de la commission, elle avait été constamment en contact avec le premier ministre, Alexis Tsipras, et que celui-ci avait soutenu la nécessité de mettre au clair une vérité qui avait une importance historique dès le début des travaux de la commission.

« Je considère que le premier ministre Alexis Tsipras a soutenu de façon sincère et légitime la création de cette commission et qu’il a reconnu sa nécessité et son importance. Mais », a-t-elle ajouté, « les conclusions préalables de l’audit n’ont pas été utilisées par la Grèce à ce jour. Je considère que se servir des conclusions préalables de l’audit est le devoir du gouvernement grec et qu’il est de mon propre devoir d’insister pour que nous avancions dans cette direction ».

Elle a parlé de son rapport au premier ministre, « nous sommes compagnons » a-t-elle décrété, « je ne suis pas quelqu’un qui parle en s’appuyant sur des informations non officielles, encore moins sur des non-papiers. Je ne considère pas que l’on puisse parler de dysfonctionnement lorsque la présidente du parlement veille à préserver l’harmonie parlementaire. De mon côté, je considère que les intentions du premier ministre sont tout à fait sincères. Quand on est contraint d’accepter un chantage et que ce chantage fait son apparition dans l’enceinte d’un parlement, il est du devoir de sa présidente de tout faire pour le refouler », a-t-elle mentionné en se référant aux projets de lois présentés au parlement ces dernières semaines. Des projets de lois qui ont été présentés en adoptant des procédures « d’extrême urgence », dans le cadre des votes nécessaires à la ratification de l’accord du mois de juillet 2015 entre la Grèce et l’Union Européenne.

« De mon point de vue », a-t-elle déclaré, « les trois procédures de vote parlementaire pour lesquelles nous avons adopté le mode de vote d’extrême urgence, resteront des pages noires de notre démocratie parlementaire ».

Elle a fortement critiqué le bureau du budget de l’état en disant qu’il se permettait de faire des interventions éminemment politiques en s’attaquant à l’ancien ministre de l’économie, alors que son rôle était de soutenir le parlement et de permettre la transparence des procédures parlementaires.

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1 septembre 2015 2 01 /09 /septembre /2015 18:57

http://www.lejdd.fr/International/Europe/Zoe-Konstantopoulou-le-typhon-qui-se-dresse-face-a-Tsipras-748579

Zoé Konstantopoulou, le typhon qui se dresse face à Alexis Tsipras

Par Marina Rafenberg, correspondante du Journal Du Dimanche à Athènes

Mardi Premier Septembre 2015

Zoé Kostantopoulou, la présidente du parlement grec, part en campagne contre son ancien camarade Alexis Tsipras avant les élections législatives anticipées du Dimanche 20 Septembre 2015.

Maximilien Robespierre, dame de fer, inquisitrice, les surnoms ne manquent pas pour qualifier Zoé Konstantopoulou élue le 6 février 2015 présidente du parlement grec et désormais l'une des frondeuses les plus pugnaces contre le premier ministre. Depuis la signature du troisième plan d'aide, la guerre est déclarée entre les anciens camarades de Syriza. « Chacun et chacune a le droit et le devoir de résister », avait-elle déclaré mi-juillet 2015 jugeant que l'accord trouvé entre les créanciers et le gouvernement était un « crime contre l'humanité ».

Dans l'entourage d’Alexis Tsipras, on ne mâche plus ses mots, « elle se comporte comme un dictateur, elle a été un mauvais choix ». À trente-neuf ans, du haut de son mètre quatre-vingt, la plus jeune présidente du parlement qu'ait connue la Grèce s'est mis à dos la plupart des députés. L'opposition lui reproche surtout d'avoir retardé le vote des lois qui n'avait souvent lieu qu'au petit matin. Invectivant plusieurs députés, interdisant aux Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS) protégeant l'enceinte du parlement d'utiliser les toilettes, elle est surtout l'initiatrice du comité d'audit de la dette grecque tentant de prouver son caractère « odieux, illégal et illégitime ».

Sensible à l'injustice dès son adolescence, elle est la fille de Nikos Konstantopoulos, ancien président de Synaspismos, parti qui a donné naissance à Syriza. Étudiante en droit pénal européen à la Sorbonne, elle donne des cours d'anglais à des détenus de la prison de Fresnes.

Jeune avocate, elle défend la famille d'Alexis Grigoropoulos, un adolescent tué par un policier à Athènes en décembre 2008, dont la mort avait provoqué des émeutes. Elle se fait connaître du grand public lorsqu'elle devient députée de Syriza en 2012 et rapporteuse dans la commission d'enquête sur l'évasion fiscale des grecs fortunés. Personnalité controversée mais aussi admirée par une partie de Syriza, elle est convoitée par Panagiotis Lafazanis, un autre frondeur, qui a lancé il y a quelques jours son parti, Unité Populaire.

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1 septembre 2015 2 01 /09 /septembre /2015 18:40

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article35732

http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/08/27/le-blues-des-militants-de-syriza-avant-les-elections_4738249_3214.html

Le blues des militants de Syriza avant les élections de septembre

Par Alain Salles, envoyé spécial du Monde à Athènes

Jeudi 27 Août 2015

Les militants de Syriza rentrent de vacances avec une grosse gueule de bois. Le temps politique s’est accéléré en Grèce depuis 2010 mais, en sept mois de pouvoir du gouvernement d’Alexis Tsipras, les grecs et les européens se sont retrouvés sur d’immenses montagnes russes. Ils sont passés de la peur du Grexit, une sortie de la Grèce de la zone euro, à l’euphorie de la victoire du non au référendum du Dimanche 5 Juillet 2015, avant de retomber dans l’humiliation d’une nuit de capitulation à Bruxelles, le Lundi 13 Juillet 2015, suivie de la signature, au cœur du mois d’août 2015, d’un nouveau mémorandum avec la détestée troïka des créanciers du pays, la commission européenne, la Banque Centrale Européenne (BCE) et le Fonds Monétaire International (FMI).

Maître tacticien, Alexis Tsipras ne laisse pas de répit et a accéléré le tempo en annonçant, Jeudi 20 Août 2015, de nouvelles élections législatives anticipées, Dimanche 20 Septembre 2015. Mais si la manœuvre d’Alexis Tsipras est destinée à bousculer ses adversaires politiques, ses partisans ont du mal à suivre et ont été déboussolés par la signature du mémorandum qui prévoit une liste de mesures d’économies et de réformes souvent aux antipodes du programme de Syriza.

Lundi 24 Août 2015, à la section de Syriza du quartier de Gizi, dans le centre d’Athènes, la plupart des militants sont un peu groggy. Ils soutiennent le choix d’Alexis Tsipras et veulent gagner avec lui, mais les dernières semaines ont laissé des traces. « La signature du mémorandum a été un choc, j’ai pleuré pendant une semaine », explique Sula Petrou, une sculptrice. « Et je pleure encore », ajoute-t-elle en s’arrêtant de parler pour laisser passer une larme.

« Il y a dans le parti un grand mécontentement et une difficulté à avaler l’accord. Cela va à l’encontre de ce qu’a dit Syriza depuis cinq ans et de ce qui a poussé le parti vers le pouvoir », reconnaît Stelios Kouloglou, député européen proche d’Alexis Tsipras, « mais les plus réalistes ont compris qu’Alexis Tsipras n’avait pas le choix ».

Le secrétaire de la section de Gizi, Nondas Palamaras fait partie de ces réalistes, « le dilemme a été de choisir entre la faillite et un accord qui permettait au pays de résoudre les problèmes de liquidités provoqués par la décision de la BCE d’instaurer un contrôle des capitaux ».

Devant la peur d’un Grexit, les grecs se sont rués sur les banques pour sortir leurs économies, ce qui a conduit à la fermeture des établissements pendant une dizaine de jours et à l’instauration d’un contrôle des capitaux.

« Un mauvais accord », grogne Sula Petrou. « Dans quelques mois, on pourra profiter des trous du mémorandum pour l’améliorer », réplique Nondas Palamaras.

« Le gouvernement aura la possibilité de suivre sa politique dans d’autres domaines et de prendre des mesures qui soulageront les effets du mémorandum ».

Rupture avec le gouvernement

Comme dans de nombreuses sections du parti, environ un tiers des militants ont décidé de partir. Il s’agit en grande partie des membres de la plate-forme de gauche dirigée par Panagiotis Lafazanis, la minorité qui représentait un tiers des membres de Syriza et qui a décidé, Vendredi 21 Août 2015, de faire sécession pour créer un nouveau parti, Unité Populaire. Mercredi 26 Août 2015, cinquante-trois membres du comité central de Syriza ont annoncé leur démission, pour protester contre ce nouveau mémorandum « qui donnera le coup de grâce à un peuple déjà dévasté ».

Mais l’hémorragie ne s’arrête pas là. Le secrétaire du parti, Tassos Koronakis, nommé en janvier 2015, a quitté ses fonctions, tout en restant au sein de la formation et en critiquant à la fois le gouvernement et Panagiotis Lafazanis. Il faisait partie du groupe des cinquante-trois, créé après les élections européennes de mai 2014 et qui se situait entre la ligne d’Alexis Tsipras et la plate-forme de gauche. L’une de ses figures les plus importantes est le ministre des finances, Euclide Tsakalotos, qui a négocié le mémorandum. Alexis Tsipras lui a rendu hommage, Mercredi 26 Août 2015.

Plusieurs députés qui s’étaient abstenus lors du vote du mémorandum ont annoncé qu’ils ne se représenteraient pas aux élections. La présidente du parlement, Zoé Konstantopoulou, en rupture avec le gouvernement d’Alexis Tsipras, devrait créer son propre parti qui pourrait s’allier à celui de Panagiotis Lafazanis pour les élections législatives anticipées. Le nom de Manolis Glézos, le vétéran de Syriza et héros de la seconde guerre mondiale, qui n’a pas ménagé ses critiques depuis quelques mois contre Alexis Tsipras, est souvent cité comme partant, mais il n’a pas pris encore sa décision. Au moins dix mille membres sur les quelque trente-cinq mille du parti devraient l’avoir quitté, en grande partie pour rejoindre Unité Populaire.

« Abolir le mémorandum »

« Dans ma section, les principaux membres permanents ne sont plus là », explique Voula Hadjiathanassiadou, l’ancienne secrétaire de Syriza dans le quartier de Pangrati, au centre d’Athènes. Proche de la plate-forme de gauche sans y appartenir, cette ancienne professeure de grec a quitté le parti au cœur de l’été avant même la signature du mémorandum. « Syriza a gagné les élections en promettant d’abolir le mémorandum. Et il en signe un nouveau. Depuis des décennies, on attend l’arrivée de la gauche grecque au pouvoir. Pour qu’au bout de quelque mois Alexis Tsipras reprenne la formule de Margaret Thatcher, il n’y a pas d’alternative. Mais, dans toute l’Europe, nous nous sommes battus contre cette formule ».

« Le parti, ce n’est pas Alexis Tsipras, il y avait plus de trente mille militants qui sont contre le mémorandum », s’indigne Ioanna Gaitani, députée d’Unité Populaire.

A la section de Gizi, Ierasmos Zakaratos s’énerve devant ce genre d’argument, les trente-six pour cent recueillis lors des législatives de janvier et les soixante-deux pour cent du non au référendum, cela dépasse largement le nombre des militants de Syriza ». Syriza a changé de dimension, avec la crise, qui lui a permis de dépasser l’étiage des cinq pour cent qu’il avait à chaque élection. Alexis Tsipras a transformé la douzaine de groupes qui composaient la coalition de la gauche radicale en un parti mais la mutation est restée inachevée.

A Gizi, les membres présents restent fidèles à la ligne du premier ministre, mais les murs montrent que les choses vont un peu vite pour eux. Dans la bibliothèque, les œuvres de Lénine figurent en bonne place. Les murs sont tapissés d’affiches qui témoignent des luttes passées. Une caricature représentant l’ancien premier ministre conservateur Constantin Caramanlis, entre 2004 et 2009, surmontée d’un grand non rappelle la lutte contre les projets de privatisation entrepris par le dirigeant de la Nouvelle Démocratie, notamment celui d’une partie du port du Pirée au groupe chinois Cosco.

Le sujet suscite encore la gêne. « Avec la chute des bourses chinoises, la priorité de Pékin ne devrait pas être de privatiser le reste du Pirée », veut croire l’avocat Isidore Saridis. Mercredi 26 Août 2015, le ministre de l’économie, Georges Stathakis, a rappelé qu’il voulait mener à bien le programme de privatisations imposé par les créanciers pour désendetter le pays.

« Les mémorandums sont des machines qui détruisent les partis qui les mettent en œuvre. C’est vrai dans le monde entier. Nous l’avons vu en Grèce avec le Pasok qui était plus puissant que Syriza. Cela va aller très vite quand le plan commencera à être mis en œuvre en octobre 2015. Il ne restera plus rien de Syriza », prophétise Stathis Kouvelakis, l’un des conseillers de Panagiotis Lafazanis à Unité Populaire.

Face à ce risque de délitement, Syriza organise à Athènes une grande réunion de ses cadres de toute la Grèce, Samedi 29 Août et Dimanche 30 Août 2015 pour travailler sur le programme de la campagne électorale pour le scrutin des élections législatives anticipées qui devrait se dérouler Dimanche 20 Septembre 2015.

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1 septembre 2015 2 01 /09 /septembre /2015 16:48

http://en.enikos.gr/ekloges-2015/34277,New-setback-for-Tsipras-as-Syrizas-youth-says-party-is-bankrupt.html

Nouveau revers pour Alexis Tsipras quand la jeunesse de Syriza dit que le parti est en « faillite »

Mardi Premier Septembre 2015

La section de la jeunesse de Syriza a annoncé qu’elle ne soutiendra pas le parti lors des prochaines élections législatives nationales du Dimanche 20 Septembre 2015.

Dans un nouveau revers pour Alexis Tsipras, la majorité des jeunes de Syriza ont annoncé qu'ils ne peuvent pas soutenir un parti qui a accepté de mettre en œuvre le plan de sauvetage avec les créanciers de la Grèce.

Dans un communiqué de presse intitulé « la faillite de Syriza », la jeunesse du parti explique pourquoi elle se différencie de la politique du gouvernement et elle appelle ses membres à soutenir les partis contre les mémorandums dans les élections.

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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 20:02

http://www.orientxxi.info/magazine/insurrection-citoyenne-en-irak,0991

Insurrection citoyenne en Irak contre la corruption et la mainmise iranienne

Par Feurat Alani

Lundi 24 Août 2015

Malgré la guerre qui s’enlise contre l’organisation de l’État Islamique, malgré les tensions attisées pour diviser sunnites, chiites et kurdes, un mouvement citoyen voit le jour en Irak pour en finir avec un pouvoir corrompu et confessionnel. Il exprime, de manière fragile, une volonté de reconstruire une nation irakienne indépendante, loin des ingérences étrangères, y compris celles de l’Iran.

« Cette révolution, on pourrait l’appeler la révolution du thermomètre », ironise Faysal, trente-huit ans, l’un des tout premiers manifestants de la place Tahrir à Bagdad. Faysal aime se présenter comme laïc et libéral, un courant selon lui majoritaire chez les manifestants de la place Tahrir. « Ici, il n’y a que des jeunes qui ne veulent pas du mélange entre la religion et la politique et des personnes plus âgées qui ont milité à gauche durant des années », explique-t-il. « Dans le sud à Nadjaf et à Bassora, c’est différent, ils sont plus à l’écoute des partis religieux, mais ce qui nous rassemble tous, laïcs, religieux et apolitiques, c’est non seulement la lutte contre la corruption et contre les défaillances des services publics mais surtout un besoin de changement de système ».

« La chaleur a eu du bon en Irak, elle a montré que la société civile irakienne est encore là. On ne parle plus de l’organisation de l’État Islamique mais du peuple irakien » se réjouit Mazen, vingt-cinq ans, lui aussi venu manifester sur la place Tahrir.

Le rassemblement, spontané, a été provoqué par une vague de chaleur insupportable, sans l’électricité que les gouvernements irakiens successifs depuis 2003 avaient promis de rétablir.

Or, douze ans après l’invasion américaine, il n’y a en moyenne que trois heures d’électricité par jour, « sauf chez les ministres », note Mazen. Commerçant dans le quartier central de Karrada, il a fermé boutique pour aller scander des slogans comme « non aux voleurs, non au gouvernement, oui à l’Irak ».

Sous la pression de la rue, le premier ministre actuel Haïdar al Abadi a proposé des réformes sans précédent, à commencer par la suppression des postes inutiles et de la gabegie de l’état.

Il s’attelle ainsi à remplacer de hauts fonctionnaires de l’administration centrale et des provinces, tout en « oubliant » volontairement les quotas confessionnels et partisans usuels.

La compétence sera désormais mise en avant.

Le « nouvel empereur »

« Pourquoi avoir attendu douze ans pour donner la priorité aux compétences et non au clientélisme ? Les irakiens ont été trompés durant des années, ils veulent que cela cesse », s’exclame le journaliste et écrivain Sarmad al Taïe à Bagdad. Pour lui, cette crise est beaucoup plus profonde qu’un soulèvement contre l’incompétence des services publics. Il affirme que ce qui se joue actuellement relève d’une lutte interne entre deux courants contradictoires au sein des mouvements chiites, les nationalistes et les partisans de l’Iran. Si les manifestants sont volontairement descendus dans les rues, certaines organisations en ont profité pour tenter de les instrumentaliser. À l’instar du Hachd al Chaabi, les « unités de mobilisation populaire », la milice soutenue militairement par l’Iran en la personne du général Ghassem Souleimani pour lutter contre l’organisation de l’État Islamique. « Cette milice est montée en puissance et se sent aujourd’hui beaucoup plus légitime et probante que les dirigeants actuels. Elle vise désormais une représentation politique et a cherché à utiliser ces manifestations pour renverser le pouvoir représenté par son rival, le premier ministre Haïdar al Abadi », analyse-t-il. Le journaliste va encore plus loin. Selon lui, cette lutte se mène directement entre le pouvoir iranien et le clergé chiite irakien. « D’un côté, le premier ministre Haïdar al Abadi a réussi à rallier la plus haute autorité chiite, Ali al Sistani, de l’autre côté, le général Ghassem Soleimani est soutenu par les courants islamistes et par Nouri al Maliki. Un changement de cap sans précédent est en train de s’opérer », affirme le journaliste spécialiste des mouvements chiites.

L’analyste politique Wathak al Kader abonde dans le même sens. « Haïdar al Abadi a fait des concessions. Il a réussi un coup politique, celui de transformer ces manifestations en combat patriotique et non sectaire. Cela a augmenté sa popularité. La question se pose désormais de la réponse de l’Iran et du courant islamiste de son parti qui voit d’un mauvais œil son approche patriotique », s’inquiète-t-il. De hauts gradés de l’armée irakienne, joints par téléphone et souhaitant rester anonymes, confirment l’implication non seulement militaire mais politique de celui qu’ils surnomment « le nouvel empereur d’Irak », le général Ghassem Souleimani. Ce dernier se sentirait directement menacé par Haïdar al Abadi qui, au détriment de son prédécesseur Nouri al Maliki, est en train de gagner la rue.

Est-ce la fin de l’Irak tel qu’on l’a connu depuis 2003 ? Pour la première fois depuis le changement de gouvernement, les irakiens contestent directement ce qu’ils considèrent comme étant l’obstacle majeur au développement, le système politique mis en place par les américains, avec son paradigme arbitraire de quotas et de séparation des pouvoirs en fonction des confessions, encourageant ainsi un sectarisme perpétuel et sans autre alternative à long terme. Et la mainmise de l’Iran sur les affaires intérieures de l’Irak depuis le départ des soldats américains. Même à Kerbala, fief chiite, les manifestants scandent désormais ce slogan, « l’Iran dehors, Bagdad est désormais libre ».

Rivalité entre Nouri al Maliki et Haïdar al Abadi

Mais une autre menace est à prendre au sérieux. Nouri al Maliki, ancien premier ministre, avait réagi aux manifestations dans un discours tenu le 9 août 2015. Il les avait comparées au soulèvement de Fallouja et de Ramadi dans le département d’al Anbar. « Ces manifestations ne doivent pas se transformer en sit-in prolongé comme ce fut le cas dans la province d’al Anbar. Ces manifestations ne doivent pas demander la chute du gouvernement. Il faut réconcilier ce gouvernement, non pas le faire tomber. Si ce gouvernement tombe, rien n’empêchera de faire tomber le prochain, et que gagnera l’Irak ? Nous regretterons ensuite l’époque d’aujourd’hui et nous regretterons le bain de sang causé par cette chute », a-t-il déclaré devant des centaines de militants. Un discours perçu comme un ultimatum envers les manifestants de Tahrir. « Nous devons faire sortir le Hachd al Chaabi du terrain politique », a ainsi répondu le premier ministre actuel, fort de sa nouvelle popularité. « Il faut qu’il y ait une barrière de séparation. Nous ne pouvons pas impliquer des combattants dans une rivalité politique », a-t-il insisté.

C’est justement en réaction au discours de Nouri al Maliki que l’ayatollah Ali al Sistani, la principale figure religieuse du pays, a officiellement demandé à Haïdar al Abadi « d’avoir le courage d’évincer les hommes qui participent à la corruption et à la gabegie de l’état ». Le parlement a ensuite soutenu Haïdar al Abadi en votant les réformes qu’il proposait. Le lendemain, les manifestants ne demandaient plus la chute du gouvernement, mais le maintien du premier ministre actuel. Nouri al Maliki a ainsi perdu la bataille politique. Reste que sur le plan militaire, Haïdar al Abadi est désavantagé par rapport à Nouri al Maliki qui bénéficie du soutien de l’armée et de forces paramilitaires comme le Hachd al Chaabi et qui vient de se rendre à Téhéran, sans aucun doute pour chercher des appuis. S’il a officiellement soutenu Haïdar al Abadi dans ses réformes, dont la première est de supprimer son poste de vice-président, rien ne dit qu’il soutiendra son rival sur le terrain militaire. En parallèle, une commission parlementaire a désigné l’ancien premier ministre Nouri al Maliki et trente-cinq autres personnes comme les responsables de la chute de Mossoul, la deuxième ville du pays, tombée aux mains de l’organisation de l’État Islamique en juin 2014, un outil de plus pour écarter l’ancien premier ministre.

La fin d’un système ?

Et qu’en sera-t-il des kurdes et des sunnites ? Si les sunnites soutiennent de facto les réformes, c’est également pour revenir au rang d’acteurs à Bagdad et pour contrer l’influence de l’Iran.

Quant aux kurdes, comme à l’accoutumée, ils resteront les faiseurs de roi et choisiront le camp qui protègera leurs intérêts. Pour Sarmad al Taïe, c’est probablement la fin d’un système. « Il se dit dans les couloirs du parlement qu’un comité du parti al Daawa va être organisé pour soutenir Haïdar al Abadi et éloigner le courant de Nouri al Maliki et ainsi prendre un peu de distance avec l’Iran. On parle même de modifier la constitution », s’étonne le journaliste.

Certes, les manifestations actuelles cachent une lutte interne entre les factions chiites, mais elles détermineront aussi la place des autres confessions et des ethnies sur l’échiquier politique. À moins qu’on ne les désigne désormais que par ce qu’elles ont en commun, la citoyenneté irakienne. Reste une question en suspens, quelle sera la réaction du « nouvel empereur », le général Ghassem Souleimani ?

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