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17 août 2017 4 17 /08 /août /2017 19:42

 

 

https://fr.reuters.com/article/companyNews/idFRL8N1L25E5

 

Donald Trump préfère couper les ponts avec les Présidents Directeurs Généraux (PDG) qui le conseillaient (Reuters)

 

Donald Trump a démantelé Mercredi 16 Août 2017 deux commissions consultatives formées de chefs d'entreprises prestigieuses qui étaient de plus en plus nombreux à avoir annoncé leur démission pour protester contre sa réaction aux violences du week-end dernier lors d'un rassemblement de l'extrême droite à Charlottesville, en Virginie.

« Plutôt que de faire pression sur les hommes d'affaires du conseil des industriels et sur le forum de stratégie et de politique, je les arrête tous les deux, merci à tous », a tweeté le président.

Ces deux commissions censées le conseiller sur sa politique industrielle et économique enregistraient un nombre croissant de démissions qui rendaient leur avenir hypothétique, du moins dans leur composition actuelle.

Dans la journée, Stephen Schwarzman, PDG du fonds d'investissement Blackstone qui présidait le forum de stratégie et de politique, a pris l'initiative d'une conférence téléphonique pour sonder ses pairs et constaté qu'une majorité écrasante de ses membres étaient partisans d'une auto dissolution, ont rapporté deux sources à Reuters. Ce proche allié de Donald Trump dans le monde des affaires l'a alors appelé pour l'informer et le président a annoncé que c'était lui qui avait débranché ces deux commissions.

Dans une déclaration, le forum de stratégie et de politique explique que « l'intolérance, le racisme et la violence n'ont absolument aucune place dans notre pays ».

Quelques minutes avant le tweet de Donald Trump, une source avait confirmé à Reuters que des membres du forum de stratégie et de politique avaient décidé d'auto dissoudre cette instance.

Consumer News and Business Channel (CNBC), premier média à donner l'information, précisait que ces hommes d'affaires avaient décidé d'agir en tant que groupe pour condamner les propos de Donald Trump sur les violents incidents de Charlottesville et notamment son revirement du Mardi 15 Août 2017.

La double dissolution a mis sous pression la Bourse de New York, qui a fini en légère hausse mais en retrait par rapport à ses pics du jour.

« Cela fait encore un peu plus douter des capacités du président à mettre en oeuvre sa politique », a expliqué David Schiegoleit, directeur des investissements chez Bank Private Wealth Management.

Le président américain, qui avait condamné dans une courte allocution Lundi 14 Août 2017 à la Maison Blanche le racisme, le Ku Klux Klan, les néonazis et les suprémacistes blancs, a en effet de nouveau renvoyé dos à dos les extrémistes de droite et de gauche au cours d'une conférence de presse houleuse Mardi 15 Août 2017 à la Trump Tower de New York, reprenant ses déclarations déjà contestées du week-end où il avait condamné les violences provenant de nombreuses parties.

« Cela a été une véritable tempête. Nous ne savons pas ce qui nous attend et nous ne savons pas ce qu'il va dire ou faire », a expliqué un de ces membres à CNBC.

Le revirement de Donald Trump a réactivé les démissions de chefs d'entreprise.

Le mouvement avait été initié Lundi 14 Août 2017 par le PDG du groupe pharmaceutique Merck, Kenneth Frazier. Dans sa déclaration, Kenneth Frazier, qui appartient à la communauté africaine-américaine, soulignait que « la force de notre pays découle de sa diversité et des contributions d'hommes et de femmes de fois, de races, d'orientations sexuelles et de convictions politiques différents ».

D'autres avaient pris la suite, parmi lesquels Brian Krzanich, du géant des semi-conducteurs Intel, ou encore Kevin Plank, de l'équipementier sportif Under Armour.

Donald Trump avait alors réagi avec ironie à ces démissions. « Pour chaque PDG qui se retire du conseil des industriels, j'en ai plein d'autres disposés à prendre leur place », avait-il notamment écrit sur son compte Twitter.

Mais le mouvement s'est intensifié après sa conférence de presse du Mardi 15 Août 2017, avec les démissions annoncées Mercredi 16 Août 2017 de Larry Fink du fonds d'investissement Blackrock, d'Alex Gorsky du groupe pharmaceutique diversifié Johnson and Johnson, ou bien encore d'Inge Thulin du groupe MMM, le fabricant du scotch et des post-it.

« Le racisme et le meurtre sont condamnables sans équivoque possible et ne sont moralement équivalents à aucun autre fait qui s'est produit à Charlottesville », a déclaré Denise Morrison, la PDG des soupes Campbell, qui était elle aussi démissionnaire.

Jamie Dimon, le président de la banque JP Morgan Chase, a également marqué sa forte opposition aux propos de Donald Trump. « Le racisme, l'intolérance et la violence sont toujours une faute », a-t-il dit dans un communiqué, « attiser les divisions n'est pas la réponse ».

Richard Trumka, président de l'American Federation of Labor Congress of Industrial Organisations (AFL CIO), et Thea Lee, secrétaire générale adjointe de la confédération syndicale, avaient également quitté le conseil des industriels, Mardi 15 Août 2017. « Je ne peux pas siéger dans un conseil pour un président qui tolère le sectarisme et le terrorisme intérieur », a dénoncé Richard Trumka.

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17 août 2017 4 17 /08 /août /2017 19:19

 

 

http://www.liberation.fr/planete/2017/08/17/mort-de-fadwa-suleiman-icone-de-la-revolution-syrienne_1590477

 

Mort de Fadwa Suleiman, icône de la révolution syrienne

 

Par Alexandra Schwartzbrod

 

Exilée en France, la comédienne s'est éteinte à Paris des suites d'un cancer.

 

Debout dans la foule manifestant à Homs contre Bachar al Assad, bravant les armes et les hommes de main du tyran de Damas, c’est l’image que le monde gardera de la comédienne syrienne Fadwa Suleiman, dont nous avons appris Jeudi 17 Août 2017 la mort à Paris des suites d’un cancer. Elle avait quarante cinq ans. Devenue très vite une icône de la révolution syrienne, dans laquelle elle s’était engagée corps et âme dès les premiers jours, elle avait dû fuir la Syrie un an après le début du soulèvement pour des raisons de sécurité et elle s’était réfugiée en France où elle continuait, comme elle le pouvait, à combattre le régime syrien. « Le monde entier a laissé les mains libres à Bachar al-Assad, pas seulement la Russie et la Chine, il a poussé le peuple syrien à prendre les armes, exactement ce que voulait Bachar al Assad, et voilà où nous en sommes », nous avait-elle confié au mois de juillet 2012, peu de temps après son arrivée en France. A la tribune d’une conférence organisée à l’université d’Avignon, dont elle était l’invitée, elle avait harangué ce jour-là les chefs d'état d’une voix vibrante, « messieurs les leaders du monde, bougez-vous un peu pour que le fou qui nous tient dans sa toile s’arrête. Après seulement, vous aurez la solution ». Cette supplique apparaît poignante aujourd’hui quand on sait tous les renoncements qui ont suivi, notamment celui de Barack Obama en 2013, après que Bachar al-Assad ait utilisé l’arme chimique contre sa propre population.

 

Fadwa Suleiman avait une beauté sombre à la Anna Magnani ou à la Ronit Elkabetz, elle brûlait de l’intérieur d’une rage illimitée contre « les dirigeants du monde entier » qui avaient « oublié les valeurs humaines et fait passer l’intérêt de leur état avant la vie du peuple syrien ». Elle n’aimait pas qu’on souligne qu’elle était de même confession que Bachar al-Assad, même s’il ne lui déplaisait pas d’avoir amélioré l’image désastreuse des alaouites au sein de la population. Pour elle, le peuple syrien « valait bien mieux que d’être réduit à des sunnites et des alaouites ». Alors qu’elle jouait des rôles glamour et sophistiqués dans des films ou des séries à succès avant la révolution, elle s’était transformée dès les premiers jours de combat, coupant ras ses cheveux, ce qui lui donnait l’allure d’une pasionaria, et consacrant son immense énergie à la seule mission de convaincre encore et encore les occidentaux d’intervenir dans son pays pour mettre fin aux exactions du régime et sauver ce qui restait de son peuple. Elle s’est éteinte, et c’est doublement cruel, avant d’avoir vu tomber Bachar al-Assad.

 

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17 août 2017 4 17 /08 /août /2017 18:43

 

 

http://www.lemonde.fr/televisions-radio/article/2017/08/14/hannah-arendt-une-ethique-de-la-pensee_5172097_1655027.html

 

Hannah Arendt, une éthique de la pensée

 

La vie et l’œuvre de la philosophe allemande dans une formidable traversée radiophonique.

 

Par Josyane Savigneau

 

Lundi 14 Août 2017

 

Voici une grande traversée à ne pas manquer si l’on veut aller au-delà des clichés et des polémiques sur Hannah Arendt, née en 1906 et morte en 1975, et sur Martin Heidegger, né en 1889 et mort en 1976. 

« Hannah Arendt, la passagère », ce sont quatre épisodes d’une heure cinquante minutes, « la jeune fille venue d’ailleurs », « le chemin de l’exil », « le sens de l’action » et « la maison sur l’océan ». On ne s’ennuie pas un instant tant Christine Lecerf a magnifiquement composé son enquête réalisée par Julie Beressi. 

On y entend beaucoup Hannah Arendt s’expliquer sur elle-même en allemand. Des extraits de ses livres sont lus. Les nombreux témoins et experts qui interviennent sont tous passionnants. 

On ne fait pas l’impasse sur les sujets délicats, sur les attaques ni sur les ennemis, tout en donnant la parole, en priorité, à ceux qui ont aimé Hannah Arendt, l’ont accompagnée et font vivre sa mémoire et son œuvre, comme Jerome Kohn, son légataire, Leon Botstein, le président du Bard College dans l’état de New York, Margarethe von Trotta, la réalisatrice du film Hannah Arendt en 2012, ou encore Antonia Grunenberg, politologue, auteur de « Hannah Arendt et Martin Heidegger, histoire d’un amour », aux éditions Payot en 2009. 

Avant qu’on ne découvre la petite fille rebelle, très affectée par la mort précoce de son père, en 1913, ses amis parlent de sa beauté, de sa voix profonde et de son charisme hypnotique. « Ma mère était complètement irréligieuse », explique Hannah Arendt, « elle était juive, mais elle ne m’aurait jamais fait baptiser, par exemple ». 

Sachant que tous les enfants juifs étaient confrontés à l’antisémitisme, elle avait posé une règle. Si le propos était tenu par un adulte, Hannah Arendt devait en informer sa mère qui agirait. Si cela venait d’un autre enfant, elle devait se défendre elle-même. 

Brillante jeune femme, elle commence ses études de philosophie à Marburg. Son professeur est Martin Heidegger. Ils ont une liaison. Pour certains, c’est une banale histoire d’étudiante amoureuse de son professeur, ou « la jeune juive allemande avec son professeur qui va devenir un symbole de la nazification de l’Allemagne ». 

D’autres refusent ces simplifications et tracent le portrait d’un enseignant qui faisait « vivre les textes » et ne proposait pas « une érudition morne ». 

Pour Margarethe von Trotta, « c’était un homme avec des idées neuves. Il a compris qu’elle était capable de saisir sa pensée et cela les a liés jusqu’à la fin ». 

Pourtant, elle part pour Heidelberg suivre les cours de Karl Jaspers. Très vite, comme le montre Antonia Grunenberg, qui a aussi travaillé sur Walter Benjamin, l’antisémitisme se répand en Allemagne et il lui faut songer à prendre le chemin de l’exil. C’est d’abord à Paris, où son premier mari, Günther Stern, s’est installé après l’incendie du Reichstag, le 27 février 1933, et duquel elle divorcera en 1937. Elle épousera Heinrich Blücher en 1940. 

Depuis l’incendie du Reichstag, Hannah Arendt sait que son destin est politique. Elle déteste être appelée une réfugiée, avec ce que cela comporte de dépersonnalisation. Elle apprend le français et elle donne des conférences « pour comprendre ce qu’il en est de l’antisémitisme ». 

Elle se sent bien à Paris mais, comprenant qu’elle ne pourra pas rester en France, elle prend le chemin de New York où elle entame la deuxième partie de sa vie. Elle est naturalisée américaine en 1951 et publie la même année « les origines du totalitarisme ». 

Mais elle n’en a pas fini avec l’Allemagne. Elle y retourne en 1949 et revoit Martin Heidegger. Ils parlent du langage, de la vengeance et de la réconciliation. On le sait grâce à des lettres du philosophe. 

Pour Antonia Grunenberg, « Martin Heidegger emporté par l’antisémitisme, c’était une sorte de trahison. On voit qu’elle hésite entre deux attitudes, contribuer au meurtre ou comprendre dans quoi ce philosophe s’est laissé embarquer. Cette division interne n’a jamais vraiment cessé. Pour elle, on ne pouvait pas dire que la philosophie de Martin Heidegger était mauvaise dès le début et il fallait accepter le fait qu’une grande pensée puisse se précipiter dans cet abîme ». 

Dans les années 1960, Hannah Arendt doit faire face à un combat plus dur encore. Quand Adolf Eichmann va être jugé à Jérusalem, elle demande au New Yorker de couvrir le procès. Et elle en tire un ouvrage sous-titré « rapport sur la banalité du mal », publié en 1963. Aussitôt polémique, le livre suscite de nombreuses insultes, « antisémite », « putain », et des menaces. 

Dans l’émission, plusieurs témoins reviennent sur ces moments terribles. Hannah Arendt parle du malentendu. « On a cru que je disais que chacun pouvait avoir un Adolf Eichmann en lui. Ce n’est pas du tout cela ». Au fond, elle ne s’est jamais vraiment remise de ces attaques, en dépit de son bel appartement sur Riverside Drive, une avenue de Manhattan, à New York, où elle recevait la tribu de ses amis.

Heinrich Blücher meurt en 1970. Elle a l’impression que le monde se vide. Mais elle revoit Martin Heidegger.

Physiquement, elle vieillit terriblement. Malgré son état mélancolique, Hannah Arendt entreprend un nouveau livre, « la vie de l’esprit ». 

Elle vient d’en commencer la troisième partie quand elle meurt, dans la nuit du 4 décembre 1975, à l’âge de soixante neuf ans. Elle lègue « une éthique de la pensée », conclura le philosophe Etienne Tassin. 

« Hanna Arendt, la passagère », de Christine Lecerf, du Lundi 14 Août au Vendredi 18 Août 2017 de 9 heures à 11 heures du matin sur France Culture.

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17 août 2017 4 17 /08 /août /2017 18:27

 

 

https://www.mediapart.fr/journal/france/150817/le-devoir-d-hospitalite

 

Le devoir d’hospitalité

 

Par Edwy Plenel

 

Mardi 15 Août 2017

 

Tandis qu’en France la solidarité est devenue un délit, sanctionné par les tribunaux, l’Union Européenne laisse l’Italie criminaliser les Organisations Non Gouvernementales (ONG) qui viennent au secours des migrants en Méditerranée. Cette politique de rejet et d’indifférence est aussi irréaliste qu’elle est inhumaine.

Un jour, on se souviendra avec honte que, en France, au début du vingt et unième siècle, une démocratie, son état, ses gouvernants et ses juges, ont criminalisé ce geste élémentaire d’humanité, la solidarité. Et qu’ils l’ont fait alors que notre continent, face à un défi humanitaire sans précédent depuis les catastrophes européennes du siècle passé, avait rendez-vous avec son âme, pour reprendre la forte formule du président de SOS Méditerranée, Francis Vallat, ancien armateur fidèle aux solidarités élémentaires, comme tout marin l’a appris de la mer, « à un moment donné, quand quelqu’un coule, vous le sauvez. Nous, nous essayons de sauver notre âme, celle de l’Europe ».

Pour l’heure, nous nous demandons comment, lors de la prochaine rentrée des classes, les enseignants s’en sortiront face aux élèves qui les interrogeront sur la condamnation en appel de l’agriculteur Cédric Herrou à quatre mois de prison avec sursis pour avoir aidé des migrants avec la motivation, jugée aggravante par les magistrats, « d'une démarche d’action militante ».

Une peine qui ne témoigne d’aucune mansuétude puisque, de nouveau mis en examen pour des faits similaires et n’ayant aucune intention de renoncer à son engagement avec tous les solidaires de la vallée de la Roya, Cédric Herrou risque désormais la prison ferme à sa prochaine récidive.

Car la solidarité figure explicitement aux programmes de l’enseignement moral et civique, dispensé aussi bien en école élémentaire qu’au collège et au lycée. En bonne place, ce mot venant juste après les trois mots de la devise républicaine, liberté, égalité et fraternité, et celui de laïcité, fait partie des principes et des valeurs que l’éducation nationale est supposée transmettre à notre jeunesse afin que son « aptitude à vivre ensemble soit portée par une même exigence d’humanisme ». Selon son énoncé officiel, cet enseignement prévoit même d’éduquer les élèves à « la sensibilité comme composante essentielle de la vie morale et civique, il n’y a pas de conscience morale qui ne s’émeuve, ne s’enthousiasme ou ne s’indigne ».

Dès l’école primaire, le secours à autrui est cité comme exemple de ce nécessaire engagement dans les affaires de la cité et la marche de l’humanité auquel préparent ces leçons, invitation à « agir individuellement et collectivement afin de s'impliquer dans la vie collective ». Quand on arrive au lycée, le refrain se fait encore plus insistant, ambitionnant la formation d’une conscience morale, vantant l’exercice du jugement critique et plaidant pour le sens de l’engagement.

L’affaire de Cédric Herrou est donc bien, littéralement, un cas d’école qui illustre le divorce entre des gouvernants ayant renoncé aux principes dont notre république se réclame et des individus qui s’efforcent de les sauver en les faisant vivre, au-delà des grands discours.

Tout comme le maire de Grande-Synthe, Damien Carême, qui a refusé de se dérober face au devoir d’hospitalité, Cédric Herrou est une figure morale, incarnant cette résistance éternelle à la raison d'état, à son cynisme froid et à son égoïsme imprévoyant. Les tenants de celle-ci ont coutume de ricaner au seul énoncé de ce mot, la morale, oubliant que l'état dont ils se prétendent les gardiens l’enseigne aux générations à venir, lui conférant une dimension civique en refusant de la reléguer au seul domaine de l’intime ou du spirituel. C’est pourquoi la désobéissance éthique que revendiquent les militants solidaires des migrants et des réfugiés restera comme l’exemple même des combats par lesquels l’humanité s’est grandie quand les noms de ceux qui les ont méprisés ou réprimés seront définitivement oubliés.

Inventeur du concept de désobéissance civile en 1849, l’Américain Henry David Thoreau refusa de payer ses impôts pour empêcher qu’ils financent l’injuste guerre de conquête des États-Unis au Mexique, tout comme la féministe Hubertine Auclert fit de même en 1879 afin de revendiquer le droit de vote si longtemps refusé aux femmes. Qui ne convient, aujourd’hui, que l’une comme l’autre furent précurseurs et visionnaires quand les politiciens et les administrations auxquels ils s’opposaient ne voyaient pas plus loin que leur pouvoir immédiat, borné et limité, sans imagination ni anticipation ? Ainsi l’attitude des désobéissants d’hier et d’aujourd’hui est-elle autant politique que morale. En prenant leur risque, en s’indignant et en résistant, ils font de la démocratie un chantier toujours ouvert, en construction permanente.

Le citoyen, demandait Henry David Thoreau, « doit-il un seul instant, dans quelque mesure que ce soit, abandonner sa conscience au législateur ? Pourquoi, alors, chacun aurait-il une conscience ? Je pense que nous devons d’abord être des hommes, ensuite des sujets ».

Un peu plus d’un demi-siècle auparavant, la déclaration des droits de l’homme de 1789 ne disait pas autre chose en énonçant, dès son deuxième article, la résistance à l’oppression parmi les droits naturels et imprescriptibles de l'homme. Or, sauf à ignorer tout principe d’humanité, qui ne voit, parmi nous, qu’il y a en effet oppression quand des états se refusent à aider des hommes, des femmes et des enfants en détresse ou en péril, ne les secourent pas quand ils risquent la mort dans le simple espoir de survivre, ne les accueillent pas alors qu’ils fuient guerres et misères, violences et sécheresses, désordres économiques, dénis démocratiques et dérèglements climatiques, ne les nourrissent ni ne les hébergent, ne leur accordant même pas le minimum vital ?

Loin de relever de pétitions de principe abstraites, ces mots, qui fondent une éthique de la solidarité, sont concrètement inscrits dans une foultitude de textes internationaux et européens, traités, conventions, résolutions, déclarations et directives, qui, depuis la seconde guerre mondiale, font obligation aux états de les respecter.

Quand ces derniers les bafouent, avec la complicité active de gouvernants incapables d’être au rendez-vous de leur responsabilité historique, flattant les égoïsmes nationaux et jouant sur les replis identitaires, il revient donc à la société de les défendre.

Tel est le sens de l’action de Cédric Herrou ainsi que de tant d’autres militants associatifs. Et c’est bien parce qu’elle dévoile l’injustice et la lâcheté des politiques officielles, de tri entre les migrants et de fermeture des frontières, qu’elle devient insupportable au pouvoir en place.

Car, contrairement à ce que nous serine depuis des années la vulgate politicienne et médiatique, le réalisme est du côté de ce monde associatif et militant. Réalisme des principes, évidemment, qui, à force d’être piétinés par les administrations étatiques et les gouvernements en place, deviennent des mots vidés de leur sens et, pour le coup, des digues immensément fragiles face aux régressions xénophobes, autoritaires et identitaires. Ainsi, comment ne pas être alarmé par le fossé abyssal qui s’est creusé entre le monde unanime des défenseurs des droits humains et les politiques mises en œuvre, sous cette présidence comme sous les deux précédentes, à l’encontre des migrants ? Leur expertise, nourrie de l’expérience vécue, est tenue pour négligeable par un état qui ne raisonne qu’en termes de flux, de stocks et de chiffres, sans jamais prêter attention aux réalités humaines qu’ils recouvrent et à ce qu’elles pourraient lui apprendre.

Le très indépendant et fort respecté défenseur des droits, la Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme (CNCDH), à l’unanimité de la soixantaine d’associations qu’elle regroupe, des ONG aussi diverses qu’Amnesty International, la CIMADE, Médecins Du Monde (MDM), Médecins Sans Frontières (MSF) et le Secours Catholique, tous ont beau avoir pris position contre cette criminalisation de la solidarité, proclamant qu’elle n’est que la mise en pratique de la défense des droits humains fondamentaux, rien n’y fait.

L'état continue son aveugle et irresponsable bonhomme de chemin, contrôle, réprime, interpelle, garde à vue, poursuit, met en examen, traduit en justice et condamne. Ni trafiquants, ni délinquants, lui ont récemment rétorqué plusieurs ONG et associations, « ces personnes, qui viennent en aide aux migrants, inquiétées, intimidées, poursuivies et désormais condamnées, sont avant tout des défenseurs des droits humains. Car il s’agit bien de protéger les droits violés des personnes migrantes et réfugiées, qui sont confrontées à l’inaction, aux défaillances et même aux atteintes à ces droits portées par les autorités françaises ».

Mais ce que donne à voir ce divorce entre un état, qui parie sur une indifférence collective qu’il entretient, et des militants, dont les actes individuels s’efforcent de réveiller les consciences, c’est aussi l’irréalisme inopérant des politiques officielles quand, au contraire, le monde associatif fait preuve d’un pragmatisme efficace. Car qu’ont fait nos gouvernants depuis que l’accentuation interdépendante de crises démocratiques, humanitaires, sécuritaires, sociales et écologiques, a accéléré la mise en branle d’une humanité en quête de survie et de dignité, venue du monde arabe et du continent africain ? Ils n’ont rien voulu comprendre ni entendre. Au lieu de prendre la mesure durable et persistante de cet ébranlement, ils s’entêtent à fuir le monde nouveau qu’il dessine, où réfugiés politiques et migrants économiques sont emmêlés, où les désastres guerriers et les désordres climatiques avancent de concert et où l’Europe est définitivement requise par un devoir d’hospitalité.

La même Union Européenne, qui impose à ses peuples des politiques économiques uniformes, sur lesquelles ils n’ont guère prise, a été incapable d’élaborer des réponses communes, solidairement partagées par ses états membres, sur les questions migratoires.

Impuissante à inventer des solutions à la hauteur d’un défi historique, elle a préféré se défausser, écarter, repousser et mettre à distance, cette réalité humaine qui la bouscule et la dérange. C’est ainsi que, en 2015, elle a pressé le gouvernement italien de mettre fin à l’opération de secours en mer Mare Nostrum, pour donner la priorité, avec Frontex, à la surveillance de ses frontières. Puis, en 2016, elle a conclu un accord de la honte avec la Turquie, sous traitant à Ankara le blocage des réfugiés, moyennant finances, les migrants ne sont plus qu’une monnaie d’échange, et silences, la dérive autoritaire du régime turc a continué de plus belle.

Or c’est ce même accord que, avec le concours zélé de la France, l’Union Européenne veut aujourd’hui reproduire en Libye, dans un pays encore plus instable, dévasté et déchiré, où les violences et sévices subis par les migrants sont attestés. Comment ne pas redouter que cette promotion de la Libye en auxiliaire des politiques de contrôle migratoire ne s’accompagne d’une tolérance coupable envers les atteintes aux droits humains et aux principes démocratiques subies par son peuple ? Et d’autant plus que le semblant d’autorités libyennes et les autorités italiennes paraissent soudain s’être donné le mot, les premières pourchassant les navires de sauvetage en mer et les secondes criminalisant les ONG qui les affrètent. C’est comme si, pour guérir une maladie, on s’en prenait aux médecins qui, vaille que vaille, tentent de la soigner.

Le repli sur nous-mêmes, nos frontières, nos nations, nos conforts et nos indifférences, est une dangereuse illusion qui ne nous protégera pas des bouleversements de ce nouveau monde où « nous ne sommes plus seuls », selon la pertinente formule de Bertrand Badie qui aimerait trouver des gouvernants capables de voir loin, de penser large et d’agir au-delà du court terme. Politistes, géographes, historiens et démographes, nombreux sont les chercheurs qui documentent cette complexité inédite de la question migratoire qu’une politique digne de ce nom devrait oser prendre à bras-le-corps. S’ils étaient lus et mieux écoutés, nous entendrions cette pédagogie qui manque, capable à la fois de dire les difficultés objectives de l’accueil et de l’intégration tout en énonçant cette vérité que nous n’avons plus le choix, sauf à nous couper du mouvement du monde et de l’exigence d’humanité.

François Gemenne est l’un des plus notables d’entre eux qui, dans un appel lumineux à ouvrir les frontières, a mis en évidence le vide politique abyssal des réponses européennes à une crise qui, souligne-t-il, n’est pas celle des réfugiés, « cette crise est d’abord celle de l’Europe. Parce qu’elle révèle son incapacité à répondre de façon digne et cohérente à l’une des plus graves crises humanitaires qu’elle ait connues à ses portes ». Europe, on le sait, fut une divinité de la mythologie grecque. Il y a un quart de siècle, le philosophe René Schérer exhumait l’une des figures qu’y prend Zeus, le dieu des dieux, Zeus hospitalier, dieu de l’hospitalité. Ce Zeus que l’on retrouve dans l’Odyssée, lors du retour final du pérégrinant Ulysse à Ithaque.

Déguisé en mendiant, crasseux et misérable, Ulysse, méprisé des puissants dont il fut, est accueilli de bonne grâce par un humble porcher qui, à ses remerciements, fait la réponse suivante, « étranger, je n’ai pas le droit, quand même viendrait quelqu’un de plus miséreux que toi, de manquer de respect envers un hôte. Ils sont tous envoyés de Zeus, étrangers et mendiants ». Lui-même helléniste, Jean-Pierre Vernant, cette haute figure de résistance démocratique et d’exigence intellectuelle, creusait ce sillon, où se mêlent antiques sagesses et compassions spirituelles, en nous invitant à jeter des ponts, à faire lien, à tendre la main et à être solidaires, « pour qu’il y ait véritablement un dedans, encore faut-il qu’il s’ouvre sur le dehors pour le recevoir en son sein. Pour être soi, il faut se projeter vers ce qui est étranger et se prolonger dans et par lui. Demeurer enclos dans son identité, c’est se perdre et cesser d’être. On se connaît, on se construit par le contact, l’échange et le commerce avec l’autre. Entre les rives du même et de l’autre, l’homme est un pont ».

Cédric Herrou et ses semblables sont de ces hommes qui, jetant des ponts, sauvent l'âme de l'Europe.

 

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16 août 2017 3 16 /08 /août /2017 19:10

 

 

FRONT SOCIAL CONTRE LOI TRAVAIL

 

Par Bernard Fischer

 

Mercredi 16 Août 2017

 

Le Front Social écrivait et diffusait récemment une lettre aux syndicats, aux associations et aux fronts de lutte, dans la perspective de la préparation et du succès de la journée d’action du 12 septembre 2017 contre les ordonnances du gouvernement d’Emmanuel Macron et dans la perspective de la suite de la mobilisation après le 12 septembre 2017.

J’écrivais déjà un premier message relatif à ces questions. Je constatais l’absence d’appel en direction des organisations politiques pour la préparation de la journée d’action du 12 septembre 2017. Je constatais donc l’existence de la situation suivante. Il y aurait d’une part la journée d’action syndicale du 12 septembre 2017 et cette journée d’action syndicale ne concernerait pas les organisations politiques. Il y aurait d’autre part la manifestation nationale du Mouvement de la France Insoumise (MFI) du 23 septembre 2017 et cette manifestation nationale ne concernerait pas les organisations syndicales.

La préparation de la journée d’action du 12 septembre 2017 pose d’autres problèmes.

Premièrement, qui organise cette journée d’action ? La Confédération Générale du Travail (CGT) est-elle l’unique organisatrice de cette journée d’action ou bien y a-t-il un appel d’une intersyndicale dans laquelle il y aurait par exemple la CGT, l’Union Syndicale Solidaire (USS), la Fédération Syndicale Unitaire (FSU) et l’Union Nationale des Etudiants de France (UNEF) ?

L’organisation de cette journée d’action pose des problèmes à l’intérieur de la CGT Force Ouvrière. Le secrétaire général de la CGT Force Ouvrière, Jean Claude Mailly, participe totalement au faux dialogue social d’Emmanuel Macron. Des fédérations professionnelles et des unions départementales de la CGT Force Ouvrière contestent la stratégie de leur secrétaire général et appellent à la participation à la journée d’action du 12 septembre 2017.

Comme nous le savons tous, de nombreux militants du Parti Ouvrier Indépendant (POI) occupent des postes de permanents syndicaux au plus haut niveau à l’intérieur de l’appareil de la CGT Force Ouvrière et ils soutiennent activement Jean Claude Mailly contre les unions départementales contestatrices. Les appels incantatoires à la grève générale ici et maintenant ne sont manifestement plus à la mode. Jean Claude Mailly défend aujourd’hui le syndicalisme d’accompagnement contre le syndicalisme de contestation.  

Une autre question est la question de la composition interne du Front Social. Les trois principales composantes fondatrices du Front Social sont l’ancienne section syndicale CGT Goodyear, le Syndicat Unitaire et Démocratique (SUD) de la poste des Hauts de Seine et le syndicat de l’information et de la communication de la CGT. Quelles sont les relations entre la CGT Goodyear, le syndicat de l’information et de la communication de la CGT et le bureau confédéral de la CGT ? Quelle est aussi la stratégie des militants du POI à l’intérieur de la CGT ?

Des militants posent la question de l’adhésion de l’USS dans sa totalité au Front Social et la stratégie du Front Social est-elle une stratégie d’élargissement interne dans la perspective de la fondation d’une nouvelle confédération syndicale ?

Quelle est la place du Front Social dans la manifestation nationale ou parisienne du 12 septembre 2017 ? Y aura-t-il un cortège du Front Social ? Ce cortège sera-t-il en tête de la manifestation devant les autres cortèges syndicaux ? Quel bilan tire-t-on des cortèges de tête des manifestations contre la première loi travail ? Comment pose-t-on la question des violences policières et de la réaction face aux violences policières ?

Quelle est la place des organisations politiques dans la manifestation nationale ou parisienne du 12 septembre 2017 ? La manifestation passera-t-elle devant les stands fixes des organisations politiques, en application d’une curieuse tradition depuis dix ans, ou bien y aura-t-il des cortèges des organisations politiques dans la manifestation ?

Enfin, le Front Social pose très justement la question de la continuité de la mobilisation après le 12 septembre 2017. Qui fera quoi le soir du 12 septembre 2017 ? Nous nous souvenons du mouvement des Nuits Debout en 2016. Tout commençait le soir de la journée d’action du 31 mars 2016. Des militants ne rentraient pas chez eux, ils passaient la nuit place de la République à Paris, c’était le début du mouvement des places et ce mouvement durait plusieurs mois.

C’est le moment d’une discussion relative au bilan et aux perspectives de ce mouvement, sous cette forme ou bien sous une autre forme.          

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16 août 2017 3 16 /08 /août /2017 18:33

 

 

https://fr.reuters.com/article/companyNews/idFRL8N1L15V0

 

Le syndicat American Federation of Labor Congress of Industrial Organisations (AFL-CIO) accuse Donald Trump de tolérer le sectarisme (Reuters)

 

Le président de l'AFL CIO, Richard Trumka, et la secrétaire générale adjointe de cette confédération syndicale, Thea Lee, ont démissionné Mardi 15 Août 2017 du Manufacturing Council, comité consultatif conseillant l'administration des Etats-Unis en matière de politique industrielle, en accusant Donald Trump de tolérer le sectarisme et le terrorisme intérieur.

 

La confédération syndicale évoque dans un communiqué à l'appui de sa décision les dernières déclarations du président américain sur les violences survenues au cours du week-end lors d'un rassemblement de l'extrême droite américaine en Virginie.

 

Ce rassemblement de suprémacistes blancs à Charlottesville a coûté la vie Samedi 12 Août 2017 à une contre-manifestante, tuée par un jeune automobiliste soupçonné de sympathies nazies qui a précipité sa voiture dans la foule.

 

Donald Trump a une nouvelle fois Mardi 15 Août 2017 renvoyé dos à dos les militants d'extrême droite et les contre-manifestants alors que, face aux critiques sur sa réaction initiale jugée tardive et timide, il avait dénoncé Lundi 14 Août 2017 le racisme et les membres du Ku Klux Klan (KKK) et des mouvements néo-nazis aux Etats-Unis.

 

« Les remarques du président Donald Trump Mardi 15 Août 2017 désavouent ses remarques forcées hier sur le KKK et les néo-nazis. Nous devons démissionner au nom des travailleurs américains, qui rejettent toute notion de légitimation de ces organisations intolérantes », écrivent Richard Trumka et Thea Lee dans un communiqué.

 

L'AFL-CIO représente environ douze millions cinq cent mille travailleurs américains.

 

Les patrons de trois grandes entreprises américaines, Merck, Under Armour et Intel, ont déjà annoncé Lundi 14 Août 2017 leur démission du Manufacturing Council.

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16 août 2017 3 16 /08 /août /2017 18:08

 

 

Rassemblement en mémoire de la victime de Charlottesville (Reuters)

 

Des centaines d'habitants de Charlottesville ont rendu hommage Mercredi 16 Août 2017 à la jeune femme tuée par un suprémaciste blanc qui a foncé dans la foule avec sa voiture en marge d'une manifestation violente de militants d'extrême droite, Samedi 12 Août 2017.

Les participants se sont retrouvés Mercredi 16 Août 2017 vers 10 heures du matin devant le Paramount Theater, salle de spectacle de la rue principale, proche de l'endroit où Heather Heyer a été renversée par James Fields, un jeune homme originaire de l'Ohio connu pour ses sympathies avec l'extrême droite américaine.

Un diaporama de photographies de la jeune femme a été diffusé sur un écran géant devant la salle de spectacle et un artiste a dessiné son portrait à la craie sur un mur.

La plupart des participants à ce rassemblement étaient vêtus de mauve, la couleur favorite de la victime, suivant la demande exprimée par ses parents.

« Je suis submergé par l'arc-en-ciel de couleurs dans cette pièce », a déclaré Mark Heyer, le père de la victime, la voix brisée par l'émotion, « ma fille était comme cela et c’est pour cela que je suis profondément fier d’elle ».

Le grand-père de la jeune militante antiraciste, qui avait trente deux ans, a aussi dit son émotion face aux témoignages de soutien. « Elle voulait que l'on respecte tout le monde. Dans notre famille, toutes les vies comptent », a-t-il déclaré.

Le pasteur Alvin Edwards, qui dirige l'église baptiste noire Mount Zion de Charlottesville, devait aussi prononcer une allocution.

Lundi 14 Août 2017, lors d'une réunion de sa congrégation, il avait appelé les habitants à poursuivre leurs efforts afin que Charlottesville, ville universitaire de Virginie, ne soit pas un endroit accueillant pour les suprémacistes.

« Une des choses que je voudrais que nous fassions en tant que communauté et en tant que municipalité est de nous lever et de montrer la force qui anime notre communauté », a déclaré le pasteur Alvin Edwards.

Le religieux a également exprimé sa surprise d'être confronté à des sympathisants et des membres du Ku Klux Klan plus de cinquante ans après la reconnaissant des droits civiques.

Charlottesville s'est récemment imposée comme un lieu de ralliement de l’Alt Right, la droite extrême américaine, qui a régulièrement exprimé son soutien à Donald Trump pendant sa campagne électorale et depuis sa victoire aux élections présidentielles de 2016.

Le rassemblement organisé samedi pour « unifier la droite », « unite the right », visait à dénoncer la volonté des autorités locales de retirer d'un parc de la ville une statue équestre du général Robert Lee, le leader de l'armée confédérée pendant la guerre civile.

Craignant que de nouveaux incidents se produisent Mercredi 16 Août 2017 à Charlottesville, des groupes de militants antiracistes se sont postés près du Paramount Theater, portant des casques roses, des battes de baseball et des boucliers de couleur mauve.

L'un des groupes a précisé avoir apporté des armes afin de se défendre dans l'éventualité où les suprémacistes reviendraient.

« Le droit à l'autodéfense est un droit inaliénable », a expliqué l'un des membres. « Les policiers ne nous ont pas protégés Samedi 12 Août 2017 et nous ne leur faisons pas confiance pour le faire aujourd'hui », a-t-il ajouté.

Plusieurs personnalités politiques de premier rang ont participé au rassemblement, dont le gouverneur de Virginie Terry Mac Auliffe, le sénateur démocrate Tim Kaine et le maire de Charlottesville Mike Signer.

Alors que la polémique enfle après les propos de Donald Trump mettant sur le même plan les militants antiracistes et les suprémacistes blancs et les néonazis, le président américain a pour sa part décrit sur Twitter Heather Heyer comme « belle et incroyable, une jeune femme vraiment spéciale. Nous nous souviendrons tous d'elle pendant longtemps ».

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15 août 2017 2 15 /08 /août /2017 18:58

 

 

UN MOIS APRES LE SOMMET DU GROUPE DES VINGT

 

L’Internationale Sozialistische Organisation (ISO), la section allemande de la quatrième internationale, écrivait récemment un long message de bilan des manifestations contre le dernier sommet du groupe des vingt au début du mois de juillet 2017 à Hambourg.

Vous trouverez ci-dessous la dernière partie de ce message.

Le message est disponible en totalité si vous consultez le site internet Europe Solidarité Sans Frontières (ESSF) à l’adresse ci-dessous.

 

Bernard Fischer

 

https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article41652

 

Campagne de dénigrement contre la gauche

 

Des politiciens de l’union chrétienne démocrate d’Allemagne (CDU) veulent utiliser la situation pour porter un coup à l’ensemble de la gauche. Le secrétaire général de la CDU, Peter Tauber, veut faire fermer le projet d’habitation de la Rigaer Strasse à Berlin, le Rote Flora à Hambourg et des centres sociaux à Leipzig. Bien sûr, le ministre de l’intérieur, Thomas de Maizière, se fait aussi entendre. Il veut imposer à la gauche des interdictions de manifester en bloc, sous la forme d’assignations à résidence préventives contrôlées par des bracelets électroniques. Ses camarades de parti réclament le rétablissement d’interdictions professionnelles ciblant la gauche. Il est à craindre que les partisans de la loi et de l’ordre n’introduisent pendant la campagne électorale d’autres propositions de durcissement de la loi.

La gauche devrait s’engager pour une élucidation complète de l’intervention policière et tendre le miroir à tous ceux qui veulent maintenant mettre l’accent sur les affrontements violents. De nombreux groupes et initiatives comme le comité pour les droits fondamentaux ont documenté les violences du corps de police. Un site internet documente les entorses de la police aux droits fondamentaux.

Quelques versions policières ont d’ores et déjà été démasquées comme des histoires à dormir debout. Ce qui était un cocktail Molotov, Dimanche 9 Juillet 2017, ressemble cinq jours plus tard à un pétard, selon les experts.

Ou encore, parmi les près de quatre cent quatre vingt policiers blessés dont il avait d’abord été question officiellement, plus de la moitié s’étaient faits porter pâle dans les deux semaines avant les manifestations qui ont commencé le Jeudi 6 Juillet 2017, d’après des indications du ministère bavarois de l’intérieur.

Il s’agit bien sûr avant tout de défendre les centres de la gauche qui font l’objet de menaces pressantes, Rote Flora à Hambourg, Conne Island à Leipzig et Rigaer Strasse à Berlin. En outre, la gauche devrait aussi défendre par principe les formes d’action militantes, ce qui est autre chose que de vouloir les mettre en œuvre tout le temps et partout. Nous ne devons pas nous laisser enfermer dans une non-violence définie par l’adversaire. Nous ne devons pas rejoindre le chœur de ceux qui déclarent que la désobéissance civile, par exemple sous la forme de sit-ins passifs, est le dernier moyen de résistance qui puisse être légitime. L’autodéfense militante de nos manifestations contre la police et les fascistes est aussi légitime.

Comme précédemment, nous revendiquons que le bourgmestre-gouverneur de Hambourg, Olaf Scholz, et son ministre de l’intérieur, Andy Grote, doivent démissionner suite aux nombreux actes de violence policière dont ils sont responsables. L’enjeu est de développer la pression nécessaire pour que cette revendication soit satisfaite.

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15 août 2017 2 15 /08 /août /2017 18:38

 

 

http://www.ataturquie.fr/un-journaliste-turc-arrete-en-espagne-a-la-demande-de-la-turquie

 

http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/08/11/un-journaliste-turc-arrete-en-espagne-a-la-demande-de-la-turquie_5171297_3214.html

 

Un journaliste turc opposant à Recep Tayyip Erdogan arrêté en Espagne à la demande de la Turquie

 

Hamza Yalcin est notamment accusé par Ankara d’avoir insulté le président Recep Tayyip Erdogan.

 

Par Isabelle Piquer, correspondante du Monde à Madrid

 

Vendredi 11 Août 2017

 

Le journaliste et écrivain turc Hamza Yalçin se trouve en détention en Espagne depuis le Jeudi 3 Août 2017, en application d’un mandat d’arrêt international émis par la Turquie qui l’accuse d’avoir insulté le président Recep Tayyip Erdogan et d’être lié à un groupe d’ extrême gauche illégal.

Hamza Yalçin, âgé de cinquante neuf ans, a été arrêté, à la suite du mandat émis par l’agence Interpol, lors du contrôle des passeports à l’aéroport barcelonais d'el Prat, alors qu’il devait embarquer sur un vol à destination de Londres. Un juge de l'audience nationale, haut tribunal chargé notamment des affaires politico-financières, a ensuite ordonné son incarcération.

La Suède, où Hamza Yalçin vit en exil depuis 1984 et dont il a adopté la nationalité, est venue en aide au journaliste. Un fonctionnaire du consulat suédois de Barcelone lui a rendu visite au centre pénitentiaire Brians, situé à l’ouest de la capitale catalane. « Il est en bonne santé et a pu parler avec sa famille », a déclaré un membre de l’ambassade suédoise à Madrid, « il a un avocat commis d’office qui s’emploie à éclaircir les accusations ».

Selon le mandat d’arrêt, diffusé par l’agence espagnole EFE, la Turquie accuse Hamza Yalçin d’appartenir au groupe d’extrême gauche turc parti front de libération populaire (DHKPC) et d’écrire pour le magazine en ligne Odak Dergisi, très critique avec le régime d’Ankara, des délits pouvant entraîner jusqu’à vingt-deux ans de prison.

La Turquie a quarante jours, jusqu’au 11 septembre 2017, pour présenter une demande officielle d’extradition. « Entre-temps, Hamza Yalçin peut faire appel et contester les accusations dont il fait l’objet, mais nous n’avons encore rien reçu », a déclaré un porte-parole de l’audience nationale.

L’arrestation de l’écrivain survient alors que les inquiétudes grandissent concernant la liberté de la presse dans le cadre de l’état d’urgence décrété après la tentative de putsch du 15 juillet 2016. La fédération internationale des journalistes, basée à Bruxelles, a exhorté les autorités espagnoles à ne pas remettre Hamza Yalçin à la Turquie, où « l’indépendance de la justice n’est pas garantie ».

Pour Jonathan Lundqvist, le responsable de Reporters Sans Frontières (RSF), en Suède, « l’arrestation est une tentative du président Recep Tayyip Erdogan d’étendre son pouvoir au-delà des frontières du pays. Recep Tayyip Erdogan veut montrer qu’il peut s’en prendre aux personnes critiques, même si elles ne sont pas dans le pays. C’est un abus de la coopération internationale entre les polices qui risque d’avoir des conséquences majeures », a jugé Jonathan Lundqvist dans une déclaration.

La Turquie « a utilisé Interpol à des fins politiques et son objectif est d’interdire la liberté d’expression et d’éviter qu’Hamza Yalçin ne se déplace en Europe », a dénoncé son ami et compatriote Kurdo Baksi dans des déclarations à EFE. « Moi aussi je suis turc et suédois et je critique Recep Tayyip Erdogan. Est-ce que je peux toujours voyager à Barcelone », a-t-il demandé.

Alors que des procès de putschistes présumés et de journalistes d’opposition continuent, la justice turque a émis, Jeudi 10 Août 2017, des mandats d’arrêt contre trente-cinq journalistes turcs dans le cadre d’une enquête sur les liens entre les médias et les réseaux du prédicateur Fethullah Gülen, accusés par Ankara d’avoir fomenté le putsch manqué.

Ces trente-cinq personnes sont suspectées par le parquet d’Istanbul d’appartenir à une organisation terroriste. L’accusation se fonde sur l’utilisation, a priori, par ces journalistes, de Bylock, une application mobile de messagerie cryptée, utilisée comme support de communication par les putschistes présumés.

La Turquie occupe la cent-cinquante-cinquième place sur cent quatre vingt au classement de la liberté de la presse établi par RSF pour l’année 2017.

Depuis la tentative de coup d’état du mois de juillet 2016, plus de cent soixante journalistes sont en prison et cent cinquante médias ont été fermés. Un journaliste français, Loup Bureau, est détenu en Turquie depuis le 26 juillet 2017. Il est soupçonné d’activités terroristes en lien avec les combattants kurdes de Syrie.

Les journalistes ne sont pas les seuls incriminés. Depuis le putsch, plus de cent cinquante mille fonctionnaires ont été limogés par vagues successives et près de cinquante mille personnes ont été emprisonnées, autant de supposés gulénistes que de militants de gauche, ainsi qu’une dizaine de députés du parti démocratique des peuples (HDP) et une centaine de maires de villes kurdes.

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15 août 2017 2 15 /08 /août /2017 17:49

 

 

http://www.reuters.com/article/us-usa-immigration-sanctuary-idUSKCN1AU1TI?il=0

 

La Californie porte plainte contre l'administration de Donald Trump sur la politique des villes sanctuaires (Reuters)

 

La Californie a porté plainte contre le ministère américain de la justice Lundi 14 Août 2017 contre les restrictions fédérales sur les subventions d’application de la loi pour les villes dites sanctuaires, continuant une contre-attaque juridique des démocrates contre l'administration du président Donald Trump.

La ville de San Francisco a également déposé sa propre plainte contre le ministère de la justice à la fin de la semaine dernière, affirmant que le gouvernement fédéral a tenté de contraindre les juridictions locales à appliquer la loi fédérale sur l'immigration en imposant des conditions de financement.

Le président Donald Trump a publié au mois de janvier 2017 un large ordre exécutif visant à supprimer les fonds fédéraux aux villes qui offrent généralement aux immigrants illégaux un refuge sûr en refusant d'utiliser les ressources municipales pour appliquer les lois fédérales sur l'immigration.

Cependant, un juge de San Francisco a considérablement limité la portée de cette politique suite à un recours antérieur déposé par la ville.

Le ministère de la justice a ensuite cherché à imposer des conditions pour l’attribution des subventions fédérales pour la mise en application des lois locales qui permettent l’accès des fonctionnaires fédéraux de l'immigration aux prisons locales, ainsi qu'un préavis de quarante huit heures avant de libérer toute personne recherchée pour des violations des lois sur l'immigration.

La plainte de la Californie contre ces conditions, ainsi que celle de San Francisco, est similaire à la plainte déposée la semaine dernière par la ville de Chicago.

Dans un communiqué publié Lundi 14 Août 2017, le ministre de la justice de l’état de Californie, Xavier Becerra, a déclaré que c’est l’état de Californie, et que ce n’est pas le gouvernement fédéral, qui est le mieux placé pour déterminer la meilleure façon d’utiliser ses ressources en matière d'application de la loi.

« Lorsque le président Donald Trump a mis en cause la capacité de notre police locale à faire son travail et à protéger notre peuple, il a choisi le mauvais combat », a déclaré Xavier Becerra.

Un porte-parole du ministère de la justice n'a pas pu être immédiatement joint pour faire des commentaires. L'administration de Donald Trump soutient que les autorités locales mettent en danger la sécurité publique lorsqu'elles refusent d’expulser des immigrants illégaux arrêtés pour des crimes.

La Californie reçoit environ vingt huit millions de dollars par an de subventions fédérales qui seraient assujetties aux nouvelles conditions, a déclaré l’état de Californie dans sa plainte.

Le ministre de la justice de la ville de San Francisco, Dennis Herrera, a déclaré Lundi 14 Août 2017 que San Francisco reçoit environ un million quatre cent mille dollars de subventions. Il a dit que l’application des lois fédérales sur l'immigration est le travail du gouvernement fédéral.

« Nous n’arrêterons pas les immigrants illégaux », a déclaré Dennis Herrera, « nos policiers et nos députés se concentrent sur la lutte contre la criminalité et pas sur la séparation des familles qui travaillent dur ».

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