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5 août 2015 3 05 /08 /août /2015 17:34

http://www.alencontre.org/europe/grece-non-a-la-mutation-memorandaire-de-syriza.html

Non à la mutation mémorandaire de Syriza

Par Antonis Ntavanellos

Jeudi 30 juillet 2015, s’est tenu le comité central de Syriza. Alexis Tsipras lança une véritable offensive contre les parlementaires s’étaient opposés à l’accord du Lundi 13 Juillet 2015.

L’attaque visa aussi le courant de gauche et le Red Network. Tout avait été mis en œuvre pour neutraliser le centre gauche de Syriza connu sous le nom des cinquante-trois. Alexis Tsipras mit le comité devant la « menace » d’un référendum parmi les membres, référendum qui aurait dû se tenir Dimanche 2 Août 2015. Lors du vote final, fort tard, disposant d’une majorité, la direction d’Alexis Tsipras a renoncé au référendum. Pour elle, l’objectif d’un congrès extraordinaire est devenu central. Elle vise à le contrôler et à créer une jonction entre une forte majorité des délégués à ce congrès, marginalisant la gauche par tous les moyens à sa disposition, et les listes électorales préparées pour de prochaines élections. Le texte que nous publions ci-dessous, écrit Vendredi 31 Juillet 2015, s’adresse aux membres de Syriza. Il est rendu, par des parenthèses, le plus explicite possible.

Les développements au sein de SYRIZA seront déterminés par de nombreux points d’ordre différent.

Solidarité contre les attaques calomnieuses

Ces derniers jours, il est clair qu’une campagne politico-journalistique a visé des dirigeants de Syriza qui, sous diverses formes, ont manifesté leur désaccord avec le troisième mémorandum. Il s’agit de Panagiotis Lafazanis (ancien ministre de la reconstruction productive et de l’énergie), Nadia Valavani (ancienne vice-ministre des finances), Zoé Kostantopoulou (présidente du parlement) et Yanis Varoufakis (ancien ministre des finances). Il est remarquable que Syriza en tant que parti, officiellement, ait maintenu le silence face à des attaques immorales.

Nous demandons que le parti exerce son pouvoir et son influence, afin de mettre fin à ces procédés. Des membres de la direction de Syriza devraient avoir à l’esprit le modèle de 1981 concernant le Pasok, Andreas Papandréou, en 1981, a gagné les élections face au dirigeant de la Nouvelle Démocratie, Georgios Rallis, à cette date, il était dit que la Grèce disposait de « son premier gouvernement socialiste ». Ils devraient apprendre comment, à l’époque, des procédés similaires, complicités entre les secteurs du parti, les médias et des services de l’état, ont fonctionné contre des dirigeants du Pasok qui étaient identifiés à des traditions ou des pratiques plus radicales. Nous ne devons pas permettre qu’un tel processus se reproduise à l’intérieur de Syriza, référence est faite ici que des éléments des campagnes de dénigrement proviendraient de membres du cercle gouvernemental resserré de Syriza.

Un jugement clair sur l’accord

De nombreux camarades nous demandent d’éviter symétriquement aussi bien un jugement qui présente l’accord sous un jour l’embellissant qu’un jugement le dramatisant. Ces caractérisations n’ont aucun intérêt. Nous avons besoin d’une évaluation politique claire. L’accord entérine un mémorandum très dur. Il comporte un turbo TAIPED, fonds gérant les privatisations, une mise sous surveillance de la gestion gouvernementale et des ministères, un vigoureux système automatique de coupes dans les dépenses sociales en cas de dépassement des objectifs budgétaires et de robustes contre-réformes anti-ouvrières. Il s’agit d’un mémorandum qu’Antonis Samaras n’aurait pu imposer, ni la « grande coalition » entre Antonis Samaras et Evangelis Venizelos. Les créanciers et la classe dominante grecque ont déposé ce troisième mémorandum dans les mains de Syriza avec l’objectif de mettre à profit son influence au sein des classes laborieuses et populaires et de la sorte promouvoir des contre-réformes, mais aussi dans le but de briser les forces sociales et politiques menaçantes du monde du travail regroupées autour de Syriza, en particulier lors des grands combats contre les mémorandums, en 2010 et en 2011.

A cette occasion, les dirigeants de la zone euro ont utilisé leur expérience internationale. Partout en Europe, les contre-réformes néo libérales ont été appliquées très souvent par des gouvernements sociaux-démocrates. Dès lors, le néolibéralisme se déchaîne avec violence et les partis sociaux-démocrates, profondément transmués, sont intégrés dans un nouveau cycle de pouvoir pan européen de la droite.

Y avait-il une alternative ?

Il est erroné de poser la question de quelle alternative Alexis Tsipras disposait à l’aube dramatique du Lundi 13 Juillet 2015. Il faut prendre en considération la situation antérieure, durant les mois faisant suite au 25 janvier 2015. En tant que membre de la plateforme de gauche, je partage toutes les propositions faites à l’époque pour un nécessaire conflit et une rupture avec la zone euro et l’euro.

Mais ici, je ne veux pas répondre à ceux qui parlent de la « gauche pro-drachme », les médias utilisent de nombreuses formules pour caractériser la gauche de Syriza, ni répéter les arguments concernant un nécessaire plan B. Je voudrais souligner les questions relatives à l’abandon du plan A qu’avait Syriza.

Le congrès fondateur de Syriza en 2013 a préparé un plan adopté par la majorité. Celui-ci prévoyait des réformes en faveur des classes laborieuses et populaires, avec la définition d’un excédent budgétaire primaire, donc antérieur au service de la dette, ce qui impliquait des « actions unilatérales » qui auraient conduit à la formation autour du gouvernement d’une solide alliance sociale de gauche. Le financement de ce programme se serait effectué à partir de ressources résultant du non-service de la dette, dans une perspective de la suppression de l’essentiel de cette dernière, cela s’accompagnant d’une forte imposition du capital et de la richesse accumulée, en combattant la fraude et l’évasion fiscales des capitalistes, ainsi qu’une annulation des privatisations. Le rapport entre ce programme et la « mondialisation » s’exprimait dans le slogan, « pas de sacrifice pour l’euro ».

Cela laissait ouverte la perspective de « négociations », mais s’appuyant sur une politique radicale d’affrontement et de clivages au sein même du pays et en laissant ouverte la possibilité de rupture avec la direction de la zone euro face au dilemme entre la défense de la population et le maintien dans l’euro.

Aujourd’hui, nous ne savons pas si cette politique définie lors du congrès de fondation était correcte, nous ne savons pas si elle consistait en une « alternative » face à Angela Merkel et Wolfgang Schäuble. Et cela pour une raison, parce que cette politique a été abandonnée le jour après les élections, parce qu’elle a été annulée par un « parti clos au sein du parti » qui a décidé unilatéralement et sans l’approbation d’une instance majeure du parti, le comité central ou le congrès, de se consacrer exclusivement à une politique de négociation avec les créanciers, en faisant appel strictement à une tactique visant à se consolider face aux institutions, la Banque Centrale Européenne (BCE), la commission européenne et le Fonds Monétaire International (FMI). Cela dans l’espoir d’obtenir un compromis honorable, à adopter sans hésiter et sans prendre de précautions, pour rester « à tout prix dans la zone euro ». Cette politique, après une première escale le 20 février 2015, premier accord avec la troïka impliquant le service de la dette, s’est effondrée dans la nuit du Dimanche 12 Juillet au Lundi 13 Juillet 2015 à Bruxelles.

Qu’est-il arrivé dans l’intervalle ?

Plusieurs camarades affirment que nous avons atteint les limites maximales de la confrontation avec les créanciers.

Ils prétendent que nous avons cessé de payer la dette, le non-paiement d’un milliard cinq cent millions d’euros au FMI à la fin du mois de juin 2015. Ce n’est pas une affirmation sérieuse.

Un défaut a pour but de préserver des ressources financières en vue de les allouer à des besoins sociaux et non pas pour rembourser des prêts à des requins.

Ce n’est pas la même chose de payer les créanciers jusqu’à épuisement du dernier euro et par la suite d’être contraint de faire défaut sur un versement étant donné la situation de faiblesse dans laquelle on s’est mis.

Ces camarades prétendent que nous avons imposé un contrôle des capitaux. Cela ne constitue pas une affirmation sérieuse. La limitation à soixante euros par jour de retraits ne concerne pas le capital, mais l’épargne populaire, le capital avait pu s’enfuir sans être dérangé préalablement.

Ce n’était ni une gestion, ni un contrôle des capitaux, parce qu’un contrôle ne peut pas se faire au guichet automatique bancaire, mais dans les principales banques qui ont organisé l’évasion de capitaux. Selon la banque de Grèce, la fuite des dépôts bancaires privés s'est encore accélérée, 7,58 milliards d'euros en juin 2015, par rapport à 3,86 milliards en mai 2015. La fuite des capitaux de décembre 2014 à mai 2015 est estimée à plus de quarante milliards d’euros. Les transferts massifs de capitaux ont commencé dès 2010 et se sont accentués dès 2012.

Yannis Dragasakis affirme que la fuite des dépôts bancaires était la super-arme aux mains des créanciers. Vraiment, question au responsable économique Yannis Dragasakis, qui était responsable de la politique de transfert de capitaux des banques et de la « coexistence pacifique » entre le gouvernement et les banquiers durant les mois qui se sont écoulés ? Qui était responsable de donner l’alarme au parti et au gouvernement face à la fuite massive des capitaux par le biais des quatre « respectables » banques systémiques?

Avons-nous peut-être frappé le réseau de contrebande? Durant les mois de notre gouvernement, n’avons-nous pas donné le contrôle des paris de courses de chevaux ainsi que les machines à sous, les célèbres « slots », au groupe qui contrôle déjà l’OPAP, firme contrôlant les jeux privatisée en 2013 ?

Se départir des idées de gauche

Je suis d’accord avec les camarades, référence au centre gauche de Syriza connu sous la dénomination des cinquante-trois, qui malgré des réserves ont acquiescé à l’accord, qui soulignent le danger de se départir des idées de gauche et d’une politique de gauche à partir de cet accord. Mais celui qui cherche, franchement, à se sortir de la situation dramatique vers laquelle nous allons, une solution est à sa portée, le rejet, même encore maintenant, de l’accord, le recours au vote sur un ordre du jour clair et sur la définition d’une politique de gauche, exiger un mandat clair des membres pour une voie alternative, allusion est faite ici à une discussion au comité central qui devait être la plus réduite possible en termes politiques.

Avec ces derniers, les cinquante-trois qui étaient en grande partie parmi les cent neuf signataires du comité central, sur deux cent un, qui s’opposaient Mercredi 15 Juillet 2015 à l’accord et demandaient une réunion immédiate du comité central, existe une base de communication, à condition que tout cela se fasse selon des modalités honnêtes et de façon convaincante. Ce qui signifie l’ouverture d’une discussion au sein du parti, des décisions et le contrôle de ces décisions par les instances de Syriza.

La proposition d’un congrès en septembre 2015

Beaucoup de camarades soutiennent la proposition de la tenue d’un congrès en septembre 2015, cherchant ainsi à éviter les « aventures » ou le risque d’une division.

De cette façon, un vide politique critique est créé. En effet, le problème réside dans ce qui va se passer entre maintenant, le comité central du Jeudi 30 Juillet 2015, et la fin du mois de septembre 2015. A savoir ce qui va se passer pendant la période où le troisième mémorandum sera présenté pour approbation et adoption, par la gauche radicale, au parlement ? Le parti et ses sections seront contraints au silence face à la question brûlante du moment, alors que le « parti clos au sein du parti » et le gouvernement auront les mains libres pour tout ajustement du mémorandum. C’est la raison pour laquelle la plateforme de gauche propose de convoquer un « congrès permanent » maintenant, le « congrès permanent » implique que les délégués du congrès précédent ayant adopté le programme de Syriza puissent se prononcer et non pas des délégués « sélectionnés » pour entériner une décision prise par le gouvernement et une majorité des parlementaires, ou en tout cas avant que le mémorandum soit présenté, avec tous ses articles, devant le parlement pour approbation, le gouvernement vise à ce que l’adoption intervienne le Mardi 18 Août 2015, avant le Jeudi 20 Août 2015, date à laquelle Athènes doit rembourser trois milliards deux cent millions d’euros à la BCE.

Nos engagements dans le mouvement

Nous tous, en plus d’être membres du parti, nous sommes membres d’organisations sociales, par exemple de syndicats. Là, nous avons l’obligation de stimuler la lutte et la résistance sociale contre les mesures spécifiques du troisième mémorandum. Et cela avec les mêmes armes traditionnelles, la grève, les manifestations et les occupations. Objectivement, ces luttes vont se retourner contre le gouvernement qu’a soutenu et soutient le parti de Syriza.

Individuellement et collectivement, nous serons placés dans cette position tragique si nous décidons d’accepter le nouveau mémorandum.

Quiconque tente de limiter ces luttes, quiconque propose à nos membres l’autocensure, transférera au sein de Syriza les pressions pour une mutation de Syriza en syntonie avec les exigences du mémorandum.

Cette mutation, si elle intervient, reviendrait à la dissolution de Syriza, au sens de la fin de sa trajectoire comme parti et comme coalition de la gauche radicale.

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4 août 2015 2 04 /08 /août /2015 18:30

http://www.elmundo.es/cataluna/2015/08/03/55bfa6f722601d79268b45a1.html

Décret de convocation des élections au parlement de Catalogne du Dimanche 27 Septembre 2015

Décret numéro cent soixante-quatorze de l’année 2015 du Lundi 3 Août 2015 de convocation des élections au parlement de Catalogne et de sa dissolution signé par le président de la Generalitat en conformité avec le cadre juridique existant

Premier Article

Les élections au parlement de Catalogne sont convoquées. Elles se tiendront Dimanche 27 Septembre 2015.

Deuxième Article.

Le parlement de Catalogne élu le 25 Novembre 2012 est dissous.

Troisième Article.

Les circonscriptions électorales de Barcelone, Gérone, Lérida et Tarragone éliront, respectivement, quatre-vingt-cinq, dix-sept, quinze et dix-huit députés.

Quatrième Article.

La campagne électorale durera quinze jours, elle commencera Vendredi 11 Septembre 2015 à zéro heure et se terminera Vendredi 25 Septembre 2015 à minuit.

Disposition finale

Le présent décret entre en vigueur le jour de sa publication au Journal Officiel de la Generalitat de Catalogne.

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4 août 2015 2 04 /08 /août /2015 18:03

http://www.liberation.fr/monde/2015/07/30/l-armee-de-la-conquete-prete-pour-la-releve_1356480

Qui se cache derrière Jaish al Fatah ?

Par Hala Kodmani, envoyée spéciale de Libération à Karkemish

Jeudi 30 Juillet 2015

Au sein du regroupement salafiste, les djihadistes d’Ahrar al Sham tentent de se présenter comme des modérés pour bénéficier de l’appui des américains et contrôler une future « zone protégée » dans le nord du pays.

Explosions et tirs de canon sont familiers aux oreilles des habitants de ce coin de Turquie, superbe paysage en d’autres circonstances, où l’Euphrate sert de frontière naturelle entre les trois protagonistes de la nouvelle guerre. Dans ce kilomètre carré de tous les dangers, on n’entendait jusque-là que les bruits des combats, côté syrien, entre les forces de l’Etat Islamique et celles du parti de l’union démocratique (PYD), branche syrienne du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Ces derniers jours, ce sont les chars turcs qui tirent depuis Karkemish sur l’autre côté de la rivière, visant tantôt le village kurde de Zor Maghar, tantôt la localité syrienne de Jerablus, où l’on peut distinguer au loin le drapeau noir de l’Etat Islamique.

Ce dernier point de frontière encore tenu par les hommes de l’organisation terroriste serait justement la limite est du projet de « zone tampon » en territoire syrien, qui doit s’étendre sur une centaine de kilomètres vers l’ouest, le long de la frontière, jusqu’au village de Marea, au nord d’Alep. Réclamée avec insistance depuis plus d’un an par la Turquie et la rébellion syrienne, la « zone protégée », libérée à la fois de l’Etat Islamique et des kurdes et abritée des raids aériens du régime de Bachar al-Assad, est présentée comme un sésame pour changer la donne dans le conflit syrien.

Le retour des réfugiés

Son acceptation de principe par les Etats-Unis a été la clé du changement de cap de la Turquie, désormais engagée dans la lutte contre l’Etat Islamique. « Cette zone dans le nord de la Syrie pourrait permettre le retour d’un million sept cent mille réfugiés syriens », a même déclaré lundi Recep Tayyip Erdogan, le président turc, pour convaincre l’opinion des avantages de la guerre dans laquelle il vient de lancer le pays. « Si l’on pouvait rentrer chez nous sans plus craindre ni les barils largués par les avions de Bachar al Assad, ni la terreur de Daech, ce serait un rêve », confirme un jeune réfugié syrien à Karkemish, qui a livré et perdu la bataille face aux djihadistes de l’Etat Islamique dans sa ville de Jerablus.

Malgré toutes ses promesses, la « zone protégée ne peut être établie en quelques jours ni en quelques semaines », estime Abu Marzouk, chef d’une petite brigade locale de la région d’Idlib. Installé depuis peu à Kilis, poste-frontière au nord d’Alep, après avoir été chassé avec ses hommes par le Front al-Nusra, affilié à al-Qaeda, le quadragénaire ne cache pas son sentiment mitigé sur la perspective « d’une zone qui assurera une sécurité pour les civils mais qui risque fort d’être dominée par les islamistes de Jaish al-Fatah », désignant l’Armée de la Conquête.

Ce regroupement de plusieurs formations militaires, né au début de l’année d’un accord entre l’Arabie Saoudite, le Qatar et la Turquie pour le soutenir en armes et en fonds, a mené avec succès une offensive ce printemps dans le nord-ouest syrien, « libérant » notamment les villes d’Idlib et de Jisr al-Choughour des forces du régime. Comptant près de trente mille hommes, il inclut le Front al-Nusra mais est de plus en plus dominé par les salafistes d’Ahrar al-Sham, « les hommes Libres de Syrie », en arabe, un mouvement purement syrien, contrairement au Front al-Nusra, il n’appelle pas à un jihad global, qui n’entend pas se contenter de ses succès militaires.

« La Turquie n’a pas l’intention d’envoyer des troupes au sol en Syrie mais elle pense, comme les Etats-Unis, qu’il faut apporter un appui aérien aux rebelles syriens modérés », affirmait il y a quelques jours le premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, dans un entretien accordé à plusieurs médias. Pour mettre en place une « zone protégée », y compris pour ses intérêts, Ankara doit compter sur une force armée syrienne de confiance, capable de chasser l’Etat Islamique de la bande frontalière tout en gardant comme priorité le combat contre le régime de Damas. Ahrar al-Sham apparaît tout désigné pour la tâche. Ses combattants ont une revanche historique à prendre contre les hommes de l’Etat Islamique, qu’ils avaient accueillis en frères à Raqqa en 2013 mais qui les ont trahis et évincés de la ville début 2014.

Stratégie opportuniste

C’est à cette période qu’ils ont participé aux combats pour chasser l’Etat Islamique des régions d’Idlib et d’Alep. Opposants historiques au régime de Damas, leurs principaux chefs actuels appartiennent à la « Sednaya Academy », du nom de la célèbre prison au nord de Damas réservée aux frères musulmans et aux salafistes. Plusieurs d’entre eux ont été relâchés à partir de l’automne 2011 par les services de Bachar al Assad dans l’intention de discréditer aux yeux du monde une révolution qui s’est en effet militarisée et islamisée. Quatre ans et moult batailles plus tard, le mouvement s’est organisé et structuré. Il reste toutefois à ces djihadistes salafistes à afficher de nouvelles dispositions pour se rendre acceptables, notamment par les américains, et accéder au label de « modérés ». Ahrar al-Sham déploie depuis un moment une stratégie aussi méthodique qu’opportuniste de conquête du terrain politique et militaire à l’intérieur du pays et surtout à l’international. Un article paru le 10 juillet dans le Washington Post, signé de leur responsable des relations extérieures, Labib al-Nahhas, présentant son mouvement comme celui des « free men of Syria », appelait les Etats-Unis à revoir leur appréciation des rebelles en soutenant les forces sunnites qui combattent à la fois l’Etat Islamique et le régime syrien. Il récusait tout lien avec al-Qaeda, affirmant une identité et des ambitions uniquement syriennes.

Quelques jours plus tard, l’ancien ambassadeur américain à Damas, Robert Ford, aujourd’hui membre du Middle East Institute, répondait à l’appel en des termes on ne peut plus directs dans un article titré, « yes, we talk with Syria’s Ahrar al-Sham ». La campagne de promotion organisée a été confirmée la semaine dernière par un article du même Labib al-Nahhas, cette fois dans le quotidien britannique Daily Telegraph, se présentant comme « l’alternative sunnite » à l’Etat Islamique.

« C’est une société britannique de relations publiques qui est chargée du plan de communication », révèle Absi Smeisem, directeur de la rédaction d’un hebdomadaire d’opposition syrien, Sada al Sham. « Nos interlocuteurs habituels dans le mouvement ne répondent plus à nos appels, suivant les instructions de leurs conseillers de ne plus communiquer avec la presse en dehors de leur plan ». Le Qatar, qui soutient solidement Ahrar al-Sham au côté de la Turquie, finance probablement les services de la société britannique.

Les zones de conflit en Syrie et à Alep

Le tournant de l’ouverture vers l’occident n’est pas simple à négocier au sein d’un mouvement à l’islamisme enraciné, dont les militants sont nourris à la diabolisation des Etats-Unis. Les débats sont animés ces derniers temps sur les comptes des réseaux sociaux des membres d’Ahrar al-Sham. « Modérés, autrement dit vendus aux américains », proteste un surnommé Abu Jaafar dans un commentaire sur facebook sur les avantages de la nouvelle stratégie. « Après avoir joué l’attraction des autres djihadistes ces dernières années, Ahrar al-Sham peut craindre qu’en renonçant au djihadisme salafiste, il ne perde des troupes qui rallieraient les rivaux du Front al Nusra ou même de l’Etat Islamique », explique Abi Smeisem. « Il tente depuis un moment de convaincre les gens du Front al-Nusra, ses alliés dans Jaish al Fatah, de récuser tout lien avec al-Qaeda, mais ne réussissant pas assez vite, Ahrar al-Sham est de plus en plus tenté de jouer la concurrence et de se présenter seul comme alternative ».

« Les moyens d’assurer l’ordre »

L’évolution d’Ahrar al-Sham vers un certain pragmatisme a commencé en fait avec le changement de direction en septembre 2014, après l’attentat géant, survenu au cours d’une réunion dans un village au nord d’Idlib, qui a décapité le mouvement. Une cinquantaine de ses chefs dont le numéro un, Hassan Abboud, ont été tués dans l’attaque kamikaze attribuée à l’Etat Islamique. Très vite, la relève s’est recomposée avec essentiellement des combattants originaires de la région d’Idlib, principale zone d’implantation du groupe.

La prise de la capitale provinciale du nord-ouest en avril 2015 a aussi permis de montrer leur capacité de gestion. Selon un accord passé entre les différentes formations composant Jaish al Fatah, chacune a désigné ses représentants au conseil local pour administrer les services de la ville et organiser la vie des habitants. « Aujourd’hui, la population accepte et approuve ceux qui lui assurent les services et les conditions de vie correctes », dit un ancien étudiant d’Idlib, installé dans le sud de la Turquie et dont la famille est restée sur place. « Les membres d’Ahrar al-Sham se sont très bien débrouillés et ils avaient les moyens d’assurer l’ordre, la sécurité, l’électricité et l’approvisionnement de la ville. Ils recrutent maintenant des ingénieurs et des cadres, en payant des salaires confortables pour gagner les populations. Leur nouveau modèle est le Hamas palestinien ». L’expérience réussie de la gestion de la vie civile jouera sans doute aussi en faveur du mouvement candidat à la prise en main de la future zone protégée le long de la frontière turque.

Mais loin de la communication et de l’administration, c’est sur le terrain de la grande bataille militaire à livrer que le mouvement salafiste doit faire face au plus grand défi. Avec ses alliés rivaux de Jaish al Fatah, il lui faudra lancer ses troupes jusqu’aux rives de l’Euphrate à l’assaut des forces de l’Etat Islamique. Celles-ci préparent depuis plusieurs semaines leur défense en creusant des tranchées profondes autour de Jerablus pour résister à l’aviation et à l’offensive qui doit établir la zone « protégée ».

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4 août 2015 2 04 /08 /août /2015 17:13

http://www.ezidipress.com/fr/les-partis-kurdes-se-sont-opposes-a-masoud-barzani

Les partis kurdes se sont opposés à Massoud Barzani

Mardi 30 Juin 2015, lors d’un rassemblement au parlement du Kurdistan irakien, un scandale a éclaté. Les grands partis d’opposition, dont l’Union Patriotique du Kurdistan (UPK), Goran et le Parti Islamique du Kurdistan (PIK) se sont tous levés en tant que front uni contre la réélection de Massoud Barzani, dont la durée de la présidence est sur le point d’expirer. Les partis de l’opposition demandent de passer à un système parlementaire, et considèrent que le Parti Démocratique du Kurdistan (PDK) est coupable de la situation difficile dans la région. À leur tour, les partisans de l’actuel président déclarent que sans Massoud Barzani, le Kurdistan périra.

Rappelons que les élections présidentielles du Kurdistan irakien auront lieu le 20 août 2015.

Les parlementaires accusent Massoud Barzani d’usurper le pouvoir et de monopoliser l’économie. Les députés soulignent que faire des affaires est possible seulement avec l’accord du PDK, ce qui est bien évidement contraire aux normes constitutionnelles.

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4 août 2015 2 04 /08 /août /2015 16:56

http://tendanceclaire.npa.free.fr/breve.php?id=14193

Comité de soutien aux migrants de la Chapelle

Passons aux choses sérieuses

Lundi 3 Août 2015, Bruno Julliard annonçait en conférence de presse que la mairie de Paris ne procéderait pas à l'expulsion de l'établissement scolaire que plus de deux cent réfugiés de douze nationalités occupent depuis quatre jours, soutenus par le collectif de la Chapelle en lutte.

Si nous sommes soulagés par cette déclaration, qui augure quelque répit pour les réfugiés et nous permet à tous d'envisager la reprise du suivi sanitaire et juridique des migrants, de redémarrer les cours de langues et d'organiser une série d'évènements culturels et intellectuels, nous tenons à exprimer que cette résistance ne s'arrête pas ici.

Avant-hier encore, la mairie de Paris nous assurait qu'il était inenvisageable de transformer le collège que nous occupons car les cours y reprendraient à la rentrée. Aujourd'hui, le premier adjoint d’Anne Hidalgo propose de transformer ce lieu en centre d'hébergement d'urgence.

Cette volte-face est la preuve que notre mouvement porte ses fruits mais justifie aussi notre circonspection à l'égard des pouvoirs publics concernant la question des droits des réfugiés.

En effet, Bruno Julliard déclare vouloir poursuivre la politique que la mairie de Paris applique depuis le mois de juin 2015, celle de l'atomisation des réfugiés dans des centres d'hébergement de qualité inégale, éparpillés dans toute l'Île de France.

Encore une fois, nous réitérons notre refus de la mise en concurrence des indigences et réclamons la création de lieux d'accueil adaptés aux migrants et demandeurs d'asile, en respect, notamment, de la convention de Genève.

Les hébergements d'urgence ne sont pas pérennes et l'offre de Bruno Julliard ne correspond pas aux demandes des migrants.

Enfin, à la lumière des précédentes évacuations et des prétendues mises à l'abri humanitaires, nous sommes sceptiques quant à l'établissement des listes de migrants que la mairie de Paris nous réclame.

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3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 21:14

DETTOCRATIE, GRECE ET PODEMOS

Vous trouverez ci-dessous la deuxième et dernière partie d’un message de Jaime Pastor relatif à la situation politique espagnole.

Le message est disponible en totalité à l’adresse ci-dessous.

Bernard Fischer

http://www.alencontre.org/europe/dettocratie-grece-et-podemos.html

Au sein de l’état espagnol, continuité, remplacement ou changement ?

Avec le précédent de la première bataille d’envergure perdue en Grèce, il faudra réfléchir sur ce qui est en jeu pour les prochaines élections générales espagnoles si nous voulons inverser le discours officiel de Mariano Rajoy selon lequel « il n’y a pas d’alternative » face à l’austéritarisme. En ce sens, le soutien dont ont fait preuve les dirigeants de Podemos face à la capitulation qu’a signée le gouvernement grec n’est pas compréhensible. Ce d’autant plus qu’il partage la fausse excuse des « rapports de forces », sachant que le non lors du référendum avait précisément changé cette situation en faveur d’une position plus ferme face aux créanciers.

Cette attitude acritique revient à assumer la même erreur que celle commise par Alexis Tsipras et soulignée par une partie de son opposition interne depuis un moment, l’absence de volonté d’établir des moyens de contrôle des capitaux dès le premier jour, à préparer un plan B, qui implique un ensemble de mesures de transition, y compris, comme résultat et non comme prémisse, la sortie de l’euro, en direction de ce que pointait la plateforme de gauche, qui démontre, face à la troïka et à Angela Merkel, qu’il y avait effectivement et qu’il y a une alternative à opposer à ses diktats.

Une erreur qui est plus grave lorsque l’on affirme que « l’Espagne n’est pas la Grèce » et, par conséquent, que l’on reconnaît que l’on pourrait faire valoir bien plus la capacité de pression face à la troïka et à Angela Merkel, en s’appuyant sur le poids économique espagnol et sur « l’effet de contagion » qu’aurait une sortie de l’euro au sein même de l’Union Européenne dans le cas où l’on ne voudrait pas imposer l’austéricide.

Dans ce cadre général de crise de la zone euro et de harcèlement permanent contre le peuple grec, se dérouleront les élections régionales en Catalogne, le 27 septembre 2015, et les élections générales en novembre 2015.

Les premières seront sans doute une épreuve de force avec le régime de 1978 et son pilier le plus affaibli, l’état « autonomique », mais elles le seront également en ce qui concerne la question de comment s’articule l’aspiration à la souveraineté du peuple catalan avec la défense des droits sociaux et le pari d’un autre modèle de pays et de société. Trois candidatures sont en concurrence sur ce chemin, « Junts per el si », « Catalunya si que es pot » et celle de « CUP Crida Constituent ». Face à ces dernières se trouvent les, jusqu’ici, deux principaux partis à l’échelle de l’état espagnol qui apparaissent comme les probables grands perdants et sans que Ciutadans, la version catalane de Ciudadanos, puisse compenser leur chute. Ce qui, par contre, semble très probable est que même si une majorité indépendantiste ne sort pas de ces élections, il y aura en revanche une majorité souverainiste disposée à continuer de défier le régime quant à la revendication du droit à décider de son avenir. Un régime qui, autant de la part du Parti Populaire que du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE), continue à se cramponner au fondamentalisme constitutionnel et à la défense de « l’unité de l’Espagne » comme unique réponse face à une fracture qui tend à s’approfondir.

De manière conjointe à cette dynamique de confrontation croissante en ce qui concerne l’avenir de la Catalogne, aggravée par les menaces du gouvernement du Parti Populaire de recourir à l’article cent cinquante-cinq de la constitution et à la nouvelle loi de sécurité nationale, et, il ne faut pas l’ignorer, celui d’autres peuples, comme le basque et le galicien, ce sont les crises sociales et démocratiques qui occupent le centre de l’agenda politique et les alignements de l’électorat.

Trois options principales apparaissent en concurrence dans la perspective de l’automne, la première, la défense du Parti Populaire d’une simple continuité du régime actuel, maquillée par une rénovation générationnelle, ensuite celle de Ciudadanos, disposée à s’offrir comme « béquille » pour la régénération du Parti Populaire ou du PSOE, selon les résultats, sur une nouvelle version néo libérale, enfin, celle de Podemos, en faveur d’un « changement » dont le contenu continue de se mouvoir dans l’ambiguïté calculée et dont les dernières déclarations témoignent des oscillations entre le réformisme et la rupture avec le régime et la troïka.

Une ambiguïté qui se manifeste également au sujet du conflit entre la Catalogne et l’état espagnol, dès lors que s’il y a bien une reconnaissance de la pluri nationalité, l’équipe dirigeante de Podemos continue à être réticente face à l’option d’un processus constituant propre à la Catalogne, non subordonné à ce qu’il se déroule à l’échelle de l’état. L’argument selon lequel tant que le cadenas de la constitution de 1978 n’est pas rompu il ne sera pas possible d’exercer le droit à décider n’est pas soutenable. Cela, dès lors que plus d’un constitutionnaliste a reconnu que, avec une lecture ouverte de la loi fondamentale, la consultation du 9 novembre 2014 aurait pu être autorisée. Et, surtout, lorsque l’on observe que le défi catalan se transforme en facteur clé dans l’affaiblissement du régime, ce qu’une force comme celle de Podemos devrait utiliser pour améliorer ce « rapport de forces » auquel il est fait tant allusion, à l’échelle de l’état.

Les leçons de l’histoire, depuis les promesses non accomplies de Manuel Azaña, à la tête de l’exécutif de la république entre 1931 et 1933, puis président de la république entre 1936 et 1939, à celles de José Luis Rodriguez Zapatero, président du gouvernement espagnol entre 2004 et 2011, membre du PSOE, sont présentes pour que l’on comprenne le rejet, en Catalogne, d’être subordonné, avec plus de raisons encore lorsqu’il n’y a pas de garanties que suite aux élections générales se déroulera un processus constituant à l’échelle de l’état.

Les derniers sondages semblent, en outre, confirmer que la capacité de résistance à l’usure du Parti Populaire et du PSOE est plus importante que l’on pouvait le prédire lors des élections européennes de mai 2014, alors que, au contraire, l’ascension de Podemos semble être freinée brutalement. En revanche, Ciudadanos progresse, même si pas autant que le souhaiteraient les pouvoirs économiques qui l’appuient. Il est essentiel de trouver une explication à chaque cas, le Parti Populaire pourrait bénéficier du discours de la « reprise économique » et de la peur face à Podemos ainsi que face à la rupture de « l’unité de l’Espagne ». Le PSOE pourrait miser sur ses gains territoriaux lors des élections municipales et autonomes, en mai 2015, ainsi que d’une prise de distance tactique vis-à-vis de certaines coupes budgétaires. Au contraire, pour ce qui touche à Podemos, il est possible que sa régression ait été influencée par une lecture fausse des résultats des élections municipales et autonomes, qui ont vu des coalitions de gauche accéder à la mairie de villes importantes. La direction ne reconnaissant pas que lors de la campagne et sous les effets positifs de la nouvelle « révolution démocratique » était confirmée et configurait une nouvelle « marée » citoyenne capable de générer un enthousiasme plus important qui permettrait de « gagner » les élections générales grâce à de nouvelles « confluences » allant au-delà de Podemos.

Confondant de manière intéressée des initiatives comme Ahora en Comun avec de simples manœuvres d’Izquierda Unida, bien que, sans aucun doute, cette dernière ait contribué maladroitement à cette interprétation, certains dirigeants de Podemos firent preuve d’un mépris préoccupant, au-delà de ce que peut devenir cette proposition, qui est un symptôme, l’existence de vastes secteurs d’activistes et de la population qui ne sont pas et ne seront pas membres de Podemos mais qui, cependant, reconnaissent son rôle et veulent converger avec cette formation en lui demandant uniquement de faire preuve de générosité et d’ouverture.

Nous nous retrouvons ainsi avec un scénario où les limites de Podemos pour, à lui seul, créer à nouveau de l’enthousiasme pour le « changement » sont toujours plus visibles. Ces limites ont été patentes avec la contestation interne ainsi que la faible participation pour la détermination des candidatures lors des primaires ainsi que sur la consultation sur les alliances.

L’aspiration à fonctionner comme une « machine de guerre électorale » a abouti à une conception patrimoniale du parti par l’équipe dirigeante et à l’exclusion des personnes en désaccord des processus de décisions en de nombreux lieux, ainsi qu’à un découragement et à l’abandon de l’engagement dans de nombreux cercles.

Ne pas avoir écouté les revendications figurant dans des manifestes comme celui de « Podemos es participacion », malgré le nombre élevé de personnes et de responsables qui les ont signés et lorsque, en outre, on savait déjà qu’il n’y aurait pas d’élections générales anticipées, prétexte utilisé par la direction de Podemos pour mettre en place un processus express et anti démocratique de détermination des candidats pour lesdites élections, a été une erreur lamentable dont les coûts restent encore à mesurer.

Il serait bon, par conséquent, d’assumer les limitations croissantes du modèle de démocratie plébiscitaire, via des votes par internet, en dehors de tout débat et sans participation effective à des structures ou à des assemblées. Et cela, surtout une fois que l’on distingue que « l’effet tsunami » des élections européennes se dilue et que même le discours officiel, malgré le fait d’avoir franchi plus d’une fois certaines « lignes rouges » à la recherche du « centre », allusion à la dilution et à l’abandon de certaines propositions de la direction de Podemos afin de « gagner des voix au centre » et le refus de s’inscrire dans un « schéma de la gauche contre la droite », s’est montré inefficace pour « gagner » de nouvelles couches de l’électorat tout en étant, par contre, une source de confusion pour ses propres bases.

Il ne semble pas, en outre, qu’il soit suffisant de compenser cette fermeture du sommet de Podemos par la formalisation d’alliances à l’échelle de communautés autonomes ou avec la disposition à inclure des personnes indépendantes au sein de la « marque » Podemos au cours des prochains mois. Surtout dès lors que ces alliances se réalisent plus avec des forces politiques qui, dans le meilleur des cas, se meuvent entre la nouvelle et la vieille politique, comme ICV, EUiA et Compromís, et que d’autres soient reléguées au second plan, comme le Procès Constituent en Catalogne ou, simplement, que l’on renonce à stimuler des élections primaires ouvertes effectivement à toute la population.

Il est encore temps de reconstruire un parti mouvement et de ne pas laisser cette tâche après les élections, face à ce que promeuvent actuellement des dirigeants de Podemos. Il suffit uniquement de déborder d’imagination et de générosité et de ne pas craindre un débordement d’une dynamique participative qui est la seule garantie de pouvoir à nouveau créer l’enthousiasme que l’on peut « gagner » lors des prochaines élections générales. Je suis convaincu qu’une volonté de participation à cette tâche ne fera pas défaut de la part de ceux qui, tout en étant encore cofondateurs de Podemos, ont adopté des positions toujours plus critiques face au cap qui a été suivi au cours de cette brève, mais très intense, année et demie de vie d’une formation qui, grâce, ne l’oublions pas, au chemin ouvert par le mouvement du 15 mai 2011, marque un avant et un après de notre histoire politique et sociale.

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3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 20:32

http://www.reuters.com/article/2015/07/24/us-mideast-crisis-usa-iraq-idUSKCN0PY0QW20150724

Le chef du Pentagone dans le Kurdistan irakien pour rencontrer Massoud Barzani

Le secrétaire d’état américain à la défense, Ashton Carter, est arrivé pour une visite surprise, Vendredi 24 Juillet 2015, à Erbil, la capitale de la région du Kurdistan irakien dont les forces ont émergé comme l'un des partenaires les plus solides des Etats Unis dans la lutte contre l'État Islamique.

Ashton Carter devait rencontrer le président de la région du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, ainsi que les forces américaines conseillant et entraînant les forces de sécurité de la région kurde, connues sous le nom de peshmergas.

Tout en déplorant les lacunes de l'armée irakienne, qui s'est effondrée devant l'avancée de l'État Islamique l'année dernière, des responsables du Pentagone ont solidement fait l'éloge des kurdes.

Les peshmergas ont obligé les militants de l’Etat Islamique à se retirer dans le nord de l'Irak et ils ont élargi la frontière officielle de leur région autonome, gagnant une aide militaire internationale et augmentant le prestige des kurdes à l'étranger.

Parlant aux journalistes au sujet de son voyage, Ashton Carter a dit que les forces kurdes sont « une force terrestre puissante et efficace ». Il a dit qu'il avait hâte de voir Massoud Barzani, un vieux leader de la guérilla qui a combattu Saddam Hussein pendant des décennies.

« Les kurdes sont un exemple de ce que nous recherchons, une force grandissante qui se bat pour elle-même, qui agit avec nous et qui prend et tient le territoire », a déclaré Ashton Carter dans son témoignage devant le congrès américain plus tôt ce mois.

Les entretiens du Vendredi 24 Juillet 2015 sont susceptibles d'inclure des demandes kurdes régulières pour des armes et des équipements. Le Pentagone a indiqué qu'il examine les demandes kurdes, y compris pour des véhicules résistant aux mines.

La visite d’Ashton Carter à Erbil vient un jour après que le chef du Pentagone se soit rendu à Bagdad pour rencontrer les dirigeants irakiens à mesure qu'ils avancent des plans pour reprendre la ville de Ramadi, qui est tombée aux mains de l’Etat Islamique en mai 2015.

La perte de Ramadi était la pire défaite de l'armée irakienne depuis l’attaque des militants sunnites radicaux dans le nord de l'Irak l'été dernier. Elle est arrivée malgré une campagne quotidienne de frappes aériennes de la coalition sous commandement américain destinées à renforcer les forces irakiennes sur le terrain.

Ashton Carter a déclaré que les troupes se sont réunies en Jordanie pendant le voyage de cette semaine dans la région et que la clé du succès est la « combinaison magique » d’une force terrestre puissante et des bombardements aériens de la coalition.

Le soutien des kurdes peut être la clé pour les espoirs de l'Irak de gagner les batailles à venir. L'armée américaine a estimé que, finalement, l'Irak aura besoin de trois brigades de la région kurde, ainsi que de six brigades de l'armée irakienne, pour reprendre Mossoul à l'État Islamique.

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3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 20:00

La bourse d’Athènes et les banques grecques vivement attaquées (Reuters)

La bourse d'Athènes affichait une perte de 16,23%, Lundi 3 Août 2015, au terme de sa première séance faisant suite à cinq semaines de fermeture forcée, fermeture qui était la conséquence des craintes de voir la Grèce faire défaut sur sa dette et sortir de la zone euro.

Le principal indice du marché local avait perdu près de vingt-trois pour cent tout de suite après l'ouverture, avant de réduire progressivement sa perte. Il a réalisé sa plus mauvaise performance journalière depuis au moins 1985, année où a commencé la compilation moderne des données. Au contraire, l'indice européen FTS Eurofirst 300 a gagné 0,64%.

« Comme prévu, le marché a sombré », a dit Takis Zamanis, de Beta Securities. « Des acheteurs sont apparus pour les valeurs non bancaires, des poids lourds tels qu'OTE Telecom et le groupe de paris mutuels OPAP, ce qui montre qu'il existe malgré tout un intérêt acheteur », a toutefois ajouté Takis Zamanis.

OTE, qui a représenté trente pour cent environ du volume du jour, n'en a pas moins chuté de 11,5%.

L'indice du secteur bancaire a chuté de trente pour cent, soit la limite maximale de volatilité quotidienne. Dans ce segment, qui représente environ vingt pour cent de l'indice général, les cinq grandes banques ont été réservées à la baisse durant la plus grande partie de la séance, sans trouver le moindre acheteur.

« Il semble que les banques risquent encore de rétrograder Mardi 4 Août 2015 avant que des rachats se manifestent », a déclaré un gérant. « Il faudra quelques jours au marché pour se rééquilibrer ».

Neuf valeurs seulement sont dans le vert, surtout des petites capitalisations, dont les variations ont été amplifiées par de très faibles volumes d'échange. Ainsi, le fabricant de meubles Dromeas a gagné près de vingt-neuf pour cent après avoir décroché un contrat de trente millions d'euros pour meubler les locaux de la commission européenne.

LES BANQUES SONT LES PLUS EXPOSÉES

Toutes les transactions à la bourse d'Athènes avaient été suspendues à la fin du mois de juin 2015 dans le cadre des mesures de contrôle des capitaux imposées par les autorités pour endiguer les sorties d'euros du pays, alors que le système bancaire national était menacé de s'écrouler.

Depuis, le gouvernement d'Alexis Tsipras a conclu avec ses partenaires européens un accord cadre censé permettre un allégement du fardeau de la dette en échange de nouvelles réformes et de mesures d'austérité budgétaire.

Mais l'application de cet accord est loin d'être acquise, ce qui continue de nourrir l'incertitude économique et politique et qui pourrait conduire à des élections anticipées.

Selon un article publié Dimanche 2 Août 2015 par le quotidien Avgi, proche du parti Syriza du premier ministre, le gouvernement souhaite obtenir en août 2015 une première tranche d'aide de vingt-quatre milliards d'euros.

Sur ce montant, précise le journal, dix milliards iraient à la recapitalisation des banques grecques, sept milliards cent soixante millions d’euros iraient au remboursement d'un prêt relais d'urgence et trois milliards deux cent millions d’euros iraient au remboursement d'obligations détenues par la Banque Centrale Européenne (BCE) et d'autres institutions.

La commission européenne, elle, juge peu probable qu'un accord puisse être conclu avant la fin du mois d'août 2015 et estime qu'un nouveau prêt relais sera nécessaire.

Ces incertitudes contribuent à affaiblir le secteur bancaire grec, dont la recapitalisation probable aura pour effet de diluer la valeur des actions.

La bourse d'Athènes souffre aussi du maintien des mesures de contrôle des capitaux, qui visent à éviter des sorties massives d'euros du pays. Les particuliers ne peuvent par exemple effectuer aucun retrait de leurs comptes de dépôt dans le but d'acheter des actions.

Une source de l'autorité des marchés financiers grecs a déclaré que l'interdiction des ventes d'actions à découvert, censée expirer Lundi 3 Août 2015, serait prolongée.

Sur le front macro-économique, l'enquête mensuelle de l'institut Markit sur le secteur manufacturier, publiée Lundi 3 Août 2015, montre que l'activité industrielle a atteint en juillet 2015 son plus bas niveau historique avec l'effondrement des carnets de commandes, conséquence de trois semaines de fermeture totale des banques. Bruxelles estime que l'économie grecque devrait se contracter de deux pour cent à quatre pour cent pendant l’année 2015.

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3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 19:39

LES INDIGNES, PODEMOS ET L’UNITE POPULAIRE

L’histoire de Podemos est déjà longue.

L’analyse de la situation politique espagnole et de son évolution est difficile en raison de la censure totale des médias français et de la diffusion d’une propagande soviétique relative à cette situation.

Les médias français diffusent par exemple depuis des semaines la propagande du gouvernement Rajoy relative à la fin de la crise espagnole. Ils font l’amalgame entre les peuples et les banques espagnoles. C’est la fin de la crise pour les banques espagnoles, nous connaissons les raisons de cette situation, mais ce n’est pas du tout la fin de la crise pour les peuples espagnols.

Cette censure et cette propagande soviétique sont les causes d’une ignorance totale de la situation politique espagnole et d’une obligation de répétition de réponses élémentaires à des questions élémentaires.

Les principales dates de l’histoire de Podemos sont les suivantes.

L’histoire de Podemos commence par la naissance du mouvement des indignés, le mouvement du 15 mai 2011, comme on dit en Espagne.

Ce sont les premières questions. Le mouvement des indignés était un mouvement social. Posait-il, oui ou non, dès le premier jour, la question de son expression politique ? Podemos est-il le parti des indignés ? Podemos est-il, oui ou non, l’expression politique du mouvement des indignés ?

La démocratie réelle maintenant, la prise et l’exercice du pouvoir par le peuple et pour le peuple, l’intervention directe du peuple dans la gestion des affaires de l’état, le peuple contre la caste, on en arrive rapidement à la conquête de l’hégémonie et à Gramsci, au populisme et à Laclau.

En janvier 2014, c’est la fondation de Podemos. En mai 2014, Podemos présente des candidats aux élections européennes, ils ont un million deux cent mille voix et cinq députés européens.

En octobre 2014, c’est le congrès de fondation de Podemos, c’est le congrès de Vista Alegre. Les problèmes commencent. Il y a d’abord la discussion relative à la direction de Podemos. Faut-il un secrétaire général unique ou bien une direction collective et plusieurs co-présidents, co-secrétaires généraux ou bien co-porte-paroles ?

Mais l’arbre de la direction cache déjà la forêt des élections, ce n’est pas la question la plus importante.

La question la plus importante, c’est déjà la question de la préparation des élections régionales et municipales espagnoles de mai 2015. Il y a deux positions contradictoires. Il y a une position pour la présentation de candidatures de Podemos partout et il y a une position pour la présentation de candidatures unitaires partout.

Il n’y a pas de relation automatique et mécanique entre la question de la direction et la question des candidatures pour les élections. Les défenseurs de la direction collective, principalement les militants de l’ancienne organisation Izquierda Anticapitalista, prennent position pour la présentation de candidatures de Podemos partout, sous le drapeau de Podemos.

Finalement, Podemos décide la présentation de candidatures de Podemos aux élections régionales et la présentation de candidatures unitaires aux élections municipales.

Nous connaissons la suite. Les candidatures de Podemos aux élections régionales font en moyenne quinze pour cent des voix. Les candidatures unitaires aux élections municipales font en moyenne vingt-cinq pour cent des voix. C’est l’élection de la candidate de Barcelona en Comu à la mairie de Barcelone, de la candidate d’Ahora Madrid à la mairie de Madrid, du candidat de Zaragoza en Comun à la mairie de Saragosse, et ainsi de suite à Valence et à Cadix.

Les résultats de ces élections municipales changent totalement la situation politique espagnole.

En juillet 2015, de nombreux appels et de nombreuses plateformes font le bilan de la campagne victorieuse des élections municipales et demandent la présentation de candidatures d’unité populaire aux élections législatives de novembre 2015.

C’est le grand tournant. Au moment où Tsipras en Grèce abandonne le programme de Syriza, Iglesias en Espagne prend position contre les candidatures d’unité populaire aux élections législatives de novembre 2015.

Ce n’est pas la fin de l’histoire. Même si les candidatures de Podemos font seulement quinze pour cent des voix aux élections législatives de novembre 2015, ni le Parti Populaire ni le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE), les deux partis du bipartisme, ne seront majoritaires, il n’y aura pas de gouvernement du seul Parti Populaire ou bien du seul PSOE, les résultats des élections législatives ouvriront une période d’instabilité politique, ce sera une défaite du bipartisme et les résultats des élections législatives approfondiront la crise du bipartisme et des institutions de la transition.

Avant les élections législatives de novembre 2015, il y aura les élections régionales en Catalogne en septembre 2015. Les médias espagnols et français opposent à tort la question sociale et la question nationale, ils présentent Barcelona en Comu comme une organisation espagnoliste et anti indépendantiste et les résultats des élections municipales à Barcelone comme une défaite du nationalisme.

Rien n’est plus faux. Aux élections municipales à Barcelone, le PSOE faisait dix pour cent des voix, le Parti Populaire faisait neuf pour cent des voix, les deux partis du bipartisme faisaient à eux deux dix-neuf pour cent des voix, Ciudadanos faisait onze pour cent des voix, les trois plus importantes organisations de Catalogne sont indépendantistes et les résultats des élections régionales en Catalogne poseront la question de l’indépendance de la Catalogne.

Depuis les élections municipales de mai 2015, la centralité de la vie politique espagnole, comme dirait Iglesias, ce n’est plus Podemos, ce sont les candidatures d’unité populaire des mairies de Barcelone, de Madrid et des grandes villes d’Espagne.

Bernard Fischer

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2 août 2015 7 02 /08 /août /2015 18:56

GREXIT DE GAUCHE CONTRE GREXIT DE DROITE

Dans mon dernier message relatif à la Grèce, je faisais le bilan des cinq mois de négociations entre la troïka et la Grèce entre février 2015 et juin 2015.

Deux évènements exceptionnels et contradictoires provoquaient la fin de ces interminables négociations.

La victoire du non au référendum du 5 juillet 2015 était une victoire du peuple grec mais ce n’était pas la victoire finale. A l’inverse, la signature par l’actuel premier ministre grec de l’accord du 13 juillet 2015, par laquelle il franchissait lui-même ses propres lignes rouges pendant cinq mois de négociations, était une défaite du peuple grec, mais ce n’était pas non plus la défaite finale.

Nous connaissons déjà les premières conséquences économiques et politiques de ces deux évènements exceptionnels.

Il y a d’abord les conséquences économiques. Pendant un an, depuis le mois d’août 2014, longtemps avant la victoire de Syriza aux élections législatives du mois de janvier 2015, la troïka refusait le versement de la dernière tranche de sept milliards d’euros du deuxième mémorandum. Après la fin officielle du deuxième mémorandum en juin 2015 et la signature de l’accord du 13 juillet 2015, la troïka acceptait immédiatement le versement d’un prêt de sept milliards d’euros.

La Grèce devait en juillet 2015 le remboursement d’une échéance d’un prêt de cinq milliards d’euros à la Banque Centrale Européenne (BCE) et de deux milliards d’euros au Fonds Monétaire International (FMI). Le nouveau prêt de la troïka servait donc intégralement au remboursement des échéances des prêts de la BCE et du FMI du mois de juillet 2015. C’étaient des écritures comptables, le peuple et l’économie grecque n’en voyaient pas un centime.

Les conséquences politiques sont plus importantes. Les ministres de la plateforme de gauche de Syriza quittaient le gouvernement. Syriza n’a plus de majorité au parlement. L’augmentation de la TVA, la nouvelle baisse des retraites et l’instauration du nouveau fonds pour les privatisations de cinquante milliards d’euros, dans une situation dans laquelle la totalité des privatisations des deux premiers mémorandums rapportaient au total trois milliards d’euros, passaient au parlement par le vote des députés de la Nouvelle Démocratie et du Pasok. Le deuxième gouvernement Tsipras est un gouvernement d’union nationale de la majorité de Syriza, de la Nouvelle Démocratie et du Pasok. Cette situation ne durera pas longtemps.

La plateforme de gauche de Syriza fait des discours pour l’unité du parti. L’unité de Syriza est une unité virtuelle, exactement comme les négociations entre la troïka et la Grèce pendant cinq mois étaient des négociations virtuelles. Il y avait finalement une réunion du comité central de Syriza à la fin du mois de juillet 2015.

Il y aura un congrès extraordinaire de Syriza en septembre 2015. Il y aura une scission de Syriza entre la majorité et la plateforme de gauche, et le plus tôt sera le mieux.

Cette situation politique n’est pas stable. Il y aura une dissolution du parlement, de nouvelles élections législatives et la plateforme de gauche présentera des candidats contre les candidats de la majorité de Syriza.

Il y a une illusion selon laquelle il y a de nouvelles négociations entre la troïka et la Grèce pour la signature d’un troisième mémorandum. Les fonctionnaires de la troïka, le véritable nouveau gouvernement de la Grèce, sont à Athènes. Nous connaissons déjà la suite, le scenario du film. Il y aura des négociations pendant plusieurs semaines, la troïka demandera de nouvelles réformes réactionnaires, la majorité de Syriza fera des discours et puis après une nouvelle nuit blanche elle acceptera encore une fois le diktat de la troïka.

C’est la célèbre théorie sociale-démocrate du moindre mal. Une politique de droite faite par un gouvernement de gauche, ce serait un moindre mal par rapport à une politique de droite faite par un gouvernement de droite. Toute l’histoire prouve le contraire. Une politique de droite faite par un gouvernement de droite est une politique réactionnaire et une politique de droite faite par un gouvernement de gauche est généralement une politique encore plus réactionnaire.

La Grèce doit au mois d’août 2015 le remboursement d’une échéance de prêt de trois milliards d’euros à la BCE. La troïka fera un prêt de trois milliards d’euros pour le remboursement de l’échéance du prêt de la BCE, et ainsi de suite.

Quand la bobine du film arrivera à sa fin, on la passera une nouvelle fois. Il n’y a aucune solution de sortie de crise dans ces gesticulations économiques et politiques.

Il y a deux et seulement deux solutions économiques à moyen et à long terme.

Dans les deux cas, c’est le Grexit, la sortie de la Grèce de la zone euro. Il y a le Grexit de droite de Wolfgang Schaüble et de la fraction la plus réactionnaire de l’impérialisme allemand et il y a le Grexit de gauche de la plateforme de gauche de Panagiotis Lafazanis.

Bernard Fischer

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