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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 19:30

 

Le secrétaire américain à la défense se démarque de Donald Trump sur la question des médias (Reuters)

 

Le secrétaire américain à la défense, James Mattis, a pris ses distances Dimanche 19 Février 2017 avec les attaques répétées de Donald Trump contre les médias.

« J'ai vécu des périodes plutôt conflictuelles avec la presse. Mais non, la presse, pour ce qui me concerne, est un corps avec lequel nous devons traiter. Et je n'ai moi-même aucun problème avec la presse », a-t-il dit en marge d'un déplacement aux Emirats Arabes Unis.

Donald Trump a tenu Vendredi 17 Février 2017 une conférence de presse mouvementée durant laquelle il a poursuivi sur le registre de ses attaques contre « les médias malhonnêtes » avant de juger, dans un de ses nombreux tweets, que les « médias des fausses informations étaient l'ennemi du peuple américain », citant nommément le New York Times et les chaînes de télévision National Broadcasting Company (NBC), American Broadcasting Company (ABC), Columbia Broadcast System (CBS) et Cable News Network (CNN).

Invité Dimanche 19 Février 2017 sur NBC, le sénateur John Mac Cain, candidat républicain à la Maison Blanche en 2008, a pris la défense des médias, jugeant que vouloir museler la presse dénotait des tendances dictatoriales.

« Si nous voulons préserver la démocratie, telle que nous la connaissons, il faut une presse libre et souvent une presse d'opposition », a-t-il dit dans une interview accordée à l'émission Meet the Press.

 

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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 18:48

 

https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/150217/declaration-unitaire-propos-de-la-syrie

 

Déclaration unitaire à propos de la Syrie

 

Mercredi 15 Février 2017

 

La lutte pour une Syrie libre et démocratique n'est pas finie. La solidarité avec cette lutte est plus que jamais nécessaire

 

Premiers signataires

 

Centre d'études et d'initiatives de solidarité internationale (CEDETIM), Collectif Pour une Syrie Libre et Démocratique (CPSLD), Europe Ecologie Les Verts (EELV), Ensemble, Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), Union Syndicale Solidaire (USS).

 

Suite à la dramatique chute d'Alep, une propagande se développe qui vise à faire croire que la perspective d'une fin de guerre se dessine. Cela grâce au travail réalisé par la Russie de Vladimir Poutine et à un accord avec la Turquie et l'Iran. Les écrans de plusieurs télévisions françaises se sont ouverts à Bachar al-Assad pour qu'il se présente comme le vainqueur de ce long affrontement, donc devant être considéré comme un interlocuteur acceptable.

Militantes et militants de gauche et écologistes, associatifs et syndicalistes, par la présente déclaration nous voudrions dire ce qui, après la chute d'Alep, nous paraît être l’urgence d’une action unitaire, dans la durée, en solidarité avec le peuple syrien.

Après que le peuple syrien se soit soulevé massivement et pacifiquement contre la dictature féroce d'Hafez al Assad et de Bachar al Assad qui l'opprime depuis plus de quarante ans, ces dernières années ont été marquées par l’effroyable répression qui s'est abattue sur ce peuple. Des années de guerre, comme ce mot résonne tragiquement lorsqu'il évoque des moyens militaires déchaînés dans toute leur puissance contre une population et des forces de résistance sans réelles possibilités de faire face à une telle violence, ni même de s'en protéger. Des bombardements massifs, notamment aériens, l'utilisation des gaz, des sièges durant des mois, la famine et des villes rasées, une guerre qui a fait des centaines de milliers de morts, des dizaines de milliers d’emprisonnés et de torturés et des millions de déplacés.

Et cela sans que la communauté internationale oblige à ce que cela cesse.

Nous avons participé aux initiatives de solidarité qui ont jalonné ces années. Et nous avons tant regretté leur écho bien trop faible, mais aussi l'insuffisante mobilisation.

Nous avons déploré que, au sein de la gauche, des organisations syndicales et des organisations du mouvement démocratique et progressiste, ne résonne pas plus fortement l'exigence de se porter au secours du peuple syrien martyrisé. Plus grave, nous entendions trop de voix qui ajoutaient à la confusion et au désarroi, voire qui apportaient un soutien à peine voilé à Bachar al-Assad et à la politique de la Russie et de l'Iran, qui acquiesçaient aux veto systématiques de la Russie, de la Chine et d'autres parfois, pour bloquer au conseil de sécurité de l'Organisation des Nations Unies (ONU) toute résolution d'aide, ne serait-ce qu'humanitaire, au peuple syrien.

Que de honte au long de ces années, jusqu'à ces dernières semaines de l'année 2016, lorsque Alep est tombée.

Il faut que la tragédie d'Alep éclaire enfin sur ce qui se passe en Syrie, sur les devoirs à l'égard du peuple syrien et de sa révolution.

Rappelons-le encore et encore, en 2014 ce sont les différents groupes révolutionnaires qui, seuls, ont infligé une vraie défaite à l'Etat Islamique en le chassant d'Alep. Alors qu'auparavant Bachar al-Assad avait sorti de prison une bonne partie de ceux qui allaient créer ce même Etat Islamique en Syrie.

La destruction d'une ville multiséculaire, les souffrances infligées à ses habitants et la contrainte qui leur est faite d'abandonner leur cité et d'aller grossir le flot des réfugiés, c'est cela que le régime syrien et ses alliés appellent la libération d'Alep, Alep débarrassée d'une grande partie de sa population, Alep humiliée et Alep enterrant ses espoirs de liberté dans ses décombres.

Qui peut encore dire qu'on ne sait pas ce qui se passe et qu'on ne comprend rien à ce qui se joue en Syrie ?

Nous connaissons l'ampleur de la catastrophe.

Nous comprenons ce qui se joue, la détermination d'une clique dictatoriale qui pour sauver son pouvoir massacre le peuple et détruit le pays. Et qui pour cela reçoit l'aide de régimes qui pensent ainsi garantir leurs intérêts dans la région et leur grandeur internationale. Avec la complicité active ou tacite des puissances occidentales, qui ont tout brouillé par leurs interventionnismes militaires, qui ont sacrifié le respect des droits humains à la lutte contre le terrorisme et qui pour la plupart se concentrent sur le rejet sans pitié des réfugiés. Au final, ne considèrent-elles pas la catastrophe actuelle comme le prix inévitable que doit payer un peuple qui a engagé une telle révolution ?

Après Alep, plus que jamais l'heure est à renforcer la mobilisation internationale en solidarité avec le peuple syrien. Cette solidarité n’est pas exclusive et s’inscrit dans l’exigence du droit de chaque peuple à choisir son avenir.

Vladimir Poutine veut faire croire que la question est réglée. Elaborée avec l'Iran et la Turquie, sa prétendue solution de paix se fait sur le dos des peuples, le peuple syrien, mais aussi le peuple kurde.

Son vrai plan est de poursuivre le sale travail contre-révolutionnaire qui n'est pas achevé. Après Alep, c'est Idleb qui est menacé d'écrasement, ainsi que les autres foyers où la résistance survit.

Il faut que toutes les forces, associations, syndicats et organisations politiques, qui se disent de gauche, démocratiques, progressistes, révolutionnaires ou simplement humanistes s'engagent à agir en commun pour empêcher de nouveaux massacres.

Et pour expliquer sans relâche à nos concitoyens que la prétendue solution politique que Vladimir Poutine se croit en capacité d’imposer n'en est pas une. Accepter que Bachar al-Assad reste au pouvoir, ce serait accepter que tout un peuple puisse être impunément massacré et subisse l’écrasement de ses droits, de ses espoirs et de son avenir.

Ce serait accepter que soient bafouées les valeurs de justice, de liberté et de dignité qui font l'humanité.

La lutte pour une Syrie libre et démocratique n'est pas finie.

La solidarité avec cette lutte est plus que jamais nécessaire.

Nous en appelons à toutes les forces qui se revendiquent des valeurs de progrès à surmonter passivité et confusion, pour donner force à cette nécessaire mobilisation dans la durée.

 

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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 18:17

 

Benoît Hamon et Jean Luc Mélenchon au bord de la rupture (Reuters)

 

La perspective d'une alliance des gauches entre Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon pour le premier tour des élections présidentielles s'éloigne à l'issue d'un week-end marqué par une brusque glaciation entre le candidat socialiste et le leader du mouvement de la France Insoumise.

Les deux hommes avaient engagé un dialogue tardif Vendredi 17 Février 2017 au téléphone avec la promesse d'une rencontre prochaine, mais les prémices d'une rupture sont vite apparues.

Vendredi 17 Février 2017, Jean-Luc Mélenchon avait provoqué le vainqueur des élections primaires de la Belle Alliance Populaire en prévenant sur BFM Télévision qu'il n'entendait pas s’accrocher à un corbillard, en l'occurrence le Parti Socialiste.

Puis Samedi 18 Février 2017, dans un billet diffusé sur Facebook, l'ancien ministre de Lionel Jospin s'insurgeait contre le projet confié par Benoît Hamon à l'économiste Thomas Piketty d'un parlement de la zone euro.

« La monnaie unique comme identité et projet européen, étrange invention technocratique, ce projet ressort tout droit des vieux cartons du Parti Socialiste. On le croyait abandonné dans le siècle dernier », écrit-il notamment.

« Est-ce une façon de créer un problème insurmontable entre nous en 2017? Alors autant s'épargner les simagrées unitaires actuelles », ajoute-t-il.

En déplacement Samedi 18 Février 2017 à Lisbonne, où le gouvernement socialiste d'Antonio Costa est soutenu par la gauche radicale et les communistes, Benoît Hamon a répliqué aux déclarations assez brutales du candidat d'extrême gauche.

« Je ne courrai pas après Jean-Luc Mélenchon, je ne cours après personne et je n'oblige personne », a-t-il lancé devant la presse, s'estimant le mieux placé pour faire gagner la gauche aux élections présidentielles.

Dimanche 19 Février 2017, au Grand Jury de Radio Télévision Luxembourg (RTL), du Figaro et de La Chaîne Info (LCI), l'ancien ministre de l’éducation s'est efforcé d'apaiser le climat tout en marquant sa détermination, tenace et têtu.

« Moi, ma priorité, elle ne consiste pas à d'abord parler aux appareils, même si je les respecte », a-t-il dit.

« Nous ne pouvons pas nous permettre aujourd'hui d'assister passifs à un second tour entre la droite, qui est une droite dure, et l'extrême droite. Je respecte les egos, ils existent, j'en ai moi-même un. Ce que je veux, c'est rassembler les électeurs, les hommes et les femmes. Et si la dynamique se confirme, vous verrez, elle parviendra à vaincre bien des réticences », a-t-il estimé.

Jean-Luc Mélenchon, a-t-il poursuivi, pose des conditions fortes. « C'est vrai que si on fait du covoiturage et qu'on décide que l'on conduit, la couleur des sièges, et que les autres descendent au premier feu, cela marche rarement le covoiturage dans ces conditions-là. Je dois me placer au-dessus de cela ».

Réplique du candidat du mouvement de la France Insoumise, qui présentait Dimanche 19 Février 2017 le chiffrage de son programme économique, « c’est consternant. J'apprends que j'aurais fermé la porte. Mais c'est quand même moi qui ai fait le pas », a-t-il dit sur BFM Télévision et LCI.

« Je ne vais pas passer ma vie là-dessus. Je ne suis pas un amoureux éconduit. Je ne suis pas en train de faire le congrès du Parti Socialiste, mon problème, ce n'est pas la synthèse foireuse à deux heures du matin avec des points et des virgules », a-t-il ajouté.

 

 

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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 17:49

 

http://www.elmundo.es/cataluna/2017/02/18/58a86e7346163f01498b45f4.html

 

Sous le slogan « nous voulons accueillir », plus de cent cinquante mille personnes exigent une plus grande implication dans l'accueil des réfugiés à Barcelone
 

Toutes les formations catalanes sauf le Parti Populaire Catalan (PPC) ont exprimé leur soutien
 

Par German Gonzalez
 

Samedi 18 Février 2017
 

Le centre de Barcelone a débordé de manifestants qui voulaient protester contre le manque d'implication du gouvernement dans l'accueil des réfugiés arrivant en Europe en fuyant les zones de conflit. Les organisations et les partis ont utilisé la protestation pour exiger du gouvernement de remplir son engagement d’accueillir dix sept mille réfugiés en accord avec l'Union Européenne et pour la rupture des accords qui obligent les réfugiés à rester dans les pays voisins, comme la Turquie. Ils ont également dénoncé les milliers de migrants morts en Méditerranée et la tragédie humanitaire dans les camps de réfugiés.

En outre, les revendications souverainistes ont trouvé leur place dans la démonstration qui a vu de nombreux drapeaux catalans avec la participation majoritaire des partis indépendantistes, ainsi que les références à un « état propre pour être plus solidaire et pouvoir accueillir » des représentants de l’Omnium Culturel et de la Candidature d’Unité Populaire (CUP). Précisément, la députée de cette formation, Gabriela Serra, a accusé le gouvernement catalan et la mairie de Barcelone de se cacher derrière la « négligence » du gouvernement en matière de politique d’accueil.

Le député d’Esquerra Republicana de Catalunya (ERC), Gabriel Ruffian, a souligné que la Catalogne « sera un pays ouvert à tous ou ne sera pas », alors que la présidente du parlement catalan, Carme Forcadell, a dénoncé la « politique désastreuse de l’Union Européenne » contre les personnes qui fuient les conflits et que le porte-parole du gouvernement catalan, Neus Munté, a rappelé que « nous sommes coordonnés, préparés et mobilisés pour accueillir les réfugiés ». Le leader du Parti Socialiste Catalan (PSC), Miquel Iceta, a dit qu'il s’agissait d’une « manifestation civique », il a appelé à un changement dans les politiques des institutions européennes et il a dit que « la crise actuelle n’est pas innocente et qu’elle a été causée par la présence des pays occidentaux au Moyen-Orient ».

Pendant ce temps, Ciudadanos a regretté la tentative d'exploiter la manifestation des réfugiés pour alimenter le débat séparatiste. La députée Sonia Sierra a rappelé que la manifestation était « pour soutenir l'accueil des réfugiés et pour exiger l’application des traités internationaux » et elle a souligné que « le gouvernement a promis d'accepter dix sept mille réfugiés et qu’il viole cet engagement parce que jusqu'à présent il en a seulement accepté neuf cent ». C’est la raison pour laquelle elle a réclamé « l’accélération du processus d’accueil ».

Plus de cent cinquante mille personnes ont participé à cette marche sous le slogan « nous voulons accueillir », organisée par la campagne « Notre Maison, Votre Maison ». Précisément, l'afflux massif de personnes principalement au cours du passage de la manifestation par la rue Laietana a ralenti la progression de la manifestation. On pouvait lire sur les pancartes, « Catalogne, terre d'accueil » ou bien « assez d'excuses, nous voulons accueillir maintenant ». De nombreuses organisations de solidarité ont également participé à la manifestation.

La protestation a pris fin avec une action de la compagnie de théâtre de la Fura dels Baus dans laquelle intervient le Barcelona Gipsy Balkan Orchestra qui présente le témoignage d’une réfugiée syrienne et d’une autre réfugiée de la guerre des Balkans. Le manifeste de la campagne « Notre Maison, Votre Maison » a déjà obtenu plus de soixante huit mille signatures de soutien.

 

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18 février 2017 6 18 /02 /février /2017 19:18

 

http://www.clubpolitiquebastille.org/spip.php?article183&var_hasard=54923429358a083e713837

 

Réunion Débat Samedi 25 Février 2017 à 14 heures 30

 

Librairie de l'EDMP 8 impasse Crozatier 75 012 Paris Métro Gare de Lyon

 

La Syrie veut la liberté, avec Fadwa Souleimane et Laure Jinquot

 

Fadwa Souleimane est poète et comédienne révolutionnaire syrienne, contrainte à l’exil en 2012. Elle impulse le mouvement populaire syrien Nasskoune.

 

Laure Jinquot est une militante politique et syndicale qui, notamment, intervient dans son syndicat en soutien à la révolution syrienne et participe au Collectif Avec la Révolution Syrienne (CARS), collectif regroupant des organisations syndicales, politiques et associatives qui soutiennent la révolution syrienne.

 

Il y a six ans, dans le cadre des soulèvements populaires au Proche Orient et au Moyen-Orient, le peuple syrien descendait massivement dans les rues pour demander la liberté et la chute du régime de Bachar al Assad.

La première manifestation populaire a vu le jour à Deraa le 18 mars 2011. Puis, petit à petit, les quartiers et villes se sont soulevées à travers tout le pays, avec des spécificités locales. A Damas et à Homs notamment, où Fadwa Souleimane a milité, comment s’organisaient les manifestations et la vie civile ? Quels sont, en plus de la répression, les problèmes politiques auxquels le peuple syrien s’est alors trouvé confronté ?

Pacifique à ses débuts, la révolution syrienne s’est militarisée et la contre-révolution s’est internationalisée. Comment ont évolué les rapports de forces sur le terrain ? Quels sont les rôles des différentes forces contre-révolutionnaires, Bachar al Assad et ses alliés directs, la Russie, l'Iran et le Hezbollah libanais, les puissances régionales, la Turquie, l'Arabie Saoudite et le Qatar, et les grandes puissances impérialistes comme les États-Unis et la France ? Quel est le rôle de l’Organisation des Nations Unies (ONU) ?

Et aujourd’hui, quelle est la situation pour la résistance populaire syrienne ?

Quels sont les enjeux internationaux de la solidarité avec le peuple syrien ?

En France notamment, quelles sont les difficultés auxquelles nous avons été confrontés et quels sont encore les obstacles pour organiser la solidarité avec le peuple syrien ?

 

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18 février 2017 6 18 /02 /février /2017 19:03

 

https://blogs.mediapart.fr/edition/les-mots-en-campagne/article/160217/police-republicaine-et-quartiers-populaires-l-etat-d-exception-permanent

 

Police républicaine et quartiers populaires, l’état d’exception permanent

 

Par Olivier Le Cour Grandmaison

 

Jeudi 16 Février 2017

 

A la mémoire de Rémi Fraisse, d’Adama Traoré et de toutes les victimes des violences policières

 

Après avoir rendu visite à Théo Luhaka, victime de terribles violences policières, le fantomatique chef de l'état s’est rendu à Aubervilliers. Pendant ce temps, son ministre de l'intérieur, Bruno Le Roux, défendait à l'assemblée nationale un projet de loi destiné à assouplir les règles relatives à l’usage des armes à feu par les policiers et à doubler la peine encourue en cas d’outrage, un an de prison désormais.

L’extrême droite d’abord, Nicolas Sarkozy hier, les Républicains aujourd'hui et les syndicats professionnels les plus virulents, qui défendent ces mesures depuis longtemps, obtiennent ainsi gain de cause. Admirable répartition des tâches doivent penser conseillers en communication et autres béni-oui-oui du gouvernement et de la majorité socialiste. C'est une sordide mise en scène. A elle seule, elle résume la duplicité de l’exécutif et de sa majorité, leur pusillanimité remarquable et, plus généralement, la faillite spectaculaire d’un quinquennat crépusculaire. Commencé sous le signe du changement, il s’achève par le naufrage inédit du président et de ses fidèles et par de nouvelles concessions sécuritaires faites à la réaction.

D’un côté, la compassion affichée avec complaisance, mais qui n’engage à rien. De l’autre, ces dispositions qui renforcent l’impunité des policiers, laquelle est souvent confirmée par une justice dont la mansuétude est hélas bien connue et parfois condamnée par la Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH). Impunité garantie par la loi et légitimée par les impératifs supposés de la défense du « pacte républicain qui nous unit tous », a osé déclarer, Mardi 7 Février 2017, le ministre de l'intérieur à l'assemblée nationale. Relativement aux revendications des policiers, l’actuel pouvoir leur a tout accordé alors qu’il a fait preuve d’une détermination sans faille pour faire adopter la loi travail et réprimer ceux qui la contestaient. Les premiers étaient farouchement opposés aux récépissés lors des contrôles d’identité. La promesse du candidat François Hollande fut abandonnée dès qu’il devint président. Il y a peu, bravant l’état d’urgence et sans avoir déclaré leur rassemblement au préalable, de nombreux fonctionnaires de police se sont réunis en uniforme et parfois avec leur véhicule de service à proximité de la place Beauvau. Ce sont de nouvelles reculades.

Elles éclairent les dangereuses compromissions présentes et révèlent que le chef de l'état, le rogue premier ministre d’hier, Manuel Valls, et celui d’aujourd’hui, Bernard Cazeneuve, réputé courageux, forts, et responsables, ont fait preuve d’une couardise confondante face à ces manifestants et aux forces politiques qui les soutiennent. En petit héritier de Jules Moch, le ministre de l'intérieur se fait le messager docile des syndicats de police. Le gouvernement légitime ainsi les positions de ses plus farouches adversaires, ceux-là mêmes qu’il prétend combattre. Pis encore, le projet de loi défendu par l’exécutif crée les conditions juridiques et politiques de la réitération dramatique des bavures et des procédures expéditives pour outrage. En 2006, déjà, le Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité (CNDS), aujourd’hui disparue, critiquait l’inflation de telles procédures engagées de « manière trop systématiques par les personnels des forces de l’ordre ». Aux démagogues toujours plus nombreux qui pérorent sur le laxisme prétendue de la justice, rappelons que les auteurs de ces délits sont condamnés dans quatre vingt dix neuf pour cent des cas, selon le député socialiste Pouria Amirshahi. Le même précise que le délit d’outrage a été supprimé au Royaume-Uni, en Italie, aux Etats-Unis et en Argentine, notamment. Dans la douce France républicaine présidée par François Hollande, la peine prévue est donc aggravée. C'est admirable.

A droite comme à gauche, beaucoup ne voient dans les violences parfois mortelles infligées par des policiers aux jeunes français comme aux jeunes étrangers, noirs et maghrébins, des quartiers populaires que des manquements regrettables, selon la terminologie délicate employée dans ces circonstances. Sans le savoir, ils pratiquent l’art subtil de la vaccine.

Cet art consiste à « confesser le mal accidentel d’une institution », ici la police, pour « mieux masquer le mal principiel » qui l’affecte lorsque les forces de l’ordre agissent dans lesdits quartiers.

Passé les frontières intérieures, qui structurent le territoire national en espaces hétérogènes et ségrégués sur le plan économique, social, urbain, financier et ethnique, la police, qualifiée de républicaine, tend à se faire police d’exception. Au mépris du droit et des règles déontologiques, c’est elle, en effet, qui multiplie les contrôles au faciès, humilie, rudoie, tutoie et inflige aux héritiers de l’immigration coloniale et post-coloniale des violences symboliques et physiques presque permanentes. Certainement encouragées en haut lieu, couvertes dans tous les cas, ces pratiques témoignent de l’existence de discriminations racistes et institutionnelles qui affectent gravement la vie quotidienne des jeunes visés.

A l’attention de celles et ceux qui considèrent qu’il s’agit d’exagérations sans fondement, rappelons que ces faits sont depuis longtemps établis par une étude, conduite en 2010, par l'agence des droits fondamentaux de l’Union Européenne. Ses conclusions sont accablantes pour la France. Le taux de fréquence des contrôles d’identité visant les personnes originaires d’Afrique du Nord ou d’Afrique subsaharienne est l’un des plus élevés. Il y a peu cette situation a été confirmée par la Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme (CNCDH) et par le défenseur des droits, Jacques Toubon. Dans tous les cas, le gouvernement et sa majorité ont répondu par une indifférence méprisante.

Plus encore, l’ensemble de ces pratiques porte atteinte à un droit fondamental, celui d’aller et venir librement, l’un des objectifs des policiers étant d’assigner de facto les jeunes visés aux quartiers qu’ils habitent en leur signifiant qu’ils ne peuvent se déplacer seul ou en groupe sans s’exposer aux contrôles et aux humiliations que l’on sait.

Les pouvoirs de la police sont exorbitants. La police impose ainsi un état d’exception quasi permanent à ceux qui sont considérés comme appartenant aux nouvelles classes pauvres et dangereuses du vingt et unième siècle, cette plèbe jugée méprisable qu’il faut mater et maintenir à sa place, c’est-à-dire au plus bas. Il n'y a rien de nouveau, hélas, sous la glorieuse bannière tricolore de la république française.

S’ils vivaient dans l'hexagone en tant qu’immigrés, les grands-parents, les parents et les proches, des jeunes noirs et maghrébins, français ou étrangers, des quartiers populaires, furent soumis eux aussi à des discriminations systémiques et aux violences parfois extrêmes des forces de l’ordre. Etait-elle républicaine la police qui a tué par balles six français musulmans d’Algérie lors de la manifestation du 14 juillet 1953 au cours de laquelle défilaient des militants du Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques (MTLD) ? Etait-elle républicaine la police qui, le 17 octobre 1961, a massacré des centaines d'algériens rassemblés pacifiquement pour protester contre le couvre-feu raciste qui leur était imposé par le préfet de police Maurice Papon avec l’aval du gouvernement et du premier ministre Michel Debré ?

Etait-elle républicaine la police qui, à la même époque, torturait et exécutait parfois sommairement ceux qu’elle soupçonnait d’appartenir au Front de Libération Nationale (FLN) algérien ? Police d’exception ou bande d’hommes armés au service d’un état d’exception établi dans les faits ou par la grâce de dispositions exorbitantes du droit commun, les origines coloniales des pratiques actuelles des forces de l’ordre ne font aucun doute et ceux qui trouvent que bamboula est une expression acceptable en font la démonstration exemplaire.

Au chœur ronflant, parfois vociférant, des responsables de droite comme de gauche qui répètent, à chaque incident survenu dans les quartiers populaires, que la république et la police doivent être respectées, il faut répondre qu'elles commencent par être respectables.

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18 février 2017 6 18 /02 /février /2017 18:21

 

LUTTE OUVRIERE LE NPA ET L ISLAMOPHOBIE

 

Il y avait encore récemment une discussion politique entre Lutte Ouvrière et le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) relative à la question de l’islamophobie.

Cette discussion est répétitive. D’un certain point de vue, c’est toujours la même discussion au moins depuis 1989, depuis vingt huit ans, depuis l’apparition de la première affaire du voile à Creil.

Une forte minorité sinon une majorité des militants et des organisations de la gauche et de l’extrême gauche française exprime et défend une position de négation de l’islamophobie et c’est précisément une forme d’expression majeure de la crise de la gauche et de l’extrême gauche française.

Vous trouverez simplement ci-dessous la conclusion d’un très long message de quatre militants du NPA, Julien Salingue, Christine Poupin, Ugo Palheta et Selma Oumari.

Les lecteurs de mon blog personnel le comprendront facilement, si j’étais militant du NPA, je serais signataire de ce message.

Le message des quatre militants du NPA est disponible si vous consultez le site internet national du NPA à l’adresse ci-dessous.

Bernard Fischer

 

https://npa2009.org/idees/antiracisme/combat-contre-lislamophobie-quand-lutte-ouvriere-inverse-la-hierarchie-des-normes

 

LUTTE OUVRIERE LE NPA ET L ISLAMOPHOBIE

 

Nous pourrions nous contenter, pour clore cette réponse, de noter que l’article de Lutte Ouvrière a recueilli l’accueil enthousiaste de Caroline Fourest et de Gilles Clavreul, soutiens de Manuel Valls et défenseurs d’une vision intégriste de la laïcité, clairement tournée contre les musulmans, mais aussi de Natacha Polony, une figure de la pensée néo-conservatrice. Évidemment, nous avons les amis et les ennemis que nous méritons. Mais l’essentiel n’est pas là. Il est dans au moins trois divergences importantes entre nos deux organisations.

La première divergence concerne l’islamophobie elle-même. Contrairement à ce qu’écrit Lutte Ouvrière au début de son article, l’islamophobie va bien au-delà d’une simple illusion, diversion ou écran de fumée. D’ailleurs, comme le rappelle Pierre Tevanian, « pour tous ceux qui ne sont pas enfumés et qui ne se la prennent pas dans la gueule cette fumée, cela a pour seul effet de les empêcher de voir une partie de la réalité. Mais pour ceux qui se la prennent en pleine face cette fumée, elle est dangereuse et toxique, pour les filles voilées, pour leurs familles et pour les musulmans en général. Cette loi n’a pas seulement pour effet de réduire leur champ de vision, mais de réduire leur champ de vie, de les virer de l’école, de les déscolariser, de les désocialiser, de les humilier et de les brutaliser à un âge où on est fragile. S’il y a écran de fumée, n’oublions pas aussi qu’il étouffe et qu'il empoisonne une partie de la population ».

Avant de faire diversion ou de diviser, l’islamophobie constitue donc une oppression et c’est d’abord en tant qu’oppression qu’elle doit être combattue, parce qu’elle a des conséquences immédiates, matérielles, idéologiques et psychologiques, pour la vie de millions de personnes, en France et ailleurs, dont la grande majorité appartiennent aux classes populaires. C’est d’ailleurs parce qu’elle n’est pas un simple écran de fumée, mais une oppression suscitant et reproduisant des divisions réelles au sein des classes populaires, qu’elle peut jouer actuellement un rôle si central dans les stratégies de la classe dirigeante française. Depuis une quinzaine d’années, c’est ainsi sur le dos des musulmans, mais aussi des immigrés, donc sur le terrain identitaire et raciste, que les gouvernements successifs ont cherché à obtenir le consentement d’une partie au moins des travailleurs/ses à l’ordre capitaliste, là où, sur le terrain social, les travailleurs restent massivement opposées à la purge néolibérale et aux politiques d’austérité.

Une deuxième divergence concerne le rapport aux premiers concernés par cette oppression. L’offensive de l’été dernier autour du burkini a constitué de ce point de vue une leçon de choses. Ce sont toujours aux femmes qu’on impose des injonctions vestimentaires, dans un sens ou dans un autre. Or ces injonctions participent de l’oppression des femmes et du contrôle que certains tentent de s’arroger sur leurs corps. C’est pourquoi, au mois d'août 2016, en manifestant sur la plage de Port-Leucate contre la décision municipale d’interdire sur les plages le port du burkini, décision qui a d’ailleurs été retoquée par le conseil d'état, nous chantions « trop couvertes ou pas assez, c'est aux femmes de décider ». Pour le dire autrement, à l'instar de la quasi-totalité des mouvements féministes dans les pays majoritairement musulmans, mouvements parfois de masse que Lutte Ouvrière choisit de superbement ignorer, nous sommes tout aussi opposés à ceux qui veulent imposer à une femme de porter tel ou tel vêtement qu’à ceux qui veulent lui imposer de le retirer.

Plus largement, nous considérons que l’auto-organisation n’est pas un slogan pour les jours de fête. Les militants anticapitalistes et révolutionnaires n’ont pas à sermonner de manière paternaliste les opprimés sur la meilleure manière de mener leurs luttes. Ces derniers n’ont d’ailleurs pas attendu Lutte Ouvrière pour défendre leurs intérêts et ils auraient pu attendre longtemps, tant, comme nous l'avons vu, Lutte Ouvrière se montre davantage soucieuse de dénoncer la lutte contre l’islamophobie que d’y contribuer. Ce que nous pouvons, en tant que militants et en tant qu’organisation, c’est de nous faire les meilleurs alliés des luttes que mènent les opprimés, en popularisant leurs mots d’ordre, revendications et propositions, quand ils nous paraissent aller dans le sens d’une politique d’émancipation et des intérêts fondamentaux de notre camp social.

C’est seulement en participant à des fronts communs et en menant des batailles communes que nous pourrons convaincre que, pour en finir réellement avec les oppressions, il faudra bâtir une unité de classe et abattre le pouvoir capitaliste par des moyens révolutionnaires. Or, dans ce combat pour l’émancipation du genre humain, ce qui compte ce n’est pas l’opinion des exploités et des opprimés sur dieu, le salut ou l’origine du monde. Comme l’affirmait Vladimir Lénine, « l'unité de cette lutte réellement révolutionnaire de la classe opprimée combattant pour se créer un paradis sur la terre nous importe plus que l'unité d'opinion des prolétaires sur le paradis du ciel ».

Une troisième divergence tient, enfin, dans la conception de la politique pour une organisation révolutionnaire. Comme l’illustre sa campagne pour le premier tour des élections présidentielles, Lutte Ouvrière se caractérise plus que jamais par une vision très étroite de la lutte politique, réduite en bonne partie aux conflits sur les lieux de travail, à la défense d’un programme d’urgence composés de revendications indispensables mais strictement économiques, augmentation des salaires et interdiction des licenciements, et à une propagande abstraite pour le communisme, dont Lutte Ouvrière ne dit à vrai dire pas grand-chose si nous y prêtons attention. Comme nous l’avons écrit plus haut, ce réductionnisme économique est à mille lieues de la pratique politique qui fut celle de Karl Marx, de Vladimir Lénine, de Léon Trotsky et de Rosa Luxemburg. Si une organisation à prétention révolutionnaire se complaît dans une posture de gardienne du dogme et dans une routine essentiellement destinée à s’auto-reproduire, se montrant dès lors incapable de contribuer activement aux batailles politiques menées actuellement contre l’islamophobie, l’état d’urgence ou les guerres impérialistes, quelle peut être son utilité pour modifier réellement le rapport de forces en faveur des exploités et des opprimés ?

 

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18 février 2017 6 18 /02 /février /2017 17:38

 

http://www.melenchon.fr/2017/02/17/jean-luc-melenchon-propose-rendez-vous-benoit-hamon

 

Jean-Luc Mélenchon propose un rendez-vous à Benoît Hamon

 

Vendredi 17 février 2017

 

À Strasbourg, voir la vidéo du discours, j’ai proposé à Benoît Hamon un rendez vous la semaine prochaine. Mon intention est de faire cesser la partie de cache-cache qui dure depuis son investiture. Dès le lendemain, il a pris contact, enfin. Je lui parlerai aujourd’hui. Pour faciliter la conversation et lui donner un cadre clair, j’ai résumé ma position dans une lettre. Dans la mesure où a immédiatement commencé une communication qui n’est pas de mon fait, je publie cette lettre ici pour que nul ne l’ignore. Je ne pratiquerai aucune diplomatie secrète. Je n’ai rien à marchander. Mon souhait est que Benoît Hamon continue a se rapprocher de nos positions et qu’il rompe pour de bon avec le système du Parti Socialiste et du gouvernement.

Pour discuter, je demande des garanties. Sinon mieux vaut en rester là. Car à soixante dix jours du premier tour des élections présidentielles, ma priorité est à la diffusion du programme de l'avenir en commun pour convaincre et entraîner.

 

Bonjour Benoît Hamon,

 

Lors de mon meeting à Strasbourg, j’ai pris l’initiative de te proposer publiquement une rencontre. J’ai proposé la fin de la semaine prochaine compte tenu des rudes obligations de mon calendrier. Tu avais dit que tu me contacterais dès ton investiture. Mais tu n’en as pas eu le temps. Il en résultait un harcèlement de questions exclusivement sur ce thème de la part des médias et il devenait difficile de s’épargner le ridicule d’une situation qui semblait bloquée. Or, elle ne l’est pas de mon fait. J’ai rencontré avec grand plaisir Yannick Jadot à Strasbourg et je te verrai de même. Demain nous allons échanger une première fois, de vive voix.

Pour faciliter notre échange, je voudrai résumer ici ce que j’ai dit sur le sujet à Strasbourg et au cours de divers entretiens.

Ton investiture a exprimé un net désaveu de la politique du quinquennat. Non seulement du point de vue de ton programme mais aussi du fait de la rude sanction qu’a subie le premier ministre emblématique de cette période qu’est Manuel Valls. À présent tu proposes une convergence de nos forces dans les élections présidentielles et dans les élections législatives.

Je ne crois pas un instant qu’elles puissent s’ajouter sans que de très sérieuses garanties ait été données. Au contraire, des accords d’appareils pourraient bien, hélas, démoraliser et désorganiser ce qui a été rassemblé de part et d’autre.

Voyons ce que nous pouvons faire d’utile. Nous sommes bien d’accord que les élections présidentielles et les élections législatives sont étroitement liées. Dans ces conditions parlons-nous avec sérieux, sincérité et loyauté à l’égard de notre peuple pour éclairer la décision et le choix qu’il va faire.

Tu as dit que tu ne faisais aucun préalable même de ta propre candidature. C’est une attitude positive. Mais tu as aussi déclaré qu’en toute hypothèse il y aura un bulletin de vote à ton nom le Dimanche 23 Avril 2017. Que devons-nous retenir ? Nous proposes-tu une candidature unique au premier tour des élections présidentielles ?

En toute hypothèse, il s’agit d’être prêt à convaincre à entraîner et à gouverner. Cela nécessite confiance et cohérence. Sans que cela soit attaché à ta personne ni à ton talent, il est évident que dans les sondages ta candidature reste à un niveau extrêmement bas par rapport aux scores traditionnels du Parti Socialiste. C’est cela le bilan de ce quinquennat. Le Parti Socialiste dont tu es le candidat n’est plus en mesure de fédérer les français. Tout est à reconstruire dans notre pays.

Veux-tu t’atteler à cette tâche ? Un accord à l’ancienne ne le pourra jamais. D’autant que le quinquennat de François Hollande a montré quel usage un candidat du Parti Socialiste pouvait faire de ses engagements les plus solennels. Je te fais de bon cœur crédit de ta bonne foi. Mais nous ne pouvons avoir la naïveté de te croire sur parole alors même que tu es et que tu reste le candidat d’un parti et d’élus majoritairement hostiles à l’orientation que tu défends. Il est donc légitime et honnête que nous te demandions des garanties politiques précises sur ton engagement à rompre avec le quinquennat et son bilan.

Comment sans cela parler de quoi que ce soit avec confiance ?

La première garantie concerne le périmètre de la convergence. Nous ne voulons aucun accord ni aux élections présidentielles ni aux élections législatives avec Emmanuel Macron et son mouvement. Pour nous, ce que nous connaissons du programme d’Emmanuel Macron est purement et simplement la poursuite ou le durcissement de la politique mise en œuvre par François Hollande.

La seconde garantie concerne ta propre volonté d’assumer la rupture avec la politique du quinquennat et donc l’engagement clair à en abolir les mesures emblématique c’est-à-dire essentiellement la loi travail, le Crédit d'Impôt pour la Compétitivité et l'Emploi (CICE) et l’état d’urgence permanent. Cela se traduira par la mise à l’écart des prochaines élections notamment des ministres du gouvernement qui a imposé cette loi travail à coup de quarante neuvième article de la constitution.

Mais nous croyons qu’à la rupture doit s’ajouter une volonté positive d’ouvrir un nouveau chapitre de l’histoire de notre pays. Notre programme comporte trois cent cinquante sept mesures.

Nous le mettons à la disposition de la discussion. Mais nous croyons que l’essentiel de l’esprit qu’il incarne, en lien avec les enseignements de l’alter mondialisme, est à la base du contrat à nouer avec notre peuple.

Compte tenu de ce que nous t’avons entendu dire, nous croyons qu’il t’est possible de t’avancer largement vers ces positions quitte à ce que ceux qui te combattront de toute façon dans ton parti prennent leur distance.

Nous demandons la garantie de tourner la page de la monarchie présidentielle avec la convocation d’une assemblée constituante dans les trois premiers mois de la nouvelle mandature.

Nous demandons la garantie d’ouvrir le chapitre d’un cycle vertueux du partage de la richesse. Je suppose que nous sommes d’accord sur l’augmentation du Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance (SMIC) et des minima sociaux. Mais il faut ouvrir de nouveaux horizons de progrès social avec l’échelle des salaires limitée de un à vingt, l’instauration de la sécurité sociale intégrale et au minimum le retour aux trente cinq heures réelles comme à la retraite à soixante ans avec quarante annuités.

Nous demandons la garantie du changement de la matrice productive du pays avec la sortie du nucléaire et le passage au cent pour cent d’énergies renouvelables.

Nous demandons la garantie de la récupération de l’autonomie économique de notre pays avec l’annonce du retrait de la signature de la France du Comprehensive Economic and Trade Agreement (CETA) et avec l'organisation de la consultation du peuple sur cet accord.

Nous demandons la garantie de l'arrêt immédiat de l’application des directives européennes mettant en cause les services publics de notre pays et le passage au plan B en cas d’échec des discussions avec nos partenaires européens pour mettre fin à la politique des traités budgétaires et des semestres européens.

Nous demandons la garantie de l’indépendance de notre pays vis-à-vis de l’Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN) avec la sortie de cette alliance militaire et le retour à une politique pour la paix et pour le désarmement dans le monde.

En t’adressant ces lignes, j’ai le sentiment de répondre à une exigence de sérieux et de sincérité dans les relations politiques. Comme la majorité de notre peuple, je n’ai plus aucune confiance dans les accords d’appareils entre les partis politiques. Le mouvement de la France Insoumise s’est constitué sur un programme et une candidature qui le porte, rien d’autre. Cela nous suffit amplement pour vouloir en convaincre le grand nombre. Mais s’il existe une possibilité que la trame essentielle de ce qui nous a regroupés puisse aussi fédérer des partis politiques de la gauche traditionnelle, je suis prêt à consulter les deux cent cinquante mille personnes qui se sont personnellement engagées à mes côtés sur la proposition qui leur serait faite.

Mais je veux dire directement et franchement que je ne saurai composer avec les engagements que j’ai pris, ni faire confiance à ta parole sans garantie ferme et solide de ta part, avec l’espoir de t’en convaincre.

 

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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 20:41

 

http://www.vientosur.info/spip.php?article12212

 

Le deuxième congrès de Podemos reporte les problèmes

 

Par Manuel Gari, membre de Podemos, d’Anticapitalistas et du conseil de rédaction de Viento Sur

 

Mardi 14 Février 2017

 

Les derniers mois ont été marqués par une vive confrontation, sans règle et sans débat politique explicite.

Les cris dans les réseaux et dans les médias

Aux yeux de la majorité, cette confrontation est apparue comme une lutte pour le pouvoir. À un moment donné, il y avait un risque de scission, les organes ont cessé de fonctionner et le fil reliant les différentes parties de l'organisation était une équipe de dix personnes des trois grands courants. Cette équipe a défini clairement ses pouvoirs, en demandant que l’assemblée citoyenne de l’état ait lieu dans le temps record de deux mois, avec Noël au milieu, et que le point de départ du débat soit un document qui établirait un cadre de réflexion et de délibération ultérieure avant de voter.

Crise à l’intérieur de la direction

Pendant trois ans, la direction de Podemos était un modèle de parti très hiérarchisé et elle avait une conception électoraliste, avec peu de développement programmatique et avec des tactiques variables, puis elle a commencé à développer des formes plus ou moins embryonnaires de deux projets différents.

Le premier projet, était celui d’Inigo Errejón, plus institutionnaliste, avec la réduction de l’action politique aux moyens de communication et au parlement et avec une orientation populiste très ciblée pour gagner les classes moyennes, mais qui commençait à faire un bilan critique d’un fonctionnement très peu démocratique, incluant des tentatives de marginalisation de l'opposition de gauche anticapitaliste.

Le deuxième projet, celui de Pablo Iglesias, tentait de corriger la direction institutionnaliste et de limitation de la discussion, de sorte qu'il commençait à développer un projet plus à gauche, mais qui ne se concrétisait pas dans un projet et un programme alternatif, qui continuait à maintenir une vision organisationnelle hiérarchique autour de la figure du secrétaire général et qui à son tour tendait la main aux anticapitalistes et au secteur de la véritable gauche de Podemos.

Le deuxième congrès de Vistalegre, beaucoup de bruit pour rien

L’assemblée a eu lieu le Samedi 11 Février et le Dimanche 12 Février 2017 et, au-delà de la mise en scène d'un meeting continu, avec très peu de contenu politique, elle a été marquée par une demande largement répandue parmi les militants autour de l'unité nécessaire et elle n'a qu’un seul résultat clair, Pablo Iglesias en sort renforcé et Inigo Errejón a subi une défaite politique majeure.

Mais il est clair que, dans le court espace de temps du processus du congrès, il n’y a pas eu une discussion systématique des documents politiques et organisationnels par l'ensemble de l'organisation. C’est un peu bizarre qu'une organisation commence à voter des documents avant la fin de l'ensemble du processus de débat parmi les options actuelles.

C’est une question qui peut rectifier ou gravement appauvrir la capacité de réflexion et de décision collective de Podemos. Il y a donc une tâche de premier ordre qui est de parvenir à une participation collective réelle des membres de Podemos dans les discussions.

Le grand problème du congrès, c’est l’absence de discussion. Cependant, la participation a été élevée, plus de cent cinquante cinq mille personnes ont voté les documents et les candidatures. Ce succès indique l'intérêt pour Podemos dans un large secteur populaire qui ressent le besoin d'une organisation pour lutter contre le néolibéralisme.

Les résultats positifs et négatifs

Le premier résultat positif de l’assemblée est que le parti ne soit pas divisé, pour l'instant. Le deuxième aspect positif du résultat est que le processus de droitisation institutionnelle et la propension systématique à parvenir à des accords avec le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) et à soutenir le gouvernement de droite du Parti Populaire dans une triste forme espagnole de « grande coalition » sont paralysés.

Le premier aspect négatif est le renforcement du pouvoir du secrétaire général. Le deuxième aspect négatif est la consolidation d’un modèle organisationnel présidentialiste et plébiscitaire difficilement convertible en un parti mouvement populaire.

Mais, et c’est le plus positif, un fait a été accepté, c’est l’existence du pluralisme interne et cela doit changer la culture politique par la reconnaissance de la réalité d’une normalisation démocratique et du pluralisme politique à tous les niveaux du parti. L’obtention de la pluralité est intégrée dans les tâches quotidiennes de direction et de construction de Podemos et cela devient le deuxième défi de l'organisation, la preuve de la véracité et de la sincérité des proclamations de démocratisation.

Les anticapitalistes donnent une leçon politique

Les anticapitalistes, qui ont fait l’objet de marginalisation et de tentative de réduction au silence par la précédente direction de Podemos, ont franchi une étape très importante dans cette assemblée. Ils sont devenus une référence sur trois questions, la responsabilité et l’engagement à la résolution des problèmes de Podemos, la capacité de traitement et de proposition dans les domaines politiques, programmatiques et organisationnels, et l’implantation dans tous les territoires et la capacité à promouvoir les discussions entre les militants de Podemos.

Ils ont obtenu un grand impact dans les médias qui généralement les ignoraient ou les disqualifiaient. Il y a eu une reconnaissance générale interne et externe que la candidature Podemos en Mouvement impulsée par les anticapitalistes a eu des alliés exemplaires et importants, qu’elle a été la seule à maintenir un débat fraternel et respectueux et qu’elle a réussi à faire connaître un projet politique éco socialiste et un programme utile de construction d’un bloc social qui construit l’unité populaire. Le succès de Podemos en Mouvement a montré dans cette assemblée une réalité plus large que le noyau qui l’a initialement impulsé.

Au-delà de ses positions générales sur la nécessité d’éviter la résolution par la droite de la crise du régime de 1978 et de ses propositions pour lutter contre les politiques austéritaires de l’Union Européenne et pour un programme de gouvernement capable d’impulser un changement de fond favorable à la majorité sociale, Podemos en Mouvement a introduit sur la scène de l’assemblée la question du féminisme, de l’écologie et des luttes ouvrières en cours.

Le modèle d’élection interne est antidémocratique

La candidature de Podemos en Mouvement a obtenu le soutien de plus de vingt mille membres et a atteint treize pour cent des voix. Certains des candidats, comme Miguel Urban, ont reçu le soutien de plus de quarante mille personnes. En termes numériques et en considérant que Podemos en Mouvement n’a pas disposé des moyens financiers et techniques et de la présence médiatique des autres candidatures, cela signiifie une grande avancée.

Malheureusement, le système de répartition des sièges au sein du conseil citoyen ne respecte pas la proportionnalité des soutiens reçus, comme nous l’exigeons dans la réforme du système électoral espagnol.

Il est conçu pour renforcer la première et la deuxième candidature au détriment de la troisième candidature, de sorte que Podemos en Mouvement avec treize pour cent des voix n’obtient que trois pour cent des représentants au conseil citoyen. Avec un système proportionnel, Podemos en Mouvement obtiendrait dix sièges au conseil citoyen et, avec un modèle de répartition antidémocratique, Podemos en Mouvement obtient seulement deux sièges. C’est la troisième question à résoudre, la démocratie et le pluralisme signifient la proportionnalité. Il faut changer le modèle d’élection interne.

Et maintenant, au travail

Sortir de l’entre soi, des combats de coqs et du nombrilisme, exige que, après le deuxième congrès de Vistalegre, la candidature majoritaire démontre son acceptation du pluralisme en intégrant tous les courants dans la direction à des postes de responsabilité et en commençant à travailler collectivement avec un fonctionnement quotidien du conseil citoyen comme un organe de direction qui délibère et décide et pas seulement qui ratifie à posteriori, qui lance des initiatives dans les parlements et, plus important, dans les rues, dans l’unité avec les mouvements sociaux et les autres organisations politiques pour le changement, pour construire pierre par pierre la maison de l’unité populaire. C’est ce que nous espérons, que Podemos transforme l’espoir des gens d’en bas en un parti de masse.

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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 19:39

 

http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2017/02/16/des-elus-et-des-dirigeants-communistes-contre-melenchon_5080648_4854003.html

 

Des élus et des dirigeants communistes contre Jean Luc Mélenchon

 

Un appel intitulé « Parti Communiste Français (PCF), sortons de l’immobilisme », qui a recueilli plus de six cent signatures en quarante-huit heures, plaide pour « une candidature commune pour le premier tour des élections présidentielles ».

 

Par Alain Beuve-Méry

 

Les grandes manœuvres sont reparties place du Colonel-Fabien. Depuis le Mardi 14 Février, un appel intitulé « PCF, sortons de l’immobilisme » qui a recueilli plus de six cent signatures en quarante-huit heures, se répand de manière virale, auprès des cadres et des militants du PCF. Il a notamment été signé par quatre parlementaires, les députés André Chassaigne, Patrice Carvalho et Gaby Charroux et la sénatrice Evelyne Didier, mais aussi par trois membres du comité exécutif national et par plus d’une trentaine de secrétaires départementaux qui étaient réunis, Mercredi 15 Février 2017 au siège national du PCF à Paris. Les signataires de ce texte plaident pour une candidature commune au premier tour des élections présidentielles.

« Ne pas relever ce défi serait prendre la responsabilité de laisser la voie libre à la droite et à l’extrême droite. Il faut sortir du blocage actuel à gauche. Il est encore temps de prendre une initiative marquante. Pour cela le PCF doit sortir de l’attentisme », est-il écrit.

Le rassemblement est original, car il regroupe un très large spectre des composantes actuelles du PCF. Sur le plan politique, il rassemble des membres de l’actuelle direction, des membres de la gauche unitaire, des novateurs communistes, des anciens huistes, des anciens proches de Georges Marchais et des rouges vifs traditionnels, mais il comprend aussi des syndicalistes, comme Didier Le Reste, ancien secrétaire général de la fédération des cheminots de la Confédération Générale du Travail (CGT), des économistes et des intellectuels, comme Arnaud Spire, et des journalistes de l'Humanité, anciens et actuels.

« Nous ne voulons pas de la politique du pire », résume Frédéric Boccara, économiste. Ce membre de la direction du PCF met en cause « la stratégie du tout ou rien de Jean-Luc Mélenchon » et il récuse le thème des deux gauches irréconciliables.

Une seconde tribune intitulée « les communistes qui soutiennent Jean Luc Mélenchon se mobilisent » a aussitôt vu le jour, Mercredi 15 Février 2017, dans lequel il est écrit que « Benoît Hamon sait qu’il ne peut être le président élu en 2017 » et qui souligne que « la France Insoumise n’est pas un parti de plus. C’est un mouvement », mais elle ne comprend pour l’instant que six signataires, dont Francis Parny, ancien membre de la direction du PCF, et Christian Audoin, rédacteur en chef de l'Echo du Centre.

Porte-parole du PCF, Olivier Dartigolles salue la nouvelle donne politique que constitue la désignation de Benoît Hamon, comme candidat du Parti Socialiste au premier tour des élections présidentielles et rappelle que « le PCF ne tuera jamais l’idée de l’espoir à gauche, dans ce pays ». Sans remettre en cause le soutien apporté par les communistes à Jean-Luc Mélenchon, le parti entend œuvrer à un rassemblement des forces de gauche. C’est pourquoi le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, devrait proposer dans les jours prochains « un pacte majoritaire à gauche ».

 

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