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28 octobre 2015 3 28 /10 /octobre /2015 20:17

http://french.palinfo.com/site/pages/details.aspx?itemid=43285

La décision de la cour israélienne ne nous dissuadera pas (Centre Palestinien d’Information)

Le chef du Mouvement islamique à l’intérieur des territoires occupés en 1948, cheikh Raed Salah, a souligné que l'occupation israélienne de la mosquée al-Aqsa aura certainement une fin.

Il a affirmé que les mesures répressives israéliennes, y compris sa condamnation à onze mois de prison, ne pourront jamais empêcher la défense palestinienne de la mosquée sainte.

Les déclarations de Raed Salah ont été annoncées peu de temps après son procès, Mardi 27 Octobre 2015.

« Les menaces d'Israël de proscrire le Mouvement Islamique ne réussiront jamais à arrêter notre défense de la sainte mosquée d’al-Aqsa », a-t-il ajouté.

Al-Aqsa est une propriété islamique, arabe et palestinienne, a souligné Cheikh Salah.

Il a également indiqué que la récente déclaration du secrétaire d’état américain John Kerry est une tentative ratée pour légaliser l'occupation israélienne d’al Aqsa.

Mardi 27 Octobre 2015, le tribunal israélien a condamné le chef du Mouvement Islamique au sein de la ligne verte à onze mois de prison sur des accusations d’incitation à la haine.

L'accusation israélienne avait initialement demandé au tribunal de condamner Raed Salah de seize à quarante deux mois de prison au moins.

L'affaire contre Raed Salah a été lancée après un sermon qu'il a prononcé à Jérusalem occupée en 2007 dans lequel il a dénoncé « les politiques israéliennes racistes à Jérusalem » et a exigé que le gouvernement israélien mette fin à son interdiction aux musulmans de pratiquer librement leurs prières au sein de la mosquée al Aqsa.

Le Mouvement Islamique a fermement condamné la condamnation du tribunal israélien, la considérant comme une décision politique.

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28 octobre 2015 3 28 /10 /octobre /2015 19:54

http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/10/27/des-centaines-d-exiles-de-calais-places-en-retention_4797662_3224.html

Des centaines d’exilés de Calais placés en rétention

Pour désengorger le bidonville, le ministère de l’intérieur disperse des migrants pourtant inexpulsables

Par Julia Pascual

Mardi 27 Octobre 2015

C’est un chapitre peu avouable de la crise migratoire qui s’est ouvert la semaine dernière à Calais. Mercredi 21 Octobre 2015, lors de son dernier déplacement dans le bidonville où survivent six mille migrants, le ministre de l’intérieur n’en a pas touché un mot. Mais, pendant qu’il annonçait des places en tentes chauffées pour l’hiver, quarante six personnes étaient envoyées par avion mille kilomètres plus au sud, dans le Centre de Rétention Administrative (CRA) de Nîmes, inaugurant une vague de placements en rétention inédite par son ampleur et d’une légalité contestable.

Le lendemain, cinquante migrants supplémentaires ont été envoyés en bus au CRA du Mesnil Amelot, en Seine-et-Marne, puis cinquante encore le jour d’après, par avion, au CRA de Cornebarrieu, près de Toulouse, et cinquante autres, le jour suivant, à Rouen. « Cinquante personnes sont encore en train d’arriver par avion aujourd’hui à Marseille et on en attend autant à Metz. Et cinquante de plus au Mesnil Amelot, dans la semaine », égrainait Lundi 26 Octobre 2015 la Cimade, l’une des associations qui interviennent dans ces lieux de privation de liberté.

« Nous faisons notre travail habituel », relativise Marc Del Grande, secrétaire général de la préfecture du Pas-de-Calais. « Le rythme est proportionnel au flux d’arrivées sur la lande de Calais, qui a été plus important ces dernières semaines ».

David Rohi, un des responsables de la Cimade, est, lui, stupéfié par ce qu’il considère être un « enfermement abusif et illégal ». Il n’est pas le seul à le penser. Le juge des libertés et de la détention de Nîmes, Jean-Louis Galland, a du mal à en revenir. Ce magistrat, qui a le pouvoir de prolonger ou pas la rétention d’un étranger, tandis que le placement décidé par le préfet n’est valable que cinq jours, a été averti la semaine dernière de l’arrivée d’une cinquantaine de migrants de Calais.

Il a alors joint la préfecture du Pas de Calais, « ils m’ont dit de ne pas m’inquiéter, c’est surtout pour désengorger Calais. Sous entendu, on les laisse partir au bout de cinq jours ». Or, rappelle le magistrat, la procédure est strictement encadrée, « on place en détention quand on projette d’organiser un départ. On ne peut pas priver quelqu’un de liberté pour le plaisir ». En l’espèce, les migrants étant originaires de Syrie, d’Afghanistan, d’Irak, d’Erythrée ou encore du Soudan, il n’y a pas de projet de renvoi à l’horizon.

Interpellé par ce qu’il a considéré être un « détournement de pouvoir et une privation de liberté illégale », Jean Louis Galland a, Vendredi 23 Octobre 2015, ordonné la remise en liberté des étrangers, avant même l’expiration du délai des cinq jours. Après un appel du parquet, son ordonnance a été retoquée pour vice de compétence. Mais, avant cela, le magistrat dit avoir subi des pressions de sa hiérarchie, « la présidente du tribunal de Nîmes ne voulait pas que je m’auto saisisse. Elle m’a menacé d’une procédure disciplinaire et a interdit à ma greffière de venir à l’audience ».

Cet épisode en dit long sur le désarroi dans lequel sont laissés des professionnels face à une politique gouvernementale illisible. « Dans cette histoire, les juges sont pris pour des imbéciles », fait remarquer David Rohi. L’avocate nîmoise Pascale Chabbert Masson a défendu ces derniers jours douze syriens devant le tribunal administratif. Pour chacun, elle a fait annuler l’Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF) qui fixait la Syrie comme pays de destination. D’après la Cimade, 99,5 % de ces migrants sont libérés.

C’est un chiffre que refuse de confirmer ou d’infirmer le secrétaire général de la préfecture, Marc Del Grande, « je ne vais pas me prononcer sur l’efficacité de la chaîne d’éloignement ». Il défend un principe, « il n’y a pas de détournement de procédure. Evidemment qu’on ne va pas reconduire des érythréens et des syriens. Mais ils peuvent être réadmissibles dans des pays de l’Union Européenne » s’ils y ont le statut de réfugiés ou que leurs empreintes y ont été enregistrées.

D’après les projections établies pour 2015, mille huit cent cinquante mesures d’éloignement seront exécutées, sur un total de trois mille neuf cent OQTF décidées par la préfecture.

Léo Claus, coordinateur de l’équipe de la Cimade au CRA de Cornebarrieu, voit surtout des migrants reprendre la route de Calais. Cinquante migrants sont arrivés à Cornebarrieu, Vendredi 23 Octobre 2015. En guise de comité d’accueil, ce jour là devant le CRA, il y avait des militants de Génération Identitaire et une banderole sur laquelle était inscrit, « rentrer chez vous, nous n’avons plus de sous ». A l’intérieur des bâtiments, il y avait « dix huit syriens, huit afghans, neuf irakiens, six érythréens quatre soudanais, quatre iraniens et un pakistanais », énumère Léo Claus. D’ici au milieu de la semaine, « ils seront remis en liberté et laissés devant la porte du CRA. Ils vont remonter dans des trains pour regagner Calais ».

« C’est absurde, cela fait vivre aux gens des situations traumatisantes », répète David Rohi. « Cela ne constituera jamais une solution ». C’est pourtant celle pour laquelle a opté le gouvernement, espérant fatiguer jusqu’à la dissuasion ces exilés qui ne veulent pas demander l’asile en France. « Les migrants qui refusent cette main tendue et qui poursuivent leurs tentatives vaines et dangereuses pour rejoindre le Royaume Uni s’exposent à une reconduite à la frontière », a promis Bernard Cazeneuve, Mercredi 21 Octobre 2015, à Calais.

Le ministre de l’intérieur parlait alors de « quelques dizaines de personnes amenées vers des centres de rétention éloignés de Calais ».

Les quelques dizaines sont déjà des centaines. « On pourrait imaginer qu’un contentieux prospère jusqu’à la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) », imagine David Rohi. « Mais c’est d’un règlement politique dont nous avons besoin. Il faut trouver d’autres solutions, en particulier avec les britanniques, pour que les gens puissent obtenir l’asile en Grande Bretagne ».

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28 octobre 2015 3 28 /10 /octobre /2015 18:51

L’Autriche veut ériger une clôture à la frontière slovène (Reuters)

Le gouvernement autrichien a confirmé Mercredi 28 Octobre 2015 son intention de faire ériger une clôture à la frontière slovène pour enrayer l'afflux de migrants et de réfugiés, tandis que Berlin l'accusait d'aider des groupes à passer de nuit en l'Allemagne.

Plusieurs centaines de milliers de personnes venant du Proche-Orient, d'Afrique et d'Asie via la Méditerranée et les Balkans, ont transité par l'Autriche pour se rendre en Allemagne depuis septembre 2015.

La Bavière, région allemande frontalière de l'Autriche, se montre de plus en plus réticente à les accueillir et Vienne craint que les autorités allemandes ne limitent les arrivées, ce qui conduirait une partie des migrants à rester sur son territoire.

Thomas de Maizière, ministre allemand de l’intérieur, a accusé Mercredi 28 Octobre 2015 les autorités autrichiennes de conduire de nuit des groupes de réfugiés à la frontière allemande, laissant entendre qu'il s'agissait de les aider à passer sans être repérés.

Un peu plus tôt, le chancelier autrichien, Werner Faymann, membre du parti social démocrate, avait annoncé qu'une clôture allait être construite au point de passage de Spielfeld, à la frontière slovène, par où passent quotidiennement plusieurs milliers de migrants.

« Nous voulons pouvoir contrôler les gens et, pour cela, certaines mesures de sécurité sont nécessaires », a-t-il déclaré à l'issue du conseil des ministres.

« Nous ne barricadons pas l'Autriche », a insisté le chancelier, soulignant que le projet restait à finaliser et qu'il n'y aurait pas de fils de fer barbelés.

Sa ministre de l’intérieur, Johanna Mikl-Leitner, avait annoncé la veille la construction de « barrières techniques », sans parler précisément d'une clôture.

Werner Faymann, qui a fermement condamné la construction de telles clôtures aux frontières sud de la Hongrie, a souligné que celle du poste de Spielfeld serait beaucoup moins étendue.

Outre le contrôle des arrivants, l'objectif est de dissuader les migrants de venir en Autriche, a ajouté le vice-chancelier Reinhold Mitterlehner, issu des rangs conservateurs.

« Peu à peu, les migrants vont se passer le mot et faire savoir que certains états sont à la limite de leurs capacités d'accueil et qu'ils procèdent à des contrôles plus étroits ainsi qu'à la mise en oeuvre de mesures de sécurité », a-t-il expliqué.

L'affluence au poste de Spielfeld a augmenté après la fermeture de la frontière entre la Hongrie et la Croatie, qui contraint désormais les migrants à passer par la Slovénie.

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28 octobre 2015 3 28 /10 /octobre /2015 18:27

http://www.lacommune.org/Parti-des-travailleurs/blog/Les-notres/POUR-PEDRO,i1357.html

Pour Pedro

Pedro Carrasquedo (1951 – 2015)

Dans la nuit du Lundi 26 Octobre au Mardi 27 Octobre 2015, notre frère d’arme, notre ami et notre camarade Pedro Carrasquedo nous a quittés après avoir mené pendant quatre années, pied à pied, un combat acharné contre la maladie. Ce combat était animé tout entier par la volonté de poursuivre la lutte politique « jusqu’à son dernier souffle », avec un optimisme lucide.

Dans ce « dernier combat », chaque jour de plus était un jour de gagné pour défendre nos positions, intervenir dans la lutte des classes, impulser au travers de la Commune « une organisation qui se construit en toute indépendance et en toute liberté, résolument anticapitaliste, internationaliste, antibureaucratique et démocratique, un parti au service de toute la population laborieuse et pauvre et de ses besoins immédiats, vitaux et fondamentaux et un parti de femmes et d’hommes libres qui s’inscrit dans la continuité du combat séculaire pour libérer l’humanité des chaînes de l’exploitation et du joug de l’oppression ».

Pendant cinquante ans, il a été « un soldat de la quatrième internationale », un noble cœur au sens fort du mot. Notre tristesse est immense. Nous sommes bouleversés. Nous sommes sous le choc. A nous, ses camarades, il revient de restituer la continuité sans faille de sa parole, de sa pensée et de ses actes, sur le front théorique comme sur le terrain pratique de la lutte quotidienne qui pour lui ne faisaient qu’un.

Pedro, qui nous a tant appris, mêlant l’érudition à la pédagogie vivante, mêlant la transmission de ses connaissances à l’épigramme, Pedro, un combattant chaleureux, un soldat de la quatrième internationale.

A toujours, Pedro

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27 octobre 2015 2 27 /10 /octobre /2015 21:01

http://www.clubpolitiquebastille.org/spip.php?article144

Discussion sur la crise du POI

Mardi 27 Octobre 2015

Par Charles Jérémie

La discussion qui se développe est très intéressante. La dégénérescence de l’Organisation Communiste Internationaliste (OCI) renvoie à l’histoire et aux orientations de toutes les organisations qui se sont réclamées et qui se réclament encore du trotskysme. Et, au-delà, le processus de décomposition s’inscrit dans une dislocation plus générale du mouvement ouvrier.

À propos de l’entrisme, je crois que certains camarades confondent l’entrisme et le travail de fraction.

Vous trouverez ci dessous mon témoignage.

Quelques mois après le congrès de fondation du nouveau Parti Socialiste à Epinay sur Seine en 1971, Robert Pontillon m’informe que François Mitterrand voudrait voir le secrétaire national de l’Alliance des Jeunes pour le Socailisme (AJS). J’hésite. J’en parle à Pierre Lambert qui me donne l’ordre d’y aller estimant inutile d’en parler au bureau politique à ce stade. À l’époque, nos rapports sont excellents. Nous nous parlons tous les jours.

Je me retrouve chez Lipp avec le premier secrétaire du Parti Socialiste, toutes canines dehors. Il ne s’est pas encore fait arranger sa dentition. Quand il sourit, il me fait penser à Bourvil. Bref, il me félicite pour les progrès de l’AJS, le rassemblement du premier février 1970 l’a visiblement impressionné. Rappelons nous, à l’époque, le Parti Socialiste, organisationnellement, c’est peu de chose. Et puis à un moment, il m’explique que, contre « les staliniens à l’extérieur et les petits bourgeois à l’intérieur », c’est-à-dire le Centre d'Etudes, de Recherches et d'Education Socialiste (CERES), il n’aurait rien contre si une partie des militants de l’AJS entrait au Parti Socialiste publiquement, « drapeau déployé », créant une tendance.

J’enregistre. Je lui dit que cet état de chose ne pourrait durer longtemps. Il est d’accord avec moi. Quand les divergences seraient trop fortes, dit-il, vous partirez. J’ajoute, ou vous nous exclurez. En riant, il acquiesce. Je promets une réponse rapide. Je ne suis ni pour ni contre, je trouve cela intéressant.

Je fais un compte rendu au bureau politique de l’OCI. L’affaire prend cinq minutes. Tous ceux qui interviennent jugent inutile de reprendre la stratégie suggérée par Léon Trotsky à la veille du Front Populaire, entrer pour sortir plus fort ayant gagné des ouvriers socialistes. Pierre Lambert conclut la discussion, pas de travail de tendances, idem au bureau national de l’AJS.

Évidemment j’applique et transmet via Robert Pontillon déçu, la réponse. Quelques mois plus tard, il y a un congrès de l’OCI. À l’ordre du jour, le passage du « groupe à l’organisation ». Pierre Lambert n’a rien préparé et il faut vérifier mais, dans mon souvenir, les textes prévus n’existent pas.

Pierre Lambert fait le rapport et brusquement, brutalement, il attaque le camarade Charles qui était « prêt à céder à la bourgeoisie en acceptant la proposition de François Mitterrand ». Je suis scié.

J’avais cédé à la pression de la sociale démocratie. Évidemment, des dizaines de délégués, je n’exagère pas, montent à la tribune pour expliquer que j’ai bien sûr tort, que l’époque n’est plus à l’entrisme et que nous pouvons construire le parti révolutionnaire sinon directement du moins grâce à la politique de la ligue. J’ai beau protester, ma « déviation » ne fait aucun doute.

Je suis en rage et je déclare que je ne suis pas candidat au comité central. Hélas, Pierre Lambert propose une liste fermée, donc je suis élu.

À la fin du congrès, il y a une réunion du comité central. Pierre Lambert prend la parle en disant que la discussion a été rude. La position de Charles a été combattue. C’est réglé. Nous sommes des révolutionnaires. Il n’y a plus de divergences, en avant toute. Et puis brusquement il dit que Charles voulait faire un travail de tendance. Ce n’est pas à l’ordre du jour, par contre il faut faire un travail de fraction. Les masses repasseront pas les organisations traditionnelles, donc par le Parti Socialiste. Nous allons faire entrer quelques dizaines de militants au Parti Socialiste. Ils rejoindront les tendances les plus intéressantes sur le terrain, deviendront des cadres, refusant tout mandat électif, s’occupant du parti et le jour de l’affrontement entre les masses et le gouvernement de Front Populaire, ils créeront une tendance qui rompra et convergera vers nous. Ce sera l’application de la stratégie de la Ligue Ouvrière Révolutionnaire.

Le comité central est stupéfait. J’éclate de rire, jaune. Pierre Lambert demande qui est le plus compétent pour mener à bien ce travail ? C'est Charles bien sûr. Il vient de la sociale démocratie et son savoir-faire le désigne. J’ai donc dirigé ce travail jusqu’en 1978. Il s’agissait effectivement d’un travail d’implantation secret, une fraction, rien à voir avec l’entrisme. Et ce travail a porté ses fruits.

Lionel Jospin est entré sur cette ligne dans le Parti Socialiste. Il avait le talent et le profil pour grimper, vite, dans l’appareil. François Mitterrand avait besoin d’un dirigeant pour résister au Parti Communiste Français (PCF). Cela tombait bien. Il n’y a jamais eu d’accord entre Pierre Lambert et François Mitterrand. Tout cela, c’est du baratin. Cette orientation a changé du tout au tout en mai 1981. La « ligne » était claire et limpide. Un militant pouvait accéder aux responsabilités exceptées celles qui l’obligent à appliquer la politique d’un gouvernement de Front Populaire. En acceptant la proposition de François Mitterrand de lui succéder, Lionel Jospin a radicalement rompu avec cette orientation. Mais ce n’est pas lui qui a décidé. Un bureau politique extraordinaire s’est tenu. Lionel Jospin était présent. À l’initiative de Pierre Lambert, le bureau politique a voté à l’unanimité que Lionel Jospin devait accepter d’être premier secrétaire du Parti Socialiste. C'était une trahison totale. Évidemment, Stéphane Just a voté pour. Le travail de fraction devenait une activité d’espionnage politique.

Maintenant, je ferais une remarque sur le rôle de Pierre Lambert dans la dégénérescence de l’OCI. Elle est bien sûr majeure. Mais cela ne s’est pas fait sur un jour mais sur plus de vingt ans, petit pas par petit pas. Et Pierre Lambert politiquement n’avait pas que des défauts. Au contraire, il savait saisir le fil, exploiter les failles, agir dans le moment et manœuvrer. Et surtout véritable Janus capable d’être ultra orthodoxe et ultra opportuniste en même temps, Pierre Lambert, c’était le Guy Mollet du trotskysme.

À tort ou à raison, j’ai toujours été ami avec Stéphane Just. Quand il est mort, j’ai écrit un article dans Carré Rouge pour rendre hommage au militant. De nombreux camarades ont trouvé cet article malvenu. Je n’ai rien à y retirer, chacun son opinion. Je lui ai rendu hommage, mais je n’ai jamais oublié le rôle qu’il a joué aux côtés de Pierre Lambert. Pour faire court, disons que Stéphane Just était le bras armé de Pierre Lambert, plus que son second. L’histoire d’un Stéphane Just irréprochable dirigeant luttant contre l’opportunisme de Pierre Lambert est une fable.

Car la dégénérescence de l’OCI connaît un épisode quasi-historique que nombre de militants ont oublié ou pas connu, le 10 mai 1968.

Lorsque le cortège de la Fédération des Etudiants Révolutionnaires (FER) sortant d’un meeting arrive au carrefour Odéon Saint Michel, les affrontements entre les milliers d’étudiants et la police sont déjà engagés. C’est l’affrontement de la jeunesse contre l'état bourgeois. La FER est respectée dans le milieu. Nous avons jusque là joué un rôle majeur. Sur le terrain en participant à toutes les mobilisations étudiantes et toujours en mettant en avant la solidarité, le lien nécessaire entre les étudiants et la classe ouvrière. Et notre influence sur cette ligne et très importante, les dirigeants et les militants de la FER sont reconnus, appréciés.

Claude Chisserey est le plus talentueux d’entre tous. Avec Christian de Bresson, Georges Sarda, Jean Puyade, Didier, Nicole, Martin, Joëlle, les frères Serfati et beaucoup d’autres, il est à l’origine de la FER. Ce n’est pas rien. Notre influence dans l’Union Nationale des Etudiants de France (UNEF) est considérable comparé à nos forces militantes.

Stéphane Just ce soir décide que nous n’avons rien à faire au Quartier Latin. Notre mot d’ordre, « cinq cent mille travailleurs quartier latin », est aux antipodes de « l’affrontement gauchiste qui oppose quelques milliers d’étudiants aux forces de l’ordre ». Il faut partir et appeler les étudiants à dissoudre la manifestation.

Il y a quatre membres du bureau politique, Stéphane Just, François de Massot, Xavier et Claude Chisserey, moi je suis membre du comité central. Les trois membres du bureau politique s’alignent sur Stéphane Just. Claude Chisserey et moi, nous sommes contre. Évidemment nous appliquons. En fait, c’est Claude Chisserey avec son incroyable courage qui, fort de son autorité, appelle à quitter la manifestation. Il s’exprime avec d’autant plus de radicalité qu’il est contre cette politique, les petits bourgeois doivent cesser de faire du jardinage, il fait allusion au dépavage, et combattre pour la grève générale.

Le lendemain matin, il y a une réunion de la direction. Il y a des centaines de blessés. Stéphane Just est effondré mais maintient la ligne. Nous avons eu raison. Pierre Lambert était resté au congrès de sa fédération Force Ouvrière durant trois jours.

Ce jour, cet épisode, est une catastrophe politique qui va nous couper de dizaines et de centaines de milliers d’étudiants et jeunes travailleurs. Et cette défaite pèsera lourd, pendant des années.

Elle nous a marginalisé, coupé des luttes culturelles, du féminisme et de la lutte contre l’homophobie. Claude Chisserey ne s’en remettra jamais. Ajoutons que c’est à ce moment que notre politique s’est « militarisée ». Nous combattions les staliniens qui nous agressaient. Nous avions raison mais nous avons étendu ce comportement contre l’extrême gauche dans son ensemble. C'était une folie. Puis l’OCI a utilisé la violence contre les militants quand ils étaient en désaccord.

Tout le monde peut commettre une erreur. Il faut ensuite en discuter et redresser.

Pierre Lambert, au nom de « l’unité de l’organisation », refusera d’ouvrir la discussion sur le 10 mai 1968. Le congrès se tiendra en septembre analysant 1968 comme « un bloc » pour reprendre la formule de Georges Clémenceau sur la révolution française. On centrera le débat sur la question gouvernementale mais il n'y aura pas un mot sur le 10 mai 1968. La discussion n’aura jamais lieu.

Pierre Lambert sauve Stéphane Just qui jamais n’évoquera cet épisode lourd de conséquence dans ses écrits. Les héritiers de Stéphane Just, notamment les camarades qui pratiquent une sorte de culte de la personnalité, devraient y réfléchir.

À partir de ce moment, la discussion des désaccords ne se mènera que dans un cadre limité, la direction, jamais au-delà. Et les divergences resteront au niveau du bureau politique, voire du comité central. Les militants n’en sauront jamais rien. Stéphane Just sauvera Pierre Lambert à chaque fois que nécessaire. C’est Tartemuche et Tartemolle. La fable selon laquelle Stéphane Just a toujours veillé à contrer Pierre Lambert dans ses tendances opportunistes est largement surestimée. Stéphane Just a repris contact avec moi dès 1980. Il était démoralisé. Nous nous sommes vus et revus jusqu’à sa mort. J’ai toujours dit à Stéphane Just ce que j’écris ici. Il était gêné, mais il ne protestait pas. Au contraire, il m’expliquait qu’il avait probablement eu tort de ne pas aller jusqu’au bout dans l’affrontement avec Pierre Lambert.

Cela dit, je ne crois pas que l’origine de la dégénérescence puisse être seulement expliqué par le rôle de Pierre Lambert ou du duo entre Pierre Lambert et Stéphane Just. C’est plus compliqué et plus profond. D’abord, c’est une question internationale. Gerry Healy, Juan Posadas, Nahuel Moreno, Guillermo Lora et James Cannon, le mouvement trotskyste s’est construit comme une addition de sections nationales, pas comme des sections d’un parti mondial de la révolution en construction et en discussion, non, comme des organisations « nationales trotskystes ». L'internationale était simplement un plus. Chacun veillant à rester maître chez lui. Et ces organisations bâties sur le principe du centralisme démocratique avaient des chefs inamovibles qui incarnaient cette politique nationale. C’est moins vrai pour le courant « pabliste » car, avec la même méthode, il avait un fonctionnement réellement démocratique et menait une discussion publique internationale et nationale.

C’est notamment à ces problèmes qu’il faut réfléchir. Le socialisme, la révolution, le parti révolutionnaire, que signifient aujourd’hui ces objectifs et ces formulations ? Bien sûr, il faut faire la clarté sur le passé, mais c’est à mon avis sur les problèmes de fond de la construction d’un éventuel parti révolutionnaire évidemment non léniniste qu’il faut réfléchir. En discutant sans anathème ni attaque ad hominem. Ce sont autant d’obstacles à une véritable discussion démocratique. Car, à mes yeux, la démocratie, pour les militants comme pour les salariés et les citoyens est le concentré d’une alternative déterminante au système capitaliste.

Cette discussion vaut si nous voulons essayer de transmettre quelques chose à d’éventuels jeunes militants. Voilà pourquoi à mon avis, par exemple, les deux groupes issus de l’explosion du groupe de Stéphane Just, comme les camarades de la Commune devraient prendre leur place dans ce débat sans violence verbale, ni stigmatisation.

La crise du Parti Ouvrier Indépendant (POI) concerne au premier chef ses militants. Mais je crains qu’il n’en sorte pas grand chose. La plupart des militants, après les exclusions et la syndicalisation trade unioniste sont devenus des « lignards » prêts à tout justifier. Après plusieurs dizaines d’années de ce régime, c'est difficile de changer. Par contre, cette crise, après les autres, déblaye le terrain. C’est un échec qui marque la fin d’une époque et d'un cycle historique. Je souhaite la disparition de tous les groupes au profit d’un rassemblement, c'est un souhait probablement utopique.

« Notre héritage n’est précédé d’aucun testament », écrit René Char à la Libération, après les années passées dans la Résistance. Je paraphrase le poète, notre héritage n’est plus précédé d’aucun testament.

Léon Trotsky incarnait la continuité avec la révolution d'octobre victorieuse et la lutte contre le « socialisme dans un seul pays » et contre le stalinisme. Il avait rédigé un testament, le programme de transition, et fondé la quatrième internationale. La victoire du stalinisme qui in fine a conduit à la destruction de l'union soviétique et à la réintroduction du capitalisme, mais également l’échec historique de la quatrième internationale, ont brisé le fil de la continuité.

Ces lignes me vaudront d’être voué aux gémonies. Peu me chaut. Le fil qui nous liait à la révolution d'octobre et au bolchevisme a été rompu. C’était il y a un siècle. Il faut tout recommencer. Ce n’est pas une mince affaire.

En cela, la crise de l’OCI rejoint celle de toutes les organisations du mouvement ouvrier.

J’ajouterai, dans un autre domaine au moins aussi essentiel que celui qui est évoqué, que le texte « Écologie Sociale » du camarade Patrick Farbiaz est à bien des égards remarquable.

Quand nous avons créé le Club Politique Bastille, Michel Lanson notamment avait insisté pour que jamais il ne devienne le lieu d’une quelconque lutte de pouvoir. Il avait totalement raison. Et c’est le cas. Voilà pourquoi c’est devenu un véritable lieu de rencontre et d’échange.

Continuons ce débat modeste mais ambitieux.

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27 octobre 2015 2 27 /10 /octobre /2015 20:09

http://www.clubpolitiquebastille.org/spip.php?article143

Annulation de la réunion relative à la Grèce

La réunion-débat du Club Politique Bastille du Samedi 31 Octobre 2015 relative à la question de la Grèce avec Stathis Kouvelakis est annulée.

Stathis Kouvelakis vient de nous en informer par le message ci-après, « il me faut malheureusement annuler ma participation à votre réunion de samedi prochain. La réunion fondatrice de la section parisienne d’Unité Populaire a finalement lieu au même moment, ce sont désormais des doodles, sorte de vote électronique sur divers jours et créneaux horaires, qui décident et il m’est impossible de ne pas être présent. Je suis vraiment désolé de ce contretemps fâcheux et j’espère qu’il y aura une autre occasion de se retrouver et de discuter ».

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26 octobre 2015 1 26 /10 /octobre /2015 21:09

http://paris.demosphere.eu/rv/42579

Jeudi 29 Octobre 2015 à 19 heures

Bar Restaurant Le Lieu Dit

6 Rue Sorbier 75 020 Paris

Métro Ménilmontant ou Gambetta

Rencontre avec Stathis Kouvelakis et Frédéric Lordon

Après la défaite de Syriza, que faire ?

Troisième séance du séminaire « penser la politique aujourd'hui »

Fondation Gabriel Péri

Théorie, pratique et transformation sociale

Autour de la parution de l'ouvrage de Stathis Kouvélakis, « La Grèce, Syriza et l'Europe néo libérale, entretiens avec Alexis Cukier », aux éditions de La Dispute, octobre 2015

Débat animé par Alexis Cukier

Comment comprendre les récents évènements en Grèce, la victoire de Syriza lors des élections du 25 janvier 2015, les « négociations » européennes, la victoire du non au référendum, la capitulation du gouvernement d'Alexis Tsipras, le troisième mémorandum et le résultat des élections du 20 septembre 2015 ?

Qu'est-ce qu'a été Syriza et qu'est-il devenu ? Quel a été le rôle des mobilisations populaires en Grèce ces derniers mois ? D'où vient la crise politique aujourd'hui ?

Quelle stratégie alternative aurait pu être mise en œuvre ? Et surtout, quelle politique de gauche pourrait sortir les peuples européens de la cage de fer de l'Europe néo libérale et de l'austérité ?

Présentation de « La Grèce, Syriza et l'Europe néo libérale »

Ces entretiens racontent une histoire décisive pour l'avenir de l'Europe, elle commence avec la victoire de Syriza aux élections législatives grecques le 25 janvier 2015, passe par la victoire du non au référendum du 5 juillet 2015 et se clôt avec la signature du troisième mémorandum et la défaite du gouvernement d'Alexis Tsipras face aux diktats de l'Union Européenne et de la troïka.

Stathis Kouvélakis, membre du comité central de Syriza jusqu'à sa démission cet été, permet de saisir ces événements de l'intérieur et propose une analyse serrée de leurs enjeux politiques. Comment s'est construite la victoire de Syriza et comment expliquer son échec ? Quels intérêts servent l'Union Européenne, la troïka et l'euro ? Qu'est-ce qui s'est joué durant ces mois de négociations entre le gouvernement grec et les institutions européennes ? Pourquoi le non au référendum du 5 juillet 2015 a-t-il été annulé en moins d'une semaine ? Quelle stratégie alternative aurait pu être mise en œuvre ? Quelle politique de gauche, réaliste et internationaliste, pourrait sortir les peuples européens de la cage d'acier de l'Europe néo libérale et de l'austérité ?

« La Grèce, Syriza et l'Europe néo libérale » suit au plus près les événements, les espoirs, les déceptions et les rebondissements des premiers mois du gouvernement Syriza et aborde les problèmes et défis auxquels la gauche radicale et toutes les forces sociales et politiques progressistes sont aujourd'hui confrontées.

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26 octobre 2015 1 26 /10 /octobre /2015 20:51

http://www.pressenza.com/fr/2015/10/jc-monedero-un-homme-libre-de-pensee-et-de-parole

Un homme libre de pensée et de parole

Par Martine Sicard

Dimanche 18 Octobre 2015

Chronique du passage en France de Juan Carlos Monedero

Dans le cadre du Festival du livre de Mouans Sartoux qui a eu lieu dans le sud de la France du Vendredi 2 Octobre au Dimanche 4 octobre 2015, Juan Carlos Monedero est intervenu dans deux débats, en plus de se prêter au rituel de la signature du seul livre en français sur Podemos, « Podemos, sûr que nous pouvons », publié par Indigène Editions.

Le festival du livre de Mouans Sartoux est comme le village gaulois d’Astérix, cette initiative locale qui existe depuis vingt huit ans, dans une région où une majorité de votants sont de droite et d’extrême droite, rassemble plus de deux cent soixante dix volontaires et constitue, pour toutes les personnes dotées d’une conscience sociale et politique, un point de rencontre culturelle de référence.

Considéré comme un des festivals les plus importants du sud de la France avec non moins de quatre cent auteurs invités et une moyenne de cinquante mille visiteurs, il inclut des tables rondes, des débats, des stands des maisons d’édition, un espace jeunesse et, cette année, des concerts. Présidé pour cette édition par le sociologue et philosophe Edgar Morin, l’organisation du festival avait invité, grâce à Jean-Pierre Barou et Sylvie Crossman, les éditeurs du livre « Podemos, sûr que nous pouvons », Juan Carlos Monedero, cofondateur de Podemos.

Unique représentant étranger à une table ronde sur « le rôle du citoyen en démocratie », à laquelle participaient le célèbre sociologue Alain Touraine et le fondateur de Mediapart Edwy Plenel, entre autres intervenants, Juan Carlos Monedero a placé la barre haut tant par sa clarté de conception et d’expression que par sa proximité avec les gens.

Dimanche 4 Octobre 2015, après un petit-déjeuner d’échanges avec Alain Touraine, qui essayait de le convaincre de la responsabilité qu’avait Podemos d’une réforme de la gauche, c’est un public avide de l’écouter et d’obtenir plus d’informations sur le panorama politique espagnol et ses alternatives, qui assista à l’entretien à propos de « Podemos, une nouvelle génération politique », et ce malgré les intempéries terribles de la veille qui bloquèrent l’accès par train et par route.

De ses interventions, comme lors de la signature du livre, des échanges informels et des moments partagés où nous avons eu le plaisir de l’accompagner comme interprète, nous voudrions faire remarquer quelques points.

Le moment historique

Pour Juan Carlos Monedero, tout se donne dans un cadre global de changement de civilisation « où le vieux monde n’en finit pas de mourir alors que le nouveau n’est pas encore né. C’est pourquoi les gens sont dans l’expectative, ils ne savent pas bien quoi faire, comme suspendus ». Son attention envers l’autre est frappante quand il prend le temps d’expliquer avec une affection sincère, à une jeune fille qui lui demande ce qu’elle pourrait faire pour aider à changer les choses, que « la première chose à faire est de se vider et de se nettoyer intérieurement afin que la réponse surgisse d’elle-même ».

L’action politique

Dans ces moments de déstructuration où les partis traditionnels se cassent la figure, il est très important d’occuper ces espaces sociaux et politiques qui se vident avec de nouvelles valeurs, des valeurs humanistes parce que, sinon, ceux qui vont les occuper, ce sont les nouvelles extrêmes droites. Dans le cas particulier de l’Espagne, il dit qu’une certaine démobilisation actuelle des jeunes est due à ce qu’ils attendent justement la réponse politique de Podemos.

Avec générosité, il met l’accent sur le fait qu’il vaut mieux être à l’arrière-garde qu’à l’avant-garde, « Il faut accompagner ceux qui vont plus lentement sans leur faire de reproches. C’est une chose de parler pour les militants du parti mais ce qu’il faut c’est que tous les gens comprennent ».

Les peuples ont besoin de relire leur histoire, qui a été écrite en général par les vainqueurs, il insiste sur le fait que sans mémoire historique, on ne peut avancer, « il faut construire un nouveau récit ».

Face à la question de collaborer et/ou d’appuyer d’autres hommes politiques « progressistes » en Europe, comme Jeremy Corbyn, Juan Carlos Monedero signale que « chaque pays possède sa spécificité et il faut laisser à chacun faire sa part, c’est clair qu’il est plus facile de dialoguer avec des gens comme cela ».

A propos de l’Europe, de la question catalane et des identités régionales

A propos de la Catalogne, il a expliqué la position de Podemos, en reconnaissant qu’ils n’avaient pas su la transmettre lors de la dernière campagne électorale, en premier lieu, respecter le droit des peuples à décider de leur avenir, même si eux-mêmes n’étaient pas en faveur de l’indépendance de la Catalogne, affirmant que « nous voulons construire une Espagne de laquelle personne ne veut partir ». Lorsqu’on l’interroge sur une possible Europe de régions et de nations, il fait remarquer que « cela consisterait à dessiner encore d’autres frontières. Il faut voir où mène cette tendance à affirmer une identité propre, dans une différenciation avec celles des autres. Ce n’est pas dans ce sens qu’il faut aller. Cela, c’est un recul dans le processus historique ».

Le hasard et les opportunités

Pour qu’un phénomène se produise, la conjonction de certains éléments, de certains facteurs concomitants est nécessaire « mais il y a toujours une part de hasard dans les événements. C’est pourquoi il est fondamental d’être préparés quand l’opportunité se présente. Nous devons nous rendre compte qu’il existe des choses plus grandes que nous, comme la vérité, par exemple ».

Dans ses conversations et ses interventions, Juan Carlos Monedero se réfère souvent à d’autres créateurs tels que dessinateurs, chanteurs et poètes, et de plus il utilise les contes comme métaphores. « Sans littérature, il n’y a pas de révolution », affirme-t-il. Peut-être est-ce pour cela qu’entre ses cours à l’université, ses voyages, ses interventions et ses actes publics, il trouve encore le temps de commencer à écrire un conte à quatre mains avec le poète Juan Carlos Mestre.

À ce public français qui attend et désespère que les choses bougent en soupirant à la fois d’envie et de nostalgie, « vivement que nous ayons un Podemos en France », Juan Carlos Monedero a su avec art laisser plus de questions que de réponses avec cette pirouette, « je venais avec un sac à dos plein de baguettes magiques, mais on me l’a volé à l’aéroport ».

Souhaitons donc que Podemos dans son ensemble sache, pour cette prochaine campagne électorale, lui laisser l’espace qui lui corresponde le mieux, parce que Juan Carlos Monedero continue d’ouvrir au détour d’une conversation, à chaque rencontre ou lors d’un moment de partage, des portes vers de nouveaux mondes possibles.

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26 octobre 2015 1 26 /10 /octobre /2015 20:21

Accord entre l’Union Européenne et les Balkans pour gérer l’afflux des migrants (Reuters)

L'Union Européenne et les dirigeants des pays des Balkans se sont mis d'accord Dimanche 25 Octobre 2015 à l'issue d'un mini-sommet à Bruxelles sur un plan en dix sept points pour gérer l'afflux des réfugiés en Europe sans pour autant régler à court terme la crise migratoire.

La réunion convoquée à l'initiative du président de la commission européenne Jean-Claude Juncker, avec l'appui de la chancelière allemande Angela Merkel, a démarré sous de mauvais auspices avant de finalement aboutir au constat d'une nécessaire coordination.

Des responsables présents lors des discussions ont raconté comment les participants ont d'abord cherché à se « décharger » de la responsabilité de la crise sur leurs homologues présents.

« Les initiatives unilatérales peuvent provoquer des réactions en chaîne », affirme le communiqué final entérinant une situation de fait sur le terrain avec la fermeture de frontières terrestres ou l'acheminement par autocars de migrants non enregistrés jusqu'à la frontière d'un état voisin.

« Les pays concernés doivent donc se concerter. Les pays voisins doivent travailler ensemble le long de la route » empruntée par les migrants, ajoute le texte.

« Nous avons clairement indiqué que la politique consistant simplement à laisser passer les gens doit prendre fin », a déclaré le président de la commission européenne Jean-Claude Juncker.

Ce dernier a rappelé l'existence d'accords de coopération entre les états et déploré les mesures unilatérales prises par certains pays qui ont contribué à propager la crise migratoire à l'ensemble de la région plutôt qu'à la résoudre.

La chancelière allemande Angela Merkel qui avait insisté pour la tenue de ce sommet a déclaré que « l’Europe doit montrer qu'elle est un continent avec des valeurs, un continent de la solidarité. Il s'agit d'un bloc en construction et nous devons prendre de nombreuses mesures supplémentaires », a-t-elle ajouté.

Angela Merkel a également insisté sur la nécessité de poursuivre les négociations avec la Turquie, principale voie de transit pour les réfugiés syriens ou irakiens mais également pour un grand nombre de personnes venant d'Afghanistan ou du Pakistan perçus comme des migrants économiques.

Risque d’effondrement

Présent à la réunion, le premier ministre grec Alexis Tsipras s'est dit satisfait de l'issue des discussions pour son pays qui se trouve en première ligne et auquel il était reproché de ne pas procéder à l'enregistrement des arrivants comme le prévoient les règlements communautaires.

Parmi les mesures prévues, figure la création de cent mille places d'hébergement sur le parcours emprunté par les demandeurs d'asile entre la Grèce et l'Allemagne.

La moitié de cette capacité d'accueil, soit cinquante mille places, se trouvera sur le territoire de la Grèce et l'autre moitié dans les pays traversés par les migrants.

La Grèce s'est ainsi engagée à porter ses capacités d'accueil à trente mille places d'ici la fin de l'année tandis que le Haut Commissariat pour les Réfugiés (HCR) de l’Organisation des Nations Unies (ONU) va aider à la création de vingt mille places supplémentaires sur le sol grec.

Les dirigeants de onze pays de la région se sont également mis d'accord pour que l'agence européenne pour la coopération aux frontières extérieures de l'Union Européenne, l’agence Frontex, intervienne à la frontière entre la Grèce et la Macédoine afin que les migrants puissent être enregistrés.

Parmi les autres mesures, l'Union Européenne va fournir quatre cent policiers supplémentaires à la Slovénie afin de l'aider à gérer l'afflux de migrants qui ont commencé à passer par son territoire après la fermeture des frontières hongroises avec la Serbie et avec la Croatie.

Avant le début de la réunion, le premier ministre slovène Miro Cerar avait prévenu ses partenaires, « si nous ne menons pas une action concrète, je pense que l'Europe va s'effondrer ».

Cette réunion d'urgence coïncide avec la victoire des conservateurs eurosceptiques aux élections législatives en Pologne. Ce changement politique devrait rapprocher Varsovie des positions tenues par la Hongrie et par la Slovaquie dans l'opposition à une redistribution des migrants entre les différents pays d'Europe.

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25 octobre 2015 7 25 /10 /octobre /2015 15:37

NI ONFRAY NI LE PEN

Par Bernard Fischer

Dimanche 25 Octobre 2015

Deux évènements médiatiques confirmaient récemment à deux jours d’intervalle la profonde crise des médias français.

Mardi 20 Octobre 2015, les médias annonçaient depuis des semaines l’organisation d’un grand débat à la Mutualité relatif à la question des intellectuels et du Front National. Ils annonçaient la participation de Michel Onfray et d’Alain Finkielkraut. Les organisateurs du débat ne décidaient pas son annulation, contrairement à la télévision française deux jours plus tard. Nous ne savons même pas si Michel Onfray et Alain Finkielkraut acceptaient un jour leur participation. Il y a une seule certitude, ils ne participaient pas au débat.

Deux jours plus tard, Jeudi 22 Octobre 2015, David Pujadas et la deuxième chaîne de télévision française organisaient la énième participation de Marine Le Pen à l’émission Des Paroles et Des Actes. Ils prévoyaient un débat entre la présidente du Front National Marine Le Pen, le président de l’Union des Démocrates et des Indépendants (UDI) Jean Christophe Lagarde et le porte parole du gouvernement Stéphane Le Foll.

Le président des Républicains Nicolas Sarkozy et le premier secrétaire du Parti Socialiste Jean Christophe Cambadélis envoyaient au Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) des lettres de protestation contre l’organisation de cette dernière campagne de publicité pour le Front National.

La direction de la deuxième chaîne de télévision française décidait la modification de l’organisation du débat et la participation de Xavier Bertrand, le candidat des Républicains aux élections régionales de décembre 2015 dans la région Nord Pas De Calais Picardie contre Marine Le Pen, et de Pierre de Saintigon, le candidat du Parti Socialiste dans la même région.

Finalement, Marine Le Pen annulait sa participation à l’émission et la direction de la deuxième chaîne de télévision française annulait purement et simplement l’émission.

Ce sont les deux dernières manifestations de la campagne de publicité permanente depuis plus de trente ans des médias français en faveur du Front National.

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