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6 juillet 2015 1 06 /07 /juillet /2015 18:57

En Grèce, Yanis Varoufakis s’en va, les difficultés demeurent (Reuters)

Au lendemain de la victoire du non au référendum grec, la démission du ministre des Finances, Yanis Varoufakis, a ravivé Lundi 6 Juillet 2015 l'espoir d'une reprise des négociations entre Athènes et ses créanciers mais une solution globale au problème de la dette reste loin d'être acquise.

Yanis Varoufakis, dont l'attitude et le discours lui valaient l'inimitié de bon nombre de ses homologues de la zone euro, a expliqué avoir été informé d'une « certaine préférence » de plusieurs membres de la zone euro pour son « absence » aux réunions ministérielles.

« J'estime qu'il est de mon devoir d'aider Alexis Tsipras à exploiter, comme il le jugera adéquat, le capital que le peuple grec nous a accordé lors du référendum d'hier », a-t-il écrit sur son blog personnel. « Et j'assumerai avec fierté le mépris des créanciers ».

Sans surprise, c'est Euclide Tsakalotos, l'actuel coordonnateur des négociations avec les créanciers, qui a été choisi pour lui succéder au ministère des finances, a annoncé la présidence grecque en fin d'après-midi.

Euclide Tsakalotos devra se rendre Mardi 7 Juillet 2015 à Bruxelles où aura lieu à 13 heures une nouvelle réunion extraordinaire de l'Euro-groupe, quelques heures avant un sommet des chefs d’état et de gouvernement de la zone euro.

Si certains observateurs et dirigeants politiques européens voient dans la victoire à plus de soixante et un pour cent du non Dimanche 5 Juillet 2015 une étape vers la sortie de la Grèce de la zone euro, d'autres espèrent que le gouvernement grec et ses créanciers reprendront rapidement les pourparlers.

Les dix-huit partenaires de la Grèce attendent d'elle de nouvelles propositions, Mardi 7 Juillet 2015, a déclaré le président de l'Euro-groupe, Jeroen Dijsselbloem.

LES BANQUES GRECQUES RESTENT FERMÉES

Dans l'immédiat, c'est à la Banque Centrale Européenne (BCE) que revient la première décision importante de l'après-référendum, puisqu'il lui appartient de décider d'une éventuelle évolution de son soutien au système bancaire grec.

L'institution de Francfort a pour l'instant maintenu la fourniture de liquidités aux banques helléniques, indispensable à la poursuite de leur activité, et son conseil des gouverneurs devait réexaminer la situation dans l'après-midi.

Les banques grecques, fermées Lundi 6 Juillet 2015 pour le huitième jour consécutif, le resteront Mardi 7 Juillet et Mercredi 8 Juillet 2015, a annoncé le président de la fédération bancaire nationale. Le plafond des retraits quotidiens reste quant à lui fixé à soixante euros.

Au-delà de l'apport de liquidités aux banques, la BCE aurait également son mot à dire sur d'éventuelles discussions incluant la question d'une restructuration de la dette grecque. Or le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, qui siège au conseil des gouverneurs à Francfort, a rappelé que les traités européens interdisaient à la BCE de restructurer la dette d'un état.

Une restructuration de la dette, que le gouvernement d’Alexis Tsipras souhaite inclure dans de futures discussions avec les créanciers, comporte aussi des risques politiques.

L'Allemagne, premier créancier de la Grèce, dit attendre que celle-ci clarifie sa position mais prévient que, de son point de vue, que la question d'une réduction de dette n'est pas à l'ordre du jour.

BERLIN ET PARIS CHERCHENT UNE APPROCHE COMMUNE

Plus largement, a jugé le vice-chancelier Sigmar Gabriel, Athènes doit désormais convaincre de sa bonne volonté.

« Si la Grèce veut rester dans la zone euro, son gouvernement doit rapidement formuler des propositions conséquentes, qui aillent au-delà de ce à quoi il s'est dit prêt jusque-là », a déclaré le dirigeant social-démocrate lors d'une conférence de presse.

« Pour la population grecque, la vie va devenir encore plus difficile dans les jours et les semaines à venir. L'insolvabilité définitive du pays est désormais un risque imminent », a-t-il ajouté, évoquant la possibilité d'une aide « humanitaire » à Athènes.

La chancelière Angela Merkel est arrivée en fin d'après-midi à Paris pour un entretien et un dîner de travail avec le président français François Hollande, une occasion de rapprocher les positions des deux pays sur ce dossier au coeur de l'avenir de la zone euro.

« Comme toujours, nous recherchons une approche commune en vue du sommet de la zone euro », dit-on de source diplomatique française.

L'heure est aussi à la bonne volonté affichée du côté du Fonds Monétaire International (FMI), « le FMI a pris acte du référendum qui s'est tenu hier en Grèce », a déclaré sa directrice générale, Christine Lagarde, citée dans un communiqué. « Nous suivons de près la situation et sommes prêts à assister la Grèce si la demande nous en est faite ».

Sur les marchés financiers, l'impact du résultat du référendum a été amorti par la démission de Yanis Varoufakis et l'espoir d'une reprise des pourparlers.

Les grandes places boursières européennes ont certes fini dans le rouge mais leur recul est moins marqué qu'anticipé en tout début de journée. L'indice paneuropéen FTS Eurofirst 300 a perdu 1,21%, la bourse de Francfort a perdu 1,52% et la bourse de Paris a perdu 2,01%.

L'euro, lui, se maintenait en fin de journée autour de 1,1070 dollar après un plus bas à 1,0970 en début de journée en Asie.

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6 juillet 2015 1 06 /07 /juillet /2015 18:31

http://www.alencontre.org/europe/la-grande-victoire-ouvriere-et-populaire-du-non-est-le-prologue-de-la-bataille-decisive-qui-sannonce.html

La grande victoire ouvrière et populaire du non est le prologue de la bataille décisive qui s’annonce

Communiqué de la gauche ouvrière internationaliste (DEA)

Lundi 6 Juillet 2015

Le triomphe du non, qui a pris des dimensions au-delà de toutes les prévisions, constitue une grande victoire ouvrière et populaire. Les gens ont lu correctement la question posée, approbation ou rejet de la politique d’hyper-austérité, telle qu’elle a été formulée à travers les mémorandums et que les créanciers exigent de nouveau. La réponse indique les véritables intentions de la société « d’en bas », montrant la dynamique du rapport des forces entre les classes, tel qu’il s’est développé au cours des dernières années en Grèce, la Grèce de la crise profonde et de la grande résistance sociale.

Dans le camp du non se sont regroupés, évidemment, les travailleurs urbains et ruraux, les chômeurs et les pauvres. Le peuple laborieux s’est exprimé fermement, en prenant de gros risques, il avait déjà ressenti les conséquences de la fermeture des banques et affronté les menaces concernant des licenciements massifs, des avertissements que son attitude conduirait probablement à la rupture avec l’euro. Il affrontait une propagande inouïe parlant de famine, de manque de médicaments et de manque de carburant. La fermeté massive au non constitue un mandat explicite de rupture avec l’austérité. Dans le camp du oui se sont retrouvées la classe dirigeante et la classe moyenne supérieure. Autrement dit, tous ceux qui ont un intérêt dans un accord « à tout prix », concernant surtout les sacrifices des autres, avec les créanciers.

Cette distinction de classe claire est ressortie politiquement. L’âme du non était la gauche radicale, ce qui aura un impact décisif dans l’avenir. La direction de Syriza, qui a trouvé la force de refuser la signature inconditionnelle qu’exige la direction de l’Union Européenne et celle de demander un référendum pour que la volonté du peuple s’exprime, est la grande gagnante.

Les forces d’Antarsya, avec leur propre configuration politique et leurs différenciations, se sont regroupées dans le camp du non. Elles ont ainsi créé de nouvelles relations avec les rangs de Syriza, des relations qui vont être importantes dans les luttes à venir.

Par contre, le parti communiste grec (KKE) avec sa ligne de repli, le vote nul inacceptable, a refusé de faire le choix avec qui et contre qui il se range. Une orientation qui, même si elle n’a pas été suivie par une grande partie de ses partisans et de sa base, va poursuivre sa direction pendant une longue période.

Le résultat paralyse les forces politiques bourgeoises. La démission d’Antonis Samaras de la direction de la Nouvelle Démocratie, quelques jours après la démission d’Evangelis Venizelos de la direction du Pasok, prouve que la classe dirigeante des mémorandums de 2010 et de 2012, identifiée avec les créanciers, est restée sans force politique alternative à l’intérieur du pays. Les sociaux-libéraux « post-politiques » de Potami ne sont pas et ne peuvent pas être une réponse à ce problème. La transcription de cette situation dans les urnes à l’occasion de ce référendum crucial crée une grande possibilité pour Syriza, mais exerce également des pressions sans précédent en son sein.

La grande victoire populaire et des travailleurs lors du référendum, dans des conditions de strangulation du système bancaire et de chantages du patronat sans antécédent, rend encore plus cruciale la période à venir, avec comme premier moment mesurant les relations de forces, celui de la reprise des négociations avec les créanciers.

Nous comprenons les pressions et les dilemmes auxquels le gouvernement est confronté et en particulier le chantage à grande échelle des créanciers avec la menace qui pèse sur le système bancaire. Menace à laquelle il ne peut être répondu que par la nationalisation des banques et la mise en place d’un contrôle public et démocratique des salariés, dans ce secteur si décisif pour le fonctionnement de l’ensemble de l’économie.

Le non a montré une exigence non négociable pour le renversement de l’austérité. Il s’agit d’un appel lancé à Syriza pour mettre en œuvre le programme de la gauche radicale de manière décisive, en prenant en ce sens toutes les mesures économiques, politiques et monétaires nécessaires.

De cette orientation le gouvernement et Syriza ne doivent pas s’écarter.

Un accord qui, en substance, serait proche de celui soumis au référendum créerait des conditions d’usure et de liquidation de la victoire du non. Il créerait des possibilités de réorganisation du personnel politique bourgeois et de contre-attaque, visant à renverser le gouvernement dès que possible. Car, comme l’ont déclaré les représentants des instances dirigeantes européennes, un gouvernement de la gauche aujourd’hui, au « moment » de cette crise profonde, est incompatible avec les politiques en vigueur, tant à l’échelle européenne qu’à l’échelle nationale.

Dans ce constat, il faut de même souligner la solidarité internationaliste avec la classe ouvrière et la gauche en Grèce. Elle s’est manifestée et se manifeste de façon touchante dans de nombreux endroits du monde entier.

Cette perspective nous n’avons pas le droit de la décevoir. Cela crée des obligations capitales pour le gouvernement et des tâches essentielles pour les membres de Syriza, mais aussi à tous ceux et toutes celles qui ont lutté pour le non.

Les jours à venir seront décisifs pour la consolidation et le développement d’une grande victoire électorale.

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5 juillet 2015 7 05 /07 /juillet /2015 19:04

Le non nettement en tête du référendum en Grèce (Reuters)

Le non est nettement en tête au référendum du Dimanche 5 Juillet 2015 en Grèce sur les propositions des créanciers internationaux, recueillant 60,60% des suffrages contre un peu moins de 39,40% pour le oui, sur la base de vingt-neuf pour cent des bulletins de vote dépouillés, indiquait dans la soirée le ministère de l’intérieur sur son site internet.

Les bureaux de vote sont fermés depuis 16 heures GMT. La première projection officielle donne la victoire au non avec plus de soixante et un pour cent des voix.

Réagissant peu après la clôture du scrutin, l'Elysée a fait savoir que François Hollande recevrait Lundi 6 Juillet 2015 à Paris la chancelière allemande, Angela Merkel, pour évoquer les conséquences du référendum grec.

A Bruxelles, des responsables européens ont indiqué qu'il n'y aurait pas de réaction officielle de l'Union Européenne tant que le résultat final du référendum n'aurait pas été annoncé.

Aucune réunion de l'Euro-groupe, les ministres des finances de la zone euro, n'est prévue Lundi 6 Juillet 2015, a dit un responsable de la zone euro.

En Grèce, le porte-parole du gouvernement a souhaité que de nouvelles négociations permettent la conclusion d'un accord dans les plus brefs délais.

« Les négociations qui vont s'ouvrir doivent déboucher très rapidement, peut-être même d'ici quarante-huit heures », a déclaré Gabriel Sakellaridis à la télévision grecque.

« ASSEZ DES PRIVATIONS ET DU CHÔMAGE »

« Nous allons faire tous les efforts nécessaires pour parvenir rapidement à un accord ».

Euclide Tsakalotos, chef des négociateurs grecs, a indiqué pour sa part que les tractations pourraient reprendre dès dimanche soir.

Le ministre des finances grec, Yanis Varoufakis, a fait savoir qu'il rencontrerait dans la soirée les principaux banquiers du pays. Les banques grecques sont restées fermées toute la semaine après le contrôle des capitaux imposé par Athènes pour enrayer la fuite des dépôts bancaires.

La banque centrale de Grèce va demander de son côté dimanche soir à la Banque Centrale Européenne (BCE) de relever le plafond des liquidités d'urgence accordées aux banques grecques, a déclaré le porte-parole du gouvernement.

« La banque centrale de Grèce va formuler une demande aujourd'hui et nous pensons qu'il y a des raisons valables d'augmenter les liquidités ELA. Il n'y pas de raison de ne pas augmenter les liquidités », a-t-il dit à la chaîne de télévision ANT1.

Selon un sondage diffusé par la chaîne de télévision Antenna TV, soixante-sept pour cent des bulletins de vote non ont été glissés par des jeunes entre dix-huit et trente-quatre ans.

« Je suis sans travail depuis près de quatre ans et je me disais qu'il fallait être patiente », a témoigné pour sa part une électrice de quarante-trois ans, Eleni Deligainni, qui déclare avoir voté non. « Mais j'en ai eu assez des privations et du chômage ».

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5 juillet 2015 7 05 /07 /juillet /2015 15:51

http://94.citoyens.com/2015/quel-devenir-pour-lappel-au-rassemblement-citoyen-idf,03-07-2015.html

Quel devenir pour l’appel au rassemblement citoyen en Ile de France ?

Vendredi 3 Juillet 2015

Un Syriza grec ou plutôt un Podemos espagnol, quelle est donc la nature de l’appel au rassemblement citoyen en Ile de France, ce nouveau mouvement en cours de composition, né avec la signature d’un appel, comme le Podemos dont le manifeste voulait traduire l’indignation en politique.

Parmi les premiers signataires de cet appel qui fustige la politique d’austérité, réclame une nouvelle république et appelle les citoyens à « reprendre leur souveraineté en main », se mélangent des militants du Parti de Gauche, assez représentés, voire un peu trop selon d’autres composantes politiques, d’Europe Ecologie Les Verts (EELV), du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), de Nouvelle Donne, des associatifs et des syndicalistes. A ce stade, des assemblées générales constitutives se sont tenues dans plusieurs départements de la région, et le Val-de-Marne est le plus avancé en la matière, animé par François Cocq, co-chef de file du Parti de Gauche du Val de Marne pour les élections régionales, secrétaire national du Parti de Gauche et maire-adjoint de Champigny-sur-Marne. Deux assemblées générales départementales ont déjà eu lieu à Ivry-sur-Seine et à Saint-Maur-des-Fossés, ainsi qu’une première assemblée générale de ville à Champigny-sur-Marne.

« Nous avons deux cent vingt signataires dans le Val-de-Marne dont seulement un tiers d’encartés. Il y a beaucoup de responsables syndicaux, de responsables associatifs, de parents d’élèves, de militants de l’éducation populaire, de la défense des droits de l’homme, de l’environnement et de la transparence en politique. Nous commençons à travailler sur des propositions concrètes et élaborons par exemple une charte d’engagement et un code éthique des candidats, inspiré de ce qui a pu être proposé par certains candidats lors des élections municipales », détaille François Cocq.

Alors qu’existent déjà plusieurs partis de gauche radicale et même une union de certains d’entre eux avec le Front De Gauche, quel devenir politique pour ce nouveau mouvement ?

A-t-il les moyens d’aller seul aux élections régionales ? Est-ce un trublion des forces existantes ou une valeur ajoutée ? « Même si les élections régionales constituent un point de passage obligé, nous nous inscrivons dans une perspective qui va bien au-delà. Nous souhaitons impulser une vague citoyenne qui prendra racine au-delà de cette échéance électorale et cette vague citoyenne est tout sauf un Front De Gauche élargi », défend François Cocq. « L’important est de créer une nouvelle dynamique. Nous verrons en septembre 2015 comment ces initiatives peuvent converger. Mais nous souhaitons à tout prix défendre la souveraineté des citoyens. L’unité ne peut pas être un postulat, elle ne peut se faire au prix de renoncements. Nous souhaitons rompre avec les pratiques de l’ancien monde et des élus dans leur tour d’ivoire. Par exemple, il ne sera pas possible de laisser conduire une liste du rassemblement citoyen par quelqu’un qui a déjà un mandat de parlementaire ». Suivez mon regard, je ne vise personne. Compliqué de concilier un mouvement citoyen et l’organisation dans la durée d’un parti politique qui fonctionne. « Compliqué mais enthousiasmant, nous souhaitons rechercher les énergies souterraines, revenir à la base, rendre la parole et surtout le pouvoir aux citoyens », reprend François Cocq.

A ce stade, le Front De Gauche a poliment pris acte de l’initiative, l’intégrant dans son communiqué du Mercredi Premier Juillet 2015 parmi les « différentes initiatives qui contribuent à nourrir le débat public ». Pour Fabien Guillaud-Bataille, secrétaire départemental et chef de file du Parti Communiste Français (PCF) dans le Val-de-Marne pour les élections régionales, il n’y a pas d’incompatibilité. « Ces initiatives ont vocation à se rassembler », résume-t-il, rappelant également que la démarche du PCF passe aussi d’abord par une coproduction du programme avec les citoyens, avec des ateliers et prochainement une plate-forme internet. Une démarche participative également revendiquée par les autres partis.

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5 juillet 2015 7 05 /07 /juillet /2015 15:33

Frappes aériennes de l’armée égyptienne dans le Sinaï (Reuters)

L'armée égyptienne a procédé Samedi 4 Juillet 2015 à des frappes aériennes dans le Sinaï, tuant vingt-cinq insurgés, a-t-on appris de sources au sein des services de sécurité, alors que le président égyptien effectuait une visite officielle dans cette province, théâtre depuis plusieurs jours d'affrontements meurtriers.

Les sources ont précisé que les frappes avaient pris pour cible des insurgés près de Cheikh Zoueïd et qu'elles avaient tué douze activistes et détruit des caches d'armes et d'explosifs.

Les mêmes sources ont expliqué que les forces de sécurité avaient trouvé environ cinq cent kilogrammes d'explosifs dans un tunnel près de la frontière entre l'Egypte et la bande de Gaza.

C'est dans cette région que le groupe armé Province du Sinaï, qui a fait allégeance à l'organisation Etat Islamique, est le plus actif.

Le président Abdel Fattah al Sissi s'est rendu samedi à al Arich, le chef-lieu du Nord-Sinaï, pour soutenir les troupes engagées dans ce conflit qui a déjà coûté la vie à des centaines de soldats et de policiers, a annoncé la présidence dans un communiqué.

Vêtu de l'uniforme militaire qu'il a troqué contre le costume après son élection à la présidence, le maréchal, ancien chef d'état-major de l'armée, a déclaré que deux cent combattants islamistes avaient été tués ces derniers jours.

« Cela ne suffit pas de dire que la situation est sous contrôle, elle est complètement stable », a affirmé Abdel Fattah al Sissi, dont l'incapacité à contrôler l'insurrection dans le Sinaï commence à susciter des interrogations voire des critiques chez ses compatriotes.

« Je dis aux égyptiens que les forces présentes ici, dans le Sinaï, ne représentent qu'un pour cent de l'armée égyptienne », a-t-il ajouté.

Dans un communiqué publié sur la page facebook officielle du porte-parole de l'armée, Abdel Fattah al Sissi a salué les « héros des forces armées pour les sacrifices qu'ils ont consentis pour le grand peuple d'Egypte ».

Vendredi 3 Juillet 2015, un communiqué se réclamant du groupe Province du Sinaï a revendiqué les tirs de trois roquettes vers le sud d'Israël, qu'il appelle la « Palestine occupée ». Reuters n'a pu vérifier l'authenticité du communiqué.

Une source militaire israélienne a déclaré que les roquettes, effectivement tirées depuis le Sinaï, étaient tombées en territoire israélien sans faire de victime.

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5 juillet 2015 7 05 /07 /juillet /2015 15:16

https://www.ensemble-fdg.org/content/podemos-avec-le-peuple-grec

http://www.podemos.info/in-view-of-the-situation-in-greece-and-following-the-breakdown-in-the-negotiations-by-the-eurogroup-podemos-wishes-to-communicate-the-following

Podemos avec le peuple grec

Lundi 29 Juin 2015

Au regard de la situation en Grèce, et à la suite de la rupture des négociations par l’Euro-groupe, Podemos souhaite communiquer ce qui suit.

Lundi 22 Juin 2015, le gouvernement grec a présenté à l’Euro-groupe une proposition d’accord qui comprenait un grand nombre de concessions et a été saluée par l’ensemble des prêteurs comme une proposition raisonnable et viable. Dans les jours qui ont suivi, cependant, les créanciers internationaux, emmenés par le Fonds Monétaire International (FMI), ont finalement rejeté la proposition du gouvernement grec de taxer les secteurs les plus riches de la société, de restructurer la dette et de mettre en œuvre un programme d’investissement pour relancer l’économie. Au lieu de cela, ils lui ont demandé d’augmenter la TVA sur les services de base et la nourriture et ont exigé des coupes supplémentaires sur les retraites et les salaires. Dans leur effort visant à démontrer qu’il n’existe pas d’alternative aux politiques d’austérité, les créanciers ne semblent accepter que l’argent des pauvres et s’évertuent à imposer la même logique et les mêmes mesures que celles qui ont conduit le pays à une catastrophe humanitaire. L’économie grecque est asphyxiée. Continuer de l’asphyxier est l’exact opposé de ce qui doit être fait.

Face à une telle extorsion et un tel chantage, le gouvernement grec a réagi à l’ultimatum de manière exemplaire, en appelant le peuple à se prononcer démocratiquement et souverainement sur son avenir. Contrairement aux gouvernements espagnols de 2011 et de 2012, le gouvernement grec a refusé de violer le mandat populaire issu des élections de janvier 2015. Les tentatives visant à contraindre, intimider et influencer ce vote de la part de pouvoirs non élus et en particulier de la Banque Centrale Européenne (BCE), qui s’emploie à étouffer le système financier grec afin d’influencer le résultat de la consultation, constituent une violation flagrante et inacceptable du principe démocratique. Ce que nous disons, c’est que l’Europe sans démocratie n’est pas l’Europe, tous les démocrates doivent aujourd’hui unir leurs voix pour dénoncer cette ingérence et ces pressions insupportables. La démocratie ne peut aller de pair avec le fait de laisser des pouvoirs non élus gouverner et décider pour nous. Il en va de la démocratie même.

Par leur intransigeance, les créanciers ont démontré qu’ils ne se préoccupaient nullement de résoudre la crise de la dette grecque, leur but est bien plutôt de soumettre et de renverser un gouvernement démocratiquement élu afin de démontrer qu’il n’existe pas d’alternative aux politiques d’austérité. Leur aveuglement est tel qu’ils s’apprêtent à mettre en péril l’intégrité et la stabilité du système financier et le projet européen lui-même en exposant celui-ci à des attaques spéculatives dont le prix sera également payé par les citoyens d’autres pays. Nous le disons une fois de plus, ce sont eux qui seront à blâmer et qui porteront la responsabilité des conséquences de ce désastre.

Syriza n’a pas créé l’énorme crise économique qui affecte la Grèce. Ce sont les gouvernements de la Nouvelle Démocratie et du Pasok, les amis de notre Parti Populaire et de notre Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE), qui ont falsifié les données et les comptes, remis la souveraineté du pays entre les mains de la troïka et laissé à Syriza un désastre économique et social qu’il est impératif et urgent d’inverser.

De nombreuses personnalités internationales ont d’ores et déjà pris leurs distances avec le dogmatisme des créanciers. Des centaines de milliers de personnes à travers le monde ont exprimé leur solidarité avec le peuple grec dans sa défense du principe démocratique. Nous exigeons que le gouvernement espagnol et les institutions européennes respectent la souveraineté et la dignité du peuple grec et garantissent en conséquence que le référendum se déroule dans des conditions de liberté et de pleine régularité. La volonté démocratique et les droits fondamentaux du peuple grec, qui ont été systématiquement bafoués durant les longues années d’austérité, doivent être respectés.

Il y a en Europe deux camps opposés, celui de l’austérité et celui de la démocratie, celui du gouvernement du peuple et celui du gouvernement des marchés et de leurs pouvoirs non élus. Nous nous tenons fermement du côté de la démocratie. Nous nous tenons fermement aux côtés du peuple grec.

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4 juillet 2015 6 04 /07 /juillet /2015 20:00

http://www.alencontre.org/europe/espagne/etat-espagnol-le-cauchemar-europeen-podemos-et-les-debordements-creatifs.html

Le cauchemar européen, Podemos et les débordements créatifs

Par Jaime Pastor

Mardi 30 Juin 2015

Le débat qui s’est ouvert dans Podemos autour de la nécessité d’une candidature d’unité populaire et de rupture en perspective des prochaines, et peut-être anticipées, élections générales, prévues en novembre 2015, se déroule dans le cadre d’une scène européenne qui arrive à son moment de plus grande tension, en particulier avec la crise grecque. Sans aucun doute, de son dénouement, dans un sens ou l’autre, dépendra également qu’augmentent ou diminuent les attentes de « changement », non seulement en Grèce mais aussi dans l’état espagnol et la zone euro. Le transfert, dans ce dénouement, du conflit à une échelle supérieure, au moins pour ce qui a trait aux pays du sud, est fondamental pour avoir une quelconque garantie de succès, même si elle n’est que partielle et temporaire.

Par conséquent, prendre en charge actuellement la solidarité avec le peuple grec face à l’humiliation qu’entendent lui imposer Angela Merkel et compagnie est notre premier devoir si nous voulons imposer une sortie anti-austéritaire, mot composé d’austérité et d’autoritaire, et démocratique face au despotisme oligarchique qui, avec son rejet de l’appel au référendum du Dimanche 5 Juillet 2015, veut s’installer définitivement en Europe.

Dans le cas de l’état espagnol, les choses sont également très claires avec les récentes « recommandations » du Fonds Monétaire International (FMI), facilitation des licenciements, « ajustements salariaux », hausse de la TVA, participation aux coûts des soins et de l’éducation, coupes annoncées par le gouvernement de Mariano Rajoy pour les prochains budgets, souvenons-nous que les dépenses publiques continuent à se situer cinq pour cent en dessous de la moyenne de l’Union Européenne, et avec les menaces que le ministre des finances Cristobal Montoro a déjà adressées aux nouveaux gouvernements des communautés autonomes et des municipalités issus des élections du Dimanche 24 Mai 2015, s’ils ne remplissent pas les conditions des lois restrictives sur « l’équilibre budgétaire », liées au cent trente cinquième article de la constitution et au pacte budgétaire de la zone euro.

Pendant ce temps, nous nous trouvons toujours « à la tête » d’un grand nombre de logements vides et, malgré la « récupération économique » ainsi que la manipulation statistique, le taux de chômage diminue à peine tandis qu’augmente la précarisation et s’approfondit la brèche salariale au sein même de la classe laborieuse.

S’ajoutent à tout cela, pour souligner seulement quelques mesures parmi les plus graves, de nouvelles attaques contre les libertés comme la loi de sécurité citoyenne, dite loi Mordaza, qui restreint fortement les libertés publiques et le droit de manifester, la réforme du code pénal à partir du Mercredi Premier Juillet 2015, ainsi que l’approbation probable, à partir du 16 juillet 2015, par le parlement, du nouvel accord avec les Etats-Unis sur la base de Morón, l’une des quatre bases cédées aux Etats-Unis par Francisco Franco en 1953. Cette dernière se transforme en véritable « joyau caché », comme décrite par un journal électronique pro-gouvernemental, du déploiement militaire du Pentagone qui, de manière toujours plus agressive, développe sa « nouvelle » géopolitique mondiale, en particulier en Afrique, ce qui implique une plus grande insécurité interne. Ce n’est pas un hasard si Mariano Rajoy, avec la complicité du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE), réalise ses discussions avec la plus grande discrétion possible.

Comme toujours, le « poing de fer » impérial accompagne le « poing de velours » des nouveaux traités « commerciaux » pour dominer le monde, à l’instar de celui que négocient les Etats-Unis et l’Union Européenne, le traité partenariat transatlantique pour le commerce et l’investissement (TTIP), lequel, heureusement, commence à sortir du secret dans lequel on souhaitait le maintenir. Il commence à être mis en question dans des pays clés comme l’Allemagne. Un traité qui, s’il était adopté, confirmerait, en outre, la cécité déjà traditionnelle de ce turbo capitalisme face au changement climatique tel qu’il a été, enfin, dénoncé par le pape François et tel qu’il a été également débattu et contesté lors des deuxièmes rencontres internationales éco socialistes qui se sont récemment tenues à Madrid.

Il y a de puissantes raisons pour que nous soyons, dès lors, en première ligne de la désaffection croissante envers cette « démocratie » et l’Union Européenne, comme le reconnaît le récent rapport de la fondation Alternativas, proche du PSOE, ainsi que l’enquête sociale européenne. Il n’est donc pas surprenant que les commémorations du trentième anniversaire de l’entrée en Europe se soient passées sans infamie et sans gloire. Parce que cette Europe, qui ne parvient même pas à s’unir pour recevoir plusieurs dizaines de milliers de personnes fuyant la famine et les guerres, est passée définitivement du rêve pour devenir un cauchemar permanent.

Une pluralité d’acteurs

Par conséquent, l’aspiration à l’unité populaire ne peut être dissociée de l’horizon de rupture qui a fait naître Podemos et qui oblige à ne pas se limiter à proposer des programmes de gouvernement qui renoncent à cet objectif ou qui prétendent restreindre les critiques adressées au « régime de 1978 », comme il en ressort des déclarations de certains de ses dirigeants. Démocratie face à la dettocratie, blindage des droits sociaux et des biens communs, la souveraineté des peuples et processus constituant, également, par conséquent, un processus propre à la Catalogne, sur la voie d’une autre Europe et d’un autre projet de civilisation, cela continue à être des idées forces capables de coaguler une nouvelle majorité sociale indignée bien que, peut-être, les rythmes de construction d’une nouvelle hégémonie ne soient pas aussi rapides que nous le souhaitions.

En parallèle de ce pari en faveur d’un « changement » qui ne soit pas uniquement une simple pièce de « rechange » du bipartisme dominant entre le PSOE et le Parti Populaire, suite au changement historique vécu lors des élections municipales du Dimanche 24 Mai 2015 et, bien que de manière plus limitée, lors des élections autonomes, la leçon qui semble toujours plus partagée est la suivante, s’est amplifié le bloc des secteurs sociaux et politiques qui veulent « prendre d’assaut les institutions pour gagner » et jeter les bases d’une nouvelle politique, tant dans son contenu que dans ses formes.

Cette pluralité des acteurs a été reconnue par des dirigeants de Podemos, plus sur le plan politique que social, dans des « milieux » tels que le catalan, le valencien, le galicien ou celui des îles Baléares. Toutefois, il est encore loin d’être abouti dans d’autres régions. Parce qu’il est certain qu’à l’échelle de l’état on ne peut imaginer d’autres forces que Podemos comme principal référant pour la constitution d’une candidature, mais il est également vrai qu’il y a beaucoup de personnes qui ne se reconnaissent pas dans cette formation et qu’à d’autres échelles, celles de la communauté ou de la province, souhaitent faire partie de sa construction, tant sur le plan programmatique que dans ses listes électorales.

A cela s’ajoute le fait que Podemos n’est déjà plus la formation toute nouvelle qu’elle était en janvier 2014, elle a déjà parcouru un chemin fait de succès notables, comme lors des élections européennes de mai 2014, lorsque Podemos avec près de huit pour cent des voix a obtenu cinq députés européens, mais également d’amertume interne provoquée par l’option choisie, d’un modèle de parti conventionnel, centralisé, avec des processus de bureaucratisation, de craintes déjà évidentes pour le débat interne, une formation excessivement fondée sur un leadership qui, selon une opinion assez répandue, a perdu de sa « fraîcheur » d’autrefois pour se montrer toujours plus autiste devant ce qui se passe en dehors de ses bureaux et de son entourage le plus proche. On ne peut non plus être dès lors surpris de la baisse notable de participation sur les réseaux sociaux au cours des derniers mois, pour ne pas parler de la quantité de cercles qui ont perdu l’enthousiasme avec lequel ils sont nés.

Le débordement créatif

Il serait alors bien de se souvenir, avec Tomás R. Villasante, que « les leaderships des réseaux humains le sont parce qu’ils savent écouter tout type de rumeurs et, lorsqu’ils perdent la capacité d’être en contact avec la rue, ils finissent par s’isoler et que d’autres apparaissent à leur place. C’est pour cela que pour les pouvoirs sont importants les espions, ou les sociologues, les souffleurs ou tout type d’informations quotidiennes sur dans quelle direction se développent les processus ». Dans ce cas, nous pourrions dire que le leadership de Podemos court le risque de vivre dans une dissonance cognitive qui résiste à reconnaître que ce qui a été approuvé à Vistalegre, bien qu’alors déjà critiquable, il s’agissait d’une réalité distincte de celle qui, depuis Dimanche 24 mai 2015 et face à la pression à l’unité populaire, se définit en ce moment. Les manifestes et les articles qui surgissent dans le but d’ébaucher un autre chemin ne sont qu’un pâle reflet de ce qui semble se produire à la base et non seulement parmi les militants. Dépasser cette tension entre l’ancienne et la nouvelle phase exige de ne pas faire « table rase » des succès obtenus, mais il est bel et bien nécessaire de reformuler le projet « gagnant ».

Penser qu’il est possible de répondre à cette nouvelle réalité en cherchant simplement des dirigeants au sein de la société civile, dans les mouvements sociaux, dans la magistrature ou dans les entreprises, conférence de presse de Pablo Iglesias, Samedi 27 Juin 2015, ou même dans des partis comme Izquierda Unida, pour les coopter dans une liste à la tête de laquelle figurerait Pablo Iglesias, serait une erreur. Certes, il est évident que manquent des leaderships dans lesquels on puisse se reconnaître et s’identifier pour la construction d’une volonté collective en faveur du changement. Mais il est aussi clair que sans pluralité politique et sans ancrage territorial des candidatures, il ne sera pas possible d’aboutir à ce que la bataille pour l’hégémonie et un « nouveau sens commun » se reflètent dans l’auto-organisation et un pouvoir social et populaire, seules garanties de transformer en victoire ce qui est conquis sur le plan institutionnel, ainsi que nous le voyons déjà avec le harcèlement dont souffrent les nouvelles municipalités. Afin d’atteindre tout cela, il faudra chercher des formes plus ouvertes et participatives au sein de Podemos, mais aussi d’autres vers l’extérieur, sans patriotisme de sigle et sans arrogance.

Malgré tout, l’une des constatations clés pour savoir jusqu’à quel point la direction de Podemos aura pris note et aura été capable de « lire », ou non, ce qui s’est déroulé dans un grand nombre de villes et de villages au cours de la récente campagne électorale réside dans ce que mentionnait Diego Pacheco dans un article récent, l’existence d’une pluralité enrichissante dans et à l’extérieur de Podemos ne sera pas reconnue avec le système des primaires avec des « listes fermées », employées jusqu’ici et, apparemment, système qui se basera en outre sur une circonscription unique, selon ce qu’a proposé le conseil citoyen étatique du Samedi 27 Juin 2015. S’il en allait effectivement ainsi, nous nous trouverions face à un énorme obstacle pour faire de Podemos le moteur principal du changement au cours des prochains mois.

Parce qu’avec ce « modèle », la direction de Podemos montrerait non seulement de la crainte vis-à-vis de la pluralité en son sein, mais également une incapacité pour confluer avec ce qui existe en dehors d’elle-même. Cela avec pour objectif de forger un projet supérieur qui, dans le meilleur des sens, intègre ce qui s’est passé dans certaines villes lors des élections municipales. Un projet qui nous déborde de manière créative, engendrant cet « enthousiasme » qui se produit dans les moments d’effervescence collective.

Si cette proposition aboutissait, un contraste se produirait en outre avec ce qui se réalise dans des régions comme la Catalogne, par exemple avec l’émergence d’une possible « Catalunya en Comù », à l’instar de la liste Barcelona en Comù qui a permis à Ada Colau d’accéder à la mairie de cette dernière ville, et de ce qui pourrait se produire ailleurs.

Souvenons-nous que le débat qui précédait l’irruption de Podemos tournait autour de la nécessité d’un « outil politico-électoral » à même de dépasser le blocage institutionnel et de rendre viable un projet de rupture. Il s’agit désormais de voir si Podemos passe l’épreuve qui consiste à savoir si elle continue à être l’outil adéquat ou, au contraire, au nom d’une « transversalité » mal comprise et à partir d’en haut, son équipe dirigeante s’autonomise au point où, comme cela s’est déjà passé tant de fois dans l’histoire, elle génère ses propres intérêts au sein d’une logique de compétition électorale qui pourrait donner lieu à une « révolution passive », mais non à la « révolution démocratique » initiée Dimanche 24 Mai 2015.

En résumé, ne craignons pas les « débordements créatifs », notre propre dépassement par d’autres outils meilleurs, dans lesquels nous pourrions nous reconnaître sans renoncer à l’identité de chacun et, de cette manière, et dans ce sens non pas additionner mais plutôt de multiplier les forces disposées à « gagner ».

Enfin, n’oublions pas que notre responsabilité d’unir nos forces avec le peuple grec en vue de la confrontation, ouverte déjà de façon définitive, avec les intérêts dominants de la zone euro est aujourd’hui majeure.

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4 juillet 2015 6 04 /07 /juillet /2015 19:20

http://www.humanite.fr/grece-dans-le-camp-du-non-grec-un-vent-de-liberte-578697

Dans le camp du non grec, un vent de liberté

Par Rosa Moussaoui, envoyée spéciale de l’Humanité à Athènes

Alexis Tsipras, le premier ministre grec, s’est exprimé Vendredi 3 Juillet 2015, sur la place Syntagma, dans un meeting du non, l’un des plus imposants de l’histoire récente de la Grèce.

Loin, bien loin du climat de peur décrit par les détracteurs du référendum, une foule immense, joyeuse, chaleureuse, bien plus nombreuse que celle de la manifestation du Lundi 29 Juin 2015, a convergé Vendredi 3 Juillet 2015 sur la place Syntagma, devant le parlement, pour l’un des plus imposants meetings politiques de l’histoire récente de la Grèce. Un mot scande ce rassemblement autour du premier ministre, Alexis Tsipras, « oxi ». Non, pas seulement au chantage des créanciers d’Athènes, qui organisent l’étranglement financier du pays et la désinformation pour tenter de manipuler le scrutin et faire avaler au peuple grec la pilule amère d’un nouveau mémorandum d’austérité. Copieusement hués, les noms des anciens dirigeants grecs, Antonis Samaras, Evangelos Venizelos et Georges Papandréou, sont eux aussi accueillis par la clameur du refus.

A l’évocation des noms des chaînes de télévision privées menant une violente campagne contre le gouvernement grec, accusé de vouloir sortir le pays de l’Europe, les « oxi » deviennent franchement rageurs. Explosion d’enthousiasme, en revanche, lorsque l’espagnol Miguel Urban, de Podemos, et l’allemand Gregor Gysi, de die Linke, prennent la parole pour exprimer leur solidarité, salués dans la foule par des drapeaux allemands ou par la bannière rouge, jaune et violet de la république espagnole. Dans le public, il y a aussi les allemands de Blockupy, harceleurs de la Banque Centrale Européenne (BCE) à Francfort, avec leur banderole « Oxi, luttons ensemble contre l’austérité ». Des chansons sont reprises en chœur.

L’une d’entre elles dit que « je ne vais pas pleurer, je ne vais pas avoir peur », elle a été reprise par le musicien Pavlos Fyssas, assassiné le 18 septembre 2013 à Keratsini par les néo-nazis d’Aube Dorée. On entonne aussi le chant des partisans italiens, Bella Ciao, comme pendant la campagne des élections législatives. Sous les acclamations, Alexis Tsipras délivre un discours au souffle épique, dans la veine de ceux qu’il a prononcés ces derniers jours. « Je vous appelle, Dimanche 5 Juillet 2015, à opposer un non haut et clair aux ultimatums. À tourner le dos à ceux qui sèment chaque jour la peur et l’intimidation. Et, Lundi 6 Juillet 2015, quel que soit le résultat du processus démocratique, de ce verdict populaire que certains redoutaient et voulaient entraver, nous opposerons également un non sans appel à la division, lance le premier ministre grec.

« Lundi 6 Juillet 2015, quelle que soit l’issue du scrutin, les grecs n’auront rien qui les sépare. Ensemble, nous nous battrons pour reconstruire une Grèce meilleure que celle que nous ont laissée cinq années de désastre. Je vous appelle enfin à ne pas prêter l’oreille à ces sirènes dont l’écho ne cesse de s’amplifier, ces sirènes qui hurlent à la peur. À décider avec votre esprit et votre cœur. À vous déterminer avec calme et résolution. À vous prononcer en faveur d’une Grèce fière dans une Europe démocratique. En faveur d’un peuple, d’un petit peuple qui se bat, comme le dit le poème, sans épées et sans balles. Qui se bat cependant en ayant dans les mains la plus puissante des armes, la justice ». Alexis Tsipras, qui a tout dit, ces derniers jours, des chantages, des pressions et du mépris qu’il a subis ces cinq derniers mois dans les cénacles bruxellois, en appelle à la tradition de luttes, de résistance du peuple grec et conclut par ces mots, « la liberté demande de la vertu et de l’audace. Nous, vous, nous tous, disposons d’audace comme de vertu. Et nous sommes libres. Nous respirons un vent de liberté. Quoi qu’il arrive, nous sommes victorieux. Nous serons victorieux. La Grèce a vaincu. La démocratie a vaincu. Le chantage et les menaces ont été défaits ». Cette détermination, qui traduit celles de classes moyennes et populaires broyées par l’austérité à marche forcée, semble déjà porter ses fruits.

Dans un rapport préliminaire publié Jeudi 2 Juillet 2015, et dont les européens ont tenté de bloquer la parution, le Fonds Monétaire International (FMI) reconnaît enfin le caractère insoutenable de la dette grecque et la nécessité de son allègement. Samedi 4 Juillet 2015, à la veille du scrutin, c’est le président du conseil européen, Donald Tusk, qui admettait, à contre-courant du discours dominant à Bruxelles et dans le camp du oui, que ce référendum ne porte pas sur l’appartenance de la Grèce à l’Europe et à la zone euro.

« Non en fait, personne n’a intérêt à ce genre de choix », a-t-il concédé. L’utopie néo libérale est, elle, à ce point mortifère qu’elle enjoint à penser l’Europe sans cette part irréductible d’elle-même qu’est la Grèce.

Comment, alors, ne pas puiser dans le mythe la force de résister ? C’est ce qu’a fait Alexis Tsipras, Vendredi 3 Juillet 2015, à Syntagma, « nul n’a le droit de menacer de diviser l’Europe. La Grèce, notre patrie, était, est et demeurera le berceau de la civilisation européenne. C’est en ce lieu, dit la mythologie, que Zeus, en l’enlevant, a conduit la princesse Europe. Et c’est de ce lieu que les technocrates de l’austérité souhaitent à présent l’enlever. Mais cela ne sera pas. Car, Dimanche 5 Juillet 2015, nous leur dirons non. Nous ne laisserons pas l’Europe entre les mains de ceux qui souhaitent soustraire l’Europe à sa tradition démocratique, à ses conquêtes démocratiques, à ses principes fondateurs, aux principes de démocratie, de solidarité et de respect mutuel ».

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4 juillet 2015 6 04 /07 /juillet /2015 18:58

L’état d’urgence décrété en Tunisie après l’attaque de Sousse (Reuters)

Le président tunisien, Béji Caïd Essebsi, a décrété l'état d'urgence Samedi 4 Juillet 2015 pour accroître les moyens d'action de son gouvernement après l'attaque contre un hôtel à Sousse, Vendredi 26 Juin 2015, qui a fait trente-huit morts.

L'état d'urgence renforce à titre temporaire les pouvoirs de l'armée et des forces de sécurité tout en restreignant certains droits, comme celui de rassemblement sur la voie publique.

Les services de la présidence ont précisé que le chef de l’état prononcerait une allocution télévisée à 16 heures GMT pour s'expliquer sur sa décision.

Trente-huit touristes étrangers, britanniques pour la majeure partie d'entre eux, ont été tués, Vendredi 26 Juin 2015, sur la plage de l'hôtel Imperial Marhaba, avant que l'auteur de l'attaque soit abattu.

Cette attaque est intervenue un peu plus de trois mois après celle du musée du Bardo, à Tunis, qui a coûté la vie à vingt touristes étrangers.

Jeudi 2 Juillet 2015, le gouvernement a annoncé l'arrestation de douze personnes soupçonnées d'être liées à l'attaque de Sousse, précisant que deux autres suspects étaient encore recherchés.

Selon les autorités tunisiennes, les deux auteurs de l'attaque du musée du Bardo et celui de l'attaque de Sousse ont été entraînés à la même période dans des camps djihadistes en Libye, pays frontalier de la Tunisie dans lequel le conflit en cours entre deux gouvernements rivaux permet à des groupes armés de gagner du terrain.

La Tunisie n'avait plus été placée en état d'urgence depuis 2011, pendant le soulèvement contre le régime autoritaire de Zine al Abidine Ben Ali.

Le gouvernement a par ailleurs annoncé qu'il allait fermer quatre-vingt mosquées considérées comme illégales ou accusées de diffuser des discours extrémistes.

Les autorités tunisiennes estiment que le groupe djihadiste Ansar al Charia, lié à al Qaïda, est responsable de l'attaque de Sousse, qui a pourtant été revendiquée par l'organisation Etat Islamique.

Ansar al Charia a été accusé d'avoir commis l'attaque contre l'ambassade américaine à Tunis en 2012 et l'assassinat de deux figures de l'opposition tunisienne ces dernières années. Mais il est considéré comme largement démantelé, la plupart de ses membres étant partis combattre en Irak, en Syrie ou en Libye.

« Pour l'instant, c'est Ansar al Charia qui était derrière tout cela », a dit une source au sein des services de sécurité.

L'Etat Islamique a également revendiqué l'attaque du musée du Bardo mais le gouvernement a déclaré que ses auteurs étaient liés au groupe islamiste Okba Ibn Nafaa, lui aussi affilié à al Qaïda.

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3 juillet 2015 5 03 /07 /juillet /2015 18:18

http://www.politis.fr/Regionales-Un-appel-pour-un,31444.html

Un appel pour un rassemblement citoyen en Ile de France

Par Michel Soudais

Samedi 6 Juin 2015

Ses signataires, dont de nombreux responsables du Parti de Gauche, veulent susciter la création d’assemblées citoyennes représentatives, articulées avec des partis politiques qui soutiennent la démarche.

Trois cent vingt citoyens, militants associatifs, syndicalistes et politiques ont publié cette semaine sur internet un « appel pour un rassemblement citoyen en Ile-de-France » ouvert aux signatures. En trois jours, un millier de personnes l’ont déjà signé. Ses initiateurs considèrent que « la politique d’austérité menée par le gouvernement est un désastre économique et social » et s’avère en outre « incapable de répondre à l’impératif écologique ». Ils veulent « tourner la page de la cinquième république », se réfèrent aux victoires de Syriza et des listes convergences citoyennes soutenues par Podemos, et affirment vouloir mettre « la démocratie et l’implication citoyenne au cœur de leur démarche » dès les élections régionales de décembre 2015.

« Le temps est en effet venu d’un large mouvement citoyen et populaire », proclame le texte qui affirme la volonté des signataires d’organiser « des consultations populaires à chaque fois que nécessaire ». Tant sur le projet, le programme et les listes des candidats que « pour co-élaborer un code éthique des candidats élus, prévoyant notamment le non-cumul des mandats et la révocabilité ».

La démarche doit se faire « en articulation avec les partis politiques qui soutiendront la démarche », affirment les signataires, parmi lesquels figurent des membres d’Europe Ecologie Les Verts (EELV), du Parti Communiste Français (PCF), d’Ensemble et un important contingent de responsables du Parti de Gauche. Selon eux, « l’ensemble des forces politiques qui s’opposent à la politique du gouvernement, Front De Gauche (FDG), EELV, Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), Nouvelle Donne et socialistes dissidents », ont vocation à être de ce rassemblement.

Le texte suggère également des pistes pour « une autre politique » en Ile-de-France, réaménagement du territoire, relocalisation des productions, planification de la transition écologique, développement des services publics, défense de l’école publique, renforcement du mouvement associatif et syndical, engagements en faveur de l’égalité des droits, opposition aux grands projets inutiles et imposés et refus de la politique d’austérité du gouvernement.

Craintes de contournement des partis politiques

Au sein du Front De Gauche, l’initiative est toutefois diversement appréciée. Le PCF qui doit débattre des élections régionales lors d’un conseil national, Mercredi 10 Juin 2015, avant que d’ici fin juin les militants de chaque région se prononcent, semble sur les freins. Aucun de ses dirigeants n’est signataire. Même chose à Ensemble, qui s’en est expliqué, Jeudi 4 Juin 2015, dans un long communiqué.

Suggérant une démarche plus classique pour préparer les élections régionales, la troisième formation du FDG estime que l’appel pour un rassemblement citoyen en Ile-de-France « ne permet pas à cette étape de rassembler l’ensemble des forces disponibles ». Ensemble juge toutefois qu’il « exprime l’exigence de la nécessité d’un rassemblement associant forces politiques et sociales » et constitue « une contribution à la construction de cette alternative ».

« Ce n’est pas un contre feu », se défend Jean-François Pelissier, conseiller régional d’Ensemble, qui rappelle que des membres de son organisation ont contribué à l’élaboration de cet appel et en sont signataires à titre individuel. Pour expliquer le refus de celle-ci de le signer, il fait état d’un désaccord « sur la méthode de diffusion ». Mais pas seulement, « nous avons appris que le PCF ne voulait pas le signer. Dès lors on ne voulait pas que cela apparaisse comme un contournement des forces politiques ».

« C’est positif de prendre une initiative et de permettre à l’aspiration citoyenne de s’exprimer », complète François Calaret, un des animateurs d’Ensemble, « mais ce ne peut pas être le cadre d’initiative de la campagne ».

« Le Parti de Gauche a déclaré se mettre à fond derrière la démarche », reconnaît Eric Coquerel, son coordinateur politique, tout en récusant l’idée de vouloir contourner les partis politiques.

« Des réunions des formations du FDG, il y en aura. On est toujours sur deux jambes, sauf qu’on en priorise une, celle de la démarche citoyenne, car elle n’attend pas ».

Il envisage « un travail sur plusieurs mois et le plus large possible », porté par une idée force, « des assemblées citoyennes représentatives, articulées avec des partis au service de la démarche ». Une idée exprimée dans des appels similaires dans d’autres régions, dans la région Midi Pyrénées Languedoc Roussillon, où des rassemblements citoyens s’étaient constitués à Toulouse et dans l’Aveyron pour les élections départementales, mais également dans la région Provence Alpes Côte d’Azur.

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