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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 19:21

 

 

http://mobile.reuters.com/article/newsOne/idUSKBN15U2EV

 

 

Andrew Puzder se retire, un échec pour Donald Trump


 

C’est un échec pour le président Donald Trump alors qu'il tente de rassembler son administration, son candidat au poste de secrétaire au travail, Andrew Puzder, a retiré son nom Mercredi 15 Février 2017, en raison des craintes qu'il ne pourrait pas recueillir suffisamment de votes au sénat pour être confirmé.

La décision d’Andrew Puzder de se retirer est encore un revers cette semaine pour une Maison Blanche toujours aux prises avec les retombées de la démission abrupte Lundi 13 Février 2017 du conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn, après moins d'un mois de travail.

Andrew Puzder, le chef de la direction exécutive de CKE Restaurants Incorporation, qui comprend les chaînes de fast-food Hardee's et Carl's Junior, a été au centre d'un tourbillon de controverses, de plaintes et de conflits potentiels.

Il a admis plus tôt ce mois-ci que lui et sa femme avaient embauché une personne sans papiers en tant que femme de ménage. Il a été confronté à une vague de plaintes et de poursuites judiciaires intentées ces dernières semaines et ces derniers mois par des travailleurs contre ses affaires et ses franchises.

Plus récemment, un enregistrement d’une émission d'Oprah Winfrey, vieille de plusieurs décennies, faisant état d'allégations de violence conjugale de son ancienne femme a refait surface, bien que ces allégations aient été retirées.

« Après un examen minutieux et des discussions avec ma famille, je retire ma candidature pour le secrétaire du travail », a déclaré Andrew Puzder dans un communiqué.

Le retrait d’Andrew Puzder est intervenu un jour avant la date prévue de son audition de confirmation.

 

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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 19:16

 

https://paris.demosphere.eu/rv/53144

 

Rassemblement contre la corruption des élus

 

Dimanche 19 Février 2017 à 15 heures Place de la République à Paris

 

A toutes celles et à tous ceux qui pensent qu'il n'est plus tolérable d'être gouvernés par un corps élu qui a la possibilité de pratiquer l'inverse de ce qu'il défend, rassemblons-nous et exprimons-nous.

 

A toutes celles et à tous ceux qui ne sont pas convaincus par les excuses et la communication officielle de François Fillon, comme cela a pu être le cas pour Jérôme Cahuzac avant lui, et potentiellement pour chaque politique en position de détourner des biens publics à des fins personnelles ou de se trouver en situation de conflit d'intérêt, rassemblons-nous et exprimons-nous.

 

A toutes celles et à tous ceux qui pensent qu'il est maintenant nécessaire d'encadrer strictement la probité des élus, pour que la loi s'applique universellement et n'exempte pas ceux qui sont élus pour l'appliquer, rassemblons-nous et exprimons-nous.

 

Enfin, à toutes celles et à tous ceux qui pensent qu'une véritable solidarité et cohésion sociale, loin des ségrégations, de toute forme de racisme ou de sexisme, ne peut reposer sur des bases pourries par la corruption, rassemblons-nous et exprimons-nous.

 

Nous ne serons pas les seuls à nous faire entendre, la Roumanie, entre autres, en montre un sérieux exemple en ce moment.

 

Ensemble nous sommes créatifs, nous résistons et nous proposerons massivement des idées correspondant à notre volonté.

 

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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 21:03

 

http://www.liberation.fr/planete/2017/02/13/erdogan-a-plein-regime_1548291

 

Recep Tayyip Erdogan à plein régime

 

Par Quentin Raverdy, correspondant de Libération à Istanbul

 

Lundi 13 Février 2017

 

Le projet de réforme constitutionnelle, sur lequel les électeurs turcs doivent se prononcer par référendum le 16 avril 2017, donnerait au président des pouvoirs très étendus, un pas de plus vers la dictature.

La date est désormais entourée sur tous les calendriers de Turquie. Le 16 avril 2017, près de cinquante huit millions d’électeurs turcs sont appelés à se rendre aux urnes pour décider du sort de la réforme constitutionnelle appelée de ses vœux par le président Recep Tayyip Erdogan et l’organisation qu’il a fondée, le parti de la justice et du développement (AKP). Si l’exécutif turc a franchi sans encombre l’épreuve parlementaire, faisant voter au pas de charge les dix huit articles de la réforme grâce au soutien des élus de la formation d’extrême droite du parti d’action nationaliste (MHP), c’est désormais au peuple de trancher.

Et le texte divise. Entérinant le passage de la Turquie vers un régime présidentiel, il élargit surtout les prérogatives d’un chef de l'état déjà vivement critiqué pour ses penchants autocratiques, nommer et révoquer les ministres, promulguer des décrets, déclarer l’état d’urgence et choisir certains membres du haut conseil de la magistrature.

« Avec une centaine d’autres anciens diplomates turcs, nous avons lancé un appel au gouvernement pour qu’il renonce à ce projet qui fait courir un danger à la Turquie », prévient l’ancien ambassadeur Pulat Tacar. « Nous entrerions dans un régime quasi dictatorial où le président de la république détiendrait tous les pouvoirs exécutifs, législatifs et judiciaires ». Et cet observateur attentif de la vie politique turque de s’inquiéter de voir cette réforme fragiliser et diviser un peu plus une Turquie déjà à genoux.

La république turque vient en effet de connaître l’une des années les plus sanglantes de son histoire. « Ce que la Turquie a traversé en une année, les autres peuples l’ont vécu en dix ans », résumait ainsi un analyste turc. Et pour cause, en 2016, les épreuves ont été légion, la résurgence du conflit avec le parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), les montagnes russes diplomatiques avec Moscou, le musellement de l’opposition politique et médiatique, ou encore la sanglante vague d’attentats menés par des groupes kurdes et l’Etat Islamique. La dernière attaque en date, au soir du nouvel an, a fait une quarantaine de morts dans une boîte de nuit stambouliote.

« Mais ce qui va marquer fortement les années à venir, c’est le coup d’état manqué », souligne le politologue Ahmet Insel, notamment ses conséquences.

En effet, après avoir maté le putsch, le président Recep Tayyip Erdogan, s’appuyant sur l’état d’urgence, a lancé une vaste purge dans toutes les institutions du pays, armée, police, justice, éducation et entreprises, contre le mouvement proche de l’imam Fethullah Gülen, exilé aux Etats-Unis depuis 1999 et accusé d’être le cerveau de l’opération. Les purges se sont étendues ensuite aux opposants de l’autoritaire leader turc. Des centaines de médias ont été fermés, des journalistes ont été interpellés et plusieurs dizaines de membres du parti démocratique des peuples (HDP) ont été jetés en prison. Les chiffres sont dantesques. Plus de quarante et un mille personnes ont été arrêtées. « Le coup d’état a été le prétexte utilisé par le gouvernement pour une suspension générale de l’état de droit », ajoute Ahmet Insel, également éditorialiste au quotidien d’opposition Cumhuriyet, cible du gouvernement. « Et ce n’est pas près de se terminer. Le pouvoir va chercher à transformer cet état d’urgence en un état de droit d’exception permanent ».

Une lente descente vers l’autoritarisme, sous couvert de lutte contre le « terrorisme » kurde, jihadiste ou guléniste, que semblent pourtant soutenir bon nombre de turcs qui placent désormais le « terrorisme et la sécurité » à la première place de leurs inquiétudes, loin devant l’emploi et le chômage, malgré le début d’une crise économique. Un sondage publié au début de l’année rappelle que plus de soixante dix pour cent des turcs se disent favorables aux arrestations des élus du HDP, accusés par Ankara d’être le bras politique des rebelles du PKK. Près de quatre vingt pour cent des turcs soutiennent les mises à pied de plus de cent mille personnes soupçonnées de liens avec le mouvement de Fethullah Gülen. « Qui va demander des comptes », constate, amer, un analyste avisé de la vie politique turque. « Les opposants comme le parti républicain du peuple (CHP), peu de monde les écoute. Les citoyens comme moi n’osent pas. Quand tu t’exprimes ouvertement, tu prends un sérieux risque ». Dans ce climat, l’homme tient à garder l’anonymat. Il rappelle l’exemple de l’éditorialiste Kadri Gürsel, farouche critique des dérives autoritaires de Recep Tayyip Erdogan, accusé de soutenir de front les gulénistes et le PKK, jeté en prison depuis plus de trois mois.

C’est donc dans ce climat de tension et de suspicion que débute officiellement la campagne électorale pour le référendum. Et, à peine entamée, la campagne sent déjà le souffre. Le gouvernement polarise le débat et accuse les partis d’opposition du CHP et du HDP de jouer le jeu des terroristes en s’opposant au système présidentiel. « Qui dit non à ces réformes », demandait ainsi le premier ministre, Binali Yildirim, dans un inquiétant mélange des genres. « Le PKK et le mouvement de Fethullah Gülen sont des terroristes et bien sûr nous soutenons ce à quoi ils s’opposent. Et qui fait aussi campagne pour le non, le HDP et le CHP ». Morcelée, l’opposition peine à se faire entendre face à un arsenal médiatique de soutien à Recep Tayyip Erdogan bien huilé, dans une campagne où l’équité ne semble plus de rigueur. Un décret de l’exécutif turc, publié au début du mois, permet désormais aux chaînes privées majoritaires en terme d’audience de ne plus respecter l’égalité du temps de parole et de diffusion des deux camps lors de cette campagne.

Et à longueur de journée, les figures de l’exécutif encensent le projet de réforme. « C’est exactement ce dont la Turquie a besoin. Le terrorisme sera combattu avec un gouvernement fort et le changement constitutionnel rendra cela possible », vantait au mois de janvier 2017 le premier ministre, sans plus d’explications. Inlassablement, la presse proche du parti au pouvoir explique qu’il y a péril en la demeure et que le pays est en état de siège, menacé de toutes parts. Des ennemis invisibles qu’Ibrahim Karagül, le très volubile et très influent rédacteur en chef du journal conservateur Yeni Safak, a défié dans ses colonnes,  « quel que soit le combat identitaire ou ethnique que vous promouvez, la capitale européenne d’où vous diriger vos opérations, les réseaux profonds américains avec qui vous coopérez ou le service de renseignement dont vous recevez vos ordres, vous ne vaincrez pas ce pays ».

« Une grande majorité des médias turcs répètent à longueur de journée le discours officiel et répandent ces idées conspirationnistes », soupire l’analyste anonyme. « L’idée que l’occident et notamment les Etats-Unis sont prêts à tout pour mettre la Turquie à genoux, quitte à soutenir le terrorisme, est une explication tellement simpliste que les gens y croient. Ce récit contre l’occident et les Etats Unis, c’est une façon pour le gouvernement turc de se dédouaner de ses échecs ». Une botte secrète qui n’est pas toute neuve, rappelle pour sa part l’éditorialiste du Cumhuriyet, Ahmet Insel, « c’est une longue tradition en Turquie que de brandir la menace des puissances occidentales prêtes à ébranler l’état turc. Un sentiment né et entretenu par les pouvoirs successifs depuis la première guerre mondiale et le traité de Sèvres qui actait le dépècement de feu l’empire ottoman ».

Suivant les pas de Mustafa Kemal Ataturk, vainqueur des puissances étrangères occupantes, entre1919 et 1922, et père fondateur de la république turque en 1923, Recep Tayyip Erdogan a lancé son pays dans une nouvelle guerre d’indépendance contre ceux qui veulent défaire la Turquie. Une guerre qui a d’ailleurs conduit le pays au-delà de ses frontières. Depuis le mois d’août 2016, les troupes turques combattent directement les jihadistes de l’Etat Islamique et les milices kurdes du parti de l’union démocratique (PYD), affiliées au PKK, dans le nord de la Syrie. Une opération rendue possible par le rabibochage, pendant l’été 2016, avec la Russie, après des mois de crise diplomatique. En Syrie, rappelle Ahmet Insel, c’est la Russie, le principal allié de Bachar al-Assad, qui autorise ou non les actions de la Turquie.

Avec la bénédiction du Kremlin, Ankara est redevenu un acteur du conflit syrien. Recep Tayyip Erdogan négocie désormais avec Moscou et Téhéran l’avenir du pays. Une implication directe que la Turquie paie à la fois par le sang de sa population civile, l’attaque du 31 décembre 2016 est une déclaration de guerre ouverte de l’Etat Islamique, mais aussi de ses militaires, les martyrs, plus de soixante soldats turcs sont tombés au combat depuis le mois d’août 2016. Un engagement coûteux hors de ses frontières, qui frôle l’enlisement et qui pourrait peser dans la balance lors du vote du référendum.

 

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 20:07

 

http://www.europalestine.com/spip.php?article12643&lang=fr

 

Procès des militants de la campagne pour le Boycott, les Sanctions et le Désinvestissement (BDS)

 

Saadia et Hussein relaxés à Montpellier

 

Saadia et Hussein, deux militants de la campagne BDS poursuivis pour le désormais bien connu appel à la discrimination, ont été relaxés Mardi 7 Février 2017 par la cour d’appel de Montpellier, qui a déclaré nulle la procédure lancée contre eux.

Les faits remontaient à 2014, au plus fort des massacres de Gaza par l’armée israélienne. Sur la page Facebook de l’un de ces deux militants, apparaît un message quelque peu haineux, aux antipodes des valeurs défendues par le mouvement de solidarité avec le peuple palestinien.

Dès qu’ils se rendent compte de la présence d’un tel message, posté par un inconnu, Saadia et Hussein l’effacent de leurs pages Facebook respectives et en condamnent le contenu.

Mais c’était sans compter sans l’acharnement de diverses organisations, à commencer par la Ligue des Droits de l’Homme (LDH), qui porte plainte contre nos camarades et déclenche ainsi l’action judiciaire.

S'étaient donc retrouvés, au tribunal, sur le même banc des parties civiles, deux associations censées lutter contre l’occupation israélienne de la Palestine, à savoir la LDH bientôt rejointe par le Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples (MRAP), côte-à-côte avec les officines traditionnelles du lobby israélien en France, Avocats Sans Frontières et l'Association France Israël de William Goldnadel, le Bureau National de Vigilance Contre l'Antisémitisme (BNVCA) de Sammy Ghozlan et la Ligue Internationale Contre le Racisme et l'Antisémitisme (LICRA).

Honteuse collusion, en vérité, mais parfaitement assumée par la LDH et le MRAP, qui avaient fait descendre de Paris leurs propres ténors du barreau, les avocats Michel Tubiana et Pierre Mairat.

En première instance, au mois d'avril 2016, les deux militants avaient été condamnés à des peines d’amende, dont ils avaient immédiatement interjeté appel.

Le jugement de première instance avait entre autres ceci de scandaleux qu’il ignorait purement et simplement, sans même chercher à les réfuter, les nombreuses nullités, solidement argumentées, soulevées par les avocats des deux prévenus, Gilles Devers et Dominique Cochain.

Devant la cour d’appel de Montpellier, au mois de décembre 2016, le procureur général a constaté sans difficultés les défaillances flagrantes du jugement de première instance et il a conclu que, effectivement, les poursuites contre Hussein et Saadia étaient entachées de nullité.

L’arrêt de relaxe prononcé Mardi 7 Février 2017 est un encouragement pour tous à résister à l’intimidation judiciaire et à développer plus que jamais la campagne de boycott d’Israël, tant que cet état foulera au pied les droits les plus élémentaires du peuple palestinien.

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 19:52

 

http://www.ldh-france.org/theo-les-autres-victimes

 

https://paris.demosphere.eu/rv/53197

 

Avec Théo Luhaka et les autres victimes

 

Rassemblement à Paris, Samedi 18 Février 2017, à 15 heures, place de la République

 

A l’initiative du Conseil Représentatif des Associations Noires (CRAN), de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH), du Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples (MRAP), de SOS Racisme, de la Confédération Générale du Travail (CGT) et de la Fédération Syndicale Unitaire (FSU)

 

Les faits qui se sont produits à Aulnay-sous-Bois sont graves.

Le déni par les autorités policières et les déclarations racistes qui en ont suivi sont inacceptables. Ils sont inacceptables pour les premiers visés, qui supportent quotidiennement des contrôles dont chacun sait qu’ils n’ont qu’un très lointain rapport avec la réalité de la délinquance.

Ils sont inacceptables pour toutes celles et tous ceux qui souhaitent bénéficier d’une police respectueuse des personnes et de leurs droits, garante des libertés et de la sécurité publique.

Ils sont inacceptables, enfin, pour la police elle-même, dont l’honneur est entaché par ces comportements.

Lorsque des agents ayant autorité outrepassent leurs droits et violent ceux des autres, ils menacent le pacte républicain qu’ils sont chargés de défendre.

Les faits qui se sont déroulés à Aulnay sous Bois sont d’une exceptionnelle gravité. Mais ils sont loin d’être isolés. Il est temps d’y porter un coup d’arrêt, temps de réaliser que, au-delà des faits incriminés, c’est l’ordre public lui-même qui est mis en cause et, avec lui, la sécurité de toutes et de tous.

Nous rappelons avec force que la loi puise sa force dans le fait qu’elle vaut pour tous et que la république n’a d’avenir que dans le respect de sa devise.

C’est pourquoi nous appelons toutes celles et tous ceux qui ont à cœur les valeurs d’humanité, toutes celles et tous ceux qui veulent opposer l’égalité et la fraternité au racisme et au mépris social, toutes celles et tous ceux qui jugent urgent de rétablir la confiance entre les citoyens et les forces de l’ordre, à organiser des rassemblements largement unitaires de solidarité et de protestation le Samedi 18 Février 2017, en soutien à Théo Luhaka, contre des dérives policières auxquelles il faut porter un coup d’arrêt.

Nous appelons le gouvernement à prendre la mesure de la gravité des événements et à prendre en compte les propositions portées par la société civile en matière de lutte contre le racisme et de sécurité publique.

 

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 19:34

 

Le directeur de la police s'indigne d'une tribune pour Théo Luhaka (Reuters)

 

Le Directeur Général de la Police Nationale (DGPN), Jean-Marc Falcone, s’est indigné Mercredi 15 Février 2017 d’une tribune signée par plusieurs personnalités prenant la défense de Théo Luhaka, le jeune homme victime d'une interpellation violente, Jeudi 2 Février 2017.

Le texte publié par le quotidien Libération a été signé par des artistes comme Omar Sy, Christine and the Queens et Gilles Lellouche, qui s'élèvent « contre les violences policières et leur impunité ».

Jean-Marc Falcone s'en prend particulièrement à un passage de la tribune qui dit que « les policiers racistes qui posent problème ne sont pas devenus racistes par la dureté de leur mission. Il semblerait que, le plus souvent, ce soient de jeunes militants issus d’un parti politique bien connu qui se sont engagés pour pouvoir commettre leurs exactions en toute impunité ».

« Ces propos sont scandaleux, injustes et inacceptables. Je ne peux admettre que les dizaines de milliers de jeunes français qui ont souhaité entrer dans la police nationale soient insultés de la sorte », écrit-il.

Pour le patron de la police, le respect de la présomption d’innocence prévaut, « tout comme s’impose à tous le respect dû à des hommes et à des femmes profondément dévoués ».

Le député des Républicains Eric Ciotti a appelé le ministre de l’intérieur, Bruno Le Roux, à porter plainte contre les auteurs de cette tribune, « afin de défendre l’honneur de la police ».

 

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 19:19

 

http://www.liberation.fr/france/2017/02/14/mort-d-adama-traore-si-on-se-tait-c-est-toute-notre-societe-qui-se-salit_1548531

 

http://www.quartiersxxi.org/appel-des-artistes-contre-l-impunite-des-violences-policieres

 

Mort d'Adama Traoré

 

Si nous nous taisons, c’est toute notre société qui se salit

 

Mardi 14 Février 2017

 

A la suite de la mort d’Adama Traoré lors de son arrestation Mardi 19 Juillet 2016 à Beaumont-sur-Oise, des personnalités réclament justice.

 

Appel des artistes contre l'impunité des violences policières

 

Nous, artistes, sportifs, comédiens et écrivains, considérons que la mort d’Adama Traoré n’engage pas seulement ses proches mais l’ensemble de notre pays et de notre société.

Cet été, à Beaumont-sur-Oise, un jeune français est mort entre les mains des forces de l’ordre, le jour de ses vingt quatre ans. Et, depuis six mois, ce qui aurait pu n’être qu’une énième bavure meurtrière illustre jour après jour l’impunité de certains gendarmes et policiers en France, telle qu’elle est depuis longtemps dénoncée par les organisations des quartiers populaires, les comités de soutien aux victimes et Amnesty International depuis 2009.

Mardi 19 juillet 2016, Adama Traoré tente d’échapper à un contrôle d’identité parce qu’il n’avait pas ses papiers sur lui et qu’il connaissait la violence susceptible d’en découler. Interpellé, Adama Traoré est plaqué et maintenu au sol par trois gendarmes qui pèsent de tout leur poids sur son corps. Les militaires notent qu’Adama Traoré se plaint de ne pas pouvoir respirer et ils l’embarquent dans leur fourgon où il perd connaissance. Plutôt que de le transporter à l’hôpital, ils poursuivent leur route vers la gendarmerie. Mardi 19 juillet 2016, vers 17 heures 45, Adama Traoré disparaît entre les mains des forces de l’ordre.

Selon la version officielle, les pompiers constatent le décès d’Adama Traoré, Mardi 19 Juillet 2017 à 19 heures 05. Mais rien n’est dit à la famille. Ayant entendu dire qu’Adama Traoré a fait une crise, ses proches contactent les hôpitaux pour rechercher sa trace, en vain.

Mardi 19 Juillet 2017 aux alentours de 21 heures, c’est par un appel aux pompiers qu’ils apprennent que le jeune homme est retenu à la gendarmerie. Oumou Traoré, la mère d’Adama Traoré, vient alors demander des nouvelles de son fils à la caserne, où on lui répond qu'il va très bien.

Elle attend donc sur place, avec ses proches, Mardi 19 Juillet 2016 jusqu’à 23 heures 30, quand les gendarmes annonceront la mort d’Adama Traoré, soit quatre heures et demie après le constat officiel du décès.

Les suites de cette mort suspecte nous interrogent, déclarations contradictoires des autorités, tentatives de salir la mémoire de la victime, dissimulation de son corps, escamotage des rapports médicaux, mensonges des forces de l’ordre, pressions sur la famille et intimidations des habitants. Les pouvoirs publics ont manifesté une partialité constante pour éclipser les actes qui ont conduit à la mort d’Adama Traoré. Jusqu’au procureur de la juridiction qui évoque une infection très grave, un malaise cardiaque et la présence d’alcool et de cannabis dans le sang d’Adama Traoré pour justifier son décès. Autant d’affirmations qui seront démenties par les expertises médico-légales.

Le tout afin d’occulter les circonstances réelles de la mort d’Adama Traoré à ses proches, comme aux médias et à l’opinion publique.

Cependant, après qu’il ait été démontré qu’Adama Traoré est mort asphyxié, que le procureur qui a sciemment menti à la famille et aux journalistes ait été muté et que l’instruction de l’affaire ait été dépaysée à Paris, nous assistons à un acharnement constant des autorités contre une famille dont la détermination, soutenue par la solidarité des habitants de leur quartier, a permis de mettre au jour les contrevérités officielles.

Depuis le premier jour, la maire de la ville n’a cessé d’entraver les sollicitations de la famille. Refus d’autoriser une marche blanche au lendemain de la tragédie, obstruction aux demandes d’entretien de la mère et des frères et sœurs d’Adama Traoré, absence de visite sur place et, après chaque manifestation de soutien et extinction de l’éclairage public nocturne dans le quartier, situation propice à toutes les provocations et dégradations, nous sommes loin d’une recherche d’apaisement. Enfin, après avoir partagé sur sa page Facebook un appel à la violence armée des « citoyens de souche pour venir en aide à nos pauvres policiers », la maire a menacé de porter plainte en diffamation contre Assa Traoré, la sœur de la victime, devenue porte-parole de la famille, qui avait dénoncé ce parti pris.

Du côté de l'état, malgré les mensonges avérés, le ministre de l'intérieur n’a jamais eu un mot, ne serait-ce que de compassion, à l’égard de la famille. Interpellé par un député à l'assemblée nationale, il refuse même de prononcer le nom d’Adama Traoré, tandis qu’il assure les gendarmes et la maire de Beaumont sur Oise de son appui plein et entier. Mépris, esprit de revanche et parti pris aveugle, c’est donc le message que les pouvoirs publics renvoient depuis six mois à la famille et aux habitants de Beaumont sur Oise qui ont manifesté massivement leur solidarité.

Finalement organisée, la marche blanche réclamant vérité et justice pour Adama Traoré a rassemblé plusieurs milliers de personnes. Une mobilisation sans précédent dans cette commune paisible, derrière une famille qui ne réclame ni aucun privilège ni aucune exception, mais qui exige la stricte application du droit républicain, la vérité sur la mort d’une victime quand la violence des forces de l’ordre est en cause et la mise en examen de ceux qui en sont responsables.

C’est pour cela que l’affaire Adama Traoré est l’affaire de tous, pour affirmer et défendre l’égalité des droits. C’est cette exigence élémentaire que nous, artistes, sportifs, comédiens et écrivains, partageons et relayons. Nous refusons que les habitants des quartiers populaires qui sont quotidiennement frappés par la violence économique et la violence raciste soient également abandonnés à l’insécurité, aux mensonges, à une culture de l’excuse permanente des excès des forces de l’ordre et au jeu dangereux des politiques qui tentent de monter les citoyens les uns contre les autres. Nous refusons qu’une part croissante de la population française soit abandonnée par la république et nous réclamons la plus stricte impartialité des pouvoirs publics quand les garants de l’ordre outrepassent les lois. « C’est une affaire d'état », selon Assa Traoré, et nous sommes également convaincus que c’est toute notre société qui se salit, si elle se tait et détourne le regard. Et nous avec, si nous ne réagissons pas.

Jeudi 2 Février 2017, à Paris, des rappeurs donnaient à Paris un concert de soutien pour la justice pour Adama Traoré. Ce même jour, Théo Luhaka., vingt deux ans, subissait la barbarie de l’agression policière qui révolte aujourd’hui le pays. C’est pourquoi nous appelons, par une convergence de toutes nos sensibilités et dans un élan solidaire, à soutenir l’exigence de vérité et de justice pour Adama Traoré et de justice pour Théo Luhaka, comme pour toutes les victimes des violences des forces de l’ordre. C’est notre cause commune à toutes et tous, ensemble contre les violences policières et leur impunité.

 

Premiers signataires

 

Eric Cantona, Vincent Delerm, Nadir Dendoune, Rokhaya Diallo, Mathieu Kassovitz, Yannick Noah, Eros Sana, Omar Sy, Serge Teyssot Gay, Roland Timsit, Zebda, Didier Fassin, Eric Fassin, Ugo Palheta, Pierre Tévanian

 

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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 20:45

 

http://www.ballybagayoko.com/theo-nous-demandons-la-constitution-dune-commission-denquete-afin-dexaminer-de-facon-totalement-impartiale-les-faits-et-les-conclusions-du-rapport-de-ligpn

 

Nous demandons la constitution d’une commission d’enquête afin d’examiner de façon totalement impartiale les faits et les conclusions du rapport de l’Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN)

 

Samedi 11 Février 2017

 

Justice pour Théo Luhaka

 

Une commission d'enquête doit faire toute la lumière

 

Constitution d’une commission d’enquête parlementaire pour Théo Luhaka

 

Elus de Seine-Saint-Denis, citoyens, militants des droits humains et personnalités, nous voyons de trop près le mépris dans lequel les jeunes se sentent tenus du fait de certains comportements policiers trop fréquents.

 

La déclaration de l’IGPN, qui prétend que les sévices et le viol subis par Théo Luhaka sont un accident, est proprement insupportable. Elle entraîne des soulèvements de désespoir et de colère mais aussi une détermination légitime à toute épreuve de cette jeunesse consciente et éveillée sur le monde qui l’entoure.

 

Les mères et largement les habitants des quartiers les plus concernés en sont à manifester pour que leurs enfants ne soient plus tués ou gravement blessés.

 

Encore récemment, Adama Traore a été tué du fait des violences policières et les mensonges qui ont prévalu trop longtemps sur cette affaire ont fini par être démasqués.

 

Pour Théo Luhaka et afin d’éclaircir les agissements des policiers à Aulnay sous Bois, nous demandons la constitution d’une commission d’enquête parlementaire afin d’examiner de façon totalement impartiale les faits et les conclusions du rapport de l’IGPN.

 

Nous voulons la vérité et pas les vérités officielles de la police, ni pour Adama Traore, ni pour Théo Luhaka et ses amis à Aulnay sous Bois. Il faut tirer au clair tous ces cas, dénoncés à juste titre comme racistes, des contrôles au faciès aux violences dont les auteurs ne doivent pas rester des fonctionnaires.

 

Nous voulons, ainsi, ré-ouvrir les débats nécessaires sur les contrôles d’identité et le récépissé, ainsi que le rôle de la Brigade Anti Criminalité (BAC), de la Brigade de Surveillance du Territoire (BST) et de leur remplacement nécessaire par une police de proximité.

 

Nous invitons tous les élus, les citoyens, les militants et les personnalités qui le souhaitent à se joindre à cette initiative. en signant et en faisant signer massivement cet appel.

 

Premiers signataires

 

Bally Bagayoko, Patrick Braouezec, Pierre Laporte, Azzedine Taibi, Patrice Leclerc, Jacqueline Rouillon, Pierre Cours Salies, Stéphane Lavignotte, Véronique Dubarry, Patrick Vassalo, Sonia Pignot, Madjid Messaoudene, Vincent Huet, Djénéba Keita, Alain Cyroulnik, Dominique Attia, Alexis Corbières

 

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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 20:23

 

http://www.elmundo.es/espana/2017/02/14/58a301bd468aeb7a2b8b45ed.html

 

Le tribunal constitutionnel ouvre la voie pour l’accusation de quatre autres membres du parlement catalan pour désobéissance

Le gouvernement catalan n’arrêtera pas le référendum malgré le tribunal constitutionnel

Le procureur en chef de Barcelone a dit « qu’ils m’ont traité de fasciste et qu’ils m’ont demandé de quitter la Catalogne »

Mardi 14 Février 2017

L’assemblée plénière du Tribunal Supérieur de Justice de Catalogne (TSJC) a annulé la décision du parlement catalan qui a approuvé la tenue d'un référendum pour l'indépendance de la Catalogne en 2017.

L’assemblée plénière du TSJC a donc décidé définitivement d’exécuter la sentence présentée par le gouvernement, qui a fait valoir que la résolution n'a pas respecté une nouvelle fois l'arrêt du tribunal constitutionnel de 2015 qui a annulé le processus de déconnexion.

L’annulation affecte les chapitres de la résolution adoptée le 6 Octobre 2016 intitulés « référendum » et « processus constituant » et le chapitre consacré à « l’avenir politique de la Catalogne ». À la demande de l’avocat de l’état, le tribunal constitutionnel avait déjà suspendu au mois de décembre 2016 l’application de la résolution.

En ce qui concerne la responsabilité pénale possible pour une éventuelle désobéissance, le tribunal constitutionnel a agi à nouveau comme il l'avait fait avec la première désobéissance présumée commise par la présidente du parlement catalan, Carme Forcadell.

L’assemblée plénière a décidé de tenir compte de la position du procureur et d’agir pénalement contre la présidente du parlement catalan. L’assemblée plénière a donc porté plainte contre Carme Forcadell. Tout indique que cette nouvelle désobéissance sera jointe à l’enquête ouverte après la première désobéissance.

Le tribunal constitutionnel a donné également son feu vert au procureur pour élargir sa plainte aux quatre membres indépendantistes du bureau du parlement catalan qui ont déposé la résolution déclarée inconstitutionnelle. Plus précisément, l’assemblée plénière a décidé « de recueillir des témoignages afin, le cas échéant, d’engager la responsabilité pénale de la présidente du parlement de Catalogne, Carme Forcadell i Lluis, du premier vice-président du bureau du parlement, Lluis Maria Corominas i Díaz, du premier secrétaire du bureau, Anna Simó i Castelló, du troisième secrétaire du bureau, Joan Josep Nuet i Pujals, et de la quatrième secrétaire du bureau, Ramona Barrufet i Santacana ».

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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 19:45

 

http://www.liberation.fr/planete/2017/02/12/podemos-nous-avons-grandi-trop-vite_1548081

 

Nous avons grandi trop vite

 

Par François Musseau, correspondant permanent de Libération à Madrid

 

Pablo Iglesias a vu sa ligne antisystème confortée lors du congrès du parti de la gauche radicale espagnole. Mais la fracture avec l’aile réformiste de son rival Iñigo Errejón demeure.

Au moment où Pablo Iglesias prend la parole, Dimanche 12 Février 2017, un courant électrique parcourt les gradins du palais de Vistalegre, un colosse de béton circulaire qui héberge aussi bien des corridas que des concerts de rock. Face à douze mille militants enfiévrés, arborant tee-shirts et polaires mauves, la couleur de Podemos, le politologue à la queue-de-cheval lance sa diatribe. « Camarades, le vent du changement continue de souffler. Nous sommes l’avant-garde d’une Espagne qui ne supporte plus la corruption et la morgue des élites politico-financières. Nous sommes à l’aube d’un nouveau contrat social, où le peuple n’est plus un sujet ou un laquais, mais le protagoniste de son destin ». Des salves d’applaudissements ponctuent la harangue du secrétaire général et cofondateur de ce parti qui, trois ans seulement après sa fondation, a bouleversé la politique espagnole en devenant la troisième force parlementaire, sur les talons du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) moribond.

Les multiples interventions de Pablo Iglesias ont marqué le deuxième congrès de la formation de la gauche radicale, à Vistalegre, un quartier populaire de la périphérie sud-ouest de Madrid. Un congrès placé sous le signe de la division, du risque d’implosion et des guerres fratricides entre deux camps. Le camp de Pablo Iglesias, le leader charismatique, défend une ligne dure et sans concession, peu enclin à pactiser avec le PSOE et souhaite « cultiver et développer une masse populaire qui finira par faire trembler les élites ». Le camp d’Iñigo Errejón, lui aussi issu des sciences politiques, est plus pragmatique, modéré et convaincu que le combat passe davantage par le parlement et les institutions que par la rue. Entre les deux amis d’hier, un tandem qui a porté Podemos, c’est désormais la guerre ouverte. Lors du premier congrès de Vistalegre, au mois d'octobre 2014, nous pouvions les voir bras dessus, bras dessous. Cette fois-ci, ils sont apparus séparés et leur froide et fugace accolade face au public n’a trompé personne.

Dimanche 12 Février 2017 vers 12 heures, les jeux sont faits. Adoptée par soixante pour cent des cent cinquante mille votants, la liste de Pablo Iglesias a écrasé celle de son frère ennemi Inigo Errejón, ainsi que celle des anticapitalistes les plus radicaux. Non loin de son rival déconfit, l’homme à la queue-de-cheval arbore un sourire rayonnant. Il est réélu à la fois secrétaire général et membre du conseil citoyen, l’organe directeur de la formation, qui compte soixante deux personnes élues, et sa ligne politique s’est imposée. Pour dissimuler le malaise général, Pablo Iglesias lance que « Podemos demeure un parti uni et je compte sur tout le monde pour continuer sur notre route. Ce parti a été créé pour aller jusqu’à la victoire ». En face, l’auditoire scande « unidad », comme un exorcisme de déconvenue.

Durant tout le weekend, sur les lèvres aussi bien que sur les gradins pavoisés de gigantesques étoffes mauves, « unidad » fut le leitmotiv.

Un appel à l’unité parce que, précisément, les participants venus de tout le pays, les quatre cent cinquante mille membres inscrits et les cinq millions de votants aux élections législatives du mois de juin 2016, savent que leur mouvement est au bord de l’implosion. Grande et brune, Elena Gutiérrez n’a que dix huit ans et fait partie des cinq cent volontaires. Comme les cinq cofondateurs du parti, dont Pablo Iglesias et Inigo Errejón, elle étudie les sciences politiques à l’université madrilène de la Complutense. Son père est concessionnaire et sa mère vendeuse au Corte Inglés, le Bazar de l'Hôtel de Ville (BHV) espagnol. Ils tirent le diable par la queue et elle ne pourrait être étudiante à l'université sans sa bourse. « Pour moi, Podemos, c’est l’espérance et mon rayon de soleil, pour moi et tous les gens humbles. Je suis bien consciente des rivalités, des luttes et des ambitions personnelles. Mais je sais aussi que nous n'avons pas d’autre choix que de maintenir l’unité ».

Une frontière invisible semble séparer les pablistes, les errejonistes et les anticapitalistes. Mais chacun défend l’impérieuse nécessité d’éviter à tout prix la scission. José María Marín, quarante huit ans, technicien en arts de la scène, se montre optimiste. « Nous sommes un parti jeune qui a grandi vite, sûrement trop vite. Et bien sûr, nous commettons des péchés de jeunesse et nous tombons dans le piège des egos et des impatiences ». Une référence aux insultes échangées récemment entre les différents camps sur les réseaux sociaux, où Podemos règne en maître, un monopole qui a contribué à ringardiser les deux partis classiques, le PSOE et le Parti Populaire au pouvoir. Le premier ministre, Mariano Rajoy, a été reconduit Samedi 11 Février 2017 à la tête du Parti Populaire. Au côté de José María Marín, Miguel Angel Alzamora, quadragénaire lui aussi, sociologue et travailleur social, acquiesce. « Je crois que ce congrès marque notre arrivée à l’âge adulte. C’est un Podemos mature qui sortira de là. Plus que jamais, nous constituons une vraie alternative ».

Tout le monde, loin s’en faut, ne partage pas ce bel optimisme. Pour beaucoup, la guerre intestine mine le mouvement de l’intérieur. A l’instar de Yolanda, membre d’un des six cercles de Móstoles, une cité-dortoir en périphérie de Madrid. « Je n’aime pas ce qui se passe. Dans ma ville, on m’a mis dans un courant contre ma volonté. Je me sens manipulée et je pense que les querelles personnelles et stratégiques l’emportent sur le projet politique lui-même ». A écouter les uns et les autres, Pablo Iglesias et Iñigo Errejon partagent le même dessein et le même idéal, à savoir gouverner l’Espagne en lui rendant sa souveraineté politique, sociale et économique, mais ils divergent quant à la manière d’y parvenir. Pour simplifier, le premier estime qu’il faut « récupérer la rue, avant de donner l’assaut aux institutions » et le second préconise une modération permettant « de gagner en force dans les parlements, les régions et les municipalités, et de grignoter le pouvoir institutionnel ».

La rue et les institutions, cette dialectique survole tous les discours, opinions, débats et différends. « Pour moi, en plus d’un combat de coqs, la division entre Pablo Iglesias et Iñigo Errejon, c’est le dilemme entre ces deux pôles », confie Sarai Martínez, élue municipale à Mataró, bourgade proche de Barcelone. « Lorsque tu entres dans une institution, tu te coltines les difficultés, les lenteurs et les impossibilités. Derrière, tu as les militants qui te réclament des comptes sur ce que tu as pu changer ou pas et c’est logique qu’il en soit ainsi. Mais ce grand écart entre la rue et les institutions est précaire et difficile à maintenir ». Même son de cloche de la part d’un groupe de femmes, pendant la pause déjeuner, elles appartiennent à un courant dissident qui défend Inigo Errejón, les transparentes, regroupant des plus de quarante cinq ans pour qui le parti a été vampirisé par de jeunes pablistes. « C’est bien joli la rue », s’étrangle Rocío, « mais c’est au moyen du parlement, en votant des lois, que nous changeons réellement la vie des gens. C’est là que le combat doit se mener. Or, depuis un an, Pablo Iglesias s’est laissé embarquer par une garde prétorienne qui ne parle que de galvaniser les foules et d’enflammer la colère du peuple ».

Les immenses arènes de Vistalegre, aux murs de béton tristes bordés de boutiques, ont semblé héberger ce weekend une corrida politique.

A l’entrée, un dessin en couleurs représente d’ailleurs Pablo Iglesias sous la forme d’un matador, tandis qu’Inigo Errejón, lui aussi en habit de lumière, s’apprête à lui couper sa queue-de-cheval. En tauromachie, c’est par ce rituel qu’un torero met fin à sa carrière. « Ils se trompent », commente Carmen, retraitée. « Sans ce duo complémentaire, le parti ne tiendra pas ».

Plus loin, dans les coulisses, Carlos et José María se sont isolés de la foule. Ces deux éleveurs vétérinaires sont venus de Binéfar, dans la province agricole de Huesca, en Aragón. Avec la défaite d’Inigo Errejón, ils craignent le pire, à commencer par des purges au sein de l’appareil. « Ils parlent de nouvelle politique, mais ils s’étripent comme les politiques à l’ancienne », se désole José María. « Nous, nous n’avions jamais été en politique, nous soutenons Podemos pour qu’il serve de résonance à notre voix, du fond de la campagne. Nous sommes ceux d’en bas, gouvernés par une caste qui défend l’ultralibéralisme. C’est pour cela que nous sommes là. Mais s’ils s’étripent et ne savent pas grandir dans la pluralité et la démocratie interne, alors Podemos ne tiendra pas le choc. Et alors, de nouveau, nous ne compterons plus pour personne ».

 

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