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19 juillet 2017 3 19 /07 /juillet /2017 19:29

 

L'ambassadeur turc à Berlin convoqué, des sanctions évoquées (Reuters)

 

Le ministère allemand des affaires étrangères a convoqué Mercredi 19 Juillet 2017 l'ambassadeur de Turquie pour lui remettre une lettre de protestation après le maintien en détention de six militants des droits de l'homme, dont un allemand, arrêtés au début du mois de juillet 2017 près d'Istanbul, a fait savoir Berlin.

Sigmar Gabriel, chef de la diplomatie allemande, a interrompu ses vacances pour des consultations sur le sujet, a ajouté Martin Schäfer, porte-parole du ministère allemand des affaires étrangères.

Peter Steudtner a été interpellé Mercredi 5 Juillet 2017 avec Idil Eser, directrice d'Amnesty International en Turquie, et huit autres militants des droits de l'homme, alors qu'ils participaient à un atelier sur la sécurité numérique et la gestion de l'information près d'Istanbul.

Ils sont poursuivis pour « commission d'un crime au nom d'une organisation terroriste sans en être membre », ce que le ministère allemand des affaires étrangères a trouvé absurde.

La justice turque s'est prononcée Mardi 18 Juillet 2017 pour le maintien en détention de six d'entre eux, dont Peter Steudtner et Idil Eser, et elle a ordonné la libération des quatre autres militants. La chancelière Angela Merkel a jugé cette décision absolument injustifiée.

Steffen Siebert, porte-parole du gouvernement allemand, a évoqué Mercredi 19 Juillet 2017 une éventuelle suspension de l'aide financière européenne versée à Ankara.

« Malheureusement, nous avons constamment des raisons de parler à la Turquie des droits civiques et de la liberté de la presse », a-t-il déploré, « nous pensons qu'il est important de réexaminer l'aide à la lumière des derniers événements ».

Le cas de Peter Steudtner vient s'ajouter à celui du journaliste germano-turc Deniz Yucel, correspondant de die Welt, arrêté au mois de février 2017 pour diffusion de propagande terroriste, et à une longue série de litiges entre Berlin et Ankara.

Plus de cent cinquante mille personnes ont été limogées ou suspendues dans la fonction publique turque comme dans le secteur privé et cinquante mille personnes ont été arrêtées après le coup d’état manqué du 15 juillet 2016, imputé au prédicateur Fethullah Gülen qui vit en exil aux Etats-Unis.

Selon l'hebdomadaire die Zeit, les autorités turques ont remis à Berlin une liste de soixante huit sociétés allemandes, dont le géant de la chimie Badische Anilin und Soda Fabrik (BASF), accusées d'avoir des liens avec Fethullah Gülen.

La société Daimler fait également partie de la liste, tout comme une épicerie de nuit et un kebab situé dans le nord-ouest de l'Allemagne.

« Nous n'avons jamais entendu parler de cette liste et nous ne pouvons donc pas nous exprimer sur le sujet », a dit une porte-parole de Daimler.

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19 juillet 2017 3 19 /07 /juillet /2017 19:12

 

 

https://www.aplutsoc.wordpress.com/2017/07/17/mise-au-point-du-17-juillet-2017

 

Mise au point 

 

Lundi 17 Juillet 2017

 

Avis aux lecteurs 

 

Plusieurs sites ont repris une version tronquée de notre article relatif aux divergences à l'intérieur de la Confédération Générale du Travail (CGT) Force Ouvrière relatives à la deuxième loi travail. Ils n'en donnent pas la source et ils ne s'en doutent pas, car ils l’ont trouvé sur le site www.alencontre.org qui l’avait repris Vendredi 14 Juillet 2017, sans donner de lien et en procédant à des coupures non indiquées aux lecteurs.

Nous avons signalé ceci au gestionnaire du site www.alencontre.org, qui a réagi en enlevant l’article de son site et en affirmant qu’il ne reprendrait plus rien venant d’Arguments Pour la Lutte Sociale (APLS).

Volontairement ou non, ceci s’apparente à un procédé visant à reprendre des informations et des analyses provenant d’APLS tout en passant son existence sous silence.

Pour notre part, nous continuerons bien entendu à reprendre ou à citer des articles du site www.alencontre.org qui nous semblent intéressants, toujours en donnant la source, en prenant la peine de vérifier les éventuelles coupures non indiquées et en informant les lecteurs de celles que nous pourrions être conduits à opérer. Dans le mouvement ouvrier, ces bons usages portent un nom, c’est la démocratie.

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19 juillet 2017 3 19 /07 /juillet /2017 19:07

 

Le chef d'état-major aggrave la crise en démissionnant (Reuters)

 

Le chef d'état-major des armées a remis Mercredi 19 Juillet 2017 sa démission à Emmanuel Macron sur fond de désaccord avec l'exécutif concernant le budget du ministère de la défense, déclenchant une crise inédite entre le pouvoir politique et la hiérarchie militaire.

« Je considère ne plus être en mesure d’assurer la pérennité du modèle d’armée auquel je crois pour garantir la protection de la France et des Français, aujourd’hui et demain, et pour soutenir les ambitions de notre pays », écrit Pierre de Villiers dans un communiqué transmis à Reuters.

Selon une source militaire, Pierre de Villiers, nommé à la tête des armées en 2014 et reconduit il y a moins d'un mois, a été reçu par Emmanuel Macron avant le conseil de défense qui a eu lieu Mercredi 19 Juillet 2017 à l'Elysée et ce militaire d'élite lui a annoncé sa démission.

François Lecointre, chef du cabinet militaire du premier ministre Edouard Philippe, a été choisi pour lui succéder et sera chargé de mettre en oeuvre la prochaine Loi de Programmation Militaire (LPM) dans un contexte budgétaire serré.

A cinquante cinq ans, cet ancien élève de Saint-Cyr et militaire de terrain est un héros de la guerre de Bosnie au cours de laquelle il a libéré des soldats français détenus par des serbes en 1995, a rappelé Mercredi 19 Juillet 2017 Emmanuel Macron sur la deuxième chaîne de la télévision française.

« Il n’aura pas un budget à défendre, parce que ce n'est pas le rôle du chef d'état-major, c'est le rôle de la ministre des armées », a dit le président français à Serre-Chevalier, dans le département des Hautes-Alpes, à l'arrivée de l'étape du Tour de France.

« Il aura des troupes à conduire, des opérations à mener, une stratégie à défendre et des capacités à proposer au chef des armées qui est le président de la république. C'est comme cela que la république fonctionne bien », a-t-il ajouté en rappelant la répartition des rôles que Pierre de Villiers aurait oubliée.

Pierre de Villiers avait exprimé la semaine dernière de fortes réserves, en termes crus mais dans le huis clos d'une audition à l’assemblée nationale, à propos des économies imposées par le gouvernement pour 2017.

La coupe budgétaire pour les armées s'élève à huit cent cinquante millions d'euros pour 2017, alors même que Pierre de Villiers plaide de longue date pour une hausse de son budget afin d'atteindre un objectif de deux pour cent du Produit Intérieur Brut (PIB).

« J’ai toujours veillé, depuis ma nomination, à maintenir un modèle d’armée qui garantisse la cohérence entre les menaces qui pèsent sur la France et sur l’Europe, les missions de nos armées qui ne cessent d’augmenter et les moyens capacitaires et budgétaires nécessaires pour les remplir », se justifie le chef d'état-major sortant dans son communiqué.

Le débat a viré à la passe d'armes Mercredi 12 Juillet 2017 lorsque Pierre de Villiers a déclaré devant les députés, réunis en commission de la défense, qu'il ne se laisserait pas « baiser comme cela ».

Emmanuel Macron avait balayé les critiques, Jeudi 13 Juillet 2017, dans un discours prononcé devant toute la hiérarchie militaire, en jugeant dans une allusion transparente qu'il n'était pas digne d'étaler des débats sur la place publique.

« J'ai pris des engagements et je suis votre chef. Les engagements que je prends devant les concitoyens et devant les armées, je sais les tenir et je n'ai à cet égard besoin de nulle pression ni de nul commentaire », avait poursuivi le chef de l’état en haussant délibérément le ton.

Le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, a estimé que la démission de Pierre de Villiers était inéluctable en raison de ce désaccord connu, une fois que les propos tenus dans le huis clos de la commission de la défense ont été rendus publics, exprimé par un général « assez politique ». Philippe de Villiers, nommé par François Hollande, est marqué à droite.

Emmanuel Macron a rappelé que la baisse du budget pour 2017 était rendue nécessaire par le déficit plus important que prévu mais que l'armée bénéficierait dès 2018 d'une enveloppe augmentée d’un milliard cinq cent millions d’euros.

« J'ai pris des décisions sur le plan budgétaire qui font que, en 2018, il y aura l'augmentation budgétaire la plus importante sur les quinze dernières années », a-t-il souligné sur la deuxième chaîne de la télévision française, « donc je suis derrière nos soldats, derrière les troupes et derrière leurs familles et l’état est pleinement engagé en cohérence avec la stratégie que j'ai annoncée, la volonté d'atteindre deux pour cent du PIB en 2025 dans l'armée ».

Le chef de l'état a annoncé la semaine dernière que le budget de la défense s'élèverait à trente quatre milliards deux cent millions d'euros en 2018, contre trente deux milliards sept cent millions d’euros en 2017. A deux pour cent du PIB, il atteindrait cinquante milliards d'euros en 2025.

Malgré ces engagements, les militaires à la retraite, les seuls à pouvoir s'exprimer, estiment que la crise est grave.

« C'est une crise majeure qui va avoir des conséquences terribles », juge Vincent Desportes, ancien directeur de l’école de guerre, d'où sortent les plus hauts gradés de l'armée française, et désormais professeur associé à l’Institut d’Etudes Politiques (IEP) de Paris.

Selon lui, il faut remonter au putsch des généraux favorables à l'Algérie française et opposés au général Charles de Gaulle, en 1961, pour retrouver une crise de cette ampleur entre le pouvoir politique et la hiérarchie militaire.

L'opposition, elle, tire à boulets rouges contre le président de la république, trouvant dans cette crise un des premiers angles d'attaque forte contre Emmanuel Macron.

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17 juillet 2017 1 17 /07 /juillet /2017 20:02

 

Sept millions de vénézuéliens ont voté au référendum de l'opposition (Reuters)

 

Plus de sept millions de vénézuéliens ont voté Dimanche 16 Juillet 2017 lors du référendum officieux organisé par l'opposition pour accentuer la pression contre le président Nicolas Maduro et contrarier son projet de révision de la constitution, ont annoncé des observateurs.

Le référendum symbolique se tenait alors que l'impopularité de Nicolas Maduro a atteint un niveau record, alimentée par le marasme économique et par trois mois de manifestations durement réprimées qui ont fait près de cent morts.

Les dirigeants de l'opposition ont salué le succès de l'événement organisé en dehors des infrastructures électorales traditionnelles, qui a été cependant endeuillé par une fusillade qui a fait un mort dans un quartier pauvre de Caracas.

« Dimanche 16 Juillet 2017, la dignité a gagné et la tyrannie a perdu », a déclaré Maria Corina Machado, figure de l'opposition. « Un mandat incontestable a été donné pour un nouveau Venezuela, qui commence dès demain », a-t-elle ajouté.

Nicolas Maduro, cinquante quatre ans, a qualifié à plusieurs reprises le référendum d'illégal. Il mène de son côté une campagne pour l'élection, le 30 juillet 2017, d'une assemblée constituante qui pourra modifier la constitution et dissoudre les institutions publiques.

Trois questions étaient posées Dimanche 16 Juillet 2017 aux électeurs.

A une large majorité de quatre vingt dix huit pour cent, ces derniers ont rejeté l'assemblée constituante voulue par le pouvoir et ils se sont prononcés pour que l'armée défende la constitution et pour l'organisation d'élections avant la fin du mandat de Nicolas Maduro, prévue en 2018, selon les observateurs universitaires convoqués par l'opposition.

Près d'un quart de la population du Venezuela a participé au scrutin. Cette participation se rapproche sensiblement des sept millions sept cent mille suffrages remportés par l'opposition aux dernières élections législatives du mois de décembre 2015 et des sept millions trois cent mille voix rassemblées à l'élection présidentielle de 2013, remportée de justesse par Nicolas Maduro.

Le vote, s'il a remonté le moral d'une opposition affaiblie par le bilan humain des manifestations, n'augure pas pour le moment d'un changement de gouvernement ni d'une sortie de crise.

L'acte de désobéissance civile sera suivi d'un événement baptisé l’heure H, peut-être le point de départ d'une grève nationale, a annoncé l'opposition.

Le référendum non autorisé a été endeuillé par une fusillade qui a fait un mort à Caracas.

Selon la table de l’unité démocratique (MUD), la coalition de l'opposition, un groupe paramilitaire a ouvert le feu à Catia, un quartier pauvre de Caracas, où plusieurs milliers de personnes participaient à cette consultation symbolique.

Une femme de soixante et un ans a été tuée et trois autres personnes ont été blessées, a annoncé le bureau du procureur de l’état.

Les images diffusées par la télévision montrent des gens en train de se disperser tandis que résonnent des tirs d'armes à feu. Un grand nombre de personnes cherchent à se mettre à l'abri dans une église.

Selon Mariela Perez, employée d'une clinique, des partisans de Nicolas Maduro ont ensuite encerclé l'église où les électeurs avaient trouvé refuge et menacé de brûler le prêtre qui les avait accueillis. Un responsable religieux a finalement négocié leur sortie.

Les vénézuéliens expatriés ont également participé au vote, de la Floride à l'Australie et jusqu'à Madrid. Selon le chef de l'opposition Henrique Capriles, un million de vénézuéliens vivant à l'étranger ont voté.

Au Venezuela, certains employés du secteur public, à qui le gouvernement avait conseillé de le pas prendre part au vote, ont cherché à participer en se faisant discrets, par exemple en se rendant déguisés dans les bureaux de vote.

Depuis sa large défaite aux élections législatives de 2015, Nicolas Maduro refuse de reconnaître l'autorité de l’assemblée nationale, où l'opposition est majoritaire.

Pour l'ancien syndicaliste, le Venezuela est victime d'une guerre économique et les manifestations de l'opposition ne visent qu'à le destituer, avec le soutien des Etats-Unis.

Dans un appel téléphonique à la télévision publique, il a pris acte de la consultation organisée par l'opposition, mais l'a qualifiée de consultation interne.

« J'appelle l'opposition à se calmer. En tant que président de la république, je lance un appel à la paix », a déclaré le chef de l’état.

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17 juillet 2017 1 17 /07 /juillet /2017 19:50

 

Démission du chef de la police catalane à deux mois du référendum (Reuters)

 

Le directeur de la police régionale de Catalogne, Albert Batlle, a démissionné Lundi 17 Juillet 2017, deux mois et demi avant le référendum sur l'indépendance organisé par les dirigeants séparatistes de la région et auquel s'oppose le gouvernement central espagnol.

 

Albert Batlle n'avait pas pris position publiquement mais un micro-parti indépendantiste de la région a regretté qu'il ne s'engage pas plus pour la cause séparatiste, a rapporté un média catalan.

 

La démission du chef de la police intervient quelques jours après celles de trois membres du gouvernement régional de Catalogne peu avant le plébiscite qui cristallise les tensions entre Madrid et Barcelone ainsi qu'au sein du camp séparatiste.

 

Le référendum du premier octobre 2017, dont la tenue n'est pas assurée, va proposer aux catalans un choix binaire pour savoir s'ils veulent, ou non, que la région la plus riche d'Espagne devienne un état indépendant.

 

Si le oui l'emporte le premier octobre 2017, le gouvernement régional a prévu de déclarer son indépendance dans les quarante huit heures. En cas de victoire du non, une élection anticipée sera organisée pour former un nouveau gouvernement.

 

Le gouvernement de Mariano Rajoy a annoncé qu'il bloquerait, comme il l'a déjà fait, toute tentative d'organiser une telle consultation.

 

Au mois d'octobre 2014, le président du gouvernement catalan de l'époque, Artur Mas, avait dû annuler un référendum sur l'indépendance prévu le mois suivant, au profit d'une consultation informelle où plus de quatre vingt pour cent des votants avaient dit oui à l'indépendance

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17 juillet 2017 1 17 /07 /juillet /2017 19:42

 

http://www.liberation.fr/debats/2017/07/17/appel-pour-la-liberation-d-idil-eser-et-des-defenseurs-des-droits-humains-en-turquie_1584443

 

Appel pour la libération d’Idil Eser et des défenseurs des droits humains en Turquie

 

Une dizaine de militants des droits de l'homme, dont la directrice d'Amnesty en Turquie, sont entendus Lundi 17 Juillet 2017 au tribunal d'Istanbul.

 

Mercredi 5 Juillet 2017, la police turque arrêtait dix défenseurs des droits humains Les huit défenseurs des droits humains turcs en détention sont Idil Eser d’Amnesty International, Ýlknur Üstün de la Women’s Coalition, Günal Kurþun de la Human Rights Agenda Association, Nalan Erkem de Citizens Assembly, Nejat Taþtan d’Equal Rights Watch Association, Özlem Dalkýran de Citizens Assembly, Þeyhmuz Özbekli et Veli Acu, de la Human Rights Agenda Association.

Les deux autres personnes arrêtées sont des défenseurs des droits humains de nationalité allemande et suédoise, qui intervenaient en tant que formateurs et qui participaient à un séminaire de formation dans un hôtel d’Istanbul. Parmi les personnes arrêtées, il y a Idil Eser, directrice d’Amnesty International en Turquie. Un mois plus tôt, c’est son président, Taner Kiliç, qui était arrêté avec vingt et un autres avocats.

Les dix d’Istanbul sont mis en cause pour appartenance à une organisation terroriste armée. Ils sont présentés dans les médias officiels turcs comme des agents et des espions. Pendant vingt huit heures, ils ont été détenus dans un lieu secret, sans aucun contact avec l’extérieur, ni famille, ni avocat. Leur garde à vue a été prolongée une première fois le 6 juillet 2017, puis une deuxième fois le 11 juillet 2017. Le 19 juillet 2017 au plus tard, nous saurons s’ils sont officiellement inculpés. Si les charges sont maintenues, ils risquent jusqu’à dix ans de prison.

C'est absurde et c'est scandaleux, mais c'est une scène quotidienne dans la Turquie d’aujourd’hui.

L’arrestation d’Idil Eser a été médiatisée autant en France que dans le monde. Avant elle, celle de l’écrivaine et journaliste Asli Erdogan au mois d'août 2016 et celle du journaliste Mathias Depardon au mois de mai 2017 avaient fait couler beaucoup d’encre.

Ces arrestations n’ont rien d’exceptionnel. Depuis un an, et le coup d'état avorté, elles constituent la norme. Les autorités turques ont certes le droit et le devoir de poursuivre en justice les responsables du coup d'état manqué. Mais il est évident que celui-ci est devenu le prétexte à la mise au pas de toutes les voix critiques du pouvoir en Turquie. Selon des estimations basses, plus de cinquante mille personnes ont été détenues et arrêtées depuis le 15 juillet 2016, en moyenne, cent trente six personnes par jour et, parmi elles, au moins cent trente journalistes, douze députés dd l'opposition kurde et des dizaines d’avocats, de juges, d’intellectuels et d’universitaires. Près de cent soixante médias et quatre cent Organisations Non Gouvernementales (ONG) ont été fermés et plus de cent dix mille personnes ont été limogées.

Le séminaire de formation durant lequel Idil Eser et ses collègues ont été arrêtés visait précisément à faire face à un environnement devenu de plus en plus hostile et menaçant. Quelles règles de sécurité, physiques, aussi bien que numériques, mettre en place pour ne pas être espionnés, hackés, harcelés et menacés ? Comment garder le moral dans un contexte de stress intense où voir ses amis et collègues arrêtés est devenu une habitude et où l’on peut être le prochain sur la liste, dans l’unique but de vous faire taire ?

Dans cette répression à grande échelle, l’arrestation de ces dix défenseurs des droits humains reconnus marque un nouveau tournant dans la dérive autoritaire du gouvernement turc.

C’est aussi la première fois dans son histoire qu’Amnesty International voit deux de ses dirigeants dans un même pays emprisonnés et cela en moins d’un mois. Aucun défenseur des droits humains ne peut se considérer encore à l’abri en Turquie.

Les seuls responsables de cette dérive sont les autorités turques. Mais elle est grandement facilitée, voire encouragée, par l’absence ou la timidité des réactions de nos dirigeants européens et particulièrement français. Il est temps que cela cesse et que les droits humains soient au cœur des relations de l’Union Européenne et de la Turquie.

Nous, signataires, appelons les autorités françaises et européennes à adopter un discours et des actes enfin à la hauteur de la répression qui s’exerce contre la société turque dans son ensemble et contre ces défenseurs des droits humains en particulier.

Nous appelons les autorités turques à libérer immédiatement et inconditionnellement ces dix défenseurs des droits humains. Notre combat ne s’arrêtera que lorsqu’ils seront tous libres.

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17 juillet 2017 1 17 /07 /juillet /2017 19:22

 

http://socialisme-2010.fr/blog2016/juillet2017.php#juillet24

 

Les rapports entre Jean Claude Mailly et Jean Luc Mélenchon à la lumière de l’arrivée du Parti Ouvrier Indépendant (POI) dans le Mouvement de la France Insoumise (MFI)

 

Par Robert Duguet

 

La deuxième loi travail, c’est le retour au dix neuvième siècle.

 

Nous sommes au pied du mur avec la politique d'Emmanuel Macron. Rappelons le cœur du dispositif. Les accords nationaux interprofessionnels et les conventions collectives de branche disparaissent dans son projet de société. Un droit du travail par entreprise s’appliquera. Il concernera la durée du travail, les repos et les congés, les droits et les libertés dans l’entreprise, le contrat de travail, le droit disciplinaire, la rupture du contrat de travail, les conseils des prud’hommes, les représentants du personnel, les syndicats, la négociation collective et les conflits collectifs. Il s’agit de donner une autonomie complète aux employeurs qui consultent et négocient quand ils ont décidé de le faire. Le mouvement des entreprises de France (MEDEF) réclame de pouvoir licencier quand il veut. Le refus du salarié d’accepter telle ou telle disposition concernant ses droits en entreprise entraîne son licenciement avec impossibilité de saisir les conseils des prud’hommes.

La deuxième loi travail met un point final aux principes du droit social, tels que ceux-ci était sortis des rapports de force entre le mouvement ouvrier et le capital à l’issue de la seconde guerre mondiale et de la lutte pour détruire le fascisme européen. Le programme du Conseil National de la Résistance (CNR) partiellement appliqué par les premiers gouvernements d’après 1945, introduisait dans la république démocratique bourgeoise reconstruite des éléments de socialisme. La deuxième loi travail, c’est le retour au dix neuvième siècle.

 

Emmanuel Macron conforté par la politique de la Confédération Française Démocratique du Travail (CFDT) et de Jean Claude Mailly

 

Après la défaite électorale du parti qui a institué la cinquième république, le parti des Républicains, et du parti qui a soutenu la cinquième république bonapartiste de Charles de Gaulle, le Parti Socialiste, il y a un vide béant dans lequel peut s’engouffrer un mouvement social de grande ampleur. Les députés de la République En Marche (REM) forment une majorité fragile d’opportunité qui peut se fracturer à tout moment. A la rentrée du mois de septembre 2017 la question première sera celle de lever les obstacles qui entravent la mobilisation sociale.

Aujourd’hui la politique d'Emmanuel Macron ne tient debout que par une fausse négociation engagée par deux confédérations. En première ligne, il y a celle de la CFDT de Laurent Berger, fidèle à son projet néo-corporatiste d’association entre le capital et le travail, mâtiné de christianisme social. Aujourd’hui s’y ajoute la position de Jean Claude Mailly, au nom de la Confédération Générale du Travail (CGT) Force Ouvrière, qui explique qu’une vraie négociation se déroule avec le gouvernement. Il déclare tout de go qu’Emmanuel Macron et Edouard Philippe s’y prennent bien mieux que François Hollande et que Manuel Valls, car eux ils négocient avec les partenaires sociaux. Il affirme que le  soi-disant Contrat de travail à Durée Indéterminée (CDI) de projet n'est pas un réel danger et il accepte par avance les mesures annoncées à l’encontre des conseils des prud’hommes.

Jean Claude Mailly désavoue les unions départementales de la CGT Force Ouvrière qui, comme à Paris, ont manifesté à la fin du mois de juin 2017 aux côtés de la CGT, de la Fédération Syndicale Unitaire (FSU) et de l'Union Syndicale Solidaire (USS), en les présentant comme des initiatives isolées, alors qu’il y a une vraie opposition dans la CGT Force Ouvrière contre la deuxième loi travail. Cette tentative d’accrocher la CGT Force Ouvrière à la politique d'Emmanuel Macron voir monter une opposition, sans nul doute majoritaire, parmi les syndicats et les militants. D'autant qu’un militant ou un adhérent de la CGT Force Ouvrière normalement constitué voit là une position diamétralement opposée aux principes qui, historiquement, ont constitué la spécificité de la CGT Force Ouvrière, une centrale réformiste attachée à la négociation salariale nationale et par branches professionnelles, la loi venant concrétiser l’accord entre le patronat et la classe ouvrière.

Notre intérêt aujourd’hui, c’est que les directions confédérales rompent le soi-disant dialogue social au sommet et engagent une bataille pour l’unité tous ensembles à l’automne.

Cet obstacle n’est pas syndical, il est éminemment politique. Il éclaire d’une lumière inattendue les rapports entre l’appareil confédéral de la CGT Force Ouvrière et le leader du Mouvement de la France Insoumise (MFI), Jean Luc Mélenchon.

 

Trois positions à l'intérieur de la CGT Force Ouvrière

 

Dans le nid de contradictions qui mine l’appareil de la CGT Force Ouvrière, nous discernons trois positions. Il y a celle de Jean Claude Mailly, au nom de l’appareil lui-même, qui rompt avec les principes de 1947 et qui entre dans une logique d’intégration corporatiste à l'état. Il y a celle de l'union départementale de Loire-Atlantique, qui historiquement a représenté l’opposition dite anarchiste syndicaliste, sous la direction de l'Union des Anarchistes Syndicalistes (UAS) et d’Alexandre Hébert, aux origines de la CGT Force Ouvrière, avant de devenir, dès les lendemains de la grève générale de 1968,  la composante combative des majorités confédérales. Dans ce soutien à la majorité confédérale, l'Organisation Communiste Internationaliste (OCI), dont le dirigeant était Pierre Lambert, a gagné pour ses cadres politiques toute une série de responsabilités syndicales et autres postes de permanents. Le Parti Ouvrier Indépendant (POI) est devenu avec le temps l’infanterie de l’appareil confédéral. La troisième position est celle d’un certain nombre d'unions départementales de la CGT Force Ouvrière et de militants, dont en particulier l'union départementale du Finistère, qui condamne la politique de Jean Claude Mailly. Aujourd’hui trois choses sont interdites par la direction confédérale, les critiques contre Jean Claude Mailly, le mot retrait concernant les ordonnances d'Emmanuel Macron et la revendication de la convocation d’un Conseil Confédéral National (CCN) extraordinaire au début du mois de septembre 2017. Jean Claude Mailly propose un CCN le 20 septembre 2017, soit au lendemain de l’adoption des ordonnances par le parlement. La prise en charge de cette politique par le POI a déjà coûté très cher à cette organisation issue du trotskysme, puisqu’un certain nombre de cadres et de militants lambertistes, sur la question de l’indépendance vis à vis de l’appareil confédéral, ont été exclus et ont formé il y a deux ans le Parti Ouvrier Indépendant Démocratique (POID), emportant une bonne moitié des forces militantes.

 

Quel rôle le POI tient-il dans le MFI ?

 

Le soutien du POI aux candidats du MFI présentés aux élections législatives du mois de juin 2017, et soutien s’il vous plait inconditionnel, n’avait pas manqué alors de nous surprendre. Nous comprenons maintenant, à la lumière de ce qui se passe dans la CGT Force Ouvrière, les véritables ressorts. Le journal du POI, Informations Ouvrières, prépare son entrée-dissolution dans le MFI de Jean Luc Mélenchon. Précisons que, chez Jean Luc Mélenchon, on ne rentre pas par effraction pour y construire un courant ou une fraction. On est d’accord ou on est mis sous tutelle ou on est exclu, selon le degré de mise en cause du leader maximo. Il y a donc un véritable accord politique entre le POI, qui protège la politique de Jean Claude Mailly, et Jean Luc Mélenchon. Ce fait donne un éclairage tout à fait particulier et nouveau sur le projet politique du MFI.

Refus de remettre une gauche de transformation sociale en ordre de bataille, en associant dans un même front tous ceux qui veulent combattre la politique d'Emmanuel Macron. Ils n’en veulent pas. Ils nous l’ont prouvé dans les élections législatives. Tourner la page du Front De Gauche (FDG) en faisant un front politique sur le principe un adhérent une voix, ils n’en veulent pas non plus. Jean Luc Mélenchon a passé sa campagne en polémiquant contre les frondeurs du Parti Socialiste d’un côté et contre le Parti Communiste Français (PCF) de l'autre côté, c’est-à-dire en se donnant tous les moyens de ne pas être au deuxième tour des élections présidentielles.

Alors, à quoi sert le MFI ? Réfléchissons précisément à cette question, si nous voulons reconstruire une gauche radicale de rassemblement, démocratique et combattant contre le néo-libéralisme, cette forme actuelle du capitalisme. Jean Luc Mélenchon et Jean Claude Mailly, dont le POI lambertiste devient à tous deux la garde prétorienne, sont aujourd’hui l’opposition de sa majesté, l’un abandonne ce qui avait constitué historiquement la CGT Force Ouvrière comme centrale réformiste pour avancer sur la pente escarpée du corporatisme, l’autre avance sur la voie d’un populisme avec des accents de nationalisme tout à fait inquiétants. La constituante et la sixième république sont oubliées. Cette dérive est loin d’être achevée. Ceux et celles qui avaient vu dans Jean Luc Mélenchon l’homme du recours pour reconstruire une force politique contre le néo-libéralisme vont essuyer bien des déconvenues. Rien ne sert de se fermer les yeux. Il faut chercher la vérité et la dire, comme disait Jean Jaurès.

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16 juillet 2017 7 16 /07 /juillet /2017 18:00

 

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article41533

 

Ensemble et le Mouvement de la France Insoumise (MFI), de quelques inquiétudes et des moyens de les lever

 

Par Francis Sitel

 

Vendredi 14 Juillet 2017

 

Les échanges, écrits et oraux, des derniers jours paraissent confirmer les raisons des inquiétudes qui existent pour Ensemble, mais aussi les possibilités de surmonter celles-ci.

Inquiétude que des choix de portée stratégique soient opérés en fonction de considérations tactiques.

Beaucoup d’arguments échangés dans le débat actuel sont de nature tactique, autour de la question des investissements militants, et d’autres sont d’ordre stratégique, dès lors qu’on évoque un changement d’époque, ou qu’on juge obsolètes les questions de l’unité, ou de l’organisation sous forme de parti.

Si le débat sur ces deux ordres de problèmes est utile, le danger est de prendre des décisions stratégiques au nom d’arguments tactiques. Rappelons ce sur quoi nous serons nécessairement d’accord. D’abord qu’une réflexion stratégique ne peut être bornée à un cadre purement français, il faut prendre en compte que nous sommes confrontés à plusieurs ondes de choc internationales, état du capitalisme, dérèglement climatique et plus généralement crise écologique, signification de l’élection de Donald Trump, signification du Brexit pour l’Union Européenne et déstabilisation du Moyen-Orient avec ses effets, guerre, terrorisme et mouvement de population. Ensuite que cette réflexion ne saurait être surdéterminée par les résultats d’une séquence électorale, certes fort importante, mais aussi très spécifique, du fait des logiques de type bonapartiste qui l’ont dominée.

Tous considérants qui invitent à prendre le temps et à se donner les moyens d’approfondir nos analyses en prenant en compte ces données dans toute leur ampleur et complexité.

Inquiétude de voir que les appels à rejoindre le MFI ne s’accompagnent guère d’analyses un peu travaillées sur les raisons du succès de ce mouvement et même de ce qu’est actuellement ce même mouvement dans sa diversité, dans ses forces et dans ses faiblesses.

Ne faut-il pas prendre en considération ce qu’on pourrait pointer comme une double nature du MFI ?

D’une part, le MFI a été le vecteur de la campagne de Jean Luc Mélenchon et, à ce titre, il a cristallisé une puissante mobilisation de gauche, permise par les axes sociaux et écologistes développés par le candidat et forte dans les villes populaires et dans la jeunesse, et il a capté une part de la puissante volonté qui s’est manifestée au cours de cette campagne de rejet du Parti Socialiste et de renouvellement de tout le personnel politique ainsi que des formes du débat et d’engagement politique. D’où la force du vote en faveur de Jean Luc Mélenchon et la place prise par le MFI.

D’autre part, le MFI ne peut être totalement dissocié du projet politique au service duquel il a été constitué. Ce projet est d’abord présidentialiste, construit depuis 2012 avec l’objectif de gagner les élections présidentielles par la conquête de l’hégémonie sur la gauche.

De ce point de vue, le pari objectivement gagné, pour reprendre la formule d’Eric Coquerel, ce sont aussi les défaites et les crises additionnées du Parti Socialiste, du Parti Communiste Français (PCF), d’Europe Ecologie Les Verts (EELV) et d’Ensemble. Et cela en fonction d’une orientation prenant ses distances avec la référence à la gauche pour développer un discours empreint de populisme, de nationalisme et d’autoritarisme.

Le paradoxe, permis par la prégnance des logiques bonapartistes lors de cette campagne, est que le succès électoral de Jean Luc Mélenchon, et à un moindre degré celui du MFI lors des élections législatives, a été rendu possible par un audacieux équilibre entre la mobilisation de la gauche plutôt anti sociale libérale que radicale et une orientation marquée de populisme, d’où l’invention dudit populisme de gauche.

Au sortir de la séquence, il y a un fait incontestable. Le MFI représente un capital politique important, sur le plan militant, matériel et symbolique, mais cristallisé autour de la figure de Jean Luc Mélenchon.

D’où une inconnue quant au devenir possible du MFI en tant que mouvement politique. Des tensions sont prévisibles dès lors que le MFI est appelé à muter de mouvement ayant porté la campagne de Jean Luc Mélenchon au premier tour des élections présidentielles, puis sous le patronage de ce dernier celle des candidats pour les élections législatives, en mouvement politique pérenne appelé à se définir par rapport à la gauche.

Nous pouvons penser que le MFI est appelé à devenir une composante de la gauche en cours de redéfinition. Mais tant que cette décantation n’est pas réalisée, il est trop rapide de décréter que le MFI a d’ores et déjà gagné l’hégémonie sur la gauche. Alors qu’on ne sait pas ce qu’est appelée à devenir cette gauche, qui restera nécessairement diverse, ni même si le MFI ambitionnera une telle hégémonie définie par rapport à la gauche.

Il serait raisonnable à cette étape de considérer que le MFI présente un grand intérêt et une importance décisive pour toute perspective de recomposition à gauche et pour tout projet de construction d’une force de transformation sociale, écologique et démocratique.

Un tel jugement, qui peut être largement partagé, suffit pour reconnaître l’importance de l’intervention des militants qui sont investis dans le MFI et pour chercher à préciser de quelle manière Ensemble se doit d’intervenir positivement en direction du MFI.

En revanche, moins raisonnable est l’agitation consistant à dire qu'il faut qu’Ensemble intègre le MFI. En effet un tel mot d’ordre peut renvoyer à des options très différentes. Il y a la dissolution d’Ensemble dans le MFI. Il y a le projet d’un investissement militant dans le MFI pour y constituer un courant anticapitaliste sur le modèle d’Anticapitalistas au sein de Podemos, sans préciser si l’on songe à une telle entrée comme négociée avec le MFI ou résultant de la somme d’insertions individuelles. Il y a un investissement de type entriste, avec la volonté de défendre au sein du MFI des méthodes de fonctionnement démocratique et le pluralisme politique. Il y a plus prudemment la volonté d’engager avec le MFI un débat sur ce que pourrait être un mouvement effectivement pluraliste et démocratique.

Le moyen de lever les inquiétudes est de prendre le temps de clarifier entre ces diverses options et de s’intéresser au devenir réel du MFI.

Inquiétude quant à une possible inversion des normes de notre militantisme.

Soit on considère comme décisive l’existence d’Ensemble, comme mouvement politique, avec ses capacités, certes limitées mais non négligeables, d’élaboration, de débat et d’action, pour envisager quelles interventions possibles en direction du MFI. Soit on inverse les termes du problème, en posant l’impératif d’intégrer le MFI, en fonction duquel on envisage à quoi peut éventuellement servir Ensemble et ce que pourrait être son devenir.

Il semble que cette seconde approche lorsqu’elle est défendue soit justifiée moins par les qualités du MFI que par les défauts d’Ensemble. Certaines réflexions actuelles sont dominées par un dénigrement, voire un ressentiment à l’égard d’Ensemble. Cela renvoie aux difficultés auxquelles Ensemble a été confronté tout au long de sa courte existence. Mais aussi à un phénomène qu’il convient d’aborder de front, le sentiment qu’Ensemble aurait fait la démonstration de son inutilité.

Cette question demande à être débattue clairement et sérieusement. Elle résulte d’un état de fait au sortir de cette incroyable campagne électorale. Ensemble a soutenu la candidature de Jean Luc Mélenchon, mais en a tiré moins de bénéfices que de divisions aggravées en son sein et des frustrations. Est-ce de la faute d’Ensemble, ou d’une partie d’Ensemble, celle qui aurait traîné des pieds, qui aurait manqué d’enthousiasme ? Certains camarades le pensent.

Pourtant, les désaccords très profonds qui existent au sein d’Ensemble à propos des positions défendues par Jean Luc Mélenchon n’ont pas empêché Ensemble en tant que mouvement de soutenir sa candidature, de proposer qu’un cadre pluraliste soit mis sur pied et qu’une campagne commune soit menée. Jean Luc Mélenchon ne voulait pas de cela. On peut penser qu’il a eu tort, mais on ne saurait relativiser ni la cohérence ni la détermination de ses choix, tout centrer sur lui et affirmer l’hégémonie du MFI. Il est clair qu’au terme de sa campagne il ne s’interroge pas pour savoir où étaient les six cent cinquante mille voix qui pense-t-il lui ont fait défaut, mais considère que les sept millions de voix obtenues confortent la validité du choix qu’il a fait.

Une explication honnête et sérieuse est également nécessaire quant à ce qu’a été l’expérience du Front De Gauche (FDG) et à propos du bilan d’Ensemble. Cela en vue de clarifier quelques questions, sans obligation de tomber d’accord au terme de l’échange.

Quelles étaient les attentes des uns et des autres par rapport au FDG et pour Ensemble ?

Quelles explications apportons-nous à l’échec du FDG ? Ainsi qu’à propos des limites qui sont celles d’Ensemble ?

Des désaccords existent entre nous, mais il convient de les formuler, et non les laisser à l’état de non-dits, justifiant des faits accomplis et des choix non débattus.

Cette fois encore cette réflexion n’a pas à être surdéterminée par les seuls choix d’ordre électoral faits au cours de la dernière période.

Le projet fondateur d’Ensemble est d’une tout autre portée, en termes de défense de thèmes sociaux, démocratiques, écologistes, féministes et internationalistes. Ensemble a-t-il démérité de ce point de vue ? Quant à la perspective de constitution d’une force politique nouvelle répondant aux intérêts des exploités et des dominés, elle a subi des échecs, les conditions de sa défense ont incontestablement changé, discutons-en. En évitant les emballements pouvant conduire à une désagrégation non voulue du capital que porte Ensemble.

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16 juillet 2017 7 16 /07 /juillet /2017 17:24

 

La Turquie commémore l'échec du coup d’état du 15 juillet 2016 (Reuters)

 

Des centaines de milliers de turcs se sont rassemblés Samedi 15 Juillet 2017 pour célébrer l'échec du coup d’état du 15 juillet 2016, une démonstration massive de soutien en faveur du président Recep Tayyip Erdogan, une semaine après un imposant rassemblement de l'opposition à Istanbul.

Une foule enthousiaste agitant le drapeau national s'est regroupée dans la métropole de l'ouest de la Turquie pour écouter le chef de l’état promettre de punir ses ennemis et rendre hommage aux civils qui s'étaient dressés l'an dernier face aux chars des putschistes.

Le coup de force mené par des militaires factieux, qui ont notamment bloqué les ponts d'Istanbul et bombardé le parlement à Ankara, a échoué au cours de la nuit face aux foules d'habitants que Recep Tayyip Erdogan avait appelés à descendre dans les rues.

« Ils n'ont fait preuve d'aucune pitié quand ils ont pointé leurs fusils contre mon peuple », a lancé le président turc, « mon peuple n'avait que son drapeau, comme aujourd'hui, mais ce qui est encore plus important, c'est qu'il avait la foi ».

La tentative de coup d’état a fait deux cent quarante morts, mais elle a aussi sans doute marqué la fin des interférences de l'armée dans la vie politique turque et ouvert la voie à une campagne de purges qui ont touché toutes les strates de la société.

Le putsch manqué a encouragé le nationalisme turc et il a creusé le fossé entre les partisans de Recep Tayyip Erdogan, chantre d'un islamo-conservatisme très populaire dans les campagnes, et les militants laïcs.

Depuis le 15 juillet 2016, quelque cent cinquante mille personnes ont été limogées ou suspendues de leurs fonctions, dans le secteur public comme dans le secteur privé, pour leurs liaisons présumées avec la confrérie güléniste accusée d'être l'instigatrice du putsch.

Vendredi 14 Juillet 2017, un décret a encore ordonné la démission de sept mille autres policiers, fonctionnaires et enseignants, accusés d'être liés au prédicateur Fethullah Gülen, qui vit aux Etats-Unis depuis 2001.

« Quiconque trahit la nation ne restera pas impuni », a déclaré Samedi 15 Juillet 2017 Recep Tayyip Erdogan, promettant à nouveau de restaurer la peine de mort si le parlement vote en faveur de son rétablissement, une mesure qui mettrait fin automatiquement à la candidature d'adhésion de la Turquie à l'Union Européenne.

Pour les adversaires de Recep Tayyip Erdogan, organisations de défense des droits de l'homme par exemple, le président turc a profité de l'état d'urgence imposé après le putsch manqué pour cibler l'opposition, les intellectuels, les journalistes et les responsables politiques kurdes.

Près de cent soixante journalistes, selon une comptabilité dressée par le comité pour la protection des journalistes, ont été emprisonnés depuis le coup d’état manqué.

« Le gouvernement turc s'est enfoncé dans une spirale liberticide sans précédent sous prétexte de lutter contre les putschistes », a déploré Samedi 15 Juillet 2017 l'association Reporters Sans Frontières (RSF) dans un communiqué.

« Avec plus de cent journalistes derrière les barreaux, la Turquie est aujourd'hui la plus grande prison du monde pour les professionnels des médias », a ajouté RSF.

« Ce parlement, qui a résisté aux bombes, a été rendu obsolète et privé de son autorité », a pour sa part déploré Kemal Kilicdaroglu, leader du parti républicain du peuple (CHP), républicain, social démocrate et laïc, principal parti d’opposition, évoquant le référendum remporté de justesse au mois d’avril 2017 par Recep Tayyip Erdogan.

Grâce à la réforme constitutionnelle qu'il portait, Recep Tayyip Erdogan a pu élargir les prérogatives présidentielles, parfois au détriment du parlement.

« Au cours de l'année qui s'est écoulée, la justice a été détruite. Au lieu d'une normalisation rapide, un état d'urgence permanent a été instauré », a dit Kemal Kilicdaroglu.

Kemal Kilicdaroglu a achevé au mois de juillet 2017 une marche de vingt cinq jours au cours de laquelle il a parcouru quatre cent vingt cinq kilomètres d'Ankara à Istanbul pour réclamer la libération d'un député du CHP condamné à vingt cinq ans de prison pour espionnage.

Largement passée sous silence par les médias pro-gouvernementaux, cette marche s'est toutefois terminée Samedi 8 Juillet 2017 par un immense rassemblement dans lequel des centaines de milliers de manifestants ont réclamé la fin de la répression.

Dans un communiqué, le département d’état américain a loué la lutte des turcs pour la démocratie l'an dernier mais il a aussi insisté sur la nécessité de préserver les libertés fondamentales. « Plus de voix, et non pas moins, sont nécessaires dans les temps difficiles », a-t-il dit.

Au soleil couchant, des milliers d'habitants d'Istanbul se sont rendus Samedi 15 Juillet 2017 vers le pont qui enjambe le Bosphore où des foules de civils, descendus à l'appel du président Recep Tayyip Erdogan, avaient affronté les chars et les soldats qui s'étaient emparés de l'ouvrage au début de la tentative de putsch il y a un an.

De nombreux marcheurs brandissaient des drapeaux turcs et des photographies des personnes mortes ce soir-là. Le pont se nomme désormais le pont des martyrs du 15 juillet 2016.

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16 juillet 2017 7 16 /07 /juillet /2017 16:55

 

 

http://www.elmundo.es/cataluna/2017/07/15/59692a76e2704e48498b45a0.html 

 

Oriol Junqueras impose à Carles Puigdemont un gouvernement kamikaze pour le premier octobre 2017

 

Samedi 15 Juillet 2017 

 

Remplacement de trois ministres pour préparer un affrontement avec l’état au mois de septembre 2017 

 

Oriol Junqueras obtient de nouvelles attributions et demande à partir de maintenant des décisions collégiales 

 

Carles Puigdemont a présenté Vendredi 14 Juillet 2017 le gouvernement qui va préparer le référendum unilatéral du premier octobre 2017. Après le changement de trois ministres, tous les trois du parti démocrate européen catalan (PDC), en raison de divergences sur la manière d'atteindre cet objectif, le président du gouvernement dirige à partir de maintenant un exécutif déterminé à assumer la confrontation avec l’état jusqu'à ses ultimes conséquences. Oriol Junqueras, grand gagnant de la crise, obtient de nouvelles attributions et sera l'homme fort indiscutable du nouveau gouvernement.

Les nouveaux ministres, le porte parole Jordi Turull, le ministre de l’intérieur Joaquim Forn et la ministre de l’enseignement Clara Ponsatí, ont en commun leur indépendantisme intransigeant et ils soutiendront le processus d’indépendance jusqu’au bout.

Si le processus est par définition tumultueux, les deux derniers jours ont été les plus agités dans la période récente. Plusieurs poids lourds ont quitté le gouvernement,  en particulier Neus Munté en charge à ce jour de faire le compte rendu tous les mardis des réunions de l'exécutif. Porte-parole et conseiller de la présidence, ses relations avec Carles Puigdemont se sont détériorées ces derniers temps, mais personne ne pensait à une rupture aussi rapide et aussi abrupte.

Les doutes de Jordi Jané et de Meritxell Ruiz étaient plus connus. A la direction de deux ministères clés pour relever le défi posé par le référendum unilatéral du premier octobre 2017, ils étaient tous les deux partisans de diminuer le niveau d'implication du gouvernement dans le vote, par exemple en mettant certaines parties de l'organisation dans des mains extérieures. Mais, contrairement au processus participatif du 9 novembre 2014, sans valeur juridique et sans conséquences tangibles, Carles Puigdemont et Oriol Junqueras ont promis une consultation avec toutes les garanties d'une vraie élection.

Carles Puigdemont ne veut pas de doutes relatifs au premier octobre 2017 et il n’a pas hésité plus d’une semaine pour changer un tiers de son gouvernement. La démission de Jordi Baiget il y a quelques jours, précisément parce qu’il doutait que le référendum puisse avoir lieu dans les conditions annoncées et parce qu’il avait peur de l'impact de la confrontation avec l’état, était le prologue des démissions des trois autres ministres.

Personne à l’intérieur du gouvernement ne doute que l'affrontement aura lieu cette fois-ci. Ils savent que le Tribunal Constitutionnel annulera la loi référendaire approuvée par le parlement à la fin du mois d’août ou au début du mois de septembre 2017 et ils sont déterminés à ne pas se conformer à la suspension. Ils veulent forcer Mariano Rajoy à prendre des mesures coercitives et ils comptent sur une réaction massive et permanente des catalans. A partir de ce moment là, tout est possible, pensent-ils.

Avec cet objectif à l'esprit, Carles Puigdemont et Oriol Junqueras disent que les changements doivent être effectués dans le cadre qui a été conçu par Artur Mas avant d'être contraint de quitter la présidence par la Candidature d’Unité Populaire (CUP). Conscient du fait que les troubles dans les grandes sections du PDC avaient augmenté après le départ de Jordi Baiget, le chef de l'exécutif catalan voulait entendre un par un, Mercredi 12 Juillet et Jeudi 13 Juillet 2017, tous les ministres de son parti. Vendredi 14 Juillet 2017, il a dit qu'il ne voulait destituer personne et que les trois ministres ont fait « un pas de côté » par leur volonté propre.

Joaquim Forn, ministre de l’intérieur, sera responsable des Mossos d'Esquadra, dont le comportement sera crucial si la confrontation ouverte arrive. Clara Ponsatí, ministre de l’enseignement, sera responsable de l’ouverture des bureaux de vote le premier octobre 2017. En fait, la seule obsession du gouvernement qui a été formé Vendredi 14 Juillet 2017 est le référendum.

Mais les divergences entre Carles Puigdemont et son parti se sont élargies ces jours-ci. D’abord parce qu’il n’y a aucun ministre sortant d’Esquerra Republicana de Catalunya (ERC). Les grandes sections du PDC ont le sentiment qu’elles assument seules pour l'instant les conséquences juridiques du processus, ainsi que le remaniement du gouvernement est le seul changement dans l'espace  indépendantiste. Il est rappelé que Neus Munté est vice-président du PDC.

Les quatre ministres sortants sont membres du PDC. Le secrétaire du gouvernement, Joan Vidal de Ciurana, est remplacé par Victor Cullell.

Carles Puigdemont et Oriol Junqueras ont expliqué les changements lors d'une conférence de presse dans la matinée avant l’installation des nouveaux ministres dans l’après midi. Le président a voulu montrer une volonté de fer. « La loi d’autonomie régionale prendra fin le premier octobre 2017 avec un référendum d’autodétermination. Le lendemain, commencera une nouvelle étape fondée sur la volonté des catalans. Ou bien ce sera une nouvelle étape de l’autonomie, si le non est majoritaire, ou bien la Catalogne commencera à marcher comme un état indépendant », a-t-il dit.

Carles Puigdemont et Oriol Junqueras ont assuré que, après le remaniement gouvernemental, le gouvernement ne pourra pas empêcher le référendum. « Nous avons du mal à voir comment dans un état démocratique on peut empêcher de voter des millions de personnes qui veulent voter », a dit Carles Puigdemont.

Oriol Junqueras a annoncé la création à partir de maintenant d’un organe de coordination du référendum, formé par les deux principaux dirigeants du gouvernement, le nouveau secrétaire de l'exécutif Victor Cullell et le secrétaire général de la vice-presidence Josep Maria Jové.

Cependant, ce comité n’empêchera pas un autre de continuer à fonctionner, un autre comité plus secret qui agit dans l'ombre depuis des mois et qui a été l'une des principales causes du départ des démissionnaires. Il se compose, entre autres, d'anciens dirigeants nationalistes comme David Madí, Xavier Vendrell et Artur Mas.

Les ministres du PDC se plaignent de ne pas avoir toutes les informations, mais ils ont dû supporter toutes les conséquences, y compris pénales, de leurs décisions. Ce comité est toujours en activité, a confirmé Carles Puigdemont.

Le remaniement ministériel permet enfin à Oriol Junqueras d’assumer  les processus électoraux clés dans la préparation du premier octobre 2017 qui font partie du département de la vice-présidence. Le leader de l’ERC a annoncé que, conformément à sa demande, le gouvernement prendra à partir de maintenant toutes les décisions sensibles de manière collégiale.

Le vice-président propose cette formule pour faire en sorte que personne ne cherche à l’écarter d’une future campagne électorale. Après avoir obtenu le soutien inconditionnel de tous les membres du gouvernement, Carles Puigdemont et Oriol Junqueras pensent qu'il n'y a pas de retour en arrière possible.

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