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10 juin 2015 3 10 /06 /juin /2015 18:31

http://www.politis.fr/Intervention-policiere-au-domicile,31469.html

http://www.bellaciao.org/fr/spip.php?article146350

Intervention policière au domicile d’un ancien député pro palestinien

Par Denis Sieffert

Mercredi 10 Juin 2015

Vingt-quatre heures après l’irruption nocturne et violente du RAID au domicile de Pierre Stambul, co-président de l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP), c’est chez Jean-Claude Lefort, ancien président de l’Association France-Palestine Solidarité (AFPS), que les policiers ont débarqué.

Selon l’ancien député du Val-de-Marne, il était 2 heures 30 du matin quand une vingtaine de policiers de la Brigade Anti Criminalité (BAC) sont intervenus à son domicile, à Ivry-sur-Seine, dans le Val de Marne. C’est un voisin qui a averti Jean-Claude Lefort, qui se trouvait en province. Constatant son absence, les policiers n’ont pas défoncé la porte, contrairement à ce qui s’était passé la veille au domicile marseillais de Pierre Stambul.

Il est difficile cette fois de croire à une « bavure policière ». Beaucoup de questions se posent.

De qui viennent les ordres ? Pourquoi ces interventions nocturnes chez des personnalités connues, responsable associatif ou ancien élu de la république ?

Pour l’heure, Pierre Stambul n’a toujours reçu aucune explication ni aucune excuse. Et le préfet est aux « abonnés absents » lorsque Jean-Claude Lefort tente de le joindre au téléphone. Il est grand temps que le ministre de l’intérieur s’explique.

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10 juin 2015 3 10 /06 /juin /2015 18:00

http://www.hispantv.com/newsdetail/Francia/34585/Policia-antiterrorista-gala-maltrata-a-lider-judio-antisionista

La police anti-terroriste interpelle un leader juif antisioniste

La police anti-terroriste française a fait irruption Mardi 9 juin 2015 au domicile marseillais de Pierre Stambul, co-président de l'Union Juive Française pour la Paix (UJFP).

« A 3 heures 50, heure française, une douzaine d’agents du RAID, sigle français pour Recherche, Assistance, Intervention et Dissuasion, sont entrés chez moi. J’ai été menotté pendant une heure », résume Pierre Stambul après sa libération, sept heures plus tard, a-t-il déclaré à Médiapart.

Le RAID a détruit plusieurs portes de la maison, a interpelé violemment ce militant connu et maintenu l'application d'un protocole anti-terroriste après un appel téléphonique indiquant que Pierre Stambul avait assassiné sa femme, Sarah, présente à son domicile de Marseille, dans le sud de la France.

Pierre Stambul attribue la paternité de l'appel au terroriste franco-israélien Gregory Chelli, alias Ulcan, connu pour son harcèlement depuis la Palestine occupée, contre différentes personnalités de la vie publique française.

Le préfet de police de Marseille, Laurent Nuñez, a confirmé que Pierre Stambul a été victime d'un montage d’un « hacker », activité que pratique couramment Gregory Chelli contre divers sites électroniques.

En février 2013, cet ancien membre du groupe terroriste se faisant appeler Ligue de Défense Juive (LDJ) a essayé de provoquer une crise cardiaque, avec la même tactique d’un appel de nuit à la police, contre l'historien révisionniste Robert Faurisson et son épouse, âgés respectivement de quatre-vingt-cinq et de quatre-vingt-trois ans.

Malgré de nombreux cas de harcèlement similaire, Gregory Chelli a seulement commencé à troubler la presse française après avoir utilisé les mêmes pratiques en 2014, toujours à distance, contre le journaliste Pierre Haski, un autre juif critique contre le régime israélien, contre un autre journaliste Benoît Le Corre, contre le député socialiste Yann Galut, contre le chercheur musulman Tariq Ramadan et contre de nombreuses autres personnes.

Le père de Benoît Le Corre est décédé en septembre 2014, d'un accident vasculaire cérébral subi quelques jours après avoir subi un raid de la police suite à un appel de Gregory Chelli, après quoi une enquête pénale a été ouverte contre le franco-israélien.

Cependant, l’enquête serait dirigée par Michel Thooris, militant ultra-sioniste et conseiller pour les affaires de police de la présidente du Front National, Marine Le Pen, selon les révélations du journal d’investigation Arrêt sur Images.

« Ulcan ne gagnera pas, nous serons dans quelques instants à Toulouse », dans le sud de la France, a déclaré Pierre Stambul à Médiapart, qui prévoit de participer Mardi 9 Juin 2015 à 20 heures 30 à une réunion de coordination du mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanction (BDS) contre l'occupation israélienne de la Palestine.

Le maire de Toulouse avait également demandé à la police d'interdire le rassemblement par crainte de troubles éventuels, rapporte le média électronique local Actu Côté Toulouse. En mars 2015, une réunion similaire dans le même lieu avait été interdite, provoquant une grande controverse. Le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, est secrétaire du « groupe d'amitié France-Israël ».

La Ligue de Défense Juive a été fondée à New York, dans le nord-est des États-Unis, en 1968 par le rabbin raciste Meir Kahane, et le Federal Bureau of Investigation (FBI) des États-Unis l’a classé comme une organisation terroriste.

Elle jouit d'une pleine liberté d'action en France, en dépit des demandes d’interdiction.

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9 juin 2015 2 09 /06 /juin /2015 20:33

http://french.palinfo.com/site/pages/details.aspx?itemid=41241

L’occupation décide de libérer Aziz Dweik, président du conseil législatif palestinien (Centre Palestinien d’Information)

La famille d’Aziz Dweik, président du conseil législatif palestinien, a déclaré que les forces de l'occupation les ont informés de la décision de libérer le captif, après douze mois d’arrestation, sachant qu’il devait être libéré depuis deux semaines.

Dans une interview avec le journaliste du Centre Palestinien d’Information, la famille a souligné que l'avocat d’Aziz Dweik leur a dit que l'occupation libérera, Mardi 9 Juin 2015, Aziz Dweik de la prison d'Ofer à Ramallah, après la fin de sa détention de douze mois.

La famille a ajouté qu’Aziz Dweik était censé être libéré, le 26 mai 2015. L’occupation avait condamné le président du conseil législatif à douze mois et un jour de prison en plus d’une amende de six mille shekels pour avoir prononcé un sermon lors d’un festival public pro-résistance il y a trois ans. Le tribunal a reporté quatorze fois le procès avant de prononcer le verdict contre lui.

Aziz Dweik a été arrêté à son domicile dans la ville d’Hébron, à la mi-juin 2014, lors de la campagne d'arrestations massives qui a affecté des dirigeants du mouvement Hamas et des députés du conseil législatif.

Aziz Dweik est président du conseil législatif palestinien depuis 2006 après avoir remporté un siège dans le conseil législatif d’Hébron. Il a été arrêté à plusieurs reprises dans les prisons israéliennes où il a passé un total de quatre ans. Pendant la période de sa détention, il a souffert de plusieurs maladies telles que le diabète, l'hypertension artérielle et les calculs rénaux.

Les autorités d'occupation considèrent l’appartenance au bloc parlementaire du Changement et de la Réforme comme une accusation punissable par la loi sioniste, en raison de son affiliation au Hamas.

Aziz Dweik est titulaire d'un doctorat en urbanisme de l’université de Pennsylvanie aux Etats-Unis; en plus de trois maîtrises en éducation et à la planification urbaine et régionale.

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9 juin 2015 2 09 /06 /juin /2015 20:09

La rébellion syrienne dit avoir pris une base dans le Sud de la Syrie (Reuters)

Les insurgés syriens ont annoncé Mardi 9 Juin 2015 la prise d'une importante base de l'armée dans le sud du pays, près de la ville de Deraa.

« En moins de six heures aujourd'hui, le Front du Sud de l'Armée Syrienne Libre a réussi à libérer Liwa 52 », a déclaré Issam al Rayyes, porte-parole de l'alliance non islamiste du Front du Sud, dont le centre de commandement est situé en Jordanie.

« Ainsi tombe le dernier secteur tenu par le régime dans l'est du gouvernorat de Deraa », a-t-il ajouté, faisant état de soixante-sept morts, dont sept officiers, dans les rangs de l'armée gouvernementale.

Depuis le début de la guerre civile il y a quatre ans, les rebelles avaient tenté sans succès de prendre à plusieurs reprises ce complexe militaire situé près de Deraa, non loin de la frontière jordanienne.

La capture de la base a également été annoncée par un commandant du Front du Sud, Bachar al Zoubi.

Aucun représentant des forces gouvernementales n'a pu être joint dans l'immédiat. La télévision publique avait auparavant déclaré que l'armée avait repoussé un assaut contre la base.

Le sud de la Syrie, proche de la frontière avec Israël et la Jordanie, est l'une des régions du pays où les insurgés ont infligé d'importantes défaites aux forces du président Bachar al Assad au cours des trois derniers mois.

C'est aussi l'un des derniers fiefs de l'opposition armée non islamiste, même si des groupes comme le Front al Nosra, affilié à al Qaïda, y sont également présents.

COMBATS PRÈS DE LA FRONTIÈRE LIBANAISE

« C'est très important parce que c'est la deuxième plus importante base du régime dans le Sud », a déclaré, via Skype, Saber Safar, un ancien colonel de l'armée syrienne qui a déserté pour diriger la « première armée », qui a participé à l'attaque.

Selon la télévision publique syrienne, l'armée a repoussé une tentative d'un « groupe terroriste » de s'infiltrer dans les positions militaires au nord-est de la ville de Deraa, dans la zone frontalière près de la Jordanie. Un certain nombre d'assaillants ont péri, y compris un commandant rebelle. L'aviation a mené plusieurs raids dans le secteur, a-t-elle déclaré.

La chaîne Orient News TV, proche de l'opposition, rapporte pour sa part que les insurgés ont tiré une centaine de missiles sur la base.

Les rebelles du sud de la Syrie ont remporté une victoire stratégique le premier avril dernier en s'emparant du poste frontière de Nassib, à la frontière avec la Jordanie.

Depuis la fin mars, les forces fidèles à Bachar al Assad ont subi d'autres revers importants, une alliance islamiste incluant le Front al Nosra a conquis la quasi-totalité de la province d'Idlib, dans le Nord-Ouest, et les djihadistes de l'Etat Islamique ont pris la ville de Palmyre, à deux cent quarante kilomètres au nord-est de Damas.

A la frontière libanaise, dans l'ouest du pays, les gouvernementaux appuyés par les miliciens chiites du Hezbollah libanais ont en revanche marqué des points ces dernières semaines, notamment dans les monts Qalamoun.

Dans ce secteur, des djihadistes de l'Etat Islamique ont attaqué mardi des combattants du Hezbollah. Onze islamistes ont été tués, selon des sources libanaises.

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9 juin 2015 2 09 /06 /juin /2015 17:38

http://www.politis.fr/Les-images-de-l-operation,31453.html

Les images de l’opération policière contre des migrants à Paris

Par Erwan Manac’h

Quatre-vingt-quatre migrants ont été interpellés Lundi 8 Juin 2015 dans le nord de Paris, au cours d’une intervention policière particulièrement violente.

L’opération débute peu avant 14 heures, rue Pajol, dans le dix-huitième arrondissement de Paris, alors qu’une distribution de nourriture était en cours.

Une partie des réfugiés visés par les forces de l’ordre sont entrés sans opposer de résistance dans le bus qui devait les conduire dans au commissariat pour « identification ». D’autres, encerclés par des sympathisants et de nombreux élus locaux, ont résisté aux charges répétées des CRS bientôt rejoints par les gendarmes mobiles.

La scène se reproduit durant plus de deux heures, un groupe de CRS charge la foule compacte regroupée autour des migrants, pour tenter d’en interpeller. Les militants les plus téméraires sont interpellés pour être relâchés à quelques mètres ou embarqués dans le bus qui doit les conduire au commissariat.

Les CRS donnent peu de coups de matraque, mais des corps-à-corps violents pressent la foule contre le mur de la bibliothèque Vaclav-Havel.

Les forces de l’ordre ne feront usage de leurs gazeuses qu’une fois, peu après 16 heures, entraînant la dispersion du cordon de solidarité qui s’était formé autour des migrants. Dans l’agitation, une grande partie des migrants sont parvenus à s’enfuir.

Des reconduites à la frontière ne sont pas exclues

La plupart de ces réfugiés ont été expulsés Mardi 2 Juin 2015 d’un campement installé sous un pont à la Chapelle, à quelques mètres de là. Depuis Vendredi 5 Juin 2015, ils sont constamment repoussés par les forces de l’ordre qui tentent d’empêcher toute réinstallation dans la zone, tandis qu’une grande confusion règne sur leur situation.

Parmi eux, des demandeurs d’asile en attente d’un accompagnement, des réfugiés « en transit » vers l’Angleterre ou les pays du nord de l’Europe, deux cent selon la préfecture, et certains migrants isolés dépendants de l’hébergement d’urgence.

Selon la préfecture de police, quatre-vingt-quatre personnes ont été interpellées « pour identification ». Le représentant de la préfecture, présent sur place pendant l’opération, n’a pas pu donner la garantie qu’il n’y aurait pas de reconduite à la frontière à l’issue de cette opération.

Les pompiers ont été appelés pour au moins trois interventions auprès de réfugiés. Le préfet n’a pas communiqué sur le bilan des blessés.

Les migrants étaient toujours Lundi 8 Juin 2015 à la recherche d’un endroit où dormir, selon des témoins présents rue Pajol.

Nombreuses réactions politiques

Parmi les réactions politiques, Mardi 9 Juin 2015, le ministre des relations avec le parlement, Jean-Marie Le Guen, estime que « notre gouvernement applique les règles de l’état de droit avec humanité ».

La teneur est tout autre à la gauche du PS. Europe Ecologie Les Verts (EELV) « dénonce les violences policières qui bafouent le droit au respect et à la dignité. Ces personnes doivent désormais être orientées vers des solutions d’hébergement d’urgence, dès ce soir, qu’ils soient éligibles ou non au droit d’asile », affirment les porte-parole du parti écologiste.

« L’utilisation répétée de la force publique à l’encontre des réfugiés est sans issue. Il conviendrait plutôt de chercher des solutions avec les associations, pour l’ensemble des personnes, quel que soit leur statut », a regretté Nicolas Bonnet Oulaldj, président du groupe communiste et du Front De Gauche au conseil de Paris.

Le malaise est grand aussi du côté de France Terre d’Asile (FTA), qui s’occupait depuis l’été dernier du campement de la Chapelle, « une opération policière ne réglera jamais la question migratoire », regrette Pierre Henry, président de l’association.

Il répond aux reproches dont FTA fait les frais pour avoir donné son aval au démantèlement du campement de la Chapelle et dénonce « les postures » de certains militants engagés aux côtés des migrants depuis leur expulsion de la Chapelle, « cela fait six à huit mois que j’alerte sur la situation de ce campement. Il n’y avait personne sur le terrain et pas un article dans la presse. Nous nous sommes battus pour qu’il y ait des hébergements », lance-t-il.

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9 juin 2015 2 09 /06 /juin /2015 17:06

http://www.ujfp.org/spip.php?article4210

Pierre Stambul, notre co-président, arrêté par le Raid cette nuit et gardé à vue pendant sept heures

Communiqué du Bureau National de l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP)

Mardi 9 Juin 2015

Il est 1 heure 30. Le téléphone fixe sonne longuement. Pierre Stambul décroche, il n’y a personne au bout du fil.

À 3 heures 50 il entend du bruit et des voix à sa porte. Il sort. Le Raid lui tombe dessus. Il reste menotté pendant une heure.

Sa compagne qu’il est censé avoir assassinée est là, mais cela ne les calme pas.

Le commissariat du huitième arrondissement de Marseille prend le relais.

Pierre Stambul restera en tout sept heures en garde à vue. Il ne sera interrogé qu’une fois. Il sortira vers 11 heures sans aucune excuse avec plusieurs portes défoncées.

Ce n’est pas la première fois que l’on s’en prend ainsi aux militants de la solidarité avec la Palestine. Ce mode opératoire nous rappelle celui du hacker franco-israélien Grégory Chelli alias Ulcan qui a déjà défrayé la chronique.

Il vise clairement à empêcher le développement de la campagne Boycott Désinvestissement Sanction (BDS) et à tenter de bâillonner l’expression d’une voix juive pour la justice et l’égalité des droits.

Nous tenons à remercier toutes les nombreuses personnes et associations qui nous ont témoigné ce matin leur solidarité.

Ces intimidations ne nous ferons pas taire, bien au contraire, elles prouvent la faiblesse de ceux qui veulent entraîner les juifs dans une voie suicidaire, celle de l’apartheid et de la négation du droit international.

La réunion de Toulouse de ce soir organisée par l’UJFP aura bien lieu avec Pierre Stambul au lieu et à l’heure prévue.

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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 20:13

http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/06/08/grece-m-tsipras-a-perdu-le-soutien-dont-il-beneficait-a-bruxelles_4649286_3234.html

Alexis Tsipras a perdu le soutien dont il bénéficiait à Bruxelles

Par Adéa Guillot, correspondante du Monde à Athènes, Frédéric Lemaître, correspondant du Monde à Berlin, et Cécile Ducourtieux, correspondante du Monde à Bruxelles

Le moins que l’on puisse dire c’est que le « dossier grec » n’a pas avancé d’un iota ce week-end, au contraire. Dimanche 7 Juin 2015, au sommet du G7, à Elmau, en Allemagne, le président américain, Barack Obama, a certes lancé une mise en garde aux européens, les pressant d’agir. Mais la « crise » s’est, au contraire, accentuée entre le gouvernement grec et ses créanciers, tout particulièrement entre Athènes et la commission européenne.

Alors qu’il avait semblé, ces dernières semaines, que Bruxelles faisait preuve d’une certaine mansuétude à l’égard du premier ministre grec, Alexis Tsipras, le président de la commission européenne, Jean-Claude Juncker, a commenté, dimanche, de façon fort peu diplomatique le comportement du chef du gouvernement grec ces derniers jours. Au point que l’on peut se demander si Alexis Tsipras n’a pas « grillé » l’un des rares soutiens dont il bénéficiait.

Jean Claude Juncker a accusé Alexis Tsipras d’avoir menti lors de leur rencontre à Bruxelles, Mercredi 3 Juin 2015, à l’issue de laquelle Alexis Tsipras a rejeté un projet d’accord, puis encore, Vendredi 5 Juin 2015, lors de son discours devant le parlement, au cours duquel il avait qualifié « d’absurdes » les propositions des créanciers, le Fonds Monétaire International (FMI), la Banque Centrale Européenne (BCE) et la commission européenne.

« Il faut respecter un minimum de règles »

« Il n’y a pas eu de négociation, Mercredi 3 Juin 2015, parce que la partie grecque n’était pas en état de négocier. Mon ami, Alexis Tsipras, m’a promis de me présenter une proposition alternative avant Jeudi 4 Juin 2015. Puis il a promis de me la présenter Vendredi 5 Juin 2015. Samedi 6 Juin 2015, il voulait me téléphoner mais je n’avais toujours pas sa proposition », a raconté Jean Claude Juncker.

Manifestement très remonté, Jean Claude Juncker a dit avoir été « un peu déçu par le discours du premier ministre grec au parlement d’Athènes Vendredi 5 Juin 2015 », reprochant à Alexis Tsipras d’avoir « présenté l’offre des trois institutions comme à prendre ou à laisser, ce qui n’était pas le message qui lui a été donné. Il a présenté l’offre des trois institutions comme étant la mienne et la mienne uniquement. Il sait parfaitement bien que ce n’est pas le cas. Et il sait parfaitement que durant la réunion que nous avons eue Mercredi 3 Juin 2015 j’étais tout à fait prêt à discuter des principaux points de désaccord entre la Grèce et les trois institutions », a ajouté Jean Claude Juncker, précisant qu’Alexis Tsipras « était mon ami et il l’est encore, mais si l’on veut conserver l’amitié, il faut respecter un minimum de règles ».

Une relation de confiance semblait s’être établie

Jean Claude Juncker a d’autant plus de raisons d’être ulcéré que, jusqu’à présent, la commission européenne, et lui en particulier, ont tout fait pour maintenir le lien et faire le « trait d’union » entre Athènes et les positions rigoristes du gouvernement allemand et du FMI.

Dès le début des négociations avec le gouvernement grec, Jean Claude Juncker s’est personnellement impliqué. « Il ne fait plus que cela ces dernières semaines » confient des proches. « Jean Claude Juncker a été huit ans durant président de l’Euro-groupe, de 2005 à 2013, il a suivi toute la crise grecque, il aime ce pays et il y a un vrai réseau », ajoute une source européenne.

Jean Claude Juncker a essayé « d’épauler » Alexis Tsipras en lui proposant les services de la « task force Grèce » de la commission européenne, une équipe de techniciens prêts à aider l’administration à Athènes. Il a également demandé au vice-président de la commission européenne, Valdis Dombrovskis, de travailler, avec Athènes, à tenter de débloquer au plus vite les fonds structurels auxquels la Grèce pouvait prétendre.

Une relation de confiance avait, semble-t-il, réussi à s’établir entre Jean Claude Juncker et Alexis Tsipras, que près de vingt ans séparent. Le président de la commission européenne paraissait être l’un des rares interlocuteurs de haut niveau à qui Alexis Tsipras pouvait parler en baissant un peu la garde, le courant avec d’autres acteurs du dossier grec, notamment le président de l’Euro-groupe, Jeroen Dijsselbloem, ne passant vraiment plus.

« Pas de nouvelle rencontre sans nouvelles propositions »

Sur le fond, la commission européenne a par ailleurs beaucoup travaillé sur un projet d’accord, qui puisse être « endossable » politiquement par Alexis Tsipras. C’est Bruxelles, selon nos informations, qui a, la première, proposé de laisser à Athènes une marge de manœuvre budgétaire plus conséquente que prévu initialement par les créanciers, un excédent primaire d’un pour cent du Produit Intérieur Brut (PIB) du pays en 2015, de deux pour cent en 2016 et de trois pour cent en 2017.

Concernant la réforme des retraites, la commission européenne plaidait pour des mesures moins dures que celles avancées par le FMI, qui veut qu’Athènes assure l’équilibre de son système dès 2015, voire pour que les mesures les plus radicales, comme l’allongement de la durée effective du travail, soient remises à plus tard, quand l’économie du pays se serait redressée.

Après le rejet du projet d’accord par Athènes, Mercredi 3 Juin 2015, la commission européenne était encore prête à travailler à un compromis. Elle apparaît désormais beaucoup plus réticente.

« Il n’y aura pas de nouvelle rencontre entre Alexis Tsipras et Jean Claude Juncker organisée à Bruxelles avant que les grecs ne reviennent avec quelque chose, de nouvelles propositions concrètes de compromis », assurait une source européenne, Dimanche 7 Juin 2015.

Pour autant, Jean Claude Juncker n’a jamais caché qu’il fera tout pour éviter un Grexit, une sortie de la Grèce de la zone euro. Il est donc probable qu’il saura surmonter son exaspération.

Il y est bien parvenu avec le premier ministre britannique, David Cameron, qui a tout fait pour lui barrer la route de la présidence de la commission européenne, en juillet 2014, mais avec qui il accepte désormais de discuter d’un nouveau contrat entre le Royaume-Uni et l’Europe.

Rencontre à Berlin, Lundi 8 Juin 2015

En attendant, le ministre grec des finances, Yanis Varoufakis devait rencontrer, Lundi 8 Juin 2015 dans la matinée à Berlin, son homologue allemand Wolfgan Schäuble. Et Alexis Tsipras devrait rencontrer, Mercredi 10 Juin 2015 à Bruxelles, François Hollande et Angela Merkel.

L’objectif du gouvernement grec est de reprendre les négociations et de les faire avancer de façon à pouvoir présenter Mercredi 10 Juin 2015 un nouveau document de propositions.

Athènes semblerait prêt à accepter les niveaux d'excédent primaire fixés par les créanciers à condition qu’un compromis puisse être trouvé sur les retraites, et notamment la prime aux retraites les plus faibles, et sur la TVA, que la taxe sur l'énergie électrique ne passe pas à vingt-trois pour cent.

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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 19:43

Revers de l’AKP en Turquie aux élections législatives (Reuters)

Le projet du président turc, Recep Tayyip Erdogan, de renforcer ses pouvoirs apparaît compromis, son parti, l'AKP, ayant perdu sa majorité absolue au parlement, selon les résultats quasi définitifs des élections législatives publiés Dimanche 7 Juin 2015.

Recep Tayyip Erdogan, dirigeant le plus populaire de Turquie, mais aussi le plus controversé, avait dit avant le scrutin espérer une victoire massive pour l'AKP, de façon à pouvoir faire voter une modification de la constitution et transformer le régime parlementaire en place en Turquie en régime présidentiel.

Mais, au lieu de cela, pour la première fois depuis son arrivée au pouvoir il y a près de treize ans, l'AKP ne sera plus en mesure de gouverner seul. Il devrait ainsi entamer des négociations en vue de former une coalition, tâche qui ne s'annonce guère aisée face à la réticence des partis d'opposition à s'associer avec l'AKP.

Certains n'excluent pas la possibilité de nouvelles élections en cas de blocage.

Après dépouillement de quatre-vingt-dix-huit pour cent des bulletins de vote, le parti pour la justice et le développement (AKP) aurait remporté 40,8% des suffrages, selon la chaîne de télévision CNN Turk, contre 49,8% lors du précédent scrutin.

« Tout le monde devrait voir que l'AKP est le vainqueur de ces élections. Personne ne devrait essayer de transformer une élection perdue », a déclaré le premier ministre, Ahmet Davutoglu, tâchant de faire bonne figure devant des milliers de militants AKP.

La période d'incertitudes qu'ouvrent, a priori, ces élections ont fait plonger la lire turque à plus bas record face au dollar. La devise a perdu plus de quinze pour cent contre le billet vert en raison de l'anticipation d'une telle période.

Le ralentissement de la croissance, la hausse du chômage et la progression de l'endettement des particuliers sont vraisemblablement les causes principales du revers de l'AKP

JOIE DES KURDES

Mais pour les kurdes, qui se sont précipités dans les rues de Diyarbakir, leur bastion du sud-est de la Turquie, en faisant aller des feux d'artifice et en agitant des drapeaux, le scrutin est une grande source de joie.

Le parti démocratique des peuples (HDP) pro-kurde fait son entrée pour la première fois à la grande assemblée nationale de Turquie, le parlement mono caméral, en passant le seuil des dix pour cent des suffrages nécessaires.

Le HDP, crédité d'environ treize pour cent des voix, espère obtenir quatre-vingt sièges sur les cinq cent cinquante que compte l'assemblée, a dit un de ses élus, Sirri Surreya Onder.

Le parti pro kurde a exclu de former un gouvernement de coalition avec l'AKP par la voix de son co-chef de file, Selahattin Demirtas. Celui-ci a également estimé que les résultats des élections mettaient fin au débat sur la mise en place d'un système présidentiel. « Le débat sur la présidence exécutive et la dictature a pris fin en Turquie avec ces élections », a déclaré Selahattin Demirtas lors d'une conférence de presse à Istanbul.

Les résultats partiels montrent que le HDP a réussi à élargir son électorat au-delà des sympathisants de la cause kurde vers le centre gauche et les laïques déçus par Recep Tayyip Erdogan.

La percée du HDP est endeuillée par un attentat qui a fait deux morts et deux cent blessés vendredi lors d'un de ses meetings électoraux à Diyarbakir.

ÉLECTIONS ANTICIPÉES

Bien que la loi fondamentale demande au chef de l’état de rester au-dessus des partis, Recep Tayyip Erdogan n'a pas ménagé ses efforts pour convaincre les électeurs de la nécessité de la réforme constitutionnelle, n'hésitant pas à adopter un ton conflictuel pendant la campagne.

Le revers électoral de l'AKP est aussi celui du premier ministre, Ahmet Davutoglu.

Les deux hommes avaient présenté le scrutin comme un choix entre une « nouvelle Turquie » et un retour à une histoire marquée par des gouvernements de coalition de courte durée, l'instabilité économique et des coups d’état d'une armée dont l'influence a été endiguée par Recep Tayyip Erdogan.

Selon les résultats donnés par CNN, les laïques du parti républicain du peuple (CHP), parti de la gauche kémaliste, seront à nouveau le deuxième groupe à l'assemblée, ayant obtenu environ un quart des suffrages.

Le président du CHP pour Istanbul, Murat Karayalcin, a déclaré que les résultats du scrutin étaient un « non clair » à la présidentialisation du régime voulue par Recep Tayyip Erdogan.

Le parti d'action nationaliste (MHP), parti d’extrême droite, souvent considéré comme partenaire le plus probable de l'AKP s'il devait former une coalition, a obtenu près de seize pour cent des suffrages.

Son chef de file, Devlet Bahceli, a toutefois fermé la porte à tout accord avec l'AKP, déclarant que la Turquie devait organiser de nouvelles élections si le parti au pouvoir se révélait incapable de former une coalition avec d'autres partis d'opposition.

Un haut responsable de l'AKP a de son côté estimé qu'un gouvernement de coalition avec le MHP était improbable et que l'AKP préférait gouverner seul et tenterait de retrouver des soutiens en prévision d'un nouveau scrutin anticipé.

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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 19:29

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2015/06/05/tarek-aziz-la-face-presentable-du-regime-de-saddam-hussein_4648587_3218.html

Tarek Aziz, la face présentable du régime de Saddam Hussein

Par Mouna Naïm

Tarek Aziz avait été l’un des premiers dirigeants irakiens capturés par les forces américaines après l’invasion de l’Irak et la chute du régime de Saddam Hussein, en avril 2013.

Emprisonné, l’ancien chef de la diplomatie est condamné au cours de cinq procès pour crimes contre les kurdes et les chiites. En octobre 2010, il est condamné à mort pour « meurtre délibéré et crimes contre l’humanité » lors de la répression contre les partis religieux chiites dans les années 1980. Le Vatican avait plaidé sa grâce. Le président irakien d’alors, le kurde Jalal Talabani, avait déclaré qu’il ne signerait jamais son ordre d’exécution, eu égard à l’âge et à la religion du condamné. Un an plus tard, Tarek Aziz demandait au premier ministre Nouri al Maliki de hâter son exécution à cause de sa mauvaise santé.

Selon sa famille, il était père de quatre enfants, sa santé s’était nettement dégradée en prison, où il sera resté douze ans. Il souffrait de problèmes cardiaques et respiratoires, d’une tension artérielle élevée et de diabète. Vendredi 5 Juin 2015, il est mort, à soixante-dix-neuf ans, à l’hôpital al Hussein de Nassiriya, à trois cent vingt kilomètres au sud de Bagdad, d’une crise cardiaque, selon le docteur Saadi al Majed, le chef du département de la santé de la province de Zi Qar.

On a dit de lui qu’il était la face présentable du régime déchu, chargé de lustrer son apparence aux yeux du monde, l’homme des missions difficiles en somme, tant il est vrai que la politique étrangère de Bagdad était illisible à bien des égards. Pendant vingt-quatre ans, même lorsqu’il n’était plus ministre des affaires étrangères en titre, Tarek Aziz en était de fait le principal, sinon le seul, officier de liaison avec la communauté internationale.

Par son expérience et aussi grâce à un bagage intellectuel, qui faisait dramatiquement défaut aux autres membres de l’ancien commandement de la révolution irakienne (CCR), il avait acquis le « parler occidental », qui lui permettait d’exposer les vues de son pays, d’en soigner et d’en adapter la forme, sans jamais en trahir le contenu. « Le monde occidental n’est pas une énigme pour moi, parce que j’ai beaucoup lu à son sujet, sa littérature, sa poésie et ses romans les plus célèbres, puis j’ai appris la langue anglaise à l’université irakienne », confiait-il dans un livre d’entretien, en arabe, avec la journaliste Hamida Nahnah, « Tarek Aziz, un homme et une cause ». Ses premières visites à Paris, ville qui le fascinait, et à Londres n’ont lieu qu’en 1970. Il ne découvre New York que quatre ans plus tard.

Eveil précoce à la vie politique

Né en 1936, près de Mossoul, dans le nord de l’Irak, au sein d’une famille de condition très modeste, Tarek Aziz n’était pas uniquement le plus « articulé » des membres du CCR, lequel était supposé diriger l’Irak, mais qui s’était progressivement transformé en chambre d’enregistrement des desiderata de Saddam Hussein. De son vrai nom, Tarek Hanna Mikhaïl Issa, il en était aussi le seul membre chrétien, chaldéen, et l’un des plus anciens compagnons de Saddam Hussein qui aient survécu à toutes les purges. Sa discrétion sur sa vie privée contrastait avec la médiatisation dont il avait été l’objet en sa qualité de missi dominici de son pays, notamment à l’occasion de crises graves, telles la guerre de huit ans, entre 1980 et 1988, contre l’Iran, ou l’invasion et l’annexion du Koweït, en août 1990, et ses suites dramatiques.

Son baptême politique remonte à sa prime adolescence lorsque, à l’occasion de la création de l’état d’Israël, en 1948, et de la reconduction quasi concomitante du traité anglo-irakien, signé en 1930 et plaçant l’Irak pratiquement sous protectorat anglais, il participe aux manifestations populaires qui forcent le régent Abdel Ilah, le roi Fayçal II n’était pas en âge de gouverner, après la mort de son père, Ghazi, dans un accident de voiture, à abroger le traité et à limoger le gouvernement au profit d’une équipe plus nationaliste.

Cet éveil précoce à la vie politique conduit Tarek Aziz à s’intéresser à toutes les idéologies politiques. Le marxisme le séduit, mais il en récuse l’adversité envers les religions, « je ne suis pas pratiquant, mais pas non plus athée, et je refuse l’idée selon laquelle la religion est l’opium des peuples ». Il ne partage pas non plus la théorie de la lutte des classes, aux relents « haineux » à ses yeux. Le Baas, qu’il découvre au début des années 1950, l’attire parce qu’il « associe le socialisme au panarabisme, qui lie l’homme à sa culture, à son vécu et à sa civilisation ». Les écrits du Syrien Michel Aflak, l’un des idéologues du Baas, le fascinent, qui allient, dit-il, la pensée philosophique profonde aux élans romantiques. Le jeune Tarek Aziz, alors féru de poésie, de littérature et de musique, il a pris des cours de piano à l’académie des beaux-arts de Bagdad, est conquis.

Au journaliste Patrick Denaud, qui a publié un livre d’entretien avec lui, « Irak, la guerre permanente », aux éditions du Félin, il affirme tenir son panarabisme d’un climat familial.

« Mon père a eu deux fils. Au premier, il a donné le nom de Faouziz, du nom d’un chef arabe qui a combattu les juifs israéliens. Moi, je m’appelle Tarek, du nom du dirigeant arabe musulman qui a conquis l’Andalousie. Pour un chrétien, donner ces noms à ses deux fils dans les années 1930 n’était pas innocent. Mon adhésion au Baas relève de cette tradition ».

Renvoyé à la base

Juillet 1958, un coup d’état militaire renverse la monarchie. A la faveur d’une relative libéralisation politique, le Baas sort de l’ombre, et Tarek Aziz est chargé de diriger le quotidien al Chaab, sur lequel les baasistes ont mis la main et qu’ils rebaptisent « al Joumhouriya », « la République ». Mais l’Irak entre dans une zone de turbulences, à laquelle le Baas n’est pas étranger. Une tentative d’assassinat, en octobre 1959, du leader Abdel Karim Qassem, par un jeune baasiste alors totalement inconnu, Saddam Hussein, vaut à de nombreux militants de se retrouver en prison. Le Baas est renvoyé dans la clandestinité et avec lui les activités de Tarek Aziz, qui se voit confier la direction de la publication interne du parti, « Waï al Oummal », « la Conscience Ouvrière », qui, comme son nom l’indique, s’adresse à la section ouvrière du parti. Un an plus tard, il cumule déjà les fonctions de membre des directions nationales et régionales du Baas, ainsi que de sa section ouvrière, mais un article critique qu’il publie dans Waï al Oummal lui vaut d’être renvoyé à la base, avant que de nouvelles élections le rétablissent dans son statut de membre des deux commandements suprêmes.

Tarek Aziz participe au coup d’état ourdi en février 1963 par le Baas et par un groupe d’officiers nationalistes. Neuf mois plus tard, les putschistes sont à leur tour renversés par un coup d’état pro-nassérien. Tarek Aziz retrouve la clandestinité et se replie sur Damas. C’est là, dans la capitale syrienne, qu’au cours de la même année, à l’occasion du sixième congrès du parti, il rencontre pour la première fois celui qui, dix-neuf ans plus tard, gouvernera l’Irak d’une main de fer pendant vingt-quatre ans, Saddam Hussein. Les deux hommes se retrouvent à Bagdad après la défaite de l’Egypte lors de la guerre israélo-arabe de 1967. Tarek Aziz est nommé rédacteur en chef d’al Thaoura, l’organe du parti. Saddam Hussein, alors secrétaire adjoint du parti, est responsable de l’information. Ils se découvrent des affinités politiques et se lient d’amitié. Ce compagnonnage durera jusqu’à la chute du régime, en 2003. Tarek Aziz est sans doute alors l’un des rares, sinon le seul membre du CCR, à se permettre une liberté de ton avec Saddam Hussein.

Juillet 1968, le Baas s’empare à nouveau du pouvoir. Le tandem entre Ahmed Hassan al Bakr et Saddam Hussein gouverne le pays jusqu’en 1979, lorsque Saddam Hussein écarte Ahmed Hassan al Bakr et prend les rênes du pouvoir. Membre du CCR depuis deux ans, Tarek Aziz accède alors au rang de vice-premier ministre et de ministre des affaires étrangères. Un an plus tard, il est la cible d’un attentat à l’université al Moustansiriya, à Bagdad. L’attentat ayant été attribué aux islamistes chiites, le CCR adopte une résolution punissant de la peine de mort la simple appartenance au parti al Daawa et à l’organisation de l’action islamique.

C’est la guerre contre l’Iran qui fait découvrir au grand public cet homme replet aux épaisses lunettes, au gros cigare et aux cheveux grisonnants, qui, avant de prendre en main la diplomatie, a été ministre de la culture et de l’information.

Du siège de l’ONU, à New York, aux capitales arabes, en passant par Moscou, Paris et Londres, il n’a de cesse d’expliquer que son pays fait office de rempart contre « l’exportation de la révolution » islamique que projette l’imam Rouhollah Khomeyni après le renversement du shah dans l’Iran voisin.

Porte-parole de son pays

Son entregent n’est pas étranger au rétablissement, en 1984, des relations diplomatiques entre l’Irak et les Etats-Unis, rompues dix-sept ans plus tôt.

Quitte, pour mettre de l’huile dans les rouages, à édulcorer la rhétorique baasiste à propos du conflit avec Israël, en affirmant que son pays, qui « ne se considère pas comme partie directe au conflit parce qu’Israël n’occupe pas de territoires irakiens », soutiendra « toute solution juste, honorable et durable » du conflit israélo-arabe.

En 1990, deux ans après la fin de la guerre contre l’Iran, Tarek Aziz se fait le porte-parole de son pays, qui accuse le Koweït de pomper le pétrole du gisement pétrolier de Roumeila, à la frontière entre les deux pays, et d’inonder le marché du brut, provoquant ainsi un effondrement du prix et la ruine d’un Irak exsangue au sortir de la guerre. Ce sera l’une des justifications de l’invasion du Koweït cette année-là.

Selon certaines sources, Tarek Aziz est hostile au maintien de l’occupation du Koweït au moment où une armada de plusieurs centaines de milliers d’hommes menace d’en déloger l’armée irakienne par la force des armes. Il n’en défend pas moins pied à pied la politique de son pays jusqu’au bout, y compris lors de cette désormais célèbre rencontre « de la dernière chance », à Genève, le 9 janvier 1991, avec le secrétaire d’état américain James Baker.

Il s’offre même, ce jour-là, le luxe de refuser d’accuser réception d’une lettre adressée par le président George Herbert Walker Bush à Saddam Hussein, à cause de sa formulation, selon lui, indigne à l’égard d’un chef d’état.

Quand George Walker Bush, le fils de George Herbert Walker Bush, commence à bombarder Bagdad, en mars 2003, Tarek Aziz dit des forces américaines que « nous allons les recevoir avec la meilleure musique qu’ils aient jamais entendue et les plus belles fleurs qui aient jamais poussé en Irak. Nous n’avons pas de bonbons, nous pouvons seulement leur offrir des balles ».

Le 24 avril 2003, quand des soldats américains frappent à sa porte à Bagdad, il se rend sans résistance.

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7 juin 2015 7 07 /06 /juin /2015 16:30

http://www.syriza-fr.org/2015/06/06/une-reponse-ferme-du-ministre-grec-lafazanis-a-lemissaire-des-etats-unis-charge-des-questions-denergie

Une réponse ferme du ministre grec Panayotis Lafazanis à l’émissaire des Etats Unis chargé des questions d’énergie

Les déclarations de l’émissaire des Etats-Unis ont le ton de la provocation, voire de la menace, selon le ministre grec de la reconstruction productive, Panayotis Lafazanis, référence faite aux déclarations de l’émissaire des Etats Unis chargé des relations internationales et des questions d’énergie, sur l’évolution récente du projet de gazoduc Turkstream. La Grèce n’est pas un bien immobilier et n’est pas susceptible de céder à des chantages, c’est ce qu’a bien fait savoir le ministre grec.

Le ministre grec de la reconstruction productive, Panayotis Lafazanis, a été très critique Vendredi 5 Juin 2015 à l’égard de l’émissaire des Etats Unis chargé des relations internationales et des questions d’énergie, Amos Hochstein.

L’occasion fut donnée par les prises de position d’Amos Hochstein, qui a exprimé la préoccupation que l’examen par la Grèce du projet d’extension du gazoduc Turkstream pour le transport du gaz de la Russie vers l’Europe, à travers la Turquie et la Grèce, ne contribuera pas à la diversification énergétique, risque d’attirer la méfiance des autorités de la concurrence de l’Union Européenne et ne sera pas une solution à long terme pour les besoin de la Grèce en énergie.

Le ministre grec de la reconstruction productive a communiqué vendredi que les déclarations de l’officiel américain concernant la position de la Grèce au sujet du gazoduc russe ont le ton de la provocation, voire de la menace.

« La Grèce n’est pas un bien immobilier », a-t-il dit, « et elle n’est pas susceptible de céder à des chantages car elle ne considère pas que ces choix en matière d’énergie aggravent les problèmes déjà existants ».

Une politique indépendante aux dimensions multiples

II a également remarqué que le choix du gouvernement grec de soutenir la présence sur le sol grec d’un gazoduc acheminant du gaz naturel russe est un choix bénéfique à l’intérêt national de la Grèce et à son économie alors que, en même temps, la coopération, la suffisance énergétique et la sécurité de la région particulière où se trouve la Grèce et de l’Europe, sont positivement renforcées.

« La Grèce poursuit de manière cohérente une nouvelle politique indépendante aux dimensions multiples dont l’ambition est de faire du pays un carrefour pluraliste en matière énergétique au sein duquel les voies de circulation et les sources de provenance du gaz naturel se diversifieront, sans murailles d’exclusion ni préjugés issus d’une nouvelle guerre froide » a dit Panayotis Lafazanis en ajoutant que « la nouvelle Grèce qui émerge est une source de stabilité et de confiance pour tout le monde, avant tout pour les peuples. Une puissance qui indique une nouvelle voie de paix, de progrès, de justice et de relations d’équité entre les pays ».

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