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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 19:08

 

Donald Trump embarrassé par le départ de son conseiller à la sécurité (Reuters)

 

La démission Lundi 13 Février 2017 de Michael Flynn, conseiller de Donald Trump à la sécurité nationale, après des révélations sur ses conversations avec l'ambassadeur russe aux Etats-Unis et sa tentative de dissimuler leur contenu au vice-président, est un nouvel embarras de taille dans un domaine dont le président Donald Trump a de surcroît fait une priorité.

Dans ses discussions avec le diplomate russe, Michael Flynn, un ancien général, avait évoqué les sanctions imposées à la Russie par l'administration sortante de Barack Obama, ce qu'il n'était alors pas encore autorisé à faire.

Le vice-président, Mike Pence, avait à plusieurs reprises pris sa défense ces derniers jours dans la presse.

« Malheureusement, et en raison du rythme rapide des événements, j'ai par mégarde livré des informations incomplètes au vice-président et à d'autres sur mes entretiens téléphoniques avec l'ambassadeur russe », écrit Michael Flynn dans sa lettre de démission. « J'ai présenté des excuses sincères au président et au vice-président, qui les ont acceptées ».

La démission de ce soutien de longue date de Donald Trump, qu'il avait rejoint dès le début de la campagne, au mois de février 2016, et qui fut un temps pressenti pour être son colistier, intervient au vingt-cinquième jour de la nouvelle présidence.

Le général Keith Kellog, secrétaire général du conseil de sécurité nationale, assurera l'intérim le temps que le président désigne un successeur à Michael Flynn.

Robert Harward, un vice-amiral de la marine, ancien numéro deux du commandement central sous l'autorité de James Mattis aujourd'hui secrétaire à la défense, est donné favori pour le remplacer, a-t-on appris de deux sources proches du processus de décision.

David Petraeus, général à la retraite et ancien directeur de la Central Intelligence Agency (CIA), est également pressenti, mais il pourrait être handicapé par le scandale qu'avait provoqué il y a quelques années ses indiscrétions à sa biographe, avec laquelle il avait une liaison.

Robert Harward a siégé au conseil de sécurité nationale pendant la présidence de George Bush et a servi en Irak et en Afghanistan.

« Si le président va dans cette direction, il devrait y avoir très peu d'opposition », a dit l'une des sources. « Il est très estimé et n'a pas le bagage que doit traîner David Petraeus ».

Le Washington Post avait révélé il y a un mois que Michael Flynn avait eu plusieurs conversations téléphoniques avec l'ambassadeur russe aux Etats Unis, Sergueï Kislyak, le Jeudi 29 Décembre 2016, le jour où Barack Obama a ordonné l'expulsion de trente cinq diplomates russes pour sanctionner les ingérences présumées de Moscou dans la campagne électorale américaine. Le lendemain, Vendredi 30 Décembre 2016, Vladimir Poutine annonçait qu'il ne riposterait pas à ces sanctions.

L'affaire a rebondi Jeudi 9 Février 2017 lorsque le Washington Post a affirmé que Michael Flynn avait abordé la question des sanctions avec Sergueï Kislyak. Selon des responsables américains, une transcription de ces discussions prouve que le sujet a bien été abordé.

Or Michael Flynn, désigné le 18 novembre 2016 par Donald Trump, avait assuré au vice-président qu'il n'en avait pas discuté et les nouvelles révélations ont provoqué la colère de Mike Pence.

La démission de Michael Flynn pourrait freiner le rapprochement avec la Russie de Vladimir Poutine voulu par Donald Trump et dont Michael Flynn était un ardent partisan. Son départ, dit un responsable américain sous couvert d'anonymat, « pourrait rendre moins probable un changement de cap significatif, au moins à court terme ».

Un autre souligne que la démission de Michael Flynn pourrait renforcer au sein du cabinet de Donald Trump le secrétaire à la défense Jim Mattis et le secrétaire d’état Rex Tillerson, voire faire le jeu des conseillers présidentiels Steve Bannon et Stephen Miller, déjà très présents dans les prises de décision.

Dans les rangs de l'opposition, des élus démocrates ont réclamé des explications sur l'enchaînement des événements ayant conduit au départ de Michael Flynn qui, souligne Adam Schiff, élu de Californie à la chambre des représentants, ne met pas fin aux interrogations sur ses contacts avec les russes.

A Moscou, le Kremlin a estimé que la démission de Michael Flynn relevait des affaires intérieures américaines et s'est refusé à tout commentaire.

Selon le président de la commission des affaires étrangères de la chambre haute du parlement russe, Konstantin Kosatchev, elle démontre « soit que Donald Trump n'a pas acquis l'indépendance nécessaire et qu'il se retrouve par conséquent acculé, soit que la russophobie a déjà contaminé la nouvelle administration de haut en bas. La cible était les relations entre la Russie et les Etats Unis. Nous verrons comment va évoluer la situation », a-t-il dit à l'agence Russian news and Information Agency (RIA).

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 20:50

 

http://www.liberation.fr/france/2017/02/13/affaire-theo-matignon-se-couvre-toubon-demande-des-comptes_1548293

 

Affaire de Théo Luhaka, Matignon se couvre et Jacques Toubon demande des comptes

 

Par Ismaël Halissat

 

Tandis que Bernard Cazeneuve recevait Lundi 13 Février 2017 des associations pour évoquer les suites de l’interpellation du jeune homme, le défenseur des droits soulignait les insuffisances de la politique du gouvernement en la matière.

Le gouvernement continue à jouer l’apaisement dans l’affaire de Théo Luhaka, du nom du jeune homme dont l’interpellation, à Aulnay-sous-Bois, le Jeudi 2 Février 2017, a conduit à la mise en examen d’un policier pour viol et de trois autres pour violences volontaires. Le premier ministre, Bernard Cazeneuve, a reçu Lundi 13 Février 2017 en fin de matinée les représentants de plusieurs associations antiracistes, SOS Racisme, la Ligue des Droits de l’Homme (LDH), le Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples (MRAP), le Conseil Représentatif des Associations Noires (CRAN) et la Ligue Internationale Contre le Racisme et l'Antisémitisme (LICRA), afin de faire le point sur les rapports entre la police et les habitants des quartiers populaires.

L’association des Femmes Relais d’Aulnay-sous-Bois, présente dans la cité des trois mille où se sont produits les faits, était également conviée.

Le premier ministre était accompagné de Bruno Le Roux, ministre de l'intérieur, et d’Hélène Geoffroy, secrétaire d'état à la ville.

A la sortie de l'entrevue, Louis-Georges Tin, président du CRAN, a fait part d’un sentiment mitigé, « certes, le dialogue est à nouveau établi et nous nous en réjouissons, car cela fait plusieurs années que nous n'avions pas d’interlocuteur gouvernemental sur les violences policières. Mais les annonces sur la table ne concernaient que des propositions déjà faites ». Bernard Cazeneuve a effectivement rappelé que le gouvernement avait lancé une expérimentation sur les caméras piétonnes. Dans ce cadre, Bruno Le Roux avait précisé la semaine dernière que le déclenchement de l’enregistrement serait rendu obligatoire lors d’un contrôle d’identité pour les fonctionnaires équipés. Soit quelques milliers seulement pour l’instant.

« Le gouvernement n’a pas du tout donné suite à notre demande d’interdire les pratiques d’interpellation létales, comme certaines techniques d’immobilisation. La seule chose nouvelle, qui n’est pas un engagement ferme, c’est la création d’une commission mixte au niveau du ministère de l'intérieur, comprenant des membres de la police, des magistrats et des membres d’associations ou de syndicats, pour contrôler l’action de la police des polices », précise Louis-Georges Tin.

« Enfin, dans tous les cas, dans deux mois ce gouvernement ne sera plus là », souligne Yazid Kherfi, médiateur dans les quartiers populaires, également convié à Matignon. A la sortie de cette réunion, Hélène Geoffroy a également annoncé que des réunions seraient organisées sur cette thématique dans les préfectures avec certaines associations.

Le gouvernement en a profité pour lancer Lundi 13 Février 2017 un appel au calme face aux incidents qui se sont enchaînés depuis plus d’une semaine en banlieue parisienne. « L’émotion légitime suscitée par les événements d’Aulnay-sous-Bois ne saurait en rien justifier les violences inacceptables qui se sont produites le week-end dernier à Bobigny et à Argenteuil », a indiqué le premier ministre dans un communiqué.

Sur France Inter, plus tôt dans la matinée, Jacques Toubon, le défenseur des droits, avait souhaité une réponse forte du gouvernement à ce qu’il appelle un fait de société et non un fait divers. Pour lui, une première mesure pour apaiser les relations entre police et citoyens passerait par la délivrance, à chaque contrôle d’identité, d'une attestation nominative enregistrée pour la personne, avec un double anonyme pour la police.

Ce qui correspondrait au respect de l’engagement du François Hollande, lorsqu’il était candidat en 2012, d’instituer le récépissé. Informatisés par une machine, ces attestations permettraient de créer une véritable « comptabilité, des indications sur les lieux, sur les motifs et elle permettrait des recours ». Aucune statistique n’existe aujourd’hui à ce propos.

Jacques Toubon a également rappelé les résultats d’une récente étude réalisée par l’autorité administrative indépendante sur les contrôles au faciès. Dans cette enquête, portant sur un échantillon conséquent de cinq mille personnes, quatre vingt pour cent des jeunes hommes noirs et arabes indiquent avoir été contrôlés au cours des cinq dernières années, contre seize pour cent pour le reste du panel.

« Depuis 2012, le défenseur des droits a appelé les pouvoirs publics à donner une réponse à la confrontation à la fois réelle et symbolique entre une partie de la police et une partie de la population », a souligné Jacques Toubon.

 

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 20:31

 

La ville de Calais contrainte de débloquer un accès au Secours Catholique (Reuters)

 

Le tribunal administratif de Lille a ordonné Lundi 13 Février 2017 à la ville de Calais de déplacer dans les vingt quatre heures une benne disposée par la ville devant le local du Secours Catholique afin d'empêcher l'installation de douches pour les migrants.

L'association justifie cette installation par le retour de migrants dans la commune, où un campement habité par plus de six mille personnes a été démantelé au mois d’octobre 2016.

Le tribunal administratif de Lille a jugé que l'initiative prise par la mairie la semaine dernière et contestée par le Secours Catholique constituait une atteinte au droit de propriété de l'association.

Lors de l'audience, Lundi 13 Février 2017, le juge a précisé que son jugement ne porterait pas sur l'opportunité d'installer des douches pour les migrants mais concernerait, au regard du droit, la seule décision de la municipalité de bloquer un accès.

La mairie entendait ainsi empêcher la mise en place d'un troisième bloc de douches destiné aux migrants mineurs.

A l'audience, l'avocat du Secours Catholique, Lionel Crusoé, a déclaré que le « retour à Calais de migrants dans des conditions dramatiques » rendait nécessaire de nouvelles installations.

« Certains ne se sont pas lavés depuis des semaines », a ajouté l'avocat.

Les défenseurs de la ville ont expliqué que ni la municipalité ni l’état ne souhaitaient un nouveau point de fixation de migrants à Calais, après le démantèlement de la jungle.

Plusieurs associations, dont le Secours Catholique, affirment que des migrants, notamment des mineurs, sont de retour dans la région.

La préfecture du département du Pas-de-Calais nie un retour massif des migrants et parle de cas individuels.

 

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 18:10

 

http://www.liberation.fr/planete/2017/02/08/russie-pas-de-repit-pour-l-opposant-alexei-navalny_1547236

 

Pas de répit pour l'opposant Alexeï Navalny

 

Par Veronika Dorman

 

L'adversaire principal de Vladimir Poutine a été condamné Mercredi 8 Février 2017 à cinq ans de prison avec sursis pour détournement de fonds.

C’est une affaire qui n’en finit pas de traîner et de rebondir. Alexeï Navalny, la figure la plus en vue de l’opposition à Vladimir Poutine, a été condamné Mercredi 8 Février 2017 pour la deuxième fois, dans la même affaire, à la même peine de cinq ans de prison avec sursis et huit mille euros d’amende. Il est accusé par la justice russe d’avoir orchestré en 2009 un détournement de fonds à hauteur de quatre cent mille euros au détriment de la société publique d’exploitation forestière Kirovles. A l’époque, il était conseiller du gouverneur libéral de la région de Kirov, à neuf cent kilomètres de Moscou, Nikita Belykh, lui-même en détention depuis l’été dernier car soupçonné d’avoir touché des pots-de-vin.

Lors d’un premier procès, selon lui complètement fabriqué dans le but de gêner son ascension politique, Alexeï Navalny avait été condamné, en 2013, à une peine identique. La décision du juge est la même à la virgule près. Littéralement. Il a simplement recopié la précédente, a révélé l’opposant, blogueur invétéré, dans une série de tweets, publiés depuis la salle d’audience. « Il lit mot pour mot la condamnation précédente », a écrit Alexeï Navalny, en publiant des photographies de cet ancien document. Ce qui rendait la situation encore plus cocasse, c’est que cette condamnation de 2013, après avoir été dénoncée comme « arbitraire et politiquement motivée » par la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH), avait été cassée par la cour suprême russe au mois de novembre 2016 et renvoyée en première instance.

Depuis qu’il a pris la tête de l’opposition contre Vladimir Poutine, pendant les manifestations de 2011 et de 2012, Alexeï Navalny, avocat, fustige infatigablement le pouvoir. Spécialisé dans les enquêtes sur le patrimoine caché des proches de Vladimir Poutine et autres députés et gouverneurs, mais aussi sur les schémas de corruption à grande échelle, organisés par ces élites, il est régulièrement aux prises avec la justice.

Condamné à de multiples reprises à des peines administratives à l’issue de manifestations, il écope en 2014 de trois ans et demi de prison avec sursis pour une autre affaire de détournement de fonds, au détriment cette fois d’une filiale russe de la société Yves Rocher. Toutefois, au mois de septembre 2013, à son étonnement, il est autorisé à briguer la mairie de Moscou. Sans surprise, il ne parvient pas à déloger le maire sortant Sergei Sobianine, mais fait néanmoins un score honorable, en arrivant deuxième avec vingt sept pour cent des voix.

Pour Alexeï Navalny, il n’y a aucun doute, l’affaire Kirovles est principalement destinée à saper ses ambitions politiques et notamment son intention de défier le Kremlin aux élections présidentielles de 2018.

« Ce que nous venons de voir, c’est une sorte de télégramme de la part du Kremlin », a déclaré l’opposant à l’issue du jugement. « Ils me considèrent, moi, mes partisans et mes électeurs, comme étant trop dangereux pour nous laisser participer aux élections. Mais nous ne reconnaissons pas ce jugement, il sera annulé. En vertu de la constitution, j’ai le droit de participer au scrutin ».

Si l'opposant n’a rien perdu de sa résolution et de son désir de braver le système, son avenir politique demeure incertain. Effectivement, la constitution russe permet à quiconque n’est pas en détention de se porter candidat à des élections.

Sauf que selon la loi électorale, le cent soixantième article du code pénal en vertu duquel Alexeï Navalny a été condamné, un crime grave le rend inéligible. Même en cas de réhabilitation ou d’annulation judiciaire, il faut attendre dix ans avant de pouvoir se présenter. Par ailleurs, cette même loi stipule que tout candidat, s’il a fait l’objet d’une condamnation, doit avoir impérativement purgé sa peine, qu’il s’agisse de prison ferme ou de sursis. Or, si le jugement entre en vigueur, la justice prenant en compte trois ans et demi de la peine originelle, il restera à Alexeï Navalny dix huit mois à purger, selon son avocate Olga Mikhailova. Ce qui ne lui permettra pas de se présenter aux élections présidentielles du mois de mars 2018.

En réalité, quels que soient les conflits institutionnels, c’est le Kremlin qui décidera in fine si le candidat de l’opposition pourra tenter sa chance, insistent les observateurs. Et le pouvoir ne sera pas guidé par des impératifs de liberté démocratique, mais par ses intérêts propres.

« Le but du Kremlin est que le prochain scrutin ne soit pas une vaste blague », a expliqué à Reuters la politologue Lilia Shestova. « Et Alexeï Navalny est gardé en réserve, comme un atout, mais il est trop tôt pour dire si la carte sera jouée ».

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 17:53

 

 

Violences à Bobigny en marge d'une manifestation pour Théo Luhaka (Reuters)

 

Des violences ont éclaté Samedi 11 Février 2017 à Bobigny, dans le département de la Seine Saint Denis, en marge d'une manifestation de soutien à Théo Luhaka, un jeune homme blessé lors d'une interpellation, des policiers essuyant des jets de projectiles tandis que des véhicules ont été incendiés.

La préfecture de police a annoncé dans un communiqué qu'aucun blessé n'était à déplorer parmi les manifestants et les forces de l'ordre, Samedi 11 Février 2017 à 20 heures, tout en précisant que « des effectifs de police ont dû intervenir pour porter secours à une jeune enfant se trouvant dans un véhicule en feu ».

Des bâtiments ont été dégradés et un véhicule de Radio Télévision Luxembourg (RTL) a été brûlé, a-t-on constaté sur place. Les affrontements se poursuivaient en début de soirée.

Selon la préfecture de police, quatre véhicules ont été incendiés et deux établissements commerciaux ainsi que la gare routière de Bobigny ont été dégradés.

Près de deux mille personnes s'étaient auparavant rassemblées près du tribunal de Bobigny en soutien à Théo Luhaka, blessé au visage, au crâne mais surtout au rectum lors de son interpellation le Jeudi 2 Février 2017 à Aulnay-sous-Bois, dans le département de la Seine Saint Denis, selon l'estimation de la police.

Les quatre policiers présents au moment de son arrestation ont été mis en examen, l'un pour viol, les trois autres pour violences volontaires.

Le président du département de la Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel, a condamné Samedi 11 Février 2017 « les débordements violents qui ont lieu en marge de la manifestation » et il a précisé que des bâtiments du conseil départemental avaient été visés.

« Alors que Théo Luhaka et sa famille ont appelé au calme et à la dignité, l'attaque de divers bâtiments publics ou véhicules est intolérable. La détermination de quelques individus à en découdre ne correspond en rien à un soutien à Théo Luhaka et sa famille, qui aspirent à là sérénité », poursuit-il dans un communiqué.

L'interpellation violente du jeune homme avait provoqué plusieurs nuits de tensions dans des villes françaises.

François Hollande s'était rendu Mardi 7 Février 2017 à son chevet et avait appelé à faire confiance à la justice.

 

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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 19:35

 

http://www.revolutionpermanente.fr/De-quoi-Generation-Ingouvernable-est-il-le-nom

 

De quoi Génération Ingouvernable est-il le nom ?

 

Samedi 28 Janvier et Dimanche 29 Janvier 2017 se tenait à Paris la première rencontre à l’appel de Génération Ingouvernable. Ce sont plusieurs centaines de personnes qui ont débattu sur le week-end de la meilleure manière de perturber les élections présidentielles à venir. Si les participants partageaient le sentiment commun de ne pas se sentir représentés dans ces élections, force est de constater que les réponses à apporter étaient fortes différentes. Mais surtout, difficile de savoir pour l’instant sur quoi cela va-t-il déboucher.

La première chose à constater, c’est que la participation était au rendez-vous pour cet événement diffusé par la seule force militante, collages, réseaux sociaux et bouche à oreille. Samedi 28 Janvier 2017, nous avons compté environ deux cent cinquante personnes et, selon les organisateurs, l’événement aurait attiré quatre cent personnes sur les deux jours. Et parmi ces participants, nous avons pu voir une grande diversité de profils, différentes générations et différents parcours militants. Si nous pouvions dégager un point commun entre ces divers protagonistes, c’est peut-être celui d’avoir participé à la mobilisation contre la loi travail, bien souvent au sein du cortège de tête.

La réussite quantitative tient en grande partie à la préoccupation claire de massifier en amont de l’événement, une communication soignée, accompagnée d’une forte présence sur les réseaux sociaux, le tout sur un ton très pédagogique et accessible. A l’image du mot d’ordre Génération Ingouvernable, qui exprime l’idée de ne pas se sentir représentés par cette caste politique au pouvoir. Un sentiment qui est, dans ce contexte d’accumulations des scandales et des cinq ans d’attaque de la gauche, plutôt largement partagé dans la population.

Notamment, force est de constater que ce mot d’ordre tranche avec celui qui prévalait lors des précédents rassemblements, comme celui d'A l’abordage, un mot d’ordre offensif souvent illustré par des scènes d’émeutes. Sur le logo de Génération Ingouvernable, en revanche, nous ne trouvons ni affrontements, ni volonté claire d’en découdre. Sur l’affiche imprimée pour l’occasion, nous pouvons voir une foule, ni armée, ni cagoulée, faisant face à un ensemble symbolisant l’alliance de la police, de l’armée et des classes dominantes. Une idée, notamment, semble avoir disparu du paysage, celle que 2017 n’aura pas lieu.

Ces transformations sont directement issues du bilan critique que tiraient un certain nombre de militants après l’action ratée du 29 novembre 2016 visant à perturber la tenue des élections primaires de la droite, « les lignes politiques d’À l’abordage parlent énormément aux militants convaincus, mais elles peinent à résonner au-delà de l’entre-soi anarchiste. Comme cela a été proposé sur Blocus Paris, il faudrait se réunir pour offrir quelque chose de plus parlant aux électeurs désillusionnés, quelque chose de plus concret et positif que les affirmations abstraites qui ont tourné jusqu’ici. Organisons-nous en amont des élections présidentielles pour rester vraiment ingouvernables et pour porter des critiques basées sur des propositions tangibles ».

Cette volonté de s’adresser à d’autres secteurs et de sortir d’un entre soi proprement militant s’est traduit lors de ce weekend par l’expression d’un débat d’idées parfois contradictoires, où l’on a pu constater des prises de positions relativement différentes. Cependant, la forme d’organisation du débat s’est révélée être un obstacle à leur expression la plus complète.

L’absence d’un tour de parole, ou même d’une tribune élue, a parfois empêché toutes les voix de s’exprimer, entraînant par exemple des plaintes de la part de camarades n’étant pas de genre masculin.

Malgré cela, la diversité des positions est apparue de manière évidente entre certains participants qui voulaient organiser des comités de vigilance citoyens, convoquer une assemblée constituante ou avoir des méthodes d’action plus directes, perturbation de meetings, enfarinage des candidats et dégradation de permanences d’élus. La discussion du Samedi 28 Janvier 2017 a notamment pu apparaître à certains égards très clivée, entre les différentes méthodes proposées et une question centrale, « pourquoi sommes-nous là », et une interpellation qui revenait, régulièrement, « nous ne sommes pas à Nuit Debout ici ».

Cependant, comment s’étonner de cette pluralité de points de vue au vu de la préparation de cet événement dont la seule délimitation était de se dire ingouvernable, sous-entendu de ne pas se sentir représentés par le système politique actuel ? « Représentons nous nous-même » pouvait-on lire sur une banderole placardée dans la salle, une préoccupation qui n’était pas très éloignée de celles et ceux qui organisaient et participaient aux assemblées générales de Nuit Debout durant la mobilisation contre la loi travail. Dès lors, peut-on s’étonner d’y voir et des débats et des préoccupations similaires ?

Pourtant, si cela n’était jamais clairement annoncé, cela ressemblait à s’y méprendre au congrès de fondation d’une organisation qui prendrait le nom de Génération Ingouvernable.

A l’image de la première discussion du Samedi 28 Janvier 2017, intitulée « discussion stratégique pour poser des dates communes », si on peut à priori mal voir ce qu’il y a de stratégique dans une discussion sur les dates, qui est au contraire une question très technique ou tactique, le déroulé de la discussion, soigneusement maîtrisé par la tribune, apportait certains éléments de réponse. En effet, derrière les discussions sur les dates, il s’agissait en réalité d’une discussion sur le label que devait prendre ces différentes dates pour être se rendre visibles de manière commune, une discussion qui a débouché sur une autre, plus stratégique, celle de fonder un mouvement ou une organisation.

Un intervenant a même posé les pieds dans les plats, « les classes dominantes ont le parti, il nous faut le nôtre ». Une discussion habituellement taboue dans la tradition politique autonome, refusant de s’organiser dans un mouvement, et d’autant plus quand celui-ci prend le nom de parti. D’ailleurs, la discussion a pu susciter des réactions hostiles, sur des argumentaires plutôt classiques du mouvement autonome, prendre les mêmes formes que la politique dominante, c’est perdre sa capacité à les subvertir justement.

« Voter ou ne pas voter. Telle n’est pas la question ». Ainsi était intitulée la discussion du Samedi 28 Janvier 2017. Il faut dire que pour un certain nombre de participants, se dire ingouvernable ne signifiait pas de ne pas aller voter. Au contraire, plusieurs interventions ont revendiqué le vote pour Jean Luc Mélenchon pour transformer le système politique, voire expliqué qu’il voterait pour la gauche pour faire barrage à un scénario à la Donald Trump, comme il y a pu avoir lieu aux Etats-Unis récemment.

Si ces interventions ont parfois suscité des réactions outrées, elle ne semblait cependant pas déranger outre mesure les organisateurs du débat. Pour eux, voter aux élections ne leur semblait pas contradictoire avec le fait de participer à Génération Ingouvernable. Au contraire, ceux-ci espéraient bien que même les gens ayant voté viendraient perturber le soir du premier tour avec eux. Là était l’essentiel.

Pourtant, derrière les discours, nous voyons mal comment le fait de voter et de participer à Génération Ingouvernable pourrait être compatible. Et en premier lieu quand nous regardons l’activité proposée par les organisateurs à la fin du weekend, un autodafé électoral. Comment pourrait-on bien voter après avoir brûlé sa carte électorale ?

Surtout, le soutien à Jean Luc Mélenchon et le fait de remettre en cause de manière radicale ce système ne peut pas être compatible. Doit-on rappeler à ce propos, que dans le programme du candidat du mouvement de la France Insoumise, nous trouvons par exemple la proposition d’augmenter les effectifs de police ? Cette même police qui nous a réprimé durant la mobilisation contre la loi travail et qui sera évidemment en première ligne pour empêcher quiconque voudra se rendre ingouvernable. Tout cela, les organisateurs de ce débat le savent évidemment, mais ils ont choisi de ne pas l’assumer jusqu’au bout. Et c’est là l’une des principales critiques que nous pourrions faire à propos de ce week-end de débats. N’est-ce pas au contraire la tâche des révolutionnaires au contraire d’expliquer et du convaincre du fait qu’il n’est pas possible de réformer ce système, mais aussi, par exemple, de dévoiler ce qui se cache derrière la candidature de Jean Luc Mélenchon, les complaisances avec le patronat et les relents réactionnaires ?

Si depuis la mobilisation contre la loi travail, certains secteurs du cortège de tête semblent avoir opérer un certain nombre de clarifications d’ordre tactique et stratégique, force est de constater que celle-ci se font de manière implicite. Dès lors, le mot d’ordre de Génération Ingouvernable ne peut que prêter à confusion, au malentendu et limiter le débat. Les révolutionnaires doivent-ils passer à l’action directe maintenant ou tenter de convaincre d’abord de larges franges de la population de l’actualité et de la nécessité de l’insurrection, pourquoi et comment ? Doivent-ils s’organiser dans un parti ? Quel comportement doivent-ils avoir face aux élections ? Autant de questions légitimes, vitales même pour celles et ceux qui prétendent renverser ce système.

Ces questions, pour être débattues et tranchées, doivent se faire à visage découvert et à destination du plus grand nombre. Débattre en tant que révolutionnaires, débattre de stratégie, et non pas en tant que citoyens ou autres nuitdeboutistes, constitue une voie obligatoire pour forger des militants convaincus et préparés, non seulement pour construire les soulèvements à venir mais surtout pour permettre de les convertir en une véritable révolution. Malgré ses limites, le weekend de Génération Ingouvernable apparaît comme une première tentative en ce sens. Cependant, force est de constater que l’on ne sait pas, pour l’instant, de quoi il est le nom. Un débat à continuer donc.

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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 19:11

 

http://www.melenchon.fr/2017/02/09/le-telephone-rose-na-pas-sonne

 

Le téléphone rose n’a pas sonné

 

Par Jean Luc Mélenchon

 

Jeudi 9 février 2017

 

Je ne lui en veux pas. Benoît Hamon n’a pas eu le temps de me téléphoner depuis sa victoire contre Manuel Valls. Pourtant il disait dans sa campagne qu’il me contacterait dès le lendemain du vote interne au Parti Socialiste. De toute façon, je suis à la campagne cette semaine. Je ne lui en veux pas car j’aurai mal pris d’être calé entre un rendez-vous chez Bernard Cazeneuve, un autre chez François Hollande ou bien juste derrière sa rencontre avec le groupe des parlementaires du Parti Socialiste, à qui il fut dit que la démarche vers moi est essentiellement destinée à me marginaliser. Je préfère cette pause dans les postures car l’image serait très brouillée et négative pour moi si je figurais dans une telle série. En effet, un nombre considérable de gens ne supportent plus l’idée de voter pour le Parti Socialiste, quel que soit l’emballage. Un nombre remarquable de gens n’ont aucune envie de se faire faire une deuxième fois le coup du Bourget ou de la renégociation du traité européen. Ces personnes savent avec quel aplomb un candidat du Parti Socialiste peut mentir sur les sujets essentiels et tromper tout le monde sans vergogne. Nous avons payé pour voir.

Je crois que bien des politiciens ne comprennent rien à cet état d’esprit protestataire. Ils pensent qu’un peu de pipeau unitaire couvrira bien vite les protestations. La tentation est forte pour ceux-là de jouer le numéro classique de celui qui refuse l’unité sera électoralement puni. C’était le grand must des années de l’union de la gauche. Mais celle-ci avait été construite en vingt ans au moins. Et elle s’appuyait sur une classe ouvrière et une nouvelle classe moyenne nombreuse, socialement structurée politiquement liée à une superstructure dense de syndicats, d’associations et de partis influents et organisés. Ce monde a disparu.

La conscience du ridicule d’un programme commun imaginé, écrit, et signé soixante dix jours avant le premier tour des élections présidentielles n’a pas l’air d’effleurer ceux qui s’y abandonnent. Et comment gérer un programme commun quand le Parti Socialiste n’a toujours pas le sien, en propre et que Benoît Hamon l’annonce pour le mois de mars 2017 ? Au passage, je me demande où sont passées toutes les bonnes âmes qui glapissaient le programme d’abord, le casting après, il y a de cela quelques mois.

Les incantations unitaires ne prennent pas en compte qu’en mettant le doigt dans la tambouille des cartels de partis nous détruirions le rassemblement que nous avons construit. Cela n’a rien à voir avec la compétition des personnes candidates. Ce qui est en jeu c’est l’appréciation qu’on se fait du moment politique et de l’état des consciences. Il est vrai qu’il existe une gauche traditionnelle à qui les raisonnements des années 1970 et des années 1980 parlent toujours quand bien même aucune des bases sociales et psychologiques de l’époque n’existent plus. Je ne méprise pas ce fait. Je tâche de lui répondre sur des bases rationnelles de conviction. Mais ce secteur méconnaît gravement la crise morale qui a déchiré les profondeurs de la société et notamment les milieux populaires du fait de la politique menée par la gauche au gouvernement.

Lorsque je demande des garanties de bonne foi à Benoît Hamon, je ne pose pas des problèmes de personnes comme l’affirme si frivolement Cécile Duflot. Je rends compte d’une exigence populaire que n’importe qui peut entendre autour de lui sitôt qu’il sort du premier cercle des belles personnes. Et je crois que je fais bien. Car la lecture détaillée de ce qu’on me dit est souvent très perturbante. Ainsi quand je pose la question du refus des candidatures du Parti Socialiste aux élections législatives pour les responsables du désastre quinquennal. La réponse de Cécile Duflot interrogée à mon sujet est typique, « il se trompe en posant la question des personnes. Il ne faut fermer la porte à personne. Si Myriam el Khomri accepte le fait qu’il faut abroger une large partie de sa loi et qu’elle est d’accord sur la politique que nous voulons mener ». Vous avez bien lu. Ce serait une question de personne et pas une question politique. Et l’abrogation de la loi travail ne concernerait qu’une partie de celle-ci, certes large. Cette impression de faire l’objet d’un piège dans lequel mon accord servirait de caution à une amnistie générale des anciens ministres ne se dissipe pas facilement. Surtout quand je lis qu’il s’agit de me siphonner, de creuser le trou avec moi et ainsi de suite.

Certes, de mon côté je ne veux pas passer l’occasion que présente l’investiture de Benoît Hamon. Il peut être l’homme qui fera le ménage au Parti Socialiste. Celui qui changerait du tout au tout le cap de ce parti. Il faut en faire le pari. Il est très important pour nous que la droite du Parti Socialiste soit progressivement soumise ou expulsée par un courant de gauche de ce parti, si approximatif soit-il. Il faut donc l’y aider, sans illusion, certes, mais franchement. Il y a une volonté populaire de ce côté. En effet l’étude des votes montre que la moitié des participants au vote de cette élection primaire du Parti Socialiste n’était pas membre ni sympathisante des partis au gouvernement. Et parmi eux un bon nombre venait de nos rangs en dépit de tout ce que j’ai pu dire avec d’autres pour demander aux nôtres de ne pas participer à cette consultation. Il est donc évident que la demande numéro un des participants est de dégager Manuel Valls, non pour des raisons de personne, encore une fois, mais par opposition à la politique gouvernementale qu’il incarne. C’est cette politique qu’il faut extirper du Parti Socialiste pour que ce parti puisse encore servir à quelque chose dans le futur.

Le jour venu, je verrai Benoît Hamon. Je l’ai dit depuis le début. Je suis prêt à boire le café et à écouter comment il répond à nos exigences de clarté. En effet, il ne peut prétendre à la fois nous tendre la main et recycler dans sa campagne tout le Parti Socialiste dont nous avons combattu la politique ces dernières années. Je l’ai dit plusieurs fois ces derniers jours. Je le redis bien volontiers et très tranquillement, discuter oui, mais participer à des combines non. En effet, Benoît Hamon parle de former une majorité gouvernementale. Mais on ne peut pas former une majorité gouvernementale cohérente et stable sans avoir tranché avant les grandes questions. Je ne prends qu’un exemple. Comment prétendre demain abroger la loi travail en reconduisant la masse des députés qui l’ont soutenue hier ? En tant que frondeur, Benoît Hamon est bien placé pour savoir que quand c’est flou, il y a un loup, et que cela finit par créer toute sorte de difficultés. L’une, et non la moindre, est qu’il s’agit de gouverner un grand pays sur un programme audacieux. Comment pouvoir le faire si nous embarquons comme députés autant de gens qui sont absolument hostiles à cette politique ?

Pourtant, les premiers signes donnés allaient tous dans le sens d’une nouvelle tentative de synthèse à la sauce hollandaise bien connue. Sa première semaine de candidat du Parti Socialiste l’a ainsi conduit à aller rencontrer, à sa demande, le premier ministre Bernard Cazeneuve puis François Hollande. Sur la deuxième chaîne de la télévision française, Lundi 30 Janvier 2017, il a ainsi déclaré n’avoir jamais considéré que le bilan du quinquennat était indéfendable et ce contrairement à ce que disait, par exemple, Arnaud Montebourg dans l'élection primaire. Il ne cesse de répéter qu’il faut se tourner vers l’avenir. Comment est-ce possible avec ceux qui défendent le passé ?

En réponse à ma question concernant la cohérence de sa candidature avec celles que le Parti Socialiste propose aux élections législatives du mois de juin 2017, Benoît Hamon a aussi été très clair. C’était dans une vidéo en direct sur sa page Facebook le Jeudi 2 Février 2017. Un internaute lui a demandé s’il soutenait la candidature de Myriam el Khomri pour être députée du dix huitième arrondissement de Paris au mois de juin 2017. La réponse de Benoît Hamon est claire, « on peut avoir combattu la loi travail sans considérer que le rassemblement ne se fait qu’à la condition d’offrir la tête politique de qui que ce soit ».

A-t-on bien compris que Myriam el Khomri a le soutien de Benoît Hamon pour les élections législatives ? Évidemment, cet argument d’offrir les têtes vise à nous faire passer pour des guillotineurs. Ce ne sont évidemment pas des têtes qu’il faut trancher mais les contradictions et les grandes questions politiques du moment. J’ai déjà dit que je ne demandais pas de têtes sur des piques mais juste qu’on ne se paie pas la tête des gens qui ont déjà été beaucoup trompés.

Myriam el Khomri n’est évidemment pas la seule concernée. C’est une logique politique qui est en cause. On ne peut prétendre former une majorité cohérente pour abroger la loi travail tout en proposant d’élire Myriam el Khomri comme députée. On ne peut prétendre écrire une nouvelle page en reconduisant Manuel Valls dans sa circonscription d’Évry. On ne peut faire battre le cœur de la gauche en proposant aux électeurs de réélire Stéphane Le Foll dans la Sarthe ou Michel Sapin dans l’Indre. Et comment croire aux promesses de réorientation de l’Union Européenne par ceux-là même qui ont approuvé la non-renégociation du traité budgétaire de Nicolas Sarkozy et d'Angela Merkel en 2012 ?

Le journal le Monde a compté, pas moins de seize ministres actuels sont présentés par le Parti Socialiste pour les élections législatives du mois de juin 2017, sans compter les trois que je viens de citer à l’instant. Ce sera donc une vingtaine au total. Sont par exemple déjà investis outre Myriam el Khomri, le très vallsiste Jean-Marie Le Guen, le ministre des budgets d’austérité Christian Eckert, la ministre du burn-out des hôpitaux Marisol Touraine, les ministres de la reconduction de l’état d’urgence et des violences policières non sanctionnées Jean-Jacques Urvoas et Bruno Le Roux.

La question est encore plus profonde que cela. Le Parti Socialiste a investi déjà quatre cent candidats aux élections législatives sur les cinq cent soixante dix sept circonscriptions du pays. Un citoyen a fait un décompte très précis des engagements des uns et des autres. Le résultat est sans appel. Parmi les quatre cent candidats du Parti Socialiste, les deux-tiers ont été des soutiens actifs et enthousiastes de toutes les mesures des gouvernements de Jean Marc Ayrault et de Manuel Valls, traité budgétaire européen en 2012, pacte de responsabilité et crédit d’impôt compétitivité, loi d'Emmanuel Macron et loi travail. Cela représente deux cent cinquante cinq candidats. À l’inverse seuls quatorze pour cent des candidats, soit une cinquantaine, ont émis des critiques régulières. Les autres ont savamment évité de prendre des positions trop claires. C’est encore plus édifiant si l’on regarde uniquement les députés sortants réinvestis. Là, ce sont quatre vingt six pour cent des députés sortants réinvestis qui ont approuvé la ligne de François Hollande depuis 2012. Soit cent quarante trois députés que Benoît Hamon et le Parti Socialiste proposent donc de reconduire.

Comment former une majorité gouvernementale avec un tel attelage ? Est-ce avec toutes ces personnes élues ou réélues demain députés que Benoît Hamon entend appliquer son programme ? Compte-t-il réellement faire autre chose que la politique menée depuis cinq ans en s’appuyant sur ceux qui ont décidé et mis en œuvre cette politique ? Ce n’est pas crédible. Faudra-t-il espérer qu’à notre tour nous devions agir demain en monarques et recourir à son tour au quarante neuvième article de la constitution pour imposer à notre future majorité cohérente les mesures emblématiques de son projet comme l’abrogation de la loi travail ? Ce serait un comble. Faut-il alors se préparer à l’abandon programmé du projet de Benoît Hamon ?

La paralysie est déjà là. Jeudi 2 Février 2017, à l'assemblée nationale, le Parti Socialiste s’est auto-bloqué sur un sujet aussi important que l’accord de libre-échange avec le Canada. Les députés issus du Front De Gauche (FDG) avaient déposé une résolution exigeant un référendum en France sur ce traité. Ce traité doit être soumis au vote du parlement européen, Mercredi 15 Février 2017, puis à la ratification dans chacun des états membres. La question est donc d’une brûlante actualité. Et qu’ont fait les députés du Parti Socialiste ? Ils se sont abstenus parce qu’ils n’étaient pas d’accord entre eux. Faut-il voir là un avant-goût de ce que serait un quinquennat à la sauce de synthèse qui nous est proposé ?

Je vais plus loin. Benoît Hamon propose d’abroger la loi travail. Puisqu’il est convaincu de pouvoir le faire demain tout en reconduisant les députés qui ont soutenu cette loi en 2016, je pose une question, pourquoi attendre ? Puisque le candidat du Parti Socialiste veut abroger cette loi et que le Parti Socialiste gouverne encore, pourquoi Benoît Hamon n’exige-t-il pas de son parti qu’il abroge la loi travail avant la fin du mandat ? C’est encore possible. Cela montrerait sa capacité à rompre vraiment au-delà des paroles. Cela montrerait sa capacité à convaincre les députés du Parti Socialiste de se déjuger de leurs votes d’hier. La confiance et l’union ne décrètent pas depuis des tribunes. Elle se construit ou elle se rompt au moment de passer aux actes.

Benoît Hamon, choisissez. C’est maintenant qu’il vous faut donner son sens à votre victoire aux élections primaires. Sinon vous verrez bien vite comment vous allez être auto-bloqué par le jeu des courants et sous courant. Je ne suis pas le seul à penser de cette façon. Cécile Duflot, votre alliée acquise le dit aussi à sa façon, « la question de fond posée par Jean Luc Mélenchon est celle de la cohérence. Et là-dessus il a raison ».

 

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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 18:37

 

http://www.cadtm.org/Les-defis-pour-la-gauche-dans-la

 

Dix propositions afin de ne pas reproduire la capitulation que nous avons connue en Grèce

 

Pour éviter de reproduire la capitulation que nous avons connue en Grèce en 2015, voici dix propositions pour la mobilisation sociale et l’action d’un gouvernement réellement au service du peuple à mettre en œuvre immédiatement et simultanément.

La première proposition est la nécessité, pour un gouvernement de gauche, de désobéir, de manière très claire et annoncée au préalable, à la commission européenne. Le parti qui prétend, ou la coalition de partis qui prétendent gouverner et, bien sûr, nous pensons à l’Espagne, devront refuser d’obéir, dès le début, aux exigences d’austérité, et s’engager à refuser l’équilibre budgétaire. Il faudra dire que « nous ne respecterons pas l’obligation décrétée par les traités européens de respecter l’équilibre budgétaire parce que nous voulons augmenter les dépenses publiques pour lutter contre les mesures antisociales et d’austérité et pour entreprendre la transition écologique ». Par conséquent, le premier point est de s’engager d’une manière claire et déterminée à désobéir. Après la capitulation grecque, il est essentiel d’abandonner l’illusion d’obtenir de la commission européenne et des autres gouvernements européens qu’ils respectent la volonté populaire. Conserver cette illusion nous conduirait au désastre. Nous devons désobéir.

La deuxième proposition est de s'engager à appeler à la mobilisation populaire. Tant au niveau de chaque pays qu’au niveau européen. Cela aussi a échoué en 2015 en Grèce et en Europe. Il est évident que les mouvements sociaux européens ne furent pas à la hauteur en termes de manifestations qui certes eurent lieu, mais qui ne montrèrent pas un niveau suffisant de solidarité avec le peuple grec. Mais il est vrai aussi que l’orientation stratégique de Syriza ne prévoyait pas de faire appel à la mobilisation populaire au niveau européen, ni même de faire appel à la mobilisation populaire en Grèce. Et quand le gouvernement d'Alexis Tsipras a appelé à la mobilisation par le référendum du 5 Juillet 2015, ce fut pour ensuite ne pas respecter la volonté populaire de soixante et un pour cent des grecs, qui avaient refusé d’obéir aux exigences des créanciers et avaient rejeté leurs propositions. Rappelons-nous qu’à partir de la fin février 2015 et jusque fin juin 2015, Yanis Varoufakis et Alexis Tsipras ont fait des déclarations qui visaient à convaincre l’opinion qu’un accord était en vue et que les choses s’arrangeaient. Imaginons au contraire qu’après chaque négociation importante, ils aient expliqué les enjeux, au travers de communiqués, par des déclarations orales aux médias, par des prises de parole sur les places publiques, devant le siège des institutions européennes à Bruxelles et ailleurs. Imaginons qu’ils aient fait la lumière sur ce qui se tramait, cela aurait abouti à des concentrations de milliers ou de dizaines de milliers de personnes, les réseaux sociaux auraient relayé à des centaines de milliers ou des millions de destinataires ce discours alternatif.

La troisième proposition est de s'engager à organiser un audit de la dette avec la participation des citoyens. Les situations dans les vingt huit pays de l’Union Européenne sont différentes, de même bien sûr à l’intérieur de la zone euro. Il y a des pays européens où la suspension des remboursements est une mesure de nécessité absolue et prioritaire, comme dans le cas de la Grèce dans le but de répondre avant tout aux besoins sociaux et de garantir les droits humains fondamentaux. C’est aussi un élément clé d’une stratégie d’autodéfense. En Espagne, au Portugal, à Chypre et en Irlande, cela dépend du rapport de force et de la conjoncture. Dans d’autres pays, il est possible de réaliser d’abord l’audit et ensuite décider de la suspension des remboursements. Ces mesures doivent être mises en œuvre en tenant compte de la situation spécifique de chaque pays.

La quatrième proposition est de mettre en place un contrôle des mouvements de capitaux. Et tenir compte de ce que cela signifie. C’est à dire aller à l’encontre de l’idée selon laquelle il serait interdit aux citoyens de transférer quelques centaines d’euros à l’étranger. Il est évident que les transactions financières internationales seront autorisées jusqu’à un certain montant. Par contre, il s’agit de mettre en place un contrôle strict sur les mouvements de capitaux au-dessus de ce montant.

La cinquième proposition est de socialiser le secteur financier et le secteur de l’énergie. Socialiser le secteur financier ne consiste pas seulement à développer un pôle bancaire public. Il s’agit de décréter un monopole public sur le secteur financier, à savoir les banques et les sociétés d’assurance. Il s’agit d’une socialisation du secteur financier sous contrôle citoyen. C’est-à-dire transformer le secteur financier en service public. Dans le cadre de la transition écologique, bien sûr, la socialisation du secteur de l’énergie est également une mesure prioritaire. Il ne peut y avoir de transition écologique sans monopole public sur le secteur de l’énergie, tant au niveau de la production que de la distribution.

La sixième proposition est la création d’une monnaie complémentaire, non convertible et l’inévitable débat sur l’euro. Que ce soit dans le cas d’une sortie de l’euro ou d’un maintien dans la zone euro, il est nécessaire de créer une monnaie complémentaire non convertible. Autrement dit, une monnaie qui sert, en circuit court, aux échanges à l’intérieur du pays. Par exemple, pour le paiement de l’augmentation des retraites, des augmentations de salaire aux fonctionnaires, pour le paiement des impôts, pour le paiement des services publics. Utiliser une monnaie complémentaire permet de se détacher et de sortir partiellement de la dictature de l’euro et de la Banque Centrale Européenne (BCE). Bien sûr, on ne peut pas éviter le débat sur la zone euro. Dans plusieurs pays, la sortie de la zone euro est également une option qui doit être défendue par les partis, les syndicats et d’autres mouvements sociaux. Plusieurs pays de la zone euro ne pourront pas réellement rompre avec l’austérité et lancer une transition écosocialiste sans quitter la zone euro. Dans le cas d’une sortie de la zone euro, il faudrait soit mettre en œuvre une réforme monétaire redistributive, soit appliquer un impôt exceptionnel progressif au-dessus de deux cent mille euros. Cette proposition ne concerne que le patrimoine liquide, elle ne concerne donc pas le patrimoine immobilier évoqué dans la septième proposition.

La septième proposition est une réforme radicale de la fiscalité. Supprimer la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) sur les biens et les services de consommation de base, comme la nourriture, l’électricité, le gaz et l’eau, pour ces trois derniers, jusqu’à un certain niveau de consommation par individu, et d’autres biens de première nécessité. Par contre, nous proposons une augmentation de la TVA sur les biens et les produits de luxe. Nous avons aussi besoin d’une augmentation des impôts sur les bénéfices des entreprises privées et des revenus au-dessus d’un certain niveau, autrement dit, un impôt progressif sur les revenus et sur le patrimoine. La maison d’habitation devrait être exonérée d’impôt en dessous d’un certain montant qui varie en fonction de la composition du foyer. La réforme de la fiscalité doit produire des effets immédiats, une baisse très sensible des impôts indirects et directs pour la majorité de la population et une augmentation très sensible pour les dix pour cent les plus riches et pour les grandes entreprises. Enfin, la lutte contre la fraude et l’évasion fiscale serait intensifiée.

La huitième proposition, ce sont les déprivatisations. C'est de racheter les entreprises privatisées pour un euro symbolique. Ainsi, de ce point de vue, utiliser l’euro pourrait s’avérer très sympathique, en payant un euro symbolique à ceux qui ont profité des privatisations. Et renforcer et étendre les services publics sous contrôle citoyen.

La neuvième proposition est la mise en œuvre d’un vaste plan d’urgence pour la création d’emplois socialement utiles et pour la justice. Réduire le temps de travail avec maintien des salaires. Abroger les lois antisociales et adopter des lois pour remédier à la situation de la dette hypothécaire abusive, des dispositions qui concernent en priorité des pays comme l’Espagne, l’Irlande et la Grèce. Cela pourrait très bien se résoudre par la loi, en évitant des procès, car il y a de nombreux procès sur la dette hypothécaire où les ménages sont confrontés aux banques. Un parlement peut décréter par une loi l’annulation des dettes hypothécaires inférieures à cent cinquante mille euros par exemple et mettre ainsi un terme à des procédures judiciaires. Il s’agit aussi de mettre en œuvre un vaste programme de dépenses publiques afin de relancer l’emploi et l’activité socialement utile en favorisant les circuits courts.

La dixième proposition est d'entamer un véritable processus constituant. Il ne s’agit pas de changements constitutionnels dans le cadre des institutions parlementaires actuelles. Il s’agirait de dissoudre le parlement et de convoquer l’élection au suffrage direct d’une assemblée constituante. Et de rechercher à insérer ce processus dans d’autres processus constituants au niveau européen.

Ce sont dix propositions de base à soumettre au débat. Mais une chose est certaine, les mesures à prendre doivent aller à la racine des problèmes et elles doivent être appliquées simultanément car il faut un programme cohérent. En l’absence de la mise en œuvre de mesures radicales annoncées depuis le début, il n’y aura pas de rupture avec les politiques d’austérité. Il est impossible de rompre avec les politiques d’austérité sans prendre des mesures radicales contre le grand capital. Ceux qui pensent que l’on peut éviter cela sont des enfumeurs qui ne pourront pas obtenir de réelles avancées concrètes. Au niveau européen, la nature de l’architecture européenne et l’ampleur de la crise du capitalisme font qu’il n’y a pas de réel espace pour des politiques productivistes néo-keynésiennes. L’écosocialisme ne doit pas être à la marge mais au cœur du débat, d’où doivent venir les propositions immédiates et concrètes. Il faut mener à bien la lutte contre l’austérité et se lancer sur le chemin de l’anticapitalisme. La transition écosocialiste est une nécessité absolue et immédiate.

 

Premiers signataires

 

Éric Toussaint, Daniel Albarracín, Marina Albiol, Josep Maria Antentas, Rommy Arce, Raúl Camargo, Manuel Gari, Teresa Rodríguez, Carlos Sanchez Mato, Miguel Urbán Crespo, Olivier Besancenot, Eric Coquerel, Pierre Cours-Salies, Léon Crémieux, Alexis Cukier, Pierre Khalfa, Djordje Kuzmanovic, Myriam Martin, Jean-François Pellissier, Corinne Morel Darleux, Christine Poupin, Catherine Samary, Patrick Saurin, Tassos Anastassiadis, Aris Chatzistefanou, Nikos Chountis, Zoe Konstantopoulou, Stathis Kouvelakis, Costas Lapavitsas, Yorgos Mitralias, Antonis Ntavanelos, Leonidas Vatikiotis, Zbigniew Marcin Kowalewski

 

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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 17:41

 

http://www.elmundo.es/espana/2017/02/12/58a02dbe46163fd3688b45f5.html

 

Victoire de Pablo Iglesias contre Inigo Errejón

 

Après les résultats du deuxième congrès de Podemos, Inigo Errejon se met à la disposition de Pablo Iglesias

Fin du débat, Pablo Iglesias a obtenu une nette victoire contre Inigo Errejón et il pourra diriger Podemos comme il le voudra. Le leader de Podemos aura une majorité de soixante pour cent du comité de direction et ses documents ont obtenu plus de cinquante pour cent des voix, contre trente trois pour cent pour son numéro deux.

Après les problèmes des dernières semaines, les militants de base ont accordé à Pablo Iglesias un soutien massif et lui ont laisser les mains libres pour diriger le cours politique du Podemos avec son équipe de fidèles, comme Irene Montero, Pablo Echenique ou Rafael Mayoral.

La victoire des pablistes a été si importante que dans le même temps elle représente également un test décisif pour l'intégration du second courant du parti, qui dans ce vote a obtenu beaucoup moins de voix que prévu. Pablo Iglesias a cité Inigo Errejón quand il a parlé d’unité, mais il reste à voir si son discours comme secrétaire général nouvellement réélu donne quelques indices qui pourront au moins apaiser les craintes de purges des errejonistes.

Les données sont très claires, elles ne sont pas discutables et elles sont fortement légitimées par le niveau élevé de la participation des militants de Podemos, le plus grand dans l'histoire de Podemos, avec plus de cent cinquante et un mille votants. Par conséquent, les premières réactions des partisans d’Inigo Errejón sont « d’assumer les résultats ». Ils ont reçu un coup fort, parce que Pablo Iglesias a maintenant les mains libres pour appliquer les résultats.

Un conseil citoyen pabliste

Pablo Iglesias obtient un contrôle absolu du conseil citoyen, le comité de direction de Podemos, qui se compose de soixante deux membres élus. L'équipe du secrétaire général obtient trente sept conseillers tandis que l’équipe d’Inigo Errejón obtient vingt trois conseillers. Et pour la première fois, le courant des actuels anticapitalistes obtient deux conseillers.

Au sein du conseil des citoyens siègent également le secrétaire général, Pablo Iglesias, et les leaders territoriaux. Cela ne change pas l'équilibre, parce qu'au moins huit leaders territoriaux sont des pablistes et trois d’entre eux sont des errejonistes. Les autres sont proches des anticapitalistes ou bien des indépendants.

Les membres du conseil des citoyens les plus connus sont les representants de tous les courants, Inigo Errejón, Irène Montero, Pablo Echenique, Rafael Mayoral, Rita Maestre, Miguel Urbán et Juan Pedro Yllanes. Il y a aussi une grande surprise, l'acteur Pepe Viyuela , qui conduit symboliquement la liste des errejonistes.

Pablo Iglesias promet l'unité et l'humilité

La victoire de Pablo Iglesias peut également être mesurée dans un aspect symbolique. Inigo Errejón n'a même pas été le deuxième conseiller qui a obtenu le plus de voix. Cela a été le secrétaire à l’organisation, Pablo Echenique, ce qui signifie un soutien supplémentaire à l'équipe de Pablo Iglesias, donnant encore plus de force à sa victoire.

Pendant ce temps, dans son discours après sa réélection en tant que secrétaire général, Pablo Iglesias a promis « unité et humilité », parce qu'il a dit que c’était le message des militants et que c’était la meilleure façon d'être utile. « Nous avons reçu un mandat et nous allons l’appliquer », a-t-il promis.

Avec un ton plus solennel, Pablo Iglesias a promis que « l'unité et l'humilité » vont présider l'attitude de Podemos pour relever de nouveaux défis, la défense du droit de décider, les droits de l'homme, être les meilleurs députés du parlement, continuer à s’opposer au Parti Populaire, gagner les élections et gouverner pour changer l'Espagne avec son peuple et ses peuples.

« Nous ferons certainement beaucoup d'erreurs. C’est impossible de ne pas en faire quand nous prenons des décisions mais, je vous le promets, nous ne nous tromperons pas de côté », a-t-il proclamé, se référant au Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) et à son abstention face à Mariano Rajoy.

Pablo Iglesias a dit qu'à partir de maintenant Podemos sera plus ferme, féministe et unitaire. « Aujourd'hui, nous sommes plus forts et nous avons plus d’expérience », a-t-il dit, dans l'espoir que sa victoire écrasante serve à fermer la porte à la crise de l'année dernière. Et il a terminé son discours en disant « l’unité et l'humilité jusqu'à la victoire ».

Pablo Iglesias change également le modèle du parti

Le secrétaire général de Podemos a obtenu ce week-end tout le pouvoir dans une organisation conçue à sa convenance. Les militants ont livré pleinement le parti à son fondateur et dirigeant, dont les quatre documents, politiques, organisationnels, éthiques et pour l’égalité, ont obtenu toujours plus de cinquante pour cent des voix de plus de cent cinquante cinq mille votants.

Il faut signaler en particulier la victoire du document politique de Pablo Iglesias, qui a obtenu cinquante six pour cent des voix contre trente trois pour cent des voix pour celui d’Inigo Errejon et neuf pour cent des voix pour celui des anticapitalistes.

Lors du vote des documents organisationnels, l'équipe du secrétaire général obtient cinquante quatre pour cent des voix contre trente quatre pour cent des voix pour le document d’Inigo Errejón et dix pour cent des voix pour le document des anticapitalistes. Pour le vote des documents éthiques, Pablo Iglesias gagne à nouveau avec un pourcentage similaire, cinquante trois pour cent des voix, contre trente trois pour cent des voix pour le document d’Inigo Errejón et onze pour cent des voix pour le document de Miguel Urbán et de Teresa Rodriguez.

Cela signifie que Pablo Iglesias a les mains complètement libres pour faire ce qu’il veut de Podemos, parce qu’il a presque deux fois plus de voix qu’Inigo Errejón, aussi bien dans ses propositions politiques que dans ses propositions organisationnelles. A partir de maintenant, dans cette phase de maturation du parti, le secrétaire général aura beaucoup plus de pouvoir que le leader du Parti Populaire ou bien celui du PSOE, par exemple, et qu’il pourra, avec l'approbation de ses militants, prendre des décisions par-dessus le conseil citoyen, dans un modèle ultra présidentialiste.

Les militants ont décidé d'accorder les pleins pouvoirs au puissant secrétaire général, comme dans les trois premières années de la vie de Podemos. Le secrétaire général, par exemple, a la pleine capacité de convoquer des référendums militants. Il peut modifier les statuts de Podemos, protégeant les pouvoirs du leader.

Inigo Errejón a dit que, comme cela a été le cas jusqu'à présent, les principes fondamentaux, tels que des alliances pré et post électorales, nécessitent une consultation obligatoire des militants de Podemos. Les partisans du numéro deux proposent la décentralisation et la déconcentration des décisions, ce qui donne plus de pouvoir au conseil citoyen et aux organismes régionaux, comme cela se produit dans le PSOE, et moins de pouvoir au leader. C’est un modèle plus parlementaire et moins césariste.

Pablo Iglesias, cependant, refuse de reproduire un modèle similaire à celui du PSOE, dans lequel les secrétaires généraux régionaux, ceux qu’on appelle les barons, accumulent beaucoup de pouvoir et le contrôle du parti et sont un véritable contrepoids au secrétaire général.

Opposition à toute fusion avec Izquierda Unida

La victoire de Pablo Iglesias soulève également de nombreux autres aspects nouveaux. Parmi eux, il y a l’opposition à toute éventuelle fusion avec Izquierda Unida. Le secrétaire général a proposé que « la fusion avec une autre organisation devra être approuvée par les deux tiers des militants et des cercles actifs ».

En outre, il y a également la limitation des charges de Podemos. Pablo Iglesias a fait valoir qu'une seule personne ne peut occuper « une charge interne et une charge externe » en même temps. Cette proposition concerne des membres de tous les courants actuels. Inigo Errejón a également repris cette proposition.

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11 février 2017 6 11 /02 /février /2017 16:26

 

Donald Trump dit qu'il respectera le principe de la Chine unique (Reuters)

 

Le président américain Donald Trump a fait savoir à son homologue chinois Xi Jinping qu'il avait changé d'avis et qu'il respecterait le principe de la Chine unique, une déclaration de nature à apaiser les relations entre Washington et Pékin, très attaché à ses revendications sur Taïwan.

Donald Trump avait mis Pékin en colère au mois de décembre 2016 et s'entretenant avec la présidente de Taïwan. Il avait expliqué que les Etats-Unis n'étaient pas forcément tenus de se conformer à ce principe respecté depuis quarante ans par les Etats-Unis et qui consiste à s'aligner sur la position de la Chine communiste selon laquelle il y a une seule Chine dont Taïwan a vocation à faire partie.

Un communiqué de la Maison Blanche indique que les deux présidents ont eu une longue conversation, Jeudi 9 Février 2017, quelques heures avant une rencontre prévue entre Donald Trump et le premier ministre japonais Shinzo Abe.

La Maison Blanche a décrit l'entretien téléphonique, le premier depuis l'investiture du nouveau président américain le Vendredi 20 Janvier 2017, comme extrêmement cordial.

« A la demande du président Xi Jinping, le président Donald Trump a accepté de respecter le principe de la Chine unique », dit le texte.

La présidente taïwanaise Tsai Ingwen a déclaré par voie de communiqué qu'il était dans l'intérêt de son pays de maintenir de bonnes relations avec les Etats-Unis et la Chine.

En Chine, dit-on dans les milieux diplomatiques à Pékin, on craignait une humiliation du président Xi Jinping au cas où la conversation téléphonique entre les deux dirigeants aurait mal tourné et où les détails en auraient été divulgués par la presse.

Le cas s'est produit la semaine dernière après un entretien téléphonique difficile entre le premier ministre australien Malcolm Turnbull et Donald Trump à propos de l'immigration. Le Washington Post s'en est fait l'écho et les relations se sont tendues entre les deux pays pourtant alliés.

La question de Taiwan est la question la plus sensible de toutes pour la Chine. Dans leur conversation, les deux chefs d’état ont mentionné qu'une fois résolue la question de la Chine unique, leurs relations pourraient se normaliser.

« Des représentants des Etats-Unis et de la Chine vont engager des discussions sur une série de questions intéressant les deux pays », indique le communiqué.

Xi Jinping a déclaré par l'intermédiaire du ministère chinois des affaires étrangères qu'il avait été sensible à l'engagement pris Jeudi 9 Février 2017 par Donald Trump.

« Je crois que les Etats-Unis et la Chine sont des partenaires qui coopèrent et que nous pourrons, grâce à des efforts conjoints, améliorer nos relations à un niveau inédit », a déclaré Xi Jinping.

« Le développement de la Chine et des Etats-Unis peuvent absolument être complémentaires et avancer de concert. Les deux parties peuvent absolument devenir de très bons partenaires de coopération », a ajouté le président.

La Chine se montre particulièrement méfiante envers la présidente taïwanaise, dont le parti démocrate progressiste (DPP) est favorable à l'indépendance officielle de l'île, ce qui constitue une ligne rouge à ne pas franchir pour Pékin.

La Chine revendique la souveraineté sur Taïwan depuis 1949, depuis la victoire des communistes de Mao Tsétoung sur les forces nationalistes de Tchang Kaïchek qui, après leur défaite, se sont repliées dans l'île de Taïwan pour fonder la république de Chine.

Les Etats-Unis, qui ont d'abord reconnu Taïwan, ont modifié leur politique en 1979 sous la présidence du démocrate Jimmy Carter, pour reconnaître la Chine communiste.

L'avocat James Zimmerman, ancien chef de la chambre américaine de commerce en Chine, explique que Donald Trump n'aurait jamais dû aborder en premier la question de la Chine unique.

« Il y a bien sûr un moyen de négocier avec les chinois, mais les menaces concernant leurs intérêts vitaux et fondamentaux sont d'emblée contre-productives », déclare l'avocat par courriel.

« Au final, Donald Trump a confirmé à la face du monde qu'il n'est qu'un tigre de papier, un zhilaohu, quelqu'un qui semble menacer, mais qui est totalement inefficace et incapable de supporter une difficulté ».

 

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