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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 19:12

http://www.marcvuillemot.com/2015/07/appel-aux-maires-et-aux-citoyens-pour-un-soutien-au-peuple-grec.html

Appel aux maires et aux citoyens pour un soutien au peuple grec

Par Marc Vuillemot, maire socialiste de la Seyne sur Mer, dans le département du Var, et conseiller régional socialiste de la région Provence Alpes Côte d’Azur

Vendredi 3 Juillet 2015

Avec Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice socialiste de Paris, nous avons pensé, face à l'incapacité européenne devant la crise grecque, devoir lancer un appel citoyen, aux élus comme aux français, pour le peuple grec

J'appelle les élus et les collectivités locales françaises à nouer des jumelages ou des partenariats citoyens avec les villes et villages grecs qui traversent aujourd'hui des difficultés considérables.

Nous espérions que l'Europe soit au rendez-vous de l'histoire et soit capable d'engager une politique de solidarité, de prospérité partagée et de progrès sociaux et humains.

Hélas, l'austérité permanente, les dumpings sociaux et fiscaux, la domination des plus forts et de la finance, ont pris le pas sur l'Europe sociale et démocratique que nous voulons bâtir.

Nous ne pouvons rester indifférents.

Maire d’une ville populaire bénéficiant de politiques prioritaires pour l’habitat, les équipements, la dynamisation économique, la formation et l’accompagnement des plus humbles, je sais l’importance de la solidarité entre territoires, au local comme à l’échelle du pays, pour l’égale dignité que la république doit à ses enfants.

Alors, chaque fois que nos collectivités peuvent entrer en dialogue avec leurs homologues grecs, elles peuvent montrer que, si la solidarité européenne n'est pas portée par les institutions de l'Union Européenne, les citoyens et leurs élus peuvent la faire vivre. Je suis disponible pour œuvrer avec mes collègues prêts à s'engager dans cette démarche de partenariat citoyen avec les collectivités et citoyens grecs.

Et, face à une Europe et un Fonds Monétaire International (FMI) bridés par la finance internationale, qui traînent les pieds pour accompagner le peuple grec, l’occasion est donnée aux citoyens de rappeler, en apportant leur contribution et leur attachement aux valeurs solidaires que le terme « fraternité » symbolise au fronton de notre édifice républicain.

Chaque citoyen peut ainsi, dès à présent, contribuer en participant à la plateforme de financement participatif que nous venons d'initier en lien avec une association solidaire, en cliquant sur l'image illustrant cet appel.

Et j’invite mes collègues maires de France à relayer cet appel à nos concitoyens.

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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 18:55

http://www.liberation.fr/monde/2015/07/08/onze-notes-inspirees-de-la-situation-grecque_1345294

Onze notes inspirées de la situation grecque

Par Alain Badiou

Mercredi 8 Juillet 2015

Il est urgent d’internationaliser la cause du peuple grec. Seul l’effacement total de la dette portera un « coup idéologique » au système européen actuel.

Le non massif du peuple grec ne signifie pas un refus de l’Europe. Il signifie un refus de l’Europe des banquiers, de la dette infinie et du capitalisme mondialisé.

Une partie de l’opinion nationaliste, voire de la droite extrême, a voté aussi non aux exigences des institutions financières et au diktat des gouvernements réactionnaires européens. Nous savons que tout vote purement négatif est en partie confus. L’extrême droite, depuis toujours, peut refuser certaines choses que refuse aussi l’extrême gauche. Seule l’affirmation de ce que l’on veut est claire. Mais tout le monde sait que ce que veut Syriza est opposé à ce que veulent les nationalistes et les fascistes. Le vote n’est donc pas un vote obscur contre les exigences anti populaires du capitalisme mondialisé et de ses serviteurs européens. C’est aussi un vote qui, pour le moment, fait confiance au gouvernement d’Alexis Tsípras.

Que ceci se passe en Grèce et non, comme il serait normal, partout ailleurs en Europe, indique que la gauche européenne est en état de coma dépassé. François Hollande, la social-démocratie allemande, le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE), le Pasok grec et les travaillistes anglais, tous ces partis sont désormais, de façon ouverte, des gestionnaires du capitalisme mondialisé. Il n’y a pas, il n’y a plus de gauche européenne. Il y a un petit espoir, encore peu clair, du côté de formations politiques tout à fait nouvelles, liées au mouvement de masse contre la dette et l’austérité, à savoir Podemos en Espagne et Syriza en Grèce. Les premiers, au demeurant, refusent la distinction entre la gauche et la droite. Je la refuse aussi. Elle appartient au vieux monde de la politique parlementaire, qui doit être détruit.

La victoire tactique du gouvernement d’Alexis Tsípras est un encouragement pour toutes les propositions nouvelles dans le champ politique. Le système parlementaire et ses partis de gouvernement sont en crise endémique depuis des décennies, depuis les années 1980. Que Syriza remporte en Grèce des succès, même provisoires, fait partie en Europe de ce que j’ai appelé le réveil de l’histoire. Cela ne peut qu’aider Podemos, et tout ce qui viendra, ensuite et ailleurs, sur les ruines de la démocratie parlementaire classique.

Cependant, la situation en Grèce reste à mon avis très difficile et très fragile. C’est maintenant que commencent les vraies difficultés. Il se peut, au vu du succès tactique référendaire, qui les met quand même en position d’accusés historiques, qu’Angela Merkel, François Hollande et les autres fondés de pouvoir du capital européen modifient leurs exigences. Mais il faut agir sans trop les regarder. Le point crucial, désormais, est de savoir si le vote pour le non va se prolonger en puissant mouvement populaire, soutenant et/ou exerçant de vives pressions sur le gouvernement lui-même.

A cet égard, comment juger aujourd’hui le gouvernement d’Alexis Tsípras ? Il a décidé il y a cinq mois de commencer par la négociation. Il a voulu gagner du temps. Il a voulu pouvoir dire qu’il avait tout fait pour parvenir à un accord. J’aurais préféré qu’il commence autrement, par un appel immédiat à une mobilisation populaire massive et prolongée, engageant des millions de gens, sur le mot d’ordre central d’abolition complète de la dette. Et aussi par une lutte intense contre les spéculateurs, la corruption, les riches qui ne paient pas d’impôt, les armateurs et l’église. Mais je ne suis pas grec et je ne veux pas donner des leçons. Je ne sais pas si une action aussi centrée sur la mobilisation populaire, une action en quelque sorte plutôt dictatoriale, était possible. Pour le moment, après cinq mois de gouvernement d’Alexis Tsípras, il y a ce référendum victorieux et la situation reste complètement ouverte. C’est déjà beaucoup.

Je continue à penser que le coup idéologique le plus dur que nous puissions porter au système européen actuel est représenté par le mot d’ordre d’effacement total de la dette grecque, dette spéculative dont le peuple grec est parfaitement innocent. Objectivement, cet effacement est possible, beaucoup d’économistes, qui ne sont pas du tout des révolutionnaires, pensent qu’il faut que l’Europe annule la dette grecque. Mais la politique est subjective, en quoi elle est différente de l’économie pure. Les gouvernements veulent absolument empêcher une victoire de Syriza sur ce point. Après cette victoire, il y aurait Podemos, après peut-être d’autres actions populaires vigoureuses dans de grands pays européens. Aussi, les gouvernements, poussés par les lobbys financiers, veulent punir Syriza et le peuple grec, plutôt que de régler le problème de la dette. Pour punir ceux qui veulent cette punition, le défaut de paiement reste la meilleure procédure, quels qu’en soient les risques. L’Argentine l’a pratiqué il y a quelques années, elle n’en est pas morte, loin de là.

On agite partout, à propos de la Grèce, la question d’une sortie de l’Europe. Mais en vérité, ce sont les réactionnaires européens qui brandissent cette question. Ce sont eux qui font du Grexit une menace imminente. Ils veulent ainsi effrayer les gens. La ligne juste, qui est jusqu’à présent celle de Syriza comme celle de Podemos, est de dire que « nous restons dans l’Europe. Nous voulons seulement, comme c’est notre droit, changer les règles de cette Europe. Nous voulons qu’elle cesse d’être une courroie de transmission entre le capitalisme libéral mondialisé et l’entretien de la souffrance des peuples. Nous voulons une Europe réellement libre et populaire ». C’est aux réactionnaires de dire ce qu’ils pensent là-dessus. S’ils veulent chasser la Grèce, qu’ils essaient. Sur ce point, la balle est dans leur camp.

A l’arrière-plan, on sent des peurs géo politiques. Et si la Grèce se tournait vers d’autres que vers les pères et mères fouettards européens ? Alors, je dirai ceci, tous les gouvernements européens ont une politique extérieure indépendante. Ils cultivent des amitiés tout à fait cyniques, comme François Hollande pour l’Arabie Saoudite. Contre les pressions auxquelles elle est soumise, la Grèce peut et doit avoir une politique tout aussi libre. Puisque les réactionnaires européens veulent punir le peuple grec, celui-ci a le droit de chercher des appuis extérieurs pour diminuer ou empêcher les effets de cette punition. La Grèce peut et doit se tourner vers la Russie, vers les pays des Balkans, vers la Chine, vers le Brésil, et même vers l’ancien ennemi historique, la Turquie.

Mais quels que puissent être ces recours, la situation en Grèce sera tranchée par les grecs eux-mêmes. Le principe du primat des causes internes s’applique à cette situation. Or, les risques sont d’autant plus considérables que Syriza n’est au pouvoir que formellement. Déjà, on le sait, on le sent, de vieilles forces politiques intriguent dans la coulisse. Outre que le pouvoir d’état, acquis dans des conditions régulières et non révolutionnaires, est très rapidement corrupteur, on peut évidemment poser des questions classiques, est-ce que Syriza contrôle complètement la police, l’armée, la justice et l’oligarchie économique et financière, certainement pas. L’ennemi intérieur existe encore et il est presque intact. Il reste puissant et il est soutenu dans l’ombre par les ennemis extérieurs, y compris la bureaucratie européenne et les gouvernements réactionnaires.

Le mouvement populaire et ses organisations de base doivent constamment surveiller les actes du gouvernement. Encore une fois, le non du référendum ne sera une vraie force que s’il est prolongé par de très fortes manifestations indépendantes.

Une aide internationale populaire, manifestante, médiatisée et incessante devra appuyer de toutes ses forces la possible levée grecque. Aujourd’hui, je rappelle que dix pour cent de la population mondiale possède quatre-vingt-six pour cent des richesses disponibles.

L’oligarchie capitaliste mondiale est très restreinte, très concentrée et très organisée. Face à elle, les peuples dispersés, sans unité politique, enfermés dans les frontières nationales, resteront faibles et presque impuissants. Tout aujourd’hui se joue au niveau mondial.

Transformer la cause grecque en une cause internationale à très forte valeur symbolique est une nécessité, donc un devoir.

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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 18:29

http://www.humanite.fr/pour-podemos-le-non-la-troika-est-un-oui-leurope-579168

Pour Podemos, le non à la troïka est un oui à l’Europe

Interview de Carlos Saura Leon par Alix Vinégla

Jeudi 9 Juillet 2015

Carlos Saura León, secrétaire général de Podemos à Palma de Majorque et député du parlement des îles Baléares, estime que le vote de la Grèce est une victoire de la démocratie et des valeurs humanistes.

Alix Vinégla. Que pensez-vous du non de la Grèce ?

Carlos Saura Leon. À Podemos, nous pensons que le non à la troïka est un oui à l’Europe. Parce que, aussi bien Syriza en Grèce que Podemos en Espagne, nous sommes pour l’Europe, mais à condition d'accueillir les meilleures valeurs européennes, les valeurs humanistes, les valeurs des droits sociaux et civiques qui ont été conquis au vingtième siècle et qui se perdent maintenant à cause d’une politique d’austérité qui tente d’humilier les pays du sud en faisant d’eux une colonie de l’Allemagne. Nous pensons que c’est un grand résultat pour le gouvernement de Syriza et qu’il entre dans les normes démocratiques. Ce qui est préoccupant, c’est que la troïka considère qu’il est plus dangereux de convoquer un référendum que de laisser les institutions supra nationales choisir le destin des pays « périphériques ».

Alix Vinégla. Que signifie ce vote pour le peuple ?

Carlos Saura Leon. L’autre jour, j’écoutais le ministre de l’éducation de l’Equateur, qui parlait du mouvement citoyen que son pays a vécu et qui a placé Rafael Correa à la présidence du pays, en disant que cela a été un triomphe du peuple. C’est ce qui est en train de se passer dans plusieurs pays, comme dans le sud de l’Europe, mais il ne faut pas non plus oublier le sort de l’Allemagne, il y a huit millions de personnes qui ont un emploi précaire et vingt-cinq pour cent d’allemands ont un bas salaire. La situation des citoyens européens n’est pas seulement précaire dans le sud. Je crois que ce vote montre qu’il y a une prise de conscience majeure, nous réalisons que les choses peuvent se faire d’une autre manière.

Alix Vinégla. En France, le vote a été qualifié de vote de classe. Qu’en pensez-vous ?

Carlos Saura Leon. Toutes les régions grecques ont voté non, mais c’est vrai qu'il y a eu soixante-dix pour cent de oui dans certains quartiers riches. Nous voyons très bien qui est d’accord avec la politique de la troïka, il y a une alliance entre la minorité sociale privilégiée du sud et celle du nord. À Podemos, nous pensons que les discours qui fonctionnaient au dix-neuvième et au vingtième siècle ne fonctionnent plus au vingt et unième siècle. Parce que quand nous parlons de classes sociales et que nous utilisons la terminologie marxiste, les gens ne s’identifient pas à ce discours. À Podemos, nous aspirons à expliquer les choses d’une autre manière, parce que nous comprenons que, quand nous parlons aux gens d’une manière claire, ils sont d’accord avec nous. Les gens sont d’accord avec le fait de récupérer leurs droits sociaux et avec le fait de récupérer la démocratie, ils ont conscience que la démocratie a été séquestrée par des entreprises multinationales et par des banques corrompues. En Espagne par exemple, les gens ont conscience que la corruption est la cause des coupes sociales, parce qu’il y a une coupure des droits sociaux et une spoliation de la production des richesses des minorités sociales.

Alix Vinégla. Ce vote peut-il alors changer le point de vue sur les institutions ?

Carlos Saura Leon. Normalement, les institutions instaurent une hégémonie culturelle qui justifie n’importe quelle décision des institutions, à tel point que certaines personnes qui se disent démocrates en Europe ne sont pas d’accord avec le fait de faire un référendum, alors qu’il n’y a rien de plus démocratique que le fait de demander au peuple s’il veut une chose ou une autre. Dès lors, Syriza, Podemos et d’autres forces politiques essaient de changer cette hégémonie culturelle. Il s’agit de changer le discours majoritaire et de faire en sorte que beaucoup plus de personnes soient d’accord avec nous, en leur expliquant les choses d’une manière différente. Après un changement dans la manière de penser des gens, il peut y avoir un changement politique et institutionnel. Parce qu’il ne s’agit pas seulement d’entrer dans les institutions, mais il faut avoir un pied dans les institutions, et mille dans la rue, comme le dit Teresa Rodríguez, qui est le leader de Podemos en Andalousie. S’il n’y a pas un grand nombre de gens dans la rue qui appuient nos décisions politiques, nous ne pouvons rien faire pour changer les choses.

Alix Vinégla. Mardi 7 Juillet 2015, lors de la réunion des ministres des finances de la zone euro, peu avant l’Euro-groupe, le ministre espagnol Luis De Guindos était un des rares à ne pas être en faveur d’un Grexit. Quelle est la place de l’Espagne dans la résolution du problème grec ?

Carlos Saura Leon. Le gouvernement espagnol essaie de monter qu’il y a un lien entre la situation de la Grèce et celle de l’Espagne. Mais si la Grèce triomphe, si elle parvient à imposer des conditions à la troïka, alors cela sera vu comme une victoire de Podemos, comme une victoire du « si, se puede », et cela montrera qu’on peut faire les choses d’une tout autre manière. Parce qu’il y a une minorité qui tire des bénéfices des institutions publiques et des institutions supra nationales, du Fonds Monétaire International (FMI) et de la Banque Centrale Européenne (BCE). D'une certaine manière, Luis De Guindos souhaite que la Grèce accepte les conditions de la troïka et que cela soit compris comme un échec de Podemos. Mais jusqu’ici, tout ce qu’a fait Syriza a été soutenu par son peuple. Son peuple sait qu’il a un gouvernement courageux. La classe politique qu’on a eue jusqu’à présent en Espagne a été une classe politique qui a accepté absolument tout ce qui a été dit par Angela Merkel, le FMI, la BCE et la commission européenne. Jamais Mariano Rajoy n’est allé négocier avec ces institutions, au contraire, il a accepté toutes les coupes sociales et les réformes demandées par les institutions européennes. Quand cela sera démontré, nous verrons que ce sont les principales causes qui ont conduit à une augmentation de la dette et à la perte de droits sociaux. Nous nous rendrons compte que ce sont des solutions totalement inefficaces, car la dette n’arrête pas d’augmenter, parce qu’il n’y a pas d’économie productive et dynamique qui permettrait que les gens consomment. On peut voir clairement à qui cette situation profite. Ceux qui en profitent, c’est le un pour cent d’espagnols qui détiennent soixante-dix pour cent des richesses du pays alors que la victime de cette inégalité est le peuple, par exemple aux îles Baléares, d’où je suis originaire, l’inégalité sociale a augmenté de vingt-deux pour cent de 2008 à 2012.

Alix Vinégla. Que pensez-vous de la manière dont est négociée la dette grecque ?

Carlos Saura Leon. Yanis Varoufakis dit que l’économie est une idéologie avec des formules et des équations. Qu’est-ce que cela démontre ? Que la troïka ne veut pas résoudre les problèmes des grecs, mais qu’elle veut humilier les grecs, pour démontrer que la doctrine politique de cette dernière est erronée. L’économie n’est pas une science exacte, mais une pensée idéologique qui se justifie avec des formules et des équations et qui correspond aux intérêts d’une minorité appliquant ce que dit la troïka. En plus, en novembre 2015, il y aura des élections générales en Espagne. La Grèce représente deux pour cent du Produit Intérieur Brut (PIB) de l’Europe et l’Espagne représente douze pour cent du PIB de l’Europe. Si, en Espagne, nous démontrons qu’il y a une autre manière de faire de la politique et que l’espace que la social-démocratie a laissé libre, parce que le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) n’est pas démocrate, mais totalement néo libéral, est utilisé pour montrer qu’on peut s’accroître économiquement tout en aspirant à une société plus égalitaire à l’inverse du néo libéralisme, l’Europe pourrait changer de paradigme.

Alix Vinégla. Quelles seraient alors vos propositions pour la Grèce ?

Carlos Saura Leon. Pour commencer, le FMI a déjà dit que la dette grecque, telle qu’elle est aujourd’hui, est impayable. Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie, affirme aussi que cette dette est impayable. Paul Krugman, un autre prix Nobel d’économie, dit que cette dette doit être restructurée, au risque de rester impayable. Ce que nous proposons à Podemos, c’est de faire un audit de la dette, c'est-à-dire une étude pour savoir pour quoi a été utilisé l’argent, quelle part de la dette est légale et quelle part est illégale. Ensuite, nous proposons une suppression partielle et une restructuration de la dette, simplement pour que le pays puisse l’assumer. Il y a peu de temps, en 1953, l’Europe, avec la Grèce, a effacé une partie de la dette de l’Allemagne et aujourd’hui, on voit le contraire, l’Allemagne ne veut pas « pardonner » sa dette à la Grèce. Enfin, nous proposons des mesures économiques pour qu’il y ait à nouveau de la croissance en Grèce, en s’appuyant sur le retour d’une consommation normale à l’intérieur du pays. Par exemple, dans le cas des îles Baléares, nous proposons un processus d’urgence citoyenne, pour tous les gens qui sont dans une situation limite et qui ne peuvent pas affronter le présent, ainsi qu’un plan de sauvetage énergétique, pour les gens qui n’ont pas de gaz, ni d’eau ni d’électricité, par exemple en hiver. Enfin nous proposons un revenu minimum progressif, l’équivalent du RSA français basé sur un impôt progressif, où les plus riches paient le plus. Aux îles Baléares, mille deux cent millions d’euros annuels sont pris par la corruption. Il faut utiliser cet argent. En Allemagne, le quotidien Bild peint les grecs comme des fainéants qui volent l’argent de l’Europe. C’est une représentation très dangereuse véhiculée par les médias. Nous aspirons au contraire à ce que tous les européens soient reconnus comme égaux, avec les mêmes droits. Luis De Guindos travaillait avec Lehman Brothers et Mario Draghi pour Goldman Sachs, finalement, ceux qui travaillaient dans les banques multinationales et qui commencèrent la crise sont ceux qui décident à présent du destin des européens. L’Europe aspire à d’autres solutions.

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8 juillet 2015 3 08 /07 /juillet /2015 20:17

Aïn Issa en Syrie repasse aux mains des peshmergas kurdes (Reuters)

Les miliciens kurdes des unités de protection du peuple (YPG) ont repris Mercredi 8 Juillet 2015 Aïn Issa, localité du nord de la Syrie proche de Rakka, dont les djihadistes de l'Etat Islamique s'étaient emparés Lundi 6 Juillet 2015, rapporte l'Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH).

La ville, que les peshmergas avaient déjà prise Mardi 23 Juin 2015 avec le soutien aérien de la coalition formée par les Etats Unis, est située sur un axe de communication majeur entre Alep, à l’ouest, et Mossoul, à l’est.

Elle se trouve à cinquante kilomètres au nord de Rakka, la « capitale » du califat proclamé par l’Etat Islamique.

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8 juillet 2015 3 08 /07 /juillet /2015 20:05

http://www.abc.es/catalunya/barcelona/20150613/abci-colau-realismo-ingenuos-201506132005.html

Ada Colau promet de gouverner avec réalisme

« Nous ne sommes pas naïfs »

Samedi 13 Juin 2015

La nouvelle maire de Barcelone demande qu’Artur Mas ne « déprécie » pas la ville

Dans son premier discours en tant que maire, Ada Colau a transmis un message mesuré, plus modéré que le programme avec lequel elle a remporté les élections, notant « qu'il y a eu un vote pour le changement, et le changement aura lieu, mais que c’était aussi un vote pour le dialogue, le pluralisme et les nuances. Et nous sommes ici pour obéir aux citoyens. Nous n’avons pas peur du pluralisme ». Dans cette ligne, et en relation avec les interventions des autres groupes, tous faisant appel à l'esprit de collaboration, la première maire de la ville de Barcelone a promis de « gouverner avec tous. Je veux être la maire des soixante-treize quartiers de Barcelone à égalité », a-t-elle noté.

Ada Colau a également fait allusion à son engagement social. « Je suis très fière de l'activisme social et je ne crois pas que l’activisme en faveur des minorités est un handicap ». Dans le passage de son discours le plus proche du discours des indignés, Ada Colau a noté que « nous pouvons conquérir des droits si nous y croyons. Il faut une nouvelle façon de gouverner, dont les gens sont les protagonistes. Voter tous les quatre ans ne suffit pas », a ajouté la maire, qui a réclamé, comme elle l’a fait il y a quelques jours, que les gens « poussent » de la rue pour faire la politique lorsque cela est nécessaire.

Dans un message à ses électeurs, Ada Colau a reconnu « que tout ne peut être fait en un jour, nous ne sommes pas naïfs, nous sommes confrontés à des pouvoirs de fait et à l’inertie ». Se référant à l'héritage reçu, Ada Colau a dit qu’elle ne fera pas table rase. « Ils ont fait des bonnes choses, mais aussi des mauvaises. Nous allons donner une continuité aux bonnes choses, mais nous ne répéterons pas les mauvaises. C’est bien que Barcelone soit une référence économique, mais d’une économie juste ». De même, à l'égard de processus de souveraineté, Ada Colau n'a pas dépassé ce qu’elle a déjà dit, elle a répété l'expression générale du « ferme attachement de la ville au droit de décider de son avenir et de parvenir à une souveraineté réelle ».

Xavier Trias promet une opposition « exigeante »

Pour sa part, le maire sortant Xavier Trias a promis une « opposition exigeante et positive », appelant à une collaboration avec Ada Colau si elle ne remet pas en cause ce qu’il a défini comme le « modèle de Barcelone » et d'être à côté de la nouvelle maire si elle met la ville en face du processus de souveraineté. « Barcelone doit être à côté de l'aspiration à la liberté des catalans », a dit Xavier Trias, qui a mis en valeur la santé financière de la mairie de Barcelone.

Carina Mejías, de Ciudadanos, a souligné un fait évident, « que pour la première fois une femme devient maire ». Le leader de Ciudadanos, qui est arrivé dans le conseil municipal avec cinq conseillers, a rejeté « toute politique qui vise à diviser la société et à soumettre la ville à des projets séparatistes ». Carina Mejias a promis « d’alerter contre les ruptures et le populisme social ». Le leader de Ciudadanos a rappelé que le viol des lois n’est pas une option, « si vous utilisez les ressources publiques pour lutter contre les injustices des lois que vous considérez comme injustes ».

Alfred Bosch, de l’ERC, le leader d’un groupe qui est la quatrième force d’une assemblée fragmentée, a exprimé son espoir que, avant la fin de son mandat, « Ada Colau soit la maire de la capitale de la république de Catalogne ». Après avoir voté en faveur de l'investiture d’Ada Colau, dans la perspective d’un accord plus large probablement dès l'automne, il a ajouté que « nous allons avancer vers une alliance sociale et nationale dans la transparence ».

Pour sa part, Jaume Collboni, du Parti Socialiste Catalan (PSC), a revendiqué l’héritage des gouvernements socialistes de Narcis Serra, Pasqual Maragall, Joan Clos et Jordi Hereu, avec une « main tendue à la majorité, mais aussi aux autres partis. La ville a besoin d’un changement, mais aussi de la collaboration entre les groupes politiques ».

Dans son discours, Alberto Fernandez, du Parti Populaire, a estimé que le gouvernement d’Ada Colau « est un retour au tripartisme mais qu’il est déséquilibré en faveur de l'extrême gauche et de l'indépendantisme ». Le chef de file du Parti Populaire a promis une opposition rigoureuse, mais aussi « un soutien pour des projets sensibles ». En revanche, il a appelé le nouveau maire de Barcelone à ne pas se joindre au projet d'indépendance, « nous ne voulons pas de Barcelone sur la route directe ou indirecte de la séparation ». Alberto Fernandez a résumé aussi ce que pour le groupe du Parti Populaire devrait être le prochain mandat, « respecter la loi et passer des fausses utopies aux vraies réalités ».

Maria Jose Lecha, de la CUP, donnant le ton d’un groupe qui se trouve à gauche de la plate-forme majoritaire, a commencé par demander la satisfaction des revendications des « centres sociaux occupés. Nous devons abandonner la marque Barcelone, nous devons soutenir les entreprises qui respectent les codes éthiques, comme les coopératives » a dit Maria Jose Lecha, qui a rappelé « l’engagement anticapitaliste » de la CUP. Enfin, elle a terminé par « vive la terre libre ».

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8 juillet 2015 3 08 /07 /juillet /2015 19:26

http://www.regards.fr/web/article/front-de-gauche-la-machine-a

La machine à perdre est-elle en marche ?

Par Guillaume Liégard

Mardi 30 Juin 2015

Nul ne sait si c’est un premier effet collatéral de la canicule annoncée, mais la température est bel et bien montée d’un cran au sein du Front De Gauche. Les raisons, ce sont les prochaines élections régionales de décembre 2015 et le choix des têtes de liste.

Normalement, tout devrait être simple. Contrairement aux élections municipales de 2014, la stratégie du Parti Communiste Français (PCF) devrait se traduire par une présentation autonome dans l’ensemble des régions. Pourtant, en cette fin de mois de juin 2015, l’état de non avancement des discussions présage mal de campagnes dynamiques et attractives.

En ce qui concerne la désignation des têtes de liste dans les différentes régions, une discussion qui ne saurait être uniquement régionale, on ne peut même pas dire que la discussion nationale achoppe sur de quelconques difficultés, elle n’a tout simplement pas commencé au sein de la coordination nationale du Front De Gauche.

Une annonce de candidature unilatérale

Engagé dans une interminable course de lenteur, le PCF se hâte doucement, focalisé sur ses enjeux internes et au risque de passer à côté de dynamiques locales. C’est le cas notamment dans la grande région qui regroupe désormais l’Auvergne et Rhône-Alpes, où la possibilité d’un accord avec Europe Ecologie Les Verts (EELV) se précise, mais sans un PCF aux abonnés absents. À se demander si la réforme territoriale n’aurait pas aiguisé en son sein des contradictions internes entre régions aux cultures politiques différentes. Mais c’est surtout de l’Ile de France qu’est venue la principale source de l’énervement. La raison est l’annonce unilatérale par Pierre Laurent de sa candidature en région parisienne.

Une annonce d’autant plus surprenante que le secrétaire national du PCF avait annoncé, il y a un peu plus d’un mois, qu’il ne serait pas candidat. Il avait notamment indiqué que « j’ai deux mandats actuellement, sénateur et conseiller régional, je vais me consacrer à mon mandat de sénateur ». Si l’on ajoute que le même est aussi président du Parti de la Gauche Européenne (PGE), cela fait effectivement beaucoup. Et il n’est pas sûr que son annonce qu’il abandonnera son mandat de sénateur, si jamais il est élu président de région, soit de nature à aplanir les difficultés devant ce retournement de position.

Dans son annonce, Pierre Laurent a indiqué, de plus, qu’il souhaitait « que la liste soit portée par un duo paritaire avec Clémentine Autain ». Une manière un peu grossière d’instrumentaliser la porte-parole d’Ensemble et d’évacuer le Parti de Gauche, qui vient de désigner Éric Coquerel comme son chef de file. Pour ce dernier, l’annonce du secrétaire national du PCF est « une mise en danger du rassemblement » et de poursuivre, « très franchement, j’espère qu’il va y avoir une réflexion, ce serait une régression terrible ».

Le débat n’a que trop tardé

La réunion du PCF du Samedi 27 Juin et du Dimanche 28 Juin 2015 s’est prononcée autour d’un curieux bulletin de vote.

Celui-ci indique notamment que « la conférence régionale d’Île-de-France propose que dans ce cadre Pierre Laurent soit le chef de file régional des communistes avec comme rôle d’être le porte-parole, le garant, et l’animateur de cette dynamique politique. Elle propose aussi qu’il co-anime la campagne avec Clémentine Autain ». Avant de se conclure par « les communistes laissent ouverte la question de la tête de liste pour donner la priorité à la construction du rassemblement le plus large possible ». S’il ne s’agit bien là que d’une proposition et si l’interrogation sur la tête de liste est de toute évidence un signal d’ouverture important, il n’en reste pas moins que l’utilisation du nom de la porte-parole d’Ensemble est plus que cavalier. Avant l’interview de Pierre Laurent au Parisien, il y a quelques jours, tant au sein d’Ensemble que parmi la direction du Parti de Gauche, il avait été indiqué que la proposition du PCF ne pouvait convenir.

Pour l’ancien socialiste Liêm Hoang-Ngoc, l’annonce de Pierre Laurent « est le signal d’une candidature PCF avec des satellites autour ». Au sein même de la direction du PCF, l’enthousiasme semble parfois extrêmement mesuré. Ainsi pour Marie-George Buffet, « c’est une candidature qui se dit ouverte. Elle n’a un sens que si elle permet de relancer le Front De Gauche ».

Gageons que l’interview du secrétaire national du PCF n’est pas le point d’arrivée de la discussion, mais le début d’un débat qui n’a que trop tardé. Pour Clémentine Autain, dans Libération, « nous devons trouver la voie de l’unité, et pas seulement de l’unité entre nous, composantes du Front De Gauche, même si c’est un premier pas indispensable. La force à construire désormais doit être bien plus large ». C’est effectivement tout l’enjeu.

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8 juillet 2015 3 08 /07 /juillet /2015 19:00

Athènes promet des réformes avec le soutien total de Paris (Reuters)

La Grèce a promis de présenter Jeudi 9 Juillet 2015 au plus tard des propositions de réforme de son économie pour obtenir une nouvelle aide de ses créanciers, avec le soutien de la France qui a promis de « tout faire » pour éviter un Grexit.

Le premier ministre grec Alexis Tsipras a plaidé Mercredi 8 Juillet 2015 sa cause devant les députés européens à Strasbourg, au lendemain du sommet de la zone euro qui a décidé de se donner jusqu'à Dimanche 12 Juillet 2015 pour conclure un accord avec la Grèce.

A quatre jours de l'échéance, Alexis Tsipras, fort de sa victoire au référendum par lequel les grecs ont dit non aux exigences formulées par ses partenaires de l’Union Européenne, s'est engagé à présenter Jeudi 9 Juillet 2015 les propositions de réformes qui lui sont demandées tout en restant vague sur leur contenu.

« Jeudi 9 Juillet 2015, nous allons soumettre des propositions concrètes pour un accord juste, des propositions de réforme fiables », a-t-il déclaré à l'issue d'un long débat qui a vu le clivage entre la droite et la gauche éclater parfois avec une grande virulence. « Nous demandons votre soutien pour changer la Grèce. Nous voulons trouver un compromis honorable pour éviter une rupture qui serait une rupture avec la tradition européenne, nous sommes tous conscients des enjeux et nous sommes prêts de notre côté à prendre nos responsabilités historiques ».

Il a également demandé un rééchelonnement de la dette grecque jugée insoutenable par le Fonds Monétaire International (FMI), a-t-il dit, non pour faire peser la charge sur les contribuables européens, mais pour trouver une solution qui sortira l'Europe de son impuissance à régler une crise de l'endettement « qui s'auto alimente ».

ATHÈNES PROMET DE REFORMER LES RETRAITES

Parallèlement, la Grèce a envoyé une lettre au Mécanisme Européen de Stabilité (MES) dans laquelle elle s'engage à réformer dès la semaine prochaine son système de retraites et sa fiscalité pour obtenir de ses partenaires européens un prêt de trois ans couvrant les remboursements de sa dette.

Dans cette missive rendue publique par le gouvernement, Athènes promet aussi d'honorer ses obligations financières.

« Nous avons confiance dans le fait que les états membres comprennent l'urgence de notre demande de prêt étant donné la fragilité de notre système bancaire, notre pénurie de liquidités disponibles, nos obligations à venir, notre accumulation d'arriérés sur le plan intérieur et notre volonté affichée d'apurer nos arriérés vis-à-vis du FMI et de la Banque de Grèce », écrit le ministère grec des finances.

Le président du MES, le ministre des finances néerlandais Jeroen Dijsselbloem, a demandé au FMI de l'aider à évaluer la soutenabilité de la dette grecque, une des conditions de l'octroi de ce prêt, et a demandé l'avis de la commission européenne et de la Banque Centrale Européenne (BCE).

A quatre jours de l'échéance, les enjeux sont très élevés, d'autant plus que la plupart des gouvernements européens sont exaspérés par la stratégie d'Alexis Tsipras qui a selon eux convoqué un référendum alors qu'un accord était proche.

« C'est vraiment la toute dernière chance pour la Grèce », a déclaré le président du conseil européen, Donald Tusk. « Faites-vous aider par vos amis ».

Sans accord politique avec la Grèce sur un programme de réformes d'ici Dimanche 12 Juillet 2015, la BCE cessera de soutenir les banques grecques et le chaos menace, a averti le gouverneur de la Banque de France.

UNE « MUSIQUE DIFFÉRENTE »

« L'économie grecque est au bord de la catastrophe, il faut absolument un accord Dimanche 12 Juillet 2015, c'est le dernier délai. Après cela sera trop tard », a déclaré sur Europe 1 Christian Noyer, membre du conseil des gouverneurs de la BCE.

« Je crains que s'il n'y a pas d'accord Dimanche 12 Juillet 2015 ce soit l'effondrement de l'économie grecque et le chaos », a-t-il ajouté. Pour lui, « il peut y avoir des émeutes ».

L'inquiétude gagne le reste du monde et l'administration de Barack Obama a prévenu les européens qu'un effondrement de la Grèce serait une grave erreur géo politique.

« Il y a beaucoup d'inconnues si cette affaire va jusqu'à un effondrement total en Grèce », a dit le secrétaire américain au trésor, Jack Lew. « Je pense que cette inconnue est un risque pour les européens et pour l'économie mondiale ».

Dans ce contexte, la France a mis tout son poids dans la balance en faisant clairement savoir pour la première fois qu'elle ne laisserait pas tomber la Grèce, dont elle a toujours été le parrain européen, à la fois pour son entrée dans l’Union Européenne et dans la zone euro.

« Nous voulons que la Grèce reste dans la zone euro et la France fera tout pour cela », a dit le premier ministre français Manuel Valls lors d'un débat à l’assemblée nationale française sur le dossier grec, ajoutant que cela pouvant mener à la « dislocation » de l'Europe.

Le gouvernement français insiste sur l'importance du contenu de la lettre accompagnant la demande d'aide envoyée au MES et le président du gouvernement espagnol Mariano Rajoy, dont le pays a subi une austérité féroce, est du même avis.

« La musique faite par le gouvernement grec est différente de celle entendue jusqu'à présent », a-t-il dit.

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7 juillet 2015 2 07 /07 /juillet /2015 20:25

http://www.alencontre.org/moyenorient/syrie/massacre-a-kobane.html

https://www.ensemble-fdg.org/content/massacre-kobane

Massacre à Kobanê

Par Emre Ongun

Mardi 30 Juin 2015

Entre les 25 et 27 juin 2015, Kobanê, ville symbole de la résistance kurde aux troupes de l’Etat Islamique a été le théâtre d’un terrible massacre. Les bandes de l’Etat Islamique y ont massacré plus de deux cent personnes avant d’être contraintes de se retirer par la population et les combattants kurdes et de la résistance syrienne du Volcan de l’Euphrate.

Malgré l’horreur, il faut pourtant situer cet acte dans le contexte de l’évolution de la situation en Syrie. En effet, les actes de l’Etat Islamique, quelle que soit leur infamie, ne sont jamais gratuits et suivent une logique politico-militaire. Il en est de même pour ce massacre dont le contexte était celui d’une suite de victoires des forces kurdes de la mouvance du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) contre l’Etat Islamique.

En effet, les troupes kurdes et des troupes arabes syriennes du Volcan de l’Euphrate opposées à Bachar al Assad et soutenues par les frappes aériennes des puissances occidentales, ont réalisé une percée importante vers Raqqa, la capitale de l’Etat Islamique, en s’emparant de la localité d’Aïn Issa, après avoir conquis la localité de Tal Abyad sur la frontière turque la semaine précédente.

Cette évolution pouvait donner la possibilité aux forces kurdes de bouter l’Etat Islamique du canton de Jarablus qui se trouve également à la frontière turque et sépare deux des trois cantons kurdes dont l’autonomie a été proclamée par le parti de l’union démocratique (PYD), parti frère du PKK dans le Kurdistan syrien.

L’évolution de la situation était donc défavorable à l’Etat Islamique qui risquait, de plus, de perdre le contact avec la poreuse frontière turque qui lui donne l’accès à un ensemble de ressources. Le massacre de Kobanê a dès lors une « fonction » pour l’Etat Islamique, il s’agissait de terroriser la population pour vider la ville afin de la reconquérir. Cela aurait permis à l’Etat Islamique d’avoir un territoire continu entre Jarablus et Kobanê à la frontière turque, de prendre le poste frontière avec la Turquie et surtout de stopper l’offensive contre Raqqa en coupant les bases arrière de l’offensive.

L’opération de l’Etat Islamique était bien organisée et a manifestement bénéficié de bonnes informations, l’attaque a été menée à un moment où peu de troupes kurdes étaient dans la ville et la manière dont l’ensemble des bandes de l’Etat Islamique ont pu rentrer dans Kobanê n’est pas complètement éclaircie. Néanmoins, les bandes de l’Etat Islamique ont échoué face à la détermination de la population locale et des combattants locaux.

Ainsi, cet acte de l’Etat Islamique résulte de ses défaites et s’est conclu par un nouveau revers. Les combats se concentrent actuellement dans la ville d’Hassaké d’où ont fui près de cent vingt mille personnes depuis l’entrée de l’Etat Islamique.

Juste après le massacre à Kobanê, le président de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan, après avoir dit refuser que son gouvernement soit assimilé à un soutien à l’Etat Islamique, a enchaîné en déclarant que « nous ne laisserons jamais se constituer un état, sous-entendu kurde, au nord de la Syrie, à notre frontière sud. Nous voulons que cela se sache. Nous continuerons notre combat en ce sens quel qu’en soit le prix ».

La menace n’est même pas voilée, Recep Tayyip Erdogan exprime là, à voix haute, la possibilité d’une attaque militaire d’envergure contre les troupes kurdes au-delà de la frontière syrienne, c’est-à-dire contre la principale résistance face à l’Etat Islamique. Pourtant, cela n’est pas si simple. Il est évident que le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan, qui a perdu une bonne partie de son crédit auprès des puissances impérialistes, n’a pas les coudées franches. Recep Tayyip Erdogan doit donc se contenter de sa grandiloquence de caïd de quartier.

Alors même que son régime est fragilisé, il n’a pu prendre aucune initiative significative et doit donc se contenter de laisser sa frontière poreuse.

La dynamique semble en tout cas du côté des forces kurdes alliées avec une fraction des groupes contre Bachar al Assad. L’existence même de cette alliance qui a été effective, notamment lors de la prise de Tal Abyad, présente un certain potentiel. Il est tout à fait possible que la dynamique actuelle se poursuive, indéniablement cela produira des réactions encore plus sanglantes de la part de l’Etat Islamique qui n’aura d’autre choix que de jouer de la peur produite comme instrument de combat.

Si les revers enregistrés par l’Etat Islamique sont de bonnes nouvelles, il faut se garder d’une « illusion militaire ». L’Etat Islamique bénéficie aussi d’un soutien populaire pour des populations confrontées à une armée du régime syrien vécue comme une armée d’occupation et ne pourra être définitivement vaincu que politiquement, c’est-à-dire en assurant aux arabes sunnites de la Syrie et de l’Irak une place politique à part et entière. Cela ne signifie pas moins qu’une refondation démocratique, incompatible avec les menées impérialistes occidentales dans la région. Outre le soutien aux combattants kurdes et leurs alliés arabes, c’est sur ce terrain que doit aussi se situer la solidarité internationaliste avec les peuples de la région.

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7 juillet 2015 2 07 /07 /juillet /2015 20:07

http://www.france-palestine.org/Ulcan-devient-enfin-une-affaire

http://www.politis.fr/Ulcan-devient-enfin-une-affaire,31643.html

Ulcan devient enfin une affaire

Par Denis Sieffert

Jeudi 25 Juin 2015

Les attaques du hacker d’extrême droite franco-israélien contre des médias, dont Politis, et des responsables associatifs inquiètent le gouvernement.

Le gouvernement est-il enfin en train de passer à l’action dans l’affaire Ulcan, ce hacker ultra-sioniste qui s’en prend à des journalistes et à des responsables associatifs ? Mardi 23 Juin 2015, Bernard Cazeneuve, ministre de l’intérieur, et Christiane Taubira, ministre de la justice, ont longuement reçu ses trois dernières cibles, Pierre Haski de www.rue89.com, Daniel Schneidermann d’Arrêt sur Images, et moi-même. La veille, Laurent Fabius, en visite en Israël, aurait évoqué l’affaire lors de sa rencontre avec Benyamin Netanyahou, puisque l’activiste franco-israélien réside à Ashdod, dans le sud du pays. Il en avait en tout cas manifesté l’intention Dimanche 21 Juin 2015 au Caire. Devant les trois journalistes, le ministre de l’intérieur et la garde des sceaux ont confirmé qu’une enquête préliminaire avait été ouverte par le parquet de Paris. Les ministres ont dit être pleinement conscients de la gravité des faits.

Par ailleurs, Bernard Cazeneuve s’est dit prêt à recevoir prochainement le co-président de l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP), Pierre Stambul, victime d’une descente particulièrement musclée du RAID à son domicile marseillais après un appel malveillant de Grégory Chelli, alias Ulcan. Il a également souligné que les services de police étaient eux aussi victimes du hacker lorsque celui-ci les mobilise pour de fausses pistes. Quant à Ulcan, il a précipitamment fermé son site et fait disparaître sa page facebook sur laquelle il narguait la police en détournant le logo du RAID. Ce français de trente-deux ans, présente un double visage. Les journalistes d’Arrêt sur Images qui sont allés voir de plus près sur son site Violvocal, déjà tout un programme, brossent le portrait d’un petit « chef » trônant au milieu d’une bande de jeunes gens portés « sur les drogues douces, l’insulte gratuite, et un humour allant du très douteux au carrément odieux ».

Un post-adolescent mal dégrossi « fasciné par les médias ». Mais il n’est pas que cela. Ses cibles ne sont pas choisies au hasard. Proche de la Ligue de Défense Juive (LDJ), il colle au plus près à la politique du gouvernement de Benyamin Netanyahou. L’été dernier, il harcelait des journalistes qui rendaient compte des bombardements sur Gaza. Ces derniers jours, c’est l’affaire du boycott qui le mobilise. Et il jouit d’une totale impunité. Il se permet même de donner des interviews sur la chaîne www.i24news.tv, de l’homme d’affaires franco-israélien Patrick Drahi. Et Lundi 22 Juin 2015, il était sur une chaîne de télévision israélienne, affirmant s’en prendre « aux néo-nazis et aux pro-palestiniens ». L’intervieweur s’est tout de même dit choqué par ce coup de téléphone adressé l’été dernier au père d’un journaliste de www.rue89.com pour lui annoncer la mort de son fils. Un « canular » meurtrier, puisque sa victime a succombé, peu de temps après, d’un infarctus.

Si le gouvernement français semble enfin avoir ajouté le dossier Ulcan au fond de la valise très diplomatique de Laurent Fabius, c’est que l’activiste, ou l’un de ses semblables, a multiplié les attaques au cours de la semaine dernière, contre Politis et l’UJFP notamment, mais aussi contre Jean Claude Lefort, ancien président de l’Association France-Palestine Solidarité (AFPS), rappel des faits.

Au cours de la nuit du 17 au 18 juin 2015, sans doute à la suite d’un éditorial qui a déplu, j’ai été harcelé par une série de coups de téléphone, avant de recevoir, vers deux heures du matin, la visite de la police. Détail troublant, certains de ces appels s’affichaient comme provenant de mon propre téléphone mobile, d’autres, du commissariat de Gap. Allez savoir pourquoi ! À peu près au même moment, les locaux de Politis étaient visités par les policiers assistés de pompiers qui brisaient une baie vitrée. Le lendemain matin, j’apprenais que Pierre Haski, fondateur du site www.rue89.com, avait connu le même sort, harcèlement téléphonique et intervention policière à son domicile, tout comme la nuit précédente Daniel Schneidermann, fondateur d’Arrêt sur Images.

S’il s’agissait d’un polar, l’intrigue en serait médiocre puisque tout le monde ou presque connaît le coupable. Ulcan s’est suffisamment vanté de ce genre d’exploits pour que les soupçons se tournent vers lui, même si, dans son interview à www.i24news.tv, il nie cette fois son implication directe, tout en approuvant l’opération. À peu de chose près, le scénario est toujours le même.

En ce qui me concerne, les policiers ont reçu un appel dont j’étais censé être l’auteur affirmant qu’un « individu armé et cagoulé » me retenait en otage à mon domicile. Et une heure plus tard, les policiers recevaient un autre appel les informant que je menaçais ma femme avec une carabine 22 Long Rifle dans les locaux de Politis. Ce qui a déclenché l’intervention au siège du journal.

Dans ces affaires à répétition, il y a toujours trois victimes, le journaliste harcelé, la police, bernée par un imposteur et détournée de ses missions, et aussi, et peut-être surtout, la liberté de la presse. Car le but de l’opération est assez clair, il s’agit évidemment de tentatives d’intimidation visant à faire taire la presse dans sa couverture du conflit israélo-palestinien. Et apparemment, cela marche.

Beaucoup de nos confrères ont choisi le silence ou l’anonymat d’articles non signés. A-t-on peur dans certaines rédactions d’être pris pour cibles du hacker ?

Ou bien, attend-on un signal des pouvoirs publics, ce qui n’est guère plus glorieux, mais tout aussi plausible ?

Car voilà un autre motif d’étonnement, alors que la liberté de la presse a été, à juste titre, exaltée après la tragédie de Charlie Hebdo, il n’y a pas eu cette fois une seule protestation publique. Gageons que si l’activiste était un musulman agissant depuis un pays arabe, et ses cibles, des médias connus pour leur soutien au gouvernement israélien, le premier ministre aurait immédiatement rendu visite aux victimes, flanqué du grand rabbin de France, du président du Conseil Représentatif des Institutions juives de France (CRIF) et du recteur de la mosquée de Paris. Nous n’en demandons pas tant. Un simple communiqué de condamnation aurait fait notre affaire. Si la contre-attaque juridique est bien en cours, le geste symbolique, c’est-à-dire politique, fait toujours défaut.

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7 juillet 2015 2 07 /07 /juillet /2015 17:48

http://www.liberation.fr/societe/2015/07/02/de-lunel-a-la-syrie-le-jihad-entre-amis_1342071

De Lunel à la Syrie, le djihad entre amis

Par Willy Le Devin, envoyé spécial de Libération à Lunel

Jeudi 2 Juillet 2015

Depuis la fin de l’année 2013, une vingtaine de jeunes de cette petite ville de l’Hérault sont partis en Irak et en Syrie. Pour la plupart, ils ont grandi ensemble et tentent de rester soudés malgré les épreuves.

Certains sont copains depuis le collège et le lycée. Ils ont connu ensuite les affres de la formation professionnelle, du chômage, des discriminations puis, disent-ils, une envolée de l’islamophobie. Ensemble, ils ont ingurgité des centaines de vidéos radicales glanées sur internet. Ensemble, ils ont sollicité des cours de religion auprès de prédicateurs radicaux.

Ensemble, ils sont partis faire le djihad en Irak et en Syrie. Là-bas, en pleine zone de guerre, à quatre mille kilomètres de chez eux, ces lunellois ont essayé de ne jamais se séparer. Pour survivre, mais surtout pour recréer une sociabilité et un quotidien familier au sein d’une internationale djihadiste pétrie d’une constellation de nationalités.

Fin des temps

Karim, Adil et Rabi ont été les premiers à quitter Lunel, ville du nord de l’Hérault, vingt-sept mille habitants. C’était à la fin de l’année 2013. Depuis, plus d’une vingtaine de jeunes du coin leur ont emboîté le pas. Sept sont déjà morts, dont Karim. Rapidement, la commune est devenue un objet de curiosité. La presse mondiale s’y est précipitée, intriguée par leurs départs.

C’est grâce à l’entregent de son ami Hamza, vingt-six ans, interpellé par le Raid le 27 janvier 2015 et mis en examen pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste », que Karim a pu franchir sans danger la frontière turco-syrienne. Entrer seul et sans contact en Syrie, c’était prendre le risque de finir en vulgaire chair à canon. Hamza habite à deux pas du commerce tenu à Lunel par Karim et son frère Saad. Les deux potes passent de longues heures à converser des bouleversements au Moyen-Orient, des signes annonciateurs de la fin des temps en islam, et des maux de la société française, « j’ai fait un BTS de comptabilité, et à l’issue de ce BTS, tous les français de souche ont trouvé du travail et les deux seuls arabes de la classe, nous n’avons pas trouvé de travail. En France, on marche un peu à la tête du client, quand c’est pour des boulots manuels, les arabes, il n’y a pas de problème », confie Hamza aux enquêteurs. Pour sortir Karim de l’ornière, Hamza active, depuis Lunel, le réseau de Johan Juncaj. Cet albanais est un proche de Mourad Farès, l’un des principaux recruteurs du djihad français, aujourd’hui incarcéré. Avant d’être formellement identifiés par les services de renseignement intérieur et extérieur, Mourad Farès et Johan Juncaj animaient des pages facebook faisant l’apologie de la guerre sainte. Ainsi, ils disposaient à eux deux d’importantes connexions parmi les combattants français. Hamza récupère le numéro d’un dénommé Ben Hamed qui permet à Karim d’intégrer sa première katiba. Baptisée Jaysh Mohamed, « Armée de Mahomet », elle combat l’armée de Bachar al-Assad, à Azaz, à soixante-quinze kilomètres au nord d’Alep, mais aussi l’Etat Islamique.

Fronts opposés

Cette entraide entre lunellois ne sera jamais démentie. A son tour, Karim fera le voyage jusqu’à la frontière avec la Turquie pour chaperonner les renforts héraultais. En janvier 2014, Houssem, vingt-trois ans, le petit frère de Hamza, fait le voyage jusqu’à Azaz avec sa femme Maëva. Le couple file à Nice avec un vétéran d’Afghanistan, Abdelillah, domicilié à Salon-de-Provence, dans les Bouches-du-Rhône. Là, ils louent un quatre fois quatre BMW, qu’ils prétendront avoir revendu trente mille dollars à leur arrivée en Syrie. Comme Karim, Houssem intègre alors la katiba Jaych Mohamed. Mais, rapidement, il préfère rejoindre l’Etat Islamique et gagne Raqqa, deux cent cinquante kilomètres plus à l’est, avec Maëva. Dans cette ville de deux cent mille habitants, épicentre syrien du « califat », les lunellois recomposent un semblant de vie à la française. Houssem et Maëva élèvent leur enfant, né sur place, et partagent leur appartement avec les autres héraultais. Le soir, ils regardent les matchs de la Ligue des Champions. « Quand il a le temps », Houssem envoie des photographies du bébé à son grand frère.

Resté à Lunel, Hamza se tient informé des alliances et des dissidences qui fourmillent dans la sphère djihadiste. Le 5 avril 2014, il téléphone à Karim pour l’informer que la katiba Jaych Mohamed va essuyer une offensive de l’Etat Islamique. Un assaut auquel Houssem pourrait prendre part. « Ils allaient être pris dans des fronts opposés », explique Hamza à la juge. « La pensée que des amis du même quartier se retrouvent dans des camps opposés me terrifiait. J’ai alors conseillé à Karim de prendre la route de Raqqa pour rejoindre la Daoula », le nom arabe de l’Etat Islamique. Au passage, il lui demande de récupérer les passeports d’Houssem, de Maëva et d’Abdelillah confisqués par l’émir de Jaych Mohamed, Abou Obeida.

Consécration

En août 2014, d’autres jeunes partent de Lunel, Sabri, dix-neuf ans, cadet d’Hamza et d’Houssem, s’envole à son tour pour la Syrie. Il prend un vol de Barcelone à Istanbul avec Raphaël, vingt-trois ans, un autre lunellois qui s’était converti à l’islam quelques années plus tôt. Entre-temps, Houssem a déménagé à Deir al Zor, sur les rives de l’Euphrate, un verrou important pour la conquête du nord de l’Irak. Abdelillah, dit « Abdel le légionnaire » en raison de son passé dans la légion en Afghanistan, y serait devenu émir. A Lunel, l’annonce de cette nomination a été vécue comme une consécration par la petite galaxie salafiste. Selon Hamza, « tous ceux de Lunel, y compris mes frères, étaient sous ses ordres jusqu’à ce qu’il soit blessé au mollet par un éclat d’obus ». Dans la katiba d’Abdelillah, les rôles sont bien définis. A la différence d’Houssem, identifié par la DGSE comme « actif en zone de combat », Sabri et Raphaël ne prennent pas les armes. Le premier distribue des tracts. Le second, grâce à ses études en informatique, s’occupe de la gestion du planning des combattants et ambitionne de rejoindre la branche française des médias de l’Etat Islamique. Le but est de traduire les vidéos de propagande du groupe djihadiste pour s’adresser à un public francophone.

A nouveau réunis, Sabri et Houssem appellent quasi quotidiennement Hamza sur Skype. Ils le somment de rassurer leur père et lui disent à quel point ils sont heureux. Depuis le décès de leur mère, au début des années 2000, les deux frères sont très proches. Parfois, Houssem fait des selfies en treillis militaire. Trois mois plus tard, le 17 octobre 2014, Houssem, Sabri et Raphaël meurent ensemble dans un bombardement de l’armée de Bachar al-Assad, alliée pour l’occasion avec le Hezbollah.

Quatre jours avant, Houssem avait prévenu Hamza que la situation militaire était explosive, « il m’a dit qu’à Deir al Zor, les troupes de Bachar al Assad avaient commis un massacre sur le territoire contrôlé par l’Etat Islamique. Il m’a aussi dit qu’ils organisaient une attaque pour se venger. Mais il a raccroché sans m’informer que Sabri et Raphaël allaient y participer ». Lorsqu’il apprend la nouvelle de leur mort, Hamza rentre d’un week-end avec ses beaux-parents dans la région de Toulouse. Aux enquêteurs, il affirme simplement « avoir été surpris ».

Sauver sa peau

Aujourd’hui, il resterait une quinzaine de jeunes originaires de la région de Lunel en Irak et en Syrie. Certains sont rentrés en France en catimini. C’est le cas d’Adil et d’Ali interpellés par le RAID le 27 janvier 2015. La DGSE les a également identifiés comme « actifs en zone de combat » et leurs profils sont jugés sérieux. Aux policiers, Adil a affirmé être possédé et voir le diable. Restée en Syrie, Maëva élève l’enfant qu’elle a eu avec Houssem. Des rumeurs la disent déjà remariée. Abdel le légionnaire fait, lui, l’objet d’un mandat d’arrêt international.

Quant à Hamza, il est emprisonné à Osny, dans le Val d’Oise. Les enquêteurs ont intercepté un de ses textos du 22 septembre 2014 dans lequel il relayait un communiqué de l’Etat Islamique appelant à frapper les « sales et méchants français ». Désormais, il est désigné par les autres lunellois comme « le recruteur et le logisticien » de la bande. En garde à vue, la solidarité a volé en éclat. Chacun cherche désormais à sauver sa peau.

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