Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
27 octobre 2015 2 27 /10 /octobre /2015 21:01

http://www.clubpolitiquebastille.org/spip.php?article144

Discussion sur la crise du POI

Mardi 27 Octobre 2015

Par Charles Jérémie

La discussion qui se développe est très intéressante. La dégénérescence de l’Organisation Communiste Internationaliste (OCI) renvoie à l’histoire et aux orientations de toutes les organisations qui se sont réclamées et qui se réclament encore du trotskysme. Et, au-delà, le processus de décomposition s’inscrit dans une dislocation plus générale du mouvement ouvrier.

À propos de l’entrisme, je crois que certains camarades confondent l’entrisme et le travail de fraction.

Vous trouverez ci dessous mon témoignage.

Quelques mois après le congrès de fondation du nouveau Parti Socialiste à Epinay sur Seine en 1971, Robert Pontillon m’informe que François Mitterrand voudrait voir le secrétaire national de l’Alliance des Jeunes pour le Socailisme (AJS). J’hésite. J’en parle à Pierre Lambert qui me donne l’ordre d’y aller estimant inutile d’en parler au bureau politique à ce stade. À l’époque, nos rapports sont excellents. Nous nous parlons tous les jours.

Je me retrouve chez Lipp avec le premier secrétaire du Parti Socialiste, toutes canines dehors. Il ne s’est pas encore fait arranger sa dentition. Quand il sourit, il me fait penser à Bourvil. Bref, il me félicite pour les progrès de l’AJS, le rassemblement du premier février 1970 l’a visiblement impressionné. Rappelons nous, à l’époque, le Parti Socialiste, organisationnellement, c’est peu de chose. Et puis à un moment, il m’explique que, contre « les staliniens à l’extérieur et les petits bourgeois à l’intérieur », c’est-à-dire le Centre d'Etudes, de Recherches et d'Education Socialiste (CERES), il n’aurait rien contre si une partie des militants de l’AJS entrait au Parti Socialiste publiquement, « drapeau déployé », créant une tendance.

J’enregistre. Je lui dit que cet état de chose ne pourrait durer longtemps. Il est d’accord avec moi. Quand les divergences seraient trop fortes, dit-il, vous partirez. J’ajoute, ou vous nous exclurez. En riant, il acquiesce. Je promets une réponse rapide. Je ne suis ni pour ni contre, je trouve cela intéressant.

Je fais un compte rendu au bureau politique de l’OCI. L’affaire prend cinq minutes. Tous ceux qui interviennent jugent inutile de reprendre la stratégie suggérée par Léon Trotsky à la veille du Front Populaire, entrer pour sortir plus fort ayant gagné des ouvriers socialistes. Pierre Lambert conclut la discussion, pas de travail de tendances, idem au bureau national de l’AJS.

Évidemment j’applique et transmet via Robert Pontillon déçu, la réponse. Quelques mois plus tard, il y a un congrès de l’OCI. À l’ordre du jour, le passage du « groupe à l’organisation ». Pierre Lambert n’a rien préparé et il faut vérifier mais, dans mon souvenir, les textes prévus n’existent pas.

Pierre Lambert fait le rapport et brusquement, brutalement, il attaque le camarade Charles qui était « prêt à céder à la bourgeoisie en acceptant la proposition de François Mitterrand ». Je suis scié.

J’avais cédé à la pression de la sociale démocratie. Évidemment, des dizaines de délégués, je n’exagère pas, montent à la tribune pour expliquer que j’ai bien sûr tort, que l’époque n’est plus à l’entrisme et que nous pouvons construire le parti révolutionnaire sinon directement du moins grâce à la politique de la ligue. J’ai beau protester, ma « déviation » ne fait aucun doute.

Je suis en rage et je déclare que je ne suis pas candidat au comité central. Hélas, Pierre Lambert propose une liste fermée, donc je suis élu.

À la fin du congrès, il y a une réunion du comité central. Pierre Lambert prend la parle en disant que la discussion a été rude. La position de Charles a été combattue. C’est réglé. Nous sommes des révolutionnaires. Il n’y a plus de divergences, en avant toute. Et puis brusquement il dit que Charles voulait faire un travail de tendance. Ce n’est pas à l’ordre du jour, par contre il faut faire un travail de fraction. Les masses repasseront pas les organisations traditionnelles, donc par le Parti Socialiste. Nous allons faire entrer quelques dizaines de militants au Parti Socialiste. Ils rejoindront les tendances les plus intéressantes sur le terrain, deviendront des cadres, refusant tout mandat électif, s’occupant du parti et le jour de l’affrontement entre les masses et le gouvernement de Front Populaire, ils créeront une tendance qui rompra et convergera vers nous. Ce sera l’application de la stratégie de la Ligue Ouvrière Révolutionnaire.

Le comité central est stupéfait. J’éclate de rire, jaune. Pierre Lambert demande qui est le plus compétent pour mener à bien ce travail ? C'est Charles bien sûr. Il vient de la sociale démocratie et son savoir-faire le désigne. J’ai donc dirigé ce travail jusqu’en 1978. Il s’agissait effectivement d’un travail d’implantation secret, une fraction, rien à voir avec l’entrisme. Et ce travail a porté ses fruits.

Lionel Jospin est entré sur cette ligne dans le Parti Socialiste. Il avait le talent et le profil pour grimper, vite, dans l’appareil. François Mitterrand avait besoin d’un dirigeant pour résister au Parti Communiste Français (PCF). Cela tombait bien. Il n’y a jamais eu d’accord entre Pierre Lambert et François Mitterrand. Tout cela, c’est du baratin. Cette orientation a changé du tout au tout en mai 1981. La « ligne » était claire et limpide. Un militant pouvait accéder aux responsabilités exceptées celles qui l’obligent à appliquer la politique d’un gouvernement de Front Populaire. En acceptant la proposition de François Mitterrand de lui succéder, Lionel Jospin a radicalement rompu avec cette orientation. Mais ce n’est pas lui qui a décidé. Un bureau politique extraordinaire s’est tenu. Lionel Jospin était présent. À l’initiative de Pierre Lambert, le bureau politique a voté à l’unanimité que Lionel Jospin devait accepter d’être premier secrétaire du Parti Socialiste. C'était une trahison totale. Évidemment, Stéphane Just a voté pour. Le travail de fraction devenait une activité d’espionnage politique.

Maintenant, je ferais une remarque sur le rôle de Pierre Lambert dans la dégénérescence de l’OCI. Elle est bien sûr majeure. Mais cela ne s’est pas fait sur un jour mais sur plus de vingt ans, petit pas par petit pas. Et Pierre Lambert politiquement n’avait pas que des défauts. Au contraire, il savait saisir le fil, exploiter les failles, agir dans le moment et manœuvrer. Et surtout véritable Janus capable d’être ultra orthodoxe et ultra opportuniste en même temps, Pierre Lambert, c’était le Guy Mollet du trotskysme.

À tort ou à raison, j’ai toujours été ami avec Stéphane Just. Quand il est mort, j’ai écrit un article dans Carré Rouge pour rendre hommage au militant. De nombreux camarades ont trouvé cet article malvenu. Je n’ai rien à y retirer, chacun son opinion. Je lui ai rendu hommage, mais je n’ai jamais oublié le rôle qu’il a joué aux côtés de Pierre Lambert. Pour faire court, disons que Stéphane Just était le bras armé de Pierre Lambert, plus que son second. L’histoire d’un Stéphane Just irréprochable dirigeant luttant contre l’opportunisme de Pierre Lambert est une fable.

Car la dégénérescence de l’OCI connaît un épisode quasi-historique que nombre de militants ont oublié ou pas connu, le 10 mai 1968.

Lorsque le cortège de la Fédération des Etudiants Révolutionnaires (FER) sortant d’un meeting arrive au carrefour Odéon Saint Michel, les affrontements entre les milliers d’étudiants et la police sont déjà engagés. C’est l’affrontement de la jeunesse contre l'état bourgeois. La FER est respectée dans le milieu. Nous avons jusque là joué un rôle majeur. Sur le terrain en participant à toutes les mobilisations étudiantes et toujours en mettant en avant la solidarité, le lien nécessaire entre les étudiants et la classe ouvrière. Et notre influence sur cette ligne et très importante, les dirigeants et les militants de la FER sont reconnus, appréciés.

Claude Chisserey est le plus talentueux d’entre tous. Avec Christian de Bresson, Georges Sarda, Jean Puyade, Didier, Nicole, Martin, Joëlle, les frères Serfati et beaucoup d’autres, il est à l’origine de la FER. Ce n’est pas rien. Notre influence dans l’Union Nationale des Etudiants de France (UNEF) est considérable comparé à nos forces militantes.

Stéphane Just ce soir décide que nous n’avons rien à faire au Quartier Latin. Notre mot d’ordre, « cinq cent mille travailleurs quartier latin », est aux antipodes de « l’affrontement gauchiste qui oppose quelques milliers d’étudiants aux forces de l’ordre ». Il faut partir et appeler les étudiants à dissoudre la manifestation.

Il y a quatre membres du bureau politique, Stéphane Just, François de Massot, Xavier et Claude Chisserey, moi je suis membre du comité central. Les trois membres du bureau politique s’alignent sur Stéphane Just. Claude Chisserey et moi, nous sommes contre. Évidemment nous appliquons. En fait, c’est Claude Chisserey avec son incroyable courage qui, fort de son autorité, appelle à quitter la manifestation. Il s’exprime avec d’autant plus de radicalité qu’il est contre cette politique, les petits bourgeois doivent cesser de faire du jardinage, il fait allusion au dépavage, et combattre pour la grève générale.

Le lendemain matin, il y a une réunion de la direction. Il y a des centaines de blessés. Stéphane Just est effondré mais maintient la ligne. Nous avons eu raison. Pierre Lambert était resté au congrès de sa fédération Force Ouvrière durant trois jours.

Ce jour, cet épisode, est une catastrophe politique qui va nous couper de dizaines et de centaines de milliers d’étudiants et jeunes travailleurs. Et cette défaite pèsera lourd, pendant des années.

Elle nous a marginalisé, coupé des luttes culturelles, du féminisme et de la lutte contre l’homophobie. Claude Chisserey ne s’en remettra jamais. Ajoutons que c’est à ce moment que notre politique s’est « militarisée ». Nous combattions les staliniens qui nous agressaient. Nous avions raison mais nous avons étendu ce comportement contre l’extrême gauche dans son ensemble. C'était une folie. Puis l’OCI a utilisé la violence contre les militants quand ils étaient en désaccord.

Tout le monde peut commettre une erreur. Il faut ensuite en discuter et redresser.

Pierre Lambert, au nom de « l’unité de l’organisation », refusera d’ouvrir la discussion sur le 10 mai 1968. Le congrès se tiendra en septembre analysant 1968 comme « un bloc » pour reprendre la formule de Georges Clémenceau sur la révolution française. On centrera le débat sur la question gouvernementale mais il n'y aura pas un mot sur le 10 mai 1968. La discussion n’aura jamais lieu.

Pierre Lambert sauve Stéphane Just qui jamais n’évoquera cet épisode lourd de conséquence dans ses écrits. Les héritiers de Stéphane Just, notamment les camarades qui pratiquent une sorte de culte de la personnalité, devraient y réfléchir.

À partir de ce moment, la discussion des désaccords ne se mènera que dans un cadre limité, la direction, jamais au-delà. Et les divergences resteront au niveau du bureau politique, voire du comité central. Les militants n’en sauront jamais rien. Stéphane Just sauvera Pierre Lambert à chaque fois que nécessaire. C’est Tartemuche et Tartemolle. La fable selon laquelle Stéphane Just a toujours veillé à contrer Pierre Lambert dans ses tendances opportunistes est largement surestimée. Stéphane Just a repris contact avec moi dès 1980. Il était démoralisé. Nous nous sommes vus et revus jusqu’à sa mort. J’ai toujours dit à Stéphane Just ce que j’écris ici. Il était gêné, mais il ne protestait pas. Au contraire, il m’expliquait qu’il avait probablement eu tort de ne pas aller jusqu’au bout dans l’affrontement avec Pierre Lambert.

Cela dit, je ne crois pas que l’origine de la dégénérescence puisse être seulement expliqué par le rôle de Pierre Lambert ou du duo entre Pierre Lambert et Stéphane Just. C’est plus compliqué et plus profond. D’abord, c’est une question internationale. Gerry Healy, Juan Posadas, Nahuel Moreno, Guillermo Lora et James Cannon, le mouvement trotskyste s’est construit comme une addition de sections nationales, pas comme des sections d’un parti mondial de la révolution en construction et en discussion, non, comme des organisations « nationales trotskystes ». L'internationale était simplement un plus. Chacun veillant à rester maître chez lui. Et ces organisations bâties sur le principe du centralisme démocratique avaient des chefs inamovibles qui incarnaient cette politique nationale. C’est moins vrai pour le courant « pabliste » car, avec la même méthode, il avait un fonctionnement réellement démocratique et menait une discussion publique internationale et nationale.

C’est notamment à ces problèmes qu’il faut réfléchir. Le socialisme, la révolution, le parti révolutionnaire, que signifient aujourd’hui ces objectifs et ces formulations ? Bien sûr, il faut faire la clarté sur le passé, mais c’est à mon avis sur les problèmes de fond de la construction d’un éventuel parti révolutionnaire évidemment non léniniste qu’il faut réfléchir. En discutant sans anathème ni attaque ad hominem. Ce sont autant d’obstacles à une véritable discussion démocratique. Car, à mes yeux, la démocratie, pour les militants comme pour les salariés et les citoyens est le concentré d’une alternative déterminante au système capitaliste.

Cette discussion vaut si nous voulons essayer de transmettre quelques chose à d’éventuels jeunes militants. Voilà pourquoi à mon avis, par exemple, les deux groupes issus de l’explosion du groupe de Stéphane Just, comme les camarades de la Commune devraient prendre leur place dans ce débat sans violence verbale, ni stigmatisation.

La crise du Parti Ouvrier Indépendant (POI) concerne au premier chef ses militants. Mais je crains qu’il n’en sorte pas grand chose. La plupart des militants, après les exclusions et la syndicalisation trade unioniste sont devenus des « lignards » prêts à tout justifier. Après plusieurs dizaines d’années de ce régime, c'est difficile de changer. Par contre, cette crise, après les autres, déblaye le terrain. C’est un échec qui marque la fin d’une époque et d'un cycle historique. Je souhaite la disparition de tous les groupes au profit d’un rassemblement, c'est un souhait probablement utopique.

« Notre héritage n’est précédé d’aucun testament », écrit René Char à la Libération, après les années passées dans la Résistance. Je paraphrase le poète, notre héritage n’est plus précédé d’aucun testament.

Léon Trotsky incarnait la continuité avec la révolution d'octobre victorieuse et la lutte contre le « socialisme dans un seul pays » et contre le stalinisme. Il avait rédigé un testament, le programme de transition, et fondé la quatrième internationale. La victoire du stalinisme qui in fine a conduit à la destruction de l'union soviétique et à la réintroduction du capitalisme, mais également l’échec historique de la quatrième internationale, ont brisé le fil de la continuité.

Ces lignes me vaudront d’être voué aux gémonies. Peu me chaut. Le fil qui nous liait à la révolution d'octobre et au bolchevisme a été rompu. C’était il y a un siècle. Il faut tout recommencer. Ce n’est pas une mince affaire.

En cela, la crise de l’OCI rejoint celle de toutes les organisations du mouvement ouvrier.

J’ajouterai, dans un autre domaine au moins aussi essentiel que celui qui est évoqué, que le texte « Écologie Sociale » du camarade Patrick Farbiaz est à bien des égards remarquable.

Quand nous avons créé le Club Politique Bastille, Michel Lanson notamment avait insisté pour que jamais il ne devienne le lieu d’une quelconque lutte de pouvoir. Il avait totalement raison. Et c’est le cas. Voilà pourquoi c’est devenu un véritable lieu de rencontre et d’échange.

Continuons ce débat modeste mais ambitieux.

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
27 octobre 2015 2 27 /10 /octobre /2015 20:09

http://www.clubpolitiquebastille.org/spip.php?article143

Annulation de la réunion relative à la Grèce

La réunion-débat du Club Politique Bastille du Samedi 31 Octobre 2015 relative à la question de la Grèce avec Stathis Kouvelakis est annulée.

Stathis Kouvelakis vient de nous en informer par le message ci-après, « il me faut malheureusement annuler ma participation à votre réunion de samedi prochain. La réunion fondatrice de la section parisienne d’Unité Populaire a finalement lieu au même moment, ce sont désormais des doodles, sorte de vote électronique sur divers jours et créneaux horaires, qui décident et il m’est impossible de ne pas être présent. Je suis vraiment désolé de ce contretemps fâcheux et j’espère qu’il y aura une autre occasion de se retrouver et de discuter ».

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
26 octobre 2015 1 26 /10 /octobre /2015 21:09

http://paris.demosphere.eu/rv/42579

Jeudi 29 Octobre 2015 à 19 heures

Bar Restaurant Le Lieu Dit

6 Rue Sorbier 75 020 Paris

Métro Ménilmontant ou Gambetta

Rencontre avec Stathis Kouvelakis et Frédéric Lordon

Après la défaite de Syriza, que faire ?

Troisième séance du séminaire « penser la politique aujourd'hui »

Fondation Gabriel Péri

Théorie, pratique et transformation sociale

Autour de la parution de l'ouvrage de Stathis Kouvélakis, « La Grèce, Syriza et l'Europe néo libérale, entretiens avec Alexis Cukier », aux éditions de La Dispute, octobre 2015

Débat animé par Alexis Cukier

Comment comprendre les récents évènements en Grèce, la victoire de Syriza lors des élections du 25 janvier 2015, les « négociations » européennes, la victoire du non au référendum, la capitulation du gouvernement d'Alexis Tsipras, le troisième mémorandum et le résultat des élections du 20 septembre 2015 ?

Qu'est-ce qu'a été Syriza et qu'est-il devenu ? Quel a été le rôle des mobilisations populaires en Grèce ces derniers mois ? D'où vient la crise politique aujourd'hui ?

Quelle stratégie alternative aurait pu être mise en œuvre ? Et surtout, quelle politique de gauche pourrait sortir les peuples européens de la cage de fer de l'Europe néo libérale et de l'austérité ?

Présentation de « La Grèce, Syriza et l'Europe néo libérale »

Ces entretiens racontent une histoire décisive pour l'avenir de l'Europe, elle commence avec la victoire de Syriza aux élections législatives grecques le 25 janvier 2015, passe par la victoire du non au référendum du 5 juillet 2015 et se clôt avec la signature du troisième mémorandum et la défaite du gouvernement d'Alexis Tsipras face aux diktats de l'Union Européenne et de la troïka.

Stathis Kouvélakis, membre du comité central de Syriza jusqu'à sa démission cet été, permet de saisir ces événements de l'intérieur et propose une analyse serrée de leurs enjeux politiques. Comment s'est construite la victoire de Syriza et comment expliquer son échec ? Quels intérêts servent l'Union Européenne, la troïka et l'euro ? Qu'est-ce qui s'est joué durant ces mois de négociations entre le gouvernement grec et les institutions européennes ? Pourquoi le non au référendum du 5 juillet 2015 a-t-il été annulé en moins d'une semaine ? Quelle stratégie alternative aurait pu être mise en œuvre ? Quelle politique de gauche, réaliste et internationaliste, pourrait sortir les peuples européens de la cage d'acier de l'Europe néo libérale et de l'austérité ?

« La Grèce, Syriza et l'Europe néo libérale » suit au plus près les événements, les espoirs, les déceptions et les rebondissements des premiers mois du gouvernement Syriza et aborde les problèmes et défis auxquels la gauche radicale et toutes les forces sociales et politiques progressistes sont aujourd'hui confrontées.

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
26 octobre 2015 1 26 /10 /octobre /2015 20:51

http://www.pressenza.com/fr/2015/10/jc-monedero-un-homme-libre-de-pensee-et-de-parole

Un homme libre de pensée et de parole

Par Martine Sicard

Dimanche 18 Octobre 2015

Chronique du passage en France de Juan Carlos Monedero

Dans le cadre du Festival du livre de Mouans Sartoux qui a eu lieu dans le sud de la France du Vendredi 2 Octobre au Dimanche 4 octobre 2015, Juan Carlos Monedero est intervenu dans deux débats, en plus de se prêter au rituel de la signature du seul livre en français sur Podemos, « Podemos, sûr que nous pouvons », publié par Indigène Editions.

Le festival du livre de Mouans Sartoux est comme le village gaulois d’Astérix, cette initiative locale qui existe depuis vingt huit ans, dans une région où une majorité de votants sont de droite et d’extrême droite, rassemble plus de deux cent soixante dix volontaires et constitue, pour toutes les personnes dotées d’une conscience sociale et politique, un point de rencontre culturelle de référence.

Considéré comme un des festivals les plus importants du sud de la France avec non moins de quatre cent auteurs invités et une moyenne de cinquante mille visiteurs, il inclut des tables rondes, des débats, des stands des maisons d’édition, un espace jeunesse et, cette année, des concerts. Présidé pour cette édition par le sociologue et philosophe Edgar Morin, l’organisation du festival avait invité, grâce à Jean-Pierre Barou et Sylvie Crossman, les éditeurs du livre « Podemos, sûr que nous pouvons », Juan Carlos Monedero, cofondateur de Podemos.

Unique représentant étranger à une table ronde sur « le rôle du citoyen en démocratie », à laquelle participaient le célèbre sociologue Alain Touraine et le fondateur de Mediapart Edwy Plenel, entre autres intervenants, Juan Carlos Monedero a placé la barre haut tant par sa clarté de conception et d’expression que par sa proximité avec les gens.

Dimanche 4 Octobre 2015, après un petit-déjeuner d’échanges avec Alain Touraine, qui essayait de le convaincre de la responsabilité qu’avait Podemos d’une réforme de la gauche, c’est un public avide de l’écouter et d’obtenir plus d’informations sur le panorama politique espagnol et ses alternatives, qui assista à l’entretien à propos de « Podemos, une nouvelle génération politique », et ce malgré les intempéries terribles de la veille qui bloquèrent l’accès par train et par route.

De ses interventions, comme lors de la signature du livre, des échanges informels et des moments partagés où nous avons eu le plaisir de l’accompagner comme interprète, nous voudrions faire remarquer quelques points.

Le moment historique

Pour Juan Carlos Monedero, tout se donne dans un cadre global de changement de civilisation « où le vieux monde n’en finit pas de mourir alors que le nouveau n’est pas encore né. C’est pourquoi les gens sont dans l’expectative, ils ne savent pas bien quoi faire, comme suspendus ». Son attention envers l’autre est frappante quand il prend le temps d’expliquer avec une affection sincère, à une jeune fille qui lui demande ce qu’elle pourrait faire pour aider à changer les choses, que « la première chose à faire est de se vider et de se nettoyer intérieurement afin que la réponse surgisse d’elle-même ».

L’action politique

Dans ces moments de déstructuration où les partis traditionnels se cassent la figure, il est très important d’occuper ces espaces sociaux et politiques qui se vident avec de nouvelles valeurs, des valeurs humanistes parce que, sinon, ceux qui vont les occuper, ce sont les nouvelles extrêmes droites. Dans le cas particulier de l’Espagne, il dit qu’une certaine démobilisation actuelle des jeunes est due à ce qu’ils attendent justement la réponse politique de Podemos.

Avec générosité, il met l’accent sur le fait qu’il vaut mieux être à l’arrière-garde qu’à l’avant-garde, « Il faut accompagner ceux qui vont plus lentement sans leur faire de reproches. C’est une chose de parler pour les militants du parti mais ce qu’il faut c’est que tous les gens comprennent ».

Les peuples ont besoin de relire leur histoire, qui a été écrite en général par les vainqueurs, il insiste sur le fait que sans mémoire historique, on ne peut avancer, « il faut construire un nouveau récit ».

Face à la question de collaborer et/ou d’appuyer d’autres hommes politiques « progressistes » en Europe, comme Jeremy Corbyn, Juan Carlos Monedero signale que « chaque pays possède sa spécificité et il faut laisser à chacun faire sa part, c’est clair qu’il est plus facile de dialoguer avec des gens comme cela ».

A propos de l’Europe, de la question catalane et des identités régionales

A propos de la Catalogne, il a expliqué la position de Podemos, en reconnaissant qu’ils n’avaient pas su la transmettre lors de la dernière campagne électorale, en premier lieu, respecter le droit des peuples à décider de leur avenir, même si eux-mêmes n’étaient pas en faveur de l’indépendance de la Catalogne, affirmant que « nous voulons construire une Espagne de laquelle personne ne veut partir ». Lorsqu’on l’interroge sur une possible Europe de régions et de nations, il fait remarquer que « cela consisterait à dessiner encore d’autres frontières. Il faut voir où mène cette tendance à affirmer une identité propre, dans une différenciation avec celles des autres. Ce n’est pas dans ce sens qu’il faut aller. Cela, c’est un recul dans le processus historique ».

Le hasard et les opportunités

Pour qu’un phénomène se produise, la conjonction de certains éléments, de certains facteurs concomitants est nécessaire « mais il y a toujours une part de hasard dans les événements. C’est pourquoi il est fondamental d’être préparés quand l’opportunité se présente. Nous devons nous rendre compte qu’il existe des choses plus grandes que nous, comme la vérité, par exemple ».

Dans ses conversations et ses interventions, Juan Carlos Monedero se réfère souvent à d’autres créateurs tels que dessinateurs, chanteurs et poètes, et de plus il utilise les contes comme métaphores. « Sans littérature, il n’y a pas de révolution », affirme-t-il. Peut-être est-ce pour cela qu’entre ses cours à l’université, ses voyages, ses interventions et ses actes publics, il trouve encore le temps de commencer à écrire un conte à quatre mains avec le poète Juan Carlos Mestre.

À ce public français qui attend et désespère que les choses bougent en soupirant à la fois d’envie et de nostalgie, « vivement que nous ayons un Podemos en France », Juan Carlos Monedero a su avec art laisser plus de questions que de réponses avec cette pirouette, « je venais avec un sac à dos plein de baguettes magiques, mais on me l’a volé à l’aéroport ».

Souhaitons donc que Podemos dans son ensemble sache, pour cette prochaine campagne électorale, lui laisser l’espace qui lui corresponde le mieux, parce que Juan Carlos Monedero continue d’ouvrir au détour d’une conversation, à chaque rencontre ou lors d’un moment de partage, des portes vers de nouveaux mondes possibles.

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
26 octobre 2015 1 26 /10 /octobre /2015 20:21

Accord entre l’Union Européenne et les Balkans pour gérer l’afflux des migrants (Reuters)

L'Union Européenne et les dirigeants des pays des Balkans se sont mis d'accord Dimanche 25 Octobre 2015 à l'issue d'un mini-sommet à Bruxelles sur un plan en dix sept points pour gérer l'afflux des réfugiés en Europe sans pour autant régler à court terme la crise migratoire.

La réunion convoquée à l'initiative du président de la commission européenne Jean-Claude Juncker, avec l'appui de la chancelière allemande Angela Merkel, a démarré sous de mauvais auspices avant de finalement aboutir au constat d'une nécessaire coordination.

Des responsables présents lors des discussions ont raconté comment les participants ont d'abord cherché à se « décharger » de la responsabilité de la crise sur leurs homologues présents.

« Les initiatives unilatérales peuvent provoquer des réactions en chaîne », affirme le communiqué final entérinant une situation de fait sur le terrain avec la fermeture de frontières terrestres ou l'acheminement par autocars de migrants non enregistrés jusqu'à la frontière d'un état voisin.

« Les pays concernés doivent donc se concerter. Les pays voisins doivent travailler ensemble le long de la route » empruntée par les migrants, ajoute le texte.

« Nous avons clairement indiqué que la politique consistant simplement à laisser passer les gens doit prendre fin », a déclaré le président de la commission européenne Jean-Claude Juncker.

Ce dernier a rappelé l'existence d'accords de coopération entre les états et déploré les mesures unilatérales prises par certains pays qui ont contribué à propager la crise migratoire à l'ensemble de la région plutôt qu'à la résoudre.

La chancelière allemande Angela Merkel qui avait insisté pour la tenue de ce sommet a déclaré que « l’Europe doit montrer qu'elle est un continent avec des valeurs, un continent de la solidarité. Il s'agit d'un bloc en construction et nous devons prendre de nombreuses mesures supplémentaires », a-t-elle ajouté.

Angela Merkel a également insisté sur la nécessité de poursuivre les négociations avec la Turquie, principale voie de transit pour les réfugiés syriens ou irakiens mais également pour un grand nombre de personnes venant d'Afghanistan ou du Pakistan perçus comme des migrants économiques.

Risque d’effondrement

Présent à la réunion, le premier ministre grec Alexis Tsipras s'est dit satisfait de l'issue des discussions pour son pays qui se trouve en première ligne et auquel il était reproché de ne pas procéder à l'enregistrement des arrivants comme le prévoient les règlements communautaires.

Parmi les mesures prévues, figure la création de cent mille places d'hébergement sur le parcours emprunté par les demandeurs d'asile entre la Grèce et l'Allemagne.

La moitié de cette capacité d'accueil, soit cinquante mille places, se trouvera sur le territoire de la Grèce et l'autre moitié dans les pays traversés par les migrants.

La Grèce s'est ainsi engagée à porter ses capacités d'accueil à trente mille places d'ici la fin de l'année tandis que le Haut Commissariat pour les Réfugiés (HCR) de l’Organisation des Nations Unies (ONU) va aider à la création de vingt mille places supplémentaires sur le sol grec.

Les dirigeants de onze pays de la région se sont également mis d'accord pour que l'agence européenne pour la coopération aux frontières extérieures de l'Union Européenne, l’agence Frontex, intervienne à la frontière entre la Grèce et la Macédoine afin que les migrants puissent être enregistrés.

Parmi les autres mesures, l'Union Européenne va fournir quatre cent policiers supplémentaires à la Slovénie afin de l'aider à gérer l'afflux de migrants qui ont commencé à passer par son territoire après la fermeture des frontières hongroises avec la Serbie et avec la Croatie.

Avant le début de la réunion, le premier ministre slovène Miro Cerar avait prévenu ses partenaires, « si nous ne menons pas une action concrète, je pense que l'Europe va s'effondrer ».

Cette réunion d'urgence coïncide avec la victoire des conservateurs eurosceptiques aux élections législatives en Pologne. Ce changement politique devrait rapprocher Varsovie des positions tenues par la Hongrie et par la Slovaquie dans l'opposition à une redistribution des migrants entre les différents pays d'Europe.

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
25 octobre 2015 7 25 /10 /octobre /2015 15:37

NI ONFRAY NI LE PEN

Par Bernard Fischer

Dimanche 25 Octobre 2015

Deux évènements médiatiques confirmaient récemment à deux jours d’intervalle la profonde crise des médias français.

Mardi 20 Octobre 2015, les médias annonçaient depuis des semaines l’organisation d’un grand débat à la Mutualité relatif à la question des intellectuels et du Front National. Ils annonçaient la participation de Michel Onfray et d’Alain Finkielkraut. Les organisateurs du débat ne décidaient pas son annulation, contrairement à la télévision française deux jours plus tard. Nous ne savons même pas si Michel Onfray et Alain Finkielkraut acceptaient un jour leur participation. Il y a une seule certitude, ils ne participaient pas au débat.

Deux jours plus tard, Jeudi 22 Octobre 2015, David Pujadas et la deuxième chaîne de télévision française organisaient la énième participation de Marine Le Pen à l’émission Des Paroles et Des Actes. Ils prévoyaient un débat entre la présidente du Front National Marine Le Pen, le président de l’Union des Démocrates et des Indépendants (UDI) Jean Christophe Lagarde et le porte parole du gouvernement Stéphane Le Foll.

Le président des Républicains Nicolas Sarkozy et le premier secrétaire du Parti Socialiste Jean Christophe Cambadélis envoyaient au Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) des lettres de protestation contre l’organisation de cette dernière campagne de publicité pour le Front National.

La direction de la deuxième chaîne de télévision française décidait la modification de l’organisation du débat et la participation de Xavier Bertrand, le candidat des Républicains aux élections régionales de décembre 2015 dans la région Nord Pas De Calais Picardie contre Marine Le Pen, et de Pierre de Saintigon, le candidat du Parti Socialiste dans la même région.

Finalement, Marine Le Pen annulait sa participation à l’émission et la direction de la deuxième chaîne de télévision française annulait purement et simplement l’émission.

Ce sont les deux dernières manifestations de la campagne de publicité permanente depuis plus de trente ans des médias français en faveur du Front National.

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
25 octobre 2015 7 25 /10 /octobre /2015 15:09

http://www.liberation.fr/debats/2015/10/21/a-la-mutualite-le-debat-n-a-pas-eu-lieu_1407842

A la Mutualité, le débat n’a pas eu lieu

Au grand désarroi de Laurent Joffrin, Michel Onfray ne s’est pas rendu Mardi 20 Octobre 2015 au rassemblement organisé en son soutien par l’hebdomadaire Marianne.

Des échanges souvent à sens unique dans une salle acquise aux soutiens du philosophe

Devant la maison de la Mutualité à Paris, haut lieu historique du militantisme de gauche, une quinzaine de jeunes gens bien vêtus vendent l’Action Française, bulletin du mouvement royaliste et nationaliste. Mardi 20 Octobre 2015, la salle accueille le meeting, organisé par l’hebdomadaire Marianne, en soutien au philosophe Michel Onfray, accusé notamment par Libération de faire le jeu du Front National. Mardi 20 Octobre 2015, le médiatique penseur n’a pas daigné se montrer. On attendait au moins Régis Debray, Alain Finkielkraut, Pascal Bruckner et Jean-Pierre Chevènement, niet. Malgré tout, la salle est presque comble. Sur la scène, une petite brochette, panel de journalistes, hommes politiques et intellectuels engagés, dont Jean-Paul Delevoye, président du Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE), Daniel Keller, grand maître du Grand Orient de France, et l’historien Alain-Gérard Slama, est présente pour répondre à la question « peut-on encore débattre en France ». Question derrière laquelle se trouvent les actuels thèmes polémiques, laïcité, intégration, islam, nation et ce que l’on a droit d’en dire ou pas. Le dispositif laisse perplexe, un seul micro pour débattre, permettant aux monologues de se succéder sans interruption. Donc, on ne s’engueule pas, on ne se coupe pas la parole, on rebondit poliment, avec parfois un peu de mordant, aux discours précédents.

L’éditorialiste Jean-François Kahn commence par s’attaquer à l’écrivain Edouard Louis et au philosophe Geoffroy de Lagasnerie, à l’initiative l’année dernière d’un boycott des rendez-vous de l’histoire de Blois du fait de la présence de Marcel Gauchet, « les excommunications, les anathèmes et les criminalisations ne peuvent que renforcer le sentiment faux de décrépitude et faire le jeu des extrêmes. Montrons qu’on peut encore débattre, c’est-à-dire s’entendre, s’accepter et s’écouter ».

Une stature intellectuelle trop grande pour nous

Sous les huées, Laurent Joffrin, le directeur de Libération, à l’origine de la polémique contre Michel Onfray, est venu prendre quelques claques et réaffirme son jugement sur le philosophe, « je soupçonne d’être ici le bien-pensant de service, mais cela ne me dérange pas. Si vous voulez me siffler, n’hésitez pas. Michel Onfray dit que le peuple français est abandonné par ses élites, c’est en partie vrai, mais au profit des étrangers, c’est faux. Cette idée, c’est le cœur de la propagande du Front National. Michel Onfray n’a répondu à aucun argument. Alors qui refuse le débat ? Je viens ici, où est-il ? Je ne le vois pas. Je devine qu’il a une stature intellectuelle trop grande pour nous qui sommes des nains de la pensée, je parle pour moi. Donc, nous allons débattre entre nains ».

Alarmé, le journaliste et historien Jacques Julliard appelle à un retour de la raison, « la règle du débat public en France, c’est le désir réciproque d’extermination. La France pratique la guérilla intellectuelle, la pire forme du débat possible ».

Pour le directeur de la rédaction du Figaro, Alexis Brézet, ce sont les techniques modernes de communication qui empoisonnent le débat public. Prenant à parti Laurent Joffrin sur Michel Onfray, il est chaleureusement acclamé, « étiez-vous obligé de parler du ressentiment de Michel Onfray, de sa méchanceté brutale, de dire que c’est un auxiliaire du lepénisme ? Je ne crois pas qu’on puisse dire cela. Refuser d’aborder tel ou tel thème, parce que cela fait le jeu du Front National, n’est pas une stratégie efficace, le Front National n’arrête pas de progresser ».

Avec sa « typologie des dispositifs d’étouffement du débat et des opacificateurs de la pensée critique », la très laïque philosophe Catherine Kintzler a fait exploser l’applaudimètre. Techniques de « l’évitement et de la percussion directe », une analogie avec le rugby qui lui vaut, malgré un propos parfois rance, les faveurs du public. « Aujourd’hui, je me demande si on peut encore être voltairien, cela pourrait dire être islamophobe. Dans ce cas-là, on peut dire que toute pensée critique relève d’une phobie et doit être soignée ».

Belle ovation aussi pour l’économiste Jacques Généreux qui harangue la foule, « je ne pense pas qu’il y ait un problème d’immigration dans ce pays, mais je conteste aussi le négationnisme disant qu’Eric Zemmour a tort quand il dit qu’il y a des quartiers entiers qui sont des quartiers de non-droit où ce sont les imams qui font la loi, c’est vrai. C’est un fait. Ce n’est pas un problème d’immigration. C’est le problème de la république qui ne fait pas son travail ».

La souveraineté de la nation

Plus de deux heures ont passé. Vient le tour de la journaliste Natacha Polony et de sa rengaine souverainiste, « depuis 2002, le mot souverainisme a surgi dans tous les éditos et pour certains, c’était cela le mal. C’est un mot que j’assume. Cela nous parle du peuple souverain, c’est l’essence même de la révolution française et de la république. C’est quelque chose de magistral d’expliquer que le peuple n’a plus quelqu’un au-dessus de lui qui décide de son destin, qu'il est son propre souverain. Et cela implique la souveraineté de la nation, la nation d’Ernest Renan et non celle de Maurice Barrès ».

Alors que la salle se vide, que les bras se lèvent pour demander la parole, Joseph Macé-Scaron ferme la séance. Des dizaines de personnes s’avancent à la tribune pour interpeller les intervenants et provoquer une discussion, un débat qui n’a pas eu lieu. Dehors, sur le trottoir, Jacques Généreux est accaparé par des militants d'Egalité et Réconciliation, l’association d’extrême droite d’Alain Soral. Si le débat avec la salle n’a pas eu lieu à l’intérieur, c’est sur le trottoir que la parole confisquée au public s'est déployée.

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
25 octobre 2015 7 25 /10 /octobre /2015 14:37

Prison pour deux cent quarante quatre manifestants turcs de la place Taksim en 2013 (Reuters)

La justice turque a condamné Vendredi 23 Octobre 2015 deux cent quarante quatre personnes à des peines allant de deux à quatorze mois de prison pour les manifestations de 2013 de la place Taksim qui avaient commencé par une protestation contre le réaménagement d'un parc à Istanbul pour dégénérer en violences, rapporte le quotidien Hurriyet.

Au total, deux cent cinquante cinq personnes avaient été inculpées au pénal pour dommages au domaine public et participation à des manifestations illégales. Des peines allant jusqu'à onze années de prison avaient été requises, indique le journal.

Les manifestations et leur répression par la police avaient attiré l'attention internationale et mis en lumière l'autoritarisme accru du pouvoir en Turquie.

Les peines prononcées Vendredi 23 Octobre 2015 vont de deux à quatorze mois de prison pour deux cent quarante quatre accusés, indique Hurriyet.

Quatre ont été acquittés et les autres ont vu leurs dossiers disjoints de l'affaire.

Quatre médecins ont été condamnés à dix mois de prison pour « pollution de mosquée » après avoir prodigué des soins à des manifestants à l'intérieur d'un bâtiment religieux à la suite de heurts avec la police, précise le quotidien.

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
25 octobre 2015 7 25 /10 /octobre /2015 14:26

http://www.clubpolitiquebastille.org/spip.php?article142

La Grèce, Syriza et l’Europe néo libérale

Réunion débat avec Stathis Kouvelakis

Samedi 31 Octobre 2015 à 14 heures 30

Librairie de l’EDMP

8 Impasse Crozatier 75 012 Paris RER Gare de Lyon

Où va la Grèce ?

Après que Syriza ait obtenu la majorité pour appliquer le mémorandum assassin, quelle est la situation en Grèce ?

Les militants anti austérité ont connu la défaite avec Unité Populaire.

Stathis Kouvelakis abordera toutes ces questions et toutes les autres.

Nous lui demanderons particulièrement où en sont les travailleurs et les jeunes et quelles formes d’organisation préconisent-ils

Faisons en sorte que cette réunion soit un succès en invitant nos amis, nos contacts et tous ceux avec qui nous discutons.

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
24 octobre 2015 6 24 /10 /octobre /2015 18:27

http://www.cadtm.org/Quand-Tsipras-fait-disparaitre

Quand Alexis Tsipras fait disparaître toute trace de ses contradicteurs

Par Yorgos Mitralias

Jeudi 22 Octobre 2015

Voici donc que le deuxième gouvernement d’Alexis Tsipras vient de résoudre deux de ses grands problèmes, celui de la dette publique et celui représenté par l’ancienne présidente du parlement grec, Zoe Konstantopoulou. Comment a-t-il fait pour réussir cet exploit ? Mais tout simplement, en effaçant pour toujours du site officiel du parlement grec tout ce qui pourrait rappeler Zoe Konstantopoulou et ses initiatives durant sa brève présidence, dont la Commission pour la Vérité de la Dette Publique.

Face à cet impressionnant bond en arrière du gouvernement grec, qui nous ramène aux heures de gloire du stalinisme triomphant des années 1930, mais aussi du maccarthisme le plus envahissant du début des années 1950, nous sommes en droit de nous demander si la dette publique grecque a pour autant disparu et si Zoe Konstantopoulou a accepté sa défaite et s’est décidée à ne plus dire la vérité et taire ses critiques au vitriol.

La réponse est non. L’astronomique dette publique grecque continue, imperturbable, sa marche en avant comme d’ailleurs Zoe Konstantopoulou, qui refuse de s’avouer vaincue. Alors, une question s’impose, vu que le nettoyage du site du parlement des présences indésirables manque manifestement d’efficacité, pourquoi le successeur de Zoe Konstantopoulou, et ses amis, ont procédé de cette manière ? Que cherchaient-ils en réalité ?

La seule réponse possible est qu’en agissant ainsi, tout ce beau monde cherchait à envoyer un message, ou plutôt un signal, aux célèbres « partenaires européens » avec qui les nouvelles autorités grecques venaient de conclure un accord, qui est en même temps l’unique programme du deuxième gouvernement d’Alexis Tsipras. Mais aussi à ceux d’en bas, grecs, pour qu’ils n’aient plus le moindre doute sur l’inéluctabilité de l’écrasement de toute résistance aux mémorandums et à leurs inspirateurs.

En somme, il s’agissait d’un acte hautement symbolique qui, ni plus ni moins, ambitionnait à effacer pour toujours de la mémoire collective des grecs, non seulement toute trace d’une alternative à la politique des mémorandums, mais aussi, le nom même de celle qui a pu incarner cette alternative.

En réalité, l’acharnement de ces néophytes du néo libéralisme, contre ce qui pourrait s’identifier à leur mauvaise conscience, ne s’est pas limité à faire disparaître tout ce qui rappelait la brève présidence de Zoe Konstantopoulou. En effaçant aussi l’appel de la campagne internationale de soutien à la Commission pour la Vérité sur la Dette Publique et au droit des peuples à auditer les dettes publiques, ces apprentis sorciers de l’école stalinienne de la falsification ont voulu faire disparaître toute trace de ces vingt quatre mille quatre cent vingt trois hommes et femmes venants de quatre coins du globe, qui ont, jusqu’à ce moment, car la collecte des signatures continue, manifesté leur appui actif à cette campagne. En faisant de la sorte, ils n’ont pourtant démontré qu’une seule chose, leur total mépris pour ces milliers de gens de progrès, dont au moins deux mille professeurs d’université et économistes, qui ne voulaient que soutenir la Grèce contre ses bourreaux.

La prédilection des dirigeants de ce Syriza génétiquement modifié pour les pires des méthodes administratives ne peut pas étonner. En effet, bien avant leur spectaculaire capitulation, ils faisaient déjà attaquer violemment et vulgairement la Commission pour la Vérité de la Dette Publique par leurs médias spécialisés en basses besognes, sans pour autant oser la critiquer eux-mêmes, publiquement et sur le fond.

D’ailleurs, jusqu’à maintenant, c’est en vain qu’on chercherait le moindre argument sorti de leur bouche contre l’audit citoyen de la dette publique.

En revanche, ces lâches ont toujours préféré les coups bas à la confrontation publique. Cyniques, et armés de l’arrogance du pouvoir, ils se permettent de se foutre royalement de ces dizaines de milliers de gens qui ont signé l’appel de soutien à la commission d’audit et qui ne leur sont d’aucune utilité, vu que ces illustres médiocrités se sentent à l’aise seulement en compagnie des « grands » de ce monde. C’est à eux que s’applique parfaitement ce que Jorge Semprun disait de Santiago Carrillo, « toute sa vie il ne voulait qu’une seule chose, entrer dans les grands salons ».

Vivant dans l’insécurité permanente, et découvrant des ennemis même là où il n’y a que de simples militants qui s’interrogent, il n’est alors pas étonnant que ces adeptes d’un Machiavel au rabais fassent appel aux pires traditions staliniennes, afin de faire disparaître tout ce qui les dérange. Privés, heureusement, des moyens que l’oncle Joseph Staline possédait en son temps, ils se contentent alors d’effacer tout ce qui témoigne de leurs trahisons et autres péchés, à l’instar des inquisiteurs staliniens qui faisaient disparaître par millions les vies, les noms et même les visages de leurs compatriotes soviétiques. Détail éloquent, comme alors à Moscou, aujourd’hui aussi à Athènes, ces inquisiteurs font disparaître en toute priorité ceux qui osent refuser la modification génétique de leur parti et persistent à se proclamer communistes, anticapitalistes et critiques radicaux de l’ordre établi.

Notre conclusion se veut optimiste, il faudra beaucoup plus que le « nettoyage » du site du parlement grec et même beaucoup plus que l’incessante campagne de dénigrement et de coups très bas pour faire disparaître les résistances à ceux qui ont vendu leur âme au diable néo libéral, en acceptant d’appliquer ses politiques inhumaines. Même dans des conditions très difficiles, le combat continue car il s’agit maintenant de la défense de tout ce qu’on a de plus précieux, de notre dignité et de notre survie.

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article

Présentation

  • : fischer02003
  • fischer02003
  • : actualité politique nationale et internationale
  • Contact

Recherche

Pages

Liens