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15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 20:42

 

http://www.plateforme-palestine.org/Mohammed-Al-Qiq-en-greve-de-la-faim-et-a-l-isolement

 

Mohammed al Qiq en grève de la faim et à l’isolement

 

Jeudi 2 Mars 2017

 

Le palestinien Mohammed al Qiq observe une grève de la faim depuis le 6 février 2017 pour protester contre son maintien en détention administrative. Son avocat a demandé son transfert dans un hôpital afin qu’il y reçoive des soins mais les autorités israéliennes n’ont pas encore répondu à sa requête. Il est actuellement détenu à l’isolement et est de plus en plus faible.

Mohammed al Qiq, journaliste palestinien habitant à Dura, dans le gouvernorat d'Hébron, a été arrêté par les forces de sécurité israéliennes le 15 janvier 2017 au poste de contrôle de Beit El, à proximité de Ramallah. Il rentrait chez lui après avoir participé à une manifestation organisée à Bethléem contre la politique d’Israël, qui refuse de remettre à leur famille les dépouilles des palestiniens accusés d’avoir mené des attaques. Après avoir été arrêté, il a été interrogé pendant vingt deux jours environ car on le soupçonnait de provocation.

Le 6 février 2017, un ordre de détention administrative pour une durée de six mois a été émis à son encontre par un juge militaire. Il a alors annoncé devant le tribunal qu’il entamerait une grève de la faim pour protester contre la décision des autorités israéliennes de le maintenir à nouveau en détention sans inculpation ni jugement. Le 7 février 2017, le juge militaire a ramené à trois mois la durée de sa détention administrative. Il se trouve toujours à la prison de Kishon, dans le nord d’Israël.

L’avocat de Mohammed al Qiq devait lui rendre visite le 15 février 2017, mais des agents des services pénitentiaires israéliens l’ont informé que son client ne pouvait pas le rencontrer, car il ne pouvait pas marcher ni se lever de son lit. En réponse à un recours présenté devant la haute cour de justice d’Israël, les services pénitentiaires israéliens ont autorisé Mohammed al Qiq à voir son avocat le 19 février 2017, alors qu’il ne l’avait pas vu depuis dix jours. Son avocat a indiqué à Amnesty International que Mohammed al Qiq lui avait paru faible et qu’il se sentait très fatigué au point d’éprouver des difficultés à parler.

On voyait déjà qu’il avait perdu du poids. Mohammed al Qiq a confié à son avocat qu’il était détenu à l’isolement, dans une pièce de deux mètres carrés au plafond bas, qui le faisait penser à une tombe glaciale. Il s’est également plaint de maux de dos et de difficultés à supporter le froid, notamment parce qu’on ne lui avait donné qu’une seule couverture fine. Son avocat a fait part aux services pénitentiaires israéliens de son inquiétude quant à l’état de santé de Mohammed al Qiq, demandant son hospitalisation pour qu’il reçoive des soins, mais ils ont refusé.

Les ordres de détention administrative permettent de placer des personnes en détention sans inculpation ni jugement, pendant des périodes pouvant aller jusqu’à six mois. Ils sont émis par l’armée israélienne, principalement contre des palestiniens, et peuvent être renouvelés indéfiniment. Un ordre de détention administrative avait déjà été émis contre Mohammed al Qiq au mois de novembre 2015. Il avait alors été détenu pendant sept mois, dont quatre vingt quatorze jours en grève de la faim à titre de protestation.

Appelez les autorités israéliennes à libérer sans délai Mohammed al Qiq et toutes les autres personnes en détention administrative, à moins qu’ils ne soient rapidement inculpés d’une infraction reconnue par le droit international et jugés dans le respect des normes internationales d’équité des procès.

Demandez-leur de veiller à ce que, en attendant sa libération, il soit transféré immédiatement dans un hôpital civil pour y recevoir les soins spécialisés dont il a besoin et qu’il ne fasse pas l’objet de mesures punitives en raison de sa grève de la faim.

Engagez-les à prendre immédiatement des mesures pour mettre fin à la pratique de la détention administrative.

 

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15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 20:26

 

http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/03/13/catalogne-l-ex-president-independantiste-artur-mas-condamne-a-deux-ans-d-ineligibilite_5093734_3214.html

 

L'ancien président indépendantiste du gouvernement catalan, Artur Mas, condamné à deux ans d’inéligibilité

 

La justice espagnole l’a sanctionné pour avoir organisé, en 2014, une consultation, considérée comme illégale, sur l’indépendance de la région.

 

Par Sandrine Morel, correspondante permanente du Monde à Madrid

 

« Nous avons été condamnés pour défendre des idées qui ne plaisent pas et dans l'état espagnol les gens sont poursuivis pour leurs idées ».

Prompt à se poser en martyr de la cause indépendantiste catalane, Artur Mas n’a pas tardé à dénoncer sa condamnation, Lundi 13 Mars 2017, par le Tribunal Supérieur de Justice de Catalogne (TSJC), pour désobéissance.

L’ancien président du gouvernement catalan pendant cinq ans entre 2010 et 2015 a été condamné à deux ans d’interdiction d’exercer toute fonction publique élective et à une amende de trente six mille cinq cent euros pour avoir organisé, le 9 novembre 2014, une consultation populaire sur l’indépendance de la région, malgré l’interdiction prononcée, cinq jours plus tôt, par la cour constitutionnelle espagnole.

Saisie par le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy, la plus haute instance judiciaire du pays avait estimé que, selon la constitution, l’unité de l’Espagne ne pouvait être débattue que par l’ensemble des espagnols.

Près de deux millions trois cent mille catalans avaient toutefois participé à ce référendum, sans valeur légale, organisé dans des écoles et gymnases. Le oui à l’indépendance avait emporté quatre vingt un pour cent des suffrages.

L’ancienne vice-présidente du gouvernement catalan, Joana Ortega, et l’ancienne ministre régionale de l’éducation, Irene Rigau, ont également été condamnées à des peines légèrement inférieures en tant que coopératrices nécessaires. Tout comme Artur Mas elles déposeront un recours devant le tribunal suprême espagnol. Artur Mas a aussi avancé qu’il porterait ensuite l’affaire « jusqu’aux dernières instances de la justice européenne, à Strasbourg, s’il le faut. Et il le faudra ».

Bien que la peine infligée à Artur Mas soit nettement inférieure aux dix ans d’inéligibilité requis par le parquet, les réactions enflammées des indépendantistes, qui ont saisi l’occasion pour recharger leurs munitions contre Madrid, n’ont pas tardé. Injuste, absurde, une erreur et une peine politique, les commentaires ont fleuri sur les réseaux sociaux et aux micros des journalistes.

« Ce qui s’est passé aujourd’hui, c’est une défaite de plus de l'état et un motif de plus pour nous » de nous séparer, a déclaré le porte-parole d'Esquerra Republicana de Catalunya (ERC).

De son côté, l’actuel président du gouvernement catalan, Carles Puigdemont, a ironisé sur la concordance entre la condamnation d’Artur Mas et l’annonce par l’Ecosse de sa volonté d’organiser un nouveau référendum d’indépendance en 2018. « Quelles différences avec les démocraties consolidées et saines », a-t-il publié sur Twitter.

Au contraire, le porte-parole du Parti Populaire, Pablo Casado, s’est félicité du verdict. « Les espagnols doivent avoir la certitude que l’impunité n’existe pas et que personne n’est au-dessus des lois ».

Quant au porte-parole du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE), Antonio Hernando, il a souligné que la peine était « la conséquence logique du non-respect et de la désobéissance à la cour constitutionnelle et aux règles du jeu démocratique ».

Pour Aïtor Esteban, porte-parole du parti nationaliste basque (PNV), « nous sommes face à une question politique qui n’aurait jamais dû arriver devant les tribunaux et qui doit se résoudre par le dialogue ».

Une réflexion similaire à celle de la maire de Barcelone, l’ancienne militante pour le droit au logement, Ada Colau, pour qui « la judiciarisation d’un conflit politique le cristallise », et à celle du député de Podemos Iñigo Errejon, pour qui le verdict « ajoute de l’huile sur le feu ».

Les graves tensions politiques entre Barcelone et Madrid remontent à 2010, quand la cour constitutionnelle a raboté le nouveau statut d’autonomie catalan. Elles se sont exacerbées en 2012, au plus fort de la crise économique, quand, après le refus du gouvernement de Mariano Rajoy de négocier une autonomie fiscale pour la région, Artur Mas a assumé un virage en faveur d’un état souverain catalan. Et elles ne se sont pas apaisées après le faux référendum de 2014, au contraire.

En 2016, les indépendantistes de gauche et de droite, qui s’étaient regroupés dans une liste commune aux élections régionales, Ensemble pour le Oui, et les séparatistes radicaux, europhobes et anticapitalistes de la Candidature d'Unité Populaire (CUP), forts d’une majorité absolue de députés, mais de seulement quarante huit pour cent des voix, ont fixé une feuille de route pour se séparer de l’Espagne en dix-huit mois.

Avant l’été, ces députés régionaux entendent voter des lois de transition pour passer de la légalité espagnole à une nouvelle légalité catalane de façon à organiser, au plus tard au mois de septembre 2017, un véritable référendum d’autodétermination aux conséquences légales, avec ou sans l’accord de Madrid.

Le 6 mars 2017, les indépendantistes ont décidé de changer le règlement du parlement catalan pour que les lois de déconnexion puissent être approuvées en urgence, sans débat préalable, afin d’éviter le recours de Madrid.

Pour la vice-présidente du gouvernement, Soraya Saenz de Santamaría, le gouvernement catalan vit dans une réalité parallèle qui n’a rien à voir avec les désirs des catalans et s’est empêtré dans une fuite en avant. La proportion des catalans favorables à l’indépendance, quarante cinq pour cent, est en recul. Ils sont moins nombreux que ceux qui y sont opposés, quarante sept pour cent, selon le dernier sondage du centre d’études d’opinion catalan.

Madrid assure que tous les moyens seront utilisés pour empêcher la tenue du référendum annoncé et parie sur un nouveau recul des catalans et de nouvelles élections régionales anticipées, les troisièmes en cinq ans.

A moins qu’il ne soit trop tard pour stopper la fuite en avant des indépendantistes.

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15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 20:00

 

https://souriahouria.com/wp-content/uploads/2017/03/Appel-Manif-6e-anniv-rev-syr-18-mars-2017-FR.pdf

 

Appel à une manifestation Samedi 18 Mars 2017 à 15 heures à Paris de la place du Panthéon à l'Institut du Monde Arabe (IMA)

 

Par le Comité d’organisation d’activités en soutien à la révolution syrienne à Paris

 

Six ans déjà et la révolution démocratique syrienne continue.

Au mois de mars 2011, dans toutes les villes, le peuple syrien s’est soulevé. Il a pacifiquement exprimé sa soif de liberté, de démocratie et de justice sociale. Son soulèvement a été noyé dans le sang par la dictature héréditaire d'Hafez et de Bachar al Assad qui l’opprimait depuis plus de quarante ans.

Après de long mois de lutte pacifique, de sacrifices et de souffrances face à une répression féroce, le peuple syrien n’avait d’autre choix que de porter les armes pour se défendre.

Pour faire croire qu’il était face à des terroristes islamistes, le régime syrien a libéré de prisons des centaines d’islamistes radicaux qui allaient devenir les futurs cadre des mouvements islamistes djihadistes, dont l’émergence a été favorisée par le régime, tandis qu’il liquidait ses opposants démocrates et les torturait à mort dans ses geôles, par dizaines de milliers, comme l’ont confirmé le rapport César et le rapport d'Amnesty International.

Ce régime et ses milices criminelles, appuyé massivement par ses protecteurs, les régimes de Vladimir Poutine et d'Ali Khamenei qui envoie à son secours des dizaines de milices extrémistes instrumentalisant le religieux, telles le Hezbollah libanais, et qui a recours à toutes les armes pour écraser sous un déluge de feu les quartiers libérés par l’opposition, l'aviation, les chars, les missiles balistiques, le napalm, le phosphore et les armes chimiques.

Mais aussi, assiéger, affamer la population pour la forcer à se soumettre et remplacer des populations par d’autres jugées démographiquement loyalistes.

Des villes entières sont ravagées, il y a près de cinq cent mille morts, plus d’un million de blessés et de mutilés et plus de la moitié de la population syrienne déplacée, soit treize millions sur vingt trois millions, dont six millions hors de Syrie.

Les infrastructures vitales, eau, électricité, écoles, hôpitaux, boulangeries et marchés, sont ciblées et détruites.

Cette folie criminelle, ces crimes de guerre et crimes contre l’humanité, commis quotidiennement en Syrie, s’accompagnent de propagande parlant depuis six ans de cessez-le-feu, de négociations et de règlement politique.

Les États-Unis, l’Europe, mais aussi des puissances régionales, qui se prétendent amies du peuple syrien, s’accommodent de l’écrasement des forces démocratiques en Syrie, mené par les régimes syriens, russes et iraniens, et laissent le peuple syrien se faire massacrer depuis six ans.

La lutte du peuple syrien, partie intégrante de l’émancipation universelle, nous en dit long sur l’état de notre monde en voie de déshumanisation et sur ses institutions, notamment l’Organisation des Nations Unies (ONU) et son conseil de sécurité paralysé par des forces criminelles qui font subir à l’humanité un véritable naufrage moral.

Au prix de sacrifices surhumains, le peuple syrien est décidé à poursuivre son combat pour sa liberté, pour sa dignité et pour bâtir une société démocratique, basée sur le droit, la justice et l’égalité de tous ses citoyens, quelle que soit leur origine ethnique ou religieuse.

Dans son combat pour la liberté, le peuple syrien a besoin de notre solidarité.

Nous, militants des droits humains, attachés aux valeurs de justice et de liberté, exigeons l'arrêt immédiat des bombardements dans toute la Syrie et la protection de la population civile.

Nous exigeons la libération immédiate des détenus qui croupissent par centaines de milliers dans les geôles du régime en Syrie.

Nous exigeons la levée immédiate et inconditionnelle de tous les sièges et l’accès à toutes les populations assiégées et affamées.

Nous exigeons le départ de la Syrie de toutes les milices étrangères et des armées d’occupation.

Nous exigeons le jugement des auteurs de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité selon les modalités décidées par le peuple syrien.

Nous exigeons la mobilisation en France et au niveau international pour l'aide humanitaire et l'accueil des réfugiés.

Ni Bachar al Assad, ni Etat Islamique, la Syrie sera libre et démocratique.

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15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 19:41

 

http://www.nordlittoral.fr/22638/article/2017-03-14/repas-distribues-aux-migrants-calais-nord-lundi-le-bras-de-fer-commence

 

Repas distribués aux migrants à Calais, le bras de fer commence

 

Lundi 13 Mars 2017, une centaine de repas ont été distribués à Calais. Une dizaine d’associations vont déposer un référé liberté et réclament un lieu de distribution sédentarisé à Calais.

 

« L’objectif est de nourrir ces personnes qui vivent dehors, sans devoir se cacher, sans être harcelés et dans un lieu autorisé ». Vincent Deconinck, du Secours Catholique, était présent Lundi 13 Mars 2017 rue de la Moselle pour la distribution des repas. À ses côtés, l’Auberge des Migrants, Médecins Du Monde (MDM) et d’autres associations venues mettre la main à la pâte, mais surtout dénoncer « les conditions d’accueil des exilés ». Le bras de fer commence.

 

Les Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS) regardent de loin

 

Les migrants sont arrivés par petits groupes, accompagnés des bénévoles. La distribution a démarré Lundi 13 Mars 2017 vers 17 heures 30 et s’est conclue une demi-heure plus tard, dans le calme.

 

Quelques minutes après les premiers repas distribués, une patrouille de la police municipale de Calais est venue constater le rassemblement. Suivie d’un fourgon de CRS qui s’est stationné à quelques mètres de là, sans intervenir.

 

« Nous avons souhaité rendre visible une problématique que les autorités veulent rendre invisible », ajoute le représentant du Secours Catholique. « C’est un véritable retour en arrière et une entrave à l’aide humanitaire ». Avec cette distribution à moitié cachée, les associations ont souhaité marquer le coup et faire éclater une situation qu’elles jugent mise sous silence. « C’est retour vers le futur. Ce gouvernement était pourtant le premier à essayer de démarrer un dispositif mais, contexte électoraliste oblige, il a tout détruit et fait comme si la question était résolue ».

 

Les migrants n’ont donc pas été perturbés par les forces de l’ordre qui n’ont fait qu’acte de présence Lundi 13 Mars 2017. « Cela nous fatigue d’agir de cette manière », enchaîne Christian Salomé, président de l’Auberge des Migrants. « Nous demandons un lieu autorisé pour ritualiser la distribution des repas », explique Vincent Deconinck, « sans risque d’interpellations. Un lieu qui permet à chacun d’avoir accès à de la nourriture dans de bonnes conditions ».

 

L’histoire se répète

 

La question est maintenant de savoir quelles seront les réactions de l’état et de la mairie de Calais. Natacha Bouchart a réitéré sa volonté d’empêcher tout point de fixation sur la commune. Du côté de la préfecture, c'est le silence radio. Le sous-préfet parlait hier de quelques centaines de migrants présents à Calais, sans donner plus de précisions. Ce à quoi Natacha Bouchart a répondu que « nous sommes en train de recommencer l’histoire, il faut stopper cela tout de suite ». La guerre des nerfs est déclarée.

 

 

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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 21:00

 

http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/03/02/les-syriens-meritent-de-vivre-en-democratie-libres-et-egaux_5088410_3232.html

 

Les syriens méritent de vivre en démocratie, libres et égaux

 

Pour marquer le sixième anniversaire du soulèvement démocratique en Syrie, cent cinquante personnalités des arts et de la culture, parmi lesquelles Olivier Py, Denis Podalydès ou Jack Ralite appellent à une rencontre publique Mercredi 15 Mars 2017 à l’Institut du Monde Arabe (IMA) à Paris.

Par Olivier Py, Dominique Blanc, Marcel Bozonnet, Denys Podalydès, Farouk Mardam-Bey, Wajdi Mouawad, Jack Ralite, Emmanuel Wallon et cent quarante personnalités des arts et de la culture.

Pour marquer le sixième anniversaire du soulèvement démocratique en Syrie, cent cinquante personnalités des arts et de la culture organisent Mercredi 15 Mars 2017 de 19 heures à 22 heures, à l'IMA à Paris, une rencontre publique, « au-delà du désastre, penser et agir avec les démocrates syriens », pour échanger sur la réalité de la situation en Syrie et dialoguer sur les ressources de la société civile.

Face au désastre syrien, aux massacres, au déplacement forcé des populations, aux arrestations massives, à la destruction de l’infrastructure économique et du patrimoine culturel et à toutes les violations des droits humains, qu’elles soient commises par le régime de Bachar al Assad et ses protecteurs ou par les différentes organisations djihadistes, nous exprimons notre indéfectible solidarité avec le peuple syrien.

Solidarité humanitaire, car il faut répondre d’urgence aux énormes besoins d’une population meurtrie qui manque de tout, de nourriture, de gîte, de soins médicaux et de sécurité. Et pour y répondre, il faut que cessent immédiatement les bombardements aveugles et les représailles, non seulement à Alep et alentour, mais partout en Syrie.

L’insupportable tragédie d’Alep ne doit pas se répéter ailleurs. Les opinions publiques doivent se mobiliser partout dans le monde pour l’empêcher.

Solidarité politique aussi avec les démocrates syriens et avec tous ces hommes et ces femmes qui se battent depuis de longues années, dans des conditions très défavorables, pour la liberté, pour la dignité de leur peuple et pour la justice sociale. Nous refusons de croire que la Syrie, pays à l’histoire millénaire et à la culture vivante, se réduit au régime tyrannique de Bachar al Assad, d’un côté, et à l'Etat Islamique et d’autres organisations djihadistes, de l’autre côté. Nous ne nous résoudrons pas à choisir entre deux barbaries.

Les syriens ont tant souffert. Comme tous les peuples du monde, ils méritent de vivre en démocratie, libres et égaux.

Leur sort ne saurait nous indifférer, car il engage la notion même d’humanité. Leurs aspirations ne sauraient l’emporter sur le désespoir sans le soutien des artistes, des écrivains, des chercheurs, des enseignants, des personnels de santé, des ingénieurs et, d’une façon générale, des citoyens et de la jeunesse de notre pays.

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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 20:36

 

François Fillon mis en examen (Reuters)

 

François Fillon a été mis en examen Mardi 14 Mars 2017 dans l'enquête sur les emplois présumés fictifs dont aurait bénéficié sa famille, une nouvelle péripétie judiciaire aux effets potentiellement dévastateurs pour le candidat de la droite à la présidentielle.

L’ancien premier ministre, qui a été entendu Mardi 14 Mars 2017 par les juges, est mis en examen pour détournement de fonds publics, complicité et recel de détournement de fonds publics, complicité et recel d'abus de biens sociaux et manquement aux obligations déclaratives, a-t-on précisé de source judiciaire.

Le chef de trafic d'influence n'a pas été retenu.

La peine encourue pour détournement de fonds publics est de dix ans de prison et un million d'euros d'amende.

François Fillon s'est contenté lors de son audition de lire une déclaration rédigée au préalable, dans laquelle il a suivi sa ligne de défense habituelle, son épouse, Pénélope Fillon, a bien travaillé à la Revue des Deux Mondes et comme attachée parlementaire à l’assemblée nationale.

« J'attends d'être traité comme tous les citoyens de notre pays, sans précipitation et avec le seul souci que la justice soit rendue en toute impartialité », a-t-il dit, selon une retranscription de ses propos diffusée par son entourage.

Cette audition, dont le candidat avait initialement annoncé qu'elle aurait lieu le Mercredi 15 Mars 2017, s'est déroulée à l'abri des regards et un jour plus tôt, à sa demande, pour éviter la pression médiatique, a déclaré son avocat sur BFM Télévision.

L'avocat de François Fillon, Antonin Lévy, a expliqué que le juge Serge Tournaire avait dit lors de l'audition qu'il agissait rapidement compte tenu de la proximité de l'élection présidentielle et qu'une nouvelle audition n'était pas exclue avant le Dimanche 23 Avril 2017.

Le défenseur de François Fillon a ajouté qu'il exercerait tous les recours, mais pas avant le premier tour.

« Cette procédure, elle est pour moi viciée jusqu'à la moelle », a-t-il poursuivi.

François Fillon, qui se dit victime d'une enquête exclusivement à charge, a réaffirmé Lundi 13 Mars 2017 qu'il irait jusqu'au bout de sa campagne malgré ses ennuis judiciaires, alors qu'il avait précédemment dit qu'une mise en examen le dissuaderait.

Ce nouveau rebondissement est donc embarrassant sur le plan politique mais il ne vaut pas déclaration de culpabilité. François Fillon pourra désormais être renvoyé en procès ou bénéficier d'une ordonnance de non-lieu, synonyme de fin de la procédure.

Depuis le 25 janvier 2017 et la révélation des emplois présumés fictifs de son épouse, François Fillon est plongé dans une procédure qui le condamne pour l'heure à une élimination dès le premier tour des élections présidentielles si l'on en croit les sondages.

Les événements qui se sont succédé depuis lors n'ont cessé de fragiliser sa candidature, perquisition à son domicile, enquête étendue à deux de ses enfants un temps rémunérés en qualité d'assistants parlementaires, ouverture d'une information judiciaire et révélations en chaîne dans la presse.

Les juges sont par ailleurs sur la piste d'un prêt de cinquante mille euros, non déclaré à la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique (HATVP), accordé en 2013 au candidat par son ami Marc Ladreit de Lacharrière, propriétaire de la Revue des Deux Mondes.

Ces derniers jours encore, les journaux ont publié des informations semblant alourdir le dossier.

Le Journal Du Dimanche (JDD) a fait état dans sa dernière édition d'achats de costumes pris en charge par un mystérieux donateur et offerts à l'ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy, pour un montant de treize mille euros au cours du seul mois de février 2017.

Et Mardi 14 Mars 2017, le Parisien a révélé que deux enfants de François et de Pénélope Fillon avaient versé à leurs parents une part importante des rémunérations perçues en tant qu'assistants parlementaires de leur père, au sénat, entre 2005 et 2007.

Marie Fillon a notamment reçu quarante six mille euros nets pour le travail qu'elle dit avoir assuré auprès de son père au sénat et elle a effectué en parallèle des virements pour un montant total de trente trois mille euros sur le compte bancaire de ses parents.

Le vainqueur de l’élection primaire de la droite a face à lui trois juges, dont Serge Tournaire, qui a façonné sa réputation d'intransigeance en instruisant des affaires politiquement brûlantes, comme celle dite Bygmalion ou celle de l'arbitrage de l’affaire de Bernard Tapie.

Il a notamment renvoyé au mois de février 2017 Nicolas Sarkozy et treize autres protagonistes devant un tribunal correctionnel pour le financement présumé illégal de la campagne pour les élections présidentielles menée en 2012 par l’ancien chef de l’état.

 

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13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 21:14

 

https://paris.demosphere.eu/rv/52007

 

Marche pour la justice et la dignité

 

Dimanche 19 Mars 2017 à 14 heures à Paris de la place de la Nation à la place de la République

 

Un par mois, c'est, en moyenne, le nombre de pères, de frères et de fils que nous perdons à cause de la brutalité des forces de l'ordre. Une brutalité qui prend plusieurs formes, des techniques de pliage qui conduisent à l'asphyxie des victimes aux coups de poings, de balles ou de taser qui, dans les pires des cas, s'avèrent mortels.

Régulièrement depuis plus de quarante ans, les nôtres sont ainsi tués par l'état français, aux mains de ceux que l'on appelle ironiquement les gardiens de la paix. Régulièrement depuis plus de quarante ans, c'est l'impunité la plus abjecte et les campagnes de criminalisation qui répondent aux mobilisations de celles et ceux qui réclament vérité et justice pour leurs morts. L'acharnement policier, judiciaire et politique contre la famille d'Adama Traoré, à qui nous exprimons toute notre solidarité, en est la preuve. À chaque fois, c'est la même histoire.

La répression qui nous vise, nous familles de victimes, s'est accentuée sous le régime de l'état d'urgence. Tous les abus sont devenus possibles avec leurs lots de conséquences tragiques. Ce n'est plus la police qui s'adapte à la loi, c'est la loi qui s'adapte à la police. Et nous sommes loin d'être les seuls à avoir été visés par le renforcement des dispositifs sécuritaires et des violences d'état. En 2015, le gouvernement a déclaré une véritable guerre intérieure. Il a traqué les migrants et ceux qui les défendent. Il a poursuivi la traditionnelle répression des noirs, des arabes, des roms et plus généralement des quartiers populaires. Il a ciblé les musulmans notamment via des perquisitions, des assignations à résidence et des fermetures de mosquées totalement arbitraires.

À cela s'ajoute la guerre sociale qu'ont menée Manuel Valls et consors, notamment dans le cadre de la mobilisation contre la loi travail. Face aux résistances des quartiers populaires et du mouvement social, nous avons vu les violences se déchaîner en touchant des catégories jusqu'ici protégées.

Les attentats terribles que nous avons connus en 2015 et en 2016 sont venus renforcer l'arsenal sécuritaire alors qu'ils sont la conséquence directe de la politique guerrière que la France et ses alliés mènent à l'étranger. L'état français, qui pèse toujours de tout son poids sur les peuples qu'il domine comme en Afrique, prolonge cette politique au Proche-Orient tout comme il entérine l'occupation de la Palestine. Sa lutte contre le terrorisme ressemble surtout à une agression permanente contre des peuples innocents. C'est, entre autres, ce qui nourrit la crise humanitaire des réfugiés, traités cyniquement comme une menace potentiellement terroriste. C'est le serpent qui se mord la queue. Le climat de guerre intérieure permet de justifier le contrôle toujours plus brutal de la population et délivre un permis de violence aux forces de l'ordre qui répriment toutes les gueules qui ne lui reviennent pas et tous ceux qui, des familles de victimes aux manifestants contre la loi travail en passant par les militants des quartiers populaires et des Zones A Défendre (ZAD), osent s'organiser contre l'état, réclamer justice et affirmer leur dignité.

Nous sommes tous concernés.

La campagne présidentielle ne va rien arranger. Au contraire, presque chaque nouvelle déclaration est une insulte faite à nos combats, à nos préoccupations et à nos urgences.

Parce que nous ne nous soumettrons pas à l'arbitraire du pouvoir,

Parce que les mots justice et dignité ont encore un sens pour nous,

Parce que nous pensons qu'il est primordial de nous organiser, ensemble, pour lutter contre la guerre faite aux pauvres, aux migrants et aux descendants de colonisés,

Nous appelons toutes celles et tous ceux qui se sentent concernés par ces sujets à nous rejoindre dans toutes les initiatives à venir et à participer très largement à la marche pour la justice et la dignité qui aura lieu le Dimanche 19 Mars 2017 à 14 heures place de la Nation à Paris.

Contre la hogra, l'humiliation, le racisme, les violences policières et les guerres lâches faites en notre nom contre des peuples qui ne nous ont rien fait.

Retrouvons espoir, force et unité pour faire bloc ensemble au nom de la justice et de la dignité.

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13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 18:47

 

https://www.marxiste.org/theorie/histoire-materialisme-historique/2122-la-revolution-russe-de-fevrier-1917

 

La révolution russe du mois de février 1917

 

Par Jules Legendre

 

Mercredi 8 Mars 2017

 

Jusqu’en 1918, la Russie utilisait le calendrier julien, qui avait treize jours de retard sur le calendrier grégorien. Ici, nous utiliserons les dates du calendrier julien, le 23 février du calendrier julien correspond par exemple au 8 mars du calendrier grégorien.

 

Il y a un siècle commençait la révolution russe de 1917. Entamée au mois de février 1917 par une manifestation contre la guerre, elle s’achevait au mois d'octobre 1917 avec la prise du pouvoir par la classe ouvrière russe. A l’occasion de ce centenaire, nous allons revenir sur les principales étapes de la révolution de 1917.

La Russie du début du vingtième siècle était un pays traversé par de profondes contradictions. Des pans entiers de la société y étaient soumis à des structures encore largement féodales, que ce soit dans l’organisation de l’appareil d'état ou dans l’économie rurale, qui restait dominée par les propriétaires nobles et où l’immense majorité de la paysannerie ne possédait pas même un carré de terre. Au milieu de cette arriération existaient des îlots de capitalisme avancé.

L’impérialisme des puissances occidentales, la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne, avait importé en Russie les techniques les plus modernes et fortement stimulé le développement du capitalisme. Des villes-usines géantes étaient peuplées par une classe ouvrière très concentrée, quoique très minoritaire à l’échelle du pays. La population russe comptait quatre vingt pour cent de paysans.

Ces particularités du développement de la Russie étaient au cœur des débats internes au mouvement révolutionnaire. Avant le mois de février 1917, les mencheviks s’appuyaient sur l’idée que la révolution russe serait bourgeoise, dans le sens où elle aurait pour tâche de renverser l'état féodal, de réaliser une réforme agraire et d’arracher l’économie russe à la domination impérialiste. Ils en concluaient que le rôle du mouvement ouvrier était de soutenir la lutte de la bourgeoisie contre le féodalisme.

Les bolcheviks, que dirigeait Vladimir Lénine, rejetaient cette dernière idée et soulignaient que la bourgeoisie russe, dépendante de l'état tsariste et de l’impérialisme, ne voulait pas sérieusement lutter contre le régime. Vladimir Lénine insistait sur l’indépendance de classe des travailleurs, qui devaient chercher une alliance avec la paysannerie pauvre. Enfin, Léon Trotsky défendait la perspective dite de la révolution permanente, qui était proche de celle des bolcheviks, mais plus conséquente. Puisque la bourgeoisie russe n’accomplirait pas sa propre révolution, cette tâche revenait aux travailleurs russes, à la tête des paysans pauvres. Mais une fois au pouvoir, expliquait Léon Trotsky, les travailleurs seraient obligés de mettre à l’ordre du jour les tâches de la révolution socialiste.

Le régime était en bout de course. Le tsarisme n’avait jamais réussi à se doter d’une base sociale solide, faute principalement d’avoir réussi à mettre en place une réforme agraire viable. Les sommets du pouvoir étaient gangrenés par la corruption et les superstitions. Pour soigner son fils, le tsar avait recours à toutes sortes de charlatans. L’un d’entre eux, le moine Grigori Raspoutine, était au centre d’une clique de protégés et symbolisait l’incurie du régime aux yeux de la population.

La première guerre mondiale ne fit que démontrer le pourrissement du régime et de son organisation sociale. Au début de l'année 1917, la Russie était vaincue sur le plan militaire et au bord de l’effondrement économique. La famine menaçait dans les villes. Les campagnes étaient isolées par la désagrégation du système ferroviaire.

Dans la capitale, Petrograd, les grèves et la manifestation du 23 février 1917, à l’occasion de la journée internationale des femmes et réclamant la fin de la guerre, prirent une ampleur inattendue. Le mouvement s’intensifia les jours suivants. Le 26 février 1917, l’armée ouvrit le feu pour la première fois sur les manifestants. Mais la garnison était traversée par les mêmes contradictions que le reste de la société.

La nouvelle de cette fusillade eut un impact immense sur la conscience des soldats, pour la plupart des paysans en uniformes. Ils étaient conscients de l’absurdité de la guerre et méprisaient le régime. Dans la nuit du 26 au 27 février 1917, la plupart des régiments de Petrograd se mutinèrent et rallièrent les manifestants. Le tsar abdiqua sous la pression de ses propres généraux, qui craignaient d’être emportés avec lui.

Immédiatement, à Petrograd, les ouvriers s’organisèrent et ressuscitèrent les soviets, qui avaient surgi pour la première fois en 1905. Les soviets rassemblaient les travailleurs d’une usine ou d’un quartier et élisaient des délégués au conseil de la ville, qui comprenait aussi des délégués de soldats. A Petrograd, un comité exécutif du soviet se forma, composé de dirigeants mencheviks, bolcheviks et socialistes-révolutionnaires. Dans les jours et les semaines qui suivirent l’insurrection du mois de février 1917, des soviets se formèrent dans toute la Russie.

Au début de la révolution, les soviets furent dominés par les courants réformistes, les mencheviks et les socialistes révolutionnaires. Cela s’explique par plusieurs facteurs. Pour la masse des travailleurs et des soldats-paysans, qui venaient à peine de s’éveiller à la vie politique, la principale différenciation se faisait entre partis socialistes et partis bourgeois. Les différences de programme entre socialistes semblaient confuses et secondaires. Le programme amorphe des dirigeants mencheviks et socialistes révolutionnaires correspondait au niveau de conscience des masses à ce stade initial de la révolution. Ce n’est qu’avec l’expérience de plusieurs mois de révolution que les travailleurs et les soldats purent juger en pratique des différences qu’impliquaient le programme et la tactique des différents partis socialistes.

Parallèlement à la constitution des soviets se mettait en place un autre organe de pouvoir. Des représentants du parti bourgeois constitutionnel démocrate se constituèrent en un « gouvernement provisoire » dès le début du mois de mars 1917. Les dirigeants réformistes du soviet de Petrograd acceptèrent alors immédiatement de reconnaître la légitimité de ce gouvernement et se soumirent à son autorité, en échange de la promesse creuse de la liberté politique et de la convocation d’une assemblée constituante.

Malgré cette soumission des dirigeants mencheviks et socialistes révolutionnaires au gouvernement provisoire bourgeois, le seul pouvoir légitime aux yeux des masses était le soviet. C’est à lui qu’étaient venus les représentants des régiments et des usines et que venaient s’adresser les délégués envoyés par les conseils de province. Le gouvernement provisoire avait beau nommer des commissaires dans les régions, ceux-ci se retrouvaient confrontés à une dure réalité. Le véritable pouvoir reposait, pour les masses, dans leurs propres conseils.

Les représentants du gouvernement provisoire devaient même s’adresser au soviet sur la question de leur transport, car les trains étaient sous le contrôle des conseils de cheminots. Cela aboutit à une situation paradoxale, dans laquelle l’exécutif des soviets servait d’intermédiaire entre le gouvernement et les masses.

Deux pouvoirs distincts et socialement opposés existaient donc en Russie. L'un composé des représentants de la bourgeoisie, fermement conseillés par les puissances impérialistes de l'entente, et l’autre, représentant les ouvriers et les paysans de toute la Russie. Le paradoxe de la révolution du mois de février 1917 est que les dirigeants du second pouvoir acceptèrent de se soumettre au premier.

Comment l’expliquer ? Pour les mencheviks, la révolution qui venait de se dérouler était une révolution bourgeoise qui devait donc déboucher sur un pouvoir bourgeois. Dès que celui-ci apparut sous la forme hésitante du gouvernement provisoire, les dirigeants mencheviks et socialistes révolutionnaires s’empressèrent donc de lui céder tout le pouvoir que venaient de leur apporter les ouvriers et les paysans.

Comme le résumait Léon Trotsky dans son histoire de la révolution russe, « dès ces premières heures de victoire, alors que le nouveau pouvoir révolutionnaire se constituait avec une rapidité fabuleuse et une force irrésistible, les socialistes qui se trouvèrent à la tête du soviet jetaient autour d’eux des regards inquiets, cherchant un véritable patron. Ils estimaient chose toute naturelle que le pouvoir passât à la bourgeoisie. Ici se forme le nœud politique principal du nouveau régime, d’une part, le fil conduit à la salle de l’exécutif des ouvriers et des soldats et, par l’autre bout, il mène au centre des partis bourgeois ».

La situation de double pouvoir issu de la révolution du mois de février 1917 ne pouvait durer éternellement. A un moment ou un autre, l’un des deux pouvoirs devait prendre le dessus sur l’autre. Dans cette mesure, la révolution d'octobre était déjà en germe dans la révolution de février.

 

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13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 18:23

 

http://www.liberation.fr/elections-presidentielle-legislatives-2017/2017/03/12/francois-ruffin-etre-depute-ca-va-me-permettre-de-coincer-les-ministres_1555175

 

François Ruffin, « être député, cela va me permettre de coincer les ministres »

 

Par Ismaël Halissat, envoyé spécial de Libération dans la Somme.

 

Dimanche 12 Mars 2017

 

Le réalisateur de Merci Patron et figure du mouvement des Nuits Debout s’est lancé le nouveau défi de représenter les ouvriers à l'assemblée nationale. Libération l’a suivi en campagne.

François Ruffin a le sens du contre-pied. Quand, au début du mois de mars 2017, il fête le césar du meilleur documentaire pour son film Merci Patron et ses cinq cent mille entrées devant une salle bondée de trois cent personnes à Longueau, dans la Somme, le réalisateur commence par le récit de ses déprimes et de ses doutes. Il explique qu’il s’est un peu lassé de son bimestriel Fakir, créé en 1999, avant même d’intégrer une prestigieuse école de journalisme à Paris. Avec la statuette du césar posée devant lui, le journaliste revient sur la genèse de son documentaire et assure qu’il s’est lancé pour trouver « une autre raison d’être ». Soutenu par plusieurs partis à la gauche du Parti Socialiste, François Ruffin, quarante et un ans, a désormais un autre défi. Il est candidat aux élections législatives du mois de juin 2017. Sur son tee-shirt blanc, porté par-dessus une chemise à carreaux, il y a le slogan de sa campagne, Picardie Debout.

Le ton du soir tranche avec ses habituels coups de gueule médiatiques. Le dernier coup de gueule date de la cérémonie des césars à la fin du mois de février 2017. Devant le petit monde du cinéma français, salle Pleyel à Paris, François Ruffin éclate les codes du discours de remerciement. « Mon film parle de personnes licenciées car leur entreprise a été délocalisée en Pologne. Au moment où je vous parle, c’est une usine d’Amiens, l’usine Whirlpool, qui subit la même histoire. Cela dure comme cela depuis trente ans, parce que ce sont des ouvriers qui sont touchés et donc on n’en a rien à foutre ». François Ruffin propulse le sort de cette usine à l’antenne et termine son discours en invitant François Hollande à se « bouger le cul ». Une grande partie de la salle applaudit. Dans l’auditoire, le ministre de l'intérieur, Bruno Le Roux, affiche un sourire de façade.

Aujourd’hui, François Ruffin revient sur ses intentions. « Ma première action de campagne, c’était d’aller rencontrer les salariés de Whirlpool, parce que, avant cela, il n’y avait que le Front National qui tractait devant l'usine. Je suis arrivé là-bas avec une proposition de stratégie, mais il faut qu’il y ait de l’envie ».

« L’objectif pour moi est de réussir à faire de la politique pas seulement place de la République à Paris mais aussi en Picardie », récite le candidat François Ruffin. Il y a près d’un an, il était l’une des figures du mouvement des Nuits Debout. Ce mouvement, dont l’idée est née au détour d’une réunion sur son documentaire, débute sur la place de la République à Paris le 31 mars 2016. En se greffant à la mobilisation sociale contre la loi travail, les participants mettent en place une organisation horizontale, sans chef, ni représentant officiel. Chaque soir et pendant des heures, des prises de parole de deux minutes s’enchaînent.

Très vite, François Ruffin estime que ces interminables débats ne permettront pas de faire « émerger des propositions concrètes ». Au bout de trois semaines, il échafaude un improbable scénario pour reprendre la main. Dans une soirée à la bourse du travail de Paris, intitulée « l'étape d’après », il essaye d’obtenir un mandat pour convaincre la Confédération Générale du Travail (CGT) de faire déboucher sur la place de la République le cortège syndical du premier mai 2016. Ce qui devait être un pas vers la fameuse « convergence des luttes ».

Mais sa méthode fâche et plusieurs personnes présentes lui reprochent de se retrancher à l’écart de la place de la République pour tenter de court-circuiter le fonctionnement du mouvement des Nuits Debout. Les gens quittent la salle et la soirée se termine dans le brouhaha. François Ruffin arrache alors un serment et des images qui feront le buzz à ceux qui restent. Lever le poing en l’air et répéter que « je ne voterai plus jamais pour le Parti Socialiste », prémisse du lancement de sa campagne. « Je suis toujours entre le ridicule et le formidable. Enfin, formidable, c’est peut-être un peu trop fort », juge aujourd’hui François Ruffin.

Le journaliste François Ruffin détaille ce que pourrait représenter son élection. « Etre député, cela va me permettre de coincer les ministres dans les couloirs de l'assemblée nationale, les interpeller dans l’hémicycle, bosser des dossiers et en rendre compte dans Fakir ».

Dans la première circonscription de la Somme, qui va d’Amiens à Abbeville, François Ruffin va affronter la sortante à ce poste, la socialiste Pascale Boistard. Elue en 2012, cette vallsiste a laissé son siège à l'assemblée nationale à son suppléant en 2014 lors de sa nomination comme secrétaire d'état en charge des droits des femmes, depuis un an, elle est chargée des personnes âgées et de l'autonomie. Dans un article de Fakir, bien avant d’être candidat, François Ruffin avait étrillé sa députée.

« Après deux heures d’échanges, deux heures quand même, j’étais troublé, rarement j’avais réalisé un entretien aussi vide », écrivait-il au mois de février 2015. Contactée, Pascale Boistard nous fait savoir qu’elle ne souhaite pas « commenter la campagne de ses adversaires ».

A droite, Stéphane Decayeux, vice-président du conseil départemental de la Somme, est investi par les Républicains. Le Front National, lui, choisit de lancer sa dernière recrue, le comédien Franck de Lapersonne.

Quelques jours après son meeting à Longueau, François Ruffin passe une tête dans l’émission des Grandes Gueules de Radio Monte Carlo (RMC).

Le candidat attend son tour, assis seul sur un canapé dans un couloir, presque penaud. En plateau, il est accueilli par un reproche. « Vous donnez de faux espoirs à ces gens. Il y a des manifestations tous les jours, cela sert à rien ». François Ruffin rétorque que « mon adversaire, c’est l’indifférence ». Pendant la publicité, alors que tout le monde continue de s’engueuler, François Ruffin grattouille sur un bout de papier. A la reprise, la discussion tourne rapidement autour du protectionnisme. Le candidat a du mal à dérouler ses idées et ressort lessivé. A peine le temps de dire au revoir, un chauffeur l’attend, direction la gare, pour un retour en Picardie.

La Somme a été un bastion du communisme et de ses innombrables divisions. Lors de précédentes élections, plusieurs listes étaient en concurrence. Pour réussir son pari, François Ruffin, non encarté, a rassemblé autour de sa candidature les sections locales du Parti Communiste Français (PCF), du Mouvement de la France Insoumise (MFI) et d’Europe Ecologie Les Verts (EELV). « C’est un département où il y a eu la guerre entre les communistes et ce n’est jamais bon. Il y a encore du travail à accomplir mais objectivement les choses bougent », commente le responsable de la fédération du PCF, Jacky Hénin.

« En interne, cela commence à aller mieux depuis un an et demi », estime Zoé Desbureaux, vingt cinq ans, membre du PCF et suppléante de François Ruffin. Michel, qui habite Abbeville et affiche quarante années de lutte au compteur, est du même avis.

Pour financer sa campagne, François Ruffin a mis de sa poche « trente mille euros à peu près ». Ce qui correspond aux dépenses remboursées par l'état pour les candidats qui dépassent le seuil de cinq pour cent des suffrages. Il doit trouver environ la même somme pour le financement du reste de sa campagne. « Si je n’arrive pas à dépasser ce score, c’est que je suis vraiment un gland. C'est sûr, je vais le faire ».

Dans son local de campagne, à Abbeville, vingt cinq mille habitants environ, François Ruffin fait connaissance Jeudi 9 Mars 2017 avec des militants locaux. Un porte-à-porte avec cinquante personnes avait été organisé au lancement de sa campagne. « A ce moment-là, nous avons eu peur que ce soit seulement un truc de bobos, parce qu’il y a eu beaucoup de parisiens qui sont venus pour filer un coup de main », explique Mathilde, originaire de la Somme et engagée auprès de François Ruffin.

Sur les murs du local, des plans des quartiers sont accrochés. Un code couleur indique les zones à démarcher en priorité. « Ma notoriété n’est pas immense au niveau de la circonscription, je ne me fais pas d’illusion à ce niveau-là. Il y a encore des noms de villages que je découvre alors que j’ai fait du journalisme local pendant dix ans dans le coin. J’ai l’impression que nous n'arriverons jamais à tout couvrir ». Et même à Amiens, ville que François Ruffin connaît très bien, la tâche pourrait s’annoncer plus compliquée que prévu. Dix-huit ans à la tête de Fakir, « journal fâché avec tout le monde, ou presque », cela ne facilite rien. Les vieilles embrouilles refont vite surface. Dans un livre sur les quartiers du nord de la ville publié en 2006, François Ruffin décrivait le fonctionnement d’une société de sécurité, fondée par des habitants, comme le bras armé de la mairie dans le quartier. Un travail que lui reprochent encore certains riverains. Rapidement repéré lors d’une visite sur un marché du quartier nord, au début du mois de mars 2017, il a été expulsé manu militari.

 

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12 mars 2017 7 12 /03 /mars /2017 18:03

 

Premières batailles judiciaires pour le décret contre l'immigration (Reuters)

 

Le juge fédéral de Seattle qui a suspendu au début du mois de février 2017 le premier décret contre l'immigration de Donald Trump a refusé d'étendre Vendredi 10 Mars 2017 cette mesure au nouveau texte signé par le président américain en demandant aux plaignants de lui fournir des documents supplémentaires.

 

Un juge fédéral du Wisconsin a en revanche ordonné dans le même temps la suspension du décret, mais seulement pour la famille d'un réfugié syrien qui avait déposé un recours.

 

Les états de Washington et du Minnesota, qui avaient obtenu le blocage du premier décret limitant l'entrée sur le territoire américain des ressortissants de sept pays à majorité musulmane, espéraient que la suspension pourrait s'appliquer sur le champ au nouveau décret, limité à six pays et aux seules nouvelles demandes de visas.

 

Mais le juge James Robart a refusé d'étendre mécaniquement son ordre de suspension temporaire et a demandé aux avocats des deux états de lui fournir tous les documents judiciaires requis pour une telle procédure.

 

Le nouveau décret de Donald Trump ne s'appliquera qu'à partir du Jeudi 16 Mars 2017. Plusieurs états et associations de défense des droits civiques ont fait part de leur intention de contester le texte devant la justice.

 

A Madison, dans le Wisconsin, c'est sur le recours d'un réfugié syrien dont la femme et la fille sont encore à Alep, mais qui ont vu leur demande d'asile acceptée par les Etats-Unis, qu'un tribunal fédéral était appelé à se prononcer.

 

Le juge William Conley a donné raison au plaignant, dont l'anonymat a été préservé pour protéger sa famille, en arguant notamment des risques auxquels celle-ci serait exposée si elle devait rester en Syrie.

 

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