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9 janvier 2017 1 09 /01 /janvier /2017 19:06

 

http://www.lemonde.fr/logement/article/2017/01/09/droit-au-logement-conquiert-trente-places-d-hebergement-pour-les-sdf-dans-l-hotel-dieu_5059591_1653445.html

 

L'association Droit Au Logement (DAL) conquiert trente places d’hébergement pour les Sans Domiciles Fixes (SDF) dans l’Hôtel-Dieu

 

L’Assistance Publique des Hôpitaux de Paris (APHP) a autorisé l’association à conserver les chambres situées dans une aile désaffectée jusqu'au mois de mars 2017.

 

Par Isabelle Rey-Lefebvre

 

C’est une jolie victoire pour les sans-abris parisiens qui, au cœur des journées les plus froides de l’hiver, le week-end du Samedi 7 Janvier et du Dimanche 8 Janvier 2017, auront gagné une trentaine de lits d’hébergement qu’ils peuvent conserver jusqu’à la fin du mois de mars 2017. Deux initiatives se sont, par un heureux hasard, conjuguées pour ce résultat.

Le médiatique docteur Gérald Kierzek, urgentiste à l’Hôtel-Dieu, hôpital de l’APHP, avait, Vendredi 6 Janvier 2017, tweeté le message « je suis de garde ce soir et j’accueillerai au chaud les personnes qui en ont besoin ». Puis, « il est inadmissible que des dizaines de lits au chaud soient vides, nous pourrions soigner et accueillir », tweet assorti de photographies de lits vides.

L’information a immédiatement circulé. « J’ai, Vendredi 6 Janvier 2017, avec le Service d'Aide Médicale Urgente (SAMU), été porter secours à un SDF en hypothermie, à vingt huit degrés », raconte le docteur Gérald Kierzek, « alors que nous aurions pu prévenir cela puisque, dans mon hôpital, je sais que quatre vingt lits sont vides. C’est insupportable, comme si nous avions oublié que, dans assistance publique, il y a le mot assistance ».

Samedi 7 Janvier 2017, le DAL a de son côté organisé l’occupation d’une aile désaffectée du plus vieil hôpital de France, l’Hôtel-Dieu, sur le parvis même de Notre-Dame de Paris, par une trentaine de SDF et mal-logés qui y ont passé la nuit du Samedi 7 Janvier au Dimanche 8 Janvier 2017.

« Nous nous attendions à être expulsés très vite par les flics, mais ce sont les soignants de la Confédération Générale du Travail (CGT) qui nous ont porté secours, nous procurant matelas, lits de camp et couvertures, puis la direction a accepté que nous nous installions dans l’aile Saint-Côme et elle y a rétabli le chauffage », expliquait Jean-Baptiste Eyraud, le porte-parole du DAL, Dimanche 8 Janvier 2017, n’en revenant pas. Les lieux, treize chambres avec cabinets de toilette, douches et kitchenettes, se prêtent on ne peut mieux à un hébergement temporaire.

Parmi les mal-logés présents, il y a Mustapha, vingt cinq ans. Cet apprenti boulanger ne sait plus depuis combien de mois il est à la rue, « j’appelle le cent quinze tous les jours et quand, par miracle, j’arrive à l’avoir, c’est pour me faire dire qu’il n’y a pas de place. Et c’est impossible de trouver du travail lorsqu’on ne sait même pas où on va dormir le soir même ». Ayadelé Abdoulakeem, jeune nigérian, exhibe, outre sa carte de résident, un jugement condamnant le préfet de Paris à l’héberger, avec une astreinte de cinquante euros par jour, « je suis à la rue depuis mon arrivée en France en 2013. Pourtant, je travaille, dans un atelier de réparation de vélos du quatorzième arrondissement de Paris ».

Isabelle Semado, cap verdienne, a bien obtenu un hébergement en hôtel à Chelles, dans le département de la Seine-et-Marne, mais à deux heures de transport de son travail d’auxiliaire de vie chez des personnes âgées. Diabi, sénégalaise, son mari, qui, comme elle, travaille comme personnel de ménage, et leurs deux enfants, sont hébergés chez des amis dans une chambre infestée de rats et de cafards, « nous avons besoin d’habiter pas loin de Paris, car nous travaillons tôt le matin et tard le soir et nos enfants sont scolarisés dans le troisième arrondissement ».

Le préfet d’Ile-de-France, Jean-François Carenco, et le directeur de l’APHP, Martin Hirsch, venus sur place, Dimanche 8 Janvier 2017 dans l’après-midi, ont trouvé un accord avec les nouveaux occupants de l’Hôtel-Dieu. L’APHP accepte de concéder l’aile Saint-Côme, gérée par l’association Aurore, jusqu’au mois de mars 2017, mais pas plus car, a expliqué Martin Hirsch, « l’hôpital, en pleine réorganisation, ne sera pas vendu mais retrouvera une vocation médicale », promet-il.

« Dès la fin du mois de janvier 2017, cet hôpital accueillera, dans une autre aile d’une quarantaine de places, de jeunes mères qui viennent d’accoucher et ne savent pas où aller », explique Sophie Brocas, secrétaire générale de la préfecture, qui dit répondre ici à « un besoin crucial », puisqu’environ cinq bébés naissent, chaque jour, à Paris, dans ces conditions.

« L’APHP est de bonne volonté, elle a mis à notre disposition de nombreux locaux sur les sites hospitaliers de Necker, de Broussais et de Fernand-Widal », ajoute Sophie Brocas. Par ailleurs, un nouvel accord passé entre le DAL et le préfet d’Ile-de-France permettra à une centaine de ménages d’être relogés dans le parc social de façon pérenne.

« Il y a beaucoup de locaux vides, notamment dans les établissements de soins dont la mission est l’hospitalité, et qui pourraient être mis à la disposition des mal-logés. J’espère que cette mobilisation à deux pas du kilomètre zéro du parvis de Notre-Dame va créer une onde de choc vers toute la France », prédit Jean Baptiste Eyraud, président fondateur du DAL.

 

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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 17:13

 

POUR UN BILAN DU LAMBERTISME

 

Suite à la lecture du témoignage de Pierre Salvaing, Robert Duguet écrivait récemment un message relatif au bilan du lambertisme.

 

Vous trouverez ci-dessous un paragraphe de ce message.

 

Le message est disponible en totalité si vous consultez le blog personnel de Robert Duguet à l’adresse ci-dessous.

 

Bernard Fischer

 

http://socialisme-2010.fr/blog2016/janvier2017.php#jan02

 

POUR UN BILAN DU LAMBERTISME

 

Dans la théologie lambertiste, il n’y a pas seulement l’imminence de la révolution qui tarde toujours à venir, il y a aussi, point aussi important, l’attitude à avoir vis-à-vis du parti de François Mitterrand. Là nous sommes en face du facteur politique qui a largement contribué à la liquidation du trotskysme dans notre pays. Pour ma part, ce processus je l’ai vécu de 1978 à 1984 à l’intérieur du Parti Socialiste. Etant dans le réseau de Jean Luc Mélenchon au sein du courant mitterrandiste et malgré d’incessantes interrogations que je posais à Marc Lacaze avec qui je discutais très régulièrement, je ne comprenais pas la stratégie qui était alors celle de la direction de l’Organisation Communiste Internationaliste (OCI) vis-à-vis du Parti Socialiste. L’afflux de nombreux adhérents et militants dans les sections du Parti Socialiste à partir de la vague électorale aux élections municipales de 1977 ouvrait une perspective de construction d’un courant à la gauche du Parti Socialiste. Je ne comprenais pas le refus de cette opportunité qui s’achève à mon sens avec le plan de Jacques Delors de 1983 et la honteuse défaite laïque de 1984. Rétrospectivement, je pense qu’après 1984 la présence de militants révolutionnaires au sein du parti de François Mitterrand ne se justifie plus.

Quand Pierre Salvaing décrit le fait que la politique de l’OCI dans les années 1976 ne permet plus de passer au stade du parti des dix mille militants, l’absurdité de la méthode des objectifs et des résultats, aussi justifiées que soient les problèmes pointés par Stéphane Just, l’analyse ne regarde pas ce qui se passe dans la représentation politique dans son ensemble, les rapports entre les classes et leurs représentations. La vague de fond de 1977 traduit le fait que la classe ouvrière regarde du côté du Parti Socialiste et ce mouvement s’approfondira jusqu’en 1982. La rupture de l’union de la gauche par le Parti Communiste Français (PCF) ne fera qu’amplifier ce mouvement de la classe ouvrière et de la petite bourgeoisie vers François Mitterrand. Alors oui durant ces quelques années il y avait une vraie opportunité de préparer les bases d’un dégagement centriste. Il ne se retrouvera d’ailleurs plus jamais après. En 1976, Pierre Salvaing souligne que l’OCI discute de la perspective de la Ligue Ouvrière Révolutionnaire (LOR), c’est-à-dire offrir aux militants en opposition à leurs directions politiques un cadre provisoire vers le parti révolutionnaire. Mais ce débat est à cette date à côté de la plaque. C’est vers le Parti Socialiste que le mouvement s’oriente. La LOR, ce n’est pas l’heure. Ce sera une opportunité perdue.

Ce qui se passera ultérieurement dans l’histoire ultérieure du Parti Socialiste n’a que peu d’intérêt pour ceux qui n’ont pas renoncé au socialisme. Il y a eu Marc Dolez qui, pour plagier le poète, résistera « ce que vivent les roses, l’espace d’un matin », après la bataille pour le non socialiste de 2005 à l’Europe néo-libérale. Puis il y a eu le départ de Jean Luc Mélenchon, sans bataille de fond d’ailleurs contre la direction du Parti Socialiste, ce qui infirme totalement l’idée que le mélenchonisme serait un développement centriste venu du Parti Socialiste. Ses positions actuelles, tant sur les questions nationales qu’internationales, n’ont plus rien à voir avec le centrisme d’un Marceau Pivert par exemple. Ce qui s’agitera à la gauche du Parti Socialiste sera d’une autre nature. Il me semble tout à fait contradictoire de placer Lionel Jospin au poste de premier secrétaire du Parti Socialiste, avec l’accord de François Mitterrand, et en même temps de construire un courant de gauche à l’intérieur du Parti Socialiste. Donner les rênes du Parti Socialiste à un homme que François Mitterrand lui-même connaissait comme un cadre de Pierre Lambert, c’était aussi un moyen de verrouiller l’organisation contre d’éventuels dégagements centristes.

Pour revenir à la question de l’entrisme, l’opération de Lionel Jospin n’a rien à voir avec la stratégie que Léon Trotsky avait préconisé en France et en Espagne dans les années qui précédent la seconde guerre mondiale. En opposition dans le mouvement ouvrier au rôle éminemment réactionnaire joué par l’internationale stalinienne, notamment en Allemagne en 1933, la Section Française de l’Internationale Ouvrière (SFIO) voit ses effectifs grandir et la démocratie devenir une réalité dans son organisation. Léon Trotsky défend l’entrée de ses camarades dans la SFIO, mais drapeau déployé et musique en tête. Ce qui l’opposera du reste aux pivertistes qui cristalliseront une opposition dans la SFIO, après la grève de 1936, la gauche révolutionnaire. Et il s’agit à l’époque de faire l’unité contre le fascisme. Mais dès lors où la SFIO prend le pouvoir, il va évoluer, comme parti parlementaire ouvrier-bourgeois, vers la crise de l’état et avec l’accord de front populaire vers sa droite. Pour Léon Trotsky, le temps sera alors venu de rompre avec l’appareil social-démocrate.

Voilà brièvement pour l’entrisme version Léon Trotsky. Chez Pierre Lambert, il s’agit de tout autre chose. François Mitterrand était coincé entre les attaques des néo-corporatistes de Michel Rocard et celles du Centre d’Etudes, de Recherches et d’Education Socialiste (CERES) de Jean Pierre Chevènement, relayant les positions de la direction du PCF contre le Parti Socialiste. Par ailleurs son courant n’avait aucune unité doctrinale, c’était un conglomérat d’appétits de carrières diverses et variées, il était bien incapable de mener une campagne présidentielle. Lionel Jospin n’est absolument pas un sous-marin du trotskysme, un entriste, mais un cadre politique prêté par la direction de l’OCI, dans un but bien précis, permettre à François Mitterrand de gagner au mois de mai 1981. Cela n’a plus rien à voir avec le trotskysme. Quant à la campagne de 1981, je ne suis pas d’accord avec Pierre Salvaing, l’ayant vécu de l’intérieur du Parti Socialiste, l’OCI a été infiniment plus efficace que les sections socialistes, elle avait alors l’organisation et la discipline. A l’époque, les militants socialistes un peu formés sur le plan doctrinal, et sur un ton un peu goguenard, appelaient l’OCI le cinquième courant du Parti Socialiste. Ils obéissaient, ils faisaient le boulot, surtout ils ne demandaient rien et ils ne risquaient pas de contrecarrer les ambitions locales de tel ou tel.

Les petits marquis de banlieue ou de province pouvaient s’endormir sur leurs deux oreilles, on travaillait à leur place. Il y a un point que ne soulève pas Pierre Salvaing. Appeler à soutenir François Mitterrand dès le premier tour des élections présidentielles et engager une campagne efficace sur ce point précis, en opposition à la ligne classique du trotskysme dans les élections, pour Pierre Lambert cela s’est négocié en espèces sonnantes et trébuchantes avec la direction du Parti Socialiste. Pourquoi ne pas en parler ? C’est toujours sur les questions d’argent que les vraies raisons d’une trahison apparaissent.

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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 16:46

 

http://www.mesopinions.com/petition/justice/abandon-toutes-charges-retenues-relaxe-cedric/27173

 

Pétition pour l'abandon de toutes les charges retenues contre Cédric Herrou et pour sa relaxe.

 

Mercredi 4 Janvier 2017, un homme était convoqué par la justice pour avoir fait la seule chose humainement possible pour des personnes et des enfants en danger, leur porter secours.

Nous demandons l'abandon de toutes les charges retenues et la relaxe de cet homme courageux.

Contre le délit de solidarité

Cédric Herrou est un agriculteur français de la vallée franco-italienne de la Roya.

Témoin de la détresse des migrants dont beaucoup sont des enfants, il va décider, comme d'autres habitants de la vallée, de leur venir en aide.

Hébergement, soins et nourriture, il essaye, avec les moyens dont il dispose, de soulager la misère de ces hommes, de ces femmes et de ces enfants.

L'agriculteur comparaissait Mercredi 4 Janvier 2017 devant le tribunal de Nice pour avoir installé une cinquantaine de réfugiés dans les locaux d'une ancienne colonie de vacances et pour avoir fait passer la frontière à près de deux cent personnes.

Une peine de prison de huit mois avec sursis a été requise à son encontre.

Le jugement sera rendu le 10 février 2017. Cédric Herrou n'est ni un criminel ni même un activiste, juste un homme ému par tant de détresse et déterminé à ne pas fermer les yeux et à agir là où les autorités brillent par leur absence.

Nous demandons sa relaxe ainsi que l'abandon de toutes les charges retenues contre cet homme qui a pour seul tort d'avoir agi comme chaque être humain devrait agir.

Signez la pétition pour ce citoyen solidaire des réfugiés

 

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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 16:34

 

http://www.liberation.fr/france/2017/01/08/quatre-militants-arretes-pour-aide-aux-migrants-dans-la-vallee-de-la-roya_1539874

 

Quatre militants arrêtés pour aide aux migrants dans la vallée de la Roya

 

Par Adèle Sifaut

 

Dimanche 8 Janvier 2017

 

Quatre militants, arrêtés Vendredi 6 Janvier 2017 dans la vallée de la Roya suite à une dénonciation, comparaîtront devant le tribunal correctionnel au mois de mai 2017.

Vendredi 6 Janvier 2017 fut le jour de tous les extrêmes pour les militants pro-migrants de la vallée de la Roya. Dans la matinée, un vent de liberté soufflait sur la place du palais de justice de Nice. Déféré pour aide au séjour et à la circulation de personnes en situation irrégulière, le professeur et chercheur Pierre-Alain Mannoni apprenait sa relaxe. Mais Vendredi 6 Janvier 2017 à 17 heures, quatre militants étaient interpellés à Sospel pour le même motif.

Vendredi 6 Janvier 2017, deux voitures suivent la route entre Breil-sur-Roya et Sospel. A bord, il y a quatre militants et neuf migrants. « Dans la vallée, nous étions débordés. Ce soir-là, nous ne pouvions pas loger tout le monde dans des conditions correctes. Alors, nous avons décidé de les emmener dans une maison sur une autre commune de la vallée de la Bévéra », raconte Sylvain, le mari de Françoise, l’une des interpellés.

« C’était soit ce transport, soit une nuit sous la tente alors que la température tombe à moins trois degrés en ce moment ». Mais le convoi n’arrivera jamais à destination. Dénoncée, la petite troupe est rattrapée et interpellée par les gendarmes à Sospel. « Ces personnes ont choisi de mettre en place un stratagème qui consistait à éviter l’un des douze points de contrôle qui émaillent la bande des vingt kilomètres de frontière », explique le procureur de la république de Nice, Jean-Michel Prêtre, à Libération.

L'objectif du quatuor était de déposer les migrants quelques mètres avant le barrage des gendarmes, passer la frontière sans passager puis les récupérer un peu plus loin. Les migrants, eux, rejoignent les voitures à pied, en empruntant des sentiers éloignés du point de contrôle. « Ce stratagème est constitutif d’une atteinte à la loi », rappelle le procureur.

Interpellés avec six des migrants, dont plusieurs mineurs, les quatre militants décident de rester silencieux, même en garde à vue. « Nous changeons de stratégie », dit leur conseil, Maeva Binimelis. « Nous ne voulons pas apporter une preuve de culpabilité sur un plateau d’argent. A chacun son travail, celui de la gendarmerie est de rechercher la vérité ».

Une manœuvre de défense que n’ont pas choisie les deux militants déjà jugés au tribunal de Nice. Après avoir médiatisé et revendiqué clairement ses actions à la barre, Cédric Herrou risque désormais huit mois de prison avec sursis.

Pierre-Alain Mannoni, lui, a été relaxé mais sera rejugé, le parquet ayant fait appel. « La vallée est au bord de l’implosion, sous tension du fait de l’afflux de migrants », rappelle Maeva Binimelis. Depuis un an et demi, les migrants affluent dans la vallée de la Roya, une enclave montagneuse située à la frontière entre l’Italie et la France. Pensant rejoindre le nord de l’Europe, ils s’y retrouvent coincés. « Nous sommes surbookés et fatigués. L’afflux est encore plus fort qu’avant », note Nathalie, militante de l’Association Roya Citoyenne (ARC). « Il faut bien comprendre que, une fois aidés et hébergés, les migrants n’ont à l’idée que de repartir ». Une situation qui fait craindre le pire à Sylvain, « si nous ne les aidons pas, ils partiront d’eux-mêmes par les chemins. Avec les risques, le froid et la neige, ce ne sont plus des personnes en bonne santé que les gendarmes ramasseront, mais des morts ».

Après vingt-quatre heures de garde à vue à Menton, Sospel et Breil sur Roya, les quatre habitants de la vallée de la Roya apprennent qu’ils sont renvoyés devant le tribunal correctionnel. Ils se présenteront au palais de justice de Nice le 10 mai 2017 à 13 heures 30. Tous encourent cinq ans de prison et trente mille euros d’amende.

 

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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 16:06

 

http://www.droitaulogement.org/2017/01/occupationhd_salleouverte

 

Communiqué du Droit Au Logement (DAL)

 

Samedi 7 Janvier 2017 à 23 heures 30

 

Occupation de l’Hôtel Dieu

 

Une salle est ouverte pour les sans logis du DAL

 

Après quelques tergiversations, les occupants sans logis du DAL, une trentaine de personnes, ont été installés au Rez De Chaussée de l’aile Saint Côme. Quelques militants du DAL vont également y passer la nuit, tranquillement et au chaud.

L‘aile Saint Roch, occupée depuis le Samedi 7 Janvier 2017 à 15 heures 30 par environ deux cent mal logés du DAL, soutenus par des militants de différentes organisations, Confédération Générale du Travail (CGT), Union Syndicale Solidaire, ATTAC, Fanfare Invisible, Mouvement National des Chômeurs et des Précaires (MNCP), Nuit Debout et Parti de Gauche, a été libérée dans la soirée.

Dimanche 8 Janvier 2017, le préfet de région, Jean François Carenco, se rendra sur place pour discuter des suites de cette occupation.

DAL se félicite de ce premier résultat et rappelle que des milliers de mètres carrés sont toujours vacants à l’Hôtel Dieu, dans les locaux de l’Assistance Publique des Hôpitaux de Paris (APHP) et dans les hôpitaux en général, tandis que le nombre de sans abris ne cesse d’augmenter.

Une manifestation pour les sans logis aura lieu Samedi 14 Janvier 2017 à 15 heures place de l'Hôtel de Ville à Paris pour la mobilisation et la réquisition des locaux et des logements vacants publics ou de grands propriétaires pour l'accueil des sans-logis.

 

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7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 20:16

 

https://www.ensemble-fdg.org/content/communique-de-ensemble-solidarite-avec-cedric-herrou-et-les-citoyen-ne-s-aidant-e-s

 

Communiqué d'Ensemble

 

Solidarité avec Cédric Herrou et les citoyens aidants.

 

Agriculteur dans la vallée de la Roya et membre de l'Association Roya Citoyenne (ARC), Cédric Herrou est passé en procès devant le tribunal correctionnel de Nice, Mercredi 4 Janvier 2017.

Pour avoir légitimement porté aide, secouru et hébergé des migrants, ayant traversé à leurs risques et périls la Méditerranée, il encourait cinq ans de prison et trente mille euros d'amende.

La justice lui reproche également d'avoir utilisé un bâtiment de la Société Nationale des Chemins de Fer (SNCF) pour accueillir les migrants.

Ensemble apporte un soutien inconditionnel à Cédric Herrou et à ses camarades de la vallée de la Roya et s'associe aux mobilisations en cours.

C'est le procès de la solidarité vis-à-vis de ceux et celles qui ont dû quitter leur pays victimes de guerres et de dictatures. La plus grande vigilance est nécessaire à l'égard des poursuites engagées.

C'est le procès de citoyens qui sont venus en aide aussi bien à des adultes qu'à des mineurs non pris en charge et qui sont victimes des politiques répressives du gouvernement et du département qui y ajoute la stigmatisation.

Eric Ciotti, député et président du conseil départemental des Alpes-Maritimes, n'a pas hésité à comparer les membres de l'ARC à des délinquants.

Mercredi 4 Janvier 2017, le procureur, Jean-Michel Prêtre, a requis huit mois de prison avec sursis, mise à l'épreuve et la confiscation de son véhicule, c'est scandaleux.

Déjà, lors d'un premier procès contre un enseignant-chercheur, le procureur avait requis six mois de prison avec sursis, jugement mis en délibéré.

Les frontières tuent, ouvrons-les.

Les migrants et les réfugiés doivent être accueillis dans de bonnes conditions et pouvoir déterminer leur avenir sans être en permanence poursuivis, raflés, parqués et expulsés s'ils tombent sous le coup des accords de Dublin qui doivent être abrogés.

Ensemble exige l'application du droit et des traités internationaux et la liberté de circulation et d'installation.

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7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 19:51

 

UNE JEUNESSE FRANCAISE

 

Pierre Salvaing publiait récemment un témoignage de quatre cent vingt pages relatif à l’histoire de l’Organisation Communiste Internationaliste (OCI).

 

Robert Duguet en faisait une synthèse de vingt pages.

 

Vous trouverez ci-dessous un seul paragraphe de la synthèse de Robert Duguet relatif à l’histoire des relations entre l’OCI, l’Union Nationale des Etudiants de France (UNEF) et le Parti Socialiste à la fin des années 1970 et au début des années 1980.

 

Je vous invite bien évidemment à la lecture de la totalité de la synthèse de Robert Duguet et à la totalité du témoignage de Pierre Salvaing disponibles si vous consultez le blog personnel de Robert Duguet à l’adresse ci-dessous.

 

Bernard Fischer

 

http://socialisme-2010.fr/blog2016/janvier2017.php#jan01

 

UNE JEUNESSE FRANCAISE

 

Lorsque l’OCI prend l’UNEF en 1971, l’UNEF n’est plus qu’une coquille vide.

Le Parti Socialiste Unifié (PSU) et la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR) ont déserté le combat syndical et les trotskystes se trouvent face à face avec les staliniens du courant pour le Renouveau de l’UNEF qui défendent la participation aux conseils de gestion de la loi d’Edgar Faure.

L’OCI releva le gant de la lutte pour l’indépendance vis-à-vis des conseils de gestion contre les staliniens, mais ce combat n’entraînait qu’une avant-garde de militants.

Pierre Salvaing écrit que « nous aurions dû peut-être prendre davantage la mesure de la réalité de ces conditions exceptionnelles. C’est comme lorsqu’un petit détachement d’armée se trouve isolé en avant-garde, par sa vaillance et le hasard des circonstances de la guerre. Il ne peut en rester là. Ou bien le reste de l’armée le rejoint rapidement, ou bien il doit se préparer à se replier en bon ordre. Autrement dit, ne fallait-il pas nous préparer, dès la conquête de l’UNEF, à la certitude de la perdre quelques années plus tard ? Cela me paraît aujourd’hui l’issue la plus logique et la plus politique, celle qui nous aurait permis de garder une véritable organisation révolutionnaire dans la jeunesse. Cela aurait permis aussi de lancer les étudiants révolutionnaires dans un travail théorique et politique et un accès plus solide à la conscience des actes entrepris. En lieu de quoi, la direction de l’OCI a cherché, pour la garder ou en la gardant, des alliances et des combines, qui ont porté leurs fruits vénéneux à partir de 1976 et de 1977, mais surtout avec la fameuse réunification de 1980. Cette réunification, inévitable à terme, unissait dans le syndicat l’OCI et le Parti Socialiste. Qui pouvait penser que, dans cet attelage, l’OCI conserverait les guides politiques ».

C’est une petite aristocratie ouvrière qui finalement, de combines en combines, de manœuvres d’appareil en manœuvres d’appareil, va conduire sa direction en 1981 à adopter envers le gouvernement de François Mitterrand, de Pierre Mauroy et d’Alain Savary, une position bienveillante de concertation. La direction de l’UNEF nous entraînera sur le terrain de la participation. C’était tourner le dos à la ligne qui avait permis de sauver le syndicat en 197, la lutte contre la réforme d’Edgar Faure et le combat contre la participation et la cogestion des universités. L’UNEF Indépendante et Démocratique a présenté des candidats aux élections universitaires. Elle a pris pour argent comptant les engagements d’Alain Savary de modifier la loi d’Edgar Faure. Lorsque, en 1983, Alain Savary présentera un projet de loi aggravant encore la loi d’Edgar Faure, l’UNEF, tout en le dénonçant, n’en continua pas moins sa participation aux conseils d’université, avec l’accord de la direction de Pierre Lambert.

Mieux, le combat pour la réunification syndicale, menée formellement sur la ligne du front unique du type de la Fédération de l’Education Nationale (FEN), un seul syndicat intégrant en son sein tous les courants du mouvement ouvrier, conduisait en fait à liquider ce qui faisait la spécificité du combat des trotskystes à l’université. Alors ont commencé les tripatouillages avec la Mutuelle Nationale des Etudiants de France (MNEF), la mutuelle étudiante véritable pompe à fric qui était la raison que le Parti Socialiste portait au syndicat et à la prétendue réunification. Le départ de Jean Christophe Cambadélis et de plusieurs centaines de militants étudiants en 1986 marquera la fin et en fait la liquidation du travail des trotskystes dans la jeunesse.

Dans une interview de Benjamin Stora, qui était en 1986 responsable de la fédérale étudiante de l’OCI, on lit que « dès 1978, Jean-Christophe Cambadélis m'a dit que, ce qu'il faudrait, c'est réunifier l'UNEF avec ceux du Parti Socialiste de François Mitterrand, contre le Centre d’Etudes, de Recherches et d’Education Socialiste (CERES), construit et dirigé alors par Jean Pierre Chevènement, allié aux staliniens. Il m'a présenté Jean Marie Le Guen, un type fade pas très à gauche, Jean-Michel Grosz et Jean-Loup Salzman. Les mitterrandistes à l'université n'étaient rien, seulement ces trois-là ».

Preuve que le mitterrandisme dans la jeunesse ne représentait rien, sinon trois obscurs bureaucrates professionnels. C’est à ceux-là qu’on a remis les clés de l’UNEF et du travail révolutionnaire dans la jeunesse. Si ce n’est pas une trahison, qu’est-ce que c’est ? Et une trahison qui concerne au premier chef celui qui est au centre du système, Pierre Lambert. Une politique de ralliement au front populaire sans rivage à droite. En 1979, ce sont les rocardiens qui frappent à la porte de l’UNEF.

Pierre Salvaing note « qu’en 1979, une autre composante se présente, celle-là tout à fait étrangère, les rocardiens. Pierre Lambert n'était pas très chaud pour les prendre, mais Jean Christophe Cambadélis était pour. Nous avons eu Manuel Valls, Alain Bauer, Stéphane Fouks et peut-être aussi Jean Jacques Urgoas, l'actuel ministre de la justice ».

 

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7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 19:03

 

http://www.elmundo.es/pais-vasco/2016/12/29/5865014eca4741e0418b4616.html

 

Mikel Zuloaga et Begonia Huarte libérés en échange du paiement d’une caution de deux mille euros par personne


 

Mikel Zuloaga et Begoña Huarte, accusés en Grèce de tentative d’immigration illégale en essayant de transporter huit réfugiés de Grèce en Italie, ont été libérés, Vendredi 30 Décembre 2016.

Le juge d’instruction a imposé à chacun d’entre eux le paiement d'une caution de deux mille euros, dans un délai de douze jours, et l'interdiction de quitter la Grèce avant le paiement de leur caution.

Leurs avocats ont dit à EFE que le juge a approuvé leur libération parce qu’il n'y avait aucun risque de fuite. Dans leur déclaration devant le tribunal, les deux militants ont clairement indiqué que leur intention était précisément de comparaître pour défendre leur cause.

Dans une vidéo publique enregistrée en cas d'une éventuelle arrestation, Mikel Zuloaga et Begonia Huarte ont souligné que le but de cet acte de désobéissance civile était d’effectuer une dénonciation politique des politiques européennes contre les réfugiés.

Dans cette vidéo, Mikel Zuloaga et Begonia Huarte reconnaissent publiquement l’illégalité de leur action et disent qu’ils assument les conséquences de leur initiative.

Devant le tribunal d’Igumenitsa, des militants grecs et des volontaires espagnols travaillant dans les camps de réfugiés étaient rassemblés pour les soutenir et dénoncer les politiques inhumaines de l'Europe contre les réfugiés.

Devant le tribunal, Mikel Zuloaga a remercié les personnes présentes pour leur soutien, mais il a ajouté qu’il voulait maintenant « sortir de cette situation, parce que le plus important, ce sont les réfugiés ».

Begonia Huarte, quant à elle, a dit que, bien que cette fois l'action n'ait pas réussi, elle essaierait à nouveau. « Je recommencerais », a-t-elle dit. Dans une déclaration à la chaîne de télévision vénézuélienne Telesur, le seul média présent, les deux militants ont dit qu’ils étaient satisfaits de l'impact de leur action et qu’elle n'aurait pas été nécessaire si le gouvernement espagnol respectait ses engagements relatifs à l’accueil des réfugiés.

Par rapport aux faits pour lesquels ils sont jugés, en plus de faire face à des accusations d’aide à l'immigration clandestine, ils doivent répondre d’imprudence grave contre l'intégrité des réfugiés et de détention clandestine des réfugiés dans un espace réduit.

Mikel Zuloaga et Begonia Huarte ont été arrêtés Mardi 27 Décembre 2016 dans le port d’Igumenitsa, dans le nord est de la Grèce, à l’intérieur d’un camping car qui s’apprêtait à monter à bord d’un ferry en partance pour l'Italie. Cachés dans le véhicule, il y avait huit réfugiés qu’ils voulaient emmener en Euskadi.

Pendant l’audience, l'un des huit réfugiés, un iranien, a comparu comme témoin. Il a déclaré au tribunal devant une chaîne de télévision qu’il ne s’était jamais senti en danger, parce que la ventilation du véhicule qui les transportait était en bon état de fonctionnement.

Des huit réfugiés qui devaient voyager avec les militants, six d’entre eux, tous des demandeurs d'asile, ont été libérés immédiatement, car ils n’étaient pas considérés comme des délinquants. Les deux autres, des pakistanais dont la demande de libération n’avait pas été traitée, devraient être libérés prochainement, quand leur demande de libération sera traitée, ont déclaré les avocats de la défense.

 

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7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 18:56

 

Un universitaire de Nice relaxé après avoir aidé des migrants (Reuters)

 

Le tribunal correctionnel de Nice a relaxé Vendredi 6 Janvier 2017 un universitaire jugé le 23 novembre 2016 pour aide au séjour et à la circulation de migrants originaires d'Erythrée.

Les juges n'ont pas suivi les réquisitions du parquet, qui avait réclamé six mois de prison avec sursis à l'encontre de Pierre-Alain Mannoni, arrêté au mois d’octobre 2016 avec trois migrants à bord de son véhicule.

« Il n'avait pas d'autre intention que d'offrir une nuit de sécurité aux personnes secourues et à préserver leur dignité », a expliqué dans son délibéré la présidente, soulignant qu'il n'y avait eu « aucune contrepartie directe ou indirecte ».

Cet enseignant chercheur âgé de quarante cinq ans avait été interpellé au péage de la Turbie, dans le département des Alpes-Maritimes, en compagnie d’érythréennes qu'il prévoyait de ramener à son domicile de Nice avant de les aider à se rendre à Marseille.

Ce jugement fait écho à celui de Cédric Herrou, un agriculteur de Breil-sur-Roya, également dans le département des Alpes-Maritimes, jugé Mercredi 4 Janvier 2017 à Nice pour avoir aidé plusieurs dizaines de migrants en situation irrégulière à franchir la frontière franco-italienne et pour les avoir transportés et hébergés.

Les juges rendront leur délibéré le 10 février 2017 dans cette autre affaire, pour laquelle le parquet a demandé huit mois de prison avec sursis.

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6 janvier 2017 5 06 /01 /janvier /2017 20:19

 

http://filiu.blog.lemonde.fr/2017/01/06/comment-m-melenchon-nie-le-peuple-de-syrie-et-ses-droits

 

Comment Jean Luc Mélenchon nie le peuple de Syrie et ses droits

 

Le refus de Jean Luc Mélenchon de distinguer entre les bombardements russes contre Alep et ceux de la coalition occidentale contre l'Etat Islamique ne peut que nourrir les pires amalgames.

 

Par Jean Pierre Filiu

 

Vendredi 6 Janvier 2017

 

Jean-Luc Mélenchon, dans un tout récent entretien au Monde, développe une analyse de la Syrie qu’il pose au cœur de sa vision des relations internationales. Mais il n’atténue rien de sa sympathie pour les thèses de Vladimir Poutine, tout en nourrissant désormais les pires amalgames.

Le chef des insoumis n’a pas l’autosatisfaction discrète. Je rappelais dans mon blog comment, au mois de mars 2016, il avait salué la libération de Palmyre par le régime de Bachar al Assad, puissamment aidé par ses alliés russes et iraniens, « que ce jour est suave de ce point de vue. Oui, comment laisser passer cette douce revanche sur les détracteurs permanents de mes positions sur la Syrie, la Russie et ainsi de suite ». Il n’a pas eu pourtant un mot sur la reprise de Palmyre par l'Etat Islamique au mois de décembre 2016.

Cette fois on appréciera la modestie « des faits qui m’ont donné raison à cent pour cent ». Jean Luc Mélenchon nie en effet toute aspiration du peuple syrien à un changement démocratique et il évacue la longue phase du soulèvement pacifique de 2011 pour réduire la crise syrienne, non pas seulement à une guerre civile, mais à une guerre de puissance. Les différents groupes syriens ne seraient que des pions dans une guerre par procuration entre différents intervenants étrangers.

L’argument massue de Jean Luc Mélenchon à l’appui de cette thèse est le cessez-le-feu conclu entre la Russie, la Turquie et l’Iran. Que ce cessez-le-feu soit pour le moins vacillant ne trouble pas le caractère catégorique de telles affirmations. Jean Luc Mélenchon oublie d’ailleurs significativement l’Iran dans sa mention des parrains du cessez-le-feu, car cela compliquerait un peu sa perception binaire du monde.

« Mon point de vue est strictement français »

Contrairement à cette profession de foi, les thèses de Jean Luc Mélenchon sur la Syrie demeurent en phase avec la propagande martelée par le Kremlin, lui-même en écho de la dictature de Bachar al Assad. D’abord, nous l'avons vu, la négation de la dimension initialement pacifique du soulèvement populaire pour le réduire à une guerre civile désormais instrumentalisée depuis l’étranger. Ensuite, la qualification de bandes armées pour désigner l’ensemble de l’opposition militaire à Bachar al Assad, en assimilant les djihadistes aux non djihadistes pour mieux discréditer ces derniers.

C’est Bachar al Assad lui-même qui banalise l’expression de « bandes armées » dès 2011. Jean-Marie Le Pen la reprend très tôt en France, avec qu’elle ne fasse florès sur les sites du Front National ou du réseau Voltaire, entre autres. Ces « bandes armées » doivent être neutralisées avant que le peuple syrien ne puisse voter librement sur son avenir. Jean Luc Mélenchon reprend cette affirmation abracadabrantesque, oubliant sans doute que les dernières élections libres en Syrie remontent à 1961. Le parti Baas, au pouvoir depuis 1963, a proscrit tout scrutin digne de ce nom sous le règne d'Hafez al-Assad, de 1970 à 2000, puis de son fils, Bachar al Assad.

Egalement en phase avec la propagande du Kremlin est la conviction exprimée par Jean Luc Mélenchon que « les Etats-Unis sont fous de rage sur la façon dont a tourné l’affaire de Syrie ». Nous conviendrons que cette rage est pour le moins contenue, l’administration de Barack Obama ayant systématiquement reculé face à la Russie, depuis le refus de sanctionner l’usage d’armes chimiques à Damas, au mois d'août 2013, jusqu’à la chute d’Alep, au mois de décembre 2016.

Vladimir Poutine mène bel et bien une « guerre froide à sens unique » dont Jean-Luc Mélenchon entretient l’illusion.

« Pourquoi choisir entre les bombardements »

Jean Luc Mélenchon continue d’esquiver toute position claire sur les bombardements russes à Alep. Il les met sur le même plan que les bombardements « turcs, nord-américains et français ». Nous rappellerons que les pilonnages russes ont visé dans leur écrasante majorité l’opposition non djihadiste à Bachar al Assad et se sont concentrés à la fin de l'année 2016 contre Alep, une ville dont l'Etat Islamique avait été expulsé au mois de janvier 2014. En revanche, les bombardements de la coalition occidentale contre l'Etat Islamique visent par définition l’organisation d’Abou Bakr al-Baghdadi, dont la planification terroriste a lancé une sanglante « campagne d’Europe », notamment contre la France.

Cette différence d’objectifs aurait pu interpeller un présidentiable fier de son « point de vue strictement français ». Admettons qu’il n’en soit rien. Mais nul ne peut nier le fait que les frappes russes ont systématiquement visé des cibles civiles, hôpitaux, écoles et boulangeries, et qu’elles ont été menées sur la seule base d’un accord avec la dictature de Bachar al Assad. Les opérations contre l'Etat Islamique peuvent, en revanche, se prévaloir de textes de l’Organisation des Nations Unies (ONU), dont la résolution du conseil de sécurité adoptée à l’unanimité au mois de novembre 2015.

« Pourquoi choisir » n’est au fond pour Jean-Luc Mélenchon qu’une interrogation rhétorique. Il a bel et bien choisi. Mais qu’il n’avance pas masqué.

 

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