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11 février 2017 6 11 /02 /février /2017 16:11

 

https://www.francebleu.fr/infos/international/manifestation-dans-le-calme-pour-plusieurs-milliers-de-kurdes-strasbourg-1486814609

 

Manifestation dans le calme de quinze mille à vingt mille kurdes à Strasbourg

 

Par Romane Porcon et Olivier Vogel

 

Ils sont près de vingt mille kurdes à défiler Samedi 11 Février 2017 dans les rues de Strasbourg, la capitale européenne. C'est un défilé dans le calme. Comme chaque année depuis dix huit ans, les militants réclament la libération de leur leader Abdullah Öcalan, emprisonné en Turquie et plus de libertés pour le peuple kurde.

 

Manifestation dans le calme à Strasbourg Samedi 11 Février 2017 de quinze mille à vingt mille kurdes qui participent au défilé annuel des kurdes d'Europe. L'ambiance est festive pour le cortège avec de la musique et les drapeaux déployés. Cette semaine, des incidents avec des membres de la communauté turque pro gouvernementale ont eu lieu à Sarre Union et à Saverne. Le cortège sous surveillance policière, dispose de son propre service de sécurité, Samedi 11 Février 2017, pour éviter tout débordement.

 

Les militants se sont d'abord réunis dans le quartier de la gare de Strasbourg avant de rejoindre le quartier de la Meinau. Un meeting doit se tenir Samedi 11 Février 2017 en début d'après-midi place des Vanneaux. Les années passent, les slogans restent. « Libérez Abdullah Öcalan » crient les manifestants. Depuis dix huit ans, ils réclament la libération de leur leader Abdullah Öcalan, capturé à Nairobi en 1999 et condamné en Turquie à la prison à perpétuité. Ils s'en prennent également à l’état turc, ils réclament la libération de tous les prisonniers politiques en Turquie et ils demandent également un statut pour le Kurdistan. L'année dernière, quinze mille personnes avaient participé au défilé.

 

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11 février 2017 6 11 /02 /février /2017 15:54

 

http://www.alencontre.org/europe/espagne/etat-espagnol-podemos-a-la-croisee-des-chemins.html

 

http://www.vientosur.info/spip.php?article12195

 

Podemos à la croisée des chemins

 

Par Manuel Gari, économiste, membre de Podemos, d’Anticapitalistas et du conseil de rédaction de Viento Sur

 

Jeudi 9 Février 2017

 

Toute personne qui n’est pas un initié des labyrinthes internes de l’élite de Podemos ne peut comprendre les clés du débat dans le débat qui se déroule de manière publique et ininterrompue entre les errejonistes et les pablistes. C’est d’autant plus incompréhensible quand la conjoncture est optimale pour consolider Podemos qui se situe au deuxième rang dans les intentions de vote et au premier parmi les partis d’opposition au Parti Populaire de Mariano Rajoy avec la possibilité à venir de former un gouvernement.

Le capital de confiance accumulé en faveur de Podemos peut s’évaporer si, lors de son deuxième congrès, l’organisation ne sort pas avec un projet politique clair visant à empêcher qu’il y ait une résolution de la crise de 1978, qui n’est pas une crise de l'état, en particulier de sa clé de voûte, le bipartisme. Ce qui déboucherait sur un processus dur et difficile de modification de la constitution. La confiance des classes subalternes et des jeunes dans la nouvelle organisation peut s’éteindre si ne sont pas combattues et freinées les politiques d’austérité imposées par l’Union Européenne qui imprègnent les budgets antisociaux et la réforme de la législation du travail, conçue contre les droits des travailleurs et travailleuses, d'où l’irresponsabilité fratricide.

Le mouvement du 15 mai 2011 a mis en question le régime de 1978 et il a dénoncé la corruption. Mais, avant tout, il a exigé des responsabilités à ceux qui jusque-là représentaient symboliquement, dans le camp populaire, les aspirations les plus profondes, c’est-à-dire le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE). Ce dernier est entré dans une profonde crise de projet. C’est dans Podemos que ces aspirations populaires, pour beaucoup, ont trouvé leur expression. La seule chose qui explique que, malgré le spectacle digne d’un feuilleton que sont en train d’offrir ceux qui devraient chercher à donner des solutions, les intentions de vote pour Podemos ne s’affaissent pas, selon le centre de recherche sociologique (CIS), repose sur deux éléments. Tout d’abord, nous naissons comme un besoin pour un large secteur après les luttes des marées et non pas, comme cela a été écrit de façon idiote et prétentieuse, par des politologues dans un bureau de sciences politiques de l’université. Ensuite, Podemos résiste parce que le PSOE ne surmonte pas sa prostration, pour le moment.

Ces jours, nous avons lu et entendu une série d’explications de la crise interne de Podemos selon une grille d’interprétation du type conspiration entre cliques. Il parle plus de loyautés personnelles que d’allégeances à un projet et aux gens d’en bas. Certains de ces écrits deviennent pathétiques avec une tonalité d’amour éconduit. D’autres justifient, en dépit de l’importante formation philosophique des auteurs, les options politiques fort erronées du congrès de fondation de Podemos. Et cela sur le terrain des orientations politiques, les illusions sur la possibilité de prendre le gouvernement en dehors des relations de force entre classes sociales, et sur le terrain organisationnel, la construction d’une machine de guerre hiérarchique empêchant, sous une forme quotidienne, la participation et les débats des militants.

Et pour justifier ce qui est dit, on présente des vieilles photographies de la fonction de Podemos sur lesquelles ne sont pas visibles beaucoup de ceux qui étaient alors présents. Mais ceux qui le font commettent une violation de la vérité. Ce sont les photographies d’une fraction, Claro Que Podemos (CQP), qui a dirigé l’organisation depuis la direction unifiée, celle dont les composantes, aujourd’hui, se chamaillent. Cette photographie arrive tard, l’image réelle de la fondation de Podemos est celle prise bien avant dans le Teatro del Barrio, le 17 janvier 2014, jour où a été présentée l’initiative de Podemos, théâtre se situant dans le quartier Lavapiés de Madrid. Cette photographie est celle qui représente le mieux le futur du Podemos dont il ne reste personne. Devant une centaine de personnes, l’initiative était présentée, dans la perspective des élections européennes, et ses premiers pas se faisaient en présence de Miguel Urbán, Jorge Moruno, Teresa Rodríguez, Juan Carlos Monedero et Inigo Errejon.

Podemos, lors de son deuxième congrès, fait face à deux défis qui ne sont pas si simples pour ceux qui détiennent la couronne. D’une part, conclure cette assemblée avec un plan de travail et des propositions de programme qui permettent d’apparaître comme une option fiable pour former un gouvernement de changement qui, tôt ou tard, devra s’affronter à l’oligarchie européenne et espagnole et opter entre ceux d’en haut et ceux d’en bas. D’autre part, mettre en place un parti-mouvement démocratique capable d’alimenter les énergies de la société et de s’en nourrir, au même titre que les énergies des organisations sociales, de leurs aspirations et des luttes des classes subalternes. Nous devons ouvrir des brèches populaires dans les institutions, nous battre pour améliorer les conditions de vie de la majorité, mais ne pas croire que marcher sur les moquettes suffit à résoudre en modifier les rapports de force entre classe en faveur du peuple. Pour cela, il faut que Podemos, Unidos Podemos, les confluences en Galice et en Catalogne et le nouveau municipalisme alternatif se constituent dans leur ensemble en un nouveau sujet politique. Cela en plus d’utiliser de manière adéquate les sièges conquis afin d’impulser l’auto-organisation populaire. Le peuple, les peuples, ni ne se créent, ni ne se détruisent, ils se transforment. Il se transforme si augmente son degré de conscience, d’organisation et de capacité d’agir, et si se forgent de nouvelles alliances, des identités et des communautés.

Dans la lutte entre les Montaigu et les Capulet, dans celle entre les Guelfes et les Gibelins, il n’est pas question de choisir l’un ou l’autre.

Je choisis une autre saga historique qui apparaît et réapparaît dans le cours de l’histoire et prend des formes différentes, celle de Spartacus.

Et cela pour aucune autre raison de fond que le soutien aux documents et aux candidats pour le deuxième congrès présentés par Podemos en Movimiento, car il s’agit de propositions responsables, démocratiques, non sectaires, en dehors des conspirations et qui offrent des solutions, et non pas des histoires. Aujourd’hui, l’essentiel est de faire face à la grande coalition entre le Parti Populaire, le PSOE et Ciudadanos. En outre, comme l’affirme avec sagesse l’Ecclésiaste, « vanitas vanitatum, omnia vanitas », « vanité des vanités, tout est vanité ».

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11 février 2017 6 11 /02 /février /2017 15:24

 

http://www.francoisruffin.fr/je-me-presente

 

Je me présente

 

Par François Ruffin

 

Né à Calais, j’ai grandi à Amiens, où j’ai fondé le journal Fakir, « fâché avec tout le monde », en 1999. Mes articles m’ont valu un paquet de procès, sept, dont six de gagnés, contre un premier adjoint, contre le Président Directeur Général (PDG) de Casino et contre l’ancien propriétaire de Flodor.

C’est une petite entreprise qui a prospéré, devenu national, avec six salariés, le journal est aujourd’hui vendu à trente mille exemplaires. Je sais ce que signifie équilibrer un budget, payer des cotisations et faire le tour des administrations.

L’an dernier, j’ai réalisé le film Merci Patron. Avec cinq cent mille entrées, cette mini-production tournée à Flixecourt, dans le Nord, à Amiens, a été le plus gros succès au cinéma pour un documentaire en 2016. Le film est maintenant diffusé en Italie, en Espagne, au Canada, au Mexique et sur Canal Plus.

J’ai également travaillé durant sept ans pour la radio France Inter, avec des allers retours quotidiens à Paris, l'intercité et ses aléas, je connais, ou encore pour le Monde Diplomatique.

J’ai reçu le « prix des lycéens du livre économique » pour un livre rédigé avec Antoine Dumini, « comment ils nous ont volé le football ».

Car c’est mon loisir préféré, ma passion d’enfance qui se prolonge, le football. Après Ribemont-sur-Ancre, puis les portugais d’Amiens, je joue chaque dimanche matin en vétérans avec l'olympique amiénois. Et nous coorganisons chaque année, avec Fakir, le tournoi de sixte d’Eaucourt-sur-Somme, en mémoire de notre copain Antoine.

Quant à ma famille, j’ai deux enfants, de cinq et de huit ans, en garde alternée, une semaine sur deux. Et c’est mon grand souci, si je suis élu. Les séances se déroulent le mercredi, à l'assemblée, et j’aime bien accompagner mes enfants à leurs activités. Comme pour plein de gens, je m’arrangerai avec mes parents ou leur maman.

Journaliste depuis dix huit ans à Amiens, jamais encarté dans un parti politique, je me présente aux élections législatives du Dimanche 11 Juin et du Dimanche 18 Juin 2017 dans la première circonscription de la Somme.

Cette candidature est une initiative citoyenne, soutenue par le Parti Communiste Français (PCF) , le mouvement de la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon, Europe Ecologie Les Verts (EELV), Ensemble, le site www.laprimaire.org et toutes les forces qui voudront bien nous rejoindre

 

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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 19:47

 

https://www.essonneinfo.fr/91-essonne-info/103443/duo-nouaille-fayed-non-retenu-france-insoumise-legislatives

 

L’attribution de l’investiture du mouvement de la France Insoumise fait polémique à Evry et à Corbeil

 

Par Maxime Berthelot

 

Mardi 7 Février 2017

 

Candidats aux élections législatives sur la première circonscription de l’Essonne, Michel Nouaille et Mina Fayed proposaient au mois de novembre 2016 leur candidature au mouvement de la France Insoumise.

Déjà investis par le Parti Communiste Français (PCF), ils n’ont pas obtenu le soutien du mouvement dirigé par Jean-Luc Mélenchon, qui a préféré accordé son investiture à Ulysse Rabaté et à Farida Amrani.

Soutenu par le PCF de la première circonscription de l’Essonne, mais aussi par le mouvement Ensemble et plusieurs militants du Parti de Gauche d’Evry-Courcouronnes, Michel Nouaille et Mina Fayed n’ont pas été investis par le mouvement de la France Insoumise, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon. « Nous avons été écoutés par les groupes locaux du mouvement de la France Insoumise pour leur proposer d’être leur candidat. Ils étudient notre candidature », expliquaient-ils au début du mois de décembre 2016.

Le 30 novembre 2016, les groupes d’appuis locaux de soutien à Jean Luc Mélenchon à Corbeil et à Évry avaient affiché leur rejet des candidatures de Farida Amrani et d’Ulysse Rabaté, sans étiquette mais soutenus par Bruno Piriou, figure historique du PCF de Corbeil-Essonnes, conseillers municipaux du PCF à Evry et à Corbeil. Ils ne s’étaient d’ailleurs pas présentés devant l’assemblée générale. Ils avaient alors émis une préférence sur les candidatures de Michel Nouaille et Mina Fayed, tout en proposant quatre autres noms possibles.

Mais après deux mois d’attente, ils n’ont finalement pas été investis par le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, qui leur a préféré Farida Amrani et Ulysse Rabaté, déjà candidat du Front De Gauche (FDG) lors des élections législatives de 2012.
 

« Quelle déception pour eux d’avoir cru que, au mouvement de la France Insoumise, on allait changer les pratiques politiques et de voir que c’est par le haut, de manière oligarchique, que ces candidats allaient quand même être désignés sans tenir compte des appréciations qu’ils ont fait remonter », regrette le groupe d’appui à Jean Luc Mélenchon d’Évry.
 

« Pour nous, ce qui est clair, c’est que nous ne nous reconnaîtrons jamais dans ces deux candidats désignés par le haut ».

Une investiture que les heureux élus ont accueillie avec sérénité.

« C’est dans la continuité des choses », estime Farida Amrani. « Il faut maintenant appeler à un large rassemblement de gauche ». Quant au soutien de Bruno Piriou, qui aurait pu faire la différence, « il a vu ce que nous avons fait, il connaît notre engagement. Lui, comme le mouvement de la France Insoumise, ont estimé que nous étions les plus à même de couper les ponts avec un Parti Socialiste local si particulier, celui de Manuel Valls ».

Dans un communiqué, Michel Nouaille et Mina Fayed ont de leur côté tenu à réaffirmer leurs engagements dans la campagne pour les élections législatives du mois de juin 2017, « forts de notre ancrage local, de notre désignation démocratique par les militants du FDG de la première circonscription et du soutien des deux groupes locaux de Corbeil-Essonnes et d’Evry du mouvement de la France Insoumise, nous œuvrons plus que jamais pour le rassemblement de la gauche de transformation sociale, écologique et démocratique exigé par celles et ceux qui se retrouvent dans la candidature de Jean-Luc Mélenchon, par les déçus du quinquennat de François Hollande et de Manuel Valls et par les écologistes ».

Avant de conclure sur un ton optimiste, « encouragés par de nombreux soutiens qui nous parviennent chaque jour, nous sommes décidés à continuer et amplifier cette campagne dans les prochaines semaines ».

 

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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 19:34

 

http://www.courrierinternational.com/revue-de-presse/espagne-entre-iglesias-et-errejon-lutte-finale-podemos

 

Entre Pablo Iglesias et Inigo Errejón, lutte finale à Podemos

 

La formation née du mouvement des indignés célèbre le Samedi 11 Février et le Dimanche 12 Février 2017 un congrès sous haute tension.

Le leadership de Pablo Iglesias est en jeu, après des mois de tensions avec son numéro deux, Íñigo Errejón.

Duel au sommet, lutte finale, match de boxe et règlement de comptes à Vistalegre, les métaphores fusent dans la presse espagnole pour décrire ce qui se joue le Samedi 11 Février et le Dimanche 12 Février 2017 au palais de Vistalegre à Madrid, où Podemos célèbre son deuxième congrès.

Trois ans après sa création, la formation née du mouvement des indignés a réussi à s’imposer comme la troisième force politique du pays. Cependant, elle arrive à ce rendez-vous divisée entre, d’un côté, son secrétaire général, Pablo Iglesias, et, de l’autre côté, son numéro deux et secrétaire politique, Íñigo Errejón.

Chacun présente au congrès sa propre liste pour la direction du conseil exécutif du parti. Bien qu’Inigo Errejón ne postule pas au poste de secrétaire général, organe séparé du conseil exécutif, Pablo Iglesias a prévenu qu’il démissionnerait si sa liste était battue. Il a ainsi transformé le congrès en « un duel pour le leadership du parti entre lui et son numéro deux », note le quotidien el País. Le résultat des votes, quarante cinq mille personnes inscrites au sein de la formation ont jusqu’au Dimanche 11 Février 2017 pour voter par internet, sera connu Dimanche 11 Février 2017 vers 15 heures, explique le site d’information Público.

Les deux anciens amis se déchirent ouvertement comme un vieux couple depuis des mois, notamment sur les réseaux sociaux. A la fin du mois de janvier 2017, les objectifs des photographes ont immortalisé une dispute entre eux sur les bancs du congrès des députés, « une scène qui illustre à quel point la relation entre les deux s’est détériorée », considère el País.

Un couple qui s’aime et se déchire

« La lutte est douloureuse car Inigo Errejón et Pablo Iglesias s’aiment », expliquait déjà à la fin du mois de décembre 2016 le quotidien el Periódico de Catalunya dans un portrait d’Inigo Errejón, le numéro un bis du parti.

El Independiente rappelle comment, à l’origine de ce parti « singulier depuis sa création », se trouve un « groupe d’amis et de compagnons » du mouvement des indignés, qui n’a pas su « abandonner ses premières cadences, où le personnel et le politique s’entremêlent ».

Ainsi, les accusations croisées de trahison et de coups bas « répondent à une conception de la politique qui ne s’est pas débarrassée de l’ossature affective de ses débuts », ajoute le journal libéral.

« En réalité, le congrès du week-end ne sera que la mise en scène du débat, de l’affrontement, puisque les urnes ferment Samedi 11 Février 2017 à 12 heures », remarque pour sa part Veinte Minutos qui, à quelques jours du congrès, faisait sa une avec un dessin montrant Pablo Iglesias et Inigo Errejón sur un ring de boxe. « Le vrai match se jouera dans la campagne antérieure et dans le jeu des négociations après le congrès », une fois les résultats connus. « Les pablistas espèrent une majorité suffisamment importante pour légitimer ses décisions postérieures, dans lesquelles les errejonistas ont peur d’être purgés ».

« Pablo Iglesias et Íñigo Errejón ont tout fait pour transformer l’intéressant et compliqué débat politique en un film de cow-boys et de shérifs, de tueurs à gage et de trappeurs avec un duel final », écrit dans les colonnes d’el Periódico le journaliste et politologue Antón Losada. La formation doit désormais choisir entre « rester sur le chemin de prendre le ciel d’assaut », l’option plus radicale défendue par Pablo Iglesias, et « apprendre à monter les marches des institutions », position d’Inigo Errejón, résume Anton Losada.

Si ce débat, pourtant complexe, se trouve désormais « caricaturé sous la forme d’un western de série B », c’est de la faute de ses protagonistes, en particulier de Pablo Iglesias, d’après Anton Losada.

Il l’explique ainsi que « Pablo Iglesias a le charisme et l’attrait électoral, mais Inigo Errejón possède le projet le plus à même d’emmener un jour Podemos au gouvernement. Pablo Iglesias le sait et il a cherché à obliger les bases du parti à choisir entre lui et le chaos d’un leadership incertain ».

Face à cela, ajoute-t-il, « Inigo Errejón a tenté de fuir ce combat qu’il n’est pas sûr de gagner, mais désormais il n’a plus d’autre choix que de dégainer ».

 

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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 19:08

 

Cédric Herrou condamné à trois mille euros d'amende avec sursis pour avoir aidé des migrants (Reuters)

 

L'agriculteur Cédric Herrou, figure emblématique de l'aide aux migrants dans le sud-est de la France, a été condamné Vendredi 10 Février 2017 à trois mille euros d'amende avec sursis pour avoir aidé des étrangers en situation irrégulière à franchir la frontière italienne.

Le parquet de Nice avait requis au début du mois de janvier 2017 sa condamnation à huit mois de prison avec sursis.

« L'absence de contrepartie directe ou indirecte est évidente. Votre sincérité n'est pas remise en cause mais la preuve au cas par cas de leur situation nécessitant une sauvegarde individuelle n'a pas été apportée », a indiqué la magistrate Laurie Duca lors de la lecture du jugement.

Elle a précisé qu'elle ne pouvait pas se prononcer, en droit, sur les conditions d'accueil des réfugiés mises en place en Italie pouvant justifier ou pas l'action de l'agriculteur.

La justice l'a en revanche relaxé sur l'aide qu'il apporte depuis des mois à de nombreux migrants arrivés sur le territoire français en les transportant, les logeant et les hébergeant notamment dans sa ferme isolée de Breil-sur-Roya.

C'est là, en pleine vallée de la Roya, une zone escarpée s'étendant à la fois en Italie en France, que débarquent depuis des mois des centaines d'étrangers, parfois mineurs, en situation irrégulière souvent venus d'Érythrée. A tel point que l'homme a installé deux caravanes et cinq tentes de deux places pour faire face à l'afflux, rappelle la juge.

« On ne peut reprocher à quiconque d'avoir ouvert les portes de son logement » estime-t-elle pour justifier sa décision d'appliquer une immunité pénale. Elle s'appuie sur « l'état d'indignité » dans lequel se trouvent ces personnes qui forment le projet d'un passage de la frontière au péril de leur vie. « L’aide proposée participe bien d'une action de secours », ajoute-t-elle.

Dans son délibéré, la juge a aussi débouté la Société Nationale des Chemins de Fer (SNCF) qui reprochait à Cédric Herrou d'avoir d'organisé, avec l’Association Roya Citoyenne, un camp d'accueil sauvage de cinquante sept migrants dont vingt neuf mineurs sur l'un de ses anciens sites inoccupé depuis 1991 à Saint-Dalmas-de-Tende.

L'occupation illégale s'était soldée au mois d’octobre 2016 par une évacuation ordonnée par la justice.

« La justice est témoin des conditions déshumanisantes des gens qui sont sur le sol français. Nos représentants politiques ont le devoir d'assumer leur responsabilité en les accueillant avec dignité », a dit Cédric Herrou à sa sortie du tribunal où l'attendaient trois cent personnes venues le soutenir.

Se félicitant « d'une justice qui n'est pas au pied d'une politique stigmatisante d'une religion, d'une race d'une couleur de peau », il a dit qu'il « continuera à agir ».

L'agriculteur trentenaire a confirmé vouloir changer de stratégie en lançant différentes procédures contre les autorités avec l'aide d'un collectif d'avocats français et italiens.

 

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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 18:57

 

Aux Etats Unis, le gel du décret contre l’immigration confirmé (Reuters)

 

La justice américaine a infligé Jeudi 9 Février 2017 un nouveau camouflet au président Donald Trump en confirmant en appel le gel du décret présidentiel interdisant aux ressortissants de sept pays à majorité musulmane l'accès au territoire des Etats-Unis.

Trois magistrats de la cour d'appel fédérale de San Francisco ont jugé que le gouvernement américain n'avait pas apporté la preuve que la nécessité de préserver la sécurité nationale justifiait les interdictions visées dans le décret pris le Vendredi 27 Janvier 2017 par Donald Trump.

Dans la foulée de la publication de l'arrêt de vingt neuf pages, le dirigeant américain a tweeté « rendez vous devant la justice, la sécurité de notre nation est en jeu ». Il a ensuite déclaré à des journalistes que la décision des juges californiens avait des motivations politiques.

Le département de la justice, qui représentait les intérêts du gouvernement devant la juridiction de San Francisco, a dit étudier la décision et réfléchir à ses options.

Il a quatorze jours pour demander au neuvième circuit qu'un panel de juges plus large réexamine la décision ou pour saisir directement la cour suprême.

Le décret du Vendredi 27 Janvier 2017 interdit pour quatre vingt dix jours l'entrée aux Etats-Unis aux ressortissants de sept pays à majorité musulmane, la Libye, la Somalie, l’Iran, l’Irak, la Syrie, le Yémen et le Soudan.

Il interrompt également pendant quatre mois l'arrivée de réfugiés sur le sol américain, à l'exception des réfugiés syriens, interdits de territoire pour une durée indéterminée.

Les états de Washington et du Minnesota ont contesté la validité du décret devant la justice, estimant qu'il violait certaines dispositions de la constitution des Etats-Unis protégeant les libertés religieuses.

Un magistrat fédéral de l’état de Washington, le juge James Robart, a ensuite bloqué au début du mois de février 2017 l'application du décret présidentiel, conduisant la Maison Blanche à contester cette décision devant la cour d'appel fédérale de San Francisco.

Jeudi 9 Février 2017, la cour d'appel de San Francisco a souligné qu'aucun ressortissant des pays visés dans le décret présidentiel n'avait commis la moindre attaque terroriste aux Etats-Unis.

Si elle ne résout pas sur le fond le litige entre les états et la Maison Blanche, la décision confirme le gel de l'application du décret présidentiel.

Deux des trois magistrats à l'origine de l'arrêt rendu Jeudi 9 Février 2017 ont été désignés par des présidents démocrates, Jimmy Carter et Barack Obama. Le troisième a été nommé par le républicain George Bush.

En condamnant la décision de la cour d’appel de San Francisco, qu'il a qualifiée de scandaleuse, Donald Trump a cité Vendredi 10 Février 2017 comme argument un blog spécialisé sur les questions de sécurité, Lawfare, qui a relevé que le président avait le pouvoir d'interdire ou de restreindre l'accès du territoire à des étrangers susceptibles de nuire aux intérêts américains.

L'article du Lawfare ajoute cependant que la cour d'appel était en droit de maintenir la suspension du décret car « il n'y a pas de raison de plonger à nouveau le pays dans l'agitation pendant que les tribunaux étudieront les aspects de cette affaire pendant les prochaines semaines ».

Le décret a provoqué de nombreuses manifestations dans les aéroports américains et de multiples recours ont été déposés.

« Actuellement, le cas qui occupe le devant de la scène est celui de l’état de Washington mais il y a beaucoup d'autres recours prêts à être enclenchés au cas où le décret serait restauré », a déclaré Melissa Keaney, du National Immigration Law Center.

 

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9 février 2017 4 09 /02 /février /2017 20:18

 

http://www.lemonde.fr/societe/article/2017/02/09/a-paris-un-rassemblement-contre-le-delit-de-solidarite_5077363_3224.html

 

A Paris, un rassemblement contre le délit de solidarité

 

Plusieurs militants venus en aide à des sans-papiers ou des roms et inquiétés par la justice sont venus dénoncer des actions de l'état et revendiquer leur statut de délinquants solidaires.

 

Par Florian Reynaud

 

Près de deux cents personnes se sont rassemblées, Jeudi 9 Février 2017, sur la place de la République, à Paris, pour soutenir les délinquants solidaires, qui aident les personnes en situation irrégulière ou certaines populations en difficulté. Les militants rassemblés dénoncent des poursuites judiciaires faites pour criminaliser l’aide aux sans-papiers, alors que l’Europe traverse une grande crise migratoire.

Ce rassemblement est une action parmi plusieurs organisées en France depuis Mercredi 8 Février 2017, alors que le Tribunal de Grande Instance (TGI) de Nice doit rendre Vendredi 10 Février 2017 son délibéré concernant Cédric Herrou, agriculteur de la vallée de la Roya, à la frontière italienne, et jugé pour avoir aidé des migrants.

Jeudi 9 Février 2017, place de la République à Paris, les associations présentes et regroupées sous la bannière des délinquants solidaires, s’en prennent aux actions de l'état, à la fois contre les migrants et contre ceux qui leur viennent en aide. Le délit de solidarité est le surnom donné au six cent vingt deuxième article du Code de l'Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d'Asile (CESEDA), qui sanctionne « toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irrégulier d’un étranger en France ». Il a aujourd’hui été amendé pour ne plus concerner l’hébergement par des bénévoles, mais sans convaincre les associations.

Place de la République à Paris, plusieurs personnes qui ont été poursuivies dans le cadre de leur action en faveur des migrants sont venues témoigner. Peu sont concernées par le délit de solidarité au sens strict. Certains ont été jugés pour des violences ou outrages, à l’issue de poursuites qu’ils disent faites pour les intimider.

C’est le cas de François Loret. Il raconte avoir été condamné au mois de juin 2015 pour violences à agent dépositaire de l’autorité publique, après une bousculade lors de l’évacuation d’un campement de roms, dans le secteur de Marne-la-Vallée. « La solidarité dérange nos politiques », dénonce-t-il. Prévenu dans une affaire plus récente, l’élu écologiste Jean-Luc Munro est également venu témoigner. Mercredi 8 Février 2017, ce soutien de la cause rom était jugé à Lille pour violences sur agent dépositaire de l’autorité publique avec arme par destination, accusé d’avoir foncé sur des forces de l’ordre à un barrage avec son vélo, en marge d’une opération policière dans un campement.

Aubépine Dahan, récemment jugée et relaxée, est venue parler du triangle des migrants, où de nombreuses personnes vivent dans la rue, dans le nord de Paris. « Nous avons été nassés pendant cinq heures à Stalingrad, puis convoqués et jugés pour rassemblement illicite et fausse déclaration de manifestation », explique-t-elle à la tribune.

« L'état cherche à circonscrire et à définir lui-même ce qu’est la solidarité », s’inquiète Houssam al Assimi, qui avait été jugé avec la jeune femme.

Venu de Perpignan, Denis Lambert a été poursuivi en 2015 pour avoir hébergé une famille arménienne, puis l’audience s’est soldée par un non-lieu. Aujourd’hui, il assure continuer, comme il le fait depuis 2005, à héberger des familles et il collabore au Secours Populaire Français (SPF).

A la tribune, le directeur d’Emmaüs France, Thierry Kuhn, demande notamment l’abrogation du six cent vingt deuxième article du CESEDA ou encore la régularisation des travailleurs sans papiers ». « Si venir en aide aux étrangers est un délit alors nous sommes tous des délinquants », estime-t-il.

Pour la directrice du Comité Inter Mouvements Auprès Des Evacués (CIMADE), Geneviève Jacques, « on constate malheureusement une recrudescence de ces mouvements » de répression de militants et bénévoles et elle craint un « esprit état d’urgence qui amène des responsables politiques à se tromper de cible. Dans le monde dans lequel nous vivons, c’est au contraire la solidarité qui permet d’avoir de l’espoir », assure-t-elle.

 

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9 février 2017 4 09 /02 /février /2017 19:50

 

http://www.revue-ballast.fr/jean-luc-melenchon-limmigration-entre-convictions

 

Jean-Luc Mélenchon et l’immigration entre convictions et ambiguïtés

 

Texte inédit pour le site de Ballast

 

Sur le fond comme sur la forme, Jean-Luc Mélenchon ne laisse personne indifférent et n’en finit pas d’alimenter, au fil de ses prises de position, les débats qui traversent le vaste camp de l’émancipation, espoir d’une présidentielle dissidente pour les uns, notable réformiste pour les autres, et chacun de s’accrocher sur la Syrie, le traité de Maastricht, Vladimir Poutine, la stratégie populiste, le foulard à l’école ou son fidèle soutien à François Mitterrand. Nous savons son verbe haut et son parcours, d’ancien sénateur socialiste au candidat autonome du mouvement de la France Insoumise, n’y revenons pas.

Cet article s’attarde sur l’évolution du discours de Jean-Luc Mélenchon en matière d’immigration, entre le Front De Gauche (FDG) de 2012 et l’actuelle campagne. Ces derniers mois, ce glissement lui valut, à gauche, de fortes critiques, qu’il rejeta, « une poignée de gauchistes et de gens malveillants ». Jusqu’où peut-on parler de changement dans son propos ? Quelles pourraient en être les conséquences politiques et électorales ? L’auteur du présent article apporte ses réponses.

 

Par Pablo Castaño Tierno

 

Le 13 avril 2012, à Marseille, devant une foule de plus de cent mille personnes, Jean-Luc Mélenchon soutient que le métissage est une chance pour la France et refuse absolument l’idée morbide et paranoïaque du choc des civilisations, provoquant les applaudissements enthousiastes du public.

Cette célébration de la diversité culturelle et de l’immigration figure dans le programme de l'humain d’abord, où l’on peut lire que la présence des immigrés en France n’est pas un problème, ou encore que l'immigration zéro est un mythe qui divise et affaiblit notre pays.

Quant à l’accueil des personnes réfugiées, le programme affirme que « nous respecterons scrupuleusement le droit d’asile qui sera déconnecté des politiques migratoires ». Cinq ans plus tard, dans le programme du mouvement de la France Insoumise, l'avenir en commun, le sujet de la migration n’est plus abordé depuis la perspective des droits et des problèmes soufferts par les migrants et réfugiés. La priorité consiste désormais à lutter contre les causes des migrations, titre de la section dédiée à la politique migratoire. Si le programme inclut l’amélioration des moyens civils de sauvetage en mer Méditerranée et le respect du droit d’asile, nous n'y trouvons plus de mesures précises pour le garantir, ni pour faciliter l’accès à un titre de séjour ou à la nationalité française. Pourtant, des propositions existaient dans le programme de 2012. Plus surprenant, le programme du mouvement de la France Insoumise n’inclut pas la fermeture des centres de rétention d’étrangers.

Ces derniers mois, certaines des interventions publiques de Jean-Luc Mélenchon sur ces questions ont soulevé, à gauche, de vives critiques. Commentant la décision du gouvernement allemand d’accueillir huit cent mille réfugiés en un an, le candidat du mouvement de la France Insoumise assure que « nous devons les accueillir pour la raison qu’il n’y a aucune autre solution rationnelle », mais il prend soin d’ajouter que « nous ne pouvons pas faire face à la situation avec de telles méthodes. Il faut donc dissuader les gens de partir en leur donnant des raisons de rester ». Au lieu de louer le fait que le gouvernement allemand accueille un grand nombre de réfugiés, Jean Luc Mélenchon estime donc que ce n’est pas la bonne méthode. Et tandis qu’il appelle à répartir les migrants de la jungle de Calais sur l’ensemble du territoire, qu’il qualifie comme étant « une charge qui devrait revenir à la patrie toute entière », Jean Luc Mélenchon plaide pour une régularisation des travailleurs sans-papiers en déclarant que « je n’ai jamais été pour la liberté d’installation et je ne vais pas commencer aujourd’hui. Est-ce que, s’il venait dix mille médecins s’installer en France, ce serait une chance, oui ». Deux mois après, le 15 novembre 2016, il se rétracte et concède avoir dit une bêtise.

Sur la question de l’islamophobie, cette fois-ci, le candidat écrit dans un tweet daté du 24 août 2016, « dans notre pays, nous avons persécuté les juifs, puis les protestants et aujourd’hui les musulmans. La solution, c’est la laïcité ». Il s’éloignera de cette ligne lorsque le journaliste Jean-Jacques Bourdin l’interrogera sur cette déclaration, lors de la polémique sur le burkini, en rétorquant aux pratiquants, « foutez-nous la paix avec vos histoires de religion ». Le tweet du 24 août 2016 est alors évincé au profit d’un discours résumant l’affaire du burkini à une histoire de religion, esquivant la question de la violation des libertés fondamentales et du racisme institutionnel. Le 5 juillet 2016, Jean-Luc Mélenchon lançait au parlement européen que « je crois que l’Europe qui a été construite, c’est une Europe de la violence sociale, comme nous le voyons dans chaque pays chaque fois qu’arrive un travailleur détaché qui vole son pain aux travailleurs qui se trouvent sur place ». D’après Libération, il regrettera ces mots en privé.

Mais le 9 octobre 2016, il confie au Grand Jury de Radio Télévision Luxembourg (RTL) que « plus un travailleur détaché n’entrera dans notre pays », s’il est élu, puis publie cette phrase sur son compte Twitter. Au lieu d’accuser les patrons qui pratiquent le dumping social via le travail détaché, le député européen use d’une rhétorique équivoque. Ces travailleurs semblent être coupables de la situation, alors qu’ils en sont les premières victimes. Du reste, ainsi que le souligne un syndicaliste bien au fait de la question du travail détaché, il s’avère surprenant d’entendre à ce point parler de cette forme de dumping social mais beaucoup moins de « la sous-traitance franco-française », ce contrat par lequel une entreprise demande à une autre de réaliser une partie de sa production, détériorant bien souvent les conditions de travail des salariés.

Nous pourrions accumuler les citations. La conclusion s’impose néanmoins. La position du candidat vis-à-vis de l’immigration est aujourd’hui bien plus ambiguë qu’en 2012. Jean Luc Mélenchon paraît volontiers sur la défensive, n’osant pas défier le discours dominant en matière de migration et de droit d’asile, imposé par l’extrême droite et relayé par les Républicains comme par toute une frange du Parti Socialiste. Ce changement, nous l’avons dit, lui valut de fortes critiques à gauche et certains des portes paroles du mouvement de la France Insoumise choisissent la stratégie de la réduction à l’absurde afin d’y répondre. Ainsi, Raquel Garrido a avancé « qu'on ne nous fera pas passer pour des racistes ». De même, un autre proche de Jean Luc Mélenchon dit que « ce monde devient fou, on tente de faire croire que nous sommes devenus racistes ». Jean-Luc Mélenchon a quant à lui attribué le harcèlement dont il souffre sur ces questions à une poignée de gauchistes et de gens malveillants. Ces déclarations suggèrent qu’il n’y aurait que deux positions possibles face aux positions de Jean-Luc Mélenchon, être entièrement d’accord ou le tenir pour raciste. La réduction à l’absurde, stratégie bien maladroite en vue d’esquiver la discussion, consiste ici à faire passer une critique légitime pour une insulte, tout en mettant au même niveau les adversaires politiques du mouvement de la France Insoumise et celles et ceux qui soutiennent, quoique de façon critique, sa candidature. Dans quelle mesure l’ambiguïté de l’ancien sénateur vis-à-vis de l’immigration constitue-t-elle à la fois une erreur politique et une erreur de stratégie électorale ?

Ces derniers mois, Jean-Luc Mélenchon a affirmé à plusieurs reprises le besoin de construire un populisme de gauche et il a reçu le soutien de Chantal Mouffe, théoricienne belge du populisme, aux côtés d’Ernesto Laclau. L’une des principales prémisses théoriques de la pensée de Chantal Mouffe et d'Ernesto Laclau est que le discours constitue la réalité sociale.

Cette notion peut paraître abstraite, mais elle opère d’une manière douloureusement concrète sur le terrain de la xénophobie et du racisme. Au Royaume-Uni, le débat public, durant la campagne du référendum sur le Brexit, s’est vu submerger par une parole ouvertement xénophobe. Les agressions, dont un meurtre, contre les étrangers et les minorités ethniques se sont multipliées, principalement dans les jours qui ont suivi la victoire du oui. Le même phénomène s’est produit aux États-Unis à la suite de l’élection de Donald Trump.

Dans les deux cas, les agressions homophobes et transphobes ont augmenté. Lorsque la haine se manifeste, ce sont toujours les mêmes groupes qui en sont les victimes.

En France, les agressions xénophobes et racistes, notamment islamophobes, sont en hausse. Lorsque Jean-Luc Mélenchon soutient sur Twitter que les musulmans sont persécutés en France, il devient le seul candidat présidentiel de premier plan à dénoncer ce grave problème. Mais en n’osant pas le répéter ni l’expliquer sur BFM Télévision, face à Jean-Jacques Bourdin, il laisse à nouveau tout l’espace du débat public à ceux qui nient la montée de l’islamophobie en France. L’idée que l’ambiguïté de Jean Luc Mélenchon soit un choix conscient a été avancée par Olivier Besancenot et ouvertement revendiquée par un cadre anonyme du mouvement de la France Insoumise, expliquant à un journaliste du Figaro « qu'il faut être réaliste. Si nous adoptons la même ligne que les formations d’extrême gauche sur l’immigration, dans le contexte actuel, nous sommes morts politiquement ». Depuis la publication du livre-programme de l'avenir en commun, il ne fait plus aucun doute qu’il s’agisse d’une stratégie consciente.

Semblable manque de courage, proposer un discours alternatif à ceux qui dominent sur ces sujets, n’est pas seulement une erreur politique et éthique, mais une erreur du strict point de vue électoral et pour plusieurs raisons. Il est inutile d’essayer de concurrencer les Républicains et le Front National sur leur terrain. Jean Luc Mélenchon n’est pas soupçonnable, à le lire ou l’écouter depuis des années, de racisme ni de xénophobie. Il paraît très improbable, dès lors, que des racistes convaincus s’en aillent voter pour lui. Le petit pourcentage d’électeurs pour lesquels l’immigration s’avère le principal problème de la France, onze pour cent, d’après un sondage du CEVIPOF, préférera toujours d’autres candidats, comme Marine Le Pen ou François Fillon.

Pourquoi tenter d’attirer à soi ces onze pour cent plutôt que de se concentrer sur le reste de l’électorat, pour qui l’immigration n’est que le troisième problème du pays, bien loin derrière le chômage et la sécurité ?

L’ambivalence de Jean-Luc Mélenchon comporte pour lui le risque de se mettre à dos nombre d’électeurs de gauche et constitue une arme précieuse pour ses opposants politiques et médiatiques, comme l’a démontré le scandale suite à ses propos sur les travailleurs détachés.

Il ne s’agit pas tant de s’offusquer de l’injustice des médias qui réagiraient davantage aux sorties de Jean Luc Mélenchon qu’à celles, clairement racistes, des autres candidats. La meilleure façon d’éviter le scandale serait de retrouver quelque clarté dans son message. Ce discours confus pourrait d’ailleurs poser un grave problème si Jean-Luc Mélenchon parvenait au second tour de la présidentielle face à Marine Le Pen. Que fera-t-il lorsque la candidate frontiste tempêtera sur les questions d’immigration et d’identité nationale ? S’il escompte mobiliser l’électorat sensible à son projet politique émancipateur, le candidat du mouvement de la France Insoumise aura besoin d’un discours diamétralement opposé à celui de Marine Le Pen.

Dimanche 5 Février 2017, en meeting à Lyon, Jean Luc Mélenchon s’est opposé de façon très nette au projet du Front National visant à restreindre l’accès des enfants d’étrangers à l’école publique.

Espérons que cette fermeté se prolonge dans la campagne présidentielle.

La position singulière qu’il occupe, sa popularité, sa base militante active et son bagage de candidat qui avait, en 2012, obtenu le score le plus élevé, dans la gauche critique, depuis de nombreuses années, devrait lui permettre de défier de façon nette le discours hégémonique sur l’immigration. Ce serait une irresponsabilité historique de ne pas le faire. Bernie Sanders et Jeremy Corbyn, leaders de la gauche radicale dans des pays également rongés par le rejet, les tensions communautaires et la discrimination, n’ont jamais tergiversé sur ces questions.

Pour preuve, lors de sa première déclaration suite à l’élection de Donald Trump, le sénateur démocrate a averti que « s'il entend mener des politiques racistes, sexistes, xénophobes et contre l’environnement, nous nous opposerons vigoureusement à lui ». De son côté, le leader du parti travailliste britannique a fait savoir que la réduction de l’immigration n’était pas un objectif à ses yeux, quand bien même cela constituait une obsession pour les conservateurs britanniques, qui plus est au lendemain du Brexit. Si l’argumentaire déployé par Jean-Luc Mélenchon en 2012 consistait à montrer qu’il était possible de revendiquer les notions de patrie ou de peuple tout en célébrant sans trembler l’immigration comme source de diversité culturelle et de richesses, ses positionnements actuels ne font que renforcer l’allergie que l’extrême gauche nourrit à l’endroit de tout récit national.

Au regard des forces en présence et du cadre fixé par l’élection présidentielle, la candidature du mouvement de la France Insoumise constitue pourtant, à l’heure qu’il est, la principale espérance pour 2017. Mais il est impossible de gagner le pouvoir politique sans entamer la bataille des idées, comme le théoricien marxiste italien Antonio Gramsci le soulignait, surtout depuis la porte grande ouverte par l’accession au pouvoir de Donald Trump. L’immigration et l’identité nationale se trouvent, déplorons-le, au centre du débat politique. Tout candidat qui entend construire une majorité politique doit afficher une position claire, ce qui ne signifie en rien qu’il faille en faire une priorité de campagne. Benoît Hamon, désormais concurrent sérieux de Jean-Luc Mélenchon, a affirmé que la France doit accueillir plus de migrants. Son programme revendique des mesures précises, notamment en termes de droit d’asile. Nous ne saurions imaginer que Jean Luc Mélenchon soit moins progressiste que le Parti Socialiste en la matière.

Pour tenir tête à la vague identitaire, il ne suffit pas d’en appeler au devoir humanitaire, sauver les victimes des naufrages, et expliquer les causes ultimes des migrations, comme Jean Luc Mélenchon le fait à chaque fois qu’on lui pose une question sur le sujet. Défier un discours implique surtout d’attaquer les idées sur lesquelles celui-ci se structure.

Rappeler, par exemple, que moins de neuf pour cent des résidents en France sont étrangers, qu’il est absurde d’accuser les étrangers de voler à la fois le travail des français et de profiter des allocations sociales, que la France accueille un nombre infime de réfugiés, un peu plus d'un pour dix mille habitants, ou que la migration constitue une contribution positive pour le système de protection social français. Si l’on est convaincu que le peuple français a cru les mensonges propagés par l’extrême droite sur l’immigration, cela ne vaut pas la peine de se présenter aux élections et le Front National et ses émules ont déjà gagné. Si, au contraire, on pense que les discours de haine peuvent être affrontés puis désarmés, Jean-Luc Mélenchon a dès lors la responsabilité historique de faire entendre une voix dissonante, plus franchement qu’il ne l’a fait jusqu’ici.

 

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8 février 2017 3 08 /02 /février /2017 20:19

 

Audience d'appel pour le décret contre l’immigration de Donald Trump (Reuters)

 

L'administration de Donald Trump a demandé Mardi 7 Février 2017 à la cour d'appel de San Francisco de revenir sur le blocage du décret contre l’immigration du président américain interdisant l'entrée aux Etats-Unis de ressortissants de sept pays, mais le tribunal a mis son jugement en délibéré.

Les juges d'appel ont écouté pendant environ une heure les arguments de l'avocat du département de la justice et de ceux des états de Washington et du Minnesota, dont la plainte a débouché sur l'ordre de suspension temporaire de l'application du décret par un juge fédéral de Seattle.

Le tribunal, qui avait indiqué avant l'audience qu'il ne rendrait pas son jugement dans la foulée mais probablement cette semaine, a promis à l'issue de celle-ci de rendre son verdict dès que possible.

August Flentje, l'avocat du département de la justice, a fait valoir que Donald Trump n'avait pas outrepassé ses droits présidentiels en interdisant l'entrée de ressortissants de pays spécifiques.

« Le congrès a expressément autorisé le président à suspendre l'entrée de certaines catégories d'étrangers », a-t-il déclaré devant la cour d'appel.

« C'est ce que le président a fait ici », a-t-il poursuivi au début de l'audience, prévue pour durer une heure. Le décret signé le Vendredi 27 Janvier 2017 par Donald Trump ne viole donc pas la constitution, a plaidé August Flentje.

Le décret vise les ressortissants de sept pays à majorité musulmane, l’Iran, l’Irak, la Syrie, le Yémen, le Soudan, la Somalie et la Libye, sans toutefois faire explicitement référence à leur religion, ce qui serait explicitement contraire à la constitution.

Donald Trump a présenté cette mesure temporaire de quatre vingt dix jours comme nécessaire pour assurer la sécurité des Etats-Unis, quand bien même l'immense majorité des personnes qui en ont fait les frais ne représentaient aucune menace.

« Je ne peux pas croire qu’il nous faille nous battre devant un tribunal pour assurer notre sécurité et pour assurer la sécurité de notre pays », a tempêté le président américain pendant une réception à la Maison Blanche, Mardi 7 Février 2017.

Les adversaires du décret estiment au contraire que le texte de loi n'apporte rien à la sécurité des Etats-Unis, en plus d'être discriminatoire.

D'anciens responsables des services de sécurité et des entreprises, en particulier les géants des technologies de l'information, se sont ainsi associés aux actions en justice intentées dans une dizaine d’états, dont celle qui a abouti à la suspension provisoire de l'application du décret.

C'est à la question de savoir si le juge fédéral de Seattle était habilité à prendre une telle décision que la cour d'appel de San Francisco est appelée à répondre et non au fond de l'affaire.

« Que les choses soient claires, ce qui est en jeu, c'est la décision temporaire d'appliquer ou non le décret du président, en attendant que l'affaire soit jugée sur le fond », a rappelé le porte-parole de la Maison Blanche, Sean Spicer.

Si l'appel du département de la justice n'aboutit pas, l'administration de Donald Trump devra se tourner vers la cour suprême pour tenter de faire appliquer à nouveau le décret controversé.

 

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