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8 février 2017 3 08 /02 /février /2017 20:01

 

https://blogs.mediapart.fr/vincent-presumey/blog/050217/trump-premier-bilan

 

Donald Trump, premier bilan

 

Par Vincent Présumey

 

Dimanche 5 Février 2017

 

Après deux semaines de Donald Trump, quel est le premier bilan ? le fait dominant n'est pas la mise au pas de la société nord-américaine mais son ébullition et sa résistance.

A grands coups de grosse caisse, l'exécutif nord-américain déclare la guerre aux libertés démocratiques et civiles à l'échelle mondiale. Mais il le fait sur un mode tonitruant frisant le ridicule, exhibant sa propre crise désormais permanente.

Le décret contre les immigrés en provenance de six pays musulmans choisis, outre l'Iran, parmi les plus pauvres ou ceux dans lesquels guerre et répression font fuir les réfugiés, a été pris comme une déclaration de guerre par la jeunesse et de larges secteurs de la société nord-américaine. Parmi le flot désormais quotidien de décrets sous forme de tweets, Donald Trump vient aussi d'abolir les restrictions aux activités politiques menées ouvertement par des églises et des sectes religieuses. Et il préparerait, en relation avec le gouverneur du Wisconsin, Scott Walker, des attaques contre les syndicats et le droit de grève, au nom de la liberté du travail, c'est-à-dire de l'absence de liberté au travail.

La tension est ouverte avec le Mexique, la construction du mur étant annoncée, mais aussi avec la Chine dont Steve Bannon a déclaré Vendredi 3 Février 2017 que la guerre avec elle, en mer de Chine, aurait lieu dans cinq à dix ans, avec l'Iran accusé d'essais de missiles et ciblé par les mesures contre les immigrés et même avec l'Australie, Donald Trump ayant engueulé violemment au téléphone le premier ministre à propos de l'immigration.

Le cap sur l'affrontement est également donné par la décision de faire passer l'oléoduc du Dakota, provoquant le regroupement des indiens, des défenseurs de l'environnement et des vétérans, rejoints par la fille de Barack Obama, pour l'empêcher de passer.

Les premiers bruits sur les mesures contre les syndicats dévoilent la nature de tout ce ramdam. C'est une préparation d'artillerie, ce n'est pas encore l'affrontement direct et général, dont la cible sera la nation nord-américaine. Car l'affrontement direct et général visera la classe ouvrière américaine et c'est précisément pour cela que ce sont les libertés démocratiques et leurs garanties constitutionnelles qui sont attaquées, ou plus exactement insultées, désignées comme l'ennemi à abattre par une Maison Blanche en mode Folamour.

De larges secteurs du capital financier et de l'état, jusqu'aux sommets du parti républicain, crient casse-cou. Donald Trump, acculé par les scandales qui le hantent, malgré l'élimination ou l'arrestation des cadres du FSB liés à la révélation des informations à ce sujet, à Moscou, et confronté à une vague de manifestations sans précédent dans l'histoire des Etats-Unis dès son investiture, doit attaquer. Sans doute se le doit-il à lui-même pour son ego de petit boss médiocre qui n'a jamais eu que le pouvoir du capital qu'il représente, mais ceci est en l'occurrence secondaire. Il le doit parce que si, dans ces conditions, il n'attaquait pas, c'est l'exécutif nord-américain qui ne s'en remettrait pas. Wall Street et le capital financier sont d'accord avec Donald Trump sur ce point. Mais jusqu'où aller et ne risque-t-il pas la casse avant d'y être arrivé ?

Car le fait dominant n'est pas la mise au pas de la société nord-américaine mais son ébullition et sa résistance.

Dès le jour de l'investiture il y avait des millions de manifestants, cinq millions le lendemain, et depuis les manifestations se répètent dans tout le pays. Le décret contre les immigrés, appelé Muslim Ban par ses partisans et par ses adversaires, et à cet égard les français doivent comprendre que quel que soit l'équivoque entretenue autour du terme d'islamophobie en France, il s'agit bien là d'une campagne visant un groupe religieux, a été invalidé par le pouvoir judiciaire suite à une plainte de l'état de Washington, qui se fonde sur la discrimination religieuse, le texte du décret lui-même présentant l'interdiction d'entrée à des ressortissants de divers pays comme visant les terroristes islamistes radicaux, et l'accusant en outre de saper l'intérêt souverain des Etats-Unis à être un endroit accueillant pour les immigrés et les réfugiés. Environ soixante mille visas ont retrouvé leur validité.

Donald Trump a pondu un tweet annonçant que cette suspension judiciaire serait balayée, de dont il n'a pas les moyens constitutionnels, sauf à appeler un coup d'état de ses vœux et c'est bien ce qu'il fait.

Les services des douanes ont parfois tenté, comme à l'aéroport de Washington, d'en imposer l'application, sous les huées des manifestants.

Le décret sur les activités politiques des églises va lui aussi poser un problème constitutionnel par rapport au premier amendement de la constitution, interdisant l'établissement d'une religion, ce à quoi peut s'apparenter le projet de conférer des droits politiques aux églises. Et les plaintes pour conflit d'intérêt contre Donald Trump et sa camarilla s'accumulent.

Surtout, ce qui est ressenti partout est que Donald Trump ne gouverne pas vraiment. Il fait son numéro. Qui gouverne ? Steve Bannon est entré au conseil national de sécurité. Ancien de la Navy, de Goldman Sachs et d'Hollywood, accusé de violences conjugales, suprématiste blanc, admirateur du nazisme, grand manitou de la blogosphère complotiste, au cœur des passerelles idéologiques entre alt right et anti-impérialistes fans de Vladimir Poutine, c'est donc lui qui écrit les décrets et fait la partition. Il serait à l'origine de l'attaque menée au Yémen en même temps qu'était annoncée le décret, un fiasco criminel et sanglant. Combien de temps cela peut-il durer, se demande beaucoup de monde.

De fait de larges secteurs du patronat et de l'état souhaitent soit que Donald Trump s'en aille soit qu'il se calme et ils pensent que cela ne pourra pas durer. Crise au sommet et mouvement d'en bas se nourrissent maintenant mutuellement. Ceux d'en bas veulent de moins en moins continuer comme avant et ceux d'en haut ne peuvent plus ou pas encore gouverner. Dans cet interface monte le mouvement démocratique.

Car le mouvement de masse qui parcourt les Etats-Unis est démocratique. Il est même constitutionnel, en ce sens qu'il défend une série d'acquis codifiés dans la constitution. C'est un mouvement qui n'est par lui-même ni socialiste ni même radical. Il est liberal et c'est très bien ainsi, car il rassemble des couches croissantes de la population, tandis que personne n'a vu, ni ne verra, manifester les supposés et mythiques prolétaires blancs qui soutiennent Donald Trump, ce que l'on voit et que l'on verra, c'est la réaction habituelle, Tea Party, Ku Klux Klan, évangélistes et néo nazis. C'est sur le terrain de la bataille pour la démocratie et pour défendre la nation et la constitution nord-américaine contre l'offensive de l'exécutif que le regroupement s'opère. Les vrais radicaux et les vrais socialistes doivent y aller et à fond.

A partir de là deux questions se posent, qui font de plus en plus débat aux Etats-Unis. La première est celle du parti démocrate.

Chose extraordinaire, des jugements sont encore rendus qui confirment l'ampleur des trucages qui ont visé à garantir l'investiture d'Hillary Clinton, qui a fait élire Donald Trump. A San Diego en Californie, dixit le tribunal, ce n'était pas cinquante huit pour cent pour Hillary Clinton, mais cinquante huit pour cent pour Bernie Sanders, qui se situe pourtant à nouveau à l'extérieur du parti démocrate et qui appelle en même temps, comme Michael Moore et, cette fois-ci, le cœur des organisations noires traditionnelles, à une reconquête complète du parti démocrate pour en chasser l'oligarchie. Les groupes d'extrême-gauche ont repris le discours traditionnel rappelant, à juste titre, que le parti démocrate est un parti capitaliste irredressable et impossible à conquérir, ce qu'aurait démontré selon eux l'expérience de Bernie Sanders.

Mais ce disant, ils passent à côté de faits essentiels. L'expérience de Bernie Sanders a ouvert de nouvelles perspectives en secouant le parti démocrate contre son appareil et, à une échelle de masse, dans la jeunesse qui manifeste, la question d'un nouveau parti se pose dans les termes et sous la forme non d'un théorique parti révolutionnaire ou ouvrier à construire ex nihilo, mais d'un véritable parti démocrate.

Le caractère civique et même constitutionnel de l'affrontement qui monte contre Donald Trump met justement en exergue, comme l'avait fait la campagne de Bernie Sanders et dans son prolongement amplifié, à la fois la présence de forces puissantes à la base ou dans la sphère du parti démocrate qui veulent combattre et l'incapacité de ce parti à assurer un tel combat car il n'est pas fait pour cela. Hillary Clinton a disparu, à la différence de Barack Obama lui-même, soucieux de combler en partie le vide politique qui apparaît à la base démocrate.

Mais il ne s'agit plus à proprement parler de base démocrate. Le débordement qui avait commencé avec Bernie Sanders, amorcé par Occupy et par Black Lives Matter, s'amplifie.

Au lieu de claironner en rase campagne qu'il faut un vrai parti révolutionnaire en Amérique, ceux qui veulent réellement avancer dans cette direction feraient bien de tisser la toile du vrai parti démocratique, libéral, radical et même constitutionnel, dressé contre toutes les composantes de l'oligarchie capitaliste de Donald Trump à Hillary Clinton.

Le second débat porte sur les méthodes de lutte sociale et donc sur la place des syndicats.

Les chauffeurs de taxis de New York, qui ont fait avec ceux d'Uber une grève importante au mois de février, ont les premiers manié l'arme de la grève contre le Ban Muslim. A Philadelphie et à Comcast Corporation, premier cablo-opérateur américain, des débrayages massifs ont commencé contre ce même décret. C'est aussi cette poussée passant de façon naturelle de la lutte démocratique à la lutte sociale qui a conduit le juge de l'état de Washington à suspendre l'application du décret de Steve Bannon et de Donald Trump.

Adhérents et sections de base de l'American Federation of Labor Congress of Industrial Organisations (AFL CIO) sont depuis le début dans les manifestations, mais la direction de la centrale est silencieuse et son secrétaire Richard Trumka a été reçu par Donald Trump, ainsi que d'autres dirigeants de fédérations membres ou non de l'AFL CIO, et tous sont pour l'heure dans les starting blocks, soutenant la mise à mort des traités commerciaux multilatéraux, qu'ils réclamaient, ainsi que Bernie Sanders, mais qui ne conduit à aucun progrès pour la classe ouvrière sous l'égide de Donald Trump et de ses amis de Wall Street, car les vrais amis de Donald Trump sont à Wall Street.

Par le biais des mouvements à idéologie démocratique liberale et des féministes, la question de la grève contre Donald Trump est de plus en plus discutée dans tout le pays, avec des dates qui déjà sont proposées, du 8 mars 2017 au premier mai 2017. Cela ne veut pas dire que nous allons vers une grève générale maintenant aux Etats-Unis, mais cela veut dire que cette méthode, qui est par excellence celle des salariés, est en train d'être envisagée par de larges secteurs comme la méthode de défense des libertés civiles et des droits démocratiques, fait en lui-même d'une immense importance.

Mais c'est au niveau mondial que se pose, bien sûr, la question de Donald Trump. Theresa May a commencé à s'aligner, signifiant au peuple britannique que sa soi-disant indépendance acquise avec le Brexit sera la vassalité envers le gros cousin d'outre-Atlantique, ce que les écossais n'accepteront pas. Angela Merkel et François Hollande font la morale à Donald Trump ou laissent entendre qu'ils la font. Mais chacun voit très bien qu'ils n'ont ni la capacité ni la volonté de défendre autre chose qu'un statu quo qui s'effondre.

Mais le fait le plus important dans la situation internationale est l'attaque menée sur ordre russe dans le Donbass ukrainien contre Avdiivka, près de Donetzk, qui a reçu de nombreux missiles tirés depuis la zone sous contrôle russe, bien que cette ville soit elle-même occupée. Vladimir Poutine a-t-il fait un test ? En tout cas la résistance ukrainienne a été effective.

L'ambassadrice des Etats Unis à l'Organisation des Nations Unies (ONU) a alors fait savoir que les sanctions contre la Russie seraient maintenues tant que durerait l'annexion de la Crimée, ce qui contredit les discours de Donald Trump.

L'impérialisme nord-américain tend la main à Vladimir Poutine contre la Chine, il s'oppose au commerce extérieur allemand et il donne carte blanche à Vladimir Poutine en Syrie, mais il doit fixer les bornes en deçà desquelles il n'entend pas reculer. Reste qu'en Ukraine, l'immense majorité a compris qu'elle ne doit pas compter sur une aide occidentale.

La question de Donald Trump au niveau mondial place la gauche poutinienne soi-disant anti-impérialiste dans une posture équivoque, car sa vision du monde recoupe largement celle de Donald Trump et plus encore celle de Steve Bannon. Néo stalinisme et néo conservatisme s'accouplent, c'est un douteux spectacle, mais c'est une belle leçon.

Tant mieux, donc, puisque ceci doit accélérer les clarifications, y compris aux Etats-Unis même où les secteurs de soutien à Vladimir Poutine et à Bachar al Assad dans la gauche et l'extrême-gauche, façon Tulsie Gabbart, élue démocrate de Hawaï, anti-musulmane et récemment en visite chez Bachar al Assad comme agent officieux, ou Jill Stein, candidate écologiste aux dernières élections présidentielles, autant familière que Donald Trump des suites hôtelières moscovites, sont des obstacles qu'il faudra écarter pour construire un réel parti démocratique anticapitaliste.

La question de Donald Trump au niveau mondial souligne la double inanité des solutions capitalistes libre-échangistes et protectionnistes, qui ni l'une ni l'autre ne sauraient restaurer le taux général de profit. En Europe, l'Union Européenne et le Brexit sont les deux revers de cette médaille.

La rupture avec l'Union Européenne et les traités de la zone euro est nécessaire à une vraie démocratie, mais ce n'est pas une condition suffisante. Il faut maintenant mettre en discussion la défense d'une union libre des peuples souverains à l'échelle de tout le continent, contre l'Union Européenne, contre Donald Trump et contre Vladimir Poutine. D'une abstraction pour beaucoup, cette question va devenir un besoin concret. Non pas accompagner ou combattre la construction européenne, mais remettre en avant ce que le mouvement socialiste européen avait appelé, pendant la première guerre mondiale, la perspective des Etats-Unis socialistes d'Europe, sauf que cela ne peut pas être un état fédéral, en la reformulant et en la réactualisant.

La question de Donald Trump au niveau mondial soulève la nécessité d'arrêter les incendiaires qui entendent brûler, littéralement, notre atmosphère, d'abord par la bataille des oléoducs et des gaz de schiste en Amérique du Nord pour laquelle, soit dit en passant, l'adversaire se nomme Donald Trump, mais aussi Justin Trudeau.

Pour la survie et pour nos enfants, il faut arrêter les incendiaires criminels. La question de Donald Trump est celle, non de l'imminence, mais de l'urgence de la révolution démocratique et prolétarienne.

 

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 20:55

 

http://www.actu.leparisien.fr/elections/presidentielle/affaires-fillon-qui-est-eliane-houlette-cette-procureur-sans-pitie-pour-les-cols-blancs-07-02-2017-6661254.php

 

Qui est Eliane Houlette, cette procureure sans pitié pour les cols blancs ?

 

Dans sa conférence de presse du Lundi 6 Février 2017, le candidat des Républicains au premier tour des élections présidentielles, François Fillon, a admis une erreur et il a souhaité un nouveau départ. Mais l'enquête judiciaire se poursuit.

Et si Éliane Houlette,la procureure du Parquet National Financier (PNF), tenait entre ses mains le sort de la prochaine élection présidentielle ? A soixante quatre ans, cette magistrate, mère de deux grands enfants, quasi inconnue du grand public, gère en direct l'affaire de François Fillon. Quelle que soit la décision qu'elle prendra, celle-ci sera commentée et sans aucun doute critiquée.

La magistrate le sait, mais s'en moque, convaincue de faire son travail et seulement son travail, comme elle a l'habitude de le répéter à ses interlocuteurs qui défilent dans son grand bureau d'angle donnant sur la rue des Italiens, dans les anciens locaux du Monde. Au mur, elle a d'ailleurs affiché une vieille une du quotidien du soir. « Elle a l'air frêle, mais c'est une femme forte. Vous ne négociez pas. Quand elle s'est fait un avis sur une procédure, vous ne lui en faites pas changer », commente un avocat, habitué du PNF.

Ce fut le cas pour l'emblématique affaire de Jérôme Cahuzac. Face à cette délinquance en col blanc qui « enrichit les uns, appauvrit les populations, creuse les inégalités et nourrit les frustrations, le ressentiment et la crispation, aucune tolérance ne peut plus être admise ». Le 14 septembre 2016, la chef du PNF requiert d'une voix douce trois ans de prison ferme contre Jérôme Cahuzac, ancien ministre du budget. Quelques mois plus tard, le tribunal suit ses réquisitions. C'est la première victoire du PNF, créé en 2014, justement après le scandale de Jérôme Cahuzac.

Juge des enfants puis spécialiste des affaires économiques et financières, elle fut la première à endosser les habits de procureur national financier. Son nom avait été suggéré par la garde des sceaux, Christiane Taubira, sans pour autant que la magistrate soit étiquetée politiquement, ni affiliée à un syndicat.

Eliane Houlette est aujourd'hui à la tête d'une task force de quatorze magistrats, traitant plus de quatre cent affaires, dont les plus sensibles du quinquennat de François Hollande, Wendel, Guy Wildenstein, Claude Guéant, Serge Dassault et maintenant François Fillon. « C'est une grosse bosseuse, qui se croit porteuse d'une mission », observe, laconique, un juge d'instruction. A peine installée, le premier février 2014, elle ouvrait une information judiciaire pour violation du secret de l'instruction et trafic d'influence, qui a débouché sur les mises en examen de Nicolas Sarkozy.

Pas de quoi démentir le dicton qui veut que les affaires touchant un camp politique prospèrent plus rapidement quand son adversaire est au pouvoir et vice versa.

 

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 20:37

 

http://www.liberation.fr/planete/2017/02/07/la-prison-de-saidnaya-centre-d-extermination-du-regime-syrien_1546640

 

La prison de Saidnaya, centre d'extermination du régime syrien

 

Par Luc Mathieu

 

Mardi 7 Février 2017

 

La prison de Saidnaya, à trente kilomètres au nord de Damas, n’est pas seulement l’une des plus atroces de Syrie, là où tortures et mauvais traitements sont systématiques et institutionnalisés. C’est aussi un lieu de massacre organisé, un abattoir, selon un rapport d’Amnesty International publié Mardi 7 Février 2017. Entre cinq mille et treize mille prisonniers y ont été pendus entre le mois de septembre 2011 et le mois de décembre 2015.

« Il n’y a pas de raison de penser que les exécutions extra judiciaires aient cessé depuis », ajoute l’organisation. Les victimes sont dans la quasi-totalité des cas des civils opposés au régime. « La prison militaire de Saidnaya est un endroit où l'état syrien massacre en silence son propre peuple », note Amnesty International, qui a interviewé plus de quatre vingt personnes, dont des détenus libérés, des anciens gardes et des anciens juges.

La procédure débute par un simulacre de procès devant un tribunal militaire dans le quartier d'al Qaboun à Damas. Les prisonniers n’ont pas d’avocat. « Ils ne restent qu’une minute ou deux avant d’être renvoyés. Le juge demande le nom du détenu et s’il a commis le crime. Que la réponse soit oui ou non, il sera condamné. Ce tribunal n’a rien à voir avec un état de droit. Ce n’est pas un tribunal », a affirmé un ancien juge à Amnesty International. Les détenus repartent à Saidnaya dans des minibus ou à l'arrière de camions. Ceux qui ont été condamnés à mort ne le savent pas. Ils ne l’apprendront que quand ils seront face à la potence.

Le jour de la pendaison, des gardiens parcourent les couloirs de la prison, une liste de noms à la main, en début d'après-midi. Dans les cellules, ceux qui sont appelés s'agenouillent face au mur, mains sur les yeux. Ils sont extraits tour à tour, tee-shirt rabattu sur la tête. Les gardiens leur disent qu’ils vont être transférés dans des prisons civiles, le plus souvent à Adra, non loin de Damas, ou à Alep, dans le nord du pays. Ils sont en réalité amenés dans une cellule d’une quinzaine de mètres carrés au sous-sol. « Ils ont interdiction de s’asseoir. Ils doivent rester debout. Nous leur hurlons dessus. Et nous commençons à les battre. Quiconque passe peut les taper, jusqu’à ce que l’officier arrive. Nous savons qu’ils vont de toute façon mourir, nous faisons ce qu’on veut d’eux. Ils restent là jusqu’à l’aube », a expliqué un ancien gardien. Ils sont alors transférés dans un autre bâtiment de la prison.

Fosses communes près de Damas

La salle d’exécution a été agrandie au mois de juin 2012. Il y a en réalité deux pièces, l’une où dix personnes peuvent être pendues en même temps et l'autre où vingt personnes peuvent être pendues en même temps. Quand ils arrivent, les détenus signent de leur empreinte digitale leur avis de décès et se voient demander leurs dernières volontés. Ils ont les yeux bandés.

« Certains restaient silencieux après avoir posé leurs empreintes et d’autres s’évanouissaient. Mais ils ne savaient quand ils seraient exécutés ni comment, par pendaison, par balles ou d’une autre manière », a déclaré un ancien responsable de la prison.

Les prisonniers sont alors amenés sur une plateforme surélevée à un mètre du sol. Ils ont toujours les yeux bandés. Des gardiens leur passent la corde autour du coup. Dans la première pièce, une trappe bascule. Dans la seconde pièce, ils sont poussés dans le vide par un gardien. Ils restent pendus entre dix et quinze minutes. « Certains ne meurent pas parce qu’ils sont trop légers. Pour les jeunes, leur poids ne suffit pas à les tuer », a expliqué un ancien juge du tribunal militaire.

Un médecin est chargé de désigner ceux qui ne sont pas morts. « Des assistants de l’officier en charge tirent alors leurs corps vers le bas pour leur casser le cou », a déclaré l'ancien juge. Ces séances d’exécution se tiennent une à deux fois par semaine. Entre vingt et cinquante personnes sont tuées à chaque fois.

Les cadavres sont envoyés à l’hôpital militaire de Tishreen, à Damas, pour être répertoriés. Ils sont parfois placés dans des cercueils en bois. Quand il y a trop de corps et quand il n'y a pas assez de place dans le camion, ils sont simplement enveloppés dans un sac en plastique ou simplement laissés tels quels. Les cadavres sont ensuite enterrés dans des fosses communes situées sur des terrains appartenant à l’armée. D’après des témoignages recueillis par Amnesty International, mais que l’Organisation Non Gouvernementale (ONG) n’a pu vérifier, n’ayant pas le droit de travailler en Syrie, les corps sont souvent emmenés à Najha, un village entre Damas et Sweida, ou Qatana, une petite ville dans la banlieue ouest de la capitale syrienne.

L'état syrien n’a bien sûr jamais reconnu cette politique d’extermination. Les procédures restent secrètes et elles sont connues seulement de ceux, gardes et responsables, qui sont directement impliqués. Mais les exécutions ont été autorisées par les plus hauts niveaux de l'état. Les condamnations à mort sont approuvées par le grand mufti de Syrie et soit par le ministre de la défense, soit par le chef d’état-major, qui agissent de la part du président Bachar al-Assad. Dans un rapport publié au mois de février 2016, l'Organisation des Nations Unies (ONU) avaient déjà accusé le gouvernement syrien d'exterminer des détenus, ce qui constitue un crime contre l’humanité.

 

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 20:13

 

http://www.liberation.fr/france/2017/02/07/temoignage-de-theo-tirs-de-la-police-le-point-sur-la-situation-a-aulnay-sous-bois_1546865

 

Témoignage de Théo Luhaka et tirs de la police, le point sur la situation à Aulnay-sous-Bois

 

Des policiers ont fait des tirs de sommation à balles réelles dans la nuit du Lundi 6 Février au Mardi 7 Février 2017 à Aulnay-sous-Bois, où des incidents ont éclaté pour la troisième nuit consécutive après l’interpellation Jeudi 2 Février 2017 d’un jeune homme gravement blessé à coups de matraque.

 

Que s’est-il passé ?

 

Un jeune homme de vingt deux ans a été gravement blessé à coups de matraque par des agents de police lors d’une opération de contrôle qui a fini en interpellation Jeudi 2 Février 2017 à Aulnay-sous-Bois, dans le département de la Seine-Saint-Denis. Les faits se sont produits dans le quartier de la Rose-des-Vents, Jeudi 2 Février 2017 vers 17 heures.

« Lors de l’interpellation, très violente, deux policiers étaient en sécurisation, pendant que deux autres lui donnaient de nombreux coups », détaille une source proche du dossier à Libération. C’est à ce moment-là qu’un policier lui a causé une importante blessure à l’anus avec son arme. Les images de vidéo surveillance de la ville permettent de voir « nettement les violences et, à un moment, un coup de matraque télescopique, porté à l’horizontale, transperce le caleçon du jeune homme », d’après cette même source. Dimanche 5 Février 2017, l’un des quatre policiers a été mis en examen pour viol et les trois autres ont été mis en examen pour violences volontaires en réunion.

 

Le témoignage de Théo Luhaka, « j'ai cru que j’allais mourir »

 

BFM Télévision a recueilli Lundi 6 Février 2017 le témoignage de Théo Luhaka, le jeune homme grièvement blessé lors d’une interpellation policière à Aulnay-sous-Bois. Dans cet article, il raconte qu’il s’est débrouillé pour se placer dans le champ de caméras, sachant que les policiers seraient violents avec lui. Ce qui ne les a pas arrêtés, « il prend sa matraque et il me l’a enfoncée dans les fesses, volontairement », raconte Théo Luhaka. Puis « ils m’ont mis des gaz lacrymogènes dans la tête et dans la bouche et un coup de matraque en pleine tête et moi j’avais tellement mal aux fesses que cette douleur-là semblait éphémère », raconte-t-il. « Je croyais que j’allais mourir et je marchais mais parce qu’ils me tenaient bien ». Il fait aussi état d’insultes.

 

Des tirs de la police pendant la nuit du Lundi 6 Février au Mardi 7 Février 2017

 

Confirmant une information de Taranis News, la préfecture de police, jointe par Libération, admet que des policiers ont fait des tirs de sommation à balles réelles dans la nuit du Lundi 6 Février au Mardi 7 Février 2017 à Aulnay-sous-Bois, où des incidents ont éclaté pour la troisième nuit consécutive suite à l’interpellation de Théo Luhaka, Jeudi 2 Février 2017.

« Des policiers encerclés et acculés sans aucun autre moyen mis à leur disposition, comme une grenade de désencerclement, ont fait usage de leur arme en tirant en l’air », indique la préfecture, sans donner de détails sur le nombre de balles tirées et le nombre de tireurs. Elle assure qu’il n’y a pas eu de blessés et elle a indiqué que vingt six interpellations avaient eu lieu pendant la nuit du Lundi 6 Février au Mardi 7 Février 2017.

L’information avait déjà été confirmée sur France Info par un membre du syndicat de police Alliance, qui a expliqué Mardi 7 Février 2017 que « le quartier s’est littéralement embrasé. Certains collègues ont dû prendre leur pistolet automatique pour tirer en l’air devant la violence des attaques ».

Le photographe de Taranis News qui était sur place et qui a publié une photo de douilles ramassées à Aunay sous Bois précise à Libération que c’est un groupe d’habitants du quartier qui l’a alerté sur la question Mardi 7 Février 2017 entre 0 heure 10 et 0 heure 20 du matin.

Le maire des Républicains d’Aulnay-sous-Bois, Bruno Beschizza, a apporté son soutien à la famille et il a demandé des explications sur la requalification des faits, le viol ayant un temps été écarté. A propos des incidents survenus dans la nuit du Lundi 6 Février au Mardi 7 Février 2017, il a ensuite insisté dans un communiqué que « nous n’en sommes pas au stade où il y aurait des émeutes ». Il explique surtout que « ces troubles font suite à la vive émotion ressentie par beaucoup d'habitants d'Aulnay sous Bois », compte tenu du fait qu’un jeune homme a été violé lors d’une interpellation policière. Il en appelle à nouveau à une réaction plus vigoureuse du ministre de l'intérieur, Bruno Le Roux.

Resté silencieux depuis les faits, le gouvernement a enfin réagi Mardi 7 Février 2017 par la voix du premier ministre Bernard Cazeneuve. Il a plaidé pour la plus grande fermeté contre les forces de l’ordre qui se rendraient coupables de manquements graves, « je sais à quel point les policiers et les gendarmes sont exposés dans la lutte antiterroriste et aux violences, mais ils doivent être à chaque instant absolument exemplaires », a-t-il déclaré dans les couloirs de l'assemblée nationale.

François Hollande lui, a affirmé Mardi 7 Février 2017 que la justice protégeait les citoyens, « y compris lorsqu'un agent des forces de l’ordre est impliqué. La justice est garante des libertés et les citoyens doivent comprendre que c’est le juge qui les protège », a souligné le chef de l'état lors de l’inauguration d’un « service d’accueil unique du justiciable » au tribunal de Pontoise. Le président de la république s'est rendu Mardi 7 Février 2017 à l'hôpital, au chevet de Théo Luhaka. Il est resté une demie-heure avec lui et plusieurs membres de sa famille, indiquant qu’il entendait ainsi « souligner combien il avait réagi avec dignité et avec responsabilité après ce qui lui est arrivé ».

 

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 19:38

 

François Fillon dénonce une volonté de nuire du Canard Enchaîné (Reuters)

 

François Fillon a dénoncé Mardi 7 Février 2017 une volonté de nuire du Canard Enchaîné après la publication par l'hebdomadaire d'informations sur des indemnités s'élevant à quarante cinq mille euros qu'aurait perçues en deux fois l'épouse du candidat de la droite au premier tour des élections présidentielles.

Le vainqueur des élections primaires de la droite au mois de novembre 2016, déstabilisé depuis la fin du mois de janvier 2017 par des révélations de la presse en cascade, conteste les chiffres livrés par le Canard Enchaîné dans son édition du Mercredi 8 Février 2017.

« Seule la volonté de nuire peut expliquer cette présentation mensongère », écrit François Fillon dans un communiqué.

« Non seulement le Canard Enchaîné essaye de remettre en cause, à tort, le calcul du salaire net moyen de mon épouse, mais il commet de nombreuses erreurs dans l’analyse des informations figurant sur les bulletins de paye », ajoute le député de Paris.

Selon l'hebdomadaire, Pénélope Fillon a perçu seize mille euros au mois d’août 2002 après la fin de son contrat d'attachée parlementaire auprès de son époux, puis vingt neuf mille euros de primes au mois de novembre 2013 à la suite de la rupture d'un dernier contrat.

François Fillon affirme que ces sommes sont erronées, en particulier celles concernant les primes versées au mois de novembre 2013 qui, selon lui, s'élèvent en réalité à sept mille sept cent cinquante quatre euros « comprenant les congés payés ».

Par ailleurs, les montants dont fait état le Canard Enchaîné sont déjà inclus dans de précédents calculs, se défend-il.

Le Parquet National Financier (PNF) a ouvert le Mercredi 25 Janvier 2017 une enquête préliminaire pour faire la lumière sur les soupçons d'emplois fictifs de Pénélope Fillon, rémunérée pour des postes d'attachée parlementaire et de collaboratrice à la Revue des Deux Mondes.

 

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6 février 2017 1 06 /02 /février /2017 20:44

 

Troisième décès en une semaine dans le camp grec de Moria (Reuters)

 

Un migrant a été retrouvé mort Lundi 30 Janvier 2017 dans le camp de Moria, sur l'île grecque de Lesbos, le troisième décès inexpliqué en moins d'une semaine, ce qui préoccupe les responsables locaux et met en lumière les conditions de vie extrêmement difficiles dans les camps de réfugiés de la mer Egée.

L'homme était âgé d'une vingtaine d'années et sans doute originaire du Pakistan, a déclaré un officier de police. Un autre migrant, qui partageait sa tente, a été hospitalisé dans un état critique.

Deux autres décès sont survenus ces derniers jours dans le même camp de réfugiés. Un égyptien de vingt deux ans est mort le Mardi 24 Janvier 2017 et un syrien de quarante six ans est mort le Samedi 28 Janvier 2017.

Les deux hommes vivaient sous la même tente. Selon les médias grecs, ces deux premiers décès étaient dus à l'inhalation de fumées dégagées par un poêle, information que les autorités grecques n'ont pas commentée.

Environ quatre mille huit cent réfugiés et migrants vivent dans deux camps sur l'île de Lesbos, soit mille de plus que les capacités d'accueil. Les conditions de vie à Moria, une ancienne base militaire, se sont détériorées alors que ses occupants attendent depuis des mois une réponse à leurs demandes d'asile.

Au total, plus de soixante mille réfugiés et migrants, pour la plupart originaires de Syrie, d’Irak et d’Afghanistan, sont bloqués en Grèce depuis le mois de mars 2016.

Le Haut Commissariat pour les Réfugiés (HCR) de l’Organisation des Nations Unies (ONU) et d'autres organisations internationales ont exhorté Athènes à améliorer les conditions de vie dans ces camps de réfugiés, qualifiées de déplorables par l'Organisation Non Gouvernementale (ONG) Human Rights Watch.

Cité par l'agence Athens News Agency (ANA), le ministre grec de la politique migratoire, Yannis Mouzalas, a ordonné l'ouverture d'une enquête sur les circonstances de ces décès et il a promis que des mesures seraient prises pour rendre la situation plus gérable dans les camps de réfugiés installés dans les îles de la mer Egée.

« Nous nous demandons combien il faudra de décès supplémentaires pour que notre gouvernement se réveille », a accusé Stavros Theodorakis, le dirigeant du parti centriste To Potami.

Du côté des ONG, Panos Navrozidis, directeur pour la Grèce de l'International Rescue Committee, a souligné que « ces décès gratuits ne pouvaient plus être tolérés ».

 

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6 février 2017 1 06 /02 /février /2017 20:07

 

http://www.ldh-france.org/violences-policieres-aulnay-bois-justice-passer

 

http://www.humanite.fr/violences-policieres-aulnay-sous-bois-la-justice-doit-passer-631696

 

Violences policières a Aulnay sous Bois, la justice doit passer

 

Communiqué de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH)

 

Une nouvelle fois, un contrôle de police effectué auprès d’un jeune habitant de quartier populaire a connu une issue particulièrement violente. Jeudi 2 Février 2017, à Aulnay-sous-Bois, en fin de journée, les policiers ont procédé à l’arrestation d’un jeune homme durant laquelle des violences ont été commises. Celles-ci ont eu pour conséquence l’hospitalisation de ce dernier, blessé à coups de matraque et victime d’atteintes corporelles très importantes.

 

De leur côté, les quatre policiers impliqués ont été mis en examen, trois pour « violences volontaires avec arme par personnes dépositaires de l’autorité publique » et le dernier pour viol, malgré la tentative du parquet de sous-qualifier les faits. Néanmoins, ils ont tous été laissés en liberté.

 

La LDH constate, une nouvelle fois, les conséquences des contrôles d’identité menés dans des conditions contestables. L’importance des blessures infligées telles que relatées par la presse évoque une violence délibérée et inadmissible. L’enquête judiciaire en cours doit permettre d’établir les faits, être l’objet d’un traitement impartial et aboutir à ce que justice soit faite.

 

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6 février 2017 1 06 /02 /février /2017 19:49

 

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2017/02/04/un-jeune-troll-radical-derriere-l-attentat-de-quebec_5074564_3222.html

 

L’auteur de l’attentat de Québec diffusait des textes d’extrême droite

 

Réservé en public, Alexandre Bissonnette diffusait abondamment sur Internet des écrits ultra nationalistes.

 

Par Anne Pélouas, correspondante du Monde à Montréal

 

Samedi 4 Février 2017

 

« Il me ressemble beaucoup », lâche Maxime Fiset en parlant d’Alexandre Bissonnette, l’auteur de l’attentat qui a fait six morts et huit blessés à la grande mosquée de Québec, Dimanche 29 Janvier 2017. Ancien skinhead et néo nazi, fondateur en 2005 de la Fédération des Québécois de Souche, groupe d’extrême droite, Maxime Fiset s’est reconverti en devenant consultant au Centre de Prévention de la Radicalisation Menant à la Violence (CPRMV), « comme lui, j’ai été victime d’intimidations, j’avais des opinions d’extrême droite marquées, un fort intérêt pour les armes et j’ai failli commettre un attentat ». Sauf que Maxime Fiset n’est pas passé à l’acte. Pour lui, Alexandre Bissonnette est le troll de la série télévisée américaine South Park, qui trouve un exutoire à sa colère en polémiquant sur internet, où l’aliénation devient le moteur de la radicalisation.

Certains de ceux qui ont vu la page Facebook d’Alexandre Bissonnette avant qu’elle ne disparaisse des écrans au lendemain de la fusillade ont publié des photos du jeune homme de vingt sept ans aux yeux bleus, d’apparence frêle. Au fil des témoignages se dessine le portrait contrasté d’un individu plutôt bien éduqué, issu d’une famille sans histoire, sans casier judiciaire, étudiant en sciences politiques et employé d’Héma-Québec, gestionnaire de dons de sang, mais aussi celui d’un introverti notoire aux idées ultra conservatrices.

Jean-Michel Allard-Prus, un ancien camarade d’université, le décrit comme « assez timide, regardant au sol quand on lui parlait et ne verbalisant pas beaucoup ses émotions ». Il se disait « hostile aux non blancs et aux non-chrétiens immigrants », témoigne un ami. Plus jeune, « il était très calme et poli, mais différent », souligne Michel Kingma-Lord, un autre ancien camarade de classe, « ses idées n’étaient pas populaires et il était victime d’intimidations ». Une ancienne élève de son lycée se rappelle aussi qu’il était « toujours à part, attirant les railleries et répondant par des insultes ». Ce type de rejet « alimente colère, détresse et sentiment de vengeance », explique France Proulx, psychiatre de l’Institut Philippe-Pinel de Montréal et experte en responsabilité criminelle. Elle ajoute « qu'on cherche un bouc émissaire, dans ce cas-ci, les musulmans ».

Pour le directeur du CPRMV, Herman Deparice-Okomba, tout individu radicalisé est « incompris, stigmatisé, sans perspective d’avenir et en quête de repères identitaires avec un fort besoin de valorisation ». Selon lui, « il y a tout cela chez Alexandre Bissonnette ».

Au fil des témoignages, nous savons aujourd’hui que ce jeune adulte était peu sociable, proche de son frère jumeau et qu’il a eu du mal à quitter le cocon familial. Avec son frère, ils avaient emménagé en 2016 dans un appartement proche du lieu du drame, mais ils se seraient séparés récemment, ce qui aurait renforcé son isolement. Féru d’échecs, Alexandre Bissonnette aimait aussi la chasse. Il avait appris le maniement des armes au sein des Cadets, une structure de l’armée canadienne réservée aux jeunes de douze à dix huit ans. Il en possédait plusieurs, légalement, dont deux, un pistolet de neuf millimètres et une arme semi-automatique, qu’il a pris pour se rendre à la mosquée.

Réservé en public, Alexandre Bissonnette ne l’était pas sur internet. C’était un troll accompli, selon plusieurs témoignages, diffusant largement sur les réseaux sociaux des écrits soulevant le plus souvent la polémique. François Deschamps, fondateur du comité Bienvenue aux Réfugiés-Québec, le suivait depuis près d’un an, « ses commentaires étaient ultra nationalistes, islamophobes et antiféministes. Il était rationnel dans ses arguments et un peu arrogant ». Là, comme à l’école, note Cécile Rousseau, professeure de psychiatrie à l’université Mac Gill et auteure d’une étude sur les facteurs de risque associés à la radicalisation violente, « il cherchait à attirer l’attention, se mettant en position de recevoir des coups ».

S’il flirtait avec les idées indépendantistes pour le Québec, il avait surtout un fort penchant pour l’extrême droite. Il vouait une admiration particulière à Marine Le Pen, dont il avait suivi la visite à Québec en mars 2016, et à Donald Trump, se décrivant sur son compte Twitter comme « a big Trump fan ». Sur YouTube, il relayait des vidéos islamophobes.

« Alexandre Bissonnette est aussi une victime. Il n’est pas sorti du vide », a lancé l’imam Hassan Guillet, lors d’une cérémonie Vendredi 3 Février 2017 à Québec en l’honneur de trois des musulmans décédés.

« On lui a mis dans la tête des idées plus dangereuses que des balles », a-t-il ajouté. Ces idées, ce sont celles véhiculées par des groupes d’extrême droite qui connaissent un regain d’activité au Canada.

L’auteur de l’attentat semble avoir été un électron libre, en marge de ces groupes. « Pas si libre que cela, car il s’inscrit dans une mouvance de sympathie avec la radicalisation violente », estime Cécile Rousseau.

Herman Deparice-Okomba pointe, lui, les discours populistes et démagogiques qui abondent sur certaines radios privées de Québec et les groupes d’extrême droite y gagnent en visibilité dans la capitale québécoise. Il avait sonné l’alarme au mois de novembre 2016, « observant une montée de la radicalisation d’extrême droite au Québec ». Les signalements au CPRMV, notamment pour propos haineux et islamophobie, sont en hausse, y compris depuis l’attentat.

« Les groupes d’extrême droite sortent de leur réserve au Canada depuis quatre ans et sont très actifs sur internet », relève Aurélie Campana, professeure de sciences politiques à Québec. Les quatre groupes principaux de la capitale québécoise, montrés du doigt après l’attentat, ont clamé leur aversion pour la violence. La Meute et les Soldats d’Odin ne comptent qu’une centaine de membres. Le plus ancien s’appelle la Fédération des Québécois de Souche. Le groupe extrémiste Atalante, dont le slogan est « exister, c’est combattre ce qui me nuit », est très lié à Légitime Violence, un groupe musical skinhead de Québec qui a diffusé, le soir de l’attentat, un clip musical anti-immigrés.

Sans être aussi implantés qu’en Europe ou aux Etats-Unis, ces groupes demeurent dangereux, cachant leur vrai visage sur le Darknet ou les groupes fermés de Facebook. Parfois, ils sortent aussi dans la rue, affichent leurs logos nazis, taguent ou recrutent sur les campus étudiants.

En 2016, un pique-nique identitaire a été organisé devant l'assemblée nationale. « Leurs discours identitaires sur le nationalisme blanc sont racistes », souligne Aurélie Campana. « Ils amalgament islamisme et islamisme radical et nourrissent clairement les stéréotypes contre les musulmans ».

Il apparaît, au vu de ses prises de position sur les réseaux, que le jeune Alexandre Bissonnette avait intégré ces discours. Mais il était visiblement en quête, selon les spécialistes, d’une autre tribune.

 

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6 février 2017 1 06 /02 /février /2017 19:26

 

Manifestation à Barcelone à l'ouverture du procès d'Artur Mas (Reuters)

 

Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées Lundi 6 Février 2017 devant le palais de justice de Barcelone où l'ancien président de la Catalogne, Artur Mas, doit être jugé pour désobéissance civile pour avoir organisé en 2014 une consultation populaire considérée comme illégale sur l'indépendance de la région.

Ce scrutin avait été organisé avec l'aide de volontaires et en dépit de l'opposition du gouvernement espagnol qui avait saisi la justice pour l'empêcher, affirmant qu'il était contraire à la constitution.

Quelque deux millions trois cent mille personnes y avaient pris part et s'étaient prononcées à plus de quatre vingt pour cent en faveur de l'indépendance mais le gouvernement de Mariano Rajoy faisait valoir que cette question relevait de l'ensemble des citoyens espagnols.

Artur Mas, qui a démissionné de ses fonctions de président de la région en 2016, pourrait se voir infliger une peine de dix années d'emprisonnement s'il est reconnu coupable de désobéissance civile et d'abus commis dans le cadre d'une fonction publique.

« Aujourd'hui beaucoup d'entre nous ont le sentiment d'être eux-mêmes jugés », a commenté Carles Puigdemont, le nouveau président du gouvernement catalan, s'exprimant devant le palais de justice entouré d'élus locaux et régionaux et de partisans de l'indépendance.

Ce procès s'ouvre dans un contexte de tension accrue entre Madrid et la Catalogne dirigée depuis 2015 par une équipe très favorable à la scission qui a pris l'engagement d'organiser un référendum sur sa sortie de l'Espagne cette année.

Mariano Rajoy se montre intraitable sur le sujet, affirmant être prêt au dialogue avec les autorités catalanes tout en réaffirmant qu'un référendum sur l'indépendance est illégal.

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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 18:44

 

http://www.cgt.fr/Les-salaries-des-TPE-confirment-la.html

 

Les salariés des Très Petites Entreprises (TPE) confirment la Confédération Générale du Travail (CGT) comme la première organisation, à dix points devant la deuxième organisation

 

Vendredi 3 Février 2017

 

Les résultats des élections de représentativité dans les TPE confirment la CGT comme première organisation syndicale au plan national.

Les salariés qui se sont exprimés ont choisi de légitimer le syndicalisme CGT qui propose, conteste, revendique, lutte et négocie.

La CGT sort confortée de cette élection et remercie les électeurs.

Cette satisfaction des résultats ne peut gommer l’amateurisme dont ont fait preuve le gouvernement et les services du ministère du travail tout au long du processus électoral.

Ils portent notamment la responsabilité du faible taux de participation des salariés à l’élection.

Alors que quatre millions six cent mille salariés étaient concernés par l’élection, aucune communication digne de ce nom dans les médias n’aura été organisée afin d’informer, sensibiliser et favoriser leur expression.

La CGT dénonce le gouvernement et ses services qui auront jalonné d’embûches l’élection des salariés des TPE comme par exemple le report des élections pendant les fêtes de fin d’année.

Le choix de permettre la participation de listes syndicales pourtant dans l’incapacité de représenter les salariés dans les commissions paritaires qui vont se mettre en place démontre que, loin de l’affichage, la prise en compte de l’expression des salariés des TPE sur leurs besoins et leurs revendications n’intéressent que peu le gouvernement.

Les salariés ont amené la meilleure des réponses, celle de placer en tête et loin devant la CGT avec un résultat de vingt cinq pour cent des voix devant la Confédération Française et Démocratique du Travail (CFDT) avec quinze pour cent des voix.

Ces résultats confèrent de grandes responsabilités à la CGT qui, forte de ce résultat, réaffirme son engagement auprès des salariés des TPE pour, avec eux, exiger des avancées réelles en matière sociale.

La CGT mesure les efforts de déploiement à réaliser pour mieux représenter les salariés des TPE et leur donner plus de place encore dans le syndicalisme CGT, le syndicalisme de tous les salariés.

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