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18 avril 2015 6 18 /04 /avril /2015 15:56

http://www.syriza-fr.org/2015/04/17/alexis-tsipras-a-reuters-je-reste-resolument-optimiste-quant-a-un-accord-dici-la-fin-du-mois

Alexis Tsipras à Reuters, « je reste résolument optimiste quant à un accord d’ici la fin du mois »

Déclaration du premier ministre Alexis Tsipras à l’agence de presse internationale, qui mentionne, entre autres, les quatre points de désaccord politique mais qui souligne aussi sa conviction que « l’Europe ne choisira pas la voie d’un obscur et immoral chantage financier, mais la voie qui surmontera les différences ».

Ci-dessous la déclaration complète d’Alexis Tsipras

Le gouvernement grec travaille durement dans tous les domaines spécifiques de la négociation, tant à Bruxelles qu’à Athènes, afin de trouver une solution mutuellement avantageuse, un compromis honorable avec nos partenaires. Un compromis qui respecte à la fois le récent mandat populaire mais aussi le cadre de fonctionnement de la zone euro.

Les points de convergence et de contact entre les deux parties sont déjà nombreux et constituent le cadre dans lequel évoluera notre accord.

Par rapport au départ, de remarquables progrès ont été accomplis sur une série de questions relatives à l’amélioration du mécanisme de recouvrement fiscal et au renforcement de son autonomie, à la lutte contre la corruption, à l’efficacité des services administratifs, mais aussi sur des interventions fiscales qui assureront un excédent primaire adéquat pour l’année en cours sans en faire peser le poids sur la majorité sociale mais en le répartissant sur ceux qui ont indéniablement une capacité élevée de contribution à l’impôt.

Il reste, bien sûr, quatre points de désaccord dans les domaines des relations du travail, de la sécurité sociale, de l’augmentation de la TVA mais aussi de la philosophie de valorisation des richesses publiques. Je veux être clair, il ne s’agit pas ici d’une impossibilité d’approche technique mais d’un désaccord politique qui, cependant, était connu à l’avance au point qu’on reconnaissait et qu’on continue à reconnaître que le compromis que nous recherchons respectera le mandat du peuple grec tel qu’il a été clairement exprimé lors des élections de janvier.

Malgré les cacophonies et les fuites extravagantes et les déclarations ces derniers jours de l’autre partie, je reste résolument optimiste quant à un accord d’ici la fin du mois. Parce que je sais que l’Europe a appris à vivre avec ses divergences, à faire des avancées et à progresser.

Je suis convaincu que l’Europe des traditions démocratiques et des Lumières ne succombera pas aux voix extrêmes de certains, ne choisira pas la voie d’un obscur et immoral chantage financier, mais la voie qui surmontera les différences, la voie de la stabilité et du respect mutuel, par-dessus tout dans la démocratie, pour le bien de notre avenir européen commun.

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17 avril 2015 5 17 /04 /avril /2015 21:07

http://www.elmundo.es/espana/2015/04/16/552fcbbb22601d7a098b456d.html

Rodrigo Rato, libéré après avoir été arrêté pour fraude, blanchiment d'argent et dissimulation d'actifs

La perquisition de son domicile a été menée pendant trois heures par ordonnance du tribunal

L’ancien ministre a ensuite été emmené à son bureau pour poursuivre l’enquête policière

Rodrigo Rato a quitté son bureau et une voiture l’a ramené chez lui juste après minuit

Le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) demande une audition de Cristobal Montoro devant le Congrès pour l’informer du « cas Rato »

La famille Rato, un clan familial avec des intérêts à l’étranger

Jeudi 16 Avril 2015
Le ministre des finances et du trésor arrivait hier au niveau le plus bas, accusant son propre ancien ministre de fraude, blanchiment d'argent et dissimulation d'actifs.

Rodrigo Rato, le seul espagnol de la haute fonction publique qui avait atteint le rang de chef d’état, après avoir été directeur général du Fonds Monétaire International (FMI), a quitté hier après-midi son domicile dans une des images les plus dévastatrices de l'histoire de la démocratie espagnole. Il pèse contre lui une plainte présentée cette semaine par l’administration fiscale qui accrédite un « profil de risque élevé » de fraude. Après minuit, après plus de sept heures d’interrogatoire, les agents l’ont autorisé à rentrer chez lui.

Entre autres opérations illicites, l’administration fiscale l’a accusé de chercher à dissimuler son patrimoine pour éviter de faire face à la prescription de l’instruction relative au scandale des obligations découlant de Bankia, selon ce que des sources judiciaires ont assuré à el Mundo.

L'ancien président de l’entité financière nationalisée en 2012 est soupçonné de vouloir augmenter ses biens à travers un réseau d'entreprise complexe. Les entreprises visées par l'enquête incluent des membres à part entière de sa famille, y compris les enfants de son mariage avec son ancienne femme Maria Angeles Alarcó, actuelle présidente de l'entreprise publique Paradores. L’enquête analyse également les sociétés liées à sa sœur Angeles et une nièce.

La plainte a plus de quatre-vingt pages et énumère les propriétés liées à Rodrigo Rato dans des paradis fiscaux, y compris Gibraltar et au Swaziland, contrairement à la version fournie par l'ancien ministre hier selon laquelle il ne détenait pas de sociétés dans des territoires opaques.

La plainte concerne également des entreprises liées à Rodrigo Rato aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, aux États-Unis et dans la République Dominicaine.

L'administration fiscale a également accusé celui qui était gardien du trésor espagnol d’avoir perpétré un trafic de devises d’une valeur de douze millions d’euros par des opérations au Luxembourg, en Suisse, à Gibraltar, en Irlande et aux Pays-Bas. La période d'enquête est de 2009 à 2014. Rodrigo Rato a assumé la présidence de Caja Madrid en 2010 et a quitté le pouvoir en mai 2012.

Enquête et arrestation

Rodrigo Rato était à son domicile hier en début d’après-midi quand ses gardes du corps ont été surpris par l’irruption d’agents de la brigade mobile des services centraux des douanes. La tension entre eux a été rapidement dissipée, la trente-cinquième chambre du tribunal de Madrid avait donné l'ordre de perquisitionner le domicile de l'ancien vice-président du gouvernement à la demande de l’administration fiscale de Madrid, qui avait déposé la plainte contre Rodrigo Rato et d’autres personnes quelques heures avant. Ils ont d’abord perquisitionné la maison de l'ancien président de Bankia de la rue Don Ramon de la Cruz à Madrid et, plus tard, son bureau de la rue Castelló, le forçant à être présent pendant tout le temps de l'enquête.

Les agents des douanes, dépendant de l’administration fiscale, étaient accompagnés dans l’opération par des membres de la Police Nationale. Tous ont travaillé sous la direction de ce tribunal de Madrid, qui a déclaré le secret des investigations.

Des sources de l’enquête ont déclaré à el Mundo que, outre la maison de l'ancien vice-premier ministre dans le quartier de Salamanca à Madrid, l’enquête avait également d’autres objectifs, y compris un cabinet d'avocats dans la ville andalouse de Sotogrande, à côté de Gibraltar.

Les fonctionnaires du trésor ont saisi plusieurs documents, à la fois sur papier et sur ordinateur, qui seront examinés par le tribunal et le procureur anti-corruption, qui prendra le cas à partir de maintenant.

Des milieux de la police ont été surpris par la participation des responsables du trésor à la perquisition et à l’enquête. Bien qu’elle soit tout à fait conforme à la loi, elle n’en est pas moins surprenante, les tribunaux et le parquet demandent généralement à la police et à la garde civile de mener l’enquête.

L'opération de police a surpris Rodrigo Rato à un moment très délicat pour lui. D'une part, il est accusé dans le cas Bankia et le juge Fernando Andreu lui a demandé une caution de huit cent millions d’euros pour répondre aux demandes des actionnaires individuels trompés par la faillite de Bolsa en 2011.

D'autre part, il est l'objet d'enquêtes du service exécutif pour la prévention du blanchiment de capitaux (SEPBLAC) à la demande de l’administration fiscale, pour n’avoir pas rectifié ses déclarations de revenus après l'amnistie fiscale en 2012.

Le risque de destruction de preuves et la dissimulation d'actifs a précipité l'enquête contre l'ancien ministre.

Les autres enquêtes

L’enquête porte également sur les personnes qui ont été en mesure de collaborer avec Rodrigo Rato dans un réseau d’entreprises suspectes. Il s’agit notamment de Miguel Angel Montero Quevedo, selon des sources judiciaires. Il a été directeur de la société Muinmo, qui est apparue en 2001 dans la commission parlementaire enquêtant sur le cas Gescartera. C’est la société familiale des frères de Rodrigo Rato, dans laquelle l'ancien vice-président avait un tiers du capital.

Muinmo a reçu, le 4 Décembre 2000, un prêt de trois millions d’euros, cinq cent vingt-cinq millions de pesetas, de la banque britannique HSBC, l'un des acteurs clés dans le scandale des agences de notation. Elle est également reconnue comme l'une des structures de Rodanman Gestion 3L, une entreprise dédiée aux agences de biens immobiliers domiciliée à l’adresse de Rodrigo Rato.

Miguel Angel Montero est répertorié comme administrateur unique. Maria de los Angeles de Rato Alarcó, la fille de l'ancien ministre, est également actionnaire. Son ancienne femme, Angeles Alarco, était administratrice unique de cette société entre 2001 et 2013. L’enquête concerne également Domingo Plazas et Ángel María Cobo.

Plusieurs entreprises étaient domiciliées à l’adresse de Rodrigo Rato, même si les enquêteurs sont plus préoccupés par ses mouvements à l'étranger.

Cristóbal Montoro, ministre du trésor et ancien lieutenant de Rodrigo Rato dans le gouvernement de José María Aznar, a durci son discours tôt ce matin au Congrès des Députés proclamant que « dans la lutte contre la fraude, le respect de la loi et de l'intérêt général est au-dessus de tout, au-dessus des intérêts politiques ou électoraux, au-dessus des amis et des rivaux, au-dessus des amis et des ennemis et tout le monde est responsable de ses actes ».

Après tant d'années dans une voiture officielle à Madrid et à Washington, l’ancien vice-président tout-puissant est entré hier dans un véhicule de police pour entreprendre le dernier cours de sa carrière. Il est âgé de soixante-six ans.

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17 avril 2015 5 17 /04 /avril /2015 17:48

http://www.slate.fr/story/98821/gauche-radicale-laclau

Gauche radicale, la clé, c’est Ernesto Laclau

Par Gaël Brustier

Dimanche 15 Mars 2015

Le penseur argentin connaît un succès posthume mérité. Décédé brutalement à Séville en avril 2014, ce professeur de théorie politique influence incontestablement la pensée et la stratégie politique de la gauche radicale du sud de l'Europe, dont Podemos, en particulier par ses réflexions sur la démocratie radicale et le populisme.

La victoire de Syriza le 25 janvier 2015 et la constante progression de Podemos en Espagne depuis un an a révélé l’influence intellectuelle d’un penseur argentin important pour la gauche radicale, Ernesto Laclau, né en 1935, mort à Séville en avril 2014.

Avec sa collègue et compagne Chantal Mouffe, ils ont contribué à puissamment renouveler la pensée stratégique à gauche dès les années 1980, en travaillant sur les questions relatives à l’hégémonie, à la démocratie et au populisme. Ernesto Laclau se situe dans le droit fil de l’analyse gramscienne de nos sociétés. Dans l’introduction à leur livre le plus connu datant de 1985, « hégémonie et stratégie socialiste, vers une politique démocratique radicale », Ernesto Laclau et Chantal Mouffe revendiquent d’ailleurs explicitement l’héritage d’Antonio Gramsci. Si la pensée de Stuart Hall est riche d’une méticuleuse analyse des ressorts du thatchérisme ou « populisme autoritaire », l’itinéraire intellectuel d’Ernesto Laclau est, quant à lui, riche de solutions potentielles pour la gauche.

Le travail des deux auteurs se confronte dans le temps successivement à l’établissement d’une hégémonie néo libérale en occident, dans les années 1980, puis à la victoire de mouvements progressistes en Amérique Latine, dans les années 2000.

C’est l’idée d’une « démocratie radicale » qui marque, dès le début, l’œuvre des deux auteurs.

Ils font partie de ceux qui, avec des nuances ou des différences d’analyses, Stuart Hall et Bob Jessop, s’attachent à comprendre l’hégémonie des droites et notamment le bloc historique qui porte au pouvoir Ronald Reagan ou Margaret Thatcher.

Pour Ernesto Laclau et Chantal Mouffe, la mise en « équivalence » de différents éléments, nostalgie « victorienne » mais aussi nouveaux éléments néo libéraux, par l’idéologie thatchérienne doit être contrée non par un retour à ce qui était communément admis auparavant, le système de pensée lié au Welfare State, mais au contraire à une nouvelle forme de démocratie, qui place en son centre le sujet des libertés individuelles.

En 1985, Ernesto Laclau et Chantal Mouffe démontrent notamment que « le terme insatisfaisant des nouveaux mouvements sociaux regroupe une série de combats très divers, urbains, écologiques, antiautoritaires, anti-institutionnels, féministes, antiracistes, ethniques, à entendre ici précisément dans le cadre des sociétés latino-américaines, régionaux ou émanant de minorités sexuelles ». Leur point commun pourrait être leur différentiation par rapport aux luttes sociales traditionnelles, considérées comme faisant partie de la lutte des classes au sens strict. Ainsi, les luttes relatives à l’occupation de l’espace social, « luttes urbaines », sont prises en compte par les deux auteurs, qui font de ces nouveaux mouvements les ingrédients d’une possible hégémonie alternative à celle qui émerge alors dans les pays d’Europe occidentale ou d’Amérique du Nord.

Ernesto Laclau et Chantal Mouffe se positionnent, dès 1985, en opposition explicite aux néo-conservateurs américains, auxquels ils reconnaissent néanmoins d’avoir saisi très tôt tout le potentiel politique des « nouveaux mouvements sociaux », évidemment considérés comme dangereux par les néo-conservateurs.

Il n’y a pas, dans leur pensée, d’antagonisme unique mais une pluralité d’antagonismes, qu’il faut unifier. On remarquera d’ailleurs que les deux auteurs refusent l’opposition du « social » et du « sociétal » mais qu’au contraire, ils intègrent une « multitude de luttes » dans la nécessaire « création hégémonique d’une unité », qui ne peut procéder à l’origine que de demandes sociales dispersées. D’une multiplicité d’antagonismes donc, la stratégie de la « démocratie radicale » doit faire une hégémonie.

Ernesto Laclau et Chantal Mouffe donnent au discours une importance fondamentale dans la constitution de l’hégémonie. Le moment discursif a pour fonction d’unifier ces éléments divers, c'est-à-dire des demandes sociales différentes voire contradictoires, qui se trouvent donc ainsi modifiées, orientées vers ce qui va devenir, sous la plume d’Ernesto Laclau et faisant abstraction de la connotation négative actuelle en France, une authentique stratégie « populiste ». Les différents éléments sont unifiés et deviennent partie d’un tout, deviennent un moment, d’une articulation qui peut mener à une forme d’hégémonie dans la société...

Créer un « peuple » est la condition d’une revitalisation de la politique. C’est la conviction d’Ernesto Laclau. C’est aussi, à son sens, la voie à emprunter pour la gauche radicale, dont on comprend qu’Ernesto Laclau souhaite qu’elle prenne ses distances avec des références devenues moins mobilisatrices qu’auparavant, dans les sociétés complexes qui sont les nôtres.

Vingt ans après ce livre fondateur, Ernesto Laclau publia un nouvel ouvrage d’une importance fondamentale. En 2008 en effet, parut en France, un livre précédemment publié en Espagne et au Royaume Uni en 2005, « la raison populiste ».

Les thèses d’Ernesto Laclau sur le populisme ont été fort peu discutées en France, hormis dans des cercles plutôt restreints, et on peut se demander si cette impasse sur l’œuvre d’Ernesto Laclau n’est pas une des causes de l’actuel surplace de la gauche radicale. Dans ce livre, loin de céder à la péjoration du « populisme », Ernesto Laclau prolonge ses travaux antérieurs par une très riche réflexion.

Ernesto Laclau analyse divers expériences et cas concrets, notamment celle du PCI de Palmiro Togliatti, mais également le moment « populiste » de la Ligue du Nord d’Umberto Bossi, celui de Silvio Berlusconi, mais il se plonge plus généralement dans une réflexion sur la nécessité du populisme en tant que revitalisation de la politique. Il développe aussi une série de points de vue le distinguant par exemple de Slavoj Zizek lorsqu’il met en avant les « processus et pratiques concrets » comme constitutif des identités politiques, donc du « peuple », de Toni Negri et de Michael Hardt, au contraire desquels il réaffirme l’importance de la phase d’articulation des demandes sociales qui, de prime abord, peuvent sembler éparses dans la société, comme une phase nécessaire à l’hégémonie. Toni Negri et Michael Hardt laissent davantage de place à la « multitude » et à une pluralité d’individus et de causes, sans unité aucune. Ernesto Laclau pense l’unité possible. Il entend contribuer à la construire.

Autre point important, Ernesto Laclau ne nie pas l’importance de la « classe sociale » comme catégorie donnant sens à l’expérience sociale, mais il la relativise au profit du « peuple » qui permet d’articuler des demandes sociales qui apparaissent toujours plus diverses.

On pourrait prolonger, d’ailleurs, cette réflexion d’Ernesto Laclau en développant l’idée que les catégories de la gauche et de la droite ne sont plus de nature, non plus, à donner seules une explication, un écho à l’expérience des citoyens.

Il n’est pas surprenant que dans des sociétés comme la Grèce ou l’Espagne, où la crise a puissamment agi sur les clivages économiques, sociaux et politiques de ces pays, de nouvelles catégories soient apparues, « le peuple contre la caste » et « le peuple contre les banques », par exemple. Cela ne signifie nullement que le travail d’Ernesto Laclau ne soit pas dans la filiation de la gauche radicale. Mais le peuple d’Ernesto Laclau est une catégorie éminemment politique, qui se construit par la politique et produit de la politique. Philippe Marlière rappelait en février 2015 les écueils que l’on peut rencontrer si on fait mauvais usage du « peuple ». Ernesto Laclau permet de répondre à ces préventions légitimes et d’intégrer le « peuple » et même le « populisme » à la tradition intellectuelle de la gauche radicale.

Laclau tire de ses analyses une conviction, « ce qu’on peut dire, en règle générale, c’est que plus les interpellations populistes jouent vraiment le rôle de signifiants vides, plus elles réussissent à unifier équivalentiellement la communauté, plus elles vont faire l’objet d’un investissement radical. Et, évidemment, cet investissement n’a rien de superficiel ».

Mais il complète également, « à l’inverse, dans une société très institutionnalisée, les logiques équivalentielles disposent de peu d’espace pour opérer, en conséquence, la rhétorique populiste devient une sorte de marchandise sans la moindre profondeur hégémonique. Dans ce cas, c’est vrai, le populisme devient presque synonyme de démagogie mesquine ».

Aujourd’hui, le « populisme » est utilisé dans un sens péjoratif visant à délégitimer celui qui y est associé. C’est une forme commode d’interrompre tout débat et de disqualifier un adversaire. Dans la pensée d’Ernesto Laclau, en revanche, le populisme est, comme nous l’avons vu, analysé beaucoup plus finement. Son livre de 2005 permet d’envisager les stratégies s’ouvrant à la gauche, les rapports que cette dernière peut entretenir avec cette « catégorie politique » qu’est le « peuple » sans à priori relatif à un débat théorique et politique faisant du « populisme » un disqualifiant.

Si peu d’analyses et de discussions relatives aux thèses d’Ernesto Laclau ont eu lieu en France, elles l’ont cependant beaucoup été dans un pays comme l’Espagne. Le Guardian n’avait pas tort de rappeler dernièrement l’influence qu’Ernesto Laclau a pu avoir sur les leaders de Podemos, en particulier sur Pablo Iglesias, mais également sur Inigo Errejon. Il n’est pas étonnant qu’ainsi armés intellectuellement, les fondateurs de Podemos aient pu saisir les potentialités politique d’un mouvement, les indignados, que l’on résuma trop souvent et sans doute trop rapidement à sa frange antipolitique, et dont la diversité pouvait néanmoins trouver une unité à visée hégémonique.

L’unification d’éléments différents par un moment discursif les articulant est fondamentale pour comprendre la stratégie hégémonique promue par Ernesto Laclau et Chantal Mouffe, confirmée et développée ensuite par le travail d’Ernesto Laclau sur le « populisme ».

C’est ce qui explique notamment le refus de Podemos d’utiliser les mêmes signifiants qu’Izquierda Unida en Espagne. Les deux formations appartiennent à la famille de la gauche radicale, mais leurs stratégies sont divergentes. Podemos, d’une certaine façon, peut intégrer Izquierda Unida à sa stratégie hégémonique mais ne peut entrer dans une alliance qui briserait celle-ci. C’est tout le débat qui oppose les dirigeants d’Izquierda Unida et ceux de Podemos, ces derniers refusant de mener une campagne fondée sur un discours qui ne part pas, par exemple, du clivage entre la gauche et la droite.

Evidemment, l’ampleur de la crise en Grèce ou en Espagne a rendu les thèses d’Ernesto Laclau certainement davantage opérantes dans ces pays que dans d’autres sociétés européennes. Incontestablement, en Grèce ou en Espagne, la « multiplicité des demandes sociales » a trouvé une unité dans le discours de Syriza ou Podemos. Ernesto Laclau ne considère nullement le peuple comme « donné » mais au contraire comme une « catégorie politique » et comme le fruit de « demandes socio-politiques ». C’est d’ailleurs l’influence de l’eurocommunisme, comme l’a bien montré Fabien Escalona, qui a facilité la mise en place de la stratégie victorieuse de Syriza.

Les références au peuple de Jean-Luc Mélenchon viennent en écho à ce débat. Son « Mouvement pour la Sixième République » remet en avant un « peuple des citoyens » en réponse à l’autonomisation relative des gouvernants par rapport aux gouvernés dans les sociétés européennes. Néanmoins, un certain nombre de facteurs structurels actuels de la société française expliquent le retard de la France par rapport à l’Espagne en matière de redéfinition des clivages et d’émergence d’une stratégie comparable à Podemos dans notre pays.

« Post marxistes », Ernesto Laclau et Chantal Mouffe influencent donc la stratégie des deux partis qui marquent la véritable nouveauté politique venue d’Europe du Sud. Finalement, comme le soulignait Ernesto Laclau, cette « raison populiste » n’est, au fond, qu’une « raison politique ». C’est sans doute d’ailleurs ce qui fait la force de ces mouvements. C’est peut-être aussi l’absence de véritable de débat à gauche sur ces thèses qui contribue à priver ce camp politique, en France, d’une stratégie victorieuse et durable.

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17 avril 2015 5 17 /04 /avril /2015 17:03

La Grèce racle les fonds de tiroir pour payer les salaires (Reuters)

La Grèce va devoir épuiser toutes les liquidités disponibles du secteur public, soit deux milliards d'euros, pour verser les traitements des fonctionnaires et les retraites à la fin du mois d’avril 2015, selon des responsables du ministère des finances.

Sans un accord de dernière minute avec ses créanciers sur le versement d'une nouvelle aide financière, la Grèce ne disposera alors plus d'argent pour rembourser au Fonds Monétaire International (FMI) un prêt de neuf cent cinquante millions d'euros arrivant à échéance le 12 mai 2015.

Le ministère grec des finances a « catégoriquement » démenti ces informations « sans fondement », sans toutefois fournir de précisions sur la situation réelle des finances du pays.

Des responsables grecs et des représentants des créanciers, Union Européenne et FMI, doivent se retrouver Samedi 18 Avril 2015 à Bruxelles pour une nouvelle séance de discussions avant une réunion des ministres des finances de la zone euro le 24 avril à Riga.

« Ce sont les derniers sous dont dispose l’état grec », a dit à Reuters un responsable du ministère grec des finances, ayant requis l'anonymat.

Les responsables de la zone euro ont accueilli avec scepticisme de précédentes alertes du même type en provenance de Grèce même s'ils reconnaissent que le pays est au bord de l'asphyxie financière.

Depuis des mois, l’état emprunte auprès de diverses institutions publiques, telles que le métro d'Athènes, pour verser les salaires et les retraites des fonctionnaires. Ces sources semblent désormais taries.

D'après les responsables du ministère des finances, la trésorerie de l’état deviendra négative à partir du 20 avril 2015, si l’état ne prend pas deux milliards d'euros dans les caisses de divers organes publics, dont des caisses de retraite et des administrations régionales.

Sans cet argent, il manquera à l’état un milliard six cent millions d'euros pour payer les fonctionnaires et les retraités.

Les recettes fiscales, qui commencent à rentrer en début de mois, ne devraient apporter qu'un soulagement provisoire à la situation financière de l’état jusqu'à l'échéance du remboursement du prêt au FMI. L'amélioration sera d'autant plus relative que les recettes fiscales ont baissé depuis l'arrivée au pouvoir du parti anti-austérité Syriza en janvier 2015 pour se stabiliser désormais à environ quatre milliard d'euros par mois.

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17 avril 2015 5 17 /04 /avril /2015 16:22

La Grèce dément se préparer à un défaut éventuel (Reuters)

La Grèce a démenti, Lundi 13 Avril 2015, des informations du Financial Times selon lesquelles elle se préparait à un défaut si elle ne parvenait pas à un accord avec ses créanciers d'ici la fin du mois.

Le Financial Times écrit qu'Athènes compte surseoir à deux milliards cinq cent millions d'euros de remboursements dus au Fonds Monétaire International (FMI) en mai et en juin 2015 si aucun arrangement n'est passé avec ses créanciers sur les réformes.

« La Grèce ne se prépare en rien à un quelconque défaut et il en va de même pour ses bailleurs de fonds. Les négociations progressent rapidement vers une solution satisfaisante pour tous », expliquent les services du premier ministre, Alexis Tsipras, dans un communiqué.

« Ce qui semble causer quelque irritation, c'est que le gouvernement grec est résolu à mettre fin à la politique d'austérité », ajoute le texte.

Dans le cadre du plan d'aide international, Athènes a reçu au total deux cent quarante milliards d'euros de l'Union Européenne et du FMI depuis 2010 mais n'a obtenu aucun versement depuis août 2014.

Le Financial Times souligne qu'un défaut de la Grèce conduirait presque certainement à court terme à la suspension de la fourniture de liquidité d'urgence (ELA) par la Banque Centrale Européenne (BCE) à la Grèce, à la fermeture de banques grecques, au contrôle des changes et à une aggravation de l'instabilité économique.

Le journal n'exclut pas que la menace d'un défaut soit une tactique du gouvernement d'Athènes pour obtenir les meilleures conditions possibles de la part des bailleurs de fonds.

Interrogé à Bruxelles sur cet article du Financial Times, un responsable de l'Union Européenne a estimé qu'il reflétait « plus les divergences au sein du gouvernement grec qu'une tactique de négociation ».

Le vice-président de la commission européenne, Valdis Dombrovskis, a jugé lundi que le temps pressait pour que la Grèce présente et mette en oeuvre des réformes structurelles afin de pouvoir prétendre à de nouvelles aides financières.

Le ton s'est durci ces dernières semaines dans les négociations sur la dette grecque entre le nouveau gouvernement d'Athènes, issu de la gauche radicale, et ses partenaires de la zone euro.

« Les discussions sont très compliquées. Le temps presse », a déclaré Valdis Dombrovskis dans une interview accordée à Reuters en marge d'un déplacement en Italie.

Le groupe de travail de l'Euro-groupe, qui réunit des représentants des ministres des finances de la zone euro, a donné jeudi dernier six jours à Athènes pour présenter un plan révisé de réformes économiques avant la réunion prévue de l'Euro-groupe du 24 avril 2015, au cours de laquelle les ministres décideront ou non de débloquer des financements d'urgence.

Valdis Dombrovskis a noté que le 24 avril 2015 n'était pas une date limite pour un accord mais, a-t-il ajouté, ce serait préférable pour le pays compte tenu de sa situation financière.

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16 avril 2015 4 16 /04 /avril /2015 19:41

http://www.letelegramme.fr/morbihan/front-de-gauche-rencontres-avec-podemos-et-syriza-16-04-2015-10596762.php

Rencontres avec Podemos et Syriza

Jeudi 16 Avril 2015

Le Front De Gauche organise une tournée de huit étapes en Bretagne, avec des représentants de Podemos, parti anti libéral espagnol, et de Syriza, parti politique grec de gauche. Ils présenteront la situation actuelle et les perspectives dans leurs pays respectifs. Plusieurs formations participeront à l'organisation de ces débats sur le thème « quelle Europe pour demain ? Une Europe sociale et solidaire qui refuse l'austérité et qui rend le pouvoir au peuple ».

Samedi 18 Avril 2015, à 18 heures, à Saint-Malo, à la salle de quartier Rothéneuf.

Dimanche 19 Avril 2015, à 18 heures, à Plouézec, à la salle des fêtes.

Lundi 20 Avril 2015, à 20 heures, à Trégueux, à la salle de la Ville Junguenay.

Mardi 21 Avril 2015, à 20 heures 30, à Plourin-lès-Morlaix, à la salle du Cheval Blanc.

Mercredi 22 Avril 2015, à 20 heures 30, à Quimper, à la salle de la Maison Pour Tous de Penhars.

Jeudi 23 Avril 2015, à 20 heures, à Pontivy, à la salle Le Normand du Palais des Congrès.

Vendredi 24 Avril 2015, à 20 heures, à Vannes, à la salle de la Goëlette.

Samedi 25 Avril 2015, à 16 heures 15, à Lorient, à la salle Courbet.

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16 avril 2015 4 16 /04 /avril /2015 19:15

MINUIT DANS LE VINGT ET UNIEME SIECLE

Il en va de Syriza aujourd’hui en Grèce, comme il en va de Podemos aujourd’hui en Espagne, comme il en allait du parti bolchévik il y a un siècle en Russie.

Syriza et Podemos ont, depuis le début, beaucoup d’adversaires et beaucoup d’ennemis, et ils en ont et ils en auront de plus en plus.

Des militants et des organisations combattent Syriza et Podemos depuis le début.

Le combat le plus clair et le plus violent est le combat du parti communiste grec contre Syriza.

Depuis les années 1990 et la chute de l’union soviétique, sinon depuis la scission entre, d’une part, le parti communiste grec de l’intérieur et, d’autre part, le parti communiste grec de l’extérieur en 1968, le parti communiste grec applique contre Syriza la politique de la troisième période d’erreurs de l’internationale communiste du stalinisme contre la sociale démocratie entre 1928 et 1935, ou bien la célèbre distinction des maoïstes des années 1960 entre l’ennemi principal et les ennemis secondaires.

Du point de vue du parti communiste grec, c’est clair, l’ennemi principal, c’est Syriza, et tous les autres sont des ennemis secondaires.

Leur position est une position religieuse métaphysique en dehors du temps et de l’espace, c’est une prophétie auto réalisatrice.

De leur point de vue, depuis le début, Syriza serait un parti bourgeois collaborateur réactionnaire et ils utilisent bien évidemment toutes les décisions du nouveau gouvernement grec comme autant de preuves supplémentaires de cette caractérisation. Le gouvernement de Syriza serait un gouvernement traître et toutes ses décisions seraient autant de trahisons supplémentaires.

Cette position est une position totalement négationniste, c’est une négation des chiffres de tous les sondages et de toutes les élections, c’est une négation de l’existence de Syriza comme le parti majoritaire du peuple grec.

Il en va de même du pessimisme. De plus en plus de militants et d’organisations font des analyses de plus en plus pessimistes de l’actuelle situation politique française, européenne et internationale.

C’est aussi une prophétie auto réalisatrice, une inversion des causes sociales et des conséquences individuelles. Ils voient tous les évènements de la vie politique nationale, continentale et internationale, comme autant de manifestations, de preuves et de raisons supplémentaires de leur pessimisme.

Ils présentaient bien évidemment les résultats des élections départementales françaises du mois de mars 2015 comme une cause de pessimisme supplémentaire.

Il y a en politique une spirale pessimiste, comme il y a en économie une spirale déflationniste. Le pessimisme militant est d’abord une question politique, c’est ensuite une question psychologique, plus le temps passe et moins il est politique et plus il est psychologique, les militants pessimistes entrent lentement en dépression et leur dépression est de plus en plus profonde, les arguments politiques rationnels n’y peuvent plus rien.

Nous connaissons tous la célèbre citation de Victor Serge dans les années 1930 selon laquelle il était minuit dans le vingtième siècle.

Du point de vue d’un certain nombre de militants et d’organisations, il serait aujourd’hui minuit dans le vingt et unième siècle.

Bernard Fischer

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16 avril 2015 4 16 /04 /avril /2015 18:08

Assassinat à Kiev d’un journaliste pro russe (Reuters)

Un journaliste ukrainien qui défendait des opinions pro russes dans le conflit en cours en Ukraine a été abattu, Jeudi 16 Avril 2015, en début d'après-midi à Kiev par deux hommes cagoulés, a annoncé le ministère de l’intérieur.

L'assassinat d'Oles Bouzina, qui était âgé de quarante-cinq ans, survient moins de vingt-quatre heures après la mort d'un ancien député partisan de l’ancien président Viktor Ianoukovitch, retrouvé tué par balles, Mercredi 15 Avril 2015, dans la soirée, à Kiev.

Dans un communiqué, le président ukrainien Petro Porochenko a exigé une enquête rapide et transparente pour faire toute la lumière sur ces deux homicides. « Leur nature et leur portée politique sont claires, il s'agit d'actes délibérés qui font le jeu de nos ennemis », a-t-il affirmé.

A Moscou, Vladimir Poutine s'est pour sa part inquiété de ces « assassinats politiques » et de la lenteur présumée des enquêteurs ukrainiens.

Le journaliste Oles Bouzina, qui avait vainement brigué l'an passé un siège au parlement sous l'étiquette du bloc russe, publiait des tribunes dans le quotidien Sevodnya, propriété de l'homme d'affaires le plus riche du pays, Rinat Akhmetov. Il écrivait aussi sur les proximités historiques et culturelles entre les peuples russe et ukrainien.

Il a été tué par balles vers 13 heures 30 dans la capitale ukrainienne alors qu'il quittait son immeuble, près du centre-ville. Ses deux agresseurs, qui circulaient en voiture, n'ont pas été identifiés.

Mercredi 15 Avril 2015, c'est l'ancien député Oleg Kalachnikov qui était tombé sous les balles alors qu'il rentrait chez lui. Agé de cinquante-deux ans, cet ancien élu du parti des régions avait, tout comme Oles Bouzina, une solide connaissance des groupes opposés au mouvement pro-européen de Maïdan qui a emporté Viktor Ianoukovitch en février 2014.

« Il semble que les assassinats de témoins du dossier anti Maïdan continuent », a commenté Anton Guerachtchenko, un conseiller du ministère de l’intérieur auprès de Petro Porochenko, sur facebook.

DÉCÈS MYSTÉRIEUX

Ces deux meurtres font suite aux décès mystérieux d'anciens alliés de Viktor Ianoukovitch, dont quatre anciens députés du parti des régions qui se sont apparemment suicidés ces derniers mois, deux à l'arme à feu, un par défenestration et le dernier par pendaison.

« L'Ukraine doit faire face à toute une série de meurtres de ce type », a souligné Vladimir Poutine lors de son apparition annuelle à une émission de questions et de réponses avec les téléspectateurs.

Il a dressé un parallèle avec l'enquête sur l'assassinat de l'opposant russe Boris Nemtsov, le 27 février 2015 à Moscou, qui, a-t-il dit, a conduit à l'arrestation des tueurs.

« Mais en Ukraine, qui prétend être un état démocratique et aspire à l'Europe démocratique, il n'y a rien eu de tel. Où sont les assassins de ces personnes? Où sont ceux qui ont commis ces meurtres et ceux qui les ont commandités ? Ils ne sont nulle part. Et l'Europe comme l'Amérique du Nord préfèrent ne pas le relever », a-t-il poursuivi.

A l'inverse, et à l'appui des accusations de Petro Porochenko, des responsables ukrainiens de même que des observateurs estiment pour leur part que les assassinats d’Oleg Kalachnikov et d’Oles Bouzina sont peut-être les oeuvres d'agents des forces spéciales russes qui chercheraient ainsi à tacher l'image des autorités pro-occidentales au pouvoir à Kiev.

Le politologue Volodimir Fesenko s'étonne ainsi de la coïncidence entre les deux assassinats et la prestation télévisée de Vladimir Poutine. « C'est comme si on lui avait livré sur un plateau la preuve d'une terreur politique en Ukraine », a-t-il dit à Reuters, voyant dans Oleg Kalachnikov et Oles Bouzina des « victimes rituelles de la propagande russe qui ne jouaient pas un rôle sérieux dans le mouvement d'opposition ».

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16 avril 2015 4 16 /04 /avril /2015 17:49

http://www.france-palestine.org/Salah-Hamouri-recu-au-Quai-d-Orsay

Salah Hamouri reçu au Quai d’Orsay

Communiqué de Taoufiq Tahani et de Jean-Claude Lefort

Jeudi 16 Avril 2015

A la demande de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS), Salah Hamouri a été reçu hier au Quai d’Orsay par Martin Briens, directeur-adjoint du cabinet du ministre des affaires étrangères, et d’Aurélien Chauvier, en charge de Jérusalem et des territoires palestiniens. Il était accompagné de Taoufiq Tahani, président de l’AFPS, et de Jean-Claude Lefort, coordinateur de son comité de soutien.

Salah Hamouri a expliqué concrètement les éléments effarants devant lesquels il se trouve, à savoir une interdiction formelle de six mois, signifiée par un ordre militaire totalement arbitraire, d’entrer dans les territoires au nom de la « sécurité d’Israël » ceci sans aucun élément à lui reprocher et alors que, résident de Jérusalem-Est annexée, il suit des cours de droit dans une université située à Ramallah, cours qui doivent se terminer en juillet 2015 avec son examen pour devenir avocat. Cet « ordre » le prive de cette possibilité et, plus généralement, de sa liberté de circulation. Tout ceci après avoir fait sept ans de prison et alors qu’il reconstruit courageusement sa vie.

Sa situation a fait l’objet d’un large soutien dans notre pays pour que les autorités françaises n’acceptent pas cette situation et agissent pour que soit purement et simplement levé cet acte illégal et arbitraire inacceptable.

Accent a notamment été mis sur le fait que Jérusalem-Est est annexée et que cette situation est condamnée et non reconnue par la « communauté internationale », spécialement par le conseil de sécurité de l’ONU dont notre pays est membre permanent. Il ne s’agit donc, en aucun cas, d’un acte qui relèverait de la souveraineté israélienne mais bien d’un acte totalement inacceptable, illégal et arbitraire.

Israël a annexé la partie orientale de la ville de Jérusalem. Quoi qu’en disent les dirigeants israéliens, cette partie de la ville, qui doit devenir capitale de l’état palestinien, ne lui appartient pas. Il est exclu qu’il puisse subsister la moindre ambiguïté sur ce point. Salah Hamouri, qui est privé de la dimension palestinienne de sa binationalité du fait de cette annexion, est donc de facto un citoyen uniquement français en droit. Son cas ne peut donc laisser indifférent les autorités françaises placées devant une violation flagrante de la liberté d’expression frappant l’un de nos concitoyens.

Au terme de l’entretien, qui s’est déroulé dans un climat attentif, engagement a été pris, du côté du Quai d’Orsay, d’agir dans ce sens auprès des autorités israéliennes pour une levée pure et simple de cet « ordre ». Déjà, le consulat général français de Jérusalem s’est activé en ce sens. Ses efforts seront renforcés par une volonté affirmée du ministère.

Nous entendons pour notre part suivre attentivement l’évolution de la situation et continuer à nous mobiliser et à mobiliser largement pour que le droit l’emporte contre son déni, un déni systématique qui touche d’autres jeunes en plus de Salah Hamouri.

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15 avril 2015 3 15 /04 /avril /2015 17:39

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article34705

http://www.npa2009.org/actualite/congres-de-la-cgt-sante-quand-les-militants-imposent-leur-democratie

Onzième congrès de la fédération de la santé CGT

Quand les militants imposent leur démocratie.

Le onzième congrès de la fédération CGT de la santé et de l’action sociale avait lieu du Lundi 23 Mars au Vendredi 27 Mars 2015. Il a débuté dans un contexte de crise.

En janvier 2015, suite à la démission de Thierry Lepaon, la représentante de la fédération au comité confédéral national, l’instance large de direction de la confédération, n’avait pas respecté son mandat, ne pas soutenir la proposition de l’équipe de Philippe Martinez, un déni de démocratie. Déjà, les critiques fusaient sur la politique de la fédération, très attentiste, alors que le gouvernement accélère la politique d’austérité dans le secteur de la santé.

La dernière action nationale date de juin 2013. Depuis, rien, cela alors que des luttes ont lieu dans des établissements pour dénoncer les conditions de travail insupportables et que la direction a refusé de s’engager au côté de la « convergence des luttes contre l’austérité ».

Un élément déclencheur

En janvier 2015, vingt-quatre militants de la commission exécutive sortante ont signé une déclaration dénonçant le manque de démocratie. Une brèche dans laquelle une majorité de délégués se sont engouffrés. Durant le congrès, s’est exprimée la nécessité d’avoir une fédération démocratique, et de préparer l’offensive pour faire reculer le gouvernement et les patrons du secteur privé.

Les votes de congrès ont confirmé la colère des militants. Le discours de Nathalie Gamiochipi, secrétaire sortante, n’a été adopté qu’à soixante-huit pour cent des voix. Le bilan d’activité a, lui, été rejeté avec 56,3 % des voix. Et le bilan financier a été rejeté par deux cent vingt-six voix contre et cent soixante et une voix pour.

Le texte d’orientation, largement amendé, a été voté à 85,3 %. Il donne le ton, « impulser une meilleure coordination de notre activité dans toute la CGT, une orientation de lutte des classes, coordonner, soutenir les luttes et préparer les mobilisations d’ampleur nécessaires contre le patronat et le gouvernement, qui n’ont jamais été aussi offensifs contre les salariés ».

La lutte pour faire respecter la démocratie

Le bureau de congrès a tout fait pour passer en force. L’élection de la commission des candidatures à la commission exécutive a été symptomatique d’une direction anti­ démocratique.

Dès le premier jour, une centaine de délégués ont dû envahir l’estrade pour imposer l’élection d’une commission ouverte majoritairement aux délégués des régions.

La commission finalement réunie n’a pu travailler jusqu’au bout en raison du départ de Nathalie Gamiochipi et de ses alliés, refusant que sa candidature soit remise en question. Et alors que la commission restante avait proposé que les délégués élisent la commission exécutive à partir de toutes les candidatures, quatre-vingt-quatre candidatures en tout, le bureau de congrès a proposé une liste de cinquante-quatre noms, liste accueillie aux cris de « nous voulons les quatre-vingt- quatre » et « quarante-neuf trois ». Pour faire leur compte rendu, les représentants des régions à la commission ont encore dû envahir la tribune pour exiger le microphone qu’on leur refusait.

La future secrétaire générale, Mireille Stivala qui avait demandé à intervenir, s’est rendue elle aussi à la tribune et, là encore, le microphone a été coupé !

Ce n’est qu’un début…

La nouvelle secrétaire, Mireille Stivala, a finalement été élue par vingt et une voix contre dix-sept voix pour Christophe Prudhomme, soutien de Nathalie Gamiochipi.

Les délégués ont imposé la démocratie et balayé l’ancien bureau. Cette situation révèle à quel point les militants sont révoltés et prêts à se battre pour un outil utile aux luttes. La suite dépendra de leur capacité à faire vivre la démocratie à tous les niveaux dans la CGT et à se réapproprier leur syndicat.

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