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21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 18:10

Le chef kurde Abdullah Ocalan appelle le PKK à préparer la paix (Reuters)

Le dirigeant kurde emprisonné Abdullah Öcalan a appelé Samedi 21 Mars 2015 les membres de sa formation, le parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), à organiser un congrès afin de mettre un terme à trente années d'insurrection contre le gouvernement turc.

« Le combat que mène notre mouvement fondé il y a quarante ans est jalonné de souffrances. Il n'a pas été mené en vain mais il est devenu insoutenable », déclare Abdullah Öcalan dans un message lu par deux dirigeants lors d'un rassemblement à l'occasion de Norouz, le nouvel an persan.

Des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées dans la ville de Diyarbakir, dans le sud-est de la Turquie, afin d'écouter le message adressé par le chef historique du PKK.

« L'histoire et notre peuple nous demandent une solution démocratique et la paix avec la sagesse que donne l'âge », ajoute le dirigeant, plaidant pour la convocation d'un congrès de son parti afin de définir « une stratégie politique et sociale cohérente avec l'esprit de l'époque ».

Le dirigeant, emprisonné depuis 1999 sur une île au large d'Istanbul, n'appelle toutefois pas ses partisans à mettre immédiatement fin à leur lutte armée.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan avait entamé en 2012, alors qu'il était premier ministre, des discussions avec Abdullah Öcalan pour mettre fin à l'insurrection kurde qui a fait quarante mille morts.

Les progrès ont été peu significatifs mais l'influence d'Abdullah Öcalan parmi les kurdes est demeurée intacte.

Le dirigeant kurde avait décrété il y a deux ans un cessez-le-feu et il avait affirmé dans une déclaration écrite que « le temps était venu pour les armes de se taire et pour la politique de se faire entendre ».

Les combattants peshmergas s'étaient alors retirés des zones montagneuses qu'ils occupaient en Irak suivant un accord prévoyant un élargissement des droits de leur communauté qui représente vingt pour cent de la population turque.

Ce retrait avait été interrompu en septembre 2013, le PKK reprochant aux autorités d'Ankara de faire preuve de mauvaise volonté dans la mise en oeuvre de l'accord.

Si le cessez-le-feu est globalement respecté, la méfiance demeure grande entre les deux camps. Les kurdes affirment que la Turquie n'a pas vraiment soutenu les peshmergas lorsque ceux-ci se sont lancés dans la bataille pour reprendre la ville frontalière syrienne de Kobani face aux djihadistes de l'Etat Islamique.

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21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 17:58

Deux attentats revendiqués par l’Etat Islamique font cent trente sept morts au Yémen (Reuters)

Deux attaques suicide visant deux mosquées du centre de Sanaa fréquentées en majorité par des chiites ont fait cent trente sept morts et plus de trois cent cinquante blessés, Vendredi 20 Mars 2015 à l'heure des prières de la mi-journée, selon un bilan provisoire.

Ces attentats ont été revendiqués par l'organisation Etat Islamique dans un communiqué diffusé sur twitter visant directement les miliciens chiites houthis qui contrôlent depuis septembre la capitale yéménite.

Quatre kamikazes ont déclenché leurs ceintures d'explosifs à l'intérieur et à l'extérieur de chacun des deux lieux de culte où s'étaient rassemblés de nombreux fidèles pour la prière.

Les hôpitaux de la ville, submergés par l'afflux de victimes, ont fait un appel aux dons de sang. L'agence de presse Saba contrôlée par les houthis a annoncé un bilan de cent trente sept morts et trois cent cinquante sept blessés.

Un homme a également tenté de se faire exploser devant l'une des grandes mosquées de la province de Saada, fief des miliciens houthis dans le nord du pays, mais la bombe a explosé prématurément, tuant le kamikaze, a déclaré un responsable des services de sécurité.

L'Etat Islamique est concurrent d’al Qaïda, dont la branche yéménite, Al Qaïda dans la Péninsule Arabique, est l'une des plus actives et contrôle des territoires dans le sud du Yémen. L'Etat Islamique a également revendiqué l'attaque survenue il y a deux jours au musée du Bardo à Tunis.

BOMBARDEMENT À ADEN

A Washington, le porte-parole de la Maison Blanche, Josh Earnest, a condamné ces attaques et déclaré qu'il n'avait pas encore été établi de lien opérationnel clair entre les kamikazes qui ont agi vendredi et l'organisation Etat Islamique implantée en Syrie et en Irak.

A Aden, grande ville du sud où a trouvé refuge en février le président Abd-Rabbou Mansour Hadi, forcé à la démission par les houthis en début d'année mais toujours reconnu par l’ONU, des avions ont bombardé le quartier al Maachik, où se trouve le complexe présidentiel, rapportent témoins et sources gouvernementales. Le chef de l’état est indemne, dit-on à la présidence.

La veille déjà, un avion non identifié avait attaqué ce complexe où Abd-Rabbou Mansour Hadi a établi son gouvernement. Treize personnes ont été tuées le même jour dans de violents combats au sol dans le secteur de l'aéroport, repris par les forces d’Abd Rabbou Mansour Hadi.

Abd-Rabbou Mansour Hadi est soutenu par les monarchies sunnites du golfe alors que les milices houthies sont appuyées par l'Iran et proches de l'ancien président Ali Abdallah Saleh.

Par ailleurs, la France n'a pas confirmé les informations faisant état de la libération d'une française et d'une yéménite enlevées le 24 février dernier à Sanaa.

« J'avais été délibérément prudent par rapport à des rumeurs qui circulaient. Aucune de ces rumeurs n'a été confirmée », a déclaré le président François Hollande lors d'une conférence de presse à Bruxelles en début d'après-midi.

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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 19:45

http://www.syriza-fr.org/2015/03/20/andreas-xanthos-garder-debout-le-systeme-national-de-sante-grec-esy

Garder debout le système national de santé grec

Le ministre adjoint chargé de la santé Andréas Xanthos a annoncé dans le quotidien Avgi du Dimanche 15 Mars 2015 la suppression immédiate du « ticket d’entrée » à cinq euros pour les consultations externes dans les hôpitaux et les centres de santé du système national de santé (ESY) du pays et aussi bien la suppression de l’ignoble ordonnance sanitaire 39 A qui concerne les femmes séropositives. Andréas Xanthos a rassuré que le service de neurochirurgie de l’hôpital pédiatrique Kyriakou ne fermera pas et il a souligné avec insistance que la confrontation de la crise humanitaire qui sévit dans le pays est pour le gouvernement un choix à sens unique, même dans des conditions de déficience budgétaire.

Interview d’Andréas Xanthos par le journaliste Vassilis Venizelos

Vassilis Venizelos. Avez-vous l’impression que la politique gouvernementale pour la santé sera contrainte par les dures nécessités budgétaires ou bien y a-t-il la possibilité de redresser la pitoyable situation du système national de santé même avec des moyens et des budgets déficients ?

Andréas Xanthos. L’application ces dernières années des mesures associées aux mémorandums a conduit les patients à la détresse et les médecins et autres salariés des hôpitaux publics au désespoir. L’image actuelle des établissements hospitaliers est une image du tiers monde et en aucun cas ne correspond à l’image du système national de santé d’un pays européen. Le système national de santé (ESY) est en train de s’effondrer et nous sommes face à une situation de besoin extraordinaire. Nous savons bien sûr que nous ne pouvons pas du jour au lendemain transformer la santé publique de fond en comble. Nous sommes cependant décidés de faire ce qui est humainement possible pour garder debout le système national de santé et garantir à tous les citoyens du pays l’accès sans entraves au bien fondamental du soin sanitaire. Nous avons déjà démarré l’ouverture de postes de médecins supplétifs dans des hôpitaux, principalement en province, et d’internes dans les unités de soins intensifs. De surcroît, nous avons constitué des groupes de travail pour les soins primaires de santé et pour la facilitation de l’accès des personnes sans couverture sociale au système national de santé. Oui, il est vrai qu’il y a une « déficience budgétaire ». Mais il y a aussi une crise humanitaire et le choix de la confronter est pour nous à sens unique.

Vassilis Venizelos. Y a-t-il l’éventualité de se retrouver en 2015, par la force des choses et à cause des pressions exercées depuis l’étranger, face à une nouvelle diminution du budget des hôpitaux, déjà bien réduit ?

Andréas Xanthos. Il n’est pas possible de procéder à une nouvelle diminution du budget des hôpitaux compte tenu que leurs besoins de financement sont incompressibles. A ce point, j’aurais souhaité apporter une précision, ces derniers jours circule par des voies parallèles une fiction selon laquelle nous aurions diminué les budgets des établissements hospitaliers de cinquante et un pour cent. Il n’en est pas question. Nous n’avons pas « taillé » dans les budgets des hôpitaux et nous n’en avons pas l’intention.

Vassili Venizelos. Je vous transmets une double question qui voit régulièrement le jour dans les reportages. Pourquoi la mesure odieuse du paiement obligatoire de cinq euros par les patients pour accéder aux consultations externes des hôpitaux et centres de santé du système national de santé n’a pas été supprimée et aussi bien l’inacceptable ordonnance sanitaire 39A, en application de laquelle ont été maltraitées et publiquement dénigrées en mai 2012 des femmes séropositives, exténuées et en situation de faiblesse, usagères de drogues intraveineuses ? Ne s’agit-il pas simplement juste d’apposer deux fois la signature ministérielle ?

Andréas Xanthos. Les deux sujets que vous évoquez sont en substance terminés. Concrètement, le « ticket d’entrée » à cinq euros est en suppression. C’est une question de jours et la décision ministérielle conjointe sera déjà en application au moment de la publication de l’interview. Il en est de même de l’ordonnance qui concerne les femmes séropositives.

Vassilis Venizelos. La situation des internes du système national de santé (ESY) dans tout le pays qui s’éloignent progressivement d’ESY menace de dépouiller les départements hospitaliers de soins intensifs, y compris dans les grands hôpitaux d’ESY et, en substance, menace de fermeture des services hospitaliers entiers. Suite à votre intervention une telle situation a été évitée à l’hôpital Sismanoglio d’Athènes. De quelle manière la question globale sera traitée et, en fait, quel est le problème dans sa globalité ?

Andréas Xanthos. Les médecins internes ont une œuvre très importante dans le cadre d’ESY. Jusqu’à présent, le jour où leur convention prenait fin, il y a avait le risque de leur licenciement. Il s’agit d’une question cruciale, à laquelle il fallait une réponse immédiate. Nous avons donc promulgué une circulaire à l’adresse des hôpitaux dans laquelle nous indiquons explicitement que tout médecin interne, indépendamment de l’arrivée à terme de son stage de spécialisation ou de sa convention avec l’hôpital où il travaillait, aura la possibilité de prolonger ses services jusqu’à ce que son poste soit repris par un autre médecin interne. De cette manière il n’y aura pas un seul jour de vacance pour les postes de médecins internes. Nous avons déjà préparé un texte législatif qui arrangera le problème.

Vassilis Venizelos. Il y a un besoin urgent de faire fonctionner à nouveau le service de neurochirurgie de l’hôpital pédiatrique d’Athènes, après la démission du dernier héroïque neurochirurgien d’enfants de l’établissement. Prenez-vous déjà des mesures concrètes pour cette situation ?

Andréas Xanthos. D’abord, je voudrais exprimer mon estime pour l’œuvre effectuée par le service de neurochirurgie de l’hôpital pédiatrique Kyriakou. Les problèmes cependant qui s’y rencontrent sont nombreux et mettent en risque son bon fonctionnement. J’ai parlé avec Mikhalis Koutzoglou, le médecin chef du service, et je suis au courant de la situation dans sa globalité. Le sous-encadrement des services dans plusieurs hôpitaux est un phénomène général que nous sommes appelés à traiter et nous le ferons. Des cas comme celui du service de neurochirurgie de l’hôpital pédiatrique Kyriakou sont d’une plus grande urgence et nécessitent d’âtre confrontés rapidement et efficacement. La question est en voie d’être arrangée et en aucun cas ce service ne fermera.

Vassilis Venizelos. En coopération avec la fédération des unions des médecins hospitaliers de Grèce (OENGE), il y aurait au ministère de la santé un plan pour la résolution définitive de la question des horaires de travail des médecins d’ESY, une question pour laquelle la Grèce a été mise en accusation devant le tribunal de l’Union Européenne, suite à la requête de la commission à ce sujet. Quel modèle d’horaires proposez-vous pour les médecins hospitaliers ?

Andréas Xanthos. La question des horaires de travail des médecins hospitaliers est sérieuse et elle concerne le fonctionnement sécurisé de la garde des hôpitaux. Aujourd’hui, les directives européennes ne sont pas appliquées à cause du sous-encadrement médical d’ESY. La résolution de cette carence peut se faire seulement par un plan de comblement graduel des manques énormes en personnel médical des structures publiques de soins. Notre volonté politique est assurée. La possibilité de la mettre en œuvre est l’objet de notre effort quotidien.

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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 19:14

LE TERRORISME INDIVIDUEL EN RUSSIE

Vous trouverez ci-dessous la traduction en français de la deuxième partie d’un très long article de la revue International Socialism dont le titre est « marxisme et terrorisme ».

Le message est disponible en totalité à l’adresse ci-dessous.

Bernard Fischer

http://www.quefaire.lautre.net/Marxisme-et-terrorisme

Marxisme et terrorisme

Par Gareth Jenkins

Article paru en 2006 dans la revue International Socialism.

Traduction en 2015 par Jean-Marie Guerlin.

Le terrorisme individuel en Russie

Les morts de la prison de Clerkenwell furent accidentelles, les fenians n’avaient pas eu l’intention de tuer des gens, bien que de tels accidents soient les conséquences prévisibles des méthodes conspiratives. Le ciblage délibéré d’individus, le « terrorisme » au sens moderne du terme, était en fait devenu la méthode de prédilection de certains anarchistes et d’une section des révolutionnaires russes, les narodniki et leurs successeurs, dans la période allant de la fin des années 1870 au début du vingtième siècle.

En Russie, Narodnaïa Volia, l’organisation appelée la Volonté du Peuple, accomplit une série d’actions visant des membres éminents du gouvernement, culminant dans l’assassinat du tsar Alexandre II en 1881. Le tournant des narodniki vers le terrorisme était une réaction à l’échec des premières tentatives « d’aller vers le peuple » et de persuader la paysannerie à renverser le tsarisme, une tentative qui avait mené à une répression impitoyable de la part de l’autocratie.

Seule la terreur, croyaient-ils désormais, pouvait ébranler la confiance du peuple dans le gouvernement et donc accroître leur réceptivité à son renversement.

Lorsque Véra Zassoulitch fut jugée pour la tentative d’assassinat du brutal gouverneur de Moscou en 1878, la haine pour la victime était telle et la sympathie pour l’accusée si évidente que le jury acquitta l’accusée.

Seul un complet réactionnaire l’aurait critiquée pour « l’immoralité » de sa tentative de tuer un membre de la classe dirigeante. Karl Marx lui-même refusait de condamner ce type de violence. Après l’assassinat d’Alexandre II, il écrivit à sa fille Jenny que la terreur était « un moyen d’action historiquement inévitable dont il était aussi inutile de discuter que du séisme de Chios », et il admirait les terroristes russes comme des « gens excellent à tous égards, simples, directs et héroïques ».

Son admiration n’était pas contradictoire, comme celle qui l’avait porté à condamner la politique de conspiration des Fenians. La Russie, à l’inverse de l’Angleterre, était arrivée à un point de désintégration tel qu’elle était « indubitablement à la veille d’une révolution ». Dans ce contexte, l’émergence d’un courant révolutionnaire se donnant pour tâche de contribuer à l’effondrement d’un état vacillant, quels qu’en fussent les moyens, ne pouvait empêcher le processus de se poursuivre. En Angleterre, par contre, le choix des moyens était déterminant.

Les conspirations fenianes pouvaient nuire au but d’une Irlande indépendante en contrariant le processus du développement de la conscience des travailleurs anglais.

En même temps, la question de savoir quelles forces de la société russe pouvaient modeler l’avenir était mise en relief par les activités des narodniki. La motivation de leur tactique consistant d’abord à « aller vers le peuple » et ensuite à se tourner vers le terrorisme résidait dans leur conviction que la forme paysanne archaïque de propriété commune, l’obchtchina, pouvait devenir la base d’une forme supérieure de société, permettant ainsi à la Russie d’éviter l’étape capitaliste. Mais avec l’échec des deux tactiques, certains narodniki en virent à remettre en cause cette conviction et la centralité de la paysannerie.

L’une de ces personnes était Véra Zassoulitch elle-même. Elle en vint, avec d’autres, à tourner ses regards vers la force sociale que le capitalisme avait créée à la fin des années 1880 et au début des années 1890, la nouvelle classe ouvrière. Et Lénine, en particulier, s’employant à appliquer les idées marxistes aux conditions russes, développa une analyse qui non seulement critiquait la vision du développement qui était celle des narodniki mais rejetait également leurs méthodes terroristes. Ce n’était pas un rejet de la révolution, la critique de Lénine ne se basait pas sur l’attente que le capitalisme mûrisse, mais plutôt une critique de l’efficacité du terrorisme en tant que méthode révolutionnaire dès lors que le capitalisme développait en Russie une classe ouvrière capable d’auto-organisation pour la défense de ses intérêts. Une organisation révolutionnaire ferme était aussi importante pour Lénine qu’elle l’avait été pour les narodniki.

Mais là où, pour Lénine, l’organisation révolutionnaire était centrale pour l’auto-organisation de la classe ouvrière, pour les narodniki elle était un substitut à l’activité populaire autonome. C’était une conséquence de leur politique, l’échec des narodniki à « inspirer » les paysans par leur propagande les avait amenés à la conclusion que le terrorisme, mis en oeuvre par eux au nom d’une classe qui n’agissait pas pour elle-même, pouvait être un raccourci vers la révolution. Leur impatience désespérée était une erreur tragique, leur isolement rendant facile aux autorités le harcèlement et l’infiltration des narodniki, y compris pour accomplir des actions terroristes. Le terrorisme devint une stratégie auto destructrice. Pour Lénine, au contraire, l’élément interventionniste de la politique révolutionnaire devait être fondé dans l’activité autonome de la classe ouvrière.

Lénine combinait un grand respect pour les traditions révolutionnaires du narodnisme avec une critique sévère de ses méthodes et de son programme. En 1899, il maintenait que le marxisme révolutionnaire russe « perpétue la cause et les traditions de toute la période révolutionnaire précédente et se dirige vers le but déjà désigné par les glorieux représentants de l’ancienne Narodnaïa Volia ». Il ajoutait immédiatement que la différence entre eux était que l’héroïsme des narodniki s’appuyait sur une base sociale trop étroite et une compréhension théorique inadéquate des développements sociaux. Mais ce qui était peut-être, dans la période, à la fin des années 1870 et au début des années 1880, de Narodnaïa Volia, caractérisée par des conditions politiques répressives et des forces sociales non développées, être une erreur pardonnable, ne l’était plus au tournant du siècle, alors que le mouvement ouvrier avait fait d’énormes pas en avant.

Cet argument devint particulièrement important lorsque se produisit une nouvelle vague d’actions « terroristes » mises en œuvre par les socialistes révolutionnaires, les descendants politiques de Narodnaïa Volia. Elle commença par l’assassinat d’un ministre en 1902, connut un pic en 1907 avec quatre-vingt-deux assassinats avant de se terminer rapidement.

L’assassinat le plus célèbre fut celui de Viatcheslav Plehve, le ministre de l’intérieur, en 1904.

Un des coupables, Yevno Azef, devait s’avérer en 1909 être un agent de la police.

Lénine, écrivant en 1902, était encore plus dur qu’il ne l’avait été avec les narodniki. Le « grondement des événements », disait-il, avait mis en branle des membres de l’intelligentsia, « entraînés par le tourbillon des événements et n’ayant aucune base, ni théorique ni sociale ».

Face à cela, les socialistes révolutionnaires appelant au terrorisme « non pas en remplacement du travail dans les masses, mais précisément au nom de ce travail et parallèlement à lui » semblaient admettre la primauté de la classe ouvrière.

Mais cette admission masquait un éloignement de la politique de classe, tout autant que la conversion au réformisme de sections de la gauche. Pour Lénine, le réformisme reflétait « une totale incompréhension du mouvement de masse et un manque total de confiance en lui ». Il révélait « l’inutilité du terrorisme, puisque sans le peuple ouvrier, toutes les bombes sont impuissantes, notoirement impuissantes ». La justification du terrorisme était, d’après Lénine, encore plus stupide. Les socialistes révolutionnaires prétendaient que ni la « foule », c’est-à-dire les masses, ni les organisations révolutionnaires n’étaient à l’abri de la puissance répressive de l’état. Seuls, « les personnes isolées ou les petits groupes qui, continuellement, et même à l’insu les uns des autres, se préparent à attaquer et attaquent sont insaisissables », ce qui les rend invincibles. Il s’agissait là, pour Lénine, d’un renversement complet de la vérité évidente selon laquelle « le seul espoir de la révolution était la foule » » et son organisation révolutionnaire.

Lénine était également d’une ironie mordante face aux affirmations des socialistes révolutionnaires selon lesquelles « chaque combat singulier d’un héros éveille en nous l’esprit de lutte et de vaillance ». Bien au contraire, disait-il, seules de nouvelles formes de mouvement de masse, ou le déclenchement d’une lutte cohérente par de nouvelles couches de la masse, pourront effectivement animer en tous l’esprit de lutte et de vaillance. Quant aux combats singuliers, précisément dans la mesure où ils restent des combats singuliers, ils ne provoquent dans l’immédiat qu’un choc tout passager et dans la suite conduisent même à l’apathie et à l’attente passive du prochain combat singulier.

Lénine avait un autre argument contre ce type de terrorisme, qui consistait à dire « les terroristes d’aujourd’hui sont de véritables économistes, ceux qui limitent le mouvement à la réforme par des méthodes syndicales, à l’envers ». En mettant les terroristes et les réformistes dans le même panier, il ne voulait bien évidemment pas dire que leurs méthodes étaient les mêmes, mais que les deux tendances se détournaient du rôle central des travailleurs eux-mêmes dans le changement social et de la façon dont l’organisation politique se reliait à cela.

Une tendance substituait le terrorisme au travail dans les masses, l’autre la réforme à la révolution. L’une se tournait vers l’intelligentsia comme agent du changement politique, l’autre vers la bourgeoisie libérale pour mener la lutte contre le tsarisme. L’intérêt de cette question aujourd’hui est que la réforme parlementaire n’est pas l’alternative au terrorisme lorsque c’est de changer la société qu’il s’agit, aucun des deux ne considère l’activité autonome de la classe ouvrière comme le levier du changement révolutionnaire. En ce sens, les approches réformistes et terroristes, malgré toutes leurs différences, partagent les mêmes limitations.

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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 18:24

La Grèce s’engage à présenter des réformes à ses créanciers (Reuters)

Une Grèce au bord de la faillite s'est engagée Vendredi 20 Mars 2015 à Bruxelles à présenter rapidement un train de réformes à même de convaincre ses créanciers et les instances européennes de lui accorder une aide financière supplémentaire.

Au terme de plus de trois heures de réunion restreinte organisée dans la nuit en marge du conseil européen, le premier ministre grec, Alexis Tsipras, a promis des propositions pour « les prochains jours ».

Une promesse confirmée lors de la conférence de presse finale de vendredi, où le chef du gouvernement issu de la gauche radicale a promis de mettre en oeuvre l'accord du 20 février 2015 qui avait permis de prolonger provisoirement l'aide à Athènes.

« Cet accord est de nouveau sur les rails, ce qui va permettre de prendre rapidement des décisions à même de résoudre les problèmes financiers », a-t-il estimé, ajoutant que son pays n'avait pas de problèmes de liquidités à court terme.

Une réunion de l'Euro-groupe devrait être organisée « dans les meilleurs délais », a fait savoir de son côté la chancelière allemande, qui recevra Alexis Tsipras lundi à Berlin.

« Chaque paragraphe » de l'accord du 20 février 2015 « compte », a prévenu Angela Merkel lors de sa conférence de presse finale.

La Grèce peut très bien présenter de nouvelles réformes économiques sur des questions comme les retraites ou les impôts « du moment qu'elles ont le même effet » sur les engagements pris par Athènes, a-t-elle ajouté devant la presse.

François Hollande a quant à lui évoqué un « esprit de confiance mutuelle », affirmant avoir reçu des assurances de la part d'Alexis Tsipras.

« Le premier ministre grec m'a confirmé qu'il allait aller le plus vite possible pour présenter ces réformes et pour donner toutes les informations qui sont utiles pour permettre à l'Euro-groupe de prendre la décision, y compris pour ce qui concerne le soutien financier à la Grèce », a dit le président français devant la presse.

« CONFIANCE MUTUELLE »

« Un esprit de confiance mutuelle régnait ce matin et je pense que cet esprit permettra de trouver une solution à ce qu'on appelle le problème grec », a-t-il ajouté.

Pour faire face aux urgences d'un pays confronté à de graves problèmes sociaux, l'Union Européenne a débloqué deux milliards d'euros afin que la Grèce puisse investir dans des projets soutenant la croissance, réduise le chômage des jeunes et aide ses citoyens les plus pauvres.

Le président de la commission européenne, Jean-Claude Juncker, a annoncé avoir mis en place une équipe pour aider Athènes à utiliser cet argent, dans le cadre des efforts visant à lutter contre ce qu'Athènes qualifie de « crise humanitaire ».

Dans un communiqué commun publié à l'issue de la réunion qui a duré une partie de la nuit, les présidents du conseil européen, de la commission européenne et de l'Euro-groupe ont répété leur attachement à l'accord du 20 février 2015.

« Dans un esprit de confiance mutuelle, nous sommes tous engagés à accélérer le travail et à le conclure le plus rapidement possible », peut-on lire.

Outre Alexis Tsipras, François Hollande et Angela Merkel, ont aussi participé à cette réunion le président de la Banque Centrale Européenne Mario Draghi, le président de la commission européenne Jean-Claude Juncker, le président du conseil européen Donald Tusk et le ministre néerlandais des finances Jeroen Dijsselbloem qui préside l'Euro-groupe.

Le vice-premier ministre grec Yannis Dragasakis a reconnu jeudi soir que son pays aurait besoin d'une aide extérieure pour payer les salaires des fonctionnaires et les retraites comme pour honorer les remboursements de sa dette.

La Banque Centrale Européenne a de nouveau relevé le plafond de l'aide d'urgence mise à la disposition du secteur bancaire par la banque centrale nationale, pour le porter à près de soixante-dix milliards d'euros, a-t-on appris de sources bancaires.

Les clients des banques grecques ont retiré trois cent millions d'euros de leurs comptes sur la seule journée de mercredi selon des sources financières.

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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 17:37

http://www.lemonde.fr/politique/article/2015/03/20/le-tresorier-de-jeanne-le-microparti-de-marine-le-pen-mis-en-examen-pour-escroquerie_4598139_823448.html#xtor=AL-32280515

Le trésorier de Jeanne, le micro-parti de Marine Le Pen, mis en examen pour escroquerie

Selon les informations du Monde, Axel Lousteau, le trésorier de Jeanne, un micro-parti satellite du Front National, a été mis en examen Lundi 16 Mars 2015 pour « escroquerie » dans le cadre du financement des campagnes électorales du parti d'extrême droite pour les élections législatives de 2012.

Au centre des soupçons des juges se trouvent des « kits de campagne » proposés à l'ensemble des candidats du Front National. Fabriqués par la société Riwal, dirigée par Frédéric Chatillon, l'un des plus proches conseillers de l'ombre de Marine Le Pen, mis en examen en janvier 2015 pour « faux et usage de faux, escroquerie, abus de biens sociaux et blanchiment d'abus de biens sociaux », ils auraient été largement surfacturés aux candidats frontistes.

Cette nouvelle est un coup dur pour Marine Le Pen, à deux jours du premier tour des élections départementales. Axel Lousteau est un personnage essentiel du petit cercle de la présidente du Front National. Ancien du Groupe Union Défense (GUD), un groupuscule étudiant d'extrême droite, ce personnage à la réputation sulfureuse est souvent présenté, un peu rapidement, par le Front National comme un simple prestataire de services.

Il est en réalité bien plus que cela. A quarante-trois ans, ce chef d'entreprise dans la sécurité privée est, outre son rôle au sein de Jeanne, le responsable d'un nouveau cercle frontiste, lancé en toute discrétion, le cercle Cardinal. Ce cénacle est destiné à rassembler des patrons de petites et moyennes entreprises, officiellement pour faire remonter leurs doléances à Marine Le Pen.

Coutumier des intimidations en tous genres, Axel Lousteau avait par ailleurs été interpellé en avril 2013 esplanade des Invalides à Paris, à la suite de violences après les manifestations contre le mariage homosexuel.

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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 20:15

L’urgence grecque s’invite au conseil européen (Reuters)

Les dirigeants européens réunis Jeudi 19 Mars 2015 à Bruxelles ont fait montre d'impatience à l'égard de la Grèce, sommant le gouvernement d'Alexis Tsipras de mettre en oeuvre au plus vite les réformes capables d'éviter la faillite à son pays.

Le premier ministre grec a demandé une réunion avec la chancelière allemande, le président français et les représentants des principales instances européennes en marge du conseil européen afin d'obtenir la possibilité de lever des fonds à court terme.

Dès son arrivée à Bruxelles, la chancelière Angela Merkel a toutefois prévenu qu'il ne fallait s'attendre à aucune « percée » véritable lors de cette réunion, prévue en toute fin de journée, quant à la mise en oeuvre des réformes prévues par l'accord du 20 février 2015 à l'Euro-groupe, qui a prolongé provisoirement l'aide à Athènes.

Pour Alexis Tsipras, l'Union Européenne doit « prendre des initiatives politiques qui respectent aussi bien la démocratie que ses traités, de façon à laisser la crise derrière nous et nous engager vers la croissance ».

François Hollande a de son côté réaffirmé l'importance pour Athènes de respecter ses « engagements » pris fin février.

« Les grecs doivent démontrer qu'ils font les réformes qui sont attendues d'eux et l'Europe doit mettre à la disposition des grecs les moyens financiers pour qu'elle puisse honorer ses engagements », a-t-il résumé devant la presse.

Interrogé sur les premières mesures prises par Athènes à l'égard des classes populaires, le président français a répondu « que le gouvernement grec fasse des efforts pour les pauvres, ce n'est pas cela qui me choque. Ce que nous demandons à la Grèce, c'est qu'elle demande aux plus riches de payer des impôts ».

Le chef du gouvernement britannique, le conservateur David Cameron, s'est montré beaucoup plus sévère.

« Quand je suis venu ici pour la première fois en tant que premier ministre il y a cinq ans, la Grande-Bretagne et la Grèce étaient grosso modo dans le même bateau, avec des déficits budgétaires comparables », a-t-il déclaré.

« La raison pour laquelle nos situations sont différentes aujourd'hui, c'est que nous, nous avons pris des décisions difficiles sur le long terme, et que nous avons fait un travail très difficile pour le peuple britannique. Je suis déterminé à ne pas revenir en arrière ».

« RÉFORMES NÉCESSAIRES »

Jeudi matin sur Europe 1, le président de la commission européenne a fait état de l'impatience à l'égard des autorités grecques issues de victoire électorale de la gauche radicale.

« Je vais répéter ce que je lui ai déjà dit deux fois », a dit Jean-Claude Juncker. « La Grèce doit entreprendre les réformes qui sont nécessaires. La Grèce doit faire en sorte que les engagements qu'elle a pris au niveau de l'Euro-groupe en 2012 et récemment soient suivis d'effet ».

Devant le Bundestag, Angela Merkel, qui recevra Alexis Tsipras lundi à Berlin, a évoqué un chemin « très difficile » pour les autorités grecques, qui doivent selon elle comprendre que l'aide internationale est assortie de la condition « d'une réforme budgétaire et d'efforts pour que cette aide ne soit, un jour, plus nécessaire ».

La situation financière de la Grèce demeure « dangereuse » et le délai pour éviter un défaut de paiement est court, a estimé pour sa part le président du parlement européen, Martin Schulz.

« Sur le court terme, deux ou trois milliards sont nécessaires pour assumer les engagements existants », a-t-il dit à la radio Deutschlandfunk.

Il a rappelé qu'Athènes devait s'acquitter de nouveaux remboursements d'ici la fin du mois de mars, que ses banques étaient à court de liquidités et que la banque centrale grecque avait quasiment épuisé ses capacités de refinancement du secteur bancaire.

Le vice-premier ministre grec Yannis Dragasakis a reconnu jeudi soir que son pays avait un problème de liquidités et avait besoin d'une aide extérieure pour payer les salaires des fonctionnaires et les retraites comme pour honorer les remboursements de sa dette.

La Banque Centrale Européenne (BCE) a de nouveau relevé le plafond de l'aide d'urgence mise à la disposition du secteur bancaire par la banque centrale nationale, pour le porter à près de soixante-dix milliards d'euros, a-t-on appris de sources bancaires.

Les clients des banques grecques ont par ailleurs retiré trois cent millions d'euros de leurs comptes sur la seule journée de mercredi selon des sources financières.

Les européens redoutent que si la Grèce se trouve à court de liquidités d'ici la fin du mois et fait défaut sur sa dette, elle soit contrainte de sortir de la zone euro.

« Je ne crois pas qu'un nouveau séisme se pointe à l'horizon », a toutefois jugé Jean-Claude Juncker.

Le président de l'Euro-groupe, Jeroen Dijsselbloem, a évoqué en début de semaine l'éventualité de mesures de contrôle des mouvements de capitaux pour limiter les retraits bancaires et éviter un mouvement de panique en cas de montée des tensions financières.

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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 20:00

Relaxe requise dans le procès du drame de Clichy-sous-Bois (Reuters)

La relaxe a été requise Jeudi 19 Mars 2015 pour les deux policiers jugés à Rennes après la mort accidentelle de deux adolescents dans un transformateur électrique à Clichy-sous-Bois en 2005, drame qui avait embrasé les banlieues françaises.

« Ils n’avaient pas conscience de la réalité du péril, il ne peut donc leur être reproché de n’avoir pas agi pour y remédier », a déclaré la procureure de la république de Rennes, Delphine Dewailly.

Accusés de non-assistance à personne en danger, il est reproché aux deux policiers de n’avoir pas tenté de porter secours ou de n’avoir pas prévenu les services d’assistance alors que les deux adolescents s’étaient réfugiés dans un site EDF après une course-poursuite avec les forces de l'ordre.

Le 27 octobre 2005, Bouna Traoré, quinze ans, et Zyed Benna, dix-sept ans, avaient trouvé la mort après s'être réfugiés dans un transformateur électrique.

Un troisième jeune, Muhittin Altun, dix-sept ans, qui les accompagnait, avait été grièvement blessé.

Pour la procureure, l’un des prévenus, alors gardien de la paix et aujourd’hui âgé de quarante et un ans, ne pouvait avoir connaissance de la présence des jeunes à l’intérieur du site EDF, même s’il est l’auteur d’un message radio pouvant laisser penser le contraire.

« S’ils entrent sur le site, je ne donne pas cher de leur peau », avait-il dit à ses collègues.

« Comme il l’a dit à l’audience, ce n’était qu’une hypothèse », a estimé Delphine Dewailly.

« Il a fait tout ce qu’il pouvait utilement faire, croyant qu’ils s’étaient enfuis par un autre endroit ».

La magistrate a également jugé que l’autre prévenue, alors stagiaire au standard téléphonique du commissariat et aujourd’hui âgée de trente-huit ans, ne pouvait avoir conscience du danger sur le terrain.

L’un des avocats des parties civiles, Jean-Pierre Mignard, a réagi à ce réquisitoire en évoquant un « dialogue de sourds qui dure depuis des années » entre les parties civiles et le parquet.

Trois semaines de violences avaient suivi ce drame dans les banlieues, avec un bilan de trois cent bâtiments et dix mille véhicules incendiés, cent trente policiers et émeutiers blessés, ce qui avait amené le gouvernement à instaurer l'état d'urgence pour la première fois depuis la guerre d'Algérie.

Les prévenus, dont les avocats plaideront vendredi avant la mise en délibéré du jugement, encourent une peine maximale de cinq ans d'emprisonnement et soixante-quinze mille euros d'amende.

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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 19:52

http://www.pajumontreal.org/paju_fr/?/QUE-CESSE-L-OCCUPATION-PAJU-No-735-13-mars

SOAS, la prestigieuse école de l’université de Londres, boycotte Israël

Vendredi 13 Mars 2015

Nouvelle victoire de la campagne pour le Boycott, le Désinvestissement et les Sanctions (BDS) contre l’état d’Israël

L’école des études orientales et africaines, School of Oriental and African Studies (SOAS), située au cœur de Londres, est reconnue comme le meilleur centre de recherche au monde sur des sujets concernant l’Asie, l’Afrique et le Moyen-Orient. La recherche dans les différents départements de SOAS a entre autres comme thèmes, les droits des personnes déplacées, les problèmes complexes de développement international et l’effet de la révolution digitale sur les sociétés. Cette école renommée vient de voter en faveur de la campagne BDS.

À l’issue d’un référendum s’adressant tant aux étudiants qu’aux professeurs, chercheurs et autres personnels de l’université, soixante-treize pour cent des personnes consultées ont voté « oui » à la question suivante, « pensez-vous que l’université SOAS doive s’engager pleinement dans la campagne BDS et mettre en œuvre le boycott universitaire d’Israël, tel qu’il a été recommandé par la campagne palestinienne pour le boycott universitaire et culturel d’Israël (PACBI). C’est la première université britannique à le faire.

Des suggestions pour le boycott de Tel-Aviv ont été présentées à d’autres institutions et dans d’autres pays incluant l’Afrique du Sud et l’Australie. Le but recherché par ces boycotts est d’isoler Israël et le pousser à changer sa politique d’oppression et de discrimination vis-à-vis des palestiniens.

« PAlestiniens et JUifs unis » aimeraient qu’Israël applique son principe fondateur.

Extrait de la proclamation de l’état d’Israël le 14 mai 1948, « nous tendons la main de l’amitié, de la paix et du bon voisinage à tous les états qui nous entourent et à leurs peuples. Nous les invitons à coopérer avec la nation juive indépendante pour le bien commun de tous. L’état d’Israël est prêt à contribuer au progrès de l’ensemble du Moyen-Orient ».

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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 19:39

http://www.syllepse.net/lng_FR_srub_100_iprod_633-contre-le-fascisme-et-la-guerre.html

Contre le fascisme et la guerre

Par Léon Trotsky

Le fascisme, ou les fascismes, reste en grande partie une énigme historique. En effet, comment comprendre la folie régressive qui s’est emparée, par exemple, de l’Allemagne au point d’aboutir à l’horreur de l’extermination des juifs d’Europe.

Le phénomène du fascisme défie encore aujourd’hui notre raison et l’on se retrouve souvent en peine pour en saisir les causes.

Cependant, et pour prévenir toute répétition, nous nous devons d’en déchiffrer les ressorts et fouiller dans les processus sociaux, culturels, politiques, économiques et même psychologiques, pour en trouver les clés. C’est à cet objectif que contribue ce livre. L’historiographie traditionnelle s’est souvent concentrée sur l’aboutissement de l’arrivée au pouvoir du fascisme, la seconde guerre mondiale.

Pourtant, une compréhension entière du phénomène oblige à reprendre par le début le fil historique de cette tragédie historique. C’est ce processus que déroulent les écrits de Léon Trotsky rassemblés dans cet ouvrage, dont certains ont bénéficié de nouvelles traductions à partir du texte russe. Doté d’une connaissance fine des sociétés concernées, l’auteur suit, mois après mois, l’enchaînement des événements et les dynamiques politiques et sociales qui travaillent les sociétés européennes. Bien sûr, l’Allemagne constitue l’épicentre de ses analyses, mais il n’ignore pas non plus la prise du pouvoir de Benito Mussolini, la guerre d’Espagne, la destruction des juifs d’Europe, la montée du fascisme français et l’instauration de l’état vichyste, sans oublier le développement du militarisme japonais. Léon Trotsky pressent la catastrophe.

Au fil des pages où il analyse les relations internationales, il sonne l’alarme sur la course contre la montre engagée contre le fascisme et la guerre qui vient. L’ancien dirigeant bolchevik dresse les portraits de ses acteurs, des individus, des partis et des syndicats, qu’ils soient de droite comme de gauche, et décortique leurs orientations et leurs postures. Il scrute notamment celles des partis communistes stalinisés qui aboutiront à la défaite. Il nous dévoile également les affrontements sociaux d’ampleur qui se dissimulent derrière le combat titanesque entre le fascisme et la démocratie. Le lecteur sera certainement surpris par la force et la justesse de ses intuitions et de ses conclusions. Acteur engagé sur la scène politique, le dirigeant révolutionnaire ne se veut pas un simple commentateur de la vie politique mondiale, il préconise une autre politique pour le mouvement ouvrier et social assailli de toutes parts. Il appelle ainsi à l’unité et dénonce la folie sectaire des partis staliniens qui dénoncent les socialistes comme des « sociaux fascistes » pour ensuite tomber dans une politique d’unité sans principe. Dans un style acéré, Léon Trotsky, au-delà de l’analyse, cherche, élabore et propose une autre politique à celle des vieux appareils politiques. Il approfondit et rénove, par rapport aux conceptions bolcheviques traditionnelles, ses conceptions sur la démocratie et le socialisme. Il se fait même iconoclaste et aboutit, par exemple, à la conclusion que fascisme et stalinisme sont des « étoiles jumelles ». Les écrits rassemblés dans cet ouvrage nous permettent d’appréhender la matrice de ce moment historique.

Curieusement, « contre le fascisme », qui nous propose un retour sur les années 1930, convoque, entre les lignes, notre début de vingt et unième siècle. Il apparaît alors, au lecteur, pleinement inscrit dans notre présent.

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