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10 juillet 2015 5 10 /07 /juillet /2015 16:18

Srebrenica enterre toujours ses morts, vingt ans après le massacre (Reuters)

Quand Vedo Tuco est entré dans Srebrenica en 1995, des corps gisaient à la vue de tous sur le sol dans la forêt, vingt ans plus tard, il est toujours à la recherche des corps manquants.

« C'était si calme, il n'y avait même pas le chant des oiseaux », se souvient le médecin spécialisé en anthropologie judiciaire, aujourd'hui âgé de quarante-huit ans, tandis qu'une excavatrice est à la recherche d'os dans la cour d'une maison vide. « Une fois que j'ai commencé, je ne me suis jamais arrêté ».

Samedi 11 Juillet 2015, la Bosnie commémorera le vingtième anniversaire du plus grand massacre depuis la seconde guerre mondiale, l'assassinat de quelque huit mille musulmans de sexe masculin par les forces serbes de Bosnie pendant cinq journées du mois de juillet 1995.

Plusieurs dizaines de milliers de personnes doivent assister à la cérémonie du souvenir. A cette occasion, les restes de cent trente-six victimes récemment identifiées seront inhumés dans des tombes de marbre blanc.

La délégation américaine sera dirigée par Bill Clinton, qui était président à l'époque du massacre. L'ancienne secrétaire d’état et ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU Madeleine Albright sera aussi du voyage.

Encore aujourd'hui, la terre des forêts et des champs autour de Srebrenica rend toujours des os. Plus de mille victimes sont toujours portées disparues. Vingt ans après, Srebrenica reste une blessure ouverte pour la Bosnie.

Les enquêteurs doivent encore mettre la main sur une importante fosse commune, tandis que le procès des instigateurs présumés du massacre, l'ancien président des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic, et son commandant militaire, Ratko Mladic, est toujours en cours devant le tribunal international pour l’ancienne Yougoslavie (TPIY) à La Haye.

« J'ai trouvé mon mari et je l'ai enterré, mais je dois encore trouver mon fils », explique Hajra Katic, dont le fils, Nino Katic, avait vingt-six ans quand les casques bleus de l'ONU ont abandonné le « sanctuaire » de Srebrenica à Ratko Mladic le 11 juillet 1995.

« SI JE N'AI PAS SA TOMBE »

« Si je ne le trouve pas, si je n'ai pas sa tombe, ils nient qu'il y ait eu tant de morts, demain, ils peuvent dire que je ne l'ai jamais eu », ajoute-t-elle.

De nombreux serbes de Bosnie nient toujours ce qui s'est passé à l'été 1995 et nient le terme de génocide employé par le TPIY. Ils préfèrent parler de « crime grave ».

Le mois dernier, Milorad Dodik, le président de la république serbe de Bosnie, une des trois entités qui composent la Bosnie-Herzégovine, a qualifié le massacre de « plus grande supercherie du vingtième siècle ».

Avec la Serbie, il a convaincu leur allié russe d'apposer son veto Mercredi 8 Juillet 2015 à un projet de résolution du conseil de sécurité de l'ONU qualifiant le massacre de Srebrenica de génocide.

Pendant les préparatifs de la commémoration, l'ancien chef militaire musulman Naser Oric, qui commandait les troupes musulmanes bosniaques dans la région de Srebrenica, a été arrêté en Suisse en juin 2015 sur mandat d'arrêt serbe. Il avait été acquitté en 2008 à La Haye de l'assassinat de serbes pendant la guerre civile entre 1992 et 1995.

Les organisateurs de la commémoration avaient menacé d'arrêter les inhumations s'il n'était pas extradé en Bosnie au lieu de la Serbie. Ce fut finalement le cas.

« Les familles doivent pouvoir commémorer la perte de leurs proches sans que leur deuil soit utilisé comme moyen de chantage politique », a déclaré Dijana Jelaca, de l'université Saint John's de New York, dans un email à Reuters.

« Entretenir les divisons ethniques sert bien tous les politiciens de la région car cela détourne d'une question bien plus importante, la réalité matérielle précaire de la Bosnie et, par ceci, j'entends une situation socio-économique désespérée et une pauvreté croissante ».

Vedo Tuco, qui travaille pour la commission internationale des personnes disparues, doit témoigner cette année lors d'un procès de sept serbes, arrêtés en mars 2015 en Serbie et soupçonnés d'avoir exécuté plus de mille musulmans bosniaques à Srebrenica. Le procès doit se tenir en Serbie.

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10 juillet 2015 5 10 /07 /juillet /2015 16:03

Athènes reprend les propositions de ses créanciers (Reuters)

Le gouvernement grec a transmis ses nouvelles propositions à ses créanciers de la zone euro dans l'espoir d'obtenir de l'argent frais et d'éviter la faillite et demandera Vendredi 10 Juillet 2015 au parlement de voter un certain nombre de mesures immédiates.

Dans ses propositions mises au point Jeudi 9 Juillet 2015 et transmises en fin de soirée, la Grèce se plie aux exigences de ses créanciers. Elle prévoit notamment une hausse des taxes sur le transport maritime et une suppression, pour la fin 2016, de la fiscalité avantageuse dont bénéficient ses îles, composantes essentielles de l'industrie du tourisme.

En échange des efforts consentis, Athènes réclame un financement de cinquante-trois milliards cinq cent millions d'euros pour couvrir les obligations liées à sa dette jusqu'en 2018.

Le gouvernement de la gauche radicale du premier ministre Alexis Tsipras veut aussi que ses créanciers revoient les objectifs en matière d'excédent primaire pour les quatre prochaines années et un « reprofilage » de la dette à long terme.

Le président de l'Euro-groupe des ministres des finances de la zone euro, Jeroen Dijsselbloem, a confirmé avoir reçu les propositions, mais ne fera pas de commentaire sur ces nouvelles propositions tant qu'elles n'auront pas été évaluées par la commission européenne, la Banque Centrale Européenne (BCE) et le Fonds Monétaire International (FMI).

Ces mesures devraient satisfaire les marchés boursiers. A l'annonce du contenu, les contrats à terme sur les indices boursiers américains étaient en hausse de un pour cent en Asie.

Le parlement grec monocaméral sera convoqué Vendredi 10 Juillet 2015 pour autoriser le gouvernement à négocier une série « d’actions préalables » à prendre avant de recevoir les premières aides. Cette étape est cruciale pour convaincre des créanciers sceptiques du sérieux des intentions grecques.

Les chefs d’état et de gouvernement européens ont prévu de se réunir en sommet Dimanche 12 Juillet 2015 pour évaluer les propositions de réformes. S'ils estiment qu'elles peuvent servir de base à des négociations pour un prêt de trois ans et à des crédits relais pour maintenir la Grèce à flot, le parlement grec se réunira alors à nouveau la semaine prochaine pour transformer les propositions en lois.

PRIVATISATIONS

Signe d'éventuelles difficultés à venir, le chef des grecs indépendants, parti allié à Syriza au sein de la coalition au pouvoir, n'a pas signé la liste des propositions. Les grecs indépendants ont menacé de retirer leur soutien au gouvernement en cas de suppression des exemptions d'impôts dont bénéficient les îles.

Le ministre de l’énergie, Panagiotis Lafazanis, qui représente la gauche de Syriza, n'a pas non plus signé.

Les propositions adressées Jeudi 9 Juillet 2015 par la Grèce prévoient aussi de relever la TVA sur la restauration à vingt-trois pour cent, treize pour cent pour l'hôtellerie, de présenter une réforme des retraites et de fixer un calendrier ferme pour les privatisations de différentes propriétés de l’état dont le port du Pirée et les aéroports régionaux.

La Grèce propose notamment de supprimer par étapes à l'horizon fin 2019 le complément de pension pour les retraités les plus modestes (EKAS).

Elle prévoit aussi de réduire les dépenses en matière de défense d'un montant de trois cent millions d'euros d'ici la fin 2016.

La Grèce vit au rythme du contrôle des capitaux depuis Lundi 29 Juin 2015 avec des banques fermées et les retraits aux distributeurs de billets rationnés après l'échec des précédentes négociations de sauvetage.

Mardi 30 Juin 2015, la Grèce a fait défaut sur un remboursement d’un milliard six cent millions d'euros dû au FMI. Elle doit aussi faire face à un remboursement de trois milliards quatre cent quatre-vingt-dix millions d'euros dû à la BCE le 20 juillet 2015, auquel elle ne pourra procéder sans aide.

Depuis 2010, la Grèce a bénéficié de deux plans de sauvetage de la part de la zone euro et du FMI. Ces deux plans de sauvetage prévoyaient des financements contre l'instauration de mesures d'austérité, mais dans le même temps, le Produit Intérieur Brut (PIB) du pays a diminué du quart, tandis que le taux de chômage montait à vingt-cinq pour cent.

Quelques heures avant l'expiration de la date limite pour la présentation des réformes, le ministre allemand des finances, Wolfgang Schäuble, a reconnu que l'effacement d'une partie de la dette de la Grèce pourrait être nécessaire pour la rendre supportable tout en excluant cette éventualité.

Il a fait valoir que les règles européennes empêchaient d'effacer une partie des créances sur la Grèce.

Il n'a pas dit comment faire pour résoudre ce paradoxe, mais il a indiqué qu'il y avait toutefois des possibilités limitées de réaménagement de la dette grecque avec notamment une extension des échéances et un abaissement des taux d'intérêt pratiqués.

Selon le calendrier prévu, les trois institutions représentant les créanciers, la commission européenne, la BCE et le FMI, livreront leur évaluation initiale Vendredi 10 Juillet 2015. Si elle est globalement positive, l'Euro-groupe des ministres des finances de la zone euro décidera Samedi 11 Juillet 2015 de l'utilité d'ouvrir des négociations avec Athènes pour un prêt sous condition du Mécanisme Européen de Stabilité (MES). La décision nécessite l'assentiment de pays représentant quatre-vingt pour cent du capital du MES.

Après la large victoire du non qu'il avait prônée au référendum du Dimanche 5 Juillet 2015 pour rejeter les termes du précédent plan de sauvetage, Alexis Tsipras est en meilleure position pour imposer des mesures difficiles et faire face à la résistance des grecs.

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10 juillet 2015 5 10 /07 /juillet /2015 15:45

http://tendanceclaire.npa.free.fr/article.php?id=776

Crise sans précédent du lambertisme

L’explosion du Parti Ouvrier Indépendant (POI) est en cours

Par Nina Pradier

Jeudi 9 Juillet 2015

Depuis plusieurs mois, une crise couvait dans le POI, ancien Parti des Travailleurs. Elle vient d’éclater ces jours-ci avec une violence inouïe. Commencée plus précisément dans le Courant Communiste Internationaliste (CCI), section française de la quatrième internationale lambertiste, qui est le courant fondateur et hégémonique du POI, auquel il fournit l’essentiel de ses dirigeants et cadres, elle gagne maintenant le POI lui-même. Elle va avoir des répercussions importantes dans les syndicats, notamment dans Force Ouvrière, où les lambertistes occupent des fonctions d’encadrement et de direction, dans la Libre Pensée et d’autres structures qu’ils dirigent, ainsi que dans les organisations de la quarantaine de pays où ce courant existe. Elle met aux prises deux camps, qui représentent à ce stade respectivement deux tiers et un tiers des forces du CCI, c’est donc d’ores et déjà la crise la plus importante de l’histoire du lambertisme. Des bribes d’informations, des rumeurs et des documents des deux camps circulent désormais bien au-delà des rangs du POI. Avant que la presse bourgeoise ne s’en saisisse en déformant les faits, il est indispensable de donner les éléments exacts et dûment vérifiés, car cela intéresse tout le mouvement ouvrier et tout particulièrement les anticapitalistes.

Aux origines de la crise actuelle du lambertisme

S’il est certes peu connu sur le plan médiatique, s’il s’invisibilise lui-même en refusant le plus souvent de manifester avec les autres organisations et s’il est marqué par une politique de tendance républicaine et réformiste, le POI est un parti dont il serait gravement erroné de sous-estimer l’importance. Ce parti se réclame de la lutte des classes et de l’anticapitalisme, c’est une organisation importante de l’extrême gauche au sens large du terme, puisqu’il compte quatre mille à cinq mille adhérents, dont deux mille militants du CCI, et son journal est vendu entre huit mille et dix mille exemplaires. Une grande partie de ses militants sont des cadres voire des dirigeants syndicaux, surtout à Force Ouvrière, mais aussi à la Confédération Générale du Travail (CGT) et un peu à la Fédération Syndicale Unifiée (FSU), animant la tendance URIS, quatre pour cent des voix au congrès fédéral. La force de ce courant s’est manifestée récemment dans la réunion du 6 juin 2015, qui a rassemblé neuf cent militants, la plupart syndicalistes CGT et FO, une partie significative n’étant pas au POI.

Pierre Lambert, le principal fondateur de ce courant politique, qui le dirigeait d’une main de fer, est mort en 2008. Depuis, comme toujours dans ce genre d’organisations dirigées par un patriarche historique et autoritaire, des rivalités se sont aiguisées dans la direction. Le principal dirigeant, Daniel Gluckstein, promu par Pierre Lambert depuis les années 1980 et secrétaire national du Parti des Travailleurs, puis du POI, n’a pas réussi à faire l’unanimité, mais au contraire toutes les vieilles frustrations silencieuses qu’avaient suscitées sa promotion rapide, alors même qu’il ne venait pas du bercail de l’Organisation Communiste Internationaliste (OCI) des années 1970, mais de la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR), ont commencé à resurgir.

Mais c’est l’échec du POI, fondé en 2008 dans la foulée de la campagne de Gérard Schivardi, qui provoque la crise actuelle. Censé avoir été lancé avec près de dix mille adhérents, le POI en a perdu près de la moitié. Quant au CCI, il est incapable de se développer, composé pour l’essentiel de cadres âgés, recrutés dans les années 1970, pour la plupart à la retraite, les plus jeunes étant généralement des enfants ou petits-enfants de cette génération.

Les deux orientations en présence

L’échec du POI a conduit la majorité du CCI, les deux tiers de la direction nationale, à expérimenter une autre politique, consistant à minorer la construction du POI lui-même au profit d’un regroupement mis en place pour gagner en priorité des syndicalistes, en s’appuyant sur les effets que la politique du Parti Socialiste ne manquent pas de produire chez les cadres de Force Ouvrière et de la CGT. Pour cette majorité du CCI, la classe ouvrière reste insensible aux principaux mots d’ordre politiques du POI et la principale résistance aux attaques du gouvernement passe par les cadres syndicaux. L’idée est donc de constituer un cadre plus large que le POI, organisée autour du journal Informations Ouvrières, qui est pourtant officiellement le journal du POI. Ainsi est-ce sous l’égide de ce journal et de cette orientation que s’est tenue la réunion de neuf cent syndicalistes le 6 juin 2015, où la majorité du CCI a décidé que le POI ne s’exprimerait pas en tant que tel.

La minorité du CCI, un tiers de la direction nationale, emmenée par Daniel Gluckstein, ancien numéro un du CCI et toujours secrétaire national du POI, accuse la majorité de vouloir liquider le POI et de renoncer à la construction du parti au profit d’une politique qui se réduit à l’adresse aux syndicalistes. Cette minorité estime que la priorité est de construire le POI comme parti pour résoudre le problème de la représentation politique de la classe ouvrière, donc en posant la question du pouvoir, ce qui se réduirait à ses yeux aux mots d’ordre de rupture avec l’Union Européenne et d’assemblée constituante pour rétablir la démocratie dont le peuple définira lui-même la forme et le contenu. En ce sens, la minorité est plus politique et basiste, alors que la majorité assume davantage le para syndicalisme tourné vers les appareils syndicaux, qui est l’une des principales marques de fabrique du lambertisme.

Cependant, sur le fond politique, il ne s’agit en fait, en tout cas à ce stade, que de nuances. La majorité ne met pas en cause l’orientation du POI et la minorité ne conteste pas l’importance majeure donnée à la construction chez les cadres syndicaux de Force Ouvrière et de la CGT, et surtout elle ne critique pas la confusion entretenue depuis des décennies par le lambertisme entre les syndicats, leur appareil et leur direction, confusion qui a permis de justifier l’alliance stratégique nouée avec des appareils syndicaux, à commencer par celui de Force Ouvrière en France Ainsi les résolutions de la direction nationale du CCI comme du conseil national et du bureau national du POI étaient-elles encore votées à l’unanimité ces derniers mois. Un timide amendement de Daniel Gluckstein n’est apparu pour la première fois dans la direction nationale du CCI qu’en avril 2015, sans que son rejet empêche le vote unanime de la résolution finale. Ces nuances, qui commençaient à s’exprimer à l’oral depuis moins d’un an, ont commencé à s’exprimer davantage avec la crise de la CGT, la préparation de la journée d’action du 9 avril 2015 et la préparation de la réunion autour d’Informations Ouvrières du 6 juin 2015.

L’absence de démocratie empêche la discussion de se développer sur le terrain politique

Dans une organisation démocratique, ces nuances auraient été développées et discutées tranquillement, car il est tout à fait normal de débattre régulièrement de la façon de construire son parti, surtout dans une situation difficile comme celle que nous connaissons, marquée par la violence des attaques du gouvernement et la crise du mouvement ouvrier. Mais le lambertisme est un courant politique qui, s’il réclame sans cesse la démocratie dans sa presse, au nom de la république une et indivisible, se caractérise surtout par l’absence de toute culture démocratique en interne. Depuis des décennies, toutes les divergences se sont réglées par la violence bureaucratique, des exclusions régulières, des calomnies ignobles et l’humiliation des militants. Depuis une tendance éphémère en 1989, bien vite disparue, il n’y a pas eu de tendances dans le CCI, alors que les statuts les autorisent, car les membres qui voulaient en constituer une ou qui commençaient à exprimer des divergences qui auraient pu y conduire, ont été soigneusement isolés et exclus. De plus, la majorité des dirigeants sont de vieux permanents, une quarantaine en tout, par ailleurs essentiellement des hommes bien virilistes, recrutés dans les années 1970, qui ont largement dépassé l’âge de la retraite sans avoir jamais connu le monde du travail, sont inamovibles à leurs postes depuis quarante ans, largement coupés du monde réel auquel ils n’ont accès que par des cadres syndicaux et les militants du POI, pénétrés d’habitudes bureaucratiques.

Parmi les dernières exclusions collectives, cette direction décida par exemple celle de la poignée de militants qui fondèrent ensuite le groupe Communiste Révolutionnaire Internationaliste (CRI) en 2002 et qui virent d’abord refuser leurs demandes de tendance dans le CCI puis dans le Parti des Travailleurs, avant d’être exclus sur la base de calomnies, accusés notamment d’être en lien avec la préfecture de police. Bien plus importante fut la décision prise par le secrétariat international de la quatrième internationale lambertiste d’exclure la majorité de la section brésilienne, l’une des plus importantes, à la veille de son congrès où s’annonçait un changement de majorité, avec notamment une descente de la minorité et d’une délégation du secrétariat international au local national de l’organisation pour s’en emparer, changer les serrures et garder le journal. De même encore, la direction nationale du CCI, même pas du Parti des Travailleurs, n’avait pas hésité en 2005 à exclure les deux tiers de la fédération du Parti des Travailleurs de l’Yonne au seul prétexte qu’ils avaient voté contre l’exclusion de leur secrétaire fédéral, après avoir pourtant été d’accord avec la direction pour condamner à l’unanimité sa critique jugée scandaleuse d’une bureaucrate lambertiste de Force Ouvrière. La liste des exclusions serait trop longue. Mais, dans tous les cas, incapable de justifier sur le fond politique des mesures aussi brutales, car cela aurait supposé une discussion démocratique, la direction a eu recours au mensonge et à la calomnie, tout en faisant bloc.

Mais d’où viennent ces méthodes anti démocratiques ?

Il n’est dès lors par étonnant que ce soient ces mêmes méthodes, devenus si habituelles depuis des décennies, qui sont mises en œuvre dans la crise actuelle du CCI et du POI. Au cours de ces dix derniers jours, en effet, la majorité de la direction nationale du CCI a décidé de suspendre un tiers de ses membres, refusé leur demande de tendance pourtant conforme aux statuts, reporté le congrès du CCI prévu à l’automne, fait approuver sa décision par une commission de contrôle qui n’a même pas entendu la minorité, fait changer les serrures des locaux pour empêcher les minoritaires d’y accéder librement et elle multiplie les pressions sur les militants pour qu’ils se désolidarisent immédiatement de la minorité. Bien sûr, elle n’oublie pas de faire circuler discrètement un texte de calomnies contre Daniel Gluckstein, qui fut pourtant son leader incontesté promu par Pierre Lambert depuis les années 1980 et qui est accusé maintenant d’avoir entretenu un réseau clandestin pour prendre et garder le pouvoir et attendu son heure pendant trente-cinq ans pour fomenter la dislocation de l’organisation.

La minorité a beau jeu de dénoncer ces méthodes intolérables mais ce sont exactement les mêmes que celles qu’elle avait elle-même mises en œuvre pendant tant d’années, notamment dans tous les cas cités précédemment, où les exclusions, les descentes pour changer les serrures, les mensonges et les calomnies étaient fomentées par Daniel Gluckstein et ses proches qui en sont aujourd’hui victimes. De telles méthodes ne tombent pas comme un coup de tonnerre dans un ciel serein, on ne peut séparer l’orientation politique et les méthodes utilisées à l’intérieur du parti comme dans le mouvement ouvrier en général.

Mais l’ampleur de la crise actuelle n’a rien à voir avec un quelconque épisode précédent dans l’histoire du lambertisme. Même l’exclusion en 1984 de Stéphane Just, le numéro deux de l’OCI, qui semble l’épisode le plus comparable, avait frappé « seulement » cent cinquante militants qui le soutenaient sur quatre mille, alors que la minorité actuelle revendique six cent soixante-dix-sept signatures pour sa déclaration de tendance sur deux mille membres du CCI et souligne la participation d’une trentaine de « vétérans », militants avant 1968. En outre, il semble que la majorité des jeunes comme la majorité de la fédération de la Seine Saint Denis, la plus nombreuse du POI, soient avec la minorité nationale. La minorité revendique aussi le soutien d’une partie importante d’autres sections de la quatrième internationale lambertiste ou de leurs dirigeants. Enfin, Daniel Gluckstein a le soutien des deux autres secrétaires nationaux du POI, Jean Markun et Gérard Schivardi, qui ne sont pas membres du CCI et appellent la direction de ce courant à régler ses problèmes en interne au lieu de les transporter dans le POI et de calomnier Daniel Gluckstein. De fait, la scission du POI lui-même a commencé, le bureau national du 4 juillet 2015 aurait mandaté un secrétariat permanent du POI qui fait désormais ses propres communiqués, alors que les trois secrétaires nationaux du POI continuent à publier les leurs.

Quelles conséquences pour les militants lambertistes

La crise n’est pas sans lien avec le développement de la situation sociale et politique, qui se réfracte notamment au sein des appareils secoués par la contradiction croissante entre leur orientation de collaboration de classe et les aspirations d’une partie des militants à combattre le gouvernement et le patronat.

Mais, si cette crise éclate sous cette forme soudaine et brutale, c’est en raison d’intérêts d’appareil qui mettent aux prises deux secteurs de la direction lambertiste. Mais comme le lambertisme a toujours fonctionné avec de telles méthodes, l’ampleur de la crise actuelle ne peut qu’entraîner son explosion, même si l’on ne peut pas prédire précisément ses péripéties, son rythme et son impact dans les réseaux militants. Encore une fois, cela va avoir très vite des répercussions importantes dans un certain nombre de secteurs, notamment syndicaux.

Il faut donc suivre de près les évolutions de cette crise. Il est possible qu’elle signe la mort du lambertisme comme courant important de l’extrême gauche issue du trotskysme dans la seconde moitié du vingtième siècle. Comme toute scission dans une organisation du mouvement ouvrier, elle peut provoquer la démotivation de militants sincères et honnêtes s’ils ne saisissent pas les causes et ne perçoivent pas d’issue à cette situation. Mais elle peut aussi être le point de départ, pour les militants de courant qui œuvrent au quotidien dans la lutte des classes selon les idées qui sont les leurs, d’une réflexion approfondie et d’un retour critique sur l’histoire du lambertisme lui-même, de ses méthodes intolérables comme de ses positions politiques de plus en plus contestables. Cela suppose d’abandonner les a priori sectaires vis-à-vis des autres courants du mouvement ouvrier. Et aussi que les anticapitalistes révolutionnaires partisans de la démocratie ouvrière et du libre débat discutent avec eux sans sectarisme non plus.

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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 20:05

http://www.elwatan.com/actualite/le-m-zab-urgence-nationale-09-07-2015-299310_109.php

Vingt-cinq morts selon le bilan provisoire

Le Mzab, urgence nationale

Par Houria Alioua

Jeudi 9 Juillet 2015

Ghardaïa continue à compter ses morts et ses blessés depuis les dernières vingt-quatre heures.

Des sources concordantes retiennent le chiffre de vingt et une victimes dans la seule ville de Guerrara alors que la vingt deuxième est comptabilisée à Ghardaïa dans le quartier de Sidi Abbaz.

Au moment où le ministre de l’intérieur arrivait à l’aéroport de Noumerate à la tête d’une importante délégation venue d’Alger et qu’une cinquantaine de véhicules officiels soulevaient la poussière ambiante pour entrer au siège de la wilaya de Ghardaïa, en plein centre-ville, les rumeurs les plus folles circulaient à propos d’un nouveau bain de sang à Guerrara.

L’information est vite confirmée, après une nuit mouvementée, l’aube a été sanglante dans l’oasis d’Ahbas, une quinzaine de morts, tous tués avec des armes à feu. L’hôpital du docteur Tirichine de Sidi Abbaz est assailli de citoyens venus s’enquérir de la véracité du décès d’un parent, d’un voisin, d’une connaissance ou de l’état des victimes de la veille, on en dénombre quatre ayant succombé à leurs blessures hier matin, dont un adolescent de quinze ans, pendant que Guerrara faisait le bilan provisoire de sa nuit macabre.

Aucune source officielle n’a daigné confirmer le nombre de victimes, y compris la cellule de communication de la wilaya, celles de la protection civile ou de la santé. Les téléphones sont bizarrement silencieux. Même topo du côté de la société civile.

Un silence triste et pesant dans cette ambiance de deuil général qui n’épargne ni les ibadites ni les malékites avec une propension tout de même constatée dans le deuxième camp. Dans la journée, une dépêche de l’agence officielle Algérie Presse Service (APS) confirmait le nombre de vingt-deux victimes, dont dix-neuf à Guerrara.

Des renforts impuissants

C’est le bain de sang, sans métaphore aucune. Des hordes d’encagoulés sur de grosses motos sont signalées par certains témoins. D’autres s’accordent à parler de groupes extrêmement violents, munis d’armes à feu qui menacent de mort les habitants, les obligeant à quitter leurs habitations avant d’y mettre le feu.

« Aucune hésitation n’est tolérée, il faut quitter les lieux dans la minute, sans discuter, sinon c’est le carnage ». C’est dans ce contexte de fuite générale d’une population terrorisée que les habitants de Guerrara se sont vus confrontés à ce phénomène nouveau, où des bandes organisées sèment la terreur.

A Guerrara, on parle d’à peine quatre-vingt policiers chargés du maintien de l’ordre par rapport à une population nombreuse et une situation sécuritaire précaire.

Les policiers ont de plus été surpris par la quantité d’armes utilisées, ce qui les a poussés à se retirer en attendant les renforts qui sont venus, Mercredi 8 Juillet 2015, et ont constaté l’ampleur de la catastrophe. Une cinquantaine de bus transportant des URS sont arrivés en milieu de matinée à Guerrara entre-temps, l’effet boule de neige en plein Sahara rend la situation plus difficile à contenir.

Femmes courage

Confrontées à la réalité du terrain, les populations du M’zab se terrent désormais. Des villes vidées de leurs habitants, des commerces fermés, des administrations en chômage et des édifices publics clos.

Le paysage est désolant, l’ambiance est lourde, exacerbée par la rumeur de nouvelles victimes, le bruit persistant des hélicoptères et les barricades à l’entrée des quartiers chauds.

C’est, toutefois, la tombée de la nuit qui est la plus angoissante. « Jusqu’à quand allons-nous continuer à vivre ainsi dans la peur des lendemains incertains ? La complaisance et le laxisme des autorités sont flagrants ». Malgré une crise qui persiste depuis plus de deux ans dans sa phase la plus récente, les ghardaouis n’en reviennent pas que « des assassins et des pyromanes continuent à circuler librement, brandissant des armes à feu en toute impunité ».

La reprise en main de la situation sécuritaire devient une nécessité vitale, « personne ne comprend pourquoi les arrestations sont inefficaces, pourquoi la justice tarde à prendre en charge sérieusement ce dossier ».

Le quotidien est dur à vivre. « Pour se rendre au travail chaque matin, cela dépend de la sécurité de la voie que nous empruntons et de l’état de la ville ». Nabiha, ingénieur, témoigne d’une confrontation quotidienne avec le danger de mort, « ma collègue n’a pas pu venir ces derniers jours, vu qu’il y a des affrontements entre les habitants de Mélika et de Thenia. Le mois sacré est une autre source d’inquiétude de se faire attaquer à tout moment chez soi ».

Vont-ils venir nous attaquer ? Est-ce qu’ils vont nous laisser jeûner tranquillement et terminer ce mois ? Vont-ils nous gâcher l’Aïd ? Les voisines s’interrogent et se rassurent mutuellement invoquant la bienveillance divine. Comme beaucoup de femmes de Ghardaïa, et malgré l’état de guerre qui sévit dans la région, Nabiha s’est rendue à son travail, Mercredi 8 Juillet 2015. Bizarrement, « ce sont les hommes qui se sont absentés », dit-elle.

Et d’ajouter que « tout ce que je peux vous dire, c’est que chaque jour, en sortant de chez moi, ma mère me récite le coran, elle me dit qu’elle me confie à dieu, il veillera, et en traversant le quartier, je récite Ayat al Koursi, dans la crainte de recevoir une pierre jetée d’une terrasse, un cocktail Molotov ou une balle perdue. On nous traite de rouaa, des bergers ».

Les voix des notables ne portent plus

Pendant ce temps, une rencontre à huis clos a réuni le ministre de l’intérieur avec les notables du M’zab, chaque communauté à part dans le salon bleu de la wilaya. Alors que les mozabites se sont rendus en terrain conquis au bureau de Dadi Addoun Omar, président de l’APW de Ghardaïa, les Chaâmba ont attendu leur tour dans la salle de réunion.

Rien n’a filtré sur le contenu de la rencontre, ni sur les mesures prises au lendemain de l’installation de la commission interministérielle chargée de l’examen des voies et moyens à même de maîtriser la situation à Ghardaïa. Elle n’a visiblement pas pu éviter cette escalade ahurissante de violence ayant fait vingt-cinq morts, selon le bilan provisoire recoupé grâce aux sources médicales.

D’aucuns pensent que l’actuel ministre de l’intérieur réitère les mêmes erreurs qui ont conduit à l’envenimation de la situation et à la défaillance flagrante des dispositifs de sécurité déclenchés depuis le début de la crise. « Les délégués de la société civile choisis par l’administration ne représentent personne en fait, ce sont des notables autoproclamés que personne n’écoute ». Preuve en est l’inefficacité de leurs démarches et la persistance des troubles.

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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 19:12

http://www.marcvuillemot.com/2015/07/appel-aux-maires-et-aux-citoyens-pour-un-soutien-au-peuple-grec.html

Appel aux maires et aux citoyens pour un soutien au peuple grec

Par Marc Vuillemot, maire socialiste de la Seyne sur Mer, dans le département du Var, et conseiller régional socialiste de la région Provence Alpes Côte d’Azur

Vendredi 3 Juillet 2015

Avec Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice socialiste de Paris, nous avons pensé, face à l'incapacité européenne devant la crise grecque, devoir lancer un appel citoyen, aux élus comme aux français, pour le peuple grec

J'appelle les élus et les collectivités locales françaises à nouer des jumelages ou des partenariats citoyens avec les villes et villages grecs qui traversent aujourd'hui des difficultés considérables.

Nous espérions que l'Europe soit au rendez-vous de l'histoire et soit capable d'engager une politique de solidarité, de prospérité partagée et de progrès sociaux et humains.

Hélas, l'austérité permanente, les dumpings sociaux et fiscaux, la domination des plus forts et de la finance, ont pris le pas sur l'Europe sociale et démocratique que nous voulons bâtir.

Nous ne pouvons rester indifférents.

Maire d’une ville populaire bénéficiant de politiques prioritaires pour l’habitat, les équipements, la dynamisation économique, la formation et l’accompagnement des plus humbles, je sais l’importance de la solidarité entre territoires, au local comme à l’échelle du pays, pour l’égale dignité que la république doit à ses enfants.

Alors, chaque fois que nos collectivités peuvent entrer en dialogue avec leurs homologues grecs, elles peuvent montrer que, si la solidarité européenne n'est pas portée par les institutions de l'Union Européenne, les citoyens et leurs élus peuvent la faire vivre. Je suis disponible pour œuvrer avec mes collègues prêts à s'engager dans cette démarche de partenariat citoyen avec les collectivités et citoyens grecs.

Et, face à une Europe et un Fonds Monétaire International (FMI) bridés par la finance internationale, qui traînent les pieds pour accompagner le peuple grec, l’occasion est donnée aux citoyens de rappeler, en apportant leur contribution et leur attachement aux valeurs solidaires que le terme « fraternité » symbolise au fronton de notre édifice républicain.

Chaque citoyen peut ainsi, dès à présent, contribuer en participant à la plateforme de financement participatif que nous venons d'initier en lien avec une association solidaire, en cliquant sur l'image illustrant cet appel.

Et j’invite mes collègues maires de France à relayer cet appel à nos concitoyens.

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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 18:55

http://www.liberation.fr/monde/2015/07/08/onze-notes-inspirees-de-la-situation-grecque_1345294

Onze notes inspirées de la situation grecque

Par Alain Badiou

Mercredi 8 Juillet 2015

Il est urgent d’internationaliser la cause du peuple grec. Seul l’effacement total de la dette portera un « coup idéologique » au système européen actuel.

Le non massif du peuple grec ne signifie pas un refus de l’Europe. Il signifie un refus de l’Europe des banquiers, de la dette infinie et du capitalisme mondialisé.

Une partie de l’opinion nationaliste, voire de la droite extrême, a voté aussi non aux exigences des institutions financières et au diktat des gouvernements réactionnaires européens. Nous savons que tout vote purement négatif est en partie confus. L’extrême droite, depuis toujours, peut refuser certaines choses que refuse aussi l’extrême gauche. Seule l’affirmation de ce que l’on veut est claire. Mais tout le monde sait que ce que veut Syriza est opposé à ce que veulent les nationalistes et les fascistes. Le vote n’est donc pas un vote obscur contre les exigences anti populaires du capitalisme mondialisé et de ses serviteurs européens. C’est aussi un vote qui, pour le moment, fait confiance au gouvernement d’Alexis Tsípras.

Que ceci se passe en Grèce et non, comme il serait normal, partout ailleurs en Europe, indique que la gauche européenne est en état de coma dépassé. François Hollande, la social-démocratie allemande, le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE), le Pasok grec et les travaillistes anglais, tous ces partis sont désormais, de façon ouverte, des gestionnaires du capitalisme mondialisé. Il n’y a pas, il n’y a plus de gauche européenne. Il y a un petit espoir, encore peu clair, du côté de formations politiques tout à fait nouvelles, liées au mouvement de masse contre la dette et l’austérité, à savoir Podemos en Espagne et Syriza en Grèce. Les premiers, au demeurant, refusent la distinction entre la gauche et la droite. Je la refuse aussi. Elle appartient au vieux monde de la politique parlementaire, qui doit être détruit.

La victoire tactique du gouvernement d’Alexis Tsípras est un encouragement pour toutes les propositions nouvelles dans le champ politique. Le système parlementaire et ses partis de gouvernement sont en crise endémique depuis des décennies, depuis les années 1980. Que Syriza remporte en Grèce des succès, même provisoires, fait partie en Europe de ce que j’ai appelé le réveil de l’histoire. Cela ne peut qu’aider Podemos, et tout ce qui viendra, ensuite et ailleurs, sur les ruines de la démocratie parlementaire classique.

Cependant, la situation en Grèce reste à mon avis très difficile et très fragile. C’est maintenant que commencent les vraies difficultés. Il se peut, au vu du succès tactique référendaire, qui les met quand même en position d’accusés historiques, qu’Angela Merkel, François Hollande et les autres fondés de pouvoir du capital européen modifient leurs exigences. Mais il faut agir sans trop les regarder. Le point crucial, désormais, est de savoir si le vote pour le non va se prolonger en puissant mouvement populaire, soutenant et/ou exerçant de vives pressions sur le gouvernement lui-même.

A cet égard, comment juger aujourd’hui le gouvernement d’Alexis Tsípras ? Il a décidé il y a cinq mois de commencer par la négociation. Il a voulu gagner du temps. Il a voulu pouvoir dire qu’il avait tout fait pour parvenir à un accord. J’aurais préféré qu’il commence autrement, par un appel immédiat à une mobilisation populaire massive et prolongée, engageant des millions de gens, sur le mot d’ordre central d’abolition complète de la dette. Et aussi par une lutte intense contre les spéculateurs, la corruption, les riches qui ne paient pas d’impôt, les armateurs et l’église. Mais je ne suis pas grec et je ne veux pas donner des leçons. Je ne sais pas si une action aussi centrée sur la mobilisation populaire, une action en quelque sorte plutôt dictatoriale, était possible. Pour le moment, après cinq mois de gouvernement d’Alexis Tsípras, il y a ce référendum victorieux et la situation reste complètement ouverte. C’est déjà beaucoup.

Je continue à penser que le coup idéologique le plus dur que nous puissions porter au système européen actuel est représenté par le mot d’ordre d’effacement total de la dette grecque, dette spéculative dont le peuple grec est parfaitement innocent. Objectivement, cet effacement est possible, beaucoup d’économistes, qui ne sont pas du tout des révolutionnaires, pensent qu’il faut que l’Europe annule la dette grecque. Mais la politique est subjective, en quoi elle est différente de l’économie pure. Les gouvernements veulent absolument empêcher une victoire de Syriza sur ce point. Après cette victoire, il y aurait Podemos, après peut-être d’autres actions populaires vigoureuses dans de grands pays européens. Aussi, les gouvernements, poussés par les lobbys financiers, veulent punir Syriza et le peuple grec, plutôt que de régler le problème de la dette. Pour punir ceux qui veulent cette punition, le défaut de paiement reste la meilleure procédure, quels qu’en soient les risques. L’Argentine l’a pratiqué il y a quelques années, elle n’en est pas morte, loin de là.

On agite partout, à propos de la Grèce, la question d’une sortie de l’Europe. Mais en vérité, ce sont les réactionnaires européens qui brandissent cette question. Ce sont eux qui font du Grexit une menace imminente. Ils veulent ainsi effrayer les gens. La ligne juste, qui est jusqu’à présent celle de Syriza comme celle de Podemos, est de dire que « nous restons dans l’Europe. Nous voulons seulement, comme c’est notre droit, changer les règles de cette Europe. Nous voulons qu’elle cesse d’être une courroie de transmission entre le capitalisme libéral mondialisé et l’entretien de la souffrance des peuples. Nous voulons une Europe réellement libre et populaire ». C’est aux réactionnaires de dire ce qu’ils pensent là-dessus. S’ils veulent chasser la Grèce, qu’ils essaient. Sur ce point, la balle est dans leur camp.

A l’arrière-plan, on sent des peurs géo politiques. Et si la Grèce se tournait vers d’autres que vers les pères et mères fouettards européens ? Alors, je dirai ceci, tous les gouvernements européens ont une politique extérieure indépendante. Ils cultivent des amitiés tout à fait cyniques, comme François Hollande pour l’Arabie Saoudite. Contre les pressions auxquelles elle est soumise, la Grèce peut et doit avoir une politique tout aussi libre. Puisque les réactionnaires européens veulent punir le peuple grec, celui-ci a le droit de chercher des appuis extérieurs pour diminuer ou empêcher les effets de cette punition. La Grèce peut et doit se tourner vers la Russie, vers les pays des Balkans, vers la Chine, vers le Brésil, et même vers l’ancien ennemi historique, la Turquie.

Mais quels que puissent être ces recours, la situation en Grèce sera tranchée par les grecs eux-mêmes. Le principe du primat des causes internes s’applique à cette situation. Or, les risques sont d’autant plus considérables que Syriza n’est au pouvoir que formellement. Déjà, on le sait, on le sent, de vieilles forces politiques intriguent dans la coulisse. Outre que le pouvoir d’état, acquis dans des conditions régulières et non révolutionnaires, est très rapidement corrupteur, on peut évidemment poser des questions classiques, est-ce que Syriza contrôle complètement la police, l’armée, la justice et l’oligarchie économique et financière, certainement pas. L’ennemi intérieur existe encore et il est presque intact. Il reste puissant et il est soutenu dans l’ombre par les ennemis extérieurs, y compris la bureaucratie européenne et les gouvernements réactionnaires.

Le mouvement populaire et ses organisations de base doivent constamment surveiller les actes du gouvernement. Encore une fois, le non du référendum ne sera une vraie force que s’il est prolongé par de très fortes manifestations indépendantes.

Une aide internationale populaire, manifestante, médiatisée et incessante devra appuyer de toutes ses forces la possible levée grecque. Aujourd’hui, je rappelle que dix pour cent de la population mondiale possède quatre-vingt-six pour cent des richesses disponibles.

L’oligarchie capitaliste mondiale est très restreinte, très concentrée et très organisée. Face à elle, les peuples dispersés, sans unité politique, enfermés dans les frontières nationales, resteront faibles et presque impuissants. Tout aujourd’hui se joue au niveau mondial.

Transformer la cause grecque en une cause internationale à très forte valeur symbolique est une nécessité, donc un devoir.

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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 18:29

http://www.humanite.fr/pour-podemos-le-non-la-troika-est-un-oui-leurope-579168

Pour Podemos, le non à la troïka est un oui à l’Europe

Interview de Carlos Saura Leon par Alix Vinégla

Jeudi 9 Juillet 2015

Carlos Saura León, secrétaire général de Podemos à Palma de Majorque et député du parlement des îles Baléares, estime que le vote de la Grèce est une victoire de la démocratie et des valeurs humanistes.

Alix Vinégla. Que pensez-vous du non de la Grèce ?

Carlos Saura Leon. À Podemos, nous pensons que le non à la troïka est un oui à l’Europe. Parce que, aussi bien Syriza en Grèce que Podemos en Espagne, nous sommes pour l’Europe, mais à condition d'accueillir les meilleures valeurs européennes, les valeurs humanistes, les valeurs des droits sociaux et civiques qui ont été conquis au vingtième siècle et qui se perdent maintenant à cause d’une politique d’austérité qui tente d’humilier les pays du sud en faisant d’eux une colonie de l’Allemagne. Nous pensons que c’est un grand résultat pour le gouvernement de Syriza et qu’il entre dans les normes démocratiques. Ce qui est préoccupant, c’est que la troïka considère qu’il est plus dangereux de convoquer un référendum que de laisser les institutions supra nationales choisir le destin des pays « périphériques ».

Alix Vinégla. Que signifie ce vote pour le peuple ?

Carlos Saura Leon. L’autre jour, j’écoutais le ministre de l’éducation de l’Equateur, qui parlait du mouvement citoyen que son pays a vécu et qui a placé Rafael Correa à la présidence du pays, en disant que cela a été un triomphe du peuple. C’est ce qui est en train de se passer dans plusieurs pays, comme dans le sud de l’Europe, mais il ne faut pas non plus oublier le sort de l’Allemagne, il y a huit millions de personnes qui ont un emploi précaire et vingt-cinq pour cent d’allemands ont un bas salaire. La situation des citoyens européens n’est pas seulement précaire dans le sud. Je crois que ce vote montre qu’il y a une prise de conscience majeure, nous réalisons que les choses peuvent se faire d’une autre manière.

Alix Vinégla. En France, le vote a été qualifié de vote de classe. Qu’en pensez-vous ?

Carlos Saura Leon. Toutes les régions grecques ont voté non, mais c’est vrai qu'il y a eu soixante-dix pour cent de oui dans certains quartiers riches. Nous voyons très bien qui est d’accord avec la politique de la troïka, il y a une alliance entre la minorité sociale privilégiée du sud et celle du nord. À Podemos, nous pensons que les discours qui fonctionnaient au dix-neuvième et au vingtième siècle ne fonctionnent plus au vingt et unième siècle. Parce que quand nous parlons de classes sociales et que nous utilisons la terminologie marxiste, les gens ne s’identifient pas à ce discours. À Podemos, nous aspirons à expliquer les choses d’une autre manière, parce que nous comprenons que, quand nous parlons aux gens d’une manière claire, ils sont d’accord avec nous. Les gens sont d’accord avec le fait de récupérer leurs droits sociaux et avec le fait de récupérer la démocratie, ils ont conscience que la démocratie a été séquestrée par des entreprises multinationales et par des banques corrompues. En Espagne par exemple, les gens ont conscience que la corruption est la cause des coupes sociales, parce qu’il y a une coupure des droits sociaux et une spoliation de la production des richesses des minorités sociales.

Alix Vinégla. Ce vote peut-il alors changer le point de vue sur les institutions ?

Carlos Saura Leon. Normalement, les institutions instaurent une hégémonie culturelle qui justifie n’importe quelle décision des institutions, à tel point que certaines personnes qui se disent démocrates en Europe ne sont pas d’accord avec le fait de faire un référendum, alors qu’il n’y a rien de plus démocratique que le fait de demander au peuple s’il veut une chose ou une autre. Dès lors, Syriza, Podemos et d’autres forces politiques essaient de changer cette hégémonie culturelle. Il s’agit de changer le discours majoritaire et de faire en sorte que beaucoup plus de personnes soient d’accord avec nous, en leur expliquant les choses d’une manière différente. Après un changement dans la manière de penser des gens, il peut y avoir un changement politique et institutionnel. Parce qu’il ne s’agit pas seulement d’entrer dans les institutions, mais il faut avoir un pied dans les institutions, et mille dans la rue, comme le dit Teresa Rodríguez, qui est le leader de Podemos en Andalousie. S’il n’y a pas un grand nombre de gens dans la rue qui appuient nos décisions politiques, nous ne pouvons rien faire pour changer les choses.

Alix Vinégla. Mardi 7 Juillet 2015, lors de la réunion des ministres des finances de la zone euro, peu avant l’Euro-groupe, le ministre espagnol Luis De Guindos était un des rares à ne pas être en faveur d’un Grexit. Quelle est la place de l’Espagne dans la résolution du problème grec ?

Carlos Saura Leon. Le gouvernement espagnol essaie de monter qu’il y a un lien entre la situation de la Grèce et celle de l’Espagne. Mais si la Grèce triomphe, si elle parvient à imposer des conditions à la troïka, alors cela sera vu comme une victoire de Podemos, comme une victoire du « si, se puede », et cela montrera qu’on peut faire les choses d’une tout autre manière. Parce qu’il y a une minorité qui tire des bénéfices des institutions publiques et des institutions supra nationales, du Fonds Monétaire International (FMI) et de la Banque Centrale Européenne (BCE). D'une certaine manière, Luis De Guindos souhaite que la Grèce accepte les conditions de la troïka et que cela soit compris comme un échec de Podemos. Mais jusqu’ici, tout ce qu’a fait Syriza a été soutenu par son peuple. Son peuple sait qu’il a un gouvernement courageux. La classe politique qu’on a eue jusqu’à présent en Espagne a été une classe politique qui a accepté absolument tout ce qui a été dit par Angela Merkel, le FMI, la BCE et la commission européenne. Jamais Mariano Rajoy n’est allé négocier avec ces institutions, au contraire, il a accepté toutes les coupes sociales et les réformes demandées par les institutions européennes. Quand cela sera démontré, nous verrons que ce sont les principales causes qui ont conduit à une augmentation de la dette et à la perte de droits sociaux. Nous nous rendrons compte que ce sont des solutions totalement inefficaces, car la dette n’arrête pas d’augmenter, parce qu’il n’y a pas d’économie productive et dynamique qui permettrait que les gens consomment. On peut voir clairement à qui cette situation profite. Ceux qui en profitent, c’est le un pour cent d’espagnols qui détiennent soixante-dix pour cent des richesses du pays alors que la victime de cette inégalité est le peuple, par exemple aux îles Baléares, d’où je suis originaire, l’inégalité sociale a augmenté de vingt-deux pour cent de 2008 à 2012.

Alix Vinégla. Que pensez-vous de la manière dont est négociée la dette grecque ?

Carlos Saura Leon. Yanis Varoufakis dit que l’économie est une idéologie avec des formules et des équations. Qu’est-ce que cela démontre ? Que la troïka ne veut pas résoudre les problèmes des grecs, mais qu’elle veut humilier les grecs, pour démontrer que la doctrine politique de cette dernière est erronée. L’économie n’est pas une science exacte, mais une pensée idéologique qui se justifie avec des formules et des équations et qui correspond aux intérêts d’une minorité appliquant ce que dit la troïka. En plus, en novembre 2015, il y aura des élections générales en Espagne. La Grèce représente deux pour cent du Produit Intérieur Brut (PIB) de l’Europe et l’Espagne représente douze pour cent du PIB de l’Europe. Si, en Espagne, nous démontrons qu’il y a une autre manière de faire de la politique et que l’espace que la social-démocratie a laissé libre, parce que le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) n’est pas démocrate, mais totalement néo libéral, est utilisé pour montrer qu’on peut s’accroître économiquement tout en aspirant à une société plus égalitaire à l’inverse du néo libéralisme, l’Europe pourrait changer de paradigme.

Alix Vinégla. Quelles seraient alors vos propositions pour la Grèce ?

Carlos Saura Leon. Pour commencer, le FMI a déjà dit que la dette grecque, telle qu’elle est aujourd’hui, est impayable. Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie, affirme aussi que cette dette est impayable. Paul Krugman, un autre prix Nobel d’économie, dit que cette dette doit être restructurée, au risque de rester impayable. Ce que nous proposons à Podemos, c’est de faire un audit de la dette, c'est-à-dire une étude pour savoir pour quoi a été utilisé l’argent, quelle part de la dette est légale et quelle part est illégale. Ensuite, nous proposons une suppression partielle et une restructuration de la dette, simplement pour que le pays puisse l’assumer. Il y a peu de temps, en 1953, l’Europe, avec la Grèce, a effacé une partie de la dette de l’Allemagne et aujourd’hui, on voit le contraire, l’Allemagne ne veut pas « pardonner » sa dette à la Grèce. Enfin, nous proposons des mesures économiques pour qu’il y ait à nouveau de la croissance en Grèce, en s’appuyant sur le retour d’une consommation normale à l’intérieur du pays. Par exemple, dans le cas des îles Baléares, nous proposons un processus d’urgence citoyenne, pour tous les gens qui sont dans une situation limite et qui ne peuvent pas affronter le présent, ainsi qu’un plan de sauvetage énergétique, pour les gens qui n’ont pas de gaz, ni d’eau ni d’électricité, par exemple en hiver. Enfin nous proposons un revenu minimum progressif, l’équivalent du RSA français basé sur un impôt progressif, où les plus riches paient le plus. Aux îles Baléares, mille deux cent millions d’euros annuels sont pris par la corruption. Il faut utiliser cet argent. En Allemagne, le quotidien Bild peint les grecs comme des fainéants qui volent l’argent de l’Europe. C’est une représentation très dangereuse véhiculée par les médias. Nous aspirons au contraire à ce que tous les européens soient reconnus comme égaux, avec les mêmes droits. Luis De Guindos travaillait avec Lehman Brothers et Mario Draghi pour Goldman Sachs, finalement, ceux qui travaillaient dans les banques multinationales et qui commencèrent la crise sont ceux qui décident à présent du destin des européens. L’Europe aspire à d’autres solutions.

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8 juillet 2015 3 08 /07 /juillet /2015 20:17

Aïn Issa en Syrie repasse aux mains des peshmergas kurdes (Reuters)

Les miliciens kurdes des unités de protection du peuple (YPG) ont repris Mercredi 8 Juillet 2015 Aïn Issa, localité du nord de la Syrie proche de Rakka, dont les djihadistes de l'Etat Islamique s'étaient emparés Lundi 6 Juillet 2015, rapporte l'Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH).

La ville, que les peshmergas avaient déjà prise Mardi 23 Juin 2015 avec le soutien aérien de la coalition formée par les Etats Unis, est située sur un axe de communication majeur entre Alep, à l’ouest, et Mossoul, à l’est.

Elle se trouve à cinquante kilomètres au nord de Rakka, la « capitale » du califat proclamé par l’Etat Islamique.

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8 juillet 2015 3 08 /07 /juillet /2015 20:05

http://www.abc.es/catalunya/barcelona/20150613/abci-colau-realismo-ingenuos-201506132005.html

Ada Colau promet de gouverner avec réalisme

« Nous ne sommes pas naïfs »

Samedi 13 Juin 2015

La nouvelle maire de Barcelone demande qu’Artur Mas ne « déprécie » pas la ville

Dans son premier discours en tant que maire, Ada Colau a transmis un message mesuré, plus modéré que le programme avec lequel elle a remporté les élections, notant « qu'il y a eu un vote pour le changement, et le changement aura lieu, mais que c’était aussi un vote pour le dialogue, le pluralisme et les nuances. Et nous sommes ici pour obéir aux citoyens. Nous n’avons pas peur du pluralisme ». Dans cette ligne, et en relation avec les interventions des autres groupes, tous faisant appel à l'esprit de collaboration, la première maire de la ville de Barcelone a promis de « gouverner avec tous. Je veux être la maire des soixante-treize quartiers de Barcelone à égalité », a-t-elle noté.

Ada Colau a également fait allusion à son engagement social. « Je suis très fière de l'activisme social et je ne crois pas que l’activisme en faveur des minorités est un handicap ». Dans le passage de son discours le plus proche du discours des indignés, Ada Colau a noté que « nous pouvons conquérir des droits si nous y croyons. Il faut une nouvelle façon de gouverner, dont les gens sont les protagonistes. Voter tous les quatre ans ne suffit pas », a ajouté la maire, qui a réclamé, comme elle l’a fait il y a quelques jours, que les gens « poussent » de la rue pour faire la politique lorsque cela est nécessaire.

Dans un message à ses électeurs, Ada Colau a reconnu « que tout ne peut être fait en un jour, nous ne sommes pas naïfs, nous sommes confrontés à des pouvoirs de fait et à l’inertie ». Se référant à l'héritage reçu, Ada Colau a dit qu’elle ne fera pas table rase. « Ils ont fait des bonnes choses, mais aussi des mauvaises. Nous allons donner une continuité aux bonnes choses, mais nous ne répéterons pas les mauvaises. C’est bien que Barcelone soit une référence économique, mais d’une économie juste ». De même, à l'égard de processus de souveraineté, Ada Colau n'a pas dépassé ce qu’elle a déjà dit, elle a répété l'expression générale du « ferme attachement de la ville au droit de décider de son avenir et de parvenir à une souveraineté réelle ».

Xavier Trias promet une opposition « exigeante »

Pour sa part, le maire sortant Xavier Trias a promis une « opposition exigeante et positive », appelant à une collaboration avec Ada Colau si elle ne remet pas en cause ce qu’il a défini comme le « modèle de Barcelone » et d'être à côté de la nouvelle maire si elle met la ville en face du processus de souveraineté. « Barcelone doit être à côté de l'aspiration à la liberté des catalans », a dit Xavier Trias, qui a mis en valeur la santé financière de la mairie de Barcelone.

Carina Mejías, de Ciudadanos, a souligné un fait évident, « que pour la première fois une femme devient maire ». Le leader de Ciudadanos, qui est arrivé dans le conseil municipal avec cinq conseillers, a rejeté « toute politique qui vise à diviser la société et à soumettre la ville à des projets séparatistes ». Carina Mejias a promis « d’alerter contre les ruptures et le populisme social ». Le leader de Ciudadanos a rappelé que le viol des lois n’est pas une option, « si vous utilisez les ressources publiques pour lutter contre les injustices des lois que vous considérez comme injustes ».

Alfred Bosch, de l’ERC, le leader d’un groupe qui est la quatrième force d’une assemblée fragmentée, a exprimé son espoir que, avant la fin de son mandat, « Ada Colau soit la maire de la capitale de la république de Catalogne ». Après avoir voté en faveur de l'investiture d’Ada Colau, dans la perspective d’un accord plus large probablement dès l'automne, il a ajouté que « nous allons avancer vers une alliance sociale et nationale dans la transparence ».

Pour sa part, Jaume Collboni, du Parti Socialiste Catalan (PSC), a revendiqué l’héritage des gouvernements socialistes de Narcis Serra, Pasqual Maragall, Joan Clos et Jordi Hereu, avec une « main tendue à la majorité, mais aussi aux autres partis. La ville a besoin d’un changement, mais aussi de la collaboration entre les groupes politiques ».

Dans son discours, Alberto Fernandez, du Parti Populaire, a estimé que le gouvernement d’Ada Colau « est un retour au tripartisme mais qu’il est déséquilibré en faveur de l'extrême gauche et de l'indépendantisme ». Le chef de file du Parti Populaire a promis une opposition rigoureuse, mais aussi « un soutien pour des projets sensibles ». En revanche, il a appelé le nouveau maire de Barcelone à ne pas se joindre au projet d'indépendance, « nous ne voulons pas de Barcelone sur la route directe ou indirecte de la séparation ». Alberto Fernandez a résumé aussi ce que pour le groupe du Parti Populaire devrait être le prochain mandat, « respecter la loi et passer des fausses utopies aux vraies réalités ».

Maria Jose Lecha, de la CUP, donnant le ton d’un groupe qui se trouve à gauche de la plate-forme majoritaire, a commencé par demander la satisfaction des revendications des « centres sociaux occupés. Nous devons abandonner la marque Barcelone, nous devons soutenir les entreprises qui respectent les codes éthiques, comme les coopératives » a dit Maria Jose Lecha, qui a rappelé « l’engagement anticapitaliste » de la CUP. Enfin, elle a terminé par « vive la terre libre ».

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8 juillet 2015 3 08 /07 /juillet /2015 19:26

http://www.regards.fr/web/article/front-de-gauche-la-machine-a

La machine à perdre est-elle en marche ?

Par Guillaume Liégard

Mardi 30 Juin 2015

Nul ne sait si c’est un premier effet collatéral de la canicule annoncée, mais la température est bel et bien montée d’un cran au sein du Front De Gauche. Les raisons, ce sont les prochaines élections régionales de décembre 2015 et le choix des têtes de liste.

Normalement, tout devrait être simple. Contrairement aux élections municipales de 2014, la stratégie du Parti Communiste Français (PCF) devrait se traduire par une présentation autonome dans l’ensemble des régions. Pourtant, en cette fin de mois de juin 2015, l’état de non avancement des discussions présage mal de campagnes dynamiques et attractives.

En ce qui concerne la désignation des têtes de liste dans les différentes régions, une discussion qui ne saurait être uniquement régionale, on ne peut même pas dire que la discussion nationale achoppe sur de quelconques difficultés, elle n’a tout simplement pas commencé au sein de la coordination nationale du Front De Gauche.

Une annonce de candidature unilatérale

Engagé dans une interminable course de lenteur, le PCF se hâte doucement, focalisé sur ses enjeux internes et au risque de passer à côté de dynamiques locales. C’est le cas notamment dans la grande région qui regroupe désormais l’Auvergne et Rhône-Alpes, où la possibilité d’un accord avec Europe Ecologie Les Verts (EELV) se précise, mais sans un PCF aux abonnés absents. À se demander si la réforme territoriale n’aurait pas aiguisé en son sein des contradictions internes entre régions aux cultures politiques différentes. Mais c’est surtout de l’Ile de France qu’est venue la principale source de l’énervement. La raison est l’annonce unilatérale par Pierre Laurent de sa candidature en région parisienne.

Une annonce d’autant plus surprenante que le secrétaire national du PCF avait annoncé, il y a un peu plus d’un mois, qu’il ne serait pas candidat. Il avait notamment indiqué que « j’ai deux mandats actuellement, sénateur et conseiller régional, je vais me consacrer à mon mandat de sénateur ». Si l’on ajoute que le même est aussi président du Parti de la Gauche Européenne (PGE), cela fait effectivement beaucoup. Et il n’est pas sûr que son annonce qu’il abandonnera son mandat de sénateur, si jamais il est élu président de région, soit de nature à aplanir les difficultés devant ce retournement de position.

Dans son annonce, Pierre Laurent a indiqué, de plus, qu’il souhaitait « que la liste soit portée par un duo paritaire avec Clémentine Autain ». Une manière un peu grossière d’instrumentaliser la porte-parole d’Ensemble et d’évacuer le Parti de Gauche, qui vient de désigner Éric Coquerel comme son chef de file. Pour ce dernier, l’annonce du secrétaire national du PCF est « une mise en danger du rassemblement » et de poursuivre, « très franchement, j’espère qu’il va y avoir une réflexion, ce serait une régression terrible ».

Le débat n’a que trop tardé

La réunion du PCF du Samedi 27 Juin et du Dimanche 28 Juin 2015 s’est prononcée autour d’un curieux bulletin de vote.

Celui-ci indique notamment que « la conférence régionale d’Île-de-France propose que dans ce cadre Pierre Laurent soit le chef de file régional des communistes avec comme rôle d’être le porte-parole, le garant, et l’animateur de cette dynamique politique. Elle propose aussi qu’il co-anime la campagne avec Clémentine Autain ». Avant de se conclure par « les communistes laissent ouverte la question de la tête de liste pour donner la priorité à la construction du rassemblement le plus large possible ». S’il ne s’agit bien là que d’une proposition et si l’interrogation sur la tête de liste est de toute évidence un signal d’ouverture important, il n’en reste pas moins que l’utilisation du nom de la porte-parole d’Ensemble est plus que cavalier. Avant l’interview de Pierre Laurent au Parisien, il y a quelques jours, tant au sein d’Ensemble que parmi la direction du Parti de Gauche, il avait été indiqué que la proposition du PCF ne pouvait convenir.

Pour l’ancien socialiste Liêm Hoang-Ngoc, l’annonce de Pierre Laurent « est le signal d’une candidature PCF avec des satellites autour ». Au sein même de la direction du PCF, l’enthousiasme semble parfois extrêmement mesuré. Ainsi pour Marie-George Buffet, « c’est une candidature qui se dit ouverte. Elle n’a un sens que si elle permet de relancer le Front De Gauche ».

Gageons que l’interview du secrétaire national du PCF n’est pas le point d’arrivée de la discussion, mais le début d’un débat qui n’a que trop tardé. Pour Clémentine Autain, dans Libération, « nous devons trouver la voie de l’unité, et pas seulement de l’unité entre nous, composantes du Front De Gauche, même si c’est un premier pas indispensable. La force à construire désormais doit être bien plus large ». C’est effectivement tout l’enjeu.

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